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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2012-12-01, Collections de BAnQ.

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[" Tout Uderzo et un peu de Goscinny Page f 4 M S' 50 idées : quelques vérités qui dérangent Page F 7 BEAUX LIVRES CAHIER F > LE DEVOIR, LES SAMEDI\tET DIMANCHE 2 DECEMBRE 2012 SOURCE HEXAGONE Le poète à l\u2019époque des éditions Erta.Roland Giguère l\u2019enchanté Thomas Heilman chante le poète chante % Üy «Des hommes grands gros gras saignants / des femmes minces fines douces et fluettes / un peu fées mais aussi très flammes / des hommes grenouilles / des femmes fiasques / des enfants désossés / des pyramides de farine».Ces vers du poète Roland Giguère, écrits en 1956 et parus dans l\u2019incontournahle recueil L\u2019âge de la parole, sont maintenant chanson.Car l\u2019auteur-compositeur-interprète Thomas Heilman, tombé sous le charme en janvier dernier de la musicalité des poèmes de Giguère, vient de lancer dans un livre-disque léché 13 chansons adaptées du recueil phare du poète, ainsi que de Temps et lieux (l\u2019Hexagone, 1988).CATHERINE LALONDE Pour tout effacer j\u2019avance.Sans histoire.Mémoire d\u2019om-bre.Autant de textes de Roland Giguère ramenés à la lumière, accords folks à l\u2019appui.Car si les écrits du poète ont été remarqués et salués à leur publication, depuis le décès de l\u2019écrivain, en 2003, les lecteurs semblent oublier d\u2019y replonger.Né en 1929, Roland Giguère brille sur les arts et la littérature du Québec de la Révolution tranquille.Poète, il fait aussi des arts visuels, dessine, sérigraphie.Il sera d\u2019ailleurs la seule personne à recevoir deux Prix du Québec: d\u2019un côté, en littérature, le prix Athana^e-Da-vid; de l\u2019autre, le prix Emile-Borduas en arts visuels.Roland Giguère a aussi remporté le Prix du public du tout premier Marché de la poésie de Montréal, en 2000, dont la bourse venait accompagnée d\u2019un cellier et d\u2019un bon d\u2019achat de 1000$ à la Société des alcools.«J\u2019espère que vous aimez le bon vin, monsieur Giguère», avait demandé lors de la remise du prix le représentant de la SAQ.«Oui, et le mauvais aussi.», aurait répondu le poète, conscient de son amour de la bouteille.Imprégné du surréalisme, ayant fréquenté André Breton, Roland Giguère sera un des auteurs d\u2019ici à fouiller, version soft, le plus longtemps ce courant.Claude Gauvreau Ta décrit comme un «figuratif d\u2019imagination», soulignant que Giguère fut un des premiers à mettre l\u2019accent sur le monde intérieur.L\u2019âge de la parole et Forêt vierge folle demeurent ses livres phares.Souvenirs du poète En 1949, Roland Giguère fonde les éditions Erta et s\u2019intéresse aux beaux livres, accordant autant d\u2019importance à l\u2019édition qu\u2019au contenu.Son legs d\u2019imprimeur sert encore.Pierre Eülion, conseiller littéraire chez Leméac, a acquis pour ses artisanales éditions du Silence le matériel de son ami poète.«J\u2019ai un meuble contenant plusieurs alphabets de caractères de bois; ce meuble, Roland l\u2019avait lui-même acheté d\u2019une imprimerie de la Mauricie dans les années 1960.n s\u2019est servi de plusieurs de ces lettres et ornements dans ses sérigraphies.» Car le poète intègre souvent ses œuvres ou des éléments visuels à ses textes.«J\u2019ai déménagé ce meuble en le démontant, se rappelle encore Pierre Pillion, puisqu\u2019il ne passait plus dans l\u2019escalier de son atelier des éditions Erta, situé au troisième étage du boulevard Saint-Laurent, au-dessus du Cinéma VOIR PAGE F 3 : GIGUÈRE r Thomas Heilman au Cabaret du Lion international de la littérature en 2012.PIERRE CREPO d\u2019Or au Festival La grande et la petite histoire derrière 50 grandes photos Sans l\u2019insatiable curiosité d\u2019un photographe allemand, la première vraie photo de l\u2019histoire de l\u2019humanité serait restée dans les limhes d\u2019un grenier poussiéreux et l\u2019histoire de la photographie s\u2019en serait trouvée à jamais changée.Du tout premier cliché à nos jours, de savoureuses anecdotes se terrent derrière les images iconiques qui ont marqué l\u2019imaginaire collectif.ISABELLE PARE CJ est sur la trace de ces histoires que s\u2019est lancé il y a 10 ans Hans-Michael Koetzle, spécialiste de l\u2019histoire de la photo et auteur de 50 photos icons, succès d\u2019édition allemand en livre de poche en 2001, réédité depuis par Taschen en français, en anglais et espagnol, dans un format beau livre.«Mon but était de jeter un regard nouveau sur 180 ans de photographie en choisissant des images marquantes et en racontant leur histoire pour comprendre comment elles sont parvenues à s\u2019imposer dans notre cerveau», explique Koetzle, joint par Le Devoir à Munich.Un travail de moine, ponctué de découvertes fascinantes, au détour d\u2019archives et de documents retrouvés qui ont parfois permis de déterrer de nouveaux pans d\u2019histoire.L\u2019histoire de la première photographie en est un exemple patent.Jusque dans les années 50, on attribuait à Daguerre l\u2019invention des premières images photographiques (1839).Or, 12 ans plus tôt, son compatriote Nicéphore Nièpce avait réussi à obtenir une première image d\u2019une vue de sa chambre en Bourgogne, «Les pionniers de la photo qui voulaient patenter leurs découvertes agissaient en secret, cachés dans des planques» après avoir exposé au soleil une plaque d\u2019étain couverte de bitume pendant huit heures.Un paysage à peine visible, presque fantomatique, qui allait devenir le premier cliché de l\u2019histoire.Mais ça, Nièpce ne le saura jamais.Car son procédé et ses notes tombent dans l\u2019oubli, jusqu\u2019à ce que deux scientifiques allemands tentent de retrouver ses travaux après la guerre.La plaque est finalement retrouvée en 1951 dans le grenier d\u2019un héritier anglais, mais l\u2019impression est à peine visible à l\u2019œil nu.Après des mois de travail, le laboratoire de Kodak réussira à ressusciter, 125 ans après sa naissance, la première photo connue.«On a dû réécrire l\u2019histoire de la photographie.On n\u2019aurait jamais retrouvé cette image sans le travail d\u2019Alison et d\u2019Helmut Gerns-heim», raconte Koetzle.D\u2019autres images frappantes regorgent d\u2019anecdotes, comme celle de la première image attribuée à Daguerre, inventeur du daguerréotype.Il immortalisa le premier un être humain, lointaine silhouette d\u2019un homme faisant cirer ses chaussures sur le boulevard du Temple à Paris.Pourquoi ces vues lointaines ?VOIR PAGE F 2 : PHOTOS GABOR SZ CHARLEVOIX 1970 GABOR SZILASI Charlevoix 1970 Les images de Charlevoix de Gabor Szilasi sont devenues une référence de la photographie québécoise et un témoignage historique incomparable.MANI SOLEYMANLOU Un Pièce sur l\u2019exil, l'exil comme une déchirure, Un est un monologue autobiographique dans lequel le personnage raconte son Iran perdu.Photographies Collection « Linstont décisif », 112 pages, 3995 $ Linltantmêm www.instQntmeme.conn Théâtre Q Collection « Linstont scène », 62 pages, 11,95 $ F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI I®'^ ET DIMANCHE DECEMBRE 2012 LIVRES CADEAUX Biaise, Pascal et les autres Jean-François Nadeau ais comment as-tu eu cette lettre?», commence par me demander Pascal Assathiany, p.-d.g.de Dimedia, un des plus importants distributeurs de livres au Québec.Oui, comment ai-je bien pu l\u2019avoir?C\u2019est fou, la vie : on envoie une lettre à la ronde, elle fait trois petits tours, puis ne reste plps qu\u2019à s\u2019étonner qu\u2019elle soit lue à la ronde.A la suite du Salon du livre de Montréal, ce p.-d.g.à l\u2019éternelle allure de gamin déguin-gandé s\u2019est empressé d\u2019écrire à la direction de l\u2019événement une de ces missives bien salées dont il a depuis longtemps le secret.De quoi produire une petite commotion chez ces gens-là, qui venaient de suer encre et eau pour conduire jusqu\u2019à bon port l\u2019événement annuel.Il faut dire qu\u2019Assathiany a un authentique talent pour produire de pareils morceaux capables de susciter immédiatement une chaude ambiance autour de lui.Ce doigté bien personnel ne l\u2019empêche pas de montrer du doigt à l\u2019occasion des sujets qui méritent très certainement l\u2019attention.Dans sa lettre adressée au Salon, Assathiany critique la mentalité de centre commercial qui gangrène selon lui de plus en plus cette foire du livre.«Je suis certain, dit-il, que j\u2019exprime de la sorte un point de vue qui est largement partagé par mes collègues du monde de l\u2019édition.» Toujours est-il qu\u2019on entend bel et bien des échos qui vont dans le sens de ses propos.Au téléphone, Assathiany poursuit son explication: «Je ne veux pas frapper sur des gens qui travaillent fort, mais hélas, ils ne travaillent pas toujours dans le bon sens.» Il reproche d\u2019abord et avant tout au Salon ce côté commercial de plus en plus exacerbé qui a fait en sorte de rejeter à la mer, dans un nuage de brouillard, les lecteurs et les écrivains.Il dit: «Je n\u2019ai rien contre le commerce, mais je suis aussi pour un équilibre dans le commerce.Le livre culturel est évacué du Salon ! On ne voit plus au Salon de grands lecteurs, des intellectuels.Il n\u2019y a plus de débats, mais plutôt une suite de présentations commerciales» souvent vides et sans intérêt social et littéraire.En un mot, résume-t-il, ça n\u2019a aucun intérêt de transformer un événement culturel aussi porteur de sens en une étroite foire commerciale asséchée et asséchante, tout juste digne d\u2019un vulgaire centre commercial qui s\u2019endimanche à l\u2019approche de Noël.Assathiany dénonce par ailleurs le système des tables rondes, «ces infos-pubs permanentes» qui bordent les allées des exposants et dont on gave le public sans se questionner sur leur va-leqr réelle.A quoi pense-t-il en disant cela?Peut-être à «Connaissez-vous les crânes de cristal?», une présentation tenue cette année à l\u2019Agora qui «confirme la véracité de leur existence», ou encore à un atelier offert au Carrefour Desjardins pour vous aider à «mieux comprendre la loi d\u2019attraction» afin d\u2019attirer à soi «bonheur et réussite».Pascal Assathiany aimerait plutôt voir des discussions structurées, «des thématiques organisées par le Salon lui-même plutôt que par les éditeurs».C\u2019est à ces derniers en effet qu\u2019on laisse à peu près toute liberté pour présenter leurs titres à la queue leu leu.«Pour l\u2019instant, ça me semble loin du message culturel à envoyer au public dans le cadre d\u2019un salon du livre.» La réponse des organisateurs du Salon viendra sous peu, faut-il croire.Dans les journaux, une règle très souvent écrite veut que l\u2019on s\u2019abstienne de critiquer ouvertement ses collègues.Même quand il s\u2019agit de Denise Bombardier dans Le Devoir?Oui.Aussi n\u2019ai-je pas été trop surpris de voir l\u2019écrivain Jean Barbe se faire montrer la porte chez Québécor après qu\u2019il eut comparé ses petits collègues à des capots dignes des camps nazis.D\u2019autant que l\u2019image était franchement grossière.Il faut dire que le sens de l\u2019argumentation de Barbe ne m\u2019a jamais beaucoup impressionné, même lorsqu\u2019il pense la même chose que moi, ce qui est bien souvent le cas.Ce qui ne m\u2019empêche pas, et de longue date, d\u2019apprécier la qualité formelle de l\u2019écriture de Barbe, même Mais, je lorsqu\u2019il souffre des travers argumentatifs qu\u2019il dénonce par ailleurs assez souvent chez ceux qui, sur sa droite, chroniquaillent en fait dans le même pré carré que lui.Les deux faces de la même médaille, me dis-je souvent.Les billets d\u2019humeur se conjuguent de moins en moins avec le sens de la rigueur.L\u2019amalgame, les glissements et les accusations gratuites de plus en plus courantes trahissent une volonté d\u2019être lu plutôt que d\u2019être compris.Je ne peux toutefois que m\u2019attrister du congédiement de Barbe.Parce que cela nous rappelle à quel point la liberté d\u2019expression demeure une chose fragile qui mérite d\u2019être défendue.Une société qui se dit libre et forte mais qui se sent trop faible pour supporter l\u2019expression de petites bêtises est sans doute beaucoup moins solide sur ses jambes qu\u2019on ne le croit.Je me disais encore la même chose en lisant La Presse, qui rapportait cette semaine que Biaise Renaud, fils de son père devenu à sa suite patron de la chaîne de librairies Renaud-Bray, ne supportait pas que l\u2019illustrateur pour la jeunesse Philippe Béha ait critiqué publiquement ses choix commerciaux lors du dernier Salon du livre de Montréal.ne peux que m\u2019attrister du congédiement de Jean Barbe Renaud aurait convenu de faire la vie dure à Béha dans ses librairies à la suite de ces propos, si je comprends bien l\u2019article publié par mon confrère de La Presse qui le cite: «Je ne donnerai pas d\u2019espace privilégié, qui me coûte le gros prix au pied carré, à quelqu\u2019un qui me discrédite publiquement.» Remarquer que, pour justifier cette censure, on ne parle pas des livres de,Béha mais de ses opinions personnelles.A raison, l\u2019Union des écrivains a dénoncé cette situation, tout comme l\u2019Association des illustrateurs.En général, il faut dire que les patrons sont désormais mieux avisés.Ils ferment les yeux sur les diverses barberies béhaesques de notre époque, sachant qu\u2019au merveilleux royaume de l\u2019économie, les débats n\u2019empêchent pas de vendre, bien au contraire.Mais ce n\u2019est plus tellement d\u2019économie qu\u2019il est question ici, mais plutôt d\u2019idéologie : celle du commerce se croyant autorisé de prendre le pas sut tout.A cause de la fumée enveloppante du commerce, personne ne dira trop rien devant ce geste de Renaud-Bray, j\u2019en suis convaincu.Pourquoi?Parce que la chaîne contrôle une large part des ventes de livres au Québec.Ce qui n\u2019est pas si grave en soi, tant qu\u2019on ne considère pas pour cette raison avoir le droit de contrôler aussi les esprits.Pascale, qui n\u2019est pas une amie de Biaise, m\u2019écrit ce matin : «Nadeau, c\u2019est un très bon moment pour faire ton baveux.» Mais non.Pas du tout.Notre société ne manque pas de baveux.Que ce soit Assathiany, Renaud, moi ou d\u2019autres.Elle compte heureusement quelques courageux, comme Philippe Béha.Et elle souffre surtout de compter de plus en plus de licheux.Des licheux qui se contentent d\u2019espérer en silence qu\u2019on entende les baveux.jfnadeau@ledevoir.com PHOTOS SUITE DE LA PAGE F 1 «Les pionniers de la photo qui voulaient patenter leurs découvertes agissaient en secret, cachés dans des planques.Si on ne voit qu\u2019un seul homme, c\u2019est que l\u2019exposition durait plusieurs minutes.Le boulevard était pourtant bondé de gens et de carrosses.Sans ce cireur de chaussures qui bougeait moins que les autres, ce premier portrait n\u2019aurait jamais existé», raconte l\u2019auteur allemand.Au XX*' siècle naissent les premiers vrais photoreportages, qui signent le début de la photographie moderne.L\u2019œil «humaniste» de Lewis W.Hines, qui dévoilera au monde l\u2019atrocité du travail des enfants américains dans les manufactures de coton (1906), mènera à l\u2019adoption de nouvelles lois du travail.De la même manière, le célèbre cliché d\u2019une femme famélique {Migrant Mother) croquée par Dorothea Lange en 1936 dans une Californie en crise frappera l\u2019opinion publique et forcera le gouvernement à y envoyer des vivres.Nouveau siècle Sans le savoir, la photo du Grand Prix de l\u2019automobile Club de Erance (1912) du jeune Jacques-Henri Lartigue deviendra le symbole d\u2019un nouveau siècle, marqué par la technique et la rapidité.«Cette photo est majeure, car elle capture l\u2019idée de la vitesse.Lartigue l\u2019a prise à 18 ans, mais la jugeait ratée.Ce n\u2019est qu\u2019en, 1962, lors d\u2019un voyage aux Etats-Unis à l\u2019âge de 68 ans, qu\u2019un photographe découvre ces photos et les fait publier dans Life.Lartigue deviendra célèbre et sera intronisé au MoMa l\u2019année suivante», raconte l\u2019auteur.Plusieurs photos phares du dernier siècle ont laissé dans leur sillage d\u2019innombrables controverses.Du nombre, l\u2019emblématique Mort d\u2019un soldat républicain (1936) de Robert Capa, considérée comme la 1 La Libération à Time Square en 1945.Un soldat embrasse de force une inconnue.Photo d\u2019Alfred Eisenstaedt.première image d\u2019un homme tombant sous les balles.Vérité ou fiction?On soupçonna longtemps le cliché d\u2019être le fruit d\u2019une mise en scène, même si des proches du soldat ont finalement confirmé dans les années 80 l\u2019identité et le décès du milicien.Mais la photo a-t-elle réellement capté l\u2019instant ultime de la mort?«Chose certaine, propulsée par la naissance de la presse illustrée, la symbolique de cette photo était tellement forte qu\u2019elle a marqué l\u2019histoire et la façon de faire de la photographie», estime Koetzle.Même polémique autour de l\u2019iconique baiser du Jour de la victoire d\u2019Alfred Eisenstaedt (U J Day in Times Square, 14 août 1945) et du Baiser de l\u2019hôtel de ville (1950) de Robert Doisneau, l\u2019un des clichés les plus reproduits au monde.Deux images qui ont charrié tant de symboles que tous ont tenté d\u2019accaparer des bribes de leur histoire.Devenue l\u2019emblème de la fin de la Seconde Guerre mondiale, la photo du marin embrassant une jeune infirmière sur Times Square a mené, au cours des années 80, à une, véritable quête identitaire aux Etats-Unis.Au moins onze hommes ont affirmé être ce héros capté sur le vif, jusqu\u2019à ce qu\u2019en 2005 des études médicolégales confirment que Glenn McDuffie, 81 ans, était bel et bien l\u2019auteur du baiser victorieux.Le Baiser de l\u2019hôtel de ville a donné lieu aux mêmes cri- Une des plus célèbres photos de la photographe américaine Dorothea Lange, prise durant la crise économique des années 1930.tiques, quand on l\u2019a su né d\u2019une mise en scène.Quarante ans après l\u2019étreinte, la jeune fille embrassée tout juste à côté d\u2019un Canadien français de passage réclama tout de même 100 000francs et une part des profits mirobolants tirés de la reproduction à grande échelle.Déboutée par la cour, l\u2019examante de 75 ans a malgré tout réussi en 2005 à vendre sa propre copie de l\u2019original signée de Doisneau pour la somme de 184 000 francs, un record pour l\u2019époque.Bref, si une image vaut mille mots, elle masque parfois une partie de la vérité, à tort ou à raison.Mais les mythes, comme le prouve ce bouquet de 50 photos choisies par Koetzle, ne se nourrissent pas que de la vérité.Le Devoir 50 PHOTOS ICONS L\u2019histoire derrière LES IMAGES Hans-Michael Koetzle Taschen Munich, 2012, 304 pages MEDIASPAUL Christinh Pkixhti Ce Dieu que j\u2019aime PIETRO DE PAOLI C\u2019EST ELLE !\t«5^ vwvw.mediapaul.qc.ca Ce Dieu que j'aime CHRISTINE PEDOTTI Le credo intime d'une chrétienne engagée, écrivaine, co-auteure des Pieds dans le bénitier.104 pages \u2022 24,95 $ COLLECTION GRANDS TEMOINS Conversations spirituelles Conversations spirituelles BERTRAND RÉVILLION 20 personnalités face à Dieu.Les plus beaux entretiens de Bertrand Révillion 240 pages \u2022 32 $ Éric.VENor-EiFFriL J\u2019ai tant douté de toi J'ai tant douté de toi ÉRIC VENOT-EIFFEL Un prêtre, ancien religieux Carme devenu aumônier de prison, raconte sa nuit de la foi.152 pages \u2022 28,95 $ COLLECTION DEBATS Dieu aime-t-il les femmes ?ANNE SOUPA L'urgence d'une meilleure écoute des femmes dans l'Église, par la fondatrice du Comité de la jupe.144 pages \u2022 29,95 $ DIEU AIME-T-IL LES FEMMES ? LE DEVOIR LES SAMEDI 1'='^ ET DIMANCHE DECEMBRE 2012 F 3 LIVRES CADEAUX Dans les ruines du passé v.ù^w: Danielle Laurin Québécois d\u2019origine coréenne né au Japon, Ook Chung écrit en français «plus par la force des circonstances que par choix».De la même façon, c\u2019est par accident qu\u2019il est devenu écrivain : «Le métier de conteur est l\u2019héritage que j\u2019ai reçu de ma condition d\u2019étre-en-exil ».C\u2019est ce qu\u2019indique Chung dans La trilogie coréenne.Justement.Dans ce livre présenté comme un roman, l\u2019auteur de Kimchi, Prix littéraire Québec-Japon 2002, et de Contes buts, Prix littéraire des collégiens 2004, fait le point sur sa démarche d\u2019écrivain et sq condition d\u2019être-en-exil.À l\u2019aube de la cinquantaine, il revisite l\u2019enfant qu\u2019il a été et l\u2019homme qu\u2019il est devenu, les lieux qui l\u2019ont vu naître et grandir, qui ont façonné son parcours avant même sa naissance.Fascinant voyage en trois temps.Trois récits, parsemés de retours en arriére.Qui forment une mosaïque de racines.D\u2019époques, de lieux.Trois ré- cits qui regorgent d\u2019histoires dans l\u2019histoire.Et qui peuvent se lire indépendamment l\u2019un de l\u2019autre, jusqu\u2019à un certain point.Dans le premier, l\u2019écrivain nous conduit sur les pas de ses ancêtres.«Il y a trois générations, mes ancêtres coréens vivaient au Pays du matin calme.» 11 raconte par bribes son histoire familiale.Branche maternelle d\u2019abord, tandis que son grand-pére, âgé de 18 ans, quitte la Corée pour devenir interprète dans une compagnie minière au Japon.Comme tous les Coréens de son âge à qui on a imposé la langue du colonisateur sous l\u2019occupation japonaise, il maîtrise très bien la langue de son nouveau pays.Mais il n\u2019en restera pas moins toujours un étranger au Japon.Même chose pour ses enfants, pourtant nés là-bas.Mitsouyo, la mère de l\u2019écrivain, dont l\u2019enfance «s\u2019est déroulée à l\u2019ombre de la guerre, ponctuée par les sirènes d\u2019alarme qui annonçaient l\u2019arrivée d\u2019avions ennemis», fait sa première expérience du racisme à 14 ans, lorsqu\u2019elle quitte son village natal pour entrer à l\u2019école secondaire.Quant au père de l\u2019auteur, déserteur de l\u2019armée coréenne, il s\u2019est enfui au Japon pendant la guerre de Corée et a connu les camps de détention à Nagasaki.Ce ne sont là que de petits morceaux de cette histoire familiale complexe.Qn plonge dans des époques, dans des lieux, des communautés, dont on a tant à apprendre.Qn est à la fois dans le collectif et dans l\u2019intime, on vit les choses dans leur contexte.Tout ne va pas de soi pour autant dans la lecture.Au début surtout: beaucoup de personnages, de noms inconnus.Beaucoup de détails aussi, qui paraissent par moments anecdotiques.Comme si l\u2019auteur ne pouvait pas choisir entre ce qui est signifiant et ce qui ne l\u2019est pas dans ce qui a précédé sa venue au monde.Comme s\u2019il voulait tout dire, tout raconter.Comme si tout était signifiant pour lui.Quand il en vient à son enfance à lui, toujours dans le premier tiers du livre, le récit prend davantage son envol.Et l\u2019on se prend d\u2019affection pour ce petit Coréen dont la langue maternelle est le japonais, qui débarque à Montréal sous la neige à l\u2019âge de deux ans \u2014 trois ans, en vérité, mais les papiers officiels de sa naissance se sont envolés en fumée, et ses parents ont Ook Chung LA TRILOGIE CORÉENNE 1 Boréal trouvé avantageux de le rajeunir afin de bénéficier d\u2019une réduction de tarif pour le voyage jusqu\u2019au Canada.Qn découvre un enfant curieux, qui grandit avec Bobi-nette et Fanfreluche, qui devient vite amateur de hockey à la télé.Un enfant sociable aussi, qui se mêle à ses petits camarades.Jusqu\u2019à ce qu\u2019il fasse l\u2019expérience douloureuse, traumatisante, comme sa mère, avant lui, au Japon, du racisme.Bouc émissaire A moins qu\u2019il ne s\u2019agisse d\u2019intimidation ?s\u2019interroge-t-il aujourd\u2019hui.Car il suffit, pour être pris à partie dans un groupe, «d\u2019étre un peu gros, un peu maigre, un peu différent», n\u2019est-ce pas?«Même la personne la plus \u201cnormale\u201dpeut devenir la cible de la haine aveugle ou discriminatoire du groupe.» Quoi qu\u2019il en soit, à l\u2019âge de 13 ans, il devient le bouc émissaire de sa classe.Moqueries sur son ethnicité, sur son nom.Bousculades.Sans que les enseignants interviennent jamais.11 n\u2019en parle à personne, surtout pas à ses parents.Cette expérience marquante, l\u2019écrivain y reviendra souvent dans son ouvrage.11 racontera à quel point cela l\u2019a transformé.11 précisera que cela a fait de lui «un adolescent étique, aux yeux morts, les joues cireuses et affaissées comme un bouledogue à force de mutisme, toujours seul ou avec ses deux petites sœurs à ses côtés, toutes deux nées à Montréal.Ce sont [ses] années de noyade».Des années où il a trouvé refuge dans la lecture, découvrant Sartre, Camus, Flaubert et les grands romanciers russes.Des années qui ont fait de lui un boulimique de littérature, ce qu\u2019il est resté.Dans la deuxième et la troi- sième partie du livre, on bascule dans la vie adulte de l\u2019écrivain.Tandis qu\u2019il se déplace dans le pays qui l\u2019a vu naître, puîs au pays de ses ancêtres.11 y est, physiquement, réellement.11 s\u2019installe même là-bas, au Japon, en Corée, pendant des mois, parfois des années.Avec, toujours, en arrière-plan, la mémoire de ses racines.Avec, toujours, à l\u2019avant-plan, un sentiment d\u2019étrangeté.La deuxième partie de cette Trilogie coréenne est de loin la plus réussie.La plus riche, la plus inattendue.La plus rocam-bolesque.La plus lyrique, aussi.L\u2019écriture prend enfin toute sa mesure.Elle se déploie, s\u2019embrase.Tandis que l\u2019amour s\u2019en mêle.Pour ne pas dire qu\u2019ü s\u2019emmêle, dans une confusion des sentiments pleine de débordements, de rebondissements tragiques, propres à l\u2019œuvre d\u2019un Stefan Zweig.Magnétique, Qok Chung.Magnifique traversée des appartenances, que La trilogie coréenne.Et troublante quête, dans les ruines du passé, au-delà des apparences.LA TRILOGIE CORÉENNE Ook Chung Boréal Montréal, 2012; 448 pages GIGUERE SUITE DE LA PAGE F 1 Parallèle.Je Æ suis retrouvé sur le trottoir avec un meuble que fai remonté pièce par pièce sous l\u2019œil des curieux.» Le poète est décédé en août 2003.Présumé suicide, puisque son corps fut retrouvé dans la rivière des Prairies et que Giguère, passionné des arts visuels et des mots, était ravagé de se voir affligé de problèmes de vue et d\u2019ouïe.Musique d\u2019Hellman Des années plus tard, c\u2019est par hasard et par un ami qui lui met un livre entre les mains que Thomas Heilman découvre Roland Giguère.«Chez moi, en feuilletant, à chaque page, je lisais à haute voix, f avais ma guitare, je trouvais une mélodie, je me suis mis à chanter.Ça s\u2019est fait vraiment complètement naturellement.Ma première impression a été une réaction sonore.Ce sont des poèmes dont les images sont simples.Elles entrent en toi facilement.Cette image a un écho, elle te nourrit, jusqu\u2019à l\u2019émotion.C\u2019est pas juste un plaisir de l\u2019art pour l\u2019art.C\u2019est, je crois, ce qui fait que ces poèmes ont quelque chose d\u2019intemporel.Et qu\u2019à chaque lecture tu découvres des couches successives et chaque fois tu entres plus profondément dans le poème.J\u2019ai essayé de faire la même chose avec la musique \u2014 c\u2019est l\u2019avantage du folk, d\u2019apparence simple, mais capable d\u2019évocation.Et que je trouve intéressant de ramener ces poèmes, même si ce n\u2019était pas l\u2019intention, de faire une œuvre qui rencontre plusieurs univers, à travers le temps, de voir cette communication avec quelqu\u2019un qui n\u2019est plus là.» L\u2019auteur-compositeur-inter-prète est le premier surpris de cette connexion au texte.Sous le charme, il intègre à la dernière minute de ces chansons toutes fraîches au Studio littéraire qu\u2019il préparait.D\u2019autres chansons s\u2019ajouteront ensuite, jusqu\u2019au llvre-dlsque.Un format auquel le chanteur tenait.«J\u2019aime les livres, le contact avec la page, faime les vieux livres dont j\u2019ai hérité de mon grand-père, plein de ses notes, avec les traces de doigts sur les pages.Je voulais que les gens SOURCE TÉLÉ-QUÉBEC Poète, imprimeur, éditeur, Roland Giguère est décédé en 2003.aient ce rapport-là, que la lecture fasse partie de l\u2019écoute.» Le résultat, riche mais dont les puristes douteront, est un re- est-elle vraiment un moyen d\u2019amener les lecteurs à la poésie ?C\u2019est ainsi, du moins, que Thomas Heilman y est arrivé.«Les auteurs- La chanson est-elle vraiment un moyen d\u2019amener les lecteurs à la poésie?C\u2019est ainsi, du moins, que Thomas Heilman y est arrivé.mixage tout à fait dans l\u2019air du temps: 13 poèmes de Giguère, plusieurs de ses illustrations, mais aussi des photos d\u2019Hellman en création et en spectacle, le tout préfacé par Évelyne de la Chenelière.Du disque au livre ?Le succès des disques et spectacles Douze hommes ra-paillés, rappelons-le, a surpris tout le monde ces dernières années.Et a eu l\u2019avantage de ramener la poésie de Gaston Miron, via les ondes, sur la place publique.La chanson compositeurs qui m\u2019ont marqué avaient une écriture très poétique: Torn Waits, Jacques Brel et surtout Leonard Cohen.J\u2019aime encore la poésie musicale.Je suis attiré beaucoup par les poètes américains, par la beat poetry, le Harlem Renaissance avec des gens comme Langston Hu-ghues, toute cette poésie influencée par le blues et le jazz.J\u2019ai des affinités aussi pour des gens comme Patrice Desbiens, Charles Bukowski, même l\u2019Acadienne Georgette Leblanc.» Tristan Malavoy, poète qui a tâté du spoken word et qui est maintenant plus connu comme chansonnier, croit de son côté que disques et spectacles «peuvent contribuer à intéresser au texte, mais il faut qu\u2019il y ait autre chose pour inviter à ouvrir un recueil, parce qu\u2019une bonne partie du public est encore rebutée par un recueil de poèmes.On a donc peur de sortir de là avec un mal de tête.On fréquente très, très peu notre poésie écrite au Québec.C\u2019est étonnant, alors que plusieurs des figures connues du milieu culturel, jusqu\u2019à l\u2019étranger, sont des poètes \u2014 de Richard Desjardins à Gilles Vigneault \u2014qu\u2019on ait encore si peur devant un recueil.» Si les chiffres exacts ne sont pas disponibles, aux éditions l\u2019Hexagone, qui continuent de publier L\u2019homme rapaillé de Gaston Miron, on confirme que le livre remonte de façon significative au palmarès Gas-pard-Le Devoir à chaque nouveau disque ou spectacle.«On est très attachés, au Québec, au véhicule musical», souligne encore Malavoy.Un poète maître chanteur?Qutre Thomas Heilman, les vers de Roland Giguère ont charmé aussi Chloé Sainte-Marie.La rousse chanteuse de poésie a donné voix sur Parle-moi aux poèmes Tu vois, Toi la mordoré et Paire terre, extraits de L\u2019âge de la parole et de Porêt vierge folle.Et Les éléments, dernier disque de Tristan Malavoy, contient Voyons voir, une courtepointe de deux poèmes parus dans le recueil posthume Cœur par cœur.Coïncidence ?«Je pense que le hasard y est pour quelque chose, analyse Tristan Mala- « J\u2019aime les livres, le contact avec la page, j\u2019aime les vieux livres dont j\u2019ai hérité de mon grand-père» Thomas Heilman EN LIBRAIRIE Fernand Harvey LA VISION CULTURELLE D'ATHANASE DAVID 268 pages, illustré, 24,95$ www.delbussoediteur.ca Offrez un livre de Marie-Paule Villeneuve pour Noël Commandez directement des oeuvres de l'auteure du best-seller L'Enfant dgarier et économisez jusqu'à 10 % et les frais de poste jusqu'au I janvier.Visitez le site: http://mpvilleneuve.vpweb.ca MdrioPdulc Villeneuve \u2018¦'\u2019ciemoiselles ^'allumettes L\u2019enfant cigarier voy.Mais on était au moins quelques-uns, pendant le buzz autour des disques des Douze hommes rapaillés, à se dire que c\u2019est beau, faire découvrir Gaston Miron à un public plus large, mais qu\u2019il y a d\u2019autres auteurs de poésie québécois importants du XX\u201d siècle qu\u2019il faudrait revisiter.Au premier chef, pour moi, se trouvait Roland Giguère.» Le poète serait-il particulièrement facile à faire chanter?«Mon premier coup de foudre pour Giguère est passé par l\u2019oreille, se remémore Thomas Heilman.C\u2019est mon oreille, tout de suite, qui a accroché sur la sonorité des mots.» Tristan Malavoy estime également qu\u2019il y a là «au départ une musique des mots, très claire, et que les mots de Giguère s\u2019adaptent bien à la chanson.Il y a un travail à faire.puisque, comme chez Miron, il n\u2019y a pas de refrain : il faut faire revenir des éléments pour en créer un.Je pense qu\u2019il y a présentement un appétit pour des chansons bâties avec des textes plus forts, à partir de ce matériau chatoyant et puissant qu\u2019est la poésie».Le Devoir THOMAS HELLMAN CHANTE ROLAND GIGUERE Roland Giguère, Thomas Heilman, Evelyne de la Chenelière Editions de l\u2019Hexagone Montréal, 2012, 64 pages CŒUR PAR CŒUR Roland Giguère Editions de l\u2019Hexagone Montréal, 80 pages UÂGf: DE LA PAROLE FORET VIERGE FOLLE Roland Giguère Typo Montréal, 1991 et 1999, 170 et 224 pages respectivement \tT) lÿoaspard-LE DEVOIR \tr^LMARÈS \u201c \u2014\"\tDu 19 au 25 novembre 2012 \t Romans québécois\t\t 1 Au bord de la rivière \u2022 Tome 4 Coirstairt\tMichel David/Hurtubise\t1/2 2 la deririère saisoir \u2022 Tome 3 les eirfarrts de Jearrire\tTouise Tremblay-D'Essiambre/Guy Saint-Jean\t2/2 3 Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique !\tAmélie Dubois/Éditeurs réunis\t3/3 4 Chistoire de Pi\tYann Martel/)(YZ\t6/5 5 la fiancée américaine\tÉric Dupont/Marchand de feuilles\t7/4 6 Souvenirs de la banlieue \u2022 Tome 3 Sonia\tRosette Taberge/Éditeurs réunis\t4/3 7 Félicité \u2022 Tome 3 Te salaire du péché\tJean-Pierre Charland/Hurtubise\t5/6 8 Princesse Yennenpa\tRéiean Tremblay/Homme\t8/6 9 Tes délaissées\tDenis Monette/Togiques\t9/lD 10 Malphas \u2022 Tome 2 Torture, luxure et lecture\tPatrick Senécal/Alire\t-/I Romans étrangers\t\t 1 Cinquante nuances de Grey \u2022 Tome 1\tÉ.L James/Tattès\t1/8 2 Te siècle \u2022 Tome 2 Phiver du monde\tKen Follett/Robert Taffont\t2/5 3 Ta liste de mes envies\tGrégoire Delacourt/Tattès\t-/I 4 Te prisonnier du ciel\tCarlos Ruiz Zafôn/Robert Taffont\t4/2 5 Une place à prendre\tJ.K Rowling/Grasset\t5/9 6 Ta faille souterraine, et autres enquêtes\tHenning Mankell/Seuil\t3/3 7 Dévoile-moi\tSylvia Day/Flammarion Québec\t-/I 8 Substance secrète\tKathy Reichs/Robert Taffont\t7/9 9 Une seconde chance\tNicholas Sparks/Michel Taton\t6/5 10 Troisième humanité\tBernard Werber/Albin Michel\t8/5 Essais québécois\t\t 1 Des femmes au printemps\tDjemila Benhabib/VTB\t3/2 2 lettres à un jeune politicien\tTucien Bouchard | Pierre Cayouette/VTB\t6/11 3 Design?\tFrédéric Metz/Flammarion Québec\t4/7 4 Santé.Theure des choix\tClaude Castonguay/Boréal\t1/2 5 De quoi le Québec a-t-il besoin en éducation?\tJ.Barbe | M.-F.Bazzo | V.Marissal/Teméac\t5/3 6 Tinterculturalisme.Un point de vue québécois\tGérard Bouchard/Boréal\t2/3 7 Carré rouge.Te ras4e-bol du Québec en 15D photos\tJacques Nadeau | Jacques Parizeau/Fides\t8/14 8 Privé de soins.Contre la régression tranquille en santé\tAlain Vadeboncœur/Tux\t9/7 9 Dictionnaire de la révolte étudiante.Du carré rouge.\tCollectif/Tête première\t-/I 10 Brève histoire des femmes au Québec\tDenyse Baillargeon/Boréal\t-/I Essais étrangers\t\t 1 Ta fin de la croissance\tJeff Rubin/Hurtubise\t2/4 2 Ta cassure.Tétat du monde 2013\tCollectif/Ta Découverte\t1/3 3 Reflets dans un œil d'homme\tNancy Huston/Actes Sud\t3/11 4 Te livre du temps\tAdam Hart-Davis/Broquet\t6/2 5 Tes lois fondamentales de la stupidité humaine\tCarlo M.Cipolla/PUF\t5/15 6 Pour des villes à échelle humaine\tJan Gehl/Écosociété\t-/I 7 Peut-on encore sauver l'Église ?\tHans Küng/Seuil\t4/4 8 Une histoire populaire de l'humanité\tChris Harman/Boréal\tlD/2 9 Homo economicus, prophète (égaré) des temps nouveaux\tDaniel Cohen/Albin Michel\t-/I 10 Te prix de l'inégalité\tJoseph Éugene Stiglitz/les Tiens qui libèrent\t-/I La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est propriétaire du système d\u2019Infomiatlon et d\u2019analyse Baspard sur les ventes de livres français au Canada.Ce palmarès est extrait de Gaspard et est constitué des relevés de caisse de 215 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Saspad © BTLF, toute reproduction totale ou partielle est Interdite. F 4 LE DEVOIR LES SAMEDI I^^^ ET DIMANCHE DECEMBRE 2012 LIVRES CADEAUX Tout Uderzo et un peu de Goscinny FABIEN DEGLISE Hasards de l\u2019édition.Cet automne, Albert Uderzo et René Goscinny voient à nouveau leurs destins se croiser, sur les étagéres des librairies du moins, avec deux titres complémentaires malgré eux: une rétrospective en forme de brique pour l\u2019un et une lettre d\u2019une fille à son père pour l\u2019autre.La brique: c\u2019est Philippe Cauvin et Alain Duchêne qui la signent.Intitulée Uderzo, l\u2019intégrale 1941-1951 (éditions Hors Collection), elle retrace sur plus de 430 pages les premiers pas du co-paternel d\u2019Astérix dans l\u2019univers du dessin, avec photos, lettres, anecdotes et surtout un assemblage étourdissant de planches, de croquis, d\u2019études graphiques ou d\u2019affiches aptes à rassasier l\u2019amateur de ces détails qui définissent les grands et construisent les mythes.Bien nommé, l\u2019objet littéraire part de la naissance du dessinateur et de son enfance à Clichy-sous-Bois pour suivre ses premières années de conquête du dessin et surtout démontrer qu\u2019il n\u2019a pas été l\u2019homme d\u2019un seul personnage.Que non ! Dans l\u2019univers du dessin animé, il a fait sa marque.C\u2019était pendant la guerre.Puis, il y a eu Flamberge, gentilhomme Gascon, Clopinard, Clodo et son oie ou encore Arys Buck, qui en 1946 fait son appari- tion dans le magazine OK pour la jeunesse.Il y a aussi un voyage incroyable dans le temps et dans la diversité d\u2019une œuvre riche qui a précédé et côtoyé la naissance et la croissance d\u2019un célèbre Gaulois du 9® art dont la force d\u2019évocation aura dans le temps été fatale à Watoki le petit indien, à Zidore l\u2019homme macaque ou encore à Belloy l\u2019invulnérable.Des héros oubliés qui ici, le temps d\u2019une rétrospective, se rappellent à notre bon souvenir.Sans son père De souvenirs il est aussi question dans Le bruit des clefs (NIL éditions), lettre émouvante écrite par Anne Goscinny, la fille de René, à son père, 35 ans après la mort subite du génialissime scénariste.En s\u2019adressant à lui, devant nous, elle se souvient de ce samedi de novembre 1977 où une petite fille a pris conscience de la disparition d\u2019un père en n\u2019entendant plus le bruit de son trousseau de clefs, posé sur une tablette dans l\u2019entrée de la maison, le soir quand il rentrait.Elle parle du vide, de la façon dont elle a cherché à le combler, de ces «ombres qui sont devenues les [siennes] », du jour de ses 18 ans où elle a voulu tuer le cardiologue qu\u2019elle croyait être à l\u2019origine de la mort de son père.Elle parle au néant, pour «remailler une passerelle», écrit-elle, mais aussi pour s\u2019écrire à elle-même une douleur transportée dans le temps, pour remettre dans l\u2019ordre les éléments d\u2019un casse-tête et surtout pour répondre à cette question : « Quand je te lis, je ris aux larmes, écrit-elle.Mais qui vient d\u2019abord des larmes ou du rire ?» Le Devoir UDERZO L\u2019intégral 1941-1951 Philippe Cauvin et Alain Duchêne Hors Collection Paris, 2012, 422 pages LE BRUIT DES CLEFS Anne Goscinny NIL éditeurs Paris, 2012, 96 pages Professeur Lacomète, d\u2019Uderzo EN LIBRAIRIE André UN PSYCHANALYSTE DANS SON SIECLE 300 pages, illustre, 29,95$ www.delbussoediteur.ca Hugues Théorêt LES CHEMISES BLEUES Adrien Arcand, journaliste antisémite canadien-français 9\t(.,, .Deia en\ty SEPTENTRION.QC.CA a, \u201e\tf\u2014 LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC S\t® T La chute de Sparte Leméac Editeur offre ses félicitations à Biz, iauréat du septième Prix du livre jeunesse des Bibliothèques de Montréai.« Avec La chute de Sparte, Biz nous propose un texte riche et percutant, ponctué de références mythologiques [.].Le récit semble porté par un souffle, celui de l\u2019auteur, bien sûr, qui exploite avec brio les niveaux de langue et joue avec la musicalité des mots, mais aussi le souffle de Steeve, ce personnage tout en verve et en érudition assumée.Une lecture enlevante, mobilisatrice et truculente.>> Jury du Prix du livre jeunesse des Bibliothèques de Montréal 2012 514 524-5558 lemeac@lemeâc.com /-V 41\tES B9 Québec Ea E9 La Vitrine des beaux livres BOBDYIML MUSIQUE LES ANNÉES PSYCHÉDÉLIQUES LES BEATLES EN 600 PHOTOS BOB DYLAN: IMAGES DE SA VIE Éditions de l\u2019Homme, 2012 MARIO TESTIN INYOURFACE Emboîtés pareillement parce que ça s\u2019emballe mieux, au même prix plancher (moins de 30 $), parus à trois d\u2019un coup parce que ça fait joli dans le présentoir, voici les Beatles, Dylan et « les années psychédéliques » à la façon des éditions de l\u2019Homme : c\u2019est tentant et fait pour.Mais qu\u2019offre-t-on au juste ?Le Dylan est le moins intéressant: simple recueil de photos, et pas les meilleures.Le Beatles en a de plus rares, et tout un lot d\u2019affiches, d\u2019affichettes et de programmes qui égaient l\u2019ensemble.Le « psych », truc à pochettes, c\u2019est-à-dire avec artefacts reproduits (les fameuses affiches de Stanley Mouse et consorts, ainsi que des badges), est le meilleur achat du lot, parce que l\u2019œuvre d\u2019un fada français du genre, Philippe Thieyre.Chouette choix de pochettes de disque (dont les merveilleux 45 tours français), journaux underground et revues d\u2019époque (y compris Rock & Folk et.Mainmise !), tout y est, les couleurs irradient et, ce qui ne gâche rien, ça se lit.Sylvain Cormier MODE MARIO TESTING IN YOUR FACE Collectif d\u2019auteurs Taschen Cologne, 2012, 220 pages À défaut de se rendre au Musée des beaux-arts de Boston, où est présentée jusqu\u2019en février In Your Face, première exposition d\u2019envergure réservée en Amérique à la figure légendaire de la photographie de mode, Mario Testino, les fashion-istas et autres abonnés de la planète « pipole » pourront se rabattre sur le bouquin du même nom.Tout juste arrivé en librairie, In Your Face résume la carrière de Testino et son ascension fulgurante dans le firmament des stars.Le photographe a croqué à la une de Vogue et d\u2019autres magazines à couverture glacée autant les têtes couronnées (lady Di et d\u2019autres) que les figures iconiques de la culture pop (Madonna, Kate Moss, Lady Gaga) , participant tant à leur découverte qu\u2019à leur consécration.Princesse immortalisée sans couronne et modèles dénudés, Testino a brouillé les frontières entre la photographie d\u2019art et la photo commerciale.Plan rapproché sur un faiseur d\u2019images et de marques, auteur des pubs hypersexuées de Gucci.Isabelle Paré DESIGN HaNOM éATTÏM CT JrilC MonESCHIO VÉRONIQUE SANSON ON M\u2019ATTEND LÀ-BAS DESIGN DU XXE SIECLE Charlotte et Peter Fiell Taschen 2012, 768 pages MUSIQUE Abécédaire touffu du design moderne, l\u2019ouvrage réédité par Taschen recense en 768 pages l\u2019essentiel des grands cycles qui ont marqué le design depuis la naissance de l\u2019objet fabriqué de façon industrielle.Du mouvement Arts & Crafts, à l\u2019Art déco, embrassant autant le Bauhaus et le fonctionnalisme que l\u2019anti-design, le bouquin explique comment et pourquoi les formes ont évolué.Plus que mû par de simples soucis esthétiques, le design a été porté par la pression des enjeux économiques, des avancées techniques ou même des contextes sociaux, ce que détaillent habilement les auteurs.Contreplaqué, plastique moulé, écodesign : le livre passe en revue les percées majeures qui ont permis l\u2019émergence de styles nouveaux.D\u2019Alvar Aalto à Zsolnay, les grandes pointures du design figurent dans ce portrait de famille qui démontre qu\u2019au XX® siècle, le design a été plus qu\u2019un simple carrefour de tendances, mais aussi un domaine porteur d\u2019idées et de valeurs.Isabelle Paré \tBANDE DESSINÉE\t \tBANDES DESSINÉES Carnet de croquis Éditions de La Martinière Paris, 2012, 352 pages\t \t\t VERONIQUE SANSON ON M\u2019ATTEND LA-BAS: SON HISTOIRE AU QUEBEC Manon Fatter et Julie Monsteschio Pratiko, 2012, 96 pages Alors qu\u2019on annonce tout le plat qu\u2019on fera au musée de Pointe-à-Callière à partir des neuf heures passées à Montréal par les Beatles en 1964, une monographie vient rappeler que d\u2019autres artistes ont entretenu avec le Québec une relation autrement suivie.Manon Fatter et Julie Monteschio retracent 40 ans d\u2019allées et venues de Véro Sanson dans nos parages, et c\u2019est passionnant.La facture fleure bon l\u2019amateurisme, l\u2019admiration déborde, mais ça fourmille de documents et de photos rares, les bons témoins témoignent (Gilles Vali-quette, René Malo, Michel Dion et Bill Gagnon du Ville Êmard Blues Band, Charlebois, Monique Giroux, Sanson elle-même), et surtout, on apprend des tas de choses.Notamment: qu\u2019on manifesta devant l\u2019église Saint-Antoine de Pa-doue où la chanteuse se produisait; qu\u2019elle se fractura les poignets entre Montréal et Québec ; que Guy Latraverse annula des spectacles pour cause de bataille rangée avec Stephen Stills, etc.La France et nous, sous un angle inédit.Sylvain Cormier PHOTOGRAPHIE REPÉRAGES Raymond Depardon Seuil Paris, 2012, s.p.C\u2019est un peu comme le cocon avant le papillon, la bonne équation qui fait prendre la mayonnaise ou encore ce petit rien qui va finir par donner quelque chose de beau.Avec ce Carnet de croquis, les éditions de La Martinière proposent un voyage dans les coulisses de la bande dessinée en passant au crible les croquis, les premiers coups de crayon, les ébauches de scène, de personnages ou de décor posés dans un carnet par une jolie brochette de 80 illustrateurs, dessinateurs ou bédéistes de notre présent.Il y a Peter de Sève, l\u2019homme qui a créé les drôles de faces du film d\u2019animation L\u2019âge de glace.Il y a Seth, l\u2019Ontarien, et ses environnements délicieusement surannés.Il y a aussi Manuel Gomez Burn, célèbre illustrateur péruvien, ou encore la Française Julie Delport et l\u2019homme au crayon qui se fait appeler Colonel Moutarde.Bien sûr, l\u2019ensemble est forcément disparate, mais il est aussi terriblement riche d\u2019enseignement.Fabien Deglise Photographe et cinéaste, donc écrivain de la lumière, Raymond Depardon a passé les trois dernières années à parcourir la France avec une lourde chambre photographique montée sur un trépied de bois.Depuis, il a accompagné l\u2019exposition qui en résulte et trouvé tout de même le temps de photo-graphir le nouveau président français pour un portrait officiel.Il est au sommet de sa gloire.Un nouveau livre intitulé Repérages est issu de cette volonté de montrer la France sous un regard unifié.Le livre affiche aussi d\u2019autres ambitions: Depardon y formule le souhait de voir des amateurs se lancer sur ses traces dans la photographie grand format.Il indique très sommairement ce dont ils auront besoin, à commencer par une chambre photographique 6x9, 4x5, 5x7 ou 8x10.Des formats en pouces que le photographe semble incapable \u2014 France oblige ?\u2014 de nommer autrement que par «inch».Suivent ses images de «repérages» qui révèlent une étonnante force tranquille.Jean-François Nadeau LE DEVOIR, LES SAMEDI I®'^ ET DIMANCHE 2 DÉCEMBRE 2012 F 5 LIVRES CADEAUX 007 comme un livre ouvert Paul Duncan a produit un volumineux bijou consacré au plus célèbre des agents secrets britanniques FRANÇOIS LEVESQUE La série de films consacrés aux aventures de l\u2019agent 007 vient de souffler ses 50 bougies.Au cinéma, c\u2019est un record de longévité.Pour l\u2019occasion, le plus célèbre des espions s\u2019est offert un cadeau de taille (dans tous les sens du terme).Fruit d\u2019un labeur colossal.Les archives de James Bond revient sur tous les titres de la série, chronologiquement, de James Bond contre le D''No au récent 007 Skyfall en passant par Les diamants sont éternels et, oui, même le kitschis-sime pastiche Casino Royale de 1967.Le Devoir 5\u2019est entretenu avec Paul Duncan, éditeur chez Taschen et auteur de ce volumineux bijou.Pour mémoire, on doit à Paul Duncan plusieurs « beaux livres » de cinéma, dont Le parrain : un album de famille, Les archives de Pedro Almodovar et le primé Les archives d\u2019Ingmar Bergman, trois inçontour-nables pour les cinéphiles.A l\u2019instar de ces ouvrages.Les archives de James Bond transcende sa nature de bel album de table à café \u2014 qui ploierait du reste sous le poids de l\u2019objet \u2014 en offrant une somme impressionnante d\u2019informations privilégiées et souvent inédites.En ouvrant l\u2019épaisse couverture reliée, on a d\u2019emblée droit à un agrandissement en couleur d\u2019une feuille de production originale, avec dates de IHE JA^ES BOND AGENCE ERANCE-PRESSE Sean Connery en 1982 tournage, liste des acteurs et autres détails techniques.La suite va d\u2019un billet médical à la compagnie d\u2019assurances expliquant que Roger Moore s\u2019est brûlé une fesse lors d\u2019une cascade aux plans détaillés du décor du volcan éteint où se terre Blofeld dans On ne vit que deux fois.Tout est là : photos en coulisses, mémos de production, anecdotes, storyboards, maquettes d\u2019affiches, rappels historiques et commentaires éclairés, etc.«J\u2019ai écume les archives d\u2019Eon Productions durant deux années et demie.J\u2019ai joui d\u2019un accès illimité; fai tout lu, y compris les premières moutures des scénarios, souvent très différentes.Ceci dit, l\u2019essentiel de mon temps, je l\u2019ai passé à fouiller des classeurs dans un entrepôt.Pour Dr No, il n\u2019y avait qu\u2019un tiroir de matériel; pour GoWrn-ger, c\u2019était un classeur.Parvenu à L\u2019homme au pistolet d\u2019or, on en était à cinq classeurs pour un film», révéle l\u2019auteur.007 est un trésor national britannique.Même la reine s\u2019est prêtée au jeu d\u2019un court-métrage réalisé par Danny Boyle dans le cadre des Jeux olympiques de Londres.«Enfant, mes parents m\u2019ont amené voir Bons baisers de Russie et An service secret de Sa Majesté.A l\u2019adolescence, je suis allé voir L\u2019espion qui m\u2019aimait de mon propre chef Je crois qu\u2019il en va ainsi pour tous les Britanniques.» Pour Paul Duncan, explorer les annales de 007 revenait un peu à examiner une partie du bagage génétique national.Avec le lot de surprises que cela peut comporter.D\u2019aucuns s\u2019étonneront par exemple d\u2019apprendre que le ton initial de James Bond contre le D''No était éminemment sérieux.«Pendant le tournage en Jamaïque à l\u2019hiver 1962, Sean Connery et Terrence Young [le réalisateur] s\u2019entendaient si bien qu\u2019ils n\u2019arrêtaient pas de plaisanter.De fil en aiguille, ils ont décidé d\u2019intégrer de l\u2019humour dans certaines prises.» Les producteurs Harry Saltzman et Albert R.Broccoli, eux, n\u2019entendaient pas à rire.Dr No représentait à l\u2019époque un pari risqué.En effet, la popularité de l\u2019agent 007 au grand écran n\u2019était pas acquise malgré le succès des romans de lan Fleming.Passé leur déplaisir initial, Saltzman et Broccoli choisirent finalement de faire confiance à la réaction enthousiaste de l\u2019équipe et procédèrent à une importante réécriture juste avant que le tournage se poursuive dans les studios de Pinewood, dans le Buckinghamshire.Le reste, comme on dit, c\u2019est de l\u2019histoire.Collaborateur Le Devoir LES ARCHIVES DE JAMES BOND Paul Duncan Taschen Paris, 2012, 592 pages Écrit de sa main même Les lettres de John Lennon, ou l\u2019accès sans filtre à un esprit vif SYLVAIN CORMIER Un dentiste, un patron d\u2019usine de meubles, des fans de la première époque, d\u2019anciens critiques, la famille, fiston Julian et sa maman Cynthia, les amis célèbres ou pas, les autres Beatles, un «cadre de l\u2019hôpital de Nottingham», et tant d\u2019autres : les gens qui ont chez eux des bouts de papier, écrits à leur intention ou non par John Lennon à toutes les époques de sa vie, de la petite enfance à son dernier jour, se trouvent partout dans le monde.Trésors désormais réunis à l\u2019intérieur d\u2019un seul et même livre fascinant et essentiel : Les lettres de John Lennon.Rien de moins que le premier ajout obligatoire à la bibliothèque Beatles depuis les travaux de Mark Lewisohn dans les années 1980 et Y Anthology de 2000.Des «centaines de petits possesseurs», précise Hunter Davies \u2014 auteur de la première vraie bio des Beatles en 1968 \u2014 dans le mot d\u2019introduction de son incroyable recueil, résultat d\u2019années de chasse au griffonnage anodin et à la lettre cruciale.Envois manuscrits qui émergent dans les ventes aux enchères publiques, dédicaces jalousement conservées, cartes postales, listes d\u2019épicerie, conduite des chansons du spectacle à Washington en février 1964, missive incendiaire envoyée à Paul et Linda McCartney : tout ce qui a pu être rassemblé, récupéré, emprunté, est là.Mis en contexte, commenté.Et traduit (lisiblement, mais pas toujours très justement) dans cette édition qui paraît en même temps que l\u2019anglaise.On avait déjà eu en 2004 les Postcards Prom The Boys, joli paquet de petits coucous envoyés par John, Paul et George à leur cher Ringo, mais ce qu\u2019on obtient ici est d\u2019une autre envergure, pas une autobiographie mais presque mieux: John Lennon s\u2019exprimant spontanément par écrit, autrement qu\u2019en entrevue, autrement qu\u2019en chansons.John qui écrit gen- fl ixf'éf, /{¦tl Ù.i 'JÿîUVui, /PAw.fil timent à des fans, John qui donne de ses nouvelles à sa tante Mater et à ses demi-sœurs, John qui entretient une correspondance ludique et de haut vol avec l\u2019ami relationniste de presse Derek Taylor, John piqué au vif qui commente et rectifie à gauche et à droite, à un journaliste ici, à un collaborateur là, et pas des moindres.Jugez-en par ce mot envoyé à George Martin en 1971, tout de suite après la lecture d\u2019une entrevue avec le digne réalisateur des Beatles dans le Melody Maker: «J\u2019ai écrit Please Please Me tout seul [souligné par Lennon].Et nous l\u2019avons enregistrée en gardant la même progression d\u2019accords que j\u2019avais écrite.«Tu te souviens ?»» Points sur les i.On assiste, privilège de la proximité, à l\u2019évolution de l\u2019état d\u2019esprit à travers la forme changeante du verbe.Tendance au retranchement derrière les jeux et déformations de mots les premières années (sauf dans les lettres d\u2019amour à Cynthia), efficacité et engagement dans les années d\u2019après la rencontre avec Yoko Ono, durcissement de la plume à la fin des Beatles, lâcher-prise et simplicité dans la dernière période «house husband».Seules constantes: l\u2019affection et l\u2019humour.Même les brûlots sont tamisés d\u2019un «lots of love» au-dessus de la signature.Et les cartes postales les plus facultatives sont des fulgurances de drôlerie absurde.Lisez-moi (en anglais, c\u2019est meilleur) la carte elliptique envoyée à Ray Coleman du Melody Maker au nom des Beatlfô.' «Dear Ted.Having a wonderful.The weather is quite.Wish you were.The food is.So are we.See you when we get » Oui, John avait une sacrée dose de.Le Devoir LES LETTRES DE JOHN LENNON Edition et introduction de Hunter Davies JC Lattès Paris, 2012, 392 pages LA REVENANTE DANILl.I,bSSAI
de

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