Le devoir, 13 mars 2012, Cahier A
[" La grève des étudiants rattrape I Jean Charest à Paris Page A 3 www.ledevoir.corn LE DEVOIR Vol.ClII N°55\t?LE MARDI 13 MARS 2012 1,09$ + taxes = 1,25 Madeleine Parent, 1918-2012 De toutes les luttes, jusqu\u2019au bout Une figure de proue du syndicalisme et du féminisme québécois disparaît LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY AMÉLIE DAOUST-BOISVERT Les jeunes descendent dans la rue et reprennent sans le savoir la lutte pour l\u2019égalité que Madeleine Parent aura menée toute sa vie et jusqu\u2019au bout de ses forces.Cette grande militante s\u2019est éteinte dans la nuit de dimanche à lundi.Madeleine Parent a fait siennes les luttes de la classe ouvrière avant de devenir l\u2019une des consciences les plus avisées du féminisme québécois.Une femme de tête et de cœur, en avance sur son temps, qui aura milité bien au-delà de la retraite en jetant des ponts entre les communautés francophone, anglophone, allophone et autochtone, avant de mourir des suites d\u2019une longue maladie, à l\u2019âge de 93 ans.«Sa combativité, on en aurait besoin ces temps-ci», soufflait hier, quelques heures après avoir appris le décès de sa grande amie, rhistorienne Andrée Lévesque.«C\u2019est un modèle.Des gens descendent dans la VOIR PAGE A 10: PARENT ¦\tL\u2019éditorial de Josée Boileau, page A 8 : L\u2019inspirante ¦\tDes lettres de témoignages en pages A 8 et A 9 AZIZ GEORGE NAKASH / EONDATION LÉA-ROBACK Décédée hier à l\u2019âge de 93 ans, Madeleine Parent a œuvré toute sa vie pour plus de justice sociale.Dès les années 1930, elle revendiquait pour les jeunes un droit d\u2019accès universel à l\u2019éducation, en même temps qu\u2019elle militait pour obtenir le droit de vote des femmes.Elle est photographiée ici en 1949, à Montréal, par George Nakash, l\u2019oncle du renommé photographe Yousuf Karsh.Souveraineté Tout le monde au bercail, dit Landry ANTOINE ROBITAILLE Québec \u2014 Le retour en force des partis souverainistes dans l\u2019opinion est «tellement significatif», croit Bernard Landry, que cela «devrait faire revenir pratiquement tous ceux qui ont quitté le Parti québécois».L\u2019ancien premier ministre péquiste croit que la chef Pauline Marois, en créant un comité sur la souveraineté \u2014 «avec des gens que je connais bien et en qui j\u2019ai une grande coi^ance» \u2014, a remis le cap sur l\u2019indépendance.Ce virage, il souligne l\u2019avoir «vivement souhaité», a-t-il rappelé lors d\u2019une interview au Devoir hier, notamment dans une lettre ouverte parue dans les journaux en début d\u2019année.«Maintenant, c\u2019est tous à bord et tous pour la cause!», a-t-il clamé.Le 24 janvier, alors que le PQ croupissait au troisième rang dans les sondages et que Mme Marois traversait une grave crise de leadership, M.Landry publiait une lettre ouverte dans les journaux.Il y enjoignait aux «personnes concernées» de «penser à la patrie avant tout» après avoir désigné la stratégie de Mme Marois, la «gouvernance souverainiste», comme «un contenu inapproprié [.] toxique [.]« l\u2019origine de nos difficultés».Plusieurs y avaient vu une attaque contre la chef \u2014 rivale de longue date de M.Landry \u2014 au moment où plusieurs souhaitaient son remplacement par Gilles Duceppe.L\u2019ancien premier ministre a nié encore une fois hier que ce fût le cas, soutenant que c\u2019est quelques «titreurs» qui avaient interprété sa missive ainsi.Son objectif, a-t-il répété, c\u2019était «le fond des choses»: mettre le cap sur l\u2019indépendance.Sa lettre Bernard Landry VOIR PAGE A 10: LANDRY NO MORE PROMISES RESPECT Your Workers STOP THE CORPORATE GREED MARK BLINCH REUTERS AIR CANADA Ottawa adoptera une loi pour empêcher tout arrêt de travail À lire en page B 1 INDEX Annonces.B\t8\tIdées .A 9 Avis publics.B\t4\tMétéo.A 7 Culture.B 10 Monde .A 6 Décès.B\t8\tMots croisés.A 7 Économie.B\t1\tSudoku.B 4 Éditorial.A 8\tTélévision.B 9 Présidentielle erançaise Les candidats se prêtent à un grand oral de philo Ils ont tous dit oui au professeur québécois François Gauvin, sauf Nicolas Sarkozy CHRISTIAN RIOUX Paris \u2014 Ce livre aurait-il pu être écrit au Québec ou même en Amérique du Nord?François Gauvin ne le croit pas.Imagine-t-on Pauline Marois, Jean Charest et François Legault répondant aux questions suivantes: existe-t-il une différence absolue entre le bien et le mal?Pensez-vous qu\u2019il y ait des guerres justes?Comment définissez-vous la dignité humaine?Bref, les imagine-t-on dissertant pendant une heure et demie sur le sens de la vie ou de l\u2019histoire?François Gauvin, auteur du livre Bayrou, Hollande, foly.Le Pen, Mélen-chon, Sarkozy.leur philosophie (Ger-mina), ne croit pas qu\u2019il aurait pu faire la même chose chez nous.C\u2019est pourtant à cet exercice que se sont allègrement prêtés les candidats à la présidence française auxquels ce professeur de philosophie a, ni plus ni moins./ PATRICK KO VARIK AEP JOËL SAGET AEP BERTRAND LANGLOIS AEP Trois des candidats à la présidentielle française qui ont accepté de disserter sur de grandes questions philosophiques: François Hollande (PS), Marine Le Pen (FN) et François Bayrou (MoDem).fait passer le grand oral de philo du baccalauréat Mais peut-être fallait-il justement un Québécois qui a fait son doctorat en Allemagne et qui vit depuis plusieurs années en France, pour oser l\u2019exercice auquel personne n\u2019avait encore pensé et enfoncer les portes closes qui se dressaient sur son chemin, «fe ne pouvais pas m\u2019imaginer faire la VOIR PAGE A 10: PHILO «\u2022l'i i\ti*!'! :mT*I I : ENE HOMIER-ROY EN SEMAINE |5H AUJOURD'HUI à 8h1S Une question pour Jacques Duchesneau: qui contrôle la police?Réalisation: Nadia Peiellon #\u202295,1™ PREMIERE CHAÎNE Radio-Canada.ca/bienmeilleur 77831302830011 A 2 LE DEVOIR LE MARDI IS MARS 2012 ACTUALITES Stéphane Dion s\u2019attaque aux velléités nationalistes du NPD HELENE BUZZETTI Ottawa \u2014 Il répliquait du tac au tac à ses adversaires souverainistes, et le voilà qui change de cible pour s\u2019attaquer au NPD.Stéphane Dion, l\u2019ex-ministre de l\u2019unité nationale, reprend la plume pour reprocher à la formation de feu Jack Layton de courtiser dangereusement les nationalistes québécois.Dans une lettre qu\u2019il a fait parvenir à divers médias, Stéphane Dion estime que la «flatterie séparatiste du NPD menace l\u2019unité nationale».Il en veut pour preuve le fait que le NPD a repris à son compte trois positions traditionnellement défendues par le Bloc québécois.«Comme le Bloc, le NPD accepterait que la loi 101 s\u2019applique aux institutions fédérales, sans réfléchir à l\u2019impact négatif que cela aurait sur les minorités de langues officielles ailleurs au pays», déplore Stéphane Dion dans sa lettre.Il reproche aussi au NPD de promettre aux Québécois de maintenir leur poids relatif à la Chambre des communes tout en promettant aux Canadiens du reste du pays d\u2019augmenter le leur.«Une impossibilité arithmétique.B n\u2019y a qu\u2019aux sports qu\u2019on peut donner son 110 %», raille-t-il.Mais Stéphane Dion rage parce que le NPD se dit prêt à reconnaître la validité d\u2019un référendum sur la souveraineté du Québec remporté par seulement 50 % plus une voix.«Défendre notre droit, c\u2019est garantir que nous ne perdrons jamais le Canada, à moins de le désirer clairement.La Cour suprême nous a garanti ce \u201cdroit au Canada\u201d.» La «flatterie séparatiste du NPD menace l\u2019unité nationale» «Les Canadiens ont été trop indulgents avec le NPD, conclut M.Dion, peut-être à cause de leur statut historique de tiers parti ou à cause de l\u2019émotion engendrée par la mort tragique de Jack Layton.Mais le pays doit aujourd\u2019hui exiger plus de cohérence du NPD et de son futur chef, la cohérence qui est requise d\u2019un parti national.» Vers la fin des années 1990, Stéphane Dion s\u2019était engagé dans une guerre épis-tolaire avec le gouvernement péquiste à Québec.&s lettres, et les répliques qu\u2019il obtenait de Bernard Landry, notamment, alimentaient les manchettes.C\u2019est lui qui s\u2019était adressé à la Cour suprême pour déterminer à quelles conditions le Québec pourrait quitter le Canada.Cela n\u2019a pas empêché la réélection du Parti québécois à l\u2019automne 1998.Il ne craint pas que sa nouvelle sortie nuise à sa formation politique, qui tente de reconquérir le Québec.«Après la loi sur la clarté en 2000, on a eu notre meilleur score [au Québec depuis 1980, avec 36 sièges].Ce qui a calé le Parti libéral, on sait très bien ce que c\u2019est, c\u2019est un problème avec un programme qu\u2019on a mal géré.» Le chef par intérim.Bob Rae, est d\u2019accord avec son député.«M.Dion a mon entier appui lorsqu\u2019il fait cette déclaration», a-t-il dit à propos de la clarté référendaire.La chef intérimaire du NPD, Nycole Turmel, s\u2019est contentée de déclarer que le NPD était «un parti fédéraliste.On a été élus au Québec.On a été élus à la grandeur du Canada.On représente les intérêts des Canadiens et des Québécois.» Le Devoir E N BREF Mission inspirante ponr Lise Thérianlt La ministre du Travail, Lise Thériault, est de retour d\u2019une mission en Grande-Bretagne et en France, où elle s\u2019est «inspirée», du 5 au 11 mars, «de ce qui se fait de mieux dans le monde pour combattre efficacement les pratiques frauduleuses qui peuvent porter atteinte à l\u2019intégrité de nos institutions et nuire à certains secteurs de l\u2019activité écono- mique».Mme Thériault, qui a notamment rencontré, à Londres, le chef de la direction de la National Fraud Authority et le commissaire de police chargé de la lutte contre les crimes économiques, et, à Paris, des conseillers du premier ministre français, était accompagnée du vice-président aux enquêtes à la Régie du bâtiment du Québec, Richard St-Denis, ainsi que de la vice-présidente de la CSST, Carole Thé-berge.- Le Devoir CHRIS WATTIE REUTERS Le député libéral Frank Valeriote a reconnu que son équipe avait elle aussi effectué des appels robotisés avant le scrutin du 2 mai.Appels frauduleux « Pierre Poutine » démasqué ?MARIE VASTEL Ottawa \u2014 L\u2019étau se resserre sur «Pierre Poutine», et un suspect dans l\u2019affaire des appels frauduleux menés à Guelph en marge du dernier scrutin pour-raij s\u2019être manifesté hier auprès d\u2019Élections Canada, mais le public devra peut-être patienter jusqu\u2019à ce que l\u2019enquête soit conclue pour en savoir plus.En attendant, peu de réponses ont été livrées aux Communes quant aux autres appels robotisés effectués ailleurs au pays.Raison de plus selon l\u2019opposition pour réclamer de nouveau une enquête publiqqe.Au hl de son enquête.Elections Canada a découvert que des appels avaient été commandés dans Guelph auprès de la compagnie RackNine, proche du Parti conservateur.Ces enregistrements informaient erronément les électeurs que leur bureap de scrutin avait été déplacé.Elections Canada a déterminé que RackNine avait été contacté par l\u2019entremise d\u2019un téléphone cellulaire prépayé acheté par «Pierre Poutine» de Joliette, avec une carte de crédit prépayée.Le compte chez RackNine a été ouvert avec un autre nom, «Pierre Jones».Mais malgré ces précautions, le président de RackNine, Matt Meier, serait parvenu à déjouer celui qui se faisait passer pour ces «Pierre» en identifiant une adresse IP assignée à une maison individuelle.Ces informations auraient maintenant convaincu un suspect de sortir de j\u2019ombre hier pour collaborer avec Elections Canada, selon Postmedia News.Qr, une porte-parole de l\u2019agence fédérale a refusé de le conhrmer, arguant qu\u2019il laudrait probablement attendre que l\u2019enquête soit ache- vée puisque Élections Canada ne commente pas ses enquêtes en cours.De plus, si des accusations devaient être portées, ce ne serait pas immédiatement Du côté des Communes, munis de nouvelles révélations du camp libéral, les conservateurs ont une fois de plus rejeté toute responsabilité et évité de répondre à une seule question sur cette affaire.«Ce sont des appels sales, illégales [sic] et libérales [sic]», a martelé Pierre Poilievre.Enquête réclamée Le député libéral de Guelph, Frank Valeriote, a reconnu samedi que son équipe avait elle aussi effectué des appels robotisés, quelques jours avant le scrutin du 2 mai.Au bout du hl, une femme \u2014 qui se présentait sous un faux nom \u2014 dénonçait le fait que le candidat conservateur, Marty Burke, soit opposé à l\u2019avortement «Votez de façon stratégique lundi [2 mai] pour protéger vos droits durement acquis des conservateurs et des positions extrêmes de Marty.» Le problème, c\u2019est que le message ne précisait pas qu\u2019il était enregistré par la campagne libérale.Une entorse à la Loi électorale, ont scandé les conservateurs.puisque la loi exige que ceux qui commandent une publicité indiquent qu\u2019elle est autorisée par l\u2019agent du candidat ou du parti.M.Valeriote a rétorqué qu\u2019il ne s\u2019agissait pas d\u2019une «publicité», et qu\u2019Élections Canada n\u2019avait pas jugé ces appels illégaux.Les libéraux ont par la suite indiqué qu\u2019Élections Canada avait précisé au printemps dernier que la publicité interdite le jour de l\u2019élection excluait les «messages, en personne ou automatisés, envoyés à une adresse de courriel ou à un numéro de téléphone précis».Cette même logique s\u2019appliquerait donc, selon eux, pour distinguer une publicité d\u2019autres appels automatisés menés quelques jours plus tôt «Mais ne perdons pas de vue un enjeu beaucoup plus sérieux; des gens se présentant faussement comme Elections Canada et vous envoyant voter au mauvais endroit, intervenant délibérément avec votre capacité de voter», a noté le néodémocrate Charlie Angus.Les partis d\u2019opposition ont réitéré qu\u2019il fallait une enquête publique, munie d\u2019un mandat plus large et de davantage de pouvoirs pour forcer les témoignages.Le Devoir Des plaintes non détaillées La majorité des 31 QOO signalements reçus par Élections Canada en marge de son enquête sur les appels robotisés frauduleux étaient des lettres types ou des formulaires automatisés, a précisé l\u2019agence fédérale au Globe and Mail hier.Ce genre de missives prérédigées - souvent mises à la disposition des électeurs par des groupes de pression qui les invitent à les signer et à les envoyer - ne détaillent pas des plaintes précises, mais se contentent de souligner une inquiétude d\u2019ordre général.Justice criminelle C-10 est adopté HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa \u2014 Le projet de loi omnibus en matière de justice a finalement été adopté pour de bon hier soir à la Chambre des communes.Les protestations du Québec, de l\u2019opposition, du Barreau et d\u2019intervenants internationaux n\u2019auront pas réussi à faire reculer le gouvernement conservateur.Le C-10 entrera en vigueur comme prévu.Le vote final s\u2019est terminé hier à 154 voix contre 129.Le ministre de Injustice, Rob Nicholson, s\u2019est dit très satisfait.«Cela a pris du temps, cela n\u2019a pas été facile», a-t-il commenté en faisant référence à l\u2019opposition rencontrée.«Ce sont des mesures très raisonnables.On s\u2019attaque à ceux qui exploitent sexuellement nos enfants, à ceux impliqués dans la pornographie juvénile, aux trafiquants de drogue.» Le projet de loi a dû revenir à la Chambre des communes après son passage au Sénat parce que le gouvernement avait décidé trop tard d\u2019y apporter des changements.Ceux-ci avaient pourtant été proposés par les libéraux en comité parlementaire, mais les représentants conservateurs n\u2019y avaient pas prêté attention.Ils en ont réalisé trop tard le bien-fondé.Les amendements ont été apportés au Sénat, mais devaient obtenir l\u2019assentiment de la Chambre, d\u2019où l\u2019ultime vote d\u2019hier.Le NPD a tenté de repousser le vote final en s\u2019engageant dans un marathon oratoire de près de trois heures la semaine dernière, puis en usant de tactiques procédurales pour interrompre les travaux.Le gouvernement y a mis fin en imposant le bâillon.Cela lui permet de respecter sa promesse électorale de faire adopter cette loi dans les 100 jours de séance suivant son élection.Le projet de loi instaure une panoplie de nouvelles peines minimales pour certains crimes, notamment six mois de prison pour quiconque est surpris en possession de six plants de marijuana ou plus.Le projet de loi augmente les peines minimales pour les crimes à caractère sexuel visant des enfants.Il resserre le système de justice pour les adolescents en obligeant les juges à imposer des peines proportionnelles à la gravité du crime plutôt qu\u2019à prendre en compte la maturité du jeune et ses chances de réhabilitation.Le C-10 permettra aussi aux victimes d\u2019actes terroristes de poursuivre leurs commanditaires comme cela se fait déjà aux États-Unis avec des résultats moyens.Le Devoir :L CONCOURS LE DEVOIR Libre de penser RELAIS SANTE EXPO/-^.manger santé «?vivre vert oouht\tpeiAX oÂcpieE S P A 1^ uh^twweAM/i lEASTMAN w COUREZ LA CHANCE ^\tlAf U/' -1 DE GAGNER Un séjour de 2 nuits pour 2 personnes « Forfait Spa de Destination » au Spa Eastman - - Valeur 728$ (avant taxes) Le tirage aura lieu le 15 mars 2012.Pour participer, remplissez le formulaire en ligne: www.ledevoir/concours g Expo Manger Santé et Vivre Vert I MONTRÉAL 16-17-18 mars '¦ Palais des congrès I Aussi à QUÉBEC 24.25 mars M» ^\tI\tK ^ Centre des congres Exploitation du gaz de schiste Le NPD veut des règles plus musclées ALEXANDRE SHIELDS Le Nouveau Parti démocratique exhorte Qttawa à resserrer les règles qui encadrent l\u2019exploitation du controversé gaz de schiste, une industrie en plein développement dans l\u2019Quest canadien et qui souhaite s\u2019implanter à grande échelle au Québec.«La méthode d\u2019extraction des gaz de schiste nécessite plusieurs produits chimiques qui peuvent se retrouver dans nos nappes phréatiques, ont fait valoir hier des députés néodémocrates du Québec, par voie de communiqué.Ix ministre fédéral de l\u2019Environnement a admis que l\u2019utilisation de ces polluants potentiels dans l\u2019exploitation des gaz de schiste relève de la Loi canadienne sur la protection de l\u2019environnement, mais rien n\u2019oblige les entreprises à révéler les produits utiliséspcmr leurs travaux.» La plupart des produits utilisés dans les opérations de fracturation hydraulique sont connus.Plusieurs sont d\u2019ailleurs considérés comme toxiques pour l\u2019environnement Mais la recette exacte utilisée pour fendre la roche et extraire le gaz relève du secret industriel, arguent les entreprises qui tirent leurs profits de cette source d\u2019énergie fossile.Une situation que déplore le NPD.«Quels produits chimiques menacent nos nappes phréatiques?a demandé le député de Drummond, François Choquette.Les citoyens ont le droit de connaître les impacts possibles sur l\u2019eau potable.Le gouvernement fédéral doit agir pour forcer les entreprises à révéler cette information et mener des analyses poussées pour s\u2019assurer que nos sources d\u2019eau potable sont protégées.» L\u2019opposition officielle à Qttawa Congédié?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 F., m a ainsi annoncé hier le lancement d\u2019une pétition exigeant un resserrement de la réglementation censée encadrer l\u2019industrie du gaz de schiste.La pétition sera portée par des députés, mais également par des élus locaux québécois et des groupes de citoyens.Le liquide injecté dans le sol est en partie récupéré et doit être traité.Seule une minorité des usines de traitement des eaux usées du Québec est en mesure de traiter les eaux de fracturation.Par exemple, la multinationale Talisman Energy a envoyé récemment les eaux polluées de deux bassins situés près de Trois-Rivières vers une usine de l\u2019Qnta-rio.Une centaine de camions ont été nécessaires au transport Par ailleurs, des opérations de fracturation hydraulique devraient être menées dans le cadre d\u2019évaluations environnementales stratégiques de l\u2019industrie pétrolière et gazière.Qn ne sait toutefois pas combien seront autorisées, ni si la recette exacte des eaux de fracturation sera rendue publique.Qn ne sait pas non plus si de telles opérations seront menées par des pétrolières au Québec.L\u2019entreprise Pétrolia a déjà fait savoir qu\u2019elle devra probablement avoir recours à la fracturation pour extraire le pétrole de l\u2019île d\u2019Anticosti.Cette méthode d\u2019exfraction de l\u2019or noir n\u2019a jamais été tentée au Québec et l\u2019on ignore les risques qu\u2019elle pose pour l\u2019environnement.Le Devoir LE DEVOIR, LE MARDI IS MARS 2012 A 3 ACTUALITES L\u2019insupportable miroir Michel David Lm adage selon lequel on a les gouverne-^ ments que l\u2019on mérite est plutôt déprimant.L\u2019image qu\u2019ils nous renvoient peut même devenir carrément insupportable.Les mirages du Plan Nord ne sirffisent manifestement pas à faire oublier que le gouvernement Charest a largement contribué à nous faire passer pour les ripoux de la fédération.Le Canada anglais ne demandait peut-çtre qu\u2019à le croire, mais que doit-on penser d\u2019un Etat où même l\u2019octroi de nouvelles places garderies fait l\u2019objet d\u2019un trafic?L\u2019usure du pouvoir ne saurait expliquer à lui seul que le taux d\u2019insatisfaction enregistré par les sondages se maintienne à un niveau record depuis si longtemps.Après neuf ans de pouvoir pé-quiste, Bernard Landry s\u2019était lancé en campagne avec un taux de satisfaction avoisinant les 50 %.Le gouvernement Charest a pris de telles libertés avec l\u2019éthique publique que sa seule présence donne mauvaise conscience.Le désir de changement n\u2019a pourtant pas empêché le reflux de la va^e apparemment irrésistible qui portait François Legault.Il est vrai que la CAQ a déçu en apparaissant comme un simple clone de l\u2019ADQ, mais il y a plus.Tout le monde convient que nos systèmes de santé et d\u2019éducation sont éminemment perfectibles, même si les solutions proposées par la CAQ ne font pas l\u2019unaqimité.La conception unidimensionnelle de l\u2019Etat qui semble animer M.Legault demeure néanmoins un peu gênante.Tout est-il simplement affaire de gestion?Pierre Elliott Trudeau était un piètre gestionnaire, mais l\u2019envergure du personnage et son idéal de «société juste» avaient quelque chose de séduisant, qui suscitait une certaine fierté chez une majorité de Québécois, malgré son refus obstiné de reconnaître la «société distincte».La façon remarquable dont Pauline Marois a traversé la crise interne au PQ a manifestement impressionné la population, alors que M.Legault ne s\u2019est pas particulièrement distingué par la qualité de son leadership.Sans minimiser sa contribution personnelle à la remontée du PQ dans les sondages, qui lui permet maintenant d\u2019envisager la formation d\u2019un gouvernement majoritaire, il se trouve que Mme Marois est également à la tête d\u2019un parti qui défend toujoius im idéal qui va au-delà de la gestion à la petite semaine.Même ceux qui demeurent sincèrement attachés au Canada ou qui craignent simplement les conséquences de la souveraineté peuvent difficilement nier une certaine noblesse au projet souverainiste.Qn peut légitimement s\u2019y opposer, voire le démoniser, mais la quête de l\u2019indépendance n\u2019a certainement rien de gênant ou de honteux poiu une collectivité.D\u2019ailleurs, un idéal peut très bien susciter l\u2019admiration sans que l\u2019on y adhère.Ainsi, la popularité d\u2019Amir Khadir déborde très largement les rangs de Québec solidaire (QS).Quand il fait la leçon à Henri-Paul Rousseau ou à Lucien Bouchard, il défend à sa façon un appétit de justice que partagent une majorité de Québécois.Le problème est que QS fait maintenant face à une nouvelle conciurence siu son propre terrain.Le récent sondage Léger Marketing-Ae Devoir, dont les résultats ont été publiés samedi, mesiuait poiu la première fois l\u2019appui donné au nouveau parti dirigé par Jean-MartinAussanL Qption nationale.Contrairement à ce que Ton aurait pu croire, ce n\u2019est pas le PQ, mais plutôt QS qui a pâti des 2 % d\u2019intentions de vote dont Qption nationale est créditée.C\u2019est au niveau fédéral que le miroir a l\u2019effet le plus répulsif.Les Québécois n\u2019arrivent plus à se reconnaître dans l\u2019îmage que leur renvoie le gouvernement Harper.Le cri d\u2019alarme lancé par l\u2019ancien collaborateur de Brian Mulroney, Peter White, avant la sortie spectaculaire de Justin Trudeau, apparaît pleinement justifié.«Nous observons la lente séparation de facto du Québec du reste du pays, émotivement, spirituellement et intellectuellement», écrivait-il dans une lettre ouverte publiée dans le magazine Maclean\u2019s en janvier dernier.Qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019abolition du registre des armes à feu, de l\u2019exploitation des sables bitumineux, de l\u2019utilisation des sjmboles monarchiques ou encore de l\u2019augmentation des dépenses militaires, le sentiment d\u2019aliénation des Québécois devant les initiatives fédérales va en grandissant, a constaté Léger Marketing dans un autre sondage, effectué celui-là poiu le compte de QMI.Pauline Marois ne s\u2019engagera certainement pas à tenir un référendum sur la souveraineté au cours d\u2019un premier mandat, mais un gouvernement péquiste majoritaire pourrait bien se retrouver dans une meilleure position pour réunir les «conditions gagnantes» que jamais depuis le référendum de 1995.Que 45 % des personnes interrogées par Léger Marketing disent clairement souhaiter que le Québec «devienne un pays souverain» constitue un appui nettement plus solide que celui dont disposait le gouvernement Parizeau quand il a pris le pouvoir.Près de la moitié croient maintenant que le Québec se porterait mieux (28 %) ou aussi bien (21 %) sans le Canady alors que 43 % estiment qu\u2019il se porterait moins bien.Bien des choses peuvent chafer au Québec d\u2019ici aux prochaines élections, mais il serait étonnant que ce soit le cas de Stephen Harper.mdavid@ledevoir.corn En visite à Paris Charest rattrapé par la grève étudiante CHRISTIAN RIOUX Paris \u2014 Pas de répit pour Jean Charest À peine arrivé à Paris poiu une visite de deux joius, le premier ministre a été inteipellé par im étudiant qui voulait lui rappeler que plusieurs dizaines de milliers de ses camarades étaient en grève au Québec.Le premier ministre était siu le point de pénétrer dans le siège de l\u2019Qrganisation internationale de la Francophonie (QIL), avenue Bosquet dans le Vile arrondissement lorsque William J.Beauchemin a brusquement franchi le cordon de sécurité pour offrir au premier ministre im billet d\u2019avion de retour afin d\u2019aller négocier avec ses camarades en ^ève.L\u2019étudiant inscrit en philosophie à la Sorbonne et à l\u2019UQAM, a été violemment maîtrisé par l\u2019agent de la Sûreté du Québec qui assure la garde rapprochée du premier ministre.L\u2019agent l\u2019a aussitôt écarté de la foule et maintenu fermement pendant de longues minutes.William J.Beauchemin a ensuite été remis au policier du Service français de protection des hautes personnalités.Celui-ci lui a demandé de décliner son identité et l\u2019a menacé de lui retirer son visa.L\u2019étudiant québécois a été relâché au bout de 45 minutes, non sans qu\u2019on lui intime l\u2019ordre de se tenir tranquille s\u2019il voulait conserver son visa.L\u2019agent de la SQ nous a ensuite confié avoir craint le pire puisque l\u2019étudiant, par ailleius tout à fait inoffensif, avait une main dans sa poche.«On ne sait jamais», dit-il.L\u2019incident s\u2019est déroulé si rapidement que le premier ministre n\u2019a pas eu le temps de voir l\u2019aller simple poiu Montréal qu\u2019on lui destinait.Son prix était de «160 000 étudiants en grève».Sa durée, celle d\u2019une «grève générale illimitée».«Les étudiants sont impatients, et Jean Charest devrait aller négocier, au lieu de venir à Paris», dit William J.Beauchemin qui était parmi les organisateurs de la manifestation qui a réuni vendredi une soixantaine d\u2019étudiants devant la Délégation générale du Québec à Paris.Après cet incideuL le premier ministre du Québec s\u2019est entretenu longuement avec le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, de l\u2019organisation prochaine du Forum international sur la lan^e française qui se tiendra à Québec du 2 au 6 juillet.Ce forum, ouvert largement aux membres de la société civile, sera «l\u2019occasion de parler de la langue française, mais dans un environnement très différent de celui des sommets», a déclaré Jean Charest.Dans ce qui pourrait être une allusion à peine voilée au très bref passage du président Nicolas Sarkozy lors du sommet de la Francophonie tenu à Québec en octobre 2008, Adbou Diouf a insisté pour dire: «Je serai à Québec pendant cette période du 2 au 6 juillet sans discontinuer.Je ne vais pas venir pour l\u2019inauguration et reprendre l\u2019avion.» L\u2019attitude du président français avait alors été très controversée.Le secrétaire de la Francophonie s\u2019est par ailleurs félicité des préparatifs du Forum qui sont «au-delà de nos espérances», dit-il.Il a aussi confirmé l\u2019organisation, «sauf crise majeure», en octobre prochain du prochain sommet de l\u2019QIF à Kinshasa sur les thèmes de l\u2019environnement et de l\u2019économie.Concernant les difficultés du français à Montréal, à la Caisse de dépôt ou au CHUM alors même que le Québec accueillera ce premier Forum international siu la langue française, le premier ministre s\u2019est voulu rassurant.«Chez nous, on sera toujours très vigilant sur la langue française, dit-il.[.] Quand on fait tout le portrait de la langue au Québec, il y a une progression.Entre autres chez les immigrants qui ne parlent ni l\u2019anglais ni le français.» Et Abdou Diouf d\u2019ajouter: «D\u2019après les statistiques que j\u2019ai, le français progresse au Québec.» Il a néanmoins précisé que «c\u2019est notre honneur et notre force de pouvoir dire: «Les étudiants sont impatients, et Jean Charest devrait aller négocier, au lieu de venir à Paris» \u201cnon, nous refusons un monde unilingue!\u201d, \u201cnon, nous refusons la pensée unique!\u201d, \u201cnon, nous voulons le pluralisme sur le plan linguistique, sur le plan culturel et sur tous les autres plans de l\u2019activité humaine!\u201d.» «Buy European Act» Interrogé sur la proposition faite dimanche par Nicolas Sarkozy de faire adopter un Buy European AçL à l\u2019image du Buy American Act qui force les Etats et les entreprises subventionnées à acheter des produits américains, Jean Charest s\u2019est de nouveau voulu rassurant.«La crise financière et économique a eu pour effet de raviver les réflexes protectionnistes un peu partout sur la planète, pas uniquement aux Etats-Unis, dit-il.[.] Ce que nous visons, c\u2019est l\u2019ouverture des marchés et la réciprocité.Je pense que c\u2019est ce que veulent aussi les Européens, incluant ksErançais.[.]» Selon le premier ministre, cette initiative du président français, pourtant le principal allié du Québec dans les négociations de libre-échange entre la France et le Canada, ne devrait pas compromettre le traité dont la signature se fait toujours attendre.«Je me fie à ce que nous négocions avec l\u2019Europe et [.], on peut être rassuré», dit-il.Le premier ministre a assisté en soirée à une représentation de la version chantée des Belles-Sœurs au Théâtre du Rond-Point.Parmi les personnalités présentes, on remarquait les artistes québécois Claude Meunier et Carole Laure ainsi que le couturier et homme d\u2019ajfaires français Pierre Cardin et le secrétaire d\u2019Etat Frédéric Lefebvre.Aux spectateurs français, Jean Charest a tenu à préciser: «Dans cette salle et pour toute la soirée, c\u2019est vous qui avez un accent.» Correspondant du Devoir à Paris 3 .ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Après avoir manifesté dans ie caime et ie siience, ies étudiants ont effecme, en fin a après-midi hier, un biocage de ia rue Sainte-Catherine, tout près de i\u2019UQAM.Manifestations étudiantes Le calme après les dérapages LISA-MARIE GERVAIS Après les dérapages des affrontements de la semaine dernière, le mouvement étudiant entamait hier matin sa cinquième semaine de grève.dans le silence.Sans mot dire, les étudiants ont été près d\u2019un millier à défiler dans le centre-ville de Montréal arborant une touche de rouge.«[La manifestation] s\u2019inscrit dans la lutte contre la hausse des frais et elle envoie un message qui dit qu\u2019on ne veut pas d\u2019actions violentes», a expliqué Marie-Michelle, une étudiante en travail social à l\u2019UQAM.«Et une voix, c\u2019est pas juste dans les slogans qu\u2019on peut l\u2019avoir.Notre message passe dans les actions comme celle-là et la solidarité.» Dans un itinéraire bien établi et fourni à la police, le cortège rpuet s\u2019est mis en branle au parc Emilie-Gamelin, près de l\u2019UQAM, pour terminer sa course dans un immense sit-in devant les bureaux de Jean Charest avenue McGill CoUege.Un bruit de cloches a retenti depuis l\u2019Université McGill, et les étudiants se sont mis à crier et à applaudir comme s\u2019ils livraient une ovation à leur idole.Le silence a ainsi été rompu,^mais il avait produit son effet.«A la sourde oreille des têtes dirigeantes, nous opposons notre mutisme.Il n\u2019y a plus de mot pour crier notre désaccord», ont sigitifié les organisateurs.D\u2019autres actions pacifiques ont été menées dans le courant de la journée dans le but de montrer que les étudiants ont toujours su respecter l\u2019ordre.C\u2019est dans cet esprit de calme, bon enfanL que des grévistes ont effectué un blocage de la rue Sainte-Catherine, tout près de l\u2019UQAM.«A nous la rue» a rassemblé une centaine d\u2019étudiants venus tricoter, jouer de la musique et faire des dessins à la craie.Les policiers les observaient de loin et l\u2019ambiance était tout à lait décontractée.Craignant une occupation par des étudiants, la direction de l\u2019UQAM avait néanmoins ordonné le matin même la fermeture de quatre de ses principaux pavillons (Hubert-Aquin, Judith-Jasmin, Paul-Gérin-Lajoie etThérè-se-Casgrain).Rappelons que la blessure grave à l\u2019œil de Francis Grenier, qui avait reçu des éclats de grenade assourdissante, avait semé l\u2019émoi chez les étudiants.Déçu du manque d\u2019assistance de la part des policiers, il songe à déposer une plainte.Par ailleurs.Le Devoir a voulu connaître le nombre de plaintes et d\u2019enquêtes ouvertes en lien avec les manifestations étudiantes.Qr, la déontologie policière a indiqué que ces renseignements étaient confidentiels et le Service de police de la Ville Montréal n\u2019a pas été en mesure de donner l\u2019information.Poursuite du mouvement Avec ceux de l\u2019Université Concordia, qui se joint au mouvement, le nombre d\u2019étudiants en grève devrait franchir le cap des 175 000 jeudi prochain.Demain, ce sera au tour des étudiants de l\u2019Université du Québec à Chicoutimi de se positionner sur leur participation au mouvement de contestation.Plusieurs autres actions se dérouleront dans les prochains jours, dont une manifestation organisée par des étudiants de l\u2019Université de Montréal mercredi à 13h30.Jeudi 15 mars à Montréal, les étudiants retourneront voir Rajunond Bachand afin de prendre le thé en sa compagnie, «si possible», ont-ils indiqué.Le Devoir Avee La Presse eanadienne Quatre inspecteurs de plus pour les 468 CHSLD LIA LEVESQUE Québec ajoutera quatre inspecteurs aux deux déjà en place pour évaluer les 468 CHSLD du Québec et ils devront non seulement manger la même nourriture que les résidents, lors de leur visite, mais la manger dans la même salle qu\u2019eux, afin d\u2019avoir une impression réelle de sa qualité.Et leur visite devra désormais se faire à l\u2019impro-viste, ont précisé hier le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, et sa collègue déléguée aux Services sociaux, Dominique Vien, au cours d\u2019une rencontre avec la presse dans un Centre d\u2019hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) du sud-ouest de Montréal.Les visites auront lieu aux 18 à 24 mois, un intervalle de temps voulu comme assez large afin que le passage des inspecteurs soit moins prévisible, a précisé le ministre de la Santé.Le ministre Bolduc a rejeté l\u2019idée de visiter les centres incognito.«La mentalité d\u2019espion dans les CHSLD, là, il faut s\u2019enlever ça de la tête.Les familles viennent voir les patients régulièrement.Il y a moyen de venir voir et de l\u2019évaluer de l\u2019extérieur.Quand vous créez cette culture d\u2019espionnage, vous n\u2019aidez pas les personnes âgées», a-t-il objecté.Avec les inspecteurs qui seront ajoutés et les personnes qui gravitaient déjà autour de l\u2019équipe d\u2019évaluation, ce sont au total de 40 à 50 personnes qui seront engagées dans le processus d\u2019évaluation, une équipe «plus robuste», au dire du ministre Bolduc.Une controverse a sévi durant plusieurs jours, la semaine dernière, après le dévoilement de rapports d\u2019inspection de CHSLD faisant état de cas de nourriture servie froide, de résidents qui avaient froid pendant des soins d\u2019hygiène, de manque de respect envers des personnes âgées.Les mesures annoncées coûteront 2,5 millions.Environ 39 000 personnes vivent dans les CHSLD du Québec.Québec consacre 3 milliards de dollars par année à ces centres.Réactions Les réactions des groupes intéressés sont diverses.Présent sur place, Paul BruneL du Conseil pour la protection des malades, revendique une plus grande écoute de ce que les résidents ont à dire.«Si les administrations écoutaient juste la moitié de ce que les comités de résidents ont à dire, ils régleraient beaucoup de problèmes qui, malheureusement, sont rendus dans les médias aujourd\u2019hui.» De son côté, TJ^sociation québécoise des retraités des secteurs public et parapublic a perçu la chose d\u2019un œil plutôt défavorable, déplorant le fait que seulement 460 des 773 recommandations visant les CHSLD évalués en 2010 et 2011 aient été complètement réalisées, selon le bilan publié par le ministère.L\u2019association s\u2019attarde au fait que cela constitue 59,5 %, ce qui ne donne pas la note de passage.Dans son Bilan du suivi des recommandations après les visites d\u2019appréciation de la qualité pour 2010-2011, publié la même journée que la conférence de presse, le gouvernement regroupe les recommandations «réalisées ou en cours de réalisation», ce qui donne plutôt un pourcentage de 97 %.L\u2019AQRP parle donc d\u2019un «bilan de complaisance».De son côté, l\u2019Association des retraités de l\u2019éducation et des autres services publics a bien reçu l\u2019ajout d\u2019inspecteurs et le fait que les visites soient désormais réalisées à l\u2019improviste.La Presse eanadienne A 4 LE DEVOIR LE MARDI 13 MARS 2012 ACTUALITES Chasse à la baleine Les militants animalistes crient victoire Les baleiniers japonais n\u2019ont atteint que le tiers de leur quota ALEXANDRE SHIELDS Pour une deuxième année consécutive, les actions des militants anti-chasse ont fortement perturbé la campagne rrienée par les baleiniers japonais en Antarctique.A tel point qu'ils ont harponné à peine le tiers des cétacés qu'ils comptaient mettre à mort L'Australie, opposée à cette chasse qualifiée de «scientifique» par Tokyo, a aussi réitéré son intention de poursuivre son action en justice pour forcer le Japon à y mettre fin.Les baleiniers, partis du Japon en décembre, ont ainsi capturé 266 petits rorquals et un rorqual commun, le deuxième plus gros animal vivant sur la planète.Or, Tokyo espérait bien remplir son quota d'environ 900 petits rorquals tués, ainsi que quelques dizaines de rorquals communs.Les cheptels de ces deux espèces observées chaque été dans le Saint-Laurent sont méconnus.Par voie de communiqué, l'Agence des pêches nippone a attribué ses insuccès à l'action des militants de l'organisation Sea Shepherd, fondée par le Canadien Paul Watson.«Les prises ont été inférieures à ce qui avait été prévu en raison des conditions climatiques et des actes de sabotage perpétrés par des militants, a-t-on fait valoir.Il y a eu incontestablement des campagnes de sabotage derrière ces chiffres.» Les animalistes, qui bénéficient de l'appui financier de nombreuses personnalités, ont poursuivi la flotte japonaise à bord de trois navires, dont le Bob Barker et le Brigitte Bardot.Ils ont attaqué les baleiniers en lançant des bombes puantes sur le pont ou en tentant de stopper leurs hélices de propulsion à l'aide de câbles.Par le passé, des navires des deux camps sont parfois entrés en collision.En janvier 2010, un bateau de la Sea Shepherd a même été coupé en deux par un baleinier.«Ça été une campagne couronnée de succès.Pas aussi bien que Van dernier, mais bien mieux que toutes les années passées», a commenté Paul Watson.Lan dernier, le Japon avait été contraint d'interrompre sa campagne après avoir tué 172 baleines.Le Japon prétend depuis des années qu'il mène une chasse dédiée à la «recherche scientifique», ce qui est autorisé par la Commission baleinière internationale (CEI).Mais soit les informations recueillies sur les carcasses sont déjà connues, soit elles peuvent être obtenues par des moyens non létaux.La viande des cétacés est par ailleurs vendue dans les supermarchés.Les pays protecteurs des baleines et les défenseurs de l'environnement dénoncent d'ailleurs cette pratique comme une chasse commerciale déguisée.L'Australie a même réaffirmé la semaine dernière son intention de poursuivre ses démarches en justice.«Les activités baleinières nip-pones sont contraires au droit international, a affirmé le gouvernement australien dans un communiqué.Cest pourquoi VAustralie a entamé et va poursuivre une plainte auprès de la Cour internationale de justice.Nos efforts visent à mettre fin pour de bon à la pèche baleinière dans VAntarctique.» Même si plusieurs espèces de cétacés fréquentent les eaux canadiennes, le Canada ne fait pas partie de la CEI.Le Devoir La Norvège part à la chasse Si le Japon utilise le prétexte d'une chasse «scientifique» pour justifier ses campagnes en Antarctique, la Norvège et l'Islande mettent aussi à mort des cétacés année après année.Les deux pays pratiquent d'ailleurs ouvertement une chasse commerciale, puisqu'ils ont refusé d'a4hérer au moratoire adopté par plusieurs Etats en 1986.Les deux pays ciblent des petits rorquals et des rorquals communs, deux espèces dont les cheptels sont méconnus.Oslo a d'ailleurs annoncé récemment avoir étendu ses zones de chasse dans l'Océan Arctique, après avoir constaté que les quotas fixés chaque n'étaient pas remplis.Le pays Scandinave espère ainsi harponner un total de 1286 rorquals cette année.Greenpeace a critiqué cette décision.«Au lieu de lui donner des carottes lui permettant de se maintenir en vie, le gouvernement serait mieux avisé d'organiser un démantèlement bien ordonné de l'activité baleinière», a déclaré récemment à l'Agence France-Presse un responsable norvégien du groupe écologiste.E N BREF Cheney estime que le Canada est trop dangereux pour lui Toronto \u2014 L'ancien vice-président américain Dick Cheney a annulé un discours qu'il devait donner ce printemps au Canada pour des raisons de sécurité.M.Cheney devrait prononcer une allocution sur son expérience à la Mai^on-Elanche et la situation politique actuelle aux Etats-Unis au Palais des congrès du Toronto métropolitain le 24 avril.Le promoteur de l'événement a expliqué que l'ex-politicien et sa fille Elizabeth avaient renoncé à leur visite à cause des manifestations tenues lors du passage de Dick Cheney à Vancouver l'automne dernier.Ils ont affirmé qu'il était préférable pour leur sécurité de ne pas se rendre en sol canadien.-La Presse canadienne ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Jean-Yves Blais, qui a survécu à un cancer du poumon, exige 105 000 $ pour chacun des 90 000 fumeurs frappé, d'un cancer (poumon, gorge ou larynx) ou d'emphysème.Recours collectif L\u2019industrie du tabac nie toute responsabilité « Ce qu\u2019on vend, c\u2019est de la dépendance.La dépendance, c\u2019est l'antithèse du choix», affirme l\u2019avocat d\u2019une requérante BRIAN MYLES industrie du tabac a rejeté en bloc toute for-' me de responsabilité civile à l'endroit des millions de fumeurs qui ont souffert de cancers ou de la dépendance à la nicotine hier lors de l'ouverture d'un procès en recours collectif qui pourrait lui coûter jusqu'à 27 milliards de dollars.Les trois géants du tabac ont déployé les gros canons pour faire rejeter deux recours collectifs qu'ils jugent mal fondés en droit.Imperial Tobacco est représenté notamment par Suzanne Côté, l'avocate du gouvernement lors de la commission Eastarache.Rothmans, Eenson&Hedges a retenu les services de Gérald Tremblay, ancien bâtonnier et chef de file en matière de recours collectif et litige commercial.Enfin, JTI-MacDo-nald est représenté par Guy Pratte, l'avocat de Jean Pelletier lors de la commission Gomery et des juges de la Cour du Québec lors de la commission Eastarache.D'entrée de jeu, Suzanne Côté a minimisé les risques associés au tabac dans ses remarques préliminaires au juge Erian Riordan.Certes, la cigarette peut causer une dépendance, mais il est aussi possible d'arrêter de fumer.A preuve, il y a plus de non-fumeurs que de fumeurs aujourd'hui, a-t-elle dit.Le fumeur dispose de son libre arbitre.S'il allume, c'est en toute connaissance de cause, car les risques sont largement connus du public depuis les années 1950, a enchaîné Mme Côté dans une salle bondée du palais de justice, où s'entassaient plus de 100 personnes.«L'industrie est légale et fortement réglementée», a-t-elle martelé, rappelant que le gouvernement fédéral avait supervisé progressivement, à partir des années 1930, toutes les étapes dans la production, la distribution et la mise en marché des cigarettes.Ses collègues ont repris des arguments similaires.Autant en matière de dépendance que de cancers, chaque cause est unique et elle mériterait la présentation d'une preuve sur une base individuelle, ont-ils avancé.Plus de 27 milliards Le recours collectif ne serait donc pas le bon véhicule procédural.Les victimes du tabac «ne jouent aucun rôle dans la pièce qu'on veut nous monter, même pas celui de figurant», a dénoncé Guy Pratte.Toute la cause repose sur les cas de figure des deux requérants, Cécilia Létourneau et Jean-Yves Elais.La première réclame 10 000 $ pour chacun des 1,78 million de fumeurs atteints comme elle de dépendance à la nicotine (17,8 milliards).Le second, qui a survécu à un cancer du poumon, exige 105 000 $ pour chacun des 90 000 fumeurs frappés d'un cancer (poumon, gorge ou larynx) ou d'emphysème (9,45 milliards).L'un des avocats de Cécilia Létourneau, Eruce Johnston, a vilipendé l'industrie pour avoir mis en marché un produit qu'elle savait nocif et dangereux tout en cherchant à banaliser ce risque ou à le nier.«Ce qu'on vend, c'est de la dépendance, a-t-il dit La dépendance, c'est l'antithèse du choix.» Son collègue André L'Espérance souhaite que ce procès marque un premier pas vers l'interdiction de la vente de cigarettes.l4s fabricants «font le commerce de la mort.Ils vendent un produit qui tue», a dit M\" L'Espérance, qui représente Jean-Yves Elais.En marge de ces audiences fort courues, les géants du tabac ont mis l'accent sur la liberté de choix des fumeurs, réitérant que les risques sont connus depuis longtemps dans leurs communiqués de presse respectifs.Imperial Tobacco a même assimilé à «une simple mainmise opportuniste» les deux recours collectifs et les diverses poursuites des gouvernements provinciaux pour récupérer les coûts de soins de santé.Le Devoir Une petite victoire (Tecilia Létourneau et Jean-Yves Elais ont entamé en 1998 leurs premières démarches pour intenter des recours collectifs contre les trois géants du tabac qui accaparent 98 % du marché de la vente de cigarette au Canada.Ils ont dû patienter sept ans avant que la Cour supérieure n'autorise les deux recours, en 2005, et un peu plus de sbc ans avant que la cause ne soit finalement mise au rôle, avec audition des témoins.Le grand rendez-vous d'hier, devant le juge de la (Aur supérieure Erian Riordan, marque donc pour eux une victoire avec un petit «v».Mme Létourneau, 65 ans, était soulagée.Avant d'intenter un recours collectif, elle avait poursuivi, sans succès, l'industrie du tabac aux petites créances en 1996.Elle s'est révoltée après s'être rendu compte qu'elle avait commencé à fumer, à l'âge de 19 ans, sans qu'on l'informe des risques.«La nicotine contenue dans la cigarette crée une dépendance, et ce n'est qu'aujourd'hui que j'arrive enfin à faire entendre mon point de vue et faire connaître à la population la vérité», a-t-elle expliqué.La dame a tenté à de multiples occasions d'arrêter de fumer.Chaque rechute a entraîné une baisse profonde de son estime de soi.Alcool et cigarettes Les préadolescents sont sensibles aux pressions sociales CAROLINE MONTPETIT Les préadolescents savent que fumer la cigarette et consommer de l'alcool sont des habitudes mauvaises pour la santé, mais ils sont aussi très sensibles aux arguments positifs qui favorisent cette consommation.Les jeunes sont particulièrement sensibles aux influences sociales dans ces domaines.C'est ce que montre une étude codirigée par des professeurs de l'Université Concordia et de l'Université de l'État de New York à Euffalo.Les auteurs de cette étude, Roisin O'Connor et Craig Col- der, concluent donc que «l'éventuel passage à l'acte» de ces jeunes «dépend fortement de l'image de consommation de drogues dressée par les médias ainsi que de la pression des pairs».Les chercheurs ont soumis 400 enfants âgés de 10 à 12 ans à un test informatique.Ceux-ci devaient associer des images de cigarettes et d'alcool à des mots positifs ou négatifs.Impulsivement et automatiquement, les enfants considéraient ces substances comme mauvaises, constatent les chercheurs.(Cependant, «ils peuvent très facilement surmonter leurs a priori et penser qu'elles sont bonnes dès qu'on leur demande de les associer à des mots positifs», constatent les chercheurs.Or, selon le professeur 0'(2onnor, le préadolescent ambivalent est le plus vulnérable aux pressions sociales.Selon elle, il n'est pas utile d'insister auprès de ces jeunes pour dire que ces substances sont mauvaises, car tout indique qu'ils le savent déjà.«Le problème n'est donc pas là, mais réside plutôt dans la probabilité que des facteurs externes les affranchissent de leur ambivalence et les poussent à consommer», dit-elle.Le Devoir Tribunal d\u2019appel américain La peine de prison d\u2019Ahmed Ressam jugée insuffisante Cet ex-Montréalais avait été condamné à 22 ans de prison pour complot terroriste San Francisco \u2014 Un tribunal d'appel américain a invalidé la peine de 22 ans de prison imposée au terroriste Ahmed Ressam, estimant qu'elle était «déraisonnablement clémente».La cour a tranché hier, à sept juges contre quatre, en faveur de l'appel sur la peine interjeté par le gouvernement américain, et a renvoyé l'affaire devant un juge fédéral à Seattle pour le prononcé d'une nouvelle sentence.Ressam avait été arrêté dans l'État de Washington en 1999 alors qu'il se rendait à l'aéroport international de Los Angeles afin de commettre un attentat à la bombe pour le passage à l'an 2000.Il a été reconnu coupable de neuf infractions criminelles.Ressam détenait un faux passeport canadien, mais son anxiété après avoir débarqué du tra-versier en provenance du Canada avait mené à une fouille de sa voiture louée.Les autorités avaient trouvé plus de 100 livres de produits chimiques, de même que des dispositifs pour déclencher des explosions et d'autres équipements, pouvant permettre la fabrication d'une bombe au nitrate.Le tribunal, dont les membres figurent parmi les juges les plus libéraux du pays, a déterminé que le complot de Ressam pour faire exploser l'aéroport le jour de l'an de 2000 était «horrible» et destiné à intimider la nation américaine et le monde.«Si Ahmed Ressam était parvenu à ses fins, LAX [acronyme de l'aéroport international de Los Angeles] serait entré dans notre vocabulaire au même titre que l'attentat d'Oklahoma City ou le 11-Septembre», mentionne la décision écrite par le juge Richard R Clifton.Le gouvernement avait prétendu que les lignes directrices pour l'imposition de sanctions prévoyaient plutôt une peine de 65 ans de prison.La peine de 22 ans avait été imposée puis confirmée par le même juge fédéral américain.Les enquêteurs affirment que Ressam avait fréquenté trois camps d'entraînement pour terroristes islamistes en Afghanistan entre mars 1998 et février 1999.Ressam avait habité à Montréal pendant un moment avant son arrestation.Associated Press Massacre de civils Un héritage mis en péril en Afghanistan MURRAY BREWSTER Ottawa \u2014 Ils sont arrivés avec l'intention de faire les choses différemment, de montrer un visage fort, mais bienveillant aux gens du district mouvementé de Panjwaii, dans le sud de l'Afghanistan.Mais le massacre de 16 civils, principalement des femmes et des enfants, la fin de semaine dernière, par un soldat arnéricain risque de détruire l'estime gagnée par les États-Unis et l'héritage fragile laissé par les (Canadiens au cours de leur mission de combat de cinq ans à Kandahar.Le 3e Eataillon du 21e régiment d'infanterie de l'armée américaine, basé en Alaska, a remplacé les Canadiens dans la région l'été dernier, permettant à Ottawa de mettre un terme à la mission, politiquement éprouvante.Toutefois, l'armée canadienne peine à définir l'héritage laissé en Afghanistan, ayant quitté une guerre inachevée qui a coûté des n^liards de dollars et, pendant cette période, 157 vies.Un soldat a depuis été tué à Kaboul dans le cadre de la mission d'entraînement qui a remplacé les opérations de combat La réputation de l'armée à Kandahar a été grandement bâtie grâce aux liens de confiance établis avec la population du Panjwaii, longtemps reconnue comme hostile aux étrangers.Des experts de la défense affirment que, même si le Canada a quitté la région depuis près d'un an, le souvenir du pays sera lié au massacre américain, qu'on le veuille ou non.«Pendant des années, le Canada s'est efforcé de tisser de bons liens au nom de la [Force internationale d'assistance à la sécurité] et avec les actions d'un seul soldat américain, tout cela est en danger», a estimé Walter Dorn, un professeur agrégé et directeur du département de sécurité et affaires internationales au Collège des Forces canadiennes.Des témoins ont raconté comment un soldat, chargé de la garde d'un poste avancé de l'armée américaine, s'était rendu dans les villages voisins de Ealandi et de Alokozi dans le milieu de la nuit, dimanche, pénétrant dans des maisons et tirant sur des habitants.«Cela n'améliorera certainement pas notre réputation, a déclaré le major-général à la retraite Lewis MacKenzie.By a beaucoup de projets, dans un secteur restreint, qui portent le drapeau canadien, tant littéralement que physiquement.» De son côté, le ministre de la Défense, Peter MacKay, garde l'espoir que les Afghans se souviendront que les Occidentaux essayaient de les aider.«Je crois que ce qu'il faut surtout, c'est de la perspective», a déclaré M.MacKay hier, en entrevue avec La Presse canadienne.La Presse canadienne LE DEVOIR LE MARDI IS MARS 2012 A 5 ACTUALITES TORONTO En cour pour forcer le maire Rob Ford à démissionner COLIN PERKEL Toronto \u2014 Le maire de Toronto, Rob Ford, devrait démissionner et se tenir à l\u2019écart de la politique municipale pendant sept ans pour avoir enfreint la loi qui régit les conflits d\u2019intérêts.Dans une requête présentée hier devant la Cour supérieure de l\u2019Ontario, le citoyen Paul Madger soutient que le maire a participé à un débat et à un vote au conseil municipal sur un sujet qui concernait directement ses propres intérêts financiers.La question avait déjà été abordée il y a près de deux ans lorsque Rob Ford, qui était alors conseiller municipal, avait utilisé le papier à en-tête de son bureau afin de solliciter des donateurs pour sa fondation privée qui vient en aide aux jeunes.En 2010, la commissaire à l\u2019intégrité de Toronto, Janet Lei-per, avait conclu que M.Ford avait violé le code de conduite des conseillers municipaux.Elle avait alors recommandé que le conseiller remboruse les dons de 3150 $, dont certains avaient été versés par des lob-byistes qui faisaient des affaires avec la Ville.Le conseil municipal avait entériné la sanction suggérée par Mme Leiper, et adopté une résolution en ce sens.Rob Ford n\u2019a toutefois jamais rendu l\u2019argent, en dépit de la demi-douzaine de lettres que lui a adressées la commissaire.En février, le conseil est revenu sru le sujet à la demande de Janet Leiper, mais a cette fois décidé que M.Ford n\u2019avait pas à remboruser les dons.Le principal intéressé a affirmé que, de toute façon, l\u2019argent avait déjà été dépensé par la Rob Ford Football Foundation, un organisme caritatif privé qui finance des programmes de football dans les écoles secondaires de Toronto.D\u2019après la requête déposée en Cour supérieure, le maire a enfreint la Loi sur les conflits d\u2019intérêts municipaux de l\u2019Ontario en prenant part aux discussions et en votant.M.Madger a confié le dossier au réputé avocat Clayton Ruby.La première audience devrait avoir lieu le 23 mars.Rob Ford n\u2019était pas disponible pour discuter de l\u2019affaire hier.Son porte-parole, Chris Christopoulos, a toutefois affirmé que le conseil avait réglé le problème et que le cabinet du maire n\u2019avait pas d\u2019autres commentaires à faire.La Presse eanadienne EN BREF Ontario: des billets de loterie en ligne Toronto \u2014 Les Ontariens pourront bientôt acheter des billets de loterie en ligne ou dans leur grand magasin lavori, en plus de pouvoir tenter leur chance dans un nouveau casino qui sera érigé dans la région de Toronto, dans le cadre d\u2019un plan sur six ans visant à renflouer les coffres de la province.Le gouvernement libéral, qui fait lace à un déficit de 16 rnilliards de dollars cette année, a donné le feu vert, hier, au plan de la Société des loteries et des jeux de l\u2019Ontario poru «moderniser» l\u2019industrie du jeu, et permettre à la province d\u2019encaisser 1,3 milliarçl de plus par année.La société d\u2019Etat compte vendre des billets de loterie sur Internet et aux caisses des supermarchés et des grandes srulaces, plutôt qu\u2019à des comptoirs spécialisés.De plus, des salles de machines à sous pourront être installées ailleurs que dans les hippodromes, ce qui porurait entraîner des milliers de pertes d\u2019emplois.L\u2019Ontario devait moderniser cette industrie puisque les sites de jeu en li^e et la forte baisse de ja cir-oïlation en provenance des Etats-Unis minent les revenus de Société des loteries et des jeux de l\u2019Ontario.- La Presse canadienne ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le ministre des Affaires municipaies, Laurent Lessard, ie maire de Montréai, Géraid Trembiay, et ia présidente du Conseii du trésor, Micheiie Courchesne, étaient visibiement heureux d\u2019officiaiiser ie PMAD.Plan métropolitain d\u2019aménagement et de développement Feu vert au nouveau plan Géraid Tremblay se réjouit de voir la banlieue et la ville unifiées JEANNE CORRIVEAU Québec a donné son approbation au Plan métropolitain d\u2019aménagement et de développement (PMAD) que les élus de la région de Montréal avaient adopté en décembre dernier.Cette bénédiction officielle marque l\u2019entrée en vigueur du plan qui encadrera le développement urbain pour les vingt prochaines années.«Une page d\u2019histoire s\u2019écrit aujourd\u2019hui», a soutenu le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, qui était de passage à Montréal hier pour souligner l\u2019événement en compagnie de la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, et d\u2019une brochette d\u2019élus, parmi lesquels les maires Géraid Tremblay, de Montréal, Gilles Vaillancourt, de Laval, et Caroline St-Hilaire, de Longueuil.Le PMAD fixe les balises du développement de territoire pour les deux prochaines décennies selon trois grands axes, soit la densification cubaine aux abords des réseaux de transport, le développement du transport collectif et la protection d\u2019espaces verts.Cet exercice, qui a été achevé plus de dix ans après la création de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMMG ne s\u2019est pas réalisé sans grincements de dents, les villes des couronnes nord et sud étant les plus réfractaires à l\u2019imposition de contraintes de développement.Mais la majorité des 82 maires de la région ont finalement adhéré au projet, comme l\u2019a rappelé avec enthousiasme Géraid Tremblay lors d\u2019une conférence de presse hier après-midi.«Le 450 et le 514 n\u2019existent plus de la même façon qu\u2019avant.[.] C\u2019est la première fois dans l\u2019histoire du Québec qu\u2019on parle d\u2019une seule voix.N\u2019essayez pas de nous diviser [.], on est unis et on va rester unis, a-t-il lancé.Ne créez pas de la zizanie.Vous n\u2019avez rien vu encore.» Les environnementalistes ont accueilli favorablement l\u2019entrée en vigueur du PMAD, mais ils ont plaidé pour une grande vigilance dans son application.«On jette les bases d\u2019une petite révolution avec l\u2019adoption de ce plan- Vers une densification urbaine Le territoire du Grand Montréal couvre 4360 kilomètres carrés et compte, à l\u2019heure actuelle, une population de 3,7 millions de personnes.Selon les prévisions démographiques, 320 000 nouveaux ménages devraient s\u2019installer dans la région d\u2019ici 2031, soit plus d\u2019un demi-million de personnes.Le Plan métropolitain d\u2019aménagement et de développement (PMAD) prône une densification urbaine avec la création de quartiers de type TOD (Transit Oriented Develop- ment) autolu des grands axes de transport collectif afin d\u2019accueillir 40 % de la croissance démographique.Ce taux porurait à terme s\u2019élever à 60%.Le PMAD fixe à 17 % du territoire les objectifs de protection des milieux naturels, qui incluent des bois métropolitains, des corridors forestiers et des milieux humides.En matière de mobilité, le plan vise à faire passer de 25 % à 35 % la part modale du transport en commun dans la région de Montréal d\u2019ici 20 ans.Camps d\u2019été 2^12 DEPUIS 1983 CAMPS EN ANGLAIS Pour étudiants de 7 à 17 ans Centre-ville de Montréal et Toronto Camp de jour et résidence www.mwscannps.com Pour information: à Toronto: (416) 921-6998 à Montréal: (514) 531-4193 office@mwscamps.com là.Dans les mentalités, la façon de penser le développement urbain et le rôle du transport en commun, on vient de changer de registre, a reconnu Steven Guil-beault, coqrdonnateur général adjoint d\u2019Equiterre.Est-ce que tout est réglé?Non, il faut maintenant le mettre en oeuvre et s\u2019assurer qu\u2019on a les moyens de nos ambitions, notamment au niveau du financement du transport en commun.» Car la question du transport, au cœur du PMAD, suscite bien des interrogations.«Si le ministère des Transports du Québec continue à investir dans l\u2019expansion du réseau routier supérieur, l\u2019objectif de freiner l\u2019éparpillement urbain demeurera un vœu pieux», a prévenu le directeur général du Centre d\u2019écologie urbaine de Montréal, Luc Rabouin.La CMM a d\u2019ailleurs dressé une liste de projets de transport en commun totalisant 23 milliards de dollars qu\u2019elle souhaite concrétiser, mais leur financement reste à déterminer.Des consultations à ce sujet auront lieu au cours des prochains mois.Tout en se réjouissant de la création d\u2019une trame verte et bleue, la Fondation David Suzuki a tout de même déploré qu\u2019un gel du territoire agricole n\u2019ait pas été décrété pour les vingt prochaines années.Le Devoir Compteurs intelligents Des pertes de ^ pour Hydro-Québec MARCO BELAIR-CIRINO En plus d\u2019entraîner la mise à pied d\u2019un millier de personnes, le projet d\u2019implantation des compteurs à lecture à distance ferait perdre au bas mot 100 millions de dollars sur 20 ans à Hydro-Québec, ont dénoncé la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et le Syndicat canadien de la fonction publique (SÇFP) hier.La société d\u2019Etat risque de sombrer dans un gouffre financier plutôt que d\u2019engranger des économies de 289 millions de dollars sur deux décennies comme elle le prétend, conclut une étude du service de la recherche du SCFR Hydro Québec devra ainsi installer deux fois plus de compteurs à lecture à distance que prévu sur 20 ans puisque les appareils ont une durée de vie de 15 ans, selon l\u2019économiste Pierre-Guy Sylvestre.«Sur une période de 20 ans si votre compteur dure 15 ans, la 16e année, il faut que je remplace ceux que fai installés la première année», résumait hier Guy Poirier du Syndicat des employés de techniques professionnelles et de bureau d\u2019Hy-dro-Québec (SCFP-2000).11 n\u2019en fallait pas plus pour que la FTQ et le SCFP réitèrent leur demande auprès dp la direction de la société d\u2019Etat de renoncer à son projet et, si elle reste sourde à leur demande, les leaders syndicaux exhortent le gouvernement du Québec à lui forcer la main.«Il est insensé qu\u2019Hydro-Qué-bec continue à porter ce projet non rentable qui sera néfaste pour l\u2019économie québécoise.Nous arrivons à la conclusion que le remplacement des compteurs serait minimalement plus cher de 104 millions de dollars sur 20 ans que la méthode de re- lève actuelle», a déclaré la présidente du SCFP-2000, Ginette Paul.«Si ce projet se réalise, nous nous trouverions à sacrifier inutilement près de 1000 emplois de qualité tout en mettant à risque notre facture d\u2019électricité et en gaspillant de l\u2019équipement encore bon pour plusieurs années», a-t-elle ajouté.(Jette dernière salve s^dicale fait suite aux préoccupations sru les effets sru la santé exprimées au cours des dernières semaines.Environ 200 personnes pressaient Hydro-Québec d\u2019abandonner son projet d\u2019installation de millions de compteurs «intelligents» en raison du risque qu\u2019ils feraient courir à la santé publique, il y a un mois, lors de manifestations organisées simultanément par la (Joalition québécoise de lutte contre la pollution électromagnétique (CQLPE) à Montréal, à Québec et à Sherbrooke.«L\u2019imposition des compteurs intelligents est une grave atteinte à notre liberté de choix.Les radiations électromagnétiques émises par ces compteurs représentent un risque pour la santé publique», frisait valoir le porte-parole de la CQLPE, José Lévesque, devant des dizaines de manifestants réunis devant Je siège social de la société d\u2019Etat à Montréal.«Ce projet est socialement rejeté par la population», a souligné hier la présidente du SCFP-Québec, Lucie Levasseur, s\u2019appuyant sur les quelque 17 000 courriels d\u2019opposition qui ont été transmis à la Régie de l\u2019énergie et les deux pétitions appuyées par 13 000 personnes déposées à l\u2019Assemblée nationale contre ce projet.Les audiences publiques de la Régie de l\u2019énergie sur le projet de remplacement des compteurs d\u2019Hydro-Québec s\u2019amorceront lundi prochain.Le Devoir VIrms kWh iphi«)3nis Mjh 4BkW Type FOCUS AXR-SD fy 2S 2.aXiA 24011 TAS) SOHzKs 7.3 HYDRO-QUÉBEC G9SJ-1234667 G9SJ123456)' SAP 1143271 123 45e 783 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Landis+Gyr PAT55TH5DHG L\u2019implantation des nouveaux contestée par les syndiqués.JACQUES NADEAU LE DEVOIR compteurs hydroélectriques est La Barbade, de la mer des Caraïbes jusqu\u2019aux bars à rhum cahier Plamrs Les clowns belges de la compagnie OKIDOK s\u2019amènent à la Tobu cauer cumre .1 (' (1\t\\ I 1 Sida ; trente ans plus tard, les choses ont changé CaUer Livres T^mïsîeT^aR^delaliberté Pour annoncer dans œ regroupement, contactez Isabelle Sanchez au 514 985-34^ ou à isaiichez@ledevoir.coni LE DEVOIE installe DOfitiû MDëvoir.ÜSIW ÉCOSOMTP sPOar^ \u201e\t\u2014- -\tbFngrg aRtdevi\u2019Vre '\"«rtïons fle vote '\u2019\u2018^«Déeois à 6gai\u201e6 j,,\t.'tcrt.4c.fres 5PÉCMLX UNNEMBKts |IR0GEBS_5; LE DEVOIR corn ACTUALITES François Desjardins\tÉconomie / Actualités 22 décembre 2011 économiQoes .conom yu^ fédérale de Commission\tne tranche 7172 A 6 LE DEVOIR, LE MARDI IS MARS 2012 LE MONDE Quatrième jour de violence entre Israël et Gaza Gaza \u2014 Israël a lancé hier de nouvelles frappes aériennes sur la bande de Gaza d\u2019où des Palestiniens ont continué à tiref des roquettes sur le sud de l\u2019État hébreu, lors d\u2019un quatrième jour de violences qui ont fait en tout 23 morts, dont cinq civils, côté palestinien et 77 blessés, dont trois Israéliens.Les attaques aériennes israé-liennes d\u2019hier ont tué deux activistes palestiniens, un vieil homme et sa fille, rapportait-on de sources médicales.Un adolescent palestinien de 15 ans est mort lors d\u2019une explosion, causée selon les Palestiniens par un missile israélien.Tsahal a démenti être l\u2019origine du tir.Plus de 30 Palestiniens ont été blessés lors d\u2019une frappe aérienne visant le domicile du commandant du djihad islamique dans la bande de Gaza, lequel a «échappé à une tentative d\u2019assassinat», d\u2019après le mouvement islamiste.Une trentaine de roquettes, dont sept ont été interceptées par le système anti-missile Dome de fer, ont visé Israël, ne faisant aucune victime, a dit la pobce.L\u2019armée israélienne souligne que ses forces aériennes ont dû bombarder à plusierus reprises la bande de Gaza druant la nuit en f eprésailles à ces tirs.A rONU, le secrétaire général des Nations unies.Ban Ki-moon, s\u2019est déclaré «gravement préoccupé» par ce nouveau cycle de violences entre Israjel et Gaza.«Une fois de plus, des civils en paient un prix terrible», a-t-il dit lors d\u2019une réunion du Conseil de sécruité sur la situation au Proche-Orient.Un responsable palestinien I A A Un immeuble détruit lors d\u2019un raid aérien israélien à Jabalya.proche des médiations en cours a indiqué à Reuters qu\u2019Israël avait accepté de respecter un cessez-le-feu à minuit.Mais le djihad islamique, responsable de la plupart des tirs de roquettes, conditionne toute trêve à la fin des tentatives d\u2019assassinats.«Si les tirs de Qassam [des roquettes] cessent, alors les forces de défense israéliennes arrêteront, mais les forces de défense israéliennes continueront de contrecarrer toute tentative d\u2019attaque terroriste», a prévenu le porte-parole de l\u2019armée, le général Yoav Mordechai, à Radio Israël, qui a confirmé l\u2019existen- ce de contacts avec des médiateurs ég5q)tiens pour aboutir à une trêve.Ismaïl Haniyeh, chef du Hamas dans la bande de Gaza, p.déclaré dimanche soir que l\u2019Égypte tentait une médiation popr mettre fin à ces violences.L\u2019Égypte négocie notamment avec les mouvements palestiniens, mais Ismaïl Haniyeh a déclaré qu\u2019Israël devait au préalable cesser ses bombardements sur Gaza.Le mjnistre israében de la Défense, Éhoud Barak, a prévenu que les violences risquaient de durer encore plusierus jours.Son homologue de l\u2019Inté- SUHAIB SALEM REUTERS rieur, Eli Yishai, membre de la garde rapprochée du chef du gouvernement.Benjamin Nétanyahou, a souligné pour sa part (pvi «Israël n\u2019a pas envie d\u2019une escalade».«Israël n\u2019a pas envie de frapper des innocents.Israël est totalement opposé à cela», a-t-il dit à l\u2019antenne de la radio de l\u2019armée.«Pour l\u2019instant, [les hostilités] sont de cette ampleur.Mais s\u2019il s\u2019avère qu\u2019elles se prolongent, alors il ne fait aucun doute qu\u2019un coup puissant, douloureux sera porté afin qu\u2019elles ne se poursuivent pas», a-t-il ajouté.Reuters 670 exécutions en Iran en 2011 Genève \u2014 Six cent soixante-dix personnes ont été exécutées en Iran l\u2019année dernière, la plupart d\u2019entre elles poru des débts bés à la drogue qui, au regard du droit international, ne méritaient pas la peine de mort, a déclaré hier un enquêteiu des Nations unies.Ahmed Shaheed, qui est un ancien ministre des Affaires étrangères des Maldives, a fait état également d\u2019un large spectre de violations des droits de la personne en Iran, allant des atteintes aux minorités à la persécution des homosexuels et des sjmdicalistes.Shaheed présentait son premier rapport devant le Conseil des droits de l\u2019homme de l\u2019ONU sur la situation des droits en Iran depuis sa nomination l\u2019année dernière.Selon les chiffres présentés dans le rapport, au 31 décembre, 421 exécutions avaient été annoncées, et 249 autres tenues secrètes et signalées à Shaheed par des sources en Iran et en dehors de ce pays.Plus de 20 exécutions ont en lieu pour des délits de blasphème et autres offenses envers l\u2019islam, a-t-il dit L\u2019Ifan compte, avec la Chine et les États-Unis, parmi les pays qui pratiquent le plus grand nombre d\u2019exécutions.Reuters EN BREF Salvador: la gauche moins populaire San Salvador\u2014 La gauche au pouvoir au Salvador depuis 2009, poru la première fois depuis la fin de la guerre civile en 1992, a perdu dimanche les élections législatives, sanctioimée poru son manque de résultats dans le domaine économique et de la sécruité, selon des obser-vaterus.Selon des résultats non définitifs diffusés hier, l\u2019ex-guérilla du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN) a obtenu 31 des 84 sièges du Parlement monocaméral élu poru trois ans, perdant quatre sièges.En revanche, l\u2019opposition de l\u2019Alliance répubHcaine nationaliste (Arena, droite) progresse, à 33 sièges.-AFP Primaires en Alabama et au Mississippi Mitt Romney devant le défi de l\u2019Amérique profonde DONNA FRANCAVILLA Birmingham \u2014 Le modéré Mitt Romney défend son statut de favori dans la course républicaine à la Maison-Blanche, avant les primaires aujourd\u2019hui du Mississjppi et de l\u2019Alabama, deux États du «Vierrx Sud».L\u2019ex-gouverneur du Massachusetts fait la course en tête après avoir raflé environ 40 % des 1144 délégués nécessaires pour obtenir l\u2019investiture du parti.Face à lui.Newt Gingrich et Rick Santorum tentent de s\u2019imposer chacun comme le seul garant des valeurs ultra-conservatrices.Et à mesure que leur duel se poursuit, M.Romney se rapproche peu à peu de l\u2019investiture.Les trois principaux candidats sont confiants dans leurs chances d\u2019emporter la désignation du parti pour affronter le président sortant, Barack Obama, à la présidentielle du 6 novembre.M.Romney estime que tout est déjà joué, M.Santorum assure qu\u2019il s\u2019agit désormais d\u2019un duel entre lui et le candidat modéré tandis que M.Gingrich a mis tout ses espoirs sur le Mississippi et l\u2019Alabama.É\u2019ancien président de la Chambre des représentants, homme du Sud, n\u2019a pour l\u2019heure remporté que la Géorgie et Iq Caroline du Sud, sur les 26 États où ont eu lieu des primaires et des caucus, depuis janvier.M.Gingrich va tenter d\u2019arracher deux victoires qu\u2019il qualifie lui-même à\u2019 «Impératives».A en croire le sénateur républicain Lindsey Graham, «mathématiquement, tout est déjà pratiquement fini».«Si Romney s\u2019en tire bien, s\u2019il gagne soit le Mississippi soit l\u2019Alabama et qu\u2019il gagne l\u2019Illinois [le 20 mars], fc pense qu\u2019il est virtuellement impossible que [les primaires] se poursuivent au-delà du mois de mai», a dit M.Graham sur la chaîne ABC dimanche.Mais ni Rick Santorum, ni Newt Gingrich ne sont prêts à jeter l\u2019éponge.Rick Santorum, fervent ca- KEITH NICAISE REUTERS Mitt Romney en campagne hier en Alabama.tholique, s\u2019est adjugé samedi 51 % des voix lors,des caucus du Kansas, un État rural au cœur de l\u2019Amérique ultra-conservatrice.Les trois hommes, qui ont fait campagne sans relâche dans le «Vieux Sud», sont dans un mouchoir de poche dans le Mississippi et l\u2019Alaba-ma, avec un léger avantage pour Mitt Romney, selon les derniers sondages.Dans le Mississippi, Newt Gingrich (33 %) mène d\u2019une courte tête devant Mitt Romney (31 %) et Rick Santorum (27 %), selon un sondage publié dimanche par l\u2019institut PPP.Mais un sondage Rasmussen de la semaine dernière place M.Romney en tête.Dans l\u2019Alabama, M.Romney est en tête avec 31 % des intentions de vote talonné par Newt Gingrich (30 %) et Rick Santorum (29 %).À ce jour, M.Rpmney a remporté 17 des 26 États ou territoires qui ont déjà organisé leurs consultations contre sept poru Rick Santorum, deux pour Newt Gingrich et aucun poru le candidat conservateur isola-tioimiste Ron Paul.Au total, M.Romney a engrangé 455 délégués, contre 199 pour M.Santorum, 117 pour Newt Gingrich et 64 pour M.Paul.Face à une bataille qui s\u2019éternise côté républicains, les partisans du président démocrate Barack Obama se réjouissent.Mais ils doivent eux aussi faire face à leur propres difficultés.En effet, selon un sondage paru dimanche, la cote de popularité du président Obama est tombée sous les 50 % en raison de la hausse des prix du carburant.Agence France-Presse AFGHANISTAN Une douloureuse bavure LUC MATHIEU La population perd patience devant l\u2019ignorance des forces étrangères.» L\u2019avertissement n\u2019émane pas des talibans, mais de la chambre basse du Parlement afghan.Il intervient au lendemain du massacre perpétré par un soldat américain qui a tué, dans la nuit de samedi à dimanche, 16 civils, dont 9 enfants et 3 femmes, dans la province de Kandahar.Même s\u2019ils n\u2019ont aucune chance d\u2019être entendus, les parlementaires ont exigé hier un procès public, en Afghanistan, de l\u2019auteur de la tuerie.Sans surprise, les talibans ont, de leur côté, annoncé qu\u2019ils «se vengeront» de «chacun des morts» tués par «les sauvages malades mentaux américains».L\u2019appel au calme lancé par les chefs de tribus de la province de Kandahar semble toutefois avoir été entendu, aucune manifestation n\u2019ayant été signalée hier dans le sud afghan.Mais cette nouvelle bavure affaiblit encore un peu plus l\u2019image de l\u2019armée américaine et de l\u2019OTAN dont la stratégie reste de «gagner les coeurs et les esprits» de la population.Le mois dernier, le pays avait été traversé par de violentes manifestations après la crémation d\u2019exemplaires du Coran sur la base de Bagram, au nord de Kaboul.En janvier, la population avait été ulcérée par la diffusion d\u2019une vidéo montrant des soldats américains urinant sur des cadavres d\u2019insurgés.«Cela fait un incident par mois depuis le début de l\u2019année.Le capital de sympathie de l\u2019armée américaine auprès de la population afghane a été définitivement dilapidé», explique Gilles Dor-ronsoro, spécialiste de l\u2019Afghanistan et professeur à Paris 1.La tuerie de dimanche risque également d\u2019éroder le soutien des populations occidentales à une guerre entamée au lende- « Cela fait un incident par mois depuis le début de l\u2019année » main du 11 septembre 2001.Selon un sondage publié hier par ABC News et le Washington Post, 60 % des Américains estiment que la guerre en Afghanistan n\u2019en vaut pas la peine.«Il est hautement probable qu\u2019un nombre considérable de jeunes Américains ont perdu la vie ou ont été blessés dans le cadre d\u2019une mission dont nous allons découvrir qu\u2019elle est impossible à remplir», a ajouté Newt Gringrich, ancien président de la Chambre des représentants et candidat à l\u2019investiture républicaine.Vu de Washington, ce nouvel incident est d\u2019autant plus grave qu\u2019il intervient alors que le partenariat stratégique avec Kaboul n\u2019est toujours pas signé.Entamées depuis plusieurs mois, les négociations doivent fixer le cadre de la présence américaine dans le pays après le départ des troupes combattantes, programmé en 2014.Les Américains souhaitent conserver 15 000 hommes, répartis dans plusieurs bases, dont Bagram.«Le principe est de tenter de sanctuariser Kaboul et le nord du pays face au retour attendu des talibans dans le sud et l\u2019est», explique Gilles Dorronsoro.En contrepartie, Kaboul demande à récupérer le contrôle de la prison de Parwan, surnommée le «Guantânamo afghan» et gérée par les Américains.Une exigence qui devrait être satisfaite d\u2019ici six mois, selon un accord signé en fin de semaine dernière.Les négociations achoppent en revanche sur le montant des compensations financières que Washington devra verser à Kaboul pour conserver des bases sur le territoire afghan.L\u2019armée américaine refuse enfin de cesser les raids de nuit de ses forces spéciales, comme le réclame le gouvernement afghan depuis plusierus années.Libération Un document qui lierait Sarkozy à Kadhafi en 2007 remis à la justice Paris \u2014 Un document semblant étayer la thèse d\u2019un financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007 par le défunt dirigeant libyen Mouammar Kadhafi figure au dossier d\u2019une enquête judiciaire, mais aucune preuve ne l\u2019authentifie.Publiée par le site Internet Me-diapart, cette note a été rédigée par im témoin devenu enquêteiu privé, Jean-Charles Brisard, qui rapporte les supposés propos d\u2019un deuxième homme, lui-même censé avoir eu connaissance d\u2019un versement de 50 millions d\u2019euros par le régime Kadhafi.L\u2019équipe de campagne de Nicolas Sarkozy ne souhaite pas commenter le document.«Ça fait des mois et maintenant des années que les uns, les autres cherchent à faire des déclarations fracassantes sans jamais d\u2019ailleurs pouvoir rien prouver, ew essayant d\u2019atteindre le chef de l\u2019Etat dans une affaire qui ne le concerne pas», a dit hier Nathalie Koscius-ko-Morizef porte-parole du candidat Sarkozy.L\u2019équipe du candidat socialiste, François Hollande, n\u2019a pas souhaité commenter l\u2019affaire.«Chacun a pu légitimement s\u2019étonner des conditions dans lesquelles Kadhafi avait été reçu par l\u2019actuel pouvoir il y a de cela encore peu de temps», a-t-il dit.Le document en question a été versé en octobre au dossier de l\u2019enquête sur un attentat ayant tué 11 Français à Karachi, au Pakistan en 2002, affaire derrière laquelle se profile une supposée corruption en marge de la présidentielle de 1995.Mis en examen dans ce dossier, pour son rôle dans la supposée corruption, l\u2019homme d\u2019af- faires libanais Ziad Takieddine a joué par la suite un rôle d\u2019intermédiaire économique entre la Libye et la France à l\u2019époque où Kadhafi était en place, jusqu\u2019à l\u2019insurrection qui devait conduire à sa mort le 20 octobre.La note publiée par Mediaparf datée du 20 décembre 2006, rai> porte de supposés propos de Didier Grosskopf, l\u2019ancien médecin personnel de Ziad Takieddine, qui l\u2019a accompagné à plusieurs reprises en Libye et l\u2019accuserait d\u2019avoir fait financer la campagne de Nicolas Sarkozy.Il y est question de Brice Hor-tefeux, du fils de Mouammar Kadhafi, Saïf al-Islam, et de comptes offshore, mais rien n\u2019authentifie cette note.Ziad Takieddine, qui a revendiqué cette semaine un rôle d\u2019intermédiaire en Libye dans un livre intitulé «L\u2019ami encombrant», dément tout financement de la campagne Sarkozy.Mediapart «est le site le plus menteur qui puisse exister dans toutes les civilisations.Jamais, au grand jamais, je ne peux dire qu\u2019il y ait quelque chose dans ce style qui se soit passé, même pour le moindre centime», a-fil dit sur France 24.En mars 2011, au début de l\u2019intervention militaire pilotée par la France et le Royaume-Uni en Libye, Salf al-Islam avait mis en cause Nicolas Sarkozy dans un entretien à Euronews.«Il faut que Sarkozy rende l\u2019argent qu\u2019il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale.C\u2019est nous qui avons financé sa campagne, et nous en avons la preuve.Nous sommes prêts à tout révéler», avait-il dit Reuters LE DEVOIR LE MARDI IS MARS 2012 A 7 LE MONDE Des familles quittent la ville Syrie : « massacre » de dizaines de femmes et d^enfants à Homs Une cinquantaine de corps de femmes et d\u2019enfants carbonisés, égorgés ou poignardés ont été découverts à Homs, dans le centre de la Syrie, un «massacre» attribué par des militants aux forces gouvernementales et par la télévision officielle à des «gangs terroristes».L\u2019opposition a appelé à une «intervention militaire internationale et arabe urgente» alors qu\u2019au Conseil de sécurité de rONU, les,chefs de la diplomatie des Etats-Unis et d\u2019Europe d\u2019une part et de la Russie de l\u2019autre continuaient d\u2019afficher leurs divergences sur la situation en Sju\u2019ie.Des photos et vidéos diffusées par des militants syriens montrent des enfants à la tête ensanglantée et au visage mutilé, ainsi que des corps complètement carbonisés, égorgés ou poignardés dans ce haut lieu de la contestation populaire repris à 70 % par l\u2019armée après des assauts sanglants.«Les corps d\u2019au moins 26 enfants et 21 femmes ont été retrouvés dans les quartiers de Karm al-Zeitoun et Al-Adawiyé, dont certains égorgés, d\u2019autres poignardés, par les chabbiha», les milices pro-régime qui participent à la répression au côté de l\u2019armée, a dite militant Hadi Abdallah, membre de la Commission générale de la révolution syrienne.Des centaines de familles ont ensuite fui notamment Karm al-Zeitoun «par crainte de nouveaux massacres», selon l\u2019Observatoire sju\u2019ien des droits de l\u2019homme (OSDH).Une cinquantaine de familles syriennes ayant fui la ville de Homs depuis dimanche après avoir eu vent du «massacre» se sont réfugiées à Tripoli, la grande ville du nord du Liban, a indiqué un militant syrien sur place.«Cinquante familles sont arrivées à Tripoli et ses environs après avoir fui Homs entre hier [dimanche] et aujourd\u2019hui.Elles ont fui après avoir entendu parler du massacre de Homs», a indiqué Ahmad Moussa, porte-parole du Comité des réfugiés syriens au Liban.«Des centaines de familles ont fui Homs dans la nuit, notamment le quartier de Karm al-Zei-toun, par crainte de nouveaux massacres par les forces du régi- MSliS û 'ï\tJ* AFIF DIAB REUTERS Ces jeunes enfants syriens ont fui Idiib pour se réfugier au Liban.me» et «beaucoup ont passé la nuit en plein air», selon l\u2019Observatoire syrien des droits de l\u2019Homme (OSDH).Les Comités locaux de coordination 0-CC), qui animent la mobilisation contre le régime du président Bachar al-Assad sur le terrain, ont appelé à une journée de deuil aujourd\u2019hui à travers la Syrie, avec notamment la fermeture des commerces, des écoles, des universités et des routes.Mais le ministre syrien de l\u2019Information a accusé «les gangs terroristes» d\u2019avoir perpétré le massacre «en vue de susciter des réactions internationales contre la Syrie».11 a par ailleurs accusé l\u2019Arabie Saoudite et le Qatar, pays critiques de Damas, d\u2019être «complices» de ces «gangs».Par ailleurs, le Conseil national sju\u2019ien (CNS), la principale formation de l\u2019opposition, a appelé dans un communiqué «à une intervention militaire internationale et arabe urgente», à la mise en place «d\u2019une zone d\u2019exclusion aérienne» et à des «frappes» contre l\u2019appareil militaire du régime syrien.L\u2019émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe.Kofi Annan, a quitté Damas dimanche à l\u2019issue d\u2019une visite de deux jours après avoir présenté à M.Assad une «série de propositions concrètes» en vue d\u2019arrêter le bain de sang.«La mort de civils doit s\u2019arrêter maintenant», a-t-il déclaré hier à Ankara.Entre-temps, sur le terrain, l\u2019armée syrienne a repris ses bombardements sur les quartiers rebelles d\u2019idleb qui échappent toujorus à son contrôle, selon l\u2019OSDH.Au moins 18 personnes ont péri lundi dans les violences à travers le pays.Agence France-Presse L\u2019ONU évoque un « châtiment collectif » Genève \u2014 Les autorités syriennes ont soumis des civils à des punitions collectives et leurs forces sont accusées d\u2019avoir commis des exécutions et des arrestations massives dans la grande ville de Homs, ont déclaré hier des enquêteurs des Nations unies.Le chef des enquêteurs, Paulo Pinheiro, qui s\u2019exprimait devant le Conseil des droits de l\u2019homme des Nations unies à Genève, a ajouté que les responsables de tels crimes, qu\u2019il n\u2019a pas nommés, devraient en répondre devant Injustice.Les trois membres de la commission d\u2019enquête de l\u2019ONU sur la Sjuie avaient déclaré en février avoir dressé une liste confidentielle de suspects de crimes contre l\u2019humanité, en vue de futures poursuites.«Ceux qui ont fui le quartier [de Bab Amro] ont fait état d\u2019exécutions sommaires et d\u2019arrestations de masse», a déclaré Paulo Pinheiro.«Le recours à la force par le gouvernement contre des groupes armés conduit souvent à un châtiment collectif visant les civils.» Reuters Honduras Le périlleux métier de journaliste CLAUDE LEVESQUE Pas moins de vingt journalistes ont éfé assassinés depuis le coup d\u2019Etat de juin 2009 au Honduras, le dernier meurtre étant survenu samedi dernier.Eelix Molina a eu plus de chance puisque, jusqu\u2019à présent, il a seulement reçu des textos menaçants.11 anime depuis juillet 2009 une émission intitulée Resistancia, créée en réaction à ce qu\u2019il appelle «l\u2019encerclement» médiatique dans son pays et à la tendance qu\u2019ont les médias conserva-teius à manipuler l\u2019information et à censurer les nouvelles défavorables au régime.Pendant les mois quj ont suivi le coup d\u2019Etat, les attaques à la liberté de la presse ont également pris la forme de coupures d\u2019électricité et de saisies de matériel dans les locaux des médias progressistes, dont Radio Globo, la station qui diffuse l\u2019émission de M.Molina.Selon ce dernier, le gouvernement issu des élections tenues trois mois seulerqent après le coup d\u2019Etat a également lancé une campagne de dénigrement des journalistes indépendants, qu\u2019il accuse de subversion, en plus de menacer de révocation de permis de deux stations de radio.Pendant la décpnnie qui a précédé le coup d\u2019Etat de 2009, on avait déploré les meurtres de deux jorunalistes au Honduras.Selon M.Molina, ces assassinats étaient généralement attribuables aux gangs criminels, alors que la police a trempé dans la plupart des crimes de la nouvelle va^e.L\u2019opposition hondurienne réclame de nouvelles élections et la convocation d\u2019une assemblée constituante pour rédiger une nouvelle loi fondamentale.Selon Eelix Molina, les élections de novembre 2009, s\u2019étant déroulées en l\u2019absence d\u2019observateurs internationaux, «n\u2019étaient pas libres et démocratiques et le gouvernement actuel n\u2019est pas légitime».«Il a mis en place des lois qui limitent les droits de la personne et il n\u2019a pas épuré la « Nous pratiquons une certaine autocensure : nous ne parlons pas du narcotrafic, qui est souvent lié à de puissants intérêts » police.Nous assistons à un retour en force de la torture, des disparitions forcées et de la répression de ceux qui militent pour une meilleure répartition des terres», ajoute le journaliste en entrevue.Parlant de l\u2019exercice de son métier, Eelix Molina ajoute: «Nous pratiquons une certaine autocensure: nous ne parlons pas du narcotrafic, qui est souvent lié à de puissants intérêts, mais nous parlons des droits humains et de la corruption.» Eelix Molina dit inviter à son émission, qui est diffusée dans tout le pays, une plrualité de «voix», des voix issues «des jeunesses et pas seulement de la jeunesse urbaine», que celles-ci soient autochtones, afro-honduriennes, féminines, paysannes ou «marginalisées» d\u2019une façon ou d\u2019une autre.Les entreprises canadiennes et américaines investissent beaucoup au Honduras, surtout dans l\u2019agriculture industrielle (dont la production de biocarburants) et les mines, respectivement.Si le Honduras a été réintégré qu sein de l\u2019Organisation des Etats américains après les élections de novembre 2009, les autorités de ce pays n\u2019en continuent pas moins d\u2019être critiquées par de nombreuses organisations non gouvernementales à l\u2019étranger.11 ne se passe pas un mois sans qu\u2019Amnesty International dénonce des violations des droits fondamentaux au Honduras (menaces, enlèvements et assassinats) et Reporters sans Erontières, des atteintes à la liberté de presse.On peut ajouter à la liste la Eédération internationale des droits de l\u2019homme, Via campesina et ElAN International.Eelix Molina présente une série de conférences à Montréal cette semaine, à l\u2019invitation du comité pour Injustice sociale de Montréal.11 prendra notamment la parole cet après-midi à l\u2019édifice Trottier de l\u2019Université McGill, à 15h.Le Devoir FRANCE Villepin à la peine ponr rénnir ses parrainages Paris \u2014 Dominique de Villepin mène la dernière des batailles pour réunir les 500 parrainages nécessaires à sa candidature présidentielle d\u2019ici vendredi, jour fatidique que l\u2019entourage de l\u2019ancien premier ministre appréhende, même si l\u2019espoir demerue.«Le ralliement ne fait pas plus partie de mon programme aujourd\u2019hui qu\u2019hier.La bataille des parrainages continue», a prévenu dimanche le candidat de République solidaire, alors que Le Parisien-Aujourd\u2019hui en France se faisait l\u2019écho d\u2019un possible rapprochement avec Nicolas Sarkozy, son ex-rival.Le candidat centriste Eran- çois Bayrou, qui avait publiquement tendu la main à Dominique de Villepin, s\u2019est attiré la même rebuffade jeudi dernier.L\u2019ancien premier ministre, qui vient de publier un essai programmatique intitulé «Seul le devoir nous rendra libres», n\u2019a pas prévu de déplacement cette semaine pour se concentrer sur la recherche des parrainages, a-t-on dit hier.«Maires de France, aidez-moi», clamait le 8 mai dernier sru son blog Dominique de Villepin, dont le retrait de la coruse poiu-rait constituer une bonne nouvelle polu Nicolas Sarkozy.Reuters Hillary Clinton an Brésil en avril Washington \u2014 La secrétaire d\u2019Etat américaine, Hillary Clinton, se rendra au Brésil le 16 avril, dans la foulée d\u2019une visite de la présidente brésilienne, Dilma Rousseff, aux Etats-Unis et du sommet des Amériques prévu mi-avril en Colombie, a,indiqué hier le département d\u2019Etat.Le président américain, Barack Obama, recevra Mme Rousseff le 9 avril poru évoquer en particulier les, liens commerciaux entre les Etats-Unis et le Brésil, puissance économique montante d\u2019Amérique du Sud.Le voyage de Mme Clinton au Brésil permettra «d\u2019explorer des pistes pour élargir notre relation bilatérale sur des questions régio- nales et mondiales», a précisé Roberta Jacobson, une Responsable du département d\u2019Etat.M.Obama avait passé deux jours au Brésil fin mars 2011, au début d\u2019une tournée en Amérique latine.11 y avait salué «l\u2019extraordinaire ascension» de ce pays, un exemple selon lui de transition réussie vers la démocratie et le développement.11 avait exprimé sa volonté de resserrer les liens économiques avec cette puissance mondiale montante, riche en matières premières et en hy-drocarbiues, et s\u2019était dit déterminé à traiter avec Brasilia sur un pied d\u2019égalité.Agenee Franee-Presse MOTS CROISÉS Sept-lles 8/-1 Baie-Comeau 7/ Saguenay Québec 3/-3 f Val d\u2019Or Trois-Rivieres 6/-1 SKerbrooke Montréal Lever du soleil: 7h10 Coucher du soleil: 18h58 Gatineau Canada Auj.Edmonton\tAve\t7/-6 Moncton\tNei\t1/-3 Saint-Jean\tPlu\t5/-2 Toronto\tVar\t17/2 Vancouver\tPlu\t7/3 Winnipeg\tSol\t9/0 Montréal Aujourd-hjjl\tCe soir 12\t2 Averses, pdp\tAverses, ntff j 90%,\t' 90%.\ti Demain Sol Mel Plu Sol Plu Sol 5/-6 5/-3 7/-3 15/8 7/6 10/0 Le Monde Londres Los Angeles Mexico New York Paris Tokyo Demain\tJeudi 10/1\t1R5 Averses iftilées,, iGénérali pdp 30%,\tI ensoleillé.©MétéoMédia 2012 Demain 16/5\tSol\t16/7 16/11 Sol 16/11 22/10 Ora 22/10 22/10\tVar\t18/7 16/7\tSol\t17/8 6/2\tSol\t6/3 VendredU^ 10/3 Faible pluie.pdp 80%.Québec Aujourd-huL^^ 3\t77^^ Faible pluie.pdp 90%.Gatineau Aujourd-jjui^ 14\t, Averses iéblées, pdp 60%.Ce soir -3 Faible pluie, 90%.Demain 6/-4 é Averses de *¦ pluie ou de neige, pdp 80%, Jeudi 5/0 Générali ensoleillé.ir fp.Demain Wvt, Jeudi 1\t11/-1\t12/5 Averses lfolées,i , Averses wlées,i Passagesî' pdp 60%.\t' pdp 40%.\t' nuageux.VendredL^^ 4/0 9^ Faible plule,^m 80%.J VendredK^ 13/2 Faible pluie,* 80%.Soyez au courant du temps qu'il fera dans 14 jours.Consultez la tendance 14 jours.¦ Météo Média 1\t23456789 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 HORIZONTALEMENT 1.\tSituation catastrophique - Unité de mesure.2.\tDispersés - Sort favorable.3.\tPetit chapeau - Se dit d'une nuit sans dormir.4.\tEmployé d'église -Homère y serait mort.5.\tPoil de cheval - Logis.6.\tManque de rapidité -Située.7.\tMarque le lieu -Personnage de conte -Panneau de signalisation.8.\tRelâchement - Nenni.9.\tCinquante-deux -Destination touristique -Los Angeles.10.\tHomme d'une force extraordinaire - On dit qu'il est paresseux.11.\tPuits naturel -Égratigner.12.\tDébris de verre -Bouton de fleur confit.VERTICALEMENT 1.Rupture des glaces d'un fleuve gelé - Style vocal propre au Jazz.2.\tDes cheveux - Donne en retour - Ovoïde.3.\tDocteur de la Loi juive -Pronom.4.\tExpositions.5.\tCouleur locale - Palmier d'Afrique et d'Asie.6.\tPassion passagère - A cours à Tokyo.7.\tBref moment - Butter.8.\tAigu - À lui - Actinium.9.\tDieu des bergers -Point cardinal - Herbe d'Espagne.10.\tEntaille - Elle était présidée par Arafat.11.\tRépétition - Frauder.12.\tDivinité féminine -Raconte.1 2 3 4 5 6 7 9 1011 12 A M C R U R ^ suc lOlE s L\tA\tR\tE E\tF\tE\tR A\tR\tC\tS D\t1\tT\tE E\tC\tU\t R\tA\tM\tE \t1\t\tS 1\tN\tE\tS L\t\tM\tO O\tY\tE\tR T\tE\tR\tE E\tN\t1\tE SOLUTION DU DERNIER A 8 LE DEVOIR LE MARDI IS MARS 2012 EDITORIAL Massacre en Afghanistan La détérioration Le massacre perpétré par un soldat américain en Afghanistan, combiné aux exemplaires du Coran brûlés il y a peu, annonce d\u2019ores et déjà une complexification du plan de sortie élaboré par la Maison-Blanche.Alors que l\u2019administration Obama tablait sur une gestion sans trop d\u2019encombres, voilà qu\u2019on assiste à une détérioration de la sécurité à la vitesse grand V.D A Serge Truffaut es mois durant, Washington s\u2019est attelé à un rapprochement des acteurs afghans, les talibans en particulier, par l\u2019intermédiaire de partenaires internationaux, dont notamment le Qatar, qui s\u2019était dit d\u2019accord pour que des pourparlers ayant la paix pour objectif se déroulent sur son territoire.La base des discussions avait été définie de concert avec Hamid Karzaï.Elle était la suivante: en échange de la libération de prisonniers et d\u2019autres considérations, les talibans devraient mettre leur ambition politique, soit dominer le pays, en berne et s\u2019engageaient à respecter les droits des minorités, et surtout des femmes.Dans la foulée des violences conséquentes au sacrilège du Coran, et antérieurement à la tuerie de la fin de semaine, l\u2019objectif de Barack Obama avait été passablement malmené.En effet, la frange dure des talibans avait fait savoir sa totale opposition à toute participation aux négociations en arguant que le départ des Américains étant daté, ils ne voyaient pas pourquoi ils devraient faire une 5\t- concession majeure sur la gestion du pays pos- V\t' térieure aux renvois des troupes.Bref, une fois T \u2014\tces derniers partis, il leur suffirait de partir à l\u2019assaut de Kaboul.Point.Outre cette réaction, le Coran calciné par des militaires avait eu un contrecoup retentissant: Karzaï a annoncé l\u2019abolition des contrats accordés aux compagnies américaines privées et versées en sécurité et leur remplacement par des membres des forces armées afghanes.Ce faisant, le président afghan espère une accélération du rythme d\u2019entraînement des engagés et l\u2019étouffement d\u2019un danger.Lequel?Les employés de ces compagnies étant majoritairement des Afghans, Karzaï appréhende la formation d\u2019une milice une fois le contingent américain parti.L\u2019épisode du Coran ainsi que les 16 Afghans tués ont eu une autre retombée qui, elle, met en relief le peu de cas que les responsables de la base américaine à laquelle sont rattachés les membres impliqués se font des soldats.Selon une enquête du New York Times, les dirigeants de la base en question ont modifié les diagnostics effectués par le personnel médical afin de faire des économies.Toujours est-il que 285 individus jugés comme souffrant de désordre post-traumatique ne le sont plus.Des infirmiers rattachés à l\u2019hôpital ont été déplacés parce qu\u2019ils étaient au courant de ces malversations.Quoi d\u2019autre?Le taux de suicide y est anormalement élevé, tout comme celui des maladies mentales et des troubles de comportement.Bref, ce qui se passe à Lewis-McChord relève véritablement du «circulez, y a rien à voir».Entre ces révélations et le changement de politique arrêté par Karzaï en matière de sécurité, voilà que plus personne ne veut aller en Afghanistan.Enfin, on exagère, mais.Chose certaine, des sociétés américaines impliquées dans les programmes de reconstruction de la nation afghane ont décidé de rentrer au bercail parce qu\u2019elles craignent pour leurs employés.Quant aux militaires, à la veille d\u2019un autre départ pour Kaboul et ses environs, ils affirment avoir la certitude que les derniers événements vont augmenter passablement leur exposition au risque.C\u2019est à se demander si Qbama ne va pas se trouver dans l\u2019obligation de revoir tous les paramètres de son plan.Madeleine Parent L\u2019inspirante es monuments de notre histoire, souvent, parlent fort, sont éclatants, excentriques, mythiques, idolâtrés.Même dans la vie de tous les jours, ils ne passent pas, ne passaient pas, inaperçus.J 11 faudra bien pourtant apprendre à construire d\u2019autres statues maintenant que Madeleine Parent, la menue, la discrète, est disparue.Se rappeler que le courage, celui d\u2019affronter un Duplessis et de porter le syndicalisme dans des lieux qui y étaient réfractaires, n\u2019est pas sjmonjnne de grosse voix, de gros bras.C\u2019est un message immense que de souligner ce qu\u2019une force tranquille peut accomplir quand entrent en jeu des convictions profondes.11 est difficile aujourd\u2019hui d\u2019imaginer ce que fut d\u2019être une Madeleine Parent.Quelques mots de Monique Simard le résument le mieux: «Elle avait choisi son camp et n\u2019y a jamais dérogé.» Qui, elle avait rompu avec son confortable milieu social, n\u2019avait pas eu d\u2019enfants, pas connu la richesse, ni les honneurs.Mais en face, il y avait vraiment un autre camp, sur lequel on pouvait bâtir une vie, trouver l\u2019amour, l\u2019amitié, la reconnaissance: celui de l\u2019action collective.Madeleine Parent a donc pris fait et cause pour les ouvriers, les femmes, les autochtones, les immigrants, les oubliés \u2014 et la souveraineté du Québec.Sur le terrain, toujours, et sans avoir peur des dms revers que la lutte entraîne, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019être emprisonnée ou d\u2019entendre les pires rumems sm sa vie privée.Ce modèle s\u2019est perdu au cours des dernières décennies: on est plus prudents aujourd\u2019hui, on se ménage davantage.Et l\u2019action collective ne se vit plus comme une totalité.11 est à cet égard fascinant de lire les questions, fort légitimes, que pose Nicole Lacelle dans ses Entretiens avec Madeleine Parent et Léa Roback, publiés en 1988 aux Editions du Remue-ménage.Vous, Madeleine Parent, n\u2019avez-vous jamais été en burn-out, regretté de ne pas avoir eu d\u2019enfants, eu peur d\u2019être rejetée, peur tout court?Avez-vous mal vécu les 15 ans où vos luttes n\u2019avançaient pas; d\u2019être en «mobilité sociale descendante»; de voir certains s\u2019attribuer le mérite de vos lutfes?Et le vrai pouvoir, ça vous amait plu?À tout cela, Madeleine Parent répond non, non, non.Abandonner, regretter, mais pourquoi donc?L\u2019espoir la portait, des amis, des ouvrières l\u2019entouraient, et il n\u2019était que normal de chercher à vivre selon ses convictions.Les gens de son milieu ne pouvaient la comprendre, «alors je ne les voyais plus, c\u2019est tout.Et j\u2019étais tellement occupée.».Car l\u2019injustice ne fait jamais de pause, n\u2019est-ce pas?C\u2019est une grande exigence que de chercher à mener une vie aussi cohérente, qui résiste au chant des sirènes de la popularité, du confort, des compromis, de sa place dans l\u2019histoire.Qui ne se grise pas non plus de sa marginalité.Mais cela simplifie le message: sa présence à une manifestation n\u2019avait qu\u2019un sens \u2014 que la cause était juste.Et que la justice appelle l\u2019action, pas seulepient les beaux discoms, et qu\u2019on y mettra le temps qu\u2019il faudra.À défaut d\u2019un modèle à suivre, cela reste une inépuisable somce d\u2019inspiration.Et a sa place dans les livres d\u2019histoire.Josée Boileau LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO C\u2019EST yps UN fLçSÎMt CoMMS.miDi I (rAP^Nd^ti Lettre à une femme remarquable Chère Madeleine Parent, Comme je t\u2019ai aimée et admirée! A plus de 80 ans, lors de la Marche mondiale des femmes en l\u2019an 2000, tu luttais avec nous contre la pauvreté et les violences faites aux femmes.Tu n\u2019avais rien perdu de ta fougue, de ta capacité à t\u2019indigner bien avant que le mot soit à la mode.Ta voix de velours, loin des expressions tonitruantes d\u2019un Michel Chartrand, n\u2019en disait pas moins des mots redoutables: exploitation, aliénation, néolibéralisme.Mais aussi tu nous appelais inlassablement à l\u2019unité des forces progressistes sans laquelle rien n\u2019est possible.Tu fus solidaire de tous ceux et celles que les pouvoirs politiques et économiques négligent.Tu souhaitais l\u2019indépendance du Québec, mais refrisais de tomber dans un nationalisme étroit qui exclut.Madeleine, tu m\u2019as appris la persévérance, car tu avais l\u2019engagement têtu.Tant qu\u2019il y avait une personne à aider, la journée n\u2019était pas terminée.11 y a des joms où ton souvenir m\u2019habite et me fait du bien.J\u2019espère que tu ne t\u2019ajouteras pas à la longue liste des femmes remarquables et oubliées d\u2019une histoire qui n\u2019a jamais fait la part belle aux femmes.Je souhaite que l\u2019on parle de toi dans les écoles, que des jeunes femmes s\u2019inspirent de ton parcours pour s\u2019engager dans la transformation du monde.Dimanche prochain, je marcherai aux côtés des étudiantes et étudiants.En pensant à toi, fière combattante! Merci, Madeleine, pom tout.Françoise David Porte-parole, Québec solidaire Le 12 mars 2012 Gare à raméricanisation! J\u2019appuie les braves clairvoyants qui ma- LETTRES nifestent contre la hausse des droits de scolarité.En effet, l\u2019éducation post-secondaire ne doit jamais être un bien mercantile.Dans les années 50, j\u2019étudiais dans une université prestigieuse au Vermont, à quelques kilomètres au sud de Montréal, où j\u2019ai reçu mon baccalauréat en 1956.Les frais annuels (matricule, hébergement et alimentation) étaient de 945 $.Les étudiants avaient juste la responsabilité de l\u2019achat ,de leurs livres et des dépenses sociales.A l\u2019époque, le revenu moyen annuel d\u2019une famille américaine était de 5000 $.Résultat?Mes parents pouvaient m\u2019offrir une merveilleuse éducation payée de leurs poches, sans s\u2019endetter.Aujourd\u2019hui, la même éducation dans la même université américaine coûte 48 000 $ par année, 6000 $ supérieure du revenu moyen annuel d\u2019une famille américaine en 2011.Qui, il y a des bomses, mais pas pour tout le momie et jamais pour couvrir tous les frais de scolarité.Ici je pose la question suivante: est-ce qu\u2019un bac de mon université (200 000 $ sur quatre ans) vaut plus qu\u2019un bac de la Sorbonne (0 $)?Avec mes excuses.Monsieur Shakespeare, je me permets de tordre votre phrase «Quelque chose est pourri au Danemark» en une version plus réaliste: «Ça va bien au Danemark (scolarité gratuite -Le Devoir, le 3 mars), c\u2019est ici qu\u2019il commence à se putréfier.» Mes chers braves: gare à l\u2019américanisation! Tomas Feininger Québec, 12 mars 2012 Mes petits-enfants ne seront pas de la chair à canon Je me réveille, en ce dimanche matin du 11 mars, encore choqué et bouleversé: l\u2019armée canadienne était hier soir à Bois-briand pour tenter de séduire et de recru- ter les centaines de jeunes femmes et de jeunes hommes qui assistaient à une partie de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.Drapeaux, fanfare, kiosque de promotion, tout y était.Avant la partie, on a présenté quelques soldats et souligné leur courage au combat.Ils étaient devenus des héros qui avaient défendu, au péril de leur vie, notre pays en Afghanistan.L\u2019un d\u2019eux avait même sqrvécu alors que son camion était en feu.A l\u2019une des pauses, un camion militaire sillonnait la glace pendant qu\u2019un soldat lançait aux jeunes dans les gradins des chandails à la gloire de l\u2019armée canadienne, en anglais évidemment.Mais, à quoi les dirigeants de l\u2019Armada de Blainville-Boisbriand ont-ils pensé?Quel intérêt ont-ils à s\u2019associer à l\u2019armée canadienne et à la glorification de la guerre?Qnt-ils demandé la permission des parents qui emmènent leurs enfants se divertir en assistant à une partie de hockey: le public cible de l\u2019Armada est composé en bonne partie de jeunes qui ne sont pas majeurs.Ces dirigeants de l\u2019Armada ne savent-ils pas qu\u2019une majorité de Québécois sont des pacifistes et qu\u2019ils sont contre la guerre et la présence de l\u2019armée canadienne en Afghanistan?Qn interdit avec raison la présence de l\u2019armée canadienne dans nos écoles, je ne comprends pas davantage qu\u2019on lui permette de conter fleurette à nos enfants et à nos petits-enfants dans nos arénas.J\u2019attends des explications des dirigeants de l\u2019Armada de Blainville-Boisbriand, de la Ligue de hockey junior majeur du Québec ainsi que des villes de Blainville et Bois-briand, qui sont partenaires dans cet aré-na.Je serai bientôt grand-père et je ne veux pas que mes petits-enfants servent de chair à canon.Claude Bachand Laval, le 11 mars 2012 LIBRE OPINION Pénuries de médicaments : vite, une stratégie ! JOHN HAGGIE Président de l\u2019Association médicale canadienne (AMC) Vivre avec une maladie débilitante et les souffrances qu\u2019elle entraîne, parfois en sachant que la mort nous attend, voilà qui est déjà suffisamment difficile \u2014, mais imaginez le stress supplémentaire lorsqu\u2019on n\u2019arrive pas à obtenir des médicaments d\u2019ordonnance essentiels.Qr, les Canadiens sont aux prises avec des pénuries persistantes de produits pharmaceutiques d\u2019usage cornant, comme les médicaments de traitement du cancer, les antibiotiques, les analgésiques et les vaccins, et notre pays n\u2019est doté d\u2019aucune stratégie cohérente pom faire face au problème.Pour les médecins, cela signifie que du temps précieux qui devrait être consacré aux soins des patients est passé plutôt à consulter les pharmaciens pour trouver des médicaments de rechange.Cela signifie que des chirurgies nécessaires doivent être reportées.Mais, plus grave encore, cela signifie que les patients souffrent de ne pas recevoir les traitements appropriés.Au coms du dialogue public que l\u2019AMC a organisé l\u2019an dernier au sujet de la transformation des soins de santé, nous avons en- tendu dire que les pénuries de produits pharmaceutiques inquiètent énormément les Canadiens.La population veut que les gouvernements provinciaux et territoriaux unissent leurs efforts à ceux du gouvernement fédéral afin de s\u2019attaquer à ce problème de façon coordonnée.Qr, s\u2019ils ne constituent pas en soi une solution aux pénuries de médicaments, les renseignements à leur sujet peuvent toutefois contribuer à en alléger les répercussions.Les détails sm les produits en rupture de stock, la dmée des pénmies, les produits de rechange disponibles et les régions géographiques touchées peuvent aider les médecins alors qu\u2019ils s\u2019efforcent de composer avec les pénuries.Cependant, alors que l\u2019Association médicale canadienne travaille avec Santé Canada et d\u2019autres intervenants à mettre en place un système de partage d\u2019information basé sur le Web, cela ne répond pas aux besoins immédiats des patients.Nous avons besoin que le gouvernement du Canada se serve de tous les leviers auxquels il peut avoir recoms, y compris des incitatifs économiques qu\u2019il leur procure, pom faire pression sm les fabricants de produits pharmaceutiques afin de faire en sorte que les patients du Canada puissent obte- nir les médicaments dont ils ont besoin.De fait, la Société canadienne des anes-thésiologistes, qualifiant la situation de crise imminente, a demandé à la ministre fédérale de la Santé de prendre les devants pom élaborer des stratégies nationales permettant d\u2019anticiper, d\u2019identifier et de gérer les pénuries de produits pharmaceutiques médicalement essentiels qui menacent la santé et la sécurité des patients dans toutes les régions du pays.Une caricature publiée récemment dans un éditorial montrait un médecin dans une allée obscure tentant d\u2019acheter des produits pharmaceutiques auprès d\u2019un reven-dem.Malgré l\u2019exagération évidente pour effet comique \u2014 car il est bien évident qu\u2019aucun médecin n\u2019amait recoms à un tel stratagème \u2014, la caricatme illustre bien la situation désespérante dans laquelle nous nous retrouvons.Pendant que des efforts sont faits pour démêler ce chaos, les médecins du Canada continueront à faire tout ce qu\u2019ils peuvent légitimement faire afin de trouver une façon de traiter leurs patients.Mais, franchement, nous ne devrions pas être obligés d\u2019aller à la recherche de médicaments pour nos patients, pas plus que tout autre citoyen d\u2019un pays tel que le nôtre. LE DEVOIR, LE MARDI 13 MARS 2012 A 9 IDEES Madeleine Parent, 1918-2012 L\u2019engagement et la persévérance ANDREE LEVESQUE Spécialiste en histoire des femmes ne grande dame nous a quittés.Elle était entrée dans la légende depuis des décennies.Organisatrice syndicale, féministe, humaniste, Madeleine Parent ne nous a pas vraiment quittés.Je ne me résigne pas à écrire qu\u2019elle est partie, encore moins éteinte: elle vivra dans toutes les causes, parmi tous les groupes de travailleuses et de travailleurs, d\u2019immigrants, d\u2019autochtones qu\u2019elle a appuyés durant une longue vie.Madeleine Parent est née à Montréal en 1918 en face du parc La Fontaine.Ses parents l\u2019envoyèrent dans les meilleures écoles et, après l\u2019obtention d\u2019un baccalauréat à l\u2019Université McGill, elle se lance dans l\u2019organisation syndicale, inspirée par une autre grande dame, Léa Roback.Elle fait ses armes dans l\u2019industrie du textile à Saint-Henri et dans Hochelaga avant de se tourner vers l\u2019organisation de l\u2019usine de Dominion Textile à Valleyfield.Les conditions de travail, les salaires étaient pitoyables.La grève de 100 jours qu\u2019elle y mène en 1946 se solde par la reconnaissance du syndicat des Ouvriers unis des textiles d\u2019Amérique, non sans que le premier ministre Maurice Duplessis eût déclaré la grève «illégale».L\u2019année suivante, Madeleine Parent mène une grève à Lachute à la suite de laquelle Maurice Duplessis lui intentera, ainsi que les organisateurs Kent Rowley et à Azélus Beaucage, un procès pour sédition.Le célèbre procès de Madeleine se soldera par un non-lieu en 1957, ce sera le plus long procès dans les annales judiciaires du Québec.L\u2019héroïne de Valleyfield sera pendant des,années la bête noire de Maurice Duplessis.A la suite d\u2019autres grèves dans l\u2019industrie textile en 1952, Madeleine Parent et Kent Rowley fondent leur propre syndicat, indépendant de toute affiliation américaine.Désormais l\u2019épouse de Kent Rowley, elle poursuit ses activités syndicales en Ontario où Madeleine et Kent deviennent un couple m5dhique.Près de la politique Madeleine a toujours suivi de près la scène politique, prenant parti pour le Oui aux référendums et adhérant au Parti québécois après son retour au Québec en 1983.Elle a lutté contre les accords de libre-échange et participe au Sommet de Québec en 2001 et siège à son Tribunal populaire ou Tribunal des sages.On se souviendra longtemps d\u2019elle, marchant plusieurs kilomètres, portant une bannière par cette chaude journée du 21 avril 2001.Féministe, elle est membre fondatrice du Comité d\u2019action pour le statut de la femme (NAC) à Ottawa où elle représente le Québec entre 1972 et 1983.Elle se fait connaître pour sa défense des droits des femmes autochtones et pour son combat pour les salaires égaux pour travail de même valeur.Elle fut membre active de la Fédération des femmes du Québec et participe à la Marche du Pain et des Roses de 1995 et à la Marche contre la pauvreté et la violence faite aux femmes en 2000.1 Madeleine Parent à Valleyfield, lors de la fête du Travail de 1948 Madeleine était un exemple de discipline, de volonté et de persévérance.Elle n\u2019a cessé de protester contre les compressions dans les services sociaux, elle s\u2019est portée à la défense des droits des travailleuses et des travailleurs immigrants, en particulier pour les femmes sud-asiatiques.Elle suivait de près la scène internationale et était membre de la Voix des Femmes.Toujours prête à dénoncer l\u2019influence américaine au Canada, elle a dénoncé l\u2019ALENA et s\u2019est prononcée contre la Ardente militante YVES ALAVO Ecrivain et poète D Madeleine Parent était un roc assis sur le socle des convictions et de la fidélité aux engagements ARCHIVES NATIONALES DU CANADA première guerre du Golfe en 1991 comme contre la deuxième en 2002 quand, déjà fragile, elle est descendue dans la rue pour réclamer la paix au Moyen-Orient.Ce serait un cliché de dire qu\u2019elle est et demeurera une inspiration, mais oui, elle ne va pas cesser d\u2019inspirer toutes celles et tous ceux qui luttent pour la justice sociale, bravant les forces du pouvoir, prêts à assumer les conséquences de leurs actions.ans nos vies, il y a de rares individus qui, à la somme de nos pensées et de nos émotions, sont d\u2019abord des figures particulières qui transcendent nos schèmes, se classent hors de nos références et s\u2019imposent, au-delà des goûts, des options et des partis pris, comme l\u2019incarnation des idéaux qui nous animent et qui donnent un sens ultime à nos destins.Madame Madeleine Parent, personnalité exceptionnelle du mouvement syndical et personne connue de la société civile du Québec et du Canada, militante, femme engagée pour la cause des femmes, le soutien aux pauvres et combattante pour la justice sous toutes ses dimensions, actrice de l\u2019égalité pour toutes et pour tous et, enfin, pasionaria de la liberté des consciences et des cœurs, appartient à cette catégorie.Nous apprenons avec affliction et beaucoup de tristesse la fin de vie parmi nous de Madeleine Parent.Au cours du dernier tiers du vingtième siècle surtout, pour les citoyens de ma génération, nous l\u2019avons connue, avons eu l\u2019insigne privilège de la rencontrer surtout lors des manifestations populaires.Elle était souvent invitée à dire un mot.Sa présence et sa voix lors de ses adresses nous réconfortaient et, comme par une opération mystérieuse, couvraient d\u2019une auréole de paix et de légitimité toutes nos activités reliées à la lutte pour un monde plus juste.Dans notre dynamique sociale, dans nos rapports de réflexion et d\u2019action, dans cette mouvance commune qui donne plus de crédit aux cyniques et encore plus de considération aux franges invertébrées constituées d\u2019un amalgame de girouettes qui s\u2019alignent du côté où soufflent les vents du favoritisme et l\u2019air du temps, Madeleine Parent était un roc assis sur le socle des convictions et de la fidélité aux engagements.Cette femme militante ardente, passionnée de justice et d\u2019équité, reste pour toujours un modèle pour notre génération, un sujet de fierté et d\u2019admiration pour les désormais rares témoins de sa génération et, nous le souhaitons, sa mémoire, sa vie, le patrimoine immatériel qu\u2019elle incarne devront être magnifiés et présentés aux générations montantes.Récemment, il était question qu\u2019un comité montréalais récolte les propositions des habitants de notre ville pour, au bout du compte, en arriver à décider qu\u2019elles seront les meilleures manières d\u2019honorer la mémoire du sportif légendaire Gary Carter.Aujourd\u2019hui, alors que la Journée internationale des femmes est encore dans la rumeur de la cité, que les Bâtis-seuses de la Cité, sous l\u2019égide du Bureau du 375e anniversaire de Montréal 2017, désignaient Monique Savoie, de la SAT, Bâtisseuse 2012, nous rêvons à une forme de Temple de la renommée.Panthéon social de chez nous où, aux côtés de femmes et d\u2019hommes de son calibre, Madeleine Parent aurait la place qui lui revient.Dignité.Frappe israélienne en Iran Contre des répercussions violentes sur les Bahâ\u2019is T ROMEO DALLAIRE Sénateur, lieutenantgénéral à la retraite et ancien commandant de la Mission des Nations unies pour l\u2019assistance au Rwanda andis que les pays du monde concentrent leur attention sur les ambitions nucléaires de Téhéran, un vif débat s\u2019amorce concernant les avantages et les inconvénients d\u2019une attaque préventive par l\u2019armée israélienne.Sans égard au fait qu\u2019elle puisse être imminente, comme l\u2019a mentionné le secrétaire américain à la Défense, l\u2019idée d\u2019une telle attaque me déplaît particulièrement, et ce, non seulement parce qu\u2019elle serait prématurée et inefficace et entraînerait inévitablement des représailles dans la région et dans d\u2019autres pays, mais aussi parce qu\u2019elle pourrait mener à des incarcérations en masse et à des massacres par vengeance visant les 300 000 Bahâ\u2019îs qui constituent la plus importante minorité religieuse d\u2019Iran.Depuis des décennies, les Bahâ\u2019îs d\u2019Iran sont victimes de raids brutaux, d\u2019arrestations arbitraires, de tortures et d\u2019exécutions.On les empêche systématiquement d\u2019accéder au marché du travail et de poursuivre des études supérieures, et le simple fait de s\u2019afficher en tant Bahâ\u2019îs leuryaut de subir une dure répression de la part de l\u2019État.Le régime ne se contente pas de tolérer ce génocide idéologique, il le soutient, ce qui est totalement inadmissible.Opération de dénigrement Ce qui m\u2019inquiète le plqs est le fait que cette répression exercée par l\u2019État est alimentée par une guerre de propagande vicieuse \u2014 elle-m,ême orchestrée par les médias contrôlés par l\u2019État \u2014 qui vise à diaboliser et à dénigrer les Bahâ\u2019îs.Au cours des 16 derniers mois, les médias iraniens ont produit plus de 400 articles, rapports et documentaires dans lesquels on accuse les Bahâ\u2019îs de tenter de renverser l\u2019islam, d\u2019être des conspirateurs sionistes et d\u2019effectuer de l\u2019espionnage pour le compte d\u2019Israël.Les articles s\u2019accompagnent souvent de dessins de la grande faucheuse et d\u2019autres images visant à susciter la peur et la méfiance.Tel un souffle attisant les braises de l\u2019intolérance chez les éléments les plus extrémistes de la société iranienne, cette propagande fait en sorte d\u2019inciter à la haine.J\u2019ai déjà vu ce scénario dans le passé, et cela ne s\u2019était pas bien terminé.En 1991, Kangura \u2014 le tabloïd rwandais appartenant à des Hutus \u2014 avait publié l\u2019image d\u2019une machette à la une, accompagnée de la question suivante: «Quelles armes allons-nous utiliser pour vaincre les cafards pour de bon?» L\u2019histoire nous a enseigné \u2014 et j\u2019en ai été le témoin direct \u2014 que les campagnes de propagande visant à inciter à la haine jouent un rôle clé dans le massacre d\u2019innocents.Nous devons toujours nous rappeler la propagande contre les juifs dans l\u2019Allemagne nazie, celle contre les musulmans dans la Yougoslavie de Milosevic, ou de celle contre les Tutsis et les Hutus modérés au Rwanda.Dans tous les cas, on a ciblé des minorités ethniques ou religieuses, et on a dépeint ses membres comme des rats, des serpents et des cafards afin de les déshumaniser.Des suites violentes Pour que les violences éclatent, il faut également un élément déclencheur, quelque chose qui catalyse la peur et la haine que distille la propagande dans la population.Après des centaines de rapports des médias iraniens accusant les Bahâ\u2019îs d\u2019être des conspirateurs sionistes souhaitant la destruction de l\u2019Iran, que croyez-vous qu\u2019il arrivera à ces gens si Israël décide d\u2019attaquer?Compte tenu de la longue campagne de haine dont ils sont la cible, les Bahâ\u2019îs d\u2019Iran pourraient subir une vague d\u2019attaques violentes.Le premier ministre Harper et le chef libéral Bob Rae ont eu raison de ne pas approuver l\u2019action militaire, lors de leur réunion avec Benjamin Nétanyahou, la semaine passée.Cela ne signifie pas pour autant qu\u2019on doive fermer les yeux sur la menace nucléaire posée par l\u2019Iran.En tant que l\u2019une des principales puissances intermédiaires du monde, le Canada peut jouer un rôle important En premier lieu, nous devons mener avec dynamisme une stratégie globale en matière d\u2019affaires étrangères à l\u2019égard de l\u2019Iran, en utilisant tous les outils économiques et politiques à notre disposition pour essayer de faire avancer les mesures diplomatiques.En second lieu, nous devrons faire appel au nouveau Bureau de la liberté de religion quand il aura été établi, et nous assurer que la question des Bahâ\u2019îs se situe au premier rang de ses priorités.En troisième lieu, nous devons tabler sur la nouvelle position du président de la Russie à l\u2019égard de la Syrie et l\u2019inviter \u2014 outre ce qui concerne la fin des massacres à Homs \u2014 à prendre la parole et à tenter de faire entendre raison à l\u2019Iran.Enfin, nous devons veiller à ne pas fermer notre frontière aux Bahâ\u2019îs \u2014 ainsi qu\u2019aux défenseurs des droits de la personne et des dissidents iraniens \u2014 qui demandent le statut de réfugié au Canada.Depuis une cinquantaine d\u2019années, le Canada est reconnu comme un pays qui accueille des personnes persécutées de partout dans le monde.Nous devons faire honneur à notre réputation en ce qui concerne les Bahâ\u2019îs d\u2019Iran également.Ne pas plaider l\u2019ignorance Après le génocide au Rwanda, les responsables du message de haine véhiculé dans les médias ont été reconnus coupables par le Tribunal pénal international pour le Rwanda d\u2019avoir, comme l\u2019a formulé un témoin, «verser de l\u2019essence sur l\u2019étendue du territoire, goutte après goutte, de telle sorte qu\u2019un jour, ils puissent allumer le feu et embraser tout le pays».Bien qu\u2019il soit impossible de prévoir ce qui attend les Bahâ\u2019îs, nous savons qu\u2019ils n\u2019ont aucun droit en Iran.Nous savons que les médias les déshumanisent et qu\u2019ils servent depuis toujours de boucs émissaires quand les choses se corsent.S\u2019il fallait qu\u2019une attaque israélienne déclenche des actes violents contre les Bahâ\u2019îs, nous ne pourrions plaider l\u2019ignorance ni les abandonner à leur sort.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Marie-Andree Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Belair-Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec)Fahïen T)eg\\ise(societe), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), Lisa-Marie Gervais (education), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales).Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy et Amelie Daoust-BoisvertésawteJ , information politique Michel David (chroniqueur), Helène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Guillaume Bourgault-Côte et Kathleen Levesque (reporters) ; information culturelle Michel Belair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frederique Doyon et Isabelle Pare (reporters), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; informationéconomique Gerard Berube (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins, Eric Desrosiers et Alexandre Shields (reporter^, Gerald Dallaire (pupitre) ; information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy Taillefer(reJ)orfersJ, Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Precourt (responsable des pages thématiques), Emilie Eolie-Boivin (pupitre) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Andreanne Bedard, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Benoît Munger, Philippe Papineau et Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Prappier et Geneviève Tremblay (commis internet) ; Amelie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)-, Karl Rettino-Parazelli et Sophy Lambert-Racine (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Pare (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bherer (Ottawa), Dave Noel (Québec) .PUBLICITE , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-Prançois Bosse, Marlène Côte, Stephanie Deziel, Amel EHmam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amelie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Berube (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald PiHon, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web) .Hanse) Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxim-Olivier Leclerc (responsable par intérim service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Pilion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Beüveau (adjointe administrative), Celine Puroy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Page, Monique Proteau. A 10 LE DEVOIR, LE MARDI 13 MARS 2012 ACTUALITES LANDRY SUITE DE LA PAGE 1 a-t-elle eu un effet en ce sens?Uancien premier ministre a dit «refuser de spéculer», «mais si ma lettre a eu un effet, bravo.Parce que fai eu beaucoup de commentaires positifs».Dans cette lettre du 24 janvier, M.Landry réclamait que le PQ renoue «clairement avec sa raison d\u2019être et l\u2019esprit du programme voté en 2005 après 'la saison des idées\u201d».Dans celui-ci, le PQ promettait un «référendum le plus tôt possible dans un premier mandat», formule abandonnée par Mme Ma-rois en 2007.Retours nécessaires Quant au retour au bercail des Louise Beaudoin, Pierre Curzi, Lisette Lapointe et Jean-Martin Aussant \u2014 qui ont quitté le PQ en juin \u2014, M.Landry Testime nécessaire, «même s\u2019il faudra de petites négociations» sur lesquelles il a refusé de s\u2019étendre.Le député de Nicolet-Yamaska, Jean-Martin Aussant, qui a fondé son propre parti.Option nationale, se réjouissait hier du fait que le PQ a regagné en popularité.Cela rincite-t-il à rejoindre les rangs de son ancien parti?A ses yeux, le message du PQ demeure «passablement électoraliste».Mais il rappelle que, dans les statuts de sa formation, si un autre parti a une approche jugée «suffisamment similaire» à celle d\u2019Option nationale par ses propres membres, il pourrait établir une alliance ou même négocier une «fusion directe».Option nationale estime toutefois que Télection d\u2019un parti souverainiste devrait enclencher un processus vers l\u2019indépendance.Quant à l\u2019autre parti qui prône la souveraineté, Québec solidaire, M.Aussant estime que l\u2019indépendance est pour lui secondaire puisqu\u2019il place les combats de gauche en priorité: «Pour nous, la gauche ou la droite passe par la souveraineté, alors que, pour QS, la souveraineté passe par la gauche.On croit qu\u2019il faut être souverain avant d\u2019être à gauche ou à droite.Avant d\u2019être à gauche ou d\u2019être à droite, il faut.être.» r Ecueils pour les souverainistes Selon les derniers coups de sonde de Léger Marketing, le Bloc québécois délogerait le NPD comme premier parti fédéral au Québec et le PQ formerait un gouvernement majoritaire.Le blogue Tooclosetocall.ca, de l\u2019ex-blogueur adéquiste Bryan Bre-guet, qui traduit les résultats des sondages en sièges, prédisait dimanche que, selon le dernier Léger, le PQ obtiendrait 72 circonsr criptions, les libéraux 33 et la CAQ 19.Québec solidaire conserverait un seul élu.Jean Charest, François Legault et Françoise David mordraient la poussière dans leur circonscription respective (Sherbrooke, L\u2019Assomption et Gouin).Selon des experts, la remontée du PQ et du Bloc ne signifie toutefois pas un regain pour la souveraineté.Le dernier sondage sur le sujet, fin janvier, indiquait que la souveraineté était à 43 % après répartition des indécis.Or, si l\u2019on additionne les intentions de vote (après répartition) des trois partis souverainistes présents dans le questionnaire de Il fU JACQUES NADEAU LE DEVOIR La chef du PQ, Pauline Marois, a remis le cap sur l\u2019indépendance, estime Bernard Landry.Léger Marketing, on obtient 41 % (33 % du PQ, 6 % de QS et 2 % d\u2019Option nationale).Pour la sociologue Claire Durand de l\u2019Université de Montréal, experte ès sondages politiques, une tendance est indéniable depuis au moins trois enquêtes d\u2019opinion (Forum Research, CROP et maintenant Léger): «Il y a un regain d\u2019appui au PQ.» Mais pour la souveraineté, c\u2019est «une autre histoire».D\u2019une part, cette mesure semble être devenue presque indépendante par rapport au PQ: «Même quand l\u2019appui au Parti québécois baisse, l\u2019appui à la souveraineté ne baisse pas.Quand l\u2019appui au Parti québécois monte, la souveraineté ne monte pas non plus!» Selon elle, la mesure d\u2019appui à la souveraineté s\u2019est muée avec le temps en «mesure d\u2019identité».C\u2019est la conclusion tirée par Mme Durand au terme d\u2019études d\u2019opinion postélectorales: «Le vote des gens pour le Bloc ou le PQ, contrairement à tous les autres partis, a quelque chose d\u2019identitaire.On va me dire: Vest parce que je suis souverainiste que fai voté ainsi\u201d.Les autres électeurs disent: Vest à cause des politiques du parti ou à cause d\u2019une personnalité\u201d, etc.» Le politologue Jean-Herman Guay, de l\u2019Université de Sherbrooke, est d\u2019accord.«C\u2019est un peu comme pour le catholicisme.Les Québécois se disent catholiques, mais il reste un important écart entre l\u2019identité et la pratique.La souveraineté apparaît comme une option qui peut être mise sur le rond d\u2019en arrière.» Au reste, M.Guay fait remarquer que, contrairement à ce que plusieurs prédisaient, le PQ n\u2019a pas souffert de tenir un débat sur les référendums d\u2019initiative populaire et même d\u2019annoncer qu\u2019il proposerait ce mécanisme.Le politologue avait eu quelques rencontres avec François Legault avant que ce dernier ne crée la CAQ.«n répétait qu\u2019il fallait éviter à tout prix toute discussion publique sur un référendum éventuel parce que les Québécois font des \"brûlements d\u2019estomac\u201d quand ils entendent ce mot.Or, ça n\u2019a pas semblé nuire au PQ!», note M.Guay.Au contraire, croit-il, que le référendum soit «d\u2019initiative populaire» laisse au peuple le choix du moment, «ce que plusieurs ont compris», souligne-t-il, surtout lorsque Mme Marois a balisé l\u2019utilisation de ce mécanisme.«Les gens ont peut-être compris qu\u2019un gouvernement pourrait gouverner sans se poser toujours la question du déclenchement du référendum.» Le Devoir PARENT SUITE DE LA PAGE 1 rue, ils protestent, ils poursuivent en quelque sorte son idéal», poursuit-elle.«Sa mort permettra peut-être de faire connaître aux jeunes cette remarquable oubliée», confiait Françoise David hier, qui perd elle aussi une amie et une grande alliée.Madeleine Parent aura milité jusqu\u2019à la fin de sa vie.Encore ces dernières années, on l\u2019avait vue, infatigable, frêle, mais droite, marcher pour la paix et les droits des femmes, des réfugiés, des minorités et des opprimés.Régulièrement, on l\u2019avait aussi lue ou entendue sur diverses tribunes.De sa plume incisive, il lui arrivait encore de protester contre des lois qu\u2019elle jugeait injustes.Tout cela sans jamais se démonter, comme au temps où elle s\u2019activait dans les syndicats.Alitée depuis quelques années, elle continuait, raconte Andrée Lévesque, à se faire lire Le Devoir jnsqxïk tout récemment.«Elle semblait infatigable, elle rebondissait sans cesse», raconte son amie.«Chaque lutte syndicale enseigne au travailleur comment se battre.Rien n\u2019est jamais complètement perdu», aimait à répéter cette femme de principe née à Montréal en juin 1918.L\u2019aînée de deux enfants a grandi au sein d\u2019une famille de la classe moyenne installée en face du parc La Fontaine, à l\u2019abri de la crise économique qui perdurera jusqu\u2019à la Seconde Guerre mondiale.Etudiante appliquée, la petite Madeleine fréquentera alors les meilleures écoles, dont le couvent YiUa-Maria Parfaitement bilingue, la jeune femme est admise en 1936 à l\u2019Université McGill au département de sociologie.Son choix n\u2019est pas innocent.Il lui permet «d\u2019éviter d\u2019avoir à faire un baccalauréat dans un collège classique de religieuses», confiera-t-elle dans ses enfretiens à Nicole Lacelle.Rapidement, les années d\u2019études de l\u2019étudiante déterminée deviennent des années d\u2019engagement communautaire.Une de ses premières luttes sera d\u2019ailleurs celle pour permettre à des étudiants défavorisés d\u2019obtenir des bourses et de poursuivre des études universitaires.«À l\u2019université, mon milieu préféré était celui des étudiants moins favorisés et préoccupés de questions sociales», raconte-t-elle à propos de cette époque dans un entretien avec Nicole Lacelle, publié sous forme de livre.Elle déplore que.lorsque la Seconde Guerre mondiale s\u2019enclenche, cette cause perde de sa popularité au profit du discours de l\u2019élite, individualiste, qui cherche seulement «à améliorer sa position et son capital».Dès les années 30 La jeune militante s\u2019implique d\u2019abord au sein du Neuman Club des étudiants et étudiantes catholiques.Elle rejoint ensuite les rangs du Student Christian Mouvement (SCM), qui défend la jusr tice sociale et la paix internationale, un mouvement majeur que l\u2019historien Paul Axelrod a qualifié ô! «élément le plus important et le plus constant du mouvement étudiant des années 1930».En janvier 1938, un groupe d\u2019étudiants met sur pied l\u2019Assemblée des étudiants canadiens qui marquera profondément la vie de la jeune Madeleine.Son parcours se précise avec la rencontre de la militante Léa Roback, l\u2019année suivante.De quinze ans son aînée, la femme de tête et d\u2019idées appuiera Madeleine dans ses démarches Rowley et Madeleine Parent étaient unis dans la vie comme dans leurs engagements professionnels.Ils avaient tous deux une personnalité forte et indépendante, tout en étant complémentaires et profondément amoureux.Ils croyaient fermement à la nécessité d\u2019un militantisme syndical sans concessions.Dans sa biographie consacrée à Kent Rowley, Rick Salutin a bien cerné cette complémentarité.«Madeleine, précise, rigoureuse dans la préparation des dossiers, digne voire féminine en toutes circonstances, l\u2019incomparable négociatrice et communicatrice.Kent, l\u2019organisateur hors pair, flamboyant, moins intéressé aux détails immédiats qu\u2019aux conséquences à long terme, toujours à l\u2019affût d\u2019une percée.» Contre Duplessis A ses côtés, Madeleine n\u2019hésite pas à monter au front, défendant particulièrement les ouvriers du textile, et s\u2019attirant les foudres de Maurice Duplessis qui la fait arrêter une première fois, en 1946, pendant la grè- « Chaque lutte syndicale enseigne au travailleur comment se battre.Rien n\u2019est jamais complètement perdu aimait à répéter Madeleine Parent pour devenir organisatrice syndicale.Une égérie qui deviendra aussi une amie intime et une compagne d\u2019armes fidèle.Au sortir de l\u2019université, Madeleine trouve un premier emploi dans le mouvement syndical, un geste d\u2019éclat pour une jeune fille bourgeoise que l\u2019on destine plutôt à une vie rangée.Mais ce confort, elle n\u2019en veut pas.Du moins, pas tant que «la révolte et l\u2019indignation» resteront nécessaires, raconte-t-elle à ses amis.En 1941, elle épouse Val Bjarna-son, un camarade de la Colombie-Britannique rencontré au congrès de l\u2019Assemblée des étudiants canadiens.En 1943, son amie Jean Newman la présente à un organisateur syndical charismatique, Kent Rowley.Madeleine découvre en lui le «camarade idéal», selon les mots d\u2019Andrée Lévesque, qui, dans son ouvrage Madeleine Parent, militante, le décrit comme un homme dynamique, réfléchi et énergique, à l\u2019écoute des travailleurs.Kent deviendra le grand amour de Madeleine.Un peu comme Michel Char-trand et Simonne Monet, Kent ve de l\u2019usine de Dominion Textile à Valley-field.Le geste provoque une manifestation monstre.La syndicaliste obtient un cautionnement qui lui permet d\u2019arriver à temps à Valley-field pour superviser le vote qui sera gagné par les Ouvriers unis des texffles d\u2019Amérique.La grève de Lachute, l\u2019année suivante, fait monter les tensions d\u2019un cran.Les affrontements sont presque quotidiens entre les grévistes et les briseurs de grève protégés par les policiers.Les dirigeants sont arrêtés à répétition (Madeleine le sera trois fois en une semaine!).Le patronat comme Duplessis accusent Parent et Rowley d\u2019être de dangereux com-munistes qui forcent les travailleurs à se mettre en grève.Le 19 mai, Duplessis ordonne l\u2019arrestation des trois principaux chefs syndicaux: Parent, Rowley et Azéllus Beaucage pour «conspiration séditieuse».Le fait qu\u2019une femme figure parmi les accusés de ce «crime de la conspiration pour intimidation» déclenche les passions.«Es cherchaient à démontrer qu\u2019il y avait quelque chose de pas naturel, d\u2019étranger chez une femme qui se bat pour les travailleurs», confiera plus tard la militante en entrevue à Denyse Baillargeon.Madeleine Parent sera finalement condamnée à deux ans de prison en 1948, mais elle sera plus tard blanchie en Cour d\u2019appel, le procureur du gouvernement n\u2019ayant aucune preuve à présenter.La décennie suivante amène le couple à poursuivre sa lutte jusqu\u2019en Ontario où Madeleine et Kent travailleront main dans la main à la mise sur pied de syndicats locaux libérés des attaches américaines.La mort de son mari, en 1978, ne changera rien à la détermination de la militante qui figure parmi les membres fondateurs du Conseil des syndicats canadiens.Infatigable Tous ces combats, elle les mène avec passion, mais aussi mesure et respect Madeleine Parent n\u2019avait en effet rien d\u2019une virago.«Une volonté de fer et un collier de perles», résume Rick Salutin.«Après une nuit de négociation, c\u2019était habituellement les avocats qui avaient l\u2019air abattus et épuisés alors qu\u2019elle paraissait toute fraîche, calme, coiffée, avec son collier de perles, continuant de se battre pour chaque principe.» Les droits des femmes lui tiennent à cœur et elle participera notamment à la création, à Ottawa, du Comité d\u2019action pour le statut de la femme, où elle siégera tout au long des années 70.La syndicaliste infatigable prend sa retraite en 1983.De retour au Québec, sans mari et sans enfants, Madeleine occupe son temps et son énergie à défendre les idéaux qui lui tiennent à cœur.Très active, elle est vue à la Fédération des femmes du Québec, à Alternatives, au Centre des travailleurs immigrants, à la ligue des droits et des libertés et dans les associations d\u2019appui aux femmes autochtones, à mobilité réduite ou issues des communautés culturelles.Ces derniers mois, la maladie avait finalement eu raison de son énergie hors du commun.Alitée depuis 2009, elle avait vu son état se détériorer graduellement jusqu\u2019à ce que la mort l\u2019emporte, entraînant la perte d\u2019une autre fi^-re emblématique du syndicalisme québécois.Politiciens, syndicalistes, amis et militants ont été nombreux hier à saluer sa mémoire en apprenant son décès.Ils pourront lui rendre un dernier hommage bientôt, lors d\u2019une commémoration dont la date reste à déterminer.Le Devoir PHILO Le candidat socialiste François Hollande est le seul à évoquer l\u2019absurdité du monde en citant Camus, qui disait: « Je tire de l\u2019absurde trois conséquences, qui sont ma révolte, ma liberté, ma passion.» SUITE DE LA PAGE 1 même chose au Canada, où il n\u2019y a pas la même tradition, dit l\u2019auteur.En Erance, tout le monde passe le bac de philo et, contrairement à la tradition anglo-saxonne, il y a une tradition de débat philosophique.Et puis, la Erance a une devise très philosophique: Liberté, Égalité, Eraternité.» François Gauvin a donc pris son courage à deux mains et contacté tous les candidats à la présidence.Certains, comme le petit candidat de Chasse, Pêche Nature et Traditions, Frédéric Nihous, lui ont répondu au bout de quelques jours.Même chose pour celui du Nouveau Parti anticapitaliste, Philippe Poutou.Pour eux, très peu présents dans les médias, l\u2019appel semblait inespéré.Ce qui ne veut pas dire que leur intérêt pour la philosophie n\u2019est pas réel.Au contraire.Frédéric Nihous rappelle d\u2019ailleurs que la philosophie était son sujet favori au lycée et qu\u2019il a obtenu sa meilleure note au bac en dissertant sur l\u2019idéalisme absolu chez Hegel.Les portes se sont aussi ouvertes assez facilement chez les candidats de seconde division, comme Marine Le Pen, du Front national, et le centriste François Bayrou, qui est d\u2019ailleurs agrégé de littérature et a écrit plusieurs ouvrages historiques.On aura compris que l\u2019exercice fut plus difficile, voire impossible, auprès des deux principaux candidats Nicolas Sarkozy et François Hollande.François Gauvin, qui collabore aussi parfois au magazine Le Point, a dû promettre de publier les entretiens.Et là encore, ce ne fut pas toujours suffisant François Gauvin n\u2019en revient pourtant pas que tous les candidats, à l\u2019exception de Nicolas Sarkozy (auquel il consacre tout de même un chapitre), aient accepté de répondre à ses questions.Hu-sieurs se sont même pris au jeu, prolongeant un entretien auquel ils prenaient visiblement plaisir.«Moi qui suis souvent désolé du niveau du débat politique de la campagne électorale, j\u2019ai été surpris de l\u2019épaisseur philosophique de la plupart des candidats.» De Gramsci à François d^Assise Le résultat est souvent étonnant et jamais ennuyeux.François Gauvin a parfois fait des découvertes surprenantes.Comme lorsque le candidat du Nouveau Centre, Hervé Morin (aujourd\u2019hui rallié à Nicolas Sarkozy), lui avoue des convictions presque anarchistes sur la valeur suprême que représente pour lui la liberté, fruit de ses lectures de jeunesse du philosophe Max Stirner.Ou lorsque Jean-Luc Mélenchon rappelle que, dans sa jeunesse, il voulait devenir un «intellectuel organique», comme disait le philosophe marxiste italien Antonio Gramsci.Fait à noter, le candidat du Front de gauche refuse aujourd\u2019hui la formule marxiste selon laquelle la religion est l\u2019opium du peuple, n dit plutôt que ce rôle est joué aujourd\u2019hui par la publicité.François Bayrou, lui, cite François d\u2019Assise qui, à propos des rapports entre la nature et l\u2019homme, disait «notre sœur la nature».Profondément catholiques, François Bayrou et Christine Boutin ont une définition très semblable de la dignité humaine.Pour eux, elle est un absolu.Ils ne séparent pas dignité matérielle et dignité morale.On ne peut pas perdre sa dignité, et personne n\u2019est plus digne qu\u2019un autre.Pour François Bayrou, cette affirmation fait même «la différence entre la civilisation et la barbarie».C\u2019est peut-être en guise de rattrapage que Marine Le Pen, qui avait eu 4 sur 20 au bac de phüo, fait partie des candidats qui se sont prêtés avec le plus d\u2019enthousiasme à l\u2019exercice.On ne s\u2019étonne évidemment pas d\u2019entendre la candidate du Front national affirmer que la nation est une «structure naturelle», au même titre que la famille, même si elle n\u2019apparaît qu\u2019au XVlll^ siècle.Ses propos sont néanmoins beaucoup plus intéressants lorsqu\u2019elle exprime sa confiance inébranlable dans le jugement du peuple français.Elle est la seule à expliquer qu\u2019on a un devoir envers les siens.«Et \"les miens\u201d,\tpour moi, c\u2019est mon peuple.Pour Mélenchon, \"les siens\u201d ce sont les ouvriers du monde, pour Hollande, ce sont les humains.» Le doute, jusqu^où?Il est aussi passionnant d\u2019entendre celui qui s\u2019est opposé, à rONU, à l\u2019invasion de l\u2019Irak, Dominique de Villepin, affirmer qu\u2019«f/ n\u2019y a pas de guerre juste, car toute guerre a des conséquences dramatiques», dit-il.Une opinion avec laquelle Jean-Pierre Chevènement est en désaccord total, lui qui avait démissionné du gouvernement de François Mitterrand au moment de la première guerre en Irak.Pour Dominique de Villepin, explique François Gauvin, l\u2019inquiétude semble au cœur de l\u2019activité politique.C\u2019est probablement l\u2019apprenti philosophe le plus enclin à pousser l\u2019exercice philosophique jusqu\u2019à remettre en question ses propres convictions.Bel effort de réflexion, mais qui explique peut-être aussi l\u2019incapacité de l\u2019ancien premier ministre à mener véritablement campagne et à se poser en solution de rechange.On remarquera que ce doute se retrouve aussi chez François Hollande.Le candidat socialiste est le seul à évoquer l\u2019absurdité du monde en citant Camus, qui disait «Je tire de l\u2019absurde trois conséquences, qui sont ma révolte, ma liberté, ma passion.» Etrangement, François Hollande est aussi le seul candidat qui a refusé de répondre à la question portant sur la différence radicale entre le bien et le mal.Un observateur perspicace pourrait se demander si c\u2019est une des raisons pour lesquelles il est, pour l\u2019instant, celui qui a le plus de chance de l\u2019emporter.Mais que l\u2019on ne se méprenne pas.«La capacité de répondre à une question philosophique ne détermine pas la capacité à agir philosophiquement», nous dit François Gauvin.Bref, après cet exercice, il n\u2019est pas sûr que l\u2019auteur lui-même voudrait être gouverné par un président philosophe.En attendant, ce livre vivifiant redonne étrangement goût à la politique.Il nous convainc hors de tout doute que ceux qui ont le courage de l\u2019action politique valent mieux, beaucoup mieux, que leur image médiatique.Vivement des entretiens philosophiques avec Jean Charest, Pauline Marois et François Legault Chiche! Correspondant du Devoir à Paris Bayrou, Hollande, Joly, Le Pen, Mélenchon, Safko2y.leur philosophie sera disponible en librairie au Québec le 27 mars.Rectificatif Dans le texte «La tâche sera ardue pour les candidates pé-quistes» paru le 9 mars 2012 en page A 2, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a été décrite à tort comme la première femme à avoir été ministre des Fi- nances du Québec.C\u2019est plutôt Monique Gagnon-Tremblay qui a été la première femme à occuper ce poste en 1993 et 1994.Mme Marois a été ministre des Finances en 1995 et 1996, puis de 2001 à 2003.Nos excuses.LE DEVOIR www.ledevoir.corn Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel Bureau de Québec 514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com 418-643-1541 La publicité Au téléphone\t514-985-3399 Par télécopieur\t514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone\t514-985-3344 Par télécopieur\t514-985-3340 Par courriel\tavisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone\t514-985-3322 Par télécopieur\t514-985-3340 Les abonnements Au téléphone\t514-985-3355 du lundi au vendredi de\t7h30 à 16h30 Par télécopieur\t514-985-5967 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-463-7559 L\u2019agenda culturel Au téléphone\t514-985-3346 Par télécopieur\t514-985-3390 Le Devoir peut a 1 occasion mettre la liste d'adresses de ses abonnes a la disposition au samedi par Le Devoir Inc dont le siege social est situe au 2050 rue De Bleury 9' 1 imprimerie du Journal de Quebec 450 avenue Bechard Quebec qui est la propriété d'organisations reconnues dont la cause les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations veuillez en avertir notre service a la clientele Le Devoir est publie du lundi etage Montreal (Quebec) H3A3M9 II est imprime par Imprimerie Mirabel Inc 12 800 rue Brault St Janvier de Mirabel Quebec division de Québécor Media 612 rue Saint Jacques Montreal qui a retenu pour la region de Quebec les services de de Corporation Sun Media 612 rue Saint Jacques Montreal \u2014Enregistrement n ° 0858 Depot legal Bibliothèque et Archives nationales du Quebec 2007 "]
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