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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
lundi 1 août 2016
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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Références

L'itinéraire, 2016, Collections de BAnQ.

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[" Volume XXIII, n\"15 Montréal, 1er août 2016 www.itineraire.ca F DES SOLUTIONS 10 ooo rasoNMEs ATTENDUES À MONTRÉAL Penser autrement \u2022\tAlimentation et agriculture \u2022\tEnvironnement, ressources et énergies \u2022\tAlternatives économiques ¦ Rapport aux autres \u2022\tInnovations démocratiques Entrevue avec le cofondateur du FSM Chico Whitaker 8451 eWfaHoh dÎMi *rt»;e a ^Poésie musicale %£ONCERT-BÉf^FlC£ forth**»/» jymphonlqw* de l'Agof j vou» 'mtH* Jeunes et inégalités rrn^***** jean-ClaurfeNauft L\u2019Itinéraire, c\u2019est aussi de l\u2019aide alimentaire.Merci de nous aider à poursuivre notre engagement envers la société.itineraire.ca/faire-un-don Nom Adam | Camelot n° 1516 | Âge 49 ans Point de vente Bois-des-Fiiion Personne n\u2019a la vie simple.Beaucoup ont la vie dure.Certains même très, très dure.Les camelots à L\u2019Itinéraire en ont souvent vu de toutes les couleurs.Adam, lui, est allé voir au plus profond de l\u2019infrarouge et l\u2019ultraviolet.Ses yeux portent la marque d\u2019une vie striée par l\u2019accablement.Parents absents Adam parle aujourd\u2019hui de sa non-enfance avec légèreté.« Mon père n\u2019était jamais là, parce qu\u2019il travaillait de 7 h à 23 h pour subvenir à nos besoins.Ma mère ne m'a jamais envoyé à iécole.je restais tout seul à la maison pendant que, elle, elle allait visiter sa mère, tout en faisant croire à tout le monde que jetais à lècole.Un enfant de 5-6 ans, ça n'a pas peur de rien, ça veut découvrir des choses.Tu le laisses seul dans un appartement de 8 h le matin à 15 h Taprès-midi, il se passe quoi ?Il faut qu\u2019il se désennuie.» Documents en tous genres étalés sur la table viennent dresser une carte confuse de sa vie.D\u2019un ton lent et posé, il raconte l\u2019histoire de chacun d\u2019entre eux.Certificat de création d\u2019une ligue de dekhockey.Certificat d\u2019implication dans la ligue de bowling.Certificat d\u2019implication dans une vigile de la Sûreté du Québec.Tous révélateurs d\u2019un besoin de changer d\u2019air, de vivre après avoir touché le fond en 2006 suite à la perte de sa conjointe et d\u2019avoir, malgré lui, survécu.Trois années passées à se reconstruire à Ascot Corner, près de Sherbrooke.« fai eu l\u2019occasion de mâchefer un cheval, je faisais beaucoup de trail.Un rêve que ma femme et moi caressions, je suis allé caresser un peu ce rêve, seul.» Il décide un jour de replonger dans la grande ville, à Montréal, suite à l\u2019appel de sa mère, affectée par les décès de proches.Mais celle-ci, manipulatrice, pousse la nouvelle conjointe de son fils à le mettre dehors.« Du 22 juin à début septembre, jetais dehors, à Montréal.Avec une question : est-ce que je continue à vivre, ou jarrête ça aujourd'hui ?Pis c\u2019est fini, on en entend plus parler de moi.j\u2019ai alors rencontré un sans-abri qui m'a dit : \"ne pense pas à ce qui est arrivé hier, pense à ce qui va arriver demain, donne toi encore 24 heures\".» Cette lueur d\u2019espoir rallumée sort Adam du marécage du désespoir.Il ravale son orgueil, contraint de retourner chez cette mère perverse narcissique.Il n\u2019attend qu\u2019une chose désormais : avoir son propre chez-soi « Cesf L'Itinéraire qui me tient en vie » Aujourd\u2019hui, Adam est mû par un' grande détermination : « je ne veux pa3 que L\u2019Itinéraire soit juste ici à Montréal, j'aimerais bien qu\u2019il en y ait un autre sur la Rive-Nord.Bois-des-Filion, Terrebonne, Sainte-Thérèse, Blainville : en étant camelot, je fais du social avec tout le monde là-bas.» C\u2019est la réalité de l\u2019itinérance et de la pauvreté sur la Rive-Nord qui le pousse à l\u2019action.« Les sans-abri, ce n\u2019est pas juste à Montréal que ça existe.Vous en avez tous dans vos communautés.Arrêtez de fermer les yeux.Est-ce qu\u2019on peut commencer à faire des choses pour leur donner un coup de main ?» Depuis cinq mois qu\u2019il vend L\u2019Itinéraire, Adam ne compte pas rester simple camelot mais veut aussi aider au développement du magazine sur la Rive-Nord.La place de L\u2019Itinéraire dans sa vie actuelle ?Très simple : « jusqu\u2019à présent.c\u2019est L\u2019Itinéraire qui me tient en vie.Parce que tout le monde croit en ce que je veux amener.» Par Pierre de Montvalon, bénévole à la rédaction Photo : Alexandra Guellil A L L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire. NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ 1 à Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée par des journalistes professionnels et une cinquantaine de personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.Le Groupe L'Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d'économie sociale et des programmes d'insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d'itinérance, d'isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L'organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l'autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L'Itinéraire, c'est aussi plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s'en sortir.Merci à tous ! La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L'itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Shawn Bourdages, chef du développement social par courriel à : shawn.bourdages@itineraire.ca ou par téléphone au : 514 597-0238 poste 222.Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur cesite Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Canada ISSN-l 481 -3572 n° de charité : 13648 4219 RR0001 PARTENAIRES MAJEURS 11*1\t,\tvme-iviarie Canada Québec SS Montréal# Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l'île-de-Montréal pour leur contribution financière permettantainsi la poursuitede notre mandat.QUEBECOR PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS ŒUVRE JuA Hfcf R ft laiBfliKji.& fondation Carmand Normand E51 Desjardins Caisse populaire du Mont-Royal EPS Desjardins Caisse du Quartier-Latin de Montréal Fondation du Grand Montréal HA1\" U^upperkut \u2018\u2019stm RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LECAFÉ L'ITINÉRAIRE 2101, RUE SAINTE-CATHERINE EST Téléphone : 514597-0238 Télécopieur 514597-1544 Site : www.itineraire.ca DIRECTRICE GÉNÉRALE : CHRISTINE RICHARD RÉDACTION Chef du secteur magazine et rédactrice en chef : JOSÉE PANET-RAYM0ND Journaliste, responsable sociét ALEXANDRA CUELLIL Photograph' MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Responsable de la formation des participants : CHARLES-ÉRIC LAVERY Chargé de l\u2019accompagnement des participants : SIMON P0SNIC Responsable de la création visuelle : MILTON FERNANDES Journaliste affectée à la version numérique : GENEVIÈVE BERTRAND Stagiaire en multimédia: MOLIÈRE SOLON Collaborateur : IANIKMARCH Webmestre bénévole JUAN CARLOS JIMENEZ Adjoints à la rédactioi CHRISTINE BARBEAU, MARTINE BOUCHARD-PIGEON, MARIE BRI0N, DANYCHARTRAND, SARAH DÉRY, CAMILLE GARNIER, SARAH LAURENDEAU, HÉLÈNE MAI, JENNIFER PIT0SCIA, LAËTITIATHÉLÈME, CHANTALVANASSE Révision des épreuves PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE, MICHÈLE DETEIX ADMINISTRATION Chef des opérations et des ressources humaines : DUFFAY ROMANO Responsable de la comptabilité LYNE COUSINEAU Adjointeadministrative : NANCYTRÉPANIER Responsable du financemen DOMINIQUE RACINE DÉVEL0PPEMENTS0CIAL Chefdu développement social :SHAWN BOURDAGES Intervenant psychosocial JEAN-FRANÇOIS M0RIN-R0BERGE Responsable du Café PIERRE T0UCAS CONSEIL D'ADMINISTRATION Présiden GUY LARIVIÈRE Vice-président: JEAN-PAUL LEBEL Trésorier GRÉGOIRE PILON Secrétaire : J0 REDWITCH Administrateur MARIO C.DUSSEAULT, ALEXANDRE PÉL0QUIN, KATHERINE NAUD, ISABELLE M0NETTE, TANIA CROISETIÈRE-LANCEVIN Représentant des camelots: GABRIEL BISS0NNETTE VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 Conseillère RENÉE LARIVIÈRE (450-541-1294) renee.lariviere18@gmail.com GESTION DE L'IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE 1514 848-7000 Directeur général ROBERTRENAUD Chef des communications graphiques DIANE GIGNAC Chargée de projet; MARILYN FORTIN Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication N°40910015, ^d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L'Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K2H9 L'ITINERAIRE EST MEMBRE DE insp AgECQ fï/yPSLM A-A faim 4 ITINERAIRE.CA | 1er août 2016 Québécor est fière de soutenir l'action sociale de L'/tfnéra/re en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.A\tMIXTE V-lP FSC wwwfsc.org\tPapier issu de sources responsables \tFSC* C011825 MOTS DE CAMELOTS Denis Bourgeois.9 Maxime Vaicourt.9 Benoît Chartier.9 France Lapointe.32 Lorraine Sylvain.32 P'tit Fred.32 DOSSIER SPÉCIAL - PAGES 10 à 29 CONVERGER LES ÉNERGIES Quinze ans de Forum social mondial Des idées pour une société plus juste ¦Alimentation et agriculture Vers plus de justice alimentaire ?\u2022Environnement, ressources et énergies Monétisation de la nature \u2022Alternatives économigues Pour une monnaie plus humaine \u2022Rapport aux autres Comprendre le racisme systémique \u2022Innovations démocratigues -\tLa démocratie libérale essoufflée ?-\tCompléter le système actuel Entrevue avec Chico Whitaker Cofondateur du FSM Faire de la politique autrement Par Geneviève Bertrand, Mario Alberto Reyes Zamora, Mathieu ThériauIt et Alexandra Guellil SOMMAIRE ÉDITORIAL.7 Construisons notre monde ensemble Par Raphaël Canet, cocoordinateur du FSM ROND-POINT INTERNATIONAL.8 RAPSIM.30 Plan de lutte à la pauvreté : une occasion à saisir Par Anne Bonnefont, organisatrice communautaire au RAPSIM COMPTES À RENDRE.31 Les camps de vacances Par lanik Mardi, économiste indépendant INFO CAMELOTS.33 La bonne conduite Par Guy Thibault, représentant des camelots DANS LA TÊTE DES CAMELOTS.34 FESTIVAL.36 Une voix aux Autochtones Par Michel Dumont CINÉMA.38 Pique-nique, cinéma et justice sociale Par Norman Rîckert VIE DE QUARTIER.40 Promenade à Longueuil Par Nicole Giard SCIENCES.42 Le Planétarium : l'Expérience ! Par Rose CONVERSATION.43 Ma deuxième vie Par Sylvain Pépin-Girard DÉTENTE.44 À PROPOS DU CHANGEMENT.46 MtfS-LECTEURS Les camelots sont des Un message d'une lectrice adressé à Siou, suite à l'article qu'il a rédigé sur l'ouvrage La bête et sa cage, de David Goudreault : Siou, J'aime beaucoup tes observations et réflexions au sujet du livre que tu avais à lire.On y retrouve toute ta poésie, ta sensibilité et la précision de ton écoute.Tu as rendu vivante ton aventure de lecture de La bête et sa cage et ton choix de citations est tout à Fait ajusté.Tu nous a communiqué le désir d'en savoir davantage, mission réussie.BRAVO, c'est vraiment bien écrit ! Martine travailleurs autonomes.50% du prix de vente du magazine leur revient.% ÉCRIVEZ-NOUS ! Si vous aussi vous appréciez lire les articles de nos camelots, n 'hésitez pas à les encourager ! COURRIER@ITINERAIRE.CA Des lettres courtes et signées, svp ! a 1 'J ikjavw^ 3Kwitni| + um^ *j ffWra ufawt o$ v%yi Lnyauei-vou'S, suivez nous ! 3118 7398 #morci xziÿiïÀl JE FAIS UN DON DE: O 40$ O 50$ O 75$ O 100$ ou _______________$' JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J'offre______cartes-repas à 6$ chacune =______________________$' TOTAL DE MA CONTRIBUTION:\t________________________$' DONS + CARTES-REPAS JE VEUX M'ABONNER AU MAGAZINE : Je m'abonne pour une période de : 012 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) 06 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou N° de camelot (s'il y a lieu) :________________________ ¦ fjij\t\u2019 Pour respecter Pédologie et réduire ses frais postaux, L'Itinéraire envoie le reçu d'impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.NE\tVous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca RAI RE Qx4ùwci/ N\" de chante de l'organisme : 13643 42I9RR000I À LA\tOui, j'appuie L'Itinéraire : \u2022\tDONS \u2022\tCARTES-REPAS \u2022\tABONNEMENT Pour rejoindre notre service aux donateurs : © 514 597-0238, poste 240 @ dominique.radne@itineraire.ca IDENTIFICATION O Mme OM.Nom :___________________________________________________________ Prénom :________________________________________________________ Adresse :_______________________________________________________ Ville :______________________________Code postal :___I_I_-___I_I_ Courriel :______________________________________________________ Téléphone:!_______) ____________________________________________ MODE DE PAIEMENT O Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire O Visa O MasterCard N°de la carte : I_I_I_I__I___I_I__I__I__I__I__I__I___I___I_I_I__I Expiration________/___ _________________________________________ (Mois) (Année)\tSignature du titulaire de la carte Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L'Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K2H9 Forum social mondial 2016 Construisons notre monde ensemble 3É9EÉI ¦ ¦\tJ \" I \" 11 I I I Ir III1\tH W -\tMHHtoPOTBH\t \tK V'flâalllSlimfl\t 'S'\u2019 j\t.i In j i jiiLi\t\t i y*Y1 ;^h~\tA W-\t\t .-jj*t\t/'-\u2018T\t\t Du 9 au 14 août prochain, Montréal accueillera le Forum social mondial (FSM).50 000 personnes de 120 pays sont attendues pour participer à plus de 1 500 activités.Approfondissement des inégalités, changements climatiques, racisme et discriminations, guerres et répression, etc.Nous connaissons toutes et tous ces défis majeurs auxquels nous sommes aujourd\u2019hui collectivement confrontés.Ce qui importe désormais de mettre en commun, promouvoir et défendre, ce sont des solutions, nos solutions, celles proposées par les groupes communautaires, par les citoyens, par les mouvements sociaux et les associations qui, au jour le jour, construisent un monde de solidarité, respectueux des limites de la planète et de l\u2019être humain.Le Forum social mondial est le plus grand rassemblement de la société civile qui cherche et propose des solutions aux défis de notre temps.Il faut saisir l\u2019opportunité du FSM 2016 pour nous rassembler et profiter de ce moment d\u2019échange pour passer de la réflexion à l\u2019action.Le FSM est un puissant levier pour relier les acteurs du changement à travers le monde, du local au global, il ouvre un espace de convergence qui nous permet de nous renforcer et de donner de la visibilité à nos actions respectives.Depuis 2011, les soulèvements populaires et vagues d\u2019indignation qui ont porté des foules dans les rues du monde entier témoignent d\u2019une forte volonté de changer ce système qui ne satisfait les intérêts que d\u2019une infime minorité, ce fameux 1 % qui accapare la majorité des richesses.Première fois dans un pays du Nord Cet été à Montréal, ce sera la première fois depuis son invention à Porto Alegre au Brésil en 2001, que le FSM s\u2019installera dans un pays du Nord.L\u2019objectif est clair : donner la parole aux sans voix, aux mouvements sociaux et citoyens d\u2019ici afin de contribuer au changement global, en solidarité avec les peuples de partout sur la planète.Il faut transformer le monde en devenant collectivement des porteurs de ce changement et en s\u2019extirpant de cette position de spectateur confortablement installé dans la contemplation apathique.Changer le monde commence par se changer soi-même, puis son quartier, sa communauté, sa ville.Le FSM 2016 offre un réel parcours d\u2019engagement en permettant de participer à des activités festives à large déploiement, d\u2019organiser des activités pour partager nos réflexions et proposer des pistes d\u2019actions, de participer à des assemblées de convergences pour travailler en concertation pour construire les alternatives dont nous avons besoin et, finalement, d\u2019aboutir au renforcement d\u2019initiatives qui seront partagées au parc Jarry lors de l\u2019événement final.Rendez-vous au cœur de Montréal du 9 au 14 août 2016 pour contribuer à cette construction collective d\u2019un monde meilleur.Nous sommes le changement, osons inventer l\u2019avenir.Un autre monde est nécessaire.Ensemble il devient possible.¦ 1H HEU Hill! 1er août 2016 | ITINERAIRE.CA 7 PHOTO : MILLER ' T\".CH IL | Vers plus de sécurité alimentaire ?Et si la consommation d\u2019algues faisait partie des solutions pour contrer la pauvreté et la faim en Amérique latine ?C\u2019est l\u2019idée émise au Chili, dans les petites communautés où la pêche fait partie des activités les plus prisées.Les algues y sont très nombreuses et faciles à cultiver.De plus, elles représentent un apport sain aux régimes alimentaires.Précisons que la culture marine comporte aussi son lot d\u2019inconvénients : les biotoxines marines, des substances toxiques produites par les algues, peuvent causer un dérèglement des chaînes alimentaires et de l\u2019écosystème.C\u2019est pourquoi le gouvernement chilien a pris des mesures pour que la production et la consommation d\u2019algues restent un moyen de contrer la sécurité alimentaire.[IPS) ÉTATS-UNIS | Procès d\u2019éthique pour Facebook La fonction vidéo-streaming en direct proposée par Facebook permet la diffusion en direct d\u2019événements sans aucune censure.Des violences policières aux Etats-Unis aux manifestations du mouvement Black Lives Matters, certaines interrogations éthiques et politiques subsistent.En effet, en proposant de diffuser de telles images et bien que certaines d\u2019entre elles aient une valeur informative, Facebook n\u2019est pas soumis aux mêmes règles respectées par les radiodiffuseurs traditionnels.Précisons que ces vidéos deviennent puissantes et atteignent facilement un nombre record de « vues » en étant partagées à travers le monde.Cette fonction a d\u2019ailleurs été reprise par Twitter et YouTube repoussant ainsi un peu plus loin les frontières de l\u2019information.Face à ces critiques, Facebook a assuré qu\u2019une équipe était chargée de l\u2019examen du contenu en direct 24 heures sur 24, promettant de mettre en place d\u2019autres stratégies qui éviteront la diffusion et donc la promotion d\u2019éléments violents ou haineux.(Reuters) BANGLADESH | S\u2019émanciper par la radio Radio Meghna, une station de radio communautaire située au Bangladesh plutôt rural se démarque de toutes les autres stations.Entièrement gérées par une équipe d'environ vingt jeunes filles, certaines des émissions sont créées pour prévenir les mariages précoces ou encourager l\u2019éducation des filles et des jeunes femmes.Bien que cette radio communautaire ait une fréquence de diffusion limitée au sud de Char Fasson Upazila, ses programmes sont considérés comme avant-gardistes puisqu\u2019ils sont axés sur la volonté de dissiper les mythes en misant sur l\u2019éducation du public.Celle-ci est une clé au développement, souvent freiné par les normes culturelles héritées.Certaines croyances dévalorisent en effet l\u2019importance de l\u2019éducation des filles, en particulier dans les zones rurales les plus pauvres.D\u2019où l\u2019intérêt de renforcer leurs compétences professionnelles en les intégrant autrement à la société.[IPS) ' L'Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Reseau International des Journaux de Rue - INS P) Le réseau apporte son soutien à près de 120 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu [eur vie changer grâce à [a vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org International Network of Street Papers 8 ITINERAIRE.CA | 1er août 2016 MOTS DE CAMELOTS Ma vie sur Terre Thérapeute de la rue Je suis né le 30 avril 1968 à Greenfield Park, sur la rive sud de Montréal.J\u2019ai vécu à Longueuil jusqu\u2019à l\u2019âge de 6 ans, jusqu\u2019à 12 ans à McMasterville, puis jusqu\u2019à 14 ans à Belœil.Depuis, je vis à Montréal.Quand j\u2019avais 12 ans, mes parents ont divorcé.J\u2019ai habité avec ma mère pendant 2 ans puis pendant 5 ans avec mon père, ou plutôt mon « beau-père », puisque ma mère m\u2019a appris que l\u2019homme avec qui elle vivait quand je suis né n\u2019était pas mon père.Ensuite, j\u2019ai habité chez sa sœur pendant 18 ans.Maintenant, je vis seul dans mon HLM bien éclairé avec un balcon et une chambre fermée.A la maison, enfant et adolescent, j\u2019étais battu par mes parents et par mes sœurs.A l\u2019école primaire, je me faisais battre par les élèves et par un certain prof.Des fois, j\u2019encaissais les coups sans me défendre, de peur d\u2019attirer encore la violence sur moi.Au secondaire, j\u2019ai vécu du harcèlement et de la violence sans vraiment me défendre.Je n\u2019ai jamais aimé la bataille.Je n\u2019aime pas la violence.Après avoir terminé mon secondaire 5, j\u2019ai été stagiaire-concierge à l\u2019école.Ensuite, j\u2019ai exercé plusieurs métiers sans jamais me spécialiser dans un domaine en particulier.Toujours du travail manuel.Je n\u2019ai jamais eu beaucoup de succès auprès des filles.Pourtant, elles me trouvaient beau, alors je n\u2019ai jamais compris pourquoi (?).Pour me consoler, j\u2019allais voir les danseuses.Si j\u2019étais riche, je changerais de pays.J\u2019irais vivre en France ou en Suisse, là où on parle français.Si j\u2019étais plus riche, j\u2019irais vivre en Chine ou en Australie, le plus loin possible du Québec.Si j\u2019étais encore plus riche, j\u2019irais vivre sur une autre planète pour être le plus loin possible des misères de la Terre.DENIS BOURGEOIS CAM ELOT J EAN-TALO N / CHRISTOPHE-COLOMB En me promenant sur le trottoir, j\u2019ai aperçu ce qui me semblait être un chien.C\u2019était bien un chien, mais.empaillé! Je l\u2019ai trouvé tellement beau que je ne pouvais pas le laisser là.J\u2019ai pensé qu\u2019il pourrait même être utile pour divertir ma clientèle.J\u2019ai donc testé la réaction des gens devant mon nouveau compagnon.Croyez-le ou non, le petit chien a attiré l\u2019attention des gens au point qu\u2019ils s\u2019arrêtaient pour le flatter et me dire à quel point ils le trouvaient beau.A un moment donné, j\u2019ai placé un bol de moulée et un bol d\u2019eau devant le chien.Quand les gens venaient pour le flatter, je leur disais de faire attention parce qu\u2019il pouvait mordre ! Mon chien est très bien traité.Contrairement aux usagers des CHSLD, il prend deux ou trois bains par semaine.Il sent bon, il est bien dans sa peau et il sème de la joie autour de lui.En le voyant, les gens retrouvent le sourire.Quand j\u2019enfourche mon vélo, je le place dans le panier et il admire le paysage.Je l\u2019emmène à la pêche; je lui ai même fabriqué une petite canne à pêche et il a attrapé une perchaude de 4 pouces.Une chatte qui passait par là a eu droit à un festin puisque mon chien lui a fait cadeau de sa prise.J\u2019ai assisté à la naissance d\u2019une grande amitié.J\u2019aimerais bien faire connaître mon chien à la grandeur de la ville.Je pense qu\u2019il a le potentiel pour devenir une grande vedette en tant qu\u2019assistant-camelot sur quatre pattes.Je demande aux lecteurs de me soumettre des suggestions de noms pour mon chien.Le jury sera composé de moi-même et de.chien.A suivre.MAXIME VALCOURT CAMELOT AU THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE L'Expo 67 J\u2019avais 9-10 ans à l\u2019époque, mais je m\u2019en rappelle comme si c\u2019était hier.J\u2019avais un passeport pour y entrer et j\u2019ai presque tout vu : j\u2019ai visité 113 des 115 pavillons.J\u2019y suis allé avec ma mère, mon père, toute la famille.On avait les moyens dans ce temps-là, et la culture, ça coûtait moins cher ! On se retrouvait tous sur l\u2019île Sainte-Hélène.L\u2019Expo 67 a apporté beaucoup d\u2019ouverture d\u2019esprit et de diversité culturelle à la ville de Montréal.Ce que j\u2019ai particulièrement apprécié, c\u2019est le pavillon éthiopien, avec son excellent café.Je ne savais pas qu\u2019on produisait du café en Ethiopie.C\u2019était la première fois que j\u2019en buvais, et j\u2019ai aimé ça comme un petit fou.Leurs costumes étaient aussi merveilleux.Les Olympiques de 1976 Dans ce temps-là, je ne connaissais pas les Olympiques, je n\u2019avais aucune idée de ce que c\u2019était.Il y avait du monde partout ! Cela a développé l\u2019économie de la ville, mais ça a aussi mis la province dans le trou.Il y a toujours des déficits à Montréal.Voir le courage des athlètes, leur capacité à foncer, ça nous inspire à nous aussi aller au bout de soi.Nadia Comaneci, la fameuse gymnaste roumaine, m\u2019a grandement marqué.J\u2019avais les yeux rivés sur la télévision, je retenais mon souffle face à tous les athlètes, mais surtout en regardant Nadia.C\u2019était beau à voir, très beau.BENOÎT CHARTIER K CAMELOT IGA PLACE BERCY ET MÉTRO RADISSON C\u2019est la première fois que le Forum social mondial (FSM) se tient à Montréal, dans une ville du Nord.Créé à Porto Alegre (Brésil) en 2001, l\u2019événement a été accueilli auparavant par de nombreux pays du Sud, situés autant en Amérique latine, en Asie, qu\u2019en Afrique.Crise économique, chute du dollar ou de l\u2019euro, évasion fiscale, corruption, dérèglement climatique, etc.Autant de constats qui provoquent un ras-le-bol de plus en plus généralisé.Point positif : cette grogne participe à la création d innombrables alternatives qui fleurissent localement, mais aussi aux quatre coins du monde.Le mot d\u2019ordre est de construire un monde nouveau, plus solidaire de l\u2019être humain et respectueux des limites de la planète.Rassembler les différents acteurs du changement à Montréal, voilà un défi de taille relevé avec brio par le FSM qui tente de repousser les frontières entre le Nord et le Sud.D00D y r-.f* Marche d'ouverture du Forum Social Mundial .à PortoAiegre, Brésiir* amwfcBi m ¦OLETlVu ajUNCUFSM Considéré comme l\u2019un des plus grands rendez-vous de la société civile, il s\u2019agit d\u2019une alternative sociale au Forum économique mondial de Davos.Retour sur les éditions antérieures.Par Geneviève Bertrand PortoAiegre | 2001 PortoAiegre | 2002 Ce premier forum a réuni 20 000 participants provenant de 117 pays.Au cœur des discussions : la production de richesses, l\u2019affirmation de la société civile, l\u2019accès aux richesses et le pouvoir politique et éthique dans la nouvelle société.L\u2019élimination de la dette des pays en voie de développement et la lutte contre les stratégies des organismes financiers internationaux, comme le Fonds monétaire international, sont des questions qui sont débattues sous le thème « Un autre monde est possible ».Toujours à Porto Alegre, la deuxième édition du FSM a réuni 50 000 participants provenant de 123 pays, ce qui dépassa les attentes.Cette édition a marqué le passage d\u2019un événement qualifié d\u2019« anti-mondialiste » à « alter-mondialiste » ; soit d\u2019une pensée d\u2019opposition à la mondialisation de l\u2019économie à une logique de mondialisation maîtrisée, juste socialement et solidaire.Parmi les thèmes majeurs : ceux de la dette du tiers-monde, des institutions financières internationales, de l\u2019environnement et de la promotion de cette « autre » mondialisation.V:) Nathalie Guay, Responsable des ions internationales CSN, lors du1 Left Forum au John Jay College 1er août 2016 | ITINERAIRE.CA PortoAiegre | 2003 Mumbai I 2004 Cette troisième édition s\u2019est tenue sous le signe de la mobilisation contre la guerre en Irak.Cette année-là, le forum a atteint une certaine maturité en multipliant par plus de deux le nombre de délégués envoyés par rapport à l\u2019année précédente.Les activités traitaient notamment du développement durable et démocratique, des droits de l\u2019homme, du pouvoir politique, de l\u2019ordre mondial démocratique, de la lutte contre la militarisation et de la promotion de la paix.Plus de 100 000 personnes y ont participé, en comptant notamment le philosophe Noam Chomsky.Ce n\u2019est qu\u2019en 2004 que le FSM s\u2019est tenu pour la première fois ailleurs qu\u2019au Brésil.La ville choisie pour cette quatrième édition était Mumbai, en Inde.Plus de 60 000 Indiens sur 100 000 participants y ont pris part.Les thématiques étaient en lien avec la militarisation, la guerre et la paix, l\u2019information, la connaissance et la culture, l\u2019environnement et l\u2019économie ainsi que l\u2019exclusion, les droits et l\u2019égalité.Le militant français José Bové, le Nobel d\u2019économie Joseph Stiglitz et le Nobel de la paix Shirin Ebadi étaient des présences les plus remarquées. KATIA STUART-GAG N! Marche d'ouverture du Forum Social Mundialà Porto Alegre^BrésU^Btafc.Porto Alegre | 2005 Le Forum polycentrique | 2006 Nairobi I 2007 La rencontre de 2006 s\u2019est déroulée dans plusieurs pays à la fois, ce qui lui a valu l\u2019appellation de « forum polycentrique ».En janvier à Caracas (Venezuela) avec 80 000 participants, puis à Bamako (Mali) avec 10 000 participants, en mars à Karachi (Pakistan) avec 40 000 participants, et en mai à Athènes (Grèce).Les événements de Bamako ont inauguré la tenue d\u2019un FSM sur le continent, ce qui a qui donné lieu à l\u2019organisation à l\u2019échelle continentale d\u2019un Forum social africain.Les questions de l\u2019agriculture et de l\u2019eau y ont pris une grande place.En 2005, le FSM est revenu sur le sol brésilien avec environ 150 000 participants.C\u2019est lors de cette édition qu\u2019a été écrit Le Manifeste de Porto Alegre, un ensemble de douze propositions de réformes pour que les citoyens se réapproprient ensemble leur avenir.Militarisation, défense de la diversité culturelle, alternatives démocratiques et construction d\u2019une résistance populaire sont les thèmes principaux de cette édition.Cette rencontre s\u2019articule aussi contre l\u2019occupation américaine en Irak, pour un plan mondial de lutte contre la pauvreté et pour une réforme en profondeur de l\u2019ONU.V.J Belem I 2009 Retourau Brésilpourlahuitième édition du Forum social mondial, mais cette fois-ci à Belem, avec la participation de 100 000 personnes.A la différence des premiers forums, un article du Devoir publié en février 2009 a relevé une forte « présence des réseaux d'acteurs moins institutionnalisés, en particulier les réseaux de femmes, les afro-descendants et les peuples autochtones de l\u2019Amazonie ».Ces derniers ont réclamé l\u2019arrêt de la déforestation et des grands projets de barrages hydro-électriques qui contaminent les terres et les rivières.C\u2019était la première fois que le FSM a entièrement été organisé en Afrique.60 000 participants étaient au rendez-vous dans la capitale kenyane.La rencontre a été l\u2019occasion de s\u2019attaquer au rôle de l\u2019Union européenne en Afrique.L\u2019exploitation des ressources minières sur le continent par les grandes entreprises occidentales était aussi une des problématiques soulevées.Tunis I 2013 Plus de 70 000 participants étaient présents.Lors de cette édition, les débats portaient sur les liens entre les mouvements sociaux et l\u2019islam politique, les droits des femmes et les migrants, la démocratie, mais aussi l\u2019urgence de mettre en place un nouveau modèle économique, social et environnemental.Dakar I 2011 Dix ans après sa création, cette onzième édition s\u2019est tenue au Sénégal, rassemblant 80 000 personnes.Cette année-là, le continent traversait une série de soulèvements politiques et populaires, notamment en Tunisie, en Egypte, et en Algérie.Des problématiques liées à la souveraineté alimentaire, la charte des migrants, les biens communs et le rôle de la femme dans la société y ont été discutées.[Marche d'ouverture du Forum Social Mundial '*\tPorto Alegre, Brésil; ITINERAIRE.CA | 1er août 2016 Tunis I 2015 Cette édition a rassemblé 47 000 participants dans la capitale tunisienne.Cinq principaux thèmes étaient au menu : lacitoyenneté et l\u2019éducation ; les migrations ; la transition écologique, l\u2019économie sociale ; la lutte contre le réchauffement climatique et la gestion de l\u2019eau ; et enfin l\u2019accès aux droits fondamentaux.A cause d\u2019attentats qui ont eu lieu quelque temps avant le forum, les thématiques ont été modifiées mettant la question du terrorisme au centre de plusieurs débats.V) % ETAGRICULTURE Tout commence par la façon dont nous nous nourrissons.Quels sont les impacts des productions agricoles sur notre santé ?Sur les inégalités sociales?Selon un récent rapport de la FAO, « l\u2019agriculture représente une source croissante de gaz à effet de serre, mais aussi une voie potentielle d'atténuation du changement climatique grâce au stockage du carbone dans les sols et la végétation ».Ainsi, lorsqu elle est industrielle, l\u2019agriculture est responsable d\u2019une majeure partie de la destruction écologique et de la disparition de milliers d\u2019espèces À végétales et animales.^Æ ALTERNATIVES Avec la crise économique, les différents scandales associés aux paradis fiscaux provoquant de plus en plus d\u2019inégalités et d\u2019injustice fiscale, des initiatives sont créées afin de concevoir autrement la monnaie d\u2019échange.Pts IDÉES roui UNE SOCIÉTÉ Plus ]USTt Changer notre société ne se fait pas du jour au lendemain.C\u2019est la raison pour laquelle nous avons défini cinq problématiques en lien avec celles du Forum social mondial.En dressant un constat précis, nous tentons d\u2019y répondre en proposant des solutions débattues tout au .\tlong de ce grand dossier.MCES \u2019 [I ÉNERGIES Les énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz) accentuent le dérèglement climatique.Selon l\u2019organisme Équiterre, le Québec consomme actuellement environ 135 millions de barils de pétrole par année, soit 38 % de toute l\u2019énergie consommée.Il s\u2019agit de la deuxième source d\u2019énergie consommée par les Québécois derrière l\u2019électricité (40 %).Autre chiffre saisissant : « En 2008, le Québec a consommé pour 18,4 G $ de produits pétroliers, dont 15 G $ étant sortis de l'économie, soit , près de l'équivalent du budget de\taM l'éducation.» f LE RAPPORT f AUX AUTRES De la crise raciale aux Etats-Unis à la crise des migrants, avec le déplacement des populations et les difficultés économiques, beaucoup de tensions entre les peuples sont (ré)apparues.Quelles seraient alors les solutions pour plus de tolérance ?Comment parvenir à rétablir le dialogue en évitant la montée des nationalismes extrêmes ?A ' DEMOCRATIQUES De plus en plus de citoyens ne font plus confiance aux actuelles instances politiques.Corruption, mensonges, scandales ou augmentation des inégalités sociales, le système dit de représentativité, matérialisé par les élections, semble de moins en moins répondre aux besoins des , citoyens.1er août 2016 | ITINERAIRE.CA 13 78479674 {Alimentation et agriculture ^ .Vers plus de justice alimentaire DECRYPTAGE ___________________' PAR ALEXANDRA GUELLIL En 2010, environ 40 % de la population montréalaise n'avait pas accès à des Fruits et légumes Frais à distance de marche.Chez les personnes déFavorisées, cette proportion atteignait 34 %.Autre donnée tout aussi troublante, plus de 55 % de personnes étaient concernées par ce problème d\u2019accessibilité dans certains secteurs de l\u2019île de Montréal.Ces chiffres, révélés par une étude de la direction de la santé publique, prouvent qu\u2019il reste encore beaucoup à faire pour contrer ces déserts alimentaires.Directeur général du Carrefour alimentaire Centre-Sud, Jean-Philippe Vermette plaide pour plus de justice alimentaire c\u2019est-à-dire permettre « un meilleur accès pour tous à une alimentation saine, abordable et culturellement acceptable prenant en compte à la fois les questions de fraîcheur et de provenance des aliments ».Pour M.Vermette, l\u2019offre alimentaire « est tellement mauvaise que l'on se retrouve non plus dans des déserts alimentaires, mais des marécages.C\u2019est-à-dire que dans beaucoup de quartiers centraux, il y a un manque d\u2019accessibilité à des produits frais, comme les fruits et les légumes, par exemple ».C\u2019est donc pour répondre à ce manque que le projet pilote des «dépanneurs fraîcheur» est né.L\u2019idée est d\u2019envoyer un autre message, «p/us positif » au consommateur assurant qu\u2019il est possible d\u2019acheter des fruits et des légumes au dépanneur.Actuellement, neuf dépanneurs situés dans les quartiers Saint-Henri, Centre-Sud, Lachine et Bordeaux-Cartierville ont accepté de relever le défi en installant un kiosque à fruits et légumes dans leurs établissements.Le juste prix Pour Jean-Philippe Vermette, les campagnes de publicité et le contexte culturel sont généralement tournés vers la malbouffe ou le prêt à manger.«Il y a une sous-évaluation des prix des aliments qui cause de nombreux dommages sur la santé.Il faudrait parler du juste prix des aliments, c'est-à-dire faire en sorte que le coût de production des fruits et légumes soit autant subventionné que celui du porc ou bœuf», explique-t-il précisant que le financement de certaines filières plutôt que d\u2019autres est avant tout un choix politique.L\u2019homme plaide aussi pour ce qu\u2019il appelle le juste prix, c\u2019est-à-dire le montant auquel devrait revenir une tomate ou une livre de viande tout en étant adapté à la réalité des consommateurs.« Il s\u2019agit de faire en sorte de trouver un juste prix pour les fruits et légumes frais afin d\u2019assurer la viabilité de la consommation comme de la production.En d'autres termes, trouver une façon de faire la transition pour modifier nos habitudes de consommation.» Questionné au sujet de l\u2019industrie bio, Jean-Philippe Vermette plaide davantage pour favoriser les aliments locaux et l\u2019équitable avant le biologique, notamment en raison de la réglementation qui diffère en fonction que l\u2019on se trouve au Québec, en Californie ou encore au Costa Rica, des zones qui ont chacune leurs propres processus de labélisation.« La première preuve de confiance qui doit s\u2019établir, c\u2019est celle de la connaissance pour le consommateur, de son producteur et ensuite, de la façon dont les aliments sont produits », précise-t-il avant d\u2019ajouter qu\u2019« au Québec, nous avons environ deux millions d'hectares en culture dont 1,7 million est réservé à faire vivre deux industries : celle du bœuf et celle du porc ».Il serait donc complètement illusoire, selon lui, de penser que le biologique pourrait ne pas suffire à la planète en terme d\u2019alimentation.« C'est un faux raisonnement.Ce dont il faut se rendre compte, c\u2019est que si nous ne changeons pas nos habitudes alimentaires, nous aurons besoin des OGM pour subvenir à nos besoins.Il faudrait donc s\u2019interroger sur notre consommation de viande et de lait, deux cultures qui nous ont été données dans une époque qui est aujourd\u2019hui révolue.Ensuite, il faut réfléchir à la façon dont on peut produire moins et mieux.» Et l\u2019agriculture urbaine ?Eric Duchemin est professeur à l\u2019Institut des sciences de l\u2019environnement à l\u2019UQAM et directeur du Laboratoire sur l\u2019agriculture urbaine.Quand il lui est demandé de tirer un constat sur notre vision de l\u2019alimentation et l\u2019agriculture, il dit penser que les citoyens ont une plus grande conscience collective menant vers un mouvement social de plus en plus généralisé.« Ce n\u2019est plus tant la question de savoir comment on mange, mais plutôt de savoir comment les aliments nous arrivent.La question porte donc sur le système alimentaire, sur lequel les citoyens n\u2019ont plus de contrôle ».De là interviennent toutes les questions liées à l\u2019agriculture urbaine qui permet « un développement des systèmes alimentaires sur lesquels les consommateurs ont une mainmise ».Le contrôle du marché alimentaire dévierait donc des grandes industries vers plus de solidarité citoyenne.Cette agriculture dite urbaine, Eric Duchemin la caractérise par « toutes les actions de faire pousser ou 14 ITINERAIRE.CA | 1er août 2016 K) TO : MARIO ALBERTO R E Ÿ E S TA MO FO] MARIO ALBERTO REYES ZAMORA planter une plante dans le but d'instaurer plus de justice alimentaire, c\u2019est-à-dire faire en sorte que les citoyens puissent manger les aliments de qualité à proximité ».La question de la réappropriation du territoire est aussi primordiale.A ce sujet, c\u2019est la ville de Détroit, aux Etats-Unis qui a su se démarquer depuis quelques années.A la seconde moitié du 20e siècle, la ville emblématique de l\u2019industrie automobile américaine a traversé une crise économique qui s\u2019est matérialisée par la baisse de sa population : alors que la ville comptait 1,85 million d\u2019habitants en 1950, seules 713 000 personnes y étaient recensées en 2010, soit une diminution de 61 %.Ayant misé son développement économique sur un seul secteur, l\u2019automobile, de nombreuses tensions sociales et raciales sont apparues.La ville est considérée comme la plus pauvre agglomération du pays : le tiers de sa population vit sous le seuil de pauvreté.Les emplois ont été délocalisés, du centre vers les banlieues ou même d\u2019autres villes tandis que les terrains vagues et abandonnés se sont multipliés au fil des ans, créant ainsi une réelle rupture paysagiste.N\u2019arrivant plus à répondre à ses besoins primaires, la ville est au bord de la faillite.La solution est venue des habitants qui ont choisi de réutiliser les terrains vagues et d\u2019y installer des potagers, jardins communautaires et fermes urbaines.Détroit est l\u2019exemple clé qui révèle à quel point la réappropriation du système alimentaire est primordiale.Pour Eric Duchemin, « l'agriculture urbaine permet au citoyen de se réapproprier son milieu de vie, de le transformer ».A ce sujet, de plus en plus de quartiers montréalais mettent à disposition des citoyens des plantes potagères en libre-service.« Si à une certaine époque, le même procédé était utilisé pour les fleurs, il s\u2019agit d\u2019un mouvement qui permet de remédier à l\u2019insécurité alimentaire, je crois aussi que l\u2019utilisation des trottoirs est une des avenues qui révèle que les jardins communautaires ne sont pas la seule possibilité de remédier à l\u2019insécurité alimentaire ».Les initiatives qui participeront à éduquer autrement les citoyens foisonnent de plus en plus à Montréal et ailleurs.¦ A DESERT ALIMENTAIRE Cette expression est née au Royaume-Uni et renvoie à l'image de quartiers urbains pauvres, laissés à l'abandon par les distributeurs alimentaires.L'expression réfère aux « quartiers défavorisés des villes où les commerces alimentaires étaient soit inexistants, soit inadéquats dans leur offre d'aliments».Selon les chercheurs, la référence aux déserts alimentaires renvoie à l'accès aux aliments comme élément important d'influence sur les choix alimentaires.Certaines études s'intéressent ainsi à la présence de supermarchés, perçus comme les endroits les plus susceptibles d'offrir une plus grande variété d'aliments santé à des prix abordables.À ce sujet, le consensus n'est pas établi puisque la prise en compte des seuls supermarchés a soulevé différentes controverses.V JA RD U N A UT A S IRE /¦jL^rrjÿ O 3\u2014JC j\u2014-\t¦ s: A'' '\u2022 ' J* , Environnement, ressources et énergies Monétisation de la nature PAR ALEXANDRA GUELLIL Professeur émérite de l'Université catholique de Louvain, Riccardo Petrella préside l'Institut européen de recherches sur la politique de l'eau.Initiateur et promoteur de l'initiative internationale « Déclarons illégale la pauvreté », le politologue et économiste revient sur les liens entre l'eau, les inégalités sociales et la marchandisation.Quel constat faites-vous quant à notre gestion actuelle de l\u2019eau ?Depuis ces trente dernières années, la tendance s\u2019accentue vers la marchandisation de l\u2019eau d\u2019une part, et la privatisation des services publics d\u2019autre part.Ces deux points n\u2019ont cessé de s\u2019imposer, étant donné que les forces sociales au pouvoir sont liées à une conception libérale, capitaliste et marchande de la vie et du monde.Il est vrai que dans plusieurs pays, on continue à lutter et à s\u2019opposer à la marchandisation et à la privatisation, mais on assiste globalement à une financiarisation de la vie et une monétisation intégrale de la nature.Ce qui est contraire à ce qui devrait naturellement être la conception prédominante, c\u2019est-à-dire que l\u2019eau est un droit humain et un bien commun public et mondial.Deux principes qui restent au cœur de plusieurs luttes sociales et environnementales, parfois avec des succès relatifs.En d\u2019autres termes, l\u2019eau est un bien commun et public et un droit universel, mais malheureusement la réalité est autre.Même après la guerre de l\u2019eau en Bolivie et autres manifestations, et même si nous sommes parvenus à faire reconnaître par l\u2019assemblée générale de l\u2019ONU, le 28 juillet 2010, que l\u2019accès à l\u2019eau potable et à l\u2019assainissement était un droit humain en soi.Mon impression est donc à demi-teinte.Quelles sont les conséquences de la marchandisation et de la privatisation des ressources ?Je crois que cela a des conséquences importantes d\u2019abord sur le vivre ensemble parce que, finalement les citoyens ont accepté ce principe antihumain, anti-solidaire et antisocial.Comme si on reconnaissait que nos droits ont des coûts.Ainsi, le consommateur ou bénéficiaire de l\u2019accès aux biens importants ou vitaux n\u2019a pas d\u2019autre choix que de payer ce droit.C\u2019est la plus grande conséquence négative vis-à-vis de la conception de la vie parce que les dominants ont réussi à faire adopter une tout autre vision économique des droits humains.Alors que jadis cette dernière était plus ou moins correcte puisqu\u2019il y a quelques années, on reconnaissait l\u2019obligation de la collectivité de faire respecter les droits des citoyens, notamment sur une prise en charge fiscale commune.Vous défendez notamment l\u2019idée que l\u2019on aurait transformé la vision de la vie et de la nature.Pourquoi ?En 2012, en conclusion du troisième Sommet mondial de la Terre à Rio de Janeiro, on a de manière formelle admis qu\u2019il était légitime de monétiser l\u2019ensemble des formes vivantes.C\u2019est-à-dire que la collectivité mondiale a accepté de capitaliser les ressources naturelles.Cela signifie que l\u2019on a perdu là cette vision sacrée de la vie pour l\u2019instrumentaliser et la rentabiliser.C\u2019est extraordinaire à quel point cela peut détruire le vivre ensemble, fragiliser ou fragmenter les liens d\u2019union, de solidarité, de mutualité, de respect, de reconnaissance de l\u2019autre.Je crois que le conflit social planétaire n\u2019est plus entre le capital et le travail comme au 19e siècle, mais plutôt une bataille contre la prétention de détenir le capital de la vie et donc notre survie.D\u2019où l\u2019importance d\u2019une prise de conscience pour ne pas croire que tout est résolu, et ce malgré les progrès que nous faisons.Imaginer des solutions concrètes n\u2019est-il pas en quelque sorte utopiste ?Les solutions sont celles que l\u2019on nous enseigne à travers l\u2019Histoire.Que ce soit contre l\u2019esclavage, l\u2019absolutisme ou encore contre l\u2019exclusion des femmes, il a fallu lutter.Cette solution est donc à la fois évidente et très difficile parce qu\u2019une lutte bloquerait l\u2019évolution actuelle.Théoriquement, à chaque fois que l\u2019on propose des solutions qui sortent d\u2019un cadre défini par les institutions et les dominants, on est accusé immédiatement de manque de réalisme, de manque d\u2019approche pragmatique ou encore d\u2019être utopiste.Les solutions existent et sont même à portée de main puisque certaines d\u2019entre elles étaient appliquées dans le passé.En quoi une autre vision de la fiscalité pourrait-elle être une des solutions ?Si on a aujourd\u2019hui une vision négative de la fiscalité, il faut savoir qu\u2019elle a aidé à l\u2019une des grandes révolutions sociales.Mais, comme je l\u2019explique dans le livre Au nom de l\u2019Humanité, le cœur des 16 ITINERAIRE.CA | 1er août 2016 PHOTO : ECOSOCIETE solutions à bon nombre de nos problèmes se situe au niveau de la finance.Il faudrait, par exemple, profiter du scandale des Panama Papers pour enfoncer le clou.Ce scandale révèle la nature criminelle de la finance actuelle et l\u2019une des solutions immédiates est que la communauté internationale soit cohérente avec les principes de liberté, d\u2019égalité, de paix, etc., en déclarant hors la loi le secret bancaire et les paradis fiscaux.Deuxième solution immédiate et possible : remettre le pouvoir décisionnel monétaire et financier sur le marché financier.Par exemple, pourquoi acceptons-nous que la Banque centrale européenne (BCE) ait plus de pouvoir que l\u2019ensemble des Etats européens réunis ?C\u2019est-à-dire que la BCE est totalement indépendante et n\u2019a de compte à rendre à personne, ce qui est l\u2019inverse pour les pays.C\u2019est pourquoi je pense qu\u2019il faut donner au pouvoir politique représentatif élu le mandat d\u2019être responsable de la politique monétaire et financière.Aussi, pourquoi permettre que des entreprises cotées en bourse puissent devenir propriétaire des hôpitaux et des universités ?Cela n\u2019a pas de sens ! Il faut absolument modifier ce rapport de force.Quelle place accordez-vous aux énergies renouvelables et précisément à l\u2019eau dans cette nouvelle manière de concevoir nos ressources ?Il est fondamental que l\u2019on passe d\u2019une vision prédatrice à une vision pacifiste de la vie, avec un principe de régénération de la vie concrétisée par les énergies renouvelables qui servent à réduire notre empreinte écologique.Sans cela, nous participons à détruire davantage le capital biotique de la terre et d\u2019eau renouvelable de la planète.Rappelons-nous que depuis août 2015, selon l\u2019organisation non gouvernementale Global Footprint Network, toutes les ressources naturelles renouvelables que la planète peut produire en un an ont été consommées.Cela signifie que nous puisons dans les réserves de la Terre.Et les énergies renouvelables servent à respecter le principe de régénérabilité de la vie qui permet la multiplication et la préservation des espèces.Et sans eau, ces principes ne tiennent pas debout.C\u2019est pour cela que l\u2019on ne peut pas établir ses paramètres en fonction de sa rentabilité.Vous avez été l\u2019initiateur et le promoteur de l\u2019initiative internationale « Déclarons illégale la pauvreté ».Quelles seraient les étapes pour y parvenir ?L\u2019important est d\u2019entamer un processus.Il me semble qu\u2019il faut agir à la fois sur l\u2019éducation des peuples ainsi que sur l\u2019instrument financier et les formes institutionnelles.Une loi qui reconnaît l\u2019inégalité des facteurs structurels de la pauvreté n\u2019exclut pas les processus d\u2019exclusion.Il faut continuer de montrer que la pauvreté engendre l\u2019exclusion et travailler sur les conceptions et les imaginaires collectifs.Ensuite, il faudrait travailler sur des nouvelles stratégies politiques et financières pour tendre vers une démonétisation des ressources et plus de transparence.Malgré la crise, quelles sont les raisons qui vous permettent de continuer d\u2019y croire ?Si je m\u2019entretiens avec vous, cela signifie que je crois fermement que l\u2019Histoire n\u2019a pas déjà été écrite et qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019inévitabilité.Personne ne peut arrêter les peuples en marche vers leur dignité, leur liberté ou pour la justice.C\u2019est vrai que cela a pu prendre plus de temps parfois et qu\u2019il y a eu des difficultés à surmonter, l\u2019Histoire nous l\u2019a prouvé, mais on ne peut pas les arrêter indéfiniment.Je crois en des luttes qui méritent non seulement confiance, mais également enthousiasme et force.¦ « On n'élimine pas les causes structurelles de la pauvreté par des déclarations, il faudra du temps, une ingénierie culturelle, financière et institutionnelle, donc politique Riccardo Petrella .iïTT':; 1 1er août 2016 ITINERAIRE.CA Alternatives économiques | jjpf* Pour une monnaie plus DECRYPTAGE PAR MARIO ALBERTO REYES ZAMORA PHOTOGRAPHE STAGIAIRE De plus en plus, on constate que le système économique actuel ne correspond plus aux défis humains et écologiques de notre ère.L'une des solutions pour mieux y Faire Face est la monnaie locale, une monnaie qui redonne le pouvoir de l'argent au citoyen.Philippe Derudder est un ancien chef d\u2019entreprise.Il a démissionné en 1992 et ce, même si sa compagnie était prospère.Son souhait était de réfléchir à la manière de mettre l\u2019économie et la monnaie au service de l\u2019humain et de la planète.Il a écrit et co-écrit plusieurs ouvrages sur le sujet.« L\u2019humanité est piégée et paralysée par les problèmes monétaires actuels », amorce-t-il.Les monnaies locales complémentaires constituent un outil qui n\u2019est pas une finalité en soi, et sont aussi une façon de se réapproprier le pouvoir : « Cela ne durera peut-être pas, mais c\u2019est certainement un moyen de permettre aux citoyens du monde de reprendre le pouvoir sur cet outil et de le redéfinir autrement, pour qu\u2019il serve véritablement à faire la transition vers un nouveau monde.Ce monde sera ce qu\u2019on décidera d\u2019en faire, il émergera de ce qu\u2019on va comprendre de l\u2019ancien.» Une histoire millénaire Des traces de la monnaie complémentaire auraient été découvertes dans la Haute-Egypte, il y a plusieurs milliers d\u2019années.En plus de la monnaie officielle qui était constituée de métaux précieux, les « ostracons » servaient en effet aux échanges quotidiens.Durant le Moyen-Age, des monnaies complémentaires ont aussi eu cours en Europe.Il y a eu jusqu\u2019à 17 monnaies locales complémentaires à cette époque.Au cours de l\u2019Histoire, on remarque que les monnaies complémentaires ont eu tendance à être créées lors des différentes crises économiques touchant la monnaie nationale.Par exemple, elles sont réapparues pendant la crise économique de 1929.Philippe Derudder rappelle qu\u2019au moment de la Grande Dépression, une expérience en Autriche a permis d\u2019essayer une monnaie locale dans le but de redynamiser l\u2019économie, réduire la dette, limiter l\u2019inflation et contrer le chômage.De bons résultats ont alors été observés, mais la Banque Centrale considérait que c\u2019était une violation de son pouvoir et a stoppé l\u2019initiative.Plus récemment il y a eu, après la crise financière de 2008, un nouvel envol des monnaies locales.Bien que la plupart des projets aient duré plus ou moins longtemps, certains ont réussi à s\u2019imposer.Présentement, à Bristol en Angleterre, 10 % de la population utilise la monnaie complémentaire.Certaines taxes locales peuvent être payées dans cette monnaie, et même le maire de la ville reçoit une partie de ses indemnités en livres de Bristol.Une monnaie citoyenne Une monnaie locale est créée et administrée par des citoyens.Quiconque le souhaite peut amorcer un tel projet.Pour commencer, il faut constituer un groupe fondateur de citoyens bénévoles qui ont l\u2019envie et le temps de s\u2019investir.Il s\u2019agit aussi de trouver des commerçants et des producteurs prêts à collaborer.La mise en place de ces systèmes peut prendre de quelques mois à plusieurs années.Plus l\u2019implantation est rapide, moins les bases du mouvement seront solides.Une étape importante consiste à définir les valeurs que le mouvement veut préconiser ; cela peut se traduire par la rédaction d\u2019une charte des valeurs que les commerçants participants devront appliquer.Après, on doit réfléchir sur la forme de monnaie que l\u2019on désire utiliser : monnaie électronique, billets de papier, etc.Pour que le projet soit optimal et assurer une bonne circulation de la monnaie, la communication pour sensibiliser et intéresser la population est essentielle.Humaniser les échanges Selon Philippe Derudder, le système monétaire actuel conduit l\u2019humanité à sa perte.« On va vers une catastrophe, annonce-t-il, soit par le dérèglement climatique, soit par l\u2019épuisement des ressources, soit par la pollution de nos environnements naturels ».Les principaux avantages des systèmes des monnaies complémentaires sont de soutenir et de dynamiser l\u2019économie locale.Le fait que la marchandise n\u2019est pas transportée sur de longues distances permet de réduire son impact environnemental.C\u2019est un moyen de combattre la mondialisation, ses répercussions, ses excès et ses dérives.En achetant local, on paye parfois plus cher, mais on gagne en qualité.Les fruits et légumes sont plus frais et ont meilleur goût.Le contact avec les producteurs est direct et plus humain.lippe Derudder 18 ITINERAIRE.CA | 1er août 2016 .PHOTO M O N TA GE : MAR IO ALBERTO REYES ZAMO R AI PHOTO J-.«Il Martin Zibeau Un exemple québécois : le demi-gaspésien Ici même au Québec, un projet de monnaie locale complémentaire a été mis en place : le demi gaspésien.Il a été fondé par Martin Zibeau et Patrick Dubois, des citoyens engagés qui ont décidé de s\u2019impliquer dans une coopérative de solidarité à Carleton-sur-Mer.Martin Zibeau explique que l\u2019idée leur est venue autour d\u2019une bière, au début de l\u2019année 2015.Pour économiser temps et argent, ils ont décidé d\u2019utiliser la monnaie officielle canadienne en coupant simplement les billets en deux, d\u2019où le nom demi gaspésien.Présentement, une vingtaine de commerces utilisent de temps en temps le demi, quand ils veulent.Ils proviennent de divers milieux : l\u2019alimentation, la vente au détail, les auberges, etc.Son plus grand avantage réside dans son caractère entièrement citoyen, dénué de tout lien bancaire ou gouvernemental.« Nous n\u2019avons pas l\u2019appui du gouvernement parce qu\u2019on ne l'a pas demandé.C\u2019est une initiative citoyenne qui vise à se réapproprier la fonction de l'argent.En coupant les billets en deux, les gens n\u2019iront plus à la banque, ne pourront plus les accumuler et faire de l'argent avec de l'argent.Ça devient quelque chose qu\u2019on utilise au quotidien et il n\u2019y plus de spéculation autour de l'argent.» Un système démocratique S\u2019il ne peut être accumulé, le demi doit donc être en circulation constante pour que le système fonctionne, en comparaison du dollar canadien.On peut aussi refuser le demi, alors que le dollar officiel est accepté partout et par tous.Mais cela a de bons côtés : étant donné que le client et le marchand doivent prendre le temps de discuter avant de s\u2019entendre sur l\u2019utilisation du demi, des liens peuvent se créer et rendre les transactions plus humaines.Le demi gaspésien est aussi démocratique : tout le monde peut couper les billets officiels pour le créer.Il n\u2019y a pas de charte de valeurs et toutes les compagnies à travers le Canada peuvent l\u2019utiliser.D\u2019autant plus qu\u2019au Canada, aucune loi n\u2019empêche les gens de modifier les billets, contrairement aux pièces de monnaie.Certains commerces sont trop gros pour accepter le demi gaspésien car la majorité de leurs transactions se font par chèque ou virement bancaire.On ne pourrait par exemple pas utiliser le demi chez Walmart.L\u2019utilisation du demi est cartographiée sur le site web horizonsgaspesiens.net afin d\u2019assurer un suivi.Il est certainement utilisé dans d\u2019autres endroits sans être répertorié.D\u2019ailleurs, à l\u2019origine, Martin Zibeau et Patrick Dubois pensaient créer une monnaie pour la Gaspésie.Mais finalement, au lieu d\u2019être une monnaie à échelle géographique, c\u2019en est une à échelle humaine qui peut dépasser les frontières.¦ À MONTRÉAL AUSSI ! Un projet de monnaie locale pour la région de Montréal est présentement en cours d'étude.L'objectif était au départ de créer une monnaie locale complémentaire pour Villeray, mais le projet s'est rapidement développé.François Geoffroy et Amelia Zaazaa, deux des instigateurs, ont eu l'appui de 150 personnes et des experts ont aussi offert leur aide pour créer une monnaie locale.La durée prévue pour la mise en place est de un à deux ans.Le projet est encore aux premiers stades : définir la forme, la valeur et le nom de la nouvelle monnaie.Le grand défi sera de la faire vivre en ayant un nombre suffisant de membres, donc d'utilisateurs.Elle irait rejoindre le demi-gaspésien et les quelque 5 000 monnaies locales en circulation dans le monde.1er août 2016 | ITINERAIRE.CA 19 PHOTO : GOOGLE MAPS ENTREVUE Comprendre le racisme systémique Rapport aux autres PAR ALEXANDRA GUELLIL Les tensions raciales entre les communautés ne sont pas le seul lot des États-Unis.C'est en tout cas le message porté par le cofondateur et porte-parole du mouvement citoyen Montréal-Nord Républick, Will Prosper, qui est aussi documentariste, militant pour les droits civiques et ancien policier.Regards sur une réflexion qui devrait aussi, selon lui, concerner le Québec.On a beaucoup entendu parler de vous avec les événements d\u2019avril dernier à Montréal-Nord qui visaient à dénoncer les morts de Fredy Villanueva et de Jean-Pierre Bony, tous deux abattus lors d\u2019interventions policières.Commençons par décrire l\u2019importance du mouvement citoyen Montréal-Nord Républick.C\u2019est un mouvement qui a été créé en 2008, suite à la mort de Fredy Villanueva.Avec ce mouvement, nous avons organisé plusieurs marches et effectué plusieurs revendications, dont celle de mettre en place une commission d\u2019enquête sur les circonstances de sa mort.Les actions sont menées pour mettre fin au profilage racial et reconnaître que tant qu\u2019il y aura de l\u2019insécurité économique, il y aura de l\u2019insécurité sociale.Avec la mort de Jean-Pierre Bony, on a soulevé plusieurs questions, dont celles liées à la stigmatisation des communautés noires de Montréal.Vous vous intéressez au profilage racial notamment chez les policiers.Comment définissez-vous ces manifestations précisément ?Il y a plusieurs types de profilage racial.Souvent, on l\u2019analyse sur le fait que les policiers vont cibler une personne dans la rue et l\u2019interpeller juste à cause de sa couleur de peau.C\u2019est ce que l\u2019on appelle aussi le délit de faciès.Dans ce premier cas, la plus grande difficulté est de prouver en quoi ce policier commet un profilage racial dans le sens où ce dernier ne l\u2019admettra jamais.C\u2019est pourquoi je préfère parler plutôt de racisme systémique.Quand on prend l\u2019ensemble des actions policières et pas seulement les actions liées à l\u2019emploi, au logement ou autres facteurs, on se rend compte que ce profilage peut être défini comme la discrimination négative de citoyens qui sont alors victimes de traitements différentiels à cause d\u2019une couleur de peau.Vous ne retenez que la couleur de peau dans cette définition ?Non, pas nécessairement.Cela peut être aussi en raison du faciès ou d\u2019un symbole religieux.On peut le voir dans des exemples comme celui le plus récent en date et tout proche d\u2019ici, dans le quartier Ahuntsic-Cartierville, où plusieurs résidents ont voté contre l\u2019usage d\u2019un centre communautaire comme lieu de culte pour les musulmans.Le racisme systémique a tendance à effrayer lorsqu\u2019on ignore comment le définir.Quelle serait votre définition ?C\u2019est quand plusieurs paliers institutionnels font en sorte que des personnes racisées, appelées aussi « minorités visibles », n\u2019ont pas accès à certains emplois, logements ou ont un traitement différentiel.Un peu comme la définition du profilage racial, mais sur une base systémique, c\u2019est-à-dire pas uniquement propre à un quartier, à une ville ou à une province.Prenons l\u2019exemple de Montréal-Nord, la circonscription la plus pauvre à travers tout le Canada*, beaucoup de jeunes vivent sous le seuil de la pauvreté.Ce jeune va être suivi par la police, s\u2019il monte sur un mobilier urbain, crache ou autre, il recevra un ticket.La police le suivra jusqu\u2019à ce qu\u2019il commette une infraction et l\u2019arrêtera, officiellement pour être identifié.Le jeune ne pourra pas payer son ticket, sera criminalisé, stigmatisé jusqu\u2019à supposément appartenir à un gang de rue.Par la suite, non surveillé, il aura sept fois plus de chances de se faire arrêter pour possession de marijuana, de se faire traduire devant la justice, de recevoir des peines plus longues et d\u2019être placé en isolement.Au retour dans son quartier, il sera plus surveillé par la police.C\u2019est donc l\u2019exemple d\u2019un système qui criminalise les jeunes.Parler de racisme au Québec, est-ce quelque chose de facile et lié à l\u2019ouverture?Non, juste en parler au Québec versus l\u2019Ontario par exemple, c\u2019est extrêmement difficile parce que la réalité est autre.Beaucoup de personnes vont parler du Québec Bashing alors qu\u2019il n\u2019en est rien puisque les statistiques et les faits parlent d\u2019eux-mêmes.Tous les facteurs le prouvent, mais malgré tout on n\u2019ose pas en parler parce que c\u2019est comme se regarder dans le miroir et se demander si on est raciste.Or, ce que je pense, c\u2019est qu\u2019il y a un certain nombre de problématiques et qu\u2019en tant que citoyens, nous nous devons d\u2019en * Selon les chiffres officiels, en 2011, le taux de chômage dans l'arrondissement était de plus de 14 %, soit 4 % de plus que la moyenne montréalaise ; 41 % des habitants sont issus des minorités visibles et 33 % sont nés à l'extérieur du Canada.20 ITINERAIRE.CA | 1er août 2016 parler pour veiller à améliorer la situation.Si on essaye de fermer ce discours-là, on ne fera qu\u2019enfermer le racisme.Quant à la question de savoir s\u2019il s\u2019agit d\u2019un problème d\u2019ouverture, c\u2019est complexe de répondre à cette question.Je me souviens de l\u2019énorme solidarité qu\u2019il y a eu envers le peuple haïtien lors du tremblement de terre inversement aux réactions lors d\u2019autres événements.La question identitaire du peuple québécois y est pour beaucoup.Et il y a peut-être une distinction à faire entre un Québécois de Montréal et un Québécois dans une région qui connaît moins l\u2019immigration et accorde une importance réelle aux « radios-poubelles ».En observant la fracture sociale et la crise raciale aux Etats-Unis, peut-on se permettre de nuancer la situation au Québec et au Canada ?Nous faisons souvent à tort cette comparaison avec les Etats-Unis en pensant que la situation est pire là-bas.Mais, il faut comprendre aussi que la population noire aux Etats-Unis est plus nombreuse que la population canadienne.C\u2019est donc certain que les cas seront plus nombreux qu\u2019ici.De plus, une étude réalisée par le CREMIS a révélé que « les jeunes Noirs de Montréal étaient deux fois plus susceptibles que les jeunes Blancs d\u2019être arrêtés par la police, un taux pire qu'aux États-Unis ».UNE COMMISSION SUR IE RACISME SYSTEMIQUE Présidente de l'organisme Québec inclusif, Émilie Nicolas est l'instigatrice de la pétition demandant une commission sur le racisme systémique.Cette mobilisation s'est créée suite à l'affaire Jean-Pierre Bony et aux recommandations faites par le collectif Montréal-Nord Républick et Montréal-Nord.Le racisme systémique, elle le définit comme « des habitudes sociales et structurelles, souvent inconscientes, qui font en sorte d'accorder plus de valeur ou d'avoir plus d'empathie et de compréhension envers un groupe de personnes au détriment d'un autre sur les bases de la couleur de la peau».Mme Nicolas revient aussi sur la comparaison avec la situation aux États-Unis qui est, selon elle, à double tranchant, ayant la « fâcheuse tendance à nous conforter dans un état d'esprit que ce problème n'existe pas au Québec et au Canada».Or, elle soutient que pour comprendre la façon dont le racisme se manifeste, le débat se doit de rester ouvert auprès des politiques comme des citoyens.Au moment de mettre sous presse, Alexandre Cloutier se disait favorable à la mise en place d'une telle commission.Le candidat à la direction du Parti québécois estimait en entrevue à Radio-Canada qu'il était « évident qu'il y [avait] une discrimination à l'embauche au Québec».Lors de sa venue au Québec, Marine Le Pen, présidente du Front national en France, a ravivé en quelque sorte le débat sur le communautarisme et l\u2019assimilationnisme.Qu\u2019en pensez-vous ?Je crois qu\u2019au niveau politique, nous suivons plutôt une doctrine assimilationniste.Au Québec, il y a une question identitaire très importante qui nous permet de nous éloigner un peu du communautarisme à la française.Cette question de l\u2019identité est à prendre en considération : le peuple francophone dans un océan anglophone tend souvent étonnamment à se refermer plutôt qu\u2019à s\u2019ouvrir aux autres.Cette fermeture vise à protéger leur culture au lieu de s\u2019ouvrir aux différents peuples qui viennent ici et de tisser les liens.On le voit au niveau économique, politique et même médiatique.Les jeunes vont donc écouter des programmes différents, où ils se sentent plus représentés.Quelle perception avez-vous de ces jeunes, justement ?En travaillant auprès d\u2019eux, je les vois avec la volonté de s\u2019ouvrir et de changer les choses.On l\u2019a vu lors de la dernière crise étudiante, ils ont su s\u2019organiser pour créer différentes mobilisations et faire valoir leurs idées.On parle souvent de l\u2019éducation des jeunes, mais parfois nous devrions aussi parler de celle de nos aînés.Quand je me promène à travers les écoles, je suis souvent surpris par la manière dont ils parlent, se mélangent ou s\u2019organisent.Je vois énormément de projets crées par les jeunes qui veulent faire un changement.Souvent à cause de certains préjugés, on évite de les impliquer afin qu\u2019ils se réapproprient ces projets.Il y a donc différents facteurs à prendre en compte pour comprendre cette jeunesse et réussir à créer de réels ponts.Quand on habite un quartier défavorisé, il ne faut pas oublier que le taux de décrochage est important.Mais c\u2019est notre responsabilité, c\u2019est à nous de trouver des moyens pour empêcher cela et qui sait, peut-être que l\u2019on comprendra qu\u2019il pourrait être pertinent de repenser le système éducatif.¦ Pétition : assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/ petition/Petition-6081/index.html ^ TU, Innovations démocratiques f HKhNI hmuil La démocratie libérale essoufflée ?DECRYPTAGE PAR ALEXANDRA GUELLIL Le référendum historique sur le Brexit, la crise politique en Espagne ou au Brésil, pour ne citer que ces récents événements, sont l'occasion d'interroger la réelle représentativité des citoyens dans une démocratie libérale.Stupeur.Le 23 juin dernier, les Britanniques ont claqué la porte à l\u2019Union européenne (UE) 43 ans après leur adhésion.Une décision qui a provoqué la démission du premier ministre David Cameron quelques heures à peine suivant la publication des résultats.Les militants du « Leave », favorables à la sortie du Royaume-Uni de l\u2019UE, l\u2019ont emporté avec 51,9 % des voix contre 48,1 % pour les militants du « Remain », les pro-européens.Ce référendum a mobilisé 72,2 % des électeurs.Quelques jours avant le scrutin, environ un cinquième des 45 millions d\u2019électeurs se disait indécis.Pourtant, de nombreux analystes prévoyaient un taux de participation particulièrement élevé, notamment à cause de la ruée de dernière minute pour des inscriptions sur les listes électorales.Si beaucoup de chiffres et sondages ont circulé sur internet, laissant place à de nombreuses interprétations, les rares enquêtes complétées sur les habitudes de vote des Britanniques* annonçaient le Brexit recueillant 60 % des suffrages des plus de 65 ans, 67 % chez les 45-54 ans, 27% pour les 18-24 ans et 38% des 25-34 ans.Des chiffres à prendre avec des pincettes puisqu\u2019ils restent pondérés par le taux d\u2019abstention, plus élevé chez les jeunes électeurs.Et si le Brexit était le déclencheur d\u2019une réflexion sur la représentativité du système actuel?Journaliste politique français, Thomas Legrand soutient que « le référendum, bien souvent, va à rencontre de la démocratie participative ».Perçu comme un signe d\u2019échec d\u2019un réel processus démocratique, un référendum de type Brexit serait donc « le summum de la démocratie verticale et inopérante » en ce sens où « il sanctionne potentiellement, mais ne règle rien ».Bien qu\u2019il puisse être perçu comme l\u2019outil démocratique par excellence, il semble pertinent de s\u2019interroger sur sa représentativité et son adaptation à une démocratie moderne, représentant la voix de l\u2019ensemble des citoyens.« L\u2019outil référendaire est fait pour trancher, alors que la population aspire de plus en plus à être associée, * How the United Kingdom voted on Thursday.and why, par Lord Ashcroft.Enquête réalisée par l'institut Ashcroft, juin 2016.non pas au choix final et binaire, mais à l'élaboration des projets », conclut Thomas Legrand, en ondes sur la radio France Inter.Système critiqué Professeure au département de géographie de l\u2019UQAM, Anne Latendresse travaille sur les questions liées à la démocratie dans la ville, qu\u2019elles soient municipales ou locales.« On constate que dans plusieurs pays à démocratie libérale, les taux de participation aux élections, peu importe le palier, sont en baisse depuis de nombreuses années », explique Anne Latendresse.La professeure rappelle d\u2019ailleurs que les taux d\u2019abstention restent très élevés, même dans les pays où le vote est obligatoire, comme c\u2019est le cas au Brésil.L\u2019une des critiques de ce système concerne justement ce principe de représentativité.« Cette démocratie qui repose sur la représentation avec des élus représente relativement peu l\u2019ensemble des groupes sociaux de nos sociétés contemporaines.On pourrait dire que ceux qui prennent les décisions dans les institutions politiques sont globalement des hommes blancs, hétérosexuels, de classe moyenne ou aisée.Et, cèst à eux que l'on remet le pouvoir de déterminer l'intérêt général.Les femmes, les personnes précarisées ou appauvries, les personnes racisées sont encore sous-représentées dans les instances, malgré les avancées », illustre Anne Latendresse.En suivant cette première critique et dans une lecture poussée jusqu a l\u2019ultime, les décisions prises par les gouvernements contribueraient donc davantage à reconduire les intérêts des élites.S\u2019ajoutent à cela, la perte de confiance des citoyens à l\u2019égard WMIMI «Mil > 1 Il s'agit d'une abréviation de « British Exit », évoquant l'hypothèse d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.Elle fait référence au « Gexit », évoqué durant l'été 2015 lors de la crise économique grecque à la différence qu'il s'agissait de la mise à l'écart de la zone euro et non de l'Union européenne.22 ITINERAIRE.CA | 1er août 2016 PHOT OTP O NAT O FIORENTINO (123RF des institutions, la question des programmes et de l\u2019imputabilité politique.Si les candidats se présentent sur la base d\u2019un programme, lorsqu\u2019ils sont élus, « ils sont questionnés pour rendre des comptes sur les engagements qui ont été pris ou les raisons pour lesquelles ils n\u2019ont pas pu aller jusqu\u2019au bout des annonces faites dans le programme.Ce qui contribue au scepticisme ou au cynisme des citoyens ».Réappropriation du décisionnel Toujours sur la question du programme politique, selon Anne Latendresse, « nous serions dans une ère où le parti politique n\u2019a pas sa raison d'être.On voit de plus en plus des citoyens qui prennent leurs distances quant à l\u2019appartenance à un parti politique.Cela montre peut-être que le programme est vu comme une contrainte.Ainsi, si le (la) candidat(e) n\u2019a plus d\u2019appartenance politique, sur quelles bases va-t-on l\u2019élire ?Sans doute celles de ses idées en tant qu individu ».Professeure de sciences politiques à AgroParisTech, Blatrix Cécile soutient dans un de ses articles que la mise en place de ce nouvel impératif participatif ou délibératif « renvoie à des logiques variées, qui dépassent l\u2019action des seuls élus, ou de certains dèntre eux».Ainsi, compéter l\u2019actuel système de démocratie représentative passerait sans doute par la création d\u2019espaces décisionnels focalisés sur l\u2019intérêt général.« L\u2019objectif ciblé du délibératif ou du participatif est de compléter le représentatif par la création dèspaces, de règles et de procédures qui permettront à des citoyens de prendre des décisions en fonction de l'intérêt général.Le tout dans un rapport d\u2019égalité, qu\u2019importe notre classe sociale, notre genre ou notre couleur de peau », ajoute Anne Latendresse.La prise de décision se ferait à la fois par les élus et les citoyens, dans un esprit de partage et d\u2019échange.Le cas de Porto Alegre De la théorie à la pratique, il peut sembler complexe de cerner comment cette participation s\u2019instaure au quotidien.L\u2019exemple le plus significatif a été la mise en place d\u2019un budget participatif ou orçamento participativo à Porto Alegre, au Brésil, en 1989.Cette initiative a d\u2019ailleurs inspiré de nombreux altermondialistes et activistes provoquant de facto la mise en place du tout premier Forum social mondial en 2001.A la fin des années 1980, le Brésil sortait de décennies de dictature militaire.Avec l\u2019Union des associations de résidents de Porto Alegre et le Parti des travailleurs, un dispositif de contrôle populaire Anne Latendresse| ij.i.uum DEVENIR UN CITOKEN AOT Dimitri Roussopoulos a été pendant 8 ans le président du Chantier sur la démocratie, un conseil consultatif de la Ville de Montréal.Conférencier, auteur, et éditeur, M.Roussopoulos est aussi l'initiateur de la Charte montréalaise des droits et l'un des fondateurs du Centre d'écologie urbaine de Montréal et de l'Institut de politiques alternatives de Montréal.Le militant définit la démocratie participative comme un moyen « de regarder la société comme elle est et de reconnaître que l'on vit dans un système démocratique et économique rempli de contradictions et d'éléments à changer».Il pose ainsi la question quant aux possibilités d'ouvrir « les portes et les fenêtres en trouvant une base pour la société civile afin d'influencer plus directement le processus décisionnel aux niveaux politique et économique qui est à l'heure actuelle complètement contrôlé par les élus et les fonctionnaires».L'un de ses aspects est de redéfinir la citoyenneté afin que « Monsieur et Madame Tout-le-Monde puissent participer au processus décisionnel quotidien plutôt que d\u2019être uniquement invités aux quatre ans à mettre un bulletin de vote dans une boite ».La mise en place d'un tel système demanderait donc, selon lui, à la fois de la participation citoyenne organisée, mais aussi des institutions.du budget municipal est créé.L\u2019idée a survécu aux crises et au temps puisqu\u2019encore aujourd\u2019hui, les citoyens de Porto Alegre participent aux assemblées plénières régionales et contribuent à déterminer les grandes priorités et les investissements nécessaires.Pendant un peu plus de dix ans, cette façon de fonctionner a permis de dépasser les intérêts particuliers donnant ainsi la possibilité aux classes sociales défavorisées de prendre part aux grandes décisions en suivant un principe d\u2019autogestion, c\u2019est-à-dire que la population établit elle-même les règles de gestion des assemblées populaires.Cependant, l\u2019initiative était loin de plaire à tous, notamment à l\u2019administration de José Fogaça qui estimait que ce mode de gestion générait trop de conflits et exclurait quelques grandes entreprises.Instrumentalisé par les pouvoirs publics et les élites économiques, le budget participatif reste un enjeu essentiel pour les démocraties contemporaines aujourd\u2019hui en crise.Des communautés autochtones de Colombie aux villes d\u2019Uruguay, d\u2019Argentine, du Chili, de France ou encore d\u2019Allemagne et de Turquie, la participation citoyenne est de plus en plus envisagée comme une forme de renouveau allant dans la direction d\u2019une prise de conscience sociale et collaborative.¦ 1er août 2016 I ITINERAIRE.CA 23 NTREVUE ^Compléter le système actuel PAR ALEXANDRA GUELLIL | TRADUCTION DU PORTUGAIS AU FRANÇAIS PAR MILTON FERNANDES Directeur du Centro de Estudos Sociais (CES) à l'université de Coimbra (Portugal) et sociologue, Boaventura de Sousa Santos a contribué à plusieurs reprisesau Forum socialmondialen tant qu'organisateur et théoricien.Depuis plusieurs années, il plaide pour un dialogue critique entre le Sud et le Nord.Sa priorité est de produire des connaissances en science sociale liées aux problématiques du Sud, en s'éloignant de la pensée occidentale.Quelles différences faites-vous entre la démocratie représentative et la démocratie participative ?Souvent, quand on se réfère à la démocratie, cèst le système de représentativité qui est mis en avant.Ce dernier se concrétise par le processus électoral, où les citoyens élisent des représentants.Cependant, il existe plusieurs types de démocraties.Dans le cas de la démocratie participative précisément, le processus électoral s\u2019opère autour des décisions prises entre les citoyens.Parmi plusieurs démocraties participatives à travers le monde, le Brésil est l\u2019exemple le plus connu.Pendant les années 1990, il a été mis en place un budget participatif avec la création de structures de décisions parallèles au conseil municipal permettant à tous les habitants qui le souhaitent de décider vraiment pour leur ville.Aussi, le système actuel de démocratie représentative n\u2019est pas suffisant.Ce qui explique pourquoi il mène souvent à des crises.Comme on a pu l\u2019observer au Brésil, où une présidente, honnête, élue par plus de 54 millions d\u2019électeurs a été destituée par un gouvernement corrompu, lié à des scandales politiques.Est-ce qu\u2019on peut appeler cela de la démocratie?C\u2019est bien là le problème.Si vous regardez de plus près ce système, vous comprendrez qu\u2019il n\u2019est pas vraiment représentatif.Il faut donc combler ses déficits.Parlons précisément de ces déficits.Pour quelles raisons la démocratie représentative n\u2019est-elle plus adaptée à notre société ?.y a deux importants déficits : le premier est que le peuple ne se sent pas représenté par ses représentants et ensuite, il ne participe pas aux élections parce qu\u2019il pense que cela ne servira à rien.Il vote sans pour autant participer aux décisions.Par exemple, aujourd\u2019hui, quand on regarde le parlement brésilien, il n\u2019est pas assez représentatif de l\u2019ensemble de la population.C\u2019est pourquoi il nous faut compléter le système de représentativité avec des projets qui permettront d\u2019augmenter la participation des citoyens.Comment définissez-vous la politique dans la démocratie participative ?Il faut comprendre que la démocratie participative est en soi un processus politique.C\u2019est-à-dire lorsque des citoyens échangent dans un processus décisionnel.Souvent, cette participation est inexistante dans la démocratie représentative.Ce sont des rencontres, des échanges entre les différentes communautés qui décident de prendre ensemble une décision qui les concerne.Comment expliquez-vous cette cassure entre le peuple et les politiciens ?Je crois qu\u2019il y a un certain décalage entre les citoyens et le système politique dans lequel l\u2019argent est important, surtout dans le système de démocratie représentative.Ceux qui ont de l\u2019argent peuvent contrôler le système démocratique.Le meilleur exemple est bien évidemment celui des Etats-Unis : si vous avez beaucoup d\u2019argent, vous pouvez être candidat à la présidentielle américaine.Mais, parfois, il y a quelques exceptions comme on peut le voir avec Bernie Sanders, mais dans la majorité des cas, c\u2019est l\u2019argent qui contrôle la politique, notamment avec la présence des lobbyistes, que ce soit aux Etats-Unis, en Europe ou au Brésil.Ces derniers représentent souvent les intérêts des multinationales.Je crois aussi qu\u2019il y a tout un problème de corruption et de monopole des médias de masse.Warhol Boaventura de Sousa Santos ITINERAIRE.CA \\ 1 août 2016 Quelle est l\u2019importance, selon vous, d\u2019une presse indépendante pour une démocratie en santé ?Ce sont les médias qui garantissent le processus démocratique.Prenons le cas du Brésil qui est dans une situation vraiment particulière : les médias corporatifs deviennent de plus en plus conservateurs.C\u2019est le cas des journaux 0 Globo, Folha de Sâo Paulo, Estado de Sâo Paulo, etc.Parfois, une seule famille contrôle la presse et donc l\u2019ensemble de l\u2019opinion publique.Il existe un contrôle des médias par les grandes entreprises, et, je crois que c\u2019est là le plus grand risque pour le processus démocratique, pour la démocratie représentative.Sans les médias communautaires ou indépendants, je crois que beaucoup de pays auraient une presse corporative.C\u2019est eux qui garantissent que l\u2019opinion publique est respectée, d\u2019où l\u2019importance aussi que les médias soient publics comme la BBC en Angleterre.Les médias peuvent avoir un certain contrôle sur le public et sur les citoyens, d\u2019où l\u2019importance qu\u2019ils soient indépendants.COMPKENDRE IA CUISE POLITIQUE Al) BRESIL La crise remonte à mars 2014 avec l'affaire Lava Jato, aussi appelée affaire Petrobras.Un réseau de blanchiment d'argent provenant d'un centre commercial lié à une station-service a été découvert.Les plus importantes compagnies de construction, d'ingénierie et plusieurs personnalités politiques liées au Parti des travailleurs (PT) et au Parti du mouvement démocratique brésilien étaient impliquées.L'exprésident du Brésil et également mentor de Dilma Quelle est votre position quant aux médias sociaux ?Ils sont importants pour la rencontre des personnes à travers le monde.Le cas du mouvement Occupy est révélateur : la protestation s\u2019est organisée à plusieurs reprises grâce à ces médias.Prudence néanmoins quant au contrôle de l\u2019information, que ce soit sur Facebook ou les autres réseaux qui sont contrôlés par les services de sécurité comme la CIA.Aujourd\u2019hui les gens racontent tout d\u2019eux sur les réseaux sociaux.On sait tout ce qu\u2019ils aiment, détestent et font de leur journée.C\u2019est bien là l\u2019ambivalence de leur utilité.D\u2019un côté, ils sont utiles à l\u2019union des citoyens et de l\u2019autre, ils peuvent être utilisés contre nous ou pire, donnent plus d\u2019informations sur nous aux gouvernements.A vous lire, la démocratie participative serait un système idéal.Pourquoi est-il si peu utilisé ?Le problème de la démocratie participative est celui de la peur.Nous avons eu de bonnes expériences qui ont montré que l\u2019on pouvait s\u2019organiser ainsi dans les municipalités, mais d\u2019un point de vue national ou international, c\u2019est plus compliqué.Par exemple, en Equateur et en Bolivie, ils ont tenté de résoudre ce problème en incluant dans leur constitution la création d\u2019institutions propres au système participatif.Je pense que la base est de garder une relation de proximité entre les citoyens.Mais, il s\u2019agit d\u2019une éducation à faire, surtout aux plus jeunes.Si vous regardez bien Occupy, Nuit Debout ou tous les autres mouvements, ils se sont inspirés de ce système.Concrètement, comment mettre en place un tel système ?La démocratie participative doit être articulée avec la démocratie représentative.Par contre, dans plusieurs pays vous trouverez des exemples révélant que la classe politique aime ce système.Pourtant, il s\u2019avère difficile de l\u2019implanter.Mais, au Brésil, la démocratie participative a été possible grâce au travail du Parti des travailleurs.Quand il était au pouvoir, c\u2019est lui qui a favorisé son développement au niveau municipal.Je crois donc que c\u2019est vraiment important que la politique s\u2019articule avec la démocratie participative.k.Rousseff, Luiz Inécio Lula da Silva, a d'ailleurs été arrêté.Sans aucune preuve directe pour détournement de fonds contre Dilma Rousseff, cette dernière est accusée du crime de responsabilité fiscale, c'est-à-dire d'avoir utilisé des fonds provenant des banques publiques pour payer des programmes gouvernementaux et dissimuler le déficit.Le fond du problème est lié à la grogne populaire de la population écrasée par la crise économique et les scandales liés à la corruption.Dilma Rousseff a ainsi perdu en popularité à cause des scandales liés aux Jeux olympiques et à la Coupe du monde de football : des milliards de dollars ont été dépensés pour redorer l'image du Brésil à l'international alors que des mesures sociales ont été coupées et que les prix n'ont cessé d'augmenter.Le PT, parti de gauche populaire proche du peuple, est loin de correspondre aux idéaux et promesses de campagne.Par exemple, ici au Canada, spécialement au Québec, il y a beaucoup plus de niveaux de représentativité politique que d\u2019autres pays.Chaque arrondissement a son maire et ses conseillers.Il existe donc une possibilité de participation populaire certainement plus réelle et accessible.Oui, le Québec est un bon exemple d\u2019articulation de la démocratie participative.Il y a eu de forts mouvements de participation populaires, comme ce fut le cas pour les manifestations étudiantes et des actes politiques sociaux qui visent à améliorer les services publics.Nous sommes conscients de ça.C\u2019est sans doute pour cela que c\u2019est à Montréal que ce tient le prochain Forum social mondial.¦ 1er août 2016 | ITINERAIRE.CA 25 ; \u201e V i'V'JLi ' h v;: m-Æ mm L1** & 3 s ; ?/>: :e' $ ¦'' -j V \u2018.r-1 \u2022 ¦ Tü .\t< mm a /, a F- lt!( S* h - - al PHOTO : WOLFGANG SCHMIDT Chico Whitaker BlraifMi\t¦ '« Une façon complètement L% -{différente de faire de la politique » Chico Whitaker, coFondateur lorsj r |d'un atelier de présentation du Forum social mondial au Canada ENTREVUE PAR MATHIEU THÉRIAULT CAMELOT DE L'ÉPÉE/BERNARD\t^ Le militant altermondialiste brésilien est de ceux qui ont participé, il y a quinze années, à l'organisation du premier Forum social mondial.Chico Whitaker, 84 ans, nous donne sa vision d'un autre monde possible.Comment est née l\u2019idée du Forum social mondial ?C\u2019est venu d\u2019Oded Grajew, quelqu\u2019un qui était chef d\u2019entreprise, imaginez-vous ! Il était en Suisse pour le Forum économique de Davos.C\u2019est un forum où les dirigeants des grandes entreprises, les gouvernements et les intellectuels qui les soutiennent se rencontrent pour discuter de la marche du monde.C\u2019était l\u2019époque de la pensée unique, où quelqu\u2019un comme Margaret Thatcher proclamait qu\u2019il n\u2019y avait aucune alternative en dehors du marché.Oded Grajew, qui avait une compagnie de jouets pour enfants, a pensé à ceux qui vivaient dans la rue, à Sao Paulo.Il s\u2019est rendu compte que bien des gens n\u2019adhéraient pas à la logique de ceux de Davos, mais qu\u2019ils n\u2019avaient nulle part où se parler.D\u2019où son idée de monter ce premier Forum, à Porto Alegre.Comme le Forum économique de Davos existait depuis plus de 20 ans, on s\u2019est dit qu\u2019il pourrait y avoir un Forum social mondial, qui soit centré sur les gens et non pas sur l\u2019argent.On s\u2019est dit qu\u2019un autre monde était possible : un monde qui ne soit pas centré sur la logique du profit, mais sur les besoins sociaux des gens.« Les gens luttant pour un autre monde peuvent se tromper d'ennemi » Au Brésil, on s\u2019est mis à contacter plein d\u2019organisations de gauche à ce sujet.On voulait mettre en avant une façon complètement différente de faire de la politique, pas centrée sur les partis et la compétition, mais sur la coopération.On ne voulait pas d\u2019un forum classique où les organisateurs décident des sujets, des horaires et de qui vient parler, mais d\u2019un forum organisé du bas vers le haut.On constatait que les gens luttant pour un autre monde étaient très divisés, parfois en compétition, et qu\u2019ils pouvaient se tromper d\u2019ennemi.Le FSM est bâti sur un principe d\u2019horizontalité, il n\u2019y a pas de président ou de dirigeants, pas de gens plus importants que d\u2019autres.Comment s\u2019est passé ce premier forum ?Nous avions prévu 2 000 ou 2 500 personnes, comme pour celui de Davos, et il en est venu 20 000.On s\u2019attendait aussi à ce que les gens proviennent de réseaux déjà organisés - et il en est venu 4 000 - mais il est surtout venu 16 000 personnes isolées.Le FSM ne se voulait pas un nouveau mouvement, ou comme disaient certains le « mouvement des mouvements », mais surtout un espace où les gens pouvaient s\u2019organiser en réseaux.Une année plus tard, on a organisé un nouveau forum qui a attiré 50 000 personnes, puis 100 000 sont venues l\u2019année suivante.Ça répondait à un besoin d\u2019avoir des espaces libres où les gens pouvaient trouver ensemble des chemins pour un monde nouveau, c\u2019était ça l\u2019idée du FSM.Il y a ensuite eu des forums en Asie et en Afrique.Est-ce que la dynamique est la même d\u2019un pays à l\u2019autre ?Dès le départ, on s\u2019était rendu compte qu\u2019on avait lancé une démarche mondiale, car la logique de domination, avec la globalisation, est planétaire.On ne pouvait pas se contenter d\u2019un processus au Brésil avec des Brésiliens, même si on peut considérer que cet événement avait permis l\u2019élection au Brésil du président Lula, qui était un ouvrier.On voulait que la même chose puisse se vivre ailleurs, alors on a créé un conseil international pour voir où dans le monde il y avait des organisations voulant coordonner de tels espaces.C\u2019est ainsi qu\u2019après les trois premiers FSM au Brésil, on est allé en Inde en 2004, où il y a eu 120 000 personnes.Ensuite ça s\u2019est déroulé au Sénégal, puis au Kenya.Dans la foulée ci-contre En 2006, Chico Whitaker a été lauréat du Prix Right Livelihood, largement connu comme Prix Nobel alternatif.Il récompense ceux qui proposent des solutions concrètes et exemplaires aux défis de notre société.1er août 2016 | ITINERAIRE.CA 27 du Printemps arabe, il y a eu des FSM en Tunisie en 2013 et 2015, et c\u2019est lors de ce dernier forum que les réseaux canadiens ont soumis leur candidature.Pourquoi décider d\u2019organiser le FSM dans un pays du Nord ?Si au début certains voulaient s\u2019en tenir au Sud, il est devenu de plus en plus clair que les problèmes de pauvreté, d\u2019inégalités ou de justice sont mondiaux et doivent être discutés partout dans le monde, aussi dans les pays riches.Le prochain FSM se tiendra probablement en Espagne.« Le monde est aujourd'hui probablement pire qu'en 2001 » Après 15 ans de FSM, quel bilan tirez-vous ?En 15 ans, on n\u2019a pas changé le monde puisqu\u2019il est aujourd\u2019hui probablement pire qu\u2019en 2001.Nous payons toujours le prix des partis qui ont corrompu le socialisme pour en faire quelque chose d\u2019antidémocratique.Quel sera le format de la nouvelle société ?Nous ne le savons pas encore et nous cherchons toujours le chemin.Depuis le début, il y a des gens qui ne sont pas d\u2019accord avec cette notion d\u2019espace et qui veulent créer un mouvement.Sauf que si nous créons un mouvement, on va tout de suite se diviser car il va y avoir une lutte pour en prendre la direction.A chaque rencontre il y a des discussions sur l\u2019avenir du FSM, mais nous faisons surtout un bilan de la méthodologie du FSM, pour voir si elle donne des résultats.Le mouvement des femmes est un bon exemple puisque les groupes ne sont plus en compétition entre eux et sont liés comme jamais dans différents réseaux.Quels changements avez-vous observés dans le monde ?Nous sommes en train d\u2019établir un consensus que non seulement un autre monde est possible, mais qu\u2019il est nécessaire et urgent.La question de l\u2019environnement s\u2019impose de plus en plus et nous rappelle que si nous ne trouvons pas une nouvelle façon de conduire l\u2019économie, on s\u2019en va vers un grand désastre.Il y a des choses qui changent partout.En Espagne par exemple, il y a tout ce mouvement des Indignés qui critiquent la démocratie représentative en disant « vous ne nous représentez plus », qui ont créé un nouveau parti et qui ont gagné en partie les élections.Il est certain que le bilan reste celui d\u2019un processus très lent et très long dont il n\u2019est pas certain que nous verrons la fin de notre vivant, du mien en tout cas puisque j\u2019ai 84 ans.Comment contraindre les gouvernements à changer leurs politiques ?C\u2019est la société civile qui peut pousser les chômeurs ou les travailleurs qui sont exploités à revendiquer un meilleur partage des richesses.C\u2019est dans son autonomie que la société civile peut trouver sa force.Le pouvoir lui appartient puisque tous les gouvernements sont dépendants de quelque chose qui s\u2019appelle le vote.C\u2019est nous qui votons ! C\u2019est par l\u2019information que les gens verront qu\u2019il faut mettre au pouvoir des gens qui travaillent pour le bien commun et non pas pour le capital.Si les gens voient la nécessité de changer le système économique, ils voteront mieux.Il faut être allé au Bangladesh acheter du linge de marque et voir les écarts de prix pour comprendre les réalités de la mondialisation.« Il ne faut jamais oublier que ce sont nous, travailleurs, électeurs, peuple, qui avons le pouvoir de changer le monde » La société civile a quand même réussi, en boycottant Nike, à faire changer les pratiques d\u2019une multinationale en regard du travail des enfants.Le FSM existe pour ce genre d\u2019action et maintenant, il faudrait s\u2019intéresser aux produits qui sont faits en Chine.Le boycott par les consommateurs est la même chose que la grève par les ouvriers : les patrons peuvent toujours acheter des machines, mais ils ne feront plus rien s\u2019il n\u2019y a personne pour consommer leurs produits ! Il ne faut jamais oublier que ce sont nous, travailleurs, électeurs, peuple, qui avons le pouvoir de changer le monde.Est-ce que les crises économiques et politiques sont des signes que de plus en plus de gens se sentent exclus du système ?Les crises sont créées par le système.Autant pour les pays qui n\u2019arrivent plus à payer leurs dettes que pour les groupes qui accumulent tellement d\u2019argent qu\u2019ils doivent les cacher dans les paradis fiscaux.Si les riches payaient leur juste part d\u2019impôt, on ne manquerait pas d\u2019argent pour les besoins sociaux.Car cet argent, il existe.Le mouvement Occupy devant la bourse de Wall Street parlait directement de ça en disant « vous êtes le 1 % de l\u2019humanité et nous sommes les 99 % ».En fait, les crises sont souvent des crises de surproduction, quand les grandes entreprises ne trouvent plus de nouveaux consommateurs et sont obligées de freiner toute la chaîne qui vient en dessous.La crise immobilière de 2008 aux USA en est un bon exemple.Comment les acteurs du FSM définissent cet « autre monde possible » ?Tout le monde s\u2019entend qu\u2019un monde où il y a une telle domination de l\u2019argent, où le profit est le moteur de toute chose, n\u2019est plus possible.On a inventé l\u2019argent pour pouvoir échanger des biens et services, c\u2019était indispensable pour représenter la valeur, mais l\u2019argent est devenu le seigneur qui nous domine tous.La cupidité et la recherche de toujours plus d\u2019argent font de nous des esclaves.Avec ça viennent la violence, la corruption et l\u2019exploitation de la nature, car la façon la plus facile de gagner de l\u2019argent, c\u2019est de le voler.« Un nouveau monde possible ne sera pas celui où l'on va compter notre argent, mais celui où l'on va compter notre bonheur ! » Il faudrait que l\u2019argent revienne à sa fonction première, qui est de permettre l\u2019échange de choses et non d\u2019accumuler de la richesse.Dans cet autre monde, les gens ne seraient plus en compétition, mais se verraient comme des frères et des sœurs qui travaillent à résoudre les problèmes qui nous concernent tous.Nous ne serons pas heureux en étant riches de biens matériels, mais en ayant des rapports d\u2019amitié et de fraternité avec les autres.Un nouveau monde possible ne sera pas celui où l\u2019on va compter notre argent, mais celui où l\u2019on va compter notre bonheur ! 28 ITINERAIRE.CA | 1er août 2016 Comment la société civile peut-elle s\u2019imposer comme un acteur de changement ?La société civile doit être autonome tant du gouvernement que des grandes entreprises, et ne pas se laisser dominer.Il faut distinguer la société civile, qui sent le besoin de s\u2019organiser et de créer de l\u2019autonomie, de la société en général, qui est très individualisée et obsédée par le désir de gagner de l\u2019argent.On manipule les citoyens pour en faire des consommateurs.La société aujourd\u2019hui veut créer des partis, mais pourtant, même le président de la République n\u2019a plus le pouvoir de changer les choses et finit par être corrompu par l\u2019argent et le consumérisme.C\u2019est une illusion de penser qu\u2019on va changer la société par le haut et par les gouvernements.Il faut plutôt que la société civile force les Etats à aller dans le sens de ses besoins.« La question n'est plus seulement de gagner des élections : un véritable changement culturel doit s'opérer » Pour changer le monde, il faut aussi changer les mentalités.Oui, la question n\u2019est plus seulement de gagner des élections : un véritable changement culturel doit s\u2019opérer.Il faut que les gens dépassent leur envie de toujours plus consommer pour revenir à un processus économique qui soit soutenable et non plus un processus de destruction totale de la nature.On peut prendre l\u2019exemple du Bhoutan, qui ne parle pas de Produit intérieur brut mais de Bonheur intérieur brut, ou encore des indigènes lors du forum en Amazonie, qui sont arrivés avec un ensemble de théories sur le bien-vivre.L\u2019idée n\u2019est pas de bien vivre matériellement, mais de bien vivre nos rapports entre humains et avec la nature.Ça, c\u2019est un changement culturel profond et nous devons travailler pour que cela puisse se réaliser concrètement.Que faire pour que les actions locales ne restent pas des mouvements isolés ?Les actions doivent être planétaires car les besoins sont les mêmes partout, mais elles naissent de besoins locaux.C\u2019est au niveau local qu\u2019on peut se connaître, se reconnaître et s\u2019articuler ; qu\u2019on peut partir de préoccupations précises pour comprendre des mécanismes plus globaux.Il y a des mécanismes qui peuvent être remplacés par d\u2019autres qui soient plus humains, plus égalitaires, plus constructifs, non pas des mécanismes qui nous dressent toujours les uns contre les autres.Est-ce que le modèle horizontal du FSM pourrait s\u2019appliquer à l\u2019ensemble de la société ?Oui, car il s\u2019agit d\u2019un modèle de démocratisation radicale des choses.Le modèle que nous connaissons créé forcément des luttes de pouvoir entre les gens dans les organisations, chez les gens qui veulent forcément monter.Avec un réseau horizontal, où il n\u2019y a pas d\u2019échelle à monter, il est plus facile de s\u2019entendre mieux.Il faut que chacun apprenne à faire sa part : en même temps que les changements structurels, des changements personnels sont nécessaires.C\u2019est aussi pourquoi les décisions dans le FSM se prennent par consensus et non par vote.Car si un vote se termine à 51 % contre « En même temps que les changements structurels, des changements personnels seront nécessaires » 49 %, ces derniers qui auront perdu voudront partir et fonder un autre mouvement à côté.Quand il est temps de prendre une décision d\u2019ampleur au FSM, si on se rend compte que cette décision va entraîner le départ de la minorité qui ne l\u2019approuve pas, on ne la prend tout simplement pas.La discussion va alors continuer jusqu\u2019au moment où, même si tout le monde n\u2019est pas satisfait, tout le monde est au moins d\u2019accord pour continuer d\u2019avancer ensemble.Comment les alliances nouées lors du FSM peuvent perdurer dans le temps ?Il n\u2019y a pas de garanties.Le FSM permet de créer des réseaux, mais si les gens ne les alimentent pas par la suite, c\u2019est certain qu\u2019ils ne dureront pas.Les gens doivent prendre leurs responsabilités.Le FSM n\u2019est que l\u2019occasion de mettre un grand nombre de personnes en contact.Comment faire en sorte que le discours du FSM ne reste pas aux niveaux du discours et de l\u2019utopie ?Ça dépend des gens qui y participent.Si ceux-ci se nourrissent d\u2019illusions, cela va se traduire par du vide.C\u2019est à nous tous au FSM de prendre au sérieux ce qu\u2019on dit et ce qu\u2019on propose.Si tu fais une proposition, c\u2019est à toi après cela de travailler pour trouver les gens ou les groupes qui permettront de la réaliser concrètement.¦ us meows mum POUR SORTIR DU SÏSTEME Les médias sont un des instruments les plus fondamentaux dont le pouvoir dispose.Les grands médias de masse décident des informations diffusées, ils sont là pour assurer et maintenir la continuité du système, et il est très difficile d'y passer un message alternatif.C'est là qu'un média comme L'Itinéraire prend tout son sens.Même s'ils n'ont pas les moyens des grands conglomérats de l'information, les médias alternatifs doivent prendre le relais pour diffuser un message auquel les gens n'ont pas accès.C'est par la multiplication de petits moyens qu'on arrive à des grandes choses ! 1er août 2016 | ITINERAIRE.CA 29 Plan de lutte à la pauvreté ^ g Une occasion à saisir INFO-RAPSIM PAR ANNE BONNEFONT ORGANISATRICE COMMUNAUTAIRE AU RAPSIM Le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale (MESS) a lancé en novembre 2015 une consultation sur le prochain plan de lutte à la pauvreté au Québec.À travers le dépôt d'un mémoire et des rencontres avec le ministre Blais, le RAPSIM s'y est investi activement avec comme objectif de Faire des gains pour prévenir et réduire l'itinérance au Québec.Dans la Politique nationale de lutte à l\u2019itinérance, la pauvreté est identifiée comme l\u2019un des facteurs sociaux causant les situations d\u2019itinérance, et il y est reconnu qu\u2019il est essentiel d\u2019agir sur ce champ afin de prévenir et réduire l\u2019itinérance.La pauvreté augmente le risque d\u2019itinérance et maintient les personnes en situation d\u2019itinérance.En effet, même lorsque les personnes en situation d\u2019itinérance font les démarches nécessaires, accompagnées pour cela par les organismes, et ont accès au chèque d\u2019aide sociale, ce dernier est insuffisant pour leur permettre de couvrir leurs besoins essentiels ce qui hypothèque leurs possibilités de se sortir de leur situation.Il est reconnu dans le Plan d\u2019action interministériel en itinérance 2015-2020 que le niveau de prestation actuel ne donne que 50 % du revenu nécessaire à une personne pour répondre à ses besoins de base qui sont se loger, se nourrir, se vêtir ou encore se déplacer.En effet, avec 623 dollars par mois, comment peut-on subvenir à ses besoins, en particulier à Montréal, alors que le niveau de loyer a considérablement augmenté ?Selon le dossier noir Logement et pauvreté du Front d\u2019action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) paru en 2014, 71 000 ménages à Montréal consacraient plus de 80 % de leur budget à leur loyer, soit autant de personnes à haut risque d\u2019itinérance.Une opportunité pour faire des gains Le prochain plan de lutte constituera le troisième plan d\u2019action gouvernemental.Si tous les moyens nécessaires n\u2019étaient pas réunis pour avoir un impact suffisant sur la pauvreté au Québec, il reste que certaines avancées ont pu avoir lieu dans le cadre des deux précédents plans, notamment dans le développement du logement social, la mise en place du crédit d\u2019impôt de solidarité, l\u2019indexation automatique des prestations d\u2019aide sociale ou encore la hausse des prestations en direction des familles.Ce plan de lutte représente une occasion à saisir par le gouvernement afin d\u2019avoir une intervention importante sur la pauvreté des personnes seules, dont la situation ne s\u2019est pas améliorée depuis de nombreuses années.En rencontre de consultation sur le plan, le ministre Blais a montré une certaine préoccupation sur cet enjeu et une volonté d\u2019agir pour améliorer leur revenu.Pour des mesures visant un meilleur revenu des personnes seules Afin que les personnes en situation et à risque d\u2019itinérance sortent du mode survie dans lequel elles se trouvent confinées avec un si faible revenu, il est essentiel que le niveau actuel de prestation à l\u2019aide sociale soit augmenté.D\u2019autres avenues seraient aussi à privilégier afin d\u2019améliorer le revenu des personnes et ainsi favoriser leur réinsertion, comme l\u2019augmentation des revenus de travail possibles, mais aussi la bonification du crédit d\u2019impôt de solidarité et la mise en place de cliniques d\u2019impôt gratuites afin de faciliter le recours à ce dispositif chez les personnes itinérantes.Si l\u2019enjeu du revenu est central, il est primordial également que le prochain plan de lutte à la pauvreté intègre des mesures relatives au droit au logement, à la santé, à l\u2019éducation afin d\u2019agir de façon structurelle pour améliorer les conditions de vie de nombre de personnes bien trop précaires au Québec.¦ Pour plus d\u2019informations et consulter le mémoire du RAPSIM sur le prochain plan de lutte à la pauvreté : www.rapsim.org ¦ 1\t\tiflfl \t\tII 30 ITINERAIRE.CA | 1er août 2016 iPHOTOS : WAVFBRFAK MFDIA I TD (1?3RF\u2019 Les camps de vacances COMPTES A RENDRE PAR IANIK MARCIL ÉCONOMISTE INDÉPENDANT L'été est une saison au cours de laquelle on tente souvent de nouvelles expériences.Un sport qu'on n'a jamais pratiqué, des paysages qu'on n'a jamais visités ou des activités culturelles inédites.Ces trois catégories seront réunies pour de nombreux enfants qui séjourneront dans un camp de vacances.Fils unique, mes parents m'ont envoyé dans ces camps tous les étés dès mon plusjeune âge, question que je puisse socialiser un peu, connaître de nouvelles réalités et apprendre de nouvelles choses.J\u2019ai séjourné dans des camps aux thématiques variées, du canot aux sciences naturelles.Plutôt solitaire, j\u2019ai été confronté, comme les autres, à la nécessité d\u2019apprendre à vivre avec des enfants différents de moi.Nous devions développer surtout le sens de la vie en communauté et de l\u2019entraide, des valeurs généralement au cœur de la mission de ces camps.L\u2019apprentissage du « vivre ensemble » n\u2019est pas un concept creux.S\u2019y frotter dès l\u2019enfance permet de comprendre les exigences et la complexité de faire société.Individualité ou individualisme ?Une communauté n\u2019est pas constituée d\u2019une simple somme d\u2019individus atomisés pas plus qu\u2019elle ne se réduit à une masse uniforme.Le lien social se situe entre les deux, dans les liens d\u2019interdépendance unissant des personnes individualisées.C\u2019est la raison pour laquelle il faut distinguer l\u2019individualité de l\u2019égoïsme, ou de l\u2019individualisme.C\u2019est le philosophe français Alexis de Tocqueville, dans sa célèbre étude sur la démocratie aux Etats-Unis, publiée suite à un voyage qu\u2019il y effectua dans les années 1830, qui a été l\u2019un des premiers à noter cette distinction.Il remarquait que les habitants de ce jeune pays se caractérisaient à la fois par leur grand désir d\u2019individualité, c\u2019est-à-dire leur désir de vivre leur vie comme bon leur semble, tout autant que par leur sens de la communauté.Cela se vérifie encore aujourd\u2019hui : les Etats-Uniens ne sont pas tous pareils, mais qu\u2019ils soient de droite ou de gauche, écolos ou entrepreneurs, ils s\u2019investissent massivement dans une multitude d\u2019associations et de regroupements communautaires.Ces actions communautaires, dans un pays comme les Etats-Unis, alimentent la vie démocratique autant, sinon davantage, que la politique partisane.La politique se réalise au quotidien, entre les élections, par les actions des groupes de défense des droits ou d\u2019intérêts, des mouvements sociaux et le militantisme organisé.Interdépendance Les membres de ces groupes comprennent rapidement qu\u2019ils dépendent les uns des autres pour être efficaces.C\u2019est ce que les enfants apprennent dans les camps de vacances, en préparant des expéditions ou des projets communs.La coopération, l\u2019interdépendance et la solidarité cimentent les groupes, mais aussi, au-delà, l\u2019ensemble de la communauté politique et de la société.Plus subtilement, on y apprend - et on continuera de l\u2019apprendre plus tard - que ces interdépendances nourrissent également notre individualité.Ces enfants comprennent que la réussite de leurs projets collectifs passe également par le partage des tâches, le développement de certaines qualités personnelles et la spécialisation de leur rôle au sein du groupe.Il existe en quelque sorte un aller-retour continuel entre le développement de son individualité et la construction de l\u2019esprit de groupe.Limiter la vision de la vie politique à un individualisme radical ou à un collectivisme simpliste oblitère cette précieuse dynamique à l\u2019action collective.Se rappeler de son développement dans les camps de vacances ou dans les mouvements communautaires permettrait, peut-être, de redonner un sens plus riche à notre vie démocratique.¦ Faisons connaissance Nous HnniR vos PÉRISOIGNANlS On accueille.oui sir.nourrit, dose, uulpc.nourrit.On tu H inc.rêpirt-.crerretieot, netwic.prépare, tciuu-cnr.On rcnlxifcc, réAUupK.«Khfttr ifJrtspJHrir.ndk^rnplik, «érilki*.On wjuaUk pour 1er Québécois- de mille cl une façons à la grandeur du réseau public de la uncé ei des tern-ires sociaux.Venez nous, vol r a péri.soignantr.com PfcK@\u201cÛIGNAN fs méfclor du çqggr 1er août 2016 | ITINERAIRE.CA 31 MOTS DE CAMELOTS Mes débuts à L'Itinéraire Je m\u2019appelle Suzanne et je suis camelot depuis le mois de janvier.Mon amoureux et l\u2019une de mes amies m\u2019ont parlé de L\u2019Itinéraire.Je suis curieuse, donc je me suis présentée ici.Quelqu\u2019un m\u2019a expliqué qu\u2019il y avait une cantine et des journaux à vendre.Ils m\u2019ont donné dix journaux gratuits pour m\u2019encourager.Quelqu\u2019un est venu avec moi à mon point de vente et est resté un peu avec moi.Je suis une personne très ouverte.J\u2019aime travailler dans la rue pour vendre le magazine.Je suis souriante, dynamique, j\u2019aime parler avec les gens, je crée facilement des liens avec eux.Mes clients sont très gentils avec moi.Ils me font des sourires et me donnent des bons tips.Ils m\u2019ont déjà demandé d\u2019écrire un article.Ils me parlent du magazine, ils me disent qu\u2019ils l\u2019aiment bien.J\u2019aime mes clients.et j\u2019aime L\u2019Itinéraire ! C\u2019est un Organisme à but non lucratif.On a de bons intervenants ouverts d\u2019esprit, aimables et là quand on a besoin d\u2019aide.On est comme une grande famille.Je suis très contente et fière d\u2019être à L\u2019Itinéraire.Je vous souhaite à tous une bonne lecture ! SUZANNE LEBLANC CAMELOT MAISON RADIO-CANADA Conte prémonitoire Le petit nageur emprunte un chemin lumineux.Son instinct le dirige entre deux eaux et il aborde aisément le rivage favorable.La bienveillance de son père est son point cardinal.Il n\u2019est pas vénal ; condensé dans sa légèreté, il est le petit navire des contes de fées.L\u2019avenir s\u2019ouvre devant lui en failles interdites aux âmes fragiles.Poisson volant, il a les pieds ailés, Mercure redescendu à notre époque, invincible, évanescent, le porteur de la clarté.Le petit nageur salue avec dignité.Devins argentés dans la lumière matinale, les enfants déambulent accompagnés de leurs gardiens, et passent le long de mon île au cours de leur trajet quotidien.Chacun d\u2019eux me libère des tracasseries pécuniaires, en me ramenant infailliblement dans le monde où le sourire est la monnaie d\u2019échange.Chacun m\u2019apporte l\u2019espoir de vivre très vieille, afin de pouvoir rencontrer leurs enfants un jour, et chacun me rassure en glissant avec moi dans l\u2019heure qui fuit.Ces enfants partent un jour pour un voyage au long cours et jamais ils ne me manquent, car portés par le flot naturel du temps, ils ne m\u2019appartiennent qu\u2019un instant, celui de la rencontre.Ils entraînent parfois des plus petits qu\u2019eux, qui émergent de la forme ronde des bébés pour aller étirer leurs membres dans ces lacs sans fond que sont nos villes, et repèrent facilement les vieilles dames prédestinées à les croiser.Près d\u2019eux je suis aussi colorée qu\u2019une machine de boules à gomme ou qu\u2019une affiche de loterie: ils me regardent du même œil.Ces enfants sont doux comme des minous.Ils naviguent lentement pour ne pas, en cavalant sur les vagues, heurter le petit nageur.Je crois que les enfants respectent la grâce lorsqu\u2019ils l\u2019ont repérée chez l\u2019un d\u2019entre eux.Ils reconnaissent les futurs capitaines qui les guideront sur les mers instables, et les grands remous qui aspirent les âmes sont répertoriés, cartographiés et soigneusement évités même par les plus jeunes d\u2019entre nous.À l'eau, allô, a l'eau Parfois, je n\u2019ai pas d\u2019inspiration, il me manque quelque chose, il me manque des mots.Faudrait remplir de n\u2019importe quoi.J\u2019écoute la radio, il est presque minuit, je ne suis pas capable de dormir.J\u2019ai assez pleuré, trop pleuré.Je sors ma guitare, je joue un peu, pas assez.Ma bass fait trop de bruit, mais bon, ce n\u2019est pas important, c\u2019est une perte de temps.Faudrait que demain se lève pour aller voir des amis, la famille, ceux qui me restent, ça c\u2019est important.L\u2019argent ce n\u2019est pas important, mais ça en prend.Ce qui manque c\u2019est du temps.Des gens, il y en a des tas.Parmi eux, certains ont des points en commun avec les miens.Plutôt que de perdre mon temps à écrire, je pourrais en perdre un de moins.Des joints, des joints, ça fait du bien, je ne pense à rien, je pense à vous.Je suis triste quand je fume un joint, je fume un joint parce que je suis triste, en colère, bien étendu ou en fœtus dans ma cage protectrice, loin, loin, loin.Et soudain je me réveille.Pas si vite le joint, faut que je sorte voir des amis ce soir, mais c\u2019est loin ce soir, comment faire.A ma famille qui pense que je prends plein de drogues : « Dans mon sang, y a pas grand-chose, juste du pot ! » Dans cette prison, il fait froid, froid, froid, le temps est long, mais mes poumons eux.Mon cœur balance, ma tête pivote dans tous les sens.Je pense à vous, chacun, qui pilent les pieds dans le cendrier.Mes petits chéris, un jour j\u2019aurai la force de m\u2019occuper de vous, vous qui m\u2019avez peut-être oublié depuis longtemps.Moi, j\u2019étais trop gelé et j\u2019ai presque tout oublié, tout perdu, peut-être.BENEVOLE ET CAMELOT MÉTRO PEEL ITINERAIRE.CA | 1er août 2' P'TIT FRED CAMELOT MAISONNEUVE/SAINT-DENIS LORRAINE SYLVAIN La bonne conduite Les camelots de L'Itinéraire sont soumis à un code de vie et doivent respecter certaines règles de bonne conduite lorsqu'ils vendent le magazine.Chers lecteurs et chères lectrices de L\u2019Itinéraire, En tant que nouveau représentant des camelots, je commence une petite chronique mensuelle qui a pour but d\u2019informer la clientèle de L\u2019Itinéraire sur les dessous de l\u2019organisme.Siégeant au conseil d\u2019administration et sur différents comités au sein de l\u2019organisme, je suis bien au fait de la position de L\u2019Itinéraire et des règles auxquelles sont soumis les camelots.Si parfois des plaintes nous sont adressées quant à des comportements inappropriés, je peux vous dire que sur le nombre d\u2019interactions entre nos camelots et le grand public, les commentaires positifs de la clientèle J sont largement supérieurs aux remarques 1 négatives.Sachez que vos commentaires nous sont d\u2019une grande utilité, et soyez assurés que chaque plainte est systématiquement INFO CAMELOTS ! PAR GUY THIBAULT REPRÉSENTANT DES CAMELOTS % m étudiée et prise très au sérieux.Pour signaler un comportement déplacé, vous pouvez ainsi contacter Shawn Bourdages, chef du développement social.Nous sommes un organisme de réinsertion, et on peut comprendre qu\u2019à l\u2019occasion, malheureusement, tdes événements non tolérables peuvent survenir.Mais nous ne pouvons pas contrôler tous nos camelots sur le terrain, et c\u2019est pour i cela que des procédures sont mises en place, [ qui peuvent aller jusqu\u2019au congédiement d\u2019un * participant.L\u2019image de L\u2019itinéraire et le professionnalisme des camelots sont une priorité pour nous.Comme je l\u2019ai dit précédemment, nous retenons avant tout les beaux et gentils commen-L taires entendus.Je suis fier des camelots de ft L\u2019itinéraire, ils sont courageux et méritent -beaucoup de respect.Alors merci de W continuer à nous encourager ! A la prochaine, Guy.I Abonnez-vous è notre chaîne oFficielle Groupe V Itinéraire itinéraire.ca DANS LA TETE DES CAMELOTS Nos solutions Pas de préjugés Il faut être réaliste : il y a beaucoup d\u2019injustices dans le monde.Les êtres humains ont beaucoup de jugements.Par exemple, les gens vont regarder de travers un quêteux alors qu\u2019il tente de s\u2019en sortir.Le seul qui peut juger c\u2019est celui en haut : Dieu.Des gens pensent aussi qu\u2019un camelot ne peut rien faire d\u2019autre dans la vie.Ça m\u2019écœure ! Moi, par exemple, je peux aussi faire de la réparation, de la peinture, du déménagement et de la rénovation.C\u2019est comme le racisme : on juge les gens des autres pays.Peu importe la couleur de notre peau, on devrait avoir le droit de vivre.RICHARD TOUZIN CAMELOT MÉTRO PLACE-DES-ARTS pour À l\u2019occasion Forum social mondial, nos camelots ont aussi tenu à participer aux réflexions et à proposer leurs solutions.Ils vous ¦ * ¦ ri partagent leurs idées pour un monde meilleur.Des formations gratuites Dans le milieu carcéral, il est possible de suivre des formations pour améliorer nos compétences.Par exemple, on peut suivre des cours de psychologie ou de droit.Les détenus ont les papiers, mais en sortant ils ne peuvent pas travailler dans le domaine et doivent obtenir leur pardon.Le point primordial c'est la formation gratuite.Avant d'être camelot, j'étais détective de magasins et agente de sécurité.Si je pouvais avoir une formation payée, je me réorienterais comme journalisme d'enquête.MANON FORTIER CAMELOT MÉTRO HONORÉ-BEAUCRAND ET VILLAGE CHAMPLAIN L'honnêteté comme baguette magique Je pense que la solution première est que chaque personne devrait commencer à prendre un petit temps dans sa journée pour faire de l\u2019introspection, en se posant des questions et y répondant honnêtement.On ne peut pas être juste envers les autres si on ne commence pas par être honnête envers soi-même.On sait à l\u2019intérieur de soi à quel degré de vérité on répond.Et ma vérité n\u2019est pas nécessairement la même pour tout le monde.Si j\u2019étais Dieu et que je pouvais descendre sur Terre munie d\u2019une baguette magique, j\u2019introduirais dans les rêves des hommes cette inspiration, celle de se poser des questions.Mais ce serait à chaque personne de trouver ses réponses : je n\u2019ai pas de réponses pour sept milliards d\u2019êtres humains ! Si chaque personne était consciencieuse et honnête, tout en arrêtant de dire aux autres quoi faire, ça irait peut-être mieux sur Terre.LORRAINE SYLVAIN BÉNÉVOLE ET CAMELOT MÉTRO PEEL Équilibrer les salaires Se concentrer sur le positif Avec toute la corruption en politique, ça prendrait des lois plus sévères.Les gens épinglés prennent l\u2019argent du monde et s\u2019en sortent avec un avocat.Il faudrait laisser la chance au monde au lieu de leur mettre des bâtons dans les roues et trouver un équilibre.Il y en a qui gagnent 100 fois le salaire de la majorité des gens.Il y a tout un écart.Ce n\u2019est pas normal qu\u2019une avocate qui passe à la télévision reçoive 600 $ de l\u2019heure alors que ça prend à un employé du milieu de la construction une semaine pour gagner le même montant.PIERRE LANGLOIS CAMELOT PLACE VALOIS / ONTARIO Payer sa dette à la société À la base, il faut commencer à s\u2019aimer, mettre le négatif de côté et laisser les mauvais jours passer.Il faut autant que possible aider ceux qui souffrent mentalement et psychologiquement, ceux qui ont besoin d\u2019aide, parler avec les gens qui en ont besoin, car parfois juste un mot ou une phrase peuvent changer les choses afin que ce soit plus positif.Il faudrait aussi éviter de regarder la télévision, il y a beaucoup trop de nouvelles négatives.Evitez aussi de lire les faits divers dans le Journal de Montréal.On devrait s\u2019informer davantage sur des sujets artistiques et culturels, orienter les gens vers des choses positives comme aller voir un bon film ou aller au théâtre.Aussi, on vit dans une société qui consomme de la malbouffe, si on cuisinait santé on aurait un meilleur moral.Ce sont toutes mes idées qui pourraient changer le monde.JACQUESÉLYZÉ \u2018¦T* ' Je mettrais en place des sentences plus sévères pour notre système de justice afin de limiter les crimes et les délits.Lorsqu\u2019un délinquant écope de quinze ans de prison, il ne devrait pas pouvoir sortir au tiers de sa peine même s\u2019il a une bonne conduite.Il devrait la purger à 100 %.Comme ça il aurait bien le temps de réfléchir à ce qu\u2019il a fait, réaliser que ce n\u2019était pas bien.Je parle en toute connaissance de cause, car j\u2019ai passé un an à la prison à Bordeaux.Mais ça fait longtemps, j\u2019ai 48 ans aujourd\u2019hui et je comprends maintenant l\u2019importance de payer sa dette à la société.STÉPHANE AVARD CAMELOT MÉTRO PLACE-D'ARMES CAMELOT THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI De meilleurs êtres humains Réfléchir aux problèmes des femmes Étant une personne seule, je ne peux pas faire grand-chose pour mon entourage.Mais quand on se rassemble pour une cause telle que le féminisme en faisant des manifestations, on a de l'influence en groupe et ça peut avoir des répercussions.En ayant les mêmes idées, on peut changer les choses.Je souhaiterais être une meilleure personne et faire le bien autour de moi, pour un monde avec plus de justice.Dans la société actuelle, il est difficile d'être une femme.J\u2019organiserais des ateliers avec des femmes afin de réfléchir ensemble à des sujets tels que l'équité salariale, l'accès aux études et les relations amoureuses.On aurait de bonnes discussions et cela aurait un impact.Je trouve que j'ai un certain pouvoir, que je peux avoir un impact parce que j'écris pour le journal L'Itinéraire.Ça peut m'aider à me faire entendre, en disant ce que je revendique.L'Itinéraire est comme une famille pour moi.J'aimerais aussi avoir une émission à la radio qui s'appellerait Les injustices de la sodété.ROSE CAMELOT DE LORIMIER/BEAUBIEN Il faudrait cesser les bagarres.Si le monde s\u2019entraidait, il n\u2019y aurait pas de chicanes.On aurait un monde meilleur.C\u2019est pour cette raison que je renforcerais le système de police avec aussi des lois plus sévères.S\u2019il n\u2019y avait pas de sexe, il n\u2019y aurait pas de pédophilie, de viols et de pornographie.Je ne veux pas me mettre à la place du Bon Dieu, mais je n\u2019aurais pas fait l\u2019être humain de la même façon.DENIS BOURGEOIS CAMELOT JEAN-TALON/CHRISTOPHE-COLOMB PAR MICHEL DUMONT CAMELTO MÉTRO JOLIETTE ET MANSFIELD/RENÉ-LÉVESQUE - L'exposition Pulpe Fiction de Sylvain Rivard ne voix aux Autochtones Dans le cadre du festival Présence autochtone, Sylvain Rivard, un artiste multidisciplinaire abénaki d'origine, présente son exposition Pulpe Fiction.Son objectif : donner une voix aux Autochtones.Je l'ai rencontré à la Guilde canadienne des métiers d'arts, où est présentée son exposition jusqu'au 3 septembre.M.Rivard, j\u2019ai remarqué que le nom de votre exposition me rappelle beaucoup celui du film américain Fiction pulpeuse.Pourtant, les œuvres exposées sont autochtones.Pouvez-vous m\u2019expliquer ce mélange ?Je souhaite aller au-delà des stéréotypes, pour rendre le tout urbain et accessible.Quand on pense à l\u2019art autochtone, ce sont des images de la dame qui tisse sa petite poupée ou son petit panier, ou des sculptures en pierre qui nous viennent à l\u2019esprit.Je veux amener ça aujourd\u2019hui, plus actuel, dans le moment présent.Je veux aller au-delà, tout en m\u2019en inspirant.Nos références doivent être plus contemporaines que celles des échanges de peaux, d\u2019alcools et de fusils.Aujourd\u2019hui, on est ailleurs.Cela rejoint votre idée de retourner aux sources, en étant plus près de l\u2019identité autochtone, mais au-delà du métissage culturel ?Que l\u2019on soit autochtone ou québécois, ce n\u2019est pas la question.De toute façon je suis les deux ! Je n\u2019ai jamais souhaité cocher qui j\u2019étais réellement, je suis simplement canadien d\u2019origine autochtone, né dans l\u2019ouest de Montréal.Je ne veux pas d\u2019étiquette.C\u2019est mon choix.Plusieurs vont me présenter comme un artiste abénaki avant tout, alors que ce n\u2019est pas le cas.Chacun de nous, nous sommes un petit peu de tout.C\u2019est ça mon message.L\u2019affaire autochtone, ça me tape sur les nerfs.On me demande toujours d\u2019où je viens, et ça me dérange.Est-ce qu\u2019on a toujours besoin de savoir ?Je ne veux pas me sentir comme dans une boite, comme un Gl-Joe.Dans mon art, il y a un peu de tout le monde.J\u2019aimerais que chacun trouve un petit quelque chose à travers l\u2019exposition et ce que je fais.Parlant de votre exposition, vous présentez une douzaine d\u2019œuvres qui réinterprètent la culture mythique et légendaire de la nation abénaquie.Pouvez-vous nous en parler davantage ?Pour mon exposition, ce sont des œuvres contemporaines inspirées du tissage des paniers.Elles offrent une interprétation plus actuelle, avec des types de papiers qui proviennent d\u2019aussi loin que du Népal et de Cuba.Je n\u2019en dirai pas plus ! Le plus important, c\u2019est que l\u2019exposition participe à un événement autour du frêne, l\u2019un des axes centraux du prochain festival Présence autochtone.Comme plusieurs le savent, on est en train d\u2019abattre le frêne à Montréal.On souhaite que les gens prennent conscience de l\u2019importance de cet arbre, que sa perte à Montréal doit être dénoncée.Pour les Abénakis, on ne vient pas d\u2019Adam et Eve, mais du frêne.On en est sorti en chantant et en dansant.Moi, je suis comme un artiste en résidence pour le festival.Puisque je suis artiste multidisciplinaire, 36 ITINERAIRE.CA | 1er août 2016 j\u2019ai organisé tout l\u2019événement et je me suis dit qu\u2019on pourrait créer quelque chose de complet, d\u2019hier à aujourd\u2019hui.Les gens pourront donc voir tout ce qu\u2019on fait avec le frêne.Au parc Emilie-Gamelin par exemple, des batteurs de frêne frapperont avec une hache sur des billots de bois pour faire lever ce qu\u2019on appelle les anges de l\u2019arche.Des femmes feront des paniers, les hommes des fonds de chaise avec les anges de l\u2019arche.Des légendes abénaquies seront aussi racontées.A travers un événement de topologie sauvage, des gens rebaptiseront des coins de rue inspirés de la culture abénaquie.Il n\u2019y a pas assez de lieux à nom autochtone à Montréal.Comme vous le dites, vous êtes multidisciplinaire.Vous faites du chant, du théâtre, de la danse, de la littérature pour enfants, des oeuvres plastiques.A travers toutes ces formes, avez-vous un message principal à passer ?Peu importe la manière, je veux donner une voix aux Autochtones, qui n\u2019en ont pas.Beaucoup n\u2019ont pas cette chance.Moi j\u2019ai travaillé fort.Je ne suis pas artiste pour être vedette, pour être aimé, mais bien pour avoir une voix et la donner à d\u2019autres.Rien n\u2019est plus plate pour quelqu\u2019un que de se faire éteindre.Je souhaite faire parler les ancêtres, les pépères, les mémères, le monde de mon enfance, des gens du bois, Rita et Frère André.tout ce monde-là ! Je pense que tous les artistes font ça pour ça.C\u2019est donc dire que vos origines abénaquies signifient beaucoup pour vous.En quoi vous influencent-elles dans votre art ?Elles me permettent d\u2019utiliser la matière.J\u2019ai deux maisons sur le bord d\u2019un lac et je ramasse ma quenouille, je la sépare, je la tisse pour en faire des paniers.Je peux aussi la broyer pour en faire des sculptures.La matière, c\u2019est le plus important.Ma plus grande admiration, je la porte pour mon grand-père.Il était blanc, alors que ma grand-mère était autochtone.Mais il maitrisait la matière, réussissait à tout faire avec un rien.C\u2019est lui qui m\u2019a tout montré : tisser, broder, coudre des mitaines en rat musqué en enlevant leur peau.J\u2019ai eu deux paires toute ma vie, c\u2019est pas tuable.C\u2019est beaucoup mieux que d\u2019en acheter une paire à chaque année au Canadian Tire! A l\u2019école, personne ne comprenait.Encore aujourd\u2019hui, si on demande à un jeune le nom des arbres ou des oiseaux, il ne le sait pas ! Quand je fais quelque chose, je sens toujours mes grands-parents à mes côtés.Le p\u2019tit enfant est encore là, même quand j\u2019aurai 80 ans il sera toujours là.J\u2019ai besoin des yeux du p\u2019tit gars.* PRÉSENCE AUTOCHTONE hcwh£l Kst îSôSSfSttvâI Festival Présence Autochtone Du 3 au 10 août, au Quartier des Spectacles Organisé depuis 1990 par l\u2019organisme Terres en vue, Présence Autochtone propose films, concerts, expositions, débats et animations.La clôture du festival sera marquée par la projection du film Le cercle des nations en première mondiale, un film orchestral constitué de courts métrages réalisés dans des communautés autochtones de plusieurs pays.Pour plus d\u2019information : www.presenceautochtone.ca L'une des œuvres présentées par Sylvain Rivard pour son exposition Pulpe Fiction.« Regarde ça Michel, penserais-tu que tu es à une exposition d'art autochtone ?, me demande-t-il.Non, on dirait plutôt une affiche politique.Si les gens croient que ça ressemble à de la propagande russe, je leur dis merci.Cela me fait plaisir, parce que c'est fait en fougère et en fleur de feu.C'est de l'art contemporain utilisant des matériaux bruts.Ça brise les frontières.» Les autres camelots et moi, on a dû surmonter pas mal d\u2019em-buches.Est-ce que cela a été ton cas ?Comment as-tu réussi à les surpasser ?Mon enfance n\u2019était pas rough and tough, mais durant la première partie, j\u2019ai été un peu délaissé par mon père et ma mère est partie quand j\u2019étais tout petit.Cela a développé mon côté artistique.Je créais tout seul dans mon coin.Je n\u2019avais besoin de rien : on n\u2019avait qu\u2019à me donner deux bâtons de popsicle ou deux cuillères en bois pour faire des marionnettes.Il ne faut jamais oublier que même si on peut être pauvre à l\u2019extérieur, on est toujours riche à l\u2019intérieur.On nait tous avec un coffre à outils.Ce que tu es en-dedans, il faut le garder.Quand il y a des situations qui ne sont pas belles, il faut apprendre à voir malgré tout le bon côté des choses.Vous parlez beaucoup de donner une voix aux Autochtones, qui n\u2019en ont pas.Les mentalités n\u2019ont donc pas encore changé depuis votre enfance ?Aujourd\u2019hui, ce sont de jeunes universitaires qui s\u2019intéressent à la question autochtone.Ils sont allés à l\u2019université, doivent avoir dans leur corpus des cours sur les Autochtones.Ils ont appris comment c\u2019était dans les réserves, comment ça devrait être.Ils nous donnent leur façon de voir les choses en disant : « Non non, ce n\u2019est pas ça l\u2019art contemporain autochtone ».La preuve : la recherche amérindienne aujourd\u2019hui au Québec est dirigée par un Français ! On est dans un autre colonialisme.Maintenant, c\u2019est sont les gens cultivés qui croient nous apprendre qui nous sommes.Ils disent maintenant aux Autochtones : « Viens, je vais t\u2019aider à te montrer qui tu es ».Les Autochtones devraient avoir le droit de se définir comme ils veulent.Et nomme-moi un média à la télévision qui parle de l\u2019art autochtone.Impossible, parce qu\u2019il n\u2019y en a pas.C\u2019est pour ça aussi que je trouve important de donner une voix à tous ceux qui sont derrière moi.¦ 1er août 2016 | ITINERAIRE.CA 37 Cinéma sous les étoiles Pique-nique, cinéma et justice sociale CINEMA PAR NORMAN RICKERT CAMELOT MÉTRO OUTREMONT ET VAN HORNE/ DOLLARD OUS LES ÉTOILES ut hjnambui.es mediaü f MDfTfON CINEMA SOUS LES ETOILES t f ME» IÉ Uff DU D0CUfl(Nf AMI\t£ F PflLiïADÜi .P iHMIr rini Le changement social à travers le cinéma.Voici le mandat rafraîchissant que se donne Cinéma sous les étoiles, initiative de Funambules Médias.L'édition de cette année, la 7e, est intitulée non sans raison Nourrir les résistances.La programmation est impressionnante : du 29 juin au 2 septembre, pas moins de 28 courts-métrages et 38 longs et moyens métrages documentaires à caractère social et politique seront présentés dans une douzaine de parcs de Montréal et des Laurentides.Pourquoi nourrir les résistances ?Parce que Cinéma sous les étoiles, cést avant tout une façon, dans un monde hypercapitaliste, que Monsieur et Madame Tout-le-Monde puissent retrouver du pouvoir.« Notre plate-forme, via le cinéma, via l'art, est un endroit idéal pour que les gens discutent d\u2019enjeux sociaux et envisagent des solutions possibles, explique Nicolas Goyette.On se réapproprie l\u2019espace public collectivement.» Rassembleur Il faut dire que les parcs de la métropole sont des espaces conviviaux et rassembleurs pour ce genre d\u2019événement.Tous les documentaires présentés par Cinéma sous les étoiles sont gratuits.Comme c\u2019est dans un parc, les gens s\u2019installent et peuvent même piqueniquer.Le projet rassemble aussi toutes les organisations qui travaillent en collaboration avec Funambules Médias et qui ont tous un même objectif : dénoncer les abus du néolibéralisme.Par exemple, la Fondation David Suzuki, SUCO pour le développement international, Cinéma Politica, Wapikoni Mobile, les Rencontres internationales du documentaire de Montréal.Pour ce qui est de sensibiliser aux enjeux sociaux, locaux et internationaux, Nicolas Goyette considère qu\u2019il est difficile de mesurer l\u2019influence qu\u2019ont les documentaires sur les mentalités.Les gens sont souvent au courant du sujet présenté, mais le documentaire permet d\u2019explorer un sujet plus en profondeur.D\u2019autant plus que des discussions sont prévues pratiquement à chaque projection.38 ITINERAIRE.CA | 1er août 2016 Mobilisation citoyenne L\u2019initiative a débuté avec un désir de donner une tribune au documentaire visant des enjeux sociaux, dans un univers culturel dominé par Hollywood et les blockbusters américains.« La majorité des films documentaires ont une durée de vie très limitée en salle, regrette le coordonnateur du projet.Cinéma sous les étoiles permet à un plus grand public d\u2019avoir accès à des documentaires qui ont un regard critique vis-à-vis la société actuelle.» D\u2019autant plus que ces documentaires sont rarement présentés en dehors des festivals et passent une fois ou deux à la télévision.Cinéma sous les étoiles répond donc aussi à un besoin que la société développe un regard critique et se mobilise autour d\u2019un enjeu central, auquel des solutions sont de plus en plus urgentes.« Le dénominateur commun qui relie tous les films, cést le néolibéralisme, autant dans la critique que dans les alternatives proposées.» Le documentaire L\u2019urgence de ralentir de Philippe Borrel en est un parfait exemple.Il était présenté le 29 juillet à la Promenade Fleury et suggère de redonner un sens au temps.Mon expérience Je me suis prêté à l\u2019exercice, j\u2019ai assisté à la projection du documentaire The True Cost au parc Saint-Gabriel.Ça m\u2019arrangeait, c\u2019était tout près de chez moi.Juste avant le film a eu lieu un marché de IPHOTO : MARIO Al BFRTO REYESZAMOF . PHOTO : CHARLES-ERIC LAVERY vêtements éthiques, une activité en lien avec le sujet du documentaire.Comme l\u2019explique Nicolas Goyette, « on essaie de créer, autour du film présenté, un événement qui sert à attirer les citoyens ».Cést vraiment très cool, très branché, avec surtout des jeunes en bas de 30 ans.Moi qui croyais que c\u2019était un événement du style Troc-tes-Trucs, ce n\u2019est pas exactement ça.Des friperies qui vendent des articles vintage.J\u2019avais apporté des vêtements et mes espadrilles pour les troquer contre d\u2019autres trucs, des vêtements qui m\u2019intéressaient.Une dame qui tenait un kiosque les a pris, mais pas mes vieilles espadrilles.C\u2019était pas assez vintage ! Dommage, c\u2019était quand même de belles espadrilles.Une personne m\u2019a proposé de les colorier, c\u2019est une bonne idée.Je remercie d\u2019ailleurs Nadia, de la fabrique éthique DIY [Doit yourself) d\u2019avoir accepté mon don.Il y a également des vélos de bouffe, des kiosques alimentaires végé, mais quand même assez chers.Le kiosque que j\u2019ai le plus apprécié, c\u2019est celui du bici-smoothie.Charlotte, bénévole chez Cyclo Nord-Sud, me dit qu\u2019il faudra faire un peu d\u2019exercice si je veux étancher ma soif en cette journée humide de 30 degrés.Il s\u2019agit tout bonnement d\u2019un vélo stationnaire adapté pour la cause, où un ingénieux mécanisme, au moyen d\u2019un galet actionné par la roue arrière et relié à un bout de perceuse, met en branle un mélangeur.Je pédale un bon 3-4 minutes et le résultat est mon premier smoothie aux fruits à l\u2019énergie motrice ! Ça me donne le goût de m\u2019installer en campagne et de m\u2019acheter un vélo que je relierais à un poste de radio, un blender ou encore une batterie d\u2019auto rechargeable.Les injustices du fast fashion Suit le documentaire, à 21 h.The True Cost, réalisé en 2015 par Andrew Morgan, aborde les répercussions négatives du fast fashion, en français « la mode éphémère ».Le réalisateur a eu l\u2019idée du documentaire suite à l\u2019effondrement d\u2019une usine de textile à Dacca, au Bangladesh, qui tua plus de 1000 personnes.Le film montre les deux côtés de la médaille.D\u2019un côté, des designers vantent les vertus du prêt-à-porter jetable, avec 52 collections par année, des manufacturiers se livrent une guerre sans merci pour payer la marchandise la moins chère possible.De l\u2019autre, des ouvriers surexploités, travaillant pour des salaires minables (3 dollars par jour), dans des conditions de travail inacceptables, sans compter les conséquences graves sur le plan environnemental générées par l\u2019industrie du textile dans des pays comme le Bangladesh, la Chine ou Haïti.Le réalisateur constate combien les choses ont changé depuis son enfance « Dans les années 60, 90 % des vêtements portés par les Américains étaient fabriqués aux États-Unis.En 1990, c\u2019était descendu à 50 %.Aujourd\u2019hui, 98 % des vêtements proviennent de l\u2019extérieur de mon pays.En recourant davantage à la sous-traitance, le prix des matières textiles a connu une baisse constante.Par conséquent, nous achetons davantage de vêtements.» Conflit d\u2019intérêt ?Je dois avouer que le visionnement du documentaire a été pénible.Je me suis vite rendu compte que j\u2019étais probablement dans une situation de conflit d\u2019intérêt.Pourquoi, me dites-vous?Dans le documentaire, on parle du Bangladesh.Je suis en train de rôder un projet-pilote de T-shirts illustrés.Le hic, c\u2019est que ceux-ci proviennent du Bangladesh.J\u2019ai sérieusement songé à changer de fournisseur.J\u2019ai même pensé à me tourner vers un fournisseur de vêtements éthiques, mais ils coûtent beaucoup plus cher à produire.Oui, c\u2019est la réalité : ça coûtait trop cher ! Vous savez comment c\u2019est de survivre dans ce monde complexe, où de plus en plus de gens arrivent à peine à vivre, ils survivent.Il m\u2019arrive d\u2019acheter du bio, de l\u2019écolo, ça fait partie de mes valeurs.Mais je ne peux pas toujours me le permettre.¦ Funambules Médias L'organisme existe depuis 2008.C'est à la base une coopérative de travail dont la mission est de favoriser la justice sociale.Cinéma sous les étoiles poursuit donc dans la même lignée.La mission de l'organisme vise à amorcer une sensibilisation sociale via le cinéma documentaire, mais ne se limite pas à cette forme d'art.L'organisme fait aussi dans la médiation : il a publié un livre contenant des témoignages de contrevenants, ouvrage qui a été présenté à l'Assemblée nationale.Nicolas Goyette est arrivé à Funambules médias en 2011.Titulaire d'un bac en sociologie, Nicolas s'intégre à l'équipe comme un poisson dans l'eau.Pour plus d'information : funambulesmedias.org Nicolas Goyebbef -JA dénominateur commun qui relie tous les films, c'est le néolibéralisme, autant dans la critique que les alternatives proposées V V ' ; t .y- mm w ^ ¦ lt 2016 | ITINERAIRE.CA VIE DE QUARTIER PAR NICOLE GIARD CAMELOT MÉTRO LONGUEUIL Promenade à Longueuil Au début de ma vie à Longueuil, en sortant de l'autobus pour retourner chez moi le soir, je devais traverser un champ pour me rendre sur la rue de Bretagne.Je ne suis pas peureuse, mais je dois dire que je n'aimais vraiment pas ça.Maintenant, j'habite près du métro et c'est très pratique pour moi puisque c'est là où je travaille.V J Je suis arrivée à Longueuil en 1967 avec ma famille.L'exposition internationale Terre des Hommes, que tout le monde connaît sous le nom de l'Expo 67, était inaugurée sur l'île-Saint-Hélène.Nous habitions sur la rue de Bretagne.Aujourd'hui, j'habite toujours la même ville, je vends même L\u2019Itinéraire depuis 6 ans à la station de métro Longueuil ! I I I I I I I I I I I I / / Histoire Les origin es de Longueuil remontent au 17e siècle, quand Charles LeMoyne, commerçant de Ville-Marie - le nom de Montréal à l'époque - prend possession d'une terre située sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent.Il nomme sa seigneurie «Longueuil» en sou venir du village de Normandie où sa mè re é ta itnée.La population es taudé part très faible, 708 habitants en 1760.Le pont Jacques-Cartier, construit en 1930 et reliant Longueuil à Montréal, et la création de la station de métro Longueuil en 1967 (l'année de notre arrivée), favorisent énormément le développement de la ville de Longueuil.L'ancien village, situé près du fleuve, constitue aujourd'hui un site patrimonial afin de protéger et mettre en valeur les bâtiments historiques.Les îles d'Expo 67 et le site de la station de métro Longueuil en construction (1967)| ïfiçir Al I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I Transformation du quartier Le qua rtiera subi de grand es transformations depuis mon arrivée.Je me souviens qu\u2019il y avait des champs, partout.On allait yjouer.Mais la ville s'est beaucoup développée depuis : des immeubles à condos et énormémentdemaisonsontétéconstruits.llyamêmeuneruepour l'hébergement pour les personnes âgées.À un coin de rue de chez nous, le dépanneur Chez Pépère, où j'allais souvent m'acheter des mini-pops, est maintenant un salon de coiffure ! Mon spot de vente, la station de métro Longueuil, a aussi changé.Je ne reconnais même plus les alentours! Un campus de l'Université de Sherbrooke a été bâti, beaucoup de magasins.Avant il n'y avait rien, même pas le Tim Hortons.Le salon de coiffure So Blonde a remplacé le dépanneur Chez Pépère, l'un de mes endroits préférés du quartier.*¦- h '' 40 ITINERAIRE.CA | 1er août 2016 Ecole de Normandie L'école de Normandie, c'était mon école primaire.Je me rappelle qu'à l'époque, quand la religion jouait un grand rôle en éducation, la tante supérieure me donnait des coups de règle parce qu'elle voulait que j'apprenne mes tables de multiplication.Elle m'envoyait chez la directrice, qui était aussi très sévère.Je ne suis pas restée là longtemps, j'avais de la difficulté à suivre le rythme.Mais ça m'a marquée : ça n'a pas été facile durant ma jeunesse, je me faisais souvent écœurer parce que je n'arrivais pas à suivre les autres.I om i amas Le cinéma Dans le temps, ça coûtait 50 cents pour a lier aux vues.Mon père nous don na it 50 cents parse ma ine,à mes sœurs,monf ré reetmoi.Je l'utilisa is souvent pour aller au cinéma.J'y allais toute seule ou avec mes sœurs.Je ne me rappelle plus du nom du cinéma, ça fait très longtemps ! J'aimais ça parce que c'était la seule sortie qu'on avait, on se prenait un coke et du pop-corn.C'était 10 cents pour un pop-corn ! Mais aujourd'hui je ne vais presque plus au cinéma, ça coûte beaucoup trop cher.Église Saint-Antoine-de-Padoue Chaque dimanche, j'allais à l'église avec ma famille.Mon père nous réveillait, il nous forçait presque! On ne s'assoyait pas avec mes parents, mes sœurs et moi, on allait plutôt au restaurant juste à côté.Mon père ne remarquait jamais.Je restais avec mes sœurs et mon frère, même si en réalité ce sont plutôt mes parents que je voulais suivre.À environ 15 ans, les choses ont changé, j'ai commencé à y aller contrairement à mes sœurs et mon frère.Des fois, j'avais des problèmes, de la souffrance, donc je voulais prier.Je me rappelle que mon père dormait pendant le sermon.Je lui disais : « Il est intéressant le prêtre, tu dors toujours quand il parle.» + « * »¦ ¦¦ ii.il iiÉii vte ¦ montreal L'Itinéraire aimerait chaleureusement remercier la générosité du Planétarium pour avoir offert une entrée gratuite à une dizaine de nos camelots.42 ITINERAIRE.CA | 1er août 2016 PHOTO : U PSI D EDC> WN CA PE ( l Z 0.R F ) MACE: COR IHURAVLOV (123RF Ma deuxième vie CONVERSATION PAR SYLVAIN PÉPIN-GIRARD PRÉPOSÉ À L'ENTRETIEN Dans le cadre d'un partenariat entre L'Itinéraire et l'Université Concordia, des participants ont été jumelés avec des étudiants en design communautaire.Jacques (camelot) et Sylvain (sur un programme d'insertion à L'Itinéraire), ont ainsi enregistré un échange touchant.Sylvain raconte à Jacques son parcours difficile, son adoption, le décès de son père, ses problèmes de consommation et son expérience troublante, quand il est passé tout près de la mort.Extraits.Les familles d\u2019accueil Mes parents n\u2019étaient pas mariés, ils se sont séparés quand j\u2019étais petit.J\u2019ai eu beaucoup de familles d\u2019accueil, et il y avait toujours du trouble avec la DPJ.Elles disaient qu\u2019elles ne pouvaient pas me garder, que j\u2019étais trop violent, que je faisais caca dans ma culotte, que des trucs comme ça.Jusqu\u2019à ce qu\u2019on trouve la famille dans laquelle je suis en ce moment.Le décès du père biologique de Sylvain La dernière fois que je l\u2019ai vu, c\u2019est quand j\u2019étais vraiment petit.Je le voyais à chaque 2 semaines, j\u2019avais 6 ou 7 ans, même pas.Il est mort quand j\u2019avais entre 16 et 17 ans.C\u2019était en 2004 ou 2005.J\u2019ai trouvé ça hyper difficile, surtout à l\u2019école, j\u2019ai entendu plein de bullshits.Mais dès que c\u2019est arrivé, je suis devenu très agressif et irritable.Juste pour une petite joke, je pouvais pitcher mon bureau à terre.d\u2019idées noires.À un moment donné, j\u2019en ai tellement pris que j\u2019ai fait un malaise.Alors que je m\u2019en allais en classe, je suis tombé et tout est devenu noir.C\u2019est là que j\u2019ai commencé une sorte de voyage astral.Je me suis réveillé au paradis et j\u2019ai rencontré un ange.Le « voyage astral » L\u2019ange m\u2019a demandé pourquoi j\u2019étais ici, je lui ai répondu que je ne savais pas.Il m\u2019a dit que mon cœur s\u2019était arrêté de battre, et que c\u2019est pour ça que j\u2019étais ici.Ma première réaction, ça a été de me demander ce qu\u2019allait penser ma mère de ça.L\u2019ange décide qui va au paradis et qui va en enfer.Il m\u2019a dit que je m\u2019étais suicidé et qu\u2019il était obligé de m\u2019envoyer en enfer, sauf si j\u2019arrivais à résoudre différents problèmes.J\u2019étais sur un bateau.Dans l\u2019eau, il y avait plein d\u2019esprits qui se promenaient.Là, l\u2019esprit d\u2019une femme a essayé de me tirer dans l\u2019eau, de plus en plus bas.Je lui ai demandé pourquoi elle faisait ça.La femme m\u2019a dit quelle s\u2019était ôté la vie, puis quelle errait dans ces eaux parce quelle ne savait pas si elle voulait être méchante ou gentille.Je l\u2019ai serrée dans mes bras et je lui ai dit : « Moi, je te pardonne ».Elle est remontée avec moi sur le bateau.Après ce challenge, je suis monté au paradis et je n\u2019ai jamais revu cette femme.J\u2019ai le sentiment que c\u2019est grâce à cette bonne action que j\u2019ai échappé à la Mort, qui m\u2019a pardonné.Les portes du paradis se sont ouvertes.Au lieu d\u2019aller voir mon père qui était déjà là-haut, j\u2019ai demandé pardon à Dieu, et j\u2019ai fait le souhait de revenir à la vie.Je suis alors revenu à mon corps, dans le couloir de l\u2019école.La drogue et les pensées suicidaires J\u2019étais vraiment tombé dans la dépendance de la drogue.Mais pas la drogue douce : c\u2019était de la drogue dure, le juicy, de la cocaïne mixée avec du pot et du hasch.Ça veut dire que t\u2019as trois buzz différents en même temps.J\u2019allais à l\u2019école là-dessus et j\u2019avais beaucoup « Interroger Sylvain, ça a été une très belle expérience.Son enfance n\u2019a pas été facile, ses parents l\u2019ont laissé de côté, il est resté dans un quartier un peu ghetto et est tombé dans la consommation.Mais Sylvain, c\u2019est un ange, il est bon, sain et innocent, il encaisse, mais il ne juge pas.Lui et moi, on n\u2019a pas le même âge, mais on a des choses en commun, on a eu cette enfance dure, on a été oublié.Moi, ce sont mes grands-parents qui m\u2019ont élevé.Aujourd\u2019hui, on gère nos émotions, c\u2019est tout ce qui nous reste à faire.Mais il n\u2019y a rien d\u2019impossible.» ri i Accepter la vie Je me dis que le meilleur temps que je suis heureux, c\u2019est quand je suis avec du monde qui m\u2019accepte comme je suis, qui accepte que j\u2019ai eu le droit à une deuxième vie.Comme ici à L\u2019Itinéraire, je suis accepté par tout le monde et j\u2019accepte tout le monde.Dans mon coin à moi c\u2019est carrément l\u2019inverse.Les voisins m\u2019intimident, ils essayent de me rendre la vie difficile, mais je ne cède pas à ça.Dans le fond, je suis plus fort qu\u2019eux, parce que d\u2019une certaine façon j\u2019ai eu droit à une deuxième chance, j\u2019ai déjà fait le plus dur de ce qui pouvait m\u2019arriver.¦ L'entrevue de Sylvain par Jacques peut être écoutée sur le blog de Sylvain http://dumauvaisaubon.tumblr.com/ Jacques Élyzé, camelot Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui 1er août 2016 | ITINERAIRE.CA 43 Officines Félicité Griller Versus Métro Ravageant Qu\u2019il rôdât Pissotera Qu\u2019il déduise Recom- Efficients Céréale Fonçais Étasuniens Faute sportive Marchera Bizarres Bouffera Imitation Légumineuse Paresseux Musique Champion Activités physiques Sans présence autochtone, combien des premiers arrivants européens auraient survécu, ici ?JOSEE CARDINAL DISTRIBUTRICE Jeux réalisés par Josée Cardinal joseecardinala1@yahoo.ca Solutions dans le prochain numéro HORIZONTALEMENT 1.\tQualifie une substance stimulant le métabolisme.2.\tRemarquerai.- Coutumes.3.\tMille cent quatre.-Impitoyables.4.\tEpaulards.- Colère.5.\tTabasserions.- Champion.6.\tTerre.- Esquivées.7.\tInstruments de musique.-Appuyés.8.\tPoli.- Vedette.9.\tTrois.- Fonça.- Note.1C Propre.- Isolée.VERTICALEMENT 1.\tDe l'ancienne Bretagne.2.\tListe de décès.3.\tAgirait sur un espar de manière qu'il soit vertical.4.\tGaffe.- Stère.5.\tMétal.- Période.- Ile grecque.6.\tQue je dépouillasse au jeu.7.\tCourroux.- Merle.8.\tÉrudits.9.\tOuille.- Tremblement de terre.1C Rigolé.- Orient.11\tÉlimineras.- Habileté.12\tCrochets.- Produit de dégradation.44 ITINERAIRE.CA | 1er août 2016 DETENTE PROBLEMES DROGUE, ALCOOL OU MÉDICAMENT ?Narcotiques Anonymes Narcotics Anonymous 1 855 544-6362 www.naquebec.org Nous pouvons t\u2019aider m 15 juillet 2016 S\t\u2018R\t\t* M\t¦\t\u2018P\t\tM [r]\tE\tC\t1\tD\t1\tV\tE H\t* S\tE\tN\tE\tC\t0\tN [m\tE\tD\t1\tC\tA\tC\tE M\t\u2019R\tE\t\tE\t\t>E\tU [m\tV\tR\tE\tS\t\t\u2018R\tR H\t*A\t1\tS\tB\t\tA\t \tT\tE\tB\t\tR\tT\tS H\tA\tZ\tU\tR\tE\tR\tA T\t1\t\t\u2019E\tM\tA\t1\tL B\t* R\tE\tL\tA\tN\tC\tE D\tE\tL\tE\tS\tT\tE\tR \t\t\t\t\t\t\t\t\t \t\t\tCM\t\t\t1\t\t\t 5\t4\t\t\t\t\t\t7\t\t 00\t\t\t\t\t\tCO\t\t\t 4\t\t\tCO\t\t5\tCM\t\t\t \t00\t\t\t\t4\t\t\t\t \t\tCM\t\t\t\t7\t1\t\t \t1\t5\t\tCO\t\t\t\tCO\t 7\t\t\tCO\t\t\t\t6\t\t \t\t\t\t5\t\t\t\t\t ¦\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t\t\t\t U B 5\t1\t2\t4\t7\t8\t6\t9\t3 8\t4\t9\t2\t3\t6\t1\t7\t5 3\t6\t7\t9\t5\t1\t2\t4\t8 6\t2\t1\t3\t8\t9\t4\t5\t7 9\t8\t5\t6\t4\t7\t3\t1\t2 4\t7\t3\t1\t2\t5\t9\t8\t6 1\t5\t4\t8\t6\t2\t7\t3\t9 2\t3\t8\t7\t9\t4\t5\t6\t1 7\t9\t6\t5\t1\t3\t8\t2\t4 :acapitâle AGENCE IMMOBILISE & Vitrine de la rénwation écologique 1152, avenue Mont-Royal Est, 514.597.2121 j\twww.viacapitaledumontroyal.com l'une propriété, c'est une affaire de coeur et de savoir-fairej! http://naquebec.org PROPOS DU.CVlimgeYYveyijr Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.Gandhi Le secret du changement consiste à concentrer son énergie pour créer du nouveau, et non pas pour se battre contre l'ancien.Dan Millman Tout est changement, non pour ne plus être mais pour devenir ce qui n'est pas encore.Épictète Les hommes n'acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise.Jean Monnet .n'existe rien de constant si ce n'est le changement.Bouddha L'émotion est le moteur du changement, et la joie son essence.Olivier Lockert Nous n'arrivons pas à changer les choses suivant nos désirs, mais peu à peu notre désir change.Marcel Proust Le changement a lieu quand la douleur de se maintenir est supérieure à la peur de lâcher prise.La seule révolution possible, c'est d'essayer de s'améliorer soi-même, en espérant que les autres fassent la même démarche.Le monde ira mieux alors.George Brassens Spencer Johnson Le changement n'est pas seulement nécessaire à la vie, il est la vie.Et, par conséquent, vivre c'est s'adapter.Alain Toffler N'utilisez pas l'esprit d'hier pour percevoir les événements d'aujourd'hui.Zhuang Zi Nous sommes enchantés par la beauté du papillon, mais nous admettons rarement les changements qu'il a dû traverser pour y parvenir.Maya Angelou V PHOTO : PA NI TH A N FAPSEEMUANC (I23RF) Youpiii r\u2019iiiiiiii! Transport gratuit du 21 juin au 28 août pour les 6 à 11 ans* * stm.info/sortiesenfamille MOUVEMENT COLLECTIF * CERTAINES CONDITIONS S\u2019APPLIQUENT B La promesse d'un café savoureux, torréfié de main de maître qu'on prend plaisir à déguster tous les jours.F [ L l4 : : C /\\ F E brossarp CAFEBROSSARD.COM 514 321-4121 .1 800 361-4121 "]
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