Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
samedi 15 juin 2013
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (23)

Références

L'itinéraire, 2013, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Volume XX, n° 12 Montréal, 15 juin 2013 www.itineraire.ca TRAJECTOIRE FEU VERT A ZOOM SUR HAMED B; FRIPES CHICS! JUDI RICHARDS fe\tET 4 NOUVELLES CHRONIQUES ! JOCELYNE CAZIN BLANC, ROUGE OU ROSE À 2-3 FAUT S\u2019ARRÊTER Les recherches scientifiques sont claires: les femmes devraient limiter leur consommation d\u2019alcool à 2 verres par jour et à 10 par semaine; les hommes à 3 verres par jour et à 15 par semaine.Et on ne boit pas tous les jours.M duc alcool La modération a bien meilleur goût.educalcool.qc.ca/2340 Avant moi, personne ne voulait vendre à la station Parc, c'est un spot difficile.J'ai mis un an pour arriver à l'apprivoiser ZOOM SUR Hamed B.Le slammer de la station du Parc Difficile d'attirer l'attention des passants pour vendre L'Itinéraire.Pourtant, Hamed B., alias Shaliver, a trouvé une technique efficace pour créer des liens avec les voyageurs de la station Parc : le slam.LUDIVINE MAGGI début, beaucoup de gens pensaient que j\u2019étais déficient mental à cause de mes slams, explique le camelot.Ils n\u2019avaient jamais vu ça.» Hamed a commencé à vendre le magazine en mars 2011.Pour attirer l\u2019attention des piétons et les solliciter, il a décidé d\u2019utiliser le slam, un art oratoire proche de la poésie qui permet une expression libre et sans contrainte.La première journée de Hamed en tant que camelota été une réelle désillusion, «y \u2019étais décidé et motivé à faire du slam.Mais je me suis vite découragé, car un \"brun\" qui vient faire du tapage, ça dérange les gens, regrette le camelot.Une dame m\u2019a même dit que si je faisais moins de bruit et que si je ne criais pas, elle m\u2019achèterait un magazine.» En raison des plaintes de la STM ou des usagers du métro, la police intervenait tous les jours auprès de Hamed.En outre, le slammer essuyait des insultes au quotidien dans le quartier multiculturel de Parc-Extension.«Avant moi, personne ne voulait vendre à la station Parc, c\u2019est un spot difficile.J\u2019ai mis un an pour arriver à l\u2019apprivoiser», déclare Hamed.À force de persévérance et de volonté, le camelot est arrivé à se faire accepter des utilisateurs de la station et a lié de nombreuses amitiés avec les enfants qui restent admiratifs devant sa poésie, «ye fais mon travail avec le cœur et les enfants le remarquent, précise Hamed.Par exemple, il y a un petit garçon, Lucas, qui me fait tout le temps un give me five.» Le slammer reconnaît que les enfants sont plus sensibles et obligent les parents à s'arrêter.Désormais, Hamed fait partie de la vie des voyageurs, qui viennent le saluer.«Je donne une certaine joie de vivre aux gens, qui me disent que c\u2019est grâce à moi que leurs journées sont illuminées.» Tous ces compliments contribuent à motiver le camelot à vendre L\u2019Itinéraire.D'infirmier à camelot C\u2019est après un échec durant son stage d\u2019infirmier que Hamed a sombré dans la dépression et a trouvé refuge à L\u2019Itinéraire.Stagiaire dans une résidence pour personnes âgées, le camelot a senti qu\u2019il était l\u2019objet de discrimination et a porté plainte contre ses superviseurs de stage.Bénéficiaire d\u2019un programme subventionné, Hamed a tout arrêté, alors qu\u2019il n\u2019avait pas le droit à l\u2019erreur pour pouvoir recevoir ses prestations : «Quand j\u2019ai porté plainte, il y a eu de l\u2019intimidation.Je me suis dit que je devais aller à L\u2019Itinéraire pour expliquer tout ça, raconte Hamed.La première fois que je suis venu, j\u2019étais en détresse et tout le monde a été très gentil avec moi.» Hamed projette de reprendre ses études d\u2019infirmier.Son école l\u2019a même rappelé pour qu\u2019il poursuive le programme, car il était un des meilleurs élèves de sa cohorte.«J\u2019avais les meilleures notes de la classe», affirme le camelot.Pour l\u2019instant, son vœu le plus cher serait de revaloriser le métier de camelot.«Beaucoup ne savent pas ce qu\u2019est L\u2019Itinéraire.Les gens pensent que nous sommes des moins que rien, regrette le slammer.Je voudrais que l\u2019on revalorise le métier de camelot.» Si Hamed a retenu une chose de sa mère, décédée l\u2019année dernière, c\u2019est qu\u2019il importe d\u2019accepter les gens et de les prendre comme ils sont, sans jugement.¦ 15 juin 2013 I ITINERAIRE.CA\t3 NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ L'Itinéraire a pour mission de combattre la pauvreté et l'exclusion par le travail et une place en société.Notre organisme soutient et Fait travailler quelque 200 personnes par semaine.Le magazine est donc une entreprise d'économie sociale qui s'autoFinance.Mais son volet services sociaux comprend diFFérents programmes pour oFFrir de l'aide psychosociale, du soutien alimentaire et en logement ou encore des services adaptés aux jeunes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de Façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans les programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L'Itinéraire, c'est aussi plus de 2000 donateurs individuels et corporatiFs qui aident nos camelots à s'en sortir.Merci à tous! PARTENAIRES MAJEURS Canada Québec\"\" Ville-Marie Montréal @ -sC T ELU S [intact] PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K2H9 LE CAFÉ L'ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est TÉLÉPHONE: 514 597-0238 TÉLÉCOPIEUR : 514 597-1544 SITE: WWW.iTiNERAiRE.CA LE MAGAZINE L'ITINÉRAIRE Éditeur : Serge Lareault Rédacteur en chef intérimaire : Sylvain-Claude Filion Chef de pupitre Actualités : Marie-Lise Rousseau Chef de pupitre Développement social : Gopesa Paquette Coordonatrice à la conception visuelle : Catherine Joannette Stagiaires à la rédaction : Ludivine Maggi et Sophie Gillig Collaborateur : Éric Godin Adjoints à la rédaction : Hélène Filion, Louis-Charles Trudeau, Lorraine Pépin, Julie Paquin, Emily Hill et Caroline Penny Photo de la une : Alex Paillon Révision : Hélène Paquet, Sophie Desjardins, Louise-Marie Dion, Catherine Flintoff, Nadine Boccalini, Lise Laganière, Marie-Françoise Lalande, Dominique Paquette et Édith Verreault Révision des épreuves : Charles-David Emery, Michèle Deteix, Pierre Cappiello et Lucie Laporte Design et infographie du site Internet : Vortex solution CONSEILLÈRES PUBLICITAIRES Renée La rivière: 514461-7119 | renee.lariviere18@gmail.com Josée Poirier : 514 273-5002 | josee.poiher@itineraire.ca LE CONSEIL D'ADMINISTRATION Président : Stephan Morency Vice-président : Gabriel Bissonnette Trésorier : Yvon Brousseau Secrétaire : Serge Lareault Représentant des camelots : Jean-Marie Tison Conseillers : Yvon Massicotte, André Malouin, Philippe Allard et Martin Gauthier L'ADMINISTRATION Directeur général : Serge Lareault Directrice générale adjointe : Sylvie Gamache Adjointe au développement social : Florence Ide Responsable de la comptabilité : Duffay Romano Adjoints aux communications et financement : Shawn Bourdages et Dorian Keller GESTION DE L'IMPRESSION Edition sur mesure -TVA Publications 514 848-7000 Directrice du développement des affaires : Patricia Dionne poste 5831 Coordonnatrice de production : Andrée-Anne Gauthier, poste 2330 IMPRIMEUR : IMPRIMERIE SOLISCO rauvtff IÉGÏR FONDATION ANDRÉ GAUTHIER 4%.Fondation du Grand Montréal LîMSllÜlr.^ Canada-Vie LA PARFAITE ALLIANCE COMMUNAUTAIRE\"1 £51 Desjardins Caisse populaire du Mont-Royal Desjardins Caisse du Quartier-Latin de Montréal vlacapitale L'ITINÉRAIRE EST MEMBRE DE [H1!L Insp BE ^BE££ Convention de la poste publication No 40910015, No d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L'Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 Canada ISSN-1481-3572 n lit charité : 13648 4219 RR0001 Le magazine L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L\u2019Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée par des journalistes professionnels et une cinquantaine de personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.ABONNEZ-VOUS AU WWW.ITINERAIRE.CA ou par téléphone au 514597-0238 poste 231 Mots de lecteurs Bravo au travail que toute votre équipe chez L'Itinéraire Fait! Je voulais transmettre un commentaire à Pierre Saint-Amour au sujet de son article Disparaître.Je le sens vrai et touchant malg ré la souFFrance qu'il exprime à travers son écrit, et dans «dis-par-aître», il arrive à DIRE-POUR-ÊTRE.son histoire arrive à donner un sens à sa vie, à sortir du bon, à construire, à se reconstruire.C\u2019est inspirant et un bel exemple de résilience.Rosa Maria Percutant À Jean-Marie Tison : votre article [ndlr : L'éthique nerveux\\ m'a, pourainsi dire, percutée.Clairement écrit, il met Fort bien en lumière les inepties humaines, ses lois absurdes et ses visées trop souvent à côté de la carte.Envoyez-le à Opinions dans La Presse, il mérite d\u2019être lu à une plus grande échelle.Josiane SOMMAIRE 7 ACTUALITÉS 8 ROND-POINT 11 SERGE FIORI Chaleur humaine 14 DOSSIER L'ITINÉRANCE EN ÉTÉ Montréal, ville ouverte?Juste milieu : une cohabitation qui inspire L'été de tous les tickets 20 FRIPES CHICS! 23 LE CŒUR DE L'ITINÉRAIRE Les mots de camelots Bon journal! Juste à dire que lejournal L\u2019Itinéraire est de plus en plus une très bon publication.Les sujets, les auteurs, les histoires de camelots, etc.Tout est intéressant et bien Fait.Ça donne un voix et un point de vue importants sur les sujets des sans-abri et autres qui ont besoin d'aide, et leurs contributions, dé Fis et pensées.J'achète les éditions dans le rue, et j'aime bien Faire un connexion avec les vendeurs.Bon job! (et le journal m'aide à pratiquer mon Français!).Susan |Possier crise du logement L'article sur la crise du logement m'a beaucoup touchée.Je suis loin de détendre les propriétaires, mais j\u2019aimerais vous Faire part de mon expérience, parce que contrairement à d'autres, j'ai eu la chance de tombersur un bon propriétaire.11y a 3 ans, j\u2019avais alors 23 ans, j\u2019étais à la recherche d'un logement à Montréal.Je n'avais pas d'emploi et pas de colocataire.Le premierlogement visité était insalubre, minuscule et même si on me l'avait laissé, je ne crois pas que j\u2019y aurais vécu! Je me suis rendu au deuxième.C\u2019est le propriétaire qui m'a Fait visiter.Logement très bien situé, propre, juste assez grand et dans mes moyens.Je ne croyais pas queje pouvais l'avoir, parce que quand il m'a demandé ce qu'était mon emploi, j'ai été obligé de répondre queje n'en avais pas, queje n'était pas sur le chômage non plus, ma is que j'étais en recherche active et que j'avais de bonnes réFérences.Il m\u2019a regardé, m\u2019a dit que j\u2019avais l\u2019air d\u2019une bonne personne et qu'il me Faisait conFiance! Il ne m'a pas demandé d\u2019endosseur ni d\u2019enquête de crédit! J\u2019y habite depuis maintenant 3 ans et j\u2019ai toujours bien payé.S'il y a un problème, il n'hésite pas à venir vé ri Fie r et Faire les travaux nécessaires.Si je pouvais, je m'adresserais à tous les propriétaires, et je leur dira is qu\u2019il Faut parFo is Faire conFiance aux gens, leur donner une chance.Je remercie le mien de m\u2019avoirdonné la mienne! Amélie, Montréal Des lettres courtes et signées svp! La Rédaction se réserve le droit d\u2019écourter certains commentaires.Écrivez-nous à courrier@itineraire.ca ^WnuTniri 35 CARREFOUR 33\tRAPSIM: Politique en itinérance 34\tSur les pas du Dr Julien 36\tLe Refuge des jeunes de Montréal 37\tCONSOMMATION : Vol d'identité 39 PANORAMA 41\tLE BLUES DU BONHEUR Dawn Tyler Watson et Paul Deslauriers 42\tVIVRE 43\tLIVRES 44\tDÉTENTE 46 FEU VERT À.JOCELYNE CAZIN Vendredi soir sur la Main LES CAMELOTS SONT DES TRAVAILLEURS AUTONOMES.50% DU PRIX DE VENTE DU MAGAZINE LEUR REVIENT.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue, Si ces derniers vous proposent tout autre produit que lejournal ou sollicitent des dons, ils ne le Pont pas pour L'Itinéraire, Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Sylvie Gamâche, directrice générale adjointe par courriel à sylvie.gamache(ô) itinéraire.ca ou par téléphone au 514 597-0238 poste 222.x Québécor est fière de soutenir l'action sociale de L'Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications. MICHAEL APPLEBAUM Maire de Montréal Redécouvrez votre centre-ville La belle saison est maintenant lancée à Montréal! Cet été, nouveauté ira de pair avec activités, gastronomie et innovation.Ainsi, en plus de la promenade des Artistes du Quartier des spectacles et de la place Émilie-Gamelin, les quartiers et les parcs vibreront tout au long de l\u2019été au rythme d'activités thématiques.L'été apporte aussi un vent de nouveauté culinaire.Le projet pilote de cuisine de rue prend son envol le 20 juin et rayonnera dans l'arrondissement, propulsant la gastronomie urbaine à un autre niveau.Des camions de cuisine de rue serviront une variété de plats tous plus originaux les uns que les autres, et ce, de 7 h à 22 h sept jours sur sept.Nichés au cœur des gratte-ciels, de nombreux projets structurants voient le jour.L'un de ces projets, c'est la piétonnisation.Cette année encore, huit secteurs se transforment en un havre de paix pour piétons.Véritables expériences de développement durable, ces projets encouragent le transport actif, réduisent significativement les émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs ciblés et favorisent la réappropriation de l'espace urbain.Protéger l'environnement, ça ne se fait pas qu'en parole, il faut également poser des gestes.Ainsi, je suis fier de vous annoncer que Ville-Marie a été honoré lors du 7e Gala de reconnaissance en environnement et développement durable de Montréal grâce au projet Quartier 21 Peter-McGill -Mon îlot vert en Ville.Ce projet de transformation d'espaces urbains vise la réduction des îlots de chaleur dans le quadrilatère formé par le boulevard De Maisonneuve Ouest et les rues Sainte-Catherine Ouest, Saint-Mathieu et Saint-Marc.Je vous invite à découvrir ce lieu qui illustre notre savoir-faire en matière de développement durable.Cet été, le cœur de Montréal est à la fête! Je vous invite à profiter au maximum de l'effervescence de votre ville.fondsftq.com DES CHOIX QUI ONT DE L\u2019AVENIR De par son origine, ses valeurs et ses pratiques, le Fonds a adopté une stratégie liée aux objectifs de développement durable, tant d\u2019ordre économique, social et environnemental, contribuant ainsi à FAIRE TOURNER L'ÉCONOMIE D'ICI.FONDS de solidarité FTQ EDITORIAL Un sur 63 C\u2019est tellement Facile de se retrouver sur le pavé.Ce n\u2019est pas étonnant qu\u2019un Montréalais sur 63 vit dans la rue1.On l\u2019a vu ces derniers mois : la rue est un lieu couru pour Faire entendre sa voix.Mais elle est aussi un reFuge.Celui de la dernière extrémité, lorsqu'on a nulle part où aller.SYLVAIN-CLAUDE FILION | sylvain-claude.filion@itineraire.ca Rédacteuren chef intérimaire Ceux qui vivent dans la rue l\u2019on rarement souhaité.Contrairement au mythe, ils ne choisissent pas cette existence, ils ne sont pas nécessairement toxicomanes ou prostitués, et ils n\u2019ont pas tous des problèmes de santé mentale.C\u2019est plutôt lorsque l\u2019on est réduit à vivre sans domicile fixe que l\u2019on développe des problèmes de santé mentale.Pour se retrouver à la rue, il suffit de perdre un emploi; se retrouver sans filet social parce qu\u2019on est travailleur autonome (15 % des travailleurs, le double si l\u2019on habite en région); s'isoler parce que les proches se sentent - légitimement - vampirisés; être battu, brisé, violé; fuir la violence familiale; échapper à l'intimidation qui galope à l'ère des réseaux sociaux.La rue est un réflexe de survie, une fuite par en avant, un saut dans le vide.Qui fait atterrir sur son côté sombre.Sur le mauvais côté de la rue Les employés qui pressent le pas, les consommateurs chargés de sacs et les Yolos qui errent, penchés sur leur téléphone intelligent et le pouce en compote, chacun, un jour ou l'autre, enjambe un itinérant en arpentant le centre-ville.Et désormais, dans d'autres quartiers aussi.Car ils sont 30 000 à Montréal, sans toit à l'année longue ou sporadiquement, victimes des mutations du monde du travail, de la désinstitutionalisation et de la crise du logement.Les trois-quarts sont des hommes.Ils sont de plus en plus adolescents.Cet été, des jeunes vont sortir des centres jeunesse pour aller dormir dans des refuges, s'il reste des places.Les intoxiqués, faute de lieu d'accueil, se blottiront dans les carrés vagues.Ceux qui souffrent trop vont engourdir leur mal, troubleront la sainte paix publique et la police va leur donner des constats d'infraction qu'ils ne pourront jamais payer.Dans cet océan de misère, la goutte d'eau de 13 M$ sur trois ans du Plan d'action interministériel en itinérance 2010-2013 arrive à terme et nous laisse avec des trottoirs encore très arides et de plus en plus populeux.Car l'itinérance ne recule pas, elle a triplé en 20 ans.Le 31 octobre dernier, Pauline Marois a annoncé dans son discours inaugural quelle en faisait une priorité.La ministre de la Santé et des Service sociaux Véronique Hivon tient cette semaine un premier forum de consultation qui doit mener à l'élaboration d'une nouvelle Politique nationale d'ici la fin de l'année.C'est un pas dans la bonne direction.Du plaisir de lire, au désir d'agir Nous sommes très fiers de vous offrir une mouture relookée de L'Itinéraire.Ce vocable signifiant à la fois l\u2019évolution personnelle et la distance à parcourir entre un point A et un point B, nous vous proposons une agréable excursion dans nos pages.En suivant la Trajectoire d\u2019un camelot sur qui nous faisons un zoom ou en lisant leurs mots dans la nouvelle section Le cœur de L'Itinéraire.En vous renseignant dans nos pages Carrefour et en vous divertissant intelligemment dans la section Panorama.Jocelyne Cazin inaugure notre chronique Feu vert, où les esprits allumés de ce monde viendront s'exprimer librement.Sous divers angles, ce numéro scrute la réalité de la rue, en ce début d'été où, à ses 30 000 «locataires», s'ajoutent des milliers d'estivants qui n'iront pas dormir dans une chambre d'hôtel ou un gîte touristique.Nous avons voulu rendre votre lecture plus aérée et diversifiée, informative et inspirante.Car notre ville a besoin d'augmenter, en les sensibilisant, le nombre de ceux qui veulent agir pour mettre un frein à une tragédie sociale.1 Population de Montréal : 1 866 481 (Statistique Canada, 2011) 15 juin 2013 | ITINERAIRE.CA\t7 ROND-POINT PAR SYLVAIN-CLAUDE FILION, SOPHIE GILLIG, ÉRIC GODIN, LUDIVINE MAGGI ET MARIE-LISE ROUSSEAU à GODIN DANS LA RUE sfisgij y, - P-A; can ft-wwk» |W»ii -j Hp Du Pacifique à l\u2019Atlantique contre le cancer Un groupe de 25 participants ont accompli la traversée du Costa Rica, du Pacifique à l'Atlantique, en seulement deux semaines et sans aucun motorisé, dans le cadre du voyage-bénéfice Défi HUMA Leucan 2013.«Toute une aventure et un défi, où une très belle complicité s'est établie au travers des diverses épreuves.[.] Je ne suis pas prêt d'oublier l'aventure, les personnes et la cause de Leucan», a affirmé Alain Aumais, participant et parent endeuillé de Leucan.Ce voyage a permis d'amasser près de 90 000 $ pour les enfants atteints de cancer et leur famille.(MLR) Fiscalité : des paradis perdus?Cueillette de meubles à domicile L'Association québécoise pour la Taxation des Transactions financières et pour l'Action Citoyenne (ATTAC-Québec) n'a pas été entendue.En février dernier, l'association a demandé au gouvernement du Québec la tenue d'états généraux sur la fiscalité.Seul Québec solidaire a porté la requête au Parlement.À ce jour, aucune réponse n'a été transmise.Intimement liée à la fiscalité, la lutte contre les paradis fiscaux est aussi un champ d'action de l'ATTAC.L'association s'interroge sur les impacts des places offshores sur l'économie canadienne.Le président d'ATTAC-Québec, Claude Vaillancourt, demande à Ottawa de chiffrer le montant de l'évasion fiscale et considère comme insuffisantes et inefficaces les recommandations préconisées par le Comité permanent des Finances pour mettre un terme aux paradis fiscaux.Selon M.Vaillancourt, le Canada devrait s'inspirer des Etats-Unis.En effet, dès qu'un citoyen américain ouvre un compte dans un paradis fiscal, ses données sont transférées à l'Agence de revenu pour faciliter l'accès aux informations en cas d'enquête.Une transparence qui fait défaut au Canada.(LM) Vous souhaitez vous débarrasser de certains meubles et vêtements?Le refuge pour hommes La Maison du Père vient les chercher chez vous.Peu importe où vous habitez, les chauffeurs peuvent même se déplacer jusqu\u2019à Granby.Les dons de particuliers, maisaussi d\u2019entreprises, permettent au refuge de meubler ses locaux, ses logements ainsi que de vêtir les itinérants tout au long de l\u2019année.Le directeur des services immobiliers de la Maison du Père, Benoît Labelle, souligne que depuis son arrivée, il y a neuf ans, ses seules dépenses ont été l\u2019achat de sièges pour la réception.(LM) RENSEIGNEMENTS 514 845-0168 poste 227 ou reception.marchandise@maisondupere.org Les pauvres peuvent attendre La ministre du Travail Agnès Maltais prépare-t-elle une nouvelle carrière dans la LNI ?Les observateurs l\u2019ont accusée d\u2019improviser lorsqu\u2019elle a annoncé que la bonification à l\u2019aide sociale, prévue pour juillet, est reportée à l\u2019automne.En ce moment, 85 000 personnes seules reçoivent 604 $ par mois.On ne sait pas combien de plus ils auront.Madame Maltais justifie ce report, destiné à compenser la récente abolition des 129 $ par mois accordés aux prestataires âgés de 55 à 58 ans pour contrainte temporaire, par la volonté de son gouvernement de coordonner les efforts, entre divers ministères, dans l\u2019aide aux démunis.On en saura plus en septembre.(SCF) 8\tITINERAIRE.CA | 15 juin 2013 La Ville de Montréal en Faveur d'un registre des loyers Appui de taille à une cause que le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) porte depuis 30 ans : la Ville de Montréal demande au gouvernement du Québec d\u2019instaurer un registre des loyers.Bien que la loi oblige les propriétaires à indiquer dans le bail le plus bas prix payé dans les douze derniers mois, cette section est pratiquement toujours vide.Le RCLALQ tient à rappeler que 32 députés du Parti Québécois avaient appuyé la mise en place d\u2019un registre des loyers alors que la formation était dans l\u2019opposition.4questionsà Judi Richards Pourquoi avoir accepté d\u2019être porte-parole pour la Fête nationale?Je me suis souvenue que lorsque je suis arrivée au Québec en 1969, c\u2019était l\u2019apothéose de la Révolution tranquille.J\u2019apprenais le français en compagnie de gens comme Gérald Godin, Pauline Julien, Pierre Bourgault, Robert Charlebois.et j\u2019ai compris le Québec à travers les monologues d\u2019Yvon, qui étaient le miroir de la société québécoise.J\u2019ai compris que, lorsqu'on vient d'ailleurs et qu'on découvre une nouvelle langue, un endroit qui vibre de culture et des gens qui expriment combien la langue est importante.Je n'entendais jamais parler de culture en Ontario, le Québec était tellement plus ouvert que Toronto dans les années 70.N\u2019est-ce pas particulier que l\u2019on ait choisi une femme née en Ontario comme porte-parole?Je crois que les organisateurs de la Fête nationale veulent envoyer le message que c'est pour tout le monde.Le slogan dit : Célébrons le Québec en nous.Le Québec, pour moi, ça se passe en français et c'est cela qui m'a ouverte à tout.C'est aussi le partage, le bénévolat, le Québec est vraiment différent en chaque personne.J'aimerais bien que les professeurs demandent aux élèves du primaire «c'est quoi le Québec en vous?».Ça dit que l'on peut venir d'ailleurs et adorer le Québec.Participerez-vous aux festivités?Émile-Proulx-Cloutier et moi, on va prononcer le discours patriotique à Québec le 23 juin.Et le soir du 24, j'espère me retrouver devant le plus beau feu d'artifice! Vos projets pour cet été?On vient de déménager dans un 4 et demi à l'île-des-Sœurs et on est encore dans les boîtes! J'anime toujours le show de la Réussite de la Fondation Arts-Etudes qui permet à des jeunes de quartiers défavorisés de suivre des cours de guitare, de chant et d'arts visuels.Je suis aussi impliquée avec Oxfam Québec, la Fondation du CHUM et, bien que j'aie passé le flambeau au Chaînon, je fais partie des 80 marraines pour leur 80e anniversaire.Enfin, je songe à faire un nouveau disque, mais ce ne sera pas mes compositions.(SCF) La Fête nationale en chiffres â * 1 150 spectacles 340 feux de joie 284 feux d\u2019artifice 353 repas communautaires 91 défilés 18883 bénévoles taires Chiens, chats et propriétaires Autre action en cours dans le dossier du logement : jusqu'au 22 juillet, sur le site de l'Assemblée nationale, on peut signer en ligne une pétition qui demande de rendre nulles et non avenues les clauses de bail interdisant les chiens et les chats, une pratique devenue généralisée au Québec.On estime à 500 000 le nombre d'animaux de compagnie qui seraient victimes d'abandon en raison du refus des propriétaires de les accepter.Pour signer la pétition: www.assnat.qc.ca (SCF) Le compostage à grande échelle est possible Consigner davantage le verre La municipalité de Saint-Adrien a été la première à annoncer un projet pilote de compostage domestique mené par l\u2019organisme Les temps d\u2019arts populaires.Selon le maire Pierre Therrien, c\u2019est une grande opportunité pour l\u2019économie de la ville.«En plus de représenter un geste écologique, moins de transport par camion, d\u2019enfouissement et de gaz à effet de serre, ça nous fait un engrais local de qualité grâce au tri à la source et il est gratuit», déclarait-il au journal Les Actualités.Un soutien technique, un bac de comptoir et un guide pour bien faire son compost sont offerts aux citoyens.L\u2019administratrice d\u2019Action RE-buts, Anipier Maheu, se réjouit d\u2019une telle initiative.«Cette première au Québec est prometteuse.Elle démontre que le compostage domestique à l\u2019échelle d\u2019une municipalité est possible si les élus ont la volonté politique d\u2019agir».(SG) Action RE-buts prône un élargissement de la consigne du verre.À la suite de la fermeture en avril dernier de l'usine de traitement du verre Unical, située à Longueuil, la coalition citoyenne invite à repenser la gestion du verre usagé.Le vice-président d'Action RE-buts, Sébastien Le Vasseur, qui privilégie le réemploi, estime que, outre les bouteilles de bière, le système de consigne devrait être étendu aux autres contenants en verre ou en plastique comme cela se fait déjà dans les autres provinces canadiennes, notamment en Ontario avec le lait et le yogourt.(LM) 15 juin 2013 I ITINERAIRE.CA\t9 ROND-POINT INTERNATIONAL i ROYAUME-UNI Invendables convoités Depuis 2011, Fare Share, organisme de charité britannique, s\u2019est joint à Move On qui travaille auprès des jeunes itinérants pour s\u2019assurer que les surplus alimentaires des supermarchés et des distributeurs ne soient pas gaspillés.«Aucune bonne nourriture ne doit être gaspillée», lance Jim Burns de Move On.La grande majorité des produits sont en parfait état, mais sont invendables parce que ce sont des produits saisonniers (comme les produits de Noël) ou tout simplement mal étiquetés.Les responsables de Move On estiment qu\u2019ils auront récupéré plus de 72 tonnes de nourriture avant la fin de l\u2019année.(INSP) Move On et Fare Share font équipe pour redistribuer les surplus alimentaires à des œuvres de charité locales qui viennent en aide aux plus vulnérables au Royaume-Uni.Photo : Fare Share SUISSE Nid d'aigle Les demandeurs d\u2019asile sont maintenant hébergés dans des installations militaires inutilisées.Suite à une décennie de politiques de droite qui ont réduit les infrastructures d\u2019accueil et exacerbé l\u2019intolérance des Suisses, ces derniers semblent soulagés que les demandeurs d\u2019asile soient installés sur des bases militaires éloignées, comme celle de Sufers au coeur des Alpes.«Ils sont dans un vieux bunker triste au fond d'une vallée étroite, s\u2019indigne Denise Graf d\u2019Amnistie internationale.Il n'y a aucune habitation, que des arbres et de la neige.» (IPS) Le bunker de la base de Sufers est à 2,5 kilomètres de la première habitation et les contacts entre les 80 demandeurs d\u2019asile et les 130 villageois sont rares.Photo : RavSmith/IPS ETATS-UNIS Traitement accéléré MONDE Plus ça change.Les itinérants de Nashville, au Tennessee, ne seraient pas bien représentés par les avocats de l\u2019aide juridique surchargés.En 2012, ces avocats avaient en moyenne 580 cas à défendre.L\u2019un deux affirme avoir déjà eu à défendre 16 clients en une journée de travail, ne pouvant accorder que 30 minutes à chacun deux.Le Barreau du Tennessee déplore la difficulté de mobiliser plus de financement pour une cause impopulaire, la défense de nécessiteux accusés au criminel.En 1963, un jugement de la Cour suprême avait pourtant entériné leur droit d\u2019être représenté par un avocat.50 ans après un jugement historique de la Cour suprême américaine, la représentation par un avocat des pauvres accusés au criminel reste déficiente au Tennessee.Photo : iStockphoto Une récente étude de l\u2019OCDE conclut que la mondialisation de l\u2019économie accroît l\u2019écart entre les plus pauvres et les plus riches.Si les pays en voie de développement rattrapent les pays riches, on note toutefois une augmentation des disparités à l\u2019intérieur même des pays ou des régions.En Inde, la pauvreté extrême a baissé au cours des quinze dernières années, passant de 58 % à 42 % de la population.«Mais alors que des millions d'indiens vivent maintenant avec plus de 1,25 $ US par jour, 75 % vivent encore avec moins de 2 $ US par jour», écrivent les auteurs.(IDN-InDepthNews) h Une femme quête sur une artère de Shanghai.208 millions de Chinois vivent encore avec moins de 1,25 $ US parjour.Photo : Reuters/Carlos Barria J L'Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau International des Journaux de Rue - INSP).Le réseau apporte son soutien à plus de 120 journaux de rue dans 40 pays sur six continents.Plus de 200 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org.International Network of Street Papers 10 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2013 I SERGE FIORI Chaleur humaiT5B Rencontré dans son repaire baigné de soleil du Vieux-Longueuil, Serge Fiori apparaît solidement branché sur la réalité, quelque part entre la terre méré'èt les étoiles.Regard doux, posture zen et voix posée, il se livre d\u2019abord timidement, puis/§\u2019anime au Fur et à mesure que notre échange évolue.Il devient rieur et vernaculaire, mais se?propos sont toujours d\u2019une désarmante Franchise.Personnage mythique, adulé et considéré depuis quarante ans comme l\u2019une des plus grandes icônes de la musique québécoise, l'artiste longtemps torturé irradie la chaleur humaine.?TEXTE : SYLVAIN-CLAUDE FILION | PHOTOS : ALEX PAltLON Dans le monde de l'édition où les biographies émaillent continuellement le calendrier des parutions, les mémoires de l'ex-leader du groupe Harmonium sont arrivés sans prévenir.Ecrits par son ex-compagne Louise Thériault, ils ont pour intention de déconstruire le mythe qui s'est créé autour de l'homme, «y'étais un peu saturé d\u2019entendre des mauvaises rumeurs sur moi», laisse-t-il tomber.Son retrait de la scène, il y a 32 ans, a engendré une légende qu'il désavoue.«On a dit toutes sortes de choses : que je suis particulier, héroïnomane, ou snob, au-dessus de tout le monde.Alors que je suis quelqu'un de très social, de familial, qui aime le monde.je suis un bon vivant ! C'est chimique, mon problème, cèst une affaire de neurotransmetteur».J'improvisais des paroles et les gens criaient debout, ils ne s'en apercevaient même pas, j'aurais pu chanter les Pages Jaunes.Cette histoire de neurotransmetteur, c'est la révélation du livre.À 17 ans, on lui passe un joint qui contient, sans qu'il ne le sache, du LSD.Le bad trip est féroce : coma, dépression majeure, crise personnelle.«Même après un an et demi, j'avais encore des symptômes, ma vue était coupée en deux.Le matin où tout ça a disparu, je me suis dit: ok je suis correct, cèst sorti de mon système».L'aventure d'Harmo-nium peut commencer.Ce que Fiori ne sait pas encore, c'est qu'un de ses neurotransmetteurs a été sévèrement \"endommagé\" et que son dysfonctionnement demeure en dormance.Au début, il pense simplement qu'il a le trac.«C'était lêuphorie de la musique, et ce problème de neurotransmetteur m'avait aussi ouvert une fenêtre sur la créativité, qui m\u2019o permis de faire plein de choses que je n'aurais pas faites avant, je me suisgarroché dans la musique et je me suis dit : fuck les symptômes.Mais cette transe créatrice, ça t'amène à des places où tu ressens un grand vertige».De grands vertiges La popularité du groupe devient stratosphérique et le public se transforme en une sorte de monstre, «ye ne pouvais même plus chanter, les gens criaient mon nom.je me souviens d'un soir à l'aréna d\u2019Alma, je disais n'importe quoi et le monde était debout et hurlait.J'oi même fait un test, en commençant avec une toune qui n'avait pas d\u2019affaire dans le show, j'improvisais des paroles et les gens criaient debout, ils ne s'en apercevaient même pas, j'aurais pu chanter les Pages jaunes.le délire !».Cette ivresse populaire, ces foules de 20 000 individus exaltés ont l'effet d'une drogue dure.«L\u2019énergie était devenue beaucoup trop forte», commente-t-il.En 1978, Harmonium est au zénith.C'est l'année du spectacle raté en Californie parce que le camion transportant leur matériel ne se pointe pas.Les sirènes de l'international pressent aussi Fiori de traduire L\u2019Heptade en anglais, ce qu'il refuse de faire, en nationaliste convaincu qu'il a toujours été.Puis, c'est la tournée avec Supertramp en Europe.Fiori voit ses malaises s'amplifier.Il est malade, ne dort plus, chaque show est devenu un enfer.«Chaque soir, la patate me défonçait, je pensais que j'allais mourir entre chaque toune.je n'ai aucunement peur de la scène, c'est un problème mécanique, ça vient tout seul, tu ne sais pas ce qui se passe, et l'anxiété part de là.je disais : \"lâchez-moi, laissez-moi aller, sinon je vais mourir\"».Lorsque Harmonium termine la dernière tournée de L\u2019Heptade en 1981, Serge Fiori annonce qu'il ne remontera plus sur scène.S'il est serein aujourd'hui, Fiori a toutefois continué à souffrir pendant des années.D'abord, une crise qui a commencé par un burn-out qui s'est étiré sur 18 mois, «ye n'étais plus capable de sortir de chez moi, je saignais de la bouche, j\u2019étais vert pâle».Il se rend en Californie pour expérimenter différentes techniques de méditation.«Ce que j'ai écrit sur L'Heptade, les chakras, j'ai commencé à le pratiquer en 1984.Ensuite, ça m\u2019o pris 30 ans pour régler le problème».Il croit à la réincarnation et assume ce karma qui lui a fait répéter des erreurs.Il y aura eu entretemps différentes médications, bardées d'effets secondaires désagréables, avec l'Effexor notamment, puis un autre traitement en 2006.Thérapeute de métier, Louise l'aiguille alors vers la consultation.C'est un psychiatre qui identifie ce qui ne va pas : ce damné Chaque soir, la patate me défonçait, je pensais que j'allais mourir entre chaque toune.\u2014y neurotransmetteur bousillé en 1969.«Depuis que j'ai la bonne médication, ça n'a aucun bon sens, j'ai peur d'être trop bien, c'est incroyable ! Le soir j\u2019attends l'anxiété.et elle n'arrive pas !».L'accompagnement Curieusement, à l\u2019époque où il se rend en Californie, Fiori n\u2019a plus un sou.L\u2019impôt l\u2019a lessivé, emportant sa maison et ses guitares.Après Harmonium, il aurait pourtant dû être riche.Certes, il avoue ne jamais avoir eu la bosse des affaires.C\u2019est pour cela qu\u2019il se tient loin de l\u2019industrie depuis des années.Plus tard, un ami lui permettra de récolter son dû pour la chanson Juste pour rire, qui joue partout dans le monde depuis 1985.«/.es seules affaires qui marchent, dit-il, ce sont celles que j\u2019entreprends seul.La minute où je commence à me mélanger avec l'industrie, je me perds».C\u2019est ainsi que ces dernières années, il s\u2019est plutôt plu à créer des trames sonores, pour le film Bobine, notamment.Depuis que j'ai la bonne médication, ça n'a aucun bon sens, j'ai peur d'être trop bien.Le soir j'attends l'anxiété et elle n'arrive pas ! L\u2019écriture de sa biographie S'enlever du chemin, au titre évocateur, a été purificatrice et complémentaire de sa démarche médicale, qui l\u2019a enfin libéré d\u2019un mal qui l\u2019a enchaîné trop longtemps.«/\u2019durais pu écrire tout seul, mais j'aurais pas eu le recul, et surtout, j'aurais pas eu l'accompagnement.Quand on raconte un bad trip, comment on s'est fait fourrer, le problème d'alcool que j'ai eu après la mort de mon père.ça prend quelqu'un pour te ramasser après, j'ai avec Louise une amitié folle qui me permet de lui dire tout et n'importe quoi, je n'y serais jamais arrivé sans elle».Au-delà de tous les recours, c\u2019est l\u2019accompagnement, celui de son amie et biographe, qui a été salvateur.Cet effet libérateur, il le lit dans le regard des lecteurs qui se font dédicacer sa bio dans les séances de signature.«Le livre a été thérapeutique pour moi, et je pense que ça aide les autres à s\u2019ouvrir surla maladie.Ilya tellement de monde qui ont des problèmes anxieux».Le retour Depuis la parution de son album éponyme de 1986, Serge Fiori a dû se taire parce que les maisons de disques exigeaient toujours qu\u2019il remonte sur scène et qu\u2019il aille en tournée pour supporter les ventes d\u2019albums.«Après, je me suis refusé LOUISE THÉRIAULT Auteure et ange gardien Thérapeute en relation d\u2019aide, Louise Thériault a été la compagne de Serge Fiori en 2006-2007, puis est restée sa grande amie.Son ouvrage, qui connaît beaucoup de succès, est déjà en réédition.Vous considérez-vous comme un catalyseur dans le changement qui s\u2019est opéré en Serge ?Absolument, je crois avoir été un déclencheur.J'oi intégré l'approche de ma pratique en tant que personne et Serge a goûté cette forme d'écoute et de non jugement qui lui a permis de s\u2019ouvrir dans notre relation d\u2019omour et ensuite dans notre relation d'amitié Durant l\u2019écriture, il s'est livré en toute confiance.Il ne se serait pas confié si je n'avais pas été là.Vous lui avez permis de surmonter ses démons ?Serge a toujours eu honte de sa condition, il avait peur d\u2019en parler, de se faire dire qu'il était fou.Après son bad trip, une psychologue lui avait un peu dit qu'il était fou alors il avait peur de consulter.À l'époque, les professionnels n'avaient pas les outils d\u2019aujourd\u2019hui.Il a essayé beaucoup de médecines alternatives et ça a été long avant qu'il soit convaincu qu'il pouvait vaincre ses peurs.Est-ce votre relation d\u2019accompagnement qui a permis la réalisation du livre ?À cause du lien de confiance qui existe entre nous.Serge ne se serait jamais confié à quelqu'un qui aurait pu l'interpréter, le juger.L'amitié et le non jugement ont beaucoup joué entre nous.J'oi respecté son rythme et il s'est ouvert à moi.Si VE^ de faire un autre album parce qu'il y aurait dû y avoir la suite sur scène, je ne savais pas encore que mon problème était chimique, je vivais dans la honte».Heureusement, les règles de l\u2019industrie ont changé.27 ans plus tard, Serge Fiori se prépare à livrer un nouveau disque solo dont la sortie est prévue en novembre.«C\u2019est un album lumineux, joyeux, qui contient des choses intenses sur ma mère, mon père, mes relations amoureuses, mais je me caricature aussi, je ris beaucoup de moi, je me traite de chat de gouttière !» Remontera-1-il sur scène ?«/\u2019en ai aucune idée.Dans mon cas tout se peut», glisse-t-il, énigmatique.En attendant, sa biographie se termine sur cette invitation : «Engageons-nous collectivement à ne plus mettre de la pression pour que Serge remonte sur scène, contentons-nous d'écouter sa musique et de le laisser créer».¦ SERGE FIORI, S'ENLEVER DU CHEMIN Par Louise Thériault, Éditions du CRAM 412 p.15 juin 2013 I ITINERAIRE.CA 13 ¦-I 1 pm ka b- ¦ « i a t ' ¦\t.i;;i!*i!;riit.ii iu.u.1 1111 ii i r ru I' lint 1 Ii j ¦¦I DOSSIER * Montréal, ville ouverte?L\u2019été est enfin arrivé et avec lui, des centaines de jeunes en provenance de partout au pays ont débarqué à Montréal.Alors qu\u2019il y a dix ans, on appréhendait le chaos, leur arrivée se Fait plus en douceur aujourd'hui.Mais la cohabitation demeure fragile.du GIAP, est témoin chaque année de l\u2019arrivée massive de ces jeunes de l\u2019extérieur de Montréal, «//s ne parlent pas toujours français et ne connaissent ni le milieu, ni les ressources, puisqu'ils viennent d'arriver», explique-t-elle.C\u2019est pourquoi les pairs aidants ont conçu une carte des ressources qu\u2019ils distribuent à ces jeunes, qui ont pourtant la réputation de fuir les organismes d\u2019aide comme la peste.«/Vous procédons sans forcer la note, pour qu'ils utilisent les services offerts.Mais au moins, ils ont en main les informations de base», explique Marie-Noëlle L\u2019Espérance.MARIE-LISE ROUSSEAU «Dès que la neige fond, ils arrivent», affirme Caroline Dufour, directrice des services aux jeunes à l\u2019organisme Dans la rue.Ces jeunes itinérants, souvent des punks ou des squeegees, viennent des autres provinces canadiennes et de l\u2019extérieur de Montréal.Aucune statistique n\u2019existe sur leur présence, mais Bernard Saint-Jacques, organisateur communautaire au Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), estime qu\u2019ils arrivent par centaines chaque été.Dès que la neige fond, ils arrivent - Caroline Dufour, directrice des services aux jeunes à l'organisme Dans la rue.Alors que le phénomène faisait la une des grands quotidiens il y a une dizaine d\u2019années, il passe désormais plutôt inaperçu.Que s\u2019est-il passé?Les itinérants occupent moins le centre-ville qu\u2019auparavant, selon Bernard Saint-Jacques, qui justifie cette nouvelle réalité par un contrôle et une surveillance accrue de la Ville et du SPVM lors des festivals.«/.\u2019intervention est plus ciblée, com-mente-t-il, contrairement à 2004, la pire année en matière de répression.» Il reste que les jeunes venus d\u2019ailleurs dorment en majorité à la belle étoile.Parmi leurs lieux de prédilection, l\u2019organisateur communautaire mentionne le square Cabot, près du métro Atwater, le carré Viger, sur la rue Berri, et la rue Sainte-Catherine Est dans le Village; ce segment de rue est piétonnier de mai à septembre.Le Groupe d\u2019intervention alternative par les pairs (GIAP) travaille quotidiennement à prévenir les méfaits chez ces jeunes de la rue à l\u2019aide de six pairs aidants, qui sont d\u2019anciens itinérants devenus travailleurs de rue.Marie-Noëlle L\u2019Espérance, coordonnatrice Partager l'espace public Qui dit occupation de l\u2019espace public, dit défi de cohabitation.Bon an, mal an, des altercations surviennent entre les jeunes arrivés de l\u2019extérieur et les Montréalais, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019itinérants locaux, de citoyens ou de commerçants.Any Gravel, policière au poste 21 et membre de l\u2019équipe EMRII (Equipe mobile de référence et d\u2019intervention en itinérance), parle de cas qui surviennent durant l\u2019été : par exemple, celui d\u2019une personne intoxiquée marchant sur Sainte-Catherine Est qui prend de la nourriture dans l\u2019assiette des gens assis sur les terrasses.«Ça amène toujours des appels au 911», dit-elle.?.\t\u20141 i Any Gravel Fréquentation des ressources d\u2019hébergement en été A\t\tk f\t\tJ \t\tJ des ressources pour femmes des ressources pour hommes 15 juin 2013 I ITINERAIRE.CA 15 L'EMRII a été créée en 2009 dans le but de diminuer le nombre d'interventions policières en itinérance.L'équipe dirige l'individu vers les ressources appropriées au lieu de lui coller systématiquement une contravention (voir L'été de tous les tickets en page 18).Si ces jeunes arrivent par centaines, c'est d'abord parce que Montréal a la réputation d'être une ville festive.«Parfois, les jeunes de l'extérieur collaborent moins, parce qu'ils savent qu'ils vont repartir.Ils ont moins intérêt à créer un lien de confiance ou de respect», reconnaît Caroline Dufour de Dans la rue, ajoutant que leur état d'intoxication affecte souvent leur jugement.Le Centre de jour Chez Pops de Dans la rue accueille quotidiennement près de 150 personnes de 15 à 25 ans.Parmi eux, on retrouve ces jeunes venus d'ailleurs.Le SPVM se fait plus conciliant «LeSPVM a mis de l'eau dans son vin», concède Guy Lacroix, conseiller en développement communautaire et responsable du dossier de l'itinérance à la Ville de Montréal.«On n'est pas aussi radicaux que dans certaines autres villes», admet Bernard Saint-Jacques, organisateur communautaire au RAPSIM.Il compare la métropole à d'autres grandes villes comme New York ou Toronto, qui ont fait subir beaucoup de répression à leur population de sans-abri.Par ailleurs, le Québec s'en remet à la réglementation municipale, contrairement aux autres provinces, qui appliquent leur code criminel.«Etre accusé au criminel est beaucoup plus grave de prime abord», explique Bernard Saint-Jacques.Les jeunes qui reçoivent des contraventions à Montréal peuvent s'en tirer sans payer l'amende imposée en quittant la métropole à la fin de l'été.Montréal, une colonie de vacances?Montréal serait-elle plus permissive que d'autres grandes villes?Pas nécessairement, mettent en garde Caroline Dufour et Marie-Noëlle L'Espérance.Malgré ses bonnes intentions, l'EMRII n'aurait rien changé à la répression policière envers les personnes itinérantes, selon un rapport sur la judiciarisation publié l'an dernier.Si ces jeunes arrivent par centaines, ce serait d'abord parce que Montréal a la réputation d'être une ville festive, où il fait bon vivre, particulièrement en été.La saison des festivals attire son lot de visiteurs, dont des jeunes de la rue.L'été dernier, Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, a suggéré qu'on renvoie ces jeunes d'où ils viennent.Ce qui avait fait dire à Richard Bergeron l'été dernier que «Montréal n'est pas une colonie de vacances.» Il a fait cette déclaration à la suite d'une bagarre entre un commerçant et des itinérants dans un bar du centre-ville.Le chef de Projet Montréal suggérait qu'on renvoie ces jeunes d'où ils viennent.Avec le recul, il reconnaît que son affirmation était forte.Mais son propos demeure sans équivoque : Montréal devrait s'occuper de ses sans-abri et non de ceux des voisins, car nos ressources sont déjà débordées.Richard Bergeron propose aux citoyens d'être sélectifs lorsqu'ils donnent aux «quêteux» pour aider uniquement ceux qui vivent ici à longueur d'année.«Ainsi, le phénomène des voyageurs s'atténuerait», dit-il en entrevue téléphonique à L'Itinéraire.De son côté, Bernard Plante, directeur général de la Société de développement commercial du Village, propose que chaque grande ville s'occupe de sa population de gens de la rue.«Il faut que les autres villes arrêtent de balayer chez le voisin», affirme-t-il catégoriquement, félicitant au passage le travail des ressources en itinérance à Montréal.Il espère de tout cœur que la Ville demeure accueillante et ne sévisse par sur sa population itinérante.«La rue, ce n'est pas des vacances», rappelle Guy Lacroix, de la Ville de Montréal.Le mode de vie précaire marqué par la mendicité, la consommation de drogues et l'exposition à la violence amène des situations à risque pour les jeunes.Voilà pourquoi le Centre de jour Chez Pops et le GIAP aident sans discrimination tous les jeunes qu'ils rencontrent.¦ Guy Lacroix L'ITINÉRANCE ESTIVALE EN CHIFFRES On estime à 30000 le nombre de personnes en situation d'itinérance à Montréal EMRII 113 prises en charge avec le CSSS Jeanne-Mance depuis 2009.39% des dossiers sont fermés, à la suite de la stabilisation de ces personnes.16 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2013 L'ITINÉRANCE EN ÉTÉ Juste Milieu : un modèle de cohabitation qui inspire Jusqu\u2019à tout récemment, les résidants et les commerçants du Vieux-Montréal qui portaient plainte à l\u2019Accueil Bonneau en raison de la présence d\u2019itinérants se Faisaient répondre : « Ça fait 135 ans qu'on est ici, vous n'avez qu'à déménager ailleurs.» Depuis trois ans, le projet Juste Milieu travaille à une meilleure cohabitation aux alentours de l\u2019organisme.Bonne nouvelle : ça marche! MARIE-LISE ROUSSEAU La tâche était ardue pour Isabelle Couillard, intervenante sociale responsable du projet Juste Milieu.De fil en aiguille, elle et son équipe ont réussi à créer une cohabitation harmonieuse dans le Vieux-Montréal, où commerçants, touristes, résidants des condos et itinérants se côtoient.La recette de ce succès?Une intervention ciblée, cas par cas, par une équipe d'intervenants, afin de faire respecter le code de vie de l'Accueil Bonneau aux environs de l'organisme.Par exemple, interdiction de consommer dans le parc Fleury-Mesplet, lieu qui, il y a à peine deux ans, était réputé pour sa population de sans-abri intoxiqués qui y buvaient jour et nuit.Si le code de vie est enfreint, la personne n'aura pas accès aux services de l'organisme.Les voisins de l'Accueil Bonneau étaient très sceptiques.Mais les résultats d'un sondage mené auprès des résidants et commerçants du Vieux-Montréal révèlent un grand niveau de satisfaction envers le travail d'Isabelle Couillard et de son équipe.De quoi inspirer d'autres arrondissements montréalais! ¦ L'Accueil Bonneau reçoit 800 personnes chaque jour.Isabelle Couillard, intervenante responsable du projet Juste Milieu à lAccueil Bonneau a réussi à créer une cohabitation harmonieuse dans le Vieux-Montréal.Bilan de la deuxième année de Juste Milieu : Baisse des interventions policières entre 2011 et 2012 80% ont constaté une amélioration au cours de l'été 2012.85 % ont constaté une diminution du nombre de personnes intoxiquées et dérangeantes dans le parc Fleury-Mesplet.80% croient que l'équipe d'intervention de milieu a permis une diminution des actes d'incivilité et des comportements inappropriés.85 % disent se sentir plus en sécurité aux abords de l'Accueil Bonneau.Le nombre d'interventions policières générales dans le secteur de l'Accueil Bonneau est passé de 311 à 187.Réduction de 40 % Le nombre d'interventions pour «conflits et présence dérangeante» est passé de 85 à 55.Réduction de 30 % Le nombre d'interventions pour des événements violents (bagarres, menaces, harcèlement, intimidation, propos indécents, personne armée et voies de fait) est passé de 31 à 8.Réduction de 74 % 15 juin 2013 | ITINERAIRE.CA\t17 L'ITINERANCE EN ETE L'été de tous les tickets L\u2019arrivée de l\u2019été n\u2019est pas seulement synonyme de chaleur et de Festivals.C'est aussi la saison pendant laquelle les itinérants reçoivent le plus de contraventions.Ébriété publique, consommation d\u2019alcool et «Flânage» sont autant de raisons dont usent les Forces de l\u2019ordre pour sanctionner les sans-abri.LUDIVINE MAGGI La judiciarisation de l\u2019itinérance à Montréal En 2010 2439 tickets ont été émis pour non-respect de la propreté du domaine public et du mobilier urbain aux itinérants.La STM leur en a distribué 4055, dont 1 514 liés à la sécurité et 2541 pour les titres.Infractions les lus reprochées dans l'esDace urbain entre -\tébriété publique, -\tconsommation d\u2019alcool, -\t«flânage».«y'ai déjà reçu un ticket parce que j'avais crié au-dessus des décibels autorisés.Je ne sais pas comment les policiers ont pu mesurer mon cri», ironise le réalisateur et ancien itinérant, Eric «Roach» Denis.Comme beaucoup d\u2019autres sans-abri en été, Roach a été victime de judiciarisation.La Commission des droits de la personne et des droits de lajeunesse (CDPDJ) du Québec a qualifié de profilage social cette pratique qui consiste à discriminer les personnes en fonction de leur condition sociale, notamment les itinérants.La plus grande visibilité des sans-abri, les plaintes de la population et l\u2019augmentation du déploiement des policiers dans les rues de Montréal en été favorisent l\u2019application stricte de la règlementation et l\u2019augmentation du nombre de contraventions émises, surtout dans les parcs où les comportements sont réglementés.«C\u2019est le moment de l'année où il y a le plus d\u2019itinérants dans les rues à cause du beau temps.Ils préfèrent être dans la rue plutôt que dans les refuges», explique l\u2019organisateur communautaire du Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), Bernard St-Jacques.Une surjudiciarisation fantasmée Pour l\u2019agente sociocommunau-taire et coordonnatrice de l\u2019Équipe mobile de référence et d\u2019intervention en itinérance (EMRII) du SPVM, Any Gravel, la police ne cible pas seulement les itinérants.«Tout le monde est visé.Si on s'attaquait uniquement aux itinérants, ce serait du profilage», précise-t-elle.Active depuis septembre 2009 et fruit d\u2019un partenariat entre le SPVM et le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) Jeanne-Mance, l\u2019EMRII, composée de six policiers, de deux travailleurs sociaux et d\u2019une infirmière, réalise des interventions directes auprès de personnes vivant en situation d\u2019itinérance pour trouver des solutions adaptées à leur situation.Pourtant Roach est persuadé que si un itinérant traversait à un feu rouge en même temps qu\u2019un travailleur, seul le sans-abri recevrait une contravention.Ce sentiment est confirmé par la chercheure du Centre international de criminologie comparée (CICC) de l\u2019Université de Montréal, Céline Bellot, qui relève que 25 % des contraventions sont données à des itinérants alors que 2 % de la population totale de l\u2019île de Montréal est touchée par des tickets durant l\u2019année.Elle remarque aussi qu\u2019une augmentation des contraventions adressées aux itinérants a lieu la veille des grands événements, par exemple le Grand Prix du Canada au mois de juin ou encore lors des festivals comme les FrancoFolies ou le Festival International de Jazz de Montréal.Cependant, le profilage social a connu une baisse ces dernières années grâce aux pressions exercées par le milieu communautaire, les recherches et le documentaire de Éric «Roach» Denis : Les Tickets : l'arme de la répression.La chercheure du CICC soulève toutefois une ambiguïté dans le discours politique et policier.«// existe une volonté de diminuer le nombre de tickets et en même temps, tout n\u2019est pas mis en œuvre.Il y a un genre de statu quo», regrette Mme Bellot.Seuls une intervention sociale accrue, une plus grande tolérance des policiers et un travail de sensibilisation auprès des habitants de Montréal pourront diminuer la répression contre les itinérants.«À l'heure actuelle, plein de solutions existent, mais ce nèst qu'une goutte dèau», explique Mme Bellot.En 2010,3 367 des itinérants judiciarisés avaient 40 ans et plus, 2151 entre 25 et 39 ans et 1 022 avaient moins de 25 ans.En 2010, la dette judiciaire des itinérants à Montréal s'élevait à 1492349 $, dont 1 060 664 $ d'amendes et 431 685 $ de frais, pour un total de 15884641 $ entre 1994-2010.Données extraites du rapport : Lajudiciarisation de l'itinérance à Montréal, 15 ans de recherche : faits et enjeux, Céline Bellot, Université de Montréal, et Marie-Eve Sylvestre, Université d\u2019Ottawa 18 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2013 L'ITINÉRANCE EN ÉTÉ COHABITATION ENTRE ITINÉRANTS D'ICI ET D'AILLEURS Entre rivalité et entente Chaque été, des itinérants en provenance d\u2019autres provinces arrivent à Montréal pour y passer quelques mois.Comment cette arrivée annuelle est-elle perçue par les sans-abri montréalais?L'Itinéraire est allé leur demander.TEXTE ET PHOTOS: LUDIVINE MAGGI L'hiver, on a notre coin de rue et, à l'été, les nouveaux qui arrivent nous brûlent les places.Cela crée des tensions énormes.Et puis, la police s'arrange pour qu'on se batte entre nous, mais la répression est plus grande contre eux, car les policiers ne les connaissent pas, tandis qu'ils sont habitués à nous.C'est vrai qu'il y a de la concurrence entre les itinérants de Montréal et ceux des autres provinces, mais il y a aussi de l'entraide.Capone mm Je n'ai pas beaucoup de relations avec eux, mais quand je les rencontre, on jase.Il n'y a pas de rivalité ni de conflits entre nous.Montréal est une plaque tournante des rencontres entre itinérants parce que c'est une ville attirante pour les gens, surtout pour ceux qui n'ont pas beaucoup d'argent.Pourtant, moi, je suis allé en Colombie-Britannique et, là-bas, l'aide était merveilleuse, l'accueil était plus convivial, et la bouffe était donnée en plus grande quantité.- Cappuccino Je n'en ai rencontrés qu'une seule fois, c'était sur la Place-des-Arts.J'ai eu de bonnes relations avec les itinérants des autres provinces.C'était des punks.On a mangé et bu ensemble, j'ai passé du bon temps avec eux.Je n'en ai pas connu d'autres.Pourtant, je suis dans la rue depuis l'âge de 13 ans.- Michelle Masson 15 juin 2013 | ITINERAIRE.CA 19 Fripes chics! Adopter un look authentiquement rétro et acheter des vêtements vintage n'est pas nouveau.Ce qui a changé, c'est qu'en plus de faire du bien à notre porte-monnaie, les friperies reflètent maintenant une intention sociale, équitable et environnementale.SFfff SOPHIE GILLIG L\u2019effondrement d\u2019un atelier de fabrication au Bangladesh en avril, dans lequel plus d\u2019un millier de personnes sont mortes, a soulevé des questions sur la sécurité de ceux qui produisent des vêtements pour Wal-Mart, Sears ou Joe Fresh.La mode vintage, appelée aussi slow fashion, est une réaction à la mondialisation et à la production de masse des vêtements.Cette tendance entend proposer une alternative plus respectueuse des droits de l\u2019homme et de l\u2019environnement en prônant l\u2019usage de vêtements de seconde main et des créations d\u2019éco-designers.La boutique La Gaillarde en a fait sa spécialisation.«/Votre mission est de promouvoir la mode éthique et locale», révèle Annie De Grandmont, directrice.D\u2019abord friperie traditionnelle, La Gaillarde joue désormais la carte du vintage et du fabriqué au Québec.Les clients, essentiellement des femmes entre 25 et 30 ans, cherchent des vêtements uniques et originaux.«La boutique répond aux besoins d'une certaine clientèle jeune, qui habite le Mile-End et qui fréquente les friperies par choix, pas parce qu'elle en a besoin», nuance Stéphane Pupucet, agent de développement en économie sociale au Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO).Un rôle social Les friperies ne datent pas d\u2019hier.Les magasins Renaissance font partie du paysage québécois depuis 20 ans.Ils se distinguent par leur mission sociale qui est la raison de vivre de cet organisme à but non lucratif, selon Cécile Carrasco, responsable du marketing et des relations publiques.Seulement un noyau dur pense qu'il pose un geste social en achetant dans une friperie.- Jean-Marc Fontan, professeur de sociologie à l'UQAM L\u2019organisme offre une formation jumelée à une expérience professionnelle rémunérée aux personnes ayant des difficultés à intégrer le marché du travail.Pendant 26 semaines, les participants travaillent dans les boutiques Fripe-Prix de Renaissance dans les domaines de la vente, de la comptabilité et de la manutention.«Ils sont encadrés par une équipe d\u2019intervenants socioprofessionnels pour leur redonner confiance car c\u2019est surtout cela dont ils manquent», indique Cécile Carrasco.Les participants sont assistés dans leur recherche d\u2019emploi et peuvent bénéficier de ce service pendant deux ans.Même si ces initiatives sont les bienvenues, elles sont loin de régler le problème, selon Jean-Marc Fontan, professeur au département de sociologie de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM).«Les travailleurs dans les friperies ne sont pas bien rémunérés et cela crée un marché du travail précaire.Les mécanismes d\u2019adaptation sont louables, ce sont de tout petits pas vers le système, mais ils ne garantissent pas une place sur le marché du travail régulier», analyse-t-il.Certains membres de la population n\u2019ont pourtant pas le choix de passer par ces programmes de réinsertion.L\u2019organisation La Triade HCT (Handicap-Compétences-Travail), qui a récemment ouvert S'habiller comme ses grands-parents est loin d'être quétaine! Les nombreuses friperies de Montréal le prouvent.En plus de faire du bien à notre porte-monnaie, elles constituent un geste social, équitable et environnemental.20 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2013 Les bonnes adresses La Triade HCT (Handicap-Compétences-Travail) 418, rue Lafleur, LaSalle www.latriade.ca Compagnons de Montréal 2602, rue Beaubien Est, Montréal, www.compagnonsdemtl.com Renaissance 6960, rue Saint-Hubert (d'autres magasins à Montréal et dans les environs) www.renaissancequebec.ca La Gaillarde 4019, rue Notre-Dame Ouest www.lagaillarde.ca Friperie Le chic prix 105, rue Ontario Est, bureau 101 une friperie, assure une formation et un soutien socioprofessionnel à des personnes ayant des limites fonctionnelles.«Le fondateur de la Triade HCT, Pierre-Hilaire D.Pesse, croit beaucoup en la réinsertion professionnelle et veut combattre les préjugés encore trop nombreux envers les personnes handicapées dans un milieu de travail régulier», précise Micheline Rioux, agente de développement.Selon Stéphane Pupucet, il y aurait deux types de friperies : les friperies «de luxe» et les friperies communautaires.«La clientèle jeune ne va pas se retrouver dans les friperies des quartiers à faible revenu», approuve Jean-Marc Fontan.«La majorité de la clientèle ne fréquente pas les friperies en fonction de ses convictions morales.Seulement un noyau dur pense qu\u2019il pose un geste social en achetant dans une friperie.» m Projet 10 ou 10 vêtements pour cinq semaines Neuf jeunes femmes se sont lancé un défi afin d'évaluer leur consommation vestimentaire et le rapport qu'elles entretiennent avec leur image.Pendant cinq semaines, elles s'engagent à ne porter qu'une infime partie de leur garde-robe, soit dix vêtements, et à n\u2019en acheter aucun pendant cette période.Les participantes partagent leur expérience dans le blog Projet 10.Au moment de mettre sous presse, les participantes commençaient à se lasser de leur garde-robe mais redoublaient de créativité afin de réinventer leurs tenues à l'aide de multiples accessoires.www.projetl O.net 15 juin 2013 | ITINERAIRE.CA 21 PLUS DE 5000 RAISONS DE VIVRE L\u2019EFFERVESCENCE DU CENTRE-VILLE \u2022 x ** \t\t Redécouvrez le centre-ville en participant au concours : 4 soirées urbaines et culturelles à gagner! D /centrevillemontreal 'CF® Ojsf \u2022 :»al Qillage \u2022 E™\tPartagez vos plus belles photos de terrasses : U ¥ #514terrasses LA\tVille-Marie æS8T* ^tm Montréal @\t La citoyenneté responsable, ça s\u2019apprend à l\u2019école publique.Bonne fête nationale ! \u2014 ALLIANCE DES PROFESSEURES ET PROFESSEURS DE MONTREAL \u2014 Le CŒUR de LES MOTS DE CAMELOTS Photo: Arianne Clément a'UMatUUl\t [y 1\t «fEMÊÊM\t \t ¦MH\t ^BJhhSH\t1 \t \t1 \t \t1 \t1 La rue, la nuit Il y a toujours une première fois.Toucher le fond, c\u2019est bien souvent dormir dehors, dans un parc, sous un pont.Avec courage et franchise, des camelots nous racontent leur première nuit dans la rue.De quoi avoir des frissons.d\u2019émotion.La nuit je marchais ou j\u2019essayais de me réfugier chez des amis.Mais la plupart du temps, je dormais dans le métro durant le jour.Je me souviens particulièrement de ma première nuit passée au parc Pélican dans le quartier Rosemont.Je m\u2019étais installé sur un banc avec ma couverture de l\u2019Armée du Salut et j\u2019étais tellement découragé que je n\u2019avais pu dormir.J\u2019en avais donc profité pour écrire un poème qui avait été affiché au marché Bonsecours.- Benoit Chartier J\u2019ai passé ma vie dans la rue.La première fois, c\u2019était il y a 20 ans, en hiver.J\u2019ai dormi en-dessous d\u2019un escalier de secours à Côte-des-Neiges.J\u2019étais tout seul, je suis plus un loner.Des gens avaient entreposé des sacs de linge sous l\u2019escalier.Je m\u2019étais fait un lit avec et suis resté là pendant des semaines.- Sylvain J\u2019ai passé ma première nuit dans la rue il y dix ans, dans un parc avec une amie.Ça a été difficile parce que je suis une fille de la campagne et c\u2019était ma première nuit à Montréal.Je ne connaissais pas la ville et c\u2019était effrayant.On a cherché des organismes pour avoir des couvertes et de la nourriture, puis on a quêté.C\u2019est difficile la rue, surtout pour les femmes.- Rébecca Tremblay Suite a une expulsion par mon propriétaire qui disait ne pas avoir été paye, je me suis ramasse en plein hiver dans la rue sans personne pour m\u2019aider.Heureusement, un ami m\u2019a référé à la Maison du Père.À 15 h, j\u2019ai été reçu par un intervenant qui m\u2019a évalué et expliqué que je ne pourrais pas ressortir avant le lendemain matin.J\u2019ai failli paniquer, car j\u2019étais en plus séparé de ma femme qui elle, logeait à la Maison McKenzie.Andre LArcheveque 24 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2013 Pendant longtemps, j\u2019avais de l\u2019argent et un bon travail, mais je suis tombé dans la drogue et me suis retrouvé dans la rue.Ma première nuit, je l\u2019ai passée au coin d\u2019Ontario et de Parthenais en-dessous d\u2019un balcon.Mon propriétaire m\u2019avait mis dehors début juillet.À ce moment-là, ce qui m\u2019angoissait le plus, c\u2019était de savoir ce que j\u2019allais faire dans la vie, de me débrouiller tout seul.- Michel Houde La première nuit que j\u2019ai passée dans la rue, c\u2019était au début de l\u2019été, il y a cinq ans, sous le pont Jacques-Cartier.C\u2019est mieux que dans un parc, parce que le pont est sous juridiction fédérale et la police ne peut donc pas te donner de ticket.On était trois, quatre à coucher à la même place, que du monde qui sait se tenir et qui ne va pas te voler comme ça m\u2019est arrivé à la Maison du Père.Quand je suis arrivée à Montréal, ce qui m\u2019a le plus étonnée, c\u2019est qu\u2019il y ait encore du monde dans les parcs à 3 h du matin.J\u2019avais 23 ans à l\u2019époque et à Drummondville d\u2019où je viens, il n\u2019y a plus personne dans les rues à cette heure-là.C\u2019était le fun au début, mais de fil en aiguille cela amène des problèmes de drogues, de prostitution, de trafic de stupéfiants.Ce n\u2019est plus une vie.- Michel - Josée Milot J\u2019ai passé deux nuits dans la rue parce qu\u2019il n\u2019y avait plus de place dans les foyers d\u2019hébergement.J\u2019étais toute seule les deux fois.La première nuit, je l\u2019ai passée sous un balcon en plein hiver.Je n\u2019ai pas beaucoup dormi, j\u2019avais trop peur d\u2019être agressée.La deuxième, il faisait plus beau et je l\u2019ai passée dans un parc.Je n\u2019ai pas dormi du tout parce que j\u2019avais peur du monde qui me réveillait.J\u2019avais 17 ans quand j\u2019ai passé ma première nuit dans la rue.C\u2019était en plein hiver, dans un parc.Je n\u2019avais que mon sac de couchage que je traînais partout.En tout, j\u2019ai passé sept ans dans la rue à cause d\u2019un gars que je fréquentais et du jour au lendemain, je me suis retrouvée dans la rue avec des problèmes de drogue.On ne dort pas quand on est dehors, on tombe un moment donné, mais on ne dort pas.Il y a six ans, je n\u2019ai pas trouvé de place pour la nuit dans les foyers d\u2019accueil.Avec un ami, on est allé passer la nuit dans un sauna de la rue Sainte-Catherine.C\u2019était l\u2019enfer! Mon ami avait déjà dormi là et c\u2019était une solution pas chère.Seulement 8 $ pour la nuit, c\u2019est mieux qu\u2019un motel.Je n\u2019étais vraiment pas à l\u2019aise et je n\u2019ai même pas pris ma douche le soir, mais j\u2019ai quand même bien dormi! - Anne-Marie - Mélanie Dumont - Daniel Prince 15 juin 2013 | ITINERAIRE.CA 25 MOTS DE CAMELOTS i Financer au présent pour l'avenir GILLES OUELLET | kidouellet@gmail.com Préposé à la réception On connaît tous au moins une personne dans notre entourage qui vit en situation précaire.Itinérance, famille monoparentale, victime d\u2019abus et de violences systémiques, la liste est longue et les problématiques s'entrecroisent souvent.Le gouvernement conservateur, faisant d'ailleurs souvent la manchette à ce sujet, sabre allègrement dans les fonds publics mis en place pour soutenir les programmes sociaux, les arts et la culture ainsi que l'éducation.Pourtant les besoins sont criants et les ressources, souvent surchargées, ne peuvent répondre à la demande.Pendant ce temps, les politiciens font des pieds et des mains pour trouver des sources de revenus supplémentaires .Et si on ajoutait une taxe de 20$ sur le produit de luxe que sont les billets d'avion?Cette contribution ne représenterait qu'une petite partie du coût du billet et serait de moins en moins apparente plus on voyage loin.À Montréal, il existe une taxe de type «utilisateur-payeur» sur les permis de conduire servant à financer le transport collectif.Pourquoi ne pas reprendre cette idée et l'appliquer au transport aérien?Ce montant supplémentaire s'ajouterait donc aux taxes environnementales du coût du billet d'avion.Statistique Canada estime qu'il y a à peu près 14 millions de passagers qui transigent par l'aéroport de Montréal par année.On pourrait ainsi facilement aller chercher 280 M$ annuellement! Qui prétendait qu'on ne pouvait pas financer la gratuité scolaire?Ceci constituerait déjà une bonne avancée en ce sens.Certains diront que la place de l'État est déjà assez imposante dans notre société.Mais nous partageons tous cette société, et une société, ça s'entretient.Ensemble, trouvons une façon honnête de financer un projet collectif qui assurerait la pérennité de la génération actuelle et des suivantes.La délinquance KATTY D'AMOURS Camelot angle Pie-IX/Ontario Dans le quartier où je vivais autrefois, je remarquais que plusieurs enfants ou adolescents étaient irrespectueux.Je n'ai jamais autant été insultée de ma vie par des enfants en très bas âge.C'est très surprenant comment les jeunes nous dirigent aujourd'hui.Ils veulent nous montrer à vivre.Ils n'ont pas le tiers de notre vie vécue.Souvent ils viennent de milieux très défavorisés et jài l'impression que leurs parents n'en prennent pas soin.Je n'ai jamais maltraité les miens.Je les aime, mais j'ai toujours été privée d'eux.Ils me manquent, ce qui m'a fait vivre un traumatisme.J'ai trouvé ça injuste de ne pas avoir signe de vie d'eux.C'est moi qui les ai mis au monde et je ne peux vivre sans eux et sans nouvelles d'eux.Aucun cœur de mère ne pourrait vivre ainsi.Les enfants sont très agressifs dans ce quartier.Alors réveillez-vous et agissez.Ne mettez pas vos enfants au monde pour flasher.C'est tout une vie.Ce n'est pas rien que pour un jour.C'est pour la vie.Il faut les aimer tels qu'ils sont, leur donner les vraies valeurs de la vie.Ils le méritent bien et je crois que c'est dans leur droit.Alors pensez-y bien, aimez-les et acceptez-les comme ils sont.Ils sont notre promesse d'un avenir meilleur.Summertime Love DANIEL GRADY Camelot angle Saint-Laurent/des Pins I like our summers here in Montreal.The weather is usually very good.It can get very hot and humid, or it can rain with thunder and lightning.I like our summers for my enjoyment, like relaxing and watching the Canadian Football League matches.I like to watch the Alouettes.Working in the summertime is fun, even though it's hot, the people are happy and the sun is shining.Another thing I like to do is buy an ice cream at Joe's market or a milkshake at McDonald's - usually chocolate or strawberry.As a young adult, I went to Aboriginal Day one summer and learned a lot.I played lacrosse and got some seeds for growing tobacco.There were many people from different aboriginal nations across Quebec.I learned that there were some natives that served in the Canadian Armed Forces like me.It was nice to see pictures of those who served; it made me feel a part of the aboriginal culture.I also went camping one summer when I was about nine years old; the campground was named Trails End.We slept in cabins, learned how to build a fire, and did archery.It was a great way to get out of the city noise.I think we have to enjoy our summers to the fullest because our winters are so long.We should try not to complain about the heat in the summertime.Let Jesus into your life and God bless.26 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2013 Vers la lumière CYLVIE GINGRAS Chroniqueuse de rue -\t>7 ^fcr-51 *%; * ?¦ :^\u20ac AIDEZ L\u2019ITINÉRAIRE: DONS ?CARTES-REPAS ?ABONNEMENT DON Je fais un don de:\t____________S1 CARTES-REPAS2 J'offre_____cartes-repas à 5$ chacune = _________S1 ABONNEMENT AU MAGAZINE Je m'abonne pour une période de: O 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) _____ $ O 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) _______ $ Nom ou N° de camelot (s'il y a lieu) : TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $ Notes 1\tVous recevrez votre reçu d'impôt début janvier suivant votre don.2\tLes cartes sont distribuées par L'Itinéraire, mais si vous voulez les recevoir pour les donner dans la rue, cochez ici et nous vous les enverrons avec le Guide du bénévole.Cochez ici ?IDENTIFICATION OMme OM.Nom:_______________________________ Prénom:_________________________________ Nom de l'entreprise (Don corporatif) :______________________________________ Adresse: ____________________________________________________________________ Ville: ______________________________________________________________________ Province :_________________________ Code postal :_____________ _____________ Téléphone : (______)_______-_________________________________________________ Courriel :___________________________________________________________________ MODE DE PAIEMENT O Visa, MasterCard O Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire N» de la carte : I_I_I___I___I__I___I___I__I___I__I___I___I__I___I___I__I___I Expiration_____/_________ __________________________________________________ (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez ce formulaire de don et votre chèque au Groupe communautaire L'Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K2H9.Pour toutes questions, contactez-nous au 514-597-0238 poste 230.Dons et abonnement disponibles en ligne au www.itineraire.ca Premier BBQ de l'été! C'est le samedi 25 mai dernier, sous le pont Jacques-Cartier, qu'a eu lieu la 6e édition du Grand BBQ organisé par L'Itinéraire en partenariat avec TELUS.Malgré une température peu clémente, près de 30 bénévoles étaient au rendez-vous avec un dévouement et une bonne humeur remarquables.Des hot-dogs et des hamburgers ont été servis aux 350 personnes qui se sont jointes à nous durant tout l'événement.Une expérience formidable dans une ambiance festive qui a ensoleillé la journée! Journée du bénévolat de TELUS L'événement se déroulait dans le cadre de la Journée du bénévolat de TELUS.À travers le pays, ce sont plus de 13 000 bénévoles qui ont prêté main forte à des organismes communautaires lors de plus de 500 activités.; Psîtï BütfXl t X SmJi i 1 Afe Merci, madame Petrowski L\u2019excellente journaliste et chroniqueure de La Presse, Nathalie Petrowski, a récemment animé une conférence auprès du Women\u2019s Executive Network, connu en français sous le nom de Réseau des femmes exécutives.Fondé en 1997, la communauté regroupe 18 000 femmes leaders à travers le Canada et offre des programmes novateurs de réseautage, de mentorat et de perfectionnement.Madame Petrowski a eu la générosité de donner son cachet au Groupe L\u2019Itinéraire.Alors nous lui disons : merci! 15 juin 2013 I ITINERAIRE.CA 31 Un Bilan 2012 positif et de beaux projets en 2013 pour le Regroupement des éco-quartiers et ses membres Instauré par la Ville de Montréal en 1995, le programme Eco-quartier est un programme d\u2019action environnementale ancré dans les milieux locaux.L\u2019objectif est de promouvoir l\u2019écocivisme, d\u2019apporter un soutien important aux initiatives locales et d\u2019améliorer le milieu de vie des Montréalais par le biais d\u2019actions environnementales réalisées par les citoyens.Le programme Eco-quartier complète donc les services municipaux sur quatre volets d'intervention : la propreté, la gestion responsable des matières résiduelles, l'embellissement et la nature en ville.Grâce aux 23 membres du Regroupement des éco-quartiers (REQ) qui desservent à l'année 90 % de la population montréalaise répartie dans 15 des 19 arrondissements, soit près de 1,5 millions de citoyens, l'organisme est devenu le plus grand regroupement d'acteurs terrains en éducation relative à l'environnement (ERE) de l'agglomération.Il tend ainsi à devenir un acteur incontournable auprès des décideurs, des acteurs-clés et des citoyens en prenant appui sur les forces et les particularités de chaque arrondissement.L'organisme soutient les Montréalais dans leurs démarches d'appropriation de leur milieu de vie.L'année 2012 a été essentiellement marquée par l'ajout aux priorités du REQ de la gestion de deux programmes : la Patrouille verte et Un camp zéro déchet.Ce sont en effet 35 patrouilleurs verts et 40 patrouilleurs bleus, répartis sur 19 arrondissements et 11 villes liées de l'île de Montréal qui ont sensibilisé plus de 35 000 citoyens montréalais ainsi que les industries, les commerces et les institutions (ICI) à une saine gestion de leur environnement urbain (gestion des matières résiduelles, de l'eau, de la biodiversité, du verdissement et de l'éco-civisme) et de l'eau potable montréalaise.Enfin, un nombre record de 54 sites de camps de jour (soit une augmentation de 50% par rapport à 2011) ont participé à Un camp zéro déchet et ainsi touché près de 6 000 enfants et leurs familles en leur proposant des pratiques favorisant la réduction, le réemploi, la récupération et la valorisation, visant ainsi à diminuer la quantité de matières résiduelles envoyées aux sites d'enfouissement.Selon Nicolas Montpetit, directeur du REQ, « Ces expériences ont confirmé la capacité de l'organisme de porter en tous points de l\u2019île des campagnes de sensibilisation environnementale grand public».Trois projets ponctuels sont également venus s'ajouter : la gestion des barils de récupération d'eau de pluie de la ville, la réalisation de sondages sur la collecte des résidus verts et l'implication dans le cadre de la consultation publique sur l'agriculture urbaine à Montréal et du plan Canopée.Enfin, il est important de souligner le travail exceptionnel des membres du REQ sur le terrain.Plus de 60 ruelles vertes ont été créées ou bonifiées, soit une mobilisation de plus de 1 500 résidents.Près de 40 jardins collectifs ont été mis en place ou bonifiés, (1120 résidents).211 corvées de nettoyage ont été réalisées, (plus de 7 000 personnes) 444 arbres plantés et plus de 700 ateliers de sensibilisation dans les écoles ont été organisés.En 2013, le REQ déploie encore de nouveaux projets ! Depuis le début du mois de mai, l'organisme a repris ses opérations de sensibilisation par le biais des Patrouilles bleues et vertes.L'objectif est d'informer la communauté montréalaise des bonnes pratiques à adopter pour consommer l'eau potable de manière responsable et pour se protéger des refoulements d'eau de pluie.Mais également à la sensibiliser, l'outiller et la mobiliser aux 3RV et à l'importance du verdissement et de la biodiversité urbaine.Notons enfin le lancement récent de la saison 2013 d'Un camp zéro déchet avec plus de 50 camps de jour inscrits.En 2013, les initiatives des membres du REQ sont de plus en plus étoffées: Cet été, dans l'ensemble de l'île, les éco-quartiers, en partenariat avec les citoyens seront une fois encore très actifs! Près de 50 nouvelles ruelles vertes seront créées et 25 bonifiées.20 jardins collectifs seront ouverts et 35 améliorés, plus de 480 carrés d'arbres seront conçus et plus de 350, bonifiés.Notons également leur participation à l'organisation de près de 200 corvées de nettoyage et l'installation de 20 composteurs collectifs! Soulignons enfin la mise en place de centaines d'ateliers et kiosques de sensibilisation.Les organismes porteurs membres du REQ constituent des partenaires de choix pour intervenir auprès des citoyens.Ils sont des acteurs importants dans le développement de leur arrondissement, non seulement par la création d'emplois et d'occasions de stages qui permettent à des jeunes d'acquérir des compétences en environnement, mais aussi par leur rôle d'éducateur favorisant l'engagement collectif.Le REQ soutient ainsi les citoyens dans le développement de savoirs et savoir-faire permettant l'amélioration de la qualité de vie de leur milieu par une attitude critique constructive et ainsi réduire leur empreinte écologique.¦ 32 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2013 INFO RAPSIM POLITIQUE EN ITINÉRANCE Une démarche qui doit donner des résultats Les 17 et 18 juin, le gouvernement du Québec tiendra une consultation sur son projet de politique en itinérance.L\u2019objectif est de recueillir les commentaires des organismes visés sur la vision, les principes directeurs et les axes d\u2019intervention du projet de politique en itinérance qui a été défini et qui devient de plus en plus nécessaire.PIERRE GAUDREAU Coordonnateurdu RAPSIM our le RAPSIM, cette consultation est une étape importante.Il y participera pour commenter I et bonifier le projet du gouvernement et pour défendre la nécessité de garder le cap sur l'adoption rapide d'une politique en itinérance.Sur le terrain, l'augmentation et l'aggravation de l'itinérance à Montréal, comme dans plusieurs autres villes au Québec, rappellent sans cesse la nécessité d'une telle politique.L'itinérance n'est pas une fatalité! C\u2019est parce qu\u2019ils refusaient de voir l\u2019itinérance croître que les membres du Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec ont demandé au gouvernement de se doter d\u2019une politique globale en itinérance.L\u2019objectif était de faire de cette question une priorité du gouvernement et de faire intervenir tous les ministères visés dans la mise en œuvre Assemblée des actjons pQur réduire l\u2019itinérance et la prévenir, publique pour\t_\t.\t.\t,\t, une politique en\tQue ce solt Pour logement, la sécurité du revenu, itinérance la sortie de prison, le centre jeunesse ou l\u2019hôpital, toutes 18 avril2012\tles actions du gouvernement en lien avec l\u2019itinérance POUR UNE POLITIQUE EN ITINERA sairri - ^nucarion - néseau iK *eI &fi cfnlj- bKtfMirr - lüVtnu - nfùir \"\u2019S?'T doivent être vues à la lumière de cet objectif de réduire l\u2019itinérance et son risque.Que peut-on faire davantage?Par exemple, le logement social avec soutien communautaire qui permet une stabilité résidentielle pour des personnes ayant connu la rue.Que peut-on mieux soutenir?Par exemple, les écoles de rue qui permettent de raccrocher des jeunes qui autrement n\u2019y parviendraient pas.Que peut-on faire autrement?Par exemple, la gestion de l\u2019espace public avec les nombreuses contraventions qui ne font qu\u2019alourdir la situation des sans-abri.Une politique qui donne une vision pour l'action L\u2019adoption d\u2019une politique en itinérance ne fera pas reculer le phénomène du jour au lendemain.L\u2019exemple de l\u2019adoption en 1995 de la Politique en matière de violence conjugale le démontre; le phénomène persiste.Sur cette question, le gouvernement a cependant affirmé le caractère inacceptable du phénomène et a défini des responsabilités.De problème domestique, la violence conjugale est devenue une situation dénoncée comme inacceptable.Des campagnes de sensibilisation ont été faites; l\u2019action de la police, celle des hôpitaux et des tribunaux ont changé.Des ratés causent encore des drames, mais la Politique permet d\u2019interpeller et de demander une action pour les éviter.Une politique a un caractère permanent qui survit au changement de gouvernement.Elle entraîne l\u2019adoption de plans d\u2019action qui priorisent les interventions.Pour ce qui est de l\u2019itinérance, l\u2019objectif du gouvernement du Québec est d\u2019adopter cette politique d\u2019ici la fin de l\u2019année, pour se doter ensuite rapidement d\u2019un plan d\u2019action.L\u2019adoption d\u2019une politique en itinérance devra non seulement permettre de déterminer mais aussi de mettre en œuvre des actions pertinentes pour que plus de personnes sortent de la rue et que moins de gens s\u2019y retrouvent.¦ \tn\t\tr\t 15 juin 2013 I ITINERAIRE.CA 33 VILLE-MARIE MON CENTRE Michael Applebaum Maire de Montréal maire@ville.montreal.qc.ca Sammy Forcillo Conseiller de la Ville District de Peter-McGill sf ord 11 o@ vil le.montre al.qc.ca Bonne Fête nationale! Pierre Mainville\tFrançois Robillard Conseiller de la Ville\tConseiller de la Ville District de Sainte-Marie\tDistrict de Saint-Jacques pierremainville@ville.montreal.qc.ca\tfrancois.robillard@ville.montreal.qcca Richard Bergeron Conseiller de la Ville District de Jeanne-Mance Membre désigné du conseil d'arrondissement de Ville-Marie richardbergeron@ville.montreal.qc.ca Véronique Fournier Conseillère de la Ville District de Saint-Henri-La-Petite-Bourgogne- Pointe-Saint-Charles Membre désignée du conseil d\u2019arrondissement de Ville-Marie veronique.fournier@ville.montreal.qcca UN ÉVÉNEMENT RASSEMBLEUR AU CENTRE DE NOTRE COLLECTIVITÉ Ville-Marie Montréal @ Suivez L'ITINÉRAIRE EN TOUT TEMPS I DR JULIEN Sur les pas du Transmettre la passion de la médecine La médecine aussi est un art.Un art d\u2019écoute, d\u2019observation et d\u2019entraide.Cet art s\u2019est un peu perdu au Fil du temps, selon le pédiatre social Gilles Julien.Comment le retrouver?En le transmettant aux docteurs de demain : les étudiants en médecine.MARIE-LISE ROUSSEAU Julie Hébert, étudiante en médecine à l'Université McGill, m'a donné l'idée de cette chronique.À la suite du Symposium sur la pédiatrie sociale (dont nous avons publié un compte rendu dans nos pages du 15 mai dernier), la jeune femme a voulu s'engager davantage pour promouvoir cette pratique.«Jamais on ne m'a enseigné l'approche de la pédiatrie sociale dans ma formation», déplore l'étudiante.Motivée, elle s'implique auprès du Comité en pédiatrie sociale de l'Université McGill, créé l'an dernier à l'initiative de Médecins francophones du Canada et de la Fondation du Dr Julien, afin de faire connaître cette approche auprès des étudiants en médecine.Retour aux sources «lly a 30 ou 40 ans, il existait un cours de médecine sociale et préventive dans les programmes d'études.Ça a tombé et n'a jamais été remplacé.Puis l'industrialisation a créé une pauvreté plus lourde et de nouvelles morbidités sociales, mais la médecine n'a pas suivi», explique Gilles Julien.Selon lui, il est grand temps que la médecine effectue un retour aux sources.«Au départ, la médecine servait à comprendre l'individu pour lui venir en aide.Aujourd'hui, on le fait plus rapidement avec des médicaments, mais on fouille moins dans les causes profondes des maladies», explique le pédiatre social.Le concept de pédiatrie sociale en communauté est encore marginal aujourd'hui.«C'est une goutte d'eau dans l'océan», admet son fondateur.Mais il a de quoi se réjouir : beaucoup de jeunes comme Julie Hébert sont intéressés à pratiquer une médecine qui change le monde.«La pédiatrie sociale nous rappelle qu'on peut avoir un impact significatif dans sa communauté», affirme l'étudiante.Le Dr Julien a confiance en la génération de futurs praticiens.«Je suis étonné du nombre de jeunes qui veulent un nouveau paradigme de soins, affirme-t-il.Ces jeunes qui ont le goût de s'embarquer dans une médecine sociale, pas simplement curative, vont changer tout ça plus que moi.» À pas de tortue Jusqu'à présent, deux établissements, l'Université McGill et l'Université de Montréal, ont rendu obligatoire le stage en pédiatrie sociale pour les étudiants qui choisissent cette branche.Gilles Julien rêve du jour où la médecine sociale sera une véritable spécialisation dans les programmes d'études.«Ça avance à pas de tortue», reconnaît le pédiatre, déplorant les rouages d'un système lent et complexe.Pourtant, investir dans la formation des étudiants en médecine sociale porterait fruit.«On estime que pour chaque dollar investi avec un enfant en difficulté, on économise à terme 10 à 20 $.» Un argument qui a de quoi séduire les adeptes de la rentabilité, si chère à nos sociétés modernes.Gilles Julien se voit comme un mentor pour ceux qui éprouvent le désir de changer la société par une médecine plus sociale et l'approche de pédiatrie sociale rv *5 en communauté qu'il a mis sur pied pourrait bien devenir un des outils privilégiés pour y parvenir.Dr Gilles Julien «tut^ Fondation du DrJulen 1601, rue Aylwin, Montréal, Québec H1W 3B9 Téléphone: 514 527-3777 Fondation@pediatriesociale.org 15 juin 2013 I ITINERAIRE.CA 35 « Une branche au travers du ravin» Le Refuge des jeunes de Montréal Présent dans l\u2019esprit des Montréalais grâce à son porte-parole Dan Bigras et au Fameux Show du Refuge, le Refuge des jeunes de Montréal est avant tout un havre où près de 600 jeunes en difficulté viennent trouver la paix chaque année.TEXTE ET PHOTO:GOPESA PAQUETTE S'il n'y avait pas le Refuge, je serais présentement en train de dormir au parc Lafontaine ou au parc Maisonneuve.\u2014~v~ - Frédérik, 23 ans Felix Viau (à gauche) et Sébastien Tremblay (à droite), intervenants dejour du Refuge qui accompagnent les jeunes dans leurs démarches.Frédérik, 23 ans, a recours aux services du Refuge depuis quatre ans.Au fil des années, la possibilité de venir prendre des moments de répit lui a permis de cheminer tranquillement vers son retour prochain aux études.«S 77 n\u2019y avait pas le Refuge, je serais présentement en train de dormir au parc Lafontaine ou au parc Maisonneuve, lance-t-il.Le Refuge, c'est une branche lancée au travers d\u2019un ravin qui t'empêche de tomber:» Pour la directrice générale France Labelle, le Refuge est un territoire neutre.«Ici, tu viens prendre une pause de la rue», affirme-t-elle.La rue fatigue et ces jeunes ont besoin de repos.C'est pourquoi le Refuge tente de recréer autant que possible une ambiance domestique.L'encadrement est minimal : un horaire souple et quelques règles fondamentales de respect et de convivialité permettant aux jeunes de souffler un peu.Une fois les besoins de base comblés (un toit, des repas et de quoi s'habiller), les jeunes peuvent espérer reprendre le fil d'une vie bousculée avec l'aide des intervenants.«La question qui vient tout de suite après, est celle des papiers d\u2019identité et du revenu, précise madame Labelle.Après, ce sont souvent les questions de santé physique et mentale qui vont émerger.» Près des trois quarts des jeunes qui fréquentent le Refuge consomment des drogues, ce qui apporte son lot de problèmes physiques, et environ un tiers présente un problème de santé mentale.Un quart de siècle d'ouverture Fondé en 1988 sous l\u2019initiative du Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, le Refuge offre 45 lits aux jeunes de 17 à 25 ans ainsi qu\u2019une panoplie de services de dépannage et d\u2019accompagnement.Ce sont autant de courts passages de quelques jours pour dépanner que des séjours d\u2019un mois lors desquels les jeunes peuvent se réaligner.«Notre objectif est de les aider à ce qu'il y ait un passage vers autre chose, dit madame Labelle.Certains jeunes nous arrivent en ne sachant même pas quel jour on est.» Pour la plupart, c\u2019est du court terme, un lieu où trouver un peu de répit, retrouver ses repères et imaginer des solutions aux problèmes les plus urgents.Depuis 1999, 18 logements sociaux avec soutien communautaire sont offerts à des jeunes ayant vécu une grande instabilité résidentielle et des problèmes de consommation ou de santé mentale.Avec ceux-ci, un trio d\u2019intervenants fait un travail d\u2019accompagnement à long terme.Ces jeunes ont rarement vécu plus de trois mois au même endroit avant de trouver un logement avec le Refuge.«On veut s'adresser à ceux qui ont connu la plus grande instabilité et pour qui il y a eu le moins de réponse», explique madame Labelle.«je n\u2019oi jamais eu la prétention de réinsérer quiconque, concède-t-elle.La seule prétention que j'ai avec notre équipe, c'est de donner un coup de main, d\u2019occompogner, d'aider, d'essayer de différentes manières de mettre du possible en place et de faire ça avec humanité.» La directrice insiste sur la question de l\u2019humanité, rappelant la nécessité de se défaire du mépris entretenu à l\u2019égard des gens en difficulté et de les aborder avec le même respect qu\u2019on voudrait qu'on nous témoigne.Où trouver refuge à Montréal?Hébergement d'urgence Le Bunker (mineurs) 533, rue Ontario Est, Bureau 450 514 526-5222 Old Brewery Mission (hommes et femmes) 902, boulevard Saint-Laurent 514 866-6591 La Maison du Père (25 ans et plus) 550, boulevard René-Lévesque Est 514 845-0168 Maisons d'hébergement L'Avenue (18 à 30 ans) 2587, rue Leclaire 514 254-2244 La rue des Femmes 1050, rue Jeanne-Mance 514 284-9665 36 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2013 Payer pour se protéger?Alors que le vol d'identité gagne du terrain, payer pour se protéger vaut-il le coup?protégez vous par maxime Johnson Avec des informations personnelles glanées dans votre courrier, votre recyclage, vos courriels ou votre ordinateur, un fraudeur peut obtenir suffisamment de renseignements sur vous pour faire des achats avec vos cartes de crédit, mais aussi décrocher un prêt sous votre nom, et même vendre votre maison à votre insu! Le vol d\u2019identité toucherait jusqu\u2019à un million de personnes annuellement au Canada, affirme le Bureau de la concurrence.Heureusement, les dommages financiers qui en découlent sont généralement couverts par les banques et les émetteurs de cartes de crédit.Les démarches qui suivent un vol d\u2019identité ne sont pas pour autant une promenade au parc: il faut annuler les cartes dérobées, en commander de nouvelles, vérifier pendant plusieurs mois l\u2019authenticité des transactions inscrites à votre nom aux dossiers des agences de crédit Equifax et TransUnion.«Les victimes peuvent mettre jusqu'à 600 heures de travail pour récupérer leur identité, indique une étude américaine de la Federal Trade Commission», explique Sylvain Patry, premier vice-président chez Protège mon identité.Moyennant des frais annuels de 99,95 $, cette entreprise ontarienne fondée en 2010 analyse notamment les forums et réseaux utilisés par les pirates informatiques (dark Web), pour s'assurer que vos informations ne circulent pas sur le marché noir.Elle dit surveiller ces réseaux difficilement accessibles au grand public grâce à des partenariats avec des sociétés de sécurité.L'entreprise, qui compte « quelques milliers » de clients au Canada, selon Sylvain Patry, offre aussi de l'aide quand le mal est déjà fait, par exemple une assurance pour éponger les frais juridiques encourus.Une poignée d'entreprises de ce type courtisent les internautes qui craignent de se faire voler leur identité.En cherchant sur le Web, Protégez-Vous en a identifié trois, sans compter les services offerts par les agences de crédit, par des institutions financières et par des compagnies d'assurances.Par exemple, SpotMylD propose de surveiller gratuitement l'activité liée à deux de vos données personnelles ou documents parmi les suivants: cartes de crédit, comptes bancaires, numéro d'assurance sociale, etc.Mais il faut débourser 49,95 $ par an pour qu'elle garde un œil sur cinq documents, ou 79,95 $ pour dix.Le site de Protègelnfo annonce aussi faire une veille préventive du Web et suggère son aide en cas de vol d'identité.Depuis 2012, l'agence de crédit Equifax offre aussi de court-circuiter le vol d'identité en vous tenant informé des changements faits à votre dossier de crédit.«S/ une banque avec laquelle vous ne faites pas affaire demande votre dossier pour un prêt hypothécaire, vous saurez qu'il y a quelque chose de louche», explique John Russo, chef de la protection de la vie privée chez Equifax Canada.L'agence propose deux plans de protection (14,95 $ ou 19,95 $ par mois).L'autre agence de crédit, TransUnion, offre aussi de vous envoyer une alerte dès que des changements surviennent dans votre dossier de crédit afin que vous puissiez déceler des activités frauduleuses (14,95 $ par mois).¦ protëgezvous www.protegez-vous.ca ¦ TESTS \u2022 ENQUÊTES \u2022 GUIDES D\u2019ACHAT \u2022 ÉVALUATIONS POUR CEUX QUI VEULENT MIEUX CONSOMMER 15 juin 2013 | ITINERAIRE.CA 37 \tMarc Carneau \tVous souhaite \tune joyeuse \tSaint-Jean-Baptiste \tWishes you a happy \tSa In Mean Baptiste CAROLE POIRIER DEPUTEE O' HOC HE LAG A-M A ISON N EU VE Pnïfti(Wfï> Wire-ortmJpfir?fhi rAsssiïIfttèa natiamla Sienne Sête + + +.+ +,+ * + + + + + ¦m\\]riii f r.'vUHT'M.i carolepoirier.org ^11 e u l ^_.514 873-9309 Cocktails \u2022 Événements corporatifs ou privés \u2022 Repas pour écoles et CPE \u2022 Service de comptoir alimentaire \u2022 Pâtisseries pour cafés, restaurants, cafétérias ou pour vos occasions personnelles \u2022 Service aux tables \u2022 Location de salle.professionnelle * BIS.QC.CA 514 721 1747 WWW.TR AITEUR Bis est une entreprise d'insertion sociale et d but non lucratif spécialisée dans la ANNONCEZ-VOUS DANS L\u2019ITINÉRAIRE ET AFFICHEZ VOS VALEURS CITOYENNES.Contactez-nous au 514 597-0238 ou par courriel à publicite@itineraire.ca L\u2019achat et la vente d\u2019une propriété, c\u2019est une affaire de coeur et de savoir-faire! Ml Via Capitale du Mont-Royal AGENCE IMMOBILIÈRE Plateau 1152, avenue du Mont-Royal Est 514.597.2121 Rosemont 2339,rue Beaubien Est 514.721.2121 capitaleMtRoyal\tViaCapitaleMontRoyal www.viacapitaledumontroyal.com PAR SYLVAIN-CLAUDE FILION PANORAMA Pleine de Grace Grace Kelly (1929-1982) fut la muse d'Alfred Hitchcock et demeure à jamais une icône qui séduit.La star oscarisée d'Hollywood devenue princesse de Monaco a eu un destin qui fait encore rêver.Pour en témoigner, une splendide expo qui regroupe une centaine d'artefacts : lettres personnelles, photographies, vêtements et accessoires et extraits de films.De plus, tous les mercredis, ceux qui visiteront l'exposition en s'habillant à son image entre 17 h et 21 h courront la chance de remporter des prix de présence.Chère Grace, pleine de grâce ! DE PHILADELPHIE À MONACO GRACE KELLY-AU-DELÀ DE L\u2019ICÔNE Jusqu'au 6 octobre | Musée McCord (690, rue Sherbrooke Ouest) Renseignements : 514 398-7100 Salut Sylvain Quelques mois seulement avant que la grande faucheuse ne vienne nous l\u2019arracher prématurément, Sylvain Lelièvre avait fait lever le toit du Lion d\u2019Or en novembre 2001, lors du mémorable spectacle Versant jazz, dans lequel il transcendait, façon note bleue, ses plus grands succès (Marie-Hélène, Petit matin, Lettre de Toronto.) tout en enfilant d\u2019autres perles moins connues.Joie : on réédite en un album-double les deux CD de la prestation, qui avaient paru ensuite, l\u2019un d\u2019eux récoltant un Félix en 2002.Indispensable.SYLVAIN LELIÈVRE Versant jazz Live au Lion d'Or, l'intégrale Étiquette GSI Musique Disponible en ligne et en magasin Sir Pathétik, rappeur noble Dix ans de carrière, un 9e album et des ventes qui totalisent 100 000 unités.Le rappeur québécois, récipiendaire d\u2019un Félix, se démarque du lot et c\u2019est sûrement, entre autres, parce que son rap engagé est brillant (contrairement à ses homologues américains qui, trop souvent, invitent à abuser des femmes ou à tirer des policiers.).Il vient de lancer l\u2019album Prisonnier des mots, qu\u2019il a écrit et composé en séjournant à Paris, Rome, Amsterdam et Saint-Martin.Sébastien Lefebvre, de Simple Plan, a participé à la création de certaines pièces.Dans ce nouvel opus, il continue à aborder des thèmes qui font réfléchir : Texto fait référence à ceux qui écrivent des SMS au volant de leur voiture et Seul dans ce monde est un hommage à Denis Blanchette, le technicien qui a perdu la vie dans l\u2019attentat au Métropolis le 4 septembre dernier.SIR PATHETIK Prisonnier des mots Étiquette L-Abe Disponible en ligne et en magasin JUSQU'AU 23 JUIN Les pieds dans la marge La 21e édition du Festival Montreal Fringe invite à quelque 200 spectacles à prix modique, en salle et dans la rue, où les genres sont joyeusement malmenés.La philosophie du fringe, c\u2019est que les artistes sont choisis par tirage, jouissent d\u2019une liberté totale en se moquant de la censure et 100% des recettes sont versées aux artistes.L'Itinéraire vous recommande Have Fun!, théâtre documentaire présenté au Théâtre LaChapelle par le Théâtre du Zèle; J'm'en tamponne, un show féministe à l\u2019humour explosif présenté en off dans une ruelle par Toxique Trottoir et La contestation expliquée aux enfants, de la compagnie Théâtre de brousse, qui expose la lutte citoyenne vue par un enfant, au Petit Campus.Pour connaître toute la programmation et obtenir plus de renseignements : www.montrealfringe.ca 15 juin 2013 | ITINERAIRE.CA 39 , = : : 5a.SCFP Syndicat canadien de ^ la fonction publique m scfp.qc.ea [ .f OSCFPQuebecinfos Ïj SCFP-Québcc Infos FIERS de nos 50 années de syndicalisme.FIERS de nos 111 000 membres.FIERS de nos périsoignants, du personnel infirmier personnel technique et professionnel en santé î © Centrale des syndicats du Québec une Centrale au service des personnes, en mouvement avec son temps f facebook.com/lacsq csq.qc.net ^ twitter.com/csq_centrale Venez danser et fêter avec nous ! ^ F.î 2013 nationale Québec lundi 24 juin an Comité social Centre-Sud à l\u2019angle des mes Beaudry et Robin del4h30 à 23h (en cas de pluie: à l\u2019intérieur) Beaudry Au programme: Activités pour enfants et adultes avec plein de prix à gagner Souper Soirée dansante avec musique québécoise Billets du souper en vente au Comité social 1710 Beaudry du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 13h à 16h 514-596-7092 nïÜSai* Québec Québec \"\" Wmi'mnrnt im1 lun-sl An cl QurtfïrH* ^ Comité social Centre-sud http://csq.qc.net DAWN TYLER WATSON et PAUL DESLAURIERS Le blues du bonheur Dawn, surnommée la reine du blues montréalais, et Paul, le rockeur, ne se définissent pas comme des artistes engagés malgré leur participation à de nombreux concerts-événements pour des œuvres caritatives.«Il est de la responsabilité de chaque citoyen de s'engager pour les autres, explique la chanteuse.Tout le monde devrait le faire.» LUDIVINE MAGGI Leur engagement est plus que musical, il est sentimental.En effet, Dawn et Paul participent toujours à des causes avec lesquelles ils ont un lien personnel.C'est pourquoi le 22 mai dernier, ils étaient réunis sur la scène du Lion d'Or pour participer à Blues pour la vie, campagne de financement de la Société de la Leucémie Myéloïde Chronique du Canada.«Ça nous touche particulièrement car c'est pour un collègue de travail», soutient Paul Deslauriers, guitariste, chanteur et compositeur.«Aussitôt que nous en avons entendu parler, nous avons accepté», ajoute Dawn Tyler Watson.Monter sur scène et donner de leur temps à des œuvres caritatives leur permet de rendre le bonheur qu'ils ont de gagner leur vie grâce à la musique.«Ce n'est pas comme envoyer un chèque de façon anonyme et puis de s'en laver les mains.Nous, on le fait directement avec les gens concernés et le public», déclare Paul.Une communion avec le public Que ce soit pour soutenir des causes ou tout simplement pour partager leur musique avec le public, la scène tient une place primordiale dans la vie de Dawn et Paul.Avec la sortie de leur deuxième album, Southland, les deux artistes ont dû reprendre le chemin du studio.«L\u2019enregistrement d'un album est une vraie torture.Dans ma tête, cèst une grosse affaire car l\u2019atmosphère d'un studio est intimidante», confie Dawn.Paul raconte avec une pointe d'amusement que des applaudissements préenregistrés sont diffusés dans le studio pour donner du courage à la chanteuse.Si le processus d'enregistrement n'est pas naturel pour ce duo, c'est parce qu'ils se sont d'abord connus sur scène.Menant leur carrière solo respective, ils partageaient la scène pour le plaisir sans l'intention de produire un album.Mais les spectateurs en ont décidé autrement.«Les gens nous demandaient quand nous allions faire un album ensemble, dit Paul.Nous ne nous attendions pas à une telle réaction du public.» Ce n'est pas comme envoyer un chèque de façon anonyme et puis de s'en laver les mains.- Paul Deslauriers, à propos de la participation de Dawn et Paulà des concerts bénéfices.Depuis, deux albums sont sortis : Duo (2007) et Southland (2013).Six ans se sont écoulés entre les deux.S'il est un mot pour décrire ce dernier album, la chanteuse et le guitariste répondent en chœur : «Enfin !».Dawn et Paul définissent le processus de P?-, création et d'enregistrement comme long et ardu.«Beaucoup de choses nous ont volé du temps : des deuils, des problèmes de santé et des projets personnels», précise le guitariste.Sur leur dernier opus, Southland, Dawn Tyler Watson et Paul Deslauriers mêlent compositions originales et reprises des classiques musicaux de leurs idoles comme The Rain Song de Page\\Plant, Crosstown Traffic de Jimi Hendrix ou Ne me quitte pas de Jacques Brel.L'esprit entre les deux albums reste le même.«/Vous ne changeons pas de répertoire.C\u2019est pour ça que notre public est fidèle, souligne Dawn.En revanche, les spectateurs ne savent jamais ce qui va se passer sur scène!» a Prochains spectacles 28 juin Scène extérieure Rio Tinto Alcan Festival International de Jazz de Montréal 8 juillet Festival de blues de Mont-Tremblant Le duo blues Dawn et Paul a récemment lancé leur deuxième album, Southland.Dawn Tyler Watson & Paul Deslauriers SOUTHLAND Etiquette L-Abe dawnandpaul.com 15 juin 2013 | ITINERAIRE.CA 41 Photo : James Saint-Laurent VIVRE PAR DENYSE MONTÉ i +\\j* iC~ Microsieste, macrobienfait Au travail, 5 minutes de sieste flash et vous revoilà d'attaque comme si la journée venait de commencer! Ne dites pas « je n'ai pas le temps d'arrêter », car au contraire ce court moment de détente vous fera gagner des heures en efficacité.En position assise à votre bureau, la tête appuyée, fermez les yeux, relâchez vos muscles, faites le vide dans votre tête.Respirez profondément en gonflant le ventre et ensuite le thorax puis expirez par le nez lentement.Cette technique de respiration est également très efficace en situation de grand stress.N'hésitez pas à pratiquer ces microsiestes dès que vous sentez votre énergie baisser et votre stress monter, même plus d'une fois par jour.Si possible, allez aussi vous aérer pendant quelques minutes.Bok O quoi \u2022 C'est la fureur de l'heure! On se fait aller à droite, à gauche, librement, au rythme de musiques tendances, avec une chorégraphie toute simple, soit en traçant des chiffres et des lettres avec les pieds.Mélange de step, kickboxing et danse africaine, la Bokwa fitness est en voie de détrôner la Zumba, sa cousine.Elle permet de se défouler et de brûler jusqu'à 800 calories en une heure.Malgré tout, pas besoin d'être un as de la danse et du cardio puisque chacune et chacun peut y aller à son rythme.Amusant et tonique à souhait.Trottibus Marcher jusqu'à l'école, quelle merveilleuse façon de se garder les joues roses et les idées claires, tout en réduisant les gaz à effet de serre dans l'environnement! Trottibus est un service d'autobus pédestres pour les jeunes du primaire.Ils sont encadrés par des «conducteurs» bénévoles, placés à l'avant et à l'arrière du convoi, qui assurent leur sécurité et soutiennent leur motivation.Des trottibus sont déjà implantés et « marchent » dans certains milieux scolaires du Québec.C'est un service mis en place par l'équipe de la prévention de la Société canadienne du cancer.Pour propager ce mode de transport actif : trottibus.ca.rtvEvCTT Adieu cheveux blancs?Bientôt finie la coûteuse et désagréable séance de teinture au salon de coiffure?Un traitement contre l'apparition des cheveux blancs est en cours, à la suite de la découverte de chercheurs allemands et britanniques selon laquelle les personnes aux cheveux blancs sont victimes d'un «important stress oxydatif», responsable ultimement du blanchiment du cheveu.Les scientifiques ont mis au point un traitement breveté qui inverserait le processus de blanchiment des cheveux, et pourrait aussi s'avérer efficace contre le vitiligo, une maladie qui entraîne la dépigmentation de la peau.Leurs résultats sont parus dans la revue en ligne «The FASEB Journal».Le canola pour faire fondre la bedaine Après l'huile d'olive, voici que l'huile de canola se révèle à son tour bénéfique pour l'organisme.En association avec une diète pour contrôler le poids et prévenir les maladies cardiovasculaires, elle contribuerait à réduire le gras abdominal.C'est ce que révèle l'étude clinique Canola Oil Multicentre Intervention Trial (COMIT), dirigée par l'Université du Manitoba.Les 121 participants qui ont consommé de l'huile de canola à haute teneur en acide oléique pendant quatre semaines ont vu leur gras abdominal diminuer de 1,6% et cela, grâce aux acides gras mono insaturés quelle contient.(Source: INAF) 42 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2013 LIVRES PAR SOPHIE GILLIG, LUDIVINE MAGGI ET PIERRE SAINT-AMOUR Quand la matraque combat la rue À l'heure où le gouvernement annonce une commission spéciale d'examen sur le travail policier durant la grève étudiante de l'an dernier, À qui la rue?Répression policière et mouvements sociaux dresse le portrait des comportements policiers face aux mobilisations collectives en Occident, de l'Europe à l'Amérique du Nord, des mouvements altermondialistes au printemps érable.jTl Sous la direction de Francis Dupuis-Déri, membre de l'Observatoire sur les profilages racial, social et politique dans l'espace public, et professeur de science politique à l'Université du Québec à Montréal, les auteurs s'interrogent sur les relations qu'entretiennent les forces de police avec les manifestants depuis l'avènement de l'altermondialisme dans les années 2000.À la lumière de la sociologie des mouvements sociaux appliquée au sommet du G20 à Toronto en 2010 ou au printemps érable, les chercheurs, les militants et les professeurs montrent comment les attentats du 11 septembre 2001 ont permis de justifier la mise en place de mesures sécuritaires comme le profilage politique, et de légitimer la répression policière envers des manifestants considérés dorénavant comme une menace terroriste à part entière.À qui la rue?dépeint une situation sombre des relations entre les forces de l'ordre et les manifestants dans laquelle autorité et contestation ne font pas bon ménage.(LM) À qui la rue?Répression policière et mouvements sociaux Par Collectif sous la direction de Francis Dupuis-Déri Éditions Écosociété 276 pages.Chroniques d'un insatisfait Normand Lester revient bousculer les conventions avec A brûle-pourpoing, recueil de ses chroniques acerbes publiées sur le site Yahoo! Québec.A travers quelque 150 chroniques, Normand Lester revient sur les évènements marquants de 2012 en les agrémentant de ses commentaires souvent bien tranchés.Du printemps érable aux élections américaines, en passant par l\u2019emprisonnement des Pussy Riot, rien n\u2019est passé sous la trappe.Ce style incisif donne parfois l\u2019impression que le chroniqueur jette de l\u2019huile sur le feu.En février 2012, alors que la grève étudiante débute, Normand Lester ne prend pas de gants pour qualifier les étudiants de la CLASSE de «petits bourgeois».L\u2019intérêt d\u2019/À Brûle-Pourpoing réside dans la diversité des sujets traités.L\u2019ancien correspondant de Radio-Canada aborde des affaires délaissées par les grands médias comme les rafles d\u2019Africains en Israël.Lester pointe du doigt les gouvernements canadien et américain qui ferment les yeux sous l\u2019influence du lobby sioniste.Une lecture distrayante pour les adeptes du chroniqueur.(SG) À brûle-pourpoing Par Normand Lester, Les Intouchables, 341 pages.Fin de l'Occident, naissance du monde «Une civilisation, écrivait André Malraux, me paraît se définir par les questions quelle pose et par celles quelle ne pose pas.» Parvenu à la croisée des chemins, à l\u2019aube d\u2019une ère nouvelle, le monde, tel que nous le connaissons aujourd'hui, devra changer radicalement sa façon d'exploiter ses ressources naturelles.ou mourir.C'est ce qu'avance le réputé journaliste en environnement au journal Le Monde Hervé Kempf, dans son ouvrage Fin de l\u2019Occident, naissance du monde.Pour y arriver, notre civilisation occidentale se verra dans l'obligation de repenser les rapports quelle entretient avec son environnement et abolir les inégalités de plus en plus marquées que favorisent un capitalisme sauvage.Avec la hausse des prix de l'énergie, qui est irréversible, la croissance économique qu'a connue l'Occident depuis la révolution industrielle va ralentir.Désormais, nos sociétés modernes devront envisager de repenser une nouvelle économie basée sur la distribution équitable des richesses et une exploitation responsable de l'environnement.Cette transformation nécessaire, note Hervé Kempf, c'est «le passage du néolithique au biolithique».D'une remarquable concision, cet ouvrage bien construit, même s'il pèche trop souvent par un excès d'optimisme, invite le lecteur à redéfinir certaines valeurs qu'il croyait jusqu'alors, peut-être, immuables.(PSA) Fin de l'Occident, naissance du monde Par Hervé Kempf, Seuil, 156 pages.HERVÉ KEMPF fin de r Occident, naissance du monde SEUL 15 juin 2013 | ITINERAIRE.CA 43 À PROPOS DE.L'ARGENT SOLIDARITE DANS LE METRO C'est fou comme l'argent aide à supporter la pauvreté! ¦ALPHONSE ALLAIS Mieux vaut être riche et en santé que pauvre et malade.Je vais rendre l'électricité si bon marché que seuls les riches pourront se -YVON DESCHAMPS payer le luxe d'utiliser des Une fois rien, c\u2019est rien; deux fois rien, ce n\u2019est pas beaucoup, mais pour trois fois rien, on peut déjà s\u2019acheter quelque chose, et pour pas cher.- RAYMOND DEVOS bougies.- THOMAS ALVA EDISON L'araent ne fait pas le bonheur.C'est même à se demander pourquoi les riches y tiennent tant.-GEORGES FEYDEAU Dieu doit aimer les pauvres, autrement il n\u2019en aurait pas créé autant.-ABRAHAM LINCOLN C'est au moment de payer ses impôts qu'on s'aperçoit qu'on n'a pas les moyens de s'offrir l'argent que l'on gagne.- FRÉDÉRIC DARD Si on écoutait ce qui se dit, les riches seraient les méchants et les pauvres seraient les gentils, et bien sûr tout le monde veut devenir méchant ! -COLUCHE L\u2019argent ne fait pas le bonheur, mais il rend le malheur confortable.-ANONYME Des employés sans préjugés MÉLISSA BLOUIN Michel Desjardins profite de son travail de camelot dans le métro pour sensibiliser et conscientiser les gens.Il s\u2019est donné pour devoir de faire connaître davantage le magazine L'Itinéraire, mais aussi plus généralement, l\u2019itinérance.Il le fait en donnant de l\u2019information aux employés de la sécurité du métro Berri-UQÀM et aux gens qui y circulent.Selon lui, les gens deviennent plus compréhensifs à force de le côtoyer.Il a l\u2019impression de changer positivement leur vision des itinérants.«Depuis 15 ans, j\u2019ai des clients réguliers et je ne les considère plus comme des clients, mais bien comme des amis», soutient l\u2019homme.Certains l\u2019invitent à aller jouer une partie de billard et il lui arrive daller au restaurant avec d\u2019autres.Michel Desjardins a même déjà reçu de la part d\u2019une de ses clientes régulières, Chantale, un ordinateur portable d\u2019une valeur de plus de 800 $.«// y a encore du bon monde dans la vie.Des gens qui réalisent qu'ils ne peuvent pas juger les itinérants aussi facilement», termine le camelot.44 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2013 Photo: Anne Marie Piette DETENTE i 1\t2\t3\t4\t5\t6\t7\t8\t9\t10 11\t12 Vous trouverez la solution dans l'édition du 1er juillet 2013 HORIZONTALEMENT \"I.Trop belles pour être vraies.2.\tIntroduire - Cardinal.3.\tRaisonnable, il fait tomber les charges - État du médium.4.\tAscagne - Romain.5.\tRefus de Poutine - Glapir.6.\tFin de synthèse - Haussa le ton - Bat le roi.7.\tEn liesse - Colore en rouge 8.\tPossessif- Fait tout sauter- Non sans cœur.9.\tBlesserez au passage.10.\tSalés et fumés - Léger.VERTICALEMENT 1.\tElles rêvent du prince charmant.2.\tFormidables-Au-dessus du caïd.3.\tTrompées - Cours court.4.\tHuit bits - Souvent mitraillée.5.\tIngurgitée - Elles sont habituellement 32.6.\tEn Pologne - Céans - Un peu de tisane.7.\tPeut lire sans problème - Dans le garage.8.\tVisite un bâtiment en mer.9.\tDifficiles à prévoir- Morceau de Wagner.10.\tAvoir en main - Lu sur la croix.11.\tPalindrome accrocheur?- Le tour du Soleil.12.\tRétrécissement d'un canal - Presque zen.Jeu réalisé par MaxwoodMedia | Renseignements : grilleomaxwood.ca Votre ado a fait une gaffe?Votre nouvelle maison présente un vice caché?Vos parentsâgéssontdevenus inaptes?QUE FAIRE?Envoyez-nous vos questions! Les professionnels du cabinet d'avocats Râtelle, Râtelle et Associés répondront à vos interrogations gratuitement! DROIT CIVIL-DROIT CRIMINEL ET PÉNAL-DROIT LOCATIF DROIT IMMOBILIER- DROIT DE LA JEUNESSE ET DES JEUNES CONTREVENANTS - DROIT MATRIMONIAL DROIT DES PERSONNES-SUCCESSION -RESPONSABILITÉ CIVILE -FAI LLITE ET INSOLVABILITÉ Posez des questions précises, dans des lettres courtes et signées avec vos coordonnées complètes.Seuls les prénoms seront publiés pour préserver votre confidentialité.La rédaction se réserve le droit d'écourter les lettres.LA TRIBUNE JURIDIQUE À lire bientôt dans L'Itinéraire Envoyez vos questions à courrier@itineraire.ca NIVEAU DE DIFFICULTÉ : MOYEN Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boite 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans un colonne et dans une boite 3x3.NOTRE LOGICIEL DE SUDOKUS EST MAINTENANT DISPONIBLE.10 000 sudokus inédits de 4 niveaux par notre expert, Fabien Savary.En vente exclusivement sur notre site.www.les-mordus.com Vous trouverez la solution dans l'édition du 1er juillet 2013 \t\t8\t\t\t\t4\t\t9 1\t1\t\t6\t4\t\t\t\t 5\t\t\t\t8\t7\t3\t\t 2\t\t5\t\t1\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t7\t\t \t\t1\t3\t\t9\t\t6\t \t\t\t\t\t5\t\t\t \t8\t4\t\t\t6\t1\t\t 1\t5\t\t\t\t8\t\t\t7 Jeu réalisé par Ludipresse | infooles-mordus.com 15 juin 2013 | ITINERAIRE.CA 45 FEU VERT À.JOCELYNE CAZIN Vendredi soir sur la Main Trop d'évènements dans ma vie se sont produits, parfaitement synchronisés, pour que je continue de croire au hasard.C'est d'ailleurs ma devise depuis plusieurs années : Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous.Journaliste depuis 34 ans à la radio et à la télévision, ex-animatrice de J.E.et lauréate de plusieurs prix, Jocelyne Cazin est aussi ambassadrice pour la sclérose en plaques et la Maison de soins palliatifs de la Rivière-du-Nord.www.jocelynecazin.com 24 mai dernier, j\u2019animais une émission à CIBL 101,5, coin Saint-Laurent et Sainte-Catherine.Un endroit que je ne fréquente pas souvent, sauf lorsque des mandats m\u2019y amènent.Je vis à la campagne depuis ma retraite de TVA et je m\u2019en porte très bien.La faune citadine, éclectique, surtout dans cette zone particulièrement mouvementée m'effraie quelque peu.En marchant allègrement vers la station de radio, j'étais estomaquée de ressentir autant de misère, de souffrance dans les regards, dans les gestes, dans les habillements.J'étais à la fin d'une semaine passablement houleuse pour Montréal : pas de métro à deux reprises, l'eau contaminée pour 48 heures, des cônes oranges dessinés presque partout dans la ville provoquant de considérables retards.Bref l'histoire d'un désastre annoncé.Partout on entendait ou lisait des chroniqueurs et animateurs qui se consolaient en se comparant à Toronto ou le maire aurait semble-t-il cracké.Tiens! S'il est vrai que Rob Ford s'est écarté du droit chemin, peut-être a-t-il connu un jour d'égarement au coin Sde ainte-Catherine et deSaint-Laurentü J Ce soir du 24 mai, pour moi, le paradoxe est frappant.Dehors, des jeunes désespérés de leur sort se cherchant dans les paradis perdus et dans la main rarement tendue des passants.Il ne me restait que quelques mètres à franchir avant d'arriver à mon point final, lorsque je vis un homme gisant inconscient.À ses côtés, fidèle, son chien gémissant.Les piétons pour la plupart continuaient leur marche sans se préoccuper de ce corps inanimé.Ce qui semblait être un ami, le soutenait par le cou.Ne faisant ni une ni deux, je signalai le 911, tout en demandant à l'aidant ce qui avait terrassé son copain.Crise d'épilepsie me lança-t-il, d'un air pas très heureux de me voir accomplir mon devoir de citoyenne.Le répartiteur du 911 au bout de la ligne me harcelait de questions : son âge, son nom, est-ce sa première crise, etc.Je m'égosillais à lui répéter que je n'étais que de passage.Un accident de parcours.A bout de souffle j\u2019offris au secouriste improvisé d'expliquer lui-même la situation au répartiteur.De toute évidence, ils étaient des habitués de la détresse, de la rue, devenue leur refuge pour toutes sortes de bonnes et probablement surtout de mauvaises raisons.Après avoir presque annulé l'appel d'urgence, le compagnon de la victime me dit froidement, mais poliment, tout en me remettant le téléphone dit intelligent, qu'il prenait les choses en main.Me voici ensuite à l'intérieur, dans un tout autre monde, celui qui a de l'avenir, celui qui voit devant, celui qui n'a peut-être pas vécu les mêmes horreurs, les mêmes gifles que ceux restés dehors.Je pense à ces camarades croisés par un drôle de hasard et j'ai de la peine, rien qu'à imaginer les raisons pour lesquelles ils ne croient plus que tous les espoirs leur soient encore permis.J'oubliais de vous parler de ce hasard qui au fond n'en n'est pas un.Quelques jours avant mon passage sur la Main, votre rédacteur en chef Sylvain-Claude Filion me sollicitait pour écrire un article dans ce journal.Ben coudon ! Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous 46 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2013 JOIGNEZ VOTRE VOIX et contribuez à l\u2019essor du transport collectif Partagez votre opinion en devenant membre de Ma voix ma STM et courez la chance de gagner des prix en argent.Inscrivez-vous dès aujourd\u2019hui stm.info/mavoix MOUVEMENT COLLECTIF https://www.mavoixmastm.info/R.aspx?a=32 Ceci pourrait être votre café au bureau Déguster un café savoureux au quotidien ne devrait pas être un plaisir réservé à la maison ou au restaurant.C'est pourquoi, nous, les Services de café Van Houtte, offrons une vaste sélection de cafés de première qualité et de spécialité qui sauront vous séduire.Jumelé à notre gamme de systèmes d'infusion innovants de Keurig® et à un service clé en main d'échelle nationale, vos besoins en café au bureau seront satisfaits et délicieusement surpassés.SERVICES DE CAFÉ ServicesCafeVanHoutte.com "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.