Le devoir, 9 janvier 2012, Cahier A
[" 20 000 propriétaires disent non à rindustrie du gaz de schiste Page A 3 â Dix ans plus tard, l\u2019espoir de voir fermer Guantanamo diminue WWW.ledevoir.com4- Pages A 2 et B 2 LE DEVOIR Vol.CII N°303\t4 LE LUNDI 9 JANVIER 2012 I, 09$ + TAXES = 1,25$ débats au New Hampshire Le favori républicain s\u2019en tire sans dommages Jon Huntsman pourrait surprendre en étant 2® derrière Mitt Romney lors de la primaire de demain MARCO BÉLAIR-CIRINO Le favori de la primaire du New Hampshire, Mitt Romney, a essuyé ce week-end le feu croisé de ses adversaires républicains, qui ont tenté de mettrp en doute sa capacité à battre le président des Etats-Unis sortant Barack Obama, en novembre prochain.Rick Santorum, Ron Paul, Newt Gingrich, Rick Perry et Jon Huntsman ont fait flèche de tout bois contre l\u2019ancien gouverneur du Massachusetts, qui a le soutien de Vestablishment du Parti républicain, mais qui peine à convaincre la base.Newt Gingrich, ancien président de la Chambre des représentants, n\u2019a pas perdu une minute pour affirmer que Mitt Romney aurait «toutes les peines du monde à se faire élire».«Il y a une grande différence entre un conservateur à la Reagan et un représentant de la culture du Massachusetts, dont le bilan est globalement modéré», a déclaré le vétéran de la politique américaine dans les premiers échanges du débat NBC/Facebook qui s\u2019est déroulé hier avant-midi dans la capitale du New Hampshire, Concord.Il s\u2019agissait de la deuxième fois en 12 heures que les six candidats à l\u2019investiture du Parti républicain croisaient le fer.VOIR PAGE A 8: RÉPUBLICAINS CULTURE Mort du poète Rémi-Paul Forgues, ami de Borduas À lire en page B 8 JACQUES NADEAU LE DEVOIR SANS-ABRI TUE PAR LA POLICE L\u2019aide aux itinérants reste sérieusement déficiente ¦ À lire en page A 2 INDEX Annonces.B 2 Avis publics.B 6 Convergence.B 7 Culture.B 8 Décès.B 2 Économie .A 5 Éditorial.A 6 Idées .A 7 Météo.A4 Monde.B 1 Mots croisés.A 4 Religions.B 6 Sudoku.B 6 Télévision.B 7 %, JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019ancien patron de l\u2019Unité anticollusion, Jacques Duchesneau, fait mine de pointer une arme sur sa tempe en expliquant au Devoir qu\u2019il ne voulait pas servir de chair à canon en donnant des noms de personnes haut placées qui s\u2019enrichissent personnellement lors de l\u2019octroi de contrats publics.P4INT CHAUD Abattre « l\u2019autre commission » Jacques Duchesneau a espoir que la commission Charbonneau mette au jour la structure chapeautant le crime dans la construction KATHLEEN LEVESQUE Après le signal d\u2019alarme lancé par son rapport sur la corruption et la collusion, Jacques Duchesneau fonde beaucoup d\u2019espoirs sur la commission d\u2019enquête Charbonneau pour éveiller les consciences et ainsi déboulonner «Vautre commission», celle qui est à la tête du crime organisé.Dans une entrevue accordée au Devoir, l\u2019ancien patron de l\u2019Unité anticollusion du ministère des Transports a donné un aperçu de la structure qui chapeaute le crime associé à l\u2019industrie de la construction.«Il y a peu de personnes qui ont le contrôle sur beaucoup de choses.[.] C\u2019est un petit groupe restreint.C\u2019est une commission qui décide qui peut être tué, combien on paie.Tout est réglé à un niveau qui nous échappe», a déclaré Jacques Duchesneau.Selon lui, le contrôle de l\u2019octroi des contrats publics, la fixation des prix, le partage des territoires, le trucage d\u2019offres, tout ça n\u2019est pas entre les mains d\u2019une seule personne.La «commission» dont il parle s\u2019apparenterait à un conseil d\u2019administration d\u2019une entreprise légitime.Elle compte peu de membres mais de très nombreux associés, des partenaires d\u2019affaires et un vaste réseau de contacts.Chaque secteur d\u2019activité lié à la construction y collabore: firmes de génie-conseil, entrepreneurs en construction, syndicats et monde politique.Il est toutefois clair, pour M.Duchesneau, que, dans chaque VOIR PAGE A 8: DUCHESNEAU Environnement L\u2019Anthropocène, l\u2019ère des déséquilibres Les changements provoqués par l\u2019homme auraient fait entrer la Terre dans une nouvelle époque géologique L\u2019idée lancée en 2002 par Paul Crutzen, Prix Nobel de chimie, et consistant à ajouter l\u2019Anthropocène à l\u2019échelle des temps géologiques, afin de prendre en compte l\u2019impact de l\u2019homme sur son environnement, fait doucement son chemin.Si bien que l\u2019adoption de cette nouvelle époque géologique sera proposée lors du prochain Congrès géologique international, qui se tiendra en août prochain à Brisbane, en Australie.LOUIS-GILLES ERANCŒUR Cent ans de réflexion sur l\u2019évolution de l\u2019humanité débouchent sur un constat scientifique sans précédent dans l\u2019histoire de la planète: une de ses espèces vivantes, Homo sapiens, est en train de rompre des équilibres fondamentaux au point de menacer sa propre survie.La profondeiu de ces changements est teUe qu\u2019ils se comparent aux grands événements qui ont historiquement bouleversé de fond en comble les équilibres millénaires, comme l\u2019impact de cette météorite géante qui aurait provoqué la disparition des dinosaures.En 2008, la commission de stratigraphie de la Société géologique de VOIR PAGE A 8: ANTHROPOGÈNE m m »' i-v\t-\u2019'à- \u2022\t\u2019IA rjj- f\t^\t;ùv.7.- T, \u2022 - G- '\t^ X\tU' ;' V-7 T-.ÎJ4''.G,¦ 'Ÿ» ¦7/ '^7./.\t\" ROBYN BECK AGENCE ERANCE-PRESSE Un fermier examine le sol au cours d\u2019une sécheresse en Californie, en 1999.L\u2019espèce humaine est en passe de rompre l\u2019équilihre de la Terre.«a'i i + J i*l'J\tI : ICHEL DESAUTELS en semaine I15H LUNDI, MARDI ET MERCREDI A 17H30 Le Plan Nord: qui en profite?Qui en paie le prix?Reportages : Carole Graveline RéaI.-coord.: Sébastien Perron #95,1\" PREMIERE CHAÎNE Radio-Canada.ca/desautels 77831302829402 A 2 LE DEVOIR, LE LUNDI 9 JANVIER 2012 ACTUALITES SANTE Les provinces pourraient devoir fournir des soins sans accord national HEATHER SCOEEIELD Ottawa \u2014 Les provinces font face à la possibilité de bientôt devoir fournir des services de santé sans accord national de santé, a appris La Presse canadienne.Les responsables provinciaux de la santé cherchent à déterminer comment aller de l\u2019avant, après avoir été pris par surprise, le mois dernier, par le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, qui leur a soumis un programme de financement de 10 ans sans politique précise.La ministre fédérale de la Santé, Leona Agluk-kaq, est en train de parcourir le pays afin de voir de quelle façon ses homologues provinciaux entendent procéder, dans le but de mettre en place une entente qui établirait de nouvelles normes et obligerait les provinces à être responsables de leurs dépenses.Les premiers ministres des provinces se préparent, quant à eux, à se pencher sur la question, à l\u2019occasion de leur rencontre prévue à Victoria, du 15 au 17 janvier.Toutefois, la possibilité qu\u2019aucune entente ne soit conclue est bien réelle, affirment des responsables fédéraux et provinciaux.«H est possible que nous n\u2019ayons pas d\u2019accord codifié», a indiqué une source fédérale, sous le couvert de l\u2019anonymat.Cela s\u2019explique par le fait que le nouveau programme de financement, pour la période de 2014 à 2024, a été présenté sans négociation, ce qui fait l\u2019affaire de certaines des provinces de l\u2019Ouest L\u2019entente obligerait les provinces à être responsables de leurs dépenses mais déplaît au reste du pays.Le gouvernement fédéral a indiqué qu\u2019il entendait se faire discret en ce qui a trait à l\u2019établissement d\u2019une politique de santé.Le premier ministre fédéral Stephen Harper s\u2019est fait demander la semaine dernière, lors d\u2019une entrevue donnée à la radio, si Ottawa disait aux provinces d\u2019assumer la responsabilité entière des soins de santé.«C\u2019est en partie ce que nous disons», a répondu M.Harper à l\u2019occasion d\u2019une participation au Rutherford Show, une émission diffusée à la grandeur de l\u2019Alberta, durant laquelle les auditeurs sont invités à poser des questions.«La plupart des provinces projettent déjà des réductions de leurs propres taux de croissance et dépenses en matière de soins de santé.Mais je crois que les provinces vont devoir examiner sérieusement ce qui doit être fait pour rendre le système plus efficace», a-t-il ajouté.Le programme de financement de M.Flaherty donne aux provinces une certitude fiscale relative quant à leurs niveaux de financement.Il ne comporte toutefois aucun mécanisme assurant des normes nationales ou des améliorations des services.La santé est une question de compétence provinciale, mais le financement fédéral, les normes nationales et les objectifs de la politique nationale sont établis dans le cadre d\u2019un accord national depuis la fin des années 1990.La Presse canadienne Bloc québécois Daniel Paillé entame nne tonrnée de la province Elu chef du Bloc québécois depuis moins d\u2019un mois, Daniel Paillé a entamé une tournée de la province pour discuter de l\u2019avenir de son parti avec ses militants.Le successeur de Gilles Du-ceppe s\u2019est déjà rendu dans la vallée du Richelieu, dans la circonscription de son collègue Louis Plamondon, un des seuls parlementaires bloquistes à avoir survécu à la vague orange du 2 mai dernier.Dans la prochaine année, Daniel Paillé continuera à faire le tour du Québec pour évaluer l\u2019état de ses troupes et commencer à préparer la prochaine campagne électorale.Celle-ci ne devrait toutefois pas survenir avant 2014 ou 2015.S\u2019il veut faire la tournée des médias locaux, M.Paillé affirme qu\u2019il profitera surtout de ses visites pour discuter avec les militants locaux et les organismes communautaires du Québec.Daniel Paillé entend aussi remettre de l\u2019ordre dans les finances de sa formation politique.Avec l\u2019abolition des subventions publiques aux partis, le Bloc québécois devra se refaire une santé financière en comptant uniquement sur ses membres.La Presse canadienne EN BREF Le Charlottetown en mission antiterroriste Halifax\u2014Des centaines de proches des membres de l\u2019équipage du NCSM Charlottetown se sont rassemblés sur le pont de ce bâtiment, hier matin, pour saluer les marins qui s\u2019apprêtent à prendre la mer en direction de la Méditerranée.La frégate de patrouille, avec à son bord quelque 250 marins, a quitté le port de Halifax sous un ciel ensoleillé afin de prendre part pendant six mois à une mission de lutte antiterroriste.Le Charlottetown se joindra à d\u2019autres bâtiments de guerre de l\u2019OTAN qui participent à l\u2019opération Active Endeavour, dont le but est d\u2019empêcher le déplacement de terroristes ou d\u2019armes de destruction massive et d\u2019accroître la sécurité des mouvements maritimes en général.Le capitaine de frégate Wade Carter a dit ne pas s\u2019attendre à des risques d\u2019importance durant la mission.La frégate ne sera pas basée dans un secteur particulier, mais elle quadrillera plutôt de long en large cette mer.- La Presse canadienne JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019opération policière de vendredi à la station de métro Bonaventure, au centre-ville de Montréal, a nécessité l\u2019intervention de dizaines d\u2019agents.Itinérant abattu dans le métro Une nouvelle preuve du manque de ressources, selon la RAPSIM MARCO BÉLAIR-CIRINO Le décès de Farshad Mo-hammadi, qui est mort sous les balles du Service de police de Montréal (SPVM), illustre une nouvelle fois douloureusement la pénurie de ressources pour les sans-abris, a souligné le Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM).Le sans-abri a été abattu vendredi après-midi lors d\u2019une intervention policière à la sortie de la station de métro Bonaventure.L\u2019homme âgé de 34 ans, connu dans les refuges pour sans-abris de la métropole depuis environ deux ans, aurait assailli à coups d\u2019arme blanche un policier du SPVM, le blessant au haut du corps et à la tête.Témoin de la scène, un deuxième policier aurait ouvert le feu en sa direction, le blessant gravement.M.Mohammad! a succombé à ses blessures, tandis que les deux policiers ont reçu leur congé de l\u2019hôpital au cours du week-end.«Encore une fois, un gars de la rue se retrouve à mourir sous les balles du SPVM, a déclaré le coordonnateur du RAPSIM, Pierre Gaudreau, lors d\u2019une entrevue avec Le Devoir.On trouve cela choquant parce qu\u2019on est convaincu qu\u2019il y a d\u2019autres façons d\u2019intervenir que d\u2019en arriver là.» En juin dernier, un autre itinérant, Mario Hamel, avait été mortellement touché par les balles des policiers du SPVM rue Saint-Denis, toujours à Montréal.L\u2019intervention avait également coûté la vie à un passant en route pour le travail, Patrick Limoges.Désinstitutionnalisation Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a lancé hier un appel à l\u2019action au gouvernement du Québec.«C\u2019est difficile à accepter, d\u2019autant plus qu\u2019il y a de plus en plus de personnes avec des problèmes de santé mentale qui sont dans la rue.On dit au gouvernement: il faut faire quelque chose.Ce n\u2019est plus juste un problème d\u2019itinérance, où on peut trouver une chambre avec soutien communautaire», a-t-il affirmé à TVA Nouvelles, en marge du traditionnel dîner de la Fête des rois de l\u2019Accueil Bonneau, où il a servi des repas chauds à des personnes de la rue.De son côté, le président de la Fraternité des policiers, Yves Francœur, montre du doigt la désinstitutionnalisation, qui a jeté à la rue des milliers de personnes au cours des 30 dernières années.«Et, malheureusement, à cause de la désinstitutionnalisation, on retrouve de plus en plus dans la rue des itinérants qui sont très souvent psy- chiatrisés, qui sont très souvent en état d\u2019ébriété.Et, en fin de compte, qui se ramassent avec eux?Ce sont nos patrouilleurs», a-t-il déploré.Le RAPSIM constate avec satisfaction les «pas» faits par le SPVM, notamment la mise sur pied d\u2019une équipe mixte formée de policiers et de travailleurs sociaux du CLSC des Faubourgs, ainsi que l\u2019amélioration de la formation des agents concernant les enjeux liés à l\u2019itinérance et à la maladie mentale, qui s\u2019ajoutent à l\u2019extension, «à la grandeur de Vile», du rayon d\u2019action de l\u2019équipe Urgence psychosociale-Justice, du CSS Jeanne-Mance.Mais M.Gaudreau convient que les policiers assument des responsabilités «qui dépassent non seulement leurs compétences, mais leur mandat.Beaucoup d\u2019interventions [qu\u2019ils font] relèvent davantage du système de la santé ou du travail de rue, mais qui ne sont pas assez soutenus.» Le Plan d\u2019action interministériel en itinérance 2010-2013 ne porte pas les fruits escomptés: i\u2019itinérance prend de l\u2019ampleur et les problématiques qui y sont reliées se complexifient.«Le corridor de services n\u2019a pas été amélioré», a fait valoir Pierre Gaudreau.Le Devoir Dix heures de manif pour Khadr Amnistie internationale et de nombreux artistes manifesteront jeu4i prochain à la place Georges-Emile-Lapalme de la Place des Arts, à Montréal, en appui au jeune Canadien Omar lÜiadr, détenu à Guantanamo.L\u2019organisme de défense des droits humains considère que ce centre de détention à sécurité maximale est devenu le symbole d\u2019une captivité arbitraire, de la torture et de l\u2019incapacité des autorités américaines à respecter les droits des détenus.Amnistie veut ainsi souligner les 10 ans d\u2019existence de Guantâ-namo, ouverte en 2001 par le président George W.Bush dans le cadre de sa lutte contre le terrorisme.Pendant 10 heures.Amnistie internationale permettra à différentes personnalités et à des militants de s\u2019exprimer pour dénoncer les violations de droits et rappeler au gou-vernement canadien l\u2019importance de travailler à rapatrier Omar Khadr.Omar Khadr est aujourd\u2019hui âgé de 25 ans.En octobre 2010, il s\u2019est reconnu coupable de crimes de guerre, après avoir été accusé par la justice militaire américaine d\u2019avoir lancé une grenade qui a tué un soldat américain.Ces événements s\u2019étaient produits en Afghanistan, en 2002, lorsqu\u2019Omar Khadr était âgé de 15 ans.Le jeune Khadr attend toujours son transfert au Canada, après la conclusion d\u2019une entente avec la justice militaire américaine.Il devait en effet avoir le droit de purger sa peine dans un autre pays.Parmi les personnalités qui participeront à cet événement, on retrouvera le chanteur Paul Piché, les comédiens Emmanuel Bilodeau, Fanny Mallette, Sophie Faucher, Christian Bégin, le réalisateur Philippe Fa-lardeau, le metteur en scène Dominic Champagne et la porte-parole de Québec solidaire, Françoise David.La Presse canadienne Omar Khadr Charest veut redoubler d\u2019efforts pour rallier les Québécois au Plan Nord ALEXANDRE ROBILLARD Radisson \u2014 Le premier ministre Jean Charest a reconnu hier qu\u2019il doit redoubler d\u2019efforts pour rallier les Québécois derrière le Plan Nord, son projet-phare avec lequel il espère catalyser le désir de changement lors de futures élections.M.Charest a déclaré qu\u2019il était conscient de l\u2019importance de faire la promotion du Plan Nord, dont il s\u2019est efforcé d\u2019illustrer les retombées concrètes en amorçant une mission de trois jours sur le territoire visé par ce projet de développement économique.L\u2019ampleur du Plan Nord et son étalement sur 25 ans nécessitent des efforts de communication particuliers, a indiqué le premier ministre lors d\u2019un point de presse.«C\u2019est un projet qui est tellement gros, qui est tellement grand, sur longtemps, une longue période de temps, que ça exige qu\u2019on communique ce que c\u2019est, le Plan Nord, ce que ça amène comme bénéfices, ce que ça amène comme projets de développement, également pour qu\u2019on puisse en bénéficier, a-t-il dit.Mors, moi, je suis très conscient de l\u2019importance de porter le Plan Nord et d\u2019aller vers les Québécois pour en parler.» M.Charest a martelé qu\u2019un emploi dans le nord du Québec en générait deux dans le sud.«L\u2019idée de cette mission, c\u2019est de brancher le sud et le nord, de donner une occasion aux entrepreneurs qui sont dans le sud, dans ce cas-ci de la Capitale-Nationale, de voir de leurs propres yeux et d\u2019être en contact avec les projets qui sont dans le nord, pour pouvoir mesurer justement l\u2019ampleur des projets et le rythme des projets, qui n\u2019est pas le même que dans le sud», a-t-il dit.«Le développement d\u2019une mine, c\u2019est une affaire de 20 ans, le développement d\u2019un projet hydro-électrique, qu\u2019on connaît bien au Québec, ça ne se fait pas au même rythme.» Un emploi dans le nord en générait deux dans le sud, selon Jean Charest Avec le maire de Québec, Régis Labeaume, et le ministre des Ressources naturelles.Clément Gignac, M.Charest dirige une mission composée de représentants de 25 entreprises de la grande région de la capitale qui souhaitent profiter des occasions d\u2019affaires suscitées par le Plan Nord.En septembre dernier, M.Charest avait affirmé que ce projet répondra aux aspirations de la population québécoise, qui a manifesté récemment un appétit pour un renouveau, notamment aux dernières élections fédérales.M.Charest a affirmé que le sort du Québec, tout comme le sien, est en partie rattaché au Plan Nord.«Le destin du Québec est en partie lié au Plan Nord, aussi, tellement le projet est gros, le territoire est grand, les ressources sont importantes», a-t-il dit.Le Plan Nord prévoit des investissements de 80 milliards.dont 47 milliards pour le développement énergétique.Cette question est d\u2019ailleurs importante pour les entreprises, notamment dans le secteur minier, qui souhaitent implanter leurs activités au nord du 49® parallèle, puisqu\u2019il n\u2019existe aucune ligne de transport d\u2019électricité au-delà du complexe La Grande.Par ailleurs, la multiplication des projets miniers dans le Nord québécois pourrait se traduire par la construction d\u2019un second chemin de fer reliant Schefferville à Sept-Iles, au coût d\u2019environ deux milliards.Le Soleil rapportait hier que ce nouveau mégaprojet fait l\u2019objet d\u2019un mandat de lobbying accordé à l\u2019homme d\u2019affaires Marcel Aubut par la firme sino-canadien-ne Century Iron Mines, qui possède des droits sur deux gisements de fer dans le secteur de Schefferville.La construction représenterait un investissement de deux milliards.La Presse canadienne Congédié?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 Résultats des tirages du : 2012-01-07 04 17 31 32 46 49 06 08 U 25 28 45 compi compi Prochain gros lot (approx.) : 11 000 000 $ Lots bonis 27 30 36 45 06 08 28 38 Les détenteurs d une selection Quebec 49 jouee avec le Lotto 6/49 sur un meme billet et nnmnnrtflnt If^R ni ni imérnc: rl\u2019i ini^ mômi^ sélf^ntinn boni tirér^ ro nflrtflni^nt i\tdi^ 4Q 000 S Résultats des tirages du : 2012-01-06 3511828 01 I02I08I13I22I45I46 Prochain gros lot : 21 000 000 $ En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité.E N BREF Le Canada salue les réformes cubaines Ottawa\u2014La ministre d\u2019Etat des Affaires étrangères aux Amériques et affaires consulaires, Diane Ablonczy emprunte un ton plus doux que celui qu\u2019avait auparavant employé le gouvernement conservateur au sujet de Cuba.Cette semaine, Mme Ablonczy se rend dans Hle communiste des Antilles, à la fois l\u2019ennemi le plus proche des Etats-Unis et la destination soleil privi- légiée par des millions de Canadiens.Elle a fait l\u2019éloge des réformes économiques menées par le président Raûl Castro depuis qu\u2019il a succédé à son frère Fidel, il y a près de quatre ans.Ces réformes incluent l\u2019ouverture au droit de propriété privée et le droit de vendre une voiture d\u2019occasion.Mme Ablonczy ne croit pas que cela mènera à de plus grandes libertés démocratiques, mais elle affirme que le Canada peut aider Cuba à aller de l\u2019avant - La Presse canadienne LE DEVOIR, LE LUNDI 9 JANVIER 2012 A 3 ACTUALITES Double discours 'Tr - ' ¦ Manon CORNELLIER A16h21, vendredi dernier, le communiqué de presse du bureau du premier ministre annonçant la nomination de sept nouveaux sénatems a atterri dans les boîtes de courriel des journalistes parlementaires.Sept nominations, presque toutes fortement partisanes, qu\u2019on n\u2019a même pas cherché à justifier.Le premier ministre Stephen Harper a pris goût à ces annonces faites lorsque la Chambre est en congé et que les Canadiens ont la tête ailleurs.Peut-être pour passer le plus possible inaperçu, ce qu\u2019on comprendrait de la part d\u2019un homme qui a passé son temps dans l\u2019opposition à dénoncer le patronage au Sénat.Une fois élu, il n\u2019a pas résisté longtemps, nommant aussitôt le Montréalais Michael Fortier au Sénat pour le faire entrer au cabinet.En 2007, il a nommé la sénatrice élue albertaine Bert Brown, mais il s\u2019est ensuite abstenu, laissant la chambre haute se dégarnir peu à peu, au point où cela était problématique.Les comités sénatoriaux arrivaient difficilement à garder le r5fi;hme.L\u2019institution risquait de devenir dysfonctionnelle.Même des sénateurs libéraux s\u2019en plaignaient.Car, on a beau mépriser le Sénat, il dememe un engrenage incontomnable de notre système parlementaire.Tous les projets de loi doivent encore y être étudiés et adoptés avant de devenir des lois.Au tout début de janvier 2009, M.Harper a réagi en nommant 18 sénatems d\u2019un coup.Le tollé fut immédiat, mais le geste était nécessaire pom permettre au Sénat de continuer à jouer le rôle que lui dicte toujours la Constitution.Et, malgré cette arrivée de nouveaux sénateurs, les conser-vatems étaient toujoms minoritaires.La glace était toutefois brisée.Le premier ministre ne s\u2019est plus gêné par la suite pom combler les postes vacants.Presque toujoms en période de congé parlementaire.Comme ces neuf nominations faites en août 2009, ces deux autres le 20 décembre 2010.Et ces trois autres en juin dernier (quelques minutes après la fin de la conférence de presse du premier ministre annonçant son nouveau cabinet, ce qui lui a évité de répondre de son geste).Sm les 105 sénatems actuellement en exercice, 37 sont des recrues de Stephen Harper.Le bon fonctionnement de l\u2019institution ne peut donc plus servir d\u2019alibi.On en a trouvé un autre: la nécessité de donner au gouvernement la majorité au Sénat afin d\u2019assurer l\u2019adoption de ses réformes sur la durée du mandat des sénatems et lem élection dans le cadre de scrutins organisés par les provinces.On nous a resservi ce besoin d\u2019une majorité en juin dernier après la nomination de ûois autres sénateurs, trois candidats défaits qui vont maintenant défendre la nécessité d\u2019élire les sénatems! Le gouvernement avait pourtant le plein contrôle du Sénat au lendemain de l\u2019élection du 2 mai dernier.Les conservateurs occupaient déjà 52 des 101 postes pomvus, alors que l\u2019opposition détenait 49 sièges (45 libéraux, deux indépendants, deux pro-gressistes-conservatems).Ce contrôle du Sénat, M.Harper l\u2019a toujours, ce qui explique peut-être qu\u2019on n\u2019a pas cherché à expliquer les nominations de vendredi dernier.On les a faites, tout simplement.Et, du coup, on a révélé toute la frime de cette réforme du Sénat.Le premier ministre aurait très bien pu attendre son adoption pour ensuite se plier à ses exigences.Il a plutôt préféré la prendre de vitesse pour pouvoir choisir qui il veut.On ne peut manquer de noter d\u2019ailleurs que son gouvernement n\u2019a pas l\u2019air pressé de faire adopter cette réforme, puisqu\u2019il ne fait rien pour en accélérer l\u2019examen parlementaire (ce qui n\u2019est pas une mauvaise chose, car le Parlement devrait toujoms bénéficier de suffisamment de temps pom étudier correctement les projets de loi).Mais, en choisissant de peser sur l\u2019accélérateur pour certains dossiers plutôt que d\u2019autres, le gouvernement affiche ses priorités.Et la réforme du Sénat n\u2019en est qu\u2019une de façade.Un autre indice révélateur est la manière de s\u2019y prendre.Depuis 2006, il a présenté les deux volets de sa réforme en pièces détachées: la dmée du mandat, d\u2019im côté, et l\u2019élection des sénatems, de l\u2019autre.Plusiems provinces, dont le Québec, ont protesté en soutenant que pareille réforme exigeait lem accord et un amendement constitutionnel.En entrevue avec Le Devoir en juin, le ministre québécois des Af faires intergouvemementales canadiennes, Pierre Moreau, avait indiqué que la province pomrait procéder à un renvoi à la Corn d\u2019appel du Québec.Stephen Harper a toujoms fait la somde oreille.Il amait pomtant pu demander l\u2019opinion de la Corn suprême.S\u2019il l\u2019avait fait dès 2006 ou 2007, il aurait déjà eu la réponse.Mais le risque aurait été de perdre un thème cher à la base conservatrice et for t utile pom glaner votes et dollars.Six ans plus tard, on se retrouve avec un Sénat largement nommé par celui-là même qui avait dit qu\u2019il ne descendrait jamais aussi bas.Et, si les choses continuent à tramer, il pourra remplacer les 12 conservateurs qui prendront leur retraite d\u2019ici les prochaines élections et.les huit libéraux qui en feront autant.Et, à voir M.Harper aller, on peut prédire qu\u2019ils seront tous conservateurs bon teint car, jusqu\u2019à présent, il n\u2019a même pas cherché, comme Brian Mulroney ou Paul Martin avant lui, à dorer la pilule en nommant des sénateurs d\u2019une allégeance autre que la sienne.Le Sénat est bleu, il le sera encore davantage et pom longtemps.mcornellier@ledevoir.corn Moratoire citoyen Plus de 20 000 proprietaires disent non à l\u2019industrie gazière Ils ont fait parvenir une lettre interdisant aux entreprises l\u2019accès à leurs terres pour y chercher du gaz de schiste PATRICE BERGERON Québec \u2014 Plus de 20 000 propriétaires fonciers de la vallée du Saint-Laurent ont interdit à l\u2019industrie du gaz de schiste l\u2019accès à leurs terrains.Ils ont entériné une lettre fomnie par les opposants aux gaz de schiste et adressée aux entreprises gazières.Ils se réclament de la Loi sm les mines pom exiger une entente à l\u2019amiable avant toute activité d\u2019exploration sm leur propriété, ce qui bloquerait à toutes fins pratiques les activités des sociétés gazières.La loi actuelle prévoit en effet qu\u2019une entreprise doit obtenir le consentement du propriétaire foncier pom avoir accès au terrain visé et y faire des travaux d\u2019exploration.Sinon, l\u2019entreprise doit verser une indemnité, et, en cas de désaccord, un tribunal doit trancher.Les regroupements d\u2019opposants sont fiers d\u2019avoir accompli cet imposant travail de collecte de signatmes en quelques mois.«C\u2019est une opération majeure, unique, c\u2019est du jamais vu», a déclaré un des porte-parole du Regroupement interrégional sur les gaz de schiste de la vallée du Saint-Lament (RIGSVSL), Serge Eortier, dans une entrevue accordée à La Presse canadienne.«Certains considèrent que c\u2019est une opération ti-tanesque.C\u2019est une initiative citoyenne, payée par des citoyens bénévoles, qui font du porte-à-porte.» Selon lui, l\u2019adhésion des propriétaires au mouvement illustre clairement la non-acceptabilité sociale de la filière gazière au Québec, en dépit de ce que le gouvernement ou les gazières prétendent.«Le gouvernement se pète les bretelles en disant que la majorité des gens sont pour les gaz de schiste, puisqu\u2019on ne les entend pas parler.[.] Mais on prouve sur le terrain que ce n\u2019est pas vrai.» Chaque fois qu\u2019un propriétaire signe une lettre, les militants anti-gaz de schiste colorent les lots concernés sur une carte de cadastre.«On a des cartes colorées jusqu\u2019à 80 %», a affirmé M.Eortier.Si certaines zones sont moins colorées, c\u2019est tout simplement que les militants n\u2019ont pas pu encore étendre les opérations de signature dans ces sec-tems, a-t-il soutenu.Les opposants veulent recueillir l\u2019appui d\u2019au moins 25 000 propriétaires fonciers dans la vallée du Saint-Lament.Contourner les réfractaires L\u2019industrie estime pour sa part que ce mouvement ne fait qu\u2019illustrer la méfiance et les craintes des propriétaires, qui sont normales et qui seront atténuées ime fois que le comité d\u2019évaluation environnementale stratégique ama livré ses conclusions.Le relationniste de l\u2019Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), Stéphane Gosselin, a indiqué que la lettre rappelle simplement l\u2019état de fait actuel: l\u2019industrie doit obtenir le consentement du propriétaire et le dédommager, ce qu\u2019elle a toujoms fait, a-t-il assmé.Mais, par ailleurs, l\u2019industrie peut assez facilement contomner les propriétaires réfractaires et aller voir leurs voisins plus réceptifs, en raison de la localisation du gaz de schiste et des méthodes d\u2019extraction.«Nous sommes capables d\u2019aller chez un deuxième ou un troisième voisin et atteindre les mêmes ressources, a-t-il confirmé dans ime entrevue.Le schiste est une couche de roche qui s\u2019étend sur plusieurs centaines de kilomètres.Il y a plusieurs possibilités.» La Presse eanadienne Pas A vew SCHISIj casse Ici TU PUIS MME peu.K /O.tOyIc .j}f ( LE DEVOIR L\u2019opposition à i\u2019expioration et à i\u2019expioitation du gaz de schiste se poursuit au Québec.Après avoir utiiisé ies audiences du BAPE pour manifester ieur désaccord à tout projet, des citoyens de ia vaiiée du Richeiieu optent cette fois pour i\u2019envoi de iettres interdisant i\u2019accès à ieurs terres.Des fonctionnaires planifiaient de vendre les tableaux de Pellan Les deux œuvres ont été remplacées par des portrait de la reine JENNIEER DITCHBURN Ottawa \u2014 Le gouvernement fédéral a discrètement planifié la vente des deux tableaux d\u2019Alfred Pellan qui ont été remplacés par des portraits de la reine Elisabeth H dans le foyer du ministère des Affaires étrangères.Mais il semble que l\u2019idée ait été rapidement remisée après une forte vague de mécontentement au Québec.Sept mois après avoir été retirées des murs du ministère, les toiles Canada Ouest Canada Est dorment toujours loin des yeux des Canadiens.Le remplacement des tableaux du maître québécois avait été ordonné 10 joms avant la visite du duc et de la duchesse de Cambridge, à l\u2019été 2011.Un mois après leur passage, des documents obtenus en vertu de la Loi sm l\u2019accès à l\u2019information indiquent que des fonctionnaires discutaient de la possibilité de vendre les Pellan, qui valent chacun 90 000 $ selon le ministère.Mais ces discussions ont rapidement cessé lorsque la nouvelle du remplacement a fait les manchettes.Des fonctionnaires avaient d\u2019abord suggéré que le portrait de la reine et les deux tableaux d\u2019Ahfed Pellan soient tous trois exposés au ministère.Le peintre avait réalisé ces œuvres pendant la Seconde Guerre mondiale.Elles étaient destinées au nouveau bmeau diplomatique canadien au Brésil, puis ont été exposées dans l\u2019édifice Pearson pendant presque 30 ans.L\u2019idée de voir Sa Majesté frotter ses épaules contre les Pellan a été rapidement rejetée par les conservateurs.«Il y a eu beaucoup de discussions entre le ministre et le sous-ministre vendredi et, malgré d\u2019autres recommandations, ils veulent aller de l\u2019avant avec l\u2019idée qui figure dans leur autre agence gouvernementale ne les çchète pour les exposer.» A l\u2019interne, des fonctioimaires ont semblé émettre des doutes quant à l\u2019opportunité de vendre ces œuvres.«Devrions-nous reconsidérer le retrait de ces deux peintures de la liste des oeuvres à vendre ou à disposer?», s\u2019est interrogé un fonctioimaire chargé de la collection d\u2019œuvres.La décision de retirer les Pellan pouç installer im portrait de la reine Elisabeth II a été vertement critiquée au Québec, en plus d\u2019être jugee L\u2019idée de voir Sa Majesté frotter ses\tcomme quasi colonialiste et épaules contre les Pellan a vite été\tdes plus insul ,\t^\ttantes.Alfred rejetee par les conservateurs\tPellan est l\u2019un des plus cé- message», écrit un gestionnaue, faisant référence à un courriel d\u2019un conseiller demandant de «décrocher les tableaux rouges».Un mois plus tard, un document préparé mais jamais rendu public par le ministère faisait état de leur volonté de vendre les peintures.«Selon la politique du ministère sur les oeuvres d\u2019art, les tableaux ont été évalués et jugés de valeur trop élevée pour qu\u2019ils soient gardés par le programme d\u2019arts visuels du ministère, peut-on lire dans le document.Ils se trouvent actuellement dans l\u2019entrepôt du ministère réservé aux oeuvres d\u2019art, où ils sont gardés en attendant qu\u2019un musée canadien ou une lèbreç peintres québécois, avec Paul-Emile Borduas et Jean-Paul Riopelle.Plusieurs espaces publics et circonscriptions fédérales ont été nommés en son honnem, alors que Pellan ne partageait pas les opinions souverainistes de ses deux contemporains.Cette décision de retirer les Pellan a outragé des Québécois, qui ont écrit au ministre Baird.«Le gouvernement du Canada n\u2019a aucunement l\u2019intention de vendre ces peintures», s\u2019est contenté de répondre la semaine dernière Joseph Lavoie, porte-parole du ministre.La Presse eanadienne Ottawa veut insuffler un peu de guerre 1812 à la Fête du Canada DEAN BEEBY Ottawa \u2014 Le gouvernement canadien a engagé un expert du milieu théâtral pom ajouter un zeste de guerre aux prochaines célébrations entourant la Pête du Canada.Le producteur torontois Paul Shaw aidera à établir une programmation axée sm la guerre de 1812.Les célébrations comprendront aussi les habituelles prestations de chanteurs populaires et de danseurs.Comme à l\u2019accoutumée, des feux d\u2019artifice illumineront aussi la capitale du pays.«Je m\u2019occupe tout le temps d\u2019événements spéciaux, alors on m\u2019a demandé de faire ça», a-t-il affirmé en entrevue.M.Shaw a reconnu qu\u2019il serait difficile de lier autant d\u2019éléments contemporains avec des motifs historiques.Le gouvernement conservatem, qui cherche à faire la promotion de la culture et de l\u2019héritage militaires du Canada, a prévu un budget et des ressomees tout au long de l\u2019année afin de souligner le bicentenaire de la guerre de 1812 en Amérique du Nord.La guerre de 1812 est peu connue à l\u2019extérieur des milieux universitaires.Mettant aux prises la Grande-\tQuébec Bretagne et la jeune répu-\t\u2019 blique américaine, le conflit cette guerre s\u2019est terminé sans faire de réels vainqueurs, mais cer-\tsurtout tains historiens le considèrent comme un événement fonda- connue en mental dans la formation de la raison de la nation canadienne.Au Québec, cette guerre bataille de est surtout connue en raison \u201e de la bataille de Châteauguay, Chateauguay au cours de laquelle le lieutenant-colonel Charles de Salaberry, à la tête de miliciens canadiens-français, repoussa une force d\u2019invasion américaine.Le ministère du Patrimoine canadien a l\u2019habitude d\u2019exploiter des thèmes patriotiques lors du spectacle de midi sur la Colline du Parlement, le P\u2019 juillet, donnant à la Commission de la capitale nationale (CCN) toute la liberté voulue pour organiser le spectacle du soir avec des chanteurs et des feux d\u2019artifice.Toutefois, un récent document de la CCN indique que le thème de la guerre apparaîtra dans les deux spectacles cette année.«Les événements sur la Colline du Parlement présentent aussi une occasion-clé pour le gouvernement fédéral de susciter de l\u2019enthousiasme et de l\u2019excitation autour d\u2019autres événements importants», est-il écrit dans ce document.«En 2012, le gouvernement du Canada commémore la guerre de 1812, et ce thème doit être incorporé dans les spectacles du midi et du soir», peut-on aussi lire.La CCN a un budget de 3,7 millions pour les festivités du 1\" juillet cette année.La valeur du contrat de M.Shaw n\u2019a pas été révélée.La Presse eanadienne La justice rwandaise exige la déportation de Léon Mugesera Une nouvelle requête visant à suspendre l\u2019expulsion du Canada de l\u2019ancien politicien rwandais Léon Mugesera sera entendue aujourd\u2019hui en Cour fédérale.En 2005, la Cour suprême du Canada avait donné son feu vert au renvoi de l\u2019homme soupçonné d\u2019incitation au génocide, mais le gouvernement fédéral avait mis en veilleuse cette décision, puisque M.Mugesera risquait la peine de mort au Rwanda.Qr le Rwanda a aboli la peine capitale depuis, et Qttawa a statué que sa vie n\u2019est plus en danger.L\u2019avocate de Léon Mugesera, M® Johanne Doyon, compte réclamer une révision judiciaire à la Cour fédérale, mais elle a entre-temps déposé une requête pom suspendre l\u2019expulsion prévue jeudi.Le parquet général du Rwanda a appelé le Canada à ne pas suspendre l\u2019extradition de Léon Mugesera, accusé d\u2019incitation au génocide des Tutsis en 1994, lors d\u2019un célèbre discours, prononcé en novembre 1992, où il amait appelé les Hutus à renvoyer les Tutsis «chez eux en Ethiopie», en les faisant passer par la rivière Nyabaron-go, dans laquelle des Tutsis furent jetés vifs ou morts deux ans plus tard.«Nous avons convaincu la communauté internationale que nous conduisons des procès équitables», a soutenu le proemem général du Rwanda, Martin Ngoga, faisait allusion au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qui a confirmé en décembre que le système judiciaire rwandais était en mesure de garantir un procès équitable.«On ne s\u2019attend pas à ce que les tribunaux nationaux au Canada prennent une décision différente.Parmi les choses que nous devons savoir lorsqu\u2019il s\u2019agit de fugitijs, c\u2019est que chaque jour de retard joue en leur faveur et contre les victimes», a-t-il expliqué.Selon lui, M.Mugesera, qui vit au Québec depuis 20 ans, «a entrepris une campagne médiatique ainsi que la mobilisation d\u2019éléments politiques pour éviter une fois de plus la déportation».«Cette affaire se trouve sur nos tables depuis trop longtemps.Il est temps de la porter à une autre étape», a-t-il ajouté.D\u2019après La Presse eanadienne et l\u2019Agenee Franee-Presse A 4 LE DEVOIR LE LUNDI 9 JANVIER 2012 ACTUALITES L\u2019intelligence artificielle au service de l\u2019archéologie ALEXANDRE MOTULSKY-EALARDEAU L> intelligence artificielle, qui ' en était encore récemment à ses balbutiements, se met maintenant au service de la science.Des archéologues américains y ont eu recours cette année pour identifier, dans le confort de leurs laboratoires, des sites de fouille.sur le terrain.Une tendance qui gagne en popularité?Publiée récemment dans la revue Nature, cette étude explique comment des chercheurs ont réussi à déterminer des sites de fouilles archéologiques à l\u2019aide d\u2019images satellitaires et de réseaux informatiques «neuronaux», im modèle de calcul utilisé en intelligence artificielle (IA).L\u2019IA est souvent définie comme un système informatique mimant les capacités du cerveau humain.Si l\u2019intégration de cette technologie en recherche scientifique n\u2019a pas toujours été couronnée de succès, une nouvelle approche, appelée «réseau neuronal» et inspirée du fonctionnement des neurones humains, s\u2019avère toutefois prometteuse.Elle permet en effet de traiter de grandes quantités de données à l\u2019aide d\u2019ordinateurs de plus en plus puissants et siu-tout de faire ressortir de ces amas de données des patrons cohérents.Utilisé en recherche archéologique, l\u2019ordinateiu- identifie des sites susceptibles d\u2019abriter des fossiles à partir des données qui lui ont été fournies préalable- ment.Et il se comporte à la manière de neurones biologiques, c\u2019est-à-dire en utilisant l\u2019information apprise dans le passé pour en créer une nouvelle.Selon Christian Gagné, pro-fessem au Département d\u2019informatique et de génie logiciel de l\u2019Université Laval, cette étude américaine est la première à utiliser cette approche pom les besoins de l\u2019archéolo^e.Et, compte tenu des quantités toujours plus grandes de données à traiter, et ce, dans de nombreuses spécialisations scientifiques, le «réseau neiu-onal» est sans doute promis à un bel avenir.Histoire d\u2019intelligence! L\u2019IA a fait son apparition en même temps que l\u2019informatique, dans les années 1950.Mais c\u2019est à partir des années 1990-2000 «qu\u2019on a vu naître les approches basées plus spécifiquement sur le traitement des données», rappelle le chercheur en informatique.Une progression qui s\u2019est faite en parallèle avec l\u2019amélioration de la capacité de traitement du matériel informatique.Et, en raison de la quantité toujoiu-s plus grande d\u2019informations à traiter et de la difficulté des humains à donner un sens à ces grandes quantités de données, des experts ont décidé de déléguer le fastidieux travail à des ordinateurs.Et certains scientifiques, comme ces archéologues, peuvent maintenant dire: «Mission accomplie!» Agence Science-Presse E N BREF Fusillade de Tucson: Gabrielle Giffords fait des progrès Tucson \u2014 Il y a un an, le 8 janvier 2011, une fusillade à Tucson (Arizona) a fait six morts et 13 blessés, dont la Représentante démocrate de l\u2019État à la Chambre des représentants, Gabrielle Giffords.Le tireur, Jared Loughner, avait ouvert le feu près d\u2019un centre commercial, où Mme Giffords tenait une assemblée citoyenne.Grièvement blessée à la tête, la femme de 41 ans s\u2019en est sortie avec de graves séquelles, qui ont nécessité plusieurs opérations et une longue rééducation qui se poursuit aujourd\u2019hui.Pour commémorer le drame, quelque 1000 personnes se sont réunies pour prendre part à une vigile à la chandelle, hier soir à l\u2019Université de l\u2019Arizona, et ont servi une chaleureuse ovation à Mme Giffords lorsqu\u2019elle est sortie de l\u2019arrière-scène et montée sur la scène.Le 1\" août dernier, Mme Giffords avait également été acclamée lorsqu\u2019elle était retoiu-née à la Chambre des représentants.Malgré ses problèmes physiques et d\u2019élocution, Gabrielle Giffords entend poursuivre sa carrière politique.Son époux, l\u2019astronaute Mark Kelly, qui devait s\u2019adresser à la foule hier soir, a expliqué qu\u2019elle a fait des progrès remarquables grâce à son com^ge, devenu symbolique aux États-Unis.- La Presse canadienne MOTS CROISÉS 1\t23456789 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 HORIZONTALEMENT 1.\tBruit sec.2.\tQui n'a plus faim -Fromage du Calvados.3.\tConsidérer - Pouffer.4.\tPersonne bavarde -Niveler.5.\tDe même - Animal fabuleux.6.\tAcharné - Ver marin.7.\tSe promènent sans but - Du verbe naître.8.\tAvant nous - Anneaux de cordage.9.\tEt le reste - Résine d'odeur fétide - Art de tromper.10.\tTubes fluorescents -Converser.11.\tExplosif puissant -Ensemble des soins de propreté du corps.12.\tSpécialité nippone -Lancées.VERTICALEMENT 1.\tSuccessions de bruits secs.2.\tDemeurer - Gardé.N N EjEjDl!] pi 13 pi pi 13 UN CARGO SE BRISE 3.\tPropre (à) - Pull-overs.4.\tDésigne une personne -\tAffaire d'honneur.5.\tAttire les vacanciers -Blanc mousseux.6.\tRaffinées.7.\tApparence trompeuse -\tPause.8.\tÉlectronvolt - Primate de l'Inde - Cassius Clay.9.\tNaseau - Vadrouiller.10.\tClassements - Injure.11.\tNymphe des montagnes - Ville de France.12.\tExtraire - Attendus.1 23456789 101112 LOC / MARITIME NEW ZEALAND / AEP UN PORTE-CONTENEURS échoué depuis trois mois au large des côtes néo-zélandaises s\u2019est brisé en deux sous l\u2019effet de la tempête, dans la nuit de samedi à hier, faisant craindre une nouvelle marée noire.Le Rena, qui bat pavillon libérien, s\u2019est échoué le 5 octobre sur un récif situé à 22 km au large de Tauranga, sur la côte est de l\u2019île du Nord du pays, déversant quelque 300 tonnes de carburant et des centaines de ses conteneurs dans la mer.Les deux morceaux du Rena se trouvent toujours sur le récif de l\u2019Astrolabe, où la poupe est désormais séparée de 30 mètres de la proue.Le commandant du Rena et son second, tous deux d\u2019origine philippine, ont été inculpés pour conduite dangereuse et déversement de substances toxiques et doivent comparaître de nouveau devant la justice en février.- Reuters Les 70 ans du physicien Stephen Hawking PAULINE GRAVEL \\ A l\u2019Université de Cambridge en Angleterre, on célébrait hier en ^ande pompe le 70® anniversaire du physicien Stephen Hawking, reconnu pour son génie et sa survie inexpliquée à une maladie dégénérative mortelle.En 1963, alors qu\u2019il n\u2019est âgé que de 21 ans, les médecins découvrent qu\u2019il souffre d\u2019ime sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou maladie de Lou Gehrig, qui se caractérise par la dégénérescence des neiuones mo-teius qui actionnent les muscles.On lui annonce qu\u2019il n\u2019a que quelques mois à vivre, voire quelques années tout au plus.On estime en effet que seulement 5 % des personnes atteintes de cette forme de dystrophie musculaire incurable survivent plus d\u2019une décennie après que la maladie a été diagnostiquée.Le fait que Stephen Hawking est toujours vivant près de 50 ans plus tard demeure une énigme poiu le corps médical.Siu ce, le physicien, qui est toujours actif intellectuellemenL a déclaré à la BBC: «J\u2019ai été chanceux que ma maladie ait progressé plus lente- ment qu\u2019elle ne le fait habituellement.Cela montre qu\u2019on ne doit jamais perdre espoir».L\u2019annonce de sa maladie ne l\u2019empêche tout de même pas d\u2019épouser en 1965 Jane Wiîds, une jeune étudiante qu\u2019il avait rencontrée au moment où on lui avait diagnostiqué sa maladie, avec laquelle il a eu trois enfants.«Ce mariage a changé ma vie.Il m\u2019a donné un but dans la vie», a-t-il confié à la BBC.En effet.Hawking termine alors son doctorat et amorce sa carrière de chercheiu, même si les symptômes de sa ipaladie continuent de s\u2019aggraver.À partir de 1974, son état se dégrade au point où il ne peut plus s\u2019alimenter seul et sortir du Ht.Il se voit désormais confiné à un fauteuil roulant.En 1985, il souffre d\u2019une grave pneumonie qui obHge les médecins à pratiquer une trachéotomie, c\u2019est-à-dire une ouverture dans la trachée afin de permettre ime ventilation mécanique.L\u2019intervention lui permet de siumonter l\u2019infection, mais elle déforme complètement sa voix qui devient à peine compréhensible.Pour l\u2019aider à communiquer, des informaticiens lui préparent G\tE\tN\tS\t E\tT\tT\tE\t \tE\tE\tL\t SOLUTION DU DERNIER Sept-lles 12/-1 Baie-Comeau -11/-1 Saguenay Quebec Val d\u2019Or -1/-8 Trois-Rivieres rbrooke 1-6 Lever (ju soleil: 7h34 Coucher 6u soleil: 16h30 *1- -> Gatineau Montreal \t^^Jii.\t\t ^\t\t\t\t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t\t©MétéoMédia 2012\t\t Canada\tAuj.\t\tDemain\t\tLe Monde\tAuj\t\tDemain\t Edmonton\tMel\t4/-14\tNei\t-5/-19\tLondres\tVar\t10/7\tSol\t11/7 Moncton\tSol\t-7/-11\tNei\t1/-11\tLos Angeles\tSol\t20/10\tVar\t18/9 Saint-Jean\tSol\t-5/-7\tNei\t3/-9\tMexico\tSol\t20/5\tSol\t20/4 Toronto\tSol\t3/0\tSol\t5/1\tNew York\tSol\t7/2\tSol\t10/2 Vancouver\tPlu\t9/0\tSol\t5/-1\tParis\tSol\t10/5\tSol\t11/8 Winnipeg\tSol\t5/-3\tMel\t2/-16\tTokyo\tSol\t9/5\tSol\t9/5 Montréal Aujourd-bl^ Quelque^fc^ cons, pdp 40%.Québec Aujourd-bWk -9 Quelques flo- ^ cons, pdp 40%.Gatineau Aujourd-h^ -1 Ciel varl Ce Quelque^K*^ cons, pdp 40%.' Ce soir^ -12 M Faible neif pdp 40%.Ce soir a Quelques ffo-\u2019 cons, pdp 40%.Demain 1/-4 Quelques fIo-\u201c cons, pdp 40%.Demain -1/-12 Quelques fie»™ cons, pdp 40%.Demain 0/-3 Ciel vaitoe^ Mercredi, 1/-4 I Quelques cons, pdp 40%.MercreçNjj -6/-7 Faible ne^ pdp 80%.Mercredi, 0/-3 Nuaged percées de soleil.Jeudi 1/-10 çTa?Grésil, pîp * 60%.Jeudi -1/-14 Quelques fcr™ cons, pdp 60%.Jeudi 0/-13 Grésil, 60%.Soyez au courant du temps qu'il fera dans 14 jours.Consultez La tendance 14 jours.a Météo Média un logiciel lui permettant de sélectionner des mots sur un écran d\u2019ordinateur à l\u2019aide d\u2019un bouton inséré dans sa main.Le tout est retié à un s^thétiseur vocal qui Ht ce qu\u2019il a inscrit à l\u2019ordHiateur.Actuellement, Stephen Haw-kmg utiHse un dispositif optique qui interprète les petits mouvements qu\u2019il effectue avec les muscles de ses joues pour poHi-ter sur l\u2019écran d\u2019un ordinateur les mots qu\u2019il désire.L\u2019ordHiateur les répète au fur et à mesure grâce à im sjmthé-tiseur vocal.On dit que Stephen Hawkmg arrive à sélectionner un mot à la minute avec ce système.Il lui reproche seulement de lui donner «un accent américain»] Malgré ces grands handicaps, Stephen Hawking a poursuivi des recherches de haute voltige en cosmologie à l\u2019Université de Cambridge.Il est aujourd\u2019hui considéré comme l\u2019un des plus briUants théoriciens de la physique depuis EHisteHi.Il a notamment démontré que, en vertu de la théorie de la relativité générale d\u2019EHisteHi, l\u2019espace et le temps ont eu un commence-menti le Big Bang, et ont ime fin, les trous noirs.Il a proposé l\u2019hypothèse d\u2019un univers sans bor^ qui n\u2019aurait pas de frontière.À ses yeux, il s\u2019agit de la seule manière d\u2019entrevoir le commence- «II est à peu près certain qu\u2019une catastrophe détruira la Terre d\u2019ici mille ans» ment de l\u2019univers d\u2019ime manière totalement détermmée, sans l\u2019intervention d\u2019un créateur.Hier, il n\u2019a malheureusement pas pu être présent à la cérémonie organisée en son honneur, en raison d\u2019un problème de santé.Mais il avait enregistré sa conférence et les réponses aux questions que des auditeurs de la BBC lui avaient formulées.Entre autres, il a insisté sur l\u2019importance de poursuivre l\u2019exploration de l\u2019espace afin d\u2019assurer la survie de l\u2019humanité.«Il est fort possible que nous assistions à l\u2019extinction de l\u2019espèce humaine, car il est à peu près certain qu\u2019une catastrophe, telle un accident nucléaire ou le réchauffement climatique, détruira la Terre d\u2019ici mille ans.Il est donc essentiel de coloniser l\u2019espace.Je crois que nous établirons d\u2019abord des colonies autonomes sur Mars et d\u2019autres astres du système solaire, bien que cela ne se fera pas nécessairement au cours des 100 prochaines années.Je suis même confiant que les progrès de la science et de la technologie permettront un jour aux humains de se disperser au-delà du système solaire, voire jusqu\u2019aux confins de l\u2019Univers», a-t-U déclaré.Le Devoir AUTOMOBILE Fiat se donne au moins quatre ans pour fusionner avec Chrysier Washington \u2014 Le directeur général du groupe automobile italien Liât, Sergio Marchionne, a affirmé hier qu\u2019U prévoyait encore au moHis quatre ans pour réussir la fusion avec le constructeur amé-ricafri Chrysler et ensuite quitter ses fonctions.«Il faudra attendre après 2015 pour que le dirigeant italien, franc et gros fumeur, atteigne ses objectifs de fusionner entièrement Fiat et Chrysler, de réussir une introduction en Bourse et de lancer son successeur», a écrit le quotidien Detroit Free Press, rapportant les propos de M.Marchionne au style Hidirect.Concernant sa succession, «rien ne va se passer jusqu\u2019à après 2015», a-t-U affirmé.Mais d\u2019après le journal, qui ne cite pas ses sources, la fusion pourrait avoir Heu en 2013.Liât a pris les commandes opérationnelles de Chrysler en juin 2009, à la fin du redressement judiciafre du troi- sième contructeur américain.En juin 2011, il a dépassé les 50 % du capital et en contrôle aujourd\u2019hui 58,5 %.Les deux groupes fonctionnent encore Hidépendamment, même s\u2019Us partagent un même directeur général.La famille Agnelli, fondatrice de Liât et qui reste le premier actionnafre avec 30,4 % du capital, soutient l\u2019idée de la fusion.Le sujet est sensible en Italie, où Liât est accusé par certains syndicats de délaisser la pénHi-sule pour les États-Unis.Le Detroit Free Press a rapporté que M.Marchionne prédisait une année difficile pour Chrysler en 2012, avec un seul nouveau modèle d\u2019importance, une berline Compact de Dodge, la Dart, qui doit être présentée au Salon de l\u2019automobUe de Detroit aujourd\u2019hui.En revanche, en 2013, Chrysler prévoit huit nouveaux modèles.Agence France-Presse LE DEVOIR LE LUNDI 9 JANVIER 2012 A 5 ECONOMIE PERSPECTIVES Résolutions pour la nouvelle année L\u2019année qui commence s\u2019annonce difficile sur le front économique.Ce contexte se prêtera à tous les raccourcis intellectuels et autres chasses aux boucs émissaires.Mais les problèmes en cause sont tellement nombreux, tellement sérieux et tellement complexes qu\u2019on devrait se promettre d\u2019essayer de ne pas se laisser entraîner sur ces fausses pistes.on, d\u2019accord, l\u2019expert en question n\u2019est pas spécialement reconnu pour son optimisme, au point où il a même été surnommé «Docteur catastrophe», mais Nouriel Rou-bini a quand même été l\u2019un des rares à prédire la crise financière de 2008.Les prédictions que l\u2019économiste de l\u2019Université de New York faisait le mois dernier pour l\u2019année qui commence n\u2019étaient, de toute manière, pas tellement différentes de celles J de la majorité de ses confrères./ I «Les perspectives pour l\u2019écono-,\tmie globale en 2012 sont clai- Eric\tres, mais elles ne sont pas gaies, Desrosiers écrivait-il dans un article destiné aux journaux.Récession en Europe, croissance anémique au mieux aux Etats-Unis, un ralentissement ponctuel en Chine et dans la plupart des économies émergentes, [.] Pour paraphraser Bette Davis dans le film Eve.' \u201cAttachez vos ceintures, ça va secouer\u201d.» Le célèbre rabat-joie n\u2019a rien dit sur le Canada, sinon que les pays exportateurs de matières premières allaient aussi trinquer à cause de la baisse de la demande mondiale.L\u2019économiste de la Banque de Montréal, Sherry Cooper, a ajouté, vendredi, qu\u2019une faible productivité et la force du dollar canadien allaient aussi plomber les exportations de nos manufacturiers au moment même où ils sont de plus en plus exposés à la concurrence des produits bon marché, provenant non pas de la Chine, mais des usines «dégraissées» et antisyndicales américaines.Si on ajoute à cela le vrai début des politiques d\u2019austérité des gouvernements et le retour sur terre des ménages surendettés, on peut s\u2019attendre à ce que le Canada soit secoué aussi.Cette situation ne devrait pas tellement nous surprendre.On savait dès le début qu\u2019il est toujours beaucoup plus long de se remettre d\u2019une crise financière que de toute autre crise économique.Ces périodes de morosité prolongée ont toutefois l\u2019art de mettre les nerfs à rude épreuve et de ne pas toujours faire ressortir le meilleur de nous-mêmes.L\u2019Histoire a montré que c\u2019est souvent dans ces occasions qu\u2019on accuse les plus faibles et les plus vulnérables de leurs propres malheurs et même de celui des autres.Il est alors question d\u2019assistés sociaux qui abuseraient du système, d\u2019immigrants qui seraient trop nombreux ou, à une autre échelle, de pays entiers qui ne seraient que des ramassis de paresseux et de fraudeurs.Ce ne sont pas les seuls raccourcis intellectuels dans lesquels on peut tomber.Le magistral échec du modèle du tout-au-marché en 2008 a incité certains à verser dans une forme d\u2019anticapitalisme primaire qu\u2019on n\u2019avait pas entendu depuis des lusfres.Notre lenteur à trouver des modèles alternatifs, la tendance des gouvernements aux abois à revenir aux anciennes recettes et le retour d\u2019une attitude suffisante et impénitente des grands capitalistes responsables de la crise n\u2019aident en rien à l\u2019affaire.Mais qu\u2019on accuse les riches, les pauvres, les politiciens incompétents, les membres d\u2019un obscur complot, les Chinois ou n\u2019importe qui d\u2019autre à part soi-même, c\u2019est toujours le règne des préjugés, des explications toutes faites et des solutions faciles.Oser Il faut dire que, de l\u2019endettement des gouvernements à la financiarisation de l\u2019économie, en passant par l\u2019augmentation des inégalités, les changements technologiques, la mondialisation, le vieillissement de la population ou encore les changements climatiques, les problèmes auxquels nous sommes confrontés sont tout aussi sérieux qu\u2019horriblement complexes.Il est tentant \u2014 et sans doute rassurant \u2014 de penser pouvoir y apporter des réponses simples et déjà prêtes.Remarquez, beaucoup de grands experts étaient tombés dans le même piège à la veille de la Grande Récession.On voudrait que les experts, les élus, les chefs d\u2019entreprise, ainsi que nous tous, simples citoyens, arrivions à faire mieux les prochains mois et les prochaines années.Que nous osions au moins envisager plus d\u2019une piste de solution.Que nous acceptions d\u2019en débattre ouvertement et intelligemment sans nous sauver à toutes jambes dès que l\u2019une d\u2019elles semble un peu trop compliquée ou inhabituelle.Dani Rodrik, professeur d\u2019économie politique à l\u2019Université Harvard, a par exemple remis en cause, le mois dernier, la nécessité de poursuivre un ipodèle unique sur la scène internationale.Les Etats-Unis, l\u2019Europe et le Japon avaient jusqu\u2019à tout récemment des règles financières, des normes du travail et des programmes sociaux très différents, sans que cela les empêche de cohabiter et d\u2019atteindre des niveaux de développement comparables, a-t-il plaidé.Les fameux pays Scandinaves offrent un autre exemple intéressant.Ils n\u2019ont pas hésité à remodeler en profondeur leurs social-démocraties quand elles ont rencontré des difficultés, et ils n\u2019y ont pas perdu leur âme pour autant.Qn avait collectivement convenu des principes et objectifs qu\u2019on voulait maintenir, puis on n\u2019a pas eu peur d\u2019adopter de nouveaux moyens pour atteindre les mêmes buts.Souhaitons-nous la même disposition d\u2019esprit Lettre d\u2019Asie Quand l\u2019Inde doute d\u2019elle-même Chute de la roupie, inflation élevée, taux d\u2019intérêt prohibitifs, l\u2019année 2012 s\u2019annonce bien sombre FREDERIC BOBIN Le chiffre ferait rêver l\u2019Qc-cident en crise.Mais en Inde, il effraie autant qu\u2019un cauchemar.Le taux de croissance devrait se tasser cette année à 6 % «dans le pire des cas», prévoient la plupart des experts.Einie l\u2019euphorie des 9 % ! Voilà le géant émergent d\u2019Asie condamné à expier l\u2019ivresse des hauteurs à laquelle il s\u2019était accoutumé.«Au bord de l\u2019abîme», vient de titrer l\u2019hebdomadaire India Today dans un dossier de début d\u2019année consacré au ralentissement indien.Un «abîme» 6 %, beaucoup d\u2019Européens et d\u2019Américains achèteraient volontiers pareil purgatoire.Mais l\u2019Inde au milliard cent millions d\u2019habitants, encore frappée de pauvreté massive, a bien sûr d\u2019autres exigences si elle veut maintenir un équilibre social précaire.Les Indiens broient donc du noir.Le poison du doute s\u2019instille dans des esprits jusque-là abonnés à l\u2019optimisme.La success story indienne «a déraillé», s\u2019afflige le pessimiste India Today, qui anticipe un enchaînement d\u2019horreurs pour 2012 : érosion de la roupie, gonflement des déficits budgétaires et commerciaux, inflation élevée, taux d\u2019intérêt prohibitifs, chute des investissements.India Inc., ainsi que l\u2019on nomme la classe des entrepreneurs du type Tata ou Mittal, n\u2019a-t-elle pas déjà voté avec ses pieds ?Il est sorti de l\u2019Inde en 2011 plus de capital qu\u2019il n\u2019en est rentré.La faute à qui ?«A la paralysie du gouvernement», dénonce l\u2019hebdomadaire proche des milieux d\u2019affaires et intraitable avec le Parti du Congés au pouvoir à New Delhi, formation de centre gauche qui n\u2019en finit pas d\u2019hésiter entre réformes économiques et préoccupations sociales.À chacun son doute.Si India Inc.et India Today doutent du réformisme du gouvernement, bien des groupes sociaux à travers le pays doutent tout simplement du bien-fondé de ce réformisme-là.Et l\u2019on comprend mieux alors l\u2019attentisme du pouvoir, assiégé par la marée montante de résistances qui sonnent comme un écho à l\u2019internationale des indignés et autres occupiers (occupants).La rue a grondé en Inde ainsi qu\u2019à Athènes, Madrid et ailleurs, relèvent tous les magazines indiens sacrifiant au rituel des bilans de fin d\u2019année.Révoltes locales À la différence près que, vu les caractéristiques locales, cette rue indienne ressemble plus à des sentiers ou des pistes qu\u2019à des boulevards.Tribus des forêts du centre % St' INDRANIL MUKHERJEE AGENCE ERANCE-PRESSE Des supporters de l\u2019activitiste indien Anna Hazare se manifestent iors d\u2019une fête à Mumba't, ie 27 décembre dernier.Conservateur puritain, Anna Hazare a gaivanisé ies fouies iors de ses grèves de ia faim menées contre ia corruption gaiopante qui gangrène ie système poiitique indien.s\u2019insurgeant contre les dépossessions foncières \u2014 jusqu\u2019à soutenir une rébellion armée maoïste \u2014 villageois du Tamil Nadu ou du Maharashtra dressés contre des projets de centrales nucléaires russes ou françaises, ouvriers de l\u2019automobile Dans ce fond de l\u2019air électrique, même la bourgeoise urbaine a regimbé.Là est l\u2019autre fait majeur de l\u2019année écoulée.La classe moyenne des villes, qui cultivait jusqu\u2019alors un dédain ostentatoire pour la chose publique, est sortie de sa réserve.Son Même la bourgeoise urbaine a regimbé.Là est l\u2019autre fait majeur de l\u2019année écoulée.La classe moyenne des villes, qui cultivait jusqu\u2019alors un dédain ostentatoire pour la chose publique, est sortie de sa réserve.en grève dans l\u2019Haryana.La liste est longue des révoltes locales interrogeant de facto la voie empruntée par la success story indienne.Cette effervescence ramène en fait à une évidence lourde trop souvent occultée par la célébration glamour de la «shining India» (l\u2019Inde brillante).«Il existe une forte inclination à l\u2019anticapitalisme dans la culture politique indienne», rappelle dans l\u2019hebdomadaire Outlook Pranab Bardhan, professeur d\u2019économie à l\u2019Université de Berkeley, en Californie.Le «populisme du small is beautiful» perpétué par l\u2019héritage de Gandhi n\u2019y est pas étranger, précise l\u2019universitaire.mot d\u2019ordre : «Halte à la corruption]» Son héros : Anna Hazare, un ancien chauffeur de l\u2019armée devenu une sorte de pèlerin de la cause gandhienne.India Today l\u2019a plébiscité «homme de l\u2019année 2011» pour son «audace de guerrier moral».Conservateur puritain, Anna Hazare, 74 ans, a galvanisé les foules lors de ses grèves de la faim menées contre la corruption galopante qui gangrène le système politique indien.Depuis l\u2019automne 2010, le public indien assistait ébahi, incrédule, écœuré, à la révélation d\u2019une série de scandales de haut vol impliquant des proches du Parti du Congrès.La colère n\u2019a pas tardé à exploser.La silhouette patriarcale et têtue d\u2019Anna Hazare, coiffé du traditionnel topi (calot) blanc, a donné un visage à cette fureur de l\u2019opinion.relayée par des télévisions commerciales très agressives.Ses jeûnes publics tenaient autant de la méditation d\u2019ashram que du show médiatique.Il n\u2019est pas sûr que les jeunes gens éduqués qui l\u2019ont aidé à structurer son mouvement partagent son intégrisme vertueux.N\u2019a-t-il pas appelé à flageller les alcooliques ?Qu\u2019importe, Anna Hazare a fait trembler le Parti du Congrès.Ce fut le séisme politique de l\u2019année.La démocratie élitiste à l\u2019indienne, où le pouvoir a toujours été l\u2019affaire d\u2019un club fermé, est sous pression.D\u2019Anna Hazare aux paysans en révolte, c\u2019est finalement une même faille qui s\u2019ouvre.«Deux plaques tectoniques entrent en collision», résume dans Outlook Pratap Bhanu Mehta, président du think tank Centre for Policy Research.La première est celle de «pratiques d\u2019Etat» datant de l\u2019âge bureaucratique précédant les réformes économiques de 1991.La seconde est celle de la «nouvelle dynamique des aspirations» de la société.Avec 6 % seulement de croissance, le choc menace d\u2019être plus rude encore.Entre «abîme» et «plaques tectoniques», il faut se faire géologue pour décoder la nouvelle Inde du doute.Le Monde La zone euro cherche à lever les ambiguïtés ayant présidé à sa création PHILIPPE RICARD Voilà donc dk ans que l\u2019euro a remplacé les devises nationales dans les porte-monnaie des citoyens européens.Cet anniversaire coïncide avec une crise sans précédent de l\u2019union monétaire.Une tempête qui n\u2019a pas cessé de gonfler depuis le naufrage, en 2010, de la Grèce, admise dans la zone euro après avoir trafiqué ses comptes.Çt qui s\u2019est amplifiée avec le surendettement des Etats, fragilisés par la crise financière, mais aussi avec l\u2019incapacité collective à endiguer l\u2019onde de choc.Gouvernance embryonnaire, manque de leadership, dissensions entre capitales, batailles institutionnelles.l\u2019union monétaire a perdu une bonne partie de sa crédibilité en étalant ses faiblesses.Au point que les plus pessimistes doutent des chances de survie de la monnaie unique.Les dk-sept pays membres ont certes entrepris, cahin-caha, de rebâtir leur maison commune.Mais ce chantier revient souvent à lever les ambiguïtés qui ont présidé à la conception de l\u2019euro, sous l\u2019égide de Erançois Mitterrand et d\u2019Helmut Kohl.Le renflouement des États en difficulté C\u2019est l\u2019un des principaux acquis de la,crise.Désormais, il est possible de renflouer un Etat en détresse financière, alors que les traités interdisaient cette perspective.Cette rupture a d\u2019ailleurs suscité, et suscite toujours, de fortes tensions politiques dans les pays du nord de la zone euro, les plus vertueux (Allemagne, Pays-Bas, Einlande), sur fond de montée des forces eurosceptiques.La Grèce, puis l\u2019Irlande et finalement le Portugal ont ainsi pu être placés sous assistance financière, avec le soutien du Ponds monétaire inter- national (EMI), en échange de la mise en œuvre de plans d\u2019assainissement drastiques.Cependant, la force de frappe des fonds de secours mis en place dans l\u2019urgence risque de ne pas suffire pour stabiliser des pays comme l\u2019Italie ou l\u2019Espagne en cas de nécessité en 2012.Qr les capitales se déchirent sur la meilleure façon de rehausser les «pare-feu».Et elles ne se sont toujours pas accordées sur la possibilité de procéder à une mutualisation des dettes.Le renforcement de la discipline budgétaire s\u2019est imposé comme une contrepartie aux efforts inédits de solidarité acceptés par les pays les plus solides.La chancelière allemande, Angela Merkel, a par exemple posé comme condition d\u2019avoir les moyens de peser sur les chok budgétaires avant de voler au secours de la Grèce.Durcissement Dans la foulée du premier plan d\u2019aide, en 2010, le Pacte de stabilité et de croissance a été durci.En décembre 2011, les dk-sept Etats de la zone euro \u2014 et neuf pays qui n\u2019y sont pas encore \u2014 ont, surtout, mis sur les rails un nouveau traité censé muscler leur pacte budgétaire.Seul le Royaume-Uni a refusé de s\u2019engager dans cette voie.L\u2019accent mis sur les politiques de rigueur risque néanmoins d\u2019affaiblir encore im peu plus les économies les plus fragiles de la zone euro, au point d\u2019amplifier les divergences économiques au sein de l\u2019union monétaire.Qr, sans investissements ni créations d\u2019emplois, rien ne sera réglé à terme.Le rôle de la Banque centrale européenne (BCE) \u2014 son action est cruciale dans la gestion de la crise et la stabilisation du secteur bancaire \u2014 a fait preuve d\u2019un certain pragmatisme pour pallier l\u2019inertie des politiques, au risque, selon les plus orthodoxes, d\u2019outrepasser son mandat.Mais l\u2019extension de la crise a aussi incité certains pays, dont la Erance, à accroître leurs pressions pour transformer la BCE en prêteur en dernier ressort des Etats, sur le modèle de la Eed, son homologue américaine.L\u2019Allemagne s\u2019oppose à une telle approche, brapdissant les traités qui interdisent de renflouer un Etat en faisant marcher la planche à billets.Le sujet est donc prudemment laissé de côté dans les discussions sur le futur traité à vingt-sk.Mise en place d\u2019im gouvernement économique L\u2019Allemagne, qui refusait depuis le lancement de l\u2019union monétaire de renforcer son volet politique dans le but de «protéger» la BCE, s\u2019est finalement rangée au souhait exprimé de longue date par la Erance.Les avis divergent cependant sur le pilotage de ce gouvernement économique et sur les modalités de son contrôle démocratique.Nicolas Sarkozy veut placer l\u2019ensemble sous l\u2019autorité des sommets de la zone euro; des pays, comme l\u2019Italie, la Belgique ou la Pologne, souhaitent renforcer le rôle des institutions bruxelloises.Jean-Claude Trichet, l\u2019ex-président de la BCE, avait proposé la création d\u2019une fonction de ministre des Einances européen, chargé de superviser les politiques budgétaires et économiques des Etats.Toutes ces pistes nécessiteraient des transferts de souveraineté plus importants.Un chok politique ultrasensible, au moment où les opinions publiques voient la consfruction européenne d\u2019un œil critique.Le Monde A 6 LE DEVOIR LE LUNDI 9 JANVIER 2012 EDITORIAL Éducation Le savoir-faire L\u2019agitation qui reprend cette semaine dans les écoles, cégeps et universités a tout d\u2019un ronron rassurant.Cette fébrilité soulage de l\u2019impression contraire selon laquelle on pratique le sur-place en éducation, et ce, malgré les constats d\u2019échec et les difficultés maintes fois pointées.Pour 2012, qu\u2019il ne suffisse plus de dire, mais enfin de savoir faire.L' Marie-Andrée Chouinard année dernière s\u2019est terminée en éducation sur des notes dissonantes.Rien n\u2019a sonné plus faux que cette décision de permettre à une petite fille de la maternelle de porter un casque antibruit la dispensant des mélodies entonnées dans sa classe, et ce, au nom de la religion de ses parents.Symptôme malheureux d\u2019une société à l\u2019identité déchirée et d\u2019une gouverne pratiquée par des dirigeants confus, cette décision soutenue par Québec illustre trop bien la gestion à courte vue que nous n\u2019espérons plus pour un secteur aussi crucial que celui de l\u2019éducation.Ils sont stimulants, les défis de l\u2019école, pour autant qu\u2019on s\u2019y attaque sans être gagné par la morosité.Cap sur 2012.¦\tHorizon politique L\u2019école est un des secteurs les plus vulnérables au manque de continuité observé dans les hautes sphères politiques.Si un changement d\u2019enseignante peut perturber ime classe en pours d\u2019année, que dire de la ronde des titulaires au ministère de l\u2019Education?Au sein d\u2019une même formation politique, un changement de ministre est souvent néfaste.La ministre Line Beauchamp incarne une stabilité prometteuse, qui ^oit demeurer.L\u2019arrivée de l\u2019ex-ministre de l\u2019Education Eran-çois Legault à la tête de la Coalition avenir Québec (CAQ) pourrait venir ébranler des assises.Son bouquet d\u2019idées divulguées à la pièce au cours de la dernière année comportait une pièce maîtresse en éducation, sur la bonification des salaires des enseignants liée à une évaluation de leur travail, en plus de l\u2019abolition des commissions scolaires.Le gouvernement libéral pourrait être tenté de réagir à la «menace» caquiste en y allant de ses propres recettes miracle.Les promesses électorales sont rarement le fruit d\u2019une fructueuse analyse.Danger.¦\tHorizon intellectuel Le débat opposant les coimaissances aux compétences reste tou-joius stérile, et on doute encore de la pratique efficace de la réforme dans nos écoles.Si au moins les résultats des élèves pouvaient constituer un calcul implacable des prouesses et échecs.Mais de cela aussi on peut douter, car le fouillis inextricable de l\u2019évaluation liée à la réforme a rendu confuse la mesiue de la réussite.Le bulletin unique s\u2019apparente à une tentative d\u2019uniformiser le tout, mais il est destiné plutôt à rassiuer les parents, avec un format connu, qu\u2019à révolutionner la manière de faire.Les taux de décrochage sont encore en baisse, selon les indicateurs de l\u2019éducation les plus récents, mais il n\u2019y a pas matière à célébrations pompeuses.En français et en sciences, nos résultats demeurent préoccupants, et les garçons tirent toujours de l\u2019arrière sans qu\u2019on ait réussi à contrecarrer ce phénomène.¦\tHorizon social La mère de Marjorie Rajunond, qui s\u2019est enlevée la vie après un cycle insoutenable d\u2019intimidation, a choisi de raconter son drame et celui de sa fille, espérant que l\u2019onde de choc permettrait de changer cette culture du mépris, bien incrustée dans la société.Petit mais parfait microcosme de la société, l\u2019école ne doit pas oublier cette histoire, car le réseau scolaire entier abrite d\u2019autres Marjorie en ses murs.La banalisation est le pire danger de ces drames, dont les contoius sont chaque fois uniques, malgré les apparences communes.Poiu 2012, la prolifération du respect au sein des familles et, par ricochet, des écoles.¦\tHorizon économique Les soubresauts économiques n\u2019épargnent pas l\u2019éducation.Cette année, commissions scolaires et cégeps affronteront sans doute des compressions qui, selon leurs dires, finiront par affecter les services directs offerts aux jeunes.Côté universités, la lutte qui retiendra toute l\u2019attention en 2012 risque d\u2019être \u2014 encore \u2014 celle entourant les droits de scolarité, dont on ne doit pas se lasser même si la ritournelle est ultraconnue.Les représentants étudiants ont raison de mettre en opposition cette hausse que Québec leiu impose de manière drastique avec les affaires de gouvernance dans les universités.Espérons que l\u2019indignation soit maintenue.machouinard@ledevoir.com LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO autre ^rând moment de ?Roj£T\tpopp CoNTlîfft 4.A /WAtTRAÎTANCf O\u2019AWiMA?:.WNF PLAiNTF.AU[liCl*''oU5 PÎT «Je Suij PA?'A\t1.AT\u20acTÊ PAKSt'Aiîn?UCAt»>^ ÎUH cfrA'T APPARIiûeT I -Wll-ll-og Amir Khadir et la récupération politique Si nous étions en plein match de baseball, nous dirions que le coach suit la stratégie du livre; il en est de même pour Amir Khadir présentement.Avouons que la méthode employée par celui-ci ne date pas d\u2019hier: la bonne vieille présence sur le terrain des employés en lock-out de Papiers White Birch pour chanter avec les employés opprimés, il va sans dire, la même chanson en chœur et répéter par la suite le même refrain dans les médias.Bien sûr, appuyé par une photo dans les joiunaux, cela aide davantage à faire de la récupération politique.Dieu sait à quel point le besoin est criant chez le rachitique et malingre parti Québec solidaire, dont les deux ou trois racines sont bien montréalaises.Voilà peut-être une fausse note.Le député Khadir, à tort, se croit-il une vitamine capable de ranimer les agonisants ou même ressusciter les morts?Il quémande l\u2019aide du maire Labeaume, alors que ce conflit de travail relève essentiellement de la compétence provinciale.Tout comme celui de Rio Tinto Alcan à Alma, qui divise royalement la population.Personnellement, je doute que le bon docteur Khadir puisse panser les plaies et coudre le tout lui-même.La stratégie de Khadir, seul élément de marketing de son chétif parti, atteint sa limite rapidement.Après tout, une chaloupe ne peut remplacer un paquebot géant.Francis de Gainsbourg Québec, le 5 janvier 2012 LETTRES Pour plus de cohérence en politique étrangère L\u2019énoncé du 5 janvier du président Qbama confirmç l\u2019intérêt grandissant que portent les Etats-Unis à l\u2019Asie dans leur politique militaire, un changement motivé en partie par l\u2019augmentation importante des dépenses militaires de la Chine et son dynamisme économique.Ce changement de politique est aussi çévélé par l\u2019importance que donnent les Etats-Unis à la négociation d\u2019une nouvelle Entente transpacifique, entente en négociation avancée avec l\u2019Australie, le Brunei Darussalam, le Chili, la Malaisie, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour et le Vietnam pour l\u2019instant.Notons l\u2019absence de la Chine dans cet ensemble de pays.Pas besoin d\u2019être devin pour comprendre que cette entente, compatible avec celle annoncée dans le cjomaine militaire, vise à préparer les Etats-Unis à faire face éventuellement à la Chine en Asie.Qn y pratique, pour l\u2019instant du moins, la politique de la main de fer dans un gant de velours et on concilie, comme cela se doit, la politique militaire avec la politique commerciale américaines.Le premier ministre Harper a indiqué récemment que le Canada songeait à se joindre aux pays qui négocie l\u2019Entente tpanspacifique, laquelle est vue par les Etats-Unis comme une mesure pour contrer l\u2019influence de la Chine dans la région du Pacifique.Passons sous silence les effets sérieux qu\u2019aurait une telle entente sur nos politiques visant à protéger nos producteurs de lait, fromage, volaille, etc.(laquelle impose présentement des coûts importants aux consommateurs), pour signaler qu\u2019il nous semble nécessaire de concilier cet énoncé visant à participer à l\u2019entente transpacifique avec les autres énoncés canadiens qui visent à enrichir nos relations commerciales et politiques avec la Chine.Poursuivre les deux simultanément ne nous semble pas possible.Les mutations profondes qui s\u2019annoncent en Europe, le développement qui s\u2019annonce dans nombre de pays d\u2019Afrique et d\u2019Amérique latine, le rôle de plus en plus significatif des grandes villes, étant donné l\u2019urbanisation grandissante du monde, voilà d\u2019autres changements qui motivent un réexamen de la politique étrangère et commerciale du Canada, ce qui nécessite évidemment des changements dans nos politiques nationales.En rester à une politiqpe qui reflète en bonne partie celle des Etats-Unis, alors que le Canada n\u2019est qu\u2019un petit pays voisin des Etats-Unis, qui ont encore un rôle hégémonique à jouer, ne nous semble pas indiqué.Des liens bilatéraux et régionaux ciblés nous semblent plus indiqués en attendant que l\u2019QMC modifie son menu de négociations pour le rendre intéressant aux pays qui y participent.Pierre-Paul Proulx, professeiu\" honoraire, Université de Montréal Le 5 janvier 2012 LIBRE OPINION L\u2019illusion tranquille ou la souveraineté perdue de vue DANIC PARENTEAU Professeur adjoint au Collège militaire royal de Saint-Jean Pour expliquer les difficultés qui affectent le mouvement souverainiste au Québec ces derniers temps, plusieurs ont souhgné son incapacité à mettre de l\u2019avant un discours renouvelé en faveur de ce projet.Son discours serait mal adapté au nouveau contexte politique, qui n\u2019est plus celui de l\u2019époque durant laquelle il est apparu.Si bien que de nombreux souverainistes, plus particulièrement ceux qui appartiennent à la génération de la relève, ne s\u2019y reconnaissent plus.Aussi se sont-ils détournés de cette cause pour en embrasser d\u2019autres, perçues comme plus actuelles ou plus urgentes, telles l\u2019écologie, le développement international ou la démocratie.Qr, s\u2019il est clair que le discours souverainiste gagnerait à être actualisé, il est vain de penser que les raisons des insuccès de ce mouvement ne tiennent qu\u2019à cela.En fait, un phénomène plus subtil, mais combien plus pernicieux, est à l\u2019œuvre au Québec pour expliquer cet insuccès.C\u2019est que de nombreux Québécois aujourd\u2019hui pensent et agissent pglitiquement comme si le Québec était déjà un Etat indépendant.Ils sont victimes de cette illusion qui les amène à ne plus voir les limites du cadre étatique dans lequel s\u2019inscrivent leurs actions militantes.Ils sont incapables de voir comment ce cadre constitue un obstacle de taille sur le chemin des nombreuses causes qu\u2019ils défendent.Car, pendant qu\u2019on se mobihse pour ces causes, il y a un gouvernement, au service des intérêts natio- naux légitimes d\u2019un peuple qui n\u2019est pas le nôtre, qui continue d\u2019exercer son plein pouvoir souverain sur plusieurs des domaines qui sont au cœur des enjeux soulevés.Ottawa qui décide Jugeant la question nationale moins urgente ou dépassée, ils sont nombreux au Québec à se mobiliser pour une société plus verte, plus écologique, en conformité avec les principes du développement durable.Très bien, j\u2019en suis.Mais, pendant qu\u2019on se mobihse pour empêcher l\u2019exploitation des gaz de schiste, pour préserver l\u2019île René-Levasseur ou pour sauver la Romaine de l\u2019exploitation hydroélectrique, le gouvernement canadien, qui parle en notre nom sur la scène internationale, se retire du Protocole de Kyoto et défend l\u2019exploitation des sables bitumineux en mettant de l\u2019avant une forme «éthique» de pétrole.Quiconque est sensible aux questions écologiques ne peut rester indifférent à ces actions.Le Québec doit pouvoir parler en son nom.Ailleurs, au nom des grands principes de solidarité internationale, de nombreux Québécois s\u2019investissent dans des projets humanitaires en Haïti, en Afrique ou ailleurs dans les pays moins fortunés que le nôtre.Encore là, c\u2019est très bien.La scène internationale est en effet encore marquée par de grandes inégahtés et nous avons une responsabihté poiu que ça change.Mais, pendant ce temps, le gouvernement fédéral sabre dans le financement destiné à l\u2019Agence canadienne de développement international, y va d\u2019une tentative de contrôle de l\u2019organisation Droits et démocratie, afin d\u2019y imposer ses vues, et réduit l\u2019aide publique au déve- loppement, ce qui a pour effet d\u2019éloigner le Canada des Qbjectifs du millénaire, auxquels il avait pourtant adhéré en 2000.Là encore, quiconque défend les idéaux d\u2019une solidarité internationale ne peut demeurer indifférent à ces actions menées en notre nom par le gouvernement canadien.Les Québécois doivent avoir une vraie voix dans ces forums internationaux.Vivre sa propre démocratie Enfin, depuis le début de l\u2019été, plusieurs politiciens ou militants, préoccupés par l\u2019état de notre démocratie représentative, ont mis de l\u2019avant la nécessité d\u2019apporter des changements majeurs dans la façon de faire la politique au Québec.Qn a parlé, ici, d\u2019instaurer une dose de proportionnelle dans le mode de scrutin actuel, là, de tenir des élections à date fixe, ou ailleurs, d\u2019élire le premier ministre au suflf age universel.Ces réformes tombent sous le sens tant il est vrai que certaines pratiques apparaissent aujourd\u2019hui contraires aux idéaux du pouvoir par le peuple et pour le peuple.Qr, pendant qu\u2019on débat de ces initiatives, le gouvernement canadien décide unilatéralement de réduire le poids politique du Québec à la Chambre des communes, en ajoutant 30 nouvelles circonscriptions à la carte électorale, et d\u2019abolir le financement public des partis politiques.Qui plus est, il faut savoir que certaines de ces initiatives sont foncièrement incompatibles avec certaines dispositions de la Loi constitutionnelle canadienne.Une Loi constitutionnelle qui nous a d\u2019ailleurs été imposée en 1982, à l\u2019encontre de la volonté unanime de tous les députés de l\u2019Assemblée nationale.Pour le caractère démocratique de cette Consfitufion, on repassera.Quiconque a à cœur la question de la démocratie au Québec ne peut faire fi de ces simples faits.Le peuple québécois doit pouvoir choisir la manière de vivre sa démocratie.La souveraineté est au centre des véritables solutions Il faut sortir de cette illusion qui pousse de nombreux Québécois à penser et à agir politiquement comme si le Québec était déjà un Etat souverain.Tant et aussi longtemps que le Québec ne sera qu\u2019une province, bon nombre de solutions qui pourront être mises de l\u2019avant par les Québécois, en guise de réponses à tel ou tel enjeu actuel ou urgent, ne pourront être que des solutions «provinciales».Est-ce bien de telles solutions auxquelles nous pouvons aspirer comme peuple?Les Québécois sont capables de plus que cela.Il y une inadéquation entre les solutions proposées et le cadre dans lequel ces solutions sont appelées à être mises en œuvre.Mettre de l\u2019avant des solutions globales exige de pouvoir avoir un droit de parole sur la scène internationale.Ce qui passe par la souveraineté du Québec.D\u2019autres solutions exigent que nous soyons en possession de tous les pouvoirs qui sont ceux d\u2019un Etat, ce qui passe par la souveraineté du Québec.Tant que le Québec se contentera de demeurer une province au sein d\u2019un ensemble fédéral, il devra se résoudre à accepter qu\u2019une partie de sa destinée réside entre les mains d\u2019une majorité, et ce, pour le meilleur ou pour le pire. LE DEVOIR LE LUNDI 9 JANVIER 2012 A 7 IDEES Rémunération et indignation Contre le mythe des hauts dirigeants héroïques BERTRAND MALSCH Professeur à HEC Montréal MARIE-SOLEIL TREMBLAY Professeure à VENAP YVES GENDRON Professeur à l\u2019Université Laval n rapport publié récemment U par le Centre canadien des politiques alternatives révèle que, malgré les turbulences sévères de l\u2019économie mondiale, l\u2019écart de rémunération entre les hauts dirigeants des grandes sociétés et les salariés a de nouveau atteint un triste record.Cette situation n\u2019est pas propre au Canada.Les écarts sont tout aussi vertigineux de l\u2019autre côté de la frontière, où, malgré la crise et des résultats en baisse, les banques de Wall Street continuent de distribuer frénétiquement bonis et options d\u2019achat d\u2019actions.Face à cette situation, le premier mouvement de réaction, entièrement légitime, est celui de l\u2019indignation: qu\u2019a donc fait de si extraordinaire l\u2019homme d\u2019affaires Frank Stronach, de Magna International, pour mériter une rémunération annuelle de 62 millions de dollars?Passé ce sentiment de révolte, une question demeure \u2014 peut-être la plus importante: comment les comités de rémunération peuvent-ils trouver tout à fait normal ce qui semble parfaitement anormal à l\u2019immense majorité des citoyens, les fameux 99 %?Cette interrogation est absolument cruciale.En effet, tant qu\u2019on ne comprendra pas les mécanismes mobilisés par les membres des comités de rémunération pour rationaliser leurs décisions, tout effort de réforme demeure vain.Dirigeants-vedettes Nos travaux de recherche publiés montrent que ce processus de rationalisation s\u2019appuie principalement sur l\u2019adhésion des comités de rémunération à un schéma de valeurs individualistes.Le succès d\u2019une entreprise n\u2019est pas perçu par les administrateurs comme le résultat d\u2019un effort collectif, mais plutôt comme le résultat d\u2019efforts individuels.Cette logique d\u2019individualisation encourage alors la création d\u2019un marché de dirigeants \u2014 en tout point comparable à celui des joueurs de la LNH \u2014 où les comités de rémunération sont prêts à payer le prix le plus élevé possible pour avoir les meilleurs dirigeants.Ces dirigeants-vedettes sont magnifiés comme des héros puissants capables, par leurs talents prétendument rares et exceptionnels, de garantir la réussite de leurs entreprises.Animés par cette philosophie, la plupart des comités de rémunération abandonnent ainsi, avec une bonne foi déconcertante, leur responsabilité morale dans les mains invisibles du marché des rémunérations.Pourquoi ce marché est-il systématiquement haussier depuis plus de trois décennies?Notre ADRIEN VECZAN REUTERS Qu\u2019a donc fait de si extraordinaire i\u2019homme d\u2019affaires Frank Stronach, de Magna Internationai, pour mériter une rémunération annueiie de 62 miiiions de doiiars?étude apporte certains éléments de réponse.Puisque les comités de rémunération sont convaincus de la capacité du marché à déterminer de façon juste et équitable la rémunération des meilleurs dirigeants, ils ne peuvent pas attribuer une rémunération inférieure à celle des dirigeants faisant partie des quintiles les mieux rémunérés, à moins d\u2019admettre que le dirigeant recruté performe moins bien que la moyenne.Les dirigeants sous-payés par rapport au marché ont donc tendance à voir leur rémunération augmenter, tandis que les dirigeants qui se situent dans la limite supérieure du marché ne voient jamais, ou très rarement, leur rémunération abaissée.Par ailleurs, que l\u2019on soit en période de crise ou en période de prospérité, il semble bien que toutes les raisons soient bonnes de rémunérer au maximum le talent individuel des dirigeants.Lorsque l\u2019entreprise gagne beaucoup d\u2019argent, les administrateurs expliquent qu\u2019il est normal de récompenser les dirigeants avec des primes généreuses.Lorsque les temps deviennent difficiles, les administrateurs expliquent que c\u2019est précisément dans ces périodes que les meilleurs dirigeants, c\u2019est-à-dire les plus chers, sont nécessaires.Au royaume des administrateurs, il y a donc rarement de bonnes raisons de diminuer les salaires des dirigeants.Le mythe du dirigeant héroïque Une révolution culturelle s\u2019impose au sein des comités de rémunération.Cette révolution implique de défaire le mythe du dirigeant hé- roïque sur les épaules duquel reposerait tout le succès de l\u2019entreprise, au profit d\u2019une conception davantage égalitaire et collective de la réussite.Ce changement n\u2019a rien de facile.Il implique de modifier en profondeur la mentalité des comités de rémunération.Il est illusoire de penser qu\u2019une telle réforme pourrait venir de l\u2019intérieur des conseils d\u2019administration.Leur schéma de valeurs individualistes les maintient dans une zone de confort moral relativement hermétique aux doutes.Par ailleurs, la culture individualiste ne sévit pas simplement dans les conseils d\u2019administration, mais elle touche tous les secteurs de la société.Et s\u2019il faut se choquer qu\u2019un dirigeant puisse gagner 62 millions de dollars en une année, il faut également s\u2019émouvoir qu\u2019un joueur de hockey, fût-il aussi un «héros» au talent rare, puisse gagner des sommes tout aussi extravagantes.En réalité, les plus sérieux espoirs de changement ne peuvent venir que de cette émotion démocratique forte qui s\u2019était répandue il y a quelques mois, avant de mourir étouffée,par l\u2019hiver et par l\u2019indifférence: l\u2019indignation.À condition de s\u2019organiser collectivement et politiquement, cette indignation a les moyens de s\u2019exprimer avec force.Les 99 % d\u2019indignés potentiels canadiens sont en effet, par l\u2019intermédiaire de leurs fonds de retraite et de leurs placements, les actionnaires les plus importants des grandes entreprises canadiennes.Il est plus que temps que la démocratie indignée investisse les tentes des assemblées générales.Indignés Le mouvement couve encore L JEAN RIOPEL Montréal es occupations ont cessé ou elles sont devenues carrément sjmboliques.Les manifestations se poursuivent et elles sont réprimées dans le sang et la violence.Les médias ont fait le bilan de l\u2019année qui s\u2019est terminée et un prestigieux magazine a même désigné l\u2019indigné comme la personnalité de l\u2019année.Malaise.Les nombreuses analyses me laissent à la fois songeur et dubitatif J\u2019en ai surtout contre cette manie qu\u2019ont les médias de vouloir tout formater et je m\u2019indigne de leur propension à poser un regard sur les gens et les événements qui reste marqué par la superficialité.On ef fleure le sujet, mais on se permet malgré tout de se lancer dans une sorte de post-mortem du mouvement qui en banalise plusieurs aspects.D\u2019abord, au sujet des raisons qui ont permis au mouvement de s\u2019étendre à la planète toute entière.Les origines sont définies avec justesse, même si elles ne font que souligner les aspects les plus spectaculaires de l\u2019indignation.La vague de fond qui a balayé la planète s\u2019est gonflée dans des pays corrompus et répressifs.Pays qui, selon certains critères, trônaient parfois au Je crois sincèrement que certaines choses ont changé dans la conscience d\u2019un grand nombre de citoyens palmarès des économies émergentes et prospères.Les éléments déclencheurs les plus sensationnalistes (le suicide d\u2019un jeune désespéré) suffisent-ils à déclencher les soulèvements populaires?S\u2019il en était ainsi, le chaos régnerait dans de nombreuses régions.L\u2019utilisation des réseaux sociaux y est bien pour quelque chose, mais je suis avant tout scandalisé par l\u2019engouement manifesté par les médias en général.Pourquoi l\u2019information devrait-elle servir de véhicule promotionnel et publicitaire?On se garde une petite gêne! Ras-le-bol Personnellement, je considère que les raisons de s\u2019indigner sont à ce point nombreuses que j\u2019aurais peine à les énumérer sans craindre d\u2019en omettre quelques-unes.Il en va de même avec le nombre de personnes en droit et en position de s\u2019indigner; elles sont innombrables et insaisissables.La rage, la colère, la rancoeur, la révolte sont désormais présentes dans la plupart des sociétés.Elles sont la plupart du temps endiguées par la peur, le cynisme et l\u2019individualisme, mais elles n\u2019attendent que le moment propice pour éclater au grand jour.Je me dois d\u2019ailleurs de saluer le pacifisme et le courage des tous ces gens qui sont descendus dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol.Mon bilan à moi n\u2019a rien de reluisant, car il s\u2019attarde surtout aux réactions des pouvoirs politiques et financiers.En Occident, cette crise a été gérée en utilisant les méthodes éprouvées du monde merveilleux des relations publiques.Les politiciens ont fait preuve d\u2019une certaine sympathie envers ces indignés; certains acteurs de la fi- nance et de l\u2019économie ont dit comprendre, eux aussi! Les belles déclarations de principe ont fait écran au mépris et à l\u2019inertie.C\u2019est assez simple: on fait la sourde oreille, on adopte le profil bas dans les hautes sphères du pouvoir et de la richesse.C\u2019est tellement simple, on laisse le temps passer et les choses aller.Tôt ou tard, le mouvement va s\u2019essouffler, il va être démantelé et il va se retrouver dans les bilans de fin d\u2019année sans influer négativement sur celui des entreprises.Discours contaminés Ma réalité n\u2019est pas faite de ces espoirs de changement pointés par ce soulèvement, elle est celle des pays et des populations qui sont à la merci des marchés et de leur cruauté ou sous la botte des dictateurs et des militaires.Ma réalité est celle de ces jeunes hommes et de ces jeunes femmes privés d\u2019avenir, de ces nations dépouillées d\u2019une économie susceptible de leur offix salaire et dignité.Elle est contaminée par ces beaux discours sur les vertus de la mondialisation et les prouesses des réseaux sociaux.Un parti pris pour une idéologie et des entreprises qui sont, rappelons-le, en tête de peloton dans la course aux profits.Ma réalité est celle de la classe politique qui n\u2019en finit plus de s\u2019enfoncer dans la mauvaise foi et la cacophonie sans parvenir à cacher sa duplicité, son incompétence et ses incapacités.Je crois sincèrement que certaines choses ont changé dans la conscience d\u2019un grand nombre de citoyens et que le mouvement est toujours vivant.Mais force est de constater que, pour l\u2019essentiel des nombreuses raisons que l\u2019on a de s\u2019indigner, c\u2019est business as usuall QUESTIONS D\u2019IMAGE Ce qu\u2019il nous faut! »; Jean-Jacques Stréliski Il s\u2019est échangé plus d\u2019un milliard de «textes» à l\u2019occasion du Nouvel An.Un milliard de vœux de santé, de bonheur, de paix et de succès.Assez pour faire planter bien des serveurs de télécommunications et surtout pour garantir au monde une formidable année 2012 si l\u2019on voit se matérialiser l\u2019ensemble de ces vœux, sans aucun doute sincères.Mais, hélas, les choses ne se passent pas toujours comme cela, et, comme disait Alphonse Allais, «je ne prendrai pas de calendrier cette année, car j\u2019ai été très mécontent de celui de l\u2019année dernière!» Il n\u2019empêche, faire des vœux, pour des proches, de la famille, des collègues, n\u2019est pas une mince affaire puisqu\u2019on sait d\u2019avance qu\u2019il y a bien peu de chances que s\u2019établisse un lien de causalité entre ce qui va se passer et ce qui s\u2019est souhaité! Sur sa page Facebook, un ami écrivait fort justement: «Plutôt que vous souhaiter ce que vous désirez, je vous souhaite ce qu\u2019il vous faut.Bon 2012!» Habile et juste formulation, en vérité, pour nous porter à réfléchir sur ce qu\u2019il nous faut vraiment.Ce qu\u2019il me faut, ce qu\u2019il me faut?Je sais, c\u2019est un peu ambitieux, mais, pour être tout à fait honnête avec ce que suggère mon ami, je me suis attaché à énumérer ce qu\u2019il me faudrait vraiment pour amorcer 2012 sur le bon pied.Mais cela, bien évidemment, ne dépend pas que de moi.La pudeur et la convenance m\u2019amènent bien entendu à me montrer discret sur ce qu\u2019il me faut sur une base personnelle.Je vous ferai donc grâce de cela, m\u2019estimant déjà assez comblé comme cela par le sort.En revanche, en ce qui touche directement mon environnement vital, social, citoyen, politique, économique, spirituel, j\u2019ai une idée assez précise et une liste plutôt exhaustive des choses que j\u2019aimerais voir changer afin que cette société s\u2019améliore.Alors, puisqu\u2019il faut avoir le courage de ses idées, voilà donc ce qu\u2019il me faudrait sur le plan social en 2012.¦ Une société qui ne se définisse que par l\u2019humain, pour l\u2019humain.Et qui ne mesure plus la réussite personnelle à la célébrité et à l\u2019argent qu\u2019on gagne, mais au nombre de gens qu\u2019on rend ou qu\u2019on a rendus heureux.¦ Une société moins politique, moins cynique aussi, plus ouverte aux idées qui touchent réellement le quotidien et la vie des citoyens.Par exemple: une société où les enfants, les ados et les personnes âgées constituent des priorités.Comme d\u2019un arbre, on doit prendre soin des racines et des jeunes pousses.Le feuillage n\u2019en sera que plus garni.Une société qui donne, en conséquence, aux jeunes parents les formations, l\u2019aide et les moyens nécessaires pour faire de leur famille le premier champ de développement d\u2019individus heureux et ainsi fertiliser adéquatement la future société.¦ Une société qui prenne soin des malades, des handicapés, des démunis par des comportements et des compétences exprimés d\u2019un humain à un autre, plutôt que par un «système» de santé.¦ Une société où le mot «tolérance» ne fait pas référence à des exceptions, mais à des attitudes.Et qui ne tienne pas compte de la couleur de la peau, ni de l\u2019orientation sexuelle ou spirituelle de ses composantes, sans pour autant que ces dernières n\u2019en deviennent les guides.¦ Une société qui donne aux arts, mais surtout aux artistes, la place qui leur convient, pour célébrer la source d\u2019inspiration et le catalyseur d\u2019émotions qu\u2019ils représentent, sans qu\u2019on ait à «débattre» comme devant une cour de justice, parce qu\u2019on a \u2014 ou qu\u2019on n\u2019a pas \u2014 aimé le dernier Bye Bye.¦ Une société où le respect de l\u2019environnement est une condition de vie et non une politique partisane.¦ Une société qui favorise le savoir, la compréhension et l\u2019applicabilité de ce même savoir.Et qui donne un large champ à l\u2019innovation et à la créativité.Nous en sommes tellement capables.¦ Et, au bout du compte, une société où le mot «démocratie» reprend tout son sens afin que l\u2019électeur ne soit pris en otage dans un environnement où il n\u2019a même plus le goût de voter! ¦ Bref, une société où le mot «humanisme» reprend enfin le sens de l\u2019humanité.Bien sûr que je ne vous ai pas parlé d\u2019économie difficile, d\u2019indignation, de spéculation, de corruption, de ponts qui s\u2019écroulent, de banquiers trop payés, d\u2019écarts de richesse scandaleux, de politiciens aux idées creuses ou médiocres, etc.Je ne vous ai énuméré que ce qu\u2019il nous faudrait, et non ce qu\u2019on a déjà! Très sincèrement, je vous souhaite, à toutes et à tous, une excellente année 2012.Jean-Jacques Stréliski est professeur associé à HEC Montréal, spécialiste en stratégie de l\u2019image.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Marie-Andree Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idees), Marco Belair-Cinno (general), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quehec)Y^\\&ci D&gh.s&(societe), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), Dsa-Marie Gervais (education), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy et Amelie Daoust-Boisvert('s£ïw?eJ , information politique Michel Dav\\A(chroniqueur), Helene Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Quebec), Guillaume Bourgault-Côte et Kathleen Levesque (reporters) , information culturelle Michel Belair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Fredenque Doyon et Isabelle Pare (reporters), Odile Tremblay (cinema), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) , informationéconomique Gerard Berube (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins, Eric Desrosiers et Alexandre Shields {reporters), Gerald Dallaire (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy 'TaûXeier (reporters) ,A&axi-V\\eTr& Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives) , Diane Precourt (responsable des pages thématiques), Emilie Eohe-Boivm {pupitre) , Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) , Michel Garneau (caricaturiste) , Andreanne Bedard, Michele Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) , Benoît Munger, Philippe Papineau et Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Erappier et Genevieve Tremblay (commis internet) , Amelie Gaudreau (secretaire a la redaction), Karl Rettmo-Parazelli et Sophy Lambert-Racme (commis a la redaction) DOCUMENTATION Gilles Pare (directeur), Manon Derome (Montreal), Monique Bherer (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTE , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-Erançois Bosse, Marlene Côte, Stephanie Deziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amehe Maltais, Maria M Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Berube (secretaire) PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Obvier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Eihon, Yannick Monn, Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web)(RaxiseX Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxun-Ohvier Leclerc (responsable par interim service a la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Eihon, Marie-Lune Houde-Bnsebois , Jean-Robert Divers (responsable promotion) ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Büyakova (reponsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Celme Euroy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Page, Monique Proteau IL\\iiO NUMÉRIQUE Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 Bibliothèque et Archives nationales > I\tES ES Québ6c ES ES "]
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