Le devoir, 18 août 2012, Cahier F
[" EDDCATIOS RENTRÉE SCOLAIRE Quand peut-on dire « mission accompiie » au secondaire?Page 2 I Le dynamisme i des enseignants j assure à i\u2019écoie sa pérennité Page 3 Bouchées doubies cet automne pour ies cégeps Page 6 CAHIER SPECIAL F > LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 AOUT 2012 1 RICHARD BOUHET AGENCE ERANCE-PRESSE Au départ, Pécole est un édifice: tout village se devait d\u2019avoir, quelque part sur son territoire, ce lieu où des bancs étaient posés devant un pupitre et un tableau noir.L\u2019école, quelle école ?On parle enfin d\u2019éducation dans la campagne électorale en cours Il a fallu attendre le début d\u2019une troisième semaine de campagne électorale québécoise pour que l\u2019éducation fasse son entrée dans l\u2019arène politique.Si les étudiants et étudiantes, avec en fond sonore des défilés de casseroles, avaient permis à un Parti libéral décrié de voir sa cote remonter, permettant un retour aux urnes avec quelque espérance de victoire pour la formation de Jean Cbarest, tous et toutes, élus en postes et candidats à la même fonction, se tenaient jusque-là cois.Mais voilà qu\u2019un Legault revient à la charge avec un discours sur les valeurs qu\u2019une société propose et défend.Supposons quand même que tous ceux et celles qui doivent, ou veulent, étudier soient comptés comme présents, quelle serait donc cette école qu\u2019ils et elles fréquenteraient alors ?NORMAND THERIAULT On parle enfin d\u2019éducation dans la campagne en cours.Et non plus seulement de loi et d\u2019ordre, ici signifiés par la mise au pas de ces récalcitrants qui boycottent les salles de classe.Mais, même si tout ce beau monde se retrouvait sur les bancs d\u2019école, rien ne nous dit, comme rien ne précise, la nature souhaitée, et les objectifs, de cette institution québécoise.Au départ, l\u2019école est un édifice : tout village se devait d\u2019avoir, quelque part sur son territoire, ce lieu où des bancs étaient posés devant un pupitre et un tableau noir.Puis, ce fut un détour obligatoire : une loi d\u2019instruction publique oblige encore la fréquentation des classes, quoiqu\u2019il n\u2019y ait point en terre québécoise de «police» dont le seul mandat serait la cueillette des décrocheurs et l\u2019obligatoire réinsertion dans la cohorte étudiante.Citoyenne.Le débat est récurrent: l\u2019école est le premier lieu où s\u2019inscrit le futur citoyen à part entière.L\u2019institution devrait donc proposer et défendre les valeurs affichées de cette citoyenneté.Au Québec, la Charte des droits et libertés, comme les diverses lois adoptées par l\u2019Assemblée nationale, donnerait alors les balises de l\u2019enseignement proposé.Et les démocrates diront donc que cette école sera laïque, francophone, non discriminatoire et capable d\u2019intégrer tous et chacun, indépendamment des handicaps et autres obstacles.Accessible.Et voilà que s\u2019ouvre un autre débat, celui- là même qui a vu une nouvelle saison s\u2019inscrire dans l\u2019année québécoise, celle du printemps érable.Si, jusque-là, l\u2019accessibilité, par définition, se limitait pour plusieurs à l\u2019aménagement de rampes et autres portes, voilà qu\u2019on dit que l\u2019école est un service public dont nulle barrière, surtout tarifaire, n\u2019interdirait l\u2019accès.Et où mettra-t-on donc le frein à cette gratuité ?Au moment où l\u2019élève atteint 16,, 17 ou 18 ans?A cet âge où plus d\u2019un et d\u2019une n\u2019est pas encore majeur, il faudrait, si l\u2019on se fie aux ténors «lucides», commencer à payer pour avoir accès à ces cégeps et écoles spécialisées et, plus tard, à ces universités, dont on dit qu\u2019elles sont dans plus d\u2019un secteur les seuls établissements capables d\u2019accorder le nécessaire diplôme qui ouvre la porte au monde du travail, dans une société où l\u2019innovation est devenue un maître mot pour déterminer l\u2019activité économique.A cette proposition, de la CLASSE à QS, on dit «non».Ouverte.Que l\u2019on soit malentendant, décrocheur, analphabète, femme ou penseur libre, l\u2019école devrait être un lieu d\u2019accueil et de discussion où rien de ce qui se passe dans une société ne devrait être non retenu.Donc, nulle discrimination, ni contre les personnes, ni contre les idées.Et tant pis si les opposants à la pensée universelle n\u2019y trouvent pas leur compte.Performante.L\u2019école aussi a un palmarès.En fait, on en retrouve même plusieurs.Celui de Shanghaï nous indique les universités qui seraient les meilleures au monde (et McGill s\u2019en «pète les bretelles» et «facture» pour un MBA qui serait un grand cru mondial).Celui de l\u2019Actualité se voit année après année contesté, surtout par les tenants de l\u2019école publique, qui dénoncent le fait Le débat est récurrent: l\u2019école est le premier lieu où s\u2019inscrit le futur citoyen à part entière.L\u2019institution devrait donc proposer et défendre les valeurs affichées de cette citoyenneté.Et, comme si ce n\u2019était pas assez, voilà qu\u2019on parle aussi d\u2019ajouter, aux bulletins des élèves, d\u2019autres qui évalueraient les enseignants et professeurs, voire certaines classes.Et, pour ceux-là, la remise des prix serait pécuniaire dans ce monde où la performance n\u2019a pourtant pas de prix ! Utile.A quoi sert l\u2019école?Longtemps, a-t-on cru, l\u2019école était un lieu de formation : on y formait des personnes.Mais cela ne serait plus prioritaire pour plusieurs partisans du néolibéralisme, car la mission de ces établissements ne serait plus scolaire, étant alors devenus au service d\u2019une société dont la première valeur serait déterminée par l\u2019échelle économique, le PIB.L\u2019école alors façonnera de futurs travailleurs, ces industrieux que des établissements privés sont discriminatoires au moment des inscriptions (ce que ces derniers contestent).Et, au nom de cette performance, voilà que se trouve justifiée toute augmentation des droits, universitaires annuels, car l\u2019État n\u2019aurait pas les budgets suffisants pour assurer que l\u2019université québécoise demeure « compétitive » ! qui permettront à leurs employeurs de se féliciter de leur réussite commerciale ou boursière.Déjà, en région, parlons-nous des cégeps que plus d\u2019un d\u2019entre eux voit son maintien assuré par une capacité à répondre aux demandes en formation transmises par les industries et les entreprises locales.Et les universités et grandes écoles œuvrent aussi en ce sens en déposant certificats et DESS conçus de façon à répondre à des demandes de profils spécifiques.Déjà que le niveau primaire s\u2019articule aussi en anglais dans le petit monde scolaire francophone, que les ordinateurs entrent en classe, et qui nous dit que demain peut-être on se retrouvera avec une école sans livre.Conviviale.Un jour, on remet en question l\u2019existence des commissions scolaires.Un autre moment fut celui du temps des réformes, de ces réformes toujours en évaluation et réévaluation.Et on va plus loin encore: comment faire en sorte que le jeune, comme le moins jeune, voie l\u2019école comme un lieu de plaisir, une société en soi qui réponde à toutes les attentes?Et, alors, fini le décrochage, fini ce temps où les professeurs se recyclent en d\u2019autres métiers, oubliés ces jours où les parents se désintéressent de la formation de leur progéniture.L\u2019école est alors devenue la terre promise.Mesdames et messieurs de la classe politique, quelle école voulez-vous?Pour laquelle serez-vous prêts à vous battre, quitte à y perdre des élections, au nom des valeurs qui vous animent?Le Devoir F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 AOUT 2012 RENTREE SCOLAIRE FINISSANTS DU SECONDAIRE Quand peutron dire « mission accomplie » ?« Chaque finissant doit avoir les acquis nécessaires pour avoir accès à son premier choix pour son futur » Terminer son secondaire est une étape importante dans une vie.Pour qu\u2019un établissement d\u2019enseignement secondaire puisse dire «mission accomplie», il faut idéalement davantage que les notes de passage inscrites sur le bulletin de l\u2019élève.MARTINE LETARTE Qu\u2019on soit pour ou contre les arguments avancés par les leaders du mouvement étudiant, plusieurs ont été impressionnés par l\u2019éloquence de ces jeunes à l\u2019aube de la vingtaine.Sont-ils à l\u2019image de ce qu\u2019on attend de cette nouvelle génération de finissants du secondaire?«Depuis cinq, six, sept ans, les jeunes argumentent plus.Ils craignent moins de s\u2019exprimer.Certains ont beaucoup plus de facilité que d\u2019autres.Ce ne sont pas tous des Léo Bureau-Blouin, mais on en trouvera peut-être plus qu\u2019auparavant», affirme Marc Prescott, directeur de l\u2019école secondaire Georges-Vanier, de la Commission scolaire de Montréal.Est-ce attribuable à la réforme scolaire?«Je crois que c\u2019est une question de génération, affirme-t-il.La relation entre les jeunes et l\u2019autorité a changé.Ils ne voient pas les gens en position d\u2019autorité comme des juges, mais comme des gens avec qui ils peuvent avoir des échanges.Ils n\u2019hésitent pas d\u2019ailleurs aujourd\u2019hui à cogner à la porte de mon bureau pour négocier.Les jeunes ont compris que l\u2019expression peut devenir quelque chose d\u2019utile.» La réforme a tout de même possiblement un lien avec le phénomène.«Depuis la réforme, on demande un plus grand investissement aux jeunes.On leur demande de faire le travail, mais aussi de présenter oralement les résultats.Ils écrivent plus de textes d\u2019opinion qu\u2019auparavant en classe.Il y a plus de contextes où les jeunes doivent s\u2019exprimer.Tout cela amène un sentiment de compétence», affirme M.Prescott, qui est arrivé dans cette école du quartier Villeray il y a 14 ans.Les matières-clés «C\u2019est certain que c\u2019est important qu\u2019un finissant réussisse bien en français et en mathématiques; ce sont vraiment des matières-clés», affirme Jacques Lemaire, directeur des études collégiales au Collège Jean-de-Brébeuf un établissement privé de Montréal.Le fait que les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui ont tendance à s\u2019exprimer davantage ne signifie pas toutefois qu\u2019ils maîtrisent mieux la langue française que la génération précédente.«Nous faisons passer des tests de français à nos étudiants admis pour voir qui a besoin d\u2019aide, et, en ce qui a trait au respect du code linguistique, le niveau est le même depuis cinq ou six ans», affirme M.Lemaire.Il remarque toutefois que les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui ont peut-être plus de difficulté à prendre le temps de lire que leurs prédécesseurs.«Par exemple, ils vont très rapidement pour lire les consignes d\u2019un examen.Ils ont l\u2019impression de bien comprendre et ils ne font pas ce qui est demandé.Ou, encore, ils ne prennent pas le temps de comprendre la dé- À Brébeuf, secteur collégial, le finissant du secondaire idéal fait preuve d\u2019une curiosité intellectuelle et d\u2019une volonté de dépassement marche de l\u2019auteur; ils se substituent à lui.Ils veulent terminer rapidement, ils ont une certaine impatience.» M.Lemaire remarque aussi peu de différences en mathématiques depuis quelques années.Marc Prescott n\u2019est pas surpris.Il affirme que la réforme n\u2019a pas changé la base pour les élèves.«2 + 2 donnaient 4 avant la réforme et donnent toujours 4 après, dit-il.Les enseignants prépa- 1 FREDERICK ELORIN AGENCE ERANCE-PRESSE «Les jeunes de 12 ans nous arrivent du primaire et nous devons faire en sorte qu\u2019ils passent à l\u2019adolescence, puis au monde préadulte », rappelle Marc Prescott, directeur de l\u2019école secondaire Georges-Vanier.rent leurs cours différemment, avec plus de mises en situation, mais tout repose toujours sur les connaissances.» Marc Prescott affirme que, pour pouvoir se dire « mission accomplie » à la fin d\u2019une année scolaire, chaque finissant doit avoir les acquis nécessaires pour avoir accès à son premier choix pour son futur.«Qu\u2019il soit question d\u2019une école de métiers ou d\u2019un programme collégial, précise-t-il.Pendant tout le parcours de l\u2019élève, nous le préparons en vue des décisions qu\u2019il aura à prendre.Ce n\u2019est pas facile, parce que les adolescents ont souvent une vision à très court terme, mais nous commençons dès la première secondaire.C\u2019est vraiment un travail d\u2019équipe avec la direction, les enseignants et le conseiller d\u2019orientation.» À Brébeuf secteur collégial, le finissant du secondaire idéal fait preuve d\u2019une curiosité intellectuelle et d\u2019une volonté de dépassement.«Un élève peut avoir certaines lacunes au secondaire, mais, s\u2019il a ces deux qualités, nous savons qu\u2019il réussira bien.Celui qui a la volonté d\u2019aller plus loin ira chercher l\u2019aide dont il a besoin lorsqu\u2019il rencontrera des difficultés.C\u2019est important de voir chez les étudiants une volonté de s\u2019investir», affirme Jacques Lemaire.Il remarque d\u2019ailleurs qu\u2019au-jourd\u2019hui les jeunes sont beaucoup plus engagés qu\u2019auparavant dans différentes activités.«Que ce soit dans le parascolaire, le sport, les arts, le bénévolat.Les jeunes s\u2019intéressent aux autres, ils veulent changer les choses d\u2019une façon ou d\u2019une au^re», affirme-t-il.A l\u2019école secondaire Georges-Vanier, Marc Prescott et son équipe tentent d\u2019ailleurs d\u2019amener chaque élève à se trouver une passion.« Un élève qui a une petite passion, c\u2019est un élève qui reste à l\u2019école, précise-t-il.Nous avons mis en place toutes sortes d\u2019activités sportives, des concours de chant, de l\u2019improvisation, plusieurs options, des projets de robotique, de la danse hip-hop, de la radio étudiante, nous formons des techniciens de scène.Nous offrons aux jeunes des activités auxquelles ils n\u2019auraient pas accès à l\u2019extérieur de l\u2019école.» r Etapes importantes de la vie Au secondaire, les élèves traversent aussi plusieurs étapes importantes de leur vie.«Les jeunes de 12 ans nous arrivent du primaire et nous devons faire en sorte qu\u2019ils passent à l\u2019adolescence, puis au monde préadulte, indique M.Prescott.Nous travaillons énormément sur les valeurs, le respect et le savoir-être.C\u2019est ce qui est le plus difficile.» Plusieurs initiatives ont été mises en place à l\u2019école Georges-Vanier pour travailler ce volet du développement des jeunes.«Les plus jeunes de l\u2019école se font parrainer par les élèves de la 5\u201c secondaire, affirme M.Prescott.Ça leur amène un sentiment de sécurité et les choses se passent mieux.C\u2019est le principe de donner au suivant.Aussi, nous formons des élèves chaque année pour qu\u2019ils puissent intervenir auprès de leurs amis.Les amis sont souvent les premiers confidents.C\u2019est vraiment un travail d\u2019équipe multidisciplinaire.On doit amener les jeunes à développer une personnalité suffisamment forte pour qu\u2019ils soient capables de prendre les bonnes décisions dans cette période de leur vie où ils sont particulièrement vulnérables.» Collaboratrice Le Devoir GRÈVE À L\u2019UNIVERSITÉ Deux étudiants sur dix seront placés en situation de rattrapage Les universités ont mis en place les moyens appropriés pour sauvegarder une session d\u2019hiver mise en péril pour certains; ces jeunes ont délaissé les salles de cours pour animer le printemps érable et ils doivent rattraper les cours laissés en plan durant ces heures agitées.La marge de manœuvre est mince pour y arriver et il leur revient de décider s\u2019ils retourneront en classe sous peu.RÉGINALD HARVEY Cette rentrée plutôt spéciale s\u2019avère exigeante pour tout le monde : « Tel est le cas autant pour les directions universitaires que pour les professeurs, les personnels de soutien ou les étudiants eux-mêmes.Mais il n\u2019en demeure pas moins que 80 % de ceux-ci ont terminé leur session d\u2019hiver 2012», estime Daniel Zizian, président et directeur général de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ).Il analyse les impacts du mouvement sur l\u2019ensemble du réseau universitaire : «Au plus fort des manifestations, le 22 mars, par exemple, il y a eu un pic durant lequel un grand nombre d\u2019étudiants ont boycotté leurs cours à l\u2019occasion de cette journée-là.De façon générale, on peut quand même dire encore une fois que 80% des étudiants universitaires ont terminé leur session; en contrepartie, il y en a 20 %o qui ne l\u2019ont pas fait.» Il cible les établissements les «On agit en fonction de ce plus touchés: «Ily a principalement l\u2019UQAM, l\u2019Université de Montréal, l\u2019Université Laval et l\u2019Université du Québec en Outaouais.» Les clientèles les plus militantes provenaient en grand nombre des départements ou des facultés dans les domaines des sciences politiques et sociales.qui est prévu par la loi » En quête du temps perdu.Les universités se sont mises à la tâche pour aménager un plan de sauvetage; il importait d\u2019arrimer la présente session avec les retards causés en mettant en place différentes mesures pour la rentrée d\u2019automne: «Les commissions des études, qui sont responsables des divers aspects pédagogiques, aménagent le calendrier universitaire; elles se sont penchées sur la ques- tion et ont proposé des modifications à ce dernier, qui ont été entérinées par les conseils d\u2019administration des universités.Parmi les moyens retenus, il y a des variables d\u2019un établissement à l\u2019autre, d\u2019un département ou d\u2019une faculté à l\u2019autre, selon la situation; c\u2019est à géométrie variable, mais on peut affirmer que la plupart des universités ont convenu de reprendre la session d\u2019hiver perdue en 2012 à compter du 27 août, pour la terminer à la fin de septembre.» La logistique mise en place devait également prendre en compte l\u2019arrivée des étudiants du collégial, ce que confirme M.Zizian: «La majorité d\u2019entre eux ont également achevé leur formation préuniversitaire et ils pourront VOIR PAGE F3 : RATTRAPAGE \t ¦jtirîiitrf™\t \t \t \t VEUT jWrt CHANIîffi « JACQUES NADEAU LE DEVOIR Environ 80 % des étudiants universitaires ont complété leur session avant les vacances.http://education.csq.qc.net/ LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 AOUT 2012 F 3 RENTREE SCOLAIRE Education humaniste ou éducation pragmatique ?Le dynamisme des enseignants permet à l\u2019école de demenrer ce qn\u2019elle doit être « L\u2019école secondaire éprouve des problèmes à se forger une identité culturelle claire » L\u2019éducation collégiale au Québec s\u2019est-elle éloignée du modèle d\u2019éducation humaniste dont elle est en partie issue?A-t-elle troqué ce modèle contre celui d\u2019une éducation plus pragmatique et davantage collée aux besoins du marché du travail?Claude Lessard, président du Conseil supérieur de l\u2019éducation, répond à cette interrogation en tant que chercheur.PIERRE VALLEE « J e ne vois aucun signe m\u2019indiquant que l\u2019éducation au collégial a connu un tel glissement», répond Claude Lessard, professeur émérite à la Faculté d\u2019éducation de l\u2019Université de Montréal et spécialiste de la sociologie de l\u2019éducation, lorsqu\u2019interrogé sur l\u2019éventualité que l\u2019école serait devenue plus pragmatique.Récemment nommé à la présidence du Conseil supérieur de l\u2019éducation, M.Lessard s\u2019exprime ici en tant que chercheur.«Il faut se rappeler que, à leur création, les cégeps ont hérité à la fois du mandat des anciens collèges classiques comme du mandat des anciennes écoles professionnelles.Ils doivent donc tenir compte de ces deux Pas de déclin dans l\u2019éducation humaniste au collégial, mais au contraire un certain dynamisme rôles et ils sont en quelque sorte prisonniers de cette structure, ce qui empêche tout glissement d\u2019un côté comme de l\u2019autre.» Ce que vient confirmer l\u2019état des effectifs étudiants, car, aujourd\u2019hui, autant d\u2019étudiants s\u2019inscrivent à l\u2019enseignement général qu\u2019à l\u2019enseignement professionnel.«Depuis quelques années, on sait au Québec qu\u2019il faudra bientôt combler de nombreux emplois et que beaucoup de ces emplois exigeront surtout une forma- tion collégiale technique.Mais, malgré ce discours ambiant, plusieurs programmes techniques collégiaux ont de la difficulté à recruter des candidats.Cela m\u2019apparaît comme une autre indication que l\u2019éducation collégiale n\u2019a pas abandonné l\u2019éducation humaniste au profit de formations axées uniquement sur les besoins du marché du travail.» Il avance qu\u2019il y a peut-être, dans la perception qu\u2019ont certains qu\u2019il y a eu ce glissement au collégial, une confusion dans les termes.«Il ne faut pas confondre l\u2019arrivée au cégep de nouveaux modes de gestion inspirés du secteur privé et davantage axés sur des résultats avec un déclin de l\u2019éducation humaniste.De toute façon, si ces modes de gestion cherchaient à introduire une logique comptable dans l\u2019éducation des élèves, les professeurs du secteur général se rebifferaient.» L\u2019évolution du collégial Non seulement ne voit-il pas un déclin dans l\u2019éducation humaniste au collégial, mais il constate au contraire un certain dynamisme.«On dirait même qu\u2019il y a une certaine renaissance de l\u2019éducation humaniste au collégial.» Il donne en exemple l\u2019enseignement de la philosophie.«Les professeurs de philosophie au collégial sont très dynamiques, et pas seulement en classe avec leurs étudiants.Plusieurs participent au discours social en collaborant à des revues générales de réflexion.Certains ont même une présence dans les médias écrits comme électroniques.Ce n\u2019était pas le cas il n\u2019y a pas si longtemps.» Ce regain de l\u2019éducation humaniste au cégep, Claude Lessard l\u2019attribue évidemment au dynamisme des professeurs, mais il croit aussi qu\u2019il est l\u2019aboutissement de l\u2019évolution des cégeps.«Ce n\u2019est plus le cas maintenant, mais, pendant plusieurs années, le rapport entre les cégeps et les universités n\u2019était pas clair et les territoires scolaires étaient mal définis.Qui donnait quel cours?Tel cours devait-il faire partie de la I JACQUES GRENIER LE DEVOIR « Les professeurs de philosophie au collégial sont très dynamiques, et pas seulement en classe avec leurs étudiants.Plusieurs participent au discours social en collaborant à des revues générales de réflexion », remarque Claude Lessard.formation générale au collège ou bien devait-il relever de la première année universitaire ?Il y a eu des redondances.Mais les cégeps ont réussi à définir leur territoire scolaire et à se donner une identité culturelle propre.Aujourd\u2019hui, ce rapport n\u2019est plus conflictuel, il est même devenu complémentaire, comme en témoignent les passerelles dec-bac.Cette identité culturelle propre a consolidé la présence de l\u2019éducation humaniste au collégial.» Le secondaire et l\u2019université Cette identité culturelle propre fait défaut, selon lui, quand on se penche sur le secteur de l\u2019enseignement secondaire.«À la différence du collégial, l\u2019école secondaire éprouve des problèmes à se forger une identité culturelle claire.Plusieurs personnes se demandent même ce qu\u2019on y enseigne.Ce manque de clarté nuit à la présence de l\u2019éducation humaniste au sein du secondaire.S\u2019il y a eu glissement dans l\u2019éducation humaniste au Québec, ce glissement se trouve plutôt du secondaire vers le collégial.» De plus, cette difficulté à se forger une identité culturelle claire nuit aussi à l\u2019enseignement professionnel et technique au niveau collégial.«La formation professionnelle au secondaire est méconnue des étudiants comme des parents.Si certains y voient un accès rapide au marché du travail, plusieurs ont l\u2019impression que cette voie bloque ensuite l\u2019accès aux études supérieures.Mais c\u2019est faux.Un élève du secondaire qui a en poche son Claude Lessard diplôme d\u2019études professionnelles peut ensuite, s\u2019il le désire, s\u2019inscrire au cégep.Si on favorisait davantage l\u2019enseignement professionnel au secondaire, on viendrait du même coup alimenter la formation technique au collégial.» Quant au secteur universitaire, l\u2019éducation humaniste y est toujours bien présente.«Il y a toujours eu à l\u2019université des formations plus pratiques que d\u2019autres.Je pense ici à la médecine, au génie, au droit.Mais cela n\u2019a jamais nui à l\u2019enseignement des disciplines humanistes.On enseigne toujours la philosophie, la littérature et les sciences humaines à l\u2019université et les formations plus pratiques ne se sont pas multipliées au détriment des formations humanistes.Par contre, ce qu\u2019on remarque maintenant, c\u2019est une forme de professionnalisation des formations humanistes.Au fond, l\u2019université doit chercher à faire en sorte que les diplômés des formations humanistes puissent se retrouver sur le marché du travail.Ce constat a fait évoluer l\u2019approche.A mon époque, quand j\u2019ai fait mes études en sociologie, il n\u2019y avait pas de stages pratiques.Aujourd\u2019hui, un étudiant en sociologie fera un stage en entreprise, dans une boîte de sondages, par exemple, ce qui lui donne de meilleures perspectives d\u2019embauche.Mais cette approche, plus près de la réalité du marché du travail, ne remet aucunement en question la pertinence et la présence de l\u2019éducation humaniste.» Collaborateur Le Devoir RATTRAPAGE SUITE DE LA PAGE E2 entamer leurs cours à l\u2019université à compter de la fin d\u2019août; pour ceux qui n\u2019ont pas terminé leurs cours collégiaux et qui le feront à la fin de septembre, la session universitaire d\u2019automne s\u2019amorcera pour eux, de façon générale, au début d\u2019octobre, pour prendre fin en décembre à certains endroits et en janvier dans d\u2019autres lieux, pour ce qui est du déroulement des examens.» Tous et chacun seront appelés à s\u2019adapter à un calendrier hors de l\u2019ordinaire: «Dans la plupart des cas, les semaines de relâche ou de lecture ont été abandonnées.Il y a aussi eu des ajouts de plages horaires et de journées complètes, par exemple le samedi, pendant lesquelles se dérouleront les cours; dans d\u2019autres cas, des cours seront allongés de trois à six heures, ce qui occasionnera un prolongement des journées de formation.» Il résume la situation: «Ily a donc une série de mesures de cet ordre qui ont été retenues à l\u2019intérieur des divers départements ou facultés; dans les circonstances, on poursuit toujours l\u2019objectif d\u2019obtenir les meilleures conditions possibles pour respecter les paramètres pédagogiques de chacun des cours.» L\u2019ensemble de la communauté universitaire subit les répercussions de telles mesures: «Tout le monde est affecté d\u2019une façon ou d\u2019une [f.CREPUQ Daniel Zizian est président et directeur général de la CREPUQ.autre par des circonstances aussi exceptionnelles que celles que nous vivons actuellement; pour ce qui est des chargés de cours, des contrats ont été signés et, du côté des professeurs, la situation peut varier d\u2019un établissement à l\u2019autre; à certains endroits, les projs ne sont pas à l\u2019aise avec la façon dont les décisions ont été prises, mais elles l\u2019ont été.Tout cela est régi par une convention collective dans chacun des cas et, quand les gens croient que le tout ne s\u2019est pas fait selon les normes ou les règles en vigueur, ils peuvent le contester et procéder en vertu de la convention.» Il apporte cet éclairage : «Il faut bien comprendre que la loi prescrit que les universités ont l\u2019obligation de faire en sorte que les cours soient offerts, que les étudiants qui arrivent en retard ne soient pas pénalisés et que les mesures appropriées doivent être prises pour que les cours puissent être données.» Les directions universitaires s\u2019en tiendront aux prescriptions prévues par la loi, peu importe la tournure des événements de la part des associations étudiantes, ce que confirme Daniel Zizian : «On agit en fonction de ce qui est prévu par la loi, donc d\u2019une reprise qui est fixée à l\u2019intérieur d\u2019un calendrier très serré pour tous et chacun; on oeuvre dans ce cadre-là et on a travaillé très fort dans les universités afin qu\u2019on puisse procéder de la façon la plus harmonieuse possible, dans le contexte, poiçr assurer la réussite des étudiants.» A l\u2019heure actuelle, les universités disposent d\u2019une marge de manoeuvre qui est très mince pour certaines d\u2019entre elles: «On regarde les choses aller et notre responsabilité consiste à mettre les mesures en place, tout en espérant que le tout va se dérouler normalement.On pense qu\u2019il est important que les étudiants achèvent leur session d\u2019hiver afin de poursuivre normalement leur parcours ; dans le fond, c\u2019est pour eux que les universités sont là, pour offrir les meilleurs enseignements, formations et recherches possibles.» Et il tire cette conclusion : «Dans ce dossier-là, tous les intervenants ont leurs obligations et doivent assumer leurs responsabilités ; on a assumé les nôtres et il revient à chacun de faire de même.On recherche la collaboration de l\u2019ensemble des composantes de la communauté universitaire pour que le tout puisse se dérouler correctement.» Le Devoir un droit humain, une responsabilité sociale qui incombe à l\u2019État! www.csn.qc.ca F 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 AOUT 2012 RENTREE SCOLAIRE RECHERCHE Si l\u2019argent se fait rare.doit-on privilégier la recherche « utile » ?On se demande parfois à quoi peuvent bien servir certaines recherches scientifiques financées par les deniers publics.Certains chercheurs ne perdent-ils pas leur temps aux frais des contribuables?Ne devrait-on pas exiger d\u2019eux qu\u2019ils se consacrent à des travaux utiles ?C\u2019est d\u2019ailleurs ce qu\u2019exigent de plus en plus les gouvernements qui financent la recherche scientifique, celle-ci devenant de plus en plus appliquée, au détriment de la recherche fondamentale.Et même si on comprend aisément qu\u2019une certaine dose de connaissances fondamentales est nécessaire pour alimenter la recherche appliquée, il est parfois difficile d\u2019imaginer à quoi pourraient mener certains travaux nébuleux.CLAUDE LAFLEUR Que nous rappelle Pierre Noreau, professeur titulaire au Centre de recherche en droit public de l\u2019Université de Montréal?Qu\u2019on ne sait jamais d\u2019où viendra l\u2019innovation! Il raconte ainsi que, lorsque ses confrères et lui poursuivaient leurs études avancées à Paris, au milieu des années 1980, ils se servaient du réseau Bitnet de l\u2019armée pour échanger des données entre ordinateurs (le pointage des matchs de hockey, en fait !).«Nous étions alors de jeunes projs à la fine pointe des connaissances dans notre domaine, dit-il, mais jamais, au grand jamais, nous n\u2019aurions pu imaginer qu\u2019en moins de dix ans se développerait Internet.Et même ceux qui étaient alors au fait de ces technologies n\u2019auraient pu imaginer la place qu\u2019occuperait Internet.C\u2019est dire qu\u2019on ne sait jamais d\u2019où viendra l\u2019innovation pratique.» Le chercheur rappelle ainsi que nombre d\u2019innovations dont nous bénéficions aujourd\u2019hui sont le fruit de travaux souvent menés sans qu\u2019on sache vraiment ce qu\u2019on pourrait en retirer.Des visionnaires pour résoudre nos problèmes Politologue et juriste de formation.M.Noreau travaille en sociologie du droit.Ses recherches portent notamment sur le fonctionnement et l\u2019évolution du système judiciaire, le règlement non contentieux des conflits, l\u2019accès à la justice et la mobilisation politique du droit, etc.«J\u2019ai beaucoup travaillé sur les pratiques de justice, dit-il, un domaine assez abstrait.Il y a une vingtaine d\u2019années, je me suis même fait dire par un ministre de la Justice que je le faisais \u201crêver\u201d, autrement dit, que nous, chercheurs, étions des rêveurs.Or, 25 ans plus tard, les nouvelles dispositions du code de procédures civiles qui sont en train d\u2019être délibérées portent justement sur mes travaux d\u2019alors.» De même, il cite l\u2019exemple des recherches en sociologie et en histoire dont l\u2019intérêt pratique peut sembler nébuleux.«On peut se demander à quoi sert d\u2019étudier le Québec des années 1930, pose-t-il.Toutefois, ces recherches nous apprennent que, à l\u2019époque, il y avait beaucoup de manifestations et de mobilisations publiques, et même de la violence dans les rues.C\u2019est dire que ce qu\u2019on vit aujourd\u2019hui n\u2019est pas nécessairement nouveau ! Ainsi, en travaillant sur des sujets qui peuvent avoir l\u2019air d\u2019être théoriques et de relever de la recherche fondamentale, on aborde parfois des problèmes concrets et assimilables à ceux d\u2019aujourd\u2019hui, ce qui nous permet de réfléchir à notre réalité.» Pierre Noreau, également président de l\u2019Association francophone pour le savoir (Acfas), qui fait la promotion des sciences au Québec et dans la francophonie canadienne, observe que la recherche appliquée est de fait le prolongement naturel de la recherche fondamentale.«La recherche fondamentale prépare des solutions à des problèmes qu\u2019on ne voit pas nécessairement», dit-il.Par exemple, parmi les gros problèmes auxquels on fait face dans les tribunaux, il y a les délais à la cour et les coûts de la justice.«Toutefois, derrière ces problèmes se cache le fait que les citoyens connaissent souvent mal le droit, ce qui les amène peut-être à utiliser les tribunaux pour régler des problèmes qu\u2019il serait plus facile de régler autrement.» Comment ne pas songer au recours à certaines injonctions dans le cas des récentes grèves étudiantes?Comme tout scientifique, il mène à la fois des recherches fondamentales et appliquées.«Il s\u2019agit en fait de moments différents de la recherche, dit-il, et il faut qu\u2019on consacre du temps à ces deux moments.Ce à quoi on réfléchit sur le plan de la théorie à un certain moment finit par s\u2019appliquer ultérieurement.Il arrive souvent même que, en faisant de la recherche fondamentale, on trouve de véritables solutions à long terme à des problèmes auxquelles on ne pensait pas au départ » Il résume sa pensée en soulignant qu\u2019on s\u2019attend souvent à ce que les chercheurs soient des visionnaires et qu\u2019ils se penchent sur des questions auxquelles on n\u2019a pas le temps de réfléchir.Le Québec sur la scène internationale «Il faut aussi comprendre à quoi sert la recherche dans une société, poursuit-il.Elle ne sert pas qu\u2019à découvrir des choses, mais elle permet aussi à toute société \u2014 et particulièrement celles de taille modeste \u2014 de se tailler une place sur la scène internationale.» «Nous, à l\u2019Acfas, nous considérons que nous vivons dans un monde où l\u2019avenir, c\u2019est le savoir.y ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR «La recherche fondamentale prépare des solutions à des problèmes qu\u2019on ne voit pas », soutient Pierre Noreau.dit-il.Le savoir, c\u2019est la richesse des nations! Or, dans le cas d\u2019une petite collectivité comme la nôtre, il faut absolument être très proactif en matière de recherche et de connaissances.C\u2019est la façon de prendre notre place dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui.Pour une société comme la nôtre, c\u2019est même fondamental ! » Le Québec peut même tirer étonnamment bien son épingle du jeu, poursuit le chercheur.«Au Québec, nous sommes réputés pour travailler en équipe et aussi pour collaborer entre différentes disciplines, davantage même que dans bien d\u2019autres sociétés, indique le président de l\u2019Acfas.Nous amenons même les autres à travailler ensemble.C\u2019est une particularité qui nous permet d\u2019apporter de belles contributions à la science et sur la scène internationale.» Collaborateur\tacfas Le Devoir Pierre Noreau, professeur titulaire et chercheur 'éC AU PRIMAIRE ET AU SECONDAIRE Que les négociations reprennent ! L\u2019anglais est au programme de la cinquième dès cet automne Alors que tous les projecteurs sont braqués sur les cégeps, on pourrait avoir tendance à oublier une autre rentrée, celle des professeurs et des élèves du primaire et du secondaire.De grands défis les attendent eux aussi.Manon Bernard, la présidente de la Fédération des syndicats de l\u2019enseignement, brosse le portrait des enjeux.MARIE-HELENE ALARIE Des mesures à la pièce, il y en a beaucoup qui sont annoncées régulièrement en éducation.Nous, ce qu\u2019on souhaite, c\u2019est plutôt une vision d\u2019ensemble.» Voilà ce que réclame Manon Bernard, la présidente de la Fédération des syndicats de l\u2019enseignement (FSE).Ce qu\u2019elle désire au fond, c\u2019est qu\u2019on s\u2019attarde sur les besoins dans les salles de classe et sur les conditions d\u2019apprentissage des élèves.Ce sont là les priorités de son syndicat, des priorités établies depuis fort longtemps, mais pour lesquelles on doit encore mener des luttes.Avec cette rentrée 2012, Manon Bernard espère pouvoir reprendre le vous avez c hanté tout \\ ete^\tdanseZ maintenant'.40^ saison ouise Lapierre iÀ K S £ 40 ans de renouveau .Baladi \u2022 \u2022\t\u2019Enfanf* MuW-Danses\t\u2019 ^ f :?aCs' eiour Arques\t^ et plusieurs stage\tInscription maintenant\tf^ i Classe d\u2019essai aratuite 'L\u2019 m lUSiSUrS StSQ®\tinscription maintenant\t^ Classe d\u2019essai gratuite Au V du plateau Mont-Royal 514-521-3456 www.danse-louiselapierre.qc.ca 14 dialogue, mais la grande question sera de savoir avec quel interlocuteur se fera ce dialogue.Qu\u2019on se le dise d\u2019emblée : à l\u2019heure actuelle, les services offerts aux élèves ne suffisent pas.Qu\u2019on parle des services d\u2019orthopédagogues, de psychologues et d\u2019autres professionnels, les besoins des élèves dépassent la quantité des services offerts, et ce, malgré les investissements effectués ces dernières années.«Quand un orthopédagogue doit répartir son temps dans au moins trois écoles et qu\u2019il ne peut rencontrer un élève qu\u2019une fois par semaine, on appelle ça du saupoudrage de service», nous dit M\u201c® Bernard.Pour l\u2019instant, rien ne laisse présager un changement dans ce dossier.Qu\u2019on parle de services Un programme de lecture amélioré Lors de la rentrée 2011, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) avait demandé des ajustements dans les programmes de lecture et d\u2019écriture afin de favoriser la réussite des élèves et, en particulier, celle des garçons.Qn y faisait valoir l\u2019importance du dépistage, pour que, dès qu\u2019apparaissent des problèmes, que ce soit en maternelle, en première ou en deuxième année, on puisse réagir.« C\u2019est un moment-clé dans le parcours scolaire, si on ne veut pas que nos élèves décrochent au secondaire ou qu\u2019ils cumulent des retards et que l\u2019écart creusé devienne trop grand», rappelle Manon Bernard.Des discussions sur le sujet ont eu liçu avec les gens du ministère de l\u2019Éducation.Elles ont duré toute l\u2019année et, pourtant, les ajustements en question ne sont pas encore au programme.«Rien n\u2019empêche que ces mesures puissent être mises en place prochainement», espère M\u201c® Bernard.L\u2019apprentissage intensif de l\u2019anglais Un autre défi de cette rentrée 2012, c\u2019est l\u2019implantation obligatoire du programme d\u2019apprentissage de l\u2019anglais en 5® et 6® années du primaire.Les écoles auront cinq ans pour appliquer cette mesure, mais le processus ne se fera pas sans heurts.«Notre fédération a travaillé dans tous les comités mis en place par le ministère, pour finir par se retirer parce que d\u2019orthopédagogues, de p^chologues et d\u2019autres professionnels, les besoins des élèves dépassent la quantité des services offerts nous n\u2019avions pas de réponses à nos questions.» Ces questions, elles étaient fort simples : est-ce réaliste de vouloir implanter un tel programme dans l\u2019ensemble du Québec ?Est-ce qu\u2019on a les services nécessaires pour répondre aux besoins ?Comment implanter ce programme dans les classes multiniveaux ?« On n\u2019en est plus à cerner les problèmes, on en est à vouloir des réponses précises.» Comment ce dossier sera réactivé cette année, voilà ce qui intéresse Manon Bernard : «Pour nous, ce programme n\u2019est pas une priorité.Quand M.Cha-rest en a fait l\u2019annonce, on était en plein cycle de négociations et on cherchait des solutions aux problèmes des élèves en difficulté.Ce n\u2019est pas qu\u2019on soit contre l\u2019apprentissage d\u2019une langue seconde, mais on a déjà implanté l\u2019apprentissage de l\u2019anglais dans le premier cycle du primaire et on n\u2019a même pas encore les résultats et les évaluations des impacts que cette mesure a eus sur l\u2019apprentissage des élèves.» Retour sur un 25 octobre En remontant le temps, on se retrouve en octobre 2010, quelques mois après la nomination de Line Bçauchamp à ,1a tête du ministère de l\u2019Éducation.A l\u2019époque, M\u201d® Beau-champ a convoqué une rencontre de tous les partenaires du réseau scolaire afin de réfléchir aux façons d\u2019intervenir auprès des élèves en difficulté.Il y a été question des balises pour l\u2019intégration des élèves en difficulté, de la composition de la classe, des établissements privés, des projets sélectifs, bref autant de chantiers qui se sont ouverts au lendemain du 25 octobre 2010.Par la suite, M\u201d® Beauchamp devait revenir avec des conclusions et un échéancier de travaux à prévoir.Cette rencontre s\u2019inscrivait dans un ensemble de quatre réunions prévues par le gouvernement Cha-rest, y compris celle sur le financement des universités.Si on a depuis beaucoup parlé de cela, le reste serait tombé dans l\u2019oubli.« On a créé des attentes, mais on n\u2019a pas vu les résultats».Dans VOIR PAGE F5 : NEGOCIATIONS LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 AOUT 2012 F 5 RENTREE SCOLAIRE ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR X J \u2022 J \u2022\t% k / Compétitivité et autres contrats de performance ont transformé l\u2019université « Des états généraux s\u2019imposent, à condition qu\u2019on ne limite pas cet exercice aux seuls droits de scolarité » À la lumière de la crise étudiante, voire sociétale, et de la remise en question du mode de fonctionnement du réseau universitaire québécois, deux professeurs se lèvent pour demander des états généraux sur les universités.Débat d\u2019idées.THIERRY HAROUN Doit-on revoir le mode opératoire du réseau universitaire du Québec?Faut-il revoir ses principes directeurs ?Est-ce que ce réseau répond aux aspirations et aux défis sociétaux d\u2019aujourd\u2019hui?Peut-on faire autrement?Doit-on faire autrement?Pourquoi et comment?Et de quoi sera fait demain ?Voilà autant de questions que Le Devoir a soumises à l\u2019examen de deux professeurs réputés, soit Jean Bernatchez, professeur-chercheur en administration et politiques scolaires à l\u2019Université du Québec à Rimouski, et Yves Gingras, professeur d\u2019histoire à l\u2019UQAM et codirecteur de l\u2019ouvrage Les transformations des universités du 13^ au 2L siècle (PUQ, 2006).Chose certaine, pour ces deux professeurs, des états généraux portant sur le présent et le devenir de nos universités s\u2019imposent.On notera que trois directions universitaires ont décliné notre invitation.Des états généraux «Des états généraux s\u2019imposent, note le professeur Gin-gras, à condition qu\u2019on ne limite pas cet exercice aux seuls droits de scolarité.Et qu\u2019on mette tout sur la table, toute la structure universitaire actuelle, notamment le mode de financement actuel, fondé sur le nombre d\u2019étudiants, qui, à mon avis, devra aussi être revu en tenant compte de cette mission centrale des universités qui est de former les citoyens et citoyennes du Québec.Ainsi, les ressources étant limitées, il n\u2019y a aucune raison que le gouvernement finance les étudiants étrangers, qui devraient donc être exclus de la formule de financement.L\u2019Ontario ne finance pas les étudiants étrangers et les universités leur demandent des droits de scolarité beaucoup plus élevés.On ne devrait pas confondre politique d\u2019immigration et politique des universités.Il faudra aussi tenir compte de la \u201crente linguistique \u201d qui fait que les universités anglophones attirent plus de Canadiens anglais et d\u2019Américains, non pas parce qu\u2019elles sont \u201cmeilleures \u201d, mais simplement parce que ces étudiants ne maîtrisent que l\u2019anglais et viennent étudier ici à moindres frais dans des infrastructures subventionnées par l\u2019État québécois.» La mission universitaire et ses fondements premiers forment un autre volet qui mérite d\u2019être débattu lors de futurs états généraux, ajoute d\u2019ailleurs Yves Gingras : «L\u2019objectif premier des universités n\u2019est pas de tenter d\u2019accroître leur part de marché nationale ou leur prestige international, comme s\u2019il existait un marché mondial uniforme, unique et parfait au sein duquel individus et professeurs circuleraient librement et sans entrave.Les universités, dans leur écrasante majorité, sont avant tout nationales et répondent à des besoins culturels et professionnels locaux.Bien sûr, la circulation internationale des étudiants et des professeurs existe depuis la création des universités au Moyen-Age, mais cela ne peut faire oublier que ce phénomène demeure marginal, malgré la rhétorique récente de la mondialisation, de l\u2019internationalisation et de l\u2019excellence.» Maintenant, sur le strict plan de l\u2019enseignement, il faut revenir à la base, voire à l\u2019essentiel, rappelle avec insistance le professeur.«À titre d\u2019exemple, il s\u2019agit de creuser un programme de baccalauréat en économie pour comprendre pourquoi les économistes sont, en quelque sorte, autistes, parce qu\u2019ils suivent 30 cours d\u2019économie.Ils n\u2019ont pas de vision historique, pas de vision sociologique ni politique.Ils pensent que le monde est un immense marché composé d\u2019individus en compétition.Dans les faits, c\u2019est une vision autiste du monde qui est incorporée dans nos programmes de formation.Il faut transformer cela et revenir à des cultures universitaires fondamentales qui tiennent compte de la complexité d\u2019aujourd\u2019hui.» La concurrence interuniversitaire et les « effets pervers » des contrats de performance devraient également être inscrits à l\u2019ordre du jour au sein de futurs états généraux, ajoute M.Gingras.Trop axé sur le marché de l\u2019emploi Pour sa part, le professeur Jean Bernatchez a beaucoup insisté sur le lien actuel entre les programmes et les besoins du marché de l\u2019emploi.D\u2019après lui, il faudrait revoir, dans une certaine mesure, cette interrelation.«Les programmes universitaires sont beaucoup orientés vers les besoins du marché de l\u2019emploi et on perd un certain nombre de choses.Auparavant, on formait des têtes bien faites dans différentes disciplines, et le marché du travail était prêt en quelque sorte à les former à la profession et au métier respectif et sur le tas.C\u2019était relativement facile, justement parce que le réseau universitaire formait des gens avec une tête bien faite qui avaient une logique bien développée avec un bon sens de l\u2019argumentation.» NEGOCIATIONS SUITE DE LA PAGE F4 un monde idéal, on aurait dû reprendre les travaux en mai et juin, mais, à cause d\u2019un certain conflit étudiant, tout est remis à plus tard, bien plus tard.Valorisation des enseignants Et Manon Bernard rappelle que la campagne de valorisation de la profession enseignante battra son plein durant toute l\u2019année scolaire 2012-2013.«On ne peut pas parler d\u2019éducation et avoir une priorité pour l\u2019éducation sans parler du personnel de l\u2019éducation.» Cette campagne, lancée l\u2019an dernier, comportera encore plusieurs activités.Il ne faut pas oublier que de 15% à 20% des jeunes dans l\u2019enseignement quittent la profession dans les cinq premières années.Dans certaines matières, le manque d\u2019enseignants se fait déjà sentir.Il faut donc trouver des moyens de contrer cet exil et la FSE insiste sur une meilleure insertion professionnelle, c\u2019est-à-dire un accompagnement plus étroit et un plus grand soutien.Et d\u2019autres luttes toujours s\u2019imposent: «Il faut que cessent les coupes et qu\u2019on recommence à investir dans l\u2019éducation.» Collaboratrice Le Devoir Alternatives CONSTRULFfE LE UN Alors que, aujourd\u2019hui, souligne le professeur Bernatchez, «les gens sont formés pour être \u201copérationnels \u201d dès le moment où ils entrent dans le marché du travail.Ce sont donc des formations qui ont des visées à court terme.On remarque que ce phénomène est une tendance lourde.Du côté de la recherche, on observe cela également.C\u2019est-à-dire que maintenant les projets de recherche sont souvent orientés vers des solutions à des problèmes qui ont été énoncés dans un environnement précis.Auparavant, les demandes de recherche étaient évaluées sur la base de leur qualité scientifique.Désormais, les projets sont choisis sur la base de considérations variées des utilisateurs de la recherche qui auront leur mot à dire.» Pour ne pas dire les commanditaires ou les subventionnaires de la recherche?«Oui, c\u2019est ça», répond Jean Bernatchez, qui estime lui aussi que des états généraux sur l\u2019enseignement supérieur s\u2019imposent d\u2019eux-mêmes.«Ces états généraux serviraient à repenser le modèle actuel.On devrait y convier non seulement les universités, mais aussi des citoyens, des organismes communautaires, des associations professionnelles, des chambres de commerce, etc.Il faut saisir cette occasion pour faire un débat plus large», conclut le professeur.Collaborateur Le Devoir rr r'r\"T ; i!ll JACQUES GRENIER LE DEVOIR Aujourd\u2019hui, « les gens sont formés pour être \u201copérationnels\u201d dès le moment où ils entrent dans le marché du travail.Ce sont donc des formations qui ont des visées à court terme », croit le professeur Jean Bernatchez.nous VOUS ils, elles je vote tu votes elle vote votons votez votent r LA FAMILLE DU MULTI S'AGRANDIT Des ouvrages de référence adaptés à la réalité québécoise www.multldlctionnaire.com Pour nous appuyer : AAfww.alternatives.ca \u2022 514.982.6606 POUR ETRE BIEN INFORME, SUIVEZ-NOUS ! f ledevoir.com facebook.com/ledevoir twitter.com/ledevoir MULTl DICTIONNAIRE, nt LA LA\\t.LIL LK \\C ^l^ 'ü m LA NOUVELLE grammaire EN tableaux UN RECUEIL DE CONJUGAISON MULTl CONJUGUEUR Ul www.quebec-amerique.com F 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 AOUT 2012 RENTREE SCOLAIRE ELEVES EN DIEEICULTE A-t-on les ressources nécessaires?Les étudiants en difficultés au cégep, dont ceux atteints d\u2019im trouble d\u2019apprentissage ou d\u2019ime maladie mentale, aiu-ont-ils accès à des services suffisants dimant lems sessions compressées de cet automne?Alors que, dans certains cégeps, les étudiants retoiu-nent en classe après une grève de près de six mois, la situation inquiète Daniel Bérubé, président de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC)-CSQ.ETIENNE PLAMONDON EMOND AU VU des calendriers intensifs et surchargés qui se dessinent, Daniel Bérubé manifeste ses craintes de voir les psychologues, conseillers en orientation et aides pédagogiques individuels ne pas être en mesure de suffire à la tâche.Ces professionnels soutiennent «une population étudiante qui a déjà besoin de services en temps régulier», précise M.Bérubé.11 redoute une montée en flèche du taux d\u2019abandon chez les étudiants atteints d\u2019un trouble d\u2019apprentissage ou d\u2019un problème de santé mentale, jugeant la situation à l\u2019aune de l\u2019expérience des cégeps, où la reprise intensive de la session d\u2019hiver s\u2019est bouclée à la fin juin.«Ce qu\u2019on a constaté le printemps dernier, dans les cégeps où il y a eu des reprises, c\u2019est qu\u2019il y a eu une augmentation des besoins.Cette population-là est particulièrement touchée par les reprises intensives des cours et elle nécessite un plus grand suivi [.].Il a fallu qu\u2019il y ait une réorganisation des services.» Comme certains professionnels ont vécu l\u2019expérience au printemps, M.Bérubé se demande s\u2019«il y a des expertises qui peuvent être partagées ou transférées.Est-ce qu\u2019on peut réunir les équipes de professionnels pour envisager un plan B ?» Car, si l\u2019ajout d\u2019enseignants dans certains établissements collégiaux a fait l\u2019objet d\u2019une entente avec les syndicats de professeurs, Daniel Bérubé déplore qu\u2019aucun plan d\u2019intervention au sujet des autres professionnels n\u2019ait encore été envisagé.«Est-ce qu\u2019on peut s\u2019asseoir et regarder l\u2019offre de services ?Voir ce qu\u2019on peut offrir et ce qu\u2019on ne peut pas offrir?Y a-t-il des solutions ?Nous, on est prêt à faire preuve de souplesse dans l\u2019organisation du travail.On n\u2019est pas en train de demander d\u2019avoir trois conseillers en orientation de plus.De toute façon, ça peut varier d\u2019un collège à l\u2019autre.Mais, ce qu\u2019on demande au minimum, c\u2019est d\u2019écouter les professionnels, implore M.Bérubé.Les collèges n\u2019ont même pas eu la décence d\u2019asseoir les professionnels entre eux et d\u2019essayer de voir comment on pourrait organiser les services professionnels en vue de la reprise des cours.» 11 persiste et signe.«Ce qui me choque particulièrement, c\u2019est qu\u2019en ce moment on nous dit: \u201cEcoutez, les services professionnels vont être déployés, vont être en place.\u201d Mais c\u2019est un leurre, parce qu\u2019il n\u2019y a pas de stratégie.» Des enseignants en renfort Jean Beauchesne, président de la Fédération des cégeps, assure que «les collèges ont discuté avec les syndicats locaux.On ne l\u2019a pas fait au niveau national.» 11 se défend: «J\u2019ai eu à discuter de ça avec l\u2019ensemble des directeurs généraux concernés.Il y a une stratégie pour les autres personnels.Les autres personnels, ce sont non seulement les professionnels, ce sont aussi les techniciens de laboratoire, les techniciens en éducation spécialisée, etc.Avec eux, on a jugé que c\u2019est une question d\u2019approche: la priorité, ce sont ceux qui sont au premier chef avec nos étudiants dans nos classes, donc, les enseignants.On a jugé que, avec le personnel en place, on pouvait soit réaménager l\u2019horaire, soit mettre des priorités ailleurs, soit, avec des heures supplémentaires, combler les manques.» Si les professeurs appelés en renfort n\u2019effectueront pas les tâches des professionnels, ils auront la responsabilité de faire le suivi nécessaire auprès des étudiants en difficulté.«Leur cheminement scolaire, ce n\u2019est pas a priori une responsabilité des professionnels.C\u2019est une responsabilité des enseignants, considère Jean Beauchesne.La CSN [représentant la majorité des professeurs touchés par la grève étudiante] nous disait: \u201cNous, on en a plein nos bottines avec les groupes réguliers, on n\u2019a pas les ressources qu\u2019il faut pour soutenir ces étudiants.\u201d Mais, précisément, avec [les professeurs] qu\u2019on embauche, les ajouts de tâches pour ceux qui étaient à temps partiel, ça tombe dans le champ des enseignants de suivre l\u2019encadrement de ces étudiants-là.» Daniel Bérubé n\u2019apprécie pas cet argument.«On nous dit qu\u2019il va y avoir plus d\u2019enseignants.Mais, plus d\u2019enseignants, ça ne règle aucun problème.Les étudiants qui ont un trouble mental, ils vont être chez le psychologue, ils vont être chez l\u2019orienteur, etc.», se désole M.Bérubé.À la FNEEQ-CSN, on souligne que, dans son entente, c\u2019est l\u2019encadrement pour les élèves arrivant du secondaire qui est privilégié.«Les enseignants vont continuer d\u2019encadrer les élèves handicapés comme ils le faisaient», assure Micheline Thibodeau, vice-pré-siçlente de la ENEEQ-CSN.«Evidemment, s\u2019il n\u2019y a pas, pour la rentrée, de ressources supplémentaires chez les professionnels et le personnel de soutien, c\u2019est plus inquiétant, parce que ce sont plus eux qui les suivent au quotidien s\u2019ils ont besoin de plus de soutien», dit-elle en évoquant, entre autres, le cas des étudiants touchés par le syndrome d\u2019Asperger.Elle précise que ce sont les professionnels qui sont aptes à identifier les étudiants qui ont besoin de services plus particuliers lors de leur entrée au cégep.Or, dans une session compressée, les professeurs doivent être rapidement renseignés lorsque l\u2019un de leurs étudiants est aux prises avec un handicap.Pourtant, l\u2019inclusion et l\u2019ac- commodement des étudiants en situation de handicap constituaient un dossier prioritaire avant que n\u2019éclate la grève.Ce sujet, un peu mis sur la glace pendant la crise étudiante, a d\u2019ailleurs fait l\u2019objet d\u2019un rapport déposé par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse en mars dernier.«Pour ceux qu\u2019on appelle les EHDAA [élèves handicapés en difficulté d\u2019adaptation ou d\u2019apprentissage], les mesures qu\u2019on a mises en place et les professionnels qu\u2019on a engagés au primaire ou au secondaire leur ont permis de mieux réussir.Donc, là, ils arrivent en masse dans le réseau collégial.Et puis, il n\u2019y a pas de budget vraiment pour ça.Il n\u2019y a pas de professionnels pour les soutenir», note Mario Beauche-min, président de la Eédéra-tion des enseignantes et enseignants de cégeps, affilié à la CSQ.«Quand ce budget n\u2019est pas à la hauteur, bien, habituellement, ce sont les professeurs qui écopent, dit Micheline Thibodeau.Nous, on n\u2019est pas formé pour ça.On n\u2019a pas de diplôme en psychopédagogie.On est des spécialistes de disciplines en enseignement supérieur», rappelle-t-elle.«Il y a eu une augmentation de plus de 300 % de ces étudiants [en situation d\u2019handicap] dans les cinq dernières années, admet Jean Beauchesne.11 nuance que le bond s\u2019explique aussi par le fait que les personnes atteintes d\u2019un certain trouble d\u2019appren-tisage ou d\u2019une maladie mentale, qui ne le déclaraient pas auparavant, sont dorénavant plus informées des services auxquels elles ont droit et s\u2019identifient en conséquence auprès des établissements.«Donc, oui, ça nous préoccupe beaucoup», ajoute-t-il, assurant que la Eédération des cégeps fait de leur intégration l\u2019une de ses cinq grandes priorités pour le réseau collégial.Collaborateur Le Devoir JACQUES GRENIER LE DEVOIR L\u2019inclusion et l\u2019accommodement des étudiants en situation de handicap constituaient un dossier prioritaire avant que n\u2019éclate la grève.SiS'S- JACQUES GRENIER ARCHIVES LE DEVOIR Les professeurs s\u2019inquiètent entre autres pour les nouveairx étudiants qui arrivent du secondaire et qui devront composer avec une session intensive, en plus de s\u2019adapter au rythme collégial.RETOUR EN CLASSE Bouchées doubles pour les cégeps Pendant que les étudiants du collégial concernés par la grève printanière se prononçaient pour ou contre un retour en classe cette semaine, les 14 cégeps touchés se préparaient à une rentrée scolaire et à un automne sur un mode intensif jamais vécu auparavant.Deux sessions compressées où les jours de classe allongés et les travaux supplémentaires seront de mise pour environ 40000 étudiants.CAROLINE RODGERS Selon le régime d\u2019études collégiales, une session normale compte quinze semaines d\u2019activités pédagogiques, ce qui inclut les cours, les travaux personnels et les travaux pratiques.Pour être valide selon les dispositions de la loi 78, la session doit avoir un minimum de douze semaines.«En considérant les semaines déjà complétées dans les collèges avant le début de la grève, nous allons atteindre ces douze semaines pour la session d\u2019hiver 2012 en ajoutant cette période de récupération qui s\u2019étendra jusqu\u2019à la fin de septembre, explique Jean Beauchesne, président-directeur général de la Eé-dération des cégeps.Pour y arriver, des journées plus longues et davantage de travaux personnels pour les étudiants sont prévus, ainsi que des activités additionnelles d\u2019apprentissage concret de type laboratoire.Dans certains collèges, des samedis de cours sont également prévus au calendrier.Les modalités varient d\u2019un cégep à l\u2019autre.» La session de récupération, ayant commencé cette semaine, se terminera à la fin de septembre, sans semaine de lecture.Au début d\u2019octobre, ce sera le début de la session d\u2019automne, dont le calendrier débordera jusqu\u2019en janvier, ce qui décalera le début de la pro- chaine session d\u2019hiver.«Nous allons nous rapprocher davantage de quinze semaines pour la session d\u2019automne, mais en continuant à avoir des mesures de journées allongées», ajoute M.Beauchesne.Le 7 août dernier, une entente de principe a été conclue par le Comité patronal de négociation des collèges (CPNC) et la Eédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (ENEEQ-CSN) pour l\u2019embauche de l\u2019équivalent de 180 enseignants supplémentaires, question de s\u2019assurer que la qualité de l\u2019apprentissage soit la même que pendant une session normale.Chaque collège déterminera les modalités de redistribution des ressources en accord avec son syndicat, et les formules utilisées pourront varier en fonction des besoins, explique M.Beauchesne.«Cela peut prendre la forme d\u2019un encadrement individualisé pour aider les étudiants dont le cheminement scolaire est plus difficile et qui, on ne se le cache pas, auront une pression additionnelle, dit-il.Mais cela peut aussi vouloir dire des groupes moins nombreux.» Micheline Thibodeau, vice-présidente de la ENEEQ-CSN, s\u2019est dite satisfaite de l\u2019entente.«Les conditions d\u2019enseignement et d\u2019apprentissage ne seront pas idéales, mais l\u2019entente va aider à être moins stressé en ce qui concerne la rentrée, car nous disposerons de ressources suffisantes pour permettre l\u2019encadrement adéquat des étudiants, dit-elle.Une des grandes inquiétudes des professeurs concerne les nouveaux étudiants qui arrivent du secondaire, car ce sont eux qui ont le taux d\u2019abandon le plus élevé.Ils ont une grande adaptation à vivre en arrivant au cégep et, cette fois-ci, ils devront le faire dans une session intensive.Il faudra bien les soutenir pour qu\u2019ils commencent du bon pied.» Car tous devront mettre les bouchées doubles: professeurs, étudiants et même le personnel de soutien.«Il n\u2019y a pas NOUVEAU ! LE DEVOIR EN CLASSE Un programme destiné aux professeurs qui souhaitent utiliser les médias comme outil pédagogique.Préparez dès maintenant la prochaine session d'enseignement.Des abonnements de groupes sont disponibles.Aussi à l\u2019adresse suivante : www.ledevoir.com/le-devoir-en-classe de solution de rechange, dit Jean Beauchesne.Il n\u2019y a pas de possibilité de report, c\u2019est la dernière chance.Si les étudiants veulent achever une session afin de ne pas nuire à moyen terme à leur cheminement pour terminer une technique ou aller à l\u2019université par la suite, c\u2019est maintenant que ça se passe, autrement, on devra annuler la session.On partage certaines inquiétudes, mais, si tout le monde met la main à la pâte, ce ne sera pas parfait, mais on va y arriver.» Eliane Laberge, présidente de la EECQ, déplore que la décision du gouvernement de débloquer 18,3 millions pour l\u2019embauche de nouveaux enseignants soit survenue aussi tard.«Nous sommes restés dans l\u2019incertitude pendant tout l\u2019été, comme si ce gouvernement n\u2019accordait pas suffisamment d\u2019importance à la rentrée scolaire et à la bonne reprise des cours, et, à notre avis, cela est dû au fait que ces étudiants ont une opinion politique différente, dit-elle.Ils ont pris des décisions politiques et fait des sacrifices pour s\u2019opposer à la hausse des droits de scolarité.Nous sommes contents qu\u2019on en soit enfin arrivé à une entente, mais nous nous attendons à ce que cela soit extrêmement difficile pour les étudiants d\u2019abattre beaucoup de travail en très peu de temps.On invite les administrations des collèges à augmenter les services aux étudiants, comme les heures de garderie et les services en psychologie, pour s\u2019assurer que la reprise se fasse le mieux possible.» Collaboratrice Le Devoir mÊauges ^ Éhire respecter Agir pour la ^ ^\t^ soctete Détendre nom idées W\tî w m.Partager notre 0 passtOÊ ENSEIGNER! MILITER PROGRESSER Pour plus d'information, contactez-nous à l'adresse courriel suivante : internet-ecole@ledevoir.com Un programme réalisé en partenariat avec la société Les amis du Devoir fneeq FédétxJtion nationale des enseignantes et des ensdgnants du Québec www.fneeq.qc.ca Q FneeqCSN @FneeqCSN CSN http://fneeq.qc.ca "]
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