Le devoir, 27 mars 2012, Cahier A
[" Le numéro un de SNC-Lavalin démissionne Page B 1 Entretien avec Lothaire Bluteau, en tournage à Montréal Page B 10 www.ledevoir.com4- LE DEVOIR Vol.ClII N°67\t4 LE MARDI 27 MARS 2012 1,09$+ TAXES = 1,25$ Compteurs intelligents Hydro-Québec pouvait éviter l\u2019option tarifaire LOUIS-GILLES FRANCŒUR Il existe un compteur intelligent dont on peut désactiver à distance et gratuitement l\u2019émetteur de radio-fréquences.Mais Hydro-Québec l\u2019a rejeté dans son appel d\u2019offres de l\u2019an dernier.Varitron, une société québécoise qui a inventé les premiers compteurs capables de faire rapport à distance au moyen d\u2019une ligne téléphonique, il y a 25 ans, produit ce modem-émetteur à son usine de Saint-Hubert.Son directeur général, Martial Vincent, a expliqué hier au Devoir que son modem-émetteur, greffé sur un compteur intelligent, peut permettre à Hydro-Québec de ramener à quelques secondes par jour, ou par semaine, les émissions de radiofréquences que craignent plusieurs personnes.Au moment de l\u2019appel d\u2019offres d\u2019Hydro-Qué-bec, Varitron a proposé un compteur General Electric doté de son émetteur, similaire à ceux qui équipent déjà les compteurs intelligents Lan- dis-i-Gyr retenus par Hydro One, la société d\u2019État ontarienne.Au Québec, Hydro a choisi le même compteur qu\u2019en Ontario, mais avec l\u2019émetteur de Landis-i-Gyr, qui ne peut être désactivé à distance.Varitron est l\u2019une des cinq sociétés dont les VOIR PAGE A 10: HYDRO-QUÉBEC Appels frauduleux Le DGE invité à témoigner le jour du budget fédéral Les résultats électoraux contestés dans sept circonscriptions HELENE BUZZETTI Ottawa \u2014 Alors qu\u2019un groupe citoyen s\u2019apprête à contester en cour le résultat électoral dans sept circonscriptions, le Parlement fédéral sera saisi de l\u2019affaire Pierre Poutine et ses appels frauduleux.Mais pour une journée seulement, et encore: ce sera ce jeudi, alors que tous les regards seront tournés vers le ministre des Finances, qui déposera son budget d\u2019austérité.Le comité parlementaire de la Procédure et des affaires de la Chambre a invité le directeur général des élections, Marc jVIayrand, à faire rapport sur l\u2019enquête en cours à Élections Canada Cette enquête porte sur les appels frauduleux passés pendant la dernière campagne électorale avertissant à tort les électeurs que leur bureau de scrutin avait été déplacé.Les appels robotisés, commandés par un myst^ rieux «Pierre Poutine», prétendaient provenir d\u2019É-lections Canada Mais voilà: le gouvernement a invité M.Mayrand à comparaître jeudi, jour de présentation du budget fédéral 2012-2013.La quasi-totalité des journalistes affectés à la couverture parlementaire fédérale seront alors enfermés de 9 à 16 heures pour lire et digérer le budget Les médias consacreront probablement la majorité de leur espace rédactionnel à ce sujet Selon nos informations, les députés de l\u2019opposition siégeant au comité n\u2019ont pas eu leur mot à dire sur le chok de la date.C\u2019est le président conservateur, Joe Preston, qui a décidé de la date de comparution de M.Mayrand.M.Preston n\u2019a pas rappelé LeDevoirHer.«On aurait pu attendre la semaine suivante quand il y aurait eu plus de couverture», se désole le député libéral Marc Garneau, qui siège dans le comité.Sans vouloir imputer des motifs au président Près-ton, M.Garneau parle d\u2019une étrange «coïncidence».Ées conservateurs détenant une majorité de sièges dans le comité, il sera impossible de faire changer la date.«Nous sommes ouverts à entendre les partis sils proposent une date et on verra ce que le co- VOIR PAGE A 10: DGE i PROTECT WASHINGTON JONATHAN ERNST REUTERS La réforme de la santé devant la Cour suprême À lire en page A 6 INDEX Annonces.B 4 Avis publics.A 7 Culture.B 10 Décès.B 4 Économie B 1 Idées.A 9 Météo.B 8 Monde .A 6 Mots croisés.B 8 Sudoku.B 5 Editorial.A 8 Télévision.B 9 Ottawa: le nouveau chef de l\u2019opposition emménage iS y HüusE OF Commons UHaMKKL üLi tüMMLNLS CANADA CHRIS WATTIE REUTERS En compagnie de sa femme, Catherine Pinhas, le nouveau chef du NPD a pris possession de son bureau sur la colline parlementaire hier, tout comme il emménagera à Stornoway, la résidence de fonction du chef de Topposition officielle à Ottawa.Thomas Mulcair, qui succède à Jack Layton, a vécu hier sa première période de questions en tant que leader du parti à la Chambre des communes, où il a eu droit à une ovation de la part de son caucus.Page A 3, Lire aussi la chronique de Michel David et réditorial de Bernard Descôteaux.Pages A 3 et A 8, Redevances minières Le budget Bachand n\u2019a pas convaincu les observateurs Le Plan Nord continue de susciter un sentiment de précipitation, selon l\u2019économiste Jacques Fortin ALEXANDRE SHIELDS Le ministre des Finances du Québec a beau prétendre que son dernier budget met tout en place pour que les Québécois tirent «le maximum» de leurs ressources naturelles, il a refusé de revoir un régime de redevances pourtant très critiqué.Les économistes consultés par Le Devoir ont d\u2019ailleurs déploré ce refus, en plus de formuler de sérieuses réserves par rapport aux prises de participations proposées par le gouvernement.Et le sentiment que le Plan Nord se déploie dans la précipitation demeure.Dans le budget provincial 2012-2013 présenté la semaine dernière, le ministre Raymond Bachand a consacré neuf pages, avec textes et graphiques, afin de défendre son régime de redevances.Celui-ci stipule que le^ minières doivent verser à l\u2019État 16 % des profits tirés de l\u2019exploitation d\u2019une mine.Selon le grand argentier du Québec, ce régime tient compte des JACQUES NADEAU LE DEVOIR Selon le dernier budget du ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, les compagnies devront verser 16 % des profits de leurs mines au gouvernement.coûts engagés par les entreprises, mais aussi de leur «capacité de payer».Les libéraux évaluent que le régime actuel devrait générer quatre milliards de dollars de redevances d\u2019ici 10 ans, soit une moyenne de 400 millions par année.VOIR PAGE A 10: BUDGET Légalisation des MAISONS CLOSES La Cour d\u2019appel de l\u2019Ontario relance le débat sur la prostitution BRIAN MYLES En légalisant les maisons de débauche au nom de la sécurité des travailleuses du sexe, la Cour d\u2019appel de l\u2019Ontario a relancé hier de plus belle le débat social sur la prostitution, un enjeu de profondes divisions au sein du mouvement féministe.En théorie, les prostituées ontariennes pourraient rencontrer leurs clients dans des maisons de débauche parfaitement légales d\u2019ici un an.Dès le mois prochain, elles pourraient epgager du personnel pour assurer leur sécurité.A l\u2019unanimité, les cinq juges de la Cour d\u2019appel ont invalidé les deux dispositions du Code criminel qui interdisent la tenue d\u2019une maison de débauche et le proxénétisme (sauf à des fins d\u2019exploitation).La cause a toutes les chances d\u2019être portée en appel en Cour suprême, ce qui marquerait le plus important rendez-vous de la justice avec le commerce de la chair depuis la légalisation de la danse contact en 1999.Les juges ontariens se sont prononcés à trois contre deux afin de maintenir l\u2019interdit sur la sollicitation sur la voie publique, afin de maintenir un semblant d\u2019ordre et de paix sociale dans les quartiers.Les stigmates qui affectent les prosti- VOIR PAGE A 10: PROSTITUTION 77831302830013 A 2 LE DEVOIR, LE MARDI 27 MARS 2012 ACTUALITES Contestation judiciaire en vue contre le projet de loi sur l\u2019immigration MARIE VASTEL Ottawa \u2014 Les groupes de défense des réfugiés persistent et signent quant au projet de loi C-31 sur le système d\u2019immigration.Ils ont encore espoir que le gouvernement conservateur recule et amende les clauses les plus controversées, mais, s\u2019il refuse, il s\u2019exposera à des poursuites, ont-ils prévenu hier.Réunis en point de presse à Ottawa, des représentants d\u2019une coalition de ces groupes ont cité tour à tour ce qui les inquiète du projet de loi déposé mi-février et maintenant en deuxième lecture au Parlement.Parmi les clauses dénoncées, la désignation d\u2019une liste de pays sûrs par le ministre de llmmigration et son ministère \u2014 plutôt qu\u2019un comité d\u2019experts comme présentement \u2014, et dont les demandeurs du statut de réfugié n\u2019auront pas de droit d\u2019appel; le pouvoir discrétionnaire du ministre de la Sécurité publique de désigner une «arrivée irrégulière», entraînant la détention obligatoire de ces arrivants pendant une période allant jusqu\u2019à 12 mois; des délais trop courts pour présenter des demandes de réfugié; et un retrait automatique de la résidence permanente lorsqu\u2019il y a révocation du statut de réfugié.«Je suis certain \u2014 et nous nous préparons \u2014que dans l\u2019éventualité où le ministre [de l\u2019Immigration Jason Kenney, qui a parrainé C-31] persiste à adopter ce projet de loi, il y aura contestation», a averti Lome Waldman, de l\u2019Association des avocats pour les réfugiés.Dès décembre, date à laquelle le projet de loi entrerait en vigueur en vertu de l\u2019échéancier prévu par M.Kenney, les groupes seront prêts pour s\u2019y opposer devant les tribunaux.Entretemps, ils feront valoir leur opposition en comité parlementaire, si le gouvernement les y invite, et ils croiseront les doigts pour que le ministre recule.«On donne la chance au coureur, on demande évidemment au ministre de revoir ses politiques.Il y a des amendements qui sont possibles, et c\u2019est ce qu\u2019on espère», a indiqué la pro-fesseure de droit Nathalie Des Rosiers, de l\u2019Association canadienne des libertés civiles.Les groupes de défense déplorent qu\u2019Ottawa sévisse contre les réfugiés pour donner priorité à l\u2019immigration économique.«La protection des réfugiés, c\u2019est une obligation internationale [.] On ne peut pas avoir une politique d\u2019immigration qui est seulement bonne pour le Canada et qui est mauvaise pour le monde», a fait valoir Mme Des Rosiers.Le Devoir La Corée du Nord monopolise l\u2019attention Stephen Harper participe au Sommet sur la sécurité nucléaire en Corée du Sud MURRAY BREWSTER Séoul \u2014 Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, est arrivé hier à Séoul, en Corée du Sud, pour participer au Sommet sur la sécurité nucléaire, alors même que les craintes concernant les velléités nucléaires de la Corée du Nord se font de plus en plus vives.Bien que son objectif soit de discuter de la façon de freiner la prolifération de matériel nucléaire et d\u2019armes de destruction massive, le premier ministre canadien doit prendre part à de nombreuses discussions bilatérales avec des leaders de pays européens qui luttent pour contenir la crise de leur dette.Stephen Harper et ses ministres \u2014 dont John Baird, des Affaires étrangères \u2014, ont notamment rencontré le premier ministre italien Mario Monti tout juste après que leur avion eut touché le sol sud-coréen.On s\u2019attend à ce que le Canada essuie des critiques en coulisses lors de ce sommet, en raison d\u2019une entente signée dernièrement par Nordion, le plus important fournisseur d\u2019isotopes médicaux au monde.L\u2019entreprise basée à Ottawa a paraphé un accord de 10 ans avec la Russie pour s\u2019approvisionner en uraniqm fortement enrichi.Or, les Etats-Unis, la Erance, la Belgique et les Pays- YURIKO NAKAO REUTERS Le président sud-coréen, Lee Myung-bak, a accueilli Stephen Harper lors du Sommet international sur la sécurité nucléaire.Bas s\u2019étaient auparavant entendus pour maintenir l\u2019approvisionnement en isotopes médicaux sans avoir recours à ce type d\u2019uranium.Aucun de ces pays n\u2019a ouvertement critiqué le Canada, mais ils ont laissé entendre qu\u2019il y aurait un prix à payer pour cette entente.Par ailleurs, même si la question de la Corée du Nord ne figure pas au programme du sommet, Barack Obama l\u2019a remise à l\u2019avant-scène en mettant au défi les leaders du pays isolé d\u2019avoir «le courage» de travailler à rétablir la paix.La demande du président américain intervient peu après que Séoul eut menacé d\u2019abattre une fusée nord-coréenne trans- IL ! ' ! ¦ i ;;\t1 \\ i''i ' Pur Noisetier.Pur placebo?Brûlures d'estomac, arthrite, caries dentaires, migraines, etc.Les colliers en bois de noisetier possèdent-ils des vertus pouvant soulager la douleur causée par ces maux?LA FACTURE CESOIR19H30 AV\u20acC PIERRE CRAIG i ^ Radio-Canada.ca/lafacture \" t RÉALISATION-COORDINATION : LUC CHARBONNEAU X portant un satellite si jamais l\u2019appareil pénètre dans l\u2019espace aérien de la Corée du Sud.Le ministre Baird a reconnu qu\u2019il s\u2019agissait certes d\u2019une source de distraction, mais qu\u2019elle ne devait pas pour autant monopoliser les discussions entre les participants au sommet.«Nous sommes évidemment très préoccupés par le programme nucléaire de la Corée du Nord, a-t-il déclaré.Nous travaillons avec nos alliés et avec d\u2019autres afin de mettre en oeuvre toutes les mesures diplomatiques nécessaires pour expliquer très clairement au gouvernement nord-coréen que nous désapprouvons.» Le lancement de cette fusée, qui inquiète aqssi le Japon, a été décrit par les Etats-Unis comme un test mené par Pyongyang pour mesurer la technologie nécessaire afin d\u2019assembler des missiles balistiques.La Corée du Nord a déjà affirmé, dans le passé, que ce type de test était inoffensif et que l\u2019objectif poursuivi était simplement de mettre des satellites en orbite.Le régime de feu Kim Jong-il avait procédé au lancement de l\u2019une de ses fusées Taeopodong-2 au printemps 2009 avant de réaliser un test nucléaire sous-marin.Cela avait poussé la Corée du Sud à se joindre à l\u2019Initiative de sécurité contre la prolifération (ISP), un mécanisme international créé en mai 2003 pour freiner la prolifération des armes de destruction massive.À l\u2019occasion de ce sommet, les gouvernements (lu Canada, du Mexique et des Etats-Unis ont déjà annoncé la conclusion d\u2019un projet commun sur la sécurité nucléaire.L\u2019objectif est de convertir le réacteur de recherche du Mexique afin qu\u2019il fonctionne au combustible à base d\u2019uranium faiblement enrichi, plutôt qu\u2019au combustible à base d\u2019uranium hautement enrichi.Dans un communiqué, M.Harper souligne que le succès remporté par ce projet témoigne des mesures concrètes que les pays peuvent prendre ensemble le cadre du Sommet sur la sécurité nucléaire.La Presse canadienne Budget fédéral Le Parti vert veut faire payer le déficit aux riches HELENE BUZZETTI Ottawa \u2014 À deux jours du dépôt du budget fédéral, le Parti vert propose sa propre vision de la gestion des fonds publics.La chef Elizabeth May suggère elle aussi de réduire le déficit, mais en augmentant les recettes fiscales provenant des plus riches et en abolissant certaines dépenses, notamment les déplacements des fonctionnaires.La pièce maîtresse de l\u2019approche budgétaire verte consiste à rehausser le taux d\u2019imposition dçs entreprises de 15 % à 19 %.À elle seule, cette mesure rapporterait 4,5 milliards de dollars par année.Le Parti vert propose aussi d\u2019éliminer divers paradis fiscaux et échappatoires fiscales non précisés (1,2 milliard) et suggère d\u2019instaurer un droit de succession sur les héritages valant plus de 5 millions de dollars, afin d\u2019aller chercher 1,5 milliard de dollars supplémentaires.Au total, les revenus d\u2019Ottawa augmenteraient donc de 7,2 milliards de dollars par année.À cette somme s\u2019ajoutent 6,6 milliards que le Parti vert récupérerait en abolissant certaines dépenses lui paraissant non nécessaires.«Il reste beaucoup de gaspillage dans le gouvernement du Canada», croit Mme May.En premier lieu, elle voudrait abolir le contrat d\u2019acquisition d\u2019avions militaires E35 au coût de 9 milliards de dollars et lancer un appel d\u2019offres.Le PV estime pouvoir économiser 4 milliards de dollars.Le calcul est toutefois fictif, car le gouvernement n\u2019a pas encore inscrit cette dépense de 9 milliards dans son budget.Le parti d\u2019Elizabeth May pense aussi économiser un demi-milliard de dollars en forçant les fonctionnaires à se parler par vidéoconférences plutôt que de voyager.Une autre importante économie viendrait de l\u2019élimination de subventions versées au secteur nucléaire, à l\u2019amiante et aux biotechnologies, sans compter celles aux combustibles fossiles, subventions que le gouvernement élimine déjà progressivement.Il éliminerait même les subventions accordées pour les projets de captage de CO., qui visent pourtant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, afin de l\u2019investir dans les énergies propres.Nouvelles dépenses Avec cette marge de manœuvre totale recouvrée de 13,8 milliards (ou 9,8 milliards en écartant la part des avions militaires), le PV voudrait engager de nouvelles dépense^: relancer le programme écoEner-gie pour rénovation d\u2019édifices, investir dans le transport en commun, financer l\u2019éducation et le logement des autochtones, établir un programme de logements abordables, à raison d\u2019un milliard de dollars pour chaque poste.En outre, la hausse des cotisations à l\u2019assurance-emploi imposée aux employeurs serait annulée.Au total, le Parti vert prévoit des dépenses supplémentaires de 6,4 milliards, avec un bilan positif de 7,4 milliards qui serviraient à rembourser encore plus la dette.Le Devoir E N BREF Les Albertains sont appelés aux urnes Edmonton \u2014 La première ministre de l\u2019Alberta, Alison Red-ford, convoque les électeurs de la province aux urnes le 23 avril.Mme Redford, devenue première ministre lorsqu\u2019elle a été élue à la tête du Parti progressiste-conservateur albertain en octobre 2011, sera à la recherche d\u2019un premier mandat populaire, tandis que sa formation tentera de former un 12e gouvernement majoritaire consécutif depuis 1971.La lutte s\u2019annonce toutefois ardue.Et le principal rival des conservateurs est à droite, au parti Wildrose de la chef Danielle Smith.Cette formation gagne en popularité de- puis quelques années, notamment en s\u2019appropriant des thèmes aussi traditionnellement conservateurs que les budgets équilibrés et les droits des propriétaires terriens.Le parti Wildrose accuse les conservateurs de dépenser sans compter et d\u2019avoir accumulé des déficits budgétaires de plusieurs milliards de dollars, même si le baril de pétrole vaut environ 100 $ US.Mme Redford a prévenu qu\u2019un gouvernement Wildrose serait catastrophique pour les écoles et les hôpitaux.Les conservateurs détiennent 67 des 83 sièges, contre 8 pour les libéraux, 4 pour le Wildrose, 2 pour le NPD et 1 pour le parti Alberta; on comptait aussi 1 député indépendant.- La Presse canadienne LE DEVOIR, LE MARDI 27 MARS 2012 A 3 ACTUALITES Un vieil ennemi Michel David ix ans après le référendum de 1995, Thomas Mulcair n\u2019avait pas décoléré.Malgré la conclusion contraire de l\u2019enquête menée par le juge Alan B.Gold, il croyait toujours dur comme fer que le rejet de 5426 bulletins dans sa circonscription de Chomedey était le fruit d\u2019un complot ourdi par le camp du oui.Plusieurs souverainistes devaient prier pour que les militants du NPD commettent l\u2019erreur d\u2019élire Brian Topp.T .\u2019homme qu\u2019ils ont choisi est un vieil ennemi, qui se retrouve maintenant dans une position où il pourrait faire très mal à la «cause».L\u2019hostilité grandissante que suscite le gouvernement Harper n\u2019est pas étrangère à la résurrection du PQ et au regain de la ferveur souverainiste.L\u2019effondrement du Bloc québécois a également permis à Pauline Marois de se substituer à Gilles Du-ceppe dans la défense des «valeurs québécoises» menacées par le nouvel Attila conservateur.Depuis plusieurs semaines, sa cible de prédilection n\u2019est plus Jean Charest, encore moins François Le-gault, mais bien Stephen Harper.M.Mulcair ne tardera cependant pas à apparaître comme le protecteur des valeurs progressistes que les Québécois partagent avec un grand nombre de Canadiens et il peut faire valoir un ar^ment que le Bloc québécois ne pouvait pas utibser: il est en mesure de remplacer le gouvernement Harper.Le dernier sondage Léger Marketing-Le Devoir indiquait que le Bloc, malgré une présence très limitée dans les médias et un chef presque inconnu de la population, devançait maintenant le NPD dans les intentions de vote.Cela risque de changer très rapidement quand M.Mulcair va faire étalage de ses capacités.Les péquistes savent mieux que quiconque à quel point le nouveau chef néo4émocrate peut être un adversaire redoutable.À l\u2019époque où il siégeait dans l\u2019opposition à l\u2019Assemblée nationale, certains étaient terrorisés à l\u2019idée de devoir l\u2019affronter.En avril 1999, quand ime iiite de renseignements conbdentiels était survenue au ministère du Revenu, Rita Dioime-Marsolais avait démissioimé avec une rapidité qui en avait surpris plusieurs.La perspective de servir de chair à pâté au pitbull de Chomedey lui avait enlevé toute idée de s\u2019accrocher.Dans le feu du débaL M.Mulcair peut devenir carrément vicieux, comme cette fois où il avait crié au népotisme parce que l\u2019épouse de Bernard Landry, Lorraine Laporte, dont tout le monde reconnaissait les mérites, avait été nommée juge à la Cour du Québec.Quand il a débarqué à Québec au printemps 1998, Jean Charest a expbqué à ses députés, un peu déconcertés par la brutalité de ses propos, qu\u2019ils devaient apprendre à «hârr» leurs adversaires péquistes.Celui qu\u2019il leur donnait sans cesse en exemple était M.Mulcair, qu\u2019il encensait littéralement.Jack Layton ne manquait pas de vigueur, mais il n\u2019avait pas cette hargne qui caractérise son successeur.Quand il avait qualifié l\u2019ancien ministre Yves Duhaime de «vieille guidoune péquiste», qu\u2019il souhaitait voir croupir en prison, le juge André Denis, de la Cour supérieure, avait estimé que ses propos avaient «largement dépassé la confrontation de points de vue, le débat ouvert, voire passionné, et le droit à l\u2019expression dans une société libre et démocratique».M.Mulcair dit s\u2019être adouci depuis qu\u2019il est devenu grand-père, mais on sent que le naturel n\u2019est jamais bien loin.Une majorité de Québécois souhaitaient le voir succéder à Jack Latyon.Alors qu\u2019il avait longtemps été tenu en haute suspicion en raison de son passage à AUiance-Québec, son opposition à la vente du mont Qrford et sa démission du gouvernement Charest lui ont valu une réhabibtation tout à fait remarquable dans l\u2019opinion francophone.La semaine dernière, un sondage effectué par la firme Environics plaçait les conservateurs et le NPD à égabté dans l\u2019ensemble du Canada.La possi-bibté que le Canada soit gouverné pour la première fois par im parti social-démocrate est certainement de nature à rendre la souveraineté moins nécessaire dans l\u2019esprit de plusiems.Dirigé par M.Mulcair, le NPD devrait également perdre beaucoup de son étrangeté aux yeux des Québécois.Le nouveau chef du NPD a assuré hier qu\u2019il avait rétabli de bonnes relations avec Jean Charest depuis leur tumultueux divorce, mais il a la mémoire longue.De toute manière, c\u2019est avec le PQ qu\u2019il risque d\u2019avoir affaire si jamais il devient premier ministre.Au sein du NPD, M.Mulcair s\u2019est fait le promoteur d\u2019une extension des dispositions de la Charte de la langue française aux entreprises sous juridiction fédérale sur le territoire québécois, mais l\u2019arrivée au pouvoir d\u2019un gouvernement péquiste créera dans le reste du pays un climat peu propice aux concessions.L\u2019adoption de la «nouvelle loi 101» promise par Paubne Marois, qui s\u2019étendra au cégep et aux petites entreprises, sans parler du recours à l\u2019abominable clause «nonobstant» pour interdire les écoles passerelles, ne pourra qu\u2019indisposer l\u2019opinion canadienne-anglaise.Si la tenue d\u2019un référendum réapparaît à l\u2019ordre du join-, la Déclaration de Sherbrooke, selon laquelle il suffirait d\u2019une majorité de 50 % des voix plus une pom qu\u2019un gouvernement néodémocrate reconnaisse la souveraineté du Québec, sera certainement contestée.D\u2019aillems, M.Mulcair lui-même pomrait bien découvrir im nouveau complot mdavid@ledevoir.corn CHRIS WATTIE REUTERS Thomas Mulcair a eu droit à une ovation de ses collègues néodémocrates lorsqu\u2019il a pris la parole pour la première fois en tant que chef de l\u2019opposition officielle.Une nouvelle ère débnte L\u2019arrivée de Mulcair pourrait jeter de l\u2019ombre sur le PLC, qui profitait de l\u2019absence d\u2019un chef néodémocrate MARIE VASTEL Ottawa \u2014 La scène était frappante au premier jour des travaux parlementaires depuis le changement de gqrde au Nouveau Parti démocratique (NPD).A sa sortie de la période des questions, Thomas Mulcair était attendu par une trentaine de journabstes, mais c\u2019est plutôt le chef bbéral par intérim.Bob Rae, qui s\u2019est présenté le premier au micro.Rapidemenfi il ne s\u2019est retrouvé que devant une poignée de journalistes, la quasi-totabté étant partis pom retrouver le nouveau leader néodémocrate un peu plus loin.Signe que l\u2019arrivée du politicien québécois à la tête du NPD ne se fera pas sans bouleverser la dynamique politique à Ottawa.Depuis l\u2019automne.Bob Rae profitait d\u2019une visi-bibté inhabituelle pom un chef de troisième parti.Avec Nycole Turmel à la chefferie du NPD, en attendant le choix d\u2019un chef permanent, les néodémocrates peinaient à se démarquer aux Communes.Car M.Rae, plus expérimenté et plus farouche que Mme Turmel, parvenait bien souvent à l\u2019écbpser.Mais voilà qu\u2019à peine arrivé en selle, M.Mulcair a confirmé ce que plusieurs prédisaient: les néodémocrates comptent bien reprendre la place qui lem est due.Signe que les deux leaders \u2014 et leurs partis \u2014 se feront la lutte sur l\u2019échiquier politique, MM.Mulcair et Rae ont entamé la période des questions sm le même sujet hier: le sort des travailleurs d\u2019Aveos (voir autre texte en p.B 1).Lors de sa campagne à la chefferie, M.Mulcair a prôné une modernisation du NPD, en le recentrant pour séduire un plus large électorat.Ce qui reviendrait à créer un deuxième Parti b-béral, avaient dénoncé ses opposants.Et ce qui inquiète les libéraux, qui n\u2019ont pas envie de voir M.Mulcair jouer dans leurs plates-bandes.Aux Communes, le ministre du Patrimoine, James Moore, s\u2019est d\u2019ailleurs moqué de cette situation, et de M.Rae.«Je vois qu\u2019avec l\u2019énergie avec laquelle le chef du Parti libéral a posé sa question, il est assez clair que, compte tenu du résultat de ce week-end, l\u2019emploi qui l\u2019inquiète le plus c\u2019est le sien.» M.Rae, lui, a refusé de se montrer troublé, arguant qu\u2019il faudra simplement que son parti se démarque aux Communes.De toute façon, le libéral estbne qu\u2019ü s\u2019en est mieux sorti que son rival aux questions hier, lui reprochant d\u2019avob laissé les conservatems s\u2019en tirer en n\u2019exigeant pas suffisamment de vraies réponses.Quant au gbs-sement du NPD sm l\u2019échiquier pobtique, M.Rae a rétorqué que, pour le moment, M.Mulcair n\u2019avait pas proposé grand-chose de concret.Poursuivant leur effort de ralliement, les candidats défaits ont tous fait une déclaration en Chambre pour réaffirmer lem appui au nouveau chef et prévenu- que, la course étant terminée, ils étaient unis contre leur seul opposant, Stephen Harper.Dans un communiqué.Brian Topp \u2014 arrivé deuxième derrière M.Mulcair \u2014 a lui aussi bivité les néodémocrates à se rabier.Mais les troupes du NPD devront patienter avant de voir leur leader affronter le premier ministre, car ce dernier ne revient d\u2019Asie que jeudi, jour du budget.M.Mulcair était tout sourire aux rênes de l\u2019opposition officielle aux Communes, mais il a avoué être ému.Sa voix s\u2019est brisée quand il a noté qu\u2019il se retrouvait assis «dans le siège de mon ami Jack».Autre départ Après le secrétaire principal de M.Layton et Mme Turmel, Brad Lavigne, c\u2019était au tour de Drew Anderson, directeiu- des communications du bmeau du chef, d\u2019annoncer hier sa démission.M.Lavigne \u2014 très proche de M.Topp à qui il a offert 1000 $ pour sa campagne à la chefferie \u2014 aurait avisé Mme Turmel de sa décision il y a plusieurs semaines.M.Anderson travaillait aux côtés de MM.Lavigne et Layton depuis plus de six ans.11 aurait choisi de consacrer plus de temps à sa jeune famille et de relever de nouveaux défis.Quant à Raymond Guardia, M.Mulcah a démenti l\u2019avoir prévenu, quand il a choisi le camp Topp plutôt que le sien, qu\u2019il serait désormais persona non grata.Mais le chef a refusé de préciser si le directeur de la dernière campagne du NPD au Québec aurait toujours un rôle au parti.Le Devoir Mulcair sera un défi pour le Bloc Le NPD pourrait nuire au parti souverainiste, dit Daniel Paillé STEPHANIE MARIN Ottawa \u2014 Comme chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair sera un très beau défi pour le Bloc québécois, reconnaît le leader bloquiste, Daniel Paibé.Au moment où le Bloc semblait avob- devancé le NPD dans les bitentions de vote des Québécois, la présence d\u2019un leader néodémocrate en provenance du Québec pourrait faire mal au parti souverabiiste.Mais M.Paibé affirme ne pas être inquiet outre mesure.Car en tant que Québécois, le nouveau chef du NPD devra rapidement montrer sa «patte canadienne» aux membres du parti pour ne pas les inquiéter ou, pire encore, se les abéner, a-t-il déclaré en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.«Généralement, quand les partis fédéralistes ont un chef québécois, il faut qu\u2019ils montrent leur fibre canadienne assez rapidement, a commenté M.Paillé.Il devra être Canadien d\u2019abord.» Et même s\u2019ü sera un chef qui va bien comprendre les enjeux québécois, b ne pomra pas forcément toujours prendre des positions favorables aux Québécois.«Il sera confronté à la réalité canadienne, affirme M.Paülé.Alors que, pour nous, c\u2019est le Québec sans compromis.» 11 cite en exemple l\u2019attribution par le gouvernement des deux contrats qui avaient échappé aux chantiers maritimes Davie de Lévis, au profit de deux autres pro-vmces.Contrairement au caucus bloquiste, les députés du NPD avaient eu des positions contradictoires sur le choix des enfreprises, lavorables à la NouveUe-Ecosse et la Colombie-Britannique où bs ont aussi des électeurs.Intérêts du Québec M.Pablé hésite, mais ne croit pas que M.Mulcair pourrait être un allié pour défendre les intérêts du Québec.«Moi, je le connais, M.Mulcair.M.Mulcair s\u2019allie avec lui-même», avan-ce-t-b.Le sourke qu\u2019il a affiché durant la course à la chefferie était «étonnant» pour ceux qui le connaissent.«Le naturel va revenir», annonce-t-il.En outre, la présence de M.Mulcak aux Commîmes sera un défi tant pour les conservateurs que les libéraux.Car le chef néodémocrate excebe dans les débats et fait valoir ses idées de laçon énergique.«Quand tu as quelqu\u2019un comme lui devant toi, moi, cela me stimule», lance-t-b, combatif.Aurait-il préféré que le parti choisisse un candidat anglophone d\u2019une autre province pour avoir plus de raisons de convaincre les Québécois de voter Bloc?«Le NPD ne s\u2019est pas mêlé du choix du chef du Bloc alors, moi, je ne vais pas me mêler du choix du NPD», a-t-b laissé tomber.Bien qu\u2019il reconnaisse que la partie ne sera pas facile avec M.Mulcair aux commandes du NPD, le chef du Bloc québécois n\u2019a pas l\u2019intention de modifier sa stratégie face à ce nouvel ad-versake.11 souligne que la machine du Bloc est bien huilée, avec ses 75 associations de ck-conscription, laissant entendre que le chef néo démocrate ne dispose pas d\u2019une telle force et qu\u2019b devra la bâtir.La Presse eanadienne Dossier constitutionnel Les Québécois veulent que Québec agisse GUILLAUME B O U R G AU LT-C ÔT É Les pobticiens l\u2019évitent soigneusemenfi mais le dossier constitutionnel n\u2019est pas mort aux yeux des Québécois.Au contrake.Trente ans après le rapatriement de la Constitution, ils sont ainsi une large majorité \u2014 plus de 70 % \u2014 qui souhaitent que le gouvernement du Québec prenne l\u2019initiative de soumettre à Qttawa un projet permettant à la province de signer la Loi constitutionneUe.L\u2019appétit est à peine moins aiguisé dans le Rest of Canada (RQC), où 50 % de la population estime eUe aussi que le Québec devrait entreprendre des discussions pour régler l\u2019épineux dossier.C\u2019est là l\u2019étonnante constatation d\u2019un sondage réalisé par Léger Marketing pour l\u2019Association internationale des études québécoises, qui organisera du 12 au 14 avrb un colloque sur les 30 ans du rapatriement.Pour les organisateurs, dont l\u2019ancien ministre Benoît Pelletier, le résultat est «surprenant».et réjouissant.«C\u2019est clair qu\u2019il y a un intérêt au Québec» pour un débat constitutionnel, indiquait hier en conférence de presse M.PeUetier, professeur de droit à l\u2019Université d\u2019Qttawa et ministre libéral des Af-fakes intergouvemementales entre 2003 et 2008.«Il y a une attente, au Québec et au Canada, pour une initiative [de discussion] qui serait prise par Québec.C\u2019est «Si on n\u2019en donc à l\u2019Assemblée nationale de faire les premiers pas.»\tparle pas, Cela difi ce n\u2019est pas dans un\t,.\t, avenk proche que l\u2019on assiste- aumente ra à un nouveau cycle du type m rarartprp Meech ou Charlottetown, a reconnu par la même occasion tabou du M.PeUetier \u2014 qui rejoint en ce , sens les conclusions d\u2019une ré- sujet.Or, cente conférence tenue à To- j, , , ronto sur la «question du Qué-bec».«Tout leader politique va démystifier devoir mesurer \u2014 et mesure\t^\t\u2019 sans aucun doute \u2014 les consé- le rendre quences désastreuses qu\u2019entraînerait un échec de la reprise des populaire.» pourparlers constitutionnels, a-t-b dit.C\u2019est ce qui optique la tiédeur de certains politiciens par rapport à cette question.» Mené auprès de 2039 Canadiens \u2014 dont un mblier de Québécois \u2014, le sondage révèle qu\u2019un échec de futures négociations favoriserait dkec-tement le mouvement souverainiste: 44 % des répondants québécois estiment que le Québec devrait alors se retker de la fédération (39 % pensent qu\u2019b faudrait rester).Mais M.Pelletier juge que la prudence des politiciens \u2014 et leur apparente réticence à aborder le dossier \u2014 ne rend pas le débat théorique pour autant.«Si on n\u2019en parle pas, on alimente le caractère tabou du sujet.Or, il faut le démystifier, le rendre populaire.» Clivage AiUeurs, le sondage dévoilé hier démontre un consensus relatif sur le fait que le refus du Québec de reconnaître la Loi constitutionnelle (adoptée à Londres le 29 mars 1982 et entrée en vigueur au Canada le 17 avril suivant) a eu des conséquences importantes (47 % des Québécois le pensent, et 42 % des gens du RQC).Mais là où 54 % des Québécois estiment que le fédéral a erré en agissant sans le consentement du Québec, 51 % des Canadiens du RQC pensent précisément le contrake.De même, 69 % des Québécois jugent que le Canada devrait «donner plus de pouvoir au gouvernement et à l\u2019Assemblée nationale du Québec», idée rejetée par les Canadiens hors Québec (79 % d\u2019opposition).Le sondage a été effectué du 5 au 12 mars auprès de 2039 personnes.La marge d\u2019erreur d\u2019un échantillon probabiliste de cette taille serait de 2,2 %.Le Devoir i m- JIM YOUNG REUTERS Une majorité de Québécois souhaitent voir ieur gouvernement iancer un projet de modification constitutionneiie. A 4 LE DEVOIR, LE MARDI 27 MARS 2012 ACTUALITES LEVIS Les défenseurs du patrimoine devant la Commission municipale ISABELLE PORTER Québec \u2014 Des citoyens de Lévis demandent à la Commission municipale du Québec d\u2019intervenir pour «sauver ce qui reste» des bâtiments patrimoniaux dans la vieille partie de leur ville.«On est en train de devenir un centre d'achats géant», faisait valoir hier la porte-parole du Comité de quartier du Vieux-Lévis, Christine Belley Ce comité reproche à l\u2019administration de la mairesse Danielle Roy-Marinelli de donner le feu vert à différents projets de condominiums dans le secteur du Vieux-Lévis.«Cest beaucoup plus payant pour la Ville d\u2019accepter les grandes constructions de fortes volumétries», de plaider Mme Belley qui réside elle-même dans le secteur.L\u2019audition devant la Commission doit avoir lieu aujourd\u2019hui à 15h à l\u2019hôtel de ville.Mme Belley et son groupe comptent alors plaider le fait que le nouveau Plan d\u2019urbanisme de la ville contrevient à son propre schéma d\u2019aménagement en ne respectant pas la «trame urbaine existante».«La Ville, à travers le schéma d\u2019aménagement, a plein de belles paroles et de beaux mots, mais, dans la vraie vie, ils font le contraire», estime-t-elle.Le petit comité n\u2019en est pas à sa première bataille contre la Ville dans le dossier du patrimoine.Ces derniers mois, il a multiplié les interventions pour empêcher la destruction de trois bâtiments centenaires sur la côte du Passage.En février, deux des bâtiments ont évité la démolition, mais la Ville a officialisé en novembre la destruction du troisième.Dans les trois cas, le propriétaire, Denys Garant souhaitait démolir les anciennes structures pour construire des immeubles d\u2019appartements en copropriété.Le Devoir Promenade Samuel-de-Champlain Québec annonce de nouveaux travaux ISABELLE PORTER Québec \u2014 Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a convié les médias ce matin à une conférence de presse concernant le prolongement de la promenade Samuel-de-Champlain vers l\u2019est Le projet, évalué à 95 millions de dollars, doit relier la côte de Sillery à la côte Gilmour.Il nécessite des audiences publiques du BAPE qui devraient débuter au cours des prochaines semaines.Une fois terminée, cette portion de la promenade inclura une plage publique.Selon les dernières estimations connues du gouvernement, elle serait fonctionnelle pour l\u2019été 2015.M.Charest sera loin d\u2019être seul à cette annonce, où l\u2019accompagneront le maire de Québec, Régis Labeaume, le ministre responsable de la région, Sam Hamad, le ministre et député de la circonscription, Yves Bolduc, le président de la Commission de la capitale nationale, Jacques Langlois, et le directeur du Port, Mario Girard.Le projet comprend la construction de nouveaux bassins de rétention à la charge de la Ville de Québec.Il requiert aussi le déplacement de la voie ferrée et de l\u2019autoroute vers la falaise.La première section de la promenade, au coût de 70 millions, avait complètement été financée par le gouvernement du Québec à l\u2019occasion des fêtes du 400e anniversaire de Québec.La seconde section consiste en un sentier reliant la promenade actuelle à Cap-Rouge, dont les travaux doivent être terminés ce printemps.Le Devoir E N BREF Davantage de flexibilité pour les proches aidants Horaire variable, semaine de quatre jours, télétravail.Autant d\u2019aménagements particuliers qui permettent aux aidants naturels de continuer à travailler, mais qui sont trop peu utilisés, constate le Regroupement des aidantes et aidants naturels de Montréal (RAANM) au terme de trois journées de consultations tenues ces derniers mois.L\u2019organisme souhaite sensibiliser davantage les employeurs à cette réalité.«La situation des proches aidants est peu connue des employeurs», dit la chargée de projet LaëtitiaThélème.La moitié des participants qui ont participé à la consultation ont dû prendre un congé sans solde pour s\u2019occuper de leur proche, alors qu\u2019un sur dbc a carrément dû démissionner ou reRiser un contrat.Le tout peut avoir des conséquences financières importantes.«Les personnes s\u2019appauvrissent dans l\u2019immédiat et dans l\u2019avenir» en diminuant par le fait même leur contribution à leur régime de retraite, souligne Mme Thelème.Quant à la ministre responsable des aînés, Marguerite Blais, qui assistait à l\u2019événement organisé hier par le RAANM, elle souhaite faire de la conciliation travail-proche aidant «une grosse pierre» qui viendra s\u2019inscrire dans la politique du Vieillir chez soi, qui sera dévoilée en avril.- Le Devoir Hippodrome de Montréal La Ville devra assumer les risques flnanciers La décontamination et la démolition seront aux frais de la métropole JEANNE CORRIVEAU Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, n\u2019est pas convaincu que la cession de l\u2019Hippodrome de Montréal à la Ville soit aussi avantageuse que le laisse entendre l\u2019administration du maire Gérald Tremblay.Montréal aura de nombreuses dépenses à assumer avant de pouvoir en tirer des bénéfices, a-t-il soutenu.Dévoilée vendredi dernier, l\u2019entente intervenue entre le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal comporte de nombreuses exigences, comme l\u2019ont constaté les élus qui devaient hier donner leur approbation au projet lors d\u2019une séance du conseil municipal.Ainsi, la Ville devra effectuer une étude environnementale du site de 43,5 hectares, assumer les coûts de décontamination des sols, rembourser au gouvernement les frais de démolition des bâtiments de l\u2019ancien Hippodrome (3 millions $) et inscrire une somme de 44 millions $ dans son plan triennal d\u2019immobilisations pour le raccordement du boulevard Cavendish.Einalement, la Ville devra verser au gouvernement la moitié des revenus résultant de la vente de parcelles de terrains à des promoteurs d\u2019ici 2025.«Je comprends que la Ville a tout le fardeau financier et les risques sur les épaules, mais quil n\u2019y a aucun risque pour le gouvernement de Ç^ébec, a commenté M.Bergeron.La Ville de Québec, ou il y a un maire qui se tient debout, est allé chercher hier 35 millions $ pour l\u2019exonération de la TVQ, en plus des 200 millions d^à garantis pour l\u2019amphithéâtre.» La cession de l\u2019Hippodrome à titre «gratuit» privera la Ville de revenus de taxes de 2,5 millions $ par année pour les cinq prochaines années, a-t-il signalé.Le maire de l\u2019arrondissement du Sud-Ouest et membre de Vision Montréal, Benoit Dorais, a plaidé pour une grande vigilance afin que les «erreurs» commises dans le dossier de Griffintown ne se reproduisent pas.Deux fois plus vaste que le site de l\u2019Hippodrome, Griffintown a souffert d\u2019une mauvaise planification et n\u2019a pas Mt l\u2019objet d\u2019une véritable consultation, a souligné M.Dorais: «On essaie de recoller les pots cassés depuis 2009».Mais le président du comité exécutif, Michael A^plebaum, n\u2019en démord pas.L\u2019entente est avantageuse pour la Ville et la formule de partenariat préconisée par les deux parties assurera un meilleur contrôle sur le développement du site.Transformé en vaste quartier résidentiel, l\u2019ancien Hippodrome deviendra un frein à l\u2019étalement urbain, croit l\u2019administration.«On a toutes sortes d\u2019expertises à Montréal pour être capables de faire un projet modèle», a dit M.Applebaum.Malgré leurs critiques, les deux partis d\u2019opposition ont donné leur aval à l\u2019entente.À la majorité, les élus ont aussi approuvé la réorganisation des services pilotée par le directeur général, Guy Hébert, qui prévoit l\u2019abolition de deux postes de directeurs généraux associés, soit ceux de Serge Lamontagne et de Rachel Laperrière.Les fonctions de M.Lamontagne demeureront inchangées, mais Mme Laperrière sera mutée au Service des affrires institutionnelles.Le Devoir La cession de rHippodrome privera la Ville de revenus de taxes de 2,5 millions MARKTHIESSEN NATIONAL GEOGRAPHIC REUTERS James Cameron a plongé seul à bord d\u2019un mini sous-marin de huit mètres de long.Un paysage « lunaire, désert » L\u2019expédition sous-marine unique du cinéaste canadien James Cameron fera l\u2019objet d\u2019un documentaire FABIENNE FAUR Washington \u2014 Le réalisateur canadien de Titanic, James Cameron, est devenu le premier homme à explorer en solitaire pendant plusieurs heures le site le plus profond de la croûte terrestre, à plus de 10 km de fond dans l\u2019océan Pacifique, où il a découvert un paysage «lunaire, désert».«C\u2019est un endroit très lunaire, très désert, très isolé», s\u2019est exclamé James Cameron hier lors d\u2019un entretien téléphonique avec des journalistes, quelques heures après son retour de la fosse des Mariannes.Qualifié par l\u2019association américaine National Geographic, qui pilotait l\u2019expédition Deepsea Challenger, de «première personne au monde à avoir jamais touché le fond, seul, du site le plus profond de la croûte terrestre à un record de 10 898 m», le réalisateur Avatar devait rapporter images et spécimens destinés à «mieux connaître et comprendre cette partie largement inconnue de la planète».Après une remontée plus rapide que prévu, en 70 minutes, le mini sous-marin du réalisateur a refait surface vers 2h GMT hier, à 500 km au sud-ouest de l\u2019île américaine de Guam.«J\u2019ai eu l\u2019impression de passer d\u2019une planète à une autre et de revenir en l\u2019espace d\u2019une journée», a souligné James Cameron à son retour.Le sol de la fosse des Mariannes, par plus de 10 km de fond, est «nu, c\u2019est un monde étrange».«C\u2019est un peu comme plonger dans l\u2019obscurité, c\u2019est quelque chose qu\u2019un robot ne pourrait décrire», a encore expliqué M.Cameron.À 8600 mètres, ce recoin est certes moins profond que la fosse des Mariannes, mais il n\u2019a jamais encore été exploré en sous-marin habité.La fosse des Mariannes, sorte de longue cicatrice de 2550 km de long dans l\u2019océan Pacifique, atteint les 11,2 km de fond au point Challenger Deep, une profondeur où pourrait largement sombrer le mont Everest (8850 m).Le précédent record de plongée remontait à 1960, quand l\u2019Américain Don Walsh et le Suisse Jacques Piccard avaient plongé dans la fosse des Mariannes et atteint la croûte terrestre à moins 10 916 mètres.Mais ils n\u2019avaient pu rester que 20 minutes dans un univers obscurci par la vase.Problème hydraulique Cameron, 57 ans, a plongé seul à bord d\u2019un mini sous-marin de huit mètres de long, le Deepsea Challenger.Coincé dans un cockpit aussi «étroit qu\u2019une capsule Apollo», le réalisateur a filmé en 3D les fonds grâce à de puissants projecteurs et ramassé des spécimens qui seront étudiés en biologie marine, astro-biologie, géologie marine ou géophysique.Arrivé au fond, l\u2019explorateur avait confirmé que «tous les systèmes étaient OK».Mais à son retour à la surface, il a dit être resté deux heures et demie au fond de l\u2019océan, soit bien moins que les SK heures prévues, en raison d\u2019un problème de système hydraulique.L\u2019expédition fera l\u2019objet d\u2019un documentaire en 3D diffusé en salles et sur la chaîne de télévision du National Geographic, publié dans le magazine et servant de base à des programmes éducatifs.Agence France-Presse Nouvelle entente entre La Presse canadienne et ses employés Toronto \u2014 Les employés syndiqués de La Presse canadienne ont voté largement en faveur d\u2019une nouvelle convention collective d\u2019une durée de trois ans.La Guilde canadienne des médias a indiqué hier que 83 % des membres ayant voté ont approuvé l\u2019entente, la première convention depuis que l\u2019agence de presse nationale est passée d\u2019une coopérative à une entreprise à but lucratif.L\u2019entente inclut des augmentations de salaire dans les deuxième et troisième années du contrat, soit quatre hausses de 1 % tous les sk mois.Néanmoins, les employés devront payer davantage des coûts des avantages sociaux, une contribution évaluée entre 100 $ et 140 $ par mois par travailleur.En tout, 163 personnes sur les 240 employés admissibles ont voté sur le protocole d\u2019entente, dont l\u2019adoption était recommandée à l\u2019unanimité par le comité de négociations.Les employés syndiqués incluent le personnel de rédaction, du soutien technique et de l\u2019administration.Sur la bonne voie La Presse canadienne a dû œuvrer avec un déficit substantiel dans son régime de retraite, mais le gouvernement fédéral a prolongé la période au cours de laquelle il doit être renfloué.Selon les termes de l\u2019entente ratifiée hier, les employés ont accordé un sursis pour le paiement d\u2019intérêts sur les montants que la compagnie leur doit dans le cadre d\u2019un précédent plan de restructuration ayant gelé le régime de retraite entre 2009 et 2011.Le coprésident de La Presse canadienne Neil Campbell a affirmé que l\u2019entente aiderait à remettre la compagnie sur la bonne voie.«Comme n\u2019importe quelle entreprise dans le secteur des médias, nous faisons face à un environnement difficile, mais nous avons bon espoir de pouvoir continuer à avancer vers l\u2019objectif d\u2019en faire une société profitable.» MM.Campbell et Jennings procèdent à une révision en profondeur des activités de l\u2019entreprise depuis son acquisition en 2010 par un groupe qui inclut les sociétés mères du Globe and Mail, du Toronto Star et de La Presse.Le président du syndicat, Terry Pedwell, a dit croire qu\u2019il s\u2019agit de «l\u2019une des séries de négociations les plus diffidles pour la Guilde depuis la conclusion de la toute première convention collective».Alors que les négociations avaient démarré avec des discussions sur des concessions majeures, M.Pedwell a ajouté que «le bon sens avait prévalu et qu\u2019au bout du compte, une entente plus réaliste a été conclue».La Presse canadienne E N BREF Pas de course aux armements dans l\u2019Arctique Stockholm \u2014 Un groupe de recherche suédois affirme que l\u2019accroissement du potentiel militaire dans l\u2019Arctique demeure «limité» et que rien ne permet de croire à une course aux armements dans la région.Le rapport de l\u2019Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) ajoute que la ruée vers les ressources naturelles arctiques rendues accessibles par le réchauffement climatique ne «s\u2019est pas révélée être une affaire militaire».Le SIPRI a toutefois souligné que le Canada, le Danemark et la Norvège augmentent actuellement leurs capacités militaires dans la région, tandis que la sécurité de l\u2019Arctique n\u2019est qu\u2019une «composante mineure» de la politique de défense américaine.En bref, estime l\u2019organisme, «rien ne permet de conclure à une course aux armements dans lArctique».Il précise par contre que des préoccupations concernant la stabilité de la région «ne peuvent être entièrement écartées».Le rapport du SIPRI a été publié hier à l\u2019ouverture d\u2019une rencontre du Conseil de l\u2019Arctique, à Stockholm.- AP LE DEVOIR LE MARDI 27 MARS 2012 A 5 ACTUALITES Vol qualifié chez la commissaire Charbonneau KATHLEEN LÉVESQUE La résidence de la juge France Charbonneau a été cambriolée le 15 mars dernier sans que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) puisse lier le vol aux fonctions de Mme Charbonneau à la tête de la Commission d\u2019enquête sur l\u2019octroi et la gestion de contrats publics dans l\u2019industrie de la construction.Les voleurs, qui se sont introduits par effraction dans la résidence de Mont-Royal, ont dérobé des bijoux ainsi que de petits objets de valeur.Selon le SPVM, une série de petits vols de même nature a été commise dans ce secteur bien nanti de l\u2019île de Montréal durant la même période; le même modus operandi a été observé.Selon Radio-Canada, l\u2019événement a donné lieu à un gros déploiement policier compte tenu du poste qu\u2019occupe la juge Charbonneau.Chose certaine, aucun document ou ordinateur lié aux travaux de la commission d\u2019enquête n\u2019a disparu.Une règle interdit que les membres de la commission transportent leurs dossiers à l\u2019extérieur des bureaux, a expliqué le porte-parole de la Commission, Richard Borudon.Ce dernier a conbrmé que des mesures de sécurité sont en place, sans toutefois préciser leru nature.Laval ciblée Par ailleurs, la Commission poursuit son travail d\u2019enquête d\u2019ici à l\u2019ouverture publique des audiences prévue en mai.Selon les informations recueillies par Le Devoir, le territoire de Laval est particulièrement ciblé depuis quelques semaines.Le mois dernier, la commissaire Charbonneau s\u2019est adressée directement à la population dans une vidéo sur Internet afin d\u2019inviter la population à collaborer à l\u2019enquête.Le mandat de la Commission couvre les quinze dernières années et touche à l\u2019octroi des contrats publics, à l\u2019industrie de la construction et de sa supposée inbltration par le crime organisé ainsi que le bnancement des partis politiques.Le Devoir i JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le retour du temps froid n\u2019a pas empêché des étudiants de manifester devant l\u2019UQAM hier.Grève étudiante Le mouvement perd des appuis Des actions de soutien continuent d\u2019avoir lieu partout au Québec LISA-MARIE GERVAIS Carré rouge suspendu à la tour du pavillon principal de l\u2019Université de Montréal, occupation et vandalisme dans les bureaux de la Fédération des cégeps, piquetage à l\u2019hôtel de ville, marche à reculons près de l\u2019UQAM.Les étudiants refusent de déposer les armes.Mais, pendant ce temps, le mouvement perd certains de ses appuis.Bien que les étudiants en médecine de l\u2019Université de Montréal aient prolongé leru débrayage de trois jorus, les 34 000 étudiants de premier cycle de l\u2019Université Concordia (Concordia Student Union) n\u2019ont pas réussi à renouveler le mandat de grève, faute de quorum.Un coup dur, reconnaît le vice-président externe de la CSU, Cahd Walcott.«Mais il y a encore 6000 étudiants de Concordia en grève dans d\u2019autres associations.On est en train de lancer une pétition pour convoquer une autre assemblée d\u2019ici une semaine», a-t-il noté.Vendredi dernier, l\u2019Association générale des étudiants l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières, qui compte près de 10 000 membres, a également voté contre la reconduction de la grève générale illimitée dans une proportion de près de 60 %.Hier, la grève a toutefois été reconduite aux cégeps Rosemont et Marie-Victorin (jusqu\u2019à ce qu\u2019une offre satisfaisante soit déposée) et à ceux de L\u2019Assomption et de Valley-field (dans des majorités très faibles toutefois).Le vote de reconduction se tient aujourd\u2019hui au cégep Montmorency et de Drummondville, et d\u2019autres sont prévus au cours des prochains jours.Vandalisme à la Fédération des cégeps Les bureaux de la Fédération des cégeps ont été occupés hier par des dizaines d\u2019étudiants du cégep de Maisonneuve dont certains masqués, non sans qu\u2019il y ait eu des actes de vanda-bsme.Les manifestants ont forcé la porte pour entrer et sont repartis au bout de deux heures après avoir notamment arraché les logos en métal.Vers 14h, un groupe de manifestants se dirigeait vers le métro Jarry lorsqu\u2019un individu a fracassé la vitre d\u2019une SAQ.Le groupe a par la suite été rattrapé à l\u2019inté-rieiu du souterrain par les policiers, qui ont utilisé du poivre de Cayenne pour les disperser.En revanche, les étudiants ont manifesté pacifiquement aux abords de l\u2019hôtel de Ville, où le maire Gérald Tremblay recevait le recteur de l\u2019UdeM et le ministre des Finances pour lancer le chantier du campus Qutremont (voir autre texte ci-dessous).Néanmoins, l\u2019intolérance à l\u2019égard des étudiants s\u2019est fait également sentir au sein des universités.Certaines administrations ont indiqué en avoir assez des obstructions au bon fonctionnement de leurs établissements, notamment à l\u2019Université Concordia, où les étudiants ont été avertis que leur grève était illégale et qu\u2019ils ne pouvaient empêcher la tenue des cours.Au Conservatoire de musique de Montréal, l\u2019enseignante Liette Yergeau a été suspendue sans solde polu deux jorus poru avoir dit aux étudiants qu\u2019elle ne pénaliserait pas les étudiants pour lerus absences.Les trois grandes organisations étudiantes ont fait connaître hier quelques-unes des actions qu\u2019elles mèneront au cours des prochaines semaines.Des manifestations se tiendront aujourd\u2019hui aux quatre coins du Québec, notamment devant l\u2019usine Rio Tin-to Alcan d\u2019Alma, actuellement en lockout.Un rassemblement est prévu le 4 avril à Sherbrooke, qui est la circonscription du premier ministre Charest.Le Devoir Gare de triage d\u2019Outremont Le campus de FUdeM ne sera pas un fiasco financier Le projet ne sera pas un autre îlot Voyageur, assurent Raymond Bachand et Guy Breton JEANNE CORRIVEAU Le campus de l\u2019Université de Montréal (UdeM) sur le site de l\u2019ancienne gare de triage d\u2019Outremont ne se transformera pas en fiasco financier comme l\u2019îlot Voyageur.C\u2019est l\u2019assurance qu\u2019ont donnée hier le ministre des Finances, Raymond Bachand, et le recteur de l\u2019UdeM, Guy Breton, hier à l\u2019occasion d\u2019une annonce concernant le projet de 350 millions de dollars.De passage à l\u2019hôtel de ville de Montréal, le ministre Bachand a fait savoir que Québec autorisait l\u2019UdeM à élaborer le dossier d\u2019affaires initial pour son projet de campus à Outremont.L\u2019Université entend déployer un nouveau campus sur le site désaffecté en y construisant un pavillon des sciences et un pa- villon de services pour loger une bibliothèque et des classes.Les coûts du projet totaliseront 350 millions, dont près de 175 millions seront versés par Québec, 30 millions par Ottawa et 60 millions par la Ville de Montréal.L\u2019UdeM sollicitera des dons philanthropiques pour combler la différence, soit environ 100 millions.L\u2019ancienne gare de triage accueillera aussi un secteur résidentiel de 1300 unités, dont 30 % de logements sociaux et abordables.En septembre 2009, l\u2019UdeM avait annoncé le lancement imminent des travaux d\u2019infrastructures.Depuis, seules les voies ferrées de triage ont été retirées, a indiqué Guy Breton.Quant aux autres travaux d\u2019infrastructures, dont la dé- contamination des sols, ils devraient débuter en mai prochain, a-t-il dit.Présence étudiante L\u2019UdeM pourra-t-elle se prémunir contre un dérapage financier semblable à celui de l\u2019îlot Voyageur piloté par l\u2019UQAM?«Depuis ce dérapage, le gouvernement a créé l\u2019agence Infrastructure Québec», a rappelé le ministre Bachand.Et le gouvernement sera appelé à accorder son feu vert à chaque étape du projet, a-t-il précisé.«Au cours des dernières années, on a fait pour plus d\u2019un demi-milliard de construction et de rénovation dans les temps et dans les budgets à l\u2019Université de Montréal, a renchéri le recteur Guy Breton.On a une longue expertise.On a un parc immobilier important et il n\u2019y a pas eu de dérapage chez nous: on contrôle nos choses.» Pendant que Raymond Bachand et Guy Breton dévoilaient les détails du projet lors d\u2019une conférence de presse en compagnie du maire Gérald Tremblay, une centaine d\u2019étudiants manifestaient à l\u2019extérieur de l\u2019hôtel de ville.Selon eux, il aurait mieux valu que l\u2019argent des contribuables soit consacré à l\u2019accessibilité aux études plutôt que d\u2019être investi dans du béton.Mais le ministre Bachand ne voyait pas la situation du même œil: «C\u2019est un geste qui démontre l\u2019importance des universités et notre attachement envers ces universités.Si on veut des universités de qualité, ça prend aussi des équipements de qualité pour le futur des étudiants de science.» Le Devoir EN BREF Haro sur les retraites forcées La Commission canadienne des droits de la personne fait une mise en garde aux em-ployeius, leur rappelant qu\u2019ils n\u2019ont pas le droit de forcer les travaillerus âgés à prendre leru retraite.Cette mise en garde survient après que le gouvernement fédéral eut modifié les dispositions de la loi qui permettaient aux employeurs sous juridiction fédérale d\u2019imposer la retraite dans certaines circonstances.Une période de transition d\u2019un an était cependant prévue avant que l\u2019article de la loi soit abrogé.Qr, il semble que certains em-ployerus profitent de cette période de transition pour insister auprès d\u2019employés âgés afin de les forcer à prendre leur retraite, rapporte la Commission des droits de la personne dans un communiqué diffusé hier.- La Presse canadienne Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 Sévices sexuels Les Clercs de Saint-Viateur visés par un recours collectif BRIAN MYLES Les pédophiles de l\u2019Eglise catholique auraient fait des victimes jusque chez les enfants sourds et muets.En autorisant un recorus collectif contre les Clercs de Saint-Viateiu, responsables de l\u2019Institut Raymond-Dewar, la Coru supérieure a ouvert hier un nouveau chapitre dans l\u2019histoire d\u2019horreru de la pédophibe dans les congrégations reb-gieuses.Les pensionnaires de l\u2019Institut situé jadis au 7400, boulevard Saint-Laurent auraient été réduits à l\u2019esclavage sexuel par 28 clercs et 6 laïcs.Si les pierres de l\u2019édifice qui sera bientôt transformé en condos de luxe pouvaient parler, elles crieraient leur rage jusqu\u2019à en pleurer.Des mineurs auraient été battus et violés systématiquement sans que la Congrégation lève le petit doigt pour les défendre et les protéger, entre 1940 et 1982.L\u2019ancien directeur de l\u2019Institut et supérieur provincial des Clercs de Saint-Viateur, Etienne De Blois, et un psychologue, Gilles Brazeau, auraient été alertés, mais ils n\u2019auraient rien fait afin de protéger les victimes ou de dénoncer les agresseurs, allèguent des documents judiciaires.Au contraue, les Clercs de Saint-Viateur se seraient concertés en vue de commettre et de masquer les agressions sur des enfants parmi les plus vulnérables de la société.La juge Eva Petras estime qu\u2019il y a matière à autoriser le recours collectif.«Le devoir de la société est d\u2019assurer la protection des enfants vulnérables et, dans les cas où cette protection ne leur a pas été offerte, leur permettre d\u2019avoir accès à la justice de la façon la plus simple et moins coûteuse», écrit-elle.L\u2019avocat des sourds et muets, Pierre Boivin, a déjà recensé 75 victimes potentielles.11 réclame 100 000 $ en dommages Des indemnités de 100 000 $ sont exigées pour les 75 victimes présumées pour tout élève ayant subi des agressions sexuelles ou physiques à l\u2019Institut entre 1940 et 1982.Ce recorus porurait aussi important que le règlement à l\u2019amiable de 18 millions conclu entre la Congrégation de Sabite-Croix et ses 225 victimes.«C\u2019est un des plus gros dossiers d\u2019abus sexuels sur des enfants par des religieux au Québec, a dit M® Boivin, du cabbiet Kugler Kandestin.On a des adultes, des religieux en situation d\u2019autorité qui abusent des enfants sourds et muets.C\u2019est la totale.» Le plaignant désigné aux fins du recours, Serge D\u2019Arcy, avait 9 ans quand il a subi ses premiers attouchements.Son calvaire a duré huit ans, un quotidien de violence sexuelle et physique.Non seulement les prêtres l\u2019ont violé, mais ils lui ont aussi cassé les dents, arraché les cheveux et lacéré la peau quand il se rebiffait.M.D\u2019Arcy a connu une vie marquée par des abus d\u2019alcool, de drogue et des pulsions suicidaires.11 a cru qu\u2019il était le seul.Jusqu\u2019à ce qu\u2019un ancien camarade de classe se confie à lui en 2010, alors qu\u2019ü était dans la cinquantabie.Peu à peu, le Centre de la communauté sourde du Montréal métropolitain (requérant dans cette affaire) a fait sortir les victimes de l\u2019isolement.Un pensionnaire a été violé par 15 agresseurs différents.Un autre devait subir et donner des febations tous les jorus.Un autre était si épibsé de servir «d\u2019esclave sexuel» la nuit qu\u2019ü s\u2019endormait sru son pupitre le joru.11 n\u2019est pas simple pour eux de mettre des mots sur leurs souffrances, d\u2019autant plus qu\u2019üs sont handicapés.«La majorité d\u2019entre eux sont des enfants dans des corps d\u2019adultes.Au lieu de les éduquer, on les a abusés.Ils vivent avec des séquelles et ils sont lourdement hypothéqués», constate M® Boivin.Le Devoir EN BREF Mourir dans la dignité: la ministre Blais interpellée Les recommandations de la commission spéciale sru la question de mourir dans la dignité ont suscité certaines biqrbé-tudes chez les aînés.La mbtistre Marguerite Blais confie en effet avoir reçu «quelques coruriels» en ce sens.Questionnée à ce sujet en marge d\u2019une conférence de presse sru la nutrition, eüe expbque que certabis «craignent qu\u2019ü y ait une pensée poru ébmi-ner des aînés sous prétexte qu\u2019üs coûteraient cher à la socié- té».«Je veux les rassruer, la commission n\u2019est pas du tout allée dans ce sens-là», répond-eUe.Au contraire, selon eUe, les membres de la commission proposent de babser très étroitement l\u2019aide médicale à moruir.«Ce rapport devra être expb-qué», commente la ministre, qrb soubgne qu\u2019on est encore loin de pouvoir mettre sru la table les projets de loi qui poruraient donner suite au rapport.Eüe a eUe-même été rassruée par le rapport, qui fait rme grande place aux sobis paUiatifs et aux amébo-rations qui devront leru être apportées.La mbtistre se dit désireuse d\u2019appuyer des projets allant en ce sens.- Le Devoir Camps d\u2019été DEPUIS 1983 CAMPS D\u2019IMMERSION EN ANGLAIS Pour étudiants de 7 à 17 ans Centre-ville de Montréal et Toronto Camp de jour et résidence www.mwscannps.com Pour information: à Toronto: (416) 921-6998 à Montréal: (514) 531-4193 office@mwscamps.com Pour annoncer dans œ regroupement, contactez Isabelle Sanchez au 514 985-3454 ou à isaiichez@ledevoir.coni A 6 LE DEVOIR, LE MARDI 27 MARS 2012 LE MONDE JONATHAN ERNST REUTERS Des gens en faveur de la loi et d\u2019autres contre se sont regroupés hier devant la Cour suprême des Etats-Unis, à Washington.ÉTATS-UNIS La réforme de la santé devant la Cour suprême américaine Washington \u2014^,La Cour suprême des Etats-Unis a commencé hier l\u2019examen de la réforme de l\u2019assurance-santé, mesure phare du premier mandat de Barack Obama à la Maison-Blanche.Les neuf juges chargés de se prononcer sur la constitutionnalité du projet cher au chef de l\u2019exécutif devraient consacrer six heures d\u2019audience à l\u2019affaire, étalées sur trois jours, jusqu\u2019à demain, du jamais vu pour une affaire depuis 44 ans.Ils devraient rendre leur décision avant le mois de juillet, soit en pleine campagne électorale pour la présidentielle du 6 novembre.Lors de la séance inaugurale, la salle, d\u2019une capacité de 400 sièges, était bondée d\u2019élus des deux bords, de juristes de renom et de membres de haut rang de l\u2019administration Obama.La galerie réservée au public a également fait le plein.Comme lors du débat parlementaire houleux qui a précédé la promulgation de la réforme, en mars 2010, démocrates et républicains sont de nouveau prêts à en découdre.Manifestations, conférences de presse, émissions de radio ou de télévision se multiplient depuis plu-sieius jours déjà.La décision que prendront les cinq juges républicains et leurs quatre coll;gues démocrates poiurait être la plus im-portante depuis l\u2019an 2000, lorsque la Cour suprême avait coupé court au recompte des voix exprimées en Floride lors de l\u2019élection présidentielle et consacré de ce fait la victoire de sion des dépenses de santé, qui représentent plus de 17 % du PIB.Mais pour les républicains, à commencer par les candidats à l\u2019investiture du parti, cette réforme incarne le «big government», ce gouvernement fédéral qui se mêle de ce qui ne le regarderait pas et dont ils jugent inacceptables les ingérences dans la « Quelle que soit la décision de la Cour, son arrêt sera cité pendant les 250 prochaines années » George W.Bush aux dépens d\u2019Al Gore.Les débats porteront sur le point de savoir si le Congrès a outrepassé ses prérogatives constitutionnelles en contraignant chaque Américain à se doter d\u2019une assurance-maladie d\u2019ici 2014 sous peine d\u2019être condamné à une amende.Ils s\u2019ouvrent pratiquement deux ans joiu poiu joiu après la promulgation de la réforme par Barack Obama, le 23 mars 2010.L\u2019idée de la réforme est de fournir une assurance santé aux quelque 30 miUions d\u2019Américains qui ne sont pas couverts, soit 10 % environ de la population, et de ralentir l\u2019explo- vie quotidienne de leurs compatriotes.D\u2019après les sondages, l\u2019opinion pu-bbque reste toujours aussi divisée siu le bien-fondé de la réforme, et plus de la moitié des 50 Etats de l\u2019Union \u2014 26 exactement \u2014 se sont associés pour porter la question devant la plus haute juridiction du pays.«Quelle que soit la décision de la Cour, son arrêt sera cité pendant les 250 prochaines années», n\u2019hésite pas à dire Torn Goldstein, un avocat spéciabste de la Cour suprême.«Il n\u2019y a aucun exemple comparable dans l\u2019histoire moderne des Etats-Unis», ajoute-t-il.Poiu les 26 Etats à l\u2019origine de la plainte, et qui seront représentés par l\u2019avocat Paul Clement, conseiller juridique sous la pré- sidence de George W.Bush, accepter qu\u2019on contraigne les Américains à souscrire une assurance maladie reviendrait à accorder au Congrès le droit de les forcer à acheter, qu\u2019ils le veuillent ou non, d\u2019autres services ou produits.A l\u2019inverse, les conseillers juridiques de l\u2019administration, conduits par Donald Verrilli, vont demander aux juges de la Cour suprême de déclarer la loi siu la protection des patients et les soins abordables {Patient Protection and Affordable Care Act) en conformité avec la Constitution.Ils estiment que cette loi est comparable à d\u2019autres législations marquantes de l\u2019histoire récente, comme le Social Security Act ou le Civil Rights Act sur les droits civiques qui, rappellent-ils, ont suscité en leur temps autant de controverses et de polémiques, mais ont été confirmés par la Cour suprême.La Cour suprême peut confirmer ou invalider la loi tout entière.Elle peut aussi abroger l\u2019une ou l\u2019autre de ses dispositions.Elle peut aussi renvoyer son arrêt à 2014, lorsque le texte sera entré en vigueiu.Reuters Les tueries de Merah sur vidéo Paris \u2014 Lapobce judiciaire a entre les mains depuis hier un montage de vidéos des tueries de Mohamed Merah à Toulouse et Montauban, reçu par le biueau parisien de la chaîne al-Jazira, a-t-on indiqué de soiuces policières, confirmant une information du site du Parisien.«C\u2019est un montage vidéo des images des différentes tueries avec de la musique et des versets du Coran», a dit l\u2019une de ces sources.Ce montage vidéo «suffisamment explicite» était «stocké sur une clé USB» qui était contenue dans une enveloppe postée mercredi et reçue au siège parisien de la chaîne d\u2019înformatîons du Qatar al-Jazira, selon une soiuce policière.Les enquêteurs de la sous-dl-rection antiterroriste de la PJ parisienne ont récupéré les images hier auprès de la télévision et doivent les e^loiter, a-t-on encore précisé.L\u2019identité de l\u2019expédi-teiu était inconnue.Plusieius employés du biueau parisien de la chaîne de télévision ont été entendus par les enquêteurs venus chercher la vidéo, a ajouté une soiuce policière, Indiquant qu\u2019al-Jazira n\u2019avalt rien diffiisé, mais avait très probablement conservé une copie du montage des tueries.Le tueur au scooter Mohamed Merah avait filmé chacune de ses tueries des 11,15 et 19 mars à l\u2019aide d\u2019une mini caméra habituellement utilisée par les plongeurs pour filmer leurs exploits.Agenee Franee-Presse FRANCE La campagne s\u2019emballe sur la sécurité Paris \u2014 Nicolas Sarkozy a rejeté à nouveau hier les critiques sur la gestion de l\u2019affaire Merah, mais ses adversaires politiques, en particulier le Parti socialiste, ne désarment pas, dénonçant un «dysfonctionnement grave», et réclament une amélioration des services de renseignement.Les questions suscitées par l\u2019équipée meurtrière de Mohamed Merah ont installé la sécurité au centre de la campagne présidentielle.Le président sortant, qui se veut à l\u2019aise sur ce terrain, a poursuivi ses attaques contre le candidat PS, François Hollande, qu\u2019il juge laxiste, mais se voit à son tour attaqué sur son bilan et les «failles» éventuelles des services de sécurité.L\u2019opposition s\u2019interroge sur les efforts déployés dans les médias par les responsables policiers pour faire apparaître à tout prix l\u2019auteur des sept meurtres de Toulouse et de Montauban comme un loup solitaire.«La République a des questions à se poser» a affirmé dimanche le candidat du MoDem, François Bayrou, qui s\u2019est demandé comment «un assassin désaxé, repéré par tous les services», a pu ainsi passer à l\u2019acte.La présidente du Front national.Marine Le Pen, ne s\u2019est pas privée de relancer sa campagne sur la sécurité, l\u2019un de ses thèmes de prédilection, en affirmant vouloir «mettre l\u2019islam radical à genoux».Invité hier matin sur France Info, Nicolas Sarkozy a réaffirmé qu\u2019à sa connaissance, il n\u2019y avait pas de cellule et que Mohamed Merah, 23 ans, s\u2019était «auto-radicalisé par l\u2019intermédiaire d\u2019Internet».«Je considère comme particulièrement indignes les mises en cause de la police», qui a fait un travail «remarquable», a-t-il dit, soulignant les difficultés d\u2019une enquête qui a permis de mettre le meurtrier hors d\u2019état de nuire en dix jours.«Je considère comme indignes les mises en cause de la police Ces arguments avaient été, réfutés par avance par la candidate d\u2019Europe Ecologie-Les Verts (pELV), Eva Joly, une ancienne juge d\u2019instruction.Selon elle, les dysfonctionnements sont patents et le directeur du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, et le patron de la police, Frédéric Péchenard, devraient démissionner.Benoît Hamon, le porte-parole du Parti socialiste, a posé toute une série de questions contredisant l\u2019Idée que Mohamed Merah était un loup solitaire difficile à détecter parce qu\u2019il «préparait ses forfaits tout seul dans son coin».«Il a quand même pu se rendre en quelques années au Pakistan, en Afghanistan, en Irak, en Syrie, au Liban, en Jordanie, qui sont autant de destinations sensibles qui supposent à la fois de l\u2019argent et des contacts sur place», a-t-il dit hier lors de son point de presse hebdomadaire.11 a rappelé que le jeune homme avait accumulé pour 20 000 euros d\u2019armes de guerre, «ce qui, pour un homme sans activité professionnelle stable, laisse entendre qu\u2019il aurait pu être aidé».Les responsables policiers ont expliqué que Mohamed Merah s\u2019était rendu en novembre 2011 à une convocation de la DCRI lui demandant de s\u2019expliquer sur ses voyages et qu\u2019il avait montré ses photos de voyage pour les convaincre qu\u2019il faisait du tourisme.«Il y a manifestement eu un dysfonctionnement grave du renseignement intérieur qui a laissé échapper un homme aussi dangereux qui ne faisait pourtant pas beaucoup d\u2019efforts pour échapper à une surveillance», a insisté Hamon.Une autre polémique a surgi, Nicolas Sarkozy et plusieurs responsables de gauche reprochant à Marine Le Pen d\u2019avoir assimilé Mohamed Merah aux enfants d\u2019immigrés qui arrivent «chaque jour» par bateau.Reuters L\u2019alternance pacifique au Sénégal Une exception africaine, mais aussi un espoir CHRISTOPHE BEAUDUFE Johannesburg \u2014 L\u2019alternance au Sénégal entre Abdoulaye Wade et Macky Sali sera perçue comme un encouragement par tous les démocrates d\u2019Afrique, même si ce transfert pacifique du pouvoir reste une exception sur le continenf estimaient hier des analystes africains.«L\u2019élection au Sénégal va agir comme un point de r^érence pour les autres mouvements pro-démo-cratiques sur le continent», pronostique Ben Chiza Mkandawire, politologue au Malawi, où le président Bingu wa Mutharika réprime les opposants qui l\u2019appellent à démissionner.Quelques mois après une autre alternance pacifique en Zambie, l\u2019exemple de Dakar, dit-il, «envoie un signal inquiétant aux dictateurs d\u2019Afrique, car il symbolise un changement dans la façon dont la démocratie est perçue par l\u2019électorat».«Nous sommes tous fiers de ce qui s\u2019est passé au Sénégal, [cela prouve] qwc la culture démocratique est possible sur le continent», se réjouit Shehu Dalhatu, attaché à l\u2019Université de Bayero à Kano, au Nigeria, notant que le peuple sénégalais a eu le dernier mot malgré les tentatives de manipulation du pouvoir sortant et en dépit de violences pré-électorales qui ont fait plusieurs morts.David Zounmenou, chercheur béninois auprès de l\u2019Institut pour les études de sécurité à Pretoria Qnstitute for Security Studies), parle lui aussi de «l\u2019exemple heureux du Sénégal qui sera utile pour les autres échéances à venir sur le continent».Pour autant, la majorité des analystes se rejoignent sur un point: le Sénégal est un pays hors norme en Afrique.«On ne peut pas dire qu\u2019il y ait un élan démocratique en cours en Afrique subsaharienne», admet ainsi Shehu Dalhatu, «parce que nous avons encore des dirigeants qui s\u2019accrochent à leur « Ce qui arrive aujourd\u2019hui confirme qu\u2019il y a une histoire, une culture poHtique au Sénégal.C\u2019est une vitrine pour l\u2019Afrique » siège après des décennies de pouvoir.Le Cameroun, ou le Zimbabwe, sont deux exemples qui viennent à l\u2019esprit» «Depuis les années 1990, le Sénégal a toujours été une exception.Ce qui arrive aujourd\u2019hui confirme qu\u2019il y a une histoire, une culture politique au Sénégal.C\u2019est une vitrine pour l\u2019Afrique», note pour sa part le professeur Wilson André Ndombet, de l\u2019Université Qmar Bongo de Libreville.David Zounmenou, de Pretoria, détaille les quatre éléments qui ont permis selon lui l\u2019alternance à Dakar: «L\u2019ampleur du mouvement social, l\u2019intégrité personnelle des responsables de la machine électorale, la neutralité de l\u2019armée et l\u2019attitude de Wade qui a accepté le verdict des urnes même s\u2019il y a eu des tripatouillages au début.» Une conjonction de facteurs loin d\u2019être réunie partout en Afrique, comme l\u2019ont démontré les récents événements en Côte d\u2019ivoire ou en RD Congo.«D\u2019un point de vue historique, constate d\u2019ailleurs l\u2019éditorialiste du groupe Nation Media à Nairobi, Charles Qnyango-Qbbo, le Sénégal semble confirmer que les pays qui n\u2019ont pas un passé de violence réussissent mieux le passage vers la démocratie que les autres.» Qr, souligne-t-il, «le Sénégal est le seul pays d\u2019Afrique de l\u2019Ouest qui n\u2019a connu ni guerre civile ni coup d\u2019Etat militaire».Pour ce commentateur, «le Sénégal démontre qu\u2019il existe deux façons d\u2019aborder la démocratie en Afrique: dans une colonne vous avez probablement le Ghana, la Zambie, et les très rares pays qui ont connu un transfert du pouvoir à un parti d\u2019opposition.Ensuite vous avez les cas intermédiaires, mélange de démocratie et de tendances autoritaires, comme l\u2019Ouganda, et ensuite vous avez les mauvais exemples, l\u2019Angola, le Zimbabwe, l\u2019Erythrée.Mais la balance penche toujours très fort du côté des mauvais élèves.» Reuters FRANCE Strauss-Kahn mis en examen pour proxénétisme en bande organisée Lille \u2014 L\u2019ancien patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a été mis en examen hier pour proxénétisme en bande organisée par les juges en charge de l\u2019affaire dite de l\u2019hôtel Carlton de fille.«Il déclare avec la plus grande fermeté n\u2019être coupable d\u2019aucun de ces faits et n\u2019avoir jamais eu la moindre conscience que les femmes rencontrées pouvaient être des prostituées», a déclaré M® Richard Malka, l\u2019un des avocats de M.Strauss-Kahn.L\u2019ancien patron du FMI a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire, a annoncé le procureur de Lille dans un communiqué.Les juges d\u2019instruction ont demandé à DSK de verser «une caution de 100 000 euros», a-t-il ajouté.«A l\u2019issue de son audition, monsieur Dominique Strauss-Kahn a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d\u2019entrer en contact avec les mis en examen, les parties civiles, les témoins et tout organe de presse à propos des faits objets de la procédure», a précisé le magistrat.Les avocats de Dominique Strauss-Kahn ont annoncé leur intention de faire appel de la décision de mise en examen de leur client.«Il va sans dire que nous demanderons l\u2019annulation de cette décision» de mise en examen, a déclaré Me Henri Leclerc, l\u2019un des trois avocats de DSK Les avocats de M.Strauss-Kahn ont annoncé qu\u2019il tiendront une conférence de presse cet après-midi à Paris, au cabinet des avocats Henri Leclerc et Fré- déçique Beaulieu.À l\u2019issue de deux journées et une nuit en garde à vue dans une caserne de gendarmerie à Lille il y a un mois, M.Strauss-Kahn s\u2019était vu délivrer une convocation aux fins de mise en examen pour «complicité de proxénétisme aggravé en bande organisée» et «recel d\u2019abus de biens sociaux».DSK était initialement convoqué pour le 28 mars, mais aucune précision sur les raisons pour lesquelles son audition a été avancée n\u2019a pu être fournie.Les magistrats qui instruisent le dossier cherchent notamment à déterminer si l\u2019ancien directeur général du Fonds monétaire international savait que les participantes à des soirées libertines auxquelles il avait pris parf notamment à Paris et Washington, étaient rémunérées.Par ailleurs, demain à New York, se tiendra devant la Cour suprême du Bronx la première audience civile dans l\u2019affaire du Sofitel où Strauss-Kahn est accusé d\u2019agression sexuelle par une femme de chambre, Diallo, dans laquelle les poursuites pénales ont été abandonnées.Le juge Douglas McKeon présidera une audience sur la motion des avocats de DSK, qui af fument que l\u2019ancien directeur général du FMI ne peut être poursuivi au civil, car il bénéficiait au moment des faits d\u2019une immunité diplomatique totale.Ni M.Strauss-Kahn ni Mme Diallo ne sont tenus d\u2019être présents lors de cette audience. LE DEVOIR LE MARDI 27 MARS 2012 A 7 LE MONDE Israël coupe les ponts avec le Conseil des droits de l\u2019homme Jérusalem \u2014 Israël a annoncé hier avoir rompu tout contact avec le Conseil des Nations unies pour les droits de l\u2019homme à la suite de sa décision la semaine dernière d\u2019ouvrir une enquête internationale sur les colonies israéliennes dans les territoires palestiniens.Cette rupture, annoncée par le ministère des Affaires étrangères, signifie que la mission d\u2019information que le CDH espérait envoyer sur le terrain ne sera pas autorisée à entrer en Cisjordanie ainsi qu\u2019en Israël.«Nous ne collaborons plus avec eux», a indiqué Yigal Pal-mor, porte-parole de la diplomatie israélienne.«Fini les participations à des rencontres, des discussions ainsi que l\u2019organisation de visites en Israël.» Le 22 mars, le CDH a condamné la construction annoncée par Israël de nouveaux logements pour les colons juifs en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, y voyant une entrave au processus de paix et une rqena-ce pour la solution à, deux Etats et la création d\u2019un Etat palestinien indépendant.Le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a dénoncé une initiative «hypocrite», ajoutant que le CDH disposait d\u2019une «majorité automatique hostile à Israël.» Ce forum, qui siège à Genève et compte 47 pays membres, a voté en faveur de cette proposition par 36 voix pour, dont celles de }a Chine et de la Russie.Les Etats-Unis ont été le seul pays à voter contre.Le texte avait été présenté par le Pakistan au nom de l\u2019Organisation de coopération islamique (O CI).Un demi-million d\u2019Israéliens et 2,5 millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie et à Jéru-salem-pst, territoires capturés par l\u2019Etat hébreu lors de la guerre des Six-Jours en 1967.Reuters CHINE Le premier ministre dénonce la corruption Pékin \u2014 Le pouvoir chinois pourrait être menacé dans ses fondements s\u2019il n\u2019éradique pas la corruption endémique de ses représentants, a déclaré hier le premier ministre, Wen Jiabao, qui cédera sa place l\u2019an prochain.«Wen Jiabao a souligné que la plus grande menace pour le parti au pouvoir était la corruption», rapportait hier le site Internet du gouvernement, citant les propos de Wen devant le Conseil d\u2019Etat, l\u2019organe exécutif suprême en Chine.«Si ce problème n\u2019est pas résolu, la nature du pouvoir politique pourrait changer», a-t-il ajouté.La colère populaire à l\u2019encontre de la corruption de dirigeants locaux donne lieu régulièrement à des «incidents de masse», euphémisme utilisé dans le langage officiel pour désigner des manifestations.Wen Jiabao a appelé les hauts responsables à dévoiler certains renseignements personnels, notamment sur leur épouse et leurs enfants.«Le recours à des fonds publics pour acheter des cigarettes, des grands vins et des cadeaux» devrait être interdit, a-t-il ajouté, promettant un contrôle plus strict des fêtes, séminaires et forums organisés avec l\u2019argent du contribuable.Leurs détracteurs estiment que le tandem que Wen forme avec le président Hu Jintao, au pouvoir tous deux depuis 2003, a échoué à mener des réformes suffisamment profondes pour placer le pays sur la voie d\u2019une croissance durable.Reuters La Syrie, indésirable, principal spjet dn sommet arabe Bagdad \u2014 L\u2019avenir du régime syrien, acteur incontournable durant des décennies au sein de la Ligue arabe avant d\u2019en être mis à l\u2019index, sera le principal sujet de discussion du sommet arabe qui se tient cette semaine, pour la première fois depuis plus de 20 ans en Irak.Entourés de mesures de sécurité exceptionnelles, après une série d\u2019attentats qui ont ensanglanté Bagdad il y a une semaine, les dirigeants arabes débattront des moyens de mettre un terme à la violence en Syrie.Mais de probables divergences risquent d\u2019empêcher l\u2019adoption de décisions tranchées lors de cette rencontre débutant avec des réunions ministérielles aujourd\u2019hui suivies par le sommet proprement dit jeudi.En l\u2019absence de la Syrie, la Ligue arabe devra trouver un moyen de concilier deux positions: celle, radicale, des pays du Golfe, en particuber l\u2019Arabie Saoudite et le Qatar, qui veulent armer l\u2019opposition pour écarter Bachar al-Assad, et celle qui privilégie la diplomatie, alors que les violences ont fait plus de 9100 morts en un an, selon une ONG sjuienne.Le Qatar continuera à présider la commission chargée du dossier de la Syrie, a précisé lundi le chef de la diplomatie irakienne Hoshyar Zebari.«La question de la Syrie n\u2019est pas facile.Il y a une division au niveau international et au sein du monde arabe», selon le conseiller adjoint pour la sécurité nationale irakienne, Safa Hussein.«Il ne faut pas espérer de miracles lors du sommet, mais il sera peut-être possible de rapprocher les points de vue», a-t-il estimé.L\u2019ancien secrétaire général de rONU, Kofi Annan, mène une mission de médiation, et les «Amis de la Syrie», parmi lesquels une partie des pays arabes, doivent se réunir à nouveau le 1\" avril à Istanbul.Bagdad ne croit pas à une nouvelle résolution sur la Syrie: «Nous devons chercher à appliquer les anciennes résolutions arabes ainsi qu\u2019à relancer le plan d\u2019action et l\u2019initiative arabes», a expliqué le vice-ministre des Affaires étrangères, Labid Abawi.Le chef de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, a de même estimé dimanche que le sommet ne réclamerait pas le départ de M.Assad.«Nous ne nous immiscerons certainement pas dans les affaires internes de la Syrie, et ne leur dirons pas comment se comporter ou pour qui prendre parti», a prévenu Hoshyar Zebari.Les participants entérineront par ailleurs une donne entièrement nouvelle depuis les révolutions qui ont fait chuter quatre «patriarches» du monde arabe en Egypte, en Tunisie, en Libye et au Yémen.La région n\u2019avait pas connu une telle secousse depuis près de 50 ans.Les autorités irakiennes souhaitent également consacrer une partie des débats aux réformes structurelles qui pourraient rendre la Ligue arabe plus efficace.Cette réunion marquera le retour de l\u2019Irak, qui a été mis au ban du monde arabe en 1990 après l\u2019invasion du Koweït, et qui a perdu sa souveraineté qvec l\u2019invasion conduite par les Etats-Unis en 2003.Le pays a retrouvé son indépendance avec le départ des forces américaines bn 2011, mais la sécurité y est encore fragile et la reconstruction progresse lentement.Agence France-Presse envenidoAcuba Les affiches de Benoît XVI côtoient celles de Fidel Castro à La Havane.Benoît XVI sur les traces de Jean-Paul II à Cuba Le pape Benoît XVI est arrivé hier après-midi à Cuba pour une visite de trois jours, 14 ans après celle effectuée par son prédécesseur Jean-Paul H.Le souverain pontife, qui venait du Mexique, effectue çette visite à un morqent où les relations entre l\u2019Egbse cathobque et l\u2019Etat cubain s\u2019améborent après des déceimies d\u2019hostilité consécutives à la révolution de 1959.A l\u2019aéroport de Santiago de Cuba, la deuxième ville du pays, il a été accueilb par le président Raül Castro avec lequel il aura aujourd\u2019hui des entretiens officiels à La Havane.«Je porte en mon cœur les justes aspirations de tous les Cubains, a affirmé le pape à son arrivée à Santiago de Cuba.Je porte dans mon cœur les justes aspirations et les désirs légitimes de tous les Cubains, où qu\u2019ils se trouvent, leurs souffrances et leurs joies, leurs préoccupations et leurs souhaits les plus nobles, et de manière spéciale ceux des jeunes et des personnes âgées, des adolescents et des enfants, des malades et des travailleurs, des prisonniers et de leur famille, ainsi que ceux des pauvres.» Qn ignore s\u2019il rencontrera lors de son séjour Eidel Castro, frère aîné de Raül, ou le président vénézuélien Hugo Chavez, arrivé à Cuba durant le week-end pour suivre des séances de radiothérapie contre le cancer dont il souffre.Le pape se rend aujourd\u2019hui au sanctuaire d\u2019El Cobre, près de Santiago, dans les montagnes de la Sierra Maestra.Cette visite pontificale coïncide avec le 400® anniversaire de la découverte par des pêcheurs d\u2019une fibrine représentant la Vierge, flottant dans ime baie.Le pape célébrera également une messe demain à La Havane.«Je porte en mon cœur les justes aspirations de tous les Cubains » Depuis le rétablissement de la liberté rebgieu-se en 1991, et plus ençore depuis le voyage de Jean Paul II en 1998, l\u2019Eglise cathobque est redevenue à Cuba l\u2019institution la plus influente sur le terrain social, en dehors du gouvernement.Raül Castro la soUicite régulièrement sur des questions liées aux prisonniers politiques ou à la sortie processive d\u2019une économie de type soviétique, ce qui passe par la suppression de nombreux postes dans la fonction pubbque.Vendredi, Benoît XVI a toutefois lancé une pique inattendue au régime de La Havane en évoquant devant la presse l\u2019échec du système communiste sur l\u2019île et la nécessité d\u2019un nouveau modèle économique.Un plaidoyer qui est loin de faire l\u2019unanimité parmi les Cubains, y compris chez les cathobques.«Tous les Cubains aimeraient que la visite du pape ait des répercussions qui aident à la levée de l\u2019embargo [améri-mais nous n\u2019avons pas besoin d\u2019un nouveau système», assure Sergio Teyes, 40 ans, qui promène les touristes à La Havane dans sa vieiUe Chevrolet.Le pape n\u2019a pas prévu ,de rencontrer les opposants cubains, a précisé l\u2019Egbse.Les Dames en blanc, organisation de la dissidence, ont défilé dimanche à La Havane.«Nous demandons une minute avec le Saint-Père.Nous voulons qu\u2019il connaisse la réalité actuelle du peuple cubain», a dit Berta Soler, qui dnige le groupe.Depuis 2003, ce groupe manifeste chaque dimanche pour réclamer la libération de tous les prisonniers pobtiques de Cuba.Agence France-Presse et Reuters cain], L\u2019offensive militaire se poursuit en Syrie Kofi Annan se rend en Chine aujourd\u2019hui Damas \u2014 L\u2019armée sjnienne a mené hier des offensives meurtrières contre plusieurs villes rebelles, notamment Homs pilonnée depuis une se-mabie, à la veüle d\u2019une mission en Chine de l\u2019émissaire Kofi Annan pour obtenn de cet allié du régime un appui renforcé à son plan de paix.Avant Pékin, M.Annan, émissaire de l\u2019QNU et de la Ligue arabe, a obtenu dimanche à Moscou l\u2019appui du président Dmitri Medvedev, un autre allié du pouvoir syrien, qui a demandé au président Bachar al-Assad d\u2019approuver ce plan pour «éviter la guerre civile».M.Annan a reçu une nouvelle réponse des autorités syriennes à ses propositions qu\u2019il va étudier avant d\u2019y répondre «très prochainement» et a refusé de fixer des délais pour le processus de règlement en Syrie.Son plan, également soutenu par Washington, préconise la cessation des violences par le régime et ses opposants, la fourniture d\u2019aide humanitaire, la bbération des personnes détenues arbitrairement, et un dialogue pobtique., La secrétane d\u2019Etat américaine, Hblary Cbnton, sera à partir de vendredi en Arabie Saoudite pour parler du dossier syrien, avant de participer dimanche à Istanbul à la conférence internationale des «Amis de la Syrie» pour discuter des moyens d\u2019aider l\u2019opposition au régime Assad.Les biitiatives diplomatiques, les pressions biternationales et les sanctions n\u2019ont pas empê- ché les forces du régime de contbiuer leur répression de la révolte avec des assauts et bombardements des villes rebelles, des perquisitions, des arrestations et des tortures, selon les mbitants.Les violences Dans le même temps, les combats entre soldats et mib-tanes dissidents se sont intensifiés, ces derniers disant prendre les armes pour défendre leurs cités et les civils.Des campagnes d\u2019arrestations ont été menées à Deraa et Den Ezzor et des opérations sé-curitanes ont été lancées près de Damas et à Alep.La région de Hama a été aussi attaquée.Des combats ont par aibeurs eu lieu entre soldats et déserteurs près de la frontière turque et près de la capitale Damas, selon l\u2019QSDH.L\u2019armée tente de reprendre le contrôle des hauts beux de la contestation, le régime accusant les mbitants et les rebelles d\u2019être des Les initiatives diplomatiques, les pressions internationales et les sanctions n\u2019ont pas empêché les forces du régime de continuer leur répression face à l\u2019impuissance de la communauté internationale à obtenir un arrêt de la répression.Les violences ont encore tué 32 personnes, dont 19 civbs, 11 soldats et deux déserteurs, selon l\u2019Qbservatoire syrien des droits de l\u2019Homme (QSDH).Depuis une semabie, l\u2019armée pilonne sans relâche de nombreux quartiers de la ville de Homs où neuf civils dont deux enfants ont péri, a précisé l\u2019QNG.L\u2019armée a mené des assauts dans la provbice d\u2019Idleb, où elle a aussi affronté des déserteurs, selon les mibtants.Dans la localité de Saraqeb, les opérations militaires en cours depuis samedi ont poussé 70 % des habitants à la fuite et fait 18 morts, dont des femmes et des enfants, a précisé l\u2019QSDH.«terroristes à la solde de l\u2019étranger».Malgré l\u2019escalade du régime, M.Annan a dit, selon les médias russes, qu\u2019il revenait aux Syriens de décider si M.Assad devait quitter le pouvoir, alors que les Qccidentaux réclament avec insistance le départ du président syrien accusé de «tuer son peuple».Après avoir bloqué deux résolutions condamnant la répression du mouvement de contestation en Syrie où les violences ont fait plus de 9100 morts en un an, selon l\u2019QSDH, la Chine et la Russie ont voté en faveur d\u2019une déclaration à l\u2019QNU soutenant le plan Annan.L\u2019opposition sjnienne a critiqué la déclaration du Conseil de sécurité, excluant toute solution politique avant un départ de M.Assad.Agence France-Presse EN BREF G.-B.: Cameron contraint de se justifier Londres \u2014 Le premier ministre britannique, David Cameron, au cœur d\u2019une affaire de trafic d\u2019bifluence, a tenté de calmer le jeu hier en reconnaissant avon dîné à quatre occasions à Downbig Street avec des donateurs «importants», dont le Parti conservateur a publié les noms.Le chef du gouvernement a été contraint de se justifier après la démission dimanche du trésorier du Parti conservateur, Peter Cruddas, soupçonné d\u2019avon monnayé un accès privbégié à M.Cameron.«Depuis deux ans que je suis premier ministre, il y a eu trois occasions où des donateurs importants sont venus dîner à mon appartement En plus de cela, un dîner auquel ont participé des donateurs a été organisé immédiatement après les élections générales à Downing Street», a déclaré M.Cameron, peu avant que son parti ne publie le nom d\u2019une petite trentaine de donateurs reçus entre juibet 2010 et février 2012.«Aucun de ces dîners n\u2019était destiné à lever des fonds et aucun de ces dîners n\u2019a été payé par les contribuables», a-t-b affirmé.- Reuters Deux soldats de riSAF abattus par un soldat afghan Un homme portant l\u2019uniforme de l\u2019armée afghane a tué hier deux militaires de l\u2019QTAN dans le sud de l\u2019Afghanistan, a annoncé la Porce internationale d\u2019assistance à la sécurité QSAE).«Il semble qu\u2019un membre de l\u2019armée nationale afghane ait ouvert le feu à l\u2019entrée du QG britannique de la localité de Lashkar Gah, tuant deux militaires britanniques», a déclaré le ministre britannique de la Défense, Philip Hammond, devant les Communes à Londres.- AFP Obama annonce sa retraite ! Washbigton \u2014 Le président des Etats-Unis, Barack Qbama, a confié qu\u2019il cesserait bientôt ses activités d\u2019entraîneur bénévole de l\u2019équipe de basket de sa fille cadette, la responsabbité qui a été selon lui la plus amusante pour lui ces dernières années.M.Qbama, qui quitte souvent la Maison-Blanche pendant les week-ends pour re-jobidre l\u2019équipe de basket de sa fille Sasha, 10 ans, a expbqué à l\u2019antenne de la chaîne de télévision sportive ESPN qu\u2019b avait conquis ce mandat informel d\u2019entraîneur en pointant les carences de l\u2019encadrement.«Reggie et moi\u2014Reggie Love est mon ancien assistant \u2014 observions les matches, et on en voyait qui jouaient perso, les filles ne savaient pas où se placer», s\u2019est rappelé M.Qbama.Avant de rejobidre la Maison-Blanche, M.Love était champion de basket universitaire.Mais M.Qbama a reconnu qu\u2019il devrait bientôt abandonner ses fonctions d\u2019entraîneur.«En vérité, au fur et à mesure qu\u2019elles s\u2019amélioreront, elles auront des entraîneurs qui seront bien meilleurs que moi, et je pense que je me retirerai dans les gradins très bientôt», a-t-b dit.-AFP Dix morts en Libye Tripob \u2014 Plus de dix personnes ont été tuées hier dans des affrontements entre des membres de la tribu des Tou-bous et les habitants de la vble de Sebha (sud), a-t-on appris auprès de responsables locaux.«Pim de dix personnes ont été tuées aujourd\u2019hui [lundi] dans des affrontements violents entre les Toubous et les habitants de la ville» située à 750 km au sud de Tripob, a bidiqué Abdetahma-ne Seif al-Nasr, chef de sécurité de la région de Pezzane (sud).Selon Ab Al-Dhib, un ex-rebebe joint par téléphone à Sebha, les affrontements ont eu beu au centre de la vibe et ont fait entre 15 et 20 morts parmi les habitants.«Nous avons récupéré les locaux du conseil militaire qui avait été occupé par les Toubous.Les combats continuent et sont de plus en plus violents», a-t-b ajouté.-AFP A 8 LE DEVOIR LE MARDI 27 MARS 2012 EDITORIAL Nouveau parti démocratique Se renouveler Thomas Mulcair a fait son entrée hier aux Communes, mais l\u2019affrontement entre le nouveau chef du Nouveau Parti démocratique et le premier ministre Stephen Harper n\u2019aura lieu que plus tard cette semaine, en raison de Tahsence de ce dernier.Sans attendre, néodémocrates, conservateurs et li-héraux ont néanmoins monté le ton d\u2019une octave, promesse d\u2019une dure bataille à venir.c Bernard Descôteaux est pour mener cette bataille que les militants néodémocrates ont choisi samedi, entre tous, Thomas Mulcair pour leur chef, l\u2019estimant le plus apte à affronter Stephen Harper, à le pousser dans ses retranchements et à prendre sa place.Le bagarreur instinctif qu\u2019il est donnera certainement un bon spectacle.Déjà hier, on sentait la différence que fait le ton Mulcair dans sa façon de poser ses questions et de chercher la faille dans les réponses des ministres.Le choix des néodémocrates a été inspiré par le goût du pouvoir qu\u2019ils croient à portée de main maintenant qu\u2019ils forment l\u2019opposition officielle.Ils ont mis de côté ce réflexe naturel qui a été leur pendant 50 ans de rester dans le sillon des valeurs historiques auxquelles ils se rattachent instinctivement.Réflexe qui, au point de départ, leur faisait rejeter ce «corps étrangep>, comme certains ont qualifié le nouveau chef.Ils ont adhéré à sa stratégie consistant à vouloir fédérer tous les progressistes du Canada et du Québec autour d\u2019une idée toute simple: faire barrage à la ré-^\t~ volution conservatrice de Stephen Harper qui menace les acquis sociaux.V '\tAdhérer à une stratégie n\u2019est pas tout.En- ¦\t1k faut-il assumer les choix implicites qu\u2019el- H .\t^ le suppose.Pour être le parti fédérateur ou- ¦\t\\ X- N.\\ l ygj-j ^ igg progressistes de toutes tendances et nuances, encore faut-il pouvoir être perçu comme tel.11 ne suffit pas d\u2019inviter les électeurs à se rallier, il faut que ceux-ci se reconnaissent dans ce parti.Or, dans cette course au leadership, on a bien peu parlé de ce que signifiera cette ouverture.Prudent, Thomas Mulcair a évoqué à plusieurs reprises la nécessité de moderniser le vocabulaire néodémocrate et d\u2019adapter le discours aux réalités de chaque région du pays, comme il l\u2019a fait au Québec.Mais sans plus.Dire cela et ne rien dire est à peu prés la même chose.Un discours politique s\u2019appuie sur des valeurs, qui, dans le cas du NPD, sont certes bien définies, et sur des politiques qui incarnent ces valeurs.Ces politiques peuvent être à gauche, très à gauche, ou au centre gauche, toujours en s\u2019inspirant des mêmes valeurs.11 faut savoir.Pendant la course au leadership, les militants ont voulu faire l\u2019économie de ce débat pour ne pas se diviser.Ce serait une lourde erreur de persister dans cette voie.Certes, on pourrait se limiter à chercher à coaliser les progressistes autour de la lutte contre les politiques du gouvernement Harper.Le sentiment anti-Harper est tel aujourd\u2019hui à travers le Canada qu\u2019ü est permis de penser que Thomas Mulcair, s\u2019il se fait le champion de cette lutte, pourrait arriver à gagner la prochaine élection.Après tout, ne dit-on pas que l\u2019on n\u2019élit pas un gouvernement, mais que l\u2019on en défait un.Mais personne ne serait dupe.Être contre ne suffit pas.Depuis 50 ans, le NPD se dit un nouveau parti.Rationnellement, il a accepté l\u2019idée de se moderniser.11 lui faut maintenant dire aux électeurs en quoi il peut être un «nouveau» Nouveau Parti démocratique.11 a trois ans devant lui pour préparer un programme qui sera, il ne faut pas qu\u2019il l\u2019oublie, un programme de gouvernement et non d\u2019opposition.SNC-Lavalin Une sale affaire Jean-Robert Sansfaçon oin de la banale affaire de mauvaise gestion, la crise qui frappe SNC-Lavalin a des odeurs de scandale financier d\u2019importance.La démission, hier, de Pierre , Duhaime, le chef de la direction, n\u2019est pas le résultat ^ des seuls déboires récents de SNC-Lavalin en Libye.11 s\u2019agit d\u2019une opération de camouflage qui implique le versement de 56 millions de dollars à des «agents» de représentation qui devaient servir d\u2019intermédiaires pour l\u2019obtention de contrats.Selon les conclusions trop peu détaillées, mais tout de même incriminantes de l\u2019enquête effectuée à la demande du conseil, M.Duhaime aurait passé outre aux décisions négatives de cadres subalternes pour autoriser lui-même le versement de sommes importantes à des tiers non identifiés pour des projets tout aussi mystérieux, et accepté par la suite que ces dépenses soient attribuées à d\u2019autres projets.Selon ce rapport, «l\u2019examen indépendant n\u2019a révélé aucune preuve directe et concluante établissant la nature des services ou des actions entreprises par le prétendu agent, ni sa véritable identité.Selon l\u2019information recueillie, la contrepartie visée semble fictive et la véritable partie intéressée à l\u2019opération ne semble pas être une personne physique figurant dans les re- gis^res publics».À qui est allé l\u2019argent?À quoi a-t-il servi?Au nom de qui cet intermédiaire agissait-il?S\u2019agit-il de pots-de-vin, de bakchichs si fréquents dans plusieurs pays où les multinationales s\u2019arrachent les contrats publics?Chaque fois que SNC-Lavalin a été impliquée dans une histoire louche ces derniers mois, la direction a rejeté les accusations sur le dos d\u2019individus isolés qui n\u2019auraient pas respecté le code de déontologie de l\u2019entreprise.Ce fut le cas lorsqu\u2019on a appris que la police enquêtait au sujet de présumés pots-de-vin versés au Bangladesh.Èt, plus récemment, lors du congédiement de deux hauts dirigeants impliqués dans les déboires de la société en Libye.Les mêmes individus qui sont mis en cause aujourd\u2019hui, aux côtés du grand patron.Impossible que le problème soit le fait d\u2019individus isolés! Cette affaire est trop grave pour qu\u2019on laisse l\u2019entreprise la régler à l\u2019interne.La justice québécoise et l\u2019autorité réglementaire doivent enquêter sur ce qui a toute l\u2019apparence d\u2019un modus vivendi qui pourrait s\u2019étendre à d\u2019autres sociétés actives sur la scène internationale.11 y a déjà trop longtemps qu\u2019on soupçonne nos plus grandes firmes de génie d\u2019avoir appris ailleurs à faire de bonnes af faires avec les gouvernements.Que la lumière soit faite, parce qu\u2019il faut que ça cesse! LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO L\u2018Aiwv?KiTHCATRE Df\tFfTÎTP^U(4lt AaÊMC fAUAiT m 24)11-03-1-7 LETTRES La porte ouverte J\u2019ai toujours eu une réserve quant à la stratégie gouvernementale dans ce conflit avec les étudiants.La porte d\u2019un premier ministre ou d\u2019un(e) ministre doit toujours demeurer ouverte, accessible à ceux qui y frappent.Les ponts (sans référence à l\u2019épisode du pont Champlain.) doivent demeurer ouverts.Le dialogue doit être possible.Le gouvernement doit rester à l\u2019écoute, ce qui ne veut pas dire cependant qu\u2019il va nécessairement accepter les propositions du demandeur ou qu\u2019il va négocier avec celui-ci ou retarder constamment une décision.Mais la porte reste toujours ouverte.C\u2019était, je crois, la méthode de Robert Bourassa.Elle semble lui avoir réussi.Michel Lebel Entrelacs, le 22 mars 2012 Des idées pour le ministre Monsieur Rajmiond Bachand, Je veux exprimer mon profond mécontentement à l\u2019égard de l\u2019introduction récente de la taxe-santé et de l\u2019au^entation draconien- Des précisions ne des droits de scolante et des tarifs d elec-\t^ tricité prévue par votre gouvernement Le financement du modèle social-démocrate québécois a historiquement reposé sur l\u2019impôt progressif, qui est la formule la plus équitable puisqu\u2019elle consiste à prélever sur le revenu des sommes proportionnelles à la capacité de payer de chacun.L\u2019approche de l\u2019utilisateur-payeur de votre gouvernement d\u2019obédience néolibérale ne bénéficie qu\u2019aux plus nantis.au détriment des couches les plus défavorisées de la population.11 vous faut pjus d\u2019argent pour renflouer les coffres de l\u2019État?Voici déjà une liste non exhaustive de quatre suggestions plus équitables, Monsieur Bachand: 1.\tCessez le financement des écoles privées à hauteur de 60 %! 2.\tAugmentez le nombre de paliers d\u2019imposition pour le faire passer de 3 à 10.3.\tTaxez davantage les entreprises afin de rattraper la moyenne canadienne puisque le Québec est la province où les entreprises sont parmi les moins imposées au pays! Voilà une moyenne qu\u2019il serait plus pertinent de rattraper au lieu de la moyenne canadienne des droits de scolarité! 4.\tPuisez dans les revenus anticipés que nous procurera l\u2019exploitation (responsable et équitable?) des ressources minières et naturelles du nord du Québec.Paul Eid Professeur, UQAM Le 21 mars 2012 Dans son article du 22 mars dernier, intitulé «Les policiers et les civils aux antipodes», M.Myles a présenté de façon fort réductrice la proposition de Vision Montréal concernant un Observatoire civil des pratiques policières menant à une enquête poHcière.D\u2019abord, cet Observatoire composé de sept personnes issues des milieux de l\u2019enseignement de la criminologie, des techniques policières et de civils aura un mandat d\u2019enquête, et c\u2019est la raison par laquelle, à l\u2019instar de la Protectrice du citoyen, nous demandons que les membres qui siégeront à l\u2019Observatoire aient un statut d\u2019enquêteur civil.Aussi, les membres de l\u2019Observatoire, à la demande du ministre de la Justice, vont être saisis d\u2019un mandat d\u2019enquête lorsqu\u2019il y a mort ou blessures graves d\u2019individus.Cette enquête remplacera celle effectuée par les corps policiers, elle sera transmise au ministre de la Justice et au Directeur des poursuites pénales et criminelles.Cependant, seul le Directeur est habileté à engager des poursuites criminelles au nom de la Couronne.J\u2019espère que ces quelques explications permettront d\u2019élucider le rôle de l\u2019Observatoire que nous proposons.Réal Ménard Maire de l\u2019arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve Le 22 mars 2012 Réponse M.Ménard, l\u2019espace n\u2019est pas illimité dans les journaux.Lors de la dernière journée d\u2019étude du projet de loi 46, six groupes, dont Vision Montréal, ont présenté leurs arguments.J\u2019ai tenté de résumer le plus fidèlement possible la journée et l\u2019ensemble des travaux.Je vous invite à ne pas assimiler un exposé succinct à un exposé réducteur.Brian Myles LIBRE OPINION Mon fils, un Mohamed Merah québécois ?ABDELAZIZ DJAOUT Montréal Les actes commis présumément par le Français «d\u2019origine algérienne et de confession musulmane» Mohamed Merah sont atroces.Faucher la vie d\u2019adultes et d\u2019enfants, de personnes innocentes, qu\u2019importent les motifs, ne se justifie tout simplement pas.La condamnation de ces actes de notre part, musulmans comme non-musulmans, doit donc être totale, définitive et sans condition.Avec et au-delà de cette condamnation, nos pensées vont aux familles des victimes.Cela pour l\u2019acte abominable.Mais qu\u2019en est-il de ce jeune Français issu de l\u2019immigration, de Mohamed Merah lui-même?Au risque d\u2019en offusquer certains, je ne peux m\u2019empêcher de le regarder avec affection.Encore une fois, non pour excuser son geste funeste, l\u2019injustifiable qu\u2019il a perpétré.Non.C\u2019est plus simplement parce qu\u2019il me rappelle mon fils.Oui, mon fils qui, comme Merah, est un adolescent, d\u2019origine algérienne, de confession musulmane, né dans un pays qui n\u2019a pas vu naître ses parents.Issu donc de l\u2019immigration comme Merah, mon fils porte aussi les convictions musulmanes et les aléas du parcours migratoire de ses parents.Merah me rappelle également mon fils pour une raison plus fondamentale, peut-être même plus inquiétante.Sans renier son appartenance québécoise, mon fils m\u2019avoua récemment ne ressentir aucune fierté de cette appartenance.Explicitement, il dit se savoir et se sentir Québécois, mais rien de plus.Cette appartenance, paradoxalement, ne lui procure ni amour pour le Québec ni volonté sincère de le servir.Dès lors, je l\u2019interrogeai sur le pourquoi de cette appartenance stérile, anémique et contre-productive.L\u2019histofre du Québec, si elle n\u2019est certainement pas un film d\u2019action comme il les aime, reste jalonnée de résistances et de réalisations culturelles, sociales, politiques et économiques dont un jeune Québécois peut légitimement en être fier.Pourquoi donc son déficit de fierté d\u2019appartenance?Sa réponse me renvoya à ces machines médiafico-politiques inlassables qui amplifient et instrumentalisent la prétendue «étrangeté dangereuse» de l\u2019islam et de ses adeptes, des immigrants et de leurs différences.En effet, pour mon fils, rien, absolument rien, de ses convictions ou de ses pratiques, ne semble plaire à ses concitoyens.Que dis-je, pour lui et pour eux, tout, absolument tout, du fichu porté par leur mère au morceau d\u2019agneau hallal qui garnit leur plat préféré, dérange dorénavant et apeure.Ces jeunes, par la force de ce matraquage politico-médiatique xénophobe et isla-mophobe, sont de plus en plus conscients que, dans l\u2019imaginafre collectif de leur société, ils ne sont plus seulement différents, Québécois ou Français à leur manière.Ils sont, ou plus justement leur image et celle de leurs parents est présentée comme étant non seulement étrangère et étrange, mais le plus souvent comme dangereuse et menaçante pour des identités «sou-chiennes» mythiques, qui seraient, selon des démagogues de plus en plus nombreux, aussi uniformes qu\u2019hermédques.Heureusement que mon fils ne partage pas les indignités du statut social et économique de Merah.Mais ce n\u2019est là que maigre compensation.Car, malheureusement, au Québec comme en France, de plus en plus de jeunes de confession musulmane issus de l\u2019immigration maghrébine souffrent ces indignités.Plus que toute conviction religieuse, n\u2019est-ce pas ce cocktail mortel d\u2019une identité stigmatisée doublée de conditions socio-économiques difficiles qui a produit le Français Merah?Qui peut nier que le Québec d\u2019aujourd\u2019hui voit aussi, à l\u2019exemple de la France, l\u2019émergence d\u2019un discours médiatique, mais aussi plus dangereusement politique, de plus en plus d\u2019extrême droite et islamophobe?[.] Merah, selon tous les témoignages de ceux qui l\u2019ont connu, n\u2019était en rien un religieux et encore moins un fondamentaliste.11 portait plutôt la rage folle et meurtrière d\u2019un désœuvrement, aussi bien socio-économique qu\u2019identitafre, auquel les politiciens de son pays ne s\u2019intéressent que pour autant qu\u2019ils puissent l\u2019instrumentaliser pour les besoins de leurs manœuvres populistes et électoralistes.Et il faut donc pouvoir le dfre: les victimes de cette rage sont aussi celles de cette instrumentalisation.Quant à mon fils, et à tous les jeunes qui lui ressemblent, un seul mot: la voie de la violence fait le jeu de ceux qui alimentent vos malaises identitaires pour mieux les instrumentaliser.Par ce genre d\u2019actes, vous ne feriez, en effet, que servir les plans machiavéliques de vos bourreaux.Au contrafre, c\u2019est en vous engageant corps et âme, mais pacifiquement, dans les luttes sociopolitiques et économiques de votre pays que vous pourriez fafre échec à leurs plans.Chemin faisant, vous pourriez certainement nourrir votre fierté à l\u2019égard de votre terre natale et envers votre appartenance au peuple québécois.[.] LE DEVOIR LE MARDI 27 MARS 2012 A 9 IDEES Pour la hausse Démocratie, idéologie et démagogie KARL W.SASSEVILLE Etudiant en communication et politique à l\u2019Université de Montréal entrée de jeu, je tiens à D\tmettre cartes sur table: je suis ce que M.Gabriel Na-deau-Dubois, porte-parole i/ de la Coalition large de l\u2019ASSE (CLASSE), consi-I\tdère comme un hérétique dont tous les arguments sont invalides en raison de ses convictions politiques personnelles.Autrement dit, je crois en la viabilité du libéralisme politique et, comble de l\u2019hérésie, à celle de son corollaire économique, le capitalisme.J\u2019adhère avec fierté aux valeurs progressistes dont cette philosophie politique est imprégnée, valeurs auxquelles nous devons l\u2019éclosion et la propagation de la démocratie moderne, aussi appelée démocratie libérale.En raison de ces convictions profondes et de l\u2019indéniable humanisme qui se dégage de cette philosophie politique héritée des Lumières, je m\u2019identifie davantage au PLQ et au PLC qu\u2019à d\u2019autres partis politiques provinciaux ou fédéraux.M\u2019est avis que ces partis sont les plus aptes à promouvoir le progrès social et à assurer la santé économique nécessaire à la pérennité de toutes mesures visant à diminuer les inégalités économiques et sociales.Pour autant, cela ne fait pas de moi un être dépourvu de ses capacités de raisonnement.N\u2019en déplaise à M.Nadeau-Dubois, une étude sommaire de l\u2019histoire de ses partis politiques et de leurs contributions respectives à l\u2019édification du Québec et du Canada permet d\u2019établir indubitablement leur attachement auxdites valeurs progressistes, même si lesdits partis n\u2019ont pas toujours été irréprochables sur le plan éthique.Guerre idéologique [.] De nombreux députés du PQ arborent le fameux carré rouge, et aux yeux des leaders de la CLASSE, la participation des membres de ce parti au débat est légitime alors qu\u2019a contrario, les intervenants associés de près ou de loin au PLQ ne peuvent participer au débat sans être accusés de faire du lobbying pour le gouvernement.C\u2019est le bien contre le mal, la gauche, humaine et généreuse, contre la droite capitaliste, sauvage et nombriliste.Quelle place laisse-t-on au pragmatisme dans ce débat qui s\u2019est transformé en guerre idéologique où tous les intervenants sont condamnés à l\u2019hémiplégie?L\u2019accessibilité aux études postsecondaires est importante aux yeux de l\u2019ensemble des Québécois qu\u2019ils soient de droite, de gauche ou plus modérés.L\u2019obsession égalitariste des leaders de la CLASSE me rappelle cette phrase de Raymond Aron, sans doute l\u2019un des plus illustres de tous les inconnus: «L\u2019égalitarisme doctrinaire s\u2019efforce vainement de contraindre la nature, biologique et 1 © RENDRE WjePATIONA frUOE'NTi JACQUES NADEAU LE DEVOIR Tous les étudiants ne sont pas opposés à la hausse des droits de scolarité, contrairement à l\u2019impression que pouvait donner la manifestation nationale de jeudi dernier.sociale, et il ne parvient pas à l\u2019égalité, mais à la tyrannie.» Le libertarisme ou libertarianisme radical n\u2019est pas plus envisageable puisqu\u2019il mène immanquablement à l\u2019accroissement des inégalités sociales et économiques.11 faut «déradicali-ser» le débat.Personne ne souhaite que la fréquentation universitaire s\u2019amenuise, mais personne ne souhaite que la qualité de l\u2019enseignement universitaire diminue en raison d\u2019un manque de ressources financières.Équité intergénérationnelle La hausse proposée est importante, mais raisonnable pour la plupart des étudiants.Pour ceux dont les revenus sont plus modestes, le système de prêts et bourses sera indexé, car partiel- lement bonifié par la hausse des droits.Eaut-il piger dans les poches de ceux qui bénéficieront le plus de cet investissement dans leur instruction ou dans les poches des travailleurs actuels et des générations futures?11 est ici question d\u2019équité intergénérationnelle.L\u2019argument selon lequel les étudiants rembourseront leurs études en payant des impôts une fois leur diplôme en poche ne tient plus la route dans le contexte socio-économique québécois.L\u2019inversement de la pyramide sociale fait en sorte que nous serons de moins en moins nombreux à contribuer au financement des dépenses publiques alors que le nombre de bénéficiaires ne cessera d\u2019augmenter.Est-il plus souhaitable de couper des fonds dans les régimes de retraite de nos aînés, d\u2019abolir les garderies à 7 $ par jour ou de privatiser, ne serait-ce que partiellement, le système de santé?Dans le contexte de mondialisation actuelle, peut-on se permettre d\u2019alourdir le fardeau fiscal des entreprises et des mieux nantis au risque bien réel de faire fuir les emplois et la richesse?Telles sont les questions qui devraient être débattues.Le «poids de l\u2019oppression»?Le discours des leaders de la CLASSE lors de la manifestation du 22 mars témoigne de la polarisation extrême du débat.Ils y dénoncent les supposées dérives néolibérales du gouvernement et se disent solidaires de tous ceux qui, comme eux, «portent le poids de l\u2019oppression».D\u2019une parL malheureusement, il semble que les leaders du mouvement de contestation confondent libéralisme économique et néolibéralisme.Qr, s\u2019il ne fait aucun doute que le gouvernement actuel n\u2019est pas socialiste, il est tout aussi évident qu\u2019il n\u2019est pas en faveur du libre marché absolu que défend l\u2019idéologie néolibérale comme l\u2019a définie Milton Eriedman.D\u2019autre part, l\u2019emploi du terme «oppression» est nettement exagéré, voire grossier.Le gouvernement du Québec a été élu démocratiquement par l\u2019entremise d\u2019un processus infiniment plus transparent que celui qui a permis aux diverses associations étudiantes de se doter de mandats de «grève».J\u2019éprouve un certain malaise devant la démagogie de ces propos lorsque je pense aux milliers, même aux millions d\u2019individus subissant l\u2019oppression de réelles dictatures.[.] Légitimité de la grève Pourquoi les associations étudiantes n\u2019ont-elles pas tout fait pour maximiser la représentativité des votes de «grève» et conséquemment, la légitimité des mandats de «grève»?Comment les leaders de la CLASSE peuvent-ils accuser un gouvernement démocratiquement élu d\u2019opprimer la population alors que la représentativité du mouvement de contestation par rapport à l\u2019ensemble de la population étudiante demeure douteuse?Partout à travers la province, sauf exception, les taux de participation aux assemblées générales des diverses associations étudiantes sont risibles.Ne me dites pas que personne n\u2019a pensé à tenir un vote référendaire ou un vote prolongé qui aurait permis à tous les étudiants d\u2019enregistrer leur vote secrètement dans un local prévu à cet effet et durant une période de quelques jours qui aurait été dûment annoncée au préalable.Si les comités exécutifs de la grande majorité des associations étudiantes de la province ont décidé d\u2019a^r de la sorte, c\u2019est peut-être parce qu\u2019ils craignaient les résultats d\u2019une démarche véritablement démocratique.S\u2019agit-il d\u2019une ^action concertée ou d\u2019une simple coïncidence?Avons d\u2019en juger, disons juste que, parfois, le hasard fait drôlement bien les choses.Contre la hausse A qui profite la hausse ?Aux institutions financières L ESTELLE GRANDBOIS ET MATHIEU ST-ONGE Doctorants en sociologie à l\u2019Université du Québec à Montréal MAXIME LEERANÇOIS Doctorant en sociologie à l\u2019Université Laval e débat sur la hausse des droits de scolarité a jusqu\u2019ici surtout porté sur la répartition des responsabilités face au financement des études universitaires.Tandis que les contributions des différents acteurs ont été discutées, un joueur pourtant central dans notre modèle de financement éducatif a été laissé dans l\u2019ombre.11 s\u2019agit des institutions financières privées, à notre avis un des seuls bénéficiaires directs de la hausse des droits de scolarité.En effet, celle-ci devrait se traduire pour ces institutions par une augmentation des profits réalisés par l\u2019entremise des intérêts perçus sur les prêts étudiants.Cette augmentation sera corollaire de celle de l\u2019endettement qui est à prévoir parmi la population étudiante, car avant de se réaliser comme un investissement, tel qu\u2019on tente présentement de nous les faire concevoir, les études universitaires nécessitent d\u2019abord pour plusieurs un endettement non négligeable.Au Québec, ce rapport d\u2019endettement est principalement articulé et garanti par le Programme d\u2019aide financière aux études (AEE).Contrairement au programme fédéral de prêts directs, le programme québécois exige que les étudiants admissibles contractent des prêts auprès d\u2019institutions financières privées.Durant leurs études, les intérêts mensuels à verser sur ces prêts sont assumés par le gouvernement.Les données du ministère de l\u2019Education indiquent que de 1989 à 2008, 1,4 milliard de dollars ont ainsi été versés en intérêts seulement aux institutions financières par le gouvernement du Québec.Pour l\u2019année 2007-2008, année où fut amorcée une augmentation des droits de scolarité échelonnée sur cinq ans, les intérêts ainsi versés par le gouvernement se sont chiffrés à près de 79,6 millions, comparativement à 74,2 millions pour l\u2019année 2006-2007.Pour l\u2019année 2016-2017, soit au terme de la plus récente hausse décrétée par le gouvernement libéral, l\u2019Institut de recherche en économie contemporaine QREC) estime qu\u2019entre 3,4 et 5,6 millions en intérêts supplémentaires seront à verser aux institutions financières.Plans de remboursement Précisons que les émetteurs des prêts étudiants ne perçoivent pas uniquement, des intérêts provenant du gouvernement.A la suite d\u2019une courte période d\u2019exemption suivant la fin des études, les débiteurs, qu\u2019on espère maintenant salariés, ont à négocier avec leurs créanciers des plans de remboursement.Ils prennent alors aussi à leurs charges le versement des intérêts sur les prêts, et ce, à un taux plus élevé que celui dont a bénéficié le gouvernement.L\u2019Institut de recherche et d\u2019informations socio-économiques (IRIS) a calculé que, dans le cadre du remboursement des seuls prêts accordés durant l\u2019année 2006-2007, soit l\u2019année précédant la dernière vague de hausse, c\u2019est 32 millions en intérêts qui auront été versés aux institutions financières par les étudiants.Soulignons que les institutions financières qui perçoivent ces intérêts ne prennent aucun risque en émettant des prêts étudiants, puisque ceux-ci sont entièrement garantis par le gouvernement \u2014 y compris pour la période suivant les études \u2014 en plus d\u2019être exclus de la libération de dettes en cas de faillite du débiteur.Quoi qu\u2019en disent les institutions financières, ces dispositions font des prêts étudiants un placement non seulement très lucratif au regard du niveau de risque qu\u2019il implique, mais également très stable et prévisible, ce qui devient particulièrement intéressant en cette période de volatilité boursière.D\u2019ailleurs, dans les pays dont s\u2019inspire présentement le gouvernement libéral et qui ont déjà adopté des régimes de financement à contribution étudiante élevée, les prêts étudiants font l\u2019objet d\u2019importants marchés de titrisation.Programme national et emprunts personnels En s\u2019entêtant à vouloir rattraper les autres provinces canadiennes en ce qui a trait aux coûts des études universitaires, le gouvernement libéral risque de faire exploser l\u2019endettement des étudiants québécois, accentuant de facto leur dépendance envers les institutions financières privées.Au Québec, en 2009, les étudiants en dernière année de baccalauréat avaient contracté en moyenne une dette de 15 102 $, comparativement à 25 778 $ en Qnta-rio et à 26 680 $ pour la moyenne canadienne.Un écart qui s\u2019explique principalemenL selon le ministère de l\u2019Éducation lui-même, par le fait que les droits de scolarité sont moins élevés au Québec qu\u2019ailleurs au Canada.Ces chiffres ne considèrent que les prêts octroyés par l\u2019entremise du programme national de prêts et bourses, auxquels s\u2019ajoutent toutefois les emprunts effectués directement auprès des institutions financières, qui ne manquent pas d\u2019imagination pour offrir aux étudiants des produits et services «adaptés à leurs besoins» (marges et cartes de crédit étudiantes, prêts à taux préférentiel le temps des études).Prochaine crise : l\u2019endettement De plus, avec la hausse, il est à prévoir que nous assisterons non seulement à une croissance du niveau d\u2019endettement, mais également à une augmentation du nombre d\u2019étudiants endettés.Aux États-Unis, champions parmi les pays de l\u2019QCDE au chapitre du coût des études universitaires, s\u2019il y a effectivement une augmentation de la fréquentation des collèges et universités, celle-ci se traduit par une importante hausse de l\u2019endettement des individus et des familles.Selon le Consumer Einancial Protection Bureau, la dette étudiante américaine atteint actuellement mille milliards, un montant plus élevé que les dettes par cartes de crédit.Certains y entrevoient la prochaine crise de l\u2019endettement, qui, après la bulle hypothécaire, pourrait entraîner de plus en plus d\u2019individus vers la faillite et menacer la reprise économique.Au Québec, nous n\u2019en sommes pas encore là, mais l\u2019augmentation des droits de scolarité, qui se traduira par un accroissement de l\u2019endettement, accentuera encore une fois la pression sur les plus pauvres et sur la classe moyenne, pendant que les financiers, eux, continueront de s\u2019enrichir.La hausse des droits de scolarité aura ainsi comme conséquence majeure d\u2019accentuer le détour financier au sein de notre modèle de financement de l\u2019université.Par ce détour, que nous empruntons individuellement et collectivement, une ponction d\u2019intérêts toujours croissante sera prélevée par des institutions privées.Aux processus de privatisation et de marchandisation déjà mis de l\u2019avant par le gouvernement libéral, s\u2019ajoutera ainsi une forme de financiarisation de l\u2019éducation qui risque fort de s\u2019étendre aux autres services publics.L\u2019accessibilité aux études ne devrait en aucun cas dépendre de la capacité à s\u2019endetter, elle devrait être défendue comme un droit inaliénable, et son financement devrait être pris en charge collectivement à travers un système de transferts et d\u2019impôts réellement progressifs.C\u2019est ce modèle de solidarité intergénérationnelle que défend le mouvement étudiant, qui, loin d\u2019individualiser le problème de l\u2019accès aux études, est porteur d\u2019un projet de société où les personnes et le bien commun ont préséance sur le profit des banques et des caisses.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair-Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, QmcôccJFabien D&g]is&(société), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), Lisa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy et Amélie Daoust-BoisvertésawfcJ ; information politique : Michel Dsv\\d(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Guillaume 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internet), Marie-Pier Frappier et Geneviève Trembly (commis internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)', Karl Rettino-Parazelli et Sophy Lambert-Racine (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noel (Québec) .PUBOCITÉ , Jean de BiUy, Jennifer Boify-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald FÜion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur TJfeôJ,Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxim-Olivier Leclerc (responsable par intérim service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bifyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. A 10 LE DEVOIR, LE MARDI 27 MARS 2012 ACTUALITES HÏDBIMJUÉBEC SUITE DE LA PAGE 1 propositions ont été rejetées par Hydro-Québec lors de son appel d\u2019offres en vue d\u2019installer 3,8 millions de compteurs intelligents, dont les rapports seraient retransmis par l\u2019entremise d\u2019un réseau maillé de compteurs-émetteurs, et captés par des routeurs et des collecteurs.Aux audiences de la Régie de l\u2019énergie sur ce projet, Hydro-Québec a précisé que, pour mettre fin aux émissions de radio-fréquences de son compteur-émetteur, un technicien doit se rendre sur place pour sortir littéralement le modem du compteur et le réduire au silence.Cette contrainte,, propre au modèle retenu, a conduit la société d\u2019Etat à demander à la Régie d\u2019autoriser une «option retrait» qui permettrait aux clients hypersensibles, ou à d\u2019autres, de tarir cette source de radio-fréquences ,(RF).La société d\u2019Etat voudrait par contre facturer le recours à cette «option».Il en coûterait 98 $ pour détacher l\u2019émetteur et 17 $ par mois pour un rele- vé visuel par un employé.Avec les taxes, on parle d\u2019un montant de près de 350 $ la première année.De son côté, le modem-émetteur Varitron peut être désactivé à distance sans que personne ait à se déplacer.Il demeure alors en attente d\u2019un signal, sans émettre de radio-fréquences, jusqu\u2019à ce qu\u2019on l\u2019active de nouveau pour qu\u2019il transmette un autre rapport.Il peut ainsi être programmé pour produire un rapport chaque jour, ou une fois par semaine, par exemple.Mais là, précise Martial Vincent, on parle d\u2019une retransmission de quelques secondes, ce qui n\u2019a rien à voir avec les «conversations» entre compteurs du système choisi par Hydro-Québec.De leur côté, ces compteurs-émetteurs feraient six rapports de consommation par jour, mais leurs palabres avec les émetteurs voisins et le réseau de Rogers Communications pourraient produire jusqu\u2019à 1500 émissions par jour.Une expertise indépendante réalisée par l\u2019Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) indique que certains compteurs sur un tel réseau pourraient émettre jusqu\u2019à 3600 fois par jour.Selon Martial Vincent, le système Varitron peut à la fois transmettre ses rapports par radiofréquences, comme le système choisi par Hydro- Québec, mais en limitant les communications au minimum, ou par téléphonie cellulaire, ce qui mettrait le compteur en contact direct avec le centre de réception d\u2019Hydro-Québec.Cette solution pourrait être particulièrement attrayante dans les régions où les résidences sont parfois très éloignées les unes des autres.Une décision tarifaire?Est-ce qu\u2019Hydro-Québec a choisi délibérément un compteur, dont il faut extraire manuellement le modem-émetteur, moyennant facturation pour interrompre ses émissions de RE, afin de mettre en place un véritable «ticket modérateur», comme l\u2019appellent certains groupes, afin de décourager le recours à son «option retrait»?Martial Vincent refuse de commenter cette hypothèse.Mais, dans les faits, si la Régie accepte le projet présentement à l\u2019étude, elle pourrait bien être, selon certains groupes, en train de prendre une décision structurante de nature tarifaire, car ce choix exclurait la possibilité de doter le Québec d\u2019un appareil susceptible d\u2019être désactivé à distance, gratuitement.Ce qui impose dès lors la nécessité de déplacements et de tarifs.Par contre, si son modem-émetteur ne transmet que tous les sept jours, le client perdrait alors l\u2019option d\u2019obtenir par Internet sur une base quotidienne son rapport de consommation grâce à la fonction «Zig-bee», qu\u2019Hydro-Québec veut mettre en place pour, stimuler les économies d\u2019énergie.Mais la société d\u2019Etat obtiendrait de son côté un rapport hebdomadaire de la consommation, même horaire, de chaque client ayant choisi «l\u2019option retrait», ce qui compléterait son portrait de la demande.Hydro-Québec pourrait alors offrir les deux options à ses clients, ce qui serait conforme aux principes d\u2019acceptabilité sociale, conformément à la Loi sur le développement durable.L\u2019unique régisseur qui dirige l\u2019audience en cours, M\"^ Richard Lassonde, a tenu jusqu\u2019ici à ce que tout le monde s\u2019en tienne au «scénario sur la table», même si l\u2019analyse de la pertinence d\u2019un projet passe habituellement par l\u2019examen de différents scénarios afin de savoir si celui qui est retenu est le meilleur, le plus complet et le plus acceptable.Les règles de la Régie exigent que toute décision ayant des incidences tarifaires soit soumise à un banc de trois régisseurs.Le Devoir DGE SUITE DE LA PAGE 1 mité décidera, mais, pour l\u2019instant, la date qui est retenue est celle du 29 mars», indique Torn Lukiwski, un autre conservateur qui y siège.En tant qu\u2019agent du Parlement, Marc Mayrand peut exiger de comparaître en comité parlementaire et aucune majorité ne peut l\u2019en empêcher, explique-t-on en coulisse.M.Mayrand a exprimé ce désir il y a deux semaines dans un communiqué de presse faisant le point sur l\u2019enquête en cours.«En tant qu\u2019agent du Parlement, je serais heureux d\u2019avoir la possibilité de comparaître devant le comité parlementaire chargé des questions électorales afin de fournir des renseignements sur nos processus d\u2019enquête et d\u2019administration», avait-il écrit Contestation électorale Par ailleurs, le Conseil des Canadiens annoncera cet aprèsrmidi qu\u2019il conteste le résultat électoral du 2 mai dernier dans sept circonscriptions du pays.Les circonscriptions visées par la requête ont toutes été remportées par des conservateurs, et par des marges très minces dans six des sept cas: au Manitoba, Lawrence Toet a battu le néodémocrate Jim Maloney par 300 voix et sa collègue Joyce Bateman a délogé la libérale Anita Neville par 722 voix.En Saskatchewan, Kelly Block a battu son adversaire du NPD par 538 voix.Au Yukon, Ryan Left a détrôné le libéral Larry Bagnell par 132 voix.En Ontario, Joe Daniel a expulsé la libérale Yasmin Ratansi par 870 voix et son collègue Jay Aspin a battu le libéral sortant Anthony Rota par à peine 18 voix.Enfin, dans île de Vancouver Nord, le ministre John Duncan a gagné son siège avec 1827 voix d\u2019avance contre son rival néodémocrate.Selon la Loi électorale du Canada, un résultat électoral peut être contesté si quelque «irrégularité, fraude, manœuvre frauduleuse ou acte illégal ayant influé sur le résultat» est constaté.La contestation doit se faire dans les 30 jours suivant la publication du résultat officiel de l\u2019élection ou suivant la date à laquelle le requérant a appris que les irrégularités avaient été commises.C\u2019est le 23 février dernier que Postmedia News a publié son histoire fracassante, soit il y a 33 jours, mais rien n\u2019indique que c\u2019est le reportage qui servirait de référence pour ce décompte.Les appels frauduleux ont été signalés principalement dans la circonscription de Guelph, en Ontario, mais ailleurs aussi en Ontario.Le libéral Erank Vale-riote a conservé son siège de Guelph, augmentant même son avance par rapport à l\u2019élection précédente.Selon Elections Canada, 700 plaintes relatives à des appels frauduleux ont été reçues à la suite de l\u2019élection de 2011.L\u2019enquête a permis jusqu\u2019à présent de découvrir que c\u2019est un mystérieux personnage se faisant appeler Pierre Poutine qui a commandé les appels.L\u2019entreprise utilisée, RackNine, est proche du Parti conservateur et avait convenu de n\u2019offrir ses services pendant l\u2019élection qu\u2019à cette formation.RackNine n\u2019est pas soupçonnée d\u2019avoir agi de manière illégale.De nouveaux documents de cour rendus publics ce week-end révèlent que Pierre Poutine a contacté RackNine pour la première fois en appelant directement le propriétaire.Matt Meier, à un numéro de téléphone direct répertorié nulle part et en demandant à lui parler personnellement Herre Poutine a dit être recommandé par quelqu\u2019un du Parti conservateur.Selon ces documents, le compte de Pierre Poutine a servi à faire 7676 appels auprès de 6738 numéros de téléphone.(Certains numéros ont été contactés à plus d\u2019une reprise et certains appels n\u2019ont pas été fructueux.) Le tout a coûté 162,10 $.Ces documents indiquent aussi que Pierre Poutine avait enregistré un autre appel robotisé destiné aux résidants de Guelph.Cette fois, la voix robotisée prétendait appeler au nom de la campagne du libéral Erank Valeriote.Les appels étaient censés être faits en plein milieu de la nuit.Le numéro devant s\u2019afficher sur les téléphones des gens était celui de la campagne de M.Valeriote.Ces appels n\u2019ont finalement pas été passés.Les libéraux prétendent que, dans plusieurs circonscriptions à travers le pays, les gens ont reçu pendant la campagne électorde des appels, très tôt le matin ou tard le soir, prétendument du Parti libéral.Le PLC croit que ces appels avaient pour but de dégoûter ses militants.Cet enregistrement de Herre Poutine laisse croire qu\u2019il y a donc un lien entre les appels dérangeants et les appels frauduleux en ce qu\u2019ils procédaient tous d\u2019une seule et même stratégie.Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.corn Les bureaux du Devoir sont situes au 2050, rue De Bleury, 9® etage, Montreal (Quebec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 a 17h Renseignements et administration 514-985-3333 Geste extrême à New Delhi AGENCE ERANCE PRESSE L\u2019exilé tibétain Janphel Yeshi, 27 ans, court dans les rues de New Delhi après avoir volontairement mis le feu à ses vêtements au cours d\u2019une manifestation tenue hier contre la venue du président chinois, Hu Jintao, cette semaine en Inde.Il se trouve à l\u2019hôpital, mais ses chances de survie seraient minimes.En novembre dernier, un autre homme avait tenté de s\u2019immoler dans la capitale indienne, à proximité de l\u2019ambassade de Chine.BUDGET SUITE DE LA PAGE 1 Pendant ce temps, les projets miniers se multiplient à la vitesse grand V, de l\u2019aveu même de Jean Charest Déjà l\u2019an dernier, les minières ont exfrait des ressources d\u2019une valeur de huit milliards de dollars, un chiffre qui devrait continuer de croître pour plusieurs années, en raison de la forte demande mondiale.Or, en tenant compte de toutes les retombées fisr cales pour l\u2019État, le Québec a touché à peine 10 % de la valeur brute de ses ressources minières en 2011.A la lumière des données officielles, Jacques Eor-tin, professeur titulaire en sciences comptables à HÉC Montréal, est convaincu que le régime minier ne garantit en rien que les Québécois recevront leur juste part du pactole généré en partie grâce à des fonds publics.«Nous avons tous intérêt à ce que le calcul des redevances minières soit simple, transparent, objectif et vérifiable.Pourtant, en optant pour un calcul des redevances fondé sur un pourcentage du profit dit \u201cminieP\u2019plutôt que sur la quantité de matière extraite, c\u2019est le contraire qui est à prévoir», réplique-t-il aux arguments du gouvernement Charest dans une analyse détaillée du système de redevances qu\u2019il a fait parvenir au Devoir.Jacques Parizeau a d\u2019ailleurs déjà souligné la ^ande complexité du calcul des, redevances.n est ainsi difficile de vérifier ce que l\u2019État retire réellement La redevance à Pextraction M.Eortin plaide donc pour un mécanisme basé sur la valeur brute de la ressource, à l\u2019instar de ce que répètent depuis des mois plusieurs observateurs du secteur minier.«Sur le plan comptable, comme sur le plan fiscal, il existe un mécanisme simple, ef ficace, transparent et vérifiable pour établir le montant de redevances à prélever, et c\u2019est celui de la redevance à l\u2019extraction.» Ée système promu par le gouvernement Charest risque plutôt de «priver le citoyen fournisseur d\u2019une partie de la valeur de la matière cédée.Ceci, tant que la mine ne produira pas un profit substantiel pour ses actionnaires et sans que le citoyen puisse comprendre réellement ce qui se passe».Jacques Fortin estime en fait qu\u2019en se basant sur le profit, l\u2019État québécois se trouve à «subventionner le risque d\u2019affaires d\u2019entreprises milliardaires».Yvan Maire, professeur émérite de stratégie à rUQAM, estime pour sa part que le Québec agit en nation «née pour un petit pain» en se contentant de retirer 16 % des profits des mines exploitées.Selon ce qu\u2019il constate, les taux de rendement des investisr sements dans le secteur minier dépassent de loin ce que l\u2019on observe dans d\u2019autres secteurs de l\u2019écono- mie.n estime donc que le ministère des Finances devrait calculer le taux de redevances en tenant compte des prix sur les marchés.C\u2019est précisément ce que M.Bachand s\u2019est engagé à faire dans le cadre de l\u2019exploitation pétrolière au Québec.«C\u2019est bon pour le pétrole, mais ça ne l\u2019est pas pour le secteur minier?», se questionne M.Maire.n doute également de la pertinence d\u2019engager le gouvernement sur la voie de prises de participations en «argent frais» dans les projets miniers.«Acheter au prix du marché des actions d\u2019une entreprise me semble être la pire voie pour aller chercher des sommes additionnelles pour les Québécois, qui sont propriétaires de la ressource, a-t-il dit.Dans certains pays, le gouvernement indique aux entreprises qui souhaitent ouvrir une mine qu\u2019il entend conserver 20 % de la propriété, et ce, sans payer.» M.Maire est toutefois d\u2019accord avec la formule préconisée par M.Parizeau.L\u2019ancien premier ministre a proposé d\u2019assujettir toute aide publique à un mécanisme de réciprocité qui obligerait les entreprises à céder à Québec une participation équivalente de leur actionnariat La question est d\u2019autant plus importante que plusieurs lobbyistes du secteur miniers sont déjà actifs pour de telles demandes d\u2019aide.Le ministre Bachand a plutôt inscrit dans son budget que le gouvernement viserait à «obtenir le maximum» lorsqu\u2019il soutiendra des minières, mais sans préciser si cela compenserait la totalité des coûts pour le Trésor public.Spécialiste des questions de stratégie, Yvan Maire estime que le gouvernement a tenté de répondre dans le budget aux critiques au sujet du Plan Nord, mais sans convaincre les observateurs assidus.Et le sentiment que le «chantier d\u2019une génération» est lancé de façon précipitée demeure, selon Jacques Fortin.«Cette précipitation a un terrible effet de concentration de la richesse.Si une entreprise exploite en totalité une mine sur quelques années, ça veut dire qu\u2019elle va s\u2019approprier toute la richesse qui peut être créée à partir de cette mine.» Selon lui, le gouvernement devrait plutôt s\u2019assurer de retirer une somme «substantielle» de l\u2019exploitation, en plus de créer un maximum d\u2019emplois en misant sur la deuxième et la troisième transformation.Or, le dernier budget confirme que la très vaste majorité des ressources exploitées au Québec seront exportées à l\u2019état brut «Si on prenait le temps d\u2019analyser la situation en regardant les choses sur le long terme, on réaliserait bien que, tôt ou tard, les ressources seront exploitées, a-t-il fait valoir.E y aurait peut-être un peu moins d\u2019emplois dans l\u2019immédiat, mais il y en aurait probablement beaucoup plus sur le long terme.Mais les gouvernements ne sont pas rémunérés à long terme.» Le Devoir PROSTITUTION SUITE DE LA PAGE 1 tuées de rue (violence, exclusion et répression policière) demeurent entiers, au grand dam de la directrice de Stella, Émilie Laliberté.Les féministes divisées Bon an mal an, Stella accompagne environ 70 prostituées victimes de violence physique ou de viol par des clients abusifs à Montréal.Seule une pleine légalisation permettra de leur venir en aide et de veiller sur leur sécurité, estime Mme Laliberté.«Pour nous, c\u2019est une victoire partielle.On lutte contre la violence et la stigmatisation, et on veut s\u2019assurer que toutes les travailleuses du sexe ne soient pas obligées de se cacher.» Bien que le jugement soit présentement sans effet au Québec, toutes les provinces seront affectées par la décision ultime que pourrait rendre la Cour suprême.Stella souhaite donc que les trois plaignantes (Terri Jean Bedford, Amy Lebovitch et Valerie Scott) portent la cause en appel au nom du droit à la vie et à la sécurité de toutes les prostituées.«La décriminalisation du travail du sexe sauve des vies», dit-elle.Le Conseil du statut de la femme souhaite aussi un appel pour des raisons diamétralement opposées.La légalisation des maisons de débauche va laisser le champ libre aux proxénètes et renforcera un système de violence et d\u2019exploitation à l\u2019encontre des femmes, craint la présidente de l\u2019organisme provincial, Julie Miville-Dechêne.«Déjà, la prostitution est banalisée.E y a une forme d\u2019acceptation sociale, déplore-t-elle.La prostitution, c\u2019est le plus grand symbole de l\u2019inégalité entre les sexes.On a fait beaucoup de progrès au Québec, mais pas dans ce champ-là.» Le Conseil du statut de la femme publiera d\u2019ici juin son nouvel avis sur la prostitution.L\u2019organisme juge «prometteur» le modèle suédois, basé sur une philosophie abolitionniste.En Suède, les clients sont passibles de poursuites criminelles tandis que les prostituées ne sont pas inquiétées.En réaction à des tribunaux qui privilégient les droits individuels des travailleuses du sexe, le Conseil du statut de la femme espère que l\u2019État va légiférer au nom «du droit collectif à la dignité humaine de la vaste majorité des prostituées».«La grande majorité des prostituées ne choisissent pas de vendre leur corps», rappelle Mme Miville-Dechêne.Ce discours agace Stella.Des organismes aussi prestigieux que l\u2019Institut Simone de Beauvoir, rattaché à l\u2019Université Concordia, voient d\u2019un bon œil la décriminalisation de la prostitution.L\u2019Miance féministe solidaire pour les droits des travailleuses du sexe, une coalition de 350 organismes, est du même avis.«Le Conseil du statut de la femme ne parle pas au npm de toutes les féministes québécoises, affirme Émilie Laliberté.// mène une lutte utopique.C\u2019est malheureux de voir qu\u2019il invalide la voix des femmes les plus marginales de la société et qu\u2019il parle à leur place.C\u2019est contraire à /\u2019empowerment et au féminisme.» Non au statu quo A Ottawa, le ministre de Injustice, Rob Nicholson, a rappelé que la prostitution était malsaine pour la société et les collectivités locales, faisant écho aux commentaires antérieurs du premier ministre Stephen Harper.Le gouvernement continue de croire au «besoin social pour contrôler la prostitution et ses effets sur la société».«E y a toujours un jugement moral dans la réponse des conservateurs», a lancé la députée néodémocrate libby Davies.A son avis, la Cour d\u2019appel de l\u2019Ontario renvoie les députés à leur table de travail, et on devrait leur laisser la chance d\u2019accoucher d\u2019une réforme soucieuse des droits des travailleuses du sexe.«Nous devons reconnaître que le statu quo ne fonctionne pas et qu\u2019il met les travailleurs du sexe à risque», a dit la députée du NPD à Vancouver-Est, où le tueur en série Robert Pickton a enlevé et assassiné des dizaines de prostituées de rue.L\u2019avocat des requérantes.Alan Young, a d\u2019ailleurs dit que la décision d\u2019hier empêchera la répétition d\u2019un scénario d\u2019horreur à la Pickton.«Elles [les prostituées] auront maintenant d\u2019autres options à leur disponibilité, soit de sortir de la rue, a-t-il dit.Le travail du sexe sera plus sécuritaire.» Le Devoir Avec La Presse canadienne Comment nous joindre ?La rédaction Au telephone Par telecopieur Par courriel Bureau de Quebec 514-985-3333 514-985-3360 redaction @ledevoir com 418-643-1541 La publicité Au telephone\t514-985-3399 Par telecopieur\t514-985-3390 Extérieur de Montreal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d\u2019offres Au telephone\t514-985-3344 Par telecopieur\t514-985-3340 Par courriel\tavisdev@ledevoir corn Les petites annonces et la publicité par regroupement Au telephone\t514-985-3322 Par 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