Le devoir, 21 juillet 2012, Cahier B
[" % a ^ \\ A trois mois du sommet de Kinshasa, la situation en RDC est explosive Page b 3 Manifestation monstre en Espagne contre le plan de rigueur imposé Page b 2 Marie-Andrée Chouinard se penche sur la loi 78 et sur son application Page b 4 PERSPECTIVES CAHIER B .LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 JUILLET 2012 fi' 71?;® Etes ^ rJsi\u2014:\tm '.¦.la» -kKft' vl-\t.A La mine Jeffrey, à Asbestos, sera relancée grâce à un prêt du gouvernement du Québec, PHOTOS JACQUES BOISSONOT LA PRESSE CANADIENNE Relance de la mine Jeffrey : regards d\u2019opposants JESSICA NADEAU La relance de la mine Jeffrey, rendue possible grâce au prêt de 58 millions de dollars accordé par le gouvernement libéral, a suscité tout un tollé, tant dans les organismes de santé publique que dans les associations environnementales et les regroupements de scientifiques.Et cela, bien au-delà des frontières du Québec.Mais pour la fille d\u2019une victime de l\u2019amiante, il s\u2019agit d\u2019un enjeu autrement plus personnel.Et si elle dénonce haut et fort cette décision, elle compte bien transformer ce cauchemar en aide pour les victimes.«Je me sens indignée, parce que je ne peux pas comprendre que la classe politique, en regard de toute la littérature qui existe sur le sujet, puisse aller de l\u2019avant avec un tel projet.Ça va contre toute éthique.[.] Mais pour moi, c\u2019est en quelque sorte l\u2019occasion de passer à une autre étape de cheminement de deuil.Je veux faire quelque chose à la mémoire de mon père.» Sophia Beaulieu, 47 ans, est travailleuse sociale dans le service public.Lorsqu\u2019elle a appris que son père souffrait d\u2019un cancer lié à l\u2019amiante, le mésothéliome pleural, elle était en état de choc, comme tous les membres de sa famille.«J\u2019aurais peut-être mieux compris s\u2019il avait travaillé dans les mines.Mais non, c\u2019était un économiste de la fonction publique, un homme qui avait fait des études universitaires pour s\u2019offrir une qualité de vie professionnelle.» Depuis la retraite, Roland Beaulieu s\u2019adonnait principalement à des tqches cléricales, à la marche et à la natation.Agé de 77 ans, il était, selon sa fille, en excellente forme physique.C\u2019est pourquoi il est allé consulter un médecin lorsqu\u2019il s\u2019est retrouvé en détresse respiratoire, lui qui marchait religieusement plus d\u2019une heure chaque jour.Chercher des réponses A l\u2019hôpital, on a longuement cherché avant de découvrir un cancer de l\u2019amiante.Un cancer fulgurant, qui l\u2019a emporté en quelques mois seulement.Comme bien d\u2019autres, Sophia Beaulieu était perplexe.Comment son père avait-il pu être exposé à l\u2019amiante ?Elle a fait des recherches.Elle a beaucoup lu.Elle cherchait des réponses.Selon les professionnels de la santé, le mésothéliome pleural est une maladie en dormance, à gestation très longue.Le cancer peut se mani- 11 m ii* -.».\t'¦\t¦¦ ¦rii 'Vi:*'.- arc\tIC Ssii.\" ¦ .\t'ï-' ; i >1!-'» 3 La mine d\u2019amiante d\u2019Asbestos.fester jusqu\u2019à 40 ans après une exposition, même indirecte, comme ce fut probablement le cas pour Roland Beaulieu.Car plusieurs édifices publics contiennent de l\u2019amiante, un matériau longtemps prisé pour ses vertus isolantes.Le gouvernement détient une liste de plus de 1500 édifices publics et parapublics qui contiennent de l\u2019amiante.Mais cette liste est, jusqu\u2019à présent, gardée secrète.Roland Beaulieu a-t-il été intoxiqué à l\u2019amiante au travail?C\u2019est la Commission de santé et sécurité au travail (CSST) qui le dira.Mais pour lui et sa famille, il est déjà trop tard.Roland Beaulieu est décédé, dans de grandes douleurs, le 28 février 2010.11 était tellement amaigri que sa propre fille, qui l\u2019a suivi à travers tous les soins, avait du mal à le reconnaître.L\u2019autopsie a déterminé qu\u2019en plus du cancer, des fibres d\u2019amiante s\u2019étaient logées dans les poumons.«Le contenu du rapport était tellement percutant que le médecin a décidé de l\u2019acheminer directement à la CSST», rapporte Sophia Beaulieu.Aide aux familles des victimes La travailleuse sociale est entrée dans un long processus de deuil, qui n\u2019est pas encore terminé aujourd\u2019hui.«C\u2019est une mort prématurée, et cela, je ne peux pas l\u2019accepter.Je vis avec, je compose avec, mais je ne l\u2019accepte pas.» Alors, lorsqu\u2019elle a entendu aux nouvelles que le gouvernement avait accordé un prêt de 58 millions pour la relance de la mine Jeffrey à Asbestos, dans la région des Bois-Erancs, elle s\u2019est sentie indignée, choquée.«Cela me heurte beaucoup.C\u2019est peut-être de l\u2019humour noir, mais je ne peux m\u2019empêcher de penser qu\u2019on subventionne des cancers.Et ce qui est le plus incroyable là-dedans, c\u2019est qu\u2019il y a plein de types de cancer pour lesquels on cherche toujours les causes.Alors que dans le cas des mésothéliomes, la littérature scientifique est claire: c\u2019est la signature de l\u2019amiante.» Pour elle, pas de doute : on va multiplier les victimes, directes et indirectes, de l\u2019amiante.Des victimes qui, comme elle, seront précipitées dans une forme de détresse facilement évitable.Car pour les victimes, le chemin du deuil est long, d\u2019autant plus que les endeuillés de l\u2019amiante ne sont pas très bien organisés au Québec, contrairement à la Erance, où l\u2019amiante a été banni.«A travers tout ce processus, je me suis sentie très seule.J\u2019avais beaucoup de questions et très peu d\u2019aide pour y répondre», confie-t-elle.C\u2019est pourquoi, avec l\u2019aide de la Société pour vaincre la pollution (SVP), elle tente d\u2019organiser un regroupement de victimes.Pour mihter, bien sûr, mais surtout pour leur fournir des réponses.Car à travers son expérience personnelle, Sophia Beaulieu croit qu\u2019elle peut aider les familles de victimes.«Les décisions qui ont été prises par le gouvernement me donnent un élan pour prendre la parole et faire avancer le débat.Je ne peux pas refaire le passé, mais je peux mieux préparer l\u2019avenir.» De faux débats Sophia Beaulieu refuse de baisser les bras.Et elle n\u2019est pas la seule.Le médecin à la retraite Eernand Turcotte, professeur à l\u2019Université Laval, est l\u2019un des militants les plus actifs au Québec pour le bannissement de l\u2019amiante.Avec ses collègues du Québec et d\u2019ailleurs, il a signé un grand nombre de lettres adressées au gouvernement CharesL l\u2019exhortant à faire marche arrière dans le dossier de l\u2019amiante et de la mine Jeffrey.Au cours des derniers mois, l\u2019Qrganisation mondiale de la santé (QMS), l\u2019Association médicale canadienne, la Société canadienne du cancer et l\u2019Institut national de santé publique du Québec 0NSPQ) ont tous fait parvenir des avis défavorables à la relance de la mine Jeffrey, arguant que l\u2019amiante était un cancérigène re-coimu et qu\u2019il devait, de ce faif être proscrit.Car bien que l\u2019on soutienne, du côté de l\u2019industrie et du gouvernement, que des règles strictes d\u2019encadrement permettent une utilisation sécuritaire de l\u2019amiante chrysotile, ces procédures sont, dans la réalité, bien difficilement applicables, surtout à l\u2019extérieur du Québec, comme en Inde ou en Corée, où la majorité du matériau est exporté.«L\u2019amiante, VOIR PAGE B 2 : AMIANTE B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 JUILLET 2012 PERSPECTIVES ESPAGNE Non au plan d\u2019austérité ! Des milliers de citoyens jugent que les mesures du gouvernement vont « ruiner le pays » Des milliers de travailleurs de tous les domaines se sont réunis jeudi soir à Madrid pour une manifestation monstre contre le plan d\u2019austérité du gouvernement.Les indignés sont de retour, dans la rue tous les jours.Dans une forêt de drapeaux multicolores, une énorme marée humaine a envahi jeudi soir le centre de Madrid, pour crier non au nouveau plan de rigueur du gouvernement espagnol, à la hausse de la taxe sur la valeur ajoutée {TVA), aux coupes budgétaires qui frappent les fonctionnaires et les chômeurs.«Mains en Vair, c'est un hold-up», hurlait la foule qui s\u2019était rassemblée quelques heures plus tôt, défilant lentement sur les grandes avenues, reprenant le slogan devenu le cri de ralliement des manifestations qui se multiplient depuis l\u2019annonce, le 11 juillet, de ce plan destiné à économiser 65 milliards d\u2019euros.«Si tu veux gagner, lutte sans relâche», «Rajoy nous vole», «Je veux un Noël», proclamaient de petites pancartes.D\u2019autres portaient ce seul mot «No» illustré d\u2019une paire de ciseaux, symbole de ces coupes budgétaires qui ont déclenché la colère de tout le pays.A Madrid, les manifestants étaient plusieurs centaines de milliers, selon des journalistes sur place.Les syndicats avaient appelé à manifester dans 80 villes, sous le mot d\u2019ordre «Ils veulent ruiner le pays.Il faut l'empêcher » Rajoy renonce à ses promesses Depuis la semaine dernière, répondant aux mots d\u2019ordre des syndicats ou des «indignés», ou alertés par les réseaux sociaux, des Espagnols de tous les horizons se rassemblent quotidiennement dans les rues, portant les t-shirts jaunes des fonctionnaires de la Justice, verts de l\u2019Éducation ou les blouses blanches des infirmières.Car le malaise des Espagnols, déjà soumis à de lourds sacrifices dans un pays en récession, étranglés par un chômage de près de 25%, a monté d\u2019un cran avec ce nouveau tour de vis.«Nous ne pouvons rien faire d'autre que de descendre dans la rue.J'ai perdu entre 10% et 15% de mon salaire depuis quatre ans.Et les nouvelles mesures ne serviront pas à résoudre la crise», s\u2019indigne Sara Alvera, fonctionnaire de 51 ans à la Cour des comptes, venue manifester avec son mari, employé dans le privé.Le gouvernement cherche ainsi à redresser les comptes publics: le budget 2012, d\u2019une rigueur historique avec 27,3 milliards d\u2019euros d\u2019économies, n\u2019a pas suffi et l\u2019Espagne s\u2019est vu imposer par Bruxelles des conditions draconiennes, en échange d\u2019une aide à ses banques et d\u2019un délai, jusqu\u2019en 2014, pour ramener son ^ J f Lors de la grande manifestation de jeudi à Madrid.déficit public à moins de 3 %.Pour renflouer les caisses, c\u2019est cette fois le pays tout entier qui va payer : renonçant à ses promesses, le chef du gouvernement de droite Mariano Rajoy a décidé une hausse de la TVA, qui devrait rapporter 22 milliards d\u2019euros d\u2019ici à 2014.Les fonctionnaires, qui ont déjà vu leur salaire réduit de 5% en 2010, puis gelé, perdent en 2012 leur prime de Noël, l\u2019équivalent de 7% du salaire.Et les nouveaux chômeurs verront leurs indemnités réduites au bout de six mois.Précarité «Quel Noël fabuleux nous allons passer.Il n'y aura aucun extra cette année.Tous les ans, ils baissent les salaires, pendant que les prix montent, le métro, le bus.», s\u2019inquiète Paloma Martinez, une fonctionnaire de 47 ans, une petite pancarte à la main portant les mots: «Si tu ne luttes pas, qu'auras-tu?» «Si nous n'achetons plus, les commerces fermeront, ils vont licencier encore des gens, ajoute-t-elle.Les gens doivent sortir dans la rue, plus s'il le faut, tout le temps qu'il faudra.» Les architectes, sous une banderole «Non à la précarité», les chercheurs, avec une pancarte indiquant «Moins de science, plus de pauvreté», le monde du spectacle, promenant un mannequin noir pendu avec l\u2019inscription «Théâtre public exécuté», étaient au rendez-vous jeudi.Dans la foule encore, des policiers en chemises noires, des pompiers casqués, promenant la maquette géante d\u2019un hélicoptère rouge sur un chariot.«Ils dévalorisent notre travail, qui est un travail dur.Nous devons descendre dans la rue, pom- DOMINIQUE FACET AGENCE FRANCE-PRESSE piers, balayeurs, infirmiers, pour dire \u201cAssez!\"», lance Manuel Amaro, un pompier de 38 ans.Après le défilé qui s\u2019est dispersé dans le calme autour de la place de la Puerta del Sol, au cœur de Madrid, un petit groupe de jeunes manifestants s\u2019est massé face à un cordon de policiers qui gardaient les abords du parlement.Comme ils refusaient de s\u2019éloigner, les policiers les ont repoussés à coups de matraques, tirant des balles en caoutchouc.Lançant quelques bouteilles ou canettes de bière, les manifestants se sont dispersés dans les rues alentour, allumant des feux de poubelles sur leur passage, se regroupant parfois pour défier encore les cordons de policiers.Six personnes ont été légèrement blessées et sept, interpellées, selon la police.Agence France-Presse La sécheresse aux États-Unis fait craindre le pire Avec la flambée des prix des céréales, le spectre des émeutes de la faim refait surface Quand la sécheresse touche les États-Unis, c\u2019est toute la planète qui tremble : en un mois, les prix du maïs, du blé et du soja se sont envolés de 30 ou 50%, atteignant ou dépassant leur niveau de 2007-2008 et faisant resurgir le spectre d\u2019une crise alimentaire et des émeutes de la faim.«Alors qu'il y a quelques semaines nous étions optimistes, la situation s'est retournée d'un seul coup et nous sommes maintenant inquiets», reconnaît Abdolreza Abbassian, économiste pour l\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture (EAO).Il y a encore peu, la récolte mondiale de blé était attendue en léger recul, mais tous les experts pensaient que ce serait compensé par une production record de maïs.Hélas, la sécheresse américaine a balayé toutes ces prévisions optimistes.Depuis le début du mois de juin, les grandes plaines agricoles américaines sont soumises à des températures extrêmes et à un sévère manque d\u2019eau, ce qui endommage les cultures, notamment celles de maïs et de soja.Et les États-Unis restent un acteur incontournable dans le monde agricole: ils représentent plus de la moitié des exportations de maïs dans le monde, un quart de celles de blé et un tiers de celles de soja.«Les stocks mondiaux de céréales disponibles sur le marché sont â leur plus bas niveau historique.Le garde-manger n'est plus aussi rempli», a reconnu Marc Sadler, un expert de la Banque mondiale.Conséquence: les prix flambent et atteignent des niveaux proches ou même déjà au-delà de ceux de 2008, année où les pays importateurs les plus pauvres avaient été secoués par des émeutes de la faim.«S'il est trop tôt pour s'inquiéter outre mesure, la Banque mondiale surveille la situation de près pour évaluer les impacts potentiels pour nos clients», a précisé M.Sadler.Situation désastreuse en Afrique de TOuest Déjà en alerte, les organisations internationales s\u2019accrochent néanmoins à quelques signaux positifs, comme la situation positive de la culture du riz.Cette céréale, dont trois milliards d\u2019humains dépendent, devrait enregistrer une production record cette année et les prix ne suivent pas ceux du blé et du maïs.«Nous allons avoir une saison difficile, mais si cela ne se dégrade pas davantage, nous devrions éviter la situation de 2008», entre autres grâce au riz, estime M.Abbassian.SCOTT OLSON AGENCE FRANCE-PRESSE Un ^riculteur américain installait hier un système d%rigation dans son champ situé près de Whiteland, en Indiana.Le centre de cet État connaît sa plus importante sécheresse depuis cinq décennies.Toutefois, les nouvelles venues des États-Unis sont de plus en plus alarmantes: les experts estiment que la canicule pourrait perdurer tout l\u2019été et même jusqu\u2019en octobre, grignotant encore un peu le potentiel des cultures et poussant probablement les prix vers des niveaux jamais atteints.En mars, la EAO estimait déjà que la facture en céréales des pays pauvres importateurs atteindrait un niveau record en 2012.Avec des cours qui explosent et un taux de change défavorable, l\u2019addition risque de devenir réellement insupportable pour ces pays.«La hausse actuelle des prix est une catastrophe pour les pays d'Afrique de l'Ouest déjà dans une situation désastreuse», explique Malek Triki, porte-parole du programme alimentaire mondial dans cette zone.En juillet, les prix des céréales ont atteint leur plus haut niveau de l\u2019année, mettant à mal les ménages dont les réserves ont été épuisées depuis longtemps, relate celui-ci.«Alors que 18 millions de personnes souffrent déjà de la faim dans le Sahel, cette flambée est très alarmante», confirme Clara Jamart, d\u2019Ox-fam Erance.Pour l\u2019ONG, malgré la prise de conscience en 2008 après les émeutes de la faim et les tentatives du G20, rien n\u2019a été réglé.«La situation alimentaire est tellement tendue qu'il suffit de n'importe quel aléa dans un grand pays producteur pour que tout bascule et que tout s'emballe.Nous n'avons pas réglé le problème et, pour ne rien arranger, la spéculation est toujours lâ.» Libération AMIANTE SUITE DE LA PAGE B 1 c'est un cadeau empoisonné typiquement canadien au reste de l'humanité », se désole le D*\" Eernand Turcotte.Mais que peut-il faire, aujourd\u2019hui que le prêt a été accordé et que la mine s\u2019apprête à relancer ses activités ?« Cet octroi est une tragédie pour la santé publique mondiale.Alors, sur le plan strictement professionnel, je ne peux pas baisser les bras.Je n'ai pas ce droit.Mon obligation, comme médecin, de défendre la santé publique n'est pas suspendue parce que le prêt a été accordé.» Celui qui a longtemps milité pour le contrôle du tabagisme et la santé en milieu de travail se dit heureux d\u2019être aujourd\u2019hui à la retraite, ce qui lui confère une plus grande liberté de parole.Mais s\u2019il veut continuer de se battre, il avoue commencer à se sentir las de reprendre perpétuellement un débat qui devrait être clos depuis longtemps.«Combien de fois faudra-t-il faire la démonstration que la terre n'est pas plate?», laisse-t-il échapper dans un soupir.La question n\u2019est plus, selon lui, un problème scientifique, mais bien politique.Et il transcende toutes les familles politiques.Mais ce qu\u2019il appelle «les mensonges de l'industrie» est régulièrement colporté par les gouvernements, provoquant la confusion dans l\u2019opinion publique.«Nous sommes constamment ramenés en arrière, avec de faux débats.La politique nous empêche d'aller, comme société, lâ où nous devons aller.Le gouvernement devrait avoir deux obligations.La première, c'est de laisser l'amiante lâ où il est, c'est-â-dire sous terre.Et la deuxième, c'est d'assurer un soutien aux familles dont le gagne-pain dépend de cette industrie.» Pour une réorientation économique Car le docteur Séguin n\u2019est pas insensible aux revendications des populations locales qui souhaitent retrouver un emploi.La relance de la mine devrait permettre la création de 425 emplois réguliers et de nombreux autres emplois indirects dans la région d\u2019Asbestos, toujours dépendante de cette ressource.«Je suis sensible au besoin de ces travailleurs, mais ce que nous disons, c'est que la relance économique d'Asbestos ne devrait pas être liée â un prêt pour la mine, mais bien â une réorientation économique.Imaginez ce qui pourrait être fait si l'on investissait les 58 millions pour aider les familles â se réorienter plutôt que dans la mine.» Le docteur Séguin ne manque pas d\u2019idées pour la suite des choses.Mais il espère que des élections remettront le dossier au cœur de l\u2019actualité.Il souhaite surtout que chaque parti politique prenne une position claire sur le dossier.Et il va tenter l\u2019impossible pour que le débat sur l\u2019amiante ne sombre pas dans l\u2019oubli.Avec ou sans élections.Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 JUILLET 2012 B 3 PERSPECTIVES L\u2019enfer de Damas Le chaos dans les quartiers insurgés terrorise la population syrienne HALA KODMANI Attendue, redoutée ou espérée, la contre-offensive du régime syrien sur les quartiers insurgés de Damas a été d\u2019abord médiatique.La télévision officielle a ainsi annoncé dans la soirée de jeudi que les forces de la garde républicaine allaient «nettoyer» le quartier de Midane, d\u2019où l\u2019Armée syrienne libre (ASL) avait lancé sa «bataille de Damas».Dans cette vaste zone populaire du sud de la capitale, des combats féroces se sont déroulés ces derniers jours entre les rebelles armés, qui en contrôlaient le cœur et la plus grande partie des ruelles étroites, et les troupes loyalistes, qui l\u2019encerclaient avec une dizaine de chars, le pilonnant jour et nuit.Ces dernières ont investi hier matin certains points centraux du quartier, tandis qu\u2019un «repli tactique» était annoncé par les porte-parole de l\u2019ALS.«C\u2019était l\u2019enfer!», raconte l\u2019un des derniers habitants à fuir Midane, pratiquement déserté en quelques jours.«Le premier flot d\u2019enfants terrorisés et de femmes en pleurs est arrivé!», décrivait lundi sur Facebook Mona, militante des comités locaux de la révolution.Les plus chanceux d\u2019entre eux ont été accueillis par leurs familles ou leurs amis qui vivent dans les zones non exposées de Damas.«D\u2019autres se sont enfermés dans leur salle de bains sans fenêtre pour se protéger des tirs et certains ont été tués pendant leur fuite vers Sayda Zainab», écrit Mona.Dans ce quartier voisin, beaucoup plus misérable, une centaine de personnes ont été tuées mercredi par un obus tiré sur le cortège funéraire des victimes des bombardements de la veille.Barrages Si les tirs et les explosions empêchent de dormir les habitants d\u2019un bout à l\u2019autre de la ville, l\u2019inégalité entre les zones populaires insurgées de la périphérie et les quartiers bourgeois ou le centre commercial est flagrante.Les témoignages des uns ou des autres ne décrivent pas le même Damas.Dans le quartier résidentiel de Muhajrin, sur le flanc du mont Qas-sioun, à quelques encablures du Palais présidentiel, Nawal s\u2019est décidée à descendre de son appartement vers 11 heures jeudi, quand les tirs se sont calmés.«Juste pour aller jusqu\u2019à l\u2019épicerie d\u2019Abou Ahmad, à 50 mètres, acheter les légumes qui me manquent pour le dernier déjeuner avant le ramadan », dit cette mère d\u2019une famille de trois adolescents, jointe par Skype.«J\u2019ai pu aussi rapporter deux kilos de farine et du sucre pour préparer quand même un peu de qatayef [petites crêpes traditionnelles du mois de jeûne].Il faut faire attention à ne pas gaspiller les produits de base, vu ce qui nous attend!» En cette journée de répit relatif, l\u2019ambiance est très tendue dans les rues où les gens ne sortent que par nécessité.Très peu de voitures civiles circulent, d\u2019autant que le carburant commence à cruellement manquer dans les stations, souvent rendues inaccessibles par les barrages de sécurité qui coupent les principales artères de la ville.La veille, à Muhajrin, quartier voisin de Rawda où s\u2019est produit l\u2019attentat qui a décapité en partie le commandement sécuritaire du régime, la panique et l\u2019euphorie se sont succédé.«Tout en fermant leurs magasins, les commerçants dissimulaient mal leur sourire de satisfaction à la confirmation de la mort d\u2019Assef Chawkat [le beau-frère de Bachar al-Assad] après celle du ministre de la Défense, raconte Nawal.Abou Ahmad s\u2019est mis à offrir des friandises et des jus de fruits à Les plus chanceux ont été accueillis par leurs familles ou leurs amis qui vivent dans les zones non exposées de Damas ses clients pour célébrer l\u2019événement, en lorgnant vers les hommes de la sécurité qui étaient à côté.» Un périmètre de sécurité a été imposé tout autour de l\u2019avenue qui mène de la place Rawda à l\u2019hôpital Chami où ont été transportés les blessés de l\u2019attentat.Nawal explique: «Entre les sirènes des ambulances, les rafales de mitraillettes tirées en l\u2019air par les miliciens et les explosions de plus en plus fortes qu\u2019on entendait plus loin, j\u2019étais complètement sonnée et j\u2019ai remercié Dieu d\u2019avoir pu arriver chez moi!» À l\u2019aveugle Aux bombardements et aux combats s\u2019ajoutent les nouvelles menaces du chaos qui progresse dans les rues de la capitale.Peu après l\u2019attentat de mercredi, les chabiha se sont lancés à l\u2019assaut des quartiers protestataires, «tirant à l\u2019aveugle contre les passants et les maisons», dit une femme palestinienne du camp de Yar-mouk.Dans le quartier de Nahr Aysha, ils ont frappé à la porte d\u2019une maison de 90 m^ à la recherche de combattants armés.Le jeune Bilal, 16 ans, qui leur a ouvert, leur a dit: «Il n\u2019y a personne ici! Juste trois familles, la nôtre, celle de mon oncle et celle de ma tante, 25 personnes au total, et je suis le plus grand garçon d\u2019entre eux.Je protège la maison contre l\u2019Armée libre.» Ils sont repartis.Les hommes armés incontrôlés sont redoutés par la population.Profitant du vide sécuritaire, des bandits rançonnent les commerçants ou pillent les maisons désertées.«Le chaos qui s\u2019étend dans les rues de Damas terrorise autant la population que les explosions et les tirs», affirme un activiste qui travaille dans la communication de la révolution, relevant que «cette situation peut encore durer et s\u2019aggraver si la bataille se poursuit».Souvenir Nul ne se hasarde en effet à prédire la durée du combat pour la capitale et pour la Syrie en général, malgré le tournant de ces derniers jours.Les troupes d\u2019élite loyalistes comptent encore plus de 35 000 hommes, entre la garde républicaine et la quatrième brigade de corps d\u2019élite de Maher al-Assad.«Le régime maîtrise parfaitement sa stratégie et a laissé les rebelles s\u2019emparer de certaines zones de la capitale pour mieux les frapper», assure un officier.Dans le même temps, les sources proches de l\u2019ASL affichent un ton triomphaliste, annonçant l\u2019effondrement prochain des forces du régime.Quelle que soit la réalité du rapport de force, la bataille de Damas sera féroce.«Si les forces du régime réussissent à se reprendre, leur riposte sera encore plus sanglante.Et plus ils perdent pied et le contrôle de la situation, plus leur vengeance contre les habitants de la capitale sera terrible», dit un ancien avocat.Comme cet octogénaire, les Damascènes plus âgés n\u2019ont jamais oublié leur terreur en 1984, quand Rifaat al-Assad a tenté, à la tête des brigades de Défense, un coup de force contre son frère Hafez, le père de Bachar.Le souvenir des canons postés sur les toits et pointés sur les quartiers résidentiels de Damas a terrorisé toutes ces années les habitants de la capitale qui sont restés à l\u2019écart de la protestation.Les batteries de missiles et les tireurs embusqués revenus aujourd\u2019hui sur les mêmes toits sont en plus accompagnés ces derniers jours par les hélicoptères dans le ciel de la ville.«Au moins, ils brassent l\u2019air, ce qui est réconfortant vu la chaleur», ironise sur sa page Facebook un habitant de Kafar Sousseh, l\u2019un des quartiers attaqués, proche du centre de Damas.Libération PHIL MOORE AGENCE ERANCE-PRESSE Un camion des Nations unies traverse la ville de Goma.MICHELE SIBILONI AGENCE ERANCE-PRESSE PHIL MOORE AGENCE ERANCE-PRESSE Des rebelles du M23.Au marché de Goma.REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO Sitnation explosive trois mois avant le sommet de Kinshasa La possibilité que le conflit devienne régional inquiète les observateurs CLAUDE LEVESQUE Même si un semblant de paix y règne depuis une douzaine d\u2019années, ou une paix lourdement armée si on préfère, l\u2019est de la République démocratique du Congo demeure une véritable poudrière où les récents événements font craindre l\u2019éclatement d\u2019un nouveau conflit régional, et ce, à moins de trois mois du Sommet de la Francophonie prévu à Kinshasa.Pour une rare fois, les Casques bleus de la MONUSCO ont bombardé, ces dernières semaines, les positions d\u2019une de ces milices qui font la loi dans la région.L\u2019Union africaine a trouvé la situation assez préoccupante pour lui consacrer une bonne partie des délibérations lors de son dernier sommet et pour proposer la création d\u2019une nouvelle force militaire «neutre», sans toutefois préciser si cette dernière devrait remplacer celle que l\u2019ONU maintient depuis 1999.C\u2019est une milice constituée surtout de Tutsis congolais, le M23, qui joue du muscle depuis avril et qui s\u2019est emparée dernièrement de plusieurs villes du Nord-Kivu, menaçant un moment de prendre Goma, la capitale provinciale.Retour sur les faits Un bref rappel historique s\u2019impose : pendant la majeure partie des années 2000, un groupe armé appelé CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) a fait la pluie et le beau temps dans la région.Fin 2008, il frappe justement aux portes de Gpma.Le 23 mars 2009, l\u2019État congolais signe avec lui un accord permettant à ses Le Canada a clairement indiqué au début du mois qu\u2019il participerait au sommet de Kinshasa membres d\u2019être intégrés dans l\u2019armée régulière de la RDC sans risquer d\u2019être mutés dans d\u2019autres régions.Le chef du CNDP, Bosco Ntaganda, est frappé depuis 2006 d\u2019un mandat d\u2019arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, mais cela ne l\u2019empêche pas de vivre au vu et au su de tous à Goma, où il brasse des affaires et où il détient le grade de général dans l\u2019armée dite régulière de la RDC.L\u2019accord tient jusqu\u2019au printemps.En avril, Ntaganda accuse Kinshasa d\u2019en violer les termes et il reprend le maquis avec une nouvelle milice qu\u2019il nomme Mouvement 23, ou M23, en référence à ladite entente.Sur les entrefaites, l\u2019Organisation des Nations unies produit un rapport qui met au jour l\u2019aide dont la rébellion tutsie congolaise bénéficie de la part du Rwanda, un pays que la communauté internationale hésite à critiquer à cause du génocide de 1994 mais qui pèse lourd dans la vie politique de la RDC, surtout près de ses frontières orientales.Avec ses hautes montagnes, ses forêts et ses pâturages, avec sa flore, sa faune et ses richesses minérales, dont le fameux coltan, cette région où règne un été perpétuel et tempéré suscite d\u2019ailleurs toutes les convoitises.En outre, elle grouille de milices liées aux deux ethnies rivales du Rwanda voisin, les Tutsis et les Hutus.Les manœuvres militaires autour de Goma, ville située sur la frontière, avaient déclenché en 1996 et en 1998 des guerres qui ont fait cinq millions de morts et impliqué plusieurs autres pays africains (sans compter les trafiquants), par les diamants et le coltan alléchés.Entretenir l\u2019insécurité «Le Rwanda entretient l\u2019insécurité, qui lui permet de tirer des bénéfices au vu et au su de tout le monde.L\u2019ONU produit des rapports depuis 2000, mais ceux-ci demeurent lettre morte.[.] La frontière entre la RDC et le Rwanda ne fait que quelques centaines de kilomètres.Il est donc possible de la contrôler, mais la MONUSCO ne le fait pas», notait Arnaud Zaitjman, auteur de deux documentaires sur le meurtre de Laurent Kabila, le père de l\u2019actuel président, dans une entrevue qu\u2019il accordait au Devoir au printemps.« On ne peut pas dire que tout vient du Rwanda, mais il reste qu\u2019après le génocide, les polarisations identitaires et la prédation économique se sont étendues au Congo», ajoutait l\u2019ancien journaliste du Monde et de Libération Stephen Smith, qui assistait à Montréal à la même conférence consacrée aux Grands Lacs d\u2019Afrique.Les hommes de Bosco Ntaganda ont probablement bourré les urnes dans le Nord-Kivu l\u2019automne dernier, aidant Jpseph Kabila à l\u2019emporter sur Étienne Tsisekedi à l\u2019élection présidentielle (entachée de nombreuses autres irrégularités) .Comme sous le règne de Kabila père, les relations rwando-congolaises passent facilement du beau fixe à l\u2019orage sous Joseph Kabila, le fils.Si le Canada a clairement indiqué au début du mois qu\u2019il participerait au sommet de Kinshasa, sans doute en la personne du premier ministre, Stephen Harper, la présence de François Hollande au Sommet de la Francophonie paraît un peu moins sûre.S\u2019il se rend dans la deuxième ville francophone du monde (Kinshasa), le président français a promis de soulever avec force la question de la gouvernance démocratique et du respect des droits de la personne.Le Devoir ïiUUU EROUN Orientale OUGANDA .Equaleur v Kisangani CONGO t\t FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOFARO LETTRES Un pays sans bon sens Il semblerait que notre ineffable premier ministre, Jean Charest, s\u2019inquiète, ces jours-ci, de la tournée provinciale entreprise par la CLASSE.Il aurait même alerté à cet effet le Directeur général des élections du Québec pour lui communiquer ses angoisses.Première réaction: la loi 78 n\u2019était donc pas un accident de parcours commandé par l\u2019urgence, le premier ministre est vraiment allergique à la liberté d\u2019expression lorsque celle-ci lui est défavorable.Surtout que, pendant ce temps, lui-même ne se prive pas de se livrer à une tournée triomphale à travers le Québec, où il distribue promesses et cadeaux, sans qu\u2019aucun de tous les frais engendrés par tous ces déplacements ne soit déclaré comme dépenses électorales en bonne et due forme.On en rirait s\u2019il n\u2019était pas aussi triste de savoir que plusieurs Québécois semblent encore prêts à lui accorder leur confiance.Incidemment, comme chaque été, la petite corrida reprend parmi ceux que le Québec peut compter comme des agents de changement (ou des progressistes).On déchire sa chemise en public, on veut en découdre avec des alliés jugés trop impurs et qu\u2019on s\u2019empresse de cataloguer comme des ennemis de l\u2019intérieur ou de faux acolytes.Tout ce cirque en feignant d\u2019ignorer que l\u2019on prépare ainsi la voie en vue d\u2019une réélection assurée de celui qui devrait figurer comme l\u2019ennemi commun.Quel pays sans bon sens ! Danielle Beaulieu Montréal, le 19 juillet Le retour de la Grande Noirceur Selon ce que nous rapporte Victor-Lévy Beaulieu, le maire de Trois-Pistoles ne veut pas voir Gabriel Nadeau-Dubois sur le territoire de sa municipalité et va prendre tous les moyens possibles pour empêcher que les gens puissent venir l\u2019entendre.Invraisemblable, que le discours de haine et de division de Charest fonctionne à ce point en région ! Voici des jeunes, talentueux et courageux, de commerce très agréable en plus, qui prennent la peine d\u2019aller voir les gens pour informer, débattre, discuter de la façon la plus civile qui soit.Et on leur ferme la porte, et on se bouche les oreilles, et on est prêt à quasiment les lyncher, comme au Ear West d\u2019antan.Comment ne peut-on pas craindre, au terme de la prochaine élection, un retour de la Grande Noirceur, et voir en Charest la réincarnation de Duplessis, le «cheuf» de la loi-matraque brutale et de l\u2019anticommunisme primaire ?Christian Feuillette Montréal, le 20 juillet Eleni Bakopanos: candidate vedette du PLQ ?Le Parti libéral du Québec doit être aux abois pour annoncer la candidature vedette d\u2019Eleni Bakopanos dans la circonscription de Crémazieü! Deux fois battue aux élections fédérales par Maria Mou-rani et refusée par le Parti libéral du Canada comme candidate à l\u2019élection de 2011 (Noushig Eloyan se présentant à sa place), Eleni Bakopanos se recycle au provincial.Nous sommes loin d\u2019un renouvellement de ce parti avec la candidate vedette d\u2019une naufragée du PLC.Ce gouvernement a fait son temps.Jean Archambault Montréal, le 17juillet 2012 LIBRE OPINION Notre démocratie est en danger YVES CHARTRAND Pré-retraité et activiste Je nous invite, chers concitoyens, à une réflexion profonde au moment où s\u2019annoncent pour bientôt des élections au Québec dans le contexte d\u2019une crise sociale majeure.[.] Je constate qu\u2019il est maintenant de bon ton, même au Devoir et à la SRC, de sonner la fin de la récréation et qu\u2019il est maintenant temps de passer aux choses sérieuses, soit la campagne électorale.Comme si le printemps érable dans toute sa créativité, sa spontanéité et sa globalité ne devait déboucher que sur le maintien du système en place, soit le capitalisme néolibéral, après les sacrifices faits par une partie de la jeunesse québécoise appuyée par un grand nombre de concitoyens de tous les âges dans la rue avec eux depuis des mois.On peut contester tant qu\u2019on veut, mais pas question ultimement de changer de système.On doit se contenter d\u2019y apporter des améliorations; pas question de le changer.C\u2019est une usurpation de la lutte sociale et populaire.Les débats de fond sont mis de côté et ramenés à une seule lutte électorale, dont la forme malheureusement risque encore une fois de nous amener sur le terrain des perceptions plutôt que des idées en attendant la première gaffe de l\u2019un des politiciens en campagne.Et on remettra au pouvoir blancs bonnets et bonnets blancs et on sera encore tranquilles et pépères pour les cinq prochaines années.Lorsque la situation se polarise, les peureux rentrent dans le rang et la majorité des individus prennent position ultimement en fonction de la classe sociale à laquelle ils appartiennent, comme le dirait le bon vieux Karl Marx, et au diable la démocratie.Sans nier l\u2019importance de l\u2019arène électorale, nous revendiquons maintenant la démocratie directe, qui ne peut se limiter à donner un chèque en blanc à un politicien et à l\u2019endurer pendant cinq ans quoi qu\u2019il dise ou quoi qu\u2019il fasse.De nombreux citoyens revendiquent dorénavant une participation quotidienne aux choses de la cité et du pays.Les comités de quartier mis en place dans plusieurs quartiers de Montréal dans la foulée du printemps érable ep font foi.On pourrait établir, comme aux Etats-Unis, la possibilité de révoquer des élus en coins de mandat et de les forcer à faire des rencontres publiques plusieurs fois par année pour rendre compte de leur travail.On pourrait instaurer des référendums spécifiques lors ou hors d\u2019élections pour consulter les citoyens sur une multitude d\u2019enjeux et ultimement sur l\u2019indépendance du Québec.On devrait mettre en place au plus vite un nouveau système politique avec une dimension proportionnelle pour refléter tous les courants de pensée.Paradoxalement, c\u2019est Jean Charest qui semble nous annoncer un combat d\u2019idées pour les prochaines semaines.Il a déclaré que la prochaine campagne électorale portera sur un choix de valeurs et de mode de vie.Probablement que les milieux d\u2019affaires sont prêts à lui redonner leur appui à cette seule condition, malgré ce dernier mandat où il n\u2019a pas livré totalement leur marchandise néolibérale.Espérons que monsieur Charest a raison sur ce point.La prochaine campagne pourrait et devrait effectivement porter sur le choix entre deux projets de société : le modèle amphithéâtre de Québec, ou Plan Nord, ou le modèle du bien commun.L\u2019un des modèles propose d\u2019accroître la présence du privé dans l\u2019économie et le renforcement de l\u2019intérêt individuel sans égard à l\u2019écologie ; l\u2019autre propose de revenir au bien commun et à la préservation de la planète.Pour ceux et celles qui favorisent le premier modèle, ils peuvent voter PLQ, CAQ et malheureusement aussi PQ, puisque ce parti est allé en ce sens au cours de ses derniers mandats au pouvoir.Avec le PQ, on continuera de foncer dans le mur, mais moins vite.Pour ceux et celles qui désirent profondément et courageusement que la société québécoise aille dans le sens du bien commun, seul Québec solidaire peut nous amener dans cette direction.Il s\u2019en est fallu de peu pour que le peuple grec mette au pouvoir récemment le parti de la gauche radicale.Pourquoi ne pas donner suite à la vague orange des dernières élections fédérales au Québec et aller plus loin en élisant un grand nombre de députés de Québec solidaire ?L\u2019histoire a prouvé que parfois David a finalement raison de Goliath.Tout en mettant nos énergies dans la lutte électorale, il faut poursuivre en même temps la lutte sociale.Charest et Harper se rencontrent en catimini pour parler de l\u2019on ne sait quoi.Le Service de police de la Ville de Montréal a transformé son escouade festivals en escouade manifestations plus musclée et dont le service de renseignements relève maintenant de la section du crime organisé.La loi 78 limitant le droit de manifester et le droit d\u2019association est prête à être appliquée dès la rentrée.Le maire de Trois-Pistoles ne veut pas de la présence de Gabriel Nadeau-Dubois à l\u2019Échofête dans sa localité et menace de couper les fonds aux organisateurs s\u2019ils maintiennent leur invitation.Eh oui, chers concitoyens, l\u2019heure est grave.Notre démocratie est en danger. LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 JUILLET 2012 B 5 IDEES ELECTIONS Le poids réel des prochaines élections LORENZO BENAVENTE Montréal e toutes parts, Don nous conscientise au fait d\u2019aller voter, à son importance, à son apport à la roue démocratique de notre société comme étant le seul levier permettant de la faire rouler.C\u2019est du moins ce qu\u2019on nous raconte, particulièrement lors de ces dernières semaines à saveur électorale.Le but de ce texte n\u2019est pas de remettre en question le choix légitime d\u2019aller voter.Il ne s\u2019agit pas non plus d\u2019un argumentaire invitant à ne pas le faire.Ce texte vise simplement à démontrer en quoi le mouvement social que nous avons créé est de loin plus imposant et plus important qu\u2019une case noircie par une « écœurantite aiguë».Nous constaterons d\u2019abord que l\u2019idée de résoudre le conflit étudiant par les élections implique encore une fois une diversion, un faux débat avancé par une élite corrompue, mais épuisée.Nous tenterons ensuite d\u2019explorer ce qui se passerait si nous considérions les urnes comme solution ultirqe à la crise qui nous incombe.A la suite de ce texte, libre sera le lecteur de se faire une idée personnelle sur le poids réel que représenteraient pour lui des élections.Mal-financement des universités Le conflit étudiant a débuté avec un cri du cœur de certains recteurs universitaires comme quoi leur établissement était sous-financé.Cette idée, nous n\u2019en parlons plus depuis longtemps, ceux-ci faisant preuve d\u2019un refus catégorique d\u2019informer la population sur le montant nécessaire pour une saine gestion d\u2019université.Il y eut également des débats animés dans les médias de masse, les réseaux sociaux, et ce, du début du mouvement étudiant jusqu\u2019à maintenant.Toujours aucune réponse claire, toujours un débat sans fondement, autre que celui de la marchandisation du savoir.Droits de scolarité et violence Question de nous faire languir un peu plus, le gouvernement souligna un enjeu tout autre que celui dont nous débattions depuis des semaines.Faisant fl du processus démocratique de la CLASSE, qu\u2019ils connaissaient pourtant très bien, le premier ministre et ses petits amis du patronat nous JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des enjeux importants, tels que l\u2019environnement, la santé, le fameux Plan Nord, la famille, les logements sociaux, risquent d\u2019être laissés de côté.ont demandé de dénoncer la violence.Ne les jugeons cependant pas trop vite.Il s\u2019agit tout de même d\u2019une élite, une classe à part.Il y a sûrement une corrélation et même un effet de causalité étroit entre les droits de scolarité et la violence.Ne remettons pas en doute l\u2019intégrité et la crédibilité de cette autorité que nous avons, de toute façon, élue démocratiquement.Et les élections Il va de soi que les faux débats mis sur la place publique par le Parti libéral ne sont ici pas tous énumérés.(Injonctions, intimidation, la « majorité silencieuse», le fameux carré rouge de Pauline Ma-rois, etc.) Terminons toutefois par celui qui nous intéresse : les élections.Le gouvernement a placé ses pions à la perfection.Si bien qu\u2019il a fait bifurquer l\u2019enjeu principal à droite et à gauche, puis nous a fait mijoter suffisamment longtemps pour nous présenter son plan ultime que sont les élections.Il tente à présent de jouer sa dernière carte, celle de nous faire croire que nous devons voter pour légitimer ou non la hausse des droits de scolarité.Le problème?Il ne s\u2019agit pas d\u2019un référendum, mais bien d\u2019élections.En abandonnant l\u2019idée de notre rapport de force et de notre ^ève historique au profit d\u2019élections, nous laissons de côté des enjeux tout aussi importants, tels que l\u2019environnement, la santé, le fameux Plan Nord, la famille, les logements sociaux.des enjeux qui seraient laissés de côté pour traiter uniquement de la question des droits de scolarité.Voulons-nous réellement faire en sorte que nos quatre prochaines années soient dictées uniquement par cette question?Quels choix s\u2019offrent à nous?Dans le même ordre d\u2019idées électoralistes, nous pourrions nous laisser tenter par un exercice d\u2019analyse des partis dans la course à la gouvernance du Québec et de leurs idées en matière d\u2019éducation.Il y a évidemment le Parti li- béral du Québec.Nous ne ferons pas couler beaucoup d\u2019encre pour décrire leurs idées d\u2019économie du savoir qu\u2019il véhicule.Nous les connaissons déjà trop bien.Parlons plutôt de cet amalgame de «free for ail» qu\u2019est la Coalition avenir Québec.Fixerions-nous notre attention sur ce cher Rebello, qui arborait autrefois fièrement le carré rouge, que nous serions vite déçus par le regard que pose François Legault sur le conflit estudiantin.Il est dommage de personnaliser ainsi le débat, mais il semble que les partis politiques fonctionnent désormais avec une tête dirigeante plutôt que par consensus entre les membres.Fameuse ligne de parti.Hausse ou gratuité?Venons-en maintenant au Parti québécois.Qutre le spectre à peine visible d\u2019une indexation des droits de scolarité au coût de la vie, que prétend offrir comme solution à la crise sociale ce parti plus qu\u2019énigmatique ?Dans un article paru dans Le Devoir il y a de cela quelques mois, Marois était incapable d\u2019affirmer qu\u2019elle serait contre une hausse quelcpnque des droits de scolarité.A ce jour, nous en savons à peine plus.Mentionnons également le passagç de celle-ci au ministère de l\u2019Éducation en 1996.Ayant échoué dans sa tentative d\u2019augmenter les droits de scolarité, elle s\u2019en est tirée avec une taxe à l\u2019échec au collégial et des droits de scolarité plus élevés pour les étudiants étrangers.Que ferait-elle alors dans la situation actuelle?Finalement, Québec solidaire défend haut et fort la gratuité scolaire, tout comme Qp-tion nationale.Les probabilités que ces partis soient élus restent toutefois assez minces, sauf si une certaine «vague orange » rejaillissait au-dessus du fléau néolibéral qui nous afflige.Permettez un certain scepticisme lors de la rédaction de ces dernières lignes.Bougie d\u2019allumage Cette brève analyse nous aide à constater l\u2019énorme fossé qu\u2019il reste à franchir pour obte- nir les changements sociaux que nous souhaitons.S\u2019en remettre aux élections pour régler le conflit étudiant signifierait notre capitulation devant un néolibéralisme sauvage.Somme toute, oui : des choix s\u2019offrent à nous en ce qui concerne l\u2019éducation que nous désirons accessible et de qualité.Notre mouvement prend toutefois une ampleur tout autre que lorsque nous avons levé notre carton pour la première fois en faveur de la grève.Notre mouvement est solide et il se veut une bougie d\u2019allumage.Qn entend même parler de grève sociale dans certains milieux.Peu importe le parti au pouvoir, le message doit rester le même.Nous voulons de la justice, de l\u2019équité, on parle de gratuité, de progrès et d\u2019avancement social.Ces idées ont été camouflées par les médias de masse et on a masqué l\u2019idéal de société qu\u2019on tente de mettre en avant.Qn nous a laissés pour compte jusqu\u2019à nous présenter les urnes comme étant «la» solution.Présentons-leur alors la force de la rue.Ne dites pas aux étudiants quoi faire J ANNE-MARIE PROVOST Etudiante en science politique à l\u2019UQAM, militante active de Québec solidaire, secrétaire aux communications de l\u2019ASSE en 2009-2010 et ancienne attachée de presse de la CLASSE ai lu avec intérêt la lettre ouverte de Renaud Poirier-St-Pierre et Gabrielle Brais-Harvey, anciens de la CLASSE et de la FECQ, qui appellent les étudiants à investir les structures de Québec solidaire en vue des élections, lettre à laquelle Daniel Pierre-Roy, ancien de la FEUQ, a courtoisement répondu en affirmant que c\u2019est plutôt vers le Parti québécois que les étudiants devraient se tourner, dans l\u2019optique d\u2019une véritable «victoire électorale étudiante».Bien que je sois déjà active au sein de Québec solidaire en prévision des prochaines élections, j\u2019appelle respectueusement mes trois amis et collègues militants à ne pas tomber dans le fétichisme du parti politique et de la pardsanerie.Le mouvement sans précédent de ce printemps a permis de clarifier certaines caractéristiques de ce qu\u2019on nomme la jeunesse québécoise et a contribué à la formation politique et sociale de dizaines de milliers de jeunes à travers le Québec.Malgré ce que prétendent certains commentateurs médiatiques à la paranoïa un peu trop en- thousiaste, les assemblées générales lors des votes de grève ont généralement été un lieu sain de débats de principes et d\u2019idées sur ce que l\u2019édu-cation implique dans la vie en collectivité, que ce soit chez les étudiants en médecine, en science humaine, en foresterie ou autres disciplines.Plusieurs étudiants se sont ensuite regroupés dans des comités de mobilisation, au sein des structures de leurs associations étudiantes et dans des ateliers, tout en faisant des actions directes et des manifestations d\u2019envergure pour mettre en œuvre leur projet social.Des dizaines de milliers d\u2019étudiants ont également vécu une démocratie directe dans laquelle ils avaient des décisions à prendre concernant les offres du gouvernement, sur la poursuite de la ^ève ou sur leur participation à telle manifestation nationale ou telle action.Quels constats feire sur la jeunesse québécoise?Qn sent un changement dans notre rapport aux structures de pouvoir.WikiLeaks a posé le débat du dévoilement d\u2019informations jugées confidentielles et a remis sur la table la contradiction entre l\u2019écran médiatique versus la «réalité» des échanges derrière des portes closes.Les négociations de la crise étudiante ont chamboulé les méthodes habituelles en cassant le principe des décisions qui se prennent du haut vers le bas: les représentants étudiants ont fait confiance à leur base étudiante pour prendre elle-même les bonnes décisions, sans leur recommander d\u2019offre ou d\u2019entente.Aussi, pas de gêne pour détailler dans de longs rapports le déroulement des négociations.Les étudiants veulent de la transparence.L\u2019expérience des assemblées générales a également permis aux étudiants de garder le contrôle du mouvement de grève.Notre grande utilisation des réseaux sociaux et des mêmes réseaux Internet a aussi permis d\u2019outrepasser en partie l\u2019influence et le filtre des grands médias et de tous les codes sociaux qui viennent avec ceux-ci (notamment, la définition de ce qui est acceptable ou non) pour nous créer un espace à nous.Les étudiants veulent du pouvoir sur leur vie et s\u2019organiser organiquement et spontanément dans des espaces oû ils se reconnaissent, y compris les étudiants contre la grève.Casser une dynamique Ces constats me font dire que plusieurs étudiants en ont assez de la façon dont on pratique la politique actuellement au Québec.Les politiciens font des facéties pendant la période de questions et carburent au potinage politique de surface, potins allègrement relayés par des jour- nalistes qui donnent parfois plus dans l\u2019analyse-hockey que dans l\u2019analyse de contenu et d\u2019idées.Dans le contexte électoral, il me semble fondamental pour les partis politiques de casser cette djmamique.Ces constats me font aussi dire que beaucoup en ont assez de certaines pratiques dans les organisations sociales.Les grandes centrales syndicales évoquent trop souvent un establishment rigide et bien huilé de bureaucrates corporatistes assis sur leur salaire et leurs chalets, avec des slogans creux et des manifestations du l®\u2018^Mai qui évoquent le plus souvent des marches funèbres plutôt qu\u2019une manifestation vivante, dynamique et diversifiée.Il me semble que les étudiants ne développent pas tant une identité partisane qu\u2019ils se positionnent sur des enjeux sociaux.En ce sens, tout ce que je peux souhaiter au Québec, c\u2019est qu\u2019à terme les étudiants qui n\u2019en seront plus changent la culture de pouvoir et de démocratie au Québec.Ça se fait, oui, par l\u2019implicadon dans les partis politiques, mais également par une implication dans les organisations communautaires, les lobbies, les sjmdicats ou les groupes de toutes sortes.Je rappelle donc à mes trois amis que changer les choses, ça ne commence pas et ne se termine pas dans un parti politique, bien que je partage leur volonté immédiate de gagner.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l'information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair-Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec)Y2Aoien T>eg^se(société), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), lisa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales).Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy et Amélie Daoust-Boisvertf'saw^cJ ; information politique : Michel Y>dmA(chroniqueur), Héléne Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Guillaume Bourgault-Côté et Kathleen Lévesque (reporters) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; informationéconomique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins, Éric Desrosiers et Alexandre Shields {reporters), Gérald Dallaire h^upitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy Tailleferfrcpcr^crsJ, Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Émilie Folie-Boivin (pupitre) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Andréanne Bédard, Michéle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Benoît Munger, Philippe Papineau et Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (commis internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)-, Karl Rettino-ParazeUi et Sophy Lambert-Racine (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noël (Québec) .PUBOClTÉ , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai' (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web),Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxim-Olivier Leclerc (responsable par intérim service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 JUILLET 2012 JEUX DE MOTS Chaque samedi pendant la saison estivale, pour une cinquième année, les lecteurs peuvent mettre leurs connaissances, et surtout leur patience, à l'épreuve en complétant les jeux préparés par notre collaborateur Michel Roy, professeur de français à la retraite.En règle générale, les amateurs de mots croisés ou de sudoku retrouveront aussi leur passe-temps favori dans cette page.QUI DIT QUOI?21 JUILLET 2012 Dans le jeu suivant, on vous donne huit citations humoristiques dont chacune a été amputée d'un mot.Une liste des huit mots manquants figure ci-après; et vous aurez à placer chacun correctement aux endroits indiqués par un tiret.Comme deuxième épreuve, on vous demande d'identifier les auteurs de chacune des citations, en puisant dans la liste des noms qui figure à la fin.1 2 3 Il y a plus de vieux.La______________ ________________que de vieux médecins._ est le pire des régimes si l'on excepte les autres.Comment voulez-vous gouverner un pays qui a deux cent quarante-six variétés de_____?___________est la preuve qu'en tout lieu et tout 4\t\u2014 La forme des________________ temps, les ouvriers travaillent de moins en moins.5\t\u2014 Il y a trois sortes de mensonges: les simples mensonges, les mensonges sacrés et les_______________.6\t\u2014 Parlez doucement et tenez un gros________________; vous irez loin.7\t\u2014 Les émeutes sont le langage des________________.8\t\u2014 La____________________elle-même doit être pratiquée sans excès.Liste des mots à ajouter (par ordre alphabétique) : BÂTON, DÉMOCRATIE, DÉSHÉRITÉS, FROMAGE, IVROGNES, MODÉRATION, PYRAMIDES, STATISTIQUES Liste des auteurs (par ordre alphabétique) : WINSTON CHURCHILL, GEORGES CLÉMENCEAU, BENJAMIN FRANKLIN, BENJAMIN DISRAELI, CHARLES DE GAULLE, MARTIN LUTHER KING, ABRAHAM LINCOLN, THEODOR ROOSEVELT L\u2019INTRUS I 21 JUILLET 2012 Associez chacun des douze (12) éléments de la colonne de gauche à l'un des treize (13) éléments de la colonne de droite.Si le travail est bien fait, il restera un élément non utilisé dans la colonne de droite.C'est lui l'intrus.ANIMAUX 1\t\u2014 Blaireau 2\t\u2014 Boa 3\t\u2014 Canard 4\t\u2014 Cheval d'arçons 5\t\u2014 Chien 6\t\u2014 Loup 7\t\u2014 Merle blanc 8\t\u2014 Mouton 9\t\u2014 Oiseau rare 10\t\u2014 Souris 11\t\u2014 Tortue 12\t\u2014 Vieux hibou COURTES DEFINITIONS a - Dispositif pour désigner une zone sur un écran, b - Personne aux qualités peu communes, c - Homme âgé, solitaire, bourru, d - Agrès de gymnastique, e - Pièce d'une arme à feu.f - Personne très lente, g - Long tour de cou.h - Pinceau pour savonner la barbe, i - Fausse note criarde.J - Chose ou personne introuvable, k - Masque de velours à un bal masqué, l - Personne insatiable, qui ne lâche pas sa proie, m - Petit nuage blanc et floconneux.10 L'INTRUS = 11 12 PROVERBES DESORDONNES I 21 JUILLET 2012 Voici quatre proverbes étrangers dont les mots ont été volontairement mélangés.Vous devez donc les reconstituer sous leur forme originale en replaçant le tout dans le bon ordre.1\t\u2014 beaucoup peu qui lait vache de donne mugit (polonais) 2\t\u2014 est doivent les s'ventre quand plein le mâchoires arrêter (créole) 3\t\u2014 ses racines l'sont a mais éducation doux des amères fruits (grec) 4\t\u2014 à la deux manière sa musique des chacun interprète (chinois) CO Z O O CO O D O' Q D O oo c .s P sï \u201e fc 8 0^5 ^ J O) U ^ ^ U ~ c -qj Œ 00 00 3\tO «s\t'-P I -P fD ~\tOi ¦y 00 ai ^ S -s- ^ .0 8\t11\t.g\t§\t^ -g\t2\tI, S\t = c O £ TJ gj -O __D > 00 3 oi ai ai cr CL\u2014 *- a; ai TJ O c ^ fO U .1\t.1 s § ra I .E O ^ ÇJ -Q 'fO O) 2\t-y ai 5- l|î| fo .-y ÿ E (5 3i i -fc :5-80'E-ü Eu e fvj rn CD I I TJ ' UO ^ \u201c é' O T ^ O , m ' ^ (N ' O .J,.U ( (/) .LU S2 Q Z O .< Z Q LU\tÛ-\tQC\t-\tV/> ur\t¦\t\t¦\tur QC\tD\t\tZ\tLU °\t¦\t\t¦\t= Q\tD\tÛ-\tLU\toc CORPS A CORPS I 21 JUILLET 2012 Associez chaque expression (1 à 12), 1\t\u2014 En mains propres.2\t\u2014 À la barbe de quelqu' 3\t\u2014 En tête-à-tête.4\t\u2014 Bouche cousue.5\t\u2014 À toutes jambes.6\t\u2014 À bras raccourcis.7\t\u2014 Au pied levé.8\t\u2014 À corps perdu.9\t\u2014 Du bout des lèvres.10\t\u2014 À cœur ouvert.11\t\u2014 Par cœur.12\t\u2014 De bouche à oreille.1\t2\t3 un.colonne de gauche, à sa signification (a à l), colonne de droite.Franchement.On ne doit rien dire.Seul à seul.Le plus vite possible.De mémoire.Sans se ménager.Oralement, confidentiellement.Sans préparation, à l'improviste.En multipliant les coups.Au destinataire lui-même.Sous ses yeux, malgré lui.Avec réticence.a \u2014 b \u2014 c \u2014 d \u2014 e \u2014 f \u2014 g \u2014 h \u2014 J \u2014 k \u2014 10 11 12 MOTS CROISES D\u2019ANAGRAMMES I 21 JUILLET 2012 Voici une grille de mots croisés plutôt originale.Chaque définition a été remplacée par un mot-indice dont vous devez trouver l'anagramme.C'est cette anagramme qu'il faut inscrire dans la grille.Exemple : si on vous donne comme mot-indice AMPLE, vous devez inscrire dans la grille une anagramme de AMPLE, soit LAMPE OU PALME.À vous de faire le bon choix.Et ainsi de suite pour chaque mot.B HORIZONTAL 1 - Érode 3 - Périr 5 - Rusée VERTICAL A - Perdu B - Nuire C - Prise MOTS CROISÉS 1 2 3 4 5 6 7 8 9 1011 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 zUz 5-E HORIZONTALEMENT 1.\tIl déroba aux dieux le feu sacré et le transmit aux hommes - Préfixe signifiant deux.2.\tPartie d'un poumon -Sabre turc.3.\tEnlever le haut -Monnaie.4.\tFut changée en génisse - Provient de - Musique du Maghreb.5.\tChaland à fond plat - Sa capitale est Oslo.6.\tN'a pas confiance -Nouveau - Quelqu'un.7.\tPetite toupie - Ancienne pièce.8.\tPetit singe - Fils d'Ève -Fibre textile.9.\tSe dit d'une colère -Approuve.10.\tWilliam - Bouilloire russe.11.\tRassemble des chiens -Difficulté cachée.12.\tDésavantagé - Petits sommes.VERTICALEMENT 1.Zeus les métamorphosa en étoiles - Parfois masqué.2.\tStyle artistique -Détérioré.3.\tCeinture de geisha -Prêts pour le travail.4.\tLivre où est résumé l'essentiel d'une question - Personne choisie.5.\tTitre abrégé - A deux mors.6.\tDictateur - Énormes.7.\tMarque la surprise - Elle prie.8.\tVaporeux - Poisson des mers froides.9.\tAutour de l'île - À vous -Motifs ornementaux.10.\tStationné - Fromage de lait de vache.11.\tManière de parler embrouillée.12.\tNom d'un océan -Arbres d'Afrique.123456789 101112 1 |P|E|N|T|H|E| ?Dll [SBQnD ?nnsQ ?dD] QDBCllïlÉinE] ?an [DiiiniiQBii BClQQSnilQ n [Q B BQ ?QBQQQ [!?BÉIDDII ?BBIl ?DU ?ubiiiqq ?[!?Bums BOBQDBB SOLUTION DU DERNIER Mots-croisés du samedi 1 2\t3\t4\t5\t67\t8 9 10 11 12 I II III IV V VI VII VIII IX X Horizontalement I.Tous les mauvais moyens sont bons pour qu'il arrive à ses tins II.Un symbole pour les Québécois Bout d'intestin IIL Rarement seul en tête Capitale pour les ducs de Bourgogne Possessif IV.Pareil aux autres Article Facilite l'approche V.Chef spirituel Bout de route VI.Sortirons de notre somnolence VII.Tête de lièvre Pas toujours facile à atteindre Diriger VIII.Emanations dangereuses Personnel K.Né dans les Grisons Dit n'importe quoi Lâché après coup X.Comme le 1 horizontal, ils emploient de mauvais moyens Verticalement 1.\tDécroche les toiles haut placées 2.\tUn art ou chaque pli compte j.Vole mais ne se vend pas très bien Assemblée paysanne en Russie 4.Excellente appréciation Domestiques bien mal traités 5.Cours à l'Est Gros lézard 6.Passages aménagés 7.Pauvre père et tnste roi Apprécié des greffiers 8.Richesse africaine Limité dans le temps 9.Portent de belles robes rouges 10.Fin de partie Points en opposition L'or du labo U.Assure la sustentation de Thélico Prince arabe 12.Bien prises Philippe Dupuis Solution du n° 97 Horizontalement I.Sensationnel II.Oraison Eude III.Mrp Incestes IV.Napoléon Ans V.Oté Errant VI.Lard Kiev VII.Ourler Obi VIII.Nonce Chinée IX.Cu Motus Rr X.Effritements Verticalement 1.Somnolence 2.Errata Ouf j.Napperon 4.Si Duc 5.Asile Rémi 6.Toner Ot 7.Incorrecte 8.Ena Rhum 9.Nés Nk Ise 10.Nutation 11.Eden Ebert 12.Lessiviers MOTS CROISES PROBLEME N° g8 Philippe Dupuis est eplement l\u2019auteur des mots-croises du Monde "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.