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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
lundi 15 juillet 2013
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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Références

L'itinéraire, 2013, Collections de BAnQ.

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[" UiïL NE RA RE $ Volume XX, n° 14 Montréal.15 iuill< Montréal, 15 juillet 2013 www.itineraire.ca DOSSIER LE RIRE J C\u2019EST LA SANTE TRAJECTOIRE ZOOM SUR Gabriel! BISSONNET' DAN B G _ ANTOINE | BERTRAND EST LOUIS C¥R IJj a» .?LE MYTHE ES HOMMES FORTS SH LA FIN DU OGEMENT SOCIAL?.4 QUESTIONS À VERONIQUE HIVON .i.tj;*» *ï»h \u2022* ¦.*-* **\u201e*-*-¦ ***** tV'l vM Vi *.' SS* *\u201c> \u2022^V'VA-^ i ¦» \\+«Y,*' *vi y-V-V^ l-.\u2019 -, Animer Montréal La radio qui donne des idées ZOOM SUR À L'Itinéraire, on apprend à nous responsabiliser, c\u2019est pour ça que beaucoup de camelots réussissent à s'en sortir.J/\u2014 Gabriel Bissonnette Le parrain des camelots Figure emblématique du métro Berri-UQAM et du Quartier Latin, Gabriel Bissonnette est habité par la même passion pour son métier de camelot qu\u2019il y a 19 ans.Ce pionnier continue pourtant de se heurter aux préjugés des gens, mais trouve son compte en soutenant les nouveaux camelots.PAR SOPHIE GILLIG n petit 3$ pour combattre la pauvreté! L'Itinéraire, c'est un excellent magazine!» Toute personne qui transite par le métro Berri-UQAM ou travaille au Quartier Latin a déjà entendu ces mots sortant de la bouche de Gabriel Bissonnette.«Parfois, les gens ne se rappellent plus de mon nom et m\u2019appellent avec ces deux phrases», s'amuse-t-il, sans amertume.Le camelot aux lunettes rondes a intégré L'Itinéraire à ses tout débuts en mai 1994.«Quelqu'un que je connaissais de la Maison du Père vendait le journal au coin des rues Duluth et Saint-Denis, se souvient-il.Le lendemain, j'intégrais l\u2019équipe car je trouvais que c\u2019était une bonne chose de donner la voix aux sans voix.» Dix-neuf ans plus tard, Gabriel continue de vendre ses journaux avec la même passion.«Desgens m'ont déjà demandé si je ne voulais pas avoir un autre travail, mais non, je n\u2019ai pas envie d'aller voir ailleurs, je suis toujours un marginal et le fait de pouvoir travailler quand je veux, aussi longtemps que je veux me convient parfaitement.» Son attrait pour la vente et le contact avec les gens lui font d'autant plus apprécier son emploi.«Avant, je me confiais pour vendre le journal.Maintenant, ce sont les gens qui viennent se confier à moi!», lance-t-il à la blague.Une ressource pour les autres camelots Gabriel concentre aujourd'hui son énergie pour aider les nouveaux camelots à leur arrivée à L'Itinéraire.«Ma véritable paie, c'est quand je vois un camelot aller mieux, prendre du poids, devenir plus jovial après quelques mois passés à L'Itinéraire et qu'il vient me remercier des conseils que j'ai pu lui donner.» Des petits trucs de vente à des blagues, Gabriel partage volontiers son expérience avec les camelots fraîchement arrivés.«Ce sont des privilégiés, quand même, souligne-t-il.Ils peuvent compter sur le soutien des anciens camelots et le fait que les gens connaissent L'Itinéraire.» Même si le travail des camelots est effectivement plus connu que par le passé, Gabriel regrette de devoir toujours tout recommencer.«Quand j'ai débuté la vente du journal, les gens se demandaient ce que c\u2019était ce magazine, -J - - s\u2019il y avait quelque chose de religieux derrière et s'étonnaient de voir que des itinérants étaient capables d'écrire.On se disait que c\u2019était normal, qu'après un ou deux ans, nous serions acceptés, mais ce n'est pas totalement le cas.» Le camelot s'arme de patience pour expliquer encore et encore comment fonctionne L'Itinéraire, son coût et sa mission.Un éternel combat.Multipliant les responsabilités, Gabriel fait partie du conseil d'administration du Groupe L'Itinéraire en plus d'être chef d'équipe des camelots du Quartier Latin et du Plateau Mont-Royal et de participer aux activités de recrutement et de formation des camelots.«A L'Itinéraire, on apprend à nous responsabiliser, c'est pour ça que beaucoup de camelots réussissent à s'en sortir.» Allez, un petit 3$ pour lutter contre la pauvreté! ¦ 15 juillet 201 3 I ITINERAIRE.CA 3 PHOTOS: ALEX PAILLON NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ L'Itinéraire a pour mission de combattre la pauvreté et l'exclusion par le travail et une place en société.Notre organisme soutient et Fait travailler quelque 200 personnes par semaine.Le magazine est donc une entreprise d'économie sociale qui s'autoFinance.Mais son volet services sociaux comprend diFFérents programmes pour oFFrir de l'aide psychosociale, du soutien alimentaire et en logement ou encore des services adaptés aux jeunes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de Façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans les programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L'Itinéraire, c'est aussi plus de 2 000 donateurs individuels et corporatiFs qui aident nos camelots à s'en sortir.Merci à tous! PARTENAIRES MAJEURS Canada Québec\"\" Ville-Marie Montréal @ -sC T ELU S [intact] PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K2H9 LE CAFÉ L'ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est TÉLÉPHONE: 514 597-0238 TÉLÉCOPIEUR : 514 597-1544 SITE: WWW.iTiNERAiRE.CA LE MAGAZINE L'ITINÉRAIRE Éditeur : Serge Lareault Rédacteur en chef intérimaire : Sylvain-Claude Filion Chef de pupitre Actualités : Marie-Lise Rousseau Chef de pupitre Développement social : Gopesa Paquette Coordonatrice à la conception visuelle : Catherine Joannette Stagiaires à la rédaction : Ludivine Maggi et Sophie Gillig Collaborateurs : David Bigonnesse, Geneviève Gagné, Éric Godin, Thomas Marteil, Denyse Monté, Audrey Neveu et Geneviève Tremblay-Plourde Adjoints à la rédaction : Hélène Filion, Louis-Charles Trudeau, Lorraine Pépin, Julie Paquin, Emily Hill et Caroline Penny Photo de la une : Films Séville Révision : Hélène Paquet, Sophie Desjardins, Louise-Marie Dion, Catherine Flintoff, Nadine Boccalini, Lise Laganière, Marie-Françoise Lalande, Dominique Paquette et Édith Verreault Révision des épreuves : Michèle Deteix et Lucie Laporte Design et infographie du site Internet : Vortex solution CONSEILLÈRES PUBLICITAIRES Renée La rivière: 514461-7119 | renee.lariviere18@gmail.com Josée Poirier : 514 273-5002 | josee.poiher@itineraire.ca LE CONSEIL D'ADMINISTRATION Président : Stephan Morency Vice-président : Gabriel Bissonnette Trésorier : Yvon Brousseau Secrétaire : Serge Lareault Représentant des camelots : Jean-Marie Tison Conseillers : Yvon Massicotte, André Malouin, Philippe Allard et Martin Gauthier L'ADMINISTRATION Directeur général : Serge Lareault Directrice générale adjointe : Sylvie Gamache Adjointe au développement social : Florence Ide Responsable de la comptabilité : Duffay Romano Adjoints aux communications et financement : Shawn Bourdages et Dorian Keller GESTION DE L'IMPRESSION Edition sur mesure -TVA Publications 514 848-7000 Directrice du développement des affaires : Patricia Dionne poste 5831 Coordonnatrice de production : Andrée-Anne Gauthier, poste 2330 IMPRIMEUR : IMPRIMERIE SOLISCO rauvtft IÉGÏR FONDATION ANDRÉ GAUTHIER Fondation du Grand Montréal LîMSllÜlr.^ Canada-Vie LA PARFAITE ALLIANCE COMMUNAUTAIRE\"1 £51 Desjardins Caisse populaire du Mont-Royal Desjardins Caisse du Quartier-Latin de Montréal vlacapitale L'ITINÉRAIRE EST MEMBRE DE [H1!L Insp BE ^BE££ Convention de la poste publication No 40910015, No d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L'Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 Canada ISSN-1481-3572 n lit charité : 13648 4219 RR0001 Le magazine L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L\u2019Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée par des journalistes professionnels et une cinquantaine de personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.ABONNEZ-VOUS AU WWW.ITINERAIRE.CA ou par téléphone au 514597-0238 poste 231 Mots de lecteurs Encore des fleurs Merci d'avoir publié un reportage sur Serge Fiori, le plus grand icône de la musique québécoise.Je m'en vais acheter votre magazine de juin 2013.Merci.Armand Pouliot Très bon magazine qui s'est bonifié avec les années.Je regrette une seule chose, le prof Lauzon ne tient plus une chronique chez-vous.Bates Coglu J'ai particulièrement aimé L'Itinéraire du mois de mai, tout d'abord pour le reportage de Josée-Louise Tremblay sur ma camelot Cisèle Boulanger, j'admire son courage et aussi l'excellent reportage sur l'homo-phobie.J'ai 74 ans et si mon garçon m'avait appris qu'il était homosexuel, je crois queje l'aurais aimé encore plus sachant toutes les difficultés qu'il aurait à affronter dans la vie.Félicitations à toute votre équipe.Armand Bourassa Le logement, encore! J'ai lu votre éditorial Une Régie du logement jurassique dans notre numéro du 15 mai.Pour moi, c'est très triste que la situation du logement pour les plus démunis ne se transforme pas depuis les années 1970 et 1980.Pendant cette époque, j'ai été connue à Chez Doris.Aujourd'hui, c'est encore un centre d'accueil pour les femmes itinérantes, démunies, et celles qui ont des maladies mentales.L'Itinéraire nous donne des histoires qui reflètent que très peu a changé.Les plus faibles en paient le prix.J'ai déjà travaillé comme bénévole avec le groupe qui s'appelle L'Abri en ville.Avec eux, il y a maintenant trois groupes à Montréal qui s'occupent des gens démunis ayant besoin de logements appropriés à leurs besoins.Je sais, c'est bien complexe et très peu peuvent écouter sa ns juger, il faut apprendre à discuter et à travailler ensemble.Une personne qui souffre «sans abri» est une personne malheureuse de trop.Elizabeth Tremain, Montréal Vos commentaires HSll sur notre page Facebook La photo de couverture du numéro du 1erjuillet est excellente.J'adore!\t.\t_ ,, .Laura Pelletier En visite chez ma fille, j'ai lu plusieurs numéros de votre journal et j\u2019ai beaucoup aimé.Et l\u2019amabilité des «vendeurs» m'a fait plaisir.certaines personnes chez nous devraient prendre exemple sur eux! Et c'est une Française qui vous le dit !! Madeleine Bramond Bravo à Sylvain-Claude Filion et à toute son équipe pour avoir si bien redonné du tonus à votre captivant magazine branché sur les réalités sociales.À noter, l\u2019article sur les propriétaires qui, le 1er juillet, reFusent les locataires accompagnés de leurs minous et toutous.Raymonde Bergeron Beau changement, très accrocheursi le lecteurse donne la peine de le lirejusqu'à la Fin.Denis Trudeau Des lettres courtes et signées svp! La Rédaction se réserve le droit d\u2019écourter certains commentaires.Écrivez-nous à courrier@itineraire.ca SOMMAIRE 7 ACTUALITÉS\t 8\tROND-POINT 11\tANTOINE BERTRAND Bonhomie contagieuse 14\tDOSSIER \tLE RIRE, C'EST LA SANTÉ \u2022 À vos marques, prêts, riez! \t\u2022 Sans biague : une brève histoire du rire ¦ L'humour pour faire tomber les murs 19\tAnne Bonnefont, porte-parole des sans-voix 20\tLes logements sociaux en voie de disparition?23 LE CŒUR DE L'ITINÉRAIRE\t Les mots des camelots\t 35 CARREFOUR\t 33\tInfoRAPSIM 34\tSur les pas du Dr JULIEN 36\tMédecins du monde : PROJET MONTRÉAL 37\tCONSOMMATION 39 PANORAMA\t 41\tVIVRE 42\tLIVRES 43\tIdentité québécoise : Le mythe de l'homme fort 44\tDÉTENTE 46\tFEU VERT À.DAN BIGRAS Monsieur madame tout le monde LES CAMELOTS SONT DES TRAVAILLEURS AUTONOMES.50% DU PRIX DE VENTE DU MAGAZINE LEUR REVIENT.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue, Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le Pont pas pour L'Itinéraire, Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Sylvie Gamâche, directrice générale adjointe, par courriel à sylvie.gamache(ô) itinéraire.ca ou par téléphone au 514 597-0238 poste 222.Québécor est fière de soutenir l'action sociale de L'Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications. Dignité Pauvreté Les lecteurs de L\u2019Itinéraire font partie d\u2019une vaste communauté ! Plus de six millions de personnes à travers le monde votent pour la dignité en achetant un journal de rue.En agissant ainsi, ils participent à changer la vie de 27000 camelots dans 40 pays, représentant plus de 120 journaux de rue différents.En retour, les lecteurs profitent d\u2019un journalisme indépendant de qualité, tout en sachant qu\u2019ils ont fait une différence.Votez pour la dignité.[insp] rtner national Network of Street Papers v * *\tH ¦I /NSp;r£R t pli.RE i3 EDITORIAL L'éléphant donnera-t-il des pinottes?PAR SYLVAIN-CLAUDE FILION | sylvain-claude.filion@itineraire.ca Les 17 et 18 juin s\u2019est tenue une vaste consultation à l\u2019occasion du Forum sur le projet de politique nationale en matière d\u2019itinérance.La ministre déléguée aux services sociaux Véronique Hivon en dresse d\u2019ailleurs un bilan fort positif dans une entrevue à lire en page 8.Le coordonnateur du RAPSIM Pierre Gaudreau salue quant à lui l\u2019écoute et l\u2019ouverture remarquables de la ministre dans sa chronique à lire en page 33.Bien sûr, l\u2019enjeu le plus crucial est l\u2019orientation que prendra le plan d\u2019action, qui sera présenté en décembre, pour entrer en vigueur au printemps 2014.Il faut s\u2019attaquer aux racines du mal, axer ses efforts sur la prévention, repenser la création de logements sociaux.Mais le nerf de la guerre, c\u2019est l\u2019argent.Il faut donc en dégager pour combattre la plaie de l\u2019itinérance.Le plan 2010-2013 a saupoudré 13 millions $, soit 4,33 millions par an - des pinottes.Depuis son élection, Pauline Marois répète que le Québec génère de la richesse, mais quelle est mal partagée.Le ministre Bernard Drainville a fait un bel effort en ce sens avec son projet de loi destiné à éliminer les allocations de départ versées aux députés démissionnaires.C\u2019est évident que le gouvernement pourrait gérer son argent plus équitablement.J\u2019aimerais suggérer à la ministre Véronique Hivon où aller chercher les millions qui lui permettraient d\u2019élaborer un plan d\u2019action qui aurait les moyens de ses ambitions.Des bonis obèses Ces derniers mois, beaucoup ont sourcillé en découvrant la nature des somptueuses primes à la performance qui sont versées aux dirigeants des grandes sociétés d\u2019État.Cette culture d\u2019entreprise, qui règne à Loto-Québec, à Hydro-Québec, à l\u2019Agence du revenu du Québec (ARQ) et à la SAQ, notamment, cause malaise.On parle de boni allant jusqu\u2019à 5 % du salaire annuel aux employés et pour certains pdg, la prime est tellement rondelette quelle évoque plutôt l\u2019obésité.Pensons à Thierry Vandal, d\u2019Hydro, qui a reçu une prime de 90 000 $ l\u2019an dernier, soit 20 % de son salaire de base.En additionnant les bonis de cette année (88 M $ à Hydro, 10 M $ à la SAQ, 1 million à l\u2019ARQ.) ça finit par Ce qu\u2019il y a d\u2019indécent dans cette politique de primes à la performance, c\u2019est que ces sommes sont puisées directement dans nos poches.Les employés de l\u2019Etat, surtout leurs hauts dirigeants, sont déjà payés, comme les autres travailleurs, pour simplement faire leur travail.Ces lots bonis sont une gifle pour les travailleurs qui gagnent en moyenne 43 907 $ au Québec.Et deux gifles pour les 457 539 assistés sociaux qui vivent, en moyenne, avec une obole de 8 940 $ par an.La question à 100 millions $ On parle ici de plus de 100 millions de dollars versés en primes aux employés de l\u2019Etat chaque année.La machine gouvernementale est comme un gros éléphant qui écrase ce qui l\u2019entoure en s'effouèrant dans son confort.Que le gouvernement daigne redistribuer ces 100 millions $ pour combattre l\u2019itinérance et il y a de belles chances que le nombre de personnes vivant dans la rue ira en diminuant.On a bien hâte de voir les sommes que le gouvernement va allouer à son prochain plan de lutte à l\u2019itinérance.Parce que jusqu a nouvel ordre, on peut craindre de voir se produire exactement l\u2019inverse de ce que l\u2019on peut voir au zoo.Un éléphant qui donne des pinottes.¦ Il faut que l'itinérance devienne une responsabilité gouvernementale, pas une fatalité.Une politique nationale nous donnera un moyen de plus pour confronter le gouvernement, pour que son action soit soutenue et prolongée.On espère que ça aura un impact réel sur les projets de loi et les budgets.s faire un joli magot.Pierre Gaudreau, coordonnateur au RAPSIM 15 juillet 201 3 | ITINERAIRE.CA 7 ROND-POINT PAR DAVID BIGONNESSE, ÉRIC GODIN ET MARIE-LISE ROUSSEAU aJIIII.Ifüll I imü Pi Festival d'expression de la rue du GIAP Impossible, la cohabitation harmonieuse entre itinérants et citoyens à Montréal?Non, nous rappelle depuis 16 ans le Festival d\u2019expression de la rue du GIAP (Groupe d\u2019intervention Alternative par les Pairs).Du 23 au 25 juillet, la Place Pasteur de la rue Saint-Denis permettra aux jeunes de la rue de s'exprimer sous diverses formes artistiques.La thématique de l'année : «Arme d'expression massive».(MLR) www.pairs-aidants.org Moins de points d'eau dans le centre-ville Les cartes ci-haut révèlent une inégalité dans la répartition des points d\u2019eau sur le territoire de Montréal.De nombreuses fontaines sont disponibles sur le Plateau-Mont-Royal alors que le centre-ville en dispose de très peu.Cette carte des abreuvoirs pour l\u2019été 2013 est une initiative du comité Service d\u2019hébergement d\u2019urgence - Canicule.(DB) questions à Véronique Hivon Ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, responsable de la Politique en itinérance.PAR MARIE-LISE ROUSSEAU Les 17 et 18 juin se tenait le Forum de consultation pour une politique nationale en itinérance.Quel bilan faites-vous de cette rencontre?J\u2019en fais un bilan extrêmement positif.Ça a été une occasion exceptionnelle d\u2019entendre les préoccupations du terrain et des gens qui vivent l\u2019itinérance au quotidien.Le grand mérite du forum est d\u2019avoir créé une synergie de l\u2019ensemble des acteurs autour de l\u2019importance de mettre de l\u2019avant une réflexion globale sur l\u2019itinérance et d\u2019en faire une priorité d\u2019action.Maintenant que le Forum est terminé, à quand la mise en place de la politique?On repart du Forum pour travailler avec l\u2019équipe au cours des prochains mois à élaborer le contenu final de la politique.Le but est de déposer la politique en décembre.Par la suite, on va se doter d\u2019un nouveau plan d\u2019action, en parallèle avec les grandes orientations de la politique, car le plan actuel prend fin le 31 mars 2014.Dans un contexte où votre gouvernement vise le déficit zéro, comment trouver les fonds pour la mise en place de cette Politique?Il y a certainement un enjeu financier, on le travaille en parallèle.La politique en itinérance va s'inscrire dans une vision globale de la lutte à la pauvreté et à la solidarité sociale.On travaille sur une politique de prévention qui va lutter contre l'itinérance pour réduire les coûts à longs terme.Par ailleurs, beaucoup de choses demandent d avantage de volonté et de détermination que de sommes supplémentaires.L\u2019itinérance est en hausse partout au Québec.Comment renverser la vapeur?C'est très important d'agir en amont pour les personnes à risque d'itinérance.Comme gouvernement, on doit assumer un leadership.Ça prend des actions claires pour le logement, l'accès au revenu et pour tout ce qui est question de cohabitation sociale, afin de favoriser la mixité sociale.Il y a beaucoup de sensibilisation à faire pour démystifier l'itinérance.Un autre aspect qui me tient à cœur est la non-judiciarisation.L'octroi de contraventions ne va rien régler.Le chiffre 160000$ C'est l'argent amassé par les grimpeurs du défi Charles-Bruneau pour les enfants atteints de cancer lors de leur périple de 18 jours sur le Mont Blanc et en Corse.La Fondation Charles-Bruneau a amassé près de 2,5 millions de dollars depuis 2008 en organisant des ascensions de montagnes.(MLR) 8 ITINERAIRE.CA | 15 juillet 201 3 GODIN DANS LA RUE P&MfyiSoi UMEfilA&E A M&A/jÆifyl £pt/AA'J> CHAQUE HféWTRÉAlAtS H u W£ P/caÂ/E cheusbe PEŸAHrSA mi .'ll.lf|l[ o:*nL' nouvelle plage à l\u2019ancienne marina Beaudoin?.Une quatrième plage pourrait voir le jour dans l'est de Montréal et c'est l'ancienne marina Beaudoin qui est visée par le projet.L'arrondissement Rivières-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles prévoit aménager cet espace tout juste en face de l'île aux Asperges et de l'île Sainte-Thérèse en investissant près de 1,5 millions de dollars.Les citoyens devraient avoir accès à la baignade en 2014.(DB) Jardinons à l'Assemblée nationale Chapeau à la relève en économie sociale State of Homelessness in Canada: 2013 Lu.Des jardins de fruits et légumes viennent remplacer les plates-bandes traditionnelles à l\u2019Assemblée nationale du Québec.Aussi étonnant que cela puisse paraître, du maïs, des légumes et un miniverger, entre autres, pousseront dans le jardin des élus.Deux ruches ont aussi été installées sur le toit dans le but de produire du miel.Cette nouvelle culture s'étend sur près de 2 000 pieds carrés.Les surplus de production sont distribués aux banques alimentaires de Québec.(DB) Le chef Légaré et sa collègue, la chef adjointe Lévesque, posent avec la première récolte.Marché solidaire Frontenac, la coopérative des professeurs de musique de Montréal et SLA Productions sont les trois lauréats des Prix de la relève en économie sociale 2013.L'innovation, l'implication sociale et la qualité de ces entreprises ont séduit le jury lors de cette deuxième édition.L'économie sociale favorise le développement d'entreprises, de coopératives et d'ONG offrant des biens et des services dans la communauté.(DB) Des Petits Rois au Château Deux jeunes atteints de déficience intellectuelle ont été embauchés au siège social de l'entreprise Le Château et dans son entrepôt.L'organisme Les Petits Rois souhaite augmenter cette présence à sept jeunes.«Occuper des emplois rémunérés au sein d'organisations de renom constitue pour eux une heureuse avenue», indique Vânia Aguiar, présidente de La Fondation Les Petits Rois.(MLR) «Une étude incomplète» déplore le RAPSIM Le rapport State of Homelessness in Canada : 2013 diffusé par l\u2019Alliance canadienne pour mettre fin à l'itinérance et Homeless Hub est «incomplète et ses recommandations sont plutôt simplistes», juge Bernard St-Jacques, organisateur communautaire au Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM).D\u2019après M.St-Jacques, les auteurs du rapport ont privilégié une approche qui décomplexifie le phénomène de l'itinérance.L'étude révèle notamment qu'environ 30 000 personnes vivent une situation d'itinérance chaque nuit au pays.«Le 30 000 personnes semble avoir été pris pour une soirée spécifique, dans un cadre bien précis», affirme-t-il.Le RAPSIM note toutefois que l'étude développe des aspects peu explorés, tels que l'itinérance visible et invisible ainsi que la réalité autochtone.State of Homelessness in Canada : 2013 est la toute première étude sur l'itinérance réalisée pour l'ensemble du Canada.(DB) 15 juillet 201 3 I ITINERAIRE.CA 9 ROND-POINT INTERNATIONAL PAR GOPESA PAQUETTE ISLANDE Un choix assumé ESPAGNE Savoir pour pouvoir SRI LANKA Residence temporaire Alors que les politiques d\u2019austérité font des ravages, l\u2019Islande a refusé de les appliquer et s\u2019en porte mieux.Le président islandais explique : «Nous avons été assez sages pour ne pas suivre l'orthodoxie des milieux finanders.Nous avons régulé la devise, laissé les banques faire faillite, fourni de l'aide aux pauvres et refusé d'appliquer les mesures d'austérité».Malgré une dette publique qui dépassait 800 % de son PIB et un krach boursier spectaculaire, le pays a maintenu son filet social et affiche maintenant un taux de chômage de 5 % et une croissance de 4 %.(/MSP) Pour préserver le filet social, 93 % des Islandais ont voté contre un plan de sauvetage des banques.F'HOTO : REUTERs/lMTS KALNINS Depuis février, le projet d\u2019éducation populaire Okonomia aide les Espagnols à comprendre les mécanismes de l\u2019économie et reprendre contrôle de leurs finances.Au cours de la crise, plusieurs banques ont profité de l\u2019ignorance face à l\u2019économie pour renflouer leurs coffres en vendant des produits financiers douteux.Composée d\u2019économistes et d\u2019enseignants, l\u2019école veut proposer une alternative à l\u2019enseignement néolibéral qui domine les institutions.Inspirée par l\u2019éducateur populaire Paolo Freire, Okonomia veut créer la possibilité de construire un savoir plutôt que de simplement transférer des connaissances et montrer qu\u2019ily a d\u2019autres manières de mener l\u2019économie.(/PS) Okonomia enseigne les finances éthiques, la consommation responsable, le commerce équitable et le modèle coopératif.F'HOTO : REUTERs/jUAM MEE'IMA ÉTATS-UNIS La banlieue a ses pauvres Le nombre de pauvres vivant dans les banlieues américaines a surpassé celui de ceux vivant dans les villes au cours de la dernière décennie.U ne étude de l\u2019Institut Brookings révèle que 16,4 millions d\u2019Américains en précarité habitent la banlieue contre 13,4 millions dans les villes.Cette progression reflète l\u2019augmentation globale de la population des banlieues du pays et soulève de nouveaux défis concernant les approches traditionnelles de lutte à la pauvreté.Les auteurs affirment qu\u2019il faut revoir l\u2019image stéréotypée de la pauvreté comme étant associée aux ghettos urbains.Un habitant d'une des nombreuses «tent city» qui sont apparues au cours des dernières années dans les banlieues des États-Unis.PHOTO : REUTERS/lUCY NICHOLSON La minorité musulmane n\u2019est toujours pas chez elle dans sa terre d\u2019adoption, 20 ans après son expulsion de la péninsule de Jaffna dans le nord du pays lors de la guerre civile.Réinstallés sur la côte ouest du Sri Lanka, ces musulmans restent dans une situation précaire, exploités comme main d\u2019oeuvre à rabais avec un accès incertain à l\u2019eau potable.Tandis que les Tamils qui avaient fui le nord ont commencé à retourner dans la région depuis l\u2019accord de paix, le sort des musulmans reste incertain à cause du manque de ressources pour faciliter leur retour.Plus de 250 000 musulmans sri-lankais déplacés habitent dans des camps de fortune devenus des villages semi-permanents.F'HOTO : F.'EUTEEs/bUC'CHIKA weerasinghe itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau International des Journaux de Rue - INSP).Le réseau apporte son soutien à plus de 120 journaux de rue dans 40 pays sur six continents.Plus de 200 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org.International Network of Street Papers 10 ITINERAIRE.CA | 15 juillet 201 3 Antoine Beragmd BONHOMIE COIÎFaGIEUSE On définit la bonhomie comme l'attitude d'une personne Franche et simple.Cela colle merveilleusement au comédien Antoine Bertrand.Il entre à la pâtisserie De Farine & d\u2019eau Fraîche coiFFé d\u2019un béret, son visage couvert d\u2019une barbe épaisse, l\u2019air éminemment sympathique.Il ne Fait aucun doute; l\u2019interprète de Louis Cyr est un naturel.TEXTE : MARIE-LISE ROUSSEAU PHOTOS : PASCAL DUMONT On n'a pas de patience face aux gens qui ont des problèmes de santé mentale.On leur dit: «Retrousse-toi les manches, fait beau dehors!» Ça marche pas de même, estie! En s'asseyant au café, Antoine Bertrand retire de son chandail un cheveu de sa copine tombé là par hasard.«E//e mue, comme un golden», plaisante-t-il.En sa compagnie, exit la retenue et les tabous.Le comédien s'exprime dans une langue familière, sans détour.Antoine Bertrand est authentique : «Les bibittes ténébreuses, ça marche peut-être avec trois ou quatre acteurs, mais faut que tu sois cute.Moi, je suis mieux d'être fin et d'avoir une belle personnalité, parce que je suis un peu toutoune!», lance-t-il en riant.Antoine Bertrand a toujours le bon mot pour tourner un échange en blague.C'est sa spécialité depuis la tendre enfance, du temps où il profitait d'un silence du professeur en classe pour lancer une niaiserie.Aujourd'hui, c'est son métier, «/e ne suis jamais aussi drôle que dans un hôpital aux soins intensifs», dit-il en prenant une gorgée de son allongé.«7u te tiens souvent là?», je lui demande, le sourcil froncé.Après un rire franc, il explique que dans un hôpital, son instinct lui dicte d'alléger la tension.Le rire, c'est du sérieux, comme le montre notre dossier à lire en page 14.Antoine Bertrand en est conscient, «/e pense que c'est l'affaire la plus importante dans ma vie, dit-il gravement.Quand j\u2019ai commencé avec Les Bougon, j'avais l\u2019impression que chaque projet que je ferais serait un allumeur de conscience.J'ai réalisé que c\u2019était une exception.Ma job, c'est pas mal plus de divertir.Faut pas penser que je travaille pourl'ONU; ma job, c'est de remplir du temps d\u2019antenne à la TV.» Cela n'enlève rien à la noblesse de son métier.Au rythme effréné de la société dans laquelle on vit, un moment d'arrêt ou un rire en apparence inoffensif ont une portée thérapeutique.«Pour moi, il n'y a rien de banal là-dedans», dit le coanimateur des Enfants de la télé à Radio-Canada.Louis Cyr Le gars est drôle, mais il est polyvalent dans ses choix de rôles.Antoine Bertrand ne voudrait surtout pas qu'on le classe dans le registre des acteurs comiques, comme c'est le cas de certains de ses confrères.«j'aime ajouter une dose de tragique à un personnage comique», explique-t-il.Une dualité que l'on retrouve dans plusieurs de ses rôles, notamment celui de Junior Bougon.Il y a huit ans, alors que le public le connaissait à peine, Antoine Bertrand a auditionné pour jouer le mythique Louis Cyr, l'homme le plus fort du Québec, au grand écran.Le film vient de prendre l'affiche, enfin, «/e commence à plus me pouvoir que le film sorte!», lance-t-il.Des effets spéciaux dispendieux - «Spoiler alert, c'est pas moi qui soulève 18 personnes!», révèle Antoine à la blague - et la sortie de plusieurs films historiques (LeSurvenant, Aurore, etc.) ont retardé le financement du film.«Le timing à présent est idéal : c'est le 150e anniversaire de naissance de Louis Cyr cette année», précise le comédien.Louis Cyr avait foi en ses capacités.Lorsqu'il a voulu quitter la terre familiale pour faire de sa force physique un métier, sa famille l'a épaulé, même si cela équivalait à perdre une main-d'œuvre importante dans les champs.La famille d'Antoine a été tout aussi compréhensive quand il a délaissé l'entreprise familiale de dressage de chiens pour devenir comédien.«//s ont vite compris que j\u2019étais meilleur pour dire des niaiseries que pour élever des chiens.Cela dit, je l'ai eu pas mal plus facile que Louis Cyr!» Antoine Bertrand s'avoue honoré de chausser les souliers de l'homme le plus fort du Québec.«C\u2019est comme jouer Superman!», s'enthousiasme-t-il.Pour le comédien, interpréter cette légende est encore mieux que 12 ITINERAIRE.CA | 15 juillet 201 3 de jouer un superhéros de bande dessinée, car la force surhumaine de Louis Cyr était bel et bien réelle.«// m'inspire la détermination et l'absence totale de complexes», dit-il à propos de son premier rôle principal au cinéma.Bien dans sa peau L'absence de complexes, parlons-en.Cela été dit et redit dans pratiquement chaque entrevue avec lui, mais le sujet est incontournable : Antoine Bertrand est un modèle de saine estime de soi.Son secret?«Pas mettre de miroir dans l\u2019opport, ça aide.», rigole-t-il.Plus sérieusement, le comédien reconnaît que sa carrure imposante est un atout pour se démarquer dans son métier.«Avoir 100 livres en trop m\u2019aide beaucoup dans ma job.» Il n'aurait sûrement pas décroché le rôle de Louis Cyr sans son physique costaud.Son véritable secret, c'est plutôt sa passion pour son métier.Le fait d'être heureux et de réussir sur la scène et au théâtre ont joué un grand rôle dans son acceptation de lui-même et l\u2019a aidé à entrer en relation avec les filles.«En vieillissant, les valeurs changent, ajoute-t-il.Les filles ne cherchent plus nécessairement quelqu'un de seulement cute.» N'empêche que le comédien a perdu beaucoup de poids en s'entraînant pour le tournage de Louis Cyr.Une habitude qu'il désire conserver.«j\u2019avais atteint un sommet et avec le recul, je me regarde et je trouve que je n'avais pas l\u2019air en santé, dit-il.J'ai l\u2019impression d'avoir breaké une progression qui s'en allait pas bien, parce que plus tu vieillis, plus c'est diffidle.330 livres à 34 ans, ce serait devenu quoi, 400 livres à 40 ans?Arrive 50 ans et c'est la crise cardiaque.» Le spectacle de la commission Charbonneau le met en colère, au point où il n'a pas hésité à écrire «Tiens, ma gang de crosseurs» à l'endos de son chèque de taxes municipales.V Porte-parole de Réseau Ado Antoine Bertrand est bien dans sa peau, et pas seulement dans son corps.Celui qui a pensé au suicide à l\u2019adolescence est depuis bientôt dix ans porte-parole de Réseau Ado, un organisme de prévention du suicide chez les adolescents.«L'expression porte-parole ne pourrait pas être plus appropriée.C\u2019est par la parole qu'on va réussir à faire diminuer ce fléau.» Se considérant de nature optimiste, Antoine Bertrand en a eu un jour assez de broyer du noir.Il a déchiré le cahier dans lequel il écrivait des poèmes «ben ben downer», l\u2019a jeté et a recommencé à respirer.«À l'adolescence, on a l\u2019impression que c'est la fin de tout.Que si on poche son secondaire 4, on pochera sa vie en entier.Mais non, la vie continue!» Parler ouvertement de son passé est sans doute la meilleure chose qu\u2019il a fait pour la cause.«Je pense mm qu'on peut affirmer sans se tromper que 100 % des gens ont des faiblesses, même Iron Man.Dans le derniervolet de son histoire, il fait des crises d'anxiété, ça fait que personne n'est à l'abri!» La psychiatrie est l\u2019enfant pauvre de la médecine et Antoine Bertrand le déplore haut et fort.«Peut-être parce que c'est pas une fracture au bras que tu peux régler avec un plâtre.On est dans quelque chose de plus complexe; le cerveau.Et on vit dans une société où il faut identifier le bobo rapidement et le guérir.On n'a pas de patience face aux gens qui ont des problèmes de santé mentale.On leur dit : «Retrousse-toi les manches, fait beau dehors!» Ça marche pas de même, estie!» Le comédien se sent dépassé par cette mentalité, et plus largement par l\u2019individualisme.«On vit en société, ça suffi t le chacun pour soi!» Le spectacle de la corruption auquel on assiste à la commission Charbonneau depuis des mois le met tout autant en colère, au point où il n\u2019a pas hésité à écrire «Tiens ma gang de crosseurs» à l\u2019endos de son chèque de taxes municipales.Parlant de crosseurs, Antoine -et le public aussi, parions-le - espère enfiler de nouveau les souliers de Junior Bougon pour un film sur la célèbre famille anticonformiste, prête à tout pour ne pas faire partie du «système».Le scénario est présentement en attente de financement.«Je m'ennuie de la gang, de cette série, de cette écriture et de ce propos.» m Louis Cyr: L'homme le plus fort du monde Un Film de Daniel Roby, avec Antoine Bertrand, Rose-Maïté Erkoreka, Gilbert Sicotte et Guillaume Cyr À l'affiche le 12 juillet À lire également, notre article sur le mythe de l'homme Fort, p.43.L'Itinéraire remercie la pâtisserie De Farine & d'eau Fraîche pour son accueil.1701, rue Amherst, Montréal 15 juillet 201 3 | ITINERAIRE.CA 13 DOSSIER £ J .Taslr b ¦ ¦ .\u2022' \u2022;\u2022 ¦ d - ow ?3ek= LE RIPE, C\u2019EST LÀ SANTÉ Alors que le festival Juste pour rire bat son plein, on ne s'étonne plus du succès planétaire de l'empire de l'humour créé ici il y a trois décennies.Le rire est universel.Il y a près de six siècles, Rabelais écrivait qu'il était le propre de l'homme - quoique des études récentes ont prouvé que gorilles et orangs-outangs rigolent eux aussi.Et le rire est aussi utilisé dans plusieurs approches thérapeutiques, des plus sérieuses aux plus débridées, ce qui prouve, comme le dit l\u2019adage, que le rire, c\u2019est la santé.14 ITINERAIRE.CA | 15 juillet 201 3 O VOS MARQUES.PRÊTS.Une cascade de rires cacophoniques s\u2019échappe d\u2019un studio de danse de l\u2019avenue du Mont-Royal.Pendant une heure, une vingtaine de personnes de tous âges s\u2019esclaffent et se plient en deux lors d\u2019une séance du Club de rire de Montréal et profitent de ses nombreux bienfaits.PAR SOPHIE GILLIG «On va commencer par se saluer à la japonaise», lance Richard, animateur du Club de rire de Montréal.Une vingtaine d'adultes commencent alors à se dire bonjour et à s'incliner l'un devant l'autre sur fond de rires aigus.La glace est brisée, bienvenue au yoga du rire! Au fil d'exercices aux noms aussi saugrenus que la tondeuse du rire ou le rire du lion, les participants oublient les soucis du quotidien pour passer une heure Une séance du Club de rire de Montréal au Studio Bizz Mont-Royal.complète à se fendre la poire et à prendre du bon temps.C'est le cas de Fanny Moriat, animatrice au Club de rire depuis un an.«Pour moi, c'est la seule activité qui me permet de déconnecter mon cerveau.C'est le seul moment où rien d\u2019autre ne se passe, parce que je me concentre sur le rire.» Les participants viennent au Club pour différentes raisons.Martin Gendron y voit un moyen de se déstresser, tandis que Flamma Toscana Avec le rythme de vie qu'on a, on oublie de rire.C'est comme si on nous responsabilisait face à nos émotions.Antoine Laforest, président du Club de rire de Montréal préfère retenir les effets sur sa santé.«je pense que dans le cadre d'une vie saine, le rire aide beaucoup.Ça renforce le système immunitaire, ça aide à bien dormir la nuit, surtout quand cèst pratiqué régulièrement.» Le rire comporte de nombreux bienfaits pour la santé.Il permet d'oxygéner l'organisme, de réduire les tensions musculaires, de masser les côtes, en plus de faire travailler le diaphragme.Il apporte aussi une sensation de bien-être due au relâchement d'endorphines dans le système.Ces hormones euphorisent et permettent d'atténuer temporairement la douleur, le stress et les angoisses.Le combo parfait.Pas drôle de vieillir Pourtant, en vieillissant, on se bidonne moins.Alors qu'un enfant peut rire jusqu'à 300 fois par jour sans aucune raison, à l'âge adulte, ce serait moins de 20 fois.Cela constitue une tare selon Antoine Laforest, président du Club de rire de Montréal.«Avec le rythme de vie qu'on a, on oublie de rire.Cèst comme si on nous responsabilisait face à nos émotions.» Selon Passeport Santé, l'école, le travail et les conventions sociales nous incitent peu à peu à devenir plus sérieux et à perdre notre capacité de rire spontanément.Dommage, car les gens qui ont un plus grand sens de l'humour sont moins ébranlés par le quotidien.«Les émotions positives augmentent le champ de perspective, affirme Catherine Boulé, psychologue.La stratégie d'adaptation et la capacité de résolution de problèmes sont plus efficaces quand on ressent des émotions de joie.» ?Catherine Boulé, psychologue 15 juillet 201 3 | ITINERAIRE.CA 15 SANS BLAGUE : UNE BRÈVE IIISTOIRE DU RIRE Sujet à réflexion depuis l'Antiquité, le rire est, la plupart du temps, considéré comme un excellent moyen pour se divertir, se relaxer et ayant des vertus thérapeutiques, notamment contre le stress.PAR THOMAS MARTEIL Le Larousse définit le rire comme étant une «manifestation d\u2019une gaieté soudaine par l\u2019expression du visage et par certains mouvements de la bouche et des muscles faciaux, accompagnés d\u2019expirations plus ou moins saccadées et bruyantes.» Le dictionnaire qualifie donc le rire comme étant synonyme de gaieté et le définit, d\u2019un point de vue physiologique, comme une pulsion du corps.Mais l\u2019origine de ces mouvements est plutôt rattachée au cerveau.Dans la Grèce antique, Platon et Aristote ont vision plutôt pessimiste du rire.Ils estiment que le rire est généralement méchant, moche et dangereux.Platon dit même qu\u2019il est indigne de l\u2019homme libre et qu\u2019il est l\u2019une des «grimaces de la laideur».Quelques siècles plus tard, Rabelais fait dire à son personnage de Gargantua que «le rire est le propre de l\u2019homme.» Psychanalyse du rire En 1900, le philosophe français Henri Bergson publie Le rire : essai sur la signification du comique.Cet essai trouve son fondement dans une question assez générale, soit savoir pourquoi l\u2019homme rit.Pour lui, le rire est une expression de la vie.Son homologue britannique Herbert Spencer déploie ses recherches sur l\u2019aspect purement physiologique du rire.Dans son ouvrage Le rire: essai littéraire, moral et psychologique, Louis Philbert résume en une phrase la pensée de Spencer: «Toutes les recherches de M.Spencer pourraient se caractériser d'un mot: elles n'ont qu\u2019un résultat, même qu\u2019un but: faire voir et déterminer ce qu\u2019on appellerait aujourd\u2019hui l'équivalent mécanique de l'émotion mentale du plaisant.» Enfin, Freud pense que le rire est un moyen de satisfaire la notion de plaisir, de joie.Il est également un moyen de laisser aller une autre partie de soi.Le rire a de ce fait des effets favorables sur la santé psychique et psychologique de l\u2019humain.Le rire reste un phénomène naturel, spontané qui ne laisse personne indifférent.Reste qu\u2019aujourd\u2019hui, il existe de plus en plus de thérapies basées autour du rire pour aider à accompagner des gens malades, ou tout simplement afin d\u2019évacuer tous les tracas de la vie quotidienne.C\u2019est le cas de Lucie, participante au Club de rire de Montréal depuis cinq ans.«Rire m\u2019aide à me rééquilibrer.J'oi quelques difficultés dans ma vie, dont un enfant malade, mais quand je viens au Club, c'est un nouveau monde qui s\u2019ouvre.» Ici, personne ne juge ou ne se moque.«Les ateliers consistent à se faire du bien dans le respect, précise Antoine Laforest.Nous ne rions pas de quelqu'un ou de quelque chose, mais nous rions tous ensemble.» Soigner par le rire Utiliser le rire dans des traitements contre la dépression est encore un sujet tabou, selon Dre Boulé.«Souvent, les patients en dépression ruminent et ne s'arrêtent que sur les aspects les plus tristes de leur vie.Mais quand on peut rigoler d'une situation plutôt que de se mettre en colère, c'est positif.» Cependant, l\u2019humour en thérapie doit être utilisé avec parcimonie.«Une personne dépressive est dans un mauvais état tel, que ce n'est pas le moment de la faire rire, mais plutôt de gérer ses symptômes.Le rire peut venir plus tard et c'est un signe d'évolution de l\u2019état du patient», nuance Dre Boulé.Le programme Dr Clown s\u2019est heurté à des préjugés de ce genre à ses débuts, surtout auprès du grand public.L\u2019organisme emploie des clowns thérapeutiques qui rendent Rire m'aide à me rééquilibrer, fai quelques difficultés dans ma vie, dont un enfant malade, mais quand je viens au Club, c'est un nouveau monde qui s'ouvre.Lucie, participante au Club de rire de Montréal visite aux enfants hospitalisés et aux personnes âgées.«On peut avoir cette image que le clown est là pour infantiliser, mais ce n\u2019est pas du tout Le vieil âge et le rire (2012), un documentaire de Fernand Dansereau dans lequel participe notamment Aubert Palascio et Kim Yaroshevskaya.LE VIEIL ÂGE ET LE RIRE «C'est le rire du vieillard qui exprime la plus grande sagesse.» C\u2019est sur cet axiome zen que Fernand Dansereau a fondé sa réflexion sur la vieillesse et les questions qui surviennent avec le grand âge.À travers des rencontres avec des comédiens, des médecins et des intervenants de Dr Clown, le cinéaste de 85 ans explore la relation particulière entre l\u2019âge et le rire.16 ITINERAIRE.CA | 15 juillet 201 3 Visite d'un duo de clowns à l'hôpital Sainte-Justine.K/l notre travail, se défend Florence Vinit, cofondatrice de Dr Clown.Les clowns qui visitent les personnes âgées portent des costumes d\u2019époque des années 20-30 pour faire travailler la mémoire des aînés.» «Les clowns n'offrent pas de numéro, ce n'est pas comme si les enfants allaient voir un spectacle.On va dans leur chambre, cést une approche très personnelle, précise Florence Vinit.Nous avons un programme de procédure de soins, pour des injections, par exemple.Un clown va tenir la main de lènfant.Dès qu'il a mal, il a le droit d'arroser un deuxième clown ou de pousser un petit cri.Cela lui permet d\u2019évacuer la douleur.» Le jeu continue donc, même dans une chambre d'hôpital.«On reste un enfant même si on est malade», conclut Florence Vinit.Florence Vinit, cofondatrice Dr Clown L'HUMOUR, C'EST SÉRIEUX I Qui de mieux placés pour parler de l\u2019importance du rire que ceux qui nous dilatent la rate au quotidien?L\u2019Itinéraire a sondé des humoristes sur Twitter en leur posant la question : En quoi le rire, c\u2019est du sérieux?Voici leur réflexion en 140 caractères.H Lise Dion @LiseDion Parce que ça peut sauver des vies.Puisque le rire a sauvé la mienne! François Pérusse @Franpeuple I Parce que qui ne rit pas a un sérieux problème :-D Korine Côté @korinecote Parce que l\u2019important quand tu fais rire, c\u2019est de travailler assez fort pour que les gens ne voient pas que tu travailles! ft A Jean-Marc Parent @JeanMarcParent F- ^ Il aide à supporter la vie., comme avec 1000 et une béquille.HuV alcool, jeux, nourriture, etc., il offre une autre vision du réel Frank Grenier @FrankGrenierGHB Le rire nous fait oublier le sérieux! Mike Ward @MikeWardca pour moi l\u2019humour sert à dédramatiser, souvent on rit pour s\u2019empêcher de pleurer Les Pics-Bois @LesPicsBois Parce que sans le rire, le jeu «je te tiens par la barbichette» serait un piège éternel! Daniel Thibault @danielthibault Le rire, c\u2019est le sentiment opposé à la colère.Si les gens riaient plus, le monde s\u2019apaiserait.Les intégristes ne rient pas.Laurent Paquin @Lpaq Le rire est essentiel à la vie.Quelqu\u2019un qui n\u2019aime pas rire, sans le savoir, est en train de rater la sienne.Virginie Fortin @virginiefortin Il faut prendre l\u2019humour au sérieux pour que ce soit drôle longtemps.Louis T.@_LouisT Parce qu\u2019on doit rire du sérieux! Ça permet de prendre du recul.Diminuer les tensions.Ensuite y réfléchir! :) 15 juillet 201 3 | ITINERAIRE.CA 17 L'HUMOUR POUR FAIRE TOMBER LES MURS Qu\u2019il soit ironique, cynique ou sarcastique, l\u2019humour permet de Faire tomber les barrières entre les individus lors d\u2019une intervention sociale.Créateurs de liens, l\u2019humour établit la confiance entre les usagers et les intervenants en libérant des blocages émotionnels et physiques.PAR LUDIVINE MAGGI «Dans les situations difficiles, l\u2019humour a une place fondamentale dans la reconnaissance de la dignité de l\u2019être humain», explique Marguerite Paradis, chargée de cours à L\u2019École de travail social de l\u2019Université de Montréal et contractuelle en employabilité au cégep André-Laurendeau.Elle utilise l\u2019humour comme outil dans ses interventions de groupe.Plus qu\u2019une technique, il est pour elle une véritable manière d\u2019être afin de porter un regard humain sur le monde, «/e cultive l\u2019humour pour être plus active et performante dans mon intervention», ajoute Mme Paradis.L'humour rend complice et solidaire Marguerite Paradis L\u2019humour tient une grande place en intervention sociale, que ce soit au sein d\u2019un groupe ou dans le cadre d\u2019une intervention individuelle.«Peu importe le parcours des intervenants, au fil des années, ils l'utilisent tous», assure la travailleuse de proximité de Spectre de rue, Alicia Morales.L\u2019organisme tend à prévenir et réduire la propagation des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS), auprès des gens marginalisés du centre-ville de Montréal.Tout comme la chargée de cours à l\u2019École de travail social, Mme Morales précise que l\u2019humour est plus un savoir-être qu\u2019une technique ou un outil.L\u2019humour contourne les défenses ou les résistances des personnes peu enclines à discuter ou réticentes à toute intervention.«La relation prend un autre tournant avec l'humour.Il nous permet d'avoir d'autres discussions, car nous sommes d'égal à égal, remarque la travailleuse de proximité.Mais il faut attendre que la relation s'installe et qu\u2019un lien entre les deux personnes se crée.» Un constat que partage Marguerite Paradis.Lors de ses interventions de groupe, elle s\u2019est aperçue que l\u2019humour rend complice et solidaire.«L\u2019humour relie les gens et établit un lien de confiance.Même si mon approche peut être déstabilisante pour certains au début, ils vont être plus ouverts quand ils acceptent ce mode relationnel», note la chargée de cours.L'envers du rire Attention, l\u2019utilisation de l\u2019humour ne s'adapte pas à tous les individus.La psychologue et spécialiste de l'humour Catherine Boulé soutient que l'humour doit être utilisé avec minutie.«La personne doit être disposée et être prête à rire de sa situation sinon elle pourrait se sentir vexée», précise Mme Boulé.L'emploi de l'humour ne convient pas à tous les usagers, mais la psychologue reconnaît que c'est un moyen de faciliter la complicité et dédramatiser certaines situations.«L'humour est une bonne façon de bâtir une relation car cette technique peut rendre le thérapeute plus humain et accessible aux yeux du client», affirme la psychologue.L'humour contourne les défenses ou les résistances des personnes peu enclines à discuter La technique de l'humour dépend davantage des caractéristiques personnelles de chaque usager et d'une conjoncture de variables.«Le style d\u2019humour de l\u2019intervenant peut ne pas correspondre à l\u2019humour du patient», confie Catherine Boulé.Simple technique ou qualité inhérente à chaque intervenant, l'humour s'avère un procédé indispensable en intervention sociale pour surmonter les frontières et établir un lien de confiance entre les professionnels et les usagers à condition qu'il soit bien perçu et en conformité avec celui de son destinataire.¦ 18 ITINERAIRE.CA | 15 juillet 201 3 mtr* EN MARGE DU FORUM SUR L\u2019ITINÉRANCE Anne Bonnefont, porte-parole des sans-voix Anne Bonnefont aime les défis.À peine arrivée au Québec, elle est devenue la nouvelle coordinatrice du Réseau solidarité itinérance du Québec (RSIQ).Consciente de sa responsabilité de représentation des itinérants auprès des institutions politiques, elle s'est donnée comme mission de ne pas les décevoir.PAR LUDIVINE MAGGI Anne Bonnefont, coordinatrice du Réseau solidarité itinérance du Québec (RSIQ) J'ai envie de m'investir dans quelque chose qui a un sens et de savoir pourquoi je me lève le matin.«En France, j\u2019étais dans le secteur associatif.Quand je suis arrivée ici, il y a un peu plus d\u2019un an, j\u2019ai voulu poursuivre dans la voie du communautaire», raconte Anne Bonnefont.Forte de ses expériences au sein du Secours catholique et de l\u2019Unicef en France, la jeune femme voulait poursuivre sa carrière dans des domaines similaires au Québec.«je veux faire une différence pour la terre qui m\u2019accueille, explique la coordinatrice.J\u2019ai envie de m\u2019investir dans quelque chose qui a un sens et de savoir pourquoi je me lève le matin.» C\u2019est en arrivantà Paris que la jeune femme a été sensibilisée à la problématique de l\u2019itinérance.Choquée par le nombre de sans-abri et frappée par l\u2019indifférence des gens, elle a commencé à réaliser des tournées, la nuit, avec des organismes pour aller à leur rencontre.Au-delà de son attirance pour la cause de l\u2019itinérance, c\u2019est sa volonté d\u2019influencer la politique qui anime Anne Bonnefont.Sa mission au sein du RSIQ est d\u2019effectuer le lien entre la rue et les sphères politiques provinciales et fédérales.Afin de recenser les différents visages de l\u2019itinérance et les solutions à y apporter, elle se déplace souvent en région.«Nous voulons faire connaître toutes les sortes d\u2019itinérance.En région, elle a un autre profil.Par exemple, les sans-abri vont d\u2019un logement à un autre, dorment dans leur voiture ou sur le canapé d\u2019amis», remarque la coordinatrice.Vers une politique en itinérance Cette situation pourrait bientôt changer.Organisé le 17 et 18 juin dernier à Montréal, le Forum de consultation sur le projet de Politique nationale en matière d\u2019itinérance a >4 la suite du forum, la prochaine étape sera l'adoption du texte, puis la mise en place du plan d'action au printemps 2014 réuni 64 organismes et la ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, Véronique Hivon, pour établir ce projet.Depuis 2006, la RSIQ milite pour voir émerger une telle politique.«Quand PaulineMarois a annoncé la mise en place de ce projet, il y a eu certes énormément de joie, mais aussi beaucoup d\u2019attentes, explique Anne Bonnefont.C\u2019est l\u2019aboutissement d\u2019un projet prévu depuis sept ans.Nous estimons que les choses vont dans le bon sens.Mais le texte n\u2019est qu\u2019un projet, il doit encore être bonifié» Pour parvenir à une telle Politique, le RSIQ siège dans le comité d\u2019experts réuni depuis janvier dernier et a un mandat d\u2019aviseur sur l\u2019élaboration du contenu.À la suite du forum, la prochaine étape sera l\u2019adoption du texte en fin d\u2019année, puis la mise en place du premier plan d\u2019action au printemps 2014.La victoire est de courte durée.Le RSIQ travaille maintenant à défendre la Stratégie de partenariats de lutte contre l\u2019itinérance (SPLI).Le budget fédéral 2013 prévoit une nouvelle réorientation du financement donnant la priorité au «logement d\u2019abord».Le programme vise à fournir un logement par l\u2019intermédiaire du secteur privé aux personnes itinérantes accompagnées d\u2019un soutien.«Cette décision ne concerne qu\u2019un seul type de personnes, celles qui vivent tout le temps dans la rue, regrette la coordinatrice.Sortir de l\u2019itinérance n\u2019implique pas seulement un logement, mais aussi une quantité d\u2019autres services.» À ce jour, la RSIQ a obtenu le soutien de partis politiques, notamment du Nouveau parti démocratique (NPD), et un appui unanime de l\u2019Assemblée du Québec pour faire appel de cette décision.¦ 15 juillet 201 3 I ITINERAIRE.CA 19 PHOTO : CHRISTIAN FLEURY Les logements Ce n\u2019est pas nouveau, Montréal est en manque de logements sociaux.Entre les immeubles d'habitations à loyer modique (HLM) et les allocations de supplément au loyer, quelle est la solution miracle?Une récente étude de l\u2019INRS démontre que les programmes de supplément au loyer améliorent davantage le bien-être et la santé des personnes.PAR SOPHIE GILLIG Selon une étude de Xavier Le loup, professeur en sociologie de l\u2019habitat à l\u2019INRS, les allocations de supplément au loyer améliorent davantage le bien-être que les HLM.«L\u2019objet de notre étude était de comparer le niveau de bien-être et de santé entre des personnes vivant dans des HLM et celles bénéficiant du Programme de supplément au loyer (PSL) et voir ce qu'il faudrait faire pour leur offrir une meilleure qualité de vie», précise Xavier Leloup, auteur de l\u2019étude et professeur en sociologie de l\u2019habitat et du logement au Centre Urbanisation Culture Société de l\u2019Institut National de la Recherche Scientifique (INRS).Réalisée en collaboration avec le chercheur Paul Morin de l'Université de Sherbrooke et la doctorante Fahimeh Delavar Esfahani de l'INRS, Xavier Leloup a interrogé 140 personnes vivant dans des HLM et 100 personnes bénéficiant de PSL.Il en résulte que ces dernières éprouvent un plus grand sentiment de sécurité, entretiennent de meilleures relations avec leur voisinage, vivent moins de stress et exercent un meilleur contrôle sur le déroulement de leurs activités quotidiennes.Selon Xavier Leloup, l'étude montre, que le voisinage des personnes profitant du supplément au loyer leur est bénéfique, «car il semble constituer un milieu de vie plus équilibré, où les conflits sont moins nombreux et le sentiment de sécurité plus élevé.» «Le raccourci qui peut être fait avec cette étude et que nous ne disons pas, c'est qu'il faut favoriser les PSL au détriment des HLM», anticipe le chercheur face aux critiques.Coopératives et OBNL d\u2019habitation L'étude de l'INRS n'a pas manqué de surprendre et de faire réagir les acteurs qui militent pour plus de logement social.Selon Marie-Josée Corriveau, organisatrice au Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), l'étude ne prend qu'une définition restreinte du logement social.«Les logements sociaux incluent les coopératives d'habitation et les organismes d'habitation à but non lucratif qui contiennent une mixité de revenus.Cet aspect est complètement occulté de l\u2019étude», regrette-t-elle.«Si nous n\u2019avons pas pris en compte les OBNL et les coopératives d'habitation, c'est parce que ce ne sont pas des échantillons comparables, se défend Xavier Leloup.Ce serait comme comparer des pommes et des poires.» Le chercheur met en avant les différences de sélection entre les programmes.Pour les HLM et les allocations de supplément au loyer, le processus de sélection est régulé par l'Office municipal d'habitation de Montréal Avec le désengagement du gouvernement fédéral, c'est illusoire de croire qu'il y aura des HLM construits à court ou moyen terme.Xavier Leloup, professeur en sociologie de l'habitat à l'INRS (OMHM).Les demandeurs sont mis sur une liste d\u2019attente et se voient attribuer des points en fonction de leur situation sociale.Quand un logement est libéré, le premier ménage sur la liste peut s\u2019y installer.«Il n\u2019y a pas de billet de sélection pour les PSL et les HLM.Une fois sur la liste, on est statistiquement sûr 20 ITINERAIRE.CA | 15 juillet 201 3 sociaux en voie de disparition?d\u2019avoir un logement», rapporte Xavier Leloup.De leur côté, les coopératives sont en communication avec l'OMHM, qui leur transmet trois dossiers quand un logement se libère.Elles font par la suite leur choix parmi les candidats.Cette solution a fait ses preuves, estime Pierre Gaudreau, coordonnateur au Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM).«Les coopératives d'habitation favorisent le milieu de vie en communauté et permettent de participer à la vie de la coopérative.Des personnes se chargent d'animer les lieux et de sécuriser les gens qui ont connu une situation d'itinérance afin qu'ils ne retombent pas dedans», avance-t-il.Dans les griffes du marché privé Selon Marie-Josée Corriveau, l'étude omet la difficulté de se trouver un logement sur le marché privé.«À aucun moment l'étude ne parle de la discrimination qui peut être faite envers les familles à faible revenu et encore plus envers les familles immigrantes.» Pierre Gaudreau ajoute que les locataires sont plus vulnérables sur le marché privé face à leurs v\u2018 propriétaires.«Les propriétaires peuvent facilement se débarrasser de leurs locataires.Avec les supplé ments au loyer, ce sont de mauvais logements que les propriétaires n'arrivent pas à louer qui sont offerts aux demandeurs.» Pour le RAPSIM et le FRAPRU, la solution est claire : il faut construire de nouveaux logements sociaux.«À Montréal l'an passé, il y a eu 6 000 nouveaux projets de condominiums contre 600 unités de logements locatifs, s'insurge Marie-Josée Corriveau.On assiste à une perte de logements locatifs.Certains sont convertis en condos, d'autres sont démolis, d'autres encore sont transformés en logements plus grands.» Selon Pierre Gaudreau, la construction de logements sociaux est un meilleur investissement pour la société.«C\u2019est certes coûteux à court terme, mais sur le moyen et le long terme, cêst un investissement durable notamment pour les prochaines générations.» Un constat partagé par Xavier Leloup, mais qui émet un bémol sur la pérennité des logements.«La construction d'un bâtiment a un effet rassurant, mais rien nêmpêche sa dégradation.Il peut être rasé afin de faire des bénéfices sur la vente du terrain et du bâtiment.» Par ailleurs, il existe aussi un problème de salubrité avec les PSL, reconnaît le professeur.Toutes les parties s'accordent pour dire que de nouveaux logements sociaux sont nécessaires.Le FRAPRU demande aux candidats à la mairie de Montréal la construction de 22 5 00 logements sociaux en cinq ans afin de répondre aux besoins les plus urgents.«Avec le désengagement du gouvernement fédéral, cêst illusoire de croire qu'il y aura des HLM construits à court ou moyen terme», regrette Xavier Leloup.¦ Marie-Josée Corriveau, organisatrice FRAPRU, milite pour plus de logements sociaux.15 juillet 201 3 | ITINERAIRE.CA 21 fondsftq.com DES CHOIX QUI ONT DE L\u2019AVENIR De par son origine, ses valeurs et ses pratiques, le Fonds a adopté une stratégie liée aux objectifs de développement durable, tant d\u2019ordre économique, social et environnemental, contribuant ainsi à FAIRE TOURNER L'ÉCONOMIE D'ICI.rFONDS de solidarité FTQ JEUNES RECHERCHÉS\tU J-8 a an$\tRE Initiation aux cpvnmunications evenementi elles Pour encourager l\u2019insertion des jeunes en difficulté au marché du travail -\tActivités de promotion du magazine -\tActivités d'information -\tJeunes Camelots (vente) \u2022journaux \u2022 cartes-repas \u2022 abonnements \u2022 articles promotionnels Contactez Yan Lamoureux Latreille au 517-0232 poste 253 ou par courriel à ylamoureux@itineraire.ca Le CŒUR de LES MOTS DE CAMELOTS Claude Gauthier, camelot pour L'Itinéraire Angle Saint-Zotique/40e avenue et à la SAQ angle Viau/Jean-Talon photo: arianne clement 4 ion A chacun son héros 27 CHEMIN FAISANT Conversation avec un itinérant Par Linda Pelletier 29 HORS PISTE Parle-moi de toi Par Serge Trudel À chacun son héros Louis Cyr, Superman, Wolverine, Lone Ranger.cet été encore, les héros envahissent les salles de cinéma.D'ailleurs, qui n'a pas son propre héros qui l'aura marqué, exalté, inspiré.D'Elvis au Christ en passant par Bobby Orr, Frère de sang ou Frère de rue, nos camelots rendent hommage aux leurs.Et dans une société québécoise perçue comme matriarcale, il est intéressant de constater que pour plusieurs, «le plus fort, c'est mon père».pas bête & Malgré les épreuves que j\u2019ai vécues à cause de mon père, il demeure quand même mon héros.Il n\u2019avait qu\u2019une troisième année primaire, mais il a réussi à faire son chemin.Il avait lâché l\u2019école pour faire vivre ses frères et sœurs et ce manque d\u2019instruction le portait à nous inciter fortement à étudier et à avoir de bons résultats.Il désirait que nous ayons au moins notre secondaire 5.Il ne savait ni lire ni écrire mais il faisait semblant.Par exemple, quand j\u2019avais un texte à mémoriser, il prenait le livre et me demandait de réciter ma leçon.Aussitôt que j\u2019hésitais, il me renvoyait étudier.Il était très fort par contre en calcul et possédait une mémoire phénoménale.Chauffeur de son métier, il m\u2019a donné la passion des camions et de la route.C\u2019est lui qui m\u2019a enseigné à conduire, sur un dix roues et je n\u2019avais pas droit à l\u2019erreur.C\u2019était un homme honnête et je peux dire que nous n\u2019avons jamais manqué de rien matériellement.Il a fait tout ce qu\u2019il pouvait avec ce qu\u2019il avait.André l\u2019Archevêque | Camelot, Hôpital Jean-Talon Le mentor Le battant Une personne qui a eu une influence importante pour moi, ce fut mon père.C'était (il est décédé il y a 15 ans) une personne très patiente comme toutes les personnes du signe de la Vierge, contrairement à moi qui suis Bélier, donc plus impulsif.Il m'a beaucoup aidé à me contrôler.Il était toujours là pour moi.À l'adolescence, j'ai pratiqué plusieurs sports et c'était lui qui me conduisait à l'aréna et commentait mes performances.Par la suite, étant surtout un artiste, je me suis mis à écrire et quand il lisait mes textes, ses critiques positives me portaient à me surpasser.Il me disait : tu peux faire mieux.Loin de me décourager, ce commentaire m'aiguillonnait et je retravaillais mon texte.Sa débrouillardise était aussi inspirante et c'est un trait de caractère que je tiens de lui.Il m'a toujours dit de ne pas m'occuper de ce que les autres disaient et de faire mon affaire, conseil qui me sert encore aujourd'hui.Mon héros, c'est mon père.Il a passé à travers plusieurs épreuves dans sa vie.Il a eu deux cancers dont un aux reins, un anévrisme de l'aorte.et il a bu toute sa vie ! Pourtant, il a toujours tout fait pour nous faire vivre du mieux qu'il le pouvait.Notre famille était pauvre et il a bûché malgré ses nombreuses failles pour soutenir ses cinq enfants et sa femme.Mon père a vécu avec elle pendant 65 ans.En plus, il est parti de la Gaspésie et est arrivé à Montréal sans être vraiment déstabilisé.Joseph Clermont Mathurin Au ciel et sur la glace Je dois avouer que le Christ est mon héros et il le sera toujours ! C'est lui qui me guide en quelque sorte.Mais si je devais en nommer un plus vrai disons, ce serait Bobby Orr.Mon héros de jeunesse.Il l'est encore.Orr jouait pour les Bruins de Boston.C'était le meilleur défenseur.Quand j'étais jeune, dans le sport, je voulais faire comme lui.Je crois qu'il s'agit d'un bon modèle.Gilles Ferland L'altruiste François Gauthier | Réceptionniste à L\u2019Itinéraire Si tu savais, Elvis Mon idole, c\u2019est et cela a toujours été Elvis Presley.Quand jetais jeune, j\u2019ai vu tous ses films, en général le vendredi soir à la télévision.J\u2019aimais sa voix et surtout sa façon de bouger.Certains trouvaient ça vulgaire à l\u2019époque, mais moi, je le trouvais sexy et surtout très élégant.À chaque nouveau film que je visionnais, j\u2019avais hâte de voir les costumes qu\u2019il portait.Je parle de la période où il était mince bien sûr, parce que par la suite, il a engraissé à cause des médicaments.Il avait un style très personnel.J\u2019ai encore certaines de ses chansons sur 45 tours à la maison, comme My Way par exemple et jailhouse Rock.À mon avis, personne ne l\u2019a égalé jusqu\u2019à maintenant.Mon film préféré était Blue Hawaii.Je me rappelle : il dansait sur un bateau entouré de belles filles.Je m'imaginais être l'une d'entre elles, avec ma jupette et mon collier de fleurs.Vraiment, lui, je l'aurais marié! Cécile Crevier | Camelot, métro Fabre Chef infirmier, mon père sauvait des vies autant à son travail que dans son entourage.C'est pour cette raison qu'il est mon héros.Ça fait quinze ans qu'il est décédé.Il était champion pour remettre quelqu'un debout ! Il atout fait dans sa vie.Il a exercé tous les métiers possibles, passant de garde-feu à bûcheron.Je peux affirmer qu'il était un peu comme un chef d'orchestre.Sa fidélité avec ma mère et ses enfants, ça prouve aussi qu'il était un bon modèle.Sylvain Clot Le sauveur Celui qui m'a toujours soutenu dans les moments difficiles, c'est Christian, lui aussi camelot.Je n'hésite pas à dire que c'est mon héros.Il est toujours présent pour m'encourager.Il ne me laisse jamais tomber.C'est grâce à lui si j'ai les pieds sur terre.Il m'éclaire tout simplement et m'apporte la confiance.Parfois, je me dis que sans lui, ce serait beaucoup moins facile.Il est plus qu'un héros, c'est un sauveur ! France Lapointe Frère Jacques Je dis souvent que mon frère Jacques a réussi où j'ai échoué.Il est en quelque sorte un modèle parce qu'il élève très bien ses enfants.En plus, il a travaillé toute sa vie.C'est un homme très occupé.Il possède un garage.Jacques a bâti sa propre entreprise.Quand je parle de lui, je le compare à Elvis Gratton avec son «gros garage» ! Il s'occupe aussi de ses petits-enfants et c'est beau de voir comment il les éduque.C'est une fierté pour lui et pour moi.Anne-Marie Bonin 15 juillet 201 3 | ITINERAIRE.CA 25 MOTS DE CAMELOTS i 36 ans, pas toujours sur son trente-six! MÉLANIE DUGUAY Camelot, Hôpital Jean-Talon et angle Beaudry/Sainte-Catherine Merci Pina ! JOSÉE MILOT Camelotangle de Maisonneuve/De Lorimier Au matin de mon anniversaire, ce sont mes cheveux blancs qui font la fête dans mon miroir, oh que oui, raides ou frisés, et ce, de toutes les longueurs.Il faut dire que je ne rajeunis pas.J'avoue que lorsque je me souviens à quel point j'avais hâte d'être une adulte quand j'étais jeune, ça me laisse un petit sourire en coin.À trente-six ans, on n'est pas toujours sur son trente-six pour autant.Ah! mais je fais quand même de mon mieux pour bien paraître chaque jour malgré mon surplus de poids, et ce n'est pas une mince affaire d'en perdre un peu chaque fois.Mais ça se fait! Quoi qu'il en soit, j'ai eu tellement de plaisir, le jour de mon anniversaire, que c'était loin d'être un enterrement.À tous et à toutes, bon printemps! Mordez la vie à pleines dents! # Coup de Pouce BOB BÉRUBÉ Préposé à l'entretien Il y a deux ans environ, ma chum du moment est partie en me laissant Pouce, son chat, maintenant le mien.Je l'ai bien avertie que si elle revenait, Pouce restait ma propriété, parce que j'en ai investi du temps avec lui! Un chat, il faut le nourrir correctement, changer sa litière, s'occuper de le faire opérer et surtout former son caractère.Je n'avais pas l'intention de m'en départir après tout ce temps.A un moment donné, je suis parti sept semaines, mais j'avais pris soin de le laisser à un de mes amis.Pouce n'a pas apprécié mon absence, car aussitôt que je suis revenu, il a fait une fugue de six semaines.À son retour, il n'était plus du monde.Il m'a fallu bien de la patience pour le rééduquer et regagner son affection.Depuis ce temps, nous avons déménagé à deux reprises pour nous retrouver enfin heureux dans notre deux pièces et demie.Pouce a de l'espace pour jouer et ne ressent plus de stress, car il sait que je suis là pour lui.C'est important la stabilité et l'affection pour un animal.tfnmmoiùm Suzanne, Thibault En mai, L'Itinéraire à perdu une de ces membres.La camelot Suzanne Thibault est décédée à l'âge de 52 ans.Elle était active à L'Itinéraire depuis l'été 2008.Elle laisse dans le deuil toute l'équipe de L'Itinéraire ainsi que sa clientèle du Faubourg Sainte-Catherine.Le 7 janvier 2013, j\u2019ai rencontré Pina en prison.Elle était dans le même secteur que moi, à cinq cellules de la mienne.Pina était une Mère Teresa pour toutes les filles.Elle voulait tout le temps nous aider à tenir le coup, à ne pas lâcher.Elle prenait l\u2019argent de son dépôt de cantine et elle nous le distribuait pour qu\u2019on ne manque de rien.Elle était très appréciée dans notre secteur et partout dans la prison.Personne ne comprenait pourquoi elle était là.Elle est venue vers moi un jour, en me demandant pourquoi jetais là.Je lui ai raconté mon histoire, et en retour, elle m\u2019a raconté la sienne.Pina est une toute petite femme.Elle n\u2019a pas de méchanceté, ni de malice.Elle est chrétienne, prête à aider tout le monde.Elle a un mari et trois enfants.Elle a presque cinquante ans.Sans aucun dossier judiciaire, Pina n\u2019était jamais allée en prison.Un jour, Pina a été convoquée en cour.Deux comparutions ! Mais les deux fois, elle n\u2019en savait rien.Elle n\u2019a reçu aucun courrier et son avocate ne l\u2019a pas prévenue.Pina ne s\u2019est donc pas présentée au tribunal et son avocate non plus ! Résultat : Pina s\u2019est retrouvée en prison à cause de son absence et de celle de son avocate.Huit mois de prison ! Pina est sortie une semaine après moi.Je trouve aberrant qu\u2019une dame sans dossier judiciaire, avec travail, famille et maison se retrouve à faire huit mois de prison pour deux bris de condition, alors que moi, avec des antécédents judiciaires et plusieurs séjours en prison, je n\u2019ai fait que deux mois et demi.Il est clair que l\u2019avocate n\u2019a pas joué son rôle.Et c\u2019est pour ça que Pina a porté plainte contre elle.J\u2019ai écrit ce texte pour rendre hommage à une femme qui m\u2019a beaucoup aidée et que j\u2019aime beaucoup.Merci Pina ! 26 ITINERAIRE.CA | 15 juillet 201 3 CHEMIN FAISANT Conversation avec un itinérant PAR LINDA PELLETIER | Chroniqueuse de rue Ma copine et moi sommes allées dans le quartier chinois, à son restaurant préféré qui sert de la cuisine vietnamienne et où nous nous sommes régalées de rouleaux impériaux et de grosses crevettes servies sur une orgie de légumes croustillants.Ensuite, nous avons dégusté une crème glacée à l'érable chez un maître-glacier.Puis, nous avons digéré cette bonne nourriture en nous baladant dans le Vieux-Montréal en contournant sans cesse des dizaines de touristes.Lassées de marcher, nous sommes allées nous asseoir sur un banc.C'est alors qu'un jeune itinérant - son corps si chétif, sale, ses vêtements en loques, crasseux - s'est échu à nos pieds, nous a regardées droit dans les yeux et a dit : «/e suis à bout».Tout de suite, je lui ai donné cinq dollars et des cigarettes; il m'a remercié poliment, puis a rajouté : «/e suis malade, je sais pas c\u2019que j'ai.» Alors, nous lui avons demandé s'il possédait une carte d'assurance maladie.Il a fait oui de la tête, a plongé une main dans une poche de son pantalon pour nous montrer toutes ses cartes.Véro lui a dit : «Ma/s va à l'hôpital!».Il a répondu d'un air harassé : «Ah.Aller attendre des heures dans un hôpital, j'en ai pas envie».Comme je le comprenais! J'ai un toit, mais je traîne un problème de santé et comme je n'ai personne pour m'encourager à aller voir un médecin, je n'y vais pas.Il se nomme Brian, ses traits sont asiatiques, et il parle français comme vous et moi.Vingt-deux ans! Si jeune! Si mal en point.J'ai parlé à Brian de L'Itinéraire : je lui ai dit combien d'itinérants s'étaient sortis de la rue en vendant ce magazine.C'est là que Véro lui en a donné une copie.Il a tout de suite commencé à le lire; alors, j'ai attiré son attention sur les mots de camelots.À ce moment, Brian nous a fait une confidence : - Bientôt, je serai en prison.- Pourquoi?- Je me suis fait agresser, je me suis défendu en donnant un coup de couteau au gars.J'ai plaidé coupable.- Tu n'avais pas d'avocat?- Oui, mais quand j'ai dit que je voulais plaider coupable, il n'a rien dit.-\tPourquoi t'as plaidé coupable?-\tAh.je n'avais pas envie de retourner une deuxième fois en cour.Nous lui avons demandé combien de temps il serait en prison : -\tQuarante-huit mois! Quatre années! -\tPeut-être pourras-tu apprendre un métier?Aimerais-tu ça devenir électricien?-\tJ'aimerais ça être électricien! Mais ce fut un feu de paille.Ses yeux redevinrent mornes et il ajouta : «Au moins j\u2019aurai un lit.je vais entrer en prison à 22 ans et sortir à 26 avec encore rien devant moi.» Quand une personne s'écrase à vos pieds, en traînant ses maigres possessions avec lui, qu'il vous regarde dans les yeux en disant qu'il n'en peut plus, qu'il est malade, comment lui dire «Fais-toi soigner et défends-toi!» C'est un combat de titan! Je me disais qu'il doit avoir eu un avocat qui se foutait complètement de sa gueule.Défendre un itinérant.Qu'il plaide coupable ou non, tout le monde s'en fout! Ça me révoltait! C'était navrant.Quand nous sommes parties, Véro lui a donné vingt dollars; encore une fois, il l\u2019a remerciée poliment, sauf qu'on sentait qu'il avait besoin d'autre chose.de parler.Arrivée chez moi, j'ai pensé à toute cette conversation, je ne pouvais pas m'empêcher de pleurer.Je me disais que j'aurais dû amener Brian à mon appartement, tout en sachant au fond que ce n'était pas réaliste.C'était la première fois que je parlais avec un itinérant.Je leur donne de l'argent, le plus que je peux, car moi-même je suis pauvre, je vis de l'aide sociale; mais eux, ils sont tellement plus démunis que moi.J'étais anéantie par l'ampleur de toutes ces souffrances, ce qui me fit pleurer de plus belle.Je me suis finalement couchée.J'ai repensé à Brian quand nous lui avons dit au revoir.Dans ses yeux, ce n'était pas du désespoir que je lisais, mais plutôt de la résignation, comme si déjà les dés étaient jetés.¦ Arrivée chez moi, j'ai pensé à toute cette conversation, je ne pouvais pas m'empêcher de pleurer.15 juillet 201 3 | ITINERAIRE.CA 27 MOTS DE CAMELOTS i The Love of Food DANIEL GRADY Camelot, angle des Pins/Saint-Laurent Come to Me Child FRANK DOYLE Camelot, angle Sainte-Catherine/Metcalfe Food is important for our everyday life.I enjoy eating a lot of different foods like pizza, spaghetti, fish and chicken.We shouldn't feed ourselves too much though.We should only have fast food once a week for a treat.It's good to have variety when you're eating, by having fruits like bananas and oranges.You're giving your stomach the spice of life.We shouldn't eat hot dogs and hamburgers and fries everyday, because they can pack up the fat on your body.The best food for you is fish.It comes from our waters, and it's part of Mother Earth.When we were teenagers, we would go fishing with our fathers.We caught the fish and brought it back to our campsite.We washed it and ate it right there.It tasted natural, like something you can't find at the supermarket.It was fresh from Mother Nature.I think food is one of the most important things we have on this planet.We shouldn't waste the food that we have.We have to manage it, explore it, and give it a chance to live.It gives us the energy we need to survive.We all eat, but sometimes we don't appreciate it like we should.We all like food, but some people take advantage, and waste it for no reason at all.Why do people waste food?I guess they don't know what it's like to go hungry for two or three days at a time like some people in this city.We take for granted the hard work of the cooks behind the restaurants we go to.It doesn't matter what the price is; it could be a pizzeria, or a Chinese or Japanese place, they put their heart into it.For these cooks, it's an art.They can give you their love of food through the delicacies they prepare.It's God's gift to the world, pray that He doesn't take it away from us.Come to me my child, just as you are.I know you're worried and can't go on so far.I am your Jesus, before you I care, I am your faith and I know my love we share.You come to me tired and you can't seem to go on, I know you want to come home child, I heard you singing my song That I am your savior and you've put your trust in me.Come up here to heaven, you're already set free.You've been down on Earth for so many years, I've seen your tears and I've heard your fears.I've known you wanted to come home for years.So come on home quickly, child, and have no fear.Come now my child, I'm giving you rest, To the dear ones you leave behind, They do miss you, but they know it was best.Now come home to me, your life now begins.My name is Jesus, you already know that.Up here in heaven, you always can come right where I'm at.Because when you're with me, when you come upon that day, And now for you in heaven, eternal rest for you to stay.Maudite jalousie KATTY D\u2019AMOURS Camelot, angle Pie-IX/Ontario La jalousie est le pire des vices.Un vieil ami m'a dit un jour : «C\u2019est malheureux, mais il y aura toujours quelqu'un de jaloux pour te mettre des bâtons dans les roues».Personnellement, je n'aime pas les jaloux et les hypocrites.J'aime bien rire et j'aime les gens simples, directs et naturels.Reste toi-même, n'essaye pas d'être quelqu'un d'autre.J'ai déjà vu une fille qui voulait être tellement belle qu'en lui disant «bonjour, bonne journée», j'ai tant dérangé ses pensées quelle a oublié ce quelle faisait et a failli causer un accident ! Quelle épreuve ! C'est la maladie du siècle.Si j'étais millionnaire, j'irais travailler ce défaut dans une maison de thérapie pour être certaine que jamais il ne m'affecte.Dans mes rêves, j'ouvrirais un centre pour travailler la jalousie, le respect et la fidélité.Sans audace, je vous rendrais tous fous, et avec respect, je vous remettrais la réalité et la vérité en pleine face.Merci beaucoup.Je vous aime avec sincérité, tendresse et affection, moi la millionnaire.28 ITINERAIRE.CA | 15 juillet 201 3 Parle-moi de toi Duffay, la très jolie comptable qui travaille à l\u2019Itinéraire, vient de la Colombie, en Amérique du sud.Elle a accepté de nous faire connaître son pays.PAR SERGE TRUDEL | Camelot, angle Saint-Denis/Cherrier et marché Metro Morgan Duffay adore toutes les sortes de fleurs, car elles représentent l\u2019amour, la beauté et l\u2019esthétisme par excellence.\u2014 «D ans mon pays, le système politique est un régime présidentiel, dont le chef est élu démocratiquement à tous les quatre ans, un peu comme chez vous».Duffay continue de nous décrire son pays de manière simple et sincère.On voit par ses yeux émerveillés quelle aime son pays.Elle poursuit : «Se/on le système économique de mon pays, une personne qui travaillait et qui doit cesser de travailler obtient de l'aide de l\u2019état, un peu comme l'assurance-emploi chez vous, mais une personne qui ne travaille pas n'a aucun recours; elle est donc dans la misère jusqu'au cou.Chez nous, l'acquisition d'une automobile est plus difficile quid.Un peu aussi comme chez vous, l\u2019écart s'agrandit de plus en plus entre les riches et les pauvres».«La langue parlée chez nous, poursuit-elle, est l'espagnol et c'est la religion catholique qui domine, malgré le fait que les chrétiens évangéliques prennent de plus en plus de place.» Duffay est mariée et mère de deux enfants, un garçon de quatorze ans qui se prénomme Juan David et une fille de sept ans qui s'appelle Hannah.Duffay continue avec le beau sourire qui la caractérise: «y 'aime beaucoup le Québec.Les Québécois, vous êtes un peuple chaleureux et accueillant.Je me souviens, lorsque nous sommes arrivés chez vous, mon mari et moi, nous ne parlions pas français, seulement l'espagnol.Gary Caroll, un anglophone d'une soixantaine d\u2019années, nous a aidés à nous installer.Il a eu une patience d'ange envers mon mari et moi.Il nous a accompagnés dans nos démarches pour trouver un logement et du travail.Malheureusement, il est maintenant décédé».Durant la période des Fêtes, Duffay, son mari et leurs enfants sont allés faire un tour en Colombie, histoire de visiter la parenté et les amis.C'était sa première visite dans son pays depuis son arrivée au Canada il y a quatre ans.Pour terminer cette chronique, nous nous intéresserons au Festival des Fleurs de Medellin.Ce festival qui a eu lieu pour la première fois en 1957 et fait connaître Medellin comme la Ville du printemps éternel est le préféré de Duffay.Pourquoi?Duffay adore toutes les sortes de fleurs, car elles représentent l'amour, la beauté et l'esthétisme par excellence.Son plus grand plaisir est de se promener dans les allées et de s'enivrer de leurs parfums.Pendant ce festival, il y a un défilé comportant des chars allégoriques remplis de fleurs selon des arrangements tous plus magnifiques les uns que les autres et suivant différents thèmes, comme les saisons par exemple.La population se masse le long du parcours pour admirer l'ensemble du défilé.¦ 15 juillet 201 3 I ITINERAIRE.CA 29 S\u2019abonner à L\u2019Itinéraire C\u2019est bien plus qu\u2019acheter un bon magazine : C\u2019est appuyer une cause fondamentale.C\u2019est offrir une alternative à la mendicité en permettant une revalorisation et une expérience d\u2019emploi à des personnes itinérantes désireuses de reprendre leur vie en main.S\u2019abonner à L\u2019Itinéraire, c\u2019est garder un lien constant avec le groupe et encourager nos camelots dans leur détermination.(Tous les exemplaires d\u2019éditions précédentes sont disponibles pour une consultation.Pour commander une ou plusieurs éditions parues, veuillez composer le 514 597-0238, poste 240).Référence d\u2019un camelot En référant un camelot, vous lui permettez de recevoir 24 magazines gratuits pour 1 an d\u2019abonnement, ou 12 magazines gratuits pour 6 mois d\u2019abonnement.vjc CV^MAGEM AIDEZ L\u2019ITINÉRAIRE: DONS ?CARTES-REPAS ?ABONNEMENT DON Je fais un don de: CARTES-REPAS2 J'offre_____cartes-repas à 5 $ chacune = ABONNEMENT AU MAGAZINE Je m'abonne pour une période de: O 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) O 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou N° de camelot (s'il y a lieu) : IDENTIFICATION OMme OM.S1 Nom:_______________________________ Prénom:_________________________________ Nom de l'entreprise (Don corporatif) :______________________________________ S1 Adresse: _______________________________________________________________________ Ville: _____________________________________________________________________ Province :_________________________ Code postal :_____________ _____________ Ç Téléphone: (__________)_______-_________________________________________________ ^ Courriel : _____________________________________________________________________ MODE DE PAIEMENT O Visa, MasterCard O Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire TOTAL DE MA CONTRIBUTION : Notes 1\tVous recevrez votre reçu d'impôt début janvier suivant votre don.2\tLes cartes sont distribuées par L'Itinéraire, mais si vous voulez les recevoir pour les donner dans la rue, cochez ici et nous vous les enverrons avec le Guide du bénévole.Cochez ici ?N»de la carte : I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I Expiration (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez ce formulaire de don et votre chèque au Groupe communautaire L'Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K2H9.Pour toutes questions, contactez-nousau 514-597-0238 poste 231.Dons et abonnement disponibles en ligne au www.itineraire.ca La SDSVM personnalité de la semaine La Presse/Radio-Canada L'Itinéraire tient à féliciter la Société de développement social de Ville-Marie qui a été nommée, en juin dernier et pour la seconde fois, personnalité de la semaine La Presse/Radio-Canada.PAR SHAWN BOURDAGES C\u2019est en mai 2008, lors du Forum économique et social, auquel L\u2019Itinéraire a participé, qu\u2019a vu le jour la Société de développement social de Ville-Marie (SDSVM), premier organisme en son genre en Amérique du Nord.Depuis, elle contribue de façon concrète à résoudre diverses problématiques sociales en itinérance en impliquant financièrement et humainement bon nombre d\u2019entreprises du Québec Inc.L\u2019idée est de proposer à ces compagnies et institutions des programmes «clé en main» en responsabilité sociale permettant de lutter contre l\u2019itinérance au centre-ville de Montréal.En offrant gratuitement leurs services de conseillers tout au long de ces projets, la SDSVM s'assure que les programmes soient faciles à mettre en œuvre tout en De gauche à droite: Damien Silès (directeur général), Robert Beaudry (directeur de projet) et Fabrice Salomé (coordonnateur de projet) favorisant leur pérennisation.La SDSVM étant toujours à la recherche de nouvelles opportunités de maillage avec l'entreprise privée au profit des personnes défavorisées du centre-ville de Montréal, vous pouvez les joindre en tout temps à cette adresse : info@sdsvm.ca.Consultez également leur page Facebook, leur compte Twitter (@courtiersocial) ainsi que leur site internet (www.sdsvm.ca) pour être tenu informé de leurs derniers projets à valeur sociale.VOTRE AVIS NOUS INTÉRESSE Nos articles vous font reagir?Les mots des camelots vous touchent?Vous avez des suggestions ou des commentaires?Écrivez-nous par courriel à courrier@itineraire.ca Ou à l'adresse suivante : Groupe L\u2019Itinéraire À l'attention de Marie-Lise Rousseau 2103, Sainte-Catherine Est, 2e étage Montréal (Québec) H2K 2H9 Rejoignez-nous sur Facebook, Twitter et notre site Web Suivez en direct nos actualités sur nos réseaux sociaux BBQ sous le pont avec INTACT Ça sentait l\u2019été à plein nez au coin des rues Sainte-Catherine et De Lorimier le 20 juin dernier.Avec beaucoup de bonne humeur et un peu de boucane, L\u2019Itinéraire et une équipe de 18 bénévoles d\u2019intact Assurance se sont livrés à leur grand barbecue annuel, attirant passants et pigeons avec de délicieux effluves de hamburgers et de saucisses.Les employés d'intact ont profité de cette journée de bénévolat pour échanger avec les camelots et l'équipe tout en apprenant à connaître les services offerts par L'Itinéraire.Merci aux bénévoles pour leur temps et leur bonne humeur! ¦ PHOTOS: MARC-ANDRÉ FORTIER L\u2019ITINÉRAIRE 9tt pluiiir it Urt, a» itsif i'tiftt ^\t4 II ¦ i-a) '.*£À ifc&fr CARTES REPAS Faites un don autrement.Le groupe L\u2019Itinéraire, par le biais du Café L\u2019itinéraire, offre la possibilité à des personnes à revenus modestes de se nourrir avec dignité.Pour les modalités, consultez notre formulai dans le magazine ou sur notre site web www.itineraire.ca PROGRAMME ACTION Action est un programme de pré-empioyabiiité dont ['objectif est de permettre aux personnes éloignées du marché du travail de cheminer personnellement et professionnellement.Cette expérience se vit dans un cadre préparatoire à un retour sur le marché du travail.Pour participer au PROGRAMME ACTION La personne doit être prestataire du Programme d'aide sociale ou du Programme de solidarité sociale et présenter des caractéristigues associées aux personnes éloignées du marché du travail.Si vous désirez participer au PROGRAMME ACTION, veuillez communiquer avec Sylvie Gamache par courriel à sylvie.gamache@itineraire.ca ou par téléphone au 514 597-0238 poste 222. PHOTO : ANNE BONNEFONT Une étape importante de Franchie vers l'adoption d'une Politique nationale en itinérance La consultation tenue les 17 et 18 juin sur le projet de Politique nationale en itinérance aura atteint plusieurs objectifs.Les deux jours de rencontres tenues en présence de la ministre Véronique Hivon ont permis aux 70 participants de commenter, critiquer et suggérer des bonifications au projet, à la vision et aux principes directeurs de la Politique, à la définition de l'itinérance et aux orientations des axes d'intervention.PAR PIERRE GAUDREAU | Coordonnateur du RAPSIM Les participants, dont 12 membres du RAPSIM, étaient unanimes.La ministre a fait preuve d\u2019une écoute et d\u2019une ouverture remarquables.Elle a exprimé une fois de plus sa volonté d\u2019adopter une Politique gouvernementale qui responsabilise l\u2019Etat et mobilise la société dans l\u2019action pour prévenir et réduire l\u2019itinérance.En définitive, à la sortie du Forum, l\u2019adhésion à l\u2019idée d\u2019une Politique en itinérance était encore plus forte qu\u2019à l\u2019ouverture de celui-ci.La ministre Véronique Hivon lors du Forum de consultation sur la Politique en itinérance.Quelques constats Parmi les lignes de force exprimées par les participants, il ya: -La nécessité que cette Politique interpelle tous les ministères dans une action interministérielle et intersectorielle; -La reconnaissance que l\u2019itinérance est un déni de droits et que la Politique doit travailler aux conditions permettant leur exercice, dont au niveau du logement, du revenu et du droit de cité; -L\u2019importance du leadership et de la responsabilité gouvernementale dans la mise en place de la Politique en itinérance, des responsabilités que la ministre a clairement affirmé assumer et vouloir continuer à le faire; - La reconnaissance du pouvoir d\u2019agir des personnes en situation d\u2019itinérance est centrale dans la Politique, les conditions pour l\u2019exercice de cette citoyenneté doivent être mises en place.Des enjeux Au niveau des axes, la nécessité de préciser les orientations est importante.À titre d\u2019exemple, il ne suffit pas d\u2019identifier que le logement est un axe de la Politique, le développement soutenu et important du logement social est une orientation pour prévenir et réduire le phénomène.Il demeure que la base de travail que constituait le document de consultation était un bon départ.Des travaux sont aussi prévus pour développer le premier Plan d\u2019action qui découlera de la Politique.Dans ce plan, le gouvernement établira des priorités, des actions et attribuera des moyens.Vite et bien Le 10 janvier, au ralliement de la rentrée que le RAPSIM avait tenu sous le thème de 2013 Année de l'adoption d'une Politique en itinérance, la ministre Hivon avait affirmé sa volonté d\u2019aller en ce sens avec la préoccupation de «faire vite et bien».Après six ans de luttes pour cette Politique, ce message avait été bien accueilli.Ce travail rapide et adéquat a été fait depuis.Au Forum, la ministre a réitéré la volonté d\u2019adopter cette Politique à la fin de l\u2019année suivie de l\u2019adoption d\u2019un Plan d\u2019action au printemps.Le RAPSIM a tenu son Assemblée générale annuelle le 13 juin, à la veille de la consultation.Ses membres ont alors aussi réitéré leur volonté de travailler en ce sens, de profiter de l\u2019ouverture exceptionnelle qui se présente pour doter le Québec d\u2019une Politique globale en itinérance.La mobilisation et la vigilance demeurent, mais, encore plus après le Forum de consultation, c\u2019est bien parti.¦ POUR UNE POLITIQUE EN ITINÉRANCE U A nÇ II |lJ| Le roseau d'aide au* personne* seules ei itinérantes de Montréal l\\/T,n 311m www.rapsim.org | Tel.514 879-1949 15 juillet 201 3 | ITINERAIRE.CA 33 En collaboration avec VILLE-MARIE MON CENTRE Savourez le centre-ville autrement LA CUISINE DE RUE AU CENTRE DE VOTRE ÉTÉ Du 20 juin au 29 septembre 2013 Sur 9 sites du centre-ville Repérez les camions ville.montreal.qc.ca/villemarie/cuisinederue Ville-Marie Montréal© ASSOCIATION DES RESTAURATEURS DE RUE DU QUÉBEC POURR162-VO0 VOUS EN O ¦P*.SI VOUS ACCEPTEZ DE LE FAIRE, VOUS DEVREZ DONC L\u2019HÉBERGER POUR LA NUIT, LE NOURRIR TROIS FOIS PAR JOUR ET LUI SERVIR UNE COLLATION, LUI FOURNIR DES VÊTEMENTS PROPRES ET, SURTOUT, L\u2019ENCADRER POUR LUI PERMETTRE DE SE RÉINSÉRER SOCIALEMENT.MAIS SI VOTRE HORAIRE NE VOUS PERMET PAS DE VOUS EN OCCUPER.ALORS, AIDEZ-NOUS A LE FAIRE.514 845-0168 poste 314 MAISONDUPERE.ORG\tPOUR QUE LA RUE AIT UNE ISSUE.^ Mai^n du Père DR JULIEN Sur les pas du Bien manger malgré la pauvreté, mission impossible?Offrir trois repas équilibrés par jour à ses enfants lorsqu\u2019il ne reste que 100 $ pour tout le mois après le paiement du loyer et des factures relève du miracle pour les familles à faible revenu.Pourtant, le Canada a ratifié la Convention internationale des droits de l\u2019enfant en 1989.De surcroît, il devrait garantir la sécurité alimentaire de chacun d\u2019entre eux.PAR MARIE-LISE ROUSSEAU ne jeune mère est venue me voir la semaine passée.Elle a pilé sur son orgueil et m\u2019a demandé : «Dr Julien, peux-tu m'aider?Je n\u2019ai rien à manger pour mon bébé».» Des tristes moments comme celui-ci arrivent fréquemment dans le cabinet du pédiatre social.Les banques alimentaires et la générosité de certains donateurs éteignent de petits feux, mais ne garantissent aucune stabilité alimentaire pour les enfants.Au moment où le corps et l'esprit se développent à toute allure, des habitudes néfastes créent des ravages permanents.«Les conséquences ne se voient jamais dans l\u2019immédiat, elles se voient plus tard, explique le Dr Julien.Sauf la génétique, presque tous les problèmes de maladie cardio-vasculaire, de diabète ou d'obésité sont issus des habitudes contractées en petite enfance.» Les impacts vont bien au-delà de la santé physique.Le pédiatre social rappelle par exemple que jeûner, pour un enfant, représente une détresse importante.Un peu d'aide Au centre Assistance d\u2019enfants en difficulté (AED) du Dr Julien, de l\u2019aide alimentaire existe.La boulangerie Arhoma, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, leur fait don de ses surplus de pain.Une donatrice fait livrer directement du grossiste des fruits frais chaque semaine.Mais ce n\u2019est pas le rôle des plus généreux d\u2019entre nous de panser les blessures causées par l\u2019extrême pauvreté.Selon le Dr Julien, les gouvernements sont responsables, étant donné leur engagement au sein de la Convention des droits de l\u2019enfant.«Mais qui va avoir le courage de dire : maintenant, au Québec et au Canada, il n'y a plus un enfant qui crève de faim?C'est clairement la priorité d\u2019aucun parti», se désole-t-il.Trop de préjugés existent encore contre les assistés sociaux.Certains se font dire qu\u2019ils n\u2019ont qu\u2019à arrêter de s'acheter des cigarettes pour nourrir leur famille.«J'aipleins de parents qui se privent pour pouvoir alimenter leurs enfants.C'est dramatique», rétorque le pédiatre social, réclamant une plus grande tolérance.Quand on se compare.on ne se console pas «C\u2019est bien pire en Afrique» direz-vous?Voilà de quoi donner de l'urticaire au Dr Julien.«On n'a plus à se comparer à l'Afrique et à l'Asie; c'est inacceptable partout, surtout dans un pays qui se dit riche et évolué», martèle-t-il, assis à son bureau.La solution?La prévention, oubliée par les différents paliers du gouvernement.«On aime mieux réparer des adultes en mauvaise santé que construire des enfants en forme et en santé!» L'inverse coûterait pourtant tellement moins cher à la société.Le Dr Julien se montre découragé par l'opportunisme des politiciens, qui ne pensent qu'à leur réélection à court terme.«Aux dernières élections, pas un seul parti n'a parlé des enfants», dit-il, déçu.Il faudrait un changement de paradigme, ce que Gilles Julien ne s'attend pas à voir de son vivant.En attendant, lui et son équipe accueillent à bras ouverts les familles qui ont besoin d'aide pour nourrir leurs enfants.On aime mieux réparer des adultes en mauvaise santé que construire des enfants en forme et en santé! VuL.Fondation\t1601, rue Aylwin, Montréal, Québec H1W 3B9 du DrJulen\tTéléphone: 514 527-3777 7\tFondation@pediatriesociale.org 15 juillet 201 3 | ITINERAIRE.CA 35 MÉDECINS DU MONDE / PROJET MONTRÉAL BLOC NOTES Mission humanitaire dans le tiers-monde montréalais Fort d'une renommée internationale, Médecins du Monde a ici sa succursale Projet Montréal, qui améliore les conditions de santé des populations exclues du système en allant à leur rencontre dans la rue.PAR SOPHIE GILLIG Comme chaque jeudi après-midi, Sarika Beauchamp s'installe dans sa clinique du Centre d'amitié autochtone où elle prodigue des soins infirmiers et assure un suivi auprès de ses patients, «je suis chanceuse ici parce que j'ai un bureau et du matériel à disposition», s'amuse-t-elle.Cette jeune infirmière parcourt la ville à bord d'un motorisé et va à la rencontre des personnes démunies et itinérantes pour leur proposer des soins de santé.Les infirmières de Projet Montréal travaillent étroitement avec les travailleurs de rue et les intervenants des organismes communautaires comme Cactus Montréal, Dans la Rue ou le Projet Autochtone du Québec (PAQ).«Les organismes communautaires ont un lien déjà établi avec les gens dans la rue.C'est donc beaucoup plus facile pour nous d'être introduites et de nouer un lien de confiance avec les gens», précise Sarika.La mission de Projet Montréal est d'aller directement à la rencontre des personnes en difficultés là où elles se trouvent: dans la rue, dans certains appartements, dans des bars de danseurs/danseuses ou dans des cliniques mobiles.«C'est bien d'avoir un site fixe pour administrer des soins, mais c'est aussi bien d'aller vers les gens.Quand on est à la rue, la santé n'est pas toujours une priorité, on a tendance à remettre à plus tard sa visite chez le médecin.Ce n'est pas aux personnes de s'adapter au système de santé, c'est au système de s'adapter», renchérit Sarika.De gauche à droite, Sarika Beauchamp et Pénélope Boudreault, infirmières de proximité de Projet Montréal.Sensibilisation aux ITSS Adriel (nom fictif) est de passage à Montréal pour l'été avant de retourner dans son Nunavut natal.Il s'est blessé alors qu'il travaillait et est venu voir Sarika pour nettoyer sa plaie.En plus de lui fournir des bandages et de la crème antibiotique, l'infirmière lui donne des conseils sur les différentes ressources communautaires en ville.Subtilement, elle lui demande à quand remonte son dernier dépistage d'infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS).Projet Montréal organise ponctuellement des ateliers gratuits de sensibilisation et de dépistage des ITSS.Les infirmières se chargent des Transformez votre citron en limonade en donnant votre minoune Le programme «Faites de l'air» de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique offre des récompenses (argent, titres de transport ou crédit) contre votre voiture datant d'avant 1995.1 888 819-7330 www.faitesdelair.org Le programme «Auto-rein» de la Fondation canadienne du cancer du rein ira chercher votre minoune (en remorqueuse s'il le faut) peu importe son âge ou son état.Vous recevrez un reçu fiscal en sachant que la fondation saura tirer profit de votre don.514 325-7346 | 1 888 228-8673 www.rein.ca prélèvements et donnent les résultats aux patients deux semaines plus tard.«Si une personne est positive à l\u2019hépatite C, cèst sûr que je ne suis pas équipée pour la traiter, je vais alors la sensibiliser et la diriger vers un médecin, mais cèst elle qui reste maîtresse de sa vie et décide si elle veut se soigner», précise Sarika.Lancé en 1999, Projet Montréal est une initiative locale de Médecins du Monde dont l'objectif premier est la prévention auprès des jeunes de la rue.Sept ans plus tard, l'organisme humanitaire étendait son offre de services aux autochtones et s'intéressait aux immigrants en situation précaire ou irrégulière, allant jusqu'à ouvrir une clinique pour eux.Les immigrants qui ne possèdent pas de carte d'assurance-maladie sont les bienvenus au Projet Migrants pour être soignés et recevoir des conseils sur leurs démarches d'immigration.¦ 36 ITINERAIRE.CA | 15 juillet 201 3 Jamais trop tôt pour parler d'argent aux enfants Les enFants baignent dans un univers de consommation.Pour en Faire des adultes responsables, mieux vaut commencer tôt leur éducation Financière.Mais comment s'y prendre?protégezvous | parjean-françoisvenne u Québec, ça reste un peu tabou de s\u2019intéresser à l'argent», déplore Paul Bourget, fondateur de l\u2019Institut collégial de la littératie financière, qui offre des cours d\u2019éducation financière au grand public dans trois cégeps.Et force est de constater que ce tabou n\u2019existe pas quid.Seulement le tiers des jeunes Canadiens de 10 à 17 ans discutent régulièrement d\u2019argent avec leurs parents, selon un sondage réalisé en octobre 2012 par Ipsos Reid pour le compte d\u2019ABC Life Literacy Canada.Et le quart d\u2019entre eux n\u2019abordent le sujet que très rarement, voire jamais.Un apprentissage quotidien Pourtant, ne pas discuter d\u2019argent avec les enfants est une erreur, avertit Marie J.Lachance, professeure titulaire en sciences de la consommation à l\u2019Université Laval.Elle est d\u2019avis qu\u2019il n\u2019est jamais trop tôt pour commencer.Car, tout comme le parent doit apprendre à son enfant à marcher, il doit aussi lui enseigner des notions telles que la valeur de l\u2019argent, le budget, les dépenses essentielles ou non, etc.Autant d\u2019apprentissages qui lui éviteront, plus tard, de tomber dans les pièges de l\u2019endettement et de la surconsommation.«En discutant avec eux au moment d'effectuer certaines transactions, comme quand on va à l'épicerie, on peut facilement leur faire comprendre que les ressources financières sont limitées, qu'il faut faire des choix.» Par exemple, on peut expliquer que certaines dépenses, dont le loyer et l\u2019électricité, sont obligatoires et doivent être priorisées.Si on veut aller au restaurant, il faut voir s\u2019il reste de l\u2019argent après ces paiements.Au fil du temps, cela permet aux enfants d\u2019intégrer certaines valeurs, comme l\u2019importance de bien gérer ses finances, de payer ses factures à temps ou d\u2019être prudent dans ses dépenses.Soyez concret Pour Camille Beaudoin, directeur de l\u2019éducation financière à l\u2019Autorité des marchés financiers, rien ne vaut les exercices pratiques.«Les enfants et les adolescents apprennent mieux en accomplissant des projets, avec un objectif clair», avance-t-il.Par exemple, si votre fille veut s'acheter un vêtement, laissez-la épargner pour le payer elle-même.Au moment de l'achat, discutez avec elle de la facture, des taxes, etc.L'argent de poche devient ainsi un outil d'apprentissage intéressant, ajoute Marie J.Lachance.À condition de fixer certaines règles avec l'enfant.Par exemple, vous pouvez lui dire que, dorénavant, il devra payer lui-même s'il veut des friandises.Cela lui apprendra à faire des choix en fonction de son budget.Fiston prévoyait s'offrir un jeu vidéo, mais il a dépensé une partie de son argent pour autre chose et n'en a plus assez pour le payer?«/Ve cédez pas à la tentation de lui donner la différence, recommande la professeure.Cela l\u2019aidera à apprendre la valeur de l'argent.» m protëgezvous www.protegez-vous.ca ¦ TESTS \u2022 ENQUÊTES \u2022 GUIDES D\u2019ACHAT \u2022 ÉVALUATIONS POUR CEUX QUI VEULENT MIEUX CONSOMMER 15 juillet 201 3 | ITINERAIRE.CA 37 professionnelle * Cocktails \u2022 Événements corporatifs ou privés \u2022 Repas pour écoles et CPE \u2022 Service de comptoir alimentaire \u2022 Pâtisseries pour cafés, restaurants, cafétérias ou pour vos occasions personnelles \u2022 Service aux tables \u2022 Location de salle.Bis est une entreprke d'insertion sociale et d but non lucratif Jbédalisée dans la Annoncez dans L\u2019Itinéraire Annoncez-vous dans L'Itinéraire et affichez vos valeurs citoyennes.Découvrez les avantages d'un placement publicitaire dans L\u2019Itinéraire et nos tarifs.avantageux! t Contactez-nous au 514 597-0238 poste 241 ou par courriel à publicite@itineraire.ca w L\u2019achat et la vente d\u2019une propriété, c\u2019est une affaire de coeur et de savoir-faire! am Via Capitale du Mont-Royal AGENCE IMMOBILIÈRE Plateau 1152, avenue du Mont-Royal Est 514.597.2121 Rosemont 2339,rue Beaubien Est 514.721.2121 capitaleMtRoyal\tViaCapitaleMontRoyal www.viacapitaledumontroyal.com ABONNEZ-VOUS AU MAGAZINE L\u2019ITINÉRAIRE 50% DU COUT DU MAGAZINE POUR AIDER QUELQU\u2019UN En plus d'agir concrétemont auprès d'ui camelot pour l'aider dans sa démanche de réinsertion sociale, vous recevez deux fûts par mois un magazine unique qui pose un regard engagé sur la société et qui aide à lutter oontre les préjugés.\tWWW.itin©r3Îr©.Ca V) LÏTL NÊ RAI RE PANORAMA PAR SYLVAIN-CLAUDE FILION CINÉMA Sous les étoiles, le documentaire Pour un quatrième été consécutif, jusqu'au 30 août et dans un parc différent chaque soir de la semaine, on se divertira intelligemment et en bonne compagnie puisque qu'une trentaine de documentaires québécois seront présentés en plein air, à la tombée du jour, avec ensuite une discussion avec les réalisateurs ou des personnalités invitées.Les films abordent les grandes questions sociales et la programmation compte plusieurs œuvres pertinentes comme L'industrie du ruban rose de Léa Pool, A contre-courant de Lisa Sfrisco, qui s'intéresse au parti Québec Solidaire et Pas de piquerie dans mon quartier de Jean-Laurence Seaborn, Jonathan Seaborn et Jean Guénette.Programmation complète et horaires à www.funambulesmedias.org EXPO Racines haïtiennes THÉÂTRE JEUNESSE Bonbons maudits : Hânsel et Gretel Jusqu'au 3 août, six artistes d'origine haïtienne résidant dans les secteurs de Montréal-Nord et de Parc-Extension présentent des œuvres multidisciplinaires qui témoignent du métissage des cultures.C'est varié, c'est coloré et c'est plein de vie : l'inspiration spirituelle et populaire vibre très fort chez Elsie Suréna, Jean-Yves Metellus, Joseph André, Frantz Louis, Anthony Benoît et Ralph A.Maingrette.L'entrée est gratuite.Les trois sœurs, Frantz Louis, huile sur toile, 61 x 129 cm DISSONANCE - CONVERGENCE mm Jusqu\u2019au 3 août Maison Brignon-dit-Lapierre 4251, boulevard Gouin Est Renseignements : 514 328-4000, poste 5640 On peut dire que cela fait bien deux siècles que les enfants ne devraient jamais accepter les bonbons que leur offre un inconnu.Il y a 201 ans exactement, les frères Grimm publiaient le conte devenu un classique, et qui suscite bien des relectures par les temps qui courent.La Maison Théâtre présentera cet automne une vision féministe de l\u2019œuvre et l\u2019Opéra de Montréal prépare pour 2014 une production de l\u2019opéra d\u2019Engelbert Humperdinck, qui incluera la participation de l\u2019École nationale de cirque.En attendant, jusqu\u2019au 25 août, une version des plus classiques est jouée une cinquantaine de fois dans différents parcs de Montréal, une production du Théâtre La Roulotte, qui fête ses 60 ans cet été.C\u2019est gratuit, mais le nombre de places étant limité, il faut télécharger le formulaire de réservation à www.accesculture.com/contenu/roulotte.15juill|t201 LUN ERAI Ceci pourrait être votre café au bureau Déguster un café savoureux au quotidien ne devrait pas être un plaisir réservé à la maison ou au restaurant.C'est pourquoi, nous, les Services de café Van Houtte, offrons une vaste sélection de cafés de première qualité et de spécialité qui sauront vous séduire.Jumelé à notre gamme de systèmes d'infusion innovants de Keurig® et à un service clé en main d'échelle nationale, vos besoins en café au bureau seront satisfaits et délicieusement surpassés.SERVICES DE CAFÉ ServicesCafeVanHoutte.com PAR DENYSE MONTÉ VIVRE i Jeux de mains pas vilains Une surprenante étude d\u2019un groupe de chercheurs de l\u2019Université du Michigan révèle que seulement 5 % des personnes qu'ils ont observées dans des toilettes publiques, bars, restaurants et autres établissements publics, se lavent les mains correctement.Plusieurs études ont démontré que se laver les mains est de loin la meilleure façon d\u2019éviter la propagation de nombreuses maladies.Le fait de «ne pas se laver les mains contribue à 50 % des maladies d'origine alimentaire.[.] Pendant au moins 20 secondes, il faut veiller à bien se laver entre les doigts, sur la paume, bref à tous les endroits en contact avec des surfaces sur lesquelles se déposent les bactéries», affirme Cari Borchgrevink, qui a dirigé cette recherche publiée dans le Journal of Environmental Health.Le tabac, biocarburant du Futur Va nu-pieds, mais pas trop longtemps Dans un laboratoire de l'Université de Berkeley, en Californie, des scientifiques consacrent leurs efforts à modifier génétiquement la plante de tabac.Leur but est d'extraire l'huile des feuilles de tabac, qui deviendraient ainsi de véritables réservoirs de biocarburants pour les véhicules à moteur.La production serait moins coûteuse que celle du maïs ou du soja.L'exploitation de ces derniers, dénoncent plusieurs observateurs, est responsable de l'explosion des prix des céréales et de la déforestation, facteurs aggravants de la faim dans le monde.N'étant pas comestible, le tabac semble s'avérer un bon compromis.Des expériences devraient se terminer en 2014.(Source : euronews.com) L ' Le barefoot running, en vogue aux Etats-Unis et en Europe, gagne du terrain chez-nous.Avec cette technique de course à pieds nus ou avec des chaussures dites «minimalistes», la personne doit prendre appui sur lavant du pied et non sur le talon.Certains prétendent qu\u2019on peut ainsi courir plus vite, la dépense en oxygène étant moindre que lors d\u2019une course traditionnelle.De nombreuses études, dont celle des chercheurs de l\u2019Université du Massachusetts qui vient d\u2019être publiée dans Journal of Applied Physiology, n\u2019en sont toutefois pas arrivées à cette conclusion.Même si elle donne l\u2019impression de mieux faire corps avec la nature, la course pieds nus augmenterait, selon certains médecins sportifs, le risque de blessures au niveau des muscles, des os ou des tendons.Mais laissez-moi manger ma banane! En plus d\u2019être énergétique et nutritive, la banane regorge de vitamines, de fibres, de protéines et de minéraux.Manger plus de bananes peut diminuer les risques d\u2019hypertension artérielle, c\u2019est bien connu.Nouvelle découverte, grâce à sa teneur élevée en potassium, elle peut réduire de 24 % les risques d\u2019AVC.C\u2019est ce qu\u2019affirme une enquête publiée récemment dans le British Medical Journal et menée par des chercheurs du Département Nutrition de l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS).La banane est reconnue comme un remède naturel pouvant aussi combattre la dépression, le stress, l\u2019anémie, la nervosité et la constipation.L\u2019anti-acide naturel quelle contient peut diminuer les brûlures d\u2019estomac.Et cet été, elle sera efficace pour le soulagement des piqûres d\u2019insectes ! Utilisez l\u2019intérieur de la pelure pour frotter la zone affectée.(Source : atlanticol.fr) I t> 15 juillet 201 3 | ITINERAIRE.CA 41 LIVRES PAR SYLVAIN-CLAUDE FILION, GENEVIÈVE GAGNÉ ET AUDREY NEVEU Des lectures inspirantes pour l'été Un roman, un récit et un témoignage à lire pendant les vacances.ManL™ BroiB^iLi wemvsà écrivain Une rencontre inimaginable La chemise de l'écrivain nous transporte dans une histoire profondément touchante, celle d\u2019une jeune fille ayant perdu tout espoir en la vie et qui, au moment de commettre le geste fatal, découvre un livre écrit par un célèbre écrivain lui tendant la main de la vie.Le roman rappelle les événements que l'auteure Marilou Brousseau a vécu dans son adolescence et de sa rencontre, plusieurs années plus tard, avec le célèbre écrivain Richard Bach connu pour son roman Jonathan Livingston le goéland.Le roman se base sur cette rencontre inimaginable qui nous amène dans les tribulations de la vie, un voyage à travers les rêves et les désirs d\u2019un personnage croyant au destin tracé de chacun.Un livre à lire sous un arbre par une journée ensoleillée ou, pourquoi pas, sur le sofa à la maison lors d\u2019une journée pluvieuse, parce que l\u2019espoir et la foi en la vie qui se dégagent du texte sauront illuminer la journée de quiconque le lira.(GG) La chemise de l\u2019écrivain, par Marilou Brousseau, Dauphin Blanc, 215 pages.Témoignage d'un bonheur inespéré Trouver le bonheur après la maladie et la mort d\u2019un enfant, Anne-Dauphine Julliand y est arrivée.Dans son percutant témoignage Une journée particulière, la courageuse mère nous livre le fil de ses pensées au cours de cette journée où sa petite fille Thaïs aurait eu huit ans.Un témoignage qui se veut légèrement contemplatif, mais qui s'ancre dans le bonheur du quotidien et de la vie.Le livre se lit d'une traite, malgré son histoire triste, avec une larme d'espoir toujours en suspens au coin des yeux.L'auteure trouve la force d'admettre les pensées qu'on n'ose avouer, par exemple la croyance d'une mère d'avoir le monopole de la douleur face au départ de son enfant.Malgré tout, Anne-Dauphine Julliand donne le goût de braver vents et marées et lègue sans le savoir une partie de la recette pour le bonheur : celle d'apprécier la vie vécue des disparus.Un témoignage bouleversant et d'une franchise implacable devant les côtés sombres de la maladie.(AN) L\u2019innocence volée Louiseportaj Dernier tome de la trilogie Cap-du-Renard, le roman met en scène deux adolescentes en fugue, Marie-Fièvre et Marée-Douce, qui deviennent des «soeurs d'itinérance».En fuyant aveuglément vers la Gaspésie, elles sont prises en charge par Murielle et Jocelyn, qui devront entre autres arracher l'une d'elles des griffes d'un gourou illuminé.On reconnaît bien le style personnel de Louise Portai, dont la prose rend admirablement bien les caprices du climat tourmenté de la péninsule gaspé-sienne et qui dévoile pudiquement, par fines touches, le drame de l'inceste et du viol.Si le cycle romanesque se termine sur une note tragique, l'auteure boucle sereinement le destin des personnages apparus dans Cap-au-Renard et La Promeneuse du Cap, les deux volets précédents.(SCF) Les Sœu rs Les Soeurs du Cap, par Louise Portai, Flurtubise, 148 pages.Anne-Da up hîre Julliand journée PrtPpf fUf Une journée particulière, par Anne-Dauphine Julliand, Transcontinental, 240 pages.42 ITINERAIRE.CA | 15 juillet 201 3 IDENTITÉ QUÉBÉCOISE LE MYTHE DE L\u2019HOMME FORT Depuis plus de deux siècles, plusieurs Canadiens Français ont cherché à se surpasser physiquement en Faisant démonstration d\u2019une Force herculéenne.De Jos MontFerrand à Hugo Girard en passant par Louis Cyr, le mythe de l\u2019homme Fort est un miroir de notre identité.PAR GENEVIÈVE GAGNÉ MÈÏ-Hx HUM!: Longtemps synonyme de fierté d'un peuple opprimé, le mythe de la force masculine a laissé une trace indélébile dans la culture québécoise.L'engouement face au film Louis Cyr - L'homme le plus fort du monde, qui vient de prendre l'affiche, en est une nouvelle preuve.Plus d'un siècle après sa mort, sa popularité est bel et bien tangible.Il suffit de voir la programmation des festivités soulignant le 150e anniversaire de naissance du champion se déroulant dans sa ville natale, Saint-Cyprien-de-Napierville, pour en constater l'ampleur.Toutefois, pour saisir la réelle admiration que les Québécois vouent à la force physique, il faut remonter au XIXe siècle.La première icône célèbre est celle du draveur Jos Montferrand.Reconnu pour sa force extraordinaire, il se révèle comme étant la terreur des Anglais.Parmi ses exploits légendaires, un affrontement contre 150 Irlandais dans son Outaouais natal.Cette puissance inhumaine servait de mode de défense pour contrebalancer le rapport de force entre l'opprimé Hugo Girard a soulevé 260 kg à la compétition de l'homme le plus fort1 du monde à Kuala Lampur, en 2002.et l'oppresseur en l'occurrence, les Canadiens français et les Anglais.Du draveur à l'haltérophile Le mythe ne s'arrête pas là.Il s'applique également à l'homme québécois pourvoyeur qui affronte les bêtes et les fléaux de la nature où la forme physique devient un outil essentiel à la survie.«Les Canadiens Les Canadiens français travaillaient près de la terre, ce qui exigeait une force manuelle qui devenait une sorte de glorification -N.Y- Jean-Jacques Simard français provenaient de classes populaires et travaillaient près de la terre, ce qui exigeait une force manuelle qui devenait une sorte de glorification dans la société québécoise», explique Jean-Jacques Simard, sociologue et professeur à l'Université de Laval à Québec.Aux fils des ans, la symbolique du colosse d'autrefois s'est peu à peu éclipsée : l'homme fort moderne a troqué la forêt pour la salle d'entraînement.Une transformation normale selon le sociologue, qui attribue ce changement à l'urbanisation de la société québécoise, laquelle ne valorise plus la force physique, mais plutôt la force intellectuelle.«Les prouesses de force se sont transformées.Il y a eu déplacement de la définition de l'homme fort physiquement à la force en affaires ou dans les valeurs affectives.» Ainsi, le XXe voit abonder les exploits de Victor Delamarre, du lutteur Yvon Robert, surnommé «Le Lion du Canada français» et le Grand Antonio, qui tire des autobus dans les rues de Montréal, laquelle est aussi dans les années 1940 et 1950 une capitale mondiale de la lutte.JW -WP* t Le culte moderne du corps Même si la démonstration de la force se déroule maintenant entre quatre murs, il reste que le mythe du personnage emblématique de l'homme fort a perduré jusqu'à aujourd'hui.L'exemple par excellence : Hugo Girard.Considéré comme le «Louis Cyr des temps modernes», il décroche le titre d'homme le plus fort du Canada en 1999 qu'il conserve six ans d'affilée et a servi de coach au comédien Antoine Bertrand, qui prête ses traits à Louis Cyr dans le film.Mais contrairement à nos ancêtres coureurs des bois, la survie ne serait pas la cause de cette fascination pour la force.La culture du physique de nos jours serait peut-être, selon le professeur Simard, un dédoublement symbolique où «plutôt que de faire la guerre on privilégiera des concours qui démontrent la force.» 15 juillet 201 3 I ITINERAIRE.CA 43 SOLIDARITE DANS LE METRO A PROPOS DU.RIRE Le rire est à l'homme ce que la bière est à la pression.ALPHONSE ALLAIS Le rire Qui prête à rire n\u2019est jamais sûr d\u2019être remboursé.Le mariage, c'est ce qui différencie l'homme de la bête.Il ne faut pas confondre avec le rire.c'est pourtant la même chose.MICHEL AUD IARD est un grand médecin.GEORGE SAND Nous sommes ici-bas pour rire.Nous ne le pourrons plus au purgatoire ou en enfer.Et au RAYMOND DEVOS Le rire est un désinfectant.MAURICE CHAPELAN On peut rire de tout mais pas avec tout paradis, ce ne serait pas convenable.JULES RENARD le monde.Le rire, comme les essuie-glaces, permet d'avancer même s'il n'arrête pas la pluie.GÉRARDJUGNOT PIERRE DESPROGES Le rire désarme, ne l'oublions pas.PIERRE DAC Le sourire est Le rire et le sommeil sont les meilleurs remèdes du monde.PROVERBE IRLANDAIS plus intéressant que le rire, il laisse quelque chose à deviner.ANNE BARRATIN Des clients solidaires au métro Radisson PARGENEVIÈVETREMBLAY-PLOURDE es gens répondent bien à l'appel», affirme Benoît Chartier, qui vit continuellement le meilleur et le pire du quotidien, comme camelot au métro Radisson et devant l\u2019épicerie IGA de Place Bercy, près du métro Frontenac.«L'ltinéraire\\ L'ltinéraire\\ L'ltinéraire\\», criait Benoît Chartier à ses potentiels clients, lors d\u2019une journée qui s\u2019annoncait comme les autres.«Ferme ta gueule, tu nous écœures chaque matin avec ton journal», lui a lancé avec violence un inconnu.«Au moins, lui, il essaie de faire de quoi de sa vie!», ont répliqué deux passants, prenant la défense du camelot.«/e n\u2019ai pas souri tout de suite, mais j\u2019étais content, cést certain, je n\u2019ai pas eu besoin de faire quoi que ce soit pour que justice soit faite», se remémore Benoît Chartier, encore ému de savoir son travail reconnu par ses clients du métro Radisson.Ce camelot se définit comme psychologue de rue, à force d\u2019années passées à vendre L'Itinéraire et à tisser des liens avec les passants : «Avec le temps, tu n'as pas le choix.Ça devient naturel.» 44 ITINERAIRE.CA | 15 juillet 201 3 DETENTE L 1\t2\t3\t4\t5\t6\t7\t8\t9\t10 11\t12 Vous trouverez la solution dans l'édition du 1er août 2013 HORIZONTALEMENT 1.\tRarement bienvenue.2.\tDes chemins à suivre.3.\tAir- Serrés au milieu - Partie de lustre.4.\tReste par terre - Nom de Frontenac.5.\tFins - Un peu d'émotion - Pige.6.\tPeut qualifier un testament.7.\tQuartier de Vancouver- Usiné depuis 1938- En révolte.8.\tReine indienne - Déchet - Infinitif.9.\tEnquiquinées - Classement d'huile.10.\tCassants- Flomme dujour- Reine de beauté.VERTICALEMENT 1.\tOn s'y repose.longtemps! 2.\tAttaque le pavillon - Trime dur.3.\tRuiner lentement-Chaîne américaine.4.\tAffectent les poumons.5.\tArticle - Peintre anglais d'origine néerlandaise.6.\tPas décidées.7.\tBus - Petit cochon.8.\tDans l'auxiliaire-Trompes.9.\tUne blessure, c'est sûr.10.\tDéfaite de cruciverbiste - Cours italien - Note.11.\tPariétal - Fleurs.12.\tPour regarder dehors.Jeu réalisé par MaxwoodMedia | Renseignements : grilleomaxwood.ca SOLUTIONS DU 1ER JUILLET 2013 NIVEAU DE DIFFICULTÉ : MOYEN \t1\t2\t3\t4\t5\t6\t7\t8\t9\t10\t11\t12 1\t0\tR\tG\tA\tN\ti\tG\tR\tA\tM\tM\tE 2\tP\tA\tR\tC\tI\tM\t0\tN\tI\tE\tU\tX 3\tP\tR\t0\tT\tE\tI\tN\tE\t\t1\tT\tE 4\t0\tI\tS\tE\t\tT\tE\t\tU\tN\tI\tR 5\ts\tS\t\tU\tT\tI\tL\tE\tS\t\tN\tC 6\tI\tS\tA\tR\t\t0\tL\tT\t\tP\tE\t1 7\tT\tI\tC\t\tA\tN\tE\t\tP\t0\tR\tC 8\tI\tM\tC\t\tI\tS\tS\tU\tE\t\tI\tE 9\t0\tE\tU\tF\tS\t\t\tS\tU\tR\tE\tS 10\tN\tS\t\tR\tE\tP\tL\tE\tT\tE\tS\t¦ 6\t9\t4\t3\t7\t1\t8\t5\t2 8\t3\t7\t9\t2\t5\t4\t6\t1 1\t2\t5\t4\t6\t8\t3\t7\t9 2\t7\t6\t8\t9\t3\t1\t4\t5 3\t4\t8\t1\t5\t7\t2\t9\t6 5\t1\t9\t2\t4\t6\t7\t8\t3 7\t8\t3\t6\t1\t9\t5\t2\t4 9\t5\t2\t7\t3\t4\t6\t1\t8 4\t6\t1\t5\t8\t2\t9\t3\t7 \t\t\t\t\t2\t5\t\t3 1\t\t\t3\t\t\t9\t\t 4\t\t\t\t\t\t2\t\t \t\t6\t2\t\t\t4\t\t 3\t\t\t9\t\t\t\t\t \t1\t2\t8\t\t5\t\t3\t \t8\t7\t\t\t\t\t6\t2 5\t\t\t\t\t7\t\t\t \t3\t\t\t\t9\t\t\t Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boite 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans un colonne et dans une boite 3x3.NOTRE LOGICIEL DE SUDOKUS EST MAINTENANT DISPONIBLE.10 000 sudokus inédits de 4 niveaux par notre expert, Fabien Savary.En vente exclusivement sur notre site.www.les-mordus.com Vous trouverez la solution dans l'édition du Tr août 2013 Jeu réalisé par Ludipresse | infooles-mordus.com 15 juillet 201 3 | ITINERAIRE.CA 45 FEU VERT À.DAN BIG RAS Monsieur madame tout le monde Je suis au Parc Émilie-Gamelin.Extraordinaire journée.Une ligue d'impro, des popotes roulantes, des jeux d\u2019échecs géants.Des monsieur madame tout le monde.Des papas, mamans, enfants, classe moyenne, riche ou pauvre, des gays, des hétéros, noirs, blancs, des sans-abri ou avec.Bref Monsieur madame tout le monde.J Auteur compositeur, acteur et réalisateur québécois, Dan Bigras a produit sept albums, joué dans diverses productions télévisuelles et a réalisé les Films Le ring intérieur (2002) et La rage de l'ange (2005).Il est porte-parole du ReFuge des jeunes depuis 22 ans.Il sera en spectacle le 23 août à Shawinigan et sera de retour au petit écran cet automne dans 30 vies.y suis heureux.Je viens souvent ici, j\u2019habite le quartier.J\u2019ai des voisins dans des logements, d\u2019autres dans la rue.On pourrait donner des cours à bien d\u2019autres quartiers partout dans le monde.Ces quartiers de bien nantis qui considèrent qu\u2019ils ont «un tout petit peu plus» droit à tout et qu\u2019ils n\u2019ont pas à tolérer la différence.On a aussi des.représentants.Théoriquement, on vote et ils nous représentent.Mais ils représentent qui en réalité?On voit partout la vraie face de tous les discours creux.Partout.Dans les journaux, à la télé et beaucoup à la commission Charbonneau.Depuis des années, on doit couper dans l\u2019aide aux personnes qui en ont besoin.Mais nous ne sommes pas pauvres, nous ne faisons que tout donner à une minorité dont l\u2019appétit n\u2019a aucune limite.Et ça crée de la douleur.Beaucoup de douleur.Depuis des années des consignes émanent d\u2019on ne sait jamais vraiment où pour.faire le ménage des sans-abri.Le ménage?Les sans-abri sont des déchets?La souffrance est sale?On ne la soigne plus on la nettoie?Même pas.On nettoie la ville de ses déchets, des êtres humains abaissés au rang de déchet pour que le mal qu\u2019on leur fait nous soit tolérable.Mais au bénéfice de qui?Il y a quelques années, je critiquais la décision du maire de l\u2019arrondissement Ville-Marie Benoit Labonté de «faire le ménage» en transformant les squares en parcs pour empêcher les sans-abri d\u2019y dormir.Résultat, ils allaient directement dormir sous les balcons des citoyens «avec abri».Les sans-abri sont des déchets?La souffrance est sale ?On ne la soigne plus, on la nettoie?~K de citoyens.Je peux le comprendre, la cohabitation est parfois difficile.Il disait aussi avoir reçu des plaintes de sans-abri.Là il se foutait carrément de la gueule de tout le monde.Des sans-abri qui trouvaient son bureau à l\u2019intérieur de l\u2019hôtel de ville pour se plaindre deux-mêmes?Je critiquais donc et il n\u2019était pas content le maire Labonté.Jusqu\u2019à ce qu\u2019il se fasse prendre la main dans le sac de bonbons bruns et doive démissionner dans la honte.Je critiquais aussi le maire Applebaum.Quand il a voulu prendre la tête de son parti à la suite de la démission du maire Tremblay, son parti lui a dit non.Furieux, M.Applebaum l\u2019a quitté en affirmant que son parti n\u2019était pas tout à fait honnête puisque lui et les autres conseillers d\u2019Union Montréal savaient depuis plusieurs années que les Montréalais payaient de 30 à 35 % trop cher pour leurs services à cause de la collusion et de la corruption.Pardon?Il le savait depuis des années mais ne le révélait que maintenant que ça servait ses intérêts politiques?Et l\u2019opposition n\u2019a rien trouvé de mieux à faire que de crier son admiration et de se rallier à ce grand chevalier blanc.J\u2019en suis resté béat de honte.Aujourd'hui, nous vivons dans la honte de la révélation de ces magouilles.Combien de Refuges, combien d'Itinéraires aurions-nous pu financer avec l'argent volé?La réalité est que nous devons souvent nous battre entre nous pour les miettes restantes.Les escrocs nous volent même notre dignité.Pour qui votera-t-on?Nous ne savons même plus qui est propre.Qui que ce soit, je voudrais qu'il soit ici aujourd'hui au square.Parc Émilie-Gamelin, pour qu'il reparte le cœur plein pour enfin s'occuper de.Monsieur madame tout Notre bon maire disait qu'il avait reçu des plaintes le monde.46 ITINERAIRE.CA | 15 juillet 201 3 ma \u2022 VOIX ma STM JOIGNEZ VOTRE VOIX et contribuez à l\u2019essor du transport collectif Partagez votre opinion en devenant membre de Ma voix ma STM et courez la chance de gagner des prix en argent.Inscrivez-vous dès aujourd\u2019hui stm.info/mavoix MOUVEMENT COLLECTIF https://www.mavoixmastm.info/R.aspx?a=32 BLANC, ROUGE OU ROSE, À 2-3, FAUT S\u2019ARRÊTER.Les recherches scientifiques sont claires : les femmes devraient limiter leur consommation d\u2019alcool à 2 verres par jour et à 10 par semaine ; les hommes à 3 verres par jour et à 15 par semaine.Et on ne boit pas tous les jours.ft kfuo^ alcool La modération a bien meilleur goût.educalcool.qc.ca/2340 "]
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