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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2012-11-24, Collections de BAnQ.

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[" L Les confidences d\u2019Audrey Tautou, la Thérèse Desqueyroux du film-testament de Claude Miller Page e 8 L\u2019appel à la déstabilisation de Raphaëlle de Greet Page E 3 fi BiaQ: ' B % ¥t -T ^ Psycho 'Ô'\" ^ i) '\t>¦ ftiS et\tJ\u2019ai Sfiï^SSs*\"*.«m\u2019/x touài^\u2019 l'g^ co P\ttfitcHcocfe idèa^^ffleurs rappof^^ 0tcUo c\u2019est bien meilleur le matin, première chaîne, r-c « D\u2019ABORD, IL Y A LE SUPERBE TEXTE DE MICHEL MARC BOUCHARD.ENSUITE, LA BRILLANTE MISE EN SCÈNE DE SERGE DENONCOURT ET, FINALEMENT, UNE SUPERBE DISTRIBUTION SUR LAQUELLE TRÔNE LA MAJESTUEUSE CÉLINE BONNIER.UN ÉVÉNEMENT THÉÂTRAL MAJEUR.> JOURNAL MÉTRO «SI vous AVEZ À VOIR UNE PIÈCE CETTE ANNÉE [.] LA CRÉATION  VOIR! » puisqu\u2019il faut se lever, 98,5 fm « UN PERSONNAGE COMPLEXE ET FASCINANT QUI SE RÉVÈLE AVEC GRÂCE SOUS LES TRAITS DE LA COMÉDIENNE CÉLINE BONNIER.[.] UNE DISTRIBUTION BÉTON.» LE DEVOIR « IL Y A DANS CHRISTINE, LA REINE-GARÇON TOUS LES ÉLÉMENTS DU SPECTACLE PARFAIT.UNE PIÈCE PROMISE À UN GRAND SUCCÈS.» LE TÉLÉJOURNAL, RADIO-CANADA/rDI m LA UNE CREATION DE MICHEL MARC BOUCHARD MISE EN SCENE SERGE DENONCOURT BANQUE NATIONALE Théâtre e>u IN^ouveau IVIonde A L\u2019AFFICHE JUSQU\u2019AU 12 DECEMBRE! TNM.QC.CA 514.866.8668 DANSE Partir du cliché au lieu d\u2019y arriver Le roman à l\u2019eau de rose forme le cœur du Projet Harlequin de la danseuse Nancy Leduc FREDERIQUE DOYON Qu\u2019ont en commun les romans Harlequin, la danse contemporaine et le cinéaste Michel Lam?Ils sont tous au cœur du Projet Harlequin, conçu par la danseuse Nancy Leduc, qui a commandé une courte chorégraphie à quatre artistes ayant pour matière principale les célèbres romans à l\u2019eau de rose.Michel Lam mais aussi la metteure en scène Evelyne de la Chenelière et deux autres réalisateurs, Mario Calvé et Alain DesRochers, donnent corps à un des récits qui ont enflammé l\u2019adolescence de Nancy Leduc, interprète invitée à piloter un projet chez Danse-Cité.Une aventure à la fois ludique et teintée d\u2019éléments autobiographiques, de sa jeunesse nourrie de romans Harlequin à son désir de monter une pièce sans vrais chorégraphes, pour exploiter sa formation en jeu et en rnise en scène.«A l\u2019aube de l\u2019adolescence, j\u2019avalais tout ça [les romances] comme une éponge», se souvient celle qui a toujours beaucoup lu de tout dès l\u2019enfance.De cet univers et de sa vie familiale «colorée», elle a retenu ce goût avéré pour le kitch, bien senti dans ses chorégraphies passées, comme Ces enfants terribles.Cette littérature stéréotypée, à laquelle plusieurs refusent même le vocable littéraire, elle l\u2019assume et va même jusqu\u2019à dire que nous sommes tous un peu des héros et des héroïnes de romans Harlequin, à un moment dans nos vies.«Qu\u2019on en ait lu ou pas, on finit tous par rencontrer quelqu\u2019un qu\u2019on aime et on doit composer avec ça: comment aimer, la rupture, l\u2019insécurité», estime la danseuse, qui campe l\u2019héroïne dans les quatre courtes pièces.Selon elle, on ne peut pas ne pas tenir compte du phénomène Harlequin, avec ses millions de bouquins vendus.«Il y a un besoin de la masse de s\u2019évader dans ces livres-là.» Passion toxique Chaque «chorégraphe» a choisi un roman d\u2019après son ti- PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le Projet Harlequin est formé de quatre chorégraphies inspirées par autant de romans choisis d\u2019après ieur titre.tre.Le solo d\u2019Evelyne de la Chenelière, tiré du roman Mara la cruelle 0anet Dailey, 1982), porte sur «la découverte du désir à travers l\u2019enfance, l\u2019adolescence et le monde adulte», décrit Nancy Leduc.Le duo signé par Alain DesRochers revisite La cascadeuse et le cowboy (Path Beckman, 1989) et aborde l\u2019attrachon passionnelle.Le trio de Mario Calvé pénètre dans Dans l\u2019antre du fauve (Anne Mather, 1978) pour en extraire la toxicité des relahons.Quant au quintette de Michel Lam, inspiré du roman Au grand galop d\u2019une roulotte (Margaret Rome, 1979) \u2014 titre «sans bon sens!» à la base du Projet Harlequin \u2014, il explore la solitude.«Le plus inspirant et le plus difficile, c\u2019est le vertige, raconte Michel Lam à propos de son expérience.On a beaucoup moins de ressources qu\u2019au cinéma, mais dans cette limite de l\u2019espace et des cinq corps, on se retrouve devant une infinité de possibilités.» Surtout avec l\u2019apport «essentiel» des danseurs (outre Nancy Leduc : Mathilde Monnard, Annik Hamel, David Pressault, Benoît Leduc, Dany Desjardins et Guillaume Choui-nard) et de la dramaturge Sophie Michaud.Quant à la matière, le cinéaste paraphrase Hitchcock: «Partir du cliché au lieu d\u2019y arriver.» Le banal a noqrri de grands films.A écouter Nancy Leduc, les Harlequin ont peut-être servi de prétexte pour travailler avec des gens de théâtre et de cinéma, avec leurs codes souvent mieux compris du grand public que ceux de la danse.Cette incursion dans d\u2019autres langages artishques, aussi riche que «confrontante» et «déstabilisante» pour la danseuse, lui a permis de renouveler ses vœux envers son métier et son milieu: «Là, j\u2019ai envie d\u2019étre avec des spécialistes de la chorégraphie, qu\u2019en deux mots, tout le monde se comprenne et que ça roule en studio.» Comme quoi une petite rupture vient parfois fouetter à nouveau le désir.Le Devoir PROJET HARLEQUIN De Nancy Leduc, du 28 novembre au 8 décembre au théâtre de Quat\u2019Sous ESPACE DUIJNOVEMBRE ,\tCLÉMENCE AU 8 DECEMBRE desrochehs 2 0 12 DRAMATURGL MISEENSCE BRIGITTE POUPA , ORIGIN ARIANE MOFF tes 13 et 14 déc.a 20h et le 15 décembrea^^ Un ravissement.A voir absolument! La metteure en scène Brigitte Poupart a évité l'écueil de la caricature par une approche audacieuse.Clémence DesRochers ressort de ce spectacle-là I vraiment transtigurée.Pascale Montpetit met à protit tout son bagage de comédienne pour servir les mots de Clémence.La musigue et la voix d'Ariane Mottatt se marient à merveille à cette poésie mélancoligue.I Claude Deschênes, Le Téléjeurnal, I Radie-Canada Brigitte Poupart signe une mise en scène gui réussit à joindre harmonieusement la présence I scénigue des musiciens et la musigue originale magnitigue d'Ariane Mottatt à la pertormance de Pascale Montpetit.Cette dernière nous ottre ici un tour de torce et prouve à tous gu'elle a tous les talents.Visiblement en pleine terme, le plai- I sir et la passion sont au rendez-vous pour la comédienne.Clémence Desrochers s'est réjouie de ne s'être point reconnue dans ce spectacle, car ici elle est devenue plus grande gu'elle-même.La démesure, elle est là.Pascale St-Onge, mentheatre.qc.ca Pascale Montpetit a réussi à trouver toutes les couleurs et les nuances des personnages qu'elle aborde comme une comédienne, ce qui tait qu\u2019on n\u2019est jamais dans l\u2019imitation de Clémence DesRochers.Le montage des textes de Brigitte Poupart est réussi.Les chansons d\u2019Ariane sont vraiment très bonnes.g Stéphane Leclair, C\u2019est bien meilleur le matin, Radie-Canada Le pari qu'a voulu relever Brigitte Poupart, c'était de taire entendre la variété des écritures de Clémence DesRochers et ce pari-là est réussi.Pascale Montpetit est vraiment tormidable.Elle a un côté entant comme Clémence, émerveillé, presque candide.En même temps, avec toute son impudeur, son irrévérence, il y a des moments où vraiment on est émus.Un teu roulant.Dn ne s'ennuie pas.Pour ça, c'est sûr que le pari est relevé.Eisa Pépin, Voir UNE THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL SAIMT-LAURENT, MONTRÉAL BILLETTERIE:514 845-48g0 ESPACEGO.COM 32A ^transat LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 4 ET DIMANCHE 25 NOVEMBRE 2012 E 3 CULTURE>ARTS VISUELS ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Raphaëlle de Groot parsème un peu partout des parcelles de son art depuis plus de dix ans.Le goût de l\u2019inconnu La lauréate du prix Sobey 2012, Raphaëlle de Groot, appelle à la déstabilisation et au dépaysement JÉRÔME DELGADO ^ une simplicité DX désarmante, la tête sur les épaules et toujours ces yeux lucides, tirés de ses racines flamandes, Raphaëlle de Groot ne s\u2019est pas pointée au rendez-vous auréolée et le ton hautain.Trois jours plus tôt, elle revenait pourtant de Toronto avec en poche la plus prestigieuse des récompenses pour un artiste canadien de moins de 40 ans, le Sobey.Le Sobey, c\u2019est 50000$, attribués après une année de tri impliquant vingt-cinq artistes et cinq experts de tout le pays.Raphaëlle de Groot, qui parsème un peu partout des parcelles de son art depuis plus de dix ans, est sortie lauréate de cette longue campagne.Celle qui traîne depuis trois ans un projet intitulé Le poids des objets a accepté de livrer ses impressions malgré son emploi du temps chargé.Elle tenait cette semaine deux performances sous forme de lectures, au Musée des beaux-arts et à l\u2019Université Concordia, en complément de cette cueillette d\u2019objets dont elle présente des traces à la gal^ rie Graff (voir autre texte).Un prix, ça ne change pas l\u2019monde.Enfin, pas pour Ra-phaelle de Groot, qui assure que le Sobey ne la transformera pas.Oui, la somme est énorme, mais dans sa manière très terre à terre de vivre, elle souligne que ce montant correspond à un an de salaire.Rien à voir avec sa perception de ce concours en 2002, alors qu\u2019elle figurait parmi les demi-finalistes de la première édition.«En 2002, dans mon imaginaire de jeune jîlle dans la vingtaine, c\u2019était comme si on allait gagner un million de dollars.Ça semblait tellement énorme», dit celle qui, par la suite, a récolté le prix Pierre-Ayot en 2006 et le prix Graff en 2011, deux distinctions plus modestes.Les mondes parallèles A 38 ans, aujourd\u2019hui mère d\u2019un bambin à moitié italien, Ra-phaelle de Groot obtient le prix Sobey à sa cinquième nomination.Ça en dit long sur la constance de son travail.et sur la difficulté pour un jury d\u2019opter pour une pratique éparse, sans l\u2019appui d\u2019un chef-d\u2019œuvre.Par comparaison, un Jean-Pierre Gauthier, lauréat en 2004, ou un David Altmejd, primé en 2009, avaient déjà épaté le milieu, le premier avec Le concierge est parti dîner, une de ses premières œuvres cinétiques, le second avec son immense volière fantaisiste à la Biennale de Venise 2007.Raphaëlle de Groot n\u2019est pas l\u2019artiste d\u2019un genre vite résumé.Oui, il y a des éléments qui reviennent, comme la collecte ou l\u2019immersion dans des communautés bien définies (des aveugles, des religieuses, des ouvriers).Mais en véritable touche-à-tout, elle fait autant dans l\u2019installation que dans le dessin intimiste.Elle peut aussi bien coudre que mouler, toucher à la peinture, à la performance, à la vidéo.Toutes ces histoires de prix et de concours, qu\u2019elle dit ne pas courir, la font méditer.Elle ricane à l\u2019idée de devoir comparer l\u2019art à une performance athlétique, comme si pour être la meilleure, il lui fallait être celle qui «fait les choses les plus grosses».Au fond de son âme sage et peu matérialiste, elle se dit qu\u2019heureusement, les jurys n\u2019en sont pas là.«De plus en plus, a-t-elle noté, il y a une reconnaissance d\u2019un travail qui n\u2019est pas dans le tout-donné, dans des œuvres qui se suffisent.» Elle a toujours favorisé ce qu\u2019elle appelle «la question d\u2019incomplétude», soit la présentation fragmentaire d\u2019ensembles plus vastes.L\u2019exposition n\u2019est pas une fin en soi et, à ses yeux, une œuvre consiste en une série de «relations entre plusieurs choses qui n\u2019ont pas lieu dans le même espace-temps».«Mon point de chute est toujours à côté, avant, devant.Et c\u2019est assumé, dit-elle.Dans mes expos, le spectateur doit arriver forcément à la conclusion que ce qu\u2019il ne voit pas est plus grand que ce qu\u2019il voit.» Pas de pièce figée, fixée.Pas de propos non plus d\u2019artistœgé-nie.Raphaëlle de Groot pense davantage à traduire des ^fects humains que ses états d\u2019âme.Depuis le temps de ses études à rUQAM, elle a cherché à se défaire de «l\u2019empreinte d\u2019artiste romantique et moderne» qui l\u2019habitait.Elle s\u2019est mise à l\u2019écoute des autres, à relever leurs traces.Hier, elle récoltait la poussière ou les empreintes digitales; au- jourd\u2019hui, elle collecte des objets personnels, «ceux que les gens rangent dans un fond de tiroir sans jamais oser les jeter».«Mon investigation, résume-t-elle au sujet du projet Le poids des objets, porte sur cet espace où le sens des choses est dans un mouvement de déprise.» Après tant d\u2019années à fréquenter des mondes parallèles à celui de l\u2019art, ce que le jury du prix Sobey a souligné, Raphelle de Groot constate qu\u2019elle a tout fait pour ne pas laisser s\u2019exprimer son «je d\u2019artiste romantique».Ses choix de dessiner à l\u2019aveugle ou de se couvrir entièrement la tête ont été de belles métaphores de cette attitude d\u2019ouverture.Ils illustrent aussi l\u2019inconnu, le dépaysement, qu\u2019elle défend presque à s\u2019enrager.«On est dans un monde du contrôle, de la maîtrise, de la performance, de l\u2019affirmation, dit celle qui renie tout ça.Il y a beaucoup à gagner dans le fait de se déstabiliser, de ne pas comprendre.C\u2019est comme avec l\u2019art contemporain: les gens se buttent à une incompréhension.Ce n\u2019est pas de l\u2019incompréhension, c\u2019est de l\u2019inconnu.Pour moi, il faut embrasser ça.Les gens, quand ils ne comprennent pas, ils referment la porte.C\u2019est facile de rejeter ça et de ne parler que de ce que l\u2019on sait.» Collaborateur Le Devoir DVoir aussi > Un survol en images du parcours de Raphaelle de Groot.ledevoir.com/culture/artsvisuels HITCHCOCK SUITE DE LA PAGE E 1 énergie, d\u2019étre elle, pas physiquement.Sa fille Patricia disait: \u201cMon père était un homme ordinaire.Ma mère faisait tout.\u201d C\u2019est à Alma que Patricia a consacré une biographie, plutôt qu\u2019à son illustre père.Ce livre m\u2019a aidée à créer le personnage.» Le jeune James D\u2019Arcy incarne, saisissant de ressemblance, Anthony Perkins.«L\u2019acteur avait été si convaincant dans le rôle du tueur Norman Bates qu\u2019il lui a collé à la peau, rappelle-t-il, et il n\u2019a jamais pu s\u2019en débarrasser.Moi, je ne jouais pas Norman Bates, mais Anthony Perkins.Ça m\u2019a donné une vraie liberté.» Alfred Hitchcock a épaté Anthony Hopkins: «L\u2019époque était à la censure.Les cinéastes n\u2019avaient même pas le droit de montrer une cuvette dans une salle de bains.Avec ce film-là, il a battu le système.Il était un psychologue de nature, avait lu Ereud et connaissait le côté sombre des êtres.Il maîtrisait l\u2019art de créer une atmosphère.Je crois qu\u2019il a été influencé par Les diaboliques de Cluzot, qui laissait aussi sentir que quelque chose de terrifiant se prépare à arriver.» Pour tout dire, cela faisait huit ans qu\u2019Hopkins était pres- FOX SEARCHLIGHT Helen Mirren incarne Alma, réponse d\u2019Alfi-ed Hitchcock.senti pour le rôle.«Plusieurs cinéastes avaient défilé, explique Sacha Gervasi, et rien n\u2019aboutissait.La compagnie Montecito a fait venir 26 ou 27 réalisateurs en audition.J\u2019étais celui qui avait le moins de chances de l\u2019emporter, mais ils ont aimé la façon dont je parlais de l\u2019histoire d\u2019amour entre Hitch et Alma et j\u2019ai été choisi pour réaliser le film.Plus tard, le scénariste de Vsydao, Joseph Stefano, est venu sur le plateau, en me disant: \u201cVous m\u2019avez redonné ma jeunesse.L\u2019esprit de l\u2019homme est dans le film.\u201d» Sacha Gervasi tenait sa récompense.Le Devoir Notre journaliste a séjourné à New York à l\u2019invitation de Eox Searchlight.IDEE ORIGINALE SYLVAIN BÉLANGER SOPHIE CADIEUX MISE EN SCÈNE SYLVAIN tÉLANGER DU 13 NOVEMBRE AU DÉCEMBRE 2012 Village des valeurs RAPHAELLE DE GROOT Œuvres récentes, galerie Graff 963, rue Rachel Est Jusqu\u2019au 8 décembre JÉRÔME DELGADO Depuis 2009, Raphaelle de Groot parcourt le monde, chargée comme une mule.Le poids des objets, projet entamé en Alberta, poursuivi en Italie, au Québec et au Mexique, repose sur une infatigable collecte d\u2019objets hétéroclites.Seul point commun : leur état de quasi-abandon, qualifié par l\u2019artiste de «déprise».En salles d\u2019exposition, le projet a pris plus d\u2019une forme, dont celle de la vidéo-performance où de Groot apparaît littéralement en mule, marchant avec un sac bien rempli sur le dos.Pour son premier solo à Graff, le Prix Sobey 2012 propose trois séries d\u2019images de ces arte- facts de la petite vie qu\u2019elle a rassemblés.L\u2019installation Documents présente, au sol, des reproductions de ces fantômes de vies antérieures.Cette impression est particulièrement forte devant l\u2019uniforme très réaliste qui accueille les visiteurs.Les photos Collections sont posées, elles, sur des étagères.On les manipule à notre guise, un peu comme si on fouillait dans la malle familiale.Il y en a de tous les formats et de tous les prix.Enfin, le volet le plus intéressant découle d\u2019un rapprochement de cette collection avec celle d\u2019un musée.Les photos mettent sur un pied d\u2019égalité des objets similaires.Difficile de dire lequel bénéficie déjà de l\u2019aura institutionnelle.On fait dès lors face à nos valeurs et à notre attachement aux choses.Collaborateur Le Devoir SOURCE GALERIE GRAFF Raphaëlle de Groot, 70 objets emportés avec moi, 2011.Une touche-à-tout à l\u2019écoute des autres 2000-2002 : Mémoire vive, projet collectif qu\u2019elle dirige pour le compte du centre Dare-Dare et du Centre d\u2019histoire de Montréal.2001: Dévoilements, centre Occurrence, série de dessins nés avec la collaboration des religieuses hospitalières de Saint-Joseph.2006: En exercice, galerie de l\u2019UQAM, probablement sa plus vaste exposition, marquée entre autres par une série de performances autour d\u2019un trapèze et suivie de sa seule monographie.2009: début du projet Le poids des objets, à la Southern Alberta Art Gallery, de Lethbridge, et au Lieu, de Québec.2012: projets menés dans le cadre du Poids des objets lors de rœ sidences au 3® Impérial, de Granby, à Guadalajara (Mexique), au Musée de la civilisation et à la galerie d\u2019art Eoreman.HOTEL-MOTEL PRESENTE EN COPRODUCTION AVEC ORANGE NOYEE, EN CODIFFUSION AVEC ESPACE LIBRE ET EN ASSOCIATION AVEC VOLCANO (CANADA), NECESSARY ANGEL ET AURORA NOVA PRODUCTIONS BERLIN SUPPLÉMÜflAmK IK SAMEDIS 24 novembre Eli\" DÉCEMBRE À 20 H DE NASSIM SOLEIMANPOUR TRADUCTION DE PAUL LEFEBVRE MISE EN SCÈNE DE PHILIPPE DUCROS ET MANI SOLEYMANLOU LAPIN BLANC LAPIN ROUGE DU 28 NOVEMBRE AU 15 DECEMBRE 2012 UN INTERPRÈTE DIEEÉRENTÀ CHAQUE REPRÉSENTATION SOPHIE CADIEUX, FABIEN CLOUTIER, PATRICE DUBOIS, KATHLEEN FORTIN, ÉVELINE GÉLINAS, MATHIEU GOSSELIN, OLIVIER KEMEID, AMIR KHADIR, ALEXIS MARTIN, MONIQUE MILLER, ÉTIENNE PILON, ÉVE PRESSEAULT, DOMINIQUE QUESNEL ETSÉBASTIEN RICARD CONCEPTEURS ROMAIN FABRE, THOMAS GODEFROID, CATHERINE LA FRENIÈRE ET CAROLINE TURCOT isimiii ^SjtAjce.Liért^ 514-521-4191 www.espacelibre.qc.ca Productions |! BOTEL-MWEEL Prangenoyée 4559, AVENUE PAPINEAU\tRESEAU ADMISSION BILLETTERIE : 514 523-2246\t514 790-1245 OU 1 $55 790-1245 WWW.THEATRELALICORNE.COMWWW.ADMISSION.COM A CcnscildM^ Canaria LEDEVOIR E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 NOVEMBRE 2012 CULTURE>THEATRE Rebrasser les traditions L\u2019esprit des Fêtes débarque sur les scènes québécoises avec son folklore, son humour grinçant et ses revues décapantes CHRISTIAN SAINT-PIERRE Chaque année, en décembre, des artistes de théâtre prennent un malin plaisir à revisiter les us et coutumes du temps des Fêtes.Il est une théâtralité dans ces rituels qui stimulent indubitablement l\u2019imaginaire des créateurs.Certains d\u2019entre eux reconduisent les traditions, d\u2019autres les célèbrent, d\u2019autres encore en proposent des versions profondément revues et corrigées.Certains, cultivant l\u2019irrévérence, iconoclastes devant l\u2019Éternel, vont même jusqu\u2019à se railler des traditions, n\u2019hésitant pas un instant à les malmener.Commençons en douceur notre vue d\u2019ensemble.S\u2019il est une production qui est devenue une véritable tradition dans la métropole, si bien qu\u2019elle rivalisera bientôt avec le Casse-Noisette des Grands Ballets, c\u2019est Décembre, la féerie chantée de Québec Issime.Créé à Saguenay en 2003, le spectacle pour toute la famille se déroule dans un village qui ressemble à s\u2019y méprendre à celui qu\u2019on trouve sous le sapin.«On traverse toutes les étapes qui entourent la préparation et la célébration de Noël, explique la directrice artistique Marie-Eve Riverin.On survole aussi les légendes et les mondes féeriques qui font partie de notre folklore.Décembre permet selon moi au public de prendre une pause de toute la frénésie de consommation et de retrouver son cœur d\u2019enfant.» Dans l\u2019église du Gesù sera donnée La pastorale des santons de Provence.Dans ce spectacle pour toute la famille, cinq comédiens incarnent 16 santons, ces figurines d\u2019argile qui représentent les protago- RICHARD HACHEM ET AUDE VARLATHEM Ci-dessus, le spectacle musical Noël 1933, au théâtre Exaltemps; et MTL_APK (Montréal Apokalypse), présenté à la Sala Rossa.nistes de la Nativité.«C\u2019est un spectacle de Noël, sur Noël, et qui se déroule dans une église, mais c\u2019est quand même ouvert sur toutes les cultures et toutes les religions, tient à préciser le metteur en scène Michel Forgues.On assiste à la naissance d\u2019un espoir que la bonne volonté et la paix puissent surgir dans le cœur des êtres.» Le Théâtre Exaltemps reprend, cette année à la salle Fred-Barry, Noe\\ 1933, un spectacle musical qui nous entraîne dans le quartier Saint-Henri au plus fort de la crise économique des années 30.Quatorze chants a cappella, des airs religieux, folkloriques ou traditionnels, sont interprétés par 11 comédiens-chanteurs.«C\u2019est une célébration de LA VEILLÉE présente Partenaire de production QUÉBEC BECQE_ A ) plusieurs soirs déjà COMPIETSI J AVEC '\t'\t^ Paul AHMARANI, Denis GRAVEREAUX et Danielle PROULX Concepteurs Vladimir KOVALCHUK et Nikita U OrFRIR À NOEL la prochaine création de LA VEILLÉE A COUTEAUX DANS POULES DE DAVID NARROWER Mise en scène de Catherine Vidal Sous forme de billets du spectacle ou de certificats-cadeaux BILLETERIE 514-526-6582 1371, RUE ONTARIO EST BILLEHERIE 514.526.6582 WWW.THEATREPROSPERO.COM RESEAU ADMISSION 1855.790.1245 Québec S LE DEVOIR la solidarité, explique l\u2019auteure Dominique Grenier.La représentation divertit tout en donnant un recul sur la surconsommation de notre époque.Le metteur en scène Jean Turcotte a su insister sur les relations entre les personnages, sur la fraternité qui s\u2019établit entre deux familles ouvrières.» Ces réveillons qui tournent mal Il est des réveillons qui tournent mal, si mal à vrai dire qu\u2019on ne peut s\u2019empêcher d\u2019en rire à gorge déployée.Au théâtre Mainline, on pourra voir Le père Noel est une ordure, la pièce créée par le Splendid en 1979, celle-là même qui a inspiré un film à Jean-Marie Poiré en 1982.«Très peu de gens connaissent la pièce originale, estime le metteur en scène Benoît Ruel.Pourtant, l\u2019histoire diffère énormément, amenant même les personnages dans une tragédie que l\u2019on ne voit pas venir.Nous n\u2019avions pas besoin de mettre en scène le comique; il est là, dans les répliques tranchantes et les situations loufoques.Ce qui nous semblait plus intéressant, c\u2019était d\u2019hu-maniser ce classique.L\u2019humour ne se fait que mieux sentir, même si parfois le rire est jaune.» A la Sala Rossa, le 21 décembre, jour de la fin du monde selon le calendrier maya, on donne l\u2019ultime représentation de MTL_APK (Montréal Apokalypse), un spectacle inspiré de la bande dessinée dans lequel 24 comédiens incarnent 90 personnages plutôt caricaturaux.«Je me suis amusé à imaginer ce qui pourrait arriver, ce que les gens pourraient faire si Montréal était sur le point d\u2019exploser, précise l\u2019auteur et metteur en scène Jocelyn Roy.C\u2019est une plongée dans les tourments humains, mais on rit beaucoup.» C\u2019est dans un esprit aussi débridé que le Théâtre du Futur a créé Clotaire Rapallle, Topéra rock, un spectacle dans lequel six comédiens et quatre musiciens donnent vie à 70 personnages.Avec ce «drame épique et visionnaire», en reprise au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui, Guillaume Tremblay, Olivier Morin et Navet Confit ont su cristalliser les questionnements identitaires qui sous-tendent et déchirent le Québec d\u2019aujourd\u2019hui.«Le ton est léger, diffamatoire et condescendant, à l\u2019image de Clotaire, explique Olivier Morin.Après une année très chargée où tout le monde a eu le loisir d\u2019accuser à tort, à travers ou à leur tour carrés rouges, carrés verts, libéraux, péquistes, anglais et fonctionnaires, f espère que les gens auront le courage de venir se faire titiller le cerveau limbique et de se faire dire qui ils sont vraiment par un Français.» Au rayon des réveillons qui prennent une fâcheuse tournure, on peut sûrement ranger aussi les aventures rocambo-lesques relatées dans les Contes urbains présentés à La Licorne par le Théâtre Urbi et Orbi.Bilans annuels Le Théâtre du Party chinois est de retour avec une troisième mouture de Dinde et farces, un cabaret de Noël animé par François Bernier et Guillaume Girard.Cette année, on nous promet un virage à droite.«Au revoir questionnements artistiques profonds et recherches expérimentales, peut-on lire sur le site d\u2019Es-pace libre, bienvenue aux placements de produits, aux vedettes de la télévision, aux réflexions confortables et à la sensibilité exacerbée.» Voilà qui nous mène tout naturellement à la revue annuelle du Rideau vert.Cette année, Serge Postigo dirige six comédiens dans 2012 revue et corrigée, une suite de parodies mettant en scène les grands de ce monde.Dans un registre assurément plus politique.Les Za-partistes sont de retour, un peu partout au Québec, avec leur revue de l\u2019année: ZAP 2012.On suppose que la soirée organisée par le Théâtre Têtard, Cabaret politique et bouffonneries, notamment présentée au Petit Medley, sera de la même eau.Collaborateur Le Devoir TV Lire aussi > Pour plus d\u2019in- Lf formation sur ces événements, visitez ledevoir.com/ culture/ theatre la trace des créateurs Dan m6 NANCY LEDUC TRACES-INTERPRETES Direction artistique et idee originale NANCY LEDUC Chorégraphiés EVELYNE DE LA CHENELIERE femme de théâtre, MARIO CALVE cinéaste, ALAIN DESROCHERS cinéaste et MICHEL LAM cinéaste.Interprètes GUILLAUME CHOUINARD, DANY DESJARDINS, ANNIK HAMEL, BENOÎT LEDUC, NANCY LEDUC, MATHILDE MONNARD et DAVID PRESSAULT Assistante a la creation et direction des repetitions SOPHIE MICHAUD Musique MICHEL F CÔTE Costumes CAMILLE THIBAULT-BEDARD Lumières LUCIE BAZZO « Spécialiste Harlequine » MARYSE LOCAT 28 et 29 novembre 20 h I 30 nov.19 h 11®*^ décembre 16 h 5 et 6 décembre 20 h I 7 déc.19 h I 8 déc.16 h 1^1 THÉÂTRE DE QUAT\u2019SOUS 100, avenue des Pins Est M Sherbrooke Billetterie du Quat\u2019Sous 514.845.7277 Billetterie Articulée 514.844.2172 Qulrsous quatsous.com I danse-cite.org C RQUE DU SOLE L Québec nn LE DEVOIR MEDIAS Action, réflexion Terre des cons, Année rouge et autres récits de la crise STEPHANE BAILLARGEON Cy est parti.Les livres sur la crise du printemps commencent à s\u2019accumuler: Les pantins de la destruction du poète Paul Chamberland;zl7)fés le printemps du blogueur Pierre-Luc Brisson ; Le dictionnaire de la révolte étudiante ; Terre des cons du romancier Patrick Nicol ; Année rouge du journaliste Nicolas Langelier.La vaguelette cache pro-bablement une déferlante qui devrait bientôt frapper pour tenter de comprendre ce qui a bien pu se passer.Les petits livres de Nicol et de Langelier se démarquent en proposant des productions littéraires hybrides, impures, mélangeant le personnel et le collectif, le je et le nous.Les deux textes fumants déploient la perspective d\u2019un homme d\u2019âge mûr sur la jeunesse en ébullition.Nicolas Langelier, un peu moins vieux que Nicol, passe beaucoup de temps à se faire croire qu\u2019il appartient encore à la génération qui suit et qui bouge.Leurs deux personnages alter ego semblent confondre leur propre vieillissement et le rajeunissement perpétuel du monde.En plus, ces deux productions à chaud parlent beaucoup de la place des médias, alors allons-y voir.Remords et insomnie «J\u2019avais déjà une histoire, celle d\u2019un insomniaque qui va chez ses voisins et qui compose maintenant le premier chapitre du livre», explique Patrick Nicol, joint au cégep de Sherbrooke oû il enseigne la littérature.«Je pensais intégrer cette histoire dans un recueil de nouvelles où j\u2019aurais traité des sujets qui m\u2019intéressent: la perte de la culture, les rapports intergénérationnels aussi.Quand est arrivée la grève, j\u2019étais inactif et j\u2019ai décidé d\u2019écrire, d\u2019écrire rapidement, pour garder la cadence du personnage un peu colérique.J\u2019ai donc fait un premier jet rapidement.» Terre des cons a paru au début du mois.Année rouge était lancé cette semaine.«J\u2019ai demandé à plein d\u2019auteurs de m\u2019écrire un deuxième livre pour ma collection \u201cDocument\u201d et tous trouvaient que les délais étaient trop serrés», explique le fondateur du magazine Nouveau projet et de la maison d\u2019édition Atelier 10.«Je l\u2019ai fait moi-même par nécessité.Je prends toujours des notes au quotidien et je les ai donc retravaillées en septembre.J\u2019ai écrit ce livre dans l\u2019urgence, en un mois.» Ce qui donne quoi, finalement?Patrick Nicol tient à l\u2019appellation de roman pour décrire son livre oû un professeur qui ne dort plus écrit à son ami Philippe pour lui parler de la jeunesse qui s\u2019active, l\u2019émerveille et l\u2019énerve en même temps, surtout quand elle « slame » à 3 h du matin.«On est dans mon univers, en tout cas dans la continuité de mes autres romans, dit l\u2019auteur.J\u2019ai toujours joué sur la frontière de l\u2019autofiction, même si on est tanné d\u2019entendre ce mot-là.C\u2019est aussi un roman en ce sens que ce livre parle du langage, discute des histoires qu\u2019on se raconte.» Nicolas Langelier ne sait pas trop comment classer son livre, ce journal d\u2019un journaliste qui raconte simplement son butinage entre les écrans, les manifs et les jeunes comédiennes.«Je n\u2019ai pas assez de recul pour comprendre ce que fai fait, dit-il.Je me suis laissé porter.J\u2019ai essayé de mettre par écrit des émotions que fai ressenties cette année.La forme, le mélange du journal, de l\u2019analyse et des extraits d\u2019articles, s\u2019est comme imposée de manière organique.» La forme sert le fond, évidemment.Le roman de Nicol met profondément en question le rapport à la culture et l\u2019embourgeoisement qui l\u2019emporte.L\u2019alter ego du romancier écrit à son ami Philippe ces mots terribles: «J\u2019aimerais que rien ne me soit arrivé.Ni AiUKi rougt N la I ani,Ll 02 DES vieillir, ni me taire, ni m\u2019abstenir de frapper, ni m\u2019ennuyer moi-même avec mes histoires culturelles et culinaires.J\u2019aurais souhaité aussi que tu vieillisses autrement.» Là encore, l\u2019auteur rappelle une de ses obsessions thématiques, un de ses livres prédécents s\u2019intitulant Nous ne vieillirons pas.«Je crois que mon narrateur est surtout surprenant par son incompréhension, explique Patrick Nicol.Il ne comprend pas les codes de la jeunesse.Il a été formé avec la vieille go-gauche et il ne comprend pas la façon de militer des jeunes.J\u2019ai 48 ans et les communistes ne dansaient pas dans la rue ou le métro comme les jeunes engagés d\u2019aujourd\u2019hui qui utilisent en plus l\u2019image, les médias sociaux, la poésie.Mon personnage se retrouve démuni parce que tout à coup sa culture semble inadéquate.» Le Chroniqueur Le roman à coup de marteau frappe sur tout.Les médias reçoivent le plus de coups.Le personnage du Chroniqueur (avec une majuscule) incarne et concentre au pur sirop la connerie de l\u2019intitulé.Le Chroniqueur est une fonction, un idéal type.«Personnellement, j\u2019ai pris conscience de l\u2019importance des commentateurs médiatisés pendant la grève, explique M.Nicol.Pour moi, Richard Martineau, ce n\u2019était qu\u2019un personnage inintéressant qui sévit sur des postes que je ne fréquente pas.Eric Duhaime, c\u2019est un nom que f oublie.Je ne réussis jamais à nommer le maire d\u2019Hunting-don.J\u2019ai été obligé d\u2019admettre l\u2019existence de ces faiseurs d\u2019opinion qui ont vraiment battu des records pendant le conflit.» Dans le texte de Nicolas Langelier aussi, les médias occupent une place centrale.Ils virtualisent le rapport au réel jusqu\u2019à le remplacer.Ils organisent les rapports impériaux et superficiels aux autres.Le 1®*' avril, Nicolas Langelier lit Le Journal de Montréal dans un resto libanais.Il cite la chronique de Joseph Facal et écrit: «Et Martineau, toujours aussi \u2014 argh.» Et c\u2019est tout.La lecture de Marc Aurèle lui offre un contrepoids classique, fournit des conseils pour une existence réussie: «Pendant que tu vis, pendant que tu le peux encore, sois bon.» Les quatre saisons divisent les errances et les questionnements sur l\u2019engagement privé ou public.Après un coup de déprime, en pleine manif, M.Langelier quitte le Québec pour une semaine de plage à Cuba.Quand une vieille flamme lui demande de retenter le coup pour fonder un couple, une famille peut-être, il se laisse immédiatement tenter par une nouvelle amie Facebook.«Le mot média n\u2019a jamais été aussi à propos que maintenant, dit Nicolas Langelier en entrevue.C\u2019est le lien entre nous et tous les événements.Tout passe par là.Répandre des liens sur les médias sociaux devient la forme la plus banale de l\u2019engagement dont on attend encore les effets concrets.» Le journaliste s\u2019avère particulièrement intéressant quand il juge les positions à chaud.En écoutant des heures et des heures de discours au Monument-National, il note «la pensée magique qui continue d\u2019entourer la souveraineté du Québec», la moitié des orateurs proposant l\u2019indépendance à tous les maux : la pollution, les injustices sociales, etc.«Dans les faits, qu\u2019est-ce qu\u2019on fait et qu\u2019est-ce qu\u2019on veut vraiment?demande-t-il.Peut-être que notre époque tourne à vide autour du statu quo.D\u2019où peut-être le paradoxe entre l\u2019effervescence du printemps et le résultat des élections.Mais bon, s\u2019il est trop tôt pour oser faire certains bilans, il n\u2019est pas trop tôt pour témoigner.C\u2019est ce que fai fait: fai essayé de rapporter ce que j\u2019ai vécu, ce que j\u2019ai senti.» C\u2019est reparti.Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 NOVEMBRE 2012 E 5 CULTURE>MÜSI0,ÜE à ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L\u2019album Fox de Karim Ouellet est un genre de croisement bizarroïde allant de Bon Iver à Rihanna.Le petit prince fnté de la pop Karim Ouellet largue de nouvelles bombes accrocheuses PHILIPPE PAPINEAU Karim Ouellet est un animal rare, pratiquement seul sur sa planète musicale au Québec.Artiste en pleine progression depuis son premier disque, Plume, paru en février dernier, le grand guitariste de la capitale est un créateur à la méthode indie, au cœur soul, qui embrasse la pop sans gêne.Son deuxième album, intitulé Fox, révèle encore plus son flair et son unicité à coup de bombes accrocheuses mais jamais putes.C\u2019est qu\u2019il a du talent, Karim Ouellet.On vous a déjà écrit qu\u2019il avait une vieille âme, on pourrait ajouter qu\u2019il a aussi une âme tendre.Avec une voix rassurante et des mélodies puissantes, il réussit à attendrir tout en nous faisant taper du pied.Fox \u2014 un titre en anglais pour un disque tout en français \u2014 possède la force d\u2019une pop commerciale, mais avec la créativité des musiques alternatives.Un genre de croisement bizarroïde entre Bon Iver, Timber Timbre, Vincent Vallières, les Barr Brothers, Outkast, Gnarls Barkley et Rihanna.D\u2019un calme souverain et d\u2019une sagesse étonnante pour un musicien de 27 ans, Karim Ouellet accepte volontiers l\u2019étiquette pop accolée à son deuxième disque, mais nie que lui et son allié musical, Claude Bégin, aient volontairement poussé dans cette direction.Les pièces se sont construites l\u2019une après l\u2019autre en studio, et ce n\u2019est qu\u2019en fin de parcours que le duo s\u2019est rendu compte de cette tendance pour l\u2019hameçon musical.«Mais il y a quelque chose de très indie dans notre façon de procéder, raconte Karim Ouellet.On ne travaille pas la pop comme elle \u201cdevrait\u201d être travaillée.Dans ce que f entends à la radio, il y a un gros calcul derrière tout ça, que je ressens beaucoup.Je pense que je suis allé chercher des éléments qui plaisent, mais tout en les ayant déjà en moi; c'est pour ça que ce n'est pas tellement un effort.» Grand cinéphile \u2014 il cite entre autres David Lynch et Wes Anderson \u2014, Karim Ouellet aime revoir un film une deuxième fois pour observer les détails qui se révèlent quand on connaît déjà l\u2019histoire.Fox est le genre de disque où l\u2019auditeur peut faire le même exercice.«J'aime ça, créer quelque chose où t'as pas tout cuit du premier coup, et qui en redonne à la deuxième, à la troisième, à la quarantième fois.Ça balance le côté très pop, pour que ça ne soit pas trop facile à écouter!» Travailler la plume Sur la pochette de Fox, on voit un dessin de Karim Ouellet à côté d\u2019un renard, un animal chargé de symbole.«Le renard rusé, solitaire, animal de fable, de dessins animés.il a un historique.Par contre, je ne lui donne pas de signification en particulier, ça porte à interprétation à 100%.Mais j'avoue que, quand j'ai reçu la pochette, j'ai fait un lien avec Le Petit Prince, et j'ai glissé une ou deux références dans la pièce Fox.» Il y a d\u2019autres animaux sur le disque \u2014 un loup, un lapin blanc, des vautours, etc.\u2014 mais il y a surtout un garçon qui peine en amour.Karim Ouellet n\u2019a pas de copine, mais il s\u2019est senti bien dans le sujet.«C'est la trame qui me va le mieux, c'est inspirant.Je pars d'un feeling assez réel, mais tout ce que je bâtis est monté de toutes pièces.Je ne raconte aucune histoire vraie là-dessus, ce que j'avais fait sur Plume à quelques reprises.Ça me permet de pousser les images et de les faire concorder avec la musique.» C\u2019est d\u2019ailleurs du côté des textes que Ouellet estime avoir fait le plus grand pas depuis les derniers mois.Si Plume s\u2019est écrit quasiment d\u2019un seul jet.Fox a demandé du boulot.«Y'a des refrains que j'ai écrits et que j'ai barrés.Et si je faisais quelque chose que je trouvais ordinaire, je ne le laissais pas.Ç'a surtout été un travail de moi envers moi-même.» Parions déjà qu\u2019avec Fox \u2014 dont la pièce L'amour joue déjà à la radio commerciale \u2014 Karim Ouellet sera plus que jamais dans un autobus sur la 20 entre Québec et Montréal.Plutôt que de vouloir un succès rapide, le chanteur voit son parcours à long terme.«Je me sens seulement sur le chemin de quelque chose.Tranquillement, de plus en plus, mais je n'ai pas l'impression d'avoir bouclé une boucle.» Le Devoir FOX Karim Ouellet, Abusive Musik.En magasin mardi.D Écouter aussi > L\u2019amour tirée de l\u2019album Eox de Karim Ouellet.ledevoir.com/ culture/musique ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL Présenté par Hydro Québec LE TEMPS DES EÊTESÀ T y\tk À BACH : ORATORIO DE NOËL COLLEGIUM VOCALE GENT (orchestre et chœur) PHILIPPE HERREWEGHE,chef DOROTHEE MIELDS, soprano DAMIEN GUILLON, contre-ténor THOMAS HOBBS,ténor\t] PETER KOOIJ, basse 12 13 19H30\t19H30 I lîiiiii! >4 SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL C \\ yl A\tBillets également .\t.\tdisponibles à la 514 842^9951\tPlace des Arts Partenaires publics Le Collegium Vocale Gerrt est présenté en coproduction avec ¦ Classique : six regards sur les sonates de Beethoven CHRISTOPHE HUSS Le pianiste canadien Stewart Goodyear fait paraître une intégrale des Sonates pour piano de Beethoven, un accomplissement à 34 ans.Mais il n\u2019est pas le seul.Stewart Goodyear est le troisième pianiste canadien à graver une intégrale des 32 sonates de Beethoven.Il a eu pour prédécesseurs Anton Kuerti (Analekta) et Louis Lortie (Chandos).Stewart Goodyear joue ces sonates en concert depuis deux ans et son style frappe par sa personnalité affirmée et sa franchise.A 34 ans, il n\u2019est pas le plus jeune des pianistes à avoir publié une intégrale.En 1970, Daniel Barenboïm (FMI) avait 28 ans.Mais le record est battu aujourd\u2019hui par une Coréenne inconnue de 24 ans, HJ Lim, à laquelle FMI (!) a confié une intégrale (FMI 8 CD 4 64952 2).Mais il y a plus.A l\u2019autre bout du spectre, Decca publie la troisième intégrale de Daniel Barenboïm, 70 ans, et RCA édite le second cycle gravé par le maître de l\u2019école germanique, Rudolf Buchbinder, 66 ans.Pour se coller à cette actualité, FMI et Warner rééditent à bas prix les intégrales précédentes de Barenboïm et de Buchbinder.Au total, six intégrales en deux mois ! Jeunesse Il semble que beaucoup de fées se soient penchées sur le berceau d\u2019HJ Lim, Coréenne sexy, formée en France auprès d\u2019Henri Barda.Son intégrale est réalisée sur un Yamaha CFX dans la salle magique de La Chaux-de-Fonds.La demoiselle joue la rebelle.Ainsi, son intégrale exclut les Sonates n°^ 19 et 20 (des sonatines, rebaptisées sonates).Brendel l\u2019avait fait en concert.Au disque, il n\u2019a jamais osé ! Chez HJ Lim, les sonates sont regroupées selon huit thèmes imaginés par la pianiste et abordés avec une crâne insolence: tempos rapides, rubatos inattendus (étrange Pathétique) mais, partout, des partis pris, très majoritairement passionnants, qui tiennent en haleine.Devant tous ces jeunes artistes qui croient intelligent de singer les vieux, HJ Lim revendique la fougue et l\u2019insolence de son âge.Certes, il faut faire le tri, mais je ne me souviens pas d\u2019une intégrale aussi inattendue, qui m\u2019ait littéralement «scotchée» à ce point, car même si certains paris sont osés, ils ne sont pas gratuits.Dernier point: le disque n\u2019est ici qu\u2019un sous-produit d\u2019une intégrale qui vise en premier lieu le marché du téléchargement; 10$ sur iTunes pour les 30 sonates! A ce prix-là, ça vaut le coup de découvrir la titillante rebelle.Et, avec le bouche à oreille qui s\u2019enclenche, ça marche pour elle ! La bataille de la jeunesse, l\u2019excellent Stewart Goodyear la perd à plates coutures.Car le parti pris est proche \u2014 un Beethoven dégraissé, plutôt lapidaire et vif \u2014, mais la démarche, plus objective, semble neutre et, surtout, minorée par des prises de son à peine professionnelles, mates et sèches, comme si le piano avait été capté dans une pièce de 20 mètres carrés.Aujourd\u2019hui, interpréter ne suffit plus ; il faut accorder parfaitement trois éléments : interprétation, réglage du piano et captation.Maturité Pour ceux qui appréhendent les risques, Barenboïm et Buchbinder représentent des valeurs sûres.C\u2019est peu dire que leurs nouvelles intégrales (Decca et RCA) dépassent leurs premiers essais (FMI, Warner).L\u2019intégrale Decca de Barenboïm est la bande-son de ses vidéos de concert de 2005 (Decca 10 CD 478 3549).Barenboïm, c\u2019est la magie du son d\u2019un grand poète qui a la faculté de faire tout basculer en un instant.C\u2019est une intégrale de complément, dans laquelle le possesseur de «cycles de référence » ira cueillir des atmosphères.On est proche de l\u2019univers de Barenboïm H (DG, 1984), mais avec plus de libertés et une perfection dans la lettre légèrement moindre.De ce point de vue, le coffret Barenboïm I-EMI a un intérêt nettement inférieur.L\u2019atout du coffret Warner des Beethoven très sérieux mais distants de Buchbinder est de regrouper Bagatelles et Variations en plus des sonates.Ces 15 CD représentent une très solide introduction à Beethoven.Contrairement à Barenboïm \u2014 ou Andrâs Schiff \u2014, le Buchbinder mature de la nouvelle intégrale ne relâche pas la bride : il reste plus que jamais classique, énergique et précis, resserrant et densifiant son approche viennoise pince-sans-rire.Cela dit, dans cette intégrale RCA, comme dans l\u2019ancienne, on respecte et on admire plus qu\u2019on adhère et s\u2019enthousiasme, d\u2019autant que, chez lui aussi, la captation de l\u2019instrument est un peu clinique.HJ Lim, dans la jeune génération, et Daniel Barenboïm offrent tous deux un regard différent et passionnant, complémentaire des intégrales de référence: Kovacevich (FMI), Brendel III (Philips) et, pour les enregistrements historiques, Wilhelm Kempff I (DG mono).Le Devoir D Écouter aussi > La Sonate n° 12 de Beethoven par la Coréene HJ Lim.ledevoir.com/culture/musique quatuor,.mülinan Lauréats du 5® Concours international de composition du Quatuor Molinari Micheal Cryne (Royaume-Uni) Prism Jean-Emmanuel Filet (France) Ediacara Jeffrey Peter Koene (Canada-Pays-Bas) .Bioluminescence Diego Lozano-Verduzco (Mexique) Musikphantome Min-Zuo Lu (Chine).The Five Elements Dialogue : Mercredi 28 novembre 2012, 20h Chapelle historique du Bon-Pasteur 100 est, rue Sherbrooke, Montreal Entree libre Concert : Samedi l^^décembre 2012, 20h Conservatoire de musique de Montreal, 4750, avenue Henn-Julien, Montreal Billets 30$, 25$, 10$ (etudiants) T: 514-527-5515 www.quatuormolinari qc.ca Québec*! Conull dK Arts CwudA Courte! CONSERVATOIRE Montreal# ''^IVIER Aurai UkUalK MEMORiA ronuoiiLii Molinari B.Des MOTS SUR MESURE / ¦¦¦ \" ' .¦ Lubo Alexandrov, Lavanya Narasiah et Aditya Verma, Rodrigo Salazar, Katie Moore, Zale Seek et Madeskimo chantent en français accompagnés de Kaba Horo Billets : 10 $ en vente au www.accesculture.com/acitivite/desmots ou à la porte Maison de la culture Ahuntsk-Cartierville I 10 300, rue Lajeunessel \"étage | Métro Henri-Bourassa | Informations: 514 872-8749 tO'Québec appuie fièrement 1OSM !IIBîl4îI A Ahuntsie-Cartierville Montréal E à ia pofitique linguisiitiue Québec HH maison K culture AHUNTSIC CARTIERVILLE E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 NOVEMBRE 2012 IDE VISU Paysages urbains hallucinés PROXIMITES Nicolas Grenier Art Mûr, 5826, rue Saint-Hubert Jusqu\u2019au 22 décembre MARIE-ÈVE CHARRON Depuis quelques années, le travail du jeune peintre Nicolas Grenier a pour thème la ville, des vues d\u2019architecture et d\u2019agglomérations urbaines qui, si elles sont fictives, cherchent à révéler des vérités à propos de la vie en collectivité.Les façons d\u2019occuper le territoire qu\u2019il imagine dans ses peintures ont toujours à voir avec les disparités économiques qui prévalent dans la société d\u2019où il tire d\u2019ailleurs des références concrètes.Les phénomènes de classes sociales, de communautés fermées et d\u2019embourgeoisement de quartiers, tous réels.Grenier les rend particulièrement sensibles dans ses projections urbanistiques.Il en produit des visions exacerbées, voire hallucinées, qui les rendent plus ter-ribles encore, tout en ayant l\u2019audace de les enjoliver, grâce au traitement si singulier qu\u2019il a de la couleur.Sa palette se caractérise par des teintes acidulées et satinées, qui piquent et charment à la fois.Comme le remarque le peintre David Elliot dans l\u2019opuscule publié en 2011 par la galerie Art Mûr à l\u2019occasion de la dernière exposition de Grenier à Montréal, le séjour de l\u2019artiste à Los Angeles \u2014 où, toujours, il vit et travaille à temps partagé avec Montréal \u2014 semble lui avoir ouvert les yeux sur des situations d\u2019injustice et d\u2019écarts de richesse que les pratiques urbanistiques façonnent ou accentuent.La production picturale de l\u2019artiste est sans l\u2019ombre d\u2019un doute habitée par de telles préoccupations qui, de toute évidence, ne sont pas exclusives à la ville de Los Angeles.Les plus récentes œuvres de l\u2019artiste, exposées chez Art Mûr, la galerie qui le re- SOURCE ART MUR Nicolas Grenier, On apprécie la proximité des autres (diptyque), 2012, huile sur toile.présente, continuent sur cette lancée et en confirment la justesse sans toutefois verser dans une formule prédéfinie.On y trouve de grandes toiles arborant des configurations urbaines réglées par des impératifs de cloisonnement, de différenciations sociales ou d\u2019aménagements standardisés.Dans Les mécènes (2012), par exemple, une parcelle du terrain d\u2019une riche demeure est consacrée à un campement de fortune.Les uns, prospères, se donnent, semble-t-il, bonne conscience en en accueillant d\u2019autres, au statut social différent.Critique sociale Cette lecture, qui emprunte à la critique sociale, est encouragée par l\u2019autre tableau de cette œuvre en diptyque.Sur un dégradé de vert, se lit un texte composé du point de vue des fortunés proprié- taires ditsant qu\u2019ils veulent accueillir chez eux des manifestants désireux de faire leur critique, ayant eux-mêmes jadis été de jeunes idéalistes.Un certain cynisme se dégage de cette mise en situation où la classe dominante va jusqu\u2019à gérer la contestation de son existence.D\u2019autres scènes urbaines ou vues d\u2019architecture sont accompagnées de toiles présentant des éléments textuels, cette fois sous forme de schémas qui, entre autres, renvoient de manière plus ou moins directe aux idéologies politiques et à leur positionnement sur un spectre des valeurs.Cette simplification à outrance de la composition sociale se lit sur des fonds déclinant des spectres, ou des chartes, chromatiques, un motif déjà présent dans le travail de l\u2019artiste.Il donne l\u2019impression ici d\u2019ironiser sur la planification urbanistique par le tru- chement d\u2019une codification chromatique qui traduit les relations sociales en collectivité et leur organisation.Le cercle chromatique, c\u2019est aussi une référence scientifique à la couleur et à la lumière, matériau du peintre que Grenier maîtrise avec prouesse alors qu\u2019il produit une imagerie que l\u2019on sent également travaillée par d\u2019autres domaines, comme ceux de la photographie et du traitement numérique, en raison de la présence de flous, de halos et de perspectives variées.En cela, et en regard du propos engagé, Nicolas Grenier montre la pertinence tout actuelle de sa peinture.Collaboratrice Le Devoir Voir aussi > La galerie V photo de l\u2019exposition Proximités sur le site ledevoir.com/culture/ artsvisuels Rencontres et impressions oie voyoges Jean-Pierre Tanguy 4 novembre QU 2 décembre Centre d\u2019exposition de Repentigny, 3, place d\u2019Évry, Repentigny Mercredi et jeudi : 13 h à 17 h et 19 h à 21 h; vendredi à dimanche : 13 h à 17 h www.ville.repentigny.qc.ca/expositions Entrée libre 450 470-3010 451 _BOB ARTS ^pentigny S'épanouir V A surveiller © ARCHITECTURE OPEN EORM L\u2019exposition Protéiforme : architecture paramétrique, en cours depuis jeudi, à la Maison de l\u2019architecture du Québec (181, rue Saint-Antoine Ouest).Jusqu\u2019au 17 février.L\u2019exposition Crash Theory, peintures de Christine Major, à la galerie Donald Browne (372, rue Sainte-Catherine Ouest).Vernissage aujourd\u2019hui, à 16 h.Les travaux de quatre artistes dont John Howard, Prix Borduas 2012, aux galeries Roger Bellemare et Christian Lambert (372, rue Sainte-Catherine Ouest).L\u2019exposition débute aujourd\u2019hui.Jérôme Delgado SERIGRAPHIE D'INTERPRETATION La forêt (2004-2012) R COLLECTION RAYONNEMENT POUR COMMANDER SANS FRAIS 1 866-635-2430 papier@papeteriesaintgilles.com J^apctcrio Sdint^iïki m Partenaire de saison Hydro Québec MUSEE D'ART DE JOLIETTE AUTOMNE 2012 MILUTIN GUBASH LES FAUX-SEMBLANTS DU 28 SEPTEMBRE AU 30 DÉCEMBRE 2012 MOLINARI, SALA, MUNARI mSm Organisée par la Fondation Guido Molinari DU 28 SEPTEMBRE AU 30 DÉCEMBRE 2012 PENELOPE STEWART APIAN SCREEN DU 3 JUIN AU 30 DÉCEMBRE 2012 GROUPE DES 15 Organisée par la MRC de D'Autray DU 2830 SEPTEMBRE AU 30 DÉCEMBRE 2012 145, rue du Pere Wilfnd Corbeil, Joliette (Quebec) J6E 4T4 450 756 0311 I www museejoliette org Ouvert du mardi au dimanche, de 12 h à 17 h.et en soirée les jeudis du 11 octobre au 13 décembre 2012.jusqu\u2019à 20 h Joliette CIIEMA Magasiner sa révolution LE GRAND SOIR Réalisation : Benoît Delépine et Gustave Kervern.Avec Benoît Poelvoorde, Albert Dupontel, Brigitte Fontaine, Areski Bel-khacem, Bouli Banners.Image: Hugues Poulain.Montage: Stéphane Elmadjian.France-Belgique, 2012, 92 min.ANDRÉ LAVOIE Leur cinéma ressemble parfois à une craie frottée violemment sur un tableau noir, une manière comme une autre d\u2019emmerder les bourgeois et les âmes sensibles, et de ravir ceux et celles dont le délinquant intérieur ne sommeille que d\u2019un œil.Ce n\u2019est pas le cas de leurs personnages, toujours prêts pour buter un patron (Louise-Michel) ou jouer les casse-cou sur les routes de France (Mammuth).C\u2019est avec le même esprit irrévérencieux que Benoît Delépine et Gustave Kervern plantent leur caméra au milieu d\u2019un décor qui n\u2019a rien à envier à nos temples du magasinage.Les deux cinéastes pourraient même nous faire croire qu\u2019ils ont tourné à Brossard ou Laval, mais ce n\u2019est pas là que fou pourrait croiser «le plus vieux punk à chien d\u2019Europe» (Benoît Poelvoorde, plus déchaîné que jamais).En effet, ce rebelle anarchique (et anachronique !) ratisse ce paysage dans tous les sens, bien déterminé à faire la morale aux clients et à rompre la quiétude des petites familles.Celui qui se fait appeler Not a tout de même une tête de Turc: son frère Jean-Pierre (Albert Dupontel, toujours aussi intense et dévoué) , pur produit du capitalisme triomphant.mais sur le point de craquer.Et lorsqu\u2019il perd son boulot de vendeur dans un magasin de lits, la déconfiture s\u2019avère totale.Il embrasse alors la cause désespérée de Not, adoptant son style vestimentaire et sa révolte.Tout cela se passe devant les yeux à la fois perplexes et ébahis de leurs parents (la chanteuse extraterrestre Brigitte Fontaine et son vieux complice Areski Belkhacem, un tandem de choc!), propriétaires d\u2019un restaurant toujours vide et dont la spécialité est la.patate.Dans ce monde artificiel où les arbres semblent incongrus et les affiches publicitaires, du grand art.Not et celui qui répond maintenant au nom de Dead décident qu\u2019une révolution est à faire.Les clients qu\u2019ils agressent seront-ils prêts à les suivre?Ceux qui aiment l\u2019esprit corrosif du tandem Kervern-Delé-pine le retrouveront ici intact, presque aussi savoureux que dans Louise-Michel.Non seulement ils le maîtrisent avec un haut degré de dérision, voire de pure méchanceté pas toujours subtile, mais ils y ajoutent des considérations politiques que l\u2019on aurait bien tort de ne pas entendre.Loin d\u2019être une version du Capital pour les nuis.Le grand soir regorge plutôt de moments absurdes qui mettent en relief les travers du consumérisme et la fuite en avant qu\u2019il suppose chez ceux qui le pratiquent avec dévotion.Comme d\u2019habitude chez ces deux disciples de Marx \u2014 Groucho Marx, bien sûr! \u2014, les claques sont généreusement et équitablement distribuées entre les révolutionnaires d\u2019occasion et les masses aliénées.Car ce clan familial improbable, déjanté et décalé, semble davantage guidé par ses impulsions que par une lecture attentive de la réalité, emporté dans un tourbillon d\u2019indignation qui ne le rend guère plus brillant que ceux qu\u2019il souhaite sauver.Au final, dans ce gigantesque décor aussi aseptisé qu\u2019évocateur (de notre démission devant le bon goût, entre autres flèches empoisonnées), Le grand soir invite à la révolution, pourvu qu\u2019elle se fasse en riant.Collaborateur Le Devoir Le grand soir invite à la révolution VERNISSAGE Du 25 nov.au 19 déc.COLLECTIF Sélection 2012 et JACQUES TfflSDEL « Mon Noël à la galerie » (Salon de la galerie) GALERIE Linda Verge 1049, AVENUE DES ÉRABLES QUÉBEC (418) 525-8393 www.galerielindaverge.ca Un s\u2019il vous plaît! 0568 LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 NOVEMBRE 2012 E 7 CULTURE.CINEMA METROPOLE EILMS Christopher Walken: «Leur discipline et leur dévotion [aux musiciens] rejoignent celles de Lacteur.» Christopher Walken, maître de musique Partition émouvante, T Late Quartet s\u2019est doublé d\u2019un exercice d\u2019introspection pour l\u2019acteur américain FRANÇOIS LEVESQUE Dans son plus récent film, A Late Quartet, l\u2019acteur américain Christopher Walken est Peter, un violoncelliste contraint à une retraite anticipée par la maladie.Plus que son état de santé, c\u2019est l\u2019avenir de son quatuor à cordes qui le préoccupe.En effet, l\u2019annonce de son départ agit comme un révélateur au sein du groupe, où couvait une disharmonie latente.Or, alors que se rouvrent de vieilles blessures de cœur et d\u2019orgueil, la musique prévaut.C\u2019est ce qui a touché le comédien.«Je ne suis pas musicien, mais la musique, comme le jeu, implique la performance devant public.Le film montre le quotidien de musiciens professionnels et ce qu\u2019il leur en coûte pour mener cette vie-là.Leur discipline et leur dévotion rejoignent celles de l\u2019acteur.Lorsqu\u2019on joue une pièce de théâtre en soirée, toute la journée est vécue en fonction de cette représentation.Le même principe s\u2019applique à un sportif de compétition.Je trouvais que le scénario rendait bien compte de cette réalité méconnue du public.» Le spectacle d\u2019un artiste qui en joue un autre, réel ou fictif, revêt toujours une dimension particulière.Personnage inventé mais ô combien crédible, Peter est un grand artiste.L\u2019est également Christopher Walken, acteur atypique pourvu d\u2019une gueule singu- lière et d\u2019un débit de voix non moins unique.Hanté par des visions du passé {The Deer Hunter \u2014 Oscar à la clé) ou du futur {The Dead Zone), parrain impitoyable {True Romance) , bandit à cravate {Batman Returns) ou escroc à la petite semaine {Seven Psychopaths), ange déchu {The Prophecy) ou bon Dieu en goguette {Click), père manquant {Catch Me If You Can), craquant {Hairspray) ou impénitent {5$ A Day) : une fois qu\u2019on l\u2019a vu dans un rôle, impossible d\u2019imaginer un autre que lui pour l\u2019interpréter.A Late Quartet offre certes au comédien une partition émouvante, mais pour l\u2019homme, ce fut également l\u2019occasion de méditer sur le chemin parcouru tout en envisageant la suite.Le rôle de Peter commandait cette réflexion.En cela, pour modeste qu\u2019il soit, le film est à marquer d\u2019une pierre blanche dans la carrière de Christopher Walken, lui qui ralentit à peine la cadence après avoir tourné en moyenne quatre longs métrages par année depuis quinze ans.«Peter est forcé d\u2019arrêter la musique, d\u2019arrêter de se produire en public.C\u2019est ma hantise.A ce chapitre, mon anecdote du métier favorite concerne le vénérable sir John Gielgud.Pour souligner ses 96 ans, ses amis voulurent lui organiser une fête.Il refusa en leur expliquant qu\u2019il serait en tournage à ce moment-là.» De fait, peu d\u2019acteurs optent pour la re- traite de bon gré.Pour des exceptions notables comme Greta Garbo et Gene Hackman, combien d\u2019Ernest Borgnine, d\u2019Anne Bancroft et de Laurence Olivier qui travaillent jusqu\u2019à leur dernier souffle?«J\u2019ai débuté sur les planches tout gamin et je n\u2019ai jamais ar- rêté, rappelle Christopher Walken.J\u2019entends continuer ainsi.» C\u2019est la grâce qu\u2019on lui souhaite, pour notre bénéfice à tous.A Late Quartet prend l\u2019affiche le 30 novembre.Collaborateur Le Devoir Je vous ai vue, Marie IA VIERGE, LES COPTES ET MOI Réalisation: Namir Abdel Messeh.Scénario : Namir Abdel Messeeh, Nathalie Najem, Anne Paschetta.Image: Nicolas Du-chêne.Montage: Sébastien De Sainte.Musique: Vincent Segal.France, 2011, 91 min.ANDRÉ LAVOIE Tout a débuté par une improbable apparition de la Vierge quelque part en Egypte, phénomène capté par une caméra vidéo et visionné par la famille de Namir Abdel Messeh.Certains l\u2019ont vue, d\u2019autres pas ; l\u2019incident a convaincu le jeune cinéaste français d\u2019origine égyptienne d\u2019entreprendre une enquête, devenue une quête (de sens et de ses racines), pour se terminer en fiction délirante reconstituant le retour spectaculaire de la mère de Jésus daps un petit village de la Haute-Egypte.La Vierge, les Coptes et moi : le titre donne une bonne idée du caractère hybride, et décousu, de cette plongée au cœur des religions chrétienne (pratiquée par les Coptes au pays des pharaons) et musulmane, puisque le Coran s\u2019intéresse aussi à ce personnage.C\u2019est d\u2019ailleurs cette dualité que scrute le cinéaste en retournant dans son pays d\u2019origine, nous expliquant qu\u2019il avait longtemps refusé d\u2019y remettre les pieds, bien campé dans son athéisme.Ce qui semble au départ une recherche sociohistorique, entre autres sur l\u2019utilisation politique de ces apparitions au Içndemain de la défaite de l\u2019Egypte face à Israël lors de la guerre des Six Jours en 1967 (une piste fascinante peu explorée), bifurque sur les tensions communautaires de deux groupes autrefois alliés.Le cinéaste prend la mesure du gouffre qui maintenant les sépare, mais aussi d\u2019une culture qui les unit toujours.D\u2019autres fossés d\u2019incompréhension pimentent les pérégrinations de celui qui fut d\u2019abord inspiré par la foi de sa mère pour entreprendre ce voyage en forme de pèlerinage.L\u2019ombre de cette femme, à la fois maternelle et dominatrice, plane sur ce film aussi inclassable que brouillon, dispersé dans son propos mais toujours porté par un humour rassem-bleur, aussi potache soit-il.Le cinéaste ne partage pas les croyances de ses personnages, mais il ne se place jamais au-dessus de la mêlée.C\u2019est l\u2019affaire de la Vierge.Collaborateur Le Devoir t J,\t\u2022 -\t1\t> ¦***»««\t\u2022 Jt FILMS AMÉRIQUE Une plongée au cœur des religions chrétienne et musulmane.a\" présente Hydro Québec PROMUSICA La musique dans toute son intimité \\.E CHOEUR NATIONAL DE TAIWAN 40 voix dirigé par Agnes Grossman iRUCKNER, SCHUMANN, BRAHMS ù FOLKLORE DE TAIWAI 26 novembre 2012 - 20h STEPHEN HOUGR Piano CHOPIN, SCHUMANN, BRAHMS & HOUGH 3 décembre 2012 - 20h Deux concerts présentés à la MAISON SYMPHONIQUE WWW.PROMUSICA.QC.CA 51H,8H5,0532 / concerts@promusica , QC, CA VIVAAOCE Peter Schubert, directeur artistique Un cadeau de Noël musical Un bas de Noël rempli de motets et de chants de Noëls! Œuvres de Palestrina, Victoria, Praetorius, Poulenc, Peter Schubert, François-Hugues Leclair Le samedi 8 décembre à 19 h 30 Salle de concert Redpath 3461, rue McTavish -514 398-4547 vivavoce-montreatcom ESPACE MUSIQUE 100,7^ DIFFUSEUR OFFICIEL WLSv'- \u2022(rtUMlTM lEDEVOIR «9 Conseil des Arts du Canada SS © ©laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 y Desjardins ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN YANNICK NËZET-SÉGUIN I Desjardins PARTENAIRE EN TITRE r\tN appaSSianata ORCHESTRE DE CHAMBRE Daniel Myssyk, direction artistique _y^épart à l\u2019aube 27 novembre 2012 La symphonie « Le matin » de Haydn et la Symphonie n° 1 de Beethoven en collaboration avec la Fondation Père Lindsay SaUe Pierre-Mercure, 20 h Billets et injos : passionmusique.ca / 514 388.5876 CHEF YANNICK NEZET-SEGUIN MAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL Bach et les romantiques MAHLER 7 décembre 2012,19 h 30 SOPRANO SUZIE LEBLANC Sérénades tchèques Le nouveau disque d\u2019Appassionata : Œuvres romantiques de Dvorak et Suk En vente en magasin et en ligne ! J Fondation PèreLîndsay LE DEVOIR < Fluidité, drame, conviction dans le jeu : un beau coup de cœur ! » MÉDIUM LARGE, RADIO-CANADA « Totalement recommandable » EDGAR FRUITIER - SAMEDI ET RIEN DAUTRE BRUCKNER 8 décembre 2012,19 h 30 FLÛTE MARIE-ANDRÉE BENNY orchestremetropolitain.com 514598-0870 Québec b llîtegf\tMontréal @\tLE DEVOIR laplacedesarts.com 514 842 2112 / 1 866 842 2112 E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 NOVEMBRE 2012 SCINEMA LA VIERGE, LES COPTES ET MOI ,;i \\\tUN FILM DE NAMIR ABDEL MESSEEH PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE! |A| ~ rCINÉMA BEAUBIEN L\u201dl |2398.BeauMBnE, 514-721-eOMl JL EXC3NTRIS 514 847-2206 ?CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINEMAS Tautou de plomb et de feu L\u2019actrice incarne une Thérèse Desqueyroux lucide et orgueilleuse dans le film-testament de Claude Miller MARTIN BILODEAU Comme critique, il arrive qu\u2019on se trompe sur les films.Plus grave encore, il arrive que, comme journaliste, on se trompe sur les gens.Un entretien en 2008 avec Audrey Tautou m\u2019avait laissé avec l\u2019impression d\u2019une actrice blasée, hostile à l\u2019exercice promotionnel, à qui il faut arracher les mots de la bouche.Quatre ans plus tard, l\u2019actrice rencontrée durant le Festival international du film de Toronto semble avoir fait volte-face.Ses entrevues, elle les donne désormais sans chrono, au feeling.Rien à moitié, c\u2019est Tautou tout entière qui pendant près de 40 minutes m\u2019a parlé en tête-à-tête du «bizness» qui a pris le dessus dans le monde du cinéma, à la lumière d\u2019un sublime contre-exemple : Thérèse Desqueyroux, dans lequel elle a joué sous la direction de Claude Miller, décédé durant la post-production du film et au nom de qui elle le défend sur toutes les tribunes.Par amitié, par envie, par devoir aussi.«Porter le film de Claude sans lui représente pour moi un défi supplémentaire, me dit-elle, la voix étranglée par l\u2019émotion.Il nous a fait un si beau cadeau avec ce film.Je voudrais me montrer à la hauteur.Lorsqu\u2019on travaille avec un metteur en scène, on se protège, on se cache un peu derrière lui.C\u2019est son film après tout.Mais aujourd\u2019hui, il n\u2019est pas là pour le présenter.Et quand on sait l\u2019inquiétude qui l\u2019habitait en se demandant ce que les gens allaient en penser, ça fout la trouille.Et on a doublement envie que les gens aillent le voir.» Le roman Thérèse Desqueyroux, paru en 1927 et dont l\u2019action est campée dans la région d\u2019Aquitaine, avait déjà fait l\u2019objet en 1962 d\u2019une adaptation au cinéma par Georges Franju, avec Emmanuelle Riva dans le rôle-titre.Audrey Tautou, 36 ans, ne connaissait ni l\u2019un ni l\u2019autre lorsque Claude Miller lui a offert, d\u2019abord le livre, puis le rôle.«L\u2019idée de jouer une criminelle m\u2019a plu tout de ANNE-CHRISTINE POUJOULAT AGENCE ERANCE-PRESSE Ses entrevues, Audrey Tautou les donne désormais sans chrono, au feeling, quatre ans après nous avoir laissé la fausse impression d\u2019une actrice blasée, hostile à l\u2019exercice promotionnel.Je pense que le public d\u2019il y a vingt ans était plus curieux et avide.Cela dit, je déteste les gens qui disent que le passé était mieux, yy Audrey Tautou au sujet de la culture populaire suite, explique l\u2019éternelle Amélie Poulain, parce que ça me permettait d\u2019aller vers des émotions plus tragiques.» Les monstres, c\u2019est les autres Fille de riches propriétaires terriens, Thérèse accepte sans état d\u2019âme d\u2019être donnée en mariage à Bernard Desqueyroux (Gilles Lellouche) , fils héritier d\u2019une famille voisine.Mais l\u2019histoire d\u2019amour de sa belle-sœur Anne (Anaïs De-moustier) avec un bel étranger la plonge dans un abîme de doutes et de regrets qui l\u2019amènent à mépriser la société qui l\u2019a enfermée dans un mariage de conventions, éventuellement à empoisonner son mari à petites doses, sans vraiment l\u2019avoir prémédité.«Je pense que le monstre, ce n\u2019est pas elle.Ce sont les autres.Mais faime le fait que, dans le film, il n\u2019y a pas un parti pris évident qui s\u2019opère», précise Audrey Tautou.L\u2019actrice n\u2019a pas voulu chercher ses indications de jeu dans le roman de François Mauriac, préférant suivre Miller dans le dédale de son interprétation.D\u2019ailleurs, dit-elle, «il serait vain de vouloir proposer une vision du personnage qui soit conforme à l\u2019imaginaire de tout un chacun ».Chacun sa Thérèse, en somme, forte ou frigide, bourreau ou victime.Celle de Tautou porte une armure de plomb qui fond sous l\u2019effet d\u2019un feu intérieur qui gagne en intensité au fur et à mesure que le récit avance.Mais Thérèse possède un avantage sur tous les autres personnages : elle est lucide, intelligente, vive, capable de recul.«Lorsque nous avons tourné la scène où elle rentre à la maison après le jugement de non-lieu [Thérèse a été accusée de tentative de meurtre], j\u2019ai demandé à Claude: \u201cEst-ce qu\u2019elle a honte?Eprouve-t-elle de la culpabilité?\u201d Il m\u2019a répondu: \u201cPas du tout.Elle a l\u2019orgueil.Pas de pitié pour les imbéciles.\u201d» Et Tautou de défendre le caractère de son personnage: «Pour Thérèse, il n\u2019est pas question d\u2019amour.Il est question de liberté.Ce n\u2019est pas un personnage désespéré, ce n\u2019est pas non plus une rebelle.Elle est obéissante, et c\u2019est ce qui me bouleverse chez elle.» Audrey Tautou a goûté la démesure des plateaux américains en jouant l\u2019héroïne de Da Vinci Code au côté de Torn Hanks.Aussitôt, on lui a prédit une carrière hollywoodienne dont elle n\u2019a pas voulu.Un peu par manque d\u2019ambition, de son propre aveu.Surtout par envie de rester en France et de défendre un cinéma qui n\u2019est pas formaté et aseptisé.«Amélie Poulain m\u2019a donné une liberté de choix et fai préféré proposer aux étrangers des films français.C\u2019est quelque chose dont je suis très fière.Le film de Miller, par exemple, n\u2019est pas un divertissement pop-corn.Il n\u2019aura sans doute pas le succès li\u2019Amélie, mais je vais faire tout mon possible pour le proposer aux gens, parce que c\u2019est un film de cinéma comme je les aime, c\u2019est-à-dire un film qui laisse quelque chose en nous.» Mais en France aussi, le fossé s\u2019est creusé entre le cinéma d\u2019auteur et celui dit commercial.Thérèse Desqueyroux n\u2019a pas été facile à monter.Même avec Claude Miller à la barre.Même avec Audrey Tautou en tête d\u2019affiche.François Mauriac?On n\u2019en parle même pas.De l\u2019avis de Tautou, la culture populaire nous formate pour qu\u2019on mange ce qu\u2019il y a dans notre assiette.«Je pense que le public d\u2019il y a vingt ans était plus curieux et avide.Cela dit, je déteste les gens qui disent que le passé était mieux.En même temps, je dois reconnaître que la culture du \u201cbizness\u201d a pris une grande importance.[.] C\u2019est difficile aujourd\u2019hui pour des metteurs en scène de pouvoir faire des films ambitieux.» Claude Miller était jusqu\u2019à tout récemment un cinéaste d\u2019aujourd\u2019hui.11 est allé rejoindre les cinéastes d\u2019hier.Et avec lui s\u2019envole un savoir-faire dans la rigueur de la simplicité et, surtout, un savoir-vivre le cinéma qui coulait de source entre la tête et le cœur.Thérèse Desqueyroux, opus miracle d\u2019un cinéaste en plein combat contre le cancer, prend ainsi valeur d\u2019œuvre de résistance.Collaborateur Le Devoir Droit au cœur MA VIE REELLE Réalisation : Magnus Isacsson.Image: Martin Duckworth.Montage: Annie Jean.90 min.ODILE TREMBLAY C EILMS DU 3 MARS Ma vie réelle a été primé aux Rencontoes internationales du documentaire de Montréal par le Grand Prix de la compétition nationale.ouronné aux dernières ' Rencontres internationales du documentaire de Montréal par le Grand Prix de la compétition nationale.Ma vie réelle, ultime documentaire du Montréalais Magnus Isacsson, cinéaste de tous les engagements disparu en août dernier, va droit au cœur.Le film témoigne aussi de la méthode du cinéaste, qui privilégiait la lente approche des êtres qu\u2019il filme souvent sur plusieurs années.Voulant au départ réaliser un documentaire sur des jeunes décrocheurs de Montréal-Nord, il a bientôt bifurqué vers de simples portraits de quatre jeunes gens que la vie a malme-nés, désormais en quête de leur lumière.Le regard de Magnus Isacsson, sans jugement mais avec une empathie manifeste, rend toute l\u2019humanité de ses héros ordinaires en brossant en arrière-plan ce quartier de Montréal-Nord oû toutes les misères se croisent, mais aussi les espoirs.Souvent intimidés à l\u2019école, parfois trimballés d\u2019un foyer d\u2019accueil à l\u2019autre, après des parcours de drogue, certains sont sauvés par le hip-hop qui leur donne un moyen d\u2019expression, mais leur vie est marquée dès le départ au fer rouge.11 faut voir le jeune Alexandre se EXC3NTRIS ?«A la fois drôle, amer, féroce et stimulant.» Nicolas Marcadé, Les Fiches du cinéma BENOIT POELVOORDE ALBERT DUPONTEL LE GRAND SOIR UN FILM DE BENOIT DELÉPINE ET GUSTAVE KERVERN Ec BRIGITTE FONTAINE ARESKI BELKACBM SERGE LARIVIERE IEC U ptRTiciPtTiw DE BOULI LANNERS\t^ www.funfilm.ca g PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE! 1\u2014EXC3NTRIS\u2014iri I 514 847-2206\t||s -EXC3NTRIS- 514 847-2206 CINÉMA\tI LE CLAP I CINÉMA BEAUBIEN] - E.514-721-e060| MA VIE REELLE MAGNUS ISACSSON, 90 MIN, V.O.FRANÇAISE 13H30,15H45,19H15 sÇupesoup UN NOUVEAU COMPTOIR SOUPESOUP À EXCENTRIS TOUS LES JOURS! BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OQ CINEMAEXCENTRIS.COM ET AUSSI A L\u2019AFFICHE: CHASSEURS DE FRUITS YUNG CHANG LA VIERGE, LES COPTES ET MOI NAMIR ABDEL MESSEEH\tH'»i LE GRAND SOIR\tEN ATTENTE BENOIT DELÉPINE ET GUSTAVE KERVERN\t TOUT CE QUE TU POSSÈDES BERNARDEMOND\t05] SAMSARA RON FRICKE\t05] LE TORRENT SIMON LAVOIE\t^^9 A DBCOMBLLB I ¦ n fWI AMJEUMES ^\t¦ T\tENmrra 1 CINÉ-KID:CAPELITO DIMANCHE 11H À PARTIR DE 2 ANS\t mettre en quête de sa mère toxicomane et la retrouver pour le pire, mais aller de l\u2019avant tout de même.On suit aussi Michael, d\u2019origine haïtienne, qui passe ses fins de semaine en prison mais continue à veiller sur son frère.Danny, lui, parvient après plusieurs tentatives à s\u2019installer en appartement et veut retourner à l\u2019école.Miker- son se lance dans la musique avec l\u2019aide du travailleur communautaire Don Karnage.On voit les personnages, blessés, émouvants, évoluer, car ils ont oublié la caméra en adoptant Magnus Isacsson, qui rend leur blues avec un doigté remarquable.Le Devoir Le plus bouleversant des films de Bernard Emond Superbe Patrick Drolet I » - Marc-André Lussier, La Presse ?- Maxime Demers, Journal de Montréal PATRICK DROI] ISABELLE VIN^ Prix Communications et Société 2012 toronto international n m festivar WILUAFERIAND-TANGUAY G ENT-sBERNARD'EMOND^BERNAi LES RENAUD ETTE PAYEUR V CE TU PO S CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS I ToutCeQueTuPossedes.com PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE ! 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