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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2012-08-11, Collections de BAnQ.

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[" Les photographes du Devoir s\u2019exposent à Maria, en Gaspésie Page e 3 Lafrance et Elliot; peinture actuelle au Musée régional de Rimouski Page e e Culture Livres CAHIER E > LE DEVOIR, LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 AOUT 2012 f PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le réalisateur Rafaël Ouellet, entouré des comédiens Stéphane Breton et Jacques Poulin.Derrière les failles des hommes Entrevue avec le réalisateur Rafaël Ouellet et le comédien Julien Poulin pour le film Camion Camion, coiffé du prix de la mise en scène et du laurier œcuménique au Festival de Karlovy Vary, sortira la semaine prochaine dans 17 salles du Québec.ODILE TREMBLAY est toujours à X Dégelis, le village de son en-fance, qu\u2019il tourne ses films.Dans le Bas-du-Fleuve du retour aux sources, Rafaël Ouellet écrit aussi ses scénarios, du moins en partie.Il s\u2019était envolé du nid à 17 ans.Cinq ans plus tard, Rafaël revenait à la maison paternelle, en cinéaste cette fois, pour capter une atmosphère, une lumière, des souvenirs.Il y revient encore.Après des films intimes, envoûtants, diffusés sans tralalas, mais qui se frayaient un chemin auprès des cinéphiles et dans le réseau des festivals \u2014 Le cèdre penché (prix du public aux Rendez-vous du cinéma québécois 2007), Derrière-moi, New Denmark \u2014, Rafaël Ouellet signe, avec Camion, son œuvre la plus lumineuse et la plus achevée.Il en parle comme d\u2019un melon qui a réclamé des années pour mûrir.Le cinéaste, encouragé par l\u2019ac- Rafaël Ouellet signe, avec Camion, son œuvre la plus lumineuse et la plus achevée cueil et les prix reçus en pays tchèque, rêve de trouver son public chez nous en s\u2019imposant sur la durée, tout en se frayant un chemin sur la route des festivals.Déjà, Camion ouvre le rendez-vous des Cantons-de-l\u2019Est et sera projeté au TIFF de Toronto.C\u2019était sa première œuvre à budget.1,4 million de dollars, contre 400 000$ pour Derrière moi.La détresse du héros Julien Poulin, le célèbre Elvis Gratton des films de Pierre Falardeau, a joué souvent des rôles de composition.Or le voici qui plonge en lui-même dans un rôle de détresse intérieure et de vulnérabilité.Héros de Camion, son personnage, qui tue accidentellement une femme au volant de son mastodonte, sombre jusqu\u2019à ce que ses deux fils, eux-mêmes écorchés, viennent l\u2019épauler.«J\u2019avais peur que mon film soit le frère du Vendeur de Sébastien Pilote.Il est son cousin bâtard.Ouf!» «Quand passe un rôle Stéphane Breton, Patrice Dubois et Julien Poulin.comme ça, tu as de la chance, dit Julien Poulin.Ça arrive avec l\u2019âge, mais il est bien qu\u2019un jeune cinéaste soit derrière.Germain, mon personnage, est â l\u2019aube de la retraite, une période de vie où les gens revoient leur vie, d\u2019autant plus qu\u2019il a subi un traumatisme.Heureusement, les acteurs ont une longue carrière, mais l\u2019âge m\u2019amène aussi â réfléchir.Il y a les regrets, les choses que l\u2019on aurait aimé faire.Tout ça nourrit un personnage.J\u2019ai beaucoup pensé â mon père aussi, qui a travaillé avec ses mains au lieu de les tendre et qui se respectait.Et j\u2019aime le fait que les deux fils de Germain, qui viennent le soutenir, soient transformés â leur tour.On est dans la vie.» De documentaire à fiction Rafaël Ouellet était bien conscient de rouler, avec Camion, dans des ornières déjà empruntées.Ce thème de l\u2019homme québécois en mal d\u2019identité, doublé d\u2019une quête du père, s\u2019est vu décliner ces dernières années par Louis Bélanger dans Gaz Bar Blues K EILMS AMERIQUE et Route 132, par Robin Aubert dans A l\u2019origine d\u2019un cri.«Je voulais parler du même univers, mais avec mes propres nuances et mon regard.En tâchant que ma génération excuse ces pères-lâ d\u2019avoir été aussi absents, explique le cinéaste.Le mien a travaillé, comme celui du film, dans les chantiers de la Baie-James.Ces hommes n\u2019avaient pas eu le droit d\u2019exprimer leurs émotions.Si le cinéma québécois est celui de la quête du père, avec Camion on boucle la boucle.» En fait, ce film devait être un documentaire et un court métrage encore.«Je voulais filmer les derniers jours de travail de mon père camionneur.Puis j\u2019ai ajouté un accident, un fils, deux fils, différents en définitive de mon frère et moi.C\u2019est devenu une fiction, avec un scénario en mutation constante, qui montre les failles, la fragilité des hommes.» Le vrai père de Rafaël Ouellet a assisté Julien Poulin, lui enseignant les gestes, la technique.conduire un camion, couper du bois, aller à la chasse.«Le fait que le film vienne d\u2019un projet documentaire nourrit le film», estime l\u2019interprète.Des valeurs sûres Ça se déroule surtout à Dégelis, bien entendu.Et puis, et puis.Le projet connut une gestation de cinq ans, tandis que Rafaël Ouellet tournait autre chose.Les institutions ont fini par le soutenir.Alors voilà! «Pour le casting, je savais déjà que je voulais Julien Poulin.» Son potentiel dramatique, il l\u2019avait découvert dans la série Minuit, le soir, mais voulait creuser avec lui ce registre sombre.«Il me semble qu\u2019il le méritait, ce rôle-lâ.D\u2019ailleurs, Julien possède une vague ressemblance avec mon père, une carrure.» Les interprètes des fils VOIR PAGE E 2 CAMION E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AOUT 2012 CULTURE Fragments dlgloolik Odile Tremblay Au cours de mes déambulations estivales, de passage au Nunavut à Igloolik, qui se baigne les pieds dans l\u2019océan Arctique, pour assister au tournage à\u2019Uvanga de Marie-Héléne Cousineau et Madeline Piujuq, toute une faune culturelle s\u2019est révélée à moi.Etonnante, cette effervescence artistique dans une si petite communauté nordique.L\u2019équipe, faute d\u2019avoir un chauffeur sous la main pour me quérir à l\u2019aéroport, avait dépêché nul autre que Zacha-rias Kunuk (surnommé Zach), grand cinéaste de l\u2019inoubliable Atanarjuat, peu bavard au demeurant, mais à Igloolik, on finit toujours par se recroiser.Il vit là-bas, s\u2019affaire dans sa boîte Kunuk Cohn Productions (anciennement Isuma), à la façade couverte de fresques colorées.Depuis quelques années, sa compagnie fait surtout des documentaires, tout en prêtant main-forte à la production à\u2019Uvanga.Kunuk tourne ces temps-ci Our Baffin Land, coréalisé avec lan Mauro.Tous deux trépi- gnaient en attendant le beau temps pour lancer leurs bateaux à la chasse au morse, ca-méra comprise.Autour d\u2019Igloolik s\u2019étale la plus grosse colonie de ces mammifères marins au Canada.Seuls les Inuitç ont le droit de les chasser.À son incursion chez les morses, Kunuk allait greffer des interviews avec des chasseurs, des aînés, des femmes, des environnementalistes, témoins d\u2019un mode de vie et d\u2019un milieu naturel menacés par un projet de mine.Durant mon séjour, se déroulaient justement \u2014 Tiens! Tiens! Allons voir! \u2014 des audiences de la Commission du Nunavut sur le Mary River Project.C\u2019est quoi?Un projet de mine de fer de la Baffin Line Iron Mines Corporation de 4 ou 5 milliards de dollars, avec ligne de chemin de fer, routes, etc., qui altéreront le paysage.Quatre ans de construction sont prévus, 20 ans d\u2019exploitation minimum: 18 millions de tonnes de fer à extirper par année.La grosse affaire.Plus pharaonique que le Plan Nord de Jean Charest, la mine aura des répercussions sur trois communautés: Ika-luit, Igloolit et Pond Inlet.Son impact sur le mode de vie inuit et sur la faune (les oiseaux migrateurs, les morses, les ours blancs.12-25 AOÛT ?MISQr^ DIRECTEUR GENERAL&ARTISTIQUE ANDRE J,ROY 6 CONCERTS EXCEPTIONNELS QUATUORS À CORDES: 12-08 ENDELLION 16-08 GALATEA\u201d/TESLA 17 08 ARCADIA \"\"/NOGA 23-08 TESLA GALATEA 24 08 NOGA\u201c\"/ARCADIA ETATS-UNIS ERANCE I ALLEMAGNE CLOTURE 25 08 AMARYLLIS ARTISTES INVITÉS : GERHARD SCHULZ ¦ MICHAEL TREE ¦ PAUL KATZ SALLE POLLACK ¦ 19H ENTREE GRATUITE / RESERVEZ VOS PLACES MISQA.COM ¦ 514,550,8057 ¦ 514,883,2976 i Hydro L Québec produit par I FESTIVAL ART VOCAL 2012 BU31JUIUET AU 18 AOÛT 1 OPÉRA________ 3 CONCERTS 11 août CONCOURS LA VOIX EST JUSTE I 13 août LIEDER ET MÉLODIES FRANC '\t\\ INSTITUT ICAV\\ CANADIEN 18 août CONCERT I 5 MASTER-CLASSES CLAUDE WEBSTER, s-UnIs (liDts oampus).TOUS NOS EVENEMENTS SONT A19 H 30 Informations (514) 554-8822 www.icav-cvai.org Billets en vente au (514) 343-6427 Réseau Arimission (514) 790-1245 SALLE SERGE-GARANT & SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE Faculté de musique de l\u2019Université de Morrtréal 200, avenue Vincent d'indy ^ .Université rik de Montréal l\\AI alouette !) promet d\u2019être énorme.Zacharias Kunuk témoignait aux audiences.Il a même engagé l\u2019avocat spécialiste en droits de la personne Lloyd Lipsett pour rédiger un rapport sur les conséquences du projet.Dans le pergélisol, pas moyen d\u2019enfouir les déchets.Déjà que les dépotoirs à ciel ouvert soufflent leur fumée noire sur les maisons de la zone, alors les résidus d\u2019une immense mine.Car, comme on me l\u2019explique, il est urgent d\u2019établir un état des lieux, histoire de pouvoir départager plus tard les effets du changement climatique des ravages causés par la mine.Faute de miser sur l\u2019éducation, les Inuits risquent de n\u2019y obtenir que des emplois de manœuvres, sans compter la drogue et l\u2019alcool (Igloolik est un village sec) attendus in situ avec la visite.Remarquez: Kunuk n\u2019est pas contre la mine, aux immenses retombées économiques, mais son documentaire Our Baffin Land servira aussi de carte et de boussole pour éviter les pires dérapages à la grosse mâchoire qui vient gruger leur terre de glace.Un prochain film de fiction ?je lui demande.Rien depuis The Journals of Knud Rasmussen, coréalisé avec Norman Cohn en 2006, c\u2019est long.Kunuk fait des recherches sur le massacre de milliers d\u2019Inuits au nord du Québec au xviiP siècle pour un long métrage.«La compagnie de la Baie d\u2019Hudson avait envoyé des Mohawks tuer des Inuits accusés de voler des marchandises, et ils rapportaient leurs scalps et leurs oreilles», dit-il.Et comme l\u2019histoire vue à travers la lorgnette ' r:' -V v-,\t¦ DAVID POISEY Zacharias Kunuk, grand cinéaste d\u2019Atanarjuat, vit à Igloolik où il travaillle pour sa compagnie Kunuk Cohn Productions, qui fait surtout des documentaires depuis quelques années.inuite n\u2019est pas trop souvent racontée, on a besoin de ses lumières.Hâte de voir ça.Autre rencontre nunavu-tienne: Guillaume Saladin, grand gars enthousiaste et populaire qui rêve de changer le monde et y parvient un peu.Chacun s\u2019arrête dans sa petite maison du bout de la route, où il vit avec sa blonde et leur fille de quatre mois.Il se débrouille en inuktitut, le parle avec les filles qui se pointent, leurs bébés sur le dos dans les amau-tiks.Guillaume, fils de l\u2019anthropologue Bernard Saladin d\u2019An-glure, a passé ses étés à Igloolik jusqu\u2019à 15 ans.D\u2019ailleurs, c\u2019est la cabane familiale qu\u2019il a déplacée et aménagée, en lui ajoutant une petite annexe.Un jour, il est devenu clown, frappé par la foudre de la vocation, et a suivi des cours à l\u2019École nationale du cirque de Montréal.Guillaume a fondé à Igloolik en 1998, avec l\u2019aide d\u2019Isuma Productions et du Cirque Éloize, Artcirq, qui est devenu en 2007 le fameux cirque inuit: jonglerie, acrobatie, clowns, danse, musique, etc.Ils font des tournées partout, même lors du jubilé de la reine au château de Windsor en mai dernier.Guillaume donne des ateliers d\u2019initiation trois fois par semaine.D\u2019habitude, mais pas cet été.Le local et centre de création d\u2019Artcirq, Le Black Box, est fermé depuis mars pour une histoire de circuit électrique à revoir.Des bâtons dans les roues arrivent toujours sans crier gare.«Faut être patient dans le Nord.» Il rit.Ça va s\u2019arranger.Les racines du cirque, Guillaume affirme les avoir trouvées partout en terre inuite, parmi les rituels, les chants de gorge, les jeux de farce et d\u2019habileté traditionnels, etc.Dans un numéro, un clown se déguise en ours polaire.Ça fait rire les gens.Il y a toutes sortes d\u2019initiatives culturelles à Igloolik.Des Blancs, des Inuits cherchent à soulager le mal de vivre des jeunes qui se suicident là-haut, sombrent dans la drogue, en vaine quête d\u2019une identité engloutie.J\u2019ai gelé tout rond au nord du Nord en fin de séjour, mais ça m\u2019a réchauffée de les écouter.otremblay@ledevoir.com K-FILMS AMERIQUE Camion a remporté deux prix au Festival de Karlovy Vary.I gE9 l^Sélection OfIicielle^s(l Festival m «teFILMS ™ mQnde de Montréal 2012 ^ IMEARDI 28 août à 2 lh30 29 août à IShOO CIKÉMAOMT 1564, RUE ST-DENIS (MÉTRO BERRI-UQÀM) 'post'^ jMODERN^ LU DLVOIR Merle and Bernard Stodand Family Foundation M/mi a lEINlSSES LE DEVOIR UDfB Oe penser Un film de PEDRO RUIZprDdultparFAirSDIVERSMÉDIAilirectioiiil'artFEUPEBELiOsonRENÉPORnLli) direction de post-praduction ALEXANDRE DOMINGUE (POST-MODERNE) direction de la photographie et montage PEDRO RUIZ mnsiqne PHILÉMON BERGERON-LANGLOIS montage sonore et mixage RENÉ PORTILiO bande-annonce ALEX LAMPRON OH MY DOC studio.CAMION SUITE DE LA PAGE E 1 Dubois, qui lui ressemble tant physiquement, et Stéphane Breton.«Us sont deux facettes de moi, avec des aspects de mon frère et des amis demeurés au village.» lœ père n\u2019est ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre.Rafaël n\u2019avait guère envie d\u2019un film trop démonstratif «Des gens des institutions me demandaient: elle est où, ton histoire ?Elle est dans la nuance, je répondais.» «Lors d\u2019une scène de confrontation à la chasse, j\u2019avais tendance à demeurer pudique, mais mon acteur Patrice Dubois, qui est aussi metteur en scène, m\u2019a donné un conseil: «Ouvre la porte.Prends-le de front.» E avait raison.» Dans les moments d\u2019émotion, Julien Poulin est souvent capté de dos, de nuque plutôt, comme Olivier Gourmet dans les films des frères Dardenne.«Quand fai commencé à faire des films, je rendais hommage au cinéma des Dardenne avec ces plans-là.L\u2019émotion appartient ainsi au spectateur qui veut l\u2019attraper.C\u2019est plus facile par ailleurs de suivre un personnage par-derrière.» Ouellet a une expérience de directeur photo; il est monteur, entre autres pour les films de Denis Côté, et assura lui-même le montage de Camion.Geneviève Perron tenait la caméra.«Je lui ai montré des films de James Grey, des clairs-obscurs.Ici, la lumière cherche à percer.» Plie perce d\u2019ailleurs l\u2019histoire, avec une fragile rédemption des trois personnages.«Dans un certain cinéma d\u2019auteur, il faut que ce soit noir, explique Rafaël Ouellet.Dans mon film, on commence avec la mort, on l\u2019apprivoise, pour aller ensuite vers la lumière.» Rafaël a un autre film dans sa besace.Finissants (s), bientôt lancé, une docufiction sur le dernier été de jeunes après le secondaire et avant le cégep, mettant encore en scène un accident mortel.Il écrit aussi Arsenault et fils, sur une famille de braconniers.Un autre scénario en anglais serait adapté de La dame au petit chien, une nouvelle d\u2019Anton Tchékhov.Pu jonglant avec les projets, il s\u2019évite la paralysie de l\u2019attente, qui mine trop de cinéastes.Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AOUT 2012 E 3 CULTURE Des photographies du Devoir exposées en Gaspésie Le Devoir expose tout l\u2019été plusieurs dizaines de ses plus belles photos à Maria, dans le cadre de la 3® édition des Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie.L\u2019événement semble très apprécié.THIERRY HAROUN à Percé T e Devoir: l\u2019actualité de 1990 à 2012»: tel J^est le titre qui coiffe ce happening photographique extérieur situé en bord de mer, face à la baie des Chaleurs, plus précisément au parc du Vieux-Quai à Maria.En tout, 122 photographies grand format imprimées sur des panneaux sont offertes au regard du public comme autant de témoins de l\u2019actualité présentée sous toutes ses coutures.Ces photos sont l\u2019œuvre de cinq photographes chevronnés du quotidien: Jacques Grenier, Jacques Nadeau, François Pesant, Annik MH de Carufel et Pedro Ruiz.De Kent Nagano ou de Jacques Parizeau jusqu\u2019à la guerre en Afghanistan, des innonda-tions du printemps aux débordements de la fièvre du hockey, tout y passe.Et plus encore! Le directeur des pages culturelles du Devoir, Jean-François Nadeau, s\u2019est chargé de rassembler ces photos.«Le photo journalisme, dit-il, est un travail exigeant et encore à ce jour, malgré d\u2019immenses progrès, assez ingrat.La photographie a été valorisée au Jîl du temps, mais elle demeure souvent à tort identijïée comme un simple mode d\u2019illustration d\u2019un texte écrit.C\u2019est beaucoup plus! La photographie est une écriture à part entière.On le voit mieux dans une exposition du genre.On dit souvent qu\u2019une photo vaut mille mots.Ce n\u2019est pas vrai! Il faut arrêter avec ça! Une photo, ce n\u2019est pas des mots, pas même des milliers de mots.C\u2019est complètement autre chose, un sentiment, un instant magique, quelque chose qui touche à une écriture de l\u2019immatériel.Et c\u2019est ce qui en fait sa grandeur.Cette exposition est l\u2019occasion de montrer cela un peu mieux à travers l\u2019excellent travaïlt de nos photographes.» JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des photos des photographes du Devoir Jacques Grenier, Jacques Nadeau, François Pesant, Annik MH de Carufel et Pedro Ruiz sont exposées à Maria, en Gaspésie.Ci-dessus, une photo prise par Jacques Nadeau à Montebello en août 2007.Si la photographie compose avec sa propre écriture, on le perçoit peut-être moins au quotidien dans un journal.L\u2019exposition permet justement de mieux voir le travail des photographes.«C\u2019est une occasion d\u2019apprécier ce travail différemment, dans un autre contexte que celui d\u2019un imprimé.Comme un journal, la photographie change au fil du temps.Ces photos le font voir aussi, comme elles permettent d\u2019apprécier l\u2019évolution d\u2019un regard, celui du Devoir.» Plus encore, précise Jean-François Nadeau, cette exposition permet de «voir à quel point la qualité de la photographie influence notre vision du réel».De son côté, le directeur général et artistique des Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, Claude Goulet, a remarqué une appréciation notable du public pour l\u2019événement du Devoir.«C\u2019est en effet assez fabuleux, la réaction qu\u2019on a des gens qui ont vu cette exposition remarquable.J\u2019en entends beaucoup parler, c\u2019est vraiment chouette.Ces photos nous racontent l\u2019actualité sociale, environnementale, politique, culturelle et sportive des 22 dernières années.» «Les gens apprécient beaucoup cette exposition», confirme de son côté la responsable du site, Sylvie Boudreau.«Premièrement, les gens apprécient le fait que les photos soient en couleur parce que souvent, dans les autres expositions présentées dans les autres municipalités [dans le cadre des Rencontres internationales de la photographie], il y a beaucoup de photos en noir et blanc.L\u2019autre élément qui est apprécié par les visiteurs, ajoute-t-elle, c\u2019est qu\u2019il est question d\u2019actualité québécoise dans les photos.Et le parc en tant que tel est un bel endroit.Les gens sont donc portés à venir voir les photos.H y a beaucoup d\u2019achalandage.» L\u2019an prochain, cette exposition prendra place ailleurs en Gaspésie, confirme Claude Goulet, mais l\u2019endroit reste à déterminer.«On tente de trouver le meilleur endroit de sorte que cette exposition soit visitée par le plus de monde possible.On est à regarder du côté nord de la Gaspésie ou encore du côté de Gaspé», à la pointe de la péninsule.Un événement unique Les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, ce sont plus de 900 photos prises par 30 photographes d\u2019ici et d\u2019ailleurs présentées par l\u2019entremise de 20 activités en présence des photographes dans 14 municipalités.Organisée sur le thème «Influencer la trajectoire», l\u2019édition de cet été met en lumière le rôle de l\u2019artiste dans la société avec la volonté de donner à voir et à réfléchir tout en abordant différentes esthétiques sur le paysage, l\u2019environnement, le territoire et la représentation du quotidien.A titre d\u2019exemple, 400 personnes sont invitées par la photographe Maryse Goudreau à être figurantes sur le quai de Chandler le 20 août en soirée.L\u2019artiste photographira la foule à l\u2019aide d\u2019un appareil datant des années 1870 sur une plaque de verre, grâce à un procédé délicat et complexe: le collodion humide.L\u2019image, une fois captée par sa chambre photographique, sera immédiatement révélée sur place dans une chambre noire portative installée pour l\u2019occasion.Les figurants auront du coup la chance d\u2019apprendre comment se fabrique une photographie de ce type.Une copie de la photographie leur sera en plus envoyée par la poste.Collaborateur Le Devoir MUSIQUE CLASSIQUE Fabien Gabel, nouveau visage musical de Québec Cette semaine, lors d\u2019un concert en plein air, le chef français Fabien Gabel, 37 ans, a fait sa première apparition en tant que directeur musical de son nouvel orchestre, le Symphonique de Québec.Le successeur de Yoav Talmi a hâte de laisser son empreinte.CHRISTOPHE HUSS Les premières notes dirigées par le nouveau directeur musical de l\u2019Orchestre symphonique de Québec, Fabien Gabel, ont été celles de l\u2019ouverture du Carnaval romain de Berlioz.C\u2019est convenu, comme un programme de l\u2019OSM.Mais gageons qu\u2019avec Fabien Gabel on n\u2019en restera pas là.Le chef est assurément de ceux qui savent que Berlioz a composé d\u2019autres ouvertures, il s\u2019intéresse au répertoire et on se prend à discuter avec lui des œuvres orchestrales de Friedrich Gernsheim (1839-1916), dont il veut programmer une sympho-nie, ou, en ce qui nous concerne, de Sigismund Neu-komm, dont nous écoutions la Symphonie Héroïque au moment où il nous appelait, entre deux répétitions.L\u2019implantation tranquille S\u2019il n\u2019est pas encore un visage connu à Québec, Fabien Gabel, né la même année que Yannick Nézet-Séguin, en 1975, est déjà venu ici à plusieurs reprises.Avant de se présenter à l\u2019OSQ, il avait été invité par Yannick Nézet-Sé-guin à diriger l\u2019Orchestre métropolitain en octobre 2008 dans Le tricorne de Manuel de Falla, le Concerto pour violon de Freitas Branco et Pe-trouchka de Stravinski.Une semaine plus tard.Gabel partageait avec Jean-Philippe Tremblay la direction musicale du concert spécial 4onné au théâtre des Champs-Elysées à Paris par l\u2019Orchestre national de France en l\u2019honneur des 400 ans de Québec.Sa soliste, dans des mélodies de Duparc, était Marie-Nicole Lemieux, avec laquelle il a aussi enregistré un disque d\u2019airs d\u2019opéras français pour l\u2019étiquette Naïve.Le coup de foudre entre l\u2019OSQ et son nouveau chef s\u2019est passé en deux temps: lors du Festival du Domaine Forget en juillet 2011 dans la P\"\" Symphonie de Chostako-vitch, la Symphonie classique de Prokofiev et le Concerto \\ GAETAN BERNARD Le nouveau directeur musical de l\u2019Orchestre symphonique de Québec, Fabien Gabel pour violon de Sibelius, puis en octobre 2011 à Québec, notamment dans la Symphonie Pathétique de Tchaikovski.La carrière de ce trompettiste de formation a été lancée en 2004 par sa victoire au concours de direction d\u2019orchestre Donatella Flick à Londres.Ce titre lui a valu notamment d\u2019être le chef adjoint de l\u2019Orchestre symphonique de Londres auprès de Colin Davis et de Bernard Haitink.Il a également été le bras droit de «En musique contemporaine, je ne veux pas avoir de barrières.Je veux diriger de bonnes œuvres, qu\u2019elles soient canadiennes ou étrangères.» Kurt Masur à l\u2019Orchestre national de France.Le fait d\u2019avoir débuté cette semaine de manière plutôt informelle à la tête de l\u2019OSQ par un concert estival en plein air ne pose pas problème à Fabien Gabel, au contraire : « Cela s\u2019est fait très naturellement.On sort du cadre formel de la salle de concert.Un concert en plein air permet de rencontrer un autre public et montre notre attachement à la communauté.» Comme exemple de sa patte dans la conception du pro- gramme, le chef cite la présence de la Suite extraite de Lady in the Dark de Kurt Weill, partition écrite pour Broadway, qui vient d\u2019être présentée au Festival Glimmerglass (voir Le Devoir dn 7 août).«Cela va intéresser l\u2019orchestre^ car c\u2019est agréable à jouer.A l\u2019OSQ, ma patte sera d\u2019ailleurs d\u2019alterner des pièces traditionnelles et des œuvres que les musiciens et le public côtoient plus rarement», dit le chef au Devoir.Tout cela augure bien de l\u2019avœ nir, très exactement dans l\u2019esprit de ce que Le Devoir avait souligné en commentant l\u2019apparition de Gabel en 2008, au Métropolitain: «En programmant le Concerto pour violon de Luis de Ereitas Branco, Alexandre da Costa et Eabien Gabel ont apporté au concert l\u2019élément de nouveauté et de curiosité nécessaire.C\u2019est ainsi que les choses devraient être, toujours: une découverte pertinente \u2014 peu importe l\u2019époque \u2014 par concert, pour empêcher de glisser vers ce rituel de redites, dénué d\u2019imagination, qui nous mène à l\u2019abîme.» Priorités Fabien Gabel insiste pour souligner que la saison 2012-2013 de l\u2019OSQ porte pleinement sa marque, même s\u2019il n\u2019a été nommé que le l'\"\u2019\u2019 décembre 2011.«J\u2019ai choisi tous mes programmes, orienté les programmes des chejs invités et suggéré des concertos aux solistes.» Puis il décrit ses priorités: «Je vais diriger mon répertoire de prédilection: la musique post-romantique et du xx^ siècle, des œuvres de Stravinski moins jouées que d\u2019autres, du Bartôk, de la musique française et le répertoire traditionnel de tous les orchestres.» Le chef tient à souligner que Yoav Talmi est parti en lui laissant un très bon orchestre.«Le niveau est excellent.On peut toujours s\u2019améliorer, notamment une certaine précision dans les œuvres du xx siècle pas si jouées que ça.Mais au chapitre de la qualité technique et de la qualité sonore, je suis satisfait.J\u2019aimerais faire des changements de disposition, mais je le ferai petit à petit, en fonction de certains répertoires.» Dans la répartition de ses activités, entre opéra et répertoire symphonique, Fabien Gabel avoue: «L\u2019opéra, quand j\u2019étais musicien d\u2019orchestre, je ne jouais presque que cela.J\u2019aimerais en diriger davantage, mais maintenant j\u2019ai une étiquette de chef symphonique.» Quant à la musique contemporaine, il en dirige, «mais avec parcimonie, car cela peut être difficile pour le public».Parmi les compositeurs qu\u2019il considère, Fabien Gabel cite le Canadien R.Murray Shafer, le Français Marc-André Dalba-vie, l\u2019Allemand Mathias Pint-cher et le Français Bruno Mantovani : «Il y a un courant néo-tonal, notamment en Erance, mais mon cœur balance pour les atonaux.» On trouve à son programme, en fin de saison, le Concerto pour piano de Walter Boudreau.«Cela faisait partie des commandes, mais on m\u2019a demandé mon avis.J\u2019ai lu la partition et, si je n\u2019en avais pas eu envie, je ne l\u2019aurais pas acceptée.» Ses idées quant à certains principes simples sont tout aussi arrêtées: «En musique contemporaine, je ne veux pas avoir de barrières.Je veux diriger de bonnes œuvres, qu\u2019elles soient canadiennes ou étrangères.» Dans le même esprit, Fabien Gabel pourfend les intégrales: «Je ne veux pas faire d\u2019intégrale.Une intégrale Beethoven ou Brahms ou Mahler en une saison prive pendant trois ans de ce répertoire-là.Et un orchestre ne peut s\u2019en passer dans une saison.» Fabien Gabel a gardé des liens avec son mentor québécois, Yannick Nézet-Séguin, qui, après l\u2019avoir rencontré à Paris, l\u2019a invité ici pour la première fois: «Il est très occupé, mais nous sommes en contact.» Ceci explique peut-être que l\u2019Orchestre métropolitain avait répandu la nouvelle de sa nomination sur les réseaux sociaux avant l\u2019OSQ lui-même ! Les prochains rendez-vous du chef français avec Québec seront les concerts d\u2019ouverture de la saison : le 12 septembre avec James Ehnes dans le Concerto pour violon de Brahms, la Suite du Chevalier à la rose de Strauss et La valse de Ravel, et la semaine suivante avec Beatrice Rana dans le B'' Concerto de Tchaikovski et des extraits de Roméo et Juliette de Prokofiev.Le Devoir (X Hydro Québec présente LE FESTIVAL INTERNATIONAL DU DOMAINE FORGET LA MUSIQUE DES GRANDS ESPACES DU 16JUIN AU 2 SEPTEMBRE 2012 Ce soir, 20 h OLIVER JONES, piano Éric Lagacé, contrebasse Jim Doxas, batterie\t^ Desjardins i Raymond Chabot ' Grant Thornton Oliver Jones Dimanche 12 août, 15 h CONCERT-DÉGUSTATION Louis Lortie, piano Augustin Dumay, violon Œuvres de Strauss, Debussy et Franck Samedi 18 août, 20 h LES SAISONS DE VIVALDI Les Violons du Roy Richard Paré, clavecin et direction Aline Kutan, soprano Œuvres de Handel et Vivaldi Quebec Richard Paré LES BRUNCHES-MUSIQUE Dimanche 19 août 110 h 30 et 12 h 30 Évasion gastronomique et musicale Geneviève Savoie, flûte | Mathieu Boucher, guitare iNFORMATION ET RÉSERVATiONS 1 888-DFORGET (336-7438) domameforget.com ¦ 4^1 Patrimoine Canadian\tI canadien Herrtage v^UClJCC.i l^^jiEUHESSE «COGEC W deSainl'Irënée E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AOUT 201 CULTURE.CINEMA > % \\ \u2022 # C.4 NIAGARA FILMS Le Marsupilami, personnage de bande dessinée créé par André Franquin, est au cœur du dernier film d\u2019Alain Chabat, qui a mêlé, entre autres, aventures et science-fiction.Houba houba sur le chemin du rire cabotin SUR LA PISTE DU MARSUPILAMI Réalisation: Alain Chabat.Scénario : Alain Chabat, Jeremy Doner, d\u2019après l\u2019œuvre d\u2019André Franquin.Avec Jamel Debbouze, Alain Chabat, Fred Testât, Lambert Wilson, Patrick Timsit.Image: Laurent Dailland.Montage: Marylin Monthieux.Musique: Bruno Coulais.France, 2012,105 min.ANDRÉ LAVOIE De la même manière qu\u2019il a trituré allègrement le monde d\u2019Astérix et Obélix dans Mission : Cléopâtre \u2014 ce qui n\u2019a pas plu à tous mais a remporté un vif succès \u2014, Alain Chabat n\u2019allait pas bêtement reproduire sur grand écran l\u2019univers d\u2019André Franquin, une des stars du magazine Spirou.L\u2019ancien membre du groupe comique Les Nuis, l\u2019équivalent français de Rock et Belles Oreilles, affiche ouvertement son amour de la parodie et sa culture télévisuelle, l\u2019insufflant à son cinéma souvent près de l\u2019air du temps.C\u2019est ce que l\u2019on retrouve dans Sur la piste du Marsupilami, un film protéiforme, assemblage hétéroclite de récits d\u2019aventures, de science-fiction, d\u2019animation numérique et même de comédie musicale (d\u2019un kitsch absolu, et inoubliable).En effet, les péripéties ne manquent pas dans cette joyeuse fantaisie tropicale où un journaliste vaniteux (Chabat) côtoie un guide véreux Qamel Debbouze), croisant un dictateur (Lambert Wilson) de république de bananes (la Palombie, pays imaginaire du sud de notre continent, mais peut-être pas tant que ça.) et un botaniste (Fred Tes-tot) transformé en savant fou.Tout ce beau monde ne court pas après sa queue, mais après celle du Marsupilami, une petite bête à l\u2019agilité remarquable dont la survie est menacée.Ce joyeux bric-à-brac narratif s\u2019avère forcément décousu, Chabat multipliant les clins d\u2019œil, les références et les petits morceaux de bravoure, écorchant au passage la vacuité de la télévision, mais sur un ton si burlesque que personne n\u2019en sera froissé.L\u2019humour s\u2019avère parfois collégien, ce qui ne semble jamais effrayer l\u2019excellente distribution, toujours prête à en rajouter une couche, véritable conventum de vieux copains qui n\u2019ont rien à perdre, et surtout pas leur image.Les puristes du 9® art seront peut-être une fois de plus déçus que Chabat prenne une distance certaine par rapport à son matériel d\u2019origine, mais on ne peut jamais douter de son désir sincère de faire rire avec panache, déployant ici l\u2019artillerie lourde.Certains diront très lourde, mais on aurait tort de bouder son plaisir.Collaborateur Le Devoir Mise en abyme et mise en boîte RUBY SPARKS Réalisation: Jonathan Dayton, Valerie Faris.Scénario : Zoe Kazan.Avec Paul Dano, Zoe Kazan, Steve Coogan, Annette Penning, Antonio Banderas.Photo: Matthew Libatique.Montage: Pamela Martin.Musique: Nick Urata.États-Unis, 2012,104 min.FRANÇOIS LÉVESQUE A l\u2019âge tendre de 16 ans, Calvin écrivit un roman qui connut un immense succès critique et populaire.Dix ans plus tard, son second roman est toujours en chantier.Panne d\u2019inspiration prolongée.Hanté par le rêve récurrent d\u2019une jeune femme qui semble le connaître mieux qu\u2019il se connaît lui-même, Calvin décide d\u2019en faire son héroïne.Au retour d\u2019un rendez-vous chez son psy, quelle n\u2019est pas sa surprise d\u2019être accueilli par sa muse, passée de chimère à chair.La mise en abyme et la mé- tafiction, lorsqu\u2019elles sont intelligemment utilisées, engendrent souvent des intrigues stimulantes.On pense k Adaptation, de Spike Jones, avec ses scénaristes jumeaux antagonistes, à Wonder Boys, de Curtis Hanson, avec ce profes- C\u2019est davantage dans le scénario de Zoe Kazan, qui défend, fort bien d\u2019ailleurs, le rôle-titre, que réside l\u2019intérêt du film seur de littérature narrateur incapable de terminer son second roman, à l\u2019instar de Calvin.Deuxième film très attendu de Jonathan Dayton et Valerie Faris six ans après Little Miss Sunshine, Ruby Sparks ne dépare pas cette liste, mais se situe en deçà.La réalisation fluide n\u2019attire guère l\u2019attention sur elle.C\u2019est davantage dans le scé- nario de Zoe Kazan, qui défend, fort bien d\u2019ailleurs, le rôle-titre, que réside l\u2019intérêt du film.Ici, l\u2019aspect fantaisiste de la proposition sert avant tout de prétexte à une exploration critique du processus créatif.C\u2019est que tout ce que Calvin écrit.Ruby l\u2019incarne.Trop indépendante?«Ruby ne pouvait pas se passer de Calvin», écrira ce dernier sans anticiper que sa création adoptera ce comportement au sens littéral.De réécritures en révisions, Kazan a l\u2019occasion de décliner une myriade de versions du personnage.En Prométhée névrosé dont la vulnérabilité masque un tempérament contrôlant, Paul Dano {There Will Be Blood) confirme son talent singulier.Collaborateur Le Devoir ARCHAMBAULTSI Une société de Québécor Média VENTE DE PIANOS RETOUR À L\u2019ÉCOLE Jusqu\u2019à de rabais* JUSQU\u2019AU 2 SEPTEMBRE 2012 Valable sur plus de 50 pianos acoustiques neufs ou usagés.Surveillez l\u2019arrivée des pianos utilisés aux camps musicaux d\u2019Orford et de Lanaudière.offre spéciale de financement.©YAMAHA BERRI 500, rue Ste-Catherine Est Montréal STE-DOROTHEE 520, Mégacentre Ste-Dorothée Sortie Boulevard Samson de l\u2019autoroute 13 à Laval INFORMATIONS 514 380-1833 A FOX SEARCHLIGHT Calvin fait la rencontre de Ruby, sa muse passée de chimère à chair.Sexualité débridée GUILTY OF ROMANCE Scénario et réalisation : Sion Sono.Avec Megumi Kagura-zaka, Miki Mizuno, Makoto To-gashi.Photo : Sôhei Tanikawa.Montage: Jun\u2019ichiitô.Musique: Yasuhiro Morinaga.Japon, 2011,112 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Œuvre radicale suintant le sexe glauque.Guilty of Romance est de ces films que l\u2019on taille sur mesure pour le scandale.Or, une fois déparé de ses oripeaux sulfureux, le plus récent brûlot de Sion Sono {Love Exposure, Cold Fish) n\u2019en apparaît que plus intéressant Le titre est inspiré parlés crimes d\u2019amour, du marquis de Sade.Voilà pour les horizons d\u2019attentes., Shibuya, au Japon.Epouse d\u2019un écrivain célèbre, Izumi passe ses journées à planifier un retour à la maison parfait pour son mari.Dans l\u2019entrée, les pantoufles de monsieur sont prêtes à être enfilées selon un angle soigneusement calculé, c\u2019est tout dire.Malgré son dévouement, Izumi ne retire nul romantisme de son mariage, encore moins de caresses.C\u2019est ironique, car le mari se spécialise dans le roman à l\u2019eau de rose.Pour tromper son ennui, Izumi accepte un boulot dans un supermarché où la remarque Mitsuko, une femme K FILMS AMERIQUE Guilty of Romance s\u2019ouvre sur une scène où se mêlent couleurs criardes et meurtre.volontaire qui recrute pour une agence de «modèles».Réticente à poser dans son plus simple appareil, Izumi en vient à trouver l\u2019expérience libératrice.Prochaine étape de son émancipation secrète : la prostitution.Aspirée dans un vortex de sexualité débridée.Izumi ignore qu\u2019un tueur en série rôde dans le district malfamé qu\u2019elle fréquente désormais assidûment.Guilty of Romance s\u2019ouvre sur une scène de crime impliquant un cadavre, un mannequin, et un costume d\u2019écolière.Couleurs criardes, meurtre grand-guignolesque : d\u2019entrée de jeu, Sion Sono canalise les gialli de Dario Argento {Quatre mouches sur velours gris, Profondo rosso) et les thrillers érotiques de Brian De Palma {Sisters, Dressed to Kill) avant de convoquer Belle de jour, de Luis Bunuel.Le mélange étonne, certes, mais il n\u2019en fascine pas moins.Surtout, l\u2019intrigue policière jumelée au parcours émancipatoire de l\u2019héroïne permet à l\u2019auteur de lever le voile sur certains us et coutumes traditionalistes qui ont toujours cours dans une partie de la population nip-pone, instruite qui plus est.En filigrane se glisse une réflexion non moins pertinente sur les périls du refoulement.D\u2019aucuns parleront à ce chapitre de refoulement d\u2019égouts, mais les cinéphiles aventureux devraient quant à eux y trouver leur compte.Il y a plus à découvrir dans les beaux draps de Guilty of Romance que des corps dénudés (ou mutilés).Collaborateur Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AOUT 2012 E 5 iCINEMA ENTREVUE AVEC LE RÉALISATEUR BRUNO CHICHE Mémoire sélective Quand Bruno Chiche a lu le roman Small World de Martin Suter, il a éprouvé un vrai coup de cœur, tant les émotions du film rejoignaient les siennes.ODILE TREMBLAY AUX yeux de Bruno Chiche, Small World, qui allie les secrets d\u2019une famille bourgeoise aux ravages de la maladie d\u2019Alzheimer, paraissait inadaptable.Mais il entreprit d\u2019élaguer, de sacrifier des pans de l\u2019histoire et la description clinique de la maladie, de twister la structure dramatique.Je n\u2019ai rien oublié est né de ce désir impérieux, d\u2019une connivence intérieure avec l\u2019univers d\u2019un autre.«Ce film, même adapté d\u2019un livre, m\u2019a paru très personnel.» Il l\u2019a voulu en scope, cherchant des tonalités chaudes, pour souligner l\u2019élégance du milieu décrit, dans un thriller psychologique, qu\u2019il désirait sans pathos.Egalement producteur et scénariste, réalisateur entre autres de la comédie de mœurs Bar-nie et ses petites contrariétés, le Français Bruno Chiche a pu rameuter une distribution de haut vol.Gérard Depardieu apparaît en semi-pro- ODD ANDERSEN AGENCE FRANCE PRESSE Le réalisateur Bruno Chiche tégé de la famille qui perd la mémoire.Le voici pour la première fois à l\u2019écran aux côtés de Niels Arestrup, ce dernier en héritier au cœur dur.Ajoutez Françoise Fabian en matriarche et Nathalie Baye en ex-petite amie des deux hommes.Bruno Chiche adorait la voir retrouver Depardieu, après leurs duos dans La dernière femme.Le retour de Martin Guerre, Rive droite rive gauche, etc.Le cinéaste avait vu le visage de Depardieu entre les pages de son scénario, semblant flotter entre deux mondes comme son personnage.Quant à Arestrup, un acteur qu\u2019il admire, il l\u2019estimait seul capable de faire le poids avec Depardieu, comme les deux faces d\u2019une même médaille.En Françoise Fabian, il retrouvait la force et la beauté des grandes héroïnes de tragédies, et dans Alexandra Maria Lara, qui incarne la belle-fille et l\u2019étrangère dont les yeux captent l\u2019action, il a trouvé cette intériorité et cette pudeur indispensables aux figures de miroir.«Conrad [Depardieu] est un personnage privé de ses repères, qui ne vit que Vinstant présent et fonctionne à Vinstinct, explique le cinéaste.Je trouve ça très beau.Le passé nous retient, le futur nous effraie, le présent s\u2019éclipse.Or la liberté existe dans l\u2019instant présent.Conrad se trimballe comme une plume au vent, qui fait peur quand il se pose car il énonce des vérités.Tous les personnages agissent en fonction de ses faits et gestes.» De cette maladie d\u2019Alzheimer aux terribles ravages, le cinéaste a voulu montrer le côté poétique, aérien, délivré.«J\u2019ai été respectueux quand même, et attentif aux symptômes, après avoir discuté avec un grand médecin.C\u2019est une drôle de maladie, qu\u2019on peut tous développer mais qui se déclenche ou pas.Elle peut obéir à un besoin d\u2019oublier.Elle peut aussi ne conserver que certains souvenirs lointains.» Bruno Chiche reconnaît à son film un côté mauriacien, avec les horreurs cachées dans les familles qui se disent respectables.«Mon père n\u2019est pas un grand bavard, dit-il.Ça doit nourrir ma fascination pour ce type d\u2019histoires.Dans Je n\u2019ai rien oublié, tout le monde ment et se ment, sauf Conrad.La mère, qui a conservé toute sa vie un secret d\u2019identité, ne peut vivre dans la lumière sans perdre son pouvoir.» Le Devoir Cette entrevue a été effectuée à Paris à l\u2019invitation d\u2019Unifrance.La redite en héritage de Bourne LA PEUR DANS LA PEAU-UHERITAGE DE BOURNE (V.F.DE THE BOURNE LEGACY) Réalisation: Tony Gilroy.Scénario: T.Gilroy et Dan Gilroy, d\u2019après des personnages créés par Robert Ludlum.Avec Jeremy Renner, Rachel Weisz, Edward Norton, Joan Allen, David Strathairn, Albert Finney, Oscar Isaac, Scott Glenn, Stacy Reach.Photo: Robert Elswit.Montage: John Gilroy.Musique: James Newton Howard.États-Unis, 2012, 135 min.ERANÇOIS LÉVESQUE \\ A la fin du film The Bourne Ultimatum, qu\u2019on a cru à tort être le dernier volet d\u2019une trilogie, l\u2019agent secret Jason Bourne parvenait à détruire le programme ultrasecret dont il était l\u2019un des cobayes tout en mettant à genoux ses anciens supérieurs.The Bourne Legacy rejoue ce dénouement en filigrane en présentant les péripéties concurrentes d\u2019un autre agent issu du même programme ultrasecret: Aaron Cross.En plein entraînement en Alaska (qui comprend un combat à mains nues contre un loup!).Cross échappe de justesse à une tentative d\u2019assassinat orchestrée par ses patrons à la CIA, désormais désireux d\u2019effacer toute trace dudit programme ultrasecret.Il feint sa mort, voyage incognito, forge une alliance avec une scientifique qui a travaillé sans le savoir sur, vous avez deviné, le programme ultrasecret.Il n\u2019y a rien dans The Bourne Legacy qui n\u2019a pas été couvert dans les trois films précédents.Tony Gilroy a écrit tous les scénarios de la série, mais également ceux de ses deux premiers films en tant que réalisateur, soit le drame judiciaire Michael Clayton et la comédie policière Duplicity, films dans lesquels Gilroy affichait sa méfiance envers les pharmaceutiques, une marotte qu\u2019il poursuit dans The Bourne Legacy, son troisième essai derrière la caméra.Il s\u2019agit pour l\u2019heure du moins concluant.Bavard, le film croule sous les scènes d\u2019exposition, où tout UNIVERSAL Les personnages de The Bourne Legacy sont sans substance.un chacun explique à l\u2019autre ce qu\u2019un troisième a dit ou fait.Les personnages ne s\u2019en trouvent pas plus développés pour autant.Passé l\u2019introduction, Aaron Cross Qeremy Renner; du physique, pas de psychologique) perd toute substance, qualité dont sont privés dès le départ la scientifique jouée par Rachel Weisz et le méchant de service campé par Edward Norton.Aguerris, les acteurs font au mieux dans les circonstances.Bien sûr, ça roule, ça déboule, ça implose, ça explose, mais les méandres de cette aventure globe-trotter, on commence à les connaître.À chaque course-poursuite, on ne manque pas de tracer un parallèle avec l\u2019un ou l\u2019autre des volets précédents, lesquels avaient l\u2019avantage de la nouveauté en plus d\u2019exhiber une approche du film d\u2019action certes frénétique, mais efficace.La fraîcheur n\u2019y est plus.Même la signature technique apparaît éculée.Et suite, il y aura.Devant un legs aussi maigre, on est tenté de refuser l\u2019héritage en question.Collaborateur Le Devoir METROPOLE FILMS La source des femmes aborde la grève du sexe des femmes dans un village de l\u2019Atlas marocain.Aux sources du pittoresque LA SOURCE DES FEMMES Réalisation: Radu Mihaileanu.Scénario: Radu Mihaileanu, Catherine Ramberg, Alain-Michel Blanc.Avec Leila Bekhti, Hajsia Herzi, Biyouna, Sabrina Ouazani, Saleh Bakri, Hiam Abbas.Image: Glynn Speeckaert.Musique : Armand Amar.Montage: Ludo Troch.En arabe, avec s.-t.France, 2011, 124 min.ODILE TREMBLAY A' LL] vec des films qui ont su lui ____rallier une large audience et une bonne partie de la critique, sur des thèmes en partie politiques ÇTrain de vie.Vas, vis et deviens.Le concert, etc.), Radu Mihaileanu, Français d\u2019origine roumaine, a marché longtemps en funambule sur la fine ligne qui sépare le drame de la comédie.Cette fois, son évidente bonne volonté dérape sur de belles images et un amour du folklore marocain, à travers cette fable féministe candide et simpliste.La source des femmes, inspiré du Lysistrata d\u2019Aristophane et d\u2019un fait divers contemporain, aborde la grève du sexe des femmes dans un village de l\u2019Atlas marocain (jamais nommé) pour obtenir l\u2019eau courante.En montant à la source, elles se blessent et avortent fréquemment.Cette révolte féminine est orchestrée par une jeune épousée venue du Sud, à la fois libre et suspecte au village, Leila (Leila Bekhti, sous-utilisée), qui joue à ses heures les Schéhérazade en lisant à ses consœurs Les mille et une nuits et en leur apprenant à lire.Mihaileanu s\u2019est pris au piège de la joliesse exotique des femmes, des costumes, des maisons en pisé.Les chansons et les danses voilées, puis dévoilées à la Salomé, deviennent prétextes à se rincer l\u2019œil sur des créatures dont le cinéaste veut défendre les droits, tout en les esthétisant et en les infantilisant sous des sourires souvent béats et des fous rires de gamines.Les actrices ne EXC3NTRIS n LA SOURCE DES FEMMES RADU MIHAILEANU, 124 MIN, V.O.ARABE AVEC S.-T.F 14 H 35,17 H 00,19 H 30, 21 H 45 BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL QQ CINEMAEXCENTRIS.COM ET AUSSI A L\u2019AFFICHE; GUILTY OF ROMANCE SION SONO L\u2019INCRÉDULE FEDERICO HIDALGO\tS\u2019»! OSLO 31 AOÛT JOACHIM TRIER\t ROME MON AMOUR WOODY ALLEN\t LES BÊTES DU SUD SAUVAGE BENH ZEITLIN\t MOONRISE KINGDOM WES ANDERSON maîtrisent pas toutes l\u2019arabe marocain, ce qui entraîne des récitatifs.Seule la vieille femme sage et revêche, jouée par la chanteuse Biyouna, parvient parfois à s\u2019imposer.Hafsia Herzi (La graine et le mulet) paraît égarée dans la peau d\u2019une adolescente amoureuse type.Quant aux hommes, les voici cantonnés à des rôles de brutes ou de faibles.La source des femmes peut plaire par ses couleurs chatoyantes, le pittoresque du Maroc traditionnel et la défense du droit des femmes en terre d\u2019Islam, mais la gaucherie du scénario et le voyeurisme de sa caméra l\u2019empêchent de plonger au cœur du thème que le cinéaste effleure sur la carte postale d\u2019un Maroc ensoleillé.Le Devoir STEPHANIE LAPOINTE CHARLES-ALEXANDRE DUBÉ LOUIS MORISSETTE LIVERPOOL UN FILM DE MANON BRIAND «UN RAFRAICHISSEMENT PENDANT UÉTÉ U Joannie Fortin CKOI «UN FEEL-GOOD-MOVIEI.Catherine Beauchamp 98 5fm SÉLECTION OFFICIELLE toronta__ MAX S PRESENTEMENT AU CINEMA guides horaires APRÈS «LE CONCERT)» i£ nouveau fiim de radu MHAiifAiiu «Un petit bijou.» Claude Bematchez, Première heure ?«Un très beau fiim, très touchant, très poignant, très inspirant Karima Brikh, C\u2019est bien meilleur le matin «Un très beau fiim, je vous ie recommande sans reserve.» Anne Michaud, Radio-Canada ^« noubiable.»i UN FILM DE RADU MIHAILEANU BIYOUNA SALEH BAKRI SABRINA OUAZANI HIAMABBASS MOHAMED MAJD www.facebook.com/lasourcecleslemmes métropob PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE! VERSION FR pCINEPLEX DIVERTISSEMEm-.pOINEPLEX DIVEfimSSEMEMT-iMÉGArPLEX- GUZZO \u201411 MAISON DU CINÉMA 11-CINÉMA-1 I QUARTIER LATIN 11 BOUCHERVILLE I IpONT-VIAU 1 él IshERBROOKeI IlE CLAP I ! |\u2014EXC3NTRIS\u2014irCINÉMA BEAUBIEN' I 514 847 2206\t11 2396 BaaubiQn E 721.6080 ï^metropolefilms corn' E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AOUT 2012 IDE VISD KARINE GAGNE Pour son exposition, l\u2019artiste David Lafrance a déployé son univers foisonnant, enrichi de sculptures et d\u2019éléments sonores où les toiles représentent des paysages luxuriants.g» i' ft-.Peinture actuelle au Musée régional de Rlmouskl ELIANE EXCOEEIER Vendre et donner de David Lafrance 3 m MUSEE D'ART DE JOLIETTE 2012 JACQUES HURTUBISE RÉTROSPECTIVE Organisée par le Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse DU 3 JUIN AU 2 SEPTEMBRE 2012 JACQUES HURTUBISE ENTRE LA SOIE ET L'ENCRE Organisée en collaboration avec la Galerie Simon Blais DU 27 MAI AU 26 AOÛT 2012 PENELOPE STEWART DU 3 JUIN AU 30 DÉCEMBRE 2012 COLLAGE DU 3 JUIN AU 2 SEPTEMBRE 2012 145, rue du Père-Wilfrid-Corbeil, Joliette (Québec) J6E 4T4 450 756-0311 I vvww.museejoliette.org Mardi au dimanche, 12 h à 17 h (g?OUVERT LA NUIT David Lafrance Jusqu\u2019au 9 septembre LA CHAMBRE ENCHANTÉE David Elliot Jusqu\u2019au 16 septembre Musée régional de Rimouski 32, rue Saint-Germain Ouest, Rimouski MARIE-ÈVE CHARRON Le Musée régional de Rimouski (MRR) fait la part belle à la peinture cet été avec deux expositions qui défendent des aspects très actuels de la pratique picturale.C\u2019est le cas de David Lafrance qui, pour sa première exposition muséale, présente ses tableaux dans un ensemble scé-nographié incluant sculptures et bande sonore.Cette installation inédite est si remarquable qu\u2019elle éclipse l\u2019autre exposition, pourtant dédiée au travail d\u2019un routier d\u2019expérience, le peintre David Elliot.David Elliot peint en effet depuis le milieu des années 1970.L\u2019artiste a défini au cours des années un langage visuel parent avec le pop art, qui a la particularité de reposer sur l\u2019emploi des fragments d\u2019images agrandis que l\u2019artiste assemble sur de grandes toiles.Marquée également par l\u2019usage de couleurs toniques et la présence de motifs récurrents, cette manière s\u2019est avé- rée relativement constante et finement maîtrisée, donnant parfois l\u2019impression d\u2019une production figée.11 n\u2019en demeure pas moins que l\u2019artiste a su donner au fil du temps des impulsions nouvelles à son travail, comme en témoigne cette exposition que le commissaire Bernard Lamarche a concentrée sur les cinq dernières années.Elle coincide avec le moment où David Elliot a modifié la composition générale de ses toiles en situant ses motifs dans une boîte, illusoire il va s\u2019en dire.Chaque toile se présente ainsi comme une boîte ouverte frontalemenf perpendiculaire au plan du tableau, offrant à la vue divers motifs.L\u2019artiste s\u2019ingénie à les peindre de manière à suggérer qu\u2019il s\u2019agit de fragments d\u2019images découpés de provenances diverses, qui auraient ensuite été collés sur la surface.La boîte en arrière-plan campe quant à elle un espace tridimensionnel qui, grâce aux jeux d\u2019ombres portées, accentue les tensions entre la planéité des motifs et la profondeur factice du contenant représenté.David Elliot exploite ainsi pleinement la filière illusionniste de la peinture, pour laquelle les techniques de la perspective et du trompe-l\u2019œil De tendance animiste, les peintures donnent à voir une nature en train de conspirer sont constamment de mise.En même temps, les motifs peints présentent les caractéristiques d\u2019une imagerie beaucoup plus hétérogène, découlant sans doute de la photographie, de l\u2019imprimé et de l\u2019illustration.Les boîtes seraient le réceptacle accueillant des morceaux épars, fruit d\u2019une collecte imaginaire de l\u2019artiste qui compose finalement de petits théâtres où s\u2019animent les objets.Plusieurs œuvres souscrivent au genre de la nature morte, évocateur de la mort, mais toutes ont cette froideur silencieuse qui alimente leur mystère, un aspect de la peinture métaphysique chez Elliot que le commissaire Lamarche a judicieusement souligné avec cette exposition.LES JARDINS DU PRÉCAMBRIEN\tL'ARBRE DE LA MÉMOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE\t Symposium international d'art in situ\t11 AOÛT\t DU 14 JUILLET AU 14 OCTOBRE 2012\t14hàl6hl5\tT£, À VAL-DAVID\tMANON REGIMBALD, théoricienne de l\u2019art\t FONDATION » DEROUIN\t\t 1301, montée Gagnon, Val-David\t35^ ANNIVERSAIRE DE LA\t www.jardinsduprecambrien.com\tCHARTE DE LA LANGUE FRANÇAISE\t Une première! La FLORIDE pour l\u2019art et la musique! 9 septembre - Conférence à Montréal en vue du voyage de février 2013: St.Petersburg - Sarasota - Tampa 3 novembre - Exposition à Québec ART ET NATURE AU MOYEN-ÂGE Les, peaux [détours CIRCUITS www.lesbeauxdetours.com 514 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Ttulalrô d\u2019un permis du Québec Chaude était la nuit Un registre différent attend le visiteur à l\u2019étage supérieur avec l\u2019exposition de David Lafrance.lit conservatrice en art contemporain Andréanne Roy lui a en quelque sorte donné carte blanche, jouant d\u2019audace pour ce projet de commissaire, le premier depuis son entrée en fonction au musée en mars dernier.L\u2019artiste a pleinement saisi l\u2019invitation en déployant son univers foisonnant, enrichi ici de scujptures et d\u2019éléments sonores.À partir d\u2019une palette chromatique séduisante à dominante de bleus et de verts, ses toiles représentent des paysages luxuriants où fourmillent les détails.11 est difficile de situer dans le réel les territoires peints par l\u2019artiste, qui imagine plutôt des jardins paradisiaques, truffés de plantes mirifiques, d\u2019urnes décoratives et de corbeilles de fruits.En apparence sauvage, la nature dépeinte par l\u2019artiste est pourtant marquée par la culture, car on la devine façonnée par l\u2019humain, qui l\u2019a aménagée, jardinée et habitée.11 reste que la facture naïve de la touche et les motifs de masques primitifs cherchent à donner une impression d\u2019exotisme à l\u2019ensemble.Les paysages se révèlent alors être des contrées éloignées adoptant parfois des traits humains qui leur insufflent une présence quasi magique ; le ciel, par exemple, arbore un collier de billes alors que, ici et là, une bouche, un œil ou un nez esquissent d\u2019étranges visages à même les végétaux.NICOLAS GRENIER La chambre enchantée de David Elliot (2011-2012) De tendance animiste, les peintures donnent à voir unç nature en train de conspirer.À tout le moins, c\u2019est l\u2019impression donnée par l\u2019éclairage dramatique de la salle et la bande sonore qui fait entendre des criquets et des sons d\u2019ambiance échantillonnés.Cet élément sonore, créé par Lafrance qui est aussi musicien, se veut une parfaite extension des peintures, qui prolongent ainsi leurs ram ifications jusque dans l\u2019espace, saisissant le spectateur.Les sculptures, quant à elles, entrent aussi en cohésion avec l\u2019ensemble, mais elles en font ressortir la part sombre et inquiétante.La touche si singulière à l\u2019artiste, qui parvient à faire scintiller la surface en la criblant de traits courts lumineux, tels des bijoux, recherche également l\u2019effet de saleté et les coulures négligées.En y regardant bien, donc, la féerie s\u2019évapore de ces paysages idylliques.Les sculptures ramènent ce caractère brut, souillé et menaçant à l\u2019avant-plan.La nature y est mise en boîte, aménagée comme à la ville et tout en bois sculpté.Parmi les feuilles et les branches, le regard déniche des mégots de cigarette, des bouteilles et un restant de pizza qui, en bois, n\u2019ont rien de vrai.Cette contemporanéité urbaine fait contraste avec les toiles et leur filiation avec la peinture symboliste du xix® siècle, visible dans les auras de lumière et les motifs surnaturels qui y sont peints.C\u2019est à la faveur de la nuit, nous convainc l\u2019installation de Lafrance, que l\u2019onirisme et les fêtes débridées trouvent finalement un espace commun d\u2019expression.Collaboratrice Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AOUT 2012 E 7 CULTURE>LIVRES L\u2019anti-roman de plage Louis Hamelin Les livres de Roberto Bolano (1953-2003) ont sans doute rarement leurs pages tachées de crème solaire.Un homme qui écrit: «En effet, le découragement, l\u2019angoisse, etc.Le personnage pâle attendant, à la sortie d\u2019un ciné ?, d\u2019un terrain de sport?, l\u2019apparition du trou immaculé» et qui conserve ce ton pendant 110 pages ne saurait se présenter comme le parfait compagnon de parasol.D\u2019autant moins que l\u2019écrivain Bolano vomissait les purgatifs cérébraux de la littérature commerciale et de la facilité romanesque et tirait à boulets rouges trempés dans la bile noire sur ceux qu\u2019il appelait en crachant les «écrivains professionnels» et sur les Perez-Reverte de ce monde.Le fait que ma lecture de 2666 soit associée au camping de l\u2019île du Repos et à un pouceux cueilli dans le bout de Dolbeau-Mistassini, que Le Troisième Reich du même Bolano m\u2019évoque les festins de pissenlits des ours de Forillon, cela dit sans doute assez mon refus de partager la croyance répandue selon laquelle le cerveau humain ramollit pendant l\u2019été.Se poser dans Thistoire Ô combien plus facile de mépriser le succès avant de le connaître! Bolano, jeune, ne s\u2019en priva surtout pas.Mais il avait compris que c\u2019est par le gros, l\u2019ambitieux roman qu\u2019on se pose dans l\u2019histoire de la littérature et que son éventuelle postérité ne devrait pas grand-chose aux «esquisses narratives» posthumement réunies dans Le secret du mal (2009) et le plus récent Trois et à ses autres écrits du même acabit.C\u2019est pourquoi toute la réputation de Bolano, qui est immense, irradie de deux maîtres pavés: Les détectives sauvages (1998), pierre angulaire de l\u2019œuvre, et le monumental et funèbre 2666.Pos- thumes ou non dans leur espagnol natal, les textes qui, depuis quelques années, nous arrivent traduits par les bons soins de l\u2019éditeur Bourgois ont un peu l\u2019allure d\u2019une grenaille d\u2019astéroïdes d\u2019un intérêt très variable, gravitant dans la relative obscurité des deux planètes précitées.Pour donner une idée de cette diversité, il n\u2019y a qu\u2019à jeter un coup d\u2019œil au mois de mars de cette année : trois petits Bolano, arrivés tous ensemble et se mettant à trois pour totaliser 300 pages.Trois petits cochonnets de livres qui, en passant, sont reliés à la diable : les pages vous restent dans les mains tels les pétales des roses sauvages de juillet.De la poésie narrative, un court roman et un recueil de trois textes dont l\u2019un relève du même courant poético-narratif, les deux autres oscillant entre poème en prose et roman déconstruit.Tard dans la trentaine, sous le coup de la naissance d\u2019un premier héritier, Bolano, qui s\u2019était toujours considéré comme un poète, s\u2019est mis à la prose dans l\u2019espoir de réussir à subvenir aux besoins de sa famille.Certains écrivains connaissent le sort de ces étoiles dont la disparition précède l\u2019éclat, et tant mieux si l\u2019actuel culte qui entoure la figure de Bolano et l\u2019étrange galaxie noire que forme son œuvre peut permettre de nourrir quelques bouches.On dit que l\u2019auteur a envisagé la publication en cinq parties séparées de son chef-d\u2019œuvre, 2666, si la manœuvre devait s\u2019avérer plus payante pour les héritiers.Et donc, même si on peut difficilement parler ici de «testament trahi», cette sorte de publications, qui bénéficie grandement d\u2019une technologie informatique permettant désormais aux «ayants droit» de repêcher jusqu\u2019au moindre dossier résiduel oublié au fond de l\u2019ordinateur, ne doit pas empêcher le critique de faire son travail, qui est de juger de la valeur littéraire d\u2019une œuvre.Au fait, qu\u2019est-ce que la valeur littéraire?Aborder la dimension la plus exploratoire du travail de Bolano oblige à poser la question.Et tant pis si ça vous arrive par un Humidex de 40 ° C avec du sable plein le maillot.Question qui en entraîne une autre, celle de l\u2019avant-garde littéraire et de la sophistication formelle (de la possibilité même JOSE CARUCI AGENCE ERANCE PRESSE Roberto Bolano a créé une œuvre d\u2019une grande diversité comprenant poésie et romance.d\u2019une avant-garde à l\u2019aube d\u2019un troisième millénaire), qui peut expliquer pas mal des coups de gueule qui farcissent les essais et les conférences qu\u2019on retrouve ici et là mêlés à sa fiction.De la grande utopie surréaliste dont Bolano a animé un ultime avatar dans le Mexico des années 70, l\u2019apatride né au Chili semble avoir conservé un don pour la bagarre esthétique, l\u2019excommunication hargneuse des establishments et des chapelles autres que la sienne, les dégoûts sans appel, la promotion des copains.Confondre les genres Il s\u2019est efforcé de confondre les genres littéraires et de courtiser l\u2019inachèvement.La nouvelle glisse dans l\u2019essai, le poème se propose comme roman par fragments.Mais une fois qu\u2019on a compris le truc, ça ne rend pas les textes de Trois plus captivants, ni même plus lisibles pour autant.On dirait le vernis de profondeur et les fadaises d\u2019un mauvais travail étudiant: «Le kaléidoscope adopte l\u2019apparence de la solitude.Crac, fais ton cœur.» Portant la signature de quelqu\u2019un d\u2019autre.Trois ne susciterait que sourires et froncements de sourcils.Mais attention, c\u2019est du Bolano ! Je suis capable d\u2019imaginer des lecteurs à ce livre, dans les facultés universitaires et les cliques d\u2019aficionados.Il en va différemment du Petit roman lumpen.Bolano l\u2019a placé à l\u2019enseigne d\u2019Artaud: «Toute l\u2019écriture est de la cochonnerie.Les gens qui sortent du vague pour essayer de préciser quoi que ce soit de ce qui se passe dans leur pensée, sont des cochons.Toute la gent littéraire est cochonne, et spécialement celle de ce temps-ci.» Mais essayez donc, vous, d\u2019écrire un roman de 100 pages sans «préciser aucune pensée».Cochons, nous sommes peut-être, mais chier dans son froc au fond d\u2019une cellule capitonnée entre deux séances d\u2019électrochocs n\u2019est, après tout, pas donné à tout le monde.Bolano lui-même n\u2019y arrive pas toujours \u2014 à ne pas penser, je veux dire, fût-ce à travers la voix d\u2019une jeune délinquante employée dans un salon de coiffure: «[.] une tempête qui n\u2019était pas située dans le ciel de Rome, mais dans la nuit d\u2019Europe, ou dans l\u2019espace qu\u2019il y a entre une planète et une autre planète, [.] qui venait d\u2019un autre monde, un monde que même les satellites qui gravitent autour de la Terre ne peuvent capter, et où existait un vide qui était mon vide, une ombre qui était mon ombre.» Certaines choses, on ne peut tout simplement pas les changer.Faire s\u2019exprimer le prolétariat dans ces mots-là, ça s\u2019appelle \u2014 ça s\u2019appellera toujours \u2014 de la littérature.hamelin.lou @gmail.corn TROIS Roberto Bolano Traduit de l\u2019espagnol par Robert Amutio Christian Bourgois éditeur Paris, 2012,109 pages UN PETIT ROMAN LUMPEN Roberto Bolano Traduit de l\u2019espagnol par Robert Amutio Christian Bourgois éditeur Paris, 2012, 95 pages Saga matrimoniale en périodes troubles GILLES ARCHAMBAULT Si, comme^moi, vous n\u2019avez pas lu L\u2019Évangile selon Judas de Simon Mawer, il est probable que le nom de son auteur vous soit à peu près inconnu.Voilà que nous arrive la traduction d\u2019un pavé salué avec grand fracas en Grande-Bretagne comme un roman majeur.Le palais de verre raconte la destinée d\u2019une demeure érigée à la fin des années 20 et au début des années 30 par un architecte visionnaire.Rainer von Abt, adepte des théories avant-gardistes de Mondrian et de Le Corbusier, convainc un jeune couple de se faire construire une demeure qui serait autant une œuvre d\u2019art qu\u2019un lieu habitable.Le projet est audacieux et fort onéreux.Mais Viktor Landauer peut se le permettre.N\u2019est-il pas à la tête d\u2019une entreprise florissante?L\u2019usine familiale a le vent dans les voiles, les autos qu\u2019elle produit sillonnent le pays, et ne vient-on pas de s\u2019intéresser à l\u2019essor de l\u2019aviation ?En voyage de noces à Vienne, Viktor et Liesel cèdent sans trop de difficultés devant les arguments mis en avant par Rainer.Ils sont jeunes, le modernisme est dans l\u2019air du temps.Il n\u2019est que normal qu\u2019ils se sentent étouffés par le conservatisme ambiant et appelés par un univers nouveau.Us conviennent donc de vivre dans une maison d\u2019allure futuriste vouée à la lumière.A l\u2019intérieur, absence de décorations.Rainer étant partisan de la nudité et de la transparence.Liesel devient enceinte.Lors d\u2019un voyage d\u2019affaires à Vienne, Viktor rencontre Kata et la persuade sans trop de difficultés de le suivre au lit.Couturière, elle arrondit ses fins de mois par des rencontres pour lesquelles elle n\u2019éprouve pas de déplaisir.Viktor parvient à revoir cette femme qui ne devait au début être qu\u2019une passade.Il en devient amoureux.Elle le suivra pendant bon nombre d\u2019années, devenant l\u2019amie de Liesel et même la nurse de leurs deux enfants.Rien de moins.Le roman se déroule pendant une sokantaine d\u2019années.Dans ses premières pages, il relate le voyage de retour aux sources de Liesel.On est en 1990.Elle est maintenant une vieille dame.Viktor est décédé en 1958.Le palais de verre est devenu un musée fort mal tenu.Vivant aux États-Unis depuis si longtemps \u2014 le couple ayant fui l\u2019Europe en temps opportun à cause de la menace du nazisme \u2014, elle retrouve en République tchèque un monde qu\u2019elle ne reconnaît qu\u2019à l\u2019aide de ses souvenirs.Construite dans une ville au nom fictif de Mesto, la demeure en principe vouée à la lumière, et imaginée pour le bonheur de ses occupants, devient tout naturellement un lieu de déception.Le monde nouveau que le jeune couple avait cru prospecter et faire sien se transforme en réplique de l\u2019ancien.L\u2019amour évolue, les intrigues se multiplient.Une saga est une saga et il faut la mqubler.L\u2019auteur s\u2019en occupe.A vrai dire, ce ne sont certes pas les aventures amoureuses qui donnent sa valeur au roman.Mawer sait évoquer avec habileté les passions, naissantes ou non, décrit le corps et ses exultations avec parfois ce qui ressemble à de la fraîcheur, mais on tombe si aisément amoureux dans les romans de ce genre qu\u2019il n\u2019y a rien qui puisse surprendre.Peut-être aurait-il pu se montrer plus économe en ce qui a trait aux dialogues.Évidemment, un roman de près de 600 pages commande un certain laxisme.Samuel Beckett est loin.On est en plein romanesque et Mawer ne résiste jamais à la tentation de construire une scène.L\u2019ellipse n\u2019est pas son fort.Si on lit ce «palais de verre» de lassitude, c\u2019est qu\u2019il nous permet de faire une traversée de l\u2019histoire européenne du vingtième siècle.A peine sortie du marasme de la Première Guerre mondiale, le pays de Viktor, la République tchèque, connaîtra un destin trouble, passant de l\u2019occupation allemande au communisme stalinien.Même s\u2019il ne se réclame en rien de sa judaïté, étant ouvertement athée, Viktor, parce que juif, doit fuir au moment de la menace nazie.Obligé de tout abandonner, il passe par Toulouse avant de passer en Es-pagnç.D\u2019oû il finira par aboutir aux États-Unis, oû il continuera de faire des affaires.Il y a aussi, et cet aspect est bien pris en charge, que le lecteur est amené à revoir les avancées de la musique, de l\u2019art qui ont bouleversé notre vision du monde pendant ces années cruciales de la civilisation occidentale.Mawer écrit à la page 230 de son roman : «Les coïncidences font partie de la vie.Les chemins se croisent, les parcours se rejoignent, les vies se mêlent, pareils aux trajectoires d\u2019animaux intelligents mais qui fonctionnent en automatiques comme des robots.» Grand roman, que ce Palai^ de verre?Je ne le crois pas.A cause justement des coïncidences trop nombreuses qui servent de moteur au déroulement de l\u2019intrigue.Les personnages paraissent trop souvent actionnés par un manieur de marionnettes.Bon roman, assurément mené avec maestria, ce livre toutefois n\u2019ennuie jamais.Collaborateur Le Devoir LE PALAIS DE VERRE Simon Mawer Le Cherche midi Paris, 2012, 581 pages 4 ^vêri-e Bédé : l\u2019avant pour eiqiliquer l\u2019après FABIEN DEGLISE C^est une maison qui parle.Elle dit: «On m\u2019appelait Haddon Hall.J\u2019étais une vieille demeure de la banlieue londonienne.Le vent mauvais souf fiait dans mes longs couloirs.Lorsque j\u2019ai vu ce jeune couple, cependant, je sus qu\u2019un espoir persistait.» Et elle précise : la fille se nommait Angie.Le gars?David.David Bowie.L\u2019angle d\u2019attaque, une maison qui raconte, est pour le moins étonnant, mais finalement, il va donner toute sa cohérence à ce Haddon Hall (Gallimard) signé Néjib et qui, en près de 150 pages, propose de remonter dans le temps et surtout dans l\u2019intimité de l\u2019homme derrière Space Oddity, Life on Mars, pour comprendre comment et surtout «quand David inventa Bowie ».On est dans l\u2019avant, celui des angoisses, des expériences, des amitiés naissantes, dans ce Londres qui fume, qui se gèle, qui rêve de refaire le monde, dans ce Londres oû la jeunesse exprime une insatiable envie de créer et oû une maison va finalement témoigner de toute cette effervescence.Intimiste, particulièrement bien documenté, cette exploration de l\u2019avant d\u2019une grande star, exploration qui prend fin quand elle commence finalement à s\u2019envoler avec ses hauts et ses bas de Ziggy Stardust, se dévore comme un opéra rock, un hommage tout en cases et en assemblages chromatiques oû chaque mot, chaque anecdote, soutenu par une trame narrative imaginative, donne rapidement envie de fredonner les premiers grands succès de l\u2019artiste.La maison dit: «C\u2019était une parenthèse» dans sa vie qui n\u2019aura duré «que deux printemps».Oui, mais deux jolis et agréables printemps.Autre avant, celui du journaliste et romancier suédois Stieg Larsson que Guillaume Lebeau et Frédéric Rébéna se sont donné pour mission de décrypter avec Stieg Larsson avant Millénium (Denoël Graphie).Le trait est sombre, tout comme cette incursion dans l\u2019enfance et surtout dans la génèse de ce militant lettré, pourfendeur de l\u2019intolérance et du fanatisme, surtout quand il prend racine dans l\u2019extrême droite.On le croise avec son grand-père, dans les campagnes suédoises, en train de chasser le renard.On le suit en Érythrée, oû ce marxiste s\u2019est rendu en 1977 pour enseigner à des «amazones» le maniement des armes, pour mieux vaincre l\u2019impérialisme et le colonialisme.On le retrouve enfin à Stockholm en 1995, oû la montée de l\u2019extrême droite va l\u2019amener à créer la re- vue revendicatrice Expo et va aussi lui donner les racines de sa trilogie Millénium, sur laquelle tout ou presque a été dit.Stieg, rappelle le duo de biographes, aurait dit: «Je vais écrire un roman, j\u2019y injecterai toutes nos idées et nous toucherons des millions de gens.» C\u2019était l\u2019après.L\u2019avant, mis en cases ici, ne donne pas la recette de ce succès.Mais il l\u2019éclaire autrement.Le Devoir HADDON HALL Néjib Gallimard Bruxelles, 2012,150 pages STIEQ LARSSON AVANT MILLENIUM Guillaume Lebeau et Frédéric Rébéna Denoel Graphie Paris, 2012, 70 pages L\u2019américanité du Québec MICHEL LAPIERRE Prudent comme l\u2019est son milieu, l\u2019universitaire Simon Langlois, dans Intentions d\u2019auteurs sur le Québec, le Canada et les sciences sociales, recueil d\u2019une soixantaine de ses critiques de livres, ne nous prive toutefois pas de propos fulgurants.Jugeant trop abstraite l\u2019idée de nation civique, il écrit: «Peut-on faire l\u2019impasse sur le SENTIMENT NATIONAL d\u2019un peuple, qui ne doit pas être confondu avec le nationalisme ?» Pour opposer à une théorie désincarnée du moment l\u2019expérience séculaire, le professeur de sociologie de l\u2019Université Laval nous plonge dans l\u2019histoire.Il distingue un sentiment populaire lié au principe des nationalités (notion progressiste, chère aux libéraux du XK® siècle) d\u2019une doctrine politique forgée aussi à partir du mot nation mais trop souvent associée à la recherche de la puissance et au conservatisme.Loin de se perdre dans les subtilités, son sens aigu de la nuance clarifie les débats brûlants.En abordant les ouvrages publiés entre 1990 et 2010 d\u2019essayistes comme Claude Bariteau, Jean-Philippe Warren ou Fernand Dumont (un recueil posthume d\u2019entretiens dans ce cas), Langlois signale, dès le départ, que «le fil rouge» de «l\u2019étude du Québec comme société globale» relie les textes de son livre.Le détour le plus original que prend le fil conducteur se trouve dans la recension enthousiaste mais nuancée que le critique fait de Continental Divide (1990), de Seymour Martin Éipset.«Observateur perspicace», le sociologue américain, observe Langlois avec justesse, oppose le Canada, ex-colonie britannique née de la monarchie, du loya- lismç et du conservatisme, aux États-Unis, république issue de la révolte, de l\u2019esprit égalitaire et du libéralisme.Néanmoins, Lipset soutient qu\u2019à cause des politiques sociales progressistes adoptées au nord du 49® parallèle, l\u2019Amérique du Nord a connu un revirement historique.Langlois le résume : «D\u2019abord pays contre-révolutionnaire situé à droite des É.-U., le Canada est passé nettement à la gauche de ces derniers.Et le Québec, encore plus à gauche.» Le constat de la brillante réflexion n\u2019empêche pas le sociologue québécois de trouver, à bon escient, que son confrère américain néglige «la redéfinition de lui-même que le Canada» était «en train de se donner» dans les années 80.En passant du biculturalisme au multiculturalisme puis, par la Charte des droits et libertés, de la primauté de la cqllectivité à celle de l\u2019individu, l\u2019État fédéral, selon Langlois, se rapproche deç États-Unis.A l\u2019encontre de l\u2019essayiste Philip Resnick, défenseur des racines européennes du Canada, le sociologue de l\u2019Université Éaval insiste sur une améri-canité québécoise, héritée de la symbiose entre la Nouvelle-France et le continent amérindien.Cela dépasse de beaucoup le rapprochement entre Ottawa et Washington.L\u2019Amérique, nous l\u2019avions déjà au fond de nous.Collaborateur Le Devoir INVENTIONS D\u2019AUTEURS SUR LE QUEBEC, LE CANADA ET LES SCIENCES SOCIALES Simon Langlois Nota bene Québec, 2012, 388 pages Actuellement en librairie Montréal en tête inciiu) 1 (I I iMiiqx (I I ÜIK h Entre autres, aux endroits suivants : UbraÊne mnaud-Brmy 4380, rue Saint-Denis Montréal Ubrminm d Outnmont 1284, avenue Bernard Montréal tlistoirp I itU itiluiu \\rls E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AOUT 2012 CULTURE>LIVRES La douce médecine de David Servan-Schreiber Louis CORNELLIER Puisque c\u2019est l\u2019été et que nous sommes entre nous, je me permets un aveu: je suis intellectuellement allergique aux médecines douces.Dans ce domaine, mon détecteur de charlatans est très sensible.Je ne supporte pas les élucubrations nouvel-âgeuses des homéopathes, acupuncteurs et autres ostéopathes, ces chamans des temps postmodernes qui enrobent leur magie d\u2019un vernis scientifique afin de crédibiliser leurs théories vaseuses.En cette matière, je suis, comme on dit, bouché.Je choisis résolument la médecine occidentale et son approche scientifique et considère les méthodes dites douces au mieux comme de légers baumes réconfortants, au pire comme des escroqueries.Avec les hippies de la thérapie, je suis mauvais coucheur.Un homme, pourtant, un penseur, parvient à ébranler mon dogmatisme médicoscientifique.11 s\u2019agit du médecin David Servan-Schreiber, qui nous a malheureusement quittés l\u2019été dernier à l\u2019âge de 50 ans, victime d\u2019un cancer du cerveau.Psychiatre et docteur en neurosciences, Servan-Schreiber était Français, mais il fréquentait régulièrement le Québec.11 avait d\u2019ailleurs terminé ses études de médecine, dans les années 1980, aux universités I^val et MçGill, avant de faire principalement carrière aux Etats-Uifis.Servan-Schreiber avait tout pour lui.Fils d\u2019une riche et célèbre famille française (son père Jean-Jacques fut un réputé journaliste et homme politique), bel homme et supérieurement intelligent, il était doté d\u2019un irrésistible charisme.Sa voix douce, chaude et pleine de lumière envoûtait.Comme essayiste et chroniqueur, il alliait la clarté à l\u2019élégance et brillait par son empathie à l\u2019égard de ses lecteurs.Ses deux principaux ouvrages, Guérir (2003) et Anticancer (2007), tous deux publiés chez Robert I^font, se sont d\u2019ailleurs vendus à plus d\u2019un million d\u2019exemplaires.Un nouveau modèle médical De 1999 à 2011, jusqu\u2019à un mois avant sa mort, David Servan-Schreiber a signé des chroniques dans Psychologies Magazine, un périodique qui a longtemps appartenu à son oncle Jean-Louis Servan-Schreiber.Presque tous ces textes viennent d\u2019être réuifis et publiés en recueil sous le titre de Notre corps aime la vérité.En lisant ou en relisant ces brèves réflexions de deux ou trois pages chacune, je redécouvre ce qui m\u2019attache à ce médecin qui pourtant navigue dans des eaux pour moi généralement rebutantes.David Servan-Schreiber était un esprit scientifique.La médecine dite occidentale constituait son uifivers de référence, mais ses recherches en neurosciences et sa pratique médicale en Inde avec Médecins sans frontières, de même que le diagnostic de cancer qu\u2019il a reçu à l\u2019âge de 30 ans, l\u2019ont amené à explorer la nébuleuse des médecines dites douces.«Peu à peu, écrit-il, plutôt qu\u2019à un moteur aux pièces défectueuses, je réalisais que le corps pouvait se comparer à une plante dont il faut prendre soin.» 11 se lance alors dans la quête d\u2019un nouveau modèle médical qui «met en question le principe même de cette réduction de l\u2019homme et de la maladie à des réactions biochimiques ou moléculaires», propre au modèle biomédical.Dans cette exploration de ce qu\u2019il appelle «la nouvelle médecine corps-esprit», Servan-Schreiber ne délaisse jamais l\u2019approche scientifique occidentale.11 propose plutôt d\u2019intégrer les bienfaits prouvés des médecines parallèles «à la tradition scientifique qui nous a tant donné».Avec les outils du médecin-chercheur occidental uifiversitaire, il souhaite donner une vraie chance à des méthodes jusque-là considérées comme strictement m JEAN-PIERRE MULLER AGENCE ERANCE-PRESSE Le D'' Servan-Schreiber en 2004 intuitives.«La seule mesure qui compte véritablement en médecine n\u2019est pas de savoir si un traitement est \u201coccidental\u201d ou \u201calternatif, écrit-il, mais simplement de savoir s\u2019il est efficace et s\u2019il a un minimum d\u2019effets secondaires.C\u2019est ce que demandent, légitimement, les patients.Et ce sont eux qui imposeront à notre système médical, aussi traditionnel soit-il, d\u2019intégrer ces nouvelles thérapies.» Vérité et réconfort Dans la presque centaine de chroniques réunies dans Notre corps aime la vérité, Servan-Schreiber raconte des cas et cite de multiples études qui illustrent les avancées thérapeutiques et scientifiques liées au paradigme de la nouvelle (et à la fois très ancienne) médecine corps-esprit.11 réitère bien sûr ses convictions quant à l\u2019efficacité de méthodes comme l\u2019acupuncture, l\u2019homéopathie ou la psychothérapie par EMDR (désensibilisation et reprogrammation par des mouvements oculaires), sans toutefois convaincre, à ce chapitre, le sceptique que je reste.C\u2019est quand il combine l\u2019apport des neuros- ciences avec une approche médicale psychosociale que Servan-Schreiber séduit.Notre corps, montre-t-il, n\u2019est pas une machine étrangère à nos émotions.On connaît évidemment, les méfaits du cholestérol et du tabac sur la santé, mais sait-on assez que l\u2019absence de l\u2019amour d\u2019un proche est tout aussi toxique?Sait-on que «l\u2019amitié compte autant dans la protection contre les maladies cardiaques que le fait d\u2019être marié » et que « vivre sans amis est aussi mauvais pour la santé que fumer régulièremenUl Quel médecin vous a dit que les caresses bienveillantes font littéralement grandir les bébés, que le sentiment de rejet par rapport à un groupe «allume» les mêmes régions du cerveau que le fait de ressentir une douleur physique, que les homosexuels clandestins développent plus de cancers que ceux qui s\u2019assument, que faire du bénévolat «serait même une garantie de santé plus grande encore que réduire son taux de cholestérol ou arrêter de fumer», que le fait que notre amoureuse ou un ami nous tienne la main dans un contexte difficile réduit non seulement notre sentiment de solitude et notre peur, mais notre douleur, en agissant sur l\u2019hjqjothalamus qui sécrète ainsi moins d\u2019hormones de stress?Médecin, scientifique et esprit explorateur, David Servan-Schreiber était d\u2019abord, au sens fort du terme, un humaniste, un précieux compagnon des êtres fragiles que nous sommes tous, surtout dans la nuit de nos détresses.11 était arc-bouté à la quête de la vérité, mais savait la valeur du réconfort.Son oeuvre, parfois hasardeuse mais toujours empathique, est une main tendue.louisco@sympatico.ca NOTRE CORPS AIME LA VÉRITÉ Chroniques 1999-2011 David Servan-Schreiber Robert Laffont et Psychologies Magazine Paris, 2012, 352 pages Jürgen Habermas : une seule solution, la Constitution La réflexion philosophique sur l\u2019identité collective européenne peut-elle alimenter la réflexion sur la structure du Canada?ROBERT MAGGIORI Peu importe, au fond, de savoir si Jürgen Habermas est le plus grand philosophe vivant, le «Kant du xxe siècle».11 suffit de rappeler le sens général de son projet qui d\u2019une certaine manière poursuit celui des Lumières, tenu pour « inachevé», et est mené contre toutes les variantes de l\u2019irrationalisme, du relativisme, du postmodernisme : mettre une rationalité argumentative au service de l\u2019émancipation de l\u2019homme ou parvenir à la fondation rationnelle et universelle d\u2019une éthique publique, apte à faire face aux défis de la mondialisation.Un tel projet a exigé une oeuvre immense, qui s\u2019est confrontée à toutes les pensées importantes de la modernité et par elles a été discutée.De Habermas, on réédite Raison et légitimité.Problèmes de légitimation dans le capitalisme avancé, de 1973, et on publie son plus récent essai, La constitution de l\u2019Europe.L\u2019essentiel de la pensée du philosophe se trouve évidemment «entre» ces deux textes, si éloignés dans le temps : on ne peut aller de l\u2019un à l\u2019autre sans tenir compte d\u2019un certain nombre de «tournants», entre autres celui négocié par Théorie de l\u2019agir communicationnel (1981), qui donne à Habermas une position plus prépondérante que celle qu\u2019il occupait jusqu\u2019alors : être le «continuateur crjtique » des théoriciens de l\u2019École de Francfort, Max Horkheimer et Theodor W.Adorno, dont il fut l\u2019assistant.En 1973, on s\u2019interrogeait sur le destin historique du capitalisme, et notamment sur l\u2019hypothèse de son «écroulement».Dans Raison et légitimité, Habermas indique, avec un certain sens de la prévision, que les «sociétés à capitalisme avancé» manifestent un «déficit de rationalité», au sens oû les appareils d\u2019État se montrent incapables de garantir un contrôle positif du système économique, qui vise des intérêts non universalisables, et, ainsi, se délégitiment et font apparaître les crises économiques, désindexées de toute régulation, comme des «événements naturels contingents et inexplicables».Pour mener un combat «contre la stabilisation d\u2019un système social pseudo-naturel qui s\u2019effectuerait par-dessus la tête des citoyens», il fallait ajouter d\u2019autres outils à ceux que fournissait Marx, même revisité par les théoriciens francfortois: dès cette époque {«j\u2019espère pouvoir bientôt le montrer»), Habermas envisageait des solutions alternatives, «dans le cadre d\u2019une théorie de l\u2019activité communication- nelle», qui validerait les principes et les normes de l\u2019action vers lesquels convergent les argumentations échangées sous l\u2019égide de la raison et dégagées d\u2019intérêts particuliers.Questions épistémologiques, rapport entre sciences naturelles et sciences sociales, études sur le langage et la communication, la technique ou le droit, l\u2019éthique du discours.Trop nombreuses sont les étapes de la pensée haberma-sienne pour qu\u2019on puisse les schématiser ici.Mais il n\u2019est pas exagéré de dire que tout ce qu\u2019il a élaboré a une visée politique : dégager les conditions d\u2019une participation des citoyens à la construction d\u2019une assise véritablement démocratique des sociétés \u2014 participation qui au demeurant est la sienne, en tant qu\u2019intellectuel qui a toujours pris part à la vie civile et qui encore maintenant, en dépit de l\u2019âge (il est né le 18 juin 1929), s\u2019engage avec ferveur dans les débats sur l\u2019édification de l\u2019Europe.Souveraineté Son modèle de «démocratie délibérative», qui met en jeu la formation de l\u2019opinion pujilique, la notion de «peuple», d\u2019État de droit, de nation, est complexe.Elle se retrouve au cœur de la Constitution de l\u2019Europe, oû sont tracés les linéaments d\u2019une «transnationalisation de la démocratie» (l\u2019essai est suivi d\u2019une réflexion sur la dignité humaine, reliée à V«utopie réaliste des droits de l\u2019homme», et précédé de trois interventions plus anciennes qui, à propos de la crise financière et de la « réaction » d\u2019Angela Merkel, stigmatisent V «image ethnocentrique de l\u2019Europe»).Le point à partir duquel Habermas déploie son analyse est difficilement contestable : «Les Etats de l\u2019Union monétaire européenne ne pourront s\u2019affranchir de l\u2019emprise des marchés financiers que s\u2019ils se dotent d\u2019une politique commune [.].Ne pourront défendre leur incomparable richesse culturelle et l\u2019idée qu\u2019elles se font de l\u2019Etat social et de la démocratie que si elles parlent d\u2019une seule voix.» Mais il n\u2019est pas simple d\u2019envisager une s,ouveraineté au-dessus des États nationaux sans craindre que ne se perde celle des peuples.«Dans une démocratie, les citoyens sont uniquement soumis aux lois qu\u2019ils se sont eux-mêmes données au moyen d\u2019un processus démocratique.Ce processus doit sa force légitimante, d\u2019une part à l\u2019inclusion (soit-elle médiatisée) de tous les citoyens aux processus de décision politique, et, d\u2019autre part, au couplage des décisions à la majorité (éventuellement ODD ANDERSEN AEP Habermas qualifiée) avec une formation délibérative de l\u2019opinion.» Ainsi, une «société civile politiquement organisée» peut «agir sur elle-même de façon légitime», en ayant en vue l\u2019intérêt général.Cependant, ajoute Habermas, «l\u2019action coopérative des citoyens sur les conditions sociales de leur existence» n\u2019est effective que si «un Etat dispose d\u2019une latitude d\u2019action qui puisse répercuter cette action coopérative dans l\u2019aménagement politique des conditions de vie».Qr la «complexification croissante et politiquement non régulée de la société mondiale», les organisations internationales ainsi que l\u2019insituable appareil économico-financier restreignent fortement l\u2019action des États nationaux, qui sont pourtant l\u2019instance la plus adéquate pour assurer la défense des droits des citoyens.11 s\u2019impose donc à'«élargir le processus démocratique au-delà des frontières nationales», en l\u2019occurrence à l\u2019Europe, qqi ne serait pi une fédération d\u2019États ni un État fédéral, mais une communauté de droit, issue de la concertation des peuples et régie par une charte constitutionnelle.Solidarité abstraite Jürgen Habermas envisage bien sûr l\u2019objection, la thèse du no demos: «Il n\u2019existerait pas de peuple européen, par conséquent une union politique digne de ce nom ne peut être qu\u2019établie sur du sable.» Comment passer des traités internationaux à une Constitution si manquent un peuple européen, une identité collective, un sentiment d\u2019appartenance ?L\u2019identité collective européenne, répond le philosophe L ECIIANGI P ,, Rénald Lessard AU TEMPS DE LA PETITE VÉROLE LA MÉDECINE AU CANADA AUX XVII® ET XVIII® SIECLES DUà en librairie ConsQll des Arts ^5 du Canada\t| SNSEPTENTRION.QC.CA W LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC allemand, n\u2019a pas de fondements indépendants du processus démocratique.Elle ne doit pas être conçue comme étant attachée à une descendance «ethnique» ou une communauté de destin pré-poli-tique, ni «pré-formée» par une origine transcendante, une langue et une histoire communes : elle n\u2019est pas une donnée, mais une construction, n\u2019est pas un préalable à la Constitution et à la citoyenneté européenne, mais une conséquence, la résultante d\u2019une dynamique relationnelle et délibérative des citoyens.Bref: que l\u2019Europe se donne une Constitution ! Elle est la condition nécessaire à la formation d\u2019une société oû se créera «une solidarité de type complètement nouveau: une solidarité abstraite, juridiquement médiatisée, entre étrangers», analogue à celle, qui s\u2019est forgée au sein des États nations, et qui a fait des Français, des Allemands ou des Italiens en réunissant dans une même communauté Bretons et Auvergnats, Bavarois et Saxons, Piémontais et Calabrais.Rêve philosophique ou «utopie réaliste»?Libération VERS LA CONSTITUTION DE L\u2019EUROPE Jürgen Habermas Gallimard Paris, 2012 |3 li^Gaspard-LE DEVOIR Xalmarès\t\t \u201c - -\tDo 30 juillet au 5 août 2012\t \t\t Romans québécois\t\t 1 La chasse est ouverte\tChrvsdne Brouillet/Courte échelle\t1/8 2 Me-face et malaises\tRatable Germain/Libre Expression\t2/20 3 Souvenirs de la banlieue \u2022 Tome 2 Michel\tRosette Laberge/Éditeurs réunis\t3/B 4 Au bord de la rivibre * Tome 3 Xavier\tMichel David/Hurtublse\t4/15 5 Lit double\tJanette Bertrand/Ubre Expression\t6/15 6 Souvenirs de la banlieue \u2022 Tome 1 Svhie\tRosette Laberge/Les Éditeurs réunis\t7/7 7 Les hbritieis d'EnIddiev \u2022 Tome 5 Abussos\tAnne Robillard/Wellan\t5/15 8 II pleuvait des oiseaux\tJocelyne Saucier/XYZ\t9/5 9 Mémoires d\u2019un Quartier \u2022 Tome H Bernadette, la suite\tL Tremblav-D\u2019Essiambre/Guv Saint-Jean\t8/17 10 Félicité \u2022 Tome 2 La grande ville\tJean-Pierre Chartand/Hurtubise\t-n Romans étrangers\t\t 1 7 ans après.\tGuillaume Musso/XD\t1/17 2 L\u2019été de la deuxième chance\tElln Hilderbrand/Lattés\t2/6 3 Me-face\tMichael Connel^/Calmann-Lévv\t4/13 4 Les partenaires\tJohn Grtsham/Robert Laffont\t10/4 5 La piste du tigre\tJames Patterson/Lattès\t3/5 6 SI c\u2019était è nelaire\tMarc Levv/Robert Laffont\t6/15 7 Les années perdues\tMarv Higgins Clark/Albin Michel\t-/I 8 La liste de mes envies\tGrégoire Delacourt/Lattès\t5/15 9 La muraille de lave\tAmaldur Indridason/Métailié\t8/3 10 La mort s\u2019invite à Pembetfey\tRD.James/Fâyard\t7/6 Essais québécois\t\t 1 Laiustepart\tDavid Robichaud 1 Patrick Turmel/Alelier 10\t2/5 2 Desmatais.La Dépossession tranQuille\tRichard Le Hir/Michel Brûlé\t1/17 3 L\u2019art presque perdu de ne nen faite\tDany Lafeniére/Boréal\t5/8 4 Comment mettre la droite K.O.en 15 arguments\tJean-François Usée/Alain Slanké\t3/5 5 Contrepoing\tNormand Lester/lrrtouchables\t9/4 6 Un gouvernement de trap\tStéphane Gobeil/VLB\t6/2 7 C\u2019était au temps des mammouths laineux\tSerge Bouchard/Boréal\t7/26 8 Le Québec expliqué.(Édidon revue et augmentée)\tVictor Armony/VLB\t-/I 9 L\u2019état du Québec 2012\tCollectif/Boréal\t-/I 10 Québécois 101.Notre portrait en 25 traits\tPierre CSté/Québec Amérique\t-/I '^^Essais étrangers\t\t 1 Indlgnetvousi (Édidon revue et augmentée)\tStéphane Hessel/Indigéne\t1/5 2 Le goût de vivre et cent autres pmpos\tAndré Comte-Sponville/LGF\t4/7 3 Destruction massive.Géopolitique de la faim\tJean Ziegler/Seuil\t2/18 4 Demain la nation\tJean Danlel/Seuil\t-/I 5 Petit cours d\u2019autodéfense en économIaLabc du capitalisme Jim Stanford/Lux\t\t-n 6 Votre cerveau n\u2019a pas 5ni de vous étonner\tCollectif/Albin Michel\t8/2 7 L\u2019empire de rillusion\tChris Hedges/Lux\t3/18 8 L\u2019excité dans le monde des fous tranquilles\tEdouard Umonov/Bartillat\t-/I 9 Le point de bascule\tMalcolm Gladwell/Transcontinerrtal\t6/2 10 Le jour où l\u2019Histoire a recommencé\tAlexandre Adler/Grasset\t-/I La BRF (SociëË de gesScn de la Qanque de tities de langue fiangalse) est pnipridtalie du sj^me d'Ialoination et d'analyse Asyim/ sur les ventes de livres fiangais au Caréda.Ce palmarès est extrait de et est censtitué des relevés de caisse de 215 polnis de vente.La BIIF regoit un soutien Cnancler de Patrimohe canadien pour le pmjet ksçml.© BIIF, toute reproduction totale ou partielle est Interdite."]
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