Le devoir, 14 avril 2012, Cahier E
[" Pour son nouveau disque, Patrick Watson passe des ambiances aériennes à un monde plus poussiéreux Page E 3 CULTURE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AVRIL 2012 K W RAPHAEL OUELLET LE DEVOIR Ce monde, c\u2019est celui de LÉO, un univers loufoque entre cirque et théâtre où Newton aurait perdu sa pomme, son latin, et loupé sa fameuse théorie sur la force gravitationnelle.Léo sens dessus dessous Le «plan allemand» de Daniel Brière ISABELLE PARE Daniel Brière a tellement marqué l\u2019imaginaire collectif avec son personnage de père de famille moderne dans Les Parent qu\u2019on l\u2019imagine davantage en train de plier une brassée de lavage ou de disserter sur les avantages du lave-linge à chargement frontal qu\u2019en train de frayer avec l\u2019avant-garde théâtrale allemande.Pourtant.Oui, pourtant, loin du monde terre à terre des caleçons sales et des discours sur les bienfaits du partage des tâches ménagères, Brière a imaginé un monde aérien, éthéré, un monde sans queue ni tête, à mille lieues des sous-sols de banlieue et du tumulte des adolescents en pleine crise hormonale.Ce monde, c\u2019est celui de Léo, un univers loufoque entre cirque et théâtre où Newton aurait perdu sa pomme, son latin, et loupé sa fameuse théorie sur la force gravitationnelle.Une sorte d\u2019hymne à l\u2019apesanteur, dopé à l\u2019illusion et à l\u2019exploration jubilatoire des sens.Ce Léo est né d\u2019un singulier alignement des planètes.De la rencontre entre Brière et un producteur allemand qui cherchait à créer un spectacle à partir d\u2019un numéro de cabaret pré- senté au fameux Chamâleon, haut lieu berlinois du cirque et de la performance.En 2008, un ami l\u2019invite à Montréal pour jeter un coup d\u2019œil au travail du codirecteur du Nouveau Théâtre expérimental (NTE).«Ce producteur a assisté aux répétions du Plan américain au NTE en 2008, et a aimé ce qu\u2019on faisait.Il cherchait à faire le pont entre le cirque et le théâtre et à aller vers quelque chose d\u2019un peu inclassable.C\u2019est comme ça qu\u2019est né le projet de Léo», raconte Brière, en repoussant sa tignasse frisée.Somme toute, le pont jeté par Léo entre Montréal et Berlin n\u2019était pas si improbable.Habitué de Berlin et de sa Berlinale, où ont été présentés les films C\u2019est pas moi je le jure et La moitié gauche du frigo \u2014 où il campait les rôles de père et de conseiller \u2014, Daniel Brière est un mordu de théâtre allemand.Vendu à la forme radicale et à l\u2019audace scénique découvertes sur les scènes allemandes, il s\u2019est lancé à plein dans ce projet qui lui ouvrait toutes grandes les portes du Chamâleon.Six allers-retours en Allemagne et deux ans et demi de travail plus tard, ce Léo insolite a pris l\u2019affiche à New York en janvier derpier et épaté la çritique au Eringe Festival d\u2019Edimbourg en Ecosse en 2011, où il a arraché trois prix.Sur la route depuis près d\u2019un an, Léo a été présenté en Iran (!), en Nouvelle-Zélande, et entamera bientôt une tournée aux Etats-Unis, en Amérique du Sud et en Australie.Le spectacle a le vent en poupe, à tel point que Brière est à la recherche de deux clones de Léo pour permettre deux, sinon trois tournées simultanées.Le p\u2019tit dernier de la famille Brière débarque donc en force au Québec.Et trois fois plutôt qu\u2019une.Dès le 1\" juin, il prendra l\u2019affiche au Carrefour international de théâtre de Québec, puis pour quatre soirs en juillet sur la piste de Montréal complètement cirque, avant d\u2019atterrir pour un mois au NTE du 30 octobre au 24 novembre 2012.L\u2019imposture des sens S\u2019enchaînent alors une suite de trompe-l\u2019œil sensoriels, échafaudés autour d\u2019une dramaturgie qui se déploie sans le moindre mot.L\u2019extraordinaire malléabilité du comédien multitalen-teux Tobias Wegner \u2014 acteur-dessinateur-acrobate \u2014 a permis ce tour de force, admet Brière.«Tobias et moi avons le même imaginaire.Même si c\u2019est un spectacle sans paroles, je revendique une écriture, une dramaturgie du geste qui repose sur les mouvements, les silences, les regards, l\u2019âme de Tobias.Chaque geste a été placé», insiste le metteur en scène.«C\u2019est le règne de la poésie et de l\u2019imagination dès lors que l\u2019univers n\u2019est plus concret.Le spectateur est tout à fait conscient de la duperie et accepte le jeu, mais il ne s\u2019imagine pas jusqu\u2019où cela le mènera.On se rapproche plus du théâtre que du cirque», dit Brière, qui s\u2019est lui aussi plié au jeu de l\u2019illusion avec le photographe du Devoir, malgré un lumbago bien senti.Après ce moment d\u2019épiphanie sensorielle, Léo sombre à nouveau dans la solitude et Dieu seul sait où ce cube sens dessus dessous le mènera.Dans cet espace ludique inspiré des Buster Keaton et consorts, où la dépendance croît avec l\u2019usage, Wegner et Brière nous ramènent à l\u2019enfance, à cette part du possible qui disparaît avec les années.«On a tous ça en nous, cet imaginaire, mais on le perd.Ce qui charme le spectateur, c\u2019est d\u2019être ramené à cette partie de nous-mêmes qui finit par être occultée», insiste le metteur en scène.En apparence loin des textes bavards auxquels nous ont habitués Brière et Alexis Martin au NTE, ce Léo muet s\u2019en rapproche pourtant par l\u2019éclatement de la forme que revendique le metteur en scène depuis son arrivée dans la tanière des Gravel et Ronfard.«Au NTE, on remet en question la forme théâtrale, la représentation est appuyée par du texte, et même souvent par du texte très verbeux.Mais l\u2019écriture scénique ne dépend pas que de mots», soutient le papa de Léo.Nirvana théâtral Une chose est sûre, Daniel Brière a vécu en Allemagne une sorte de satori théâtral, emballé par la puissance de l\u2019écriture scénique, sortie de ses gonds, où la forme cherche et interroge le propos, peu importe le texte.«Au Québec, on ne reconnaît pas l\u2019écriture scénique.Hormis quelques grands noms comme Robert Lepage, les metteurs en scène manquent d\u2019audace et tout repose sur le texte.Bien souvent, on est dans le réalisme et dans des formes très classiques», soutient-il.Même si au petit écran, sa bande des Parent, «une équipe extraordinaire», dit-il, le tient occupé six mois par année, Brière veut multiplier les liens avec le pays de Bertold Brecht VOIR PAGE E 2 LÉO E 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AVRIL 2012 CULTURE>CINEMA Un tour de lune rf\" ^ M J r:\tOdile Tremblay ans son Mort à crédit, Louis-Ferdinand Céline évoque Le voyage dans la Lune du cinéaste français Georges Mé-liès.En 1902, flanqué de sa grand-mère et de son chien, il s\u2019enfilait en boucle ce premier film de science-fiction de tous les temps au Théâtre Houdin, boulevard des Italiens à Paris.L\u2019histoire ne révèle pas ce qu\u2019en pensait le chien, mais le Céline de huit ans (alors nommé Des,-touches) s\u2019en régalait.A l\u2019âge adulte, il déclarait connaître encore le film par cœur.L\u2019auteur du Voyage au bout de la nuit, élevé à coups de taloches, avait besoin d\u2019enchantements.Méliès, roi des chimères, inventeur des effets spéciaux et des trucages du septième art, était là pour lui.Faut dire qu\u2019il y a 110 ans.Le voyage dans la Lune relevait de la super-superproduction.Treize minutes d\u2019action.Du jamais vu ! Et qui trouvait le tour d\u2019expédier des savants barbus sur la Lune.L\u2019obus lancé par un canon géant crevait l\u2019œil de notre satellite.FUNFILM DISTRIBUTION Une grimace astrale devenue iconique.Cette grimace astrale devait devenir iconique.Méliès l\u2019ignorait et s\u2019éclatait.Ses Sé-lénites, habitants lunaires à la dégaine d\u2019oiseaux diablotins, explosaient sous les coups de parapluie des visiteurs, au milieu des champignons.Jules Verne et H.G.Wells avaient inspiré le cinéaste.Son film porte le sceau de l\u2019humour et de la poésie.Méliès avait acheté le Théâtre Houdin en 1988, et l\u2019illusionnisme était sa grande affaire.Après qu\u2019il eut assisté tout ébahi à la première projection publique des films des frères Lumière, au Grand Café le 28 décembre 1895, sa vocation changea de cap.Dès l\u2019année suivante, Méliès projeta des films au Théâtre Houdin, puis construisit son propre studio à Montreuil, en devenant cinéaste et producteur.Son imagination fertile, son sens de la débrouille et de la scène firent le reste.Il allait enfanter le spectacle cinématographique Le fameux Voyage dans la Lune, joué par des artistes du music-hall, des Folies Bergères, des danseurs et saltimbanques, se nourrissait d\u2019effets inventés sur le tas.Qu\u2019à cela ne tienne ! La géniale féerie fut vite piratée par les Américains, puis plagiée à tire-larigot.Appelons ça un franc succès ! Hugo, le récent film en 3D de Martin Scorsese (cinq Oscar), inspiré de la vie de Georges Méliès, montrait des images en couleurs du Voyage dans la Lune.Le cinéaste américain les avait obtenues de Lobster Films, fondation française qui dégote et restaure des films anciens depuis plus de 25 ans.Son plus haut fait d\u2019armes : la résurrection du chef-d\u2019œuvre de Méliès en bleu, banc, rouge.Rares étaient les versions couleur des films de Méliès.Peintes à la main qu\u2019elles étaient, les 13 374 images du Voyage par une petite armée d\u2019ouvrières.Plus onéreuses du billet que les autres, ces copies aux teintes délavées faisaient le délice des bourgeois.Céline, enfant de la misère, n\u2019eut droit qu\u2019au noir et blanc.La postérité aussi, car Le voyage en couleurs fut longtemps considéré comme perdu.Qu\u2019une version ait été retrouvée et acquise en 1993 par Lobster Films à la Cinémathèque de Barcelone tenait déjà de l\u2019improbable.Reconstituer la pellicule agglutinée flirtait avec l\u2019impossible.Pourtant, au dernier Festival de Cannes, Le voyage dans la Lune en couleurs retrouvées était bel et bien lancé avec paillettes et flonflons sur une Croisette émue.Petit miracle devant nos yeux révélés, sur une musique originale de Air.Or voici que l\u2019obus rouge sur lune jaune du Voyage se pose à Montréal dès le 20 avril \u2014 franchement, ça ne se rate pas \u2014 au cinéma Excentris.Le classique restauré se voit assorti du documentaire Le voyage extraordinaire de Serge Bromberg et Eric Lange, fiers équipiers de Lobster Films.Ce film raconte, images d\u2019archives et témoignages à l\u2019appui, la vie de Georges Méliès aux 500 courts métrages muets, dont 300 disparus (il brûla lui-même les pellicules de son studio de Montreuil au moment de sa ruine, alors jugé dépassé).Bientôt marchand de jouets à la gare Montparnasse, puis redécouvert par des cinéphiles, Méliès flotte désormais mythique sur la planète cinéma, et sur la lune aussi.Le documentaire évoque également l\u2019aventure inouïe de la restauration du Voyage en couleurs, la plus complexe de l\u2019histoire du cinéma.Ce n\u2019est qu\u2019en 2010 que la technologie, un appareil photo numérique de trois millions de pixels, fut au point pour servir la cause.Deux fondations.Technicolor et Groupama Gan, s\u2019en mêlèrent.Les images manquantes furent coloriées d\u2019après la version noir et blanc, en recréant sur ordinateur le procédé original au flou si poétique., J\u2019ai appelé Eric Lange.« Pour moi, c\u2019était la quête du Graal inaccessible, le Voyage en couleurs », disait-il.Pendant deux ans, image par image, avec Bromberg, Lange avait décollé le soir chez lui, après une plongée dans un bain acide, chaque image ou fragment d\u2019image, dûment photographiée.Des milliers d\u2019heures, mais il n\u2019a pas compté.C\u2019est une histoire de passion, voyez-vous ! «Mais le vrai mérite en revient à Méliès », disait-il.Moi, je voyais plutôt une chaîne de fous passîonnés nous entraîner sur une lune éborgnée, oû l\u2019homme a marché depuis en cherchant en vaîn, maïs le film corrige tout ça, ses mystérieux Sélénîtes.s, ^ RAPHAEL OUELLET LÉO SUITE DE LA PAGE E 1 pour développer d\u2019autres projets éclatés, notamment avec s,a conjointe, la dramaturge Evelyne de la Chenelière.Car au départ, rien ne le prédestinait à une carrière d\u2019homme rose aux heures de grandes écoutes.Il y a cinq ans, le comédien avait même refusé de se pointer aux auditions auxquelles on l\u2019avait pressé de participer! «J\u2019avais tellement d\u2019autres projets que j\u2019ai oublié l\u2019audition.Après, ils n\u2019avaient toujours pas trouvé le comédien voulu et ils m\u2019ont rappelé.Voilà comment ça a commencé avec Les ParenU/^ suis content car c\u2019est une série exceptionnelle, mais les projets télé de cette qualité sont rares.Je ne cours pas après les rôles.Comme artiste, ce que je veux, c\u2019est de continuer à explorer la mise en scène, poursuivre mes projets avec Evelyne et développer l\u2019écriture scénique.» Le Devoir otremhlay@ledevotr.corn MISE EN SCÈNE ERIC JEAN DRAMATURGIE PASCALCHEVARIE TEXTE PASCAL CHEVARIE ET ERIC JEAN, EN COLLABORATION AVEC LES COMÉDIENS ET LES CONCEPTEURS Theatre de QUArsous AVEC JASMINE BEE JEE MATTHIEU GIRARD SIMON-XAVIER LEFEBVRE AUDE RIOLAND SASHA SAMAR MARIE-HÉLÈNE THIBAULT KLERVITHIENPONT Carole Fréchette SCÉNOGRAPHIE PIERRE-ÉTIENNE LOCAS COSTUMES CYNTHIA ST-GELAIS ÉCLAIRAGES MARTIN SIROIS MUSIQUE VINCENT LETELLIER Mise en scène Marie Gignac du 3 au 28 avril avec Une création du Centre du Marie Brassard Marie-Christine Lê-Huu Jean-François Pichette Theatre d Aujourd hui CO aborateurs direction artistique Marie-Thérèse Fortin Stephanie Capistran-Lalonde Jessie Mill Jean Bard Cynthia Saint-Gelais André Rioux Philippe Brault David Leclerc Loïc Lacroix Hoy Suzanne Trépanier informations et réservations 3900, rue Saint-Denis, Montréal QC H2W 2M2 514-282-3900 www.theatredauiourdhui.qc.ca/yu 24 avril au 20 mai 2012 UNE PRODUCTION DU THÉÂTRE DE QUAT'SOUS PARTENAIRE DE PRODUCTION DESJARDINS partenaires de saison Gl^^OUjébec Le Devoir BMO Groupe financier 100 AVENUE DES PINS EST | MONTRÉAL T.514-845-7277 | QUATSOUS.COM DE MONTRÉAL Conseil des Arts Canada Counal du Canada\tfor the Arts EN PREMIÈRE NORD-AMERICAINE DESFEMMEsAüCNA.dA .Z_______^ LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AVRIL 2012 E 3 CULTURE>MUS10.UE MUSIQUE CLASSIQUE Masters : magistrale collection ! CHRISTOPHE HUSS Le regroupement des étiquettes Sony Classical et RCA Red Seal met Sony Entertainment à la tête d\u2019un véritable magot sonore que l\u2019éditeur a décidé de regrouper en des coffrets vendus à des prk défiant toute concurrence.Une aubaine pour les mélomanes et les discophiles.La fournée de dix coffrets qui vient de paraître n\u2019est pas la première, mais les grandes compagnies telles qu\u2019EMl, Universal ou Sony pensent en général qu\u2019il n\u2019est pas utile ou souhaitable de promouvoir ces publications.peut-être pour protéger leurs nouveautés ! 11 faut donc faire un petit tour chez le disquaire de temps en temps pour avoir de singulières surprises.C\u2019est ainsi que nous avions découvert, il y a un an, « Charles Munch Conducts Romantic Masterworks », un coffret de huit CD vendu alors 14,99 $ et renfermant, au milieu d\u2019autres joyaux, l\u2019exemplaire i\" Concerto pour piano de Brahms avec en soliste Gary Graffman enregistré le 9 avril 1958 à Boston, interprétation hors normes, oubliée dans les archives depuis quatre décennies.Seul le Japon avait édité le trésor en 2006.Les 14,99 $ correspondaient alors peu ou prou aux frais de port qu\u2019il nous avait fallu débourser pour l\u2019acheminer ici et l\u2019entendre ! Confusion L\u2019exemple du coffret Munch montre que Masters ne recycle pas des rogatons, mais que le discophile avisé peut y dénicher d\u2019excellentes affaires.11 est difficile, même pour le mélomane détective, d\u2019avoir une vision complète de ce que contient la collection Masters.D\u2019après notre expérience en magasin, il semble que, dans un premier temps, seule une partie des titres publiés internationalement était vendue ou promue dans les magasins ici.C\u2019est complètement par hasard que nous avons découvert que l\u2019intégrale des symphonies de Bruckner par Günter Wand ou l\u2019intégrale des enregistrements de l\u2019Ensemble Sequentia consacrés à Hildegard von Bingen avaient intégré cette collection, fin-2010 et mi-2011.A l\u2019époque on nous vendait divers autres titres de moindre intérêt.L\u2019autre aspect aléatoire est la fluctuation des prix, même si au tarif où ces coffrets sont vendus on ne se prive pas.Les parutions sont proposées pour une bouchée de pain dans les quelques semaines suivant leur publication.Ainsi, les enregistrements Mahler de Bruno Walter sont vendus en ce moment à 12,99 $ les sept CD ! Ils risquent de grimper à un peu plus de 20 $ bientôt (comme l\u2019a fait le coffret Munch précité), mais on ne sait pas vraiment quand.Le prix n\u2019est pas forcément lié au nombre de disques : les sept CD Mahler par Bruno Walter et les cinq CD des concertos de Beethoven et Brahms par Leon Eleischer sont vendus au même prix : 12,99 $.Enfin, pour déboussoler définitivement le client, les acheteurs par Internet n\u2019ont pas forcément accès au produit.Les Concertos pour piano de Mozart par Perahia, un des musts parmi les 10 titres parus à la mi-mars, trônent à moins de 25 $ dans les magasins Archambault, mais la recherche « Mozart Perahia » sur le site Internet de la même enseigne nous mène à un coffret de 127,99 $ avec, en plus, une photo erronée.La recherche « Sony Masters » ne donne rien du tout ! À saisir L\u2019exemple des Mozart de Perahia donne l\u2019ampleur de l\u2019aubaine.Avec une chute de prix de plus de 80 %, cette magnifique intégrale fut toujours pénalisée \u2014 par rapport à Ba-renboïm-EMl ou Schiff-Decca \u2014 par sa prise de son un peu opaque et son prix de vente.Une des deux barrières vient de tomber.La bonne nouvelle concernant ces parutions de printemps 2012 c\u2019est que tous les 10 titres publiés internationalement sont vendus ici et que tous le sont \u2014 pendant un temps non déterminé \u2014 à prix réduit.Outre les Mozart de Perahia, les deux autres « gros morceaux » \u2014 14 CD à moins de 25 $ pour le moment \u2014 sont des aubaines.D\u2019abord, le Ring des Nibelungen de Wagner, le plus mésestimé, celui de Marek Janowski à la tête d\u2019une somptueuse Staatska-pelle de Dresde (qui vaut le détour à elle seule).Ce fut le premier Ring enregistré en numérique et les crispations sonores ont été atténuées par la remastérisation en 24bits.En 14 CD également, nous trouvons un pan très méconnu du legs enregistré de Leopold Stokowski : l\u2019intégralité de ses enregistrements en stéréo pour RCA, réédités en 1997 à prix d\u2019or et enfin accessibles.C\u2019est très marginal, mais intéressant pour documenter un art perdu, hérité de Mahler, où le chef intervenait dans le texte du compositeur pour « faire sonner » davantage la musique.Cela pique la curiosité et, à ce prix, cela vaut le coup.Tous les autres coffrets com-preiment entre cinq et sept CD.L\u2019un d\u2019eux est rare : la mise en boîte de l\u2019intégrale des neuf symphonies de Beethoven par Erich Leinsdorf, dont des bribes ont circulé dans certaines séries économiques.Le coffret documente un chef assez cinglant et limpide, mais certaines symphonies importantes (3® et 9% par exemple) sont ratées, ce qui fait que, parmi les intégrales « marginales », le coffret Clujùens chez EMl, à peu près au njême prix, est plus intéressant.A l\u2019opposé.Les 10 titres publiés internationalement sont vendus ici et tous le sont \u2014 pendant un temps non déterminé \u2014 à prix réduit les Concertos pour piano de Beethoven et de Brahms par Leon Eleischer et George Szell, sans être « attachants », forment un bloc plus homogène et assurément recommandé à 12,99 $, mais pas aux amateurs de technique sonore flamboyante puisque, curieusemenfi le piano est çà et là entaché de distorsions (Empereur !).Le Mahler de Bruno Walter est une valeur sûre bien connue.On trouve ici les deux versions (New York et Columbia) de la Titan, ainsi que les Symphonies 2, 4, 5 et 9 et Le chant de la Terre.Ne vous laissez surtout pas décourager par la prise de son dure du premier des six CD des Quatuors n°M4 à 19 et des six Quintettes de Mozart par le Quatuor Guarneri.Cela s\u2019améliore par la suite et l\u2019aubaine est absolue, ne serait-ce que pour les trois CD de l\u2019intégrale de référence des Quintettes.Les enregistrements Beethoven, un peu hâtifs mais très élégants, de Jascha Heifetz s\u2019adressent aux admirateurs du violoniste en raison de la technique, majoritairement monophonique.Qn peut aussi ignorer l\u2019intégrale de l\u2019œuvre pour piano de Debussy alambiquée et maniérée de Paul Crossley et les ballets de Tchaikovski par Leonard Slat-kin, car Melodiya est en passe de sortir le même coffret par l\u2019inégalé Evgueni Svetlanov.Ce sera plus cher, mais unique.Le conseil est délicat puisqu\u2019il dépend des centres d\u2019intérêt et des besoins musicaux de chacun.Mais sachez que les coffrets Wagner-Janowski, Mo-zart-Guarneri, Mozart-Pera-hia, Mahler-Walter et Plei-scher-Beethoven, dans cet ordre \u2014 ainsi que Stokowski pour les curieux de raretés et de chemins musicaux différents et Heifetz pour les historiens \u2014 sont incontestablement des aubaines.Le Devoir m 4 b-diiHr ï T\"* PEDRO RUIZ LE DEVOIR Si Patrick Watson a toujours été doué pour créer des ambiances aériennes, éthérées, ii ajoute avec Adventures in Your Own Baekyard un voiet pins poussiéreux, pius près du soi, du désert, à ia Ennio Morricone.Émotions maison Patrick Watson lance son quatrième disque PHILIPPE PAPINEAU Le plancher craque un peu dans l\u2019appartement où nous reçoit Patrick Watson.Nous entrons dans une grande pièce, un loft en fait.Son loft-studio, pour être précis.11 y a à droite un gros sofa un peu déglingué, un mur d\u2019amplificateurs et un paquet d\u2019instruments éparpillés autour du piano.Près de la porte de la galerie arrière, le percussionniste Robbie Kuster et le bassiste Mishka Stein prennent quelques bouffées d\u2019air frais et plissent les yeux sous la lumière qui baigne la pièce en nous saluant, la main levée.Pour les membres du groupe, ici, c\u2019est leur maison.Leur own baekyard, pour repiquer le titre de leur album à paraître mardi.Adventures in Your Own Baekyard.Depuis la parution en 2006 de Close to Paradise \u2014 le disque qui a vraiment mis Patrick Watson sur la carte \u2014, le quatuor complété par le guitariste Simon Angell a parcouru le monde comme un projectile dans une machine à boules.Alors, ce coup-ci, les quatre musiciens ont choisi de travailler à la maison, pour faire changement.C\u2019est donc dans le grand loft où nous nous trouvons que ces aventures éclatées ont été captées, sans la pression qui vient avec la location d\u2019un studio, sans les soucis d\u2019argenfi de déplacements et de dépaysement.Dans leurs pantoufles, auprès de leurs amis et de leurs familles.« On avait des semaines pour y penser, travailler et arranger les pièces en même temps qu\u2019on enregistrait, raconte Robbie Kuster, de loin le plus habile du groupe en français.L\u2019ingénieur Rob Heany venait placer les micros, mettre au point les préamps et les compresseurs, et après on avait le champ libre.» Exotisme ou confort ?Les pantoufles ont leur avantage, mais forcent à composer sans l\u2019exotisme d\u2019un endroit étranger, précise Patrick Watson, vêtu d\u2019un vieux t-shirt, son éternel couvre-chef sur la tête.« Pour écrire des textes, c\u2019est plus facile dans les cas plus extrêmes, comme en Islande, c\u2019est inspirant.Mais t\u2019as moins le temps de saisir d\u2019où vient ton inspiration, de solidifier tes idées.A Montréal, c\u2019était plus dur d\u2019avoir cette inspiration exotique, mais on avait le temps d\u2019élaborer, de finir les idées à 100 %.Au fond, on a tellement bougé que c\u2019était presque mon voyage à moi d\u2019être ici pendant un an ! » De l\u2019avis du groupe, être à domicile a favorisé l\u2019émotion des pièces.Parce qu\u2019il y a des jours où on n\u2019est pas en verve pour se plonger dans l\u2019ambiance d\u2019une chanson.Parce qu\u2019on ne veut pas trop forcer les choses.Et parce que parfois la magie est au rendezvous.«PowrNoisy Sunday, c\u2019est le meilleur moment d\u2019enregistrement jamais vécu, raconte Watson en balayant par politesse la fumée de sa cigarette de la main.Seulement parce que c\u2019était un jour où on ne devait pas enregistrer.Moi et Mishka, on s\u2019est mis à jouer, et oh, comme c\u2019était agréable de la jouer.On a essayé de l\u2019enregistrer, no pressure, juste pour le plaisir.Et là on a fait une vraie prise.Pas comme une prise de studio, pas comme une prise forcée.C\u2019était cette chanson-là, ce jour-là, et comme on était tout installés, on a pu vivre la vraie émotion.C\u2019est un exemple de la force de cet espace.» Dans les nuages.et la poussière Adventures in Your Own Baekyard est un album profond, plein d\u2019émotion, mais aux apparences moins exploratoires que son prédécesseur.Wooden Arms, où par exemple Robbie Kuster jouait sur toutes sortes de pots en guise de percussions.« Là, on voulait juste faire quelque chose de beau », dit-il.Patrick Watson opine du bonnet.« Je crois que notre musique est plutôt ambitieuse ; ce n\u2019est pas facile de trouver une façon gracieuse de la faire, une façon transparente, disons.Là où je trouve qu\u2019on a grandi, c\u2019est qu\u2019on conserve la complexité, mais sans qu\u2019elle soit apparente.On cherchait l\u2019émotion, la grâce très naturelle.» Le pianiste et chanteur évoque les Beatles, qui ont mélangé beaucoup de styles sans que le public s\u2019en rende vraiment compte.Parlant de mélanges, si Patrick Watson a toujours été doué pour créer des am- biances aériennes, éthérées, il ajoute ici un volet plus poussiéreux, plus près du sol, du désert, à la Ennio Morricone.En plus des cordes habituelles, il y a des cuivres qui vibrent en évoquant les mariachis, des guitares pleines d\u2019échos qui évoquent les westerns spaghettis.De l\u2019espace horizontal autant que vertical.L\u2019appel de la cavalerie en plus de l\u2019envolée vers les cumulonimbus.« On a eu ce trip en voiture au Grand Canyon, tous ensemble, c\u2019était un moment spécial, raconte Watson.C\u2019est le seul endroit au monde où tu n\u2019es pas déçu.A l\u2019inverse de la statue de la Liberté, qui a l\u2019air d\u2019une naine ! Tu arrives au Grand Canyon et tu te dis : holly shit.Cette petite promenade en voiture a certainement influencé l\u2019album.» Pour la formation, l\u2019aspect « Morricone » donne à Adventures in Your Own Baekyard une touche presque humoristique, à tout le moins un côté intrépide, qui fait rêver.« Il faut intégrer cet esprit-là à nos vies quotidiennes, s\u2019emporte Patrick Watson en se redressant sur le sofa.L\u2019imagination est un muscle qu\u2019on devrait entraîner toute notre vie.Adventures in Your Qwn Baekyard, ce n\u2019est un retour aux souvenirs d\u2019enfance, c\u2019est le fait de laisser notre imagination faire partie de notre vie adulte.Comme on ne l\u2019utilise pas assez, quand on en a besoin, on sent le besoin de retourner en enfance, à Peter Pan.Je crois pourtant que c\u2019est un outil fondamental comme être humain, cette curiosité, cette créativité.» Le monde Après presque deux ans passés à Montréal, le quatuor refait ses bagages pour plusieurs semaines, pour un périple qui mènera Watson, Stein, Kuster et Angell en Allemagne, en Prance, au Royaume-Uni et dans plusieurs villes américaines.«Mine de rien on a vieilli, et on a quelques années de voyage derrière nous, dit le percussionniste Kuster.Ce n\u2019est plus la surprise, on sait ce que c\u2019est.On connaît les salles de plus en plus, il y a plus de réalité que de \u201cwow\u201d.Mais même l\u2019éclairagiste, le gars de sono, on a tous hâte de repartir.On est une famille.» La différence, c\u2019est que le groupe fait maintenant affaire à l\u2019extérieur du pays avec l\u2019étiquette de disques Domino, qui s\u2019occupe de gros noms indie, dont Animal Collective, Arctic Monkeys, The Kills et Hot Chip.«Pour la première fois, on a une structure.Je suis très optimiste sur le rapport entre l\u2019énergie qu\u2019on va y mettre et l\u2019impact qu\u2019on aura sur les gens, dit Patrick Watson.C\u2019est différent à chaque endroit, mais c\u2019est clair qu\u2019on va vivre un paquet d\u2019aventures, comme toujours.» Et pas seulement dans leur propre baekyard.Le Devoir « Olivier Charnière a fr^fmen plein dans le mille.» AQCT CHANTE AVEC MO OLIVIER CHOINIÈRE / MONTRÉAL f/m\tm A# 4^^ J'é « Un acte bouleversant d amour et d humanité » La Croix SUR LE CONCEPT DU VISAGE DU FILS DE DIEU ROMEO CASTELLUCCI /CESENA Danseurs et chanteurs orchestrent rémen/eillement Transcendant SOUS LA PEAU, LA NUIT ICESENA + EN ATENDANT DANIÈLE DESNOYERS / MONTRÉAL lANNE TERESA DE KEERSMAEKER / BRUXELLES Intelligent et savoureuxi LeDevoÿ \u2014\t^ CHUTES INCANDESCENTES CLARA FUREY + BENOTT LACHAMBRE En ouverture, un spectacle envoûtant sur la /onaie marche de l\u2019humanité mm NICOLAS CANTIN MÉLANIE DEMERS Y DANIÈLE DESNOYERS CLARA FUREY + BENOÎT LACHAMBRE DANAGINGRAS DANIEL LÉVEILLÉ EMMANUEL SCHWARTZ ANNABEL SOUTAR + CHRIS ABRAHAM JULIE ANDRÉE T.ISABELLE VAN GRIMDE INFO-FESTIVAL 514 844 3822/1 866 984 3822 VIDÉOS SUR FTA.QC.CA f FTA-FESTIVAL TRANSAMÉRIQUES @FTAMONTREAL/#FTA2012 E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AVRIL 2012 CULTURE-THEATRE Cérémonie ludique en forme de happening MARIE LABRECQUE Collaboratrice Ly afficTie du spectacle titille d\u2019emblée la cu-' riosité.On y voit un MicTiel Monty barbu en robe écarlate scintillante, tronçonneuse à la main.Le titre, accrocheur, n\u2019est pas en reste : Leçon d\u2019hygiène, bestialités et mets canadiens.L\u2019auteur et metteur en scène avoue qu\u2019il voulait simplement former une image intrigante autour de cette création, qualifiée d\u2019objet ludique et éclaté en forme de happening.«À la fois drôle et étrange », la production de Transthéâtre y convie le public à un rituel de mise à mort.Afin de sauver l\u2019humanité, un créateur influent mais mystérieux décide de lancer une révolution artistique.Et comme une révolution digne de ce nom requiert un sacrifice, un volontaire accepte de mourir pour la cause de l\u2019art.Le show propose un questionnement critique, par la dérision, sur le culte de la personnalité et la responsabilité de l\u2019artiste.« Jusqu\u2019où suit-on un artiste dans ses affirmations, ses lubies ?Est-ce que l\u2019artiste a le droit d\u2019affirmer n\u2019importe quoi au nom de la liberté artistique ?» Monty se demande aussi si la société a le devoir de s\u2019intéresser à un artiste créant dans sa bulle, ou si l\u2019artiste doit à l\u2019inverse « être en constant dialogue avec le monde qui l\u2019entoure ».Il se réclame plutôt de cette dernière école de pensée.Pour lui, le rôle de l\u2019artiste consiste à « digérer le monde, à absorber l\u2019expérience humaine », pour ensuite la transposer à travers sa vision personnelle.Le créateur constate avec agacement la prédominance du culte de la personnalité, autant en politique qu\u2019en art, dans notre société axée sur l\u2019image.« On vit dans un monde où le contenant l\u2019emporte sur le contenu.Il y a des artistes chez qui la personnalité, ou le discours autour de l\u2019œuvre, est plus importante que celle-ci.» Ce qui permettrait à l\u2019art d\u2019aujourd\u2019hui de pouvoir être « n\u2019importe quoi », pour autant que l\u2019artiste puisse l\u2019enrober d\u2019une argumentation susceptible d\u2019intéresser une élite.Et cette personnalisation colore notre perception de l\u2019œuvre, selon la signature qui l\u2019accompagne.Plutôt que de prendre l\u2019œu- ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Avec Leçon d\u2019hygiène, bestialités et mets canadiens, Michel Monty propose un questionnement critique, par la dérision, sur le culte de la personnalité et la responsabilité de l\u2019artiste.vre en soi, « telle qu\u2019elle est, on l\u2019aborde comme le prochain film de Lars von Trier, la pro-chqine pièce de Wajdi Mouawad ».A travers le sacrifice consenti d\u2019un livreur de pizzas déprimé 0gor Ovadis), la pièce montre aussi une élite artistique qui se croit supérieure aux gens ordinaires.Michel Monty aborde le sujet avec précaution : « C\u2019est dangereux parce que, dans notre monde, l\u2019artiste n\u2019est pas très valorisé.Mais ça m\u2019agace, le discours ambiant où l\u2019artiste est moralement au-dessus.Au-dessus de quoi ?L\u2019artiste fait partie du monde.Moi, j\u2019ai toujours voulu faire des shows qui plairaient autant à des initiés qu\u2019à quelqu\u2019un qui n\u2019est jamais allé au théâtre.C\u2019est essentiel pour moi.Et je crois que j\u2019ai réussi, sans faire de compromis.Je pense que les spectateurs ont envie d\u2019être dérangés.» Bref des questions délicates, mais soulevées ici avec humour.Créer dans le danger Sur le plan formel.Leçon d\u2019hygiène.est né de son envie d\u2019un espace de liberté.« J\u2019ai souvent fait des mises en scène réglées au quart de tour, dit le metteur en scène de Champ de mars.Ici, quand on a commencé à travailler il y a un mois, le texte n\u2019était pas écrit J\u2019avais un canevas, une structure, des personnages, des idées de scènes.Mais j\u2019ai confié à chaque comédien la mission d\u2019écrire sa partition.C\u2019est un travail collectif » Dans ce show créé dans l\u2019urgence, le quatrième mur n\u2019existe pas, et le spectateur est appelé à prendre position.Ajoutez la possible présence d\u2019animaux sur scène.«Le spectacle sera différent tous les soirs, parce qu\u2019il contient des éléments aléatoires.J\u2019avais envie d\u2019être déstabilisé, de vivre un peu dangereusement » Plus que jamais, Monty, qui joue lui-même le maître de cérémonie dans le spectacle, a envie de s\u2019éclater au théâtre.Son passage récent au septième art, avec la réalisation du long métrage Une vie qui commence, fa comme libéré des contraintes du réalisme.« Le cinéma est beaucoup plus apte à traduire la réalité que le théâtre.J\u2019ai fait plusieurs shows réalistes avec La Licorne, aventures que j\u2019ai beaucoup aimées.Mais fai envie maintenant d\u2019aller dans des univers très décalés au théâtre, de me donner une liberté.» Très polyvalent, l\u2019auteur du Pensionnat déteste être catalogué, identifié à un style.Avec Transthéâtre, la compagnie qu\u2019il dirige en compagnie de Brigitte Poupart depuis 21 ans, il a créé un véhicule propice à diverses expériences audacieuses et différentes, de Cérémonials aux Cabarets insupportables,.« On a toujours résisté à l\u2019idée de se cantonner dans un créneau esthétique.Ce qui détermine nos spectacles, c\u2019est toujours une prise de parole, un questionnement par rapport au monde qui nous entoure.» Il dépeint cette compagnie comme un terrain de jeu indispensable.« On n\u2019y fait pas d\u2019argent \u2014je ne me paie même pas de cachet pour Leçon d\u2019hygiène.Il y a moins de contraintes.On peut se permettre d\u2019être audacieux.Si on garde la compagnie, c\u2019est vraiment pour la liberté qu\u2019elle nous offre.Une compagnie de création comme la nôtre existe pour pouvoir faire là ce qu\u2019on ne peut pas faire ailleurs.Et idéalement, proposer au public ce qu\u2019il ne verra pas ailleurs non plus.Un peu briser l\u2019uniformité du paysage.Et le Théâtre La Chapelle, c\u2019est peut-être le dernier lieu à Montréal où on peut se permettre ça.Je ne vois pas quel autre théâtre prendrait un spectacle comme Leçon d\u2019hygiène, bestialités et mets canadiens.Tout est rendu bien corporatif.» Le Devoir LEÇON D\u2019HYGIÈNE, BESTIALITÉS ET METS CANADIENS Dramaturgie et mise en scène de Michel Monty Texte de Michel Monty, Simon Lacroix, Justin Laramée et Mathieu Quesnel Du 12 au 21 avril, au Théâtre La Chapelle ESPACE GO THEATRE ESPACE GO 4800, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL BILLETTERIE :514845~4eg0 ESPACEGO.COM CxiwlldaAib ^transat i VEILLÉE PRESENTE DE JOYCE CAROL OATES HT Du 24 avril au 19 mai 2012 Mise en scène Carmen JOLIN Traduction Maryse WARDA IMS THÉÂTRE PROSPERO Avec Andrée LACHAPELLE Ansie ST-MARTIN \u2022 Debbîe LYNCH-WHiïE et Jacques BARIL Partenaire de production r\\ Hydro Québ Loïc lACROIX-HOY ::: Stéphane MÉNIGOT ::: Marie-Noëlle KLIS : BILLEHERIE 514.526.6582 RÉSEAU ADMISSION 1855.790.1245 WWW.THEATREPROSPERO.COM E DEVOIR SALLE CO\u2019,' FRED-BARRY Variations et ' H résonances www.denise-pelletier.qc.ca Big^ger than Jesus (version française) Du 12 au 21 avril 2012 Conception et texte : Rick Miller et Daniel Brooks I Traduction : Rick Miller et Marie Gignac Mise en scène : Daniel Brooks I Avec Rick Miller Une production de WYRD Productions et Necessary Angel présentée par le Théâtre Denise-Pelletier Billetterie 514 253-8974 .j:!!i1 Extraordinaire.Fabuleux.Étonnant.Je recommande le i^ectacle aux gens de tous âges.À voir absolument.Georges Nicholson, Je l\u2019ai vu à la radio, RC, j^in 2010 LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AVRIL 2012 E 5 CULTURE'DANSE DANSE Le retour de l\u2019AMn Ailey Dance Theater FREDERIQUE DOYON Chantres de la danse moderne américaine, les 30 danseurs de l\u2019Alvin Ailey Dance Theater (AADT) reviennent à Montréal cette semaine après avoir été accueillis avec ferveur en 2007, à l\u2019invitation des Grands Ballets canadiens.La soirée est articulée autour de l\u2019œuvre phare d\u2019Alvin Ailey et du répertoire afro-américain, Revelations, qui théâtralise la souffrance et les espoirs du peuple noir dans les champs de coton, sur fond de gospel, de hlues et de ragtime.Mais elle lève aussi le voile sur l\u2019avenir de la troupe en offrant trois pièces du nouveau directeur artistique, Robert Battle.A cheval sur le passé, épe-ronnant l\u2019avenir.Créée en 1960, deux ans seulement après la fondation de la compagnie, Revelations pose un jalon incontourna-hle dans l\u2019histoire de la danse moderne.Alvin Ailey, alors âgé de moins de 30 ans, puisait dans ses souvenirs d\u2019enfant noir grandissant dans le Texas rural des années 1930.« Si la pièce touche encore aujourd\u2019hui, c\u2019est parce que c\u2019est un vrai chef-d\u2019œuvre intemporel, estime Robert Battle, en entrevue téléphonique.Et pour moi, le signe d\u2019un chef-d\u2019œuvre, c\u2019est qu\u2019on peut le rattacher à ses propres sentiments, peu importe son milieu, sa religion, son âge.Qu\u2019on soit en Russie, en Israël ou aux Etats-Unis, les gens célèbrent cette pièce et en sortent joyeux.» Une autre pièce d\u2019Ailey, Streams (1970), salue le travail plus abstrait du chorégraphe, plus « serein », aussi, selon M.Battle.Solos, duos et mouvements d\u2019ensemble sont portés par la musique de Miloslav Kabelac.Héritage et innovation Alvin Ailey aura créé 79 ballets avant d\u2019être emporté par le sida en 1989 à 58 ans.Il a demandé alors à sa muse et danseuse, Judith Jamison, de prendre la barre de la compagnie.Celle-ci a cédé sa place l\u2019été dernier à Robert Battle.Ce troisième règne au lourd héritage est scruté de près par Ips aficionados de la danse aux Etats-Unis.Il est souvent décrit comme un outsider, puisqu\u2019il n\u2019a pas dansé pour Î\u2019AADT et qu\u2019il menait encore, jusqu\u2019à tout récemment, sa propre compagnie.« Je n\u2019ai jamais eu le sentiment d\u2019être un outsider», confie celui qui a tout de même créé sept pièces pour différentes composantes de l\u2019AADT (troupe principale, troupe junior, école professionnelle) de- puis 1999.Il s\u2019en remet à la philosophie même d\u2019Alvin Ailey, dont le répertoire total de plus de 200 pièces a aussi compté sur le talent de quelque 80 chorégraphes invités.« Les autres chorégraphes qui ont contribué à l\u2019essor de la compagnie, en m\u2019incluant, sont devenus membres de la grande famille.» Il trouve essentiel de garder vivante l\u2019œuvre du fondateur, d\u2019offrir une vitrine à la culture afro-américaine, mais « cette expérience culturelle est vaste, rappelle-Alvin Ailey\tutiliser cette histoire pour exprimer aura créé qui nous sommes aujourd\u2019hui.Et nous ne sommes limités que par notre imagination, comme Afro-Américain et comme humain ».79 ballets avant d\u2019être emporté par le sida en 1989 à 58 ans Polyvalence et expressivité Sa première saison à la barre de la compagnie a déjà vu passer les créations de l\u2019Israélien Ohad Naharin et du maître du hip-hop Rennie Harris.« Battle est un innovateur, mais pas un renégat imprudent », écrivait le Miami New Times en février.Au-delà des allégeances diverses, le jeune directeur sait qu\u2019il doit surtout cultiver les qualités emblématiques des danseurs de TAADT, qui forment la réelle force de la compagnie : « polyvalence », « physicalité », « expressivité » et « accessibilité », énumère-t-il.« Si 23 millions de personnes sont venues à nos spectacles, c\u2019est parce qu\u2019elles ne vivent pas juste une expérience visuelle, elles ressentent ce qu\u2019elles voient, ça touche les gens au cœur.C\u2019est la marque de la compagnie.Je ne veux pas d\u2019une danse élitiste.» Les trois autres pièces du programme de l\u2019AADT portent sa signature : les solos In/Side et Takademe et le sextet masculin The Hunt.Le premier solo est porté par la voix de Nina Simone.Le second déconstruit la danse indienne ka-thak sur un chant de Sheila Chandra.The Hunt réveille l\u2019instinct de prédateurs des hommes.« J\u2019aime les danseurs qui disent quelque chose à travers le mouvement, plutôt que le geste pour le geste.Je crois que c\u2019est le fondement de la danse moderne : essayer non seulement d\u2019être vu, mais aussi d\u2019être entendu.» Le Devoir REVELATIONS , ET AUTRES CREATIONS CHOREGRAPHIQUES Alvin Ailey Dance Theatre, le 17 avril au Centre national des arts d\u2019Ottawa et du 19 au 21 avril au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.\u2019RE^^R^ THÉÂTRE ÉMERGENT premieracte.ca UNREGARDjgS 2011-2*^ INTERPRÉTATION DE MARIE-HÉUNE GENDREAU ET JEAN-MICHEL GIROUARD SCÉNOGRAPHIE DE MARIE-RENÉE BOURGET HARVEY ÉCLAIRAGES DE IEA1HIEU C.BERNARD 870, DE SALABERRY QUÉBEC 418 643-8131 ______\u201e\u201e QUÉDEC Qu&eCnn LE DEVOIR DesJardins Catou pupdcdK dv Qii£b«c Ce qu\u2019il reste d\u2019humain après le déluge techno L\u2019artiste japonais Hiroaki Umeda lance le 7® festival Temps d\u2019images FREDERIQUE DOYON Dans le flot de spectacles de l\u2019ultime édition du FIND (Festival international de nouvelle danse), le souvenir du jeune artiste japonais Hiroaki Umeda reste prégnant.Dans une pluie de pixels et de sons, le lent mouvement d\u2019un corps concentre l\u2019attention, distord le temps, renverse l\u2019impression de surcharge.C\u2019était en 2003, avant l\u2019éclosion des réseaux sociaux qui ont décuplé l\u2019information en circulation et les sollicitations quotidiennes.Hiroaki Umeda, la vingtaine à moitié entamée, venait d\u2019esquisser la curieuse condition de YHomo technicus du xxu siècle.Voilà que le jeune prodige devenu grand revient démarrer le 7e festival Temps d\u2019images à l\u2019Usine C avec un programme double.Haptic et Holistic Strata.L\u2019artiste porte plusieurs chapeaux : vidéaste, compositeur, chorégraphe et inteiprète.Sa danse solo reste loin du langage formel tel qu\u2019on l\u2019enseigne.Elle ressemble à du hip-hop au ralenti, proche parfois du butô.Et pourtant, prévient-il, s\u2019il a essayé plusieurs styles de danse, il n\u2019a jamais suivi de cours de butô.« La danse est quelque chose de stylisé ; moi, je me concentre sur le mouvement comme fonction du corps », explique-t-il en entrevue, après avoir confié qu\u2019il avait arrêté ses cours de danse, qui ne convenaient pas à son corps.« Pour moi, la % T\t-'\u201cV\tK'\" C'a» ^\tV-.'\t1 n' A/' SOURCE TEMPS D\u2019IMAGES Une scène de Holistic-Strata du jeune artiste Hiroaki Umeda danse, c\u2019est plusieurs couches de mouvements, que je crée avec mon corps, le son et la vidéo.» Son approche de la technologie reste d\u2019une certaine manière assez modeste.Hiroaki Umeda tente de révéler ce qui reste d\u2019humain quand on est plongé au cœur des mutations technologiques.« Les gens disent que mes pièces tiennent de la haute technologie.Pour moi, l\u2019ordinateur est un outil ordinaire qu\u2019on utilise dans la société aujourd\u2019hui.C\u2019est juste un outil pour l\u2019œuvre.» De fait, les images vidéo abstraites, traitées comme de la lumière, sont projetées selon des techniques plutôt classiques, sur un écran et sur son corps, et non en 3D.Mais l\u2019ensemble de l\u2019œuvre, avec le traitement sonore et la qualité du mouvement, peut donner l\u2019impression de vivre une expérience stéréoscopique.Holistic Strata explore justement les possibles de la perception sensorielle, et plus spécialement les mécanismes à l\u2019œuvre dans les illusions qu\u2019elle peut induire.« La perception visuelle est â la base de la performance, de la chorégraphie », rappelle-t-il.Il utilise aussi des censeurs \u2014 une « vieille technique » pour les mordus de la recherche de pointe \u2014 qui captent ses mouvements et les traduisent en sons et en images.Pour Haptic, l\u2019artiste délaisse carrément l\u2019informatique et la projection vidéo pour embrasser le champ chromatique de la lumière.Loin des associations habituelles entre les couleurs et les stimuli physiologiques (rouge/colère, bleu/apaisement), il se concentre sur « l\u2019aspect physique de la perception de la couleur, [.] pour donner corps aux relations qu\u2019elle entretient avec la danse », explique-t-il dans un des documents descriptifs.Scène et écran Temps d\u2019images convie chaque année des artistes de la scène qui jouent avec les images en déjouant les habituels rapports entre le public, la scène et l\u2019écran.Les autres invités internationaux de cette septième édition : les Belges Anne De Mey, chorégraphe, et Jaco Van Dormael, cinéaste, présentent leur projet fou Kiss & Cry, qui cumule chorégraphie en miniature pour les doigts, séance de cinéma et making o/d\u2019un film.Du Québec, Martin Té-treault dépoussière les tourne-disques dans Points, lignes avec haut-parleurs, quatuor de platinistes.Marie Brassard donnera (gratuitement !) un avant-goût de sa prochaine création inspirée de la ville de Trieste.A surveiller aussi du côté québécois : Stéphane Gla-dyszewski, virtuose d\u2019une technologie à dimension humaine, qui vous donne rendez-vous avec un étranger dans Tête-â-tête.Le Devoir Temps d\u2019images, du 19 au 27 avril à l\u2019Usine C.www.usine-c.com Appels de candidatures Concours nationaux Ministère de ia Cuiture, des Communications et de ia Condition féminine INTÉGRATION DES ARTS A L'ARCHITECTURE ET A L'ENVIRONNEMENT Le Centre universitaire de santé McGiil (CUSM) et ie ministère de ia Culture, des Communications et de la Condition féminine annoncent ia tenue de concours en vue de la création de deux œuvres d'art pour le site Gien, soit une œuvre pour la piace d'accueii (œuvre 01 ) et une œuvre à i'intérieur de i'institut de recherche (œuvre 06).Ces concours sont iancés en vertu de la Politique d'intégration des arts à l'architecture et à l'environnement des bâtiments et des sites gouvernementaux et publics du gouvernement du Québec et dans le cadre du projet de redéploiement du CUSM.Le CUSM regroupe des hôpitaux d'enseignement affiliés à l'Université McGill : l'Hôpital de Montréal pour enfants, l'Hôpital général de Montréal, l'Hôpital Royal Victoria, l'Institut et Hôpital neurologiques de Montréal ainsi que l'Institut thoracique de Montréal.Depuis 2008, l'Hôpital de Lachine et le Pavillon Camille-Lefebvre sont également membres du CUSM.CONCOURS ŒUVRE 01 - PLACE D'ACCUEIL La place d'accueil du site Glen permettra d'offrir à tous ceux qui fréquenteront le CUSM un parc aménagé qui se voudra à la tels une place publique ainsi qu'un lieu de passage, de rassemblement et de détente où ils pourront circuler pour se rendre au centre de santé ou s'arrêter pour s'offrir un moment de repos.Le CUSM désire poser un geste significatif par l'intégration d'une œuvre d'art surtout riche de portée.Fragmentée ou d'une seule pièce, l'œuvre doit être une sculpture monumentale de facture contemporaine, très visible en toutes saisons.L'ensemble de ses qualités, tant conceptuelles que plastiques et esthétiques, lui conférera un caractère identitaire et signalétique.En synergie avec son environnement, elle suscitera un fort sentiment d'accueil, de fierté et d'humanité.Un espace au sol circulaire, d'un diamètre de 30 m, est mis à la disposition de l'artiste et correspond à la partie centrale du parc aménagée en place publique.Un comité de sélection retiendra la candidature de sept artistes qui seront invités à proposer une œuvre en en présentant le concept accompagné d'une maquette et de divers devis.Une somme forfaitaire de 11500$ sera accordée à chaque artiste pour l'élaboration de sa proposition.Le budget total alloué à la conception finale, à la réalisation et à l'installation de l'œuvre choisie sera de 919 500$.CONCOURS ŒUVRE 06 - INSTITUT DE RECHERCHE L'œuvre pour l'Institut de recherche doit être une sculpture aérienne qui prendra place dans la partie supérieure de l'atrium qui est d'une hauteur équivalant à cinq étages.L'espace mis à la disposition de l'artiste est un volume mesurant environ 7 m de large, 18 m de long et 8 m de haut.Fragmentée ou d'une seule pièce et ancrée sur les colonnes de béton des murs longitudinaux, l'œuvre pourra tirer profit de la lumière naturelle provenant de lanterneaux disposés au niveau de la toiture de l'atrium.Sur le plan conceptuel, et en plus des valeurs fondamentales du CUSM, l'artiste doit prendre en compte l'esprit de recherche, de découverte et d'innovation qui anime les usagers du lieu et la notion de synergie qui caractérise leur travail.L'œuvre en sera une évocation mais non pas une illustration littérale.Un comité de sélection retiendra la candidature de cinq artistes qui seront invités à proposer une œuvre en en présentant le concept accompagné d'une maquette et de divers devis.Une somme forfaitaire de 10000$ sera accordée à chaque artiste pour l'élaboration de sa proposition.Le budget total alloué à la conception finale, à la réalisation et à l'installation de l'œuvre choisie sera de 690000$.CONDITIONS D'ADMISSIBILITÉ Pour que sa candidature soit considérée admissible, le candidat doit notamment : \u2022\tavoir la citoyenneté canadienne ou le statut de résident permanent; \u2022\tavoir sa résidence principale au Québec depuis au moins 12 mois; \u2022\têtre un artiste professionnel en arts visuels ou en métiers d'art au sens de la Loi sur le statut professionnel des artistes des arts visuels, des métiers d'art et de la littérature et sur leurs contrats avec les diffuseurs.Dans le cadre de ce concours, on entend par « artiste professionnel » un individu ou un collectif, permanent ou non; \u2022\tavoir soumis, au plus tard le 18 mai 2012, un dossier de candidature complet, en français, et constitué des pièces suivantes : -\tun curriculum vitæ d'un maximum de trois pages; -\tun dossier visuel composé de photos numériques d'œuvres récentes, accompagné d'une description de chacune d'elles; -\tune lettre d'intérêt, d'un maximum de deux pages, dans laquelle figurent les motifs justifiant le dépôt de la candidature.Le candidat désirant s'inscrire aux deux concours doit présenter un dossier complet pour chacun.Le candidat doit obligatoirement prendre connaissance des explications plus détaillées sur le contexte du concours, les programmes d'intégration et les modalités d'inscription, disponibles au www.mcccf.gouv.qc.ca/concoursnationaL À noter que tout dossier incomplet ne sera ni évalué ni retourné au candidat.Centre universitaire de santé McGill McGill University Health Centre n Groupe immobilier SANTÉ McGill ?» Les Services SNC'LAVALIN QuébecSS «U TABLEAUX MIME'S AVEC UNE ADMIRABLE MAÎTRISE DU CORPS PAR SEPT INTERPRÈTES VIRTUOSES » - voir, Eisa Pépin «LES ACTEURS SONT PRE'CIS, IMPRESSIONNANTS ET ÉMOUVANTS» - la Presse, Luc Boulanger «C'EST PARFOIS AMUSANT, PARFOIS TROUBIANT MAIS TOUJOURS INTÉRESSANT » - Pieuvm.ca, Valérie Carrière OivnIbus lab aux bons sentiments ! de la bonne conscience ! 27 MARS » 21 AVRIL 2012 de JEAN ASSELIN et RÉAL BOSSÉ avec SYLVIE MOREAU » MARIE LEFEBVRE » AUDREY BERGERON » ANNE SABOURIN » GUILLAUME CHOUINARD » BRYAN MORNEAU » SACHA OUELLEÜE-DEGUIRE Scénogrophte et costumes SOPHIE BOURGEOIS assistée de SARAH SIOAN lumières MAIHIEU MARQL Son ÉRIC FORGET nnn BiLLEnERiE 514.521.4191 Tarifs : Régulier 29 $.Étudiant 22 $ Omnibus.1945, ruG Fullum,AAonttéal, ® Frontenac WWW.mimeOmnibuS.qC.Ca k Hydro Québec Montréal é Québec DD http://bit.ly/fpt8tH?r=qr E 6 LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 1.5 AVRIL 2012 CULTURE>MEDIAS Culture et conununauté : les leçons de Radio Me-Marie Le directeur sortant de RVM à l\u2019heure des bilans de son média atypique mais de plus en plus populaire STEPHANE BAILLARGEON Radio Ville-Marie (RVM), ce n\u2019est pas une radio, c\u2019est un paradoxe.Pendant que les autres médias bataillent ferme pour survivre, celui-là se porte de mieux en mieux.Pendant que les autres attisent les tensions religieuses, celui-là place la spiritualité et la religion au cœur de sa raison d\u2019être.Pendant que beaucoup évacuent la culture ou la réduisent à sa portion industrielle, celui-là élargit et enrichit la perspective culturelle en parlant opéra, littérature ou théâtre.Cet acharnement à donner « un sens à la vie », comme le dit le slogan officiel, RVM le doit en bonne partie au directeur général Jean-Guy Roy, qui vient de quitter ses fonctions après douze ans de loyaux services.« On a tout vu depuis le début du siècle dans les médias, des fusions, des fermetures, mais je trouve que RVM a réussi à se positionner, à trouver son créneau », résume M.Roy, interviewé jeudi, jour de l\u2019organisation d\u2019une grande fête pour lui rendre hommage.Il a été remplacé par Raynald Gagné.« Je suis particulièrement fier de la place faite à la culture, à notre patrimoine culturel qui est finalement bien négligé par les médias actuellement.En creusant ce patrimoine, nous avons trouvé notre identité finalement.» Les exemples concrets se multiplient, ù Conservatoire en ondes (samedi, 17 heures) relaie les concerts de l\u2019institution.Vivante poésie (dimanche 21 h) ne parle que de ça.La grille offre aussi des cases à l\u2019histoire, aux grands entretiens, à la littérature, au théâtre et à tous les genres musicaux, dont le chant grégorien, l\u2019opéra et le classique, évidemment.Neuf fois sur dix, quand RVM diffuse de la chanson, elle est francophone.« RVM est né dans le cadre du 350 anniversaire de fondation de Montréal, explique encore M.Roy.Cette histoire, notre identité, est d\u2019abord judéo-chrétienne, et j\u2019ai proposé de puiser dans ce riche héritage.Quand je suis arrivé à la station, il y avait davantage de dévotion, de prières.Mais au fond, il n\u2019y a pas de foi, d\u2019identité chrétienne sans culture.Eduquer au beau, c\u2019est ouvrir à plus grand que soi.La beauté, dans une pièce de théâtre, une symphonie, une chanson ou un paysage ouvre sur le merveilleux, sur plus grand que soi.» S\u2019ouvrir au monde Jean-Guy Roy est arrivé à la direction générale de Radio > S; H A.dernière CE SOIR C[NTR[ CHORÉGRAPHIQUE iTIOiL OE CRÉTEIL ET DU M-DE-iRNE / |Fr Iff IG CORRERIA + AGWA mim\\ 12 >13 >14 AVRIL ïhéûLre Maisonneuve I3dansedanse.net laplacedesarts.com 514 842 2112 / 1 866 842 2112 tFSlNE 0 7® édition FESTIVAL TEMPS D\u2019IMAGES 191-^27 AVRIL 2012 ' h\t\u2022.V'.¦ \u2022 t \u2018\t' ¦ t-A*.î\"\u2019\u2019 \u2022\t.;\u2018V.\u2022¦L* **.'\u2022*\u2022.''.\u2018\u2022¦s.\"\t1 Q- î 20 & 21 AVRIL '*:V \u2022\"\u2022u\" V -.\t.\t.V .\u2022* * * \u2022\tî*-\t\u2022\u2022\t\u2022*\u2022'.*** - > (JAPON) .4f®^3vec hiroaki umeda VL:\t\u2022 V\t¦ ' \u2018 * \u2022 \u2019 \u2022\t'\t, V '\u2022\t^\t./ \u2019\t.\u2022\ti.*\t\u2022 li* \u2022,\tV.G ** br\tN:\u2019.¦VSg: -.\t.*¦ \u2022.* \u2022\u2022 \u2022\u2022 =; \u2022 \u2022\u2022;\u2022'\u2022.- * .Ville-Marie en mars 2000 fort de plusieurs expériences en management, mais aussi comme psychothérapeute et d\u2019une éducation hors norme, avec quatre maîtrises en poche (éducation, management, counseling et théologie).On peut lire son carnet Web, « Un regard sur l\u2019actualité », à l\u2019adresse leblogue-dudg.com.Il a publié son 400'\" billet le 30 mars, juste avant son départ de la station.Cet homme engagé n\u2019a pas qu\u2019ouvert la chaîne sur la culture.Il l\u2019a ouverte sur le monde, par exemple en se rapprochant de Radio Vatican (on peut entendre ses excellents bulletins d\u2019information) et de l\u2019important réseau de quelque 2000 radios chrétiennes dans le monde.M.Roy a également préparé l\u2019arrimage au Web qui se concrétisera à l\u2019automne avec la multiplication des baladodiffusions.Le directeur.refondateur a aussi ouvert la radio sur la ville en déménageant le quartier général dans le sud-ouest de la métropole.Ses beaux studios jouxtent le canal de Lachine.L\u2019ouverture s\u2019est aussi faite sur tout le Québec avec le développement d\u2019un réseau liant le 91,3 FM de Montréal et cinq stations affiliées (Gatineau, Ri-mouski.Sherbrooke, Trois-Rivières et Victoriaville).Ce petit consortium, avec ses 115 animateurs et chroniqueurs bénévoles, a maintenant passé le cap du demi-million d\u2019auditeurs par semaine.Le financement vient de ces fidèles qui fournissent les deux tiers du budget.Le prochain radio-don aura lieu en mai.« RVM est devenue la radio des gens, explique alors l\u2019ex-directeur.Cette radio a développé un fort sentiment d\u2019apparte- nance, une communauté.Nous avons par exemple développé une série avec Jean-Marie La-pointe sur les personnes handicapées.Nous avons diffusé des séries sur la santé mentale, sur l\u2019itinérance.Quel média parle de ces réalités ?» Ces choix atypiques, non payants, sont possibles parce que RVM ne court pas après les cotes d\u2019écoute ou les profits.Elle opère sous licence commerciale, mais chapeautée par un organisme sans but lucratif « Nous ne sommes pas là pour faire de l\u2019argent.Il faut trouver des sous, il faut vivre, il faut respecter le volet commercial, mais RVM n\u2019existe pas pour le profit.» Elle existe, sinon par prosélytisme, du moins en partie JACQUES GRENIER LE DEVOIR pour relayer une perspective religieuse, judéo-chrétienne sur le monde.L\u2019ex-directeur l\u2019évalue au tiers de la grille.Cette programmation tout aussi atypique, dune radio paradoxale, fait d\u2019ailleurs une bonne place quotidienne aux voix non-catholiques.« Cette dimension spirituelle fait partie de nos vies et plus personne n\u2019en parle, en tout cas peu de médias en parlent positivement, dit Jean-Guy Roy.fond, dans le contexte actuel des tensions interreligieuses, notre radio est une radio de dialogues.Nous offrons aux gens de partager et d\u2019échanger autour de la réalité spirituelle.C\u2019est un espace ouvert pour la prise de parole.» Le Devoir USINE-C.COM / BILLETTERIE 514.521.4493\t# UBISOFT 1 LES GRANDS SPECTACLES THEATRE MAISONNEUVE, PdA \u2022 20 h te Ml collaboration avec W Spectacle d'ouverture (Belgique) CHANTENT GASTON MIRON VINCENT VALLIÈRES MICHEL RIVARD YANN PERREAU RICHARD SÉGUIN ^\tJIM CORCORAN LOUIS JEAN CORMIER MARTIN LÉON YVES LAMBERT DAVID MARIN PIERRE FLYNN DANIEL LAVOIE et GILLES BÉLANGER LES NUITS METROPOLIS \u2022 21 h en collaboration avec #musioue première parue: FRANCK DEWEARE L\u2019EVENEMENT du 14 au ie juin THEATRE DU NOUVEAU MONDE « 20 h | LES GRANDS SPECTACLES en collaboration avec Ariane vendredi 8 juin dimanche 10 juin premières parues: 12 Juin DAVID GIGUERE \u2022 i 16Juin _____: jALi MR^BIglque) premier©'parti©: BRIGITTE (Frqirtie: C aude (France) Thomas vendredi 15 juin mardi 12 et vendredi 15 juin mercredi 13 juin SALLE WILFRID PELLETIER, PdA « 20 h I BENEFICIEZ D\u2019AVANTAGES AVEC LE PROGRAMME DE RECOMPENSES VISA DESJARDINS AU 1 877-BILLETS PLACE DES ARTS 514 842-2112 1 866 842-2112 laplacedesarts.com METROPOLIS 1 855 790-1245 admission.com ticketmaster.ca THEATRE DU NOUVEAU MONDE 514 866-8668 tnm.qc.ca ta 514876 1855-FRANCOS-FRANCOFOLIES.COM îfl*\t^transat Montréal® QuébeC ^ Desjardins Québec Canada LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AVRIL 2012 E 7 IDE VISD Une question mal élucidée LA QUESTION DE L\u2019ABSTRACTION AUTOUR DE L\u2019ABSTRACTION Musée d\u2019art contemporain de Montréal, 185, rue Sainte-Catherine Ouest Jusqu\u2019en avril 2016.JÉRÔME DELGADO Collaborateur La question de Texi-guïté d\u2019un musée, de son éternel besoin de s\u2019agrandir, doit-elle transparaître dans la programmation, dans la manière dont on monte les expositions ?Non, suppose-t-on, dans la mesure où ce sont deux domaines distincts.L\u2019esthétique peut réagir au politique, mais le politique ne doit pas s\u2019ingérer dans l\u2019esthétique.Avec La question de l\u2019abstraction, sa nouvelle exposition permanente, le Musée d\u2019art contemporain de Montréal (MACM) semble pourtant penser le contraire.Le MACM n\u2019aurait pas pu s\u2019y prendre autrement pour démontrer le manque d\u2019espace auquel il est confronté.L\u2019expo inaugurée cette semaine respire mal, très mal, au point où l\u2019on se demande vraiment pourquoi autant d\u2019œuvres (110) ont été retenues.Certes, La question de l\u2019abstraction porte sur une histoire riche et complexe, difficile à résumer.Entre la fantaisie en couleurs et en prémices figuratives d\u2019Alfred Pellan \u2014 l\u2019huile Sous-terre (1939) \u2014 et le canevas translucide et presque vide d\u2019un Chris Kline \u2014 l\u2019acrylique Divider (2011) \u2014, force est de constater que le genre abstrait n\u2019a ni une école ni une époque.La démonstration aurait cependant gagné à être élaguée.Divisée par sections, et montée selon un principe chronologique, l\u2019expo souffre de l\u2019importance accordée par la commissaire Josée Bélisle aux premières décennies de l\u2019abstraction au Québec.Elle a raison de souligner la profusion des années 1940 à 1960.Sauf qu\u2019il y a un déséquilibre notable entre ces premières sections et les dernières, plus espacées, et fourre-tout aussi.Ceux qui y perdent le plus, ce sont les artistes, finalement.Présentation Par leur taille et leur importance historique, certains tableaux auraient mérité un mur à eux seuls.C\u2019est le cas de Peinture n° 43 (1962), du jeune Jacques Hurtubise, sorte d\u2019amalgame entre les courants expressifs chers à certains et l\u2019organisation de la surface défendue par d\u2019autres.L\u2019œuvre se trouve pourtant coincée et voisine le tableau d\u2019une artiste de moindre importance, Lise Gervais.La commissaire a fait le choix de montrer plus que les incontournables.Fort bien, puisqu\u2019elle nous permet de redécouvrir Lise Gervais ou de ressortir une abstraction méconnue de Michel Goulet.Dans le fond, l\u2019aventure est condamnée d\u2019avance au casse-gueule.Là, on reproche à l\u2019expo d\u2019en dire trop, mais dans le cas contraire, on aurait déploré de ne s\u2019en tenir qu\u2019aux maîtres.Une œuvre par artiste aurait été un exercice fastidieux, mais était-il nécessaire de répéter pour répéter ?Jauran, chef du premier groupe des plasticiens apparu au début des années 1960, est présent avec trois petites œuvres somme toute similaires, qui empiètent plus qu\u2019elles n\u2019expliquent quelque chose.Un face-à-face Josée Bélisle a eu la bonne idée de réunir Borduas et Riopelle dans un rare face-à-face.Mais pourquoi donner autant d\u2019exemples du travail de l\u2019un et de l\u2019autre, eux qui n\u2019ont plus besoin de présentation ?Le duel entre la fragmentation noir et blanc de l\u2019un et l\u2019explosion chromatique de l\u2019autre aurait pu tenir en six tableaux.Il y en a plus de dix.Sans compter que trois sculptures de Robert Roussil, des bois élancés sans grand intérêt, ont été placées au milieu de cet espace déjà chargé.Exposer l\u2019abstraction dans ses variantes en sculpture semble avoir constitué un vrai problème.Avec Roussil, comme avec Armand Vaillan-court, Yves Trudeau et Charles Daudelin, on casse le rythme, on obstrue et remplit des vides trop facilement.Est-ce la manière, bien allégorique, pour signaler à quel point les sculpteurs sont venus bousculer la prédominance picturale dans les années 1950 et 1960 ?L\u2019idée d\u2019espacer des murs pour alléger un peu les salles © SUCCESSION SERGE LEMOYNE/SODRAC 2012/PHOTO RON DIAMOND Serge Lemoyne, Une pointe bleue entre deux pointes blanches (1978), huile sur toile n\u2019était pas si mauvaise.Or c\u2019est à peine si l\u2019œil arrive à passer au travers.Il faut le dynamisme des lignes d\u2019un Serge Lemoyne ou d\u2019une Rita Retendre pour arriver à nous rejoindre malgré tout.Avec raison, l\u2019exposition s\u2019en tient à l\u2019abstraction québécoise: c\u2019est elle que le MACM défend depuis ses débuts, c\u2019est elle qui fait le MACM.Pourtant, la fin du parcours aboutit à une œuvre du Français Laurent Grasso, chéri depuis peu par le musée qui l\u2019exposait dans Déjà, l\u2019été dernier.Alors qu\u2019on se plaint de ne pas avoir suffisamment d\u2019espace pour exposer sa riche collection, cette «anomalie» s\u2019explique mal.C\u2019est le même doute qui vient à l\u2019esprit dans les salles adjacentes, elles aussi réservées depuis toujours à des expos dites permanentes.Cette fois, on présente Autour de l\u2019abstraction, une affaire très internationale avec des pièces d\u2019Anish Kapoor, de Vik Muniz ou de Franz West.Très aérée aussi \u2014 seulement huit œuvres \u2014, et sur un thème très large, si on se fie à l\u2019installation en table et chaises de l\u2019Autrichien West.Dans un contexte de pénurie d\u2019espace, cette partie aurait pu être investie autrement et résoudre du coup au moins un peu le problème.On n\u2019en avait peut-être pas le goût.La question de l\u2019abstraction demeure donc bien dense.Et figée.Les œuvres ne changeront pas d\u2019ici 2016, contrairement à celles A Autour de l\u2019abstraction.Il y avait pourtant d\u2019autres options.On a préféré s\u2019en tenir à une présentation lourde et, au bout du compte, confuse.Le Devoir De tache en tache CONTINGENCES Sarah Bertrand-Hamel Galerie Joyce Yahouda 372, Sainte-Catherine Ouest, espace 516 MULTIPLICITÉ Sarah Bertrand-Hamel Diagonale, centre d\u2019artistes 5455, rue de Gaspé, espace 203 Jusqu\u2019au 28 avril MARIE-ÈVE CHARRON Collaboratrice Ce n\u2019est pas avec une, mais avec deux expositions que Sarah Bertrand-Hamel s\u2019affiche ce printemps.Dans le cadre de l\u2019événement avril.fibre, textile, art, elle présente sa plus récente production à la galerie Joyce Yahouda et au centre d\u2019artistes Diagonale.Les deux expositions réunissent des œuvres qui explorent le motif de la tache que l\u2019artiste travaille en jouant avec contrôle et abandon, dans ses gestes et avec la matière.Sarah Bertrand-Hamel, finaliste du prix Pierre-Ayot 2011, conjugue de singulière façon le dessin à l\u2019encre et à l\u2019aquarelle avec une technique de papiers cousus.Dans le travail antérieur de l\u2019artiste, les œuvres montraient des lieux réels, par exemple son appartement, complexifiés par une mise en abyme.Les œuvres actuelles délaissent plus franchement la représentation, au profit de la matière elle-même et des entours qu\u2019elle se donne sur les surfaces et dans la trame du support papier.Il en est ainsi à la galerie Joyce Yahouda, qui regroupe des œuvres variées, dont la part d\u2019expérimentation se fait sentir, comme s\u2019il s\u2019agissait de séries d\u2019études, bien que le travail soit des plus soigné.Pour Différenciation I et II, un motif géométrique complexe, inspiré des mosaïques islamiques, coexiste avec les boursouflures du support, un papier que l\u2019artiste a fabriqué elle-même.Le dessin résulte de l\u2019assemblage, cousu, des différents fragments de papier qui se transmutent organiquement, oscillant entre la forme et la déformation, la trouée et le renflement.Les sutures du papier, volontairement apparentes, et les dessins partiels de formes, par exemple, dans d\u2019autres œuvres, des carrés et des losanges, donnent une structure aux taches ou aux surfaces organiques qui ne semblaient pas en avoir.Ce sont les taches finalement qui servent de répertoire à l\u2019artiste, voire de modèle.L\u2019exposition à Diagonale en fait la démonstration avec un ensemble plus resserré et cohérent d\u2019œuvres qui se divisent en trois parties.La plus saisissante en entrant est l\u2019occupation murale, conçue sur mesure pour cet espace, intitulée.Détails de la substance.Il s\u2019agit de plusieurs pastilles relativement régulières aquarellées en bleu sur des losanges de papier fait main qui sont juxtaposés.L\u2019orientation des losanges structure des cubes qui s\u2019empilent et s\u2019imbriquent, qui tiennent ensemble et qui se défont selon le regard.Le dispositif table sur un jeu perceptuel simple qui réussit à suggérer la troisième dimension à partir d\u2019éléments formels plats pour lesquels l\u2019artiste a par ailleurs fait ressortir l\u2019aspect physique et matériel.Le papier, dense, a la couleur d\u2019une pierre ou d\u2019une tuile.SARA LAGACE Sarah Bertrand-Hamel, Les instants (2012), aquarelle et encre sur papiers cousus Chaque fragment se détache aussi légèrement du mur et, ce faisant, en redouble la présence dans l\u2019espace.Fascination Cette matérialité est également ressentie dans la série 23 cas bleus et une observation.Pour chaque dessin, il y a derrière des feuilles vierges su- perposées qui conçoivent un feuilleté, une épaisseur alors que les aquarelles traitent de problèmes de surface et de transparence.L\u2019artiste a réalisé cette série de dessins en se donnant des paramètres fixes, soit les dimensions du support et une quantité x d\u2019aquarelles bleues.Si chacune des œuvres donne à voir des résultats différents, c\u2019est que l\u2019artiste a aussi exploité le hasard.Elle a d\u2019abord laissé le liquide coloré s\u2019étendre pour ensuite intervenir avec des objets (pot, crayon, poche de thé, métal rouillé) dessus afin de créer des textures et d\u2019autres accidents formels et chromatiques au potentiel infini.Par la série, l\u2019artiste veut partager sa fascination pour ces dessins pour ainsi dire délégués dont les résultats, aussi définis par le temps de séchage, sont insoupçonnés.Pour jouer cette carte à fond, l\u2019artiste a introduit parmi la série un intrus, un dessin qu\u2019elle a exécuté d\u2019après le modèle d\u2019une de ces taches aléatoires.Ce dessin conscient, reproduisant la tache mise aux carreaux détail par détail, est révélateur de la richesse inouïe d\u2019une trace dont l\u2019artiste n\u2019a pas été pleinement JOHN GOODWIN LYMAN Exposition Vente Esquisses des années 1910, 20 et 30 Du 10 au 24 avril, 2012 Catalogue en ligne: vvvvw.galerievalentin.com Galerie \\^LENTiN 1490, RUE SHERBROOKE OUEST \u2022 MONTRÉAL, QC \u2022 514 939-0500 l\u2019auteure.Hormis ce dessin d\u2019observation où le temps d\u2019exécution semble important, les dessins se veulent comme des instantanés, les traces d\u2019un événement unique dont la matière restitue l\u2019empreinte.Une synthèse La dernière partie.Instants, fait la synthèse de tous les enjeux, combinant les effets du hasard et du contrôle tout en traitant de la temporalité de l\u2019image.Les quatre œuvres de cette série sont faites à partir des dessins de taches rejetés par l\u2019artiste qu\u2019elle a fragmentés et cousus ensemble pour engendrer d\u2019autres taches.Elles combinent l\u2019apparence d\u2019un splash spontané et la composition étudiée.Le support est cousu en suivant un patron géométrique calqué sur des vitraux anciens et les contours de la flaque sont néanmoins continus bien que composés de fragments hétérogènes.D\u2019un dessin à l\u2019autre, la dimension de la tache est plus grande, ce qui suggère une expansion de la forme dans l\u2019espace, un mouvement fixé à quatre moments.Sarah Bertrand-Hamel, dans l\u2019ensemble de cette production, fait conspirer les formes géométriques et aléatoires pour figurer un réel à la fois construit et spontané qui invite à considérer la durée longue de la méditation et la fulgurance de l\u2019instant.Le Devoir GATINEAU - 28 avril Art et sacré : exposition Dieu(x) Quelques places disponibles! MONTRÉAL - 6 mai Conférence en vue du voyage d'août à COOPERSTOWN (État de NY) OTTAWA-31 mai Exposition Van Gogh de près Les, peaux ^détours www.lesbeauxdetours.com 514 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Le Centre d'exposition de Repentigny présente DE SWIRLED W£RR SIHOD smy sifïiok commissfliRt DU 18 ms flU 15 MIL 3013 3, place d\u2019Évry, Repentigny (Québec) J6A8H7 www.ville.repentigny.qc.ca/expositions Entrée libre 45(ffM7ARTS Repentigny S'épanouir E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AVRIL 2012 CULTURE >CINEMA Ode à la vie et jeu de contrastes Les deux vedettes du film, Omar Sy et François Cluzet.INTOUCHABLES Réalisation: Eric Toledano et Olivier Nakache.Avec François Cluzet, Omar Sy, Anne Le Ny, Audrey Fleurot, Clotilde Mollet.Image: Mathieu Vadepied.Musique: Ludovico Einaudi.Montage: Dorian Rigal-Ansous.112 min.ODILE TREMBLAY /ntouchables était déjà un triomphe dans les salles françaises avec près de 20 millions d\u2019entrées.Dernièrement, il s\u2019est classé plus grand succès cinématographique international pour un film non anglophone, et ce, avant même sa sortie américaine.Parlons de raz-de-marée.Ce duo de contrastes entre un riche quadriplégique (François Cluzet) et un Noir des cités frais sorti de prison (Omar Sy, grande vedette comique en France), devenu son aide soignant, a touché des cordes sensibles en cette ère où les gens ont envie de faire valser le cynisme pardessus les moulins.D\u2019autant plus que le fdm est librement adapté de l\u2019histoire vécue par Philippe Pozzo Di Borgo et Abdel Sellou.Feel good mqvie des cinéastes français Eric Toledano et Olivier Nakache, Intouchables, sans constituer une œu- vre de volée supérieure, repose sur un tandem qui fonctionne vraiment bien.Comédie pour comédie, celle-ci possède le mérite de rire de sujets délicats sans prendre les spectateurs pour des imbéciles, sur un scénario enlevant.La forte présence physique d\u2019Omar Sy (César du meilleur acteur), corps d\u2019athlète doublé d\u2019un charisme et d\u2019un humour irrésistibles, associée à la silhouette diminuée de François Cluzet, en Philippe handicapé cultivé et spirituel, doté pour les besoins du rôle d\u2019un grand registre d\u2019expressions, crée la chimie.L\u2019aristocrate se rapproche de ce Driss, jeune des banlieues parfois brutal, toujours plein de vie, aux antipodes de son univers raffiné de mélomane et d\u2019amateur d\u2019art.Avec quelques délits, massages de professionnelles et courses folles dans une bagnole de course, les joints partagés.Intouchables fait souffler sur leur duo un léger parfum de délinquance qui évacue quelques mièvreries.La formule du tandem asymétrique constitue un ressort de comédie depuis les débuts du cirque, reprise dans une myriade de films.Intouchables revisite la formule en jouant sur les bons sentiments et les clichés d\u2019usage: Blanc riche et Noir pauvre.N\u2019empêche! Ode à la vie, chant d\u2019espoir, d\u2019entraide et de rencontre entre deux handicaps, physique et social, les rebondissements portent le fdm, avec gags nés des effets de contraste (Driss découvrant ébloui sa salle de bains dans le magnifique hôtel particulier, sa danse endiablée après un concert classique, etc.).La caméra suit beaucoup les gestes qui unissent les deux hommes, l\u2019un portant et déplaçant l\u2019autre, ce qui apporte à l\u2019histoire une charge concrète, en l\u2019empêchant de dériver du côté du concept.Une mention aussi à Anne Le Ny, sensationnelle en secrétaire pince-sans-rire de Philippe.Elle accentue la charge comique là où les autres interprètes secondaires apparaissent moins développés et moins convaincants.La mise en scène est soignée et efficace.On ne peut prédire un succès assuré au Québec pour Intouchables.Certains codes demeurent très européens, mais la bonne humeur, la générosité du film et les fous rires du tandem en feront sans doute craquer plusieurs.Le Devoir La formule du tandem asymétrique constitue un ressort de comédie depuis les débuts du cirque, reprise dans une myriade de films LE NEM ET LA RELEVE Mercredi 25 avril à la Salle Bourgie\t19h30 1339, rue Sherbrooke Ouest Salle Bourgie du Musée des beaux arts de Montréal i Christopher Mayo [Première montréalaise] Clean Room Design: sous les mers (2010) pour 15 musiciens Philip|>e Leroux fd\u2019JA/ler (1994-95) pour violon solo et 16 musiciens Mira Benjamin, violon Cil film de James Dormeyer Menuh/n: Présence Je me souviens.André Prévost Menub/n; Présence (2000) pour violoncelle solo et 15 musiciens Stéphane Tétreault, violoncelle co-production N£/vl et Fondation Arte Musico Tarifs* Grand public : 21,94 $ Vip : 18,87$ 30 ans ou moins : 10,97 $ Billetterie >partéléphone 514-285-2000#4 > en personne à la billetterie du Musée des beaux-arts de Montréal * Taxes non incluses.u\u2014l\t\u2014ABIE»»\tM = La Société de Musique de Chambre de Montréal présente Le premier récital à Montréal du phénoménal violoniste MAXIM VENGEROV 14 mai, 20h \u2022 Maison symphonique « Maxim Vengerov est un de ces artistes qui apparaissent une fois tous les 100 ans.» The Strad Oeuvres de Haendel, Bach, Brahms Avec le pianiste Patrice Laré Informations : 514-483-2021 \u2022 www.smcm.ca laplacedesarts.com 514 842 2112 / 1 866 842 2112 jgj ESPACE MUSIQUE Ea Desjardins Coopcrcf pour créer revenir La Scena Musicâf« P SOCIÉTÉ MÉTROPOLITAINE OU DISQUE\tZi ?SECOR\tLE DEVOIR (i^) Lb'SLa '\u2022'\u201cMilos SiKTalon .Mondial Une femme à sa fenêtre THE DEEP BLUE SEA Ecrit et réalisé par Terence Davies, d\u2019après la pièce de Terence Rattigan.Avec Rachel Weisz, Torn Hiddleston, Simon Russell Beale.Image : Florian Hoffmeister.Montage : David Charap.Grande-Bretagne, 2011, 96 minutes.MARTIN BILODEAU Collaborateur En 1955, Anatole Litvak a adapté The Deep Blue Sea, la pièce de Terence Rattigan {The Browning Version) , avec Vivien Leigh dans le rôle de l\u2019héroïne qui abandonne un mariage de raison matériellement confortable avec un juge pour vivre dans la misère économique une passion avec un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale.Plus d\u2019un demi-siècle plus tard, Terence Davies a confié le même rôle à Rachel Weisz, et l\u2019a si bien coiffée et maquillée pour ressembler à METROPOLE EILMS Rachel Weisz est coiffée et maquillée pour ressembler à Vivian Leigh.Leigh que c\u2019en est parfois troublant.De fait, la production de ce mémorialiste de l\u2019après-guerre {Distant Voices Still Lives, The Long Day Closes) semble tout entière vouée à rappeler, par son raffinement dans l\u2019économie et sa théâtralité brumeuse, le cinéma et le jeu d\u2019acteur de l\u2019époque.En même temps, et c\u2019est ce JEUDI 19 AVRIL \\ 18h Les 5 à 7 en musique Musiciens de l\u2019Orchestre Métropolitain Le vent de l\u2019Est Œuvres pour instruments à vent VENDREDI 80 AVRIL \\ IShSO Tableaux en musique Louise Bessette, piano Hommage à Feininger DIMANCHE 88 AVRIL \\ 14h Les Dimanches-famille en musique La grande tortue Pour les 6 à 12 ans MERCREDI 85 AVRIL \\ 19 h 30 Concert de la relève Nouvel Ensemble Moderne (NEM) Stéphane Tétreault, violoncelle Mira Benjamin, violon MERCREDI 8 MAI \\ 19h30 COMPLET et JEUDI 3 MAI \\ 14h Les Violons du Roy L'Estro Armonico de Vivaldi Eric Paetkau, chef VENDREDI 85 MAI \\ 18ta30 Tableaux en musique Hommage à Leduc, Borduas et Riopelle Quatuor Bozzini et Quatuor de saxophones Quasar VENDREDI 8 JUIN \\ 18 h 30 Tableaux en musique Les Jacobins Le Chant du Départ, ouvertures pour un Empereur sallebourgie.ca - 514-285-2000 (option 4) 1339, rue Sherbrooke Ouest MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL ARTE MUSICA qui fait la beauté de cette nouvelle adaptation, rien ne pourrait ressembler davantage à un film de Terence Davies : longs mouvements de grues brossant les façades d\u2019immeuble ; émois amoureux ou débats houleux nocturnes sous des lampadaires au gaz ; séquences sans dialogues dans des pubs où la clientèle entonne en chœur des airs traditionnels ; le cinéaste filme Londres comme il a autrefois filmé son Liverpool, pour raconter une histoire d\u2019amour condamnée par les circonstances matérielles, qui pour sa part rejoint certains des thèmes de Chez les heureux du monde, son adaptation rigoureuse du roman d\u2019Edith Wharton.Comme toujours chez Davies, le spectateur suit la caméra et entre dans l\u2019histoire par la fenêtre.Devant celle-ci, au troisième étage d\u2019une maison de chambres, Hester se prépare à mettre fin à ses jours.La scène muette est pulsée par le Concerto pour violon et orchestre (opus 14) de Samuel Barber, leitmotiv un peu lourd du film.Son amoureux (Torn Hiddleston, très solide), parti jouer au golf, a oublié son anniversaire.L\u2019incident déclenche chez elle un sentiment de désespoir dont les scènes suivantes remontent le cours jusqu\u2019à la source, et où chacune constitue une répétition de la rupture à venir.Davies a privilégié une chronologie accidentée qui malheureusement atténue la portée du récit en le maintenant délibérément à une distance.Le cinéaste, il est vrai, peint à la fois deux faces d\u2019un même tableau, l\u2019un de l\u2019intérieur opposant le prix et le pouvoir irrépressible de î\u2019amour, l\u2019autre de l\u2019extérieur, plus cérébral, illustrant la manipulation, le chantage, la lâcheté, fidèles compagnons d\u2019une passion inégalement partagée.A cet égard, le titre (inspiré de l\u2019expression « Between the devil and the deep blue sea ») se réfère au dilemme, amoureux dans le cas présent, où l\u2019héroïne doit choisir entre deux situations perdantes.Terence Davies a pour sa part opté pour la solution gagnante en signant une œuvre, certes imparfaite et parfois un peu surfaite, mais résolument moderne par ses thèmes et son style, qui rend hommage à la pièce de Rattigan écrite en 1952 tout en faisant honneur à son propre cinéma haut de gamme, fondé sur les jadis et autres naguère.Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AVRIL 2012 E9 ICINEMA UX FILLE DU PUISATIER de Daniel Auteuil.France.2011.107 min.Avec Daniel Auteuil, /^trid Berges-Frisbey, Jean-Pierre Darroussin, Sabine Azéma, Merad, Nicolas Duvauchelle, Émilie C^zenave et Anne-Marie Chazel.(G).'THEATRE DUTREMDNT 514^4^5^9944 1 24B, AVENUE Bernard auEST ENTRETIEN AVEC YANN SAMUEL Redonner le goût de la natnre ODILE TREMBLAY Il y eut d\u2019abord le roman de Louis Pergaud publié en 1912.Dans la campagne française de la fin du xix\" siècle, il racontait la guerre à laquelle se livraient les enfants de deux villages voisins en prenant les boutons de culottes comme butin.Le livre fit fureur, d\u2019abord porté à l\u2019écran en 1936, puis en 1963 à travers la célèbre adaptation d\u2019Yves Robert La plainte célèbre du p\u2019tit Gibus : « Si j\u2019aurais su, j\u2019aurais pas venu » fit florès.Un remake britannique a pris le relais en 1995.Puis Yann Samuel (derrière L\u2019âge de raison) a décidé de l\u2019adapter, juste avant que les droits littéraires ne tombent dans le domaine public.L\u2019ennui, c\u2019est que Christophe Barratier {Les choristes) eut la même idée que lui.La guerre de La guerre des boutons a suivi.Le film de Yann Samuel a gagné les écrans français le 14 septembre 2011, celui de Barratier une semaine plus tard, semant la confusion dans tous les esprits.« Sauf exceptions [les deux adaptations des Liaisons dangereuses, les biopics de Truman Capote et de Chanel], dans les cas de doublons thématiques, un des deux cinéastes cède le terrain, mais Barratier, qui est arrivé après moi, a transformé l\u2019affaire en course de vitesse, explique Yann Samuel, ce qui a nui aux deux films.» Pas de désastre au guichet, mais des recettes coupées en deux.Des libertés Éace au roman Yann Samuel ne cherchait pas à faire un remake du film d\u2019Yves Robert, mais à adapter le bouquin d\u2019origine.« Or, transposer l\u2019action aujourd\u2019hui ne fonctionnait pas.Les enfants ont des portables, leurs horaires sont surveillés.Ils n\u2019ont plus la même liberté qu\u2019autrefois.Moi, j\u2019avais pu vivre des guerres de village avec mes cousins dans un village de Bourgogne.» Sa Guerre des boutons se déroule en 1960, et il a pris plusieurs libertés face au roman.' -Rk- ' .Kim NGuyen, un cinéaste à la poursuite d\u2019une œuvre atypique Lebrac, le chef de bande, est là, le p\u2019tit gibus aussi (sans la phrase culte, propriété de la succession d\u2019Yves Robert), mais une jeune fille participe à la guerre.Surgit une mère célibataire malheureuse (Mathilde Seigner), se déroule une amourette de jeunesse.Et puis, les en-sçignants des deux villages (Eric Elmosnino et Alain Cha-bat) deviennent d\u2019anciens chefs de bande de cette guerre des boutons qui dure ici depuis plusieurs générations.« Je tenais à ce que tous les jeunes acteurs viennent de la campagne, sachent bouger, monter aux arbres, qu\u2019ils soient non professionnels, mais authentiques, précise le cinéaste.Les dialogues ont été une création collective.On leur livrait les répliques et ils improvisaient autour d\u2019elles.Le plateau comptait 25, 40 enfants, parfois jusqu\u2019à 80 d\u2019un coup.» Le film fut tourné dans le Limousin.« On n\u2019a pas triché.La classe est une vraie école de village à Bienac.L\u2019église aussi.On a fait pousser les champs à l\u2019ancienne avec de gros sillons.A mes yeux, il était important qu\u2019une vraie guerre se déroule à l\u2019arrière-plan.J\u2019ai choisi celle de l\u2019Algérie.» Une des scènes clés du roman La guerre des boutons est la bataille des enfants nus.« Yves Robert l\u2019avait un peu bâclée, mais à notre époque, ça devient carrément interdit de dénuder des enfants à l\u2019écran.J\u2019ai dû leur faire confectionner des strings couleur chair et j\u2019ai fait passer les blés au-dessus de la ceinture.Il fallait tourner en plan séquence unique car les blés se trouvaient ravagés après la course, mais ç\u2019a fonctionné, et les enfants, après cette petite prouesse, ont gagné beaucoup de confiance en eux.» Yann Samuel constate que les enfants des villes ont souvent peur de la campagne et des bêtes.«En tournant ce film solaire, j\u2019espère avoir redonné le goût de la nature au jeune public.» Le Devoir Au dernier Festival de Berlin, Rebelle du Québécois Kim NGuyen valait à la jeune actrice congolaise Rachel Mwamza, 14 ans au moment du tournage, le prix d\u2019interprétation féminine.Quand cette enfant de la rue de Kinshasa est retournée chez elle, sa statuette sous le hras, les gens lui lançaient la phrase d\u2019Ohama, « Yes, we can ! », la transformant en icône de fierté.Ce beau film sort dans nos salles vendredi prochain.SOURCE AZ FILMS En tournant La guerre des boutons, Yann Samuel ne cherchait pas à faire un remake du film d\u2019Yves Robert, mais à adapter le houqifin d\u2019origine.ODILE TREMBLAY Depuis son premier long métrage Le marais en 2002, Kim NGuyen poursuit une œuvre atypique, inégale mais toujours en prise de risque.Voici qu\u2019il signe avec Rebelle, tourné au Congo, en bordure de Kinshasa, un film d\u2019esprit vraiment africain, naviguant entre la chronique de guerre et la fable fantastique.Tourner là-bas était toute une gageure.« Un des lieux les moins sécuritaires au monde », dit-il.Seule la compagnie Lloyds accepta d\u2019assurer son plateau.« Dès l\u2019époque du Marais, j\u2019ai commencé à écrire le scénario sur des enfants soldats.Ça se déroulait au départ en Birmanie, avec un jeune héros masculin, puis de fil en aiguille, un personnage féminin s\u2019est imposé.J\u2019avais rencontré des enfants soldats au Burundi.» L\u2019histoire a dérivé vers l\u2019Afrique subsaharienne, là où tant d\u2019armées rebelles kidnappent les enfants et les enrôlent un fusil à la main.« Trop de films sur l\u2019Afrique donnent la vedette à des Blancs qui tentent, paternalistes, de sauver la situation, estime-t-il.J\u2019avais envie de rendre leur réalité à ceux qui la vivent de l\u2019intérieur, avec leur résilience, leur courage, leur tragédie, de donner la voix à cette petite héroïne soldate qui porte l\u2019enfant du commandant qu\u2019elle déteste.Son odyssée est terrible, remplie de paradoxes, car elle est à la fois une victime et un agresseur.» Un univers magique Rebelle aborde le parcours d\u2019une enfant kidnappée, forcée d\u2019abattre ses propres parents, avant d\u2019être enrôlée, puis considérée comme une sorcière bénéfique par l\u2019armée rebelle.Aux côtés d\u2019un jeune magicien, son périple initiatique s\u2019amorce.La magie, des fantômes se glissent dans le récit « On est né ou pas avec cet univers magique en soi.Moi, je m\u2019y identifie.Au Congo, il est partout, et la rivière mène à l\u2019inconscient congolais comme dans Heart of Darkness de Joseph Conrad.» Le magicien est albinos dans Rebelle.« C\u2019est un hasard.Serge Kanyinda s\u2019est imposé par son charisme et son autorité naturelle.Dans Rebelle, fai créé un village entier d\u2019albi- L\u2019intimidation de plein front BULLY (INTIMIDATION) Réalisation: Lee Hirsch.Scénario: Lee Hirsch et Cynthia Lo-wen.Image: Lee Hirsch.Montage: Lindsay Utz et Jenny Golden.Musique: Ion Furjani, Justin Rice et Christian Rudder.90 min.ODILE TREMBLAY Ce documentaire-choc de l\u2019Américain Lee Hirsch a fait beaucoup parler de lui, bien avant qu\u2019il n\u2019atterrisse sur nos écrans.La décision de la Motion Picture Association of America de lui donner aux Etats-Unis la cote R, qui l\u2019empêchait de rejoindre son public cible adolescent \u2014 décision aujourd\u2019hui annulée après que quelques gros mots ont été coupés \u2014, a fait couler de l\u2019encre.Mais cette controverse lui a finalement offert une vitrine inespérée.L\u2019intimidation à l\u2019école, que le film aborde frontalement, le cinéaste l\u2019avait vécue lui-même.Puis deux suicides d\u2019enfants harcelés ont sonné pour lui l\u2019alarme rouge.Enfourchant le sujet de l\u2019heure accentué par les nouvelles Alex, un des jeunes enfants harcelés du film Bully SOURCE ALLIANCE technologies et par des méthodes d\u2019éducation déficientes, Lee Hirsch refuse de baisser les bras et appelle à tous les coups de barre de société.11 filme en dénouement des manifestations menées par des parents de jeunes suicidés, qui nous laissent sur une note d\u2019espoir.Plusieurs cas sont abordés, mais le plus troublant demeure sans contredit celui du jeune Alex, un enfant de 12 ans de l\u2019iowa, né prématurément, claudiquant, persécuté psychologiquement et physiquement au point, de son propre aveu candide, de ne plus sentir les coups.Kelby, une adolescente lesbienne persécutée, Ja\u2019Meya, qui brandit un revolver devant ses tourmenteurs, les parents d\u2019enfants intimidés, chaque témoignage parle d\u2019urgence, et le film possède l\u2019immense mérite d\u2019exposer sous plusieurs coutures un problème brûlant et tentaculaire.Par-delà sa valeur de cri pour réveiller les morts.Bully pose des questions sur le regard.Le nôtre, témoin ici de coups, d\u2019insultes à Alex dans un autobus et de témoignages déchirants, se pose aussi sur des responsables à l\u2019école qui ne font rien, sur des parents souvent impuissants.On s\u2019interroge parfois également sur le regard du cinéaste lui-même, qui filme des scènes de terrible brutalité en n\u2019intervenant pas tout de suite.Hirsch sonnera l\u2019alarme plus tard, mais sans que quoi que ce soit change, et Alex devient l\u2019objet filmé, alors qu\u2019il n\u2019est que détresse à apaiser.Bully suscite à la fois la révolte contre les parents et les directeurs d\u2019école qui abdiquent leurs responsabilités et le malaise devant cette caméra voyeuse.Ce qui n\u2019enlève pas son immense portée dénonciatrice à un documentaire qui attaque de plein fouet un vrai fléau.Le Devoir .y nos (ils sont nombreux au Congo) sans expliquer pourquoi.Il faut aussi laisser planer des mystères au cinéma.» Au Congo, plus de 1000 enfants furent auditionnés.« Ceux qui venaient de la rue avaient quelque chose dans leur corps, un courage qui leur permettait d\u2019aller plus loin que les autres.Rachel Mwanza n\u2019avait aucune expérience, mais une présence qui perce l\u2019écran.J\u2019ai adopté la méthode Stanislavski de la vérité du jeu.Ce film constitue un gros virage pour moi, car j\u2019entends garder cette authenticité dans le futur.» Une comédienne prise en charge Kim NGuyen aimait beaucoup le film Fish Tank de la Britannique Andrea Arnold, dans lequel une jeune fille sans expérience, Katie Jarvis, jouait aux côtés du grand acteur Michael Eassbender.« Cette cinéaste s\u2019était donné une consigne : tourner dans un ordre chronologique et interdire aux acteurs de lire le scénario.J\u2019ai suivi ses traces, offrant des trajectoires sans faire de répétitions avec des dialogues improvisés.Il s\u2019agissait pour moi de planifier le chaos, de créer l\u2019imprévu.Les scènes de bataille étaient en partie chorégraphiées, mais de façon organique.Les interprètes congolais se montraient très courageux.Ils tombaient, se relevaient.» Seuls trois acteurs sont montréalais.« Rachel est payée pour son travail, mais au Congo, un mineur ne peut recevoir un chèque, poursuit-il.Elle avait déjà joué dans un documentaire belge.Sa famille avait dilapidé l\u2019argent.On a proposé à Rachel de gérer ses cachets en lui versant une pension.C\u2019est très compliqué de s\u2019occuper ainsi d\u2019une seule personne.J\u2019imagine la complexité de prendre en charge une communauté.» Autre défi : montrer Rebelle au Congo, à peu près dépourvu de salles de cinéma.« On ne peut se contenter d\u2019envoyer le film, qui serait tout de suite piraté.Je voudrais le présenter l\u2019automne prochain au Sommet de la Francophonie, qui se déroulera à Coma, dans l\u2019est du Congo.» Kim a trois scénarios dans sa manche, do^nt une adaptation libre des Ames mortes de Gogol.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Pour Kim NGuyen, le réalisateur de Rebelle, « trop de films sur l\u2019Afi'ique donnent la vedette à des Blancs qui tentent, paternalistes, de sauver la situation».Rebelle lui a ouvert les portes du marché international, avec des possibilités de coproduction.Son film a été vendu dans 20 pays.Après quatre longs métrages, il sent sa carrière vraiment décoller.Le Devoir «Un premier film plus sensible et plus firanc que les autres, porté par des comédiens exceptionnels.» -Marianne « Une ode vibrante aux gens qui tiennent debout, envers et contre tout.» -Première CLOTILDE HESME GRÉGORY GADEBOIS Angèle .tTony \u2022 film de ALIX DELAPORTE Prix du Medleur Premier Glm François y kGAGbîANTSI ^ AUX CESAR 1- M À L\u2019AFFICHE ! 1 -11\tCINÉMA\tI Il LE CLAP 1 CONSULTEZ L£S ^metropoletilms.com TOUS AU LARZAC SELECTION OFFICIELLE FESTIVAL, DE CANNES 2011 CESAR MEILLEUR DOCUMENTAIRE 2012 EN PLEINE INDIGNATION GÉNÉRALE ET GLOBALISÉE, i i \\ VOILÀ UN FILM QUI MET DU BAUME AU COEUR.LIBÉRATION 13 AU 19 AVRIL 2012 BILLETTERIE : 514 847-2206 CINEMAEXCENTRIS.COM 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL EXC3NTRIS 4» SEMAINE au Cinéma BEAUBIEN - 3^ SEMAINE au cinéma LE CLAP « Merci (.) pour cette fenêtre ouverte sur la vie.»\tjosée Blanchette, le devoir On ne mourra pas d'en parler^ Un regard pleiQ.de vie surJ^Imort A voir absolument si vous pensez mourir un jour UN DOCUMENTAIRE DE VIOLETTE DANEAU bÎanc\t^ WWW.LAMORT-LEFILM.COM CINEMA CINÉMA LE CLAP 2396, rue Beaubien Esl 514 721 6060 2360, Chemin Seiate-Foy 418 650-2527 CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS 6519 E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AVRIL 2012 ICINEMA FILMS SEVILLE Au moins Willem Dafoe offre-t-il une composition nuancée, à défaut de pouvoir défendre un personnage crédible.Le cœur est un chasseur solitaire THE HUNTER Réalisation : Daniel Nettheim.Scénario : Alice Addison, Wain Fimcri, d\u2019après le roman de Julia Leigh.Avec Willem Dafoe, Frances O\u2019Connor, Sam Neill, Morgana Davies, Finn Wood-lock.Photo : Robert Humphreys.Montage : Roland Gallois.Musique : Andrew Lancaster, Michael Lira, Matteo Zingales.Australie, 2012, 101 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Collaborateur Ly aéroport de Paris-Charles-f de-Gaulle.Deux hommes se repèrent, se jaugent, s\u2019assoient puis discutent.Le premier est un chasseur de Pamphlet écologique, film d\u2019aventures, drame sentimental, thriller paranoïaque ?On ne sait trop.primes américain et le second, un client à la solde d\u2019une firme désirant acquérir le dernier spécimen de tigre de Tasmanie, dont l\u2019ADN est convoité par un puissant empire pharmaceutique.Si le chasseur capture l\u2019élusif animal, le client sera en mesure de négocier un joli magot auprès de l\u2019entreprise pharmaceutique.Direction Australie, où notre homme se fait passer pour un chercheur universitaire.Dans les montagnes tasmaniennes, il loge chez l\u2019hahitante et éveille la curiosité des deux jeunes enfants de celle-ci.Débutent alors les problèmes de plausibilité.C\u2019est que, d\u2019entrée de jeu, on insiste pour présenter le protagoniste comme un individualiste convaincu (il refuse net toute forme d\u2019aide et de partenariat).De voir ce loup solitaire succomber aussi rapidement à l\u2019ap- pel dp la meute a l\u2019heur d\u2019étonner.A ce chapitre, et même si certains comportements font sourciller, les failles dans la vraisemblance se situent davantage dans la psychologie que dans l\u2019action.Au moins Willem Dafoe (Antichrist) offre-t-il une composition nuancée, à défaut de pouvoir défendre un personnage crédible.En naufragée du bout du monde et en guide aux moti-vations troubles, Frances O\u2019Connor (Mansfield Park, Al.) et Sam NeiÙ Gurassic Park), respectivement, s\u2019avèrent sous-utilisés.Les gamins sont mignons et la petite Morgana Davies (The Tree) confirme un talent indéniable, mais tout le volet les mettant en scène apparaît trop appuyé en plus de mettre la table pour un dénouement mièvre qui jure avec la rudesse proposée autre part dans ce long métrage qui a du mâ à se définir.Pamphlet écologique, film d\u2019aventures, drame sentimental, thriller paranoïaque ?On ne sait trop.Le réalisateur Daniel Nettheim multiplie les redites visuelles, une redondance formelle qui favorise l\u2019éclosion de longueurs.Initialement, on voit pourtant poindre la possibilité d\u2019une sorte de huis clos à ciel ouvert dans lequel la nature indomptable mate l\u2019homme arrogant.Malheureusement, des va-et-vient incessants entre la forêt et la maison familiale diluent toute la tension qui aurait pu être générée par la traque.Entre solitude et grégarité, le film s\u2019égare.Ah ! ce que le Werner Herzog d\u2019Aguirre, la colère de Dieu et de Grizzly Man aurait pu tirer du même matériel.Le Devoir Le silence de Marie-Josée Croze Dans Another Silence, un long métrage de Santiago Amigorena, elle est de presque tous les plans.Retrouvailles.Dans le drame Another Silence, l\u2019actrice québécoise joue un ange exterminateur lancé sur la piste de l\u2019assassin de son mari et de son fils.Loin des poncifs du film d\u2019action, c\u2019est à une poursuite silencieuse que l\u2019on est conviés.ERANÇOIS LÉVESQUE Collaborateur Depuis son Prix d\u2019interprétation à Cannes pour son rôle de toxicomane dans Les invasions barbares, Marie-Josée Croze poursuit la carrière que l\u2019on sait en France.Une carrière de premier plan jalonnée de collaborations avec les Jean Dujardin, Mathieu Amal-ric et autres Albert Dupontel.Elle fut la mère de Catherine Deneuve, c\u2019est dire qu\u2019elle mène plutôt bien sa barque.Recherchant davantage le bon rôle que le premier rôle, elle hante Ne le dis à personne et Deux jours à tuer même après qu\u2019elle a quitté l\u2019écran.Dans Another Silence, un long métrage de Santiago Amigorena (A Few Days in September), elle est de presque tous les plans.Retrouvailles.« J\u2019ai accepté de faire ce film pour Santiago, avoue Marie-Josée Croze depuis sa chambre d\u2019hôtel au Maroc, où elle est présentement en tournage.C\u2019est un être qui est très spécial, un peu comme s\u2019il vivait sur une autre planète ! Il a une douceur, un mystère, et en même temps il est capable d\u2019un humour très pointu.» Pour ce qui est du rôle lui-même, la belle actrice entretenait certains doutes.Récit de vengeance Another Silence raconte comment, après avoir perdu son mari et son fils, une policière de Toronto, Marie, part pour l\u2019Argentine afin d\u2019aller confronter le meurtrier.Devant ce récit de vengeance antispectaculaire, à la fois réaliste et sobre, mais empreint d\u2019une poésie visuelle discrète, on se surprend à penser à un mariage entre Death Wish et Wim Wenders.«Le postulat était tellement loin de moi, poursuit Marie-Josée Croze, que je n\u2019étais pas certaine d\u2019être en mesure de jouer ça.Mais Santiago m\u2019a convaincue.Pour le reste, j\u2019avais toute confiance dans le scénario, qui est selon moi très fin.On découvre graduellement Marie, son passé.» Femme de peu de mots, Marie avance et se rapproche de sa proie, qui l\u2019élude sans le savoir, jusqu\u2019au dénouement surprenant.Le monde du silence Pour une actrice de moin- f FILMS SEVILLE Dans Another Silence, après avoir perdu son mari et son flis, une poiicière de Toronto, Marie (Marie-Josée Croze), part pour i\u2019Argentine afin d\u2019aiier confronter ie meurtrier.dans le mutisme de Marie, l\u2019actrice recourt au non-ver-bal, à la présence.« C\u2019est quelque chose que je fais de toute façon.Je tente d\u2019habiter le personnage physiquement en tenant pour acquis que le psychologique suivra.» Jour après jour, Marie-Josée Croze dut ainsi incarner des sentiments durs : une froide détermination, une violence latente, avec toujours cette tristesse en filigrane.« Je me suis forgé une réputation de dure à cuire, mais ce rôle-là a été éprouvant, confesse-t-elle.Plonger dans cette zone de douleur pendant trois semaines, ce n\u2019était pas évident.Et comme l\u2019intrigue se déroule sur une courte durée, je devais constamment reproduire le même état.J\u2019avoue que je n\u2019y retournerais pas tout de suite.Je viens de tourner trois projets dans ces tons-là et je m\u2019aperçois que ça épuise réellement.J\u2019ai besoin d\u2019un peu de légèreté, je pense ! » C\u2019est la grâce qu\u2019on lui souhaite.Another Silence prend l\u2019affiche la semaine prochaine.FILMS SEVILLE Pour une actrice de moindre envergure, i\u2019impossibiiité de se cacher derrière du diaiogue aurait pu constituer un obstacie.Pour Marie-Josée Croze, ii s\u2019agissait d\u2019un atout.dre envergure, l\u2019impossibilité de se cacher derrière du dialogue aurait pu constituer un obstacle.Pour Marie-Josée Croze, il s\u2019agissait d\u2019un atout.« Dès lors que c\u2019est ce qui convient au personnage, le silence n\u2019est pas effrayant du tout.Le silence de Marie est logique.Elle n\u2019est motivée que par sa quête.En cours de route, elle n\u2019a aucune raison de s\u2019extraire de sa bulle pour discuter avec autrui.» Murée Le Devoir www.cinemaduparc.com Gonmuito* notro mit& int&rn&t UN CRAND ÉVÉNEMENT LE FESTIVAL DU CINÉMA LATINO-AMÉRICAIN DE MONTRÉAL 34 FILMS A \\ZOIFt! LES CHEFS-D'ŒUVRE D'ANIMATION DE STUDIO GHIBLI STUDIO GHIBU 3676 Du Parc 514-281-1900 ^ Autobus 80/129 «Aussi fascinant que déroutant» -Maxime Demere, Journal de Montréal «Un dim poétique qui fait rédéchir.» -Marc Cassivl, La Presse «Une lascinante méditation.ia photo de lUnceitf Biron est spiendide.» Martin Bilodeau, Le Devoir UN FILM DE Denis Côté «Catherine Hébert a dans la peau tout un continent.» André Lavoie, Le Devoir ?
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