Le devoir, 17 juillet 2012, Cahier A
[" Juillet 1942 : 13152 Juifs étaient arrêtés à Paris Page A 5 Centre Bell : une tour à condos sur la place du Centenaire Page B 1 www.ledevoir.corn LE DEVOIR Vol.C I I I N° 1 5 9 ?LE DEVOIR, LE MARDI 17 JUILLET 2012 1,09 $\t+ TAXES =\t1,2 5$ Damas en guerre Un tournant dans la révolte en Syrie La révolte contre le régime syrien a connu un tournant avec pour la première fois de violents combats hier entre Tarmée, appuyée par des blindés, et les rebelles à Damas, symbole du pouvoir du président Bachar al-Assad.Les rebelles ont affirmé contrôler deux quartiers, Midane et Tadamoun, dans le sud et Test de la capitale, mais TAFP n\u2019était pas en mesure de vérifier ces informations.Les combats se sont étendus à Khaled ben el-Walid, une grande artère qui relie Midane au centre de la capitale ainsi que dans les quartiers périphériques d\u2019Aasali (sud), Barzé (nord-est), Qaboun et Jobar (est), Kafar Soussé (ouest), Qadam, Nahr Aïché (sud), hostiles au régime.Alors que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a estimé que la Syrie était désormais en situation de guerre civile, des vidéos de militants ont montré de véritables batailles à Damas, avec des hommes en train de tirer des RPG derrière des sacs de sable.Sept personnes, dont six civils, ont péri dans les violences dans les quartiers de Midane, Tadamoun et Aiché, selon l\u2019Observatoire syrien des droits de l\u2019Homme (O SDH).«L\u2019armée n\u2019est plus présente dans les quartiers de Tadamoun et de Midane.Elle bombarde de l\u2019extérieur», a affirmé Ahmad al-Khatib, porte-parole du conseil militaire de l\u2019Armée syrienne libre (ASL) pour la région de Damas.«Plusieurs zones de ces quartiers sont des ruelles étroites, ce qui fait que c\u2019est difficile pour l\u2019armée d\u2019entrer», a-t-il expliqué, soulignant que le régime était désormais «sur la défensive».La capitale était jusqu\u2019à présent ultra sécurisée et contrôlée principalement par la quatrième division du premier corps d\u2019armée çlirigée par Maher al-Assad, le frère du chef de l\u2019Etat.L\u2019ASL, composée notamment de déserteurs, est faiblement équipée face à la puissance de feu de l\u2019armée régulière, mais est plus mobile et bénéficie de l\u2019aide d\u2019une partie de la population.«Midane est sous le contrôle de l\u2019ASL.C\u2019est le début de la fin», a affirmé un autre militant à Tadamoun qui se fait appeler Jacob Hussein.« Midane est sous le contrôle de TArmée syrienne libre.C\u2019est le début de la fin.» VOIR PAGE A 8 : SYRIE Aujourd\u2019hui -vip» Japon > Manifestation monstre contre le nucléaire à Tokyo.Un autre réacteur doit être remis en service dans la centrale d\u2019Ohi.Page A 4 Radiologie > Les médecins québécois pour un régime public réclament une couverture publique complète de l\u2019imagerie médicale.Page A 3 Économie > Une Europe sans la Grande-Bretagne?James Cameron pourrait être forcé à accepter ce choix.Page B1 7\t.\u2014.\t- ____ w Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku.B5 B4 A4 A4 B4 B6 Un nouveau venu spectaculaire au Québec m.MAXIM LARRIVEE Un grand porte-queue photographié l\u2019an dernier dans le comté de Prince Edward, près du lac Ontario, où l\u2019espèce est établie depuis 2007.La taille de ce papillon peut atteindre 15 centimètres.Le réchauffement du climat a fait migrer le grand porte-queue JESSICA NADEAU Une toute nouvelle espèce de papillons, le plus grand d\u2019Amérique du Nord \u2014 commence à s\u2019implanter au Québec, ont découvert les spécialistes du Jardin botanique de Montréal.Cette progression nordique de Taire de répartition du «grand porte-queue» serait directement liée aux changements climatiques, pré- cise l\u2019expert qui en a fait la découverte.Maxim Larrivée attendait ce moment depuis longtemps.Depuis des années, l\u2019expert en entomologie du Jardin botanique de Montréal suit la progression du papillon grand porte-queue, une espèce spectaculaire en raison de sa taille qui peut atteindre 15 centimètres.VOIR PAGE A 8 : PAPILLON Campagne électorale Dominic Champagne candidat ?En tant que « libéral indépendant », le metteur en scène affronterait Raymond Bachand dans Outremont GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Sa réflexion n\u2019est pas terminée, mais elle est «sérieuse» : l\u2019auteur et metteur en scène Dominic Champagne songe à se présenter aux prochaines élections comme «libéral indépendant» dans la circonscription d\u2019Outremont, actuellement détenue par le ministre des Finances, Raymond Bachand.Joint hier après-midi au milieu de sa «saison d\u2019écriture», M.Champagne a confirmé au Devoir une rumeur faisant état de son intérêt à en découdre avec Tun des poids lourds du gouvernement \u2014 et un de ses derniers piliers, après les départs annoncés ou récents de Michelle Courchesne, Monique Gagnon-Tremblay, Line Beauchamp et Nathalie Normandeau.«Je réfléchis très sérieusement depuis un certain temps à me présenter dans Outremont, et à le faire comme libéral indépendant», a indiqué M.Champagne.«Je sais que fai une certaine crédibilité à cause de mon franc-parler ou de mon travail de libre-penseur et que f aurais une écoute différente des autres candidats.» Libéral indépendant: l\u2019étiquette surprend.Celui qui se décrit comme un «électron libre» sur le plan politique et se dit de «centre gauche» explique qu\u2019il se reconnaît «dans les libéraux qu\u2019ont été René Lévesque, Paul Gérin-Lajoie ou Georges-Émile Lapalme, les libéraux de la Révolution tranquille et du Maîtres chez nous.Ce sont des gens qui ont voulu un jour en finir avec le duplessisme et qui se sont mis au service de l\u2019intérêt public.Alors qu\u2019aujourd\u2019hui, fai bien davantage l\u2019impression que les libéraux sont au service d\u2019intérêts précis.» Tout en précisant «ne pas être membre ou dissident du Parti libéral», Dominic Champagne soutient que «beaucoup de libéraux ne se reconnaissent plus» dans un parti «aujourd\u2019hui dirigé par un conservateur».«Il faut enlever des votes aux libéraux de Jean Charest et donner une voix à des libéraux comme M.Gérin-Lajoie», dit M.Champagne.qui pense que le château fort VOIR PAGE A 8 : CHAMPAGNE Lire aussi > Au PLQ, il ne reste plus qu\u2019à attendre le signal du départ.Page A 3 Le metteur en scène Dominic Champagne Est du Québec Les tribulations d\u2019un village résolu à survivre Après avoir failli être rayé de la carte dans les années 1960, Padoue fêtera son centenaire le 27 juillet CAROLINE MONTPETIT Le village de Padoue, dans la vallée de la Matapédia, c\u2019est une poignée de maisons regroupées autour d\u2019une grosse église.Une petite épicerie, un bar, Een-train, à vendre.Un gîte.Une école primaire qui, avec ses 18 élèves, est toujours menacée.«Jusqu\u2019à 16 enfants, la commission scolaire tolère que l\u2019école reste ouverte», dit le maire du village Gilles Laflamme.Mais si la tendance se maintienL l\u2019école ne recevra bientôt que 12 élèves.Et les perspectives d\u2019avenir pour de nouveaux arrivants au village sont rares.VOIR PAGE A 8 : VILLAGE mj-M GINO CARON 77831302830029 A 2 LE DEVOIR LE MARDI 17 JUILLET 2012 ACTUALITES MEURTRE DE NANCY MICHAUD L\u2019appel de Francis Proulx est rejeté JÉRÔME LABBÉ La Cour d\u2019appel a rejeté, hier à Québec, la requête en appel de Francis Prouk, l\u2019assassin de Nancy Michaud, attachée politique du défunt ministre libéral Claude Béchard.L\u2019homme de Rivière-Ouelle, dans le Bas-Saint-Laurent, a été reconnu coupable de meurtre prémédité en 2009.11 voulait contester en Cour d\u2019appel le verdict de responsabilité criminelle rendu contre lui et demandait un nouveau procès.Or, les trois juges de la Cour d\u2019appel ont rejeté la totalité des neuf points de droit soulevés par son avocat, Christian Gauthier.La défense faisait notamment valoir que Francis Proulx n\u2019avait pas bénéficié d\u2019un procès juste et équitable parce que son expert-psychiatre, Louis Morissette, avait admis avoir menti au tribunal alors qu\u2019il était sous serment, ce qui aurait pu influencer négativement le jury.Or, la Cour d\u2019appel considère que le juge de première instance «a compris rapidement le caractère délicat de la situation» et souligne que celui-ci a «rappelé aux jurés qu\u2019ils pouvaient accepter le témoignage de l\u2019expert en totalité».Le Morissette a plus tard été accusé de parjure et d\u2019entrave à la justice, mais a finalement été acquitté.La défense soutenait également que le jury aurait dû être mieux informé des conséquences d\u2019une déclaration de non-responsabilité pour cause de troubles mentaux et que, le cas échéant, Proulx ne serait pas «dans le chemin le lendemain matin».La Cour d\u2019appel répond: « On ne peut pas présumer que le jury ignorait les conséquences d\u2019un verdict de non-responsabilité criminelle.Au contraire, le D\u2019\u2019 Morissette [.] a clairement expliqué lors de son interrogatoire et aussi lors de son contre-interrogatoire [.] que les personnes visées n\u2019étaient pas remises en liberté».En première instance, la défense avait soutenu que c\u2019est la prise du médicament Effexor, un antidépresseur, qui avait poussé Francis Proulx à enlever et tuer sa victime le 15 mai 2008.Nancy Michaud, âgée de 36 ans, était mère de deux enfants.Sa mort brutale avait soulevé une importante vague de sympathie.Pour son crime, Proulx purge actuellement une peine d\u2019emprisonnement à perpétuité.En théorie, la défense pourrait encore en appeler du jugement devant la Cour suprême du Canada.La Presse eanadienne FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR La rue du Laos a été nommée ainsi en 1989, à ia demande de ia Coopérative d\u2019habitation Santisouk.Mme Anouray Khammao en est ia cofondatrice et actueiie vice-présidente, tandis que Leck Savejvong est ie président de ia coopérative.Un lieu, un nom À l\u2019ombre des carmélites, un avant-goût du Laos On passe devant, on roule dessus, on s\u2019y rend tous les jours : ces places, ces rues, ces villages ont des noms parfois charmants qui cachent une histoire souvent insoupçonnée.Tout l\u2019été, nous partons à la découverte non pas des lieux, mais de leur toponyme.LUDOVIC LANGLOIS-THÉRIEN En traversant le Plateau Mont-Royal vers le nord par l\u2019avenue Henri-Julien, le voyageur en quête d\u2019exotisme croisera surtout des rues à résonance québécoise, jusqu\u2019à parvenir à l\u2019anachronique monastère des carmélites, qui semble tout droit surgi de Nouvelle-France.Puis, immédiatement après, la patience du voyageur en quête d\u2019exotisme sera enfin récompensée alors qu\u2019il tombera sur la rue du Laos, petit tronçon reliant Henri-Julien à Saint-Denis.Coincée entre l\u2019enceinte en pierre taillée des carmélites et les rails du Canadian Pacific, la rue du Laos témoigne de la nouvelle modernité québécoise, déliée à la fois de son passé catholique et de l\u2019industrialisme britannique.La rue du Laos a été nommée ainsi en 1989, à la demande de la Coopérative d\u2019habitation Santisouk, « bonheur», en laotien, qui occupe la majeure partie de la rue.La rue du I^os n\u2019était qu\u2019une ruelle anonyme jusqu\u2019à ce qu\u2019un groupe d\u2019immigrants laotiens décide d\u2019y ouvrir une coopérative d\u2019habitation au milieu des années 1980.«En fait, [le terrain] était un ancien cimetière de voitures, c\u2019était vraiment mal famé», racontent M\u201c® Anouray Khammao, cofondatrice et actuelle vice-présidente de la coopérative, et M.Leck Savejvong, président de la coopérative.Grande femme aux traits forts, M\u201c® Khammao transpire la puissance tranquille de ces matriarches qui sont le pilier de leur communauté.L\u2019objectif des fondateurs de la coopérative était de créer un espace d\u2019accueil destiné principalement aux familles laotiennes nouvellement arrivées.«Quand on est arrivés en 1979, c\u2019était difficile, le changement de langue, de culture», explique M\u201c® Khammao.Elle précise aussitôt d\u2019un ton nerveux : « On ne voulait pas créer un ghetto, mais un endroit où les familles se sentiraient en sécurité et qui faciliterait l\u2019intégration.» M\u201c® Khammao porte d\u2019ailleurs fièrement son nom de jeune fille, signe d\u2019une qué-bécitude affranchie, et parle un français impeccable.Un petit coin de pays Iæ I^os est un pays qui longe le Vietnam, du Cambodge au sud jusqu\u2019à la Chine au nord, accoté sur la Thaïlande et la Birmanie à l\u2019ouest.Ancienne colonie française de 1893 à 1953, le pays connut plus de 30 ans de guerre civile avant de voir le parti communiste prendre le pouvoir en 1975.Dans les années qui suivirent, plusieurs sympathisants de l\u2019ancien régime furent envoyés dans des camps de concentration.Une grande partie de l\u2019élite décida alors de fuir vers l\u2019Occidenjt, notamment en France, aux États-Unis et au Canada.M\u201c® Khammao et M.Savejvong ont le regard de ceux qui ont beaucoup vécu.« On a demandé le changement de nom pour avoir notre petit coin de pays ici», avance M.Savejvong.Jusqu\u2019au début des années 1990, il n\u2019était pas possible pour les immigrants de re- tourner visiter le Laos.Le pays était complètement fermé au reste du monde.«C\u2019était d\u2019abord pour les enfants, pour qu\u2019ils sachent qu\u2019ils ont une origine», continue M.Savejvong.«Et c\u2019est le maire Doré qui nous l\u2019a octroyé!» ajoute fièrement M\u201c® Khammao.Le terrain de la coopérative s\u2019appuie directement sur le mur nord du monastère des carmélites.Si l\u2019enceinte escarpée du monastère évoque la tranquillité spirituelle, la cour de la coopérative laisse deviner une vie communautaire pétillante.Des enfants s\u2019amusent en courant le long de framboisiers, quelques vieillards discutent et une femme s\u2019affaire à réparer la table du jardin.Bien que la coopérative accueille encore majoritairement des familles issues du Laos et des pays environnants, elle suit de pyès l\u2019évolution du quartier.A l\u2019époque de la désignation de la rue du Laos, le corridor longeant la voie ferrée était carrément désaffecté.«Ça fait 25 ans que la coopérative existe, le quartier a tellement changé», indique M\u201c® Khammao.Aujourd\u2019hui, alors que ce secteur du Plateau Mont-Royal est de plus en plus prisé, M\u201c® Khammao entrevoit la possibilité d\u2019accueillir des familles québécoises: «Les enfants des immigrants travaillent et s\u2019achètent leur propre logement; la coopérative va changer, c\u2019est sûr.» Quand bien même la population immi^ante délaisserait la coopérative, la rue du Laos sera toujours là pour faire rêver le voyageur qui souhaite vivre son petit bonheur en laotien au beau milieu de Montréal.Le Devoir NOUVEAU ! LE DEVOIR EN CLASSE Un programme destiné aux professeurs qui souhaitent utiliser les médias comme outil pédagogique.Préparez dès maintenant la prochaine session d'enseignement.Des abonnements de groupes sont disponibles.Aussi à l'adresse suivante : www.ledevoir.comAe-devoir-en-classe Pour plus d'information, contactez-nous à l'adresse courriel suivante : internet-ecole@ledevoir.com Un programme réalisé en partenariat avec la société Les amis du Devoir Affaire Magnotta : les parents de Jun Lin se confient à la CBC Les parents de Jun Lin, cet étudiant chinois victime d\u2019un meurtre sordide survenu en mai à Montréal, se sont adressés pour une première fois aux médias dans l\u2019espoir de faire connaître un peu mieux leur fils, dans une entrevue exclusive à la CBC accordée vendredi dernier.Dans une entrevue de près de deux heures, dont de larges extraits ont été diffusés hier soir au téléjournal de 22 h de la CBC, les Lin lancent un appel à l\u2019aide pour leur permettre de rester dans la métropole jusqu\u2019au procès du présumé assassin de leur fils, Luka Rocco Ma^otta.La famille modeste était hébergée jusqu\u2019à tout récemment dans un hôtel montréalais, mais elle n\u2019a plus les moyens de s\u2019offrir cet hébergement.L\u2019entretien avec les parents de Jun Lin, accordé au lendemain de la crémation du jeune homme, le 13 juillet, est ponctué de pleurs et démontre l\u2019incompréhension du couple face à la mort brutale de leur fils.Ils mentionnent qu\u2019aucun mot ne peut exprimer leur profonde douleur.Tous deux fondaient beaucoup d\u2019espoirs sur Jun Lin, qui s\u2019était établi à Montréal l\u2019été dernier pour étudier le génie informatique à l\u2019université Concordia.Ils ont loué son intelligence et sa bonté, affirmant qu\u2019ils croyaient que leur enfant deviendrait quelqu\u2019un d\u2019utile à la société.Iæ jeune homme leur avait assuré à son arrivée au pays qu\u2019il ne courait aucun risque, leur répétant qu\u2019il était en sécurité à Montréal et donnant des coups de fil régulièrement.Ses parents ont commencé à s\u2019inquiéter lorsque le téléphone est demeuré muet pendant deux ou trois jours, avant de recevoir un appel d\u2019une nièce leur annonçant la tragédie.La mère de Jim lin mentionne que le plus pénible pour elle est de savoir que plusieurs personnes ont visionné la vidéo de l\u2019assassinat C\u2019est un peu comme si son fils mourait chaque fois, dit-elle.Elle soutient également ne pas croire que leur entant était homosexuel et affirme ignorer pourquoi il s\u2019est rendu dans l\u2019appartement de Côte-des-Neiges de Luka Rocco Magnotta.Pour le père de Jun Lin, U est évident que ce sont des motifs racistes qui auraient poussé le suspect sa mère estimant quant à elle, que c\u2019est sa trop grande bonté qui a causé sa perte.Luka Rocco Magnotta, âgé de 29 ans, est sous le coup de plusieurs chefs d\u2019accusation, dont celui de meurtre prémédité en lien avec l\u2019assassinat et le démembrement de Jun Lin.11 a plaidé non coupable à tous les chefs d\u2019accusation portés contre lui et doit comparaître en cour en mars pour l\u2019audience préliminaire.La Presse eanadienne D\u2019autres hôtels se dotent d\u2019un mandat de grève LIA LEVESQUE \\ Ace jour, les syndiqués de quatre hôtels se sont dotés d\u2019un mandat de journées de grève de 24 heures, afin d\u2019accroître la pression pour en arriver à un renouvellement des conventions collectives dans le secteur de l\u2019hôtellerie.La CSN, qui mène une négociation coordonnée dans l\u2019hôtellerie, a fait savoir, hier, que de tels mandats de grève avaient été obtenus au Châtequ Carder à Gatineau, au Reine-Élizabeth à Montréal, au Quality Hotel sur l\u2019avenue du Parc à Montréal et à l\u2019hôtel Maritime à Montréal.Iæ mandat proposé est d\u2019exercer des moyens de pression pouvant aller jusqu\u2019à la tenue de deux journées de grève de 24 heures, au moment opportun.Sept autres assemblées générales de syndiqués d\u2019hôtels sont prévues cette semaine, notamment dans des hôtels de Pointe-Claire, du centre-ville de Montréal et de Laval.La CSN représente les sjmdi-qués de 35 hôtels à Montréal, Québec, en Qutaouais, en Estrie et en Montérégie, mais les conventions collectives sont échues pour seulement une vingtaine d\u2019entre eux.Les points en litige portent notamment sur la rémunération, la protection des emplois et le régime de retraite.Iæ syndicat souhaite obtenir une hausse de salaire de 5 % pour chacune des trois années de la convention collective.11 veut aussi augmenter la contribution de l\u2019employeur au régime de retraite.11 dent également à limiter le travail effectué par des cadres, afin de maintenir des emplois.De son côté, l\u2019Associadon des hôteliers du Québec a déjà affirmé que ses membres avaient besoin d\u2019obtenir davantage de flexibilité dans les conventions collectives, afin de rester viables et concurrentiels.L\u2019associadon, qui représente 600 hôtels au Québec, affirme que la crise étudiante et sociale qui a sévi ce printemps a eu des répercussions négatives sur l\u2019achalandage des hôtels et l\u2019image du Québec comme des-dnadon.La Presse eanadienne Les intentions de l\u2019informatenr de WikiLeaks débattnes Fort Meade \u2014 La défense de Bradley Manning, informateur présumé du site WikiLeaks, va tenter cette semaine de convaincre la juge militaire que l\u2019accusa-don se doit de prouver qu\u2019il avait l\u2019intention de fournir des informations à al-Qaïda lorsqu\u2019il a transmis des documents au site Internet.Les audiences préliminaires ont repris hier sur la base de Fort Meade, au Maryland, pour cinq jours.11 est accusé d\u2019avoir transmis à WikiLeaks, entre novembre 2009 et mai 2010, des documents américains sur les guerres en Irak et en AIghanistan, et 260000 çlé-pêches du département d\u2019État L\u2019organisation créée par Julian Assange les avait ensuite mis en ligne, déclenchant une tempête dans la diplomatie mondiale.Iæs procureurs soutiennent qu\u2019il suffisait que Manning sache qu\u2019al-Qaïda pourrait avoir accès aux informations sensibles diffusées par WikiLeaks pour constituer l\u2019infracdon.Les avocats du soldat estiment de leur côté que c\u2019est au gouvernement de démontrer que leur client «a intentionnellement et en connaissance de cause fourni les renseignements à l\u2019ennemi».Ancien analyste du renseignement en Irak, M.Manning, 24 ans, a été accusé fin février de «collusion avec l\u2019ennemi», la plus grave des 22 accusations qui lui vaut d\u2019encourir la réclusion criminelle à perpétuité.Agenee Franee-Presse Un avion de ligne intercepté Toronto\u2014Deux chasseurs canadiens ont intercepté un avion d\u2019un transporteur aérien commercial près de Québec, hier, alors que l\u2019appareil, qui se déplaçaitversToronto, ne répondait pas aux appels de communication radio.IjCS avions de combats sont intervenus en vertu du Commandement de la défense aérospatiale de l\u2019Amérique du Nord (NQRAD), interceptant l\u2019appareil aux environs de 13h50.Iæ NQRAD afait savoir que les chasseurs avaient pu aider le Boeing 767-300 à rétablir la communication radio avec la tour de contrôle de circulation aérienne.L\u2019avion a ensuite poursuivi sa route jusqu\u2019à destination sans plus d\u2019incidents.Un porte-parole du NQRAD a précisé que l\u2019avion avait quitté Paris pour Toronto avec 303 passagers à son bord.La Presse eanadienne LE DEVOIR, LE MARDI 17 JUILLET 2012 A 3 ACTUALITES «On a une loi qui fait de nous la risée d\u2019à peu près tous les gouvernements démocratiques du globe» JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le président de la Fédération des travailleurs du Québec, Michel Arsenault La FTQ adresse déjà ses demandes aux partis La centrale n\u2019a pas encore décidé si elle prendra ou non position pour une formation LIA LÉVESQUE Alors que les indices d\u2019élections estivales deviennent de plus en plus évidents, la FTQ demande déjà aux partis politiques de se prononcer sur ses priorités.Habituellement, la centrale syndicale convoque la presse après le déclenchement d\u2019une campagne électorale, pour présenter ses priorités et ses demandes aux partis politiques.Or, cette «plateforme» des revendications de la FTQ est déjà apparue sur le site Web de la centrale, et ce, sous forme d\u2019origami, c\u2019est-à-dire de montage de papier à plier.En entrevue hier, le président de la FTQ, Michel Arsenault, a dit avoir trouvé la suggestion de fabriquer un origami avec les revendications de la centrale «fort originale» et propre à susciter des commentaires, ce que la centrale voulait justement faire avec ses positions.La plus grande centrale syndicale du Québec sollicite ainsi l\u2019opinion des partis politiques sur les quatre thèmes de sa plateforme, à savoir l\u2019avenir des régimes de retraite, les droits du travail, l\u2019activité économique et les services publics.Entre autres, la ETQ revient à la charge avec sa demande de rendre plus généreux le Régime des rentes du Québec, en haussant légèrement les cotisations, afin d\u2019assurer à tous une retraite décente.«L\u2019argent ne pousse pas dans les arbres.Si on veut regarder plus loin que son nez et une longueur ou deux d\u2019avance, et si on est vraiment préoccupé par la jeunesse d\u2019aujourd\u2019hui qui, un jour, va être à sa retraite, il faut prendre le taureau par les cornes», plaide M.Arsenault.La centrale demande également aux partis de s\u2019engager à moderniser les dispositions du Code du travail contre le recours aux travailleurs de remplacement, c\u2019est-à-dire la loi antibriseurs de grève.Lorsque la loi a été adoptée, les ordinateurs portables et l\u2019Internet n\u2019existaient pas, ce qui fait qu\u2019aujourd\u2019hui «on peut briser une grève à partir de la maison chez nous», se plaint M.Arsenault.La FTQ veut aussi que le dialogue soit restauré entre employeurs et s^dicats dans le domaine de la construction.La loi qui a aboli le placement de main-d\u2019œuvre par les sjmdicats dans la construction a eu pour effet d\u2019interdire ce dialogue, soutient M.Arsenault.«Ça va être impossible pour le monde de la construction d\u2019opérer sans référence de la main-d\u2019œuvre par les syndicats.On a une loi qui fait de nous la risée d\u2019à peu près tous les gouvernements démocratiques du globe.Je vous mets au défi de trouver ailleurs une loi qui dit, entre autres, qu\u2019un employeur et un syndicat qui se parlent vont être mis à l\u2019amende.L\u2019essence même, la base des relations de travail, c\u2019est le dialogue entre les syndicats et les employeurs», proteste M.Arsenaulfi qui veut entendre les engagements des partis à ce sujet.En matière de services publics, la ETQ demande entre autres l\u2019abolition de la contribution santé et un débat sur le financement de l\u2019éducation.Côté activité économique, elle souhaite que soient favorisées la deuxième et la troisième transformation des ressources naturelles, afin de créer davantage d\u2019emplois au Québec.La ETQ n\u2019a pas encore décidé si elle prendra ou non position pour un parti politique lors du prochain scrutin.Dans le passé, à l\u2019échelon provincial, elle a déjà appuyé le Parti québécois, mais elle s\u2019est aussi déjà abstenue d\u2019appuyer un parti.C\u2019est un conseil général spécial, constitué de 250 représentants des syndicats affiliés à la ETQ, qui en décidera, lorsque les élections auront été officiellement déclenchées.«Dès qu\u2019une élection va être annoncée, moi fai l\u2019obligation, en vertu des statuts de la FTQ, de convoquer un conseil général spécial, et là on va voir ce qu\u2019on va faire.On a quelques opportunités : on peut donner notre appui à un parti politique, on peut également promouvoir le vote stratégique, c\u2019est-à-dire aller dans chaque comté parler aux différents candidats et leur demander ce qu\u2019ils pensent de notre plateforme et quels sont leurs engagements», a résumé M.Arsenault.La ETQ compte plus de 600000 membres.La Presse eanadienne Les 125 candidats du PLQ sont choisis Michelle Courchesne et Monique Gagnon-Tremblay quittent la vie politique JOCELYNE RICHER à Québec Au Parti libéral du Québec (PLQ), il ne reste plus qu\u2019à attendre le signal du départ : les 125 candidats sont choisis et prêts à mener la bataille électorale, qui devrait débuter le T'^ août, selon toute vraisemblance, pour un scrutin le mardi 4 septembre.«Moi, je me suis fait élire un 4 septembre», a rappelé le premier ministre Jean Charest, au cours d\u2019un point de presse, hier, à Sherbrooke, en faisant référence à sa première élection au palier fédéral en 1984.11 n\u2019a pas cherché durant ce point de presse à faire baisser la fièvre électorale.Selon les informations obtenues hier par La Presse canadienne, les noms de Michelle Courchesne et Monique Gagnon-Tremblay seraient les derniers à figurer sur la liste des ministres ayant choisi de quitter la vie politique.La ministre de l\u2019Education, qui représente Labre, a annoncé son retrait de la vie politique, hier, et la ministre des Relations internationales, députée de Saint-Erançois, doit l\u2019annoncer officiellement dans les prochains jours.Leur successeur a déjà été désigné dans leur circonscription respective.M.Charest a rendu hommage à ses deux ministres.De M\u201c® Courchesne, égratignée au cours des derniers mois par deux rapports dévastateurs du vérificateur général, M.Charest a dit que c\u2019était «une des meilleures ministres du gouvernement depuis 2003».De M\u201c® Gagnon-Tremblay, il a dit que c\u2019était une amie personnelle qui va laisser «des poli- tiques durables, que ce soit à la condition féminine, à l\u2019immigration ou encore au Conseil du trésor».Elle avait joué un rôle déterminant, en 1998, pour aider à assurer à M.Charest une transition en douceur de la scène fédérale et du Parti conservateur à la tête du PLQ.Dans le camp libéral, parmi ceux qui avaient fait l\u2019objet de rumeurs, le président de l\u2019Assemblée nationale, Jacques Chagnon (West-mount-Saint-Louis), et la ministre de l\u2019Emploi, Julie Boulet (Laviolette), ont décidé de rester et de tenter leur chance à nouveau.Les libéraux gardent dans leur manche quelques candidats vedettes à annoncer en temps et lieu.Parmi eux, l\u2019ex-députée libérale fédérale d\u2019Ahunt-sic, Eleni Bakopanos, doit se présenter dans Crémazie, le fief de Lisette La-pointe, qui va tirer sa révérence (voir autre texte en page 1).Le cœur de cette circonscription montréalaise multiethnique balance entre le PQ et le PLQ depuis des décennies.11 s\u2019agira sûrement d\u2019une des luttes à surveiller le soir du scrutin.Au total, en incluant le ministre délégué aux Transports, Norman MacMillan, quatre ministres auront décidé de quitter le navire libéral au terme du présent troisième mandat.Le prochain conseil des ministres aura lieu le mercredi T\u2019\u2019 août et le premier ministre Jean Charest pourrait saisir cette occasion pour lancer un appel au peuple.S\u2019il fait ce choix, cela pourrait avoir des conséquences sur la tenue du congrès-jeunes du parti, qui doit avoir lieu Au total, quatre ministres auront décidé de quitter le navire libéral du 10 au 12 août à Victoriaville.Les coûts liés à l\u2019organisation du congrès devraient alors être comptabilisés comme dépenses électorales.Au parti, en cas de déclenchement précipité d\u2019élections, on songe déjà à un plan B visant à écourter le congrès à un seul jour au lieu d\u2019un wepk-end complet.À moins d\u2019imprévu, on ne note que trois départs dans les rangs libéraux: Johanne Gon-thier, Mégantic-Compton, Vincent Auclair, Vi-mont, et Daniel Bernard, Rouyn-No-randa-Témiscamingue.Dès que le premier ministre donnera le signal du déparfi la machine se mettra en branle : la date du 30 juillet a été fixée pour la location des locaux des candidats et le retour de vacances du pei;sonnel des cabinets de ministres.À la permanence du parti, on ne veut surtout pas répéter le scénario de 2007, alors que le premier ministre Charest avait déclenché les hostilités sans que la machine soit vraiment bien huilée, avec pour résultat l\u2019élection d\u2019un gouvernement minoritaire.Cette fois, on soutient qu\u2019on ne se fera pas prendre: les photos des candidats sont prises, les pancartes faites, les autobus réservés, les stratégies concoctées, les campagnes de publicité prêtes à diffuser, les slogans trouvés, sans compter la multiplication d\u2019annonces à faire en régions.11 ne manque plus qu\u2019une chose : la décision finale du premier ministre.La Presse eanadienne CHARLES REXARBOGAST ASSOCIATED PRESS En moyenne, le Québec compte davantage de radiologistes et de technologues en radiologie par habitant que le reste du Canada.Pour la fin de la mixité en radiologie Les médecins québécois pour le régime public demandent une couverture publique complète de l\u2019imagerie médicale AMELIE DAOUST-BOISVERT Accusant la mixité public-privé en radiologie de créer les longues listes d\u2019attentes, les médecins québécois pour le régime public (MQRP) demandent une couverture publique complète de l\u2019imagerie médicale, que ce soit à l\u2019hôphal ou en clinique privée.Dans son rapport annuel adopté en mai, mais rendu public seulement cette semaine, MQRP utilise l\u2019exemple de la radiologie pour démontrer que la mixité en santé peut avoir des conséquences fâcheuses.Un certain nombre de médecins radiologistes pratiquent à l\u2019hôpital, oû ils sont payés par la RAMQ, et en clinique privée, oû les patients ou leurs assurances prennent souvent le relais.C\u2019est une des rares spécialités oû cette mixité est permise.Généralement, les médecins doivent choisir entre être payés par la RAMQ ou pratiquer exclusivement au privé.Cette mixité en radiologie «allonge les listes d\u2019attente au public, et nous en avons ici la preuve irréfutable», dit M® Cory Verbauwhede, avocat et secrétaire trésorier de MQRP, qui souligne que c\u2019est la mixité de la pratique « qui fait mal», et non pas la présence de cliniques privées exclusivement.Selon MQRP, cela «draine» le réseau public de son personnel, ses ressources matérielles et financières.Ainsi, même si le Québec peut compter sur suffisamment d\u2019appareils de radiologie et de personnel, selon eux, les longues listes d\u2019attente et l\u2019apparente Cette mixité en radiologie «allonge les listes d\u2019attente public, et nous en avons ici la preuve irréfutable» pénurie sont fabriquées de toutes pièces.Selon les données de l\u2019Institut canadien d\u2019information sur la santé (ICIS) utilisées par MQRP, on compte au Québec davantage d\u2019appareils de radiologie que la moyenne canadienne, privé et public inclus.Qn peut aussi compter sur plus de radiologistes et de technologues en radiologie par habitant.Pourtant, on fait «moins avec plus», disent les médecins.Alors qu\u2019on peut attendre jusqu\u2019à 23 semaines pour un examen à l\u2019hôpital, la clinique privée accueillera le patient le jour même ou le lendemain, dénoncent-ils.Ils écrivent que les radiologistes «investisseurs » qui exploitent des cliniques de radiologie privées «n\u2019ont pas intérêt à régler la question des listes d\u2019attente au public, puisqu\u2019ils y puisent directement leur clientèle».«L\u2019accès est donc de plus en plus déterminé non par Vindication ou l\u2019état de santé, mais bien par la capacité de payer du patient», déponce MQRP.au\tEtendre la pratique mixte à d\u2019autres secteurs, comme la gastro-entérologie ou l\u2019ophtalmologie, mène tout droit à la répétition de ce scénario, avertissent-ils.Advenant que Québec décide que les radiologistes doivent être payés exclusivement par la RAMQ ou quitter le système public, ces derniers devront «choisir leur camp» et «les ressources reviendront dans le giron public», selon M® Verbauwhede.«Ce sera beaucoup plus équitable».L\u2019Association des radiologistes du Québec n\u2019a pas souhaité réagir.Le Devoir La région de Montréal aura quatre nouvelles circonscriptions Le redécoupage électoral sera soumis à des audiences publiques JESSICA NADEAU C> est finalement la grande région de Montréal qui sort gagnante du redécoupage de la carte électorale fédérale annoncée par le gouvernement Harper en octobre dernier.La métropole et ses couronnes sud et nord obtiennent les trois nouvelles circonscriptions qui avaient été promises au Québec, en plus d\u2019hériter d\u2019une circonscription de l\u2019est du Québec qui y sera déménagée.Si la proposition de carte électorale est acceptée, ce sont donc quatre nouvelles circonscriptions qui verront le jour dans la grande région métropolitaine, a confirmé hier la Commission de délimitation des circonscriptions électorales pour le Québec : deux dans la couronne nord, une dans la couronne sud et une nouvelle sur l\u2019île de Montréal.«Les changements proposés représentent, selon nous, la nouvelle réalité du Québec, en accord avec le nouveau façonnement urbain axé sur la densification», précise la commission dans son communiqué de presse.«Aux termes de la Loi sur la révision des limites des circonscriptions électorales, le premier objectif de la commission dans la révision des limites consiste à partager la province en circonscriptions dont la population correspond dans la mesure du possible à la population moyenne.» Les communautés d\u2019intérêts, les spécificités et facteurs historiques et géographiques ont également été pris en compte.Personnalités commémorées Plusieurs circonscriptions seront renommées pour commémorer des personnalités.Ainsi, on verra notamment des circonscriptions Maurice-Richard (Montréal), Elzéar-Bernier (Bas-Saint-Lau-rent), Gilles-Villeneuve (Lanaudière), Louis-Eré-chette (Chaudière-Appalaches), Roger-Lemelin (Québec) et Idola-Saint-Jean (Montréal).Ces changements à la carte électorale et l\u2019ajout de 30 circonscriptions au pays ont été annoncés l\u2019automne dernier par le gouvernement Harper, qui tentait depuis longtemps déjà de faire passer la réforme pour mieux tenir compte de l\u2019augmentation de la population dans l\u2019Quest canadien et en Qntario.Dès les premières moutures du projet de loi, des critiques québécois s\u2019étaient opposés à la réforme parce que le Québec y était ignoré, ce qui diminuait son poids politique.Lors du dernier projet de loi C-20, l\u2019automne dernier, Québec a réussi à aller chercher trois sièges.Mais on ignorait, jusqu\u2019à l\u2019annonce d\u2019hier, oû elles seraient situées.Pour permettre à la population de s\u2019exprimer sur cette proposition, la Commission de délimitation des circonscriptions électorales fédérales pour le Québec tiendra des audiences publiques cet automne.La commission parcourra 18 villes du Québec, de Gaspé à Thetford-Mines en passant par Montréal, Laval, Saint-Jérôme, Valley-field et Gatineau.Les audiences publiques débuteront le 5 septembre à Saguenay et prendront fin à Sept-Iles le 6 novembre prochain.Les audiences sont ouvertes à tous.Ceux qui souhaitent faire part de leurs observations à l\u2019une de ces séances ont jusqu\u2019au 27 août pour faire parvenir un avis à la commission.Avec La Presse canadienne Le Devoir A 4 LE DEVOIR LE MARDI 17 JUILLET 2012 ACTUALITES ETATS-UNIS Feu vert au premier traitement préventif antisida JEAN-LOUIS SANTINI à Washington Ly agence américaine des médicaments ' (FDA) a approuvé hier la mise sur le marché de l\u2019antirétroviral Truvada, premier traitement de prévention contre le sida destiné aux personnes à risque qui devrait contribuer, selon les autorités, à réduire les nouvelles infections.Suivant une recommandation d\u2019un comité d\u2019experts, la FDA a approuvé cet antirétroviral du laboratoire américain Gilead Sciences, «afin de réduire le risque de transmission du virus du sida (VIH) à des sujets sains à haut risque d\u2019être contaminés», a précisé l\u2019agence dans un communiqué.Le Truvada, pris quotidiennement, est destiné «à être utilisé à titre prophylactique avant un contact avec le VIH [virus de l\u2019immunodéficience humaine], en combinaison avec des pratiques sexuelles sûres comme l\u2019usage de préservatijs et d\u2019autres mesures de prévention \u2014 dépistage régulier et traitement d\u2019autres maladies vénériennes \u2014 pour empêcher la transmission du virus chez des adultes à haut risque», a souligné l\u2019agence.Ce feu vert intervient juste avant la Conférence internationale sur le sida qui se tiendra à Washington du 22 au 27 juillet et dont le thème est: «Renverser la tendance de la pandémie» pour y mettre fin.«L\u2019approbation du Truvada marque une étape importante dans notre lutte contre le VIH, a déclaré Margaret Hamburg, directrice de la FDA.Chaque année, environ 50000 adultes et adolescents américains sont diagnostiqués d\u2019une infection par le VIH malgré la disponibilité de méthodes de prévention, de stratégies d\u2019éducation, de tests de dépistage et de soins pour les peponnes vivant avec le virus».L\u2019objectif aux Etats-Unis est «de réduire le nombre des nouvelles infections de 25 % d\u2019ici 2015», a indiqué lors d\u2019une conférence de presse la D\"^® Debra BirnkranL directrice de la division des produits antiviraux à la FDA.Le coût de ce traitement varie de 12 000 à 14 000 $ par an.Une décision «irresponsable» L\u2019efficacité préventive du Truvada a été mise en évidence par les résultats d\u2019un essai clinique mené avec 2499 hommes homosexuels séronégatifs de 2007 à 2009 dans sjx pays, dont le Brésil, l\u2019Afrique du Sud et les Etats-Unis.11 avait alors réduit de 44 % le risque d\u2019infection chez les participants qui utilisaient aussi un préservatif comparativement à ceux soumis à un placebo.Une autre étude clinique avec 4875 couples hétérosexuels sérodiscordants a montré une baisse du risque d\u2019infection jusqu\u2019à 75% chez les partenaires séronégatifs qui ont pris du Truvada comparativement au groupe témoin.Le responsable de l\u2019ONG AIDS Healthcare Foundation, Michael Weinstein, a jugé «irresponsable » la décision de la FDA, d\u2019autoriser le Truvada comme traitement préventif sans «obligation de test de dépistage» du VIH.Selon lui, cela «finira par faire régresser les efforts de prévention menés depuis plusieurs années».Agence France-Presse % A YOSHIKAZU TSUNO AGENCE ERANCE-PRESSE Quelque 200000 personnes ont pris part à la manifestation, un record dans un pays où les gens sont d\u2019ordinaire plutôt réservés.Manifestation monstre contre le nucléaire à Tokyo Malgré l\u2019opposition, le gouvernement japonais se prépare à redémarrer le second réacteur de la centrale d\u2019Ohi YURI KAGEYAMA à Tokyo Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées hier dans un parc de Tokyo, se joignant au prix Nobel 4e littérature 1994 Kenzaburo Oe et à la star japonaise Rjmi-chi Sakamoto pour demander l\u2019abandon du nucléaire.Cette manifestation s\u2019est tenue alors que le Japon se prépare à redémarrer un autre réacteur dans sa centrale d\u2019Ohi.Le premier ministre Yoshi-hiko Noda avait annoncé le 16 juin la décision du gouvernement de remettre en service deux réacteurs de la centrale d\u2019Ohi, affirmant qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une nécessité économique.Il avait invoqué les risques de pénurie de courant durant l\u2019été et ses répercussions sur l\u2019économie et la vie de la population.Avant le tsunami du 11 mars 2011 et l\u2019accident consécutif à la centrale de Fukushima, le plus grave depuis celui de Tchernobyl en 1986, le Japon comptait 50 réacteurs en service.Avant le juillet et le redémarrage d\u2019un premier réacteur à la centrale d\u2019Ohi, tous étaient à l\u2019arrêt pour contrôle de sécurité, entretien programmé ou mis hors service par la catastrophe.Le nucléaire, avant le tsunami de mars 2011, assurait environ 30% de la production d\u2019électricité au Japon.Selon les organisateurs de la manifestation, l\u2019événement a attiré 200 000 personnes dans le parc de Yoyogi, un record dans un pays où les gens sont d\u2019ordinaire plutôt réservés.Le réacteur doit être remis en service d\u2019ici la fin de la semaine.Environ 150000 habitants ont été évacués d\u2019une zone de 20 km autour de la centrale de Fukushima.La catastrophe a profondément divisé le Japon, qui était jusqu\u2019à présent à la fine pointe en matière de technologie nucléaire.«Nous voulons vivre un monde sans nucléaire pour nos enfants», a confié Takeshi Shinoda, un employé d\u2019hôpital accompagné de son fils de trois ans.Les organisateurs ont précisé avoir réuni 7,4 millions de signatures pour une pétition demandant une sortie progressive du nucléaire.Ryuichi Sakamoto a jugé ridicule de risquer la vie de la population pour de l\u2019électricité.«La vie est plus importante que l\u2019argent», a déclaré le musicien en japonais, avant d\u2019ajouter en anglais: «Garder le silence après Fukushima est barbare.» Associated Press MOTS CROISÉS 1\t23456789 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 HORIZONTALEMENT 1.\tInterprète - Habitant.2.\tPartie d'un ordinateur -Fruit.3.\tJoie collective - Vagues.4.\tEmpereur des Français.5.\tAppendice venimeux des scorpions -Champagne.6.\tMarque la surprise -Divisions du temps -Dévale une pente.7.\tDésert arabe - Qui s'oppose à - Argent.8.\tAssemble - Arme blanche.9.\tDonner des coups -Entremets glacé.10.\tPrénom masculin -Grogne.11.\tDésavoué - Derrière le tronc cérébral.12.\tPérimée - Bouille.VERTICALEMENT 1.\tÉtoffe - Unité monétaire de l'Afrique du Sud.2.\tAdverbe de lieu -Entente.3.\tDes jeux s'y déroulaient - Appréciés.4.Relative au nez -Nouveau.Égérie.Période géologique -Brutalement.À toi - Matière pesante - Fromage blanc.Flammes éternelles -Norme internationale.Plante d'Afrique -Interruption.10.\tAnimal domestique -Interprétation juive ésotérique et symbolique de la Bible.11.\tElément de voilier -Suret.12.\tTenté - Décapité.8 g 1011 12 DjQiDdBDiIl Pinirani Sept-lles 19/1 Baie-Comeau 17/1 Saguenay -20/12 Québec Trois-Rivières^^^^^ 30/16 Val d\u2019Or 22/9 rbrooke \"H Lever du soleil: 5h23 Coucher du soleil: 20h38 Montreal ©MeteoMedia 2012 Le Monde Londres Los Angeles Mexico New York Paris Tokyo Demain Auj.Nua 21/15 Demain Nua 20/15 25/18 28/16 27/17 26/13 25/12 26/17 21/15 27/20 20/15 16/12 34/27 22/16 31/27 20/16 21/11 33/23 24/17 30/26 23/16 36/20 24/17 24/14 Ce soir Demain Jeudi Vendredi 25/15 Ensoieiilé 18 Ciei variable.25/14 Passages nuageux 25/13 Ensoleillé.Demain 22/10 Générale ensoleillé Jeudi 20/11 Passages nuageux Canada Edmonton Moncton Saint-Jean Toronto Vancouver Winnipeg Montréal Aujourd-^i 31 Risque d^ifes violents, pdp 70%.Québec Aujourd-JiuL, Ce soir 2'\u2019 .! lOrages, l80%.Gatineau Aujourd'hui 33 Risque d' violents, p'dp 70%, Généralemên] dégagé Ce soir 17 Ciel varËHëT Demain 26/13' Généralert ensoleillé.Jeudi 25/13 EnsoleilJs.l Vendredjÿ^^ 24/12 Averses iSîées, pdp 40%.Vendredi 27/14 Ensoleilla Pour que le pique-nique ne tombe pas à l\u2019eau, accédez en tout temps à la météo.Téléchargez MétéoÉclair sur votre téléphone intelligent.Météo Média SOLUTION DU DERNIER #CHRONIQUEFD Pour un art urbain quifoisonne Fabien Deglise La question a résonné dans les couloirs des réseaux sociaux la semaine dernière : Pourquoi Montréal, ville créative qui a donné naissance à l\u2019artiste de rue Peter Gibson \u2014 Roadsworth pour les intimes \u2014 semble un terrain si peu propice à la prolifération de l\u2019art de rue, le street art, comme on dit du côté de Londres, Berlin, Paris, Barcelone, où ce genre d\u2019interventions artistiques en milieu urbain trouve un écho favorable ?Et bien sûr, cela en soulève une autre : Comment faire pour favoriser un renversement de situation et surtout faire foisonner avec intelligence et respect ce typ,e d\u2019art qui aime surprendre?Etonnant, mais souvent dérangeant, le street art, en transformant un passage piétonnier en empreinte de pied géant, en installant des fermetures éclairs sur des lignes jaunes, en détournant une fissure dans un mur pour en faire un fil de téléphérique dessiné sur ledit mur ou en transformant des escaliers publics en touches de piano multicolores, ne laisse jamais indifférent, hélas pas toujours pour les bonnes raisons.Geste créatif improbable, spontané qui trouve forcément sa cohérence hors des cadres, ces oeuvres éphémères, qui remettent en question la trame urbaine en en jouant, sont souvent perçues comme des actes de vandalisme condamnables, surtout dans les sociétés et villes vieillissantes où le conservatisme tend à s\u2019épanouir à la faveur de préoccupations sécuritaires.Peter Gibson a mis le phénomène en lumière en 2001 en se faisant arrêter puis juger par un tribunal municipal pour les oeuvres débordantes de poésie qu\u2019il avait semées un peu partout dans la ville.Sans autorisation, mais au grand bonheur des citadins qui ont la chance d\u2019y être exposés.Iæs adeptes du yarn bombing, l\u2019art par le tricot qui consiste à habiller de laine un abribus, un lampadaire, une statue., connaissent également la chanson, eux qui voient leur travail généralement retiré manu militari par des gardiens de sécurité, des cols bleus, des citadins psychorigides, à peine la dernière maille \u2014 à l\u2019endroit ou à l\u2019envers \u2014 posée.On est bien loin des années soixante, où la Place Ville-Marie à Montréal avait dû annuler une exposition de sculptures monumentales sur son parvis en raison de protestations de passants et de bien-pensants qui jugeaient les oeuvres trop peu figuratives.Mais finalement, tout ça en est encore très proche.Pourtant, dans d\u2019autres métropoles, l\u2019art urbain ne semble pas devoir composer avec les mêmes contraintes, comme en témoignent les nombreuses preuves photographiques qui s\u2019exposent chaque semaine sur les réseaux sociaux.De manière épidémique.Ici en dévoilant une paire de lunettes géante dessinée sur le sol s\u2019appuyant sur un lampadaire pour faire apparaître une de ses branches, là en transformant des caméras de sécurité en têtes d\u2019autruches, ou encore en donnant des expressions humaines à des boîtes électriques, des bornes d\u2019incendie, des vélos posés contre un mur, le tout par le dessin et surtout une ingéniosité narrative qu\u2019il est bon d\u2019exposer, aujourd\u2019hui, pour une métropole et ses habitants, surtout à la face du monde.Encadrer pour faire émerger l\u2019art urbain, l\u2019idée donne parfois de bons résultats et créé des festivals voués au street art, délimite des espaces à conquérir dans la ville ou encore fait apparaître des chaises géantes devant une entrée de métro.Mais c\u2019est surtout d\u2019une tolérance, d\u2019une ouverture sociale, d\u2019un environnement propice que cette forme 4\u2019art a besoin, ce qui, à Montréal, pourrait s\u2019incarner dans un répertoire public et participatif, de type blogue ou wiki, des lieux de la ville sur lesquels les artistes pourraient venir poser leur marque, avec l\u2019assentiment des propriétaires des lieux.C\u2019est une idée.L\u2019espace en ligne ne ferait que dresser la liste des bouts de murs aveugles, 4es fissures dans la chaussée, des arbres, des rambardes, des oeuvres monumentales au pied des sièges sociaux du centre-ville, des places publiques, des boîtes électriques pouvant servir de toile aux adeptes du street art.Autant sur la voie publique que privée.En s\u2019inscrivant là, le propriétaire des lieux \u2014 qui gagnerait à être la ville \u2014 accepterait de voir sa propriété agrémentée d\u2019une création d\u2019art urbain, sans pouvoir en décider de la forme, ni du fond, ni du moment où cela va se faire.L\u2019art urbain est surtout né pour surprendre, pas pour plaire.L\u2019artiste, lui, aurait l\u2019assurance de voir sa création respectée, à condition, toutefois, qu\u2019elle réponde à quelques critères fondamentaux: l\u2019œuvre devrait être éphémère, ne pas détruire la propriété, ne pas être porteuse d\u2019un message haineux et, sur-touL entrer en symbiose avec intelligence avec la trame urbaine, un peu comme ces billots de bois au bord d\u2019un chantier transformés en crayons de couleur géants ou ce faux-semblant faisant sortir une main, un arc-en-ciel ou un fossoyeur de sous la chaussée.Un répertoire de lieux à conquérir par Tart, qui pourrait remettre Montréal en position sur l\u2019échiquier international du street art, prouver par l\u2019exemple qu\u2019elle est créative efi qui saiti mettre un chandail de laine en hiver à la statue de Félix lœclerc dans le parc La Fontaine.Dans d\u2019autres métropoles, l\u2019art urbain ne semble pas devoir composer avec les mêmes contraintes Sur Twitter: ©FabienDeglise Le Devoir LE DEVOIR, LE MARDI 17 JUILLET 2012 A 5 LE MONDE La France commémore la rafle du Vel d\u2019Hiv Les 16 et 17 juillet 1942,13 162 Juifs étaient arrêtés dans la région parisienne VALENTIN BONTEMPS à Drancy Soixante-dk ans après la rafle du Vel d\u2019Hiv à Paris en juillet 1942 au cours de laquelle 13 152 Juifs avaient été arrêtés, un hommage aux victimes a été rendu hier à Drancy, l\u2019un des lieux de leur internement avant leur départ vers les camps de la mort.Cette cérémonie organisée à l\u2019emplacement de l\u2019ancien camp de Drancy, au nord de Paris, sera suivie dimanche à Paris par une célébration en présence du président français François Hollande, devant le monument à la mémoire des victimes érigé à l\u2019emplacement du Vel d\u2019Hiv, un ancien vélodrome où des milliers d\u2019entre eux avaient été parqués.Plusieurs centaines de personnes ont aussi participé à Jérusalem à une cérémonie au mémorial de la Shoah, Yad Vashem, organisée par Aloumim, l\u2019association israélienne des enfants cachés en France pendant la Shoah et la délégation israélienne de l\u2019association Fils et filles des déportés juifs de France.Les 16 et 17 juillet 1942, 13 152 Juifs étrangers réfugiés en France avaient été arrêtés à Paris et en banlieue par la police française, avant d\u2019être déportés vers des camps d\u2019extermination nazis, notamment Auschwitz.Parmi eux, 8160 personnes, dont 4115 enfants, avaient été enfermés durant quatre jours au Vélodrome d\u2019hiver.Les 4992 autres, couples sans enfants et célibataires, étaient entassés dans le camp de Drancy, une cité d\u2019habitations transformée en camp d\u2019internement et de transit vers les camps de la mort.Sur les 13 152 victimes de cette rafle seule une centaine ont survécu, dont aucun enfant.En 1995 le président Jacques Chirac avait rompu avec l\u2019histoire officielle attribuant la responsabilité de la rafle aux seules autorités d\u2019occupation en reconnaissant que l\u2019Etat français y avait apporté son concours.«Tirer les leçons de l\u2019Histoire» Le rabbin Moché Lewin, porte-parole du Grand Rabbin de France, a invité lundi chacun à participer au «devoir de mémoire», pour «transmettre les valeurs humanitaires 1.] de génération en génération».«Il faut le faire pour le salut de l\u2019humanité elle-même, pour ne pas laisser se développer à nouveau iiiMwiipiiiir\"'\" BERTRAND GUAY AGENCE ERANCE PRESSE Cérémonie organisée hier sur le site de l\u2019ancien camp de concentration de Drancy.l\u2019idéologie barbare», a-t-il insisté, devant plusieurs centaines de personnes, dont des anciens déportés et des représentants des religions juive, catholique, protestante et musulmane.Antichambre de la mort «Notre souffle d\u2019anciens survivants s\u2019essoufle lentement.Mais sachez que notre mémoire est votre héritage», a souligné Yvette Levy, ancienne déportée, lors d\u2019un discours devant le wagon témoin, semblable à ceux qui avaient servi de moyen de transport vers les camps.«À Drancy, ce fut l\u2019antichambre de la mort.Les conditions étaient abjectes et dantesques», a-t-elle témoigné, avant de rendre hommage «aux vies brisées» et «aux destins anéantis» parla «barbarie nazie».«Quand je suis revenu en France, après la guerre, je faisais 29 kilos», a témoigné Charles Baron, 85 ans, déporté à l\u2019âge de 16 ans et dont les deux parents sont décédés dans les camps.«Mais les gens ne croyaient pas ce que nous avions vécu», a-t-il confié à l\u2019AFP.«Au- jourd\u2019hui, il est important que ce drame ne reste pas oublié.Si un jour la situation s\u2019aggravait à nouveau, ceux qui oublient seraient les premières victimes», a-t-il ajouté, jugeant important de «tirer les leçons de l\u2019Histoire».Cet anniversaire survient alors qu\u2019un sondage publié hier fait apparaître qu\u2019une majorité des moins de 35 ans ne sait pas ce qu\u2019est la rafle du Vel d\u2019Hiv.Le «chasseur de nazis» français Serge Klarsfeld a estimé que l\u2019enseignement de la Shoah dans les écoles était pourtant «remarquable», mais il a incriminé un «nouvel antisémitisme» chez «des jeunes qui ne veulent pas l\u2019écouter pour des raisons politiques».Le ministre de l\u2019Intérieur, Manuel Valls, s\u2019est récemment inquiété d\u2019un «antisémitisme nouveau» qui se développe depuis plusieurs années dans les cités populaires, au nom «d\u2019une identité qui se sentirait menacée», notamment parmi des jeunes musulmans.Agence France-Presse AEP Mitt Romney Romney promet de contre-attaquer vigoureusement Washington \u2014 Le candidat républicain à la Maison-Blanche Mitt Romney a une fois de plus balayé lundi les critiques à ses yeux « malhonnêtes » du président sortant Barack Obama concernant son passé d\u2019homme d\u2019affaires, promettant de lui rendre la pareille.Après les attaques à répétition du camp démocrate au sujet de l\u2019ancienne société Bain Capital de M.Romney, ce dernier a assuré lundi matin sur Fox News qu\u2019il allait rendre la monnaie de sa pièce à M.Obama.«Je pense que lorsque l\u2019on est accusé de délit, on a toutes les raisons de répliquer très fortement.Et c\u2019est ce que je vais continuer à faire» avec M.Obama, a martelé Mitt Romney.Une porte-parole de l\u2019équipe de campagne de M.Obama avait ouvert les hostilités jeudi en accusant le candidat républicain d\u2019avoir commis un «délit» en mentant aux autorités sur sa situation vis-à-vis du fonds d\u2019in-vestissment Bain Capital entre 1999 et 2002.Mitt Romney avait exigé des excuses de l\u2019équipe Obama mais s\u2019était simplement vu conseiller en retour de «cesser de se plaindre».Ce lundi, M.Romney a lancé que «la meilleure offensive est de regarder le bilan du président», en particulier son échec dans la relance de l\u2019économie.M.Obama «ne sait faire qu\u2019une seule chose: m\u2019attaquer de façon constante.Ces attaques sont malhonnêtes et mal ciblées.Cela marche peut-être à Chicago lie fief électoral du président] mais cela ne va pas marcher dans toute l\u2019Amérique».Le candidat républicain, dont la fortune est estimée à 250 millions de dollars, a par ailleurs refusé les demandes grandissantes \u2014 y compris au sein de son propre camp \u2014 de publier davantage de déclarations d\u2019impôts, estimant que cela risquait d\u2019apporter encore plus d\u2019eau au moulin du camp démocrate.«Nous allons publier deux ans de déclarations d\u2019impôts», a-t-il précisé, en référence à sa déclaration 2010 déjà dévoilée et à celle de 2011, dont il a publié une estimation et qu\u2019il prévoit de diffuser complètement avant l\u2019élection du 6 novembre.«L\u2019équipe d\u2019Obama continue de vouloir toujours plus, pour alimenter sa campagne contre moi et faire une montagne de tout», a-t-il déploré.Agence France-Presse Au royaume de l\u2019imprévisible, Kim Jong-un s\u2019est peut-être trouvé une compagne ARNAUD VAULERIN Cherchez la femme et cherchez l\u2019erreur.Car la Corée du Nord est décidément le royaume de l\u2019imprévisible.L\u2019irruption de Mickey Mousse sur une scène de Pyongyang au début du mois, l\u2019apparition d\u2019une femme mystérieuse aux côtés de Kim Jong-un et le brusque départ, hier, du puissant chef des armées pourraient indiquer un changement d\u2019attitude du régime communiste.Du moins en apparence car le Royaume ermite reste le pays plus verrouillé de la planète.Et Kim, l\u2019un des dictateurs les plus méconnus.La dernière surprise en date autour du jeune Kim Jong-un est l\u2019apparition désormais régulière d\u2019une femme âgée d\u2019une trentaine d\u2019années.Ils ont été vus ensemble à un concert plutôt inédit en Corée du nord qui a toujours honni la culture américaine : Mickey et Minie mousse et des personnages de Disney se trémoussaient lors d\u2019un show avec des stars de la pop.Vêtue d\u2019une robe jaune à pois et d\u2019une veste blanche, cette jeune femme aux cheveux bruns coupés court a été filmée récemment auprès de Kim Jong-un alors qu\u2019il visite un jardin d\u2019enfants.Son omniprésence alimente les conjectures.Selon certaines sources sud-co- \\wm AGENCE ERANCE PRESSE La mystérieuse élue du cœur de l\u2019homme fort?réennes, il pourrait s\u2019agir de Yo-Jong, la jeune sœur de Kim avec laquelle il aurait étudié en Suisse entre 1991 et 2001.D\u2019autres la désignent comme sa femme quand les derniers avancent le nom de Hyon Song-wol, une chanteuse populaire revenue en grâce.Au-delà de l\u2019anecdote, cette mise en scène d\u2019une hypothétique première dame est une nouveauté en Corée du Nord.Kim Il-sung, le père fondateur, et son fils Kim Jong-il décédé en décembre dernier, apparaissaient que très rarement en public avec leur compagne.Les Kim se suivent mais ils ne se ressemblent peut-être pas tous.Le dernier rejeton de la dynastie semble multiplier les faits et gestes qui le différencient de son père.Il fait des discours, multiplie les rencontres-mises en scène avec les militaires, les enfants, le peuple.Il apparaît tout sourire, joufflu, coiffé et habillé comme son grand-père.Quand la Corée du Nord connaissait ni la famine, ni l\u2019isolation.A rebours de toute propagande jadis en vogue, le régime est même allé jusqu\u2019à reconnaître l\u2019échec du lancement de sa fusée en avril.Autre signe d\u2019un possible changement d\u2019ère, le départ surprise de ^ Yong-ho, hier.Le chef d\u2019État-major des armées a été relevé de «toutes ses fonctions pour cause de rna-ladie», selon l\u2019agence d\u2019Etat KCNA.Agé de 69 ans.Ri était pourtant l\u2019un des personnages les plus puissants du régime.Kim pourrait avoir été tenté de le limoger afin de soumettre l\u2019armée au contrôle du parti.Et de mettre à la retraite un homme npmmé par son père en 2009.A moins qu\u2019il ait été sanctionné à cause du tir raté de la fusée.Libération Le procureur ordonne le retour de Moubarak en prison Le Caire \u2014 Le procureur égyptien a ordonné le retour de l\u2019ex-président égyptien Hosni Moubarak en prison après l\u2019amélioration de son état de santé, près d\u2019un mois après son transfert dans un hôpital militaire du Caire à la suite d\u2019une attaque cérébrale, a annoncé un communiqué officiel.Le 19 juin, des sources médicale et militaire avaient indiqué que le président déchu se trouvait dans le coma et avait dû être placé sous assistance respiratoire.Il avait alors été transféré à l\u2019hôpital des forces armées à Maadi, dans la banlieue de la capitale.L\u2019état de M.Moubarak avait fortement décliné après son incarcération le 2 juin à la suite de sa condamnation à la prison à vie.Des sources de sécurité avaient alors fait état de dépression aiguë, de difficultés respiratoires et d\u2019hypertension.Agence France-Presse Un navire militaire américain ouvre le feu sur un bateau dans le Golfe Un navire américain a ouvert le feu hier sur un petit bateau à moteur qui semblait lui poser une menace à proximité des côtes de l\u2019émirat de Dubaï dans le Golfe, tuant un pêcheur indien et en blessant trois autres, a-t-on appris de sources concordantes.Le pétrolier-ravitailleur USNS Rappahannock a ouvert le feu à la mitrailleuse lourde contre l\u2019embarcation civile «après qu\u2019elle n\u2019eut pas répondu aux avertissements et alors qu\u2019elle se rapprochait rapidement» du navire américain, précise la Ve Flotte américaine dans un communiqué.A Abou Dhabi, un haut responsable du ministère des Affaires étrangères, Tarek Ahmed al-Hidane, a annoncé qu\u2019un pêcheur indien avait été tué et trois autres de même nationalité ont été grièvement blessés.L\u2019incident s\u2019est produit, selon ce responsable cité par l\u2019agence officielle Warn, à l\u2019entrée du port de Jebel Ali, dans l\u2019émirat de Dubaï.«Les services concernés sont en train d\u2019enuqêter sur l\u2019incident», a-t-il dit.La V® Flotte, basée à Bahreïn, n\u2019a pas précisé dans son communiqué si des victimes sont à déplorer mais un responsable américain de la Défense a précisé sous couvert d\u2019anonymat qu\u2019une personne avait été tuée et trois autres blessées à bord de l\u2019embarcation.Une enquête a été ouverte, selon la V® Flotte.«Depuis 2000, on fait très attention aux petites embarcations», a expliqué le responsable américain de la Défense, précisant que des procédures prévoyaient toute une série de mises en garde, y compris des coups de semonce, contre les embarcations susceptibles de constituer une menace.Selon la V® Flotte, les marins du Rappahannock ont respecté cette procédure, «en ayant recours à toute une série de réponses prévues et non-létales pour mettre en garde l\u2019embarcation avant de recourir à l\u2019usage de la force».Le 12 octobre 2000, une petite embarcation bourrée d\u2019explosifs s\u2019était précipitée contre le destroyer américain USS Cole alors qu\u2019il mouillait dans le port d\u2019Aden au Yémen.L\u2019attentat avait provoqué la mort de 17 marins et blessé 40 autres.Il avait été revendiqué par al-Qaïda.Le cerveau présumé de l\u2019attentat, le saoudien Abd-Al-Rahim Nachiri, doit être jugé devant un tribunal militaire spécial à Guantanamo et encourt la peine de mort.La marine américaine a renforcé sa présence ces derniers mois dans le Golfe, fermé par le stratégique détroit d\u2019Ormuz, pour faire face à une éventuelle crise avec l\u2019Iran, où les Gardiens de la révolution disposent de très nombreuses petites embarcations rapides dotées de lance-missiles.Le détroit d\u2019Ormuz est un passage stratégique par lequel transitent 40 % des exportations mondiales de pétrole par voie maritime.Le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta a averti récemment que son blocage constituerait une «ligne rouge» pour les Etats-Unis.Agence France-Presse CRIMINEL NAZI La justice hongroise évoque des «problèmes» Budapest \u2014 La justice hongroise est confrontée à divers «problèmes» dans l\u2019enquête sur le criminel de guerre encore en vie le plus recherché au monde, Lazslo Csatary, a indiqué hier le Parquet de Budapest dans un communiqué.Le Parquet a lancé le 11 septembre 2011 une enquête sur les accusations de crimes de guerre contre Lazslo Csatary, âgé aujourd\u2019hui de 97 ans, sur la base d\u2019informations fournies par Efraïm Zuroff, directeur du Centre Simon-Wiesenthal à Jérusalem, a précisé le Parquet, qui ne cite toutefois pas explicitement le nom du suspect.Selon une déclaration du Parquet à l\u2019agence de presse hongroise MTI, cette enquête est menée «contre X.», ce qui éloigne la perspective, par exemple, d\u2019une arrestation et d\u2019une inculpation rapides.L\u2019enquête est difficile en raison de l\u2019éloignement temporel et géographique des faits reprochés à Laszlo Csatary, ancien chef de la police du ghetto juif de la ville slovaque de Kosice (Kassa en hongrois, Kaschau en allemand) durant la Seconde Guerre mondiale, «ce qui au regard des conventions internationales pose plusieurs problèmes légaux et d\u2019investigation», affirme le Parquet, qui précise que les faits reprochés se sont déroulés au printemps 1944.Cependant, la semaine dernière, Efraïm Zuroff a transmis de nouveaux documents à charge contre Laszlo Csatary sur la déportation en 1941 de 300 juifs de Kosice à Kame-netsk-Podolsk, en Ukraine, alors occupée par les nazis.Agence France-Presse A 6 LE DEVOIR LE MARDI 17 JUILLET 2012 EDITORIAL ITINERANCE Un toit d\u2019abord Un logement d\u2019abord, les problèmes ensuite ! Pour combattre l\u2019itinérance chronique, des chercheurs tentent un renversement de paradigme, un fonctionnement hors sentiers battus, l\u2019audace, quoi ! Les résultats préliminaires du projet Chez soi indiquent que miser sur l\u2019estime de soi contribue au rétablissement des itinérants souffrant de maladie mentale.Mais une épée de Damoclès pend au-dessus du projet, à durée limitée.L Marie-Andrée Chouinard es statistiques permettent en un éclair de comprendre si un projet vogue vers la réussite ou frôle l\u2019échec.Ici, 80 % du temps, les itinérants à qui on a offert un logement d\u2019abord, dans l\u2019espoir d\u2019adoucir ensuite le reste, couchent toujours sous un toit plutôt que dans la rue.Pari audacieux, mais les résultats sont encourageants.Derrière un tout petit chiffre se rangent de très grandes histoires, que les statistiques ne traduisent pas.Celle, par exemple, qui trônait dans le dossier de notre collègue Amélie Daoust-Boisvert publié cette fin de semaine à propos du projet Chez soi: l\u2019histoire de «l\u2019homme sous l\u2019arbre», cet adepte de la rue qu\u2019on n\u2019arrivait pas à identifier autrement qu\u2019en nommant son arbre habituel, tant ses périodes de lucidité étaient rares, brèves, même pour capter son nom.Un jour, toutefois, la vaillante équipe de Chez soi a réussi à lui faire décliner son identité et la vérifier pour lui proposer un toit.Il y est toujours.Victoire.Inspiré de l\u2019américain Housing First, le projet pancanadien fait sourciller d\u2019abord, mais il émeut ensuite.Le constat duquel la recherche a démarré était plutôt démobilisant : malgré des années de tentatives de toutes sortes, l\u2019itinérance ne va pas en diminuant.Pire : elle augmente, et sa clientèle, de plus en plus touchée par des problèmes de santé mentale (troubles dépressifs majeurs, épisodes maniaques, troubles paniques et psychotiques, alcoolisme et toxicomanie), erre dans les rues alors qu\u2019elle a besoin de soins.Les «portes tournantes», ce cycle infernal qui emporte la «clientèle» itinérante, ça ne fonctionne pas.Au suivant! Vint donc cette approche inédite, et assortie d\u2019un certain risque, proposant de redonner à ces âmes écorchées vives leur dimension humaine en leur proposant de se refaire une santé, mais à l\u2019abri de quatre murs et un toit.Mieux : leurs quatre murs et leur toit.Au rancart les habituelles conditions et contreparties: pas besoin d\u2019être sobre ou guéri avant de mettre les pieds au logis.Mais une fois entré, à l\u2019abri des agressions, des maladies de la rue, du stress immense lié à la recherche constante d\u2019un endroit où dormir, cap sur le rétablissement.Pour ceux que l\u2019économie titille plus que les grands élans humains, il est bon de comparer quelques factures : une nuit à l\u2019hôpital coûte 975$ (les 462 participants de Montréal ont passé en moyenne 8 jours à l\u2019hôpital dans les six mois précédant l\u2019étude), une nuit en prison coûte 163 $ (21 % des participants ont été arrêtés pendant le même laps de temps) et une nuit «Chez soi» coûte 49$.Convaincant.Pour les autres qui sont prêts à croire que pour diminuer le nombre d\u2019itinérants à Montréal (20000, dont 30 à 50% souffriraient de maladie mentale), on devrait partir des rêves et objectifs de la personne plutôt que d\u2019exiger une guérison en amont, il est bon de comprendre que cette approche comporte son lot d\u2019embûches.Certains participants ont perdu leur propre pari et sont retournés à ce monde qui leur était le plus familier et «naturel», bien que difficile: celui de la rue.Mais pour tous ceux que la dignité d\u2019un chez-soi a fait grandir, chapeau ! Le projet Chez soi, soutenu financièrement par le gouvernement fédéral et lancé par la Commission de la santé mentale du Canada, voit son financement prendre fin en mars 2013.Espérons que cette audace sera reconduite, financement à l\u2019appui.Réparties dans cinq villes canadiennes, 2000 personnes auprès de qui on a fait le pari du « toit d\u2019abord » ne savent pas ce qui leur arrivera, leur logis étant en grande partie financé par le programme.Depuis quelques mois, l\u2019équipe, qui visite régulièrement ses protégés pour les soutenir dans leur rétablissement, note chez eux une plus grande anxiété.Sitôt retrouvé, l\u2019espoir pourrait à nouveau s\u2019envoler.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOFARO ?R0%t.CMtS ConJTÎTUT O LETTRES Quand on veut faire la CLASSE aux autres.Sous le couvert d\u2019une cause tout à fait légitime en soi, la baisse des droits de scolarité, la CLASSE se donne soudainement pour mission de changer la société dans laquelle nous vivons et de prôner un nouveau mode de démocratie populaire.Ce supposé mouvement à dimensions humaines, au dire de l\u2019un de ses coporte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois, veut porter son message à toutes les régions du Québec et ailleurs au Canada et faire croire à la population que l\u2019on peut arriver, à force de manifestations et de coups de gueule, à effrayer un premier ministre, faire fi des lois légitimement adoptées par nos élus et se moquer des injonctions émises par l\u2019appareil judiciaire.Ce sont ces mêmes personnes qui incitent des étudiants à intimider leurs confrères qui veulent entrer en classe, fomentent des actes de violence à l\u2019endroit des politiciens et chroniqueurs bien connus, banalisent la violence lors des manifestations et profèrent des menaces aux organisateurs d\u2019événements culturels et sportifs d\u2019envergure.En agissant ainsi, ces gens-là confondent démocratie et anarchie.Si encore nous connaissions les véritables dirigeants de ce mouvement, les mobiles qui les habitent, leurs visées politiques à plus ou moins long terme, voire le modèle de démocratie populaire qu\u2019ils désirent mettre de l\u2019avant, plutôt que de se cacher derrière de supposés congrès à huis clos et de se contenter de réclamer à hauts cris la défaite du gouvernement.Sachez, messieurs, dames, que lorsque l\u2019on veut changer le monde, il faut montrer un certain courage, avancer des idées constructives, savoir en débattre ouvertement, apprendre à faire des compromis, au besoin et, plus encore, avoir l\u2019audace et la droiture d\u2019affronter la population à visage découvert.C\u2019est à ce prix que l\u2019on en vient à se faire respecter.Descendre dans la rue, taper sur des casseroles, se cacher le visage derrière des cagoules, perturber l\u2019ordre social, c\u2019est peut-être amusant pour certains, mais ce n\u2019est pas très inspirant.Pierre Couture Gatineau, le 16 juillet 2012 Lettre au ministre Rob Nicholson Monsieur le Ministre, Votre réaction au jugement de la Cour suprême de la Colombie-Britannique appuyant l\u2019aide médicale à mourir, que vous portez en appel, ne surprend guère.Ce qui surprend, ce sont vos paroles \u2014 ineptes \u2014 que rapportent les médias, en ce qu\u2019elles montrent que vous êtes mal renseigné et qu\u2019une fois de plus, en tant que conservateur, vous exhibez le pire défaut du parti de M.Harper: son profond mépris 4e la démocratie.A ce jour.Monsieur le Ministre, les recherches dans ce domaine démontrent que les personnes dites vulnérables (âgées, malades, handicapées, etc.) ne sont aucunement victimes d\u2019abus, tel qu\u2019il fut établi lors de la cause de M\u201c® Taylor, en Colombie-Britannique.Vos conseillers semblent vous dissimuler ce que vous ne voulez pas entendre.Que le vote de 2010 au Parlement «constitue une ^pression de la volonté démocratique dans ce dossier» confirme votre approbation de l\u2019immense déficit de la démocratie canadienne, laquelle vous permet de gouverner en 4espote avec 25% des votes! Comment des députés peuvent-ils prétendre décider au nom de leurs électeurs, dont ils ignorent l\u2019opinion (ou n\u2019en tiennent pas compte) sur cette délicate question impliquant leurs valeurs profondes ?Puisque je vous vois si mal renseigné et si démocratiquement anémié, je vous signale un éditorial récent du Journal de l\u2019Association médicale canadienne, qui suggère que seule une consultation de toute la population canadienne pourrait satisfaire à la justice ET à l\u2019apparence de justice qu\u2019exigent cette question.Se peut-il également que vous ignoriez que depuis plus de 30 ans, 70 à 80% de la population s\u2019est à répétition prononcée en faveur d\u2019une aide médicale à mourir bien balisée, qui seule respecterait les choix de tous les citoyens et citoyennes dans leurs derniers jours?Avec mes respects, Marcel Boisvert M.D.Belœil, le 14 juillet 2012 LIBRE OPINION Voter pour un parti qui a des chances DANIEL PIERRE-ROY Etudiant à la maîtrise en politique appliquée à l\u2019Université de Sherbrooke, membre junior du club des Belles-mères du mouvement étudiant québécois et ex et jutur membre du PQ Dans Le Devoir de ce samedi, mes estimés collègues Renaud Poirier-St-Pierre et Ga-brielle Brais Harvey, à qui je voue un respect sincère, incitent la nouvelle jeunesse militante, formée durant la ^ève étudiante, à intégrer le champ de la politique partisane pour continuer le combat 4e ce printemps.J\u2019incline à être en accord.Malgré toute la vigueur d\u2019une société civile traversée par un mouvement social sans précédent, il n\u2019en demeure pas moins que c\u2019est au Parlement que se décident les lois et les politiques gouvernementales comme celles concernant l\u2019accessibilité aux études postsecondaires.Ils écrivent: «Pour éviter quatre autres années de noirceur, les militants du mouvement étudiant devront investir les structures des partis politiques.[.] Nous devons nous donner comme objectif une victoire électorale étudiante.» Si le début du texte laisse présager au lecteur étudiant le libre choix de son implication, le reste du texte lui propose une implication enthousiaste chez Québec solidaire, seul parti, selon eux, qui a honnêtement défendu la cause étu4iante lors du dernier conflit.Toutefois, mes collègues reconnaissent que QS possède une chance pratiquement nulle d\u2019arriver à la victoire lors des prochaines générales, imminentes, et qu\u2019au fond, l\u2019idée est plutôt de joindre QS pour favoriser à long terme l\u2019émergence d\u2019idées politiquement progressistes défendues par ce parti.Je crois qu\u2019amenés comme tels, ces deux objectifs sont irréconciliables.Il serait ridicule de tenir les collègues responsables du mode de scrutin québécois, mais il n\u2019en demeure pas moins que la situation actuelle démontre une contradiction majeure: comment s\u2019assurer de ne pas repartir pour quatre années de noirceur libérale tout en incitant les jeunes à voter pour un parti qui, selon les dires mêmes des rédacteurs de la lettre, ne peut pas prendre le pouvoir aux prochaines élections ?Qn nous assure par contre que les comtés francophones de l\u2019îîe de Montréal sont majoritairement prenables par QS.Eort bien, et la suite ?J\u2019aurais tendance à penser que tout ce morcellement de l\u2019opposition au parti actuellement au pouvoir va favoriser ce dernier et nous faire repartir pour un autre long voyage libéral.Je comprends fort bien le désir de certains de passer outre le vote stratégique, peu inspirant.Qr, je ne sais pas si le Québec étudiant se rend bien compte qu\u2019une nouvelle victoire libérale va conforter Jean Charest dans la totalité des décisions qu\u2019il a prises durant son dernier mandat : hausse des droits de scolarité et projet de loi 78 (devenu loi 12) comprises.Qn semble penser dans certains cercles que l\u2019axe politique souveraineté-fédéralisme s\u2019est effacé pour faire place à l\u2019axe gauche-droite.Ce constat est peut-être plus visible chez les souverainistes, dont certains sont fatigués de voir reléguer des questions importantes en dessous de la pile, 4\u2019autres de ne pas aller assez rapidement.Toutefois, je doute fort que la base électorale du Parti libéral partage ce même constat.Ainsi, le bassin électoral d\u2019opposition au PLQ croisé avec l\u2019opposition à la hausse des droits de scolarité possède plusieurs choix aussi légitimes les uns que les autres, mais l\u2019agrégat de toutes ces aspirations individuelles se morcellera une fois entré dans l\u2019entonnoir rouillé qui nous sert de mode de scrutin.Il est admirable qu\u2019on incite les jeunes militants à intégrer les structures d\u2019un parti politique et de favoriser l\u2019implication citoyenne ; il est très sain que les jeunes militants puissent continuer à militer dans un parti à l\u2019intérieur duquel ils se reconnaissent.Mais ne venez surtout pas nous dire que, pour battre les libéraux et «éviter quatre années de noirceur», les banquettes de l\u2019opposition sont la solution.Si les rédacteurs de cette lettre cherchent plutôt à canaliser les militants vers leurs partis, se cherchant des téléphonistes pour se permettre d\u2019aller gagner des comtés dans l\u2019est de Montréal, qu\u2019ils le disent sans fard.Ma solution à l\u2019enjeu posé va dans un autre sens : voter pour un parti politique ayant des chances de l\u2019emporter contre le Parti libéral du Québec dans les comtés prenables et ne pas 4iviser le vote dans les autres (Mercier et Nicolet-Yamaska compris) tout en s\u2019affairant activement à déjaire les députés libéraux dans leurs comtés.Evidemment, je suis conscient que cette proposition amène une conséquence relativement prévisible : favoriser l\u2019élection des députés du Parti québécois dans une majorité de circonscriptions.Je comprends les méfiances du mouvement étudiant.Nous connaissons notre histoire et nous savons que nous avons dû utiliser la grève en 1996 pour faire reculer le gouvernement de Lucien Bouchard sur la question des droits de scolarité, avec Pauline Marois à l\u2019Éducation.Nous sommes quelquefois dubitatifs face à la position défendue par le Parti québécois sur la stricte question des droits de scolarité : gel / pas gel / indexation / sommet aux conclusions incertaines ?Je dirais toutefois ceci : je ne crois pas que le PQ soit sorti particulièrement gagnant de la crise étudiante.Je crois que son aide à l\u2019Assemblée nationale tant sur la question des droits de scolarité que sur celle du projet de loi 78 lui a valu des attaques virulentes de la part du gouvernement, décidant de tabler sur la loi et l\u2019ordre.La récente pub du PLQ dépeignant Pauline Marois comme une mauvaise utilisatrice de couvercles de métal le prouve bien.Taxer le PQ d\u2019électoralisme me paraît dans ce cadre quelque peu abusif.Si certains ténors du PQ semblent sensibles à l\u2019idée d\u2019une hausse des droits de scolarité, rien ne nous permet de dire qu\u2019ils seront majoritaires au sein du caucus et pourront aller de l\u2019avant avec leurs idées.Une vigilance active du mouvement étudiant s\u2019impose évidemment.[.] Je partage en outre les critiques dénonçant le modèle plutôt obtus du scrutin uninominal à un tour, nous forçant souvent à mélanger nos valeurs à un calcul politique plutôt froid et sans âme.Je souhaite donc qu\u2019un prochain gouvernement se penche sérieusement sur la possibilité de réformer le tout entre pour permettre aux électeurs intéressés par ON et QS de voter en toute harmonie, sans avoir à se défendre constamment de diviser le vote. LE DEVOIR LE MARDI 17 JUILLET 2012 A 7 IDEES FINANCEMENT DES SOINS DE SANTE Les faits plutôt que les idées reçues FRANÇOIS BELAND Professeur titulaire au département d\u2019administration de la santé de l\u2019Université de Montréal PHILIPPE COUILLARD Ministre de la Santé et des Services sociaux de 2003 à 2008 a question du financement des soins de santé est l\u2019exemple classique d\u2019un débat public dominé par la polarisation des opinions.Les uns, à gauche, comprennent que la santé est la responsabilité de toute une société, les autres, à droite, qu\u2019un financement public des systèmes de santé est une politique rationnelle qui contribue au bon fonctionnement de l\u2019économie.D\u2019aucuns, à gauche, aiment bien imputer une « crise » de plus au compte du « système », alors qu\u2019à droite, on prédit l\u2019apocaljqise, un inéluctable « trou noir » financier sur la base de projections linéaires apparemment incontestables.Serait-il possible pour deux observateurs attentifs et actifs de la scène publique et du système de santé, au-delà de leurs horizons politiques très différemment colorés, de s\u2019entendre sur un bilan commun?Rappelons d\u2019abord que les systèmes de santé canadiens ont été élaborés autour de besoins de soins au milieu du siècle dernier, soins offerts par les médecins dans leurs cabinets ou dans les hôpitaux.C\u2019est encore là le domaine du régime d\u2019assurance maladie public et universel au Canada.Le reste, médicaments, soins à domicile et de longue durée, réadaptation, soins dentaires, etc., est laissé à la discrétion des provinces.Pas de surprise, la couverture de ces soins est hétérogène et inéquitable.Sur ce terrain laissé aux seuls particuliers ou à l\u2019assurance privée se retrouvent les défis de notre époque.Le tout dans un contexte où le Canada, comme tous les pays riches, investit beaucoup dans les soins de santé (6® de l\u2019OCDE, 200 milliards de dépenses totales, dont 70% publiques).La santé à la remorque de l\u2019économie Le financement du système de santé est assuré par les revenus autonomes de l\u2019administration publique du Québec; les transferts fédéraux pour la santé et les contributions des usagers aux services publics de santé.Ces dernières représentent 2,6 milliards de dollars en 2011-2012 selon les comptes de la santé du ministère de la Santé et des Services sociaux, soit 7,7 % des dépenses gouvernementales de santé.Les dépenses publiques de santé sont étroitement liées à l\u2019évolution de l\u2019économie.En période de récession, le produit intérieur brut (PIB) chute, et la part des dépenses de santé dans l\u2019économie augmente, par simple effet de dénominateur.En 1976, les dépenses de santé représentaient 6,5% du PIB, 6,6% en 1999, atteignant 7,4% en périodes de récession.Une remarquable stabilité, au fil d\u2019un quart de siècle.De 1999 à 2007, l\u2019une des plus longues périodes de croissance économique au Canada, elles auront augmenté régulièrement jusqu\u2019à 7,7 % du 20-03 If: r %.PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Le financement et l\u2019organisation des services doivent être fonction des exigences des pratiques cliniques plutôt que l\u2019inverse.PIB.Depuis 2009, la tendance s\u2019est brisée.En termes réels, l\u2019accroissement moyen annuel n\u2019a été que de 1,3% de 2009 à 2011, contre 4,9% de 2007 à 2009.Pendant les récessions, les gouvernements augmentent leurs investissements en infrastructures, financés par des emprunts, pour contrer les effets du ralentissement économique.La part des dépenses « hors santé » augmente et la dette publique gonfle par effet des déficits cumulés.Les dépenses de santé s\u2019accroissent en termes réels pendant les récessions et leur croissance diminue, ou devient négative, en sortie de récession.11 faut au gouvernement de deux à trois ans pour ajuster les dépenses de santé à la situation économique.11 y a donc une adaptation très serrée de l\u2019évolution des dépenses de santé à l\u2019état de l\u2019économie.Pendant deux périodes, de 1990 à 1997 et de 1997 à 2003, les transferts fédéraux, les revenus autonomes du gouvernement du Québec et le service de la dette ont pointé dans la même direction.La première période réunit les pires conditions: durant la récession de 1989-1992, les transferts fédéraux pour la santé sont en chute libre, les revenus propres du gouvernement du Québec stagnent et le service de la dette s\u2019accroît.Les dépenses de santé, et en particulier celles consacrées aux services du régime public et universel, diminuent en termes réels.Parts dans le PIB Leurs parts dans le PIB et dans les dépenses gouvernementales diminuent.Puis suit une période «de grâce» de 1997 à 2003 : à la faveur d\u2019une croissance économique continue, les revenus propres du gouvernement croissent aussi malgré les baisses d\u2019impôt, le fédéral rétablit les transferts pour la santé et le service de la dette ne croît plus.Tous ces facteurs ne vont pas toujours de concert.Par exemple, de 2003 à 2006, les revenus propres du gouvernement ne croissent plus, mais les transferts fédéraux continuent leur ascension.En 2006, l\u2019augmentation des transferts se stabilise, mais les revenus propres prennent le relais.Le vrai défi du financement des services de santé dans les prochaines années réside dans le jeu des mêmes facteurs.La réaction du gouvernement du Québec à la récession de 2008 l\u2019illustre : avec la récession, les revenus propres ont diminué, les dépenses « hors santé » se sont accrues, de même que le déficit.Qn voit poindre une augmentation du service de la dette et une diminution du rythme d\u2019accroissement des dépenses de santé.Des faits et des mythes En résumé : 1) la croissance des dépenses publiques de santé par rapport au PIB n\u2019est pas hors de contrôle ; 2) elle dépend du jeu entre plusieurs facteurs : l\u2019évolution de l\u2019économie, des revenus propres du gouvernement, du service de la dette et des transferts fédéraux; 3) une convergence négative de ces facteurs s\u2019annonce en 2017 avec un service de la dette gonflé par les déficits dus à la récession de 2008, la croissance moindre des transferts fédéraux, une économie ralentie, d\u2019où une baisse des revenus propres du gou- vernement ; 4) le vieillissement de la population, si souvent pointé du doigt, ne représente que 1 % parmi les vecteurs d\u2019augmentation des dépenses de santé (technologies, médicaments et rémunération) ; et 5) la part des dépenses totales en santé est très élevée au Canada, il est difficile de soutenir l\u2019argument du « sous-financement».Les débats publics portant sur la direction à donner à notre système de santé doivent reposer sur des faits.11 n\u2019y a ni effondrement inéluctable, ni sous-financement machiavélique.Le défi est ailleurs.Premièrement, dans la capacité d\u2019identifier les périodes historiques difficiles où il faut préserver les acquis, et d\u2019autres caractérisées par la croissance des dépenses de santé qu\u2019il faut apprécier à long terme et cesser de confondre avec l\u2019apocalypse annoncée ; deuxièmement, dans l\u2019adaptation très difficile des pratiques cliniques aux besoins contemporains.Le financement et l\u2019organisation des services doivent être fonction des exigence^ des pratiques cliniques plutôt que l\u2019inverse.À partir de là, les arguments sur les meilleures voies à suivre peuvent se développer, s\u2019enrichir et se confronter dans l\u2019espace public.11 n\u2019y a rien de plus naturel, ni de plus sain.Ceci nous permet d\u2019espérer un dialo^e ouvert entre la «gauche efficace » et la « droite intelligente ».Les auteurs précisent que toutes leurs données proviennent de l\u2019Institut canadien d\u2019information sur la santé, de Finances Canada et du Système de gestion financière de Statistique Canada.Elles sont en dollars constants (hors inflation).CONFLIT ETUDIANT Le Québec : une société à débloquer PIERRE BEAUDET Professeur de développement international à l\u2019Université d\u2019Ottawa GORDON LEFEBVRE Enseignant à la retraite ÉRIC MARTIN Professeur de philosophie au collège Edouard-Montpetit our nombre d\u2019observateurs, les élections qui s\u2019en viennent à grands pas seront le point d\u2019atterrissage du soulèvement étudiant et populaire du printemps 2012.Qr, un simple brassage des représentants politiques ne parviendra pas à régler les contradictions profondes qui traversent la société québécoise, et dont ce conflit s\u2019est avéré être le révélateur.Les institutions vétustes en place et l\u2019absence de débat public sur les orientations que prend la société entrent en collision frontale avec les revendications d\u2019une jeunesse qui ravive les idéaux fondamentaux de la Révolution tranquille à partir d\u2019une nouvelle sensibilité alter-mondialiste, écologiste et féministe.L\u2019avènement d\u2019une démocratie plus authentique que les jeunes hommes et femmes revendiquent suppose des changements institutionnels beaucoup plus marqués que ne le permet le jeu de l\u2019alternance des grands partis.Qn a voulu dépeindre les étudiants comme des «radicaux» intransigeants et des adeptes de la «violence» et de {\u2019«intimidation».Pourtant, leurs revendications seraient presquq apparues banales dans les années 1960.À l\u2019époque, le Parti libéral de Jean Lesage et l\u2019Union nationale de Daniel Johnson père défendaient la gratuité scolaire.Le mouvement indépendantiste naissant, pour sa part, élaborait une critique des institutions parlementaires britanniques et de la domination du gouvernement fédéral qui entravaient l\u2019épanouissement du peuple québécois.La jeunesse d\u2019alors revendiquait le droit de choisir librement son avenir sans être soumise à des autorités dogmatiques ou des puissances étrangères illégitimes.Si les revendications étudiantes apparaissent aujourd\u2019hui aussi scandaleuses, c\u2019est que le Québec et son élite ont depuis longtemps abandonné le projet de la Révolution tranquille pour se soumettre au gouvernement fédéral et aux injonctions de la mondialisation économique.La crise du politique et de l\u2019espace public a rendu la société allergique aux débats sur les questions de fond.Le radicalisme de marché n\u2019hésite pas à réprimer sévèrement les mouvements sociaux qui contestent le caractère antidémocratique des réformes imposées par le néolibéralisme, lesquelles corrompent non seulement l\u2019esprit de l\u2019enseignement supérieur, mais l\u2019ensemble des institutions publiques du peuple québécois.La crise du politique et de l\u2019espace public a rendu la société allergique aux débats sur les questions de fond Le conflit qui a débuté au printemps 2012 révèle ce blocage.Nos institutions vétustes et l\u2019absence d\u2019un mode de scrutin proportionnel favorisent la domination, en alternance, d\u2019un duopole formé des deux grands partis (le Parti libéral et le Parti québécois).Qn dira que le PQ exprime un autre point de vue.En réalité, ce n\u2019est pas évident.Les étudiants se souviennent qu\u2019il s\u2019est lui aussi montré favorable de nombreuses fois à l\u2019augmentation des droits de scolarité et à l\u2019instrumentalisation commerciale de l\u2019éducation dans le cadre de !\u2019« économie du savoir».Les jeunes naturellement ont peu confiance face à un jeu de « chaises musicales » entre ces deux pôles dominants.Les revendications des étudiants débordent la défense de l\u2019éducation publique et de la gratuité scolaire.C\u2019est la corruption de la chose publique, le bradage des ressources, la dégradation du territoire et de l\u2019environnement, l\u2019absence d\u2019égalité des hommes et des femmes, bref, un vaste ensemble de blocages au niveau social qui les préoccupe.Une très grande partie des jeunes n\u2019accepte pas que les orientations économiques priment la justice sociale et soient dictées par une poignée de gestionnaires et d\u2019experts proches de l\u2019élite économique.De même, les citoyens qui ont battu de la casserole pour épauler la jeunesse ne veulent pas bêtement substituer la « rue » à l\u2019autorité politique : en exigeant une démocratie plus vivante et plus profonde, ils demandent d\u2019avoir leur mot à dire, le droit d\u2019être responsables de ce que devient le Québec, plutôt que de subir des politiques inéluctables, ultimement justifiées par le recours au bâton ou au bâillon.Lors des manifestations du printemps, les affiches, drapeaux et poèmes laissaient transparaître comme en filigrane un désir de réappropriation du projet d\u2019autonomie collective et du projet de pays.Pourtant, la question de l\u2019indépendance n\u2019est pas trop explicite dans le discours étudiant.Cela exprime la difficulté de redéfinir explicitement un projet d\u2019« émancipation nationale » qui, sous l\u2019égide du PQ, en tout cas, a abouti dans un cul-de-sac, en partie parce que le PQ a misé sur Québec Inc.plutôt que sur les aspirations populaires.Le défi de surmonter ce « malentendu » entre les aspirations sociales et le projet d\u2019émancipation nationale est réellement difficile.Même si des avancées ont été réalisées en ce sens par les mouvements populaires et par Québec solidaire, beaucoup reste à faire.C\u2019est pourquoi le mouvement et les contradictions qu\u2019il révèle ne disparaîtront sans doute pas avec l\u2019élection qui approche.Seul l\u2019avenir dira, cependant, si le mouvement parviendra non seulement à déverrouiller le blocage institutionnel de la société québécoise, mais à instituer un Québec dans lequel il n\u2019aura plus honte de se reconnaître et où il sera enfin possible de dire « maîtres chez nous» de manière inclusive et décomplexée.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Mane-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idees), Marco Bélair-Cinno (general), Jeanne Cornveau (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec)Y2Ao\\en T>egh.se(societe), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), Dsa-Marie Gervais (education), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy et Amélie Daoust-Boisvertf'saw^cJ , information politique Michel T>am6.(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires a Quebec), Guillaume Bourgault-Côté et Kathleen Lévesque (reporters) , information culturelle Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Odile Tremblay (cinema), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Juhe Carpentier (pupitre) , informationéconomique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins, Enc Desrosiers et Alexandre Shields {reporters), Gérald Dallaire h^upitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy DaiWeier (reporters) ,}ean.-V\\erre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives) , Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Emihe Eolie-Boivm (pupitre) , Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) , Michel Garneau (caricaturiste) , Andréanne Bédard, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) , Benoît Munger, Phihppe Papineau et Laurence Clavel (pupitre internet), Mane-Pier Erappier et Geneviève Tremblay (commis internet) , Améhe Gaudreau (secretaire a la redaction), Karl Rettino-Parazelli et Sophy Lambert-Racine (commis a la redaction) DOCUMENTATION GiUes Paré (directeur), Manon Derome (Montreal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTÉ , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-Erançois Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Amel Ehmam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amélie Maltais, Maria M Motta, Claire Paquet, Chantal RainviUe, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secretaire) PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Eihon, Yannick Monn, Nathahe Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web)(KanseX Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxim-Ohvier Leclerc (responsable par interim service a la clientèle), Nancy Beauheu, Manon Blanchette, Nathahe Eihon, Mane-Lune Houde-Bnsebois , Jean-Robert Divers (responsable promotion) ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béhveau (adjointe administrative), Céhne Euroy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau A8 LE DEVOIR LE MARDI 17 JUILLET 2012 ACTUALITES CHAMPAGNE SUITE DE LA PAGE 1 libéral d\u2019Outremont compte justement son lot de libéraux déçus.Le lien avec le parti de Jean Lesage \u2014 associé à la défense des richesses naturelles \u2014 permet autrement à l\u2019artiste de rappeler le point de départ de son engagement à lui, soit la lutte contre les gaz de schiste.Membre du «front uni», un groupe demandant aux «forces souverainistes et progressistes » de s\u2019unir pour défaire Jean Charest aux prochaines élections, Dominic Champagne indique ne «pas se reconnaître suffisamment dans le Parti québécois ou Québec solidaire» pour adhérer à ces formations, même s\u2019il croit que le PQ est la «seule alternative viable à court terme».Vide «Je l\u2019ai senti lors de la marche du 22 avril [dont il était l\u2019un des organisateurs] : les gens ne se reconnaissent pas dans les partis politiques actuels.Le système actuel fait en sorte que les politiciens sont plus souvent au service du parti que du bien commun», estime M.Champagne.Mais il avoue du même souffle que le statut d\u2019indépendant n\u2019est pas facile à tenir à Québec.« Quand je regarde la triste vie de Pierre Curzi depuis un an, ça ne me rassure pas trop quant aux possibilités.» Questionné sur ses motivations profondes à tenter sa chance en politique active, Domi- nic Champagne évoque plusieurs éléments.« J\u2019ai vu les libéraux aller dans le dossier des gaz de schiste, je les ai vus manipuler les esprits.Je suis allé à leur rencontre et j\u2019ai vu la faiblesse des uns et le machiavélisme des autres.C\u2019est entre autres ça qui me donne le goût de sauter sur la patinoire et d\u2019aller dans les coins un peu.» Mais au-delà des libéraux, il y a le contexte politique général.«Les circonstances m\u2019impressionnent, dit-il.Il y a un retour du discours politique, d\u2019une forme d\u2019engagement véritable qui ne s\u2019inscrit pas bien dans les partis politiques, mais qui est réel.Les citoyens sont préoccupés par la chose publique, la justice sociale, l\u2019équité financière.Et à un certain moment, c\u2019est sur le terrain et dans l\u2019exercice du pouvoir qu\u2019on peut agir.Car une fois qu\u2019on a mobilisé des gens, on a envie que ça se traduise en politique.» Dont acte.Sauf que Dominic Champagne ne cache pas que la réflexion n\u2019est pas facile, il mène une carrière prolifique (sept spectacles en tournée l\u2019an dernier, trois créations, de multiples collaborations avec le Cirque du Soleil) qu\u2019il aurait du mal à quitter pour un mandat de quatre ans.«J\u2019ai des shows en cours, des fers au feu, des textes à finir, dit-il.Je suis très habité par la question de savoir que faire pour exercer mon devoir de citoyen.Mais est-ce que je peux donner le meilleur de moi-même à ma société en devenant député indépendant ?Si j\u2019y vais, ce ne sera pas en blague.La réflexion serait plus facile si j\u2019étais sûr de ne pas gagner.» Si Qutremont est un bastion libéral depuis de 50 ans, la circonscription est passée dans le camp du NPD au fédéral il y a cinq ans.Candidats Par ailleurs, le portrait des candidatures en vue de la prochaine élection se précise de jour en jour.Les 125 candidats du Parti libéral sont ainsi choisis, indiquait hier le parti.Choisis, mais pas tous dévoilés : les libéraux gardent dans leur manche quelques candidats vedettes à annoncer en temps et lieu.Parmi eux, l\u2019ex-députée libérale fédérale d\u2019Ahuntsic, Eleni Bakopanos, promet de faire une chaude lutte à la future candidate péquiste Diane De Courcy, présidente de la Commission scolaire de Montréal, dans Crémazie, selon La Presse canadienne.M\u201c® Bakopanos a été dans le passé permanente au PLQ et a oeuvré sur les questions de relations interculturelles dans les cabinets politiques à l\u2019ère du premier ministre Robert Bou-rassa, avant de passer à la scène fédérale.D\u2019origine grecque, elle a été élue députée fédérale de Saint-Denis, en 1993, puis d\u2019Ahuntsic de 1997 à 2006, alors que la candidate bloquiste Maria Mourani lui faisait mordre la poussière.Dans Richmond, en Estrie, le PLQ fera confiance à Karine Vallières, qui tentera de succéder à son père, le ministre Yvon Vallières, bientôt à la retraite, au terme de son mandat.Elle devra affronter le député péquiste Etienne-Alexis Boucher, qui passe de Johnson à Richmond, en raison du redécoupage de la carte électorale.Le Devoir PAPILLON SUITE DE LA PAGE 1 Car le papillon, qui se retrouve généralement en Apiérique du Sud, en Amérique centrale et aux Etats-Unis, se rapprochait d\u2019année en année.Au début des années 2000, il a fait une apparition discrète en Qntario.Aujourd\u2019hui, on le retrouve partout dans la grande région de Toronto.Ce n\u2019était donc qu\u2019une question de temps avant qu\u2019il ne migre un peu plus au nord pour venir tâter de l\u2019hiver québécois.En juin dernier, Maxim Larrivée et son équipe ont donc décidé d\u2019identifier un certain nombre de plantes du Jardin botanique où l\u2019insecte peut se nourrir et pondre ses œufs.«Je n\u2019avais pas beaucoup d\u2019espoirs d\u2019en trouver dès cette année, mais on pouvait déjà croire que c\u2019était une question de temps.Mais dès notre arrivée à la première plante, nous avons trouvé une douzaine de chenilles un peu partout dans l\u2019arbre», raconte, encore tout frémissant, le spécialiste des invertébrés.«Cela veut dire deux choses: soit la femelle qui a pondu sur la plante avait survécu à l\u2019hiver et a émergé ce printemps dans le Jardin botanique, soit il s\u2019agissait d\u2019une femelle qui arrivait du sud et qui a trouvé cette plante pour y pondre.» Une chose est certaine, on note que les individus sont désormais capables de compléter leur cycle de vie.En effet le spécialiste a pu assister à la métamorphose des premières chrysalides indigènes, dimanche matin.«Il ne serait donc pas surprenant que déjà, d\u2019ici une année ou deux, à un seuil très endémique, donc avec très peu MAXIM LARRIVEE Une douzaine de chenilles ont été découvertes en juin dernier sur un frêne épineux du Jardin botanique de Montréal.d\u2019individus, le grand porte-queue soit capable d\u2019être résidant à l\u2019année dans le sud du Québec.» Et comme les colonies plus au sud ont réussi à s\u2019implanter rapidement, Maxim Larrivée estime que les observations dans la région de Montréal devraient être de plus en plus fréquentes: «Si la tendance se maintient, d\u2019ici quatre, cinq ans, il va y en avoir partout.» il espère par ailleurs que la diffusion de la nouvelle permettra aux citoyens d\u2019être plus attentifs à leurs observations de grand porte-queue, ce qui lui permettra de dresser un portrait plus complet de sa répartition au Québec.Changements climatiques «Les papillons sont d\u2019excellents modèles pour observer la variation du climat parce que leur cycle de vie et leur aptitude à survivre aux hivers sont dictés par la température.L\u2019adoucissement des températures hivernales, que l\u2019on observe depuis quelques années, lui a donc donné une chance de s\u2019implanter chez nous.» Une trentaine d\u2019espèces de papillons ont poussé vers le nord leur aire de répartition depuis les deux dernières décennies.Mais aucune n\u2019est aussi spectaculaire que le grand porte-queue.Mais surtout, aucune n\u2019a réussi à le faire en aussi peu de temps.En effet, on calcule que les papillons colonisent les nouveaux habitats nordiques à un rythme moyen de 16km par décennie.Le grand porte-queue, lui, a avancé de plus de 400 km au cours des derniers dix ans.C\u2019est donc quinze fois plus rapide que la moyenne.«Ce que l\u2019on note, depuis 1990, c\u2019est un avancement des limites vers le nord beaucoup plus rapide que ce que l\u2019on avait imaginé.Pour les papillons, ils s\u2019adaptent, du moins jusqu\u2019à présent.Mais la question à 1 million de dollars, c\u2019est: Est-ce qu\u2019ils vont être capables de suivre le rythme ?» Selon lui, il faut s\u2019attendre à ce que d\u2019autres espèces s\u2019établissent graduellement au Québec dans les prochaines années, mais il souligne les dangers d\u2019un réchauffement trop rapide.«Historiquement, il y a toujours eu des changements climatiques et les organismes vivants ont toujours été capables de s\u2019adapter.Sauf que si les changements climatiques que nous sommes en train de vivre se font à une vitesse au-delà de laquelle les espèces ont été exposées dans le passé, il faut se demander si elles ont le bagage génétique pour s\u2019adapter.C\u2019est une question à laquelle on n\u2019a pas de réponse.» Le Devoir SYRIE SUITE DE LA PAGE 1 Selon lui, électricité, eau et communications sont coupés actuellement à Tadamoun.L\u2019QSDH avait rapporté plus tôt dans la journée que des blindés et des transports de troupes avaient pris position pour la première fois à Midane.«La révolution s\u2019étend et resserre l\u2019étau autour du régime dans des zones oû il se sentait à l\u2019abri de la colère du peuple», avait réagi l\u2019opposition dimanche.Le quotidien Al-Watan, proche du régime, titrait lundi à l\u2019adresse des opposants, «Damas, vous ne l\u2019aurez jamais ».«Les forces de sécurité, aidées par l\u2019armée, attaquent depuis 48 heures les groupes terroristes qui tentent de se retrancher dans les quartiers périphériques », a-t-il indiqué.L\u2019QSDH a qualifié les combats à Damas de «tournant».«Quand des combats se poursuivent dans la capitale pendant des heures, voire des jours, et que les troupes régulières n\u2019arrivent pas à contrôler la situation, cela illustre la faiblesse du régime», a commenté son président, Rami Abdel Rahmane.«Ce sont les premiers combats de ce genre à Damas.Le 15 juillet marque un tournant dans la révolution syrienne», a déclaré pour sa part un militant à Damas, « Abou Moussab ».«Assad ne partira pas» Eace aux violences qui ont fait plus de 17 000 morts, en majorité des civils, en 16 mois, le Maroc a déclaré l\u2019ambassadeur de Syrie à Rabat « persona non grata » et l\u2019a prié de « quitter le royaume ».Damas n\u2019a pas tardé à riposter en déclarant comme tel l\u2019ambassadeur du Maroc, qui avait quitté le pays il y a plusieurs mois.Pour sa part, I\u2019Union européenne se prépare à adopter la semaine prochaine de nouvelles sanctions contre le régime.En Russie, principal allié du régime, le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov a estimé que M.Assad «ne partira pas», non pas parce que Moscou l\u2019appuie, «mais simplement parce qu\u2019une part tout à fait significative de la population de la Syrie le soutient».11 a par ailleurs accusé les Qccidentaux d\u2019exercer un «chantage» pour forcer Moscou à accepter des sanctions du Conseil de sécurité contre Damas.La Russie bloque depuis vendredi un projet de déclaration du Conseil de sécurité condamnant l\u2019utilisation par les forces syriennes d\u2019armes lourdes à Treimsa, où ont péri des dizaines de personnes le 12 juillet.Aujourd\u2019hui, le président russe, Vladimir Poutine, doit rencontrer l\u2019émissaire international Kofi Annan dans une tentative de relancer son plan de paix, resté lettre morte.Pace à l\u2019intransigeance de la Russie, l\u2019ex-mi-nistre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a dénoncé une «attitude criminelle».L\u2019actuel chef de la diplomatie, Laurent Pabius, a estimé pour sa part qu\u2019en cas de départ de M.Assad, le nouveau régime dans le pays multiconfessionnel devra respecter toutes les communautés, y compris celle dont est issu M.Assad.Enfin, le Centre de coordination des affaires humanitaires de l\u2019QNU a accusé Damas d\u2019être responsable d\u2019une «politique d\u2019obstruction massive» qui empêche d\u2019aider quelque 850000 personnes dans le besoin en Sjnie.Agence France-Presse VILLAGE SUITE DE LA PAGE 1 Dans les années 1960, le village de Saint-An-toine-de-Padoue a bien failli être rayé de la carte.Comme une soixantaine de hameaux du Bas-du-Pleuve et de la Gaspésie, qui étaient sous le coup des politiques gouvernementales visant à fermer les NuUages «marginaux» pour concentrer les populations dans les villes. l\u2019époque, les citoyens ont protesté.Massivement.(J\u2019était l\u2019époque des grandes Qpérafions dignité des années 1970.Qnze villages ont alors fermé leurs portes.Des maisons ont été incendiées, d\u2019autres ont été déménagées.Une cinquantaine d\u2019autres villages ont résisté.Comme celui de Saint-Charles-Garnier, dont l\u2019école a fermé, un peu plus tôt cette année.11 y restait cinq élèves.Et comme celui de Trinité-des-Monts, plus au sud, dont les élèves ont depuis été transférés à l\u2019école primaire de Saint-Narcisse.«On a gagné des batailles, mais la guerre n\u2019est pas gagnée», raconte Berthier Pelletier, ancien maire d\u2019Esprit-Sainf dans Le grand dérangement de Saint-Paulin Dalibaire, un documentaire de Jean-Claude Labrecque tourné en 2003, qui raconte le drame des citoyens qui ont vécu la disparition de leur petit village du haut pays de la Gaspésie.«A Saint-Charles-Garnier, la fermeture de l\u2019école, ça a été la désolation», raconte le maire Laflamme.Non seulement le village de Padoue a survécu, mais il fête son centième anniversaire cette année.Et pour sauver leur école, qui est en «comité d\u2019analyse» encore cette année, ainsi que leur village, les élus et les membres du comité d\u2019économie sociale tentent de défendre un projet inusité: celui d\u2019établir ime usine de ketchup dans le village.Ce projet trouve ses racines dans l\u2019histoire même du village.En effef il y a très longtemps, le village de Padoue abritait une carrière de tuf, sorte de brique de couleur ocre qui servait à peindre des ponts et des granges.«On appelait ça du loch», raconte Pierre Duforf ancien maire du village et président des festivités du centième.Les ouvriers sortaient de la carrière le corps rougi par la pierre.En blague, on disait alors qu\u2019ils travail- laient dans la mine de ketchup.Les années ont passé et la carrière de Padoue a fermé.Mais le surnom de «mine de ketchup» est resté au village, en partie pour se moquer d\u2019un lieu où il ne se passait pas grand-chose.Et un enseignant de l\u2019école, Philippe Cavanagh, a décidé de tourner la blague en réalité.Avec des étudiants de l\u2019école et le chef cuisinier des jardins de Métis voisins, il a organisé une production de ketchup, pour financer des activités de fin d\u2019année.La production, qui portait le nom de «mine de ketchup», s\u2019est vendue en un éclair.Et l\u2019idée a fait des petits.Des membres du village ont fondé un comité d\u2019économie sociale, pour travailler à un projet d\u2019établissement d\u2019une véritable usine de ketchup.Une usine qui pourrait mener à la création de trois ou quatre emplois au village, maximum sept.Sept emplois, c\u2019est beaucoup, dans une localité de quelque 300 habitants.Pourtant, tout reste à faire.Trouver suffisamment de tomates, d\u2019abord, dans ce pays au climat rigoureux où la culture du sol est ardue.Trouver aussi un marché qui dépasserait les limites de La Pocadère, au sud, et de Gaspé, au nord, pour rentabiliser l\u2019entreprise.El aussi, trouver des distributeurs.M^que de relève agricole À ce sujet, les propositions abondent.Qn suggère d\u2019utiliser le réseau du poissonnier Atkins, de Mont-Saint-Louis, qui vend jusqu\u2019au marché Jean-Talon, ou encore celui des Fromageries des Basques, deTrois-Pistoles.Car la distribution est un élément clé des productions locales en région éloignée.Ce pourrait aussi être la clé qui permettrait à de jeunes familles de se remettre à l\u2019agriculture.À cet égard, Pierre DuforL ancien maire de Padoue, travaille, en collaboration avec Coalition Urgence rurale, à l\u2019élaboration d\u2019un «incubateur de fermes», qui permettrait à de jeunes fermiers de profiter des réseaux de distribution établis par les grosses fermes.«On a un gros problème de pelève, au niveau des fermes», explique M.DuforL À lui seul, le quota de lait coûte près d\u2019un million de dollars, dit-il.Une fortune.Sans parler du reste.Alors que le village de Saint-Narcisse comptait une soixantaine de cultivateurs regroupant quelque 400 vaches, dans les années 1950, une seule ferme produit désormais plus de lait que tout le village autrefois, raconte le fermier Fernand Lavoie dans un reportage réalisé par les jeunes du premier cycle du secondaire, à Saint-Narcisse, et soutenu par le groupe Paraloeil, qui encourage les jeunes à faire des vidéos sur la vie dans leur localité.C\u2019est pour permettre à de petites fermes d\u2019émerger, grâce au réseau de distribution développé par les grosses, que l\u2019incubateur de fermes verrait le jour.Mais les petits villages comme Padoue font aussi face à des politiques gouvernementales qui favorisent par-dessus tout les grands centres.«On centralise les services, comme les soins hospitaliers», raconte Pierre DuforL «Les personnes âgées quittent les villages parce qu\u2019elles veulent se rapprocher des hôpitaux», reconnaît le directeur de la Conférence régionale des élus de Rimouski, Gérald Beaudry.En faiL le Bas-Saint-Laurent est la région du Québec qui compte le plus haut taux de villages dévitalisés au Québec, dit-il.Les villages se butent aussi à des problèmes de zonage qui empêchent la construction de nouvelles habitations.À la limite de la dévitalisation, le village de Padoue célébrera tout de même son centenaire le 27 juillet.Dans un grand livre publié pour l\u2019occasion, on racontera la naissance d\u2019un village aux abords du premier chemin de fer, puis l\u2019établissement d\u2019un, puis deux moulins à scie.En 1915, le village comptait 1200 âmes.Qn y a déjà exploité quatre épiceries.Mais il y a longtemps déjà que l\u2019exploitation de la forêL sur cette terre où le bois pousse mieux qu\u2019autre chose, est en déclin.Au moulin voisin de Price, où travaille Gilbert Rioux, la crise économique américaine a eu des conséquences douloureuses.Et le développement de l\u2019informatique porte un coup dur à l\u2019industrie du papier.Deux papedères ont fermé à Matane, dont une cet hiver.Cela n\u2019empêche pas les citoyens de s\u2019activer pour sauver leur village et leur école.Même si les enfants sont souvent partis étudier à Rimouski, à Québec, à Montréal, ou ailleurs.Sauver leur village pour que ne se réalise pas le som- bre souhait gouvernemental des années 1960.Pour la beauté des lieux et pour la qualité de vie qu\u2019on y trouve.En espérant durer encore une autre belle centaine d\u2019années.Le Devoir Un centre de mémoire lis ont lutté, ils ont survécu, et ils en sont fiers.Ils ont même ouvert un musée pour partager leur expérience.Depuis 2009, on peut en effet visiter à Esprit-Saint, dans le haut pays du Bas-Saint-Laurent, le centre d\u2019interprétation des Qpérafions dignité, qui célèbre la formidable mobilisation populaire qui sauva plusieurs villages ,de la région dans les années 1960-1970.À l\u2019époque, le gouvernement du Québec, dirigé par Jean Lesage, avait pour projet de fermer 96 municipalités et, du coup, de déplacer 69400 personnes.Le Bureau d\u2019aménagement de l\u2019est du Québec (BAEQ) estimait alors que les terres défrichées à la dure par les colons, dans le haut pays du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, étaient non viables, que les habitants des villages y vivaient dans des conditions déplorables et qu\u2019il en coûtait tout simplement trop cher en construction de routes et en nourriture pour assurer la survie des paroisses.Les villageois visés par le BAEQ se faisaient offrir des HLM neufs dans des centres comme Matane ou Rimouski, loin de leurs terres et de leurs racines.Plusieurs décennies après les faits, le cinéaste Jean-Claude Labrecque a montré, dans le documentaire Le grand dérangement de Saint-Paulin Dalibaire, le traumatisme causé par ces transferts de villages entiers.Et l\u2019an dernier, l\u2019historien gaspésien Jean-Marie Thibeault a lancé le projet Pour ne pas en finir avec l\u2019arrière-pays gaspésien, pour recueillir le maximum d\u2019informations sur les villages expropriés de l\u2019époque.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 Par télécopieur\t514 985-3340 A.bonnenientS (lundi àvendredl, 7h30 à 16h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Au téléphone Par télécopieur 514 985-3346 514 985-3390 Le Devoir peut, a l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnes a la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service a la clientele.Le Devoir est pubhe du lundi au samedi par Le Devoir me.dont le siege social est situe au 2050, rue De Bleury, 9® etage, Montreal (Quebec), H3A 3M9.Il est imprime par Imprimerie Mirabel me., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montreal, qui a retenu pour la region de Quebec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Quebec, 450, avenue Bechard, Quebec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montreal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt legal.Bibliothèque et Archives nationales du Quebec, 2007."]
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