Le devoir, 29 novembre 2012, Cahier A
[" Michel David et la progression du bilinguisme Page A 3 fA David Desjardins et la frénésie du Black Friday Page A 7 www.ledevoir.corn ^ LE DEVOIR Vol.C I I I N» 2 7 3 LE DEVOIR, LE JEUDI 29 NOVEMBRE 2012 1,09 $ + TAXES = 1,25 $ L\u2019ex-président de SNC-Lavalin accusé de fraude Le Centre universitaire de santé McGill trouve « troublantes » les accusations contre Pierre Duhaime FRANÇOIS DESJARDINS II y a un an, Pierre Duhaime s\u2019interrogeait à vok haute sur la crédibilité du rapport Du-chesneau.Aux journalistes venus l\u2019entendre donner un discours au Cercle canadien de Montréal, il signalait alors que Québec avait mis en place des mesures qui commençaient à «donner des résultats» et qu\u2019une commission d\u2019enquête sur l\u2019industrie de la construction lui semblait superflue.L\u2019ex-président de SNC-Lavalin, joueur étoile du génie-conseil ici comme ailleurs, se trouve maintenant lui-même dans la mire des enquêteurs et les prochains moi^ s\u2019annoncent éprouvants.A 10 h 45 hier matin, l\u2019Unité permanente anticorruption GJPAC) s\u2019est rendue à sa résidence de l\u2019ouest de Pile de Montréal et l\u2019a arrêté pour des gestes qu\u2019il aurait commis à l\u2019endroit du Centre universitaire de santé McGill (CUSl'^.Le mandat d\u2019arrestation comporte trois chefs d\u2019accusation : complot pour fraude, fraude et usage de faux documents.Les deux premiers font spécifiquement mention du CUSM \u2014 un projet de 1,3 milliard présentement en chantier \u2014 et portent sur la période allant du 30 avril 2009 au 31 août 2011.Le troisième porte sur un document présumément contrefait, daté du l®\u2018^mai 2009, qui a été passé entre SNC-Lava-lin International et une société nommée Sierra Asset Management Inc.Après son arrestation, il devait être interrogé puis relâché sous promesse de comparaître, a indiqué une porte-parole de l\u2019UPAC.Dans l\u2019attente d\u2019une réaction Lorsque Le Devoir a tenté de joindre M.Duhaime à sa résidence, quatre heures après le passage de l\u2019UPAC, l\u2019appel a été pris par une VOIR PAGE A 8 : FRAUDE Lire aussi > L\u2019éditoriai de Jean-Robert Sansfaçon : Sale affaire (bis).Page A 6 Pierre Duhaime L\u2019autre retour du grand Leonard Cohen JACQUES NADEAU LE DEVOIR On Ta bien eu quelques soirs en 2008 à la salle Wilfrid-Pelletier, mais c\u2019était trop peu après 15 ans d\u2019absence : le Centre Bell était donc bien complet mercredi soir pour le deuxième grand retour de Leonard Cohen à Montréal.Notre journaliste Guillaume Bourgault-Côté raconte le spectacle sur notre site, ledevoir.com.Commission Charbonneau Ingénieurs, entrepreneurs, fonctionnaires et élus livrés en pâture KATHLEEN LÉVESQUE Avant d\u2019ajourner pour deux mois, la commission Charbonneau a lancé mercredi en pâture une liste de noms d\u2019entrepreneurs, d\u2019ingénieurs, de fonctionnaires et d\u2019élus sans offrir d\u2019interprétation pour ses multiples rencontres derrière les portes closes d\u2019un club privé.Le procureur de la commission, M® Denis Gallant a avancé qu\u2019il y avait un lien clair entre le monde de la construction et le financement des partis politiques, mais l\u2019analyse s\u2019est,arrêtée là.L\u2019enquêteur de la commission, Erick Roy, n\u2019a donné aucune indication de cet ordre, limitant son témoignage à une lecture, page après page, d\u2019un tableau chronologique des allées et venues de personnes que la commission Charbonneau a dans la mire.Contre-interrogé par l\u2019avocat du Parti libéral du Québec (PLQ), M® Michel Décary, M.Roy a admis que rien dans la liste déposée ne permettait de savoir quels étaient la teneur des discussions et l\u2019objectif des différents convives d\u2019être ensemble.M® Décary a posé essentiellement ses ques- VOIR PAGE A 8 : CHARBONNEAU Lire aussi > L\u2019éditoriai de Josée Boiieau : La liste.Page A 6 Club 357C : les révélations dérangent.Québec solidaire veut une «enquête rapide».Page A 4 Il y a 40 ans, Pong ouvrait la porte aux jeux vidéo Ça ne rajeunit pas ceux qui s\u2019y sont frottés et ça va certainement amuser les autres.Aujourd\u2019hui même, le premier jeu vidéo dans l\u2019histoire de l\u2019humanité célèbre ses 40 ans d\u2019existence : Pong, c\u2019est son nom, a fait entrer dans l\u2019univers du divertissement numérique toute une génération avec ses deux barres blanches en mouvement, son compteur numérique et ses deux petits sons binaires qui, à l\u2019époque, exprimaient la modernité.FABIEN DEGUISE CJ est l\u2019ancêtre des ancêtres, le tout premier, rarrière-arrière-grand-père d\u2019An-gry Birds, de Zelda, de Burger Time, de Donkey Kong, de Mario Bros et des autres.Le 29 novembre 1972, la compagnie Atari lance sur le marché une étrangeté dans l\u2019époque : c\u2019est une borne de jeux vidéo conçue pour les arcades, ces salles bruyantes où la jeunesse vient alors nour- VOIR PAGE A 8 : PONG ARCHIVES LE DEVOIR Le 29 novembre 1972, Atari lançait Pong, l\u2019arrière-arrière-grand-père de Mario Bros.Breton conserve la confiance de Marois Malgré toutes les taches apparues à son dossier, le ministre de l\u2019Environnement ne démissionnera pas JESSICA NADEAU KARL RETTINO-PARAZELLI Malgré les nombreuses condamnations mises en lumière par les médias mercredi, le ministre de l\u2019Environnement Daniel Breton ne démissionnera pas, assure le bureau de Pauline Marois, qui minimise la portée de ces révélations.«Non, il n\u2019est pas question qu\u2019il démissionne, répond Shirley Bishops, directrice des communications au gouvernement Marois.Il n\u2019a rien fait de criminel et il s\u2019est engagé à rembourser tout ce qu\u2019il doit.[.] Il conserve toute la confiance de la première ministre.» Le passé,de Daniel Breton est venu le hanter mercredi.A quelques minutes d\u2019intervalles, le réseau TVA et La Presse ont dévoilé plusieurs taches apparues à son dossier au cours des 25 dernières années : deux expulsions de logement pour cause de loyers non payés, des cas de fraudes à l\u2019assurance-emploi, plusieurs contraventions pour excès de vitesse et la suspension de son permis de conduire.De nombreuses informations compromettantes au sujet du député de Sainte-Marie\u2014 Saint-Jacques ont été trouvées dans le plumitif \u2014 un registre qui répertorie les procédures judiciaires et les décisions rendues par les tribunaux \u2014 et dans des «documents administratifs».Selon La Presse, Daniel Breton a été trouvé coupable en septembre 1988 sous trois chefs d\u2019accusation pour des infractions à la Loi sur l\u2019assurance-emploi, ce qui lui a valu 300 $ d\u2019amende.Il a également été condamné à payer 400$ en 2007 lorsque poursuivi par le sous-mi- VOIR PAGE A 8 : BRETON Aujourd\u2019hui Politique > La Palestine à TONU : Ottawa se dit «extrêmement déçu».Page A 3 Actualités > Restauration des sites miniers: Québec paierait seul la facture.Page A 2 Éducation > Le piège de l\u2019assurance qualité.Comment s\u2019assurer que les universités sont dans le droit chemin.Page A 5 Jean Dion > Maux de ventre.De l\u2019utilisation du belly putter.Page B 6 Avis légaux.Décès.Météo.Mots croisés Petites annonces.Sudoku .B3 B4 B6 B6 B4 B3 77831302832448 A 2 LE DEVOIR, LE JEUDI 29 NOVEMBRE 2012 ACTUALITES Un bureau indépendant enquêtera sur les bavures policières ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, présentera jeudi un projet de loi pour créer un bureau d\u2019enquêtes pour traiter les plaintes relatives aux bavures policières, une «police de la police» indépendante des corps policiers.lA projet de loi, qui modifie la Loi sur la police, crée le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), qui sera composé de civils et dirigé par eux tandis qu\u2019il comprendra également des enquêteurs d\u2019expérience, comme s\u2019y était engagée la première ministre Pauline Marois dans son discours d\u2019ouverture prononcé le 31 octobre dernier.Ce bureau se chargera des enquêtes, ordonnées par le ministre, sur la conduite des policiers.Il remplacera la procédure actuelle qui veut qu\u2019un corps policier différent de celui dont sont issus les policiers mis en cause enquête sur les bavures policières.Le BEI s\u2019inspirera de l\u2019Unité des enquêtes spéciales (UES) qui a été mise sur pied en 1990 en Ontario.En 2010-2011, rUES s\u2019est penchée sur 291 incidents liés au travail des policiers et causant des décès et blessures.Parmi ces incidents, 12 ont donné lieu à des accusations criminelles.En octobre dernier, Stéphane Bergeron avait affirmé que le gouvernement Marois remplirait rapidement cet engagement électoral du Parti québé- cois.Le modèle actuel, dirigé par les policiers, fut notamment critiqué par la Protectrice du citoyen et la Commission des droits de la personne et de la jeunesse en raison de l\u2019apparence de conflit d\u2019intérêts.Le projet de loi ne sera étudié qu\u2019au printemps.Il pourrait être adopté lors de la prochaine session puisque la Coalition avenir Québec a déjà signifié son accord de principe à la création d\u2019un tel bureau indépendant des forces policières.Du côté du Parti libéral, on insiste pour que des policiers chevronnés fassent partie de cette unité.Le porte-parole libéral en matière de police, Robert Poeti, lui-même un ancien membre de la Sûreté du Québec, avait exprimé de sérieuses réserves sur le modèle ontarien, faisant valoir que, pour faire des enquêtes criminelles, il fallait être agent de la paix.Selon lui, les civils n\u2019ont pas cette compétence.En décembre 2011, le gouvernement Charest avait déposé le projet de loi n° 46 qui crée le Bureau civil de surveillance des enquêtes indépendantes qui aurait supervisé les enquêtes, toujours faites par des policiers, sur les incidents mettant en cause des policiers.La protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, avait jugé que ce projet de loi consacrait «des pratiques qui sont au cœur du manque de confiance exprimé par les citoyens».Le Devoir Six ans de prison pour un fraudeur Un ancien fonctionnaire de la ViUe de Montréal, reconnu coupable d\u2019une fraude de 4,6 millions de dollars, a écopé d\u2019une sentence de six ans de prison mercredi.Gilles Parent qui occupait la fonction de chef de projet de la Direction des systèmes d\u2019information à la Ville, avait récemment plaidé coupable aux accusations portées contre lui.M.Parent avait mis au point un stratagème élaboré pour frauder la Vüle, car il s\u2019estimait sous-payé par son employeur.Qualifiant de sévère la sentence imposée par le juge Pierre Labelle, l\u2019avocat de M.Parent, Philip Schneider, a indiqué au Devoir que son client pourrait interjeter appel.Le Devoir OGILVY monsieur % 25 sur une sélection de marchandises AUTOMNE-HIVER de rabais H.- % m DAVID BOILY AGENCE ERANCE PRESSE Des travaux de décontamination peuvent être nécessaires après des années d\u2019exploitation minière.RESTAURATION DE SITES MINIERS Québec paierait seul la facture ALEXANDRE SHIELDS Même s\u2019il avait vertement critiqué la décision du gouvernement Charest de faire payer les contribuables pour la restauration des sites miniers abandonnés au Québec lorsqu\u2019il était dans l\u2019opposition, le Parti québécois ne sait toujours pas ce qu\u2019il entend faire de cette facture, qui pourrait atteindre 1,25 milliard de dollars.Le gouvernement Marois n\u2019a rien inscrit à ce sujet dans son premier budget et il suit pour le moment la même voie que les libéraux.Au fil des décennies, les minières qui ont exploré le sous-sol québécois et ont exploité ses ressources non renouvelables ont laissé derrière elles un total de 679 sites nécessitant des travaux de restauration pour en limiter les impacts environnementaux.De ce nombre, on compte 181 sites d\u2019exploitation, dont au moins une cinquantaine a besoin de travaux de décontamination qualifiés de «majeurs» par Québec.Dans certains cas, des métaux lourds doivent être récupérés, notamment pour éviter davantage de «migration de la pollution».Bien souvent, de l\u2019équipement a été laissé à l\u2019abandon.ou encore des camps miniers entiers.Or, ces travaux de réhabilitation coûtent cher, notamment parce que plusieurs sites se trouvent en territoire éloigné.La facture préliminaire a d\u2019ailleurs explosé au cours des dernières années, passant de 264 millions en 2008 à 891,6 millions en 2011.Mais une évaluation présentée l\u2019hiver dernier par le ministère des Ressources naturelles et La facture préliminaire a explosé, passant de 264 millions en 2008 à 891,6 millions en 2011 de la Eaune faisait plutôt état d\u2019un montant de 1,25 milliard.Il est toutefois impossible, encore aujourd\u2019hui, d\u2019obtenir une liste précise des sites à traiter et de l\u2019évaluation des coûts pour chacun d\u2019eux.Le gouvernement Charest a refusé de mettre les minières à contribution pour acquitter une partie de la facture.«C\u2019est sûr que ce sont les Québécois qui vont payer.Ce ne seront pas les Martiens qui vont payer, ce sont les Québécois», a déjà affirmé l\u2019ancien ministre délégué aux Ressources naturelles et à la Eaune, Serge Simard, dans le cadre de la Commission parlementaire qui étudiait la réforme de la Loi sur les mines.En plus de dénoncer la décision des libéraux, l\u2019opposition péquiste réclamait la mise en place d\u2019un mécanisme pour obtenir une participation des minières.Selon Martine Ouellet, qui était alors porte-parole péquiste en matière de mines et de gaz de schiste, l\u2019idée était avant tout de tenir compte du «principe» selon lequel il ne faut pas refiler aux Québécois la totalité de la facture.Or, maintenant qu\u2019il est au pouvoir, le Parti québécois n\u2019a toujours rien annoncé en ce qui a trait aux moyens qui seront pris pour régler la question de l\u2019héritage toxique laissé par les minières au fil des décennies.Rien n\u2019est précisé dans le budget déposé il y a deux semaines.Tout au plus, le gouvernement promet d\u2019investir 20 millions par année dans le Eonds des ressources naturelles pour une série de mesures, dont le développement de techniques de «restauration de sites miniers».Le Devoir a tenté pendant une semaine d\u2019obtenir des pré- cisions de la part du gouvernement péquiste.Mercredi, l\u2019attachée de presse de Martine Ouellet a finalement indiqué que le ministère des Ressources naturelles «étudie le dossier» et que celui-ci «préoccupe particulièrement» la ministre.Elle n\u2019a pas précisé si la question pourrait faire partie d\u2019une éventuelle réforme de la Loi sur les mines.«On veut prendre le temps de bien le faire», a-t-elle souligné.Chose certaine, les investissements nécessaires pour mener à bien la restauration des dizaines de sites contaminés sont actuellement très loin du compte, révèlent des informations obtenues par Le Devoir en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.Les données du,ministère des Einances et de l\u2019Économie indiquent en effet que le gouvernement Charest y a injecté un total de 54,6 millions de dollars entre 2007 \u2014 année oû a débuté le programme \u2014 et 2011.Et lorsqu\u2019il était ministre, Serge Simard a refusé à plusieurs reprises de divulguer le plan élaboré par les libéraux, qui estimaient pouvoir terminer l\u2019ensemble des travaux de restauration pour 2017.Le Devoir t^L ?V\"\tV / / / / ' ifjf t.\tAi i ê kl t '\t- ri\" ^ij mS *, if OGILVY Old Harry: la CAQ presse le PQ à négocier JESSICA NADEAU Correspondante parlementaire à Québec Q uébec ne doit pas atten-_ dre les études environnementales en cours avant d\u2019entamer des négociations avec Terre-Neuve et Corridor Resources pour l\u2019exploitation du gisement d\u2019Old Harry, estime Erançois Legault, qui veut que le gouvernement nomme un négociateur autre que la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet.Depuis deux jours, la Coalition avenir Québec ^onne le gouvernement Marois dans le dossier Old Harry, l\u2019accusant de se «traîner les pieds» et de perdre ainsi «une opportunité exceptionnelle de réduire cette dette de dizaines de milliards de dollars».Il dénonce le fait que le gouvernement Marois, qui est au pouvoir depuis moins de 100 jours, n\u2019a toujours pas entamé les négociations avec Terre-Neuve et Corridor Resources.En point de presse, le chef de la CAQ en a rajouté.Selon lui, si le gouvernement Marois n\u2019a pas encore entamé les négociations, c\u2019est en raison du «dogmatisme» de sa ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, qui tente de «gagner du temps» en affirmant qu\u2019elle voulait attendre les résultats de l\u2019étude environnementale stratégique, attendus d\u2019ici la fin de l\u2019année.«Martine Ouellet pense que les résultats de l\u2019étude environnementale, elle les a déjà, les conclusions, dans sa tête, puis elle pense qu\u2019il ne faut pas exploiter le pétrole.» Interrogé par les journalistes, il convient que les études environnementales sont nécessaires avant d\u2019entamer l\u2019exploitation, mais pas les négociations.C\u2019est pourquoi il somme le gouvernement de nommer dans les prochains jours un négociateur officiel.Mais pas n\u2019importe qui, précise-t-il.Et surtout pas Martine Ouellet, qui n\u2019est «pas crédible».«Peut-être que Martine Ouellet, quand il s\u2019agit d\u2019hydroélectricité, elle y croit, mais quand il s\u2019agit de pétrole, elle l\u2019a dit souvent dans le passé qu\u2019elle n\u2019était pas favorable.Donc, je ne vois pas comment ça peut être elle qui mène la négociation.» Le Devoir PENSIONS AIJMENTAIRES DEDUITES DE L\u2019AIDE SOCIALE La ministre Maltais refuse d\u2019agir d\u2019ici juin depuis 1866 ESPACE HOMME AU 4® 1307, rue Sainte-Catherine Ouest 514.845.4742 ogilvycanada.com Congédié?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec La ministre du Travail, de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, juge que l\u2019amputation des pensions alimentaires pour enfants versées aux mères de famille monoparentale qui reçoivent de l\u2019aide sociale ou sont aux études est une situation qu\u2019il faut absolument corriger, mais elle ne sait pas quand le gouvernement y remédiera.«Nous avons cette situation à cœur, nous y Agnès travaillons sérieusement.C\u2019est une situation très problématique», a répondu Agnès Maltais à une question posée à l\u2019Assemblée nationale par Erançoise David.Mais quand la porte-parole de Québec solidaire a demandé à la ministre de s\u2019engager à régler le problème d\u2019ici juin 2013, celle-ci n\u2019a pas voulu le faire.«Je vous dis: le plus rapidement possible», a dit Agnès Maltais, qui a évoqué, par ailleurs, le fait que le gouvernement Marois devait «remettre de l\u2019ordre dans les finances publiques».Erançoise David a présenté mercredi le projet de loi n° 195 «visant à exclure les pensions alimentaires pour enfants du calcul du revenu dans diverses lois à caractère social».Les parents vivant de l\u2019aide sociale qui reçoivent une pension alimentaire pour leurs enfants ne peuvent conserver, pour chacun de leurs enfants, que 100$ par mois, l\u2019excédent étant consi- Maltais déré comme un revenu, qui est versé au trésor public.Le même principe s\u2019applique pour le régime de prêts et bourses.Les programmes d\u2019aide au logement et l\u2019aide juridique sont aussi touchés.Rappelant que le Parti québécois, alors dans l\u2019opposition, avait présenté deux projets de loi en 2008 et 2009 pour remédier à la situation, Erançoise David a qualifié celle-ci d\u2019«m-justice systémique envers les femmes les plus pauvres».En conférence de presse, la députée de Gouin était accompagnée de Roxane Blan-chet, du Eront commun des personnes assistées sociales, et de Lorraine Desjardins, de la Eédération des familles monoparentales.Motion Selon une étude menée par un comité interministériel en 2006, il en coûterait 46,5 millions pour exempter totalement les pensions alimentaires dans le calcul des revenus des différents programmes, essentiellement du côté de l\u2019aide sociale.Selon Lorraine Desjardins, il s\u2019agirait plutôt d\u2019environ 40 millions de dollars, étant donné qu\u2019il y a moins de familles monoparentales à l\u2019aide sociale aujourd\u2019hui.Sur cet enjeu, tous les partis sont d\u2019accord.Les députés ont adopté mercredi une motion à l\u2019unanimité pour demander au gouvernement d\u2019agir avec diligence afin de remédier à la situation.Le Devoir LE DEVOIR, LE JEUDI 29 NOVEMBRE 2012 A 3 ACTUALITES Le bilinguisme inconscient Michel David Il faut reconnaître aux libéraux une certaine suite dans les idées : qu\u2019ils soient au pouvoir ou dans l\u2019opposition, les questions de langue ne les intéressent pas.Si le PQ avait encore été dans l\u2019opposition, l\u2019ancienne ministre responsable de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre, aurait été mitraillée de questions sur la synthèse intitulée «Les langues de travail au Québec en 2006» que l\u2019Office québécois de la langue française (OQLF) a dévoilée mardi.Cette fois-ci, personne n\u2019a semblé s\u2019émouvoir le moindrement de la progression du bilinguisme.Même Jean-François Lisée a préféré «laisser parler le rapport».C\u2019est bien la première fois qu\u2019il laisse quelqu\u2019un \u2014 ou quelque chose \u2014 parler à sa place ! Depuis quelques semaines, les libéraux accusent avec un rare cynisme le gouvernement Marois de ne pas avoir tenu ses engagements électoraux parce qu\u2019il n\u2019a pas éliminé complètement les mesures qu\u2019ils avaient eux-mêmes mises en place, que ce soit la taxe santé ou encore le dégel des tarifs applicables au bloc patrimonial d\u2019hydroélectricité.Une promesse dont ils ne risquent toutefois pas de lui reprocher l\u2019abandon est l\u2019extension au niveau collégial des dispositions de la Charte de la langue française qui régissent l\u2019accès à l\u2019école anglaise.S\u2019ils veulent tourner le fer dans la plaie des militants péquistes, ils pourraient même féliciter la ministre responsable, Diane Courcy, de ne pas y avoir donné suite dans le projet de loi.?En son for intérieur, Pauline Marois n\u2019a sans doute jamais souhaité forcer les allophones et surtout les francophones à fréquenter le cégep français.N\u2019eût été le désir de préserver son leadership, elle n\u2019aurait pas _ 1 \u2022 cédé aux pressions de son aile radicale en risquant de ne peut\tprovoquer la colère de nom- breux parents qui tiennent imposer\tmordicus à ce que leurs en- .\t,\t,,\tfaqts soient bilingues, la volonté\tÀ la décharge de la pre- mière ministre, il faut sa-ae survivre\t^^hoisir ses batailles.Dans l\u2019état actuel des choses, les chances de faire adopter cette mesure par l\u2019Assemblée nationale sont nulles.Aussi bien le PLQ que la CAQ et Québec solidaire ont clairement signifié qu\u2019ils s\u2019y opposaient.Même Jacques Parizeau a exprimé son malaise à l\u2019idée de priver des étudiants adultes du droit de choisir la langue de leurs étqdes postsecondaires.A partir du moment où cette voie est temporairement bloquée, il ne servirait à rien de s\u2019entêter et d\u2019offrir à l\u2019opposition un bon prétexte pour empêcher toute modification de la loi 101.La question est maintenant de savoir s\u2019il s\u2019agit d\u2019un repli stratégique ou d\u2019un abandon définitif.Le libre accès au cégep anglais n\u2019est évidemment pas responsable de la bilinguisation progressive des milieux de travail mis en lumière par rOQLF, mais il ne peut que l\u2019encourager.Déjà, il constate que «le fait d\u2019avoir un diplôme d\u2019études postsecondaires se traduit par une plus forte utilisation de l\u2019anglais ou des deux langues au travail».Cela ne signifie évidemment pas qu\u2019il faut cesser de lutter contre le décrochage afin que ceux qui travaillent uniquement en français soient plus nombreux, mais il tombe sous le sens que la bilinguisation va s\u2019accentuer si plus de diplômés sortent d\u2019établissements où on prend l\u2019habitude de fonctionner en anglais.Actuellement, plus de la moitié de la clientèle des cégeps anglais est composée de non-anglophones.?On aura beau étendre la francisation aux entreprises de 11 à 49 employés, il est clair que la mondialisation impose, ici comme ailleurs, un usage plus fréquent de l\u2019anglais, mais cela ne signifie pas que celui-ci doit être étendu à l\u2019ensemble des activités des entreprises qui font affaire avec des clients ou des fournisseurs de l\u2019extérieur.Encore faut-il que les principaux intéressés aient réellement le désir que les choses se passent en français.Aucune loi ne peut imposer la volonté de survivre.Dans une étude publiée en 2008, intitulée Le français et les jeunes, le Conseil supérieur de la langue française (CSLF) faisait le constat suivant: «Peu de jeunes remettent vraiment en question la grande présence de l\u2019anglais dans le milieu du travail québécois, la plupart semblant au contraire l\u2019accepter assez facilement.Pour eux, l\u2019usage de l\u2019anglais est un incontournable.» Pire, cela devient inconscient.«L\u2019usage fréquent de l\u2019anglais ne crée pas nécessairement l\u2019impression de travailler dans cette langue, Malgré la forte présence de l\u2019anglais dans certains secteurs d\u2019activité (celui de la haute technologie, par exemple), plusieurs jeunes affirment travailler en français.» C\u2019est à se demander si les données déjà inquiétantes de rOQLF ne masquent pas une réalité plus sombre qu\u2019il n\u2019y paraît.mdavid@ledevoir.corn 4hisd ABBAS MOMANI AGENCE ERANCE PRESSE Des Palestiniens portant des affiches représentant Stephen Harper en chien et dénonçant la position canadienne à l\u2019endroit de la Palestine ont manifesté mercredi dans les rues de Ramallah, dans la bande de Gaza.La Palestine à l\u2019ONU : Ottawa se dit « extrêmement déçn » MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa Tout indique que la Palestine est en voie de remporter son pari d\u2019être reconpue ce jeudi après-midi comme Etat observateur aux Nations unies.Fidèle à son appui inconditionnel à Israël, le Canada a confirmé mercredi qu\u2019ü voterait contre ce «geste unilatéral» de l\u2019Autorité palestinienne, duquel il s\u2019est dit «extrêmement déçu».Le ministre des Affaires étrangères sera à New York pour clamer haut et fort son désaccord devant l\u2019Assemblée générale des Nations unies quant à la demande du président palestinien Mahmoud Abbas.Sa résolution prévoit d\u2019accorder à la Palestine le statut «d\u2019Etat observateur non-membre» de rONU et appelle à «un règlement pacifique» qui verrait l\u2019établissement d\u2019un Etat de Palestine «vivant aux côtés d\u2019Israël en paix et en sécurité, sur la base des frontières d\u2019avant 1967».«Nous croyons que ces parties doivent s\u2019asseoir à la table de négociations et négocier un accord de paix durable.Nous sommes prêts à faire tout ce qui est dans notre pouvoir pour appuyer cela, a tranché le ministre John Baird aux Communes.Ce gouvernement ne s\u2019excuse^ d\u2019aucune façon d\u2019appuyer l\u2019Etat juif » Un discours partagé par son premier ministre, qui a réitéré que le Canada voulait voir Israël et la Palestine en venir à une solution bi-éta-tique.«Nous n\u2019allons pas soutenir des tentatives d\u2019arriver à une souveraineté sans des négociations et sans la paix [.] Nous n\u2019accepterons pas de raccourci», a tranché Stephen Harper.«71 est évident que ceci va avoir un impact sur notre relation )) Le ministre des Affaires étrangères, John Baird Si la demande palestinienne devrait recevoir aujourd\u2019hui un appui important au sein de l\u2019Assemblée générale onusienne \u2014 notamment d\u2019une majorité des pays de l\u2019Union européenne \u2014, le Canada ne fait néanmoins pa^ cavalier seul.Israël et les Etats-Unis voteront eux aussi contre.Les deux gouvernements ont en outre menacé l\u2019Autorité palestinienne de sanctions, les Américains laissant entendre qu\u2019ils pourraient ne pas débloquer les 200 millions de dollars promis en aide.Aide en péril En début de semaine, le Globe and Mail révélait que M.Harper aurait lui-même prévenu M.Abbas, il y a quelques semaines, qu\u2019à défaut de retirer sa demande, il y aurait «des conséquences».Le gouvernement canadien aurait par la suite averti la délégation palestinienne en poste à Ottawa que leurs bureaux pourraient être fermés et le chef de la délégation.Said Hamad, renvoyé chez lui.Ottawa envisagerait en outre de ne pas renouveler l\u2019aide versée à la Palestine, alors que l\u2019enveloppe de 300 millions sur cinq ans annoncée en 2008 vient bientôt à échéance.Interrogé sur ces révélations, le bureau de M.Baird n\u2019avait pas fait de commentaires.«Il est évident que ceci va avoir un impact sur notre relation», a toutefois affirmé le ministre mercredi, à propos de l\u2019initiative palestinienne.«Nous trouvons particulièrement préoccupant le fait que le gouvernement conservateur est en train de formuler des menaces, ni plus ni moins, si les Palestiniens vont devant les Nations unies», a affirmé le leader néodémocrate Thomas Mulcair, qui juge de son côté qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une «demande raisonnable de la part de la Palestine de rehausser son niveau de participant comme observateur aux Nations unies».Or le chef libéral.Bob Rae, penche plutôt du côté des conservateurs.« Un Etat, oui, nous l\u2019appuyons.Mais les frontières de l\u2019Etat, les détails de ce qui va arriver entre les deux Etats, c\u2019est quelque chose qui doit sortir des négociations directes», a-t-il insisté.La résolution de M.Abbas représente selon lui une «diversion», car «ça n\u2019aide pas aux négociations et ça donne l\u2019illusion que le fait de passer une résolution va résoudre quelque chose».La délégation palestinienne au Canada a indiqué, dans une déclaration envoyée au réseau CBC, que le vote était une «étape intérimaire» devant V « impasse » dans laquelle se trouve la requête présentée par M.Abbas l\u2019an dernier et qui visait à voir la Palestine reconnue comme membre à part entière de l\u2019ONU.Avec l\u2019Agence Erance-Presse Le Devoir Lire aussi > L\u2019ONU vote sur ie statut de ia Paiestine.Mahmoud Abbas dépose une réso-lutiqn pour obtenur un statut « d\u2019Etat observateur non membre».Page B 5 AFFAIRE COTLER Un sondeur conservateur réprimandé pour avoir désinformé JOAN BRYDEN à Ottawa Les libéraux fédéraux réclament des excuses du premier ministre Stephen Harper après qu\u2019un sondeur conservateur a été réprimandé publiquement par ses pairs pour avoir mené une campagne de désinformation aux dépens du député libéral montréalais Irwin Coder.Une enquête menée par l\u2019organisme de surveillance de l\u2019industrie du sondage a conclu mercredi que les gestes de la firme Campaign Research ont nui à la réputation de l\u2019industrie, notamment en minant la confiance des Canadiens et en ternissant l\u2019image de la profession de sondeur.L\u2019Association de la recherche et de l\u2019intelligence marketing (ARIM) avait été saisie de sept plaintes pour faute professionnelle concernant Campaign Research.Ces plaintes portaient sur une campagne d\u2019identification des électeurs {«pointage menée l\u2019automne dernier au nom du Parti conservateur dans la circonscription montréalaise de Mont-Royal, représentée par le libéral Irwin Cotier.Les employés de la compagnie avaient faussement indiqué aux électeurs que M.Cotier avait démissionné ou qu\u2019ü était sur le point de le faire.M.Côtier estime que les conservateurs doivent maintenant prendre la pleine responsabilité pour la conduite de la firme de sondage.L\u2019an dernier, quand M.Cotier a dénoncé ces agissements pour la première fois, le leader du gouvernement à la Chambre des communes, Peter Van Loan, avait estimé qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une pratique politique courante.Question close Mercredi, il s\u2019est montré impénitent en esquivant les questions des libéraux à propos des conclusions de l\u2019ARIM, affirmant que le président de la Chambre, Andrew Scheer, avait déjà statué sur la question en décembre dernier et qu\u2019il n\u2019y avait rien d\u2019autre à ajouter.«La question est close», a-t-il insisté.L\u2019ARIM est une association à participation volontaire qui ne dispose que de pouvoirs limités pour encadrer l\u2019industrie du sondage.Elle peut par contre suspendre ou expulser les membres qui contreviennent à son code de conduite, dépendam-ment du nombre et de la gravité des infractions.Le comité de trois personnes constitué pour étudier le dossier de Campaign Research n\u2019a pas recommandé une telle mesure, même s\u2019il a constaté que la firme avait contrevenu à trois provisions du code et que ses infractions étaient davantage sérieuses que mineures.Il a choisi de servir à son membre Campaign Research une réprimande publique.L\u2019avocat-conseil de la compagnie, Aaron Wudrick, a réagi par courriel.«Campaign Research accepte les conclusions et les décisions de l\u2019ARIM», a-t-il écrit.«Nous demeurons membres \u201cSceau d\u2019or\u201d de l\u2019association et nous nous engageons à poursuivre notre affiliation avec l\u2019ARIM en nous efforçant de maintenir les plus hauts standards àhiques et professionnels.» La Presse canadienne JACQUES NADEAU LE DEVOIRENNE Le député libéral Irwin Cotler réclame des excuses des conservateurs.CHEFFERIE DU PLC Garneau se lance.et rejette les débats constitutionnels HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Le député de Westmount\u2014^Ville-Marie a officiellement lancé sa campagne au leadership libéral mercredi en faisant valoir que son passé exemplaire d\u2019astronaute ne prêterait pas flanc aux attaques conservatrices.«Je leur lance le défi de faire la même chose avec moi», a déclaré M.Garneau à l\u2019endroit du Parti conservateur.«Le pire que les conservateurs peuvent dire à mon sujet, c\u2019est que je suis laxiste envers la gravité», a-t-il lancé à la blague.Il s\u2019agit d\u2019une référence aux attaques fréquentes des conservateurs envers leurs adversaires, qu\u2019ils accusent d\u2019être laxistes envers les criminels {«soft on crime»).Peut-être M.Garneau veut-il ainsi s\u2019attaquer, sans en avoir l\u2019air, au meneur présumé de cette course, Justin Trudeau, qui cumule les déclarations passées malheureuses.M.Garneau entend faire de l\u2019économie le thème central de sa campagne et c\u2019est au nom de cette économie qu\u2019il refuse de discuter de constitution.«Les Québécois, je crois, sont tannés des chi- Li ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR Marc Garneau est député depuis octobre 2008.canes constitutionnelles.Si on prend le pouls des Québécois, on doit conclure qu\u2019ils sont préoccupés par mêmes défis, les mêmes enjeux que le reste du Canada, c\u2019est-à-dire l\u2019économie, les emplois, la sécurité des emplois et la sécurité dans la vieillesse.» Que pense-t-il du fait que le Québec n\u2019a toujours pas signé la Constitution canadienne, 30 ans après son rapatriement?«Idéalement, un jour, j\u2019espère que le Québec signera.C\u2019est du travail à faire, c\u2019est un travail qui est incomplet», a-t-il reconnu.Mais il fait valoir que des amendements constitutionnels ont été possibles au fil des ans, certains à la demande du Québec, et que le Québec a utilisé la disposition de dérogation qui s\u2019y trouve.«Alors, le Québec se sert de cette constitution et de la Charte des droits et libertés.» Par ailleurs, M.Garneau rejette l\u2019idée d\u2019une quelconque alliance avec le NPD lors des prochaines élections pour battre le Parti conservateur, idée qu\u2019il qualifie de «défaitiste».Joyce Murray a proposé une telle alliance.« J\u2019ai l\u2019intention d\u2019avoir 338 candidats du Parti libéral, un dans chacune des circonscriptions.» Notons enfin que M.Garneau avait posé comme condition à sa candidature la possibilité de se constituer une équipe.Mercredi, il a refusé d\u2019identifier cette équipe, révélant seulement que l\u2019ex-député libéral Andy Mitchell était son directeur de campagne.Le Devoir A 4 LE DEVOIR, LE JEUDI 29 NOVEMBRE 2012 ACTUALITES M « CS PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Le club 357C, dans le Vieux-Montréal, est malgré lui au centre des révélations des derniers jours à la commission Charbonneau.Club 357C: les révélations dérangent Québec solidaire estime que les élus doivent éviter les clubs privés alors que d\u2019autres députés admettent avoir fréquenté l\u2019endroit JESSICA NADEAU Correspondante parlementaire à Québec Plutôt que de fréquenter les clubs privés, les élus devraient se rendre dans les sous-sols d\u2019église, estime Québec solidaire.Réagissant aux explications de Line Beauchamp, qui dit s\u2019être rendue au 357C pour «rester proche des préoccupations des gens», Amir Khadir, de Québec solidaire, estime que ce n\u2019est pas dans ce genre d\u2019endroit et avec ce type de relations qu\u2019il faut prendre le pouls de la population.«Elle pourrait nous rencontrer pour demander le pouls de l\u2019opinion, ou se rendre dans des centres d\u2019achats, dans des sous-sols d\u2019église, dans l\u2019université rencontrer des étudiants.» En point de presse mercredi après-midi, les deux élus de Québec solidaire ont dénoncé la présence de politiciens dans «ce qui est probablement le club le plus chic, le plus sélect et le plus élitiste du Québec».Françoise David se dit d\u2019accord avec l\u2019idée de tenir des rencontres privées, mais estime que les bureaux de l\u2019Assemblée nationale ou ceux des ministères conviennent parfaitement.Elle suggère par ailleurs à la classe politique «d\u2019aller dans des lieux plus ouverts, plus accessibles au commun des mortels».Ils estiment que ces rencontres servent à «influencer sur l\u2019octroi de contrats ou sur la définition de grandes orientations», ce qui s\u2019apparente à du lob-byisme.C\u2019est pourquoi, «devant les apparences de la chose», ils entendent envoyer une requête au Commissaire au lobbyisme pour plaider pour une «enquête rapide et exhaustive» sur ces rencontres.Par ailleurs, les parlementaires ont été nombreux mer- credi à avouer avoir déjà été invités au club 357C.La première ministre Pauline Ma-rois a soutenu y être allée récemment pour rencontre un groupe de 15 jeunes entrepreneurs qu\u2019elle a «consulté sur les orientations que nous voulions prendre comme gouvernement ».Québec solidaire s\u2019adressera au Commissaire au lobbyisme pour une «enquête rapide et exhaustive Nicolas Marceau n\u2019y a pris qu\u2019un Perrier à l\u2019époque où il était critique de l\u2019opposition officielle en matière de finances publiques, s\u2019étant fait poser un lapin par le chef de la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain, Michel Leblanc.Pierre Arcand, lui, était membre à l\u2019époque où il était homme d\u2019affaires, mais ne se souvient pas d\u2019y avoir croisé des politiciens.Sam Hamad y a rencontré le président de l\u2019Association pétrolière et gazière du Québec, Lucien Bouchard.Tant du côté péquiste que libéral, on rappelle l\u2019importance d\u2019apporter des nuances.« C\u2019est toujours un peu difficile quand arrivent des situations comme celles-là, et je trouve cela un peu triste parce que, dans le fond, c\u2019est un club tout à fait légal, a lancé la première ministre Pauline Marois lors d\u2019un point de presse impromptu, mercredi.Tout le monde qui serait allé là ne peut pas être accusé d\u2019y être allé pour se faire acheter.Parce que là, ça devient complètement inacceptable.» Harper se porte à la défense de Léo Housakos HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa évocation de Léo Housa- ' kos à la commission Charbonneau a obligé le premier ministre Stephen Harper à se porter à la défense de son sénateur mercredi.Il estime que celui-ci fait l\u2019objet d\u2019accusations par association.M.Housakos lui-même se dit lésé d\u2019être terni sans savoir ce qu\u2019on lui reproche.«On m\u2019a dit qu\u2019il y a une expression en français: \u201cL\u2019homme qui a vu l\u2019homme qui a vu l\u2019ours.\u201dJe n\u2019ai aucune information sur une allégation crédible contre cet individu», a déclaré M.Harper à propos du sénateur Léo Housakos.Mercredi, la commission Charbonneau a dévoilé une liste d\u2019individus «liés à son enquête» ayant participé à des rencontres diverses au chic club montréa- lais 357C.M.Housakos y a été vu à trois reprises en 2007 et 2008: une fois avec l\u2019entrepreneur Bernard Poulin et le responsable du financement d\u2019Union Montréal, Bernard «monsieur 3% » Trépanier; une fois avec l\u2019entrepreneur Paolo Catania; et une autre, enfin, avec 12 personnes, dont l\u2019entrepreneur en construction Joseph Borsellino, lors d\u2019un cocktail de l\u2019ADQ.Paolo Catania a été arrêté au printemps relativement à l\u2019affaire du Faubourg Contrecœur et accusé de fraude et d\u2019abus de confiance.Bernard Poulin est cet homme qu\u2019on entend en conversation avec Tony Ac-curso sur un enregistrement clandestin affirmant qu\u2019il fallait passer par M.Housakos et Dimitri Soudas, le directeur des communications de Léo Housakos M.Harper, pour faire nommer un ami à la tête du Port de Montréal.Quant à M.Borsellino, la commission Charbonneau a entendu des témoignages le présentant comme responsable du cartel des égouts à Montréal.En entrevue avec la chaîne Postmedia, M.Housakos a dit ne pas comprendre ce qu\u2019on lui reproche.«Je n\u2019ai vu aucune accusation, c\u2019est ça le problème.[.] Je ne peux pas me défendre contre l\u2019absence d\u2019allégations, et tout ce que j\u2019ai vu jusqu\u2019à présent, ce sont des déjeuners et des lunchs à un club dont je suis membre avec des individus qui depuis, dans certains cas, ont vécu certains problèmes avec la loi.Que puis-je dire de plus ?» M.Housakos précise que l\u2019événement fait au nom de l\u2019ADQ n\u2019était pas un événe- Commission Charbonneau Réunions en série De nombreuses réunions entre entrepreneurs, représentants de firmes de génie-conseil et élus se seraient tenues au club privé 357C du Vieux-Montréal au cours des dernières années, a révélé la commission Charbonneau mercredi.Parmi les convives figurent plusieurs acteurs de deux scandales qui ont secoué l\u2019Hôtel de Ville de Montréal : le Faubourg Contrecœur et le contrat des compteurs d\u2019eau.La firme Catania, qui avait soumissionné pour les deux projets, a obtenu celui du Faubourg Contrecœur.Pour leur part, les firmes Dessau et Si-mard-Beaudry (propriété de Tony Accurso), réunies au sein de Génieau, ont décroché le contrat des compteurs d\u2019eau.Voici la chronologie des principaux événements : Le Devoir ment de financement, mais de réseautage.Il dément catégoriquement la présence de M.Borsellino à cet événement.«Selon moi, c\u2019est faux, c\u2019est erroné.Je ne sais pas s\u2019il était présent au club pendant que j\u2019assistais à l\u2019événement, mais à aucun moment n\u2019ai-je croisé Joe Borsellino en 2007 et je n\u2019ai aucune raison de croire que M.Borsellino aurait été présent à aucune de mes ren-conjres ou événements.» A la Chambre des communes, le NPD a demandé aux conservateurs s\u2019ils «pourraient nous informer de ce qu\u2019ils savent de cette rencontre ».Aucune réponse n\u2019est venue.Le chef libéral par intérim.Bob Rae, a fait preuve de retenue, indiquant que «le fait que quelqu\u2019un a été nommé à une commission n\u2019est pas une expression de culpabilité».Le Devoir 2005 Février: Montréal confie à la firme BPR la supervision du plan de gestion de l\u2019eau.6 décembre: Paolo Catania rencontre Rosaire Sauriol au 357C.2006: 26 avril : La Ville de Montréal mandate la SHDM afin de trouver un promoteur pour le Faubourg Contrecœur.18 mai : Paolo Catania reçoit Frank Zampino au 357C.9 Juin: Paolo Catania et Rosaire Sauriol dînent ensemble.28 Juin : Appel de qualification pour le contrat des compteurs.Octobre: La SHDM mandate Groupe Gauthier Biancamano Bolduc (GGBB) afin de gérer le processus de qualification pour le Faubourg Contrecœur.3 octobre: Paolo Catania reçoit Frank Zampino au 357C.Mi-octobre: Trois entreprises sont choisies à la suite de l\u2019appel de qualification pour les compteurs d\u2019eau, dont le consortium Catania-SM et Génieau.25 octobre: Cinq entreprises répondent à l\u2019appel de qualification pour le Faubourg Contrecœur, dont Construction Marton (Tony Accurso) et Construction F.Catania.13 novembre: Appel d\u2019offres pour le Faubourg Contrecœur.28 novembre: Paolo Catania reçoit Martial Fillion et Daniel Gauthier.15 décembre : Le comité de sélection pour le Faubourg Contrecœur retient la soumission de Catania.2007 Janvier: Paolo Catania reçoit Frank Zampino, puis Martial Fillion et Daniel Gauthier.Fin Janvier: Frank Zampino séjourne sur le yacht de Tony Accurso, du consortium Génieau, qui est en lice pour l\u2019octroi du contrat des compteurs d\u2019eau.Février et mars: Paolo Catania rencontre à plusieurs reprises Martial Fillion, Rosaire Sauriol et Daniel Gauthier.21 mars : Le conseil d\u2019administration de la SHDM approuve le choix de Catania pour le Faubourg Contrecœur.Mars et avril: Paolo Catania, Rosaire Sauriol et Martial Fillion se réunissent à plusieurs Les acteurs enjeu Paolo Catania : président de la firme Construction E Catania impliquée dans le projet du Faubourg Contrecœur.Arrêté le 17 mai 2012 par l\u2019UPAC, ü fait face à trois chefs d\u2019accusation, dont fi'aude et complot Rosaire Sauriol: vice-président chez Dessau, membre avec Si-mard-Beaudry du consortium Génieau qui a décroché le contrat des compteurs d\u2019eau.Frank Zampino: ex-président du comité exécutif de la VîUe de Montréal.Arrêté le 17 mai reprises au 357C.18\tavril : Appel de propositions pour le contrat des compteurs d\u2019eau.Entre avril et Juillet: Plusieurs rencontres auxquelles participent Paolo Catania, Martial Fillion, Daniel Gauthier, Rosaire Sauriol, Bernard Trépanier (trésorier d\u2019Union Montréal) et Frank Zampino ont lieu au 357C.21\taoût : Un contrat de prêt de 14,6 millions est signé entre la SHDM et Catania.Août et septembre: Paolo Catania reçoit Sammy Forcillo, Martial Fillion, Cosmo Macio-cia et Frank Zampino au 357C.10 octobre: Quatre propositions sont déposées pour le contrat des compteurs d\u2019eau, dont celles de Génieau et du consortium Catania-SM.20 novembre : Rosaire Sauriol rencontre Frank Zampino.29 novembre: Sur recommandation de BPR, Montréal octroie le contrat des compteurs d\u2019eau de 356 millions à Génieau.20 décembre: Paolo Catania et Rosaire Sauriol lunchent ensemble.2008 22\tJanvier: Rosaire Sauriol et Jean-Pierre Sauriol rencontrent Frank Zampino.Février: Frank Zampino se rend pour une deuxième fois sur le yacht de Tony Accurso.19\tmars: Paolo Catania reçoit Martial Fillion.3 avril : Paolo Catania rencontre Rosaire Sauriol.2 Juillet: Frank Zampino quitte ses fonctions de président du comité exécutif de la Ville de Montréal.10 octobre : Martial Fillion est suspendu par le conseil d\u2019administration de la SHDM.15 octobre : Rosaire Sauriol reçoit Martial Fillion et Frank Zampino.2 décembre: Martial Fillion est congédié.2009 9 Janvier: Frank Zampino devient vice-président chez Dessau.8 avril : Le contrat des compteurs d\u2019eau est suspendu.IA Lire aussi > Une version ^ longue de la chronologie à ledevoir.com 2012, ü fait face à des accusations de fi'aude et d\u2019abus de confiance.Daniel Gauthier: président de Groupe Gauthier Biancamano Bolduc (GGBB), devenu Pla-nia, une filiale de Dessau.Arrêté le 17 mai 2012, ü fait face à quatre chefs d\u2019accusation.Martial Fillion : ex-directeur général de la Société d\u2019habitation et de développement de Montréal.Arrêté lui aussi en mai dernier, en lien avec le projet du Faubourg Contrecœur.Les personnes chargées de cours s\u2019investissent dans la recherche, sont reconnues pour leur création, participent aux débats publics et ont contribué à la diplomation de centaines de milliers d\u2019étudiantes et étudiants au Québec.%?sccu SYNDICAT DES CHARGEES ET CHARGÉS DE COURS DE LUQAM La qualité de notre enseignement universitaire est indéniable LE SCCUQ DEMANDE UNE RÉELLE PARTICIPATION DES PERSONNES CHARGÉES DE COURS AU SOMMET DE L\u2019ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR Signez notre pétition pour manifester votre indignation en visitant notre page Facebook LE DEVOIR, LE JEUDI 29 NOVEMBRE 2012 A 5 ACTUALITES ENSEIGNEMENT SUPERIEUR Le piège de l\u2019a^isiirance qualité Après un printemps tumultueux, place au dialogue.La première des quatre rencontres composant le Sommet portera sur la qualité de l\u2019éducation supérieure.Mais de quoi parlera-t-on au juste ?LISA-MARIE GERVAIS assurance qualité, ou le fait ' de créer une commission de surveillance des universités pour s\u2019assurer qu\u2019elles sont dans le droit chemin, est une idée qui, à première vue, rassemble un bon nombre d\u2019acteurs du milieu de l\u2019éducation : la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) prône une Commission d\u2019évaluation des universités, la CREPUQ met en avant un Conseil d\u2019assurance qualité, et même le réseau des universités du Québec souhaite un Conseil des affaires universitaires, comme le révélait Le Devoir lundi.Or une étude de l\u2019Institut de recherche et d\u2019informations socioéconomiques (IRIS) dévoilée aujourd\u2019hui s\u2019emploie à démontrer que l\u2019assurance qualité est au contraire un piège dans lequel les universités doivent se garder de tomber.«Parler d\u2019assurance qualité, c\u2019est trompeur.Car la visée d\u2019un tel mécanisme est de créer un marché mondial de l\u2019éducation, qui n\u2019en est pas un», explique Maxime Ouellet, chercheur à riRIS et coauteur du rapport de recherche Les mécanismes d\u2019assurance qualité dans l\u2019enseignement supérieur.Pour lui, instaurer un mécanisme d\u2019assurance qualité revient à sauter à pieds joints dans une logique de marché, avec le « savoir » comme produit.Rien que le terme est galvaudé, soutient M.Ouellet.«Le terme fait directement allusion à des systèmes de gestion industrielle; c\u2019est l\u2019idée de qualité totale, ce à quoi un consommateur doit s\u2019attendre.Dans la philosophie qu\u2019il sous-tend, ça induit un mécanisme de marchandisation de l\u2019éducation», a-t-il soutenu, en faisant le parallèle avec le Processus de Bologne en Europe, qui a donné lieu notamment à un «marché des étudiants étrangers».Effets pervers Cette compétition accrue engendre une chaîne d\u2019effets pervers, constate l\u2019IRIS.Perte d\u2019autonomie, hausse des dépenses publicitaires et de marketing des universités, investissement dans le béton.«Ça oblige les universités à agir comme des acteurs économiques», note M.Ouellet.Selon lui, d\u2019autres mécanismes d\u2019évaluation, comme la commission parlementaire sur l\u2019éducation, créée sous l\u2019égide de l\u2019ex-ministre de l\u2019Éducation Jean Caron, pourraient très bien faire l\u2019affaire, à moindre coût La qualité, d\u2019une part, n\u2019est pas une mesure objective et chacun peut en avoir sa définition.Cela risquerait d\u2019opposer la vision plus académique, liée au savoir, des chercheurs et des professeurs et celle, plus axée sur la rentabilité, des administrateurs des universités.«On va finir par faire comme l\u2019Angleterre, qui a rendu publics les salaires de ses diplômés.Et de ça va découler une image de marque, un \u201cbranding\u201d, pour être en mesure de compétition-ner à l\u2019échelle mondiale avec les autres universités dans les classements», souligne M.Ouellet «On va mesurer la réputation au lieu de la pertinence et la qualité de l\u2019enseignement.» L\u2019étude rappelle d\u2019ailleurs que la hausse des droits de scolarité, pratiquement inexistants en Angleterre jusqu\u2019au début des années 2000, a coïncidé avec l\u2019introduction de mécanismes d\u2019assurance qualité.Maxime Ouellet s\u2019étonne que la première rencontre du Sommet porte entièrement sur la notion de qualité.«Ya-t-il déjà eu des plaintes sur la qualité de l\u2019éducation ?» Il y voit plutôt un jeu politique pour séduire les étudiants.Selon le cahier préparatoire du gouvernement portant sur la rencontre qui s\u2019amorce aujourd\u2019hui, la qualité de l\u2019enseignement supérieur doit être discutée notamment parce que le système «subit des pressions multiples qui peuvent avoir des répercussions sur sa qualité: exigences de la société du savoir, développement rapide des connaissances, attentes du marché du travail à l\u2019égard des compétences des individus, démocratisation de l\u2019enseignement ici comme ailleurs dans le monde, etc.» L\u2019une des questions posées est : quels sont les devoirs et les responsabilités des établissements d\u2019enseignement supérieur et quels sont les défis qui se posent à eux et à leurs partenaires pour maintenir la qualité de l\u2019enseignement et en assurer le développement harmonieux ?Selon le gouvernement, la qualité, c\u2019est lorsque les établissements réalisent leur mission, lorsque l\u2019enseignement accroît la compétence et qu\u2019il encourage l\u2019excellence.Il ne nie pas que les mécanismes d\u2019assurance de la qualité sont à la base des comparaisons internationales.Soixante partenaires prendront part activement à la réflexion, dont huit invités du ministre de l\u2019Enseignement supérieur, Pierre Duchesne.Composant 31% des participants, les représentants étudiants sont les plus nombreux.Les autres rencontres auront lieu en décembre et en janvier et porteront sur l\u2019accessibilité, la gouvernance et le financement des universités, la contribution de la recherche.Le Devoir La FEUQ dévoile son mémoire Une voix de plus mÜite pour la création d\u2019une Commission d\u2019évaiuation des universités québécoises: celle de la ÉEUQ, qui dans un mémoire rendu public mercredi demande un organisme indépendant de régulation de la qualité des universités.Cette proposition, déjà évoquée en plein cœur du conflit étudiant pour braquer les projecteurs sur la qualité des établissements \u2014 et surtout noter l\u2019absence d\u2019indicateurs de qualité permet- tant d\u2019en évaluer la force \u2014, doit être mise au jeu à Québec dès jeudi.La fédération étudiante remet en question l\u2019esprit critique de la Conférence des recteurs et principaux d\u2019université du Québec (CREPUQ) et demande que lui soient retirés des pouvoirs d\u2019information, d\u2019analyse, d\u2019évaluation et de coordination, pour les retourner à cette nouvelle Commission d\u2019évaluation des universités qui risquerait moins d\u2019être juge et partie.Ottawa fait fausse route dans la lutte contre les GES C\u2019est l\u2019avis du secrétaire exécutif à la Convention sur la biodiversité de l\u2019ONU ALEXANDRE SHIELDS Ottawa fait fausse route en choisissant de faire cavalier seul dans la lutte aux changements climatiques, estime le secrétaire exécutif à la Convention sur la biodiversité des Nations unies, Braulio Ferreira de Souza Dias.«C\u2019est inquiétant, parce que nous sommes tous dans le même bateau.Soit tous les pays collaborent pour s\u2019attaquer au problème des changements climatiques, ou alors nous allons tous échouer, a-t-Ü laissé tomber, en entrevue au Devoir, en commentant la décision du gouvernement Harper de se retirer du Protocole de Kyoto.Ça ne fonctionnera pas si seule une partie des Etats décident de s\u2019orienter vers une économie à plus faible emprunte carbone.Tout le monde devra aller dans ce sens.Nous vivons tous sur la même planète.» M.Ferreira de Souza Dias a d\u2019ailleurs invité le gouvernement fédéral à réfléchir à la place qu\u2019il accorde à l\u2019exploitation d\u2019énergie fossile.«Le Canada, bien sûr, a l\u2019opportunité d\u2019exploiter les importantes réserves de pétrole des sables bitumineux et de gaz de schiste.Il y a là un potentiel de création d\u2019emplois et de croissance économique, mais cela peut aussi avoir un impact très négatif en augmentant les émissions de gaz à effet de serre.Je crois donc qu\u2019il doit y avoir un débat au Canada pour mieux évaluer le pour et le contre de ces options», a-t-il fait valoir en marge d\u2019une allocution prononcée à la tribune du Conseil des relations internationales de Montréal.Une grosse partie des difficultés quant à la mise en place d\u2019un cadre international pour lutter contre les changements climatiques réside selon lui dans le fait que les gouvernements prennent souvent leurs décisions en fonction d\u2019un horizon temporel très court.«C\u2019est le problème.Les gouvernements agissent sur un horizon de quatre ou cinq ans, tandis que le secteur des affaires planifie les ventes pour la prochaine ou les deux prochaines années.Mais tôt ou tard, tous les secteurs devront s\u2019allier pour faire face à ce problème.La question est de savoir combien de temps cela prendra avant qu\u2019une telle alliance se matérialise.Si nous prenons trop de temps, nous irons trop loin en territoire inconnu.» Ce «territoire inconnu» se situe selon lui au-delà d\u2019une hausse des températures de 2 ° C au cours du présent siècle.Passé ce seuil, il estime que les impacts sur la biodiversité seront de plus en plus significatifs.Or, a rappelé M.Ferreira de Souza Dias, l\u2019humanité aura besoin des «services rendus» par la biodiversité pour espérer s\u2019adapter aux effets des changements climatiques.Les plus récentes prévisions de diverses organisations scientifiques évaluent que la hausse pourrait être de 3 à 5 ° C au cours des prochaines décennies.Le Devoir Acheter au Canada?Absolument! À hauteur de 117 milliards $ Partout, les gens consomment plus d\u2019énergie, et le Canada possède beaucoup de pétrole.Au cours des 25 prochaines années, l\u2019exploitation des sables bitumineux va se traduire par l\u2019achat quotidien de produits et services canadiens d\u2019une valeur moyenne de 12,8 millions de dollars.Le carburant que nous offrons au monde alimente aussi notre propre économie.Il !\u2022 mmC.Û.J \u2022 rT\": ;r i .1 1'!: ::: .NI -, i\t¦\t«\t.> ¦¦\tM II II II II II ' _\t\u2022 \u2022\tIl II II II II II \u201e I^SIUlÎ ||«,\tI \u2022!,, '\t*«\tlllllii'.^ î * \u2022 »¦\u2022\u2022\u2022*' \"Tl\t\u2022 iZ.- \u2022 iiii \u2022\t\u2022 \u2022 \u2022 \u2022\t\u2022\t\u2022\t.itt*) \u2022 *\ti»î r«»,\t?.J* i i,'*\t.' ^ üVyL\té-iU; k- *\t,«\u2022*.t î i ' G* \u2022\tI IH i i I\tif i; L î I\tI\t| i i *:*\t: U' un\tlût?' !\tVif)'' t Éj!\t11!\t,| I\tl L\u2019énergie qui profite à tous les Canadiens.Un message des producteurs canadiens de sables bitumineux.rÂl n léJ sablesbitumineuxmaintenant.ca L\u2019Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP) représente des sociétés membres, y compris les exploitants des sables bitumineux, qui produisent environ 90 pour cent du gaz naturel et du pétrole brut au Canada.\u2018Source : CERI 2011, Étude 124 (Canada, excluant l'Alberta) ACPP ASSOCIATION CANADIENNE DES PRODUCTEURS PÉTROLIERS A 6 LE DEVOIR LE JEUDI 29 NOVEMBRE 2012 EDITORIAL COMMISSION CHARBONNEAU La liste Le court mais efficace contre-interrogatoire mené mercredi par l\u2019avocat du Parti libéral du Québec a démontré par l\u2019absurde la confusion dans laquelle se concluent les travaux d\u2019automne de la commission Cbarbonneau.Mais où donc s\u2019en va-t-on ?S\u2019 Josée Boileau il avait fallu que les journalistes travaillent comme la commission Cbarbonneau l\u2019a fait ces derniers jours, il n\u2019y aurait pas eu de dite commission.On cherche encore à comprendre la pertinence d\u2019un des derniers témoins entendus, l\u2019entrepreneur Piero Di lorio, à la crédibilité pas très nette et qui répétait ce que l\u2019on savait déjà.Et puis est arrivée la liste ! Sa simple existence faisait saliver, et elle fut longue à lire.Mais quel sens lui donner ?Aucun.Il faudra attendre en janvier.D\u2019ici là, on ne peut ni en tirer que les gens qui ont été invités au club privé 357 C étaient bel et bien présents, ni savoir pour quelle raison ou pendant combien de temps, comme l\u2019a habilement fait ressortir M® Michel Décary, avocat du PLQ.On se retrouve donc avec une centaine de coupables par association alors que la commission ajourne pour deux mois ses audiences.Mais l\u2019actualité ne se suspend pas ainsi! Il revient donc par la force des choses, encore et toujours, aux médias de tenter de comprendre ce qui a cours.Ce qui signifie de se taper le boulot des recoupements, avec tous les risques que cela comporte.On ne contestera pas que la commission, instance judiciaire, peut mener ses travaux à sa guise.Il vaut toutefois la peine de relire la déclaration d\u2019ouverture de sa présidente, France Cbarbonneau, le 22 mai dernier: «Nous sommes conscients de l\u2019attention médiatique dont les audiences feront l\u2019objet et de l\u2019impact immédiat que pourraient avoir certains témoignages sur l\u2019opinion publique avant même que tous les éléments de preuve soient connus.De ce fait, nous serons particulièrement attentijs à protéger les réputations et éviterons, dans la mesure du possible, que la réputation et l\u2019image des témoins soient inutilement atteintes.» Comment dès lors expliquer qu\u2019après avoir allumé une mèche, la commission rentre dans ses quartiers?Pourquoi avoir rendu publique une liste obtenue depuis peu et que l\u2019enquêteiu- qui l\u2019a présentée était incapable d\u2019analyser?Poiu-quoi l\u2019avoir dévoilée à ce moment-ci, «avant même que tous les éléments de preuve soient connus», en laissant un délai de deux mois qui, dans l\u2019opinion publique, noiurira tous les soupçons, siu-tout à la faveiu- des rencontres des Fêtes?Il y a là une grande incompréhension de la scène publique.Le judiciaire a son rythme propre, mais quand on touche à d\u2019anciens élus, donc des gens qui sont redevables à la société, il est impensable de les laisser dans un vacuum de deux mois après avoir semé le doute à leiu- endroit sans poiu- autant les accuser de quoi que ce soit.Un média qui agit ainsi est taxé d\u2019irresponsabilité.Que dire d\u2019une commission d\u2019enquête qui en fait autant?A moins qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une maladresse ?Ce ne serait pas la première, si l\u2019on en croit les plaintes des prociu-eiu-s qui représentent les participants à la commission.Ils sont exaspérés des délais dans la production de documents et des revirements dans l\u2019organisation des joiu-nées.La commission a suspendu ses travaux parce qu\u2019elle se disait à court de témoins?Pourtant, elle devait entendre cette semaine des personnes qui auraient expliqué les règles d\u2019octroi des contrats à la Ville de Montréal.Ce fiit reporté, au grand dam de l\u2019avocat de la Ville.A moins aussi qu\u2019on nage dans l\u2019improvisation, celle qui a tant retardé le départ du prociu-eiu- en chef Sylvain Lussier, qui frôlait le conflit d\u2019intérêts, celle qui fait qu\u2019on attend depuis mai l\u2019arrivée du troisième commissaire.La présidente France Cbarbonneau a bien des choses à nous expliquer.SNC-LAVALIN Sale affaire (bis) arrestation, mercredi, de l\u2019ex-président de SNC-Lavalin, Pierre Duhaime, confirme les soupçons de corruption qui pèsent depuis quelque temps sur le plus grand groupe de génie-conseil au pays.J Accusé de fraude, de complot pour fraude et d\u2019usage ^^=1 de faux, celui qui a eu droit à une prime de 5 millions en échange de sa démission forcée, en mars dernier, doit maintenant répondre de ses actes.L\u2019ennui dans cette affaire, c\u2019est que SNC-Lavalin s\u2019en lave les mains avec la désinvolture la plus méprisante pour ses actionnaires et poiu- tous ceux qui lui ont fait confiance depuis des décennies.En effet, chaque fois que la compagnie a été impliquée dans une histoire louche quelque part dans le monde au cours des der-^ nières années, elle a mis en branle une opération de relations publiques destinée à faire por-^ ^ ter le blâme sur les seuls individus soupçonnés.V '\t^\tCe fut le cas après la dénonciation par la 'l \u2014\tBanque mondiale d\u2019une affaire de corruption J\tsurvenue au Bangladesh, pour laquelle deux employés ontariens ont été arrêtés, puis au mo-ment de la disparition de 33 millions aux mains J ean-Robert\tdé «agents commerciaux» d\u2019Afrique du Nord et de Sansfaçon 22 autres millions versés à de mystérieux individus, dont possiblement l\u2019ex-directeiu- du Centre de santé McGill, pour l\u2019obtention du contrat de PPP.En Suisse, où l\u2019ex-vice-président de SNC-Lavalin Riadh Ben Aïssa est détenu depuis avril, les autorités sont à la recherche de 139 autres millions qui auraient transité par des compagnies bidon enregistrées aux îles Vierges.Au total, nous en sommes à près de 200 millions d\u2019argent détoiu-né, et ce n\u2019est peut-être que la pointe de l\u2019iceberg.Certains faits reprochés à MM.Ben Aïssa et Duhaime étaient connus d\u2019autres membres de la direction, qui dans certains cas, ont manifesté leur désapprobation, sans les dénoncer.Visiblement, nous avons affaire à un système dont l\u2019objectif est la croissance de la compagnie et le succès de sa direction, et non à du vol pur et simple.Un système bien rodé à l\u2019échelle internationale et nationale, qui fonctionnait avant l\u2019arrivée de Duhaime à la présidence.Dans les cercles du Québec inc., on se désole de voir ainsi étalées sur la place publique des pratiques commerciales jugées légitimes même si elles sont illégales.Une logique inversée très perverse.Il est vrai qu\u2019à cause de la cupidité et de l\u2019immoralité d\u2019une fraction de nos chefs d\u2019entreprises, quelques grandes firmes de construction et de génie vont devenir des proies faciles pour des acquisitions à rabais par des sociétés étrangères.Devant des retombées potentiellement désastreuses sur l\u2019emploi et la présence de sièges sociaux, la réflexion s\u2019impose du côté des autorités gouvernementales.Mais poiu- le moment, ce qui importe, c\u2019est de nettoyer la porcherie.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOFARO J'fcN PAnToÎT^» 4 i Nation québécoise L\u2019indépendance : un débat empreint de tolérance CATHERINE FILLION-LAUZIERE Directrice du collectif Notre indépendance LOUISE BEAUDOIN Ex-députée du Parti québécois JEAN-MARTIN AUSSANT Chef d'Option nationale S ouhaiter l'indépendance de la nation québécoise et exprimer ce souhait de diverses façons dans le cadre d'un ouvrage littéraire collectif rassemblant 28 citoyens est d'une intolérance rare.C'est ce qui se dégage du texte de Stéphane Dion publié lundi au sujet du livre intitulé Notre indépendance.Si on suit la même logique, ce serait dire que de continuer de souhaiter l'inclusion du Québec dans le fédéralisme canadien et d'exprimer ce souhait serait d'une égale intolérance.Sommes-nous donc tous intolérants les uns par rapport aux autres, ou simplement en désaccord face à une question émotive?La réponse s'impose pour qui y réfléchit d'un point de vue entièrement démocratique.En effet, défendre une idée et la représenter en poèmes, en fiction, en slam, en témoignages ou autrement est un acte profondément légitime, qui s'inscrit au cœur d'une prise de position identitaire et d'une liberté parmi les plus fondamentales.Suggérer aux Québécois qui désirent l'indépendance que leur propos est intolérant n'a pourtant rien de nouveau.Il s'agit au contraire d'un argument maintes fois martelé à travers les années.Il faut apprendre à le reconnaître et à s'en défaire.Si certains fédéralistes eux-mêmes intolérants ne cesseront d'y avoir recours, les indépendantistes doivent savoir le combattre.Leur lutte vers l'autodétermination est partagée par de nombreux autres peuples: elle n'a rien de scandaleux.De même, l'existence de ce débat est parfaitement compréhensible dans le contexte historique, sociopolitique, linguistique, géographique et même économique du Québec dans le Canada.Surtout, c'est un débat qui, au Québec, est en fait d'une impressionnante tolérance.Rares sont les nations qui parviennent à canaliser de fa- Le déclencheur Une rare intolérance «Je ne doute pas que le groupe des 28 ait cru écrire un ouvrage ouvert et généreux.Il faut pourtant leur dire qu'ils ont produit un pamphlet d'une rare intolérance envers ceux qui ne pensent pas comme eux.Certes, on pouvait s'attendre à une attaque en règle contre le Canada, ce « régime autoritaire, antidémocratique et antisocial\" (Françoise David, p.55).Mais c'est surtout les Québécois favorables au Canada, et à travers eux le Québec d'hier et d'aujourd'hui, qui deviennent un objet de mépris dans Notre indépendance.» Stéphane Dion, Un pamphlet d'une rare intolérance, Le Devoir, 26 novembre 2012.çon si pacifique, et si inclusive, le désir d'une partie de leur peuple d'accéder à l'indépendance.Vu ainsi de façon objective, il est désolant pour un homme politique d'ici d'affirmer que les plumes indépendantistes réunies dans ce collectif, qui s'adresse à tous les Québécois dans une langue originale et créative, n'expriment qu'intolérance.Particulièrement quand les propos retenus sont cités hors contexte, voire de façon inexacte dans certains cas.Loi sur la clarté Ce texte de Stéphane Dion, par ailleurs, a quelque chose d'ironique lorsqu'on se rappelle son rôle dans la conception et l'adoption, en 2000, par la Chambre des communes à Ottawa, de la fameuse Loi sur la clarté, qui porte si mal son nom.Seule réponse du Canada aux 49,4% de Québécois ayant voté oui en 1995.Cette loi de mise en tutelle de la démocratie québécoise non seulement renie la règle universelle de la majorité simple, mais stipule aussi que les élus fédéraux pourraient hausser, après coup, à leur gré, le seuil de la majorité requise pour que les Québécois accèdent à l'indépendance.L'Assemblée nationale du Québec a répliqué par l'adoption de sa propre loi qui réaffirme le droit de notre peuple à disposer de lui-même et à choisir son avenir politique.Rien ni personne ne pourra empêcher le Québec de devenir indépendant lorsque les Québécois en décideront ainsi.Une gamme de visions Ceci dit, les lecteurs de Notre indépendance auront de toute façon vite fait de constater que les 28 textes, loin d'être intolérants, expriment toute une gamme de visions ; parfois l'espoir, parfois le cynisme, parfois le découragement, ou l'encouragement, et le plus souvent des métaphores fortes et réussies, selon de nombreuses critiques de l'ouvrage, essentiellement positives.Souhaiter «réveiller les Québécois qui somnolent dans le confort du statu quo» est un objectif louable qui consiste à convaincre d'une idée qui nous tient à cœur nos concitoyens, à qui l'on sert encore trop souvent la vieille soupe des arguments de la peur.Parler de son parcours ou mettre en vers ou en images ses émotions ou ses convictions par rapport à une cause ne témoigne pas d'un mépris envers ceux qui pensent autrement.C'est une contribution collective à un débat populaire plus large.Mieux, une contribution issue de tous les groupes d'âge au Québec, et de représentants de tous les partis politiques souverainistes.Pas banal, dans un contexte dit de «division».Selon un sondage Léger Marketing paru le 24 novembre dernier, 39% des Québécois \u2014 dont la moitié des francophones \u2014 appuieraient l'indépendance du Québec si un référendum avait lieu maintenant.39%, alors que la souveraineté n'était même pas un enjeu électoral.Un appui qui, de surcroît, se maintient depuis de nombreuses années, même après deux échecs référendaires.Voilà qui impressionne.A tous les Québécois donc, mais surtout à ceux qui hésitent, et au nom de tous les auteurs du collectif : nous vous invitons à poursuivre votre lutte, sinon à y réfléchir, au-delà des attaques sans fondement et des arguments qui n'en sont pas.Vous êtes d'une rare persévérance, mais surtout, d'une rare tolérance.Chronique zoologique David Desjardins es bœufs.Bêtes et toqués, rendus hostiles par leur appétit et par l'attente, ils se jettent sur l'auge promise pour y piocher un téléphone portable.A mesure que le niveau de la marchandise baisse, la tension monte.Y en aura-t-il assez pour tout le troupeau qui poirote docilement depuis des heures, dehors, au froid?Inquiet, un gros bestiau agressif donne du coude.Les autres crient, lui répondent par d'autres coups.Une sorte d'immense remous humain encercle le tas de boîtes que l'on s'arrache.On s'attend au pire qui, cette fois, ne viendra pas.Ce qui donne envie de croire aux miracles.«L'homme est vraiment zoologique», écrit Alexandre Vialatte dans une de ses géniales chroniques de La Montagne.Imaginez, il n'avait jamais même assisté au Black Friday.Il n'avait jamais vu ce genre de triste documentaire animalier distribué sur les réseaux sociaux, la savane africaine de la Mutuelle d'Omaha remplacée par les allées d'un Walmart.De toute éternité, dirait-il, l'homme est un loup pour l'homme.De nos jours, ajoutera-t-on, surtout si le second convoite le même bidule au rabais que le premier.La vidéo en question?Elle dure moins de deux minutes, ji fnontrp Très exactement 108 secondes, mais des secondes in- ^exemple tolérables d'une honteuse inhumanité qui se dilatent du pire dans jusqu'à l'écœurement.\t|\t|\t, Vendredi dernier, ils étaient\tpeut 150 millions d'Américains à «p rpfiicJÎpr faire pareil.On les voit sur\t^ d'innombrables autres petits pour oublier clips du même genre, se menaçant, s'empoignant, se ren- qu on n est versant au sol.Des files d'at- ^ tente sans fin.Des campings\tmieux dans des parkings.Autant de gens qu'on a envie d'aller voir, de brasser un peu et de leur demander: non mais, qu'est-ce que vous faites là au juste?On ne le fera pas.La réponse serait trop prévisible : nous économisons.C'est un peu devenu l'équivalent de l'acte de contrition dans la religion du consumérisme: Pardonnez-moi, parce que j'ai trop flambé, mais donnez-moi seulement un solde valable et je serai guéri.Suivront au cours des prochaines semaines toutes les autres entreprises de déculpabilisation, un peu plus nobles en apparence, mais peut-être encore plus dommageables parce qu'elles lavent nos consciences plus blanc que blanc en évacuant les questions de fond.Et c'est ainsi que la bonté programmée remplace le débat sur le partage de la richesse.Mais ce n'est pas ce qui nous abêtit.Pas plus que cette statistique, bien qu'elle confine à l'absurde toutes nos tentatives d'économiser au temps des Fêtes: nous dépensons en moyenne 3720$ par an en pure perte pour des articles dont nous ne nous servirons tout simplement pas (Le Devoir, 26 septembre 2012).Ce qui nous rend zoologiques, comme dirait Via-latte, et donc si tristement prévisibles, c'est notre incapacité à prendre acte de nos contradictions.C'est sans doute l'unique raison valable d'écrire une millionième chronique sur le consumérisme: pour répéter, encore, qu'il y a là un problème déguisé en solution.Nous achetons pour nous sentir plus heureux, et comme cela échoue, nous achetons encore, et encore.Le fugace bonheur de l'obtention d'un bien immédiatement remplacé par l'envie d'autre chose.Depuis la chanson de Souchon, rien n'a changé.Maintenant.Comment se fait-il que nous le sachions, tous, mais refusions de nous l'avouer?Peut-être parce qu'il manque une pièce dans ce moteur qui nous anime et qui nous broie en même temps, et que nous ignorons laquelle.Peut-être que le problème n'est pas autant dans le système que dans ce qu'il dit de nous.Une brutale animalité qui refuse l'intelligence, un réflexe de préservation qui nous fait nous accrocher à n'importe quelle bouée, quitte à marcher sur la tête de son prochain pour s'y agripper.Toute l'absurdité du 99% est là aussi.Dans cette contradiction d'un peuple dominé par une infime minorité, qui le sait, et qui accepte docilement de suivre la meute, devenant ainsi complice de son bourreau.Ce qui nous mine, au fond, ce n'est pas le capitalisme autant que son acceptation comme décor essentiel au bonheur, sachant pourtant qu'il n'est que papier mâché.Ce qui empêche l'humanisme de triompher de notre zoologie, c'est notre incapacité à nous imaginer autrement que derrière les barreaux, notre reiis de remettre en question nos actions.Pas seulement le système, donc, mais notre rôle à l'intérieur de celui-ci.Le spectacle du Black Friday est providentiel.Il montre l'exemple du pire dans lequel on peut se réfugier pour oublier qu'on n'est guère mieux.Un aveuglement volontaire qui nous empêche de réaliser que, dans la fable du joueur de flûte, nous sommes tous les personnages à la fois.Celui qui, avec son instrument, envoûte les rats, et ces derniers, qui le suivent jusqu'au fleuve et s'y noient.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idees), Marco Bélair-Cirmo (general), Jeanne Cornveau (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec)Fah\\en Deghse(société), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), Lisa-Mane Gervais (education), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy et Amélie Daoust-BoisvertfsawfcJ , information politique Michel Y)essnd(chroniqueur), Hélene Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires a Quebec), Guillaume Bourgault-Côté et Kathleen Lévesque (reporters) , information culturelle Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Odile Tremblay (cinema), Paul Bennett (pupitre 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Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau A 8 LE DEVOIR LE JEUDI 29 NOVEMBRE 2012 ACTUALITES PONG SUITE DE LA PAGE 1 rir son oisiveté sur les très mécaniques machines à boules.Elle est dotée d\u2019un tube cathodique, d\u2019un tableau de commande au blanc futuriste et surtout de quatre lettres qui finalement se préparent à entrer dans l\u2019histoire : Pong.L\u2019idée a émergé quelques années plus tôt dans le cerveau de Ralph Baer, un technicien en Radiophonie d\u2019origine allemande installé aux Etats-Unis et surtout premier élève à décrocher en 1949 un diplôme en télévision de l\u2019American Television Institute of Technology.On est en 1966.Baer et quelques collègues cherchent une façon d\u2019utiliser l\u2019écran du téléviseur en dehors des périodes de diffusion des programmes.11 imagine alors la transposition de la très classique table de ping-pong en format électronique : deux barres blanches évoluant du haut vers le bas de chaque extrémité de l\u2019écran, un petit point blanc se promenant entre les deux, et surtout, un compteur numérique qui assure le comptage des points et donne vie au tout premier jeu vidéo de l\u2019histoire de l\u2019humanité.«Pong, c\u2019est le début de la réalité virtuelle, ré- sume Alain Tascan, ex-tête dirigeante de l\u2019empire du jeu vidéo Electronic Arts et aujourd\u2019hui aux commandes de Sava Transmedia, une boîte versée dans le jeu pour réseaux sociaux et format mobile.Son abstraction est la plus basique, la plus essentielle et c\u2019est également l\u2019ancêtre du jeu à plusieurs joueurs ».qui déchaîne désormais sa deuxième génération de joueurs dans les salons du globe sous des appellations comme Wii, Evo, Zeebo.Entre autres.À des années-lumière du caractère élémentaire de Pong.«L\u2019amateur de technologie a été forcément fasciné par ce jeu, indique Matthieu Dugal, animateur à l\u2019émission La sphère de Radio-Canada, et pas seulement en raison des endroits poisseux où on y jouait.Avec ce jeu d\u2019arcade, il sentait confusément et avec un certain vertige l\u2019ouverture d\u2019un nouveau champ de possibles.Il y avait là l\u2019avenir de notre interaction avec les machines et avec les hommes, comme l\u2019a écrit Nicholas Ne-groponte [informaticien américain, auteur de Being Digital en 1995].» Très peu lumineux et captivant.Pong a finalement tout pour marquer les esprits, surtout en devenant la première console de jeu vidéo à faire son entrée dans les résidences dans les années qui ont suivi son apparition dans les arcades.Le succès commercial est alors porté par des marques comme Magnavox Odyssey, Ping-O-Tronic ou encore Coleco Telstar, qui se vantait alors d\u2019offrir trois jeux dans une même boîte, «la plus divertissante sur le marché» : le tennis, le hockey et le hand-ball, variante peu subtile du même jeu d\u2019échange de point blanc entre deux barres.L\u2019humoriste Louis T, trop jeune pour l\u2019avoir manipulé, s\u2019en amuse malgré tout: «Pong, pour moi, c\u2019était le jeu qu\u2019on affichait dans les films américains quand on voulait montrer de la technologie ou faire cool», dit-il.«C\u2019est aussi le premier jeu qu\u2019on installait sur nos calculatrices technologiques au secondaire», pour se divertir simplement à des moments et des endroits où il ne le Mait pas.Quatre décennies plus tard, Pong expose désormais son obsolescence dans les musées dédiés aux technologies, mais aussi sur quelques sites Internet qui, pour divertir les foules numériques sentimentales, proposent des versions de l\u2019illustre jeu en format Plash.Loin, très loin de la complexité graphique et sonore d\u2019Angry Birds, d\u2019Assassin\u2019s Creed ou encore de Tiny Plane, une invention québécoise pour iPhone et iPad, divertissement à plus ou moins gros déploiement, dont la naissance a été finalement annoncée il y a 40 ans en toute simplicité, par un Pong.Le Devoir BRETON SUITE DE LA PAGE 1 nistre du Revenu pour ne pas avoir envoyé sa déclaration de revenus à temps.De son côté, le réseau TVA a dévoilé que M.Breton a été expulsé à deux reprises d\u2019immeubles à logements pour ne pas avoir payé son loyer, en juin 2005 et en décembre 2009.Dans le second cas, il a omis de payer 13 mois de loyer et a été condamné par la Régie du logement à payer 6320$ à son propriétaire, Ber-thier Dubé.Le ministre Breton lui devrait désormais près de 7000$.Les reportages ont par ailleurs permis d\u2019apprendre que l\u2019environnementaliste a écopé de plusieurs amendes pour excès de vitesse et qu\u2019il aurait mis du temps à acquitter certaines d\u2019entre elles.11 a été condamné en 1997 pour avoir conduit alors que son permis avait été révoqué.Selon Shirley Bishop, le cabinet de Pauline Ma-rois était au courant «des tickets de vitesse» et des loyers impayés, qu\u2019il s\u2019était engagé à rembourser.«Ce n\u2019est pas un gars qui a fait de l\u2019argent dans sa vie, il a eu une période très difficile et oui, il a eu des loyers impayés, convient Shirley Bishop.Ça fait deux mois qu\u2019il a une bonne job et un bon salaire et il s\u2019est engagé à rembourser ce qu\u2019il devait sans aucun problème, il va remettre tout ce qu\u2019il doit.» M\u201c® Marois n\u2019était toutefois pas au courant des amendes concernant l\u2019assurance-emploi.Daniel Breton lui-même ne se rappelle plus des détails, affirme Shirley Bishop.LA PRESSE CANADIENNE Daniel Breton «Il ne se rappelait plus du tout c\u2019était quoi, c\u2019était en 88, ça fait 25 ans.Il a eu 300$ d\u2019amende.» Pour l\u2019équipe de M\u201c® Marois, il n\u2019y a pas de problème avec le message que de tels comportements de la part d\u2019un ministre envoient à la population.«Il n\u2019a pas fait ça pendant qu\u2019il était ministre.Il a fait cela avant.En même temps, je pense que c\u2019est quand même quelqu\u2019un d\u2019une grande compétence, d\u2019une grande qualité.» Au cabinet de Daniel Breton, on minimise également la portée de ces accusations.«S\u2019il a pu devenir candidat du parti puis ministre, c\u2019est que ce qui apparaît à son plumitif, c\u2019est mineur», a soutenu son attachée de presse, Danielle Rioux.Cette dernière alimente par ailleurs la théorie du complot contre Daniel Breton, théorie largement répandue sur les réseaux sociaux.«Je ne peux pas présumer, mais vous savez, avec la commission Charbonneau, les libéraux tentent de faire diversion et ils veulent cibler M.Breton.Il faudrait peut-être demander aux libéraux si c\u2019est eux qui alimentent les médias.» Impossible de parler au ministre visé par les reportages, mercredi soir.Mais au gouvernement, on soutient que cette nouvelle crise l\u2019a mis «un peu à l\u2019envers».Au Parti libéral, l\u2019attaché de presse de l\u2019aile parlementaire, Charles Robert, exige des explications de la première ministre.« Si c\u2019est vrai [.] ces éléments-là étaient connus de la première ministre.Alors, qu\u2019on applique une politique de tolérance zéro, comment est-ce qu\u2019elle a fait pour le nommer ministre ?» Cette histoire le conforte dans l\u2019idée qu\u2019il faut rapidement faire la lumière sur ces événements, de même que sur les allégations d\u2019ingérence au BARE, pour lesquelles l\u2019opposition réclame déjà la démission du ministre qui sera entendu en commission parlementaire le 7 décembre prochain.«On constate qu\u2019on a, au gouvernement, comme ministre de l\u2019Environnement, un multirécidiviste en ce qui a trait à la contravention des lois et règlements du Québec.Alors oui, on veut faire la lumière sur tout ce qui touche le ministre.» Du côté de la CAQ, Erançois Bonnardel estime que la première ministre a «fermé les yeux sur le passé douteux de M.Breton », ce qui représente, selon lui, un «manque de jugement important».Selon lui, Daniel Breton «n\u2019a plus l\u2019autorité morale» pour se présenter devant les citoyens.«Il ne lui reste plus qu\u2019une chose à faire: démissionner.» Le Devoir CHARBONNEAU SUITE DE LA PAGE 1 fions en regard de la présence de l\u2019ex-ministre libérale Line Beauchamp au 357C, un club privé (une table cinq étoiles) dont la confidentialité des dispussions constitue le maître mot commercial.À deux reprises, en 2007, M\u201c® Beauchamp a été l\u2019invitée de Rosaire Sauriol, de la firme de génie-conseil Dessau.Chaque fois, elle était accompagnée de son conjoint de l\u2019époque, Pierre Bibeau, vice-président chez Loto-Québec.Ce dernier est un organisateur du PLQ depuis 1970, ainsi qu\u2019un collecteur de fonds notoire.Lors de son témoignage devant la commission Charbonneau, l\u2019ex-entrepreneur Lino Zambito a dit avoir remis 30000$ comptant à M.Bibeau, au bureau de ce dernier, à Loto-Québec.L\u2019argent était destiné au PLQ, a déclaré sous serment M.Zambito.Lors de ces rencontres au 357C, il y avait également les entrepreneurs Paolo Catania de Construction P.Catania et Prank Minicucci (bras droit de Tony Accurso), ainsi que les ingénieurs Michel Lalonde (Groupe Séguin), Pierre Lavallée (BPR) et Yves Théberge (ClMA-i-).Le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Prank Zampino, et Bernard Trépanier (alias monsieur 3%), responsable du financement du parti du maire Gérald Tremblay, Union Montréal, prenaient place à ces petits-déjeuners.M® Décary du PLQ a questionné le témoin sur la possibilité que le financement politique puisse avoir été au cœur des discussions du groupe.«On a quand même Pierre Bjbeau qui est présent», s\u2019est borné à répondre Erick Roy, laissant entrevoir les soupçons de la commission sans toutefois pouvoir les étayer pour l\u2019instant.Financement politique libéral Vraisemblablement, la commission a fait le choix de laisser les journalistes présenter les déductions possibles ou probables qui peuvent être faites à partir de cette liste.En effet la première rencontre de Line Beauchamp avec des hommes d\u2019affaires s\u2019est déroulée le 26 février 2007.Le Québec était alors plongé depuis cinq jours en pleine campagne électorale.Et c\u2019était Line Beau-champ qui en assumait la responsabilité.C\u2019est donc moins la ministre de la Culture qui rencontre les Catania, Sauriol, Zampino et autres Trépanier que la politicienne qui est talonnée par l\u2019Action démocratique du Québec (le PLQ gagnera les élections, mais formera un gouvernement minoritaire).De plus, à la même date, les libéraux ont tenu une activité de financement, à Montréal, où ont été récoltés 51140$.Le petit-déjeuner était-il une activité de financement?La commission Charbonneau n\u2019a apporté aucun éclairage sur la question.11 faut également noter que plusieurs voisins de table de M\u201c® Beauchamp ont contribué à la caisse électorale libérale.C\u2019est notamment le cas de Paolo Catania (3000$), Michel Lalonde (2400 $), Prank Minicucci (1000 $), Yves Thé-berge (3000$) et Bernard Trépanier (3000$).Onde de choc La liste \u2014 qui en est une essentiellement d\u2019invités et non de présences, a aussi reconnu M.Roy \u2014 a provoqué une onde de choc sur la colline Parlementaire, à Québec.Bon nombre de politiciens ont pris les devants pour dire qu\u2019ils s\u2019étalent déjà rendus au 357C, mais que cela n\u2019avait rien d\u2019incriminant en soi.De son côté, l\u2019ancienne vice-première ministre libérale, line Beauchamp, a indiqué mercredi que c\u2019est à son initiative qu\u2019ont eu lieu les deux rencontres tenues en 2007 alors qu\u2019elle était minisùe de la Culture, responsable de la région de Montréal puis ministre de l\u2019Environnement M\u201c® Beauchamp a affirmé par voie de communiqué qu\u2019elle avait l\u2019habitude de solliciter des rencontres avec des élus et des représentants des milieux économique, culturel et communautaire.«Cétait pour moi une façon de rester proche des préoccupations des gens et d\u2019éviter de me faire reprocher d\u2019être enfermée dans une tour d\u2019ivoire au sein de mes ministères», a-t-elle indiqué, assurant que les discussions ont été d\u2019ordre général sur la performance économique du Québec et de Montréal Défilé de personnalités Le policier Erick Roy a également présenté d\u2019autres personnes qui ont défilé au club privé 357C et qui étaient directement impliquées dans le financement du parti de l\u2019ancien maire Gérald Tremblay, Union Montréal (UN).Ainsi, l\u2019agent officiel d\u2019UN, Marc Deschamps, a eu deux rencontres avec l\u2019entrepreneur Paolo Catania, dont une en 2007.À cette époque, M.Deschamps a participé au comité de sélection ayant choisi Construction P.Catania pour développer le Eaubourg Contrecœur.M.Deschamps, dont le surnom est M.Net dans les coulisses municipales, a également apporté son expertise à la Coalition avenir Québec.La collaboration a toutefois été de courte durée puisque Jacques Duchesneau (ex-Unité anticollusion dont le rapport a provoqué la création de la commission Charbonneau) avait exigé son départ pour faire le saut avec la CAQ.Plusieurs autres noms de personnalités publiques ont surgi : l\u2019ex-député libéral de Lafontaine et adjoint parlementaire du premier ministre, Tony Tomassi (rejeté par le PLQ après avoir utilisé une carte de crédit privée), l\u2019ancien directeur général du PLQ, Joël Gauthier, qui a été nommé puis congédié de l\u2019Agence métropolitaine de transport (AMIJ, le conseiller municipal Sammy Porcillo, qui a notamment été responsable des dossiers d\u2019infrastructures au comité exécutif de Montréal, ainsi que les maires d\u2019arrondissement et anciens membres aussi de l\u2019exécutif.Benoit Labonté (ex-chef de Vision Montréal), Cosmo Maciocia et Claude Dauphin.lœ sénateur lœo Housakos, fort actif dans les coulisses de différents partis politiques, mais principalement au Parti conservateur, s\u2019est rendu à trois reprises au 357C, dont une fois q l\u2019invitation de Bernard Poulin du Groupe SM.À cette époque de ses visites, M.Housakos n\u2019était pas encore sénateur ; il travaillait pour la firme de génie BPR, qui orchestrait le controversé contrat des compteurs d\u2019eau depuis 2005.Léo Housakos a également été proche de l\u2019Action démocratique du Québec, ainsi que d\u2019Union Montréal.Ajournement hâtif La.présentation de cette liste de noms a été faite en remplacement du témoignage annoncé d\u2019une personne de la Ville de Montréal.Ce témoin devait expliquer le processus d\u2019octroi de contrats au sein de la plus importante municipalité du Québec.La commission Charbonneau a plutôt choisi de repousser ce témoignage créant une certaine irritation chez l\u2019avocat représentant Montréal, Me Mardn St-Jean, qui l\u2019a formulé sur le réseau Twitter.lœs travaux de la commission Charbonneau ont pris fin avec le témoignage de l\u2019enquêteur.La juge Prance Charbonneau devait les clore par une déclaration qui a été reportée à jeudi matin, après la diffusion des analyses, chroniques et autres éditoriaux.Avec la collaboration de Jeanne Corriveau Le Devoir FRAUDE SUITE DE LA PAGE 1 dame.Elle a d\u2019abord demandé qui parlait.Se faisant répondre qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un journaliste, elle a dit: «Il n\u2019est pas ici, merci.» Invitée à dire, au moins, si M.Duhaime a un avocat, elle a dit «Au revoir» et a raccroché.La conversation a duré précisément dix secondes.Au cours des derniers mois, M.Duhaime a mis sa maison en vente, vraisemblablement au cours du mois d\u2019août s\u2019il faut se fier à la date d\u2019une vidéo affichée sur YouTube.Un employé de l\u2019agence immobilière chargé de sa mise en marché a confirmé hier que la résidence, située à quelques pas du fleuve, n\u2019a pas encore trouvé preneur.lœ prix demandé est de 890000$.Au CUSM, qui a reçu la visite de policiers le 18 septembre, un porte-parole a indiqué que l\u2019établissement public collabore entièrement avec rUPAC.«Nous trouvons particulièrement troublantes les affirmations contenues dans le mandat d\u2019arrestation selon lesquelles le CUSM a été victime d\u2019une fraude et nous continuons de collaborer avec les autorités, a dit Richard Pa-hey.Nous ne ferons aucun autre commentaire.» Nommé président de SNC-Lavalin en mai 2009 après un fulgurant parcours de 20 ans au sein de l\u2019entreprise, M.Duhaime a démissionné de ses fonctions en mars 2012 après la découverte de commissions irrégulières de 56 millions à des agents commerciaux.Ceux-ci sont des intermédiaires dont la mission est d\u2019aider l\u2019entreprise à décrocher des contrats.L\u2019étude commandée par le conseil d\u2019administration de SNC-Lavalin l\u2019hiver dernier a révélé que deux contrats n\u2019avaient pas été déclarés selon les règles internes et qu\u2019en fait, ils avaient été attribués à des projets auxquels ils ne semblaient pas se rapporter.Pour un des deux contrats, M.Duhaime a autorisé des paiements après que des subalternes eurent refusé de le faire.Selon un reportage publié dans La Presse au mois d\u2019octobre, une partie de ces 56 millions, soit 22 millions, pourrait avoir un lien avec l\u2019obtention du chantier de construction du CUSM.Le contrat a été accordé en 2010 à un consortium formé de SNC et du groupe britannique Innisfree.Depuis le mois de février, nprmie 1p mnie la compagnie a vu son action perdre environ 20% de sa va- de fevner, leur en Bourse et a été ci- la compagnie blée par des démarches de\t^ recours collectif.Le public, ®\taction quant à lui, s\u2019est indigné du perdre environ fait que M.Duhaime a reçu\t, un arrangement de près de 5 millions après son départ, valeur en En parallèle, la compagnie a g\t, , créé un «comité d examen des agents» et instauré une ciblée par des «obligation de signaler toute démarches de violation ou proposition de violation au code d\u2019éthique», recours collectif Un nouveau président est aux commandes de l\u2019entreprise depuis le octobre : Robert Card.Dans un bref communiqué, l\u2019UPAC a indiqué hier que, «d\u2019autre part, Riadh Ben Aissa fait face aux mêmes chefs d\u2019accusation et une procédure d\u2019entraide internationale est en cours».Ce dernier est un ancien vice-prési-dent-directeur qui a quitté l\u2019entreprise au mois de février.11 a été arrêté en Suisse au mois d\u2019avril.Dimanche, la Société Radio-Canada a rapporté que les autorités suisses cherchent de leur côté la trace de 139 millions.«Aucun acte illégal toléré» La réaction de la direction de SNC-I^valin a été rapide.«Comme nous l\u2019avons déclaré à maintes reprises, SNC-Lavalin a coopéré et continuera de coopérer pleinement avec toutes les autorités qui font appel à nous.Nous avons volontairement remis des renseignements en notre possession aux autorités locales et à d\u2019autres juridictions, afin qu\u2019elles puissent prendre toute mesure qu\u2019elles pourraient juger appropriée», a indiqué dans un courriel la porte-parole de la société, lœslie Quinton.«Nous sommes catégoriques, aucun comportement non éthique ou acte illégal ne doit être toléré.Nous croyons que quiconque est réputé avoir commis un délit lié à une enquête doit être traduit en justice», a ajouté M\u201c® Quinton.«La société demeure déterminée à être fidèle à des normes de conduite éthique en affaires.Nous avons des procédures en place, dont un code d\u2019éthique et de conduite dans les affaires que tout membre du personnel est tenu de signer et de respecter.Au cours des derniers mois, nous avons institué, et continuons d\u2019instituer, des mesures pour renforcer ces procédures, et pour resserrer des contrôles et des processus internes.» Six mois après la nomination de M.Duhaime à la présidence de SNC-Lavalin, la revue HEC Montréal Mag en avait fait un portrait élogieux.« Comment le nouveau capitaine du navire SNC-Lavalin entend-il laisser sa marque?», écrit le journaliste.M.Duhaime répond ceci: «Je ne me fixe pas d\u2019objectijs pour dire où sera exactement l\u2019entreprise dans cinq ans.Si je peux faire rayonner notre nom encore plus dans le monde, ce sera un signe de réussite.Nos actionnaires ont été bien traités dans le passé et je veux qu\u2019il en soit toujours ainsi.» Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 Par télécopieur\t514 985-3340 A.bonnenientS (lundi àvendredl, 7h30 à 16h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Au téléphone Par télécopieur 514 985-3346 514 985-3390 Le Devoir peut, a l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnes a la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service a la clientele.Le Devoir est pubhe du lundi au samedi par Le Devoir me.dont le siege social est situe au 2050, rue De Bleury, 9® etage, Montreal (Quebec), H3A 3M9.Il est imprime par Imprimerie Mirabel me., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montreal, qui a retenu pour la region de Quebec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Quebec, 450, avenue Bechard, Quebec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montreal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt legal.Bibliothèque et Archives nationales du Quebec, 2007."]
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