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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2012-07-21, Collections de BAnQ.

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[" Le Hong Kong Ballet au Festival des arts de Saint-Sauveur Page e 2 La 5^ Biennale de i\" sculpture contemporaine ^ de Trois-Rivières Page e g Culture livres CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 JUILLET 2012 Musique classique La tempête dans la vie d Thomas Adè Jeudi soir prochain, le Festival d\u2019opéra de Québec met à l\u2019affiche La tempête, opéra du compositeur anglais Thomas Adès, créé au Covent Garden de Londres en 2004.CHRISTOPHE HUSS Si un opéra contemporain fait quatre salles combles au Québec, ce n\u2019est évidemment pas pour la renommée de son compositeur.Hormis quelques œuvres de Part ou d\u2019Adams, nous n\u2019avons guère l\u2019occasion, ici, d\u2019entendre les grands com-positeurs de notre temps \u2014 Penderecki, Rautavaara, Sallinen, Vasks, par exemple.Que dire alors des meilleures œuvres de la génération suivante : Dal-bavie, Bacri, Aho, McMillan, Adès, Higdon, Daugherty et nombre d\u2019autres ?Reconnaissons toutefois, pour être franc, que le public, plutôt conservateur et mal-heureusement échaudé par le souvenir de néants qu\u2019on a voulu lui faire passer pour des œuvres d\u2019art, ne s\u2019y déplacerait pas.En attendant qu\u2019un orchestre présente Asyla (1997), le Concerto pour violon (2005) ou Tevot (2007) \u2014 remarquez, à part le concerto, ce n\u2019est pas une nécessité! \u2014, Thomas Adès entre chez nous par la grande porte : celle de l\u2019opéra.Mais si The Tempest est devenu l\u2019affiche de l\u2019été, c\u2019est parce que le directeur du Metropolitan Opera de New York, Peter Gelb, a choisi cet opéra pour élargir le répertoire de son institution et qu\u2019il en a confié la mise en scène à Robert Lepage et à l\u2019équipe d\u2019Ex Machina.De fil en aiguille, la solution la plus pragmatique pour un tel projet était une coproduction avec l\u2019Opéra de Québec et un rodage du spectacle au Eestival estival d\u2019opéra de Québec, trois mois avant sa présentation à New York.Le pari de faire d\u2019un opéra contemporain la tête d\u2019affiche d\u2019un festival est osé.Seul le nom magique du metteur en scène pouvait le faire triompher.Nous verrons jeudi si tous y gagnent.D\u2019un opéra à l\u2019autre Mon contact avec la musique de Thomas Adès, né en « Le décor, très atmosphérique, peut influencer la manière de jouer la musique 1971, s\u2019est fait à Vienne il y a douze ans.La chaîne anglaise Channel 4 venait y présenter, sous forme de film tourné pour la télévision.Powder Her Face, un opéra de chambre composé alors qu\u2019Adès avait 24 ans : un grand coup dans le plexus, tant à cause des sujets « Ijriques » traités (la fellation, par exemple) et de la manière crue de les filmer que par le mqntage serré.A moins de trente ans, Thomas Adès était déjà une vedette, sorte de «compositeur anglais du futur», rôle endossé dans la décennie précédente par George Benjamin.En entrevue avec Le Devoir, Thomas Adès ne souhaite pas trop disserter sur la précocité de ses reconnaissances : «Le succès est déterminé par ce que Von ressent à l\u2019intérieur de soi, la satisfaction artistique que Von éprouve indépendamment de ce que dit le monde.J\u2019ai fait des choses reconnues entre 21 et 25 ans.J\u2019ai 41 ans maintenant, et peut-être que, pour moi, je viens seulement de commencer!» H souligne l\u2019évolution entre ses deux rThe Tempest, oeuvre plus dense, repose sur un langage harmonique beaucoup plus évolué et riche, alors que dans Powder Her Eace je joue sur des citations, des styles et des couleurs spectaculaires.»\t?Entre les deux compositions, séparées de dix ans, Adès ne cible pas une œuvre déterminante qui l\u2019aurait fait passer d\u2019un style à un autre : «C\u2019est comme demander à un arbre quelle est la plus importante de ses branches ! », dit-il en riant aux éclats.«Tout est important, même les erreurs», enchaîne-t-il, sans préciser évidemment ses «erreurs», se retranchant derrière son mystérieux leitmotiv : «Il y a, d\u2019un côté, ce que les gens pensent et, de Vautre, ce que je pense.» Du style Y a-t-il un style Adès ou chaque pièce est-elle une forme de surprise?«Un peu des deux, mais il m\u2019est difficile d\u2019en parler car c\u2019est une perspective d\u2019auditeur, pas de compositeur.» Là aussi.On sera tout aussi surpris, en posant la question de la collégialité ou de l\u2019individualisme operas : du métier de compositeur, de voir Thomas Adès déclarer, à révocation des noms et musiques de McMillan, Daugherty, Aho ou Vasks : « Vous allez me prendre pour un homme des bois, mais je ne les connais pas; je suis ignorant.» Pourtanf il doit être à l\u2019écoute de bien des compositeurs du XX® siècle tant le procédé de piochage plus ou moins subliminal est partie intégrante de sa manière, qu\u2019il s\u2019agisse de gemes (tango et valse dans Powder Her Face) ou d\u2019univers sonores, qui font immanquablement dire à l\u2019auditeur: «Tiens, ça m\u2019évoque ceci ou cela.» Concentric Paths, le très réussi Concerto pour violon, contient en subtils filigranes le P\u2019\u2019 Concerto de Prokofiev et celui de Chostakovitch.Mais Adès est trop malin et individualiste pour qu\u2019on puisse parler d\u2019emprunts.Entre deux tempêtes La création de La tempête à Londres a été, disons, houleuse: «Je n\u2019avais achevé la partition que deux ou trois jours avant la première», se rappelle le compositeur.On peut donc se demander à quel point l\u2019œuvre a évolué depuis : «Je pensais réécrire beaucoup de choses, mais peu de choses, finalement, pouvaient l\u2019être, car l\u2019ensemble est très organique.Fn pratique, en reconsidérant la partition à l\u2019occasion de la reprise de 2007, j\u2019ai resserré beaucoup de boulons et touché à quelques couleurs orchestrales, mais je n\u2019ai pas attaqué la structure.Pratiquer des coupures aurait nui à l\u2019ensemble.» Adès assimile à du «cosmétique » les changements effectués et avoue même avoir «verni certains passages» pour cette production à Québec.La transition entre la mise en scène de Torn Cairns à Londres à celle de Robert Lepage à Québec et New York aura aussi ses effets : «Le dé- cor, très atmosphérique, peut influencer la manière de jouer la musique.Lorsque la scène est baignée dans une couleur particulière, on peut tenter de se rapprocher de cette couleur dans la fosse», dit le compositeur, qui œuvrera également en tant que chef d\u2019orchestre.Quant à la mise en scène de Lepage elle-même, le compositeur la trouve «brillante et imaginative», en premier lieu parce que «Lepage a mis en scène la pièce de Shakespeare et a donc tout de suite vu les changements que le livret de l\u2019opéra, écrit par Meredith Oakes, apporte.L\u2019opéra lève subjectivement des ambiguïtés de la pièce, et Robert Lepage relaie et apporte de belles réponses à ces changements dans son concept», se réjouit Thomas Adès.Le Devoir LA TEMPÊTE Festival d\u2019opéra de Québec Au Grand Théâtre de Québec Les 26, 28 et 30 juillet et le 1\" août «Le succès est déterminé par ce que l\u2019on ressent à l\u2019intérieur de soi, la satisfaction artistique que l\u2019on éprouve indépendamment de ce que dit le monde.» E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 JUILLET 2012 CULTURE'FESIIVALS Faste FÂSS à Fame américaine Le Festival des arts de Saint-Sauveur accueille le Hong Kong Ballet et le Trey McIntyre Project FREDERIQUE DOYON Les racines balletiques sont claires.Mais le Trey McIntyre Project CTMP), qui s\u2019amène au Festival des arts de Saint-Sauveur (FASS) et au Canada pour la première fois, déploie une verve bien contemporaine.Et surtout proprement américaine, selon le danseur, cofondateur et directeur général de la jeune troupe, John Michael Schert.«Avec ses quelque 100 créations dans le corps, Trey chorégraphie depuis tellement longtemps [depuis 22 ans; il en a 42], que son style chorégraphique suit une voie propre, dit-il.Il ne regarde pas le travail des autres, se tient loin du monde de la danse, mais cherche sens et inspirations dans tout ce qu\u2019il fait.Alors, je trouve que son travail reflète l\u2019expérience humaine.Au fond, son travail est très américain, franc et direct, et parle aux gens de qui nous sommes.» Danseur au respecté Houston Ballet, Trey McIntyre y a aussi fait ses armes, tout jeune, à titre de chorégraphe associé dès 1989 \u2014 et jusqu\u2019en 2008.Si bien qu\u2019à 24 ans, en 1994, il devient le plus jeune chorégraphe à créer un ballet pour le prestigieux New York City Ballet.Le TMP est créé en 2005 à Boise, en Idaho, essentiellement pour faire la tournée des festivals d\u2019été.Son succès quasi instantané l\u2019amène à oeuvrer à longueur d\u2019année dès 2008.Si bien que le chorégraphe crée deux ou trois pièces annuellement, dont une pour une compagnie étrangère.Cette année, 10 compagnies à travers le monde présentent son travail.C\u2019est à la demande de son public que le Festival de Saint-Sauveur accueille la troupe pour la première fois au pays.Le chorégraphe a déjà présenté une pièce à titre indépendant aux Ballets jazz de Montréal.On verra cette fois un programme triple qui fait le tour de la courte histoire de la troupe au répertoire déjà vaste.Première création de la compagnie officielle.Leatherwing Bat date de 2008, sur la musique de Peter, Paul and Mary.«C\u2019est un album qu\u2019il écoutait beaucoup quand il était petit et la pièce traite de la famille et de ce que signifie grandir», décrit M.Schert.Né du libre jeu des répétitions publiques, le court Bad Winter (11 minutes, 2012) reflète des états d\u2019âme plus sombres livrés sur la musique de Cinematic Orchestra.Pièce de résistance de la soirée du 4 août, The Sweeter End (2011) Le Hong Kong Ballet, l\u2019un des fleurons de la danse asiatique, vient pour la première fois au Québec.s\u2019inspire de la reconstruction de La Nouvelle-Orléans, après le passage dévastateur de l\u2019ouragan Katrina, sur une musique composée pour l\u2019occasion par le légendaire Preservation Hall Jazz Band.Fleuron de l\u2019Asie Outre le TMP, le FASS accueille aussi le vénérable Hong Kong Ballet (HKB), pour sa première venue au Québec.2012 marque le 33® anniversaire de cette troupe, l\u2019un des fleurons de la danse asiatique, dirigée depuis 2009 par la prima ballerina suédoise Madeleine Onne.Son répertoire se compose de chefs-d\u2019œuvre TOUT LE MONDE EN PARLE ! « Très bonne pièce, pour ses 30 ans, Juste pour rire frappe TRÈS FORT! » - Catherine Richer, Puisqu'il faut se lever 98,5 FM « Mise en scène EFFICACE de Serge (.) A voir ABSOLUMENT!: Denoncourt ( -\tVaiêrie Guibbaud, Rythme FM « 5 acteurs brillants, EXCELLENTS! (.) TELLEMENT drôle, on rit, on se tord de rire (.) Allez-y, c\u2019est du pur bonheur! » -Marie-Christine Prouix, Salut Bonjour! « Un show à voir ABSOLUMENT, rire à en pleurer! » -\tMéianie Maynard, sur Twitter « Le Prénom: une pièce qu\u2019on ne fait pas que recommander aux amis, ON RETOURNE AVEC EUX ! » -\tLuc Boulanger, La Presse « Le Prénom sera sans contredit le SUCCÈS théâtral de l\u2019été 2012! » -\tHerby Moreau, sur Twitter « DRÔLE à mourir.Acteurs FORMIDABLES! » -\tNathalie Petrowski, sur Twitter 1 Mise en scène Serge Denoncourt Une pièce de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière Avec Adaptation Maryse Warda Direction artistique Pierre Bernard Christian Bégin Catherine-Anne Toupin Patrice Robitaille Isabeile Vincent Gabriel Sabourin ACHETEZ LE PASSEPORT TOUT LE FESTiVAL POUR 99$ VD ACHETEZ VOS BILLETS MAINTENANT! 514 845-2322 hahaha.com BILLETTERiE OUVERTE TOUS LES JOURS DE 8H à 24H VIDEOTRON âmonoiniiiitnationiii 514.871.2224 facebooh.convlusteixiurnre\teiuste.pour.rirn, #JPR30 VIDÉOTRON CanadS tIR CANADA $ '% tV0 W Québec\" classiques du xix®au xxi® siècle, de pièces coutemporaiues et de commaudes.La troupe de 40 dauseurs propose uue soirée à l\u2019âme des Amériques les 26 et 27 juillet, avec deux pièces cauadieuues et uue états-uuieuue.Luminous, de l\u2019Outarieu Peter Quauz, qui siguait récemmeut Rodin/Claudel des Grauds Ballets cauadieus de Moutréal (GBC), explore les teu-sious eutre les sexes et la quête impossible d\u2019uue relatiou heureuse et éteruelle.Black on Black, du Siuo-Cauadieu Kiusuu Chau, dout la carrière se déroule surtout eu Europe, joue sur les, symboliques multiples de la couleur uoire.A ces deux jeuues siguatures locales s\u2019ajoute Symphony in Three Movements de Nils Christe, chorégraphe uéerlaudais qui a déjà sévi aux GBC alors qu\u2019Auik Bissouuette, désormais directrice artistique du FASS, y dausait.Cette deruière a d\u2019ailleurs adopté le triple programme du HKB pour ses multiples filia-tious à saveurs locales, pour douuer l\u2019occasiou au public de suivre la trajectoire iuteruatiouale GORDON WONG des chorégraphes cauadieus moutauts, souveut mécouuue et, bleu sûr, pour (re) découvrir l\u2019ex-celleuce de la troupe houg-kougaise.Et en musique Le volet dause du FASS couvie eu rappel uue autre compaguie américaiue, Momix, aiusi qu\u2019uue troupe cauadieuue de flameuco, l\u2019Es-meralda Eurique Spauish Dauce Compauy.Gold, chouette pièce de la Québécoise Hélèue Blackburu (Cas public), décrypte pour le jeuue public l\u2019œuvre-clé de Gleuu Gould, Les variations Goldberg.Mais le festival se déchue aussi eu musique, avec uotammeut les artistes Lewis Furey et Giuo Quilico.Le Devoir FESTIVAL DES ARTS DE SAINT-SAUVEUR Du 26 juillet au 4 août www.fass.ca BIENNALE DE SCULPTURE DE SAINT-JEAN-PORT-JOLI L\u2019hospitalité repensée RAPHAEL D.FERLAND Ly hospitalité de Saiut-Jeau-! Port-Joli sera repeusée lors de la Bieuuale de sculpture, qui a débuté jeudi et qui se poursuivra jusqu\u2019au 29 juillet.«Le thème de l\u2019hospitalité vient de la réputation touristique de la ville, mais pousse la question à un autre niveau: l\u2019idée est d\u2019accorder la pratique artistique traditionnelle à la sculpture contemporaine, deux tendances qui ne cohabitent pas toujours harmonieusement », explique la commissaire Caro-liue Loucol Daigueault.Uue dizaiue de sculpteurs, repêchés daus la relève comme chez les vieux routiers, serout à l\u2019œuvre sous les yeux du public \u2014 et souveut même avec sa participatiou \u2014 daus le parc des Trois-Bérets et au ceutre culturel Georges-Quellet.Si la forte préseuce du bois aucre l\u2019évéuemeut daus les traditious de l\u2019au-cieuue Iuteruatiouale de la sculpture, la programmatiou mise sur les arts couceptuels et de performauce.L\u2019artiste Georges Audet iuvi-tera les visiteurs à lui fouruir des retailles de bois, avec lesquelles il bâtira uue œuvre, mise à la mer le deruier jour.Emilie Ber-uard offrira ses miuiatures aux passauts.Massimo Guerrera formera uue sculpture vivaute avec ceux qu\u2019il iuvitera sous sa teute.Michel Sauluier, eu sus-peudaut près du fleuve uu béluga fait de couteuauts recyclés, exposera la coutradictiou de uo-tre attitude atteudrie et saugui-uaire.Pierre Bourgault érigera uu mouumeut de blocs blaucs sur les berges du Saiut-Laureut \u2014 si la comparaisou avec le Dialogue avec l\u2019histoire de Jeau-Pierre Rayuaud, place Royale à Québec, est iuévitable, la sculpture de Bourgault, faite de sel, se dissoudra sous la pluie.JOANIE LEVESQUE Une œuvre de Michel Sauluier, qui créera à la Biennale.Parallèlement au volet sculpture, des ateliers d\u2019art contemporain seront offerts aux enfants, tandis que le sociologue de l\u2019art Guy Sirioui Durand guidera les visiteurs sur un parcours «qui fera jaillir la mémoire artistique de Saint-Jean-Port-Joli», au dire de la commissaire.Mononc\u2019 Serge, les talentueux vagabonds de La Ritournelle et le groupe expérimental thrash Popcore seront les groupes qui assureront le volet musical.Le Devoir a\" présente Hydro Québec -LE FESTIVAL lanaudiere Le plus grand festival de musique classique au Canada MOMENTS UNIQUES 7 JUILLET au 5 AOÛT 2012 en collaboration avec CONCERTO POUR DEUX PIANOS DE MOZART Vendredi 20 juillet / 20 h LES VIOLONS DU ROY Bernard LABADIE, direction Benedetto LUPO, piano I Beatrice RANA, piano Programme ; MOZART, SCHUBERT CONCERT L\u2019ORCHESTRE DE PITTSBURGH DE RETOUR A LA DEMANDE GENERALE Samedi 21 juillet / 20 h\tDimanche 22 juillet /14 h ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE PITTSBURGH Manfred HONECK, direction ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE PITTSBURGH Manfred HONECK, direction Johannes MOSER, violoncelle Programme : GLINKA, DVORAK, TCHAIKOVSKI Programme : TCHAIKOVSKI, STRAUSS Billetterie 450 759-4343 /1 800 561-4343 | lanaudiere.org I^Desjanlins ^ CanadS B\t«YAMAHA ,.\u201eS \u2022 I aæS.'ïgïïS\u201d ÊSSSÆ LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 JUILLET 2012 E 3 CULTURE>FESTIVALS PEDRO RUIZ LE DEVOIR Simon Dépôt et Claudia Levasseur, deux des comédiens de l\u2019insolite cabaret insolent qui a l\u2019intention de surprendre.ZOOFEST Six personnages en quête d\u2019insolence FABIEN DEGLISE Un majeur pointé vers le ciel peut être, parfois, plus insolent qu\u2019un autre.Surtout si c\u2019est celui d\u2019une petite grand-mère faisant la moue, installée dans le cadre de porte de sa maison.L\u2019image est forte.Elle est aussi étrangement racoleuse puisqu\u2019elle vise depuis le début du mois de juillet à attirer cjans le hall de l\u2019angicane Eglise au Toit Rouge, salle de spectacle improbable du Quartier des spectacles de Montréal, les adeptes de récits décalés et effrontés prenant le quotidien comme inspiration.Bien sûr, le choc de la photo vient avec des questions: Qui?Pouquoi?Vraiment?Le goût de l\u2019insolence «C\u2019est la grand-mère d\u2019une des comédiennes qui a prêté son corps, son visage et son doigt,» résume la jeune artiste Claudia Levasseur, une des voix de {\u2019Insolite cabaret insolent 0C1) qui, derrière cette image, prend son envol dès ce samedi dans le cadre du festival Zoo-fest.«L\u2019image est insolente, c\u2019est vrai.Mais, finalement.moins que le cabaret lui-même.» Qh, on vient de poser le doigt sur quelque chose.Imaginé par un groupe de comédiens fraîchement sortis de l\u2019école de théâtre du cégep de Saint-Hyacinthe, ce cabaret a visiblement l\u2019intention de surprendre et choquer en proposant une incursion dans le quotidien loufoque de cinq personnages qui, tour à tour, vont se présenter sur scène pour raconter une histoire vécue inventée, en insistant sur les indiscrétions, les éléments gênants, et en surlignant les commentaires déplacés et disgracieux que tout cela leur inspire.«Nous sommes au cœur d\u2019histoires rocambolesques, mais aussi de numéros crus, expose l\u2019artiste rencontrée plus tôt cette semaine sur le parvis de la Place des Arts, sous le soleil et sur des chaises longues.On cherche à déranger le public, mais surtout, on l\u2019espère, à faire sortir toutes les gammes de réaction dans la salle, pour faire rire de toutes les couleurs, parce que c\u2019est épouvantable, bien sûr.» Le projet est ambitieux.11 n\u2019est pas original.11 est aussi sorti tout droit d\u2019un cours d\u2019im- pro au cégep et a été éprouvé avec succès dans un café de la ville en janvier dernier.«Au début, on faisait ça pour s\u2019amuser, raconte Levasseur, mais finalement, on s\u2019est rendu compte que cela intéressait d\u2019autres personnes.» Chiens écrasés La formule éclatée y est sans doute pour quelque chose.C\u2019est que cet ICI propose en effet, dans son format d\u2019une heure, un mélange des genres en convoquant la danse, le chant, le théâtre et l\u2019humour, «par le texte et le jeu», précise-t-elle.«Nous sommes tous issus d\u2019une école de théâtre, pas de l\u2019école de l\u2019humour.» Le spectacle trouve aussi son moteur créatif dans une série de véritables faits divers qui ont servi de base à l\u2019écriture de ces récits délirants du quotidien.Des faits insolites, comme celui de cet homme mort dans un appartement d\u2019un complexe en Prance et découvert trois ans plus tard, ou encore celui de ce chirurgien esthétique qui a grossi les fesses d\u2019une patiente avec du silicone pour se venger d\u2019elle.En gros.«C\u2019est notre inspiration, dit Simon Dépôt, maître de cérémonie du cabaret et responsable de la partie musicale du spectacle, mais sur scène, nous n\u2019en faisons pas de cas.Il s\u2019agit de notre secret de fabrication.» Grossier, mais pas vulgaire, assure-t-il.Provocant, mais toujours festif, ce cabaret de l\u2019insolite et de l\u2019insolence espère, dans le cadre de Zoofest, poser les bases d\u2019un rendez-vous mensuel, qui pourrait prendre place quelque part dans la ville.«Nous avons le cadre pour un cabaret évolutif», dit Claudia Levasseur, à condition bien sûr que dans les prochains jours les spectateurs, attirés par un majeur bien placé dans la main d\u2019une vieille, décident en choeur de porter plutôt leur pouce vers le ciel.Le Devoir INSOLITE CABARET INSOLENT Avec Benoit Fiset, Claudia Levasseur, Catherine Paquin-Bé-chard, Olivier Rousseau, Léonie St-Onge et Simon Dépôt A l\u2019Église au toit rouge Du 21 au 29 juillet JAZZ 60th Annual Critics Poll EAT Joz; olutsSBtyoni m Wins In Five Poll Categories, nctuding Jazz Artist & Jazz Album HALL OF FAME >aul Motian 3ene Ammons Sonny Stitt >OLL WINNERS Robert QIasper 3r.John Alycliffe Gordon En couverture du américain Down pianiste Vijay Iyer.magazine Beat, le Vijay Iyer sacré artiste de l\u2019année Le référendum annuel de Down Beat SERGE TRUEEAUT Purée ! C\u2019est pas des blagues ! Autrement dit, c\u2019est le contraire, donc sérieux.Enfin, pas autant que le taux interbancaire manipulé par les malfrats de la Wall Street de la City, mais.Down Beat vient de publier les résultats du 60® référendum consacré aux gestes, petits et grands, posés au nom du jazz et du blues.Tenez-vous bien.Mieux, concentrez-vous à la nanoseconde, car le nom du grand vainqueur de la 60® cuvée devrait vous surprendre, voire vous tétaniser.Pis?11 s\u2019appelle Vijay lyer.11 est pianiste et docteur en mathématiques et en physique.Toujours est-il que cet Américain d\u2019origine indienne, comme dans le Comptoir des Indes cher à Louis XV, a raflé les titres de pianiste de l\u2019année, d\u2019artiste de l\u2019année, de trio de l\u2019année, du plus prometteur des compositeurs, alors que son album Accelerando paru sur étiquette allemande ACT a été nommé disque de l\u2019année.Au total, lyer a récolté cinq trophées.Mine de rien comme de beaucoup, de mémoire pas encore percutée par zizimer alias Alzheimer, cinq prix, c\u2019est beaucoup.Et cela met en relief un fait, un constat, important, très important même.Autres temps Qn assiste à un changement de génération.Qui, oui, oui.Pas besoin d\u2019être grand clerc pour avancer ce qui précède.Car lorsqu\u2019on s\u2019attarde à d\u2019autres catégories, on note que le trompettiste n\u201c 1 est Ambrose Akinmusire, que le saxophoniste alto n\u201c 1 est Rudresh Ma-hanthappa, également d\u2019origine indienne.Que le clarinettiste n\u201c 1 se nomme Anat Cohen, que le pianiste Robert Glasper arrive en seconde place derrière lyer dans la catégorie «artiste de l\u2019année».Bref, cette année est celle du changement générationnel ou, pour parler chico-branché, du changement de paradigme.De l\u2019album de Vijay lyer (29$ taxes comprises chez Archambault; on ne l\u2019a pas vu chez HMV), on retient qu\u2019il est emblématique de cette inclination pour la modernité.Ses compositions Il s\u2019appelle Vijay lyer.Il est pianiste et docteur en mathématiques et en physique.fourmillent de ponctuations complexes, jamais rébarbatives ou m\u2019as-tu-vu.Signe de ce souci marqué pour imprimer sur ses menus travaux les signes de la « maux-d\u2019air-nid-thé», lyer a repris à son compte, fait rarissime, une composition écrite par Henry Threadgill, le très sous-estimé saxophoniste.Le titre?Little Pocket Size Demons.Sonny Rollins?Bon.Après {\u2019Accelerando d\u2019Iyer, Road Shows Vol.2 de Sonny Rollins se trouve à la deuxième place des meilleurs albums de 2011.Dieu sait si on aime Rollins, mais là, vraiment, on ne comprend pas.Qn ne comprend pas parce que Rollins, des live plus convaincants que celui-ci, il en a signé un sacré paquet.Rio, de Keith Jarrett, un solo saisi au Brésil et publié par ECM, est troisième ; Be Good, sur Motéma, du chanteur Gregory Porter, est quatrième; Alma Adentro: The Puerto Rican Songbook, sur Marsalis Mqsic, est cinquième.A noter, à retenir, à communiquer l\u2019info suivante: Dr John, qui joue du piano avec des gris-gris et non des doigts, est l\u2019artiste blues de l\u2019année.Yesl Mille foisyes! Nom Dé Diou ! Le Devoir D A écouter >Human Nature (Trio Extension) tiré de l\u2019album Accelerando du Vijay lyer Trio sur ledevoir.com L'homme invisible : la part de l\u2019autre de Patrice Desbiens La quête identitaire du poète franco-ontarien mise en mots et en scène EABIEN DEGLISE Quand on vient au monde au croisement de deux solitudes, possible que l\u2019on finisse par se sentir un peu seul.Voire invisible.Possible aussi que cela donne envie de cartogra-phier le chemin qui pourrait nous aider à atteindre notre véritable identité, et intituler tout ça L\u2019homme invisible, et finir par voir un jour ces mots exposés sur une scène.C\u2019est ce qui est arrivé au poète Patrice Desbiens, artiste protéiforme né à Timmins, en Qntario, et vivant aujourd\u2019hui à Montréal.Sa quête identitaire mise en mots se prépare une nouvelle fois à prendre les planches.Le spectacle invite, dans une formule bilingue \u2014 forcément \u2014, à un voyage au cœur de soi, surtout quand l\u2019auteur essaie de se cristalliser dans un environnement biculturel parfois sous tension.Franglais «A l\u2019origine, ce texte n\u2019a pas été écrit pour le théâtre», résume Harry Stand-jofski, qui signe la mise en scène de cette pièce aux confins de la complexité identitaire.La première transmutation a eu lieu à Kingston, en Qntario, lors d\u2019un festival de théâtre en 2011.«Ç\u2019a fonctionné et nous voulions vraiment amener cette production â Montréal puisque cette création est taillée sur mesure pour elle.» Avec un texte composé à 55% en français et à 45% en anglais, cette exploration de l\u2019invisibilité relative passe par un duel d\u2019acteurs \u2014 Guillaume Tremblay et Jimmy Blais \u2014 incarnant chacun une des faces de l\u2019identité de l\u2019auteur.L\u2019un va parler à l\u2019autre, l\u2019ignorer, le confronter, «comme un débat â l\u2019intérieur de sa tête», débat Sombre?La proposition a tous les ingrédients pour l\u2019être, mais l\u2019humour de Desbiens évite la dérive induit par des dérives amoureuses qui vont pousser l\u2019homme à mieux se comprendre en passant au crible les racines qui l\u2019ont construit.«Il n\u2019y a aucune dimension politique dans ce texte, estime le metteur en scène.L\u2019action se passe dans le nord de l\u2019Ontario â la fin des années 60, début 70.Quelqu\u2019un se cherche.On l\u2019accompagne dans sa démarche».Sombre?La proposition a tous les ingrédients pour l\u2019être, mais l\u2019humour de Desbiens évite la dérive, assure M.Standjofski, en présentant un être en questionnement qui va finir par comprendre que son côté francophone porte un regard très différent de son côté anglophone sur son présent, son entourage, le monde.Et qui va finir par s\u2019en amuser.«Il y a une grande universalité dans le propos qui rejoint facilement les immigrants, confrontés eux aussi â ce genre de recherche complexe et tortueuse de leur identité.» Présenté une première fois en mars dernier à Montréal, Bhomme invisible va revoir le jour «dans une mise en scène ajustée», dit M.Standjofski, pour mieux porter quelques vérités du récit: «Au départ, on sent que l\u2019homme invisible appréhende la dichotomie qui l\u2019habite comme une faiblesse, mais en l\u2019auscultant, il va se rendre compte qu\u2019il s\u2019agit en fait d\u2019une force.» Une perspective, un constat, une lecture de l\u2019identité composite qui, dans l\u2019ici-mainte-nant, gagne effectivement à ne pas rester invisible.Le Devoir UHOMME INVISIBLE Avec Guillaume Tremblay et Jimmy Blais Au Monument-National Du 26 au 28 juillet 25jui]Irt 5 3^out Fi i^tiyal Tperst DE QUÉBEC Direction générale et artistique : Grégoire Legendre Touchant, étonnant, une bouffée frais! Marc\tMarilyn Duguay\tGrenier * * The Met ropolitan Opera ,5^TELUS C POWER CORPORATION DU CANADA Québecvillede^ ftwclapBiUdpatlonde;\t\u2014^\t__ \u2022CciKsil des aib et des lettres du Québec\t| il \u2022 Dureau de to Cipitale-Nslionale\tQ/ D THE TEMPEST Thomas Adès / livret de Meredith Oakes d\u2019après Shakespeare Mise en scène : Robert Lepage Coproduction ; Metropolitan Opera Wiener Staatsoper Collaboration : Ex Machina\t, NELLIGAN\tV André Gagnon / Michel Tlemblay Mise en scène : Normand Choulnard\tH J La Brigade lyrique MOZART A L\u2019OPERA Karina Gauvin / Bernard Labadie / Violons du Roy CodIffusIon ; Société du Palais Montcalm LE JEU DE ROBIN ET MARI Ensemble Anonymes Codiffusion : Musée de la civilisation TANGOPÉRA Tango Boréal Codiffusion ; Musée de la civilisation SOIRÉE LYRIQUE À L'AGORA Marc HERVIEUX et plus LA BRIGADE LYRIQUE ^ Coproduction ; Société du Palais Montcalm MUSIQUE EN PLEIN AIR Coproduction : Ville de Québec 877 643-8131 www.billetech.com f www.festlvaloperaquebec.com T QUÉBEC\tW ^\tf HORpN CULTURE HOlDlltlAMnillllNEI IbSoIBIL André\tMichel Gagnon\tTremblay E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 JUILLET 2012 CULTURE>CINEMA La marche funèbre de Batman THE DARK KNIGHT RISES (V.E.: L\u2019ASCENSION DU CHEVALIER NOIR) De Christopher Nolan.Avec Christian Baie, Tom Hardy, Anne Hathaway, Joseph Gordon-Levitt, Marion Cotillard, Michael Caine, Gary Oldman, Morgan Freeman.Scénario : Jonathan Nolan, Christopher Nolan.Image: Wally Ifister.Montage: Lee Smith.Musique: Hans Zimmer.Etats-Unis, 2012,164 minutes.MARTIN BILODEAU Dans le monde contemporain, plusieurs régimes corrompus sont pris d\u2019assaut par des civils indignés.Dans le Gotham City de The Dark Knight Rises, c\u2019est l\u2019inverse qui se produit.Des terroristes mettent à genoux un Etat de droit (aux pieds d\u2019argile, mais quand même), profitant de ce que son ange gardien se soit retiré dans l\u2019anonymat, blâmé pour des crimes commis en vérité par l\u2019adversaire qu\u2019il avait envoyé au ciel.Loin de la réalité, ce troisième volet de la trilogie Batman de Christopher Nolan?Moins qu\u2019on pourrait le croire.Du tombeau à la lumière Très visiblement inspiré du Metropolis de Fritz Lang \u2014 avec processions souterraines à cadence militaire, géométrie sociale marquée à la verticale \u2014, The Dark Knight Rises est en fait une marche funèbre à rebours, du tombeau à la lumière, par laquelle les auteurs (Nolan et son frère Jonathan à l\u2019écriture) entendent redonner au monde, à tout le moins celui dépeint dans le film, ses illusions d\u2019hier et son paradis perdu.Créant un spectacle son et lumière entièrement original, juxtaposant réalité pure et fantaisie débridée, médiévalisme et futurisme, le réalisateur à\u2019Inception brosse un tableau sombre et désespéré où le chacun-pour-soi institutionnalisé donne à l\u2019héroïsme une valeur archaïque.Preuve, s\u2019il en faut: Bruce Wayne (Christian Baie) n\u2019est plus l\u2019homme qu\u2019il était, et sa fortune non plus.L\u2019un et l\u2019autre ont flétri durant les huit années qui séparent l\u2019action de cette troisième aventure de la précédente, où il mettait K.-0.le Joker.Une autre fin du monde Rien de mieux pour le sortir de sa grotte, où son fidèle Alfred (Michael Caine, beau prince argenté) veille sur lui, qu\u2019un prince de la nuit comme lui, tombé du mauvais côté de la Force.J\u2019ai nommé Bane (Tom Hardy), un Titan totalitaire affublé d\u2019un masque de cuir et de fer qui n\u2019aurait sans doute pas déplu au marquis de Sade.Bane, qui a mis Gotham sous sa botte et enfermé son armée de policiers sous terre, s\u2019apprête à sonner l\u2019Apocalypse locale en déclenchant une bombe à neutrons à partir d\u2019une génératrice dernier cri, source d\u2019énergie renouvelable qui devait servir la cause, opposée, à savoir ramener les Terriens vers l\u2019Éden.L\u2019intrigue, simple mais sinueuse, très inspirée de l\u2019Ancien Testinent (la fin du monde y est vue comme un acte de purification), réserve quelques très bonnes surprises.L\u2019ennui, c\u2019est J) < miré'\":.^ Élite;;.- H WARNER BROS.Le Titan totalitaire Bane (Tom Hardy), en lutte contre Batman (Christian Baie), n\u2019aurait pas déplu au marquis de Sade.qu\u2019elle se déploie sur un chrono de près de trois heures, à la cadence alourdie pour cause de surcharge de personnages qui entrent et sortent du cadre un peu trop commodément.Du côté des nouveaux venus, Anne Hathaway apporte une bienheureuse énergie sexuelle en voleuse masquée, ennemie de Wayne, alliée de Batman, et inversement selon la séquence.En flic juste, disciple du chef de police Jim Gordon (Cîary Oldman, en forme), le toujours excellent Joseph Gordon-Levitt fait descendre les enjeux au ni- veau de la rue.En investisseuse flouée aux motivations nébuleuses, Marion Cotillard mise sur le charme et la retenue avec une subtilité suspecte.Piégés Mais en ajoutant du sel sur les blessures de leur héros blessé à l\u2019âme, qui porte son fardeau et sa fortune comme une croix et dont la vulnérabilité fait la force, les frères Nolan emmêlent les fils de leur marionnette.De fait, en voulant éviter le piège des blockbusters décéré- brés, peuplés de personnages unidimensionnels, ils ont succombé à l\u2019excès inverse en compliquant ce qui est simple, en bannissant les archétypes là où ils sont indispensables.Avec pour résultat un scénario qui part en éventail plutôt qu\u2019en flèche, et qui, le moment venu du décompte fatal, a déjà épuisé son crédit en frissons et instants de grâce.Collaborateur Le Devoir (X Hydro Québec présente LE FESTIVAL INTERNATIONAL DU DOMAINE FORGET LA MUSIQUE DES GRANDS ESPACES La Coop federee DU 16 JUIN AU 2 SEPTEMBRE 2012 Fin de semaine symphonique 21\tjuillet, 20 h : Orchestre symphonique de Québec Jacques Lacombe, chef invité Mark Fewer, violon 22\tJuillet, 15 h : Orchestre Métropolitain Yannick Nézet-Séguin, chef Stéphane Tétreault, violoncelle Jeudi 26 Juillet, 20 h BEATRICE RANA, piano Gagnante du Concours Musical International de Montréal, 2011 Œuvres de dementi, Scriabine et Chopin FÉDÉRATON DES PRODUCIEURS D'OEUFS DE CONSOMAAATKDN Vendredi 27 juiiiet, 20 h BEETHOVEN ET STRAUSS Daniel Philips, Jonathan SwarU, David Glllham, violons James Dunham, François Paradis, altos Thomas Wiebe, Paul Marleyn, violoncelles Ali Yazdanfar, contrebasse James Dunham Samedi 28 Juiiiet, 20 h Orchestre de la Francophonie Jean-Philippe Tremblay, chef d'orchestre Augustin Dumay, violon Œuvres de Biiodeau, Chausson, Ravei et Tchaikovski Augustin Dumay LES BRUNCHES-MUSIQUE Tous les dimanches de l'été, 10 h 30 et 12 h 30 Évasion gastronomique et musicale 22 Juillet I Ode à la mer Robin Grenon & Gisèle Guibord, harpes INFORMATION ET RÉSERVATIONS : 1 888-DFORGET (336-7438) domaineforget.com CASINO Domine wnet) ¦ «É>l Patrimoine Canadian\tHBl\tr, 1^1 canadien HerHape v^U6D6CE3Ea Vi^/JEUNESSE (((//iv.Nyv.71:' m Le spaghetti de Woody Woody Allen serait-il devenu un touriste du cinéma ?TO ROME WITH LOVE (V.E.: ROME MON AMOUR) Réalisation et scénario: Woody Allen.Avec Woody Allen, Ellen Page, Pénélope Cruz, Jesse Ei-senberg, Alec Baldwin, Roberto Benigni.Image: Darius Khondji.Montage: Alisa Lepsel-ter.Etats-Unis-Espagne-Italie, 2012, 112 min.ANDRÉ LAVOIE Longtemps réfugié à New York \u2014 et l\u2019expression n\u2019est pas trop forte ! \u2014, Woody Allen est devenu un cinéaste touriste, surtout en Europe {Match Point, Vicky Cristina Barcelona, Midnight in Paris).Mais serait-il devenu un touriste de son propre cinéma?La question se pose devant To Rome With Love, sa nouvelle escapade étrangère, suite logique, à défaut d\u2019être toujours cohérente sur le plan narratif, d\u2019une oeuvre abondante et souvent remarquable.Même si l\u2019auteur de Stardust Memories et de Celebrity n\u2019a jamais caché son admiration pour Fellini, ses admirateurs ne doivent pas s\u2019attendre à une brillante variation de Huit et demi ou de La Dolce Vita.Pour tout dire.To Rome With Love figure déjà parmi ses films «européens» les moins achevés, curieux fouillis d\u2019intrigues et d\u2019imbroglios qu\u2019un monteur plus exigeant aurait pu sauver, comme celui qui avait fait merveille avec Annie Hall à l\u2019époque.Se perdre en Italie Ces vacances romaines sont chargées, et scellent le retour de Woody Allen le comédien, celui que l\u2019on n\u2019avait pas vu depuis Scoop, flanqué de la merveilleuse Judy Davis qui, comme tant d\u2019autres actrices avant elle, n\u2019offre pas son plein METROPOLE EILMS La prostituée incarnée par Pénélope Crnz est un des personnages sans substance du film.potentiel dans l\u2019univers du cinéaste.Ce couple, venu retrouver sa fille qui en pince pour un bel avocat italien aux idées gauchistes, prétexte à bien des blagues réactionnaires dans la bouche d\u2019Allen et qui font mouche, n\u2019est qu\u2019un maillon d\u2019une longue chaîne d\u2019intrigues décousues.Entre le jeune étudiant Gesse Eisen-berg en version juvénile d\u2019Al-len) pourchassé par sa conscience (suave Alec Baldwin) alors qu\u2019il rêve de séduire la meilleure amie (Ellen Page) de sa copine (Greta Gerwig), ou encore ce Romain pur pasta (Roberto Benigni en mode cabotinage extrême) devenu sans crier gare une célébrité harcelée par les médias, les incidents sentimentaux et cocasses ne manquent pas.Mais sont-ils amusants, pertinents et imbriqués avec cette intelligence raffinée qui fait si souvent honneur à son créateur?Une fois passé l\u2019émerveillement des images touristiques et léchées signées Darius Khondji, il faut se rendre à l\u2019évidence: ce séjour à Rome s\u2019avère le plus souvent erratique, encombré de personnages sans substance (la prostituée incarnée par Pénélope Cruz en est un cruel exemple) trop souvent plongés dans des situations qui ne font pleurer, ou rire, qu\u2019eux-mêmes.On frôle même la consternation devant cette trouvaille dite comique où Allen, ici un producteur de musique à la retraite, découvre un nouveau Caruso en la personne du père de son futur gendre.Seul pro- blème : il ne chante bien que sous la douche.Vous devinez la suite, et sûrement avec un soupçon d\u2019effroi.S\u2019agit-il de la chronique d\u2019un désastre annoncé?Woody Allen a déjà fait pire {Anything Else, son plus grand ratage en carrière) et le plus souvent, entre deux chefs-d\u2019œuvre, il nous a livré des films mineurs où il semblait se reposer tout en tournant.To Rome With Love appartient à cette catégorie d\u2019objets décoratifs où son style est palpable mais pépère, ses traits d\u2019esprit parfaitement audibles mais trop rares.C\u2019est peut-être l\u2019heure de rentrer à la maison, et de cesser de vouloir pasticher Fellini.Collaborateur Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 JUILLET 2012 E 5 ICIffEMA VENDREDJ La machine à danser First Position suit le parcours de six aspirants danseurs se préparant pour un concours FIRST POSITION Réalisation: Bess Kargman.Photo: Nick Higgins.Montage: Kate Amend, B.Kargman.Musique: Chris Hajian.États-Unis, 2011, 94 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Dans un vaste studio de danse, un concierge passe un dernier coup de brosse sur le plancher.La surface doit être lisse comme un œuf, danseurs et danseuses envahissent déjà le local.Entre pas de bourrée et arabesques, ils font fi de la gravité.Derrière la fluidité de leurs mouvements se cachent une discipline de fer et des mus- cles d\u2019acier.Dans leur profession, rheure de la retraite sonne vers 35 ans et s\u2019accompagne généralement d\u2019un corps meurtri.Les grandes compagnies embauchant de moins en moins, les places sont rares et la compétition féroce.L\u2019un des concours les plus prestigieux de la planète, le Youth America Grand Prix, offre une vitrine incontournable pour eux puisque l\u2019on y attribue bourses et contrats.Au fil d\u2019une année chargée (et habilement condensée en une heure et demie), First Position permet au spectateur de suivre le parcours de six aspirants danseurs passionnés alors que ceux-ci se préparent d\u2019arrache- Michaela DePrince, survivante de la guerre civile en Sierra Leone, aurait pu faire robjet d\u2019un documentaire à elle seule METROPOLE EILMS pied, parfois littéralement, pour le concours.Jeunes talents En scène : Jules Jarvis Eo-garty, 10 ans, et sa sœur Miko, 12 ans, le premier n\u2019affichant pas la passion de la seconde ; Aran Bell, 11 ans, un vrai petit prodige; Gaya Bommer Ye-mini, 11 ans, une actrice autant qu\u2019une danseuse; Mi-chaela DePrince, 14 ans, survivante de la guerre civile en Sierra Leone; Joan Sebastian Zamora, 16 ans, un Argentin chargé d\u2019aider sa famille ; Rebecca Houseknecht, 17 ans, la tête et les attributs de l\u2019emploi.Attentive et à l\u2019affût, la docu-mentariste Bess Kargman leur donne la parole et s\u2019abstient de la prendre.Elle n\u2019intervient pas et questionne peu.La forme ne casse rien et le découpage linéaire non plus, mais il résulte néanmoins de l\u2019exercice une série révélatrice de portraits croisés.Feu et fougue Ainsi, on finit par déceler des niveaux de motivation distincts, des réserves, ou, à l\u2019inverse, un engagement tellement entier qu\u2019il inspire.On pense notamment à Michaela, adolescente africaine adoptée avec sa sœur par un couple américain et qui, hormis le fait qu\u2019elle doit affronter le préjugé solidement enraciné voulant que les Noires fassent de mauvaises ballerines, doit au surplus composer avec des décolorations cutanées (vitiligo) qui la com-plexent.Aussi déterminée que passionnée, elle danse, danse et se blesse, mais elle danse quand même, gracieuse et belle.Tous les participants s\u2019avèrent intéressants, mais Michaela aurait pu faire l\u2019objet d\u2019un documentaire à elle seule.Parvenu à l\u2019étape de la présélection, First Position a d\u2019ores et déjà mis en place ses jalons dramatiques.Les objectifs de chacun sont clairs, certains ayant tout à gagner et, simultanément, tout à perdre.Graduellement, le suspense s\u2019installe à demeure et, lors des performances finales, il est difficile de ne pas s\u2019avancer sur le bout de sa chaise, à défaut de bondir sur la scène.Ce privilège, on le laisse aux jeunes du film.Le nôtre consiste à les voir y évoluer.Collaborateur Le Devoir METROPOLE EILMS Tess évoque immédiatement la beauté juvénile de Nastassja Kinski, captée par Roman Polanski en 1979.Elle devient ici Trishna, sous les traits de la vedette féminine de Slumdog Millionnaire, Freida Pinto.Entretien avec Michael Winterbottom Pas de routine pour l\u2019enfant terrible ANDRE LAVOIE Le terme «éclectique» apparaît trop souvent galvaudé, mais en ce qui concerne la filmographie de Michael Winterbottom, il ne semble pas assez puissant pour décrire la diversité des univers qu\u2019il explore.Le réalisateur britannique propose depuis plus de 20 ans des films qui ne ressemblent jamais au précédent.En effet, on compte peu de cinéastes capables de plonger dans le film musical (24 Hour Party People), le conte érotique (9 Songs), le drame de guerre (Welcome to Sarajevo) ou la science-fiction (Code 46).Sachant qu\u2019il est amoureux des espaces exotiques, mais pas les plus bucoliques (il a déjà tourné au Pakistan et en Afghanistan), personne ne sera surpris de le voir débarquer en Inde pour adapter un roman de Thomas Hardy, Tess of the DVrbervilles.Comme pour consolider son image de globe-trotter, c\u2019est de l\u2019Italie que Michael Winterbottom me parle de Trishna, son troisième regard sur une œuvre de l\u2019écrivain anglais après The Claim et Jude, qui mettait en vedette une jeune Kate Winslet.Le personnage de Tess évoque immédiatement la beauté juvénile de Nastassja Kinski captée par Roman Polanski en 1979 dans un parfum de controverse, et on ne sera pas surpris d\u2019apprendre que Michael Winterbottom tenait à explorer d\u2019autres avenues.Le côté british Transposer l\u2019Angleterre du XIX® siècle dans l\u2019Inde d\u2019aujourd\u2019hui apparaissait comme une évidence.«Je visitais le pays pour le tournage d\u2019un autre film et, en voyant tous les bouleversements qui s\u2019opèrent dans la société indienne, le choix de l\u2019Inde s\u2019est imposé», souligne-t-il de ce bel accent british.Ce cadre exotique pour un roman si britannique révèle d\u2019ailleurs une autre nécessité.«Comme j\u2019avais déjà porté à l\u2019écran deux romans de Thomas Hardy, je ne voulais pas refaire une autre adaptation un peu traditionnelle», dit celui que la routine au cinéma a toujours ennuyé.Le cinéaste a eu la main heureuse en choisissant une autre actrice à la beauté envoûtante pour incarner cette héroïne tragique issue d\u2019un milieu modeste et bafouée par l\u2019égoïsme des hommes.Tess, devenue Trishna, a pris les traits de Ereida Pinto, la vedette féminine de Slumdog Millionnaire, mais alors que deux personnages masculins scellaient son destin dans le roman, il a préféré fusionner les deux hommes en un seul.Alec d\u2019Urberville et Angel Clare prennent ici les traits de Jay (Riz Ahmed), le fils d\u2019un propriétaire d\u2019une chaîne hôtelière élevé à l\u2019anglaise.mais avec un fond bien indien.Un choix que justifie le cinéaste qui, à l\u2019occasion, se fait aussi scénariste.«Alec représentait la sensualité et Angel, la spiritualité; cette division me semblait trop schématique.En fusionnant les deux figures, je rendais le personnage plus complexe, et surtout plus crédible.» Transposer PAngleterre du siècle dansITnde d\u2019aujourd\u2019hui apparaissait comme une évidence Habitué aux tournages dans des conditions extrêmes \u2014 il adore filmer caméra à l\u2019épaule et laisse souvent ses comédiens improviser leurs dialogues \u2014, Michael Winterbottom n\u2019a que de bons souvenirs de son passage à Mumbai et dans la région de Rajasthan, reconnaissant toutefois que ce n\u2019est pas toujours simple de négocier avec les administrations locales et qu\u2019il faut gagner la confiance des gens.Plus d^un style A cette étape de sa carrière, après tant de films dont certains avec de grandes vedettes (comme Angelina Jolie dans A Mighty Heart), est-il prêt à faire le saut à Hollywood avec ses films à gros budgets?«La majorité des cinéastes s\u2019engagent dans une ou deux voies et s\u2019en tiennent à cela.Mais je suis fasciné par tellement de choses, pourquoi me priver?Évidemment, je sens de la pression pour faire un certain type de films.Mais il y a une partie de moi, et c\u2019est peut-être un peu pervers, qui refuse de se laisser cantonner dans un seul genre ou un seul style.» Ceux qui voudront dompter celui que l\u2019on considère encore comme l\u2019enfant terrible du cinéma anglais devront prendre leur mal en patience.Collaborateur Le Devoir Trishna prendra l\u2019affiche le vendredi 27 juillet à Montréal Patsy et Edina aux Jeux olympiques Patsy et Edina, les inénarrables héroïnes de la série-culte Absolutely Fabulous, effectueront un dernier tour de piste cet été à l\u2019occasion des Jeux olympiques de Londres.Edina, une publiciste superficielle et fêtarde, et Patsy, une journaliste de mode se targuant de n\u2019avoir «rien avalé de solide depuis 1973», firent les belles heures^ de la BBC de 1992 à 2003.A présent dans la soixantaine, Edina veut à tout prix louer sa maison à une célébrité hollywoodienne.Histoire de se mettre dans l\u2019esprit olympique, sa copine Patsy et elle décident de se mettre au sport.un cocktail à la main, il va sans dire.La diffusion de cet ultime épisode, diffusé encore sur BBC lundi 23 juillet, devrait coïncider avec le début des Jeux olympiques de Londres le 27 juillet prochain.Le Devoir Uhomme de main Robin Williams est le plus récent gros nom à s\u2019être joint à la distribution prestigieuse du film The Butler.Inspiré par l\u2019histoire méconnue mais fascinante d\u2019Eugene Allen, qui fut majordome à la Maison-Blanche sous huit présidents différents, The Butler mettra en vedette Eorrest Whitaker dans le rôle-titre, Matthew McConaughey dans celui de JEK et John Cusack dans celui de Richard Nixon.Alan Rickman jouera quant à lui Ronald Reagan, tandis que Robin Williams incarnera leur prédécesseur à tous, Dwight D.Eisenhower.Lee Daniels (Precious) assurera la mise en scène.Le Devoir BBC Patsy et Edina décident de se ?«Un road-movie où la poésie sait se faire aussi discrète qu\u2019une caresse.» ¦ - CaroHne Vié, 20 MINUTES I un film de\tX BOULI LANNERS W- ^ www.fiinfilm.ca - www.facebook.com/fiirifilmdistribution DÈS LE VENDRÈDr27 JUILLET EXC3NTRIS ROME MON AMOUR WOODY ALLEN.111 MIN.V.O.ANGLAISE ET ITALIENNE AVEC S.-T.F.12H30,14H^5.17H00.19H10, 21H20 BILLETTERIE : S1IG STONE «Difficile de ne pas tomber sous le charme de ce film et de ne pas se permettre quelques rêveries colorées.» Claudia Puig, USA TODAY «L\u2019intrigue de Allen est si complexe et assurée qu\u2019il est impossible de ne pas être émerveillé.Je fus émerveOlé!» David EdeUtein, NEW YORK MAGAZINE ?«Destins entremêlés, couples qui se font et se défont, quiproquos et volte-face, c\u2019est à la fois drôle, mélancolique, diarmant.» François Forestier, TÉLÉCINÉOBS ?«Comique et émouvant, romantique mais pas fleur bleue.» Ollivier Pourtiol, MARIANNE ?«Bouillonne du génie Allen.» Luae Pedrola, EXCESSIF Kcnl cl realise par Wood) \\llen Rome mon amour F version française de TO ROME WITH LOVE J © romemonamour lefilm corn facebook com/RomeMonAmour\tbm métropole m PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE! |[metro polefilms.com http://cinemaexcentris.com E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 JUILLET 2012 culture.de visu La greffe en sculpture La 5® Biennale nationale de sculpture contemporaine de Trois-Rivières soulève des questions GREFFE / GRIFFE 5e Biennale nationale de sculpture contemporaine A Trois-Rivières Jusqu\u2019au 2 septembre JÉRÔME DELGADO La question revient à chaque édition: pourquoi jouer la carte de la biennale?Est-ce une affaire de subventions, une stratégie, ou pour le prestige d\u2019une appellation?Tout ça, sans doute.Pourrait-on cependant se la jouer plus modeste, à hauteur de l\u2019exposition qui prend place ?Les attentes seraient alors tout autres.En repoussant toute idée préconçue, on peut apprécier la Biennale nationale de sculpture contemporaine 2012 (BNSC), cinquième édition, pour ce qu\u2019elle est: une expo de bon calibre, portée par un thème, le corps, suffisamment ouvert pour embrasser ce qu\u2019est aujourd\u2019hui la sculpture.Et son titre imagé.Greffé / griffé, a ce qu\u2019il faut pour piquer la curiosité.Car, dans ce titre, il y a autant l\u2019idée de l\u2019ajout (la greffe) que celle de l\u2019altération ou de la trace (la griffe).Si le sujet du corps ainsi trafiqué paraît usé \u2014 en 2001, Métamorphoses et clonage du Musée d\u2019art contemporain de Montréal, semblait déjà récupérer le thème \u2014, les pratiques retenues ne sont pas que redites.L\u2019hybridité, caractéristique de la greffe, est partout au fil de l\u2019exposition.On y retrouve des artistes connus pour leur capacité à marier les disciplines, voire les époques \u2014 Daniel Oison ou les duos Cari Bouchard-Martin Dufrasne de Saguenay et de Montréal, et Emily Vey Duke-Cooper Bat-tersby d\u2019Halifax.Nos rapports amour-haine avec les animaux y sont évoqués plus d\u2019une fois, à l\u2019instar des socles de Duke-Battersby ou des figures à tête animale de la Québécoise Valérie Potvin ou de l\u2019Italienne Silvia Levenson.Comme les éditions précédentes, cette cinquième BNSC prend racine dans le Vieux-Trois-Rivières, en particulier dans la Galerie d\u2019art du Parc, rue des Ursulines.Certes, la manifestation déborde de cette jolie maison patrimoniale, mais elle pourrait ne se limiter qu\u2019à elle et aux six artistes et collectifs qui y exposent (sur les neuf de la sélection officielle).La sculpture y a des assises classiques (structure en volume ou en hauteur), autant qu\u2019elle puise dans la photographie, l\u2019installation multiforme et même dans l\u2019art relationnel.Dire et retenir Il en va ainsi de la proposition de Raphaelle de Groot, une artiste en soi difficile à coiffer d\u2019un seul chapeau.Elle présente Le poids des objets, un projet entamé en 2009 qui l\u2019a nMwn AiSîC- ^, JS VA Généalogie d*une démolition de Javier Hinojosa.poussée à s\u2019ouvrir aux autres et à amasser des fragments de leurs histoires personnelles.Le principal élément de cette aventure menée, entre autres, au Mexique et dans l\u2019Ouest canadien est un manteau-sac, déposé dans une partie du bâtiment à l\u2019apparence de grenier, ou d\u2019annexe \u2014 une greffe des lieux, sans nul doute.Raphaelle de Groot travaille sur l\u2019accumulation, et c\u2019est son propre corps qui en est le bénéficiaire, à la fois greffé et griffé \\ \"T'5 MARC SÉGUIN Estampes originales en permanence V, Evelyn au soleil, eau-forte rehaussée, 37x27,5 cm Galerie d\u2019art Jean-Claude-Bergeron 150 rue St-Patrick, Ottawa (On) T.613.562.7836 \u2014 www.galeriejeanclauclebergeron.ca par la rencontrç des communautés visitées.Etonnamment, les trois salles réservées au Poids des objets sont dépouillées.C\u2019est la force de De Groot: une présentation soignée, une maturité notoire, qui lui dicte de faire des choix plutôt que de tout exposer.La liste La pesée, posée sur une table, résume ainsi très bien le projet.Elle en révèle sa teneur par la simple énumération de la valeur (en grammes!) de ces «restes d\u2019enfance» et autres «fiertés» que les gens ont confiés à l\u2019artiste.Empiétement La retenue n\u2019est pas l\u2019affaire de tous.Certes, les machines d\u2019Alain Fleurent, représentant local de cette biennale, forment d\u2019étranges corps en mode repos qui se concurrencent en originalité.Mais ils finissent par empiéter les uns sur les autres.Pour mieux apprécier le travail du Trifluvien, mieux vaut passer par le centre Presse-Papier, un des deux autres lieux retenus pour la cinquième BNSC.Il y a aménagé une sorte de garage désuet, teinté de nostalgie, où la ferraille et le caoutchouc, ainsi que les bouteilles de coca-cola d\u2019une autre époque, ne s\u2019empoisonnent pas.Toujours à la Galerie d\u2019art du Parc, le Mexicain Javier Hi-jonosa propose une installation, entre Vin situ et le travail en atelier.Une structure verticale, née de l\u2019imbrication d\u2019éléments de forme hexagonale si- 1- I )\t,\t1 PHOTOS LISE BARBEAU Raphaëlle de Groot travaille depuis 2009 au projet Le poids des objets.milaire, côtoie une table sur laquelle sont dévoilées la réflexion et les manipulations suivies par l\u2019artiste à partir d\u2019une banale brique trouvée dans la rue.Lui, c\u2019est la vie urbaine qui l\u2019a griffé.Sculture électronique Le centre d\u2019exposition Ray-mond-Lasnier, sis à l\u2019intérieur de la maison de la culture de Trois-Rivières, est l\u2019un des diffuseurs habituels de la BNSC.Dommage, parce qu\u2019il n\u2019a ni le charme de la vieille ville ni les commodités d\u2019un espace malléable.Ce faux cube blanc pèse lourd et, cette fois encore, les projets exposés en paient le prix.On ne sent ni la fête pro- pre à une biennale ni la part de risque qui devrait l\u2019accompagner.Ex Siliconisque, la sculpture électronique d\u2019Erika Lincoln, s\u2019y démarque néanmoins.L\u2019artiste de Winnipeg, qui était déjà de la Manif d\u2019art de Québec en mai, propose une autre de ces machinations basées sur une série de greffes.Il s\u2019agit d\u2019êtres presque vivants et, pour cette nouvelle œuvre, ce sont des tubes déployés au sol et dans les airs qui la font vibrer.Il n\u2019y a rien de spectaculaire, mais une personne maintenue en vie artificiellement à l\u2019hôpital ne devrait pas non plus nous épater.Collaborateur Le Devoir Découvrir une chapelle et un quartier disparus LES JARDINS DU\tL'ARBRE DE\t_ LA MÉMOIRE PRÉCAMBRIEN\tDE LA LANGUE FRANÇAISE Symposium international d'art in situ\t21JUILLET DU 14 JUILLET AU 14 OCTOBRE 2012\t14 h à 16 h 15 À VAL-DAVID\tHENRIDORION, géographe et musicien BP DEROUIN\t 1301, montée Gagnon, Val-David\t35^ANNIVERSAIRE DELA www.jardinsduprecambrien.com\tCHARTE DE LA LANGUE FRANÇAISE Tournées découvertes Mardi au dimanche en après-midi U'\" juin au 2 septembre 2012 Tarifs Adulte________________10 $ Étudiant et aîné________7\t$ Enfant__________________5\t$ Famille________________20\t$ MUSEE MARGUERITE- BOURGEOYS 400, rue Saint-Paul Est, Vieux-Montréal 514-282-8670 © Champ-de-Mars www.marguerite-bourgeoys.com ?fB Baladodiffusion www.marguerite-bourgeoys.com/bon-secours CuHun.Conununteatlons «t\t.\t.\t^\t¦ \u201coîébecgg Montreali Ce projet a été réalisé dans le cadre de\tPartenaire LF DFVOÎR l'Entente sur le développement culturel de Montréal\tmédia\tubredepenser^ Le pianiste ANDRE LAPLANTE en concert au Festival de Lanaudière le vendredi 3 août Exposition à QUÉBEC Les aventures surréalistes des femmes artistes du Mexique et des États-Unis le samedi 11 août Concerts et musées à NEW YORK du 22 au 25 octobre.Le.%eaux detours vvww.lesbeauxdetours.com 514 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulaire d\u2019un permis du Québec FONDATION JEUNES ET SOCIÉTÉ\to°o a( )a oV\" 0 ^\tf% O \t LES ENFANTS DU MONDE ONT BESOIN DE VOTRE AIDE A comme coopérant A comme bénévole A comme donateur (514) 387-2541 poste 240 Nous vous aiderons à les aider www.monde.ca BEINrTMRE FmiCHE/ET NOUVELLE^QONSTRUmiON m.^dltiên I 42^rtistesq(1 l/^mvera^s^ - Le^eille.ui^e ja 5826, St-Hubert, Montréal (Québec) | admin(gartmur.com | www.artmur.com | 514 933 0711 tÊÊÊÊÊÊK LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 JUILLET 2012 E 7 CULTURE.LIVRES La mort am trousses Le polar Une mort honorable est dans la lignée de la retentissante affaire Shafia Danielle Laurin t de deux.Après Cinq secondes (Libre Expression), qui lui a valu le prix Saint-Pacôme du roman policier 2010, Jacques Savoie poursuit sa série mettant en scène l\u2019inspecteur atypique Jérôme Marceau, mulâtre manchot.Celui que ses collègues surnomment Aileron, à cause de son «petit bras» surmonté d\u2019un moignon, va montrer à tous de quel bois il se chauffe.Au programme : une sordide histoire qui pourrait s\u2019avérer un crime d\u2019honneur, dans la lignée de la retentissante affaire Shafia.Ce n\u2019est pas pour rien (\\ü\u2019Une mort honorable s\u2019ouvre sur cette citation de Yolande Geadah: «Le droit à la différence ne doit pas mener à une différence des droits.» En parallèle, on suivra aussi les développements d\u2019une affaire de vol massif de passeports dans les coffres souterrains de la Place Guy-Eavreau.Nébuleux dossier, très complexe, qui non seulement pourrait mettre en danger la sécurité intérieure du pays mais a des ramifications politiques remontant au référendum de 1995.Et ça se tient.Ça tombe bien: Jérôme Marceau est un grand spécialiste de la ville souterraine.Et il en connaît un bail sur les secrètes tractations ca-nado-québécoises qui ont précédé le dernier référendum québécois.Mais dans les faits, il ne devrait pas se mêler de quelque enquête que ce soit.11 n\u2019en a pas le droit.Officiellement, il est en congé de maladie.Depuis huit mois.Depuis qu\u2019il a reçu un coup de bâton de baseball qui aurait pu lui coûté la vie et l\u2019a défiguré.Ses supérieurs, au bureau des homicides à la police de la Ville de Montréal, ne semblent pas pressés de le voir revenir au travail.Personne ne semble intéressé à ce qu\u2019il dépose son rapport concernant un quadruple meurtre qui a eu lieu au palais de justice.Puisque l\u2019on ne veut plus de lui, il a décidé de mettre les voiles.Inspiré par la lecture d\u2019un livre, jamais nommé mais qui ressemble en tout point à Volkswagen blues (Babel) de Jacques Poulin, J1 veut traverser l\u2019Amérique.A la recherche de lui-même.Et question de faire le point sur son passé.11 a des choses à se reprocher, des taches sur la conscience.11 en a surtout assez d\u2019être regardé de haut à cause de son infirmité de naissance, conséquence de la thalidomide prise par sa mère alors qu\u2019elle était enceinte de / Z' s.SCOTT L\u2019auteur Jacques Savoie lui.Assez de se sentir humilié.Pas les moyens de s\u2019offrir la mythique Westfalia comme dans son livre fétiche, cependant.Une Pontiac Aztek, malgré sa laideur, fera l\u2019affaire.Justement, quelqu\u2019un en a une d\u2019occasion à vendre.Pas chère du tout.Marché conclu.Le vendeur est originaire de l\u2019Inde, il s\u2019apprête à regagner son pays avec sa famille.Jérôme Marceau aimerait bien en savoir plus là-dessus.Le type a une tête qui ne lui revient pas.11 a un drôle de regard.Le regard du tueur.Profilage racial?Quand il découvre dans le coffre de la voiture qu\u2019il vient d\u2019acquérir des traces de sang, notre enquêteur ne peut s\u2019empêcher de succomber à «son besoin maladif de faire enquête».Changement de cap Ce n\u2019est pas vers les Etats-Unis qu\u2019il mettra le cap, mais vers le lac Témiscouata, puis en Acadie.Sur les traces de l\u2019ex-proprio de la Pontiac Aztek, dont on appçend qu\u2019il provient d\u2019un des Etats les plus traditionalistes de l\u2019Inde.11 est père de deux jeunes filles.L\u2019une d\u2019elles devait se marier avec un Québécois, qui demeure sans nouvelles.Autre changement de programme pour Marceau : il ne voyagera pas seul.Sa mère l\u2019accompagnera.Sa vieille mère dont il doit prendre soin, qu\u2019il doit prendre en charge : on vient de lui découvrir une tumeur au cerveau, elle n\u2019en a plus pour longtemps.Pas question de l\u2019abandonner, bien sûr.Mais il n\u2019avait pas besoin de ça.Sa mère sur les bras.Cette mère envahissante, qui se prend pour «le metteur en scène de sa vie».Cette mère qui dépérit à vue d\u2019œil, qui a de plus en plus de moments d\u2019égarement, de trous noirs.Entrecoupés de moments d\u2019une «remarquable lucidité».Ce n\u2019est pas tout.L\u2019affaire des passeports volés va le poursuivre dans ses allers et venues.11 aura sur les bras la Sûreté du Québec, la Gendarmerie royale du Canada, et même le Service canadien du renseignement de sécurité.Sans compter ses démêlés avec sa propre équipe.Comment se sortir de ce guêpier tout en menant à terme son enquête personnelle sur la famille de l\u2019Indien.et tout en accordant à sa mère l\u2019attention dont elle a besoin?C\u2019est là tout l\u2019intérêt du roman.Non seulement le suspense perdure jusqu\u2019à la fin concernant la tache de sang d\u2019un côté et le vol des passeports de Pautre, mais dans chaque cas l\u2019intrigue et son dénouement sont bien ficelés.Peu de temps morts, dans tout ça.Efficace, l\u2019auteur déUne mort honorable, aussi connu comme scénariste, notamment de son propre roman Les portes tournantes (Boréal compact) et de plusieurs séries télés, dont Les orphelins de Duplessis, Bombardier et Les Lavigueur.Mieux: au-delà du strict caractère policier du roman et de son ingéniosité narrative, la relation mère-fils nous tient tout du long.Elle connaîtra toutes sortes de rebondissements inattendus.Elle nous fera sourire par moments, nous touchera certainement.En filigrane : une réflexion sur le vieillissement, la maladie, l\u2019approche de la mort.Et la peur de l\u2019abandon.UNE MORT HONORABLE Jacques Savoie Libre Expression Montréal, 2012, 312 pages QD RICHARD BÉLANGER Aquarolle, pointurQ DENISE BRETON Aquarsile 15 ch Fisher, Austin 819-843-1398 JACYNTHE COMEAU Aquarelle, peinture 783 route 245, Bolton Est 450-292-0366 PIERRE GERVAIS Vitrail 783 route 245, Bolton Est 450-292-0366 8 Impasse Gilbert, Dolton Est 450-297-4187 RENÉE ROY Peinture 19 ch Kates, Bolton Est 450-297-0813 SUZANNE BÉLAIR Peinture KAZUYO KAMADA Poterie MARIE ALOIR Peinture 29 rang Vincent, St-Étienne de Dolton 631,1er rang, St-Étienne de Dolton 123 me Lac des Sitelles, Austin 450-297-3270 450-297-0663 450-297-0304 ANDRE VAN MELLE Peinture, fusain 19 ch du Lac Malaga, Austin 514-893-3499 CARINE PLOMTEUX Joaillerie 13 du Sommet, Eastman 514-945-5907 HENRIETTE GENE5T Shibori, feutrage 36 du Promontoire, Eastman 450-297-2181 BERNARD FRENETTE et FRANCINE PAQUIN Peinture, techniques mixtes 269 Bmnelle, Orford 450-532-4129 MUSEE D'ART DE JOL ETTE GERVAIS TARDIF Sculpture 2530 ch du Parc (Mairie), SYLVIE BERNADETTE Peinture sur soie CATHERINE BENOIT Verre soufflé, pâte de verre 2727 me Norbel, Magog 514-238-5336 ROBERT et USA MCNEIL Poterie JACQUES HURTUBISE RÉTROSPECTIVE Organisée par le Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Ecosse DU 3 JUIN AU 2 SEPTEMBRE 2012 251 avenue des Scouts, Magog Orford 450-532-4024 2594 Pnncipale Ouest, Magog B19-847-2757 819-868-1939 JACQUES HURTUBISE ENTRE LA SOIE ET L'ENCRE Organisée en collaboration avec la Galerie Simon Blais DU 27 MAI AU 26 AOÛT 2012 CHRISTINE AUDET Poterie MARISE DUGUAY Peinture, techniques mixtes 69 ch Roy, Magog 819-847-3679/ 819-843-8118 DIANE LADOUCEUR Broderie sur parchemin 1447 Champlain, Magog 819-868-2151 RICARDO BLANCHETTE Êbénisterie style antique 196 Victoria, Magog 819-843-7833 PENELOPE STEWART ?U 3 JUIN AU 30 DÉCEMBRE 2012 2657 Pnncipale Ouest, Magog 819-868-4218 COLLAGE DU 3 JUIN AU 2 SEPTEMBRE 2012 145, rue du Père-wilfnd-Corbeil, Joliette (Québec) J6E 4T4 450 756-0311 I vvww.museejoliette.org Mardi au dimanche.12 h à 17 h SUZANNE DÉRY Peinture, techniques mixtes 488 me St-Alphonse Sud, JEAN-MICHEL LOPEZ et LUCIE POIRIER COLETTE LAWLIS Peinture FRANÇOIS BOISVERT Êbénisterie Joaillerie, vitrai t 20 Dominique, Ste-Catherine de Hatley 270 Memphra, Magog 819- 843-1356 Magog 819-843-7598 446D Principale ouest Magog 819-843-9413 819-843-8178 RÉJEAN CÔTES Poterie TOSHIRO TSUBOKURA Poterie 17 McFarland, North Hatley 819-842-1919 JENNIFER BEAUDOIN-BOISVERT PAULA CURPHEY Poterie Maroquinerie 900 ch Capelton, Canton de Hatley 819-569-9448 14 Vaughan st.Apt.2D Canton de Hatley 12 ch Meigs, Canton de Hatley 619-432-5065 819-842-2258 MARCEL BEAUCAGE Poterie LINDA PEACOCK Sculpture, Art floral 3 ch Drew, Mosaïque de verre, peinture 10 ch Fontaine, Ste-Catherine de Hatley 819-838-1282 60 Pénéplaine, Ste-Catherine de Hatley Canton de Stanstead 819-868-2684 819-843-2934 LORRAINE FORTIER © FRANÇOIS DUBEAU Dessin, techniques mixtes 101 Beaumont, Magog 819-769-0440 LÉGENDES Démonstration A Doux artistes au même site Aquarelle, techniques mixtes 2225 ch de Geoigeville, Villa #32, Magog 819-868-2851 Première participation O Artiste de retour 19\u201d édition VISITE D'ATELIER d'artistes DU 28 JUILLET AU 5 AOÛT DE10HÀ17H STÏ WWW.CIRCUITDESARTS.COM ÊMIDE.aammm \t\tü^rSr \t\t \t\t \t\t 'ismis\t\t p>\t/\t DU 20 JUIN 2012 AU 26 JANVIER 2013 690, RUE SHERBROOKE OUEST | ^ McGILL | MUSEE-MCCORD.QC.CA \u201cQuébec S S\t®tiT@aattT Keas lyu M I^R E M A G 2 Û 1 2 EXPO COLLECTIVE au Centre d'arts visuels de Magog, 61 rue Merry Nord (en 'face du Vieux Clocher) E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 JUILLET 2012 CULTURE.LIVRES Des histoires olympiques Art mineur selon la philosophe Isabelle Queval, le sport est le symptôme de questionnements actuels (.J Louis CORNELLIER Ceux qui ne s\u2019intéressent qu\u2019aux performances chiffrées et qu\u2019aux vainqueurs ratent le sens et l\u2019essence du sport.Cet univers, en effet, est d\u2019abord un fabuleux réservoir de récits humains.Sur le terrain, sur la piste, des hommes et des femmes, pour le plaisir ou pour la gloire et l\u2019argent, se mettent en jeu, physiquement, bien sûr, mais aussi mentalement, charriant avec eux, dans la foulée, leur vision du monde.C\u2019est la raison pour laquelle le sport, s\u2019il n\u2019était pas raconté, serait sans intérêt.Activité typiquement humaine qui consiste, selon la formule du philosophe Bernard Suits, en des «tentatives volontaristes pour surmonter des obstacles artificiels», les jeux sportifs ont besoin du langage pour trouver leur sens.Courir, pour un membre de «l\u2019espèce fabulatrice», selon l\u2019expression de Nancy Huston, n\u2019est rien s\u2019il n\u2019y a pas de mots pour dire cette course.Journaliste au quotidien français Le Monde, Mustapha Kessous l\u2019a compris.Dans Les 100 histoires des Jeux olympiques, publié dans la collection « Que sais-je ?», il procède à des mises en récit des grands moments de l\u2019histoire de «l\u2019événement sportif le plus important du monde moderne».Au lieu d\u2019y aller d\u2019un essai classique comme il y en a tant sur l\u2019histoire des Jeux, Kessous a choisi de les raconter, et par conséquent de les révéler, en histoires.Alors que les Jeux de Londres s\u2019apprêtent à envahir l\u2019actualité internationale et nos écrans, la lecture de ce bref ouvrage est fortement recommandée à ceux et celles qui souhaitent donner une profondeur culturelle à cette messe sportive.Les histoires sportives peuvent se présenter sous plusieurs formes.On peut, par exemple, froidement retenir les dates marquantes.On mentionnera alors que les Jeux olympiques de l\u2019ère moderne ont été lancés en 1986 ou que leur version paralympique ne date que de 1960, année du premier cas de dopage avéré aux Jeux.Cette histoire platement chronologique ennuie rapidement.Kessous n\u2019emprunte pas cette voie, même s\u2019il intègre ce type d\u2019informations à ses 100 histoires (en situant erronément, toutefois, en 1984 plutôt qu\u2019en 1988 la tricherie de Ben Johnson).On peut aussi adopter le ton du «human interest», sous la forme du fait divers sportif générateur d\u2019émotions.On racontera alors le courage de Joannie Rochette, qui a patiné pour le bronze à Vancouver malgré la mort de sa mère survenue pendant les Jeux.Ces récits édifiants émeuvent, mais sont un peu courts.Kessous ne retient pas le précédent, mais en présente quelques autres.En 1952, à Helsinki, l\u2019Américain Frank Havens remporte l\u2019or à l\u2019épreuve du 10000 m en canoë une place.Vingt-huit ans plus tôt, son père, Bill, candidat au même honneur à Paris, avait choisi de se retirer des compétitions pour ne pas rater.la naissance de son fils! Kessous parle donc de l\u2019invention de «la médaille transgénérationnelle».Charmantes, ces anecdotes manquent toutefois de portée.Les histoires gagnent en substance quand les considérations sociopolitiques s\u2019en mêlent.«Le sport, écrit la philosophe Isabelle Queval dans Le sport.Petit abécédaire philosophique (Larousse, 2009), est politique par son omniprésence sociale et ses enjeux géopolitiques ; mais il n\u2019engendre pas de sens politique.Les sens du sport sont hors du sport, projetés sur lui de par la facilitation permise par ses schémas compétitijs, son simplisme, sa capacité identificatoire.Le sport est un schème qui recycle et diffuse les sens politiques.» La main du vainqueur Fondés par Pierre de Coubertin, un aristocrate qui souhaitait démocratiser le sport par souci patriotique, les Jeux oljmipiques, depuis leur naissance, ont été, écrit Kessous, «intrinsèquement liés à l\u2019évolution de notre monde».Au début, par exemple, ils refusent la participation des femmes, dont le rôle, selon le baron de Coubertin, «devrait être avant tout de couronner les vainqueurs» puisqu\u2019une «olympiade femelle serait impratique, inintéressante, inesthétique et incorrecte».Aujourd\u2019hui, des Jeux sans athlètes féminines seraient impensables, et nous sommes plusieurs à penser que ces sportives constituent souvent un sommet de l\u2019esthé- tisme.Certains pays musulmans ne l\u2019ont toutefois pas encore compris, et la lutte féministe sportive reste donc d\u2019actualité.Français d\u2019origine arabe, Kessous signait, dans Le Monde, en décembre 2009, une retentissante tribune dans laquelle il exposait le racisme dont il est victime en France.«Ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom lorsque je me présente au téléphone, écrivait-il.[.] Dire Mustapha, c\u2019est prendre le risque de voir votre interlocuteur refuser de vous parler.» On ne s\u2019étonnera donc pas que cet enjeu se retrouve dans son ouvrage.Kessous rappelle qu\u2019en 1904, à Saint-Louis, des «journées anthropologiques » sont organisées à côté des Jeux et réservées aux «races inférieures», «aux sauvages de couleurs», pour l\u2019amusement du peuple américain.En 1936, aux Jeux de Berlin rebaptisés «les Jeux de la honte», deux sprinteurs américains d\u2019origine juive sont retirés de l\u2019équipe du relais 4xl00m, à la demande des Allemands.Un des entraîneurs de l\u2019équipe américaine, note Kessou§, est membre d\u2019une organisation pro-nazie.A ces mêmes Jeux, rAfro-Américain Jesse Owens remporte quatre médailles.La légende veut qu\u2019Hitler, devant ses exploits, ait refusé de serrer la main du champion et quitté le stade.C\u2019est faux, affirme Dessous.(Je qui est vrai, en revanche, c\u2019est qu\u2019Owens, à son retour au pays, n\u2019a pas été reçu par le président Roosevelt, comme le veut la coutume.«Sa place, se désole Dessous, reste.au fond du bus.» Les perdants magnifiques 11 y a, enfin, une quatrième catégorie d\u2019histoires.Ce sont les plus rares et les plus précieuses.Elles mettent en scène des athlètes qui incarnent la noblesse du sport comme vecteur des vertus humaines, qui choisissent la défaite plutôt que le dopage, qui font passer la fraternité humaine avant la victoire à tout prix, qui font du sport une culture \u2014 une éthique, une esthétique \u2014 plutôt qu\u2019un vulgaire champ de bataille.Ils finissent 6® ou 23® ou encore font du jogging le samedi matin sans avertir les médias.On en trouve de furtives traces dans l\u2019ouvrage de Kessous, mais on aurait souhaité plus de ces sages et un peu moins de banals champions.N ASSOCIATED PRESS En 1936, aux «Jeux de la honte», l\u2019Afro-Américain Jesse Owens remporte quatre médailles.La légende veut qu\u2019Hitler ait refusé de serrer la main du champion.C\u2019est faux.«Art mineur, sans doute, [le sport], écrit Isabelle Queval, est le symptôme de questionnements actuels.» Souhaitons-nous, à Londres, de nouvelles histoires signifiantes.louisco@sympatico.ca LES 100 HISTOIRES DES JEUX OLYMPIQUES Mustapha Kessous PUF Paris, 2012,128 pages LITTERATURE AMERICAINE Nouvelles du vieil âge Le récit de la monotonie des jours retient notre attention GILLES ARCHAMBAULT Il faut à n\u2019en pas douter beaucoup de talent pour donner vie dans un roman à un personnage octogénaire.Surtout s\u2019il s\u2019agit d\u2019un destin dit ordinaire.Entendre par là un quotidien sans heurts, sans paroxysmes.Cette habileté, Stewart O\u2019Nan l\u2019a.Né à Pittsburgh en 1967, il ne peut qu\u2019imaginer cette période de la vie que le Général \u2014 celui du balcon \u2014 identifiait à un naufrage.H le fait avec une extrême habileté.Ce serait la description d\u2019une vie dans laquelle il ne se passe plus rien que l\u2019événementiel.Emily Maxwell est veuve.Celle que les lecteurs et lectrices d\u2019O\u2019Nan ont appris à connaître dans Nos plus beaux souvenirs (l\u2019Olivier) s\u2019est fait une raison.Elle tire ce qu\u2019elle peut d\u2019une solitude à tout prendre convenable.Ses loisirs : écouter de la musique classique, suivre un jeu questionnaire à la télévision, lire le journal local sans oublier d\u2019y découper les coupons rabais qui s\u2019y trouvent.Les enfants sont au loin, donnent parfois de leurs nouvelles.Elle leur envoie ponctuellement des cartes de vœux.Quand ils daignent lui rendre visite, elle les reçoit sans déplaisir.Toutefois, elle n\u2019est pas une mère qui, comme on dit, ne vit que pour ses enfants.De même, le souvenir de son mari n\u2019est pas de ceux qui paralysent.Jour à jour La monotonie des jours ne l\u2019accable pas tellement.Surtout si c\u2019est l\u2019été et qu\u2019elle peut s\u2019occuper de ses plantes.11 y a la présence du chien, Rufus.Pas très jeune, lui non plus.Capricieux, plus tellement vaillant, mais une présence quand même.La belle-sœur, Charlene, l\u2019énerve bien un peu, mais pour le petit-déjeuner buffet du mardi deux pour un \u2014 grâce aux coupons rabais du journal \u2014, c\u2019est une comparse acceptable.Elle se débarrasse de l\u2019auto de son mari qui encombrait le garage, fait l\u2019emplette d\u2019une petite japonaise, se remet à la conduite.Aux dernières pages du roman, elle est au volant, Charlene et Rufus à bord.C\u2019est le début d\u2019une équipée.Curieusement, c\u2019est bien plutôt le récit de la monotonie des jours qui retient notre attention que la presque résurrection finale.O\u2019Nan parvient à nous retenir par l\u2019accumulation des banalités qui font l\u2019ordinaire de la vie de son personnage.Ainsi, quand Emily décide de larguer l\u2019Olds-mobile si chère à son mari et de la remplacer par une Subaru, on se met à craindre que le romancier ne cède à la tentation de quitter un terrain connu pour nous surprendre.S\u2019est-il ménagé la possibilité d\u2019un troisième roman qui décrirait l\u2019odyssée de deux vieilles dames et d\u2019un chien ?On peut le penser.En choisissant d\u2019illustrer une fin de vie presque sereine, l\u2019auteur opte pour une vision de l\u2019aventure humaine positive.Les angoisses ne sont pas du ressort d\u2019Emily.Elle les repousserait d\u2019emblée.Elle est de celles qui sont portées à construire l\u2019avenir et pour qui la nostalgie est une perte de temps et une faille.Moi qui serais enclin par ma nature même à me conduire tout autrement, je ne peux tout simplement pas croire qu\u2019on puisse se diriger vers la mort sans y penser un peu.Emily me paraît donc une énergu-mène point trop antipathique, curieuse à observer.Je prendrais bien un sandwich \u2014 deux pour un \u2014 avec elle, mais pas tous les mardis.Les êtres positifs, que ne visitent jamais les petites et grandes peurs métaphysiques, me font peur.Comme personnages de roman, leur tendance à ne pas geindre indûment les rend fort sympathiques.Mais lisez ce roman.11 n\u2019est vraiment pas mal.Réussir à retenir l\u2019attention du lecteur en accumulant les trivialités de la vie de tous les jours est en soi un exploit.Collaborateur Le Devoir EMILY Stewart O\u2019Nan Editions de l\u2019Olivier Paris, 2012, 335 pages Révolution du sous-entendu Une anthologie est consacrée à la pièce en un acte, de la Belle Époque à la Crise MICHEL LAPIERRE En 1909, à Montréal, un célibataire de 28 ans fustige, devant la veuve de 30 ans d\u2019un ami, la coutume de porter le deuil au lieu de se montrer, dès les obsèques, «dans une somptueuse toilette écarlate».Indignée, elle s\u2019écrie : « Vous êtes un sacrilège ambulant!.» Mais vite leurs fauteuils se rapprochent.Comme l\u2019illustre ce sketch de 1912 de Rodolphe Girard, le Québec ne rate pas le train de l\u2019instantanéité du drame moderne.Lucie Robert, historienne de la littérature, a si bien saisi l\u2019émergence de la brièveté dramatique en Europe pendant le dernier quart du xix® siècle chez Shaw, Courteline, Strindberg ou Tchékhov qu\u2019elle n\u2019a que mieux apprécié les tentatives québécoises de correspondre tardivement à cette évolution de la sensibilité.Son anthologie Apprivoiser la modernité théâtrale, consacrée à «la pièce en un acte de la Belle Epoque à la Crise», le prouve.En plus d\u2019une œuvre de Ro- ¦ L t \u2022 A-.\t:\t^\t' : ' /// .»' voiser la modernité théâtrale Textes choisis et présentés P®''Lucie Robert dolphe Girard, surtout connu pour son roman grivois Marie Calumet (1904), objet d\u2019un scandale, elle a exhumé des saynètes de 11 autres dramaturges occasionnels qui, de 1902 à 1931, saisirent, comme elle l\u2019expose de façon évocatrice, «la brièveté de ce moment où l\u2019individu doit faire face à son destin».Tout au début du siècle, à Montréal, l\u2019homme de lettres Louvi-gny de Montigny donna le ton en mettant en scène un jeune homme qui se moque du romanesque «Je vous aime».A la plage de Vaudreuil, devant une jeune fille qu\u2019il connaît à peine, le personnage explique: «De la formule, toujours de la formule; comme s\u2019il fallait déclarer \u201cIl fait beau\u201d pour jouir d\u2019une belle journée.» Choisir une femme parmi d\u2019autres, en prononçant le mot magique, n\u2019est-ce pas «presque un verdict d\u2019enchère?», argu-mente-t-il avec cjmisme.Outrée par une telle froideur, la jeune fille répond : «Je vous pardonnerai peut-être si vous me promettez de croire dorénavant celles qui vous diront.» 11 poursuit: «.que vous m\u2019aimez \u201cun peu\u201d?» Elle le corrige: «Beaucoup.» La pièce se termine là.Tout est dit.Quelques secondes suffisent, même dans un Québec pratiquant encore de façon maladroite l\u2019art nouveau.Le choc esthétique, Lucie Robert a le flair d\u2019en percevoir la portée extrême chez nous dans une «féerie» (1924), d\u2019An-tonio Desjardins, poète méconnu qu\u2019elle range parmi les symbolistes.Des objets inanimés y parlent d\u2019êtres en chair et en os qui, eux, sont absents ! L\u2019horloge, la table, le tapis, «le silence qui rôde», tant d\u2019au- L'ECUANGf très choses expriment le désarroi devant une lettre qu\u2019une épouse et qu\u2019une mère viennent de lire.Les objets se disent: «Lui, l\u2019époux, le fils, notre dieu, / Il est mort.» A la place des personnes, ils étouffent.Aussi indirect, le drame ne peut être que plus prenant.Sans effort, sans bruit, une révolution, même timide, rend désuètes les pièces lentes et verbeuses d\u2019autrefois: la révolution théâtrale du sous-entendu.Collaborateur Le Devoir APPRIVOISER , LA MODERNITE THEATRALE Lucie Robert Nota bene Québec, 2012, 266pages |3 Al^Gaspard-LE DEVOIR ^ JTalmarès\t\t \u201c \u2014\tDa 9 an 15 juillet 2012\t \t\t Romans québécois\t\t 1 La chasse est ouverte\tChrvstine Brouillet/Courte échelle\t1/5 2 Me-face et malaises\tRafaële Germain/Libre Expression\t2/17 3 Au bord de la riviéie \u2022 Tome 3 Xavier\tMichel David/Hurtubise\t5/12 4 Souvenirs de la banlieue * Tome 2 Michel\tRosette Laberge/Éditeurs réunis\t3/5 5 Les héritiers d'EnIddiev \u2022 Tome 5 Abussos\tAnne Robillard/Wellan\t4/12 6 Ut double\tJanette Berband/Ubre Expression\t6/12 7 Souvenirs de la banlieue * Tome 1 Sylvie\tRosette Laberge/Les Éditeurs réunis\t7/4 8 II pleuvait des oiseaux\tJocelyne Saucier/XYZ\t10/2 9 Mémoires d\u2019un Quartier \u2022 Tome H Bernadette, la suite\tLetise TremblavO'Essiambre/Guv Saint-Jean\tB/14 10 10 LAnglals\tDenise Bombardier/Robert Laffont\t-n Romans étrangers\t\t 1 7 ans après.\tGuillaume Musso/XD\t1/14 2 La liste de mes envies\tGrégoire Delacourt/Lattès\t5/12 3 L'été de la deuxième chance\tElln Hilderbrand/Lattés\t3/3 4 La piste du tigre\tJames Patterson/Lattès\t2/2 5 Me-face\tMichael Connelly/Calmann-Lévy\t4/10 6 SI c'était è lelaire\tMarc Levv/Robert Laffont\t6/12 7 La mort s'invite à Pemberfey\tRD.James/Fâvard\t9/3 8 L\u2019attente de l\u2019aube\tWilliam Boyd/Seuil\t0/5 9 Les années perdues\tMary Higgins ClarfcFAIbin Michel\tin 10 Les partenaires\tJohn Grfsham/Robert Laffont\t-n Essais québécois\t\t 1 Laiustepart\tDavid Robichaud 1 Patrick Turmel/Atelier 10\t1/2 2 Desmarais.La Dépossession tranquille\tRichard Le Hir/Michel Brûlé\t4/14 3 Les faces cachées d'AmirKhadir\tRene K.Malouf/Accent grave\t2/3 4 L'art presQue perdu de ne rien faire\tDanv Laferdère/Boréal\t5/5 5 Comment mettre la droite K.O.en 15 arguments\tJean-François Lisée/Alain Stanké\t3/2 6 C'était au temps des mammouths laineux\tSerge Bouchard/Boréal\t6/23 7 Un gouvernement de trop\tStéphane Gobeil/VLB\t7/10 8 Québécois 101.Notre portrait en 25 traits\tRerre Côté/Québec Amétigue\t9/10 9 Contrepoing\tNormand Lester/Irrtouchables\t-n 10 La soif de bonheur\tCollectif/Bayard\t10/0 '^^Essais étrangers\t\t 1 Le point de bascule\tMalcolm Gladwell/Transcontinental\t7/2 2 Destruction massive.Géopolitique de la faim\tJean Ziegler/Seuil\tV15 3 Le goût de vivre et cent autres propos\tAndré Comte-Sporrville/LGF\t5/4 4 Une histoire populaire de l'humanité\tChris Hannan/Boréal\t3/2 5 Indignez-vous! (Édition revue et augmentée)\tStéphane Hessel/Indigène\t10/2 6 L\u2019ordre libertaire.La vie philosophigue d'Albert Camus\tMichel Oithay/Rammarfon\t-n 7 Petit rxrurs d'autodéfense en économiaLabc du capitabne\tJim Stanford/Lux\t4/3 8 L'empire de nilusion\tChris Hedges/Lux\t6/15 9 Le dérèglement du monda Quand nos civiisalions s'épuisent\tAmin Maalouf/LGF\t2/5 10 Le génie du Capitabne (Le génie de la Béte).Une révision.\tHoward Bloom/Jardin des livres\t-n La BRF (SociëË de gesScn de la Qanque de tities de langue fiangalse) est pnipridtalie du sj^me d'Ialoination et d'analyse Asyim/ sur les ventes de livres fiangais au Caréda.Ce palmarès est extrait de et est censtitué des relevés de caisse de 215 polnis de vente.La BIIF regoit un soutien Cnancler de Patrimohe canadien pour le pmjet ksçml.© BIIF, toute reproduction totale ou partielle est Interdite."]
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