Revue dominicaine, 1 juin 1917, Juin
[" À7 / ¦ XXIIle Année 2e Rosaire JUIN 1917 PER e-32-* REVUE DOMINICAINE CON Publiée mensuellement SOMMAIRE : T.R.P.LANGLAIS, O.P.: \u2014Le T.R.P.Henri Hage \u2014 Lettre aux Supérieurs Mgr L.-A.PAQUET, P.A.:\t\u2014Le culte du passé R.P.BROSSEAU, O.P.:\t\u2014A propos de l\u2019ckuvre de Napoléon Bourassa Abbé JOSEPH-G.GÉLINAS :\u2014A Messieurs les Rhéto- riciens R.P.AUG.LEDUC, O, P.:\t\u2014Consultation \u2014 Coutu- mes et traditions nationales Fr.M.A.L.: Dans l\u2019Eglise et dans l\u2019Ordre ABONNEMENTS : CANADA : $1.00\t| ETATS-UNIS : $1.25 Le numéro : 10 sous Avec \u201c LE ROSAIRE POUR TOUS \u201d : 15 sous en plus par année REDACTION ET ADMINISTRATION \u2022* LE ROSAIRE\u201d SAINT-HYACINTHE CANADA MCMXVII BIBLIOGRAPHIE r Eux et Nous.(Comité catholique de la Propagande française, 3, rue Garancière, Paris) La vérité française qui s\u2019est du reste manifestée trop souvent par un naïf dénigrement de nous-mêmes que des oreilles trop complaisantes enregistraient pour en user contre notre pays, a du moins l\u2019avantage de ne ressembler en rien au pharisaïsme orgueilleux se préférant à tout le genre humain.Nous ne dirons donc pas, comme le prétendu juste mis en scène par l\u2019Evangile : Seigneur, je vous rends grâce de ne pas ressembler au reste des hommes qui sont volurs, injustes, adultères.Il nous suffit, même en reconnaissant les défauts de notre tempérament français, pour nous en consoler, de les mettre en regard du trait caractéristique que vient d\u2019infliger à sa race, désormais incapable d\u2019être crue, notre voisin d\u2019outre Rhin.La puissance du mensonge allemand, le cynisme des violations de la parole jurée à déconcerté aujourd\u2019hui jusqu\u2019à ceux-là même qui s\u2019obstinaient à regarder l\u2019Allemagne comme un grand peuple.Par quelle aberration la série des faux audacieux commis par ses hommes d\u2019Etat et désormais au grand jour a-t-elle pu se dérouler impunément, c\u2019est un problème de psychologie que débrouillera peut-être l\u2019histoire des erreurs collectives.La duperie persistante d\u2019un peuple entier se refusant à l\u2019évidence et s\u2019unissant dans une sorte de conjuration haineuse contre la vérité, s\u2019expliquera-t-elle par cette mégalomanie que l\u2019hypertrophie du, moi allemand et de la Germanie toujours plus grande et envahissante à provoquée?Ce cas de pathologie tentera peut-être les savants curieux d\u2019analyser cette névrose d\u2019une nation entière.Quant à ceux auxquels suffirait un résumé sobre, calme et présenté avec une modération qui en décuple la force, du système des mensonges allemands, la brochure documentée de Mgr Charles Bellet leur fournira pleine satisfaction.Elle a pour titre: La haine de l'Allemagne contre la vérité et, est une démonstration saisissante des faux accumulés par un gouvernement à jamais décrié par ses actes.En regard de ces turpitudes, dont l\u2019exposé, volontairement aride étreint l\u2019âme, qu\u2019on lise le discours prononcé à Londres par Maurice Barrés, le 12 juillet 1915 : Les traits éternels de la France, et l\u2019on verra de quelle patrie il fait bon de se réclamer; on prononcera entre Eux et Nous, sur des faits historiques et indéniables.Mais est-il besoin de cette chaude évocation de nos gloires nationales à opposer au tableau affligeant des procédés germaniques?Le journal d'une famille française pendant la guerre, par Maïten d\u2019Arguibert, sorte de monographie expressive à la manière des travaux des sociologues disciples de Le Play, manifeste les caractères d\u2019une race qui peut raconter au grand jour la vie intime et quotidienne d\u2019un de ses foyer, sans rien cacher des faiblesses et des angoisses, mais sans recourir aussi au mensonge qui juge un peuple.E.Giuselle, Secrétaire général du C.C.P.F, ANNONCES DU ROSAIRE O H POURQUOI ;e:t GOMMENT H TELLE EST LA DEVISE DE\t{ L\u2019Ecole Commerciale Pratique Lalime de St-Hyacinthe, et cela indique bien ce qu\u2019on y apprend : le pourquoi et le comment des choses ; y a-t-il un meilleur moyen de former le jugement de la jeunesse ?Le but de l\u2019Ecole Commerciale Pratique Lalime est de former des Commerçants, des Hommes d\u2019affaires, des Employés d\u2019élite, en un mot, des jeunes gens capables, au sortir de l\u2019école, de tenir avec distinction une situation enviable et de gagner largement leur vie.Ces Cours s\u2019adressent aux jeunes gens des deux sexes que les circonstances ont empêché de faire de longues études et qui veulent compléter pratiquement le bagage de leurs connaissances, so:t pour améliorer leur position, soit pour se mettre en affiires.Les principales matières qu\u2019on y enseigne sont : l\u2019arithmétique, la comptabilité, la calligraphie, la clavigraphie, la sténographie française, la sténographie anglaise, la langue et la correspondance française, la langue et la correspondance angla ses, la télégraphie appliquée, etc.Conditions d\u2019Admission : Les élève» sont admis à.tout âge, sans distinction de sexe ou de nationalité.COURS C0MPLETS:{ io mois.$95.00 PAR MOIS.$10.00 Les livres sont fournis gratuitement.Instruction supérieure pratique d\u2019après une méthode nouvelle.Rappelez-vous que six mois passés chez le professeur Lalime valent deux ou trois ans de collège ; par conséquent économie de temps et d\u2019argent.Pour tous renseignements écrire ou s\u2019adresser a ECOU ST-HYACINTHE, QUEBEC.O, O III 827684 ANNONCES DU ROSAIRE B.J\".IMI-A-CTOIR,, Limiter ;\tÉPICIERS EN GROS^et importateurs de Vins et Liqueurs, 126 à 136 Kue York OTTAWA, Ont.SPÉCIALITÉ : \u2014 Vin pour Sacrifice de la Messe, Huile de Sanctuaire, Cierges, Chandelles, etc.JOH1T HENET &c SOIT ( LIMITED ) Bois et Charbon, La meilleure qualité, Les plus bas prix, 20 rue Sparks, - OTTAWA.PHONES Queen 4428, 4429.Prix Spéciaux poar- toutes les Communautés J.ALPH.LANGELIER (Successeur de Martel & Langelier) ENTREPRENEUR PLOMBIER^ 310, 312, 314 WELLINGTON Ottawa, Ont.Poseurs d\u2019Appareils de chauffage â eau chaude et 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nous frappe aujourd\u2019hui au cœur sans bien nous laisser le temps encore de saisir l\u2019étendue de notre perte et la profondeur de notre deuil.L\u2019Eglise perd un grand et fidèle serviteur et l\u2019Ordre un de ses fils les plus distingués.La Province Canadienne de Saint-Dominique pleure un père vénéré et un frère aimé.Tous ceux qui l\u2019ont connu, toutes les âmes qui l\u2019ont approché n\u2019oublieront jamais l\u2019ami au cœur sympathique et bon, le prêtre compatissant et charitable qui ne leur a fait que du bien.L\u2019émotion du moment nous empêche de tracer la figure de ce grand religieux et d\u2019apprécier comme il convient la carrière de cet apôtre magnifiquement doué, puissant en œuvres et en paroles.Je voudrais qu\u2019une main plus exercée sût rappeler dans ses détails une vie si bien remplie et nous en conserver la mémoire pour notre édification.Né à Y/attrelos, dans le département du Nord, en France, le 8 janvier 1864, de Henri Hage, commerçant, et Revue Dominicaine Juin 1917 162 REVUE DOMINICAINE d\u2019Adèle Florin, Joseph Hage puisa dans le cœur d\u2019une sainte mère les secrets de sa grande bonté, et dans les exemples d\u2019un père chrétien les principes de vie qui l\u2019ont formé dès son enfance et qui l\u2019ont guidé jusqu\u2019à la tombe.Il fit ses études au petit séminaire de Cambrai ; et en 1884, il dit adieu au monde pour se consacrer au service de Dieu et des âmes dans l\u2019Ordre des Frères-Prêcheurs.C\u2019était au moment des expulsions des religieux en France.Il fallait quitter famille et patrie pour se rendre en Espagne, au couvent de Belmonte.C\u2019est là qu\u2019il reçut l\u2019habit de l\u2019Ordre, comme fils de la Province de France, sous le nom de frère Henri.Un an après, le 31 octobre 1885, il prononçait ses vœux à Corbara, en Corse.Dieu confia la formation religieuse du jeune novice à des maîtres expérimentés comme le bon Père Lelaidier, qui, pendant de nombreuses années, a eu la charge des nouvelles recrues.Souvent, au retour de la promenade, l\u2019humble père-maître appelait le frère Henri et lui lavait les pieds.Au noviciat profès, deux grands religieux, le pieux Père Hoffmann et le vénéré Père Boulanger, furent ses pères-maîtres ; et ils l\u2019eurent en particulière estime.Toujours plein de gaieté et d\u2019entrain, et d\u2019une régularité qui ne se démentit jamais, le frère Henri attirait la confiance.Dévoué et charitable, il était toujours prêt à aider ses frères dans les difficultés de leurs études et à les consoler dans leurs épreuves.Il avait un esprit droit, souple, docile, vif et clair, ainsi qu\u2019une mémoire heureuse ; c\u2019est ce qui lui permit de faire des études fortes et solides sous des maîtres distingués, entr\u2019autres les Pères Lacôme et Gardeil, et le Père Beaudoin qui était alors Régent et faisait le cours de morale.L\u2019influence de ces maîtres vénérés contribua, sans nul doute, à lui donner cette sûreté du sens tbéologique dont il fit preuve en tant de circonstances.Le 24 juin 1889, le frère Henri était ordonné prêtre à Ajaccio, en Corse, par Mgr de la Foata.Deux ans après, il terminait ses études en conquérant ses degrés de lecteur.Sa mission de Frère-Prêcheur commençait.Il s\u2019y donna avec toute l\u2019ardeur de son âme généreuse.Une préparation supérieure, une santé robuste, les dons les plus variés de l\u2019esprit et du cœur lui assurèrent de brillants et rapides succès.Il est rare de rencontrer dans un homme, et même LE TRÈS RÉVÉREND PÈRE HENRI HAGE 163 dans un prêtre, un équilibre parfaitement harmonieux des dons de la nature et de la grâce.Cet ensemble de qualités, le Père Hage le posséda dans une très large mesure.C\u2019est ce qui explique l\u2019influence étendue qu\u2019il a exercée, à l\u2019intérieur de nos maisons, dans l\u2019organisation et l\u2019administration de la Province, à l\u2019extérieur, dans la direction des âmes.On le voit successivement lecteur et sous-maître des novices au couvent de Saint-Hyacinthe, de 1891 à 1893, lecteur et maîtres des novices aux couvents de Corbara et de Flavigny, de 1893 à 1898, prieur à Amiens de 1898 à 1900, puis de nouveau ramené au noviciat et aux études, pour y reprendre les charges de père-maître'et de lecteur.Elu prieur du couvent de Saint-Hyacinthe, il revint au pays, le 5 août 1903, pour ne plus le quitter.Fondateur et supérieur de la maison de Québec de 1906 à 1909, il y revenait le 14 septembre 1915, de nouveau comme supérieur.La maladie devait le terrasser quelques mois après et la mort mettre bientôt fin à ses travaux et à son apostolat.L\u2019œuvre principale du Père Hage, celle à laquelle il avait voué son cœur et sa vie, celle aussi qui lui mérite, je crois, avant tout et pour toujours, notre reconnaissance, c\u2019est la fondation de notre Province.C\u2019est sous sa sage et habile direction qu\u2019elle s\u2019est formée, pendant les dix années qu\u2019il gouverna nos maisons, comme Vicaire-Provincial d\u2019abord, sous la dépendance de la Province de France, puis comme Vicaire-Général de la Congrégation de Saint-Dominique, de 1908 à 1911, et enfin, comme premier Provincial de la Province Canadienne, de 1911 à 1915.Ces charges diverses, toutefois, n\u2019absorbèrent jamais entièrement l\u2019activité de l\u2019apôtre.Grâce à sa facilité de travail et à sa forte constitution, il a pu se vouer à un ministère extérieur très étendu, prêcher plusieurs carêmes en France, au Canada et aux Etats-Unis, donner des missions et principalement des retraites religieuses et ecclésiastiques.Ajoutons encore de nombreux articles sur des sujets de morale et de piété dans notre Revue dominicaine.Lecteur, maître des novices, supérieur et prédicateur, il a exercé ces fonctions avec éclat et avec fruit, en se faisant tout à tous.Lecteur, il fut remarquable par la pureté de sa doctrine, la fidélité à la tradition de l\u2019Eglise et à l\u2019école thomiste, non moins que par la clarté de l\u2019expression et l\u2019in- 164 REVUE DOMINICAINE térêt qu\u2019il savait communiquer à son enseignement.Maître des novices, il leur inspirait particulièrement l\u2019amour de l\u2019Ordre et le zèle des âmes dont son cœur débordait.Supérieur, il gouverna surtout par la bonté, avec tact et sagesse.Rien ne lui coûtait comme de prendre une mesure nécessaire, mais qui devait contrister le prochain.Combien il était heureux, au contraire, d\u2019être agréable, de faire plaisir, et quelle bonne grâce il y mettait ! Prédicateur, sa parole magnifique et puissante, toujours doctrinale et apostolique, était hautement appréciée.Sa renommée le désignait comme l\u2019orateur sacré des grandes circonstances.On se rappelle encore son discours à l\u2019occasion des fêtes de Laval, à Québec, en 1908, et son sermon au Congrès eucharistique de Montréal, qui furent particulièrement remarqués et admirés.Le cardinal Perraud avait, dit-on, sa prédication en singulière estime.Un ministère aussi étendu et fructueux suppose des qualités d\u2019âme et des vertus religieuses plus qu\u2019ordinaires.Il avait une obéissance prompte, simple et droite.Son âme généreuse ne connut jamais le ménagement de soi.j\u2019allais dire le calcul, quand il s\u2019agissait de l\u2019Eglise et de l\u2019Ordre.Dans toute sa personne il y avait comme le rayonnement de son cœur; d\u2019où ce caractère aimable et gai, toujours prêt à rendre service et à faire plaisir, et cet esprit remarquable de sociabilité qui le rendait aussitôt sympathique, ouvrait les coeurs, multipliait les amis, facilitait, étendait son apostolat pour le bien.Son attachement à notre Ordre, à nos traditions, à nos observances, à tout ce qui intéressait l\u2019honneur de notre famille religieuse, ne s\u2019est jamais démenti.Qui dira son \u2022amour du culte divin et de la liturgie, qui, dans sa jeunesse, se manifestait par une sainte passion pour les rubriques?L\u2019âge et l\u2019expérience l\u2019ont éclairé et apaisé sur certains détails ; mais jusqu\u2019à la fin de sa vie, jusque dans la réception même des derniers sacrements, il conserva ce culte des rites sacrés.Le Processional en mains, afin de suivre plus attentivement toutes les prières et les cérémonies, il sut encore rappeler à plusieurs reprises au Père Provincial qui l\u2019administrait les détails que l\u2019émotion faisait perdre.Exhorté par le prêtre, suivant le- Cérémonial, à demander humblement pardon à Dieu pour les fautes de sa vie, il se redressa LE TRÈS RÉVÉREND PÈRE HENRI HAGE 165 sur son lit, et la voix entrecoupée par l\u2019émotion, il dit: \u201cJe le fais, non seulement pour me conformer aux Constitutions et au Cérémonial, mais aussi pour l'acquit de ma conscience, parce que j\u2019en sens un spécial besoin.J\u2019offre le sacrifice de ma vie pour la paix de la France et pour la prospérité de la Province Canadienne à laquelle je reste attaché de cœur.\u201d Ces paroles couronnent dignement sa vie.Sur les vingt-six années de son ministère, il en a consacré seize, la plus grande partie, à notre pays et à notre Province.Il est mort usé avant l\u2019âge, usé par sa nature ardente et un travail excessif.L\u2019artério-sclérose le minait visiblement depuis quelques années ; mais le mal n\u2019avait pu affaiblir son énergie ni arrêter son activité.Ce n\u2019est qu\u2019à la fin de février de l\u2019année dernière qu\u2019il dut, sur l\u2019ordre du médecin, renoncer à prêcher les retraites du carême à Saint-Stanislas de Montréal et se soumettre au repos.La maladie prit d\u2019abord les caractères d\u2019une bronchite aigue aggravée par une pression artérielle si élevée que le cœur semblait déjà être devenu le centre du mal.Les soins habiles et dévoués qu\u2019il reçut à l\u2019Institut Bruchési donnèrent à tous l\u2019espoir de la guérison et l\u2019on crut qu\u2019un voyage de convalescence rétablirait l\u2019équilibre et les forces.Mais ce ne fut qu\u2019une lueur trompeuse.La maladie prit immédiatement son caractère définitif et quelques semaines après, il revenait épuisé de forces, pour entrer, le 2 juin dernier, à l\u2019Hôpital des Incurables et n\u2019en plus sortir.Toutes les ressources de la science la plus habile et la plus attentive, tous les soins assidus d\u2019une charité inlassable et d\u2019un dévouement de chaque instant réussirent à retarder pendant de longs mois le coup fatal, mais non à l\u2019écarter.Cloué à la croix, il y est resté sans murmures, avec amour, priant sans cesse, baisant la main miséricordieuse de Dieu qui le purifiait par la douleur et les alternatives d\u2019espoirs et de sacrifices renouvelés, tout enveloppé enfin d\u2019une atmosphère surnaturelle qui le sanctifiait.Il aurait désiré vivre plus longtemps, se dévouer encore au service de Dieu et des âmes ; mais en offrant généreusement sa vie, les yeux et les lèvres fixés sur la croix du Sauveur, il a pu atteindre plus parfaitement encore le terme de sa vocation d\u2019apôtre qu\u2019il avait reçue dans le Christ Jésus.Sa longue maladie a été comme la dernière cime d\u2019une vie belle, édifiante et féconde.Trois fois au cours de l\u2019année, 166 REVUE DOMINICAINE il a reçu les derniers sacrements.La veille de sa mort, le matin de la fête de l\u2019Ascension, il communiait.Un père était à son chevet avec sa bonne et dévouée garde-malade lorsqu\u2019il expira à deux heures et demie de la nuit.Sa mort a été pieuse comme sa vie, douce et confiante comme celle de tant de nos saints.Un service sera chanté demain matin à Notre-Dame de Grâce et lundi, le 21, ses funérailles auront lieu à Saint-Hyacinthe, où il sera inhumé dans le cimetière de la Communauté.A la Province de France, la mère toujours aimée de notre Province Canadienne de Saint-Dominique, à qui nous sommes redevables des précieux services rendus par le T.P.P.Henri Hage et dont il est resté le fils aimant et fidèle, nous offrons l\u2019expression de notre sincère reconnaissance et de notre commune douleur.A ses deux vénérées sœurs, qui ont suivi de loin leur cher frère dans lè sacrifice et l\u2019affection du cœur, en participant aux mérites de son apostolat comme des anges de prière, nous garderons un pieux souvenir auprès de Dieu, afin que leur deuil soit adouci par les espérances du rendez-vous éternel.A ses médecins et aux bonnes Sœurs de la Providence nous devons, non pas une expression passagère seulement, mais un témoignage éternel de gratitude, pour les soins délicats et attentifs dont ils ont entouré notre cher malade.Tous les religieux acquitteront sans tarder les suffrages demandés par nos Constitutions.Je prie les Supérieurs des Couvents de bien vouloir y ajouter un service solennel que l\u2019on chantera aussitôt que possible.Je demeure avec respect, mon Très Révérend et cher Père, Votre très humble et religieusement dévoué en Notre-Seigneur et Saint Dominique.Fr.E.-A.Tanguais, O.P., Pr.Provincial. LE CULTE DU PASSE Depuis longtemps peut-être, depuis quelque temps surtout, ce culte que nous professons porte ombrage.Et des voix s\u2019élèvent ça et là pour le blâmer, et pour tenter de nous convaincre que nous devons y renoncer.On nous demande d\u2019oublier ce qui fut, pour ne songer qu\u2019à ce qui est et préparer ce qui sera.On s\u2019étonne que des hommes de sens et de progrès puissent s\u2019attarder à remuer d\u2019une main respectueuse le sillon des siècles disparus.Et on nous déclare gravement qu\u2019en nous attachant, comme nous le faisons, à la pensée et à la mémoire des aïeux, et en refusant de confondre dans un même sympathique regard l\u2019émigré frais émolu de sa terre natale et le descendant canadien de dix fortes générations de colons, nous péchons contre la vertu de charité.C\u2019est la doctrine du jour, celle qui prêche la fusion des races et qui brise l\u2019union des cœurs, celle qui rêve de verser dans un même moule tous les groupes ethniques, d\u2019assujettir toutes les lèvres au même parler, de sacrifier les traditions et les droits séculaires aux visées de l\u2019ambition, de bâtir à coups d\u2019ukases et sur les ruines du passé une nation homogène.Eh bien ! non, nous n\u2019acceptons pas cette théologie d\u2019arrivisme; nous n\u2019accepterons jamais cette doctrine cl\u2019a-bandonnement, et nous persisterons à voir dans le culte du passé non seulement une pratique honorable, et non seulement un acquittement généreux, mais une force sociale nécessaire.Tous les peuples conscients d\u2019eux-mêmes ont recherché l\u2019appui de cette force.Ils y ont reconnu le principe des plus pures et des plus réconfortantes énergies.La sève du présent s\u2019élabore dans les racines profondes du passé.Du passé fécondé par la sueur et le sang, montent les végétations vigoureuses.Du passé surgissent des leçons et des exemples, des expériences et des lumières.Le passé est une école de respect, de fierté, de constance, de magnanimité, de courage. 168 REVUE DOMINICAINE Au souvenir de ceux qui nous ont faits ce que nous sommes, au spectacle des travaux qui ont marqué leur vie, et à la pensée des vertus qu\u2019ils ont portées jusqu\u2019à l\u2019héroïsme et sur lesquelles a été édifiée la patrie, nous aimons davantage ce sol que nous foulons, et qui fut le théâtre, à la fois obscur et glorieux, de tant de luttes, de tant de labeurs et de tant de souffrances.Voilà pourquoi, dans tous les pays, l\u2019Histoire, où le passé se reflète, tient une si large place.C\u2019est un livre dont les pages alimentent l\u2019esprit des littératures, et dont la substance nourrit et fortifie l\u2019âme des peuples.Les plus nobles esprits se font un honneur d\u2019y collaborer, et d\u2019étaler sous les yeux des générations grandissantes le bilan des richesses léguées à leurs fils par les fondateurs de la patrie et par les artisans dévoués de la fortune nationale.Ce culte du passé est une source d\u2019inestimables avantages pour les individus et leurs familles, pour les paroisses et les sociétés.L\u2019enfant y apprend le prix du travail, la grandeur du devoir, la valeur du sacrifice.Le récit des hauts faits orne son intelligence, meuble sa mémoire, façonne sa volonté, stimule toutes ses forces d\u2019action.Lorsque défilent sous ses regards ravis, et dans un rayonnement de gloire, les figures des grands ancêtres, quelque chose de leur foi robuste et de leur mâle ardeur passe mystérieusement dans son âme ; et si son cœur n\u2019a pas subi les atteintes de souffles pernicieux et desséchants, le jeune homme veut être ce qu\u2019ont été ses pères.Plus large que la famille naturelle, mais non moins liée aux traditions du passé, la famille paroissiale vit, elle aussi, de ce passé et de ces traditions.Traditions chères et qui remontent, d\u2019année en année et de foyer en foyer, jusqu\u2019aux laborieuses origines; jusqu\u2019à la première forêt entamée par le bûcheron, jusqu\u2019aux premières javelles couchées par le moissonneur, jusqu\u2019aux premiers abris construits par les pionniers, jusqu\u2019au premier sanctuaire où pour la première fois des lèvres sacerdotales, dépositaires des divines formules, ont fait descendre sur la table rustique le Dieu de puissance et d\u2019amour qui soutient la foi des humbles, et dont la prescience et la force sont à la base de toutes les œuvres durables.C\u2019est l\u2019histoire héroïquement belle de t LE CULTE DU PASSÉ\t169 tous nos centres français, des paroisses-mères échelonnées le long de notre fleuve grandiose, et de toutes celles qui, comme des essaims, se sont répandues au loin, et ont porté jusque dans les régions les plus lointaines la vie, la vertu, l\u2019organisation reçues des influences primitives.Comment des chefs de peuples, chargé de nos plus graves intérêts, oublieraient-ils ces faits notoires dont la signification se projette, en clartés directrices, sur toute l\u2019existence canadienne?Gouverner sans doute est prévoir.Mais parce que tout s\u2019enchaîne dans ce monde, parce que l\u2019avenir est en germe dans le présent, et que le présent lui-même résulte providentiellement.des actes et des situations qui l\u2019ont précédé, il ne serait ni sage ni juste d\u2019organiser une nation à l\u2019encontre des données fondamentales de son histoire.Il y a dans l\u2019histoire d\u2019un pays une logique1, une philosophie, une loi immanente dont aucune politique, dans le sens élevé de ce terme, ne peut prudemment s\u2019affranchir.Violer cette loi, c\u2019est rétrograder de plusieurs siècles; je dirai plus, c\u2019est- ramener l\u2019effort de construction sociale à ce qu\u2019il était au sortir des invasions barbares.L\u2019homme d\u2019Etat ou l\u2019homme de loi incapable de comprendre le rôle de l\u2019histoire dans le gouvernement des sociétés, se montre inférieur à sa tâche.Il fait preuve d\u2019un manque de lumières, ou d\u2019une absence de sagesse regrettable.Jugeant le présent sans le passé qui l\u2019éclaire, il crée entre l\u2019un et l\u2019autre une scission funeste.Il donne des directions basées sur d\u2019étroits calculs, et il forge des lois et des règlements contraires aux usages les plus indéracinables, aux aspirations les plus légitimes, et aux droits les plus solidement établis.Oh ! nous savons bien que notre culte du passé gêne certaines convoitises, que notre docilité aux instincts de la race et à l\u2019orgueil de la langue prolonge et grandit une influence que d\u2019autres influences jalousent, et qu\u2019elles voudraient ou anéantir, ou paralyser, ou claustrer.Est-ce là une raison de nous renier nous-mêmes ?Devons-nous, par bonasserie, laisser tomber de nos mains les titres authentiques qui nous garantissent notre bien de famille si âprement contesté par certains groupes de nouveau venus ?Devons-nous permettre l\u2019ostracisme de notre langue, parce 170 REVUE DOMINICAINE qu\u2019elle offense des oreilles rebelles à tout autre idicme que l\u2019idiome maternel ?Devons-nous, pour obliger des hommes qui nous combattent et qui méconnaissent nos œuvres, effacer sur le front de nos églises et sur les murs de nos écoles toute gloire française et tout caractère français ?La morale, par hasard, aurait-elle évolué ?et s\u2019il n\u2019est pas permis, sans raison supérieure et sans indemnisation, d\u2019exproprier un particulier, le serait-il de déposséder toute une race ?On parle de charité, et on invoque contre nous les besoins et les exigences de cette vertu divine.Oui, certes, nous aimons et nous voulons la charité, dans tout ce qu\u2019elle comporte de généreux et de bienveillant, sans toutefois la dissocier de ce qui en est le pendant inséparable.Nous voulons la charité telle que Dieu lui-même la veut, et telle que l\u2019Eglise, par l\u2019organe de ses plus célèbres théologiens, l\u2019entend et la prescrit.Or, dans le système chrétien, la charité divine, la charité évangélique, ne va pas sans la justice.Priver un peuple du fruit de ses œuvres, de l\u2019usage de sa langue, de l\u2019exercice de ses droits, et lui interdire, au nom de la charité, toute protestation honnête et toute revendication courageuse, c\u2019est profaner des mots augustes et ajouter l\u2019injure et l\u2019ironie à l\u2019improbité.La vertu suppose un ordre fixé par la loi morale, et qui en est la règle suprême.Et l\u2019ordre de la charité, d\u2019après saint Thomas d\u2019Aquin, c\u2019est que, dans la poursuite d\u2019une même catégorie de biens, nous nous préférions nous-mêmes à autrui, et que cette préférence atteigne ceux qui nous sont liés par l\u2019origine et par le sang.Ce principe régit les individus.Il s\u2019applique également aux associations politiques et aux groupements sociaux.Nous ne faisons à aucune race qui n\u2019est pas *la nôtre un crime de se protéger, et de se favoriser elle-même tout d\u2019abord, par des moyens licites; mais nous réclamons pour nous le bénéfice du même droit, et nous revendiquons la juste et pleine liberté de promouvoir, dans la mesure permise par l\u2019honnêteté et la religion, nos propres intérêts.Entendue de cette manière, la Charité garde son nom et son rang qui en font, avec la justice, l\u2019âme vivifiante du Christianisme.Ce sont ces deux vertus que nous voyons, depuis dix-neuf siècles, au service de toutes les grandes LE CULTE DU PASSÉ 171 causes qui requièrent l\u2019union sacrée des esprits et des volontés.C\u2019est cette charité et cette équité que l\u2019Eglise déploie dans le gouvernement des peuples, divers par leur territoire, leurs coutumes, leur génie, et groupés pourtant sous l\u2019empire d\u2019une même foi et sous le sceptre d\u2019une même spirituelle royauté.Justice et Charité, telle est l\u2019alliance féconde par laquelle se sont maintenues les organisations les plus nécessaires.Soyons justes et charitables comme l\u2019Eglise.La justice nous fera reconnaître et respecter tous les droits.La charité nous dictera ces témoignages de sympathie et ces procédés de bonne entente qui sont le lien des âmes et le ciment des sociétés.Et pourquoi, en terminant, ne pas l\u2019ajouter?Voilà ce que nous pratiquons dans la province de Québec, soit à l\u2019égard de la minorité protestante, soit à l\u2019égard de la minorité catholique de langue anglaise.ETos statuts et nos règlements sont là pour l\u2019établir.Aussi, ne croyons-nous pas trop exiger en demandant qu\u2019on use ailleurs, vis-à-vis de nos compatriotes de langue française, de la même mesure d\u2019équité et de bon vouloir.La loi positive s\u2019honore en se conformant à la loi morale, biais en méprisant cette base du droit, elle se condamne elle-même.L.-A.Paquet, Ptre A PROPOS DE L\u2019ŒUVRE DE NAPOLEON BOURASSÀ SUGGESTIONS La R eue Canadienne, livraison d\u2019octobre dernier, publiait une étude très intéressante de l\u2019œuvre de Napoléon Bourassa.On vient d\u2019admirer, dans l\u2019atelier même où l\u2019artiste travaillait, l\u2019ensemble à peu près complet de cette œuvre.Ainsi harmonieusement disposée, elle a été une utile leçon d\u2019art, offerte au public avec un désintéressement parfait.L\u2019âme si haute et délicate du regretté défunt ne s\u2019est jamais inspirée d\u2019un autre mobile pendant les cinquante années de son noble et ingrat labeur.En effet, pour se vouer, dans un pays si peu fortuné, à une carrière aussi peu payante, il faut se sentir une irrésistible vocation, soutenue par l\u2019énergie tenace du vouloir et, plus encore, un absolu désintéressement.L\u2019art, en nos temps pratiques, devient aisément mercantile, au lieu de rester, indépendant de tout souci terre-à-terre, l\u2019expression de l\u2019idéale beauté.Mieux encore, il doit être compris comme un désir inné et pressant d\u2019atteindre l\u2019Incréé Lui-même, puis de rendre, aussi fidèles qu\u2019il se peut, ces intimes contemplations.Mettre son talent et ses dons à flatter et exploiter un sensualisme tout payen, et cela se voit trop communément, c\u2019est une réelle profanation.Mieux vaut rester pauvre et libre; il le faut bien souvent, si l\u2019on veut remplir dignement sa noble et utile mission d\u2019artiste, qui est d\u2019élever les âmes, d\u2019affiner le goût, de prêcher aux sens épurés toute la sereine et exquise beauté du sentiment religieux.Pour arriver jusque-là, il faut de longues années d\u2019étude, et s\u2019habituer de bonne heure à une austère vie de travail.C\u2019est déjà une grave et pratique leçon donnée à notre jeunesse, peu familiarisée avec de tels sacrifices, sans nulle r A PROPOS DE L\u2019ŒUVRE DE NAPOLEON BOURASSA 173 trempe ni ressort, alors que la lutte devient de plus en plus rude.U s\u2019agit donc de vivre, non pas dans une molle et imprécise rêverie, produite, dans les sens troublés, par l\u2019effacement des vérités religieuses ; mais dans la recherche ardue et persévérante de toutes ces connaissances variées dont l\u2019harmonieux ensemble forme le vêtement visible du Dieu invisible, le tissu unique et très simple du vrai et du beau, si solide et tellement serré que l\u2019esprit de l\u2019homme n\u2019en peut saisir la trame sans user ses fragiles instruments.Aussi bien, le tout n\u2019est pas de donner aux lignes du dessin la souplesse et la fermeté, de savoir combiner et fondre les nuances, ni même de traduire, sur la figure humaine, l\u2019idée vraie et le sentiment profond ; il faut aller puiser idées et sentiments à la source la plus haute et la plus pure, en alimenter son âme longtemps, sans se rebuter jamais.Plus l\u2019image se fait belle, plus la main se sent impuissante, plus l\u2019essai semble infructueux et décevant.Heureux celui dont on a dit qu\u2019il traçait sur sa toile, avec tant d\u2019aisance et de grâce, les célestes figures contemplées dans ses longues prières.ISTapoléon Bourassa avait compris de même l\u2019art chrétien; nulle part ailleurs voulut-il prendre ses inspirations.Sans être moine comme Fr a Angelico, il s\u2019est voué, par devoir et par goût, à une vie simple, laborieuse et recueillie, où l\u2019âme naturellement concentre beaucoup d\u2019énergie, des trésors de patience, de bienveillance, de tendresse contenue.De douloureuses épreuves sont venues aviver encore une sensibilité profonde, une piété simple et naturelle, qui aimait tant s\u2019abstraire des agitations extérieures dans une humble et confiante prière.L\u2019œuvre exposée dernièrement frappe donc par son caractère nettement religieux.Religieuse elle est d\u2019inspiration ; religieuse elle reste dans les moindres détails de son exécution.Les dessins, les études ou les motifs de décoration, presque tout reste subordonné à l\u2019architecture religieuse; l\u2019idée est une, parfaitement suivie, travaillée et fouillée; elle offre néanmoins autant de grâce que de variété dans l\u2019abondance des sujets traités.Elle est d\u2019une utilité incontestable pour l\u2019étude de cet art pratique, où il reste à réaliser d\u2019immenses progrès, à épurer le goût, à relever l\u2019inspiration, à concilier, s\u2019il est 174 REVUE DOMINICAINE possible, l\u2019économie et la solidité avec les règles du style.A ce point de vue, ce précieux et riche ensemble, fruit d\u2019une longue et laborieuse carrière d\u2019architecte, devrait trouver sa place dans une de nos institutions publiques.D\u2019ailleurs, tout le travail de Uapoléon Bourassa, ses écrits et conférences, aussi bien que ses dessins, ses peintures et ses projets, converge vers un but unique: c\u2019est un tout qu\u2019il ne conviendrait pas de diviser.Il a voulu établir sur une base solide l\u2019enseignement de l\u2019art au pays, la formation sérieuse et pratique de ses artistes futurs ; et surtout, démontrer l\u2019importance de cette culture spéciale pour dresser des artisans éclairés et habiles.Il y a parmi nos hommes influents, des gens à larges vues, remarquables par le sens pratique, experts en l\u2019art de faire valoir nos ressources ; ils s\u2019intéresseront, nous n\u2019en doutons pas, à cette pensée d\u2019une utilité évidente.Il s\u2019agirait simplement d\u2019organiser un local, suffisamment spacieux pour adjoindre, plus tard, à ce noyau premier, une collection d\u2019œuvres d\u2019art nationale.L\u2019étude du dessin et des arts décoratifs y trouverait quantité de modèles et de précieuses inspirations.Une suggestion en appelle une autre: ne serait-il pas temps de mettre à sa vraie place, en pleine lumière, l\u2019Apothéose de Christophe Colomb?Il y aurait, dans l\u2019un ou l\u2019autre de nos édifices publics, assez d\u2019espace pour cette toile de grande dimension ; elle 11e manquerait pas de frapper le visiteur et par l\u2019habileté de l\u2019exécution et par son inspiration patriotique.Le peintre y rattache un des grands événements de notre histoire à la découverte de l\u2019Amérique.Uos puissants voisins sont toujours tentés de personnifier à eux seuls toute cette Amérique.Le triomphe de son immortel découvreur flatterait grandement leur orgueil national, s\u2019il figurait dans l\u2019un de leurs musées, mais daigneraient-ils comprendre le fait historique plein d\u2019avenir qu\u2019on y voit esquissé ?D\u2019aucuns, espérons-le, apprécieront l\u2019idée élevée et profonde, exprimée en cette scène avec délicatesse et conviction.Il reste, dans la collection, un sujet religieux: 1a Mort de saint Joseph: composition limpide et pieuse, qui est vraiment une prière.Aux prises avec de pénibles déboires, le peintre aimait se réfugier en de telles inspirations.Dans A PROPOS DE L\u2019ŒUVRE DE NAPOLÉON BOURASSA 175 la lumière voilée du tableau rayonne une paix sereine ; d\u2019admirables petits anges survolent et semblent inviter au séjour meilleur.L\u2019âme endolorie, on le voit bien, s\u2019est complue dans cette paix et cette lumière; elle murmure: \u201cPuisse-je mourir de la mort du Juste!\u201d Autour de ce tableau, il s\u2019agirait de grouper toute la vie du Saint Patriarche, là-bas, dans le Sanctuaire de la Côte des ISTeiges, bâti par la piété du peuple à l\u2019humble Ouvrier de Nazareth.La Crypte, bientôt inaugurée et déjà si vaste, n\u2019est que la base d\u2019un monument superbe.Les ouvriers de la Cité manufacturière, les fidèles de tout le pays, ne viennent pas uniquement y chercher des miracles ; ils y méditeront les devoirs, les vertus et les grandeurs du travail chrétien.Nos artistes continueraient les divers épisodes de l\u2019Evangile: la Fuite en Egypte, par exemple, le Recouvrement au Temple, etc.; puis, l\u2019Atelier de Nazareth et les scènes pieuses qu'il a inspirées déjà à la peinture religieuse.Nos Paroisses, nos LTnions ouvrières, nos Sociétés de secours mutuel ou de bienfaisance pourraient réaliser ce projet en souscrivant l\u2019achat de la Mort de S.Joseph, pour l\u2019offrir en hommage à la Crypte, au jour de son inauguration.Ce serait en même temps honorer le travail persévérant et le dévouement de l\u2019un de nos meilleurs peintres, reconnaître, par un acte public, les services inappréciables rendus à nos paroisses pendant sa longue carrière d\u2019architecte.La reconnaissance porte .bonheur, dit-on ; il est également vrai de dire qu\u2019elle hante les grandes âmes.Il y en a parmi nous plus qu\u2019il n\u2019en faut pour assurer le succès de ces divers témoignages de notre légitime gratitude.Puissent d\u2019autres voix mieux autorisées donner à ces suggestions d\u2019atteindre plus haut et plus loin encore; non pas pour assurer plus de gloire à celui que ne l\u2019ambitionna jamais, mais simplement pour que son œuvre reste, après sa mort, utile à ses concitoyens : cela suffirait à sa mémoire.Fr.J.-D.Bbosseau, O.P. A MESSIEURS LES RHETORICIENS Mes chers amis L\u2019autre jour, sans avoir Fair d\u2019y prendre garde, j\u2019entendais disserter deux de vos confrères.Ces messieurs ne paraissaient pas partager les mêmes opinions sur une question que vous avez sans doute traitée souvent vous-mêmes.Les Rhétoriciens, \u2014 quoi qu\u2019on dise et quoi qu\u2019on pense en certains milieux,\u2014sont ordinairement des gens sérieux et qui sont capables même de philosopher quand l\u2019heure en est venue.Yos deux confrères Rodrigue et Arthur dissertaient donc chacun dans leur sens.sur la tuberculose.Eh! oui, sur la tuberculose.Je prêtai l\u2019oreille quelque temps à leurs discours, et je me dis que la chose, en effet, vaut bien la peine d\u2019être étudiée par des jeunes gens qui ont l\u2019ambition de filer encore de longues années sur \u201cla mer du monde.\u201d Mais je crus remarquer que les notions de vos deux confrères sur la tuberculose manquaient un tantinet de précision.Sans me mêler à leur discussion, je pris alors la résolution de revoir des notes prises au cours de mes lectures et de vous adresser, mes amis, la lettre que vous avez sous les veux.Ah ! les notes, comme ça sert à bien des choses ! Pourquoi les écoliers n\u2019en prennent-ils pas davantage ?Donc vous ne serez pas scandalisés si je m\u2019improvise professeur de médecine.Je viens simplement essayer de compléter les dissertations de vos deux amis Rodrigue et Arthur.Du reste, je ferai connu beaucoup de savants, comme la plupart des savants, je me servirai de la science des autres.Je pourrai peut-être ainsi vous faire profiter de quelques-unes de mes lectures et de quelques-uns de mes souvenirs d\u2019écolier.Qui sait si par l\u2019évocation de ces souvenirs je ne vous amènerai pas à pousser le cri du maréchal de Grammont en entendant Bourdaloue: \u201cMorbleu, il a raison!\u201d Mais je regrette déjà cette comparaison qui pourrait me faire mal juger, en vous portant à penser que je me prends pour un Bourdaloue.Croyez-moi, il n\u2019en est rien. A MESSIEURS LES HHÉTORICIEXS 177 Commençons par définir.Il est fort utile, pour ne pas dire nécessaire, de définir avant de pérorer.C\u2019est du moins ce qu\u2019on enseigne souvent dans les classes, n\u2019est-ce pas ?ATous allons donc essayer de donner la définition de la tuberculose.\u201cLa tuberculose,\u201d dit la science, \u201cc\u2019est une maladie chronique causée par la présence du bacille de Koch dans l\u2019organe affecté.\u201d Pour parler chrétien, comme dirait Molière.la tuberculose, c\u2019est la consomption que tout le monde connaît.Je 11e sais pas trop ce que vaut cette définition, mais je sais bien que la consomption peut s\u2019attaquer à tous les organes, et qu\u2019elle s\u2019attaque de préférence aux poumons.Je ne me souviens pas si vos deux confrères avaient \u2022songé à définir la tuberculose avant d\u2019entrer en discussion; mais je n\u2019ai pas oublié ces paroles de l\u2019un d\u2019eux: \u201cOn grossit certainement à plaisir le nombre des victimes de la tuberculose.Ce n\u2019est pas croyable que 500,000 personnes meurent de la tuberculose chaque année dans le monde.\u201d Ce chiffre me fit sourire, car, sans avoir sous les yeux des chiffres précis, je savais que Rodrigue était au-dessous de la vérité.Savez-vous, mes amis, quel est le chiffre presque fabuleux des victimes de la tuberculose chaque année dans le monde entier ?Deux millions ! Il mérite d\u2019attirer l\u2019attention, vous le voyez, en temps de guerre plus que jamais.Et s\u2019il meurt deux millions de personnes chaque année dans le monde entier, il faut bien penser que le Canada a sa part dans ce désastre, de même que notre chère province de Québec.Au Canada la tuberculose fait 13,000 victimes par année, et dans notre province de Québec, 3,000.C\u2019est donc évident que votre confrère n\u2019exagérait rien en parlant des 500,000 victimes annuelles qui tombent dans le monde.On viendra dire ensuite que les jeunes gens ne sont pas assez modérés dans leurs appréciations.Que d\u2019injustices commettent les gens raisonnables à l\u2019égard des jeunes! Mais revenons donc à Rodrigue et à Arthur, puisque c\u2019est leur conversation qui m\u2019a fourni l\u2019idée de cette lettre.Arthur était d\u2019avis lui que la tuberculose est héréditaire, tandis que Rodrigue soutenait énergiquement qu\u2019elle ne l\u2019est point.Ah! si j\u2019avais eu à ce moment-là sous la main ce qu\u2019en pense le savant Reus, je serais peut-être descendu dans l\u2019arène.Que M.Arthur et tous ceux qui partagent ses opinions lisent donc ces lignes qui donnent passablement raison 178 REVUE DOMINICAINE à Rodrigue: \u201cLa science nouvelle,\u201d dit Reus, \u201cne nie pas les nombreux faits où se manifeste l\u2019influence de l\u2019hérédité, mais elle les interprète d\u2019une façon toute différente de celle qui avait cours jusqu\u2019ici.Ce que les parents tubercujeux transmettent à leurs enfants, ce n\u2019est pas, dans la majorité des cas au moins, la tuberculose elle-même, mais une constitution affaiblie, un terrain apte à recueillir le microbe de la tuberculose, incapable de résister à ses atteintes et présentant à son évolution ultérieure un champ admirablement préparé.Ce microbe que les parents ne transmettent pas à leur enfant avec leur sang, ils le répandent malheureusement autour d\u2019eux, puisqu\u2019ils sont phtisiques, et cet enfant se trouve placé dans les conditions les plus favorables pour le recevoir et le communiquer de la même manière à ses frères et à ses sœurs qui meurent, non par hérédité, mais par contagion.\u201d Que c\u2019est commode d\u2019avoir de la science sous la main ! Si la consomption n\u2019est pas héréditaire, comment donc se propage-t-elle ?C\u2019est bien là la question posée par Arthur.Vous l\u2019entendez?Vous vous entendons, M.Arthur, et nous vous répondons.La consomption, toujours d\u2019après les savants, peut se propager de plusieurs manières.Elle se transmet facilement, par exemple, au moyen des crachats et par les gouttelettes de salive.Il suit de là que dans nos collèges comme ailleurs nous devons éviter scrupuleusement de cracher sur le plancher.Les crachats desséchés, voyez-vous, peuvent répandre la mort.Défions-nous aussi des gobelets mis à l\u2019usage du public.C\u2019est une excellente pratique d\u2019avoir à son usage personnel un gobelet de poche, dans un étui.On peut, de même, contracter la consomption en prenant des aliments contaminés, et par inoculation.Et puis, mes chers amis, il y a les causes prédisposantes.Ces causes auxquelles vos deux confrères n\u2019ont pas manqué de toucher, je vais vous en dire un mot.Il fallait entendre les propos sarcastiques de Rodrigue au moment où son ami lui rappelait que la fatigue, le surmenage peuvent être des causes de consomption chez les écoliers.\u201cAh! Ah!\u201d criait-il, \u201cla consomption est finie, s\u2019il n\u2019y a plus que le surmenage des écoliers pour la faire durer.Ce serait autre chose, ajoutait-il, si tu me parlais de l\u2019alimen- A MESSIEURS LES RHÉTORICIEXS 179 tation insuffisante de nos cuisines de collèges.\u201d A vrai dire, Rodrigue n\u2019est pas un bourreau de travail et n\u2019est pas un partisan ardent de la mortification.La discussion fut longue et fort vive entre Arthur et Rodrigue.Enfin on me parut en arriver à cette conclusion-ci : La table de nos pensionnats convient généralement à la jeunesse qui étudie, mais beaucoup de nos écoliers mangent trop vite et mangent trop abondamment parfois, surtout le matin, avant d\u2019entrer en classe.Une table plus riche, outre qu\u2019elle ne serait pas proportionnée au prix des pensions, aurait peut-être des effets désastreux sur la santé des écoliers.Examinons donc les autres causes prédisposantes de tuberculose.D\u2019abord que faut-il penser du tabac chez les écoliers ?Si le surmenage intellectuel est un facteur négligeable chez les élèves de nos collèges, il n\u2019en est pas tout à fait de même du tabac.\u201cLe tabac,\u201d disait le Dr De Blois, lors du congrès d\u2019action sociale tenu aux Trois-Rivières en 1912, \u201cpour un très grand nombre de gens, surtout chez les enfants, particulièrement s\u2019ils sont écoliers, est une source d\u2019affaiblissement pour l\u2019organisme.De même que l'alcool, il porte son action toxique, spécialement sur le système nerveux.Le tabac est l\u2019alcool des enfants et des adolescents, et il peut ainsi devenir un pourvoyeur important de la tuberculose.\u201d Ajoutons que les écoliers fumeurs sont parfois prêts à M\u2019importe quel sacrifice pour \u201ctirer une touche.\u201d J\u2019en ai connu de ces gens-là quand j\u2019étais élève comme vous autres.\u2022S\u2019ils prenaient leurs repas en ville, ils \u201cmangeaient à la diable\u201d et \u201callumaient\u201d trois fois par jour, souvent six fois par jour.Et puis, dans le cours de la journée, le fumeur type qui ne faisait pas partie d\u2019un \u201ccomité\u201d où l\u2019on fumait abondamment, essayait de tromper la surveillance des maîtres, et allait se cacher n\u2019importe où, voire même dans les endroits les moins hygiéniques que vous connaissez peut-être, pour \u201cbrûler une cigarette\u201d ou autre chose.Ca n\u2019a pas beaucoup changé aujourd\u2019hui, je pense bien.Le pauvre fumeur passionné, après ces exploits, entre à l\u2019étude ou en classe, ses habits et ses poumons imprégnés, saturés de nicotine et d\u2019autres microbes plus ou moins nuisibles.Je sais bien comme vous que des élèves font ce jeu-là sans y attraper 180 REVUE DOMINICAINE grand mal ; mais d\u2019autres ne s\u2019en tirent pas aussi bien, malheureusement.Et l\u2019alcool ?\u201cSi nous fumons,\u201d me crient tous les Rhé-toriciens, \u201cnous ne buvons pas, Dieu merci.\u201d Vous avez raison.Du reste, j\u2019admets même que l\u2019abus du tabac, dont je viens de faire un tableau un peu sombre, est le fait peut-être d\u2019une exception.Mon, vous ne buvez pas, mes chers amis ; vous ne buvez pas aujourd\u2019hui.Mais demain, au sortir du collège, la tentation de boire sera peut-être terrible.Et, il ne faut jamais l\u2019oublier, la tubersulose suit bien souvent l\u2019alcoolisme.Le professeur Brouardel affirme que la mortalité par la tuberculose suit une ascension parallèle à la consommation de l\u2019alcool.Bertillon traduit la même pensée sous une forme originale et fort énergique : \u201cL\u2019alcool et la phtisie sont frère et sœur.\u201d Et n\u2019allons pas nous faire illusion au sujet de Y usage-modéré de l\u2019alcool.J\u2019ai devant moi une intéressante lettre circulaire qu\u2019un jeune homme, le fils du Dr Dubé de Montréal, adressait naguère aux Finissants d\u2019un collège classique, pour mettre ses jeunes amis en garde contre la tuberculose.Voici quelques lignes que je détache de cette lettre: \u201cPendant que nous y sommes, mes chers amis, je glisse les propositions suivantes adoptées par la Société Médicale de Montréal, et contre lesquelles aucun blâme scientifique n\u2019a pu être jeté.\u201c1° La science contemporaine soutient avec raison et preuves à l\u2019appui que l\u2019alcool, poison surtout du foie et du système nerveux, est, ien vérité, une substance dangereuse-dont les hommes doivent absolument s\u2019abstenir.\u201c2° Il n\u2019y a pas de boissons hygiéniques parmi les boissons alcooliques.\u201c3° L\u2019usage extrêmement modéré d\u2019une des boissons fermentées peut ne pas toujours nuire à certains individus,, mais n\u2019est jamais véritablement salutaire.\u201c4° Pour être en possession aussi complète que possible, à tous les instants de notre existence, de nos facultés et de-nos moyens naturels, il faut être d\u2019une rigoureuse abstinence.\u201d A faire usage d\u2019alcool, le voyez-vous, nous avons tout à y perdre, quand la tuberculose ne nous guette pas. A MESSIEURS LES RHÉTORICIENS 181 Encore un mot, et j\u2019ai fini.Vous allez bientôt vous en aller en vacances.Sans vouloir vous souffler des idées révolutionnaires, je vous conseille de vous faire chez vous les champions de l\u2019hygiène-, au moins des champions modérés.Dites souvent, si on ne le sait pas déjà, que l\u2019air et le soleil doivent entrer dans les maisons, même dans les salons, et surtout dans les chambres à coucher.Allez-y avec tact, avec calme, mais efforcez-vous de convaincre votre maman, votre sœur aînée que les maisons trop bien fermées, où le soleil n\u2019ose pénétrer, sont des antres de la tuberculose.Et puis, mes chers amis, soyez prudents, sans être des peureux, des douillets.Evitez les refroidissements ; ne laissez pas durer trop longtemps un mauvais rhume.Si vous avez une toux persistante, allez voir un médecin.Couchez-vous de bonne heure toujours.ILe comptez pas tiop sur vos forces et sur votre jeunesse.Les fleurs du printemps sont vite fanées par la gelée.En donnant un soin convenable à votre santé, songez que la pratique de la vertu est l\u2019hygiène par excellence, et que la vie d\u2019un homme est d'un grand prix pour l\u2019éternité.De cette façon, mes chers amis, vous serez des philosophes, même avant d\u2019entrer en philosophie.A vous en jST.-S., Josepii-G.Gelinas, Ptre . CONSULTATION COUTUMES ET TRADITIONS NATIONALES Chaque peuple a ses coutumes et ses traditions, religieuses ou profanes; il y est, ci\u2019ordinaire, profondément attaché : elles sont l\u2019âme cle son cidte du passé.\u2014 L\u2019Eglise respecte-t-elle ces traditions, ou en demande-t-elle le sacrifice aux peuples qui acceptent sa foi et ses lois?La réponse à cette question peut être formulée dans les termes suivants : \u201cL\u2019Eglise favorise et ordonne le maintien des coutumes et des traditions de chaque peuple, même en pays conquis, dès qu\u2019elles ne sont pas contraires à la foi catholique.\u201d La preuve documentaire complète de cette assertion exigerait des volumes : ce serait l\u2019histoire de l\u2019expansion de l\u2019Eglise chez tous les peuples; du moins, essayons, par quelques textes, d\u2019en établir la vérité.* * * Aux tout premiers temps de l\u2019organisation de l\u2019Eglise, les Apôtres eurent à étudier et à résoudre le problème des coutumes nationales : devaient-ils laisser aux \u201cétrangers\u201d leurs coutumes et ne leur demander que la foi en Xotre-Seigneur, ou leur imposer les coutumes juives, la circoncision, etc?L\u2019on sait avec quelle ardeur saint Paul soutint la cause des \u201cgentils\u201d et la fit triompher au Concile de Jérusalem (51) ; et n\u2019oublions pas que la décision du Concile fut attribuée au St-Esprit: Visum est Spiritui Sancto et nobis.(Actes, XV) Et nous ne sachons pas que, depuis, l\u2019Esprit-Saint ait changé d\u2019avis.Au contraire, la politique de l\u2019Eglise, assistée du Saint-Esprit, n\u2019a point cessé d\u2019être une protection des coutumes qui ne nuisent pas à la foi.Les preuves en sont quasi innombrables : recueillons-en quelques-unes.Au Concile de Xicée (325), les Pères rappellent les chrétientés d\u2019Egypte et d\u2019Aelie, au respect d\u2019anciennes cou- CONSULTATION 183 tûmes : \u201cQue les anciennes coutumes soient observées : anii-qui mores serventur,\u201d et encore: \u201cParce que la coutume et une antique tradition veulent que l\u2019Evêque d\u2019Aelie soit honoré.etc.quoniam obtinuit consuetudo et antiqua tra-ditio.\u201d (Mansi,, Coll.Concil., vol.II, p.670) En 1194, le Pape Célestin III confirme \u201cles antiques et raisonnables coutumes de l\u2019Eglise d\u2019York\u201d; (Bifilaire, III, p.98) et l\u2019une des raisons par lesquelles il justifie, auprès du chapitre d\u2019York, la déposition de l\u2019Archevêque, c\u2019est que ce dernier \u201crenverse et anéantit les coidumes approuvées de son Eglise: Ecclesiae suae consuetudines approbatas evacuat ac subver tit.\u201d (Ibid., p.103) En 1209 pour l\u2019église d\u2019Athènes, en 1213 pour celles de Corinthe et de Philippes, Innocent III \u201cconfirme toutes les libertés, immunités et coutumes raisonnables approuvées jusque-là.(Bull., III, p, 229-264) En 1611, Paul Y rétablit chez les Maronites plusieurs coutumes nationales qu\u2019un patriarche avait cru pouvoir abolir; ainsi, il avait aboli l\u2019abstinence perpétuelle des évêques, l\u2019abstinence de vin et de poisson pour tous, durant le Carême, un jeûne de quarante jours, à l\u2019Avent, un jeûne de trente jours avant la fête de saint Pierre: \u201cParce que, dit le Pape, ces coutumes ne sont pas contraires à la foi catholique, nous permettons qu\u2019elles soient restituées et conservées.\u201d (Bull., XI, p.665) Le texte suivant, bien qu\u2019un peu long, est trop explicite et trop important pour que nous omettions de le rapporter.Xous l\u2019extrayons d\u2019une Instruction de la Propagande aux Missionnaires, sous le pontificat d\u2019Alexandre VII, 1659.Les missionnaires des Missions Etrangères reçoivent donc les avis qui suivent: \u201cN\u2019essayez pas, pour quelque raison que ce soit, de persuader à ces peuples de changer leurs coutumes et leurs moeurs, à moins qu\u2019elles ne soient très évidemment contraires à la religion et aux bonnes mœurs.Quoi de plus absurde que de vouloir transporter en Chine, la France, l\u2019Espagne, l\u2019Italie ou toute autre partie de VEurope; importez-y plutôt la foi qui ne repousse ni ne blesse, au contraire, qui travaille à protéger les coutumes de chaque nation, dès qu\u2019elles ne sont pas mauvaises.\u201cIl n'y a pas de plus grande cause de haine et de DESAFFECTION QUE LE CHANGEMENT DES COUTUMES NATIO- 184 REVU K DOMINICAINE kales : (nulla odii et alienationis causa potentior existât, quam patriarum consuetudinum immutatio) de celles., surtout,, AUXQUELLES LES GENS SONT HABITUES, DE TEMPS IMMEMORIAL.\u201cC\u2019est pourquoi, ne comparez jamais les coutumes de ces pays aux coutumes européennes : au contraire, habituez-vous-y avec grand soin.\u201d (Collect.Prop., vol.Ier, no 135, p.42) Et comment résister au plaisir de citer cette partie d\u2019une Instruction de la Propagande \u2014 3 décembre 1869 \u2014 au Vicaire Apostolique d\u2019Agra, aux Indes, relative aux coutumes nationales ?\u201cAvertissez fermement les religieuses qui s\u2019occupent de l\u2019éducation des jeunes filles, qu elles n obligent pas les jeunes indigènes à porter des vêtements européens, ni A ABANDONNER LEURS US ET COUTUMES NATIONAUX, (ne puellas indigenas cogant uti vestibus europaesis, aut usus et consuetudines nationales relinquere) quand ils ne son pas entachés de superstitions.\u201d (Coll.Prop.Vol II, p.33) * * * Pour prévenir une objection, il n\u2019est peut-être pas inutile d\u2019apporter une autre série de textes.\u201cEn pays conquis, dira-t-on, l\u2019attachement aux coutumes nationales est-il sanctionné par la protection de l\u2019Eglise ?\u201d Même dans ces conditions, l\u2019Eglise respecte les coutumes nationales, et en proclame solennellement le bien fondé.Certes, s\u2019il est un peuple conquis, c\u2019est bien le peuple juif.Or, l\u2019Eglise n\u2019a cessé de respecter les coutumes des juifs établis dans ses domaines temporels, aussi longtemps qu\u2019ils n\u2019abusèrent pas de ses bontés.En 1562, c\u2019est une bulle de Pie IV accordant faveurs et privilèges aux Juifs de Rome, et qui, même, les exempte des lois de la cité, lorsque ces lois sont \u201ccontraires à leurs privilèges et aux concessions à eux déjà faites.\u201d (Bull., VII, p.168) \u2014 C\u2019est Paul III, permettant aux Juifs et aussi aux Turcs et aux Grecs et autres marchands orientaux, établis dans les Etats de l\u2019Eglise, d\u2019avoir des écoles nationales.(Bull., VIII, p.33)\u2014En 1513, c\u2019est Grégoire XIII accordant aux Juifs, aux Grecs, aux Turcs d\u2019Ancône, le privilège de tribunaux spéciaux.(Bull., VIII, p.34)\u2014En 1586, c\u2019est Sixte-Quint CONSULTATION 185 qui déclare expressément \u201ctolérer que, clans les Etats de l\u2019Eglise, les Juifs aient leurs rites, leurs constitutions et leurs lois .\u201d (Bull., VIII, p.186) -\u2014 En 1857, le même Pontife reconnaît aux Grecs d\u2019Ancône le privilège de s\u2019élire un consul \u201cà qui exclusivement ils seront soumis, comme les autres \u201cnations\u201d d\u2019Ancône.\u201d Ainsi, dans des villes soumises au Saint-Siège, Juifs, Grecs, Turcs conservaient leurs coutumes nationales, et chaque \u201cnation\u201d avait son chef national particulier.(Bull., IX, p.269, p.647) Peuple conquis, les Ruthênes! Et, cependant,, Léon XIII déclare, en 1894, qu\u2019il leur laisse \u201cleurs coutumes légitimes et leurs rites propres.\u201d (Lettres de Léon XIII, vol.III, p.261) Peuple conquis, les Polonais! Et, cependant, Léon XIII déclare qu\u2019il couvre \u201cd'une seule et même affection ce peuple dans lequel les races, les langues, les rites religieux sont divers;\u201d il obtient du gouvernement russe, pour lui, des adoucissements aux mesures oppressives.(Lettres, III, p.257) Et plus près de nous, Pie X refuse de désavouer les luttes polonaises en faveur de la plus auguste des traditions, celle de la langue maternelle.(Cf.Revue Hebdomadaire, 29 juin-6 juillet 1907, art.de H.Welshinger) Peuples conquis, plusieurs de ceux à\u2019Orient auprès desquels s\u2019exerce l\u2019apostolat catholique! Et, cependant, Léon XIII demande \u201cde multiplier le plus possible les institutions où la science et la discipline seront enseignées en les mettant en harmonie avec le génie particulier de la nation.\u201d (IV, p.65) Peuple conquis, le peuple Arménien, le peuple-martyr par excellence ! Et, cependant, Léon XII et Pie VIII (1827-1828) \u201cconsacrent leurs soins à obtenir que dans la capitale même de l\u2019empire turc, les Arméniens aient un préfet de leur nation\u201d; et Léon XIII procure à ces Arméniens, dans le Collège romain d\u2019Arménie, \u201cle respect, comme de juste, de la liturgie et de la langue de l\u2019Arménie, si recommandables par Vantiquité\u201d; au Collège de la Propagande, une école a été fondée de langue arménienne; et au Séminaire Pontifical, l\u2019on a installé un professeur \u201cpour enseigner aux élèves du pays, la langue, la littérature et l'histoire de la nation arménienne.\u201d (Lettres de Léon XIII, vol.II, p.221) 186 REVUE DOMINICAINE Peuples conquis, les Indiens d\u2019Amérique! Et, cependant, quelle sollicitude du S.Siège {Coll.Prop., IIe vol.p.356) et des Conciles, pour leur conversion, jamais pour leur écrasement : l\u2019on s\u2019efforce de les instruire, les missionnaires doivent apprendre leurs langues, l\u2019on établit des comités épiscopaux qui veilleront sur eux, (Conc.Baltimore) mais le Saint-Siège et les Conciles ne cherchent pas à les priver des coutumes et des traditions qui ne vont pas contre la doctrine chrétienne.Peuple conquis, les Irlandais! Et, cependant, Léon XIII déclare, en 1883, \u201cqu\u2019il leur est permis de lutter pour leurs droits; car il ne faut pas croire que ce qui est permis à chaque nation soit interdit en Irlande \u201d (T\u2019 Serclaes, Léon XIII, vol.I, p.353) Et le cardinal Manning, en 1890, a établi que Léon XIII eut pu obtenir une légation anglaise à Borne, s\u2019il avait voulu se montrer hostile au Home Rule.(Ibid., p.514) Peuple conquis, les Canadiens d\u2019origine française! Et, cependant, au sujet de l\u2019un des éléments essentiels de leurs traditions nationales\u2014la langue\u2014Sa Sainteté Benoît XV déclare \u201cqu\u2019assurément, Von ne saurait leur faire un reproche de défendre ce qui leur tient tant à coeur.\u201d (Lettre Commisso, 8 sept.1916) * * * Xon, l\u2019adhésion à la foi catholique ne signifie pas pour un peuple l\u2019ensevelissement de ses coutumes et de ses traditions : l\u2019Eglise, qui est \u201cune grande école de respect,\u201d respecte le génie particulier de chaque nation; les traditions compatibles avec la foi et les bonnes mœurs trouvent en Elle une sauvegarde et une protestation; Elle recommande et favorise, en un mot, \u201cle culte du passé.\u201d Fr.Aug.Leduc, O.P. DANS L\u2019EGLISE ET DANS L\u2019ORDRE Une conversion remarquable Il s\u2019agit du révérend Harry Wilson, ministre anglican, entré avec sa femme dans le giron de l\u2019Eglise catholique, à Los Angeles, le 30 janvier 1917, et dont l\u2019abjuration, reçue par Mgr Patrice Harnett, administrateur du diocèse, repose sur des motifs bien déterminés et du plus haut intérêt.Voici la substance du récit paru en détail dans l\u2019organe officiel du diocèse: The tidings.Le révérend Wilson était directeur d\u2019un grand journal épiscopalien, The American Catholic, publié à Los Angeles.(On sait que les membres de la secte usurpent volontiers l\u2019appellation de catholiques.) Dans son article d\u2019adieu, le converti ne craint pas de fournir à ses lecteurs toutes les explications désirables au sujet d\u2019une démarche sensationnelle de nature à les contrister.Quelque temps auparavant, l\u2019Eglise épiscopalienne avait tenu une Convention générale où la question du divorce venait en premier lieu parmi les sujets d\u2019étude; et l\u2019assemblée presque unanime avait refusé d\u2019amender le décret permettant le mariage après la séparation.\u201cCe refus m\u2019occasionna un choc terrible.Jusque-là, chers lecteurs, je n\u2019avais pas plus que vous présentement la pensée ni le désir d\u2019aller vers Rome.Mais aussi, il ne m\u2019était jamais venu à l\u2019esprit que la Convention pût refuser d\u2019amender cette loi.Cela me conduisit à des réflexions très intenses sur notre situation religieuse et sur le rôle de l\u2019Eglise romaine en ce pays.Je m\u2019efforçai de découvrir laquelle des deux Eglises pouvait le plus raisonnablement se croire en possession du tout évangélique.\u201d Guidé dans ses recherches par un \u201cfrère de doute,\u201d le Dr Lucius Waterman, et par un théologien catholique, le Père Searle, notre clergyman reconnut bientôt que non seulement l\u2019institution du mariage, mais toute la morale évangélique avait bénéficié de l\u2019action catholique, en terre américaine aussi bien qu\u2019à l\u2019étranger.Passant ensuite de la 188 REVUE DOMINICAINE morale au dogme, il s\u2019aperçut qu\u2019il avait erré considérablement sur le sens et la portée de l\u2019infaillibilité pontificale.\u201cLes catholiques croient moins aisément que nous aux communications directes venues d\u2019en haut.Ils sont loin d\u2019imaginer que le Pape puisse recevoir et promulguer une nouvelle révélation; mais son infaillibilité consiste simplement à déterminer ce qui est déjà révélé par le Christ ou par le Saint-Esprit.\u201d Si le système catholique \u2014 vie et croyance, dogme et morale \u2014 représente adéquatement l\u2019Evangile, nous voici dans une belle lumière pour juger des erreurs, des lacunes et des faibleses au sein de l\u2019Eglise romaine: elles seront le fait des individus et non du credo qu\u2019ils professent.Et sur ce point, le ministre eut tôt fait de rejoindre par une autre voie Mgr Benson, et d\u2019adopter une des conclusions maîtresses de By what authority?\u201cLes défauts de l\u2019anglicanisme et du protestantisme en général,\u201d écrit le brillant converti de Woodchester, \u201csont des preuves établissant que le système entier n\u2019est point de portée divine; tandis que les défauts dans le catholicisme nous montrent seulement que ce système a un côté humain en même temps qu\u2019un côté divin, et c\u2019est là ce que pas un catholique n\u2019a jamais songé à nier.\u201d Si les mieux instruits parmi nos frères séparés voulaient étudier l\u2019histoire de l\u2019Eglise de Home, le contenu de son dogme et de sa morale, et son action bienfaisante à travers siècles et nations, avec autant de sérieux, de loyauté et de patience que M.Harry Wilson, Dieu aidant ils découvriraient à leur tour quelle forme religieuse répond îe plus exactement à la pensée de Jésus-Christ et contient avec le plus d\u2019évidence le tout évangélique.L'i M MORALE VICTOIRE Ce serait la victoire sans expiation.La durée de la guerre, son universalité, son caractère inouï d\u2019horreur et d\u2019épouvante, démontrent trop clairement que c\u2019est avant tout \u201cla revanche\u201d de Dieu contre les gouvernements et les peuples insoumis à sa loi.Est-ce que les uns et les autres s\u2019en préoccupent suffisamment?En France surtout\u2014puisque le sort de l\u2019ancienne mère-patrie nous tient tellement à cœur \u2014 les conversions de soldats sont-elles assez nombreuses dans l\u2019église et dans l\u2019ordre 189 pour réjouir à fonds le cœur du prêtre et désarmer la colère du Christ ?Pierre L\u2019Hermite disait tout à l\u2019heure au \u201cpoilu neutre,\u201d refusant de faire ses Pâques, qu\u2019il \u201cs\u2019inscrivait contre la victoire de son pays.\u201d Du côté de l\u2019autorité gouvernementale, M.Paul Deschanel est bien le seul qui ait osé prononcer le nom de Dieu dans une harangue officielle.On nous objecte: Pourquoi exiger des démarches forcément hypocrites de la part d\u2019hommes qui n\u2019ont pas la foi ?\u2014Les chefs d\u2019une nation catholique doivent user de tous les facteurs de salut que possède une nation catholique, eussent-ils, quant à eux-mêmes, une foi médiocre ou nulle en l\u2019efficacité objective de ces ressources.Agir de la sorte n\u2019est pas compromission ni faiblesse, mais mesure d\u2019honnêteté et de justice, et en même temps de sagesse politique; ce n\u2019est pas trahir sa conscience, c\u2019est remplir son mandat.Ce qui s\u2019impose en temps ordinaire devient une obligation accablante en temps de crise.On ne peut la méconnaître sans renverser du coup la théorie si chère du gouvernement du peuple par le peuple.On ne peut s\u2019y dérober sans s\u2019inscrice officiellement contre la victoire du pays.D\u2019autre part, comme il est difficile, à l\u2019étranger, d\u2019insister sur une pareille anomalie sans être taxé de tiédeur envers la France, nous allons citer intégralement la lettre admirable, typique dans le meilleur sens du mot, d\u2019un sous-officier français à un supérieur de Communauté.On peut dire qu\u2019elle contient les idées et sentiments obligatoires, a l\u2019heure actuelle, sur les champs de bataille.Et remarquons -le bien, ce jeune homme ne parle pas ainsi par routine ou vitesse acquise : sa conversion date de deux années seulement ; encore moins par crainte exagérée des échéances de combat: la croix d\u2019honneur est fixée à sa capote.Mais lisons plutôt : Au Front, 22 mars 1917.Mon très cher Père, Vous m\u2019excuserez de n\u2019avoir pas encore répondu à vos deux lettres qui m\u2019ont tant fait plaisir.Dans cette vie de soldat, les précieux moments de solitude et de tranquillité morale sont rares! Ce n\u2019est guère qu\u2019à l\u2019église que je les 190 REVUE DOMINICAINE trouve, et encore là, ils ne m\u2019appartiennent naturellement pas.Tontes les pensées que vous exprimez dans vos lettres sont si vraies, et à maintes reprises, je les ai moi-même vivement ressenties.Ah ! certes, si la religion et la vie intérieure ne venaient éclairer l\u2019horreur de toutes ces calamités, je n\u2019aurais certainement pu en supporter le poids.Dieu m\u2019a soutenu de nombreuses grâces au cours de ces dernières années.Ce n\u2019est pas à dire que pendant ces longs mois, de fréquentes défaillances morales ne soient pas venues m\u2019assaillir.Mais il est bien vrai que n\u2019est toujours au pied de l\u2019autel, dans le divin sacrement dont mon âme éprouva maintes fois littéralement la sainte soif, que je parvenais à retremper mes énergies de cœur et d\u2019esprit.Je vous parle ainsi, ouvertement, sachant bien que votre cœur de saint-prêtre me comprendra.Plus tard, si la Providence le permet, que de choses n\u2019aurai-je pas à vous raconter, grandes ou petites, sublimes ou vulgaires ! Car, vous le pensez bien, naturellement curieux et quelque peu observateur, j\u2019ai compris beaucoup de choses à la lueur des combats.Et si dures qu\u2019aient été ces terribles expériences, je suis loin de les regretter.Tout cela commence à peser lourdement, par exemple.Vous savez que n\u2019étant pas d\u2019une santé bien robuste, j\u2019ai subi de rudes secousses physiques dont les effets se font sentir de plus en plus.Mais j\u2019ai une foi absolue et je sens que l\u2019épreuve ne sera jamais audessus des forces disponibles.C\u2019est appuyé sur ces mêmes raisons \u201cpsychiques \u201d que je sais que la victoire sera de notre côté.Connaissant les fautes de la France dont je vois le triste effet sur tant de camarades, je ne m\u2019étonne pas trop qu\u2019elle soit si lente à venir.Le contraire serait presque immoral.Mais notre cause est profondément juste, comme l\u2019essence même de 1a.vieille âme française.Aussi, les souffrances du front, si terribles ; les liéroïsmes, éclatants ou obscurs, si nombreux ; les larmes du foyer, si amères ; la générosité des civils, si constante : non, rien de tout cela ne sera perdu, tout pèsera dans la balance du rachat, n\u2019est-ce pas, mon Père ?Priez toujours, s\u2019il vous plait, pour nous tous, afin que Dieu veuille nous garder les uns aux autres.Car au fond, la grande angoisse du Poilu est là, c\u2019est la pensée de l\u2019épouse dans l\u2019église et dans l\u2019ordre 191 et des petits! Vous souhaitant du fond de l\u2019âme tout ce qui doit procurer votre bonheur ici-bas comme au ciel, je demeure, très cher Père, Votre respectueux et reconnaissant ami Paul P.La Croisade de la Grace Il existe, en plusieurs pays, des associations pieuses dont le but est d\u2019obtenir, par d\u2019instantes supplications, la fin de la guerre ; on les appelle assez généralement des Croisades de prière.Au moment où les Etats-Unis se jettent, à côté des Alliés, dans l\u2019immense conflit, les catholiques de ce pays ont été inspirés, par une circonstance providentielle, de former à leur tour la Croisade de la Grâce.Le 30 août de cette année, il y aura trois cents ans écoulés depuis la mort de la première Sainte américaine, l\u2019immortelle Dominicaine Rose de Lima.Mettre sous sa protection le maintien et l\u2019accroissement de la vie de !a o-râce, sur la terre d\u2019Amérique, c\u2019est d\u2019une belle et pieuse inspiration.Sainte Rose a été une des grandes mystiques de l\u2019Eglise, une autre Catherine de Sienne sur le nouveau continent ; une contemplative au milieu du monde, une ascète adonnée aux plus rudes expiations dans un siècle de plaisir et d\u2019ambition.Vraie Prêcheresse du Tiers-Ordre séculier, elle fit de sa pauvre cellule un foyer intense de renouvellement religieux, car des âmes sans nombre venaient s\u2019inspirer d\u2019elle, quand elles cherchaient les voies de la perfection intérieure, ou quand elles désiraient la prospérité de leurs œuvres.L\u2019intervention des Etats-Unis dans la nuerre met en O action une puissance et surtout une influence considérables.Mais qu\u2019importent les millions de dollars ou de soldats, l\u2019appoint de ressources industrielles immenses ou d\u2019une fortune énorme, si la guerre reste ce qu\u2019elle est : un terrible châtiment moral.L\u2019effort matériel a demi brisé nécessite plus que jamais une intervention surnaturelle.Les catholiques du Uouveau-Monde connaissent déjà cette vie si pure, toute de prière, d\u2019expiation et de zèle, que Lima admirait il y a trois cents ans.La Croisade dont nous parlons se propose de placer sous le patronage de la 192 REVUE DOMINICAINE grande Sainte Américaine la foi catholique et ses œuvres, aux Etats-Unis, et aussi dans les deux Amériques.La fête prochaine du 30 août devrait être l\u2019occasion de prières ferventes à sainte Rose, modèle des vertus réparatrices, apôtre de la vie chrétienne fervente et active.Il serait utile, et beaucoup, de relire sa Vie ; notre tiède piété la trouvera sans doute exagérée, mais elle sera quand même une très opportune leçon à notre égoïsme.Le mois dominicain Le Droit, d\u2019Ottawa, accueille en ces termes le nouveau Bulletin Paroissial de Saint-Jean-Baptiste : \u2018\u2018Les RR.PP.Dominicains de la paroisse Saint-Jean-Baptiste, voulant établir un courant de vie religieuse plus intense dans toutes les familles de la paroisse, viennent de fonder un Bulletin Paroissial qui portera le nom de Mois Dominicain C\u2019est le R.P.Theriault, O.P., Curé, qui a voulu ajouter cette œuvre bénie aux autres déjà si nombreuses et si belles qui fleurissent dans cette paroisse.Le premier numéro du Mois Dominicain vient de paraître, et nous sommes convaincus que toutes les familles de Saint-Jean-Baptiste se feront un devoir autant qu\u2019un plaisir de suivre cette organe et de l\u2019encourager.Ce premier numéro s\u2019annonce très intéressant, et nul doute que bientôt, ce bulletin qui s\u2019appelle le Mois Dominicain, deviendra la Semaine Dominicaine, pour le plus grand bien de tous.\u201d Fr.M.A.L.N.B.\u2014 Les élèves des collèges classiques sont priés de prendre note qu\u2019une retraite fermée pour écoliers aura lieu au Couvent de St-Hyacinthe, du 24 juin soir au 29.On peut suivre également des retraites isolées, à date libre, dans nos maisons de St-Hyacinthe ou d\u2019Ottawa.Superiorum permissu.De licentia Ordinarii. 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