Le devoir, 5 mai 2012, Cahier I
[" EDITION FIDESA75ANS Stéphane Lavoie décrit l\u2019avenir deFides Pages iRâyiT H On fait l\u2019histoire en mettant en mots l\u2019Histoire Paged Mi Fides tenait I librairie au 120, \u201c boulevard Raspail, I àParisPa^e5 CAHIER SPECIAL I > LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 MAI 2012 « i mm.Deux mille titres plus tard.C\u2019est l\u2019amour et le partage de la lecture qui forge l\u2019ADN historique de Fides Les éditions Fides fêtent leur 75® anniversaire et une histoire marquée, dès ses débuts, par l\u2019amour et le partage de la lecture.Depuis les publications forgées au scolasticat des pères de Sainte-Croix jusqu\u2019à l\u2019édition des premiers écrits de Félix Leclerc, de l\u2019édition critique d\u2019Emile Nelligan à la saga d\u2019Yves Beauchemin, Charles le téméraire, c\u2019est tout un pan de l\u2019édition d\u2019ici qui a été signé Fides.Regards et souvenirs.CATHERINE LALONDE L% histoire de Fides dé-^ bute en 1937, au scolasticat des pères de ' Sainte-Croix, où étudiaient les futurs prêtres.Le père Martin, grand lecteur, a aussi la passion de la bibliothéconomie, de l\u2019organisation des bibliothèques.Il lance, à la force des bras, une petite revue.Mes fiches.«Les jeunes scolastiques, pour leur formation, écrivaient des fiches de lecture.Le père Martin a eu Vidée de les publier et de les vendre», rappelle Jacques Michon, professeur à l\u2019Université de Sherbrooke et spécialiste de l\u2019édition littéraire québécoise.La revue mère propose des recensions et des résumés de lectures, sous forme de fiches, sans articles.Le succès est immédiat.«Quelque 10000 exemplaires du premier numéro, sorti en mars, auraient trouvé preneur.C\u2019est énorme.Mes fiches était vendue en abonnement annuel, publiée aux quinze jours pendant Vannée scolaire.Elle devient tout de suite une structure éditoriale, informelle, sans être à proprement parler une maison d\u2019édition.» C\u2019est donc l\u2019amour et le partage de la lecture qui forge l\u2019ADN historique, selon Jacques Michon, aussi auteur en 1998 de Fides : La grande aventure éditoriale du père Paul-Aimé Martin (Fides).«La lecture et le besoin de servir sont au cœur des préoccupations de la Jeunesse étudiante catholique (JEC).Il ne faut pas oublier que, à ce moment, la JEC s\u2019ouvrait sur le monde.Elle tournait la page, délaissait l\u2019ancienne façon de faire de l\u2019Église et surtout cette façon de nier le livre et la lecture.» Une première : Mon fiancé L\u2019aventure de la revue Mes Eiches se poursuit jusqu\u2019en 1965.La structure devient une vraie maison d\u2019édition en 1940, à la parution de Mon fiancé, premier opus de la collection «Face au mariage».Fides nourrit le boom éditorial de la Seconde Guerre mondiale au Québec.« Comme Depuis ses débuts, deux aspects sont demeurés chez Fides: les ouvrages les plus savants et la préoccupation du populaire il est interdit d\u2019importer des biens venant de pays ennemis ou occupés par l\u2019ennemi, le Canada ne peut plus faire venir de livres de la Erance, rappelle Histoire de la littérature (Boréal), signé par Biron, Dumont et Nardout-Lafargue.Le gouvernement Mackenzie King accorde alors aux éditeurs canadiens des licences exceptionnelles leur permettant de réimprimer tous les titres français non disponibles au pays.» Le tiers du catalogue de Fides se construit ainsi sur des rééditions.«Le père Martin, qui dirige alors, va recruter autour de lui, explique Jacques Michon, mobiliser presque toute la communauté des pères de Sainte-Croix pour écrire des livres, des brochures, des fascicules.Au début, près de 50 % de la production est signée par des membres du clergé, sans qu\u2019elle reste ecclésiastique.» Le spécialiste poursuit: «En 1944, la collection du \u201cNénuphar\u201d est créée.La littérature va devenir de plus en plus importante, alors que les membres du clergé vont progressivement se retirer.Dans les années 1950, on compte 30% d\u2019auteurs cléricaux et 70%) de laïcs.Eides publie aussi de la littérature jeunesse, qui connaît un essor.Alors que l\u2019édition jeunesse dans les années 1930 accorde beaucoup d\u2019importance aux récits patriotiques et édifiants, Eides va miser sur les romans d\u2019aventures, les récits scouts et les bandes dessinées catholiques traduites des États-Unis, serties d\u2019une iconographie très moderne.La maison était très ouverte à la modernité, dans tous les domaines.» S\u2019ajoute en 1965 la « Bibliothèque cana-dienne-française », qui devient en 1988 la «Bibliothèque québécoise» qu\u2019on connaît désormais.Y sont les auteurs les plus importants de la collection du «Nénuphar» depuis 1944.Les poètes Alain Grandbois, Alfred Desrochers et Emile Nelligan.Les auteurs Ringuet, Hubert Aquin, Philippe Aubert de Gaspé, Yves Thériault, Gilles Vigneault, Jacques Ferron, Georges Dor, Anne Hébert, pour n\u2019en nommer que quelques-uns.En 1988, un consortium avec Leméac et HMH devient propriétaire de cette importante collection.«Je crois que tous les classiques québécois du siècle s\u2019y retrouvent», estime Jacques Michon./ Enorme entreprise Fides a été une entreprise JACQUES NADEAU LE DEVOIR des plus considérables.«En 1960, c\u2019est une imprimerie, un réseau d\u2019une dizaine de librairies, un grand propriétaire immobilier avec un édifice boulevard Dorchester, une maison d\u2019édition, un service de distribution et un service aux bibliothèques.» En traversant des époques plus dures, l\u2019entreprise se resserre au fil du temps sur ce qui reste depuis son cœur: l\u2019édition et la littérature.Le premier directeur laïque, Antoine del Busso, est nommé seulement en 1992.Les pères de Sainte-Croix vont complètement se retirer en 2011.« C\u2019est un bel exemple d\u2019une évolution progressive, sans ruptures radicales.» En 2010, Fides est vendue aux Editions Saint-Martin, une filiale de la Fédération québécoise des coopératives scolaires, Coopsco.La «Bibliothèque québécoise» est restée à Leméac et HMH.Selon Jacques Michon, «le défi actuel de la maison, c\u2019est de s\u2019inscrire dans une nouvelle structure administrative, celle d\u2019une grosse entreprise axée sur la librairie, qui fait beaucoup de sous et qui est très riche.Je suis très heureux que ce soit une maison québécoise qui en a fait l\u2019acquisition.» Depuis ses débuts, deux aspects sont demeurés chez Fides: les ouvrages les plus savants et la préoccupation du populaire.L\u2019historien Marcel Tru-del a dit de Fides, selon le professeur, «qu\u2019elle avait fait office de premières presses universitaires au Québec, avec cette importance accordée à la science et au savoir.En même temps, on se préoccupe du populaire, avec ces livres sur le mariage à l\u2019époque, et maintenant des guides de DVD et de vidéos, par exemple.C\u2019est une des forces de Eides, cette ouverture très généraliste, qui couvre tous les domaines, dont la religion.» Le catalogue Fides frôle désormais les 2000 titres.Le Devoir I 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 MAI 2012 EDITION UNE COLLECTION-PHARE Menaud, maître draveur inaugure la collection « Nénuphar » « Tout a été pensé soigneusement en fonction de faire des titres de beaux livres » Fondées en 1937 par le père Paul-Aimé Martin, de la Congrégation de Sainte-Croix, les éditions Fides ont joué un rôle de premier plan dans le monde de l\u2019édition québécoise.Elles ont même le mérite d\u2019avoir été la première maison d\u2019édition québécoise à donner ses lettres de noblesse aux classiques de la littérature d\u2019ici.PIERRE VALLÉE Les premières lettres de noblesse de Fides sont venues sous la forme d\u2019une collection, la « Collection du Nénuphar», fondée en 1944 par le père Martin et par Luc Lacour-sière, qui en assumera ensuite la direction pendant plusieurs années.«Il faut remonter à cette période historique pour comprendre toute l\u2019audace derrière la fondation de la \u201cCollection du Nénuphar\u201d, raconte Marie-Andrée Lamontagne, aujourd\u2019hui éditrice littéraire chez Fides.À cette époque, il n\u2019y a pas de littérature québécoise, ni même de littérature canadienne-française.On parle plutôt de littérature canadienne, ce terme désignant alors uniquement la littérature francophone.» Si cette dernière est publiée, on ne fait pas d\u2019effort particulier pour mettre en valeur ses joyaux.«Il y avait bien quelques collections qui publiaient des œuvres choisies, sans plus.Le père Martin croyait qu\u2019on devait faire plus et mettre en valeur ce qu\u2019il appelait les classiques canadiens.Mais, à cette époque, on juge la littérature canadienne trop jeune pour avoir des classiques.Le père Martin décide donc de fonder une collection, la \u201cCollection du Nénuphar\u201d, dont le rôle sera de servir d\u2019écrin à ces classiques de la littérature canadienne.» La première parution dans la collection «Nénuphar» naît d\u2019une simple nécessité.«Nous devions rééditer Menaud, maî-tre-draveur, de Félix-Antoine Savard.Le père Martin a décidé que ce serait le premier classique à être publié dans la collection \u201cNénuphar\u201d.Au début, même A#'' Savard était plus ou moins convaincu que son roman méritait un tel traitement.Luc Lacoursière, qui était alors un collaborateur de M^\u2019\u2019 Savard, partageait l\u2019opinion du père Martin.C\u2019est d\u2019ailleurs ainsi qu\u2019il devint ensuite directeur de la collection, jusqu\u2019en 1989.» Comme la collection «Nénuphar» se voulait un écrin pour les classiques canadiens, rien n\u2019a été ménagé pour en faire un livre de luxe.«Le choix du papier, de la couverture texturée, de la typographie, les pages non massicotées, qui obligent le lecteur à utiliser un coupe-papier, tout a été pensé soigneusement en fonction de faire des titres de la \u201cCollection du Nénuphar\u201d de beaux livres.Même le liséré rouge et noir qui borde la couverture suggère la ceinture fléchée.C\u2019est Luc Lacoursière qui trouva le nom de \u201cnénuphar\u201d, car cette plante est présente partout au Québec, et elle deviendra la signature graphique de la collection.L\u2019idée était que, comme le nénuphar peut croître et pousser dans tous les lieux, les classiques canadiens pouvaient se trouver partout dans toutes les bonnes bibliothèques.» Sans compter que les titres qui paraissaient dans cette collection étaient des éditions définitives.«Des chercheurs établissaient le texte définitif » Au fil des ans, la collection s\u2019enrichira de nombreux titres \u2014 72, au total \u2014 et accueillera des auteurs aussi divers et aussi important^ que Saint-Denys Garneau, Emile Nelligan, Yves Thériault, le frère Marie-Victorin, pour n\u2019en nommer que quelques-uns.«Dans les années 1950 et au début des années 1960, la \u201cCollection du Nénuphar\u201d est un succès de librairie, notamment auprès des étudiants des collèges classiques.On tire les titres à 3000 exemplaires.» L\u2019assaut du livre de poche Au début des années 1960, l\u2019éditeur français Hachette lance le «Livre de poche».«Bien que cette idée ait alors choqué la confrérie des éditeurs.Hachette est allé de l\u2019avant et le \u201cLivre de poche \u201d a ensuite servi à la démocratisation du livre.» Mais l\u2019apparition du « Livre de poche» sur le marché québécois affecte la « Collection du Nénuphar», car ses livres sont plus luxueux et, par conséquent, plus coûteux.«La réponse de Fides fut de créer sa proche collection de poche.En réalité, il y en avait trois.\u201cAlouette blanche \u201d était consacrée aux ouvrages religieux.La version en livre de poche du Nouveau Testament s\u2019est écoulée à 100000 exemplaires.\u201cAlouette bleue \u201d se consacrait aux œuvres littéraires, comme celles de Félix Leclerc.Et \u201cAlouette jeune\u201d, comme son nom l\u2019indique, était consacrée à la littérature jeunesse.En 1965, \u201cAlouette bleue\u201d est devenue la \u201cBibliothèque ca-nadienne-française \u201d, qui, elle, allait devenir en 1979 la \u201cBibliothèque québécoise \u201d, ou BQ.» Pour la suite des choses Malgré la présence du « Livre de poche », la « Collection du Nénuphar» continuera ses activités et s\u2019enrichira de plusieurs auteurs et titres jusqu\u2019en 2004, année où on a choisi de mettre fin à ses activités.«Ce qui a mené à la fin des activités de la \u201cCollection du Nénuphar\u201d, ce sont, d\u2019une part, la présence sur le marché de livres moins chers, comme, entre autres, les livres de poche, et, d\u2019autre part, l\u2019intérêt de moins en moins marqué du lecteur pour des éditions luxueuses, comme la \u201cCollection du Nénuphar\u201d, qui tout simplement n\u2019arrivait plus à la fin à faire ses frais.» Bien que la « Collection du Nénuphar» ait cessé ses activités, elle demeure toujours parmi les collections du Groupe Fides, et les exemplaires qui restent seront lentement écoulés.«Notre intention est de rééditer les grands titres de la \u201cCollection du Nénuphar\u201d dans notre nouvelle collection de livre de poche \u201cBiblio-Fides \u201d.De cette façon, nous allons nous assurer que ces grands classiques de la littérature canadienne, aujourd\u2019hui québécoise, demeurent accessibles aux lecteurs d\u2019aujourd\u2019hui, et ce, à coût abordable.» Collaboratrice Le Devoir PROCHAINS TITRES Soixante-quinze ans, mille et un projets en gestation Les éditions Fides célèbrent cette année leur 75® anniversaire.Qu\u2019est-ce que Fides aujourd\u2019hui?Entrevue avec la directrice, Guylaine Girard.MARTINE LETARTE Fides lancera ce mois-ci sa collection de poche.La maison d\u2019édition développe également de nouveaux axes pour ses publicafions.De plus, Fides entrera officiellement cette année dans le marché du livre numérique.2012 sera donc une année-charnière.«Nous allons rendre disponibles cette année des titres en format numérique», indique d\u2019emblée Guylaine Girard.Si le livre numérique fait beaucoup parler de lui depuis quelques années, encore très peu de titres sont offerts en français.«Le milieu de l\u2019édition est encore dans une phase très exploratoire dans le domaine du numérique.Chacun élabore son propre modèle commercial», remarque-t-elle.Guylaine Girard ne craint pas que le numérique provoque la mort du livre en papier.«Je crois que tous les supports subsisteront, affirme-t-elle.On utilisera le support qui convient le mieux selon le type d\u2019usage.Je crois par exemple que, dans les écoles, on aura toujours besoin de livres en papier, mais pour les chercheurs, le format numérique sera sûrement plus pratique.La multiplication des supports est une bonne nouvelle pour le livre.» Collection de poche Les éditions Fides lanceront aussi, dans les prochaines semaines, leur collection de poche baptisée «Biblio-Fides».Cette décision fait suite à la fin du partenariat de Fides avec d\u2019autres éditeurs pour publier des livres en format de poche sous le nom de «Bibliothèque québécoise».«Le 15 mai, nous allons célébrer le 75\u201c anniversaire de Fides et nous allons en profiter pour montrer les premières couvertures de \u201cBiblio-Fides \u201d, précise la directrice.La collection proposera plusieurs grands classiques.« C\u2019est certain que, pour les lecteurs étudiants, c\u2019est important d\u2019avoir accès aux grands classiques en format de poche.Nous sortirons donc Le Survenant, Menaud, maître-draveur et tous les titres de Félix Leclerc.On reprendra aussi Poésies complètes, de Nelligan, et nous rééditerons les contes et légendes de Joseph-Charles Taché», énumère Guylaine Girard.«Biblio-Fides» offrira aussi des textes contemporains.«Nous choisirons des titres pour lesquels une seconde vie est possible.Je pense par exemple au livre Les yeux de Maurice Richard, de Benoît Melançon.Il raconte l\u2019histoire culturelle du Québec à travers l\u2019idole qu\u2019est Maurice Richard», indique M\u201d® Girard.Une maison généraliste Employée de Fides depuis 25 ans, Guylaine Girard a été nommée directrice en juin dernier.C\u2019était peu de temps après que les éditions Fides furent achetées par les Editions Saint-Martin.«Le fait que le nouveau propriétaire m\u2019a nom- mée à la direction et que je suis entourée de plusieurs collègues qui sont ici depuis 15 ou 20 ans témoigne d\u2019une volonté de continuité.Depuis toujours, Fides est une maison d\u2019édition généraliste.Je crois que c\u2019est ce qui fait la force de Fides», affirme M\u201c® Girard.Fondée en 1937, la maison a tout de même toujours fait de la place à la littérature générale, aux essais historiques et philosophiques, aux ouvrages de référence comme Le dictionnaire des synonymes et des antonymes et le classique La cuisine raisonnée.« Cette diversité a certainement sauvé Fides plusieurs fois dans l\u2019histoire, affirme M\u201c® Girard.Si la maison n\u2019avait publié que des ouvrages religieux, elle serait sûrement tombée en même temps que la pratique religieuse au Québec.» Aujourd\u2019hui, les ouvrages religieux occupent une part moins importante des publications de Fides.«Lorsqu\u2019Antoine del Busso est arrivé chez Fides au début des années 90, après une période difficile pour la maison, il a rebâti les L\u2019Association nationaie des éditeurs de livres souligne les 75 ans de Fides en reprenant les mots de Jacques Michon : Grande maison de littérature générale, ouverte à tous les courants, savants et populaires, et à toutes les générations et tous les groupes d\u2019âge, Fides est demeurée à l\u2019écoute de ses différents lecteurs et attentive à combler leurs besoins.» Jacques Michon, Fides : La gmnde aventure éditoriale du père Paul-Aimé Martin, Fides, 1998.^ bJ C/> www.anel.qc.ca Radio Ville-Manie fm Montréal Les 75 ans des Éditions Fides un reflet de notre histoire! Félicitations et longue vie! grandes collections.Il a maintenu une certaine partie des publications religieuses, mais en les axant sur les débats de l\u2019Eglise.On envisage toujours aujourd\u2019hui certains ouvrages qui débattent des questions de fond au sein de l\u2019Eglise, mais ça s\u2019amoindrit d\u2019année en année.C\u2019est le reflet de la société», explique la directrice des éditions Fides.De nouvelles pistes Alors que le volet religieux perd du terrain, Guylaine Girard remarque qu\u2019il y a un intérêt pour les livres sur le bien-être et l\u2019épanouissement personnels.«C\u2019est un nouveau volet que nous développons chez Fides, affirme-t-elle.On sent que, naturellement, les gens remplacent les ouvrages spirituels par d\u2019autres qui leur donnent des outils pour mieux vivre.» On a vu par exemple, dans les dernières années chez Fides, les ouvrages Comment j\u2019ai vaincu la douleur et l\u2019inflammation chronique par l\u2019alimentation, puis Cuisiner pour vaincre la douleur et l\u2019inflammation chronique, de Jacqueline Lagacé.On a vu aussi Marie-Paul Ross et ses livres comme La sexualité des jeunes et Pour une sexualité épanouie.La littérature jeunesse est aussi en développement.«Dans les années 50 et 60, Fides était un éditeur jeunesse très en vue, avec notamment Henriette Major et Monique Corriveau.En- suite, c\u2019est tombé, mais ç\u2019a repris dans les années 90 avec Antoine del Busso, qui a ramené Henriette Major chez Fides.Nous souhaitons continuer à développer l\u2019axe jeunesse», affirme M\u201d® Girard.Fides souhaite également publier davantage de romans.«Nous avons recommencé à publier des romans il y a quelques années avec Yves Beauchemin, qui a fait quelques livres avec nous.Il y a aussi Louis Gauthier.Nous avons la volonté de publier quatre ou cinq romans par année.Nous tirons aussi notre épingle du jeu avec les romans-récits.Je pense par exemple à Les Suites pour violoncelle seul, écrit par Eric Siblin.C\u2019est presque un récit historique sur Jean-Sébastien Bach, mais en même temps c\u2019est de la fiction.» Fides recommence également à créer des partenariats avec des musées.«Il y en avait plusieurs sous Antoine del Busso, et nous renouons avec les musées, indique M\u201c® Girard.Nous sommes en train de développer un projet avec le Musée de la civilisation.Il y a trois ans, nous avons aussi publié un ouvrage sur l\u2019histoire de la création de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).Ce genre de collaboration est important pour Fides, puisque cela permet de réaliser des ouvrages d\u2019envergure.» Collaboratrice Le Devoir www.siilpc.org Les Prêtres de Saint-Sulpice de Montréal sont heureux de souligner le 75® anniversaire de fondation de la maison d\u2019édition Fides.^\"SULPICIENS de MONTRÉAL Une histoire de pouvoir et de discrétion \u2022 1657-2007 DOMINIQUE DÉSLANDRtS.Nous lui exprimons notre appréciation pour le travail professionnel accompli durant toutes ces années et, plus particulièrement, pour leur collaboration à la publication du livre Les Sulpidens de Montréal: une histoire de pouvoir et de discrétion 1657-2007, pubüé en 2007 lors du 350® anniversaire de l\u2019arrivée des Sulpiciens en terre canadienne.Nous souhaitons longue vie à la maison d\u2019édition Fides ! LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 MAI 2012 I 3 EDITION DIRECTION GENERALE Un nouveau souffle « Notre intention est de moderniser le programme éditorial sans toutefois tout bouleverser » Les éditions Fides célèbrent leur 75® anniversaire.De nouveaux propriétaires et une réorientation de ses activités permettront à cette vénérable maison d\u2019édition non seulement de préserver son héritage patrimonial, mais aussi de se donner un nouveau souffle.PIERRE VALLÉE En 2010, les éditions Fides éprouvent des difficultés financières et les propriétaires d\u2019alors, la Congrégation de Sainte-Croix, cherchent à vendre.S\u2019il y a plusieurs acheteurs intéi;essés, ce sont finalement les Editions Saint-Martin qui remportent la mise.Fractionnaire majoritaire des Editions Saint-Martin est la Fédération québécoise des coopératives en milieu scolaire (Coopsco) et factionnaire minoritaire est Stéphane Lavoie, qlors directeur général des Editions Saint-Martin.«La Congrégation de Sainte-Croix voulait vendre à un éditeur avec lequel elle aurait une certaine affinité, et c\u2019est ce que nous offrions, raconte Stéphane Lavoie.De plus, nous n\u2019avions aucunement l\u2019intention de simplement incorporer le catalogue de Fides au nôtre.Nous étions trop conscients de l\u2019héritage patrimonial de Fides, et notre proposition était plutôt de saborder les Editions Saint-Martin au profit de Fides.» C\u2019est ce qui fut fait une fois l\u2019acquisition formalisée.Une nouvelle société fut fondée, le Groupe Fides, qui chapeaute trois volets ^\u2019activité, soit Fides, Fides Education et Bi-blio-Fides, et qui a qbsorbé les activités des Editions Saint-Martin.Le Groupe Fides demeure la propriété de Coopsco et de Stéphane Lavoie, qui en assume aussi la direction générale.Fides Le volet Fides comprend l\u2019ensemble du catalogue des éditions Fides ainsi que toute nouvelle parution dans le domaine littéraire, que ce soit le roman, la poésie, l\u2019essai, etc.«Le fonds patrimonial de Fides est très vaste et nous avons choisi de le préserver.Ainsi, les collections des éditions Fides sont maintenues, bien que nous n\u2019allions pas systématiquement les alimenter.Pour le moment, elles resteront comme elles le sont.» En ce qui concerne les nouvelles parutions, on n\u2019a pas voulu non plus trop s\u2019éloigner du programme éditorial qui fut celui des éditions Fides.«C\u2019est évident qu\u2019il y aura des ajustements et qu\u2019il faudra repositionner certaines thématiques.Par exemple, le volet religieux sera moins présent qu\u2019il ne le fut par le passé et nous allons explorer de nouveaux créneaux, comme la santé.Notre intention est de moderniser le programme éditorial sans toutefois tout bouleverser.» r Fides Education Le volet Fides Education sera responsable de tous les titres scolaires.Ce volet incorpore aus^i les anciennes activités des Editions Saint-Martin spécialisées dans le manuel technique et scientifique.«Nous allons nous concentrer sur les manuels de niveaux collégial et universitaire, et uniquement dans les créneaux où nous pensons qu\u2019il y a de la place pour nous.Nous avons choisi de ne pas investir dans les manuels de niveaux primaire et secondaire.Ces derniers nécessitent beaucoup d\u2019investissements et le risque est donc plus élevé.» Rappelons que les manuels des niveaux primaire et secondaire sont comrqandés par le ministère de l\u2019Education et font l\u2019objet d\u2019une concurrence entre divers éditeurs, dont souvent un seul aura le contrat.De plus, l\u2019éditeur doit être en mesure de développer les manuels pour l\u2019ensemble du cycle primaire ou secon- daire.D\u2019où l\u2019investissement et le risque élevés.Mais, aux niveaux collégial et universitaire, ce sont les professeurs et les chefs de département qui choisissent les manuels utilisés dans leurs classes.«L\u2019investissement est donc moindre, car on y va un manuel à la fois.Nous croyons qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un créneau où on peut obtenir du succès, car la notoriété de Fides nous permet d\u2019attirer les bons auteurs.D\u2019ailleurs, nous avons déjà plusieurs nouveautés dans ce créneau pour le printemps prochain.» Biblio-Fides «Biblio-Fides» est la nouvelle collection en format livre de poche du Groupe Fides.«Nous avons lancé cette collection principalement pour consolider notre position au niveau collégial.» La collection \u201c Biblio-Fides \u201d sera alimentée de deux façons.«En premier, nous allons éditer les titres dont nous sommes propriétaires mais qui ont été publiés en livre de poche dans la collection «Bibliothèque québécoise», de laquelle les éditions Fides s\u2019étaient retirées avant le changement de propriétaire.Dès que les licences accordées à BQ prendront fin, les titres passeront alors à «Biblio-Fides».» «Biblio-Fides» aura aussi la responsabilité de publier en format de poche les titres des autres collections de Fides.«Nous venons tout juste de rééditer Le Survenant, de Germaine Guèvremont, en format de poche.Dans un premier temps, les titres qui seront publiés dans \u201cBiblio-Fides\u201dseront surtout des romans ou des œuvres littéraires qui figurent au programme collégial.» On n\u2019entend pas pour le moment publier des inédits dans la collection «Biblio-Fides», et ces derniers seront publiés dans la collection générale «Fides».Perspectives d\u2019avenir Selon Stéphane Lavoie, la priorité pour les prochaines années, pour le Groupe Fides, est «de consolider l\u2019organisation et la culture du Groupe Fides et de stabiliser sa situation financière.Cela passe évidemment par une augmentation des ventes, et nous croyons que Fides Education est le principal volet qui nous permettra d\u2019augmenter nos ventes et ainsi d\u2019arriver à cette stabilité financière.Une fois atteinte, cette stabilité financière nous permettra même de prendre davantage de risques sur le plan littéraire.» Même si cela est plus lointain, Stéphane Lavoie caresse aussi un autre projet.«Le fonds patrimonial de Fides est FIDES Stéphane Lavoie important et faimerais trouver une façon de le mettre davantage en valeur et de le rendre plus facilement accessible, peut-être même en le numérisant.» En attendant ce jour, Stéphane Lavoie et son équipe ont l\u2019intention de consolider la position du Groupe Fides afin que cette maison d\u2019édition puisse continuer à jouer le rôle capital qu\u2019elle a tenu depuis 75 ans dans le monde de l\u2019édition québécoise.Collaborateur Le Devoir LITTERATURE « Fides s\u2019est engagée aux côtés des classiques québécois » Dès ses débuts, Fides a réédité des textes qui étaient devenus indisponibles Nelligan, Philippe Aubert de Gaspé père, Gabrielle Roy, Anne Hébert, Michel Tremblay.Si les classiques de la littérature québécoise passent les générations et ne sombrent pas dans l\u2019oubli, c\u2019est largement grâce aux éditions Fides.Micheline Cam-bron, professeure titulaire au Département des littératures de langue française à l\u2019Université de Montréal, explique pourquoi.HÉLÈNE ROULOT-GANZMANN Quel rôle la maison Rdes a-t-elle joué dans l\u2019émergence des classiques littéraires québécois?Dès ses débuts, Fides a été une maison d\u2019édition extrêmement présente du côté de l\u2019enseignement.D\u2019abord, elle était sous la responsabilité d\u2019une communauté enseignante, les pères de Sainte-Croix.Cela explique que, très rapidement, cette maison s\u2019est engagée du côté de la diffusion de textes classiques, mais aussi du côté d\u2019opérations de consécration de textes.Par exemple, la première édition critique de poésie québécoise, à savoir l\u2019édition critique de l\u2019œuvre de Nelligan, va paraître chez Fides.Parallèlement, la maison d\u2019édition va créer des collections destinées à rendre à la lecture un certain nombre de textes relativement importants qui n\u2019étaient plus disponibles.Il va y avoir tout un travail du côté de la littérature québécoise du XIX® siècle et de la littérature qu\u2019on désigne comme celle de la Nouvelle-France.On va publier, sous forme de petits ouvrages présentés comme des classiques, des textes importants, bien qu\u2019ils n\u2019aient pas toujours fait l\u2019objet d\u2019une lecture continue.Qu\u2019est-ce qu\u2019on appelle véritablement un classique en littérature?Quand on pense à des classiques, on pense à des textes qui ont fait l\u2019objet d\u2019une lecture assez continue dans le temps, de sorte qu\u2019il y a des générations de lecteurs, donc des approches différentes, qui ont permis de garder le contact avec cet auteur.Les éditions Fides ont ainsi beaucoup lait pour préserver ce contact.Prenons par exemple la collection du «Nénuphar»: au moment de sa création, elle avait un certain prestige et les auteurs qui y étaient accueillis se trouvaient à la fois consacrés par la critique et destinés à l\u2019enseignement et à être intégrés à la mémoire commune.Ç\u2019a été extrêmement important, la création de cette collection.D\u2019autres collections ont été essentielles, notamment celles dont je parlais plus haut et qui ont permis la réédition de textes indisponibles.Parce que, s\u2019il n\u2019y a plus moyen de lire les auteurs, ils n\u2019ont pas de grandes chances d\u2019être cormus! Ces collections n\u2019existent pourtant plus.Des formats de poche ont pris le relais.Des consortiums ont commencé à publier des textes québécois en format dç poche à la fin des années 80.A partir du moment où tout le monde s\u2019y met, ça devient moins intéressant.Surtout, ici au Québec, il n\u2019y a pas un marché suffisamment stable et gros qui justifierait qu\u2019on réédite de façon constante, sous la même forme, les mêmes textes.Il n\u2019existe pas ici de machines à faire imprimer les livres comment on peut en trouver en France, par exemple.Là-bas, l\u2019année où on met tel livre au programme de l\u2019agrégation ou du baccalauréat, toutes les maisons d\u2019édition s\u2019empressent de le rééditer, autant que possible avec une nouvelle pagination.Ça fait vendre ! Il y a un effet éditorial lié à la structure de l\u2019enseignement des classiques.Aussi parce que le système scolaire français est plus centralisé.Ici, les professeurs choisissent les œuvres enseignées.Du point de vue éditorial, ç\u2019a des effets.Au final, les classiques québécois sont-ils bien connus du grand public?Relativement connus.Qn trouve dans l\u2019enseignement, particulièrement au niveau collégial, à l\u2019intérieur d\u2019un cours obligatoire qui s\u2019intitule Littérature québécoise, un travail de la part des enseignants, qui peuvent s\u2019appuyer sur des manuels, qui présentent aux étudiants un certain nombre d\u2019œuvres considérées comme des classiques.Ainsi, tous les étudiants du collégial ont une connaissance minimale des auteurs québécois.Mais il ne faut pas non plus négliger le rôle de la radio et de la télévision dans la diffusion et dans le maintien en vie d\u2019un certain nombre d\u2019œuvres, qui ont pu être fréquentées dans la longue durée.Qn peut penser à Un homme et son péché, qui serait sans doute l\u2019exemple le plus évident.Le roman, qui est d\u2019abord publié dans les années 1930 par Claude-Henri Grignon, va ensuite connaître une fortune médîatîque exceptionnelle.Ce sera un radio-roman, puis un télé-roman en format d\u2019une demi-heure en noir et blanc, puis une heure en noir et blanc, finalement une heure en couleur, et 11 va y avoir aussi des films tirés du roman.Là, on a véritablement un clas- sique qui fait partie de la mémoire collective d\u2019à peu près toutes les couches sociales et toutes les générations, même les plus jeunes, puisque le dernier film est récent.Rend-on assez justice aux classiques québécois dans renseignement?Je n\u2019al pas le sentiment qu\u2019on les néglige.Maintenant, 11 y a beaucoup de classiques québécois, et si on fait en sorte qu\u2019au niveau collégial les étudiants en lisent trois.ce ne sera jamais que trois! Ce qu\u2019on volt, c\u2019est que les collections qui les diffusent, on peut penser à BQ par exemple, sont des maisons sérieuses qui obtiennent des ventes relativement constantes.Bien évidemment, 11 y a, en ce moment, une réduction du temps consacré à la lecture, en moyenne, mais 11 n\u2019en reste pas moins que ces œuvres sont susceptibles d\u2019être connues, et d\u2019être connues par plusieurs générations de lecteurs.Collaboratrice Le Devoir \"¦ f ¦\u201c A 1 A\tLa Province canadienne\t\t L\tJ\tde ia congrégation de Sainte-Croix,\t\tLes Sœurs (Je Ia CoNqRÉqArioN dE Notre-Dame qui fut propriétaire de Fides pendant 73 ans, est heureuse et satisfaite d'avoir contribué\t\tNos plus chaleureuses félicitations à l'affirmation de la littérature canadienne-française\t\taux Edition Fides dans les domaines culturel et religieux.Elle rend hommage aux nombreux auteurs\t\tà l\u2019occasion du 75® anniversaire de fondation de cette entreprise de chez nous.qui ont fait la réputation de cette maison d'édition.\t\tAu fil des ans, Fides a su maintenir une politique éditoriale témoignant d\u2019une grande ouverture tout en favorisant la diversité.L'investissement dans la production du matériel relatif\t\tPrésence continue dans le monde religieux au programme scolaire Éthique et culture religieuse\t\tavec de nombreuses publications, a entraîné un manque de ressources insurmontable.\t\tFides nourrit les débats de société Fides n'appartient donc plus à Sainte-Croix.\t\tsur les enjeux spirituels de notre temps.Mais Fides continue.Le nouveau Groupe Fides a convenu d'en continuer la mission\t\tMerci! dans la tradition qui a fait la fécondité de ses 75 ans.\t\tLes Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame En fidélité au charisme prophétique Vive Fides !\t\tde sainte Marguerite Bourgeoys \t\tdans le monde d\u2019aujourd\u2019hui www.cnd-m.org I 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 MAI 2012 EDITION DE GROUEX A LAMONDE Faire l\u2019histoire en mettant en mots l\u2019Histoire « Fides ne s\u2019est pas figé dans une école en particulier » Fides apparaît comme une figure emblématique de l\u2019histoire de l\u2019édition québécoise en raison de ses 75 ans, qui sont marqués par la variété de ses publications dans des domaines éclectiques.Toutefois, la maison n\u2019abrite pas véritablement une école historique.REGINALD HARVEY Fides, une école historique ?Pas vraiment.Du moins, telle est l\u2019opinion étoffée d\u2019Yvan Lamonde, historien, auteur de plusieurs volumes et professeur émérite en littérature et langue françaises à l\u2019Université McGill.Aujourd\u2019hui à la retraite, il tient ces propos : « On ne peut pas dire que Fides est identifié à une école historique de la même façon qu\u2019on parle de celles de Montréal ou de Québec.D\u2019ailleurs, le chanoine Groulx a publié chez cette maison, mais ce n\u2019est pas là que se retrouve son œuvre en majorité, à ma connaissance.» Dans ce sens, il laisse savoir que Fides a publié autant des historiens comme Marcel Trudel, de Laval, que Guy Frégault, de l\u2019Université de Montréal.Il évoque le livre de Jacques Michon sur Fides, publié en 1998, pour apporter cette réflexion: «Je ne pense pas qu\u2019on puisse départager cela très clairement et que cette notion d\u2019école s\u2019impose vraiment.» Il préfère aborder la question sous un autre angle: «Fides, c\u2019est l\u2019histoire et c\u2019est la maison d\u2019édition même qui en fait partie, parce qu\u2019elle est d\u2019abord la plus vieille au Québec, avec ses 75 ans.» Il fournit des preuves de cette avancée : « C\u2019est un véritable fonds de commerce.Par exemple, relativement à la littérature québécoise, il en a constitué, si l\u2019on peut dire, le corpus.Il y a une collection, celle du \u201cNénuphar\u201d, qui a été lancée chez Fides en 1944 par Luc Lacoursière; jusqu\u2019en 1964, elle a publié 61 titres.Essentiellement, ce sont des classiques de la littérature ca-nadienne-française qui se sont retrouvés là, qu\u2019il s\u2019agisse du titre Menaud, maître draveur ou de l\u2019auteure Gabrielle Roy.» Fides figure donc dans l\u2019histoire de la littérature par cette collection et par une autre, plus petite, appelée « Les classiques canadiens».M.Lamonde a été l\u2019un des derniers auteurs à faire partie de cette dernière, avec un livre sur Louis-Adolphe Paquet.Fides, en s\u2019appuyant sur son ancienneté, a puisé dans le passé pour garnir son inventaire: «On a bien vu, au fil des années, comment il fallait faire des bilans de la littérature et des retours panoramiques; il y a une collection qui va dans ce sens-là et qui porte le nom d\u2019\u201cArchives canadiennes \u201d, qui contient de gros ouvrages sur le roman, sur l\u2019essai, sur la poésie et sur le théâtre.» H en retient que «cela démontre un certain sens de l\u2019histoire de la maison, sur une période de 75 ans, que d\u2019avoir mis en place les grands titres et les études majeures sur la littérature québécoise».Au-delà de la catégorisation.l\u2019esprit ouvert Selon M.Lamonde, «Fides ne s\u2019est pas figé dans une école en particulier ».Bien au contraire, et il en fournit des exemples : «Pendant les années 1930, cet éditeur publiait tous les écrits, les journaux et les revues de ce qu\u2019on appelait l\u2019Action catholique; il a réagi à ce moment-là au mouvement de renouveau du catholicisme.» Sur un autre plan, Marcel Trudel a publié à cet endroit «un ouvrage qui était loin d\u2019être évident chez une maison d\u2019édition religieuse, soit son ouvrage en deux tomes sur Voltaire au Canada.Ce n\u2019est pas explosif comme livre, mais on parle quand même de Voltaire.» Il rapporte une anecdote savoureuse à ce propos : «Trudel, qui était membre du Mouvement laïque de langue française autour de 1963, sachant que Fides était la propriété des pères de Sainte-Croix, parlait de ces éditeurs comme des perfides (Pères Fides).» Il y avait un peu de Voltaire en lui.LIONEL GROULX UAPPEL DE LA RACE \u2018/vt.COLLECTION DU NÉNUPHAR Iti meiiltHrt (tutturt faneditHt INTRODUCTION DE BRUNO LAFLEUR FIDES /'A /l'A 'A'\\ © /'\"A /vt 'Ari /y\\\\ '/vS Ce sur quoi il s\u2019applique à montrer l\u2019évolution dont a fait preuve la maison: «Lorsqu\u2019An-toine Del Busso en était le di- « Je ne suis vraiment pas porté à vouloir figer Fides dans l\u2019école historique de Montréal ou de Québec, chez Groulx ou ses disciples» gneur libéral et anticlérical, pour laquelle j\u2019ai gagné le Prix du gouverneur général du Canada en 1995; il y a aussi les trois tomes parus de /TJistoire sociale des idées au Québec, qui est beaucoup le portrait d\u2019un libéralisme et d\u2019un radicalisme qui sont de nature anticléricale.» Dans la recteur, Fides a alors publié des ouvrages qui sont des critiques d\u2019un certain catholicisme québécois.Je suis bien placé pour le savoir, parce qu\u2019il y a deux de ces trois titres-là qui sont de moi; il y a une biographie, Louis-Antoine Dessaules, sei- meme veine a paru l\u2019ouvrage, sous la direction de Pierre Hébert, intitulé Dictionnaire de la censure au Québec.Fides n\u2019appartient pas à une école Yvan Lamonde prend ses distances par rapport à une H R c4lhHm no 27 AKCHÏVBS UaCorpo a classification réductrice de la maison: «Je ne suis vraiment pas porté à vouloir figer Fides dans l\u2019école historique de Montréal ou de Québec, chez Groulx ou ses disciples, comme Michel Brunet et Guy Frégault, qui faisaient des choses très différentes de lui.Il y avait une collection d\u2019histoire chez Fides, dans les années 1960-1970, qui s\u2019appelait \u201cFleur de Lys \u201d, où sont parus un certain nombre de titres, parmi lesquels certains sont signés de la plume de Trudel et de Frégault.» Fides s\u2019inscrit dans l\u2019histoire globale de l\u2019édition québécoise: «La maison évolue aussi.Si, dans les années 1930-1940, la maison publie à FIDES FIDES peu près tout ce qui émane de la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC), il reste que, durant la guerre, elle va aussi publier un petit recueil de textes du maréchal Pétain, sans bien sûr qu\u2019on l\u2019identifie au mouvement pétainiste.» Il se livre à cette synthèse de sa vision de l\u2019éditeur: «Il y avait un conservatisme en même temps qu\u2019il y avait certaines formes de progressisme à l\u2019intérieur du catholicisme.Vers la fin, Fides est devenue un peu un éditeur comme un autre.On aura aussi pris note qu\u2019il a publié très peu de romans.» Collaborateur Le Devoir Un premier laïc arrive à la direction de la maison Autrefois l\u2019emblème de l\u2019édition religieuse au Québec, Fides est aujourd\u2019hui devenue l\u2019une des principales maisons d\u2019édition généralistes dans la province.Antoine del Busso, directeur général des Presses de l\u2019Université de Montréal, ex-éditeur chez Fides et important architecte de son décloisonnement éditorial, raconte comment la maison d\u2019édition, qui célèbre ces jours-ci son 75® anniversaire, est parvenue à s\u2019insérer dans l\u2019édition générale.EMILIE CORRIVEAU Fondée à Montréal en 1937, Fides est l\u2019une des plus anciennes maisons d\u2019édition de la province.Mise sur pied par le jeune Paul-Aimé Martin, alors séminariste de la Communauté des pères de Sainte-Croix, elle se consacre d\u2019abord à la publication de fiches documentaires et bibliographiques à l\u2019intention des jeunes et vise à encourager la lecture.Préférant l\u2019édition à l\u2019enseignement, le père Paul-Aimé Martin consacre énormément d\u2019énergie à l\u2019entreprise, ce qui permettra à la maison Fides de se positionner rapidement comme l\u2019un des piliers de l\u2019édition religieuse au Québec.Après avoir profité de la prospérité des années de guerre, qui, si elles ont affaibli l\u2019édition parisienne, ont permis aux éditeurs cana-diens-français de conquérir de nouveaux marchés, au cours des années 1950, la maison connaît un important succès en publiant une édition de la Bible.Puis, au fil des ans, elle parvient à devenir un phare de la littérature québécoise en éditant les œuvres d\u2019auteurs commç Germaine Guèvremont, Emile Nelligan, Félix Leclerc et Yves Thériault.Jusqu\u2019au milieu des années 1970, en matière d\u2019édition, les jours sont fastes pour Fides et les lancements de la maison se transforment en événements mondains largement courus.Survient alors une crise générale du livre et de l\u2019édition qui affecte l\u2019éditeur, mais sa réputation lui permet de s\u2019en tirer sans trop de heurts.Au cours des années 1980, dirigée par sœur Micheline Tremblay, Fides publie des livres dans tous les domaines du champ littéraire, mais elle continue tout de même à privi- FÉLICITATIONS LES ÉDITIONS ET LES LIBRAIRIES PAULINES SALUENT LES 75 ANS DES ÉDITIONS FiDES aulines www.librairies.paulines.qc.ca légier les études religieuses.La maison conclut des accords de partenariat pour fonder 4eux maisons d\u2019édition, les Editions d\u2019enseignement religieux F.P.R.et BQ.Des efforts sont consentis pour rentabiliser la maison et, au tournant des années 1990, Fides acquiert la maison Bellarmin.Le renouveau En 1992, Antoine del Busso est nommé directeur général des éditions Fides.Il est le premier laïc à diriger la maison et son entrée en poste signe le début d\u2019une ère de renouveau chez Fides.Dès le départ, M.Del Busso, loin d\u2019en être à ses premières armes en matière d\u2019édition \u2014 il a déjà fait sa marque chez Boréal et aux Quinze \u2014 s\u2019efforce d\u2019élargir le champ des préoccupations de la maison.S\u2019il conçoit que l\u2019édition religieuse constitue la base de Fides, il reste tout de même convaincu de la nécessité de diversifier son catalogue.«En édition, c\u2019est bien de se spécialiser dans une niche, mais, dans ce cas-ci, c\u2019était devenu un problème.Lorsque je suis entré en poste, les libraires n\u2019ouvraient même plus les boîtes de livres que Fides leur faisait parvenir.Ils disaient qu\u2019ils savaient déjà ce qui s\u2019y trouvait: des livres religieux», révèle-t-il.M.Del Busso s\u2019est donc efforcé de transformer cette perception en accordant la priorité au développement, en attirant de nouveaux auteurs et en publiant davantage de livres dans des domaines autres que ceux de la religion et de la spiritualité.«Ma stratégie, ç\u2019a été de surprendre.J\u2019ai fait des choix auxquels on ne s\u2019attendait pas de Fides, du côté des auteurs comme des collections.Ç\u2019a enrichi le catalogue et ç\u2019a permis à la maison de revamper son image», précise-t-il.Attirer Yves Beauchemin chez Fides, alors que le romancier travaillait depuis plus de vingt ans avec un autre éditeur, reste sans doute l\u2019un des meilleurs coups de M.Del Busso.«Yves Beauchemin est l\u2019un des auteurs les plus appréciés du Québec.Il a connu beaucoup de succès.C\u2019est certain que sa venue a été bénéfique pour Fides», commente-t-il.Rayonnement accru Parallèlement à son travail chez Fides, M.Del Busso s\u2019est également engagé auprès de l\u2019Association nationale des éditeurs, une organisation dont la mission est de soutenir la croissance de l\u2019industrie de l\u2019édition et d\u2019assurer le rayonnement du livre québécois et canadien-français à l\u2019échelle nationale et internationale.D\u2019après l\u2019homme, cet engagement a également contribué à renouveler l\u2019image des éditions Fides.«Je me suis beaucoup engagé auprès de l\u2019Association nationale des éditeurs de livres.J\u2019en ai été le président et je crois que cela a été heureux pour Fides.Les gens du milieu ont découvert des facettes de la maison qu\u2019ils ne connaissaient pas et je crois que ç\u2019a permis à la maison de rayonner davantage et autrement», confie-t-il.De nouveaux défis Assumant aujourd\u2019hui la direction générale des Presses de l\u2019Université de Montréal, M.Del Busso a quitté les éditions Fides en 2008,après y avoir passé plus de quinze ans.Michel Maillé, qui œuvrait pour la maison depuis 1997, lui a suc- JACQUES GRENIER LE DEVOIR Antoine del Busso cédé comme directeur général.«J\u2019ai passé de très belles années chez Fides, mais je crois que, pour ma carrière, il était temps que je passe à autre chose», dit M.Del Busso, qui a également fondé sa propre maison d\u2019édition, Del Busso éditeur, après son départ des éditions Fides.Posant désormais le regard d\u2019un observateur extérieur sur la maison d\u2019édition, alors que celle-ci s\u2019apprête à célébrer son 75® anniversaire, M.Del Busso formule des vœux bienveillants pour Fides et lui souhaite un bel avenir.«Fides est une maison d\u2019édition qui, je crois, a su opter pour la qualité, plutôt que de se laisser prendre au jeu de la facilité, c\u2019est-à-dire de faire dans la quantité.J\u2019espère qu\u2019elle poursuivra sur cette voie.Je lui souhaite de beaux jours.» Collaboratrice Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 MAI 2012 I 5 EDITION FIDES INTERNATIONAL Une librairie est ouverte au 120, boulevard Raspail, à Paris « Un noyau de Français s\u2019intéressent au Canada et ceux-là sont au rendez-vous » La librairie Fides à Paris naît en 1949, au cœur du VI® arrondissement.Le lieu agit comme un aimant et voit défiler les auteurs maison, mais aussi tous les Canadiens de passage.C\u2019est une espèce de centre culturel canadien avant la lettre.MARIE-HELENE ALARIE Le 12 mai prochain paraîtra Fides 75 ans, un ouvrage publié sous la direction de Marie-Andrée Lamontagne.L\u2019histoire de Fides n\u2019a plus de secrets pour l\u2019auteure, qui occupe, au sein de la maison d\u2019édition, le poste d\u2019éditrice littéraire depuis plusieurs années.Il y a tant à dire sur Fides que d\u2019emblée M\u201c® Lamontagne sert, dans son livre, un avertissement à ses lecteurs: «Ce bref historique ne saurait rendre compte de toute la richesse d\u2019une maison d\u2019édition dont l\u2019histoire s\u2019étend sur 75 années.On imputera donc aux contraintes de temps et d\u2019espace les omissions, raccourcis, résumés qui sont ici la loi du genre, non à la volonté d\u2019occulter des pans de l\u2019histoire de Fides ou la contribution de ses acteurs.» Voilà donc ce qui explique qu\u2019on ne retrouve qu\u2019un court passage retraçant l\u2019aventure de Fides à Paris, épisode pourtant des plus significatifs qui a duré de 1949 à 1968.«A l\u2019époque, Fides a le vent dans les voiles et est un acteur important dans le paysage éditorial canadien-français», dit Marie-Andrée Lamontagne.On est En 1945, un premier voyage s\u2019organise afin de voir la façon de procéder pour s\u2019installer en France au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et, déjà pendant le conflit, Fides avait publié des auteurs français: «Ily a eu une période d\u2019exception où l\u2019édition française était entravée dans un Paris occupé et où les éditeurs étaient confrontés à de nombreuses complications.Ils ne pouvaient donc pas publier autant d\u2019auteurs qu\u2019ils l\u2019auraient voulu.Ça été l\u2019occasion pour l\u2019édition canadienne-fran-çaise de prendre la relève et de publier des auteurs français.» Beaucoup de maisons d\u2019édition ont vu le jour durant la guerre grâce à cette possibilité de publier des auteurs français et de les distribuer dans l\u2019ensemble de la francophonie.Fides a un pas d\u2019avance sur ses concurrents puisque, dès sa création, l\u2019éditeur compte déjà des auteurs français à son catalogue.Toutefois, à la fin de la guerre, les éditeurs français reprennent leurs auteurs et Fides doit trouver une solution pour combler le vide.«C\u2019est l\u2019occasion pour Fides, dans une France libérée, avec le rétablissement des relations, de s\u2019implanter plus fortement en France», explique M\u201c® Lamontagne.En 1945, un premier voyage s\u2019organise afin de voir la façon de pro-céder pour s\u2019installer en France.En 1948, le père Martin, fondateur et directeur général de Fides, fait le voyage, achète un immeuble et y aménage une librairie pour y exposer les auteurs de Fides et les publier en France.Se crée alors la société Fides SARL, et c\u2019est le début de l\u2019aventure.Large mandat Dès le départ, le mandat de Fides SARL est très large : «Il s\u2019agit de diffuser en France les auteurs Fides, d\u2019éditer des ouvrages par Fides SARL, de faire de cette antenne une maison d\u2019édition au sens propre, mais aussi de promouvoir les œuvres de l\u2019oratoire Saint-Joseph, puisque celles-ci serviront en partie à payer le salaire flu gérant de Fides SARL.» A cela s\u2019ajoute une quatrième mission qui prendra de l\u2019importance au fil des ans, soit la diffusion en France de livres canadiens.Très rapidement, c\u2019est le volet culturel de la mission qui prend le dessus, avec la création d\u2019un centre d\u2019information et de documentation sur le livre canadien.Fides voyait le projet comme un carrefour à la fois pour les Français et les Canadiens français.Afin de transformer le lieu en véritable librairie, Fides déménage dans un local plus vaste, au 120, boulevard Raspail.Cet immeuble, avec ses quatre grandes vitrines, inauguré le 7 juillet 1950 et affiche sur la façade: «FIDES SARL» et, dessous, «MAISON DU LIVRE CANADIEN».Au rez-de-chaussée se trouve la librairie, pendant que l\u2019étage accueille l\u2019Association nationale France-Canada, créée plus tôt cette même année.Dans ces grandes vitrines, on pouvait voir des expositions sur un auteur ou un thème, où on pou- vait voir rassemblés des ouvrages publiés par Fides Montréal et présentés à Paris.Parmi les auteurs les plus connus, on trouve Yves Thé-riault, Jean Bruchési et Félix-Antoine Savard.La Maison du livre canadien de Fides est un peu l\u2019ancêtre de ce qui est aujourd\u2019hui la Librairie du Québec à Paris, qui appartient à Hurtubise-HMH.Y défilent les auteurs et s\u2019y tiennent des lancements et des conférences.De plus, ces événements sont assez bien couverts par la presse française.«André Rousseau, du Figaro, qui est une référence en matière de critique littéraire à l\u2019époque, écrit des articles sur Saint-Denys Carneau, sur Anne Hébert.Il y a Charles Te-merson, le correspondant de Radio-Canada à Paris, qui signait régulièrement des topos rendant compte des activités qui se déroulent chez Fides.A l\u2019époque, un noyau de Français s\u2019intéressent au Canada et ceux-là sont au rendez-vous», rappelle Marie-Andrée Lamontagne.Jusqu\u2019en 1967 Dans les années 50, pour tout jeune homme et toute jeune femme ayant fait des études et s\u2019étant nourris de littérature française, le périple vers la France est un incontournable, et plusieurs reçoivent des bourses d\u2019étude ou participent à des échanges.Ce sont de longs séjours qui peuvent durer plus d\u2019un an et, dans plusieurs secteurs d\u2019activité culturelle, on retrouve des Canadiens de passage.Ils formaient l\u2019élite culturelle cana-dienne-française de l\u2019époque et cette élite crée ses contacts et ses réseaux.Pour eux, les bureaux de Fides au 120, boulevard Raspail, deviennent le point de passage obligé.Jusqu\u2019en 1967, Fides SARL aura pignon sur rue à Paris.Malheureusement, l\u2019aventure du boulevard Raspail doit s\u2019achever, parce que les coûts en sont élevés.L\u2019entreprise du père Martin, qui est d\u2019assurer une présence en France par l\u2019entremise de Fides SARL, ne sera jamais rentable et aura toujours du mal à vendre les livres canadiens.«Le volet culturel, c\u2019est bien, c\u2019est prestigieux, mais ça ne rapporte pas d\u2019argent!» En 1955, Fides doit vendre la librairie du boulevard Raspail et investit cette somme dans la distribution Félicitations et tous nos vœux à l'occasion des 75 ans Distributeur et diffuseur de livres, l'équipe de Socadis est fière et honorée d'appuyer le développement de Groupe Fides SOCADIS INC.FIDES La succursale parisienne de FIDES a été inaugurée le 7 juillet 1950.pour accroître la vente de livres.C\u2019est ici que s\u2019arrêtent les activités culturelles de la Maison du livre canadien.Par la suite, après quelques déménagements, Fides SARL continue ses activités jusqu\u2019en 1967, où la décision est prise d\u2019arrêter, et c\u2019est en 1968 qu\u2019on assiste à la dissolution juridique.Une vingtaine de titres De cette époque, on retiendra quelques titres, dont le grand succès des éditions Fides SARL qui est Le hamac dans les voiles, qui paraît en 1952, un florilège de trois titres de Félix Leclerc qui avaient déjà été publiés chez FïAes,-.Adagio, Andante et Allegro.Ce choix de textes est destiné en priorité au public français, mais, comme la chose se produit souvent dans le cas des auteurs canadiens de l\u2019époque, des 5000 exemplaires imprimés, les trois quarts seront vendus au Québec.Sans pouvoir être qualifiée de succès commercial, l\u2019opération consolide la réputation de Félix Leclerc.Par la suite, on publiera Dialogue d\u2019hommes et de bêtes, ce qui fera en sorte qu\u2019on parlera de Fides, et, dans un numéro de Paris-Match de 1961, on aperçoit même une photo du père Martin portant la légende suivante : « Cet homme est l\u2019éditeur de Félix Leclerc en France».Aujourd\u2019hui, le paysage éditorial en France est en plein bouleversement et la partie n\u2019est pas gagnée pour les auteurs québécois.C\u2019est toujours la même situation: «Les éditeurs québécois doivent faire la preuve qu\u2019ils sont intéressants auprès d\u2019un public français qui a déjà à boire et à manger en abondance», rappelle Marie-Andrée Lamontagne.L\u2019aventure française aura permis à Fides d\u2019apprendre une foule de choses sur la distribution du livre en France, d\u2019éviter certains pièges et d\u2019en tirer des leçons.Marie-Andrée Lamontagne trace un bilan positif de l\u2019entreprise : «Fides aura eu l\u2019audace, avec cette pointe d\u2019inconscience qu\u2019il faut pour faire ce genre de choses, de se lancer dans l\u2019aventure, d\u2019investir, et le tout a tout de même duré de 1949 à 1968, avec une vingtaine d\u2019ouvrages publiés.» Collaboratrice Le Devoir Le plus vaste RESEAU Æ LIBRAIRIES En 2011, les 60 coopératives membres du réseau Coopsco, opérant plus de 100 points de service situés dans les institutions d'enseignement, ont démontré leur engagement dans leur communauté par : plus de 7 millions S en ristournes à l'achat aux membres des coopératives plus de 1 000 000 $ en dons, commandites, subventions aux activités étudiantes et développement du milieu plus de 125 000 $ en bourses d'études aux étudiants plus de 1 000 empiois étudiants plus de 600 étudiants qui dirigent ieur entreprise coopérative COOPSCO Pour tous vos besoins en librairie, papeterie, informatique, alimentaire et plus.www.coopsco.com Benoît Melançon Les yeux de Maurice Richard lOO comptines FRANCOIS HÉtERT Dans le noir dn poème w £mile nelligan ^ POÉSIES ^ COMPLÈTES w mimimmmmm S « S S § A' s Claudio Ricicnuolo |\tr £.es composit7eur»s ^ Voyage au Portugal avec un Allemand Ita mer récompense le fleuve PARCOURS DE BENOÎT LACROIX Guide familial des SIMPTOIVIES GUIDE VIDEO DVD 2002 ^/ium no 27 Fé IX Lederc Pieds nus dans l\u2019aube %s .Pauline .Marois Québécoise! Vi 4' X GANTS DU CIEL OLIVAR ASSELIN ET SON TEMPS *** Leiluntie L'UKOS PETER GAY Mozart LES CENT PLUS BEAUX POÈMES QUÉBÉCOIS Jean Marie Fra GENESE DE LA CUISINE QUÉBÉCOISE IIILIOTHÈOUE ET ARCHIVES NATIONALES OU OUÉIEC Un siècle d\u2019histoire le Nigog f / ¦ K LAG^Cg i COMMENT J'AI VAINCU LA DOULEUR ET L'INFLAMMATION CHRONIQUE PAR L'ALIMENTATION # Fi de S célèbre ses Album NELLIGAN F DE diabète type 2 asthme jean-Marc piotte Les grands penseui du monde pohbqye A Ptaton à oos jours [LÂvnïcrârâï Esdras MinvIUe du Quebec e LE SUIIVINIINT CHRISTINE ANGELARD LA MÉDECINE SOIGNE, L\u2019AMOUR GUÉRIT nous révèle à TOUS même CONSEIL SUPERIEUR DE LA lAHCUE PRANÇAtSE LE FRANÇAIS A\td histoire AU QUEBEC etde PETER C.NEWMAN MULRONEY Bona Arsciiaull HISTOIRE ACADIENS M
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