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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2012-03-19, Collections de BAnQ.

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[" La GRC refuserait de participer aux travaux de la Commission Charbonneau Page a 3 www.ledevoir.com4- LE DEVOIR Vol.ClII N°60 LE LUNDI 19 MARS 2012 1,09$ + taxes= 1,25 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Gabriel Nadeau-Dubois, coporte-parole de la Coalition large de l\u2019Association pour une solidarité syndicale étudiante P#INT CHAUD Un printemps étudiant « Je suis complètement déculotté par la force de ça », dit Gabriel Nadeau-Dubois Avec les professeurs et les parents qui s\u2019invitent dans le mouvement, les appuis à la lutte contre la hausse des droits de scolarité fleurissent.Le vent serait-il en train de tourner en leur faveur?La bataille n\u2019est pas gagnée, reconnaissent lucidement les étudiants.LISA-MARIE GERVAIS Le printemps hâtif est certainement ici une pure coïncidence.N\u2019empêche.Il sourit aux étudiants, qui, avec l\u2019appui ferme d\u2019enseignants, de parents et de syndicats, sont désormais investis d\u2019un nouvel espoir.«On suit les statistiques de la grève de 2005.Nos assemblées sont plus populeuses, les votes sont à plus forte majorité et notre progression est plus rapide», explique en entrevue au Devoir Gabriel Nadeau-Dubois, coporte-parole de la Coalition large de l\u2019Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).VOIR PAGE A 8: PRINTEMPS Anciens, actuels et futurs universitaires se mobilisent 1 ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR Plusieurs générations se sont unies hier pour protester contre la hausse des droits de scolarité.Ils étaient des dizaines de milliers à manifester à Montréal (ci-dessus), mais aussi à Québec, Sherbrooke et Alma.Une semaine décisive s\u2019amorce Le nombre d\u2019étudiants en grève pourrait atteindre 270 000 jeudi MARCO BELAIR-CIRINO Des dizaines de milliers de personnes opposées à la hausse des droits de scolarité ont fait résonner leur voix, hier après-midi, dans les rues de Montréal, Québec, Sherbrooke et Alma.Plusieurs «anciens, actuels et futurs étudiants universitaires» ont répondu à l\u2019appel de la Coalition large de l\u2019Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) en prenant part à l\u2019une de ses quatre manifestations familiales.«C\u2019est déjà un mouvement historique, peu importent les résultats», a fait remarquer le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, avant de prendre la tête du défilé montréalais s\u2019allongeant par moments sur plus d\u2019un kilomètre et demi.Quelque 30 000 personnes ont défilé du parc Lafontaine à l\u2019immeuble abritant les bureaux de la ministre de l\u2019Education, du Loisir et du Sport line Beauchamp.Ils ont notamment marché au rythme des slogans «On veut étudier, on ne veut pas s\u2019endetter!» et «Sabotage libéral, grève générale!» sur les rues Cherrier puis Saint-Denis, SainteCatherine et EuUum.À deux jours du dépôt à l\u2019Assemblée nationale du budget 2012-2013 par le ministre des Ei-nances, Raymond Bachand, ils ont réitéré leur op- position à la hausse des droits de scolarité de 325 dollars par année durant cinq ans.Les membres de la CLASSE ont pris soin d\u2019appeler les manifestants de tous âges à refaire le coup à l\u2019occasion de la manifestation nationale, prévue jeudi dans les rues de la métropole, qui s\u2019annonce d\u2019ores et déjà comme le point culminant de la contestation étudiante.«Il y a aussi beaucoup d\u2019associations étudiantes qui ont voté des débrayages d\u2019une journée spécifiquement pour le 22 mars.C\u2019est certain qu\u2019on va VOIR PAGE A 8: ÉTUDIANTS LOUAI BESHARA AGENCE-ERANCE-PRESSE LE MONDE Une série d\u2019attentats secoue la Syrie À lire en page B 1 INDEX Annonces.B 2 Avis publics.B 6 Convergence.B 7 Culture.B 8 Décès.B 2 Économie .A 5 Idées .A 7 Météo.B 5 Monde.B 1 Mots croisés.B 5 Religions.B 6 Sudoku.B 6 Éditorial.A 6 Télévision.B 7 La GAUCHE RADICALE DANS LA RUE Appel à une « insurrection civique » en France SAMIR TOUNSI MICHAEL MAINVILLE Paris \u2014 Des dizaines de milliers de personnes ont défilé hier à Paris derrière le candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, révélation de la campagne électorale avec 11 % d\u2019intentions de vote et qui veut faire de la présidentielle une «insurrection civique».Au terme d\u2019une marche citoyenne, le candidat du Eront de gauche a clamé sur la place de la Bastille, symbole de la Révolution française, vouloir convoquer une Assemblée constituante pour une «VF République sociale, laïque et écologique» et mettre «fin aux privilèges du capital».«Nous sommes le drapeau rouge, nous albns faire de cette élection une insurrection civique», a-t-il lancé, lyrique, en adressant un «salut fraternel et de solidari- KENZO TRIBOUILLARD AGENCE ERANCE-PRESSE Hier, jour anniversaire de la Commune de Paris, la gauche radicale a tenu le plus grand rassemblement populaire de la campagne électorale présidentielle, place de la Bastille.té au peuple grec qui pâtit» de la crise, dans un discours conclu aux chants de L\u2019Internationale et de La Marseillaise.Selon les organisateurs, ils étaient jusque 100 000 à défiler avec des ballons rouges et des banderoles «Place au peuple», VOIR PAGE A 8: ERANCE PÉNURIE DE MÉDICAMENTS Vers des réductions de services dans les hôpitaux LISE MILLETTE La pénurie de médicaments engendrée par le ralentissement de production chez le fabricant Sandoz a obligé les professionnels de la santé à faire des miracles pour répondre aux besoins des patients.Si, jusqu\u2019ici, les activités ont pu être maintenues, dans quelques semaines, à moins d\u2019un revirement de situation, des réductions de services sont à prévoir.Ce constat est partagé tant par l\u2019Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES) que par la Eédération des médecins spécialistes du Québec (EMSQ).Chaque jour les pharmaciens d\u2019établissements hospitaliers font face au même défi: gérer les stocks de médicaments intraveineux.VOIR PAGE A 8: HÔPITAUX ¦ La pénurie complique le quotidien des professionnels de la santé, page A 4 ICHEL DESAUTELS en SEMAINE 15H AUJOURD'HUI Étudier sans s'endetter: est-ce possible en 2012?Reportage : Benoit Livernoche Réal.-coord.: Sébastien Perron #95.1 PREMIERE CHAÎNE Radio-Canada.ca/desautels 77831302829412 A 2 LE DEVOIR LE LUNDI 19 MARS 2012 ACTUALITES Des dizaines de vols annulés aux aéroports de Montréal et Toronto Air Canada fait appel au Conseil canadien d\u2019arbitrage des relations industrielles Des mauvaises conditions météorologiques, combinées à un problème technique et à l\u2019absence de plusieurs pilotes d\u2019Air Canada, ont passablement perturbé le trafic aérien de plusieurs aéroports canadiens au cours du week-end, notamment à Montréal et à Toronto, où des dizaines de vols ont été annulés ou retardés.Hier en après-midi, Isabelle Arthur, porte-parole d\u2019Air Canada, a confirmé que l\u2019annulation de plusieurs quarts de travail de pilotes pour des raisons de santé, combinée à la météo et à un incendie survenu hier matin dans le réseau électrique de l\u2019aéroport international Pearson de Toronto, avait engendré de nombreuses perturbations dans le trafic aérien.«Air Canada respecte les droits de ses employés de ne pas se présenter au travail lorsqu\u2019ils ne se sentent pas en mesure d\u2019assumer leurs fonctions, à moins que cela ne fasse partie de moyens de pression pour perturber nos opérations.Nous avons saisi le Conseil canadien d\u2019arbitrage des relations industrielles (CCRI) au dossier», a-t-elle fait valoir au Devoir, par comriel.Air Canada, qui a connu plusieurs conflits de travail au cours de l\u2019année, a vu la pression monter d\u2019un cran la semaine dernière avec ses pilotes et ses employés, après l\u2019adoption aux Communes d\u2019une loi for- Air Canada s\u2019étonne de l\u2019absence simultanée de nombreux pilotes çant le retour au travail et le renvoi du conflit en arbitrage.Hier matin, Stéphanie Lapointe, une porte-parole de l\u2019aéroport Montréal-Trudeau, a imputé à l\u2019épais brouillard qui sévissait en matinée à Toronto l\u2019annulation de dizaines de vols au départ ou à destination de la Ville Reine.«La visibilité est mauvaise.Ils ont aujourd\u2019hui la météo que nous avons connue hier», a-t-elle indiqué, disant ne pas être au cornant du fait que plusieurs pilotes avaient déclaré forfait.Hier matin.Air Canada a d\u2019abord strictement attribué à un «incendie électrique dans le réseau électrique de l\u2019aéroport international Pearson de Toronto» les nombreuses perturbations observées dans ses propres vols, principalement à Toronto, Montréal, Calgary, Vancouver et Halifax Par ailleurs, les sites Internet des deux grands aéroports du pays ont fait état hier de plusieurs vols intérieurs et de long courrier annulés à Toronto et Montréal par Air Canada, mais aussi par de nombreux autres transporteurs aériens locaux, dont Porter etWestJet, ainsi que par des transporteurs internationaux, dont United Airways, American Airlines, British Airways et Cathay Pacific.La Presse eanadienne et Le Devoir .JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des économistes suggèrent notamment au ministre de réduire Tamortissement maximal sur les hypothèques de 30 à 25 ans.Endettement des ménages L\u2019étau se resserre sur Jim Flaherty Des économistes appellent le ministre des Finances à ralentir le rythme des hypothèques JULIAN BELTRAME Ottawa \u2014 L\u2019étau se resserre autour de Jim Flaherty pom qu\u2019il agisse une quatrième fois sur les hjqiothèques, afin de garder à flot le marché immobilier et l\u2019endettement des ménages au pays.Le ministre des Finances a reçu des avis partagés lors de sa rencontre avec des économistes le 5 mars, qui n\u2019arrivaient pas à trancher s\u2019il fallait ou non adopter des mesmes pom freiner l\u2019appétit des Canadiens pom l\u2019immobilier et les nouvelles dettes.La Banque du Canada a entretemps réitéré, avec sa déclaration sm le taux d\u2019intérêt, qu\u2019elle considérait l\u2019endettement des ménages comme «le plus grand risque au pays».La semaine dernière, l\u2019économiste principal de laTD, Craig Alexander, a pressé le ministre Flaherty d\u2019agir sans plus attendre.11 lui a suggéré trois scénarios possibles, demandant au ministre d\u2019en choisir une, par exemple de réduire l\u2019amortissement maximal sur les hypothèques de 30 à 25 ans, ou de hausser le seuil minimal des paiements de cinq à sept pour cent.La troisième option proposée par M.Alexander consiste à évaluer les moyens d\u2019un individu qui tente d\u2019obtenir un prêt, en s\u2019assmant qu\u2019il ait les reins suffisamment solides pour éponger les paiements même si les frais d\u2019intérêt hypothécaire se hissaient à 5,5 %, soit environ le double du taux actuel.«Je ne recommande pas de faire quoi que ce soit qui aurait un impact draconien sur le marché.C\u2019est un peu comme de conduire sur la glace, vous n\u2019appliquez pas les freins trop brusquement, il faut plutôt les effleurer pour diminuer les risques de problèmes», a imagé M.Alexander.Un analyste de Capital Economies, David Madani, juge quant à lui qu\u2019il pourrait déjà être trop tard pom resserrer les hjqiothèques et que les prix des maisons sont inévitablement appelés à chuter.Croissance de l\u2019emploi Au coms des six dernières années, le ministre Flaherty a actionné les freins à trois occasions distinctes, ouvrant les vannes lorsque l\u2019amortissement était à 40 ans et qu\u2019aucun versement comptant n\u2019était exigé pom obtenir une hjqiothèque.À chaque fois, les Canadiens s\u2019étaient rangés dans le rang pendant im moment, avant de replonger dans le marché.Les données les plus récentes, dévoilées la semaine dernière, indiquent que l\u2019accumulation de l\u2019endettement des ménages continue à augmenter au rjfrhme de six pour cent annuellement.les ventes de maisons grimpant de 8,6 % et le prix moyen d\u2019une propriété se rapprochant des niveaux records, à 372 763 $.M.Alexander estime que si le ministre hésite à intervenir malgré ses craintes face à l\u2019endettement des ménages, c\u2019est qu\u2019il s\u2019inquiète davantage d\u2019un autre dossier.La croissance de l\u2019embauche a stagné au cours des six derniers mois, et M.Flaherty craint qu\u2019un découragement de faire l\u2019acquisition d\u2019une maison n\u2019affecte du même coup les emplois du secteur de la construction.Le ministre se retrouve face au même dilemme que le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, qui n\u2019ose pas élever le taux d\u2019intérêt parce qu\u2019un tel geste pourrait faire déraper d\u2019autres pans de l\u2019économie.La Presse eanadienne EN SOLIDARITÉ AVEC NABIL KAROUI, POURSUIVI EN TUNISIE POUR AVOIR DIFFUSÉ PERSEPOLIS MERCREDI LE 21 MARSAISHSO Présentation spéciale AU CINÉMA BEAUBIEN 2396 Rue Beaubien Est, Montréal (QC), H2G 1N2 Prix d'entrée: 5$ Organisée par la coordination Afrique du Nord/Moyen-Orient et le groupe de Montréal / Outremont d'Amnistie internationale Canada francophone rébellion, une campagne d\u2019espoir AMNISTIE INTERNATIONALE r Election partielle dans Toronto-Danforth Le NPD promet une victoire décisive C\u2019est jour d\u2019élection dans la circonscription de feu Jack Layton MARIE VASTEL Ottawa \u2014 C\u2019est aujourd\u2019hui que les électeurs de la circonscription de Jack Lajùon se choisissent un nouveau député.Et les néodémocrates semblent bien en voie de conserver le siège.Le candidat du NPD, Craig Scott, a promis rien de moins qu\u2019une «mini-vague orange» en entrevue avec le Globe and Mail, cette semaine.Et à Ottawa, le parti lui fait écho, disant avoir bon espoir de l\u2019emporter ce soir et de compter bientôt un 102® député aux Communes.Un sondage mené au moment du déclenchement de l\u2019élection complémentaire, mi-février, donnait gagnant M.Scott avec près des deux tiers des voix (61 %), un seuil comparable à celui qu\u2019a connu Jack Lajùon quand il a remporté son élection le 2 mai dernier.Suivaient le libéral Grant Gordon, 19 %, et le conservateur, 14 %.Le coup de sonde a été effectué par téléphone, le 12 février, auprès de 538 résidants de Toron- to âgés de 18 ans et plus.La marge d\u2019erreur était de plus ou moins 4,23 points de pourcentage, 19 fois sur 20.Cinq semaines plus tard, les néodémocrates refusent de prédire l\u2019avance de M.Scott, mais ils affichent un bel optimisme.Du côté libéral, on concède que le Nouveau Parti démocratique a une longueur d\u2019avance, mais on se dit tout de même «compétitif >.Signe du défi qui les attendait au seuil de la course, cependant, le slogan du parti dans Toronto-Danforth: «Nous écoutons.Nous changeons.Nous voulons vous ravoir.» Les conservateurs ont quant à eux dès le départ affirmé que dans cette course, «les libéraux ont tout à perdre».Leur candidat, Andrew Keyes, n\u2019a d\u2019ailleurs participé à aucun des débats organisés pour les candidats.La circonscription est vacante depuis le décès de M.Lajùon en août dernier, des suites d\u2019un cancer.Les candidats des trois principaux partis sont plutôt méconnus de la scène fédérale.Le néodémocrate Craig Scott, 50 ans, est professeur de droit; le libéral Grant Gordon, 48 ans, est dirigeant d\u2019une entreprise publicitaire; le conservateur Andrew Keyes, 51 ans, est consultant en communication.Jack Layton détenait Toronto-Danforth depuis son élection à la direction du parti, en 2004, et le chef néodémocrate avait vu gonfler s^ majorité au fd des scrutins.À la dernière élection, il avait 21 000 voix d\u2019avance sur les libéraux.Mais avant 2004, Toronto-Danforth était un château fort libéral, représenté par Dennis Mills pendant 16 ans.Le chef intérimaire libéral Bob Rae a par ailleurs lui-même détenu la circonscription, à l\u2019époque où il portait les couleurs du NPD fédéral de 1978 à 1982.Du côté de la chefferie du NPD, la personne qui succédera à Jack Layton à la direction du parti sera choisi samedi, au terme du congrès de deux jours organisé à Toronto.Le Devoir Harper en Thaïlande Plaidoyer en faveur du libre-échange MIKE BLANCHEIELD Bangkok\u2014 La Thaïlande livrera cette semaine un vibrant plaidoyer en faveur de négociations pour le libre-échange avec le Canada, au moment où le premier ministre, Stephen Harper, amorce son deuxième séjour en Asie en trois mois.Le pays vantera sa position enviable comme point d\u2019entrée facile et sécuritaire pour le Canada, qui pourrait ensuite s\u2019aventurer plus loin en Asie.Ces discussions soulèveront la possibilité d\u2019une entente commerciale élargie dans la région, réunie dans un bloc de dix pays sous l\u2019Association des Nations de l\u2019Asie du Sud-Est (ASEAN).La Chine n\u2019étant pas membre de l\u2019ASEAN, toute percée économique avec le bloc constituerait un élargissement considé- rable pour les ambitions commerciales du Canada en Asie.Iæ premier ministre, qui avait effectué en janvier son deuxième voyage officiel en Chine, a déjà fait savoir qu\u2019un commerce accru avec l\u2019Asie était une priorité économique après une série d\u2019événements ayant plombé la relation du Canada avec son principal partenaire commercial, les Etats-Unis.In directrice générale du département thaïlandais des Négociations commerciales, Srirat Rastapana, a souligné qu\u2019il était compréhensible que le Canada cherche à diversifier ses partenariats pour être moins dépendant de ses relations avec le marché américain.Elle a ajouté que la Thaïlande accueillait favorablement la démarche.L\u2019année en cours s\u2019avérera importante puisqu\u2019elle permettra de jeter les bases d\u2019une relation plus forte entre la Thaïlande et le Canada, a ajouté Mme Srirat.«Nous accueillons favorablement la participation du Canada aux forums de l\u2019ASEAN, et nous pensons que le Canada pourrait être un partenaire précieux pour nous», a-t-elle souligné.Plus tôt ce mois-ci, le Canada et le Japon ont dévoilé leur propre étude conjointe sur la possibilité d\u2019un accord commercial, dans laquelle ils concluaient qu\u2019il restait «encore beaucoup de potentiel à exploiter» dans leur relation.L\u2019étude prévoyait qu\u2019une entente commerciale entraînerait des apports de 3,8 à 9 milliards $ pour le PIB du Canada.Le premier ministre Harper se rendra aussi au Japon pour ensuite compléter son séjour en Corée du Sud.La Presse eanadienne C/A LE DEVOIR, LE LUNDI 19 MARS 2012 A 3 ACTUALITES Miner son champ A Manon I CORNELLIER Une semaine avant l\u2019entrée de Brian Topp dans la course à la direction du NPD en septembre 2011, le journal Hill Times publiait une entrevue avec Ed Broad-bent dans laquelle il se réjouissait de voir les libéraux en perte de vitesse et disait que la solution pour contrer les conservateurs était un ralliement derrière la bannière néodémocrate.M.Broadbent notait que certains libéraux se sentaient davantage chez eux au NPD qu\u2019au Parti conservateur.«Venez et joignez-vous à nous.Tom Mulcair Va fait.Françoise Boivin Va fait.Ils ont quitté le Parti libéral et ont joint le NPD.Je pense que c\u2019est la voie à suivre pour les sociaux-démocrates.» Sbc mois plus tard, le même Ed Broadbent est sur toutes les tribunes pour pourfendre le même Thomas Mulcair et prévenir les néodémocrates des dangers qu\u2019il représente pour leur parti.Sur les ondes de la CBC, jeudi dernier, il affirmait ne pas savoir si M.Mqlcair comprenait ce qu\u2019est la social-démocratie.À Postmedia News, ce weekend, il en rajoutait, affirmant qu\u2019il en allait de l\u2019avenir même du NPD.Rien de moins.Partisan de Brian Topp, M.Broadbent ne craint pas seulement de voir le parti poussé vers le centre par M.Mulcair, mais de le voir se transformer en «un autre Parti libéral.Et ce serait, après un court laps de temps, la fin du NPD et de tout ce qu\u2019il défend».Ed Broadbent dit être sorti de sa réserve après avoir entendu Thomas Mulcair s\u2019attribuer faussement le mérite de la percée du NPD au Québec, le 2 mai dernier.Il doute aussi de ses qualités de rassembleur et en veut pour preuve le fait, affir-me-t-il, que 90 % des députés d\u2019expérience soutiennent d\u2019autres candidats que lui.M.Broadbent répète à qui veut l\u2019entendre que ce sont Jack Layton et sa garde rapprochée, dont faisait partie Brian Topp, qui ont conçu une «stratège cohérente pour le Québec avant qu\u2019une personne du nom de Tom arrive» et que c\u2019est cette même organisation qui a permis à M.Mulcair de se faire élire pour la première fois à la Chambre des communes lors d\u2019une élection partielle tenue en 2007.Pour un homme qui s\u2019inquiète de l\u2019avenir de son parti, Ed Broadbent se livre à un jeu très dangereux.Il alimente la division et rend plus difficile la réunification du parti après le vote du 24 mars.À plus long terme, c\u2019est du napalm pour publicité négative que M.Broadbent vient d\u2019offrir aux conservateurs et aux libéraux, advenant une victoire de M.Mulcair.Il est par ailleurs ironique que cette peur de Thomas Mulcair vienne du camp de Brian Topp, le même qui, pour le NPD, a piloté les discussions qui ont mené à l\u2019accord de coalition avec le PLC et le Bloc québécois à l\u2019automne 2008.Et c\u2019est Ed Broadbent qui, au printemps 2010, aurait jonglé avec l\u2019idée d\u2019un rapprochement avec les libéraux, une idée qu\u2019il écarte vigoureusement depuis le 2 mai dernier.Difficile, dans ce contexte, de ne pas voir cette charge comme une attaque personnelle contre M.Mulcair, comme le signe d\u2019une certaine panique dans le camp Topp et d\u2019une peur de l\u2019establishment de perdre le contrôle du parti.Un signe aussi de la résistance de certains à tout compromis idéologique pour permettre aux progressistes de prendre le pouvoir.Plus décevant encore de la part de M.Broadbent est la malhonnêteté intellectuelle de certains de ses propos.Il est faux de dire que la quasi-totalité des vétérans du caucus a préféré les autres candidats.Parmi les 32 députés d\u2019expérience qui ont été réélus, 20 se sont prononcés jusqu\u2019à présent, dont six pour M.Mulcair, cinq pour M.Dewar et quatre pour M.Topp.Par ailleurs, M.Mulcair ne s\u2019attribue pas tout le mérite des gains du 2 mai dernier, mais une bonne partie, et à raison.Sa première victoire dans Outremont est la sienne.Il était porté par la vague de popularité que lui ont valu ses positions environnementales et son départ du cabinet Cha-rest.Tous les partis le savaient et le courtisaient.Peu importe l\u2019organisation mise en place par le NPD, il n\u2019aurait jamais arraché la forteresse libérale d\u2019Outremont sans une tête d\u2019affiche.Et une fois élu, Thomas Mulcair a donné au NPD une vobc et un visage familiers au Québec, ce qui a permis de bâtir lentement, mais sûrement, sa crédibilité.M.Broadbent, tout comme les candidats Brian Topp, Peggy Nash, Paul De-war et Niki Ashton, fait une erreur d\u2019évaluation ahurissante quand ils affirment que le parti a gagné au Québec en restant lui-même et qu\u2019il suffit de répéter la même chose pour percer ailleurs.C\u2019est nier la réalité.Le NPD a profité d\u2019un alignement unique des astres: familiarité nouvelle avec le parti, ras-le-bol des Québécois face aux partis traditionnels, désir d\u2019une solution de rechange progressiste aux conservateurs et présence d\u2019un chef charismatique menant une campagne impeccable.Oui, il y a eu un effet Layton.Le programme et les politiques du NPD ont été secondaires.L\u2019organisation encore plus.Quelques députés ont été élus sans mettre les pieds dans leur circonscription.Ceux qui ont fait campagne, et c\u2019est la très grande majorité, l\u2019ont fait sans moyens ni association locale digne de ce nom.Ne pas le reconnaître équivaut à avouer qu\u2019on n\u2019a rien compris à ce qui se passait au Québec et qu\u2019on ne le comprend toujours pas.Toute cette affaire donne l\u2019impression que dans le camp Topp, ce n\u2019est plus «n\u2019importe qui sauf Mulcair», mais «après moi le déluge».mcornellier@ledevoir, com ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Amir Khadir et Françoise David demandent au ministre Raymond Bachand de mettre fm à politique du féficit zéro afin d\u2019épargner la classe moyenne.Non au déficit zéro Québec solidaire presse le ministre Bachand d\u2019épargner la classe moyenne dans son prochain budget ISABELLE PARE \\ A 48 heures du dépôt du budget provincial, Québec solidaire a pressé hier le gouvernement Charest d\u2019épargner la classe moyenne, déjà lourdement touchée par de nouvelles taxes, et de mettre fin à sa «religion du déficit zéro».Les deux co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Amir Khadir, député de Mercier, et Erançoise David, candidate de QS dans Rosemont, ont invité hier le ministre des Einances, Raymond Bachand, à renoncer aux séries de mesures qui n\u2019ont cessé d\u2019augmenter les inégalités sociales ces dernières années, en pénalisant injustement les petits salariés et la classe moyenne au profit des ménages aisés et des entreprises.«On rappelle que le déficit zéro n\u2019est pas une religion et que vouloir le faire rapidement d\u2019ici 2013 est de la folie! C\u2019est d\u2019autant plus fou que le gouvernement Charest veut y arriver en surtaxant la classe moyenne et en diminuant les services publics», a déploré hier Erançoise David, en marge d\u2019une assemblée de son parti tenue à Montréal pour assurer l\u2019investiture de 15 candidats de QS aux prochaines élections.Mme David dénonce notamment la contribution santé instaurée par le gouvernement libéral, qui atteindra 200 $ par individu et pas moins de 400 $ par famille en 2012, et la hausse prévue des frais de scolarité de 325 $ par an pendant cinq ans, pour illustrer les mesures régressives préconisées par le gouvernement actuel.Lace au ras-le-bol généralisé qui s\u2019exprime dans la population, notamment par l\u2019appui croissant que recueille l\u2019opposition à la hausse des droits de scolarité, le gouvernement Charest doit reculer, comme il a dû le faire précédemment dans les dossiers du Suroît et du mont Or-ford, estime Erançoise David.Le député de Québec solidaire dans Mercier, Amir Khadir, ajoute que plusieurs grandes entreprises continuent de bénéficier d\u2019un régime fiscal indûment favorable, d\u2019exemptions de taxe et d\u2019impôts, notamment sur les gains en capital.«C\u2019est un choix idéologique que fait le gouvernement libéral.La seule compagnie qui paie de justes redevances sur Veau à l\u2019heure actuelle, c\u2019est Hydro-Québec.Ça serait des centaines de millions de dollars supplémentaires qu\u2019on irait chercher chez les industries gazières, minières et d\u2019embouteillage d\u2019eau si on réclamait des redevances sensées», a-t-il dit, martelant les huit grandes mesures proposées par son parti pour aller chercher les cinq milliards manquants au gouvernement Charest pour atteindre l\u2019équilibre budgétaire.Québec solidaire propose entre autres au ministre Bachand de puiser 775 millions $ de plus chez les entreprises minières et manufacturières en haussant les redevances sur l\u2019eau, d\u2019empocher 340 millions $ supplémentaires en relevant les redevances minières, 443 millions $ en haussant le taux d\u2019imposition des hauts salariés gagnant plus de 115 000 $ par année et quelque 818 millions en imposant à 100 % les gains en capital des particuliers (sauf pour les résidences principales) et des entreprises autres qu\u2019agricoles.«Qui propose des mesures pour le 99 % à part nous?», insiste Erançoise David, rappelant que le Parti québécois a lui aussi sabré dans les services publics et instauré des baisses d\u2019impôts qui coûtent aujourd\u2019hui très cher à l\u2019État québécois.Le Devoir Au coude-à-coude avec le PQ dans Rosemont La candidate de QS dans Rosemont, Erançoise David, affirme que son parti est «1000fois mieux préparé» à la prochaine campagne électorale qu\u2019en 2008.Dans son propre comté, où elle a obtenu 32% des suffrages aux dernières élections, elle dit être aujourd\u2019hui au coude-à-coude avec Nicolas Girard, le député du Parti Québécois dans Rosemont.«Il est très visible dans les médias ces jours-d, c\u2019est clair qu\u2019il y a de l\u2019inquiétude dans l\u2019air», affirme-t-elle.Installations de compteurs «intelligents» Les audiences publiques débutent sur fond de manifestation LOUIS-GILLES FRANCŒUR Alors que débutent, aujourd\u2019hui, les onze journées d\u2019audiences de la Régie de l\u2019énergie portant sur l\u2019installation par Hydro-Québec de compteurs-émetteurs dans les résidences, une manifestation de la Coalition québécoise de lutte contre la pollution électromagnétique (CQLPE) est prévue ce matin devant la Tour de la Bourse, au centre-ville de Montréal, pour dénoncer l\u2019initiative de la société d\u2019État, jugée dangereuse pour la santé.Hydro-Québec doit changer de cap et permettre de s\u2019équiper de compteurs «câblés», aussi rapides que ses compteurs-émetteurs mais sans leurs émissions controversées, aux personnes électrosensibles ou à celles qui refusent cet équipement dit «intelligent» en invo- quant le principe de précaution.C\u2019est du moins ce que propose la CQLPE en réaction à la proposition d\u2019Hydro-Québec de demander à la Régie de l\u2019énergie d\u2019imposer à ceux qui refusent les compteurs-émetteurs des frais d\u2019installation de 98 $ et des frais de relevé mensuels de 17 $, soit une somme de 3060 $ en 15 ans, si tant est que le tarif n\u2019est jamais augmenté.Pour le porte-parole de la coalition, José Lévesque, les compteurs reliés par câble à la société d\u2019État pourraient communiquer avec elle soit par fibre optique, là où elle est présente, soit par ligne coaxiale (câble de télévision), soit par téléphonie haute vitesse ou normale.Des compteurs de ce genre fonctionnent depuis plus de 10 ans dans des milliers de résidences et commerces, ajoute M.Lévesque, qui en a installé lui-même, et il est invraisem- blable, dit-il, d\u2019imaginer qu\u2019Hy-dro-Québec s\u2019apprête à les enlever au profit de ses compteurs-émetteurs.Les compteurs câblés constituent, dit-il, une solution fiable et beaucoup moins coûteuse, puisqu\u2019elle n\u2019exige aucun relevé manuel.Pour la coalition, la Régie doit non seulement se pencher sur ces solutions de rechange, mais examiner les moyens de réduire le fardeau financier de leur installation chez les personnes à faible revenu.La solution d\u2019Hydro-Québec est la plus chère de toutes, conclut M.Lévesque.Elle ne vise, dit-il, qu\u2019à décourager le plus de gens possible à s\u2019offrir un compteur qu\u2019ils jugent plus sécuritaire pour leur santé, ce qui devrait être considéré comme un droit fondamental.Le Devoir Avec La Presse canadienne Industrie de la construction La GRC refuserait de collaborer à la commission Charbonneau La Gendarmerie royale du Canada (GRC) aurait fait part de son intention de ne pas collaborer à la commission Charbonneau sur l\u2019industrie de la construction au Québec.Cette dernière réclame entre autre l\u2019accès à de la preuve sur les liens entre cette industrie et le crime organisé.Selon ce que rapportaient divers médias hier, le débat se transportera devant les tribunaux.La GRC devrait en effet déposer aujourd\u2019hui une requête en Cour supérieure pour faire annuler la citation à comparatre qu\u2019elle a reçue de la commission.Le directeur des communications de la commission Charbonneau, Richard Bourdon, a confirmé hier, lors d\u2019une entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne, qu\u2019une procédure juridique touchant la commission était effectivement devant les tribunaux.Il a cependant refusé de donner plus de détails.Selon les informations de certains médias, le service de police fédéral contesterait la compétence de la commission Charbonneau dans le dossier, soutenant que celle-ci outrepasserait son mandat.La GRC invoquerait également un argument de nature constitutionnelle sur les pouvoirs d\u2019une commission d\u2019enquête provinciale.Cour supérieure Du côté de la GRC, toutefois, le caporal Luc Thibault a dit ne pas posséder d\u2019informations sur une éventuelle requête du service de police devant la Cour supérieure.Le caporal Thibault a affirmé que la GRC continuerait de collaborer avec la commission comme elle l\u2019a fait par le passé.«La GRC a toujours lutté contre le crime organisé, et nous allons continuer à collaborer avec la commission Charbonneau, le tout selon nos droits», a-t-il ajouté, sans élaborer.La commission avait demandé d\u2019obtenir toute la preuve recueillie dans le cadre de l\u2019opération Colisée contre le crime organisé.La GRC estime que cette demande est trop large, indique notamment Radio-Canada.L\u2019escouade Marteau de la Sûreté du Québec possède elle aussi la preuve obtenue dans le cadre de l\u2019opération Colisée.La Presse canadienne Aveos fermerait son usine de Montréal Winnipeg \u2014 Les dirigeants d\u2019Aveos Performance aéronautique, une société qui fournit des travaux d\u2019entretien pour Air Canada, auraient décidé de fermer des usines dans trois villes, incluant Montréal, selon un porte-parole syndical.Plus de 2400 employés seraient du coup touchés.Selon Tony Didoshak, de l\u2019Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l\u2019aérospatiale, (AIMTA) les employés des usines de Montréal, de Winnipeg et de Vancouver auraient été avisés en même temps, soit à 13 h 30, heure de l\u2019Est, hier après-midi.Le syndicat, qui représente aussi les mécaniciens, les manutentionnaires de bagages et les membres du personnel de maintenance en piste d\u2019Air Canada, craignait pour l\u2019avenir d\u2019Aveos après que la société aérienne eut décidé de confier certaines de ses tâches à un sous-traitant à l\u2019extérieur du pays.Air Canada a transféré ses opérations d\u2019entretien de trains d\u2019atterrisage et des moteurs de l\u2019extérieur des usines d\u2019Aveos vers d\u2019autres fournisseurs d\u2019entretien, incluant la Chine.Air Canada a également retardé certains travaux jusqu\u2019à l\u2019automne.Aveos fournit environ 90 % des travaux d\u2019entretien d\u2019Air Canada, faisant d\u2019Aveos le plus important client de la société aérienne.La Presse canadienne E N BREF Le budget Bachand dictera la tenue ou non d\u2019élection Le nombre de «bonbons politiques» qui figureront dans le prochain budget du ministre des Li-nances, Raymond Bachand, donnera une indication claire sur les intentions du gouvernement de déclencher ou non des élections à court terme, selon le Parti québécois.Le porte-parole pé-quiste en matière de finances publiques, Nicolas Marceau, estime déjà qu\u2019il ne sera pas impressionné par le contenu du budget, déposé demain.En entrevue à La Presse Canadienne, M.Marceau dit ne pas s\u2019attendre à un changement de cap du gouvernement libéral.Selon lui, la taxe santé de 200 $, que veut abolir le PQ, va rester.Il ne croit pas que les redevances des minières, qui profitent des richesses naturelles du Québec, seront augmentées.Et Nicolas Marceau affirme que le budget fera de nouveau état d\u2019un meilleur contrôle des dépenses.Mais il soutient du même souffle, que le gouvernement fait la même promesse à chaque budget, et qu\u2019il a failli à la tâche, année après année, en se fixant des cibles ambitieuses qu\u2019il n\u2019atteint pas.- La Presse canadienne A 4 LE DEVOIR LE LUNDI 19 MARS 2012 ACTUALITES Documents médicaux publiés par le JdeM La FPJQ dénonce les méthodes d\u2019enquête « exagérées » de la SQ MARCO BELAIR-CIRINO La Fédération des journalistes du Québec (FPJQ) s\u2019en prend à la façon dont la Sûreté du Québec (SQ) a recueilli des informations sur un reporter du Journal de Montréal soupçonné de vol de documents confidentiels.Avant de mener une perquisition jeudi dernier, à 6h45, dqns la résidence du journaliste Eric Yvan Lemay, dans le cadre d\u2019une enquête ouverte à la suite du dépôt d\u2019une plainte du centre hospitalier Honoré-Mer-cier à Saint-Hyacinthe, la SQ a épié les faits et gestes du journaliste spécialisé en santé à 12 reprises entre le 25 février et le 12 mars, selon le tabloïd.Le sergent-détective Stéphane Beaudoin a noté, le dimanche 11 mars, «qu\u2019une couche pour enfant, semblant être usagée, est disposée sur le balcon avant du domicile devant la porte d\u2019entrée», avant de fder \u2014 ou de demander de hier \u2014, le lendemain, la conjointe du journaliste jusqu\u2019à son lieu de travail, révélait notamment le Journal dans sa livraison de samedi.Le président de la FPJQ, Brian Myles, estime «anormale» la misç sous surveillance policière d\u2019Eric Yvan Lemay et de sa conjointe 12 fois pendant sept jours.«Malgré toute mon expérience, je n\u2019arrive pas à trouver l\u2019ombre du début d\u2019un argument rationnel à une filature de la conjointe et même de [M.Lemay].Ça m\u2019apparaît nettement exagéré», a-t-il déclaré.Dans une vidéo mise en ligne sur son site Web au cours du week-end, le lieutenant Guy La-pointe a fait valoir que «la SQ se doit d\u2019employer tous les moyens nécessaires pour mener à bien cette enquête, mais l\u2019intimidation, contrairement à ce qui a été avancé, n\u2019en fait jamais partie».11 a aussi rappelé que les journalistes «ont des droits et aussi des responsabilités qui sont définis dans un guide déontologique du Conseil de presse».«C\u2019est grotesque! Il faut faire la différence entre un glissement déontologique allégué, puis un acte criminel.[.] Depuis quand il s\u2019est transformé en grand vizir de la déontologie journalistique?», a rétorqué M.Myles.Dans l\u2019article «Pas de secret à l\u2019hôpital: Des informations médicales dans le corridor» publié le jeudi 9 février, M.Lemay «démontr[dit] la facilité déconcertante avec laquelle il était possible de mettre la main sur des documents de patients confidentiels, abandonnés dans les couloirs des hôpitaux», martèle Le Journal de Montréal.Pratique «non éthique» D\u2019autre part des policiers de la SQ ont fourni à des journalistes des «informations erronées» selon lesquelles M.Lemay serait ressorti d\u2019un bureau des documents en main, a dénoncé le rédacteur en chef du quotidien, Dany Doucet.«Des relationnistes de la Surêté du Québec ont appelé dans des salles de rédaction vendredi pour laisser entendre qu\u2019ils détenaient la vidéo compromettante sur Eric Yvan Lemay à l'hôpital Honoré-Mercier», a-t-il affirmé au Devoir, jugeant cette pratique «non éthique».L\u2019enveloppe renfermant les documents conhdentiels se trouvait dans un pigeonnier de courrier interne disposé dans un corridor de l\u2019hôpital accessible au public, se défend le Journal.«Ils disent à des journalistes des choses qu\u2019ils ne devraient pas dire, d\u2019une vidéo qu\u2019ils n\u2019ont pas le droit à ce stade-ci de dévoiler», a ajouté M.Doucet, avant de promettre aux lecteurs du Journal de Montréal «d\u2019autres révélations» dans cette affaire.Le Devoir Droits de scolarité Les jeunes libéraux toujours d\u2019accord avec la hausse LISE MILLETTE Saint-Jean-sur-Richelieu \u2014 Réunie jusqu\u2019à hier à Saint-Jean-sur-Richelieu, la commission jeunesse du Parti libéral du Québec a réaffirmé son appui à la hausse des droits de scolarité.Les quelque 200 délégués n\u2019avaient pas à se prononcer par vote sur cette question, déjà débattue en 2010.La présidente de la commission, Maripier Isabelle, a tout de même indiqué que l\u2019accès aux études supérieures a alimenté les échanges tout au long de la journée.Pas question toutefois de revenir sur la décision prise antérieurement.Les jeunes libéraux sont toujours favorables à rele- ver les coûts pour les études post-secondaires afin d\u2019assurer le financement et le maintien du système d\u2019éducation.Bien que l\u2019actualité a tiré les jeunes libéraux vers l\u2019éducation, c\u2019est la santé qui s\u2019est imposée au coeur des débats.Afin d\u2019assurer que les jeunes générations n\u2019aient pas à assumer le boom du vieillissement, la commission jeunesse demande au gouvernement de mettre sur pied un fonds santé «exclusivement dédiés aux besoins de la population, en 2056, au moment où le choc démographique sera le plus fort.» La Presse canadienne « Essayez de ne pas trop en donner » La pénurie de médicaments nuit au réseau de la santé québécois LISE MILLETTE Un patient atteint d\u2019une infection fongique s\u2019est vu donner la moitié de la dose habituelle du produit nécessaire à son traitement.La raison: la crainte de manquer de médicament Un médecin traite un homme atteint d\u2019un problème d\u2019insuffisance cardiaque.Chaque jour, il demande qu\u2019on lui administre du Lasix.Cette médication est en rupture de stock.Mot d\u2019ordre: «essayez de ne pas trop en donner».Voilà le quotidien des professionnels de la santé depuis plusieurs semaines.«Chaque jour, on se demande quel est l\u2019état des stocks et puisque c\u2019est nous qui prescrivons, nous devons faire preuve d\u2019une grande capacité d\u2019adaptation, mais à quel prix?», se demande un médecin qui s\u2019est confié à La Presse canadienne, mais qui a demandé à ce que soit préservé son anonymat La pénurie de médicaments intraveineux causée par le ralentissement de production au laboratoire de la compagme Sandoz, à Boucherville, continue de faire mal à tout le réseau hospitalier.«Pratiquement tous les médicaments injectables viennent de Sandoz.Ça met de la pression.Qu\u2019est-ce que je vais donner comme narcotique ou intraveineuse?», se demande une autre professionnelle qui travaille dans un autre hôpital de Montréal., La situation n\u2019est pas isolée.A preuve, une série de courriels envoyés par le ministère de la Santé dans différentes agences de santé et services sociaux.Parmi ces messages, plusieurs font référence à une interdiction de s\u2019adresser aux journalistes.«Il a été décidé, par les autorités du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), que chacune des communications qui seront effectuées par les établissements ou les agences devra, au préalable, être entérinée par le MSSS», peut-on lire dans un envoi de masse aux responsables du Bas-Saint-Laurent, de la Monté-régie, des Laurentides, de Montréal, de l\u2019Estrie, de Québec, du Saguenay et de toutes les autres régions du Québec.Les autorités soutiennent que l\u2019objectif est «d\u2019harmoniser toute communication publique et d\u2019assurer une cohérence dans la diffusion des messages auprès de la population».La loi du silence C\u2019est précisément pour cette raison qu\u2019une anesthésiste a rompu le silence pour dire que la population ignore l\u2019état réel de la situation.«Ce qu\u2019on nous dit, c\u2019est \u201cparlez-en pas à personne\u201d», affirme-t-elle.Sur le terrain, les pharmaciens appellent à gauche et à droite et négocient pour tenter d\u2019obtenir certains médicaments dont ils ont besoin.«Le travail des pharmaciens d\u2019hôpitaux est exécuté sous pression.A chaque jour, je dois me présenter et demander \u201cest-ce que cette médication est encore back-order\".?Alors qu\u2019est-ce que je fais?», a affirmé un urgentologue.Les ordres professionnels ont convenu de mesures temporaires pour éviter que cette situation de pénurie ne détériore les conditions en établissements.Les responsabilités des professionnels, elles, augmentent.Sur les étages, tous ces changements de gestion de médicaments, dont certains non plus les mêmes concentrations, imposent aux infirmières de faire preuve de plus d\u2019attention lorsqu\u2019elles administrent les doses.Pour le moment, le réseau tient bon, mais la disette annoncée, sur plusieurs mois, continue d\u2019inquiéter vivement.La Presse canadienne TOUS IRLANDAIS ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR DES DIZAINES de milliers de personnes se sont mises au vert, hier à Montréal, tant pour lever leur chapeau à la Saint-Patrick, fête des Irlandais, que pour saluer l\u2019arrivée en trombe d\u2019un printemps aux couleurs de l\u2019été.Avec 23 degrés Celcius observés au thermomètre dans la métropole, la 189 édition du célèbre défilé, un des plus importants en Amérique du Nord avec ses 2500figurants et sa vingtaine de chars allégoriques, a indéniablement pris des airs de fête de bienvenue au soleil et au temps doux.Fête de la Saint-Patrick en Ontario Des célébrations virent à l\u2019émeute London, Qntario \u2014 Les sentiments de dégoût et de désapprobation prévalaient hier à London, en Ontario, après que des fêtards en état d\u2019ébriété qui soulignaient la Saint-Patrick eurent passé la nuit précédente à alimenter un immense feu et à affronter les policiers.Bien que personne n\u2019ait été sérieusement blessé après qu\u2019un millier de fêtards eurent investi un quartier populaire auprès des étudiants, tous les agents de police appelés sur les lieux ont été attaqués durant l\u2019émeute, qui aurait pu prendre une tournure funeste, ont indiqué les autorités poli- cières.«Lors des 32 années de ma carrière de policier, jamais je n\u2019ai vu des comportements escalader à un point tel que des individus puissent être blessés sérieusement ou tués», a affirmé le chef de la police de London, Brad Duncan.«Nous n\u2019allons pas tolérer ce manque de respect pour notre communauté, nos lois et en particulier ce quartier», a-t-il ajouté.Soixante-cinq policiers équipés pour faire lace à des émeutiers et 10 pompiers ont été dépêchés sur Fleming Drive, dans la partie est de la ville.La quartier situé à proximité de Fanshawe College a la réputation d\u2019être une enclave estudiantine connue pour ses fêtes et a déjà été le site de perturbations, mais jamais de cette ampleur.L\u2019incident a débuté lorsque des fêtards s\u2019en sont pris à une camionnette du réseau de télévision CTV, l\u2019ont renversée et y ont mis le feu.Certains policiers ont par la suite affirmé que le secteur ressemblait à une zone de guerre, alors que des fêtards alimentaient le feu avec des meubles, des morceaux de clôture et tout ce qui leur tombaient sous la main, tout en bombardant les forces de l\u2019ordre au moyen de briques, de bouteilles de bière et de pneus.Les dégâts sont estimés à quelque 100 000 $.La Presse canadienne Moyens de pression dans des CPE Les quelque 1700 éducatrices des centres de la petite enfance (CPE) affiliées à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) vont à leur tour exercer des moyens de pression dès aujourd\u2019hui à travers des opérations de visibilité et de sensibilisation des parents.11 n\u2019est toutefois pas question d\u2019arrêts de travail, pour l\u2019instant.Les éducatrices de la CSQ veulent ainsi accélérer les négociations avec les employeurs et le gouvernement Charest.Les moyens de pression toucheront d\u2019aujourd\u2019hui à jeudi une trentaine de CPE situés dans les régions du Grand Montréal, de Québec, de l\u2019Es-trie et de l\u2019Abitibi-Témisca-mingue.Les éducatrices installeront des fanions devant leurs centres de la petite enfance.11 y aura également distribution d\u2019un tract aux parents afin de faire le point sur les négociations et solliciter leur appui.Des demandes majeures toujours en suspens, selon la présidente du syndicat Sylvie Tonnelier.Tout en soulignant que les négociations progressent sur la bonne voie, Mme Tonnelier explique que certains points considérés comme essentiels par les membres ne sont toujours pas réglés.11 s\u2019agit notamment des demandes liées à l\u2019amélioration des services aux enfants ayant des besoins particuliers, à la formation et au perfectionnement, à la sous-traitance et à la représentativité au conseil d\u2019administration.De leur coté, les quelque 8500 éducatrices de CPE affiliées à la CSN ont conclu une entente en février.La Presse canadienne Résultats des tirages du : 2012-03-17 30 compl.compl.Congédié ?Prochain gros lot (approx.8 000 000 $ 4041131 LOTS BONIS 18 21 27 34 39 45 06 12 17 23 29 36 Cagnotte partageable de 649 000 $ Chaque tirage du mois de mars le Lotto 6/49 offre deux lots bonis de 649 000 $ en plus du gros lot annoncé L François Gendron Résultats des tirages du : 2012-03-16 avocat LL.L., M.A., Ph.D.05I07I 8I24I28I4 149 7561854 ILLIONS 2 lots de 1 million SELECTIONS NON DECOMPOSABLES 01 02 05 09 16 29 31 I 09 11 18 31 38 43 46 Vieux Montreal 514.845.5545 Prochain gros lot : 50 000 000 $ + \u2019^AXMILLIONS 14 lots de 1 million $ ( APPROX ) bn cas de disparité entre cette liste et la liste otticielle de Loto Quebec, cette derniere a priorité E N BREF Cuba: arrestations de dissidents avant l\u2019arrivée du pape La Havane \u2014 Quelques jours avant la visite du pape Benoît XVI à Cuba, la police a dispersé, hier à La Havane, une manifestation d\u2019épouses et de mères de prisonniers politiques et procédé à l\u2019arrestation d\u2019une cinquantaine de dissidents parmi lesquelles figure la leader du groupe, Berta Soler.Ils ont été arrêtés quelques heures avant la manifestation organisée par les «Dames en blanc».Les groupes dissidents sont devenus plus actifs à La Havane à l\u2019approche de la visite que le souverain pontife doit effectuer qu Mexique et à Cuba, seul Etat des Amériques à avoir un régime communiste, du 26 au 28 mars.- AFP Votre magazine d\u2019information sur la recherche universitaire Campus Cette semaine : La protection des cours d\u2019eau \u2022 L\u2019Université de la rue \u2022 Les communications souterraines Lundi 20 h 30 En rediffusion : mercredi 11 h 30, dimanche 19 h canal SAVOIR > POUR TOUT SAVOIR : WWW.CANALSAVOIR.TV PARTiNAIRE MÉDIA ; LE DEVOIR LE DEVOIR, LE LUNDI 19 MARS 2012 A 5 ECONOMIE 1 Éric Desrosiers PERSPECTIVES Désendettement La crise financière de 2008 a lancé, à travers le monde, un grand processus de désendettement qui atteint maintenant les gouvernements.En cette période de budgets, les pouvoirs publics au Canada comptent bien ne pas être en reste, même si le poids de leurs dettes apparaît bien modeste en comparaison des autres et que leur plus grand problème serait plutôt du côté de l\u2019endettement des ménages.Les processus de désendettement \u2014 aussi appelés «réductions de l\u2019effet de levier» par les économistes \u2014 suivent souvent la même séquence d\u2019événements, expliquait en janvier une étude sur le sujet du McKinsey Global Institute.L\u2019histoire commence cinq ou dix années auparavant, alors que les entreprises privées ou les ménages ont de plus en plus recours au crédit à cause de la faiblesse des taux d\u2019intérêt ou de la flambée du prix de certains actifs, comme les maisons.Arrive inévitablement un moment où cette croissance à crédit ne peut plus continuer et tourne à la récession.Commence le processus de désendettement du secteur privé par une réduction du train de vie J ou des faillites.C\u2019est alors au / ^ tour des finances publiques de plonger dans le rouge, sous le coup de l\u2019effondrement de leurs revenus et l\u2019explosion de leurs dépenses sociales.Le secteur privé est le premier à rétablir ses assises financières avec le retour de la croissance économique.Ce désendettement est souvent complété bien avant que les gouvernements aient seulement pu commencer à infléchir la courbe de leur propre endettement.Ce processus est particulièrement long dans le cas des crises financières, rappellent les experts., Contrairement à ce que l\u2019on pourrait croire, les États-Unis seraient l\u2019un des pays les plus avancés sur la voie du désendettemenù avec une dette totale (à 279 % de leur produit intérieur brut l\u2019été dernier) inférieure 4e 16 % au niveau de 2008, rapporte McKinsey.À ce rythme, le désendettement du secteur privé pourrait être complété dans deux ans, alors que le désendettement des gouvernements n\u2019a toujours pas pu commencer.La situation est encore plus préoccupante en Europe.La dette totale du Royaume-Uni et de l\u2019Espagne, par exemple, a continué de se creuser depuis 2008, respectivement de 20 % (à 507 % du PIB) et de 26 % (à 363 % du PIB), et les ménages n\u2019y retrouveront probablement pas leur santé financière d\u2019avant la bulle immobilière avant une bonne dizaine d\u2019années.Ce délai supérieur en Europe est principalement attribuable à la faiblesse de la croissance économique.Attention, fragile Cela souligne toute l\u2019importance, pour les pouvoirs publics, de ne pas compromettre la fragile reprise en adoptant des politiques de désendettement trop musclées et trop rapides.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que répètent sur tous les tons depuis des mois le EMI, l\u2019OCDE et même les agences de notation à certains gouvernements, dont celui du Britannique David Cameron, grand adepte de la médecine de cheval.Plusieurs de ces mises en garde s\u2019adressaient aussi au Canada.Il est vrai que sa dette totale (à 276 % de son PIB, soit 17 % de plus qu\u2019en 2008) paraît bien modeste en comparaison de celle de la moyenne des 10 plus grandes économies matures (339 % du PIB).Quoi qu\u2019ait semblé en penser, encore tout récemment, le ministre des Pinances Elaherty, la dette de l\u2019ensemble des gouvernements au Canada (69% du PIB) est bien loin de la situation qui prévaut en, Grèce (132 %) et en Italie (111 %), mais aussi aux États-Unis (80%), au Japon (226%), en Allemagne (83%), au Royaume-Uni (81 %) ou en Prance (90 %).La situation est aussi plus saine dans les institutions financières au Canada (63 %) que dans la moyeime des économies matures (80 %), ainsi que dans toutes les autres compagnies privées (53 % contre 82 %).En fait, si nos gouvernements voulaient s\u2019inquiéter du niveau d\u2019endettement de quelqu\u2019un, ils feraient bien de se pencher sur les ménages.Il s\u2019avère, en effet, bien plus élevé au Canada (à 91 % du PIB) que dans la moyenne des économies matures (77 %), qu\u2019aux États-Unis (87 %), et même qu\u2019en Espagne (82 %) ou en Grèce (62 %).Le resserrement des règles d\u2019emprunt hypothécaires et les nombreuses mises en garde des autorités ont aidé à ralentir un peu le rj^thme de cet endettement.Il n\u2019en est pas moins ren4u tout près, maintenant, des niveaux atteints aux États-Unis et au Royaume-Uni juste avant l\u2019éclatement de la bulle immobilière.Comme on le sait, cette situation au Canada est largement attribuable à la hausse du prix des maisons et à la iâiblesse des taux d\u2019intérêt ta Banque du Canada remonterait immédiatement le loyer 4e l\u2019argent si notre faible croissance n\u2019était pas à ce point plombée par des iacteurs extérieurs et ne continuait pas à tellement dépendre (63 % de la croissance) de la consommation de ces mêmes ménages.Il suffirait maintenant que surviennent des pertes d\u2019emplois importantes, un resserrement du crédit ou une chute du prix des maisons pour lancer un processus de désendettement des ménages et provoquer une récession, estimait vendredi l\u2019économiste en chef de la Banque TD, Craig Alexander.Selon lui, la meilleure solution dans une situation aussi délicate est de poursuivre le resserrement des règles hypothécaires au pays, mais alors là, t-o-u-t d-o-u-c-e-m-e-n-t.A l\u2019inverse, a-t-on envie de poursuivre, la dernière chose 4ont le Canada a besoin est un violent coup de frein des gouvernements pour s\u2019attaquer au mauvais problème d\u2019endettement.Le Devoir PEDRO RUIZ LE DEVOIR Réjean Nadeau, président-directeur générai d\u2019Oiymei Parce que du porc.Olymel s\u2019est remis de la crise porcine, mais l\u2019entreprise craint maintenant d\u2019être exclue du marché en Corée du Sud CLAUDE TURCOTTE Filiale de la Coop fédérée qui a 100 ans cette année et propriétaire de la marque Lafleur \u2014 qui célèbre pour sa part son 90® anniversaire \u2014, Olymel, a des racines très profondes dans le terroir québécois, ce qui par ailleurs ne l\u2019empêche pas d\u2019avoir les yeux fixés sur le présent et son avenir, non seulement ici, mais aussi ailleurs dans le monde.Actuellement, la plus grande préoccupation de Réjean Nadeau, son président-directeur général, porte probablement sur sa clientèle en Corée du Sud.Son inquiétude n\u2019a rien à voir avec la qualité de la viande de porc qu\u2019Olymel exporte dans ce pays, mais elle est plutôt suscitée par une entente 4e libre-échange conclue entre ce pays et les États-Unis, lequel est le concurrent le plus important et le plus sérieux de l\u2019industrie du porc canadienne.Pour celle-ci, l\u2019enjeu est de 300 millions sur le marché sud-coréen; Olymel détient une part de 40 % dans ces ventes.L\u2019accord américano-coréen a pour but d\u2019éliminer une barrière tarifaire de 25 % sur une période de 5 à 10 ans.Le Canada n\u2019a aucun accord semblable.En fait, l\u2019abolition de ce tarif va se faire très rapidement.Dès cette année, il tombe à 16,7 % et à 8,3 % en 2013.Il sera sans doute à zéro en 2014.Le porc canadien n\u2019a aucune chance de demeurer 4ans ce marché avec de tels écarts de prix.Que faire alors?Il ne reste qu\u2019une option.Le gouvernement canadien doit négocier une entente équivalente avec les Coréens.Très mesuré dans ses propos, M.Nadeau dit «espérer que des négociations aboutissent prochainement».Au demeurant, c\u2019est plus que le marché coréen qui est en cause: «Si Von n\u2019a pas un accord équivalent, c\u2019est sûr que cela nous sortira de ce marché.Cela ne nous désavantagera pas seulement en Corée, mais aussi sur un plan presque mondial», souhgne le p.-d.g.Qlymel est présent sur de très importants marchés ailleurs en Asie.Le Japon est d\u2019ailleurs son plus gços client, ce qui 4épasse même ses ventes aux États-Unis dans le porc frais.En outre, la Chine et l\u2019Austrahe sont aussi dans le peloton de tête de ses acheteurs.«Tout est interrelié», ajoute M.Nadeau.Qlymela des bureaux à Séoul, Tokyo et en Austrahe.Les exportations génèrent 52 % des revenus de la division porcine.Qn peut dire d\u2019une manière générale que les concurrents américains d\u2019Qljmel ont au départ un avantage de taille avec des usines assurant de plus grandes économies d\u2019échelle; en revanche, celles d\u2019Qljmel ont un certain avantage de flexibilité leur permettant de s\u2019adapter plus rapidement aux demandes des clients.«On peut se faufiler.L\u2019important est de contrôler nos coûts et de maintenir une production de qualité», mentionne le p.-d.g.A cet égard, Qljunel s\u2019est grandement remplumé.«L\u2019exercice 2011 s\u2019est conclu sur les résultats très encourageants.Le chiffre d\u2019affaires a été de 2,257milliards et les ventes ont connu une progression de 97millions», déclare M.Nadeau dans le rapport annuel, en attribuant cette bonne performance en grande partie à la hausse des prix de marché, notamment par une forte demande en provenance de la Chine, de la Russie et des conséquences de la fièvre aphteuse en Corée.Les activités dans le secteur porcin ont compté pour 1,6 mil-hard des revenus et la contribution du secteur de la volaille a généré des ventes de 700 milhons.De belles années en perspective Voilà qui est plutôt réconfortant pour cette entreprise qui a traversé une très dure période à partir de 2003 alors que l\u2019industrie porcine a vécu une crise exacerbée par une montée très rapide de la valeur du dollar canadien.Il a fallu rationaliser, fermer des usines et renégocier des conventions collectives, tout en cherchant à renégocier un partenariat avec les producteurs et la fédération qui les représentait.Pendant un certain temps, même son importance usine de transformation de Vallée-Jonction a été proche d\u2019une fermeture.En trois ans, Qljunel a totahsé des pertes de 150 milhons.«On a dû réagir à ces pertes et cela a causé de la turbulence», reconnaît M.Nadeau, qui de toute évidence n\u2019aime pas beaucoup revenir sur cette période pénible qui est terminée: «Nous sommes sur la bonne voie maintenant.Il y a beaucoup d\u2019échanges entre la direction locale (Vallée-Jonction) et le syndicat.Nous nous sommes fait aider par le ministère du Travail, qui a accompagné les parties pour réapprendre à se parler.» Au fait, Qljunel a signé cinq conventions coUectives à long terme en 2011 et la renégociation du contrat à l\u2019usine beauceronne est prévue pour 2014.Par ailleurs, en 2009, l\u2019industrie porcine québécoise, et pas seulement Qlymel, a pu négocier une entente avec la Pédération des producteurs de porcs, au heu d\u2019une entente arbitrée par la Régie des marchés agricoles.Cette entente permet aux transformateurs de ne pas avoir à toujours passer par la fédération, leur permettant ainsi d\u2019abattre les porcs qu\u2019ils produisent eux-mêmes, c\u2019est-à-dire 4e reconnaître un hen de propriété et de proximité.Par aiUeurs, l\u2019encan était abandonné, les transformateurs garantissaient par contrat que les producteurs auraient toujours le prix américain et s\u2019engageaient aussi à recevoir les surplus de porcs pendant les périodes de congé.Pour sa part, la Coop fédérée, propriétaire à 80 % d\u2019Qlymel, pouvait développer une fihère porcine avec les producteurs qui le voudraient, en respectant des cahiers de charge concernant la nutrition et la génétique.Actuellement, environ 150 producteurs fournissant 1,3 milhon de porcs font partie de cette fihère.Selon M.Nadeau, jusqu\u2019à maintenant, cela fonctionne bien, 2010 a été une année d\u2019ajustement et ce fut particuhèrement efficace en 2011.L\u2019une des principales demandes d\u2019Qlymel dans les années passées était d\u2019avoir des porcs plus gros, au moins aussi gros que ceux 4es Américains.Les porcs québécois pesaient 85 kg, en comparaison de près de 100 kg pour les porcs américains.La correction a été faite et dans certains cas, les porcs sont même un peu plus gros que ceux des Américains.Cela a un impact sur le coût de production.Globalement, Qlymel abat 3,7 milhons porcs par année, 4ont près de 500 000 proviennent du Groupe Brochu, partenaire à hauteur de 20 % dans cette filiale de la Coop fédérée.La crise porcine a eu un impact sensible sur la production québécoise.L\u2019an dernier, le nombre de porcs produits a «encore diminué» à près de sept mhhons, en comparaison de 7,8 mhhons avant la crise.Les ajustements apportés par la Einancière agricole à l\u2019assurance stabhisation ont aussi contribué à la diminution du nombre de producteurs.L\u2019objectif maintenant est de maintenir la production à son niveau actuel, espère le p.-d.g.En guise d\u2019encouragement, la Coop lédérée a versé pour la première fois cette année des ristournes de 8 mhhons à ses producteurs sociétaires.Qlymel, qui possède 19 usines au Canada, dont 16 au Québec, dont trois abattoirs, sans compter trois centres de distribution.L\u2019entreprise emploie environ 9500 personnes, dont plus de 7000 au Québec.Il y en a 1400 en Alberta, où ehe possède une importante usine et un centre de distribution à Red Deer.Bon an, mal an, ehe investit de 30 à 35 millions dans l\u2019amélioration de ses usines et des efforts constants sont faits en matière d\u2019innovation, particuhèrement dans les produits santé.L\u2019entreprise possède trois grandes marques, soit Qljunel et Lafleur dans le porc et Elamingo dans la volaihe.Présentement, Qlymel investit avec un partenaire 50 milhons dans la construction d\u2019une usine pour la transformation du poulet au Nouveau-Brunswick, après une longue bataille juridique.Les activités d\u2019exploitation commenceront l\u2019automne prochain et marqueront une nouvehe étape d\u2019Qljmel pour se faire une place dans le marché des provinces de l\u2019Atlantique.L\u2019entreprise est déjà au premier dans l\u2019abattage au Canada et arrive au second rang dans la transformation, où Maple Leaf domine encore.Collaborateur du Devoir A 6 LE DEVOIR LE LUNDI 19 MARS 2012 EDITORIAL Plan Nord Un engagement prématuré Les deux études récemment publiées au sujet du Plan Nord par des organisations aux accointances politiques connues, celle de SECOR et l\u2019autre de l\u2019IRIS, ont le mérite de mettre au jour plusieurs enjeux contradictoires.Voilà qui nous rappelle que ce projet d\u2019envergure n\u2019a jamais fait l\u2019objet d\u2019analyses objectives préalables malgré les engagements à très long terme attendus des Québécois.S elon l\u2019étude de SECOR, cette firme de consultants proche du Parti libéral, le Plan Nord du premier ministre Charest ajouterait chaque année 5,9 milliards $ de valeur économique au Québec (148 milliards $ en 25 ans) et donnerait du travail à quelque 37 000 personnes en moyenne sur la durée du projet.Constatons d\u2019abord que M.Charest a tort de faire dire à SECOR que son plan «créera 37000 emplois par année», ce qui ferait 925 000 nouveaux emplois permanents en 25 ans.Pom l\u2019Institut de recherche et d\u2019information sociale QRIS), iden-tihé à la jeune gauche, l\u2019un des problèmes du Plan Nord, c\u2019est que le gouvernement s\u2019apprête à dépenser plus d\u2019argent en infrastructures, aide hnancière, mais aussi services mbains, logements sociaux, services sociaux et de santé, qu\u2019il n\u2019en retirera globalement des projets soutenus.Déjà, les pressions sont fortes de la part des élus locaux et des multinationales pom que Québec injecte des dizaines de millions rapidement dans les zones touchées par le boum minier.Des coûts qu\u2019il faudra souvent calculer en double, puisque l\u2019augmentation des dépenses au nord n\u2019entraînera aucune économie équivalente au sud.Selon l\u2019évaluation de l\u2019IRIS, il en coûterait de 16 à 24 milliards $ supplémentaires à Québec, alors que les recettes fiscales générées par le Plan Nord sont évaluées à 14 milliards $ par le Jean-Robert gouvernement.Sansfaçon\t?Toutes les études produites à ce jour sont trop sommaires pour brosser un portrait fiable de la réalité appréhendée.Regroupées, elles posent plus de questions qu\u2019elles n\u2019apportent de réponses convaincantes.A titre d\u2019exemple, le fait que les trois quarts des investissements du Plan Nord soient effectués par Hydro-Québec et le gouvernement lui-même conduit à se demander si on n\u2019a pas utilisé la société d\u2019Etat pour gonfler le panier de projets en cours et inventer le concept de Plan Nord.D\u2019ailleurs, pourquoi prévoir 3500 MW de puissance supplémentaire alors qu\u2019Hydro-Québec fait déjà face à d\u2019importants excédents énergétiques?Quelle portion de ces MW devra-t-elle vendre à perte pour satisfaire les ambitions de ce gouvernement et celles des minières?En somme, M.Charest, qui aimerait qu\u2019on garde de lui le souvenir d\u2019un grand visioimaire, n\u2019a-t-il pas simplement voulu jouer d\u2019astuce en récupérant à ses fins les demandes pressantes d\u2019aide financière, énergétique et logistique des lobbies du géitie-conseil et de l\u2019industrie minière?Rappelons qu\u2019avant même l\u2019annonce du Plan Nord, il y avait 20 mil-bards d\u2019investissements en gestation dans les officines des sociétés privées, la plupart avec des attentes aussi variées que monstrueuses à l\u2019endroit de l\u2019Etat.mais sans assmance quant aux avantages à long terme pour les contribuables.ArcelorMittal, la plus importante multinationale en activité sm la Côte-Nord, ne vient-elle pas de remettre en question son engagement de construire une usine de bouletage du fer qui lui a pointant valu, avant le Plan Nord, un généreux contrat d\u2019approvisioimement en «Quebec cheap electricity», selon l\u2019expression des analystes financiers?Même l\u2019idée d\u2019investir des centaines de millions de fonds publics dans le capital des projets miniers comporte un double risque: risque financier, d\u2019abord, mais aussi risque d\u2019influence indue sur les décisions politiques de soutien à ces projets.A-ton oublié la Gaspésia, la Société nationale de l\u2019amiante et Magnolia, pour ne nommer que ces trois fiascos notoires?Le Québec est un pays de ressources qu\u2019il importe d\u2019exploiter de façon durable et rentable pour la collectivité.Malheureusement, dans sa forme actuelle, le «plan» du gouvernement Charest ne présente pas les conditions minimales requises pour miser autant d\u2019argent et d\u2019énergie hydroélectrique sur une aussi longue période.L\u2019an dernier, sans Plan Nord, les sociétés minières ont extrait l\u2019équivalent de 8 milliards $ de minerai pour lequel elles n\u2019ont versé globalement que 40 % de la valeur au marché en impôts et redevances.Avec le Plan Nord, elles obtiendraient encore plus d\u2019aide de l\u2019Etat sans payer beaucoup plus en retour.Oû est la logique d\u2019affaires pour les contribuables québécois?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO /.A\tVîÇ\\%0?P'ERAHf AffECTÊÉ: PA« tf RÊCMAuffCA^D/T CLt/AAJiaur 5,1 Viande halal: de la vie et la mort d\u2019un animal Des députés croient que la viande issue de l\u2019abattage rituel doit être identifiée au bénéfice du consommateur.Le consommateur doit savoir ce qu\u2019il achète.Puisque ça vous préoccupe, j\u2019en profite, en tant que consommateur de viande, pour vous passer une commande.11 y a plusieurs points sur lesquels j\u2019aimerais avoir de l\u2019information quand j\u2019en achète.D\u2019abord, s\u2019il est légitime de se préoccuper de la mort d\u2019un animal, il l\u2019est tout autant (et peut être plus) de se préoccuper de sa vie.Comment le bétail a-t-il été élevé?Surpopulation, liberté de circulation, manutention de l\u2019animal, salubrité des lieux, mode de reproduction, etc.Ensuite, si le consommateur veut savoir ce qu\u2019il mange, il doit plutôt se poser les questions suivantes: comment le bétail a-t-il été nourri (hormones de croissance, OGM, farines aitimales, traitements antibiotiques, etc.)?La viande a-t-elle subi des traitements (agents de conservation, traitement de radiation, etc.)?Maintenant, si l\u2019on se préoccupe vraiment de la façon dont l\u2019aitimal a été abattu, ce n\u2019est pas une question de rebgion ou de rite.Alors, l\u2019étiquetage devrait mentioimer l\u2019un des éléments suivants (sur lesquels on ne s\u2019interroge pas souvent): sectioimement rapide, complet et simultané des jugulaires et des carotides; coup sur la tête au moyen d\u2019un dispositif mécaitique pénétrant ou non pénétrant; exposition à un gaz ou une combinaison de gaz; application d\u2019un courant électrique; décapitation rapide; autres méthodes efficaces.Halal ou pas, ce n\u2019est pas important pour moi, mais ce l\u2019est pour certains musulmans.Qu\u2019est-ce qui dérange vraiment, mesdames et messieurs les députés?Frédéric Bujold Le 16 mars 2012 LETTRES Une question de valeurs fondamentales Le débat sur la hausse des droits de scolarité a trait aux valeurs de chacun.Depuis le début de ce débat, on voit généralement des valeurs de gauche affronter celles de droite.Après avoir suivi et participé aux débats, j\u2019en suis arrivé à me poser une question vraiment sérieuse: que voulons-nous que notre Québec devienne?Je regarde ma province, que certains considèrent même comme un pays, et je suis triste.Je crois que la hausse est une sous-question, car en fait, la vraie question est de savoir si véritablement nous voulons un Québec oû il est possible d\u2019avoir accès à la santé, à l\u2019éducation et à divers services sociaux en payant des impôts, impôts qui servent à rendre équitable et juste notre société, notre grande société québécoise.Ou bien voulons-nous voir nos droits s\u2019envoler comme la poussière qu\u2019on souffle?Ne voulons-nous pas une société oû l\u2019on respecte nos droits, mais aussi nos avoirs?N\u2019est-il pas possible qu\u2019au beu de demander aux étudiants et aux contribuables de donner l\u2019argent qu\u2019ils n\u2019ont pas, on demande des redevances sur nos ressources qui sont exploitées et données à des compagnies privées?Ne serait-il pas plus payant pour la société québécoise de suivre cette voie?Ne serait-ce pas un meilleur choix pour développer l\u2019économie québécoise que de fonctionner ainsi?Ce qui me désole dans la société québécoise d\u2019aujourd\u2019hui, c\u2019est de voir qu\u2019on s\u2019écarte de nos valeurs fondamentales.Les Québécois ont toujours été un peuple qui favorisait l\u2019entraide et la justice.Maintenant, on assiste à un triste spectacle: des gens tentant de salir nos valeurs et qui, bien souvent, y parviennent.Mais oû sommes-nous, peuple québécois?Le temps est venu de revendiquer nos droits, de revendiquer justice et équité.Le temps est venu de nous lever et de dire non à l\u2019inacceptable.Peuple québécois, cessez de vous vautrer dans votre supposé confort.Ne voyez-vous donc pas qu\u2019on essaie de vous endormir?11 est temps de mettre fin au spectacle de la corruption, des abus de pouvoir et de l\u2019asservissement de notre peuple.Restons debout et exigeons le respect de notre nation.Je terminerai en citant la fin du poème que Michèle Lalonde nous a récité durant la Nuit de la poésie de 1970: «nous savons que nous ne sommes pas seuls».Frédéric Bellemare Le 15 mars 2012 Le culte des vieilles pierres Habiter dans le Vieux-Montréal est, selon moi, un privilège.11 y règne au point de vue de l\u2019architecture une certaine homogénéité.Le culte des vieilles pierres n\u2019a pas empêché la vie.Mais pourquoi les autorités municipales donnent-eUes leur accord à la construction d\u2019une tour d\u2019habitation de 12 étages, rue de la Commune Ouest, le long du Vieux-Port, rompant ainsi l\u2019harmonie d\u2019un tissu urbain séculaire?Pour ne pas arrêter ce que l\u2019on estime être le progrès, va-t-on bientôt laisser s\u2019ériger un Disneyland miniature sur l\u2019emplacement de la place d\u2019Armes ou un Musée Grévin du pauvre sur la place Jacques-Cartier?Je signale l\u2019existence d\u2019une requête s\u2019opposant à la dérogation des règlements municipaux que l\u2019on a inventée pour permettre cette monstruosité.Je la signerai à trois mains.Non, vraiment, le Montréal des promoteurs ne m\u2019intéresse pas.Gilles Archambault, résidant du Vieux-Montréal Le 15 mars 2012 LIBRE OPINION Derrière les étudiants, le droit international TIMOTHEE LABELLE Etudiant au baccalauréat en relations internationales et droit international de l\u2019UQAM Le récent retrait du gouvernement canadien du protocole de Kyoto a suscité les critiques du gouvernement Charest et l\u2019ire de la société civile québécoise.D\u2019aucuns diront que ces réactions montrent simplement l\u2019asymétrie des perceptions canadienne et québécoise vis-à-vis des enjeux environnementaux.Ce serait toutefois éluder le fait que ces réactions rompent également avec la politique étrangère canadienne, qui, sous les conservateurs, s\u2019est éloignée de la tradition multilatérabste en ayant jusque-là assuré le succès.A raison, le gouvernement Charest refuse d\u2019emprunter la voie de ses homologues d\u2019Ottawa.La même semaine oû le gouvernement Harper se retirait de Kyoto, M.Charest et le miitistre Pierre Arcand réitéraient leur volonté de respecter leurs engagements internationaux en matière d\u2019environnement.C\u2019est tout à leur honneur.Pourtant, depuis le dépôt du dernier budget en mars 2011, le gouvernement québécois se trouve en violation d\u2019un autre engagement international, l\u2019article 13 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels protégeant le droit à l\u2019éducation.Le Pacte constitue un piber de la protection internationale des droits de la personne, ayant été ratifié par plus de 160 pays, fetilié par le Canada en 1976, le Pacte a force de loi sur l\u2019ensemble du territofre canadien.Le gouvernement québécois s\u2019y est bé par un décret exécutif, émis quelques se-mabies avant la ratification canadieime.C\u2019est donc dire que le gouvernement Charest est bé par l\u2019article 13 du Pacte qui assure que «toute personne a droit à l\u2019éducation» et qui prévoit que «l\u2019enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l\u2019instauration progressive de la gratuité».Certabis diront que ces termes vagues laissent place à interprétation et que le gouvernement a le loisir de déterminer les mesures concrètes que ces obligations impliquent.La hausse des droits de scolarité pourrait donc s\u2019inscrfre dans un projet à long terme de rétablissement des finances québécoises permettant éventuellement de progresser vers la gratuité.On pourrait aussi arguer que le terme «capacités» comprend la capacité de payer ses études.11 existe un organe biternational chargé d\u2019interpréter et de préciser les droits du Pacte et d\u2019en superviser la mise en oeuvre: le Comité des droits économiques sociaux et culturels.L\u2019étude de sa documentation est éclafrante.Dans sa treizième observation générale, portant sur le droit à l\u2019éducation, le Comité précise que les «capacités devraient être appréciées eu égard à l\u2019ensemble des connaissances et de l\u2019expérience des intéressés».11 ne s\u2019agit donc nubement de capacités financières, ce qui serait de toute façon contraire à l\u2019esprit du Pacte.Le Comité, dans le même document, soufient que l\u2019article 13 du Pacte implique que les Etats ont «l\u2019obligation de prendre des mesures concrètes en vue d\u2019assurer à terme la gratuité de l\u2019enseignement secondaire et de l\u2019enseignement supérieur».Plus généralement, le Comité arrive à la conclusion que «l\u2019éducation doit être économiquement à la portée de tous».Au regard de cette biterpréta-tion, qui fait autorité puisqu\u2019elle émane du seul organe chargé de la mise en oeuvre du Pacte, ü y a lieu de penser qu\u2019une mesure allant dfrecte-ment à l\u2019encontre de la marche processive vers la gratuité serait en violation du droit international.La hausse proposée par le gouvernement Charest remplit largement ce critère.S\u2019ü appert que le gouvernement Charest agit en violation du droit international, cela apporte de l\u2019eau au moubn de la cause étudiante, mais les recours demeurent limités.Le Comité ne peut en ef fet recevoir de plabites bidividuebes.Toutefois, ü sera intéressant de voir si le Comité citera la hausse des droits de scolarité dans ses prochains rapports sur l\u2019état de la mise en oeuvre des droits pro- tégés par le Pacte au Canada, qui sont généralement peu reluisants.Une stigmatisation de la situation québécoise en éducation pourrait être sigitifi-cative.L\u2019image du Québec, qui jouit d\u2019une bonne réputation sur la scène biternationale, se dégraderait.En période électorale, cet argpment pourrait et devrait cs^er en bnportance.A l\u2019heure oû les manifestations étudiantes et les revendications sociales probfèrent autour du globe, la prise en considération des effets internationaux des mesures nationales est plus que jamais pertinente.11 est navrant de voir les représentants du peuple québécois dévier de leurs engagements biternationaux en matière d\u2019éducation.L\u2019instruction pubbque gratuite est protégée par la Charte québécoise des droits et bbertés de 1975 et reflète l\u2019attachement que les Québécois portent à l\u2019ac-cessibüité aux études.La Charte rend la protection des droits de la persoime au Québec uitique en codifiant quantité de droits à portée sociale.En marchant en sens contraire, le gouvernement Charest donne raison à ceux qui critiquent l\u2019idéalisme du droit international, les mêmes qui jusqu\u2019alors étaient confondus par la bonne volonté des législateurs québécois au chapitre de la défense des droits sociaux.Les étudiants et tous ceux qui les soutiennent marchent eux dans le sens de l\u2019accessibibté, dans la voie choisie par la communauté biternationale. LE DEVOIR, LE LUNDI 19 MARS 2012 A 7 IDEES MIKE SEGAL REUTERS Autour de 40 % de la population active québécoise contribue à un régime de retraite complémentaire (régime d\u2019employeur), tandis que le tiers cotise à un régime enregistré d\u2019épargne-retraite (REER).Cela laisse une proportion importante de la population active sans autre épargne-retraite que le Régime des rentes du Québec (RRQ) pour subvenir à ses besoins lors de la retraite.Régime volontaire d\u2019épargne-retraite Est-ce bien nécessaire ?PATRICE JALETTE Professeur à l\u2019Ecole de relations industrielles et membre du Centre de recherche interuniversitaire sur la mondialisation et le travail de l\u2019Université de Montréal 1 semble qu\u2019à l\u2019occasion de Ison prochain budget, le gouvernement libéral mettra en place un régime volontaire d\u2019épargne-retraite (RVER).Bien que tous les détails de la formule susceptible d\u2019être mise de l\u2019avant ne soient pas connus au moment d\u2019écrire ces lignes, il est pertinent d\u2019examiner la capacité de la formule privilégiée par le gouvernement à régler les problèmes actuels touchant les revenus de retraite des Québécois.Un problème bien réel Les problèmes actuels découlent surtout des faibles taux de rendement sur les marchés.Si des rendements de 10 % et plus étaient au rendez-vous, le débat sur les revenus à la retraite n\u2019aurait probablement pas lieu.La crise des rendements et celle des revenus de retraite qui en découle ont cependant eu le mérite de mettre en lumière un problème fort préoccupant: la faible participation des Québécois à différents modes d\u2019épargne pour la retraite.Grosso modo, 40 % de la population active québécoise contribue à un régime de retraite complémentaire (régime d\u2019employeur), tandis que le tiers cotise à un régime enregistré d\u2019épargne-retraite (REER).Cela laisse une proportion importante de la population active sans autre épargne-retraite que le Régime des rentes du Québec (RRQ).Une solution bien imparfaite À ce problème d\u2019épargne des Québécois, le gouvernement libéral propose la création d\u2019un RVER, suggérant qu\u2019il l\u2019envisage sous l\u2019angle d\u2019un manque de véhicules financiers pour l\u2019épargne-retraite.Pourtant ce nouveau dispositif s\u2019ajoute à des dizaines d\u2019autres modes d\u2019épargnes collectifs et individuels auxquels peuvent contribuer les travailleurs et leurs employeurs.Régime à prestations/cotisations déterminées, REER collectif, régime de retraite simplifié, multi-employeurs, à financement salarial et tutti quanti représentent autant d\u2019options collectives offertes aux parties dans les milieux de travail.Quant à l\u2019épargne-retraite individuelle, les institutions financières proposent déjà de multiples produits comme le REER individuel ou le compte d\u2019épargne libre d\u2019impôt.Qu\u2019ajouterait un RVER à une offre déjà foisonnante?Multiplier les véhicules financiers pour la retraite ne crée pas davantage d\u2019épargne.Pas besoin d\u2019être actuaire pour comprendre que la sécurité financière à la retraite vient des sommes investies dans ces véhicules financiers par les employés et les employeurs.Point à la ligne.Dans la mesure où ni l\u2019employeur ni l\u2019employé ne sont tenus de contribuer à un RVER, il est difficile de voir en quoi il peut contribuer à améliorer l\u2019épargne.Les Québécois et leurs employeurs pouvant déjà contribuer volontairement à de multiples régimes, pourquoi y aurait-il un engouement pour cette nouvelle formule tout aussi volontaire?Le RVER ne créera-t-il pas plutôt un nouveau problème en freinant l\u2019implantation des régimes collectifs actuels et en devenant l\u2019alternative des employeurs désireux de se défaire du régime collectif auquel ils contribuent actuellement?Toute solution pour rendre plus accessible l\u2019épargne-retraite aux travailleurs doit être disponible dans les entreprises de toutes tailles.En effet, une trop petite taille est justement l\u2019une des principales raisons pour lesquelles les PME n\u2019offrent pas de régime collectif à leurs employés.D\u2019un autre côté, si les entreprises québécoises sont obligées d\u2019offrir un RVER, il contribuera à accroître leur fardeau ad- Toute solution pour rendre plus accessible l\u2019épargne-retraite aux travailleurs doit être disponible dans les entreprises de toutes tailles ministratif, qui est un autre facteur expliquant pourquoi les PME n\u2019en ont pas.Qui d\u2019autre que l\u2019employeur traitera avec l\u2019institution financière qui gérera le régime ou avec la Régie des rentes du Québec qui le réglementera?La quadrature du cercle La bonification du RRQ est une solution permettant de résoudre divers problèmes liés à un dispositif d\u2019épargne volontaire comme le RVER.Premièrement, en augmentant les taux des cotisations de l\u2019employeur et de l\u2019employé ou le salaire assurable pour lequel elles doivent être versées, on s\u2019attaque réellement au problème de la faible épargne des Québécois à la retraite.Certains décrient cette «épargne forcée» ou cette «taxe sur la masse salariale», mais force est d\u2019admettre que ce mode d\u2019épargne a permis jusqu\u2019ici d\u2019assurer un minimum de sécurité financière aux Québécois.Parfois, la fin justifie les moyens.Deuxièmement, en privilégiant un mode d\u2019épargne-retraite éprouvé comme le RR(5, il n\u2019y a pas d\u2019accroissement du fardeau administratif pour les entreprises et les coûts de transaction, comme disent les économistes, sont nuis.Cette question est capitale: si l\u2019on décide d\u2019augmenter les sommes qui sont consacrées par les employeurs et les employés à l\u2019épargne-retraite, elles doivent bénéficier le plus possible aux cotisants et ne pas être minées par un fardeau bureaucratique accru pour les entreprises ou par des intermédiaires financiers trop gourmands.11 est à espérer que le gouvernement libéral n\u2019ira pas de l\u2019avant avec un dispositif d\u2019épargne individuelle volontaire et qu\u2019il privilégie plutôt une bonification du Régime de rentes du Québec pour s\u2019attaquer au problème des revenus de retraite des Québécois.Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple?Rouge, impair.et gagne! A HUGUES BONENEANT Professeur au département de philosophie du collège Edouard-Montpetit U casino de Charestvoix, c\u2019était soir de chic banquet.Un homme propose cent dollars à une très ravissante femme afin de s\u2019étendre avec elle.Qelle-ci s\u2019of fnsque, invective l\u2019homme.À qui croit-il avoir affaire?Les heures passent.L\u2019homme s\u2019approche à nouveau de la jeune femme et lui propose cette fois dix millions de dollars, toujours pour s\u2019étendre avec elle.La femme, pétillante et un peu écarlate, flattée, sourit.«Etes-vous sérieux, monsieur?» Et, comme elle semble jongler silencieusement avec quelque idée, l\u2019homme la prend de vitesse et révise son offre: deux cents dollars! La jeune femme, rouge de colère, éclate.«Pour qui me prenez-vous monsieur?» L\u2019homme, sûr de sa lucidité, presque sur un ton paternel, lui dit simplement: «Ce que vous êtes, nous en avons déjà convenu.Je ne fais que négocier le prix.» La blague est vieille.Un professeur de philosophie me l\u2019a racontée il y a plus de vingt ans.L\u2019enjeu, lui, demeure éternellement présent.La grève étudiante arrive à un premier tournant.Des votes se reprendront bientôt un peu partout.Continuer, jusqu\u2019à quand?Et surtout pour quoi?Bien qu\u2019à l\u2019objection étudiante massive contre la hausse des frais de scolarité universitaire se gref fent d\u2019autres motifs (l\u2019indignation diffuse automnale contre les diktats financiers transnationaux, les récriminations tous azimuts contre le gouvernement Charest.), le motif central demeure une question d\u2019argent.Qn entend aussi un polyglotte «non à la marchandisation de l\u2019éducation».Bien sûr, de part et d\u2019autre, on allègue que l\u2019éducation n\u2019est pas une marchandise.Pourtant.Le silence du gouvernement ne manque pas de laisser voir qu\u2019il fait le pari que les étudiants savent eux aussi compter, que 1625 $ pèseront bien peu dans la vie de la prochaine fournée de main-d\u2019œuvre hautement qualifiée pour cette nouvelle économie prétendument du savoir! Tourne la roulette des jours de grève.N\u2019accepteraient-ils pas pour l\u2019heure de retourner sur les bancs d\u2019école si la hausse n\u2019était que de 1333 $ ou de 999 $?Eournier, en 2005, a dû procéder ainsi et le projet de la nouvelle instruction publique peut bien souffrir une ou deux étapes de plus.Car d\u2019éducation, ne parlons plus.Depuis plusieurs réformes, le sujet est révolu.Qui en veut encore aujourd\u2019hui, sinon quelques mésadaptés à la nouvelle réalité?Pourquoi d\u2019ailleurs s\u2019échi- ner à comprendre quelque objet disciplinaire que ce soif en profondeur, à prendre avec soi un savoir en co-naissant lentement avec lui?L\u2019Internet existe! Au besoin, faisons un petit collage ludique et créatif.Dans l\u2019aplatissement communicationnel, une seule compétence demeure: opérationnaliser adéquatement une information.Et vite, mur à mur, des tableaux «intelligents» pour donner aux étudiants les moyens d\u2019accomplir leur métier d\u2019étudiants! Le gouvernement, dans son silence, n\u2019est pas sourd.N\u2019a-t-il pas entendu la lancinante mélopée de ces clients estudiantins ès patente: «Est-ce que ça va compter pour l\u2019examen?Parce que, vous savez, j\u2019veux juste passer mon cours.» C\u2019est-à-dire «passer» en réussissant à 60 % et «passer» à un autre appel.Tourne la roulette.Une proposition indécente est sur le point d\u2019être susurrée à votre oreille.Eaites vos jeux, étudiants! Tout a un prix; celui que vous accordez à l\u2019éducation est-il strictement économique?Pour quelle finalité continuerez-vous bientôt de faire la grève?Vous apportez une généreuse promesse à notre petit monde.Aura-t-on l\u2019incommensurable bonheur de respirer un nouvel air?De voir, lorsqu\u2019il y aura retour en classe, quelque chose comme une transfiguration généralisée parce que cette ^ève aura été noble?Qu parlera-t-on du rouge criard de la putain?QUESTION D\u2019IMAGE La France bleu Marine Jean-Jacques Stréliski Il semble, à en croire une majorité de maisons de sondages, que Nicolas Sarkozy ne sera pas réélu président de la République française, le 6 mai prochain.Et cela, même s\u2019il remportait le premier tour.C\u2019est donc Erançois Hollande, «l\u2019homme sans charisme ni image», l\u2019homme sans expérience gouvernemental^, qui lui succéderait à la plus haute fonction de l\u2019Etat.Hollande et la gauche sont-ils à ce point populaires dans l\u2019Hexagone?Rien n\u2019est moins certain.La réponse est ailleurs, du côté de Marine Le Pen, qui détient bel et bien entre ses mains la potentielle dé-laite de Nicolas Sarko^.C\u2019est ce que nous disent les sondeurs, sans pouvoir nous l\u2019affirmer vraiment.Prudents, ces sondeurs, ils n\u2019ont pas oublié leurs erreurs du passé.Bons joueurs, ils ont même reconnu que lors du premier tour de l\u2019élection présidentielle de 2002, ils n\u2019avaient pas anticipé la présence en finale de Jean-Marie Le Pen, éliminant, dans un coup de théâtre sans précédent, le premier ministre socialiste de l\u2019époque, Lionel Jospin.Craignant un bis repetita de ce scénario, ils identifient pourtant im effet Marine difficile à mesurer avec précision.Qn comprend mieux pourquoi, pour le clan Sarkozy, l\u2019objectif est de remporter le premier tour.Qn verra bien pour le second.De toute façon, même battue au premier tour, il est peu probable que Marine Le Pen donne des consignes de vote en faveur de Sarkozy au second.La véritable lutte à finir dans cette élection est bien celle de Sarkozy contre Le Pen, ennemis jurés.Et c\u2019est bien pour cela que le président-candidat cherche à séduire à droite de la droite.Une image plus «acceptable» du FN L\u2019électorat français est grossièrement et traditionnellement divisé en deux clans.La gauche et la droite.Avec des nuances centristes, vertes, ou plus marquées, à gauche comme à droite.Jusqu\u2019ici, l\u2019électorat de droite ou très à droite \u2014 Marine Le Pen n\u2019aime pas le terme extrême droite \u2014 s\u2019exprimait peu.Peu d\u2019électeurs étalaient en effet au grand jour leur affinité avec le Pront national.La raison: un Jean-Marie Le Pen encombranfi qui divisait plus qu\u2019il ne rassemblait, même au sein de son propre parti, par des prises de position ou déclarations fort peu défendables.11 gênait.Les médias le boudaient et restreignaient le plus possible les reportages sur le Pront national et sur son électorat (J\u2019est dans l\u2019isoloir que tout se passait et à chaque élection, on était surpris de constater le pourcentage élevé des voix frontistes.La voix de droite était une voix muette.Avec l\u2019arrivée de Marine Le Pen à la tête du parti, les choses ont \u2014 en apparence \u2014 évolué, faisant de ce parti un tout beaucoup plus «acceptable» pour l\u2019ensemble de l\u2019électorat et de la classe média-ticopolitique.Légitimant du même coup un «authentique» discours de droite pour ime droite populiste assumée.Aux accents xénophobes prononcés.Aune gauche caviar, pincée, élitiste et «vertueuse» (avant l\u2019affaire DSK), vient désormais s\u2019opposer ime droite sauciflard plus extravertie qui s\u2019exprime à tous vents sur l\u2019immigration incontrôlée, l\u2019insécurité montante, l\u2019euro chancelanfi la crise européenne (grave) et le patriotisme disparu.Un programme qui permet à Marine Le Pen de ne pas en avoir! Bref, tout ce sur quoi Sarkozy n\u2019a pas été capable de marquer de gros points durant son quinquennat Et on n\u2019est plus dans les salons du XVI® arrondissement de Paris, mais bien dans les bistros de province à l\u2019heure du PMU*.Là où «le vrai message» passe.lieu d\u2019évangélisation par excellence, le bisûo est en Prance l\u2019ancêûe de Pacebook et de Twitter! Et croyez-moi, ça marche encore.Au EN, certains disent désormais tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.(Jela dit je me méfie encore de ceux qui se taisent D\u2019après les sondages cités plus haut il reste encore 24 % d\u2019indécis.C\u2019est considérable.Surtout que dans cet ensemble, il y a forcément des frontistes plus discrets.Pas étoimant que Nicolas Sarkozy fasse tout ce qui est en son pouvoir pour séduire la Prance bleu Marine.Pas étoimant mais pas acceptable.L\u2019élection de 2012 ne se gagnera pas dans les salons de la République, mais dans ses bistros.*Le PMU est un jeu de paris sur les courses de chevaux très populaire dans les cafés et bureaux de tabac.Jean-Jacques Stréliski est professeur à HEC Montréal, spécialiste en stratégie de l\u2019image.Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l\u2019abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (fedactim@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n\u2019oubliez pas d\u2019indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Marie-Andree Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idees), Marco Belair-Cinno (general), Jeanne Corriveau (affaires municipales, JMontreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quehec)Y^\\&ci D&gh.s&(societe), Jean Dion (sports), Louis-Gilles 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(secretaire) PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Obvier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Eihon, Yannick Monn, Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web)(RaxiseX Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxun-Ohvier Leclerc (responsable par interim service a la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Eihon, Marie-Lune Houde-Bnsebois , Jean-Robert Divers (responsable promotion) ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Büyakova (reponsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Celme Euroy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Page, Monique Proteau A 8 LE DEVOIR, LE LUNDI 19 MARS 2012 ACTUALITES ETUDIANTS SUITE DE LA PAGE 1 être au-dessus du [cap des] 270 000 grévistes, ce qui est un record dans Vhistoire du mouvement étudiant québécois», a-t-il déclaré, alors que le nombre d\u2019étudiants en grève a franchi un seuil sans précédent au cours des derniers jours.Plusieurs élèves du secondaire préoccupés par la question de Taccessibilité des études supérieures ont exprimé hier leur souhait de venir grossir les rangs des étudiants des cégeps et des universités actuellement en grève.Parmi eux, des élèves des écoles Paul-Gérin-Lajoie, Joseph-Francois-Perrault \u2014 qui érigeront une ligne de piquetage «symbolique» dans le parc sis devant leur école \u2014, Saint-Louis, pour ne nommer que cellesrci, ont fait part de leur intention de participer à la manifestation nationale de jeudi, peu importe si la direction de leur établissement ou de leur commission scolaire leur donne le feu vert «À la croisée des chemins» Les étudiants ont ainsi donné le coup d\u2019envoi d\u2019une semaine décisive dans le bras de fer l\u2019opposant au gouvernement du Québec, la CLASSE se préparant toutefois déjà à une démobilisation au lendemain du 22 mars.Elle convoque «une centaine de délégués» provenant des «délégations de toutes les associations membres de la Coalition» à un congrès le week-end prochain afin d\u2019établir «un plan de match» pour la suite des choses.«Après le 22 mars, le mouvement étudiant va être à la croisée des chemins», a admis Gabriel Na-deau-Dubois, hier.Toutes les idées susceptibles de faire plier le gouvernement de Jean Charest seront débattues à cette occasion, sauf celle d\u2019un retour en classe.«Cest exclu», a-t-il tranché hier.«Le 22 mars, ce n'est pas la fin.A moins qu£ le gouvernement libéral ne nous surprenne, il ne reculera pas», a dit M.Nadeau-Dubois, se gardant de préciser les actions qui seront menées par les étudiants après la dé- ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Un très jeune sympathisant portait au bras un carré de tissu rouge, hier, à Montréal.monstration de force de cette semaine.«Je vais garder le plus croustillant pour plus tard, mais ça va être vraiment après le 22 mars qu\u2019on va avoir besoin de l\u2019ensemble de la population concrètement dans la rue avec nous.» Le gouvernement inébranlable Dans le cadre d\u2019une entrevue à l\u2019émission Tout le monde en parle diffusée hier soir sur les ondes de Radio-Canada, la ministre line Beauchamp a répété que la décision de son gouvernement était sans appel.«On n\u2019est pas dans une négociation.Ey a une décision qui a été prise», a-t-elle déclaré sans détour, n\u2019entendant pas ouvrir le dialogue avec les leaders étudiants, et surtout pas le dirigeant de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois.L\u2019étudiant s\u2019est discrédité en prenant part à une occupation de son bureau de circonscription durant laquelle les lunettes de sa secrétaire ont été endommagées, a-t-elle déploré hier.Alors que le conflit s\u2019enlise, la porte-parole de la CLASSE Jeanne Reynolds a jugé improbable que la ministre Beauchamp ordonne l\u2019annulation du trimestre d\u2019hiver 2012.«E n\u2019y a jamais eu de session annulée [lors des huit dernières grèves générales illimitées].D\u2019un point de vue logistique et économique.c\u2019est quelque chose d\u2019assez improbable», a-t-elle affirmé, exhortant une nouvelle fois le gouvernement libéral à surseoir à la hausse des droits de scolarité de 1625 dollars.«L\u2019argent est là.Ce n\u2019est pas un problème d\u2019argent.C\u2019est un choix idéologique qui se cache derrière cette hausse-là», a-t-elle fait vdoir.Pour sa part, le président (le la Coalition étudiante pour l\u2019association libre (CEPAL), Philippe-Olivier Daniel, mettait la dernière main à une mise en demeure sommant des associations étudiantes de «cesser de porter atteinte à son droit d\u2019assister à ses cours».Le gouvernement a aussi essuyé hier les tirs groupés des 140 membres de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics qui ont profité de la journée de manifestations familiales pour dénoncer la hausse des droits de scolarité.«Même si le gouvernement Charest se montre inflexible jusqu\u2019à présent, on a l\u2019impression que le rapport de forces est de plus en plus dans le camp des àudiants», a souligné le porte-parole de la Coalition, François Saillant, invitant la population à se joindre en grand nombre aux prochaines activités de visibilité des étudiants en grève, en plus d\u2019exprimer leur opposition à la hausse des droits de scolarité, mais également des tarifs d\u2019Hydro-Québec et à la taxe santé à leur député et au premier ministre, Jean Charest «Achalezde! Utilisez tous les moyens à votre disposition pour faire entendre votre voix.Ça peut faire la différence à l\u2019heure actuelle.» Au Pied de cochon La CLASSE n\u2019a pas sermonné les dizaines de personnes qui ont perturbé samedi soir un souper privé du chef du gouvernement au Red de cochon, un restaurant de la rue Duluth, à Montréal.Au contraire.«E y a des gens qui, quand ils voient passer le premier ministre, ils nous appellent et nous disent: \u2018Venez donc le déranger, venez donc l\u2019interpellef\u2019», a dit M.Nadeau-Dubois.«Hausser les frais de scolarité, ça va bousculer la vie privée de milliers d\u2019étudiants et d\u2019étudiantes, alors il n\u2019y a pas de raison pour laquelle la vie privée de M.Charest ne serait pas un tout petit peu perturbée.» Le Devoir PRINTEMPS SUITE DE LA PAGE 1 Peu de gens y croyaient au début.Au moment des premiers débrayages, la ministre de l\u2019Éducation, Line Beauchamp, rappelait sur toutes les tribunes que ce n\u2019était que 2 % des 495 000 étudiants.Avec désormais 206 000 étudiants en grève, soit plus de 40 % du total, force est d\u2019admettre que le mouvement a pris de l\u2019ampleur.Une ampleur qui surprend un peu, de l\u2019aveu de M.Nadeau-Dubois.«On a été les premiers à douter.On a été très tonitruants dans les médias, mais on doutait pareil.Voter une grève pour le 10 novembre, c\u2019est une chose.Mais est-ce que les gens étaient prêts à faire les sacrifices?Honnêtement, je suis complètement déculotté par la force de ça», a-t-il lancé candidement Il y a quelque chose dans l\u2019air, note le «leader» étudiant, qui n\u2019aimerait pas l\u2019élitisme de cette appellation.«E y a un momentum.Le Printemps arabe, les indignés, le mouvement Occupy.Ey a tout un discours sur les intérêts que servent les gouvernements qui est remis de l\u2019avant.Es ne travaillent pas pour la majorité.Et la question de la hausse des droits de scolarité le démontre d\u2019une manière éclatante.» Jeanne Reynolds, l\u2019autre coporte-parole de ce complexe engin de démocratie directe qu\u2019est la CLASSE, voit dans la mobilisation une volonté de participer aux orientations de la société.«C\u2019est toute une vision de l\u2019éducation qui est en train de changer.C\u2019est pour ça que les gens sont autant mobilisés», constate-t-elle.«Les gens veulent quelque chose qui leur ressemble plus.» En plus de la grande manifestation du 22 mars, qui sera une «réplique directe» au budget Bachand, la semaine suivante sera consacrée à des «perturbations économiques massives».«On va faire en sorte que ça lui coûte cher, sans nuire aux travailleurs», promettent les deux porte-parole.Difficultés et défis Malgré ce vent d\u2019enthousiasme qui soulève les troupes, la guerre n\u2019est pas gagnée.Les étudiants doivent encore surmonter plusieurs obstacles.A commencer par le caractère imperturbable de la ministre de l\u2019Éducation.Encore hier, à l\u2019émission Tout le monde en parle, elle répétait que les étudiants devaient payer leur juste part.Gabriel Nadeau-Dubois reconnaît que le message martelé par le gouvernement et les recteurs est très puissant «La hausse des droits de scolarité a fait l\u2019objet d\u2019un travail idéologique sans précédent dans l\u2019opinion publique», souligne le jeune homme d\u2019à peine 21 ans.«On partait de loin, mais on a eu de plus en plus de couverture médiatique.Ça nous a donné l\u2019opportunité de nous expliquer.Et plus on est présents dans les médias, plus l\u2019appui augmente.» Pour être présents, ils le sont La CLASSE a dû recruter un deuxième attaché de presse, tant les demandes d\u2019entrevues étaient nombreuses.Lors de leur passage au Devoir, le téléphone n\u2019a pas dérougi.Bilan?Une dizaine d\u2019appels et plusieurs demandes d\u2019entrevues dont une en prime time à l\u2019émission du matin de TVA et à 24/60, à RDI, pour la deuxième fois en deux jours.Sans compter un passage remarqué, le mois dernier, à Tout le monde en parle.La situation était tout autre lors de la dernière grève générale illimitée en 2005, où l\u2019organisation (alors appelée CASSÉÉ) avait mordu la poussière dans le dernier droit elle avait été exclue des négociations que le ministre de l\u2019époque, Jean-Marc Fournier, tenait avec les deux grandes fédérations étudiantes collégiales et universitaires (FECQ et FEUQ).Encore aujourd\u2019hui, cette cohabitation de trois grandes factions au sein du mouvement de grève nuit à une unité qui pourrait leur donner davantage de force.Les deux porte-parole en sont bien conscients, mais la nature et le fonctionnement de leur structure ne leur permettent pas toujours d\u2019être en phase avec les autres.«Le mouvement étudiant n\u2019est pas un mouvement homogène, il y a différentes organisations étudiantes qui ont des moyens d\u2019action différents et c\u2019est assumé de part et d\u2019autre», explique M.Nadeau-Dubois.La CLASSE avait tenté le rapprochement par une entente «minimale» de trois clauses sur lesquelles devait reposer l\u2019unité.En vain.Dérapages nuisibles Outre l\u2019absence d\u2019unité, un autre ennemi intérieur pourrait nuire à une victoire étudiante: le grabuge de certains militants.Les porte-parole de la CLASSE refusent de condamner ces dérapages, se contentant de dire qu\u2019ils ne les encouragent pas.«On nous demande de nous ériger en autorité morale et de dire si c\u2019est bien ou mal du haut d\u2019un statut que nous n\u2019avons pas», a tranché Gabriel Nadeau-Dubois, qui est tombé très jeune dans la marmite du militantisme grâce à ses parents.Le militant reconnaît toutefois qu\u2019occuper des bureaux ou bloquer des accès à des ponts peut jouer en leur défaveur.Bien qu\u2019il estime que les actions des étudiants n\u2019ont rien Ae la force de celles d\u2019antan, il constate une plus grande intolérance des autorités à l\u2019égard d\u2019occupations qu\u2019il juge pacifiques.«On est une société qui est de plus en plus sensible à ce qui peut briser l\u2019ordre établi.Elles mesures d\u2019austérité budgétaire et la montée du néolibéralisme sont systématiquement accompagnées d\u2019un durcissement de la sécurité», analyse-t-il.«Devant ce changement social qui dérange, que fait-on?[.]Ona fait des pétitions, des actions symboliques, servi du Kraft Dinner et des hot dogs, suspendu des bannières et on n\u2019a pas été écoutés.Là, nous assumons collectivement que oui, c\u2019est légitime de bloquer l\u2019accès à la CREPUQ parce que ça a un sens politique fort.On est rendus là.» Même convaincu de la légitimité des actions des étudiants, il ne prétend pas pouvoir prédire l\u2019issue de la grève.«Les luttes qu\u2019on perd, c\u2019est celles qu\u2019on abandonne.Ça a l\u2019air romantique, mais c\u2019est ce qui se dit dans les assemblées.C\u2019est sûr que si on ne fait rien, on perd.Et à partir du moment oû on est en grève générale illimitée et qu\u2019elle est quantitativement importante et qualitativement perturbatrice et qu\u2019on ajoute à ça l\u2019appui de plus en plus significatif du public, on a toutes les cartes en main.» Le Devoir Gabriel Nadeau-Dubois eu cinq dates 31 mai 1990: naissance à Montréal Automne 2007: début de son militantisme au sein de TASSÉ Automne 2009: il commence un baccalauréat à TUQAM en histoire Avril 2010: il est élu porte-parole de TASSÉ Automne 2011: il devient coporte-parole de la CLASSE FRANCE SUITE DE LA PAGE 1 et «Révolution citoyenne» ou «Europe sociale: aux cris de «résistance, résistance».Ses attaques virulentes contre le néolibéralisme économique, les élites, les riches {«au-delà de 360 000 euros de revenu annuel, je prends tout») et les politiques d\u2019austérité en Europe ont propulsé cet ancien socialiste, qui a fait alliance avec le Parti communiste, à un niveau inattendu dans les sondages, notamment chez les fonctionnaires, les employés et, à un degré moindre, les ouvriers.«Jean-Luc Mélenchon porte les espoirs de tout le peuple de gauche», juge Pascal Petitpierre, délégué syndical CGT chez Unilever France, dont les ouvriers luttent pour la survie de leur entreprise.Préparateur en pharmacie et ancien communiste venu avec son fils à la manifestation, Laurent Saulnier a «envie que les idées de gauche pèsent sur la campagne».Jean-Luc Mélenchon Christiane Gayerie, enseignante de 62 ans, qui avait voté socialiste en 2007, n\u2019est «pas d\u2019accord pour que l\u2019on paie la dette, que l\u2019on soit inféodés aux banques».Sa fille Louise explique qu\u2019elle ne pourra pas voter pour le socialiste François Hollande au premier tour.«Pas possible de voter pour quelqu\u2019un qui va à la City dire qu\u2019il n\u2019est pas dangereux.Nous, on est dangereux, et les grandes fortunes on va aller les chercher».La mère et la fille donneront cependant leurs voix au candidat socialiste au second tour.Les socialistes inquiets Jean-Luc Mélenchon, un ancien sénateur qui a rompu avec les socialistes en 2008, a réussi pendant la campagne à faire une OPA sur la gauche du PS, communistes, altermondialistes ou ex-socialistes, celle du non à la Constitution européenne au référendum de 2005.Il a éclipsé les deux candidats d\u2019extrême gauche, qui n\u2019atteignent pas 1 % dans les sondages.Dans ses meetings de campagne, cet excellent orateur aux formules assassines enflamme son auditoire en répartissant ses coups entre Nicolas Sarkozy et la candidate d\u2019extrême droite Marine Le Pen, traitée de «semi-démente».Ses (iiscours véhéments tranchent avec le ton mesuré du candidat socialiste François Hollande, qu\u2019il accuse de manquer de détermination.Son désistement au second tour en faveur de ce dernier ne fait cependant quasiment aucun doute, même s\u2019il répète qu\u2019il ne participera pas à un gouvernement «Hollandréou», en référence à la politique d\u2019austérité menée en Grèce par l\u2019ancien premier ministre socialiste George Papandreou.La progression de M.Mélenchon dans les sondages commence à inquiéter Tétat-major socialiste, où Ton craint qu\u2019elle ne se fasse au détriment de François Hollande, donné maintenant au coude à coude avec Nicolas Sarkozy dans les intentions de vote au premier tour.M.Hollande, qui tient à être en tête au premier tour pour conserver une dynamique pour le second, a commencé ces derniers jours à lancer des appels «au vote utile» dès le premier tour.Agence France-Presse ¦ La chronique de François Brousseau, page B 1: Une élection enropéenne HOPITAUX SUITE DE LA PAGE 1 Sans vouloir être alarmiste, le docteur Gaétan Barrette, président de la FMSQ, affirme que le réseau est sur la corde raide, avec peu de marge de manœuvre.Il a fait savoir à Québec qu\u2019il se devait de donner l\u2019heure juste à la population.Si les choses ne s\u2019améliorent pas, il soutient que d\u2019ici deux semaines, il faudra songer à diminuer certaines activités médicales.«S\u2019il n\u2019y a pas de développements, nous n\u2019aurons pas le choix de réduire les services et de diminuer le nombre de chirurgies pour minimiser les cas aux soins intensift.C\u2019est une question de risque afin d\u2019éviter des situations cliniques que nous ne pourrions pas assumer», a affirmé le médecin.Sandoz a recommencé la semaine dernière à produire des médicaments intraveineux, selon certaines priorités.Il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019il faudra patienter avant de revenir aux conditions optimales de traitement.Pour certains médicaments, le retour à une disponibilité normale est envisageable dans un horizon de 12 mois, mais pour d\u2019autres, il pourrait falloir attendre 18 mois.Des risques pour les patients Depuis le début des problèmes d\u2019approvisionnement, des mesures ont été mises en place tant par le gouvernement du Québec que par Tordre des pharmaciens et celui des infirmières.Ces solutions de rechange, destinées à optimiser les médicaments disr ponibles, ne sont pas dépourvues de risques pour les patients, comme le démontre un extrait d\u2019une lettre dont La Presse canadienne a obtenu copie.«Ces mesures exceptionnelles tiennent compte des risques augmentés de porter atteinte à la sécurité des patients», peut-on lire dans la lettre du ministère de la Santé, datée du 7 mars dernier, à l\u2019intention des directeurs des soins infirmiers.Dans cette même lettre, il est aussi précisé que les mesures mises en œuvre ne sauraient perdurer «au moment oû un niveau d\u2019approvisionnement normal aura été rétabli».Tous sont conscients des risques liés à cette situation qualifiée de «très critique» par linda Vaillant, directrice générale de TAPES.Ces risques sont liés à la notion de contamination, parce que les pharmaciens doivent parfois effectuer des manipulations en milieu non stériles, a expliqué Mme Vaillant en entrevue.En ce moment, l\u2019indisponibilité de certains produits amène les professionnels à travailler avec des concentrations variées de médicaments.Le pharmacien doit par exemple diluer des fioles concentrées ou utiliser d\u2019autres médicaments.Si les mélanges sont effectués dans un milieu non stérile, une contamination bactériologique peut survenir.Linda Vaillant parle donc d\u2019un compromis entre deux niveaux de risques: ne plus traiter le patient ou risquer une infection par bactérie à cause de la manipulation.«E y a eu des débats et la conclusion a été qu\u2019il vaut mieux prendre le risque le plus léger et, au besoin, traiter l\u2019infection par des antibiotiques», a concédé Mme Vaillant, qui maintient qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un risque et que tous en sont conscients et tentent d\u2019éviter le pire.Ces modifications de concentrations se traduisent également par des notes et codifications de toutes sortes pour éviter que les infirmières n\u2019administrent les mauvaises doses.L\u2019impact sur la pratique quotidienne des médecins, infirmières, pharmaciens, anesthésistes et plusieurs autres professionnels est colossal.Sous le couvert de l\u2019anonymat, des médecins et des préposés ont indiqué à La Presse canadienne subir des pressions quotidiennes et devoir jongler pour «aspirer des fonds de fioles».Ottawa au cœur de la solution Pourtant, selon le président de la FMSQ et la présidente de TAPES, la crise pourrait se résorber et glisser vers une période intermédiaire viable si le gouvernement fédéral accouche rapidement des décisions bureaucraticiues nécessaires.«C\u2019est une banalité administrative.E ne manque pas de médicaments dans le monde occidental, il manque une réglementation à changer rapidement au Canada», a ^firmé le docteur Barrette.Ainsi, Tissue de la pénurie est en partie tributaire d\u2019une décision d\u2019Ottawa d\u2019autoriser d\u2019autres fournisseurs, étrangers, qui possèdent déjà une certification de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis.«Ça ne prend que ça et c\u2019est terminé.Nous pourrions alors acheter nos médicaments des Etats-Unis, peut-être un peu plus cher, mais au moins les patients seraient servis», a laissé tomber Gaétan Barrette.«E a d\u2019affaire à réagir, le fédéral, sans quoi toutes les organisations médicales vont sortir pour dire à la poptdation: \u201cLe fédéral va vous empêcher de vous faire opérer\u201d», a lâché le docteur Barrette.Les délais qu\u2019impose le gouvernement fédéral sont aussi déplorés par Linda Vaillant, qui se dit étonnée de la position d\u2019Ottawa de demander aux pharmaciens de trouver les stocks disponibles.«Toute cette incertitude crée un stress énorme.E a fallu un mois à Ottawa pour réaliser qu\u2019il y avait un véritable problème.Tout ce qu\u2019il reste à faire, c\u2019est dire oui et autoriser les produits à entrer au pays.On se perd actuellement dans la paperasse administrative, mais enfin, ça semble bouger», a-t-elle dit.Plusieurs médicaments sont touchés, dont la protamine, un médicament essentiel en chirurgie cardiaque, le décadron, notamment utilisé auprès des patients qui subissent des traitements de chimiothérapie, et la morphine injectable.La Presse canadienne LE DEVOIR www.ledevoir.corn Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel Bureau de Québec 514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com 418-643-1541 La publicité Au téléphone\t514-985-3399 Par télécopieur\t514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d\u2019offres Les abonnements Au téléphone Par télécopieur Par courriel 514-985-3344 514-985-3340 avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone\t514-985-3322 Par télécopieur\t514-985-3340 Au téléphone\t514-985-3355 du lundi au vendredi de\t7h30 à 16h30 Par télécopieur\t514-985-5967 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-463-7559 L\u2019agenda culturel Au téléphone Par télécopieur 514-985-3346 514-985-3390 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnés à la disposition au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9' l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450 avenue Béchard, Québec qui est la propriété d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi étage, Montréal, (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel Inc., 12 800 rue Brault, St-Janvier de Mirabel, Québec, division de Québécor Média, 612 rue Saint-Jacques, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de de Corporation Sun Média, 612 rue Saint-Jacques, Montréal.\u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007 "]
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