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L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
vendredi 15 avril 2016
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2016, Collections de BAnQ.

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[" & ** ys*-\\ \u2018S': ^ - -O .4 i H Etat d urgence santé mentale Pierre Karl Pèladeau \tM-%7\t\tymff jji r\ti\tSi *g§ \t** J\t\tSTï l:J.ti\t¦¦hui sKLn vfl \t\t \t\t ¦\t*\t% =i\t\t ¦\tii,'.\t UN RESEAU QUI FAIT ALADEFENSEDE NOS SERVICES DE GARDE ÉDUCATIFS grandir n LACSN L'AUSTERITE CSN.QC.CA Engagez-vous, suivez nous ! F ¦\t\u2022\t^ fois merci fois merci [J 6601 & 3015 f\t\t \t\tL'école Baril est fermée depuis 5 ans.\tL'école Saint-Gérard est fermée depuis 5 ans.L'école Hochelaga est fermée depuis 4 ans.L'école Saint-Nom-de-Jésus est fermée depuis 4 ans.L\u2019école Sainte-Lucie est fermée depuis 2 ans.L'école Sainte-Bibiane est fermée depuis 2 ans.L'école Sainte-Catherine-de-Sienne est fermée depuis 1 an.\t'* \\ 1\t Ça va prendre plus de 200 millions $ pour rénover les écoles de la CSDM.\u2014 ALLIANCE DES PROFESSEURES ET PROFESSEURS DE MONTREAL \u2014 A \u2019 i^l^lfcKBaiaaasaBiBiaSE ZOOM Nom Roger Perreault | Camelotn0 1196 I Age 65 ans Points de vente Métro Joliette et Péloquin/ Fleury Roger reste très réservé quand il s\u2019agit d\u2019évoquer son parcours.Il a suivi des études supérieures qui l\u2019ont amené à occuper de hautes fonctions dans le domaine du sport et du loisir, mais sa dépendance à l\u2019alcool lui a causé plus d\u2019un problème.Il quitte l\u2019école secondaire à 15 ans et est engagé dans une usine de textile à Sherbrooke.Il s\u2019implique alors beaucoup dans la vie communautaire, en participant au développement d\u2019une coopérative d\u2019habitation, de maisons de quartier, d\u2019une épicerie communautaire.« Lusine, ce n\u2019était pas pour moi.je voulais vraiment faire des études.» A 23 ans, il s\u2019inscrit au cégep en sciences humaines ; il ne complète pas son DEC mais s\u2019inscrit à l\u2019université de Trois-Rivières, au baccalauréat en enseignement de l\u2019éducation physique.Passionné de sport sans être un grand athlète, il se découvre des qualités d\u2019entraineur, notamment au soccer, alors en pleine expansion au Québec.C\u2019est une opportunité d\u2019emploi dans ce domaine qui le fait arrêter la maîtrise en éducation physique pour aller s\u2019implanter à Montréal.Il occupe un poste élevé dans le développement du soccer et dans la formation des entraîneurs dans différentes disciplines.Un métier qui l\u2019amène à beaucoup voyager au Québec et à l\u2019étranger.Une dépendance qui commence tôt La première fois que Roger boit, c\u2019est à l\u2019âge de 15 ans, la veille de Noël après une nuit de travail à l\u2019usine; c\u2019est aussi sa première brosse.A partir de ce moment et pendant très longtemps, l\u2019alcool fait partie de son quotidien.« je travaillais tellement que j\u2019étais toujours seul, je voyageais beaucoup avec mon emploi.Qu\u2019est-ce que tu fais le soir dans un hôtel ?Tu vas au bar pour rencontrer du monde, et tu bois.» La solitude pousse Roger à consommer de plus en plus.Sa dépendance lui fait perdre son emploi en 1985, puis d\u2019autres.Son état de santé se détériore.Un jour, Roger réalise que ne ça ne va vraiment plus et doit être pris en charge en urgence.« Le médecin m'a dit : si vous nétiez pas venu aujourd\u2019hui, vous seriez mort.» Roger est atteint d\u2019une cirrhose.Il attend une greffe de foie qui ne s\u2019est finalement pas avérée nécessaire.Depuis se sont développés des problèmes aux yeux (glaucome, cataracte) qui l\u2019empêchent d\u2019occuper un emploi à temps plein.Il doit trouver une solution pour gagner sa vie.« je ne voulais pas aller à L\u2019Itinéraire au début, car je croyais que cétait comme quêter et je me suis dit que je ne descendrais jamais jusque-là.» C\u2019est en s\u2019informant auprès d\u2019un camelot que Roger découvre ce qu\u2019est réellement L\u2019Itinéraire, et décide de rejoindre le groupe en 2013.Grâce à la vente du magazine et à la rédaction d\u2019articles, il arrive à disposer d\u2019assez d\u2019argent pour louer une chambre et subvenir à ses besoins.Mieux dans sa peau, il revient tranquillement à son domaine de prédilection, en remplissant des petits contrats.« Devenir camelot, ça ma remis debout, mais maintenant, je cherche autre chose.Un travail gratifiant dans le domaine communautaire, où je pourrais aider les autres.» Par JenniFerPitoscia, bénévole à la rédaction Phnfn \u2022 Al^Yanrlra f.in=llil L'arrondissement de Ville-Marie reconnaît l'excellent travail de l'équipe du magazine L'Itinéraire. NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée par des journalistes professionnels et une cinquantaine de personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.Le Groupe L'Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d'économie sociale et des programmes d'insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d'itinérance, d'isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L'organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l'autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L'Itinéraire, c'est aussi plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s'en sortir.Merci à tous ! La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L'itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Shawn Bourdages, chef du développement social par courriel à : shawn.bourdages@itineraire.ca ou par téléphone au : 514 597-0238 poste 222.Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur cesite Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Canada ISSN-l 481 -3572 n° de charité : 13648 4219 RR0001 PARTENAIRES MAJEURS Ca nada Québec S S Montréal québecop pntact] PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS icxLrvitE è|\\ Uctit fr\t^tm\t^ Cambridge W Wl 1 1\tpiMemwlt X.\t°=léï=î\t© Canada-Vie tPJt IM.T ftfH E5] Desjardins Caisse populaire du Mont-Royal IP51 Desjardins KaJ Caisse du Quar\" Caisse du Quartier-Latin de Montréal Hü 4 K) HP /V^ Fondation du Grand Montréal ZTTELUS L'ITINERAIRE EST MEMBRE DE insp AjgECQ pAPSIM tf-HKHfc.faim À 4 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2016 RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LECAFÉ L'ITINÉRAIRE 2101, RUE SAINTE-CATHERINE EST Téléphone : 514597-0238 Télécopieur 514597-1544 Site : www.itineraire.ca DIRECTRICE GÉNÉRALE : CHRISTINE RICHARD RÉDACTION Rédactrice en chef JOSÉE PANET-RAYM0ND Journaliste, responsable sociét ALEXANDRA CUELLIL Photograph' MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Responsable de la formation des participants : CHARLES-ÉRIC LAVERY Chargé de l'accompagnement des participants : SIMON P0SNIC Conceptiongraphiquc MILTON FERNANDES Stagiaire à la rédaction : MARYAN CHARRON Collaborateur : IANIKMARCH Adjoints à la rédactioi CHRISTINE BARBEAU, MARTINE B0UCHARD-PICE0N, MARIE BRI0N, DANYCHARTRAND, SARAH DÉRY, CAMILLE GARNIER, SARAH LAURENDEAU, HÉLÈNE MAI, JENNIFER PIT0SCIA, LAËTITIATHÉLÈME, CHANTALVANASSE Photodelaune SIMONP0SNIC bernardadamus MARIO ALBERTO REYES ZAMORA pierre karl péladeau Révision des épreuves PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE, MICHÈLE DETEIX ADMINISTRATION Chef des opérations et des ressources humaines : DUFFAY ROMANO Responsable de la comptabilité LYNE COUSINEAU Adjointeadministrative : NANCYTRÉPANIER Responsable du financemen DOMINIQUE RACINE DÉVEL0PPEMENTS0CIAL Chefdu développement social :SHAWN BOURDAGES Intervenant psychosocial JEAN-FRANÇOIS M0RIN-R0BERGE Responsable du Café PIERRE T0UGAS Responsable de la distribution YVON MASSIC0TTE CONSEIL D'ADMINISTRATION Présiden GUY LARIVIÈRE Vice-président: JEAN-PAUL LEBEL Trésorier GRÉGOIRE PILON Secrétaire : J0 REDWITCH Administrateur MARIO C.DUSSEAULT, ALEXANDRE PÉL0QUIN, KATHERINE NAUD, ISABELLE M0NETTE, TANIA CROISETIÈRE-LANGEVIN Représentant des camelots: GABRIEL BISS0NNETTE VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 Conseillère RENÉE LARIVIÈRE (450-541-1294) renee.lariviere18@gmail.com GESTION DE L'IMPRESSION TVA ACCÈS INC.1514848-7000 Directeur général ROBERTRENAUD Chef des communications graphiques DIANE CICNAC Coordonnatrice de production : MARILYN FORTIN Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication N\"40910015, ^d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L'Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K2H9 Québécor est Fière de soutenir l'action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.FSC wwwfsc.org MIXTE Papier issu de sources responsables FSC* C011825 *or - MOTS DE CAMELOTS Alain Saint-Germain.10 Lorraine Sylvain.10 Cécile Crevier.10 Jo Redwitch.13 Sylvain Pépin-Girard.13 Gilles Leblanc.13 Dans la tête des camelots .34 Benoit Chartier.41 France Beaumont.41 Guy Boyer.41 » Ü B ¦ - a POLICE DOSSIER ÉTAT D'URGENCE EN SANTÉ MENTALE Par Alexandra Guellil \u2022Santé mentale et interventions policières.Des causes aux effets \u2022\tLa santé mentale en chiffres RENCONTRE \u2022\tKharoll-Ann Souffrant Apprendre à vivre avec sa maladie ENTREVUE PIERRE KARL PÉLADEAU Le chef du Parti Québécois, Pierre Karl Péladeau, étaitde passage à L'Itinéraire pour rencontrer les camelots ainsi que les membres de l'équipe.Nous en avons profité pour organiser une entrevue traitant de sujets aussi variés que l'aide sociale et la relance économique du Québec.La plupartdescesquestionsontété formulées par nos participants.SOMMAIRE 15 avril 2016 ÉDITORIAL\t7\tVolumeXXIII, n°08 Sortirdu tabou de la maladie mentale Par Josée Panet-Raymond ROND-POINT.8 ROND-POINT INTERNATIONAL.9 CHRONIQUE.11 Tomberou monteren amour?Par TrîsteCiel INFO RAPSIM.22 Enfin de l'argent neuf ! Par Pierre Gaudreau, coordonnateur du RAPSIM COMPTES À RENDRE.23 Le commerce et la démocratie Par lanik Mardi, économiste indépendant PORTRAIT.24 40 ans au service des toxicomanes Par Guy Thibault RENCONTRE.26 Bernard Adamus Par lanik Brassard ENTREVUE.29 Un musicien (de métro) parmi tant d'autres ParSiou Deslongchamps VIE CITOYENNE.30 ^empowerment pour retrouver sa place en société Par QuAlain Commu'nos-terres CARREFOUR.31 SOCIÉTÉ.32 Une égalité illusoire Homme victime, femme bourreau ?Par Cindy Tremblay EXPOSITION.37 Si les pierres pouvaient parler.ParTuanTrieu-Floang CINÉMA.38 Une immersion dans la culture amérindienne Par Jo-An Blanchet-Girard MUSIQUE.39 Le retour en force du vinyle Par Gabriel Bissonnette BD.40 Par Isabelle Raymond VIE DE QUARTIER.42 Par Raoul Joubert DÉTENTE.44 À PROPOS DES « FOUS ».46 MdS-LECTEURS J'ai bien aimé lire l'article sur Isabelle, camelot dans Côte-Saint-Paul.Je l'ai croisée quelques fois, et nous avons échangé quelques mots.Elle m'a parue très sympathique.Merci à elle et à toute l'équipe pour votre travail.Bonne journée, Hélène Bourget J'ai lu le mot de Maxime Valcourt dans l'édition du 15 mars.Quel beau texte! Je suis tellement contente pour toi Maxime ! Tu es heureux et tu peux être fier de toi ! Je partage ton gâteau avec le plus grand plaisir, mais je te laisse la cerise, tu l'as bien méritée ! Francine Forest Vous avez tissé un lien avec votre camelot ?Parlez-nous en ! Vous avez aimé (ou non) un article dans le magazine ?Faites-nous en part ! Vous aimeriez que l'on parle d'un sujet en particulier ?Dites-nous le ! On est à votre écoute.Faites comme Mmes Bourget et Forest : écrivez-nous ! ECRIVEZ-NOUS ! COURRIER@ITINERAIRE.CA Des lettres courtes et signées, svp ! Les camelots sont des travailleurs autonomes.50% du prix de vente du magazine leur revient. 'Mer» OUI, J'APPUIE L'ITINÉRAIRE: DONS \u2022 CARTES-REPAS \u2022 ABONNEMENT JE FAIS UN DON DE: O 40$ O 50$ O 75$ O 100$ ou _$' JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS2 : J'offre __ cartes-repas à 6 $ chacune =_____$' TOTAL DE MA CONTRIBUTION:\t__________________$' DONS + CARTES-REPAS IDENTIFICATION O Mme OM.Nom :___________________________ Prénom :________________________ Adresse :_______________________ Ville :__________________Prov.Courriel :______________________ Téléphone: (______) ____________ Code postal :___I__I__-___I__I.JE VEUX M'ABONNER AU MAGAZINE: Je m'abonne pour une période de : 012 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) 06 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou N° de camelot (s'il y a lieu) :_ MODE DE PAIEMENT O Visa O MasterCard O Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire O J'autorise L'Itinéraire à prélever de mon compte mon don mensuel en fournissant un spécimen de chèque.1 Pour retpecteriecedoqie et réduire ter frart portaux L'Itineraue envoie votre repu dlmprjt une rente fort par année au debut de janvier ruivarit votre don 2 Let earter rorit dirtnbueer par Lltirieraire mart ri vont vouiez ter recevoir pour ter donner dam ta rue cochez ici et moût vout 1er enverront avec te Guide du berievole Cochez ici O N°de la carte : I_I__I__I__I___I__I___I__I___I__I__I___I__I___I__I___I__I Expiration_______/______ _______________________________________________ (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte N° de chante de Lorqanntrie : I364S 4219 RRûûû I Postezvotre coupon et votre chèque a u Groupe communautaire L'Itinéraire Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca 2103, Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K2H9 Pour rejoindre notre service aux donateurs : © 514-597-0238 poste 240 @ dominique.radne@itineraire.ca PHOTO : ANN-CRIITINE HACLUND (123RF) EDITORIAL PAR JOSEE PANET-RAYMOND RÉDACTRICE EN CHEF Sortir du tabou de la maladie mentale Elle était une Femme Formidable.Elle a élevé cinq enFants, tout en exerçant sa proFession d'inFirmière, jusqu'à ce que ses troubles mentaux la Forcent à abandonner ce travail qu'elle aimait tant.C\u2019est qu\u2019elle a commencé à éprouver des dépressions peu après la naissance de sa petite dernière.Les « dépressions nerveuses », comme on les appelait à l\u2019époque, se sont accentuées avec le temps et la plongeaient dans un état psychotique.Elle entendait des voix et pouvait avoir des comportements complètement erratiques.Elle était hospitalisée à raison d\u2019une ou deux fois par année pendant des périodes plus ou moins longues.Quand on est enfant, et qu\u2019on vit ça de près, c\u2019est très perturbant.D\u2019autant plus qu\u2019à cette époque, à la fin des années 1960, la maladie mentale c\u2019était tabou.On n\u2019en parlait pas.C\u2019était même honteux.Et les traitements étaient souvent expérimentaux, comme c\u2019était son cas, elle qui a servi de cobaye en médecine psychiatrique.Formidable, je vous disais, parce que, malgré sa maladie grave et chronique, elle a continué de mener une vie active.Elle s\u2019est trouvé un boulot qui n\u2019avait pas un impact émotif aussi grand que celui d\u2019infirmière et elle s\u2019est occupée de ses enfants au meilleur de ses capacités.Elle a dû faire une bonne job, parce qu\u2019ils s\u2019en sont tous bien sortis dans la vie.Ça s\u2019appelle de la résilience.Ça s\u2019appelle aussi de l\u2019amour.Ma mère n\u2019a pas eu une vie de tout repos, mais elle est morte paisiblement bien entourée de ses enfants, en 2002.Accepter ou rejeter Grandir avec un proche qui souffre de maladie mentale n\u2019est pas facile.Ça été vrai pour moi et c\u2019est aussi vrai pour des centaines de milliers de gens qui ont vécu ou vivent la même situation.La maladie mentale, surtout quand elle est mal comprise, est déroutante.Si certaines personnes se serrent les coudes et font tout pour appuyer celui ou celle qui en souffre, d\u2019autres sont complètement démunies devant un être aimé qui vit dans une réalité parallèle, s\u2019emmure dans le silence ou a des comportements dangereux pour lui ou autrui.Certains vont rejeter systématiquement une personne aux prises avec des troubles mentaux.A cause de l\u2019ignorance, à cause de la peur.Et c\u2019est ça qu\u2019il faut changer, je crois.Comment ?En en parlant, en s\u2019informant, en lisant sur la maladie, en consultant des spécialistes.En évitant certaines réactions ou commentaires comme : « Faudrait que tu te reprennes en main ».Croyez-moi, si c\u2019était aussi facile que ça, la personne qui souffre de troubles mentaux le ferait ! On parle d\u2019une personne sur cinq qui sera aux prises avec une maladie mentale au cours de sa vie.Ça pourrait être votre mère, votre père, votre meilleur ami.Ça pourrait être vous.La maladie mentale ne fait pas de discrimination.D\u2019ailleurs, qui d\u2019entre nous n\u2019a jamais éprouvé une forme ou une autre de détresse mentale à un moment de sa vie ?Les manifestations de troubles mentaux sont tellement fréquentes dans notre société si exigeante et axée sur la performance.Burnouts, dépressions circonstancielles, anxiété, angoisse.Parlons-en et acceptons la maladie mentale comme n\u2019importe quelle autre maladie physique.Parce que c\u2019en est une.Elle est causée par des débalancements chimiques, par de mauvaises connexions cérébrales, en raison de souffrances physiques et émotives.Parlons-en ouvertement, sans tabou.De même, en évitant d\u2019ostra-ciser, d\u2019isoler et de rejeter ceux qui en souffrent, on pourra contribuer à trouver des solutions à ce mal qui ronge notre société.¦ 15 avril 2016 | ITINERAIRE.CA 7 ROND-POINT PAR ALEXANDRA GUELLIL 3 questions à Jessika Roy-Desruisseaux La loi a l'épreuve L'une des questions des plus complexes soulevées par la loi sur l'aide médicale à mourir, entrée en vigueur en décembre 2015, est de savoir si les personnes atteintes de troubles de santé mentale devraient aussi pouvoir recourir à un médecin pour mettre un terme à leurs jours.Entrevue avec la psychiatre Dre Roy-Desruisseaux qui travaille avec les personnes âgées, enseigne à l'Université de Sherbrooke tout en étant présidente du comité adZiocsur les soins de Fin de vie de l'Association des médecins psychiatres du Québec.O Quels sont les enjeux particuliers liés à la santé mentale que l\u2019on peut rencontrer avec l\u2019application de la loi sur l\u2019aide médicale à mourir ?La question principale est de savoir faire la différence entre un souhait de mourir en lien avec des idées suicidaires versus un désir de mourir en lien avec une maladie qui mène à une demande d\u2019aide médicale à mourir.L\u2019autre élément est de protéger à plus grande échelle les personnes qui sont victimes d\u2019abus ou de discrimination.Dans le sens où il faut éviter que les patients atteints de maladie psychiatrique ne se fassent pas refuser des droits que d\u2019autres citoyens ont automatiquement.La différence pour nous, c\u2019est que croire qu\u2019il n\u2019y a plus rien à faire fait partie du syndrome psychiatrique.On déploie aussi de grands efforts pour s'assurer que l'aide médicale à mourir ne soit pas la seule option pour eux et qu'on s'assure qu'il y ait des soins palliatifs de qualité.e Est-ce qu\u2019un trouble mental peut suffire à demander laide médicale à mourir ?Quand un patient atteint d\u2019un trouble demande l\u2019aide médical à mourir, il peut l\u2019obtenir uniquement s\u2019il a une maladie grave incurable.Souffrir de schizophrénie ou de bipolarité, pour nous, ne se qualifie pas pour obtenir l\u2019aide médicale à mourir.Dans ce cas précis, il est possible d\u2019offrir des soins, de soulager davantage la personne de façon très significative.Souffrir d\u2019un cancer au stade avancé et de schizophrénie par exemple, ne suffit pas.De toute façon, dans le cadre de l\u2019application de la loi, une évaluation individuelle pour chaque patient doit être faite.Face à une maladie mentale, le patient a tendance à croire qu\u2019il n\u2019y a plus rien à faire, mais c\u2019est la même chose face à une maladie physique quand on ignore les soins qui existent.Cela fait partie de l\u2019approche du médecin qui doit revoir avec lui toutes les options envisageables afin que la décision soit prise de façon éclairée.@ Qu\u2019en est-il du soutien de la famille dans ce cas précis ?Selon la loi au Québec, il est possible pour un patient d\u2019obtenir l\u2019aide médicale à mourir sans qu\u2019aucun membre de sa famille ne soit interpellé, ceci dans le but d\u2019éviter l\u2019influence des tiers.Pour les familles, cela peut être difficile à vivre.Mais, je crois qu\u2019il faut informer le patient que le soutien de la famille peut aussi être important.J\u2019encourage de mon côté le dialogue, que ce soit avec la famille ou avec l\u2019équipe médicale.C\u2019est plus facile de faire face à la maladie grave et à la mort quand on est soutenu.¦ Laide médicale à mourir Un débat avant tout social Au Québec, après plus de quatre ans de travaux de consultation, la Loi sur les soins de fin de vie a été majoritairement adoptée par l'Assemblée nationale en juin 2014.Sa mise en application, en décembre dernier, a été contestée devant les tribunaux par des groupes qui assimilent l'aide à mourir à de l'euthanasie plutôt qu'à un soin.De son côté, le gouvernement du Québec a signifié qu'il n'a pas l'intention de poursuivre les médecins qui prodigueront des soins de fin de vie, même si le Code criminel canadien n'a pas encore été modifié.8 f Quant au Canada, la loi ne semble pas si bien définie qu\u2019elle l\u2019est au niveau de la province.En mars 2016, un premier cas d\u2019aide médicale à mourir a été approuvé par un tribunal en Ontario.Il s\u2019agit du troisième au pays, à l\u2019exception du Québec.Certains tribunaux en Alberta et au Manitoba ont déjà acquiescé à de telles requêtes.Dans l\u2019arrêt Carter, prononcé en février 2015, la Cour suprême du Canada a invalidé les dispositions du Code criminel qui interdisaient une telle mesure parce qu\u2019elles « portaient atteinte de manière injustifiée » à l\u2019article 7 de la Charte des droits et libertés justifiant le fait que « chacun a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne ».Le plus haut tribunal du pays a accordé à Ottawa un an pour modifier la loi.Le gouvernement libéral, élu en octobre 2015, a demandé une prolongation de six mois, et la Cour lui en a accordé quatre, soit jusqu\u2019en juin prochain, pour encadrer l'aide médicale à mourir.En attendant, les Canadiens hors Québec doivent demander une exemption constitutionnelle s\u2019ils veulent bénéficier de cette mesure.¦ 2016 \t\t Ë3\t\t m\tS&9\t BRÉSIL | lnclusion.com pour les sans abri Au Brésil, plusieurs organisations travaillent à rendre l\u2019internet et les téléphones intelligents plus accessibles aux sans-abri afin de favoriser leur inclusion dans la société.C\u2019est le cas du Centro Digital de Cidadania, (Centre numérique de la citoyenneté) ayant ses locaux dans l\u2019Hôtel de ville de Salvador, la capitale de l\u2019Etat de Bahia.Le CDC met une dizaine d\u2019ordinateurs branchés au web à la disposition de tous les citoyens, mais met l\u2019accent sur l\u2019inclusion des sans-abri.Ce faisant, ces derniers peuvent non seulement se bâtir un réseau d\u2019entraide via le web, avoir accès à des services de première nécessité et se chercher un logement et du travail, mais ils peuvent interagir en personne avec les gens qui fréquentent le centre.Ce mouvement de cyber-inclusion a fait ses preuves, se réjouit Lydia Sa, travailleuse sociale et coordonnatrice du CDC, qui cite en exemple Lazaro, un des usagers du CDC : « Lazaro était itinérant, mais grâce au projet, il a suivi une formation professionnelle en ligne, et, aux dernières nouvelles, sèst marié, a trouvé un emploi et un logement ».(Aurora da Rua) ROND-POINT INTERNATIONAL ANGLETERRE | De la rue à Fleet Street Autrefois itinérant, puis camelot pour The Big Issue à Londres, Joel Hodgson travaille désormais dans l\u2019une des plus grandes firmes d\u2019avocats de la capitale anglaise.Il a même eu l\u2019honneur de porter la flamme olympique lors des Jeux de Londres en 2012.Son histoire, digne d\u2019un scénario hollywoodien a été rendue possible grâce à la Big Issue Foundation qui aide les camelots anglais à changer leur vie.Aujourd\u2019hui, le jeune homme de 28 ans, qui occupe un poste administratif dans une firme légale revient souvent voir ses anciens collègues camelots, qui le considèrent comme une source d\u2019inspiration.(INSP) AFRIQUE DU SUD | Le Bibliophile du bitume Quand on dit qu\u2019un livre peut changer une vie, Philani Dladla, un itinérant de 26 ans en connaît un rayon sur ce chapitre.Le jeune sud-africain est devenu une célébrité dans son pays grâce à une vidéo sur YouTube le montrant vendre des livres usagés sur le bord d\u2019une route achalandée de Johannesburg.C\u2019est pour échapper à une vie de misère, de violence et de toxicomanie, que le jeune homme originaire du KwaZulu-Natal a troqué une dépendance aux drogues pour devenir accro aux livres.Le Pavement Bookworm (Bibliophile du bitume) comme on l\u2019appelle dans son pays ne se contente pas seulement de faire le commerce de bouquins d\u2019occasion, mais offre des critiques de livres, qu\u2019il monnaye en fonction de la cote qu\u2019il leur donne.Plus le livre est intéressant, plus la critique se paie cher, pouvant atteindre les 6 rands (50 cents CAD).La notoriété engendrée par la vidéo a attiré l\u2019intérêt des médias, menant à des entrevues à la télé et à la radio, de même qu\u2019à une conférence TEDx.« je dois être le seul itinérant avec quelques milliers d\u2019abonnés sur Twitter », s\u2019exclame Philani, qui entrepose une grande quantité de livres et recueille des dons via son site web, qu\u2019il utilise pour aider les enfants pauvres de sa région, vww.pavementbookworm.co.za (The Big Issue South Africa) L'Itinéraire e st membre du international Network of Street Papers {Réseau International des Journaux de Rue - INSP).Le réseau apporte son soutien à près de 120 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à [a vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org.msp International Network of Street Papers 15 avril 2016 | ITINERAIRE.CA 9 PHOTO : SIMON ELLINGWORTH MOTS DE CAMELOTS Avant de partir Je suis malade et je prends le temps de vous écrire ces mots avant de partir.Je ne sais pas quand va sonner l\u2019heure du départ.C\u2019est pourquoi j\u2019aimerais dire merci à tous ceux qui m\u2019ont tendu la main dans ma vie.En premier lieu, à celle qui m\u2019a donné la vie et ensuite, à tous les professeurs qui m\u2019ont enseigné et qui m\u2019ont orienté dans mon choix de métier.Merci à tous les patrons qui m\u2019ont donné la chance de travailler avec eux, ainsi qu\u2019aux copains et collègues de travail d\u2019équipe.Aujourd\u2019hui, je suis à L\u2019Itinéraire.J\u2019y ai trouvé des gens qui m\u2019ont tendu la main et me permettent de travailler avec fierté et de gagner honnêtement ma vie chaque jour.Merci à tous les clients qui ont toujours été là pour m\u2019encourager en achetant le magazine régulièrement ou de temps en temps, sans oublier ceux qui n\u2019achètent pas mais qui me font un don à l\u2019occasion.Merci aux organismes qui nous procurent de la nourriture, des vêtements et tous les autres services dont on a besoin au quotidien.Je ne veux surtout pas oublier les gens qui prennent soin de ma santé : les médecins et les infirmières qui sont là pour moi.Je remercie tous ces gens qui m\u2019ont tendu la main et tous les amis qui ont été à mes côtés dans le parcours de ma vie.Merci ! Dehors Parfois dehors l'hiver, la nuit sous la lune, la neige était parcourue d'un scintillement de couleurs, vert, rose, argent, comme sur les cartes de Noël que nous recevions lorsque nous étions enfants, mais qui auraient été animées d'un mouvement ondulatoire d'apparence erratique.Dehors la glace sur l'eau devenait si épaisse, que l'on devait parfois se résoudre à faire fondre dix tasses de neige pour obtenir une tasse de liquide.Dehors il arrivait qu'on entende, perçant le silence, un vent puissant à une hauteur insoupçonnée, large comme le souffle d'un dieu.C'était le prélude d'une saison nouvelle.Dehors, l'été, quand on préparait de la nourriture, il fallait agiter le couvercle métallique de la marmite à chaque dix minutes, pour tenir en respect les grands animaux affamés.Et en ce lieu, la seule horloge que nous avions était le battement de notre cœur.7^ ALAIN SAINT-GERMAIN CAMELOT BEAUDRY ET CLINIQUESAINT-LUC LORRAINE SYLVAIN CAMELOT MÉTRO PEEL Qu'est-ce que le groupe L'Itinéraire ?C\u2019est composé de plusieurs choses.C\u2019est un groupe communautaire qui représente une société de paix.L\u2019Itinéraire, c\u2019est une équipe, des associés, des camelots, des employés du café, des employés de la rédaction.Une équipe, c\u2019est discuter, se faire des connaissances, des amis.Grâce à L\u2019Itinéraire, j\u2019ai appris à travailler en harmonie et en paix.J\u2019ai appris à avoir le sourire, à avoir de la bonne humeur, de l\u2019enthousiasme, et à aimer mon travail.On est capable de se valoriser entre collègues de travail, que ça soit les anciens ou les nouveaux, on est là pour tout le monde.L\u2019Itinéraire, c\u2019est le magazine.C\u2019est, selon moi, un des meilleurs journaux du monde.Il s\u2019est amélioré sur tous les points avec le temps, que ce soit la qualité des textes, du graphisme, du contenu, des photos et même du papier.Le groupe a bien évolué, on a un bon esprit d\u2019équipe.L\u2019Itinéraire, c\u2019est un café.La nourriture y est très bonne, et ce, à tous les jours.Les employés et les bénévoles de la cuisine sont très très sympathiques.Tout est frais et de grande qualité, et c\u2019est vraiment pas cher.Ça vaut la peine ! L\u2019itinéraire, c\u2019est ses membres.J\u2019y connais beaucoup de monde, que ce soit aux cuisines, à la vente ou à la rédaction.Je suis contente de travailler ici.J\u2019ai commencé dans la cuisine, à faire des confitures, des bines et du beurre d\u2019arachide.Je vends des journaux et j\u2019écris.Je suis contente de représenter un groupe que je respecte.Ce que j\u2019aime, c\u2019est le travail avec un bon leadership, de la participation et un de l\u2019enthousiasme.Moi la bullshit, je n\u2019aime pas ça.Je suis fière de travailler ici et je continuerai d\u2019y travailler tant que je pourrai, dans la bonne humeur et la gaieté.CÉCILE CREVIER\tK CAMELOT MÉTROS L'ASSOMPTION ET FABRE Tomber ou monter en amour ?CHRONIQUE PAR TRISTECIEL CAMELOT IGA MARCHÉ DAMA tristedel.com Tomber en amour me semble un terme plutôt péjoratif.Lorsque notre quotien d'intelligence émotionnelle se réveille et évolue, monterez amourdevient une meilleure affirmation que l'on pourrait apprendre à populariser.Je trouve fascinant de constater que chaque personne qui tombe en amour redevient, en quelque sorte, un petit enfant devant un cadeau à déballer.L\u2019estomac se noue, les hormones s\u2019enfiévrent et même si le sommeil est parfois perturbé, c\u2019est souvent compensé par une énergie quintuplée au courant de la journée.Sommes-nous devant le véritable amour, ou se cacherait-il au tréfonds de nos cœurs, un désir puéril, tel l\u2019écho d\u2019un cri lointain longtemps refoulé ou des pulsions sexuelles enfouies ?Selon les recherches d\u2019Abraham Maslow, qui inspira le concept de la pyramide des besoins, l\u2019être humain nécessiterait de l\u2019affection pour vivre sainement.Ceci ne se retrouverait pas très loin derrière les besoins physionomiques comme respirer, boire, manger et dormir.Un besoin naturel L\u2019amour est a priori un besoin de sécurité, de se retrouver dans l\u2019autre afin de ne pas rester seul pour affronter les rigueurs de l\u2019existence.C\u2019est aussi une expression de soi dans l\u2019expérience de l\u2019autre, car seul et isolé, il est prouvé que l\u2019humain devient plutôt zinzin ! Oui, dès notre naissance et même dans le ventre de notre mère, nous expérimentons naturellement un lien d\u2019amour authentique et inconditionnel.Selon le psychiatre Scott Peck, auteur du bestseller Le chemin le moins fréquenté, il semble que nous cherchons tous, plus ou moins consciemment, à recréer la connexion idyllique et parfaite avec un partenaire comme celle que nous avions de façon innée en étant bébé.Vu sous cet angle, entendre des gens surnommer leur amoureux « bébé » prend un tout autre sens ! Voilà qu\u2019ainsi, une fois passé l\u2019âge du berceau, l\u2019adulte en devenir ne tarde pas à être confronté à maintes frustrations.Les choses ne se passent plus facilement ou magiquement comme au commencement, là où seul le fait d\u2019exister suscitait les acclamations et les sourires de tous.Maintenant, afin d\u2019avoir droit à cette fameuse denrée si précieuse qu\u2019est l\u2019amour, l\u2019humain se retrouve à devoir faire de plus en plus d\u2019efforts et de compromis.Tristement, énormément de gens sont déçus ou totalement brisés d\u2019avoir vécu des relations amoureuses décevantes, voire même destructrices.Nombreuses statistiques et études démontrent qu\u2019un très grand pourcentage de couples se séparent.Est-ce que finalement l\u2019amour ne se résumerait pas à une simple émotion, quelque chose qui se tarit avec le temps, pour que finalement, nous recommencions à chercher ailleurs ce qui n\u2019a visiblement pas fonctionné comme on l\u2019aurait désiré ?A quel point sommes-nous conscients d\u2019être sous l\u2019influence de la magie des contes de fées en proie au fantasme du prince ou de la princesse qui viendra nous sauver ?On ne fait pas de la monnaie avec de l\u2019argent qui ne vaut rien.L\u2019amour est aussi une industrie qui roule sur des milliards de dollars.Sommes-nous capables d\u2019attendre avec patience et sagesse afin de maximiser nos chances de trouver l\u2019âme sœur, où tombons-nous facilement dans les flammèches de la séduction si facilement aveuglante ?Apprendre sur le tas Je crois qu\u2019une des réponses à ces intrigues se retrouve dans nos attentes un peu démesurées qui prennent racine dans nos carences et nos bagages individuels que l\u2019on projette sur l\u2019autre.Je trouve intéressant de mentionner qu\u2019il n\u2019y a pas de cours spécifiques qui se donnent dans le système d\u2019éducation au sujet de l\u2019amour et des relations amoureuses.En quelque sorte, nous sommes voués à apprendre sur le tas en suivant nos instincts plus ou moins affectés par nos modèles extérieurs, qui ne sont pas toujours les meilleurs.Je crois qu\u2019aimer commence d\u2019abord par s\u2019aimer! Aimer véritablement une autre personne, c\u2019est surtout chercher à l\u2019accompagner dans ce même processus devolution, de s\u2019aimer soi-même et vice-versa.Personnellement, j\u2019en suis venu à créer cet adage : tel un vrai délice, le romantisme ressemble à une épice.Sans lui dans une assiette, cela tombe bien plat.Toutefois, s\u2019il demeure seul et sans substance pour s\u2019y mélanger, il reste démuni et peu nutritif.Je vous aime.¦ 15 avril 2016 | ITINERAIRE.CA 1 1 MACE : SCOTT BETTS (123RF) DOSSIER ] ÜQÜQ QQ ^iqqQ ghQgiqiIIQ La santé mentale est souvent considérée comme le parent pauvre du système de santé et des services sociaux.Pourtant, statistiquement parlant, un Canadien sur cinq sera aux prises avec une maladie mentale au cours de sa vie.De ce chiffre, les femmes sont plus nombreuses à avoir un niveau élevé de détresse psychologique que les hommes.Comment alors expliquer cette faiblesse dans les investissements publics causant bien souvent des drames, dont le plus récent est l\u2019affaire d\u2019Alain Magloire ?Des drames qui auraient pu être évités avec les ressources adéquates, comme le stipulent d\u2019ailleurs, à chaque fois, les différentes enquêtes.Alors que les organismes communautaires ne cessent de demander un réinvestissement en santé mentale, les mesures du dernier plan d\u2019action (PASM) tardent à prendre forme sur le terrain.Incohérences et incompréhensions augmentent tandis que les budgets ne cessent d\u2019être amputés.Pourtant, le rétablissement en santé mentale existe bien.Encore faut-il tout mettre en oeuvre pour le rendre possible. Mort psychique L\u2019eau de mon bain refroidissait tranquillement.Je n\u2019osais pas bouger et je restais là à flotter dans cet espace plutôt sombre.La forêt qui entourait la maison me semblait plus dense.Et, la noirceur de mon cerveau avait des allures de dissociation.J\u2019étais là sans y être.J\u2019étais encore sous le choc des coups portés à ma tête.Il avait dépassé les limites de l\u2019insupportable.Et, je m\u2019étais moi-même enfermée dans ce portique intérieur.Incapable d\u2019avancer ou de reculer, j\u2019étais cloîtrée dans cette prison mentale.J\u2019avais perdu toute capacité de penser.J\u2019étais là sans y être.L\u2019âme déchirée par l\u2019échec me laissait à penser que rien ne pouvait plus me sauver.La folie, ma colocataire était revenue me rencontrer.La mort psychique m\u2019avait gagnée.En plongeant ma tête sous l\u2019eau, j\u2019écoutais mon cœur battre sans émotion.Puis le silence fût et la souffrance s\u2019éteignit.Je n\u2019y étais plus.JOREDWITCH CAMELOT MÉTROS BERRI ET MCGILL, SQUARE PHILLIPS Ne jamais abandonner La santé mentale, c\u2019est un peu de tout.Ce sont à la fois des troubles passagers ou chroniques, entre la dépression, les psychoses et la bipolarité.Ce sont des choses psychologiques, mais aussi physiques ; ceux qui entendent des voix, comme ceux qui s\u2019automutilent ou qui se frappent la tête sur les murs.Des personnes sont aussi victimes de chocs post-traumatiques et voient parfois remonter des sentiments glaçants à la surface.Revenir dans un endroit, ou voir quelqu\u2019un vivre ce qu\u2019on a vécu peut faire rejaillir le stress.On essaye de se parler, de se dire qu\u2019on ne peut rien faire, mais c\u2019est plus fort que nous, on y pense encore.Il faut combattre le démon qui est entré dans notre subconscient.Un soir, je sortais dans un bar, il y avait un homme souffrant de déficience intellectuelle.En sortant, il s\u2019est fait frapper par un groupe de gars sans pitié et à faible jugement.Ils s\u2019attaquent à la personne déficiente en pensant que c\u2019est une personne faible, qu\u2019il ne s\u2019en rappellera pas le lendemain.La victime était figée et ne criait pas, donc les gars continuaient à le frapper.Ces gars frappent pour remonter leur estime, mais en faisant ça, ils montrent qu\u2019ils sont plus faibles que la personne à laquelle ils s\u2019attaquent.J\u2019ai canalisé un cri tellement puissant et violent qu\u2019ils se sont figés puis sont tous partis.En espérant que ça ne se répète pas.Au fond, on est tous pareils.Même si on croit que les personnes qui ont des troubles de santé mentale sont faibles, c\u2019est souvent le contraire.Quand on a des troubles de santé mentale, il faut juste se redonner de l\u2019estime et ne jamais abandonner, devant rien ! SYLVAIN PEPIN-GIRARD > PRÉPOSÉÀ L'ENTRETIEN MÉNAGER Moi, « malade mental » De nos jours, l\u2019expression santé mentale renvoie souvent aux gens malades.Mes trente-cinq années dans la peau d\u2019un bipolaire de type psychotique m\u2019ont appris cette évidence.Pour les biens portants, rien ne change.Ils se considèrent encore et toujours, matures et adultes.En somme, ils ne doutent guère de leur équilibre psychique.Par contre, c\u2019est avec maladresse qu\u2019ils utilisent un grand nombre de synonymes pour désigner ma catégorie d\u2019individus.Elle est connue sous plusieurs appellations : « gens aux prises avec une problématique en santé mentale », « malades mentaux », voire « débiles », histoire de bien représenter ce préjugé nuisible.De toute évidence, ces accusations sont fausses.Ceux qui nous nomment ainsi ont des lacunes de connaissances médicales concernant les problèmes biochimiques affectant le cerveau humain.Qu\u2019il en soit ainsi ! Pas la peine d\u2019appeler les pompiers.Je sais depuis des lustres que je suis « psycho-tic ».Et ce même si parfois je donne l\u2019impression d\u2019être tout à fait décent (normal) et acceptable.Les humoristes professionnels qui utilisent le mot bipolaire pour faire des blagues, quelles soient bonnes ou mauvaises, sont une source d\u2019inspiration pour tous ceux qui veulent rire de leur santé mentale.Je comprends maintenant qu\u2019il est préférable de choisir le plaisir comme remède au quotidien.C\u2019est plus payant que de se rejeter soi-même.Je n\u2019ai pas toujours le cœur en chanson, mais ma santé mentale vaut mieux que celle de la fin de mon adolescence.Epoque de ma dépression majeure.Pour moi, il était hors de question de partager mon désespoir avec qui que se soit.J\u2019étais rejeté, comme tout bon souffre-douleur, les étudiants m\u2019insultaient et me crachaient dessus.J\u2019imagine que c\u2019est ça, l\u2019intimidation.Aujourd\u2019hui, je vois le temps pâlir mes cheveux, et j\u2019ai le goût de vous dire que le rejet existe seulement dans un monde sans amour.Seule la confiance aide à ne pas repousser son prochain, car la crainte n\u2019habite pas les esprits forts.CILLES LEBLANC CAMELOT-PARTICIPANT 15 a vri l 2 016 l \u2019ITIN ERAI RE.CA\t13 POUCE 'Santé mentale et interventions policières Des causes aux effets I ctoubfc 3430^3 P Fini SPVM1 PAR ALEXANDRA GUELLIL Mario Hamel, Farshad Mohammadi ou Alain Magloire, tous étaient aux prises avec des problèmes de santé mentale.En crise, ils sont tombés sous les balles lors d'une intervention policière.Ces faits, loin d'être isolés, poussent à s'interroger sur le prix de la sécurité.Le 7 juin 2001, Mario Hamel, 40 ans, a été tué par un policier sur lequel il fonçait avec son couteau.Un an plus tard, le 6 janvier, cést au tour de Farshad Mohammadi, 34 ans, de tomber sous les balles de la police dans le métro de Montréal, alors qu\u2019il est armé d\u2019un exacto.Plus récemment, le 3 février 2014, Alain Magloire est abattu par un patrouilleur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).Dans les trois cas, des problèmes de santé mentale ont été soulignés dans des enquêtes mettant l\u2019accent à la fois sur des manquements dans les services de santé, mais aussi sur la formation et l\u2019équipement inadéquat des policiers.La plus récente enquête concerne la mort d\u2019Alain Magloire.Le rapport du coroner soutient que l\u2019intervention policière du 3 février 2014 « a été correcte, mais sans plus » rappelant que cette intervention faisait « ressortir deux carences importantes, soit la mauvaise communication entre les policiers et Alain Magloire » d\u2019une part et « l\u2019absence de taser ou autres armes dites intermédiaires sur les lieux où les policiers en avaient besoin » d\u2019autre part.Des interventions rapides et complexes Dans ce même rapport, le coroner suggère aussi aux ministères de l\u2019Education et de la Sécurité publique de revoir la formation des policiers au niveau collégial et à l\u2019Ecole nationale de police de Nicolet pour que les futurs agents bénéficient d\u2019une meilleure formation en matière de santé mentale.« La mauvaise communication entre les policiers, tout comme envers M.Magloire, découle directement de la formation donnée à ces policiers, notamment à la capacité de travailler efficacement sous un stress intense et, aussi, de l\u2019absence d\u2019une bonne formation pour faire face aux personnes atteintes de troubles mentaux », mentionne-t-on.Le psychiatre Olivier Farmer a d\u2019ailleurs participé à la formation en réponse en intervention de crise (RIC) visant à aider les policiers à faire face aux demandes croissantes d\u2019intervention, auprès de personnes en 14 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2016 détresse et souffrant de problèmes de santé mentale qui présentent un danger grave ou immédiat.« Les policiers, explique-t-il, sont les premiers intervenants sur le terrain, qui doivent réagir auprès des personnes dans un moment où elles sont le plus perturbées, dans la crise.» Arrive alors le savoir-faire.Pour Olivier Farmer, «idéalement, la première chose que l'on essaye de faire est dètablir un dialogue, de parler».Cette recherche de calme permet de tenter de sortir de la dynamique de contrôle et d\u2019aider à comprendre ce qui a causé la crise.« Ce dont il faut se souvenir quand il y a un problème de santé mentale et que la personne est en psychose, cést quelle a perdu ses repères.Et quand elle voit quelqu\u2019un dans une voiture de police, elle ne va pas forcément voir quelqu\u2019un qui vient l'aider.Dans la psychose, il peut y avoir comme raisonnement que les gens veulent notre peau pourx ou y raison », rappelle le médecin précisant que l\u2019important est de trouver un ensemble de solutions qui permettront de réduire le stress et l\u2019anxiété.« Les policiers apprennent à isoler et contenir le risque pour permettre une intervention.Si la personne a une arme, ils devront avant tout sécuriser le périmètre.Ce qui les mène à se déployer autour de la personne et à lui demander de déposer son arme.Mais, il faut qu\u2019un policier se désigne coordonnateur de l\u2019intervention pour éviter la cacophonie », détaille-t-il.Imprévisibilité Julie Prince Dagenais, agente et conseillère aux relations avec la communauté au SPVM, rappelle que dans le cadre d\u2019une intervention mettant en cause une personne ayant des problèmes de santé mentale, on tente de solliciter le plus possible les agents RIC, et ce, depuis 2013.« Ce sont des personnes qui ont été formées en santé mentale.Elles savent comment désamorcer une situation de crise par la communication», explique-t-elle.Cet agent prend donc le leadership dans l\u2019intervention, conseille l\u2019équipe en place sur le comportement à adopter et le vocabulaire à employer.Olivier Farmer La P-38 ou la prévention ?La Loi sur la protection des personnes dont l'état mental représente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui, appelée aussi la Loi P-38, est souvent utilisée comme justificatif des interventions coercitives.«Ça devient un recours incontestable si la personne est suicidaire, sur le point d'agresser quelqu'un ou encore sur le point de mourir parce quelle est dehors par -40°, vulgarise Olivier Farmer.Sauf qu\u2019il faut pouvoir se rendre jusque-là.Pendant des années, ces personnes peuvent dépérir, perdre le contact avec leurs proches et on ne fait rien parce qu\u2019il n\u2019est pas dangereux.» Aussi, la question d\u2019aptitude permet, selon le médecin, d\u2019éviter des situations où une personne se retrouve dans la rue avec une arme à la main, en situation de crise.« Si la personne n\u2019est pas contenue, mais a une arme, si elle est à l'intérieur, les policiers devront sécuriser ou peut-être évacuer les lieux et communiqueront de l\u2019extérieur, dans un périmètre qui est sécuritaire pour eux.Si cette personne est dans l\u2019espace public, le but est de la contenir pour éviter quelle ne blesse des citoyens.Le niveau de stress est tout autre dans le second cas où la distance de sécurité doit être d\u2019un minimum de 21 pieds », soutient l\u2019agente.Parmi les aptitudes à avoir lors d\u2019une intervention de crise, l\u2019agente Dagenais indique qu\u2019il y a en santé mentale des comportements à adopter permettant « de respecter le rythme de la personne, de rester calme, d\u2019éviter de crier, d\u2019employer des phrases courtes, d\u2019éviter de la toucher ou de faire des mouvements brusques et de respecter son espace vital ».Mais, bien souvent, lors de ces interventions-là, tout peut devenir incertain, y compris la dangerosité que peut représenter la personne en crise.Analyste en affaires policières, Stéphane Berthomet s\u2019est beaucoup intéressé aux interventions policières, et plus précisément à la façon dont elles étaient pratiquées au quotidien.« Cèsf un problème de fond qui tient à la nature du modèle d\u2019intervention et à la façon dont on s\u2019adapte à celles qui sont difficiles.Ces interventions-là demandent des capacités, des moyens et des connaissances qui sont spécifiques, d\u2019où l\u2019importance de savoir s\u2019adapter.» Si l\u2019éducation et la formation sont souvent montrées du doigt, M.Berthomet pense à l\u2019inverse que c\u2019est au quotidien que les « bonnes pratiques » sont parfois laissées de côté.« Peut-être aussi que l'on entretient l\u2019idée de danger auprès des policiers, ce qui expliquerait pourquoi ils surréagissent parfois dans une situation de crise.» Faits à l\u2019appui, ces interventions sont souvent très rapides.« Il faut expliquer aux policiers comment gagner du temps, désescalader la situation, ne pas crier sur des personnes en crise, ne pas braquer une arme à 20 ou 30 mètres d\u2019eux, etc.je crois que c\u2019est toute la psychologie et toute la vision de ce qu\u2019est une intervention policière que l'on doit revoir dans ses fondements », insiste M.Berthomet précisant que parler de « bavure » n\u2019explique en rien les défaillances possibles du système.Prévention D\u2019après le rapport du coroner sur l\u2019affaire Magloire, 75 tasers sont disponibles à Montréal, dont 33 seulement sur le terrain.A noter qu\u2019il en existe beaucoup plus à Toronto (600) et à Vancouver (200).Le rapport fait aussi état du procès de la bureaucratie de la santé, qui n\u2019est pas parvenue à secourir l\u2019homme de 41 ans à temps.¦ Mais, pourquoi fallait-il attendre qu\u2019Alain Magloire et les autres soient coléreux, dans un état psychotique, se munissent d\u2019une arme pour intervenir?C\u2019est la question posée par Olivier Farmer.« C\u2019esf comme attendre qu\u2019un cancer se détériore et qu\u2019il faille opérer d\u2019urgence.De plus, on sait que ces personnes ont généralement eu des contacts antérieurs avec la police et le système de santé, mais que rien n\u2019a été fait parce que ce n\u2019était pas adapté à leur situation », explique-t-il.Le psychiatre rappelle ainsi que les opportunités d\u2019intervenir étaient bien présentes avant.« On peut mettre des milliers et des centaines de milliers de dollars sur des tasers, mais en même temps, cela sauvera une personne par année au mieux.Si le taser est mieux qu'une balle, il n\u2019efface pas les années de maladie et de l\u2019absence de service et d\u2019aide auparavant», soutient M.Farmer, soulignant qu\u2019il y a un fatalisme quant à la santé mentale et l\u2019itinérance qui ne se justifie pas étant donné l\u2019existence des services.Et à Stéphane Berthomet d\u2019ajouter qu\u2019il s\u2019agit « d\u2019une arme alternative qui est à la fois une solution et un problème.Il s\u2019agit d\u2019une solution à court terme, très rapide et très efficace, mais elle ne peut remplacer le contrôle manuel ou le dialogue ».Coordonnateur au Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), Pierre Gaudreau soutient qu\u2019il y a toujours eu des heurts entre les personnes atteintes de troubles de santé mentale et la police.C\u2019est « souvent, suite à des drames que des constats de manques ont été faits».S\u2019il souligne les quelques progrès dans les interventions policières, il s\u2019interroge sur ce qui est ou non « du ressort de la police, du communautaire ou du réseau de la santé ».Pierre Gaudreau rappelle ainsi que le budget de la police ne cesse d\u2019augmenter, ce qui n\u2019est pas le cas de celui réservé aux services en santé mentale ou encore de celui des organismes communautaires.Quant à la question de l\u2019utilisation du taser, M.Gaudreau s\u2019interroge sur l\u2019encadrement que cela devrait supposer si la formation des policiers semble souvent difficile à assurer en santé mentale.Pour lui, cette option semble inapplicable dans bien des cas et « ne remplacera en rien l'accroissement souhaité des services de prévention, le suivi sur l\u2019utilisation de cette arme ou encore l\u2019optimisation du temps » qui, encore une fois, est très limité lors de l\u2019intervention.Stéphane Berthomet! Pierre Gaudreau ¦ - 15 avril 2016 | ITINERAIRE.CA 15 La santé mentale en chiffres Afin de vulgariser ce que peuvent représenter les problèmes de santé mentale dans la société québécoise et canadienne, nous avons compilé une série de statistiques qui vous permettront de mieux comprendre les faits.Qui est concerné ?; Préjugés tenaces ?\t1 Canadien sur 5 sera aux prises avec une maladie mentale au cours de sa vie.Les femmes sont plus nombreuses à avoir un niveau élevé de détresse psychologique que les hommes (26 % contre 20 %).?\tEnviron 20 % des personnes qui ont un trouble mental ont également un problème de toxicomanie.Entre 50% et 70% des personnes qui consultent pour un problème de dépendance ont aussi un problème de santé mentale.?\tEn 2005, la proportion de personnes se situant à un niveau élevé de détresse psychologique diminue avec l\u2019âge ; elle atteint 34 % chez les 15 à 24 ans, mais ne se situe qu\u2019à 14 % chez les 65 ans et plus.Mit! Sources : http://www.cihr-irsc.gc.ca/f/47914.html http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/quebec_statistique/con_eta/con_eta_8.htm http://www.cihr-irsc.gc.ca/f/47914.html.V_______________________________________________________________________________________) 4* 2 personnes sur 3 souffrant de maladie mentale sont réticentes à demander de l\u2019aide à cause des préjugés.Sources : J Association québécoise de prévention du suicide J f Combien ca coûte ?0 $ Le coût moyen des problèmes de santé mentale frôle les 1 500 $ par personne, par année.Il en coûte 34 418 $ pour le soutien d\u2019une personne atteinte de maladie mentale grave et 170 820 $ par année pour une personne hospitalisée.Données compilées par Maryan Charron Sources : Association canadienne pour la santé mentale, Institut de santé publique du Québec (2008) V.J 16 ITIN ERAI RE.CA | 15avril2016 Diagnostic et traitement ?\tDe 20 % à 25 % des consultations médicales seraient liées à des troubles mentaux.?\tEn 2002, un adulte québécois sur 10 a consulté une ressource à des fins de santé mentale.?\tPourcentage de personnes canadiennes ayant recours à des antidépresseurs âgées de 6 à 24 ans entre 2007 et 2011 : hommes 1,7 %, femmes 7,3 %.Il y a eu une augmentation de 1 million de comprimés d\u2019antidépresseurs délivrés de 2010 à 2011.?\tLe déficit d\u2019attention est le trouble mental le plus fréquemment diagnostiqué pour les personnes de moins de 18 ans : (6,8 %) suivi par les troubles de comportement (3,5 %), l\u2019anxiété (3 %), la dépression (2,1 %) et l\u2019autisme (1,1 %) ?\tUne personne sur 4 est affectée par la dépression majeure.Fleury et autres, 2008 Statistique Canada Québécois et antidépresseurs, Stelts http://petitstresors.ca/info/la-fondation-2/des-statistiques-sur-la-sante-mentale/ Commission de la santé mentale du Canada et de Statistique Canada Conséquences 4* Un enfant de moins de 10 ans sur 10 a déjà eu des idées suicidaires.Trois Québécois s\u2019enlèvent la vie chaque jour.4* Au Québec, le nombre de suicides (environ 950) dépasse le nombre de décès sur les routes (environ 600) par année.?Selon les derniers chiffres, près de 4000 personnes se suicident chaque année, dont 90 % souffraient d'une maladie mentale.ttttt ttttt Organisation mondiale de la Santé (2004).The Global Burden of Disease Association québécoise de prévention du suicide Commission de la santé mentale du Canada Institut universitaire en santé mentale de Montréal 15 avril 2016 | ITINERAIRE.CA 17 (Apprendre à vivre avec sa maladie Photo prise lors de l'édition ¦^¦2015 de TedX Québec J RENCONTRE PAR ALEXANDRA GUELLIL Kharoll-Ann SouFFrant est détentrice d'un DEC en intervention en délinquance du Collège Ahuntsic, elle complète actuellement un baccalauréat en travail social à l'université McGill.Lors de sa participation à l'édition 2015 de TEDx Québec, elle a prôné la possibilité d'un rétablissement réel en santé mentale.Une notion qu'elle connaît bien, elle qui vit avec un trouble bipolaire.Kharoll-Ann est une jeune femme déterminée et engagée dans la société.Si son domaine de prédilection est en lien avec la santé mentale, elle s\u2019intéresse aussi à beaucoup d\u2019autres causes à caractère social, notamment les femmes en difficulté, en situation d\u2019itinérance, les victimes d\u2019agression sexuelle ou encore les personnes vivant avec un trouble alimentaire.A seulement 23 ans, elle cumule les expériences auprès de familles issues du réseau de la Protection de la jeunesse ainsi que d\u2019enfants ayant été témoins et victimes de violence familiale.Toutes ses activités la motivent au quotidien.Elle qui, il y a à peine six ans, a été diagnostiquée bipolaire.« C\u2019était vraiment à cause d\u2019une accumulation de plusieurs choses.A cette époque, je vivais une relation amoureuse difficile, et tout s\u2019est dégradé, j\u2019avais des difficultés à la maison, je vivais de l\u2019intimidation à l\u2019école.C\u2019est surtout que je ne me sentais bien nulle part et ne me sentais pas écoutée, peu importe où j\u2019allais », confie-t-elle.Le diagnostic de bipolarité est alors donné par un psychiatre.« Quand je pensais au suicide au primaire, on m'a forcée à voir un psychologue.Mes parents ont été appelés puisque j\u2019avais moins de 14 ans.Mais par la suite, j\u2019ai continué à consulter parce que ça me faisait du bien.» Son entourage adulte et enseignant l\u2019a, dit-elle, aidée à se contenir même si elle n\u2019allait pas bien.Alors quelle vivait une relation amoureuse difficile, Kharoll-Ann finit par se renfermer sur elle-même.« je ne parlais à personne.Mes parents et mes amis ne me reconnaissaient pas.Et, en même temps, personne ne savait quoi faire avec ça », se souvient-elle, décrivant cette année 2009-2010 comme l\u2019année où elle est « morte » pour renaître « comme une autre personne ».Elle explique par cette formulation intense quelle se sentait si détruite qu\u2019il lui a fallu se reconstruire sur de nouvelles bases.«La personne qui est devant toi aujourd\u2019hui nêst pas la même qu'avant, assure-t-elle.Avant, j\u2019étais très renfermée, je ne parlais pas beaucoup, je manquais beaucoup de confiance en moi, j\u2019avais des sautes d\u2019humeur.Et vu que je ne me sentais pas écoutée, on marchait sur des œufs quand on était en relation avec moi parce que j\u2019étais tout le temps irritable et ne me sentais pas en contrôle de moi.» Savoir fonctionner malgré tout Kharoll-Ann a été vraiment aidée à son entrée au cégep où elle a opté pour un DEC en Intervention en délinquance.«A partir de ce moment-là, j\u2019ai commencé à prendre la médication tout en faisant appel à des organismes communautaires à Montréal comme Revivre.» C\u2019est notamment avec ce soutien qu\u2019elle arrive à se confier tout en développant des aptitudes de communication.Elle continue donc son apprentissage avec la volonté « d\u2019aider les gens et de tenter de faire une différence ».Le travail social est donc apparu comme une suite logique à son parcours.« j\u2019aime cette façon d'expliquer les problèmes d\u2019un individu à travers ceux de la société.» Kharoll-Ann s\u2019est racontée pour la première fois à un public lors d\u2019une conférence TED, à Québec en décembre 2015.Elle a entendu parler de ces initiatives, qui gagnent de plus en plus de terrain à travers le monde, lors de ces cours à l\u2019université.Sélectionnée parmi les quarante personnes convoquées en audition, elle devait vendre son idée en trois minutes.« je me suis dit qu\u2019un jour, j\u2019allais en faire une conférence, mais j\u2019étais loin d\u2019imaginer que ça irait si vite! » Elle choisit donc de s\u2019y investir sous les conseils d\u2019une ancienne participante qui l\u2019encourage à aller jusqu\u2019au bout.18 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2016 Le rétablissement, c\u2019est possible ! Sa conférence, en lien étroit avec son histoire personnelle, se focalise sur les possibilités de rétablissement en santé mentale.Quinze minutes à peine pour convaincre un auditoire, se raconter et parler d\u2019un sujet qui semble encore bien tabou.« Le rétablissement, explique-t-elle, n\u2019est pas forcément de ne plus avoir de symptômes ou de redevenir comme avant la maladie, mais plutôt de parvenir à prendre part à la société, dans la mesure du possible et dépendam-ment de ce qui est bon pour soi.Cela signifie qu\u2019on apprend juste à vivre avec sa maladie et que l'on continue à fonctionner malgré tout.» Le mouvement en faveur du rétablissement en santé mentale remonte aux années 90.Il a été notamment initié par des personnes aux prises avec des troubles mentaux qui avaient souvent une mauvaise expérience avec les services de santé et appuyé par des chercheurs et cliniciens progressistes.« Ces personnes refusaient de croire qu'une maladie mentale les condamnait à mener une vie de tristesse et de solitude.Et c\u2019était aussi ma vision des choses, j\u2019en suis la preuve vivante /», appuie Kharoll-Ann.Selon les recherches publiées par l\u2019Institut Douglas, si chaque personne a sa définition de ce qu\u2019est le rétablissement, la plus courante provient de William Anthony.Le chercheur explique ainsi qu\u2019il s\u2019agit avant tout d\u2019une « démarche personnelle et unique, visant à changer l\u2019attitude, les valeurs, les sentiments, les objectifs, les capacités et les rôles de chacun.C\u2019est la façon de vivre une vie satisfaisante et utile où l\u2019espoir a sa place malgré les limites imposées par la maladie.Pour guérir, le malade doit donner un nouveau sens à sa vie, et passer outre aux effets catastrophiques de la maladie mentale.» Il existerait ainsi plusieurs facteurs de rétablissement dont certains sont perçus par certains chercheurs comme essentiels : l\u2019espoir (de guérir), la responsabilité personnelle, l\u2019autonomie, la prise en charge de sa propre vie, le bien-être, l\u2019éducation et l\u2019appui des pairs en sont quelques-uns.D\u2019autres facteurs ont cependant été mis en avant par les patients qui disent avoir triomphé de la maladie avec l\u2019acceptation, la prise en charge de soi-même, l\u2019autodétermination, le contrôle des symptômes et l\u2019appui d\u2019un psychiatre.Briser le tabou Kharoll-Ann confie qu\u2019elle a eu beaucoup de stress à gérer lors de la préparation de cette conférence.«S/ j\u2019ai eu quelques peurs, le soutien de mes professeurs et proches m'a aidée, j\u2019avais peur que les gens voient juste l\u2019étiquette de la maladie mentale et qu\u2019ils oublient le reste », dit-elle en ajoutant que « beaucoup pensent que je suis parfaite avec toutes les activités que je fais, cette conférence a été un moyen d\u2019être authentique, de leur dire que j\u2019ai vécu des choses difficiles et que j\u2019ai su m\u2019en servir pour avancer ».La stigmatisation liée aux troubles ou à un problème de santé mentale reste présente selon la jeune femme.« Cela dépend des troubles.Certains comme Luc Vigneault*, par exemple, a su trouver le courage de parler en public de la schizophrénie, je crois que je n\u2019aurais pas eu ce courage si j\u2019avais eu ce même diagnostic.La bipolarité, l'anxiété ou la dépression sont des maladies qui sont sans doute moins lourdes à porter, enfin je crois.» Sa bipolarité fait partie de la vie de Kharoll-Ann et elle travaille chaque jour pour l\u2019accepter comme une partie d\u2019elle-même.Si c\u2019est encore un peu difficile pour elle de nommer son diagnostic, elle continue de le faire pour mettre des visages humains sur ces troubles.« Aujourd\u2019hui, je veux vraiment vivre ma vie à mon image, être moi-même et vivre comme je peux.Mes émotions sont tellement fortes que je suis obligée de porter attention à ce qui se passe à l\u2019intérieur de moi.» Parole due.¦ * Luc Vigneault s\u2019est fait connaître en médiatisant sa schizophrénie, rappelant qu\u2019il était avant tout une personne et ce, malgré son diagnostic.tSÈ i Loir Pierre Karl Péladeau, le camelot, ¦Guy Boyer et Christine Richard,| [directrice général de L'Itinéraire* Itinérance, économie et pauvreté * Le point avec Pierre Karl Péladeau ENTREVUE Le chef du Parti Québécois, Pierre Karl Péladeau, était de passage à L'Itinéraire pour rencontrer les camelots ainsi que les membres de l'équipe.Nous en avons profité pour organiser une entrevue traitant de sujets aussi variés que l'aide sociale et la relance économique du Québec.La plupart de ces questions ont été Formulées par nos participants et récoltées par notre camelot Guy Boyer.Vous avez plusieurs fois interpellé M.Couillard quant à la relance économique du Québec.Concrètement, comment pensez-vous qu\u2019il faudrait s\u2019y prendre ?Vous savez, le Québec des cinquante dernières années sèst engagé pour que nous puissions prendre en main notre économie.Le premier geste particulièrement significatif a été d\u2019investir dans l\u2019éducation : ce qui était antérieurement réservé à une certaine élite est devenu plus accessible.D\u2019autres mesures et outils ont été mis en place, la Société générale de financement (aujourd\u2019hui Investissement Québec), la création de la Caisse de dépôt.C\u2019était la grande époque du Québec inc.où le Québec a pris sa place.C\u2019était une source d\u2019inspiration qui a permis de se doter d\u2019instances de concertation comme le centre local de développement ou même le Centre de recherche industriel du Québec (CRIQ).Le gouvernement libéral a tout simplement enterré ces instances, allant même jusqu\u2019à abandonner la mission principale de l\u2019Etat dont les missions les plus fondamentales sont celles de l\u2019éducation, de la santé et du développement économique.Concrètement, il faudrait remettre en place les centres locaux de développement, promouvoir l\u2019entreprenariat, mais aussi avoir une véritable politique de développement régional.Quelle place accordez-vous à l\u2019entreprenariat social dans cette relance économique ?C\u2019est un apport qui me parait extrêmement important.J\u2019ai eu l\u2019occasion de visiter plusieurs entreprises d\u2019économie sociale et ce que je retiens, c\u2019est que ce n\u2019est pas juste une activité.Parallèlement, il y a un travail d\u2019insertion sociale à effectuer, notamment quand on pense à l\u2019immigration et au chômage.Utiliser les entreprises d\u2019économie sociale pourrait permettre d\u2019intégrer ou d\u2019accompagner ces nouveaux arrivants à l\u2019intérieur d\u2019une activité humaine et d\u2019une activité qui permet d\u2019être dans l\u2019environnement de la langue française, de la culture québécoise et de ses valeurs.Il y a un énorme potentiel dans l\u2019économie sociale.Si vous aviez à soumettre un plan de lutte contre l\u2019itinérance et la pauvreté, quelle en serait la première étape ?Au sein de notre équipe, nous avons créé un certain nombre de comités, dont un qui s\u2019est engagé à définir notre stratégie afin de l\u2019actualiser et de la renouveler.Contrairement à la Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance (SPLI), et j\u2019ai eu l\u2019occasion d\u2019en parler avec d\u2019autres organismes, la conclusion est que bien que nous ne pouvons pas minimiser la question de l\u2019importance du logement social, il faudrait mettre en place une politique de réinsertion, de financement des organismes sociaux.Malheureusement, ce que nous constatons, c\u2019est que l\u2019itinérance et la pauvreté sont vues sous une seule et unique perspective qui n\u2019encourage pas tous les aspects entourant ces problèmes sociaux.Oui, on peut penser que la défavorisation socioéconomique est un véhicule à l\u2019itinérance.Mais qui d\u2019autre que l\u2019Etat doit assurer cette mission-là ?Avez-vous un plan de lutte contre l\u2019itinérance qui touche particulièrement les femmes ?Pas spécifiquement.Encore une fois, si le phénomène est effectivement en croissance, compte tenu de l\u2019environnement économique qui n\u2019est pas particulièrement brillant, il y a une relation de cause à effet.Si c\u2019est un phénomène qui est en croissance, il va également toucher les femmes en proportion de ce quelles représentent dans la société.Ce qui fait en sorte qu\u2019il va peut-être avoir plus d\u2019itinérants, donc plus de femmes.Je ne peux pas vous dire si la proportion a évolué, mais c\u2019est certain qu\u2019il y a des conséquences sur elles.Est-on en droit de se questionner devant les sommes investies pour Bombardier et les autres entreprises privées quand les problèmes de la pauvreté et de l\u2019itinérance ne cessent de s\u2019aggraver ?Et si ces fonds-là étaient réinjectés dans les programmes sociaux ?Je crois qu\u2019il faut faire attention.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on ne soutient pas financièrement Bombardier et éventuellement l\u2019empire de l\u2019industrie aéronautique que par définition, on va investir dans la lutte contre l\u2019itinérance ou la pauvreté.Cela n\u2019empêche en rien le gouvernement de se retirer de cette mission-là.Je pense que c\u2019est important que l\u2019Etat soit attentif à la question de l\u2019emploi.Si l\u2019emploi est bien rémunéré, les citoyens payent les impôts et cela va faire en sorte que l\u2019on pourra investir dans des programmes sociaux.20 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2016 PHOTOS : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Il faut donc créer d\u2019avantages d\u2019entreprises sans avoir l\u2019obsession du gouvernement libéral de couper dans les dépenses pour obtenir l\u2019équilibre budgétaire.C\u2019est devenu une obsession parce que c\u2019était une promesse électorale alors que de plus en plus d\u2019économistes confirment que cette stratégie économique ne crée pas de la valeur.Parlons un peu du projet de loi 70 sur l\u2019aide sociale.Pensez-vous que l aide sociale doit être réformée, et si oui comment ?La première chose que je pense que l\u2019on doit dire, c\u2019est que nous faisons face à un gouvernement qui est aussi idéologique que doctrinaire.Parce que nous avons une idéologie [au Parti Québécois], mais elle est certainement différente que celle du gouvernement libéral.Ensuite, si l\u2019on doit avoir une réflexion collective sur l\u2019aide sociale, il faut qu\u2019elle soit coordonnée.Et je vois mal comment on peut couper les organismes communautaires qui sont susceptibles justement d\u2019accompagner cette réflexion-là.Aussi, l\u2019objectif n\u2019est pas qu\u2019un citoyen demeure sur l\u2019aide sociale, c\u2019est qu\u2019il en sorte afin qu\u2019il puisse participer et s\u2019épanouir pleinement à l\u2019intérieur de la collectivité.Mais ce n\u2019est pas la réflexion que fait l\u2019actuel gouvernement, notamment avec le projet de loi 70.Aussi, il ne faut pas penser l\u2019aide sociale uniquement dans un projet de loi ou déterminer le montant, mais il faudrait aussi repenser l\u2019ensemble de l\u2019écosystème.Il y a de l\u2019improvisation qui est permanente.On vous qualifie de visionnaire.Etes-vous pour la légalisation du cannabis ?Ecoutez, c\u2019est une question effectivement d\u2019actualité.On attend aussi beaucoup du gouvernement fédéral puisque comme vous le savez probablement, c\u2019est une infraction au Code criminel qui relève de la compétence exclusivement fédérale.Je serais plus favorable à la décriminalisation.Ensuite, pour la légalisation et tout le dispositif de distribution et commercialisation, il va falloir regarder cela dans les détails.On peut être pour en principe, mais comme on dit, des fois, le diable est dans les détails.C\u2019est pourquoi je pense qu\u2019il vaut mieux avoir la structure nécessaire pour répondre collectivement à cette question.La question qui tue Lors de l\u2019entrevue, nous avons demandé à Pierre Karl Péladeau ce qu\u2019il pensait du fait que les bénéficiaires de l\u2019aide sociale ne peuvent pas gagner plus que 200 $ par mois comme revenu supplémentaire.Une mesure qui touche beaucoup nos camelots à L\u2019Itinéraire.Aucune réponse précise quant à ce problème n\u2019a été formulée, exception faite qu\u2019il était certain que la réinsertion sociale devrait être le but recherché dans le cas d\u2019une réforme de l\u2019aide sociale au Québec.Est-ce que le mode de scrutin à la proportionnelle ou mixte pourrait faire partie d\u2019un de vos enjeux aux prochaines élections ?Cet élément a d\u2019ailleurs toujours intéressé le Parti québécois, mais quand en prendra-t-il l\u2019initiative ?Vous avez raison de le mentionner.Dès sa fondation, le Parti Québécois a souhaité réfléchir sur la mise en place de mesures pour faire évoluer le mode de scrutin.C\u2019est sûr que nous avons une histoire, celle héritée du parlementarisme britannique en général toujours accompagné d\u2019un bipartisme.Est-ce que ça a toujours été représentatif?Non au contraire, on a actuellement un gouvernement qui a été élu avec une proportion de votes moindre que son opposition.Depuis les dernières années, il y a une évolution qu\u2019on retrouve au Québec, mais aussi un peu partout en Occident.Les deux dernières illustrations sont celles de l\u2019Irlande et de l\u2019Espagne.Est-ce que le Québec est également à l\u2019image de l\u2019évolution des formations politiques et des groupes de la société civile qu\u2019on retrouve dans les autres pays occidentaux ?Tout à fait.Alors oui, il y a de nouveaux partis qui sont nés, qui sont représentés à l\u2019Assemblée nationale comme Québec solidaire.Ce qui nous a amenés, au Parti Québécois, et j\u2019ai eu le privilège de le mentionner devant le dernier Conseil national à Trois-Rivières, c\u2019est que nous souhaitons revenir à ce qui était la position du Parti Québécois, c\u2019est-à-dire de réfléchir sur une évolution du mode de scrutin et à l\u2019intérieur de cette réflexion, évidemment, il va y avoir par définition, la représentation proportionnelle.¦ De trop peu à.enfin de l'argent neuf ! Budgets de Québec et Ottawa \u20141\tCj_> INFO RAPSIM PAR PIERRE GAUDREAU COORDONNATEUR DU RAPSIM Coup sur coup à la mi-mars, les gouvernements du Québec et du Canada ont déposé leur budget pour 2016-2017.Ces derniers suscitaient, à raison, de grandes attentes pour la lutte à l'itinérance.Au niveau québécois, le troisième budget Leitao ne s'est pas démarqué de l'austérité avec encore des coupures dans des actions clés pour contrer le phénomène.Le premier budget du gouvernement Trudeau a, quant à lui, apporté plusieurs bonnes nouvelles.Avec l\u2019équilibre budgétaire atteint, le Premier ministre Couillard annonçait un réinvestissement.Pourtant, lors du dépôt du 17 mars, ces derniers sont encore plus rares concernant la lutte contre l\u2019itinérance.Le ministère du Travail de l\u2019Emploi et de la Solidarité Sociale est un de ceux qui voient son budget réduit.Alors que se poursuit l\u2019étude de la réforme de l\u2019aide sociale, qui prévoit la contrainte au travail sous peine de pénalités pour les nouveaux prestataires, cette compression n\u2019augure rien de bon.Quant à la somme allouée aux nouveaux logements sociaux, réduits de 3000 unités à 1500 l\u2019an dernier, elle est reconduite pour toutes les populations dans le besoin au Québec.Cela signifie 500 logements pour Montréal, dont 10% prévus pour les sans-abri.En santé, la hausse du budget est accaparée par l\u2019accroissement des coûts de système, particulièrement les médecins, laissant très peu de marge pour développer des services.Comme le souligne le rapport du coroner Malouin sur la mort d\u2019Alain Magloire, ceux-ci sont loin d\u2019être suffisants en santé mentale et, ajoutons, en santé physique et services sociaux.Les organismes communautaires demeureront sur la paille, sans augmentation de leur soutien, malgré des besoins accrus.Ottawa investit Le gouvernement Trudeau a pour sa part annoncé des investissements pour les chômeurs, le logement et la lutte contre l\u2019itinérance.Loin de tout régler, et prévues pour seulement deux ans dans certains cas, ces mesures apporteront quand même une aide importante, après des années d\u2019inaction du fédéral, ayant débuté bien avant le règne conservateur.Depuis des années, le RAPSIM demandait un accroissement des fonds de la Stratégie de partenariats de lutte contre l\u2019itinérance (SPLI) dont le budget annuel était au même niveau depuis son annonce dans un autre millénaire, en 1999 ! « De l'argent neuf pour la SPLI/ Avant la semaine des quatre jeudis ! » Le slogan revenait dans les rassemblements, la demande était reprise par ses membres et alliés, par la Ville, des députés, dont Marc Garneau et.Justin Trudeau.10 M $ de plus pour Montréal Le budget fédéral, déposé le 22 mars par Ottawa, prévoit enfin une hausse de 50 %, du budget de la SPLI pour les deux prochaines années.Cela donne pour Montréal environ 4 millions $ de plus par an pour 2016-2017 et pour 2017-2018, s\u2019ajoutant aux 8 millions $ par an déjà affectés.Et, on peut espérer ajouter plus de 2 millions $ de fonds résiduels non utilisés.On parle donc de 10 millions $ à affecter pour répondre aux très grands besoins à Montréal, Le RAPSIM demande que cet investissement supplémentaire aille comme jusqu\u2019en 2014, pour soutenir une diversité d\u2019actions, de prévention et de réduction de l\u2019itinérance, incluant le soutien aussi à des immobilisations, locaux d\u2019organismes et logements sociaux.Selon le discours officiel, « cet investissement procurera aux collectivités le soutien dont elles ont besoin pour prévenir et réduire l\u2019itinérance, ce qui comprend les initiatives de Logement d\u2019abord, l\u2019amélioration des ressources d\u2019intervention d\u2019urgence et les mesures d\u2019appui pour les jeunes, les femmes qui fuient la violence et les anciens combattants.» Après avoir grandement contribué à l\u2019obtention de ces fonds, le RAPSIM intervient pour que ceux-ci apportent rapidement un soutien aux différentes actions nécessaires.Les besoins sont énormes dans les rues de Montréal et d\u2019ailleurs.¦ Pour connaître et appuyer ses actions consulter le : WWW.rapsim.org ft II\t1 IJ Le réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes do Montreal l\\ft ( J I 1*1 www.rapsim.grg | Têt.: 514 379-1949 22 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2016 Le commerce et la démocratie COMPTES À RENDRE PAR IANIK MARCIL ÉCONOMISTE INDÉPENDANT En mars, le président des États-Unis Barack Obama a effectué une visite qualifiée d'historique à Cuba.Une première depuis 1928.Il s'agit d'un geste hautement symbolique, visant à souligner à gros traits le dégel des relations politiques et commerciales entre les deux pays, entamé il y a plusieurs années.Depuis 1962, les Etats-Unis imposent à Cuba un embargo commercial et financier.Il s\u2019agit d\u2019un des plus longs de l\u2019histoire moderne.Au début des années 2000, Bill Clinton avait commencé à lever l\u2019embargo, en permettant le commerce de denrées alimentaires et de médicaments entre les deux pays.A sa suite, George W.Bush a offert au régime cubain un nouvel assouplissement des sanctions économiques à la condition que la dictature castriste s\u2019engage à mettre en place des réformes démocratiques.Ce qui fut rejeté du revers de la main.Le commerce international sert souvent à des fins politiques.Les sanctions économiques ou les droits de douane, par exemple, ont été utilisés depuis l\u2019Antiquité par presque tous les pays du monde autant pour protéger leurs industries intérieures que pour imposer une vision idéologique et politique à leurs alliés ou à leurs ennemis.Obama a explicitement appelé, dans son discours à La Havane, à ce que le peuple cubain prenne en main son destin, sous-entendant qu\u2019il souhaite voir le pays évoluer vers davantage de démocratie.Développer la démocratie Mais au-delà des décisions directes comme les sanctions ou, à l\u2019inverse, de politiques facilitant les échanges comme les traités de libre-échange, la plupart des pays industrialisés considèrent que le commerce international favorise le développement de la démocratie.Il s\u2019agit là d\u2019une thèse remontant au milieu du 18e siècle, énoncée par le philosophe français Montesquieu.Il estimait que ce qu\u2019il appelait le « doux commerce » favorisait de bonnes mœurs politiques.Dans son œuvre majeure, De l'esprit des lois, il affirmait que « l\u2019effet naturel du commerce est de porter à la paix.» Le commerce entre deux nations rend celles-ci dépendantes l\u2019une de l\u2019autre et les décourage de se faire la guerre.De nombreux penseurs ont étendu cette idée à l\u2019édification d\u2019institutions démocratiques : un pays démocratique comme les Etats-Unis commerçant avec une dictature comme Cuba suscitera, à terme, le désir du peuple pour la démocratie.Obama a explicitement dit cela en affirmant que le rapprochement entre les deux nations permettrait de tisser des liens avec la société civile cubaine.Or, de nombreux exemples historiques contredisent cette doctrine.Avant la Première Guerre mondiale, les pays européens qui allaient envoyer s\u2019entretuer leurs hommes entretenaient des relations commerciales très étroites.Le « doux commerce » n\u2019a pas prévenu la boucherie de 14-18.De la même manière, de nombreuses démocraties libérales ont continué à commercer avec Cuba, malgré l\u2019embargo états-unien, à commencer par le Canada qui a maintenu des relations très fortes avec l\u2019île des Caraïbes.Cela n\u2019a pas empêché pour autant le régime castriste de continuer à museler la presse ni d\u2019emprisonner les dissidents.Cette rhétorique pacifique et démocratique, malgré qu\u2019elle puisse être fondée sur des sentiments authentiques, n\u2019est qu\u2019un écran de fumée pour finalement favoriser les affaires des entreprises des Etats-Unis qui commerceront ou investiront en sol cubain.¦ 15 avril 2016 | ITINERAIRE.CA PORTRAIT PAR GUY THIBAULT CAMELOT MONT-ROYAL Marie Lecavalier ,*40 ans au service des toxicomanes Vendredi 26 Février, 9 heures, je rencontre Marie Lecavalier pour sa dernière entrevue.Quel privilège ! Partager la dernière journée au bureau de cette Femme qui a consacré 40 ans de sa vie au service d'hommes et de Femmes Fragilisés par leur dépendance.Marie Lecavalier est chef de service de l\u2019Urgence dépendance, du Centre de réadaptation en dépendance de Montréal, CRDM-IU.Elle prend sa retraite aujourd\u2019hui.Lorsque je lui demande comment elle vit cette dernière journée, Marie Lecavalier se tait, les larmes coulent.Un silence chargé demotion, un moment d\u2019une rare authenticité.Puis elle répond : « j\u2019ai été privilégiée, ça a été un bonheur total tout au long de ma carrière ».L\u2019émotion fait place au professionnalisme lorsque cette femme de tête et de cœur aborde le bilan de son engagement.En 40 ans, elle a vu la clientèle changer.Elle est de plus en plus jeune, les cas de psychoses plus fréquents.« C\u2019esf un pot-pourri d'alcool, de drogues et de cannabis beaucoup plus puissant », souligne-t-elle.Le crack et le crystal meth causent des dépendances sévères et la drogue par intraveineuse fait encore des ravages.En 1990, les trois centres spécialisés en toxicomanie et alcoolisme ont fusionné pour mettre en commun leurs services et former le CRDM-IU, qui a ajouté une mission universitaire par la suite.En 1997, le CRDM crée Urgence dépendance qui est devenu un modèle unique en son genre, la fierté de Marie Lecavalier qui le dirige depuis des années.L\u2019Urgence est ouverte 24 heures sur 24.Dix lits sont disponibles en tout temps pour héberger des toxicomanes en crise.Le service est rapidement devenu victime de son succès et les dix lits sont toujours occupés.Une ligne téléphonique d\u2019écoute a été ajoutée à l\u2019urgence.Urgence dépendance Ouvert 24 heures sur 24, sept jours par semaine, ce service est offert aux usagers de tous âges présentant un problème de toxicomanie et nécessitant une intervention immédiate.Ligne téléphonique d\u2019urgence : 514 288-1515 Ce qui est important pour Marie Lecavalier, c\u2019est de donner un sens à la visite.Il faut offrir à ceux qui arrivent en situation de crise un milieu sécuritaire, des conditions d\u2019hygiène, de l\u2019intimité et du calme.Les gens sont évalués par la suite puis dirigés vers les services qui pourront les aider.Mais plusieurs reviendront bien des fois à l\u2019Urgence.« Les problèmes sont chroniques et les crises cycliques, ajoute-t-elle.La désintoxication physique, ce n\u2019est que quelques jours dans la vie d\u2019un toxicomane.Le problème, cèst la désintoxication psychologique, cèst plus difficile.» Avant de quitter, Marie Lecavalier souhaite laisser ce message : « La dépendance, cèst d\u2019une grande complexité.Il ne faut jamais perdre la compassion, caria dépendance est au-delà de la volonté ».¦ At ION Guy a choisi ce sujet parce qu\u2019il a frappé à la porte d\u2019Urgence dépendance et du CRDM à plusieurs reprises.« J\u2019ai utilisé leur service de désintoxication, leur programme d'itinérance, leur programme de réadaptation interne pour adultes.Je peux dire que cela m'a sauvé la vie.Depuis maintenant un an, je suis en réinsertion.Merci à Marie Lecavalier, merci à Urgence dépendance, merci au CRDM-IU.» Guy est un être de convictions, passionné, tout feu tout flamme.Sa rencontre avec Marie Lecavalier lui a fait vivre des moments forts en émotion, mais il a su rester professionnel et faire une excellente entrevue.Il connaissait son sujet.J\u2019ai compris que je devais l\u2019accompagner dans sa démarche journalistique tout en respectant le caractère très personnel de son engagement.Résultat i une collaboration qui s\u2019est avérée des plus enrichissantes tant sur le plan humain que professionnel.Martine Lanctôt, journaliste 24 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2016 J'aime ça Montréal.J'ai bien aies amis qui habitent en campagne, j'ai un tout petit chalet en Estrie, mais je ne me verrais pas vivre tout seul dans le bois, je m'ennuierais.Je suis bien en ville.J'ai ma fille, plein d'amis, mes musiciens, et plein de choses à faire. |« Ça a commencé de même.» RENCONTRE PAR IANIK BRASSARD CAMELOT DE LORIMIER/ RENÉ-LÉVESQUE Chanteuretguitariste qui blues en français, Bernard Adamus a déjà trois albums à son actif.Âgé de 39 ans, il a commencé en faisant des covers de blues, avant de se démarquer avec ses propres compositions.Depuis son premier album Brun, paru en 2009, il n'a pas arrêté de tourner.Véritable bête de scène, il adore le contact avec son public.Provenant de la même génération et du même mouvement hippie-crust, et aimant particulièrement le blues tout comme lui, j'étais motivé à l'idée de le rencontrer et de revenir avec lui sur son parcours.Grand bonhomme de six pieds et quelque, Bernard Adamus est une personne simple et terre à terre.Il est vrai et ne cherche pas à impressionner.Sa générosité l\u2019a d\u2019ailleurs amené à participer à l\u2019événement Camelot d\u2019un jour avec L\u2019Itinéraire, au début du mois de novembre l\u2019an dernier.Dès son premier album, paru sous le label Grosse boîte, on remarque à la première écoute sa facilité à marier différents styles, tout en gardant une ligne de blues.Par exemple, avec sa chanson La question à 100 piasses, pour laquelle il a reçu le prix Echo de la chanson SOCAN, il intègre habillement le rap à d\u2019autres genres musicaux.Bernard Adamus réussit ce tour de force dans tous ses albums et en fait sa marque de fabrique, mêlant folk, swamp blues, jazz, country, mojo blues, etc.Avec sa joyeuse bande de musiciens, il nous fait voyager dans un univers musical qui lui est propre.Son authenticité lui permet de jouir d\u2019une grande reconnaissance, non seulement du milieu, mais surtout du public.Partout où il passe, il sait surprendre, épater, et on se souvient de son caractère particulier et unique.Des débuts dans le blues Né en Pologne en 1977, Bernard Adamus est arrivé au Québec à l\u2019âge de trois ans.Il a passé sa petite enfance dans le Mile-End puis à Notre-Dame-de-Grâce où ses parents habitaient, alors qu\u2019il était pensionnaire en Estrie dans un collège pour garçons.A son retour du collège, il arborait déjà un look hippie-crust : « j\u2019avais des dreadlocks dans les cheveux et aussi dans la barbe.Faut croire que j\u2019étais confortable de même ! » Il commence à jouer de la musique sur sa première petite guitare, reçue pour ses 12 ans.Il gratte alors ses premiers accords et suit quelques cours : « j\u2019essayais de jouer du blues, mais ce n\u2019était pas trop sérieux.» C\u2019est entre 22 et 24 ans qu\u2019il commence à pratiquer plus intensément, et c\u2019est à cette époque qu\u2019il forme son premier band, un duo de covers de blues avec François Cyr : « Ça a commencé de même.On jouait souvent à l\u2019Ours qui fume, qui a malheureusement fermé depuis.On faisait des cafés, des 5 à 7, des petits bars.» « J\u2019ai toujours été un très mauvais guitariste » Ce qui a amené Bernard Adamus vers le blues, c\u2019est le chant plus que l\u2019instrument.« Pour être honnête, j\u2019ai toujours été un très mauvais guitariste, et je n\u2019ai jamais été un amateur de blues électrique.Sincèrement, aller écouter du gros shuffle blues et me faire péter les oreilles avec des solos qui n\u2019en finissent plus, ça ne me fait pas triper tant que ça.Ce n\u2019est pas ma culture.» Le projet a duré deux ans.« Étrangement, à la seconde où j\u2019ai eu mon premier démo, j\u2019ai arrêté tout ça.Quand tu es sur le circuit blues, tu te fais toujours téter des osties de covers que tu ne veux pas faire.On te prend pour un juke-box, pis ça m'a vraiment tanné.» Après un petit break d\u2019un an, il pratique le chant dans deux chorales gospel, « une 100 % américaine, et l'autre 100 % dialecte africain.Ça a été très formateur.» Il commence aussi à écrire ses propres textes, en français.Il s\u2019inspire de son quotidien, de ses amis, de ses rencontres.Tout près de chez lui, lors d\u2019un show au Cheval blanc, rue Ontario, il croise la route d\u2019Eric Villeneuve, qui réalisera plus tard ses trois albums.¦ 26 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2016 [PHOTO : SIMON POSNÏCl C'est moi qui écris à 100% tous mes textes.J'écris sur le monde que je connais, sur mes amis.Ça sort de mon cerveau, je sors un petit calepin et je prends des notes, ou j'enregistre des petites idées musicales sur mon téléphone quand ça vient.Je pars d'abord d'une idée, d'une phrase, puis je travaille le texte.La musique ne vient qu'ensuite.Tant que ma toune n'est pas 100 % finie dans ma tête, je ne la présente pas au band.Quandje suis prêt, on l'essaye ensemble.Faut que tu travailles avec du monde que t'aimes, que tu laisses ça aller, ça fait une grosse poutine pis ça fait des tounes.(200*0 ft N ARE) ADA ' $ Quand il rencontre Éric Villeneuve, Bernard Adamus lui présente quelques-unes de ses chansons.Et très vite, les deux hommes, qui partagent une grande complicité, montent un band.Le chanteur est invité par Éric Villeneuve à venir travailler dans son studio maison, où ils enregistrent Brun, son premier album.Le réalisateur joue du bass drum, tandis qu\u2019en l\u2019absence de basse, fait intéressant et plutôt rare, c\u2019est Benoît Paradis qui assure ce rôle au tuba.François Cyr complète le band à l\u2019harmonica et à la guitare.Après la sortie du premier album, très bien reçu du public, « les shows se sont emboîtés ».En 2009, Bernard Adamus participe au Festival de blues d\u2019Ahuntsic, et gagne un prix qui l\u2019envoie jouer dans un autre festival en France.Il y est retourné une douzaine de fois depuis, mais au vu des contraintes logistiques, choisit de ne pas s\u2019essayer à faire carrière en Europe : « Ça prend beaucoup de route, beaucoup de temps et beaucoup d'argent.» Il y a aussi une forte concurrence.et une barrière de langage : « En France, ils ne comprennent pas la moitié de ce que je raconte.Un label ma demandé d'enregistrer un album là-bas, mais il faudrait presque que je change mes textes.Ça me demanderait d'y être cinq ou six fois par an, je n'ai pas le temps pour ça.Et je suis bien ici, au Québec.» Ilil! » i :»¦ t jouas; Æ AT» A MUS BERNARD ADAMUS SOREL SOVIET SO WHAT SoireJ Soviet So (20(5) Le titre de l\u2019album intrigue, il peut rappeler celui de Megadeth, So Far, So Good, So What.Mais n\u2019y cherchez pas de lien, « il y a juste les métaleux que ça peut amuser.J\u2019étais déguisé en motard un soir pour l\u2019Halloween et je m'étais écrit ça sur le bras, je trouvais ça juste drôle, et un an et demi après, c'est devenu le titre de l\u2019album.» Un album que Bernard Adamus et Éric Villeneuve ont pris le temps de préparer, dans la sérénité.« Tout marchait mieux, on avait plus d'expérience, on était plus en confiance, j'étais de meilleure humeur aussi.C'était vraiment le fun du début à la fin, et ça a donné ce drôle d'album-là.» M\" 2 (20(2) La production du deuxième album a été la plus compliquée.Malgré de bons moments passés ensemble, les membres du groupe, qui ne se sont que très peu quittés jusque-là, montrent des signes de lassitude.Le chanteur se souvient avoir passé des moments difficiles lors de l\u2019enregistrement et du mixage.« On était écœuré de se voir la face.En interne, il y avait de l\u2019orgueil et des égos mal placés.C'était une mauvaise période et je pense que cela paraît beaucoup dans les textes, très sombres.» Toutefois, N°2 a largement répondu aux attentes du public et a été un nouveau succès.« Par miracle, il a bien marché.» A Du Dépanneur café au Métropolis, en passant par le Quai des brumes Bernard Adamus cumule une centaine de concerts par année depuis cinq ans.Il joue aussi bien dans des grandes salles à guichets Fermés, comme le Métropolis, que dans des petits bars en région.« Quand je faisais du cover de blues, j'allais tout le temps au Dépanneur café.T\u2019allais voir le gérant, il te faisait chanter une toune ou deux, il te disait si c\u2019était bon ou pas bon, et si ça lui plaisait il te laissait jouer.Pendant une bonne année, j\u2019ai chanté au moins une fois par semaine là-bas.j\u2019y retourne encore de temps en temps pour voir des bands ou des chanteurs.» « Aujourd\u2019hui, petit bar ou grande salle, je mien fous.Ça dépend vraiment de la journée et du monde, jouer dans une petite salle, ça peut être très cool et ça peut être très plate.Quand tu fais un show devant 10 000 personnes, cèst plus neutre, et généralement cèst très le fun, mais la variable est plus forte dans une petite salle.Tu peux pogner 80 imbéciles sur 100, mais tu peux aussi trouver une crowd extraordinaire.» « Le Quai, mon deuxième salon » « jàime évidemment beaucoup jouer au Quai des brumes.Ça fait 30 ans que ça existe, cèst un lieu culte de la scène locale, il y a des shows six soirs semaine, cèst vraiment un bar-spectacle.Tout le monde passe par le Quai des brumes un jour où làutre.je sors là depuis que jài 18 ans, jài fait mes premiers shows ici, et cèst sûrement le bar où jài joué le plus souvent, jài joué dans toutes sortes de formules : seul, en duo, en trio, en quartet, en full band, jài participé à des soirées jazz, à des soirées de covers avec du monde, à des soirées où on fait juste deux ou trois tounes chaque, je suis très souvent ici où à l\u2019Esco, juste à côté, jài la paix, je connais tout le staff, toute la clique de musicos qui se tient là, presque tous mes amis sortent ici.Le Quai, cèst mon deuxième salon.» ¦ Ml lUli\u2019IT) _______ MBernard Adamus s'est produit de très nombreuses fois au Quai des brumes.En décembre dernier, il a participé à la soirée organisée pour les 30 ans du bar-spectacle.28 ITIN ERAI RE.CA | 15 avri l 2 Ô1 PHOTOS : BEATRICE FLYNN ENTREVUE \\m- IR BDaniel Lalonde, entouré de son groupe Flash-Back 57/97 PAR SIOU DESLONGCHAMPS CAMELOT BORDEAUX/MONT-ROYAL s iou71@hotmail.com Un musicien (de metro) parmi tant d'autres Daniel Lalonde est président du Regroupement des musiciens de métro de Montréal (RMMM).Mais avant tout, c'est un bon musicien, un bon organisateur et surtout un bon gars.Daniel Lalonde aurait pu être un enfant vedette.Les circonstances en ont voulu autrement.A 12 ans, il reçoit un premier appel important de Montréal lui offrant un contrat de disque.Le soir même, son gérant meurt d\u2019une crise cardiaque.« je sais pas, la nouvelle a dû lui faire pomper le cœur un peu trop vite.» De 12 à 49 ans, il poursuit une carrière de musicien dans les bars.« A une certaine époque, dans la région de l\u2019Outaouais, il y avait une vingtaine de places où on pouvait jouer.L'arrivée du karaoké a carrément sorti les musiciens des bars.On est parti jouer en région, au Saguenay, en Abitibi.» Etait-ce une vie difficile?« je l'ai fait, mais j\u2019ai eu d\u2019là misère à manger parfois, j\u2019aurais pu travailler comme mon père en réfrigération, j'étais quand même capable de faire la job, mais.la musique j'aime trop ça ! » Son arrivée à Montréal C'est son fils David qui suivra les traces du père de son père.Il est accepté à Brassard pour une formation en réfrigération.« Cèsf ce qui m'a décidé à déménager à Montréal, je voulais être proche de lui pour l'aider durant ses études.Et puis, faut le dire, ça faisait vraiment longtemps que je pensais lâcher les bars pour aller jouer dans les rues de Montréal.» En très peu de temps, Daniel fait ses bagages et puis arrive en ville, s\u2019installe dans le stationnement du parc La Fontaine pour environ une semaine.« je dormais dans ma caravane, je connaissais personne, je me sentais vraiment tout seul.Le matin, j'allais me laver à mitaine aux toilettes du pavillon du parc.» Finalement, il se trouve un pied-à-terre dans la même maison de chambre que son fils, arrivé à Montréal peu de temps après lui.Il commence à jouer dans le métro : « Tu sais, je n\u2019ai pas adoré jouer dans les bars autant que dans la rue ou dans le métro.» CmSl i 1° tr 1 U ML 1 J'ai toujours vu la rédaction comme une opération artistique.Plusieurs me contestent cette vision un peu idyllique de mon métier.Mais j\u2019ai de quoi prouver mon point avec Siou.Officiellement, ai-je été son coach pendant la formation?En fait.c'est moi qui ressors gagnant de cet échange.Travailler avec un tel artiste, bâtir le texte de l'entrevue, le regarder travailler.Voilà un privilège.Vous lirez Siou en ressentant la même chose.Alain Théroux, journaliste Daniel m\u2019a parlé entre autre du contact direct avec les gens qui passent.Moi, étant camelot, je connais très bien ça.Certains sont gênés parce qu\u2019ils n\u2019ont pas de monnaie à donner, d\u2019autres s\u2019arrêtent pour discuter, parfois nous envoie un signe de la main ou un sourire.Il y a de beaux échanges.Il se crée une familiarité.Les Etoiles du métro : la solidarité « La perception des gens vis-à-vis des musiciens du métro a vraiment changé ces dernière années.Il y eut un temps où les musiciens étaient regardés de travers, comme s'ils étaient des itinérants.» Mais en cinq ans, les Etoiles du métro a tout changé.Daniel a été très impliqué dans la mise sur pied de ce programme avant de devenir président.Un premier spectacle bénéfice a été monté au Café Campus avec 33 musiciens de métro.Depuis cinq ans, l\u2019événement est repris et d\u2019autres prestations se font dans les parcs, à la Fête nationale.On nous promet même pour bientôt un album pour les Etoiles du métro.Créé en partenariat avec la STM, les Etoiles a permis d\u2019améliorer différents aspects du regroupement.« La qualité de jeu et l'image des membres sont meilleure, l\u2019organisation de spectacles dans des événements extérieurs a changé la dynamique entres nous.Il y a maintenant une vraie solidarité, beaucoup d'amitiés se sont créées.» Cette solidarité, Daniel Lalonde y tient beaucoup.La preuve, en début d\u2019entrevue, il insistait pour qu\u2019on ne parle pas trop de lui mais de sa gang.« Ce serait l\u2019fun de parler du show des membres des musiciens de métro, pas juste arriver avec moi, parce que les gens ne me connaissent pas.j\u2019aurais aimé le faire d\u2019une façon où ça aurait été moins vedette, moins me mettre de l\u2019avant.»¦ Sa guitare signée par Paul McCartney « Le matin du 12 août 2010, je me lève, prêt à partir avec mon chariot et ma guitare.Mon coloc me voit aller, puis me demande : \" Où vas-tu comme ça, de bonne heure de même ! ?\" Je lui réponds : \" Je m'en vais au Centre Bell faire signer ma guitare par Paul McCartney ! \" Il part à rire.Quand je reviens le soir, la première chose qu'il mlance, c'est : \" Eille ! Ils ont parlé d\u2019un gars au Téléjournal qui a fait signer sa guitare par McCartney ! \" Il n'en revenait tout simplement pas ! ».15 avril 2016 | ITINERAIRE.CA 29 Lempowerment pour VIE CITOYENNE PAR QU'ALAIN COMMU'NOS-TERRES CAMELOT ÉPICERIE MÉTRO SAINT-JOSEPH / 16e AV.ET PHARMAPRIX MASSON/13e AV.retrouver sa place en société 5 1:Ç Aujourd'hui comme hier, la maladie mentale touche des millions de gens.Plusieurs facteurs les mèneront à vivre des épisodes plus ou moins intenses qui bouleverseront leur équilibre personnel ainsi que les relations avec leur entourage.Comment réussir à intégrer ces personnes ?Une minorité de ces personnes aux prises avec des épisodes de maladie mentale, un tabou toujours présent, devront être hospitalisées et prises en charge par les services sociaux.Mais la majorité déntre eux passeront sous silence.Qu'il y ait diagnostic ou pas, le malaise est déstabilisant et crée souvent de l'anxiété.Les variations d'humeur, vues comme irrationnelles, peuvent être difficiles à expliquer par la psychologie ou la science chimique.Je crois que la plus grande difficulté est d'arriver à accepter qu'il n'y a pas de normalité.Dans notre société, la sécurisation par les standards idéalisés provoque un profond affront à la liberté d'être soi-même, en tant qu\u2019être unique et différent des autres.Pourtant, nous savons maintenant que la force d'un écosystème réside dans la biodiversité.Cette complémentarité permet une viabilité qui survit aux crises momentanées de la vie.Les premiers moments de la perte de contrôle sur sa vie et son moral sont angoissants et déstabilisants.Quand on se sent croche, il est difficile de savoir s'il est permis d'en parler, et à qui.Le regard d'autrui, la peur du ridicule semblent menacer les liens fragiles avec nos proches.La personne aux prises avec des symptômes aura tendance à s'isoler afin d'éviter le rejet.Ces mécanismes de défense devront éventuellement être confrontés afin de reconstruire des liens sociaux viables.L\u2019exemple de Pracom A l'époque de la désinstitutionalisation pour défaire le mal de l'ère Duplessis, les grands hôpitaux de la région de Montréal ont investi dans le démarrage de centres communautaires avec une approche alternative aux instituts officiels se focalisant sur le traitement de la maladie mentale.Pracom (Programme alternatif communautaire), créé en 1983, est un de ces organismes.Je suis arrivé à Montréal en 2012 par la porte de l'itinérance et je cherchais à me réorienter.Je connaissais bien ma fragilité mentale et j\u2019ai vite trouvé à Pracom les ressources pour mieux m\u2019accepter et valoriser mes forces.Ici, le diagnostic n'est qu'une étiquette superficielle, il n'y a pas de dossier ni de suivi médical.On cherche à rencontrer la personne entière avec ses désirs, ses peines, ses joies et ses aspirations.C'est Bill Watson, fondateur et ancien directeur de l\u2019organisme, qui a su instaurer une ambiance détendue pour les membres : l'humour et l\u2019enthousiasme sont au rendez-vous, que ce soit quand on se regroupe au café le matin, aux pauses ou au repas du midi.Pour briser la stigmatisation, il a développé un milieu qui se rapproche de la famille élargie, avec un noyau d'intervenants aux profils complémentaires se partageant le leadership.L'approche alternative passe par l'exploration artistique, physique et psychologique.Autant d\u2019activités qui aident les participants à gagner en confiance : « je fais de la peinture depuis vingt ans, explique Denis.Ça m'a vraiment aidé à gérer mon stress et surtout mon anxiété, je pense que je serai toujours nerveux mais maintenant, je sais me calmer et me détendre.» L\u2019inclusion sociale contre l\u2019isolement Plus que de proposer des activités, Pracom invite ses participants à prendre des initiatives pour partager leur savoir aux autres.Par exemple, Pascal est fier de transmettre son expertise en travail du bois et en soudure : « je partage mon savoir avec les autres participants qui désirent apprendre ces techniques de travail, j'ai développé une gamme de produits faits d'anciennes pièces de vélo qu'on vend au profit de l'organisme.» Cette notion dèmpowerment, où on construit par et avec les participants plutôt que pour eux, vise à ce qu\u2019ils s\u2019outillent pour trouver leur place en société et mieux interagir.Quatre participants ont intégré le conseil d\u2019administration de l\u2019organisme, comme Jeannine : « Depuis, je sens que je peux plus participer, donner mon opinion et proposer des solutions.A l'assemblée générale, beaucoup de membres sont présents et peuvent suggérer des changements aux programmes.» Plusieurs organismes communautaires comme Pracom misent sur l'écoute active et invitent les participants à répondre eux-mêmes à leurs besoins, ce qui leur permettra à terme de s'épanouir pleinement comme citoyens.Ils militent pour l'inclusion sociale, le droit d'être différent et accepté dans cette société multiculturelle où on court toujours après la standardisation.Et ceux qui comme moi accèdent à un réseau soutenant pourront progressivement s'affranchir de tout préjugé.¦ 30 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2016 CARREFOUR f k Merci Intact Assurance ! Fin mars, deux représentantes d'intact Assurance sont venues nous remettre en main propre un chèque de 3 069,75 $, fruit d'efforts investis dans la vente de tuques et de mitaines Chez Toit par le biais de leurs activités.Isabelle Bolduc (au bout à gauche) et Christine Chouinard (au bout à droite) ont remis ce don à Duffay Romano, chef des opérations et Dominique Racine, responsable du financement de L\u2019Itinéraire.¦ Des étudiants gagnants du concours de la carte-repas solidaire ! Le 18 mars dernier a eu lieu la cérémonie de clôture du concours interuniversitaire L\u2019Initiative portant sur la Carte-Repas Solidaire.Mis en place par MAP (Mobilisation Action Partage), ce concours a permis à cinq équipes d\u2019étudiants de proposer des plans marketing sur l\u2019expansion et la promotion de la carte-repas.L\u2019originalité dans l\u2019élaboration de leurs idées et le développement en profondeur de leurs concepts ont valu à l\u2019équipe de Clarisse Bailliart, Alia Tak Tak et Anh-Tho Tran les honneurs du jury.Soulignons l\u2019apport de quelques partenaires primordiaux de ce projet : Shawn Bourdages et Duffay Romano de L\u2019Itinéraire, qui ont permis une bonne analyse des dossiers des participants, ainsi que Sandra Laporte du HEC.Des remerciements vont aussi aux membres de MAP et de Nova pour leur aide dans l\u2019organisation de l\u2019événement.Remercions également les partenaires financiers, sans qui ce projet n\u2019aurait pas été possible; la Coop HEC Montréal, Socent, Le Salon 1861, ainsi que les nombreux supporteurs de notre campagne de socio-financement.La suite du projet va maintenant s\u2019orienter sur la communication et la mise en place du plan marketing grâce à l\u2019agence Upperkut, MAP et L\u2019Itinéraire.Julien Hénault-Ratelle, Chargé de projet au sein de MAP m ,£v Une clinique d\u2019impôts a L\u2019Itinéraire En mars dernier, une clinique d\u2019impôt s\u2019est tenue dans les locaux de l\u2019Itinéraire.Grâce à l\u2019initiative d\u2019un étudiant de HEC Montréal, Etienne Grenier, 30 camelots ont pu remplir gratuitement leur déclaration d\u2019impôt.Au total, sept étudiants de HEC ont bénévolement donné de leur temps à l\u2019organisme.Leur participation, en plus d\u2019être fort appréciée, a permis de créer de nouvelles amitiés.Merci encore pour votre aide, au nom de tous les camelots qui ont bénéficié de cette clinique d\u2019impôts ! ¦ 15 avril 2016 | ITINERAIRE.Ch PAR CINDY TREMBLAY CAMELOT 29e AVENUE/BEAUBIEN Une égalité illusoire Dans ses pages informatives et issues de Faits et d'études approFondies, Le mouvement masculiniste au Québec : l'antiféminisme démasqué, rédigé sous la direction de Francis Dupuis-Déri et Mélissa Blais, nous constatons que nous sommes conFrontés à un système hétéro-patriarcal, c'est-à-dire où l'homme hétérosexuel blanc est dominant.Même si nous vivons dans une société où le féminisme est fort, les hommes masculinistes ou ayant un discours masculiniste trouvent encore que les femmes (les féministes en particulier) prennent trop de place.Ils disent que certains métiers ne sont pas « faits » pour elles, elles volent la place des hommes sur les bancs dècole, une femme est conçue pour s\u2019occuper des enfants et des tâches ménagères.L\u2019homme est génétiquement plus fort donc plus violent que la femme, l\u2019homme a des pulsions sexuelles naturelles et se contrôle peu, etc.Le mouvement masculiniste au Québec : l'antiféminisme démasqué nous démontre au contraire que les statuts de pouvoir, les emplois payants, les rôles de patronat, les postes importants, sont en majorité occupés par les hommes.La femme n\u2019a pas beaucoup de pouvoir en politique, et encore moins dans la mafia ou les gangs de rue.Nous la retrouvons souvent comme serveuse, secrétaire, aide-infirmière, où elle est en position où elle doit servir l\u2019homme.La femme travaille généralement plus d\u2019heures que l\u2019homme et est payée moins cher.Lorsque la femme veut se lancer dans un métier non-traditionnel (chantier de construction, mécanique automobile, etc.), même quand elle est passionnée parce que c\u2019est un métier qu\u2019elle a réellement choisi, elle est régulièrement confrontée à un coté plus obscur de la médaille.Le patron masculiniste ne voudra pas embaucher la femme car il craindra qu\u2019elle ne soit pas aussi efficace qu\u2019un homme et les congés de maternité le gêneront.Si elle est finalement recrutée, c\u2019est fort possible qu\u2019elle vive de l'intimidation car ses collègues masculinistes se sentiront diminués et menacés.Il se peut qu\u2019elle soit la cible de blagues désobligeantes.A compétences égales, la femme redevient une femme avec un corps de femme, et elle sait que les portes s\u2019ouvriront avec plus de facilité si son physique est avantageux.Toutefois, que cette femme entre dans les critères de beauté ou non, elle ne se fera pas nécessairement respecter.Les jeunes filles et la pression sociale Le livre nous explique à quel point, aujourd\u2019hui, les jeunes filles prises dans une société hyper-sexualisée sont souvent dans un mode de séduction et désirent plaire à l\u2019homme.Les hommes masculinistes vont souvent déclarer que ce sont les femmes elles-mêmes qui se mettent cette pression et quelles souhaitent user de manipulation avec leurs attributs.Les insultes sexistes, attribuées à ces femmes, à caractère psychologique du genre « va te faire baiser salope », réduisent encore une fois la femme à son corps pour ne pas dire objet.« Si elle se fait violer, elle l'aura bien cherché » pensera un masculiniste.Le taux de suicide est plus élevé chez les hommes que chez les femmes.Des masculinistes incriminent les féministes en \u201c\u201c-ssssa VL Le Mouvement Masculiniste au Québec S\" Essai Le mouvement masculiniste au Québec L'an tifémin ism e démasq ué F Sous la direction de Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri Éditions du remue-ménage - 2015, 320 pages affirmant quelles sont responsables de ces décès.Les auteurs du livre remarquent, selon les dernières études, qu\u2019un homme peut avoir différentes raisons de vouloir se donner la mort, entre autres s\u2019il est pauvre, s\u2019il vit en ville, s\u2019il a perdu son emploi, une peine d\u2019amour, etc.Mais n\u2019oublions pas que la très grande majorité des gens qui voudraient mourir continuent leur chemin.Il est également prouvé que les femmes font autant de tentatives que les hommes, mais ceux-ci parviennent plus souvent à leurs fins, car ils utilisent des méthodes plus violentes.Violence physique, psychologique, verbale et sexuelle Il y a malheureusement beaucoup de violence conjugale au Québec.Les auteurs m\u2019ont appris qu\u2019une femme sur trois a été victime au minimum d\u2019une agression, une femme sur sept a déjà vécu un abus sexuel par son conjoint, et 40 % des femmes ayant un handicap ont vécu au moins un abus sexuel.Ces sondages sont encore plus élevés dans les couples marginalisés.Et l\u2019on estime que cette violence est beaucoup plus fréquente que les sondages le laissent entendre car plusieurs femmes ne dénoncent pas, ayant peur des représailles.Contrairement aux hommes masculinistes qui affirment ne pas dévoiler la violence par peur d'être ridiculisés, les femmes ne la rapportent point par crainte que la violence qu\u2019elles ont subie par leur agresseur puisse s\u2019aggraver.Par ailleurs, la violence est souvent « tolérée », que ce soit au travail ou au centre commercial.Les gens n\u2019agissent pas toujours face à la violence parfois cruelle.¦ 32 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2016 Entrevue avec Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri Homme victime, Femme bourreau ?Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri sont venus à L'Itinéraire afin de nous parler du masculinisme et son impact, sujet du collectif qu'ils ont dirigé : Le mouvement masculiniste au Québec - l'antiféminisme démasqué.Ce phénomène mal connu nous donne des pistes de réflexion sur les difficultés que rencontrent les femmes de nos jours.D\u2019entrée de jeu, précisons que le masculinisme est un mouvement réactionnaire par rapport au féminisme.Il peut prendre plusieurs formes.De manière générale, ce sont des hommes qui se disent dominés et manipulés par les femmes ou encore qui sont en pleine crise identitaire blâmant les féministes de leurs maux.Selon ce que j\u2019ai pu apprendre dans ce livre, les hommes masculi-nistes ou ceux qui tiennent ce discours ne vont pas nécessairement faire partie d\u2019un groupe ou se définir comme tels.Ils ont développé un vocabulaire pour défendre leur position de victime.Par exemple, plusieurs hommes masculinistes vont minimiser les violences faites aux femmes, énoncer qu\u2019ils en vivent autant qu\u2019elles sinon plus.Ils nient les sondages indiquant que les femmes subissent beaucoup plus de violence et essaient de prouver le contraire.Si l\u2019homme masculiniste divorce, il se battra pour ne pas payer de pension alimentaire et voudra contrôler son ex-conjointe.« Bon nombre de masculinistes parasitent internet avec des propos haineux envers les femmes.Ils téléphonent à des émissions de télévision qui défendent le féminisme pour faire pression.Certains vont jusqu\u2019à faire des menaces à des féministes pour les faire taire », informe Mélissa Blais.Elle rajoute : « Un homme n\u2019a pas peur de se faire violer par une femme à trois heures du matin ».Donc, bien évidemment, les personnes agressées sont plus souvent des femmes.« Marc Lépine, celui qui fait 14 victimes à l\u2019École Polytechnique simplement parce qu\u2019elles étaient des femmes, le 6 décembre 1989, est devenu un symbole pour les masculinistes », laisse entendre Mme.Blais.On peut également lire dans ce bouquin que certains hommes ont même avoué y avoir déjà pensé, éprouvant même de la sympathie pour ce « pauvre » Marc accusant les féministes d\u2019être responsables de la tuerie.Féministe ou non ?Selon moi, il est difficile pour une femme de se définir comme féministe car ce mouvement prône l\u2019égalité entre les hommes et les femmes.Quand une femme dit haut et fort les problématiques de notre société patriarcale, elle risque de se faire regarder bizarrement.ce n\u2019est pas très séduisant d\u2019être féministe, c\u2019est délicat.Il y a ce fameux tabou que des hommes vont traiter les féministes engagées de lesbiennes ou de frustrées.Pour sa part, Francis Dupuis-Déri conclut : « Si on pose les questions suivantes à une femme qui ne se définit pas comme féministe : ' Es-tu pour l\u2019égalité des salaires ?Es-tu pour le choix de tes relations ?Désires-tu un divorce équitable ?Es-tu pour le droit à l\u2019avortement ?\u2019 Si elle répond oui, alors elle est féministe.Quand on croit en nos valeurs tout est possible ! » Le masculinisme veut garder sous silence le féminisme et c\u2019est pourquoi notre devoir en tant que femmes est de continuer à se battre pour l\u2019égalité.N\u2019oublions pas nos filles, nos nièces, nos sœurs, ainsi que les générations à suivre.Nous écrivons l\u2019histoire en ce moment même ! ¦ ®Les participants parlent tous à la fois.Cindy, à qui c\u2019est le tour de raconter comment s\u2019est passée l\u2019entrevue, me dit « je ne sais pas si tu m'entends ?» Elle veut se faire entendre, s\u2019exprimer, décrire, partager, dire.À voix haute.Maintenant.Avec enthousiasme, application, énergie.Elle s\u2019investit tout au complet dans le projet.Oui, je t\u2019entends, Cindy.Et je souhaite à beaucoup d\u2019autres de t\u2019entendre, de te lire, de te côtoyer.Ton point de vue original, unique, compte.Chantal Francoeur, journaliste 15 avril 2016 | ITINERAIRE.CA 33 DANS LA TETE DES CAMELOTS U-A c^rtwvartic^-fioA La première étape, c\u2019était de sortir de mes problèmes.J\u2019avais eu des problèmes de consommation, et je n\u2019étais pas bien dans ma tête.Je vivais aussi des émotions difficiles.Je suis allé chercher les outils nécessaires.Mais, surtout, le monde autour de moi m\u2019a beaucoup aidé à être mieux dans ma tête.La communication, c\u2019est le plus important.J\u2019étais une personne bloquée auparavant, dans ma tête, renfermée.Je n\u2019étais pas dans de bons milieux de vie non plus.J\u2019ai changé de milieu et maintenant, à L\u2019Itinéraire, je me suis ouvert.J\u2019ai appris à me connaître moi-même.Ce sont des gens qui me ressemblent, beaucoup sont renfermés de nature.On discute ensemble, et je suis maintenant une personne heureuse.SYLVAIN BERTHIAUME CAMELOT-PARTICIPANT As-fwcje/S pou/ bte/rt JUrts ma 4&K/ Dans le cadre de la 65e Semaine nationale de la santé mentale qui aura lieu du 2 au 8 mai, le Mouvement Santé mentale Québec a lancé sa campagne sous le thème « 7 astuces pour être bien dans ma tête ».Nos camelots en partagent 10 avec vous.Sc/ seY/ev U vis Pour le moment, ce n\u2019est pas évident.J\u2019allais si bien il y a cinq mois.Je m\u2019étais sorti de la rue, j\u2019avais une blonde, on avait du fun, on faisait plein de sorties, on s\u2019amusait.Mais là, je suis de nouveau dans la rue.Pour me remonter, je me serre la vis.J\u2019ai besoin de ça.C\u2019est à force de le répéter que ça fonctionne.On doit aller dans les organismes qui sont là pour nous aider, changer notre cercle d\u2019amis.C\u2019est important d\u2019avoir des loisirs qui nous permettent de dépenser de l\u2019énergie.Moi c\u2019est la natation et le basket.Il faut se valoriser, se faire plaisir, être fier de ce qu\u2019on entreprend.ALAIN PERRIER CAMELOT MÉTRO BONAVENTURE *£>Q/S\tai*4km/ ÀQ/ soi Je pars en char et je m\u2019en vais sur le bord de l\u2019eau pour écouter les oiseaux.Montréal, ça représente le stress.En campagne il n\u2019y a pas de stress, seulement les sons de la nature.Qu\u2019il fasse soleil, qu\u2019il neige ou qu\u2019il mouille, l\u2019important est le contact avec la nature.Ça permet de se reposer et de méditer.Quand je suis à Montréal je vais prendre un bain de vapeur.Ça fait sortir les mauvaises ondes.Aussi, avoir des gens autour de moi m\u2019aide à comprendre que je ne suis pas seul à avoir des problèmes.Quand on écoute les autres on se rend compte qu\u2019on est mieux dans notre peau qu\u2019on pensait.Ça permet de mettre les choses en perspective.Je me considère chanceux de me réveiller à tous les matins.DAN ET ROZI CAMELOT JARRY/LAJEUNESSE Se/ 0we/s4io»v\\eY e/f pense/ posi4rf J\u2019accepte la situation, c\u2019est déjà la moitié du chemin de fait.Je me lève, je me fais mon café.ça commence bien la journée.Comme pour mon café, je vois la vie au quotidien.L\u2019Itinéraire m\u2019aide aussi beaucoup à être bien dans ma tête.Quand je ne vends pas beaucoup, je me questionne.Je me centre sur moi et j\u2019essaie de dégager une énergie, d\u2019avoir une attitude différente.Mon aura est très importante : je souris, je pense positif.Depuis que je travaille, je ne m\u2019ennuie plus, je ne vois pas le temps passer.C\u2019est bon signe ! J\u2019ai confiance en mes capacités, je dis ce que je pense, ça m\u2019a beaucoup aidé dans ma vie.MICHEL MARCIL CAMELOT MÉTRO VERDUN ET SAINTE-CATHERINE/SAINT-ANDRÉ Oo*vp/ert^/e ses p/oblèmes pou/ Mieux AVArtc^e/ Il faut prendre du recul et se dire que les problèmes que tu as, tu dois les régler et ils ne doivent pas se répéter.Ça prend un certain de travail de conscience, une pratique.Ça doit se faire au quotidien.Il faut comprendre ses problèmes, son noyau, pour apprendre.Reconnaître le problème, l\u2019admettre soi-même.J\u2019en ai parlé ouvertement, on n\u2019a pas à avoir honte.Il ne faut pas être gêné de parler et s\u2019ouvrir.Il faut séparer ses problèmes de la vie en elle-même.Il ne faut pas massacrer ta vie parce que tu as fait des erreurs, il ne faut pas empirer son cas.Il faut que je me connaisse et m\u2019accepte comme moi-même, ça me redonne confiance.La confiance nous permet d\u2019avancer, d\u2019agir pour soi-même.MICHEL DUMONT CAMELOT MÉTRO JOLIETTE ET MANSFIELD / RENÉ-LÉVESQUE SWxÆ/p-f'fcV' S fMK J\u2019essaie de me trouver un abri, je suis quelqu\u2019un qui vagabonde beaucoup dans ma tête, trop.Avec mon ergothérapeute puis tout ça, on travaille pour que je puisse bien m\u2019organiser, autant physiquement que dans mes idées, avec des séances de relaxation, par exemple.J\u2019essaie, mais ça ne marche pas nécessairement.Je travaille beaucoup sur ça ces temps-ci, mais ça ne fonctionne pas toujours, donc je dois essayer, par essais et erreurs.Je vais finir par trouver quelque chose qui me convient.Quand je fais des activités sociales, ça m\u2019aide beaucoup.Je suis moins dans ma tête, plus avec le monde.Je suis concentré sur autre chose.SIOU DESLONGCHAMPS CAMELOT BORDEAUX/MONT-ROYAL 0 1__(K ¦fwl4'Q/ C\u2019est clair que j\u2019essaie de ne pas trop penser au gouvernement ! La lecture me relaxe aussi, ça me permet de fuir.C\u2019est la fuite littéraire.En prison, ça aide beaucoup à rester bien dans sa tête.Je joue aussi de la musique, ça me permet aussi de m\u2019évader Je dois fuir, je suis un hypersensible.IANIK BRASSARD CAMELOT DE LORIMER/ RENÉ-LÉVESQUE ON A LE TITRE QU\u2019IL VOUS FAUT 3 JOURS OfCttf P/|SS4Ges )OV)R consécutifs Hi 18s I SOIRÉE ILLIMITÉE 18hà5h aubnà7i«i8h 13$ heures AOs MOUVEMENT COLLECTIF stm.info/tarifs stm Fragments d'humanité au musée Pointe-à-Callière m Si les pierres pouvaient parler EXPOSITION PAR TUAN TRIEU-HOANG CAMELOT MÉTRO HENRI-BOURASSA J'ai eu l'occasion de visiter en avant-première à Pointe-à-Callière Fragments d'humanité, une exposition consacrée à l'archéologie québécoise.J'ai toujours aimé apprendre l'histoire d'un pays et de précieux souvenirs resteront gravés dans ma mémoire.Les historiens mettent beaucoup l\u2019accent sur la présence des premiers colons en Amérique du Nord.Mais on oublie souvent de mentionner que le Québec a été habité auparavant par des Autochtones.Des recherches m\u2019ont permis d\u2019apprendre l'origine et la signification du nom Québec.Il viendrait de la langue iroquoise et signifierait « là où le fleuve se rétrécit ».L\u2019exposition propose au visiteur un voyage dans le temps, dans l\u2019histoire du Québec plusieurs fois millénaire, avant l\u2019arrivée de de Maisonneuve, Jacques Cartier, Champlain, Jeanne Mance et des communautés religieuses.Cette exposition m\u2019a permis d\u2019en savoir un peu plus sur l\u2019histoire du Québec avant l\u2019arrivée des Européens.Des artéfacts témoignent de la traversée du détroit de Béring par des Autochtones il y a des milliers d\u2019années, ainsi que l\u2019arrivée des Vikings au Labrador longtemps avant Christophe Colomb.Les histoires englouties L\u2019artéfact qui m\u2019a impressionné le plus dans cette exposition est une pirogue sortie directement de la préhistoire, longue de 16 pieds, construite au 15e siècle et découverte dans la région de Chertsey.Après un séjour de 500 ans à 23 pieds sous l\u2019eau, son état de conservation était quasi intact ! Je devrais souligner ici le travail remarquable et professionnel de l\u2019équipe d\u2019archéologues qui a su conserver et mettre en valeur une telle relique.Mais si les artéfacts nous dévoilent la vie des Amérindiens, ils nous permettent aussi de découvrir d\u2019autres aspects de l\u2019histoire du Québec.Lèxposition présente notamment l\u2019Elizabeth and Mary, une barque qui fait partie de ce qui reste de la flotte britannique échouée à l\u2019Anse aux Bouleaux de Baie-Trinité sur la côte Nord et découverte par un plongeur en 1994.Même s\u2019il ne reste que quelques vestiges architecturaux de la flotte elle-même, les artéfacts nous ont permis d\u2019en savoir plus sur le quotidien des marins à l\u2019époque et sur l\u2019invasion britannique de la ville de Québec en 1690.C\u2019est lors de cette bataille que le gouverneur Frontenac a prononcé la célèbre phrase : « je vous répondrai par la bouche de mes canons et par le feu de mes mousquets ! » La dramatique histoire de l\u2019Auguste m\u2019a profondément touché.En 1761, ce navire avait l\u2019ordre de ramener en France les 17 membres de l\u2019équipage et plusieurs personnalités de l\u2019élite canadienne-française.Parti de Québec le 11 octobre, le voyage prendra fin abruptement au large de Cap-Breton le 15 novembre, après avoir essuyé trois jours de tempête.La funeste odyssée sera racontée par Luc de La Corne, l\u2019un des sept survivants.Les Forges-du-Saint-Maurice Cette exposition m\u2019a aussi fait découvrir le côté historique de la ville de Trois-Rivières.Première industrie sidérurgique au Canada mais aussi premier village industriel du pays.Voilà l\u2019essence même du lieu historique national des Forges-du-Saint-Maurice.Les artéfacts permettent d\u2019entrer dans l\u2019univers particulier de cette communauté industrielle originale.Ils révèlent les mystères de la fabrication de la fonte et du fer.Les vestiges archéologiques témoignent de cette époque où la vie de toute une communauté battait au rythme d\u2019une production intensive.En conclusion, la chose la plus importante à dire sur cette exposition pour moi serait de ne pas oublier que le Québec était déjà habité avant l\u2019arrivée des Européens.Au fil de l\u2019exposition, le visiteur découvre des objets et des artéfacts qui retracent le quotidien et le parcours de ces peuples qui ont habité le Québec et des tout premiers colons il y a fort longtemps.En effet, si les pierres pouvaient parler.elles raconteraient une mémoire qu\u2019on oublie trop souvent.¦ Le Québec était une terre d'Amérindiens avant l'arrivée des Blancs EXPOS» ipîn x podhTc-A-cvxLuePE Ec î jiVHirJ FRAGMENTS D\u2019HUMANITÉ ARCHÉOLOGIE DU QUÉBEC Fragments d\u2019humanité du 16 février 2016 au 8 Janvier 2017 Musée Pointe-à-Callière 350, Place Royale, Montréal info@pacmusee.qc.ca ci-haut Une pirogue sortie directement de la préhistoire, longue de 16 pieds construite au 15e siècle et découverte dans la région de Chertsey.Après 500 ans à 23 pieds sous l'eau, son état de conservation est quasi intact ! 15 avril 2016 | ITINERAIRE.CA 37 Avant les rues de Chloé Leriche Une immersion dans la culture amérindienne CINEMA PAR JO-AN BLANCHET-GIRARD CAMELOT MÉTRO JOLICOEUR Avant les rues Canada, 2016, 97 min.Distributeur: Funfilm Distribution Genre : Drame En salle le 15 avril J'ai toujours été Fascinée par les Amérindiens et la beauté de leur culture : leur esprit communautaire, d'entraide, leur langue, leurs différents rites.Avant les rues, le premier Film de la réalisatrice Chloé Leriche et mettant en vedette Rykko Bellemare, Jacques Newashish et Dolly Petiquay-Niquay, a été pour moi une véritable immersion dans cette beauté culturelle et humaine.Avant les rues raconte l\u2019histoire de Shawnouk (Rykko Bellemare), un jeune Amérindien d\u2019une vingtaine d\u2019années qui vit dans la réserve de Manawan dans la région de Lanaudière.Son père est le policier du village.Shawnouk a des amis blancs et un jour l\u2019un d\u2019eux lui propose de commettre un vol dans un chalet parce qu\u2019ils ont besoin d\u2019argent.Shawnouk veut en ramener à sa famille.Tout ne se déroule pas comme prévu et cela pèse sur la conscience de Shawnouk.Il en est profondément affecté, des problèmes se développent avec sa famille et sa femme.Réussira-t-il à les surmonter ?Avec la communauté La plupart des acteurs du film sont des Amérindiens sans expérience au cinéma et sans formation professionnelle.Eh bien, ça ne paraît pas quand on voit Avant les rues.Cela rend le film très crédible : l\u2019histoire se rapproche d\u2019eux, de leur réalité.D\u2019autant plus qu\u2019ils s\u2019expriment dans leur langue maternelle, l\u2019attikamekw.Le film est entièrement en attikamekw d\u2019ailleurs.On a l\u2019impression d\u2019y être avec eux.Question à Chloé Leriche, réalisatrice Réaliser un film aussi réussi avec des jeunes Autochtones qui n\u2019avaient aucune expérience en cinéma n\u2019a pets dû être une chose facile.Comment êtes-vous parvenue à les former si rapidement ?C\u2019est une démarche que j\u2019ai déjà réalisée plusieurs fois.J\u2019ai travaillé pour Vidéo Paradiso, une roulotte qui se promenait à travers la ville de Montréal.On approchait le monde dans la rue et on leur demandait s\u2019ils voulaient faire un film.J\u2019enseignais le cinéma comme ça.J\u2019ai beaucoup travaillé avec des acteurs du milieu de l\u2019itinérance à Montréal.Manon Barbeau, avec qui je travaillais, a démarré Wapikoni Mobile, la même chose que Vidéo Paradiso, mais dans les communautés autochtones.On accompagnait des jeunes qui voulaient s\u2019exprimer par la vidéo.38 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2016 Chloé Leriche, la réalisatrice, qui a dû les choisir et les former, voulait que ce soit « un film avec eux, et non pas seulement sur eux ».Rykko Bellemare, l\u2019acteur principal, est tellement dans son rôle que l\u2019on peut ressentir les émotions de son personnage.Je ressentais tellement sa souffrance que cela m\u2019a arraché des larmes, pour de vrai ! L\u2019engagement social Le choix d\u2019utiliser des acteurs et la langue de la communauté démontre bien le grand « engagement social derrière le film », comme le souligne la réalisatrice.Dans l\u2019une des scènes, Shawnouk, le héros, fait une tentative de suicide et l\u2019on voit toute sa famille pleurer.Il y a aussi ce moment où il s\u2019enfuit dans la forêt.Il s\u2019arrête au milieu de la forêt et crie parce qu\u2019il se sent piégé.La détresse est un sentiment que vivent beaucoup de jeunes Amérindiens aujourd\u2019hui.La manière dont le village est filmé et ce qui s\u2019y passe représentent aussi bien les enjeux reliés à la vie des Amérindiens.Au début du film, Shawnouk et son ami fument du pot et l\u2019on voit qu\u2019ils ne vont pas vraiment à l\u2019école.On remarque aussi que leurs maisons sont piteuses.Une culture inspirante Mais ce film ne montre pas que les problématiques dans les communautés amérindiennes.Il accorde une place de choix à la beauté de leur culture traditionnelle, qui doit demeurer ! Le chamane avec sa magie représente cette culture traditionnelle qui date d\u2019avant les Blancs et qui est peut-être un peu oubliée aujourd\u2019hui.L\u2019entraide entre ces gens est impressionnante.A un moment, Shawnouk court sur un sentier et il voit une jeune fille qui crie à l\u2019aide car sa maman est tombée par terre.Il aide la mère à se relever, qui à son tour voit que Shawnouk ne va pas bien.Elle l\u2019invite chez elle pour manger et se reposer.Elle soulage sa fièvre avec de la sauge, puis elle lui propose de l\u2019emmener dans une tente de sudation.Cet extrait du film montre la solidarité des Amérindiens, une valeur qui fait pas mal défaut dans notre société.On est plutôt individualistes, on a beaucoup à apprendre de la culture amérindienne.Il faut le réaliser rapidement parce qu\u2019elle est en voie de disparaître.Je connaissais un peu la manière dont vivent les Amérindiens, mais pas tant que ça.Ce film, c\u2019était donc une immersion pour moi.Je vous conseille de la vivre aussi, le film sort en salle le 15 avril.¦ AVANT fES RUES PHOTO : G L AU CO BERMUDEZ PHOTO : STFVFN HFAP(1?3RF Le retour en force du vinyle MUSIQUE PAR GABRIEL BISSONNETTE CAMELOT MÉTRO BERRI-UQÀM / Les nouvelles technologies sont là pour rester.Les automobilistes ne troqueront pas leur véhicule pour des chevaux comme moyen de locomotion, et les télévisions haute définition ne seront pas remplacées parcelles en noiret blanc.Mais il y a des modes qui viennent, repartent et reviennent encore.Et dans le monde de la musique, on sait que tout est possible ! Avec le retour du vinyle, on revient 25 ans dans le temps.J'étais très sceptique au retour du vinyle sur le marché, il y a quatre ans, et je me disais même « c'est une mode, comme pour les vêtements!» J'étais conscient qu'il restait des collectionneurs ainsi que des D.J., mais pas assez pour le retour de ce gros cercle plastifié qui pèse environ 180 grammes.Depuis 2010, les ventes de vinyle ont toutefois pris des proportions intéressantes au Québec et au Canada.La firme Nielsen Soundscan, après un recensement en 2011, a établi que deux albums sur trois étaient numériques et que le téléchargement avait frôlé les 20 % d'augmentation par rapport à l\u2019année précédente.Mais le plus surprenant, c'est que la vente du vinyle avait grimpé de 40 % dans le même temps, à travers l'Amérique du Nord.C'est au Québec qu'on retrouve le plus grand engouement : en 2012, la Belle Province a connu une hausse de 57 % des ventes, contre 18 % dans le reste du monde.Pour 2015, le vinyle a continué sa progression au Québec, avec 10 % de ventes supplémentaires.Du changement chez les disquaires En visitant quelques disquaires sur l'avenue du Mont-Royal à Montréal, j'ai été surpris des changements effectués par les commerçants, tant au niveau de leurs superficies qu\u2019au niveau de l\u2019organisation de leurs magasins, afin de faire de la place aux vinyles.La boutique FreeSon, qui se spécialise dans le rock, le progressif et le heavy metal, a fait des changements majeurs dans sa boutique pour proposer plus de vinyles qu'auparavant.Elle a vu ses ventes augmenter de 30 % dans le vinyle, alors que ses ventes de CD sont en baisse constante d'année en année.Mais le propriétaire de la boutique pense que le numérique ne va pas mourir et que la qualité proposée par ce format va peut-être le sauver.Ce n'est pas la même chose pour L'Echange.En entrant dans la boutique, je me suis aperçu que la musique prenait de moins en moins de place.On dirait qu\u2019elle est en train de mourir pour être remplacée par les nombreux livres usagés.Aux 33 tours, différent son de cloche.Ce commerce est sans doute le plus achalandé en vinyles à Montréal.Les styles de musique qu'on peut y retrouver sont extrêmement variés.On ne vend pas seulement des vinyles neufs et usagés, mais aussi des tables tournantes, des amplificateurs et des haut-parleurs.Le plus impressionnant dans la résurrection de cette vieille technologie, c'est que les jeunes en sont les consommateurs numéro 1 ! Notez que 75 % des vinyles vendus au Québec sont les classiques rock tels les Beatles, Pink Floyd, Led Zeppelin et le rock progressif.Partir pour mieux revenir, comme on dit.¦ Gabriel est un mordu de musique.Les références à tel ou tel groupe rock d'avant l\u2019ère du disque compact abondent chez lui.Son choix de traiter d\u2019un sujet sur les vinyles tombait donc sous le sens.Allumé et cultivé, ce D.J.inspire par son originalité et ses connaissances variées.De plaisante compagnie, nul doute que de nombreux autres textes culturels l'attendent.Catherine Bouchard, journaliste AtlOji.15 avril 2016 | ITINERAIRE.CA 39 È*ïr>- i, Xa.Sti^m a.tiSa.fi H ksft a 4^ rricniaijt f\\u ifna.voLx£ ££ Sfc PA* fAÇ- SS&f r V V: ?rs \u2018Vj&'ji '¦ ^Wî Beffgwr *i££ TCr+iî\u20191 CAMELOT LAURENDEAU / BIENCOURT wsss 100% Nos camelots prennent le contrôle du magazine Pour marquer le 22e anniversaire de L'Itinéraire, l'édition du 15 mai sera entièrement conçue par nos camelots.Préparez-vous à être étonnés, touchés et émerveillés.À ne pas manquer ! FRANCE BEAUMONT CAMELOT SAQ SHERBROOKE EST/ DU TRIANON 1 5 avril 2016 POÈMES DE CAMELOTS BENOIT CHARTIER CAMELOT IGA PLACE FRONTENAC ET MÉTRO RADISSON GUY BOYER A CAMELOT SAINT-DENIS/ DULUTH Sans but Poème d'épicerie Debout Debout dans la ville Dans un champ A mes pieds des rampants Des vers de terre des vipères Des congénères Ils mendient Ils déblatèrent C'est dans l'air du temps Au loin Un comme moi Debout Il gesticule Me fait signe Je veux le rejoindre Mais à mes pieds Les rampants s'agglutinent à moi M'empêchent d'avancer Un homme marchait, avec une cape et un chapeau, il allait sans but précis, avançant lentement sous la pluie.Je l\u2019ai suivi et j\u2019ai aperçu, qu\u2019il entrait dans une église, peu importe la religion, cet homme croyait.J\u2019aimerais être comme lui, et croire très fort, à un être suprême, qui serait en moi aujourd\u2019hui, et pour toute la vie.J\u2019essaie chaque jour d\u2019être meilleure, je demande son aide, je prie pour qu\u2019il me donne le courage, de continuer dans le droit chemin.C\u2019est ça, croire sans voir.Oh ! Ma petite fraise rouge Je suis ton concombre préféré Ton complément quoi Tu me dis que je suis imparfait Et aussi que je ne participe pas assez Nous vivons notre vinaigrette séparément Mais quelle salade ça fait ! Si tu étais un fruit Tu serais sûrement une pomme Je ne te prends pas pour une poire Mais pour un fruit qui mûrit avec le temps Et moi aussi je mûris Je tends à sortir de ma coquille Pour repartir en neuf À deux c\u2019est mieux Et ça se fait mieux C\u2019est tant mieux VIE DE QUARTIER PAR RAOUL JOUBERT CAMELOT MÉTRO MONTMORENCY ?~ / Promenade à Je suis camelot au métro Montmorency depuis bientôt un an.Mais pendant mes jeunes années, j'ai vu Laval et ses différents quartiers se transformer graduellement pour devenir la ville qu'on connaît aujourd'hui.I I V Le penitencier Saint-Vincent-de-Paul Dans mon Oldsmobile Dynamic 88 1966, je passais souvent devant le pénitencier Saint-Vincent-de-Paul (situé dans le Vieux Saint-Vincent-de-Paul à l'est de l'île).Je voyais les détenus dans les jardins, planter des patates, des fraises ou je ne sais quoi.Je me disais alors que pendant qu'ils travaillaient à l'extérieur, ils étaient mieux qu'enfermés entre quatre murs, à penser à leur sentence.Le pénitencier Saint-Vincent-de-Paul a été ouvert en 1873.Fermé en 1989, il a été désigné lieu historique national du Canada en 1990.Le bloc principal surmonté d'un dôme, deux ailes qui s'y rattachent ainsi que les tours de guet sont protégés et échappent à la démolition.Le Vieux Pen, comme on l'appelait, a déjà été ouvert au public, mais a été fermé en 2007, envahi pas les moisissures et devenu dangereux.Auparavant, une cinquantaine de films, dont des superproductions hollywoodiennes y ont été tournés.C'est ainsi qu'une page de notre histoire disparaît en nous rappelant des souvenirs.Histoire Laval, une des plus grandes villes du Québec n'a pas toujours été reconnue comme la banlieue de Montréal.Avant la Seconde Guerre mondiale, l'île Jésus, territoire où se trouve Laval, était en grande partie rural, campagnard, bâti par des générations d'agriculteurs.Peu à peu, Montréal a influencé le mode de vie lavallois et en a fait la banlieue que l'on connaît aujourd'hui.I |Saint-François-de-Sales de l'île Jésus |les ruines du moulin Sainb-FrançoisB j .* J.Ækt vM//m ÜSHi ¦m LES LIMITES QUOTIDIENNES NE S\u2019ADDITIONNENT PAS LE WEEK-END.Le corps réagit mal à l\u2019excès d\u2019alcool.Or, les limites recommandées sont de 2 verres pour elle et de 3 verres pour lui.Et ce n\u2019est pas en se privant la semaine que la limite quotidienne change le week-end.Elle reste la même.Pour un maximum de 10 par semaine pour la femme et de 15 pour l\u2019homme, sachant qu\u2019on ne boit pas tous les jours.Le corps a ses raisons.Faites-lui plaisir.Èduc^ ^alcool La modération a bien meilleur goût.educalcool.qc.ca/2340 "]
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