L'itinéraire, 1 janvier 2015, vendredi 1 mai 2015
[" Volume XXII, n\"09 Montréal, 1er mai 201 www.itinerair Hjttè pour le logement François Avard, Philippe Falardeau, Eve Lamont, Lise Di 24 PERSONNALITÉS SE MOBILISENT Zoo m^tiisèleSia déâïi Dossier: violence virtuelle, douleurs reëlles REFUSONS L\u2019AIISTÉRITI! Les mesures d'austérité du gouvernement Couillard ont des impacts dramatiques Ça nous concerne tous ! austerite.lacsq.org CSQ 8 LA MARCHE 5 DU REIN SI20I5 Une marche de 5 km pour appuyer les personnes atteintes d'une maladie rénale et promouvoir le don d'organes Parc La Fontaine bistro Espace La Fontaine 3933 avenue du Parc-La Fontaine Montréal Accueil à compter de 9 h Départ de la Marche à 10 h «Marchons pour la vie REiN.CA/MARCHEQUEBEC Information : 514 938-4515 (*Vn» Assurez votre visibilité et aidez à faire avancer la lutte contre l\u2019itinérance et le rejet social.U ANNONCEZ dans L'Itinéraire 514 597-0238 poste 241 publidte@itineraire.ca M Gisèle Nadleau Camelot N°: 945 | Age: 65 ans Point de vente: métro Iberville et métro Jarry Depuis bientôt quatre ans, Gisèle vit un rêve à Lfltinéraire.«J'ai toujours voulu travailler pour une bonne cause, aider les gens.Chaque fois qu'une personne achète le journal, ça vibre à l'intérieur de moi.J'accomplis quelque chose de grand», raconte-t-elle, le sourire aux lèvres.À la base, Gisèle est femme de ménage.Un métier qu'elle embrasse quand elle rencontre son mari Réal Lambert* en 1979.À l'aube de la soixantaine, le couple voit ses contrats se raréfier.La diminution de ces revenus mène Gisèle vers la rue, où elle commence à quêter malgré la désapprobation de son mari.«/'éfa/s habituée à trovoiller.C'était gênant pour moi.J'avais le cœur gros et les larmes aux yeux quand venait le temps de quêter», raconte-t-elle.Un beau jour, un «ange aux cheveux blonds» l'interpelle près de la station Papineau.C'est la rédactrice en chef de L'Itinéraire de l'époque.Celle-ci lui propose de devenir camelot.Gisèle entraîne Réal avec elle dans l'aventure et quitte définitivement la rue.Son travail à L'Itinéraire la fait grandir.«On apprend beaucoup sur le comportement des gens.Ça me fait voir les bons côtés de l'être humain.Je suis plus portée vers les autres, je suis plus ouverte», explique-t-elle.Désormais, son désir de combattre la pauvreté passe par son implication dans l'organisme.Gisèle espère maintenant pouvoir se débarrasser de ses dettes accumulées il y a une dizaine d'années.Elle affirme fièrement envisager d'atteindre son autonomie ______________ financière.et n'abandonne pas son rêve d'écrire un livre d'aventure un jour.PAR LAURENCE RICHARD PHOTO:GOPESA PAQUETTE \u2019voir édition du 15 avril 2015 NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ i Le Croupe L'Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d'économie sociale et des programmes d'insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d'itinérance, d'isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L'organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l'autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L'Itinéraire c'est aussi plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s'en sortir.Merci à tous! PARTENAIRES MAJEURS Canada Québec ü Ville-Marie Montréal @ La direction de Liltinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue, Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le Pont pas pour LiItinéraire, Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Shawn Bourdages, chef du développement social par courriel à shawn.bourdages(ô)itineraire.ca ou par téléphone au 514 597-0238 poste 222.QUEBECOR [intact] PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Gmada LKtUVn £ MIM 1*4 I s!> h ^tm DEPUIS 1*64 \\Uni f/citën i Desjardins Caisse populaire du Mont-Royal ^\"TC LUS m Oreat-West a\tC Canada-Vie LA PARFAITE ALLIANCE COMMUNAUTAIRE» Desjardins Caisse du Quartier-Latin de Montréal ISSN-l 481 -3572 de charité: 13648 4219 RR0001 li|yçüh|l|hP| Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services ddide et les maisons de chambres.) L'ITINÉRAIRE EST MEMBRE DE International Network of Street Papers ® RfiESEH Ml RIOCM RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K2H9 LE CAFÉ L'ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est TÉLÉPHONE: 514 597-0238 TÉLÉCOPIEUR: 514 597-1 544 SITE: WWW.ITINERAIRE.CA -0 FSC www.fsc.org MIXTE Papier issu de sources responsables FSC® C011825 Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée par des journalistes professionnels et une cinquantaine de personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.Convention de la poste publication NCI4091001 S, NCI d'enregia.trement 10764.Retourner toute correspondance rie pouvant être livree.au Canada, au Croupe communautaire L'Itineraire 1106, Sainte-Catherine Est, Montreal (Quebec) HCR EH9 Québécor est fière de soutenir l'action sociale de L'Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.RÉDACTION Rédacteur en chef: Claude Leclerc Chef de pupitre, Actualités: Nafi Alibert Chef de pupitre, Société: Alexandra Guellil Responsable à la production écrite des camelots: Charles-Éric Lavery InFographe: Louis-Philippe Pouliot Stagiaires à la rédaction: Laurence Richard, Julie Levasseur Collaborateurs: Martine B.Côté, lanik Mardi Adjoints à la rédaction: Christine Bardeau, Julian Ballester, Robin Bélanger, Marie Brion, Dany Chartrand, Sarah Laurendeau, Hélène Mai, Éliane Thivierge Photo de la une: Claude Leclerc Révision des épreuves: Paul Arsenault, Lucie Laporte, Michèle Deteix Directrice générale: Christine Richard ADMINISTRATION Chef des opérations et des ressources humaines: Duffay Romano Responsable de la comptabilité: Philippe Boisvert Adjointe administrative: NancyTrépannier Responsable du Financement: Gessi Vanessa Sérant ÉQUIPE DE SOUTIEN AUX CAMELOTS CheFdu Développement social: Shawn Bourdages Agent d'accueil et de Formation : Pierre Tougas Agente de soutien communautaire: Geneviève Labelle, Jean-François Morin-Roberge Agent de développement: Yvon Massicotte CONSEIL D'ADMINISTRATION Président: Philippe Allard Administrateurs: Jean-Marie Tison Guy Larivière Julien Landry-Martineau, Stephan Morency Geneviève Bois-Lapointe, Jean-Paul Lebel Pierre Saint-Amour GESTION DE L'IMPRESSION TVA ACCÈS INC.| 514848-7000 DIRECTEUR GÉNÉRAL: Robert Renaud CHEF DES COMMUNICATIONS GRAPHIÇUES: Diane Gignac COORDONNATRICE DE PRODUCTION : Edith Surprenant IMPRIMEUR: Transcontinental VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 CONSEILLÈRES: Renée Larîvîère 450-541-1294 renee.lariviere18@gmail.com Ann-Marîe Morîssette 514-404-6166 am.mori7@itineraire.ca 1ermai2015 Volume XXII, n°09 SOMMAIRE ACTUALITES ÉDITORIAL 7\tLa grande promesse par Claude Leclerc 8\tROND-POINT 10\tROND-POINT INTERNATIONAL COMPTES À RENDRE 11\tViolence du travail par lanik Mardi ACTUALITÉ 12\tLe FRAPRU occupera Montréal par Laurence Richard et Nafi Alibert DOSSIER 16 GÉNÉRATION 2.0 >\tDe la violence à l'engagement >\tMisogynie 2.0 >\tLe choix de l'amour >\tPortraits croisés SOCIÉTÉ 26 Jeunes électeurs: des voix sans écho par Nafi Alibert \t Mots de camelots 21 BENOÎT CHARTIER 24 SYLVAIN PÉPIN-GIRARD 33 CÉCILE CREVIER 33\tGAÉTAN PRINCE 34\tDANIEL GRADY 34 JEAN-PIERRE MÉNARD\tCULTURE 38 Le parcours des inégalités sociales par Alexandra Cuellil \t41\tPANORAMA 42\tCLIN D'ŒIL DU PASSÉ 43\tLIVRES HORS PISTE 29 Je suis adulte\t44 le josée fléché et j'ai encore peur\t45 détente CHRONIQUE DU MOIS 32 La violence et les médias par Tuan Trieu-Hoang INFO-RAPSIM 35 Bar ouvert pour les propriétaires par Pierre Caudreau CH E MAI N FAISANT 36 L'origine d'un blocage par Manon Fortier 37 CARREFOUR par Pierrette DANS LA TÊTE DES CAMELOTS 30 Comment peut-on mettre fin à la violence?46 À PROPOS DE.L'ENGAGEMENT MdS-LECTEURS LES CAMELOTS SONT DES 50% DU PRIX DE VENTE DU TRAVAILLEURS AUTONOMES MAGAZINE LEUR REVIENT Je tiens vraiment à vous féliciter pour votre article intitulé Adultes et autistes, les oubliés du système.Il n'y a pas beaucoup de personnes capables de faire un si bon travail: vous avez réussi à faire un reportage humain traduisant la véracité de ma situation tout en respectant mes propos.Merci pour votre respect et votre discrétion.Adriana Benjamin, maman de Fabian, un jeune adulte autiste, qui a témoigné dans notre édition du 1er avril 2015.Salut! J'ai lu l'article de Jean Leloup dans L'Itinéraire et je trouve que c'est une des entrevues les plus vraies que Jean ait données depuis longtemps.J'aurais aimé y être! Merci beaucoup! Marianne Drolet-Paré Attachée de presse de jean Leloup ÉCRIVEZ-NOUS! à COURRIER@ITINERAIRE.CA Des lettres courtes et signées, svp! La Rédaction se réserve le droit d'écourter certains commentaires. Donner, c'est encourager JOUR APRÈS JOUR les aptitudes dont Font preuve nos camelots.Vos dons nous permettent de financer entre autres notre programme d'écriture.Grâce à notre équipe de journalistes et de bénévoles, c'est plus d'une cinquantaine de personnes peuvent ainsi s'exprimer, développer leur talent et retrouver confiance en eux.«Quand j'ai découvert le magazine L'Itinéraire et la possibilité de pouvoir écrire dedans, j'ai tout de suite réalisé que l'organisme m'aiderait à refaire surface.J'adore partager mes textes et les personnes qui me lisent disent que j'ai une belle plume.Ça m'encourage et m'aide à me reconstruire une identité.Grâce à l'écriture et à mes lecteurs, j'ai le sentiment d'avoir trouvé une nouvelle famille.» -Michel Dumont Camelot à L'Itinéraire.PHOTO: G O PESA PAQUETTE AIDEZ L'ITINERAIRE: DONS ?CARTES-REPAS ?ABONNEMENT DON Je fais un don de: CARTES-REPAS2 J'offre_cartes-repas à 5 $ chacune = TOTAL DE MA CONTRIBUTION : ABONNEMENT AU MAGAZINE Je m'abonne pour une période de : O 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) O 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou N° de camelot (s'il y a lieu) : IDENTIFICATION O Mme OM.S1 Nom:________________________________ Prénom: _________________________________ Nom de l'entreprise (Don corporatif):_________________________________________ S1 Adresse: _________________________________________________________________________ çi Ville: ___________________________________________________________________________ Province: __________________________ Code postal:______________ ______________ Téléphone: (_______) ______- _________________________________________________ Courriel: ____________________________________________________________________ -$ $ MODE DE PAIEMENT O Visa, MasterCard O Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire N»de la carte: I___I__I____I_I___I__I___I___I___I___I__I___I___I___I__I___I___I Notes 1\tVous recevrez votre reçu d'impôt début janvier suivant votre don.2\tLes cartes sont distribuées par Lltinéraire, mais si vous voulez les recevoir pour les donner dans la rue, cochez ici et nous vous les enverrons avec le Guide du bénévole.Cochez ici ?Expiration______/__________ (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez ce formulaire de don et votre chèque au Groupe communautaire L'Itinéraire: 2103, Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K2H9.Pour toutes questions, contactez-nousau 514-597-0238 poste 246.Dons et abonnement disponibles en ligne au www.itineraire.ca La grande promesse Près de 40 ans après l'entrée en vigueur du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), où en sommes-nous vraiment?Avons-nous réussi, au Québec, à bonifier le sort réservé aux plus démunis?Qu'est-ce que nos gouvernements ont réellement fait pour améliorer les conditions de vie des sans-abri et des mal-logés?Malheureusement, selon l'avis de plusieurs experts et intervenants du milieu, pas grand-chose! EDITORIAL CLAUDE LECLERC | Rédacteur en chef C| est en 1966 que l'Assemblée générale des Nations Unies adopte le PIDESC, mais ce n'est que le 3 janvier 1976 que ce pacte devient officiellement en vigueur.Parmi les 31 articles bien étoffés de ce pacte, l'article 11 retient tout particulièrement notre attention.Il déclare entre autres que « les États parties au présent Pacte reconnaissent le droit de toute personne à un niveau de vie suffisant pour elle-même et sa famille, y compris une nourriture, un habillement et un logement suffisants, ainsi qu'à une amélioration constante de ses conditions d'existence».Pourtant, quatre décennies plus tard, il suffit d'un regard un tant soit peu critique sur notre société pour se rendre compte que les choses n'ont pas réellement évolué dans le sens que nous l'aurions souhaité.L'importance du logement pour le bien-être humain et la survie est un principe universellement reconnu.Ce qui n'a pas empêché le gouvernement Couillard, brandissant le spectre du déficit zéro, de sabrer 1500 logements sociaux, en les remplaçant par une aide visant essentiellement à soutenir les efforts du privé.Une preuve de plus de cette incapacité (ou volonté réelle ?) de mettre en place des programmes et des réformes viables qui amélioreraient de façon concrète le droit au logement et à la dignité.Il est grand temps d'agir.Voilà pourquoi le FRAPRU organise le Comp pour le droit au logement, au centre-ville de Montréal, à partir du 21 mai prochain.D'une durée indéterminée, ce camp réunira une centaine de personnes, mal-logées, itinérantes ou militantes, qui occuperont un terrain bien en vue du cœur de Montréal.À l'instar de la trentaine de personnalités publiques qui ont accepté de soutenir les actions du FRAPPRU, nous vous invitons à témoigner publiquement de votre appui au maintien et au développement des logements sociaux sur tout le territoire du Québec.La qualité de vie de milliers de personnes dépend de l'attention que nous porterons tous à cette cause.Manque de budget, absence de ressource! Le respect de la dignité humaine ne se traduit pas seulement par la possibilité de se loger dans un «logement adéquat».Une vie normalement saine passe aussi et, principalement, par la possibilité de combler ses besoins sociaux et de développer des relations humaines vraies et enrichissantes; un logement convenable est non seulement un droit, mais aussi un élément essentiel au développement social de tout individu.Mais avec un gros 616$ par mois, est-il vraiment possible de pouvoir VIVRE ET ÉVOLUER SOCIALEMENT au Québec?En vérité, et nous le savons tous très bien, une personne seule qui vit de l'aide sociale n'a même pas ce qu'il faut pour combler ses besoins de base.Et pourtant, la plupart de ces personnes démunies conservent leur dignité.Peut-on parler ici de résilience ou d'abandon?À preuve, ce court extrait d'une conversation entendue la semaine dernière à L'Itinéraire: Je ne suis pas millionnaire moi, comment veux-tu que je paye 261$ par mois pour mon loyer?Mais j'lâche pas! j'ai un but bien précis dans la vie: mourir pauvre! Avec un salaire de 20 000$ par année, on est considéré comme pauvre au Québec.Alors, je travaille fort pour y arriver.Une courte conversation dont je me souviendrai longtemps.¦ Dignité: Qualité attribuée aux plus démunis pour les consoler de leur pauvreté 1er mai 2015 | ITINERAIRE.CA 7 ROND-POINT PAR NAFI AUBERT, ALEXANDRA GUELLIL, LAURENCE RICHARD, JULIE LEVASSEUR Il était une Fois.Le 1er mai Tout a commencé le 1er mai 1886, quand les syndicats américains se sont mobilisés pour abaisser la journée de travail à 8 heures.Hélas la première grève générale à Chicago entraîna la pendaison de quatre leaders syndicalistes.C'est en leur honneur que le 1er mai sera déclaré Journée internationale des travailleurs.Mais, en Amérique du Nord, la fête du Travail est toutefois rapidement associée à une fête socialiste.Une autre date est choisie pour souligner cette journée : le premier lundi de septembre.Le 1er mai est tout de même commémoré au Québec depuis 1906 où la première manifestation de travailleurs s'est tenue à Montréal.Soutenu depuis les années 1970 par la Confédération des syndicats nationaux, le 1er mai est encore aujourd'hui synonyme de mobilisation dans la province.(JL) 3,5 jours dans le trafic Les habitants des banlieues montréalaises ont perdu en moyenne 84 heures dans les bouchons de circulation l'an dernier, révèle le dernier Indice de congestion routière récemment publié par la société TomTom.La métropole se classe ainsi au quatrième rang des villes canadiennes les plus congestionnées, derrière Ottawa, Toronto et Vancouver qui arrive en tête de ce palmarès.(JL) source: Indice de congestion routière TomTom LE NOMBRE 10,55$ C'est le nouveau salaire minimum au Québec.Soit une augmentation de 0,20$ effective depuis le 1er mai 2015.(AG) Bientôt, l'avenir Comment vivra-t-on en 2050?La réponse se cache peut-être dans la nouvelle capsule temporelle récemment scellée, qui est préservée dans l'ancien projecteur d'étoiles du Planétarium Rio Tinto Alcan.25 visions de l'avenir écrites par des élèves de 6e année pour les enfants de demain y seront méticuleusement conservées pendant les 35 prochaines années.jusqu'à l'ouverture de la capsule en 2050.Alors patience! (LR) 8 êPmON SPÉCiALB: poue soerie oe sa bulls.' L'univers de la bande dessinée s'immisce dans les pages de L'Itinéraire pour vous offrir un numéro spécial sur l'homophobie et la transphobie.Ne manquez pas de vous procurer un exemplaire de votre magazine préféré auprès de votre camelot dès le 15 mai 2015.CREDIT: ESPACE POUR LA VIE ITINERAIRE.CA | 1er mai 2015 ^questionsà « _ Swan Nguyen À l'occasion de la sortie de son dernier ouvrage, Du prince charmant à l'homme violent, l'auteure Swan Nguyen a accepté de répondre aux questions de L'itinéraire.PAR NAFI AUBERT 1 Du prince charmant à l'homme violent Swan Nguyen, Editions L'esprit du temps.Qu'appelle-t-on le cycle de la violence conjugale?C'est un mécanisme destructeur qui commence par des violences psychologiques ayant pour but de retirer à la victime sa confiance en elle.Puis arrivent les violences verbales, insultes et humiliations, pour instaurer un climat de peur.Pour finir, et cela peut se produire au bout de plusieurs années, commencent les violences physiques.Dès que cela s'est produit une fois, le cycle recommencera depuis le début et sera avec le temps, de plus en plus rapide.Un homme qui a frappé sa compagne recommencera, même s'il a eu l'air très sincère quand il a promis de ne jamais recommencer.Qu'est-ce qui transforme le prince charmant en homme violent?Rien.Le prince charmant ne se transforme pas en homme violent.Mais l'homme violent se déguise en prince charmant.Une fois que l'homme violent a retiré son déguisement, il ne le remettra plus.Souvent, il s'écoulera de nombreuses années avant que la victime n'ouvre les yeux sur cette effroyable vérité: l'homme gentil et aimant qu'elle avait choisi n'existe en fait pas.Pourquoi les victimes ne dénoncent-elles pas leurs agresseurs, ou restent avec eux?Parce qu'il y a emprise.Une victime sous emprise est une victime prisonnière.Ce n'est pas de l'amour, mais cela y ressemble tellement que la victime tombe dans le piège.Car c'est bien d'un piège qu'il s'agit, et il mène à la cage qu'est devenu le domicile conjugal.De plus, les hommes violents se dirigent volontiers vers des femmes qui ont déjà été victimes de violences et sont d'avance affaiblies d'une certaine manière, voire en dépression.Si une femme a été maltraitée, il est fort probable qu'elle se sente totalement dévalorisée et pense qu'aucun autre homme ne voudra jamais d'elle.Alors elle reste.Entrent aussi en jeux la situation financière, l'absence d'un entourage aidant, la crainte de ne pas prendre la meilleure décision pour les enfants, et la peur de porter plainte.Comment accompagner une victime de violence conjugale?Avec patience, en faisant avec elle et non pour elle.En respectant ses choix même s'ils semblent illogiques et en la laissant aller à son rythme.En lui faisant comprendre qu'on lui apporte de l'aide sans la juger et du réconfort sans la mépriser.Le mode de rupture le plus fréquent est la rupture par étape: la victime rompt puis retourne chez l'agresseur plusieurs fois de suite.Pour l'entourage, c'est incompréhensible.Pour la victime c'est épuisant.Mais c'est une façon de se tester et de tester le compagnon violent, d'essayer de sauver son couple malgré tout, c'est avancer à petits pas avant de faire le pas de géant que sera la rupture définitive.De toute façon, plus les ruptures se répètent, plus la rupture qui sera la bonne se rapproche.Aider une victime de violence conjugale est vraiment plus aisé quand on sait ce qui se joue et qu'on connaît les directions à prendre.J'ai écrit ce livre dans ce but.1er mai 2015 | ITINERAIRE.CA 9 CRÉDIT PHOTO: REUTERS/NACHO DOCE\tCRÉDIT PHOTO: REUTERS/ERIC GAILLARD ROND-POINT INTERNATIONAL 1 à E ROPE | Abolir les préjugés L'ONU souhaite éliminer toute forme de préjugés contre les Roms, une communauté qui continue d'être la cible d'un acharnement médiatique sensationnaliste et négatif.Rita Izsâk, la rapporteuse spéciale sur les questions relatives aux minorités aux Nations Unies affirme « qu'il est temps de cesser les discours qui font la promotion du racisme, de la discrimination et de la haine envers les peuples roms».Le 8 avril dernier, à l'occasion de la Journée internationale des Roms, elle a interpellé les dirigeants politiques pour qu'ils prennent des actions concrètes contre ces préjugés.Selon Amnistie Internationale, 12 millions de Roms vivent tous les jours sous les menaces d'éviction, de harcèlement policier et de violence, en particulier dans des pays comme la France, la Grèce et la République tchèque.(IPS) A RIQUE | Le tabou du condom Des restrictions visant la distribution de préservatifs dans les prisons et les écoles nuisent aux efforts pour faire reculer le VIH/sida en Afrique.Dans plusieurs pays, les mesures préventives sont bloquées sous prétexte qu'elles encouragent l'homosexualité auprès des prisonniers et l'immoralité sexuelle chez les jeunes encore mineurs.Les dé- ¦\ti fenseurs des droits de ._ l'Homme déplorent quel des groupes d'individus à I risque soient ainsi laissés I de côté.L'Afrique du Sud I et la Namibie sont les seuls I pays africains à étendre la prévention aux milieux scolaire et carcéral.Deux exceptions sur le continent, où le sida continu de faire des ravages: dans un pays comme le Zimbabwe, près d'un prisonnier sur trois serait porteur du VIH.(IPS) PALESTINE | Le graffiti de la discorde Le jour où Rabea Darduna, un père de famille gazaouie accepte de vendre sa porte d'entrée, il pense faire une bonne affaire.Il troque donc le dernier vestige de sa maison récemment bombardée contre 700 shekels, soit 175 $, à Bêlai Khaled, un artiste et journaliste local.Mais cette porte avait déjà attiré l'attention d'un mystérieux étranger quelques semaines auparavant, un personnage énigmatique connu sous le pseudonyme de.Banksy.Armé de ses bombes à lui, ce célèbre artiste britannique qui griffe les lieux publics de la planète de ses pochoirs engagés avait laissé sa marque sur ladite porte, en y peignant une déesse accablée par la tristesse.Quand M.Darduna réalise que les œuvres de Banksy se sont déjà arrachées à plus d'un million de dollars dans les ventes privées, il comprend, trop tard, que ce n'est pas une simple porte métallique qu'on lui a achetée, mais une œuvre d'art! (REUTERS) INDONÉSIE | La drogue tue Six personnes accusées de trafic de drogues ont été tuées par peloton d'exécution depuis l'arrivée au pouvoir du président Joko «Jokowi» Widodo en octobre dernier.Condamnés pour le même crime, près de 138 autres prisonniers, dont le tiers est étranger, attendent actuellement dans les couloirs de la mort des prisons indonésiennes.L'ONU a vivement dénoncé la politique de tolérance zéro du président Widodo, rappelant que ces exécutions ne limiteront pas l'ampleur des ravages causés par les drogues dans ce pays.Selon l'Organisation, il y aurait plus de 110 000 consommateurs d'héroïne et 1,2 million d'utilisateurs de crystal meth en Indonésie.(IPS) Lltinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau International des Journaux de Rue - INSP).Le réseau apporte son soutien à plus de 120 journaux de rue dans 40 pays sur six continents.Plus de 200 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org.International Network of Street Papers 10 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2015 CRÉDIT PHOTO: SANDRASIAGIAN/IPS\tCRÉDIT: REUTERS/IBRAHEEM ABU MUSTAFA Violence du travail Les luttes ayant permis l'amélioration des conditions de travail ont été marquées dans l'histoire par des conflits très violents.Grèves matées par les forces de l'ordre et manifestations brutalement réprimées jalonnent cette histoire.Et si on s'interrogeait un peu sur la violence encore présente au cœur même du travail quotidien.(COMPTES A RENDRE IANIKMARCILI Économiste indépendant Il existe bien sûr des violences explicites.Le harcèlement sexuel, le sexisme, le racisme ou l'intimidation entre collègues sont encore monnaie courante, malheureusement.Mais il y a une face cachée à la violence au travail.À tout le moins, des comportements et des relations qui ne nous semblent pas à priori constituer des formes de violences, mais qui en sont en bout de piste.Pensez à ce dicton usé à la corde selon lequel « le client est roi».À priori, cet impératif imposé aux travailleuses et travailleurs peut paraître légitime.L'entreprise ne peut prospérer que si elle sert adéquatement ses clients.Ses employés conserveront leur emploi et bénéficieront de bonnes conditions s'ils contribuent au succès de l'entreprise.Conséquemment, bien le servir assurera à la fois la prospérité de l'entreprise et celle de ses employés.Dans la réalité, ça n'est pas toujours, voire rarement, le cas.Parce que le client, se croyant investi d'un pouvoir royal, agit en goujat.Le garçon de restaurant ou la vendeuse du magasin d'électronique encaissent l'impatience des clients, leurs récriminations non fondées ou leurs plaintes loufoques sans broncher, de peur de représailles du patron.Car le client est roi.Hiérarchie masquée Il en est de même dans les relations entre patrons et employés.Si le modèle de la secrétaire en jupette contrainte d'apporter avec le sourire le café du matin à son supérieur tend à disparaître, il n'a néanmoins pas fait disparaître les relations de sujétion dans nos milieux de travail.Le stress occasionné par les demandes de la direction cherchant à obtenir des employés une performance de plus en plus grande est croissant, comme on le sait, face à la concurrence sauvage que se livrent les entreprises.Ces demandes s'appuient inévitablement sur des relations de pouvoir et des comportements asservi ssants.C'est que la structure de l'organisation du travail de nos entreprises n'a guère changé depuis plus d'un siècle.En apparence, les relations de travail se sont adoucies.En apparence seulement.Derrière les formations visant à motiver les employés ou les sessions de team building, on masque la structure toujours profondément hiérarchique de l'organisation du pouvoir dans les milieux de travail.Du client roi au roi patron, la vie au travail demeure violente, malgré son vernis de civilisation.C'est justement de ce vernis qu'il faut se méfier.Les luttes historiques des travailleuses et des travailleurs visant à les libérer du joug de leurs patrons n'ont pas été vaines.En revanche, il ne faudrait pas oublier qu'elles ne nous ont pas libérés de toutes les petites violences quotidiennes du travail.¦ Nul besoin d'être enchaîné dans une usine lugubre pour connaître ces multiples formes de violence 1er mai 2015 | ITINERAIRE.CA 7 7 ACTUALITÉ 12 CA | 1er mai 2015 Les deux tiers des 270340 ménages en besoin urgent de logement au Québec vivent à Montréal Le FRAPRU occupera Montréal Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) occupera le centre-ville de Montréal pour une durée indéterminée à partir du 21 mai.L'objectif : faire valoir le droit au logement des Québécois en ces temps d'austérité.PAR LAURENCE RICHARD Le 21 mai sonnera le début d'un long combat pour les sans-abri, les mal-logés, les militants et les citoyens sympathiques à la cause.À la façon du mouvement Occupons Montréal, le FRAPRU s'installera en plein cœur de la métropole -le lieu demeurant toujours secret- tant que ses préoccupations ne seront pas écoutées.Selon le coordonnateur de l'organisme, François Saillant, les graves problèmes de logements et d'itinérance sont encore banalisés.Celui-ci qualifie d'ailleurs «d'éternel recommencement» la sensibilisation populaire pour la cause.Faire monter la pression Avec cette opération, l'organisme cherche avant tout se faire voir et entendre.24 personnalités publiques ont déjà manifesté leur soutien au Camp en signant une déclaration d'appui.«En plus d'attirer les regards vers l'événement, elles permettront de faciliter les discussions avec les autorités municipales pour que tout se déroule correctement», explique M.Saillant, qui rappelle que le FRAPRU ne demandera pas l'autorisation de la Ville de Montréal pour s'installer.Le Camp pour le droit au logement se prolongera indéfiniment, une première pour le FRAPRU.Il se veut un moyen d'augmenter la pression sur les deux paliers de gouvernement concernant les préoccupations de l'organisme.«On veut que le prochain budget provincial réponde à nos demandes, et que les partis fédéraux prennent des engagements électoraux en matière d'habitation, commente François Saillant.On voit arriver la fin des subventions aux logements sociaux existants.C'est extrêmement préoccupant.Il y a des coopératives, des organismes sans but lucratif et des habitations à loyer modique (HLM) qui reçoivent ces subventions depuis des décennies».Ces coupures menacent donc l'accessibilité financière à un important nombre de logements, qui ne seront plus aussi abordables qu'ils l'étaient par le passé.À terme, 565 000 logements sociaux pourraient être touchés à l'échelle canadienne, dont plus de 125 0 00 dans la province.La peur du privé Au Québec, le dernier budget Leitao a récemment amputé de moitié les subventions versées par le programme provincial Accès-Logis, qui finance et met en place des HLM.On réduit ainsi de 3 000 à1500 le nombre de logements sociaux financés annuellement grâce aux fonds publics.Or, près de 500 d'entre eux étaient dédiés aux personnes itinérantes.Pour combler le vide créé par ces coupes, le gouvernement a annoncé un financement sur cinq ans en suppléments aux loyers.Ces allocations aident les gens à faible revenu à pouvoir accéder aux locations du parc immobilier privé et se résume à une «privatisation du logement social» lourdement dénoncée par François Saillant.«Cette solution crée des problèmes : elle n'engendre pas de nouveaux logements, n'améliore pas la qualité des lieux, et n'aide pas non plus les quartiers dévalorisés», explique-t-il.Sans les interventions massives d'Accès-Logis, le manque de logements sociaux se fera toujours sentir à Montréal, selon l'intervenant.Celui-ci indique en outre que le taux d'inoccupation frise le 0% dans plusieurs arrondissements de la métropole.¦ CRÉDIT: ANDRÉ QUERR' CREDIT: CLAUDE LECLERC François Avard y sera François Avard soutient le FRAPRU depuis plusieurs années.C'est sans hésitation qu'il s'est rallié une fois de plus à la cause défendue par l'organisme.Le coscénariste de la série Les beaux malaises a répondu à nos questions le temps d'une halte à L'Itinéraire.PAR NAFI AUBERT L'Itinéraire: Qu'est-ce qui vous a poussé à soutenir le Camp?François Avard : En 2008, j'avais appuyé une initiative similaire du FRAPRU à Québec.Mais tout remonte à plus loin que ça, au moment où je n'avais pas de travail, où je n'avais pas une cenne et que je n'étais pas loin de vivre dans la misère.Maintenant que je suis plus privilégié, je trouve que c'est important de redonner à ceux qui n'ont toujours rien.Qu'est-ce qui vous interpelle le plus dans cette cause?Je trouve ça terrible qu'en 2015, on ne puisse pas se loger convenablement.Moins t'as d'argent, moins t'as de choix, fait que tu prends ce qu'il y a et le plus souvent ce sont des logements de misère.C'est pour cela que les logements sociaux sont indispensables.3000 logements par année, ça ne suffisait pas.De voir qu'ils les coupent de moitié, c'est complètement décourageant.Pensez-vous que le Camp va faire changer les choses?Le pire ce serait de perdre espoir que ça puisse changer.Dès le moment où il n'y aura plus de mobilisation, ce sera le découragement ultime.Après ça il n'y a plus rien, tu te fais manger tout rond et tu meurs dans la rue.Un camp comme celui qui va s'instaurer dans le centre-ville de Montréal va shaker les gens, va permettre de leur parler de la situation.De la faire connaître au maire Coderre parce que je trouve qu'il aime bien courir ces temps-ci.mais il fait pas mal du sur place.Alors ce serait bien qu'il avance un peu lui aussi.Avez-vous prévu d'autres actions?J'envisage d'aller faire régulièrement mon tour au Camp à partir du 21 mai.On prévoit de faire une marche pour s'y rendre, dont l'itinéraire ne sera pas révélé.Si on pouvait nous donner l'itinéraire pour sortir du trou, peut-être qu'on accepterait de donner le nôtre pour les manifestations.Vous portez le carré rouge, est-ce que vous ne l'aviez jamais enlevé?Non je l'ai remis, parce que j'appuie complètement aussi les étudiants.Ça me choque beaucoup quand j'entends des commentateurs dire que les jeunes manifestent sans savoir pourquoi ils le font.Moi, j'ai envie de leur répondre que c'est peut-être parce qu'il y a trop de raisons de manifester et qu'on ne sait même plus trop pourquoi on manifeste tellement les choix ne manquent pas.Les étudiants manifestaient en 2012 pour qu'on n'augmente pas leurs frais de scolarité.Aujourd'hui ils manifestent pour qu'on ne coupe pas dans les universités.Pour moi c'est la même chose.Heureusement les jeunes ne sont pas dupes! Je trouve ça magnifique de continuer à s'indigner alors qu'on croirait qu'ils ont tout.Mais non, non, non, ils n'ont pas encore assez.¦ Il y a des gens qui consacrent la moitié de leur argent à payer leur logement, l'autre moitié à se chauffer dans nos hivers terribles, ça ne laisse plus beaucoup de moitié pour vivre ACTUALITÉ Anarchopanda, panda géant anarchopacifiste J'ai des convictions qui me pousseraient à penser qu'une société sert à se soutenir mutuellement.Une des manières les plus importantes de le faire, c'est de mettre tout ce qu'on peut en branle pour s'assurer que les gens aient accès à leurs besoins de base.Si l'État ne s'occupe pas de la question de logement ou pas assez, les gens sont suffisamment autonomes pour pallier à ces déficiences en organisant un camp sur la place publique.Eux aussi, Us se mobilisent.Ils sont acteurs, humoristes, chanteurs ou penseurs.Ensemble, ils utilisent leur notoriété au profit de la bonne cause en apportant leur appui au Camp pour le droit au logement.PROPOS RECUEILLIS PAR NAFI AUBERT Lise Dion, humoriste Je soutiens le FRAPRU parce que je sais que de grands changements peuvent survenir dans une vie.Tu as beau vouloir te battre, mais il y a des moments où les malchances s'enchaînent et tu te retrouves devant rien.Je trouve parfois le jugement des autres rapide, alors qu'on ne connaît pas nécessairement l'histoire des gens qui ont besoin de notre aide! Hugo Latulippe, cinéaste Au nom d'une idéologie économique qui tient plus de la gestion lourde d'une multinationale carnassière que de celle d'un État moderne, le gouvernement actuel sape les fondements de ce qui fait du Québec l'un des bastions mondial du «fouen vivir».De ce qui fait du Québec notre fierté; une société équitable, écologique, inclusive.Dans ce jeu funeste, les plus fragiles tombent toujours les premiers.Je crois que c'est notre devoir de Québécois de poursuivre ce projet de société obstinément humain qui a fait notre renommée.Christian Nadeau, philosophe L'accès au logement est le test par excellence d'une société qui aspire à l'égalité démocratique.Il n'y a pas d'équité possible dans un contexte d'exclusion.Il y a plusieurs manières de nier l'existence d'une personne: l'une d'entre elles, la pire peut-être, est de lui refuser une place où elle peut vivre.Refusons de nous faire les complices passifs d'un gouvernement qui méprise les plus démunis.Le camp du FRAPRU sera une action concrète pour revendiquer ce qui ne relève ni de la charité ni des bons sentiments, mais de la justice.Philippe Falardeau, cinéaste Pour moi le logement est quelque chose d'acquis.Mais, en tant que cinéaste, quand je traite un sujet, j'essaie de me mettre dans la peau de ceux que je ne connais pas.C'est important de se mettre à la place de ceux qui ne vivent pas la même vie que nous.Aussi, j'aimerais qu'on sorte du discours gouvernemental de produire de la richesse pour entrer dans un discours de partage de cette richesse.J'aurais beaucoup plus de respect pour un gouvernement qui décide de faire du ménage dans les dépenses publiques s'il avait au moins la décence de ne pas toucher à certaines priorités, comme l'accès au logement.14 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2015 O X r Webster, artiste hip-hop Je ne suis pas un grand militant de l'accès au logement, mais pour moi c'est important en tant que citoyen de soutenir cette cause parce que je sais que le logement est un problème crucial qui est lié à différents enjeux: l'itinérance, la criminalité et l'immigration aussi.Chez moi à Québec, je vois beaucoup de familles qui se font refuser des logements juste parce qu'elles sont immigrantes.J'espère que ça pourra interpeller les différents paliers gouvernementaux pour qu'ils arrêtent de négliger cette cause.Ève Lamont, réalisatrice Je documente la situation des sans-abri et des mal-logés depuis 25 ans.C'est un sujet qui me tient à cœur pour avoir longtemps été moi aussi locataire et mal logée.Depuis la première crise du logement à Montréal en 2001, rien n'a changé.Ce qu'on a vu c'est juste une hausse vertigineuse des loyers.Mais il n'y a pas que les mesures d'austérité de Couillard que je trouve atroces! Il y a aussi la fin du financement des coopératives par le Fédéral.Ma mère vit dans une coopérative.C'est une personne âgée.Elle paie 25% de son revenu en loyer parce qu'elle est pauvre.C'est un milieu de vie communautaire, où il y a de l'entraide, qui rend les gens plus en santé mentalement et moralement.Alors moi je suis directement touchée, comme des milliers d'autres personnes au pays.Déjà qu'il n'y a pas assez de logement, on va pénaliser les plus pauvres dans les logements sociaux.Je suis très en colère! Sylvie Legault, actrice Je me suis présentée pour le parti Québécois dans Mercier.Un des problèmes qu'il y a dans cette circonscription, c'est le manque de logements.Pendant la campagne électorale, j'ai eu l'occasion de faire du porte-à-porte et le besoin de logements sociaux est criant! Il y a tellement de logements insalubres! Ça fait honte! Comme les libéraux qui sont actuellement au pouvoir, les propriétaires privés cherchent à se mettre plein d'argent dans les poches.Ce n'est pas un signe d'intelligence.Il faudrait que les membres du gouvernement aillent passer une nuit là-dedans pour se rendre compte que ça ne se fait pas de laisser des gens vivre dans ces conditions-là.Gilles Renaud, acteur Le Camp du FRAPRU, c'est une manifestation que tout le monde devrait appuyer car un logement, c'est comme l'air qu'on respire, c'est indispensable.Or, on sacrifie les HLM pour construire des condos, des maisons pour les gens bien nantis.Malgré les promesses dans les campagnes électorales municipale, provinciale et fédérale, beaucoup de familles sont encore obligées de vivre dans des taudis.C'est épouvantable ces gros édifices que l'on voit à Ville Saint-Laurent, remplis de gens qui viennent d'arriver au pays et qu'on tasse dans ces endroits infestées de coquerelles, avec des trous dans les murs et où la plomberie ne fonctionne même pas.C'est effrayant et inadmissible qu'on puisse vivre comme cela encore au Québec! Bernard Émond, cinéaste La situation du logement est terrible à Montréal.La mixité sociale est en train de disparaitre dans des quartiers comme Le Plateau qui était pourtant un quartier ouvrier.Il est en train de se passer ce qui est arrivé dans les pays européens où les centres villes se sont vidés des ouvriers et des artisans pour laisser la place à la moyenne et à la haute bourgeoisie.1er mai 2015 | ITINERAIRE.CA 15 DOSSIER O r n .u 16 DE LA VIOLENCE À LENGAGEMENT CELLULAIRES, ORDINATEURS, TABLETTES.DE NOMBREUX OUTILS EXISTENT POUR FAVORISER LES ÉCHANGES SUR LE WEB.UTILISÉS POUR S'INFORMER OU SE DIVERTIR, LES RÉSEAUX SOCIAUX FONT DE PLUS EN PLUS PARTIE DE NOTRE QUOTIDIEN.DERRIÈRE UN ÉCRAN, NOTRE RÉPUTATION EN LIGNE DEVIENT UNE PRIORITÉ.DANS LA COURSE AUX L/KES, TOUT EST BON POUR MARQUER SON OPPOSITION OU SON SOUTIEN À DIFFÉRENTES CAUSES.CETTE NOUVELLE FAÇON DE PRENDRE LA PAROLE ENCOURAGE PARFOIS LES COMMENTAIRES IRRESPECTUEUX, VOIRE HAINEUX ALLANT JUSQU'À LA CYBERINTIMIDATION.ITINERAIRE.CA | 1er mai 2015 1 itinerairI DOSSIER MISOGYNIE 2.0 Contenus violents ou haineux en ligne Insultes et menaces sont le quotidien de plusieurs femmes actives sur les réseaux sociaux, blogues et autres plateformes numériques.Lassées de cette violence gratuite, plusieurs d'entre elles ont signé un texte collectif visant à interpeller le public sur le harcèlement et la violence sur Internet faits à l'encontre des femmes.Rencontre avec trois des signataires.PAR ALEXANDRA GUELLIL Derrière leurs écrans d'ordinateurs et de cellulaires, Ericka Alnéus, Caroline Roy-Blais et Kharoll-Ann Souffrant sont consternées par la banalisation des propos violents envers les femmes.Dans leurs vies professionnelle et personnelle, elles tombent souvent sur des commentaires haineux en ligne.Sans être clairement étiquetés antiféministes, certains propos sont destinés aux femmes qui s'assument ou qui s'expriment sur un sujet de société.«Avant d'écrire sur Internet, il faudrait que certaines personnes se demandent si elles auraient écrit les mêmes propos si ce commentaire s'adressait à leurs mères, sœurs ou filles», estime Ericka.Caroline Roy-Blais est elle aussi impressionnée par le manque de classe de certains propos.Modératrice pour le site jesuisfeministe.com, elle revient sur la nétiquette1 en vigueur pour chaque commentaire écrit sur le blogue.«Ce sont des principes de base comme éviter les insultes ou encore les vulgarités.Mais même cela, c'est apparemment compliqué à respecter», commente-t-elle.Dans le but de montrer ce manque de respect, elle a mis en place un concours nommé Trollitudes où elle répertorie l'ensemble des perles envoyées par certains internautes.«Le but de ce concours est de prouver que cette forme de violence en ligne existe», insiste-t-elle.«On se targue de vivre dans une société ouverte et évoluée, mais lire de telles choses démontre que le sexisme, le racisme ou même l'homophobie sont encore bien présents», complète Ericka Alnéus.Des propos banalisés Kharoll-Ann Souffrant revient de son côté sur la façon dont les internautes ont commenté les accusations de crimes sexuels de Bill Cosby, Jian Ghomeshi ou encore Gab Roy.Sans porter de jugement sur les trois affaires, la jeune femme se souvient du nombre d'hashtags (mots-clés) qui ont été créés dans la foulée incriminant uniquement les femmes qui avaient porté plainte.«Cela ne donne plus envie de s'exprimer sur ces sujets, avoue-t-elle.C'est une forme d'intimidation puisque l'on se retrouve à avoir peur des représailles écrites.» \u2019/.a nétiquette est un ensemble de règles de politesse qui définit la conduite à adopter sur Internet.18 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2015 Ce que dit la loi.~^s I -if ISü existe dans le Code criminel canadien, des dispositions particulières concernant les discours haineux repo- j sexuelk l'apnart 'T à rorigine ethniclue\u2019 Orientation sexuehe, 1 appartenance religieuse ou encore la couleur de la S e\u201cCUne \"°tl0n n'est faite concernant le genre Ainsi le S X\" Un?femme °U Un h0mme Pas reconnu comme 3\t0tll SL\"' lecluel Pomraient se fonder des propos haineux.?O\t
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.