Le devoir, 15 septembre 2012, Cahier F
[" Javotte, la préCendrillon de Simon ^OvXence Page F 3 Les animaux philosophiques de Baillargeon Page F 7 LIVRES CAHIER F .LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 SEPTEMBRE 2012 ) SOURCE MARC SEGUIN Million Dollar Painting, 2012, huile et fusain sur toile.ARC EG Tragédies hollywoodiennes Marc Séguin Il avait déjà, chose rare au Québec, une carrière marquée et remarquée en arts visuels: ses grandes toiles catastrophes \u2014 églises ravagées, Hitler tagué, avions écrasés \u2014 ont su s\u2019insérer dans les capricieux rouages du marché de l\u2019art.Et voilà qu\u2019en 2009, son premier roman La foi du braconnier gagne l\u2019estime des critiques et lecteurs ainsi que le Prix des collégiens 2010.Entre ses expos \u2014 en solo à New York jusqu\u2019en octobre avec My Century (An Illustrated Guide for Aliens), au Holocaust Museum à Los Angeles en octobre et au Miami Basel en décembre \u2014 il lance Hollywood, nouveau roman, sa tragédie américaine.Rencontre avec un non-croyant de l\u2019American Dream.«Je pense que les gens entrent trop tôt dans des cadres imposés, l.hMHAC; et que je peux arriver avec les tableaux et l\u2019écriture à tordre un peu les structures.» CATHERINE LALONDE Ostie, je peux pas comprendre que le monde vont voir des films d\u2019Hollywood.» Sous le soleil de fin d\u2019été qui plombe sur les épis fous de ses cheveux, Marc Séguin parle comme il pense: dans un flux contagieux, naturel, retournant des questions, détournant l\u2019entrevue en discussion, refusant de poser à L\u2019artiste et ses Vérités.«Ces films sont toujours comme un gros train qui t\u2019arrive dessus, un gros train poche, pas crédible.Le roman joue avec ça, avec le clichés, c\u2019est pour ça que ça s\u2019appelle Holljwood.Hey, j\u2019ai des amis qui vont voir des films d\u2019Hollywood et reviennent en me contant qu\u2019ils ont pogné quelque chose.Come on! C\u2019est pas là que tu pognes quelque chose dans la vie, c\u2019est pas là que ça se passe! J\u2019ai voulu jouer avec ce gros éléphant-là: je ne peux pas faire plus pour te faire accroire des patentes, aller rejoindre le cliché pour te déstabiliser.» Tragégie aux excès de pathos et de fatum holljrwoodien, hyper-drame américain de peu de personnages que ce roman nouveau de Marc Séguin.Le narrateur, amoureux fou de sa Branka survivante aux snipers de Sarajevo, enceinte de lui jusqu\u2019aux oreilles, la voit mourir d\u2019une balle inexplicablement perdue un 24 décembre 2009 à Jersey City.Il sauvera le bébé à l\u2019arraché, avant de fuir dans une course contre sa douleur.Aspirant à sombrer dans le contraire de la mémoire, il plongera plutôt dans une spirale de souvenirs qui deviennent, récit oblige, le chemin presque sacré d\u2019un destin improbable.Il se gardera pour la fin un retournement à la fois subtil et hénaurme.L\u2019histoire est dure: tout y finit, rien n\u2019y recommence.Les ficelles sont grosses.Les coïncidences tragiques s\u2019atomisent sur cinq personnages, façon Wajdi Mouawad où le malheur s\u2019abat de pire en pire sur chacun.On pense au film Magnolia de Paul Thomas Anderson où Los Angeles \u2014 tiens, tiens! \u2014 est réduit à une dizaine de personnages qui vivent tous un drame à l\u2019exact même moment.Hors cadre «Pour décharger l\u2019histoire, j\u2019ai voulu faire gras, précise Marc Séguin.Je pense que c\u2019est une réflexion sur la tragédie humaine, assénée tous les jours, partout, sur cette soif des médias, des films, une soif qui devient une nécessité pour beaucoup de monde \u2014 pour se sentir vivant, il faut vivre un drame, plutôt que de chercher à changer des choses dans sa vie.Je pense que c\u2019est ma conception de l\u2019art, aussi.Si je crée de l\u2019indifférence, fai échoué.Je ne peux pas concevoir que la création soit juste un divertissement.» Il poursuit: «Ça me fait plaisir de défriser du monde.Je pense que les gens entrent trop tôt dans des cadres imposés, et que je peux arriver avec les tableaux et l\u2019écriture à tordre un peu les structures.Mais je suis un grain de sel», conclut-il derrière un verre de chablis.Son narrateur, lui, dirait plutôt «je vous mens à tous et je crois que vous ne le voyez pas.Et vous ne dites rien.On l\u2019accepte.C\u2019est la première règle du jeu.Souvent le masque est aussi, sinon plus, intéressant que le véritable visage du quotidien.J\u2019imagine que c\u2019est pour ça que le théâtre et la fiction existent.Au-delà de soi.De nous.» Marc Séguin a lu avant de se mettre à écrire.Beaucoup.«Je suis plus capable de lire les Français contemporains depuis quelques années.Ils fonctionnent en circuit fermé, ça ne me parle VOIR PAGE F 2 : HOLLYWOODIENNES F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 SEPTEMBRE 2012 LIVRES EN APARTE Une sortie de placard Jean-François Nadeau .X Au temps où, installé à Québec dans le bunker, Lucien Bouchard ne sortait plus, trop occupé peut-être par son besoin pressant de mettre à la retraite nombre d\u2019infirmières, de médecins et de professeurs, puis à superviser la fermeture de délégations du Québec à l\u2019étranger, une photo de lui était parue dans un magazine populaire, le montrant devant une étagère pleine de volumes de la Pléiade, la prestigieuse et coûteuse collection de Gallimard où se trouvent réunis la plupart des grands classiques.Lucien Bouchard n\u2019a jamais caché son affection pour les lettres, du moins pour les lettres bien moulées.11 a témoigné à répétition de sa passion pour l\u2019œuvre de Proust.11 y a quelques mois à peine, on pouvait l\u2019entendre lire en public un extrait des Mémoires d\u2019outre-tombe de Chateaubriand.Certainement un homme de culture, d\u2019une certaine culture.Cette semaine, à l\u2019occasion d\u2019une entrevue avec l\u2019ancien premier ministre pour souligner la parution de ses Lettres à un jeune politicien, la journaliste Anne-Marie Dussault le présentait ainsi à Radio-Canada: «On sait qu\u2019il est un homme de lettres, qu\u2019il a beaucoup lu, qu\u2019il aime écrire.» Après les célèbres Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke, il y aura donc désormais les Lettres à un jeune politicien de Lucien Bouchard.Mais sur la couverture des lettres de Bouchard, on apprend que leur rédaction a été confiée au moins en partie au journaliste Pierre Cayouette.Un «homme de lettres», qui soi-disant «aime écrire» mais qui n\u2019écrit pas ses propres livres, avouez que c\u2019est particulier.Chez lui, boulevard Saint-Joseph à Montréal, Gaston Miron conservait des exemplaires de livres qu\u2019il possédait déjà mais qu\u2019il ne pouvait s\u2019empêcher d\u2019accumuler, au hasard de ses pérégrinations chez les bouquinistes.S\u2019il avait aimé un livre, s\u2019il le jugeait suffisamment important et si, surtout, il pouvait se permettre d\u2019en acheter des exemplaires à petit prix, le poète n\u2019hésitait pas à les stocker, comme il le faisait aussi pour certains vieux numéros de revues.Le Magazine littéraire, Parti pris, etc.11 ne manquait pas non plus de faire provision de dictionnaires et de glossaires du parler des vieux Canadiens.Les livres d\u2019Qscar Dunn, de Sylva Clapin ou de la Société du parler français, sans compter le dictionnaire Bélisle.Autant d\u2019ouvrages de référence dont il s\u2019était délecté à sa façon, heureux comme tout écrivain de remonter le cours du langage pour revenir à la source des sens.Miron rangeait ses doubles dans un simple placard.11 en ouvrait la porte au gré de ses envies de faire des cadeaux à ses visiteurs, leur enjoignant soudain de lire ceci ou cela.Entre bien d\u2019autres livres, Miron appréciait Culture ou mise en condition ?, un recueil de textes de l\u2019écrivain allemand Hans Magnus En-zensberger.Miron craignait-il que je ne lise pas Enzens-berger ?Toujours est-il qu\u2019à quelques mois d\u2019intervalle, il m\u2019offrit deux éditions différentes de Culture ou mise en condition ?.Le message avait ainsi le mérite d\u2019être on ne peut plus clair et appuyé : Nadeau, lis ce livre ! Poète, romancier, essayiste, polyglotte, grand voyageur né en Bavière en 1929, Hans Magnus Enzens,berger est un intellectuel irrévérencieux.Ecrivain prolifique, il constitue la parfaite incarnation de cette mauvaise conscience que cultive une certaine Allemagne dans l\u2019après-guerre.11 s\u2019intéresse à tout, aussi bien aux tueurs et aux dictateurs qu\u2019à l\u2019Union européenne, à la médiocrité ambiante ou aux structures du capitalisme mondialisé.11 a écrit à propos du terrorisme islamique, des mathématiques, du gangstérisme et de la résistance au nazisme, tout en poursuivant une œuvre de poçte.A vrai dire, Enzensberger ne cesse de surprendre.Et cela dure depuis soixante ans.Culture et mise en condition ?fut son premier livre connu en français.C\u2019est le fondateur de La Quinzaine littéraire, l\u2019éditeur Maurice Nadeau, aujourd\u2019hui âgé de 101 ans, qui l\u2019avait repéré et fait traduire au début des années 1960.Depuis, ses livres en traduction française se sont succédé à diverses enseignes.Publié en 2010, Hammerstein ou l\u2019intransigeance, une riche et surprenante biographie, a beaucoup fait parler de lui, à raison, lors de sa parution en 2010.Un livre tout simplement prodigieux où il remonte une complexe histoire familiale emblématique d\u2019une résistance au nazisme.Voici que son premier livre en français vient d\u2019être réédité.Culture et mise en condition ?est repris dans une collection confiée à l\u2019omniprésent Jean-Claude Zylberstein, un homme qui depuis des années constitue à lui seul une véritable mémoire vivante pour des ouvrages importants réputés morts.J\u2019ai souri en voyant le livre, pensant encore à Miron qui réclamait de toute son autorité et de sa voix de stentor que je m\u2019y plonge.Qu\u2019est-ce qui avait tant pu frapper Miron à sa lecture ?L\u2019ouvrage est constitué de divers textes de circonstance.Enzensberger consacre beaucoup d\u2019énergie à démonter certains phénomènes culturels de l\u2019après-guerre avec les armes qui feront sa force : l\u2019histoire, la philosophie, la sociologie et la littérature.11 dissèque d\u2019abord dans ce livre les grands imprimés allemands.La langue employée par la presse de son pays le désespère.11 montre, par une suite d\u2019exemples, comment cette presse amenuise puis homogénéise tout.Même lorsqu\u2019elle prétend faire le contraire.Est-ce si différent ailleurs?Son regard sur la supposée «mission sociale des médias» est décapant.« Cette mission est aujourd\u2019hui, plus ou moins exclusivement, partout la même: perpétuer les rapports de force existants, quelle que soit leur nature.Elle n\u2019a pour objet que d\u2019inculquer une certaine façon de penser, afin de l\u2019exploiter.» Dans ce contexte où la conscience de l\u2019exploitation peut être abolie, il va jusqu\u2019à suggérer que «même le suicide collectif peut être décidé».Son portrait du monde est globalement sombre.Enzensberger croit néanmoins en la fonction réparatrice de la littérature, tout en s\u2019inquiétant des conséquences de sa marchandisation.11 interroge tout.Par exemple la diffusion de la littérature par le livre de poche.Si ce type de livre constitue pour certains une avancée sur le chemin de l\u2019accessibilité de la culture, Enzensberger est de ceux qui estiment au contraire qu\u2019il y a là un malentendu.Le livre de poche tel qu\u2019il le présente correspond d\u2019abord et avant tout à un jeu commercial qui n\u2019a que faire de la culture.La littérature alliée ainsi à l\u2019économie ne conduit qu\u2019à la fabrication de nouvelles marchandises et à de nouvelles formes de spéculation, plaide-t-il.Soutiendrait-il toujours la même chose aujourd\u2019hui?Autre sujet de réflexion dans cet ouvrage : le tourisme.Enzensberger plonge dans l\u2019histoire du tourisme, depuis les premiers voyageurs qui se confondaient avec les marchands en passant par l\u2019histoire inattendue des alpinistes, à qui l\u2019on doit, selon lui, l\u2019engouement moderne du déplacement.Les alpinistes aux origines du voyage ?Qui, affirme Enzensberger.«Le rôle-clé de la position avancée conquise par l\u2019alpinisme repose sur le fait qu\u2019il concrétise avec une netteté particulière l\u2019idéologie romantique du tourisme.» Enzensberger médite aussi sur d\u2019autres «maladies culturelles» de notre temps.11 parle du silence maintenu en littérature au nom de l\u2019harmonie à tout prix, de l\u2019usage de la poésie pour accroître le lustre que se donne le pouvoir en place, et de la nécessité de briser tout cela.«Frappe aussi fort que tu peux», disait Jack Kerouac.C\u2019est ce qu\u2019il fait.La culture est-elle une affaire qui tient à la seule conscience de chacun?Enzensberger montre bien nos dépendances, accrochés que nous sommes à des structures et des schémas mentaux que nous subissons plus qu\u2019autre chose.11 n\u2019en plaide pas moins, d\u2019un bout à l\u2019autre de Culture ou mise en condition ?, pour une autonomie de la littérature, rejetant par exemple l\u2019idée que l\u2019on puisse comprendre des œuvres sur la seule base d\u2019une analyse des positions sociales ou politiques de leur auteur.Une idée parmi d\u2019autres qui devaient tout naturellement beaucoup plaire à Gaston Miron.jfnadeau@ledevoir.com CULTURE OU MISE EN CONDITION?Hans Magnus Enzensberger Les Belles Lettres Paris, 2012, 330 pages Les livres au Canal Savoir Le mardi 25 septembre à 20h30 débute la nouvelle saison des Publications universitaires sur les ondes du Canal Savoir.L\u2019émission à certes un titre assez ennuyeux, mais une animation vivante de Guillaume Lamy permet de découvrir des auteurs et chercheurs dans des entretiens souvent riches et instructifs.La pre- Mathieu Côté mière de cette nouvelle série propose d\u2019entendre le sociologue et chroniqueur au Journal de Montréal Mathieu Bock-Côté.Les émissions antérieures sont disponibles sur le site internet de l\u2019émission.On peut y entendre notamment Méliassa Blais, Nor-Bock- mand Baillargeop, Yvan Lamonde, Eric Martin, Pascale Dufour, et plusieurs autres.www.publications-universitaires.qc.ca/ Le Devoir Triptyque www.tnptyque.qc.ca Èmt: m Après Ce qui s\u2019endigue et La chute du mur, Annie Cloutier, dont les livres sont toujours empreints d\u2019une grande humanité, propose Une belle famille.Danielle Laurin, Le Devoir Annie utier rbifln tptyque ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Son grand choc esthétique, Marc Séguin Va vécu devant un tableau.La Pietà de Tiziano Vecellio, à Venise.«J\u2019ai été soufflé.» HOLLYWOODIENNES SUITE DE LA PAGE E 1 pas, ça ne me dit rien d\u2019aujourd\u2019hui.Je lis beaucoup les américains.J\u2019ai passé un été Joyce Carol Oates.C\u2019est plus ancré, plus territorial.John Updike.Cormac McCarthy, je suis encore bouleversé par La route.Philip Roth.David Foster Wallace.Même si je parle en français, je pense que je reconnais l\u2019américanéité, le continent.» Faire et être 11 a commencé à écrire, dit-il, peut-être pour une mauvaise raison, «parce que j\u2019étais déçu de l\u2019offre, de ce que je lisais.Me semble que ça disait pas là où moi j\u2019étais, ça résonnait pas, y avait pas d\u2019échos, fuck ail.J\u2019ai essayé de le faire, je savais pas, personne m\u2019a jamais dit que j\u2019écrivais bien, mais je savais que je peux faire des phrases complètes dans des courriels.» Cinq ans plus tard, il avait La foi du braconnier entre les mains.Le livre sort en anglais, sur Toronto et New-York, en mars, chez Exile Editions.« Y a vingt-sept éditeurs intéressés par Holljrwood, c\u2019est un mau-susse de coup de pied au cul.» En écriture, il se voit pourtant encore dilettante.En peinture aussi.Jeu de fausse modestie ?«Je peux pas me mettre à la place où je dois comprendre ce que je suis en train de faire.Ça marche pas.C\u2019est l\u2019un ou l\u2019autre.Je me mets dans des dispositions pour que les choses apparaissent.Il faut que j\u2019oublie que je suis artiste, que je vive.Je vis en ostie.J\u2019arrête pas.Ça peut être n\u2019importe quoi: lire, aller à la chasse, courir, aller au Nunavut, m\u2019occuper de mon potager.Je crois aux flashs.Il faut que ça jaillisse, ça déborde et là, comme une éponge, les choses après passent à travers toi, ça dévie, les réflexions rebondissent.» Son grand choc esthétique, il l\u2019a vécu devant un tableau.La Pietà de Tiziano Vecellio, à Venise.«J\u2019ai été soufflé.Obligé de m\u2019asseoir.Hey, je suis un gars de pieds, c\u2019est pas dans mon éducation d\u2019avoir des faiblesses.C\u2019était précieux, ça.» 11 garde un ^and amour de la peinture historique, «celle qui a duré », les Caravage, les Vénétiens, il se voit « ému par les anciens.» Lire dans un bain Ecriture, peinture, estampes.«L\u2019écriture, j\u2019ai capoté sur la portée que ça avait, sur le pouvoir des mots.Le livre a un poids social énorme, il est plus démocratique.Tsé, je connais les règles, je suis pris là-dedans: je suis tombé dans un marché, je vends des tableaux, des objets de luxe, au point où je ne peux plus acheter ce que je fais.Alors que le livre coûte encore 20 $ et que tu peux, avec, toucher les gens chez eux.Cette intimité-là, c\u2019est rare que tu la rencontres dans un musée.J\u2019ai l\u2019impression que le livre est plus direct, que c\u2019est une relation plus franche.Et tu y déploies une histoire dans le temps, aussi.C\u2019est temporel: t\u2019es obligé de commencer au début et d\u2019aller jusqu\u2019à la fin.Par contre, je trouve ça 100000 fois plus sensuel un tableau qu\u2019un livre, le résultat comme le travail.» H a utilisé déjà pour ses toiles, des os carbonisés d\u2019animaux et des cendres humaines.«Il y a quelque chose de très, très physique qui transparaît.Tu peux transformer un tableau, en cinq secondes, du tout au tout.Pas le livre.Si tu regardes un tableau, tu reçois toutes les données en un dixième de secondes.C\u2019est instantané.C\u2019est vraiment un autre langage, ça n\u2019a rien à voir.» Le Devoir HOLLYWOOD Marc Séguin Leméac Montréal, 2012, 160 pages LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 SEPTEMBRE 2012 F 3 LITTERATURE i CHARLA JONES LA PRESSE CANADIENNE En 1992, l\u2019écrivain canadien Michael Ondaatje recevait le Booker Prize pour son roman Le patient anglais.LITTERATURE CANADIENNE Le livre des passages CHRISTIAN DESMEULES Un écrivain, Michael, se souvient de l\u2019époque où il a quitté le Sri Lanka à bord d\u2019un paquebot pour aller rejoindre sa mère, qui vivait depuis quatre ou cinq ans en Angleterre.Tout seul, comme un grand, hormis la présence d\u2019une tante qui le chaperonnait d\u2019un œil distrait depuis le pont de L® classe d\u2019où elle faisait le voyage.Une longue traversée qui prend d\u2019abord la forme d\u2019un espace de liberté entre l\u2019Asie et l\u2019Europe.Vingt et un jours à bord du «premier et unique navire de sa vie».Trois semaines pour rompre les amarres avec File et avec son enfance.Une trajectoire dont l\u2019écrivain se sert comme d\u2019un fil d\u2019or pour lier entre eux des souvenirs plus tardifs de sa vie adulte, qui convergent tous vers cet épisode clé de son existence.Un retour aux sources: «Nous avons tous dans le cœur un vieux nœud que nous souhaitons desserrer et défaire.» Roman semi-autobiographique C\u2019est le chemin qu\u2019emprunte à rebours, lui aussi, l\u2019écrivain canadien Michael Ondaatje {Le patient anglais, Booker Prize en 1992) avec La table des autres, un roman dans lequel il semble puiser, au moins pour l\u2019essentiel, aux sources de sa propre mémoire: au même âge, en 1954, il a accompli un voyage identique.Une fois encore, Ondaatje scrute le grand écart culturel et l\u2019exil.Des thèmes qui nourrissaient Le fantôme d\u2019Anil et La peau du lion \u2014 et qui se retrouvent dans une moindre mesure partout dans son œuvre.Avec son écriture impressionniste, il nous fabrique par petites touches le récit d\u2019un monde perdu.La «table des autres», c\u2019est la table la moins considérée du restaurant, située à l\u2019extrême opposé de celle du commandant de VOronsay, à l\u2019autre bout de la salle \u2014 le titre anglais, The Cat\u2019s Table, paraît plus éloquent.Neuf personnes dépareillées assignées à la «table du chat» : enfants, déman-teleur de bateau, pianiste de bar, orpheline adolescente, tailleur ou discrète célibataire au cœur brisé.Une rupture entre deux mondes Mais la table réunit surtout trois gamins du même âge.qui forment très vite une petite bande qui se donne ses propres règles.Dont celle de faire chaque jour au moins une chose interdite.De leur point d\u2019observation, les adultes sont des êtres mystérieux (et si vieux'') animés de passions incompréhensibles aux yeux d\u2019un gamin de onze ans.Quel était l\u2019avenir de ces gens-là?Quel avait été leur passé ?Chacun d\u2019eux, croyaient les enfants, devait avoir une raison unique et intéressante d\u2019accomplir ce long voyage.Le navire devient leur terrain de jeu, et chaque jour qui passe leur apporte une nouvelle enquête.Mais derrière l\u2019anecdotique et les aventures \u2014 et le spectacle des drames adultes incompris \u2014, La table des autres prend surtout la mesure, dans le regard rétrospectif que pose le narrateur, d\u2019une fracture intérieure négligée.Un rite de passage?Qui et non.Plutôt une longue rupture entre deux mondes : «La vérité, cependant, c\u2019est que nulle grandeur n\u2019a été ajoutée à ma vie, mais qu\u2019il en a été au contraire retranché.» Un monde à jamais perdu, dont le cœur battait au rythme du chant des insectes, du bruit de la pluie fouettant les arbres et de toute une myriade d\u2019odeurs presque palpables au petit matin.Peut-être pas le meilleur roman de Michael Qndaatje, mais une exploration semi-autobiographique subtile du passage obligé hors de l\u2019enfance.LA TABLE DES AUTRES Michael Ondaatje Traduit de l\u2019anglais (Canada) par Michel Lederer Boréal Montréal, 2012, 264 pages En attendant Cendrillon Danielle Laurin Les tourments de l\u2019adolescence.L\u2019amour à sens unique, le sexe à tous les vents.Les fantasmes, les obsessions à répétition.La cruauté crasse.Tout est là, pimenté d\u2019humour noir, porté par une inventivité débordante.Pas de doute, nous sommes bien chez Simon Boulerice.Après Les Jérémiades, il y a deux ans, puis Martine à la plage, adapté de sa pièce du même nom (pièce d\u2019ailleurs reprise, ces jours-ci, au Théâtre Denise-Pelletier), ce jeune trente-naire multidisciplinaire et prolifique signe un troisième roman surprenant.Tout à fait dans la veine des deux premiers, dans le même sillon, le même univers, certes.Mais avec quelque chose en plus.Quelque chose de plus affiné, resserré, maîtrisé.La scène d\u2019ouverture du livre est explosive.Un accident.Un accident d\u2019auto.Dans l\u2019auto : une ado, son père.Il conduit.Elle s\u2019applique du vernis rouge sur les ongles d\u2019orteil, les pieds sur le tableau de bord.Ils se chamaillent gentiment, ils rigolent, complices.Et bang.Le père n\u2019en sortira pas indemne.La fille aura les pieds broyés.Ces pieds-là, qui étaient trop grands déjà, vont prendre des proportions inattendues.Pas du tout sexy, comme look.Difficile de séduire dans ces conditions.Surtout si en plus, on a un physique plutôt quelconque, pour ne pas dire ingrat.(?\u2019est la jeune fille qui raconte.Elle a 16 ans, bientôt 17.Elle n\u2019a plus de père, ce père qu\u2019elle aimait tant, qui l\u2019aimait tant, que faire?«Mon père est mort, alors ma vie ne pourra être qu\u2019un gâchis.» Elle a une mère froide, absente, marâtre à ses heures.Et une sœur, Anastasie, plus jeune, naïve, docile, qu\u2019elle prend plaisir à dominer, qu\u2019elle utilise comme déversoir de sa peine, de sa colère, de son mal-être.Sa sœur: son souffre-douleur.Elle a une amie.Une fausse amie.Carolanne.Qu\u2019elle trouve chiante comme tout.Qu\u2019elle jalouse.Qu\u2019elle rêve -Y JACQUES GRENIER LE DEVOIR Simon Boulerice présente son 3® roman, alors que l\u2019adaptation de son second livre, Martine à la plage, est présentée ces jours-ci au Théâtre Denise-Pelletier.d\u2019étrangler, de mordre, de grif fer.Normal: c\u2019est la plus belle fdle de l\u2019école.Elle un voisin beau comme un dieu.Un sportif au corps parfait.Un gars de son âge.Sur lequel elle fantasme jour et nuit.Mais qui ne daigne pas la regarder, qui n\u2019a d\u2019yeux que pour la belle Carolanne.Elle va se venger, à sa façon.Ce sera complètement tordu.Et jouissif.Dans tous les sens du terme.Bye-bye virginité, bonjour lubricité.Mais attention, danger, le VIH rôde.Entre-temps, il y a le bal des dans la parodie.Dans la dérision.Mais aussi dans le désespoir sans nom d\u2019une jeune fille qui lutte pour trouver sa place dans une société du paraître, du superficiel, de la beauté plastique.Une jeune fille mal aimée, qui, pour se sentir vivante, ne trouve pas d\u2019autre porte de sortie que la cruauté.Et le sexe débridé.Nous sommes dans le tragi-comique, en fait.Tout cela est fort bon.Ça grince, ça pince, ça chatouille, ça pétille.C\u2019est rytbmé, plein de rebondissements.Jusqu\u2019à la fin.Nous sommes ici dans le désespoir sans nom d\u2019une jeune fille qui lutte pour ttouver sa place dans une société du paraître, du superficiel, de la beauté plastique finissants.Et personne pour accompagner notre héroïne aux grands pieds.A moins qu\u2019elle se présente avec une fille au bras?Tout pour se faire remarquer.Et retrouver sa dignité.Malgré un torticolis persistant.« Je suis unique.Qui d\u2019autre que moi pour me présenter en robe verte de princesse vintage avec un sac magique mauve autour du cou pour son bal de fin de secondaire ?Personne.Que moi.» Ce n\u2019est pas tout.Ajoutez à cela des chaussures en fourrure d\u2019écureuil, qui mettent bien en évidence les grands pieds de la demoiselle, et vous aurez le portrait d\u2019ensemble.Pathétique.Bien sûr, nous sommes Étonnante, la fin.Inattendue.Qu pourrait se contenter de lire ce roman à la lettre.Et ce serait déjà beaucoup.Mais on se priverait de tout le sous-texte.C\u2019est-à-dire, les clins d\u2019œil judicieux, savoureux, constants, pas toujours évidents, plus clairs vers la fin.au conte de Cepdrillon.A rebours, pourtant, on se dit que le titre du roman, à lui seul, est un indice : Javotte.Drôle de prénom, n\u2019est-ce pas?Ça ne vous dit rien?C\u2019est la méchante demi-sœur de Cendrillon dans le conte de Perrault.Et la sœur de Javotte s\u2019appelle bel et bien Anastasie.On pourrait relever toutes les références plus ou moins évidentes.Concernant la mère marâtre.Ou encore les souliers de vair.Le bal.Ainsi de suite.Brillant, vraiment.Le plus fascinant dans tout cela, c\u2019est que le roman de Simon Boulerice finit là où le conte de fées de notre enfance commence.C\u2019est une sorte de pré-Cendrillon.Qui met en lumière le passé des protagonistes, du moins des deux sœurs acariâtres, laides, et de leur mère froide, hypocrite, profiteuse.Cela éclaire le comportement qu\u2019elles vont adopter, leur méchanceté, leur cruauté à venir, à l\u2019égard de celle qui deviendra leur esclave domestique.On serait bien curieux, maintenant, de lire la suite de Javotte.C\u2019est-à-dire la version moderne, tordue, incisive, crue, pour adultes avertis, de Cendrillon.Signée Simon Boulerice.JAVOTTE Simon Boulerice Leméac Montréal, 2012, 184 pages Collaborateur Le Devoir Présentement en librairie FR-W IM V i\tt\\ Lus CHKRCIIEURS [l\u2019.AUiir.Francisca Gagnon Les chercheurs d'aube nouvelles Une jeune auteure talentueuse à découvrir DISTRIBUTION : DIMEDIA INC.Courriel : general@dimedia.qc.ca Site Internet: www.dimedia.qc.ca l: evesque éditeur |3 tl^Gaspard\" LE DEVOIR ^ JTalmarès\t\t \t\tDn 3 an 9 septembre 2012\t \t\t \t\t Romans québécois\t\t 1 Malphas \u2022 Tome 2 Torture, luxure et lecture\tPatrick Senécal/Alire\t1/3 2 Je me souviens\tMartin Michaud/Goélette\t-n 3 Les sœurs Beaudiv * Tome 1 Evelyne et Sarah\tMicheline Dalpé/Goélette\t4/4 4 Révélation brutale\tLouise Penny/Flammarion Qc\t3/4 5 Mémoires d'un Quartier \u2022 Tome 12 Adrien, la suite\tLouise Tremblav-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean 2/3\t 6 La chasse est ouverte\tChrystlne Broulllet/Courte échelle\t5/13 7 Un homme sans allégeance\tJean-Pierre Charland/Hurtubise\t-n 8 Malohas \u2022 Tome 1 Le cas des casiers carnassiers\tPatrick Senécal/Alire\t7/3 9 Volte-face et malaises\tRafaéle Genmaln/LIbre Expression\t6/25 10 Souvenirs de la banlieue * Tome 2 Michel\tRosette Laberge/Éditeurs réunis\t-n Romans étrangers\t\t 1 Les sœurs Andreas\tEleanor Brown/Marabout\t1/5 2 7 ans après.\tGuillaume Musso/XO\t3/22 3 Les partenaires\tJohn Grisham/Robert Laffont\t4/g 4 Les années perdues\tMary Higgins Clark/Albin Michel\t5/6 5 La sirène\tCamilla Lâckberg/Actes Sud\t2/4 6 Les hères Sisters\tPatrick DeWitt/Alto\t-n 7 La liste de mes envies\tGrégoire Delacourt/Lattès\t-n 8 Lété de la deuxième chance\tElin Hilderbrand/Lattès\tm 9 Les dix enfants aue madame Ming n'a lamais eus\tÉric-Emmanuel Schmitt/Albin Michel\t-n 10 Lembellie\tAudur Aira Olafsdottir/Zulma\t-n '^Essais québécois\t\t 1 Carré rouge.Le ras-le-bol du Québec en 150 photos\tJacgues Nadeau I Jacgues Parizeau/FIdes\t1/3 2 Le mal du pays.Chronlgues 2007-2012\tLise Payette/Lux\t6/5 3 Le gouvernement invisible\tDominic Champagne/Téte première\t-n 4 La juste part\tDavid Robichaud 1 Patrick Tumnel/Atelier 10\t3/10 5 Les clés de la Malson-Blanche.Sexe, fric et vote\tRichard Hétu I Alexandre Sirois/La Presse\t-n 6 Notre indépendance.28 Québécois s'expriment\tCollectif/Alain Stanké\t2/4 7 La cohabitation des générations\tJosée Garceau/La Presse\t-n 8 Comment mettre la droite K.O.en 15 arguments\tJean-François Lisée/Alain Stanké\t4/10 9 De colère et d'espoir\tFrançoise David/Écosociété\t-n 10 Le souffle de la jeunesse\tCollectif/Écosociété\t-n '^Essais étrangers\t\t 1 Une histoire populaire de l'humanité\tChris Hamran/Boréal\t2/2 2 Là question du séparatisme.L£ combat du Québec pour la souveraineté\tJane Jacobs/VLB\t4/2 3 Les Strauss-Kahn\tRaphaèle Bacguè I Ariane Chemin/Albin Michel\t8/5 4 Poumuoi les crises reviennent toujours\tPaul R.Knjgman/Seuil\t6/3 5 Les lois fondamentales de la stupidité humaine\tCarlo M.CIpolla/PUF\t3/4 6 La pensée de Dieu\tIgor Bogdanov I Grichka Bogdanov/Grasset\t5/5 7 Le prix à p^r.Comment le coût de chaque chose influe sur nos vies\tEduardo Porter/Transcontinental\t1/2 8 Indnnés! D'Athènes b \\AU Street échos d'une insurrection des consciences Contretemps/Zones\t\t-n 9 Comment sortir de la religion\tAbdennour Bidar/Empècheurs de penser en rond\t-n 10 Le combat continue.Résister à la mafia et à la corruption\tRoberto Saviano/Robert Laffont\t-n Ui BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est pmpiidtaiie du s^me d'inibnnation et d'analyse üspn/ sur les sentes de llvies français au Canada.Ce palmarès est extrait de tsspàil et est constitrié des relevés de caisse de Z15 pdnis de venta La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoire canadien pour le projet fiirçian/.© BTLF, iDulB reproduction totale ou partielle est interdita QUÉBÉCOR présente le 28^ Festival Internatjonal \u2018\u2018''° Poésie UPéFLACBTOOT :-Denys Gameau BU 28 SEPTEMBRE AU 7 OCTOBRE 2012 IVIERES' Kepaf-poéfie (Kéfervationf recommandées) Au Four à bois Bistro l'Ancêtre Café Bar Zénob Café Le Bucafin Circo Pâtes et Passion Le Lupin Dîner-poésie : 12 h - 29 sept, et 1 \u201c au 6 oct.Souper-poésie : 18 h 30 - r' au 4 oct.Souper-poésie : 17 h 30 et 20 h - 29 sept., 5 et 6 oct.Souper-poésie : 18 h - 2 et 3 oct.Pique-nique-poésie: 12 h - 29 sept, au 7 oct.Dîner-poésie : 12 h -1 au 5 oct.Souper-poésie : 18 h - 3 au 6 oct.Dîner-poésie : 12 h - 2 au 5 oct.Souper-poésie : 18 h 30 - 29, 30 sept, et 2 au 7 oct.Le Manoir Dîner-poésie : 12 h - 29 et 30 sept., 5,6 et 7 oct.\u2022 ¦\t\"¦\t\"\tt.,5,4,-\t-\t¦ Olive & Papaye Le Rouge vin Le Sacristain Le St-Gemain Bistro Le Troquet (Hôtel Delta) Maison de la culture Souper-poésie : 18 h - 30 sept., 3,4, 5 et 7 oct.Dîner-poésie : 12 h -1 au 5 oct.Souper-poésie : 18 h 30 - 30 sept., 1\u201c 3,4 et 7 oct.Tartines et poésie : 9 h -1®' au 5 oct.Brunch-poesie : 10 h - 30 sept, et 6 oct.Souper-poésie : 18 h -1®' et 4 oct.Tapas et poésie : 18 h - 5 oct.Souper-poésie : 18 h - 29 sept, au 7 oct.Souper-poésie : 18 h 30 - 29 sept., 5 et 7 oct.Dîner-poésie : 12 h - 29 sept, au 6 oct.Ateliers â écriture Café Morgane Rendez-vous avec un poète! 15 h - 29 et 30 sept, et 4 au 7 oct.19 h 30 - 29 et 30 sept, et 3 au 7 oct.Réservations 24 h à l'avance / 819 448-4463 Le Sacristain Atelier-bistro 15h-2,3et4oct.Musée des Ursulines Poésie ludique 13 h 30 - 29 et 30 sept, et 3 au 7 oct.Maison de la culture Atelier d'écriture-poésie 15 h 30-29 et 30 sept, et 2 au 7 oct.Moments éourmands Café Morg[ane - Muffins et poésie : 11 h - 30 sept, et 7 oct.Librairie ClémentTVIorin Signature poète : 12 h - 30 sept, et 7 oct.Hôtel Delta - Bar l'Hexagone Mignardises et poésie : 16 h - 6 et 7 oct.Nys Pâtissier Pause-poésie : 10 h - 4 et 5 oct.Goûter-poésie : 16 h - 29 sept., 2 au 5 oct.r/J oeste Hôtel Delta - Bar l'Hexagone Apéro-poésie : 17 h - 4 et 5 oct.Café Bar Zénob Apéro-poésie : 17 h - 29 sept, au 7 oct.Maison de la culture Apéro-poésie : 17 h - 29 sept, au 5 oct.L'Embuscade Café Galerie Scotch et poésie : 15 h - 29 et 30 sept, et 2 au 7 oct.Pouces lectures Café Bar Zénob 19 h - 29 et 30 sept.20 h 30 et 23 h - 28 sept, au 7 oct.Café Morgane - 15 h - 29 sept, au 6 oct.LibrairieClémeniMorin 19h30-29sept.au5oct.Église Saint-James 17 h - 29 sept, et 6 oct.Poèmes en langue anglaise : 15 h 30 - 5 oct.>aint~Penvs (rameau La poésie de Valérie et Salle J.-A.Thompson Saint-Denys avec l'OSTR Samedi 29 sept, à 20 h Hommage jazz et poésie Salle Anaïs-Allard-Rousseau/Maison de la culture D.Lessard et W.McQuade Vendredi 5 oct.à 20 h Sur les pas de Saint-Denys Salle Louis-Philippe-Poisson/Maison de la culture Table ronde Samedi 6 oct.à 10 h Ciné-poésie Ciné-Campus/Séminaire Saint-Joseph Saint-Denys Garneau Mardi 2 oct.à 19 h 30 Foètes invités Prix de poésie Grand Prix Québécor du Festival International de la Poésie-2012 Prix Estuaire-Bistro Leméac - 2012 DE BELLEFEUILLE, Normand Prix Piché de poésie UQTR-2012 GEOFFROY, Marco Finaliste - Prix Piché de poésie UQTR-2012 MARCOTTE, Josée Prix Félix-Antoine-Savard de poésie-2012 QUINN, Judy Prix Jean-Lafrenière/Zénob-2012 GUERRETTE, François Prix lnt.de Poésie Antonio Viccaro-2012 COULMIN, Françoise (France) Prix Gatien-Lapointe-Jaime-Sabines-2012 DAOUST, Jean-Paul Gouverneur Général du Canada-2011 DUPRÉ, Louise Prix Radio-Canada 2012 À venir Prix Alain-Grandbois-2011 DAVID, Carole Prix ANEL-AQPF de poésie-2011 GUILLOTON, Noëlle Bol rse Hector-de-Sai nt-Denys-Ga meau-2011 NICOLAS, Sylvie I Prix Athanase-Oavid 2011 DES ROSIERS, Joël (Halti/Québec) Prix Littéraire Le Droit-poésie 2011 CÔTÉ, Michel Prix Littéraire Le Droit-poésie 2012 LACELLE, Andrée (Ontario) I Prix Trillium de poésie 2012 LAMONTAGNE, Sonia (Ontario) 2» 2» 30 1 2 3 4 5 6 7 Poètes québécois 47 48 49 50 51 28 29 30 1 2 3 4 5 6 7 \t\t1\t\t\t\t\t\t\t\t R BEAULIEU, Germaine\t\t\t\t*\t*\t*\t\t\t\t [H BERNIER, Mélina\t\t\t\t\tit\tit\t*\t\t\t Rj BESSETTE, Carl\t\t\t\t\t\t\t*\t*\tk\t M BIENVENUE, Yvan\t*\t*\t*\t*\t\t\t\t\t\t BLANCHET, Michèle\t*\t*\t*\t*\t\t\t\t\t\t R BOUCHER, France\t\t\t\t\t\t\t*\t*\tit\t H BOULERICE, Simon\t\t\t\t\t\t\t*\t*\tk\t Sj CAMPEAU, Sylvain\t\t\t\t\t\t\t*\tk\tk\t CHAMBERLAND, Paul\t\t\t\t\t\t\t\t\tk\t M COMTOIS, Marie-Ève\t\t*\t*\t*\t\t\t\t\t\t Bj COULOMBE, Jean\t*\tit\t\t\t\t\t\t\t\t ^ D\u2019ALFONSO, Antonio\t\tit\t*\t*\t\t\t\t\t\t S D\u2019AMOUR, Stéphane\t\tit\tit\t*\t\t\t\t\t\t ^ DORION, Hélène\t\t\t\t\t\t\t\t\tk\t 3 DOYON, Paule\t\t\t\t\t\t\t¦k\tk\t\t Q DUMAIS, Isabelle\t\t*\t\t\tit\t\t\t\t\t Q DUPUIS, Jean-Philippe\t\t\t\t\t*\t*\tit\t\t\t m ELICIERY, Rose\t*\t*\t\t\t\t\t\t\t\t H FORGET, Danielle\t\t\t\t*\t*\t\t\t\t\t GAUDET-LABINE, Isabelle\t\t\t\t\t\t\t*\tk\tit\t ^ GAUDREAU, Jean-Pierre\t\t\t\t\t\t\t\tk\tk\t* \t\t\t\t\t\t\tit\tk\tk\t c2*l oAY, Mien©!\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t ^ GIROUX, Robert\t\t\t\t\t\t\t\tk\tk\tk KLANG, Gary\t\t\t\t\t\t*\tit\tk\t\t MALENFANT, Paul Chanel\t\t\t\t\t\t\t\t\tk\t [H MARTEL, Émile\t\t\tit\tit\t*\t*\tit\tk\tk\t* [H MC MURRAY, Line\t\t\t\t\t\t\t\tk\tk\t PALMIERI, Christine\t\t*\t*\t*\t\t\t\t\t\t fflpiCA\t\t\t\t\t\t\t\tk\tk\t* jg PLEAU, Michel\t\t\t*\t*\t\t*\t*\t*\tk\tk\t* \t\t\t\t\tB\tB\ta\tB\ta\t it 1t * it * RÉGIMBALD, Diane ROBERGE, Émile RUIZ, Hector SIMARD, Emmanuel TRUDEL, Alexandre it it it it Poètes canadiens BRAND, Dionne (Ontario) CHAMPEAU, Nicole V, (Ontario) CLAER, José (Ontario) COMEAU, Fredric Gary (N-Brunswidt/Ouëbec) CONNELLY Karen (Ontario) COOK, Margaret Michèle (Ontario) DALLAIRE, Michel (Onatrio) DUMONT, Marilyn (Alberta) HALL, Phil (Ontario) LANGLOIS, Dominic (N-Brunswick) LEBLANC, Raymond Guy (N-Srunswicio ROBICHAUD, Gabriel (N-Brunswick) THÉRIEN, Michel (Ontario) TSIANG, Sarah Yi-Mei (Ontario) 28 29 30 1 2 3 4 5 6 7 Poètes internationaux ALVARADO, Javier (Panama) BRACONIECKI, Kazimierz (Pologne) CASTERA, Georges (Haïti) CHEGENI, Jaleh (Iran/France) CLANCIER, Sylvestre (France) DANTINNE, Alain (Wallonie-Belgique) DE AGUINAGA, Luis Vicente (Mexique) FONSECA, Aleilton (Brésil) GOMEZ, Giovanny (Colombie) GUEVARA G., Otoniel (San Salvador) KALDMAA, Kâtiin (Estonie) KATUNARIC, Drazen (Croatie) LINDNER, Erik (Pays-Bas) MAGNÈS, Claire-Anne (Wallonie-Belgique) MENDIOLA, Victor (Mexique) OR, Amir (Israel) PALSSON, SIgurdur (Islande) PAREDES, Rigoberto (Honduras) POBLÈTE, Pablo (France/Chili) POPESCU, Simona (Roumanie) REDONDO, Victor (Argentine) RUHAUD, Étienne (France) TORNER, Carles (Catalogne/Espagne) WATSON, John (Australie) ZAKHAROV, Vladimir (Russie) 28 29 30 1 2 3 4 5 6 7 28 29 30 1 2 3 4 5 6 7 Procurez-vous notre programmation complète chez tous les hôtes du Festival ou au www.fiptr.com.Info-Festival : 819 379-9813 ÙKANPE SOIKÉB OUBBBCOK PB LA FOBSIB Samedi 6 octobre 20 h 25 poètes sur scène à la Maison de la culture.Prix 15 $ taxes incluses.Réservations billetterie de la salle J.-A.-Thompson : 819 380-9797 ou billetterie@v5r.net ou 1 866 416-9797 (sans frais).^ I\tE3 Québec ra o I4>l Patrimoine Canadian canadien Heritage Canada Conseil des arts Canada Council du Canada\tfor the Arts prix littéraires , , , rrÊM _ du gouverneur general olmOlj O la francophonie ORGANISATION INTERNATIONALE DE J3ELTA \u201d.¥jll!s-Rl¥IÈKES -ÏW'TEL BT CSfTEi Ljup-r^ Savoir.Surprendre.LE DEVOIR 4 Libre de penser GOUVERNEUR HÔTEL TROIS-RIVIÈRES TRDIS-RIVIERES VILLE u'HiSTOIRE CULTURE LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 SEPTEMBRE 2012 F 5 LITTERATURE Lettres francophones Scènes de la vie coigugale LISE GAUVIN Le titre, déjà, est une énigme.D\u2019emblée, le lecteur soupçonne qu\u2019il cache un piège.Ou, à tout le moins, une intention ironique.Ce lecteur, qui a l\u2019habitude de fréquenter les romans, sait qu\u2019on ne fait pas de la bonne littérature avec de bons sentiments.Gide a résumé par cette formule ce que chacun avait compris d\u2019instinct.Dans le titre de Ben Jelloun, Le bonheur conjugal, on perçoit une question plus qu\u2019une promesse.Le livre raconte l\u2019histoire d\u2019un peintre célèbre, devenu paraplégique à la suite d\u2019un AVC, qui profite de son immobilisme forcé pour revoir les grandes étapes de sa vie de couple.Une vie sans relief, abstraction faite des disputes et des incompréhensions qui, au fil des années, n\u2019ont cessé de s\u2019accumuler entre les conjoints., Quelles en sont les causes ?A plusieurs reprises, il est question des différences de classe et de culture qui séparent les époux, bien qu\u2019ils soient tous deux d\u2019origine marocaine.Mais la différence fondamentale, soulignée par les épigraphes au début de chaque chapitre, est celle qui oppose les sexes en une sorte de conflit permanent et irrémédiable.D\u2019où ces scènes de la vie conjugale placées sous l\u2019ombre tutélaire de Bergman et de Bunuel.Le mari, comme celui de Bergman, pourrait résumer son parcours dans cette phrase : «J\u2019ai en moi des capacités d\u2019amour, mais c\u2019est comme si elles étaient enfouies dans une pièce close.» Entre l\u2019autojustification et le réquisitoire, la première partie du roman dresse un portrait en négatif de celle qui partage la vie du peintre, sorte de mégère accomplie poussant l\u2019odieux jusqu\u2019à rendre leur divorce impossible.Quelques rares moments de complicité traversent pourtant le récit.Pas plus que les bons sentiments, les mauvais ne font pas nécessairement de la bonne littérature aussitôt neutralisés par de nouvelles mésententes.Le peintre, qui jamais ne remet en question ses propres aventures sentimentales et fait preuve d\u2019une mauvaise foi exemplaire, se déclare « séquestré» dans une relation sans issue.Le point de vue, on l\u2019aura compris, est exclusivement celui du mâle incompris, un artiste victime de l\u2019éternel fé-minin, amoureux des femmes qui passent, mais menacé dans sa propre vie par la présence envahissante de son épouse.La charge risquerait de devenir monotone si elle n\u2019était contrebalancée, dans le dernier tiers du livre, par le témoignage de la femme qui prend la parole et donne sa version des faits.Elle a découvert le manuscrit l\u2019incriminant, rédigé par l\u2019ami écrivain auquel le peintre s\u2019est confié, et elle entreprend de se disculper.La lecture du texte lui donne une énergie qu\u2019elle ne soupçonnait pas.Elle décrit alors celui qu\u2019elle juge mesquin, égoïste et hypocrite et médite une vengeance aussi cruelle qu\u2019inattendue.Pas plus que les bons sentiments, les mauvais ne font pas nécessairement de la bonne littérature.Ben Jelloun, dont l\u2019astuce a consisté à présenter deux points de vue opposés de la même situation, aurait pu mieux rééquilibrer le roman de façon à donner au témoignage de la femme une importance équivalente à celui de l\u2019homme.11 aurait alors appartenu au lecteur de déterminer l\u2019issue du procès intenté par l\u2019un et l\u2019autre des conjoints.Le bonheur conjugal auquel renvoie le roman est tout au plus un bonheur d\u2019occasion, fugitif et illusoire, contrarié par des malentendus sans fin.Collaboratrice Le Devoir LE BONHEUR CONJUGAL TaharBen Jelloun Gallimard Paris, 2012, 329 pages MARTIN BUREAU AGENCE ERANCE-PRESSE Tahar Ben Jelloun aurait pu mieux rééquilibrer son roman de façon à donner au témoignage de la femme une importance équivalente à celui de l\u2019homme.Errances indiennes Les mots et le voyage ont toujours été au cœur de l\u2019univers de Myriam Bouchard.First Class, son premier roman, vient conjuguer et célébrer ces deux passions.SUZANNE GIGUERE L> Inde.Démesurée, exces-' sive, parfois traumatisante, toujours fascinante et magique.Dans First Class, Mariel part dans ce pays taillé aux dimensions d\u2019un continent, la tête imprégnée de légendes et de contes hindous.Elle rêve de rencontrer le gourou qui l\u2019aidera à affronter ses quatre vérités et lui enseignera le détachement.Elle parcourt toute la côte estjusqu\u2019à Madras.Etourdie par le va-et-vient frénétique des foules, le foisonnement des mythes et des dieux, l\u2019omniprésence à chaque instant de la religion et de la spiritualité, elle essaie en vain de réaliser ce qu\u2019elle est en train de vivre.« Un seul mot arrivait à franchir le seuil de mon entendement: trop.» Là plus qu\u2019ailleurs, et de manière plus spectaculaire, la misère l\u2019interpelle : «Étrangement celui qui avait honte n\u2019était pas le fou qui allait nu en hurlant comme un diable, ni l\u2019amputé en lambeaux qui avait recours à une perche pour avancer, ni le lépreux qui faisait rôtir ses \u201cchapatis\u201d (pain traditionnel indien) sur un feu à même le trottoir: c\u2019était le riche qui se voyait obligé d\u2019être conduit à travers ce véritable paradis de l\u2019indigence et de la maladie.» Dans ce récit vivant, documenté, rinde est saisie dans la fraîcheur de l\u2019instant Après une suite pleine d\u2019imprévus, faite d\u2019attente fébrile, d\u2019exultation et d\u2019identité qui vacille, ses pérégrinations la mènent jusqu\u2019à la source du sacré, l\u2019île d\u2019Qmkareswar.Mariel s\u2019installe dans l\u2019ashram, devient la cheli (disciple au féminin) de Guruji, maître spirituel septuagénaire qui lui enseigne le yoga, l\u2019hindi, les mantras, la philosophie hindoue et le sanskrit.Une complicité profonde lie les deux êtres.Ils font le pèlerinage de Kumbh Mêla, le plus grand rassemblement religieux du monde.Puis l\u2019histoire bascule.Un sâdhu d\u2019origine italienne jalouse l\u2019attachement du maître pour Ma-riel.L\u2019aventure se poursuit à trois, devient lieu de désenchantement, de perdition et de résurrection pour la narratrice.Ce rendez-vous avec la terre indienne et avec elle-même a développé en elle le goût de l\u2019écriture.First Class devient le récit que nous avons entre les mains.Dans ce récit vivant, documenté, l\u2019Inde est saisie dans la fraîcheur de l\u2019instant par la plume de l\u2019écrivaine-voya-geuse.Elle peint littéralement de petits tableaux indiens, ici un arc-en-ciel aux couleurs de saris chatoyants, là ces décors parfois suspendus au bord de l\u2019irréel.Dans un style oscillant entre légèreté et gravité, First Class s\u2019inspire d\u2019aventures vé- cues où l\u2019auteure prend plaisir à entremêler réalité et fiction, le désordre flamboyant de l\u2019Inde, sa multitude \u2014 religieuse, culturelle, historique \u2014 au paradoxe des Qcciden-taux qui partent en Inde dans le but de combler un besoin spirituel alors que la spiritualité plurimillénaire de ce pays échappe à tous leurs critères d\u2019analyse.Tout en portant sur l\u2019Inde un regard amoureux, l\u2019auteure tord le cou à de nombreux clichés sur les gourous et les ashrams.Que nous apprennent sur nous-mêmes ces expériences de voyage qui transforment en profondeur notre vision du monde?C\u2019est au final la question que First Class soulève.Collaboratrice Le Devoir FIRST CLASS Myriam Bouchard Éditions Sémaphore Montréal, 2012, 154 pages L'irt,! Cltiss Les secrets d\u2019un métier, le feu sacré d\u2019une profession m .* lettres a A paraître dans la collection : Lettres à un jeune chef Lettres à une jeune journaliste Lettres à un jeune policier editionsvlb.com vlb éditeur Une société de Québécor Média Albert Adam IN VINO VERITAS La science du vin pour amateurs éclairés üuylaine Beaudry Isabelle Tremblay Le bonheur au féminin S transes narradw^ di» romandtrej Lumiénis Ub PicBset da runlvcnttt de M Albert Adam In vino veritas.La science du vin pour amateurs éclairés « On y apprend des choses fascinantes! » - Catherine Perrin Martine Béland Kulturkritik et philosophie thérapeutique chez le jeune Nietzsche La civilisation comme maladie Guylaine Beaudry Profession bibliothécaire Accès pour tous à l\u2019information et à la culture Karine Cellard Leçons de littérature.Un siècle de manuels scolaires au Québec «Un excellent observatoire pour suivre l\u2019évolution de la littérature nationale.» - Voix et images Prix Gabrielle-Roy 2012 Isabelle Tremblay Le bonheur au féminin.Stratégies narratives des romancières des Lumières D\u2019une troublante actualité Jean-François Vallée, Jean Klucinskas et Gilles Dupuis (dir.) Transmédiations.Traversées culturelles de la modernité tardive Notre ère bigarrée.Martine Béland Kulturkritik et philosophie thérapeutique chez le jeune Nietzsche K Presses de l'Universrté de Montréal KARINE CELLARD Leçons de littérature Un siecle de manuels scolaires au Quebec K Presses de runhrersité de Montréal TRANS MÉDIATIONS TRAVERSEES CULTURELLES DE LA MODERNITE TARDIVE Sons la dirKIion de/can François VMe /eon KliKinskos el Gilles Dupuis Les Presses de I Université de Montréal EM 50 ans Livres aussi disponibles en version numérique www.pum.umontreal.ca Presses de l'Université det Montréal 4 F 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 SEPTEMBRE 2012 LITTERATÜIIE Alice au pays des merveilles Louis Hamelin n 1974, une nouvelle Dorothée donna à la culture étasunienne un conte de fées mieux accordé aux temps troublés que traversait la nation : Patty la braqueuse et ses épouvantails.Sexe, cocktails Molotov et politique radicale.L\u2019enlèvement de Patricia Hearst, fdle d\u2019un magnat de la presse, et son apparent retournement par une curieuse créature idéologique appelée Armée de libération symbionaise, font partie de la légende des wild seventies au même titre que les communes, le Watergate et la baignoire de Jim Morrison.Un quart de siècle avant l\u2019invention de l\u2019information continue, la somptueuse propriété californienne des Hearst se retrouva assiégée par le premier de ces cirques de presse dont les campements hérissés d\u2019antennes et de fils sont aujourd\u2019hui la poutine habituelle des bébés de CNN.Patty Hearst (nom de combattante: Tania), c\u2019était un coup de pied dans les couilles du rêve américain, la luge du Citoyen Kane qui, hors de contrôle, capote après une folle descente aux enfers artificiels.Tania semblait incarner cet axiome de Marcuse : «La prospérité d\u2019une société donnée n\u2019atténue en rien la nécessité de s\u2019en libérer.» Un quasi-inconnu au bataillon s\u2019est donné pour tâche l\u2019ambitieuse reconstitution romanesque de ce subureux conte révolutionnaire, moins pour essayer d\u2019en éclairer le sens politique profond, peut-être, que pour tenter d\u2019y saisir l\u2019esprit même d\u2019un siècle américain ayant fait de la célébrité la suprême valeur.Une célébrité dont on peut penser qu\u2019elle échappait encore à Christopher Sorrentino lorsqu\u2019il a décidé de plonger dans la saga Cette «arrogance absolue», c\u2019est peut-être celle qu\u2019il faut au romancier pour s\u2019attaquer à un sujet aussi riche Patty Hearst, pour refaire surface au bout de dix ans.Né d\u2019un père écrivain postmoderne (Gilbert), il était, avant Trance (la version originale parue en 2005), l\u2019auteur d\u2019un seul livre, jamais encore traduit et que sa rubrique Wiki-pédia décrit comme «rigoureusement formel».Gageons qu\u2019en embrassant une palpitante tranche d\u2019histoire contemporaine, il a voulu, sans renoncer aux prestiges de la métafiction, viser un lectorat un peu plus large que les «3000 vrais lecteurs de romans» décrits un jour par Philip Roth.De ce point de vue, au moins, l\u2019opération semble parfaitement réussie.D\u2019emblée, Sorrentino nous plonge dans l\u2019action.On est avec Tania dans une fourgonnette garée devant la boutique de sports où un de ses complices vient de se faire pincer en tentant de voler une cartouchière.Tania, pour couvrir sa fuite, vide le chargeur d\u2019une mitraillette sur la façade de l\u2019établissement.C\u2019est le début d\u2019un enchaînement de péripéties qui, de planque en planque, de plan de visage pâle en plan de nègre \u2014 car cette étrange armée «symbionaise», dont seul le commandant est afro-américain, s\u2019est donné pour mission d\u2019opérer une symbiose entre la lutte des noirs opprimés et celle des extrémistes blancs prônant la destruction du capitalisme \u2014, va mener, au terme d\u2019une cavale fortement médiatisée, à l\u2019arrestation de Tania presque deux ans plus tard.«La tête appuyée contre la vitre froide, elle regarda les maisons défiler dans la nuit.Chacune d\u2019elles recelait un foisonnement de vie aussi complexe que dans une fleur, magnifique, étrange et plus fort que tout tant qu\u2019il continuait.Son père lui avait enseigné que la vie des autres [.] était inimaginable, qu\u2019il fallait de la patience, que c\u2019était faire preuve d\u2019une arrogance absolue que de tirer des conclusions à partir de la chair meurtrie qui enferme l\u2019esprit.» Cette «arrogance absolue», c\u2019est peut-être celle qu\u2019il faut au romancier pour s\u2019attaquer à un sujet aussi riche, où l\u2019événement n\u2019est que la projection visible d\u2019un faisceau de \t1 rrti \tDH.\tIh»!' ' \t4.¦ \u2022 X\t, ^ 'N ^ r\tS 1 ipheüSorrentino se$ racines plongeant dans les couches profondes de l\u2019histoire.On a évoqué, pour tenter de cataloguer ce roman substantiel, Philip Roth et Don DeLillo, mais on n\u2019y trouvera nulle part la brillante ironie du premier, ni l\u2019aisance et la subtilité de l\u2019auteur de Mao U devant les évidences baignées de clair-obscur qui sont propres au monde de la sécurité.Sorrentino fait davantage penser à Mailer, jusque dans le foisonnement de l\u2019écrit essayant d\u2019imiter celui de la vie, au risque de confondre l\u2019essentiel et le fatras et de produire, ici et là, des pages où l\u2019auteur, poursuivant sur sa lancée, semble troquer le clavier contre une pelle mécanique.Le livre de Sorrentino n\u2019est pas exempt, surtout après la cinq centième page, de cette sorte de remplissage qui fait soudain apparaître le détail fastidieux de trop.Quant à la maîtrise exercée par l\u2019auteur sur ses personnages, dont la plupart ont été pulsés tels quels dans la version officielle (connue) de l\u2019histoire \u2014 Patricia n\u2019étant sans doute devenue Alice et les Hearst, des Galton que pour éviter d\u2019éventuelles procédures légales \u2014, elle est variable.On passe d\u2019un Guy Mock, le journaliste sportif qui se voit déjà auteur DU LfVTHÎ, et qui semble si humain, si pathétiquement sympathique qu\u2019on en conclut rapidement avoir affaire à un personnage en grande partie inventé, à ces lamentables caricatures de rigidité dogmatique en plein égarement que sont les «cadres» de l\u2019ALS sortis de l\u2019ordinateur du romancier.On peut aussi choisir de juger un tel livre en allant au fond de l\u2019histoire, pour ne rien dire de ses doubles fonds.Le pourquoi même de l\u2019enlèvement (l\u2019espoir de réussir à troquer l\u2019otage contre des membres de l\u2019ALS accusés de meurtre) est ici évacué, mais ce n\u2019est encore qu\u2019un détail.Pendant près de deux ans, au fil de 27000 (!) pistes suivies, le FBI d\u2019Edgar Hoover, cette formidable machine à surveiller les individus bâtie par un paranoïaque fini, va courir, ou faire semblant de courir, après ce cauchemar de la bonne société : une fdle de riche qui, enlevée, jetée dans un placard et sexuellement humiliée, retourne sa veste et prend les armes contre les autorités aux côtés de ses violeurs.«Alors pourquoi tu n\u2019es pas Norman Mailer?», lance une fdle de l\u2019ALS à Guy Mock dans le roman.On ne posera pas la même question à Sorrentino, qui serait sans doute en désaccord avec le Mailer qui déclarait en 1976 :«[.] l\u2019histoire de la gauche pendant les années 60 [.] a été aux deux tiers fabriquée par la police secrète d\u2019Amérique.C\u2019est vertigineux.» En effet.11 se pourrait que cette bizarre Armée de libération symbionaise ait été un épouvantail bien commode pour le FBI et compagnie.Et si la version officielle de l\u2019affaire « Patty Hearst contre l\u2019Etat» était vraiment un conte de fées ?TRANSES Christopher Sorrentino Traduit de l\u2019anglais par Clément Baude Editions Sonatine Paris, 2012, 500 pages À la découverte du réel Patrick Deville raconte l\u2019épopée du bouillant savant Yersin, qui donna son nom à Yersinia pestis, ainsi qu\u2019à quelques lycées, places et instituts de microbiologie de par le monde.GUYLAINE MASSOUTRE Il est rare qu\u2019un écrivain s\u2019identifie, par le ton de son récit, à un personnage.Or, Patrick Deville, dans Peste & Choléra, réussit ce pari : écrire sobrement, sans aucune émotion, une vie tissée de faits et d\u2019actes, celle du savant et explorateur français Yersin, né Suisse, qui devait révolutionner la géographie humaine en Asie du Sud-Est.L\u2019écrivain fait ainsi sienne une conception de la littérature : raconter une histoire vraie sans commentaire, ro-cambolesque parce qu\u2019hé- roïque et lointaine, faite de la simplicité et de la droiture d\u2019un personnage détaché, qui voulut le mieux pour tous les humains.Fin du je narratif, bonjour, le xx® siècle, couvrant la moitié du globe et d\u2019une vie.Le rythme est plus trépidant que dans les précédents livres de Deville, qui publia aux éditions de Minuit, réputées sobres.Dans Peste & Choléra, on va très vite, à coups de phrases pas toujours finies.Etranglées, hachées, elles sont rapides comme Yersin., L\u2019histoire est toute vraie.A traits énergiques et secs, on y brosse le parcours sans répit.fracassant d\u2019audaces et d\u2019inventions, d\u2019un jeune «pasteurien», le savant Yersin, qui traça une voie médicale faramineuse, en isolant et en cultivant les bacilles de la peste, puis du choléra.En même temps, il ouvrait des routes, dans la forêt vierge cochinchi-noise.11 fut massacré au passage, mais il se soigna et survécut.Et il fonda une ville magnifique.L\u2019homme d\u2019un empire Peste & Choléra raconte la geste, documentée et alerte, d\u2019un découvreur de mondes réels.Cette guerre à la conta- Présentement en librairie Roland Chollet et Stéphane Vachon À l'écoute DU JEUNE Balzac ¦ ME«ES [ UNIVERSITilIRES Ihvinunnes Roland Chollet et Stéphane Vachon À l'écoute du jeune Balzac L'écho des premières œuvres publiées (1822-1829) Roland Chollet et Stéphane Vachon, qui se sont associés pour la rédaction de cet ouvrage, ont en commun une longue carrière balzacienne.Ils ont pensé le moment venu de faire connaître ce que leurs recherches sur Balzac et son oeuvre leur ont appris d'une période particulièrement mal connue de la jeunesse et de l'œuvre de l'écrivain.DISTRIBLn\u2019ION : DIMEDIA INC.Courriel : general@dimedia.qc.ca Srte lrrtemet:www.dimedia.qc.ca l: evesque éditeur Olivieri librairie .bistro Lecture Lundi 17 septembre À 18h Jocelyne Feix, Le Nord des heures Célyne Fortin, Femme infrangible Catrine Godin, Les chairs étranges Jean-Marc Lefebvre, Illuminer les cendres et quelques extraits de Silvia Castillero, Héiorse j liditions du Noroît À la librairie Olivieri 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges RSVP : 514-739-3639 Bistro: 514-739-3303 mination bactériologique, sur fond de colonisation, précède la peste brune, qui endeuillera les nations plus qu\u2019une épidémie.Lui, Yersin, mourut tranquille, électrocuté accidentellement en 1943.On l\u2019encensa.Né en Suisse, c\u2019est un sauvageon, élevé par une veuve austère, destinataire d\u2019une abondante correspondance.«La pensée de Yersin est pragmatique, expérimentale, il a besoin de toucher, de manipuler, de construire des cerfs-volants.» Bilingue allemand-français, il choisit Paris et Pasteur, pour son savoir en biologie.«Sous ses allures de fumiste et de celui qui n\u2019en fout pas une rame», il décroche un diplôme de médecin, fort de ses promptes découvertes.La suite prouvera combien on avait eu raison.Peu sensible aux honneurs, à «l\u2019Histoire et ses frichtis dégoûtants», un rien blasé sauf de tout ce qui est «tambouille de bacilles», fléau et «micro-bie», comme on dit, en «individualiste», il fuit l\u2019installation, mais en «altruiste», il trouve l\u2019argent indispensable à ses buts.Lisez son aventure.Quelques hauts faits «Comète» dans le monde scientifique, ce cartésien insatiable, observateur comme personne, s\u2019est embarqué comme médecin de marine.Le cabotage ne lui plaît pas assez, il veut crapahuter dans la cordillère annamitique, marcher sans souliers, calculer sa position sur les astres, pérégriner entre Manille et Saigon, tailler le bubon à Hong Kong, vacciner enfin à Canton et fonder des Instituts hors de France, là où s\u2019étalent sans borne les misères de l\u2019existence.Ce célibataire frugal, fraternel sans préjugés mène les hommes au besoin.11 s\u2019installera à Nha Trang, une des plus belles baies sur la mer de Chine, «une Cecilia anarchiste, ou un phalanstère fouriériste dont il serait le patriarche », fière de son Institut Pasteur.Deville raconte mieux que Yersin, avec le contexte.L\u2019époque est à Rimbaud, qui pâtira de ne pas connaître la médecine ; le modèle de Yersin, c\u2019est plutôt Livingstone, médecin, explorateur et pasteur.Rebaptisé D\"^ Nam par les Nhatra-nais, Yersin soigne les malades sans salaire: «Je considère la HERMANCE TRIAY Patrick Deville a écrit à la première personne du singulier l\u2019histoire du savant Yersin sans émotion et avec sobriété.médecine comme un sacerdoce, ainsi que le pastoral.» Homme intègre, on l\u2019imagine d\u2019humeur ombrageuse, intransigeant et lucide.Deville l\u2019a suivi à l\u2019ex-Sai-gon, à Dalat, à Nha Trang, partout où se trouve sa trace, ses bienfaits aux mouroirs, ses cultures de rats infectés par «des purées de microbes», les «petits bâtonnets trapus» sous son bistouri, ses gribouillis nerveux.Yersinia pestis.Ce «démiurge d\u2019un rêve éveillé» étonne encore plus dans sa «petite planète en autarcie », marais assainis, fondateur d\u2019une ville prospère où il est le roi du caoutchouc.Deville déterre donc l\u2019homme fameux en Asie, l\u2019explorateur au regard d\u2019aigle, pensant d\u2019un jet sans ratures.Cette palpitante investigation, très aboutie, commencée dans Kampuchéa, devrait lui attirer un prix.Quel que soit le sort qui attend ce livre étonnant, emparez-vous-en, et que les choses poursuivent leur cours.PESTE & CHOLÉRA Patrick Deville Seuil Paris, 2012, 224 pages LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 SEPTEMBRE 2012 F 7 LIVRES Les animaux philosophiques de Baillargeon LOUIS CORNELLIER La réputation de pédagogue de Normand Baillargeon n\u2019est plus à faire.Maître de la vulgarisation philosophique, l\u2019auteur du Petit cours d\u2019autodéfense intellectuelle (Lux, 2005) a brillamment contribué, depuis une dizaine d\u2019années, à rendre la philosophie populaire au Québec.Dans L\u2019arche de Socrate.Petit bestiaire philosophique, publié aux éditions belges Aden (négligentes quant aux coquilles), Baillargeon poursuit son entreprise de façon très originale.11 s\u2019agit, cette fois, de présenter de grands problèmes philosophiques en réunissant «quelques-uns parmi les plus notables des animaux qui peuplent la pensée et l\u2019imagination des philosophes».La méthode est simple, efficace et amusante.Chaque chapitre s\u2019ouvre sur une courte histoire, enchaîne avec la présentation du problème soulevé et de l\u2019animal qui l\u2019illustre et se conclut sur une brève discussion, le tout accompagné d\u2019une courte biographie du penseur concerné.Anne, par exemple, hésite entre aller au restaurant ou manger chez elle.Incapable de se décider, elle finit par mourir de faim.On retrouve, ici, le célèbre âne de Jean Buridan, qui meurt de faim parce qu\u2019il n\u2019arrive pas à choisir entre deux bottes de foin équidistantes.Baillargeon nous apprend, au passage, que cette fable provient en fait d\u2019Aristote, mais qu\u2019elle a probablement été attribuée à Buridan qui réfléchissait, au xiv® siècle, au concept de libre arbitre, un des problèmes les plus difficiles de la philosophie.Avec la chauve-souris de Thomas Nagel, Baillargeon illustre la critique du réductionnisme, cette thèse qui consiste à «réduire le mental au physique».Le fait qu\u2019il soit impossible, pour un humain, de savoir ce que cela fait, de l\u2019intérieur, d\u2019être une chauve-souris montre que l\u2019esprit n\u2019est pas réductible à une description physica-liste.Vraiment passionnant.Les lecteurs rencontreront aussi, dans cette «méningerie», selon le beau néologisme de Jacques Prévert, le chat de Martha Nussbaum (concept de «capabilités»), le cochon de John Stuart Mill (théorie morale de l\u2019utilitarisme fondée sur le bonheur et non sur le plaisir) , les dauphins de Thomas White, qui sont des «personnes», un cheval qui épelle des mots et plusieurs autres, dont l\u2019écureuil de William James.Ce dernier illustre la théorie pragmatiste.Si un écureuil est sur un tronc d\u2019arbre et qu\u2019un homme, de l\u2019autre côté JACQUES NADEAU LE DEVOIR Depuis une dizaine d\u2019années, le pédagogue Normand Baillargeon contribue à populariser la philosophie au Québec.de l\u2019arbre, cherche à le voir en tournant autour du tronc alors que la bête tourne aussi, peut-on conclure que l\u2019hompie tourne autour de l\u2019animal?A la réflexion, cette question s\u2019avère oiseuse, mais elle permet justement, par là, d\u2019établir les bases du pragmatisme.11 y a, dans cet ouvrage, trois sortes d\u2019animaux: ceux qui servent à illustrer une thèse philosophique, ceux qui nous imposent de réfléchir au «statut ontologique» des animaux et aux rapports que l\u2019humain doit entretenir avec eux (grands singes, dauphins) et ceux qui ont été invoqués par les scientifiques (le chat de Schrôdinger, le papillon de Lorenz), avant d\u2019être récupérés par les philosophes.Le maître du jeu, quant à lui, malin comme un singe, comme d\u2019habitude, s\u2019amuse et nous instruit en nous divertissant.On aurait juste aimé qu\u2019il se mouille un peu plus à l\u2019heure d\u2019évaluer la pertinence des thèses présentées.«Et toi, Normand, qu\u2019en penses-tu personnellement?», se demande-t-on souvent en le lisant.UARCHE DE SOCRATE Petit bestiaire PHILOSOPHIQUE Normand Baillargeon Aden Bruxelles, 2012, 256 pages DE SOCRATE La Vitrine NICHEl UrfltSON cHtiKc.jiuai LTNSTANT DU DANGER Réflexions d\u2019un psychanalyste et témoignages sur l\u2019exil forcé Michel Peterson Les éditions du Passage Montréal, 2012, 160 pages L 'INSTANT DU DANGER W ÜNOUNAtES SüE L'EXll.FOECÉ A travers les récits de vie de nombreux réfugiés.L\u2019instant du danger retrace en textes et en photos la trajectoire empreinte de souffrance de ces migrants forcés jusqu\u2019à ce que leur seconde vie \u2014 voire leur troisième, dixième ou millième \u2014 commence au Canada.Témoin privilégié de ces histoires d\u2019infamies qui lui ont été racontées par des demandeurs d\u2019asile au fil de dix ans de consultations, le psychanalyste montréalais Michel Peterson livre dans cet ouvrage ses réflexions étoffées par la pensée d\u2019auteurs tels que Jacques Derrida, mais aussi par de nombreuses statistiques et définitions officielles.C\u2019est ainsi qu\u2019à travers des mots profondément lourds, tels que «destiner-rance», «chaosmose», «survivance», «déracinement», de même qu\u2019un enchevêtrement de thèmes tels que la torture, la langue, l\u2019identité, la violence sont abordés, de façon pourtant quasi poétique.Dans une grande recherche d\u2019authenticité, le photographe Charles-Henri Debeur s\u2019est quant à lui attelé à la tâche de cerner les contours de ces âmes en exil forcé, sans fard, souvent sous cette lumière crue et cruelle rappelant leur destin, toujours soucieux de capter l\u2019espoir.L\u2019ouvrage est construit comme un agencement de photos et de textes, dont les auteurs diront qu\u2019il n\u2019est pas le fruit du hasard.Il est «motivé par la déterritorialisation à laquelle ont été soumis les sujets», nous dit Michel Peterson.A parcourir et à méditer.Lisa-Marie Gervais ENGAGEMENTS ET DÉCHIREMENTS LES INTELLECTUELS ET LA GUERRE D'ALGÉRIE IMEC-ABBAYE D'ARDENNE ENGAGEMENTS ET DECHIREMENTS: LES INTELLECTUELS ET LA GUERRE D\u2019ALGERIE Catherine Brun et Olivier Penot-Lacassagne Gallimard/IMEC Paris, 2012, 240 pages Pour ceux qui s\u2019intéressent à la question de rengagement des intellectuels, on ne saurait trop recommander ce livre magnifique.(Jet ouvrage présente les grandes étapes des débats et des querelles opposant, chez les intellectuels, les partisans de findépendance et leurs adversaires.Il s\u2019agit du catalogue d\u2019une exposition qui se termine en octobre à Caen, en France.Affiches, tracts, documents d\u2019archives inédits et fac-similés accompagnent un texte passionnant.Comme l\u2019écrit Olivier Corpet, dans son avant-propos: «La guerre d\u2019Algérie fut aussi une guerre de l\u2019écrit.» Duras, Beauvoir, Kateb Yacine, Mohammed Dib, Vidal-Naquet, François Mauriac, Maurice Blanchot, Frantz Fanon, la liste des intellectuels et des écrivains qui ont participé au débat public sur la guerre d\u2019Algérie et l\u2019indépendance est impressionnante.En un sens, il est possible de dire que la guerre d\u2019Algérie fut aux intellectuels de la seconde moitié du xx® siècle ce qu\u2019a été l\u2019affaire Dreyfus pour les écrivains de la fin du XIX® et du début du xx®.Pour les amateurs de documents d\u2019archives et d\u2019histoire, un livre indispensable.Christian Nadeau TW LES SECRETS DE LA MAISON-BLANCHE KARINE PREMONT Us secrets de la MAISON'BLANCHE L'impact des fuites d\u2019informations confidentielles sur la politique étrangère des États-Unis De John F.Kennedy à Georges W.Bush, Karine Prémont analyse l'impact des fuites d'informations confidentielles sur la politique étrangère des États-Unis.Vous y comprendrez les mécanismes, les motivations et les conséquences liées aux décisions de politique étrangère./ 291 pagGS m Presses de TUniversité du Québec ÉL Z ^ N y' puacA Salon du livre Ancien de Montréal Yayo.I om the book.Holiday House Le livre ancien : fenêtre sur l'enfance Grand choix de livres anciens et rares, illustrés, premières éditions et belles reliures les 22 et 23 septembre 2012 Samedi : 12-1 8h - Dimanche ; 11-1 7h Université Concordia Pavillon McConnell, 1400 boul.de Maisonneuve O LE DEVOIR\tAdmission 6,00$ pour les 2 jours Libre de penser F 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 SEPTEMBRE 2012 ESSAIS Deux intellectuels qui vieillissent bien U rïr- \u2019 Louis CORNELLIER Lors de la soirée électorale du 4 septembre dernier, vers la fin surtout, j\u2019ai eu une pensée pour Laurent Laplante et Lise Payette, dont je venais tout juste de lire les récents ouvrages respectifs.Comment, me suis-je demandé, ces deux intellectuels souverainistes de la vieille génération reçoivent-ils ces résultats ?Commentateurs convaincus de la gravité de la situation québécoise dans le Canada de Stephen Harper, tous deux profondément attachés au modèle social-démocrate, Laplante et Payette, me suis-je fait la réflexion, devaient flirter avec le désespoir, sinon avec une solide déprime, en voyant les Québécois réélire une cinquantaine de libéraux et une vingtaine de caquistes, tous partisans de la passivité quant à la question nationale, et adversaires, à des degrés divers, de la social-démocratie.L\u2019autonomie ou la disparition Dans Stephen Harper.Le néo-Durham, Laplante clame l\u2019urgence d\u2019un redressement national québécois.«Dans le contexte actuel, écrit-il, l\u2019alternative étanche offerte au citoyen québécois se présente ainsi: ou bien il devient le complice obligé de la descente du Canada vers un régime punitif obscurantiste, à la botte du militarisme états-unien et du néolibéralisme inhumain, ou bien il brise le lien qui rattache le Québec à une confédération plus indésirable et dégradante que jamais.» C\u2019est l\u2019autonomie, conclut Laplante, ou la disparition.Durham, rappelle le journaliste, voulait noyer l\u2019élément francophone dans le bain anglophone.L\u2019évolution actuelle du Canada est en voie de lui donner raison.Le poids démographique du Québec «a cessé d\u2019être digne de calcul dans l\u2019ensemble canadien» et le gouvernement Harper «détient une confortable majorité sans dépendre du Québec».Les conséquences de cette situation se font sentir tant sur le plan de la question nationale que sur le plan idéologique en général.Le Canada de Stephen Harper, note Laplante, méprise le français, se militarise, pratique une politique étrangère belliqueuse au service de l\u2019impérialisme américain, ne respecte pas l\u2019indépendance judiciaire, procède à des coupes sauvages dans le domaine culturel, veut en finir avec le financement public des partis politiques, se moque des enjeux environnementaux et semble rêver d\u2019en découdre avec les SOURCE RADIO-CANADA Le mal du pays de Lise Payette est un recueil de ses chroniques, qu\u2019elle publie dans Le Devoir depuis 2007.LISE PAYEPE féministes, tout ça avec le soutien du secteur privé.«On se trompe, par conséquent, si l\u2019on prétend que seuls les Québécois nationalistes ont de quoi s\u2019inquiéter, écrit Laplante.Que le Québec subisse pendant quelques années encore _______ le joug de la Confédération canadienne, et sa spécificité sera ébranlée dans tous ses visages.» Laplante ne croit pas à la thèse selon laquelle le règne des conservateurs ne serait qu\u2019un mauvais moment à passer, en attendant le retour d\u2019un gouvernement fédéral plus progressiste.«Il est naïf, affirme-t-il, de croire qu\u2019un gouvernement peut effacer jusqu\u2019au statu quo ante la voie tracée par le gouvernement précédent.» De plus, une alliance entre les libéraux et les néodémocrates lui semble improbable et se réaliserait-elle qu\u2019elle ne sauverait pas le Québec du danger qui le menace.Le NPD reste un parti centralisateur, son chef est un ultrafédéra-liste et les libéraux n\u2019ont rien d\u2019intéressant à offrir.Selon Laplante, la seule voie de salut qui s\u2019offre au Québec est la constitution d\u2019une coalition de centre gauche regroupant les souverainistes et tous les partisans québécois de Injustice sociale, incluant des anglophones et des allophones.Laplante rejette avec force le programme de la Coalition avenir Québec, aveugle à l\u2019urgence nationale et allié de Harper avec ses valeurs de droite.Critique de la mollesse des chefs péquistes \u2014 Johnson, Bouchard, Landry et Bois-clair (débaptisé en «Boisvert» LE MAL DU PAYS STEPHEN HARPER LE NÉO-DURHAM dans le livre) \u2014 dans les dossiers de la souveraineté et de la justice sociale (le livre, pré-cisons-le, a été écrit avant que le PQ présente sa plateforme électorale, clairement de centre gauche), Laplante rêve ___ d\u2019une alliance entre un PQ revigoré et la fraction progressiste de l\u2019électorat anglophone et allophone, elle aussi menacée dans ses valeurs par le Canada actuel.«Ni l\u2019histoire ni le présent n\u2019alimentent l\u2019espoir, se désole-t-il toutefois.Jamais les anglophones québécois n\u2019ont préféré l\u2019intérêt québécois à la loyauté canadienne.» Le seul espoir qui permettrait peut-être d\u2019y arriver se trouve, selon le journaliste, dans une réforme fondamentale de notre système démocratique (scrutin proportionnel, notamment) , qui ferait de la véritable démocratie une caractéristique de notre identité, ralliant les citoyens de toutes origines.Essai empreint de gravité, rédigé dans un style tendu, semblable à celui d\u2019un Vade-boncoeur mais en plus transparent, caractérisé par une inquiétude profonde et lyrique, Stephen Harper.Le néo-Du-rham nous invite à un réveil pressant, vital.La conscience de Lise Payette « J\u2019espère rester une vieille sympathique et allumée», écrit Lise Payette, en 2009, en recevant un doctorat honoris causa en études féministes de l\u2019UQAM, à l\u2019âge de 77 ans.Les chroniques qu\u2019elle publie dans Le Devoir depuis 2007 confirment que la journaliste désormais octogénaire est à la hauteur de son ambition.Réunies dans Le mal du pays, ces chroniques vibrantes, aussi pleines de passion que de raison et rédigées dans une langue à la fois simple et élégante, sont celles d\u2019une femme profondément engagée dans les combats souverainiste et féministe et convaincue de l\u2019urgence, pour le Québec, de retrouver «le sens de la social-démocratie».Qn est rassuré de savoir que Pauline Marois en fait son modèle.Lise Payette n\u2019est pas un tâcheron de la chronique.Ses textes, inspirés par des convictions fortes et généreuses, sont sensibles et dégagent une saisissante atmosphère de vérité.Quand Lise Payette répète que l\u2019injustice envers les Québécois, les femmes et le monde ordinaire l\u2019empêche de dormir, elle ne joue pas.Denise Bombardier publiera, bientôt, un essai sur l\u2019art de vieillir avec grâce.Dans le monde intellectuel, elle pourrait citer Laplante et Payette en exemple.louisco @sympatico.ca STEPPEN HARPER LE NEO-DURHAM Laurent Laplante Multimondes Québec, 2012, 112 pages LE MAL DU PAYS CHRONIQUES 2007-2012 Lise Payette Préface de Josée Boileau Lux Montréal, 2012, 240 pages ACHAT A DOMICILE - VENTE - EVALUATION '5' Bonheur d'occasion Librairie Mathieu Bertrand, Libraire Membre de la Ligue internationale de la Librairie Ancienne (LIL^ 514-914-2142 ACHETONS EN TOUT TEMPS : Livres anciens avant 1800 Americana et Canadiana : \u2022\tRelations des Jésuites, Relations de voyages.\u2022\tIncunables québécois.Patriotes, Riel.Reliures d'art anciennes et modernes Fonds universitaires : \u2022\tLittérature, Philosophie, Sciences humaines \u2022\tPléiade Livres d'art et livres d'artiste Refus Global, Le Vierge incendié Expertise de documents et d'archives sous LA DIRECTION DE Laurent Veyssière et Bertrand Fonck LA GUERRE DE SEPT ANS EN NOUVELLE-FRANCE Le Canada : la Suisse des compagnies minières MICHEL LAPIERRE Les Etats-Unis passent pour le pays qui ferme les yeux sur les boursicoteurs et sur les méfaits des entreprises nationales à l\u2019étranger.L\u2019essai Paradis sous terre, d\u2019Alain Deneault et William Sacher, montre que le Canada, malgré une meilleure réputation, est, dans le domaine minier (nid de spéculateurs où il règne), le délinquant de la planète, au point où, chez les dépossédés des pays du sud, beaucoup jugent les Américains plus soucieux de l\u2019éthique.L\u2019ouvrage du politologue de l\u2019UQAM et du doctorant en économie de la Faculté latino-américaine de sciences sociales expose «comment le Canada est devenu la plaque tournante de l\u2019industrie minière mondiale».Mais, explique-t-il, c\u2019est devant des tribunaux états-uniens que des populations lésées doivent, à cause de la législation plus évoluée de l\u2019Qncle Sam et des interrelations d\u2019un système financier sans frontières, poursuivre des entreprises canadiennes ! Ainsi, File de Marinduque aux Philippines demande des réparations à la société aurifère torontoise Barrick Gold pour la pollution massive de l\u2019endroit.Son avocat texan souligne.' «Le Canada est un forum inhospitalier pour ce genre de réclamation.» Dans la préface du livre, Richard Desjardins, chanteur-compositeur et documenta-riste, rappelle que le vérificateur général du Québec révéla en 2009 que 14 mines sur les 24 en activité dans la province n\u2019avaienf versé aucune redevance à l\u2019État depuis sept ans.Deneault et Sacher osent résumer l\u2019ensemble de la situation canadienne : le pays «a tout mis en oeuvre», des lois à la diplomatie en passant par la finance, «pour devenir dans l\u2019histoire récente un paradis judiciaire de l\u2019industrie extractive mondiale», la «Suisse des mines» ! Les auteurs signalent que «plus de 75 % des sociétés mondiales d\u2019exploration ou d\u2019ex- Alain Deneault et William Sacher Paradis sous terre préface de Richard Desjardins ploitation minière ont leur siège social au Canada» et que «près de 60 % de celles qui sont cotées en Bourse s\u2019enregistrent à Toronto».Ils précisent que les capitaux de ces entreprises proviennent en particulier d\u2019Australie, de Belgique, (Je Suède, d\u2019Israël et des États-Unis.Comme ils l\u2019expliquent si bien, Qttawa, par le mécanisme financier des «actions accréditives», permet à de multiples sociétés minières exemptes d\u2019impôts de transférer les crédits fiscaux, dont elles auraient bénéficié, à leurs investisseurs (banques, fonds de pension, etc.).Eq se privant ainsi de revenus, l\u2019État enrichit l\u2019industrie extractive à même les deniers publics.Cela s\u2019ajoute à l\u2019importante contribution des placements de simples citoyens à la même sphère de l\u2019économie.Des sociétés inscrites à la Bourse de Toronto ne sont pas étrangères aux millions de victimes de la guerre civile (1998-2003) pour le contrôle des ressources minières du Congo.Nombre d\u2019entre nous, qui détenons ne seraient-ce que de maigres valeurs mobilières dans l\u2019industrie extractive canadienne, devraient en frémir.PARADIS SOUS TERRE Alain Deneault et William Sacher Ecosociété Montréal, 2012, 192 pages Olivieri librairie ^bistro Olivieri Au cœur de la société Jeudi le 20 septembre à 19 h 00 4487, de la Roche, Montréal \u2022 514 522-8848 \u2022 1 888 522-8848 bonheurdoccasionObelInetca \u2022 www.abebooks.fr/vendeur/bonheurdoccasion Déià\u2019êiii librairie\t\u2022! ê SEPTENTRION.QC.CA LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC Réservation obligatoire RSVP : 514.739.3639 Bistro : 514.739.3303 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges À l\u2019occasion de la sortie de Maintenir la paix en ZONES POSTCONFLIT Les nouveaux visages de la police Aux Presses de l\u2019Université de Montréal Causerie - Lancement Samuel Tanner École de criminologie, UdeM Benoit Dupont Chaire de recherche du Canada en sécurité et technologie, UdeM Antoine Mégie Politologue, dir.de la revue Politique européenne Animateur Jocelyn Coulon Dir.Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix Invité Frédéric Mérand Dép.de science politique, UdeM Crédit photo: Rodrigo Abd-Ap / Presse Canadienne Décodez certains des enjeux de fond qui ont traversé la mobilisation historique du «printernps québécois » '\u2022emprise de la Quebec ^ périls de la \u2022évoiulion eonsejvatnee 1 ReLatioNS émancipatrices Renouveler SA ABONNEZ-VOUS à la revue Relations au www.revuerelations.qc.ca/promo et OBTENEZ 3 NUMÉROS EN CADEAU ! 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