Le devoir, 2 juin 2012, Cahier E
[" Lise Payette revient à la SRC pour Tété Page es U Cynthia Girard propose une expo engagée Page e g CULTUM CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET D I M A' N l E ' ?\"J T I W \"2 U 'i \"2 f L'AUDACE DERRIÈRE LE MAQUILLAGE Une expo de femmes surréalistes s\u2019installe au MNBAQ cet été Quelque 175 œuvres, signées par 47 artistes au cours des années 1929 à 1969, dévoileront cet été l\u2019âme féminine et souvent occultée du surréalisme.À l\u2019invitation du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), qui reçoit dès jeudi Au pays des merveilles.Les aventures surréalistes des femmes artistes au Mexique et aux Etats-Unis, Le Devoir a visité l\u2019exposition mère au Los Angeles County Museum of Art, en avant-première.Traversée du miroir et traversée des rêves, à la façon des femmes.CATHERINE LALONDE La conservatrice américaine Ilene Susan Fort, co-commissaire de l\u2019exposition, aime ramener à la lumière les figures marginalisées, les oubliées.«J\u2019aime les mystères, les sujets négligés», a-t-elle indiqué tout de go lors de la visite, de son pétillant regard de femme passionnée.S\u2019attarder à l\u2019influence du surréalisme aux Etats-Unis et au Mexique, alors que le mouvement a ses racines en Europe, était une tâche sur mesure pour cette tête chercheuse.Et de préciser encore le regard en se concentrant sur l\u2019art des femmes a semblé, pour la spécialiste, plus excitant encore.Contaminations Des œuvres de Frida Kahlo, de Leonora Carrington, de Kay Sage, de Louise Bourgeois, de Gertrude Abercrombie, d\u2019Alice Rahon et d\u2019Helen Lundeberg en sont.Entre autres.«Ces femmes ont découvert le surréalisme par un homme: leur mari, leur amant, leurs amis.» Comme si le surréalisme, contagieux, se passait sur l\u2019oreiller, ces artistes y arrivent par contamination, en se frottant aux Diego Rivera, André Breton, Benjamin Pé-ret, Max Ernst, Man Ray et consorts.«Le surréalisme, avec sa vision antibourgeoise, anticonformiste et anticatholique, est à ce moment-là le mouvement le plus radical, le plus avant-gardiste, celui qui remet vraiment en question la rationalité occidentale.» Les femmes s\u2019y insèrent avec naturel, y trouvent une liberté esthétique inégalée.Le surréalisme de base, rappelle Fort, voit pourtant la femme comme muse plutôt que comme créa- trice : la femme enfant, naïve, candide, pré-pubère même, est un des symboles du mouvement.Mais les artistes féminines ne se cantonneront pas à ce rôle.Elles ôtent les masques, effacent le maquillage, mettent en question la domesticité, triturent, comme souvent dans l\u2019art des femmes, le corps.Il est partout, ce coi^s, de toutes les œuvres, pratiquement.Dépecé, dévoilé dans son anatomie intime (Lundeberg), saignant et souffrant (Kahlo, magnifique de douleurs), estropié.Morcelé, comme dans cette troublante photo de sein servi en sauce, reste de mammectomie volé, si la légende est juste, par Lee Miller dans un couloir d\u2019hôpital.Les artistes se nourrissent de leurs expériences personnelles, des rêves et de l\u2019intime, usent de l\u2019art comme révélateur, comme outil de psychanalyse.L\u2019autoportrait (superbe Rosa Rolanda) est conjugué à tous les temps.La superfemme Lee Miller, photographe de guerre, journaliste, mannequin et artiste, est l\u2019une des premières Américaines, avec Rosa Rolanda, à tâter du surréalisme.Elles se rencontrent toutes deux à Paris en 1920, où elles vont rencontrer le photographe Man Ray et travailler avec lui.Le courant se répandra.Il est étonnant, à travers l\u2019expo, de voir l\u2019imaginaire que les artistes partagent, parfois avant de se connaître.«Il y a une fraternité de création», souligne Ilene Susan Fort.The Game of Chess, de Dorothea Tanning, est troublant.Huile sur toile purement surréaliste, autoportrait aux seins nus avec jupe de racines aux formes féminines, devant des portes mi-ouvertes VOIR PAGE E 2 : AUDACE i - 5 CARLOS DE LABORDE Bridget Tichenor, Les incarcérés, 1965.Quatre cages en bois empilées renfermant des têtes peintes sur masonite. E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE JUIN 2012 CULTURE-THEATRE FESTIVAL TRANSAMERIQUES Voyage dans le temps Voilà que le FTA fait aussi place à la science-fiction ! MARIE LABRECQUE &&&&& & &&& peut probablement être considéré comme l\u2019une des propositions les plus intrigantes du festival.Et des plus ludiques.Mariant performance et installation, cet objet inclassable touche un genre habituellement boudé par le théâtre : la science-fiction.Ses créateurs et interprètes, les Français Antoine Defoort et Halory Goerger, apparaissent eux-mêmes comme des extraterrestres de la scène, impossibles à enfermer dans une case.«Je viens des arts plastiques, Halory a fait des études littéraires et de la recherche universitaire, indique Antoqne Defoort, joint à Lyon.À la base, on n\u2019est pas des professionnels du spectacle, encore moins du théâtre.On s\u2019est formés sur le tas.L\u2019ère des frontières et des disciplines cloisonnées est dépassée, et on se nourrit frénétiquement de tout ce qui constitue le grand banquet de la création contemporaine.Notre problème, c\u2019est qu\u2019on aime bien toucher un peu à tout.On ne sait jamais exactement de quoi sera fait un projet, au moment où on le commence, ni quelle forme il va prendre.» Fabriquer l\u2019œuvre À l\u2019origine, &&&&& & &&& est né du désir de concevoir une forme circulaire.Le duo ne travaille gé- «De toute façon, ce sont toujours les spectateurs qui, au final, fabriquent l\u2019œuvre à laquelle ils ont accès.» néralement pas à partir de thèmes.«On accumule des matériaux qui nous semblent intéressants, sans vraiment nous demander pourquoi ils le sont.Là, on s\u2019est peu à peu rendu compte qu\u2019ils s\u2019étaient organisés autour d\u2019un thème.En partant de notre envie d\u2019un dispositif qui ne soit pas «coercitif», d\u2019un spectacle non traditionnel, on est arrivés JULIEN FOURNET Le spectacle privilégie une approche « middle tech > très vite à la notion de boucle spatio-temporelle, et tout naturellement aux histoires de science-fiction, de visions du futur.» Les esperluettes du titre renvoient donc, visuellement, à l\u2019écriture du spectacle, lequel suit «une logique de double boucle.Les spectateurs sont invités à circuler dans l\u2019espace de la représentation et des installations.Il y a aussi une boucle temporelle, puisque la performance qu\u2019on donne se déroule en boucle.Elle se mord la queue.De plus, l\u2019esperluette est un signe de liaison, et dans ce spectacle, on essaie de faire la liaison entre plein d\u2019éléments, de questionnements variés.» Entrant à différents moments de la représentation, les spectateurs échafaudent leur propre parcours.«Il y a une vraie liberté au niveau du déplacement et de la gestion du rythme.La base de l\u2019expérience, c\u2019était de permettre aux gens de construire la forme eux-mémes.Mais de toute façon, ce sont toujours les spectateurs qui, au final, fabriquent l\u2019œuvre à laquelle ils ont accès.» Même dans les configurations plus traditionnelles.Aussi intéressé par les formes linéaires, le tandem a d\u2019ailleurs élaboré, à partir du même contenu, un show conventionnel titré &.«Certains préfèrent cette passivité du spectacle, où l\u2019on mâche le travail.Comme spectateur, moi, j\u2019adore le confort de ce cocon obscur.Mais à l\u2019inverse, il y a énormément de possibilités dans une forme plus proche de l\u2019exposition, où le spectateur doit être actif, alors qu\u2019une succession constante de décisions lui incombe.Les deux ne donnent pas du tout le même résultat.» La démarche déambulatoire qu\u2019on verra au FTA comporte une dimension interactive mo- JULIEN FOURNET Les créateurs de &&&&& & &&& portent un regard double sur l\u2019avenir et l\u2019informatisation.dérée \u2014 le public est notamment convié à répondre à un sondage, il faut se frotter au mode interactif avec prudence, selon Antoine Defoort.«De nos jours, on est en surdose d\u2019interactions partout, avec la surutilisation des téléphones et des ordinateurs.» Ce qui provoque parfois, a-t-il constaté dans certaines expositions, «une espèce de transe d\u2019interaction » qui conduit les individus à oublier de regarder les œuvres pour pitonner compulsi-vement.Un mal d\u2019époque.Le choc du futur Les créateurs portent un regard double sur l\u2019avenir et l\u2019informatisation.« Ça nous surexcite, et en même temps, comme tout le monde, ça nous fait un peu peur.» &&&.pointe le ridicule de nos visions futuristes : voyage dans le temps, robotisation, guerres plané- taires.La dérision y cohabite avec la réflexion sérieuse.«Toujours dans cette posture duelle où on essaie de concilier des opposés, le traitement humoristique ne nous empêche pas d\u2019aborder vraiment ces questions: notre envie d\u2019explorer l\u2019espace; la peur de l\u2019inconnu, ou d\u2019une sur-maîtrise technologique ; l\u2019évolution des langages.» S\u2019il fait appel à des ordinateurs, le spectacle privilégie une approche «middle tech» \u2014 en opposition à high tech.Les compères ont notamment bricolé des instruments de musique.à base de plantes artificielles ! Technophile formé en maths, Antoine Defoort affiche de l\u2019optimisme par rapport au futur.«J\u2019ai l\u2019impression que la technologie va nous rendre meilleurs.Elle modifie notre manière de com- muniquer et notre mode d\u2019accès à la connaissance, ce qui peut tout changer.Il suffit de voir comment l\u2019invention de l\u2019imprimerie a provoqué la révolution des Lumières et l\u2019éveil démocratique pour extrapoler sur ce que peuvent générer Internet et les nouvelles technologies.» En attendant, &&&&& & &&& soulève des questions philosophiques vitales, du genre : un droïde nobélisé en littérature est-il plus digne d\u2019être sauvé qu\u2019un être humain crétin?.Collaboratrice Le Devoir &&&&& & &&& Un spectacle de L\u2019Amicale de production créé par Antoine Defoort et Halory Goerger et présenté du 6 au 8 juin, à l\u2019Espace libre, dans le cadre du FTA.AUDACE SUITE DE LA PAGE E 1 et un animal ailé apeuré, le tableau rappelle les collages de Max Ernst.Petite histoire: Tanning le rencontrera après avoir peint cette œuvre, et deviendra son amoureuse.L\u2019exposition présente essentiellement des peintures et des photos.On trouve quelques sculptures \u2014 des bois de Louise Bourgeois, un bronze d\u2019Helen Philips, un formidable «sofa amoureux» tout textile de Tanning, une marionnette de fil de fer d\u2019Alice Rahon \u2014, quelques dessins et archives.Les techniques surréalistes de collage, de décalcomanie, d\u2019utilisation de taches et d\u2019éclaboussures, bien sûr s\u2019y trouvent.Remedies Varo est très présente.Cette artiste mexicaine, pratiquement inconnue ici, «est plus populaire au Mexique que Erida Kahlo», selon Fort.Avec sa technique impeccable, sa peinture, fine et riche en couleurs, pleine de lumière, joue de mysticisme.L\u2019onirisme et la spiritualité sont omniprésents; on croirait des cartes de tarot tant les symboles s\u2019accumulent.MAISON 0012-2013 A TnE\tJEUNES THEATRE\tde tous âges À DBCOXJVBœ mobilia CONCOURS CHANGEMENT DE DÉCOR Abonnez-vous avant le 30 septembre et courez la chance rie refaire une beauté à la pièce de voire cho?x pour une valeur de 5 000 $ ! Règlements disponitjJes à maisontheatre.com maisontheatre.com 614.288.7211 SERRI-UQAM, SAINT-LAURENT OU SHERBROOKE BANQUE LAURENDEMC Personnalité polyvalente Line Ouellet, directrice générale du MNBAQ, n\u2019a pas voulu ajouter d\u2019œuvres canadiennes ou québécoises à l\u2019exposition.«Le surréalisme ici s\u2019est exprimé surtout par l\u2019automatisme», a-t-elle rappelé.Si, aux côtés de Borduas, des frères Gauvreau, de Riopelle, on compte Françoise Sullivan ou Jeanne Renaud, seule Mimi Parent, selon la directrice, aurait pu, pure surréaliste, être ajoutée comme regard d\u2019ici.Et greffer un seul nom lui semblait dissonant.Pour l\u2019anecdote people croquante, les portraits des artistes ont été ajoutés à l\u2019exposition.«Quatre-vingt-cinq pour cent de ces femmes sont d\u2019une grande beauté, s\u2019est étonnée Fort.Et celles qui semblent plus ordinaires, on m\u2019a dit qu\u2019elles avaient les hommes à leurs pieds.» Line Ouellet s\u2019est plongée dans ces clichés noir et blanc.«On dirait des femmes d\u2019aujourd\u2019hui.On pourrait les croiser dans la rue.» Vrai que ces artistes qui voulaient rompre avec le rôle et la vision traditionnels de la femme semblent libres, que leurs visages sont contemporains.De leur vivant, les femmes surréalistes ont «exposé plus qu\u2019on ne le pense, indiquait llene Susan Fort.Plusieurs ont connu des expositions solo».La mise en lumière de l\u2019art des femmes «est une tendance des musées depuis 10 ans», a précisé Line Ouellet.Pour réécrire leur histoire?«On ne peut pas la réécrire, elle n\u2019a pas été^dite encore.» A titre d\u2019illustration, au Los Angeles County Museum of Art (LACMA), 15% de la collection est signée, à vue de nez, par des artistes femmes.Au Los Angeles County Museum of Art, 15% de la collection est signée, à vue de nez, par des artistes femmes Et au MNBAQ?21% de femmes signent les œuvres dans l\u2019entièreté de la collection, 23% pour la période 1930-1980, une forte moyenne comparativement à la majorité des établissements muséaux.«Depuis mon arrivée, je leur fais acheter le plus d\u2019œuvres de femmes possible», a dit, tout sourire, llene Susan Fort.La co-commissaire a dû insister pour que le département de communications et marketing du LACMA lui laisse son titre, The Surrealist Adventures of Women Artists in Mexico and the United States.Women, le mot «femme» risquait de rebuter le visiteur.Et ce «pays des merveilles»1 On sait que le classique de Lewis Caroll était prisé des surréalistes.Et ce pays utopique désigne «à la fois le monde extérieur confus ^«\u2019[Alice] rencontre et sa propre personnalité fluctuan te et fragmentée, peut-on lire dans le catalogue.Les femmes surréalistes partagent précisément la personnalité polyvalente et les problèmes d\u2019Alice».A Los Angeles, Au pays des merveilles.Les aventures surréalistes des femmes ar-tistes^au Mexique et aux Etats-Unis a accueilli 100000 visiteurs.L\u2019exposition est organisée par le LACMA et le Museo de arte moderno de Mexico et sera présentée au Musée national des beaux-arts du Québec du 7 juin au 3 septembre.On pourra poursuivre le fdon en enchaînant avec l\u2019exposition Erida & Diego.Passion, Politics & Paintings à l\u2019Art Gallery de Toronto, à partir du 12 octobre.Le Devoir Les frais du voyage de notre journaliste à Los Angeles ont été assumés par le Musée national des beaux-arts du Québec.APRÈS LE eRA5H>PLUS.RÏÈN N'EST PAREIL Mathieu Leroux + collectif .__Néos, théâtre néo-futuriste .' Du 11 au 16 juin PRÉVENTE pour les 11-12-13 s Q»® Ùiire.Billetterie 514 521 4191 \u2014 Achat en ligne à www.espacelibre 1945 rue Füllum, Montréal LE DEVOIR LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE JUIN 2012 E 3 CULTURE DANSE Une danse, la nnit Sous la peau, la nuit de Danièle Desnoyers capte l\u2019esprit sublimé du swing des années 40 FREDERIQUE DOYON \\ A nuit d\u2019encre, corps exaltés.Sous la peau, la nuit, la nouvelle création de Danièle Desnoyers présentée au Festival TransAmériques (FTA) dès ce soir, renoue follement avec la danse, jusqu\u2019à sa fibre émotive profonde.En filigrane, elle rend aussi une forme d\u2019hommage sublimé au swing et au jitterbug qui animaient le Montréal des années 40.A l\u2019exultation nocturne et urbaine, à l\u2019abandon des corps, à l\u2019esprit des cabarets.«II y avait un travail extraordinaire, tout en jambes, qui se faisait au niveau du mouvement à l\u2019époque, dans les danses de cabaret, de partenaires, raconte celle qui a eu la piqûre en regardant un documentaire sur l\u2019époque.C\u2019est quelque chose que j\u2019ignorais et que j\u2019ai absorbé et digéré à ma façon.» La beauté des danses des années 40 a servi de point de départ.La chorégraphe s\u2019est alors mise à créer des segments chorégraphiques avec ses danseurs et à documenter sa recherche.Mais elle a ensuite senti le besoin de s\u2019en éloigner, craignant de s\u2019y enfermer.Aujourd\u2019hui pourtant, avec le recul, elle constate que sa pièce regorge d\u2019allusions à à l\u2019époque, au cabaret.« C\u2019est allusif, onirique, plein d\u2019humour et de dérision par rapport à ça.» Elle signale la présence de « numéros », de clins d\u2019œil à l\u2019amateurisme aussi de ces soirées cabarets, dont elle n\u2019a toutefois pas repris le format.La fébrilité festive de l\u2019après-guerre interpelle la chorégraphe, surtout parce qu\u2019elle est canalisée dans des corps qui exultent.Desnoyers retrouve le plaisir pur de la danse après une suite d\u2019œuvres qui dialoguaient avec la musique (Discordantia, 1996), le son généré en direct {Concerto grosso pour corps et surface métallique, 1999, Bataille,?), les arts visuels {Là où je vis, FTA 2009), souvent articulées autour de collaborations artistiques intenses.«On accorde énormément de temps à ces collaborations et j\u2019avais envie de faire parler la danse, de remettre l\u2019accent sur le mouvement, parce que c\u2019est là que je trouve ma force», confie-t-elle.Depuis Dévorer le ciel (2010), elle renoue ainsi avec l\u2019approche essentiellement kinésique de ses premières pièces, qui a vu naître l\u2019œuvre phare Du souffle de sa tourmente, j\u2019ai vu en 1994.Et se concentre sur le dialogue avec les danseurs, qu\u2019elle choisit pour leur engagement dans la danse.«Ce sont de fins bougeurs; ils croient au pouvoir du mouvement et de la danse, à sa primauté sur toute forme de discours.» La danse de Desnoyers a toujours été incarnée, mais souvent traversée par des états de tension qui freinaient la sensualité naissante.Mais l\u2019appel de la chair, de l\u2019émotion inhérente au geste, est devenu une quête plus marquée ces dernières années, qu\u2019elle approfondit avec ses interprètes.« Ça donné une danse très viscérale, beaucoup moins abstraite qu\u2019avant et très chargée sur le plan émotionnel.On est allé sous la peau, dans la fibre du corps, dans sa sensualité.La nuit appelle ça aussi.» Nocturne Après le geste propre à ses danses sociales, c\u2019est l\u2019esprit de la nuit que tente de capter cette nouvelle création pour six danseurs.«Ce n\u2019est pas identifiable à une ville, mais c\u2019est urbain, c\u2019est une nuit quelque part.Ou ce sont plusieurs nuits, rouges, jaunes, parce que la nuit est colorée», dit-elle.La nuit urbaine, sa pénombre, ses couleurs, ses chaleurs ont aussi largement inspiré l\u2019artiste de la lumière Mikko Hjmninen, dont la signature constitue en elle-même la scénographie de la pièce.«On a créé une coquille pour supporter ses éclairages, décrit-elle.Il y a tout un discours de la lumière.C\u2019est une installation lumineuse qui va se décliner sous les yeux des spectateurs.» Côté musique, elle n\u2019est pas allée jusqu\u2019à choisir des morceaux des années 40.Mais elle retient l\u2019esprit en optant pour des pièces très variées, allant des commandes spéciales faites à Nicolas Bernier (musique concrète et acoustique) à des airs plus pop.Un programme hétérogène, «à la mode iPod», résume celle qui s\u2019est souvent concentrée sur un seul compositeur ou artiste sonore.«La seule chose concrète que fai gardée de l\u2019époque, c\u2019est le bruit des pas dans la rue la nuit», dit-elle.Après le FTA, Danièle Desnoyers devra mettre sa pièce Sous la peau, la nuit en veilleuse, trop accaparée par d\u2019autres projets.La tournée de Dévorer le ciel se poursuit, et elle commencera une nouvelle création, à l\u2019invitation du Palais de Chaillot, à Paris.Une occasion rêvée de concevoir une pièce pour et avec 10 danseurs, expérience plutôt rare en ces temps de disette économique, où les artistes privilégient les petites formes.«C\u2019est mon projet le plus ambitieux, avec ma compagnie [Le Carré des Lombes] », confie la chorégraphe.On devrait en voir le fruit à Montréal, à l\u2019instigation de Danse Danse, en janvier 2014.D\u2019ici là, le FTA se fait donc la seule vitrine de Sous la peau, la nuit.Trois soirs pour une danse, la nuit.Le Devoir SOUS LA PEAU, LA NUIT De Danièle Desnoyers, du 2 au 4 juin à l\u2019Usine C.FTA Annulation de Solitudes Solo de Daniel Léveillé CATHERINE LALONDE Parce que deux de ses danseurs se sont blessés, sur une distribution qui en compte cinq, le chorégraphe Daniel Léveillé se voit dans l\u2019obligation d\u2019annuler les représentations de sa nouvelle création Solitudes Solo au Festival TransAmériques (FTA).Au moment où tombait la nouvelle.Le Devoir révisait l\u2019entrevue accordée il y a quelques jours par le créateur.Daniel Léveillé était excité à l\u2019idée d\u2019entamer, avec Solitudes Solo, un nouveau cycle.Sa dernière trilogie \u2014 Amour, acide et noix.Crépuscule des océans et La pudeur des icebergs \u2014 a permis à l\u2019artiste de trouver, à l\u2019international et surtout en Europe, son public et le succès.Lors de l\u2019entretien, le chorégraphe disait se voir comme un artiste moderne, selon la définition du philosophe Peter Sloterdijk : «Le monde est tout ce avec quoi nous menons des expériences jusqu\u2019à la fracture.» Bien sûr, on ne lira pas la phrase littéralement.Mais comme le créateur aime «mettre ses danseurs dans des positions physiques impossibles», on pouvait se demander si l\u2019exigence physique n\u2019avait pas, avec le stress d\u2019une grande première, un impact.«Mes danseurs sont la prunelle de mes yeux, a ajouté Léveillé au téléphone après la triste nouvelle, précisant que les deux danseurs \u2014 Mathieu Campeau et Esther Gaudette \u2014 ne se sont pas blessés en travaillant pour lui.Sans eux, je ne peux pratiquer mon métier.Une compagnie comme la mienne ne peut pas engager ses danseurs à temps plein.Ils ont d\u2019autres contrats.J\u2019en ai deux qui travaillent en construction, un autre qui est un sportif chevronné.Ils ont des physicalités turbulentes : c\u2019est ce qui fait leur qualité sur scène.Je ne peux pas, je ne veux pas les mettre dans une boîte capitonnée.» Pour la directrice générale et artistique du FTA, Marie-Hélène Falcon, c\u2019est une grande déception.Et un déjà-vu.Chutes incandescentes, le spectacle de Benoît Lacham-bre et Clara Furey, vu il y a quelques jours, devait d\u2019abord être présenté en 2010.Une blessure aux côtes de Furey avait nécessité le report.«Les annulations pour cause de blessures, c\u2019est depuis l\u2019arrivée de la danse au FTA, donc depuis 2007.Les danseurs, à mon avis, sont surchargés.Je les vois, obligés de faire trop de choses à la fois, de voyager beaucoup pour les tournées, de passer d\u2019un spectacle et d\u2019une répétition à l\u2019autre, et les compagnies n\u2019ont souvent pas les moyens d\u2019avoir de doublures.C\u2019est une vie épuisante.Je continue à penser que la danse est sous-subventionnée, et que cette situation générale, même si les compagnies font, vraiment, du mieux qu\u2019elles peuvent, finit par empêcher des conditions de travail idéales.» Le FTA propose aux détenteurs de billets un échange pour un autre spectacle, selon les disponibilités, ou le remboursement, au point d\u2019achat initial des billets.Pour toute information supplémentaire : 514 844-3822.Le Devoir MEDIAS Ramenez-nous Lise Lise Payette revient à la Première chaîne de Radio-Canada cet été STEPHANE BAILLARGEON On ne se racontera pas d\u2019histoire : la vieille télé vieillit mal en général.Un petit tour sur Prise 2 (« La télé des souvenirs ! ») ou les sites d\u2019archives des grands réseaux le prouve ad nauseam.Un petit bout de bande par-ci et par-là, ça va.Des extraits d\u2019autrefois pour alimenter agréablement les shows ludo-nostalgiques {Fidèles au poste.Les enfants de la télé.), avec commentaires ironiques à l\u2019appui, oui, oui, on en redemande.Mais toute une émission, ou, pire, toute une programmation en reprise, non merci.Les vieilles émissions (les plates, pas les cultes) sont rarement reprises parce que, en gros, elles sont insupportablement datées, sinon dans leurs propos, au moins dans leurs formats.D\u2019où la surprise de voir ressusciter des émissions de Lise Payette.Heureusement, il ne s\u2019agit pas de ses téléromans, mais d\u2019un de ses talk-shows.La série diffusée à la Première chaîne de Radio-Canada (RC) tous les samedis, de 11 h à midi, jusqu\u2019au 21 juillet à partir de maintenant, s\u2019intitule Rappe-lez-moi Lise, un chouette clin d\u2019œil à Appelez-moi Lise, émission quasi mythique de la télé animée par M\u201c® Payette entre 1972 et 1975.L\u2019excellente animatrice a ensuite quitté cette carrière pour entrer en politique dans le premier gouvernement Lévesque., lui-même un ancien journaliste vedette.Le format reprenait la formule de l\u2019émission salon créée, développée et raffinée par les Américains autour de la sim-plissime idée de rencontres entre un animateur vif et touche à tout et des invités plus ou moins liés à l\u2019actualité prove- nant de tous les horizons.Mme Payette doit beaucoup à Johnny Carson et compagnie.C\u2019était déjà un peu de la radio à la télé, et il peut donc sembler, sinon juste, du moins naturel, de faire maintenant de la nouvelle radio avec cette vieille télé.En fait, nécessité fait loi, encore une fois: il reste très peu d\u2019images ÇAppelez-moi Lise (une trentaine d\u2019heures seulement), alors que les bandes sonores ont toutes été conservées.Ça «perle» en diable La première mouture, diffusée aujourd\u2019hui, propose des extraits d\u2019entretiens avec l\u2019actrice Catherine Deneuve, l\u2019haltérophile amateur Jean-Claude Bourassa (qui ça?) et le cinéaste Claude Jutra.Ce dernier entretien est exceptionnellement puisé dans les archives de Place aux femmes, une autre émission à laquelle collaborait M\u201d® Payette.Et alors?11 s\u2019agit moins d\u2019une anthologie que d\u2019un portrait de Mme Payette à travers ses œuvres, ses souvenirs, ses réflexions socioprofessionnelles.RADIO-CANADA François Lemay sert de guide entre les propos et confidences de l\u2019intervieweuse et les extraits de ses travaux d\u2019autan.Aujourd\u2019hui, elle explique par exemple les leçons qu\u2019elle a tirées pour le reste de sa carrière d\u2019une entrevue réalisée, mais non enregistrée pour des problèmes techniques, avec Henry de Montherlant, célèbre auteur misog5me français.Elle parle aussi de sa rencontre avec Claude Jutra et explique avoir eu plaisir à le taquiner sur son rapport aux femmes, lui, l\u2019homosexuel placardé.Elle revient constamment à la charge sur les scènes osées impliquant des starlettes nues, qui font alors leur apparition dans le cinéma québécois.Denis Héroux vient de tourner Valérie avec Danielle Ouimet.Le ton aussi est daté.Très franchouillard en fait.Ça «perlait» beaucoup à l\u2019époque.Quand elle rencontre la Française Catherine Deneuve, on se croirait à TFl.Mais bon, la Québécoise trouve la belle blonde radieuse, au bras de Marcello Matroianni, et elle lui parle de la liberté de ce couple moderne.Le Québec, comme le reste de l\u2019Qccident, vivait une révolution des mœurs, et les médias de masse charriaient naturellement les interrogations fascinées.Maintenant, la moitié des couples vivent en union libre et on s\u2019étonne de découvrir, comme dans Le bonheur est dans le pré (à V), des fermiers de 25 ans cherchant à se marier pour avoir des enfants.L\u2019art de l\u2019entrevue La portion la plus touchante de cette première émission présente un extrait capté en prison, où Appelez-moi Lise se déplaçait de temps en temps.C\u2019est là qu\u2019elle rencontre l\u2019haltérophile amateur Jean-Claude Bourassa, qui va connaître un destin tragique après un petit succès à sa sortie de prison et sa notoriété provinciale.Très bien, mais la question demeure : pourquoi ressortir tout ça?Pourquoi nous ramener Lise maintenant?Surtout que RC subit de nouvelles compressions évacuant les jeunes.Surtout que toute l\u2019année l\u2019émission du samedi matin déborde déjà de géronto-philie au et dans le micro.Déjà que la moyenne d\u2019âge de l\u2019auditoire de RC frise celui de la retraite des fonctionnaires.Disons simplement que le va-et-vient entre le passé et le présent, les entretiens et leurs conséquences, la pratique du métier et la réflexion critique sur cette pratique bonifie énormément l\u2019émission.Lui donne tout son sens, en fait.Par exemple quand Mme Payette explique d\u2019entrée de jeu que l\u2019art de l\u2019entrevue est tout en écoute, dans les réponses plutôt que dans les questions.Quand elle ajoute aussi que la rencontre exceptionnelle.organisée et généreuse, l\u2019entrevue comme «chemin parcouru» quoi, permet de mieux comprendre des gens par ailleurs ou jusque-là méprisés.Ramenez-nous Lise compose une sorte d\u2019audiobiographie professionnelle.C\u2019est ce résul- tat qui justifie ce chemin parcouru.Y compris le choix d\u2019avoir déterré certaines choses enfouies dans les archives et qu\u2019il ne fallait pas nécessairement ressusciter autrement.Le Devoir LA SEMAINE DU TRENTIÈME :: DU 4 AU 8 JUIN 2012 4quART_ Chorégraphes Marie Béland, Alain Francoeur, Frederick Gravel et Catherine Tardif I Interprètes Sophie Corriveau, Manuel Roque, Peter Trostzmer et Lucie Vigneault I Installation vidéo et scénographie L E M MI Compositeur et direction musicale Philippe Brault I Musicien Nans Bortuzzo I Direction artistique et dramaturgie Katya Montaignac I Mentor et conseiller artistique Daniel Soulières I Une production de Danse-Cité en collaboration avec La 2e Porte à Gauche.Spectacle.Laboratoire intergénérationneL Collaborateurs invités Louise Bédard, Michèle Febvre, Linda Rabin, Pierre-Paul Savoie et Daniel Soulières I Chorégraphes invités Nicolas Cantin, Mélanie Demers, Catherine Gaudet, Frédérick Gravel I Un projet de recherche proposé par Katya Montaignac.Série de discussions.Ce sont eux_ Œuvre vidéo.Réalisation Yves St-Pierre et Sylvain Poirier I Production Bande interdite.Projection.Danse-0-Maton_ Réalisation Bande interdite.Présentation multimédia.m 3680, rue Jeanne-Mance Place des Arts ou Sherbrooke) Billetterie 514.982.3386 :: Danse-Cité 514.525.3595 danse-ci1e.org CIRQUE DU SOLEIL «tdesfettres Québec a a LE DEVOIR E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE JUIN 2012 CULTURE¦MUSIQUE CLASSIQUE Les pas de géant des Violons du Roy Bernard Labadie et les Violons du Roy se mesurent à l\u2019un des programmes symphoniques les plus beaux et les plus exigeants qui soient : les trois dernières symphonies de Mozart CHRISTOPHE HUSS Les Violons du Roy se partagent, à Montréal, entre la Maison symphonique, pour leurs grands projets, et la salle Bourgie : « Une chose est claire: tant du point de vue artistique que du point de vue de la vente des billets, la nouvelle salle a représenté une amélioration exceptionnelle en ce qui concerne notre capacité à nous montrer sous notre meilleur jour à Montréal.Nous avons fait des pas de géant», se réjouit Bernard Labadie en entrevue au Devoir.S\u2019adapter Pour autant, les Violons du Roy ne vivent pas facilement le transfert du Palais Montcalm de Québec à la Maison symphonique: «C\u2019est un défi, parce que les qualités des deux salles sont opposées.Nous venons d\u2019une salle, le Palais Montcalm, où les fréquences graves sont très généreuses.La Maison symphonique de Montréal, elle, se distingue par le brillant et la clarté.La façon de jouer, ça ne se change pas comme ça.La Maison symphonique est un équipement extraordinaire, mais nous aurons besoin de plus de temps pour trouver une zone de confort.J\u2019envie l\u2019OSM d\u2019y être toutes les semaines et suis sûr qu\u2019il y sonne mieux aujourd\u2019hui qu\u2019au début.» Pour faire sonner l\u2019orchestre sans changer la façon de jouer, Bernard Labadie doit miser sur la disposition des Violons du Roy sur scène.Jusqu\u2019ici, il était allé jusqu\u2019à renoncer à l\u2019opposition des violons I et des violons II, ce qui le gênait beaucoup puisque le répertoire qu\u2019il interprète mise sur le placement des uns à gauche et des autres à droite.Pour le concert de ce soir, il se propose de tenter une disposition inédite, que l\u2019on ne trouve dans aucun traité ou manuel: violons I-al-tos-violons Il-violoncelles-contrebasses.«Si ce n\u2019est pas ce que vous voyez en entrant dans la salle, c\u2019est que cela ne marche pas!», dit le chef.La décision sera vite prise : «En une heure de raccord, je ne peux pas chambouler la disposition de l\u2019orchestre au complet.La distance physique entre premiers et seconds violons préservera un certain effet stéréophonique.» Le chef aurait bien quelques «plans fous» en tête, rappelant que «Haydn avait fait jouer La Création avec trois contrebasses d\u2019un côté et trois de l\u2019autre», mais les réalités économiques ne permettent pas les expérimentations.Aux yeux du chef, le temps d\u2019acclimatation acoustique que requiert la Maison symphonique est logique: «C\u2019est une salle complexe.Une salle comme le Palais Montcalm est beaucoup plus simple.Or le Palais est ouvert depuis cinq ans et nous y sommes beaucoup plus à l\u2019aise depuis deux ans environ.Notre façon de jouer a changé et les musiciens se sont habitués à s\u2019entendre sur scène.» La saga acoustique n\u2019est pas finie: «Si le projet d\u2019orgue se concrétise au Palais Montcalm, dans une salle de ce volume cela va avoir un impact.Cela aura aussi un impact à la Maison symphonique et va peut-être forcer une seconde généra- ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN YANNICK NÉZET-SÉEUIN ^Desjanjins ABONNEZ-VOUS 13 A partir de 124 $ orchestremetropolitain.com 514598-0870 Montréal© LE DEVOIR s FRANÇOIS RIVARD Pour faire sonner l\u2019orchestre sans changer la façon de jouer, Bernard Lahadie doit miser sur la disposition des musiciens sur scène.tion de réglages acoustiques, mais l\u2019incidence sur un lieu d\u2019un tel volume devrait être moindre.» Face à Mozart Les trois dernières symphonies de Mozart appartiennent-elles à des univers très différents ou l\u2019une éclaire-t-elle l\u2019autre?«Les deux à la fois», répond Labadie.«Ce qui me fascine dans ces trois symphonies, c\u2019est que, du point de vue des couleurs orchestrales, ce sont trois entités très distinctes.La Jupiter est ouverte avec les cordes à vide et une tonalité solaire, alors que la 39® est la plus énigmatique de toutes.L\u2019introduction de la 39® Symphonie est redoutable et le J\" mouvement est extrêmement fragile.Lorsqu\u2019un orchestre réussit à bien phraser et équilibrer l\u2019exposition du P\u2019\u2019 thème du P\u2019\u2019 mouvement de la 39® Symphonie, je suis un homme très heureux.Je l\u2019ai dirigé souvent et, la plupart du temps, je reste sur ma faim, car c\u2019est l\u2019une des choses les plus difficiles que je connaisse dans le répertoire du XVIIF siècle.» En entendant ces propos, on pense à une répétition préservée de Herbert von Karajan de ce passage précis, un document édité par EMI dans lequel on entend le chef tenter inlassablement de doser les couleurs dans l\u2019équilibre flûte, clarinettes, bassons, cors, trompettes des quatre premières notes.Pour Bernard Labadie, cette balance instrumentale est-elle fixe ou varie-t-elle selon la salle ?«Elle est fixe, mais c\u2019est l\u2019exemple même du défi en ayant très peu de temps à la Maison symphonique : les fréquences aiguës et les cuivres auront plus de brillant et la place des cors au Palais Montcalm et celle à la Maison symphonique seront deux choses complètement différentes.Il faut donc tout rééquilibrer.Ce sera la première chose à faire en entrant dans la salle!» Le programme estival des Violons du Roy comble Bernard Labadie.Après Mozart, il dirigera les P et S\u2019- Symphonies de Beet- LOUISE LEBLANC Le Palais Montcalm hoven au Domaine Eorget puis la 9® Symphonie de Schubert en juillet au Eestival de Lanaudière.«Je rêve de faire ce répertoire depuis toujours et regrette que nous n\u2019en ayons pas l\u2019occasion plus souvent.Aller à Lanaudière en sachant que l\u2019Orchestre symphonique de Pittsburgh y vient et que la Deutsche Kammerphilharmo-nie y a marqué les esprits, cela met beaucoup de pression.» Cap au sud Maîtres chez eux, les Violons du Roy et leur chef ont le vent en poupe et s\u2019exportent au sud.Bernard Labadie est engagé par les plus grands orchestres (Chicago, Boston, Cleveland.) comme un «expert» du style classique et le tandem Labadie-Violons du Roy vient de visiter pour la seconde fois, avec la Passion selon saint Jean de Bach, le Carnegie Hall de New York.«La notoriété aux Etats-Unis ^c; VIVAAOCE Peter Schubert, directeur artistique présente Atacama! 32 musiciens créeront deux œuvres d'avant-garde basées sur des textes espagnois Le mardi 12 Juin 2012 à 20 h Conservatoire de musique de Montréal ' 30$, 25$, 15$, en vente .au guichet du Conservatoire .sur www.admission.com .par téiéphone : 855-790-1245 4750, avenue Henri-Juiien Une co-production avec l'ensemble Bradyworks BRADYWORKS CONSEIL DES ARTS rtdS\u2019jrtSsi\" \u201e\u201e\tDEBOOTHÉAL Québec nc3 tEDETOIR croît, reconnaît le chef.Une tournée majeure est prévue cjiaque année désormais aux Etats-Unis et un circuit commence à s\u2019installer, qui comprend New York, Chicago, San Erancisco et Los Angeles.Nous n\u2019irons pas dans chaque salle chaque année, mais effectuerons des visites régulières.» Parallèlement à cette «tournée des grands ducs», il existe un circuit pour des projets artistiques plus pointus, à l\u2019image des concerts avec le flûtiste Maurice Steger, avec lequel Labadie et sçs musiciens ont parcouru les Etats-Unis cette année.«En musique baroque, il faut être plus patient et travailler sur plusieurs années», analyse le chef A cet aune, le Québec esf nettement en avance sur les Etats-Unis en matière d\u2019intérêt et d\u2019ex-position à la musique baroque.Hors de Boston, c\u2019est parfois le no man\u2019s land.Mais, justement, ces terres vierges représentent une occasion de développement pour les musiciens de Québec.«Nous avons joué cette année à Baltimore, où le public n\u2019a pas l'habitude de la musique baroque.Les organisateurs ont été vrai- ment surpris et emballés: l\u2019accueil du public était au-delà de leurs espérances.» Qu y reverra les Violons, c\u2019est sûr.Ils sont déjà des vedettes à Kansas City, visité quatre ou cinq fois ! Ironiquement, Bernard Labadie et son orchestre sont-ils plus connus à Kansas City qu\u2019à Vancouver?«C\u2019est un peu étonnant mais, curieusement, oui! Non seulement à Kansas City, mais aussi à San Erancisco, à Los Angeles ou à Chicago, où nous sommes bien plus connus qu\u2019à Calgary, Edmonton ou Winnipeg.» De ce point de vue, Bernard Labadie souligne que les tournées pancanadiennes sont devenues bien plus difficiles en raison des coupes dans les programmes de soutien aux tournées.«L\u2019enveloppe qui est passée au Conseil des arts du Canada n\u2019est plus qu\u2019une fraction de ce qu\u2019elle était», déplore-t-il.Le Devoir LES VIOLONS DU ROY Mozart: Symphonies n\"^ 39, 40 et 41.Ce soir, à 19h30, à la Maison symphonique de Montréal.Rens.: 514 842-2112.GROUPE IMMOBILIER OVATION La Maison symphonique LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE S JUIN 2012 E 5 \t iFYDiiQTTTliATQ\t = ii\\ r II n U \\ n\t O I J ^ L \\J i L i \\J X 1\t Écarts critiques VARIANCES Maison de la culture Frontenac, 2550, rue Ontario Est Jusqu\u2019au 9 juin ARTISME® STORE Marie-Pier Théberge Galerie de l\u2019UQAM, 1400, rue Berri, salle J-R120 Jusqu\u2019au 16 juin MARIE-ÈVE CHARRON a biennale d\u2019art numérique tire déjà à sa fin.Plusieurs es projets exposés dans le care de cette première édition faisaient la part belle aux expériences perceptuelles misant sur les effets lumino-sonores que le numérique permet de mettre en scène avec efficacité.Or l\u2019exposition Variances, présentée à la maison de la culture Frontenac, se distingue du reste de la programmation avec des oeuvres s\u2019inscrivant davantage dans le social et dont la portée est clairement critique.L\u2019exposition collective est organisée par la sectiop des Arts médiatiques de l\u2019Ecole des arts visuels et médiatiques de rUQAM avec la complicité de trois de ses professeurs, Alexandre Castonguay, Jean Dubois et Paul Landon, qui ont agi à titre de commissaires.Neuf étudiants, dont trois regroupés en collectif, participent à cette exposition qui emprunte son thème aux mathématiques.Sous le vocable «variances», les oeuvres réunies interrogent les notions d\u2019écart, de dispersion et de distance de valeurs par rapport à une moyenne.Mais le modèle mathématique sert également de métaphore, et c\u2019est là sa richesse, pour pointer les écarts pris par rapport à des normes, des lieux communs et des réalités produites par les représentations ou des systèmes.Appropriation et détournement Quoiqu\u2019elles soient de qualité inégale, les oeuvres stimulent plusieurs réflexions en regard des technologies médiatiques dont elles s\u2019appliquent à interroger les usages par appropriation et détournement.La force de cette exposition réside donc dans sa capacité à perturber le spectateur, même si parfois les sujets abordés reviennent sur des cibles connues, par exemple l\u2019imagerie de guerre que Guilhem Molinier a débusquée sur YouTube, provenant de combats réels fdmés par les soldats et tirés de jeux vidéo.Le mode participatif est implicite à l\u2019approche critique de certains des projets montrés.Par la vue subjective partagée avec celle du joueur ou du soldat chez Molinier, qui met ainsi en cause le regard.Guillaume Sanfaçon s\u2019inspire quant à lui du dispositif de la caméra de surveillance pour capter des images dans l\u2019espace d\u2019exposition et les diffuser en direct.Chacune d\u2019elles est juxtaposée à une autre, récoltée sur Internet par le truchement d\u2019une programmation qui sélectionne la plus ressemblante.Il en découle des associations souvent absurdes de réalités fort disjointes.Rien de tel chez Arkadi La-voie-Lachapelle, qui a préféré un projet ancré dans le réel d\u2019une intervention urbaine.La vidéo Jour de fête rapporte la scène : une jeune femme, l\u2019artiste, fait escale devant une tour à bureaux du centre-ville, laissant flotter très haut dans les airs devant les fenêtres des ballons colorés.Loin de simplement détourner les travailleurs de leur occupation, la situation provoque une discussion avec les gardiens de sécurité révélant un ensemble d\u2019enjeux touchant la notion d\u2019espace public, aux limites fluctuantes, et le droit des citoyens.Dans le contexte actuel de crise sociale, le sujet ne manque pas d\u2019à propos, ajoutant de l\u2019intérêt pour cette oeuvre qui, sous le couvert de la simplicité, est d\u2019une grande perspicacité.Au demeurant, le travail en général de cette artiste s\u2019avère des plus prometteurs.Marie-Pier Théberge Outre les oeuvres de Philippe Internoscia, d\u2019Emmanuel Lagrande-Paquet et du collectif Termostat, qui emploient l\u2019informatique ou les écrans de manière peu orthodoxe, le projet de Marie-Pier Théberge occupe, lui, un tout autre registre.Elle présente la section «production» à\u2019Artisme, une entreprise fictionnelle de son cru qui fait dans le jeu et le di-vertissement et dont le personnage principal est Super MPier, alter ego de l\u2019artiste.Un présentoir des plus vraisemblables montre quelques produits fournis par la compagnie, une application pour téléphone cellulaire et des figurines à l\u2019effigie de l\u2019héroïne.Le visiteur est surtout amené à voir l\u2019arrière-boutique, sorte d\u2019entrepôt où sont rangés des boîtes et du matériel.Les éléments de cette fiction prennent davantage leur sens à la galerie de l\u2019UQAM, où l\u2019artiste présente la section «Store» de ce projet ambitieux réalisé dans le cadre de sa maîtrise en arts visuels et médiatiques.Le produit vedette est le jeu de société Super MPier and The Game of Contemporary Art qui propose aux visiteurs de faire l\u2019expérience d\u2019une vie d\u2019artiste dont les éléments sont puisés dans le parcours personnel de Théberge.Le jeu vient vite à bout des conceptions mythiques de l\u2019artiste \u2014 inspiré, solitaire et souffrant \u2014 pour faire plutôt valoir les interactions de l\u2019artiste avec différents acteurs du milieu de l\u2019art (dont le critique d\u2019art) et autres ré-quisits à la carrière artistique (subventions, expositions, ventes d\u2019œuvres.) dont les critères de réussite restent volontairement ouverts.L\u2019artiste table sur cette idée que, comme pour le jeu de société, des règles organisent la logique du monde de l\u2019art.Avec ses fondements sociologiques, le projet de Théberge donne à voir aussi plusieurs autres motifs récurrents de la figure actuelle de l\u2019artiste qui est confrontée, par exemple, à la compétition, à la diffusion internationale de son art et à sa mise en marché.Du reste, la boutique aux parois vitrées n\u2019est pas loin du cube blanc muséal; vente et exposition se recoupent ainsi dans cet espace, renvoyant la réalité des produits commerciaux à celle de l\u2019art, et inversement.L\u2019artiste, elle, apparaît comme une conceptrice et une productrice qui jongle avec des idées et n\u2019exécute pas tout elle-même.Dans cette perspective, même si le jeu présente quelques faiblesses et impasses, il convainc par le réalisme de sa facture commerciale.Le dispositif se rend surtout intéressant du fait qu\u2019il fournit aux participants les clés menant à la compréhension de l\u2019œuvre, notamment en signalant les figures qui ont inspiré l\u2019artiste (Warhol, Hirst, Delvoye.).En réalisant à la main de multiples exemplaires de la figurine, Marie-Pier Théberge, en plus de ne pas les vouloir parfaitement identiques, a aussi réaffirmé d\u2019imparables ingrédients à l\u2019art et à l\u2019artiste, à savoir la singularité et l\u2019originalité.Collaboratrice Le Devoir ARKADI LAVOIE-LACHAPELLE Image tirée de la vidéo Jour de fête -/ î ^ _ -2' Artlsme Production MARIE-PIER THEBERGE Artisme Store, vue de Pexposition à la galerie de rUQAM MARIE-PIER THEBERGE Relations de presse de Marie Pier Théberge, à la maison de la culture Frontenac w^sjURSiUNJPH GRATUIT! OWNIENT GASTON MIRON «œufflOBOTc* ca«cEUjrcM3UteEC-iM*'*s'®\u201d\u201c\t¦\" VINCENT VALLIÈRES \u2022i|pg^ MICHEL RIVARD YANN PERREAU RICHARD SÉGUIN JIM CORCORAN LOUIS-JEAN CORMIER MARTIN LÉON YVES LAMBERT MICHEL FAUBERT PIERRE FLYNN DANIEL LAVOIE et GILLES BÉLANGER ET SES mUSICENS ^ Dimi DKMSOS ïïsWMiM' IHEATRE DU NOUVEAU MONDE \u2022 20h THEATRE MAISONNEUVE, PdA \u2022 20ll en collaboration avec m Avec 0 musiciens St 2 pianos à queue I sur scène SpoctaolQ d'ouverture (Franc©) onaso Catherine .\u2018 O SAUE WILFRID-PEILETIER, PdA vendredi 16 Juin LfbtlISfU p3tB! Spectacle de clôture SAUE W LFR D-PEUET ER.PdA Jeudi 14 Juin samedi 16 Juin LES NUITS !!r metropolis *21 h en collaboration avec ?musique ioa7\" UbtîiâîuiEJtlBlf Thomhis vendredi 6 Juin dimanche 10 Juin cfemers lxjIle: preniËre pu lu: Miur soio premBe uullu: (Franoei /TteDte=P1]©(71r© ŒîEnïB (Franc©) J©sl[n]=toM30 venctel 8 St scrnedl 9 Ji*i drncnche 10 Ji*i mercred 13 Juin METROPOLIS 1 855 790-1245 admlsslon.com \u2022 ticketmaster.ca PLACE DES ARTS 514 842-2112 \u2022 1 866 842-2112 laplacedesarts.com CLUB SODA 514 286-1010 \u2022 clubsoda.ca THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE 514 866-8668 \u2022 tnm.qc.ca FRANCOEOLIES.COM Info FRANCOS 0\tM\tNt Bell Canada Québec fi 614 076-8009 1 866 Franooe E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE S JUIN 2012 IDE VISU vV' / i - ?'V- .¦/ \u2022y' V \u2018^¦ry i\t' k G î A Y-\t> P ¦\t« '«1 ê * \tf' \t¦U; ¦, N\tx.îr'J il , ^ ' '' ^ .U :Af J V \u2014^*v * i-**, \u2022*,*\u2022-* ' * \u2022 *\u2022 t \u2022\u2022U - .,*,\u2022 \u2022.;\u2022\u2022> \u2022 \u2022 *.\u2022 \u2022 \u2019 ,* » -¦ ¦** f* »*\u2022 - - \"\t< V\t\u2022 P ^ ' .; ^ i ¦' \u2022L\u2019ii f i Y^' K' >.^ « t ¦ ¦ ¦ \u2022 V .r« \u2022 « \u2022 \u2022 «Xx -T#* ¦ ¦ \u2022\t< vX > l W ¦\t*\t« Vv^ «~ \u2022 » V\t« * V * \u2022 ^ m m m m m ^ m m m m m m ^ \u201c - \u2022 « \u2022 I m m m m m wm mm m m m yv.v.vt W\"!'!w bWi\u2019** RICHARD-MAX TREMBLAY La révolution n\u2019est pas noire.Elle est rose.Et un tableau comme Victoire sur la barricade, le plus grand du lot avec ses trois panneaux, l\u2019exprime de manière magistrale.F(r)ictions politiques Peintre passionnée d\u2019histoire et de politique, Cynthia Girard se lance dans une exposition pamphlétaire.Les couleurs vives et l\u2019esprit enfantin, ses oeuvres ne demeurent pas pour autant univoques.pierre; vallieres ET JOSEE YVON Cynthia Girard Optica, 372, rue Sainte-Catherine Ouest Jusqu\u2019au 16 juin JÉRÔME DELGADO Sous son apparence naïVe et joliment festive, la peinture de Cynthia Girard cache sa part de charge sociale.C\u2019était vrai il y a quelques années, à l\u2019époque de ses compositions dépouillées sur fonds monochromes.Ça l\u2019est encore, et même davantage, maintenant que ses tableaux se sont com- plexifiés.Et Factuelle exposition, au centre Optica, est drôlement d\u2019actualité.Une quinzaine d\u2019œuvres, des peintures, mais pas seulement, composent un projet qui semble marqué du sceau rouge de la révolte.Faut pas s\u2019étonner si l\u2019expo s\u2019intitule Pierre Vallieres et Josée Yvon, en hommage à ces deux littéraires, figures de proue du combat social.Appels Tous datés de 2012, à quelques exceptions près, les acryliques grands et petits formats, ainsi que les objets en papier mâché, ont été exécutés, devine-t-on, pendant le conflit qui divise le Québec depuis seize semaines.Le ton n\u2019est pas à la hargne, ni au concert de casseroles, mais comment ne pas y voir un appel à la révolution, politique et culturelle, un appel à la relecture des textes de Vallières et d\u2019Yvon?«Si la contestation sans démocratie est dangereuse, la démocratie sans contestation, elle, est une imposture», écrivait l\u2019ex-felquiste en 1994, dans sa préface de la réédition de son œuvre phare Nègres blancs d\u2019Amérique.L\u2019essayiste politique et son livre, qui l\u2019a révélé en 1968, sont même l\u2019objet de deux œuvres.Le révolutionnaire : Pierre Vallières montre l\u2019homme comme un personnage lumineux, tacheté de couleurs, une sorte de saint François d\u2019Assise proche de la nature et de son pays blanc de neige.Josée Yvon n\u2019est pas citée aussi directement.La présence de celle qui a défendu, à travers des mots crus, la cause de femmes marginalisées par leur condition sexuelle est néanmoins palpable dans des tableaux comme Le rêve de la femme perroquet ou L\u2019utopie, pour- \\ ÿ I -ET LA CRÉATION DJ- SURSySTlAiE Dt 3 AiAI At 8 CCTtBRE 2C12 m Une exposition du TIFF 690, RUE SHERBROOKE OUEST | @ McGILL | MUSEE-MCCORD.QC.CA m MUSEE D'ART DE JOLIETTE 2012 JACQUES HURTUBISE RÉTROSPECTIVE Organisée par le Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse DU 3 JUIN AU 2 SEPTEMBRE 2012 JACQUES HURTUBISE ENTRE LA SOIE ET L'ENCRE Organisée en collaboration avec la Galerie Simon Blais DU 27 MAI AU 26 AOÛT 2012 PENELOPE STEWART DU 3 JUIN AU 30 DÉCEMBRE 2012 COLLAGE DU 3 JUIN AU 2 SEPTEMBRE 2012 145, rue du Père-Wilfrid-Corbeil, Joliette (Québec) J6E 4T4 450 756-0311 I www.museejoliette.org Mardi au dimanche, 12 h à 17 h Québecn m quoi ?.La gravité d\u2019une situation n\u2019empêche pas l\u2019espoir, assurément.Cynthia Girard s\u2019est fait connaître au tournant des années 2000 comme une des signatures qui cherchaient à renouveler la peinture au Québec.Une peinture résolument narrative, fascinée par la représentation de la faune \u2014 elle-même s\u2019est déjà qualifiée de «peintre animalière» \u2014 mais qui ne reniait pas le passé formaliste.Sa pratique a souvent été considérée comme un amalgame de plusieurs courants, entre le synthétisme, le surréalisme et l\u2019art naïf, avec des touches de hard-edge ou A\u2019op art.Sa trilogie Le pavillon du Québec (2001-2003), qui mêlait histoire officielle et histoire populaire, avait d\u2019ailleurs reçu un accueil favorable.Il faut ajouter que Cynthia Girard a aussi une longue pratique littéraire.Poète attirée par les questions identitaires, elle était bien placée pour lier l\u2019art contemporain à Pierre Vallières et à Josée Yvon.Très portée par la représentation en deux dimensions \u2014 les volumes et les plans en perspectives sont rares chez elle \u2014, Girard pense quand même à la mise en espace.Dans ce sens, son art semble plus proche de la scénographie que de l\u2019installation.Mise en scène A Qptica, l\u2019artiste ne reprend pas le motif de la porte, décor réel que le visiteur franchissait dans deux de ses récents solos.Tous les oiseaux sont ici (Kunstlerhaus Betha-nien, Berlin, 2009) et Le tyran Tritri (La Centrale, Montréal, 2010).La disposition des œuvres, dont des tableautins dispersés un peu partout, donne cependant l\u2019impression qu\u2019on entre dans une mise en scène.C\u2019est un tondo blanc sur fond noir qui accueille le visiteur, une sorte de pancarte posée sur son échafaudage, qui clame «je viens de loin, mon pays s\u2019appelle idéologie».Cette œuvre détonne du reste; il s\u2019agit de la voir comme une façade.Derrière elle, à l\u2019intérieur de l\u2019enceinte, tout est plus complexe, moins anarchique aussi.La révolution n\u2019est pas noire.File est rose.Ft un tableau comme Victoire sur la barricade, le plus grand du lot avec ses trois panneaux, l\u2019exprime de manière magistrale.Sous ses airs de conte pour enfants \u2014 touche en aplat, couleurs vives, bestiaire fantastique \u2014, il résonne comme un chant d\u2019espoir, où les plus vulnérables et les plus excentriques ont leur place au soleil.Il s\u2019agit d\u2019une allégorie qui pourrait être rapprochée de La ferme des animaux, la fable de George Qrwell sur la Révolution russe, mais seulement de sa première partie, avant que ça dégénère.Dans Victoire sur la barricade, les lettres du mot « révolution » occupent le haut et le bas de la composition, portées par la bouche, littéralement, d\u2019oiseaux et de fourmis.Sur un dos d\u2019âne se tient une héroïne à la tête de chouette.D\u2019autres personnages étranges, tous féminisés, apparaissent ici et là, parmi lesquels une plus «réaliste» \u2014 une femme nue allongée sur le ventre, figure de la prostituée, sujet de prédilection de Josée Yvon.Puis, il y a cette barricade au cœur de la peinture.File ne semble pas avoir un rôle d\u2019obstacle, d\u2019enclos, plutôt celui de la première pierre d\u2019une nouvelle église à bâtir.Rose féministe, Cynthia Girard ne s\u2019en cache pas.Quverte et inclusive toutefois, qui fait de Pierre Vallières un saint.Une fiction, provocatrice sans doute.Mais le Québec, déjà dans la frictiop, appelle la prise de position.A sa manière.Girard le fait.Reconnaissons-lui d\u2019ayoir osé.A noter que l\u2019artiste sera présente à Qptica cet après-midi (samedi) à compter de 15h.Collaborateur Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE JUIN 2012 E 7 CULTURE >CINEM A Plus dure sera la chute A BEGINNER\u2019S GUIDE TO ENDINGS Réalisation et scénario : Jonathan Sobol.Avec Harvey Keitel, Scott Caan, Jason Jones, Paulo Costanzo.Image: Samy Inaych.Montage: Geoff Ashenhurst.Canada, 2010, 92 min.ANDRÉ LAVOIE La vie peut-elle être trépidante et désordonnée dans ce désastre architectural nommé Niagara Falls?Cette illusion, le cinéaste canadien Jonathan Sobol la cultive dans son premier long métrage, A Beginner\u2019s Guide to Endings, une tentative de reproduire la griffe de ses maîtres, celle des frères Coen ou encore de Quentin Tarantino.Ces comparaisons viennent vite à l\u2019esprit devant la présence discrète, pour ne pas dire gaspillée, d\u2019acteurs de la trempe de Harvey Keitel et J.K.Simmons, venus faire trois petits tours dans cette production imprégnée de la grisaille ambiante et de la laideur environnante.Elle saute souvent aux yeux, les personnages accomplissant une course effrénée aux quatre coins de la ville, cherchant à sauver les dernières miettes d\u2019une existence médiocre, pressés par une curieuse condamnation.Celle-ci est prononcée par un homme pour qui ils n\u2019ont pas une haute estime : leur père.En effet, Duke (Keitel, qui passait par là pour empocher son cachet), un beau salaud, se met la corde au cou tout en prévenant trois de ses cinq fils qu\u2019il les a soumis à des tests pharmacologiques pour une poignée de dollars.Une mort certaine, et imminente, les attend, prétexte idéal pour commencer à vivre.FILMS SEVILLE Dans A Beginner\u2019s Guide to Endings, Duke (Harvey Keitel), un beau salaud, se met la corde au cou tout en prévenant trois de ses cinq fils qu\u2019il les a soumis à des tests pharmacologiques pour une poignée de dollars.OU du moins à s\u2019agiter.Ils le feront avec plus d\u2019énergie que de gros bon sens, injectant à Niagara Falls en automne une vitalité que même des hordes de touristes ne sauraient transmettre.Cal (Scott Caan), un Casanova de dépanneur, veut se ranger avec une ancienne flamme plusieurs fois veuve, et dans des circonstances suspectes.Nuts (Jason Jones), un ancien boxeur, remonte malgré lui sur le ring pour une question d\u2019argent, mais surtout d\u2019honneur.Jacob (Paulo Costanzo), le plus jeune des trois, assurément le plus rangé, amorce une série de conneries (se faire tatouer, bonjour la rébellion) qui vont le conduire tout près des chutes, et au seuil d\u2019une bêtise fatale.C\u2019est sur un train d\u2019enfer que ces péripéties s\u2019entrecroisent et s\u2019entrechoquent, nécessitant parfois toute la panoplie des effets visuels de ce cinéma tapageur : ralentis, accélérés, montage syncopé, musique tonitruante, etc.Et s\u2019il faut ajouter à cela une locomotive en folie, question d\u2019évoquer les bons vieux westerns, Jonathan Sobol ne s\u2019en prive pas ; là comme ailleurs, le stratagème relève de l\u2019esbroufe.On passera sous silence une finale cousue de fil blanc, dernière pièce déjà rouillée d\u2019une mécanique narrative qui s\u2019emballe souvent mais n\u2019emballe personne, et surtout pas le pauvre spectateur qui rayera Niagara Falls comme prochaine destination de vacances.Collaborateur Le Devoir Un joyeux fouillis.VIRGINIA Réalisation et scénario : Dustin Lance Black.Avec Jennifer Connelly, Harrison Gilbertson, Ed Harris, Emma Roberts, Toby Jones.Image: Eric Alan Edwards.Montage: John David Allen, Beatrice Sisul.Musique: Nick Urata.États-Unis, 2010, 111 min.ANDRÉ LAVOIE Certains titres de films suscitent des railleries que les pros de la promotion n\u2019avaient jamais prévues, forçant parfois à des changements révélateurs.Celui de Dustin Lance Black, également scénariste {Milk, J.Edgar), devait initialement s\u2019intituler Whafs Wrong With Virginia.Devant les premières réactions négatives dans certains festivals, décision fut prise de s\u2019en tenir au nom du personnage principal, Virginia.Il évoque à la fois un lieu touristique quelque peu tristounet, Virginia Beach, mais aussi cette idée de pureté souillée, celle d\u2019une femme à l\u2019équilibre mental précaire tout comme celle de son fils, confronté à de multiples sujets d\u2019angoisse.Le garçon, qui raconte ici et là quelques brides de son existence désordonnée, s\u2019inquiète tout autant de sa pauvre mère célibataire que des comptes à payer, de ses premiers émois amoureux et de sa peur de commettre l\u2019inceste.Cette frousse est bien légitime, car Virginia Üennifer Connelly en blonde vulgaire et prolétaire, un changement de registre, sans plus) entretient une liaison discrète avec le shérif mormon Richard Tipton (Ed Harris, monolithique) ; celle-ci couvre pratiquement deux décennies.Le jeune Emmet (Harrison Gilbertson) a toutes les raisons de croire que cet homme peut être son père, une peur d\u2019autant plus légitime qu\u2019il a un œil sérieux sur sa fille.Ce dilemme digne d\u2019une tragédie grecque se superpose aux tracas financiers et aux frasques de Virginia, peu douée pour les cambriolages ou pour simuler une grossesse, question d\u2019embarrasser son amant prônant la loi, l\u2019ordre et la vertu dans le cadre d\u2019une campagne électorale.FILMS SEVILLE Une scène de Virginia Appelons ça un joyeux fouillis narratif que ce portrait de femme, et de famille dysfonctionnelle, qui peine à trouver sa cohérence, oscillant entre la satire et le mélodrame.En effet, on se demande où s\u2019en va Virginia, le personnage, mais aussi le film, porté par une certaine hargne du cinéaste à l\u2019égard des bigots et des frustrés sexuels (certains diront qu\u2019ils se confondent).Car Dustin Lance Black, qui sait parfois se faire plus subtil en tant que scénariste, multiplie les associations entre les choses du sexe et celles de la bondieuserie, capable de lier visuellement un godemiché et un clocher d\u2019église.Ces petites provocations, coups de griffes à l\u2019égard du discours politique entremêlé au religieux, auraient pu faire de Virginia un film abrasif sur une soçiété hypocrite et déclinante.A l\u2019arrivée, c\u2019est surtout le récit brouillon de la déchéance d\u2019une femme que l\u2019on a peine à comprendre, et plus encore à aimer.Collaborateur Le Devoir Nouvelle exposition DESSINER L'AMÉRIQUE FRANÇAISE Les illustrations rnAMPIC DAPI/^ historiques de rr\\/\\l N L-/IO D/\\L/l\\ .jC'.-¦ VERNISSAGE ODETTE THÉBERGE Du 3 au 28 juin '-X GALERIE Linda Verge 1049, AVENUE DES ÉRABLES QUÉBEC (418) 525-8393 www.galetieIindaTerge.ca j (U /' Sg.! - 'A' T t fWtT' J ^ afcK -, '( gi- J '\t\\ 1 VISITEZ LE X MUSEE MARGUERITE- BOURGEOYS 400, me Saint-Paul Est, Vieux-Montréal 514-282-8670 © Champ-de-Mars Baladodiffusion Podcast Casse-tête mortuaire AMADOR Réalisation et scénario : Fernando Leon de Aranoa.Avec Magaly Solier, Celso Bugallo, Fanny de Castro Pietro Sibille.Image: Ramiro Civita.Montage: Nacho Ruiz Capillas.Musique: Lucio Godoy.Espagne, 2010, 112 min.ANDRÉ LAVOIE Ils ont beau parler la même langue, les immigrants latino-américains ne semblent pas toujours accueillis à bras ouverts en Espagne.C\u2019est du moins la perception que laisse planer le cinéaste espagnol Fernando Leon de Aranoa dans Amador.Il ne s\u2019agit pourtant pas d\u2019un film sur les grandeurs et misères de l\u2019immigration, clandestine ou pas, mais le statut précaire de l\u2019héroïne, que la caméra traque constamment, ajoute à son malaise et explique en partie certains comportements irrationnels.Car Marcela (Magaly Solier, une interprétation en demi-teintes) en a marre de cette vie auprès d\u2019un fleuriste de pacotille; elle était partie sans laisser d\u2019adresse, mais a rebroussé chemin à l\u2019annonce d\u2019une grossesse inespérée et inattendue.Pour payer les dettes du couple, elle accepte de s\u2019occuper d\u2019Amador (Celso Bugallo, une forte présence qui traverse tout le film), un vieil homme laissé seul par sa famille et avec qui elle tisse peu à peu une fine complicité.Ce boulot, c\u2019est en quelque sorte sa planche de salut, mais l\u2019homme dont elle a la garde lui joue un vilain tour en mourant sans bruit, sans prévenir.Doit-elle alerter la fille du défunt, prévenir la police ?Marcela ne fera rien de tout cela car la jeune femme, qui cache sa grossesse à son conjoint tout comme la mort de son protégé, préfère s\u2019enfoncer dans le mensonge et jouer à la protectrice d\u2019un cadavre.Tout pourrait devenir prétexte à des descriptions macabres ou à une apologie à peine déguisée de la nécrophilie.Le propos de Fernando Leon de Aranoa est ailleurs, s\u2019en tenant aux états d\u2019âme, aux dilemmes et aux impulsions de Marcela, laissant toujours à notre imagination l\u2019état du trépassé, décédé au moment où il s\u2019apprêtait à déposer une pièce de son casse-tête.L\u2019image est d\u2019ailleurs reprise à maintes occasions, symbole de la situation de plus en plus complexe dans laquelle s\u2019enfonce cette jeune croyante, soucieuse du bien-être de l\u2019âme du défunt, moins de l\u2019odeur qui commence à inquiéter les voisins.De par ses nombreux silences et une posture qui semble celle d\u2019une femme résignée, Marcela apparaît comme une figure ambivalente, agissant par calcul, certes, mais dont la mesquinerie mêlée d\u2019abnégation n\u2019est pas toujours facile à décoder.Sa relation avec cet homme peu bavard mais à l\u2019œil aiguisé (il perçoit des choses qui échappent totalement au conjoint de Marcela) évolue au départ sans longs bavardages, et se poursuit dans un silence éloquent, jamais tristement mortuaire.Cette curieuse veillée funèbre qui n\u2019en porte jamais le nom se fait en pleine lumière, dans un cadre aussi dépouillé que déstabilisant.Collaborateur Le Devoir REPOSADO Amador est réalisé par le cinéaste espagnol Fernando Leon de Aranoa 3 juin\tMontréal - CONFÉRENCE à propos du beau détour du 13 au 15 août à Shelburne, Albany et Cooperstown 17\tjuin Gatineau - LES MAYAS et Id'li'iiaiÜ Ottawa - VAN GOGH DE PRÈS 18\tjuillet Circuit de nature à Bécancour Le Moulin Michel et L\u2019Angélaine 22 juillet Concert au camp musical CAMMAC Les^^ ^^eaux detours CIRCUITS www.lesbeauxdetours.com 514 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont PULSION 31.05.2012 - 07.09.2012 Œuvres de la 21^ cohorte de diplômés DEC Techniques de métiers d'arToption verre\t^ P
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