Le devoir, 29 septembre 2012, Cahier B
[" iMaWW\" MHïliSitt ^ U < XI mm __^1»' ÜISîpiiliiMVî Fracture sociale et tensions régionales mettent à mal l\u2019unité de l\u2019Espagne Page b 2 Michel David La course à la chefferie du PLQ prend forme ?Page bs Philosophie L\u2019idée d\u2019une charte de la laïcité plairait à Lévi-Strauss Page b 6 PERSPECTIVES CAHIER B .LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2012 CLIMAT D\u2019AFFAIRES Le Québec champion t ?Le Québec serait, pour les entreprises étrangères, l\u2019un des meilleurs endroits au monde où investir, à en croire les classements internationaux.Ce point de vue n\u2019est, malgré tout, pas partagé par tout le monde.ÉRIC DESROSIERS KPMG a dévoilé cette semaine une étude plaçant Vancouver, Toronto et Montréal au sommet d\u2019un classement des grandes villes présentant la fiscalité la plus avantageuse pour les entreprises sur la scène internationale, tout juste derrière deux métropoles indiennes et une chinoise.L\u2019étude était tirée d\u2019une enquête plus large que la firme de consultants réalise tous les deux ans sur la compétitivité globale des pays et des villes et dont la dernière édition, cet hiver, avait aussi accordé une excellente note qux villes canadiennes, notamment au Québec.Etablie en fonction de 26 éléments de coûts de fonctionnement pour les entreprises \u2014 tels que la fiscalité, les salaires, l\u2019immobilier, le transport et les services publics \u2014, mais aussi d\u2019autres facteurs \u2014 comme la disponibilité de la main-d\u2019œuvre, l\u2019état des infrastructures, la nature du cadre réglementaire ou encore la qualité de vie \u2014, cette grande enquête avait accordé à Montréal le premier rang parmi les 30 agglomérations canadiennes et américaines comptant deux millions d\u2019habitants ou plus.La métropole québécoise devançait ainsi, notamment, Toronto (2®), Vancouver (7®), Miami (14®), Chicago (21®), Boston (27®), New York (29®) et San Francisco (30®).Montréal y faisait mieux aussi que 14 grandes villes d\u2019Europe de l\u2019Ouest et d\u2019autres pays développés, à la seule petite exception de Manchester, au Royaume-Uni.Montréal n\u2019avait pas été la seule ville québécoise à bien faire dans ce classement.Septième sur 16 villes au Canada, elle y avait même été devancée par Trois-Rivières (4®) et Québec (6®).Les seules villes à faire encore mieux que ces trois-là se trouvaient toutes dans les provinces maritimes.Rien de neuf Tous ces résultats n\u2019ont rien de tellement surprenant pour ceux qui ont l\u2019habitude de ce genre de classement international.Le Québec et ses villes, comme le reste du Canada en général, y ont l\u2019habitude de très bien s\u2019en tirer.Les principaux atouts, du point de vue des investisseurs étrangers, que l\u2019on reconnaît habituellement au Québec sont de différents ordres.On y salue notamment le faible taux d\u2019imposition sur le revenu des entreprises ainsi que les généreuses subventions et autres avantages fiscaux accordés à des secteurs économiques particulièrement mobiles, comme la production numérique, la recherche et développement et l\u2019industrie pharmaceutique.On se félicite aussi de la proximité ^\u2019importants marchés, notamment celui des Etats-Unis, et de ses ^andes voies de communication, aussi bien maritimes et routières que ferroviaires et aériennes.On note également son coût de la vie généralement plus faible que chez ses voisins ainsi que son réservoir de main-d\u2019œuvre qualifiée, bilingue et multiculturelle.On vante aussi, à l\u2019occasion, sa stabilité politique et économique, la sécurité de ses rues, sa qualité de vie et sa proverbiale «joie de vivre».Tous ne souscrivent cependant pas à ce portrait flatteur de la réalité.Le Conseil du patronat du Québec, par exemple, accorde à l\u2019environnement d\u2019affaires de la province systématiquement la note C depuis la création de son Bulletin de la prospérité du Québec, qui se base parfois sur une comparaison avec trois autres provinces, parfois avec d\u2019autres pays développés.Le CPQ donne d\u2019ailleurs la même note au Québec en matière de disponibilité, de qualité et de coût de la main-d\u2019œuvre, ainsi qu\u2019en matière de fardeau fiscal, alors que son contexte réglementaire lui vaut un D.Perceptions et maraudage Ici comme ailleurs, cette question de l\u2019attrait relatif de son économie a toujours revêtu une grande importance.Cela apparaît encore plus vrai dans un contexte de morosité économique et de forte concurrence entre les pays pour attirer et conserver les investisseurs chez soi.La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) observait en juin qu\u2019on assiste depuis quelques années à des campagnes intensives de «maraudage» de la part de certains gouvernements, notamment américains, prêts à tout / II Les Québécois se font habituellement dire que le sort fait aux entreprises est déplorable, ce que contredisent certaines études.FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR pour attirer chez eux les entreprises installées ailleurs.Elle donnait l\u2019exemple de l\u2019usine d\u2019Elec-trolux de L\u2019Assomption qui a annoncé, à la fin de 2010, son départ et la mise à pied de 1300 employés après que les gouvernements de la Ville de Memphis et du Tennessee lui eurent offert plus de 135 millions en subventions directes.«On tenait cette usine pour acquise parce qu\u2019elle était productive et concurrentielle», avait alors rappelé le président et chef de la direction de la Chambre de com- merce.La perception, en ce domaine, est aussi importante que la réalité, consta-tait-on.Les études ont beau répéter que Montréal est l\u2019un des meilleurs endroits oû vivre et investir, il faut encore que les dirigeants d\u2019entreprise, particulièrement ceux des filiales internationales, en soient aussi convaincus.Aussi, une enquête a été réalisée cet hiver auprès d\u2019une centaine d\u2019entre eux installés dans la métropole.On a été soulagé d\u2019apprendre qu\u2019entre les deux tiers et les trois quarts d\u2019entre eux prévoyaient maintenir, voire augmenter, leur nombre d\u2019employés, leurs dépenses en recherche et développement, leur production manufacturière ou encore leurs exportations au cours groupe des cinq prochaines années.Particulièrement importantes, en raison de leurs fortes retombées économiques, mais de plus en plus forcées de justifier leur existence auprès de la haute direction de leur propre groupe en cette période de rationalisation, plus des trois quarts des filiales étrangères basées à Montréal s\u2019estimaient aussi (48%), sinon plus (29%) concurrentielles que les autres filiales de leur groupe.Parmi les points forts de la métropole, on notait la qualité et l\u2019abondance de sa main-d\u2019œuvre, son potentiel de recherche et développement, et ses infrastructures de transport.Paradoxalement, les mêmes facteurs étaient aussi perçus comme de possibles points faibles, parce que la pénurie de main-d\u2019œuvre qualifiée n\u2019est jamais Plus des trois quarts des filiales étrangères basées à Montréal s\u2019estiment aussi, sinon plus concurrentielles que les autres filiales de leur bien loin \u2014 particulièrement dans un contexte de vieillissement de la population \u2014, parce que l\u2019appréciation du dollar canadien fait augmenter le coût relatif de tout, notamment des salaires, et parce que les routes montréalaises sont dans l\u2019état que l\u2019on sait.La CCMM en concluait notamment qu\u2019il fallait s\u2019attaquer de toute urgence à la menace de pénurie de main-d\u2019œuvre, être prêt à adapter nos programmes visant à attirer les investisseurs étrangers, mais aussi redoubler d\u2019effort pour faire connaître l\u2019ampleur des avantages offerts par le Québec.Les grandes villes canadiennes sont les pins compétitives en Amériqne dn Nord Indice de coûts globaux de fonctionnement pour les entreprises.La moyenne des villes américaines équivaut à 100.Le point de vue américain S\u2019il faut en croire Torn Creary, il faudra, dans ce cas, commencer auprès de nos premiers investisseurs étrangers: les Etats-Unis.«Je suis désolé de le dire, mais les conditions offertes par le Québec sont loin d\u2019enthousiasmer nos entreprises», dit le président de la section montréalaise de la Chambre de commerce américaine au Canada.Parmi les facteurs qui posent problème, il y a la langue, bien entendu, note ce consultant originaire du Kansas qui vit au Québec depuis plus de quarante ans et parle très bien français.Même si l\u2019on n\u2019a pas de mal à trouver des employés bilingues au Québec, il est toujours plus rassurant de s\u2019installer dans une province anglophone.Les impôts sont aussi plus élevés qu\u2019aux Etats-Unis ou dans le reste du Canada, dit-il, du moins pour les particuliers.L\u2019élection d\u2019un gouvernement péquiste qui promet de les augmenter encore, pour les plus riches, n\u2019améliorera pas l\u2019affaire.Le fort taux de syndicalisation, le faible taux de productivité du secteur manufacturier et l\u2019appréciation du taux de change du dollar canadien font aussi partie des handicaps cités.Une fois enlevés le secteur financier \u2014 dont la capitale canadienne est à Toronto \u2014 et le secteur pharmaceutique \u2014 oû les programmes Ville\tPays\tCoût indexation 1- Montréal\tCanada\t94.3 2- Toronto\tCanada\t95.7 3- Cincinnati\tÉtats-Unis\t95.9 6- Tampa\tÉtats-Unis\t96.4 7- Vancouver\tCanada\t95.5 14- Miami\tÉtats-Unis\t97.8 21- Chicago\tÉtats-Unis\t99.3 27- Boston\tÉtats-Unis\t101.2 29- New York\tÉtats-Unis\t103.4 30- San Francisco\tÉtats-Unis\t104.5 Source KPMG incitatifs québécois ont été depuis longtemps rattrapés par ceux des autres gouvernements \u2014, il ne reste plus, selon lui, que trois domaines oû les entreprises américaines s\u2019intéressent encore au Québec.Le premier est le développement minier généré par le Plan Nord.«C\u2019est très alléchant, constate Torn Creary, mais à condition qu\u2019on n\u2019augmente pas trop les redevances.» Un autre est l\u2019achat \u2014 souvent pour les déménager ensuite hors du Québec \u2014 de compagnies détentrices de technologies dans les secteurs des jeux numériques, de l\u2019informatique, des télé- VOIR PAGE B 2 : CHAMPION B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO SEPTEMBRE 2012 PERSPECTIVES En Espagne, la derive centrifnge Crise de confiance, fracture sociale et tensions régionales mettent à mal l\u2019unité du royaume FRANÇOIS MUSSEAU À Madrid Les coutures de l\u2019Espagne semblent craquer de partout.Alors même que le pays s\u2019enfonce dans la récession et s\u2019efforce de différer l\u2019inéluctable aide européenne pour soulager sa dette souveraine, les tensions se font plus palpables : mardi, le leader nationaliste catalan, Artur Mas, a convoqué des législatives anticipées pour la fin de novembre «afin de mettre le cap sur l\u2019autodétermination », cette riche région s\u2019estimant lésée par le pouvoir central sur le plan fiscal.Quelques heures plus tard, à Madrid, des milliers d\u2019indignés ont convergé vers la Chambre des députés avec l\u2019intention d\u2019occuper l\u2019Hémicycle, car, disent les organisateurs, «notre classe politique, aux mains des pouvoirs financiers, ne nous représente plus du tout».Aux abords du parlement, de violents affrontements ont opposé les manifestants et les 1500 policiers antiémeutes \u2014 des unités d\u2019intervention policière venues de tout le pays \u2014, se soldant par 28 interpellations et 64 blessés, dont près de la moitié parmi les forces de l\u2019ordre.«Outre le péril de rupture territoriale, il nous faut affronter celui de la fracture sociale», s\u2019inquiète l\u2019analyste Gonzalo Lopez Alba, en référence à la menace indépendantiste en Catalogne et aux convulsions sociales qui vont s\u2019aggravant.Le rythme effréné des protestations (contre les coupes budgétaires dans la santé et l\u2019éducation, la hausse des impôts, la suppression du 13® mois des fonctionnaires.) traduit le fossé grandissant entre les Espagnols et leurs représentants politiques.La tentative, mardi, de prendre possession du Parlement, alors que les députés étaient réunis en session plénière, marque un saut qualitatif dans la rébellion: le Code pénal prévoit jusqu\u2019à deux années de prison pour ce type de délit.Les conservateurs au pouvoir ne se sont pas privés de stigmatiser les «agitateurs extrémistes», quitte à tomber dans l\u2019outrance: Dolores de Cospedal, la chef du Parti populaire (PP), les a comparés aux militaires putschistes d\u2019extrême droite qui, en février 1981, avaient vidé leurs revolvers dans l\u2019Hémicycle.Du point de vue des indignés, mouvement qui n\u2019a rien perdu de sa vigueur depuis sa naissance, le 15 mai 2011, «la Chambre basse est séquestrée par des députés véreux ou incompétents ; il faut donc la libérer».«Ce qui est frappant, constate le professeur de droit constitutionnel Antonio del Cabo, c\u2019est de voir le nombre croissant de gens persuadés qu\u2019il n\u2019y a plus rien à attendre des hommes politiques, que le pacte tacite avec les citoyens est rompu et, pour certains, qu\u2019il serait bon de convoquer une assemblée constituante.» Le discrédit de la classe politique ne laisse pas d\u2019inquiéter les intéressés, y compris l\u2019opposition.«Je ne peux pas approuver le projet de prendre le Parlement d\u2019assaut, a souligné le .____lir -JÏ4 ai.SgiilËÜlli J ¦¦¦iiliSSS9S9IIIIHRiP*^=«aflHf 1 if m r\\i üSBaiaaasiSii H ____________mmfïhm 1*^IBfl3RRBllBfifianii| iMllBlfHRiffBBfaiirif ilRiBe ifgli ¦Ml ¦iSiniÜSiPiUfii iPSiiSBISSip ISiBSiBIB Le ras-le-bol des Espagnols s\u2019amplifie depuis le début de la crise.jeune député Eduardo Madina, numéro 2 du groupe socialiste.Mais ce qui m\u2019effraie davantage encore, c\u2019est de voir la gravité de la rupture sociale.» Les mesures-chocs prises par le gouvernement de Mariano Rajoy contre le déficit public (qui doit être ramené de 8,9 à 5,3% en fin d\u2019année) ont affaibli des franges de la population déjà fragiles : fin de la gratuité des médicaments pour les personnes âgées, suppression des subventions dans les transports, réduction des aides sociales.«Ce sont autant de revenus indirects pour les défavorisés qui disparaissent, insiste Gonzalo Alba.Ceux qui étaient en situation précaire sont devenus des exclus.» Depuis 2007, le nombre de gens auxquels Cafitas prête une aide a augmenté de 174%.A la fracture sociale s\u2019ajoute une crise de confiance sans précédent.Pour le politologue Jo-sep Ramoneda, le point d\u2019orgue fut le versement, au printemps, de 23 milliards d\u2019euros d\u2019argent public pour éviter la banqueroute de la caisse d\u2019épargne Bankia: «Le scandale est qu\u2019en contrepartie, le pouvoir ne s\u2019est pas débarrassé des responsables de ce désastre; le gouverne-« Ceux qui ment a rompu le principe d\u2019équité en se positionnant contre les citoyens dont les étaient\timpôts servent à recapitaliser des .\t^\tbanques en faillite.» en situation Sommé par Bruxelles d\u2019accentuer nréeaire\tpolitique d\u2019austérité, en butte à un chômage qui touche un quart des ac-sont devenus dfs, Rajoy doit, en outre, faire face aux turbulences des régions \u2014 financière-des exclus » ment aux abois \u2014, dont les secousses , mettent en danger la pérennité de l\u2019«Etat des autonomies», ce modèle quasi fédéral mis en place au sortir du centralisme franquiste.Sans un sou vaillant, ayant sollicité à Madrid 4,9 milliards d\u2019euros pour honorer ses traites, l\u2019Andalousie exige un nouveau système de financement calculé en fonction de sa population (la plus forte du pays) et non de son PIB (peu DOMINIQUE FACET AGENCE FRANCE-PRESSE élevé) ; le Pays basque, qui a la pleine souveraineté fiscale, entend «redéfinir» la quote-part reversée à Madrid.Surtout, s\u2019estimant «spolié» par Madrid à hauteur de 8% de son PIB (une revendication accentuée par la crise), l\u2019exécutif de Catalogne entend se doter «des structures d\u2019un Etat» ; s\u2019il est réélu à la majorité absolue lors des législatives du 25 novembre, le nationaliste Artur Mas a promis un référendum d\u2019autodétermination : «Nous souhaitons une séparation pacifique, constructive, en restant au sein de l\u2019UE.» Dépassé par les événements, Mariano Rajoy ne sait pas comment répondre à un pareil défi; seul le roi Juan Carlos, d\u2019ordinaire très prudent, a enjoint aux nationalistes catalans de «ne pas poursuivre de chimères».Ils ne sont pas les seuls à craindre cette dynamique sécessionniste : «L\u2019Espagne est une réalité intégrant de nombreux facteurs, écrit dans El Pats Xavier Vidal-Polch.Sans la Catalogne, l\u2019Espagne n\u2019est pas pensable.» Libération CHAMPION SUITE DE LA PAGE B 1 communications ou des technologies vertes.De grandes chaînes de détaillants américains, tels que Target, Nordstrom et Banana Republic, estimeraient aussi le marché québécois sous-exploité.«Malheureusement, ce qu\u2019ils vont faire, c\u2019est ouvrir des commerces au Québec et garder les centres décisionnels à Toronto.A cause de la langue, encore une fois.» La langue parlée au Québec n\u2019est pas un problème pour le pays qui y occupe toujours le second rang derrière les Américains en nombre d\u2019entreprises installées, mais qui leur a volé la première place l\u2019an dernier quant au volume total d\u2019investissements.Au contraire.«Les quatre cinquièmes des entreprises françaises au Canada sont au Québec.C\u2019est manifestement parce qu\u2019elles y trouvent un climat d\u2019investissement propice pour attaquer le marché canadien et américain.Le fait qu\u2019on y parle la même langue est évidemment un avantage, surtout pour les plus petites entreprises», dit le chef du service économique à Montréal de l\u2019ambassade de Prance au Canada, Pabrice Blazquez.11 n\u2019y a pas que la langue qui aide les entreprises françaises à s\u2019intégrer «en douceur», note-t-il.11 y a aussi tous ces liens personnels qui se sont tissés à force de se rendre mutuellement visite d\u2019un côté à l\u2019autre de l\u2019Atlantique, l\u2019importante communauté de ressortissants français qui vit au Québec, mais aussi le vaste réseau d\u2019échanges et de coopération établi au fil des ans par les agences de développement gouvernementales ou encore entre les grappes industrielles québécoises et les pôles de compétitivité français.Venant d\u2019un pays où les impôts peuvent être assez élevés, Pabrice Blazquez ne trouve pas le cadre fiscal québécois tellement répulsif.La multinationale française du jeu vidéo Ubi-soft a l\u2019habitude de dire qu\u2019elle ne serait pas venue au Québec n\u2019eût été les généreux incitatifs offerts dans son secteur mais que, si elle y est restée et s\u2019y est développée, c\u2019est en raison de la qualité de la main-d\u2019œuvre.Plusieurs ont toutefois hâte, en ce domaine, que l\u2019entente de reconnaissance des compétences professionnelles signée entre la Prance et le Québec commence à donner sa pleine mesure.L\u2019élection du gouvernement Marois ne fait pas peur non plus.«Nous avons, nous aussi, un nouveau gouvernement plus à gauche.Les deux ne devraient pas avoir trop de mal à se comprendre, dit le conseiller économique qui est arrivé depuis peu en poste.J\u2019ai beau chercher, j\u2019aurais du mal à trouver des choses qui ne vont vraiment pas dans le contexte d\u2019investissement québécois.» Le Devoir La voie qu\u2019entend emprunter la Catalogne NANCY CAQUETTE T ^ catalane ja està traçada» (La X-/route catalane est maintenant tracée).C\u2019est ainsi que le journal barcelonais El Punto Avui titrait son éditorial vendredi au lendemain de l\u2019annonce du gouvernement catalan de tenir un référendum sur son autogestion.Sans parler ouvertement d\u2019indépendance, ce journal nationaliste catalan qualifiait le référendum de «nouvelle étape fondée sur, le droit de décider».Echec de négociation d\u2019un pacte fiscal pour revoir la distribution des impôts, déclenchement d\u2019élections anticipées, adoption d\u2019un référendum consultatif sur l\u2019autogestion de la communauté autonome.Que ce soit par l\u2019indépendance ou par un fédéralisme explicite, Barcelone envoie le message clair à Madrid que la Catalogne reprendra les pouvoirs nécessaires à sa pleine autonomie, et ce, «avec ou sans l\u2019autorisation du gouvernement cet(tral».À l\u2019instar du Québec, la cause souverainiste en Catalogne tire ses racines dans un conflit du XVIII® siècle.Le 11 septembre 1714, Barcelone est assiégée dans une bataille qui met fin à la guerre de succession d\u2019Espagne.La Catalogne est alors rattachée au Royaume espagnol.C\u2019est à cette date que se célèbre aujourd\u2019hui la fête nationale des Catalans, la Diada.Le 11 septembre dernier, les Catalans ont souligné de façon spectaculaire cet anniversaire : selon les estimations des policiers, un million et demi de personnes sont descendues dans les rues de,Barcelone en scandant «Catalogne: nouvel Etat de l\u2019Union européenne».«Il y avait des gens de partout au pays.On a mobilisé des trains, des bus, des autocars pour mobiliser le plus de gens possible.Il y a même des gens qui sont venus de Perpignan, en Prance, pour manifester», relate avec enthousiasme Aristarc Claramunt, bénévole de l\u2019Assemblée nationale de Catalogne (ANC).L\u2019ANC est un mouvement citoyen élaboré notamment en réaction à la résignation de Madrid à reconnaître la nation catalane en 2010.Les raisons profondes «La décision du Tribunal constitutionnel d\u2019Espagne de mettre le sabre au nouveau Estatut de Catalunya, un acte qui définit les capacités d\u2019autogestion de la Catalogne, nous a révoltés.L\u2019Espagne nie l\u2019existence de la nation », raconte M.Claramunt.Le 10 juillet 2010, plus d\u2019un million de personnes descendent dans les rues de Barcelone pour dénoncer la décision La Catalogne est la communauté autonome la plus endettée d\u2019Espagne du tribunal rendu la veille.Dès lors, le mouvement indépendantiste prend de l\u2019ampleur.La crise économique que traverse péniblement l\u2019Espagne sert la cause indépendantiste en Catalogne.Soumise au régime d\u2019austérité imposé par le gouvernement centraliste de Mariano Rajoy, la dette nationale de la Catalogne est de 41 milliards d\u2019euros, ce qui fait d\u2019elle la communauté autonome la plus endettée d\u2019Espagne.Le chômage atteint en Catalogne un taux rocambolesque de 22 %.Pourtant, les entreprises catalanes constituent un véritable moteur économique de l\u2019Espagne.«La Catalogne remet environ 8% de son PIB à l\u2019Espagne pour la redistribution entre les communautés.La banque d\u2019Espagne est la seule source de liquidités de la Catalogne pour rembourser sa dette et prêter de l\u2019argent sur son territoire.Toutefois, on peut croire que la situation serait différente si la communauté autonome pouvait gérer ses impôts», estime le politicologue Klaus-Jürgen Nagel.Si la crise économique permet de convertir plusieurs nationalistes catalans à la cause indépendantiste, la prémisse de la volonté souverainiste demeure la protection de la culture catalane.En Catalogne, aucune loi n\u2019oblige les entreprises à afficher leurs produits dans les langues officielles, le catalan et le castillan, comme le fait la loi linguistique au Québec.L\u2019avenir Toutefois, selon l\u2019anthropologue Manuel Delgado Ruiz, le catalan n\u2019est pas autant menacé que certains le croient.«Ici, on peut donner un cours en catalan ou parler à l\u2019épicerie dans une langue ou l\u2019autre sans même s\u2019en rendre compte.Ces langues sont très proches sur le plan linguistique.Toutes les écoles publiques sont catalanes et il faut parler catalan pour s\u2019assurer un avenir prospère», explique M.Delgado Ruiz, qui est, à la base, castillophone.Une nuance s\u2019impose toutefois de l\u2019avis du politicologue Klaus-Jürgen Nagel.«Le franquisme a affaibli le catalan.Dans les années 1960 et 1970, plusieurs immigrants cas-tillophones du sud et du centre du pays sont venus travailler en Catalogne.Aujourd\u2019hui, bien que 90% des habitants disent comprendre le catalan, certains ne peuvent le parler et encore moins l\u2019écrire.Tous les Catalans parlent castillan, mais l\u2019inverse n\u2019est pas vrai», clarifie-t-il en ajoutant que la vague d\u2019immigration ré- cente de près d\u2019un million et demi de Latino-Américains qui ne parlent pas nécessairement le catalan doit aussi être prise en compte.La Catalogne, un pays ?Si le rêve des indépendantistes catalans prenait forme, la population de leur pays serait similaire à celle du Québec, soit 7,5 millions d\u2019habitants.Mais la voie du référendum qu\u2019ont empruntée deux fois plutôt qu\u2019une les souverainistes québécois n\u2019est pas une avenue possible en Catalogne : la loi espagnole défend l\u2019unité indissociable de la nation espagnole.Le titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes (CREQC), André G.Gagnon, compare le gouvernement de Mas à celui de Robert Bourassa.De l\u2019avis du politicologue, le gouvernement catalan cherche plus à mettre de la pression sur le gouvernement espagnol pour obtenir plus d\u2019autonomie qu\u2019à déclarer l\u2019indépendance.«Je ne sais pas qu\u2019elle est la prochaine étape, mais c\u2019est sûr qu\u2019il faudra agir.Le gouvernement de Barcelone n\u2019est pas en mesure de payer ses infirmières.On parle là d\u2019un problème majeur, on est au bord de la faillite», juge-t-il.Une autre embûche de nature politique entrave l\u2019accession de la Catalogne à l\u2019indépendance.«Les indépendantistes, pour la plupart, veulent rester dans l\u2019Europe, mais l\u2019Union européenne ne veut plus de pays endettés.L\u2019admission est difficile et c\u2019est sans doute une arme qu\u2019utilisera Rajoy pour affaiblir le mouvement indépendantiste et semer la peur et la discorde chez les indépendantistes.Et il a beaucoup de chances d\u2019y arriver», souligne le politicologue Klaus-Jürgen Nagel.Toutefois, M.Nagel ne croit pas que la Catalogne s\u2019isolerait, sur le plan linguistique, en devenant indépendante.Pas plus qu\u2019elle ne provoquerait une discorde inconciliable au sein des communautés castillanophone et catalanophone.«La majorité des gens en Catalogne se disent autant Catalans qu\u2019Espagnols.Comme l\u2019Espagne resterait le plus important marché extérieur du pays et que tous les Catalans parlent castillan, cette langue resterait sans doute une langue officielle du pays.Les catalanophones se sentiraient sans doute plus rassurés quant à la protection de leur langue.» Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO SEPTEMBRE 2012 B 3 PERSPECTIVES LA SEMAINE DU GOUVERNEMENT MAROIS Après le « départ canon », le silence de plomb ANTOINE ROBITAILLE Pauline Marois a peut-être eu un « départ canon» le 20 septembre, lendemain de la formation du gouvernement, mais les premiers coups tirés par la première première ministre lui sont revenus au visage très rapidement cette semaine.La «femme de décision», qui a invoqué sa grande expérience ministérielle tout au long de la campagne électorale, a carrément eu l\u2019air de s\u2019être fourvoyée comme une néophyte avec cette affaire de hausse d\u2019impôt rétroactive pour les «contribuables aisés».Elle a aussi semblé improviser sur deux autres «coups de canon» : la fermeture de Gentilly-2 et le moratoire sur le gaz de schiste.Au fond, confie un observateur péquiste, le gouvernement a agi avec les réflexes d\u2019un parti d\u2019opposition; c\u2019est-à-dire sans avoir besoin de parler aux principaux intéressés : Hydro-Québec et la Mauricie, entre autres.Des tollés ont suivi, même s\u2019il s\u2019agissait d\u2019engagements péquistes connus depuis longtemps.Première crise parlementaire Dans l\u2019entourage de Marois, on avait du mal à cacher son malaise mercredi, à la sortie du Conseil des ministres.On expliqua que c\u2019est elle-même qui tenait à faire une série d\u2019annonces au sortir de la première réunion.Y)\u2019« excellentes raisons» furent évoquées.D\u2019abord, une qui relève de l\u2019éthique de la conviction: «Il fallait qu\u2019on montre qu\u2019on sait tenir promesse, qu\u2019on fait ce qu\u2019on a dit, contrairement au gouvernement précédent.» Deuxièmement, une raison de contexte: «Vous savez, on n\u2019a pas beaucoup de temps pour appliquer le programme.» Enfin, un motif plus cynique : «Les libéraux, sans chef ne peuvent quand même pas menacer de déclencher des élections.Et les caquistes ?Ils sont cassés.» Le résultat, malgré tout, déçoit nombre de péquistes, car il risque de gâcher la lune de miel.Non seulement le gouvernement a-t-il semblé tout donner (le beurre et l\u2019argent du beurre) aux étudiants contestataires, a semblé se précipiter, mais, huit jours après avoir nommé ses ministres, le voilà aux prises avec une première crise parlementaire.Et une première motion de blâme potentielle à la clé.L\u2019annulation de la « taxe santé », compensée par une hausse d\u2019impôt pour les riches : ce sont là des mesures budgétaires.Ce qui, en parlementarisme, exige la confiance du Parlement.Or Erançois Legault et la Coalition avenir Québec ont annoncé leurs couleurs très rapidement cette semaine, soutenant qu\u2019il n\u2019était pas question qu\u2019ils appuient le gouvernement.Le lendemain, le chef libéral par intérim, Jean-Marc Eournier, sortait de deux jours de réunion de caucus en durcissant sa position à son tour.Arrêt sur image.Retour à la cpnférence de presse du Eournier de mardi.A la question «Etes-vous prêts à faire tomber le gouvernement [au sujet de l\u2019abolition de la taxe santé] ?», M.Eournier répond avec une exaspération de type préventif: «Oui, je sais que vous allez.puis c\u2019est normal que vous la posiez.Puis je ne veux pas vous empêcher que vous posiez vos questions.Mais je vais vous répondre probablement la même chose à quelques reprises.Nous sommes encore en septembre, l\u2019élection a eu lieu en septembre.Eranchement, je pense que je ne ferais pas mon travail si je vous disais que nous envisageons cela.» Après avoir consulté ses 49 ouailles, le Eournier de jeudi avait franchement l\u2019air plus pugnace: «Nous sommes contre les hausses d\u2019impôt et voterons contre une hausse d\u2019impôt.Les autres formations politiques doivent se gouverner en conséquence.» Si le Fournier de mardi multipliait les formules du type «Nous sommes ouverts au dialogue, à la discussion», le ft 'j r \u2019f ¦i\tJ w - Le gouvernement a donné l\u2019impression d\u2019agir dans la précipitation.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Fournier de jeudi renvoyait la responsabilité de tout échec éventuel à la chef du gouvernement : «Je ne pense pas que M\u201d'\u201d- Marois voudrait qu\u2019on aille en élection.C\u2019est son choix à elle, là; ce n\u2019est pas le choix de l\u2019opposition.M\u201d'\u201d- Marois a eu un résultat électoral, elle dit: «Moi, je vais appliquer mon programme.» Eh bien, moi aussi, je vais appliquer mon programme.Moi, il n\u2019y a pas d\u2019abolition de la contribution santé dans mon programme.» La situation du gouvernement minoritaire s\u2019apparente au fameux jeu de la poule mouillée (analysé dans la Théorie des jeux) : les participants roulent les uns vers les autres; le premier qui a peur et quitte la route perd.«Vous savez, on n\u2019a pas beaucoup de temps pour appliquer le programme » Pourquoi se précipiter?L\u2019opinion publique aurait-elle vraiment reproché au gouvernement de ne pas respecter ses promesses si, au terme du tout premier Conseil des ministres, il n\u2019y avait pas eu de « départ canon»?On peut en douter.Les ministres ont été assermentés le 19 septembre.Quelques minutes après, devant les nombreuses questions des journalistes, plusieurs invoquaient le bon sens pour refuser de répondre: «Aïe, aïe, aïe! Non.Regardez, on va arriver, là.Ecoutez, je viens d\u2019être assermenté; vous venez me demander ce qu\u2019il va y avoir dans le projet de loi.Donnez-moi une chance, un peu!» (Bernard Drainville) Pourtant, 24 heures plus tard, la première ministre, sans même avoir eu un portrait complet de la situation des finances publiques, procédait à un chapelet d\u2019aimonces, de prises de décrets.Ces mêmes tirs de canon qui ont tant embêté plusieurs de ses nouveaux ministres dans la dernière semaine.Au moment d\u2019écrire ces lignes, soit le 28 septembre, la plupart des membres du Conseil des ministres n\u2019ont pas d\u2019équipe complète dans leur propre cabinet.Un seul attaché de presse, l\u2019ancien présentateur de nouvelles Robert-Charles Longpré, qui travaille avec Diane de Courcy Qm-migration et Communautés culturelles -i- Charte de la langue française), a révélé son numéro de téléphone cellulaire aux journalistes! Neuf jours pour former un cabinet, c\u2019est bien peu, nous explique-t-on.Surtout pour des ministres d\u2019un gouvernement minoritaire, dont la durée de vie risque d\u2019être éphémère ! En conséquence, si M\u201c® Marois a «commencé en lion», elle s\u2019est bien gardée de rugir, cette semaine, mal^é les controverses.Pas un seul point de presse, même improvisé.Jeudi, les journalistes l\u2019attendaient au Congrès annuel de la Fédération québécoise des municipalités.Habituellement, les premiers ministres précédents \u2014 Landry et Charest \u2014 en profitaient pour offrir quelques réponses \u2014 et parfois non-réponses \u2014 aux journalistes présents.Jeudi?Rien.Pauline Marois est passée en coup de vent pour aller prononcer un «discours assez général [où elle] en a [.] profité pour présenter ses collègues», a noté la reporter Isabelle Porter.Après le départ canon, donc, le silence de plomb.Le Devoir Les rats, les OGM et l\u2019opération de communication SYLVESTRE HUET Un désastre pour le débat public, sa qualité, sa capacité à générer de la décision politique et démocratique.C\u2019est, pour l\u2019instant, le résultat majeur de l\u2019opération de communication organisée par l\u2019équipe du biologiste Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l\u2019Université de Caen.Une opération relative à son expérience d\u2019ingestion par des rats de maïs résistant à l\u2019herbicide Round Up de Monsanto, publiée dans la revue Eood and Chemical Toxicology.C\u2019est, pour l\u2019instant, son seul résultat disponible.Les commentaires conclusifs sur l\u2019expérience elle-même et les leçons à en tirer pour la protection des populations contre un risque sanitaire sont prématurés.Qu\u2019il^ soient en faveur de la thèse finale de Gilles-Eric Séralini \u2014 il faut interdire sans attendre l\u2019usage des plantes transgéniques résistantes à cet herbicide \u2014 ou en sa défaveur.Même s\u2019ils ont pu noter tel défaut ou telle qualité de l\u2019expérience relatée, ils n\u2019ont pas eu le temps d\u2019expertiser complètement l\u2019expérience, ses données brutes et les hjqiothèses biologiques qui la sous-tendent.Si les commentateurs du contenu scientifique ont parlé trop tôt.que dire des responsables politiques ou qui ont répondu autre chose que : «Nous avons décidé de confier par la loi l\u2019examen de ce type de risque à des agences publiques recourant à l\u2019expertise des scientifiques de nos universités et organismes de recherche, et nous attendons leurs avis.» 11 est en revanche possible de tirer de claires leçons de l\u2019opération de communication qui visait une mauvaise information du public.Comment?Comparons avec la science «normale», même lorsque ses résultats sont spectaculaires et controversés.Lorsqu\u2019une équipe de physiciens travaillant au CERN est tombée sur une mesure stupéfiante d\u2019une particule se déplaçant plus vite que la lumière, elle a écrit un article pour soumettre le problème à ses pairs.Ayant compris que l\u2019écho médiatique serait important, les institutions scientifiques ont averti les journalistes spécialisés, afin qu\u2019ils puissent contacter d\u2019autres scientifiques.Le résultat fut, en général, de boime qualité.Les articles faisaient part des critiques des physiciens sceptiques, de leurs raisons, et concluaient en avertissant que ce résultat de mesure ne serait considéré comme fiable qu\u2019après confirmation par une e^qiérience indépendante.La fin de l\u2019affaire \u2014 la mesure stupéfiante résultait d\u2019un problème mécanique subtil \u2014 démontre la justesse de la démarche.Qu\u2019a fait Gilles Eric Séralini ?Tout l\u2019inverse.11 a « dealé » avec un seul journal.Un deal mortifère pour les impératifs déontologiques journalistiques, puisqu\u2019il passe par une exigence : pas de contre-expertise, interdiction de montrer l\u2019article à d\u2019autres scientifiques et donc.pas de critiques.Le Nouvel Observateur a publié sept pages sur ce sujet avec un défaut d\u2019enquête sidérant.Et un titre étendant aux «OGM» un résultat portant sur une seule plante transgénique et un seul transgène, sans aucune justification scientifique, voire de bon sens.Le prix à payer pour un scoop ne devant rien à une enquête et tout à une opération de communication.Déjà, des journaux et journalistes étrangers (du New Scientist à Cari Zimmer du New York Times sur son blogue) protestent contre cette démarche.Il est possible de tirer de claires leçons de l\u2019opération de communication qui visait une mauvaise information du public Les conséquences d\u2019un tel deal sont patentes : outre les ministres pris au piège de la réaction à chaud, la plupart des organes de presse ont, dans un premier temps, emboîté le pas au Nouvel Observateur sous la pression du temps.Des opérations de communication similaires, souligne Cari Zimmer, correspondaient à une science médiocre.Entraînant réfutations et non confirmations.Cela ne signifie pas ipso facto que l\u2019étude réalisée par Gilles-Eric Séralini fait partie de cette catégorie.En revanche, la justification de telles méthodes par la crainte de voir le système d\u2019expertise publique gangrené par des conflits d\u2019intérêts ou des scientifiques malhonnêtes n\u2019est pas acceptable.De mauvais moyens ne peuvent servir à de bonnes fins.Pour lutter contre ces dérives \u2014 qui ont existé \u2014, il faut recourir à des méthodes coimues.Elles consistent à exiger que l\u2019expertise publique suive les critères suivants : sélection transparente des experts, publication des conflits d\u2019intérêts possibles, composition du ^oupe respectant la diversité disciplinaire et de points de vue, publication des opinions minoritaires dans le rapport final, explicitation des incertitudes.Ironie de l\u2019affaire: le lendemain de son déclenchement, une étude de l\u2019INRA, poursuivie sur 12 ans, prouvait qu\u2019il est possible de se passer d\u2019herbicide pour nos grandes cultures sans en altérer fortement les rendements, une solufion radicale aux problèmes soulevés par Gilles-Eric Séralini.Plus d\u2019herbicides, plus de plantes résistantes aux herbicides.et Monsanto perd son marché.Libération Le technicien Michel / David La question était trop tentante pour ne pas être posée : en choisissant d\u2019annoncer officiellement son entrée dans la course à la succession de Jean Charest à l\u2019oratoire Saint-Joseph, hier matin, Raymond Ba-chand espérait-il un miracle ?Le sondage Léger Marketing-QMI, dont les résultats ont été publiés hier matin, a simplement confirmé ce que tout le monde pressentait: tous partis confondus, les Québécois voient en Philippe Couillard le meilleur candidat à la chefferie du PLQ.Autrement dit, celui avec lequel les libéraux auraient les meilleures chances de reprendre le pouvoir.Raymond Bachand arrive deuxième, mais très loin derrière M.Couillard, tout juste devant Pierre Moreau et même Pierre Paradis.Son retard est encore plus important dans l\u2019électorat libéral.Certes, il reste encore cinq mois avant le congrès, mais la côte à remonter s\u2019annonce d\u2019autant plus abrupte que l\u2019organisation de l\u2019ancien ministre de la Santé semble déjà avoir quadrillé le territoire.Quatre députés étaient aux côtés de M.Bachand hier.Il y a fort à parier qu\u2019il y en aura davantage autour de M.Couillard la semaine prochaine.En évoquant les valeurs spirituelles \u2014 et touristiques \u2014 associées à l\u2019Qratoire, M.Bachand a sans doute donné raison à ses collègues qui ont vanté son sens de l\u2019humour à l\u2019unisson, mais cela ne suffira peut-être pas à compenser ses nombreux handicaps.C\u2019est devenu un heu commun de souligner son absence de charisme, mais Robert Bou-rassa n\u2019en avait guère plus, certainement moins que les ténors du PLQ qui convoitaient la succession de Jean Lesage.Ce qui ne l\u2019empêchait pas d\u2019être un homme attachant, comme l\u2019est sans doute le «vrai» Raymond Bachand.La présence de l\u2019épouse de l\u2019ancien premier ministre, venue lui apporter son appui, invitait d\u2019ailleurs au parallèle.Les deux hommes avaient également un commun intérêt pour le développement économique et une véritable passion pour les questions financières.Faut-il rappeler qu\u2019au début de son premier règne, M.Bourassa était son propre ministre des Finances ?Le contexte est cependant très différent.En 1970, le jeune économiste qu\u2019il était symbolisait l\u2019entrée du Québec \u2014 et du PLQ \u2014 dans la modernité.Bien sûr, l\u2019économie est toujours d\u2019actualité, mais les libéraux rêvent aussi de renouer avec leur passé glorieux, quand leur parti était également synonyme de progrès et de justice sociale.M.Bachand en est d\u2019ailleurs le premier conscient.Certes, il a eu de bons mots pour Jean Charest, mais il a également déploré une certaine «érosion» de la coalition que le PLQ a déjà constituée, insistant sur le fait qu\u2019il est nécessaire qu\u2019il «redevienne» un parti d\u2019idées et de débat.Le problème est qu\u2019il est perçu comme un froid technicien, alors qu\u2019une aura d\u2019humanisme entoure M.Couillard.Cette image ne rend sans doute pas justice à l\u2019ancien ministre des Finances, mais il sera très difficile de la modifier en quelques mois.Qui plus est, son bilan aux Finances est loin de faire l\u2019unanimité, même si on le juge généralement compétent.Après avoir été le grand architecte de la révolution tarifaire qui a marqué le dernier mandat libéral, comment peut-il prétendre incarner le changement?Des trois candidats les plus probables, il est le seul dont les personnes interrogées par Léger Marketing ont une opinion plus souvent négative que positive.Il a beau laisser entendre que, dans l\u2019hjqio-thèse où il deviendrait premier ministre, la taxe santé ne serait pas ressuscitée et qu\u2019il pourrait bien se contenter d\u2019une hausse des droits de scolarité plus modeste, voire d\u2019une simple indexation qui préserverait le principe de la contribution des étudiants au financement des universités, son passé est trop récent pour être si vite oublié.Son bilan ne fait pas l\u2019unanimité, même si on le juge généralement compétent Bien entendu, M.Bachand s\u2019est refusé au moindre commentaire sur les circonstances troublantes dans lesquelles son collègue de la Santé avait démissionné pour se joindre à un fonds privé d\u2019investissement en santé, ni sur son association avec l\u2019ancien patron du Centre universitaire de santé McGill, Arthur Porter, recherché par l\u2019escouade Marteau, mais qui demeure introuvable.Il a simplement assuré que lui-même ne fera «aucun compromis sur l\u2019intégrité».Il serait trop délicat pour l\u2019un ou l\u2019autre des candidats de commencer à fouiller les placards de ses adversaires.Leurs entourages n\u2019auront cependant pas les mêmes scrupules et ne manqueront pas d\u2019encourager les journalistes à poser les «bonnes questions».Il est vrai que M.Couillard est à maints égards un homme intrigant.D\u2019ici l\u2019annonce officielle de son entrée dans la course, la semaine prochaine, il aura mis un terme à ses nombreuses activités, mais ce serait certainement une première qu\u2019un premier ministre du Québec, ou simplement un aspirant au poste, ait déjà été membre du comité de surveillance du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).mdavid@ledevoir.corn B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO SEPTEMBRE 2012 EDITORIAL COMMISSION CHARBONNEAU La fin du déni Quand mercredi les vidéos ont roulé à la commission Charbon-neau ; quand jeudi lino Zambito, ex-entrepreneur, a détaillé le processus d\u2019obtention de contrats publics à Montréal, dans bien des salles de rédaction il y a eu un immense sentiment de satisfaction.Enfin, la commission tant réclamée prenait sur elle un fardeau que les médias portent depuis des années.1 faut le redire : les journalistes d\u2019enquête ont travaillé d\u2019arracbe-pied pour mettre en lumière les stratagèmes, les liens douteux, les scandales qui entachent la gestion des contrats publics de construction au Québec.Ne serait-ce qu\u2019au Devoir, que d\u2019bistoires incroyables notre collègue Kathleen Lévesque n\u2019a-t-elle pas racontées à ses patrons au fil des ans, si incroyables que tout semblait relever du cinéma.Vraiment, des gens assis à la même table qui se partagent sans vergogne les contrats ?Et des menaces, des vraies?Quoi, des piles d\u2019argent comptant?Allons! Voyons! C\u2019était si.caricatural ! Il fallait donc vérifier, revérifier, et savoir que malgré tout, chaque fois qu\u2019on publiait un reportage, la mise en demeure nous pendait au bout du nez.Ici comme à La Presse, The Gazette, Radio-Canada.II n\u2019y a pas de protection pour les journalistes qui touchent des dossiers sensibles, et il en a fallu des circonvolutions journalistiques pour arriver à raconter des histoires en dépit de ceux qui voulaient continuer leurs magouilles en paix.Et non, les journalistes n\u2019avaient pas exagéré.La mafia, apprend-on à la commission Charbon-neau, distribue les contrats publics et prend sa cote, imposante, au passage, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019égouts, de trottoirs, de déneigement.Lino Zambito, loquace, a centré son témoignage sur Montréal, mais il a été clair: «Je veux que ce soit compris: c\u2019est pareil ailleurs.» Ailleurs comme Laval, la Rive-Sud, les Laurentides.Ce que l\u2019on a vu en deux jours à la Commission empêche désormais tout élu de se réfugier dans le déni.Il n\u2019y a rien d\u2019isolé dans ces pratiques : c\u2019est un système, point, que tout dirigeant municipal un peu futé pouvait voir à l\u2019œuvre.Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, au premier chef lui qui en avait été avisé de toutes les manières et qui aurait dû agir plutôt que de voir les centaines de millions de dollars d\u2019argent public prendre des chemins détournés et criminels.La loi ne permet pas d\u2019annuler ainsi des contrats, rétorque l\u2019administration municipale, et nous sommes tenus de respecter la règle du plus bas soumissionnaire.Très très légaliste, tout ça.Le courage politique, ç\u2019aurait été de dire : vu toute l\u2019information recueillie, chers Montréalais, pour ce contrat x ou y, nous ne choisirons pas le plus bas soumissionnaire, nous sommes prêts à aller en cour à cet égard, à perdre au besoin.Il y a des incohérences qu\u2019une administration responsable ne peut plus cautionner.Mais le maire Tremblay, en dépit de l\u2019indignation qu\u2019il affiche publiquemenf n\u2019en a pas la volonté.Un exemple ?L\u2019entreprise Construction Mivela a encore obtenu le 12 septembre dernier, selon La Presse, un contrat pour prolonger une importante piste cyclable de Montréal.Mivela était pourtant jusqu\u2019en janvier la propriété de Nicolo Milioto, intermédiaire entre la mafia et l\u2019industrie de la construction, selon un enquêteur de la commission Charbonneau.L\u2019entreprise est maintenant propriété de.son gendre.Autre incongruité levée par la commission d\u2019enquête : faire confiance aux policiers \u2014 mantra de l\u2019ex-premier ministre libéral Jean Charest quand il refusait de bouger \u2014 a ses limites.Les corps policiers, jaloux de leurs territoires, travaillent en silo.Les policiers de la GRC sont donc restés assis sur leurs cassettes même quand M.Charest poussait ceux qui savent à contacter l\u2019escouade Marteau.L\u2019appel à la bonne volonté et au sens civique ne vaudra jamais les pouvoirs d\u2019une commission quand il s\u2019agit de sortir vraiment des eaux troubles.CONFLIT ÉTUDIANT Fin de session Josée Boileau Marie-Andrée Chouinard es joues rougies par l\u2019effort et un fond d\u2019air automnal, les étudiants des cégeps et des universités viennent de boucler un printemps étiré dans le temps pour cause de grève et de loi spéciale.Le sprint scolaire au-J quel des milliers de studieux se sont adonnés a coûté des efforts exceptionnels, comme le commandait un contexte particulier.«Heureux d\u2019un printemps.» ?Vraiment?Il serait bien ardu de les plaindre, ces jeunes tâcherons qui ont dû écourter leurs nuits, éliminer toute activité autre que l\u2019étude en même temps qu\u2019ils rehaussaient leur consommation de caféine.Vous avez voulu faire la grève ?Eh bien, étudiez maintenant ! Trêve de morale : il est vrai que l\u2019école de la vie, ce n\u2019était pas que s\u2019astreindre aux assemblées générales, aux réflexions de groupe, aux manifestations diurnes ou nocturnes.C\u2019était aussi perdre une session.Un emploi d\u2019été.Reporter l\u2019entrée à l\u2019université.La fin d\u2019une maîtrise.On l\u2019a constaté : de réels drames humains se sont joués pendant le long cours de cette grève unique.Dans le lot des âmes en peine, il y eut de tout: des peinés de subir un mot d\u2019ordre dans lequel ils ne se retrouvaient pas.Des choqués de combattre l\u2019opinion populaire et la fougue gouvernementale.Des indécis.Des attristés de perdre des cours auxquels ils tenaient.Des coincés financièrement.Des perturbés.Des fatigués.Et tous les autres.Il y aura aussi les échoués.Eorcés d\u2019abandonner pour incapacité â suivre le rythme ou recalés pour inaptitude â assimiler autant de matière en si peu de temps, des étudiants auront des taches â leur dossier scolaire, nommées échecs ou abandons.Les collèges et universités n\u2019ont colligé ni ces deux données ni non plus les taux de réussite, mais c\u2019est en scrutant ces colonnes de chiffres cruciales que l\u2019on verra si la jeunesse a remporté un combat tout en perdant des plumes.Sans compter deux inconnues qui nous hantent : la matière fut-elle de beaucoup allégée ?Et les exigences tout autant abaissées ?Les taux de réussite aux études supérieures sont déjà fragiles au Québec: en 2011, ils étaient de 71% au collégial préuniversitaire, de 62 % â peine au technique, de 67 % au baccalauréaf de 71% â la maîtrise et de seulement 56% au doctorat.Le conflit du printemps aura atteint directement les plus vulnérables, ce groupe en «difficulté» dont le bassin croît sans cesse.Des «pertes» douloureuses, car elles touchent directement l\u2019un des grands absents du débat printanier : la qualité de l\u2019éducation.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOFARO CONH\\MÇç\\Oti\tPfJÀ VBS CfFET?.ûuViv m MlEivNe auÇ JCNEfAi?M ^ AR&EnT cache PANS LETTRES Au détriment du lecteur En campagne électorale, le Parti québécois s\u2019est prononcé en faveur de la politique du prix unique du livre qui vise, selon plusieurs, â protéger la diffusion d\u2019œuvres â faibles tirages et les petits détaillants se disant victimes de la concurrence des grandes surfaces.Dans une province oû la promotion de sa culture est synonyme de survie, l\u2019enjeu est de taille puisque les ventes de livres représentent plus de 700 millions de dollars par année, selon l\u2019Observatoire de la culture du Québec.Cette mesure, qui réjouit auteurs, éditeurs et libraires, n\u2019est toutefois pas â l\u2019avantage du consommateur qui, lorsqu\u2019il voudra se procurer le dernier Marie Laberge dès sa sortie, devra payer plus cher et ne profitera pas du prix fixé par le libre marché.Qui plus est, la politique du prix unique est en opposition avec le consensus québécois de l\u2019accessibilité aux livres.Il est contradictoire d\u2019exempter ce dernier de la TVQ tout en forçant le consommateur â payer un prix fixe qui ne sera pas â son avantage.Selon les chiffres de l\u2019Association des libraires du Québec, on compte près de 10% de libraires de moins qu\u2019il y a dix ans.Plutôt que de blâmer uniquement les grandes surfaces pour cette hécatombe, il faut reconnaître que le commerce au détail a changé et qu\u2019il faut s\u2019adapter.Si auteurs et poètes craignent la disparition d\u2019un moyen de diffusion essentiel â leur survie, il est impératif qu\u2019ils usent de leur créativité pour rayonner plutôt que de s\u2019engager dans une bataille perdue d\u2019avance.Tout comme l\u2019a fait Cœur de pirate en utilisant la puissance d\u2019Internet comme tremplin â sa musique, ces artistes peuvent en faire tout autant.Frédéric Baril Gatineau, le 27septembre 2012 OÙ en sont les dépntés néodémocrates?La fameuse Déclaration de Sherbrooke que tous les candidats néodémocrates et leur organisation brandissaient lors de la dernière campagne électorale, y compris Jack Layton, aura permis l\u2019élection de la plupart d\u2019entre eux.Cette déclaration spécifiait que le Québec avait le droit inaliénable â l\u2019indépendance politique et qu\u2019un référendum de 50% plus 1 vote suffirait â respecter le critère de clarté énoncé par la Cour suprême du Canada et que le gouvernement canadien serait alors tenu de négocier cette indépendance.Peu de temps après l\u2019élection, Jack Lay-ton lui-même a voulu revenir sur cette position.Il y eut levée de boucliers â l\u2019intérieur même de son parti et il recula.Voilà qu\u2019un candidat â la chefferie néo démocrate, le député Roméo Saganash, remet â son tour en question la Déclaration de Sherbrooke.Combien de députés néodémocrates québécois, nouvellement élus grâce â cette Déclaration de Sherbrooke, l\u2019appuient encore ?Les Québécois auraient-ils élu ces députés néodémocrates sous de fausses représentations ?A mon avis, seule l\u2019indépendance politique du Québec permettra aux Québécois de maîtriser pleinement leur destinée sans ces perpétuels louvoiements qui ne mènent nulle part.Alain Raby Saint-Jean-Port-Joli, le 28 septembre 2012 REVUE DE PRESSE L\u2019effet Trudeau.Déjà ! MANON CORNELLIER Il y a des semaines comme ça oû on a l\u2019embarras du choix.De Stephen Harper qui boude les Nations unies â cet accord de cohabitation diplomatique avec les Britanniques en passant par la motion M-312, il y avait de quoi alimenter la chronique.Mais aucun sujet n\u2019a eu autant d\u2019écho que l\u2019entrée imminente de Justin Trudeau dans la course â la direction du Parti libéral du Canada.L\u2019analyse de John Ibbitson, du Globe and Mail, reprend des thèmes maintes fois répétés cette semaine.Selon Ibbitson, l\u2019arrivée de Trudeau dans la course est â la fois la meilleure et la pire nouvelle que le Parti libéral du Canada ait eue depuis des années.Considéré comme favori, il a â son actif son nom, bien sûr, et ses racines québécoises oû le PLC a perdu ses appuis francophones et fait face au formidable Thomas Mulcair.Mais son plus grand atout, dit Ibbitson, est son talent naturel avec les gens.Mais Trudeau a ses boulets qui peuvent nuire au parti.Il n\u2019a jamais dirigé une grande organisation complexe et, dans le cas du PLC, désorganisée, impopulaire et sans le sou.Trudeau est aussi associé â des valeurs chères â son père.Mais sont-elles celles du Canada d\u2019aujourd\u2019hui ?Et oû veut-il mener le Canada?Et comment?Dans l\u2019Ouest, son nom ne suscite aucune affection.Einalement, son entrée dans la course pourrait faire en sorte qu\u2019il n\u2019y en ait pas une, alors que le parti en a besoin.«En bref, le Parti libéral se voit offrir un politicien avec peu d\u2019expérience, peu de sens organisationnel ou d\u2019idées concrètes.[.] Qu\u2019un individu avec un bagage si mince soit considéré comme un concurrent solide en dit long sur la fragilité de l\u2019organisation qu\u2019il cherche à diriger», écrit Ibbitson.La chance au coureur L\u2019équipe éditoriale du Globe s\u2019inscrit en faux avec cette analyse.Accepter l\u2019idée que l\u2019Ouest ne peut s\u2019ouvrir â Trudeau équivaut â dire que cette région n\u2019a pas changé depuis 30 ans et que ses électeurs vont tenir rigueur au fils pour les politiques du père.«Bien qu\u2019ils partagent un certain charisme et panache, rien ne prouve que le jeune Trudeau a hérité du peu d\u2019intérêt de son père pour les préoccupations de l\u2019Ouest.» Le Globe reconnaît que Justin Trudeau verra certaines portes s\u2019ouvrir â cause de son nom, mais c\u2019est sur son propre mérite qu\u2019il sera jugé.Le Globe convient que Trudeau a beaucoup â prouver.«Mais le fait qu\u2019il a été enseignant au secondaire plutôt qu\u2019avocat ne justifie pas de l\u2019écarter.Même s\u2019il existe un diplôme en sciences politiques, il n\u2019y a pas de compétences particulières pour se lancer en politique.[.] Si les compétences étaient un critère, Michael Ignatieff occuperait le 24 Sussex.» Ceux qui veulent s\u2019opposer â Trudeau devront offrir de meilleurs arguments et le juger sur son bilan parlementaire et les positions qu\u2019il prendra, conclut le Globe.Au Toronto Star, on comprend le sursaut d\u2019excitation des libéraux.Après tout.Trudeau est comme une vedette.Son nom est connu de tous, des milliers de gens le suivent sur les médias sociaux.Il est jeune et énergique, a le sens du spectacle, des racines québécoises et incarne la marque libérale.Mais il faudra davantage pour séduire les Canadiens, prévient le quotidien, en particulier des idées pour le Canada d\u2019aujourd\u2019hui.Selon le Star, le premier défi de Trudeau sera de secouer cette image de poids léger qui lui colle â la peau et de démontrer, comme devront le faire tous les candidats, qu\u2019il a ce qu\u2019il faut pour reconstruire le parti, mettre â jour ses politiques et regarnir ses coffres.La carte Québec Jonathan Kay, du National Post, offre un point de vue qui se démarque.Selon lui, les événements de la dernière année au Québec pourraient offrir une occasion au PLC, en particulier avec Trudeau â sa tête, pour redevenir pertinent et peut-être même être dans la course pour le pouvoir.Kay soutient que Trudeau n\u2019est plus un politicien inexpérimenté.Il a gagné une circonscription bloquiste de Montréal et a augmenté sa part du vote en pleine vague orange.En fait, le problème de Trudeau est ailleurs, du côté des libéraux qui ne semblent plus savoir pourquoi ils existent, mais se révèlent frileux devant les changements.Ils ont toutefois encore un avantage, dit Kay.Ce sont eux qui ont convaincu le Québec de rester au Canada et convaincu le reste du Canada que c\u2019était possible.Le scandale des commandites a miné cet héritage, mais ce rôle peut être revendiqué â nouveau sous Trudeau, affirme Kay.Il note que, depuis Jean Chrétien, aucun politicien ne s\u2019est vraiment promu avec constance â la fois au Québec et au Canada.Kay ne sait pas si Trudeau peut le faire, mais son expérience dans Papineau montre qu\u2019il est capable de rejoindre une large variété d\u2019électeurs.Or, dit-il, le Canada pourrait être â un moment charnière.Bien que l\u2019appui â l\u2019indépendance soit faible, le PQ est au pouvoir avec un programme franchement de gauche.Si ce gouvernement minoritaire survifi le fossé entre le reste du pays et le Québec pourrait s\u2019accroître davantage, craint-il.«Si les libéraux redeviennent pertinents, ce pourrait être parce qu\u2019ils offrent une façon de combler ce gouffre, ce qui est leur rôle traditionnel.Les chances sont minces, mais des choses plus étranges se sont produites en politique canadienne.» mcornellier@ledevoir.com LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO SEPTEMBRE 2012 B 5 IDEES I % ALEX WONG GETTY IMAGES AEP Le choix de l\u2019équipe Romney, qui s\u2019est arrêté sur le représentant du Wisconsin, n\u2019aura pas relancé une campagne républicaine morose.CAMPAGNE RÉPUBLICAINE Le choix de Paul Ryan comme colistier de Romney a-t-il été une erreur de parcours ?SARAH VEILLEUX-POULIN Candidate à la maîtrise en science politique et chercheuse en résidence à la Chaire Raoul-Dandurand de l\u2019UQAM GUY LACHAPELLE Professeur de science politique à l\u2019Université Concordia et membre de l\u2019Observatoire sur les Etats-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l\u2019UQAM e choix du colistier est un élément non négligeable qui peut parfois sceller l\u2019issue d\u2019une élection présidentielle, comme ce fut le cas notamment en 2008 lors du choix douteux de Sarah Palin pour compléter le ticket républicain.Du côté de Mitt Romney, et comme à pareille date tous les quatre ans, la sélection du potentiel vice-président comporte son lot de spéculations et de jeux de coulisses : plusieurs têtes d\u2019affiche du Parti républicain ont été pressenties pour remplir cette tâche, notamment Chris Christie, gouverneur du New Jersey, ou Marco Rubio, jeune sénateur hispanique de la Floride.Mais le choix de l\u2019équipe Romney s\u2019est finalement arrêté sur Paul Ryan, représentant du Wisconsin et présentement président du comité de la Chambre sur le budget.Une décision certes réfléchie, mais qui n\u2019aura pas relancé une campagne républicaine morose, où l\u2019on accuse souvent Romney d\u2019attaquer son adversaire sur la si-tpation économique dans laquelle baignent les Etats-Unis sans expliquer de manière claire comment il compte lui-même y remédier.Les contrecoups du choix de Ryan Chef de file des conservateurs fiscaux, notamment ^âce à son fameux budget de 2008 dans lequel il proposait une privatisation partielle du programme Medicare, Paul Ryan s\u2019avère également un candidat de choix pour les éléments les plus conservateurs du Parti républicain, et ce, à cause de ses positions pro-vie tranchées.Cherchant à reconquérir son électorat plus traditionnel, le Parti républicain s\u2019est tourné vers Ryan afin de courtiser les personnes de 65 ans et plus en leur promettant de verser des bons {vouchers) leur permettant de choisir le pourvoyeur de leurs services médicaux.De cette façon, le camp républicain tentait de contourner la loi sur la santé du gouvernement Obama, dont la constitutionnalité fut reconnue par la plus haute instance juridique du pays en juin dernier.Toutefois, ce que les observateurs appellent le « Ryancare » semble plutôt déplaire davantage aux personnes retraitées, qui estiment que leurs acquis pourraient nécessairement être bafoués : bien que 46% des retraités aient une opinion favorable de Ryan à titre de politicien, seulement 36% (dont des sympathisants du Tea Party) approuvent sa réforme de l\u2019aide médicale.Et même si une grande partie de la population est favorable à une refonte majeure du programme Medicare (dont 65% parmi les 30-44 ans et 37% chez les 65 ans et plus), le plan de Paul Ryan n\u2019est peut-être pas une solution optimale au goût de la population américaine.Sous un autre angle, la nomination de l\u2019éventuel vice-président n\u2019a pas réussi à attirer de ma- nière convaincante les faveurs des électeurs indécis ou indépendants, ceux-là mêmes sur qui se joue le scrutin.Par exemple, près de 37% des électeurs qui se disent indépendants ont affirmé avoir une opinion favorable du candidat lors de sa nomination, alors que 41% ont répondu de manière négative; 51% des personnes sondées par Reuters au lendemain de l\u2019annonce de la nomination de Paul Ryan affirmaient que sa présence sur le ticket présidentiel n\u2019avait pas changé leur opinion envers les républicains, et ce, contrairement aux 26% qui jugeaient l\u2019annonce favorable et aux 21% qui voyaient cela de manière défavorable.En comparaison, le choix de Ryan à titre de colistier a suscité moins de réactions positives qu\u2019à l\u2019annonce de celui de Sarah Palin en 2008 (46%) et de celui de Dick Cheney en 2000 (55%).Toutefois, ces résultats mitigés s\u2019expliquent en partie par la faible notoriété de Paul Ryan auprès de l\u2019électorat américain: 80% des citoyens sondés soutenaient à ce moment ne pas connaître l\u2019homme et encore moins son bilan comme pob-ticien.Le Parti républicain a tenté de remédier à cette lacune lors de la convention du mois dernier, mais encore aujourd\u2019hui les effets tant escomptés se font attendre.Ryan, Tea Party et discours de la droite Le Tea Party, cette mouvance ultraconserva-trice ayant émergé au cours des élections de mi-mandat de 2010, s\u2019est montré plus que satisfait de la nomination de Ryan, qu\u2019il considère comme «l\u2019un des siens», défendant ses intérêts au sein de l\u2019estabbshment du Capitole.Toutefois, le choix de Ryan en est davantage un de stratégie pour Romney.Considéré par plusieurs comme un électron libre qui semble changer de positions au gré de son auditoire \u2014 on pense à l\u2019adoption de la réforme de la santé au Massachusetts ou à ses positions sur le contrôle des armes à feu et l\u2019avortement \u2014, Romney a dû radicaliser ses vues au cours des primaires afin de courtiser un électorat favorisant largement les Rick Santorum, Michelle Bachmann ou Newt Gingrich.Le choix de Ryan s\u2019exerce donc dans ce désir de continuité, en mesure désormais de parer aux lacunes de Romney au chapitre du conservatisme social, lui qui n\u2019a pas eu l\u2019heur de persuader les sjmipathisants du Tea Party de la légitimité de sa nomination lors des primaires républicaines.Toutefois, cette stratégie ne pourra pas convaincre les éléments moins conservateurs de l\u2019électorat américain, et même républicain, que la radicalisation des positions du ticket Romney-Ryan sur les enjeux sociaux ne touche pas.Les vidéos de Romney Bien que le choix d\u2019un colistier puisse, à l\u2019occasion, faire pencher la balance électorale, Romney semble avoir quelques difficultés à exploiter le maigre écart entre lui et son rival démocrate.Plus récemment, la vidéo d\u2019une allocution de Romney devant de très riches donateurs a refait surface; il y dénonce les «47% qui votent pour Obama et qui dépendent du gouvernement».En ajoutant qu\u2019il «ne travaillera pas pour ces gens-là, qui ne paient pas d\u2019impôt», Romney a su se mettre à dos une grande partie de l\u2019électorat sensible, notamment les étudiants \u2014 largement tributaires de la victoire d\u2019Obama en 2008 \u2014, les vétérans et les personnes les plus vulnérables de la société (19%), en majorité bénéficiaires du programme Medicaid.Toutefois, les chiffres démontrent que 28,3% des 47% d\u2019Américains qui ne paient pas d\u2019impôt sur le revenu sont des travailleurs qui ont un emploi ou qui paient de l\u2019impôt à la source.Le même taux que dans tous les autres pays industrialisés.Bombardé de toutes parts, certaines critiques fusant même du clan républicain, Romney persiste et signe en affirmant qu\u2019il ne faisait que répéter ce qu\u2019une majorité d\u2019idéologues républicains pensenf ajoutant qu\u2019il aurait toutefois dû le dire de manière plus «élégante».Cette vidéo controversée, dont la diffusion viendrait du petit-fils de Jimmy Carter, n\u2019est qu\u2019un des exemples des difficultés du candidat républicain à montrer sa sensibilité pour les intérêts d\u2019une population qu\u2019il est censé représenter.Un avantage de taille pour le président sortant, alors que les sondages montrent qu\u2019il est en avance dans trois Etats-clés, à savoir le Wisconsin, le Colorado et la Virginie.De plus, la réaction du candidat républicain lors de l\u2019assaut contre l\u2019ambassade américaine en Libye, où il a accusé le président Obama, prudent, d\u2019encourager les «terroristes», a aussi contribué à ses déboires des dernières semaines: 37% de la population a dit avoir plus confiance en Obama, alors que 29% ont dit la même chose à la suite de la réponse de Romney.Biden contre Ryan La nomination du potentiel candidat à la vice-présidence peut parfois servir de tremplin pour un candidat malheureux dont la campagne fait du surplace : pensons notamment à l\u2019enthousiasme et à l\u2019intrigue suscités par la sélection de Sarah Palin pour compléter le ticket républicain en 2008, qui se sont finalement dégonflés au gré des propos douteux de la gouverneure durant la campagne.Toutefois, du côté démocrate, Joe Biden semble avoir une longueur d\u2019avance lorsque vient le temps de s\u2019attirer la sympathie des gens : bien que 40% des gens considèrent que le mot qui le résume le mieux est «idiot» (comparativement à 43% qui optent pour «bon»), Biden semble davantage en mesure de représenter l\u2019homme normal, près du peuple, avec une image de charme qui produit ses effets lors des rencontres de casse-croûte avec les électeurs.En dépit de sa propension à faire des, gaffes (notamment lorsqu\u2019il a dit en Virginie, Etat anciennement esclavagiste, que les politiques fiscales républicaines équivalaient à «remettre les chaînes aux pieds des gens»), sa solide expérience à titre de président du comité du Sénat sur les relations étrangères, combinée à sa facilité d\u2019interaction spontanée avec les électeurs, fait de lui un élément important du gouvernement Obama qui ne semble pas avoir d\u2019égal du côté républicain.Le deuxième mandat du président Obama n\u2019est toutefois pas assuré, étant donné que le choix d\u2019un colistier ne peut être tributaire à lui seul des réussites et échecs d\u2019un candidat à la présidence.Malgré un regain de popularité au lendemain de la convention démocrate, attribuable en bonne partie aux discours de Bill Clinton et de la première dame Michelle Obama, les yeux restent tournés vers les chiffres sur l\u2019emploi et sur une éventuelle reprise économique.L\u2019histoire nous a appris que l\u2019issue des élections présidentielles américaines peut se jouer à tout moment et que, même si Romney demeure «his own worst enemy» [son pire ennemi], ce sera ultimement l\u2019économie et la santé qui demeureront les éléments centraux de la campagne.Comment dire ?t A# Denise l; Bombardier A ?Comment mettre en mots le malaise chez de nombreux électeurs, même à l\u2019intérieur du PQ, devant ce qui apparaît comme une improvisation de la part du nouveau gouvernement de Pauline Marois ?Deux jours après l\u2019annonce de son Conseil des ministres, la première ministre, sous la pression de la Mauricie, déplace son whip.Le lendemain, elle corrige sa ministre des Ressources naturelles sur la question des gaz de schiste et, évidemment, cette semaine elle laisse flotter une incertitude au sujet de la rétroactivité de l\u2019augmentation des impôts des «riches», conséquence de l\u2019abolition de la taxe santé.Comment comprendre cette frénésie de décisions mal ficelées, lesquelles placent les oppositions en mode d\u2019attaque facile?Il ressort de cette agitation contre-productive le sentiment que M\u201c® Marois tente de prouver à tous ses détracteurs qu\u2019elle est capable de prendre des décisions tranchantes.Surtout qu\u2019elle a l\u2019étoffe de première ministre, ce qu\u2019a toujours mis en doute une partie des péquistes depuis de nombreuses années.D\u2019une certaine manière, les reculs le prouvent, n\u2019y aurait-il pas une forme inavouée d\u2019insécurité qui l\u2019animerait encore ?Et comment ne pas s\u2019interroger aussi sur le choix politique qui la guide ?Pourquoi se laisse-t-elle convaincre que ses mesures de plus en plus à gauche, sorte de maraudage sur les terres de Québec solidaire, vont lui assurer dans un avenir prochain un gouvernement majoritaire ?La première ministre n\u2019est-elle pas en voie de concrétiser, par ses allers-retours décisionnels, par des déclarations ambiguës et des propos sans nuances de certains de ses collaborateurs, les reproches que lui faisaient ^depuis des années ses opposants péquistes ?A savoir son incapacité à diriger le Québec, son absence de vision claire et une faiblesse aux conséquences incalculables, comme celle de se laisser influencer par des courtisans de forte tête au gré des événements.Comment M\u201c® Marois, avec une expérience de plus de trente ans comme ministre ayant travaillé sous la gouverne de premiers ministres aussi charismatiques que prudents, ne semble-t-elle pas avoir retenu une leçon fondamentale?A savoir que la souveraineté ne se gagnera jamais au Québec avec une politique qui divisera les francophones en riches et pauvres.Un PQ de gauche, tel qu\u2019il s\u2019exprime, renonce à faire l\u2019union sacrée des francophones, sans laquelle la cause devient une nostalgie de plus dans notre Histoire sans victoire collective d\u2019envergure.Comment une femme qui a traversé des tempêtes politiques peut-elle se comporter en ignorant la loi d\u2019airain d\u2019un gouvernement minoritaire qui est celle de chercher systématiquement les consensus et les compromis honorables ?Comment la première ministre peut-elle cautionner ces appels quotidiens à quitter le Québec qui fusent de partout et qui visent les «riches» et les «Anglais», pourrissant à upe vitesse dangereuse le climat général?A cet égard, elle devrait se souvenir, comme l\u2019y encourage la devise du Québec, qu\u2019il n\u2019y aura pas de souveraineté sans l\u2019appui de la nouvelle bourgeoisie québécoise francophone, ces «riches» de qui Jacques Parizeau peut revendiquer la paternité avec ses grandes politiques économiques, comme la création de la Caisse de dépôt et placement et le Régime des rentes.Comment la première ministre peut-elle demeurer si discrète devant le désarroi des «Anglais» dont une grande partie est celle-là même qui n\u2019a pas abandonné le Québec après les deux référendums de 1980 et 1995?Pourquoi ne pas les rassurer afin que les plus prospères et les plus éclairés ne flirtent pas avec la tentation de plier bagage ?Il était si triste cette semaine d\u2019entendre des petits épargnants francophones, propriétaires d\u2019immeubles modestes, craindre pour leur avenir avec ses menaces de taxes.Pourquoi taxer de « riches » ceux qui ont réussi à changer ce statut de peuple de locataires qui nous a si longtemps collé à la peau ?denbombardier@videotron.ca Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les copimentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l\u2019abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n\u2019oubliez pas d\u2019indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Mane-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idees), Marco Bélair-Cinno (general), Jeanne Cornveau (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec)Y2Ao\\en T>egh.se(societe), Jean Dion (sports), Louis-Gilles 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l\u2019anthropologie ethnologue refuserait la laïcité ouverte et le cours ECR Deux ou trois fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie, d\u2019histoire et d\u2019histoire des idées le défi de décrypter une question d\u2019actualité à partir des thèses d\u2019un penseur marquant.DANIEL BARIL Journaliste et anthropologue, auteur, entre autres, de La grande illusion.Comment la sélection naturelle a créé l\u2019idée de Dieu (Multimondes, 2006) Le débat qui vient de ressurgir autour du projet de charte de la laïcité promise par le Parti québécois met en présence deux visions divergentes de la société : le multiculturalisme et la défense d\u2019une culture nationale.Les critiques du multiculturalisme actuel voient souvent en Claude Lévi-Strauss (1908-2009) le père de cette philosophie sociale.Mais à la relecture de son oeuvre, il semble que la paternité qui lui est attribuée relève d\u2019une profonde méprise.Cité à gauche comme à droite, Lévi-Strauss est tantôt salué comme le théoricien de l\u2019antiracisme, tantôt taxé de racisme.Quelles sont donc ses véritables positions sur la diversité culturelle ?Un relativisme de méthode Les travaux de Lévi-Strauss, ethnologue de formation et philosophe de profession, ont effectivement fondé les théories antiracistes du milieu du XX' siècle.A la demande de l\u2019UNESCO, il rédige en 1952 un ouvrage qui deviendra un classique de la littérature antiraciste : Race et histoire.L\u2019objectif de l\u2019UNESCO est de faire ressortir l\u2019unité de l\u2019espèce humaine afin de déconstruire l\u2019idéologie raciste qui a conduit au génocide de la Deuxième Guerre mondiale.Dans cet ouvrage, et dans plusieurs autres qui suivront, Lévi-Strauss fustige l\u2019ethnocentrisme qui consiste à juger les autres cultures en fonction de no^ propres repères culturels.A cette attitude qu\u2019il observe dans toutes les sociétés, tant chez les tribus amazoniennes que chez ses contemporains européens, il oppose un relativisme culturel qui oblige l\u2019ethnologue à faire abstraction de ses repères.«Le relativisme culturel, qui est une base de la réflexion ethnologique, affirme qu\u2019aucun critère ne permet de juger dans l\u2019absolu une culture supérieure à une autre », précisera-t-il plus tard {De près et de loin, 1988).Dans cette phrase, le mot « absolu » est crucial : Lévi-Strauss ne s\u2019interdit pas d\u2019apprécier différemment les cultures, mais souligne qu\u2019il est impossible de les classer en fonction de critères absolus qui ne soient pas culturellement orientés.Son relativisme culturel est un état de détachement que l\u2019anthropologue se doit d\u2019adopter afin d\u2019éviter l\u2019ethno- « Il me semble que la laïcité pure et dure avait très bien marché jusqu\u2019ici » \u2014 Claude Lévi-Strauss centrisme.Il s\u2019agit donc d\u2019un relativisme méthodologique et non d\u2019un projet social multi-culturaliste où l\u2019ensemble des valeurs et pratiques issues du mélange culturel migratoire devrait être préservé.Cette attitude scientifique, qu\u2019on ne saurait remettre en question, ne conduit pas en soi au relativisme normatif.Sa conviction est qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019un côté les barbares, les primitifs et les incultes et de l\u2019autre les civilisés, les modernes et les cultivés.Toutes les civilisations ont produit des cultures d\u2019égale complexité et capables d\u2019une même production de sens parce qu\u2019elles sont issues de structures mentales qui sont les mêmes chez tous les peuples.Sous cet angle, aucune langue, aucune forme d\u2019art ni aucune re-Hgion n\u2019est supérieure à une autre.«Il n\u2019y a pas de peuples enfants; tous sont adultes », écrit-il dans Race et histoire.Cette réflexion sera poussée plus loin dans Anthropologie structurale (1958) et dans La pensée sauvage (1962).Partout, observe-t-il, la cellule familiale est le noyau de la société, les règles de mariage conduisent à éviter l\u2019inceste, les tâches sociales sont sexuellement réparties, on se soucie des morts et l\u2019étranger suscite la méfiance.La pensée « sauvage » possède le même pouvoir de catégorisation que la pensée scientifique et procède elle aussi d\u2019une logique causale.Les règles sociales sont structurellement comparables parce qu\u2019elles sont contraintes par les mêmes mécanismes cognitifs.L\u2019universel n\u2019est pas à rechercher dans les éléments culturels eux-mêmes mais dans la fonction symbolique, c\u2019est-à-dire dans les rapports inconscients que l\u2019être humain établit avec les composantes de la culture.La diversité culturelle est quant à elle le fruit de la diversité des environnements et de l\u2019histoire propre à chaque peuple.Lévi-Strauss ouvre ainsi la voie à l\u2019école naturaliste qui voit la culture comme un prolongement de la nature.Toutes les valeurs.ne se valent pas Le recul exigé par le travail ethnologique conduit à considérer la culture occidentale comme une façon parmi d\u2019autres de percevoir le monde.De là à conclure qu\u2019il soutenait que toutes les cultures se valent, il n\u2019y avait qu\u2019un pas que plusieurs ont franchi, soit parce que cela confortait leur position, soit pour désavouer Lévi-Strauss.Mais plusieurs précisions s\u2019imposent.Reconnaissons d\u2019une part que Lévi-Strauss n\u2019était pas un intellectuel engagé ; c\u2019est un observateur des cultures ancestrales qui refuse de dire que telle chose serait meilleure que telle autre pour tel peuple.Cela le conduit à nier que la notion des droits de la personne, telle que développée dans la Déclaration universelle des droits de l\u2019homme, puisse être véritablement de portée universelle puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une production liée à une culture donnée et à une étape donnée de son histoire.Y voir un universalisme serait considérer cette culture comme plus avancée que les autres.Si cette position peut être défendable philosophiquement, elle l\u2019est moins d\u2019un point de vue républicain et engagé.Le reproche qui lui a été feit de ne pas reconnaître que les droits fondamentaux \u2014 issus de la réflexion humaniste et non d\u2019intérêts particuliers ou de dogmes religieux \u2014 peuvent être bénéfiques à quiconque peu importe sa culture semble donc fondé.Mais ne brûlons pas Lévi-Strauss trop vite.Ceux qui en font le père du multiculturalisme actuel semblent ignorer les multiples précisions et clarifications qu\u2019il a apportées tout au long de sa vie.Dans son optique, si les cultures se valent, c\u2019est structurellement et non pas moralement ; si elles ont un niveau de complexité équivalent, cela ne signifie pas que toutes les pratiques culturelles soient de même valeur en regard d\u2019une société donnée.Il ne s\u2019interdit d\u2019ailleurs nullement de porter un regard différencié sur les cultures.« J\u2019appartiens à une culture qui a un style de vie, un système de valeurs distinctives; et donc, des cultures très différentes ne me séduisent pas automatiquement t.] Si je les étudie en ethnologue, je le fais avec toute l\u2019objectivité et même toute l\u2019empathie dont je suis capable.Il n\u2019empêche que certaines cultures s\u2019accordent moins volontiers que d\u2019autres avec la mienne.t.] Ce qui n\u2019empêche que, même avec celles-ci, les rapports peuvent et doivent rester sereins.» {De près et de loin) L\u2019ethnologue a maintes fois récusé les accusations de relativisme culturel dont on l\u2019accablait.Dans la seconde édition de son Anthropologie structurale (1974), il répond directement aux critiques et précise la portée restreinte de son relativisme en rappelant qu\u2019il en limite l\u2019utilisation à l\u2019impossibilité de hiérarchiser les cultures en fonction de critères absolus.Mais il ajoute qu\u2019à l\u2019intérieur d\u2019une même culture, rien n\u2019empêche de se référer à d\u2019autres systèmes de valeurs pour réformer et améliorer une société.« Loin de me satisfaire d\u2019un relativisme statique [.], j\u2019en dénonce le péril », affirme-t-il.Si, en tant qu\u2019ethnologue, Lévi-Strauss se refuse à hiérarchiser les cultures, rien n\u2019empêche à ses yeux de hiérarchiser les valeurs et les modes de vie au sein d\u2019une société donnée.On ne peut, selon lui, taxer M PASCAL PAVANI AGENCE ERANCE-PRESSE Les travaux de Claude Lévi-Strauss, ethnologue de formation et philosophe de profession, ont fondé les théories antiracistes du milieu du xx' siècle.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le journaliste, anthropologue et auteur Daniel Baril de racisme « l\u2019attitude d\u2019individus ou de groupes que leur fidélité à certaines valeurs rend partiellement ou totalement insensibles à d\u2019autres valeurs.Il n\u2019est nullement coupable de placer une manière de vivre et de penser au-dessus de toutes les autres.» {Anthropologie structurale) Bien que toute culture soit le produit d\u2019un lent métissage historique, Lévi-Strauss craint que la vitesse à laquelle ce métissage s\u2019accomplit actuellement ne permette pas aux cultures de procéder à l\u2019intégration harmonieuse des éléments extérieurs.C\u2019est pourquoi il plaide pour le maintien d\u2019une certaine distance entre elles.Cela vaut aussi pour les cultures occidentales.Bien qu\u2019il s\u2019élève contre l\u2019impérialisme de ces dernières, il en reconnaît la valeur et cherche à les préserver elles aussi devant l\u2019important flux migratoire qu\u2019elles doivent absorber.Dans la perspective lévlstraus-slenne, l\u2019Immigrant, qui concourt au métissage par le bagage culturel qu\u2019il apporte, se place en situation d'« assimilation » à la culture dominante qui doit préserver son pouvoir d\u2019intégration.Pour préserver la diversité des cultures, chacune doit donc se défendre sur son territoire national.Parlant spécifiquement de la Prance, il souligne «qu\u2019aux xviir et XDC siècles, son système de valeurs représentait, pour l\u2019Europe et au-delà, un pôle d\u2019attraction.L\u2019assimilation des immigrés ne posait pas de problème.Il n\u2019y en aurait pas davantage aujourd\u2019hui, si, dès l\u2019école primaire et après, notre système de valeurs apparaissait à tous aussi solide, aussi vivant que par le passé.[.] Si les sociétés occidentales ne sont pas capables de conserver ou de susciter des valeurs intellectuelles et morales assez puissantes pour attirer des gens venus du dehors et pour qu\u2019ils souhaitent les adopter, alors il y a lieu de s\u2019alarmer».{De près et de loin) Lévi-Strauss défend donc la protection de toutes les cultures, y compris la sienne, qu\u2019il percevait, à la fin de sa vie, tout aussi menacée que les cultures ancestrales.Dans un numéro hors série que lui consacrait le Magazine littéraire en 2003, l\u2019ethnologue livrait cette réflexion : « j\u2019ai commencé à réfléchir à un moment où notre culture agressait d\u2019autres cultures dont je me suis alors fait le défenseur.Maintenant, j\u2019ai l\u2019impression que le mouvement s\u2019est inversé et que notre culture est sur la défensive vis-à-vis des menaces extérieures [.].Du coup je me sens fermement et ethnologiquement défenseur de ma culture.» Ce ne sont manifestement pas là les propos d\u2019un relativiste social mais ceux d\u2019un homme lucide et franc qui ne se réfugie pas derrière la naïveté d\u2019une rectitude politique qui considère que toutes les pratiques culturelles sont de même valeur.Religion et laïcité Les positions qu\u2019adopte Lévi-Strauss à l\u2019égard des religions sont tout aussi à l\u2019opposé du relativisme multiculturel.Déjà, dans Tristes tropiques (1955), il critique sévèrement l\u2019islam, qu\u2019il perçoit comme rigide et intolérant, et compare la burka à un « appareil orthopédique ».Il se montre par contre plutôt élo-gieux à l\u2019égard du bouddhisme japonais, qu\u2019il cite comme un exemple de culture réussissant à sélectionner puis à assimiler des éléments de l\u2019extérieur sans se mettre en péril.On ne saurait donc lui reprocher de mettre sur le même pied théocratie et laïcité, féminisme et excision, culture natio- nale et culture immigrante.La question peut également être examinée sous l\u2019angle des accommodements religieux.Pour les multiculturalistes, la laïcité va à l\u2019encontre de traditions religieuses, qui refusent la séparation de l\u2019État et des religions ; il faut donc, selon eux, limiter la portée de la laïcité afin d\u2019accommoder ces religions.Dans cette logique, la religion fait partie de la culture et l\u2019État doit donc aménager une place à la « culture religieuse » dans ses écoles publiques.Qu\u2019en pensait Lévi-Strauss ?Il répond sans détour dans une entrevue au Nouvel Observateur le 10 octobre 2002 : «On a le droit de critiquer la religion, dit-il.On a le droit de dire ce qu\u2019on pense.[.] Il en va de même avec l\u2019idée actuelle qu\u2019il faudrait introduire l\u2019enseignement de l\u2019histoire des religions à l\u2019école.t.] Là encore, cela me semble être une concession faite t.] à l\u2019idée que la religion doit pénétrer en dehors de son domaine.Il me semble au contraire que la laïcité pure et dure avait très bien marché jusqu\u2019ici.» Voilà qui cloue le cercueil des supposés fondements lévistraussiens au relativisme multiculturel.D\u2019ascendance juive mais athée déclaré, Lévi-Strauss aborde rarement le thème de la religion et chaque fois qu\u2019il le fait, c\u2019est dans un esprit très critique.Il est donc possible, à ses yeux, de défendre le patrimoine culturel national sans qu\u2019il soit pour autant nécessaire de mettre la religion de la majorité au premier plan.Dans le débat qui nous intéresse au Québec, il serait donc à la fois pour la sauvegarde du patrimoine culturel et historique québécois, contre les symboles religieux dans la fonction publique et sûrement contre la présence du crucifix à l\u2019Assemblée nationale.Bref, il serait tout à fait en faveur d\u2019une charte de la laïcité.Des commentaires ?Écrivez à Antoine Robitaille : arobi-taille@ledevoir.com.Pour lire ou relire les anciens textes du Devoir de philo ou du Devoir d\u2019histoire : www.ledevoir.com/ societe/le-devoir-de-philo.\\, PA-iiiiciPfzAü COMCOÜ-fiS Jfüilf C-flIîlOüf HAO tn A-nciiiifCTLHif! m s 0 N Dt L'A-flCHiîfCÎURt D U PUÉ B^C Écrivez un texte sur l'architecture de la Maison symphonique et voyez-le publié dans Le Devoir ou dans Canadian Architect.en plus de remporter une paire de billets pour un concert de l'Orchestre symphonique de Montréai! > Inscription : 10 octobre | > Visite du bâtiment : 14 octobre | > Remise du texte : 19 novembre Détails sur la page \"Concours\" du site : www.maisondelarchitecture.ca CONSEIL DES ARTS DE MONTREAL Québec on PLACEMENTS Culture Conseil des Arts du Canada , Canada Council L for the Arts Cnijomalus LE DEVOHl ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL ARCHITECT Z Présenté par tydro Québec Hydro 'oV'~ '¦ "]
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