L'itinéraire, 1 janvier 2015, mardi 1 décembre 2015
[" + i'r WffMm wM/'û y 7//MM [«hieimtoem 0/,.'/// Ym/A MMl Volume XXII, n\u201823 Montréal, 1er décembre 2015 www.itineraire.ca (Combattre Yi$r\\or&r\\c~e Projet de loi 70 .______________________sat** Qu'attends-tu fiston, travaille Maxime Valcourt V ConFérence de Paris 2015 sur le climat : i entrevue avec David Suzuki merti mer rî mm mcî-'Si cégep Blé» aux d*vo(rï pi'oféssioi Centrale des syndicats Investissons pour l\u2019avenir.f facebook.com/lacsq | lacsq.org |\t& twitter.com/csq_centrale CSQ jcgliirf L\u2019austérité .n\u2019a pas sa place en éducation.«ni* r»tinu* MEILLEURES CONDITIONS DE TRAVAIL Se syndiquer RESPECT DES DROITS pour améliorer SANTE ET SECURITE DU TRAVAIL son quotidien 1 800 947-6177 csn.qc.ca f SP V Faisons connaissance [Vous summit vov PIÎRISOKlNrLYI S On ih-Vijri-Hr.juiiix, hiui il.itic._ iui i w.liuiuri\tLiinuir.n^unc, i?iurLtkisi.4utn.Ua:.pn.'j.urx.MiuEkuu.,,.On riiiliirn-, rfôFhfih-.irihiLc, innipiihv rsiHiicy-.ifiht;.\tOn rra^ *il!r (¦¦«Il In L l:u^*r^:H!L Jr rtillïr cr lurvr façnei» j la |-cxiuJbi« tlu inrui: l»_!ilk i! 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» Maxime a pu acheter un petit camion dont il se sert pour ramasser du matériel recyclable.Il a un logement et un peu d\u2019argent de côté.Il fait partie de la chorale Sous les étoiles de la rue, il pratique le piano, écrit des articles pour L\u2019Itinéraire et projette de publier son autobiographie.Pour garder le moral et la santé, Maxime fait du vélo.Les longues promenades le long du Canal Lachine et dans les îles autour de Montréal lui font du bien.« La nature me détend, j\u2019ai besoin de voir les animaux et les oiseaux, de sentir la chaleur du soleil et d\u2019entendre couler l\u2019eau des rapides, je me promène dans de belles places et ensuite, je vais voir mon public.La nature, c\u2019est meilleur que les pilules.» Maxime est convaincu qu\u2019avec de l\u2019aide et de la volonté, on peut surmonter ses problèmes.A un jeune qui voudrait vendre L\u2019Itinéraire, il donne ces conseils : « Ne traîne pas au café.Achètes-en cinq, essaie, souris et continue à monter la côte.Tu verras bien.» ¦ Par Christine Barbeau, bénévole à la rédaction Photo: Alexandra Guellil Camelot N°: 17 | Âge: 54 ans\t^ Point de vente: Théâtre du Nouveau Monde et métro Saint-Laurent 1er décembre 2015,'h;iïNERAIRE.CA NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ 1 À Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée par des journalistes professionnels et une cinquantaine de personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.Le Groupe L'Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d'économie sociale et des programmes d'insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d'itinérance, d'isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L'organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l'autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L'Itinéraire, c'est aussi plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s'en sortir.Merci à tous! La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue, Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L'itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Shawn Bourdages, chef du développement social par courriel à : sha wn .bourdages@i ti neraire.ca ou par téléphone au : 514 597-0238 poste 222.Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Canada ISSN-l 481 -3572 n° de charité: 136484219 RR0001 PARTENAIRES MAJEURS Canada Québec SE Montréal# québécor intact PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS raUTOE KGfft * >.stm \\ Ivanhoé ' Cambridge 1 Desjardins Caisse populaire du Mont-Royal ?« Jt G Canada-Vie ALLIANCE nçdl Desjardins lcd Caille du Quartier-latin de Montréal ^\"TELUS RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, RUE SAINTE-CATHERINE EST Téléphon 514 597-0238 Télécopieur 514597-1544 Sit www.itineraire.ca DIRECTRICE GÉNÉRALE CHRISTINE RICHARD RÉDACTION Rédactrice en chef JOSÉE PANET-RAYM0ND Journaliste,responsablesociét ALEXANDRACUELLIL Photograph MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Responsable de la formation des participants: CHARLES-ÉRIC LAVERY Chargé de l\u2019accompagnement des participants: SIMON P0SNIC Conception graphique MILTON FERNANDES Collaborateur: IANIK MARCH Adjoints à la rédactioi CHANTAL VANASSE, CHRISTINE BARBEAU, DANY CHARTRAND, HÉLÈNE MAI, JENNIFER PIT0SCIA, MARIE BRI0N, MARTINE B0UCHARD-PICE0N, ROBIN BÉLANGER, SARAH LAURENDEAU Révision des épreuves PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE, MICHÈLE DETEIX ADMINISTRATION Chef des opérations et des ressources humaines: DUFFAY ROMANO Responsable de la comptabilité LYNE COUSINEAU Adjointe administrative: NANCYTRÉPANIER Responsabledu financemen DOMINIQUE RACINE DÉVEL0PPEMENTS0CIAL Chef du développement social: SHAWN BOURDAGES Intervenants psychosociaux JEAN-FRANÇOIS M0RIN-R0BERGE, LAURIANEGARNEAU Responsable du Café: PIERRET0UGAS Responsable de la distribution: YVON MASSIC0TTE CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Présiden PHILIPPE ALLARD Administrateur GUY LARIVIÈRE,JEAN-PAUL LEBEL, GENEVIÈVE B0IS-LAP0INTE, JEAN-PIERRE BONIN, JEAN-PIERRE MÉNARD VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 Conseillère: RENÉE LARIVIÈRE (450-541-1294) renee.lariviere18@gmail.com GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA ACCÈS INC.|514848-7000 Directeurgénéral: ROBERTRENAUD Chef des communications graphiques: DIANE CICNAC Coordonnatrice de production: MARILYN FORTIN Imprimer TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication N\"40910015, ^d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Croupe communautaire L\u2019Itinéraire: 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K2H9 Québécor est Fière de soutenir l\u2019action sociale de L'Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.L'ITINERAIRE EST MEMBRE DE ||»P SB AgES fÿiPSLM *=====_ ^\t= faim & FSC www.fBC.ofg MIXTE Papier issu de sources responsables FSC® C011825 4\tITINERAIRE.CA | 1er décembre 2015 SOMMAIRE r décembre 2015, Volume XXII, n\"23 ACTUALITES I CARREFOUR I CULTURE EDITORIAL 7 VIH, sida, de meilleures perspectives de vie.Par Othôn Leôn 8 ROND-POINT 10 ROND-POINT INTERNATIONAL INITIATIVE 11 Les Deuxluxes, jouer pour donner Par Cilles Leblanc DOSSIER 13 VIH-sida, combattre l'ignorance >\tLe besoin de vivre malgré tout >\tL'essentiel sur le VIH-Sida, les hépatites et les ITTS >\t15 lieux où se faire dépister à Montréal ACTUALITES 23\tDavid Suzuki, transmettre l'espoir d'une vie meilleure Par Norman Rickert VIE CITOYENNE 24\tLes écoquartiers ont 20 ans Par Benoît Chartier McJs-LECTEURS SLAM 25\tLes slams de MC June et des camelots INFO RAPSIM 26\tServices d'injection supervisée, une des clés de la prévention Par Marjolaine Despars COMPTES À RENDRE 27\tEspoir climatique Par lanik Mardi CHRONIQUE 28\tQu'attends-tu Fiston, travaille ! Par Mathieu Thériault CHRONIQUE 33\tMohawk/Abénaki Par Lorraine Sylvain 34\tCARREFOUR 35\tINFO CAMELOTS Par Jean-Pierre Ménard SPORTS 37\tQuand la brutalité Fait place à la générosité Par Luc Deschênes MOTS DE CAMELOTS 12 JOREDWITCH 12 NICOLE GIARD 12 JOHANNE BESNER 29\tNORMAN RICKERT 30\tDANS LA TÊTE DES CAMELOTS 32 GUY BOYER 32 SERGETRUDEL 36 QUALAIN COMMU'NOS-TERRES 36 TANIA CROISETIÈRE-LANGEVIN 36 GISÈLE NADEAU MUSIQUE 38\tDaran, une voix qui a du vécu Par Sio u 39\tEngagement, révolution et anarchie Par Roger Perreault LITTÉRATURE 40\tL'art de bien aider Par Jean-Guy Deslauriers BD 41\t12 substances toxiques dans vos cosmétiques Par Si o u VIE DE QUARTIER 42\tPromenade dans le Quartier chinois Par Gaétan Prince 43\tZOOM CLIENT 44\tDÉTENTE A PROPOS.46 La maladie Reçu sur nos réseaux sociaux : Gratitude à ['itinérant qui m'a simplement demandé si j'allais bien ! Je lui ai répondu : Super !! Mais c'est platte, j'ai oublié mon paquet de cigarettes à la maison.Il m'a tout de suite dit d'attendre où je me trouvais, et il est parti à la hâte! Avec étonnement, il est revenu une minute plus tard avec une cigarette pour moi ! Moi qui, d'habitude je me trouve fréquemment à donner.c'était donc à mon tour de RECEVOIR !! Bonjour Mme Sylvain, Je suis une lectrice à la fois fidèle et infidèle de L'Itinéraire.J'achète régulièrement une copie à « mon » camelot, M.Gaétan Prince, mais je n'ai pas toujours le temps de le lire au complet.Je le rapporte à la maison, où il m'arrive de le reprendre des semaines, voire des mois plus tard.C'est ainsi que j'ai (re?)lu ce soir le court texte que vous avez fait paraître dans le numéro du 1erjuin 201 5.Il m'a beaucoup touchée, et je voudrais vous en remercier.Il s'intitule Les fissures dans ['espace et vous y parlez de cette dame qui « danse ».Vous avez une très belle plume et je vous encourage à continuer d'écrire.J'espère avoir le plaisir de vous lire à nouveau.Sincèrement,.Miss Melly Claudine Jomphe de Brossard Les camelots sont des travailleurs autonomes.50% du prix de vente du magazine leur revient.ECRIVEZ-NOUS! COURRIER@ITINERAIRE.CA Des lettres courtes et signées, svp ! La Rédaction Don en cartes-repas un geste solidaire! Le don d\u2019une carte-repas à 6$ permet à une personne démunie de s\u2019alimenter gratuitement au Café L\u2019Itinéraire ou chez l\u2019un de nos partenaires : Comité social Centre-Sud, MultiCaf, Resto Plateau, Le Phare et Chic Resto Pop.Grâce à vos dons, plus de 15000 repas complets sont servis chaque année aux personnes se retrouvant dans le besoin.Vous pouvez choisir de les distribuer vous-même ou bien nous laisser le soin de le faire pour vous à travers notre service d\u2019intervention et de réinsertion sociale.Pour plus d\u2019informations ou faire un don en ligne : www.itineraire.ca LilL NE RAI RE AIDEZ L\u2019ITINERAIRE: DONS ?CARTES-REPAS ?ABONNEMENT DON Je fais un don de: CARTES-REPAS J'offre .cartes-repas à 6 $ chacune = -S1 ABONNEMENT AU MAGAZINE Je m'abonne pour une période de: O 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) O 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou N° de camelot (s'il y a lieu) : TOTAL DE MA CONTRIBUTION : Notes 1\tVous recevrez votre reçu d'impôt début janvier suivant votre don.2\tLes cartes sont distribuées par L'Itinéraire, mais si vous voulez les recevoir pour les donner dans la rue, cochez ici et nous vous les enverrons avec le Guide du bénévole.Cochez ici ?IDENTIFICATION O Mme OM.Nom:_________________________________ Prénom:.Nom de l'entreprise (Don corporatif) :___________ Adresse: ________________________________________ Ville: __________________________________________ Province :_______________________ Code postal :.Téléphone : (.Courriel : _ MODE DE PAIEMENT O Visa, MasterCard O Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire N»de la carte : I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I Expiration (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez ce formulaire de don et votre chèque au Groupe communautaire L'Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K2H9.Pour toutes questions, contactez-nousau 514-597-0238 poste 246.Dons et abonnement disponibles en ligne au www.itineraire.ca yiH, sida De meilleures perspectives de vie b ¦!.m: ÉDITORIAL PAROTHON LEON MEMBRE DU COMITÉ ÉDITORIAL \u2018ff.jjl tfà , '.hmm ¦ ¦ w< ùLii\tW/jÆmfJf J M\tuHf i Près de 35 ans après l'apparition du sida, les chances d'éliminer la maladie sont toujours bien minces.Cependant, la possibilité de mettre Fin à l'épidémie est plus proche que jamais.De plus, l'inFection a cessé de représenter une condamnation à mort pour le porteur.Récemment, la chercheure française Françoise Barre-Sinoussi, l\u2019une des co-scientifiques qui a découvert le VIH en 1983, a déclaré que le remède contre le sida est « une mission presque impossible », ce qui a suscité de vives réactions auprès des organisations et des individus dédiés à la recherche d\u2019une solution.Toutefois, la lauréate du prix Nobel a précisé que la rémission du virus est possible et, qu\u2019à un moment donné, il y aura une combinaison de traitements qui y parviendront de façon durable.Disparités Actuellement, les traitements antirétroviraux disponibles ont transformé l\u2019infection en maladie chronique, augmentant considérablement l\u2019espérance de vie tant des patients que des personnes non infectées.Une étude récente effectuée par le Centre de recherche collaborative (CANOC) révèle qu\u2019au Canada, l\u2019espérance de vie est présentement de 65 ans pour les séropositifs qui suivent ce type de traitement (16 ans de plus par rapport à l\u2019an 2000).L\u2019étude souligne aussi que cette situation est plus favorable aux hommes qu\u2019aux femmes, mais qu\u2019elle n\u2019est pas à l\u2019avantage des personnes avec de longs antécédents de consommation de drogues et des membres des Premières Nations.L\u2019étude indique également qu\u2019il y a des inégalités selon les diverses régions du pays.Alors que l\u2019étude n\u2019a pas analysé les raisons de cette situation, le directeur de la recherche suggère deux variables possibles comme étant la cause: les disparités économiques et l\u2019accessibilité aux traitements.Plusieurs chercheurs canadiens, dont Robert Hogg du Centre for Excellence in HIV/AIDS en la Colombie-Britannique poussent le gouvernement à adopter une stratégie nationale pour s\u2019attaquer au problème.Le Québec pourrait suivre cette initiative dont le programme est axé sur la prévention et le traitement précoce de l\u2019infection.Bien évidemment, l\u2019une des priorités d\u2019un tel programme devrait être celle de s\u2019assurer que les traitements les plus efficaces soient à la portée de toutes les parties, et ce, le plus tôt possible, notamment pour les groupes les plus vulnérables, comme les itinérants, par exemple.Agir rapidement Il n\u2019y a pas si longtemps, la recommandation médicale était d\u2019attendre un certain temps après un diagnostic positif car on soutenait qu\u2019il y existait un possible développement de la résistance aux médicaments et aux niveaux élevés de toxicité associés.Cependant, de nos jours, d\u2019autres recherches ont dissipé ces craintes, de sorte qu\u2019il n\u2019y a plus aucune raison scientifique de retarder le début du traitement, ce qui est un facteur clé dans la réussite de celui-ci.Il demeure que la prévention est la meilleure solution avant l\u2019apparition du problème.C\u2019est pourquoi des campagnes de communication qui mettent l\u2019accent sur les gens pauvres devraient être une priorité.Pendant ce temps, notre responsabilité en tant que citoyens doit être celle de promouvoir, dans la mesure de nos possibilités individuelles et collectives, toute initiative qui puisse accroître les chances d\u2019améliorer la santé et la qualité de vie des gens les plus vulnérables.S\u2019attaquer au VIH et au sida, c\u2019est un acte qui ne fait pas exception.¦ 1er décembre 2015 | ITINERAIRE.CA 7 ROND-POINT k PAR ALEXANDRA GUELLIL ET SIMON POSNIC questions a Julie Cyr Considérer les familles Julie Cyr est la directrice générale de l'Association québécoise des parents et amis de la personne atteinte de maladie mentale (A.Q.P.A.M.M.).Cet organisme, créé en 1979, accueille et soutient les Familles qui vivent avec une personne atteinte de troubles mentaux tout en oFFrant les ressources et inFor-mations permettant de lutter contre la stigmatisation.En quoi « l\u2019entourage », pour reprendre le terme utilisé dans le plan d\u2019action du gouvernement, est-il concerné par la maladie mentale ?La famille est concernée par son proche qui a un problème de santé mentale.La maladie mentale d\u2019un proche peut avoir un impact important sur la santé physique et mentale, la vie sociale et professionnelle des autres personnes qui l\u2019entourent.Le proche est donc son angle de prise.Ce que l\u2019on remarque, c\u2019est que nos familles sont des enfants, des frères et sœurs, des conjoints ou des parents d\u2019une personne atteinte de problème de santé mentale.La relation avec un membre de sa famille fait en sorte qu\u2019ils doivent comprendre la maladie et les actions qu\u2019ils peuvent faire pour que le lien se conserve.Et c\u2019est notre travail quotidien.La stigmatisation est un thème qui se retrouve dans le premier axe de ce plan.En quoi est-elle encore présente aujourd\u2019hui ?La personne atteinte et la famille se stigmatisent elles-mêmes.On a des familles qui ont un proche atteint de maladie mentale qui n\u2019en parle pas au travail à cause du malaise que cela peut représenter.Plus une personne est capable d\u2019en parler, moins elle s\u2019isole.Là où nous sommes d\u2019accord avec le plan d\u2019action, c\u2019est dans la stigmatisation possible venant des intervenants.Déstigmatiser une personne avec un problème de santé revient à lui redonner son humanité, à la faire exister autrement que par sa maladie.Pensez-vous que les organismes communautaires seront touchés par ce plan dans leurs actions quotidiennes ?Ce plan est applicable via le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) qui fusionne de deux à trois CSSS.Les organismes communautaires devront en ce sens collaborer.La question est aussi de savoir ce que nous devrons faire pour servir au mieux le plus de monde possible.Il va falloir améliorer notre façon de faire pour éviter de se faire imposer une manière de travailler.Dans le fond, c\u2019est utopique de penser que les organismes communautaires ne seront pas touchés par ce plan.Quelles sont vos réserves concrètes quant à la vision du ministère de Santé et des Services sociaux envers la santé mentale ?Si cette vision nous rend vraiment heureux, il reste que des questions se posent quant à son application.Le plan d\u2019action de 2005-2010 comportait lui aussi des points intéressants.Cependant, certaines choses, bien qu\u2019importantes n\u2019ont pas pu être appliquées.C\u2019était le cas par exemple de la collaboration entre le privé et les organismes communautaires.Le plus important reste la question d\u2019application sur le terrain.J\u2019espère juste que l\u2019importance de la famille sera un point considéré.L\u2019une des tristesses que j\u2019ai est de voir de nombreux itinérants avec un problème de santé mentale.Quand il s\u2019agit de la seule réponse que nous pouvons offrir, je crois, que comme société, nous avons échoué quelque part.(AG) ¦ Projet de loi 70 La carotte ou le bâton La décision de Québec de « serrer la vis » aux bénéficiaires de l\u2019aide sociale, appelés par de nombreux médias « assistés sociaux » a fait couler de l\u2019encre.Selon les chiffres, chaque année, 17 000 personnes demandent l\u2019aide sociale pour la première fois.« De ce nombre, 60 % ont moins de 29 ans, et 40 % sont issues de familles vivant de l'assistance publique.» Les demandeurs se verront offrir des emplois jugés « convenables » ou une formation.S\u2019ils refusent, leur chèque leur sera retiré.Cette approche a été dénoncée à la fois par Pierre-Karl Péladeau et Françoise David.« Le gouvernement de Philippe Couillard fait preuve d'une mesquinerie sans nom en s'en prenant aux plus démunis de la société », se révolte Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN).Rappelons que le montant de ce chèque équivaut à 616 $ pour un adulte seul et que pour beaucoup de ceux-ci, déclarés inaptes à travailler, cela ne suffit pas pour vivre décemment.(AG) ¦ 8 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2015 PHOTO: JEAN BEAULIEU Quand le climat joue sur la pauvreté Les changements climatiques ont un impact sur la pauvreté.Un rapport de la Banque mondiale, publié le 8 novembre dernier, a mis en garde la communauté internationale.Si rien nést fait pour freiner le réchauffement climatique, plus de 100 millions de personnes supplémentaires pourraient tomber sous le seuil de pauvreté d\u2019ici 2030.Les principales victimes, les citoyens du continent africain et de l\u2019Asie du Sud, devraient ainsi voir une augmentation accrue des prix alimentaires, une plus grande exposition au paludisme et aux maladies diarrhéiques.La Banque mondiale assure que « seule une action internationale immédiate et soutenue visant à réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre permettra de préserver des millions de personnes de la pauvreté ».Espérons que son message sera entendu par ceux qui seront à Paris du 30 novembre au 11 décembre dans le cadre de la conférence sur les changements climatiques.(SP) ¦ 1er décembre 2015 | ITINERAIRE.CA Repentigny Inauguration du centre d'art Diane-Dufresne Diane Dufresne a prêté son nom au centre d\u2019art et de création de Repentigny, inauguré le 2 novembre dernier.Cet espace multifonctionnel accueillera diverses expositions, des artistes en résidence et des ateliers d\u2019initiation à l\u2019art.Des salles de répétition seront aussi mises à la disposition des musiciens.La première exposition, baptisée DDXL, est installée jusqu\u2019au 21 février 2016.L\u2019occasion de découvrir des peintures, sculptures et installations de Diane Dufresne et de son conjoint, le sculpteur Richard Langevin.(SP) ¦ Erratum Une erreur s'est glissée en page 16 de notre édition du 1er novembre 2015 consacrée à la crise des migrants.Le conflit en Syrie a fait plus de 400 000 victimes et non 40 000.Autre précision, les années de démocratie en Syrie, selon Eiad Herera, correspondent aux années 1948-1958.La phrase exacte serait donc « aujourd'hui, tout est différent, en particulier à cause de l'État islamique et de la radicalisation du conflit.Mais avant cela, tout allait déjà mal.Nous en sommes à plus de 400 000 victimes, c'est une vraie guerre ! Alors une paix durable, je n'y crois pas trop.» (AG) ¦ IE LABERGE PHOTO: REUTERS JASON REDMOND ROND-POINT INTERNATIONAL J | 500e édition de laINSP Le 9 novembre, le service de nouvelles INSP a célébré sa 500e édition.Cette étape représente dix années de support éditorial procuré à plus de cent journaux de rue mondialement.Les journaux de rue à travers le monde utilisent le service INSP pour améliorer leurs publications et sa plateforme unique permet aux membres de collaborer et de mettre en commun leurs ressources.(INSP) i ÉTATS-UNIS | État d\u2019urgence face à l\u2019itinérance à Seattle .j, jj En réponse à la crise d\u2019itinérance qui frappe King County à Seattle, le maire Ed Murray et Dow Constantine, le dirigeant du comté ont déclaré un état d\u2019urgence, le 2 novembre dernier.Un récent dénombrement fait état de 10 047 personnes sans domicile fixe dans le seul comté de King, dont 2 813 sont carrément sans abri, un taux d\u2019itinérance qui a augmenté de 21 % depuis l\u2019an dernier.Le maire Murray a promis d\u2019octroyer 5,3 millions du financement municipal à des fins de prévention, d\u2019intervention et de programmes d\u2019aide aux itinérants.Cette annonce survient dans la foulée de gestes similaires posés dernièrement à Los Angeles, Portland, Oregon et Hawaii.(Real Change) VATICAN | Un ex-itinérant interviewe le Pape ** , O Le pape François 1er, qui accorde rarement des entrevues, a consenti, le 27 octobre dernier à répondre aux questions de | Marc, ex-itinérant et camelot I pour le journal de rue hollandais Straatniews.Lors de cet entretien initié par L\u2019INSP, le Saint-Père a abordé sa jeunesse à Buenos Aires, sa vie à Rome et.ses piètres qualités de footballeur.Extraits choisis d\u2019une longue entrevue.Saint-Père, avez-vous des souvenirs particuliers de la rue où vous avez grandi?Avant d\u2019entrer au séminaire, j\u2019ai toujours vécu sur la même rue, dans un quartier simple de Buenos Aires.Mon père travaillait comme comptable dans une usine située à quelques pas de la maison.Jouiez-vous au football, aussi?Oui, mais je n\u2019étais pas très bon.Les joueurs comme moi sont appelés pata dura à Buenos Aires, ce qui signifie avoir les deux pieds dans la même bottine.Mais je jouais quand même, surtout comme gardien de but.Comment votre engagement envers les pauvres a-t-il débuté?Il me vient à l\u2019esprit cette femme qui travaillait trois jours semaine chez nous pour aider avec le ménage.Elle et i sa famille étaient très pauvres I et ça me touchait beaucoup.Nous-mêmes n\u2019étions pas très riches, on arrivait tout juste, mais ma mère lui donnait des choses.Aujourd\u2019hui, je pense souvent à elle et à ceux qui souffrent de pauvreté grâce à la médaille du Sacré-Cœur qu\u2019elle m\u2019a offerte.Je m\u2019en sers pour prier.Quel est le message de l\u2019Église à l\u2019égard des sans-abri ?D\u2019abord que Jésus est venu au monde sans foyer et il a choisi la pauvreté.Puis, à l\u2019instar des mouvements populaires qui prônent les trois «T » espagnols, soit Trabajo (travail), Techo (toit) et Tierra (terre), l\u2019Eglise enseigne que tout le monde a droit à un toit au-dessus de sa tête.Votre Sainteté, pouvez-vous imaginer un monde sans pauvreté?C\u2019est mon souhait.Je suis un croyant, mais je sais que le péché fera toujours partie de nous.Il y aura toujours de la cupidité et le manque de solidarité, soit l\u2019égoïsme qui engendre la pauvreté.C\u2019est pourquoi il m\u2019est difficile d\u2019entrevoir un monde sans pauvreté.Mais nous devons toujours nous battre.toujours.(INSP/Staatnieuws) L'Itinéraire est membre du International Network of Street Papers [Réseau International des Journaux de Rue - INSP).Le réseau apporte son soutien à plus de 120 journaux de rue dans 40 pays sur six continents.Plus de 200 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org.International Network of Street Papers 10 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2015 PHOTOS : FRANK DRIES STRAATNIEUWS Jouer pour donner Rencontre avec Les Deuxluxes B INITIATIVE PAR GILLES LEBLANC CAMELOT-PARTICIPANT Anna Frances Meyer et Étienne Barry sont deux jeunes musiciens de Montréal.Ils Forment Les Deuxluxes, un duo au style rock et la musique entraînante.Ils ont généreusement oFFert de verser à L'Itinéraire les proFits recueillis grâce à leur chanson de Noël, une reprise de La fille du Père Noël de Jacques Dutronc.Qu\u2019est-ce qui vous a incité à verser à L\u2019Itinéraire les profits de votre chanson?Etienne : Avec cette chanson, créée en collaboration avec Francis Duchesne (enregistrement), Frank Lam (photographe) et Kapuano Records, nous voulons tout simplement aider ceux qui sont dans le besoin.Nous trouvons qu\u2019il est aussi important d\u2019aider les gens à se remettre sur pied, à développer leur créativité et à retrouver confiance en eux, que de leur offrir un repas et de l\u2019aide psychologique.L\u2019Itinéraire travaille sur toute la ligne et nous trouvons ça admirable.D\u2019où vient cet engagement social ?Etienne : Nous trouvons cela désolant qu\u2019en 2015, nous ne soyons pas capables de faire en sorte que tous les citoyens aient un toit au-dessus de leur tête.Anna Frances : On refuse de croire que c\u2019est par manque de ressources, mais plutôt par manque de volonté politique et sociale.On ne pourra jamais réaliser notre plein potentiel en tant que société si une bonne partie des citoyens n\u2019a pas le strict minimum.Les gens qui achètent L'Itinéraire pourront se procurer la chanson gratuitement (et Faire un plus gros don s'ils le veulent !) sur la page bandcamp des Deuxluxes : lesdeuxluxes.com Le duo oFFrira aussi un spectacle gratuit le 19 décembre dans le cadre de l'événement Noël dans le Parc.Tous sont bienvenus ! Notre génération est plus au courant des enjeux sociaux que celle de nos parents et grands-parents.Anna Frances Meyer, Les Deuxluxes La jeunesse québécoise est-elle consciente face aux enjeux liés à l\u2019itinérance ?Anna Frances : Oui.Plusieurs mouvements le témoignent : la grève étudiante, Occupy Wall Street, Idle No More.On retrouve aussi sur le web et dans l\u2019espace public de nombreuses discussions sur la santé mentale et les inégalités sociales.Etienne : J\u2019allais à l\u2019école à l\u2019UQAM et chaque jour, j\u2019étais confronté à la réalité de l\u2019itinérance : ceux qui quêtent, ceux qui fréquentent la soupe populaire au parc Emilie-Gamelin, ceux qui viennent se réchauffer dans l\u2019école ou les édicules de métro en hiver.Il y a des itinérants que je voyais plusieurs fois par semaine, certains dont je connais même le nom.Quand j\u2019y pense, ils faisaient plus partie de mon quotidien que beaucoup de mes camarades de classe.Vous avez fait vos débuts dans le métro et participé au programme Les étoiles du métro.Nos camelots y travaillent aussi beaucoup.C\u2019est comment, travailler dans le métro ?Anna Frances : Travailler dans le métro n\u2019était pas toujours facile, mais c\u2019est une bonne plateforme pour te faire connaître par des gens qui, en temps normal, ne viendraient pas te voir en spectacle.Etienne : Avec le métro, les gens sont automatiquement confrontés à notre musique.Ils peuvent, en quelque sorte, tester avant d\u2019acheter.Les gens nous entendent et que ce soit de manière consciente ou non, ils prennent une décision : « Est-ce que j\u2019aime ce que j\u2019entends ?Oui, non ?Est-ce qu\u2019ils valent la peine d\u2019être encouragés ?» Quel message voudriez-vous envoyer à nos camelots à l\u2019approche des Fêtes?Anna Frances : Le temps des Fêtes, c\u2019est un moment pour passer du temps en famille, voir des amis que nous ne voyons pas assez souvent, prendre une pause et faire le bilan de la dernière année.Nous sommes conscients que ce n\u2019est pas tout le monde qui a cette chance et nous voulons que vos camelots sachent qu\u2019ils ne sont pas seuls, même s\u2019ils peuvent se sentir à l\u2019écart.N\u2019oubliez pas que plusieurs organismes organisent des rassemblements durant le temps des Fêtes, et si vous recherchez un peu de compagnie, ils vous accueilleront à bras ouverts ! ¦ :«ur -\u2022 Il F 1er décembre 2015 | ITINERAIRE.CA 11 MOTS DE CAMELOTS Vendre de l'énergie positive La vente est un acte d'échanger un bien contre de l'argent.A première vue, la vente du magazine semble être simple.Mais c'est bien plus que cela.Pour moi, certains jours sont remplis d'appréhensions, me demandant si je vais faire assez d'argent pour payer le manque à gagner.Personnellement, je conçois mon emplacement de travail comme un sanctuaire d'amour et de positif.Aimer les gens, les connaître davantage chaque jour et surtout rester zen devant les difficultés de la journée : le positivisme est primordial.Le facteur météo ou le jour de la semaine n'est pas à mon avis un élément factoriel à mon revenu.Ce principe de la vente par le positif me vient d'une conférencière internationale, Marianne Williamson, qui a écrit Le retour à l'amour.J'ai lu ce livre à petites bouchées, afin de mieux savourer chaque mot délicieux qu'elle a écrit.Cette femme m'inspire grandement par sa philosophie qui nous transporte dans une autre perception jusque-là inconnue.Sa perception de travailler avec amour me fait penser que le bonheur se trouve dans les petits détails.Cette femme a vécu ses épreuves mais est toujours restée positive et déterminée à accomplir son rêve, quoi qu'il arrive.Je suis une personne qui lit quand même beaucoup et qui est avide d'apprendre.Lire ce genre d'ouvrage m'apporte le côté positif dont j'ai besoin pour me réaliser.Je suis reconnaissante d'avoir cette soif d'apprentissage car sinon je ne serais pas la personne que je suis.Mon objectif est de transmettre à mes clients ma joie de vivre.Merci à Marianne Williamson.Pour finir, une suggestion : voyez votre lieu de travail comme un endroit sacré et propagez l'amour qui est en nous tous.Bonjour ! Il y a peut-être des gens qui se demandent pourquoi je suis assise pour vendre le magazine.Cèst parce que j\u2019ai mal au dos.Je me fais soigner par un chiropracticien.Grâce à ses soins je n\u2019ai plus mal et je peux rester debout plus longtemps.Dans le passé j\u2019ai déjà vendu L\u2019Itinéraire à Côte-des-Neiges.J\u2019avais bien aimé ça et ça avait été une belle expérience de travailler avec les clients de ce quartier.J\u2019en profite maintenant pour vous remercier.Il est possible que je retourne y vendre le magazine au mois de décembre, tout dépendant de mon état de santé.Je voulais aussi vous annoncer que je vends présentement le magazine le soir, au marché Métro à l\u2019angle des rues Fabre et Bélanger.J\u2019aime y travailler car il y a beaucoup de soleil et beaucoup de monde qui y passe.J\u2019y rencontre des gens gentils et aimables.J\u2019y ai entre autres rencontré une dame qui m\u2019a fait des confitures.Je ne l\u2019ai pas revue depuis, mais je la remercie.Merci aux clients et clientes qui m\u2019encouragent.Mes ventes ont augmenté grâce à vous tous.N\u2019oubliez pas ! Le calendrier de L\u2019Itinéraire va bientôt paraître.Vous pourrez vous le procurer auprès de votre camelot préféré.NICOLE GIARD CAMELOT MÉTRO LONGUEUIL Cuisine collective a L'Itinéraire A même les locaux de L\u2019Itinéraire, on a commencé à former un groupe de cuisine collective.Présentement, Claudine et moi nous en occupons et d\u2019autres personnes cuisinent avec nous.Il y a Sylvain, préposé à l\u2019entretien, Jean-Pierre, André-Guy et Cindy, camelots.Une fois par mois, on cuisine un repas.Le vendredi, on consulte les circulaires pour déterminer la recette avec les ingrédients le moins cher possible.Le jeudi de la semaine suivante, on prépare la recette.Les camelots qui sont intéressés à participer à la cuisine collective en préparant leurs propres repas doivent payer 3 $ par portion et fournir les contenants.C\u2019est une excellente occasion d\u2019apprendre à se débrouiller en cuisine, à devenir plus autonome et à mieux gérer son alimentation tout en améliorant sa santé.C\u2019est aussi la possibilité de partager de bons moments entre camelots.Les personnes intéressées à participer à la cuisine collective doivent s\u2019adresser à Johanne Besner ou Claudine Boucher.N\u2019hésitez pas : ça ne coûte pas cher et c\u2019est l\u2019occasion d\u2019apprendre plein de choses utiles.Dans L\u2019Itinéraire du 15 décembre, nous vous proposerons des recettes faciles à faire avec un petit budget ! JOHANNE BESNER CAMELOT MÉTRO BEAUDRY JO REDWITCH CAMELOT UNION/ SAINTE-CATHERINE l 3 12 ITINERAIRE.GÀ'.f *1 ^ décfertibre 2015 DOSSIER dov^hattre \\)$t\\oro*\\c~e 40 millions d'hommes et de Femmes à travers le monde vivent avec le VIH.Au Québec, la maladie est en progression constante : plus de 20 000 personnes seraient porteuses du virus et 4 500 autres en seraient décédées.De plus, une personne séropositive sur trois ne sait pas qu'elle vit avec le VIH.Au-delà de tous ces chiFFres, la première des étapes est de vaincre l'ignorance vis-à-vis de cette maladie.Il est parFois dïFFïcïle de se débarrasser de certains préjugés, en lien avec la vie sexuelle et intime.Le 1er décembre étant la journée mondiale du sida et le début de la Semaine de sensibilisation au sida chez les Autochtones, L'Itinérairevous présente une réFlexion sur les tabous liés à cette maladie à travers le témoignage de deux de nos participants.L'occasion aussi de Faire le point sur l'ensemble des avancées scien ues et médicales. Le besoin de vivre malgré tout TEXTES ET PHOTOS PAR ALEXANDRA GUELLIL À la Clinique médicale l'Actuel, Albert T*, 57 ans, est à l'aise avec l'ensemble du personnel qu'il connaît bien.« On s'habitue à tout, même aux visites chez le médecin », s\u2019amuse-t-il.Cette clinique, qui existe depuis 1984, s\u2019est rapidement fait reconnaître dans le traitement du VIH et de l\u2019hépatite C si bien qu\u2019au-jourd\u2019hui, elle vient en aide à plus de 3 000 patients aux prises avec le VIH et 1 500 autres atteints d\u2019hépatite C.Chaque année, plus de 50 000 consultations sont assurées par les médecins de la clinique.Albert T a été co-infecté en 1993.C\u2019est-à-dire qu\u2019il a été simultanément infecté par le VIH et l\u2019hépatite C.S\u2019il a pu affronter la maladie et réaliser l\u2019importance de suivre les différents traitements, c\u2019est grâce à son médecin, Dre Sylvie Vézina.« Albert fait partie des cinq patients que fai eu peur de perdre, confie celle qui a évolué avec lui tout au long de son traitement, je savais qu\u2019il était capable de s\u2019en sortir.C\u2019est quelqu\u2019un qui avait du potentiel pour être un être humain complet et je sentais que je pouvais lui redonner une vraie vie.» A cette époque, Dre Vézina était l\u2019une des seules professionnelles qui acceptait de travailler avec les toxicomanes.Elle a même été jusqu\u2019à payer le traitement d\u2019Albert quand il n\u2019avait pas les moyens de se le procurer.« Je l\u2019ai fait parce que je voulais qu\u2019il réagisse et qu\u2019il comprenne que c\u2019était urgent.Sa situation était grave, on n\u2019avait plus le temps d\u2019attente.C\u2019était \"mon \"Albert et je voulais qu\u2019il guérisse.» De 1993 à 2002, l\u2019homme a vécu des épisodes douloureux venant de certaines relations avec les femmes qu\u2019il fréquentait.S\u2019il dit avoir toujours été honnête avec ses partenaires, il a souvent senti de la peur et un malaise dans l\u2019intimité.« En 2002, j\u2019ai failli mourir, je n\u2019avais pas les 56 piasses pour me payer les médicaments et c\u2019est mon médecin qui a pris l\u2019argent de ses poches.Quand j\u2019ai vu cela, j\u2019ai décidé d\u2019agir.» La docteure Vézina est une femme plus que passionnée par son travail.Elle mène depuis plusieurs années un double combat.Le premier est de prendre soin des siens, ses patients, ses collègues et ses proches.Et, le second, de lutter contre sa propre maladie.« Ce sont eux, mes patients, ces gens qui ont affronté le pire qui m\u2019ont montré le chemin à suivre.Et mes proches comme mes collègues me donnent le courage de continuer.» Suicide à long terme Albert a contracté le virus au début de sa trentième année.« A l\u2019époque, j\u2019étais un junkie et je n\u2019acceptais pas mon état, je ne vivais que pour la drogue.Le virus était dans une cuillère et je le savais, je me suis quand même piqué.C\u2019était un suicide à long terme.» Quand il a appris son diagnostic, il avait déjà entamé une cure de désintoxication.Sa réaction a été un mélange de déni et d\u2019abdication jusqu\u2019au jour où il a décidé de se reprendre en main.« j\u2019ai eu envie d\u2019un cognac.Il a d\u2019abord fallu que j\u2019accepte mon état avant que j\u2019agisse pour me soigner.Comment était-ce possible que mon médecin parvienne à croire en moi alors que je voulais renoncer ?» Pour Sylvie Vézina, l\u2019évolution de l\u2019état de santé d\u2019Albert est un merveilleux exemple de victoire sur le virus et préjugés qui y sont associés.« Aujourd\u2019hui, il est guéri de l\u2019hépatite C, le virus est contrôlé.Il a 57 ans, a travaillé les dernières années et est même en relation stable depuis deux ans.je crois qu\u2019avec tout cela, on peut dire qu\u2019il a une vie complète! » Leur relation patient-médecin a évolué quand il luttait contre l\u2019hépatite C.Un traitement qui « était très dur », avec de nombreux effets secondaires, mais qui n\u2019a fait que les rapprocher.« L\u2019un avait besoin de l\u2019autre mais je ne sais pas trop lequel », ajoute docteure Vézina, pensant à son vécu.14 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2015 *Noms fictifs Ses efforts n\u2019ont pas été vains.En 2003, après avoir suivi son traitement antirétroviral, Albert est devenu indétectable.Cela signifie que la quantité de virus présente dans le sang, appelé aussi la charge virale, est si faible que le virus est moins actif dans sa réplication.Ce ralentissement de l\u2019activité du virus a permis à son système immunitaire de se reconstruire.En d\u2019autres termes, si Albert demeure aujourd\u2019hui toujours porteur du virus, il ne peut le transmettre à sa conjointe.Les recherches scientifiques et médicales le prouvent, il est désormais possible pour les médecins de détecter le VIH à partir de 40 ou 50 copies de virus par millilitre de sang.Cette mesure est effectuée à l\u2019aide d\u2019une simple prise de sang.Selon le rapport du Consensus d\u2019experts de l\u2019INSPQ publié en mai 2014, un traitement antirétroviral efficace abaisse la charge virale à un niveau indétectable et « réduit de manière significative le risque de transmission du VIH ».Préjugés tenaces Le VIH/sida est une maladie qui a longtemps été l'origine de nombreuses idées reçues.Réjean Thomas, président de la Clinique L\u2019Actuel, expliquait dans une publication en lien avec les préjugés et la prévention du sida que la maladie « nous confronte à deux obstacles majeurs: les limites de la connaissance et la force des préjugés ».Selon celui qui a récemment reçu l\u2019Ordre du Nouveau-Brunswick, « si les préjugés sont si présents et si puissants, cèst qu'une maladie comme le sida a une valeur symbolique très importante ».Ayant des liens directs ou indirects avec « la sexualité, l\u2019homosexualité, la drogue, la prostitution, les origines ethniques et la mort, une telle maladie permet de cristalliser, d\u2019une manière arbitraire et aveugle, un ensemble de préjugés autour d\u2019un nouveau bouc émissaire ».Et, dans les années 1980-1990, ces préjugés étaient bien plus importants en raison des faibles connaissances et recherches dans le domaine.Le tabou était, selon certains, bien plus présent dans les petites villes.C\u2019est le regard que porte Jessy J* Aujourd\u2019hui âgé de 44 ans, Jessy a contracté le virus suite à un échange de seringue dans une piquerie de fortune qu\u2019il avait créée à Montréal.« Dans la p\u2019tite ville d\u2019où je viens, deux ou trois personnes se piquaient de temps en temps.VIH, sida, ITSS?£ Le VIH (Virus de l\u2019immunodéficience humaine) est ur virus qui affaiblit le système immunitaire chez l\u2019être humain.En d\u2019autres termes, c\u2019est une sorte de microbe (bactéries, parasites, champignons, etc.) qui provoque un affaiblissement du système immunitaire.£ Le sida (Syndrome de l\u2019immunodéficience acquise) est le nom donné au stade avancé d\u2019une infection par le VIH.Lorsque le VIH a, avec le temps, affaibli le système immunitaire et qu\u2019une personne commence à développer des signes de l\u2019infection, cela signifie qu\u2019elle a le sida.A contrario, avoir le VIH ne signifie pas être porteur du sida.Dans les deux cas, il est dit que la personne est séropositive, ou « vit avec le VIH » peu importe le stade de l\u2019infection.£ Les infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS) sont causées par des bactéries ou des virus qui se transmettent lors de contacts sexuels avec une personne infectée.Les ITSS incluent les maladies telles que le VIH, la chlamydiose, la gonorrhée, l\u2019herpès génital, les verrues génitales et la syphilis.Dre Sylvie Vézina ( 1er décembre 2015 | ITINERAIRE.CA Et avant, il n\u2019y avait pas dèndroit où l'on pouvait trouver des seringues non utilisées.Il fallait s\u2019arranger avec le monde ».Jessy est arrivé à Montréal avec cette même mentalité, partager ses seringues sans même se douter des risques possibles de transmission de maladies par le sang.« j\u2019étais jeune et inconscient.Cette seringue avait été utilisée par quelqu\u2019un qui était en phase quasi terminale.» Au moment du diagnostic, le jeune adulte est resté surpris sans trop savoir comment agir.« Le médecin avait dit à ma mère qu\u2019il me restait entre six mois et un an et demi à vivre.Tout le monde capotait.Les deux années suivantes, je ne m\u2019en souviens plus vraiment », commente Jessy.L\u2019homme dit avoir toujours eu des rapports « honnêtes » avec les femmes.« je l'ai pognée jeune cette maladie et ma plus grande misère a été de vivre avec ce que le monde pensait de moi.» Quand il a été contaminé, l\u2019amie de son père a eu des propos virulents à son égard, lui interdisant de revenir au domicile familial.« Pourtant, ses deux sœurs sont médecins, mais ils avaient peur que je contamine tout le monde », regrette-t-il.Lors de l\u2019entrevue, Jessy a tenu à préciser que tout le monde pensait l\u2019enterrer au moment où il a été diagnostiqué.Or, petite « vengeance personnelle », il dit avoir « enterré les trois-quarts de ceux qui pensaient cela.Même la mort ne voulait pas d\u2019moi ! » ironise-t-il sans retenue.Pour Jessy comme pour Albert, la lutte contre le VIH a été jonchée d\u2019obstacles qu\u2019ils ont su relever avec brio.Leurs histoires prouvent qu\u2019au-delà du diagnostic médical, c\u2019est bien plus l\u2019ignorance face à ce qu\u2019est la maladie et aux moyens de la transmettre qui reste encore à combattre.¦ L'essentiel sur le VIH-sida, les hépatites et les ITSS* Les moyens de protection Les moyens de transmission Le VIH peut être transmis uniquement lors de relations sexuelles non protégées, par le partage de seringue ou tout autre matériel utilisé pour injecter les drogues, par des aiguilles non stérilisées (tatouages et perçages).Aucune transmission nést possible par la parole, la toux, les éternuements, les câlins, les bisous, le fait de boire dans le même verre, en serrant la main, en mangeant ou en considérant humainement une personne séropositive.Tant qu\u2019il n\u2019y a pas de contact sanguin ou entre les muqueuses, il n\u2019y a pas de risque.Impossible donc de retrouver le virus dans les toilettes ou les serviettes.Le VIH ne se transmet pas par la peau qui reste une barrière infranchissable.Le VHC se transmet lorsque du sang contenant le virus entre dans le système sanguin d\u2019une autre personne.Cela se passe habituellement lorsqu\u2019il y a des brèches dans la peau, dans le nez ou la bouche, en réutilisant du matériel d\u2019injection ou tout autre objet où il pourrait y avoir des traces de sang (rasoirs, brosses à dents, etc.), durant la grossesse et l\u2019accouchement ou encore lors de rapports sexuels où il pourrait y avoir du sang.Légende urbaine La légende des seringues contaminées par le VIH retrouvées dans les parcs ou les cinémas qui pourraient infecter des passants ou même des enfants est fausse.Après quelques minutes à l\u2019air libre, le sang contenu dans une seringue coagule et le virus meurt aussitôt.Les seules données fiables concernant le risque de contracter une infection transmissible par le sang suite à une piqûre accidentelle proviennent des études faites chez les travailleurs de la santé.Ces données démontrent, d\u2019abord, que le risque de transmission est très faible et, ensuite, que les principaux facteurs de risque sont la présence de sang frais dans la seringue et la profondeur de la blessure.Les virus sont souvent sensibles aux variations de températures.Des virus vivants (VHB et VHC) ont rarement été retrouvés dans des seringues abandonnées.Toutes les contraceptions hormonales (la pilule, le stérilet, l'implant, les timbres contraceptifs ou encore les anneaux) ou locales (spermicides, ovules, diaphragme) ont comme seul but d\u2019éviter une grossesse.En aucun cas ces contraceptions ne permettent de protéger des infections sexuellement transmissibles (hépatites, ITSS ou VIH-sida).Il n'existe que deux protections efficaces contre le VIH : le préservatif (masculin ou féminin) et l'abstinence.Pour envisager des rapports sexuels sans risque et sans préservatif, les deux partenaires doivent avoir une relation stable et faire un test de dépistage.Tant qu\u2019il ne glisse ni ne se déchire, un préservatif (condom), qu\u2019il soit féminin ou masculin, offre une protection fiable contre l\u2019infection au VIH.Cependant, cette protection abaisse sans annuler complètement le risque de contamination par une autre maladie sexuellement transmissible (chlamydia, gonorrhée ou syphilis).Aucun des agents pathogènes ne peut traverser un préservatif intact.Toutefois, lors des rapports sexuels, les germes peuvent se transmettre par d\u2019autres voies, mains ou objets.L'hépatite B (VHB) Il s\u2019agit d\u2019une infection entraînant une inflammation du foie Ce virus est transmis par le sang ou les liquides organiques, tout comme le VIH-sida.Certaines personnes sont très infectieuses et d'autres non.Seule une analyse sanguine particulière permet de déterminer le degré de contagiosité.L'hépatite B peut être transmise par toutes les formes de contacts sexuels.Elle peut aussi se transmettre par des contacts proches, par des membres d'une famille et dans certains cas (par exemple, le fait de partager une brosse à dent ou un rasoir).Les utilisateurs de drogues injectables qui partagent des aiguilles ont un risque élevé de la contracter de même que le personnel médical qui est exposé au sang et aux liquides organiques.16 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2015 Une question de symptômes L\u2019infection du VIH n\u2019entraîne pas de symptômes qui peuvent se distinguer, si ce n\u2019est un peu de fièvre et de fatigue, comme dans le cas d\u2019une grippe ou d\u2019une mononucléose (« maladie du baiser »).Ces symptômes ne sont pas systématiques et disparaissent rapidement et ce, pendant plusieurs années.Le seul moyen de savoir si une personne est infectée par le VIH est le test de dépistage (voir page 19).Les « symptômes » attribués à tort au VIH sont ceux du sida.Lorsque le système immunitaire ne peut plus défendre l'organisme contre le VIH, celui-ci envahit le corps et fatigue les défenses immunitaires, laissant la place libre à toutes les infections.On parle alors d'infections opportunistes: elles profitent d\u2019une baisse des barrières pour entrer et infecter l'organisme déjà affaibli.La couverture médicale La couverture est garantie sans restriction pour tous les médicaments d\u2019ordonnance figurant dans la section générale de la Liste de médicaments du Québec.Cette section inclut une large gamme de médicaments couvrant la plupart des problèmes médicaux.A trois exceptions près, tous les antirétroviraux approuvés pour le traitement du VIH au Canada sont couverts.L\u2019enfuvirtide (Fuzeon, T-20) en est un exemple.Ce dernier est qualifié de médicament d\u2019exception parce que certaines conditions se rapportant à l\u2019état de santé et aux antécédents de traitement du patient doivent être respectées pour que le remboursement soit approuvé.Aptivus et Prezista sont les deux médicaments anti-VIH qui ont récemment reçu le feu vert de Santé Canada.Le Conseil du médicament examine actuellement des demandes visant l\u2019inclusion de ces derniers sur la prochaine Liste de médicaments.Assurances et statut sérologique Une personne doit dévoiler son statut sérologique à un assureur au moment de la signature du contrat, seulement si on le lui demande explicitement, tout comme il est obligatoire de renseigner sur toutes autres conditions médicales.Si elle omet de dévoiler sa séropositivité au moment de la signature du contrat, elle pourrait voir ce dernier annulé et se faire accuser de fraude.Si cette même personne est diagnostiquée après la signature du contrat, l\u2019assureur doit se baser sur l\u2019état de santé du bénéficiaire au moment de la signature du contrat.Bien que la Charte des droits et libertés de la personne prévoie l\u2019interdiction de refuser un contrat à une personne en raison de son handicap, elle prévoit aussi que, dans le cadre de contrats d\u2019assurance ou de régimes sociaux, les distinctions soient faites selon l\u2019état de santé qui ne constitue pas une discrimination.Divulguer son statut sérologique ?La plupart du temps, la décision de divulguer sa séropositivité relève d\u2019un choix personnel.Il n\u2019existe aucune loi obligeant une personne à dévoiler des éléments liés à sa santé à la famille, aux amis.De la même façon, il n\u2019est pas nécessaire de divulguer sa séropositivité à un propriétaire, à un employeur, aux collègues, à des amis de classe ou à la direction d\u2019une école.Contrairement aux idées reçues, il n\u2019existe aucune obligation liée à la divulgation d\u2019un statut sérologique à un dentiste ou autre professionnel de la santé.Une personne peut décider de le faire uniquement si elle souhaite recevoir des soins adéquats et appropriés.La question reste différente quand il s\u2019agit de partenaires sexuels, c\u2019est-à-dire toute personne avec qui une personne a des relations sexuelles : conjoint(e), partenaire régulier ou occasionnel.Au Canada, les personnes vivant avec le VIH ont l\u2019obligation, en vertu du droit criminel, de dire à leurs partenaires sexuels qu\u2019elles sont séropositives avant d\u2019avoir une relation sexuelle.La loi canadienne reconnaît comme obligatoire la divulgation du statut sérologique en fonction de certaines pratiques sexuelles.Autrement dit, s\u2019il y a une activité sexuelle qui, selon la loi, comporte une possibilité réaliste de transmettre le virus et que la séropositivité n\u2019est pas divulguée à un partenaire, il est possible d\u2019être accusé d\u2019un crime sérieux.1er décembre 2015 | ITINERAIRE.CA Donner son sang Au Québec, le don du sang est légiféré par des normes strictes.Ainsi, il demeure impossible pour un homme ayant eu une relation sexuelle avec un homme au cours des cinq dernières années ou pour une personne qui s\u2019injecte des drogues par seringue de donner son sang.D\u2019autres règles sont liées aux pratiques sexuelles ou à un séjour en prison de plus de 48 heures consécutives au cours des douze derniers mois.Il est impossible pour une personne ayant reçu un diagnostic positif au VIH-sida ou aux hépatites B et C de donner son sang.Évolution du traitement En grande partie en raison des médicaments antirétroviraux, le VIH est maintenant considéré comme une maladie chronique, mais maîtrisable.Les traitements ont évolué permettant aujourd\u2019hui à de nombreux patients d\u2019avoir une charge virale indétectable et une vie quasi normale.Cependant, le virus n\u2019est pas supprimé de l'organisme.Conséquence directe: en cas de diminution du système immunitaire, le virus pourrait se démultiplier et envahir l'organisme, jusqu'à développer le sida.Espérance de vie Il y a eu une augmentation importante et significative de l'espérance de vie et une diminution de la mortalité parmi les personnes vivant avec le VIH (PVVIH).Le meilleur accès et la prise accrue de médicaments antirétroviraux ont été associés à une amélioration des résultats et à une pharmacorésistance réduite parmi les PVVIH.Transmission de la mère à l'enfant Le risque de transmettre l'infection de la mère à l'enfant existe, mais est loin d'être automatique.En l'absence de traitement, le risque « naturel » de transmission est de 15 à 25 %.L'allaitement par la mère infectée est un facteur qui augmente ce risque jusqu'à 45 %.Cependant, lorsque la mère suit un traitement précis durant la grossesse, le risque est réduit à moins de 2 %.Le nouveau-né reçoit lui aussi un traitement à la naissance, durant une ou plusieurs semaines.Accès au traitement Le traitement au Canada est offert publiquement par l'entremise des systèmes de santé provinciaux et territoriaux, et la plupart des PVVIH accèdent au traitement, aux soins et au soutien.Toutefois, ce ne sont pas toutes les PVVIH qui accèdent au traitement recommandé.Pour être efficaces, les médicaments doivent être pris quotidiennement et le traitement ne doit pas être interrompu.Toutes ces informations sont fondées sur les meil leures données disponibles La plupart d\u2019entre elles proviennent des Estimations de la prévalence et de l\u2019inci dence du VIH, 2011, publiées par l\u2019Agence de la santé publique du Canada (ASPC) et de la source d\u2019information à jour et impartiale sur le VIH et l\u2019hépatite C au Canada (Catie 18 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2015 15 lieux où se Paire dépister à Montréal MONTRÉAL Clinique médicale du Quartier latin 905, boul.René-Lévesque Est (514) 285-5500 cliniquequartierlatin.com SPOT Service complet de dépistage du VIH et des autres infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) pour les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes.1223 - A, rue Amherst (514) 529-7768 spotmontreal.com/ Clinique médicale l\u2019Actuel 1001, boul.de Maisonneuve Est, bureau 1130 (514) 524-1001 cliniquelactuel.com RÉZO 2075, rue Plessis (514) 521-7778 rezosante.org/ Médecins du Monde Clinique communautaire de dépistage pour les personnes à statut d\u2019immigration précaire 338, rue Sherbrooke Est medecinsdumonde.ca Clinique médicale Opus 1470, rue Peel Suite 850, Montréal Tour A, 8e étage, local 850 cliniqueopus.com/ Plein Milieu 4677, rue Saint-Denis (514) 524-3661 pleinmilieu.qc.ca/Accueil Dopamine 3591, rue Sainte-Catherine Est (514) 251-8872 dopamine.ca/ LAVAL CLSC du Marigot 1351, boul.des Laurentides, Laval (450) 668-1803 GAP-VIES 7355, boul.Saint-Michel (514) 722-5655 gapvies.ca/ Clinique médicale (Alternative 2034, rue Saint-Hubert (514) 281- 9548 cliniquedelalternative.com CSSS Jeanne-Mance - CLSC des Faubourgs Points de service du CLSC des Faubourgs : 1705, rue de la Visitation 1250, rue Sanguinet 2260, rue Parthenais (514) 527-2361 santemontreal.qc.ca/CSSS/jeannemance CSSS Jeanne-Mance - Clinique des jeunes de la rue CLSC des Faubourgs : 1250, rue Sanguinet (514) 527-9565, poste 3682 Ketch Café : 4707, rue St-Denis (514) 985-0505 jeannemance.ciusss-centresudmtl.gouv.qc.ca CSSS de la Montagne - CLSC Métro 1801, boul.de Maisonneuve Ouest (514)934-0354 clscmetro.qc.ca Se poser les bonnes questions é Quand passer un test de dépistage ?Les plus récents tests de dépistage du VIH effectués à partir d\u2019une prise de sang peuvent détecter la présence du VIH de 16 à 40 jours après une prise de risque.Ce sont ces tests qui détectent les anticorps du VIH ainsi que l\u2019antigène P24.Toutefois, un test négatif suite à une période aussi courte n\u2019est pas fiable à 100 %.Les tests de dépistage rapide du VIH effectués en prélevant quelques gouttes de sang au bout du doigt atteignent leur fiabilité maximale trois mois après la prise de risques.Se faire dépister annuellement est une habitude de santé à avoir lorsqu\u2019il y a activité sexuelle avec une crainte d\u2019une prise de risques.é Pratiques sexuelles ou relations sexuelles non protégées ?Le port du préservatif est efficace pour prévenir l\u2019infection au VIH.Cependant il ne permet pas de contrer toutes les infections transmissibles sexuellement (ITS) comme l\u2019herpès ou les condylomes.L'efficacité du condom dépend de la façon dont il est utilisé.S'il n'est pas utilisé régulièrement et de la bonne manière, le risque d'exposition au VIH, aux ITS et de transmission de ces derniers augmente.é Avoir une relation stable ou fonder une famille?Avant d\u2019abandonner le préservatif (condom), il est nécessaire pour les deux partenaires de passer un test de dépistage.Il est possible pour une femme séropositive de mener une grossesse normale et d\u2019avoir un bébé séronégatif uniquement si elle suit les traitements adéquats.CSSS du Cœur-de-l\u2019île - CLSC Villeray 1415, ruejarry Est (514) 376-4141 PHOTO: SIMON PO SMC ACTUALITES PAR NORMAN RICKERT CAMELOT MÉTRO OUTREMONT ET VAN HORNE/DOLLARD leseditionsnormartmuse.word press, com L\u2019entrevue avec David Suzuki a été réalisée en anglais et traduite par Norman Rickert.David Suzuki est un généticien et un militant écologiste canadien né en 1936 à Vancouver.Il anime l'émission de télévision The Nature of Things.Il dirige une Fondation qui porte son nom et a écrit plusieurs livres et publications.Il est lauréat du prix Kalinga pour la science de l'Unesco et s'est vu décerner la médaille des Nations Unies pour l'environnement.JF\" r MM) A Transmettre l'espoir d'une vie meilleure à nos petits-enfants Dans un livre très personnel, Lettres à mes petits-enfants, David Suzuki, cinq Fois grand-père, raconte les épisodes les plus marquants de son parcours.Économie, écologie, politique, citoyenneté, l'homme passe en revue les grands enjeux de notre société à travers un témoignage qui se veut un héritage à laisser aux générations Futures.Un discours porteur d'espoir alors que le débat des 80 cheFs d'État, réunis du 30 novembre au 11 décembre à Paris pour la conFérence internationale sur le climat, pourrait avoir une incidence majeure sur l'avenir de notre planète.Vous venez de publier un livre, Lettres à mes petits-enfants, dans lequel vous racontez des épisodes de votre parcours.C\u2019était important pour vous de laisser une trace à vos descendants ?Oui.Mes grands-parents sont arrivés au Canada entre 1902 et 1904.Ils étaient très pauvres et sans éducation, ils sont venus au pays pour les opportunités dèmploi.Ils n'ont jamais appris l'anglais.Ils ont vécu au Canada jusqu'après la guerre.Ma mère et mon père sont nés au Canada.Ils m'ont dit « tu es Canadien, ici, tu parles anglais, si tu désires apprendre une deuxième langue, apprends le français ».Je n'ai jamais appris le japonais, je n'ai donc jamais eu l'occasion d'avoir une conversation avec mes grands-parents, et quand ils sont décédés, je me suis rendu compte que beaucoup de questionnements concernant mes racines familiales étaient restés sans réponse.Maintenant que j'approche de ma fin de vie, je ne veux pas mourir sans avoir transmis auparavant certaines valeurs importantes à mes petits-enfants.Vous expliquez avoir clairement vécu le racisme enfant.Pensez-vous que l\u2019eugénisme pourrait revenir en force dans le monde occidental ?Oui, je crois que cela pourrait revenir aujourd\u2019hui.Les généticiens au tout début du XXe siècle étaient si excités par leurs découvertes concernant les plants de maïs, les mouches à fruit et les souris exemples inspirants Le Bhoutan est un minuscule pays niché entre la Chine et L'Inde.Pendant 200 ans, ses habitants ont résisté à l'envahissement de leur territoire par leurs voisins, ils sont restés cachés dans leur pays en prétendant qu'ils n'existaient pas.Le roi a finalement décidé un jour qu'il fallait se montrer au reste du monde.On lui a demandé dans une conférence quel était le PIB du Bhoutan : « je n'en sais rien, a-t-il répondu, mais nous mesurons par contre le Bonheur national brut ».Si vous allez en Equateur ou en Bolivie, leur constitution inclut la notion de Pachamama, c\u2019est-à-dire la Terre-Mère.Cela signifie qu\u2019elle possède le droit constitutionnel d'être protégée.Par exemple, un entrepreneur en construction est venu avec son tracteur à chenilles pour décharger du sable et du gravier directement dans une rivière sacrée.En vertu de Pachamama, l\u2019entrepreneur a été poursuivi en justice et a dû nettoyer la rivière.U qu'ils ont commencé à appliquer leurs observations sur les êtres humains.Par exemple, ils étudiaient les mouches à fruit et faisaient un lien avec l'alcoolisme, en sautant à des conclusions hâtives.Ces gens n'étaient pas des fous, c'étaient des généticiens qui faisaient un lien entre leur travail de recherche et le fait que les assistés sociaux étaient génétiquement différents.Cela a eu beaucoup de conséquences : on a connu de l'eugénisme en Alberta, où jusqu'aux années 1960, on stérilisait des personnes par centaines parce qu'on 1er décembre 2015 | ITINERAIRE.CA 21 La grande tragédie de notre époque, ce nést pas le manque d'initiatives positives pour la préservation de l'environnement, c'est vraiment ce qui se passe dans notre tête.Le défi consiste à changer nos comportements.estimait quelles avaient des troubles mentaux.Vous devez être prudent quand vous faites des recherches scientifiques, il y a des découvertes mineures dont vous exagérez la portée.Vous dites en parlant de votre père que « la seule idée d\u2019avoir recours à l\u2019aide sociale le répugnait ».A ses yeux, c\u2019était vu comme un manque de fierté, comme un manque de caractère et comme de la paresse.Plusieurs camelots qui travaillent à L\u2019Itinéraire vivent en partie sur l\u2019aide sociale et cherchent à casser ces préjugés.Qu\u2019auriez-vous envie de leur dire ?C'était le contexte de l\u2019époque.Quand mes grands-parents sont arrivés au Canada, le pays était raciste et ils savaient que pour être en mesure de survivre ici, ils devaient travailler encore plus dur que les autres.Ce sont les valeurs qu\u2019ils nous ont transmises.Au début du XXe siècle, l'aide sociale n'existait tout simplement pas.Le président de l'association médicale canadienne, qui venait de Terre-Neuve, avait déclaré que les assistés sociaux devraient être stérilisés, que c\u2019était à cause de leurs gènes.Ceci nous ramène au danger d'affirmer que ces gens sont différents.Ce qui me révolte là-dedans, c'est qu'aucun médecin ne se soit opposé à son point de vue.Par exemple, si je vous disais qu\u2019il y avait 40 % de chances que des fœtus aient plus tard des problèmes d\u2019alcoolisme et de toxicomanie et que 80 % d\u2019entre eux allaient recevoir l\u2019aide sociale, nous pourrions en conclure que nous économiserions beaucoup d\u2019argent en ayant recours à l\u2019avortement.Cette façon de penser est vraiment dangereuse.Dans votre livre, vous dites que « nous travaillons très fort pour combler nos désirs, et non nos besoins ».Pourriez-vous nous en dire plus sur ce sujet ?Quand mes parents sont sortis de la Grande Dépression, ils nous ont transmis ce qu'ils ont appris eux-mêmes : vivre selon ses moyens, épargner, partager, ne pas être avare, aider son prochain.Une des choses qu\u2019ils nous répétaient constamment, c'était de travailler durement pour gagner de l'argent afin de subvenir à nos besoins essentiels.Mais il ne faut pas courir après l'argent dans le but de devenir important.Je suis fier que notre société ait des programmes comme l\u2019aide sociale.Je crois en une société dans laquelle on partage avec les plus pauvres.Je crois à l\u2019instauration d'un revenu citoyen garanti pour tous.Mais je constate plutôt un effritement de ces valeurs.Pour Harper1 les assistés sociaux sont un fardeau pour l'économie, ils coûtent cher, ils trichent.Cette façon de penser, ce n\u2019est rien que de la bullshit.Vous dites que les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui ont une attitude très différente que celle de leurs aînés au même âge.Pensez-vous que les humains commencent à changer de comportement ?Quand j'étais jeune, un ministère de l'Environnement n'existait tout simplement pas, peu importe le pays.L'écologie n'avait aucune importance, contrairement à aujourd'hui.L'environnement, c'était seulement une question de ressources à exploiter.S'il y avait possibilité de couper une forêt ou de forer un puits, alors on ne se posait pas de questions, on y allait.On pouvait polluer l'air et l'eau 1.NDLR: L\u2019entrevue a été réalisée avant l\u2019élection générale du 19 octobre 2015.V * r ^ Ta J?''jêj - y i 22 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2015 sans problème, car personne n'était conscient des conséquences de la surexploitation des ressources.Les jeunes d'aujourd'hui sont au courant des enjeux.Ils savent que la gestion actuelle de l'environnement constitue une sérieuse menace pour leur bien-être futur.Avez-vous déjà songé à vous lancer en politique ?J'ai déjà eu des occasions de le faire dans le passé mais aujourd\u2019hui, je suis trop vieux pour ça.Je crois que j'ai maintenant un rôle spécifique, un peu comme les aînés d'une communauté.Ces derniers ne sont plus intéressés à l'appât du gain, au profit.Je n'ai plus rien à perdre.Je n'éprouve plus à mon âge le désir de jouer à ce jeu-là.Les PDG retraités devraient s'exprimer à propos de l'environnement.Le PDG d'une des plus grandes entreprises forestières de la Colombie-Britannique m'a poursuivi et m'a attaqué sur mes convictions.Lorsqu'il a pris sa retraite, il a commencé à financer ma fondation, car il savait pertinemment qu'il avait été dans l'erreur.Le discours populiste de Donald Trump vous semble-t-il dangereux ?Savez-vous quoi, j'aime entendre ça, car M.Trump nous montre le côté cinglé du Parti républicain.J'espère qu'il remportera l'investiture pour être candidat à la présidence, car il pourrait être opposé à Bernie Sanders.Il vient de nulle part, il a touché une corde sensible chez nos voisins du Sud et suit de près Hillary Clinton dans les sondages.C\u2019est un candidat de l'extrême gauche, selon les standards américains, et ça ferait un beau duel idéologique avec Donald Trump.La conférence de Paris 2015 sur le climat est-elle selon vous « la conférence de la dernière chance », comme certains médias l\u2019annoncent ?C'est vraiment notre dernière grande chance.Cette conférence sera la 21e du genre, les précédentes n'ayant rien donné.Deux événements récents me donnent de l'espoir.Les deux plus grands émetteurs de gaz à effet de serre de la planète - les Etats-Unis et la Chine - ont commencé à discuter sérieusement des objectifs de réduction.C'est une avancée majeure.M.Harper répétait constamment que le Canada ne pouvait rien changer dans ce domaine-là, que c'était la responsabilité du gouvernement américain.L'autre avancée énorme, c'est l\u2019encyclique du Pape François qui appelle chacun de nous à s'engager pour préserver la planète.Je suis athée, mais j'ai lu et relu ce texte et ça me fait pleurer à chaque fois.J'aurais souhaité l'avoir écrit.Le Pape a accompli quelque chose d\u2019énorme, la sauvegarde de l\u2019environnement est pour lui une question d'ordre moral et éthique.Nous parlons de l'avenir de notre planète, de nos enfants et petits-enfants.Comment pouvons-nous, en tant que citoyens, changer nos comportements pour faire avancer les choses ?La balle est maintenant dans le camp de la société civile.Le vrai changement doit venir de la base.Le Québec constitue un exemple à suivre dans ce sens.Je suis toujours étonné qu'ici à Montréal, les manifestations peuvent mobiliser des centaines de milliers de personnes, comme par exemple celle du Printemps érable de 2012.Des manifestations de cette envergure n'ont pas lieu dans les autres provinces.C'est de ce type d'implication dont nous avons besoin.On constate que les politiciens élus pour servir la population ne le font pas, c'est notre responsabilité d'exiger qu'ils nous rendent des comptes, qu\u2019ils écoutent nos propositions et non celles des multinationales.On devrait mesurer la santé d'un pays non par la richesse d'une poignée d'individus outrageusement riches, mais par le statut des plus démunis d'entre nous dans la société.Comment ceux-ci se portent est la vraie mesure du succès d'une société.Stephen Harper croit fermement que l'économie est plus importante que l'air que nous respirons.Si vous manquez d'air pendant trois minutes, eh bien vous mourrez.Alors vous en venez rapidement à la conclusion que la protection de l'environnement constitue la priorité numéro un.lettres à Lettres à mes petits-enfants David Suzuki Traduit de [\u2019anglais par Danièle B la in Les éditions du Boréal Montréal, 2015, 272 pages 1er décembre 2015 | ITINERAIRE.CA 23 VIE CITOYENNE PAR BENOÎT CHARTIER CAMELOT IGA PROMENADE ONTARIO ET MÉTRO RADISSON\t4 ^.Les écoquartiers ont 20 ans M àaime-M Rencontre avec Roxanne L'Écuyer, directrice générale de la Société écocitoyenne de Montréal (SEM), à Sainte-Marie, qui dresse un portrait des écoquartiers de la métropole.Pouvez-vous nous expliquer comment le projet des écoquartiers a débuté?Le programme a été créé en 1995.A l\u2019époque, quand l\u2019administration a souhaité implanter ce programme, c\u2019était pour faire concordance avec les débuts de la collecte sélective à Montréal.La meilleure façon était de faire un travail graduel de sensibilisation en s\u2019appuyant sur des organismes déjà bien implantés dans les quartiers.Plusieurs organismes communautaires sont donc mandatés à Montréal pour gérer les écoquartiers.Petit à petit, on s\u2019est mis à monter d\u2019autres projets en parallèle, comme les comités d\u2019action citoyenne ou comme les ruelles vertes, qui sont aussi financées par Environnement Canada.Mais les écoquartiers continuent à représenter 75 à 80 % de nos activités.Pouvez-vous nous expliquer le concept des ruelles vertes ?Les 13 ruelles vertes de Sainte-Marie sont toutes des demandes qui sont venues de citoyens.Ce sont les gens qui viennent à nous.On a une liste d\u2019attente.Il y a deux critères : est-ce que la ruelle a besoin d\u2019être verdie ?Est-ce qu\u2019il y assez de citoyens impliqués ?Si ces deux critères sont remplis, il y a une liste d\u2019attente.On va chercher du financement auprès d\u2019Environnement Canada ou auprès d\u2019autres ressources, et les citoyens sont aidés par un horticulteur et un chargé de projet verdissement.Quelles sont vos principales problématiques aujourd\u2019hui ?Le financement reste le nerf de la guerre.La mobilisation, c\u2019est un autre problème, elle reste toujours un défi.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on a vingt ans et qu\u2019on a réussi à mobiliser des dizaines de milliers de personnes que c\u2019est gagné.Souvent, les nouveaux thèmes sont très mobilisateurs, au détriment des anciens thèmes.Aujourd\u2019hui, on parle beaucoup de l\u2019agriculture urbaine, de la biodiversité, des toits verts.Quand on parle de recyclage, on dirait que les gens sont passés à autre chose, mais il y a encore beaucoup de travail à faire.Roxanne L\u2019Ecuyer, directrice de la SEM* i $ 4 L 3143 I it 7 .F Quel est le premier projet que vous avez développé?Le premier gros mandat a été l\u2019implantation du recyclage.Nous faisons partie de la première vague des écoquartiers à Sainte-Marie.Le deuxième gros projet a été la propreté.Avant ça, il n\u2019y avait pas forcément de politique de propreté.L\u2019idée était d\u2019impliquer les citoyens, de créer le pont entre les services municipaux et les citoyens, de trouver des façons de sensibiliser et de faire en sorte que les gens s\u2019impliquent directement.Que pourrait-on faire de plus pour l\u2019écologie à Montréal ?Encore une fois, je trouve ça dommage qu\u2019on délaisse les questions de base au niveau recyclage, au niveau propreté.Les taux de récupération de Ville-Marie tournent autour de 60 %.C\u2019est très bien, mais ça veut dire qu\u2019en 2015, il y encore 40 % des matières qui ne sont pas recyclées et qui s\u2019en vont aux déchets.¦ Quels genres de problèmes avez-vous rencontrés au début?Avec-vous observé une résistance au changement de la part des citoyens?Je pense que le premier frein à l\u2019époque, c\u2019était la déresponsabilisation, les gens se disaient « la propreté, c'est la responsabilité de la Ville ».Le programme écoquartiers était là pour faire comprendre aux gens qu\u2019il y a aussi une responsabilité citoyenne.Quelles ont été vos plus belles réalisations en 20 ans?Les deux projets dont nous sommes le plus fiers et qui ont le plus de répercussions, ce sont les ruelles vertes et le réseau de compostage communautaire.Techniquement, n\u2019importe quel habitant du quartier devrait avoir une compostière à côté de chez eux.Les compos-tières sont barrées, il faut s\u2019inscrire, suivre une petite formation, payer un petit dépôt et on reçoit une clé.On rejoint environ 450 foyers avec ce dispositif mais ce n\u2019est qu\u2019un début.24 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2015 C.V.de Cardinal Cardinal en colère dès l\u2019éclosion, Je fracasse ma coquille A coups violents de patte Ma vie d\u2019oisillon durant.A mon départ du nid familial, Mon allure de pilote automatique Me mène droit à l\u2019écrasement; Mais un hibou bibliophile Croise ma déroute.Ses yeux écarquillés m\u2019envoûtent.Malgré mon envergure rabougrie par le doute Je le suis jusqu a son duché : Une forêt en feuillets débitée, Support des Corneille, Butor, Merle du domaine, De leurs envolées.Convaincue d\u2019avoir déniché LE repaire, Je réclame un emploi au maître des lieux Qui, prêt à m\u2019enseigner l\u2019abc du métier, Me proclame sur le champ libraire.Huit ans d\u2019un essor constant Auprès de mon mentor le hibou Dépassent en plaisir La lecture des meilleurs romans.Arrive pourtant le jour fatidique Où mon patron, au bout du rouleau, Interrompt cette fabuleuse fiction En léguant sa boutique A son rejeton noir corbeau, Un blanc-bec incapable D\u2019estimer le trésor littéraire Hérité de son père, Dont il s\u2019empresse D\u2019abattre les rayons, D\u2019écorcer les reliures.La coupe radicale De mon boisé enchanté M\u2019anéantit.J\u2019erre longtemps sans but Avant d\u2019atterrir sur le perchoir De mes semblables, les déplumés, Où nous récupérons, Gonflons nos ailes, Du bois sortons.Sur les pavés de la ville, Nous imprimons L\u2019Itinéraire de notre libération.Depuis, je distribue fièrement Les pages de nos révolutions : La parution à bord de laquelle Je voyage vers vous ! Atteinte (extrait) SLAMS DE CAMELOTS Quand un membre d\u2019là famille t\u2019annonce qu\u2019il a le cancer Tes pupilles vacillent, surprise, ça fout à l\u2019envers Qui sait comment réagir, quoi dire sans mentir Pleurer ou garder le sourire On espère tous qu\u2019a va guérir Parce que, à voir ses yeux, sa face, on dirait qu\u2019il pleut Qu\u2019est-ce que tu veux que je fasse J\u2019ouvre mes bras anxieux, je l\u2019enlace J\u2019trouve plus les bons mots à ses plaintes L\u2019opération, la chimio, les rayons de la radio activent ses craintes Maintenant à moitié éteinte, pour un rien elle s\u2019éreinte Ses cheveux tombent et ils n\u2019ont plus la même teinte Elle succombe à ses plaintes, une colombe atteinte Une tumeur pour que tu meures Ça change les habitudes Doutes-tu de tes aptitudes ?L\u2019inconnu sème l\u2019inquiétude L\u2019Ativan calme les peines, ses amplitudes Ton corps passe à l\u2019étude du mal en multitude Divorcée, célibataire, ça commence à s\u2019corser dans son compte bancaire Autre tragédie de cette maladie, c\u2019est qu\u2019la colonie gruge les économies de la secrétaire Y me semble qu\u2019elle a déjà assez de stress à gérer Maman, tu m\u2019as aidé, tu sais que pour toé j\u2019irais partout sur cette sphère Au plus profond de la mer parce que je suis vraiment fier que tu sois ma mère MC JUNE POETE, SLAMMEUR ET RAPPEUR ENGAGÉ HTTPV/WWW.JUNEREP.COM/ Café corsé Aujourd\u2019hui je suis cassée J\u2019ai bu mon café corsé Trop carré dans mon corset J\u2019ai le corps serré Mes collants collent ma peau Ma cuisse sort de mes eaux J\u2019avorte mes émotions Je drogue mes passions Je cri mes mots à l\u2019ombre Je guéri mes maux sombres Seule élevée par mes squelettes Je cours où pour sortir des cachettes Je bois mon café noir d\u2019illusion J\u2019oublie mon passé dépassé La société peut s\u2019rhabiller Comment veux-tu ton café ?CINDY TREMBLAY ¦| POÈTE ET P1.CAMELOT BEAUBIEN/29e AVENUE JOSÉE CARDINAL EX-LIBRAIRE ET DISTRIBUTRICE À L\u2019ITINÉRAIRE décembre 2015 | ITINERAIRE.CA 25 INFO RAPSIM PAR MARJOLAINE DESPARS COORDONNATRICE ADJOINTE RAPSIM ' Services d'injection supervisée Une des clés de la prévention Offert dans une soixantaine de villes à travers le monde, dont à Vancouver, les services d'injection supervisée (SIS) sont un lieu où les personnes qui consomment par injection peuvent se rendre pour consommer sous supervision de la drogue qu'elles apportent de l'extérieur.En offrant un lieu sécuritaire avec de bonnes conditions d\u2019hygiène, l\u2019objectif des SIS est de réduire les risques liés à la consommation par injection.Là où des SIS existent, les villes ont fait le constat que le nombre de seringues à la traîne a chuté et que moins de personnes s\u2019injectent dans l\u2019espace public, ayant donc comme effet positif d\u2019assurer une meilleure cohabitation dans les parcs et autres espaces publics.Autre fait important à noter, le nombre de délits liés à la consommation de drogue n\u2019est pas en augmentation suite à l\u2019implantation de SIS.De plus, en offrant du matériel d\u2019injection stérile lors de chaque visite, les SIS aident à réduire la prévalence du VIH et de l\u2019hépatite C chez les utilisateurs de drogue par injection.Par ailleurs, ces services aident grandement à réduire le nombre de décès par surdose notamment grâce à la présence de personnel formé.En ce sens, en 2011, nous apprenions que depuis la création d\u2019insite à Vancouver, le nombre de personnes mortes d\u2019une surdose a diminué de 35 % dans le quartier où est situé le centre, le Downtown Eastside.Des SIS à Montréal ?Suite à ces constats, il est évident que les bienfaits liés à la mise en place de SIS sont nombreux.Depuis plus de cinq ans, les organismes montréalais qui interviennent auprès des utilisateurs de drogue par injection sont très impatients de mettre en place leurs propres services.Plusieurs étapes ont déjà été franchies afin de pouvoir ouvrir à Montréal des SIS dont l\u2019approbation par le gouvernement du Québec et la recherche d\u2019appuis.L\u2019ouverture de SIS a reçu l\u2019appui des tables de concertation locales, des partenaires communautaires, du réseau de la santé ainsi de la Ville de Montréal et de son service de police.Ainsi, à Montréal, ce ne sera pas un, mais quatre SIS qui verront le jour.Trois ouvriront éventuellement leurs portes au sein des locaux de Cactus Montréal, de Spectre de rue et de Dopamine et un quatrième sera un service mobile qui se déplacera dans plusieurs quartiers, opéré par l\u2019Unité d\u2019intervention mobile l\u2019Anonyme.Toutefois, avant de pouvoir ouvrir de tels services, l\u2019établissement de santé montréalais responsable de la supervision des injections dans les SIS, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud de l\u2019île de Montréal (CIUSSS C-S), doit encore obtenir une exemption de la part du gouvernement fédéral en vertu de la loi réglementant les drogues.La demande d\u2019exemption a été déposée en juin dernier, les groupes et le CIUSSS C-S attendent désormais des nouvelles.En ce 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le sida, pour la santé des usagers de drogue par injection, souhaitons une réponse rapide et positive de la part d\u2019Ottawa ! Souhaitons également que le gouvernement du Québec débloque réellement les sommes nécessaires à l\u2019aménagement et au fonctionnement des SIS.parce que la santé est un droit ! ¦ À ce jour, le VIH-sidaest responsable de la mort de plus de 36 millions de personnes.C\u2019est en leur mémoire que la Table des organismes communautaires montréalais de lutte contre le sida organise cette année une Vigile de commémoration du 1er décembre.A l\u2019occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, il demeure essentiel de prendre le temps de se recueillir pour mieux honorer la lutte des personnes touchées par le virus.\t¦ ¦ Quand Heure Lieu 1er décembre 2015 Parc de l\u2019Espoir (coin Sainte-Catherine est et Panet - métro Beaudry) |> A H Ç | Il Le réseau d'aide aux personnes seules et itinérances de Montréal l\\ft ( J I 1*1 www.rapsim.grg | Têt.: 514 379-1949 26 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2015 PHOTO: DIEGO CERVO (I23RF) VJ-'- & t' Z&it V i-L-C i Espoir climatique COMPTES A RENDRE PAR IANIK MARCH ÉCONOMISTE INDÉPENDANT Pour la première Fois de son histoire, le gouvernement du Canada a une ministre de l'Environnement et Changement climatique, Catherine McKenna.Aux côtés du nouveau ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, on a un peu d'espoir de voir le Canada jouer à nouveau son rôle sur la scène internationale.On oublie, en effet, que M.Dion a été ministre de l'Environnement et qu'en tant qu'hôte du Sommet de Montréal en 2005, il a gagné beaucoup de respect des principaux acteurs dans le monde.En politique, les mots ne sont pas que des mots, ils possèdent également une charge symbolique très forte.En choisissant d\u2019accoler au mot environnement la notion de changement climatique, Justin Trudeau envoie un message fort, à la fois aux Canadiens et à l\u2019ensemble de la planète.Il s\u2019agit bien sûr d\u2019une rupture symbolique importante du règne Harper, qui a tout fait pour miner les efforts du Canada en matière de lutte aux changements climatiques.De plus, le tandem McKenna-Dion montre qu\u2019on considère que la question ne touche pas uniquement la protection des écosystèmes, mais également la santé publique, la géopolitique internationale et l\u2019économie, entre autres.Représentativité On a souligné, avec justesse, que la composition du gouvernement Trudeau montrait que le Canada entrait enfin dans le 21e siècle.Parité femmes-hommes, présence de deux personnes handicapées au sein du cabinet et de plusieurs représentant-e-s de groupes minoritaires.Si l\u2019on peut saluer cette plus grande représentativité, ce sont bien évidemment sur ses gestes et ses décisions que nous pourrons juger le gouvernement dans les prochains mois.S\u2019il souhaite véritablement mettre en place un gouvernement du 21e siècle, je crois que le premier ministre devra transformer en profondeur le mode d\u2019opération de son cabinet à trois égards.D\u2019abord, radicalement décentraliser le pouvoir.Depuis vingt ou trente ans, les décisions de l\u2019exécutif se sont graduellement concentrées au cabinet du premier ministre.A un point où sous les conservateurs ces dernières années on avait l\u2019impression que les ministres n\u2019étaient que des porte-parole de Stephen Harper.Deuxièmement, donner un plus grand rôle aux députés non ministres, particulièrement au sein des Commissions parlementaires, institutions fondamentales de notre système parlementaire complètement vidées de leur sens et de leur pouvoir sous les derniers gouvernements.Il y a 30 ministres dans le cabinet Trudeau, en plus du premier ministre, mais 307 autres dépu-té-e-s composent la Chambre des Communes.Ces femmes et ces hommes représentent encore plus les Canadiens que les membres du cabinet et leur travail doit servir l\u2019ensemble de la collectivité.Finalement, il faut absolument décloisonner les ministères.Si la séparation nette des portefeuilles avait sa raison d\u2019être au début du 20e siècle, elle ne reflète plus la complexité de notre monde.On ne peut pas élaborer des politiques publiques pour le développement économique sans tenir compte de l\u2019environnement, de la recherche scientifique et technique ni même de l\u2019éducation et de la culture.Et vice-versa, dans tous les sens.Une des grandes leçons que nous avons apprises ces dernières années est la profonde interaction entre toutes les sphères de l\u2019activité humaine.Cette complexité, le gouvernement devra en tenir compte dans l\u2019élaboration de ses politiques publiques, afin de faire face aux défis qu\u2019elle génère.¦ 1er décembre 2015 | ITINERAIRE.CA 27 I # Projet de loi 70 Qu'attends-tu C\u2019est à se demander si le ministre se rend compte lui-même du ridicule de ce qu'il propose On vient d'apprendre que le gouvernement Couillard a déposé le projet de loi 70 pour Forcer les nouveaux arrivants à l'aide sociale à se soumettre à des programmes d'insertion à l'emploi.Ceux qui accepteraient se verraient gratifier d'un bonus sur leur chèque, tandis que les réfractaires pourraient voir leur « grasse » prestation réduite de moitié.Pour des économies somme toute négligeables (50M$ par an), les libéraux sont sur le point de modifier complètement la mission de l'État envers sa population la plus démunie.Quand on menace de priver quelqu\u2019un de 300 $ des quelque 600 $ qu\u2019il gagne par mois, on peut s\u2019entendre pour dire qu\u2019il ne s\u2019agit pas vraiment d\u2019une proposition de bonne foi.En acceptant les nouvelles mesures d\u2019insertion à l\u2019emploi, un nouveau prestataire - ceux déjà inscrits ne sont pas concernés pour l\u2019instant - gagnerait jusqu\u2019à 250 $ par mois.Sauf qu\u2019il devrait accepter un emploi n\u2019importe où, n\u2019importe comment.Le ministre dit lui-même que si « les BS » doivent déménager de Montréal à Québec pour se « sortir de la pauvreté » et « retrouver leur dignité», et bien ils n\u2019auront qu\u2019à le faire.Pour leur part, les réfractaires devraient se contenter d\u2019un revenu annuel de 3696 $ ! « Chaque citoyen doit faire un effort, surtout pour améliorer son sort et gagner sa dignité », dit Sam Hamad.Faut-il comprendre par là que le ministre responsable de la « solidarité sociale » considère que les assistés sociaux n\u2019ont pas de dignité ?La gueule de l\u2019emploi Quand on a une « gueule » de pauvre, pas tellement de linge chic pour une hypothétique entrevue, pas vraiment de références, pas de diplômes à brandir, pas le capital culturel pour bien baratiner dans une entrevue, pas de CV garni à présenter, est-ce qu\u2019on s\u2019imagine vraiment que le prestataire lambda va trouver un boulot à 300 miles de chez lui ?Quand on a déjà tenté sa chance sans succès chez tous les commerçants et les entreprises qu\u2019on connaissait dans son quartier ou sa région, les libéraux pensent-ils sérieusement que les prestataires vont se mettre à aller appliquer dans une ville où ils n\u2019ont jamais mis les pieds ?La réforme prévoit-elle rembourser les coûts de déménagements, puisqu\u2019il est bien connu que chaque prestataire cache toujours un camion sous son veston ?Tant qu\u2019à rester dans l\u2019évidence, il est aussi bien connu que lorsqu\u2019un chèque de BS n\u2019arrive même pas à couvrir la passe de métro qui permettrait d\u2019aller passer des entretiens d\u2019embauche ou d\u2019aller distribuer des CV, il est entendu que ledit prestataire aura bien plus de chances de trouver du travail à quelques centaines de kilomètres de chez lui.Ce genre d\u2019obsession idéologique typiquement néolibérale pour la recherche d\u2019emploi 24/7, 365 jours par année serait risible si elle ne portait pas à tant de conséquences.Quand les conservateurs l\u2019ont appliquée pour l\u2019assurance-emploi, au moins ils la balisaient.Le prestataire devait accepter un emploi à 70 % de son ancien salaire dans un rayon de 100 kilomètres de son domicile.28 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2015 PHOTO : DANIEL KAESLER Avec la loi de Sam Hammad, il n\u2019y a désormais plus aucune limite : un boulot sur la lune à 25 cents de l\u2019heure ?Mais qu\u2019attends-tu fiston, travaille ! C\u2019est à se demander si le ministre se rend compte lui-même du ridicule de ce qu\u2019il propose.Le cheval de Troie des préjugés Peut-être qu\u2019à force de siéger à Québec, les élus libéraux ont fini par se faire contaminer par les radios-poubelles de la région qui donnent dans la diarrhée verbale à longueur de semaine contre les assistés sociaux.Les « maudits BS ».Pas fou, pour introduire en douce l\u2019obligation du travail forcé dans le programme d\u2019aide sociale ('workfare plutôt que welfare), le ministre passe par un des préjugés les plus tenaces contre les assistés sociaux : les assistés de père en fils ou de mère en fille.A en croire les libéraux, ces hordes de jeunes seraient les nouveaux barbares attendant leur majorité pour mieux piller les finances publiques, le cœur sanglant du contribuable entre leurs dents pleines d\u2019écume.Disons-le clairement : le fait est qu\u2019il n\u2019y a pas un enfant qui grandit au Québec en se disant « moi quand je vais être grand, je rêve d\u2019être sur le BS ».Oui monsieur, cela même dans les familles d\u2019assistés sociaux.Si on se retrouve sans-emploi à un jeune âge, c\u2019est en général pour plein de raisons complexes pas forcément joyeuses.Des paresseux et des profiteurs ?Oui, il y en a certainement.Mais certainement pas plus que dans n\u2019importe quel milieu social, et certainement moins qu\u2019au Sénat par exemple.D\u2019ailleurs, quand il évoque les nouveaux arrivants à l\u2019aide sociale, le ministre parle toujours d\u2019une « grande majorité qui a moins de 29 ans ».Une affirmation on ne peut plus floue, qui ne correspond à aucune catégorie d\u2019âge qu\u2019on utilise en général dans les statistiques, les sondages ou la sociologie.Pourquoi ce recours au «29 ans » ?Serait-ce que le nombre de prestataires dits « de père en fils » serait finalement plutôt insignifiant?Il n'y a pas un enfant qui grandit au Québec rêvant d'être sur le BS Serrer lavis On nage ici en plein dans les préjugés.Au nom de l\u2019austérité et d\u2019économies de bouts de chandelles, on menace de couper des gens qui sont déjà dans une misère absolue.Car il est démontré que lorsqu\u2019on leur offre des programmes de formation ou de retour au travail qui sont autre chose que de l\u2019exploitation grossière ou du brainwash bidon, les bénéficiaires y participent généralement avec enthousiasme.Croyez-moi, ils sont plutôt rares les gens qui ne veulent rien faire dans la vie.En introduisant une réforme majeure en tablant sur un préjugé tenace [ben oui chose, c\u2019est donc vrai que ça pas d\u2019allure d\u2019être BS de père en fils), on applique enfin le vieux fantasme néolibéral.Tu veux que L'Etat te verse une pitance de misère, ben tu vas travailler pour.Sinon démerde-toi.Cela sans égard aux droits fondamentaux, à [obligation du gouvernement de soutenir les plus démunis et les plus mal pris, à la plus élémentaire solidarité sociale et quelques autres peccadilles du genre.Gageons que le gouvernement a cru déceler le maillon faible pour introduire sa réforme beaucoup moins banale qu\u2019il n\u2019y paraît.Car une fois le principe introduit et accepté, pourquoi s\u2019arrêterait-il aux nouveaux assistés sociaux ou aux plus jeunes ?En tablant sur le préjugé le plus répandu sur ce que l\u2019on considère comme les « mauvais pauvres », il déclare finalement la guerre aux pauvres au grand complet.¦ Paris Bataclan, mélopée triste du massacre Il est en nous Ce cancer Cette allumette qu'on peut craquer D'autres victimes innocentes Sur les trottoirs de Paris Rouge sang du Bataclan Roxanne à Paris J'espère qu'elle va bien Ça fait déjà deux ans Qu'on ne s'est pas vu J'entends les cris déchirants à la radio De ces âmes piétinées et exsangues Il faut se boucher les oreilles On a été CHARLIE Et dix mois ont passé Les fous de Dieu ont tué encore Triste hécatombe On est maintenant PARIS Ville Lumière aux ampoules brisées Mais ne sera jamais sombre Ne pas se laisser envahir Par la haine qui germe en nous Quoi qu\u2019on en dise et quoi qu\u2019on fasse Ne pas leur donner du pouvoir La peur, c\u2019est comme un cancer Transmise par des gens au cerveau lavé A l\u2019eau de javel d\u2019un pays lointain Lennon a chanté Que c'est possible D\u2019imaginer l'impossible Que tous les gens Pourraient vivre sans crainte En toute sérénité Je sais que je ne suis qu'un rêveur Mais il y en a autres que moi Est-ce un idéalisme béat Car préjugés et intolérance Sont monnaie courante En espèces sonnantes et trébuchantes ~K NORMAN RICKERT CAMELOT MÉTRO OUTREMONT ET VAN HORNE/DOLLARD DANS LA TETE DES CAMELOTS On est entré dans le monde par le ventre de notre mère, dans tout le plasma.On est né dans la « mer ».Si je pouvais être un élément de la nature, je serais l'eau.Je suis de descendance amérindienne, iroquoise.On dit que quand on va dans l'eau, pour nager ou se laver, on se rappelle du moment où on était dans le ventre de notre mère.Quand on travaille fort, on doit boire de l'eau pour nous retrouver de l'énergie, on en a besoin pour vivre.On dirait qu'être dans l'eau, ça purifie, ça rappelle de bons souvenirs.Moi, ça me rappelle la Gaspésie, des histoires de Noël.GAÉTAN DURETTE CAMELOT FLEURY/BÉLANCER Le roseau La forêt Un roseau plie mais ne casse jamais.Le chêne casse au vent, lui.Moi, je m'adapte à la société.Comme le roseau qui s'adapte au vent.Il vaut mieux plier quelques fois et ne pas casser qu'être rigide et casser au moindre coup de vent.On appelle ça mettre de l'eau dans son vin.Je favorise donc la compréhension avec les autres, l'écoute active.On ne peut pas toujours être d'accord.BENOÎT CHARTIER CAMELOT MÉTRO RADISSON ET ICA PROMENADE ONTARIO Je serais la forêt, même si là elle manque un peu de cheveux ! C'est les poumons de la nature.Depuis qu'on a fait des coupes à blanc, le temps a radicalement changé, en tout cas d'où je viens en Abitibi.C'est devenu beaucoup plus humide, on sent le réchauffement climatique.J'aime les animaux dans la forêt.Aller en forêt me donne de la liberté, la paix, elle me permet de mieux respirer.C'est pas sur la rue Saint-Denis en tout cas que je peux bien respirer ! Quand j'étais jeune, j'allais dans la forêt avec mes amis.On avait juste ça, la forêt.Tout se passait là.JEAN-PAUL LEBEL CAMELOT MÉTRO BERRI-UQAM SORTI E SAINT-DENIS Le vent Le vent se promène, accélère, s'adoucit, devient plus fort, plus faible.Le vent voyage, circule, observe.Il ressent les choses, la chaleur comme le froid.Il nous apporte des sensations particulières aussi : ça peut être une brise comme une rafale.J'aime beaucoup voyager, je suis du type sauvage, avec un sac à dos.Je suis nomade comme le vent, pour sortir du confort habituel et rencontrer des inconnus.Avec des inconnus, je peux parler de tout, de choses qui, si j'en parlais à des parents ou des proches, me mettraient mal à l'aise.Je me sens plus libre d'exprimer mon opinion et écouter celle des autres.ÉRIC DION CAMELOT-PARTICIPANT J'aimerais être beaucoup d'affaires, mais ce que je préfère, c'est l'aigle.Il vole, il vole loin et haut, il voit tout.Il reste dans les montagnes et il a une vue perçante, il a donc le temps de se préparer s'il arrive quelque chose.J'adore les montagnes, la vue est incroyable.Je m'y sens supérieure, ça me donne une impression de puissance.J'ai été sur le top des montagnes, les Rocheuses, à Vancouver.Ça donne un peu le vertige, mais c'est magnf fique.L'aigle, c'est le roi des oiseaux.Moi, je suis la reine des camelots ! L'aigle, il n'a pas de prédateurs.FRANCE LAPOINTE CAMELOT SAQ MONT-ROYAL je serais WwHl La nature fait partie de nous.Elle nousVcréés/elle-nous nourrit, elle nous fascinerelle nogs inspire si bjén que parfois, on aimerait cfîÆtter nos corps pour prendre^a forçne d\u2019un élément naturel, d\u2019une plante, d'un animal.Et vous, que seriez-vous ? FRANCE BEAUMONT CAMELOT CENTRE D'ACHAT DU DOMAINE Le Soleil Le Soleil brûle, c\u2019est un peu à cause de lui qu\u2019il y a du carbone 14, c\u2019est grâce à lui que les choses sont gravées dans le temps.Le feu, l\u2019eau, la terre et l\u2019air, c\u2019est comme la hiérarchie des éléments.C\u2019est le feu qui gagne tout le temps, l\u2019air le nourrit.La terre s\u2019asséche à cause du Soleil.On n\u2019a pas le choix, chaque jour le Soleil se lève, quand il fait 40 degrés tu ne peux pas enlever de la peau tu brûles quand même.Quand les choses se réchauffent, c\u2019est là que les odeurs émanent.C\u2019est là qu\u2019on ressent la présence de quelque chose, sa vie.Tout part du Soleil ! Je suis sur la Terre et je vois le Soleil d\u2019un certain oeil, mais si j\u2019étais le Soleil, peut-être que je pourrais voir la Terre d\u2019un autre oeil.CYBELLE PILON CAMELOT SAINT-ZOTIQUE/SAINT-HUBERT i Le cheval Je voudrais être un cheval.Mon père est presque né dans une écurie, et moi aussi, j\u2019ai été élevée avec des chevaux ! J\u2019allais à l\u2019écurie avec mon père quand les chevaux partaient.Ils étaient beaux, j\u2019aimais les voir courir.Je les flattais, je faisais des tours à cheval, de l\u2019équitation.J\u2019allais me promener à l\u2019extérieur, aux alentours, dans la rue.J\u2019étais à la campagne, dans la banlieue de Montréal.J\u2019ai toujours aimé la nature, il n\u2019y a pas de pollution comme en ville.Aujourd'hui, on n'a plus d'écurie.Mais je vais encore à la Place Dupuis, l'Hippo-Club, Les Atriums.Ils font jouer les courses de chevaux.Le vent NICOLE GIARD CAMELOT MÉTRO LONCUEUIL ET FABRE / BÉLANGER Le poisson exotique Aller dans l'océan, ça fait du bien.Les bains de mer, c'est bon pour le système nerveux.Et la mer nous donne du poisson à volonté.J'aimerais ça être un poisson exotique qui n'a pas d'ennemis.Pas un piranha là ! Un poisson des Caraïbes, de toutes sortes de couleurs.Ça me donnerait une vie sans problèmes, un poisson comme ça ne se fait jamais manger.La mer sert à beaucoup de choses pour l'être humain.Elle nous apporte des vertus.J'ai déjà été sur un bateau de pêche à l'Ile-du-Prince-Edouard.la mer, ça fait du bien, ça décompresse ! SERGE DUMONT CAMELOT RENAUD-BRAYSAINT-DENIS Le vent va dans toutes les directions, comme un oiseau fragile qui saute de branche en branche.Le vent peut me conduire dans des endroits que je n'aurais jamais pensé atteindre.J'aime par-dessus tout avoir un abri fixe, mais quand je vais dehors, j'aime découvrir, je suis curieuse.Le vent se faufile partout, dans toutes les directions.Il est fort, il n'y a pas une place qui lui résiste.Je veux être comme le vent et passer à travers toutes les épreuves de la vie.La source J'aime la chanson L'eau vive de Guy Béart : « Ma petite est comme l'eau, elle est comme l'eau vive / Elle court comme un ruisseau, que les enfants poursuivent ».L'eau est insaisissable, nourricière, purificatrice, essentielle à la vie.Un être humain sans eau ne peut vivre.Les plantes et les animaux non plus.On ne peut pas prendre de l'eau dans nos mains, ça nous coule entre les doigts.L'eau, c'est l'infini, la mer c'est immense ! Il y a la transformation de l'eau, elle se transforme, et la vie c'est une transformation.c'est quelque chose de nécessaire dans la vie.C'est comme les quatre saisons, il n'y a pas les quatre saisons de Vivaldi pour rien.Mais maintenant, avec la pollution, c'est rendu cinq saisons ! Pour moi c'est guérisseur aussi l'eau, l'eau de source permet de soigner des maladies incurables.Les eaux thermales comme l'eau de Vichy ont également des vertus pour la santé.Les bains Scandinaves aussi, les bains de vapeur enlèvent le méchant.L'eau, c'est une force de la nature.DENISE RIVARD CAMELOT-PARTICIPANTE MOTS DE CAMELOTS Un orchestre divin N'étant pas un habitué des soirées de théâtre, de ballet ou de gala, ma soirée au concert du 29 octobre m'a comblé bien au-delà de mes espérances.Je ne sors pas beaucoup.Ce concert-bénéfice de l'Orchestre symphonique de l'Agora au profit du groupe L'Itinéraire fut un beau succès.Mais il m'a apporté une satisfaction qui surpasse ces considérations.En effet, j'ai eu mes deux minutes de gloire lors de ce concert levée de fonds.La prestation de Charles Richard-Hamelin, celle de Sarah Halmarson, de Nicolas Ellis et son orchestre furent mémorables.Quant à moi, à qui on avait demandé de réciter une traduction française de deux lieder (poèmes chantés) de Schubert, avant qu'ils ne soient chantés par la délicieuse Sarah Halmarson, soprano, je garderai un souvenir impérissable de ces moments.Afin de détendre un peu l'atmosphère dans l'audience, je me suis approché du lutrin et du micro, j'ai ajusté mon veston, ma cravate et j'ai posé sur ma tête ma casquette de L'Itinéraire.J'ai entendu les rires de la foule et j'ai eu un frisson de ravissement.Après ma récitation, j'ai salué bien bas Sarah, le chef et ses musiciens tout en retirant ma casquette.Des moments que je ne suis pas près de revivre.Alors, je vais chérir et partager ces moments à toutes les occasions possibles.L'OSA, organisme à but non lucratif, est un concept lumineux qui permet d'amasser des fonds pour des organismes qui œuvrent pour l'environnement, la lutte contre la pauvreté, la santé mentale et autres.L'OSA a été fondé en 2012 par Nicolas Ellis, l'actuel directeur artistique et c'est une initiative à laquelle participent de jeunes musiciens qui parfois, ne peuvent vivre de leur art, comme Martine Bouchard, flûte traversière, qui possède une maîtrise en musique mais travaille comme bénévole à la rédaction L'Itinéraire.L'OSA est dans mon cœur.Ma soirée au concert Guy Boyer lisant la traduction d un lieder de B Shubert sur la scène de l\u2019Orchestre I symphonique de l\u2019Agora GUY BOYER CAMELOT SAINT-DENIS /DULUTH Le 29 octobre dernier, j\u2019ai eu l\u2019occasion d\u2019assister à un concert de grande envergure digne des plus grands spectacles de musique classique au monde.J\u2019étais avec les membres de L\u2019Itinéraire à la salle Pollack de l\u2019Université McGill.C\u2019était un spectacle bénéfice dont les fonds servaient à financer notre organisme.Le jeune chef de l\u2019Orchestre symphonique de l\u2019Agora, Nicolas Ellis, dirigeait l\u2019ensemble musical comme un génie.Il est chef assistant en résidence à l\u2019Orchestre symphonique de Québec, le doyen des orchestres symphoniques au Canada.Il y avait aussi un pianiste du nom de Charles Richard-Hamelin, révélation musique classique de Radio-Canada.D\u2019ailleurs, sa prestation était radiodiffusée en direct sur Ici Radio-Canada Musique.Avant le spectacle, l\u2019animatrice Françoise Davoine et la directrice générale de L\u2019Itinéraire, Christine Richard, ont parlé avec éloquence de notre organisme.Parlons maintenant du concert lui-même.Je me sentais comme au paradis avec cette musique pratiquement divine.Tout était bien synchronisé.A la fin du concert, j\u2019ai eu la chance de rencontrer l\u2019oncle et la tante du pianiste prodige, qui venait de remporter à Varsovie la deuxième place du Concours international Frédéric-Chopin.Je pourrais le nommer le Mozart du XXle siècle.\u201c\u201c .SERGE TRUDEL CAMELOT MARCHÉ MÉTRO MORGAN Mohawk / Abénaki CHRONIQUE PAR LORRAINE SYLVAIN CAMELOT MÉTRO PEEL 'à\\ Shékon / (Bonjour !) J'ai passé la plus grande partie de ma vie en province, où tout le monde parlait Français.Les quelques personnes que j'ai pu connaître ayant un de leurs parents d'une autre origine ethnique ou culturelle parlaient le même Français que moi.Comme ceux de ma génération, j'ai appris l'anglais à travers d'improbables cours de langue seconde à l'école primaire et secondaire.À ma connaissance, ce n'est qu'au cégep que j'ai eu accès à un proFesseur qui avait réellement vécu en milieu anglophone ! J'ai aussi écouté les Beatles et Star Trek à la télé.À lage de cinquante ans, en 2001, j\u2019ai emménagé à Montréal.J\u2019ai ressorti mon anglais, puis j\u2019ai réalisé que la majorité des gens parlaient en fait trois langues.J\u2019ai donc décidé de m\u2019y mettre.Mais holà.Ma mémoire, qu\u2019on avait qualifiée d\u2019exceptionnelle dans ma jeunesse, avait flanché, d\u2019abord sous le poids des abus, puis de l\u2019âge.Le coup fatal survint lors d\u2019une opération chirurgicale assez banale, où j\u2019ai malencontreusement fait une grave réaction allergique à un agent colorant : je me suis ramassée aux soins intensifs, avec cinq anesthésistes pour me sortir de là ! Je n\u2019ai pas réalisé tout de suite que j\u2019avais perdu la mémoire ! Je me trouvais bien normale.Puis je suis allée travailler dans le milieu des ateliers de couture, côtoyant ainsi des personnes de différentes nationalités.Dans un effort de fraternisation, je décidai d\u2019apprendre l\u2019arabe, avec son monde de subtilités, et le vietnamien, avec la musicalité de ses intonations.Après huit mois, je n\u2019étais pas encore passée à travers le simple alphabet arabe.Quant au vietnamien, c\u2019était une jungle d\u2019arbres aux troncs linéaires.Deux poids, deux mesures Découragée, je me mis à réfléchir davantage au fait que nous, Québécois francophones, demandions aux immigrants d\u2019apprendre notre langue, alors que manifestement nos ancêtres avaient négligé d\u2019apprendre les langues autochtones en abordant le continent.Deux poids, deux mesures.Si j\u2019étais Dieu, j\u2019intimerais l\u2019obligation aux enfants de maternelle de commencer à apprendre au moins Lorraine Sylvain, métisse de génération indéterminée * cinquante mots d\u2019une langue autochtone.Comme je ne suis pas Dieu, j\u2019ai choisi d\u2019abandonner l\u2019apprentissage de l\u2019arabe et du vietnamien, et de plutôt m\u2019appliquer à celui du mohawk (Kanienkehaka), encore parlé par les descendants de ceux qui vivaient ici avec les colonisateurs à Montréal, aux premiers temps de la colonie.Chaque jour depuis trois ans, j\u2019apprends un mot.Je n\u2019ai toujours pas plus de mémoire, et même, j\u2019en ai moins.Je réapprends sans cesse les mêmes mots.Un mot que j\u2019ai appris douze fois, lorsqu\u2019il redevient le mot du jour, je le salue comme un vieil ami : « Ah ! Oui, c\u2019est toi, je te reconnais, là ! ».Mais jamais je n\u2019aurais pu l\u2019extirper de ma mémoire.Cela conserve mon humilité.La langue est magnifique, dans sa construction des verbes surtout, et je ne cesse de m\u2019émouvoir.Tutuwas ! Tutuwas ! Il y a deux ans, je suis allée à Rimouski.Par rapport à Montréal, si on se réfère à la carte des territoires autochtones, on passe du territoire des Mohawks à celui des Abénakis, puis des Malécites, et on arrive à l\u2019orée de celui des Mic-Macs.J\u2019ai sorti ma tablette et lorgné du côté de ces diverses langues au cours de mon périple.De mes familles paternelle et maternelle, j\u2019ai du sang que je crois être abénaki.Géographiquement, c\u2019est ce qui s\u2019avère le plus probable.Pour la protection des enfants métis vivant dans les sociétés blanches, il fallait éviter de leur parler de leurs origines.Je me souviens de mes beaux oncles bruns aux yeux étirés.A une période de ma vie, après deux années passées « à l\u2019indienne » dans la forêt, mon père a baissé les bras et m\u2019a avoué : « Tagrand'mère, enn\u2019avait».Ce qui veut dire : « Elle en avait, une origine amérindienne ».La langue abénakise a été perdue dans les années soixante, et elle cherche présentement à être revitalisée, dans la mesure du possible.Cherchez sur Internet la chanson Tutuwas, tutuwas, encore interprétée par les Passamaquodys du Maine, dont la langue est similaire à celle de nos Abénakis.On y parle des aiguilles de pin qui tombent sur les tambours pendant les soirées de célébration.Ensuite, venez me voir au métro Peel, où je vends L\u2019Itinéraire, sortie Stanley.Je suis debout, sur une mosaïque circulaire du plancher, signée Jean-Paul Mousseau.Si vous restez assez longtemps, vous sentirez le plancher trembler doucement lorsque la rame de métro arrive, et vous deviendrez avec moi une de ces aiguilles de pin que le sort a jetées au hasard de la vie.Vous deviendrez humble, vous serez emporté par le destin, vous comprendrez l\u2019acceptation, vous accéderez à la joliesse des images.C\u2019est ainsi que je sais que je suis Abénakise plus que ma peau ne le laisse paraître, et de mon tambour je salue mes frères Mohawks, dont j\u2019emprunte la langue si belle, parce que j\u2019ai perdu la mienne.Onen (au revoir).¦ 1er décembre 2015 | ITINERAIRE.CA 33 CARREFOUR Les camelots exposent au marché de Noël du CREP Le vendredi 4 décembre, le Centre de ressources éducatives et pédagogiques (CREP), partenaire de L\u2019Itinéraire, tiendra son traditionnel marché de Noël, où seront exposées les créations originales des participants de différents organismes communautaires montréalais (Centre d\u2019apprentissage parallèle, Atelier d\u2019artisanat du centre-ville, etc.).Tableaux, bijoux, cartes de Noël, foulards et autres objets seront présentés.A cette occasion, plusieurs membres de L\u2019Itinéraire proposeront leurs œuvres à la vente.¦ Beauté universelle Céline Marchand ¦ Vendredi 4 décembre 2015,12 h à 19 h Au CREP, 3000 rue Beaubien Est, Montréal Soleil Jacques Élyzé Erreur Gilles Leblanc Une journée commence avec des objectifs, des plans faits à l\u2019avance.Au début, l\u2019œuvre semble facile à réaliser, il ne faut qu\u2019un peu de talent et beaucoup d\u2019arrogance.Jusque là tout va bien, car mon caractère exigeant me donne suffisamment confiance en mes moyens! Comme je ne suis pas un grand technicien en arts plastiques, je fais souvent des erreurs de maladresse.J\u2019inclus toujours un élément de recherche dans mes toiles, histoire de m\u2019enseigner de nouvelles façons de faire.De cette façon, je m\u2019améliore en devenant plus complet en tant que peintre et plasticien.C\u2019est de cette manière que je m\u2019oblige à réparer mes erreurs, toutes accidentelles ! Lorsque je reconnais avoir fait tout mon possible, l\u2019œuvre est terminée.Peindre pour faire beau n\u2019est pas ce que je vise.C\u2019est une activité strictement occupationnelle ! (GB) ¦ Sir Paul jeune Norman Rickert 34 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2015 PHOTOS : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA SSSSHi De la vente et du social INFO CAMELOTS PAR JEAN-PIERRE MÉNARD REPRÉSENTANT DES CAMELOTS Dans votre magazine du 1er novembre 2015 je vous parlais de l'équipe de rédaction qui aidait les membres à produire des textes pour le magazine.Aujourd'hui, je vais vous parler de l'équipe du développement social.Les salariés du développement social interviennent surtout au rez-de-chaussée des locaux L\u2019Itinéraire, au 2103 Sainte-Catherine Est.C\u2019est le lieu d\u2019accueil des participants, c\u2019est ici que nous prenons notre café, que nous mangeons les repas de la cafétéria, et que nous achetons nos magazines avant de les vendre dans la rue.Pierre, responsable du café, accueille les camelots et gère les participants en programme d\u2019insertion qui travaillent dans la cuisine.Yvon, agent de développement, recrute les nouveaux camelots et leur explique les techniques de vente.Il cherche aussi de nouveaux lieux de vente du magazine.Deux intervenants psychosociaux, Jean-François et Lauriane, notre dernière arrivée, sont à l\u2019écoute des participants au quotidien et les accompagnent dans leurs démarches, comme la recherche d\u2019emploi ou la recherche de logement.Ils sont amenés à donner des conférences pour expliquer les problématiques liées à l\u2019itinérance et à la réinsertion sociale et professionnelle.Ils sont aussi chargés de créer des partenariats avec d\u2019autres organismes communautaires, afin de rediriger les participants vers les bonnes ressources.Ils supervisent notre jeune stagiaire, Sofia, qui est présente pour un an et les assiste dans leurs missions.Marianne, du Centre de ressources éducatives et pédagogiques, développe différentes activités des activités au sein de L\u2019Itinéraire et hors des murs.Tout ce monde est chapeauté par Shawn, le chef du développement social.Merci à vous ! ¦ Calendrier 100 % CONÇU PAR LES CAMELOTS à vendre dès Novembre 2015 iiyOTO : décembre 201E MOTS DE CAMELOTS Choisir sa vie, choisir sa mort avec dignité Letting You Go, film hollandais, diffusé le 29 octobre dans le cadre du festival du film sur la maladie mentale Au contraire, m\u2019a particulièrement interpellé.Nous sommes confrontés à la véracité de ce documentaire sur l\u2019auto-euthanasie, un sujet tabou.La jeune femme, Sanna, vit de lourdes séquelles de sa maladie mentale et choisit la mort comme soulagement permanent.Son entourage l\u2019accompagne dans sa démarche.Le processus s\u2019échelonne sur plusieurs mois.Personne ni rien ne peut la détourner de son trajet final.Sanna sait répondre aux multiples questions de ses proches et elle est consciente qu\u2019ils auront un lourd deuil à porter.Le visionnement fut suivi par des questions avec un panel constitué de la réalisatrice du film, Kim Faber, et du père de Sanna.Il y a eu un malaise généralisé dans la salle quand on a demandé à Mme Faber de clarifier les raisons de son choix de sujet face à cette jeune femme et à son père dans la lourdeur des événements.Mme Faber a répondu que c\u2019est à la suite d\u2019un suicide traumatique dans son entourage qu\u2019elle s\u2019est demandé s\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019autre façon de procéder au suicide sans tout le secret et la violence qui l\u2019entourent.Elle a alors découvert que l\u2019euthanasie est légale aux Pays-Bas.Il y a une organisation qui accompagne les gens désireux de mettre fin à leur vie.C\u2019est ainsi qu\u2019elle a rencontré Sanna.J'ai trouvé touchant ce film qui parle de dignité humaine et des profonds désarrois de la maladie mentale.Il m\u2019a rappelé mon parcours et ma vie avec la maladie mentale.Quand mes ténèbres ont côtoyé les lumières de l'espoir, via des personnes heureusement rencontrées, ma vie s\u2019est transformée en courtepointe colorée.QU'ALAIN COMMU'NOS-TERRES CAMELOT ÉPICERIE MÉTRO SAINT-JOSEPH/16e AVENUE L'Itinéraire : Un soleil pour me relever Je savais au plus profond de moi qu\u2019un jour je retrouverais la lumière, et cette lumière, je la retrouve en premier lieu dans les yeux de mes enfants, et dans la gentillesse sincère des gens que je rencontre depuis mon arrivée récente à la vente du journal L\u2019Itinéraire.La générosité des gens m\u2019a tellement étonnée ! De se rendre compte qu\u2019il y a des personnes qui t\u2019apprécient comme tu es, malgré des moments difficiles, m\u2019a redonné encore plus une joie de vivre, de l\u2019espoir.Cette expérience chasse ma solitude et me redonne de l\u2019inspiration.J\u2019adore mon aventure au journal.Certaines rencontres sont comme des trésors, et le rayonnement de certains me réchauffe.Effectivement, je vois bien qu\u2019il y a encore beaucoup de préjugés, et je peux comprendre ceux pour qui le cercle de la pauvreté est totalement inconnu.Ce que je comprends moins, c\u2019est le dénigrement et l\u2019indifférence.De ce côté, je suis pas mal endurcie ! Je ne suis pas meilleure pour ça, je trouve simplement que j\u2019ai assez perdu du temps à m\u2019en faire pour ce genre d\u2019attitudes.Merci à L\u2019Itinéraire pour le bel accueil, et pour me permettre de me rebâtir.Cela me fait relever un autre défi dans ma vie, qui sans doute avait bien besoin de cela! Un gros merci à tous ! Et merci beaucoup Chantal pour ton temps précieux à améliorer ma rédaction.TANIA CROISETI ÈRE-LANG EVIN CAMELOT GARE CENTRALE Un pur hasard Un beau samedi de septembre, je travaillais avec l\u2019édition du 15 septembre.Tout allait bien.Après avoir dîné, en début d\u2019après-midi, j\u2019étais devant l\u2019escalier mobile.Très honnêtement, je lançais mon message en direction des gens.Tout à coup, il y a un beau grand jeune homme noir qui vient me voir en me disant : « Bonjour madame, j\u2019ai quelque chose à vous demander.Je lui réponds : Allez monsieur, je vous écoute.A ma grande surprise, il me demande : Avez- vous l\u2019édition du premier juillet 2015 ?Celle de l'art qui guérit ?» J\u2019avais justement une enveloppe de ces journaux.Je demande au jeune homme si je peux regarder dans l\u2019enveloppe que j\u2019ai en main.Il me dit « oui », avec étonnement.J\u2019avais justement l\u2019édition qu\u2019il voulait avoir.Il me l\u2019achète.Il en fut un bel étonnement pour ce jeune homme et pour moi aussi, en même temps.Il y avait des moments que je me demandais pourquoi je gardais cette enveloppe.Maintenant, j\u2019en suis très heureuse, car elle a trouvé preneur ! Merci beaucoup envers ma clientèle encourageante.GISÈLE NADEAU r CAMELOT MÉTROS IBERVILLE ET JARRY 36 ITINERAIRE.CA Quand la brutalité fait place à la générosité ^ SPORTS PAR LUC DESCHENES PRÉPOSÉ À L'ENTRETIEN itus O'Neil a partagé Hunrepas avec des ¦itinérants La lutte professionnelle, même encore en 2015, est victime de sévères préjugés.Étant moi-même un mordu de ce spectacle sportif, je dois souvent endurer les moqueries de mon entourage.La World Wrestling Entertainment (WWE) est certes une entreprise qui génère des millions partout dans le monde.Elle est associée à des scandales (stéroïdes, sexisme et violence gratuite en vedette dans les scénarios) mais il existe un (très !) bon côté à cette entreprise de divertissement : le temps que les lutteurs consacrent aux enfants malades du monde entier.Daniel Bryan en est le meilleur exemple.Il a tissé un lien très profond avec le petit Connor Michalek.Malheureusement, Connor est décédé en 2014 d\u2019un cancer du cerveau.Cette histoire du courageux petit homme a ému et inspiré des gens partout à travers le monde.La sincérité et la générosité du lutteur Daniel Bryan était très visible, on voyait que ce n\u2019était pas forcé et qu\u2019il appréciait vraiment les moments passés avec Connor.La WWE a fait vivre une semaine de rêve au petit dans le cadre de l\u2019événement WrestleMania 30.Il a rencontré toutes ses idoles et a même effectué une prise de lutte (clouer les épaules pour un compte de trois) au lutteur vedette Triple H.Connor est décédé quelques mois plus tard mais il est parti avec les meilleurs souvenirs possibles de ses idoles.Malgré l\u2019image négative que peuvent projeter certains lutteurs à gros bras, beaucoup sont impliqués dans ces causes, comme John Cena, l\u2019icône de la WWE, par exemple.Il ne compte pas son temps consacré à des jeunes fans malades.On comprend vite l\u2019effet que son implication a sur la vie des petits quand on voit leur sourire.Cela leur donne de la joie et de l\u2019espoir.Titus O\u2019Neil a pris le temps de partager un repas avec de nombreux itinérants dans un restaurant en Californie, leur offrant même une séance de magasinage.Daniel Bryan s'est lié d'amitié avec un petit garçon malade Les femmes lutteuses sont également très impliquées dans la communauté.Alicia Fox a été en Afrique, il y a quelques années, pour offrir deux semaines de bénévolat.Elle s\u2019est occupée de réfugiés au Rwanda avec Nathalia Hart.La WWE est active partout au Canada et au Québec.Nous avons même, depuis peu, deux lutteurs qui viennent du Québec, Kévin Owens et Sami Zayn, qui, lors de leurs visites, pourront communiquer dans la langue maternelle des enfants malades.Ne pas se fier aux apparences Quand je vois les vedettes de cet empire qu\u2019est la WWE s\u2019investir de la sorte, je trouve que cela les fait paraître plus humains, même s\u2019ils ont parfois avoir l\u2019air superficiel avec leurs looks et leurs personnages.La morale de cette histoire est qu\u2019il ne faut pas se fier aux apparences ainsi qu\u2019aux préjugés que nous avons.Ils nous empêchent souvent de voir le bon côté des choses.Malgré le fait qu\u2019on n\u2019aime pas certaines personnalités publiques ou ces entreprises de sport-spectacle, pour un amateur de lutte comme moi, il y a de la fierté à voir les efforts déployés par mes vedettes préférées pour des causes importantes comme la lutte contre le cancer du sein ou les maladies infantiles.Même si les lutteurs ne sont pas toujours parfaits à l\u2019extérieur du ring, leur côté humain exprimé envers les fans et la communauté est drôlement réconfortant, dans une société qui n\u2019a pas toujours les valeurs à la bonne place.¦ 1er décembre 2015 | ITINERAIRE.CA 37 MUSIQUE PAR SIOU CAMELOT MONT-ROYAL/BORDEAUX siou71 @h otm ai l.com Une voix qui a du vécu Rencontre avec le musicien Daran PHOTO : DETAIL DE LE MONDE PERDU Présent sur la scène québécoise depuis les années 1990 avec son groupe Daran et les chaises et son hit Dormir dehors, le chanteur Français Daran connaît mieux que quiconque le Québec, lia Fait de nombreuses tournées à travers la province et a décidé il y a cinq ans de s'y installer déFinitivement.Chanteur engagé, lia oFFert en septembre dernier un concert gratuit pour L\u2019Itinéraire.ma voix.Je suis plutôt fan d'artistes qui ont un propos : Springsteen, Dylan, Neil Young.tous ces gens qui ont une réflexion sur la vie.As-tu pensé faire autre chose que de la musique ?J'ai toujours pensé que je ferai de la musique, je ne sais pas pourquoi.J'ai sûrement chanté avant de parler.C'est mon métier qui me garde ici, en Occident, j\u2019aime trop faire de la musique.Sans la musique, j\u2019aurais peut-être abandonné le monde occidental.C\u2019est bien rare que l\u2019on voie un musicien offrir un concert gratuit pour un organisme ! J\u2019ai toujours développé une empathie pour des gens qui pourraient être moi, qui traversent des problèmes que je n\u2019ai pas traversés.Généralement, j\u2019ai toujours trouvé très curieux que dans des sociétés qui se disent civilisées, y a des gens qui soient à ce point laissés-pour-compte.Je trouve même qu\u2019il y a un non-sens.Est-ce que tu étais impliqué également en France dans les journaux de rue ou la cause de l\u2019itinérance ?J\u2019ai fait énormément de shows pour les sans-abri en France à cause de ma chanson Dormir dehors, sortie en 1994.C\u2019est marrant parce que cette chanson ne parlait pas du tout d\u2019itinérance.C\u2019était d\u2019abord une critique de la société de consommation : « A voir les intérieurs de certains, j\u2019aime mieux dormir dehors.» Les gens ont seulement retenu « dormir dehors ».Ça m'en a appris sur la vie d\u2019une chanson : une fois qu\u2019elle est faite, elle ne t\u2019appartient plus.C\u2019est comme un enfant, t\u2019élèves une chanson et puis elle s\u2019en va ! Pour aller où ?Je me suis déjà retrouvé à envier un type qui réparait des mobylettes dans une cabane, à L'Ile Maurice.Tu sais, la vie si simple : tu vas chercher ton poisson le soir quand les pêcheurs reviennent.Donc pour toi, la beauté de la vie est dans la simplicité ?De temps en temps, je fais le point et je fais une cure d'amaigrissement de ce qui m'entoure.Traîner le matériel qu\u2019on accumule, c\u2019est un énorme fardeau : les gens n\u2019ont pas commencé leur mois qu\u2019ils ont déjà tout dépensé.L\u2019électricité, la maison, la voiture.On se fait vraiment avoir.Pour moi, il faut toujours bien doser les biens matériels parce qu'ils t'amènent des emmerdements.A L'I le Maurice, c\u2019était tout simple : tu buvais un peu avec des amis, il faisait beau.Qu'est-ce qu\u2019on peut attendre d'autre de la vie ?¦ Le monde perdu, 2014 La critique de Siou Je sens en toi un artiste, un vrai, qui fait le métier pour les bonnes raisons.La chose qui m'intéresse dans mon travail, c'est mon travail.La première fois que j'ai gagné de l'argent avec mon travail, j'étais content parce que ça me donnait les moyens de mieux le faire.Je n\u2019ai pas acheté une Ferrari, tu vois ! D'ailleurs, c'était très surprenant de réussir à vivre de ma musique parce que j'avais passé la moitié de ma vie à payer pour la jouer.Je ne chante pas du tout pour épater avec 38 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2015 Guitare, voix, parfois harmonica, un dépouillement qui amplifie la densité de la voix de Daran.Elle nous remonte des émotions grandes, d'histoires humaines, de voyage, d'immigration, de départ, d'errance.Cette voix, lorsqu'elle monte en intensité, s'abandonne dans des vies de gitans, marquant en profondeur les traces d'un parcours sinueux (Gens du voyage).Des musiques et des mots qui font leur chemin dans ma tête pendant mon sommeil pour me réveiller sur cette mélodie qui semble venir de si loin, d'une autre vie passée.Un dessin flou, les contours d'une porte qui s'ouvre sur d'autres, l'image angoissante de ne jamais, peut-être, retrouver l'espoir [Des portes).J'ai écouté la musique de Daran avec le livret en main, parce que les mots sont beaux, à lire, à écouter et à interpréter.Ce sont des mots essentiellement de son grand ami Pierre-Yves Lebert.Il y a de ces amitiés qui nous amènent à nous dépasser.En voici la preuve avec un texte des plus magnifiques (Rien ne dit).PHOTOS : MARIO ALBERTO RE TES ZAMORA MUSIQUE PAR ROGER PERREAULT CAMELOT FLEURY/PELOQUIN ET MÉTRO JOLIETTE Engagement, révolution et anarchie La littérature Française regorge d'œuvres témoignant de la vie quotidienne et des préoccupations de la société du temps.Qu'on pense aux Misérables de Victor Hugo, à Émile Zola attaquant les antisémites en défendant Dreyfus ou racontant la vie des travailleurs miniers (Germinal), pour ne nommer que ceux-ci.La chanson française a également souvent servi de porte-voix.Les chants révolutionnaires de 1789, le Chant des Partisans de la Seconde Guerre mondiale, Les anarchistes de Léo Ferré ou encore Camarades et Nuit et Brouillard de Jean Ferrât, sont autant d'exemples de la chanson engagée.Depuis longtemps déjà, des musiciens et chanteurs nomades allaient en caravane, par monts et par vaux, chanter dans la rue pour égayer les passants et amasser quelques sous pour assurer leur subsistance.D\u2019autres accompagnaient des troupes de cirque ou utilisaient la rue pour exprimer leurs opinions sociales ou politiques.On trouve encore de nombreux groupes actuels qui reprennent cette vie itinérante et de musique alternative : La Rue Kétanou, La Tordue, Debout sur le Zinc et les Blaireaux.Ils adoptent la musique pour exprimer leur mécontentement vis-à-vis des valeurs sociales modernes.J\u2019ai choisi de vous présenter ici trois autres groupes fort différents, mais qui ont en commun la conservation vivante de la musique alternative et des textes engagés.Ogres de Barback (1994 à aujourd\u2019hui) Les Ogres de Barback, groupe formé de deux frères et deux sœurs du nom de Burguière, multi-instrumentistes qui s\u2019autoproduisent, présente une musique d\u2019inspiration tzigane.Cette année, le groupe a lancé un album double intitulé tout simplement 20 ans.L\u2019album Rue du temps, sorti en 1997, vous donnera une bonne idée de leur registre, particulièrement les chansons Rue de Panam, qui fait la promotion de l\u2019anarchie, Accordéon pour les Cons et Kolyn, qui reprennent le genre de l\u2019accordéoniste de rue qui joue parmi les chiens qui aboient et les enfants qui crient.Zebda - Essence ordinaire, 1998 -*IÜ ¦ ' * > , z: « Mais croyez-moi bientôt les flics auront du boulot Car tous les vagabonds parlent de révolution Un jour toutes nos chansons, ouais, vous désarmeront Il n\u2019y aura plus que d\u2019là folie, la joie et l\u2019anarchie Lajoie dans Paris.» Ogres de Barback, Rue de Panam Têtes Raides (1994 à aujourd\u2019hui) Têtes Raides est un groupe qui utilise la musique de cirque et la poésie.Il fait aussi dans le slam, tout comme la chanson parlée que Grand corps malade (Fabien Marsaud) nous a fait découvrir ici au Québec.Sur l\u2019album Corps de mots, Têtes Raides reprend des textes de différents auteurs, dont Le Pont Mirabeau de Verlaine et Love Me Tenderd\u2019Elvis Presley.Leur chanson Ginette est aussi à souligner, car elle représente bien la dénonciation de certains travers du temps, thématique centrale de l\u2019album et du groupe.L\u2019album contient également un texte d\u2019une durée de 17 minutes écrit par le poète Jean Genet, Le condamné à mort.Il s\u2019agit d\u2019un échange entre deux amoureux homosexuels dont un meurt guillotiné.Genet y développe les thèmes de l\u2019amour entre prisonniers, la fascination pour le beau voyou, l\u2019homosexualité et la faible valeur de la vie pour un être d\u2019exception qu\u2019est selon lui Pilorge, le jeune assassin.Le texte est aussi à signaler pour son contenu explicite, voire très explicite.Zebda (1990-2003 ; 2008 à aujourd\u2019hui) On peut difficilement passer sous silence Zebda, désigné en 2000 meilleur groupe et détenteur la même année de la meilleure chanson (Tomber la chemise) aux Victoires de la Musique.Ce groupe toulousain était impliqué dans le mouvement social Motivé-e-s qui a mené plusieurs personnes à se présenter aux élections municipales dans différentes villes et virent quatre d\u2019entre eux élus.Les principaux disques représentant l\u2019engagement du groupe sont Le bruit et l\u2019odeur et Essence Ordinaire, m Têtes raides Corps de mots, 2013 ItSOüKïi .I.ItVRRMIyi «HW Les Ogres de Barback î ^\u2014- T 'f Ijbv nur Rue du temps, 1997 Zebda - Le bruit et Codeur, 1995 1er décembre 2015 | ITINERAIRE.CA 39 L'art de bien aider Le métier d'aider de Michel Dorais Le métier d'aider existait déjà il y a longtemps.Les intervenants de l'époque, pour ne pas nommer les membres du clergé, ont cru à tort que la solution se trouvait dans la conformité et la moralité.Des fausses croyances qui en plus d'avoir brouillé les cartes, ont su avec brio rendre l'individu en situation de crise encore plus vulnérable, confus et attristé.Dans les années 1980, on a vu une montée fulgurante du nombre de maisons de thérapie, sans personnel qualifié et ayant une approche très directive et de confrontation.Le Métier d\u2019aider, du sociologue québécois Michel Dorais, nous propose de repenser complètement ce rapport aidant-aidé, à travers une approche non-directive.Bien aider à guérir L\u2019auteur, qui enseigne l\u2019intervention psychosociale à l\u2019Université Laval depuis 35 ans, nous révèle les grandes lignes de cette école de pensée : comment s\u2019assurer de bien servir les intérêts de l\u2019aidé tout en étant à la hauteur de ses attentes, éviter les préjudices et éviter de condamner.Chaque personne a son histoire et son vécu, ce qui en fait un individu unique.L\u2019aidé(e) a besoin d\u2019espace, d\u2019une plateforme sur laquelle il ou elle peut s\u2019exprimer en tout liberté sans se sentir jugé, condamné et méprisé à cause d\u2019un passé que nombre d\u2019entre eux n\u2019ont pas nécessairement choisi.Michel Dorais nous dresse les qualités nécessaires à tout intervenant, psychoéducateur ou thérapeute, et le type d\u2019intervention qu\u2019il convient d\u2019utiliser.Il nous entretient sur l\u2019importance d\u2019être observateur, analytique et en mesure de pouvoir tirer des hypothèses basées sur ses observations tant sur le plan verbal que non-verbal.Certes, à chacun son école de pensée, ses valeurs et ses croyances.Mais il est important et crucial de comprendre ici que l\u2019on peut aider tout comme il est possible et parfois fatal, par faute de compétence et de formation, de nuire à tous ceux qui sont dans l\u2019urgence d\u2019être écoutés, entendus et compris dans la complexité de leur détresse.Mon point de vue Pour avoir fréquenté des maisons de thérapie, j\u2019ai un constat déconcertant qui me laisse avec un goût amer : c\u2019est un milieu d\u2019intervention sur lequel nous devons nous interroger et dont nous devons évaluer l\u2019efficacité et la pertinence des programmes, du moins pour certaines d'entre elles.Le cheminement proposé s\u2019adresse-t-il vraiment à l\u2019individu, l\u2019aidé, en tenant compte de ses besoins ou ignore-t-il le fond du problème ?Comme dans toute chose, il faut aller à la source du problème et en connaître l\u2019origine.Il ne suffit pas de regarder les symptômes et croire que la clé du problème y réside.Au-delà des symptômes, il y a les causes et les origines du problème qui trop souvent, d\u2019après mon expérience personnelle, sont négligées pour ne pas dire ignorées du processus vers un mieux-être.Des personnes s\u2019improvisent intervenants du jour au lendemain.J\u2019ai vu d\u2019anciens toxicomanes compléter leur programme, rester attachés à leur maison de thérapie et devenir intervenants.Sont-ils qualifiés pour intervenir dans des vies fragilisées par des années d\u2019épreuves, de souffrances, d\u2019angoisse et de précarité ?Nos besoins ne sont pas les mêmes.Et pourtant, des maisons de thérapie nous proposent très souvent un séjour « thérapeutique » conçu sur mesure, qui nuit au lieu d\u2019aider.L\u2019individu doit s\u2019adapter à la thérapie, alors que ce devrait être l\u2019inverse.Détruire quelqu\u2019un n\u2019est pas si compliqué.Tout comme une entreprise peut s\u2019effondrer en une fraction de seconde suite à une mauvaise gestion, l\u2019individu pourrait ne plus jamais retrouver un juste équilibre.S'il est mal orienté, le processus de guérison du mal-être et de la souffrance peut se solder, croyez-moi, en catastrophe (suicide, incarcération, itinérance, etc.) alors qu'il aurait dû conduire à l'acceptation et à la cicatrisation.Essai Le métier d'aider Michel Dorais VLB éditeur Montréal, 2015, 240 pages 40 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2015 ^ sa & ta !¦ » BD SIOU CAMELOT MONT-ROYAL/BORDEAUX Pour savoir d'avantage, visitez le site web davidsuzuki.org ¦ ':vv Un petit historique Les pionniers du Quartier chinois sont arrivés en 1860.Ils venaient de Colombie-Britannique où ils avaient contribué à la construction du chemin de fer.Ils étaient principalement Cantonais.En 1902, c'est l'ouverture officielle du Quartier chinois à Montréal.Plusieurs commerces ouvrent leurs portes (restaurants, épiceries fines, etc.).Suite à la guerre froide, il y a eu une importante immigration vietnamienne dans le Quartier chinois.Le développement a pris de l'ampleur au début des années 1990 à cause de l'essor de l'économie chinoise.Qr* Promenade dans le Quartier chinois J'ai découvert le Quartier chinois par hasard.Je travaillais pour un grossiste de Fleurs dont la Femme était thaïlandaise.Pour un souper de Noël, on avait été dans le Quartier chinois.J'y suis retourné et j'ai trouvé le quartier agréable avec ses statues, ses peintures et son décor pittoresque.J'aime apprendre à connaître des cultures diFFérentes : leurs mets, leur mentalité, leur mode de vie, leurs habitudes.J'aime la variété, et je marche à l'improviste.I U* Le Quartier chinois est délimité par quatre arches qui représentent la culture chinoise.À l'intérieur du quartier, on retrouve plusieurs murales artistiques qui reflètent la vie asiatique, haute en couleurs.Elles sont tape-à-l'œil, parlent de la culture chinoise et nous donnent une autre vision du monde.À l'entrée Nord, coin Saint-Laurent / René Lévesque, nous sommes accueillis par une magnifique murale inaugurée en début 2015 par MU, organisme qui souhaite transformer l'espace public grâce à des murales.L\u2019eFFervescence artistique fr- i le.\ti.[yrrer t La place Sun-Yat-Sen\t/ L La place Sun-Yat-Sen est vraiment un reflet de la mentalité, l'art, la culture et l'architecture chinois.Sun-Yat-Sen a été le premier ambassadeur chinois à venir s'installer à Montréal.Dans le parc, il y a sa statue avec une maison typiquement chinoise à son nom.On y retrouve un restaurant oùj'ai découvert de nouveaux mets, comme la pieuvre et le requin, que j'ai beaucoup aimés.Des sièges en ciment sculptés à la façon asiatique nous permettent de s'asseoir et de manger en toute tranquillité.La place Sun-Yat-Sen reflète le calme légendaire des asiatiques, qui ne semblent pas stressés comme nous.Quand je les observe, on dirait qu'ils mènent une vie paisible, même quand ce n'est pas le cas.,\\V 'H La Maison Wing\u2019s Noodles fifilï ! I ;Ï Anciennement, cet immeuble, situé sur la rue de la Cauchetière, était la British and Canadian School.Construite en 1827, elle a existé pendant 44 ans et éduquait les enfants protestants de Montréal.C'était une école privée.et gratuite ! Depuis 1946, c'est une fabrique de biscuits et de pâtes alimentaires appartenant à Nouilles Wing Ltée.Elle produit depuis 1950 les fameuses nouilles sèches Yet-Ca-Mein.42 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2015 PHOTOS : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Hélène et Tuan a CLIENT 30 n : Camelot:Tuan Trieu-Hoang «a Cliente: Hélène Boisvert^; Point de vente: Métro Henri-Bourassa PROPOS RECUEILLIS PAR SIMON POSNIC Engagée comme bénévole à l'Accueil Bonneau, Hélène Boisvert travaille comme secrétaire médicale.C'est près de son lieu de travail qu'elle achète le magazine à Tuan, qui est camelot à la station de métro Henri-Bourassa depuis 2009.Hélène, êtes-vous cliente de L'Itinéraire depuis longtemps ?Oh oui ! Depuis les tous débuts du magazine, quand le journal était une feuille pliée en deux.Ça fait des années que je vous encourage.Les articles sont intéressants, ça m\u2019a toujours interpellée, ça permet de soutenir les gens qui le vendent.Je l\u2019achète dès que je vois une nouvelle copie.Quelles évolutions avez-vous vues ?Ça s\u2019est amélioré en qualité et je trouve que ça continue à s\u2019améliorer.La mission du groupe est importante.Le fait de se lever tôt le matin pour vendre le magazine, ça donne une occupation, c\u2019est un vrai travail.Ça permet aussi aux camelots de communiquer entre eux, de s\u2019aider et de s\u2019encourager mutuellement.Pour faire la promotion du magazine, je laisse toutes les anciennes copies dans la salle d\u2019attente du cabinet médical dans lequel je travaille, pour que les gens le découvrent et pensent à acheter le magazine quand ils voient un camelot.Ça donne une seconde vie au magazine.Il y en a une pile d\u2019une bonne épaisseur.Tuan, as-tu l\u2019habitude d\u2019échanger avec tes clients ?Des fois oui, des fois non, les occasions ne sont pas toujours variées, car les gens sont souvent pressés dans le métro.J\u2019ai remarqué que ce Vendre L'Itinéraire c'est un travail.Ça occupe le cerveau, ça ^ permet d\u2019éviter l'oisiveté, et ça ^ nous empêche défaire des choses qu'on ne devrait pas faire.sont souvent les mêmes personnes qui passent devant moi.J\u2019essaye d\u2019adapter mon discours à chacun, de respecter l\u2019avis de chacun et de respecter les gens qui veulent discuter ou pas.As-tu plus de facilité à vendre le magazine quand tes textes sont publiés dedans ?Les gens aiment quand j\u2019écris dans le magazine, ils attendent mes textes et j\u2019essaie toujours de les prévenir à l'avance quand je sais que je vais être publié.Mais je leur suggère toujours de lire le magazine, les autres camelots écrivent aussi de belles choses ! Hélène, y a-t-il un texte de Tuan qui vous ait particulièrement marquée ?Oui, notamment l\u2019article où il revenait sur ses origines vietnamiennes, ça m\u2019a permis d\u2019en apprendre plus sur lui.Tuan dégage une belle énergie, il est toujours de bonne humeur, toujours en train de rire.Il a une belle aura, il n\u2019a pas besoin de monter sur un tabouret avec une guitare pour se faire remarquer ! Je pense que les gens aiment sa personnalité, c\u2019est quelqu\u2019un vers qui on va facilement.Il y a beaucoup d\u2019écho dans les couloirs d\u2019Henri-Bourassa et on l\u2019entend rire dans toute la station ! ¦ 1er décembre 2015 | ITINERAIRE.CA 43 LE JOSEE FLÉCHÉ a\tKm! >, L:r:Ai Fabc-: j-d.dVtooaj v.;:.;.;.metëësm grecqjE ™»BaaBE iVr-j:!- .: assHcas Tkm ¦BBhbhb =FJh,HH* can'Üiil ¦¦ Fd
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