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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2012-10-06, Collections de BAnQ.

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[" SCIENCES & CÜLTDR.E LES PRIX DE L\u2019ACFAS Pour que les aveugles voient un jour, le rêve de Mohamad Sawan Page 2 Une toute première lauréate du prix Pierre-Dansereau Page 5 .ijijjjmiiyiiiiiiiiiippniii André Roy ou une vie plongée dans un fleuve Page 7 CAHIER SPECIAL G > LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2012 Des œuvres enfin reconnus Ils sont neuf chercheurs venus d\u2019ici et d\u2019ailleurs Ils sont neuf, universitaires et chercheurs, à voir leur travail reconnu.En remettant mardi soir dernier ses prix, l\u2019Association francophone pour le savoir, l\u2019Acfas, rappelait une fois de plus que l\u2019avenir des sociétés passe par ce que, dans leurs laboratoires et officines, les universités et grandes écoles soutiennent et entretiennent: la recherche.Le Québec serait-il une terre d\u2019accueil pour le savoir?NORMAND THERIAULT Elle déborde d\u2019enthousiasme, cette chercheure qui professe une nouvelle approche économique.«Un grand honneur, un privilège, une belle surprise ! Obtenir ce prix, c\u2019est à la fois une reconnaissance extraordinaire de mon travail et une distinction que je reçois avec beaucoup d\u2019humilité, étant donné ce que représente M.Dansereau au Québec comme chercheur, comme militant, comme homme d\u2019action.» Marguerite Mendell est depuis 20 ans la directrice de l\u2019Institut Karl-Polanyi à l\u2019Université Concordia et c\u2019est en mai dernier, dans son cas, qu\u2019on lui a remis ce prix nommé à la mémoire d\u2019un ancien professeur de l\u2019UQAM, décédé l\u2019an dernier à la veille de fêter un centième anniversaire.«L\u2019Acfas est une instance crédible dans le milieu universitaire.Qu\u2019elle décerne un prix à une personne comme moi prouve que nous, les chercheurs-praticiens, faisons partie intégrante du milieu scientifique.Que nous ne sommes pas des gens bizarres qui vont sur le terrain en bénévoles.C\u2019est une reconnaissance de la validité de notre méthodologie, de notre langage, de notre choix de travailler avec des acteurs de terrain,^ de notre façon de comprendre les problèmes, d\u2019identifier les enjeux, de chercher des solutions, tout simplement de jouer notre rôle en tant que scientifiques.» D\u2019ailleurs Et, mardi soir dernier, la grande soirée des prix avait lieu: huit autres personnalités voyaient elles aussi leur travail reconnu.Et, outre la diversité des champs de recherche, il fallait aussi constater que le Québec universitaire est une terre d\u2019accueil.Mohamad Sawan est né au Liban mais, guerre impose, c\u2019est à Sherbrooke qu\u2019il poursuit des études qui vont justifier de lui attribuer un prix consacré à Iq recherche multidisciplinaire.Avant d\u2019arriver à l\u2019Ecole polytechnique, il avait «entrepris des études de génie électrique.Et, comme le génie biomédical fait partie du génie électrique, ça m\u2019a paru particulièrement intéressant, puisque cette discipline me rapprochait du domaine qui m\u2019intéressait \u2014 la médecine \u2014 et qui faisait tant plaisir à mes parents !» Un autre parcours atypique sera aussi celui de Masoud Farzaneh, qui a quitté la terre d\u2019Iran pour se retrouver dans un autre ancien «royaume», celui du Saguenay.Après des études en génie à Téhéran, il passera par Detroit et Toulouse avant d\u2019assumer, entre autres directions, celle de la Chaire de recherche CRSNG-Hydro-Québec-UQAC sur le givrage atmosphérique des équipements des réseaux électriques (CIGELE), à l\u2019Université du Québec à Chicoutimi.Et, souvenir du temps, lui qui se donne pour mission d\u2019isoler du froid ces fils électriques, il observe la fleur de lotus pour découvrir comment rendre hydrophobes et glaciophobes les conducteurs et isolateurs : «La fleur de lotus est naturellement hydrophobe, c\u2019est-à-dire qu\u2019elle ne permet pas à l\u2019eau de la mouiller.» D\u2019ici Qu\u2019il y ait de Tailleurs dans la recherche québécoise, plus d\u2019un lauréat d\u2019un prix de TAcfas en fait la preuve.Jean Grondin, ce spécialiste des œuvres de Gadamer et Ricœur, n\u2019a-il point obtenu son doctorat à l\u2019Université de Tubingen, lui qui deviendra titulaire Tan prochain de la Chaire de métaphysique Etienne-Gilson à Paris?Et Alain Fournier est allé de Sherbrooke à Calgary, puis aux Etats-Unis, avant de se retrouver à TINRS, où il travaille en collaboration avec des laboratoires français en vue de résoudre les problèmes des insecticides.Mais tout ne se passe pas ailleurs.André Roy fréquente ainsi toujours notre bon vieux fleuve Saint-Laurent, auquel il adjoint, dans ses re- cherches en géomorphologie, science dont il est un des pionniers, la rivière Nicolet.Et Charles Morin a un rêve simple: que la ville de Québec ait à tout le moins une clinique du sommeil, domaine dont il est un spécialiste.«On ne reconnaît pas encore l\u2019importance du sommeil, alors qu\u2019on passe le tiers de notre vie à dormir! On le tient pour acquis, mais plusieurs choses peuvent dérailler au cours de la nuit.» Maintenant Mais dormir, il ne faudra pas en recherches toutefois le faire.Julien Doyon est neurologue et psychologue: «On peut étudier ce qui se passe dans le cerveau d\u2019un sujet lorsqu\u2019il fait des exercices donnés avec les doigts et qu\u2019il apprend des séquences motrices.Dans mes recherches, je me suis intéressé à essayer de voir quels sont les circuits du cerveau qui sont mobilisés dans les différentes phases de l\u2019apprentissage et quels sont les mécanismes en jeu.» Et s\u2019il est le directeur scientifique de l\u2019Unité de neuro-imagerie fonctionnelle du Centre de recherche de l\u2019Institut universitaire de gériatrie de Montréal, le docteur Doyon a aussi des priorités qui débordent des laboratoires : il veut que le Québec demeure le leader qu\u2019il est en bioimagerie, au Canada à tout le moins.Demain Car, si cette semaine on récompensait des chercheurs, cela était possible parce que des efforts et des investissements avaient dans le passé eu lieu.Et, lors de ces soirées de remise de prix, il y a ainsi un discours sous-jacent à toute réception.Bien sûr, on remercie les collègues, les organismes subventionneurs, la famille également, mais aussi on laisse entendre que, récession ou pas, ralentissement économique ou imprévisible reprise, s\u2019il est une chose à ne pas faire, c\u2019est de sacrifier l\u2019avenir du savoir au nom d\u2019un slogan néolibéral qui impose une politique dite du nécessaire déficit zéro.Dans le monde universitaire, il n\u2019y a pas qu\u2019un débat qui importe, celui qui aurait pour objet l\u2019accessibilité aux études.Il faut aussi garantir l\u2019accessibilité et le maintien d\u2019une recherche de pointe.PETER PARKS AGENCE ERANCE-PRESSE Le Devoir Plusieurs scientifiques sont récompensés pour leur dur labeur en laboratoire.y Les prix de TAcfas récompensent les chercheurs en sciences pures, mais aussi ceux qui sont spécialisés en sciences sociales. G 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2012 LES PRIX DE L\u2019ACFAS PRIX LEO-PARISEAU De la plasticité du cerveau et de l\u2019apprentissage moteur Julien Doyen veut que le Québec demeure un leader en bio-imagerie Le prix Léo-Pariseau 2011 en sciences biologiques et sciences de la santé a été attribué cette semaine au Julien Doyon, directeur scientifique de l\u2019Unité de neuro-imagerie fonctionnelle (UNF) du Centre de recherche de l\u2019Institut universitaire de gériatrie de Montréal.Les prix de l\u2019Acfas récompensent des contributions exceptionnelles à la recherche scientifique.CAROLINE RODGERS Le parcours professionnel du chercheur lauréat du prix Léo-Pariseau a de quoi impressionner.En plus d\u2019être le directeur de l\u2019UNF, il cumule plusieurs postes d\u2019enseignement et de recherche et a déjà publié près d\u2019une centaine d\u2019articles scientifiques en collaboration avec d\u2019autres chercheurs.Il est aussi, entre autres, professeur titulaire au Département de psychologie de l\u2019Université de Montréal et le directeur du Réseau de bioimagerie du Québec.Natif de l\u2019Abitibi, diplômé de l\u2019Université Laval en psychologie, il a réalisé son doctorat en neuropsychologie à l\u2019Université McGill et à l\u2019Institut neurologique de Montréal sous la supervision de la D'\"'' Brenda Milner.«Le domaine dans lequel je suis le plus connu est l\u2019étude de la plasticité du cerveau associée à l\u2019apprentissage mo- ACFAS Le Julien Doyon teur, dit-il.Ce type d\u2019apprentissage intervient quand on apprend, par exemple, à jouer du piano ou à jouer au tennis.Ce sont des tâches qu\u2019on ne peut certainement pas étudier grâce aux techniques d\u2019imagerie.Par contre, on peut étudier ce qui se passe dans le cerveau d\u2019un sujet lorsqu\u2019il fait des exercices donnés avec les doigts et qu\u2019il apprend des séquences motrices.Dans mes recherches, je me suis intéressé â essayer de voir quels sont les circuits du cerveau qui sont mobilisés dans les différentes phases de l\u2019apprentissage et quels sont les mécanismes en jeu.» Grâce aux connaissances et aux données sur le cerveau et l\u2019apprentissage qu\u2019ils ont acquises avec l\u2019imagerie, son équipe et lui se consacrent aujourd\u2019hui à deux programmes de recherche fondamentale reliés à la maladie de Parkinson.Le premier concerne les effets de l\u2019exercice aérobique chez les patients atteints de cette maladie.«Ces patients, â cause d\u2019une dysfonction qui affecte le circuit corticostriatal du cerveau, ont de la difficulté â apprendre et â automatiser de nouvelles tâches motrices.Jusqu\u2019à maintenant, certaines données démontrent que, si on entraîne physiquement des patients parkinsoniens, il y aura des améliorations sur le plan des symptômes observés dans cette maladie, comme les tremblements et la rigidité, mais on ne sait toujours pas pourquoi cela fonctionne.Avec les techniques d\u2019imagerie, on peut mesurer les changements obtenus dans le cerveau.Nos données préliminaires dé- Rs RECHERCHES SOCIOGRAPHIQUES RECHERCHES .111.2.SOCIOGRAPHIQUES Aspects histoire du Québec .Revue pluridisciplinaire d'études sur le Québec Achat en ligne sur le site Internet de la revue www.soc.ulaval.ca/recherchessociographiques montrent que, après trois mois d\u2019entraînement, les patients ont un patron d\u2019activité cérébrale qui se normalise et devient similaire â celui de personnes du même âge avant entraînement.Evidemment, cela améliore leur qualité de vie.Mais nous voulons également savoir s\u2019ils sont capables d\u2019apprendre de nouvelles tâches et d\u2019améliorer de nouvelles capacités motrices.Et l\u2019originalité de notre méthode, c\u2019est que les tests d\u2019apprentissage de séquences motrices qui servent â mesurer cela sont réalisés â l\u2019intérieur d\u2019un scanneur.Pendant que la personne réalise les séquences, on peut voir les régions du cerveau qui sont activées.» Nécessaire sommeil L\u2019autre programme de recherche vise à trouver un marqueur de diagnostic précoce de la maladie de Parkinson.Il a commencé il y a un an, en collaboration avec une l\u2019équipe de chercheurs chinois du docteur Piu Chan, à Pékin, qui a monté une banque de 4500 sujets ayant déjà la maladie ou dont le génotype démontre qu\u2019ils risquent de la développer.«Nous pensons que l\u2019apprentissage de séquences motrices et notamment le phénomène de consolidation d\u2019un apprentissage donné pourraient éventuellement servir de biomarqueur.C\u2019est-â-dire qu\u2019on pourrait constater des déficits dans l\u2019apprentissage et dans sa consolidation qui pourraient nous indiquer, avant même que la maladie ne soit déclarée, qu\u2019un sujet est susceptible de la développer.» L\u2019équipe du O'\" Doyon s\u2019est également intéressée aux effets du sommeil sur l\u2019apprentissage.«Nous avons découvert que certains apprentissages moteurs, mais pas tous, sont sensibles â l\u2019effet du sommeil pour la consolidation, selon la région du cerveau utilisée, ajoute-t-il.Pour s\u2019adapter â de nouvelles tâches motrices, comme faire de la bicyclette, il n\u2019est pas nécessaire de dormir pour qu\u2019il y ait consolidation.Tandis que, pour certaines séquences de mouvements complexes, comme apprendre â jouer du piano, le sommeil joue un rôle important pour consolider l\u2019apprentissage.On sait même que certaines phases du sommeil sont plus importantes que d\u2019autres pour cette consolidation.» Ces découvertes sur le sommeil sont utiles dans le cadre des projets de recherche sur la maladie de Parkinson.«Notre hypothèse est que, chez les patients parkinsoniens, ce serait précisément le phénomène de consolidation qui serait absent au début de la maladie.Ils seraient capables d\u2019apprendre des tâches motrices, mais pas de les consolider.» Pour le D\"\" Doyon, être lauréat du prix Léo-Pariseau de l\u2019Acfas est une belle reconnaissance des années de travail accompli et de son engagement pour que le Québec, qui est une force en bio-imagerie au Canada, demeure un leader dans le domaine.Collaboratrice Le Devoir BILL SIEL ASSOCIATED PRESS Mohamad Sawan rêve de redonner la vue aux personnes atteintes d\u2019un déficit visuel.PRIX JACQUES-ROUSSEAU Un chercheur pressé Mohamad Sawan navigue entre les disciplines Qui ne se souvient pas du fantasme de l\u2019« homme bionique » dans les années 1970, à qui on avait implanté des dispositifs bioniques lui conférant des capacités surhumaines ?C\u2019est le genre de micro-appareil que met au point Mohamad Sawan à l\u2019Ecole polytechnique.Il s\u2019agit toutefois pour lui non pas de créer des surhommes, mais de rétablir certaines fonctions organiques chez des patients.CLAUDE LAELEUR Le professeur Sawan poursuit deux grands rêves: comprendre le fonctionnement du système nerveux et du cerveau et, pourquoi pas, redonner la vue aux aveugles ! «Pour moi, le corps humain est formidablement complexe, c\u2019est magique même, lance-t-il avec des éclats dans les yeux, et f essaie de comprendre comment ça fonctionne.J\u2019essaie aussi de créer des dispositifs qui assistent le système nerveux.C\u2019est comme creuser dans un iceberg, tant c\u2019est incroyablement complexe!» Le chercheur a fondé en 1994 le Laboratoire de neurotechnologies Polystim («stim» pour «stimulant») afin de mettre au point des dispositifs médicaux intelligents.Il est devenu un expert de renommée mondiale en génie biomédical, un domaine qui combine plusieurs disciplines du génie et de la médecine.Le professeur Sawan travaille avec une foule de médecins, de sorte que ses travaux servent aussi bien à poser des diagnostics qu\u2019à traiter de nombreuses pathologies.En outre, il figure parmi les premiers chercheurs à avoir conçu des microstimulateurs pour le traitement des fonctions urinaires et digestives.Sa longue carrière fructueuse \u2014 qui n\u2019est pas terminée, loin de là! \u2014 lui vaut le prix Jacques-Rousseau décerné par l\u2019ACFAS, afin de reconnaître un scientifique exceptionnel qui a largement dépassé son domaine de spécialisation pour établir des ponts entre différentes disciplines.«Je suis d\u2019origine libanaise et, au Liban, l\u2019école, c\u2019est très important, raconte Mohamad Sawan d\u2019une voix chaude et douce.Je crois que nous figurons parmi les pays où le taux de scolarité est le plus élevé; c\u2019est rare, une famille libanaise où il n\u2019y a pas un médecin ou un ingénieur!» C\u2019est dire que, dès son enfance, ses parents l\u2019ont motivé à s\u2019intéresser aux sciences, rêvant même qu\u2019il devienne médecin.Mohamad Sawan Cependant, nous étions alors dans les années 1970 et le Liban était déchiré par une terrible guerre civile.«Ce n\u2019était pas le bon moment pour entreprendre des études de médecine, dit-il.Il me fallait attendre un peu.En attendant, j\u2019ai entrepris des études de génie électrique, car fêtais curieux.Et, comme le génie biomédical fait partie du génie électrique, ça m\u2019a paru particulièrement intéressant puisque cette discipline me rapprochait du domaine qui m\u2019intéressait \u2014 la médecine \u2014 et qui faisait tant plaisir â mes parents!» Toutefois, le jeune Sawan s\u2019est fait prendre au jeu du génie biomédical puisqu\u2019il a finalement terminé ses études doctorales à l\u2019Université de Sherbrooke avant d\u2019entreprendre, en 1991, sa carrière dç professeur et de chercheur à l\u2019Ecole polytechnique.«Dans le fond, le génie me permettait d\u2019appliquer ma curiosité.aux aveugles», lance-t-il à brûl^pourpoint Un aveugle à vélo Sa curiosité vient de ce qu\u2019un jour il a vu un aveugle faire de la bicyclette ! «Alors que je résidais encore au Liban, dit-il, j\u2019ai connu un aveugle qui faisait du vélo.Incroyable! Cette personne se levait avant tout le monde pour aller au travail afin d\u2019éviter le trafic.A Beyrouth, elle suivait son chemin â vélo même si elle était complètement aveugle.J\u2019en suis venu â me demander comment il se faisait que certains n\u2019ont pas cette fonction ?Et j\u2019ai depuis fait pas mal de travaux dans ce créneau.» Cependant, la curiosité du professeur Sawan est telle qu\u2019il s\u2019intéresse à une foule de déficiences, allant des problèmes auditifs à ceux de la vessie.«Je me suis aussi bien intéressé â la façon dont la cochlée est connectée au cerveau qu\u2019â la façon dont l\u2019œil y est relié.Des questions fascinantes!» Comme ingénieur, il imagine et conçoit des mécanismes qui aident l\u2019organisme à rétablir certaines fonctions.«Ce n\u2019est pas de la science-fiction que je fais, c\u2019est réel! Je développe des outils», lance en souriant M.Sawan.Ainsi, il a mis au point un stimulateur qui régularise le fonctionnement de la vessie.«Certaines personnes ont comme problème que leur vessie ne fonctionne plus, ce qui est très dangereux,^ dit-il.En observant le fonctionnement d\u2019un stimulateur cardiaque [pour réguler le rythme cardiaque], j\u2019en ai développé un qu\u2019on installe au niveau pelvien et qui remplace le cerveau lorsqu\u2019on a besoin de vider sa vessie.» Le chercheur a aussi mis au point un système qui, lorsqu\u2019on est couché, surveille l\u2019apnée du sommeil.Lorsque cesse la respiration durant la nuit, un micromécanisme déclenche une stimulation automatique qui rétablit le tout Et sans cesse il se penche sur les problèmes de vision.«On cherche â comprendre de quelle façon le cerveau traite l\u2019information acheminée par le nerf optique, dit-il, afin que nous puissions un jour imiter le processus.Mais on ne comprend pas tout!» Pour l\u2019heure, l\u2019équipe du Polystim teste des mécanismes sur le cerveau de rats et par lesquels les chercheurs envoient des influx nerveux pour voir de quelle façon celui-ci réagit.«Qu\u2019est-ce qui se passe dans les différentes couches du cerveau ?Voilà ce qu\u2019on cherche â comprendre, illustre le chercheur.On cherche maintenant â faire la même chose chez les singes.» La vision est de loin la fonction la plus complexe et la plus élaborée chez l\u2019être humain, ob-serve-t-il.«On avance très lentement.mais on progresse.» Mohamad Sawan est toutefois un chercheur impatient «Ma secrétaire m\u2019a récemment dit: \u201cVous, vous êtes un homme pressé!\u201d «Eh oui, lui ai-je répondu, car il ne me reste que douze ans!».La vision, c\u2019est un projet de recherche assez vaste pour occuper toute une carrière et j\u2019espère que j\u2019aurai le temps d\u2019au moins tracer une bonne piste â suivre.» Collaborateur Le Devoir Anti-conformiste en sciences Luana Graham-Sauvé, Biologie « Étudier les insectes pour mieux gérer la forêt » Les sciences s\u2019appliquent à l\u2019UQAM Samedi 10 novembre 2012 F PORTES 1 ' OUVERTES ' L\u2019effet UQÀM sciences.uqam.ca k LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2012 G 3 LES PRIX DE L\u2019ACEAS PRIX ADRIEN-POULIOT Les peptides et le vice-recteur Alain Fournier demeure un passionné de chimie 11 ne s\u2019en cache pas : dès son plus jeune âge, Alain Fournier, qui est lauréat du prix Adrien-Pouliot, a éprouvé un véritable engouement pour la chimie.Cette attirance envers cette science de la nature le conduira vers une carrière internationale de chercheur et lui vaudra d\u2019occuper aujourd\u2019hui le poste de directeur scientifique de l\u2019Institut national de la recherche scientifique (INRS).REGINALD HARVEY IV yr on parcours était pra-tiquement tracé dès ma plus tendre enfance : je savais ce que je voulais faire plus tard », laisse-t-il savoir.Il signale aussitôt qu\u2019il pourrait raconter bon nombre d\u2019anecdotes reliées à ses expériences de chimiste en herbe; elles furent réussies dans certains cas mais, en d\u2019autres occasions, ses parents ont subi les conséquences parfois désastreuses des gaffes qu\u2019il a commises.Tout le monde s\u2019en est finalement bien tiré, de telle manière qu\u2019il gagnera, toujours aussi passionné de chimie, l\u2019Université de Sherbrooke où il complétera un baccalauréat, une maîtrise et un doctorat.Il retrace son parcours universitaire : « Tout a été fait à cet endroit mais pas à la même faculté.Dans un premier temps, je me suis retrouvé à la Faculté des sciences, où j\u2019ai obtenu un baccalauréat en chimie; par la suite, je me suis tourné vers la Faculté de médecine pour compléter une maîtrise en pharmacologie.Pour le doctorat en chimie bio-organique, j\u2019étais inscrit à la Faculté des sciences du Campus ouest mais j\u2019effectuais presque tout mon travail à la Faculté de médecine du Campus est.» Par la suite, Alain Fournier se dirigera vers l\u2019ouest du pays pour suivre un stage postdoctoral de deux ans : « Je me suis rendu au Health Research Center de l\u2019Université de Calgary, affilié au Foothills Hospital, en Alberta; mes activités de recherche étaient en lien avec la biochimie des récepteurs, qui sont des protéines des membranes cellulaires; elles portaient plus précisément sur l\u2019interféron.» Il effectuera par, la suite un autre stage aux Etats-Unis; à titre de boursier du Conseil ACFAS Alain Fournier de la recherche médicale du Canada, il agira comme stagiaire à la pharmaceutique Roche au New Jersey pour parfaire dans un milieu industriel ses connaissances dans le domaine de la chimie organique fine des peptides (petites protéines) et de leur pharmacologie.Option INRS En 1987, il entreprend sa carrière et opte pour l\u2019INRS-Santé, qui vient d\u2019emménager dans des locaux tout neufs à Pointe-Claire : « Ce fut le parcours usuel du professeur chercheur sauf que, du fait que l\u2019Institut est une université où l\u2019enseignement est centré sur la maîtrise, le doctorat et le postdoctorat, la responsabilité première de celle-ci, c\u2019est la recherche; on y retrouve tout de même les mêmes étapes de vie académique qu\u2019ailleurs en milieu universitaire.» Il est d\u2019abord professeur adjoint, il devient professeur agrégé et, sept ans plus tard, prof titulaire.En 2006, il est nommé directeur du Centre de recherche INRS-Institut Armand-Erappier axé sur la recherche médicale; il remplira ces fonctions durant cinq ans tout en poursuivant ses activités de chercheur dans son laboratoire.Après quoi, il gravira les échelons pour devenir le directeur scientifique ou le vice-recteur enseignement et recherche de riNRS.Il se consacre toujours à ses travaux de recherche avec son équipe dans un labo situé à Laval, tout en occupant des bureaux à Québec.Alain Eournier se tourne vers la nature des travaux de recherche qu\u2019il poursuit depuis ses tout débuts : « Le fondement de ma recherche a toujours reposé sur les propriétés des peptides, qui sont des protéines de petite taille.En fait, chez les humains, chez les animaux et chez à peu près toutes les espèces, même celles qui sont végétales, on retrouve des peptides qui participent à différentes fonctions.Ces toutes petites protéines jouent des rôles divers et, chez les humains en particulier, ce sont souvent des hormones; par exemple, on parle ici de certaines hormones sexuelles dont plusieurs d\u2019entre elles sont des peptides.» De leur côté, le chercheur et son équipe se sont particulièrement penchés sur ceux ayant des propriétés importantes sur le plan du système Les peptides jouent des rôles-clé dans diverses fonctions de l\u2019organisme.cardiovasculaire ou du système nerveux.Au fil du temps et de l\u2019évolution de la science, ils ont ajusté le tir : « Les thématiques ont pu changer mais ce sont toujours les peptides qui ont retenu l\u2019attention, qui sont demeurées le fil conducteur.» Il fournit un exemple relié au rôle des peptides dans la régulation de la tension artérielle pour illustrer cette assertion; dans ce cas, les chercheurs ont effectué une bifurcation pour passer de l\u2019étude d\u2019un peptide à un autre : « Il était devenu important pour garder une sorte de leadership et pour maintenir ce lien extrêmement important, avec la recherche car- diovasculaire, de nous pencher sur ce nouveau peptide qui venait d\u2019être caractérisé chez l\u2019humain; on a donc développé un projet qui est financé depuis cinq ans par les Instituts de recherche en santé du Canada; l\u2019évolution au niveau des peptides a orienté notre recherche.» Partenariat et rayonnement La liste des publications scientifiques auxquelles a contribué Alain Eournier est volumineuse; il y a là matière à couvrir des milliers de pages et celles-ci illustrent que le chercheur s\u2019est entouré de nombreux collaborateurs en provenance de di- vers horizons scientifiques et géographique : « Je n\u2019ai pas la prétention de dire que j\u2019ai tout écrit; par contre, j\u2019ai participé activement à la réalisation de tous ces documents qui sont la démonstration de l\u2019importance que j\u2019accorde aux collaborations.» Dès le début des années 1990, au moment où sa carrière prend son envol, il tisse des liens pour nourrir ses travaux : « J\u2019ai alors eu des échanges scientifiques extrêmement fructueux notamment avec des partenaires français; ils se prolongent et demeurent toujours très vigoureux.En 2006, il y a une structure qui a été développée en France et qu\u2019on appelle \u201cLes laboratoires ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR internationaux associés\u201d (LIA); je suis codirecteur de l\u2019un de ceux-ci avec Hubert Vaudry de l\u2019Université de Rouen, un partenaire français de longue date.» Il soutient qu\u2019il a toujours entretenu des rapports très agréables et productifs avec la Erance et il en veut pour preuve cette anecdote qu\u2019il rapporte : « J\u2019ai commencé à collaborer il y a 25 ans avec Hubert Vaudry et je continue aujourd\u2019hui de le faire avec lui, mais également avec son fils David; il travaille maintenant au même centre de recherche que son père.» Collaborateur Le Devoir FELIDTATIONS A l^RIE-F Récipiendaire du prix Acfas-Ressources naturelles 2012 pour son projet de recherche original et innovateur visant à optimiser les méthodes de restauration des sites miniers abandonnés générateurs de drainage minier acide.Marie-Pier Ethier Doctorante en sciences de l'environnement et diplômée de lajnaîtrise en génie minéral, UQAT HUMAINE CRÉATIVE AUDACIEUSE .A © Créd't photo Mathieu Dupuis Université du Quebec en Abitibi-Témiscamingue G 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2012 LES PRIX DE L'ACEAS ADESAQ Des thésards remarquables Les doyens récompensent les plus méritants A l\u2019occasion de la remise des prix de l\u2019Acfas, l\u2019Association des doyens des études supérieures au Québec (ADESAQ) attribue trois prix pour consacrer les meilleures thèses de jeunes chercheurs produites au cours de la dernière année.Ils proviennent de l\u2019Université de Montréal, de l\u2019Université Laval et de l\u2019Ecole de technologie supérieure.Leurs thèses leur valent une reconnaissance par les doyens des établissements d\u2019enseignement.Dans le secteur des sciences naturelles et du génie, Clément Chion, de l\u2019Ecole de technologie supérieure, a convaincu avec An Agent-Based Model for the Sustainable Management of Navigation Activities in the Saint Lawrence Estuary.Dans le secteur des sciences de la santé, c\u2019est Roxane Paulin, de l\u2019Université Laval, qui fait de même avec Implication de la voie de signalisation Src/STAT3 dans Vétiologie de l\u2019hypertension artérielle pulmonaire.En sciences humaines et sociales, arts et lettres, Emmanuelle Bernheim, de l\u2019Université de Montréal, a signé avec succès Les décisions d\u2019hospitalisation de soins psychiatriques sans le consentement des patients dans des contextes cliniques et judiciaires: une étude du pluralisme normatif appliqué.Le Devoir Certains résidus miniers sont susceptible de contaminer l\u2019eau et endommager pour la faune et la flore.PRIX ÉTUDIANTS La relève a aussi ses chercheurs méritauts JACQUES LEMIEUX AGENCE ERANCE PRESSE Ce sont trois chercheures qui remportent une bourse de 5000 $ Chaque automne depuis 1944, à l\u2019occasion de son gala annuel, l\u2019Association francophone pour le savoir (Acfas) récompense des scientifiques chevronnés pour leur contribution exceptionnelle à la science et encourage des chercheurs de la relève en soulignant l\u2019excellence de leur dossier.Lors de la remise des prix, le 2 octobre dernier, trois étudiantes se sont mérité les honneurs ainsi qu\u2019une bourse de 5000$.EMILIE CORRIVEAU Dans la catégorie maitrise, pour toutes les disciplines, c\u2019est Marie-Josée Toulouse, de l\u2019Université Laval, qui a rem- porté le prix Desjardins de l\u2019Ac-fas pour son projet intitulé Validation de la neuraminidase à titre de marqueur enzymatique pour la détection de virus dans l\u2019air.\\ \\ IN TOUJOURS EN TETE UINRS est fier de compter dans ses rangs le lauréat du prix Adrien-Pouliot 2012: le professeur Alain Fournier, directeur scientifique de l'INRS.Le professeur Fournier est reconnu à l'échelle internationale pour sa contribution remarquable dans le domaine des peptides, un type de molécules essentielles pour de multiples fonctions du corps humain.Sa carrière est marquée par de nombreuses collaborations internationales au sein de la Francophonie.L'étroite coopération que le professeur Fournier a établie avec des chercheurs français de renom s'est traduite notamment par la création du Laboratoire international associé Samuel de Champlain.Ensemble, ils ont exploré diverses facettes des propriétés biologiques de peptides hormonaux et étudié leur potentiel thérapeutique, en vue par exemple de traiter les accidents vasculaires cérébraux et le Parkinson.Toutes nos félicitations au professeur Fournier et aux lauréats des prix Acfas! Université d\u2019avant-garde DQ ^)^
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