Le devoir, 10 novembre 2012, Cahier F
[" SAM DU LIVRE DE MONTRÉAL 2012 CAHIER F > LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II NOVEMBRE 2012 MARIE-HELENE TREMBLAY LE DEVOIR Petit traité de la corruption ordinaire Chronique des effets de la bêtise humaine signée Jean-Jacques Pelletier Jean-Jacques Pelletier remercie la commission Charbonneau pour avoir offert de la crédibilité à l\u2019ensemble de ses romans MICHEL BELAIR Le moins que l\u2019on puisse dire de Jean-Jacques Pelletier, c\u2019est qu\u2019il a de la suite dans les idées.Après les personnages hallucinants s\u2019opposant dans des conflits aux ramifications colossales, les complots sans fin et les milliers de pages des Gestionnaires de VApocalypse, le boulimique « semi-retraité» revient à la charge avec deux livres presque coup sur coup.Un roman.Les visages de l\u2019humanité, publié dans la collection « GF » chez Alire, et un deuxième essai, La fabrique de l\u2019extrême, édité par Hurtubise après Les taupes frénétiques.Un autre bon millier de pages racontant, toujours sous des angles divers, la honteuse faillite morale de notre monde.D\u2019emblée, on est porté à lui demander s\u2019il n\u2019écrit pas chaque fois le même livre.Un seul livre «On dit souvent qu\u2019un écrivain n\u2019écrit qu\u2019un seul livre au cours de sa vie.Dans mon cas, je m\u2019aperçois qu\u2019il n a deux ou trois choses qui reviennent dans tous mes livres: le morcellement de notre perception du monde, ce qui rend difficile le fait de lui donner un sens; les comportements aberrants qui nous poussent vers l\u2019autodestruction collective; le mélange de naïveté et d\u2019aveuglement volontaire qui nous fait fermer les yeux sur nos comportements les plus délirants.Voilà ce qui nous empêche, personnellement et collectivement, de donner un sens à notre vie.» Et voilà bien ce que raconte Les visages de l\u2019humanité, qui est une sorte de petit traité de la corruption ordinaire.Le roman est toutefois d\u2019une couleur plus réaliste, plus « localisée », aussi, que Les gestionnaires.Finies les intrigues à l\u2019échelle planétaire, on l\u2019a dit; l\u2019Institut et le Consortium ont disparu.Restent Théberge, l\u2019inspecteur du SPVM à la retraite, et Victor Prose, son ami écrivain, avatar de Jean-Jacques Pelletier lui-même; avec en prime l\u2019énigmatique Natalya, «tueuse professionnelle faisant dans l\u2019humanitaire».Le scénario est évidemment complexe, multiple; il y est tout au long question des intérêts des multinationales face aux grands enjeux écologiques, d\u2019argent, de politique et de corruption aussi.Avec quelques rares incursions en Europe et chez les voisins du Sud.Ici, donc.Comme dans la vraie vie, pourrait-on dire.«Avec Les visages de l\u2019humanité, poursuit Pelletier, je me suis plutôt intéressé à l\u2019intégration des perspectives: de la plus large (l\u2019avenir menacé de l\u2019humanité) à la plus réduite (les problèmes de Théberge, de Prose et de Natalya).On passe par une enquête localisée sur deux ou trois meurtres (à Montréal), un affrontement entre une multinationale du gaz de schiste et des groupes de citoyens, des magouilles politiques et des cas de corruption-manipulation.L\u2019idée était de montrer comment des problèmes locaux peuvent s\u2019insérer dans une trame mondiale.Pour cette raison, fai assez largement modifié le traitement temporel de l\u2019histoire: toutes les indications d\u2019heure et de jour ont disparu.Il ne reste que trois parties: avant, pendant et après \u2014 ce qui laisse plus de place à la temporalité propre du roman.[.] Au fond, mes livres sont une sorte de chronique des effets de la bêtise humaine \u2014 dont, par ailleurs, je ne me désolidarise aucunement \u2014, une sorte de système digestif: on y trouve tout ce que fai besoin de mettre en récit pour pouvoir le digérer.» Bref, ce n\u2019est pas du tout que l\u2019ancien prof de philo se répète : c\u2019est plutôt qu\u2019il documente la fin du monde au quotidien, secteur par secteur, à chaque nouveau roman.Comme s\u2019il traçait une sorte de portrait du mal ordinaire et de la «bêtise jacassante» qui nous entourent.et dont savent profiter quelques VOIR PAGE F 4 : CORRUPTION LE DEVOIR Littérature québécoise Patrice Lessard du côté de Lisbonne F 6 Entrevue Laurent Gaudé F 7 Finaiistes Prix littéraire des collégiens f z Littérature jeunesse Frisson et dragon F9 Entrevue Régine DeforgesFi2 Essai Normand Mousseau et les mines F i6 A-VFT-I A COL LA no RATION O F VjOTOR OFTOSF :LrA:FABRiouE: «Au fond, mes livres sont une sorte de chronique des effets de la bêtise humaine» Michel Tremblay : les lignes de chance de Ti-Lou Cinq destins en quête d\u2019un personnage CATHERINE LALONDE Il l\u2019avait annoncé, Michel Tremblay, en ces pages mêmes et en entrevue l\u2019an dernier pour La grande mêlée (Leméac), le «roman intercalaire» de la diaspora des Desrosiers.Soit il s\u2019attaquerait à un «spin-off» sur Ti-Lou, la gui-doune Louve d\u2019Ottawa, soit il s\u2019attellerait aux hasards qui, selon lui, font seuls office de destin.Pourquoi choisir?Au hasard la chance, petit roman de 150 pages, est un livre qui offre à Ti-Lou, aux premiers jours de sa retraite comme prostituée, cinq avenirs possibles, cinq lignes de chance différentes.«Quand on est jeune, on juge la société, on met la faute sur le dos des autres, explique Michel Tremblay en entrevue.Quand on vieillit, on se pose plutôt des questions à soi-même.Ce livre-là vient vraiment de la synchronicité, du hasard.Ça m\u2019a toujours énervé, toute ma vie, les gens qui disent que le hasard n\u2019existe pas: fai toujours pensé qu\u2019on ne vit que de hasards.Ton mari, ta femme, ton chum, ta blonde, tu les rencontres presque toujours par hasard.Tes enfants, si t\u2019avais fait l\u2019amour la veille, ne seraient pas les mêmes.» Pour parler de ces coïncidences comme fatum.Tremblay a choisi finalement «un personnage qui existe déjà, afin de ne pas avoir à lui inventer une vie pour lui en inventer cinq autres.C\u2019est un des bons côtés de toujours revenir avec les mêmes personnages: je peux les faire vieillir, rajeunir, les morceler pour chercher à les comprendre.C\u2019est passionnant».« Il y avait moins de conscience avant dans ce que je voulais faire» La vie après sa vie Voilà donc la flamboyante Ti-Lou, qui, sur un autre coup de tête, abandonne sa suite réservée à l\u2019étage «international» du Château Laurier à Ottawa et délaisse ses clients pour partir, ses économies d\u2019une vie de guidounage sous le bras, et refaire sa vie à Montréal avant que la vieillesse n\u2019égrène ce qui lui reste, à 50 ans passés, de beauté.Ce tournant, cette charnière dans la vie de Ti-Lou, a plu à l\u2019écrivain de la scène: «Je trouvais ça dramatique et théâtral.Ensuite, j\u2019ai mis Ti-Lou dans l\u2019ascenseur [de l\u2019hôtel Windsor], dont j\u2019aimais beaucoup le mouvement vertical.Elle rencontre en sortant toujours le même groom et, selon la question qu\u2019elle pose ou la réponse qu\u2019il donne, elle va rencontrer quelqu\u2019un qui va transformer sa vie de façon différente, de cette espèce de Jack l\u2019Eventreur jusqu\u2019au prince charmant.Et chaque fois, elle se demande si elle a bien fait, si elle est faite pour être seule ainsi.» Petites ou grandes paniques, insécurités.«Est-ce là, lit-on, ce qu\u2019elle vit en ce moment, cette inquiétude, cette détresse, ce dont sera faite sa vie désormais ?Du moins au début?Se demander ce qu\u2019elle va faire ?VOIR PAGE F 3 : TREMBLAY Amazones Josee Marcotte Amazones Josée Marcotte (^i carré) Gilles Pellerin Linüantniêm Roman, 94 pages, 14,95 %.wwwinstantmeme.com Rencontrez nos auteurs au Solon du livre de (Tlontréal espace Dimédia (stand 532) Nouvelles, 162 pages, 1995 Séances de 'AND 579 ii* ¦¦ 'v.' \u2022\u201e\t¦ è /\tVenez rencontrer nos auteurs au SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL qui se tiendra du 14 au 19 novembre 2012 à la Place Bonaventure Louis Lûchancc Nicole Chicoine LÉS T0PINAA\\BUS _ WïïTîjVIl CHICOINE m LACHANCE * \u2018él' Le dimanche 18 novembre de 13 h à 16 h 4 V7/TSmVi VRAIOUFAUX?Le mercredi 14 novembre, de 18 h à 20 h 30 KV i Le jeudi 15 novembre = de 18 h à 20 h 30 _ P' ^ GOUSSE DU STYLE À LA PHRASE :i^' Le vendredi 4-i 16 novembre de 15 h à 18 h w COURTEAU Le vendredi 16 novembre, de 18 h à 20 h 30 Le samedi 17 novembre i ^ de 13 h à 16 h .V 3 Le dimanche 18 novembre de 16 h à 20 h mm LEXI-MATH LEXI-ART LEXI-SCIENCEET TECHNOLOGIE Le jeudi 15 novembre de 13 h à 16 h LEXi-saENCE TECHMOI-O®!^ CLOUTIER LUCIAN BUTE.ÉRIC LUCAS .JEAN PASCAL Le jeudi 15 novembre de18hà20h30 Le samedi 17 novembre de18hà20h30 GRAVEL INITIATION FONDAMENTALE À LALPHABÉTISATION POUR ADULTES ALLOPHONES Le vendredi 16 novembre de 15 h à 18 h .','1 BASTIEN RECUEIL D\u2019ACTIVITÉS MÉDIÉVALES.MARCOUX Le vendredi 16 novembre de 16 h à 18 h é POUR UN RALLIEMENT NATIONAL CANADIEN-FRANÇAIS Le vendredi 16 novembre de18hà20h30 FONTAINE MAX MALLETTE .AU GALOP MELO ! Le samedi 17 novembre de 13 h à 16 h VIE DE FEMME DANS UN MÉTIER D\u2019HOMME Le samedi 17\tnovembre de 18 h à 20 h 30 Le dimanche 18\tnovembre de 16 h à 20 h JEAN-GILLES TIZOUTEETSOLIMA La belle fermière Le dimanche 18 novembre de 11 h à 13 h Çdjuÿ MARCHESSAULT À LA CONQUÊTE DE ^AMÉRIQUE.Le dimanche 18 novembre de 13hà16h « ' ¦>< LIDEC inc.514 843-5991 www.lïdec.qc.ca GUERIN 514 842-3481 vwvw.guerin-editeur.qc.ca LA PENSEE 514 848-9042 vwvw.editions-lapensee.qc.ca LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II NOVEMBRE 2012 F 3 SALON DU LIVRE TREMBLAY SUITE DE LA PAGE F 1 De sa journée, de sa soirée ?Maintenant que ses nuits ne seront plus occupées, va-t-elle se retourner dans son lit heure après heure, épuisée d\u2019insomnie, écrasée par la solitude ?C\u2019est ça la liberté qu\u2019elle a choisie sur un coup de tête ?» Sagas et idées Cinq possibilités, donc, pour un personnage catapulté dans le Montréal de 1925.Et pour un livre qui s\u2019ajoute, petit extra, au cycle des Desrosiers.«Il y avait moins de conscience avant dans ce que je voulais faire, explique Michel Tremblay quand on lui demande ce qui a le plus changé, pour lui, en écriture, au fil du temps.Toute la diaspora Desrosiers, par exemple, est un cycle sur des femmes fortes qui ne savent pas qu\u2019elles sont fortes, des héroïnes qui ne savent pas qu\u2019elles en sont.C\u2019est une des premières fois que c\u2019est voulu de ma part, pensé.Que je me dis, au début: je vais écrire une série de livres dans laquelle il va y avoir deux générations de trois femmes qui, dans une société obscurantiste, vont être pognées pour gagner leurs vies, dans une société où la femme n\u2019est pas censée avoir ce droit.Avant, je suivais mes instincts.Là, c\u2019était décidé.» Il faut dire qu\u2019il a toujours été, Michel Tremblay, et ce depuis l\u2019adolescence, séduit par les sagqs: les Rougon-Mac-quart d\u2019Emile Zola, les œuvres d\u2019Honoré de Balzac où les personnages reviennent.«J\u2019aurais beaucoup aimé écrire une saga qui brasse de grosses idées, comme Guerre et paix [de Léon Tolstoï], quelque chose d\u2019énorme.Ça, ça me fait peur.J\u2019aime mieux aller dans le détail, le petit, l\u2019intérieur des personnages, le privé.» Lui qui s\u2019oblige à relire, par plaisir et comme leçon de grande écriture, un classique tous les deux mois, va replonger bientôt dans La duchesse de Langeais, pour préparer son prochain roman, qpi ramènera le personnage d\u2019Edouard.«J\u2019ai toujours eu une fascination pour ce roman de Balzac, un roman qui était interdit au Québec quand j\u2019étais jeune.Avec Édouard, je veux faire quelque chose autour de la découverte de l\u2019homosexualité, du Montréal de 1930, de cette espèce de transposition de quelque chose de défendu par la société (l\u2019homosexualité) qu\u2019Édouard mystifie à travers ce roman français.» Et comme Michel Tremblay répété qu\u2019il a encore «beaucoup de choses à régler avec plusieurs personnages», on n\u2019a pas fini d\u2019espérer des nouvelles d\u2019Edouard et de tous les personnages de la grande famille composée et recomposée par Michel Tremblay.Le Devoir Du bonbon Danielle ^ f Laurin ichel Tremblay peut-il encore nous surprendre?Il nous a donné l\u2019impression de renaître comme romancier depuis qu\u2019il a entamé son exploration de la diaspora des Desrosiers avec La traversée des sentiments.Il nous a éblouis, l\u2019an dernier, avec sa magistrale Grande mêlée, qui devait boucler la boucle de ce cycle romanesque.Voilà qu\u2019il poursuit sur sa lancée, en rejouant les dés à nouveau.Il nous ramène dans le clan des Desrosiers, mais par une porte de côté.Par le biais de la guidoune de la famille, qu\u2019on a vue ailleurs chez Tremblay briller de tous ses feux, qu\u2019on a vue aussi diminuée, rongée par le diabète, à la fin de sa vie.Ti-Lou.Ti-Lou, la Louve d\u2019Ottawa.Oui, oui, c\u2019est bien d\u2019elle qu\u2019il s\u2019agit, cette prostituée de luxe à la beauté éclatante qui reçoit ses clients ministres et sénateurs dans une suite luxueuse du Château Laurier.Qui recevait, en fait : elle a décidé de prendre sa retraite.C\u2019est le point de départ du Tremblay nouveau.Peu importe que l\u2019œuvre de l\u2019écrivain nous soit familière ou non.Tremblay parvient encore une fois, avec habileté, à donner suffisamment d\u2019indices, de jus, pour que le personnage s\u2019incarne par lui-même.Mieux encore que dans les autres livres qui appartiennent à la même lignée, il crée un roman qui à la fois offre des résonances avec les précédents et se lit de façon autonome.Est-ce le régime minceur de l\u2019ouvrage qui produit cet effet?Moins de 160 pages cette fois.Et ça lui réussit.Aucune longueur.Juste ce qu\u2019il faut de descriptions imagées des lieux, des vêtements, de la nourriture.et des personnages pour qu\u2019on y soit, pour qu\u2019on y croie.C\u2019est fluide, c\u2019est vivant.C\u2019est plutôt drôle par moments, évidemment, avec une note tragique, comme il se doit.Que Tremblay puisse se renouveler tout en jonglant avec les mêmes personnages, il nous l\u2019a prouvé plus d\u2019une fois.Dans Au hasard la chance, il parvient à innover, à surprendre par le procédé narratif employé, tout en exploitant un thème vieux comme le monde.Le titre de l\u2019ouvrage dit bien de quoi il s\u2019agit.Je prends la porte de gauche ou celle de droite ?Je dors à l\u2019hô- ACHAT A DOMICILE - VENTE - EVALUATION Bonheur d'occasion Librairie Mathieu Bertrand, Libraire Membre de ia Ligue internationaie de ia Librairie Ancienne (LiLA) 514-914-2142 ACHETONS EN TOUT TEMPS : Art québécois et international Livres d'art et livres d'artiste : \u2022\tBellefleur, Borduas, Perron, Gagnon, Giguère, Lemieux, Riopelle.\u2022\tÉditions : Art Global, Corbeil, Erta, La Frégate, Michel Nantel.Refus Global, le Vierge incendié Reliures d'art Fonds universitaires : \u2022\tLittérature, Philosophie, Sciences humaines \u2022\tPléiade Livres anciens avant 1800 Americana et Canadiana Expertise de documents et d'archives 4487, de la Roche, Montréal \u2022 514 522-8848 \u2022 1 888 522-8848 bonheurdoccasion@bellnet.ca \u2022 www.abebooks.fr/vendeur/bonheurdoccasion Les PUL sont présentes au Salon du livre de Montréal stand 174 Découvrez nos nouvelles parutions Venez rencontrer ^ nos^auteurs^ W ' J /¦\t1\t/ î - / Je * .d J tel ou je me rends tout de suite à mon appartement?Je fais une promenade dans le parc ou je bois un verre au bar?Ah, ces fameux hasards, qui, au gré des rencontres, peuvent changer une vie.peuvent s\u2019avérer salutaires ou fatals.Alors, voilà: Ti-Lou aura cinq possibilités devant elle.Cinq avenues qui offrent cinq avenirs différents.Et qui donnent lieu à cinq histoires.Après chacune d\u2019elles, on efface tout et on recommence.Ou plutôt, on revient au point de départ, à la croisée des chemins.La croisée des chemins, c\u2019est-à-dire: Ti-Lou, en 1925, qui quitte sa cage dorée à Ottawa pour recommencer sa vie à Montréal.Son médecin et ami depuis 25 ans vient de mourir, lui avec qui elle pouvait parler de tout sans crainte d\u2019être jugée, qui lui imposait un régime sévère, lui interdisait le sucre, les Cherry Delights, surtout, son péché mignon : le diabète allait finir par la tuer, lui disait-il.Et elle prenait un plaisir coupable à lui désobéir.Maintenant que le bon docteur n\u2019est plus là, elle n\u2019a plus d\u2019allié, elle est seule au monde, «seule au milieu des hommes».Et puis, à 50 ans passés, elle se fait vieille pour pratiquer son métier : elle préfère «lâcher avant qu\u2019on la lâche».C\u2019est sur un coup de tête que Ti-Lou part à l\u2019aventure.Sans le dire à personne.Ni ses clients ni la direction de l\u2019hôtel ne sont au courant.Pas plus que sa famille à Montréal.Elle laisse tout derrière elle, ses vêtements de luxe, ses colifichets.Elle part avec deux valises seulement, deux valises bourrées d\u2019argent: tout son avoir, ce qu\u2019elle a amassé au fil des ans en vue de ses vieux jours, s\u2019y trouve.Elle descend du train à Montréal.Gantée, chapeautée.Avec ses deux valises.Dont s\u2019empare un porteur.Peut-elle lui faire confiance ?Va-t-elle pousser l\u2019audace, jouer avec le feu, se mettre en danger, au point de laisser ce jeune homme surveiller sa fortune tandis qu\u2019elle s\u2019en va boire un thé et s\u2019empiffrer de scones moelleux glacés de crème fraîche?Ouf, elle aime le risque, Ti-Lou.Vite un taxi.Lin de la mise en situation.: : TA'-\" PEDRO RUIZ LE DEVOIR Michel Tremblay sera présent au Salon du livre de Montréal, comme chaque année depuis 35 ans.Hasard numéro 1 : Ti-Lou décide de passer sa première nuit à Montréal à l\u2019hôtel Windsor et va faire une balade dans le parc à côté.Hum, mauvaise idée.Hasard numéro 2 : elle se rend plutôt sur la Main, au bar Le Paradise, où travaille sa cousine Maria.Elle se soûle au faux champagne: du «champale Mouette et Chardon».Tiens, tiens, mais n\u2019est-ce pas un de ses anciens clients là-bas ?Ainsi de suite.Reviennent dans chaque cas les angoisses de Ti-Lou.A-t-elle pris la bonne décision en quittant sa vie à Ottawa?Qu\u2019est-ce qu\u2019elle va faire du reste de sa vie ?Revient aussi une figure menaçante, un tueur de femmes recherché par la police, appelé «le tueur au rasoir».Jusqu\u2019à la toute fin, il rôde dans les alentours, celui-là, avec sa lame.Très ingénieux, de la part de l\u2019auteur, d\u2019ajouter cet élément de suspens.C\u2019est ficelé à la perfection.Mon hasard préféré?Le dernier.Très, très romantique, d\u2019accord.Mais pourquoi pas?Se pourrait-il que Ti-Lou ait droit au bonheur ?Elle ne s\u2019était jamais posé la question.Mais le bonheur est-il fait pour durer?Au hasard la chance n\u2019est pas un livre sur le dépassement de soi, le débordement.Ce n\u2019est pas un roman qu\u2019on pourrait qualifier de magistral.C\u2019est un livre d\u2019enchantement.Malgré la noirceur qui plane, la menace qui rôde, la mort qui peut frapper sans avertissement.C\u2019est du bonbon.R 0Gaspard-LE DEVOIR ALMARÈS Du 29 octobre au 4 novembre 2012 nTv: PUL Presses de l\u2019Université Laval www.pulaval.com Abonnez-vous à INFO-PUL \t\t \t\t Romans québécois\t\t il Félicité \u2022 Tome 3 Le salaire du péché\tJean-Pierre Chariand/Hurtubise\t1/3 2 Princesse Yennenga\tRéjean Tremblay/Homme\t2/3 3 Les délaissées\tDenis Monette/Logigues\t3/7 4 La fiancée américaine\tÉric Dupont/Marchand de feuilles\t-/I 5 Les héritiers d'Enkidiev \u2022 Tome B Nemeraff\tAnne Robillard/Wellan\t4/7 6 L'histoire de Pi\tYann Martel/XYZ\t1D/2 7 La vie épicée de Charlotte Lavigne \u2022 Tome 3 Cabernet.\tNathalie Roy/Libre Expression\t5/4 8 Les sœurs Beaudry \u2022 Tome 2 Les violons se sont tus\tMicheline Dalpé/Goélette\tB/7 9 Les sœurs Beaudry \u2022 Tome 1 Évelyne et Sarah\tMicheline Dalpé/Goélette\t8/12 10 Malphas \u2022 Tome 2 Torture, luxure et lecture\tPatrick Senécal/Alire\t7/11 Romans étrangers\t\t il Cinguante nuances de Grey \u2022 Tome 1\tE.L.James/Lattès\t1/5 2 Le siècle \u2022 Tome 2 L'hiver du monde\tKen Follett/Robert Laffont\t2/2 3 Une place à prendre\tJ.K.Rowling/Grasset\t3/B 4 Une seconde chance\tNicholas Sparks/Michel Lafon\t5/2 6 Substance secrète\tKathy Reichs/Robert Laffont\t4/B 6 Troisième humanité\tBernard Werber/Albin Michel\t7/2 7 Cœur de glace\tRichard Castle/City\t-/I 8 À découvert\tHarlan Coben/Fleuve noir\tB/3 9 Dévoile-moi\tSylvia Day/Flammarion Québec\t-/I 10 Défendre Jacob\tWilliam Landay/Michel Lafon\t8/3 Essais québécois\t\t il Lettres à un jeune politicien\tLucien Bouchard | Pierre Cayouette/VLB\t2/8 2 Les femmes au secours de l'économie\tMonigue Jérôme-Forget/Alain Stanké\t1/3 3 Brève histoire des femmes au Québec\tDenyse Baillargeon/Boréal\t8/3 4 Design?\tFrédéric Metz/Flammarion Québec\t3/4 6 L'évolution du coopératisme dans le monde et au Québec\tClaude Béland/Fides\t-/I 6 La mafia Irlandaise de Montréal\tD'Arcy O'Connor/La Presse\t4/5 7 Carré muge.Le ras-le-bol du Québec en 150 photos\tJaegues Nadeau | Jaegues Parizeau/Fides\tB/11 8 Privé de soins.Contre la régression tranguille en santé\tAlain Vadeboncœur/Lux\t5/4 9 La juste part\tDavid Robichaud | Patrick Turmel/Atelier 10\t7/5 10 C'était au temps des mammouths laineux\tSerge Bouchard/Boréal\t-/I Essais étrangers\t\t il La fin de la croissance\tJeff Rubin/Hurtubise\t-/I 2 Reflets dans un œil d'homme\tNancy Huston/Actes Sud\t2/8 3 Pour des villes à échelle humaine\tJan Gehl/Écosociété\t1/3 4 Aimer (guand même) le XXI' siècle\tJean-Louis Servan-Schreiber/Albin Michel\t-/I 5 Les lois fondamentales de la stupidité humaine\tCarie M.Cipolla/PUF\t5/12 6 Peut-on encore sauver l'Église ?\tHans Küng/Seuil\t-/I 7 Le prix de l'inégalité\tJoseph Eugene Stiglitz/les Liens gui libèrent\t4/2 8 Une histoire populaire de l'humanité\tChris Barman/Boréal\t-/I 9 Haine froide.À guoi pense la droite américaine ?\tNicole Morgan/Seuil\t-/I 10 Homo economicus, prophète (égaré) des temps nouveaux\tDaniel Cohen/Albin Michel\t3/2 La BTLF (Société de gestion de ia Banque de titres de iangue française) est propriétaire du système d'intormation et d'anaiyse SæpanI sur ies ventes de iivres français au Canada.Ce paimarés est extrait de BaspanI et est constitué des reievés de caisse de 215 points de vente.La BTLF reçoit un soutien tinancier de Patrimoine canadien pour ie projet BaspanI.© BTLF, toute reproduction totaie ou partieiie est interdite.Qu\u2019on savoure.Comme chaque année depuis 35 ans, Michel Tremblay sera présent au Salon du livre de Montréal : en séance de signature du jeudi au dimanche.AU HASARD LA CHANCE Michel Tremblay Leméac/Actes Sud Montréal, 2012,160 pages MOYAN NOUVEAUTE Mo Yan Le veau suM de Le coureur de fond PRIX NOBEL DELinERATURE2012 PARM LES T TRES PUBL ES CHEZ Mo Yan Grenouilles sT^iseaux seins, belles fesses Mo Yan La dure loi du karma Le maître a de plus en plus d'humour Seuil http://pressesul.nu-book.com/ F 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II NOVEMBRE 2012 SALON DU LIVRE CORRUPTION SUITE DE LA PAGE E 1 salauds de classe supérieure.Même si le tout se termine sur un «happy ending local relatif», comme il dit, la catastrophe globale appréhendée se profile toujours à l\u2019horizon de ces Visages de l\u2019humanité.Étrange complicité Difficile, d\u2019ailleurs, de ne pas souligner à quel point l\u2019action du roman est particulièrement collée à la réalité.Tout au long de ce complot que l\u2019on voit se déployer sous nos yeux, il est question de chantage, de pots-de-vin et de corruption d\u2019hommes politiques et de policiers; on y cite la commission Charbonneau et la fameuse vidéo antimusulmane qui a enflammé le monde arabe.Comme dans tous les autres chapitres de cette même saga qu\u2019il décrit pour nous depuis ses tout premiers livres, ce lien tendu, dynamique, entre la réalité et la fiction pose des questions intéressantes sur les rapports à l\u2019écriture qu\u2019entretient Jean-Jacques Pelletier.«La fiction est toujours un rapport à la réalité, répond le romancier.Quand c\u2019est un rapport à la réalité intérieure des personnages, quand il s\u2019agit de drames humains, il est plus facile de transposer de façon à ce que le référent s\u2019efface presque complètement.C\u2019est comme s\u2019il existait chez les lecteurs (et l\u2019auteur) un certain fonds commun d\u2019humanité sur lequel l\u2019auteur peut compter pour fonder la crédibilité de son histoire.Par contre, quand c\u2019est à la réalité sociale et aux logiques d\u2019intérét qu\u2019on s\u2019intéresse, la mise en scène des événements, bien que transposée, doit serrer la réalité de plus près pour paraître vraisemblable.Les événements imaginés doivent pouvoir s\u2019inscrire avec évidence dans les logiques sociales existantes.Ce qui explique la facilité avec laquelle je peux incorporer des événements anecdotiques réels dans la trame quotidienne de mes personnages, même au cours des dernières révisions.» Pelletier dit aimer jouer «sur les frontières entre la réalité et la fiction ».« Un personnage de fiction, dit-il, c\u2019est aussi un point de vue.C\u2019est la raison pour laquelle j\u2019ai cosigné avec Prose Les taupes frénétiques et La fabrique de l\u2019extrême.Parce que les deux essais ont été écrits de son point de vue et que je me suis imposé, pour les écrire, certaines de ses habitudes.» Dans le premier ouvrage, l\u2019étrange compficité Prose-PeUe-tier met en relief «la frénésie myope et la courte vue» qui ont transformé les humains en taupes frénétiques.Alors que La fabrique de l\u2019extrême, qui vient de paraître, souligne en quatrième de couverture que «le simple fait d\u2019exister, de se produire comme individu, devient un exercice déplus en plus extrême».Pas vraiment étonnanfi donc, de voir, à la toute fin de l\u2019histoire, Jean-Jacques Pelletier remercier «la commission Charbonneau pour avoir donné de la crédibilité à l\u2019ensemble de mes romans» et «tous les hommes politiques, fonctionnaires, entrepreneurs [.] pour avoir rendu vraisemblables et presque banales mes plus fantaisistes fabulations».Difficile de ne pas être d\u2019accord.Et de ne pas s\u2019en attrister encore plus.Collaborateur Le Devoir LES VISAGES , DE L\u2019HUMANITE Jean-Jacques Pelletier Editions Alire, collection « GF» Québec, 2012, 556 pages LA EABRIQXJE DE L\u2019EXTREME Jean-Jacques Pelletier avec la collaboration de Victor Prose Hurtubise Montréal, 2012, 438 pages Enrique Vila-Matas, une poétique de l\u2019absence Louis Hamelin Pendant qu\u2019un spécialiste, quelque part en ville, pose des pneus d\u2019hiver à mon ordinateur, délivré de l\u2019écriture, je lis en buvant du thé et en mangeant des noix dans la cuisine.De l\u2019autre côté de la fenêtre, autour de la mangeoire suspendue près des grands cèdres élevés comme une muraille sur le vert sombre de laquelle se détachent les premiers grains de neige, le bal des mésanges, des sittelles et des chardonnerets incarne une compétition contre laquelle les mots imprimés ne sont pas toujours de taille.Le moindre bout de parterre est un écosystème plus riche que le pousseur de tondeuse moyen ne le soupçonne généralement.Quelle délicieuse heure j\u2019ai passée là, baignant dans ce luxe des temps modernes : un silence complet, et plongé jusqu\u2019à la pie-mère dans ce que le philosophe Michel Freitag, cité dans Le Devoir de samedi passé, appelle «l\u2019expérience sensible du monde».Autre grand luxe, de nos jours.Une expérience sensible que j\u2019étais bien loin de retrouver, même à l\u2019état de lointaine évocation le moindrement suggestive, dans le livre que je lirais.La vie était ailleurs.À la page 250 du dernier roman d\u2019Enrique Vila-Matas, quand on lif au début d\u2019un chapitre: «Par un après-midi particulièrement sombre et pluvieux où le vent soufflait très fort.», on sursaute presque, un peu comme si on venait de surprendre André Breton en train d\u2019écrire «La marquise sortit à cinq heures» en cachette.Jusque-là, nous étions dans la tête de l\u2019auteur, dans les discours empreints de théâtralité de ses personnages, dans un monde sans couleur de ciel, ni odeur colportée par la brise, ni texture craquante de feuilles mortes, ce genre d\u2019irruption du monde perceptible dans le romanesque étant semble-t-il étranger à l\u2019esthétique littéraire de Vüa-Matas.Ecrivain post-moderne par excellence, il pratique à l\u2019envi un roman poreux en forme de glose ironique et substantielle d\u2019œuvres déjà existantes, ou fictives \u2014 pas pour rien que, dans son dernier opus, nous saute aux yeux une allusion au Feu pâle de Nabokov, roman qui se présente comme le long commentaire critique d\u2019un poème.Vila-Matas s\u2019est déjà confessé ailleurs de son horreur de vivre dans une cité à la mode, infestée de touristes, disneyisée par Gaudi et carte-postalisée par Woody Allen.Reste que la Barcelone de son Air de Dylan possède la consistance d\u2019un décor de carton-pâte numérisé.«Inlfa-mince», pour le dire comme ses personnages.Suprématie livresque Ainsi revendiquée, cette suprématie thématique de l\u2019univers livresque est loin d\u2019être un défaut.Impeccablement postmoderne, Vila-Matas traite son lecteur comme Joyce faisait en secret avec certains critiques choisis : vers la fin de la traversée, il lui livre les clefs de l\u2019ouvrage.Le critique serait bien fou de ne pas en profiter : «mon livre le plus libre: un voyage critique, satirique, non dépourvu d\u2019humour et de compassion, au cœur même de la grandeur douteuse de l\u2019art contemporain.[.] j\u2019avais la possibilité de restituer des mémoires qui, avec leur pathétique poétique de l\u2019absence, pouvaient être un bon portrait du pâle feu de toute la postmodernité».Plus loin, sous le déguisement d\u2019un auteur rival de l\u2019écri- vain décédé du livre, et cette autre pelure de déguisement qu\u2019est la voix d\u2019un écrivain-narrateur distinct des deux précédents, c\u2019est en autoportrait de l\u2019artiste en dandy postmoderne vieillissant que l\u2019auteur AAir de Dylan s\u2019offre à notre perspicacité: «sa tendance â pratiquer une écriture très cérébrale, âne pas avoir d\u2019enfant, â dédier tous ses livres â sa femme, le choix qu\u2019il avait fait de toujours s\u2019approcher de la vérité par le biais de la fiction et, pour finir, son insistance â vouloir être comme l\u2019élève puni au fond du salon, l\u2019élève qui doit toujours écrire la même chose en attendant que sorte enfin un jour correctement de son esprit le roman qu\u2019il recherche».En clair, le narrateur écrivain du livre, qui rêve de retraite bien méritée en forme de silence définitif, est pressenti, par le fils et l\u2019ex-maîtresse (et actuelle amante du fils) d\u2019un rival décédé, pour rédiger les mémoires apocryphes de ce dernier.Voyage critique.Air de Dylan l\u2019est certainement, à condition de se rappeler, comme un des personnages du livre, qu\u2019on ne voyage jamais qu\u2019en soi-même.A la génération d\u2019écrivains (la sienne) née entre 1940 et 1960, celle d\u2019une «époque d\u2019avant-gardes funestes», de toutes les innovations formelles, jeux de miroir narratifs, postures et impostures (si j\u2019ai bien compris, Dylan est convoqué en tant que figure de la pirouette et de la multiplication identitaires), mais une génération qui se réclame aussi de la «vieille école de la culture de l\u2019effort», Vila-Matas en oppose une autre, contemporaine, dont l\u2019anxieuse et paradoxale quête de {\u2019«éclat de l\u2019authenticité» ne peut déboucher que sur l\u2019échec de l\u2019art.Tandis que Vilnius, le fils hamlettien de l\u2019écrivain, voyant dans «l\u2019indolence absolue» une forme d\u2019art, caresse son brumeux projet de filmer des Archives de l\u2019échec en général, sa compagne vénère une «professionnelle du néant» appelée Lebowitz, auteure de la maxime suivante: «J\u2019ai compris que ne pas écrire était non seulement amusant mais pouvait aussi être rentable.» Un des fils conducteurs du livre est l\u2019enquête que mène Vilnius pour tenter de découvrir si telle phrase tirée du film Three Comrades est bien de la plume de Scott Fitzgerald, auteur d\u2019un scénario original massacré par Hollywood.En se laissant obséder, en luttant contre l\u2019oubli, Vilnius fait œuvre : «sans moi [.], la phrase n\u2019aurait jamais rien été.» Sauver des bribes, semble nous dire Vila-Matas, c\u2019est peut-être tout ce que peut encore la littérature.Dans Paris ne finit jamais, réédité cet automne, le même Vila-Matas se remémorait ses débuts parisiens à travers la figure tutélaire de Papa Hemingway.Comme les gens qui sautent les descriptions dans Balzac, quand Vila-Matas tenait le crachoir trop longtemps, pressé de retrouver le Vieux, je tournais les pages plus vite.Et du Paris romantique de Hemingway aux ors hollywoodiens de Fitzgerald, c\u2019est cette nostalgie d\u2019un paradis perdu de la littérature, de cet âge d\u2019or où elle pouvait prétendre raconter le monde autant qu\u2019elle contribuait à le créer, qui me semble être la question muette enfouie sous l\u2019apparent dilettantisme et cet éclectique narcissisme d\u2019Enrique Vila-Matas: comment écrire en 2012 pourrait-il être autre chose que ce brillant bavardage?AIR DE DYLAN Enrique Vila-Matas Traduit de l\u2019espagnol par André Gabastou Christian Bourgois éditeur Paris, 2012, 333 pages LA REVENANTE DANIEL LESSAK Pensez cadeaux F le Parchemin DEPUIS 19\t6\t6 Bientôt en novembre, procurez-vous notre nouvelle carte-cadeau! La revenante Daniel Lessard Troisième humanité Bernard Werber Coupables Ferdinand Von Schirach Joël Dicker I,a vérité sur l\u2019Affaire Harry Quebert La faille soutairraine et autres enquêtes Henning Mankell La vérité sur l\u2019affaire Harry Quebert Joël Dicker KEN FOLLETT r L\u2019HIVER DU MONDE L\u2019hiver du monde Ken Follett Spécial Salon du livre 15% 20% 25% Sur présentation du coupon seulement ^ Carte-cadeau le Parchemin DEPUIS 1966 Carte-cadeau Caché David Ellis Anima UMtM /.1CTÏSV1 Pensez cadeaux / \"O À l'achat de 3 livres, obtenez .1 ^\tde rabais /U sur le UHivre\u2019* rabais /\\J sur le 2*^livre* de rabais sur le 2*^ livre \u2019 Anima Wajdi Mouawad X \u2014 25% de rabais sur le 3' livre* Sur présentation de ce coupon seulement.Offre en vigueur jusqu'au 2 décembre 2012.le Parchemin U I s 19\t6\t6 I Les frères Sisters Patrick Dewitt La célibataire India Desjardins et Magalie Foutrier La fiancée américaine Éric Dupont Les visages de l\u2019humanité Jean-Jacques Pelletier Métro Berri-UQAM, 505, rue Sainte-Catherine Est,\tI Montréal (Québec) H2L 2C9, Canada Tél.: 514 845-5243 Berri-UQAM, Tél.: 514 845-5243 505, rue Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2L 2C9 librairie@parchemin.ca www.parchemin.ca lOO comptines Germa neGuevremon Le Survenant - - Pauline .Marois Québécoise! X LES CENT PLUS BEAUX POEMES QUEBECOIS GANTS DU CIEL FRANCO S HÉBERT Dans le non du poeine COMMENT! Al VAINCU LA DOULEUR ET LINFUMMATION CHRON QUE PAR L'ALIMENTATION s- X \u2022 \\ j CHRISTINE ANGELARD LA MÉDECINE SOIGNE, L\u2019AMOUR GUÉRIT Commen a malad e nous révè e a nous meme Claude Beland L'evolution du coopératisme dans le monde et au Quebec Les Autochtones du Québec FELIX LECLERC LE FOU DE L'ILE CÎJH^DEO RlCtCNUOLO JLes _cl>mpostTr( LOUIS GAUTHIER VOYAGE AU MAGHREB EN LAN MIL QUATRE CENT DE LHEGIRE Guide fam liai des SYMPTOIVIES YVES BEAUCHEMIN CHARLES LE TÉMÉRAIRE Un temps de chien t fa OLIVARASSELIN ET SON TEMPS ^ ^Lc'mailt e Jean AT^arie Francoeur GENÈSE DC LA CUISINE QUEBCCOISC ^Claude RYAN Un éditorialiste dans le débat social HÉLÈNE ANDRÉE BIZ ER Dans 1 assiette de 1 autre avec Françoise Kayler 27 a,bCH ITES Exposition 75 ans d\u2019édition exposés au stand du Groupe Fides Salon du livre de Montréal (Du 14 au 19 novembre 2012) Que viennent étoiles Connaître^ cueillir et cuisiner LES CHAMPIGNONS SAUVAGES DU QUÉBEC MATTHIEU EICARD \u2018 TVES LAMOUREJX Yvan Ltmonde lA MODERNITE AU QUÉBEC Sur les murs ^ ^\td un Montreal qm s efface PETER C NEWMAN MULRONEY f I HISTOIRE IVIDINTREAL VATICAN II fHE BERNAGE i\t¦ «ÇO .B.\u201e T f ^\tChronique * d un photographe Henriette Major Cbude LoEortune v la maison des vacances Paul Emile Roy Le christianisme a un tournant Mario Pelletier Au temps des loups de Staline « Paul Emile BORD^ glpvDuramd IiKrodüction generale a la bioéthique â&twe de£a CfMsm etda\ti (Miêxit * François Marc Gagnon.G Mondialisât on V olence et el g on Mozart FIDES NOTRE GRANDE AVENTURE LIONEL GROULX GUIDE ^ VIDEO DVD 2002 Emile Nelhgan Poesies completes Les plages et les grèves de la Ga^ésie Nouvelle edition Jacques Nadeau ROUGE Préface de Jacques farizeau Vé a eSava d Menaud maître draveur SINOÎVYIVIES ANTONYYIES LA Vin ECONOMIQUE Esdras MinviJQfi duonebec JACQUES ROSS LES AGES PSYCHOLOGIQUES DE LA VIE ADULTE maître de ma destin le NlgOg MARIE PAUL ROSS LA\tm SEXUALITÉ ^ ^^JEUNES /V Petit manuel pour les parents HISTOIRE DELA NOUVELLETRANCE LA SE!g\\LURIE DLS CENT ASSOaCS r l£S ÉVÈNE\\'lEmS FIDES F 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II NOVEMBRE 2012 SALON DU LIVRE LITTERATURE QUEBECOISE Le miteux et le mythique Patrice Lessard poursuit son exploration effrénée de Lisbonne CHRISTIAN DESMEULES Nina, le deuxième roman de Patrice Lessard, qui suit de près Le sermon aux poissons, paru Tan dernier, est un complexe chassé-croisé de personnages et de souvenirs à travers Lisbonne \u2014 mais on y fait aussi quelques détours par Madrid et New York.Les deux romans ont d\u2019ailleurs parfois des allures de frères siamois (le premier ap- Ms seront au stand GaMimard du Salon du livre de Montréal :\tstand 400 SANTIAGO AMIGORENA La Première Défaite éditions RO.L Le vendredi 16 novembre de 18 h à 19 h Le samedi 17 novembre de 14 h à 15 h Le dimanche 18 novembre de 14 h à 15 h Santiago Amigorena s\u2019entretiendra avec Gilles Archambault le vendredi 16 novembre à 17 h au Carrefour Desjardins AURELIEN BELLANGER La Théorie de ^information éditions Gallimard Le vendredi 16 novembre de 18 h à 19 h Le samedi 17 novembre de 15 h à 16 h Le dimanche 18 novembre de 12 h à 13 h EMMANUEL JAFFELIN Petit éloge de la gentillesse éditions François Bourin Le samedi 17 novembre de 12 h à 13 h Le dimanche 18 novembre de 13 h à 14 h Emmanuel Jaffelin s\u2019entretiendra avec Gilles Archambault le samedi 17 novembre à 17 h au Carrefour Desjardins MARTIN WINCKLER En souvenir d\u2019André éditions RO.L â.Le samedi 17 novembre de 13 h à 14 h Le dimanche 18 novembre de 15 h à 16 h JEAN-CLAUDE MOURLEVAT Terrienne Gallimard Jeunesse Le mercredi 14 novembre de 13 h 30 à 14 h 30 Le vendredi 16 novembre de 12 h à 13 h Le samedi 17 novembre de 15 h à 16 h Jean-Claude Mourlevat s\u2019entretiendra avec Danielle Vaillancourt le jeudi 15 novembre à 13 h au Carrefour Desjardins Jean-Claude Mourlevat participera à la table ronde : Romans pour adolescents.Peut-on encore parler de genres ?le vendredi 16 novembre à 11 h 30 au Carrefour Desjardins La présence de ces écrivains au Québec a été rendue possible grâce au soutien du Service de Coopération et dAction Culturelle du Consulat Général de France à Québec, à l\u2019exception de Martin Winckler, résidant à Montréal.paraissant même sur la couverture du second).Ainsi, une même ville sert de théâtre à une virée tout aussi étourdissante.Ils ont des personnages en commun, on y trouve les mêmes motifs de faux-semblants et de convergence narrative.Tous deux sont liés par un réseau complexe de correspondances.Parce que son frère, Antoine, n\u2019a plus donné signe de vie depuis un an, Vincent L\u2019Heureux décide de partir à sa recherche durant ses courtes vacances.Premier voyage en Europe, premier arrêt à Lisbonne, capitale du Portugal, où Antoine habitait \u2014 si on croit les dernières nouvelles, qui, du reste, ne sont plus très fraîches.Afin de l\u2019épauler dans sa traque, il pourra compter sur l\u2019aide de Nina, sa copine, qui a déjà vécu ici durant cinq ans et qui, contrairement à lui, parle couramment le portugais.Se grefferont à eux quelques personnages doubles, sinon inquiétants, dont Gil, un Québécois «lisboètisé», mélange d\u2019enquêteur privé et de clochard auquel Vincent et Nina auront recours.Dans ce chassé-croisé de fausses pistes et de souvenirs, même Nina s\u2019emmêle.Et peu à peu, à la façon d\u2019une toile d\u2019araignée, une intrigue sans début et sans véritable fin se déploie sous nos yeux.Une atmosphère à laquelle contribue Un roman qu\u2019une seule lecture ne suffit pas à épuiser.Un ballet narratif assez fascinant et bien maîtrisé.une «absurde histoire d\u2019arme à feu» perdue puis retrouvée.Comme le souligne le narrateur (ou l\u2019un des narrateurs de Nina), «entre miteux et mythique, à Lisbonne, la nuance est parfois subtile».Tout comme est subtile la frontière que trace tout au long du roman Patrice Lessard entre les apparences, les vérités et les mensonges.On y baigne assurément dans une étrange et inconfortable paranoïa.Roman d\u2019un amoureux de la culture portugaise, à n\u2019en pas douter, Nina regorge de nombreuses références littéraires \u2014 qu\u2019elles soient subtiles ou non.Un roman qu\u2019une seule lecture ne suffit pas à épuiser.Un ballet narratif assez fascinant et bien maîtrisé.Peut-être un peu long?Depuis son exil solitaire à New York, où il est devenu portier d\u2019immeuble le week-end, tout en habitant une chambre minable dans Harlem, Antoine, lui, continue à fuir.Il rêve à Nina, qui ne rêve pas à lui.Il rêve qu\u2019elle est ici, dans la même ville que lui, mais qu\u2019il ne la voit jamais «tout en la cherchant partout».C\u2019est sans doute l\u2019une des clés du roman de Patrice Lessard \u2014 la recherche infatigable et un peu clandestine de l\u2019autre, le retour obsessif sur «la tragédie de Lisbonne».Un deuil amoureux caché sous une enquête bidon et une tragédie qui «tient davantage du faux pas que du drame existentiel».La trajectoire de deux êtres égarés dans le dédale du PATRICE LESSARD K I N A S passé et des mensonges.Deux êtres dont les existences convergent un peu, parfois, à leur insu, mais qui risquent fort, on s\u2019en doute bien, de ne plus jamais se toucher.Collaborateur Le Devoir NINA Patrice Lessard Héliotrope Montréal, 2012, 398 pages LITTERATURE QUEBECOISE Printemps érable, sauce Patrick Nicol CHRISTIAN DESMEULES Ils ont eu vingt ans eux aussi.S\u2019ils ont longtemps flirté avec le lyrisme, ils ne se le rappellent plus.Aujourd\u2019hui, trente ou quarante ans plus tard, nantis d\u2019une hypothèque, amateurs de jazz, les années passent au rydhme des allers-retours en Europe et des relevés de taxes municipales.Comme beaucoup d\u2019autres, bien avant les fromages au lait cru, ils ont découvert le vin, d\u2019abord par goût puis, de plus en plus, par besoin d\u2019anesthésie.Soucieux de boire moins \u2014 mais mieux \u2014, ils se sont aussi mis au single malt.Dans Terre des cons, son huitième livre, Patrick Nicol NICOL Nous ne vieillirons pas, La notaire) s\u2019appuie sur les événements qui ont secoué la société québécoise au printemps 2012 et donne la parole à un prof de littérature au collégial un peu insomniaque qui s\u2019adresse à un vieil ami, aussi collègue.Tandis que sa femme descendait jouer de la casserole dans la rue, il a participé en spectateur \u2014\tà la fois fasciné, dégoûté et agacé, avoue-t-il \u2014\taux événements du «printemps érable».Il est allergique au slam, ses jeunes voisins font trop de bruit, l\u2019énergie brouillonne d\u2019une certaine jeunesse dans laquelle il ne se reconnaît plus le met mal à l\u2019aîse.Sa propre réaction le terrifie.Comment s\u2019aperçoit-on qu\u2019on est devenu vieux?{La blonde de Patrick Nicol, Comment s\u2019éloigne-t-on de ;^Triptyq ue www.triptyque qc ca Tél 514.597.1666 \\ k L Annie Loutier Annie Cloutier UNE BELLE FAMILLE roman, 260 p , 25 $ «Ancré dans la réalité des évènements sociaux et politiques très contemporains (.), Une belle famille explore de manière forte et incarnée de multiples fissures intimes ou sociales.» Christian Desmeules, Le Devoir % Marie-Paule Villeneuve Salut mon oncle ! Marie-Paule Villeneuve SALUT MON ONCLE! roman, 285 p , 23 $ «Avec Salut mon oncle!, madame Villeneuve surprend par son humour caustique et son regard sans complaisance sur le monde contemporain.» Yvon Paré, http://yvonpare.blogspot.ca Salon du livre de Montréal - Stand 532 ses idéaux?« Notre parole est-elle morte ?» Et qui osera leur reprocher d\u2019avoir trahi leur lointaine foi en la littérature?Car «si les livres changeaient quelque chose à la vie, la vie serait depuis longtemps changée».Comme un ultime sursaut de lucidité à travers le gras, le sucre et l\u2019alcool.On retrouve sans trop de surprise dans Terre des cons l\u2019un des thèmes constants de Patrick Nicol: l\u2019usure du temps, le déclin, l\u2019ennui, la terreur de vieillir.Et il n\u2019y a pas que la parole des individus qui soit gangrenée.Celle de la société l\u2019est tout autant.Car derrière la matantisation du discours social, pas très loin derrière, une main sur son épaule, c\u2019est la «mononquisation du débat public» révélé par la grève étudiante qui scandalise le plus le narrateur de Terre des cons.Effigie printanière de la bêtise, mononcle et gérant d\u2019estrade, le Chroniqueur symbolise à ses yeux cette dégradation du débat public.Un per- sonnage médiatique omniprésent, parangon de mauvaise foi qui a «le courage de ses opinions» et diffuse à voile et à vapeur ses petits sophismes sur toutes les plateformes.«Mais comment on appelle, Philippe, un con qui a le courage de ses opinions ?Un con, tout simplement.Un con nuisible, peut-être, un con bruyant, sûrement, mais un con tout de même.» Et tandis qu\u2019il commence à peine «à distinguer Schubert de Schumann, Betty Goodwin de Benny Goodman, voilà que ce savoir est déclaré sans valeur Nous avons lu Ulysse et L\u2019Odyssée, Brief Interviews with Hideous Men et Mémoires d\u2019une jeune fille rangée, et plus personne autour de nous ne peut soutenir une discussion moindrement prolongée ».Collaborateur Le Devoir TERRE DES CONS Patrick Nicol La Mèche Montréal, 2012,104 pages Ll f olsin Présentement en librairie John Calabro Le cousin novella Charlie, le cousin, est tournnenté par le désir de quitter son village de Sicile et de se libérer de ce nnonde qui l\u2019étouffe.Louis-Philippe Hébert Celle d\u2019avant, celle d\u2019après roman Faut-il tuer pour vivre, et connbien de nneurtres doit-on connnnettre pour assurer sa sinnpie survie ?DISTRIBUTION DIMEDIA INC Courriel general@dimediaqc ca Site Internet wwwdimediaqc ca L evesque éditeur LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II NOVEMBRE 2012 F 7 SALON DU LIVRE ENTRETIEN AVEC LAURENT GAUDE Alexandre le Grand ponr ralentir la course du temps Quand Laurent Gaudé raconte la mort d\u2019Alexandre le Grand, c\u2019est aisé à lire et bien informé, ni lourd ni long.Pour seul cortège a la magie des lointains et fait écho au présent.C\u2019est la surprise d\u2019un excellent roman.Le Devoir s\u2019entretient avec l\u2019auteur avant sa visite au Salon du livre de Montréal.GUYLAINE MASSOUTRE Pour seul cortège est un livre dans l\u2019histoire du livre, car la vie d\u2019Alexandre le Grand en a inspiré plusieurs.Que faire d\u2019un matériau surabondant?«L\u2019humanité n\u2019a cessé de fantasmer sur Alexandre, surtout les hommes politiques.Mais c\u2019est plus qu\u2019un personnage historique : sa légende m\u2019a intéressé.Il y avait un équilibre à trouver entre l\u2019histoire et la légende.J\u2019ai parcouru Plutarque, Arrien et des textes ultérieurs sans trop m\u2019en soucier.J\u2019ai respecté les événements et la chronologie, d\u2019autant que cette réalité est très riche et génère des personnages magnifiques.Mais ce n\u2019est ni une biographie ni un livre d\u2019histoire, la fiction l\u2019emporte.» Gaudé a aussi planché sur des cartes géographiques récentes.Transcrire le passé s\u2019avère vertigineux ! Alexandre n\u2019a-t-il pas été au Pakistan, en Afghanistan, en Inde?Dépassant l\u2019époque hellénistique et l\u2019Empire perse, le romancier cherche alors en profane ce qui l\u2019inspire.Son livre raconte les tribulations de la dépouille d\u2019Alexandre en terre inconnue.D\u2019où lui est venue cette idée?«Ily a dix ans, j\u2019ai écrit un monologue de théâtre sur sa vie.Je n\u2019ai pas voulu refaire la même chose.Or j\u2019ai découvert que Ptolémée avait attaqué la dépouille d\u2019Alexandre : on n\u2019a pas retrouvé le corps.J\u2019ai trouvé cela fort sur le plan dramatur-gique.Il y ale thème de la rivalité, de l\u2019héritage, du délire contracté au moment de cette attaque.C\u2019est un temps contradictoire, aussi, où, Alexandre venant de mourir, tout est plongé dans le calme et le deuil plane sur un empire immense, mais la stratégie politique et les rivalités de guerre commencent aussi.Mort, il n\u2019a jamais été aussi présent ! » Une femme et des poursuivants Elle réjouit par sa détermination face à un sort implacable.Cette Dryptéis est la veuve d\u2019un ami d\u2019Alexandre, son général doublement favori.A-t-elle existé ?« C\u2019est la fille cadette de Darius III.On ignore ce qu\u2019elle est devenue après la mort d\u2019Alexandre.On sait ce que je raconte de sa sœur, assassinée alors qu\u2019elle est enceinte de lui.Enjeu politique, puisqu\u2019elle portait un héritier, elle est éliminée, tandis que sa sœur a peut-être fui.C\u2019est pratique pour le roman.» La chevauchée de Dryptéis est une aventure palpitante, fantastique, une fuite imaginaire vers l\u2019est.Gaudé aime les batailles, les décors percutants.Mais il se méfie aussi des dorures baroques: «J\u2019ai envie que le lecteur soit happé par le décryptage de ce qui se passe.Les résonances ne sont pas de cette époque, mais bien sans âge, du côté de la transmission», nuance-t-il.La poussière et les spectres envahissent l\u2019histoire jusqu\u2019à une fin superbe, qui fait penser aux images de l\u2019armée du Gon-dor au cinéma.11 précise : «Je ne connais pas la littérature fantastique, ni /lieroic fantasy à succès.Mais je sais que ces textes appartiennent à une manière moderne d\u2019inventer la mythologie : le génie de Tolkien est d\u2019avoir cette force-là.Comme eux, je m\u2019affranchis du réel pour plonger dans l\u2019épique.C\u2019est mon plaisir d\u2019écrire et le projet de ce li-vre-là.» Le sens de la vie La question de l\u2019héritage était déjà dans La mort du roi Tson- TL LOÏC VENANCE AGENCE ERANCE-PRESSE Pour seul cortège de l\u2019auteur français Laurent Gaudé raconte les tribulations de la dépouille d\u2019Alexandre en terre inconnue.gor.Mais ce n\u2019est pas délibéré, nous dit-il.«Je crois que c\u2019est passionnant pour tous: qu\u2019a-t-on reçu ?Que veut-on transmettre ?Sa voiture ?Sa maison ?Son compte en banque ?Autre chose ?Pour moi, c\u2019est la curiosité.J\u2019aime qu\u2019avec Alexandre, on s\u2019interroge: comment voit-on la vie ?Comme une course en ligne droite, un but à atteindre avec des épreuves à surmonter?Ou l\u2019idéal serait-il de se cacher au bout du monde ?Le désir d\u2019Alexandre est monstrueux.Il avait mille occasions de s\u2019arrêter, mais il choisissait la faille, d\u2019aller vers l\u2019inconnu.» On a vu d\u2019autres dépouilles encombrantes, comme celle de ben Laden, dit Gaudé.En faire un objet de culte?« Quand Alexandre meurt, son empire de dix ans s\u2019écroule.Des gestionnaires sont ensuite au pouvoir.Mais en avançant vers l\u2019est, il a inventé une manière d\u2019éviter le choc des civilisations, en intégrant les peuples ennemis dans son armée.» C\u2019est ce voyage fou au bout du monde, non un modèle mais une alternative, que Gaudé a aimé.Collaboratrice Le Devoir Laurent Gaudé est l\u2019un des invités d\u2019honneur du Salon du livre de Montréal.POUR SEUL CORTÈGE Laurent Gaudé Actes Sud / Leméac Arles et Montréal, 2012, 189 pages Et les finalistes sont.Gilles Archambault, Sophie Bienvenu, Éric Dupont, Éric Plamondon et Larry Tremblay se font compétition pour le Prix littéraire des collégiens Les noms des finalistes du Prix littéraire des collégiens ont été dévoilés vendredi.Cette année, le jury de sélection a retenu, parmi une production québécoise très abondante, les œuvres de : Gilles Archambault, Qui de nous deux (éditions Boréal) ; Sophie Bienvenu, Et au pire on se mariera (éditions La Mèche) ; Éric Dupont, La fiancée américaine (éditions Marchand de feuille) ; Éric Plamondon, Mayonnaise (éditions Le Quartanier) ; Larry Tremblay, La Christ obèse (éditions Alto).Le Prix littéraire des collégiens sera attribué le 12 avril 2013, après les délibérations d\u2019un jury d\u2019étudiants, lors du Salon international du livre de Québec.D\u2019ici là, des ateliers, des rencontres et des échanges avec le public sont au nombre des activités auxquelles prendront part les cinq finalistes.Ce très convoité prix littéraire s\u2019est imposé au fil des ans comme l\u2019un des honneurs les plus prisés parmi la moisson de récompenses qu\u2019un écrivain peut espérer recevoir.11 assure notamment aux finalistes d\u2019être lus et commentés abondamment par une nouvelle génération de lecteurs, tout en offrant aux écrivains une visibilité Latry TREMBLAY Le Christ obèse Sophie Bienvenu ÀsC ys A f-Ir.\tr alU) I, I .V N a M L - A Depuis sa première édition lancée en 2003, plus de 8000 cégépiens de 55 collèges ont participé à ce prix littéraire unique unique aux quatre coins du Québec.Depuis sa première édition lancée en 2003, plus de 8000 cégépiens de 55 collèges ont participé à ce prix littéraire unique.11 va sans dire qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019une des initiatives les plus originales pour soutenir la littérature au pays.En cette année où le Prix littéraire des collégiens célèbre son 10® anniversaire, le jury de sélection était constitué de Stanley Péan, écrivain et animateur à la radio de Radio-Canada, de Pierrette Boivin, du magazine littéraire Nuit blanche, et des critiques du Devoir Christian Desmeules et Danielle Laurin.Le directeur des pages culturelles du Devoir, Jean-Prançois Nadeau, agissait encore une fois cette année comme président du jury de sélection.L\u2019annonce des finalistes a été faite vendredi à la maison de la Eondation Marc-Bourgie, boulevard René-Lévesque à Montréal, en présence d\u2019écrivains, d\u2019éditeurs et de représentants des médias.Au cours des prochains mois, des étudiants d\u2019une cinquantaine d\u2019établissements de niveau collégial devront lire les ouvrages sélectionnés et départager un grand gagnant.Le prix est assorti d\u2019une bourse de 5000$.Vous trouverez plus de détails ERIC PLAMONDON MAYONNAISE ILLES Archambault ¦ qULDE.NOUS DEUX?sur le Prix littéraire des collégiens sur le site Web de l\u2019organisation de cet événement inspiré à l\u2019origine par le Concourt des lycéens : www.prixlitteraire-descollegiens.ca Le Devoir FIERE DE SES AUTEURS PRIX DU LIVRE JEUNESSE DES BIBLIOTHÈQUES DE MONTRÉAL LAUREAT Biz La chute de Sparte Leméac Éditeur GRAND PRIX DU LIVRE DE MONTREAL FINALISTES Marie-Claire Blais Le jeune homme sans avenir Les Éditions du Boréal Normand de Bellefeuille Mon bruit Les Éditions du Noroît Marcel Labine Le tombeau où nous courons Éditions Les Herbes rouges Eric Plamondon Mayonnaise Le Quartanier Rober Racine Les Vautours de Barcetone Les Éditions du Boréal Montreal F 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II NOVEMBRE 2012 SALON DU LIVRE Le monde onirique d\u2019Andrew Kaufman SUZANNE GIGUERE Le Torontois Andrew Kaufman est né à Wingham, en Ontario, tout comme Alice Munro.Cela fait de lui le second auteur le plus connu de ce village de 3000 habitants, écrit son éditeur, sourire en coin.Il a publié deux romans et un recueil de correspondance insolite.L\u2019auteur est présent au Salon du livre de Montréal.Disons-le d\u2019entrée de jeu, la couverture donne littéralement le goût d\u2019ouvrir Minuscule.Sous le crayon de l\u2019illustrateur Torn Percival, les aigrettes d\u2019un pissenlit s\u2019envolent dans le ciel.L\u2019image en noir et blanc, délicate, fantasmagorique, vient appuyer avec un humour décalé un texte onirique, teinté de réalisme magique.Tout commence par un cambriolage à la British Bank of North America de Toronto.Un homme à l\u2019accent britannique coiffé d\u2019un extravagant chapeau violet demande à ses treize victimes de lui remettre l\u2019objet qui a la plus grande valeur sentimentale à leurs yeux.Avant de disparaître, il prononce ces paroles étranges : «En sortant d\u2019ici, je vais emporter 51% de votre âme avec moi.Cela va se traduire par d\u2019étranges conséquences dans vos vies.Mais voici le plus important \u2014 et il ne s\u2019agit pas d\u2019une métaphore: apprenez à faire repousser votre âme, ou vous mourrez.» Retenez cette dernière phrase.Elle renferme l\u2019essence du livre.Le lendemain du vol, donc, une série d\u2019événements insolites se produit Les victimes les subissent sans rien pouvoir contrôler, sans rien pouvoir riposter.Nancy Templeman plonge sa main dans la poitrine de son fiancé et lui arrache le cœur.Alors qu\u2019elle cherche la télécommande sous le sofa, Jennyfer Lay one trouve Dieu.Grace Gainsfield se réveille dans des draps glacés; à côté d\u2019elle, son mari est transformé en bonhomme de neige.Jenna Jacob, métamorphosée en sucre blanc zébré de menthe, est mangée tout rond par son mari, emporté par la passion.Dawn Michaels ressent une douleur au-dessus de la cheville, à l\u2019endroit même où elle porte un lion tatoué ; le lion sort du ta- touage et la poursuit.Tour à tour, les récits farfelus s\u2019imbriquent les uns dans les autres.Le bureau de Sam livings-tone se retrouve complètement submergé ; on le voit sortir de son bureau en nageant.David Bishop trouve sur le gazon 98 miniatures de sa mère vieillissante qui se fractionnent en d\u2019autres unités microscopiques.Un grand morceau de l\u2019histoire familiale \u2014 trois générations complètes de ratés \u2014 tombe du plafond de la cuisine et frappe la nuque du détective Phillips.Stacey Hinterland se met à rapetisser pour ne mesurer à la fin qu\u2019une poignée de centimètres.Avec ce roman très amusant à lire, Andrew Kaufman immerge le lecteur dans un monde onirique, dominé par l\u2019absurde et la démesure, où la logique et l\u2019irrationnel se succèdent dans la plus grande normalité.Certaines scènes rappellent The Shrinking Man (Richard Mathe-son), Jimanji (Chris Van Alls-burg) ou Through the Looking-Glass (Lewis CarroU).Beaucoup plus profond qu\u2019ü n\u2019y paraît.Minuscule combine l\u2019imaginaire délirant de l\u2019auteur à des préoccupations philosophiques.Quel sens doit-on donner à sa vie ?Cette fable moderne recouvre une variété de thèmes: quête spirituelle, filiation, doutes, passions, amours chambranlantes, folie, vieillesse, mort.Le tout avec un humour qui traduit le désespoir de ses personnages, trouvant dans l\u2019autodérision une façon de continuer à exister tout en évacuant leur peur de vivre.Très habile.Minuscule est un roman qui se lit de bout en bout.D\u2019autant qu\u2019il est plutôt court et que le rythme est soutenu.Une lecture rafraîchissante et d\u2019une incroyable drôlerie.Une fois le roman refermé, un certain sourire continue à flotter dans l\u2019air.Collaboratrice Le Devoir MINUSCULE Andrew Kaufman Traduit de l\u2019anglais par Nicolas Dickner Illustrations de Torn Percival Alto Québec, 2012, 128 pages LITTERATURE FRANÇAISE Le goût amer de la liberté CHRISTIAN DESMEULES AU gré de ses «errances de jeune clébard» à peine sorti de l\u2019adolescence, Lakhdar voit scintiller depuis Tanger les lumières espagnoles, de l\u2019autrç côté du détroit de Gibraltar.A peine sorti de l\u2019adolescence, le jeune Marocain est un fervent lecteur des polars de la Série noire, remplis de sexe, de blondes, de bagnoles, de whisky et de fric, qui lui permettent de s\u2019évader et d\u2019améliorer son français.Quand la liberté est de l\u2019ordre du fantasme, la moindre lueur fait figure de soleil.«Tanger était une impasse sombre, un corridor bouché par la mer; le détroit de Gibraltar une fente, un abîme qui barrait nos songes; le nord était un mirage.» Un drame intime va propulser l\u2019adolescent dans un exil clandestin qui le mènera jusqu\u2019à Barcelone au gré d\u2019une trajectoire accidentelle et implacable.En amont de Rue des Voleurs, l,e septième titre de Mathias Enard {Zone, Parle-leur de bataille, de rois et d\u2019éléphants), on devine un peu le rêve déchu (J\u2019un monde sans frontières.Enard, écrivain français qui vit à Barcelone depuis une dizaine d\u2019années, et qui traduit par ailleurs de l\u2019arabe, convoque ici ses connaissances du monde arabo-musulman pour nourrir de vraisemblance l\u2019histoire de ce jeune Marocain entraîné dans une spirale absurde de fuite et d\u2019expiation.Ici et là daps son roman, aussi, Mathias Enard pose la si- BORIS HORVAT AGENCE ERANCE PRESSE Rue des Voleurs sert de prétexte à Mathias Enard pour livrer avec le souffle qu\u2019on lui connaît un commentaire sur le monde.Ihouette d\u2019Ibn Batûtta, voyageur marocain né à Tanger en 1304, qui, en près de trente ans de voyages à travers le monde, de Tombouctou jusqu\u2019à l\u2019Extrême-Orient, aurait parcouru 120000km.Une figure tutélaire de cette errance moderne qui porte en elle la nostalgie d\u2019une époque où la notion de frontière avait un autre sens.Passant par l\u2019errance et de petits boulots à un flirt léger avec le radicalisme islamiste et des touristes espagnoles, le destin du jeune Algérois rejoindra vite celui de tous les marginaux, sans-papiers, victimes de l\u2019exil réduits à se cacher dans cette mal nommée rue des Voleurs, bien au chaud dans le ventre de Barcelone.Malgré tout, pour Lakhdar, aux portes du rêve : «La liberté avait un goût de tristesse.» Rue des Voleurs, on l\u2019aura compris, ser,t aussi de prétexte à Mathias Enard pour livrer avec le souffle qu\u2019on lui connaît un commentaire sur le monde, se faisant l\u2019écho des révoltes du printemps arabe et de la crise financière et sociale en Espagne.Pas très optimiste.Rue des Voleurs.Car avec la fragilisation de l\u2019économie européenne, on le devine, c\u2019est aussi l\u2019exclusion qui ne fera que croître.Comme des centaines de trompe-la-mort qui échouent chaque année sur les côtes européennes, se découvrant tout à coup prisonniers d\u2019une impasse, Je jeune héros de Mathias Enard, le dos au mur, sera forcé de se définir: «Je ne suis pas un Marocain, je ne suis pas un Français, je ne suis pas un Espagnol, je suis plus que ça.» Collaborateur Le Devoir RUE DES VOLEURS Mathias Enard Actes Sud/Leméac Arles et Montréal, 2012, 256 pages LITTERATURE CANADIENNE Une amitié ontarienne FRANÇOIS LEVESQUE Sturgeon Falls, un petit village typique de l\u2019Amérique du Nord, vivotait grâce â l\u2019industrie forestière.Un cliché construit sur les rives d\u2019une rivière, avec son high school, ses deux rues principales transformées en pistes de drague les soirs de fin de semaine, ses six hôtels, deux salles de billard as- lettres québécoises La revue de l'actualité littéraire La seule revue ENTIÈREMENT consacrée à la LinÉRATURE QUÉBÉCOISE.lettres québécoises québécoises :k O -1.% Roman Traduction POLAR RÉCIT Nouvelle POÉSIE Études littéraires CONTE Actualité Abonnement papier et électronique : www.lettresquebecoises.qc.ca ^ Suivez-nous sur Facebook sez infâmes, deux cinémas et plusieurs restaurants, dont le Saint-Amand, que les adolescents fréquentaient assidûment.» Tel est le cadre de l\u2019action du roman de Gaston Tremblay, un récit très dense relevant presque de la chronique, celle de la Eranco-Ontarie entre 1953 et 2007, et, surtout, celle d\u2019une amitié particulière unissant deux garçons devenus des hommes.Terré dans sa chambre jaune du sous-sol de la maison familiale, Albert écoute Vigneault et Leclerc, il lit Baudelaire et Salinger.Côté cour d\u2019école, il y a la religion et une quête spirituelle sincère.Côté jardin secret, beaucoup de musique et beaucoup de cinéma {Reflections in a Golden Eye, Un homme et une femme).Parti au collège, il voit du monde, du monde différent.Pour lui comme pour la jeunesse d\u2019alors, «il est temps maintenant d\u2019apprendre â nager».Retour à Sturgeon Palls, retour à Paul-André, ami de toujours, confident, et cause d\u2019un douloureux tumulte intérieur.Tissée de réminiscences et d\u2019extraits d\u2019un journal intime écrit à deux, la trame autofictive de ce livre possède un souffle, une ampleur qui tempèrent les effets néfastes d\u2019une propension pas toujours heureuse à la digression.Tantôt évocatrice, tantôt impressionniste, la prose est entrecoupée de dialogues dont le ton naturaliste sonne juste.Le Devoir LE GRAND LIVRE Gaston Tremblay Editions Prise de parole Sudbury, 2012, 441 pages Tomahawk Mon bruit, Normand de Bellefeuille, Prix Québécor du Festival International de la Poesie, et finaliste au Grand Prix du livre de Montreal \u2022 Le bruissement des possibles, Antoine Boisclair, prix Alain-Grandbois de l'Academie des lettres \u2022 Relief, Mahigan Lepage, prix Emile-Nelligan \u2022 Tomahawk, Christian Saint-Germain, finaliste au Prix du Gouverneur general Editions du Noroît VENEZ RENCONTRER NOS AUTEURS AU SALON DU LIVRE, STAND 532 (DIMEDIA) Distinctions www.lenoroit.com Venez rencontrer nos auteurs Stand 132 éditeur Andrée Laberge Jocelyn Lanouette Marie-Renée Lavoie Cari Leblanc Jocelyne Saucier Olivia Tapiero Denis Thériault www.editionsxyz.com Andree Laberge til un Jocelyn Lanouette 1\t(^1 DU Marie Renee Lavoie [ e svndronK de la \\ ïs Artefact Jocelyne Saucier Il pleuvait des oiseaux Olivia Tapiero Espaces Denis Theriault La hile qui n\u2019existait pas LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II NOVEMBRE 2012 F 9 SALON DU LIVRE L\u2019enfance de l\u2019art, de Frisson l\u2019écnreuil à papa dragon Les auteurs-illustrateurs Mélanie Watt et Bruno St-Aubin racontent la genèse de leur formidable bestiaire À eux deux, Mélanie Watt et Bruno St-Aubin ont donné parmi ses plus formidables spécimens au bestiaire de la littérature jeunesse québécoise.Elle avec son irrévérencieux chat Chester et son angoissé Frisson l\u2019écureuil, lui avec son papa protéiforme, tour à tour dragon, paresseux ou bernard-l\u2019ermite.Rencontre avec deux auteurs qui font mouche auprès des enfants.LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Ils jouent du clavier comme du crayon sans discrimination.Tantôt c\u2019est un mot qui appelle une image, tantôt c\u2019est un trait qui ouvre à une nouvelle péripétie.Mais les auteurs-illustrateurs Mélanie Ils font partie de ces êtres à part pour qui les souvenirs d\u2019enfance n\u2019ont pas pâli malgré la patine du temps Watt et Bruno St-Aubin partagent bien plus qu\u2019une méthode ou un métier.Ils font partie de ces êtres à part pour qui les souvenirs d\u2019enfance n\u2019ont pas pâli malgré la patine du temps, jusqu\u2019à former la base même de leur littérature.«J\u2019ai une mauvaise mémoire à court terme et une mémoire de travail déficience», raconte Bruno St-Aubin.A l\u2019école, le petit Bruno a d\u2019ailleurs dû compenser ces faiblesses en surdéveloppant son côté visuel.«Ça me permettait de mettre ma mémoire sur papier.» Ceci explique-t-il cela?Aujourd\u2019hui, sa mémoire à long terme «est vraiment ex-cepjtionnelle», avoue-t-il.Elevé dans un foyer aimant, Bruno St-Aubin se souvient de ses sept ans comme d\u2019un âge d\u2019or.Encore aujourd\u2019hui, il peut sans mal remonter dans ces souvenirs bénis et les traqper dans le moindre détail.A quelques nuances près.Les couleurs peuvent changer, par exemple, mais jamais les sentiments.«C\u2019est d\u2019abord une mémoire situationnelle, quasi atmosphérique.» Mélanie Watt est elle aussi constamment habitée par ses souvenirs d\u2019enfance qui servent de trame de fond à chacun de ses livres.Moins sur le plan des péripéties que des émotions.«J\u2019ai beaucoup voyagé avec mes parents et j\u2019étais toujours la nouvelle à l\u2019école.Dessiner m\u2019a permis de trouver ma place.De répondre à la question : je suis qui, moi ?» Le dernier mot Autre point de convergence, c\u2019est par le dessin que leur métier commun s\u2019est imposé aux deux auteurs.Mélanie Watt a tâté de l\u2019administration, du graphisme et de la publicité avant de se fixer.C\u2019est son Léon, le caméléon, né d\u2019un simple travail scolaire, qui lui a révélé sa vraie nature d\u2019écrivaine-illustra-trice, il y a 12 ans.«Honnêtement, l\u2019idée d\u2019écrire ne m\u2019avait jamais même effleuré l\u2019esprit avant.» Bruno St-Aubin, lui, a su très tôt qu\u2019il voulait gagner sa vie en dessinant, non sans flirter un temps avec le graphisme.Il a commencé à dessiner pour des auteurs jeunesse en 1988.Mais ce n\u2019est qu\u2019une décennie plus tard qu\u2019il a officiellement pris la plume à son tour.«Enfant, on m\u2019avait tellement dit que je n\u2019étais pas doué pour l\u2019écriture.Écrire, pour moi, c\u2019était un peu comme chanter sous la douche», raconte l\u2019auteur-illustrateur.Les mots ont pourtant fini par trouver leur chemin.Aujourd\u2019hui, l\u2019auteur aime qu\u2019ils soient le plus précis possible.Lui et Mélanie Watt s\u2019entendent d\u2019ailleurs sur l\u2019immense pouvoir d\u2019évocation de la phrase simple et bien tournée.Idem pour l\u2019image, qui a sa propre rythmique en littérature jeunesse.«Tout est affaire d\u2019équilibre », insiste Mélanie Watt.La clarté est aussi un élément clé, ajoute celle qui n\u2019hésite pourtant pas à proposer des structures narratives complexes bourrées d\u2019informations.Les enfants la suivent sans hésiter, guidés par une imagerie qui agit comme un cadre grammatical conçu expressément pour eux.«Ça permet aux enfants de s\u2019investir dans This- Mébhie Watt PriSSOn lecureuil SC pripvre pOMr UiLGUiiE aSteuOTé rom EESSnzSl! MELANIE WATT 2012 toire, de se l\u2019approprier», dit Mélanie Watt.Cette volonté d\u2019appropriation est aussi présente chez Bruno St-Aubin.«Je m\u2019adresse directement aux enfants, en créant un monde à leur dimension.» Plus que les mots ou les images, c\u2019est peut-être la qualité de la communication qui naît de leur agencement qui fait qu\u2019un livre touche durablement les enfants, concluent les deux auteurs en vedette au Salon du livre de Montréal.Le Devoir Bruno St-Aubin et Mélanie Watt sont parmis les invités d\u2019honneur du Salon du livre de Montréal Ce qui inspire Bruno St-Aubin Avant d\u2019écrire pour la jeunesse, Bruno St-Aubin a dévoré les grands classiques (Thériault, Tolstoï, Zola, Daudet, tout Saint-Exupéry) et s\u2019est passionné pour les grands maîtres comme Picasso, Munch, Klimt ou Goya.«J\u2019aime les traits incisijs, les sujets complexes, la noirceur.» En jeunesse, il admire le travail des pionniers Philippe Béha et Marie-Louise Gay.«J\u2019admire beaucoup Marie-Louise, c\u2019est un peu mon mentor.» Ce qui fait craquer Mélanie Watt La littérature jeunesse pardessus toujt, au premier chef l\u2019œuvre d\u2019Élise Gravel.«J\u2019adore tout ce qu\u2019elle fait, je suis une grande fan.» En littérature, elle aime d\u2019abord les livres «lumineux».«J\u2019aime quand on y trouve de l\u2019humour et de l\u2019espoir.J\u2019aime aussi la psychopop.Je fais beaucoup de recherche pour expliquer des concepts complexes comme l\u2019amitié, la peur.[.] Ça m\u2019aide à simplifier.» Conseil des arts Canada Council du Canada\tfor the Arts De l'art plein la vie Bringing the arts to life Le Conseil des arts du Canada célèbre les prix littéraires du gouverneur général gii'iiidii CONSEILDESARTS.CA\tUsez de ggrands livres CBC pour mitux intervenir is Presses de I Un versrtë de Montréal Albert Adam In vino veritas.La science du vin pour amateurs éclairés «.facile à consulter et surtout apporte les bonnes réponses.» - Vins & vignobles Samuel Tanner et Benoit Dupont (dir) Maintenir la paix en zones postconflit.Les nouveaux visages de la police Des sociétés divisées se réconcilient.Charles-Philippe David (dir) Théories de la politique étrangère américaine.Auteurs, concepts et approches Une introduction générale à la fine pointe de la recherche Raynald Pineault Comprendre le système de santé pour mieux le gérer Simplifier la réalité pour mieux la comprendre Lila Combe, Michel Gariépy, Mario Gauthier, Florence Paulhiac Scherrer, Franck Scherrer Planification urbaine et développement durable à Grenoble, Lyon et Montréal La participation publique à l\u2019honneur Christian Dagenais et Émilie Robert (dir) Le transfert des connaissances dans le domaine social Un enjeu organisationnel incontournable Gaston Godin Les comportements dans le domaine de la santé.Comprendre pour mieux intervenir Les motifs sociaux de nos choix de santé Jean Després (dir) L'univers des champignons « Une remarquable encyclopédie.» - Lise Gobeille, Le Devoir Samuel Tanner et Benoît Dupont Maintenir la paix en zones postconflit Le rcL / I Fee ce U 30 c Raynald Pineault Comprendre le système de santé pour mieux le gérer Lèï Prus» dfr I Université de Montréal Le transfert des connaissances dans le domaine social B 5 O ans Enrichissez votre vie Chapters Coles indigo ca Venez nous rencontrer au stand 575 TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT UN DES 17 TITRES DE LA COLLECTION PROFESSION www.pum.umontreal.ca Les Presses de l'Université de Montréal Université de Montréal F 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II NOVEMBRE 201 SALON DU LIVRE La Vitrine François Cheng fU l Atatlnnwfinnçnifr Quand reviennent les âmes errantes mAthin \\iicti\u20act iD REVIENNENT LES ÂMES ERRANTES François Cheng Albin Michel Paris, 2012, 155 pages Le sous-titre dit: «Drame de trois voix avec chœur».C\u2019est un chant magnifique que propose l\u2019académicien François Cheng, cinq actes en forme de nouvelles, relatant une histoire qui s\u2019est passée en Chine, dans la seconde moitié du troisième millénaire avant notre ère.C\u2019est une légende, réunissant trois personnages affrontant un tyran, traversant le temps, une histoire d\u2019âmes errantes sur un fond de paysage chinois.Qui plongera dans la prose poétique de ce calli^aphe écrivain d\u2019un grand âge qui fera un voyage des plus merveilleux, au pays de la douleur et de la joie.La légende fait vivre les trois personnages qui refusent de disparaître et reviennent dans «le double royaume de la mort et de la vie», selon Rilke.Un tel livre n\u2019a nul équivalent, et ses dames n\u2019ont pas de sol où se poser, tant leur voyage est un mélange de sauvagerie, de nature splendide et d\u2019innocence.Livre de froide réalité, de passion et de beauté lointaine, pour rêver sur le mystère de l\u2019origine de la vie et du dérèglement de tous les sens.Guylaine Massoutre Philippe nderni je \\.ns passer pour un vicuN eon (X MJtnr% jviiio plir^Tk m liMtrt Delerm JE VAIS PASSER POUR UN VIEUX CON ET AUTRES PETITES PHRASES QUI EN DISENT LONG Philippe Delerm Seuil Paris, 2012, 129 pages On ne présente plus l\u2019amour de la langue française chez Philippe Delerm.Dans ce joli petit ouvrage, 24 expressions sont passées au crible de l\u2019humour et de l\u2019humeur.Délicieuse langue, à déguster comme le charme des petits instantanés auxquels on s\u2019attache, pour leur banalité, leur simplicité et l\u2019anodin souci de relever le sel du quotidien.«Oui, tout un déferlement de phrases comme ça qui font pleurer et sourire en écrivant, et dont on sait qu\u2019elles feront pleurer et sourire.» Plaisirs charmants.Guylaine Massoutre Mo Yan, Prix Nobel GILLES ARCHAMBAULT Il y a des gens qui attendent la nomination d\u2019un prix Nobel de la littérature pour « découvrir» un écrivain dont, quelques mois auparavant, ils n\u2019auraient même pas songé à retenir le nom.Je soupçonne que le choix de cette année des augustes Suédois avait de quoi surprendre ces esprits légers.Des quatre-vingts romans et nouvelles que comprend l\u2019œuvre de Mo Yan, une bonne quinzaine ont été publiés en français par les éditions du Seuil.Les plus connus : Le pays de l\u2019alcool.Beaux seins, belles fesses et Grenouilles.Il n\u2019empêche que personne ne croyait que Mo Yan serait préféré à Philip Roth, qui, de surcroît, venait d\u2019annoncer qu\u2019il n\u2019écrirait plus de romans.On le sait, l\u2019attribution de ce prix fort convoité tant pour le retentissement mondial que le montant de couronnes suédoises dont il est assorti est aussi l\u2019aboutissement de tractations politiques.Mo Yan n\u2019est pas un écrivain dissident.Il se moque volontiers du régime en poste, met les rieurs de son côté, mais ne le conteste pas sérieusement.Comment le pourrait-il, protégé qu\u2019il est par ce même régime qui au surplus le pensionne?N\u2019est-il pas un écrivain qui peut à la fois «représenter» la Chine et ne pas trop déplaire aux esprits portés vers la liberté d\u2019expression ?Viennent de paraître en français deux récits autobiographiques réunis sous le ti- littéraire iCOLLÉOlENS Ü FINALISTES ÉDITION 2013 Gilles Archambault Qui de nous deux?Boréal Sophie Bienvenu Et au pire, on se mariera La Mèche Eric Dupont La fiancée américaine Marchand de feuilles Eric Plamondon Mayonnaise Le Quartanier Larry Tremblay Le Christ obèse Alto www.prixlitterairedescollegiens.ca I BANQUE I NATIONALE QUEBEC BEÇQB ^tll LE DEVOIR\tû Libre de penser\t/ / Marc BouRqiE DES STVDZS lettres québécoises CRILCO bla\\^h^ ir et Sport\t-\ttS ES Québec la o\tQuebec o sa ED JONES AGENCE ERANCE PRESSE Des quatre-vingts romans et nouvelles que comprend Uœuvre de Mo Yan, une bonne quinzaine ont été publiés en français par les éditions du Seuil.tre de Le veau suivi de Le coureur de fond.Le ton nous est donné d\u2019entrée: «A cette époque, j\u2019étais adolescent.À cette époque, j\u2019étais l\u2019adolescent le^plus turbulent du village.À cette époque, j\u2019étais aussi l\u2019adolescent le plus pénible du village.» Mais il y a aussi et surtout que cet adolescent «croit à tort que les autres l\u2019aiment» et que, s\u2019il est d\u2019accord, il est capable «de faire un tas de folies pour se faire aimer des autres».Ces quatre cents coups ont pour le lecteur occidental d\u2019autant plus d\u2019intérêt qu\u2019ils se déroulent dans un monde rural dont il ne connaît rien.Coutumes ancestrales et accessions timides à ce qui tient lieu de modernité se mêlent à qui mieux mieux.Comment se dé-brouillera-t-on pour châtrer les trois veaux dont Luo Han a la garde ?Va-t-on suivre la tradition qui veut qu\u2019on réserve à la bête un traitement doux qui la fait souffrir pendant de longues heures, ou préférera-t-on s\u2019en remettre à l\u2019avis du vétérinaire qui recommande une solution apparemment plus violente mais qui abrège la durée des douleurs que subira le veau?Dire que le langage est truculent serait un euphémisme.Le nom des personnages, pour commencer.L\u2019ancienne fiancée de Luo Han a plusieurs surnoms, «Six cents points», «Triple Grande», par exemple.Elle est baraquée, elle est laide, arbore une moustache.Devant l\u2019adolescent qui lui demande de «se laisser tripoter», elle répond : « Va falloir que tu discutes de ça avec le menuisier.Mes rondeurs sont à lui, maintenant.Mais s\u2019il est d\u2019accord, je te laisse tâter.» On le voit, la teneur poétique réelle de ces nouvelles n\u2019est pas apparente au premier coup d\u2019œil.Elle nous est assénée en même temps que le réalisme souvent brutal qu\u2019elle côtoie.En même temps qu\u2019on s\u2019interroge sur la pertinence de donner aux instances du parti les testicules des veaux, on sait bien qu\u2019on va se réserver ces abats et qu\u2019on passera des heures à imaginer des recettes culinaires aptes à en rehausser le goût.On se gausse des diktats imposés, on respecte comme on peut les traditions, on s\u2019accuse à qui mieux de sacrifier au capitalisme.En somme, on écoule tant bien que mal son séjour terrestre.Lorsqu\u2019à la suite d\u2019une intoxication causée par la salmonelle, beaucoup de citoyens sont hospita- lisés, on part à la recherche de coupables.Préoccupation inutile puisqu\u2019on doit plutôt admettre qu\u2019à la lumière «de l\u2019invincible pensée de Mao Zedong, avec l\u2019aide désintéressée de l\u2019Armée populaire de libération, sous la direction éclairée des comités révolutionnaires de la province, du district, de la commune, grâce à l\u2019effort collectif de tout le personnel de santé impliqué, sur trois cent huit personnes intoxiquées, on ne déplora qu\u2019un mort».Tout cela pour conclure que «ce fut une grande victoire de la Grande Révolution culturelle et prolétarienne».Est-il possible de ne pas discerner l\u2019ironie dans cette interprétation des choses ?Il est vrai qu\u2019avec le fanatisme, on n\u2019est jamais sûr de rien.A la foire de Francfort, en octobre dernier, lorsque fut annoncé le nom du titulaire de ce prix prestigieux entre tous, on ne fut pas tellement étonné.L\u2019agent américain de Mo Yan, Andrew Wylie, s\u2019y connaît en prix Nobel.Ne représente-t-il pas les intérêts de Naipaul (lauréat en 2001), Orhan Pa-muk (2006) ?Comme il a aussi comme client Philip Roth, ne pourrait-on pas croire que l\u2019Américain sera couronné d\u2019ici deux ou trois ans?Pour l\u2019heure, contentons-nous de lire un auteur dont la verve truculente et l\u2019imagination fertile sont les principaux attributs.Exotisme garanti.Collaborateur Le Devoir LE VEAU suivi de LE COUREUR DE FOND Mo Yan Traduits du chinois par François Sastourné Editions du Seuil Paris, 2012, 257pages GRENOUILLES Mo Yan Traduit du chinois par Chantal Chen-Andro Éditions du Seuil, collection «Points» Paris, 2012, 525 pages LE QUARTANIER AU SALON DU LIVRE DE MONTREAL DU MERCREDI 14 AU LUNDI 19 NDVEMBRE 2012 STAND NUMÉRO 532 (DIMEDIA) \u2014 LES AUTEURS PRESENTS AU SALON \u2014 Samuel Archibald \u2022 Raymond Bock \u2022 Érik Bordeleau \u2022 Clément de Gaulejac \u2022 Vickie Gendreau \u2022 Daniel Grenier Michel Nareau \u2022 Éric Plamondon \u2022 David Turgeon MAYONNAISE finaliste au Grand Prix du livre de Montréal 2012 & au Prix littéraire des collégiens 2013 TESTAMENT finaliste au Grand Prix littéraire Archambault 2012 VICKIE GENDREAU TESTAMENT ERIC PLAMONDON MAYONNAISE LE QUARTANIER INFORMATION + HORAIRE DES DEDICACES / DIFFUSION WWW.LE0UARTANIER.COM / WWW.DIMEDIA.COM NATHALIE BABIN-GAGNON Vent noir ROMAN 242 PAGES I 23,95 $ Le mal-être JEAN-PIERRE TREPANIER L\u2019affaire Brenner ROMAN POLICIER 202 PAGES 122,95 $ MYRIAM BOUCHARD First class ROMAN 154 PAGES I 19,95 $ LOUISE AUGER Le dernier hiver ROMAN 104 PAGES I 16,95 $ Un regard sur ITnde, à Topposé des habituels ashrams.Ledermerh.v.r Lc bonheur de vivre ses reves envers et malgré tout.Un inspecteur de police sur les traces de son enfance et de Barbe-Bleue First Class pousse a lextrême.www.editionssemaphore.qc.ca LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II NOVEMBRE 2012 F 11 SALON DU LIVRE ENTREVUE AVEC MARTIN VV^NCKLER Un écrivain installé dans une ville au « cul entre deux langues » Romancier et médecin français, installé à Montréal depuis un moment, il exerce son art dans des domaines multiples.En souvenir d*André, son plus récent livre, greffe ses obsessions sur une nouvelle forme narrative RAPHAELLE LEYRIS Il tend une longue main fine et se présente, avec un sourire: «Marc.tin.» Sa langue n\u2019a pas fourché ou hésité entre son patronyme officiel, Marc Zaffran, son nom de médecin, et son nom de plume, Martin Winck-1er.Cet homme à la haute silhouette, courte barbe et grosses lunettes est l\u2019un et l\u2019autre, et la contraction «Marctin», si elle vaut clin d\u2019œil, sert de trait d\u2019union à ces deux identités qu\u2019il ne vit pas comme antagonistes.Après tout, le stylo accroché entre deux boutons de sa chemise est tout autant l\u2019attribut de l\u2019écrivain prêt à prendre des notes que celui du docteur sur le point de signer une ordonnance.Il y a presque quatre ans, « Marc Zaffran, alias Martin Winckler», révélé en 1998 par le succès de La maladie de Sachs (P.O.L), s\u2019est installé à Montréal avec sa nombreuse famille.La vie dans une ville «qui a le cul entre deux langues», dit-il, et combine le charme de la (belle) province avec celui d\u2019une capitale semble largement convenir à cet homme multiple.Il n\u2019imagine pas en repartir.«En France, assure-t-il, j\u2019ai longtemps été regardé de haut: on ne comprenait pas que je puisse écrire des romans chez P.O.L, des polars dans des maisons considérées comme moins prestigieuses, des livres sur les séries télévisées, d\u2019autres sur la contraception, et signer des traductions.[Au Québec], je me sens plus respecté dans la variété des sujets que j\u2019aborde.L\u2019espace mental est plus vaste» \u2014 à sa mesure, semble penser celui qui affiche autant d\u2019humilité que de conscience de sa valeur et parle avec une douceur qui n\u2019empêche pas un ton légèrement docte d\u2019affleurer, parfois.Marc Zaffran effectue les démarches afin d\u2019exercer la médecine dans son pays d\u2019adoption, prépare une maîtrise de bioéthique et vient de faire paraître aux Presses de l\u2019Université de Montréal Pro-fession: médecin de famille.Martin Winckler, lui, donne ce trimestre des cours de création littéraire à l\u2019Université d\u2019Ottawa.Il signe un recueil de nouvelles.Cahier de transmission, chez l\u2019éditeur en ligne Publie, net, un Petit éloge des séries télé, ainsi qu\u2019En souvenir d\u2019André, son huitième «livre P.O.L» \u2014 sur la cinquantaine que compte sa bibliographie.Cette manie de se démultiplier, de sauter d\u2019un sujet à l\u2019autre est liée, selon lui, au fait d\u2019avoir «grandi dans une sorte d\u2019interdisciplinarité ».«Je regardais de la même manière des séries télévisées et des films \u2014je voulais devenir critique de cinéma \u2014 avant de passer à la lecture de BD ou de romans.» Il parle aussi du «métissage» qui serait naturel à un enfant né en 1955 à Alger dans une famille juive qui a quitté l\u2019Algérie, en 1961, pour Israël, avant de s\u2019installer à Pithiviers.Son père y a exercé comme pneumologue, sans oublier de lui transmettre sa passion de la médecine.L\u2019ombre de cet homme aimé plane sur les premières pages à\u2019En souvenir d\u2019André, dans lesquelles le narrateur, Emmanuel Zachs, évoque les derniers jours de son père, l\u2019insupportable douleur de le voir souffrir sur un lit d\u2019hôpital et l\u2019envie de l\u2019aider à mourir.Le suicide assisté est le sujet central de ce court roman, qui apparaît comme un reflet inversé de Trois médecins ou encore du Chœur des femmes (P.O.L, 1 FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Marc Zaffran, alias Martin Winckler, s\u2019est installé à Montréal avec sa famille nombreuse il y a quatre ans.2004 et 2009), énormes machines romanesques, inspirées, respectivement, des Trois mousquetaires et de comédies musicales, traversées par la question du droit des femmes à disposer de leur corps.En souvenir d\u2019André, lui, est un texte à l\u2019os, qui ne s\u2019intéresse donc plus au «faire naître» (ou pas), mais à V«aider à mourir».Ce sont surtout des hommes qu\u2019Emmanuel Zachs accompagne vers la fin.«Mon sujet, dit l\u2019auteur, est toujours le même: que les individus puissent choisir ce qu\u2019ils font de leur vie.Cette fois-ci, j\u2019avais envie de parler des hommes, qui n\u2019ont pas, dans leur vie, les mêmes choix à faire sur leur propre corps que les femmes.» D\u2019un point de vue formel.En souvenir d\u2019André est né de l\u2019envie d\u2019une contrainte (le choix du nom «Winckler», emprunté au héros de La vie mode d\u2019emploi, n\u2019est pas pour rien un hommage à Georges Perec) : « Je voulais savoir si j\u2019étais capable d\u2019écrire de manière concise un texte qui soit un récit d\u2019un seul tenant.» En souvenir d\u2019André retrace les heures durant lesquelles Emmanuel Zachs raconte à un silencieux auditeur son travail clandestin auprès d\u2019êtres lui confiant, avant de partir, l\u2019histoire de leur vie et les secrets qui les étouffaient.L\u2019auteur s\u2019est obligé à ramasser son texte au maximum et à écrire des phrases plus courtes \u2014 «rarement plus de six mots» \u2014, s\u2019astreignant à ce travail de concision dès la première version du texte, lui qui dit avoir l\u2019habitude A «écrire au kilomètre», et de beaucoup le retravailler.Le livre n\u2019est pas moins généreux, ni efficace, sur un moindre nombre de pages, que les délectables pavés précédents.Et le plaidoyer pour une médecine humaniste, exercée par des soignants plutôt que par des médecins, fonctionne toujours.Mais sa vraie réussite tient aux récits de vies qu\u2019Emmanuel Zacks a consignés et qu\u2019il restitue, dans un dispositif narratif évoquant, forcément, celui de La maladie de Sachs.Parmi les envies qui ont présidé à l\u2019écriture de ce livre, il y avait aussi celle, dit l\u2019auteur, de «s\u2019interroger sur ce que l\u2019on laisse derrière soi».En souvenir d\u2019André se révèle ainsi, d\u2019abord, un beau roman de la transmission.Qui est, de livre en livre, d\u2019une activité à l\u2019autre, l\u2019un des grands sujets de Martin Winckler autant que de Marc Zaffran.Lui qui a détesté ses longues études de médecine dit: «Mon père m\u2019a transmis ce que je sais de l\u2019éthique médicale avec des récits.» Et c\u2019est en racontant des histoires que lui-même la transmet à son tour, par des livres, des cours, ou encore, à une époque, par ses chroniques à la radio.Soucieux de «désacraliser» la fonction du médecin, il veille aussi à donner le maximum d\u2019informations au public, comme lorsqu\u2019il met à la disposition des visiteurs de l\u2019un de ses sites (martin-winckler.com) des sommes de connaissances et de conseils sur la contraception.La transmission, en littérature, est passée par la lecture.Martin Winckler a beaucoup appris en lisant Isaac Asimov et Georges Perec {«entre autres»), ou en traduisant.Ces temps-ci, il est plongé dans des classiques anglo-saxons, parce qu\u2019il s\u2019est promis d\u2019écrire un roman en anglais.«C\u2019estpeut-être ridicule, avoue-t-il dans un sourire, mais mon rêve, gamin, était d\u2019être un écrivain américain.Comment le devenir sans écrire en anglais?» Il évoque {«sans [se] comparer ! ») les exemples de Nabokov et de Kundera, affirmant à travers eux qu\u2019il n\u2019y a rien d\u2019absurde à vouloir «passer d\u2019une langue à l\u2019autre».Pas plus qu\u2019il n\u2019est absurde pour «Marctin» de creuser des tunnels entre les disciplines ou de fusionner les prénoms.Le Monde EN SOUVENIR D\u2019ANDRÉ Martin Winckler P.O.L Paris, 2012, 206 pages PROFESSION MÉDECIN DE FAMILLE Marc Zaffran (Martin Winckler) Presses de l\u2019Université de Montréal Montréal, 2012, 72 pages EN PRELUDE AU lO'ANNIVERSAIRE DE MÉMOIRE D'ENCRIER Livre-disque Avec la participation de 29 auteurs I I Les heures bleues Nouveautés Carnets de Kamouraska Texte: Paul-Louis Martin Dessins et aquarelles: Anne Michaud Serge FISETTE Sur le papier devenu miroir né Dubüc LITTERATURE JEUNESSE AU CARNAVAL DES ANIMAUX Marianne Dubuc Editions La Courte Echelle Montréal, 2012, 120 pages Elle a fait un tabac avec l\u2019irrésistible Devant ma maison en 2011, dont chaque page appelait un revirement inattendu.«Devant ma maison, il y a.une forêt.Au milieu de la forêt.» et ainsi de suite.Marianne Dubuc reprend donc le concept aussi simple que fabuleux pour son nouvel album, Au carnaval des animaux, coédité avec 12 pays, en 13 langues différentes.Chaque animal est convié, mais doit se déguiser.Qu se retrouve donc avec un mouton doux transformé en.hérisson piquant, un ours changé en.improbable escargot, une autruche métamorphosée en.papillon! Le suspense est total, la découverte, toujours réjouissante.L\u2019auteure et illustratrice court-circuite même son propre jeu alors que la poulette.ne se déguise pas.«Elle est trop sotte et n\u2019a rien compris.» La qualité de l\u2019ouvrage permet à l\u2019enfant d\u2019en jouir avec ou sans parents.Et à ceux-ci de se disputer le rituel du coucher.Frédérique Doyon LITTERATURE FRANÇAISE JOYEUX NOEL Alexandre Jardin Grasset Paris, 2012, 341 pages Son ouvrage précédent, Des gens très bien, eut l\u2019effet d\u2019une bombe dans le paysage littéraire français.Surtout, il lui valut de s\u2019aliéner la moitié de sa famille, enragée que le romancier eût osé étaler au grand jour le passé de collabo de feu Jean Jardin, directeur de cabinet sous Vichy et personnage mythifié depuis, que son petit-fils écrivain, écœuré, poussa de son socle sans ménagement.De cette quête de vérité naquit un nouveau roman, Joyeux Noël, qui relate la mise au ban de Norma Diskredalp, une jeune héritière qui, dans la foulée de l\u2019enterrement de son grand-père, ose remettre en question la légende de l\u2019aïeul et la manière dont il a acquis sa fortune.Les conséquences seront pour le moins inusitées.Chronique insulaire inspirée par les confidences d\u2019une lectrice, Joyeux Noël se déroule sur un récif de Bretagne \u2014 on pense à Robbe-Grillet et son Voyeur, à Leblanc et son Be aux trente cercueils.Surtout, on sent planer le spectre du premier tome de Millenium, le gigasuccès de Stieg Larsson.Qr le ton est ici résolument «jardinesque», car sur cette île, on ne dit désormais que la vérité ! François Lévesque LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II NOVEMBRE 2012 F 15 SALON DU LIVRE La Vitrine Alexandre dtefanescu Éric Bédard RENE LEVESQUE HOHME DE LA PAROLE ET DE L'ECRIT RENE LEVESQUE Homme de la parole et de l\u2019écrit Sous la direction d\u2019Alexandre Stefanescu et Eric Bédard VLB éditeur Montréal, 2012, 176 pages «C\u2019était devenu une tradition, au Québec, que si t\u2019avais volé assez de fonds publics pour devenir riche, t\u2019étais respectable.» Ce propos d\u2019un homme politique hors normes, tenu en 1966, visait l\u2019Union nationale et son propre parti d\u2019alors, le Parti libéral.Même s\u2019il ne s\u2019y trouve pas, il reflète bien le riche ouvrage collectif René Lévesque, homme de la parole et de l\u2019écrit, 25 ans après la mort de celui qui incarnait le dialogue avec, le peuple.Publié sous la direction d\u2019Alexandre Stefanescu et Eric Bédard, de la Fondation René-Lévesque, le livre réunit 13 témoignages et analyses de journalistes, d\u2019universitaires et d\u2019anciens coUaborateurs de l\u2019homme politique.Pierre Paré, historien de la radio, y présente Lévesque, comme l\u2019inventeur d\u2019un style personnel dans ce moyen de communication sans images, cet «art de l\u2019invisible».Le futur fondateur du Parti québécois travaille à Radio-Canada entre 1946 et 1960, notamment comme reporter coloré, vivant, maître dans l\u2019art de questionner les passants, et surtout en animant Point de mire.Cette émission télévisée d\u2019actualité politique marque notre ouverture critique et familière sur le monde.Pagé rappelle les mots archiconnus prononcés par le communicateur lors de l\u2019échec référendaire de 1980: «Si je vous ai bien compris, vous êtes en train de me dire: à la prochaine fois.» Il commente : «Cette forme d\u2019intervention en dialogue avec l\u2019autre était, depuis toujours, la signature de son discours.» Elle s\u2019exprima aussi par écrit au fil de près de 1400 chroniques que Lévesque écrivit Le don de frapper l\u2019imagination s\u2019alliait à une subtilité que cerne admirablement le journaliste Marc Laurendeau.Laurendeau raconte: il devinait la question et «y répondait un quart de seconde avant que vous n\u2019ayez terminé».Son ex-attachée de presse.Gratia O\u2019Leary, relate qu\u2019il reprocha à ses confrères journalistes se définissant comme Québécois de n\u2019avoir pas su défendre le Oui au référendum avec la même ardeur que la presse de langue anglaise avait déployée pour défendre le Non.Loin d\u2019être lénifianfi le dialogue que Lévesque avait avec le Québec n\u2019existait que par un miracle : sa franchise.Michel Lapierre JOURNAL LA GUERRE DE 1812 Journal de Jacques Viger Bernard Andrés et Patricia Willemin-Andrès Presses de l\u2019Université Laval Québec, 2012, 156 pages Pour le gouvernement de Stephen Harper, la guerre de 1812 «a jeté les bases de ce qu\u2019allait devenir le Canada, c\u2019est-à-dire un pays indépendant et libre, uni sous la Couronne et respectueux de sa diversité linguistique et ethnique».Cette vision idyllique du conflit anglo-américain est contestée par Bernard Andrés dans la réédition du journal de guerre de Jacques Viger.Dès l\u2019ouverture des hostilités, ce cousin de Papineau s\u2019engage dans le corps des Voltigeurs canadiens.L\u2019année suivante, il est détaché dans la province du Haut-Canada.C\u2019est là qu\u2019il entreprend la rédaction d\u2019un carnet partiellement retranscrit dans les lettres qu\u2019il adresse à son épouse.Ces missives circulent également au sein du réseau familial et social du couple, ce qui fait de leur auteur un véritable «correspondant de guerre», selon Andrés.Dans ses écrits, Viger dépeint avec humour l\u2019ennui et le désoeuvrement des soldats qui doivent combattre les maringouins, les frappe-à-bord et les puces des bois.Ces désagréments sont accentués par la mélancolie de l\u2019auteur, qui avoue se sentir en pays étranger depuis qu\u2019il est stationné à l\u2019ouest de l\u2019Qutaouais.Viger est tiré de sa torpeur en mai 1813 par l\u2019attaque de la base navale américaine de Sachets Harbor, sur le lac Qntario.L\u2019opération témoigne du manque de coordination des différents éléments de l\u2019armée.Dans la confusion du débarquement, les Voltigeurs de Viger font feu dans le dos des soldats britanniques qui les précèdent.Il s\u2019agit du seul fait d\u2019armes de l\u2019auteur, qui aura davantage de succès en politique municipale en devenant le premier maire de Montréal, vingt ans plus tard.Dave Noël J Journal de ^ ^ \u2014 Jacques Viger Bernard AsniilS cc b de Jean Marcel Fractions 5 I LITTERATURE QUEBECOISE FRACTIONS 5 Jean Marcel De Courberon Saint-Patrice-de-Beaurivage, 2012, 140 pages Professeur retraité de l\u2019Université Laval, spécialiste de littérature médiévale, essayiste patenté (Jacques Perron malgré lui et Le jouai de Troie, parus au début des années 1970), fervent lecteur de San Antonio et romancier qui se fait rare depuis le dernier tome du Triptyque des temps perdus en 1993, Jean Marcel semble avoir trouvé son genre : les fractions.Depuis Bangkok où il habite depuis plusieurs années, Jean Marcel continue de nous envoyer, à sa manière, les signaux discontinus de sa pensée sous la forme de fragments jiuisés dans ses carnets de notes.Sans être particulièrement ciselées quant à la forme, loin des Inscriptions fulgurantes ou abyssales de Louis Scutenaire, ses Fractions 5 nous présentent, en vrac, des éloges du cinéma iranien et du style de Paul Morand, quelques commentaires un peu chagrins sur le progrès technologique, une fenêtre ouverte sur la Thaïlande, le compte rendu d\u2019un séjour de Marguerite Yourcenar à Bangkok en 1983.Aussi: quelques pages inspirées par une retraite dans un centre de méditation bouddhiste thaïlandais, ainsi qu\u2019un long éloge des maîtres de sa vie, de la «petite école» jusqu\u2019à certains de ses meilleurs étudiants.Sans oublier une lettre adressée à la veuve de Pierre Vadeboncœur, hommage sensible et intelligent à l\u2019ami et à l\u2019auteur des Deux royaumes \u2014 «lequel n\u2019a d\u2019équivalent, écrit Marcel, dans aucun temps et aucune littérature (si ce n\u2019est peut-être les Essais de Montaigne, qui se réfugie dans un moment semblable dans la tour de son château) ».La retraite, pour Jean Marcel, est d\u2019abord une position de pensée et d\u2019observation.Christian Desmeules Un Québec libéré par l\u2019Amérique MICHEL lapierre Tout semble séparer l\u2019univers fantasque et démesuré de Victor-Lévy Beaulieu d\u2019avec l\u2019univers en demi-teintes et intimiste de Jacques Poulin.Mais l\u2019essai La littérature québécoise dans le contexte américain, de Jean Morency, ose réunir les deux écrivains sur la voie royale qui permet à leur conscience angoissée de dépasser notre marginalité en s\u2019appropriant le continent.Beaulieu dévore l\u2019Amérique, Poulin la transpose.Chacun tente de la recréer.L\u2019ouvrage de Morency déborde la critique littéraire.L\u2019analyse comparative que l\u2019auteur y fait de deux grands livres publiés en 1978, l\u2019essai autofictionnel Monsieur Melville, de Beaulieu, et le roman Les grandes marées, de Poulin, ouvre des perspectives insoupçonnées à ceux qui explorent la sensibilité commune aux trois Amériques.Le géographe québécois Jean Morisset, à qui se réfère Morency, n\u2019a-t-il pas la sagesse d\u2019établir que les natifs du Nouveau Monde n\u2019existent «réciproquement que par opposition à une tierce présence», l\u2019Europe, et que le besoin viscéral de se distinguer de l\u2019ancienne colonisatrice fait, à lui seul, l\u2019unité du continent?Ce besoin dépasse les langues, les origines ethniques, les opinions politiques, les croyances, les incroyances.La hantise qu\u2019a VLB de s\u2019identifier à Melville, Morency l\u2019apparente à une méthode préconisée par l\u2019écrivain brésilien Qswald de Andrade (1890-1954) : !\u2019« anthropophagie» culturelle.Celle-ci consiste, pour l\u2019artiste, à convertir les cultures étrangères en sa propre culture pour empêcher la servilité d\u2019influences extérieures.Collaborateur Le Devoir LA UITUÉRATURE QUEBECOISE QANS LE CONTEXTE AMERICAIN Jean Morency Nota bene Québec, 2012, 182 pages FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Victor-Lévy Beaulieu Salon du livre de Montréal 14 au 19 novembre 2012 (stand Dimedia n° 532)\t Venez rencontrer les auteurs de Lévesque éditeur\t John Calabro\tsamedi 17, 19 h à 21 h dimanche 18, 1 3 h à 15 h André Carrier\tsamedi 17, 17 h à 19 h dimanche 18, 15 h à 17 h Danielle Dussault\tsamedi 17, 15 h à 17 h dimanche 18, 1 1 h à 1 3 h Francisca Gagnon\tsamedi 17, 17 h à 19 h dimanche 18, 1 1 h à 1 3 h Pierre-Louis Gagnon\tvendredi 16, 17 h à 19 h samedi 17, 1 3 h à 15 h Louis-Philippe Hébert\tmercredi 14, 19 h à 21 h jeudi 15, 19 h à2l h vendredi 16, 15 h à 19 h Sergio Kokis\tmercredi 14, 19 h à 21 h jeudi 15, 19 h à2l h vendredi 16, 19 h à 21 h samedi 17, 19 h à 21 h dimanche 18, 15 h à 17 h Stéphane Ledien\tsamedi 17, 15 h à 17 h dimanche 18, 1 3 h à 15 h Marcel Moussette\tvendredi 16, 15 h à 17 h samedi 17, 1 3 h à 15 h Nicolas Tremblay\tvendredi 16, 19 h à 21 h DISTRIBUTION DIMEDIA INC Courriel general@dimediaqcca Site Internet wwwdimediaqcca\t1 évesque L éditeur Triptyque ¦www.tnptyque.qc.ca Tél.: 514.597.1666 Olivier Demers LHOSTILITÉ DES CHIENS ^Triptyque Olivier Demers L\u2019hostilité des chiens roman, 182 p., 20 $ Toutes nos félicitations à Olivier Demers Finaliste du Grand Prix littéraire Archambault Marc-Alain Wolf Un garçon maladroit Marc-Alain Wolf Un garçon maladroit roman, 197 p., 22 $ 11 a pourtant un physique particulier, une drôle de tête, une façon bien à lui de se déplacer dans l\u2019espace et de fuir le regard du monde.Est-ce bien ce même garçon qui, devant son ordinateur, élabore des stratégies destinées à mettre fin à la pauvreté et à la faim dans le monde, à la guerre, voire même à la mort ?Salon du livre de Montréal - Stand 532 La Grenouillère au Salon du livre de Montréal KARINE ROSSO Histoires sans Dieu PASCALE BOURASSA À l\u2019ouest CAROLINE LEGOUIX Visite la nuit OUVII.I.I\u2019S ALAIN BROCHU Les insectes sont maîtres FRANCE BOISVERT Un vernis de culture fs»' Karine Rosso Histoires sans Dieu nouvelles \u2022 Coll.«Migrations» 122 pages \u2022 18,95 $ Migrants ou déracinés, ces personnages sont tous reliés les uns aux autres par un humanisme qui les porte et les transcende.Dédicaces : Samedi : 11 h à 13 h Dimanche : 11 h à 13 h Pascale Bourassa À l\u2019ouest roman \u2022 Coll.«Migrations» 240 pages \u2022 20,95 $ Joana retourne en Alberta avec son nouveau conjoint.Tout au long de la route, elle fait d\u2019étranges rêves.Un road-book fantastique! Dédicaces : Samedi : 17 h à 19 h Caroline Legouix Visite la nuit nouvelles \u2022 Coll.«Migrations» 148 pages \u2022 18,95 $ On peut recevoir wwe Visite la nuit et voir tout son univers basculer.Un être cher frappe à la porte d\u2019une jeune femme.Luirépondra-t-elle?Un rare plaisir de lecture.Dédicaces : Vendredi : 15 h à 17 h Samedi : 15 h à 17 h Dimanche : 15 h 17 h Alain Brochu Les insectes sont maîtres roman \u2022 Coll.«Migrations» 116 pages \u2022 18,95 $ Illustrations couleur Un enseignant et une enseignante sont enfermés dans un monde d\u2019insectes, et c\u2019est leur propre école! Un roman criant de vérité sur le monde de l\u2019enseignement.Dédicaces : Samedi : 13 h à 15 h Dimanche : 13 h 15 h France Boisvert Un vernis de culture nouvelles \u2022 Coll.«Migrations» 222 pages \u2022 19,95 $ En Amérique, on mène une vie effervescente.Mais quand le masque tombe, une nouvelle réalité surgit.Est-ce la vraie pour autant?Les Éditions de La Grenouillère Louis-Philippe Hébert, éditeur C.P.67, Saint-Sauveur, QC JOR IRO www.lagrenouillere.info Stand 532 Dimédia http://www.lagrenouillere.info/ F 16 LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II NOVEMBRE 2012 SALOI DU LIVRE Freiner l\u2019exploitation tous azimuts « Nous agissons en spectateurs de la gestion de nos ressources » ALEXANDRE SHIELDS Le physicien Normand Mousseau aborde régulièrement les questions liées aux ressources naturelles dans des ouvrages et sur diverses tribunes.Cette fois, il a décidé d\u2019ajouter son grain de sel dans l\u2019épineux débat sur l\u2019exploitation des ressources minières du Québec.Et pour lui, le constat est clair: il faut modifier en profondeur les règles du jeu, dictées essentiellement par le secteur privé.Cela implique de tourner le dos au modèle annoncé dans le Plan Nord des libéraux.«On continue de faire ce qu\u2019on a toujours fait, déplore-t-il, en entrevue au Devoir pour discuter de son nouveau livre.Le défi des ressources minières.On continue de se vendre au premier arrivé, même pas au plus offrant.Au I AfX\u2019t Québec, mais aussi au Canada L0^_y^TI_ en général, on accepte de dire qu\u2019on laisse le libre accès aux ressources pour quiconque veut les exploiter et on refuse de mettre en place un véritable modèle de gestion et de planification.Nous agissons en spectateurs de la gestion de nos ressources et on espère en tirer des miettes par des emplois, des retombées et des redevances minimes.» Le principal problème, ajoute M.Mousseau, c\u2019est que l\u2019État n\u2019ose pas assumer son rôle de gestionnaire des ressources qui appartiennent en théorie à l\u2019ensemble des citoyens.C\u2019est le cas notamment en ce qui a trait au rythme de développement des projets miniers.Avec la hausse des prix de différentes ressources comme le fer ou l\u2019or, les minières ont lancé plusieurs projets d\u2019exploration dans le Nord québécois et de très ambitieux projets d\u2019exploitation sont aussi mis en branle.Normand Mousseau estime nécessaire de tempérer cette frénésie d\u2019exploitation, afin d\u2019étaler dans le temps les retombées de l\u2019extraction de ressources non renouvelables et de réduire les risques pour les communautés d\u2019accueil.«On a le droit de dire au secteur privé qu\u2019on ne veut pas tout exploiter le plus rapidement possible.Le problème, c\u2019est que les modèles économiques qui dominent la réflexion ne permettent même pas de poser la question du rythme de l\u2019&cploitation.» Revoir la loi D\u2019où l\u2019urgence de revoir la Loi sur les mines, dont la réforme tarde à se concrétiser.Le Parti québécois a certes promis de s\u2019y attarder, mais pour le moment, on ne sait pas quand la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, pourra présenter un nouveau projet de loi.Difficile, en fait, de savoir ce que le PQ entend faire de questions comme les redevances, la transformation du minerai ou le financement des infi'astructures qui ouvriront le fragile territoire nordique aux minières.Le professeur de physique à l\u2019Université de Montréal reconnaît que la question des redevances est importante.Mais dans son livre, il souligne aussi que le gouvernement devrait récupérer des montants importants dès l\u2019étape de l\u2019exploration.«Ily a là des sommes qu\u2019on ne/écolte pas et un contrôle qu\u2019on n\u2019exerce pas.L\u2019Etat ac- On a le droit de dire au secteur privé qu\u2019on ne veut pas tout exploiter le plus rapidement possible PEDRO RUIZ LE DEVOIR Normand Mousseau affirme que le privé a une trop grande emprise sur l\u2019industrie minière.corde des crédits d\u2019impôt pour l\u2019exploration qui peuvent atteindre près de 80% des dépenses sur le terrain.Il en coûte environ 80$ l\u2019once pour la phase d\u2019exploration et de découverte.Si on se fait rembourser la majorité des dépenses, cette même once coûtera 8$.Ensuite, on peut la revendre plusieurs centaines de dollars à une entreprise qui va exploiter le gisement.Pourquoi est-ce que le gouvernement, en tant que coinvestisseur majoritaire dans l\u2019exploration, n\u2019aurait pas drojt à la majorité de ces revenus?» A l\u2019instar de plusieurs experts, M.Mousseau est d\u2019avis que Québec pourrait favoriser la transfprmation, mais aussi revoir la part de l\u2019État dans le développement des infi'astructures.Les montants en jeu sont en effet importants en regard de la fragilité des finances publiques.Et comme le souligne le physicien dans son dernier livre: «L\u2019apport réel de l\u2019industrie minière à l\u2019économie canadienne est faible.» La production, en 2011, ne représentait que 2,5% du PIB et 1,7% du marché de l\u2019emploi, cinq fois moins que le nombre de travailleurs du secteur manufacturier.Le Devoir Normand Mousseau est l\u2019un des invités d\u2019honneur du Salon du livre de Montréal LE DÉn DES RESSOURCES MINIÈRES Normand Mousseau Editions Multimondes Québec, 2012, 260 pages Jean-François Lisée conteur politique LOUIS CORNELLIER Nouveau ministre des Relations internationales, de la Erancophonie et du Commerce extérieur dans le gouvernement Marois, Jean-Erançois Lisée est l\u2019intellectuel organique par excellence du mouvement souverainiste depuis 20 ans.Brillant journaliste, il a été, dans les années 1990, conseiller du prince (Parizeau et Bouchard), avant de se faire chercheur et chroniqueur militant.Se définissant lui-même comme un «social-démocrate et indépendantiste impénitent», Usée, avec un remarquable brio, chauffe le poêle souverainiste en étant à lui seul une boîte à idées.Sa présence au gouvernement devrait réjouir tous ceux qui croient que les intellectuels ne sont pas que des pelleteux de nuages.Dans un livrel (le beau néologisme qui désigne un livre électronique) disponible sur iTunes, Amazon et Kobo, Lisée a regroupé plusieurs de ses interventions des 20 dernières années portant sur notre débat national.Intitulé Des histoires du Québec selon Jean-Erançois Lisée, cet essai réunit «des écrits qui ne couvrent pas toute l\u2019histoire du Québec, loin de là, mais qui en éclairent des étapes» essentielles.«Ce sont, écrit Lisée, \u201cmes\u201d histoires du Québec, celles que fai choisi, au fil des ans, de raconter et même, parfois, de débusquer.» L\u2019ouvrage contient donc des articles d\u2019abord parus dans le magazine L\u2019Actualité, qui en est aussi l\u2019éditeur, et des extraits remaniés d\u2019essais publiés par Lisée de 1990 à aujourd\u2019hui.Dinosaure (j\u2019écris cette chronique à la main), je l\u2019ai lu sur du papier, mais le Uvre, malheureusement, n\u2019est disponible qu\u2019en version dématérialisée.Jamais ennuyeux Tout le monde reconnaît la vive intelligence de Usée, même ses adversaires.Son statut d\u2019intellectuel populaire ne tient toutefois pas qu\u2019à cette rare qualité.L\u2019écrivain, le chroniqueur, a quelque chose de plus: il n\u2019ennuie jamais, même quand il aborde des sujets qui ne sont pas particulièrement sexy, comme les enjeux constitutionnels.Lisée, en effet, n\u2019est pas qu\u2019un penseur politique remarquablement doué et original; c\u2019est un conteur captivant qui sait mettre en récit des idées.Dès le prologue de cet ouvrage, l\u2019essayiste raconte l\u2019élection de 1867 qui a fait office, d\u2019une certaine façon, de référendum québécois sur la Confédération.«Cette élection, écrit-il, l\u2019une des plus divertissantes de JACQUES NADEAU LE DEVOIR Jean-François Usée notre histoire politique.» Le vote, rappelle Usée, n\u2019était pas secret, le clergé menaçait les opposants au projet des flammes de l\u2019enfer, des candidats anticonfédération ont été kidnappés, d\u2019autres se sont retirés en échange d\u2019argent et les votes ont été annulés dans certains quartiers qui ne votaient pas du bon bord, c\u2019est-à-dire pour les conservateurs proconfédération.«Dans cette élection, conclut le journaliste, la plus frauduleuse Il m\u2019arrive de pourfendre ceux qui, dans ma famille politique, voudraient prendre des raccourcis avec la démocratie de l\u2019histoire du Québec, même au regard des standards de l\u2019époque, 45% des électeurs (donc une majorité de francophones, car les anglophones votaient conservateur) ont quand même bravé les interdits pour voter contre la fédération.L\u2019adhésion du Québec au Canada a donc été décidée par moins de 10% des adultes, moins de 20% des hommes adultes.» Et dire qu\u2019on cherche misère aux souverainistes depuis 50 ans en les accusant de manœuvrer! Dès cette première histoire, le ton est donné: Usée fera le procès des purs et durs.fédéralistes, pour qui la fin justifie tous les moyens, et montrera que le Québec a tout à gagner en quittant la cage à homards fédérale.C\u2019est du recyclage, on s\u2019entend, mais on ne s\u2019en tanne pas.Charger les fédéralistes Bourassa, évidepiment, se voit reprocher son État policier d\u2019Octobre 1970 et son double langage de juin 1990.«Lorsqu\u2019il déclare, peu après la mort de Meech, que, dans le grand débat qui s\u2019ouvre, \u201cil ne faut exclure aucune option, sauf le statu quo et l\u2019annexion aux États-Unis\u201d, c\u2019est du bavardage», note Lisée.Bourassa aurait même refusé la souveraineté culturelle que lui of- fraient alors les conservateurs.Trudeau, à son tour, est blâmé pour son mépris des libertés civiles en Octobre 1970, mais aussi pour son mensonge de 1980 (il y aura des changements, promettait-il aux Québécois).Chrétien et Dion, le partitionniste, y passent aussi, de même que plusieurs grandes figures néodémocrates (Romanow, Elijah Harper, Bob Rae), responsables «de la marginalisation du Québec».Jean Charest et Erançois Legault ont aussi droit à quelques bonnes claques, pour cause d\u2019insignifiance nationale et sociale.Le gouvernement Harper, quant à lui, est accusé de présider à la « déquébécisation du Canada » par son mépris du bilinguisme institutionnel et sa passion monarchiste.Il y a bien d\u2019autres histoires passionnantes dans ce livrel.Celle, par exemple, d\u2019un John E Kennedy partisan de l\u2019indépendance du Québec.Celle de René Lévesque, entiché des Américains et profondément attristé par le mauvais accueil qu\u2019ils réservent à sa cause.Celle de Lucien Bouchard, «un grand chef d\u2019Etat» souverainiste, devenu par la suite un allié de Jean Charest et un salarié d\u2019une société al-bertaine versée dans le pétrole.«Rien d\u2019illégal là-dedans, évidemment, et chacun doit gagner sa croûte, admet Lisée.Mais ceux qui voyaient en Lucien Bouchard un de Gaulle québécois savent que ce dernier n\u2019aurait jamais pris de contrat de Volkswagen ou d\u2019IBM.» «Je me crois -à tort?- de la tribu des modérés, écrit Usée.Ea-vorable à l\u2019économie de marché, humanisée par une social-démo-cratie moderne, souverainiste, mais soucieux des droits des anglophones.B m\u2019arrive de pourfendre ceux qui, dans ma famille politique, voudraient prendre des raccourcis avec la démocratie.» Souhaitons que le ministre soit fidèle à l\u2019essayiste.Une saine modération dans la mise en œuvre de convictions fortes est ce dont le Québec a besoin en ce moment pour écrire de belles histoires de justice et de liberté Collaborateur Le Devoir DES HISTOIRES DU QUEBEC SELQN JEAN-FRANÇOIS LISEE Jean-François Lisée L\u2019Actualité (Rogers) Montréal, 2012, 262 pages Venez déeouvrir les livres au ils ont aimés J f STAND Alain Beaulieu Quelque part en Amérique « riche, coloré, émouvant » \u2014\tDanielle Laurin, Le Devoir Emmanuelle Cornu Jésus, Cassandre et les demoiselles «l\u2019arrivée d\u2019une plume d\u2019une troublante originalité » \u2014\tManon Dumais, Voir François Désalliers La fille du vidéoclub « Un roman tendre et délicat, comme un amour naissant.» \u2014\tLe Libraire André Jacques De pierres et de sang « Fortement recommandé ! » ?\u2014\tNorbert Spehner, La Presse Maryse Rony Les arbres bleus de Charlevoix «une intrigue tout en nuances » ?\u2014\tAnne Genest, Entre les lignes Karine Glorieux Les charmes de l\u2019impossible « une écriture pétillante, [.] un roman à la fois léger et prenant » \u2014\t7 jours Martin Robitaille En chemin je t\u2019ai perdu « un roman qui vous fera rire, réfléchir, pleurer» \u2014\tRachel Graveline, Le Globe Georges Nicholson Alain Lefèvre « une \u201csacrée leçon\u201d de vie » \u2014\tChristophe Rodriguez, Le Journal de Montréal Simon Charest, Jean Fontaine, Jean Saint-Germain Le Grand Druide des cooccurrences « indispensable à ceux et celles pour qui la communication écrite est le gagne-pain ou le violon d\u2019Ingres » \u2014 Rudy Le Cours, La Presse ^ -.é .^ 4 EMMANUELLE UE PART EN AMÉRIQUE ANDRE JACQUES W.de PIERRES ET DE SANG MARYSE ROUY Le/ ei\u2019hi'C} bien/ ôU/'/evem I J^es charmes ARTIN ROBITAILLE EN CHEMIN JETAI ERDU \u201c®rimpossible ALAIN I LE GRAND DRUIDE DES lefèvreI cooccurrences 4&0 000 COOCCURRENCES www.editionsdruide.com ® Druide LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II NOVEMBRE 2012 F 17 SALON DU LIVRE Les choix santé de Claude Castonguay Louis CORNELLIER Reconnu et respecté à titre de père du système d\u2019assurance maladie du Québec, l\u2019actuaire Claude Castonguay n\u2019a cessé de se préoccuper du bon fonctionnement et de l\u2019avenir de sa création depuis.Dans les dernières années, toutefois, ses interventions ont été accueillies avec une brique et un fanal par les progressistes du Québec, horrifiés par les prises de position de l\u2019ancien ministre de la Santé et des Affaires sociales pour le ticket modérateur et pour une plus grande place faite au privé en santé.Le père du système public de santé, a-t-on dit, retourné au monde de l\u2019assurance privée, trahissait son œuvre.Dans Santé: l\u2019heure des choix, l\u2019actuaire octogénaire, toujours engagé dans le débat public, s\u2019en défend.Les «principes de solidarité, d\u2019universalité et d\u2019équité» qui ont présidé à la mise sur pied du système public d\u2019assurance maladie sont des valeurs, écrit-il, qui lui «tiennent encore autant à cœur que lors de l\u2019instauration du régime».Même s\u2019il continue de croire que «l\u2019imposition de modestes frais modérateurs» aurait des effets bénéfiques, Castonguay dit se rendre à l\u2019évidence que ce débat est clos et accepte de l\u2019exclure de la discussion.Il croit toujours, aussi, que le privé pourrait «assumer un rôle complémentaire afin de répondre à des besoins que le public ne [peut] de toute évidence satisfaire», mais il accepte, là encore, de mettre, au moins temporairement, ce débat de côté, pour se concentrer, dans cet ouvrage, essentiellement «sur le redressement de notre système public de santé et de services sociaux et sur sa pérennité».Un échec et ses causes Même s\u2019il reconnaît que, depuis 1980, l\u2019état de santé des Québécois «se compare bien avec l\u2019extérieur aux points de vue de la longévité et de l\u2019incidence de la maladie», Castonguay conclut néanmoins à l\u2019état inacceptable de notre système de santé.Ce dernier, évidemment, n\u2019est ni le seul ni le principal déterminant de la santé d\u2019une population, d\u2019abord influencée par «l\u2019alimentation, le logement, le revenu, les habitudes de vie, l\u2019environnement [et] l\u2019éducation».Il reste qu\u2019un système de santé performant demeure une nécessité dans une société développée.Selon Castonguay, celui du Québec, compte tenu de son financement, n\u2019est pas à la hauteur.Ses problèmes sont connus : trop de Québécois n\u2019ont pas accès à un médecin de famille, les urgences sont toujours engorgées, les délais d\u2019attente pour certains traitements sont trop longs, les personnes qui Uétat de santé des Québécois « se compare bien avec Textérieur aux points de vue de la longévité et de rincidence de la maladie» ont besoin de soins prolongés sont souvent négligées et la qualité des soins n\u2019est pas toujours impeccable.Castonguay laisse entendre que d\u2019autres pays font nettement mieux \u2014 une thèse contestée par les experts en administration de la santé réunis dans Le privé dans la santé (PUM, 2008) \u2014 et qu\u2019il est donc possible d\u2019améliorer notre situation.L\u2019actuaire identifie quelques causes de ces dysfonctionnements : la domination des hôpitaux dans notre système au détriment de solides soins de première ligne, une gestion bureaucratique et trop centralisée et l\u2019influence des groupes d\u2019intérêt (médecins, pharmaceutiques, syndicats, groupes de malades).Pour les corriger, Castonguay propose quelques mécanismes visant à améliorer la performance du système de santé sans augmenter son financement global: mode de financement axé sur les services rendus dans les hôpitaux, hausse des ressources allouées à la prévention, renforcement des soins de première ligne, informatisation efficace des pratiques médicales, établissement de priorités claires en matière de couverture assurée (la procréation assistée, par exemple, n\u2019en est pas une) et revue de l\u2019utilisation des médicaments.L\u2019heure des débats Certaines des propositions de Castonguay commencent à recueillir un large consensus.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Claude Castonguay est considéré comme le père de l\u2019assurance maladie au Québec.Rares seront ceux, en effet, qui s\u2019opposeront à un renforcement des soins de première ligne par l\u2019accélération de la mise sur pied de groupes de médecine familiale (GMF) , à une valorisation du rôle des infirmières (encore qu\u2019on ne voit pas la nécessité, pour cela, d\u2019imposer la formation universitaire à toutes), à un allégement des structures administratives (Castonguay propose d\u2019abolir les agences de la santé et des services sociaux, sauf celle de Montréal), au développement des soins à domicile pour les aînés, à une réflexion sur le coût et la consommation des médicaments et à une révision de la rémunération des médecins (qui deviendrait mixte : à l\u2019acte et à forfait ou à l\u2019acte et à salaire).D\u2019autres propositions de Castonguay, qui, quoi qu\u2019il en dise, font entrer la logique du privé dans le système public, seront à juste titre contestées.C\u2019est le cas d\u2019une pièce majeure de la réforme défendue par l\u2019actuaire : le financement à l\u2019activité des hôpitaux.Actuellement, ces derniers sont financés sur une base historique, en fonction des sommes dépensées dans les années antérieures.Ce mode a ses défauts (les administrateurs sont portés à dépenser, même inutilement, pour éviter des réductions de budget), mais, comme le précise le chercheur Guillaume Hébert, de l\u2019Institut de recherche et d\u2019informations socio-économiques (IRIS), il permet «une meilleure stabilité et un plus grand contrôle des dépenses».Le financement à l\u2019activité, une sorte de paiement à l\u2019acte institutionnel, serait plus efficace, dit Castonguay, et faciliterait l\u2019évaluation de la performance des hôpitaux.Hébert, dans une note socio-économique publiée en juin 2012 sur le site de l\u2019IRIS, montre au contraire que ce mode de financement exige une lourde structure administrative (évaluation et classement des « activités »), engendre du surdia-gnostic et a été un relatif échec en Suède et en Grande-Bretagne, deux pays cités en exemples par Castonguay.Le docteur Alain Vadeboncœur, dans son récent essai, exprime lui aussi des doutes forts quant à la pertinence d\u2019une telle réforme.Claude Castonguay n\u2019est pas l\u2019homme de droite affairiste que dépeignent certains représentants de la gauche québécoise.Centriste sincèrement soucieux de la préservation d\u2019un système public de santé efficace et équitable, il offre ici une solide contribution au débat qui mérite d\u2019être accueillie avec ouverture d\u2019esprit, mais non sans esprit critique, par les défenseurs plus radicaux, dont je suis, de ce joyau collectif louisco@sympatico.ca SANTÉ: L\u2019HEURE DES CHOIX Claude Castonguay Boréal Montréal, 2012, 208 pages .^It&matires CONSTRUIRE ENSEMBLE un monde différent Pour nous appuyer : www.alternatives.ca \u2022 514.982.6606 ENTRETIEN AVEC ALAIN VADEBONCŒUR PRIVÉ DE SOINS SAMEDI 17 NOVEMBRE, 12 h 45 AGORA DU SALON DU LIVRE SEANCES DE DEDICACES stand LUX (416) Samedi 17 novembre, 13 h 30 à 15 h 30 Dimanche 18 novembre.13 h 30 à 15 h 30 DE SOINS Contre la iranqunk m ALAIN VADEBONCOEUR Venez rencontrer nos auteurEs sur le stand 53a mociété 21» a contre-courant Jean-Martin Fortier Le jardinier-maraîcher Samedi, 12h30 Gerald FiLhon reçoit Jean Martin Fortier, Grande Place Dédicacés 13h - 14h Alain Deneault Paradis sous terre Dimanche, 14h30 Le développement mimer au Quebec eldorado ou mirage^ Carrefour Desjardins Dédicacés vendredi 19h-20h samedi 15h30 \u201416h30 dimanche 15h \u2014 16h Gabriel Nadeau-Dubois Le souffle de la Jeunesse Samedi, 14h L\u2019engagement pohtique des jeunes quelles pistes de reflexions pour la smte du monde?Grande Place Dédicacés 14h30-15h30 Serge Mongeau Heureux, mais pas content Jeudi, 19h45 20 ans d\u2019edition a contre courant, regards croises sur l\u2019edition engagée Dédicacés jeudi 18h30 - 19h30,20h30 - 21h samedi 13h30 \u2014 14h30 dimanche 16h - 17h Françoise David De colère et d\u2019espoir Dimanche 14h-15h Retrouvez les séances de dédicaces de Dominique Boisvert et Claude Vaillancourt sur www.ecosociete.org C/D à Mario Brassard et à Suana Vereist ^ pour La saison des pluies ^ Prix TD 2012 U Mario Brassard U SAISON DES PLUIES vCD U-i 80 pages 9,95$ SOUDIERES EDITEUR soulieresediteur.com Venez rencontrer nos auteurs Stand 132 Jean-Pierre Charland JEFF RUBIN ttiiidBgrn O Félicité TESTAMENT PROFESSEUR ZUKERMAN DE LA CROISSANCE Hurtubise Jean-Pierre Charland Michel Langlois Francis Malka Jean-Jacques Pelletier Jeff Rubin Juliette Thibault ?Hurtubise www editionshurtubise coin DB Gérard BOUCHARD L\u2019INTERCULTURALISME Un poinl de vue québécois SANTE L'HEURE DES CHOIX Une saison dans la Salon du livre de Montréal stand n° 433 vie ïiiS#' du Boréal tW' ^o\u2018édWon L\u2019année Chapleau Nicolas Charette Chambres noires « Une écriture sobre et hyperréaliste qui trace avec précision les contours du quotidien.» Marie-Louise Arsenault Radio-Canada Ook Chung La Trilogie coréenne La magie du récit hérité des ancêtres.Louise Desjardins Rapide-Danseur « Une formidable réussite.» Yvon Paré Progrès-Di manche Gérard Bouchard UInterculturalisme Gérard Bouchard veut contribuer à contrer ^incertitude ambiante et baliser une voie d\u2019avenir pour tous les Québécois.Claude Castonguay Santé, Lheure des choix Un regard objectif et argumenté.Suzanne Laurin L\u2019Échiquier de Mirabel « Pour mieux comprendre la région, ce qui s\u2019est passé, et surtout, là où elle s\u2019en va maintenant, c\u2019est un livre à consulter.» Radio-Canada, Désautels Denyse Baillargeon Brève histoire des femmes au Québec «Un ouvrage incontournable.» Jean-François Nadeau, Le Devoir Brève histoire des femmes au Québec LITTÉRATURE Emmanuel Kattan Les Lignes de désir « Une des lectures incontournables de la rentrée littéraire ! » Denis Gamache Ruedeslibraires.com Robert Lalonde Un jour le vieux hangar sera emporté par la débâcle « C\u2019est la présence au monde qui est célébrée ici.» Marie-Louise Arsenault Radio-Canada Véronique Papineau Les bonnes personnes «Une auteure remarquable qui a le sens du doigté.» Laurence Lebel La Bible urbaine ^\tL\u2019actualité en couleurs! 'i.f Alison Pick L\u2019Enfant du jeudi Traduit de l'anglais par Sophie Voillot Peu de romans ont été écrits sur le Kindertrans-port, cette grande initiative humanitaire grâce à laquelle près de 10 000 enfants juifs ont pu se réfugier en Angleterre.Michael Ondaatje La Table des autres Traduit de l'anglais par Michel Lederer « Un tour deforce, étonnant, enchanteur.» Maclean\u2019s Daniel Poliquin L\u2019Historien de rien S\u2019il vous est arrivé de douter que l\u2019Ontario francophone est un pays de magie et de merveilles, il vous faut lire L\u2019Historien de rien.Rober Racine Les Vautours de Barcelone « Une histoire de création et de destruction.» Christian Desmeules, Le Devoir Michael Ondaatje fi Marc Chevrier La République québécoise Hommages à une idée suspecte Une culture patriote du bien public au Québec est-elle encore possible ?Yvan Lamonde et Jonathan Livernois Papineau, erreur sur la personne «.un riche essai [.].Savant, grave et tragique.» Louis Cornellier, Le Devoir DOUG SAUNDERS Du village à la ville «Butants Doug Saunders Du village à la ville Comment les migrants changent le monde Traduit de l'anglais par Daniel Poliquin « Un livre capital.[.] Ses descriptions évocatrices transforment un sujet sérieux et complexe en un livre qu\u2019on ne réussit pas à poser.» Literary Review Vincent Lam Tommy Douglas essai biographique Traduit de l'anglais par Alain Roy Le père du N PD et de l\u2019assurance-maladie au Canada.André Major Prendre le large « Le style, élégant et épuré, purgé de toute enfure, parfois presque austère, classique.» Louis Cornellier Le Devoir \\ndrc Major PRL^DRE LE LARGE COLLECTION LIBERTÉ GRANDÉ Passages La Géométrie des ombres Aimer, enseigner Olivier Challet Max et Freddy la Terreur Boreal junior n°io8 JÉUNÉSSÉ I BOREAL MABOULl Le Piège de glace Eugène et Simonette 4 Marie-Claire Blais jean-Pierre Issenhuth Yvon Rivard Norah McClintock Sans Consentement Boreal inter n°6i SANS CONSENTEMENT COLLECTION BORÉAL COM PACT La Grande Secousse Les Petits Pirates 11 je suis épouvantable Xavier le rusé 2 mm.UNE HISTOIRE POPULAIRE DE L\u2019HUMANITÉ André Major Le Sourire d\u2019Anton ou l\u2019adieu au roman Victor-Lévy Beaulieu Manuel de la petite littérature du Québec Chris Harman Une histoire populaire de l\u2019humanité Gilles Archambault Qui de nous deux ?samedi \u2022 12 h 30 à 13 h 30 dimanche \u2022 i5h à i6h Denyse Baillargeon Brève histoire des femmes au Québec vendredi \u2022 17 h à i8 h samedi \u2022 13 h à 14 h Cari Bergeron Un cynique chez les lyriques vendredi \u2022 19 h à 20 h Mathieu Bock-Côté Fin de cycle vendredi \u2022 20 h 45 à 21 h 30 samedi \u2022 17 h à i8 h Serge Bouchard C\u2019était au temps des mammouths laineux vendredi \u2022 18 h 30 à 19 h 30 vendredi \u2022 20 h 30 à 21 h samedi \u2022 15 h à i6 h 30 dimanche \u2022 15 h à i6 h 30 Claude Castonguay Santé, l\u2019heure des choix samedi \u2022 12 h 30 à 13 h 30 dimanche \u2022 12 h 30 à 13 h 30 Serge Chapleau L\u2019année Chapleau 2012 samedi \u2022 13 h 30 à 15 h dimanche \u2022 13 h 30 à 15 h André Carpentier Dylanne et moi jeudi \u2022 19 h à 20 h Nicolas Charette Chambres noires jeudi \u2022 19 h à 20 h samedi \u2022 15 h à i6 h Marc Chevrier La République québécoise Hommages à une idée suspecte vendredi \u2022 i8 h à 19 h Ook Chung La Trilogie coréenne vendredi \u2022 19 h à 20 h France Daigle Pour sûr mercredi \u2022 19 h à 20 h Louise Desjardins Rapide-Danseur samedi \u2022 14 h à 15 h dimanche \u2022 14 h à 15 h Marie Laberge Revenir de loin samedi \u2022 i6 h à i8 h dimanche \u2022 12 h à 14 h Marie-Sissi Labrèche Amours et autres violences vendredi \u2022 18 h 30 à 19 h 30 samedi \u2022 15 h à i6 h Dany Laferrière Chronique de la dérive douce vendredi \u2022 17 h à i8 h 30 samedi \u2022 12 h 30 à 14 h et 16 h 30 à 18 h dimanche \u2022 15 h à i6 h 30 Robert Lalonde Un jour le vieux hangar sera emporté par la débâcle samedi \u2022 12 h à 13 h dimanche \u2022 14 h à 15 h Yvan Lamonde et Jonathan Livernois Papineau, erreur sur la personne vendredi \u2022 17 h à i8 h Suzanne Laurin L\u2019Échiquier de Mirabel dimanche \u2022 14 h 30 à 15 h 30 Karel Mayrand Une voix pour la terre samedi \u2022 13 h 30 à 14 h 30 Marcelo Otero L\u2019Ombre portée vendredi \u2022 17 h 30 à i8 h 30 Véronique Papineau Les bonnes personnes dimanche \u2022 13 h 30 à 14 h 30 Daniel Poliquin L\u2019Historien de rien dimanche \u2022 13 h à 14 h Rober Racine Les Vautours de Barcelone samedi \u2022 i6 h 30 à 17 h 30 Yvon Rivard Aimer, enseigner samedi \u2022 14 h 30 15 h 30 Alexandre Soublière Charlotte before Christ jeudi \u2022 19 h à 20 h vendredi \u2022 i8 h à 19 h Kathleen Winter Annabel samedi \u2022 15 h 30 à i6 h 30 "]
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