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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
vendredi 15 mai 2015
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2015, Collections de BAnQ.

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[" N # i Volume XXII, n\"10 Montréal, 15 mai 2015 www.itineraire.ca HOMOPHOBlEjTRANSPHOBIE jça VOUS dérangé?nAcntn.r* ___l_\u2022_m #»\u2022_ DOSSIER: Sexe opDOsé, sexe imposé?ZOOM: Siou Hwlèi m .r7\u2019 -jtfïT ¦ -*\u2019f.- L - - y :7Ï=-\" - - ALLIANCE' DES PROFESSEURES ET PROFESSEURS MONTREAL CoopTel Internet haute vitesse illimité à partir de 1995$ Essayer aussi notre internet « fibre urbaine » Depuis plus de 70 ans en coopération avec vous CoopTel 4545 St-Denis, métro Mont-Royal 1 -888-532-COOP Certaines restrictions s'appliquent, là où la technologie le permet ri î r\"T pôURtUFZ-VûÜ S VOUS EH ÔCÛUF ¦ : v.¦¦ !¦\tl'Dl .Il.n.\t?IHf»\" : .m nia mmli u rotwnn i>«s rotj H.tf: J.MR £T LUI E-rrvih ¦j1hC LC.i.W.hi Ui; fijuiih oïs.ttHNt»iifflwiftsir sirmn l'ehmoma LUI hE-J'LCiUU K JE ht.i.MSEt iüü^l.rvL.HI.\"'Ail il Kfll RE IWLIU ni- v JJ1 \" L KHl r MAE Dr.WOgK Fk-^rCl:ï| l- M.Q FtS, A ! ?L t ¦ *( 0 L' J k LL fAIRE Mai'ihi ¦ Père JL-H Ml- i-t coa T]1J \u201c¦\tI IE n|l\\ I\" '¦\t¦¦ ILl .11 - Il 111 II mois espere Siou L art, c'est vital, c'est mon essence même.» Depuis le fond de rang en Abitibi où il a grandi jusqu'à la métropole montréalaise, en passant par Québec, Vancouver et Ottawa, Siou a toujours eu un côté artistique très développé.C'est sa passion pour le dessin qui l'aide à apaiser ses journées perturbées par les troubles de déficit de l'attention et d'anxiété généralisée avec lesquels il doit vivre.Curieux et touche-à-tout, Siou a entamé des études universitaires en arts plastiques, mais ne les a jamais terminées, à son grand regret.«C'est comme si ma personnalité imaginative était écrasée par mon trouble anxieux.Je ne mène jamais rien à bout.» L'Itinéraire vient changer la donne en décembre 2014 lorsque Siou, incapable de payer ses factures, se présente à la porte de l'organisme avec espoir.Dès qu'il en parle, ses yeux s'illuminent.«Les gens ici ont beaucoup d'ouverture et de compréhension.Ils me donnent l'occasion de me reconstruire.» Siou retrouve alors l'opportunité de s'exprimer librement : deux de ses textes sont publiés en quelques à peine, ce qui lui procure une grande fierté.Après le dessin et l'écriture, Siou aimerait maintenant se lancer dans la composition musicale.«Ce que surtout, c'est d'arriver par moi-même à l'aboutissement d'un projet artistique.C'est juste pour ma satisfaction personnelle, je veux simplement compléter un projet du début à la fin pour la première fois.» PAR JULIE LEVASSEUR ILLUSTRATION: AUTOPORTRAIT DE SIOU 15 mai 2015 | ITINERAIRE.CA 3 L'angoisse de Siou lui a souvent nui dans les différentes jobbines qu'il a occupées.Incapable de créer pendant de longues années, l'artiste dans l'âme s'est souvent retrouvé incompris en raison de ses crises de panique.Camelot N°: 1341 Point de vente: Métro Guy-Concordia et angle _____________Mont-Royal/Chambord______ NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ i Le Croupe L'Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d'économie sociale et des programmes d'insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d'itinérance, d'isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L'organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l'autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L'Itinéraire c'est aussi plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s'en sortir.Merci à tous! PARTENAIRES MAJEURS Canada Québec ü Ville-Marie Montréal @ La direction de Liltinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue, Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le Pont pas pour LiItinéraire, Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Shawn Bourdages, chef du développement social par courriel à shawn.bourdages(ô)itineraire.ca ou par téléphone au 514 597-0238 poste 222.QUEBECOR [intact] PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Gmada LKtUVn £ MIM 1*4 I s!> h ^tm DEPUIS 1*64 \\Uni f/citën i Desjardins Caisse populaire du Mont-Royal ^\"TC LUS m Oreat-West a\tC Canada-Vie LA PARFAITE ALLIANCE COMMUNAUTAIRE» Desjardins Caisse du Quartier-Latin de Montréal ISSN-l 481 -3572 de charité: 13648 4219 RR0001 li|yçüh|l|hP| Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services ddide et les maisons de chambres.) L'ITINÉRAIRE EST MEMBRE DE International Network of Street Papers ma RfiESEH Ml RIOCM RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K2H9 LE CAFÉ L'ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est TÉLÉPHONE: 514 597-0238 TÉLÉCOPIEUR: 514 597-1 544 SITE: WWW.ITINERAIRE.CA -0 FSC www.fsc.org MIXTE Papier issu de sources responsables FSC® C011825 Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée par des journalistes professionnels et une cinquantaine de personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.Convention de la poste publication NCI4091001 S, NCI d'enregia.trement 10764.Retourner toute correspondance rie pouvant être livree.au Canada, au Croupe communautaire L'Itineraire 1106, Sainte-Catherine Est, Montreal (Quebec) HCR EH9 Québécor est fière de soutenir l'action sociale de L'Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.RÉDACTION Rédactrice en chef:Josée Panet-Raymond Chef de pupitre, Actualités: Nafi Alibert Chef de pupitre, Société: Alexandra Guellil Responsable à la production écrite des camelots: Charles-Éric Lavery InFographes: Louis-Philippe Pouliot et Christiane Stagiaires à la rédaction: Laurence Richard, Julie Levasseur Collaborateurs: Martine B.Côté, lanik Mardi Adjoints à la rédaction: Christine Bardeau, Julian Ballester, Robin Bélanger, Marie Brion, Dany Chartrand, Sarah Laurendeau, Hélène Mai, Éliane Thivierge Photo de la Une: Jacques Nadeau Révision des épreuves: Paul Arsenault, Lucie Laporte, Michèle Deteix Directrice générale: Christine Richard ADMINISTRATION Chef des opérations et des ressources humaines: Duffay Romano Responsable de la comptabilité: Philippe Boisvert Adjointe administrative: NancyTrépannier Responsable du Financement: Gessi Vanessa Sérant ÉQUIPE DE SOUTIEN AUX CAMELOTS CheFdu Développement social: Shawn Bourdages Agent d'accueil et de Formation : Pierre Tougas Agents de soutien communautaire: Geneviève Labelle, Jean-François Morin-Roberge Agent de développement: Yvon Massicotte CONSEIL D'ADMINISTRATION Président: Philippe Allard Administrateurs: Jean-Marie Tison Guy Larivière Julien Landry-Martineau, Stephan Morency Geneviève Bois-Lapointe, Jean-Paul Lebel Pierre Saint-Amour GESTION DE L'IMPRESSION TVA ACCÈS INC.| 514848-7000 DIRECTEUR GÉNÉRAL: Robert Renaud CHEF DES COMMUNICATIONS GRAPHIÇUES: Diane Gignac COORDONNATRICE DE PRODUCTION : Edith Surprenant IMPRIMEUR: Transcontinental VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 CONSEILLÈRES: Renée Larîvîère 450-541-1294 renee.lariviere18@gmail.com Ann-Marîe Morîssette 514-404-6166 am.mori7@itineraire.ca 15 mai 2015 Volume XXII, n° 10 SOMMAIRE \t\t ÉDITORIAL 7 Quand l'autre dérange\tMots de camelots 17 JEAN-GUY DESLAURIERS\tCULTURE 38 Le 9e art réunit par Christine Richard 8 ROND-POINT 10 ROND-POINT INTERNATIONAL\t27 JACQUES ÉLYSÉ 33 MICHEL DUMONT 33 GISÈLE NADEAU 33 RICHARD T.\tles deux solitudes par Laurence Richard 40 PANORAMA COMPTES À RENDRE\t34 CINDY TREMBLAY 34 NORMAN RICKERT\t41 BANDES DESSINÉES 43 CLIN D'ŒIL DU PASSÉ 11 La peur de soi par lanik Mardi SOCIÉTÉ\tHORS PISTE 29 Merci à Réjean et Stéphane\t44\tLE JOSÉE FLÉCHÉ 45\tDÉTENTE 12 L'homophobie au cœur du Village par Julie Levasseur REPÈRES 14 Les bons mots pour le dire\tpar LorraineSylvain DANS LA TÊTE DES CAMELOTS 30 D'un sexe à l'autre\t46 À PROPOS DE.ARC-EN-CIEL par Laurence Richard\t3 2 CHRONIQUE DU MOIS 15\tNon à l'homophobie! par Marc M.\t35 ENTREVUE 16\tPour en finir avec l'homophobie par Laurence Richard DOSSIER\t,\t36 19 SEXE OPPOSÉ SEXE IMPOSE >\tC'est pas mon genre >\tQuand la loi discrimine >\tÉduquer en dessin >\tStéréotypes «genrés» M Tj-LECTEURS LES CAMELOTS SONT DES 50% DU PRIX DE VENTE DU TRAVAILLEURS AUTONOMES MAGAZINE LEUR REVIENT CARREFOUR INFO RAPSIM Le logement social avec soutien communautaire Par Pierre Caudreau CHEMIN FAISANT Un Itinéraire parmi d'autres par Jean-Marie Tison Bonjour à la super équipe du magazine L'Itinéraire, Un simple mot pour vous féliciter pour votre bon travail.Et vous faites un très grand travail en venant en aide et en permettant la réinsertion sociale et professionnelle des gens de la rue.BRAVO et MERCI plus spécialement à mon camelot préféré: Bertrand Derome.Il est sobre depuis le 18 août 2008 et vend L'Itinéraire à Sutton et depuis peu à Granby.Grâce à lui, je peux lire des articles intéressants et des nouvelles positives au sujet de citoyens et citoyennes qui ont retrouvé la liberté après l'enfer de la consommation et de l'itinérance.Merci beaucoup Monsieur Sutton.et Monsieur Granby! Alain Senécal de Granby.ÉCRIVEZ-NOUS! à COURRIER@ITINERAIRE.CA Des lettres courtes et signées, svp! La Rédaction se réserve le droit d'écourter certains commentaires. ILS HABITENT NOS RUES DONNER, C'EST HABITER LEUR VIE En appuyant L'Itinéraire, vous nous aidez à leur offrir les outils nécessaires pour reconstruire leur vie, trouver un logement, se nourrir sainement et briser leur isolement.Vous êtes partie prenante de la solution.AIDEZ L'ITINÉRAIRE: DONS ?CARTES-REPAS ?ABONNEMENT DON Je fais un don de: CARTES-REPAS2 J'offre_cartes-repas à 5 $ chacune = TOTAL DE MA CONTRIBUTION : ABONNEMENT AU MAGAZINE Je m'abonne pour une période de : O 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) O 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou N° de camelot (s'il y a lieu) : IDENTIFICATION O Mme OM.S1 Nom:________________________________ Prénom: _________________________________ Nom de l'entreprise (Don corporatif):_________________________________________ S1 Adresse: _________________________________________________________________________ çi Ville: ___________________________________________________________________________ Province: __________________________ Code postal:_______________ _____________ Téléphone: (_______) ______- _________________________________________________ Courriel: ____________________________________________________________________ -$ $ MODE DE PAIEMENT O Visa, MasterCard O Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire N»de la carte: I__I___I___I__I___I___I__I___I___I___I__I___I___I___I__I___I___I Notes 1\tVous recevrez votre reçu d'impôt début janvier suivant votre don.2\tLes cartes sont distribuées par Lltinéraire, mais si vous voulez les recevoir pour les donner dans la rue, cochez ici et nous vous les enverrons avec le Guide du bénévole.Cochez ici ?Expiration______/__________ (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez ce formulaire de don et votre chèque au Groupe communautaire L'Itinéraire: 2103, Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K2H9.Pour toutes questions, contactez-nousau 514-597-0238 poste 246.Dons et abonnement disponibles en ligne au www.itineraire.ca http://itineraire.ca/ Quand l'autre dérange L'homophobie et la transphobie s'inscrivent dans la longue liste des dérives d'une Pensée unique qui stigmatise et marginalise la différence, au même titre que le racisme ou le sexisme.Elle fait mal et laisse des traces indélébiles sur ceux qui la vivent.Lorsque j'ai eu à écrire cet éditorial, je me suis interrogée sur les arguments utilisés par les bien-pensants pour rejeter, voire persécuter, des personnes qui, comme eux, aiment.mais vivent leur sexualité autrement.EDITORIAL PAR CHRISTINE RICHARD | Directrice générale Celui qui le dit, c'est celui qui l'est Dans son livre Le chemin vers l'amour, Deepak Chopra nous invite à décrire les éléments pour lesquels nous admirons ou détestons certaines personnes en nous interrogeant sur nos propres qualités et défauts.En prenant conscience que nous évaluons les autres en fonction de ce que nous sommes, on pourrait conclure que l'homo-phobie ou la transphobie traduisent la peur de notre regard face à notre propre identité et orientation sexuelle.Hétérocentrisme ou construit social Dans La virilité en jeu, la chercheuse Janik Bastien Char-lebois retient plutôt la thèse d'un hétérosexisme socialement construit.Le rejet de groupes minoritaires serait donc tributaire d'une construction sociale, où sont définis les rôles masculins et féminins.L'auteure précise qu'en offrant l'hétérosexualité comme point de repère universel, on occulte l'existence d'autres formes de sexualité.Or, le silence envoie un message aussi fort que la parole.Il signifie qu'une réalité n'a pas suffisamment de valeur parce que trop problématique ou honteuse pour être nommée et intégrée dans les représentations quotidiennes de la vie.L'argument du contre nature On ne peut débattre de l'homosexualité et de la transidentité sur la scène publique sans soulever un déferlement de passions à propos de ce qui est soi-disant naturel ou non.Affirmer qu'une chose est contre nature devient une parole de bon sens, un axiome pseudoscientifique et indiscutable.En assimilant Mère Nature à un concept moral suprême imposant une obéissance aveugle, on court-circuite toute tentative d'ouverture sur cette réalité.En fait, les recherches récentes démentent cette argumentation en démontrant, au contraire, que les comportements homosexuels sont plus fréquents qu'on ne le croit dans la nature, par exemple chez plusieurs espèces animales.Par delà ces concepts.Il y a tout lieu de se questionner sur ce que l'homosexualité heurte en nous.Chose certaine, ceux qui vivent ce rejet de leur identité en souffrent dans toutes les sphères de leur vie.Face à l'homophobie et la transphobie ambiantes ou quotidiennes, l'isolement fragilise celles et ceux qui en font les frais.À l'ère dite du savoir, où l'information n'a jamais été aussi facilement accessible, il est paradoxal que nous ne prenions plus le temps d'approfondir les sujets qui nous touchent et nous questionnent.Nous parlons souvent, trop peut-être, de sexualité, et notre discours oscille entre le cliché et les sous-entendus.Ne nous faut-il pas admettre que tout ce qui touche à la sexualité demeure sensible et recouvre d'autres aspects de nous-mêmes plus intimes et plus dérangeants encore?La journée mondiale de l'homophobie aura lieu le 17 mai prochain.Profitons de ce moment pour nous questionner sur le genre de société dans laquelle nous voulons vivre et que nous voulons léguer à nos enfants.L'homophobie et le rejet de la différence n'ont pas leur place dans une société où nos décisions doivent refléter et transmettre des valeurs humanistes.¦ 15 mai 2015 | ITINERAIRE.CA 7 ROND-POINT Collaboration spéciale Etudiante à l'UQAM, Lina Sagrehboie est aussi une jeune illustratrice qui décortique l'actualité en dessin.Elle s'est plongée dans une étude publiée en 2007 par le Centre collégial de développement de matériel didactique (CCDMD), où ont été analysés les stéréotypes et préjugés courants liés à l'homosexualité.Près de 10 ans plus tard, Lina a repris contact avec Line Chamberland, une des auteures du rapport pour voir s'ils étaient toujours d'actualité.Si certains se sont estompés, d'autres sont encore ancrés dans les mentalités.Lina a choisi d'en déconstruire quelques-uns à coups de crayon.(NA) tinasagrehboie.com PAR NAFI AUBERT, JULIE LEVASSEUR tfcjc Ài.\tAùn U\t4*avï i\u2014 vm\t04.\tI da\t* «\tdlwfe-b\tTtmxrdfQJl dv-, PQèüU&è: Un chandail «tellement gai» Un chandail tissé avec des cheveux de personnes LGBT : voilà la récente opération de sensibilisation du Centre canadien sur le genre et la diversité sexuelle.Avec cet objet présenté comme le seul pouvant être qualifié de «tellement gai », le Centre espère conscientiser le public à l'idée que le mot « gai » ne devrait jamais être utilisé négativement.(JL) œs MALAOteS sexueLLeMeNT reANSMissieLes 8 ITINERAIRE.CA | 15 mai 2015 CREDIT PHOTO: PASCAL DUMONT questions à Jimm Y Beaulieu f f f^.la I , 15 mai 2015 | ITINERAIRE.CA 9 Jimmy Beaulieu a exercé presque tous les métiers du 9e art: libraire, dessinateur, professeur, critique, éditeur, auteur.Connu pour ses BD éroticoromantiques, il signe plusieurs illustrations pour cette édition de L'Itinéraire contre l\u2019homophobie et la transphobie.PAR JULIE LEVASSEUR Quel est le message véhiculé dans l'image ci-contre?L'homophobie, c'est un peu se mêler de ce qui ne nous regarde pas.C'est très bizarre de juger ce qui se passe entre deux personnes qui s'aiment.L'image avec les deux femmes qui s'aiment représente les regards désapprobateurs envers deux partenaires L'illustration frappe avec un impact coloré et un peu audacieux, mais sans être trop racoleur.700 000 2,7 milliards de personnes vivent dans un pays où l'homosexualité est illégale.Plus de 70 pays sur la planète continuent de pénaliser les relations entre personnes de même sexe.000 Plusieurs de vos BD mettent en scène la vie intime de lesbiennes.D'où vient votre intérêt pour cette thématique?La réponse simple et banale est que c'est plaisant à dessiner.C'est aussi assez mystérieux, car je ne peux qu'imaginer la vie et les relations de ces personnages féminins.Les personnes qui ont eu le plus d'impact dans ma vie étaient des femmes; elles m'intriguaient.Le plaisir du dessin féminin, tout en courbes, va de pair avec la fascination et l'intérêt de raconter la vie de femmes dans les bandes dessinées.En tant qu'homme, comment s'immisce-t-on dans la tête des femmes pour plonger dans leur sexualité?C'est sûr qu'on ne peut pas complètement se mettre dans la tête de l'autre sexe, mais c'est fascinant d'essayer de comprendre.Fondamentalement, je pense que c'est une recherche vaine de trouver des différences.On a plus intérêt à voir des similitudes, on est des complices.À quand le prochain Jimmy Beaulieu?Mon prochain projet devrait paraître début 2016.C'est une collaboration avec le \u20194\u2019 scénariste Alexandre Fontaine-Rousseau sur une interprétation de la vie du cinéaste de films d'horreur Jess Franco.Une histoir^_ _ d'amour et de créativité, avec des visions lubriques et d'horreur en même temps.La combinaison du désir et du danger.¦ Hr^Sr*** ROND-POINT INTERNATIONAL PAKISTAN | Du rose dans la tête d'une verte Tannée du machisme des chauffeurs de rickshaw, une sorte de pousse-pousse motorisé, une écologiste a lancé la première entreprise à offrir un service de transport similaire exclusivement réservé aux femmes.Les Pakistanaises qui ont peur d'être harcelées pourront faire appel à Pink Rickshaw, et se faire mener à bon port par une des conductrices qui sillonneront les routes à bord de ces pousse-pousse roses.«C'est un pas de plus vers l'émancipation professionnelle et l'autonomie financière des femmes», a déclaré Zar Aslam, l'instigatrice de ce projet novateur.Plus de 25 petites voitures devraient être mises en service d'ici la fin de l'année.(Reuters) ALLEMAGNE | L'amour sans le sexe «je n'ai jamais eu de relation sexuelle, je n'en ai jamais voulu et je ne veux jamais en avoir.» Ce témoignage d'une jeune femme, raconté dans un journal de rue allemand, décrit ce que ressent environ 1 % de la population qui s'identifie comme asexuelle, c'est-à-dire qui n'éprouve pas de désir sexuel.Loin d'être un vœu de chasteté, l'asexualité n'est pas motivée par des croyances religieuses ou personnelles.Comme l'explique cette Allemande de 23 ans, ce n'est pas un choix.Toutefois cette orientation sexuelle reste encore méconnue dans la société, et nombre d'hommes et de femmes asexuels doivent composer avec l'incompréhension de leurs proches, ou des personnes qu'ils tentent de séduire.Eh oui, asexualité ne rime pas nécessairement avec célibat: malgré leur manque d'intérêt pour la chose, certaines personnes asexuelles souhaitent, comme n'importe qui, vivre une relation amoureuse, ou fonder une famille.(HEMPELS) ÉTATS-UNIS 11987 C'est l'année lors de laquelle Barney Frank devint le premier membre du Congrès américain à révéler publiquement son homosexualité.Celui qui a d'abord craint que son orientation sexuelle soit incompatible avec ses ambitions politiques, s'est finalement battu toute sa carrière pour faire reconnaître les droits des personnes LGBT.En 2012, il fut aussi le premier homme politique à siéger au Congrès des Etats-Unis à se marier avec un partenaire de même sexe.On lui doit, entre autres, l'instauration des deux premières lois sur les droits des personnes homosexuelles au Massachusetts.Barney Frank, qui a milité pendant plus de 50 ans pour que soient adoptées des lois antidiscriminatoires à l'égard des communautés LGBT, estime qu'il a encore du travail à faire pour que les choses évoluent.(Street Roots) ÉTATS-UNIS | Chicago: la fin du quartier gai?Premier quartier gai au pays, Boystown représente depuis les années 1970 un secteur emblématique pour les personnes LGBT de Chicago qui s'y sont implantées dans les années 1980.Aujourd'hui, Boystown rassemble près de 12% des ménages de même sexe dans la ville.Mais la communauté craint que leur quartier ne change de visage.Particulièrement prisé pour sa position géographique, Boystown attire de plus en plus de familles cisgenres qui «chassent», malgré elles, les personnes LGBT.Une fois n'est pas coutume, ce quartier jadis malfamé s'embourgeoise et le coût de la vie y devient de moins en moins abordable.(Streetwise) Lltinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau International des Journaux de Rue - INSP).Le réseau apporte son soutien à plus de 120 journaux de rue dans 40 pays sur six continents.Plus de 200 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org.International Network of Street Papers 10 ITINERAIRE.CA | 15 mai 2015 CRÉDIT: REUTERS/MOHSIN RAZA\tCRÉDIT: REUTERS/AMIR COHEN La peur de soi En sciences sociales et en psychologie, on explique souvent les diverses formes d'intolérance par la peur de l'autre et de la différence.De l'homophobie ou la transphobie au racisme et au sexisme, ce serait l'incompréhension de la différence de l'autre qui mènerait à la peur.(COMPTES A RENDRE IANIKMARCILI Économiste indépendant Dans cette vision du monde, il suffirait de faire preuve de dialogue et d'éducation pour abattre les préjugés et diminuer l'intolérance.À l'instar du jeune enfant à qui on montre qu'il n'y a pas de monstre sous son lit, il suffirait de voir la réalité concrète pour ne plus la craindre.Il y a sans aucun doute du vrai là-dedans.Je milite pour ce que j'appelle un «élan vers l'autre» qui permet de mieux connaître et comprendre la différence et donc, finalement, de mieux vivre ensemble.Si cette démarche est nécessaire, elle n'est cependant pas suffisante.Abattre le mur des préjugés, quels qu'ils soient, nécessite aussi un examen de conscience, une introspection sur le rôle que nous jouons, inconsciemment, dans la construction et la transmission de ces préjugés et de ces peurs.Aller vers l'autre en cherchant à mieux comprendre sa réalité nécessite une bonne dose d'empathie.Cet élan fait appel à une certaine introspection, puisqu'il implique de comparer sa situation et sa réalité à celle de l'autre.Cependant, cette réflexion et ce dialogue se limitent à la réalité individuelle et n'interrogent pas les structures sociales qui sont sous-jacentes.Faire l'impasse sur ces considérations permet de se dédouaner individuellement de notre responsabilité collective à leur perpétuation dans le temps.Il importe alors, selon moi, de comprendre en quoi notre simple situation concrète dans la société contribue à transmettre l'intolérance.Cette compréhension passe par une prise de conscience des privilèges dont nous disposons - bien malgré nous, en quelque sorte.Par exemple, je suis un homme, blanc, hétérosexuel, scolarisé, francophone et d'héritage catholique vivant au Québec.À l'instar des centaines de milliers de Québécois qui partagent ces caractéristiques, je jouis de facto de privilèges, peu importe ma réalité personnelle.À compétences et expériences égales, j'ai plus de chance d'avoir un salaire supérieur à celui d'une femme.Il y a peu de risque que je subisse du profilage racial ou social.Moins de risque aussi que je subisse du harcèlement sexuel qu'une femme ou que je souffre de violence conjugale.Le risque n'est pas nul, mais bien moindre que si j'étais une femme, une personne dite raci-sée, homosexuelle, itinérante ou handicapée, par exemple.Prendre conscience de ces privilèges sociaux, hérités et que nous n'avons pas demandés, apporte une vision plus globale des problèmes d'intolérance et de marginalisation.Si, à cette prise de conscience s'ajoute un véritable «élan vers l'autre» empathique, cela permettrait d'abolir un grand nombre de peurs et d'intolérance.Il s'agit donc à la fois d'un exercice individuel de travail sur soi et d'un projet collectif d'éducation et de conscientisation.Afin qu'ensemble, nous ayons moins peur de nous-mêmes.¦ L'inconnu génère la peur, on le sait 15 mai 2015 | ITINERAIRE.CA 1 1 REPÈRES Les bons mots pour le dire Petit guide du LGBTTIAQ2EAA (ou LGBT+) PAR LAURENCE RICHARD LESBIENNE GAI BISEXUEL TRANS- GENRE TRANS- SEXUEL TRANS* INTER- SEXUEL ALLO- SEXUEL QUESTION- NEMENT 2 ESPRITS ASEXUEL ALLIÉS GENRE SEXE HÉTÉRO- NORMA- TIVITÉ HOMO- PHOBIE TRANS- PHOBIE TRANSI- TIONNER Femme attirée par d'autres femmes.Homme attiré par d'autres hommes.Personne attirée par les femmes et les hommes.Personne qui ne s'identifie pas à son sexe de naissance.À l'opposé, un individu cisgenre considère que son identité correspond à son sexe biologique.Le transgenrisme ne se rapporte pas à l'orientation sexuelle.La différence entre la transsexualité et le transgenrisme demeure imprécise.Selon certains points de vue, une personne transsexuelle a eu recours à une transformation chirurgicale.Dans les articles, l'orthographe trans*, désignera ces deux groupes de personnes.Personne qui présente des caractéristiques physiques des deux sexes.Terme qui englobe toutes les identités ou orientations sexuelles autres que l'hétérosexualité et le cisgenrisme.Personne incertaine de son identité ou orientation sexuelle.Terme originellement utilisé par les Premières nations qui désigne la présence d'esprits féminin et masculin dans un même corps.Cette identité est aussi appelée «bispiritualité».Personne qui ne ressent pas d'attirance sexuelle.Personne hétérosexuelle (attirée par le sexe opposé) ou cisgenre qui soutient ceux et celles qui s'identifient comme LGBT+.Terme se référant aux rôles et aux comportements admis par la société pour différencier l'homme de la femme.Terme se référant aux caractéristiques physiologiques et biologiques qui différencient l'homme de la femme.Principe définissant la sexualité et les relations hétérosexuelles comme une norme sociale (aussi appelé hétérosexisme).Terme désignant le rejet de l'homosexualité et l'hostilité à l'égard des personnes homosexuelles.Aversion envers les personnes transsexuelles ou transgenres.Ce néologisme désigne le processus de transition physique et sociale entrepris par une personne trans* qui chemine vers une autre identité de genre ou de sexe.PQèOUGè: PAPENTS INADÉQUATS, trees supepeiciels-, QUAND HOMOSEXUALITÉ NE PME QU'AVEC SEXUALITÉ DÉBPIDÊE.'i*! AA*' * laü Alùàwm.LIGNE DU TEMPS KX> \\ 1900 Introduction du crime de «grossière indécence», qui condamne l'acte de sodomie dans le Code criminel canadien.1892 Apparition au Canada du terme «homosexualité», popularisé par le journaliste hongrois Karl-Maria Kertbeny, fervent défenseur des droits des homosexuels.C'est l'expression qui sera reprise par le corps médical.12 ITINERAIRE.CA | 15 mai 2015 CHRONIQUE DU MOIS NON À L'HOMOPHOBIE! Hein quoi?L'homophobie, ça existe encore?Nous sommes en 2015! La société n'a pas évolué?MARC M.| Camelot angle Berri/Mont-Royal On est tous libres de nos choix.On peut être travailleur, étudiant, sur le bien-être social ou dans la rue.On peut aussi décider de reprendre notre vie en main! On a toujours le choix d'être ce que l'on veut.Pourquoi n'aurait-on pas ce choix dans le cas de l'orientation sexuelle?Ce serait drôlement le temps que certaines personnes évoluent et comprennent que les choix personnels des gens sont des choix personnels.Que les gens soient homosexuels change quoi dans la vie?Comment peut-on imposer aux autres qui aimer et comment l'aimer, avec qui vivre et être heureux?Qui sommes-nous donc pour choisir pour les autres, pour imposer les stéréotypes?Certains hommes aiment les femmes un peu enveloppées, d'autres les plus minces, les rouquines, les blondes.Et d'autres hommes aiment les hommes un peu enveloppés, plus minces, chauves.L'important est d'assumer ses choix et de se respecter! La pression sociale impose une norme, celle d'être hétérosexuel.Pourquoi est-on jugé si sévèrement si on ne respecte pas ce choix?De bonnes raisons pour juger les gens, il en existe.Je peux comprendre que les gens peuvent juger les autres s'ils manquent de valeurs humaines.Mais cela n'a rien à voir avec leur orientation sexuelle! Histoire vécue Je me rappelle qu'en 2002, quelques années avant que le mariage entre deux personnes du même sexe soit légalisé au Canada, un couple homosexuel avait eu des problèmes.La police s'était impliquée.Il y avait eu une grosse marche pour le mariage gai.Eh bien, j'étais au-devant de la marche avec mon père adoptif et.son chum\\ Je tenais le fameux drapeau arc-en-ciel! Eh oui! Mon père adoptif est homosexuel! Son chum et lui voulaient m'adopter quand j'avais 13 ans.Malheureusement, à l'époque, un couple homosexuel n'était pas reconnu légalement.Ainsi, il leur était impossible d'adopter un enfant, puisqu'ils ne formaient légalement pas un couple.Ça prenait un homme et une femme! La demande d'adoption a été refusée par le tribunal de la jeunesse.J'entendais des commentaires à l'époque.À l'école, en centre d'accueil.J'en parlais parce que j'étais content de me faire adopter.Tout le monde me disait: «Ton père c't'une tapette», «tu vas t'faire pogner la bizoune», etc.Eh bien, mon père adoptif, c'est la personne qui m'a apporté le plus dans la vie.Je l'ai connu à 11 ans.Il était le voisin de ma mère.S'il voyait qu'il me manquait une paire de pantalons, il m'en achetait une.Des chips, une liqueur.Si j'allais jouer dans la ruelle, il me surveillait pour que rien ne m'arrive.Il me gardait aussi quand ma mère était partie.Dès que j'ai pu choisir avec qui je voulais vivre à 18 ans, je n'ai pas eu d'hésitations.¦ Vive les gais, ça fait plus de femmes pour nous autres! Hahaha.DE L'HOMOSEXUALITÉ AU CANADA 1980 Création du Village à Montréal.1950 Apparition du mot «gai» qui rejette le terme pathologique imposé par la médecine.1969 Adoption de la Loi C-150, qui décriminalise la sodomie entre partenaires du même sexe.Le Parlement canadien ajoute l'orientation sexuelle comme motif de discrimination.1960 Montée du mouvement homophile canadien, qui cherche à éduquer la population et à la sensibiliser aux enjeux vécus par la minorité gaie.2002 Légalisation du mariage homosexuel au Québec.Elle viendra trois ans plus tard au Canada.L'adoption d'un enfant par un couple gai est officiellement légale.1977 Adoption d'un amendement à la Charte des droits et libertés du Québec interdisant la discrimination basée sur l'orientation sexuelle, une première au Canada.1976 L'Association pour le droit des gai(e)s du Québec lutte contre la répression policière qui vise à préserver la «réputation» de Montréal à l'approche des Jeux olympiques d'été.1948 Mise en place de la Commission d'enquête sur les psychopathes sexuels qui contraint les homosexuels à se médicamenter.Les relations sexuelles entre femmes, jusque-là ignorées, sont incluses dans la nouvelle législation.15 mai 2015 | ITINERAIRE.CA 13 * * SOCIETE L'homophobie au cœur du Village Un sentiment d'insécurité pèse sur le Village gai à Montréal.Selon le regroupement citoyen Collectif Carré Rose, les membres de la communauté LGBT qui fréquentent le quartier craignent d'être les prochaines victimes d'agressions violentes à caractère homophobe.PAR JULIE LEVASSEUR Al n** book, qui compte aujourd'hui plus de 4 000 abonnés.Cette vague de soutien a conféré un poids politique important au mouvement.Le collectif a ainsi obtenu la collaboration du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).«À l'époque, le commandant avait augmenté les effectifs à 12 policiers en plus d'une auto-patrouille qui sillonnait dans le quartier, dans la période critiquede2hà4hdumatin», indique Louis-Alain Robitaille, le fondateur et porte-parole du Collectif Carré Rose.Selon M.Robitaille, la présence d'un plus grand nombre d'agents de la paix avait permis de décourager les individus susceptibles d'être agressifs.«Les mesures déployées étaient véritablement efficaces: dans la semaine avant leur mise en place, il y avait eu quatre agressions violentes, puis il n'y en a eu aucune ensuite pendant quatre à cinq mois», fait-il valoir.L'actuel commandant du poste de quartier 22 du SPVM, Danik Guerrero, annonce que la présence policière sera à nouveau augmentée dans les prochains mois.«Le plus grand nombre de policiers affectés lors de la \"piétonisation\" de la rue Sainte-Catherine à l'été 2014 avait donné de beaux résultats.L'initiative sera répétée cette En décembre 2013, une photo choquante avait déjà fait le tour des médias sociaux.Le DJ de renommée internationale, Alain Jackinsy, y apparaissait avec un œil enflé, une coupure et des ecchymoses au visage après s'être fait attaquer à la sortie du complexe Sky, un bar emblématique du Village.Pour plusieurs, l'incident survenu à la suite d'une série d'agressions contre des hommes homosexuels, en est un de trop : Le Collectif Carré Rose, destiné à «reprendre le Village» en combattant l'homophobie et la violence, est alors mis sur pied.Il reçoit rapidement l'appui de milliers de personnes sur sa page Face- année.En plus d'une action policière accrue sur toute la région sud de Montréal, un quadrilatère qui sétend environ de Verdun à Hochelaga-Maison-neuve et de la rue Sherbrooke jusqu'au fleuve sera mis en place.» En tout, 22 policiers feront partie d'une brigade qui patrouillera dans les espaces publics, en particulier sur l'artère Sainte-Catherine.Ils seront chargés de surveiller les comportements problématiques liés à la criminalité de surface, qui inclut le trafic de stupéfiants et les agressions contre la personne.Une question de perception Danik Guerrero souligne toutefois que la problématique de violence homophobe dans le Village est surtout une question de perception.«Si on regarde les statistiques à long terme, la criminalité générale a connu une baisse de 43 % depuis les 10 dernières années, tandis que les crimes contre la personne ont chuté de 25 % dans la même période.» Même s'il reconnaît qu'il y a bien eu des évènements violents dans le passé, le commandant estime que le sentiment de crainte soulevé dans le Village a été amplifié par les médias.À son avis, ceux-ci ont en quelque sorte fait la promotion de la problématique dans la perception collective.« Ce n'est pas parce qu'un crimesun/ient dans le quartier gai qu'il s'agit d'un crime 14 ITINERAIRE.^ | 15 mai 2015 Collectif GaiféRostVoiflréd homophobe.En 2014, le poste 22 a relevé trois évènements reconnus comme haineux ou homophobes et jusqu'à présent on n'en recense aucun en 2015», affirme M.Guerrero.Pour qualifier un crime de «haineux», les policiers s'appuient sur des critères spécifiques concernant des attaques explicites envers une communauté, une race, une orientation sexuelle ou une religion.De son côté, Louis-Alain Robitaille conti nue d'affirmer que le phénomène est bien présent.«Le gay bashing est très fréquent et il y a encore des gens qui se font casser la gueule dans le Village.On n'est pas en mesure d'affirmer que 100% des attaques surviennent pour des motifs homophobes, mais on sait qu'elles visent toujours des hommes gais et qu'au moins la moitié des victimes qui font appel au Collectif Carré Rose ont reçu des insultes condescendantes à caractère homophobe, comme se faire traiter de tapette.» Les victimes sont toutefois peu nombreuses à porter plainte et à signaler leur cas au service de police.Une situation à laquelle le Collectif Carré Rose et le corps policier tentent tous deux de remédier.Tel que l'explique le commandant Guerrero, «il est important que les gens dénoncent les crimes pour que nous puissions travailler adéquatement».Miser sur l'information réduire leur fréquence et atténuer leurs conséquences.» Selon Louis-Alain Robitaille, tous les or ganismes sont déjà en place pour enrayer la violence dans le Village, il faut seule ment les financer.«L'arrondissement Ville Marie compte la plus grande concentration d'organismes d'aide à Montréal, mais ils n'ont pas assez de ressources.Le gouvernement coupe partout et le Village est sur respirateur artificiel.C'est de l'homophobie financière!» '\"i oil ori dû En plus d'offrir du support moral et légal, le Collectif Carré Rose cherche à in former la population sur la marche à suivre lorsqu'on est victime ou témoin d'une agression.«On agit selon le principe qu'une agression de plus, c'est une agression de trop.On est conscient qu'on ne peut pas toutes les éliminer, mais on espère au moins Le Collectif Carré Rose s'est donné comme mission de sensibiliser le public à la cause, no tamment par le biais de sa page Facebook où sont partagées des nouvelles LGBT au Québec et à l'international.«On se dit que si les gens sont au courant de ce qui se passe, ça peut changer leur mentalité.L'éducation est l'arme la plus puissante contre l'homophobie.» m MOT DE CAMELOT À bas l'homophobie L'étiquette est forte! Je dois admettre qu'elle est de taille ! Les manifestations de Mépris, de Haine et de Rejet envers tous ceux qui ne se conforment pas aux stéréotypes de la masculinité et de la féminité menacent au quotidien le droit d'être différent.Quelles pistes d'action suivre?Comment faire pour enrayer tous ces préjugés omniprésents au sein de notre société de conditionnement, de conformité et de discrimination?Propos désobligeants, intimidation, violence verbale et physique ne sont que quelques exemples d'outils que l'homophobe utilise pour lutter contre ceux qu'il qualifie de «fifis», « tapettes » et « pédales » ! Encore aujourd'hui, dans certains pays, la peine de mort est ce qui attend les homosexuels.D'autres risquent l'emprisonnement ou la déportation; ailleurs, les sévices corporels sont le châtiment réservé.Les homophobes devraient rester dans leur cour.«Vivre et laisser vivre», voilà un vieil adage que j'aime bien.Reste dans tes bottines et mêle-toi de ce qui te regarde! * La journée internationale contre l'homophobie se tient le 17 mai de chaque année.JEAN-GUY DESLAURIERS Camelot Promenade Masson laj 2015 | ITINERAIRE.CA ENTREVUE Pour en finir avec l'homophobie Robert Pilon est l'auteur de Modèles recherchés: l'homosexualité et la bisexualité racontées autrement.Président de GRIS-MontréaP de 2003 à 2012, il a été honoré de la Médaille de l'Assemblée nationale et du Grand Prix du Conseil québécois LGBT pour sa contribution à la communauté gaie.PAR LAURENCE RICHARD L'Itinéraire: Selon vous, est-il toujours difficile d'assumer son homosexualité en 2015?Robert Pilon : L'homosexualité est de plus en plus acceptée aujourd'hui, mais l'ouverture de chaque personne dépend de sa culture et de la présence de modèles gais ou bisexuels autour d'elle.Léonard de Vinci a déjà dit: «plus on connaît, plus on aime».L'inconnu fait peur.C'est ce qui fait qu'on méprise la différence.Plus on en parlera, moins l'homosexualité et la bisexualité seront taboues dans notre société.Que répondriez-vous à quelqu'un qui affirme que la lutte contre l'homophobie est dépassée?R.P.: Ça me fait toujours sourire quand j'entends ça.Il faudrait que certaines personnes fassent le test de se promener main dans la main avec leur chum dans la rue ou à l'épicerie.Ils verront vite que les gens sont moins à l'aise avec l'homosexualité qu'on peut le croire.De nos jours, les personnes homophobes se manifestent particulièrement sur les réseaux sociaux, dissimulées sous un certain anonymat.C'est surtout là qu'on s'aperçoit que c'est une lutte qui n'est toujours pas terminée.Le GRIS fait beaucoup d'interventions en milieux scolaires.Est-ce plus facile de parler d'homosexualité et de bisexualité avec des jeunes?R.P.: Les convictions et les valeurs des jeunes ne sont pas ancrées dans le béton comme elles peuvent l'être à l'âge adulte.Ils sont curieux d'en apprendre plus sur des sujets comme ceux-là, parce qu'ils savent que ça existe.Il ne faut pas oublier que ce sont eux les adultes de demain.Plus les jeunes vont en connaître, plus les prochaines générations vont être à l'aise avec ça.C'est de cette façon qu'on va s'approcher de cette société où les gens ne feront plus un plat de l'homosexualité et de la bisexualité! Qu'avez-vous personnellement appris en écrivant Modèles recherchés?R.P.: À ma grande surprise, la plupart des personnes que j'ai rencontrées ont avoué avoir manqué de modèles gais durant leur jeunesse.Je ne m'attendais certainement pas à ce que les intervenants dans la vingtaine aient ressenti ce manque.Ça veut dire qu'on est encore à une époque où le sujet n'est toujours pas suffisamment démystifié, où il n'y a pas assez de livres comme celui-là! ¦ * CRIS-Montréal est un organisme communautaire qui vise à favoriser une meilleure connaissance des réalités des personnes homosexuelles et bisexuelles et à faciliter leur intégration dans la société.Porter l'homosexualité et la bisexualité à un autre niveau Robert Pilon n'aurait pas pu réaliser meilleur ouvrage pour célébrer les 20 ans du GRIS-Montréal.Modèles recherchés, c'est un recueil riche de vibrants témoignages de personnalités publiques et de bénévoles du GRIS concernés par l'homosexualité ou la bisexualité.On pense entre autres à Xavier Dolan, Anne Dorval, Manon Massé, Dany Turcotte, pour n'en nommer que quelques-uns.Parfois teintées d'humour, de douleur, mais surtout d'amour, les confidences réunies par l'auteur reflètent l'espoir de faire tomber les préjugés pour de bon.Le tout est habillé d'une présentation visuelle colorée d'une grande qualité.De quoi inspirer et marquer les esprits des jeunes et moins jeunes.Modèles recherchés : l'homosexualité et la bisexualité racontées autrement Robert Piton, Guy Saint-Jean Éditeur, 224 pages.16 ITINERAIRE.CA | 15 mai 2015 I L\\ )Vl*s ^ U**/ Wof, Kv'« \u2022 \u2022\u201d Série»*- >)'\tf>* l'V«»opVoti« .\t^10» iU W An ?wr *\"*¦ k *w e*fcU .Wail fèK fass^M.¦ (k$5vcM ! *j\\» % !* vUll« \u2019 A / Oui, OA fôl lî el \\> Stwtff «* s4 P* «J**\u2019 *t«i & ittoSW* 9» «WÎCC * » rtfwfccfc-A.Je J»4*^ SvCV,e S; «I I$,c>j4 4«t ('a«*r el 1* sw*iliU **t lie* p1^ fcAemus Pan» Ie serais le\tj «9UÏI pZIZT'M est w] QUÉBEC Commanditaires:\tPartenaires: jobb®®m Montréal© métr® ^^1\tH C3 CR© E3 E3 de Montréal toble de concertation des organismes ou service des personnes réfugiées et immigrantes journalmetro.com "]
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