Le devoir, 14 juillet 2012, Cahier A
[" L\u2019embargo contre Cuba s\u2019assouplit : un cargo américain arrive à La Havane Page es www.ledevoir.com LE DEVOIR Vol.C I I I N» 1 5 7 LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 JUILLET 2012 2,61 $+taxes=3,00 Aujourd\u2019hui Un autre Bail Tourisme > Tout au cœur des rizières.L\u2019île indonésienne offre beaucoup plus que des plages.Cahier Plaisirs Sur les Plaines Musique > La consécration de Vincent Vaiiières.L\u2019auteur-composi-teur-interprète livrera demain soir « le plus gros show de sa vie » : la clôture du Festival d\u2019été de Québec sur les mythiques plaines d\u2019Abraham.Cahier Culture & Livres Français à i\u2019ONU > Les pays de ia Francophonie doivent agir.Lorsque vient le temps de recruter du personnel onusien, l\u2019anglais est obligatoire dans 84 % des postes, alors que le français ne l\u2019est que pour 7 %.Page A 2 Sept miiiiards d\u2019humains > Hamidou de Guédiawaye.Notre collaboratrice Monique Durand propose cet été une série de rencontres survenues au cours de ses voyages, ici et ailleurs.Page A 5 Ce .^1 Saveurs > Marché ou supermarché ?Alors que les marchés publics gagnent en popularité, Philippe Mollé se demande s\u2019ils accomplissent toujours leur mission première.Page D 5 Avis léfîaiix.Carriôros Décès Mots croisés Petites annonces Sudoku.C6 C4 .C7 .B6 .C7 D4 / ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Alain, 50 ans, a été trois ans sans adresse avant que le projet Chez soi lui offre un toit Aujourd\u2019hui, il a toujours ses hauts et ses has.Mais avec son nouveau logement et l\u2019appui de son intervenant, Philippe, il arrive enfin à entrevoir l\u2019avenir.Un toit pour se sortir de la rue Le pari était audacieux : on a donné à des itinérants atteints d\u2019une maladie mentale la clé d\u2019un logement sans leur demander en retour de rester sobres, de voir leur psychiatre ou de prendre leurs médicaments.Que deviennent les 284 Montréalais qui devaient quitter la rue grâce au projet Chez soi depuis le lancement de l\u2019expérience, il y a deux ans ?AMELIE DAOUST-BOISVERT Environ 80 % des anciens itinérants logés ont toujours un toit sur la tête.Pancanadien, le projet Chez soi a logé sans condition préalable environ 1000 itinérants dans cinq grandes villes, dont Montréal, leur offrant un soutien.Autant de sans-abri servent de groupe témoin : ils ne sont pas logés et ils reçoivent les services déjà disponibles dans leur com- munauté.Un immense projet de recherche observe les trajectoires de ces deux groupes, postulant que les « logés » s\u2019en sortiront mieux.Parmi eux, Alain, 50 ans.Dans un café à deux VOIR PAGE A 8 : ITINÉRANCE Lire aussi > Avec un iogis vient i\u2019espoir.Malgré les résultats encourageants, les responsables du projet Chez soi restent prudents.Page A 6 l ANDREY SMIRNOV AGENCE ERANCE-PRESSE Un sympathisant des Pussy Riot manifeste devant la cour de Moscou.Ces punks qui font trembler Poutine Les Pussy Riot sont emprisonnées depuis plus de cinq mois en Russie Sacrilège, profanation, blasphème : ces accusations ont été portées avant-hier contre les trois membres du groupe musical féministe russe Pussy Riot, incarcérées de manière préventive depuis cinq mois pour avoir récité une prière anti-Poutine dans la plus grande cathédrale de Moscou.MARIE-PIER ERAPPIER Piotr, le papa de la petite Géra, quatre ans, a dû tenter de lui expliquer pourquoi sa mère n\u2019est plus là depuis cinq mois : un jour, maman a mis sa petite robe colorée, ses collants fluo et sa cagoule tricotée pour se rendre à l\u2019église demander à la Vierge Marie de libérer la Russie de Vladimir Poutine.Des messieurs en soutane l\u2019ont dénoncée très fort.D\u2019autres en uniforme l\u2019ont arrêtée et ceux en toge ne lui ont toujours pas offert de procès.Aujourd\u2019hui, elle est détenue en cellule dans de piètres conditions.Maman VOIR PAGE A 8 : PUNK Suicide assiste : Ottawa porte la cause en appel HÉLÈNE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Ce n\u2019est pas demain la veille que le suicide assisté sera autorisé au Canada.Le ministre fédéral de la Justice, Rob Nicholson, a annoncé hier qu\u2019il porte en appel un récent jugement de Colombie-Britannique avalisant cette pratique.« Le gouvernement est d\u2019avis que les dispositions du Code criminel qui interdisent aux professionnels de la santé ou à qui que ce soit d\u2019autre de conseiller ou d\u2019aider quelqu\u2019un à se suicider sont valides sur le plan constitutionnel », a déclaré le ministre par voie de communiqué hier après-midi.Le ministre rappelle que « les lois encadrant l\u2019euthanasie et le suicide assisté existent pour protéger tous les Canadiens, y compris les personnes les plus vulnérables, telles que les personnes âgées, malades ou handicapées ».Or, souligne-t-il, la Cpur suprême du Canada a déjà reconnu que l\u2019État avait le droit de prendre des dispositions pour protéger ces persoimes vulnérables dans la décision concernant Sue Rodriguez en 1993.En outre, fait valoir le ministre Nicholson, les élus ont déjà indiqué qu\u2019ils ne voulaient pas changer la loi.« En avril 2010, une vaste majorité de parlementaires a voté de façon à ne pas modifier ces lois, ce qui constitue une expression de la volonté démocratique dans ce dossier.Il s\u2019agit d\u2019un enjeu qui soulève les passions et qui VOIR PAGE A 8 : SUICIDE www.stores-de-qualite.ca OPAQUE, SOLAIRE, TRANSLUCIDE -\tToiles à rouleau - Stores romains -\tPanneaux coulissants -\tStores verticaux PVC -\tStores horizontaux de bois, de PVC, de métal -\tToiles pour verrière - Stores extérieurs Persiennes ESTIMATION RABAIS INSTALLATION GRATUITE O Décor Claude Bouchard 2362, Beaubien E, Montréal (Qc) www.artisan-du-store.ca G R AT UIT E MONTRÉAL: 514-231-8677 LONGUEUIL: 450-445-9829 LAVAL: 450-627-3716 TROIS-RMÈRES: 819-696-8677 QUÉBEC: 418-654-8677 77831303093828 A 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 JUILLET 2012 ACTUALITES LE FRANÇAIS A L\u2019ONU Les pays de la Francophonie doivent agir CHRISTIAN RIOUX L> Organisation des Nations unies a depuis ' sa fondation deux langues de travail qui ont le même statut officiel : l\u2019anglais et le français.Depuis la publication du rapport Vareilles en février dernier, on sait pourtant que, lorsque vient le temps de recruter du personnel, l\u2019anglais est obligatoire dans 84% des postes alors que le français ne l\u2019est que pour 7%.Et encore, parmi ces rares employés qui parlent le français, plus d\u2019un sur cinq est affecté à la traduction.Pour Dominique Hoppe, le président de l\u2019Assemblée des fonctionnaires francophones des organisations internationales (AFFOI), cette situation est inacceptable.Cette organisation, qui regroupe des francophones qui travaillent dans toutes les grandes organisations internationales, propose aux 56 pays membres de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (OIF) de ne plus tolérer ce monolinguisme.Hoppe réclame que les pays de l\u2019OIF retiennent une partie de leurs cotisations afin de faire pression sur l\u2019ONU, et qu\u2019ils affectent ces sommes à un organisme qui s\u2019assurera que le français y redevienne réellement une langue de travail.«La situation du français à l\u2019ONU est dramatique, dit Dominique Hoppe.Nous avons enfin une étude qui le démontre.Longtemps, on nous a dit que redonner au français toute sa place coûterait trop cher.Mais il n\u2019en coûte pas un sou de plus de recruter des fonctionnaires qui parlent le français, et pas seulement l\u2019anglais ! » Pour ce fonctionnaire qui travaille depuis 30 ans à l\u2019Office européen des brevets, basé aux Pays-Bas, il est temps que les pays membres de la Francophopie passent aux actes.Au sommet des chefs d\u2019Etat qui se tiendra à lüns-hasa en octobre prochain, on rendra compte pour la première fois de ce que font réellement les 56 pays membres de l\u2019OIF afin de faire respecter le vade-mecum de l\u2019organisation qui exige de ses membres qu\u2019ils utilisent le français dans les organisations internationales chaque fois que cela est possible.Selon Dominique Hoppe, l\u2019étape suivante devrait amener les membres de l\u2019OIF à faire pression sur rONU en retenant une partie de leurs çotisations, comme viennent de le faire les Etats-Unis à l\u2019UNESCO après l^dhésion de la Palestine.«Il s\u2019agirait que les Etats retiennent TIMOTHY A.CLARY AGENCE ERANCE-PRESSE Le français comme langue de travail se porte mal à l\u2019ONU, selon le rapport réalisé par l\u2019Assemblée des fonctionnaires francophones des organisations internationales.0,1% de leur contribution pour créer un organisme de contrôle qui exigerait le retour du français comme langue de travail de l\u2019ONU.Il serait temps de savoir si la Francophonie est sincère ! » Comme le dit Hoppe, il n\u2019en coûte rien d\u2019engager un fonctionnaire qui parle le français plutôt qu\u2019un fonctionnaire qui ne parle que l\u2019anglais.Or, le secrétaire général de l\u2019ONU, Ban lü-moon n\u2019a toujours pas répondu au rapport Vareilles.Seuls les gouvernements québécois, canadien et français ont daigné répondre à la lettre que leur a adressée l\u2019AFFOI en février dernier.Avec les années, Dominique Hoppe a vu la situation du français se dégrader rapidement dans les organismes internationaux.À l\u2019Office européen des brevets par exemple, il y a 30 ans, tous les fonctionnaires parlaient les trois langues officielles de l\u2019organisation : le français, l\u2019anglais et l\u2019allemand.«Aujourd\u2019hui, tout se déroule en anglais, dit-il.Même lorsque des francophones se réunissent, il leur arrive de se parler en anglais!» Pour Dominique Hoppe, l\u2019enjeu dépasse largement la question linguistique.«Avec l\u2019anglais, c\u2019est la pensée unique qui s\u2019impose, dit-il.Comme les fonctionnaires ne parlent qu\u2019anglais, tous les logiciels, les modèles économiques, socio-logiques ou de gestion de projets sont anglo-amé- ricains.Puisqu\u2019ils parlent mieux anglais, ce sont les anglophones qui finissent par occuper les posfes les plus influents.» A Kinshasa, Dominique Hoppe voudrait organiser une grande table ronde avec des fonctionnaires internationaux venus des principales organisations internationales.Mais il n\u2019a encore trouvé personne pour contribuer à une telle entreprise.«Il s\u2019agit d\u2019un combat pour préserver la diversité culturelle, dit-il.On ne sauvera pas la langue si on ne sauve pas la culture.» Le Devoir AUJOURD\u2019HUI SEULEMENT LE SAMEDI 14 JUILLET ÉCONOMISEZ JUSQU\u2019À SURGES PRODUITS :yv RABAIS DE 9,00 « J 36,50$ I â5r50^ I RABAIS DE 3,15$ RABAIS DE 3,50$ RABAIS DE 2,75$ RABAIS DE 6,00$ 12,95$ IBîIOs 10,70$ 13,43$ 27.60$ 31 = 4X1 = 2 DÉLICAT ET LÉBER AROMATIQUE ET SOUPLE SASYR SANGIOVESE^SYRAH TOSCANA * B BACARDI BREEZER SÉLECTION revient à 2,30 $ par bouteille Rocca delle Made.JUSQU\u2019À ÉPUISEMENT MS STOCKS .limite de 3 PAR PRODUIT La modération a bien meilleur goût PRENEZ GOÛT À NOS CONSEILS SAQ 18+ Titulaires de permis, agences de la saq, comptoirs Vin en vrac, 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lors d\u2019une course de chariots, jeudi soir.Aucune collision ne s\u2019est produite lors de l\u2019incident.Un cheval qui dominait le peloton s\u2019est soudainement ef fondré et s\u2019est éteint peu après.Deux autres chevaux l\u2019ont heurté et ont dû être euthanasiés sur la piste de course, souffrant de graves blessures.Un quatrième cheval a été blessé dans l\u2019incident mais il survivra, ayant subi avec succès une intervention chirurgicale.Le porte-parole du Stampede, Doug Fraser, a été fort peu loquace sur la cause de la chute du cheval de tête.Il a néanmoins promis qu\u2019une enquête éclaircira les circonstances de la tragédie.Bien que le Stampede de Calgary se soit avéré un succès de foule année après année, les inquiétudes sur le traitement des animaux se sont additionnées au cours de la dernière décennie, atteignant des sommets en 2010 après la mort de six chevaux.La Vancouver Humane Society a répertorié 50 décès de chevaux lors des courses de chariots du Stampede, depuis 1986.Aux yeux du défenseur des droits des animaux et légende de la télévision américaine Bob Barker, aucun rodéo n\u2019est acceptable.L\u2019exanimateur de l\u2019émission The Price is Right ne souhaite rien de moins que la fin de l\u2019événement.La Presse canadienne LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 JUILLET 2012 A 3 ACTUALITES Le Canada ouvrira une ambassade en Birmanie Les activités de l\u2019ambassade de l\u2019Iran seront surveillées HÉLÈNE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Prenant acte d\u2019une amélioration des droits de la personne en Birmanie, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a annoncé hier que le Canada y installera une représentation diplomatique.«Le Canada est encouragé par les progrès positijs faits par le gouvernement birman pour améliorer les droits de la personne et la situation démocratique en Birmanie.C\u2019est pourquoi je suis heureux d\u2019annoncer que le Canada prévoit ouvrir une ambassade en Birmanie», a déclaré M.Baird au cours d\u2019une conférence téléphonique.Le ministre reconnaît que tout ne va pas pour le mieux au pays d\u2019Aung San Sun Kyi, mais, estime-t-il, les progrès sont suffisamment marqués pour les souligner de manière positive.«Je note qu\u2019il y a eu 11 situations problématiques et que neuf d\u2019entre elles ont été réglées de manière pacifique et qu\u2019une dixième est en voie de l\u2019étre.» Par ailleurs, le ministre a prononcé des mots très durs à l\u2019endroit du régime iranien.De récents reportages ont rapporté les propos en langue farsi du chargé d\u2019affaires culturelles iranien en poste à Ottawa invitant les Iraniens vivant au Canada à noyauter les organisations canadiennes, à occuper des postes de haut niveau et à «résister à leur intégration à la culture canadienne dominante».Nazanin Afs-hin-jam, une Canadienne d\u2019origine iranienne qui est par ailleurs réponse du ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, est allée jusqu\u2019à suggérer la fermeture de cette ambassade.Le ministre Baird n\u2019a ni repris à son compte, ni rejeté cette idée.«Mon ministère surveillera de très près la situation et nous écouterons tout témoignage faisant état d\u2019activités de l\u2019ambassade incompatibles avec son rôle diplomatique à Ottawa.Nous prenons cette question très au sérieux.Le Canada a pris une position très rigide face à l\u2019Iran et nous ne leur permettrons pas de brimer les libertés des Canadiens d\u2019origine iranienne.» Le Devoir Un palace canadien mis en vente à Oslo Le gouvernement canadien a mis en vente la résidence de son ambassadeur à Oslo dans l\u2019espoir d\u2019en tirer pas moins de 20 millions de dollars, a rapporté un journal économique norvégien, le Finansavisen.La mise en vente a occupé la une de la publication ainsi que deux pages supplémentaires.Normal.Seules la résidence du roi de Norvège et celle de l\u2019ambassadeur américain dépassent la propriété canadienne en taille et en luxe.Dans la foulée des réductions budgétaires, le ministère des Affaires étrangères a mis en vente un certain nombre de résidences officielles à l\u2019étranger dans l\u2019espoir de récolter 80 millions de dollars.Ottawa refuse toutefois de dire quelles résidences sont en vente.Le chiffre de 40 circule.Récemment, le Canada avait obtenu 17,6 millions de dollars pour la résidence de son ambassadeur à Dublin, en Irlande, rapporte Postmedia.SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Graham Fraser est commissaire airs iangues offlcieiies depuis octobre 2006.FINANCEMENT DES LANGUES OEEICIELLES À la défense des communautés anglophones du Québec Le commissaire Graham Fraser estime capital le financement du fédéral de la minorité linguistique GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ N>en déplaise au Bloc québécois, au Nouveau Parti démocratique et au Parti québécois, le commissaire aux langues officielles estime primordial que des projets menés par la communauté anglophone du Québec reçoivent un financement fédéral.Dans une lettre transmise au Devoir et écrite en réponse à un article publié mercredi, Graham Fraser se dit «déçu de voir la réaction de plusieurs politiciens » devant la décision du gouvernement fédéral d\u2019octroyer un financement de 4,4 millions pour la réalisation de 22 projets, dont les trois quarts pour la communauté anglophone.Ceux-ci sont financés selon les critères des programmes Développement des communautés de langues officielles et Mise en valeur des langues officielles.Selon le PQ, «il est franchement inacceptable de voir le gouvernement conservateur financer à coups de millions de dollars la promotion de l\u2019anglais dans notre métropole, alors que le français recule à Montréal».Mais pour Graham Fraser, ce type de réac- tion «découle d\u2019un malentendu et semble démontrer une incompréhension profonde de la réalité des communautés minoritaires anglophones du Québec».Le commissaire souligne dans sa lettre qu\u2019il «existe une différence fondamentale entre la montée incontestable de l\u2019anglais » et les « besoins très réels» des membres des communautés anglophones dans la province \u2014 comme L\u2019anglais n\u2019est certes pas menacé au Québec, écrit-il, mais les communautés anglophones peuvent l\u2019être, dit le commissaire l\u2019accès à des soins de santé en anglais en dehors de Montréal.L\u2019anglais n\u2019est certes pas menacé au Québec, écrit-il, mais les communautés anglophones peuvent l\u2019être, ajoute M.Fraser.Qr, ces communautés ne «représentent aucune menace pour le français », soutient M.Fraser en reprenant un argument évoqué il y a 30 ans par le député Gérald Godin.Le commissaire relève par exemple que les anglophones du Québec sont bilingues dans une proportion de 60%, et même de 80% chez les 18-34 ans.«Mais je constate que l\u2019image qu\u2019ont les francophones de leurs concitoyens anglophones est figée dans le temps et que les gains de la communauté anglophone sont trop souvent perçus comme une perte pour le français au Québec», dit-il.M.Fraser se porte ainsi à la défense de plusieurs des organismes bénéficiaires des 4,4 millions.«Le Quebec Community Groups Network a beau avoir son bureau à Montréal, il s\u2019agit un réseau d\u2019organisations communautaires réparties à travers le Québec qui inclut notamment des groupes travaillant dans le secteur de la santé.Quelle menace ce réseau représente-t-il pour le français?», demande M.Fraser.Le gouvernement conservateur a défendu sa décision en rappelant qu\u2019il investit quelque 33 millions pour le soutien des communautés francophones hors Québec.Le Devoir Lire aussi > Une incompréhension profonde.Une lettre du commissaire aux langues officielles, Graham Fraser.Page B 5 Borduas : Yves Lessard laisse tomber Pierre Duchesne n\u2019aura pas à affronter l\u2019ex-bloquiste GUILLAUME BOURGAULT-COTE Ly ancien journaliste Pierre Duchesne n\u2019aura ' pas à affronter l\u2019ex-député bloquiste Yves Lessard pour obtenir l\u2019investiture péquiste de la circonscription de Borduas.M.Lessard a annoncé hier qu\u2019il renonçait à se présenter, de manière à ne pas créer de division au sein du Parti québécois.«C\u2019est pour éviter qu\u2019on se déchire, a confié M.Lessard en entretien téléphonique.Ce qui est important, c\u2019est de sortir les libéraux de Québec.Alors si on a des combats à mener entre nous [pour les investitures], il faut les mener en dehors des campagnes électorales.Et là, l\u2019investiture aura lieu en pleine campagne.» Ce n\u2019est pas l\u2019envie de plonger qui manquait.«Si ça avait été à un autre moment, j\u2019y serais allé», assure Yves Lessard, âgé de 69 ans et député de Chambly-Borduas de 2004 à 2011.Du même souffle, il affirme toutefois soutenir pleinement la candidature de Pierre Duchesne.«Ce qui me dérange et m\u2019a fait réagir, c\u2019est qu\u2019il est parachuté.Stratégiquement, je trouve que c\u2019est une mauvaise façon de faire.Une personne de cette envergure devrait aller dans un comté où elle peut faire la différence.Si on rate le pouvoir par une circonscription, on aura gaspillé une grosse candidature», dit-il.Considéré comme un bastion du Parti québécois, Borduas intéressait aussi Carole Lavallée, ex-collègue d\u2019Yves Lessard à Qttawa.M\u201d® Lavallée a été députée du Bloc dans Saint-Bruno-Saint-Hubert de 2004 à l\u2019an dernier.Pauline Marois aurait demandé aux deux blo-quistes de laisser le chemin libre à M.Duchesne, qui a annoncé son passage en politique la semaine dernière.Le Devoir Diane De Courcy et Bernard Générenx, candidats dn PQ ?La présidente de la Commission scolaire de Montréal, Diane De Courcy, briguera les suffrages dans la circonscription de Créma-zie, sous la bannière péquiste.La confirmation officielle devrait survenir incessamment.Même chose pour Bernard Généreux, le président de la Fédération québécoise des municipalités, qui se présentera dans la circonscription de Blainville.Plus tôt cette année, celui qui en est à son deuxième mandat avait pourtant coupé court aux rumeurs, mais le processus de séduction n\u2019a pas cessé, et cette fois, il compte sauter dans le train.Des annonces officielles seront faites sous peu, en point de presse.La Presse canadienne Un don de 15 millions controversé L\u2019argent versé à l\u2019Université Carleton provient d\u2019un homme d\u2019affaires albertain proche des conservateurs La nature même des universités est en jeu, car les dons placent les donateurs en position d\u2019influence BRUCE CHEADLE à Ottawa Le président de l\u2019Association de faculté de l\u2019Université Carleton a déclaré hier qu\u2019il aimerait que les ententes entre les universités et les donateurs soient rendues publiques à la suite de, la controverse touchant l\u2019Ecole de gestion politique de l\u2019Université Carleton.Selon Jason Etele, qui enseigne le génie, les problèmes concernant l\u2019entente de collaboration assortie d\u2019un don de 15 millions à l\u2019École de gestion politique par l\u2019hom-me d\u2019affaires Clayton Riddell auraient pu être évités et ont atteint le moral du personnel enseignant.Mais les professeurs ne sont pas suipris, a ajouté le président nouvellement élu de la Carleton University Academie Staff J^sociation.Les ententes de collaboration avec le privé sont devenues une tendance, a ajouté Jason Etele.L\u2019Université Carleton avait fait savoir plus tôt cette semaine qu\u2019elle entendait renégocier l\u2019entente conclue avec l\u2019homme d\u2019affaires Clayton Riddell, qui a fait un don de 15 millions à cet établissement d\u2019Qt-tawa pour la mise en oeuvre de Iq campagne de publicité de son École de gestion politique.Au même momenf l\u2019Association canadienne des professeurs du Canada (ACPC) critiquait sévèrement cette «tendance inquiétante» des universités à court de moyens financiers à renoncer à leur intégrité au profit du soumissionnaire le plus offrant.Au dire du président de l\u2019ACPC, James Turk, la nature même des universités est en jeu, car les dons placent les donateurs dans une position où ils sont en mesure d\u2019influencer l\u2019embauche, le cursus, le type de questions de recherche et le genre de réponses à ces mêmes questions.M.Turk a ajouté que le public perdrait, et «devrait alors perdre», sa confiance dans funiversité, qui à son tour perdrait son caractère distinctif.Carleton a finalement rendu publics les détails de l\u2019entente le vendredi précédant la fête nationale du Canada, et ce, au terme d\u2019une année complète passée à fournir des réponses évasives à ce sujet aux journalistes de La Presse canadienne à la suite d\u2019une demande en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.Preston Manning Le contrat qui a été livré à La Presse canadienne le 29 juin révèle que la Fondation Riddell a bel et bien nommé trois des cinq membres d\u2019un comité de direction qui a une influence importante dans les décisions concernant le budget alloué au programme de gestion politique, mais également les choix pour l\u2019embauche, le directeur administratif et le cursus.Preston Manning, le fondateur du défunt Parti réformiste du Canada, siège à la tête du comité.Son ancien chef de cabinet Cliff Fryers y est aussi, comme Chris Foggart, l\u2019ancien chef de cabinet du ministre conservateur John Baird, de même que deux porte-parole de l\u2019université.Dans un courriel envoyé à La Presse canadienne jeudi, la porte-parole de Carleton, Beth Gorham, avait indiqué que l\u2019université prévoyait «revoir les dispositions de l\u2019entente en collaboration avec le donateur».L\u2019entente «ne reflétait pas pleinement les politiques et les procédures de Carleton en ce qui a trait à la gestion du budget et à la sélection du personnel», a écrit l\u2019établissement dans un communiqué.Des batailles similaires opposant enseignants et dirigeants d\u2019université ont eu lieu dans d\u2019autres établissements, entre autres à Waterloo et à Calgary au cours de la dernière année.«On peut se demander où sera la limite, demande pour sa part Jason Etele, le représentant de la Carleton University Academie Staff Association.Il s\u2019agit d\u2019un établissement public et les citoyens ont le droit de savoir comment les universités dépensent leur argent.» La Presse canadienne DERNIERS JOURS SOLDE D'ETE 20 à 50% 3 STACARO \u2014 AMBIANCE EUROPÉENNE \u2014 MOBILIER & DÉCORATION MONTREAL | OTTAWA | TORONTO | VAUGHAN 2035, Rue Stanley, Montréal.514.287.9800 8639, Chemin Dalton, Ville Mont-Royal.514.341.8778 stacaro.com A 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 JUILLET 2012 ACTUALITES JUSTICE Règlement de 6 milliards pour des frais touchant les cartes de crédit Les sociétés de crédit Visa, MasterCard et d\u2019autres banques importantes ont accepté, Tiier, un règlement de 6 milliards, mettant fin à une poursuite intentée par des détaillants.Selon un organisme commercial du secteur bancaire, ce règlement permettra également aux marchands de faire payer davantage les consommateurs qui règlent leur facture avec une carte de crédit à l\u2019avenir.Selon les avocats engagés dans cette cause, il s\u2019agit du cas concernant les règles antitrust le plus imposant de toute l\u2019histoire.Le litige a débuté en 2005 alors que les banques avaient conspiré en vue de fixer les frais rattachés à l\u2019utilisation par les marchands des cartes de débit ou de crédit.En moyenne, les frais des commerçants représentent environ 2% du coût de l\u2019achat.Visa et MasterCard ne prêtent pas aux gens qui utilisent les cartes portant leur logo.Ils font des gains sur les frais appelés des «accords d\u2019échange » dans le monde financier.Les entités comme Visa et MasterCard gèrent le fonctionnement des cartes, mais ce sont les banques émettrices qui collectent les fonds et les partagent avec Visa ou MasterCard.Plusieurs banques américaines étaient visées par cette poursuite.Parmi les marchands qui réclamaient une compensation, on retrouve les épiceries de la bannière Kroger et Safeway, et les pharmacies Rite Aid.Les actions des compagnies Visa et MasterCard ont grimpé dans les heures qui ont suivi le jugement.Celle de Visa a monté de 2,8%, et celle de MasterCard de 3,7%.Associated Press Un pompier de Montréal perd la vie Un pompier du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) a perdu la vie, hier après-midi, lors d\u2019un accident survenu alors qu\u2019il participait à une intervention dans l\u2019arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal.Le drame s\u2019est produit vers 16 h 30, alors que le SIM répondait à un appel sur la rue Dutrisac, non loin du boulevard Henri-Bourassa.C\u2019est au moment du déploiement sur les lieux de l\u2019intervention que le pompier a été percuté mortellement par le conducteur de son propre camion-pompe, a expliqué le directeur du SIM, Serge Tremblay, lors d\u2019un point de presse qui s\u2019est tenu en soirée.L\u2019identité de la victime, un homme âgé de 38 ans, n\u2019a pas été révélée.Deux de ses collègues ont dû être hospitalisés à la suite d\u2019un choc nerveux.Une enquête a été ouverte par le SIM, de même que par la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).La Presse canadienne Fermeture historique dans le Vieux-Montréal La Banque Royale déménage sa célèbre succursale de la rue Saint-Jacques JESSICA NADEAU a grande époque de l\u2019architecture bancaire appartient e plus en plus au passé avec le éménagement, hier, de la succursale de la Banque Royale du Canada, sise dans le somptueux bâtiment patrimonial de la rue Saint-Jacques dans le Vieux-Montréal.L\u2019immeuble, classé monument historique et visité par de nombreux touristes, devra changer de vocation mais conservera sa valeur patrimoniale, assurent les propriétaires des lieux.C\u2019est en 1927 que la Banque Royale du Canada a pris possession du 360 rue Saint-Jacques, dans le Vieux-Montréal, pouf en faire son siège social.A l\u2019époque, le bâtiment de pierre de 22 étages, construit par la firme new-yorkaise York & Sawyer, était considéré comme le plus important gratte-ciel de Montréal et se voulait un symbole d\u2019opulence.«C\u2019est un lieu extraordinaire, s\u2019emballe Dinu Bumbaru d\u2019Héritage Montréal.C\u2019est conçu comme les grands salons des républiques de marchands de la Renaissance italienne, c\u2019est un palais florentin, c\u2019est le palais des Doges à Venise.» Avec ses plafonds généreux, son architecture ornée de fresques et de peintures et sa plaque commémorative saluant les employés de la banque morts à la guerre dans son vaste hall d\u2019entrée, l\u2019espace est non seulement spectaculaire, mais également enraciné dans l\u2019histoire, selon Dinu Bumbaru.Mais s\u2019il se dit touché par ce déménagement, qui a eu lieu hier, le célèbre défenseur du patrimoine montréalais n\u2019est aucunement inquiet quant à son avenir.Car le bâtiment est.rt m SS ji Il nii î>fi I «i 1*^ iU APARÏIRD[$199, JUSQU'À $2.5 MILLIONS OURLAUDLSVLNÏLS 1R5UNVLRSÏY o'ouv[[]iu[][ : (EN FACE OEPLAC VILLE-MARIE) LUNDI ARVENOREOI 12U-10U ri fl oflfl r-in-i SAMEDI&DIMANCUE11U-1IU î)l4.Z44.î)/o/ adssi sdr rendez-vdds âfÈ ïps 9 ) it i\\ IE r\\\\t -jVvCi \\ III II II FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Le bâtiment est, depuis 2002, la propriété de Gestion Georges Coulombe, un homme qui comprend et apprécie la valeur patrimoniale de l\u2019édifice, selon Héritage Montréal.depuis 2002, la propriété de Gestion Georges Coulombe, un homme qui comprend et apprécie la valeur patrimoniale de l\u2019édifice.Au bureau de celui-ci, la vice-présidente Guylaine Brault confirme l\u2019amour indéfectible de Georges Coulombe pour cet édifice, qu\u2019il avait toujours rêvé d\u2019acheter.« Georges Coulombe est très impliqué sur le plan patrimonial et tient absolument à préserver la beauté architecturale de ce lieu.Il n\u2019est aucunement question de mettre des plafonds suspendus pour cacher les originaux ! » Car bien que l\u2019espace soit magnifique, la Banque Royale du Canada a choisi de quitter les lieux, une décision qui a été prise en 2010, explique Claude Lussier, le directeur des communications de la RBC.«Ça a été une décision difficile à prendre, parce que c\u2019est un lieu qui nous était très cher.Mais nous n\u2019utilisions plus que 20% de l\u2019espace.» Chez Gestion Georges Coulombe, on cherche donc de nouveaux locataires pour occuper le rez-de-chaussée, les voûtes et la mezzanine.« C\u2019est un très bel espace et il était très FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Les célèbres portes patrimoniales de l\u2019institution bancaire.difficile pour nous d\u2019imaginer ce que ça pourrait devenir», explique Guylaine Brault.Le groupe a donc fait appel à la firme Moureaux Houspy Design pour repenser les lieux afin de pouvoir héberger d\u2019éventuels nouveaux locataires.«Les propositions qui nous ont été faites démontrent que l\u2019on peut marier un aménagement beaucoup plus contemporain tout en gardant la spécificité de cet endroit qui est absolument magnifique», précise-t-elle.Elle voit pourtant à regret partir ces locataires prestigieux, car c\u2019est une page d\u2019histoire qui se tourne.«Toutes les banques quittent ces grands espaces pour des aménagements plus standards.C\u2019est une mode qui a commencé il y a quelque temps.Nous trouvons cela dommage, parce que c\u2019était emblématique.» Du côté d\u2019Héritage Montréal, Dinu Bumbaru trouve également regrettable cette transformation des espaces des grandes banques.«Lorsque nous allons visiter d\u2019anciennes banques et que l\u2019on compare avec ce qui est produit aujourd\u2019hui comme architecture bancaire, il y a définitivement une interrogation qui survient: est-ce qu\u2019on a oublié le mot architecture ?» Le Devoir UNE ECOlf DE CITOYENNETE www.inm.qc.ca/ee2012 AUX AIRS DE FESTIVAL\t11 ecoledeie POUR LES T 5 À 35 ANS\t@eejnm I #ee2012 ON PASSE Devenez des leadersi citoyens\t| CONFÉRENCIERS INSPIRANTS I ATELIERS ENGAGEANTS I RENCONTRES FASCINANTES IDÉES EFFERVESCENTES I SOIRÉES ENDIABLÉES I PROJETS INNOVANTS Justin Trudeau Parti libéral du Canada Franitoise\tLaura HenrI-FiançoIs Thomas\tSleven\tDominique\tPauline\tMichel David\tWoridel Gautrin Mulcair\tGuilbeault\tAnglade\tMatois\tC.Auger Québec\tËcosociologue Parti libéial Nouveau Parti\tËquiterre\tCoalition\tParti\tRadio- solidaire\tdu Québec démocratique\tAvenir québécois Canada Québec Ainsi que : Léo Buraau-Blouin.FECQ \u2022 Martine Desjardins.FEUQ \u2022 Gabriel Nadeau Dubois.CLASSE et plusieurs autres ! 'Réservé aux cégépiens poursuivant leur session d'hiver au mois d'acût.Tous les détails sur le site de l'Êœle d'été à httpy/inm.qc.ix]/ee2012 Louise Haral Vision Montréal L'École d'été est soutenue Financièrement par le Secrétariat à la jeunesse dans le cadre de la Stratégie d'action jeunesse 2009-2014.U-\t- FOrtendresmèJoc- pçclaruÇi _ _\t^\t___________ jSi\ttx _ _ JJJgjgLEDEVOni CSP CSN lournalmetro.eom ^ ™ QP LEDKECITURCÆNÉ^ °8ir6ieye ^ pæs électicjns du tj-ffirtEC Québec HH fonds SCFP ® InKiitellaiBuiduOuSec^iJ deaoUdarltéFTQ http://www.inm.qc.ca/ee2012 http://q.cx/3P626 LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 JUILLET 2012 A 5 ACTUALITES Sept milliards d\u2019humains S\u2019oublier en ville pour sa famille restée au village Nous sommes désormais sept milliards sur Terre.Partout les humains se ressemblent, ils apportent leur petite pierre au monde et composent le chant de notre humanité.Notre collaboratrice Monique Durand propose cet été une série de rencontres survenues au cours de ses voyages, ici et ailleurs.Aujourd\u2019hui, Hamidou de Guédiawaye.MONIQUE DURAND Six jours par semaine, Hamidou prend le train à l\u2019aube.Il quitte Guédiawaye, une commune en bordure de la mer située à une soixantaine de kilomètres de la capitale sénégalaise.Quand il arrive à destination, l\u2019habituelle fourmilière de Dakar n\u2019est encore qu\u2019une épave endormie où circule une nuée de vieux taxis déglingués noir et jaune.Quelques marchands sont déjà attelés à préparer leur étal.Hamidou, début de la trentaine, s\u2019ébroue lentement de sa nuit moite.Il a laissé derrière lui sa «chambre de pauvre», dit-il en riant.«J\u2019ai une vie simple.Je n\u2019ai rien.» Rien sinon une radio inerte parce que Hamidou n\u2019a pas le courant, c\u2019est trop cher.Et un matelas à deux places «pour quand ma femme vient me voir».Rarement.C\u2019est plutôt lui qui va vers elle.Deux ou trois fois par année.Parce que «le village», comme il dit, est très loin, Agnam-Goly, à 630 kilomètres, où il a laissé sa mère, son épouse et son fils de deux ans, Amidou.«Le même nom que son papa, mais sans le H», explique-t-il.Et qu\u2019il en coûte une fortune pour y aller: 14000francs CEA (27 $CAN) pour un aller-retour en bus, soit à peu près deux semaines de travail pour lui.Le jeune homme arrive à l\u2019hôtel Novotel vers 7 h30.Il réintègre son royaume de brosses, de cirages et de couleurs, installé là depuis 12 ans avec l\u2019autorisation de l\u2019hôtel.Il tire environ 1000 francs CEA (2$CAN) par jour des deux ou trois clients qui requerront ses services.Mais c\u2019est bien mieux que ce qu\u2019il récoltait là-bas, au village, comme berger.Hamidou ne garde rien de cet argent pour lui, parce qu\u2019à l\u2019autre bout du pays, en plein désert sahélien, sa mère, sa femme et Amidou comptent sur ses revenus pour leur survie.Il leur envoie de l\u2019argent par bus une fois par mois, tout ce qu\u2019il peut chaque fois.Ses dépenses personnelles se résument à peu de choses : beignets et café le jour, riz et thé le soir en rentrant, et puis un crédit téléphonique de 1000 francs (2$CAN) toutes les deux semaines pour parler à son épouse et à sa mère.«Toutes les deux m\u2019encouragent à continuer et me disent merci.» Parfois, quand sa journée de cireur a été vraiment bonne, Hamidou s\u2019offre les brochettes des Nigériens au marché d\u2019à côté, pour lui les meilleures brochettes en ville.«Ça, c\u2019est la fête!» fait-il.Hamidou ne boit pas d\u2019alcool, ne va pas danser, ne ramène pas de filles dans sa chambre comme font les copains.Pour se détendre et se distraire, il va regarder la télé chez son voisin le soir ou bien il va jogger sur la plage de Guédiawaye, jonchée d\u2019immondices, où courent, en même temps que lui, les chèvres et les rats.Il y a une différence d\u2019au moins 20 degrés Celsius entre le lobby du Novotel et le menu territoire qui est celui de Kami- i ) Hamidou cire les chaussures de clients du Novotel de Dakar depuis 12 ans.MONIQUE DURAND dou dehors, les deux lieux pourtant séparés de 10 mètres à peine.Le jeune homme s\u2019autorise parfois quelques minutes de répit dans la fraîcheur du lobby.Il ne s\u2019y avance pas trop, non, juste le temps d\u2019échanger un ou deux mots avec les garçons en service.Il sait que ce n\u2019est pas sa place.Il en voit quand même toutes sortes passer.Toutes sortes de monde.Des touristes qui viennent se prélasser pendant des heures autour de la piscine, se tournant et retournant comme des crêpes dans un poêlon huilé.Bon nombre d\u2019entre eux ne verront d\u2019ailleurs rien d\u2019autre que cette grande friteuse sous les palmiers, d\u2019où ils sortiront dorés sur tranche.Hamidou voit aussi défiler des gens d\u2019affaires, des fonctionnaires internationaux et des représentants d\u2019ONG qui viennent discuter au bar de l\u2019hôtel.Ou bien à la grande salle à manger où, jour après jour, les chefs se dépassent en échafaudages colorés de salades, de fruits, de desserts, alignés avec les plats réchauds fumants de viandes, de poissons ou de riz.Tourisme sexuel Mais Hamidou ne pénètre jamais aussi loin dans l\u2019hôtel.Il ne voit pas cette jeune femme, peut-être sénégalaise, assise sur un tabouret pivotant au bar.Longue, élégante, vêtue comme une carte de mode.Elle peut avoir 16 ou 17 ans.Est-ce son maquillage un peu trop appuyé?Elle détonne sur le reste de la faune humaine qui se trouve là.Elle ne boit pas.Elle rigole avec le barman dont elle semble une familière.Elle tient un téléphone portable dans ses mains.Un homme blanc est assis un peu plus loin, devant une bière et des cacahuètes.Tempes blanches, soixantaine avancée, en complet cravate, il zieute de tout son être, si l\u2019on peut dire, la belle au bois rigolant.Les deux se sourient aux anges.Au bout de quelques minutes de cette formidable mélasse, elle va s\u2019asseoir à ses côtés.Epaule contre épaule, ils se susurrent des choses.Il lui offre une gorgée de son verre de bière.Elle accepte et y trempe les lèvres.Soudain il se lève.Elle lui a laissé un bout de papier avec un numéro de téléphone.Il disparaît dans l\u2019ascenseur.Quelques minutes s\u2019écoulent, bientôt le téléphone de la belle, encore au bar, sonne.Au tour de cette dernière, maintenant, de disparaître derrière les portes lourdes qui l\u2019emmèneront jusqu\u2019au bon étage.Hamidou, lui, ne prend jamais l\u2019ascenseur.Pas celui-là en tout cas.Il ne verra pas l\u2019affiche placardée à la vue de ceux et celles qui l\u2019empruntent.«Dans cet hôtel, les colla- borateurs ont été sensibilisés et formés pour lutter contre le tourisme sexuel impliquant les enfants.» Hamidou ignore que son pays est devenu l\u2019une des destinations privilégiées en Afrique de l\u2019Ouest pour le tourisme sexuel et le tourisme des pédophiles.L\u2019autre jour, le petit est tombé malade là-haut, au village.Des boutons sur tout le corps et des maux de ventre.Hamidou ne savait pas au juste de quoi souffrait son fils, mais son épouse lui a fait parvenir par le bus l\u2019ordonnance d\u2019un médecin.Dès le lendemain, il a expédié à Agnam-Goly les médicaments.Il n\u2019y a pas eu de brochettes des Nigériens cette semaine-là.Hamidou croit être un bon père.Il a deux rêves pour son garçon : qu\u2019il aille à l\u2019école, «sa vie sera moins dure», et qu\u2019il entre dans l\u2019armée, «pour la discipline».Le cireur de chaussures du Novotel n\u2019est pas de ces jeunes hommes sénégalais qui rêvent d\u2019Espagne et d\u2019autres pays d\u2019Europe au prix de leur vie et s\u2019embarquent sur la mer en cayuco, le bateau de pêche traditionnel.«Pas assez sûr», dit-il simplement.Trois de ses amis du village sont partis.Leurs corps boursouflés ont été retrouvés au large des Canaries.«Je reste pour ma mère, ma femme et Amidou.» Une petite brise bienfaisante monte dans le soir.Les derniers baigneurs de la piscine lèvent le camp, un peu plus dorés que la veille.Dans une petite heure, après s\u2019être douchés, ils seront à l\u2019apéritif.Hamidou, lui, sera dans le train pour Guédiawaye, rentrant chez lui avec les mains tachetées de cire noire, dans le feu du jour apaisé.Collaboratrice Le Devoir Jusqu\u2019à 50 %.Jusqu'à lundi.Rabais sur les tarifs de base.Envolez-vous vers votre destination Porter préférée.Pour économiser gros ce weekend, réservez d\u2019ici le 16 juillet avec le code PLAGE Vos rêveries d\u2019été deviendront réalité ! porter raffinée sur toute la ligne Vols au départ de Montréal.Réservez d\u2019ici le 16 juillet.Voyagez d\u2019ici le 14 décembre 2012.Mentionnez le code PLAGE Tarifs aller simple incluant les taxes, surcharges et frais obligatoires.* Les rabais sont compris dans les tarifs.Tarifs à partir de : \t\t\t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t\t\t CHICAGO\tMYRTLE BEACH\tNEW YORK\tWASHINGTON À partir du 13 septembre\tDulles 183$ 365$ 162$ 183$ Taxes et frais compris\tTaxes et frais compris\tTaxes et frais compris\tTaxes et frais compris Réservez en ligne ou contactez votre agent de voyages.flyporter.com * Réservation avant 23 h 59 ie 16 juiiiet 2012.Voyagez avant ie 14 décembre 2012.Le rabais s\u2019appiique au tarif de base sans frais ni taxes.Description détaiiiée des tarifs pour tous ies itinéraires sur fiyporter.com.Les tarifs annoncés peuvent ne pas être disponibies pendant toute ia période de voyage.Porter peut exiger un achat à i\u2019avance dans certains marchés.Tarifs aiier simpie en ciasse Fixe au départ de ia viiie.Les tarifs à destination de ia viiie peuvent être différents.Nouveiies réservations seuiement.Les tarifs inciuent ies taxes gouvernementaies et ies frais obiigatoires.Ces montants peuvent aiier jusqu'à 150 $ par aiier simpie seion ia destination.Les taxes étrangères fluctuent seion ie taux de change en vigueur.Les frais pour des services optionneis, teis que ies changements d\u2019itinéraire, ies bagages suppiémentaires, ia préséiection de siège ou d\u2019autres demandes spéciaies, peuvent s\u2019ajouter au montant totai.Tarifs non remboursabies.ii est possibie de changer d\u2019itinéraire moyennant des frais aiiant jusqu\u2019à 200 $ par personne et par trajet, pius toute différence de tarif.Les tarifs sont fonction de ia disponibiiité.Certaines conditions (inciuant des frais de 20 $ pour i\u2019enregistrement d\u2019un deuxième bagage, et ies frais pour bagages excédentaires et/ou trop iourds) peuvent changer sans préavis et ne sont garanties qu\u2019à i\u2019émission du biiiet.Renseignez-vous auprès de Porter ou de votre agent de voyages.En cas de divergence entre ie tarif de nos annonces et ie tarif affiché sur notre site internet au moment de ia réservation, ce dernier prévaudra. A 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET UN TOIT POUR SE Des histoires interactives Chargé de documenter le projet Chez soi, l\u2019Office national du film a retenu la forme interactive pour raconter ses histoires.Des courts-métrages s\u2019ajouteront jusqu\u2019à la fin de l\u2019expérience.Voici quelques-uns des personnages retenus çar les réalisateurs.À retenir: chezsoi.onf.ca w .\t__\t7,\t, t ij.C-\".\" ¦- ¦\u2022- - Valère - Montréal À la loterie du projet de recherche, Valère Rioux, la cinquantaine, a perdu.«Tas une chance sur deux d\u2019être choisi.Moi, j\u2019ai pas été choisi», raconte-t-il à la caméra de la réalisatrice Sarah Fortin.Psychiatrisé, atteint du VIH, il vit maintenant dans une chambre à la Maison du Père.Le film l\u2019a ému.«Il m\u2019a dit, c\u2019est comme mon testament», confie Sarah Fortin.Pour elle, pointer un individu dans un projet aussi vaste, «ça éclaire l\u2019ensemble».¦r.tS'\"''-\t' f ONF Lise-\u201d Lise souffre de schizophrénie.Elle se sentait menacée dans son appartement.Un jour, elle est partie sans savoir où aller.Quand Chez soi est entré dans sa vie, inquiète, elle ne voulait pas retourner en logement.Peu importe : l\u2019équipe lui a trouvé une maison mobile où elle se sent en sécurité et libre de peindre, sa passion.«Je sens que j\u2019ai vraiment ma propre place», dit-elle à la réalisatrice Louiselle Noël.ONF Mark - Toronto Où aller à la fin du projet?La question taraude Mark Wroblewski, qui a bien essayé de se débrouiller pendant des années.Quand on lui a proposé un appartement, il n\u2019y croyait pas.Aujourd\u2019hui, il craint de le perdre en mars 2013.L\u2019itinérance est en augmentation dans ia métropoie et ie projet Chez soi combie un besoin.Avec un logis vient l\u2019espoir Malgré des résultats encourageants, les responsables du projet Chez soi demeurent prudents JACQUES NADEAU LE DEVOIR AMELIE DAOUST-BOISVERT Non seulement 80% des participants du projet Chez soi occupent toujours leur logement, mais les premières données indiquent que l\u2019intervention s\u2019autofinance.Le phercheur responsable du volet montréalais, Eric Latimer, se fait prudent.« Je suis sceptique.Je ne crois pas qu\u2019à la fin le portrait sera aussi rose que ça», explique l\u2019économiste de la santé et professeur à l\u2019Université McGill.Chose certaine, dit-il, «au bout du compte, on ne dépensera pas beaucoup et ça aura des effets très positifs sur une population marginalisée».En comparaison, les sans-abri du groupe témoin, qu\u2019on rencontre aussi tous les trois mois mais qui doivent continuer à se débrouiller avec les services offerts dans la communauté, passent moins de 15% de leurs nuits dans un logement.Tout le projet a été conçu de manière à pouvoir en évaluer rigoureusement les retombées, tant en termes de bienfaits pour les participants eux-mêmes que de coûts pour la société, voire d\u2019économies.C\u2019est que l\u2019itinérance a un coût II y a ceux qui se retrouvent sans cesse à l\u2019hôpital: 975dollars par nuit Qu en prison: 163dollars par nuit Le coût des démêlés avec la justice.Celui des refuges aussi.En comparaison, une nuit en appartement où le participant paie 30% de son revenu en loyer, le reste étant assumé par le projet, coûte 49$.Cette somme comprend le loyer, mais aussi le salaire des différents intervenants, la location des locaux, les frais de fonctionnement.Pour la directrice du projet à Montréal, Sonia Côté, il est clair que c\u2019est en remettant les choix de chacun au centre des décisions qu\u2019on obtient du succès.«C\u2019est fonctionner à l\u2019envers du système actuel», observe-t-elle.Elle rejette l\u2019approche «traditionnelle»: «D\u2019habitude, nous, les professionnels, on fait le profil de la personne, son diagnostic, on écrit des rapports, puis on décide de ce qui serait bien pour elle.Là, on efface tout et on lui demande: qu\u2019est-ce que tu souhaites ?» «Il y a cficore beaucoup de scepticisme à Montréal», dit Çric Latimer.Mais les recherches menées aux Etats-Unis montrent que ça fonctionne à peu près 80% du temps, avance-t-il.«Il y a des villes où ils ont pu fermer des campements de fortune!», ajoute-t-il.L\u2019approche «housing first» ou «logement d\u2019abord», par opposition au «traitement d\u2019abord», a émergé à New York dans les années 1990, et quelques projets de recherche l\u2019ont scrutée depuis, dans différentes villes américaines.Les cohortes suivies sont parfois minces, et l\u2019étude canadienne sera la plus imposante jamais menée, avec ses 1000 participants.La psychiatre Marie-Carmen Plante n\u2019a pas hésité une seconde avant de sauter à pieds joints dans l\u2019aventure.Celle qui travaille depuis plus de 20 ans avec les itinérants raconte que malgré certains efforts, «on tournait en rond.La clientèle «La clientèle augmentait, elle était de plus en plus difficile, consommait de plus en plus.Voilà enfin un espoir, même si la solution parfaite n\u2019existe pas.» augmentait, elle était de plus en plus difficile, consommait de plus en plus.Voilà enfin un espoir, même si la solution parfaite n\u2019existe pas».Elle demande du temps pour apprécier les résultats.«Il faudrait faire des miracles en six mois, un an ?C\u2019est impossible.Il faut s\u2019approprier le modèle.On peut sentir de la pression pour donner des résultats de recherche probants, mais chaque participant a son rythme naturel», avance-t-elle.Est-il justifié d\u2019implanter des projets «logement d\u2019abord» un peu partout aux Etats-Unis, et maintenant au Canada et même en Europe, où des villes comme Marseille et Lille souhaitent s\u2019inspirer de l\u2019expérience montréalaise ?Exagère-t-on la portée de l\u2019approche?s\u2019est demandé le chercheur à l\u2019University of Alabama Stefan Kertesz.En partie, répond-il en 2009 dans une publication des National Institutes of Health américains, après avoir analysé les différents résultats de recherche obtenus depuis la nais- sance du courant.Selon lui, les résultats disponibles devraient être utilisés avec prudence avant qu\u2019on ne vante l\u2019approche aux gouvernements comme «la solution» à la crise de l\u2019itinérance.«Les données sont insuffisantes pour identifier la solution d\u2019hébergement et de réhabilitation optimale» pour les personnes souffrant d\u2019une maladie mentale en situation d\u2019itinérance, surtout si des problèmes de drogue ou d\u2019alcool s\u2019ajoutent au portrait, selon M.Kertesz.Pour éviter un «désenchantement» en implantant l\u2019approche dans des milieux différents de ceux où elle a d\u2019abord été testée \u2014 New York, Seattle, par exemple \u2014, il faut d\u2019autres recherches, ajoute-t-il.Avec son ampleur inégalée et sa rigueur, le projet de recherche canadien viendra justement répondre à ce besoin dans des milieux très différents : Montréal n\u2019est pas Moncton qui n\u2019est pas Toronto.Quelles réalités différentes en émergeront ?Ici, le projet, qui est fédéral, a été accueilli parfois froidement par des personnes et organismes travaillant avec les itinérants depuis de nombreuses années.Certains voient d\u2019un mauvais œil qu\u2019on subventionne des logements privés et non pas communautaires.D\u2019autres s\u2019inquiètent du sort des participants à la fin du projet, ou encore de ceux qui ont été assignés au groupe témoin.«On n\u2019a rien sans risque», estime Sonia Côté.« Ce qui serait dommage, dit-elle, c\u2019est de repartir chacun chez soi en se disant que c\u2019était un beau projet et de continuer à fonctionner comme avant.» «Ce n\u2019est pas la solution pour tout le monde, dit pour sa part Catherine Hume, directrice nationale du projef mais ça répond aux besoins d\u2019une population à qui on n\u2019avait rien à offrir avant.Des gens avec des problèmes chroniques qui peuvent enfin avoir un peu d\u2019espoir.Le logement leur donne l\u2019espace pour recommencer à rêver.» Le Devoir Abat-jour Illimités LAMPSHADES Obtenez 15% de rabais ! Présentez ce coupon au moment d'un achat ou d'une commande d'un abat-jour au prix régulier.Nul autre rabais ne pourra être consenti.(Valide du 14 juillet au 13 octobre 2012) \u2022\tPlus de 5,000 abat-jour en magasin.\u2022\tLe plus grand choix au Canada.\u2022\tService de recouvrement sur mesure.\u2022\tApportez votre pied de lampe pour un ajustement parfait.4875, Jean-Talon Ouest, Montréal (près de Décarie) (514)344-8555 | 1(866)747-8555 | www.abatjourillimites.ca Membre O.P.Q.et R.C.P.O.S.S.Psychologue clinicienne Adultes \u2022 Couples 25 ANS d\u2019expérience 514*861 *0630 Vieux-Montréal 22 DIMANCHE 15 JUILLET 2012 A 7 SORTIR DE LA RUE D\u2019autres options pour se loger en ces temps de pénurie AMELIE DAOUST- BOISVERT La liste d\u2019attente pour un HLM fait 20 895 ménages à Montréal, selon le plus récent relevé de l\u2019Office municipal d\u2019habitation de Montréal.De deux à trois mille logements seulement se libèrent chaque année.Dire que l\u2019attente est parfois longue relève de l\u2019euphémisme.Un système de points complexe détermine l\u2019ordre de priorité.L\u2019option HLM n\u2019est pas toujours indiquée pour mettre fin à l\u2019itinérance.Encore faut-il avoir ses cartes d\u2019identité.« C\u2019est inquiétant que le fédéral n\u2019investisse pas dans le logement social», affirme Marjolaine Despars, porte-parole du Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM).Disséminées dans la ville, il existe également des maisons de chambres, supervisées ou non, communautaires ou privées, qui peuvent accueillir des itinérants désireux de mettre fin à l\u2019errance.Au centre-ville de Montréal, Richard habite dans ce genre d\u2019installation.L\u2019organisme Chambre Clerc loue 41 chambres dans trois bâtiments différents.Dans la Un projet novateur Un projet de recherche-action fédéral piloté par la Commission de la santé mentale du Canada Durée : novembre 2009 à mars 2013 5 sites : Montréal, Toronto, Vancouver, Winnipeg et Moncton Budget: 110 millions de dollars, dont 800000 pour le projet de l\u2019Office national du film Participants : 1030 personnes «Tout ce qui se construit, c\u2019est du condo de luxe.C\u2019est eux, les itinérants, qui étaient au centre-ville en premier.» maison qu\u2019il habite depuis 9 ans, Richard, par exemple, peut compter sur la présence d\u2019intervenants et dispose d\u2019une chambre meublée avec le câble pour environ 350$ par mois.La directrice de l\u2019endroit, Isabelle Leduc, explique que les locataires doivent faire preuve d\u2019un minimum d\u2019autonomie pour que l\u2019hébergement soit un succès.On ne les oblige pas à arrêter de consommer ou à voir un psychiatre.« On est vu comme un endroit où les gens peuvent arriver moins prêts», explique M\u201c® Leduc, mais parfois, les futurs locataires sont trop désorganisés.« On garde leur nom.» Mais la maison n\u2019a pas accueilli de nouveaux locataires depuis un an, faute de places.Isabelle Leduc raconte avoir dû renoncer à une importante subvention, car elle était incapable de trouver un site pour une nouvelle maison ou un terrain à acquérir.«Tout ce qui se construit, c\u2019est du condo de luxe.C\u2019est eux, les itinérants, qui étaient au centre-ville en premier, et on les chasse», soupire-t-elle.Elle souhaite maintenant voir se concrétiser l\u2019ouverture de 32 studios supervisés f , \u2022 .r U.\t\u2022 V*- \u2019\tXV\u2019VvVÿWJ-K'V -r-U logées, autant dans le groupe témoin qui eux reçoivent les services existants dans leur communauté 70% des participants sont des hommes 90% ont au moins une maladie physique chronique 82% vivaient dans la rue et 18% dans les refuges avant le début du projet En février 2012, 72% des participants logés occupaient toujours leur logement yi -rï\u2019 ¦¦ JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le volet montréalais 180 personnes dans le groupe témoin 284 participants de 23 à 75 ans ont été recrutés pour le logement: 231 sont toujours logés 11\tsont morts 3\tn\u2019ont jamais accepté un logement 2 ont quitté le projet 4\tsont en prison 5\tsont introuvables 12\tdoivent être relogés 16 sont actuellement hors de Montréal, hospitalisés ou injoignables pour diverses raisons Avant d\u2019être logés: 33% souffraient de dépression clinique 47% souffraient de troubles psychotiques 11% avaient des troubles de manie/hypomanie 62 % avaient une dépendance aux drogues ou à l\u2019alcool L\u2019appréhension de mars 2013 Depuis quelques semaines, Jessica Sotto, de l\u2019organisme Diogène, observe que l\u2019anxiété des participants a monté d\u2019un cran: ils voient poindre la fin du projet, en mars 2013, avec appréhension.Pourront-ils rester dans leur logement?Garder leur intervenant, avec qui des liens se sont tissés?Impossible de savoir si le financement sera reconduit.Proactive, la psychiatre du projet, la D\"^® Marie-Carmen Plante, a com- mencé à préparer les dossiers pour les transférer aux différents centres hospitaliers des quartiers où vivent les participants.« On ne laissera personne entre deux chaises!», assure-t-elle.Les intervenants ont aussi aidé les participants qui le souhaitent à remplir des demandes pour obtenir qui un logement communautaire, qui une place dans un HLM, selon leurs désirs et leurs besoins.A JACQUES NADEAU LE DEVOIR Richard et Maurice sont tous deux logés par Uorganisme Chambre Clerc, au centre-ville de Montréal.à prix modique dans un ancien couvent, en périphérie du centre-ville.Selon elle, la formule «chambres communautaires» prévient l\u2019isolement.«Et l\u2019isolement ramène souvent à la rue», estime Isabelle Leduc.Le problème de l\u2019itinérance étend ses tentacules bien au-delà du centre-ville.Dans Ho-chelaga-Maisonneuve, le Car- refour d\u2019alimentation et de partage (CAP) Saint-Barnabé inaugurera à l\u2019automne, si tout va bien, une maison de 14 chambres à prix modique pour femmes.Le CAP administre déjà une maison de chambre pour hommes et une autre pour des personnes atteintes de troubles de santé mentale.Et souhaite aussi transformer une église en refuge avec douches et un répit pour les prostituées du quartier.Mais pour que l\u2019atmosphère dans les maisons de chambres reste saine, «ça prend des gens assez autonomes», idéalement sobres, explique la directrice du CAP Jeannelle Bouffard.Le Devoir Le Château Montebello GOLF ET SOUPER\tVcncz VOUS amuscr, manger, 119$ vmiç cimiirrpr on çpionrnprî Une ronde de golf avec voiturette, après 13 h, 7 jours sur 7, et le souper -menu Seigneurie ou barbecue extérieur.Par personne, taxes et service en sus.UNE NOUVEAUTÉ CETTE ANNÉE Le petit déjeuner est maintenant servi au pavillon de golf de 7 h à 11 h 30.£k> D CLiBTIRTE Q VOUS amarrer ou séjourner Pour une escapade d\u2019une journée ou un plus long séjour, mettez le cap sur notre château historique en rondins.Notre terrain de golf de 18 trous vous déroule son tapis vert.Nos chefs préparent le brunch du dimanche et s\u2019affairent à notre barbecue extérieur en soirée.Notre marina 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RÉSERVATIONS ET RENSEIGNEMENTS 819 423 6341 ou fairmont.com/fr/montebello SDC Pignons RUE St-Denis tv ^ te Lu t 1^' \u2022¦V lE ,\u2014^ Luv ili.L-l- ^ .L Lus - ¦J J -ioy b/d r Laj2|j^^^|tion artistique disponibie à ^-st-denis.ca Alternatives CONSTRUIRE ENSEMBLE un monde différent Pour nous appuyer : www.alternatives.ca 514.982.6606 www.rue-st-denis.ca A 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 JUILLET 2012 ACTUALITES ITINÉRANCE SUITE DE LA PAGE 1 pas de son appartement, il discute avec son intervenant, Philippe, de son saut en parachute du vendredi précédent.11 caresse maintenant le rêve d\u2019expérimenter le deltaplane.« Là, on ne tombe pas, on vole ! » lance-t-il, excité.C\u2019est dans un tout autre contexte, à la Mission Old Brewery, qu\u2019Alain et Philippe se sont rencontrés pour la première fois.Trois semaines avant qu\u2019Alain signe son bail pour un logement qu\u2019il occupe toujours.«La dernière fois qu\u2019on s\u2019est vus, tu étais dans un creux », avance Philippe.«Là, je suis sur un high, je consomme moins, je plane dans mes sandales.» Alain concède que « des fois, le petit côté rebelle est encore là.Je me renfrogne chez nous.Ça n\u2019aide pas pour la consommation de boisson.» Alain a ses hauts et ses bas.Entre les problèmes d\u2019alcool ou d\u2019humeur, il tangue entre l\u2019idée de vivre au jour le jour et celle de fomenter des projets d\u2019avenir.Mais l\u2019avenir, il arrive enfin à l\u2019entrevoir.« Je commence à avoir du fun à 50 ans.» dit-il, souriant.11 aura été près de trois ans sans adresse.Un jour, au milieu de cette errance, une automobile le percute.11 perd un bras.Rien ne va plus.« Quand tu te fais mettre dehors de la Maison du Père, c\u2019est parce que ça va vraiment mal ! » se rappelle-t-il.Puis il y eut ce logement grâce au projet Chez soi, le suivi avec Philippe, de petites indemnités de la société de l\u2019assurance automobile du Québec.« Si ce n\u2019était de l\u2019appartement, je l\u2019aurais bu, cet argent-là.Mais j\u2019ai un logement.Maudit que je suis chanceux ! » En quittant Alain, dans le métro, entre deux rendez-vous, Philippe mange rapidement sa collation.Les intervenants voient trois ou quatre participants par jour.«Il ne faut pas penser que tous tes cas vont être réglés en deux, trois ans, dit-il.Oui, des fois, ils ne font pas grand-chose.Mais pour moi, c\u2019est une réussite.Ils sont tellement moins souffrants psychologiquement.Parfois, c\u2019est long.» 11 parle d\u2019une participante qui commence tout juste à tenir une conversation normalement.Sur ses 14 participants, un ne lui répond plus \u2014 l\u2019équipe tente de rétablir le contact.Mais 80 % vont plutôt bien, estime-t-il.« Le logement, ça apporte une stabilité, mais c\u2019est comme des chaussures neuves : ça fait mal au début », illustre sa supérieure, Jessica Sotto.Tous deux travaillent pour l\u2019organisme communautaire Diogène, à qui on a confié le mandat de superviser la moitié des participants du groupe de suivi « modéré ».L\u2019autre moitié a été confiée à un centre de santé et de services sociaux (CSSS), histoire de comparer les deux approches.Plus tard, attablé dans un autre café, Philippe attend son deuxième rendez-vous du jour.Pina-lement, personne ne se présente.L\u2019été, l\u2019attrait de la rue et des vieux chums se fait sentir.« Ils se sentent à l\u2019étroit dans leur appartement », croit la psychiatre du projet, la Marie-Car- men Plante.Selon Alain, « certains sont encore dans la rue, dans leur tête ».L\u2019univers du suivi intensif Alain est dans le groupe de suivi « modéré ».Par opposition au groupe du suivi « intensif », il est assez fonctionnel pour rencontrer son intervenant une seule fois par semaine.11 peut trouver une oreille attentive à la ligne téléphonique d\u2019urgence 12 heures par jour et reçoit ses services médicaux dans le système de santé normal.Avec l\u2019équipe du suivi intensif, on entre dans une autre dimension.De garde 24 heures sur 24, l\u2019équipe compte des intervenants, des infirmières et une psychiatre.On visite certains participants six jours sur sept.« On va leur porter leurs médicaments, parler aux voisins, pour les plus difficiles.La psychiatre se déplace.On va les voir en prison s\u2019il le faut », explique l\u2019intervenant Clément Savignac dans les locaux de Chez soi au centre-ville.Dans leur grand local, un immense tableau avec les noms de leurs 80 participants.En vert, ceux qui sont disparus de la carte.Un s\u2019est trouvé un coloc en banlieue, un autre est peut-être pilleurs au Canada.«Etre DJ.Devenir millionnaire.Retourner à l\u2019école.Voyager.Retrouver ma fille.Avoir une maison dans les arbres.Avoir une blonde.» En violet, près de chaque nom, les intervenants ont noté les rêves des participants, histoire de ne jamais les perdre de vue.Certains se sont réalisés.Un homme a effectivement dû se trouver un logement plus grand.car il a repris la garde de sa fille.« On marche à l\u2019espoir, résume Clément.Quand tout le monde les lâche, nous, on y croit encore.» Le rythme de travail et la lorudeur du défi rendent la tâche particulièrement difficile pour l\u2019équipe du suivi intensif qui a dû au début essuyer plusieurs démissions.Depuis un an, le personnel s\u2019est stabilisé.« C\u2019est la charge de travail la plus élevée que j\u2019aie vécue, avoue Clément.Mais je ne pourrais pas faire autre chose.» Les professionnels qui gravitent dans le projet ont des dizaines d\u2019histoires de petits et grands succès à raconter.«L\u2019homme sous l\u2019arbre » dont on ignorait l\u2019identité pendant des mois, qui habite tou-joius le premier logement qu\u2019on lui a attribué.Cet autre que l\u2019hôpital, habitué de le voir à l\u2019rugence une journée sur deux, croyait mort alors qu\u2019il a simplement un toit sru la tête.Une femme qui enseigne la peinture aux autres participants.11 y a aussi ceux pour qui l\u2019histoire s\u2019est mal terminée.Onze sont morts depuis le début du projet à Montréal.Davantage à Vancouver, oû la drogue fait des ravages.Le plus tristement connu, Earshad Mohammadi, 34 ans, a été abattu par les policiers dans le métro de Montréal en janvier dernier.11 venait de quitter un logement du projet Chez soi, expulsé par un propriétaire à qui il devait de l\u2019argent.Mais on lui en avait trouvé un autre, qu\u2019il devait visiter sous peu.Pour l\u2019équipe, devoir déménager n\u2019est pas synonyme d\u2019échec : parce que, dit la directrice du volet montréalais, Sonia Côté, on recommence jusqu\u2019à ce qu\u2019on trouve « le bon match ».Le Devoir SUICIDE SUITE DE LA PAGE 1 divise de nombreux Canadiens.» En effef la députée bloquiste Erancine Lalonde avait déposé le projet de loi C-384 poru légaliser l\u2019aide au suicide pour les personnes en phase terminale atteintes d\u2019une maladie entraînant des dou-leius physiques ou mentales aiguës sans perspective de soulagement.C-384 avait été défait à 228 voix contre 59.Le caucus bloquiste avait voté poru le projet de loi, à l\u2019exception de Gérard Asselin, de même que quelques libéraux, néodémocrates et les ministres conservateurs (aujorud\u2019hui défaits) Lawrence Caimon et Josée Verner.Au NPD, on se désole de la décision du ministre.On aurait préféré que le gouvernement profite de cette décision du premier tribunal pour lancer une vaste consultation des Canadiens sur l\u2019enjeu plus large des soins et des besoins en fin de vie.« On ne devrait pas avoir une approche de tout ou rien par rapport à cet enjeu, indique la députée Megan Leslie.Il y a beaucoup de choses qu\u2019on peut faire au niveau législatif pour encadrer non seulement le suicide assisté, mais la fin de vie et les besoins en fin de vie.» Au Québec Au Québec, le son de cloche sur la fin de vie a été différent.En mars dernier, la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité a rendu publics son rapport et ses 24 recommandations unanimes.Constat : il faut améliorer les soins palliatifs, mais il faut aussi, dans des cas très spécifiques, permettre à des adultes aptes, atteints de maladie incurable et dont les souffrances ne peuvent être apaisées, d\u2019obtenir de l\u2019aide pour mourir.Le mois dernier, la Cour suprême de Colombie-Britannique a donné raison à Gloria Taylor, une dame atteinte de la maladie de Lou-Gehrig qui réclamait le droit d\u2019obtenir de l\u2019aide pour moruir au moment et à la manière de son choix.La juge donnait au Parlement un an pour revoir les règles.C\u2019est cette décision qu\u2019Qttawa porte en appel devant la Cour d\u2019appel de la Colombie-Britannique.11 serait ensuite possible de s\u2019adresser à la Cour suprême, ce qui signifie une décision définitive dans plusierus années.Le bureau du ministre n\u2019a pas été en mesure hier de dire si le droit au suicide assisté consacré par le jugement de première instance était maintenu le temps que l\u2019appel soit entendu.Au Bloc québécois, on ne s\u2019étonne pas de la décision du ministre Nicholson, mais on s\u2019en désole également.« Le ministre devrait réglementer le suicide assisté plutôt que de se rendre jusqu\u2019en Cour suprême », soutient la députée Maria Mou-rani.N\u2019est-il pas sage, cependant, de se rendre jusqu\u2019au plus haut tribunal du pays poru avoir un point de vue sur la question ?M\"\"® Mourani estime que le Parlement « doit arrêter de se cacher derrière les tribunaux.On est élu pour cela ».Selon M\"\"® Mourani, la différence de point de vue entre Qttawa et le Québec constitue une preuve que le Code criminel devrait être de compétence provinciale plutôt que fédérale, de manière à permettre au Québec d\u2019exprimer sa différence sur cette question morale.La Coalition poru la prévention de l\u2019euthanasie s\u2019est réjouie de la décision d\u2019Qttawa hier.Le directeur du groupe, Alex Schadenberg, estime que le suicide assisté constitue une pente glissante sur laquelle il ne faut pas s\u2019aventurer.De la même manière que le suicide n\u2019est pas considéré comme une option valable pour les per-soimes déprimées, il ne devrait pas l\u2019être davantage pour les malades.« Si quelqu\u2019un est déprimé, vit des problèmes et veut s\u2019enlever la vie, est-ce que la société dit : \u201c Oui, vas-y \u201d ?Non, la société tente de protéger ces gens.» Lui aussi suggère que cette question ne se poserait pas si les soins de fin de vie étaient améliorés.Le Devoir PUNK SUITE DE LA PAGE 1 n\u2019est plus là et elle a même arrêté de manger depuis plus d\u2019une semaine.L\u2019histoire est digne de la Russie d\u2019avant la Perestroïka.D\u2019ailleurs, le dernier artiste à avoir été emprisonné dans la Eédération de Russie est Leonid Lamms, en 1984.Que se passe-t-il donc, au pays de Vladimir Poutine, pour que trois jeunes performeuses, mères de famille, soient placées en détention provisoire depuis le début du mois de mars ?Tout débute le 21 février dernier.Le groupe de musique féministe et écologiste Pussy Riot entre dans la cathédrale moscovite Christ-Sauveur.Vêtues de petites robes colorées et cagou-lées, les jeunes filles dans la vingtaine investissent l\u2019autel le temps d\u2019une prière irrévérencieuse oû, filmées, elles entonnent un « Vierge Marie, devient féministe, délivre-nous de Pqutine ! » L\u2019action vise aussi le patriarche de l\u2019Église orthodoxe russe, Kirill, et déclenche l\u2019ire des dignitaires religieux.Quinze jours et plusieurs milliers de vision-nements de leur performance sur YouTube plus tard, les autorités répliquent.Nadejda To-lokonnikova (la mère de Géra), Maria Alekhina et Ekaterina Samoutsevitch sont arrêtées et placées en détention préventive pour « vandalisme en bande organisée », encourant ainsi sept ans de réclusion et la perte de leurs droits parentaux.Les Pussy Riot n\u2019en étaient pourtant pas à leur première action depuis la formation du groupe en 2011.Elles ont multiplié les « flash-mobs » dans les stations de métro, sur le toit des bus, à la place Rouge, etc.Comprenez, Vladimir Poudne vient tout juste d\u2019être élu.pour la troisième fois.«Avant, il était tout de même possible de faire sortir des activistes de prison.Avec l\u2019emprisonnement des Pussy Riot, un signal a clairement été envoyé à tous les citoyens pour dire que la répression a véritablement commencé », explique au Devoir Denis Polopov, jeune peintre réfugié politique aux Pays-Bas.« La Russie, en particulier sous Poutine, a tendance à devenir de plus en plus autoritaire et les tribunaux sont utilisés pour réduire au silence et emprisonner les nombreux opposants à l\u2019élite dirigeante », estime pour sa part Kyle Matthews, chercheur principal en droit de la personne à l\u2019Université Concordia.Même au tribunal Taganski de Moscou, rien ne se déroule comme il se doit.Des accusations ont été déposées jeudi dernier seulement contre les Pussy Riot et la Prokuratoura a décidé de ne consacrer que cinq jours à l\u2019examen du dossier.Jugeant ce délai trop court, les trois filles ont entamé une grève de la faim.« Leur cause prouve que le système de justice en Russie est une farce : ils détiennent les gens sans procès pendant cinq mois, ils rejettent toutes les preuves fournies par la défense, ainsi que deux expertises attestant que les filles n\u2019ont pas commis d\u2019infraction, alors qu\u2019ils acceptent une tierce partie qui se base sur des textes médiévaux se référant à l\u2019interdiction d\u2019orgies dionysiaques, païennes et hellénistiques ! » nous écrit Anna Zobnina de l\u2019Institut méditerranéen d\u2019études de genre, basé à Chypre.La féministe d\u2019origine russe qui anime en partie freepussyriot.org dénonce aussi le faux espoir donné samedi dernier par un appel anonyme au mari de Tolokonnikova et à son avocat, laissant croire à l\u2019éventuelle remise en liberté des filles.Lundi, le verdict de la cour est tombé sans surprise : l\u2019emprisonnement est prolongé jusqu\u2019au 20 juillet.En foi de quoi ?11 n\u2019y a pas que la politique et la justice qui font la singularité de cette histoire, car, il faut le rappeler, des milliers d\u2019activistes russes ont été arrêtés depuis le tournant du siècle, et en- \\msm I ALEXANDER NEMENOV AGENCE ERANCE-PRESSE Nadejda Tolokonnikova montre ses poignets menottés iors d\u2019une audition à ia cour.core plus depuis le 6 mai dernier [Marche des millions].Le renouveau religieux, en cours depuis la chute du régime soviétique en 1991, n\u2019y est pas étranger.« Ces jeunes filles, poussées par la haine religieuse, ont crié des slogans hostiles, insultants pour les croyants.Elles ont rabaissé les fondements de l\u2019Eglise russe orthodoxe de façon blasphématoire », résume la Prokuratoura après l\u2019audience des Pussy Riot.Toute l\u2019affaire suscite pn débat sans précédent sur les liens entre l\u2019Église et le pouvoir en Russie, oû l\u2019orthodoxie est pratiquement devenue une religion d\u2019État.Roman Zaytsev, un ancien prêtre du Patriarcat de Moscou qui soutient ardemment les arrêtées, nous entretient même de « fanatisme religieux », en référence l\u2019enseignement orthodoxe obligatoire à partir de septembre dans toutes les écoles de la fédération et la volonté d\u2019imposer un code vestimentaire conforme aux valeurs religieuses par l\u2019archi-prêtre Tchapeline en 2011.Pour Qlga Kokorina, militante au sein de l\u2019Union des électeurs russes et partisans de la démocratie en Russie (UERE) en Prance, « le terme \u201cEglise orthodoxe russe \u201d est utilisé pour parler de l\u2019institution et non de la religion [car elle est] proche des pouvoirs, elle a son lobby, son poids dans le système bureaucratique ».Les scandales financiers entourant le patriarche Kirill qui ont éclaté récemment donnent un aperçu de cette proximité, d\u2019ailleurs dénoncée par les Pussy Riot.Leur maintien en détention n\u2019est donc pas étranger à leurs positions envers les élites religieuses \u2014 Kirill exige de sévères sanctions contre ces « blasphématrices » \u2014, même si «personne parmi les chrétiens pratiquants à qui j\u2019ai parlé ne souhaite leur détention ou une punition sévère », mentionne Gueorgui Chepelev, aussi membre de rUERE.De la place Tahrir à la place Rouge Profondément divisée devant l\u2019arbitraire qui perdure dans cette cause, la société civile russe a quand même décidé de réagir.Le 27 juin dernier, plus de 100 artistes russes connus ont appelé, dans une lettre ouverte, à libérer les Pussy Riot.Même des partisans de Poutine, dont l\u2019actrice Tchoulpan Khamatova {Good bye, Lenin J), étaient de ceux qui ne voient « aucune Les trois Pussy Riot arrêtées Nadejda Tolokonnikova est étudiante de 5® année à la Paculté de philosophie de l\u2019Université de Moscou, mariée à l\u2019artiste Piotr Verzilov.La fille de Nadejda et Piotr, Géra, a quatre ans au moment de l\u2019arrestation.Les deux conjoints sont d\u2019ex-membres du groupe Voina.Maria Alekhina est étudiante de V année à rinsdtut du journalisme et de la création littéraire, mère d\u2019un fils de cinq ans, Philippe.Elle a participé aux actions de Greenpeace pour la protection de la réserve naturelle d\u2019Qutrich.Ekaterina Samoutsevitch est une artiste, diplômée, de l\u2019Institut énergétique de Moscou et de l\u2019École de la photographie et des nouveaux médias de Rodchenko de Moscou.raison pratique au maintien à l\u2019écart de la société de ces jeunes femmes qui ne présentent au-cui^ danger ».À l\u2019étranger, des groupes de soutien à celles qui veulent « apporter la place Tahrir à Mos-cpu » se sont formés en Europe, en Israël et aux États-Unis.11 n\u2019y a pas que les affinités punk ou féministes qui contribuent à la médiatisation des Pussy Riot.Amnesty International a mis en ligne une pétition demandant la libération de ces «prisonnières d\u2019opinion ».Les avocats des jeunes femmes ont aussi décidé de porter plainte auprès de la Cour européenne des droits de l\u2019Homme à Strasbourg.Enfin, le Palais de Tokyo à Paris met en lumière le cas des Pussy Riot dans sa première exposition de la série « Alerte », qui veut « réagir au fil brûlant de l\u2019actualité, qu\u2019elle soit politique, économique ou émotionnelle ».Qn peut y voir, entre autres, la vidéo de la performance incriminable de jeunes femmes dansant et chantant devant un autel.En attendant de vous rendre à Paris, consultez la vidéo sur ledevoir.com.Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 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