Revue dominicaine, 1 décembre 1915, Décembre
[" P ; XXIe Année Ce Rosaire DECEMBRE 1915 t-'V\" \\)\\xe Dowvvw.\u2019v.cavxve Publiée mensuellement SOMMAIRE : FRERE THOMAS, T.O.S.D.EDOUARD CARTIER : R.P.COUET, O.P.: R.P.BROSSEAU, O.P., FRA DOMENICO : :\u2014Monachisme et Vérité \u2014Les études classiques et LA CONQUÊTE DU SOL \u2014 Henri Gaston de Monti- gny \u2014Une convertie \u2014 Miss Agnès MacLaren (fin) \u2014Variétés \u2014 Le Général Cadorna \u2014 La paix désirée par le Vatican \u2014Dans l'Eglise et dans l\u2019Ordre \u2014Table des matières \u2014 Année 1915 ABONNEMENTS : CANADA : $1.00\t| ETATS-UNIS : $1.25 Le numéro : 10 sous REDACTION ET ADMINISTRATION \u201cLE ROSAIRE\u201d SAINT-HYACINTHE CANADA MCMIV Avantages spirituels offerts aux Bienfaiteurs de l\u2019Œuvre du Noviciat 1.\t\u2014 Participation aux messes, prières, bonnes œuvres et mérites de l\u2019Ordre entier de S.Dominique : \u2014 près de 5000 MESSES, chaque jour : office solennel du jour et de la nuit ; prières et travaux de ses missionnaires, de ses religieux et religieuses : mérites de ses Saints et Bienheureux, de ses Martyrs, (40,000), etc.2.\t\u2014 Après la mort, participation aux suffrages de l\u2019Ordre : plus de 90,000 MESSES basses, tous les ans ; 4 services anniversaires, dans tous ses couvents ; une meïose chantée et l\u2019office des morts psalmodié en commun toutes les semaines, etc.3.\t\u2014 Une messe votive du S.Rosaire tous les samedis, au Couvent de St Plyacinthe, en faveur des membres vivants et défunts de I\u2019Oeuvre.4.\t\u2014 Une messe à la mort de chaque membre, ayant plus de trois mois d\u2019admission.Admission.\u2014 Vivants et défunts peuvent jouir de ces avantages à la seule condition de faire une aumône de 25 CENTINS par année, pour chaque personne.L\u2019affiliation dure douze mois et peut commencer en tout temps de l\u2019année.\u2014 On peut aussi s\u2019affilier à cette Oeuvre pour toute sa vie et après sa mort en versant, en une seule fois ou dans l\u2019espace d\u2019un an $15.00 pour un membre vivant, et $10.00 pour un membre défunt.\u2014 Conditions spéciales pour plusieurs membres de la même famille.N.-B.\u2014 Une prime-souvenir sera expédiée à toute personne qui aura recueilli quatre souscriptions ($1.00).Adresser :\tR.P.Albert Benoit, O.P.S.Hyacinthe, P.Q.Canada. ANNONCES DU ROSAIRE 9 Q i ttyiym iVlviv 1 jj ,\tTELLE EST LA DEVISE DE L\u2019Ecole Commerciale Pratique Lalime de St-Hyaeinthe, et cela indique bien ce qu\u2019on y apprend : le pourquoi et le comment des choses ; y a-t-il un meilleur moyen de former le jugement de la jeunesse ?Le but de l\u2019Ecole Commerciale Pratique Lalime est de former des Commerçants, des Hommes d\u2019affaires, des Employés d\u2019élite, en un mot, des jeunes gens capables, au sortir de l'école, de tenir avec distinction une situation enviable et de gagner largement leur vie.Ces Cours s\u2019adressent aux jeunes gens des deux sexes que les circonstances ont empêché de faire de longues études et qui veulent compléter pratiquement le bagage de leurs connaissances, soit pour améliorer leur position, soit pour-se mettre en affaires.Les principales matières qu\u2019on y enseigne sont : l\u2019arithmétique, la comptabilité, la calligraphie, la clavigraphie, la sténographie française, la sténographie anglaise, la langue et la correspondance française, la langue et la correspondance anglaises, la télégraphie appliquée, etc.Conditions d\u2019Admission : Les élèves sont admis à tout âge, sans distinction de sexe ou de nationali\u2019é.COURS COMPLETS ï 10 MOIS.PAR MOIS.$95.00 $10.00 Les livres sont fournis gratuitement.Instruction supérieure pratique d\u2019après une méthode nouvelle.Rappelez-vous que six mois passés chez le professeur Lalime valent deux ou trois ans de collège ; par conséquent économie de temps et d\u2019argent.Pour tous renseignements écrire ou s\u2019adresser a l CMERGimt PRATIQUE LALIME LIMITEE.ST-HYAC1N7HE, -\t- QUEBEC.O; ILVilO NUMÉRIQUE Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 Bibliothèque et Archives nationales Québec ES ES ES ES ANNONCES Dü ROSAIRE Ed.Duckett, ASSURANCES Pour les Cies North British «te Mercantile, London, Liverpool «te Globe, Atlas, Northern, Commercial Union, etc.161 Girouard,\tST-HYACINTHE TÉLÉPHONE BELL 31.Phone 5146 J.MOYNEUR, LIMITEE Marchands a commissions Etablie en 1885 Horloger, Bijoutier et Opticien BEURRE, FROMAGE, ŒUFS, LARD ET PRODUITS, Eto., Etc 12 et 14 Rue-York, OTTAW A, Ont.Réparation de Vases Sacrés \u201e\t2306 Phone: Rideau 2307 51 nie Principale, \u2022 HULL, P.Q.A.RLONDIN & CIE, Plombiers-Sanitaires Fournaises à l\u2019Eau Chaude et à la Vapeur Gaz, Bains, Water-Closets, etc., etc.SPÉCIALITÉS : Eglises, Presbytères et Communautés Religieuses JENKINS ANNONCES DU ROSAIRE La Banque Canadienne de Commerce CAPITAL - $15,000,000.RÉSERVE - 13,500,000.EXPOSITION INTERNATIONALE PANAMA PACIFIC Cette Banque ayant un bureau à San Francisco, offre des avantages exceptionnels pour les voyageurs se dirigeant de ce côté.Aussi bureaux à Portland, O., Seattle, Vancouver, Victoria et autres points sur la côte du Pacifique.Traites, Mandats, Lettres de crédit, payables à tous ces endroits.ATTENTION PARTICULIÈRE DONNÉE AUX AFFAIRES DES CULTIVATEURS J.LAFRAMBOISE, GERANT A ST-HYACINTHE J.EL LIVEBNTOIS IjTEE7 IMPORTATEUR EN GROS PRODUITS CHIMIQUES\tREMEDES BREVETES, PARFUMS, Etc., Eté.Rue St-Jeait, QUÉBEC, Canada E3XjA-2SJ'C3-JB3Ki MARCHAND DE- Cuir, - Valises et Harnais Chaussures, Ainsi qu\u2019un assortiment au complet dans les CLAQUES \u2014 ET \u2014 PARDESSUS NOUS FAISONS TOUJOURS DES REPARATIONS DE CHAUSSURES 135 RUE CASCADES, ST-HYACINTHE, P.Q.La Banque Nationale (Fondée en i860) Bureau-Chef : QUEBÊC.Capital - - -\t- $2,000,000 Réserve et Profits indivis.-\t$1.848,006.47 L\u2019intérêt qui compte du jour du dépôt est payé sur la balance quotidienne.NOTRE BUREAU DE PARIS 14, RUE AUBER Offre des avantages exceptionnels au commerce et au Public Voyageur.Succursales à St-Hyacinthe et à Ottawa. ANNONCES DU ROSAIRE J.A.SIMARD & CIE Importateurs rnTTBi du Japon, du Ceylon, I fi A Tpin Mocha, Java, Ma-directs de\u2014 X üiil des Indes et de Chine | viir J-J racaibo, Etc., Etc.Bureeu à\tAgence et Entrepôt ;\tManufacture : New-York.21 Houghton St.,\tRouse\u2019s Point, Worcester, Mass\tN.-Y.Propriétaires du Dominion Coffee & Spice Mill Co., Rôtisseurs et Jobbers, Montréal.- Téléphone Bell, Main 103 305-307 Rue St-Paul, Montréal, Qué.L.P.MORIN & FILS ENTREPRENEURS MENUISIERS MANUFACTURIERS DE PORTES, CHASSIS, JALOUSIES, MOULURES, DECOUPAGES, ETC., ETC.- SPÉCIALITÉ : - Bancs d\u2019Eglises, de Sacristies et d\u2019Ecoles Tout ouvrage fait promptement.Satisfaction garantie.Coin des rues St-Joseph et St Antoine, - - St-Hyacinthe, P.Q.J.I).DUS ROSI ERS\t.\tARMAND SEGUIN Desrosiers & Seguin MARCHANDS DE Chaussures, Claques, Valises, Etc.14» Htir CiSCAP»\tST HYACINTHE, QUE.Téléphone Bell 401 Desmarais & Robitaille, limitée SUCCESSEURS DE DESMARAIS & FILS ET L.A.ROBITAILLE Importateurs et Fabricants d\u2019Ornements d\u2019Eglise Statues, et articles religieux, vins de Messe, \u2014\t«r Huile 8 jours \u201c Nice \u201d 19-21 Notre-Dame Ouest, - - MONTRÉAL.VIII MONACHISME ET VERITE devise \u201cVeritas,\u201d que le Père des Prêcheurs proposa naguère à ses disciples et qui surmonte aujourd\u2019hui les armes de son Ordre, n\u2019est pas-destinée simplement à enrichir et expliquer un1 blason familial.Elle est d\u2019une portée plus vaste et semble tracer à la plupart des institutions monastiques un idéal qu\u2019elles sont en mesure d\u2019atteindre plus aisément que l\u2019individu, si complet qu\u2019on le suppose, ou qu\u2019un groupement profane, si bien organisé qu\u2019il soit pour \u201cle ministère de la pensée.\u201d (Lacor-daire) Tout esprit est fait originairement pour la vérité.N\u2019est* elle pas l\u2019aliment des âmes en chaque condition de vie, dans un chantier de travailleurs comme dans une communauté d\u2019ascètes ?Quant aux dispositions natives pour atteindre au vrai, elles peuvent également se rencontrer dans les milieux les plus frustes comme sur les points les plus spirituels du globe, ainsi que le disait sans doute M.Maurice Barrés.Ce n\u2019est donc pas sous cet angle qu\u2019il faut regarder les choses, pour découvrir l\u2019harmonie intime entre la vérité et la condition de moine.Il faut envisager plutôt les obstacles que rencontre ici-bas l\u2019esprit humain dans la poursuite, l\u2019exposL tion et la défense du vrai.Etant donnée la nature de tels obstacles, je voudrais montrer dans ces pages que l\u2019Eglise catholique ne fut jamais mieux inspirée qu\u2019en confiant de préférence aux Ordres monastiques la mission de chercher, de prêcher et de défendre la vérité.I Le moine chercheur de la vérité \u2022 La recherche de la vérité ou l\u2019acquisition de la science, soit dans l\u2019ordre naturel, soit dans l\u2019ordre révélé, est un tra- h Revue Dominicaine, Décembre 1915. 354 REVUE DOMINICAINE yail complexe auquel concourent toutes nos facultés cognosci-jbiyes : nos sens, qui saisissent les phénomènes sensibles du .monde extérieur, et notre intelligence, qui pénètre jusqu\u2019à la .nature intime des êtres.Pour que ce travail s\u2019accomplisse dans des conditions normales et qu\u2019il soit efficace, les facultés doivent être maintenues dans leur subordination hiérarchique, laquelle produit un équilibre parfait.Cela veut dire, en particulier, que l\u2019in-, telligence se servira des sens pour se mettre en communication avec le monde visible dont la nature, l\u2019activité et les lois forment l\u2019objet proprement intelligible ; mais elle devra rester intrinsèquement indépendante de ces facultés servantes, les dominer et les gouverner à sa guise ; c\u2019est donc, en un .mot, affirmer l\u2019immatérialité nécessaire de l\u2019intelligence pour acquérir la connaissance du vrai.La vieille philosophie péripatéticienne, rajeunie par la scolastique du moyen-âge, avait buriné le principe dans cette formule : Intellectus intelli-gendo jit omnia, \u201cl\u2019intelligence, en comprenant, devient toutes choses.\u201d Mais, pour cela, il faut que les choses soient /dépouillées de leurs conditions matérielles ou principes individuals.Ce travail est opéré par la faculté elle même appelée, dans ce cas, \u201c intellect agent.\u201d Ce que nous affirmons de l\u2019indépendance de l\u2019intelligence tvis-à-vis des sens, nous devons l\u2019affirmer également, pour une raison analogue, de sa liberté à l\u2019égard de la volonté sensible et des mouvements passionnels qui la portent vers les biens d\u2019ordre matériel.Le défaut de subordination, l\u2019absence de contrôle et de domination provoquent la rupture de l\u2019équilibre, enchaînent l\u2019essor de la raison vers les sphères de la vérité.On dit alors dans le langage ordinaire : Voilà un esprit obscurci par les sens, écrasé sous le joug des passions.Ceci étant posé, je puis déjà conclure à l\u2019accord parfait de la raison avec la foi : en ce sens que l\u2019idéal suprême de l'homme qui cherche la vérité et travaille à l\u2019acquisition de la science, c\u2019est \u201c l\u2019homme nouveau créé par Dieu dans la justice et la sainteté de la vérité.\u201d (S.Paul) Or, l\u2019état psychologique de cet homme nouveau a été décrit par saint Augustin, et saint Thomas a fait sienne cette description : \u201c L\u2019homme primitif créé par Dieu et que nous devons reproduire est eelui en qui règne la triple subordination du corps à lame, des facultés inférieures aux facultés supérieures, de la raison et de la volonté à Dieu, Vérité et Bien par essence.\u201d MONACHISME ET VÉRITÉ 35ff On comprend maintenant pourquoi j\u2019affirmais, au débuts de ce travail, que le moine se trouve, de par sa vocation, admirablement situé pour chercher la vérité et acquérir 1& science.On a maintenant l\u2019explication de ce fait d\u2019histoire incontesté que les monastères furent, à toutes les époques, comme de vastes usines pour les ouvriers de la pensée, ou des sanctuaires privilégiés pour les adorateurs du \u201c Dieu des sciences.\u201d L\u2019ascèse chrétienne et religieuse, la discipline monastique n\u2019est pas un but ; c\u2019est un moyen offert à des hommes d\u2019élite pour réaliser plus pleinement l\u2019idéal de \u201cl\u2019homme nouveau créé dans la justice et la sainteté de la vérité \u201d, pour reconquérir plus efficacement l\u2019équilibre primitif, en provoquant l\u2019effusion de la grâce surnaturelle et des dons connexes, Pourquoi, en effet, ces jeûnes et ces abstinences presque continuels, si ce n\u2019est pour asservir le corps à l\u2019âme ?Pourquoi cette solitude et cet éloignement du monde, si ce n\u2019est pour modérer l\u2019intensité de la vie des sens ?Pourquoi ces vœux de pauvreté et de chasteté, si ce n\u2019est pour garantir à la raison et à la volonté libre l\u2019empire sur le monde des passious ?' Pourquoi ce vœu d\u2019obéissance, si ce n\u2019est pour empêcher les-écarts de cette raison et de cette volonté elles-mêmes en dehors des limites tracées par Dieu ?De plus, et dans une pensée éminemment théologique, les fondateurs des Ordres chercheurs de vérité \u201d ont voulu que la grâce, qui maintient ce parfait équilibre, descendît régulièrement et sans intermittence dans l\u2019âme de leurs religieux, en prescrivant l\u2019office choral, la prière solennelle et authentique de l\u2019Eglise.Par la force d\u2019impétration de cette prière commune, la lumière de la foi, se superposant à celle de la raison et progressant de jour en jour, offre une garantie de succès dans la poursuite de la vérité intégrale et uni - i.\tC verselle.Quel contraste, alors, au seul point de vue qui nous occupe, entre le moine soutenu par la prière et gardé par sa règle et l\u2019individu laissé à lui même ; entre un groupement monastique, illuminé et fortifié par la grâce, et un groupement profane livré le plus souvent aux seules forces de la raison ! II Le moine prédicateur de la vérité En faisant de la société l\u2019état naturel et normal de l\u2019homme, Dieu lui procurait, à part l\u2019étude personnelle, un 356 BEVUE DOMINICAINE nouveau moyen de parvenir au vrai, je veux dire l\u2019enseignement ou la prédication.Ce moyen, de nécessité relative quand il s\u2019agit des vérités d\u2019ordre naturel, est de nécessité absolue quand il s\u2019agit des vérités d\u2019ordre révélé: Jldes ex auditu.Dieu le veut ainsi.\u201c Il a plu à Dieu \u201d, nous dit saint Paul, \u201c de sauver les croyants par la folie de la prédication.\u201d Jésus Christ a désigné d'une façon particulière ces maîtres et prédicateurs de la vérité révélée : il les a appelés des témoins.\u201c Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judéé et la Samarie, et jusqu\u2019à l\u2019extrémité de la terre.\u201d ,(Actes des Apôtres) C\u2019est pourquoi l\u2019évangéliste saint Jean, voulant décrire le ministère de la prédication exercé par le Précurseur, nous dit : \u201c Celui-ci est venu en témoignage, pour témoigner en faveur de la lumière et procurer à tous le moyen de croire.\u201d Or, ce qui fait la valeur du témoignage, c\u2019est l\u2019autorité du témoin ; et cette autorité, à son tour, est constituée par deux éléments : la science et la véracité, c\u2019est-à-dire qu\u2019il faut que ce témoin, dont l\u2019autorité va devenir un point d\u2019appui pour la foi du disciple et de l\u2019auditeur, possède d\u2019abord le vrai et veuille le livrer ensuite dans sa pureté et son intégrité.Saint Thomas explique fort bien le processus suivi par le maître qui instruit son élève.Il lui propose d\u2019abord les principes premiers, qui sont d\u2019une évidence immédiate, lui fait accepter d\u2019autorité les principes seconds, et, le prenant par la main, le fait descendre jusqu\u2019aux dernières conclusions.Le disciple, plus tard, remontera des conclusions aux principes par un travail personnel, afin de saisir l\u2019enchaînement qui les unit.C\u2019est pareillement sur l\u2019autorité personnelle de Jésus-Christ que s\u2019appuie le croyant pour admettre le principe de la science révélée.Mais cette autorité lui parvient par le canal de la prédication et de l\u2019enseignement.Il faut donc que le prédicateur et le docteur participent de quelque manière à la science et à la véracité de Jésus-Christ.A quelques-uns, comme garantie de leur science, il a accordé, avec le don des miracles, le contact immédiat et prolongé avec son auguste personne.A d\u2019autres, il accordera plus tard des années de formation doctrinale, dans les conditions plus haut décrites.A tous, il accorde, comme garantie de leur véracité, la sainteté de vie et l\u2019éclat de la vertu, vertu et sainteté qui doivent se résumer dans le détachement.Le Sauveur a loué le détachement de saint Jean-Baptiste, le Pro- MONACHISME ET VÉRITÉ 357 phète qui nous fit passer de la Loi ancienne à la Loi nouvelle.Il a imposé la même loi du détachement à ses Apôtres, continuateurs de sa prédication à travers le temps et l\u2019espace ; et saint Paul atteste que ce genre de conduite a fait le succès de sa parole : Je n\u2019ai sollicité de personne ni or, ni argent, ni vêtements, comme vous le savez, mais ces mains que vous voyez mont procuré le nécessaire à moi et à mes compagnons.Où trouver maintenant une copie plus exacte de ce type de prédicateur que chez le moine voué à l\u2019apostolat ?Qui reproduit plus fidèlement la vie du divin Maître, de son Précurseur et de ses Apôtres, que ce religieux obligé par état au désintéressement sous toutes ses formes ?Je ne puis résister à la tentation de citer le beau commentaire de saint Bernard sur un texte de saint Paul, marquant la différence entre l\u2019homme qui fait de la science acquise et communiquée un moyen de satisfaction égoïste, et celui qui l\u2019emploie pour édifier dans la charité.\u201c La science enfle \u201d, avait dit saint Paul, \u201c tandis que la charité édifie.\u201d Et l\u2019Abbé de Clairvaux continue : L\u2019Apôtre ne loue pas celui qui sait beaucoup, s\u2019il ignore en même temps la façon de savoir,-c\u2019est-à-dire, dans quel ordre, avec quel zèle et pour quelle fin il faut savoir.L\u2019ordre exige qu\u2019on attache une plus grande importance aux vérités les plus utiles au salut.Le zèle doit nous porter de préférence vers les études qui excitent davantage à l\u2019amour divin.Et la fin qu\u2019on se propose doit être sa propre édification et l\u2019édification du prochain, et non pas la curiosité, la vaine gloire et autres choses semblables.Il s\u2019en trouve, en effet, qui veulent savoir pour savoir, et c\u2019est basse curiosité ; d\u2019autres qui veulent savoir pour attirer l\u2019attention, et c\u2019est honteuse vanité ; d\u2019autres, enfin, qui veulent savoir pour tirer profit de leur science, et c\u2019est sordide avarice.Il en est d\u2019autres heureusement, qui, mus par la prudence et la divine charité, ne cherchent dans le savoir qu\u2019un moyen efficace de se sanctifier eux-mêmes et d\u2019édifier autrui.\u201d Je me trompe étrangement, si la dernière partie de cette description ne convient pas de tous points aux moines prédicateurs dont saint Bernard lui mêmG est un des plus parfaits modèles, et qui évangélisèrent avec tant d\u2019éclat les cinq continents.Je salue avec émotion ces hommes de science et de vertu qui ont donné à leur parole écrite ou parlée, quand ce n\u2019était pas le témoignage du sang, l\u2019appoint 358 REVUE DOMINICAINE d\u2019une vie marquée par l\u2019étude, la piété, la pénitence et le sacrifice de tous les intérêts temporels.Je salue en eux lea vrais docteurs de la vérité ! III Le moine défenseur de la vérité La vérité est faite pour l\u2019intelligence qui en a faim et soif.Il y a entre elles une affinité, une sympathie se manifestant par des phénomènes qui sont la preuve irrécusable de ce besoin de conformité entre l\u2019esprit de l\u2019homme et la nature des choses : adequatio rei et intellectûs.Cette vérité, nous la demandons aux maîtres chargés de l\u2019enseigner, aux livres, aux revues et même au modeste journal quotidien ; nous la demandons à la conversation ordinaire, aux échanges les plus familiers ; et rien ne nous indigne comme d\u2019en être frustrés par celui qui, par exemple, nous induit en erreur ou nous fait l\u2019injure d\u2019un mensonge.Et pourtant, cette vérité, si bien faite pour répondre à nos aspirations les plus hautes,destinée à nqus rendre plus hommes, en supprimant de plus en plus les distances qui nous séparent de Dieu, cette vérité dont la possession est intimement liée au problème de notre bonheur, cette vérité, dis je, a de tout temps rencontré des adversaires, de véritables ennemis qui la rejettent pour leur compte personnel et la combattent chez les autres.Cette inexplicable attitude se traduit dans l\u2019ordre de la vérité naturelle et dans le domaine de la- vérité révélée.Le scepticisme est cette maladie de l\u2019intelligence qui ne veut ni de la première ni de la seconde nourriture.La libre-pensée, incarnée dans le rationalisme et le protestantisme, caractérise l\u2019esprit opposé au surnaturel.L'histoire de la pensée humaine et de la pensée religieuse, en particulier, nous montre les ravages exercés dans le monde par cette double négation de la possibilité d\u2019arriver au vrai avec certitude, et de la nécessité d\u2019une règle extrinsèque de nos pensées, de nos jugements et de nos raisonnements en matière de religion et de morale.Toutes les hérésies qui voulurent restreindre ou adultérer les dogmes, tous les schismes qui voulurent secouer le joug d\u2019une autorité religieuse et morale, ne furent rien d\u2019autre, au fond, que les manifestations de l\u2019esprit sceptique et indépendant de la vérité. MONACHISME ET VÉRITÉ 359 La vérité, de par l\u2019ignorance et la malice des hommes et les pièges intéressés de Satan, a donc besoin de défenseurs, elle qui devrait s\u2019imposer par la force même de son évidence et son harmonie intime avec l\u2019un de nos plus pressants besoins.Qu\u2019est-elle en droit d\u2019exiger de la part de ses défenseurs, sinon le contraire du scepticisme et de la libre-pensée naturaliste ?Il lui faut, par conséquent, des défenseurs théoriquement convaincus de la doctrine qu\u2019ils ont mission de protéger, et pratiquement soumis à la règle de foi.Ces soumis et ces convaincus, nous les trouvons surtout dans les monastères.Il faut être, en effet, bien convaincu de la vérité dogmatique et morale, et du christianisme qui l\u2019enseigne, pour embrasser non-seulement les préceptes, mais jusqu\u2019aux conseils de l\u2019évangile.Il faut être convaincu, pour vouer sa vie, ses puissances d\u2019action et ses talents à la recherche de cette vérité, pour s\u2019en faire l\u2019apôtre et, au besoin, le martyr.Et ce que je dis de la conviction qui fait du moine l\u2019antithèse vivante du sceptique contemporain, je l\u2019affirme également de sa soumission à l\u2019enseignement révélé, en opposition à l\u2019orgueil du protestantisme et de la libre pensée naturaliste.Les ordres monastiques nous ont donné constamment ce spectacle admirable de savants qui s\u2019adonnaient à toutes les sciences, usant dans le champ des connaissances naturelles de toutes les libertés conciliables avec la vérité, mais témoignant aussi d\u2019une simplicité d\u2019enfants vis à-vis du magistère infaillible de l\u2019Eglise dans les matières de foi.Je songe en ce moment à celui qui sut si bien réunir dans sa personne la liberté du savant et l\u2019obéissance du chrétien, l\u2019incomparable Docteur angélique, saint Thomas d\u2019Aquin.Ce génie a prouvé à toutes les générations de penseurs qu\u2019entre la raison et la foi, il ne peut y avoir d\u2019opposition, et que toutes les pièces de l\u2019immense synthèse de la vérité s\u2019ajustent parfaitement.Aussi, la doctrine catholique a-t elle trouvé en saint Thomas son plus intrépide défenseur.Bon nombre de ses opuscules et toute la Somme contre les Gentils furent composés dans un but d\u2019apologétique ou de défense religieuse.Mais il se trouve qu\u2019en prenant position contre les erreurs de son temps, il fournissait des armes aux lutteurs de l\u2019avenir, et qu\u2019aujourd\u2019hui encore, ce moine savant, avec cette impartialité et cette largeur de vues qui le distinguent, se lève de sa tombe pour humilier le scepticisme et la libre pensée. 360 REVUE DOMINICAINE Je songe encore à ses frères en religion, à ses fidèles disciples et à tous ceux qui puisèrent dans son arsenal pour défendre la sainte cause.On a souvent reproché à l\u2019Ordre de la Vérité le rôle qu\u2019il a joué dans l\u2019œuvre de l\u2019Inquisition.Je n\u2019ai pas à réentreprendre une réfutation qui a été victorieuse au point de vue de l\u2019histoire comme sous le rapport doctrinal.Je me contenterai de dire que si le dogme et la morale ont eu besoin, à certaines époques, de défenseurs officiels contre des assassins d\u2019âmes, des pervertisseurs d\u2019intelligences et des corrupteurs de mœurs, il appartint à l\u2019Ordre de la Vérité de les fournir à l\u2019Eglise.Et quand on réfléchit avec calme sur la façon dont ils remplirent leur mandat et sur les services rendus à la religion par ces \u201cInquisiteurs exécrés\u201d, on ne peut s\u2019empêcher de leur rendre cet hommage qu\u2019ils ont noblement protégé le droit et la justice sous toutes les formes, et même au prix de leur sang.fr.Thomas, T.O.S.D. LES ETUDES CLASSIQUES ET LA CONQUETE DU SOL HENRI GASTON DE MONTIGNY ASTON de Montigny, qui mourait il y a un an ce mois ci n\u2019est guère connu du grand public.Sa vie n\u2019a pas été mêlée aux événements généraux de notre pays, Il ne laisse pas une œuvre littéraire considérable ni même bien importante.Journaliste à Montréal, légionnaire au Maroc* grand voyageur, poète, érudit, bohème, préoccupé de problèmes d\u2019économie politique et de questions sociales, passionné de la terre canadienne, amoureux de nos grandes forêts du nord, Gaston de Montigny demeure, pour ceux qui l\u2019ont connu, un type humain bien original et un type très représentatif de Canadien-Français.11 possédait plus que personne les caractéristiques de la race.Sa vie signifie quelque chose.La race l\u2019avait produit pour un rôle particulier.Il importe peu qu\u2019il n\u2019ait rempli ce rôle qu\u2019imparfaitement ou même qu\u2019il n\u2019en ait eu qu\u2019une conscience obscure.Il avait les qualités de ce rôle ; il en avait le goût ; il en a laissé entrevoir, en quelques pages de ses œuvres, toute l\u2019importance.Cela m\u2019a paru significatif et suggestif.Je veux que d\u2019autres en voient la signification, en reçoivent la suggestion.Cet article indique une tâche à faire, une profession à suivre.Il aurait pour but d\u2019éveiller des vocations.M.G.Courchesne invitait, il y a quelques mois, dans cette revue même, les finissants de nos collèges \u201c au retour à la terre.\u201d J\u2019ose les inviter \u201c à la conquête de la terre.\u201d C\u2019est une carrière où il n\u2019y a pas encore encombrement : ceux qui ont l\u2019âme fière peuvent y descendre : ils n\u2019y seront pas coudoyés. 362 REVUE DOMINICAINE * * * Nous avons, dans le Québec, un admirable organisme social, et c\u2019est notre système paroissial.Mais notre colonisation n\u2019est pas organisée.La paroisse canadienne-française est une rûclie presque parfaite, mais elle ne sait pas essaimer.Le surplus de la population \u2014 et il y a toujours à chaque génération un surplus \u2014 se disperse au hasard.Quelques individus isolés, \u2014 ceux que la grande ville n\u2019a pas engloutis, \u2014 s\u2019aventurent dans les domaines de colonisation, mais sans direction et sans appui.A ce mal, tout le monde reconnaît qu\u2019il y a le remède du groupement.\u201c Au Canada, dit G.de Montigny dans son livre intitulé \u201c Etoffe du Pays \u201d, le colon devra adopter un système de coopérative, \u2014 coopérative de consommation comme de crédit et de production.Cette triple association sera, tout spécialement pour nos canadiens, le principe d\u2019une union morale plus forte que toutes les fusions d\u2019intérêts matériels, union qui, en soustrayant le défricheur aux ennuis de la solitude sera peut-être le plus puissant argument pour inciter nos gens à s\u2019emparer du sol.\u201d (1) S\u2019il est vrai, en effet, que nous sommes un peuple communautaire, c\u2019est-à-dire dont la caractéristique est de ne pas agir individuellement, mais en communautés organisées, il est évident que nous ne nous passerons pas de l\u2019action communautaire, là où justement cette action est presque de nécessité absolue.Mais ce remède n\u2019est pas, en fait, de facile administration.Ce groupement ne se fait pas de lui même.Les profits matériels en sont trop aléatoires ou trop lointains.Et l\u2019homme du peuple, ouvrier ou cultivateur, qui souvent, au moins dans sa jeunesse, se laisserait embaucher de grand cœur, ne fera pas de lui même les premières démarches et n\u2019essayera jamais d\u2019entraîner les autres.D\u2019où viendra donc l\u2019initiative de ce groupement?Gaston de Montigny dit: \u201cQue cinquante ouvriers forment une association ! \u201d Mais on ne voit pas cinquante ouvriers ou cultivateurs se constituer d\u2019eux mêmes en société pour fonder un centre de colonisation.Demander cette initiative à des ouvriers ou à des cultivateurs, c\u2019est demander qu\u2019ils changent de nature et ne (L \u201c Etoffe du Pays\u201d, P.235 LES ÉTUDES CLASSIQUES 363 soient plus des ouvriers ni des cultivateurs.Et d\u2019autre part, il ne faut pas attendre cette initiative du gouvernement ou de l\u2019état.D\u2019ordinaire, en ces matières, l\u2019initiateur, c\u2019est l\u2019homme qui a la vocation.Et cette vocation existe.Et quand même il ne s\u2019agirait que de fonder un centre de cinquante cabanes, cette vocation est la même que celle des grands explorateurs, des découvreurs et des fondateurs d\u2019empire.C\u2019est parce que Jacques Cartier avait la vocation que le Canada a été découvert.C\u2019est parce que Maisonneuve avait la vocation qu\u2019autour du fort de Ville Marie s\u2019est développé un centre de colonisation qui a tenu, on l\u2019avouera, de grandes promesses.Un roi ou un gouvernement peut encourager de telles vocations.Il ne saurait s\u2019en passer.Et, quand même un jour, le gouvernement du Québec ou quelque immense association patriotique se mettrait en frais d\u2019organiser méthodiquement la colonisation et de systématiser une sorte d\u2019essaimage paroissial régulier et continu, la vocation dont je parle serait encore et plus que jamais nécessaire.Or, cette vocation d\u2019initiateur ne germe pas dans le peu-pie : elle va à ceux qui, dans une nation, sont les chefs naturels, à l\u2019aristocratie du nom ou de l\u2019intelligence.Et la raison en est simple.Aussi, M.H.Bourassa dit-il très justement ; \u201c Colbert eut la bonne idée de faire des seigneurs les initiateurs du défrichement.\u201d Je n\u2019ai pas besoin de redire que chez nous le seigneur, c\u2019est l\u2019homme qui a fait ses classes.On a fait remarquer déjà dans cette revue que nos collèges classiques nous avaient déjà préparé d\u2019admirables chefs sociaux, capables de désintéressement, sensibles à l\u2019élément de l\u2019idée, en qui la personnalité de la race s\u2019accuse consciente et forte.(1) C\u2019est dans nos collèges que se sont déjà recrutés, que devront se recruter davantage encore à l\u2019avenir, les officiers qui conduiront nos colons à la conquête du sol.Ce qu\u2019il faut à ces chefs, ce n\u2019est pas la science technique et spéciale : c\u2019est avant tout l\u2019ensemble de qualités qui inspirent la confiance et cet idéal patriotique qui rend possible le désintéressement.Ils auront l\u2019âme sociale.Ce ne sont pas des spécialistes, mais ils savent un peu de tout, car ils doivent résumer à la fois le médecin et le député, le juge et (1) Le Rosaire, Févr.1914, p.44 364 REVUE DOMINICAINE l\u2019agronome.C\u2019est à eux de gérer la coopérative, de protéger la communauté.Parfois ils seront en même temps prêtres.Notre histoire devra dire ce qu\u2019a été, dans le passé, le rôle de nos prêtres colonisateurs.Et ces prêtres ont été nombreux.Mais les laïques instruits qui ont rempli ce rôle sont plus rares.Y a-t-il eu, parmi eux, plus d\u2019appelés que d\u2019élus ?Je le crois.J\u2019ai connu plusieurs jeunes gens, sortis de nos collèges, qui avouaient un attrait puissant pour la colonisation et qui n\u2019y ont pas répondu.Ils étaient parmi les mieux doués de leur génération.Cependant, au lieu de rendre service, ils ont été un poids et une gêne pour la société.La Providence ne les avait pas faits, semble-t-il, pour la vie installée des bourgeoisies citadines.Et c\u2019est là, en effet, quelquefois, un signe de vocation.De même qu\u2019elle inspire d\u2019abord au moine le dégoût du monde, la Providence souffle au cœur de cet élu de l\u2019œuvre colonisatrice le dégoût des villes.C\u2019est en vain qu\u2019il essaie de s'acclimater.Il a la nostalgie.Son indépendance s\u2019irrite de ces servitudes, de ces chaînettes dorées, que les vrais citadins, eux, baisent avec amour.La routine lui pèse.L\u2019air lui manque.Il veut vivre plus au large.Il veut être plus libre.C\u2019est la race qui chante en lui son désir de renouvellement.Elle lui dit : \u201c Il y a une.place dans la forêt, au bord des lacs, qui attend les cabanes des défricheurs.Il y a un paysage de collines où il manque un clocher d\u2019argent.Je désire connaître encore une fois la joie vivante du recommencement, du tout petit village, qui naît et qui grandit.Tous les villages sont beaux.Mais le plus beau, le plus aimé, c\u2019est celui qui n\u2019est pas encore.\u201d * * * Gaston de Montigny avait entendu cette voix.Il disait quelque temps avant de mourir : \u201cJe n\u2019ai presque rien réalisé de mes ambitions.On se console : il le faut bien.La chose dont je ne puis me consoler, c\u2019est de n\u2019avoir pas fait à mon pays le cadeau de cent acres de terre défrichée.\u201d Cette ambition était modeste.Il était appelé à être plus qu\u2019un simple colon.Il était fait pour le rôle d\u2019initiateur et de chef.Ce bohème, qui n\u2019a peut être jamais possédé cinquante arpents de terre, était né grand propriétaire terrien et seigneur féodal.Il en avait l\u2019apparence : une tête admirable, LES ÉTUDES CLASSIQUES 365 de militaire plutôt que d\u2019artiste, et, dans toute la manière d\u2019être, de se tenir, de porter son feutre, quelque chose de cavalier et d\u2019aristocratique, qui faisait penser au Charles 1er du portrait de Van Dyck.Du reste, pas le moins du monde gens de lettre ! Quoiqu\u2019il eût beaucoup de facilité et malgré ses succès de chroniqueur, le journalisme ne l\u2019enchantait pas.Même pour les écrivains et la littérature, il avait des paroles irrévérencieuses.Son idéal était ailleurs.Il aurait pu s\u2019approprier les vers du \u201c Pas d\u2019armes du Roi Jean \u201d : Un vrai Sire Châtelain Laisse écrire Le vilain.Quand il signe, Sa main digne Egratigne Le vélin.Tous ses goûts allaient à la terre et aux choses canadiennes.Rien ne l\u2019indignait plus que ce cosmopolitisme, qui fait de tant de nos hommes instruits des Européens de mentalité et de goût.\u201c L\u2019ennemi national, s\u2019écrit-il, (1) c\u2019est le cosmopolitisme.Nous ne réagirons contre cet envahissement qu\u2019en développant au sein de la nation le légitime orgueil de nous reconnaître aussi bien doués que les autres nations.Nous ne deviendrons quelque chose qu\u2019en redevenant nous-mêmes.\u201d Quoiqu\u2019ayant beaucoup fréquenté les Français, Gaston de Montigny n\u2019avait pas essayé d\u2019acquérir la prononciation plus douce de nos cousins d\u2019outre-mer.Il conservait et volontiers exagérait cet accent \u201c héréditaire et fraternel,\u201d qui a de la virilité et une bonne rudesse, et qui est d\u2019un charme particulier sur les lèvres de nos canadiens instruits, lorsque, d\u2019ailleurs, la langue est correcte et facile.Bien avant la guerre, dont il n\u2019a connu que les premiers mois, il prêchait le \u201c made in Canada \u201d, et voulait que sa littérature même ne fût pas autre chose que de 1\u2019 \u201c Etoffe du Pays.\u201d Il se mêlait avec amour aux petites gens, et surtout aux paysans, dont il connaissait à merveille les belles qualités et les défauts mignons.O (1) \u201c Etoffe du Pays,\u201d p.270 366 REVUE DOMINICAINE Je prenais part il y a quelques années au pique-nique d\u2019une école de garçons.Gaston de Montigny en était à titre d\u2019invité extraordinaire.Il fut l ame de la fête, l\u2019organisateur des jeux, le président et l\u2019arbitre des concours ; on avait apporté les matériaux pour construire des cerfs volants : il en fut l\u2019architecte et l\u2019artisan et enseigna d\u2019une façon experte Fart de cette particulière aviation.Le soir, quand les jeux .cessèrent, le religieux-directeur demanda à son hôte de parler à cette jeunesse.Gaston de Montigny était debout sur une roche.A ses petits auditeurs groupés autour de lui, il parla de patriotisme et de colonisation.Avec des gestes brusques, il indiquait du bâton qu\u2019il tenait à la main tantôt l\u2019horizon infini du côté du nord et tantôt le Mont Royal et la grande ville, au delà de laquelle le soleil commençait à descendre.Sa voix haute et nerveuse semblait donner des ordres.Il parlait du curé Labelle, de son œuvre, disait la nécessité de recruter des colons parmi les ouvriers des villes, faisait un tableau de l\u2019esclavage de l\u2019ouvrier, évoquait avec -émotion la vie indépendante et royale, quoique rude et pénible, de nos colons et de nos défricheurs.* * * Ce bohème était né grand propriétaire terrien et seigneur féodal.Son existence m\u2019a paru indiquer les intentions et la volonté de la race.Car la race ne produit pas au hasard : d\u2019autres naîtront, après lui, avec sa vocation et ses qualités et la tâche nécessaire s\u2019accomplira.Gaston de Montigny a été un essai, une esquisse, mais qui présage des œuvres.Si l\u2019on m\u2019accuse de prêter ici à Gaston de Montigny une importance exagérée, je ne veux pas m\u2019en défendre.Aussi bien y a-t-il autour de cette vie quelque chose qui la dépasse et ne lui appartient pas.Gaston de Montigny colonisateur fait, en certains milieux, figure presque légendaire.Il y a quinze ans, il était déjà très souvent le sujet de nos conversations de collégiens débutants.On mettait à son crédit des aventures extraordinaires.Il était l\u2019auteur de mystifications terribles.Sa taille même prenait des proportions surhumaines.Pour nos imaginations de petits garçons, la silhouette de ce journaliste-colon se détachait, plus grande que nature, LES ÉTUDES CLASSIQUES 367 surmontée du grand feutre, sur le fond sombre d\u2019une forêt de sapins.Plus tard même, j\u2019ai entendu des hommes mûrs et sérieux, quelles que réserves par ailleurs qu\u2019ils faisaient, perdre littéralement le sens de la réalité et abandonner le langage prosaïque quand ils parlaient de Gaston de Montigny.C\u2019est que cet homme a incarné un type profondément national.Il a été tel que nous ne pouvons parler de lui sans y mêler quelque chose de nos espoirs patriotiques et de nos rêves de grandeur nationale.C\u2019est ainsi que naît la légende.Cette existence, si manquée qu\u2019elle ait été à certains points de vue, reste très significative dans son orientation et ses aspirations.Si de pareils types n\u2019existaient pas, il faudrait les inventer.Ils enrichissent une nation.C\u2019est autour d\u2019eux que l\u2019idéal commun se cristallise.Embellis et grandis par la littérature, ils contribuent à rendre plus consciente d\u2019elle-même la personnalité d\u2019un peuple.Edouard Cartier UNE CONVERTIE MISS AGNÈS MaeLAREN Y Plénitude de Vie ELLE MacLaren avait quitté la ville de Nice pour habiter au Cap d\u2019Antibes, la villa connue sous le nom de Sainte-Anne.La solitude y était plus grande et plus en harmonie avec ses pensées, et la préparation de certain projet qui devait lui causer beaucoup d\u2019ennuis et de sollicitude.Elle avait donc besoin, et elle le sentait profondément, de puiser aux sources fécondes qui donnent à l\u2019âme les énergies capables des plus grands efforts.Elle en avait trouvées dans la prière, dans les exemples des saints, dans la participation aux mérites de l\u2019Ordre de Saint-Dominique, mais elle en demandait surtout à la Sainte-Eucharistie.L\u2019Eucharistie, c\u2019est Jésus-Christ, c\u2019est Dieu qui se donne à l\u2019âme humaine pour en être la vie et la fécondité.Melle MacLaren en avait eu l\u2019intelligence dès son admission dans notre société catholique.Aussi pour vivre plus près du Maître et pour s\u2019abreuver plus aisément à cette source, avait-elle obtenu de garder le saint Sacrement dans sa demeure.Une des pièces principales avait été transformée en chapelle.Quel bonheur de pouvoir jouir de la présence de son Dieu sous son toit ! Parce qu\u2019il est son hôte, elle ne laissera à personne le soin de l\u2019entretenir et de veiller sur son tabernacle.Elle le visitera souvent au cours de la journée : chaque fois qu\u2019elle passera devant sa porte, elle entrera un instant pour s\u2019agenouiller et le saluer.En outre, elle fera sa visite quotidienne, régulière : \u201c elle y restera longtemps, sans lire, ni paraître prier, dans l\u2019attitude de Marie Madeleine, qui se contentait d\u2019un regard simple et UNE CONVERTIE 369 doux.\u201d Elle même veillera sur la lampe du sanctuaire et préparera, pour la sainte messe, les ornements et les linges qu\u2019elle aura cousus et brodés de sa main.Pour satisfaire à l\u2019obligation d\u2019offrir le saint Sacrifice de temps à autres là où est conservé le saint Sacrement, elle aura recours aux plus pieuses industries.Ainsi elle ne pouvait compter sur les prêtres d\u2019Antibes, trop absorbés par le ministère paroissial, mais elle avait rencontré ailleurs des prêtres peu fortunés qui avaient besoin, pour réparer leur santé ébranlée par les travaux apostoliques, d\u2019une saison sur les bords de la Méditerranée.Elle les invitait et elle s\u2019engageait à régler leur pension à l\u2019hôtel, à la seule condition de célébrer dans la chapelle de Sainte-Anne.Melle MacLaren avait donc la consolation de pouvoir assister à la sainte messe et communier tous les jours.La chapelle, pourvue de son chapelain, s\u2019ouvrait également pour les fidèles du voisinage, ou pour le personnel de l\u2019hôtel qui ne pouvait se rendre aux offices paroissiaux.Le dimanche, il y avait une instruction, courte, simple, pratique, sorte de catéchisme qui tenait lieu de sermon.Et tout cela se faisait avec un art si naturel, un tact si discret, que l\u2019on ne soupçonnait même pas l\u2019intention qui l\u2019avait voulu, ni l\u2019effort qui l\u2019avait organisé.\u201c C\u2019était à la fois agréable et salutaire à ces excellents prêtres que de célébrer la messe dans un tel séjour.La piété de cette dame, son air si recueilli, le soin avec lequel elle préparait si bien ce qui touchait à la célébration du service divin, étaient une leçon profonde qu\u2019ils méditaient à loisir durant le jour tout en se promenant sur le rivage et en respirant la vivifiante atmosphère de la Méditerranée.\u201d Ces prêtres en gardaient un impérissable souvenir et une impression qui leur valait presque une retraite spirituelle.Le soin des pauvres, des malades, des affligés de toute sorte, occupait le reste de son temps.Elle les cherchait, les devinait.\u201c Que pourrais je faire pour lui ?\u201d Telle était la première réponse à toute demande de secours ou à la simple mention de quelque infortune nouvelle.Aussi ses ressources forcément restreintes n\u2019y suffisaient pas toujours, et elle se voyait alors dans la triste nécessité de refuser.Mais quand il s\u2019agissait de payer de sa personne, elle ne reculait devant aucune peine ni aucune fatigue physique et corporelle. 370 REVUE DOMINICAINE Melle MacLaren allait, comme nous le disions tout à l\u2019heure, demander à l\u2019Eucharistie, les lumières et les forces dont avait besoin son âme d\u2019apparence si calme et pourtant toujours en mouvement.Elle avait conçu un nouveau projet.Ce devait être le suprême effort de ses dernières années.Mais son exécution serait pour elle l\u2019occasion de rudes épreuves.Sa grandeur d\u2019âme devait y briller d\u2019un bel éclat.Elle avoit eu bien des initiatives au cours de sa longue vie, mais nulle ne fut plus hardie, ni poursuivie avec plus d\u2019entrain, nous allions dire plus d'impétuosité.L\u2019idée, méditée et caressée depuis longtemps, dans le secret de son âme apostolique, lui était chère.Pourquoi, se disait-elle, la femme, ou des femmes en grand nombre n\u2019embrasseraient-elles pas la carrière médicale ?Aucune loi, aucun canon, aucune convenance ne s\u2019y opposent, les difficultés de l\u2019étude ne sont pas plus insurmontables pour la femme que pour l\u2019homme.Elle-même n\u2019avait-elle pas triomphé de tous les obstacles, vaincu tous les préjugés ?Et quelle somme de bien n\u2019avait-elle pas accompli depuis qu\u2019elle était en possession de ses titres et de ses diplômes ?A son exemple ces femmes diplômées renonceraient aux avantages d\u2019une vie mondaine pour se donner entièrement au service des hôpitaux qu\u2019elles fonderaient et dirigeraient dans la suite.Témoin des souffrances physiques et morales de son sexe dans les villes aussi bien que dans les campagnes, il lui semblait que des femmes-médecin auraient plus facilement accès dans le cœur des patientes.Le besoin était .encore plus pressant dans les colonies maintenant que la source des vocations religieuses menaçait de tarir en France.Qu\u2019allaient devenir ces œuvres d\u2019hospitalité si nombreuses et si prospères dans le monde entier ?Dans les colonies anglaises la situation n\u2019était pas moins défavorable, sinon encore plus grave, dans l\u2019Indoustan par exemple, où la femme indienne n\u2019appellera jamais un homme de l\u2019art à son chevet.Toutes ces raisons faisaient assaut dans l\u2019esprit de Melle MacLaren et la stimulaient dans la poursuite de son dessein.Car n\u2019était il pas d\u2019une exécution facile, n\u2019allait il pas être accueilli avec empressement, ce projet ?Le but en était si noble et les résultats entrevus si merveilleux ! Hélas ! nous allons voir combien elle se faisait illusion.Dans l\u2019automne de 1909 elle partait pour les Indes anglaises, elle allait y faire une fondation.Ni son âge avancé, elle UNE CONVERTIE 371 avait déjà soixante-dix ans, ni les fatigues, faciles à prévoir, d\u2019un tel voyage ne l\u2019effrayèrent.Elle se rendit dans la petite ville de Rawal Pindi, située dans le Nord Est de l\u2019Indoustan, poste qui convenait parfaitement pour un premier essai.L\u2019incurie, le défaut d\u2019hygiène domestique causaient parmi les indigènes des maladies fort longues qui exerçaient la patience des médecins et des infirmières.En outre les protestants y étaient fort actifs, ils disposaient de sommes considérables et leurs hôpitaux étaient fort bien tenus, mais malheureusement ils y exerçaient une influence souvent hostile au catholicisme.Ces conditions se retrouvaient un peu partout dans les possessions britanniques de l\u2019Asie.D\u2019un autre côté les évêques se montraient enchantés de cette démarche.Aussi l\u2019avaient-ils fortement encouragée.\u201c Envoyez-nous des Catholic Lady Doctoresses, \u201d lui écrivaient ils en la pressant de hâter l\u2019exécution de son projet.Elle ne tarda pas à se mettre à l\u2019œuvre.Elle eût bientôt fait de grouper quelques personnes à la tête desquelles elle plaça Miss Bielley, doctoresse de Berne et graduée de Dublin.L\u2019Hôpital de Rawal Pindi était fondé.On admira la charité de Miss MacLaren, son abnégation, son esprit d\u2019ordre et de suite, sa bonne grâce avec les malades et cet art qui sait traiter avec un tact et une prudence rares toutes les personnes qu\u2019elle rencontrait.C\u2019était très bien, très beau et plein de promesses.Le succès paraissait certain.Il fallait cependant assurer l\u2019avenir en recrutant des vocations.Aussi la voyons-nous reprendre le chemin de l\u2019Occident dès le printemps de 1910.En route elle s\u2019arrêta en Terre Sainte pour prier au Saint-Sépulcre.Elle fut à même de constater encore une fois la profondeur des misères morales auxquelles sont assujetties les femmes d\u2019Orient.Ce fut un nouveau stimulant pour son zèle et son activité.Les cadres à remplir d\u2019infirmières zélées et dévouées demandaient un personnel nombreux.Elle se remit à parler, à écrire, à voyager, à solliciter, cherchant à répandre partout son idée.Elle s\u2019adressa à plusieurs maisons d\u2019éducation, mais les réponses ne furent pas encourageantes.Que l\u2019on en juge par celle-ci : \u201c Les parents s\u2019opposent à ce genre de vocation.Ils veulent que leurs filles soient religieuses ou simplement femmes du monde.Le soin des malades par des religieuses hospitalières, sous toutes les formes, de toute couleurs et de tout habit existe déjà dans l\u2019Eglise.Depuis des siècles des instituts 372 REVUE DOMINICAINE voués à ces œuvres se sont abondamment recrutés.Même les formes nouvelles de vie religieuse, plus élastiques et plus souples en vue des besoins nouveaux, ont vu accourir des novices en grand nombre, mais l\u2019apostolat de Melle MacLaren ne présentait pas les mêmes garanties de stabilité et de protection.Pouvait-on espérer que des jeunes filles consentiraient à faire des études médicales, à subir des examens et après le doctorat, dire adieu à leur liberté et au bien être du siècle pour se vouer au service des hôpitaux, sans aucune compensation spirituelle comme dans la vie religieuse ?Quel contrat protégerait les doctoresses volontaires et leurs entreprises contre la lassitude, l\u2019ennui, les séduisantes réminiscences du siècle ?Et puis il faut l\u2019entente, l\u2019accord, le désintéressement, toutes choses impossibles sans un cadre rigide et des liens que la volonté personnelle trop souvent capricieuse ne puisse briser.Et pendant que Miss Agnès cherchait des vocations, l\u2019œuvre de Rawal Pindi se désagrégeait et croulait.La directrice elle même, après un certain temps de pratique, dénonçait la convention et reprenait sa liberté.C\u2019était désolant pour la fondatrice : pourtant il lui fallait bien se rendre devant la réalité des faits et reconnaître qu\u2019elle s\u2019était illusionnée en croyant le monde peuplé d\u2019âmes à l\u2019abnégation héroïque comme la sienne.Ce fut alors qu\u2019elle se tourna vers les instituts religieux existants.Là du moins il y aurait une direction s\u2019imposant à toutes, avec un esprit de suite et de sacrifice.Elle fit une espèce de Referendum ou d\u2019enquête en s\u2019adressant aux Supérieurs Générales des Congrégations modernes.Les unes donnèrent une réponse catégorique négative, voyant dans le projet une chimère ; d\u2019autres louèrent le but, mais alléguèrent qu\u2019elles manquaient de sujets propres à le réaliser ; d\u2019autres paraissant favorables, disaient qu\u2019elles étaient préparées pour ce genre de ministère, mais qu\u2019elles aimaient à savoir ce qu\u2019en pensait le Saint Siège.Elle se rendit une fois de plus à Rome, afin de ne négliger aucune chance.\u201c Ce devait être un singulier spectacle que celui de cette petite étrangère (1), si timide, multiplier les rapports écrits, monter les escaliers cardinalices, attendre son tour dans les antichambres, faire appel à toutes les influences, en particulier à celles des supérieurs généraux de (1) Elle était de petite taille UNE CONVERTIE 373 l\u2019Ordre de Saint Dominique, se porter même jusqu\u2019au Pape.Elle voyait le Souverain Pontife approuver les religieuses qui se présentaient pour subir les examens d\u2019infirmières.Le Saint-Siège pourrait bien faire un pas de plus en avant.Ses lettres et ses instances, dépourvues de la solennité ordinaires, étaient brèves, claires, sincères, animées d\u2019un grand soufïle de foi et de zèle qui lui attiraient l\u2019estime.Tout en intéressant les hommes à ses pensées, elle intéressait aussi les saints du ciel.Elle priait surtout aux tombeaux de sainte Agnès et de sainte Cécile, ses patronnes préférées.De 1908 à 1912, elle ne fit pas moins de cinq voyages à Rome, toujours pour renouveler ses instances et solliciter cette parole d\u2019approbation qui donnerait enfin à son œuvre cette consécration finale sans laquelle la vie ne peut être assurée.Mais les démarches successives, les pétitions renouvelées, si bienveillant que l\u2019accueil fut dans les formes, ne répondirent pas à son attente.Ou bien les réponses ne venaient pas, ou bien elles étaient dilatoires.Ces longueurs furent bien sensibles à Melle MacLaren, et cependant jamais elle ne se départit de son calme ni de sa sérénité1 Nous ne savons ce qu\u2019il faut le plus admirer en elle, ou de ce zèle ardent pour la gloire de Dieu qui se consume sans relâche, ou de cette résignation si complète et si humble devant l\u2019insuccès de son travail.Car jamais elle ne donna le moindre signe de mécontentemt, ni ne manifesta la moindre signe d\u2019impatience, même dans ses épanchements avec ses amies les plus intimes.Enfin après le cinquième voyage à Rome, elle en repartit laissant son idée comme ensevelie dans la terre, mais avec l\u2019espérance qu\u2019elle germerait un jour, semblable au petit grain de froment de l\u2019Evangile, au temps et de la manière que Dieu,-dans son infinie sagesse, jugerait plus utile à sa gloire.\u201c En attendant elle avait acquis un triple mérite : celui des intentions de zèle qui l\u2019animait, celui de la simplicité filiale et de la loyauté parfaite mises à reposer ses vues, enfin celui de la-docilité avec laquelle elle acceptait d\u2019avance toute décision, en esprit de foi, d\u2019humilité et de sacrifice.\u201d Animée de ces dispositions elle retourna en France, dans sa villa d\u2019Antibes, où elle se prépara à mourir, dans le recueillement, la prière et la présence de Notre Seigneur Jésus-Christ.Elle était rappelée de ce monde le 7 avril 1913. 374 REVUE DOMINICAINE L\u2019auteur de sa vie ajoute cette réflexion empreinte d\u2019une mélancolie si touchante et si profonde : \u201c Sur son lit de mort, on eût dit une vierge romaine des premiers siècles de l\u2019Eglise, Pudentienne, Eustochia, Praxède.\u201d Elle eut comme elles cet esprit chrétien qui sait accepter le sacrifice des choses et des pensées les plus chères ; qui sait aussi se soumettre sans murmure aux jugements de Dieu, dussent-ils passer par les hommes qui refusaient de la comprendre et de la suivre.fr.Th.Couet, O.P.Québec, 8 novembre 1915 VARIETES LE GENERAL CADORNA On connaît les sentiments religieux du Généralissime français, et d\u2019une partie au moins de son état major.Il serait intéressant de savoir si le général en chef Italien, Luigi Cadorna, est ou non catholique et pratiquant.Les armées du nouvel allié auront sans nul doute une grande part à prendre dans la lutte des nations.De quel esprit est animé ce nouvel élément de succès, et quelle idée l\u2019inspire ?Un aumônier militaire a fait part au rédacteur de 1\u2019 \u201c Avvenire d\u2019Italia\u201d de ce qu\u2019il a vu, de ce qu\u2019il voit chaque jour dans son service ; et ce service lui permet d\u2019approcher de très près le Général et ses officiers supérieurs.Tous donnent le consolant et noble exemple d\u2019une religion sincèrement et strictement pratiquée.Il importe de signaler un tel fait à l\u2019attention des âmes urgentes, lorsque l\u2019heure est aussi sombre.\u201cLuigi Cadorna s\u2019est toujours montré profondément religieux, et très sincère dans l\u2019impression d\u2019une foi nullement déguisée.Une de ses filles est religieuse, et lui-même, dès l\u2019enfance, a su allier en son cœur un vif amour pour la Religion et la Patrie.Elevé maintenant au commandement suprême des armées, il a compris, sous le coup des plus lourds soucis, des préoccupations constantes, des responsabilités énormes, qu\u2019il était de son devoir, non plus seulement de garder ses convictions religieuses, mais de les manifester avec éclat.Les esprits les plus étrangers à la religion n\u2019ont pu s\u2019empêcher de le remarquer.Les dimanches et jours de fête, le Général ne manque jamais d\u2019entendre la messe dans la chapelle annexée au siège même du commandement suprême.Mais chaque minute est précieuse et le labeur quotidien surchargé.Aussi, pour ne déranger en rien l\u2019horaire habituel il faut prendre sur les heures de sommeil, déjà écourtées, le temps donné aux devoirs religieux.Le travail doit commencer aux premières lueurs du jour ; c\u2019est donc avant l\u2019aube que se célèbre la messe pour le chef de l\u2019armée ; quand 376 REVUE DOMINICAINE régnent encore les ténèbres de la nuit, heure si favorable au recueillement des Saints Mystères.Luigi Cadorna fait preuve ainsi d\u2019une haute valeur morale, en même temps que de sentiments religieux profonds.Mais de mettre ainsi l\u2019expression de sa foi au-dessus des plus dures exigences du service militaire, cela montre la vaillance exceptionnelle de l\u2019homme en qui l\u2019Italie place, à l\u2019heure actuelle, la plus entière confiance.\u201d LA PAIX DESIREE PAR LE VATICAN Les rumeurs tendancieuses de la presse nous laissent entendre que des démarches se font vers la solution de ce terrible problème de la paix.La Quadruple Entente exprime, dit-on, très nettement son intention d\u2019écraser à tout jamais le militarisme prussien.De l\u2019autre côté, les Empires du Centre prétendent exiger avant tout la \u201c liberté des mers Des propositions de paix seraient faites, soit aux puissances neutres telles que la Hollande ou les Etats-Unis, soit surtout au Vatican, d\u2019après le plus grand nombre des journaux.Peut-être même, ce dernier courant d\u2019opinion se rapprocherait-il davantage de la vérité ; non encore présentement, mais pour un avenir plus ou moins éloigné.A tout prendre, la paix semble encore lointaine, même à tenir compte des énormes dépenses subies chaque jour par les belligérants, et pour des résultats fort décevants jusqu\u2019ici.Un journal de Fribourg a mis en lumière, en termes frappants, l\u2019attitude digne d\u2019admiration de Benoît XV.La passion et le parti-pris ont parfois critiqué vivement cette attitude.Il est néanmoins impossible de ne pas reconnaître avec quelle activité le Saint Siège s\u2019est occupé jusqu\u2019ici de panser les plaies, de secourir les misères, mais, plus que tout, d\u2019amener, si possible et le plus tôt possible, la cessation de l\u2019horrible fléau.Quelle tâche ardue ! Surtout, quand il faut sans cesse remettre les choses au point, dissiper de dangereuses équivoques, perfidement lancées par des journaux impies, ou simplement partisans.Par ailleurs, combien détestent d\u2019entendre tomber les paroles de paix des hauteurs de ce Vatican abhorré ou redouté ; hauteurs sereines, pourtant, d\u2019où la grande voix impartiale, domine si facilement le fracas des armes.Quelle abomination pour l\u2019hérétique obstiné, le Maçon pratique, de VARIÉTÉS 377 constater ce fait odieux et évident : l\u2019ascendant sans cesse grandissant de la plus haute autorité morale, et la plus désintéressée aussi, des temps actuels.Tant et si bien, qu\u2019au futur congrès de la paix, cela semble de plus en plus probable, l\u2019arbitrage pontifical finira par s\u2019imposer.Là seul résiderait un prestige assez fort, des principes assez élevés pour apaiser l\u2019orgueil irrité des combattants, épuisés par cette lutte inouïe.Mais, la paix, déjà préconisée par le Pape, diffère du tout au tout avec la simple cessation des hostilités, imposée un jour ou l\u2019autre par le plus fort.Une paix, qui n\u2019aurait pas pour base solide le règne bien établi de la justice, ne serait pas la paix, à ses yeux.La conscience même de l\u2019homme, don précieux du Créateur, réclame avant tout la règle suprême de la morale chrétienne.Lorsque cette règle sera universellement entendue et comprise, alors, et d\u2019elle-même, la justice s\u2019incarnera dans les faits.L\u2019appel du Pape aux belligérants est un programme de pacification basé sur les droits et les justes aspirations des peuples.C\u2019est l\u2019antithèse absolue des droits du plus fort.Lorsque plus tard les esprits, affolés aujourd\u2019hui, se seront apaisés, lorsque se fera l\u2019histoire impartiale de l\u2019épouvantable conflit, on ne saurait manquer de rendre justice à l\u2019admirable sollicitude de Benoît XV, qui sut unir dans un même amour la paix et la justice.L\u2019une ne pourra régner sans l\u2019autre, depuis qu\u2019elles se sont rencontrées au pied de la croix de Celui qu\u2019il remplace sur terre.fr.J.D.Brosseau, O.P. DANS L\u2019EGLISE ET DANS L\u2019ORDRE I LES ACTES DU SAINT SIÈGE Indulgences générales et indulgences particulières Faut il soumettre au visa du Saint-Office, toutes les concessions d\u2019indulgences qui n\u2019émanent pas de cette Congrégation ?Le Souverain Pontife vient de répondre à cette question.A la vérité, sur ce point, la discipline a varié.L\u2019on sait que jusqu\u2019à la constitution Sapienti Consilio (1908) de Pie X, les Indulgences relevaient de la Congrégation dite des Indulgences.Deux décrets, l\u2019un de Benoit XIV, (1756) l\u2019autre de Pie IX, (1856) déclaraient qu\u2019à la Congrégation des Indulgences devaient être soumises, sous peine de nullité, toutes les concessions générales qui n\u2019émanaient pas de cette Congrégation.Par la Constitution Sapienti Consilio, de Pie X, toute la matière des Indulgences fut confiée à la Congrégation du S.Office : à cette congrégation désormais, devaient être présentées, pour l\u2019approbation, les concessions d\u2019indulgences générales, c\u2019est-à-dire, \u201ccelles qui sont accessibles à tous les fidèles sans limitation de temps, ni de lieu, ni de personnes.(1) Il n\u2019était pas requis, pour la validité, de faire viser les concessions d\u2019indulgences particulières.Cette discipline fut en vigueur jusqu\u2019au 7 avril 1910.A cette date parut le Motu Proprio \u201c Cum per Aposto-licas \u201d : il décrétait que toutes les Indulgences, soit générales, soit particulières, excepté les indulgences tout à fait personnelles, comme l\u2019indulgence à l\u2019article de la mort, et les pouvoirs de bénir les objets de piété, devraient être reconnus, sous peine de nullité, par la Congrégation du S.Office, il avait même un effet rétroactif, n\u2019étaient exceptées que les concessions faites dans les six mois précédents.(2) Deux interprétations postérieures de la Congrégation du (1) Canoniste 1910, p.339 (2)Acta A.Sedis, 1910, p.225 dans l\u2019église et dans l\u2019ordre 379 S.Office exemptaient toutefois du visa, a) Les indulgences concédées par la Cong.des Indulgences et la Secrétairerie des Brefs avant le 1er Novembre 1908.bj Les pouvoirs que peuvent concéder les Ordres Religieux de bénir certains objets de piété \u2014 crucifix du chemin de la croix, Rosaires, médailles de Saint Benoît\u2014.c) Les indulgences accordées ou à être accordées par la Cong.de la Propagande aux fidèles de sa juridiction.(1) Le Souverain Pontife Benoît XV, pour mettre fin à un grand nombre de doutes graves soulevés par le décret de Pie X, a rétabli l\u2019ancienne discipline : Les Indulgences géné-rates non émanées du Saint Office, seront soumises au visa de cette Congrégation ; les indulgences \u2019particulières et les pouvoirs de bénir les objets de piété, etc., ne le seront pas.[A.A.S., 6 octobre 1915, p.457.] Nouvelle indulgence Sa Sainteté Benoît XV accorde à tous les fidèles qui réciteront, en faveur de l\u2019invocation Reine du Très Saint Rosaire, priez pour nous, une indulgence de cent jours pour chaque récitation.[A.A.S.Ibid, p.462 ] Nominations Ont été nommés, S.E.le Cardinal V.Vannutelli, Doyen du Sacré-Collège, S.E.le Cardinal Van Rossum, Grand Pénitencier de l\u2019Eglise.O AU CANADA Fêtes du Troisième Centenaire de la Foi De grandes fêtes ont marqué, depuis quelques mois, les anniversaires trois fois centenaires, de la Première Messe à Montréal, de l\u2019établissement de la foi au Canada, et du rôle que prirent à ces évènements, les religieux de Saint-François.Ouvertes par la Messe en plein air à Montréal, le 24 juin, continuées par les journées franciscaines à Montréal des 4 et 5 octobre, elles se sont achevées, à Québec, par la bénédiction de l\u2019Eglise des Pères franciscains, monument commémoratif de l\u2019établissement de la foi au Canada, par d\u2019autres fils de Saint François. 380 REVUE DOMINICAINE Tons les catholiques canadiens aimeront à se souvenir de ces jours, et à réaliser le souhait du Souverain Pontife dans sa Lettre au Comité du Centenaire : \u201c Que les fruits dus au travail de ces ouvriers évangéliques ne soient pas seulement religieusement conservés, mais augmentés de jour en jour, que, surtout, les liens d\u2019obéissance et de respect envers le Siège Apostolique, deviennent plus étroits.\u201d [A.A.S., 6 octobre, p.462.] Feu le Dr Freeland Tous ceux qu\u2019intéresse la cause du français au Canada, et particulièrement dans l\u2019Ontario se doivent de saluer la mémoire de feu le Dr Anthony Freeland.Depuis que la lutte pour le français prit, dans cette Province, le caractère d\u2019acuité que l\u2019on sait, le Dr Freeland donna à la cause française un indéfectible appui.Commissaire d\u2019Ecoles à Ottawa, il défendit avec désintéressement et courage les droits des parents et des enfants.Il fut de toutes les réunions \u2014 séances solennelles ou assemblées régulières de la Commission \u2014 où depuis quelques années, s\u2019est plaidée, à Ottawa, la cause du français.Les professeurs, les enfants et les parents canadiens-français d\u2019Ottawa ne l\u2019ont pas oublié ; le jour de ses funérailles, n\u2019ayant pu tous trouver place dans l\u2019Eglise St Joseph d\u2019Ottawa, ils sont allés prier dans l\u2019Eglise du Sacré-Cœur.Cet acte de foi et de reconnaissance n\u2019était que l\u2019annonce du souvenir pieux que gardera à la mémoire de cet homme de bien, le peuple canadien-français.II DANS L\u2019ORDRE Quelques nominations Au Vicariat Apostolique du Ton-Kin septentrional, confié aux religieux dominicains, le R.P.Théodore Gordaliza, O.P., a été nommé évêque titulaire de Balastra (Abderitonus) et coadjuteur avec future succession.Mgr Gordaliza est fils de la Province des Philippines ; il naquit le 9 novembre 1874, et fit profession le 8 décembre 1890 ; il est, depuis plusieurs années, missionnaire au Ton-Kin. dans l\u2019église et dans l\u2019ordre 381 * * * Le T.R.P.Mannes Marion a été nommé Supérieur de la Maison Vicariale de N.-D.de Grâce de Montréal, et le T.R.P.Louis Trudeau a été élu Prieur du Couvent d\u2019Etudes Saint-Jean-Baptiste d\u2019Ottawa.Le T.R.P.Marie-Joseph Archambault vient d\u2019être nommé Supérieur de la Maison Vicariale de Lewiston, Maine.La Revue des Jeunes Sous un titre plus bref et plus alerte, La Revue des Jeunes continue, dans les mêmes cadres et pour la même fin, La Revue de la Jeunesse, interrompue depuis la guerre.\u201c Elle n\u2019innove rien d\u2019essentiel,\u201d déclare la note de la Direction.\u201c Sa raison d\u2019être est seulement accrue et ses efforts deux fois expliqués, a ce périlleux tournant de la vie nationale.\u201d S\u2019il faut en juger par les deux premiers numéros, la Revue n\u2019aurait pas beaucoup souffert de la guerre.Elle semble plutôt inaugurer ce nouvel élan prédit par tant d\u2019âmes confiantes.La liste des collaborateurs s\u2019est enrichie de plusieurs noms illustres, parmi lesquels on remarque tout particulièrement : Mgr Simon Deploige, les R.R.P.P.Scheil, Janvier, Lagrange, Hébert, Rutten, Madame Juliette Adam, MM.Etienne Lamy, Victor Giraud, Louis Bertrand, Henry Cochin, Pierre Nothomb, etc.En l\u2019absence du R.P.Barge, actuellement en service militaire, c\u2019est le R.P.Sertillanges qui assume la direction de la Revue, avec le R.P.Mainage, comme rédacteur en chef, et Monsieur P.de Lescure, comme secrétaire de rédaction.Le prix d\u2019abonnement, à l\u2019étranger, est de 3 f.50, d\u2019ici au 1er Janvier 1916, et de 10 fr., à partir de cette date, S\u2019adresser à P.Lethielleux, 22, rue Cassette, Paris.Fra Domenico TABLE DES MATIÈRES ANNÉE 1915 JANVIER Une nouvelle année.La Rédaction La Papauté.R P.Hage, O.P.Les Quarante-Heures et la Paix.R.P.Rouleau, O.P.De Pie X à Benoît XV.R.P.Gonthier.O.P.En lisant S.Thomas.\u2014 La Guerre.R.P.Leduc, O.P.Dans l\u2019Eglise et dans l\u2019Ordre.Fra Domenico In Memoriam.H.LL.FÉVRIER La Papauté (suite).R.P.Hage, O.P.Les Guérisons de Lourdes.R.P.Lamarche, O.P.La vision de Bernadette.R.P.Ouimet, O.P.Pour garder la Cité.R.P.Peltier, O.P.Dans l\u2019Eglise et dans l\u2019Ordre.Fra Agostino MARS La Modernité de Saint Thomas.Abbé P.Perrier Les Ecoles Séparées de l\u2019Ontario.R.P.Rouleau, O.P.La science privée dans les sentences judiciaires.R.P.C.Forest, O.P.Quelques traits de la physionomie de Saint Thomas.R.P.Peltier, O.P.Dans l\u2019Eglise.R.P.A.Leduc, O.P.Dans l\u2019Ordre.R.P.M.A.L., O.P.AVRIL Saint Thomas d\u2019Aquin.Mgr F.X.Piette, P.D.La femme pendant la guerre.R.P.Hage, O.P.A propros d\u2019immunités.R.P.B.C.Gonthier, O.P.Dans l\u2019Eglise et dans l\u2019Ordre.R.P.A.Leduc, O P.1 4 11 16 21 27 31 33 40 47 53 60 65 70 76 81 87 92 98 104 113 122 383 MAI Saint Thomas d\u2019Aquin (fin).Mgr F.X.Piette, P.D.129 Un prophète de la guerre.Abbé J.M.A.Brosseau 134 La femme pendant la guerre (fin).R.P.Sage, O.P.143 A propos de taxes.R.P.A.Leduc, O.P.150 Daus l\u2019Eglise et dans l\u2019Ordre.R.P.M.A.Lamarche, O.P.156 JUIN Les études classiques et le retour à la terre.Abbé Geo.Courchesne Toujours l\u2019immunité réelle.R.P.D.C.Gonthier, O.P.Notre enquête sur la foi.R.P.H.P.,\tO.\tP.Au 22e Régiment C.-F.R.P.C.Doyon,\tO.\tP.Dans l\u2019Eglise et dans l\u2019Ordre.R.P.A.Leduc,\tO.\tP.102 170 180 184 187 JUILLET L\u2019Art et la Morale a\\i Canada.R.P.M.Ceslas Forest, O.P.\t193 Des Esprits.R.P.V.31.Breton, O.F.M.202 Le Père de Busschère.fr.M.M.Alinne, O.P.200 Une convertie.R.P.Th.Couët, O.P.213 Le juge Papineau.La Rédaction 219 Bibliographie.fr.R.-31.R.221 Dans l\u2019Eglise et dans l\u2019Ordre.Fra Domenico 222 AOUT Le Congrès national des Prêtres-Adorateurs.R.P.Rouleau, O.P.225 Questions d\u2019apologétique.R.P.Martin, O.P.228 L\u2019Assomption de la T.S.Vierge.Abbé Chatain 230 La mort du soldat est-elle un martyre ?.H.H.240 Une convertie (suite).R.P.Couët, O.P.246 Dans l\u2019Eglise et dans l\u2019Ordre.R.P.Leduc, O.P.252 SEPTEMBRE Rome et les langues nationales.Abbé P.S.Desranleau 257 L\u2019Art et la Morale au Canada (fin).R.P.C.Forest, O.P.269 Une convertie (suite).R.P.Couët, O.P.273 Un témoignage à propos d\u2019immunités.R.P.Aug.Leduc, O.P.279 .Fr a Domenico 283 Dans l\u2019Eglise et dans l\u2019Ordre OCTOBRE Saint Louis et la Guerre R.P.Hage, O.P.289 Toujours les Immunités \u2014 Un autre témoignage .R.P.Leduc, O.P.296 En marge de la Guerre \u2014 La question sociale en Angleterre.R.P.Trudeau, O.P.302 La Vocation au Mariage.R.P.Vuillermet, O.P.308 Bibliographie \u2014 Publications sur la guerre.XXX 316 NOVEMBRE Lettre à Mgr A.Früwirth S.S.Benoît XV 321 La Complainte de la Pologne.R.P.Brosseau, O.P.322 CJne convertie (suite).En Belgique.L\u2019Alcool et les Préjugés.La vie religieuse en Angleterre, Méditation pour novembre.Dans l\u2019Eglise et dans l\u2019Ordre.R.P.Court, O.P.328 R.P.Doyon, O.P.333 .R.P.Hage, O.P.336 Card.Casquet 343 Fra Domenico 348 DÉCEMBRE Monachisme et Vérité Fr.Thomas, T.O.S.D.353 Les études classiques et la conquête du sol.Edouard Cartier 361 Une convertie (fin).Variétés.Dans l\u2019Eglise et dans l\u2019Ordre Table des matières.R.P.Court, O.P.368 R.P.Brosseau, O.P.375 .Fra Domenico 378 .382 Superiorum permissu De licentid Ordinarii * ANNONCES DU ROSAIRE Pharmacie Viger Prescriptions remplies avec soin et avec des DROGUES PURES Articles de Toilette et Parfumerie DES MEILLEURES MARQUES FRANÇAISES, ANGLAISES ET AMERICAINES Bandages Herniaires, Bandes Abdominales, etc.Dépositaire des Remèdes de Famille de \u201cNYAL\u201d SAINT-HYACINTHE Téléphone No.60.\t.\t197 RUB OASOADBB.~~\tMIEL - MIEL - MIEL co^AutP EN TOUT TEMPS- -GARANTI PUR ET D\u2019UN GODT DÉLICIEUX ¦ Echantillon fourni sur demande CHS.PELOnUIH, APICULTEUR, SI-HYACINTHE, P.Q.la.oie: la.ïstgke'vieict (Successeurs de LANGEVIN FRERES) Fabrique de patisseries.Spécialité : Fabrication des biscuits \u201c SODA *' Vente en GROS et au DETAIL Tel.Bell 197\t82, 84 et 86 RUE SAINT-ANTOINE ST-HYACIUTHE, IP Q,- 155, rue Cascades, - - - ST-HYACINTHE.SPÉCIALITÉ : Objets de fantaisie, Jardinières, Statuettes artistiques, etc, etc.,pour cadeaux.LE SEUL MAGASIN 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