Le devoir, 28 avril 2012, Cahier E
[" La metteure en scène / Céline Bonnier traque Bros dans Playtime Page es .et Sarah Chase, les mathématiques à l\u2019Agora de la danse Page e e CULTDEE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 AVRIL 2012 JEAN-LOUIS FERNANDEZ Devant la figure autoritaire de son oncle Créon, qui refuse d\u2019offrir à Polynice la sépulture qu\u2019il mérite, la brûlante Antigone opposera sa vive résistance, au nom du sacré et de la morale.SOPHOCLE NOTRE CONTEMPORAIN f PHILIPPE COUTURE Wajdi Mouawad l\u2019a répété: il ne s\u2019est jamais demandé comment actualiser Sophocle «parce que Sophocle est indéniablement actuel».Sa trilogie Des femmes atterrit enfin sur nos terres et sera suivie de prés par les relectures d\u2019Antigone par la compagnie italienne Motus, au FTA.Réflexion, en compagnie du professeur de philosophie ancienne Georges Leroux, sur l\u2019actualité de Sophocle.Antigone, Electre et Déjanire (dans Les Trachiniennes) : trois héroïnes confrontées à la chute de leurs idéaux, de leurs amours ou de leurs familles.Si Mouawad commence par elles dans la trilogie Des femmes, il s\u2019attaquera ensuite à ce qu\u2019il nomme la «chute des Héros» dans Ajax et Œdipe roi, puis à la «chute des Mourants» dans Philoctète et Œdipe à Colonne.L\u2019intégrale des sept pièces de Sophocle que nous connaissons lui permet ainsi de plonger à fond dans le tragique et dans la folie meurtrière qui dévore ces personnages déchirés.C\u2019est tout?Pas de propos sur le monde contemporain, pas de parallèles entre la dissidence d\u2019Antigone ou d\u2019Electre et les rébellions des indignés d\u2019aujourd\u2019hui?Eh bien, non.Heureusement, diront les puristes.Dommage, diront peut-être les autres.Il n\u2019y a pas de relecture radicale dans les nouvelles traductions que Mouawad a commandées au poète Robert Davreu, lequel s\u2019en tient à une langue littéraire, ample et lyrique, faisant confiance à la portée originale du discours de Sophocle.Pourtant, l\u2019oreille attentive y aura décelé une légère insistance sur le thème de la résistance féminine devant le pouvoir masculin (on y reviendra).Et peut-être aussi, particulièrement dans Antigone, une mise en lumière particulièrement crue de la tyrannie des hommes politiques grecs: la toute-puissance de Créon y est montrée de manière plus violente que dans la plupart des traductions connues.La démocratie en question En conférence de presse au Eestival d\u2019Avignon l\u2019été dernier, Wajdi Mouawad parlait même d\u2019Antigone comme d\u2019une fable exposant les limites de la démocratie.Devant la figure autoritaire de son oncle Créon, qui refuse d\u2019offrir à Polynice la sépulture qu\u2019il mérite, la brûlante Antigone opposera sa vive résistance, au nom du sacré et de la morale (la fameuse loi des dieux).«Créon, disait Mouawad, a le pouvoir de créer des lois et de les appliquer.Il n\u2019y a pas de séparation des pouvoirs, pas de médiation entre le moment où les lois sont dictées et le moment où elles sont appliquées.Lorsqu\u2019Antigone le confronte, on voit comment cette vision du pouvoir mène à la tragédie.Je pense que la démocratie ne peut fonctionner que lorsque la séparation des pouvoirs est clairement établie, et je trouve que cette réflexion que nous propose Sophocle est très contemporaine.» N\u2019est-ce pas ?Au bout du fil, Georges Leroux se montre très intéressé.« C\u2019est un propos qui me semble un peu décalé du texte original de Sophocle, dit-il, mais néanmoins intéressant.Il est clair que Sophocle a été témoin, à son époque, des allers-retours entre la démocratie et l\u2019oligarchie et qu\u2019il a pu en témoigner, notamment en inventant des chœurs formés de citoyens.Chez Eschyle, plus tôt, le chœur n\u2019était pas constitué des membres du peuple.» Problématique, d\u2019ailleurs, ce choeur sophocléen, qui semble toujours décalé de l\u2019action et n\u2019aide aucunement le héros à accomplir son destin.Le peuple a beau s\u2019agiter, il reste dans la position de l\u2019observa- teur et n\u2019influence pas le cours des événements.Mouawad explique d\u2019ailleurs dans les documents pédagogiques entourant le spectacle qu\u2019il ne voit pas ce choeur comme le lieu de l\u2019expression de la morale ou de la voie à suivre, plutôt comme le «lieu de la déraison et de la transe».C\u2019est pour ça, entre autres, qu\u2019il a décidé de confier le rôle du choeur au chanteur Bertrand Cantat et à un groupe de musiciens capables d\u2019évoquer cette transcendance (Cantat sera toutefois absent des représentations au Canada pour les raisons que l\u2019on sait).Déraisonnable ou pas, Antigone reste le symbole de la «résistance de l\u2019individu contre VOIR PAGE E 3 : SOPHOCLE ¦ Consultez notre section vin LE DEVOIR .com /vin E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 AVRIL 2012 CULTURE»CHRP NIQUE Maître indigné Odile Tremblay Jean Genet aimait les mauvais garçons à gueule d\u2019ange.11 aimait les indignés, les criminels, les sans-bon-sens et aussi les fous.J\u2019ignore s\u2019il aurait manifesté dans nos rues.Trop antisocial, sans doute, solitaire, et on le voit mal s\u2019associer au milieu scolaire, lui qui passait d\u2019une prison à l\u2019autre.Mais présumons que le vilain de notre classe, Gabriel Nadeau-Dubois, avec ses airs baveux, lui aurait plu.Le jusqu\u2019au-boutisme du jeune leader a du chien et du feu.Dieu vomit les tièdes, dit-on.Genet, en ce sens, était religieux.Gabriel Nadeau-Dubois aussi.Hardi, les amis! Pourquoi vous parler de Genet?Parce que.Rien de mieux que de consulter ceux qui ont mis au monde notre modernité, les précurseurs qui bondissaient au xx® siècle vers un futur par eux déjà arpenté.Relire, entendre les textes des maîtres indignés est une source féconde d\u2019inspiration.Sur ses photos de jeunesse, on admire le grand front de Genet et ses beaux yeux tristes.Mystique rouge et noir, anarchiste, il cultivait comme Baudelaire les fleurs du mal, mais avec un zèle de suicidaire : voleur, routard, taulard, amoureux des voyous et des zones de danger, transformant en érotisme la mort qu\u2019il narguait.A la fin de sa vie, on lui trouvait la dégaine d\u2019un moine bouddhiste.Faut comprendre.L\u2019homme avait tout vu, tout souffert, tout compris, mais l\u2019écriture \u2014 et quelle écriture ! \u2014 l\u2019aura, au long de son voyage au bout de la nuit, sauvé.Né en 1910, abandonné au berceau.Genet est une icône de révolte, dont toute la contre-culture s\u2019est inspirée.Rainer Werner Fassbinder l\u2019a porté au cinéma dans le brûlant Querelle, Bu-kowski le citait, Jack Kerouac aussi, Léo Ferré le bravait.Jean-Paul Sartre lui a consacré un livre : Saint Genet, comédien et martyr, qui lui coupa surtout l\u2019inspiration.Genet refusait sa propre psychanalyse, mais affûtait son homosexualité comme sa plume, armes pointues, policées, tendres, faussement assassines.11 goûtait le mal et le malheur, baisait les pieds des assassins.Ce Genet-là vit toujours quelque part.Le Théâtre du Rideau vert joue encore ses Bonnes, pièce-culte oû la révolte des domestiques, acte quasi sacré, aura inspiré à Chabrol La cérémonie, un de Théâtre du Nouveau NIonde m RACONTE LES TRACHINIENNES « ANTIGONE « ELECTRE TRADUITES PAR ROBERT DAVREU I \\ i 1 EVENEMENT UNIQUE X 3 PIÈCES X 3 OFFRES Sffi UNE PRODUCTION AU CARRÉ DE L\u2019HYPOTÉNUSE - FRANCE / ABÉ CARRÉ CÉ CARRÉ - QUÉBEC / COMPAGNIES DE CRÉATION DU 4 MAI AU 6 JUIN / TNM.QC.CA / 514.866.8668 A UNE EXPÉRIENCE THÉÂTRALE UNIQUE ET BOULEVERSANTE ?°\t-«N & M nouvelle creation tonique, ludique et sensuelle « Intelligent et savoureux» BLA CRÉATION Le Oei/o/rlCONTEMPORAINE DANS TOUS SES ÉCLATS « Un moment de grâce, une expérience fragile, pleine d'émotions» La Libre Belgique CESENA ANNE TERESA DE KEERSMAEKER / ROSAS + BJORN SCHMELZER BRUXELLES + ANVERS D\u2019ICI ET D\u2019AILLEURS: ALLEMAGNE, BELGIQUE, CROATIE, ÉTATS-UNIS, FRANCE, IRAK, MAROC, PORTUGAL, SLOVÉNIE, SUISSE INFO-FESTIVAL 514 844 3822/1 866 984 3822 VIDÉOS SUR FTA.OC.CA f FTA-FESTIVAL TRANSAMÉRIQUES ©FTAM0NTREAL/#FTA2012 Jean Genet, une icône de la révolte ses meilleurs films.Je me suis replongée ces temps-ci dans son Journal du voleur, écrit en 1949, remontant le cours de ses amours, de ses errances à travers l\u2019Europe et le Maroc, de ses emprisonnements successifs, entouré de voyous.«Abandonné par ma famille il me semblait déjà naturel d\u2019aggraver ça par l\u2019amour des garçons et cet amour par le vol, et le vol par le crime ou la complaisance au crime.Ainsi refusais-je décidément un monde qui m\u2019avait refusé», y écrit-il comme une évidence.Trop de lecteurs se ruent en librairie sur le dernier ouvrage qui fait causer.Plonger ou replonger dans ses classiques incendiaires devient à telle enseigne un acte de sédition.Allons-y donc ! Tant de chefs-d\u2019œuvre sont nés dans un monde désormais englouti.Aujourd\u2019hui, n\u2019est pas Proust ou Céline qui veut.Genet non plus.Cette semaine, j\u2019ai assisté à la lecture de son Funambule par Roger La Rue, à la Cinquième salle de la Place des Arts, un studio littéraire.Ce poème d\u2019amour à Abdallah, l\u2019amant acrobate de Genet, s\u2019y double d\u2019un art poétique.« Que nous importe à toi et à moi un bon acrobate ?demande-t-il.Tu seras cette merveille embrasée, toi qui brûles, qui dure quelques instants.» Genet y aborde sa solitude et sa quête de l\u2019instant magique éphémère quand l\u2019art arrive à transcender l\u2019artiste.Aucun décor! Juste une chaise et une table.Le lecteur Roger La Rue jetait chaque feuille après lecture.Ça formait ensuite un petit tas informe à ses pieds.Pour seule musique, résonnait çà et là celle de Nino Rota tirée du film Les clowns de Fellini.«La mort, la mort dont je te parle n\u2019est pas celle qui suivra ta chute, lançait par sa voix Genet à l\u2019ami funambule, mais celle qui précède ton apparition sp,r le fil.C\u2019est avant de l\u2019escalader que tu meurs.» A ses yeux, il fallait traverser la rivière de la mort, l\u2019Achéron des Grecs qui mène aux enfers, pour renaître et irradier.«Ix public ?Il n\u2019y voit que du feu, et croyant que tu joues, ignorant que tu es l\u2019incendiaire, il applaudit l\u2019incendie.» MAGNUM \\ PHILIPPE HALS MAN Mais c\u2019est Genet qu\u2019on croyait voir quitter son fd rouge pour quitter ses malheurs et enfin s\u2019envoler.Dérapages Certaines situations dérapent comme les bagnoles qui prennent de mauvais virages dans le documentaire de Paul Arcand.Prenez The Great Seduction, remake du film de Ken Scott par lui-même.L\u2019an dernier à pareille date, tout baignait dans l\u2019huile et les journalistes étaient conviés à relayer la bonne nouvelle.Le film, produit par Roger Frappier chez Max Films, serait tourné à l\u2019été dans un village de Terre-Neuve.Bingo ! Puis le tournage fut reporté, pour des questions de budget à mieux boucler, si j\u2019ai bien compris.Ça traînait.Remake pour remdce.Ken Scott fut invité à scénariser et diriger lui-même à Hollywood, et chez Dreamworks s\u2019il vous plaît, celui de Starbuck, son héros aux supraspermato-zoïdes.Allez refuser ça.11 propose à Roger Frappier de reporter le tournage de The Great Seduction ou d\u2019épauler un successeur.Mais le producteur, sanguin, furieux, par médias interposés, a déclaré considérer toutes les options et les recours possibles.Entendez: d\u2019éventuelles poursuites judiciaires.Au grand dam du cinéaste, qui s\u2019est senti floué.Sur ce, hasard! hasard! Une autre nouvelle sortait du chapeau médiatique : l\u2019Association québécoise des techniciens de l\u2019image et du son avait déposé en août dernier un grief collectif contre Max Film pour préjudices causés par l\u2019annulation du tournage à Terre-Neuve en 2011.La cause demeure en arbitrage.Tout va mal et le diable s\u2019en est mêlé.On songe aux liens cassés entre Scott et Frappier, à ce remake de la délicieuse Grande Séduction qui n\u2019en finit plus de s\u2019étrangler avec ses lacets.Toujours en dessous de l\u2019original, désormais tordu avant terme ; cette idée aussi de faire des remakes.otremblay@ledevoir.corn « \u2019 ' - »-\u20221» .¦ .\u2019X.'*!* : m THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL BILLETTERIE :514 845-4890 ESPACEGO.COM OsiiNidaArb r\\Hyd¥o ^transat LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 AVRIL 2012 E 3 CULTURE>THEATRE La comédienne, metteure en scène et dramaturge Céline Bonnier ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR À chacun son minotaure Céline Bonnier superpose les labyrinthes intimes de cinq créateurs atypiques pour créer l\u2019onirique Playtime ALEXANDRE CADIEUX Elle s\u2019est déjà aventurée sur les terres de Thanatos, le temps de deux spectacles remarqués que furent La fête des morts (2002, en collaboration avec Nathalie Claude) et Le chant des Gaston ,(2007).Céline Bonnier traque désormais Bros à travers les dédales mentaux de cinq compagnons de création : Paul-Patrick Charbonneau, Stéphane Crête, Clara Furey, Gaétan Nadeau et Nancy Tobin.Chacun fut invité à tracer son chemin non pas vers l\u2019extérieur, mais bien vers le centre, où logent, tel un fulminant minotaure, les désirs intimes de l\u2019être.On sera pourtant loin des corps nus et en crise, violemment érotiques, qui peuplaient Hello.How Are You ?, duo performatif créé par Bonnier et Furey en octobre dernier.«L\u2019élan qui consiste à vouloir rejoindre VAutre jusque dans sa chair, je l\u2019associe davantage ici à la pulsion artistique qui nous pousse à créer et à susciter la rencontre », raconte la comédienne, une semaine avant la première, inspirée par la pensée du philosophe québécois Pierre Bertrand, auteur A\u2019Eros et liberté et de Pourquoi créer?Céline Bonnier a choisi l\u2019image du labyrinthe pour structurer le processus de création de son Playtime.Le titre de ce nouveau spectacle produit par Momentum et présenté à l\u2019Espace libre renvoie à l\u2019œuvre maîtresse du cinéaste et acteur Jacques Tati, sortie sur les écrans français en 1967.Si les protagonistes de cette ambitieuse comédie doivent trouver leur chemin dans ces cauchemars ultramodernes que sont aéroports, gratte-ciel et réceptions mondaines, c\u2019est une autre dimension du film tiré de l\u2019imagination du père de M.Hulot qui a particulièrement interpellé la créatrice.« Tati, qui était un clown et un mime extraordinaire, décalait ce qu\u2019on voyait à l\u2019écran et ce qu\u2019on entendait; les mots, rares, formaient comme une tapisserie sonore.» Ojectif collectif Bonnier évoque au passage son frère Bernard, musicien et compositeur disparu en 1994 : «Il m\u2019a appris à écouter autrement, donc à voir autrement», conhe-t-elle.Après avoir mené des expérimentations individuelles avec ces collaborateurs, elle s\u2019est attaquée au défi de donner forme à un objet collectif, notamment en reprenant des éléments de la partition de chacun pour l\u2019intégrer à une expression chorale.L\u2019ensemble risque d\u2019être encore plus onirique et éclaté que Le chant des Gaston, belle exploration du thème du deuil à laquelle prenaient aussi part Charbonneau et Nadeau.«La déconstruction de la dramaturgie traditionnelle me taraude, elle m\u2019obsède, et je sentais le besoin d\u2019être encore plus pointue, plus exigeante par rapport à ce besoin », analyse la hdèle collaboratrice de la metteure en scène Brigitte Haentjens, avec qui elle s\u2019est mesurée à des partitions complexes de Sylvia Plath, de Sarah Kane, de Heiner Müher et de Bertolt Brecht, pour ne nommer que celles-là.« Ceci dit, je ne réinvente rien en privilégiant une écriture par tableaux centrée sur le corps davantage que sur le texte, sur la performance plutôt que sur le personnage.Mais c\u2019est là que j\u2019en suis, et je reste convaincue que la sincérité avec laquelle tu suis l\u2019essence de ton intention transparaît ensuite dans ton show.» Sincérité, authenticité, intimité, comment faire résonner ces termes à l\u2019heure de la surexposition personnelle sur Facebook?«On a beau s\u2019exposer jusque dans nos activités les plus quotidiennes, on vit tout de même dans une époque d\u2019extrême solitude, pense Céline Bonnier.C\u2019est la rencontre qui est dangereuse, fragilisante, parfois difficile.» Elle reconnaît l\u2019engagement de ses invités, prenant l\u2019exemple de Stéphane Crête, touche-à-tout frénétique qui a souhaité s\u2019éloigner de ses schèmes habituels.«Il traverse une période pas évidente sur le plan personnel, où il avoue ne pas avoir envie de créer et d\u2019être toujours proactif.Son désir intime à lui, c\u2019était de laisser surgir quelque chose de ce vide intérieur, de rester à l\u2019écoute plutôt que de traquer sans cesse la bonne idée.» Agissant ici à titre d\u2019orchestratrice, Céline Bonnier tenait à rassembler des artistes aux processus différents mais qui accepteraient de partager leurs réflexions intimes.Elle s\u2019est octroyé la responsabilité de mettre en forme cette matière parfois impudique en cherchant des points de superposition.«La rencontre me fascine, pas seulement entre deux individus, mais aussi en tant que groupe, en tant que société.» Celle qui a pris la parole sur scène à l\u2019occasion de la marche pour la Journée de la Terre s\u2019inquiète de constater qu\u2019on écoute souvent mal : « On fait peu d\u2019efforts pour percevoir ce qui se cache vraiment derrière les mots.C\u2019est déjà difficile sur le plan interpersonnel, mais dans la sphère sociale, ça devient désolant.On accepte les explications de nos dirigeants, toujours truffées de chiffres mais d\u2019où l\u2019humain est trop souvent absent.Dimanche dernier, ça faisait tellement de bien de voir autant de personnes partager les mêmes questions et les mêmes insatisfactions.» Etre attentif à ce qui palpite sous les apparences, voilà la double invitation que semble lancer Céline Bonnier.Collaborateur Le Devoir PLAYTIME Conception et mise en scène: Céline Bonnier, en collaboration avec Paul-Patrick Charbonneau, Stéphane Crête, Clara Furey, Lino, Gaétan Nadeau et Nancy Tobin.Une production de Momentum présentée à l\u2019Espace libre du H au 19 mai 2012.SOPHOCLE SUITE DE LA PAGE E 1 toute forme de politique», comme le dit Georges Leroux, alors que Créon est «le tyran paradigmatique, qui n\u2019a de comptes à rendre à personne et représente la rigidité de la maxime d\u2019Etat.Wajdi Mouawad a raison de dire qu\u2019il n\u2019y a aucune forme de médiation entre lui et la loi».C\u2019est pareil pour Electre, qui refuse la loi des hommes en se terrant dans un deuil écrasant: elle est le personnage anti-politique par excellence, qui valorise l\u2019amour fraternel au-delà de la politique.C\u2019est cette formidable dissidence qui semble d\u2019ailleurs inspirer les metteurs en scène italiens Enrico Casagrande et Daniela Nicolo, dont nous verrons au Festival TransAmériques les spectacles Alexis.Una tragedia greca et Too Late! (antigone) contest #2, où la figure d\u2019Antigone devient en quelque sorte celle d\u2019une révoltée qui appelle à la contestation devant les bouleversements politiques actuels.Et les femmes ?«Je pense, dit Georges Leroux, qu\u2019il serait toutefois dangereux de réduire Antigone à un emblème de la révolte populaire arabe actuelle, par exemple.C\u2019est plus complexe que ça, à cause des liens du sang qui l\u2019unissent à Créon et parce qu\u2019elle est prête à renoncer à ces liens filiaux.On peut par contre la considérer comme une représentante du pouvoir au féminin.Quand elle dit qu\u2019elle fera mourir la femme en elle, elle fait un affront au pouvoir.En mourant, elle détruit la lignée.» Voilà qui nous ramène à Wajdi Mouawad, dont le travail met en lumière cette résistance toute féminine devant le pouvoir grec.Même dans Les Trachiniennes, la pièce la moins «pohtisable» de la trilogie, toute centrée sur l\u2019amour fou qu\u2019éprouve Déjanire pour son époux Héraclès, on ressent chez l\u2019héroïne féminine une volonté d\u2019exprimer une identité qui surpasse le rôle traditionnel de la femme dans la société classique.«Déjanire, dit Georges Leroux, cherche à contrer le mépris envers les femmes et à agir comme une vénérable héroïne, même si pour cela elle devra souffrir.» J\u2019en connais qui affirmeraient sans ambages que la femme contemporaine n\u2019agit pas autrement.Collaborateur Le Devoir Des femmes sera présenté au Théâtre français du CNA (Ottawa) du 25 au 29 avril; au TNM (Montréal) du 5 mai au 6 juin; et, dans le cadre du Carrefour international de théâtre de Québec, le 10 juin.Alexis.Una tragedia greca et Too Late! (antigone) contest #2 seront présentés à la Race des Arts au ETA, du 30 mai au 5 juin.Hurler pour ne rien dire MICHEL BELAIR Il y a déjà une douzaine d\u2019années que Sylvain Bélanger a fondé le Théâtre du Grand Joiu.dont le simple nom évoque déjà la mission que s\u2019est donnée la compagnie.Le «grand jour», c\u2019est bien sûr celui où, comme dans la théorie communiste, toutes les injustices et toutes les formes d\u2019exploitation auront disparu.Et le théâtre que l\u2019on fait au Grand Joiu a, par définition, une portée sociale.Bélanger, qui a une fiche de metteur en scène particuhèrement impressionnante (Cette fille-là.Félicité, L\u2019enclos de l\u2019éléphant.Yellow Moon, Les mutants), n\u2019a jamais eu sa carte du parti.mais sa compagnie travaille «avec et sur le spectateur».Pas de véritable surprise donc à ce que le Grand Joiu commande un texte à Fabien Cloutier.Une question «hénaurme» «Quand j\u2019ai vu Scotstown, dit Sylvain Bélanger, j\u2019ai tout de suite senti que je voyais un dramaturge en pleine action plus qu\u2019un conteur.C\u2019est un véritable personnage de fiction que l\u2019on voit apparaître dans cette pièce.Et la parole de Fabien Cloutier est vraiment une parole sociale: il réussit à faire parler des gens dont on ne parle pas habituellement.Comme nous au Grand Jour, c\u2019est quelqu\u2019un qui atteint le social en passant par l\u2019intime, par chacun des spectateurs à qui il s\u2019adresse.Et ça, ça m\u2019a tout de suite allumé.» Tellement qu\u2019il lui a demandé un texte pour le Grand Jour.Un texte dans lequel Cloutier ne jouerait pas.Une première.Le metteur en scène raconte avoir longuement discuté avec Fabien Cloutier, qu\u2019il décrifi en laissant un sourire envahir spontanément son visage, comme un homme «bon», «bienveillant», «très politisé et très au courant de tout».Puis il lui a tendu un véritable défi en lui demandant d\u2019articuler son texte autour d\u2019une question, une seule: aujourd\u2019hui, dans la deuxième décennie du xxi® siècle, qu\u2019est-ce qui fait reculer le Québec?Cloutier se met à la tâche.et remporte le prix Gratien-Gélinas 2011 avec ce Billy (les jours de hurlement) écrit pour le Grand Jour.Le jeune comédien Guillaume Cyr \u2014 il joue le rôle du «gros lète», père du petit Billy qui donne son titre à la pièce \u2014 poursuit.«Fabien, je le connais depuis longtemps parce qu\u2019on vient du même coin en Beauce, et il a toujours eu un don assez spécial: celui de nous faire aimer des monstres.C\u2019est évident dans Scotstown et Cranbourne, les deux pièces qui l\u2019ont fait connaître.Il décrit des personnages qui deviennent attachants parce qu\u2019ils sont vrais, drôles, englués dans leurs vies ordinaires.Puis au détour d\u2019une phrase ou d\u2019une situation drôle en soi, ils sortent une énormité souvent raciste ou machiste et tout à coup on sent qu\u2019on vient d\u2019entrer dans une sorte de zone floue.On est avec eux, on sympathise jusqu\u2019à ce que.» Cloutier met dans la bouche de ses personnages ce que l\u2019on appelle habituellement des «idées reçues», des énormités qui sont souvent véhiculées par la radio-poubelle de la Vieille Capitale où il vit.Dans Scotstown, comme dans Cranbourne, ils disent tout haut des choses horribles, ils portent sur tout des jugements à l\u2019emporte-pièce, taillés d\u2019avance, empruntés, qui font office de pensée.Des choses la plupart du temps drôles et atroces à la fois.Mais la grande force de Fabien Cloutier tient au fait qu\u2019il réussit à le faire sans condescendance aucune.Crûment.Sans concession.Changer le monde Ici, dans ce Billy (les jours de hurlement) qui prend l\u2019affiche de la Petite Licorne mardi, Cloutier pose la question clairement: comment changer le monde quand le monde ne veut pas changer ?Comment aider quelqu\u2019un qui ne veut pas de votre aide?Tout commence par un matin d\u2019hiver, alors que les parents du petit Billy mangent des beignes dans le restaurant d\u2019une chaîne bien connue; dehors, il fait - 27 °C.et ils ont laissé l\u2019enfant dans l\u2019auto.Une femme reconnaît Billy, qu\u2019elle a vu à la garderie où elle laisse elle aussi son enfant.Elle construit alors tout un drame autour du pauvre petit Billy qui est pâle, mal nourri, mal habillé, mal traité peut-être, par ses parents qui ne pensent qu\u2019à eux, qui sont sans doute grossiers, probablement gros même.et elle décide que c\u2019est assez.Qu\u2019il faut faire quelque chose : intervenir.Parler.Dénoncer.Sauf qu\u2019évidemment le père de famille \u2014 «c\u2019est un jaseux, dit Guillaume Cju, un gars qui a des idées et des opinions sur tout et qui aime bien les faire connaître» \u2014 n\u2019est pas du tout d\u2019accord.Lui élève ses enfants comme il le veut et il n\u2019a pas de leçon à recevoir de personne, surtout de quelqu\u2019un qui fait sans doute «un gros salaire parce qu\u2019il crosse le système».Qn voit le genre.Qn sent que, des deux côtés, les préjugés vont prendre toute la place et que la colère va rapidement faire dire à tout ce beau monde des choses aussi mémorables que regrettables.Qn se parle habituellement très peu quand «on se crie après».Sylvain Bélanger reprend en souhgnant que «le chialage est devenu notre sport national.On chiale, on fait virer du vent, puis on recommence parce que le chialage n\u2019a rien d\u2019une vraie révolte.Parce qu\u2019on ne fait jamais de vrai ménage nulle part même si on ne parle que de ça.Parce que là aussi on emploie des phrases toutes faites véhiculées partout, surtout par les médias-poubelles qui nous contaminent tous socialement.Bref, rien dans tout cela ne mène à une vraie pensée critique qui elle est essentielle au changement.» Et c\u2019est bien sûr par là que le texte de Fabien Cloutier colle parfaitement au travail que poursuit le Grand Jour et qui consiste à «faire éclater des idées-bombes pour forcer les gens à prendre position ».Ceux qui n\u2019auraient pas encore eu la chance de voir le travail de la compagnie auront plusieurs fois l\u2019occasion de se reprendre la saison prochaine, alors que trois productions seront jouées en reprise avant de tourner à travers le Québec : L\u2019enclos de l\u2019éléphant.Yellow Moon, Les mutants ef qui saif peut-être Billy.Le Devoir BILLY (LES JOURS DE HURLEMENT) Texte de Fabien Cloutier mis en scène par Sylvain Bélanger.Une production du Théâtre du Grand Jour présentée à la Petite Licorne du 30 avril au 18 mai.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le metteur en scène Sylvain Bélanger et le comédien Guillaume Cyr PRESENTE DE JOYCE CAROL OATES Du 24 avril au 19 mai 2012 Mise en scène Carmen JOLIN Traduction Maryse WARDA Avec Andrée LACHAPELLE Ansie ST-MARTIN \u2018 Debbie LYNCH-WHITE el Jacques BARIL .Andrée Lachapelle est subjuguante (.) étonnante (.) Ansie St-Martin (.) une belle découverte ! » Espace Mus/que, SRC\t- a»ec une énergie exaltée (.) Awle Andrée «-achapelM-.O^habneJ^y^cene ^ Partenaire de production St-Martin, d\u2019une ,., , sobre et vigoureuse a la fols.» La revue ^équeriœs^^^^\t,3 Hydro < Québec \u2022 On retrouve les pièce! » Desautels, SRC Concepteurs Loïc LACROIX-HOY Stéphane MÈNIGOT ::: Marie-Noëlle KLIS ::: Nikita U BILLETTERIE 514.526.6582 RÉSEAU ADMISSION 1855.790.1245 WWW.THEATREPROSPERO.COM CONSBL DES ARTS DE MORTREAL LE DEVOIR,, E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 AVRIL 2012 CULTURE-MEDIAS Le bonheur rentre au poste La Première chaîne déballe sa dernière grande série radiophonique, compressions obligent STEPHANE BAILLARGEON Les grandes séries ont contribué à maintenir l\u2019aura et la réputation de la radio de Radio-Canada au cours des dernières années.Pendant que certaines émissions plombaient le service public en multipliant les émissions de services publics (cherchez l\u2019erreur.), il y a eu d\u2019ambitieuses productions pour maintenir la qualité au-dessus de la mêlée commercialo-divertissante.Ce qui a donné des heures de plaisir et d\u2019intelligence consacrées à René Lévesque ou à la Révolution tranquille, à Luc Plamondon ou aux enfants de la Crise d\u2019octobre.Plus tôt cette année, la Première chaîne a diffusé Une rue autour du monde.Chronique de la vie de Michel Tremblay du tandem Jacques Bouchard et Micheline Richard.Voici maintenant une autre série de chevet, consacrée cette fois au bonheur.La diffusion de La soif de bonheur débute lundi et se poursuivra toute la semaine à coup d\u2019une heure quotidienne.« C\u2019est ma dernière série et il n\u2019y a plus de budget pour dégager quelqu\u2019un pour en faire d\u2019autres de ce genre», confie au Devoir l\u2019homme de radio Mario Proulx, qui va prendre sa retraite à 62 ans.« On m\u2019a offert de réaliser une émission, mais ça ne me tente pas de supplanter un jeune; alors, je vais partir.Les gens ne se rendent pas compte à quel point les compressions vont avoir des effets à l\u2019antenne.Ce que je faisais, en passant des mois à préparer une série, c\u2019était typiquement radio-canadien et ça n\u2019existera plus.On peut voir ça comme un produit de luxe, je comprends.Mais ce n\u2019est pas mon choix.» Animateur, journaliste, réalisateur, M.Proulx se spécialise dans les travaux de longue haleine depuis plusieurs années.On lui doit par exemple Vivre autrement (2005) et Une enfance pour la vie (2011), deux ambitieuses productions précédentes qui ont aussi monopolisé son talent sur d\u2019assez longues périodes.« Un ami a fait de grands changements dans sa vie, explique-t-il.Il m\u2019a expliqué qu\u2019il avait décidé de divorcer après avoir lu un livre sur le bonheur, Heureux sans raison, l\u2019essai d\u2019une Américaine.Je l\u2019ai lu.Il y avait beaucoup de témoignages dans cet ouvrage et je me suis dit que ça ferait de la bonne radio.En plus, ça faisait une suite logique à ma série Quête de sens, de mes travaux précédents où je traitais de la santé, de la mort, de l\u2019enfance.» 11 reconnaît lui-même que le sujet semble «cucul» et galvaudé.Robert Blondin, de RC, a lui-même réalisé une immense série sur le thème il y a trois décennies.«Je ne l\u2019ai pas écoutée pour ne pas me censurer.C\u2019est comme pour les chansons d\u2019amour: si on s\u2019arrêtait à penser à toutes celles déjà écrites, on n\u2019en écrirait plus.Et puis, la société a beaucoup changé depuis les années 1980.Les communications ne sont plus les mêmes.Les idées sociopolitiques non plus.Le monde du travail a beaucoup changé.Reste la quête du bonheur, qu\u2019on porte en nous.» Entre confort et vide Le réalisateur a travaillé avec Eugénie Francœur.La série mêle théoriciens et praticiens pour cerner le vaste et complexe sujet.Le bonheur, qu\u2019est-ce que c\u2019est?demande la première émission.«Avoir une vie qui nous ressemble», répond la psychologue Rose-Marie Charest.Une religieuse contemplative témoigne en parlant dé «une paix qui ressemble à un lac intérieur d\u2019un calme parfait».Le patient et contemplatif écrivain Christian Bobin avoue qu\u2019il aurait du mal à placer ce mot sur la page.C\u2019est une sorte «de sieste, de pause», propose-t-il.Le plus long témoignage de la première heure vient d\u2019une immense connaisseuse de cet état, la famille française engagée de la journaliste Frédérique Bedos rassemblant dix-huit enfants, adoptés à travers le monde, «portés par la force de l\u2019amour».Certains sont handicapés (sourd, grand brûlé, etc.).Pierre-Vincent n\u2019a ni bras ni jambes.«Pour moi, le secret du bonheur, c\u2019est une bonne dose d\u2019amour», dit simplement M\u201c® Bedos.Le quatrième épisode parle du travail.Un endroit où chacun passe huit heures par jour, cinq jours par semaine, pendant quarante ans.Sans compter que les nouvelles technologies tiennent les employés en laisse.L\u2019organisation du travail ne s\u2019adapte pas.Six Québécois sur dix ne semblent pas heureux au boulot puisqu\u2019ils souhaitent en changer, et les causes semblent multiples entre le manque de sens, de liberté, de souplesse, de gentillesse, de reconnaissance.«Le cinquième épisode parle de la relation de notre société au bonheur, conclut M.Proulx.C\u2019est un peu cliché de le répéter, mais nous sommes déchirés entre le confort matériel et le vide spirituel.On vit aussi des tensions entre le bonheur collectif et le bonheur individuel.La question revient nous hanter: peut-on vraiment être heureux alors qu\u2019il y a tant de malheur autour de nous ?A l\u2019heure des inégalités croissantes, à l\u2019heure des manifestations étudiantes, je trouve que la question du bonheur rejoint celle de notre manière de vivre seul et en société.J\u2019ai retenu personnellement qu\u2019il faut faire le choix du bonheur dans sa vie et qu\u2019il faut ensuite s\u2019engager dans quelque chose de plus grand que nous.» Un livre {La soif de bonheur, aux éditions Bayard Canada) accompagne la série; on y retrouve la transcription des entrevues avec quatorze personnalités.Le Devoir LA SOIF DE BONHEUR Mario Proulx avec Christophe ANDRÉ Fredârique BEDOS Roben BÉLIVEAU Christian BOBIN Louise BRISSEHE Pascal BRUCKNER Rose Marie CHAREST BorisCYRUlNIK Alben JACQUARD Alexandre JARDIN Sonia LUPIEN Serge MARQUIS Chantal PETITCIERC Pierre-Marc TREMBLAY Theodore ZELDIN «Ce que je faisais, en passant des mois à préparer une série, c\u2019était typiquement radio-canadien et ça n\u2019existera plus.On peut voir ça comme un produit de luxe, je comprends.Mais ce n\u2019est pas mon chok.» \u2014 Mario Proulx - SIMONIAQUES THÉÂTRE, EN RÉSIDENCE À LA SALIE JEAN-CLAUDE GERMAIN, PRÉSESOE DPOUR D8ËU?TEXTE, MISE EN SCÈNE ET INTERPRÉTATION S8IW0N BeUDRËÂUbT - \u2014 ACCOMPAGNÉ DE KAR8NË ST-ARNAUD IMAX8IIIË VË8bbËyX BILLEHERIE 514-282-3900 24/04/12 -> 19/05/12 \u2014 AU î hIÂî Ri D^AUJOURD^HUS CIRQUE DU SOLEIL { THEATRE ^ D\u2019AUiOURD\u2019HUl SfÆ) S1rnon1aques CONSERVATOIRE d\u2019art dramatique de Montréal www.conservatoire.gouv.qc.ca liCiAOHe i£S «)\t7 J[îl/lliA « I V/im WMIM .a # MAKC dÜAhIp «vee, liA ilDM frmlsSnvtk\t, ëlLL\u20acTS SHiç.À lA BiLuÊnrc/e p
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