Le devoir, 17 septembre 2012, Cahier A
[" Québe Un retour attendu : la commission Charbonneau reprend ses travaux Page A 3 Apparences de triomphe lors du 27® gaia des prix Gémeaux Page B 8 w w w .1 e (1 e V 0 i r.c o m LE DEVOIR Vol.C I I I N° 2 1 1\t?LE DEVOIR, LE LUNDI 17 SEPTEMBRE 2012 1,0 9 + TAXES =\t1,25 Le Festival de Toronto couronne Xavier Dolan SONIA RECCHIA GETTY IMAGES/AEP Devant l\u2019accueil plutôt tiède réservé par le public et la critique à Laurence Anyways, Xavier Dolan se croyait un peu hors course à Toronto.Le jeune réalisateur a donc accueilli avec émotion l\u2019honneur fait à son troisième long métrage.Laurence Anyways, meilleur film canadien ODILE TREMBLAY Il aura été dit que cette histoire d\u2019amour hors normes, servie par une caméra exaltée, connaîtrait un parcours aussi atypique que le profil de ses héros.C\u2019est avec une émotion mêlée de joyeuse stupeur que Xavier Dolan a remporté, dimanche à la clôture du 37® Festival international du film de Toronto (FIFT), le prix convoité du meilleur film canadien pour son troisième long métrage, Laurence Anyways.Lui qui, jugeant décevantes les recettes récoltées par le film au Québec (plus de 400000$), se croyait un peu hors course atterrit au septième ciel.«Le film avait coûté cher et rapporté voir page a 8 : DOLAN Manieestations ANTIAMÉRICAINES Le Canada choisit la prudence Les ambassades du Caire, de Tripoli et de Khartoum ont été fermées dimanche par crainte de violences islamistes Dans la foulée des violentes manifestations antiaméricaines liées à la diffusion du film Innocence of Muslim, le Canada a choisi, dimanche, de fermer trois ambassades en Egypte, en Libye et au Soudan pour des raisons de sécurité.La nouvelle a été confirmée dimanche par le cabinet de John Baird, ministre canadien des Affaires étrangères.«Par mesure de sécurité préventive et pour assurer la protection du personnel canadien, nous avons fermé nos ambassades au Caire, à Tripoli et à Khartoum pour la journée», a affirmé Rick Roth, membre du cabinet des affaires étrangères.L\u2019ambassade du Soudan restera fermée lundi pour une deuxième journée consécutive.Vendredi déjà, le ministre John Baird affirmait ne pas prendre à la légère la flambée de violence, dont l\u2019attentat au lance-roquettes qui a mis le feu au consulat américain de Benghazi en Libye.«Je Vai déjà dit, notre personnel diplomatique n'est pas du personnel militaire, a-t-il VOIR PAGE A 8 : VIOLENCE Aujourd\u2019hui Religion > Le pape à Beyrouth.Benoît XVI souhaite au Moyen-Orient «la paix des cœurs» et «le silence des armes».Page B 6 7\t.w- .- w.__ .\t^ Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku.B6 B2 B5 B5 B2 B6 P«INT CHAUD LNH : les proprios « ont dépassé les bornes » Pour Ménick, le lockout ne fera que des perdants JESSICA NADEAU Dans son salon de barbier aux allures de musée, Ménick s\u2019enflamme sur le sujet de l\u2019heure.«Cest la faute aux propriétaires, lance-t-il sur un ton péremptoire.Cette fois-ci, ils ont dépassé les bornes.» C\u2019est dimanche et le salon est fermé.Mais VOIR PAGE A 8 : MÉNICK Lire aussi > Les joueurs iibres de patiner en Europe.Le lockout a finalement été déclaré dimanche matin.Page B 4 ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR Ménick, le barbier des sportifs, fait refaire la patinoire qui orne le plancher de son salon.« C\u2019est la quatrième fois que je refais la patinoire.C\u2019est à peu près le nombre de lockouts dans la LNH.» ÉCOUTEZ POUR VOIR Michel Désautels en semaine 15 h AUJOURD'HUI Occupons Waii Street: un an plus tard, qu'en reste-t-il ?Réal -coord : Sébastien Perron Radio-Conada.ca /desautels #95,1 FM PREMIERE CHAINE 77831302829438 A 2 LE DEVOIR LE LUNDI 17 SEPTEMBRE 2012 ACTUALITES JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les entreprises œuvrant en construction sont notamment dans ia mire de Québec ouvert DONNÉES NUMÉRIQUES Coup d\u2019envoi d\u2019un « hackathon » contre la corruption FABIEN DEGLISE Informaticiens et programmeurs unis contre la corruption.L\u2019organisme de défense et de promotion des données numériques ouvertes à des fins civiques, Québec ouvert, a donné le coup d\u2019envoi officiellement ce samedi du premier «hackathon» contre la corruption.L\u2019événement vise à fédérer les compétences techniques des citoyens afin de déjouer la corruption, et ce, en faisant «parler» les nombreuses bases de données et d\u2019information détenues par les organismes publics.La liste des donateurs aux partis politiques ou celle des appels d\u2019offres lancés et contrats octroyés par les gouvernements fédéral, provincial et municipaux sont, par exemple, dans la ligne de mire de ces hackers au service de la collectivité.«Il y a beaucoup de bons projets, beaucoup de travail à faire collectivement, et nous espérons en arriver à bout d\u2019ici deux mois», a résumé Jonathan Brun, l\u2019un des pilotes de cet exercice de création collective qui, en novembre prochain, devrait commencer à faire apparaître ses premières réalisations.Samedi, plus d\u2019une dizaine de programmeurs, créateurs de logiciels, spécialistes des réseaux d\u2019information et des bases de données se sont réunis dans un loft de Montréal pour prendre part au lancement officiel de cette campagne numérique anticorruption.Plusieurs projets sont actuellement sur les tables à dessin.Parmi eux, l\u2019extraction des données publiques des sites de la Société québécoise d\u2019information juridique qui touchent les jugements rendus par les différents tribunaux de la province, mais aussi celle du registre des entreprises du Canada, du registre des entreprises du Québec ou encore du registre des lobbyistes.Les contrats accordés par la Ville de Montréal et celle de Laval, L\u2019organisme espère que cette transparence numérique induira une meilleure gestion des fonds publics les dons faits aux partis politiques fédéraux et provinciaux, les licences restreintes d\u2019entreprises dans le milieu de la construction sont également en leur possession.Québec ouvert souhaite réaliser plusieurs croisements entre ces différentes bases de données afin de faire ressortir, espère le groupe, des portraits inédits \u2014 et, qui sait, compromettants \u2014 touchant les échanges d\u2019argent et de services dans l\u2019appareil gouvernemental.L\u2019organisme espère également que cette transparence numérique induira une meilleure gestion des fonds publics.« Un de nos projets consiste à mettre en relation la liste des donateurs aux partis politiques avec le registre des entreprises, mais également avec les données extraites du réseau Linkedin [un réseau social très prisé dans le monde des affaires], dit M.Brun.L\u2019objectif est, bien sûr, de voir si ces dons sont reliés à des entreprises particulières et si ces entreprises en tirent profit par la suite.» Québec ouvert souhaite également géolocaliser le coût des matières premières comme le béton ou l\u2019asphalte afin de voir s\u2019il n\u2019y a pas des cas de collusion qui pourraient s\u2019accompagner d\u2019incohérences dans le prix payé par les administrations publiques.En février dernier, The Gazette a d\u2019ailleurs fait état dans ses pages de disparités importantes dans le coût de l\u2019asphalte qui est vendu près de 150$ de plus la tonne à Montréal qu\u2019à Toronto, a rappelé Québec ouvert, en guise d\u2019ouverture de cette rencontre.Ce hackathon est ouvert à tous les citoyens qui souhaitent mettre leurs compétences techniques au service de la lutte contre la corruption.En prise directe avec la culture numérique, l\u2019événement dispose également d\u2019une fenêtre en ligne (quebecou-vert.org) pour informer et maintenir la collaboration entre les participants, en dehors des rencontres formelles dans les univers matériels.Le Devoir Perdre son permis de conduire pour avoir parlé d\u2019alcool avec son médecin HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Alcoolisme et épilepsie, même fléau.Du moins aux yeux de la Société de l\u2019assurance automobile du Québec (SAAQ).La SAAQ estime que les alcooliques ne devraient pas avoir le droit de conduire un véhicule.Même les personnes ayant une importante consommation d\u2019alcool hebdomadaire, sans être médicalement alcooliques, posent de l\u2019avis de la SAAQ un risque tel pour la sécurité routière qu\u2019elles doivent passer un test si elles veulent conserver leur permis de conduire.Q\u2019est l\u2019étonnante politique qu\u2019Eric* a découverte à ses dépens récemment en consultant son médecin de famille pour un examen de routine.Son médecin lui a demandé de quanti-Ijer sa consommation d\u2019alcool.Eric a indiqué qu\u2019il buvait environ 20 bières légères par semaine.Dangereux, a estimé le médecin qui en, a avisé la SAAQ.Du coup, Eric a vu son permis de conduire suspendu jusqu\u2019à ce qu\u2019il se soumette à une évaluation d\u2019un centre membre de l\u2019Association des centres de réadaptation en dépendance du Québec (ACRD) et prouve que cette consommation ne se fait pas alors qu\u2019il est appelé à conduire son véhicule.Tant pis s\u2019il boit ces quelques bières quotidiennes après le travail, une fois rentré chez lui.La SAAQ confirme la politique.Deux cas de figure existent.Qu bien le médecin pose un diagnostic d\u2019alcoolisme, auquel cas il doit en aviser la SAAQ, qui suspend le permis de conduire sur-le-champ.La personne doit alors subir une « évaluation totale » de six à neuf mois dans un centre de l\u2019ACRD au coût de 710$.Si l\u2019évaluation est positive, il pourra récupérer son permis de conduire.«Si le médecin pose un diagnostic de dépendance à l\u2019alcool, ça devient automatiquement une condition médicale vous empêchant de conduire à moins de traiter votre maladie, explique Gino Desrosiers, porte-parole à la SAAQ.Le risque de conduire avec les facultés affaiblies est beaucoup plus grand.Il y a un risque.» L\u2019autre cas de figure est lorsque le médecin, sans poser de diagnostic d\u2019alcoolisme, juge que la consommation d\u2019alcool de son patient est élevée ou «à risque».11 doit également en avertir la SAAQ.La SAAQ oblige alors la personne à se soumettre à une «évaluation sommaire» dans un centre membre de l\u2019ACRD, au coût de 300$.Si au terme de cette évaluation, la personne démontre qu\u2019elle «est capable de dissocier conduite et consommation », alors son permis de conduire est maintenu.Sinon, il est suspendu et la personne doit se soumettre à l\u2019évaluation totale.Critères subjectifs Le Collège des médecins confirme que cette politique doit être suivie par ses membres.Seul problème : le seuil d\u2019une consommation élevée ou à risque d\u2019alcool n\u2019est pas quantitatif, mais qualitatif.Alors, comment un médecin décide-t-il, sans poser de diagnostic d\u2019alcoolisme, que la consommation de quelqu\u2019un est suffisamment élevée pour mériter un signalement?«Ce sont les médecins qui pratiquent qui pourraient vous fournir cette information», explique la porte-parole du Collège, Leslie Labranche.Elle reconnaît qu\u2019il n\u2019existe pas de critères précis pour faire cette détermination.Au Québec, les récentes campagnes de sensibilisation à une consommation modérée d\u2019alcool suggèrent une limite de 10 consommations par semaine pour les femmes et de 15 pour les hommes, sans dépasser deux et trois consommations par jour, respectivement.Au total, 782 personnes ont fait l\u2019objet d\u2019un signalement par leur médecin à la SAAQ en 2011 (140 pour consommation élevée et 642 pour alcoolisme diagnostiqué) et 691 en 2010.Notons que la même politique Seul problème: le seuil d\u2019une consommation élevée ou à risque d\u2019alcool n\u2019est pas quantitatif, mais qualitatif.s\u2019applique pour la consommation de drogue, confirme Gino Desrosiers.Qn ignore combien de ceux qui sont soumis à une évaluation initiale de 300$ perdent leur permis de conduire et sont obligés de suivre l\u2019évaluation totale de 710$.Comment cette évaluation initiale est-elle menée?La directrice générale de l\u2019Association des centres en réadaptation en dépendance, Lisa Massicotte ne veut pas fournir trop de détails, sinon que les spécialistes mènent une entrevue du conducteur et considèrent une série de facteurs de risque tels que l\u2019âge, le sexe, les habitudes de consommation, les habitudes de conduite et les infractions passées.«Je ne peux pas vous donner le détail de l\u2019entrevue ^pseudonymes parce qu\u2019après, ce serait trop simple de les déjouer», explique-t-elle.Procès d\u2019intention N\u2019est-ce pas injuste de punir quelqu\u2019un pour conduite potentielle avec facultés affaiblies alors qu\u2019il n\u2019y a pas eu d\u2019infraction ?N\u2019y a-t-il pas des alcooliques qui ne consomment que le soir venu ?La SAAQ ne le croit pas.«C\u2019est une question de gestion de risques», insiste Gino Desrosiers de la SAAQ.«Il y a des maladies incompatibles avec la conduite, par exemple l\u2019épilepsie.Ça ne veut pas dire que la personne va faire une crise d\u2019épilepsie en conduisant, mais s\u2019il y a un diagnostic, le permis de conduire est suspendu.Après un certain temps sans faire de crises, quand le médecin dit que c\u2019est OK, la personne retrouve son permis.» Et qu\u2019en est-il du secret professionnel ?M\u201c® Labranche, au Collège des médecins, rappelle que ce secret a ses limites, selon le Code de déontologie des médecins.11 y est écrit que ce secret est levé «lorsqu\u2019il y a une raison impérative et juste ayant trait à la santé ou la sécurité du patient ou de son entourage».TVA avait récemment fait état d\u2019un homme, Pierre*, ayant perdu son permis parce qu\u2019il buvait entre 16 et 24 bières par semaine, les soirs, et qu\u2019il était diabétique.La SAAQ l\u2019a obligé à suivre une thérapie à l\u2019ACRD ou alors payer 3000$ pour munir son véhicule d\u2019un antidémarreur relié à un éthylomètre.Le Devoir Carrés rouges dans la rue I A ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Une centaine de manifestants ont participé à une marche contre la hausse des droits de scolarité dans les rues de Montréal, dimanche après-midi.L\u2019événement regroupait des étudiants ainsi que les groupes Profs contre la hausse et Mères en colère et solidaires.L\u2019itinéraire n\u2019ayant pas été dévoilé aux policiers, la manifestation a rapidement été déclarée illégale.L\u2019événement s\u2019est soldé par deux arrestations, l\u2019une pour méfait sur un véhicule policier et l\u2019autre pour menace de mort.Le PQ pressé d\u2019investir dans le transport collectif En raison de la flambée des prix du pétrole, TRANSIT, l\u2019Alliance pour le financement des transports collectifs au Québec, estime que le gouver- nement du Québec doit investir rapidement et massivement dans le développement du transport en commun.TRANSIT, qui regroupe une Résultats des tirages du : 2012-09-15 09 JO 12 19 24 31 OZ 08 18 38 44 46 compl.compi Prochain gros lot (approx.) : 3 000 000 $ LOT BONI 06 18 26 29 45 49 Une rente de 100 000 $ par année à vie 1080151 Résultats des tirages du : 2012-09-14 Elira 8190648 (02^7^30^31^37^^ COMPL (21) Prochain gros lot (approx.) : 30 000 000 $ En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto Quebec cette derniere a priorité cinquantaine d\u2019organisations, rappelle à la première ministre élue, Pauline Marois, qu\u2019elle a pris des engagements importants en ce sens, ceux de hausser les investissements en transports collectifs dans les budgets d\u2019infrastructures et de développer 300 km de voies réservées pour autobus dans la région de Montréal.Selon Elorence Junca-Adenot, directrice du Eorum Urba 2015 de l\u2019UQAM et porte-parole de l\u2019Alliance, il ne faut surtout pas attendre que le prix du litre d\u2019essence grimpe à deux dollars polu investir dans le développement des services de transport en commun.Elle exhorte le nouveau gouvernement à concrétiser ses promesses dès son premier budget.Depuis sa création en août 2011, TRANSIT a émis une série de recommandations pour pallier la crise des transports et aider le gouvernement et les organisations de transport à atteindre lerus objectifs d\u2019achalandage d\u2019ici 2020.L\u2019Alliance recommande par exemple un moratoire sur le développement des infrastructures routières dans les régions urbaines au profit des transports collectifs.La Presse eanadienne LE DEVOIR, LE LUNDI 17 SEPTEMBRE 2012 A 3 ACTUALITES Pièges cachés '((r i' '' Manon CORNELLIER à Ottawa Les conservateurs de Stephen Harper entrent aujourd\u2019hui à Ottawa avec, sûrement, le sentiment du devoir accompli.Après seulement une année de mandat majoritaire, ils ont adopté les plus gros morceaux de leru programme.La liste est impressionnante: refonte des lois en matière d\u2019immigration, de justice et d\u2019environnemeuL hausse de l\u2019âge d\u2019admissibilité à la Sécurité de la vieillesse, resserrement des règles de l\u2019assruance-emploi, élimination du registre des armes d\u2019épaule, fin du monopole de la Commission canadienne du blé, crue minceur imposée à la brueaucratie fédérale.Le travail n\u2019est pas terminé cependant.Le maigre menu parlementaire qui attend les députés ce matin est tromperu, car les conservateurs ont encore des projets dans leru besace.Ils se préparent en particulier à présenter le second projet de loi de mise en oeuvre du budget du printemps der-ifier.Et comme ils l\u2019avaient fait avec le premier, ils prévoient de nouveau un projet de loi forure-tout.Ce projet de loi sera moins imposant que le premier, qui a établi un record en la matière avec presque 70 lois modifiées.Le procédé n\u2019est pas pour autant acceptable puisqu\u2019il privera de nouveau les parlementaires de l\u2019occasion d\u2019évaluer à son mérite les mesures les plus importantes qui s\u2019y trouveront.Parmi les volets du budget qu\u2019il reste à adopter, on trouve la vente d\u2019actifs fédéraux et des changements aux régimes de pension des fonctionnaires fédéraux et des parlementaires.Les conservateurs savent que les brueaucrates n\u2019ont pas la cote et qu\u2019il sera facile de se faire du « capital politique» sur leur dos.Mais encore faudrait-il qu\u2019ils montrent autant de rigueur à l\u2019endroit du plantureux régime de pension des députés, qui est beaucoup plus généreux que celui de la fonction publique.Le fait que le gouvernement persiste à vouloir procéder par projet de loi omnibus démontre qu\u2019il n\u2019a rien retenu de l\u2019indignation suscitée par ce procédé, le printemps dernier.La semaine dernière, le leader parlementaire du gouverne-meuL Peter Van Loan, s\u2019inquiétait en parlant de ce futur projet de loi budgétaire, d\u2019une reprise des tactiques d\u2019obstruction de l\u2019opposition et l\u2019en blâmait à l\u2019avance.Rien dans ses paroles ne laissait présager des efforts d\u2019apaisement de la part du gouvernement.La raison est simple.Pour les conservateurs, rien ne doit se dresser entre un gouvernement majoritaire et ses initiatives.Et quand l\u2019opposition insiste poru débattre en profonderu d\u2019un projet de loi, ils n\u2019y voient qu\u2019une tactique dilatoire de plus.Encore hier, M.Van Loan a affirmé sru les ondes de CTV que le NPD était responsable de l\u2019enlisement du projet de loi de réforme du Sénat Cet exemple est instructif.Blâmer l\u2019opposition est toujorus utile poru amadouer la base conservatrice qui tient à ce projet, mais cela défie la logique.Ce gouvernement est majoritaire et a le contrôle de l\u2019ordre du joru parlementaire.Il a d\u2019ail-lerus démontré qu\u2019il n\u2019avait aucune gêne à limiter des débats pour forcer l\u2019adoption rapide de ses projets favoris.Le projet de loi sur la réforme du Sénat traîne au feuilleton parce que le gouvernement n\u2019y tient pas vraiment.Si le premier ministre Stephen Harper voulait vraiment un Sénat élu, il ne s\u2019empresserait pas de poiuvoir les postes vacants, comme il l\u2019a fait récemment.Rien ne l\u2019y obligeait puisque les conservateurs étaient déjà confortablement majoritaires à la Chambre haute.Si les conservateurs se croient en terrain sûr, ils oublient un impondérable : les retombées de leius décisions passées.Elles commencent déjà à les hanter, et quelques-uns de leurs députés ont dû contenir un début de grogne cet été.Et ce n\u2019est pas terminé.En plus des manifestations sporadiques qui ont eu lieu depuis le printemps, des recours judiciaires ont été entrepris contre des lois adoptées au cours de la dernière année.La démarche du Québec pour contrer la destruction du registre des armes d\u2019épaule n\u2019en est qu\u2019un exemple.Des groupes d\u2019avocats ont prévenu qu\u2019ils pourraient contester des peines d\u2019emprisonnement minimales ou encore des dispositions visant les de-mandeius d\u2019asile.Les impacts réels des compressions budgétaires et des modifications apportées à l\u2019assu-rance-emploi et aux lois environnementales sont encore largement inconnus.On les découvre goutte à goutte, le gouvernement refusant d\u2019offrir un portrait d\u2019ensemble.Mais chaque nouveau détail se transforme en muifitions poru l\u2019opposition.Les services n\u2019ont pas encore été touchés à grande échelle, mais la saison écorutée des activités d\u2019interprétation de Parcs Canada a, par exemple, fait jaser dans les médias des régions touchées.Services Canada, qui faisait déjà l\u2019objet de plaintes pour la lenteur de ses services, pourrait être touché par la nouvelle série de compressions dans le personnel technique du miifistère des Ressources humaines et du développement des compétences, craint l\u2019Institut professionnel de la fonction publique.Environ 900 de ses membres travaillant à ce ministère ont reçu des avis la semaine dernière.On dit souvent qu\u2019il vaut mieux, poru un gouvernement faire les gestes impopulaires en début de mandat poru ensuite les faire oublier un peu.Or, les effets des décisions conservatrices se feront sentir tout au long des trois prochaines années.Comme un lancinant mal de dents.mcornellier@ledevoir.com Commission Charbonneau Reprise attendue des travaux KATHLEEN LEVESQUE Est-ce que la corruption, la collusion, l\u2019infiltration du crime organisé et le financement illicite des partis politiques ont perverti l\u2019octroi des contrats publics au Québec ?La commission Charbonneau reprend ces travaux ce lundi matin afin de tenter de répondre à cette vaste question.Les premiers témoins devraient être des experts en matière de crime organisé, afin, entre autres choses, de brosser un tableau des réseaux d\u2019influence.Pour des raisons de sécurité, la commission refuse de confirmer leur identité.L\u2019information sera révélée quelques heures avant chacun des témoignages.Il semble toutefois acquis que l\u2019ex-agent du EBI Joseph Pistone, qui a infiltré la mafia new-yorkaise pendant six ans, sera entendu au cours de la semaine.Il pourrait être interdit de diffuser l\u2019image de M.Pistone, même si son témoignage devrait être public.C\u2019est d\u2019abord la juge Prance Charbonneau qui doit prendre la parole afin d\u2019établir les balises de ces audiences tant attendues.Par la suite, des avocats feront des représentations sur différents points.Ce n\u2019est qu\u2019en après-midi que le défilé des témoins débutera.Le procureur en chef de la commission, M® Sylvain Lussier, a d\u2019ores et déjà indiqué que la population pouvait s\u2019attendre à du «croustil- Cindustne construction JACQUES NADEAU LE DEVOIR La juge France Charbonneau lant» puisque personne n\u2019échappera à l\u2019examen de la commission.Invité à s\u2019adresser aux membres de l\u2019Association de la construction du Québec, vendredi dernier, M® Lussier a expliqué le mandat de la commission, qui couvre les quinze dernières années.Il a également réitéré la volonté de la commission de protéger ceux qui ont peur de témoigner et craignent des représailles.La première étape de la commission Charbonneau, qui a démarré le 22 mai dernier, a permis d\u2019entendre sept témoins, dont Jacques Duches-neau qui avait dirigé l\u2019Unité anticollusion du ministère des Transports.C\u2019est le rapport de ce dernier qui a forcé la création de la Commission d\u2019enquête sur l\u2019octroi et la gestion des contrats publics dans l\u2019industrie de la construction.Enquête toujours en cours Le début des audiences ne signifie pas que les enquêtes menées par les équipes de la commission Charbonneau sont terminées.Loin de là.Certains témoignages pourraient apporter des éclaircissements ou conduire à d\u2019autres recherches.En juin dernier, la commission a obtenu de l\u2019Assemblée nationale des pouvoirs supplémentaires.Qutre le fait qu\u2019elle peut contraindre des personnes à se présenter à la barre, la commission a le pouvoir de perquisition et de saisie de documents.La semaine dernière, la commission a annoncé que des enquêteurs seraient présents au cours des prochains jours dans la région de l\u2019Abitibi dans le but de rencontrer des témoins.L\u2019équipe des enquêteurs s\u2019est d\u2019ailleurs agrandie au cours des derniers mois.Du coup, la commission a récupéré l\u2019espace de la salle d\u2019attente pour aménager de nouveaux bureaux.Les audiences sont ouvertes au grand public.Elles se déroulent à Montréal (500, boni.René-Lévesque Quest), du lundi au jeudi, à compter de 9 h 30 et à raison de trois semaines par mois.Le Devoir f'-SMI 1/ if ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Des employés s\u2019affairaient dimanche à nettoyer la Chambre des communes en prévision du retour des parlementaires canadiens.Rentrée sous le signe de la méfiance Un second projet de loi de mise en oeuvre du budget sera introduit STEPHANIE MARIN à Ottawa Le gouvernement et l\u2019opposition officielle à Qttawa se dévisagent avec méfiance à l\u2019aube de la rentrée parlementaire de lundi, qui s\u2019annonce orageuse avec l\u2019introduction d\u2019un second projet de loi de mise en oeuvre du budget.Le souvenir de C-38, le dernier projet pour concrétiser le budget, baptisé par plusieurs «projet mammouth», plane encore sur la colline parlementaire.La brique législative de plus de 400 pages, qui modifiait 70 lois et contenait des changements non liés au budget, a marqué la dernière session et a été la cause de nombreuses et inhabituelles protestations.Le gouvernement promet un autre projet de mise en oeuvre du budget pour l\u2019automne.Il sera d\u2019ailleurs la pierre angulaire du programme législatif de la session, promet le leader du gouvernement en Chambre, Peter Van Loan.Il est nécessaire poru garder le cap sur la croissance économique et la création d\u2019emploi, qui sont les priorités du gouvernement pour l\u2019automne, a déclaré M.Van Loan.Il visera à concrétiser les mesures du budget de mars qui n\u2019ont pas été incluses dans C-38.Des crédits d\u2019impôt pour la création d\u2019emploi dans les petites entreprises seront notamment proposés, a précisé M.Van Loan.Qn pourrait y voir aussi des changements aux régimes de pension des parlementaires et des fonctionnaires fédéraux.Considérant le tollé soulevé chez l\u2019opposition lors du dépôt de U38 et aussi à la suite du refus du gouvernement d\u2019y apporter ne serait-ce qu\u2019un seul amen-demenf M.Van Loan s\u2019attend à devoir en découdre avec les députés de l\u2019opposition.Le Nouveau parti démocratique (NPD) reprendra le flambeau pour dénoncer les changements à l\u2019assurance-emploi et à l\u2019âge d\u2019admissibilité à la sé-ciuité de la vieillesse, ainsi que les abolitions de postes dans la fonction publique fédérale.Jeux politiques Le gouvernement Harper dit aussi vouloir s\u2019employer à rendre les rues plus sûres et à continuer sa réforme du système d\u2019immigration.De nouveaux projets de loi seront déposés, mais d\u2019autres attendent déjà aux Communes, dont le projet de loi sur la réforme du Sénat, celui pour accélérer le renvoi des criminels étrangers et celui visant la protection des enfants contre les cyberprédaterus.Parmi les projets de loi déjà déposés et autres mesures devant le Parlement, une motion inquiète particulièrement Ny-cole Turmel, députée de Hull-Aylmer: celle du député conservateur Stephen Wood-worth sur la définition d\u2019un être humain.Elle souligne que celle-ci remet en question le droit à l\u2019avortement.Et que même si le gouvernement Harper dit ne pas vouloir rouvrir ce dossier, il a tout de même permis qu\u2019il fasse l\u2019objet d\u2019un débat en septembre.La suspicion semble d\u2019aillerus au menu pour la rentrée parlementaire.«On a vu beaucoup de petits jeux politiques à la jîn [de la dernière session] et, franchement, les signes que nous recevons de l\u2019opposition semblent suggérer qu\u2019ils veulent continuer à jouer à des jeux plutôt que de discuter des politiques», a pour sa part commenté M.Van Loan.Le NPD est particulièrement visé par ses propos.Il serait «intéressé à être aussi obstructif que possible, juge le leader en Chambre.On aura probablement une session plus difficile cet automne [que ce que j\u2019espérai] ».La méfiance est partagée.«On espère toujours qu\u2019ils [les conservateurs] seront plus conciliants, mais l\u2019année qui vient de passer ne nous a pas démontré leur capacité ou leur volonté d\u2019écouter les Canadiens», a déclaré M\u201c® Turmel.La Presse eanadienne RENTREE PARLEMENTAIRE L\u2019impact des compressions à l\u2019agenda JENNIEER DITCHBURN à Ottawa Le caucus conservateur se réunit lundi pour la première fois depuis la fin de la session parlementaire au printemps dernier, et les retrouvailles seront marquées par des discussions plus sérieuses que celles à propos des barbecues et des vacances au chalet.De nombreux députés ont dû défendre les compressions budgétaires du gouvernement Harper pendant l\u2019été, certaines d\u2019entre elles ayant touché des services locaux comme le transport ferroviaire, la garde côtière et les voies navigables.Dans certains cas, le lob-byisme exercé afin d\u2019atténuer l\u2019impact de ces déçisions sur les citoyens a été fort important.À l\u2019instar de ses collègues du site historique de la Voie-Navigable-Trent-Severn et du Canal Rideau, Barry Devolin a dû composer avec l\u2019annonce de compressions pour la saison d\u2019activité du site.Les De nombreux députés sont cependant parvenus à convaincre le ministre députés ont dû de l\u2019Environnement, Peter ,,\t, Kent, de retarder l\u2019une des deiendre les mesures \u2014 la réduction de la primm-pccirmc durée de la saison active \u2014 compressions poru plutôt lancer des consul- budgétaires tâtions visant à déterminer le meilleru moyen de composer pendant l\u2019été avec les compressions budgétaires imposées aux voies navigables.Les discussions ont mené au dépôt d\u2019une proposition à la fin du mois d\u2019août.M.Devolin travaille ainsi sur un projet de loi d\u2019initiative parlementaire qui permettrait de transférer la gestion du site de la Voie-Navigable-Trent-Severn à une agence indépendante.Il estime que le potentiel économique de la voie navigable n\u2019a toujours pas été exploité dans son ensemble.M.Devolin ajoute que le site lui est très cher, et qu\u2019il l\u2019est pqur plusieurs citoyens de sa circonscription.A son avis, plusieurs citoyens remettent en question le rôle de Parcs Canada et se demandent si l\u2019organisation est la mieux placée pour gérer le site de Trent-Severn.Sru l\u2019île de Vancouver, le député James Lunney s\u2019est opposé aux compressions qui mèneront à la fermeture de nombreux centres de services de communications et de trafic maritime (SCTM) le long de la côte de la Colombie-Britannique.Il conteste également la fermeture d\u2019une station de recherche et de sauvetage à Vancouver.«Nous avons les employés de SCTM les mieux formés du monde, les membres de nos équipes de recherche et de sauvetage sont également les meilleurs.Ils ont tout fait pour fournir des services efficaces et sécuritaires», a écrit M.Lunnet dans un communiqué publié en juin dernier.«Au cours des dernières semaines, nous avons rencontré des autorités responsables à Ottawa et nous avons mis des solutions réalistes sur papier.Je crois que le public a soutenu ma démarche en exprimant sa frustration, je demeure confiant de parvenir à une solution plus prometteuse pour la côtç britanno-colombienne.» A travers le Canada, d\u2019autres députés ont eu à composer avec la réduction du nombre d\u2019employés et de l\u2019offre de services chez Via Rail.Certaines gares n\u2019ont plus d\u2019employés, et des passagers handicapés se sont plaints de ne plus pouvoir monter dans les trains, faute d\u2019assistance.Le budget conservateur prévoit des compressions de 41,2 millions de doUars chez Via Rail en trois ans.La Presse eanadienne A 4 LE DEVOIR LE LUNDI 17 SEPTEMBRE 2012 ACTUALITES L\u2019extradition de Magnotta a coûté 375000$ aux contribuables ANDY BLATCHFORD L> extradition de Luka Rocco ' Magnotta de l\u2019Allemagne vers le Canada aura coûté environ 375000$ aux contribuables canadiens.Cette estimation calculée par La Presse canadienne en fonction des documents fédéraux qu\u2019elle a obtenus inclut les dépenses liées à l\u2019extradition du présumé meurtrier dans un avion gouvernemental, au service de traiteur et à l\u2019hébergement pour les autorités qui ont ramené le fugitif d\u2019Europe.La police de Berlin a arrêté Magnotta en juin dernier, mettant fin à la chasse à l\u2019homme internationale qui a suivi la découverte du corps démembré de l\u2019étudiant chinois Jun Lin.Magnotta fait face à une série d\u2019accusations, dont meurtre au premier degré, en lien avec l\u2019horrible crime.L\u2019ancien acteur de films pornographiques et danseur nu plaide non coupable à l\u2019ensemble des accusations.Les détails du crime dont il est accusé ont retenu l\u2019attention des médias de toute la planète et, à présent, ce sont les détails de son extradition qui soulèvent bien des questions.Magnotta a pris la direction du Canada à bord d\u2019un CC150 Polaris, configuré pour accueillir des passagers de marque, notamment des représentants gouvernementaux et des dignitaires étrangers de haut rang, y compris le premier ministre, le gouverneur général du Canada et des membres de la famille royale.Au total, les vols à partir d\u2019une base militaire de Calgary vers l\u2019Allemagne, puis de retoiu vers ce côté-ci de l\u2019Atlantique, ont pris 23,9 heures.À un prix à Magnotta a pris la direction du Canada à bord d\u2019un CC150 Polaris, configuré pour accueillir des passagers de marque l\u2019heure de 15505$, le coût total de ces déplacements est de 370570$.Le taux horaire inclut l\u2019entretien, les frais de hangar, le salaire des employés et l\u2019essence, qui représente 6420$ du coût par heure, selon le ministère de la Défense.L\u2019hôtel oû huit membres de l\u2019équipage ont été hébergés afin de passer une nuit à Berlin devait coûter près de 1300$, mais en ajoutant les frais liés au service de traiteur que les employés ont utilisé, ce montant atteint 3500$ de service aux chambres a coûté 1500$ à Montréal et 2000$ à Berlin).Ces chiffres figurent dans des documents que La Presse canadienne a obtenus en vertu de la Loi sur l\u2019Accès à l\u2019information.Refus du SPVM Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a refusé de donner le coût de ses opérations en Allemagne, malgré une demande d\u2019accès à l\u2019information.Le SPVM a justifié son refus en expliquant que la publication de ses dépenses pourrait révéler des détails sur ses méthodes d\u2019enquête et avoir un impact siu les procédiues jiuidiques.Un porte-parole du SPVM a également indiqué que le service ne commenterait pas les détails concernant l\u2019extradition de Magnotta.Le porte-parole, lan Lafrenière, avait quant à lui déjà affirmé que six policiers montréalais avaient été impliqués dans l\u2019opération.La police provinciale du Québec, également impliquée dans l\u2019affaire, a elle aussi refusé de révéler les coûts de l\u2019extradition de Magnotta.Elle s\u2019est contentée d\u2019affirmer que le SPVM menait les opérations.La Presse eanadienne R ansoro FRED CHARTRAND LA PRESSE CANADIENNE Accompagné de marionnettes représentant les premiers ministres des provinces, Phillip Charbonneau, du Conseil des Canadiens, a réalisé dimanche, sur la colline parlementaire à Ottawa, une mise en scène de l\u2019opposition des Canadiens à la prolongation des droits exclusifs sur l\u2019information détaillée des médicaments nouvellement brevetés.Médicaments : débat sur les droits exclusifs JULIAN BELTRAME à Ottawa L a rentrée parlementaire aura lieu lundi à Ottawa, mais c\u2019est pourtant un autre débat qui devrait retenir l\u2019attention ce jour-là, en raison des impacts qu\u2019il aura sur le futur du Canada.Des responsables de l\u2019Union européenne (UE) seront alors à Ottawa pour ce qui devrait être leur avant-dernière série de négociations commerciales.Ils se rencontreront à nouveau à Bruxelles en octobre et devraient en arriver à une entente d\u2019ici la fin de l\u2019année.Maintenant que la li^e d\u2019arrivée est à portée de main, les débats entoiuant la question de la protection de la propriété intellectuelle poiu les produits phar- maceutiques s\u2019enflamment: les deux camps ont publié dimanche des sondages indiquant que la population soutient leurs points de vue respectifs.Là oû le Canada est impliqué, c\u2019est par rapport à la question des droits exclusifs sur l\u2019information détaillée des médicaments nouvellement brevetés.Le standard européen accorde ces droits aux compagnies pendant dix ans, tandis que le Canada vient tout juste d\u2019augmenter sa limite nationale, la faisant passer de cinq à huit ans.La protection conférée par un brevet, les achats de biens et services effectués pour le compte du gouvernement au niveau provincial ainsi que des plans de protection pour les produits du lait et du fromage constituent les principales conditions établies par l\u2019UE afin qu\u2019elle ouvre ses marchés aux Canadiens.Or selon certains observateurs, plus un pays attend avant de permettre la fabrication de médicaments génériques, également moins chers, plus il en coûte cher aux provinces et aux Canadiens.Le Conseil des Canadiens, un groupe militant de gauche, évoque une étude économique réalisée en 2011 et qui concluait que l\u2019exclusivité et les normes de brevet de l\u2019UE poiuraient retarder la production de médicaments génériques de trois ans et demi et coûter près de 3000 milliards de dollars.Les sociétés de recherche pharmaceutique du Canada ont indiqué la même journée que les trois quarts des Canadiens étaient favorables à un encadrement semblable ou supplémentaire de la protection de la propriété intellectuelle.Le ^oupe prévoit également publier des rapports qui indiquent qu\u2019une protection à plus long terme des brevets stimule les investissements en recherche et développement et permet la création de davantage d\u2019emplois pour les Canadiens.Au final, les Canadiens font face à des informations contradictoires, sans compter qu\u2019il est fort difficile pour eux de se construire une opinion, car les discussions entre les dirigeants européens et canadiens pour l\u2019instauration d\u2019une entente commerciale se font derrière des portes closes.La Presse eanadienne Ford a le plus de « bonne volonté » dans les négociations, estime TCA-Canada Toronto \u2014 Le président national des Travailleurs canadiens de l\u2019automobile ((TCA-Canada) , Ken Lewenza, a indiqué dimanche que son syndicat allait se concentrer sur les négociations qu\u2019il mène avec Eord, car cette compagnie démontre davantage de bonne volonté, à son avis, que les deux autres géants de l\u2019automobile, soit General Motors (GM) et Chrysler.Devant les journalistes, M.Lewenza a déclaré que GM et Chrysler devaient continuer à travailler sur des offres qui respecteront les demandes des employés.TCA-Canada a brandi la menace de l\u2019emploi de moyens de pression au travail advenant l\u2019absence d\u2019une entente d\u2019ici lundi soir à minuit.Le salaire des employés est au cœur des débats.Le syndicat propose de plus bas salaires pour les nouveaux employés qui mettraient également davantage de temps à atteindre le haut de l\u2019échelle salariale.Les constructeurs automobiles demandent quant à eux une réduction permanente des salaires pour les nouveaux employés.TCA-Canada est en désaccord avec cette structure salariale permanente à deux vi- tesses, qui q par ailleurs été imposée aux Etats-Unis.Au dire du secrétaire-trésorier, Peter Kennedy, la proposition sur les salaires est «la clé qui déverrouille la porte».11 estime qu\u2019une fois cette question réglée, il sera plus facile de s\u2019adresser aux autres problèmes.«Il y a encore d\u2019importants problèmes que nous devons régler», admet-il toutefois, avant d\u2019ajouter que TCA-Canada est en désaccord avec la proposition de la structure salariale permanente à deux vitesses.Le syndicat des travailleurs canadiens de l\u2019automobile (TCA-Canada) estime néan- moins que les discussions sur les salaires qu\u2019il mène avec l\u2019un des trois plus importants constructeurs automobiles de l\u2019Amérique du Nord ont fait d\u2019importants progrès.Selon M.Kennedy, une fois la question du salaire réglée, il estime que le reste de l\u2019entente sera facile à conclure.11 ajoute que le syndicat s\u2019attend à ce que les discussions avec les deux autres fabricants de grande importance soient plus rapides une fois qu\u2019une grande compagnie aura accepté l\u2019offre de TCA-Canada.La Presse eanadienne «OS' -\t- - -\t-«A NOUVEAU ! ¦ / /' LE DEVOIR EN CLASSE Un programme destiné aux professeurs qui souhaitent utiliser les médias comme outil pédagogique.Préparez dès maintenant la prochaine session d'enseignement.Des abonnements de groupes sont disponibles.Aussi à l'adresse suivante : www.ledevoir.comAe-devoir-en-classe Pour plus d'information, contactez-nous à l'adresse courriel suivante : internet-ecole@ledevoir.com Un programme réalisé en partenariat avec la société Les amis du Devoir Des cellules souches embryonnaires capables de rétablir l\u2019audition PAULINE GRAVEL Encore une fois, les cellules souches embryonnaires humaines se révèlent prodigieuses pour réparer le corps humain.Dans un article publié la semaine dernière dans la revue Nature, des chercheurs de l\u2019Université de Sheffield au Royaume-Uni affirment avoir réussi à restaurer l\u2019audition de petits mammifères atteints de siu-dité neuropathique.Bien qu\u2019il soit possible de remédier à la perte et à l\u2019absence des cellules ciliées de l\u2019oreille interne par un implant cochléaire, il n\u2019existe aucun traitement pour corriger la surdité engendrée par la disparition des neurones du ganglion spiral auxquels les cellules ciliées sont connectées et auxquels elles transmettent les signaux auditifs qu\u2019elles ont détectés et qui doivent être acheminés au cerveau.Au cours des dernières années, des chercheurs ont bien tenté, mais en vain, d\u2019obtenir des cellules ciliées et des neurones ganglionnaires à partir de cellules neuroprogénitrices isolées d\u2019une coch-lée humaine mature.Les cellules neuroprogénitrices sont des cellules oligopotentes qui, contrairement aux cellules souches, sont déjà engagées dans un processus de différenciation spécifique et ne peuvent se répliquer qu\u2019un nombre limité de fois.Plus récemment, Wei Chen et ses collègues de l\u2019Université de Sheffield ont effectué sans succès la même démarche avec des cellules souches bipo-tentes extraites d\u2019une cochlée fœtale humaine.Cette fois, ces mêmes scientifiques ont eu recours à des cellules souches embryonnaires humaines.Pour induire la différenciation de ces cellules souches multi-potentes, ils les ont exposées aux facteurs de croissance intervenant dans la différenciation de la « placode otique», le tissu embryonnaire à l\u2019origine du système auditif.Ils ont ainsi obtenu deux types de cellules neuroprogénitrices otiques qui étaient capables de se différencier in vitro en cellules ciliées et en nemones auditifs présentant des propriétés électrophysiologiques normales.Neuropathie auditive Qui plus est, lorsqu\u2019ils ont transplanté ces cellules neuroprogénitrices chez des mammi-fères adultes sourds, en l\u2019occurrence de petits rongeurs nommés gerbilles atteints de neuropathie auditive, ces cellules se sont parfaitement intégrées au tissu hôte et se sont différenciées en cellules ciliées et en neurones fonctionnels qui ont grandement amélioré le fonctionnement des voies auditives, lequel a été évalué en mesurant l\u2019intensité sonore à partir de laquelle les neurones ganglionnaires généraient un signal électrique en direction du cerveau.11 est apparu qu\u2019en moyenne, les animaux greffés expérimentaient une récu-pération d\u2019environ 46% de leurs facultés auditives : alors que chez certains animaux, le rétablissement des fonctions auditives s\u2019avérait modeste, chez d\u2019autres il était presque complet.Le succès de l\u2019expérience menée par l\u2019équipe britannique et qui est décrite dans le dernier numéro de la revue Nature permet désormais d\u2019offrir de grands espoirs aux personnes souffrant d\u2019une neuropathie auditive.Le Devoir LE DEVOIR, LE LUNDI 17 SEPTEMBRE 2012 A 5 ECONOMIE En attendant d'oublier (.J Eric Desrosiers 4 L\u2019une des principales victimes de la crise financière a été la confiance des populations dans leurs dirigeants politiques et leur système économique.Lehman Brothers est en voie de connaître une année du tonnerre, rapportait la semaine dernière Adam Davidson dans le New York Times.Sortie cet hiver de la faillite, la banque d\u2019affaires est redevenue une ruche où bourdonnent de jeunes et dynamiques professionnels les yeux rivés siu les moindres soubresauts des marchés.Elle a même conclu la plus grande transaction immobilière de l\u2019année en rachetant l\u2019une de ses anciennes firmes à un créancier poiu la coquette somme de 3 milliards.La banque, qui a entraîné dans sa chute la finance mondiale, puis l\u2019économie de la planète tout entière il y a quatre ans, n\u2019est quand même pas redevenue une banque comme les autres, car si on lui a permis de revenir d\u2019entre les morts, c\u2019est seulement pour lui permettre de vendre de manière ordonnée tout ce qui lui appartient encore et de rembourser ses créanciers avant de redisparaître pour de bon.Comme Lehman Brothers regroupait environ 2000 compagnies dont les actifs vaudraient encore environ 65 milliards, l\u2019opération pomrait devoir se poursuivre au-delà de 2017.L\u2019économie mondiale pourrait bien, elle non plus, ne pas avoir complètement fini de se remettre de la Grande Récession à cette date.Au moment d\u2019annoncer son énième programme d\u2019injection de liquidité dans l\u2019économie, jeudi, la Réserve fédérale américaine a aussi indiqué qu\u2019elle prévoyait devoir maintenir ses taux d\u2019intérêt au plancher «jusqu\u2019à la mi-2015 au moins si nécessaire».Dans ses prévisions sur l\u2019emploi, elle dirait s\u2019attendre à ce que le taux de chômage aux Etats-Unis à la fin de cette année-là soit encore au moins un point de pourcentage au-dessus de sa cible située entre 5,|% et 6%.Il n\u2019y a pas qu\u2019aux Etats-Unis qu\u2019on cherche encore et toujours à retrouver l\u2019élan qu\u2019on a perdu il y a quatre ans.Le cas de l\u2019Europe vient tout naturellement en tête, mais ce n\u2019est pas le seul endroit.La Chine et plusieurs autres puissances émergentes commencent aussi à manquer de souffle après tout ce temps passé à remorquer seules l\u2019économie mondiale.Du fringant rythme de croissance de 5% que cette dernière affichait avant le début de la crise, il ne reste plus aujourd\u2019hui qu\u2019un bien plus modeste taux de 3,5% sans cesse revu à la baisse, notait vendredi dans le Globe and Mail Armine Yalnkyan du Centre canadien de politiques alternatives.On recense officiellement 200 millions de chômeurs à travers le monde, et plus de 30 millions d\u2019emplois seraient toujours portés manquants depuis la crise.Beaucoup mieux loti que la plupart des autres, le Canada n\u2019est pas épargné pour autant, poursuit l\u2019économiste.Bien que tous les emplois perdus durant la crise aient été retrouvés depuis, plus des trois quarts des nouveaux emplois ajoutés à ce total ont été des postes temporaires.On compte moins aujourd\u2019hui de Canadiens de 15 à 24 ans au travail qu\u2019il y en avait au plus creux de la crise même si la population totale de ce groupe d\u2019âge a augmenté.Crise de confiance Il n\u2019y a pas que l\u2019économie qui a souffert de la crise.Il y a aussi la foi que les gens avaient en elle.Un récent sondage réalisé par le Pew Center dans 21 pays montre l\u2019amplem de la cicatrice laissée dans les esprits par la Grande Récession.La proportion de répondants estimant que l\u2019économie de marché est, somme toute, une bonne chose pour eux est tombée, entre 2007 et nos jours, de 72 % à 61 % en Grande-Bretagne, de 49% à 38% au Japon, de 67% à 47% en Espagne et de 73% à 50% en Italie.On en est rendu au point où les Chinois (74%) ont plus confiance dans l\u2019économie de marché que les Arpéricains (67%).À tous ceux qui se plaignaient des problèmes économiques, on a demandé qui en était, selon eux, le principal responsable.La majorité ont montré du doigt leur propre gouvernement.Ceux qui accusaient d\u2019abord les banques blâmaient tout de suite après les gouvernements, loin devant les Américains, l\u2019Union européenne, leur propre population, ou tout autre facteur.Cette situation amène les gens à se montrer très pessimistes face à l\u2019avenir, particulièrement celui de leurs enfants.En fait, il n\u2019y a qu\u2019en Chine qu\u2019on trouve une majorité de gens pour dire que les jeunes auront facilement de meilleurs revenus ou de meilleurs emplois que leurs parents.Plus de 80% des Américains, des Britanniques, des Japonais et même des Allemands croient, au contraire, que lems enfants auront du mal même seulement à vivre dans le même confort qu\u2019eux.De telles idées noires sont préoccupantes, ne serait-ce qu\u2019en raison de l\u2019importance primordiale qu\u2019a la confiance des consommateurs et des chefs d\u2019entreprises dans le bon fonctionnement de nos économies de marché.Auteur d\u2019un célèbre ouvrage retraçant l\u2019histoire des crises financières, Kenneth Rogoff a déjà dit que ces crises ne se terminent pas parce que de nouvelles lois ont été adoptées et que les gens ont retrouvé confiance dans leurs politiciens, raconte Adam Davidson.«La confiance revient quand il s\u2019est écoulé assez de temps pour que tout le monde oublie qu\u2019il y a déjà eu un problème.» III I IM PEDRO RUIZ LE DEVOIR Jean-Christophe Bédos: «Birks est encore une entreprise iocaie.li y a donc une énorme aventure devant nous.Les bijouteries Birks ) tailler sa place dans le monde Le nouveau grand patron du joaillier canadien veut mettre en valeur les attributs particuliers de sa maison CLAUDE TURCOTTE En avril dernier, Birks & Mayors annonçait la nomination de Jean-Christophe Bédos en tant que président et chef de la direction.«M.Bédos arrive en poste alors que le conseil souhaite que Birks devienne une marque de luxe internationale», soulignait alors Eva Hart-ling, directrice des communications.Cinq mois plus tard, cette nomination apparaît en effet comme l\u2019une des plus importantes dans toute l\u2019histoire des 133 ans de cette grande entreprise montréalaise, qui est passée à un cheveu de sa fin dans les années 1990.M.Bédos a récemment accordé au Devoir sa première çntrevue depuis son entrée en fonction.Agé de 48 ans, M.Bédos a 25 ans d\u2019expérience au sein de groupes extrêmement prestigieux dans l\u2019univers du luxe.Il a fait ses débuts chez Cartier à Paris en 1988.Avant de venir chez Birks, il venait de terminer un mandat de sept ans comme p.-d.g.de Boucheron, une autre société de grande renommée internationale.Mais pourquoi donc quitter Paris pour venir à Montréal diriger une entreprise, prestigieuse certes, mais qui a peu rayonné à l\u2019extérieur du Canada?« Un goût pour le défi.J\u2019avais quitté Cartier pour aller chez Boucheron, qui était une grande maison ayant besoin d\u2019un redressement.Ce fut mon premier grand défi.J\u2019ai redressé ce groupe avec l\u2019équipe dont je m\u2019étais entouré.Quand le défi de Birks s\u2019est présenté, j\u2019ai eu très envie d\u2019avoir cette démarche entrepreneuriale qui consiste à ne pas s\u2019endormir sur ses lauriers.Ça m\u2019a beaucoup chatouillé cette histoire de Birks, une très grande maison pendant très longtemps, mais très peu connue dans le monde.Je me suis dit que ça devrait être très intéressant de prendre une si belle aventure et de la faire découvrir au reste du monde.L\u2019industrie du luxe s\u2019est tellement globalisée.B faut conquérir les autres continents.Birks est encore une entreprise locale.B y a donc une énorme aventure devant nous.» M.Bédos se dit convaincu qu\u2019avec «les racines qu\u2019il y a dans cette maison, on a affaire à une marque qui sera assez solide pour aller rivaliser avec d\u2019autres grandes maisons».Il refuse cependant de voir sa démarche comme une démarche de concurrence.«B faut raisonner en termes de territoire d\u2019expression, de stylistique», ce qui implique un renforcement sur le plan de la création et du design.«Birks a eu, comme toutes les maisons, des aventures et des mésaventures.J\u2019arrive à un moment où Birks a traversé la crise la plus grave de son histoire, mais il est un organisme solide et résistant.C\u2019est ça qui est important», soutient-il.Cette crise a en effet entraîné des pertes totalisant 880 millions en trois exercices financiers de 2009 à 2011.En revanche, le nouveau p.-d.g.précise que le seuil de rentabilité a été atteint au coms de la dernière année.Les revenus de Birks & Mayors ont été de 302 millions.Le groupe compte plus de 830 employés, dont 271 au Québec.Il possède 59 bputiques de prestige au Canada et aux Etats-Unis.C\u2019est en novembre 2005 que Birks a intégré totalement Mayors, dans laquelle il détenait une participation depuis 2002 ; celle-ci était déjà inscrite à la Bourse de New York et, désormais, c\u2019est tout le groupe qui a le statut de société ouverte, laquelle compte plus de 300 actionnaires, dont les deux tiers sont américains.Il y a cependant un actionnaire dominant, qui est une riche famille aristocratique européenne.Le comte Lorenzo Rossi di Montelera est d\u2019aillems président du conseil.«B y a là un aspect très rassurant dans notre démarche patrimoniale», note M.Bédos.Mayors a ses caractéristiques propres, comme distributeur de très haut de gamme dans un maçché spécifique, celui de la Eloride et des Etats du sud-est de ce pays.Birks est de son côté une maison canadienne et une grande marque.«Etant dans des marchés différents, il y a une forme de diversification, un portefeuille de marques qui sont relativement complémentaires et qui génèrent une dynamique intéressante du point de vue de Birks, comme facteur de croissance, en s\u2019exprimant sur un territoire qui n\u2019est pas le Canada», mentionne le p.-d.g.Il y a aussi une complémentarité, tant pour ce qui est des climats qui ont un impact sur les ventes (été et hiver) que pour les clientèles touristiques.La Eloride accueille beaucoup de clients d\u2019Amérique latine, tandis que Birks attire, surtout dans l\u2019Ouest canadien, une clientèle asiatique.Ce dernier marché est à ce point important que Birks a conclu une entente de reconnaissance avec la Chine pour les cartes de crédit des clients chinois.Une nouvelle signature pour conquérir le monde Dès son entrée en fonction, M.Bédos s\u2019est mis à la tâche de relever ce défi de confronter la marque de Birks aux marchés étrangers.Il travaille à l\u2019élaboration d\u2019un plan qui devrait être présenté aux actionnaires vers la fin de cette année.«Nous avons plusieurs chantiers sur l\u2019identité de la marque, sur son positionnement, sur sa mission», mentionne-fil, en insistant sur l\u2019importance de travailler sur la stylistique, c\u2019est-à-dire la signature.Quelle forme doit prendre cette signature?«B faut que Birks soit clairement identifié comme une maison canadienne, englobant tous les éléments de la richesse du Canada et du Québec.B y a aussi l\u2019influence britannique et la fusion avec la culture française qui est particulière au Québec.Pour moi, comme observateur extérieur, il y a là une richesse d\u2019expression potentielle extraordinaire.» Ce p.-d.g., détenteur d\u2019un MBA de la London Business School et d\u2019une maîtrise en droit international de la Sorbonne, a la réputation de miser sur de bonnes collections.Il parle lui-même plutôt d\u2019une sensibilité qu\u2019il a aiguisée au contact des arts et de la musique dans ses jeunes années, mais aussi beaucoup grâce au travail avec «de grands hommes dans les grandes maisons».Il affirme cependant «être un gestionnaire d\u2019entreprise et non pas un directeur artistique ».Il remarque chez Birks une excellente équipe professionnelle de créateurs qu\u2019il entend tout de même renforcer.La nouvelle signature de Birks qu\u2019il veut développer aura une caractéristique unique dont il parle avec enthousiasme : les diamants canadiens et québécois.« Ce fut une découverte extraordinaire quand je suis arrivé ici.Le Canada est parmi les deux ou trois principaux producteurs mondiaux de diamants, et ça se sait peu.Quelle extraordinaire coïncidence et quelle magnifique opportunité pour une maison canadienne de pouvoir offrir ce que les autres maisons ne peuvent pas apporter.Les grands joailliers sont rarement situés dans des pays producteurs de diamants.Ici, on a une très grande marque et un pays producteur.Pourquoi ne pas joindre les deux et apporter une démarche totalement nouvelle dans l\u2019univers de la bijouterie et le design des produits de joaillerie?» Selon lui, la marque peut apporter une garantie d\u2019origine, la traçabilité, depuis la mine jusqu\u2019au client, en prenant aussi en compte la dimension environnementale et sociale.«Avec des diamants en provenance d\u2019Afrique, de Russie et d\u2019Europe de l\u2019Est, on n\u2019est jamais sûr qu\u2019on parle de diamants 100 % propres », dit-il.Birks a déjà des ententes avec des producteurs canadiens, et M.Bédos avoue avoir très hâte que démarre l\u2019exploitation de l\u2019important projet de Stornoway dans le nord du Québec.Mais, en attendant, la première étape consiste à décliner cette nouvelle stylistique en produits sur la thématique du Canada, c\u2019est-à-dire la nature, l\u2019hiver, mais aussi le patrimoine de Birks qui a vu le jour en plein centre-ville de Montréal.Des collections sur ces thèmes ont récemment été mises sur le marché.«On commence par cela.Si ça marche, ça restera.Il faut que ce soit une tendance lourde, pas seulement une mode», affirme M.Bédos, qui voit en Birks «une maison traditionnelle », tout en ajoutant une nuance importante : «La tradition ne doit pas empêcher la modernité.» Collaborateur Le Devoir A 6 LE DEVOIR LE LUNDI 17 SEPTEMBRE 2012 EDITORIAL Marie-Andrée Chouinard AMIANTE Le début de la fin En terminant un règne d\u2019opposition à la place de l\u2019amiante chrysotile sur la liste des produits dangereux de la Convention de Rotterdam, Ottawa signe la fin d\u2019une industrie jadis florissante, désormais moribonde.Il appartient maintenant au Québec de tenir promesse, en soutenant une région affaiblie dans sa relance.Voilà où sera célébrée la véritable victoire.1 n\u2019avait pas l\u2019air détendu des jours de bonnes nouvelles, le ministre fédéral de l\u2019Industrie Christian Paradis, quand, vendredi après-midi, il a annoncé ce doublé : d\u2019abord, un revirement de situation, car le gouvernement Harper a décidé de ne plus s\u2019opposer à l\u2019ajout de l\u2019amiante sur la liste des produits dangereux de la Convention de Rotterdam \u2014 il barrait pourtant cette route depuis au moins 2006.Et puis un investissement, car Ottawa passe en mode soutien en promettant 50 millions à une région qui doit en effet se rebâtir économiquement.Voilà une nouvelle d\u2019importance, dans laquelle plusieurs constats se camouflent.Premièrement, avec cette annonce, Ottawa reconnaît un combat perdu d\u2019avance, le gouvernement de Pauline Marois ayant promis qu\u2019il ne soutiendrait pas la relance de la mine Jeffrey.Sans possibilité d\u2019exploitation dans la seule province susceptible de le faire, l\u2019opposition fédérale relevait de l\u2019illogisme le plus pur, particulièrement aux yeux de l\u2019ensemble des pays espérant que le Canada retirerait ses objections de principe.Enoncé sans conviction, ce recul explique sans nul doute les airs crispés des principaux intéressés, non seulement de M.Paradis, ardent défenseur du développement économique de sa région autour de l\u2019amiante, mais aussi du maire de Thetford, Luc Ber-thold, qui doit faire contre mauvaise fortune bon cœur, et accepter les deniers de la relance tout en mettant une croix sur les aspirations de nombre de travailleurs de l\u2019amiante, soit revivre le Thetford des meilleurs jours.Sensibles aux doléances des travailleurs nostalgiques, les détracteurs d\u2019une exploitation de l\u2019amiante chrysotile n\u2019en sont pas moins troublés par les constats brossés par le secteur médical sur les conséquences néfastes sur la santé.Nous en sommes.Entre les lignes des discours politiques, l\u2019on pouvait aussi déceler vendredi les signes d\u2019une future combativité fédérale à l\u2019endroit du gouvernement de Pauline Marois, qui prendra officiellement les rênes du Québec cette semaine.M.Paradis n\u2019a même pas attendu la traditionnelle salve de questions des journalistes pour écorcher, deux fois plutôt qu\u2019une, le Parti québécois pour sa promesse de recul dans le dossier de la mine Jeffrey.Cette décision, qui vient annuler l\u2019engagement des libéraux de consentir un prêt de 58 millions de dollars pour faire revivre la mine Jeffrey, mettra en péril la prospérité économique de la région, a indiqué M.Paradis, se moquant des consultations promises par Marois pour soutenir la santé financière de la région.Voilà le nœud de l\u2019affaire.C\u2019est dans la suite des choses, que tous espèrent promptement lancée, que l\u2019on pourra mesurer la solidité du dossier «amiante» sous l\u2019égide du Parti québécois, dont on ne peut dire malheureusement qu\u2019il ait toujours été cohérent en cette matière.La première ministre désignée a promis en campagne une commission parlementaire destinée à consulter les experts et les travailleurs de l\u2019industrie sur les moyens les plus appropriés pour diversifier l\u2019économie de la région.En annonçant 50 millions pour soutenir cette relance, le gouvernement fédéral vient à son tour créer une pression sur son homologue du Québec afin qu\u2019il se prononce sans tarder, l\u2019avenir financier de plusieurs centaines de personnes étant en jeu.Ottawa a raison de mettre de la pression de ce côté de la médaille, car, si d\u2019aventure il fallait que des « consultations pédagogiques» reportent aux calendes grecques des décisions promptes à prendre pour reconstruire une économie, cela conforterait les habitants dans toutes leurs craintes.Les débats des derniers mois autour de la viabilité de l\u2019industrie de l\u2019amiante ont glissé de manière inévitable autour des effets \u2014 prouvés ou non \u2014 néfastes pour la santé de l\u2019exploitation de ce produit, destiné à être exporté ailleurs, dans des pays où les normes de sécurité n\u2019ont rien à voir avec les nôtres.Acrimonieuses le plus souvent, ces oppositions ont créé deux camps déchirés autour des bienfaits ou dangers de l\u2019amiante.En réalité, tous auraient intérêt à se rallier autour d\u2019une même cause : l\u2019avenir d\u2019une région appelée à se défaire du passé pour réinventer son avenir.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOFARO È Lotv -ei-n LETTRES Fidèle au Parti libéral La communauté italienne de Montréal a offert depuis longtemps un appui politique important au Parti libéral, à l\u2019image de la communautéjuive et de la communauté grecque.A la suite de l\u2019élection partielle de juin dernier dans Lafontaine, certains commentateurs, ayant constaté le faible taux de participation (26%), ont émis l\u2019hypothèse que ce taux pouvait cacher une certaine désaffection de ces électeurs envers le PLQ.Une analyse des résultats des dernières élections met en doute cette hypothèse.La population d\u2019origine italienne est concentrée dans l\u2019est de l\u2019île de Montréal, dans des secteurs où la présence non significative des anglophones permet de mieux étudier le vote libéral chez les allo-phones.Les électeurs de langue maternelle italienne sont présents à environ 10% dans Viau et dans Bourassa-Sauvé (Montréal-Nord) alors que ce pourcentage s\u2019élève à près de 30% dans Jeanne-Mance-Viger (Saint-Léonard) et Lafontaine (Rivière-des-Prairies).Les libéraux obtiennent la victoire dans toute cette région avec 47,2% dans Viau, et 42,2% dans Bourassa-Sauvé, ces pourcentages s\u2019élevant à 58,7% dans Lafontaine et 65,4% dans Jeanne-Mance-Viger.Ces quatre circonscriptions fournissent ainsi quatre des six circonscriptions libérales de l\u2019est de l\u2019île, qui en contient quatorze.Les deux autres sont Laurier-Dorion et Anjou-Louis Riel alors que six sont aux mains du Parti québécois et deux dans celles de Québec solidaire.Il est curieux de noter que ces électeurs, près des Québécois francophones.par leur langue et leur religion, en soient aussi éloignés sur le plan politique.Lspé-rons qu\u2019un jour ils partageront en plus grand nombre les idéaux politiques de ces derniers.Pierre Champagne Le 13 septembre 2012 La police : la tête de Turc Il est toujoms tellement facile de réécrire l\u2019histoire.Je pense particulièrement aux joins suivant le soir de l\u2019élection de M\u201c® Marois comme première ministre du Québec.Une partie de la population célébrait alors son désir d\u2019une nouvelle façon de gouverner et son espoir d\u2019un certain rehaussement de la qualité des débats.Une soirée festive qui reconnaissait également la venue d\u2019une femme remarquable, élue pour la première fois: McDavid.La présence policière me semblait adéquate pour une manifestation de ce genre.La joie se lisait sur tous les visages.Pourquoi aurait-il fallu la présence de l\u2019armée, de la GRC, de tous les corps policiers, des réservistes, des diverses agences de renseignement?Ce soir-là, la foudre aurait tout aussi bien pu tomber sur le bâtiment, une conduite de gaz aurait pu exploser, l\u2019eau de Montréal aurait pu être contaminée; rien ne laissait prévoir ce cas isolé, aucune menace directe n\u2019avait été énonçée.Je ne veux pas d\u2019un Etat policier.A force d\u2019avoir peur d\u2019avoir peur, on en devient ridicule, on passe à côté de bien bonnes choses et on finit par ne plus faire confiance à la vie, à son voisin ou, pire, à soi-même ! Je veux féliciter les gardes du corps de M\u201c® Marois de leur réaction rapide pour la protéger.Je salue également le courage et l\u2019absence de panique dont ont fait preuve tous les participants lors de cet attentat.Philippe Roy Gatineau, le 12 septembre 2012 Ce « nous » québécois Madame Moores, J\u2019ai été très touchée par vos propos dans Le Devoir du 11 septembre dernier.Je voudrais d\u2019abord vous dire que vous êtes chez vous dans ce Québec que vous avez choisi et que vous faites partie intégrante de ce « nous » québécois.J\u2019apprendrai désormais à parler des « anglos » de façon différente, car ce sont des gens comme vous qui nous aideront à bâtir le Québec que nous voulons.Avec Christopher Hall, l\u2019un de mes humoristes préférés, avec Ingrid Style et Steve Timmins (Mobilisation contre les gaz de schiste) qui livrent avec nous un combat épique pour le développement d\u2019énergies vertes, avec plusieurs de nos frères chiliens qui sont devenus des Québécois engagés depuis le 11 septembre 1973 et avec des milliers d\u2019autres Québécois provenant d\u2019ailleurs qui ont choisi le Québec.Un Québec ouvert dans lequel il fait bon vivre.Merci d\u2019avoir choisi le Québec et de vous définir d\u2019abord comme Québécoise ! Au plaisir de vous retrouver dans ce magnifique chantier d\u2019un Québec à développer et à mettre au monde ! Marie Bouchard, membre du Parti québécois Le 11 septembre 2012 LIBRE OPINION Rapatrier l\u2019assurance-emploi au Québec PIERRE CERE Porte-parole du Conseil national des chômeurs Il semble bien qu\u2019un «spectre hante» la colline parlementaire d\u2019Ottawa: le nouveau gouvernement du Québec voudrait rapatrier des pouvoirs, dont celui, si dérangeant semble-t-il, de l\u2019assu-rance-emploi.Stéphane Dion a commis un texte sur la question.Bob Rae ainsi que les ministres Linley et Paradis ont fait des déclarations.Au Conseil national des chômeurs, nous avons lancé une réflexion sur cette question il y a un peu plus d\u2019un an (lecnc.com).Nous l\u2019avons fait de façon responsable, en nous entourant de personnes fort calibrées en la matière.Dans tout ce travail de préparation, nous avons eu des échanges avec le Parti québécois, la Coalition avenir Québec et Québec solidaire, tout en cherchant à discuter avec le Parti libéral du Québec.Nous cherchons à ouvrir une nouvelle voie parce que nous considérons qu\u2019en matière d\u2019assurance-emploi, le gouvernement fédéral a failli à ses responsabilités.En effet, tous les gouvernements qui se sont succédé à Ottawa depuis 25 ans ont imposé des compressions à ce régime, tout en détournant entre 1996 et 2009 près de 60 milliards de dollars des cotisations ouvrières et patronales.Aujourd\u2019hui, ce sont plus de 50% des chômeurs qui ne sont plus assurés.L\u2019application de ce programme est complexe, judiciarisée et fondée sur la mauvaise foi.Nous prenons à témoin la récente réforme des conservateurs qui s\u2019attaque nommément aux travailleurs saisonniers.Il faut savoir que 40% des demandes d\u2019assurance-emploi déposées au Canada par des travailleurs de l\u2019industrie saisonnière proviennent du Québec ! Nous avons cru, pendant toutes ces années, et Dieu sait que nous y avons cru, qu\u2019il pouvait être possible, au fédéral, de renverser ces tendances.C\u2019est ainsi que nous avons levé d\u2019innombrables campagnes d\u2019opinion publique (les Sans-Chemise), organisé une Marche de Montréal jusqu\u2019à Ottawa, réuni une large coalition parlementaire et syndicale à Ottawa, bien au-delà des intérêts partisans et de ces mentalités de clans.S\u2019il faut continuer à exercer une pression sur le gouvernement Harper et sa récente réforme, il est aussi possible d\u2019envisager de nouvelles avenues.Rapatrier l\u2019assurance-emploi au Québec va dans ce sens.Rappelons au passage que nous en avons déjà rapatrié des bouts, avec la création il y a quelques années du Régime québécois d\u2019assurance parentale.Ce projet avait été lancé sous un gouvernement du Parti québécois et il a été conclu sous la gouverne de Jean Charest.Comme société, nous y avons gagné.Qui prétend qu\u2019on ne peut pas s\u2019occuper du reste ?Certains vont objecter le supposé caractère partisan du projet, alors que nous savons l\u2019engager sur de larges avenues, respectueuses de nos différences.On invoquera le blocage constitutionnel, alors qu\u2019il «pourrait être possi- II faut savoir que 40% des demandes d\u2019assurance-emploi déposées au Canada par des travailleurs de l\u2019industrie saisonnière proviennent du Québec! ble d\u2019utiliser une procédure bilatérale pour un transfert ciblé vers le Québec» (Torn Llanagan, Globe and Mail, 27 août 2012).D\u2019autres utiliseront l\u2019argument de l\u2019argent, même si nous savons que le gouvernement fédéral ne contribue d\u2019aucune façon à la caisse d\u2019assurance-emploi ; même si nous savons que nous avons subi 12 baisses successives du taux de cotisation depuis l\u2019année 2000, de telle façon que le taux actuel est moins élevé que celui de 1983 ! Si nous voulons améliorer le ré- gime, et telle est notre volonté, nous devrons nous poser la même question qu\u2019on aurait soulevée à Ottawa : on commence par quoi, ça va coûter combien, on rééquilibre la cotisation à quel niveau ?Stéphane Dion a raison sur une chose : «Le nouveau gouvernement du Québec devrait bâtir une argumentation solide et réfuter rationnellement les objections avant d\u2019exiger du gouvernement fédéral qu\u2019il lui transfère la responsabilité [d\u2019un tel programme] ».C\u2019est pourquoi nous verrions d\u2019un bon œil la mise en place d\u2019une commission québécoise pour étudier l\u2019ensemble de la question, pour aller à la rencontre des citoyens, des différentes représentations de la société civile et des partis politiques, de façon à formuler une proposition qui pourrait être déposée à l\u2019Assemblée nationale aux fins de débats.Pour notre part, nous sommes convaincus d\u2019une chose: les travailleurs et les travailleuses doivent bénéficier d\u2019une sécurité économique en cas de chômage, c\u2019est la mission d\u2019un régime d\u2019assurance chômage.Nous sommes convaincus d\u2019une autre chose: le Québec doit devenir le maître d\u2019œuvre de ce programme social si important pour les travailleurs et leurs familles. LE DEVOIR LE LUNDI 17 SEPTEMBRE 2012 A 7 IDEES ETATS-UNIS ET MOYEN-ORIENT 2012 n\u2019a rien à voir avec 1979 JULIEN SAADA Directeur adjoint de l\u2019Observatoire sur le Moyen-Orient de la Chaire Raoul-Dandurand de l\u2019UQAM JULIEN TOURREILLE Directeur adjoint de l\u2019Observatoire sur les Etats-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l\u2019UQAM.es manifestations devant les ambassades américaines du Caire et de Sanaa et l\u2019attaque contre le consulat de Benghazi qui a coûté la vie à l\u2019ambassadeur américain en Libye, Christopher Stevens, ont fait resurgir la semaine dernière le spectre de 1979.Dans la foulée de la révolutiop iranienne menée par l\u2019ayatollah Khomeiny, les Etats-Unis représentaient le «Grand Satan» qu\u2019il fallait copibattre.A moins de 50 jours de l\u2019élection présidentielle, Barack Obama fait face à uqe situation hautement volatile et complexe.À la différence de Jimmy Carter toutefois, les nouvelles dynamiques de pouvoir dans la région avec l\u2019Arabie Saoudite, l\u2019Egjqite et la Libye peuvent fournir à Barack Obama des atouts qui \u2014 s\u2019ils sont bien utilisés \u2014 permettront d\u2019assurer une influence américaine durable dans la région.Même anti-américanisme La similitude des événements survenus en 1979 (assassinat de l\u2019ambassadeur américain en Afghanistan, attaques contre les ambassades à Islamabad, Tripoli, et Téhéran) avec ceux des derniers jours met en évidence une donnée importante et constante de la vie politique au Moyen-Orient: l\u2019anti-américanisme.Par exemple, des enquêtes d\u2019opinion menées par le centre de recherches Pew mettent en çvidence des taux d\u2019opinions défavorables aux Etats-Unis constamment supérieurs à 70% depuis une décennie dans cjes pays, par ailleurs officiellement alliés des Efats-Unis, tels que la Jordanie, le Pakistan, ou l\u2019Egypte.Au-delà de la personnalité des présidents américains, trois éléments de la politique américaine au Moyen-Orient y nourrissent l\u2019anti-américa-nisme.Premièrement, la présence militaire américaine conséquente dans la ré^on n\u2019est pas perçue comme un facteur de stabilité, mais comme un outil coercitif permettant d\u2019assurer l\u2019accès au pétrole.Deuxièmement, malgré des hauts et des bas dans les relations entre Washington et Tel-Aviv, la position américaine est largement considérée comme déséquilibrée dans un seps trop favorable à Israël.Troisièmement, les Etats-Unis ont historiquement été critiqués dans la région pour le soutien à des régimes autoritaires tant et aussi longtemps que ceux-ci servent leurs intérêts.La réaction prudente de l\u2019administration Obama face aux Printemps arabes ne peut ainsi qu\u2019alimenter un scepticisme aigu quant aux intentions américaines à l\u2019endroit des mouvements de libéralisation politique.Contexte hautement différent Si les événements des derniers jours illustrent le potentiel de dérapages violents dans l\u2019expression de l\u2019anti-américanisme au Moyen-Orient, le contexte e^t toutefois fort différent de celui de 1979.Les Etats-Unis ne semblent en effet pas être aujourd\u2019hui confrontés à un défi idéologique lo m ADEM ALTAN AGENCE ERANCE-PRESSE La similitude des événements de 1979 (assassinat de l\u2019ambassadeur américain en A%hanistan, attaques conPe les ambassades à Islamabad, Tripoli et Téhéran) avec ceux des derniers jours met en évidence une donnée constante au Moyen-Orient: l\u2019anti-américanisme.Ici, des manifestants turcs brûlent un drapeau.d\u2019une ampleur comparable.Le succès de la révolution iranienne avait alors suscité une ferveur et une dynamique au sein des mouvements islamistes, tant çhiites que sunnites, qui aspiraient à établir des Etats islamiques indépendants de l\u2019Occident.Cette aspiration a fait long feu.Le régime des ayatollahs n\u2019est pas vraiment un symbole de réussite et a démonPé ses limites lors de contestation du mouvement vert en juin 2009.Les groupes radicaux sunnites, au premier rang desquels al-Qaïda, qui rêvaient d\u2019un grand Califat, ont du mal à exister dans l\u2019environnement post-Printemps arabes.Alors qu\u2019un épais brouillard enveloppe encore les révolutions égyptienne et libyenne, les attaques contre les représentations américaines ne sauraient être simplement perçues comme une haine potentiellement violente contre l\u2019Amérique.Elles reflètent davantage les rivalités de pouvoir qui agitent l\u2019Égypte post-Moubarak et la Libye post-Kadhafi.Dans les deux cas en effet, dçs islamistes modérés ont pris les rênes de l\u2019État et ont condamné, sans réserve pour la Libye, mais plus timidement en ce qui concerne l\u2019Égypte, les exactions contre les installations diplomatiques américaines.Des groupes extrémistes dans les deux pays ne manqueront pas de saisir toute occasion de les fragiliser.À ce titre, un film anti-islam, produit qui plus est par un Israélo-Américain comme le laissait entendre la rumeur (il semblerait en fait que le producteur soit un copte au passé trouble vivant en Californie), est un prétexte facile et efficace pour mobiliser des foules se sentant humiliées et considérant que les autorités en place n\u2019en font pas assez pour les venger d\u2019un tel affront.Le sentiment anti-américain latent dans la rue arabe est donc canalisé par des groupes radicaux qui cherchent à affaiblir.voire à renverser, les régimes en place.Liberté d\u2019expression Dès lors, l\u2019objectif pour les États-Unis est de se dissocier de propos incendiaires tels que ceux véhiculés dans le film L\u2019innocence des musulmans tout en rappelant dans ces démocraties en gestation l\u2019importance de la liberté d\u2019expression.Le communiqué diffusé le mardi 11 septembre par l\u2019ambassade américaine au Caire, ainsi que les déclarations du président Obama et de la secrétaire d\u2019État Çlinton le lendemain vont dans ce sens.Si l\u2019Ég5q)tç et la Libye sont des cartes délicates à jouer, les États-Unis bénéficient d\u2019alliés plus solides pour être présents dans le grand jeu qui anime le Moyen-Orient.La nomination du prince Bandar à la tête des services de renseignements saoudiens illustre l\u2019adéquation des intérêts entre la Maison-Blanche et le régime des Saoud.Ancien ambassadeur à Washington, considéré comme «l\u2019homme de la CIA» à Riyad, Bandar est perçu par certains observateurs comme l\u2019homme derrière la décision du royaume de financer et d\u2019armer les rebelles sj^iens.11 serait également derrière la décision de demander officiellement le départ d\u2019Assad de Syrie.Cette politique reflète clairement les intérêts çommuns partagés par l\u2019Arabie Saoudite, les États-Unis et Israël, à savoir séparer l\u2019Iran de ses alliés les plus importants dans le monde arabe et ralentir la fourniture d\u2019armes au Hezbollah libanais.Devant cette stratégie, la réponse iranienne ne s\u2019est pas fait attendre.La République islamique a renforcé ses positions en Irak, pays à dominante chiite, et notamment dans la zone kurde au nord de l\u2019Irak.r Nouvelles ambitions pour l\u2019Egypte Dans ce contexte, la diplomatie régionale entamée par le président égyptien Mohammed Morsi est particulièrement intéressante.Celui-ci s\u2019est en effet rendu il y a quelques semaines à Téhéran (une première pour un président égjqitien depuis 1979) pour assister au sommet des non-alizés.11 y a soutenu la révolution syrienne et a critiqué ouvertement Bachar al-Assad, principal allié de la République islamique.Ce faisant.Le Caire propose une alternative aux deux principaux axes qui structurent la région : l\u2019Arabie Saoudite et sa coalition des pétro-monarchies en alliance avec Washington d\u2019une part, l\u2019axe Téhéran-Damas et leur soutien du Hezbollah au Sud-Liban d\u2019autre part.Le premier voyage officiel en dehors du monde arabe du président ég5q)tien à Pékin s\u2019inscrit aussi dans cette logique.Ée Caire exprimant ainsi que sa dépendance à l\u2019aide financière américaine ne doit pas être considérée comme irréversible.Morsi manifestç donc de nouvelles ambitions régionales pour l\u2019Égypte, sans pour autant s\u2019aliéner nécessairement Washington et ses principaux alliés au Moyen-Orient.En effet, Riyad et le Qatqr ont promis des milliards en aide financière à rÉg5q)te, estimant que Morsi sera en mesure, au cours de la prochaine année, de stabiliser la situation et de relancer l\u2019économie.Devant une situation difficilement lisible et plutôt imprévisible, le président Obama dispose cependant d\u2019atouts importants dans le grand jeu qui anime le Moyen-Orient.S\u2019il ne veut pas que ses chances de réélection soient mises en péril par un enjeu de politique étrangère, il devra, et c\u2019est le défi qui l\u2019attend, démontrer son aptitude à en jouer habilement.COURSE À LA DIRECTION DU PLQ Un parti aux portes du pouvoir ANTONIN-XAVIER EOURNIER Politologue au Cégep de Sherbrooke, l\u2019auteur est à Paris aujourd\u2019hui et demain pour participer à la conférence organisée par la Délégation générale du Québec sur le résultat des élections du 4 septembre 1 y a quelques semaines à peine, on prédisait que le Parti libéral du Québec était en voie de subir sa plus grande défaite depuis la création de la confédération en 1867.Le _______ vote libéral traditionnel semblait fagilisé par le virage fédéraliste de la CAQ et \u2019usure que provoque invariablement une quasi-décennie à la tête de l\u2019État.Pourtant, avec 50 députés élus et un appui impressionnant au suffrage populaire, le PLQ aura fait mentir la plupart des analystes politiques et des maisons de sondage.En fin d\u2019analyse, comme à l\u2019habitude, le vote libéral fut largement sous-estimé, de sorte que le PLQ se retrouve aujourd\u2019hui dans une situation enviable qui pourrait lui permettre de reconquérir le pouvoir dans un avenir rapproché.Expurger le bilan du gouvernement Le nouveau gouvernement minoritaire dirigé par le PQ est une véritable bénédiction pour le PlyQ.Én effet, comme il n\u2019est plus à la tête de l\u2019État, le PLQ pourra, en l\u2019espace de quelques mois, expurger un bilan de gouvernement qui était de plus en plus difficile à défendre.Certes, il restera à gérer les délicates révélations de la commission Charbonneau, mais il sera plus difficile pour les autres formations politiques d\u2019attaquer un parti d\u2019opposition qu\u2019un parti gouvernemental.En outre, les hypothétiques révélations de la commission Charbonneau seront davantage associées au règne de Jean Charest, laissant ainsi une plus grande marge de manoeuvre aux instances du parti pour limiter les effets néfastes que pourrait avoir cette commission d\u2019enquête sur l\u2019image du parti.Par ailleurs, le PLQ ne s\u2019occupera plus des affaires courantes de l\u2019État, laissant plutôt le PQ arbitrer les décisions impopulaires.Autrement dit, les projecteurs seront d\u2019abord et avant tout braqués sur le nouveau gouvernement, laissant ainsi la chance au PLQ de se refaire, en l\u2019espace de quelques mois, une véritable virginité politique.Cette situation n\u2019est pas sans rappeler l\u2019habile stratagème qu\u2019avait mené Prançois Mitterrand en période de cohabitation, période durant laquelle l\u2019ancien président français avait laissé le premier ministre Jacques Chirac gouverner en 1986 pour mieux le vaincre lors de la présidentielle de 1988.Dans un contexte où le PLQ occupe maintenant les banquettes de l\u2019opposition, il sera certes encore possible d\u2019associer le lourd bilan libéral au nouveau chef, mais cette association ne sera pas aussi naturelle qu\u2019à l\u2019époque de Jean Charest.Le PLQ pourra, en l\u2019espace de quelques mois, expurger un bilan de gouvernement qui était de plus en plus difficile à défendre Une course à la direction bénéfique Une course à la direction est toujours un moment privilégié à l\u2019intérieur d\u2019un parti pour modifier l\u2019environnement politique qui l\u2019anime, renouveler sa base militante et proposer un projet politique qui correspond à une société en constante mutation.Qr, le PLQ n\u2019a pas connu de congrès à la direction depuis bientôt 30 ans.A la suite du départ de Robert Bourassa, personne n\u2019avait véritablement pu faire obstacle à Daniel Johnson, ouvrant ainsi la voie à un couronnement sans embûches.En 1998, la force de Lucien Bouchard et du PQ avait obligé les instances du parti à se tourner vers un sauveur «fédéraliste», laissant là aussi Jean Charest triompher sans gloire.La situation est aujourd\u2019hui différente.Les récentes élections ont obligé les membres du caucus libéral à serrer les rangs derrière le chef.H y avait donc peu d\u2019espace, avant la démission du premier ministre, pour préparer une course à la direction et battre de vitesse des adversaires potentiels.Aussi et peut-être surtout, il semble y avoir une forte relève autant à l\u2019extérieur qu\u2019à l\u2019intérieur du caucus libéral.Pensons, par exemple, à Philippe Couillard, à Benoit Pelletier, à Pierre Moreau ou encore à Raymond Bachand, des candidats qui oqt tous une forte expérience des affaires de l\u2019État et qui pourront, à l\u2019occasion d\u2019une course à la direction, proposer de nouvelles avenues pour l\u2019avenir du Parti libéral.Mais la principale conséquence de ce congrès à la direction sera de doter le PLQ d\u2019un nouveau visage, avec pour résultat qu\u2019il sera encore plus difficile pour les autres partis de miser sur le thème du changement afin de remporter la prochaine élection législative.Une situation économique favorable au PLQ La situation minoritaire de Pauline Marois n\u2019est pas de très bon augure pour le PQ puisqu\u2019il sera difficile pour la formation souverainiste de mettre en oeuvre le programme pour lequel elle a été élue.Comme un malheur n\u2019arrive jamais seul, la situation économique du Québec, elle aussi, risque de compliquer la marge de manoeuvre déjà très mince du nouveau gouvernement péquiste.Si, comme on le prévoit, la croissance économique du Québec est anémique dans la prochaine année, le gouvernement du PQ aura à prendre des décisions difficiles, à rationaliser les dépenses, à remettre à plus tard certains engagements électoraux.Si cette perspective n\u2019est z^re réjouissante pour le gouvernement Marois, elle devrait cependant rassqrer les libéraux qui quittent les affaires de l\u2019État au moment où une tempête économique risque de déferler sur le Québec, laissant peu de chances à M\u201c® Marois de sortir de cette période indemne et rapprochant un peu plus le PLQ des portes du pouvoir.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l'information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair-Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec)Y2Aoien T>eg^se(société), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), Lisa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales).Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy et Amélie Daoust-Boisvertf'saw^cJ ; information politique : Michel Y>dmA(chroniqueur), Héléne Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Guillaume Bourgault-Côté et Kathleen Lévesque (reporters) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; informationéconomique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins, Éric Desrosiers et Alexandre Shields {reporters), Gérald Dallaire h^upitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy Tailleferfrc/icr^crsJ, Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Émilie Folie-Boivin (pupitre) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Andréanne Bédard, Michéle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Benoît Munger, Philippe Papineau et Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (commis internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)\u2019, Karl Rettino-Parazelli et Sophy Lambert-Racine (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noël (Québec) .PUBOClTÉ , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai' (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web),Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxim-Olivier Leclerc (responsable par intérim service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. A8 LE DEVOIR LE LUNDI 17 SEPTEMBRE 2012 ACTUALITES VIOLENCE SUITE DE LA PAGE 1 soutenu.Ces personnes-là ne sont pas payées pour mettre leur vie en danger.C\u2019est ma responsabilité de m\u2019assurer que nos employés sont protégés.Nous avons fermé notre ambassade en Iran, car nous pensons que les risques y étaient particulièrement élevés.» En Libye, une cinquantaine de personnes ont été arrêtées dimanche à la suite de l\u2019enquête sur l\u2019attaque du consulat de Benghazi, cinq jours après un « attentat planifié », selon Tripoli, qui a coûté la vie à l\u2019ambassadeur des Etats-Unis, Christopher Stevens, et à trois autres Américains.Selon le président du parlement libyen, Mohammed al-Megaryef, qui s\u2019est exprimé sur les ondes de CBS News, «un petit nombre» d\u2019assaillants étaient des étrangers entrés en Libye, «certains depuis le Mali et l\u2019Algérie».Les autres étaient «des complices, peut-être des sympathisants ».Pour Tripoli, l\u2019attaque ne serait pas en lien avec les violences provoquées par le fdm qui ridiculise le prophète Mahomet.Cet assaut «était planifié, c\u2019est certain, par des étrangers, par des gens entrés dans le pays il y a plusieurs mois, a soutenu Mohammed al-Megaryef.Et ils prévoyaient cette attaque criminelle depuis leur arrivée».Ces propos corroborent ceux d\u2019al-Qaïda déclarant que l\u2019attentat était motivé par la mort du numéro 2 de la nébuleuse islamiste, Abou Yahya al-Libi, tué en juin dans une attaque américaine au Pakistan.Prenant le contre-pied des affirmations libyennes, l\u2019ambassadrice américaine à l\u2019ONU, Susan Rice, a soutenu sur la chaîne ABC que le drame de Benghazi n\u2019avait été ni planifié ni coordonné.Le drame a commencé mardi, selon elle, par un rassemblement «spontané et non pas prémédité » contre le film, q l\u2019instar de ce qui se passait le même jour en Egjqite.«Des gens s\u2019étaient rassemblés à l\u2019extérieur du consulat avant que cela devienne très violent et que des extrémistes lourdement armés se jettent dans la mêlée», a insisté M\u201c® Rice sur la chaîne Pox News.«Nous ne voyons pas de signes, en l\u2019état actuel, d\u2019un projet coordonné, d\u2019une attaque préméditée.» Mais elle affirme qu\u2019il faudra attendre les «confirmations définitives de l\u2019enquête du FBI».Jusqu\u2019à présent, Washington est resté extrêmement prudent et avare de commentaires, attendant les résultats de l\u2019enquête officielle avant de se prononcer.De nouvelles violences A Karachi, la capitale économique du Pakistan, au moins huit personnes ont été blessées dans des affrontements entre la police et des manifestants devant le consulat américain.La police a tiré en l\u2019air et a fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau pour disperser un millier de personnes qui s\u2019étaient rassemblées à l\u2019appel d\u2019une organisation religieuse chiite.Des manifestants sont parvenus à franchir le cordon des forces de l\u2019ordre et se sont approchés du bâtiment fortement gardé du consulat arnéricain sur lequel ils ont lancé des pierres.«A bas l\u2019Amérique », «Nous sacrifierons nos vies pour sauvegarder l\u2019honneur du prophète», «Pendez le réalisateur du film», criaient les protestataires.Au Caire, en Egypte, pour la quatrième journée consécutive, ^es affrontements devant l\u2019ambassade des Etats-Unis auraient fait un mort.La police égyptienne n\u2019a toutefois pas confirmé ce décès.Des manifestations contre le film islamo-phobe se sont également déroulées dans une vingtaine de pays du monde arabo-musulman, souvent devant les ambassades américaines, faisant un total de onze morts, dont quatre à Tunis (Tunisie), deux à Khartoum (Soudan) et un au Liban.Environ 300 personnes ont aussi manifesté pacifiquement dimanche devant l\u2019ambassade des Etats-Unis à Londres.Plusieurs manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire «mort aux E.-U.», tandis que la foule criait «Allah est grand».Une première manifestation, qui avait rassemblé pacifiquement quelque 150 personnes, avait été organisée au même endroit vendredi, après la prière musulmane.De son côté, le chef du Hezbollah libanais.Hassan Nasrallah, a appelé à manifester au Liban dès lundi contre le film Innoncence of Muslim.«Vous devez montrer au monde entier votre colère et vos cris, lundi et les jours qui suivent», a déclaré le chef du mouvement chiite sur la chaîne du Hezbollah.11 a appelé tous ses partisans à manifester et s\u2019est adressé aux musulmans à travers le monde pour les exhorter à réagir à ce film qu\u2019il décrit comme «la pire attaque contre l\u2019islam, pire encore que Les versets sataniques [roman de Salman Rushdie publié en 1988], que le fait de brûler des exemplaires du Coran en Afghanistan ou que les caricatures du prophète Mahomet» publiées par un journal au Danemark en 2005.Devant les agressions confre leurs représentations diplomatiques, les Etats-Unis ont envoyé cent marines en Libye et cinquante autres au Yémen.Le Soudan a refusé l\u2019entrée des forces spéciales américaines.Washington a ordonné samedi soir l\u2019évacuation de tout son personnel non essentiel de Tunisie et du Soudan.D\u2019après AFP et La Presse canadienne Le Devoir DOLAN SUITE DE LA PAGE 1 peu, estimaient certains, ce qui nous attristait, évoquait Xavier Dolan hier au Devoir.Mais j\u2019ai toujours été fier de Laurence Anjways.» Vingt-sept longs métrages canadiens étaient en lice, mais le jury composé des cinéastes Patricia Rozema, Valerie Buhagiar, Jody Shapiro et du directeur du festival danois CPH PIX, Jacob Neiiendam, a voté pour Laurence Anyways à l\u2019unanimité, sans ménager ses éloges : «Pour son énergie cinématographique à couper le souffle et son histoire d\u2019amour entièrement novatrice, le jury s\u2019est senti honoré de voir pareil génie sans entrave à l\u2019œuvre» a dit Patricia Rozema en lui remettant son prix.«Le plus bel hommage que j\u2019aie jamais reçu», savoure le lauréat.Le cinéaste québécois de 23 ans avait été avisé samedi de son heureux sort par l\u2019organisation du Pestival alors qu\u2019il était dans le train du retour Toronto-Montréal.De quoi tourner bride aussitôt vers la Ville reine.«Moi, j\u2019étais prêt à tourner la page et à continuer à me dire que, dans la vie, ce qui compte en fait, c\u2019est d\u2019être fier de ses films, peu importe ce que les gens à l\u2019extérieur en pensent, comment ils le reçoivent.Mais c\u2019est sûr que cette surprise-là fait en sorte que le vent tourne, que le vent se lève, et ça, c\u2019est vraiment émouvant », a-t-il déclaré en recevant sa statuette.Après plusieurs remerciements, il s\u2019est alors tourné vers sa productrice.Lyse Lafontaine, à ses côtés contre vents et marées, lui avouant publiquement: «J\u2019ai pensé que ce film serait rapidement oublié, mais voilà notre chance de perdurer et de partager cette histoire que nous avions si hâte de partager.Merci d\u2019avoir cru à ce film.Il n\u2019est pas facile.Autant il a pu faire peur au public dans son format, sa durée [2 h 40], son thème, autant nous a-t-il fait peur à nous aussi à l\u2019heure de le produire, de se commettre et d\u2019avoir foi en lui.» Après son discours.Piers Handling, le directeur du festival, est venu le voir, très ému et vraiment ravi pour le fdm.«Ça m\u2019a fait chaud au cœur», dit Xavier.Offert conjointement par la compagnie Canada Goose et par la Ville de Toronto, ce prix est assorti d\u2019une bourse de 30000$.Le jeune cinéaste est en train de travailler au financement de son prochain film.Torn à la ferme, adapté de la pièce de Michel Marc Bouchard.La reconnaissance dans la Ville reine ne saurait lui nuire à cet effet.En route vers les Oscar?Le festival torontois, qui avait encore pris du volume cette année, est devenu par son ampleur, à une période de l\u2019année où surgissent dans l\u2019arène les candidats aux Oscar, presque l\u2019équivalent de celui de Cannes.Son caractère non compétitif met en lumière l\u2019exception faite aux seules palmes décernées par jury aux films nationaux.Rappelons que Laurence Anyways avait déjà valu à l\u2019actrice québécoise Suzanne Clément le prix d\u2019interprétation féminine au der- y/A Laurence Anyways avait déjà valu à l\u2019actrice québécoise Suzanne Clément le prix d\u2019interprétation féminine au dernier Festival de Cannes, dans la section Un certain regard.Le FIFT dévoile ses coups de coeur Le palmarès du 37® PIPT n\u2019a pas fait qu\u2019un vainqueur.Brandon Cronenberg, pour son Antiviral si collé aux premières oeuvres de son père, David, a reçu le prix du meilleur premier fdm canadien ex æquo avec Jason Buxton pour Blackbird.Côté courts métrages, Déco Dawson fut gratifié du Grand Prix pour Keep a Modest Head, avec mention honorable à Mike Clattenburg pour Crackin\u2019Down Hard.Dans la maison, du talentueux cinéaste français François Ozon, a récolté la faveur de la cri- nier festival de Cannes, dans la section Un certain regard.Traditionnellement, cette décoration à Toronto inspire le comité en quête du choix du Canada pour l\u2019Oscar du meilleur film en langue étrangère.Celui-ci pourrait tourner ses batteries vers Laurence Anyways.En 2011, le même prix avait couronné à Toronto Monsieur Lazhar, de Philippe Palardeau, et en 2010 Incendies, de Denis Villeneuve : tous deux furent tour à tour finalistes aux Oscar.«Le fait que Toronto nous appuie de la sorte en dit long sur la réception du film dans l\u2019Amé- tique internationale (ElPRESCl) pour les films en présentations spéciales.Quant à la comédie Silver Linings Playbook de l\u2019Américain David O\u2019Russell (derrière The Fighter), très appréciée au PIPT, elle a reçu le prix du public, également fort convoité.Versant documentaire Artifact, de l\u2019Américain Bartholomew Cubbins, fut plébiscité.Dans la section Midnight Madness, le coup de cœur du public s\u2019est porté sur Seven Psychopaths du Britannique Martin McDonagh derrière le très remarqué In Bruges.rique du Nord anglophone, estime Xavier Dolan.A sa première projection publique au Festival, entre 21h et minuit et quart, à l\u2019Elgin Theatre, 2500 spectateurs s\u2019étaient déplacés pour le voir.Une salle pleine qui demeura sur place pour poser des questions.Le lendemain matin aussi.» Laurence Anyways prendra l\u2019affiche au Canada anglais la semaine prochaine, et deux distributeurs américains d\u2019envergure, présents au PIET, se seraient montrés très désireux de l\u2019acquérir.Le Devoir MÉNICK SUITE DE LA PAGE 1 «le barbier des sportifs», qui revient d\u2019une promenade à vélo, reçoit Le Devoir dans son bureau encombré à l\u2019arrière du salon de la rue Masson, dans le quartier Rosemont, à Montréal.11 est tout souriant, supervisant du coin de l\u2019œil les employés qui refont le fameux plancher en patinoire.«C\u2019est la quatrième fois que je refais la patinoire.C\u2019est à peu près le nombre de lockouts dans la LNH.» Le sujet est lancé.Et Ménick est intarissable.11 se dit «choqué», car tout le monde est perdant dans cette histoire.«Le tort que cela fait dans chaque ville, avec les commerçants qui écopent.Je trouve cela pénible.Surtout que, l\u2019an passé, le Canadien n\u2019a pas fait les séries.Les commerçants se lamentaient.Et là, on repart sans saison, toujours dans l\u2019incertitude.Ce n\u2019est évident pour personne.» Ménick n\u2019est pas inquiet pour son propre commerce.11 a ses clients réguliers.Et même s\u2019il n\u2019y a plus de hockey, les fans continuent de se retrouver dans ce lieu mythique pour en discuter.«Ça va gueuler, c\u2019est sûr!», prédit-il en riant.Depuis des semaines, chacun y va de son opinion.Ménick les a toutes entendues, mais la sienne est faite depuis longtemps: «Je trouve cela inconcevable.Ce sont les propriétaires qui se sont mis dans le trouble.En 2004, ils ont décidé de faire un plafond salarial et ils n\u2019ont pas respecté leurs propres règles.Ils se sont tirés dans le pied.» 11 blâme le commissaire de la LNH, Gary Bettman, qui a déclenché trois lockouts depuis son arrivée en 1993, une tactique de négociation qui semble être devenue «un rituel».Contrairement au dernier lockout, où la faute était «partagée», cette fois-ci, il trouve les propriétaires trop gourmands.«En 2004, la LNH avait 2 milliards en caisse.Là, ils sont rendus à 3,3 milliards.Et ils veulent encore baisser le salaire des gars.Les joueurs sont Ménick en cinq dates Il novembre 1940 : Naissance à Montréal de Dominique Perazzino.Mal 1959 : Ouverture du salon Chez Ménick, barbier des sportifs.Juin 1968 : Le lutteur Johnny Rougeau est la première vedette à franchir la porte du salon.Juin 1985 : Obtention de la bague du championnat avec l\u2019équipe de Verdun dans la ligue de hockey junior majeur du Québec.1988 à 1991 : Le barbier enregistre 104 émissions du talk-show Ménick reçoit.prêts à mettre un peu d\u2019eau dans leur vin, mais il y a des limites.» Pour Ménick, les hockeyeurs ne sont pas les «bébés gâtés» décrits par plusieurs.« C\u2019est un emploi difficile pour lequel il y a beaucoup d\u2019appelés, mais très peu d\u2019élus.Ils ne sont pas à plaindre, mais il faut donner à César ce qui revient à César: ces gars-là travaillent fort.Ils s\u2019entraînent douze mois par année, ils ont beaucoup de pression et la critique est sévère.» A l\u2019extérieur, une famille s\u2019approche de la vitrine pour voir les travaux en cours.«Ici, c\u2019est comme un musée, lance fièrement le barbier de Rosemont.Les gens arrêtent tout le temps pour venir se faire prendre en photo.» Entre les reliques des Expos, les chaises du forum et les centaines de photos qui tapissent les murs \u2014 de Hulk Hogan à Guy Lafleur en passant par Gary Carter \u2014, il est vrai que le salon a des allures de caverne d\u2019Ali Baba pour sportifs nostalgiques.«Ça n\u2019a pas de prix, tout cela», lance le propriétaire en embrassant du regard son exposition permanente.Du jeu au «business» Ménick n\u2019avait que 14 ans lorsqu\u2019il a décidé d\u2019entreprendre ce métier, sur les conseils de son propre barbier.11 n\u2019avait aucune aptitude pour l\u2019école, alors il s\u2019est lancé dans les affaires avec la marque du barbier des sportifs.Ami de plusieurs hockeyeurs, il traînait dans les arénas, faisant sa propre publicité dans ce milieu qui l\u2019avait vu grandir.En quelques années à peine, il s\u2019est construit une solide réputation grâce aux journalistes et autres fidèles qui ont contribué, au fil des années, à perpétuer la légende.De cette époque, il garde le souvenir des hockeyeurs qui arrondissaient les fins de mois l\u2019été en livrant de la bière pour Molson.« Quand ça a commencé, c\u2019était un jeu.Les gars ne se souciaient pas de combien ils faisaient.Ils étaient juste contents de jouer et de faire un travail qu\u2019ils aimaient.» Aujourd\u2019hui, ce n\u2019est plus une question de plaisir, mais d\u2019argent.Et c\u2019est le cœur du problème qui secoue le monde du hockey au-jourd\u2019hui, estime Ménick.«Avant, il n\u2019y avait pas de lockout.Tout le monde avait le goût de jouer.Mais maintenant, c\u2019est rendu une grosse business.» 11 dénonce ce conflit qui jette un discrédit sur un sport qui a contribué à forger l\u2019identité québécoise.«Ça éloigne les fans.du moins pour le temps que ça va durer.Parce qu\u2019en 2004-2005, ils étaient nombreux à dire qu\u2019ils n\u2019iraient plus au hockey.Et l\u2019amphithéâtre est encore bien plein.» Quelle conclusion pour le lockout?Ménick hésite quelques instants.11 inspire, cherchant l\u2019illumination en jouant avec son immense bague, vestige d\u2019un championnat gagné il y a plus d\u2019un quart de siècle.«C\u2019est une belle question, ça, dit-il en réfléchissant à haute voix.C\u2019est sûr que ça va se régler.Ça ne peut pas se passer autrement.Il va falloir que les patrons mettent un peu d\u2019eau dans leur vin.» 11 espère que le conflit se réglera le plus rapidement possible.Et que les joueurs reviendront sur la glace la tête haute.«C\u2019est important que les joueurs reviennent au travail heureux parce que ce sont eux, sur la patinoire, qui sont sur la ligne de front.Les propriétaires, même s\u2019ils ne sont pas contents dans leur bureau, ça va passer.Mais les joueurs, il faut absolument qu\u2019ils reviennent au jeu dans la gaîté.» Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 Par télécopieur\t514 985-3340 A.bonnenientS (lundi àvendredl, 7h30 à 16h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Au téléphone Par télécopieur 514 985-3346 514 985-3390 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007."]
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