Le devoir, 8 décembre 2012, Cahier G
[" LYON 2012 ENTRETIENS JACQUES CARTIER \t \t \t \t CAHIER THÉMATIQUE G >\t Lorsque médecine et philosophie se rencontrent Page 3 Lécoconception s\u2019impose pour les appareils électroniques Page 5 Un heureux vingt-cinquième pour un Centre C\u2019était en 1987 et les premiers Entretiens Jacques Cartier avaient lieu.Il était venu au Québec comme démographe.Et de retour dans son Lyon, il eut l\u2019idée de tisser sur une base permanente des échanges entre sa ville et Montréal, en laquelle il voyait aussi sa ville, la deuxième, par adoption.Le Centre Jacques Cartier allait naître : nous étions en 1984.Et les premiers Entretiens devaient avoir lieu trois ans plus tard.C\u2019est donc une 25'' édition que pilotait en 2012 un Alain Bideau, toujours à Lyon, mais aussi à Saint-Etienne, Lausanne, Bron, Ecully, après s\u2019être retrouvé à Saint-Malo comme à Rio, avant de se rendre, en mars prochain, dans le delta du Mékong.NORMAND THERIAULT NOUS sommes aujourd\u2019hui le 8 décembre et Lyon s\u2019illumine.De l\u2019église Saint-Nizier, ici devenue par la projection un nouveau Panthéon, à la Fourvière, et de la Presqu\u2019île jusqu\u2019à la Croix-Rousse, partout la ville arbore sur ses murs et ses places projections et autres constructions lumineuses.Et à Montréal, cette année, dans le Quartier des spectacles, une même fête se déroule : en huit lieux, projections et illuminations s\u2019étalent.Car Montréal s\u2019est inspirée de l\u2019expérience lyonnaise.En effet, c\u2019est en participant aux Entretiens Jacques Cartier qu\u2019un jour un Michel La-brecque eut l\u2019idée de Montréal en lumière.Et nous eûmes aussi un maire qui, après un passage en Rhône-Alpes, revint chez lui en parlant tramway, Bixi et autres aménagements urbains.Montréal devait cette année d\u2019ailleurs poursuivre en resserrant encore ses liens avec la «deuxième» ville de France, l\u2019une et l\u2019autre métropoles, l\u2019une et l\u2019autre capitales par la recherche, la formation universitaire, l\u2019innovation, voire la gastronomie et le tourisme.Mais sachant ce qu\u2019on sait, seul l\u2019autre Gé rard le maire Collomb, fut de la fête.Ce qui n\u2019empêcha pas de discuter, avec un Axel Khan, d\u2019un « Lyon, Montréal, métropole des possibles», en un samedi nuageux, assis dans une des salles du nouveau centre commercial des Confluences, là où la ligne 1 du tram se termine.\t.¦} Échanges Pour comprendre comment, au Montréal resserre ses liens avec la deuxième ville de France fil des ans, le Centre Jacques Cartier est devenu un acteur majeur dans les relations entre le Québec et la France, produisant à peu de frais, cette année 24 colloques sur à peine 4 jours réunissant 3000 participants \u2014 et c\u2019est sans compter les actions périphériques \u2014, il suffisait d\u2019assister à une rencontre où les «gérants» des deux communautés métropolitaines, celle du Grand Lyon et la métropolitaine de Montréal, poursuivaient un dialogue sur le développement des villes, entre SCQT lyonnais et TQD montréalais, entre Massimo lezzoni de notre CMM et Jean-Yves Sécheresse, vice-président de l\u2019autre organisme.Ailleurs, la S^ral et la STM font de même, imités en cela, cette fois à hausanne, par Hydro-Québec et Electricité de France: les deux organismes se demandent en effet comment conjuguer consommation et développement durable.Réseau Si les politiques et les organismes publics se concertent, ils ne sont pas Jes seuls à le faire.Qui se déplaçait à Saint-Etienne pouvait ainsi rencontrer un Luc Noppen tout sourire, lui dont la Chaire du Canada en patrimoine urbain était l\u2019hôte, conjointement avec le Centre Max Weber de l\u2019Université Jean Monnet et l\u2019Institut de recherche et d\u2019études supérieures en tourisme de Paris 1, d\u2019un colloque où, en conclusion, on ne pouvait qu\u2019admettre que si le concept de patrimoine recouvre tout et rien, on a partout, au Brésil comme au Québec ou en Afrique, fort à faire pour qu\u2019il y ait œuvre de mémoire.r ,\tAlors, pourquoi sourire?Luc Noppen de répondre en racontant co m- ment, au fil de ses rencontres, l\u2019UQAM assoit sa réputation et recrute : n\u2019est-il point Français d\u2019origine, ce Mathieu Dormaels, doctorant à l\u2019UQAM, qui relate comment la ville d\u2019Arequipa au Pérou vit son inscription au patrimoine mondial de l\u2019UNESCQ?Rencontres Vingt-cinq ans se sont donc écoulés depuis le premier colloque.Aujourd\u2019hui, ces grandes rencontres annuelles se déroulent en alternance, une fois sur trois au Québec, les deux autres à Lyon, sous l\u2019égide du Centre que préside maintenant un Pierre Marc Johnson.Et Alain Bideau est toujours là, lui qui nous annonce que dès l\u2019été prochain, «son» Centre deviendra son principal lieu d\u2019activité.Un démographe avait donc eu une idée.Elle a pris forme et importance pour des spécialistes de disciplines, des chercheurs, des politiques, des universitaires, des artistes, des gestionnaires: aussi est-il devenu normal, sinon fatal, qu\u2019une fois l\u2019an, il y ait rencontre.Et beaucoup auront aussi l\u2019occasion de poursuivre les échanges, même hors colloque, ne serait-ce que comme ce mardi soir où, en soirée, à la Maison de la danse, il y avait activité culturelle, les 7 doigts de la main, la troupe de cirque québé- ¥ m FRED DUFOUR AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019église Saint-Nizier de Lyon, éclairée lors de la Fête des lumières G 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 9 DECEMBRE 2012 ENTRETIENS JACQUES CARTIER SECURITE ROUTIERE Les collisions sont la première cause de décès chez les jeunes ÉMILIE CORRIVEAU à Lyon Dans la plupart des pays Industrialisés, les collisions routières sont la première cause de décès chez les jeunes de 15 à 29 ans ; la situation est à ce point préoccupante que l\u2019Assemblée générale des Nations unies a proclamé 2011-2020 Décennie d\u2019action pour la sécurité routière.Face à ce triste constat, dans le cadre des Entretiens Jacques Cartier, des chercheurs, des représentants gouvernementaux et des porte-parole d\u2019assodaüons de jeunes canadiens, européens et africains se sont réunis à Lyon les 20 et 21 novembre dernier pour tracer un état des lieux et échanger sur les façons d\u2019améliorer le bilan routier.Au Québec, de 2006 à 2011, les jeunes ont été responsables d\u2019environ 24% des accidents mortels sur la route, 29% des accidents avec blessures graves et 28% des accidents avec blessures légères, alors qu\u2019ils étaient de 10 à 12% des titulaires de permis.De façon générale, les garçons sont davantage impliqués dans les collisions que les filles, particulièrement dans les accidents mortels.Cette surreprésentation des jeunes dans les accidents de la route s\u2019explique surtout par les comportements à risque qu\u2019Ûs tendent à adopter ainsi que par les distractions auxquelles ils font face, lesquelles peuvent être amplifiées par leur inexpérience de conduite de façon indépendante, leur difficulté à autoréguler leurs comportements et le Mt qu\u2019ils s\u2019exposent souvent rapidement à des situations de conduite dangereuses.«Les jeunes ont plus tendance que les adultes à s'exposer de façon rapide à des Le Québec fait contextes qui sont plus dange-^\treux.On a son permis le mer- plutôt bonne\tcredi, et dès le vendredi soir, on sort chercher ses amis.Les figure en\tjeunes sont également plus fad- ^ X 1\tlement distraits: on a démontré mauere ae\td'accidents mortels réduction des\tles jeunes qui circulent avec des passagers du même collisions sur âge est 5 à 7 fois plus élevé.Le poids du véhicule n'est pas le la route chez même que lorsqu'on conduit I .\tavec un parent, on conduit sou- les jeunes\tnuit, on se laisse dis- traire par les amis, etc.», explique Marie Claude Ouimet, Ph.D., professeure adjointe à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l\u2019Université de Sherbrooke (campus de Ix)ngueuil) et chercheuse au Centre de recherche de l\u2019hôpital Charles-LeMoyne.«Et c'est partout pareil, même en Afrique, ajoute François Bellavance, professeur titulaire au Service de l\u2019enseignement des méthodes quantitatives de gestion aux HEC Montréal et président du colloque.On a vraiment pu le constater lors du colloque.C'est sûr que les problématiques ne sont pas tout à fait les mêmes, mais ce sont quand même les jeunes qui sont les plus impliqués dans des accidents de la route.» Améliorer le bilan Toutefois, le Québec fait plutôt bonne figure en matière de réduction des collisions sur la route chez les jeunes.Contrairement à plusieurs pays où le nombre d\u2019accidents tend à augmenter, au Québec, la situation s\u2019améliore depuis les années 1970.Cela s\u2019explique notamment par le fait que le gouvernement a adopté une série de mesures préventives spécifiques visant à atténuer le risque pendant les premières années de conduite indépendante.Parmi elles, figurent l\u2019accès graduel à la conduite, l\u2019âge d\u2019obtention du permis et la limitation du taux d\u2019alcool.«Au Québec, plusieurs mesures ont été mises en place; lesquelles fonctionnent spécifiquement, ce n'est pas toujours évident de le savoir, parce que souvent, il y en a plusieurs qui ont été adoptées en même temps.Ce qu'on pense qui fonctionne, c'est une combinaison de mesures, qui comprend les lois, le renforcement polider, la promotion de certains comportements, etc.», souligne M\u201c® Ouimet.Malgré le certain succès de ces mesures, au Québec, il y a toujours place à l\u2019amélioration.«La prévention pourrait se faire davantage par les médias sociaux, par exemple, parce que c'est là que les jeunes se trouvent, note M.Bellavance.Il faudrait aussi insister davantage sur l'aspect planification, faire comprendre aux jeunes que c'est beau de planifier comment ils vont se rendre à un party, mais qu'il faut aussi qu'ils sachent comment ils vont rentrer.Ils ont bien de la difficulté avec ça.Les jeunes qui étaient présents à Lyon en ont beaucoup parlé.» M\u201c® Ouimet souligne qu\u2019une implication accrue des parents dans les différentes phases d\u2019accès à la conduite et l\u2019utilisation de nouvelles technologies pourrait également contribuer à améliorer le bilan routier des jeunes Québécois.Elle ajoute que le Québec aurait peut-être intérêt à s\u2019inspirer de ce qui se fait dans certains pays anglo-saxons en adoptant un système d\u2019accès graduel à des privilèges de conduite, comme la possibilité de conduire avec des passagers ou de conduire la nuit.«C'est vraiment pendant la première année qui suit l'obtention du permis de conduire que c'est le plus important d'agir, rappelle-t-elle.Il y a peu de maures qui agissent adueïlement sur ce plan-là et c'est là-d^us qu'il faut travailler.» L\u2019an prochain, un colloque sur la sécurité routière se tiendra également à Lyon.Cette fois, il s\u2019intéressera aux problématiques relatives aux personnes âgées, un groupe relativement à risque sur le réseau routier.Collaboratrice Le Devoir DEJA 25 ANS Le Centre Jacques Cartier étend son réseau « Les Entretiens se sont inscrits dans le paysage des rencontres internationales » Les 25^® Entretiens Jacques Cartier se sont déroulés du côté européen du 15 au 21 novembre.Les 27 colloques ont réuni près de 3000 participants, dont plus de 650 conférenciers issus de la région française Rhône-Alpes et du Québec, mais aussi du reste de la France, du Canada et de plusieurs pays européens.MARTINE LETARTE à Lyon Réunir chaque année des acteurs économiques, politiques, sociaux et culturels du Québec et de la région Rhône-Alpes pour échanger; tel était le but des Entretiens Jacques Cartier.Après un quart de siècle d\u2019existence, on peut affirmer que le concept imaginé par Alain Bideau a traversé l\u2019épreuve du temps.«Les Entretiens Jacques Cartier se sont inscrits dans le paysage des rencontres internationales», remarque Alain Bideau, délégué général du Centre Jacques Cartier.«L'idée originelle est demeurée, mais les horizons se sont élargis, pré-cise-t-il.En plus des partenaires de la région Rhône-Alpes et du Québec, nous nous sommes ouverts à des partenaires du reste de la Erance, du Canada et d'autres pays.Le Centre a ses assises régionales, mais il a maintenant des ramifications nationales et internationales.» Comme partenaires, on retrouve maintenant entre autres l\u2019École polytechnique fédérale de Lausanne, en Suisse, l\u2019Université de Liège, en Belgique, l\u2019Université d\u2019Ottawa et l\u2019Université de Moncton.Cette année, c\u2019est au tour de l\u2019Université technologique de Compiègne, au nord de Paris, de se joindre au Centre Jacques Cartier.«Nous souhaitons attirer de nouveaux partenaires dans d'autres régions françaises, mais aussi, en Suisse et en Belgique, pour renforcer nos liens avec ces pays.Nous avons également la volonté d'aller chercher plus d'entreprises privées en Erance, au Canada et à l'international», explique M.Bideau.Une programmation diversifiée Les partenaires enrichissent la programmation des Entretiens.Cette année, par exemple, un colloque sur l\u2019électricité intelligente s\u2019est tenu à l\u2019École polytechnique fédérale de Lausanne.Une première.Les Entretiens tenaient également des colloques à Saint-Étienne, sur le design médical et sur le patrimoine, ainsi qu\u2019à Grenoble, sur les systèmes d\u2019information en santé et sur l\u2019énergie hydraulique.La programmation 2012 incluait également en juillet à Saint-Malo le colloque organisé entre autres avec la Fondation Macdonald Stewart sur les cartes de Jacques Cartier.Et en septembre, on a aussi organisé un colloque lors de la Biennale de la danse de Lyon.A l\u2019occasion du 25® anniversaire, les Entretiens ont tenu le 17 novembre en partenariat avec la Ville de Lyon la table JACQUES NADEAU LE DEVOIR Alain Bideau, délégué général du Centre Jacques Cartier ronde Quel futur pour notre avenir?Lyon, Montréal: métropoles des possibles.Le lendemain, jour de cérémonie d\u2019ouverture officielle, des doctorats honoris causa ont été remis à Michaëlle Jean, chancetière de l\u2019Université d\u2019Ottawa, Guy Berthiaume, président-directeur général de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Thierry Vandal, président-directeur général d\u2019Hydro-Québec, et Yvon Fontaine, président de l\u2019Agence Universitaire de la francophonie.Du côté européen, Jean-Charles Guibert, directeur de Minutée, est devenu docteur honorifique, tout comme Jean-Marc Thomas, président du pôle de compétitivité Aerospace Valley, et Olivier Faron, directeur général de l\u2019École normale supérieure de Lyon.Parmi les colloques tenus à Lyon, plusieurs portaient sur le domaine de la santé, dont celui présenté au Conseil général du Rhône sur l\u2019enjeu du bien vieillir.Plusieurs portaient aussi sur le domaine juridique, comme celui sur la cybercriminalité organisé par le Barreau de Lyon et le Barreau du Québec.programmation des 25®® Entretiens se terminera en mars avec un colloque à Ventiane, au Laos.Il portera sur le cancer et les agents infectieux dans le bassin du Mékong.Il est organisé entre autres par la Fondation Mérieux et l\u2019Agence universitaire de la Francophonie (AUF).Alain Bideau souhaite maintenant que les Entretiens organisent des colloques sur trois ans.«Il sera ainsi possible d'approfondir davantage les thèmes, précise-t-il.Par exemple, nous tenons déjà sur trois ans le colloque sur l'énergie et celui sur le transport.De plus, nous avons tenu le deuxième colloque sur l'Alzheimer et il y aura peut-être une troisième année.» Les Entretiens Jacques Cartier organisent aussi des colloques sur trois ans avec les trois unités internationales mixtes que le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a créées avec le Québec.«Il y en a une sur l'Arctique, une sur les nanotechnologies et une sur les mathématiques », précise Alain Bideau.Cela n\u2019empêche pas le développement de thèmes ponctuels avec des partenaires.«Par exemple, nous travaillons avec le Mouvement Desjardins sur un colloque pour l'an prochain avec HEC Montréal sur les coopératives financières», affirme M.Bideau.Le colloque Santé animale, santé humaine se tiendra aussi l\u2019an prochain, notamment avec la faculté de médecine vétérinaire de l\u2019Université de Montréal.Dévolution se poursuit Pour les prochaines années, Alain Bideau souhaite poursuivre la délocalisation des Entretiens, tout en continuant bien sûr à tenir la grande majorité des conférences en français.«En 2013, nous tiendrons un colloque à Haïti avec la Eondation Mérieux et l'AUE, précise-t-il.On n'a pas encore choisi le thème, mais il sera dans le domaine de la santé.Nous souhaitons aussi organiser un colloque à Liège et peut-être un à Moncton.Pour 2014, nous organiserons fort probablement des colloques à Chicoutimi, à Trois-Rivières et à Sherbrooke.» Par ailleurs, un conseil d\u2019orientation stratégique a été mis en place avec comme président, Jean Jouzel, climatologue et prix Nobel de la paix en tant que membre du Groupe d\u2019experts intergouvememental sur l\u2019évolution du climat (GIEC).«Le conseil se réunira une fois par année pour discuter de l'évolution du Centre Jacques Cartier, pour trouver de nouveaux partenaires, pour afficher des thèmes.Le conseil est composé de gens de diverses origines qui souhaitent contribuer au Centre Jacques Cartier», affirme celui qui prendra sa retraite du CNRS en juillet.«Je consacrerai ensuite la totalité de mon temps, de mon énergie et de ma passion au Centre Jacques Cartier au moins jusqu'en 2017», confirme M.Bideau.Alors que les Entretiens célébreront leur 30® anniversaire en 2017, Montréal célébrera son 375® anniversaire et le Canada, son 150®.Pour l\u2019occasion, les Entretiens se tiendront à Montréal.Collaboratrice Le Devoir IDENTITE NATIONALE Ils sont d\u2019abord Français et Québécois.avant d\u2019être Européens et Canadiens HELENE ROULOT-GANZMANN à Lyon Dy un côté des Français, à qui le traité de Maastricht de 1992 a donné la citoyenneté européenne.mais à laquelle les Français croient peu.De l\u2019autre des Québécois citoyens canadiens depuis bientôt 150 ans.mais qui, en très grande majorité, se sentent avant tout appartenir à la Belle Province.Deux situations aux antipodes ?Pas tant que ça, à en croire Christian Philip, recteur de l\u2019Académie de Montpellier, dans le sud de la France, et Daniel Turp, professeur à l\u2019Université de Montréal, président de l\u2019Association québécoise de droit constitutionnel.Nous sommes à Lyon en ce lundi matin de la fin novembre.Il fait beau, presque chaud.Sur la presqu\u2019île que forment la Saône et le Rhône avant de se confondre, les habitants de la troisième ville de France profitent de ces rayons de soleil pour prendre un café croissant en terrasse.Un petit-déjeuner qu\u2019ils paieront en euros.La disparition du franc il y a une dizaine d\u2019années vient leur rappeler chaque jour qu\u2019ils ne sont plus seulement Lyonnais et Français, mais aussi citoyens européens.Pas étonnant dès lors que les plus europessimistes remettent en cause ce passage à la monnaie unique.«Et ils sont de plus en plus nombreux en ces temps de crise, estime Christian Philip.S'il y avait un référendum en Erance ou dans n'importe lequel des pays appartenant à l'Union européenne aujourd'hui, quel qu'en soit le sujet, il est probable que ce serait un rejet franc et massif Je me sens à la fois profondément Français et Européen.Cette dualité m'apparaît comme un plus qui me permet de me situer en ce début de XXL siècle.Mais je fais partie d'une minorité, regrette-t-il.C'est certain que s'il y avait reprise de la croissance, si la confiance renaissait, il serait plus facile de s'approprier cette double appartenance.Mais il n'y a pas que ça.Au-delà de la monnaie commune, du passeport commun, de la politique étrangère censée être commune elle aussi, la citoyenneté européenne semble pour beaucoup complètement virtuelle.» Quête identitaire Même constat de l\u2019autre côté de l\u2019Atlantique.Au micro, Daniel Turp, venu à Lyon avec une série de chiffres pour étayer son propos.Ainsi, 31% des francophones du Québec ne se sentent que Québécois, 39% se considérant comme Québécois tout d\u2019abord, mais aussi Canadiens, quand 7,2% d\u2019entre eux seulement se voient d\u2019abord comme des Canadiens.«La question de l'identité québécoise dans son rapport à la citoyenneté canadienne se pose dans des termes différents mais pas tout à fait dissemblables au rapport Erance/Europe.Contrairement à certains Etats fédéraux qui permettent des citoyennetés régionales, cantonales, nous n'avons pour tout le Canada qu'une seule citoyenneté, canadienne, donnée à la naissance, obtenue par filiation et, pour beaucoup de Québécois, imposée, parce qu'elle n'est pas conforme à leurs valeurs de laïcité et d'inter culturalisme, ni à leur identité, notamment linguistique.Pour sortir de cela, le Québec devrait relever le défi de se donner une identité constitutionnelle en se dotant d'une loi fondamentale.Pour cela, il faudrait modifier la constitution du Canada pour satisfaire un certain nombre d'attentes du Québec, lui conférer plus d'autonomie au sein de la Confédération canadienne, lui donner notamment l'essentiel des pouvoirs lorsqu'il s'agit de la langue, de la culture.» D\u2019un côté, le Québec, qui souhaite obtenir plus de pouvoirs pour JACQUES NADEAU LE DEVOIR Daniel Turp décider de son destin.De l\u2019autre, la France, comme les autres États européens, qui donnent de plus en plus de pouvoirs à l\u2019Union.Et de part et d\u2019autre, ce qui semble bien être une impasse.«Il y a un mouvement qui tend à se recentrer sur les communautés locales, note Christian Philip.Il y a un rejet de la citoyenneté européenne, mais il y a aussi un rejet face à l'identité française.C'est la même chose en Espagne, en Belgique, en Grande-Bretagne.Partout des communautés tendent à plus d'autonomie.Or quand on a du mal à vivre sa propre identité nationale, on a encore plus de mal à vivre sa double nationalité.L'Europe apparaît comme la première responsable de tous les maux parce qu'elle privilégierait la finance plutôt que l'intérêt des individus.L'Europe va avancer, nous n'avons pas le choix.Mais pour qu'elle devienne une entité réelle aux yeux de ses citoyens, il faut un sursaut.Il faut que les jeunes comprennent la nécessité de cette complémentarité identitaire et citoyenne.Il faut de nouveaux leaders aussi charisma- tiques qu'ont pu l'être en leur temps Robert Schumann et Jean Monnet, le général de Gaulle et Konrad Adenauer, Helmut Kohl et François Mitterrand.Il faut aussi de grands projets qui mobilisent: Airbus, Ariane, mais aussi le programme d'échange d'étudiants Erasmus ont beaucoup fait pour créer un sentiment européen à une époque.Quoi qu'il en soit, les élections européennes de 2014 seront cruciales.Si l'abstention reste forte, le Parlement aura du mal à asseoir sa légitimité et celle des lois qu'il votera», prévient-il.Supranationalité Une supranationalité européenne rejetée par la majorité des Français, alors même que nombre de Québécois rêvent d\u2019accéder un jour à ce même type de rapport entre leur province et la Confédération.Et Daniel Turp de se souvenir des premiers Entretiens Jacques Cartier auxquels participait René Lévesque.«Il avait proposé dès 1968 aux Québécois de choisir la souveraineté-association, de faire du Québec un pays qui aurait une relation privilégiée avec le Canada, notamment de nature économique.En ce sens, l'Union européenne a toujours été pour beaucoup d'indépendantistes québécois comme moi-même un modèle à suivre.L'idée d'être indépendant dans l'interdépendance, d'exercer en commun des compétences, de partager la souveraineté.Le Québec est une nation qui rêve d'avoir son identité, qui rêve de se doter de sa propre citoyenneté et de sa propre constitution.Mais qui rêve aussi toujours de réussir ce grand compromis avec le reste du Canada.Un compromis qui suppose une union de type original qui serait analogue au rapport qu'a la France avec l'Union européenne.» Collaboratrice Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 DECEMBRE 2012 G 3 ENTRETIENS JACQUES CARTIER FIN DE VIE Lorsque médecine et philosophie se rencontrent Progrès de la médecine, questions éthiques, judiciarisation, démocratie ; la fin de vie et la mort sont des enjeux qu\u2019on peut aborder sous différents angles.C\u2019est ce que les experts ont fait lors du colloque Fin de vie et mort au XXF siècle tenu à l\u2019Université Jean Moulin Lyon 3, le 19 novembre.MARTINE LETARTE à Lyon Une femme dans la cinquantaine saine d\u2019esprit, mais paralysée, est sous hémodialyse plusieurs fois par semaine puisque ses reins ne fonctionnent plus.Un jour, elle décide qu\u2019elle en a assez.Elle souhaite cesser la dialyse, contre l\u2019avis de son médecin et au grand désarroi de l\u2019équipe soignante.Après de multiples débats et une évaluation psychiatrique, sa décision est respectée.L\u2019équipe soignante lui dispense des soins de confort et elle décède quelques jours plus tard.Michel Bilodeau, vice-président de Public Governance International et ex-dirigeant de plusieurs hôpitaux au Québec et en Ontario, est venu raconter ce cas vécu lors du colloque.« S\u2019agis-sait-il d\u2019un suicide ?Pour moi, oui, aussi assurément que si nous l\u2019avions regardée se jeter en has d\u2019un pont.L\u2019avons-nous aidée à se suicider en ne la forçant pas à continuer ses traitements ?La ligne est très mince », a-t-ü affirmé.La médecine et la philosophie se rejoignent finalement dans les questions de fin de vie.« Le progrès permet de vivre de plus en plus longtemps sans maladie ni handicap, mais il permet aussi de vivre de plus en plus longtemps avec une maladie dont on ne guérira pas », a expliqué Régis Aubry, chef du service de soins palliatifs du Centre hospitalier universitaire de Besançon en France et président de l\u2019Observatoire national de la fin de vie.Les soins translatifs Si plusieurs cherchent un sens à la vie, d\u2019autres en cherchent un à la mort Louis Roy, philosophe et directeur adjoint du département de formation humaine à l\u2019Université catholique de Lyon, a par ailleurs abordé la question des soins translatifs.« C\u2019est le concept des soins pour autrui, une idée qui a été suggérée par le de Pesquidoux, a-t-il indiqué.Il faudra savoir si on peut ou non prodiguer des soins sur une personne en fin de vie, non pas dans son intérêt à elle, mais dans l\u2019intérêt du receveur potentiel Les soins translatifs permettraient d\u2019envisager que l\u2019existence ne prenne pas fin avec le décès clinique grâce au don de tissus et d\u2019organes à ceux qui en ont besoin pour pouvoir vivre leur vie.» Comment justifier la pratique de soins pour autrui dans une société où règne l\u2019individualisme ?« Cela ne peut se faire que si nous comprenons que nous ne nous appartenons pas, mais que nous appartenons à l\u2019humanité.Les soins translatifs permettraient une humanisation de la mort au XXI^ siècle », a affirmé M.Roy.Les questions législatives sont toujours collées aux questions de fin de vie et de mort En matière de suicide assisté, par exemple, le Canada se trpuve à un moment charnière.A la fin octobre, le gouvernement fédéral a porté en appel une décision de la Cour suprême de la Colombie-Britannique qui invalidait la loi canadienne interdisant le suicide assisté par des médecins.« Comme ce fut le cas pour l\u2019avortement, au Canada, il est fort possible que le suicide assisté devienne légal parce que les cours refuseront de condamner ceux qui y prennent part », a affirmé Michel Bilodeau.Daniel Weinstock, philosophe et professeur à la faculté de droit de l\u2019Université McGill, est du même avis.« Il n\u2019y a pas de volonté politique pour décriminaliser l\u2019aide médicale au suicide et l\u2019euthanasie, donc cela se fera par les tribunaux, a-t-il affirmé.De plus, au Canada, on a tendance à laisser des vides juridiques.C\u2019est le cas avec l\u2019avortement, alors qu\u2019aucune loi ne l\u2019encadre.Si le suicide assisté et l\u2019euthanasie sont décriminalisés par les tribunaux, il faudrait faire une loi pour les encadrer.» Si le droit est un passage obligé pour arriver à un débat public, Régis Aubry croit qu\u2019il ne faudrait surtout pas que ces questions relèvent strictement du droit « A mon avis, un débat public sur ces questions est essentiel en démocratie, a-t-il affirmé.Les gens ont peur de la fin de vie.Ils n\u2019ont pas tellement peur de la mort, mais ils ont peur que la médecine ou le législateur prennent les décisions à leur place.» Collaboratrice Le Devoir JEAN PHILIPPE KSIAZEK AGENCE ERANCE PRESSE Les débats sur les questions de fin de vie gagnent de nombreux pays.RAUL ARBOLEDA AGENCE ERANCE PRESSE L\u2019obésité n\u2019épargne désormais aucun groupe d\u2019âge dans les pays industrialisés.ALIMENTATION Obésité et précarité vont de pair La Tablée des chefs vient à la rescousse des populations défavorisées Le 19 novembre dernier, ils étaient une quarantaine d\u2019experts en nutrition, de chercheurs et de gastronomes réunis à l\u2019Institut Paul Bocuse d\u2019Ecully afin de discuter des enjeux liés à l\u2019alimentation des populations défavorisées dans les pays développés, plus particulièrement des problèmes d\u2019obésité.Jean-François Archambault décrit les actions menées par des cuisiniers socialement engagés.EMILIE CORRIVEAU à Écully Au Québec comme en France, les populations les plus touchées par le surpoids et l\u2019obésité sont celles dont le statut socioéconomique est le plus précaire.Plusieurs éléments expliquent cette réalité, notamment le coût des produits de qualité et la perte de compétences culinaires chez les adultes.n faut dire qu\u2019aujourd\u2019hui, les aliments transformés achetés à l\u2019épicerie ou encore préparés dans un restaurant sont plus que jamais disponibles.Qu\u2019il s\u2019agisse de plats congelés, de préparations en boîte ou en conserve ou encore de produits de restauration rapide, ceux-ci se retrouvent de plus en plus fréquemment dans les assiettes des Québécois et des Français, et encore davantage dans celles des personnes dont le statut socioéconomique est précaire, puisqu\u2019ils sont souvent moins chers que des aliments frais non transformés.En outre, le rythme de vie ayant beaucoup évolué au cours des dernières décennies, de plus en plus de gens, pressés par le temps, tendent à utiliser des produits alimentaires transformés nécessitant un minimum de préparation.Cela entraîne une diminution notable de la maîtrise des compétences culinaires chez la population adulte.«Au Québec et au Canada, on a peu valorisé la transmission de compétences culinaires dans les familles.Tout ça est très lié au statut socioéconomique.Lorsqu\u2019on vit une situation difficile, qu\u2019on ne peut se permettre de la variété dans son assiette parce qu\u2019on n\u2019a pas l\u2019argent pour le faire, ça devient extrêmement difficile d\u2019y trouver du plaisir et encore davantage de transmettre ses connaissances culinaires », a souligné M.Archambault lors de,son allocution.A cela s\u2019ajoute le fait que depuis 1997, avec la réforme L\u2019école, tout un programme, la cuisine n\u2019est plus enseignée dans les écoles québécoises.En conséquence, de nombreux jeunes sont privés de ce savoir-faire D\u2019après Santé Canada, cette perte de compétences a un impact important sur la qualité de l\u2019alimentation des Canadiens, puisqu\u2019il a été démontré que le manque de savoir-faire culinaire est notamment lié à une consommation accrue de gras, de sel et de sucre ainsi qu\u2019à une consommation inférieure ou variable de fruits, légumes, produits céréaliers à grains entiers et légumineuses./ Eduquer la relève S\u2019il y a certes place à l\u2019amélioration des compétences culinaires d\u2019une grande part de la population québécoise adulte et que bon nombre de parents gagneraient à prendre des cours de cuisine, dans le cadre de leurs activités de prévention de la dépendance à l\u2019aide alimentaire, M.Archambault et ses comparses de La Tablée des chefs ont préféré miser sur l\u2019éducation des adolescents.«Prenons l\u2019exemple de femmes monoparentales qui arrivent à peine à payer leur loyer et qui doivent travailler des heures de fou pour joindre les deux bouts.Qui suis-je pour leur demander de venir suivre des cours de cuisine le soir après le boulot pour parfaire leurs compétences culinaires ?Nous n\u2019avons pas abandonné cette clientèle-là, mais nous avons préféré travailler avec des adolescents de 12 à 17 ans.C\u2019est la relève, ce seront les prochains jeunes adultes et c\u2019est la clientèle que nous avons favorisée», a expliqué le d.g.de La Tablée des chefs.C\u2019est donc dans le but de contrer la tendance de la perte Il y a place à l\u2019amélioration des compétences culinaires d\u2019une grande part de la population de connaissances culinaires que M.Archambault a conçu différents programmes de formation pour les jeunes Québécois.«On a débuté avec un camp culinaire gratuit où les jeunes préparent leurs propres repas.Ils sont 110 jeunes; on en prend 55 en cuisine.J\u2019ai cinq cuisiniers, dont un chef et une nutritionniste qui les aident à planifier cinq jours de repas.Après ce séjour, on les envoie en plein air et on en prend 55 autres en cuisine qui eux se chargent de toute la mise en place», a-t-il précisé.Pendant l\u2019année scolaire, après les heures de classe, La Tablée des chefs offre également à des jeunes de 13 et 14 ans un total de 24 ateliers parascolaires, ce qui correspond à 48 heures de cours de cuisine et d\u2019alimentation.L\u2019objectif premier?Aider ces adolescents à mieux comprendre les rudiments de la nutrition.mais, surtout, leur montrer que la cuisine peut être associée au plaisir.«Le lien de plaisir, c\u2019est extrêmement puissant», a fait remarquer M.Archambault avant de poursuivre en expliquant que La Tablée des chefs effectuait également un travail important auprès des jeunes vivant en centres jeunesse.« On prend ces jeunes à partir de 16 ans et on les accompagne jusqu\u2019à l\u2019âge de 19 ans.C\u2019est sur une base volontaire pour les 18-19 ans.Ils apprennent à cuisiner et ils aiment ça, alors ils reviennent.» Brigades culinaires Dans le même esprit, en septembre dernier, La Tablée des chefs a lancé un programme innovateur, Les Brigades culinaires.Mis en place dans 20 écoles de la province, dont plusieurs accueillent des élèves issus de milieux défavorisés, celui-ci a pour objectif d\u2019inciter les jeunes à s\u2019alimenter sainement et à préparer leurs propres repas santé.Supervisés par des chefs bénévoles, les jeunes faisant partie d\u2019une brigade ont l\u2019occasion de suivre des cours de cuisine et de participer à diverses activités et compétitions.Les jeunes cuisineront non seulement pour être les meilleurs de leur école, mais aussi de leur région.«Pour la finale du projet, on a prévu un concours.Les adolescents aiment bien le côté compétitif, alors pourquoi l\u2019exclure des cours de cuisine et d\u2019alimentation?Ce qu\u2019on a créé, c\u2019est un combat des brigades.On va leur faire vivre une compétition où elles seront notées.Ça va être quelque chose d\u2019extrêmement spécial», a révélé M.Archambault Collaboratrice Le Devoir IMMIGRATION ET DIVERSITE Difficile de réaliser le vivre ensemble Les modèles d\u2019intégration ont été l\u2019objet de critiques, le 20 novembre dernier, à Lyon, lors d\u2019un colloque portant sur l\u2019immigration et la diversité ethnoculturelle.Aperçu des constats qui se sont imposés.ETIENNE PLAMONDON ÉMOND à Lyon Dans les discours ,de l\u2019Etat québécois et de l\u2019État canadien en matière d\u2019intégration, mais aussi dans le Livre blanc du dialogue interculturel du Conseil de l\u2019Europe et dans le projet de Coalition internationale des villes contre le racisme de TUNESCO, «on mêle les problématiques», a déploré Micheline Labelle, titulaire de la Chaire de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté (CRIEC)del\u2019UQAM.«On ne peut pas traiter de tout dans un même document ou dans un même site Internet.Si on veut s\u2019attaquer au racisme, il y a une analyse à faire, des choix stratégiques, des mesures à adopter qui diffèrent de ceux qui concernent la promotion de l\u2019intercultura- lisme ou encore la promotion de la rentabilisation de la diversité dans les entreprises, a-t-elle précisé au Devoir, après son exposé, dans les couloirs de l\u2019Institut des sciences de l\u2019homme de Lyon.L\u2019effet pervers, quand on mêle les problématiques, c\u2019est qu\u2019on ne sait plus quelles mesures adopter.» Selon elle, l\u2019un des plus beaux exemples de ce type d\u2019amalgames s\u2019observe dans le rapport Bouchard-Taylor.«On y traite de tout: l\u2019identité nationale, l\u2019inter culturalisme, la laïcité, le racisme, les discriminations.Il aurait fallu qu\u2019il s\u2019arrête aux accommodements raisonnables.Mais de ça, il est sorti un pot-pourri.C\u2019est pour ça que ça ne peut orienter personne.» Bien différencier ces analyses permettrait de ne pas enchevêtrer les objectifs, mais aussi de distinguer les mesures et les activités à mettre de l\u2019avant «Cela ai- derait à inspirer l\u2019action des gens sur le terrain: les municipalités, les enseignants, les écoles, les policiers ou toute autre personne s\u2019occupant de l\u2019aménagement de la diversité», a indiqué M™® Labelle.Plus tôt dans la matinée, son collègue Rachad Antonins, directeur adjoint de la CRIEC, a posé un regard critique sur le multiculturalisme en soulevant les risques qu\u2019ü y a à ignorer les rapports de pouvoir présents au sein même des groupes marginalisés.«Un appui non critique à certains groupes, du seul fait qu\u2019ils sont marginalisés, peut quelquefois finir par légitimer des discours de domination», a souligné M.Antonins.Marginalisation Le chercheur a illustré son propos à l\u2019aide des demandes qui avaient été formulées pour faire reconnaître officiellement, en Ontario, des procédures d\u2019arbitrage basées sur la charia, ainsi que la contestation qui s\u2019était manifestée envers le projet de loi 94, au Québec, sur les services publics dispensés et re- çus à visage découvert Dans les deux cas, des groupes féministes, à tendance libérale ou progressiste, ont appuyé les revendications de groupes musulmans conservateurs, a rappelé M.Antonins, parce qu\u2019elles venaient «dégroupés marginalisés dont il ne fallait pas critiquer la culture, de peur d\u2019aggraver leur stigmatisation ».M.Antonins a balayé du revers de la main l\u2019idée voulant que l\u2019on devait appuyer ces revendications pour lutter contre Tislamopho-bie.«Ça renforce les courants conservateurs et ça ne favorise pas du tout l\u2019intégration», a-t-ü insisté.Il a prévenu que ce type de soutien entraîne une «double marginalisation» des tendances laïques à l\u2019intérieur de ce groupe marginalisé, puisqu\u2019eUes sont jugées comme émanant de «traîtres à la culture» par l\u2019islam politique et à\u2019«occidentalisés qui n\u2019ont pas droit de cité» par certains groupes de la société d\u2019accueü.«Mais de ça, il est sorti un pot-pourri.C\u2019est pour ça que ça ne peut orienter personne.» À son avis, le multiculturalisme devrait cesser de ne cibler que la tendance centrale d\u2019un groupe minoritaire pour cerner la mesure la plus susceptible de l\u2019émanciper.Du côté de l\u2019Union européenne (UE), Catherine Withol de Wen-den, directrice de recherche au CNRS de Paris, a sonné l\u2019alarme face à une «européanisation croissante» des politiques d\u2019intégrations en paraUèle à une nationalisation grandissante de la gestion des flux migratoires.De nombreux pays de l\u2019UE cherchent à contrôler davantage leur politique d\u2019entrée, «ce qui est complètement inconcevable dans le dispositif européen où tout est communautarisé en la matière», a rappelé ceUe qui a aussi été consultante auprès de l\u2019OCDE, du Conseü de l\u2019Europe et de la Commission européenne.A l\u2019inverse, les politiques d\u2019intégration, où en principe les na- tions ont davantage de marges de manœuvre, semblent s\u2019uniformiser.L\u2019UE «met son nez dans ces politiques» entre autres avec le Migrant Integration Poli-ciy Index (MIDEX), par lequel «on compare, on met en parallèle, en permanence, non seulement des législations, mais aussi la mise en œuvre des politiques d\u2019intégration dans les différents pays européens.C\u2019est presque une obsession de la Commission européenne», a-t-eUe soulevé.«Le risque, c\u2019est que, d\u2019un côté, on ait plus de souverainisme dans le contrôle des frontières, avec toutes les dérives populistes auxquelles cela peut conduire {.], et que, de l\u2019autre, on impose un modèle unique d\u2019intégration, alors que l\u2019Europe, précisément, ^est le continent de la diversité.» A son avis, tout ce qui concerne le vivre ensemble devrait être de l\u2019ordre de la négociation, du cas par cas, «puisque chaque pays d\u2019immigration européen a ses étrangers, ses voisins, son histoire».Collaborateur Le Devoir G 4 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 9 DECEMBRE 2012 ENTRETIENS JACQUES CARTIER ALZHEIMER Vision d\u2019une maladie en transformation La vitamine K serait intéressante pour préserver la mémoire Entraînement de la mémoire, vitamine K, E-nect et diagnostic précoce; voilà quelques-uns des sujets abordés lors du colloque La maladie d\u2019Alzheimer : du génome au comportement, tenu à l\u2019Institut des sciences cognitives de Bron, les 19 et 20 novembre.MARTINE LETARTE à Bron Alors que les gens atteints de la maladie d\u2019Alzheimer montrent généralement moins d\u2019activation cognitive, on a remarqué que les gens aux stades légers de la maladie ont souvent une activation accrue.«C\u2019est une forme de compensation, et au fur et à mesure que la maladie évolue, on assiste à un effondrement de ce phénomène et on va vers une hypoactivation», a expliqué Sylvie Belle-ville, directrice de la recherche à l\u2019Institut universitaire de gériatrie de Montréal.Avec son équipe, elle a conçu un programme d\u2019entraînement de la mémoire avec des exercices à réaliser à la maison pour favoriser ce processus naturel de compensation.« On a observé que l\u2019entraînement améliorait la mémoire, indique-t-elle.Grâce à l\u2019imagerie par résonance magnétique, on a vu après l\u2019entraînement une augmentation de l\u2019activation dans des régions qui n\u2019étaient pas mobilisées par la tâche avant l\u2019intervention.Un réseau neuronal alternatif situé généralement dans les régions intactes prendrait donc la relève des régions atteintes.» Son équipe de recherche ne sait pas encore si le processus de compensation peut repousser le diagnostic de maladie d\u2019Alzheimer.«Mais on sait que même de courtes activités d\u2019entraînement de la mémoire réduisent les symptômes de l\u2019Alzheimer», précise Belleville, qui est également professeure titulaire au département de psychologie de l\u2019Université de Montréal.Le rôle de la vitamine K En matière d\u2019alimentation, Guylaine Ferland, chercheuse au Centre de recherche de l\u2019Institut universitaire de gériatrie de Montréal et à celui de l\u2019hôpital du Sacré-Cœur, est venue parler de vitamine K.On la retrouve dans les légumes d\u2019un vert très foncé comme le brocoli, le brocoli-rave (rapini) et les épinards.D\u2019après une de ses études, la vitamine K serait particulièrement intéressante pour préserver la mémoire.«Chez les participants jouissant du statut vitaminique K le plus élevé, on a vu une performance supérieure en mémorisation», affirme celle qui est également professeure au département de nutrition de l\u2019Université de Montréal.L\u2019hjqiothèse veut que la vitamine K joue un rôle dans la consolidation de la trace mnésique.«Nos travaux se poursuivent, précise-t-elle.Nous ne sommes pas convaincus non plus que la vitamine K ne pourrait pas avoir un impact sur les fonctions cognitives.» Les recherches se poursuivent également dans l\u2019évaluation des comportements.Par exemple, Philippe Robert, coordonnateur du Centre de mémoire de ressources et de recherche du centre hospitalier universitaire de Nice, a expliqué comment on peut mettre les nouvelles technologies au service des patients.«Dans une clinique de mémoire, nous avons recréé un appartement où on captait tout par une caméra qui montrait un avatar de l\u2019individu, indique-t-il.Nous demandions au patient de réaliser ses activités quotidiennes.On voyait comment il se débrouillait et on notait différents éléments comme la vitesse, l\u2019ordre dans lequel il réalisait les tâches demandées, les omissions, etc.» Il est aussi possible d\u2019utiliser de l\u2019équipement non professionnel à des fins d\u2019évaluation.«Par exemple, la Kinect [un périphérique de Xbox 360 qui réagit aux mouvements] permet au patient de jouer chez lui à des jeux comme les quilles.Le patient bouge, il est stimulé, et en plus, le clinicien peut avoir facilement accès en temps réel aux données.On pourra aussi utiliser à l\u2019avenir ces nouvelles technologies pour faire jouer les patients à des jeux qui stimulent la mémoire et les fonctions cognitives.» Diagnostic et traitement précoces L\u2019an dernier, les critères de la maladie d\u2019Alzheimer ont été élargis et ils permettent maintenant un diagnostic plus précoce, bien avant le stade de la démence.«Le système de santé accueille donc de nouveaux types de patients qui sont de plus en plus jeunes», est venu expliquer Serge Gauthier, directeur de l\u2019Unité de recherche sur la maladie d\u2019Alzheimer au Centre McGill d\u2019études sur le vieillissement.«Avec la maladie d\u2019Alzheimer, il y a une longue phase à traverser avant d\u2019arriver au stade de la démence», a indiqué Joël Ménard, directeur du Plan Alzheimer mis en place en France par Nicolas Sarkozy en 2008.Serge Gauthier croit qu\u2019en matière de traitement, les nouveaux médicaments viseront davantage le stade précoce de la maladie.«Ces types de molécules, si elles sont approuvées, présenteront toutefois beaucoup de risques, elles seront complexes à utiliser et dispendieuses», a expliqué le professeur de l\u2019Université McGill.«Il faudra aussi déterminer à quel moment il sera faisable, rentable et éthique d\u2019intervenir, précise Joël Ménard.Pour y arriver, il faudra des stratégies de recherche fortes, des études de qualité qui nous donneront des renseignements complémentaires.» Collaboratrice Le Devoir AVOCATS ET CONEOT D\u2019INTERETS Aux grands pouvoirs sont associées de grandes responsabilités Le 20 novembre dernier à l\u2019Université Jean Moulin Lyon 3, dans le cadre des 25®® Entretiens Jacques Cartier, professeurs de droit et avocats se sont penchés sur le concept de conflit d\u2019intérêts.ÉMILIE CORRIVEAU à Lyon Par conflit d\u2019intérêts, on entend à la fois des situations où l\u2019intérêt personnel d\u2019un avocat est susceptible d\u2019entrer en conflit avec celui d\u2019une autre personne dont il est chargé de protéger les intérêts et des situations où il y a désaccord entre deux individus à l\u2019égard desquels un avocat a des devoirs qui sont en conflit ou potentiellement divergents.Au Canada comme en France, afin que les avocats ne se retrouvent pas en position de conflit d\u2019intérêts ou même seulement d\u2019apparence de conflit, plusieurs dispositions normatives ont été mises en place.Notamment, au Canada, l\u2019avocat a l\u2019obligation de ne pas favoriser un client au détriment d\u2019un autre.M.Daniel Jutras, doyen de la faculté de droit de l\u2019Université McGill, a soulevé lors de son exposé l\u2019épineuse question de la portée de cette obligation.«Il y a des terrains clairs et des terrains plus obscurs.Si à peu près tout le monde s\u2019entend pour affirmer que l\u2019avocat ne peut représenter des parties opposées dans la même affaire et qu\u2019un avocat ne peut représenter un ancien client dans une affaire connexe, plusieurs pensent que cela met en cause la mobilité des avocats», a-t-il souligné.Aujourd\u2019hui, il n\u2019est pas rare que des avocats se déplacent d\u2019un cabinet à l\u2019autre, ce qui est susceptible de les placer en situation de conflit d\u2019intérêts.Par exemple, en entrant dans un cabinet représentant l\u2019adversaire d\u2019un ancien clienL l\u2019avocat se retrouve théoriquement en position de conflit, puisqu\u2019un Canada, l\u2019avocat ne peut a^ contre un ancien client dans une affaire où il détient du fait de son premier mandat des informations confidentielles.A cela s\u2019ajoute le fait qu\u2019en Arpérique du Nord, on trouve plusieurs Etats et provinces où on interdit à l\u2019avocat de représenter simultanément deux parties dont les intérêts juridiques sont divergents, même dans des dossiers qui ne sont pas connexes.Par exemple, si un avocat souhaite représenter une partie et que sa représentation est susceptible de mettre en péril les intérêts juridiques d\u2019un autre clienL il ne peut pas le faire.«Il y a des gens qui étendent les intérêts juridiques aux intérêts économiques, allant jusqu\u2019à suggérer qu\u2019un cabinet d\u2019avocats ne peut pas représenter plus d\u2019une entreprise dans un secteur donné, car il en viendrait avec le temps à servir des intérêts économiques divergents.Très peu de gens vont toutefois jusquedà dans leur interprétation», a précisé M.Jutras.Jusque-là, peu de problèmes.Là où ça se complique, c\u2019est que la notion de conflit d\u2019intérêts ne touche pas que les avocats pris individuellement, mais s\u2019étend à l\u2019ensemble du cabinet auquel un avocat appartient, parfois même JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le nombre d\u2019avocats susceptibles de se retrouver en conflit d\u2019intérêts est sans cesse grandissant.Le rejet du conflit d\u2019intérêts est d\u2019abord une question de culture aux collaborateurs de celui-ci.Comme la notion de client tend à s\u2019élargir et qu\u2019elle englobe les clients potentiels ou les clients avec qui les avocats n\u2019ont eu que de très brefs rapports, le nombre d\u2019avocats susceptibles de se retrouver en conflit d\u2019intérêts est sans cesse grandissant.«Il fut un temps où les clients étaient très fidèles à leurs avocats.Ce n\u2019est plus le cas aujourd\u2019hui.On fait des appels d\u2019offres, on participe à ce qu\u2019on appelle des concours de beauté.Les cabinets défilent devant des clients pour offrir leurs services à des prix toujours plus intéressants.Dans ces processus, il y a des échanges d\u2019informations potentiellement confidentielles qui pourraient placer les avocats en conflit d\u2019intérêts», a expliqué M.Jutras.Dans un contexte d\u2019ouverture des marchés, où les cabinets d\u2019avocats prennent sans cesse de l\u2019ampleur et où les activités des clients qu\u2019ils représentent sont de plus en plus mondialisées, comment faire alors pour éviter de se retrouver en situation de conflit d\u2019intérêts?Pour plusieurs, c\u2019est d\u2019abord dans la prévention que réside la solution.D\u2019après Kami Haeri, avocat au Barreau de Paris et membre du Conseil de l\u2019Ordre, l\u2019un des réflexes premiers de l\u2019avocat devrait être de s\u2019enquérir auprès de son client s\u2019il existe des possibilités, même si elles paraissent faibles, qu\u2019il se trouve en position de conflit d\u2019intérêts.«Lorsqu\u2019on doute, on doit absolument poser la question.Si on ne veut pas poser la question parce qu\u2019on soupçonne que la réponse pourrait être délicate, alors on ne doit pas accepter de représenter ce client», a-t-il affirmé.Dans le même esprifi M.Mustapha Mekki, professeur à l\u2019Université Paris 13, a parlé de l\u2019importance de l\u2019acculturation, expliquant que le rejet du conflit d\u2019intérêts est d\u2019abord une question de culture.Il a souligné que l\u2019intégration de clauses de conflit d\u2019intérêts aux codes de conduite des entreprises s\u2019avérait un moyen intéressant de contribuer à la diffusion d\u2019une culture de vigilance.«Il faut encourager les codes de conduite et les chartes de comportement afin d\u2019alimenter l\u2019ensemble des professions sans attendre un ferte de loi», a spécifié le professeur.Mesures curatives Pour sa parti M\u201c® Catherine Piché, professeure à la Faculté de droit de l\u2019Université de Montréal, a notamment insisté sur le procédé de divulgation, lequel consiste à exposer explicitement au client les raisons pour lesquelles l\u2019avocat peut se trouver en conflit d\u2019intérêts dans la cause qui le concerne.S\u2019appuyant sur une étude de la Chicago Law School, elle a souligné qu\u2019il avait été démontré que la divulgation n\u2019est pas préjudiciable au client et qu\u2019elle n\u2019augmente pas la tendance à la partialité.M\u201c® Piché a également traité de l\u2019efficacité de l\u2019adoption de mesures curatives telles que les pénalités, les amendes, les jugements, la censure publique ou le retrait d\u2019une licence pour contrer le conflit d\u2019intérêts.«La combinaison divulgation-sanction est une arme très efficace, a-t-elle assuré.Comme les sanctions représentent une menace tangible pour les fautijs, elles m\u2019apparaissent un élément important de la réponse au conflit d\u2019intérêts.» Au terme de la discussion, parapfu-asant Spider-man, M.Haeri a tenu à rappeler qu\u2019aux grands pouvoirs sont associées de grandes responsabilités et qu\u2019il appartenait aux avocats d\u2019être diligents s\u2019ils souhaitaient conserver leurs privilèges : «Nous avons la chance d\u2019avoir la gestion de notre déontologie.Il faut que nous y fassions attention.Si on en abuse, si nous nous retrouvons nous-mêmes dans des situations de conflit d\u2019intérêts, d\u2019ici quelques années, nous aurons perdu notre position.» Collaboratrice Le Devoir DESIGN MEDICAL Le patient est mis au cœur des dispositifs thérapeutiques HELENE ROULOT-GANZMANN à Saint-Etienne Depuis 2010, Saint-Etienne est désirée Ville UNESCO de design.Ça tombe bien, nous sommes tous venus ici pour parler de design mé-dical.Le colloque a lieu dans la très belle Cité du design, à quelques arrêts de tramway de la gare ferroviaire.Un lieu unique situé sur le site emblématique de l\u2019ancienne manufacture d\u2019armes royales.Un lieu chargé d\u2019histoire, mais tellement moderne en même temps, la transformation étant signée par les architectes Finn Geipel et Giulia Audi.La table est mise, il ne nous reste plus qu\u2019à aller écouter ce que tous ces gens ont à nous dire sur le design médical.A priori, l\u2019alliance de ces deux termes semble incongrue, tant le secteur médical a été et est encore souvent traité sous l\u2019angle exclusif des techniques.Un secteur qui sollicite pourtant depuis quelques années le design, essentiellement dans le textile et les implants orthopédiques.Attention, le domaine reste émergent, mais les causes de ce déploiement sont multiples.L\u2019évolution du regard porté sur le malade et l\u2019usager des services médicaux en est un point fondamental.Finie la traditionnelle blouse d\u2019hôpital qui s\u2019attache par deux petites cordelettes à l\u2019arrière et ne cache pas grand-chose de notre anatomie?Pas si vite! Les patients devront encore attendre quelques années avant de voir disparaître cette tenue légèrement humiliante.mais il y a peut-être mieux.Preuve de cette évolution de la médecine, les entreprises du secteur médical s\u2019attachent de plus en plus les services d\u2019un designer.C\u2019est ainsi que Marie Gérard est entrée chez Thuasne, une petite compagnie stéphanoise leader sur la scène européenne dans le domaine des orthèses, bandes de contention et autres soutien-gorge sportifs, bref, le tissu élastique à usage médical ou paramédical.«Mon rôle est de rendre le produit plus sympathique, explique-t-elle.Bien sûr, il doit d\u2019abord soigner ou soulager, mais si l\u2019on peut joindre l\u2019agréable à l\u2019utile, c\u2019est aussi bien pour le patient! Au-delà de l\u2019aspect purement esthétique, le design contribue égale- JOHN MOORE AGENCE ERANCE-PRESSE Les designers doivent séduire ie ciient, mais aussi ie médecin qui va prescrire ia prothèse.ment à faciliter la prise en main.Les designers observent beaucoup, puis ils analysent, font des recherches.Nous tâchons d\u2019inscrire un produit dans son époque.Pour ma part, je travaille tout au long du processus de mise au point ou d\u2019amélioration de nos produits.Si nous concevons un nouveau fil pour nos rubans élastiques, je m\u2019assure qu\u2019il est assez doux pour être confortable, qu\u2019il n\u2019est pas rêche, plucheux, etc.Le développement est long.» Percevoir le monde à travers les yeux des patients, des usagers, des clients.Si Thuasne commence tout juste à prendre ce principe au sérieux, ce serait presque la devise d\u2019Ottobock depuis.1919! Cette entreprise allemande est aujourd\u2019hui chef de file mondial de la prothèse.«De nouvelles solutions doivent être explorées pour une symbiose idéale de la fonction, de la qualité et du design, explique Sebastian Peichl, consultant créatif pour Ottobock.Comme beaucoup d\u2019autres sociétés de technologie médicale, Ottobock est confronté à des mutations fondamentales dues aux rythmes des incessants changements d\u2019aujourd\u2019hui.La population vieillissante transforme la démographie.La gamme de produits ne cesse de se complexifier.Nous devons aussi aller chercher de nouveaux publics.En plus de l\u2019importance accordée au design des produits, Ottobock a changé récemment son image globale pour devenir une marque grand public.» Parce qu\u2019aujourd\u2019hui, dans le domaine du paramédical comme dans tous les domaines, il faut arriver à séduire le client, mais également le médecin qui va prescrire l\u2019or thèse ou la prothèse, estime pour sa part Rama Gheerawo, directeur adjoint du Helen Hamlyn Centre for Design du Royal College of Arts de Londres.«Qu\u2019il s\u2019agisse du milieu hospitalier, de la signa-létique, de textile, des véhicules ou des ambulances pour le transfert des patients, notre approche a prouvé qu\u2019elle apporte une valeur ajoutée commerciale et qu\u2019elle répond à quelques-unes des importantes questions liées à l\u2019amélioration de la sécurité du patient, à la réduction des erreurs médicales et à l\u2019intégration des avancées technologiques.» La SAT à Sainte-Justine Et ce n\u2019est certainement pas Patrick Dubé, de la Société des arts technologiques (SAT) à Montréal, qui le contredira.Sa spécialité ?Les «living labs», pour Laboratoires d\u2019innovatiop centras sur la participation des usagers.A Saint-Etienne, il est venu parler du projet qu\u2019il vient de coordonner à l\u2019hôpital Sainte-Justine.«Les activités du lab visent à humaniser les soins en milieu hospitalier, explique-t-il.Ici, il s\u2019agit de codesign à hauteur d\u2019enfants.Certains d\u2019entre eux restent plusieurs mois, parfois plusieurs années dans leur chambre d\u2019hôpital.L\u2019idée est de leur rendre la vie plus belle à travers de nouveaux dispositifs dérivés des arts numériques et dirigés à des fins thérapeutiques.Nous avons jumelé les compétences des chercheurs-programmateurs de la SAT et la créativité des usagers, patients, familles et personnel traitant.Nos dispositijs visent notamment à réduire l\u2019anxiété, poursuit-il, à permettre à l\u2019enfant d\u2019exprimer ses émotions à travers la création d\u2019œuvres artistiques numériques et collaboratives et à développer de nouveaux protocoles thérapeutiques visant à réduire le temps d\u2019hospitalisation.» Quand on vous disait que le design a sans doute mieux à faire que de s\u2019occuper de l\u2019humiliante jaquette d\u2019hôpital.Collaboratrice Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 DECEMBRE 2012 G 5 ENTRETIENS JACQUES CARTIER MARIO TAMA AGENCE ERANCE-PRESSE Les modèles mathématiques sont largement répandus en finance.GESTION DES RISQUES Des modèles pour une crise ÉMILIE CORRIVEAU à Lyon Quel rôle les modèles mathématiques ont-ils joué dans la récente crise financière mondiale et comment devraient-ils être utilisés en finance?Voilà deux questions qui ont donné matière à réflexion aux scientifiques et spécialistes de la finance réunis en table ronde le 20 novembre dernier dans le cadre des Entretiens Jacques Cartier.Utilisés pour mesurer et quantifier le risque des investissements, les modèles mathématiques sont largement répandus en finance.Certes, ceux-ci ne sont pas les uniques responsables de la dernière crise financière, mais celle-ci a tout de même mis au jour certaines défaillances dans la gestion et la modélisation des risques dans les banques et institutions financières.Ce sont ces défaillances qu\u2019ont cernées les pa-nélistes réunis à Lyon.Plusieurs ont insisté sur les problématiques liées à la nature des modèles utilisés, notamment le fait Beaucoup qu\u2019ils ne tiennent pas assez compte de l\u2019instabilité intrin-de travail\tsèque des marchés finan- , .\tciers.D\u2019autres ont plutôt in- feste a taire sisté sur l\u2019utilisation de ces ' pAnEollo modèles censés jouer le rôle a ec e e d\u2019outils d\u2019aide à la décision mondiale\tPour les gestionnaires et les investisseurs, mais souvent sur la mesure considérés à tort comme les J .\tseuls objets de référence, du risque\tC\u2019est le cas de Marc-André Lewis, vice-président principal, chef adjoint de la Direction des risques à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) depuis 2010 et détenteur d\u2019un doctorat en physique théorique de l\u2019Université Pierre et Marie Curie à Paris.Il estime que les modèles mathématiques ont joué un certain rôle dans la récente crise financière, mais que le problème relève davantage de l\u2019utilisation qui a été faite de ceux-ci quç de leur nature même.A titre d\u2019exemple, M.Lewis pointe du doigt le recours aux modèles de crédit liés au marché immobilier américain.«Il y avait beaucoup de modèles qui étaient calibrés sur le fait qu\u2019il n\u2019y avait historiquement jamais eu de baisse solidarisée du prix de l\u2019immobilier résidentiel à l\u2019échelle nationale.Il y avait déjà eu des corrections locales, mais sans plus.La plupart des modèles étaient basés sur le fait qu\u2019à partir du moment où un produit était exposé de façon suffisamment large géographiquement, sa probabilité de perte était très réduite.Ces modèles-là faisaient l\u2019hpothèse dès le début qu\u2019il ne pouvait pas y avoir de correction systémique des prix résidentiels aux Etats-Unis.C\u2019est une hypothèse qui a été violée dans les marchés au début de la crise et ça a mené à des problèmes de valorisations de plusieurs types de produits.» Au-delà de la crise D\u2019après M.Lewis, les problèmes liés à la modélisation mathématique tendent à survenir dans deux types de circonstances: lorsqu\u2019ils sont utilisés de façon abusive et lorsqu\u2019ils donnent lieu à une réglementation.«Lorsqu\u2019un modèle est adopté et utilisé de façon dogmatique; ça devient la réalité et on réagit face au modèle sans trop se questionner sur les hypothèses qu\u2019il y a derrière.C\u2019est aussi problématique lorsqu\u2019un modèle devient la source d\u2019un encadrement ou d\u2019une réglementation.Ça devient dangereux parce que ça ancre le modèle et ça crée des réactions automatiques qui peuvent avoir un effet boule de neige dans les marchés», souligne-t-il.Aussi, à la CDPQ, on porte aujourd\u2019hui un regard très prudent sur la modélisation mathématique.M.Lewis rappelle que des changements fondamentaux ont été effectués au sein de l\u2019organisation après la crise de 2009: la division du risque a été restructurée et on a mis beaucoup d\u2019efforts à implanter une nouvelle culture de gestion de risques.«Aujourd\u2019hui, notre stratégie est davantage axée sur des produits simples.Plus les produits sont complexes, plus il y a d\u2019hypothèses, et plus les modèles sont compliqués, plus ils présentent de vulnérabilité.On utilise toujours des modèles et on essaie de les raf finer, mais tout en faisant preuve d\u2019une certaine prudence à leur endroit.Ce n\u2019est pas un rejet de la modélisation; il s\u2019agit de prendre ces choses-là pour ce qu\u2019elles sont, c\u2019est-à-dire des indicateurs ou des aides à la décision», explique M.Lewis.Contrairement à la CDPQ, plusieurs établissements à travers le monde n\u2019ont pas modifié leur approche face à la modélisation, ce qui n\u2019a pas manqué de faire sourciller la plupart des spécialistes réunis à Lyon.«A l\u2019échelle mondiale, il y a énormément de travail qui a été fait sur la mesure du risque, mais il y en a encore beaucoup à faire, résume M.Lewis.C\u2019est un des endroits en finance où les liens entre secteur universitaire et monde des af faires sont les plus naturels, les plus étroits.Il faut certainement continuer à faire de la modélisation, mais il faut aussi s\u2019assurer qu\u2019elle évolue avec le temps et les nouveaux produits.» Collaboratrice Le Devoir INEORMATIQUE ET COMMUNICATION L\u2019écoconception s\u2019impose La durée de vie des appareils électroniques est trop courte Si vous achetez en cadeau un appareil électronique, vous pouvez maintenant être assuré que les frais de sa récupération sont assumés par le producteur.Mais il demeure peu probable que ses composantes seront élaborées pour durer ou être faciles à recycler.Dans le secteur des technologies de l\u2019information et de la communication (TIC), l\u2019écoconception se bute toujours à un modèle d\u2019affaires basé sur le court terme.ÉTIENNE PLAMONDON ÉMOND à Lyon Au Québec, une grande étape a été franchie le 14 juillet dernier.Les téléviseurs, cellulaires, ordinateurs et autres appareils électroniques sont depuis régis par le principe du pollueur-payeur, ou plus précisément celui de la responsabilité élargie des producteurs (REP).Le Règlement sur la récupération et la valorisation des produits par les entreprises, qui a déjà fait ses preuves dans les domaines de la peinture et des huiles, s\u2019applique dorénavant aux producteurs et distributeurs de produits électroniques.Près de 15 ans de discussion avec l\u2019industrie et huit ans de débat autour d\u2019une table de concertation ont finalement débouché sur cette nouvelle législation exigeant l\u2019internalisation des coûts de la récupération.En d\u2019autres mots, les producteurs et les distributeurs sont désormais responsables de la récupération des appareils qu\u2019ils mettent en vente et doivent en intégrer les frais à leur coût de production.La méthode est similaire à celle adoptée par l\u2019Union européenne (UE) pour faire face à l\u2019explosion du nombre de déchets électroniques.Car même si ces outils dématérialisent bien des choses, ils ont des impacts bien physiques sur l\u2019environnement.De 40 à 70 millions de tonnes de déchets électroniques sont produites chaque année sur la planète.Une grande partie de ce matériel est expédiée dans les pays en développement, sous le couvert de la réutilisation, et finit généralement par y être démantelée de façon inappropriée, voire parfois brûlée, avec tous les dangers pour la santé que cela peut entraîner.«Des années de discussions, de sensibilisation, ce n\u2019est pas suffisant, même s\u2019il y a beaucoup de bonne volonté, qu\u2019il y a de gros rapports annuels, qu\u2019on note une volonté d\u2019aller vers l\u2019écodesign.La situation demande d\u2019agir de façon urgente», a plaidé Line Bérubé, vice-présidente administration et programme chez Recyc-Québec, devant l\u2019amphithéâtre du CNRS à l\u2019Université de Lyon 1, lors du colloque Vers des technologies de l\u2019information écologiques et efficaces en consommation énergétique.Si des mesures ciblent désormais la fin de vie utile des appareils, la prochaine étape consistera à s\u2019attaquer au début de la chaîne.«On a un autre problème: la durée de vie.Elle est courte.Trop courte», a indiqué M\u201c® Bérubé.En Erance, le constat est similaire.«Pour la collecte des déchets électroniques, c\u2019est une obligation.Mais pour l\u2019écoconception, il y a peu de stimulus», a constaté Cédriç Gossart, professeur associé de la Télécom Ecole de management à Evry, et auteur du livre Impacts écologiques des technologies de l\u2019information et de la communication, publié en Erance.Durée de vie Encourager, voire forcer, les entreprises à augmenter la durée de vie des appareils électroniques constitue «une priorité en termes de politique publique», a indiqué le chercheur, lors d\u2019une entrevue avec Le Devoir à la fin du colloque.Il a rappelé que le meilleur moyen de réduire les impacts environnementaux d\u2019un ordinateur portable consiste à tenter de le faire fonctionner le plus longtemps possible.Pour en arriver là, les ordinateurs doivent être conçus pour permettre d\u2019être facilement remis à niveau.Il y a loin de la coupe aux lèvres dans cette industrie misant sur l\u2019obsolescence programmée.«Une solution, ce serait d\u2019imposer des durées garanties de dix ans, par exemple.» L\u2019écoconception, c\u2019est aussi fabriquer des appareils de façon que leurs composantes, lorsqu\u2019ils ne peuvent plus être réutilisés, soient plus simples à recycler.M.Gossart croit que des efforts doivent être faits en ce sens chez les producteurs de cartes mères.Cet élément essentiel pour le fonctionnement d\u2019un ordinateur s\u2019avère l\u2019un des plus polluants et toxiques, mais aussi l\u2019un des plus riches en métaux rares.«Le processus de fixation des composantes sur la carte mère pourrait être plus écologique, a insisté M.Gossart.Aujourd\u2019hui, il est difficile de les enlever sans les casser.C\u2019est parce que les fabricants ont adopté des techniques d\u2019enrobage qui font que les métaux précieux, comme l\u2019or, sont plus difficiles et plus chers à récupérer.La carte mère est plus facile à fabriquer avec ces méthodes, mais à la fin de la chaîne, ça complique les choses.Les producteurs de cartes mères s\u2019en fichent, parce que ce ne sont pas eux qui vont les recycler.» Récupération Il faudra tôt ou tard se pencher sur une conception qui favorise une récupération accrue des métaux, car l\u2019électronique sera bientôt aux prises avec la raréfaction de matières premières.Dans son nouveau règlement, Québec a inclus un article dont l\u2019objectif est de favoriser l\u2019écoconception.Il prévoit, d\u2019ici 2016, la mise en place d\u2019une modulation des coûts de récupération selon, entre autres, la toxicité, la re-cyclabilité ou la durée de vie des produits.Mais lors d\u2019une conférence oû il a été question d\u2019intégrer l\u2019écoconception et l\u2019écodesign à la responsabilité élargie des producteurs (REP), Mme Bérubé a dit avoir assisté à des «réactions très agressives» de la part des producteurs.Ces derniers déclaraient que le marché, la réduction des coûts et la demande des clients suffiraient pour les diriger dans la bonne direction, sans règlements ou mesures coercitives.«On n\u2019est pas d\u2019accord, a protesté M\u201c® Bérubé.On pense que ça prend plus.La réduction, c\u2019est notre prochain cheval de bataille à Recyc-Québec.Allons-nous trouver des instruments économiques ?Une taxe sur les produits jetables ?Un bonus sur les produits réutilisables ?C\u2019est dans cette voie que s\u2019oriente notre réflexion», a-t-elle assuré.Collaborateur Le Devoir MARTIN BUREAU AGENCE ERANCE-PRESSE Au Québec comme en Europe, les gouvernements ont adopté des règlements pour faire face à l\u2019explosion du nombre de déchets électroniques.URGENCE ET SANTÉ PUBLIQUE Plus de peur que de mal, pour cette fois ! Un jeu de rôles montre le fonctionnement des mesures d\u2019urgence HELENE ROULOT-GANZMANN à Lyon Alerte! Le vol RT6789 en provenance du Zam-boustan est sur le point de se poser.À son bord, M.et M\u201c® Z présentent des signes de grippe.Ils toussent, sont fiévreux et délirent par moments.Depuis quelque temps au Zamboustan, on dénombre des décès suspects, tous dans la région alpha.Le voyage de M.et M\u201c® Z s\u2019est concentré en région bêta, mais ils semblent pourtant bien souffrir des mêmes symptômes.Dans quelques minutes, ils vont débarquer au Québec.Que faire?Dans un amphithéâtre de l\u2019Université catholique de Lyon, une dizaine d\u2019éminents spécialistes, professeurs, chercheurs en santé publique, surveillance épidémiologique, laboratoires spécialisés, santé et voyage ont accepté de participer à un jeu de rôles en simulant une situation de crise tout à fait fictive.Des représentants de l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS), de l\u2019Institut Pasteur, de la fondation Mérieux et de l\u2019Agence de santé publique du Canada viennent un à un au micro expliquer leur rôle.L\u2019objectif: évaluer la gravité et l\u2019ampleur de la situation, réfléchir à une méthode, aux gestes à poser, à la façon de travailler ensemble de manière multidisciplinaire pour endiguer une épidémie virale qui pourrait rapidement se propager sur toute la planète.Comment appliquer le Règlement sanitaire international (RSI) mis en place par l\u2019OMS à la lumière des dernières grandes crises sanitaires comme le SRAS ou le HIN1 ?Dès leur sortie de l\u2019avion, M.et M\u201c® Z sont pris en charge par les autorités et envoyés à l\u2019hôpital afin de procéder à des analyses.Parallèlement, l\u2019OMS met en place un dispositif de surveillance accrue au Zamboustan pour observer l\u2019évolution de la situation.On regarde également ce qui se passe dans les Etats voisins.Dans le même temps, il faut commencer à communiquer au public.« C\u2019est un vrai dilemme, re-connaît-on.Difficile de prévoir la réaction du public et donc quelles conséquences peut avoir la communication.Il faut vraiment s\u2019en tenir aux faits.Ne pas avoir honte de dire que l\u2019on ne sait pas.Ne rien donner tant que les renseignements ne sont pas vérifiés par les laboratoires.Si on doit revenir en arrière, on perd toute crédibilité et ça sera très difficile de la récupérer.» Communication essentielle Plus les autorités disposent d\u2019informations sur le virus ou la maladie, plus elles peuvent en dire sur les comportements à éviter.Ça rassure le public, qui est plus enclin à respecter les consignes et à accepter la campagne mise en place au besoin.Si la communication vers le public est essentielle, celle entre les différents acteurs est elle aussi fondamentale.L\u2019OMS se charge généralement de la surveillance sur place, là oû l\u2019on a constaté les premiers cas.En cas d\u2019alerte internationale, les autorités sanitaires dans chaque pays doivent tout mettre en œuvre pour rassembler les données.«Tous les cas avérés et soupçonnés doivent être colligés, rappelle Samantha Wilson-Clark, directrice de programme au Programme canadien d\u2019épidémiologie de terrain de l\u2019Agence de santé publique du Canada pour la province du Québec.Cette collecte permet déjuger s\u2019il y a éclosion.Nous avons un certain nombre de facteurs qui nous permettent de savoir si une situation est normale.Parmi ceux-ci, la triade personne-moment-endroit.D\u2019où l\u2019importance d\u2019établir une définition de cas.De cette définition va découler le nombre de cas confirmés et soupçonnés.Il faut bien sùr ausculter toutes les personnes qui ont pu être en contact avec les cas confirmés et soupçonnés.S\u2019il y a éclosion, évaluer le mode de transmission, si la vaccination ou tout autre traitement préventif est souhaitable.Pour les personnes en contact?Pour toute la population ?Ce sont des décisions qui doivent être prises rapidement, et pour cela, nous devons en savoir le plus possible sur la maladie.» Analyses Petit passage par le laboratoire.Avec une question cruciale: vaut-il mieux analyser le virus sur le terrain, là oû il s\u2019est déclaré, généralement dans des régions tropicales, dans des pays en voie de développement qui ne possèdent pas les mêmes laboratoires et les mêmes outils que les pays occidentaux?Ou rapporter les souches afin de les analyser dans nos laboratoires?«Lorsqu\u2019une épidémie se déclare, nous entrons dans un environnement qui rend le transport international des échantillons difficile, estime Jean-Claude Manuguerra de la Cellule d\u2019intervention biologique d\u2019urgence de l\u2019Institut Pasteur à Paris.Le passage de la douane est problématique.Personne ne veut toucher le virus tant que l\u2019agent n\u2019est pas connu.Le pilote a également tout à fait le droit de refuser un paquet, quel qu\u2019il soit.Rien qu\u2019en Erance, si on n\u2019a pas le bon transporteur, ça peut prendre des jours, alors vous imaginez le transport international!» Pendant ce temps, des analyses préliminaires sont menées sur le terrain.Dans le cas du Zamboustan, la collecte des informations se poursuit.L\u2019OMS a décidé de ne pas émettre une alerte de niveau planétaire, mais la surveillance renforcée est toujours de mise.M.et M\u201c® Z sortent de l\u2019hôpital.Petit à petit, la flambée s\u2019éteint.L\u2019épisode épidémiologique entre en phase de régression sans avoir vraiment connu de phase d\u2019amplification.Plus de peur que de mal, cette fois.Mais tous les acteurs sont prêts en cas de nouvelle alerte à la pandémie.Collaboratrice Le Devoir G 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 DECEMBRE 2012 ENTRETIENS JACQUES CARTIER ELECTRICITE Quand les réseaux deviennent « futés » À propos des smart grids et autres compteurs « intelligents » Des économies d\u2019énergie?Oui, c\u2019est possible ! De simples chauffe-eau qui ne fonctionnent que la nuit font ainsi économiser à EDF 26 térawatts-heure sur une consommation de 500.Et le monde de l\u2019électricité a des outils pour favoriser une consommation responsable.CHRISTIAN RIOUX à Lausanne \\ A la fin des années 1950, Electricité de France (EDF) avait mis au point un système de commande à distance qui permettait de lancer les chauffe-eau électriques de plusieurs millions de clients dînant la nuit et de les débrancher durant les heures de pointe.Lors de I\u2019installation d\u2019un nouvel appareil, EDF offrait alors à ses clients une réduction sur leur facture s\u2019ils acceptaient que l\u2019entreprise fasse plutôt fonctionner leur chauffe-eau la nuit.Un demi-siècle plus tard, ces contrats sont toujours en vigueur et permettent à EDF d\u2019économiser 26 térawatts-heure sur une consommation de 500.Aujourd\u2019hui, le même système sert, par exemple, à lancer les chauffe-eau au moment où il y a une pointe de production d\u2019électricité éolienne.«Nous ne le savions pas, mais nous venions d\u2019inventer le premier réseau \u201cintelligent\u201d», dit Yves Bamberger, conseiller scientifique auprès de la présidence d\u2019EDF.Aujourd\u2019hui, la conception de tels réseaux \u2014 aussi appelés «smartgrids» dans le jargon des ingénieurs \u2014 est devenue un des secteurs de la recherche les plus ep pointe chez tous les producteurs d\u2019électricité.A l\u2019heure où chaque kWh économisé vaut de l\u2019or, la création de réseaux capables d\u2019équilibrer la consommation d\u2019énergie et sa production est devenue cruciale.«La conception de tels réseaux est rendue possible à cause de l\u2019avalanche d\u2019informations maintenant disponibles par l\u2019ajout de milliards de capteurs, comme nos compteurs intelligents, explique Gilles Savard, directeur de la recherche à l\u2019école Polytechnique de Montréal.L\u2019idée du smart grid, c\u2019est d\u2019en arriver à une utilisation intelligente de ces données en vue d\u2019une optimisation de l\u2019équilibre entre l\u2019offre et la demande.Bref, de faire en sorte que le réseau soit le plus efficace possible et essuie le moins de pertes possible.» Faire plus avec moins Pendant des décennies, le seul défi de la production électrique a consisté à produire toujours plus au meilleur prix possible.Le gaspillage d\u2019électricité pendant les périodes creuses était alors un problème secondaire.Mais, avec les défis environnementaux, il n\u2019en va plus ainsi.«On estime que la demande d\u2019électricité, et d\u2019énergie en général, va doubler dans les prochaines années, dit M.Savard.Mais, en même temps, il nous faudra réduire de moitié les émis- ôf 0^\t^ ^ ^jeRDF ELECÏÏtICITf BÉSEAU OlîîftlBUTlON FRANCE AtrMiis LandiSi Qyr ¦Vosi^ Origin '^»iAEMtC0 +_ *\u2019'eRo IftIMOG 1 Compteur AMI# CPL Actaris Compteur AMM CPI Undis^y Coflcentfateur Unijys+Gyf ERIC PIERMONT AGENCE ERANCE-PRESSE ERDF, une filiale d\u2019EDF, mise sur l\u2019implantation de compteurs intelligents pour améliorer la concurrence sur le marché de l\u2019électricité et réduire les coûts.sions de gaz à effet de serre.Augmenter, c\u2019est facile, c\u2019est ce qu\u2019on faisait jusqu\u2019à maintenant.Mais, pour économiser l\u2019énergie, il faut bien connaître ses réseaux.L\u2019intégration de l\u2019informatique permettra de faire les mesures nécessaires afin d\u2019optimiser les systèmes.» Les nombreuses applications qu\u2019offrent les nouveaux instruments de mesure branchés en réseau commencent à peine à être explorées.Un chercheur comme Stéphane Alarie de l\u2019Institut de recherche d\u2019Hydro-Québec 0REQ) travaille par exemple sur la création d\u2019un modèle informatique permettant de simuler la production d\u2019électricité éolienne à partir des informations disponibles sur le réseau, ce qui permettra de coupler ces informations avec celles sur la demande.Un chercheur comme Jean-François Boudreau, lui aussi à l\u2019IREQ, met au point un modèle permettant, à partir des nombreuses informations recueillies sur leur utilisation, de calculer la durée de vie des équipements électriques.La jeune Française Luce Brotcorne, chargée de recherche au centre INRIA de Lille, s\u2019inspire quant à elle des systèmes de contrôle de la demande développés par les compagnies d\u2019aviation qui permettent d\u2019adap- ter leurs prix en fonction de la demande.Il s\u2019agirait d\u2019adapter ces systèmes aux fluctuations complexes de la demande en énergie afin de mieux la contrôler.En ajustant leurs tarifs en fonction des heures de pointe ou des heures creuses, les producteurs d\u2019électricité pourraient ainsi influencer la demande et parvenir à un meilleur équilibre.Une mégachaire Mais, avec la possibilité de recueillir de plus en plus de données, ne risque-t-on pas d\u2019être noyés sous une masse d\u2019informations pas toujours utiles ?Pour Régis Hourdouillie, directeur de Smart Grid Monde chez Ericsson, «l\u2019idée, ce n\u2019est pas de mettre des milliers de capteurs partout dans le réseau.C\u2019est de recueillir les données qui comptent et de savoir où l\u2019on va mettre le cerveau qui va digérer tout ça».C\u2019est pourquoi la collaboration avec l\u2019industrie est si importante, explique Gilles Savard.«Les compteurs intelligents d\u2019Hydro-Québec produisent déjà une quantité énorme d\u2019informations qu\u2019on ne peut pas stocker, dit-il.B faut donc savoir filtrer ces informations et être \u201cintelligent\u201d à la source.Et cela, c\u2019est avec l\u2019entreprise qu\u2019on va apprendre à le faire.» L\u2019école Polytechnique de l\u2019Université de Montréal vient d\u2019ailleurs de créer une «mégachaire» de recherche afin de développer les outils méthodologiques et les algorithmes nécessaires pour exploiter ces nouveaux systèmes.La nouvelle chaire s\u2019intéressera aux réseaux «intelligents» {smart grids), mais aussi aux réseaux de transpor fi à la cy-bersécurité et à la télémédecine.Elle pourra s\u2019appuyer sur un réseau de plusieurs centaines de chercheurs et des groupes interuniversitaires comme le Groupe d\u2019études et de recherche en analyse des décisions (GERAD), le Centre interuniversitaire de recherche sur les réseaux d\u2019entreprise, la logistique et le transport (CIRELT).Même si les défis concernant l\u2019économie d\u2019énergie sont moins grands au Québec qu\u2019en Europe, en matière de smart grids, le Québec tire bien son épingle du jeu, dit Gilles Savard.«B est vrai que, chez nous, la pression est moins forte qu\u2019ailleurs, car notre électricité est \u201cpropre\u201d pour l\u2019essentiel, dit-il.Mais on doit se demander comment mieux équilibrer l\u2019offre et la demande afin de mieux satisfaire les besoins des Québécois.Mais aussi de dégager des marges pour vendre de l\u2019électricité sur les marchés internationaux.» Le Devoir ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE Le milieu communautaire se fait propriétaire « L\u2019objectif, c\u2019est de durablement soustraire ces locaux à la spéculation immobilière » Les entreprises d\u2019économie sociale peuvent revitaliser un quartier, voire en maintenir la vitalité, à condition que le prix des loyers leur permette d\u2019avoir pignon sur rue.Des deux côtés de l\u2019Atlantique, l\u2019acquisition et la mutualisation des locaux se posent comme solutions pour leur permettre de s\u2019implanter et d\u2019échapper à la spéculation immobilière.ETIENNE PLAMONDON ÉMOND à Saint-Etienne De nombreuses vitrines ne donnent rien à voir, demeurent vides et se dégradent dans Crêt de Roch, un quartier à un jet dç pierre du centre-ville de Saint-Etienne.Une situation qui remonte à une dizaine d\u2019années, après la disparition des commerces de proximité.Pour revitaliser le tissu urbain, l\u2019économie sociale est apparue comme une clé.Mais les entreprises ou associations de ce secteur avaient un budget restreint pour s\u2019y installer.Pour pallier ce problème, l\u2019association Rues du développement durable a d\u2019abord ouvert un bureau mutualisé, appelé Pied des marches, pour accueillir six associations et deux entreprises.L\u2019opération s\u2019est avérée un tel succès que l\u2019idée a germé d\u2019ouvrir d\u2019autres lieux similaires dans les alentours pour revigorer cet espace urbain.Crêt de Liens Une société d\u2019investissement solidaire, Crêt de Liens, a été créée.Le principe : « On se regroupe pour constituer un capital, on achète des rez-de-chaussée et on les met à la disposition des acteurs de l\u2019ESS qui partagent un même état d\u2019esprit et qui ont envie de collaborer entre eux», a expliqué Carole Timstit, présidente de Crêt de Liens, g la Cité du design de Saint-Etienne, lors du colloque L\u2019économie sociale, accélérateur du développement des territoires, tenu le 21 novembre dans le cadre des 25®® Entretiens Jacques Cartier.«Le nœud de l\u2019affaire, c\u2019est le foncier et la maîtrise des locaux, notamment des locaux vacants», a-t-elle ajouté.Pour le premier projet d\u2019acquisition par Crêt de Liens, une cinquantaine d\u2019associés, dont des résidants qui désirent participer à la revitalisation de leur quartier, ont acheté des parts sociales valides pour 5 ans.Ensuite, les investisseurs se prononcent à voix égales lors des assemblées générales, peu importe le montant qu\u2019ils ont accordé.«C\u2019est aussi un outil qu\u2019on veut au service des habitants», a précisé M\u201c® Timstit, devant un auditoire emballé par son expérience.Il y a environ un an, Crêt de Liens a acheté sa première vitrine : un rez-de-chaussée situé à 50 mètres de Pied des marches.Aujourd\u2019hui, cinq structures y cohabitent, car l\u2019une des exigences imposées aux locataires consiste à partager et mutualiser les locaux.Une façon de faire qui permet de baisser les coûts pour toutes les entreprises et associations présentes.CYBER PHpHE -rUVîÇf S CRET DE LIENS De nombreuses vitrines demeurent vides et se dégradent dans ie quartier Crêt de Roch, à Saint-Etienne.Si cette initiative de mutualisation, est venue de la base à Saint-Etienne, à Grenoble, elle est venue d\u2019en haut à des fins de «rénovation urbaine», de stimulation du commerce de proximité et de mixité des activités.La Communauté d\u2019agglomération Grenoble-Alpes métropole a créé un hôtel d\u2019activité à un endroit accessible dans la ville périphérique de Fontaine, où les logements vétustes demeuraient hors de prix.«On a créé des conditions d\u2019accueil à des tarifs, en termes de loyer, très concurrentiels qui permettent sur un territoire donné de fédérer, mutualiser et mettre en lien les gens», a souligné Morad Bachir-Cherif, conseiller municipal de Grenoble.L\u2019objectif : changer la perception du quartier, souvent décrit comme un «dortoir».Le projet ARTisanat et innovation sociale, avec un espace de 3700 mètres carrés, a permis d\u2019implanter 20 entreprises d\u2019ÊSS ou d\u2019activités économiques de petites dimensions, générant ensemble près de 130 emplois.En plus de partager divers services, les locataires se concertent et organisent des événements.Grenoble-Alpes métropole prévoit répéter l\u2019expérience dans deux autres quartiers problématiques.Contrer l\u2019exil Crêt de Liens, à Saint-Etienne, mobilise actuellement de l\u2019investissement solidaire pour acquérir un nouveau rez-de-chaussée abandonné pour un projet de café associatif.Si au début l\u2019association foncière faisait des acquisitions, M\u201c® Timstit entrevoit la possibilité de louer à long terme des rez-de-chaussée, pour ensuite les sous-louer.«L\u2019objectif c\u2019est de durablement soustraire ces locaux à la spéculation immobilière», a-t-elle précisé.Ainsi, il ne s\u2019agit pas seulement d\u2019aider les entreprises d\u2019ESS à s\u2019installer, mais aussi à subsister et rester.Une démarche qui n\u2019est pas sans rappeler celle de l\u2019QSBL Ateliers créatifs, à Montréal, dans son acquisition ou sa location à long terme de grandes surfaces afin de maintenir les loyers abordables et d\u2019ainsi pérenniser les ateliers d\u2019artistes.Cette expérience a d\u2019ailleurs particulièrement piqué la curiosité des participants français au colloque.En conservant et structurant l\u2019utilisation du bâtiment à des fins culturelles, il y a une «émulation » dans les échanges entre locataires, a expliqué Gilles Renaud, directeur général d\u2019Ateliers créatifs.Dans le projet CouturQ scope, accueillant près de 25 designers, «il y a beaucoup de mutualisation», a-t-il raconté.«Bs ont à leur disposition des tables de coupe, des machines spécialisées, un logiciel pour faire des patrons, etc.Ce sont des designers émergents qui, seuls, n\u2019auraient pas les moyens d\u2019avoir accès à ces équipements.» Gilles Renaud a insisté pour dire à l\u2019auditoire «qu\u2019au lieu d\u2019être en mode réaction, il faut être en mode prévention ».L\u2019QSBL tente d\u2019endiguer l\u2019exil des artistes, qui donnent déjà à un quartier son dynamisme et sa personnalité, en plus d\u2019attirer cafés, commerces et activités dans les alentours.Imrsque les promoteurs flairent l\u2019attraction du lieu, ils en achètent souvent les édifices pour les aménager en condos ou en bureaux, soudainement hors de prix pour les créateurs.«Einalement, les artistes sont victimes du développement et de la qualité de vie qu\u2019ils ont créés dans le milieu», a décrit M.Renaud.L\u2019exemple montréalais Afin de mettre la main, avant qu\u2019il ne soit trop tard, sur ces vastes locaux.Ateliers créatifs a créé une approche très structurée dans la réalisation de ses montages financiers et dans ses demandes auprès de différents bailleurs de fonds.De plus, l\u2019QSBL essaie d\u2019agir à l\u2019aide d\u2019un plan de développement pour prévoir un budget, aller chercher du financement et influencer la réglementation.Mme Timstit a reconnu que l\u2019exemple montréalais avait contribué à approfondir une réflexion qu\u2019elle avait déjà entamée sur les ambitions de Crêt de Liens.«Est-ce que l\u2019on continue à bricoler dans notre coin, ou est-ce qu\u2019on voit plus loin et plus grand en s\u2019associant à d\u2019autres partenaires institutionnels ?Du coup, il y a le risque que la réouverture à grande échelle de vitrines vienne aussi faire monter les prix locatijs, ce qui est l\u2019inverse de notre objectif de départ», s\u2019est-elle interrogée.Mme Timstit a d\u2019ailleurs par la suite souligné au Devoir, par courriel, qu\u2019elle allait bientôt soumettre ce débat aux associés de Crêt de Liens.Collaborateur Le Devoir "]
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