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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2012-03-21, Collections de BAnQ.

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[" Fermeture sauvage d\u2019Aveos : Québec songe à poursuivre Air Canada Page b WWW.ledevoir.com4- LE DEVOIR Vol.ClII N°62\t4 LE MERCREDI 21 MARS 2012 1,09$ + TAXES = 1,25$ Le retour de FÉtat investisseur 1,2 milliard en prises de participation 2,7 milliards promis aux aînés, mais 28 millions cette année 2 % comme limite de la croissance des dépenses ROBERT DUTRISAC Québec \u2014 Avec son troisième budget, le ministre des Finances, Raymond Bachand, mise sur le contrôle des dépenses en y allant de mesures aussi diverses que modestes pour les aînés et en matière d\u2019économie.Mais ce budget ne Michel David se contente pas de jouer une variation lancinante sur le thème de la contrainte budgétaire: il sonne le retour en force de l\u2019État dans les secteurs miniers, pétroliers et gaziers.Après le «budget de redressement» de 2010-2011 et celui de la «responsabilité» l\u2019an dernier, le budget de cette année «est celui où nous mettons en place les outils de notre enrichissement et du maintien de notre qualité de vie», a fait valoir Rajmiond Bachand dans son discours prononcé à l\u2019Assemblée nationale hier.«La famille québécoise a aujourd\u2019hui plus d\u2019argent dans ses poches qu\u2019en 2003, même en tenant compte de l\u2019effort demandé aux citoyens pour revenir à l\u2019équilibre budgétaire», a plai- dé le ministre des Finances.Si ce budget ne comprend aucune nouvelle hausse de taxe ou de tarif, ses deux budgets précédents avaient déjà fait le travail en programmant des augmentations cette année de la taxe VOIR PAGE A 10: ÉTAT La vertu Contrairement à ce que soutenait Raymond Bachand lundi, le premier ministre Charest n\u2019aurait jamais pu se lancer en campagne électorale avec l\u2019un ou l\u2019autre de ses deux premiers budgets.Le grand mérite de celui d\u2019hier n\u2019est pas d\u2019annoncer de bonnes nouvelles aux contribuables, mais plutôt de ne plus en annoncer de mauvaises.Dans son discours d\u2019hier, le ministre des Finances n\u2019a évoqué que du bout de lèvres le «budget du redressement» présenté au printemps 2010, qui a mis en branle l\u2019indexation progressive des tarifs, de même que le «budget de la responsabilité» de l\u2019an dernier, qui a introduit le rattrapage des droits de scolarité.Oublions ces mauvais souvenirs.Celui d\u2019hier met en place les outils de notre «enrichissement», a dit M.Bachand.En réalité, il s\u2019agit surtout d\u2019éliminer les écueils contre lesquels la campagne du premier ministre Charest ou de son éventuel successeur pourrait venir s\u2019échouer.Le plus urgent est de dissiper la fâcheuse impression que le Plan Nord, sur lequel M.Charest a tout misé, s\u2019apparente à une gigantesque braderie de nos ressources naturelles.M.Bachand a mani- VOIR PAGE A 10: VERTU ¦ Autres textes en pages A 2, A 3 et A 4 ¦ L\u2019éditorial de Jean-Robert Sansfaçon, page A 8 : De la microgestion ¦ Extraits du discours du budget, page A 9 ¥ 'D y' Vf Il # JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, a présenté hier à Québec son troisième budget, « celui où nous mettons en place les outils de notre enrichissement et du maintien de notre qualité de vie», a-t-il dit ALI AL-MASHHADANI REUTERS IRAK Sanglant anniversaire de l\u2019invasion américaine ¦\tÀ lire en page B 7 ¦\tL\u2019éditorial de Serge Truffaut, page A 8 INDEX Actualités.A 5 Annonces.A 6 Avis publics.B 4 Carrières.B 5 Cuiture.B 10 Décès.A 5 Éditorial.A 8 Idées .A 9 Météo.B 6 Monde.B 7 Mots croisés.B 8 Sudoku.B 7 Économie .B 1 Télévision.B9 La musique universelle des émotions En Occident comme en Orient, révocation de la joie ou de la tristesse ferait appel à des structures tonales très semblables PAULINE GRAVEL Aussi différentes soient-elles, les musiques occidentales et orientales évoquent la joie et la tristesse en faisant appel à des structures tonales très semblables.Qui plus est, la musique mimerait les intonations de la langue parlée pour exprimer ces émotions, ont découvert dqs chercheurs de Singapour et des États-Unis.Un Occidental qui écoute pour la première fois une musique orientale ne ressentira probablement pas l\u2019émotion qu\u2019elle suscitera chez un Oriental, car chaque culture possède ses structures et codes musicaux particuliers.Par exemple, «les intervalles choisis entre les notes varient d\u2019une culture à l\u2019autre», précise Philippe Depalle, professeur au Département de§ technologies de la musique de l\u2019École de musique Schuli-ch de l\u2019Université McGill.«Dans les musiques arabes, orientales et indiennes, on utilise couramment le quart de ton, voire le neuvième de ton, alors que dans la musique occidentale, les intervalles se limitent généralement aux tons et demi-tons, à l\u2019exception de certaines musiques contemporaines qui vont en deçà du demi-ton.» VOIR PAGE A 10: MUSIQUE m % MANJUNATH KIRAN AGENCE ERANCE-PRESSE Le musicien indien Ravi Shankar, virtuose du sitar, en concert à Bangalore, en Inde, en février dernier.La musique orientale n\u2019est pas si éloignée de sa cousine occidentale dans sa façon de communiquer les émotions.SEMAINE 9 H AUJOURD'HUI L'islamophobie gagne-t-elle du terrain?Réalisation: Nancy Vanasse #95,1 PREMIÈRE CHAÎNE Radio-Canada.ca/mediumIarge FM 77831302831712 A 2 LE DEVOIR, LE MERCREDI 21 MARS 2012 LEBUDUETDU\t2012 Croissance anémique des dépenses La croissance des dépenses de programmes se chiffrerait à 2,2 % de 2010-2011 à 2013-2014 FRANÇOIS DESJARDINS Encore une fois, trois ministères obtiennent la part du lion et vont bénéficier d\u2019une enveloppe bonifiée en 2012-2013, mais à l\u2019ensemble des autres ministères, le gouvernement Charest impose un régime encore plus contraignant que l\u2019an dernier.Alors que le budget du ministère de la Santé augmente, del milliard (3,4 %), celui de l\u2019Education est majoré de 2,2 % (340 millions), naturelles (-6,9 %), celui de la Sécurité publique (-6,9 %) et celui des Transports (-2%).Pour l\u2019exercice 2011-2012, Québec s\u2019était donné pour objectif de limiter à 1,9 % ses dépenses de programmes.Les documents déposés hier montrent qu\u2019il a réussi à les contenir à 2 %.Pour 2012-2013, l\u2019objectif est de 2 %, mais pour l\u2019année suivante, celle au cours de laquelle le gouvernement Charest pense pouvoir renouer avec l\u2019équilibre budgétaire, il vise enco- Le budget du ministère de la Santé augmente de 3,4 %, celui de l\u2019Education est majoré de 2,2 %, suivi du ministère de la Famille et des Aînés à 1,6 % suivi du ministère de la Famille et des Aînés à 1,6 % (40 millions).Le reste se trouve sur im tapis qui rétrécit globalement de 0,9 % (contre -0,2 % l\u2019an dernier), ce qui représente une baisse de 12f) millions de dollars.À lui seul, le ministère de la Santé disposera d\u2019un budget de 30,1 milliards sur des dépenses de programmas qui totalisent 62.6\tmilliards.À cela, il faut ajouter le service de la dette, qui passe de 7,4 à 8,2 milliards.«Soyons clairs: les dépenses du gouvernement sont sous contrôle», a soutenu le ministre des Finances, Raymond Bachand, lors de son discours.De 2010-2011 à 2013-2014, affirme Québec, la croissance des dépenses de programmes se chiffrera à 2,2 % en moyenne, comparativement à 5.6\t% au cours des quatre années précédentes.Gros ministères touchés Parmi les ministères bien en vue touchés par le resserrement de la ceinture cette année fièrent celui des Affaires municipales (-0,8 %), celui de la Culture (-3,3 %), celui des Ressources r e plus maigre: 1,8 %.«Notre objectif n\u2019est pas du tout de couper des services, y compris dans les autres ministères, a affirmé la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, en conférence de presse pendant le huis clos.Des efforts importants, de nature administrative, sont faits et seront faits.» La suite des choses s\u2019annonce différente.Pour 2014-2015, année qui ferait théoriquement suite à des élections \u2014 si celles-ci étaient tenues à la toute fin du mandat de cinq ans du gouvernement Charest \u2014, le budget prévoit un redémarrage des dépenses de programmes dont la hausse serait alors de 3 %.D\u2019ici là, toutefois, le contrôle des dépenses représente pour Québec «un très gros défi», selon l\u2019économiste en chef du Mouvement Desjardins, François Dupuis.Celui-ci signale que le ministère des Finances doit encore trouver des,endroits où il peut sabrer.A ce chapitre, le budget indique que «le solde des mesures à identifier pour maintenir l\u2019équilibre budgétaire à compter de 2014-2015 se situe à 875 millions».Le Devoir CULTURE La part du lion aux infrastructures Les miettes aux artistes ISABELLE PARE Si le budget Bachand a surpris le milieu culturel hier, donnant la part du lion à de multiples projets structurants pour la métropole et à plusieurs secteurs de l\u2019industrie culturelle, il a semé la déception en laissant des miettes aux artistes et aux organismes culturels.Agréablement surpris par le virage numérique de 20 millions sur cinq ans annoncé par Québec et par les 60 millions additionnels prévus au Fonds du patrimoine culturel d\u2019ici huit ans, le Mouvement pour les arts et les lettres (MAL) s\u2019est dit amèrement déçu de l\u2019augmentation timide consentie au budget du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ).«Le CALQ n\u2019a toujours pas l\u2019ambition de ses moyens.Il y a dix ans, l\u2019organisme acceptait près de 40 % des demandes de bourses, contre 28 % aujourd\u2019hui.Ça ne vient pas combler les carences», a déploré hier Stanley Péan, écrivain et porte du MAL, qui regroupe 12 000 artistes, écrivains et travailleurs culturels.Les 4,5 millions alloués au CALQ l\u2019an prochain échouent à stopper la chute de 12 % observée en neuf ans des subventions moyennes accordées aux organismes culturels, passées de 111000 $ à 97 998 $.Le MAL se réjouit par ailleurs de l\u2019effort ma- jeur consenti pour le patrimoine culturel et pour le passage au numérique qui permettra «de rattraper le retard pris par le Québec».Pour sa parti Culture Montréal (CM) a applaudi aux diverses mesures qui permettront de raffermir la compétitivité de Montréal sur le plan culturel, notamment aux investissements annoncés en prévision du 375® anniversaire de Montréal, ainsi qu\u2019à la hausse de 5 millions annoncée pour soutenir les festivals culturels, et celle de 2,5 millions allouée aux musées.Par contre, ce budget laisse encore une fois en plan des mesures cruciales réclamées pour les artistes, estime Anne-Marie Jean, directrice générale de l\u2019organisme.«Ce budget maintient les acquis, mais ne prévoit rien pour soutenir les ateliers d\u2019artistes, hormis la création d\u2019un groupe de travail.C\u2019est un enjeu sur lequel on planche pourtant depuis les années 90», a-t-elle déploré.Pas un dollar non plus pour stimuler la participation culturelle des citoyens, pourtant annoncée par l\u2019adoption de l\u2019Agenda 21 pour la Culture.Selon ce qu\u2019a annoncé le ministre Bachand hier, de 572 millions en 2003-2004, le soutien au secteur culturel passera à 770 millions au prochain exercice financier.Le Devoir ¦ 75 millions pour la construction d\u2019un 5® pavillon au Musée des beaux-arts de Montréal, page B 10 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le ministre des Finances, Raymond Bachand, en compagnie du premier ministre, Jean Charest Les revenus en milliards de dollars «I A C Impôts ^ w des particuliers En hausse de 3,4 % cette année.La croissance des revenus autonomes est évaluée à 6,8 % en 2012.6 A Fonds des services ¦ ^ de santé Ce ronds, financé par les particuliers et les entreprises, aide au financement du 'N système de santé.4,3 Impôts sociétés En hausse de 6,3 %, en partie en raison de la croissance des bénéfices des entreprises.Les dépenses en milliards de dollars Total des revenus Total des dépenses milliards de dollars milliards de dollars \\ Autres ministères Service de la dette Taxes a la consommation En hausse de 13,1 % grâce à la croissance de la consommation.Autres revenus 4 0 Entreprises ¦ w du gouvernement En hausse de 2,7 %.Notons Hydro-Québec (2,6 milliards), Loto-Québec (1,2 milliard) et la SAQ (1 milliard).^ C O Transferts fédéraux En hausse de 4,1 % en = raison de la compensation fédérale pour l\u2019harmonisation des taxes de vente.Le Québec recevra cette année 424 millions de moins en paiements de péréquation.Les documents Tous les documents budgétaires sont disponibles au www.finances.gouv.qc.ca Résultats financiers de certaines entités Comprend l\u2019impact du plan de retour à l\u2019équilibre, une provison et d\u2019autres revenus hors budget.1,5 + 0,91 Déficit prévu Sans compter le Fonds des générations Contribution au Fonds des générations Sert à réduire la dette.Vaudra 6,5 milliards en 2014.A Santé et Services sociaux O V ^ ^ Ce ministère voit son budget augmenter de plus de 1 milliard de dollars cette année, soit 3,4 %.C\u2019est plus des deux tiers de la croissance totale des dépenses du gouvernement.Affaires y i municipales et Régions 1,1 Agriculture, Pêcheries et Alimentation 0.7 Culture et Communications Familles et Aînés En hausse de 2,2 % (40 millions).16,0 Education, Sports et Loisirs 11 s\u2019agit d\u2019une hausse de 2,2 %, soit 342 millions de plus.Le gouvernement souhaite augmenter le financement des universités, en outre en haussant rapidement les droits de scolarité.Emploi et Solidarité sociale Sécurité publique Conseil du trésor et a'dministration gouvernementale = 2,4 milliards Déficit total Les montants ont été arrondis: les sommes diffèrent donc légèrement des totaux indiqués E N BREF «Les bonnes cibles» Le milieu patronal a bien accueilli le budget Bachand hier.Le Conseil du patronat a particulièrement apprécié sa poursuite du plan de retour à l\u2019équilibre budgétaire dans les délais établis.La Fédération des chambres du commerce le félicite de se concentrer sur «les bonnes cibles de croissance économique», comme le Plan Nord, le développement des compétences professionnelles et le soutien à l\u2019exportation.Le gouvernement a su se montrer à l\u2019écoute des besoins et des contraintes des PME, s\u2019est aussi réjouie la Fédération canadienne de l\u2019entreprise indépendante.Plusieurs se sont toutefois interrogés sur «le réalisme» des prévisions de dépenses et de revenus du gouvernement - Le Devoir « Suppression des services» Les syndicats se sont dits déçus, hier, du budget Bachand.Inscrit en droite ligne des budgets précédents, il «mènera inévitablement encore à une suppression de services» publics, prédit la CSN.La CSQ a dénoncé le recours grandissant aux «taxes déguisées» et dé- ploré que l\u2019on ne parle pas plus d\u2019éducation.La FTP) aurait voulu que l\u2019on bonifie le R^ime des rentes du Québec au lieu d\u2019inventer ime nouvelle forme de REER pour s\u2019attaquer au grave problème des retraites.Quelques mesures se sont tout de même attiré des félicitations, dont l\u2019encouragement à la transformation des matières premières au Québec.- Le Devoir Un nouveau fonds pour les coops Le monde coopératif disposera d\u2019un nouveau fonds de développement de 30 mil- lions \u2014 appelé Coop essor \u2014 dans lequel le gouvernement du Québec va injecter 4 millions.Capital régional et coopératif Desjardins va investir 10 millions, alors que la Banque de développement du Canada et le réseau des Sociétés d\u2019aide au développement des collectivités vont y mettre 15 millions.D\u2019autres partenaires fourniront le reste.Le ministère des Finances soutient que le taux de survie des coopératives, après cinq ans, est près du double de celui des autres sociétés (62 % contre 35 %).- Le Devoir 5252 LE DEVOIR, LE MERCREDI 21 MARS 2012 A LE BUDGET DE L\u2019«ENRICHISSEMENT» 4.\t^\t* Vt.T :.\tA^v;'4 T- ^ i M '» ?i 1 ¥ SOURCE OSISKO Le gouvernement du Québec investira dans certains projets touchant les ressources naturelles, tels des projets miniers.RESSOURCES NATURELLES L\u2019effet Parizeau?Le budget met en place des outils pour «tirer le maximum de nos ressources naturelles», fait valoir Raymond Bachand ANTOINE ROBITAILLE Est-ce l\u2019effet Parizeau?Le gouvernement Charest a annoncé hier une série de mesures pour que le Québec profite davantage de l\u2019exploitation de ses ressources naturelles, notamment dans le cadre du Plan Nord.On se souviendra qu\u2019en novembre, dans une interview au Devoir, l\u2019ancien premier ministre péquiste exprimait son inquiétude de voir l\u2019Etat investir dans de coûteuses infrastructures dont le privé seul pourrait profiter en fin de compte.«On est sur le point de se faire avoir», avait-il dit A ses yeux, Québec devrait accompagner toute aide publique d\u2019un mécanisme obligeant les entreprises à lui céder une participation dans leur projet Or, le «cœur du budget» déposé hier, selon les termes mêmes du ministre des Finances Raymond Bachand en conférence de presse, consiste à mettre en place des outils pour «tirer le maximum de nos ressources naturelles».Pour ce faire, le ministre a annoncé une stratégie en six points comprenant la création de Ressources Québec (RQ), mne nouvelle filiale d\u2019investissement Québec» qui se spécialisera dans les mines et les hydrocarbures.RQ deviendra «l\u2019outil principal» pour que le Québec «prenne des participations» dans les projets miniers et d\u2019hydrocarbures.La Société québécoise d\u2019exploration minière (SOQEM) et la Société québécoise d'initiative pétrolière (SO-QUIP) seront redéfinies et transformées en filiales de RQ.Leur portefeuille respectif fondu permettra de créer un fonds global de 235 millions, auquel le gouvernement ajoutera 250 millions.Québec crée en plus un fonds consacré aux investissements du Québec, Capital mines hydrocarbures, par lequel les projets présentés à RQ seront analysés.D\u2019éventuels profits des participations y seraient déposés pour «être réinvestis dans les projets futurs».H ajoute aussi 500 miÛions à l\u2019enveloppe disponible pour investir dans des projets miniers et pétroliers partout au Québec.Les participations ne seront toutefois pas systématiques: «Le gouvernement pourra négocier une option de participation dans tous les projets» en contrepartie de toute forme d\u2019appui gouvernemental, a précisé le ministre.Dans la,phase d\u2019exploration minière, l\u2019État propose aussi de bonifier le crédit d\u2019impôt «en échange d\u2019une option de prise de participation».La mesure n\u2019entrera toutefois en vigueur que le D\" janvier 2014.Le gouvernement se montrera prudent, a insisté le ministre, puisque ces secteurs, bien que potentiellement lucratifs, peuvent être très risqués: «On ne jouera pas aux dés avec l\u2019argent des Québécois.» « Sagesse financière » Effet Parizeau, donc?Lorsque Le Devoir lui a posé la question, M.Bachand a commencé par soutenir que l\u2019anden premier ministre était «d\u2019accord» avec la réforme des redevances minières que le gouvernement a effectuée.Pour ce qui est des participations, il a soutenu que le principe était «déjà dans le budget de l\u2019an dernier» alors qu\u2019il avait annoncé 500 millions pour un fonds de participation.«Cette année, on le structure pour s\u2019assurer que ça soit fait avec toute la sagesse financière qu\u2019il faut mettre derrière des projets comme ceux-là.» Selon nos informations confirmées par le bureau de M.Bachand, l\u2019ancien premier ministre a demandé à consulter le budget hier.Par ailleurs, M.Bachand a annoncé des études directement liées au Plan Nord.Une première qui évaluera la faisabilité d\u2019un approvisionnement de la Côte-Nord en gaz naturel, avec l\u2019appui de Québec.Puis une deuxième étude de 10 millions, payée par Hy- dro-Québec, visant à étudier l\u2019alimentation du Nunavik en électricité venant du complexe La Grande.Enfin, le CN et la Caisse de dépôt travailleront au développement d\u2019un lien ferroviaire de 800 kilomètres, jusqu\u2019au nord de Schefferville, visant le développement de la fosse du Labrador.Le Devoir Autres mesures pour les ressources naturelles Mise aux enchères des permis de recherche de pétrole et de gaz dont 25 % seront versés au Fonds des générations.Québec sera plus exigeant à l\u2019endroit des détenteurs actuels des «daims» pour que ceux-ci retombent dans le domaine public.Mise en place d\u2019un nouveau régime de redevances visant le pétrole extrait en milieu terrestre «à des taux variant de 5 % à 40 %».Forêts 200 millions à la réalisation de travaux sylvicoles et création du Fonds Valorisation bois.Inquiétudes ALEXANDRE SHIELDS Les libéraux ont beau dire que le Plan Nord se fera «au profit de tous les Québécois», on en sait toujours très peu sur lepartage de la facture des infrastructures avec le secteur privé.Et au cune bonification des redevances minières n\u2019est au menu, malgré un boom sans précédent du secteur.La coalition Québec meilleure mine déplore les incertitudes quant au financement d\u2019un chemin de fer entre Sept-Iles et la fosse du Labrador, un projet qui bénéficiera directement à des minières étrangères.La facture devrait dépasser les 5 milliards de dollars et impliquer la Caisse de dépôt.Hydro-Québec devra aussi se lancer dans la construction d\u2019une ligne électrique qui servira surtout aux minières installées au Nunavik.Quant au Parti québécois, il a une fois de plus raillé le «Plan marketing du Nord» en soulignant que derrière une «orgie de mots», un «fait implacable» demeure: «les redevances ne rapporteront que de 350 millions à 400 millions de dollars par année d\u2019ici cinq ans».L\u2019an dernier, les minières ont exploité pour plus de 8 milliards de dollars de ressources, et ce chiffre devrait croître au cours dans le futur à la faveur d\u2019un énorme boom dans l\u2019exploration minière.La vaste majorité des ressources sont exportées directement.Selon certains, il fendrait instaurer des redevances sur la valeur brute des ressources minérales de feçon à s\u2019assurer que toutes les minières paient des redevances.En 2010,10 des 19 mines du Québec n\u2019en ont pas versé, a souligné Québec meilleure mine.Le Devoir Marché du carbone Québec compte collecter 2,4 milliards d\u2019ici 2020 SYLVAIN LAROCQUE Dy ici 2020, Québec compte tirer pas moins de 2,4 milliards de la mise en place d\u2019un marché du carbone.C\u2019est ce qu\u2019avance le budget 2012 du ministre des Finances, Raymond Bachand.Le gouvernement prévoit que la vente de permis dans le cadre du système de plafonnement et d\u2019échange de droits d\u2019émission de gaz à effet de serre (GES) rapportera 10 millions en 2012-2013, 30 millions en 2013-2014, 120 millions en 2014-2015 et environ 425 millions pour chacune des années subséquentes.Ces sommes sont calculées en fonction du prix du carbone prévu dans un règlement récemment adopté par le gouvernement, soit 10 $ «Il convient que les émetteurs de GES paient leur juste part» - Raymond Bachand la tonne de GES pour la première année.Il reste à voir si le total de 2,4 milliards sera vraiment atteint.Tout dépendra de l\u2019évolution du prix d\u2019une tonne de GES sur les marchés au fil des ans.Si la demande pour les permis est forte, les prix augmenteront, mais si elle est feible, ils baisseront Lors de l\u2019annonce officielle du marché du carbone, en décembre, le milieu des affaires avait mal réagi, reprochant à Québec de faire cavalier seul avec la Californie dans ce domaine en Amérique du Nord.Les grandes entreprises craignent d\u2019être désavantagées par rapport à leurs concurrentes de l\u2019extérieur du Québec en raison des coûts liés à l\u2019acquisition de permis.M.Bachand a rétorqué hier que grâce au marché du carbone, les entreprises trouveront «rentable» d\u2019investir dans la réduction des GES.«E convient que les émetteurs de GES paient leur juste part, a déclaré le ministre.[.] Les entreprises ne pourront émettre des GES que dans la mesure où elles se seront procuré des droits d\u2019émission, soit directement du gouvernement lors d\u2019enchères, soit sur le marché secondaire des droits d\u2019émission.» Les revenus provenant de la vente de permis d\u2019émission de GES constitueront la principale source de financement du plan d\u2019action 2013-2020 sur les changements climatiques que le ministre de l\u2019Environnement, Pierre Arcand, doit dévoiler prochainement.Le plan de 2,7 milliards comprendra des investissements de 1,8 milliard dans le secteur des transports et de 888 millions pour une panoplie d\u2019autres mesures.La Presse canadienne EDUCATION Régime minceur pour les commissions scolaires KATHLEEN LEVESQUE Les commissions scolaires héritent de compressions de 100 millions de dollars pour la prochaine année budgétaire malgré le rejet qu\u2019ont réservé les militants libéraux à ce projet lors de leur congrès de l\u2019automne dernier.Le budget des dépenses déposé hier par la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, révèle en effet que l\u2019augmentation des crédits accordés aux commissions scolaires (222,9 millions) ne couvre pas entièrement la hausse des coûts incompressibles (le salaire des enseignants et le chauffege des écoles, par exemple).Du coup, les commissions scolaires sont appelées à se serrer la ceinture en réduisant leurs dépenses administratives ou en pigeant dans leur bas de laine, pour celles qui en ont un.«Le montant accordé prend en considération des mesures d\u2019économies de 100 millions de dollars que devront réaliser les commissions scolaires en leur permettant d\u2019utiliser leurs surplus cumulés», a indiqué hier Mme Courchesne.En octobre dernier, la ministre de l\u2019Éducation Line Beauchamp avait présenté un plan de réduction des dépenses administratives des JACQUES NADEAU LE DEVOIR Manifestation étudiante devant le Centre des congrès commissions scolaires de 300 millions sur une période de trois ans au congrès du Parti libéral du Québec.Or, les militants avaient rejeté cette voie, obligeant la ministre à faire voltq-face.Globalement, le ministère de l\u2019Éducation connaît une croissance de 2,2 % de ses dépenses, soit 342 millions.Selon la présidente du Trésor, cela «permet de maintenir et d\u2019améliorer la qualité des services et d\u2019assurer le financement des différents facteurs de croissance des réseaux de l\u2019éducation».Droits de scolarité maintenus Pour ce qui est de la très critiquée hausse des droits de scolarité, le ministre des Finances, Raymond Bachand, a soutenu que ce dossier est irrévocable.En ne tenant pas compte des doléances des étudiants qui manifestent depuis déjà quelques semaines leur mécontentement il estime ne pas avoir mis la table pour un affrontement durable.M.Bachand a d\u2019ailleurs souligné que le gouvernement avait mené des consultations et qu\u2019il était hors de question maintenant de changer de direction.«Les frais de scolarité, c\u2019est réglé!», a-t-il lancé aux journalistes réunis en huis clos.«Les étudiants devraient faire leur juste part.[.] Est-ce qu\u2019il n\u2019est pas raisonnable que les étudiants absorbent 17% du coût de leur formation?», a ajouté le ministre qui affirme que la hausse graduelle des droits de scolarité constitue une voie modérée.Raymond Bachand a également rejeté l\u2019idée d\u2019une médiation proposée par le recteur de l\u2019Université du Québec à Rimouski (UQAR), Michel Ringuet, étant donné que les étudiants ne démontrent pas d\u2019ouverture.Selon la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), la réaction du ministre Bachand ne refroidit en rien la mobilisation des étudiants.La Coalition large de l\u2019Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) abonde dans le même sens en soulignant que le budget illustre l\u2019entêtement du gouvernement libéral qui «a raté l\u2019occasion de démontrer son écoute face aux demandes de la population».Par ailleurs, le gouvernement a annoncé qu\u2019il actualise le plan de financement des universités annoncé l\u2019année dernière.Il doit prendre en compte la hausse de clientèle constatée dans les universités, ce qui engendre des dépenses, mais également des revenus supplémentaires.En matière de dépenses, le gouvernement ajuste à la hausse sa contribution de 63 millions pour l\u2019année 2012-2013.Sur une période de six ans, le gouvernement prévoit débourser 293 millions de plus que ce qui était prévu à l\u2019origine.La hausse des droits de scolarité à compter de l\u2019automne prochain injectera 14 millions dans le financement des universités.Le Devoir A 4 LE DEVOIR LE MERCREDI 21 MARS 2012 LE BUDGET DU\t2012 \\l MONTREAL Le maire Tremblay crie victoire KATHLEEN LEVESQUE La préparation des fêtes célébrant le 375® anniversaire de fondation de Montréal a permis à la métropole d\u2019obtenir des investissements de 125 millions pour des infrastructures améliorant sa «notoriété touristique».C\u2019est ce qui constituera le legs du gouvernement du Québec pour souligner l\u2019événement de 2017.Mais aux yeux du maire Gé-rald Tremblay, qui était tout sourire, ce n\u2019est là qu\u2019un bien petit élément de tout ce que reçoit Montréal avec le budget 2012-2013.«C\u2019est une reconnaissance de Montréal comme métropole du Québec.C\u2019est la première fois qu\u2019on a un budget qui touche à tous les aspects qui sont des priorités pour Montréal», a déclaré M.Tremblay.Ce dernier ne tarissait pas d\u2019éloges envers le «C\u2019est la première fois qu\u2019on a un budget qui touche à tous les aspects qui sont des priorités pour Montréal» - Gérald Tremblay ministre des Finances, Raymond Bachand, qui vient, a-t-il dit, de donner à Montréal les moyens de ses ambitions.Les investissements de 1,5 milliard de dollars sur cinq ans pour le développement et la promotion du transport collectif et alternatif réjouissent le maire de Montréal.En mai prochain, Montréal déposera ses recommandations pour des projets de transport collectif dans le cadre du dépôt de la politique de la mobilité du ministère des Transports.De plus, M.Tremblay a salué ce qu\u2019il estime être l\u2019expression de la préoccupation du gouvernement devant le déficit actuariel des régimes de retraite des employés de Montréal.Dans les faits, il ne s\u2019agit pas d\u2019une solution, ni même d\u2019une réflexion sur le dossier, mais seulement d\u2019une phrase constatant la situation.Quant à l\u2019enveloppe de 125 millions pour souligner le 375® anniversaire de Montréal, elle servira essentiellement aux infrastructures.Ainsi, 45 millions iront à la configuration, à l\u2019agrandissement et à la construction de bâtiments sur le site de l\u2019Espace pour la vie qui regroupe le Biodôme, le Jardin botanique, l\u2019Insectarium et le futur planétarium.De plus, une promenade sera construite le long du fleuve Saint-Laurent et la place des Nations du parc Jean-Drapeau sera réaménagée pour un total de 35 millions.Deux projets privés ont également été retenus, dont l\u2019aménagement d\u2019un observatoire à l\u2019oratoire Saint-Joseph (26,4 millions), ainsi que la construction d\u2019un pavillon du Musée des beaux-arts pour 18,5 millions.Ce nouvel édifice muséal accueillera la collection d\u2019œuvres d\u2019art d\u2019une valeur de 75 millions du couple de res- capés de l\u2019Holocauste Michael et Renata Hornstein.Ces sommes ne correspondent pas à de nouveaux fonds, mais plutôt à des réaménagements budgétaires.En effet, ces projets seront financés à même les crédits provenant du ministère des Affaires municipales et celui de la Culture, dans le cadre du plan québécois des infrastructures existant.Ceinture verte Le gouvernement a également annoncé qu\u2019il injectera 50 millions sur cinq ans pour réaliser des projets mettant en valeur les espaces naturels de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMMÇ Une enveloppe de 20 millions sera consacrée à l\u2019aménagement d\u2019une piste cyclable et pédestre de 120 kilomètres liant Oka à Mont-Saint-Hilaire, en passant par Laval et Montréal.Pour Gérald Tremblay, c\u2019est la démonstration de la nouvelle solidarité métropolitaine.«Dorénavant, le 514 et le 450 parlent d\u2019une seule voix.C\u2019est inédit dans l\u2019histoire du Québec», a affirmé avec enthousiasme le maire Tremblay.D\u2019autres projets définis dans le Plan métropolitain d\u2019aménagement et de développement du territoire adopté en décembre dernier par la CMM doivent également voir le jour: un parc longeant la rivière des Mille-Îles, un parc linéaire et des plages sur la digue de la Voie maritime, un corridor forestier au mont Saint-Bruno et un corridor vert entre Châteauguay et Léry Fondation du maire Dans le cadre de la Stratégie québécoise de l\u2019entrepreneuriat 2011-2014, la Pondation du maire de Montréal obtient une aide substantielle afin de renforcer son action auprès des jeunes entrepreneurs.Le gouvernement crée un fonds de dotation de 15 millions de dollars pour la Pondation; Québec y verse 10 millions, et 5 millions doivent provenir du secteur privé.Par ailleurs, le ministre des Pi-nances a souligné la contribution gouvernement^e en matière d\u2019infrastructures.«La rénovation de Montréal est en cours», a lancé Raymond Bachand.M.Tremblay a tenu le même discours.«Ça nous permet de continuer à rénover Montréal.C\u2019est ça notre objectif Ça s\u2019en vient beau, beau, beau, partout, partout, partout.C\u2019est vrai!», a-t-il soutenu.Au cours des cinq prochaines années, ce sont des investissements totalisant 17 milliards de dollars qui seront faits entre autres pour mettre à niveau le réseau routier, améliorer et étendre le réseau de transport collectif.Le Devoir E N BREF 30 millions au Diamant, rien pour FAnneau Le projet Le Diamant d\u2019Ex Machina hérite du seul véritable investissement dans la région de Québec de ce budget Ce projet de salle de spectacle située à la place d Youville permettra de «compléter le carrefour culturel» de ce secteur en plus d\u2019attirer «des œuvres contemporaines internationales», croit le gouvernement La seule autre mesure à toucher la capitale concerne la Société de capital de risque gouvernementale Innovatech qui sera reconvertie en société de capital mixte publique-privée par l\u2019entremise de Desjardins.Au nombre des projets régionaux à ne pas avoir été soutenus dans le budget celui de l\u2019Anneau de glace a inspiré beaucoup de questions aux journalistes hier.La ministre Michelle Courchesne s\u2019est montrée rassurante.D s\u2019agit d\u2019un «équipement très important», mais le gouvernement attend d\u2019avoir en main un «projet véritable» avant de s\u2019engager.-Le Devoir Un diagnostic, pas de remède Québec reconnaît les maux qui affligent les municipalités, mais n\u2019offre aucun remède énergique pour y remédier, a déploré le président de lUnion des municipalités du Québec (UMQ), Eric Eorest Les villes ont besoin du gouvernement pour régler les problèmes liés aux régimes de retraite des employés, dont le déficit atteint près de 4 milliards.LHJMQ s\u2019est toutefois réjouie que Québec investisse 70,3 millions pour aider aux villes à se doter de nouvelles infrastructures rendues nécessaires par la mise en œuvre du Plan Nord.Le président de la Eédération québécoise des municipalités, Bernard Généreux, a salué l\u2019injection de 170 millions pour la création du Eonds Valorisation bois.M.Généreux est toutefois déçu que le gouvernement ne veuille pas bonifier les redevances sur les ressources naturelles.- Le Devoir m JACQUES NADEAU LE DEVOIR Québec prévoit injecter 727 millions de plus d\u2019ici 2017 pour le soutien à domicile aux aînés et créera une nouvelle mesure incitative pour garder les personnes de 65 ans et plus sur le marché du travail.PERSONNES ÂGÉES Maintenir les aînés à domicile.et an travail ISABELLE PORTER Le gouvernement Charest consacre une partie notable de sa marge de manœuvre budgétaire au maintien à domicile des personnes âgées.Reste à savoir quelle part des investissements annoncés se rendra à destination.«Dans une proportion de 88 %, les aînés choisissent de vieillir à la maison.Cette volonté doit être l\u2019assise de toute politique en matière de vieillissement», souligne le discours du budget.D\u2019ici à 2017, on prévoit injecter 727 millions de dollars de plus dans le soutien à domicile, dont 177 millions dès cette année.Cette somme vise notamment à améliorer les services de soins à domicile actuels.On parle d\u2019accroître de 50 400 le nombre de personnes desservies, mais aussi «d\u2019intensifier» l\u2019offre existante.Cette part du programme coûterait 50 millions la première année et atteindrait 381 millions d\u2019ici cinq ans.Le gouvernement compte aussi financer de nouveaux projets résidentiels, comme les ressources intermédiaires et «les unités transitoires de récupération fonctionnelle», un programme estimé à 98 millions la première année qui devrait toucher 5600 personnes.Et ce n\u2019est pas tout puisque le gouvernement bonifie ses crédits d\u2019impôt au soutien à domicile et aux aidants naturels, une augmentation de 11 millions cette année.Reste à savoir quels fonds seront réellement investis dans le réseau des soins à domicile puisque des dizaines de millions prévus à cette fin dans le dernier budget ont finalement été déplacés ailleurs.Sceptique, l\u2019Association québécoise des retraités du secteur public disait vivre hier un POUR TOUT SAVOIR iWWW.CANALSAVOIR.TV PARTENAIRE MÉDIA : LE DEVOIR A 8 LE DEVOIR LE MERCREDI 21 MARS 2012 EDITORIAL Budget 2012-2013 De la microgestion Par son aspect neutre et même drabe, ce troisième budget du ministre Raymond Bacband fait sans doute partie de la stratégie d\u2019un gouvernement qui ne veut pas gaspiller ses munitions avant d\u2019avoir choisi la date des élections.Tout en maintenant le cap sur le retour à l\u2019équilibre budgétaire, il s\u2019adresse quand même aux entreprises, aux régions ressources et aux personnes âgées, trois groupes cibles dont les libéraux ont bien besoin poiu renverser la tendance négative dans les sondages.L il Jean-Robert Sansfaçon e budget 2012-2013 du ministre Bachand ne passera pas à l\u2019Histoire pour son audace et son originalité, mais personne ne lui en demandait tant.De toute façon, à une année seulement du retour à l\u2019équilibre budgétaire, M.Bachand ne pouvait pas se lancer dans les folles dépenses, ni même dans les moins folles.Malgré cela, son budget contient quelques mesures attendues, notamment en ce qui touche aux personnes âgées, aux travailleurs de plus de 65 ans, aux salariés privés de régime de retraite, aux artisans de l\u2019industrie touristique et aux habitants des régions ressources.Au total, les nouvelles mesures coûteront tout au plus 211 millions cette année.Cela dit, cette première impression de modestie dans les dépenses doit être nuancée puisque depuis quelques années, le gouvernement Charest a compris qu\u2019ü pouvait dépenser beaucoup sans creuser son déhcit.Pour cela, ü sufht d\u2019investir dans les immobilisations au lieu de dépenser dans les programmes.Cette année, par exemple, la dette brute du Québec s\u2019est accrue de 10 milliards, et elle grimpera encore de 8 milliards l\u2019an prochain même si le déhcit se rapproche de zéro.Cela tient au fait que ces milliards sont investis en immobilisations, ou encore sont prêtés aux sociétés d\u2019État, aux universités et aux entreprises.Ils n\u2019apparaissent pas au budget des dépenses, mais c\u2019est à cause d\u2019eux si les intérêts à payer chaque année accaparent maintenant 11,4 % des revenus du gouvernement.Ce budget, comme c\u2019est souvent le cas au Québec, en est un de microgestion, par opposition au rôle plus structurant que se donnent d\u2019autres gouvernements.11 cherche moins à orienter l\u2019économie et à accroître la productivité qu\u2019à répondre à des attentes bien spécifiques exprimées ici et là par des acteurs de l\u2019économie qui parviennent plus facilement à se faire entendre.Ainsi, ce budget ajoute une kyrielle de nouveaux crédits d\u2019impôt pour les entreprises.Qu\u2019elles soient manufacturières ou financières, qu\u2019elles interviennent dans le multimédia ou le tourisme, le bois ou le minerai.il y a quelque chose pour elles qui ne coûtera pas trop cher et ne sera pas trop facile à obtenir, mais qui fera quand même plaisir! A-t-on voulu dorer la pilule pour mieux faire passer le régime volontaire d\u2019épargne retraite?En revanche, parmi les mesures attendues qui ne faisaient pas partie de ce budget, trois d\u2019entre elles avaient trait à des décisions antérieures qui ont suscité de vives critiques: la contribution santé uniforme qui passe comme prévu à 200 $ cette année, la hausse accélérée des droits de scolarité, et la formule de calcul des redevances imposées aux sociétés minières.Trois dossiers qui contrairement à la presque totalité des mesures du présent budget, seront certainement au cœur de la prochaine campagne électorale! Attentats en Irak Hors de contrôle ne semaine avant le sommet des pays membres de la Ligue arabe qui devait symboliser le retour diplomatique de l\u2019Irak, voilà qu\u2019un chapelet d\u2019attentats \u2014 au-delà d\u2019une douzaine de bombes dans autant de villes \u2014 vient nous rappeler que la pacification de la nation irakienne est loin d\u2019être achevée.D\u2019autant que les acteurs de cette saignée ont pris un soin maniaque à tuer des chiites en plein pèlerinage dans un de leurs lieux saints, soit la ville de Kerbala, ainsi que des Kurdes vivant à Kirkouk, qui est pour ainsi dire la capitale de l\u2019or noir irakien.Bref, on s\u2019est attaché avec méticulosité à ce que ces attentats aient une portée sjmibolique la plus percutante qui soit.Parmi les lieux ciblés, et outre ceux évoqués, il faut s\u2019arrêter à celui réalisé devant le portail du ministère des Affaires étrangères.Pour souligner avec le plus d\u2019emphase possible la réintroduction de l\u2019Irak sur la scène internationale, le ministè- -re en question disposait d\u2019un budget jugé consi- \\ dérable: 500 millions.Un demi-milliard de dol-assurer justement la bonne tenue de 4\tl\u2019événement et la sécurité des invités.11 est écrit %\tdans le ciel qu\u2019à la suite de ces attentats, cer- JL\ttaines chancelleries du monde arabe vont de- mander des comptes.Cela soutiré, ces bombes s\u2019avèrent la mise en relief, indirecte évidemment, d\u2019une culture de la gestion de la chose publique en général et de la sécurité en particulier qui remonte à la nuit des temps.De quoi s\u2019agit-il?Parce qu\u2019ils jugent les élus aussi corrompus qu\u2019incompétents, les chefs de tribu ont mis à profit le départ de l\u2019armée américaine pour s\u2019imposer dans beaucoup de villes et villages situés en dehors de la capitale.Ils refont aujourd\u2019hui ce qu\u2019ils ont fait sous le joug ottoman, l\u2019Empire britannique, etc.Toujours est-il que le 17 février dernier, 60 chefs de tribu, dont des chiites, ont signé une entente avec des élus et des patrons des forces de sécurité qui leur accordent toute latitude dans la lutte contre les insurgés et dans bien des pans de l\u2019administration judiciaire.Autrement dit, le gouvernement du premier ministre Nouri al-Maliki a fait des concessions lourdes de sens.Quand on y songe, c\u2019est à se demander si la géographie de la gestion de l\u2019Etat irakien n\u2019est pas à l\u2019image du gruyère.Car bien avant que les soldats américains plient bagages et que Maliki alloue ce que l\u2019on sait aux chefs de clan, ces derniers s\u2019étaient attelés à reprendre le contrôle administratif des infrastructures des villes et villages où ils demeurent, en plus de s\u2019introduire et de demeurer sur l\u2019échiquier de l\u2019économie.Bref, depuis des mois maintenant, ils empilent des couches de pouvoirs.Cela étant, il est clair que les auteurs des attentats d\u2019hier qui ont fait une cinquantaine de morts et près de 300 blessés avaient notamment pour objectif de mettre en relief les difficultés que rencontre Maliki sur le front de la sécurité.Pour le bénéfice de qui?La question reste ouverte.Serge Truffaut LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO j\u2019AMNonCî NowVfAUX 6RtNAPt5 eî vu ^'iPucATio^ l Le mépris facile Depuis que je suis professeure de didactique des sciences, je participe à la formation des futurs enseignants du collégial en sciences.Je me fais un devoir de leur faire réaliser l\u2019ampleur de leur contribution à la formation des jeunes inscrits au cégep.Je m\u2019efforce d\u2019illustrer que la formation collégiale en est une idéale pour inviter les jeunes à se structurer comme des interlocuteurs pertinents dans le cadre du cours et de la gestion de controverses sociopolitiques.Or, dimanche dernier, j\u2019ai vu et bien entendu l\u2019intervention de Line Beauchamp à l\u2019émission Tout le monde en parle.J\u2019ai été franchement étonnée de constater que le faible argumentaire déployé pour justifier l\u2019absence de participation estudiantine/citoyenne au cours et à la gestion politique de la controverse concernant l\u2019augmentation des droits de scolarité s\u2019articule autour d\u2019un ressentiment personnel vis-à-vis de Gabriel Nadeau-Dubois (elle l\u2019a clairement expliqué).Que la ministre n\u2019ait pas fait un usage critique et raisonné des idées et concepts qui structurent les points de vue qui s\u2019affrontent depuis plusieurs semaines la disqualifie comme actrice politique d\u2019envergure dans ce dossier.Il est déplorable que le gouvernement, délégué pour représenter les citoyens (!), n\u2019entende pas changer de direction, optant pour un mépris facile de l\u2019ire sociale qu\u2019il a lui-même provoquée.S\u2019il est plus difficile, dans ce contexte, n\u2019est-ce pas, de convaincre de futurs enseignants du collégial de leurs capacités à former des citoyennes et citoyens qui ont la conviction de participer à autre chose qu\u2019à un simulacre de démocratie, une tel- LETTRES le situation illustre l\u2019urgence et la pertinence d\u2019une éducation qui mette en exergue les effets de la possession et de l\u2019exercice asymétriques du pouvoir dans le contexte des processus (socio) politiques de prise de décisions.Chantal Pouliot Université Laval Le 20 mars 2012 J\u2019appuie notre gouvernement ! J\u2019ai fait mes études universitaires entre 1969 et 1973.J\u2019ai payé mes droits de scolarité, mon appartement, ma nourriture, mon habillement, et ensuite mes dettes d\u2019études.J\u2019ai aussi payé pour les droits de scolarité de mon cours classique, car mes parents n\u2019avaient pas les moyens de payer.Si je l\u2019ai fait au coût projeté pour les étudiants actuels dans cinq ans, eux aussi peuvent le faire! Mes amis d\u2019alors qui étudiaient en histoire, en philosophie, en théâtre étaient dans la même situation que moi; nous avons travaillé et nous avons réussi, nous ne sommes pas morts.Nous avons fait des sacrifices.Malheureusement, les mots «sacrifice» et «efforts» semblent avoir disparu du dictionnaire! J\u2019ai tout assumé de mon investissement dans ma formation, tout seul comme un grand, et maintenant, il faudrait que je paie pour les enfants des autres?Désolé! J\u2019ai donné! Ça suffit! Avant d\u2019être un avantage pour la société, les études universitaires le sont pour la personne elle-même.Etudiants, cessez de nous rabâcher vos dettes d\u2019études.Vous allez faire des centaines de milliers de dollars de plus dans votre carrière que ceux qui n\u2019ont pas été à l\u2019universi- té.Vous avez les moyens d\u2019investir.Pour certaines disciplines, il n\u2019y a pas de travail au sortir de l\u2019université?Qui a dit que la société devrait garantir à tout un chacun le métier qu\u2019il veut pratiquer et rien d\u2019autre?Vous avez deux choix: choisissez une autre «branche», ou alors faites les études qui vous tentent et ensuite trouvez un travail dans un autre domaine.Vous allez voir, vous n\u2019en mourrez pas.Et que les associations étudiantes cessent de nous casser les pieds avec leur argumentation bidon de la gauche caviar! François Colbert Professeur titulaire, HEC Montréal Le 20 mars 2012 Un citoyen inspirant Trop souvent, lorsqu\u2019on parle de Montréalais, c\u2019est pour illustrer l\u2019incompétence, la cupidité ou la corruption qui font des ravages dans la cité.On n\u2019a alors qu\u2019une envie, c\u2019est de quitter la ville pour se réfugier dans le fond des bois en espérant que la nature sauvage saura nous réconcilier avec la vie.Mais hier, dans les pages du Devoir, il y a eu ce magnifique hommage rendu à l\u2019architecte Pierre Laporte, récemment disparu.Cet «honnête homme du siècle des Lumières» nous incite à quitter le fond des bois.Grâce à lui, on aspire à redécouvrir la beauté cachée de la ville.On rêve qu\u2019une aussi belle plume, qui a d\u2019ailleurs eu la grâce de laisser toute la place à l\u2019architecte en signant «les amis de Luc Laporte», nous fasse découvrir d\u2019autres citoyens tout aussi inspirants.Merci aux «amis du disparu».Louise Perrault Montréal, le 20 mars 2012 LIBRE OPINION Lettre à Madame Line Beauchamp LUCIA CARBALLO Etudiante en lettres à l\u2019UQAM Il y a dix ans, je suis arrivée au Québec.J\u2019avais 14 ans à l\u2019époque.Mon intégration et l\u2019apprentissage du français ont été très éprouvants pour moi, et j\u2019ai donc décidé de trouver refuge dans les livres.Pendant deux ans, j\u2019ai lu en silence.En 4® secondaire, mon professeur de français empruntait mes lectures à la bibliothèque afin de mieux me comprendre.J\u2019ai été invitée au Marathon intercollégial d\u2019écriture en 2005.J\u2019étais l\u2019une des cinq étudiantes du niveau secondaire à être invitée.En 5® secondaire, une activité était organisée afin de nous permettre d\u2019explorer notre futur milieu de travail.J\u2019ai été la première élève de mon école à faire un stage d\u2019un jour avec un écrivain, Guillaume Vi-gneault.Mes résultats scolaires étaient excellents en chimie et physique.Par contre, mon français était médiocre.Lors de mon passage au niveau collégial, la décision logique à prendre aurait été celle d\u2019étudier en sciences, car mes capacités cognitives se démarquaient dans ce domaine.Par contre, ma passion, c\u2019était les études littéraires.J\u2019ai été acceptée en création littéraire au cégep du Vieux-Montréal à condition de suivre un cours de mise à niveau en français.Tout au long de mes deux an- nées d\u2019études, j\u2019ai côtoyé plus d\u2019une cinquantaine d\u2019écrivains dans le cadre d\u2019ateliers, rencontres et conférences.J\u2019ai plongé dans la culture québécoise, j\u2019ai appris votre histoire et intégré votre culture avec autant d\u2019ardeur qu\u2019une pure souche.Je suis devenue monitrice en français langue seconde à l\u2019UQAM à l\u2019âge de 21 ans.J\u2019ai écrit et publié des poèmes dans la revue Estuaire.J\u2019ai fait des traductions du français à l\u2019espagnol des plus grands poètes contemporains québécois.Aujourd\u2019hui, je suis capable de dire à un nouvel arrivant qui sont Gaston Miron, Gé-rald Godin, Pauline Julien, Michel Tremblay, Réjean Ducharrpe, Richard Ber-douillette, Denis Côté, Elise Turcotte, Gé-rald Leblanc, Michel Ereitag, Eernand Dumont, Gabrielle Roy, etc.Je travaille à la Commission d\u2019immigration comme interprète et j\u2019ai décidé de poursuivre mes études en lettres à l\u2019UQAM.Je dois avoir pris une mauvaise décision concernant mon orientation professionnelle.Deviendrais-je en effet professeure de littérature pour partager ma passion et mes connaissances face à des bancs vides?Avec la position actuelle du gouvernement, l\u2019accessibilité aux études supérieures des étudiants de la classe moyenne est sérieusement mise en péril.Je vous demande une réponse concrète à mon cas particulier.Comme étudiante qui ne bénéficie pas du programme de Prêts et bourses du gouvernement, car mon père est trop riche.Il a un revenu moyen de 65 000 $ par année, nous sommes trois enfants dans ma famille.Dites-moi, Madame la Ministre, comment devrais-je faire pour subvenir à mes besoins tout en étudiant à temps plein?J\u2019occupe trois emplois gouvernementaux, je travaille jour et nuit sur appel et la hausse des droits de scolarité n\u2019est même pas encore entrée en videur.En tant qu\u2019étudian-te-travailleuse, je dois être disponible à l\u2019emploi sept jours sur sept.J\u2019accours à mes trois cours et je remets mes travaux à temps.Les fins de semaine, le temps des Eêtes et les vacances ne font pas partie de mon vocabulaire.Je travaille ou j\u2019étudie.Alors, tenant compte de votre position gouvernementale, devrais-je songer à une réorientation professionnelle?Ou bien, accepter l\u2019endettement moyen de 30 000 $ à la fin de mes études?Non, je n\u2019abdique pas.Je suis contre le principe de marchandisation de notre éducation.Je suis contre la restriction de l\u2019accessibilité aux citoyens moins nantis.Je suis contre la banalisation de l\u2019endettement étudiant.L\u2019éducation n\u2019est pas un investissement, elle est un droit fondamental et elle permet aux individus de mieux comprendre et de mieux intégrer la société qu\u2019ils habitent. LE DEVOIR, LE MERCREDI 21 MARS 2012 A 9 IDEES Discours sur le budget 2012-2013 Construire l\u2019avenir sur nos forces Nous publions des extraits du discours sur le budget prononcé hier à l\u2019Assemblée nationale.RAYMOND BACHAND Ministre des Finances ai deux excellentes nouvelles J pour les Québécois.La pre-mière a trait à la croissance économique, un objectif cen-/ tral de notre gouvernement depuis notre élection en 2003.Depuis 2003, le PIB réel par habitant a progressé davantage au Qqébec qu\u2019en Ontario et aux Etats-Unis, et autant qu\u2019au Canada.Les Québécois se sont plus enrichis que l\u2019ensemble des Nord-Américains.La seconde a trait au bien-être des Québécois.La croissance économique est un critère important du bien-être des peuples.Mais ce bien-être est une réalité plus complexe que le seul PIB.C\u2019est pourquoi l\u2019OCDE a conçu un indice «Vivre mieux», à partir de 20 indicateurs socioéconomiques.[.] Le Québec se distingue de ces pays par de nombreux indicateurs sociaux, notamment la qualité du logement, l\u2019état de santé de ses citoyens, le taux d\u2019emploi des femmes avec enfants, la faible criminalité, la qualité de l\u2019air, etc.[.] [Njous sommes déterminés à revenir à l\u2019équilibre budgétaire dès 2013-2014 de façon ordonnée et graduelle, et à le faire tout en soutenant la croissance économique du Québec.La justesse de cet objectif est crûment illustrée par la situation de plusieurs pays eiuopéens.Leius gouvernements fortement déficitaires doivent effectuer des coupes brutales dans leurs programmes sociaux, qui rappellent celles que le Québec a subies dans les années 1990.Pour protéger nos programmes de santé, d\u2019éducation et de soutien à la famille, ce retour à l\u2019équilibre reste notre priorité absolue.[.] Six lignes de force Ce budget nous invite tous à bâtir sur nos forces pour saisir les nouvelles opportunités offertes par ce siècle.Il s\u2019en dégage six Hgnes de force: d\u2019abord, contrôler nos finances publiques; ensuite, favoriser la capacité de nos travailleurs et de nos entreprises à participer à la création de richesse; troisièmement, tirer le maximum de nos ressources naturelles dans le cadre d\u2019une vision à long terme; en quatrième lieu, consolider notre leadership nord-américain en matière de développement durable; cinquièmement, prendre soin de nos aînés; sixième ligne de force, mais non la moindre, aider les Québécois à préparer leur retraite.Finances publiques Pour cette année, j\u2019annonce que le déficit de l\u2019exercice 2011-2012 s\u2019établira à 3,3 milliards de dollars, soit 500 millions de dollars de moins que la prévision établie il y a un an.Poiu la deuxième année consécutive, nous dépassons les objectifs fixés.J\u2019annonce également que nous prévoyons un déficit de 1,5 milliard de dollars en 2012-2013, et j\u2019annonce que nous atteindrons l\u2019équilibre budgétaire en 2013-2014 comme prévu.[.] Notre déficit 2041-2042 se limite à 4,0 % du PIB québécois! [.] Raymond Bachand: absolue.» JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Pour protéger nos programmes de santé, d\u2019éducation et de soutien à la famille, ce retour à l\u2019équilibre reste notre priorité Ressources naturelles La stratégie que je présente aujourd\u2019hui vise à faire bénéficier encore davantage l\u2019ensemble des Québécois de la richesse créée avec nos ressources naturelles.Elle comporte six axes.Le premier axe concerne la fiscalité minière.Annoncée il y a deux ans, la réforme du régime de redevances est complétée depuis le f®\u2019janvier dernier.Du régime le moins coûteux au Canada, nous en avons fait un des régimes les plus exigeants au pays pour l\u2019industrie minière.Au corns des dix années précédant la réforme du régime de redevances, les compagnies minières ont versé au Québec un total de 289 millions en redevances.Au corns des dix prochaines années, elles verseront plus de 4 milliards de dollars.C\u2019est 44 fois plus.Afin de les encourager à poiusuivre des activités dont les résultats sont par définition très incertains, les entreprises minières, pétrolières et gazières qui font des travaux d\u2019e^loration au Québec ont droit à certains crédits d\u2019impôt.L\u2019actuelle ruée vers l\u2019exploration au Québec nous porte à croire que les perspectives de gain rendent ces avantages fiscaux moins importants qu\u2019auparavant J\u2019annonce donc que poiu les travaux d\u2019exploration réalisés à compter du f®\u2019janvier 2044, les taux des crédits d\u2019impôt remboursables seront globalement réduits de 40 points de pourcentage pour les sociétés juniors d\u2019exploration, et de 5 points pour les sociétés productrices.Il s\u2019agit d\u2019upe réduction de plus du quart.À cette importante réforme de la fiscalité minière s\u2019ajoutent cinq axes stratégiques: premièrement, la prise de participation dans les projets miniers et d\u2019hydrocarbures; deuxièmement, la maximisation de la richesse tirée de l\u2019activité minière, notamment en favorisant la transformation de minerai au Québec et l\u2019appui à la grappe minière du Québec; troisièmement la mise en place du nouveau régime forestier et l\u2019incitation à la deuxième et troisième transformation du bois; quatrièmement, la révision du régime de permis et de baux, ainsi que du régime de redevances des hydrocarbures; et finalement, le déploiement du Plan Nord.Vieillir chez soi Un volet [touchant la solidarité comme valeur sociale] mérite notre attention: il s\u2019agit de la place qu\u2019occupent nos aînés dans notre société.L\u2019enjeu est de tout temps.Mais son expression se modifie rapidement, principalement de deux façons.Il y a d\u2019abord l\u2019aspect démographique.Nous vivons plus longtemps, nous vieillissons en forme et en santé et plus activement que jamais auparavant Le nombre de personnes aînées augmente rapidement Il y a ensuite l\u2019aspect social.La solidarité intergénérationnelle s\u2019est longtemps exprimée au sein de la cellule familiale.C\u2019est moins le cas aujourd\u2019hui dans une société urbanisée, qui voit décroître la taille des ménages et des logements.Nous souhaitons une longue vie à nos aînés.Une longue vîe de qualité.C\u2019est-à-dire une vie active, autonome, épanouie.Une vie intégrée à une communauté qui se réjouit de la présence et de la contribution des aînés, comme ceux-ci profitent à leur tour du soutien de la communauté.Dans une proportion de 88 %, les aînés choisissent de vieillir à la maison.Cette volonté doit être l\u2019assise de toute politique en matière de vieillissement.D\u2019oû le plan d\u2019action Vieillir chez soi 2042-2047 que mes collègues, la ministre responsable des Aînés et la ministre déléguée aux Services sociaux, ont développé ensemble après consultations, et qu\u2019elles dévoileront ce printemps.[.] Régime de retraite L\u2019allongement de la vie en santé est une nouvelle excellente, mais qui a des conséquences économiques, puisque la vie se prolonge de plus en plus longtemps après l\u2019âge de la retraite.Dans le discours sur le budget de l\u2019an dernier, j\u2019ai annoncé la mise en place du régime volontaire d\u2019épargne retraite, ou RVER.Aujourd\u2019hui, le budget en dévoile les grandes lignes de fonctionnement.Cette mesure permettra à 2 millions de travailleurs, pour la plupart employés de PME ou travailleurs autonomes, d\u2019épargner pour la retraite dans un cadre structuré en bénéficiant d\u2019avantages jusqu\u2019ici réservés aux régimes collectifs.Tout le monde reconnaît la nécessité d\u2019épargner davantage pour la retraite.Mais il y a deux obstacles.Un: il faut beaucoup de discipline pour épargner volontairement.Deux: la gestion de l\u2019épargne est une tâche complexe qui demande du temps et de l\u2019expertise.Notre objectif est de simplifier les choses.Plus facile pour le travailleur.Plus simple pour l\u2019employeur.Les entreprises comptant cinq employés admissibles ou plus et qui n\u2019offrent pas déjà un régime de retraite auront l\u2019obligation d\u2019offrir un RVER.Les travailleurs admissibles y seront automatiquement inscrits, mais auront l\u2019option de ne pas participer.Les travailleurs autonomes pourront souscrire à un RVER directement auprès d\u2019un administrateur de régime.[.] Qualité de vie La famille québécoise a aujourd\u2019hui plus d\u2019argent dans ses poches qu\u2019en 2003, même en tenant compte de l\u2019effort demandé aux citoyens pour revenir à l\u2019équilibre budgétaire.Je suis fier de rappeler que cet effort n\u2019a pas changé: il est demeuré le même depuis le budget de mars 2010.Le budget d\u2019aujourd\u2019hui ne contient aucune nouvelle taxe, aucun nouvel impôt pour les citoyens québécois.Le budget 2040-2011 a été le budget du redressement, qui a jeté les bases du Plan de retour à l\u2019équilibre budgétaire.Le budget 2041-2042 a été le budget de la responsabilité, qui nous exhortait à retrousser nos manches pour étudier, pour entreprendre, tout en assumant nos responsabilités à l\u2019égard de nos concitoyens les plus vulnérables, de notre milieu et des générations futures.Le budget de cette année est celui oû nous mettons en place les outils de notre enrichissement et du maintien de notre qualité de vie.Quelle justice se cache derrière la «juste part» ?A DIANE GENDRON Professeure de philosophie au collège de Maisonneuve l\u2019occasion du dévoilement de son troisième budget, hier, le ministre Bachand marche dans la main avec la ministre de l\u2019Éducation Line Beau-champ pour scander le slogan de la «juste part», c\u2019est-à-dire le coût que les utilisateurs doivent payer pour bénéficier des services publics.C\u2019est au nom de cette logique qu\u2019ils refusent d\u2019entendre les citoyens \u2014 dont je suis \u2014 qui contestent la hausse des droits de scolarité qui a été décrétée dans le budget de l\u2019an dernier.Mais quelle justice, au juste, se cache derrière cette «juste part»?Dimanche dernier, j\u2019ai participé à la grande manifestation familiale et j\u2019irai marcher demain en appui aux étudiants.Je suis un parent contre la hausse des droits de scolarité; je suis une professeure pour la hausse du taux de scolarisation; une contribuable prête à payer «sa juste part» pour rendre possible la gratuité scolaire; une féministe qui croit que l\u2019éducation est la pierre angulaire de la défense des droits des femmes; une citoyenne prête à défendre l\u2019accessibilité des services sociaux, qui est une condition de base de la justice.Et, surtout, je suis la légataire d\u2019un héritage que je refuse que vous djmamitiez.Cet héritage, je le défends à la mémoire de mes deux grands-mères, Elore-Anna et Irène.Dans l\u2019image qui me revient, en pensant à elles, je les vois assises, un livre entre les mains, et sur la petite table à côté, il y a une grille de mots croisés et un dictionnaire.Mes deux grands-mères.quand elles étaient «filles», furent institutrices.Pourtant, elles n\u2019avaient elles-mêmes à leur actif qu\u2019un diplôme d\u2019études primaires.Rien de surprenant pour l\u2019époque: n\u2019est pas fille de juge qui le veut! Pourtant, parmi les valeurs qu\u2019elles m\u2019ont transmises, il y a l\u2019idée que l\u2019éducation est une priorité absolue: «Continue comme ça, ma petite fille, ce sont les études avant tout! Le reste peut attendre.» Elles m\u2019encourageaient à étudier «aussi longtemps que j\u2019en aurais la chance».Notre histoire La chance s\u2019est fait attendre quelques générations.Mes parents non plus n\u2019ont pas eu accès à l\u2019éducation supérieure, par manque de moyens, mais non pas de talent.Pour la grande majorité de ceux et celles qui habitaient petites villes et villages, quitter la iamille pour aller étudier «en ville» était un luxe inaccessible.Qnt-ils eu «leur juste part»?De ma «filiation», je suis la première à avoir eu accès au cégep et la première aussi à fréquenter l\u2019université.Mon histoire n\u2019a rien d\u2019unique.C\u2019est notre histoire.En 4960, l\u2019éducation supérieure coûte cher et des statistiques indiquent qu\u2019à peine 3 % des jeunes Canadiens français de 20 à 24 ans fréquentent l\u2019université.L\u2019objectif de la création des cégeps était de démocratiser l\u2019enseignement supérieur en le rapprochant des gens.C\u2019est ce même objectif que visait le rapport Parent en recommandant d\u2019instaurer la gratuité à l\u2019université.En effet, on peut y lir,e que l\u2019éducation est un bien commun et que l\u2019État a le devoir d\u2019assurer l\u2019égalité des chances, ce qui comporte une responsabilité financière, comme précisé à l\u2019article 586.N\u2019oublions pas que, même sans droits de scolarité, étudier à l\u2019université coûte cher: cela coûte, par an, les quelques milliers de dollars nécessaires pour se loger à proximité de l\u2019université.Cela coûte aussi tout l\u2019argent que nous ne gagnons pas pendant que nous consacrons notre temps et notre énergie à l\u2019apprentissage, à la formation, à la recherche.Pourtant, la société tout entière profite des efforts des étudiants comme l\u2019affirmait la commission Parent: «Le bénéfice social des études universitaires a plus de poids que le bénéfice individuel, et cela a été reconnu au premier et afi second degré de l\u2019enseignement.» (Article 646).Étudier devrait être une tâche à temps plein, il est contradictoire d\u2019inciter les étudiants à consacrer une part toujours croissante de leur horaire à de petits boulots gobe-temps.Première et.dernière?La chance d\u2019étudier, une génération de décideurs qui ont eu le courage de faire des choix de société audacieux me l\u2019a donnée.Mes filles pourront-elles aussi profiter de cette chance qui fut la mienne?Pourront-elles se préparer adéquatement à prendre leur place dans la «société du savoir»?Ou aurai-je été la première.et la dernière?Avec le décret imposé par le gouvernement, les étudiants redeviendront de plus en plus dépendants de leurs parents \u2014 dépendance qui était déplorée par le rapport Parent! \u2014 alors même que la paupérisation grandissante de la classe moyenne affectera la capacité de cette dernière à prendre en charge les coûts liés aux études de leurs enfants.Une génération s\u2019était donné comme objectif «l\u2019éducation pour tous».Une fois qu\u2019elle l\u2019a obtenue, la voilà qui se retourne et lance aux générations suivantes: «Vous vouliez étudier?Eh bien, payez maintenant!» C\u2019est cela, la «juste part»?Voilà une conception de la justice fort déroutante qui ressemble bien davantage au cri d\u2019une enfant gâtée: «Quoi?Payer pour que les autres étudient?Et quoi encore?Pour qu\u2019ils développent leur esprit critique et débusquent nos mensonges?Ou bien qu\u2019ils décident de prendre \u201cnotre\u201d place aux postes les mieux payés?C\u2019est pas juste!» Ce qui est injuste, c\u2019est de mettre en péril l\u2019accessibilité aux services publics et la mobilité sociale, c\u2019est-à-dire de réserver «les places» en fonction de l\u2019appartenance à une classe sociale donnée.L\u2019éducation est un service public et l\u2019accessibilité aux études supérieures est une condition nécessaire de la mobilité sociale, et donc de la justice.C\u2019est cela que vous mettez en péril.Mesdames et Messieurs les ministres.Mes grands-mères étaient heureuses que je puisse poursuivre mes études à l\u2019université.J\u2019aimerais pouvoir être aussi heureuse pour mes filles que mes grand-mères l\u2019ont été pour moi en pensant que les études supérieures seront encore plus accessibles qu\u2019elles le sont aujourd\u2019hui.Cette voie, que nous ont ouverte les générations passées, allons-nous la réserver aux plus fortunés?Allons-nous vraiment laisser ce grand projet de société être détourné au profit d\u2019une minorité?Cette possibilité me révolte et je joins ma voix à celle de tous les groupes de citoyens contre la hausse.Parole de profs, parole de parents et parole de contribuables: une seule et même voix pour la dénoncer haut et fort! L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Marie-Andree Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idees), Marco Belair-Cinno (general), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quehec)Y^\\&ci D&gh.s&(societe), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), Dsa-Marie Gervais (education), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy et Amelie Daoust-Boisvertf'srîw^eJ , information politique Michel Dav\\A(chroniqueur), Helene Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Quebec), Guillaume Bourgault-Côte et Kathleen Levesque (reporters) , information culturelle Michel Belair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Fredenque Doyon et Isabelle Pare (reporters), Odile Tremblay (cinema), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) , informationéconomique Gerard Berube (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins, Eric Desrosiers et Alexandre Shields {reporters), Gerald Dallaire (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy 'TaûXeier (reporters) ,A&axi-V\\eTr& Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives) , Diane Precourt (responsable des pages thématiques), Emilie Eohe-Boivm {pupitre) , Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) , Michel Garneau (caricaturiste) , Andreanne Bedard, Michele Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) , Benoît Munger, Philippe Papineau et Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Erappier et Genevieve Tremblay (commis internet) , Amelie Gaudreau (secretaire a la redaction), Karl Rettino-ParazeUi et Sophy Lambert-Racme (commis a la redaction) DOCUMENTATION GiUes Pare (directeur), Manon Derome (Montreal), Monique Bherer (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTE , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-Erançois Bosse, Marlene Côte, Stephanie Deziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amehe Maltais, Maria M Motta, Claire Paquet, Chantal RauiviUe, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Berube (secretaire) PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Obvier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Eihon, Yannick Monn, Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web)(RaxiseX Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxun-Ohvier Leclerc (responsable par interim service a la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Eihon, Marie-Lune Houde-Bnsebois , Jean-Robert Divers (responsable promotion) ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Büyakova (reponsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Celme Euroy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Page, Monique Proteau A 10 LE DEVOIR LE MERCREDI 21 MARS 2012 ACTUALITES ETAT SUITE DE LA PAGE 1 de vente, de la taxe sur les carburants, de la cotisation santé et des droits de scolarité.Compte tenu de cet «effort»y le budget table sur des revenus de 69,4 milliards en 2012-2013, une progression de 5,9 %, ce qui comprend 733 millions en provenance du gouvernement fédéral pour rharmonisation des taxes de vente.Les dépenses budgétaires de rÉtat s\u2019élèvent à 70,9 milliards, ce qui laisse un déficit de 1,5 milliard, soit 500 millions de moins que prévu l\u2019an dernier.Une réserve pour éventualité de 300 millions est constituée comme l\u2019an dernier.Le déficit pour 2011-2012 est lui aussi moindre de 500 millions par rapport aux prévisions et s\u2019établit à 3,3 milliards.Le gouvernement versera cette année 911 millions au Fonds des générations, tandis que la dette brute du Québec atteint 183,8 milliards et augmentera de 755 millions d\u2019ici la fin de l\u2019année pour atteindre 55 % du PIB québécois.Croissance des dépenses La présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, a fixé à 2 % la croissance des dépenses budgétaires du gouvernement en excluant le service de la dette.Si on tient compte de cette inévitable charge, la croissance sera de 3 %, le service de la dette bondissant de 10,5 % pour se fixer à 8,24 milliards.En santé, la croissance des dépenses sera de 4,7 %.En éducation, elle s\u2019élèvera à 2 %, mais cela comprend une compression de 100 millions imposée aux commissions scolaires.A leur congrès en octobre dernier, les libéraux avaient rejeté cette mesure proposée par la ministre de l\u2019Éducation, du Loisir et du Sport, line Beauchamp.Le gouvernement fait fi de la volonté des militants.Le ministère de la Famille et des Aînés aura droit à une augmentation de son budget de 1,6 % alors que 3000 des 15 000 places promises en garderie seront autorisées en 2012-2013.Le budget de l\u2019ensemble des autres ministères sera réduit de 0,9 %, ou 123 millions, avec des coupes importantes aux Finances, aux Ressources naturelles, à la Sécurité publique, à la Culture et aux Communications, ainsi qu\u2019aux Transports.Le «cœur» de ce budget, selon Raymond Bachand, c\u2019est tout ce qui touche aux ressources naturelles.En 2003, le gouvernement Charest avait ordonné à Hydro-Québec de mettre un terme à ses activités d\u2019exploration pétrolière et gazière alors qu\u2019un an auparavant, le gouvernement péquiste avait accordé 300 millions à la société d\u2019État pour investir dans cette filière prometteuse.Le gouvernement libéral avait aussi réduit le rôle de l\u2019État dans le capital de risque.Hier, Raymond Bachand a annoncé une volte-face.Ainsi, le gouvernement Charest crée Ressources Québec, une nouvelle filiale d\u2019investissement Québec regroupant deux sociétés d\u2019État moribondes, SOQUEM et SOQUIP, qui prendra des participations dans des projets miniers et pétrolifères.En outre, Québec formera une société de capital de risque.Capital mines hydrocarbures.Le capital disponible passera à 1,2 milliard.Ces sociétés étatiques pourront également investir dans l\u2019exploration comme avait commencé à le faire Hydro-Québec en 2002.Pour l\u2019industrie forestière, Raymond Bachand rend prévisibles les investissements dans les travaux syl-vicoles en y consacrant une enveloppe annuelle de 200 millions.En outre, un nouveau fonds de 170 millions, le Fonds Valorisation bois, dont 95 millions du capital proviendront de l\u2019État et le reste du Fonds de solidarité des travailleurs du Québec (FTQ), prendra des participations dans des entreprises du secteur forestier.Le Plan Nord occupe une bonne place dans le dernier budget.Raymond Bachand a annoncé que la Caisse de dépôt et placement du Québec s\u2019est alliée au CN pour un projet de chemin de fer de 800 km reliant Sept-Iles et les projets miniers de la fosse du Labrador.De son côté, Hydro-Québec entame des études pour relier le Nunavik au réseau de transport de son complexe La Grande, là encore pour favoriser l\u2019exploitation minière.Enfin, le gouvernement Charest accordera une subvention à Gaz Métro pour une étude visant la construction d\u2019un gazoduc pour desservir la Côte-Nord.La partie congrue du budget porte sur la «solidarité».Comme pièce de résistance figure la politique UDGET IN UN lÛUPDWL JACQUES NADEAU LE DEVOIR Selon le député de Québec solidaire, Amir Khadir, le budget Bachand fragilise les services publics.Vieillir chez soi.Le gouvernement Charest annonce un plan d\u2019action de 2,7 milliards, dont 900 millions «à partir de 2016-2017».Pour l\u2019heure, ce programme, qui porte sur des crédits d\u2019impôt plus généreux, reste modeste et représentera un débours de 28 millions cette année et de 66 millions dans deux ans.Enfin, Raymond Bachand va de l\u2019avant avec une mesure qu\u2019il avait annoncée l\u2019an dernier, les Régimes volontaires d\u2019épargne-retraite (RVER), qu\u2019il mettra en place à compter du l'^'janvier 2013.Ces RVER sont des régimes de retraite collectifs que les entreprises de six employés et plus, si elles n\u2019ont pas déjà un régime de retraite pour leurs employés, devront obligatoirement leur offrir.Un budget « irresponsable » L\u2019opposition a qualifié le budget d'«irresponsable» et à'«électoraliste».Le porte-parole du Parti québécois en matière de Conseil du trésor, Sylvain Simard, a accusé le gouvernement de ne pas avoir de plan de développement pour le Québec.«Le gouvernement a parsemé son budget de plusieurs mesures à tendance électoraliste, je ne vous ferai pas de dessin là-dessus.On essaie de créer la satisfaction de certaines attentes à gauche et à droite.» Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a pour sa part critiqué «Vexplosion du service de la dette».Il croit aussi que Québec fait erreur en mettant tous ses œufs dans le même panier sur le plan de l\u2019économie.«Les seuls investissements importants viennent du Plan Nord.Or, ce n'est pas vrai qu\u2019on va être capables de redresser la situation seulement avec un Plan Nord, a-t-il dit.Ça nous prend aussi un Plan Sud, un Plan Est, un Plan Ouest.» Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, estime que le budget Bachand fragilise les services publics.Pourtant, «quand il s\u2019agit d\u2019investir des milliards de dollars dans les infrastructures, quand il s\u2019agit d\u2019allonger les chèques pour les surfacturations des milieux d\u2019affaires proches du parti au pouvoir, on n\u2019est jamais à court d\u2019argent», a-t-il déclaré.Le Devoir Avec La Presse canadienne E N BREF Immigration: 27 millions pour l\u2019aide à l\u2019emploi Le thème budgétaire «Pour une économie forte» est appliqué aux nouveaux arrivants qui peinent à s\u2019intégrer au marché du travail.Avec le constat que le taux de chômage approche les 20 % chez les nouveaux arrivants (ici depuis moins de cinq ans), le gouvernement a décidé de réserver 27 millions au cours des trois prochaines années pour la mise en place de mesures d\u2019aide à l\u2019emploi.Les mesures seront inspirées de l\u2019expérience menée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.Ces projets sont financés à même le transfert du gouvernement fédéral dans le cadre de l\u2019Accord Canada-Québec pour l\u2019inté- gration des immigrants et des réfugiés.Cette année, l\u2019indexation de la compensation atteint 25 millions.- Le Devoir Un milliard généré parla «taxe santé» De 615 millions en 2011-2012, la «taxe santé» contribuera à hauteur d\u2019un peu plus de 1 milliard de dollars au financement du plus gros poste budgétaire du Québec dès 2012-2013.Ce Fonds de financement des établissements de santé et de services sociaux (FINESSS) financera entre autres de nouvelles initiatives, dont l\u2019inspection des CHSLD et des résidences privées pour aînés et les services de dialyse.Reste un manque à gagner de 430 millions pour la santé à partir de 2013-2014.Le budget du mi- nistre Bachand utilise un montant équivalent provenant de la compensation fédérale pour l\u2019harmonisation des taxes de vente pour équilibrer son budget 2013-2014.Comment comblera-t-il cet «écart à résorber», comme il le nomme, les années suivantes?La question reste en suspens.- Le Devoir Pauvreté: rien pour les personnes seules Malgré l\u2019ajout de 3000 logements sociaux, le budget a laissé les groupes de lutte contre la pauvreté sur leur faim.Le FRAPRU (Front d\u2019action populaire en réaménagement urbain) déplore notamment qu\u2019une partie des fonds (5 millions) soit consacrée au financement de logements privés.Son porte-parole, François Saillant, souligne en outre que malgré les investissements en logement, les effets des hausses de tarifs vont commencer à se faire sentir au cours des mois à venir.«La taxe santé qui est présentement de 100 $ par année sera portée à 200 $, peu importe le revenu des personnes, a-t-il fait valoir.Non, la classe moyenne et les ménages à faible revenu n\u2019ont pas fini de payer.» Du côté du Collectif pour un Québec sans pauvreté, on déplore que la catégorie des personnes seules en situation difficile n\u2019ait pas été prise en compte.«Les plus pauvres au Québec, ce sont les personnes seules, fait-on valoir.Plus d\u2019une personne sur quatre ne couvre pas ses besoins de base au Québec.» Én effet, la part des personnes seules se trouvant en difficulté oscille autour de 25 % au Québec, alors que la proportion des familles à faible revenu est plutôt de 5,9 %.- Le Devoir VERTU SUITE DE LA PAGE 1 festement pris bonne note des critiques qui lui ont été adressées, notamment par Jacques Parizeau, qui dénonçait l\u2019absence de participation gouvernementale dans les projets annoncés.Le ministre ne s\u2019en est d\u2019ailleurs pas caché: la question des ressources naturelles est «le cœur de ce budget».A défaut d\u2019augmenter les redevances, on a décidé de ressusciter ces sociétés mal aimées qu\u2019étaient SOQUIP et SOQUEM pour tenter de convaincre les contribuables qu\u2019après avoir assumé leur «juste part» du déficit, ils auront maintenant droit à une part du gâteau.Le ministre a fait un louable effort pour trouver des raisons d\u2019ordre économique à cette conversion bien tardive aux vertus de l\u2019intervention étatique après des années de glorification du capital privé.Èn réalité, c\u2019est simplement qu\u2019en année électorale, la nécessité prend le pas sur l\u2019idéologie.L\u2019illumination étant contagieuse, on a également découvert la vétusté du régime québécois en matière d\u2019hydrocarbures, qui remonte à près d\u2019un demi-siècle.Les permis de recherche de gaz et de pétrole seront désormais mis aux enchères, comme cela se fait ailleurs au Canada et dans la plupart des États américains.Maintenant que tout a été vendu ou presque.?Convaincu que l\u2019opinion publique a déjà tranché le débat sur les droits de scolarité, M.Bachand a écarté catégoriquement toute possibilité de nommer un médiateur pour trouver un terrain d\u2019entente avec les associations étudiantes.De toute manière, les étudiants ne votent pas libéral.En revanche, après les reportages désastreux sur la situation dans certains CHSLD, le budget annonce un regain de sollicitude envers les personnes âgées, qui constituent une clientèle naturelle pour le PLQ.Ces bonnes intentions seraient cependant plus crédibles si les sommes consacrées à la politique Vieillir chez soi annoncée l\u2019an dernier avaient été réellement dépensées.n y a inévitablement une part de marketing et de poudre aux yeux dans un budget, mais l\u2019opposition péquiste n\u2019a pas tort de dire qu\u2019une augmentation de 93 $ du crédit d\u2019impôt remboursable pour les aidants naturels qui prennent soin d\u2019un conjoint en perte d\u2019autonomie est presque insultante.Il est un peu frustrant pour les partis d\u2019opposition d\u2019avoir à critiquer un budget qui n\u2019annonce pas de mauvaises nouvelles.Évoquant «l\u2019éléphant dans la pièce» que constitue l\u2019explosion du service de la dette, Érançois Legault a accusé le gouvernement de «jouer le présent contre l\u2019avenir».Le problème est que le contribuable moyen vit aussi dans le court terme.Dans la valse des milliards de dette, il y a longtemps qu\u2019il a perdu le compte.Il a également appris qu\u2019entre les mains des politiciens, les méthodes comptables peuvent donner des résultats prodigieusement variables.?Sur le plan politique, il faut reconnaître que M.Bachand a très bien agencé la séquence de ses trois budgets.Il est possible que celui d\u2019hier soit son dernier, mais ses successeurs, peu importe le parti dont ils seront issus, lui seront discrètement reconnaissants de la «révolution culturelle» qu\u2019il a instaurée en généralisant l\u2019indexation des tartts.Amir Khadir a déploré que le déficit zéro ait été érigé en dogme.II est vrai qu\u2019il n\u2019y a objectivement aucune urgence à atteindre l\u2019équilibre budgétaire dès l\u2019an prochain, alors que tant de besoins sont criants.Quand il a débarqué au Québec au printemps 1998, Jean Charest ne comprenait pas davantage l\u2019obsession de Lucien Bouchard.Cela n\u2019en est pas moins devenu le symbole par excellence d\u2019une saine gestion financière aux yeux de la population.De là à penser que le budget d\u2019hier pourrait servir de tremplin au gouvernement, c\u2019est une autre histoire.A une époque d\u2019austérité quasi perpétuelle, on ne peut plus espérer marquer de points avec un budget.Ne pas en perdre peut déjà être considéré comme un exploit.L\u2019insatisfaction à l\u2019endroit du gouvernement Charest est cependant telle que cela ne suffit pas.mdavid@ledevoir.corn MUSIQUE SUITE DE LA PAGE 1 Dans la musique occidentale, le mode majeur est associé aux émotions positives, comme l\u2019enthousiasme et la joie, tandis que le mode mineur est employé pour exprimer des émotions négatives, soient sombres et tristes.«Il n\u2019est toutefois pas clair si ces associations sont intrinsèques à la perception tonale, ou si elles résultent d\u2019une exposition à la musique occidentale», soulignent d\u2019entrée de jeu Daniel Liu Bowling et les coauteurs d\u2019un article publié ces derniers jours dans la revue PLoS ONE.Pour résoudre cette énigme, ces scientifiques de la Duke-National University of Singapore et de la Duke University à Durham en Caroline du Nord, ont cherché à savoir comment on utilisait «les notes et les relations entre elles» pour exprimer les émotions dans les différentes musiques du monde.«Nous espérions trouver un commun dénominateur entre les différentes cultures dans la façon d\u2019utiliser la tonalité pour exprimer les émotions», expliquent les chercheurs.Pour ce faire, ils ont choisi de comparer des pièces de musique occidentale à des pièces de musique carnatique, la musique traditionnelle de l\u2019Inde du Sud, dans laquelle les modes majeur et LE DEVOIR www.ledevoir.corn Les bureaux du Devoir sont situes au 2050, rue De Bleury, 9® etage, Montreal (Quebec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 a 17h Renseignements et administration 514-985-3333 mineur n\u2019existent pas.La musique carnatique est plutôt construite selon un ensemble de règles, appelées «râgas».Les râgas sont comparables aux modes majeur et mineur de la musique occidentale, en ce qu\u2019ils spécifient les notes et les intervalles entre les notes pouvant être utilisés librement et ceux devant l\u2019être avec parcimonie.Pour établir leur comparaison, les chercheurs ont sélectionné des pièces musicales qui étaient construites selon deux types de râgas, dont l\u2019un était associé au sentiment (ou rasa) de joie et de bonheur, et l\u2019autre à la rasa de tristesse et de chagrin.La structure tonale de chaque pièce musicale a été déterminée en mesurant la taille des écarts (ou intervalles) entre les notes successives de la mélodie (intervalle mélodique), ainsi qu\u2019entre chaque note jouée et la note tonique (le premier degré d\u2019une tonalité) avec une précision d\u2019un centième de demi-ton.La musique imite la voix Les chercheurs ont alors découvert qu\u2019autant dans la musique occidentale que dans la musique indienne, les mélodies qui comprenaient un grand nombre d\u2019intervalles supérieurs à une seconde majeure, soit à un ton dans la musique tonale (qui correspond à l\u2019intervalle entre do et ré, par exemple) entre les notes conjointes, communiquaient des émotions gaies.Inversement, les mélodies exprimant des émotions sombres compor- Comment nous joindre ?La rédaction Au telephone Par telecopieur Par courriel Bureau de Quebec 514-985-3333 514-985-3360 redaction @ledevoir com 418-643-1541 La publicité Au telephone\t514-985-3399 Par telecopieur\t514-985-3390 Extérieur de Montreal (sans frais) 1 800 363-0305 taient davantage d\u2019intervalles inférieurs au ton.Lorsqu\u2019ils ont comparé des monologues en tamouls et en anglais \u2014 contenant des paragraphes joyeux et d\u2019autres tristes \u2014 lus par des hommes dont la langue maternelle était le tamoul ou l\u2019anglais américain, ils ont trouvé dans la prosodie (la mélodie de la voix qui est définie par la hauteur et le rythme de la voix) des locuteurs cette même concentration d\u2019intervalles inférieurs au ton lorsque les locuteurs évoquaient des situations tristes, et inversement, une majorité d\u2019intervalles supérieurs au ton quand ils abordaient des émotions heureuses.Selon les chercheurs américains et singapou-riens, les similarités entre la parole et la musique dans l\u2019expression des émotions ne sont pas qu\u2019une coïncidence, car pareilles similitudes ont aussi été observées «en ce qui concerne le tempo, l\u2019intensité, le timbre et la fréquence fondamentale [la hauteur d\u2019un son] dans une grande variété de langues et de traditions musicales différentes».Et «vraisemblablement, c\u2019est la musique qui imite la voix» et non l\u2019inverse, affirment les chercheurs tout en soulignant le fait que les émotions ont un effet physiologique sur la voix.Un état d\u2019excitation provoquera une tension musculaire qui contribuera à élever la hauteur de la voix, donnent-ils en exemple.Somme toute, «ces résultats suggèrent qu\u2019en dépit de l\u2019utilisation de modes différents dans les mu- siques occidentale et carnatique, on fait appel à des patrons d\u2019intervalles qui sont sensiblement les mêmes pour exprimer les émotions positives et négatives dans les différentes cultures.L\u2019étude montre aussi que ces mêmes patrons sont également présents dans la prosodie de la voix, et que la musique s\u2019en inspire.Un plus grand nombre de sauts supérieurs à un ton dans une mélodie apparaît donc comme une caractéristique fondamentale associée à l\u2019expression d\u2019une émotion positive, et ce, autant dans la musique que dans la voix parlée», résume Stephen McAdams, professeur de psychoacoustique au Département des technologies de la musique de l\u2019École de musique Schulich de l\u2019Université McGill, tout en précisant que «personne n\u2019avait encore mis en évidence une telle particularité à la fois dans les musiques de l\u2019Occident et de l\u2019Orient, ainsi que dans la parole».Selon M.McAdams, cette découverte ne nie pas pour autant que chaque culture possède ses codes musicaux particuliers pour exprimer les émotions.De plus, le chercheur ne croit pas que l\u2019on puisse «généraliser cette caractéristique à toutes les langues, notamment aux langues à tons, comme le mandarin, le thaï, le vietnamien et plusieurs langues africaines, ainsi qu\u2019à toutes les musiques du monde».Du moins, il croit nécessaire de faire des vérifications.Le Devoir Les avis publics et appels d\u2019offres Au telephone\t514-985-3344 Par telecopieur\t514-985-3340 Par courriel\tavisdev@ledevoir corn Les petites annonces et la publicité par 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Media 612 rue Saint Jacques Montreal qui a retenu pour la region de Quebec les services de de Corporation Sun Media 612 rue Saint Jacques Montreal \u2014Enregistrement n 0858 Depot legal Bibliothèque et Archives nationales du Quebec 2007 "]
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