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Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Rosaire
  • Successeur :
  • Maintenant
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Revue dominicaine, 1920-05, Collections de BAnQ.

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[" XXVIe Année MAI 1920 i>.^2 REVUE DOMINICAINE Directeur : R.P.M.-A., Lamarche, O.P.SOMMAIRE R P.ALEX.MERCIER, O.P.' Abbé J.LAFERRIERE R, P.A.BISSONNETTE, O.P.R.P.L.-E TRUDEAU, O.P.M.A.L.-\tLa Divine Vierge -\tL\u2019Humanisme dévot-III\u2014Fin de l'Humanisme dévot -\tNos Filles de Sion -\tLa Société d\u2019Etudes religieuses -\tRecensions\u2014R, P.Ar- '\tehambault : L Encycli- que \u201cRerum novarum\u201d ; R.P.Dugré : L\u2019école cana dienne-fran raise ; L.Hacault : L\u2019ennemi à combative ; J.B.Allaire : Catéchisme des coo'pératives.ABONNEMENTS CANADA : $1.00\t| ETRANGER : $1.25 Avec le \u201cROSAIRE POUR TOUS \u201d\t15 sous en plus par année ADMINISTRATION LE ROSAIRE SAINT-HYACINTHE CANADA \u201cLa Revne '\t\u201d PUBLIEE MENSUELLEMENT La Revue dominicaine, à part sa chronique des principaux événements \u201cdans l\u2019Eglise et dans l\u2019Ordre,\u201d publie des articles de vulgarisation traitant d\u2019Ecriture Sainte, de théologie, d\u2019apologétique ou de droit canon, et même des études de littérature, de sociologie ou d\u2019histoire, pourvu que la religion y soit concernée en quelque manière.La Revue dominicaine n\u2019a point de spécialité proprement dite dans le domaine religieux, mais elle accorde une attention particulière aux problèmes d\u2019apologétique envisagés surtout au point de vue canadien.Elle répond aussi aux consultations religieuses, ot donne un compte-rendu des ouvrages dont on lui fait tenir un exemplaire.; Collaborateurs à la Revue: RR.PP.Rouleau, Mercier, Couet, Charland, Brosseau, Doyon, Coté, Marion, Bérard, Richer, Trudeau, Leduc, Forest, Perras, Proulx, Laferrière, Mignault, Bissonnette, des Frères-Prêcheurs ; Breton, des Frères-Mineurs; L.Lalande, de la Compagnie de Jésus; Villeneuve, Simard, des Oblats de Marie; Mgr L.A.Paquet, P.A.; MM.les abbés Brosseau, Curé de Saint-Jérôme ; Coùrchesne, Principal de l\u2019Ecole Normale de Nicolet ; Jeannotte, Professeur au Grand Séminaire de Montréal ; Mélançon, Chapelain du Pensionnat d\u2019Hochelaga ; Deschesnes, Vicaire au Saint-Enfant-Jésus de Montréal; Laferrière, Professeur au Séminaire de Saint-Hyacinthe ; GÉlinas, Professeur au Séminaire des Trois-Rivières.749254 ANNONCES DE LA REVEE DOMINICAINE «1 ili A A mil* Ai nOa ¦ mfln ¦ ¦\t.Vwr -\u2022:\u2022\u2022:\t-=z=z=.L\u2019école Commerciale Lalime Limitée.Est maintenant à LYSTER.F.Q.r-x.T*i-T-j*pAi*nr-\u2014 -mm-rr \u2014-i13 r't-^ara,y rrr.üT.V.'¦i.'X.iXJ cette ummummm mmQ&iim autrefois de St-Hyacinthe a été transportée à Lyster\u2014site extrêmement plus avantageux\u2014et dans un local idéalement aménagé pour le confort des élèves.L\u2019Ecole - Commerciale Pratique Lalime qui peut maintenant recevoir un plus grand nombre d\u2019élèves est toujours sous le contrôle et l\u2019habile direction de son fondateur lui-même, M.B.LALIME.Les Cours sont commencés depuis le 15 Juillet mais les élèves peuvent s\u2019inscrire à n\u2019importe quelle date avec autant d\u2019avantages.Demandez notre Prospectus.i, r b ANNONCES DE LA REVUE DOMINICAINE Banque d\u2019Hochelaga Siège Social, MONTREAL.Capital versé : $4,000,000.Fonds de réserve : $3,800,000.Total de l\u2019Actif, au-delà de $62,000,000.Emet des lettres de Crédit circulaires et manats pour les voyageurs, payables dans toutes les parties du monde.Affaires de Banque en général.A.C.CRÉPEAU, Gérant.Succursale de St-Hyacinthe.EL St-Hyacinthe, p.; ENCOURAGEONS L\u2019INDUSTRIE CANADIENNE L-A-lsTGrlE-AriISr & FILS (Successeurs de La C*@ LANGEVIN ) FABRIQUANT UNE LIGNE GENERALE DE BISCUITS 1\tTel.Bell 197\t82 RUE SAINT-ANTOINE ST-HYACIITTHE, Q,.CHS.PELOQUIN, \\.IV ANNONCES DE LA REVUE DOMINICAINE Duckett & Duckett ASSURANCES Pour les Oies North British SROSIERS k ~ « ï - \u2022\t¦ iers & ARMAND 8EGIÜN p»f- J : in MARÇDIANDSDB Chaussures, Claques, Valises, Etc.H» aor oscad*?\tST NYACINTHE, Q.Téléphone Rell 401 VI ANNONCES DE LA REVUE DOMINICAINE Casavant Frères FACTEURS D\u2019ORGUES St-Hyacinthe, P.Q.MAISON FONDÉS EN 1879.ORQUES A TRANSMISSION, ELECTRIQUE PNEUMATIQUE OU TUBULAIRE, SOUFFLERIE ELECTRIQUE ET HYDRAULIQUE.m ®n mm Tel .No:10 201 Rue Cascades.LP.MORIN & FILS EN REG.ENTREPRENEURS MENUISIERS :manufacturiers de PORTES, CHASSIS, JALOUSIES, MOULURES, DECOUPAGES, ETC., ETC.SPÉCIALITÉ : Bancs d\u2019Eglises, de Sacristies et d\u2019Ecoles Tout ouvrage fiait promptement.Satisfaction garantie.Coin des rues St-Joseph et St-Antoine, - - St-Hyacinthe, P.Q.EMILE SOLIS Libraire en gros et en détail.Assortiment complet d\u2019Articles de Bureaux, Fournitures clasroi-c x « \u2018J,*?8\u2019 iFy.1*8!.\u2019 \u201e0bJ6ts de Piété et de Fantaisie, ete.Spécialité : Huile d\u2019oiive pour Sanctuaire, Livres de récompenses, Rue Cascades.SAINT-HYACINTHE YII ANNONCES DE LA REVUE DOMINICAINE UNIQUE\tau MONDE Extraction des nerfs dentaires absolument sans douleur en 5 ou 10 minutes, suivie immédiatement de l\u2019obturation et de la prothèse complète en une seule séance Ce traitement, inventé et pratiqué avec succès par le Dr J.N.Paul Fournier depuis huit ans, est unique au monde et fait l\u2019étonnement de tous les professionnels en art dentaire.Pour pins amples informations, s\u2019adresser an BUREAUX DU DR J.N.PAUL FOURNIER 182 Rue Girouard, Téléphone 40\tSt-Hyaeinthe, Qué.TEL.BELL : Magasin 27.\t\u2014\tRésidence 83.HUBERT & DUPONT Successeurs de Joseph Lebrun MARCHANDS DE Grains et Farines, de toutes sortes, Son, Gru, Moulée, Graines de Semence.Coin des Rues St-Antoine et Mondor ST-HYAOINTHE, Qué.Telephone Bell 310\tca\"?»!! 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il y a nombre d\u2019esprits qui y restent fermés.Il faut à notre âme comme un nouvel essor, un nouveau coup d\u2019aile pour s\u2019élever du spectacle de la création à la pensée de son Auteur.Ce que nous disons des merveilles de la création en général s\u2019applique de tout point aux diverses perfections naturelles de la créature humaine, telles que le génie, la science, la vertu, la beauté, la force.Si nous nous trouvons dans l\u2019occasion de leur payer quelque tribut d\u2019admiration ou d\u2019honneur, l\u2019idée de Dieu en est absente, ou si elle se présente, c\u2019est par le travail de la pensée.11 en va autrement de Marie comme objet de notre culte, de notre dévotion.ISTous l\u2019envisageons nécessairement comme divine, comme étroitement unie à Dieu, au Dieu unique, à Jésus-Christ dont elle est la mère, à la Ste Trinité.Ce n\u2019est pas sa nature humaine et ses perfections que nous honorons: eût-elle été la femme la plus belle, la plus brillamment douée, la plus vertueuse même dont l\u2019histoire a conservé le nom, qu\u2019elle nous inspirerait tout au plus une froide sympathie, une admiration théorique.Mais de là au culte vivant, et proprement religieux que nous lui déférons il y a une distance incommensurable.Ce culte, encore une fois, est motivé par la croyance en sa divinisation, en son union avec Dieu.Une certaine pensée de Dieu fait partie de l\u2019idée que nous nous formons d\u2019elle.Revue Dominicaine, Mai 1920 130 REVUE DOMINICAINE Il en résulte que nous ne pouvons pas l\u2019honorer sans honorer Dieu en elle.C\u2019est là ce que n\u2019ont pas su comprendre les sectes qui ont répudié le culte des Saints, de la T.'S.Vierge Marie en particulier; tels les Protestants, et ceux qui se sont mis à leur remorque, les Jansénistes, et certains 'Catholiques auxquels je donnerais volontiers le nom de demi-Catholiques.Le point de départ de leur erreur est une conception étroite, sombre, presque mesquine des fins de Dieu, quand il vint 'à l\u2019homme pour lui révéler une Religion positive.Ils s\u2019imaginent que son but premier, peut-être unique et exclusif, était de revendiquer le culte qui lui est dû et ne ¦revient à nul autre.'Si cela était, on en devrait conclure assez logiquement qu\u2019il se réserve à lui seul, et ne veut partager avec personne les honneurs divins.Mais tel n\u2019est pas le but premier que Dieu se proposa.Il vint au contraire pour communiquer sa Divinité, son bonheur, sa gloire infinie.Je ne dis pas qu\u2019il vint pour reconnaître l\u2019existence possible de quelque divinité en dehors de lui, qui soit telle par nature, suivant l\u2019idée polythéiste.Hon, il est le seul Dieu par nature, le seul Etre auquel le Divin appartienne en propre, sans qu\u2019il soit une grâce.Mais il vint, ut nos divinitatis suae tribueret esse participes.S\u2019il y a un Homme-Dieu, c\u2019est par grâce.gratia unionis.S\u2019il y a des âmes divines, divinisées, c\u2019est également par grâce; c\u2019est la Divinité du Dieu unique qui s\u2019est répandue sur elles.De cette grâce Dieu n\u2019est pas avare, il en est au contraire prodigue.Il n\u2019en est pas jaloux, et il ne pourrait l\u2019être, car elle rend témoignage à la surabondance, à la richesse inépuisable de sa Divinité capable de s\u2019épancher sur d\u2019infimes créatures, telles que sont les âmes humaines.Ce n\u2019est donc pas l\u2019offenser que de lui dire par nos actes: nimis honorificati sunt amici tui Deus.Parmi ces amis de Dieu, honorés outre mesure, devenus des princes, des princes du sang dans son royaume, associés à sa vie, & sa gloire, à sa puissance, Marie occupe le rang suprême.Elle est la Reine.Mais, je le répète, sa royauté, sa gloire, sa divinisation, impliquent essentiellement l\u2019union avec Dieu.Tout hommage qui lui est rendu est un hommage qui monte vers Dieu.Toute dévotion dont elle LA DIVINE VIERGE 13 i est le centre et l\u2019objet, est un mode de se vouer au culte et au service de Dieu.Quelques mots maintenant sur la manière dont Marie est une créature divine.Nous ne disons pas qu\u2019elle est Dieu.Elle aurait pu l\u2019être s\u2019il avait plu à Dieu.Puisqu\u2019il y a un Homme-Dieu, on ne voit pas pourquoi il n\u2019y aurait pas pu avoir une Femme-Dieu.L\u2019on trouverait plus d\u2019une raison insinuant qu\u2019il en devait être ainsi.Dieu a voulu se faire homme, il a voulu s\u2019unir la nature humaine.Or, la nature humaine n\u2019est complète que réalisée dans deux sexes.Cependant Dieu en a jugé autrement.Il a sans doute voulu nous apprendre que la vie corporelle est pour l\u2019homme très secondaire, qu\u2019elle durera un court espace de temps, après quoi elle sera en très grande partie absorbée par la vie spirituelle, laquelle abolira en grande partie aussi les différences sexuelles.Déjà même sur la terre, dans le domaine de la vie intellectuelle, elles jouent un rôle de minime importance.A plus forte raison dans celui de la vie surnaturelle la nature humaine est-elle suffisamment représentée par un individu unique.En fait il y a un Homme-Dieu, et Dieu n'a pas jugé à propos qu\u2019il y eût aussi une Femme-Dieu.Mais personne ne peut contester qu\u2019il était convenable qu\u2019une femme fût élevée jusqu\u2019aux confins de la Divinité, que sans être Dieu elle fût aussi divine qu\u2019une créature peut l\u2019être.Marie est cette femme.Elle l'est nécessairement, supposé l\u2019Incarnation et le rôle qu\u2019elle y joua.Mère de Dieu, c\u2019est là une révélation d\u2019ordre divin, une relation très étroite, durable, inamissible, qui s\u2019attachera à elle toute l\u2019éternité.Par là Marie devient réellement divine.Le moyen par lequel une créature peut être élevée jusqu\u2019aux hauteurs de la Divinité c\u2019est l\u2019union avec le Dieu unique.Il vient à elle, lui apporte pour ainsi dire en dot quelque portion de sa Divinité.L\u2019union contractée comporte divers degrés; elle est plus ou moins intime suivant le rôle que Dieu vient remplir dans la créature qu\u2019il s\u2019unit.La plus intime de toutes est celle dont l\u2019Incarnation nous fournit l\u2019exemple.Dieu, Dieu le Fils, descendit vers l\u2019humanité, et devint la propre personne d\u2019un individu humain.Celui-ci est vrai Dieu, comme il est vrai homme.La personne divine apporta avec elle la Divinité toute en- 132 REVUE DOMINICAINE tière, la Divinité substantielle: Jésus n\u2019est pas seulement divin, il est Dieu.Le degré qui à notre connaissance se rapproche le plus du précédent est réalisé par la maternité divine: Dieu vint à la créature humaine qu\u2019il avait choisie, et se fit en toute réalité son fils, son enfant dans la nature humaine.Si étroite est l\u2019union entre la mère et l\u2019enfant que dans le principe les deux vies, les deux corps, les deux êtres se distinguent à peine.Ils se séparent avec le temps, mais la relation que le fait primitif a fondée ne s\u2019oblitère jamais aussi longtemps que subsistent les deux êtres initialement unis.Telle est l\u2019union entre Marie et le Dieu fait homme.Une telle union fait de Marie une Mère divine, une créature divinisée.Elle l\u2019est à un autre titre qu'elle partage il est vrai, avec tous les sanctifiés, mais suivant lequel, un peu comme son divin Fils, elle occupe un rang à part.Un jour que Notre Seigneur parlait à la foule, une voix de femme s\u2019éleva d\u2019au milieu d\u2019elle, proclamant bienheureuse la mère qui avait enfanté et nourri de son lait le merveilleux prophète et thaumaturge.Il répondit: \u201cOui, mais bienreureux aussi ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui l\u2019observent.\u201d Il faisait allusion à l\u2019autre chef, à l\u2019autre forme de divinisation, qui échut ;à Marie et qui est la conséquence et le couronnement de la première.C\u2019est l\u2019ordre de la grâce sanctifiante et de la gloire.Le privilège de la maternité divine est admirable.Il est de nature à rendre celle qui en est ornée le digne objet d'une révérence toute religieuse.Objectivement c\u2019est le plus grand honneur et le plus grand bonheur qui puisse être départi à une créature.Subjectivement toutefois il n\u2019a pas pour objet direct de la rendre bienheureuse.Il a de l\u2019analogie avec ces grâces que la Théologie ancienne nomma des grâces gratis datae, très hautes, très extraordinaires, mais dont la fin est l\u2019utilité publique plutôt que l\u2019avantage des âmes qui les possèdent.La même chose pourrait se dire de l\u2019union hypos-tatique.Métaphysiquement parlant elle aurait pu laisser la natura assumpta dans l\u2019état de pure nature humaine, communiquant sans doute à toutes les actions de l\u2019Homme-Dieu une dignité et une valeur infinie, mais dont humainement il n\u2019aurait pas eu la vision, ni la conscience.Pour jouir de LA DIVINE VIERGE 133 sa Divinité, si on peut parler de la sorte, Jésus, comme homme, eut besoin des dons de la grâce et de la gloire.Il fallut que son âme déifiée dans les profondeurs de son être substantiel, fût aussi divinisée dans la région de la vie et des opérations conscientes.Elle le fut par-la grâce sanctifiante, et les autres dons qu\u2019elle entraîna.Elle jouit de la vision béatifique, déjà sur la terre, etc.Dans le domaine de la possibilité pure, les choses auraient pu se passer différemment.Et il n\u2019est pas douteux que les dissidents, ceux qui se sont séparés de l\u2019Eglise, se fassent quelque idée pareille sur ce sujet.Ils ne croient pas à la grâce sanctifiante.Ils s\u2019imaginent que l\u2019âme a par nature le pouvoir de jouir de Dieu en lufimême; les moins rationalistes parmi eux croient que la race d\u2019Adam en a simplement perdu le droit moral par le péché, et que le rôle du Christ fut premièrement d\u2019enseigner l\u2019humanité paisa parole et ses exemples, puis par sa mort de satisfaire à la justice divine, après quoi son oeuvre est achevée.Tout au plus continue-t-il à interpeller le Père céleste en faveur de ceux qu\u2019il a rachetés.Quant à son action sanctificatrice dans le monde de la grâce, il ne peut en être question.On ne reconnaît pas qu\u2019il existe un monde de la grâce.A plus forte raison, Marie est-elle reléguée dans l'ombre.Elle est une femme comme toutes les autres femmes, et elle ne saurait être rien de plus, puisque le Christ lui-même, sauf l\u2019union hypostatique, est un homme comme tous les autres hommes, il est même au-dessous de l\u2019idée que nous, Catholiques, nous avons du dernier des Saints.Tout cela repose sur une erreur fondamentale.Il est absolument faux que l\u2019homme puisse parvenir !à la béatitude du 'Ciel sans recevoir en sus de sa vie naturelle, une vie proprement divine, qui est la vie de la grâce.Cette vie de la grâce est l\u2019effet de l\u2019union de Dieu avec la créature; et plus l\u2019union est étroite, comme on l'a dit plus haut, plus l\u2019effusion de la grâce est abondante.Il suit de là que l\u2019Homme-Dieu ne peut qu\u2019être plenus gratiae, au point que tous reçoivent de sa plénitude.Puis au-dessous de lui il y a place pour une autre plénitude, gratia plena, dérivée de là première, et dont la raison d\u2019être est le principe posé ci-dessus, l\u2019union de Dieu avec la créature.En vertu de l\u2019Incarnation du Verbe, à raison de la Maternité divine nul- 134 REVUE DOMINICAINE le créature, (qui n\u2019est pas Dieu) n\u2019est aussi étroitement unie à Dieu que Marie.Elle est donc plus que toute autre pleine de grâce, toute imprégnée de vie divine.Elle mérite nos hommages, des hommages religieux, qui remontent nécessairement vers Dieu.Delà ne veut pas dire que ces hommages ne s\u2019adressent pas à sa personne.La grâce sanctifiante et les dons qui l\u2019accompagnent, forment une surnature, ils ornent la personne et lui appartiennent tout aussi bien que les dons de la nature, 'quoiqu\u2019ils se réfèrent essentiellement à Dieu.Ils ne ressemblent pas à ces prérogatives dont jouit un mandataire, un ambassadeur comme tel.Son mandat, ses fonctions peuvent l\u2019élever très haut, pendant que sa personne restera insignifiante, voire méprisable.Autre est la dignité du prêtre, ministre de Dieu, autre celle du Saint, spécialement de la Reine des Saints.La dignité du prêtre lui appartient très peu, l'honneur qui lui est rendu ne va qu'à Dieu.Le sacerdoce n\u2019est pas un mérite personnel.La divinisation que confère la vie de la grâce au contraire est un attribut personnel dont l\u2019intention première comme don de Dieu est d'embellir, de glorifier, de béatifier l'âme qui la reçoit.Elle la rend digne d'honneur, comme personne.Elle en est un des constituants, si on la considère comme telle personne déterminée.Et, quand il s\u2019agit de Marie, comme nous ne connaissons d\u2019elle et n'envisageons guère en elle que la hauteur sublime qu\u2019elle occupe dans le royaume de la grâce et de la gloire, on peut dire que par rapport à nous, c\u2019est là tout ce qui constitue sa personnalité.Il n\u2019y a donc encore une fois, nul danger, nulle possibilité même que nous lui rendions un culte qui ne remonte pas à Dieu, non pas seulement parce que nous reconnaissons qu\u2019elle est l'oeuvre du Créateur, ce qu\u2019elle partage avec toutes les autres créatures, mais surtout parce quqe nous honorons nécessairement en elle la Mère de Dieu comme telle, la femme pleine de grâce, débordante de grâce divine, comme telle, celle avec laquelle le Seigneur est étroitement uni, Do minus tecum.Les âmes pieuses, imprégnées de l\u2019esprit du Catholicisme, sentent d\u2019instinct tout cela.Elles ont à peine besoin d\u2019être confirmées dans leur dévotion à Marie par les considérations que nous avons développées, et autres semblables. l\u2019humanisme dévot 135 Cependant, comme le Protestantisme, désespérant d\u2019échapper à la dissolution qui le mine 'à l\u2019intérieur, redouble d\u2019eif-forts pour envahir les contrées restées catholiques, il est expédient de fortifier intelligemment le point qu\u2019il s\u2019imagine être notre point faible, et contre lequel il ne manque guère de diriger ses premières attaques.fr.Alex.Meeciek, O.P.Thorn wood, 1ST.-Y.L\u2019HUMANISME DEVOT Fin de l'Humanisme dévot.La lutte de nos humanistes contre les premiers jansénistes est un des épisodes les plus significatifs et les plus brillants de l\u2019histoire que nous racontons.Pour la plupart des critiques, cette controverse se ramène à un duel entre Port-Royal et les Jésuites.En fait, la bataille a été beaucoup plus générale.Le fond du débat est un conflit entre deux philosophies du christianisme, celle que M.Brémond appelle l\u2019humanisme dévot et celle que l\u2019on peut appeler le jansénisme éternel.En 1640 parut un traité de la grâce, livre posthume de Jansénius, évêque d\u2019Ypres, intitulé VAugustinus.La grande habileté de l\u2019auteur avait été de se mettre à couvert derrière saint Augustin, qu'il prétendait suivre pas à pas.Mais, aveuglé par ses préjugés, Jansénius donnait à son guide ses propres pensées.Les points fondamentaux de sa doctrine ont été résumés dans les cinq propositions suivantes: lo Quelques commandements de Dieu ne peuvent être observés même par les justes, parce que ceux-ci manquent de la grâce requise; 2o L\u2019homme ne peut résister à la grâce intérieure; 3o Pour mériter et démériter il faut être affranchi de toute contrainte extérieure, mais non de la nécessité intérieure; 4o Les sémipélagiens erraient en prétendant que l\u2019homme pouvait résister à la grâce ou la suivre; 5o II est sémipélagien de dire que Jésus-Christ est mort pour tous les hommes. 136 REVUE DOMINICAINE Ces doctrines étaient acclimatées depuis longtemps à Port-Royal, par les soins de l\u2019abbé de Saint-Cyran.Ainsi Y Augustinus trouva autour de son berceau une garde qui le connaissait d'avance, qui avait appris à l\u2019aimer et qui était prête \u2018à le défendre envers et contre tous.Voilà comment le jansénisme, avec des principes si opposés à l\u2019humanisme, put vivre et grandir.Mais son succès, il le doit surtout à celui que l\u2019on peut appeler le plus grand des jansénistes.Antoine Arnauld est, en effet, celui qui a donné une forme définitive au mouvement créé par Jansénius et Saint-Cyran.Son livre de la \u201cFréquente communion\u2019\u2019, paru en 1643, marque une date critique dans l\u2019histoire de la littérature religieuse.L\u2019accent de conviction qui règne d'un bout à l'autre de l'ouvrage, la logique du raisonnement, serrée comme une démonstration géométrique, le style d\u2019une vigueur et d\u2019une pureté jusqu\u2019alors inconnues, et les attaques violentes dont il a été l\u2019objet, ont fait sa fortune.\u201cCe livre, écrit Sainte-Beuve, détermina comme une révolution dans la manière d\u2019entendre et de pratiquer la piété.Depuis Y Introduction à la vie dévote, de saint François de Sales, publiée au commencement du siècle, aucun livre de dévotion n\u2019avait fait autant d\u2019effet et n\u2019eut plus de suites; ce fut toutefois, en un sens, on peut dire, différent, le livre de François de Sales étant plutôt pour réconcilier les gens du inonde par l\u2019onction et l\u2019amabilité de la religion, el celui d\u2019Ar-nauld pour leur en rappeler le sévère et le terrible.\u2019\u2019 Sainte-Beuve a tort de croire que l\u2019effet produit fut tout entier causé par le livre d\u2019Arnauld.Depuis longtemps, déjà, une défiance plus ou moins justifiée, plus ou moins générale, planait sur l\u2019oeuvre de nos humanistes et devait faciliter la victoire de leurs adversaires.Il vaut mieux admettre que la France de 1643 était prête à accepter sans trop de résistance la dure doctrine janséniste, comme elle avait accepté, une quarantaine d'années auparavant, les premiers manifestes de la doctrine contraire.Rien ne prouve cependant que la dévotion ait sensiblement décliné pendant les années qui précédèrent.Au contraire, \u2014 et M.Brémond va le prouver dans les volumes suivants, où il traite du mysticisme \u2014 les saints abondaient.Mais il y avait, comme toujours, beaucoup de mal à côté de beaucoup de bien, et le contraste sautait aux yeux des l\u2019humanisme dévot 137 moralistes intransigeants, de la trempe de Saint-Cyran.D'on pourrait venir ce relâchement général, se demandaient-ils, sinon de la complésance étourdie des humanistes et de la mollesse de leur doctrine?Ces novateurs n\u2019avaient-ils pas humanisé le Dieu terrible de l'ancienne foi, exalté la nature corrompue, élargi la voie étroite, marié le monde avec la dévotion.Tels étaient les sentiments plus ou moins confus qui préparaient de loin la réaction janséniste.Saint-Cyran, dans ses conciliabules, Arnauld et Pascal, dans leurs écrits, les formuleront avec plus de précision et d'outrance, mais, dès avant eux, et de bien des côtés, on commençait à se détacher de l\u2019humanisme dévot, naïvement rendu responsable d'une foule d\u2019abus, qui étaient nés avant lui et qui devaient lui survivre.Ne nous payons pas de mots.La doctrine de Saint-Cyran et du grand Arnauld est beaucoup moins exigeante que celle de François de Sales.Quand on en vient à la pratique, on trouve la seconde beaucoup plus rude que la première.On s'explique cependant que l'opinion contraire ait si longtemps prévalu.\u201cEn dehors des fervents et des confesseurs, dit M.Brémond, on ne juge de ces choses que sur l'apparence, et l\u2019idée ne vient même pas qu'un moraliste souriant et caressant, comme l\u2019auteur de Philotée, puisse être plus rigoureux que l\u2019âpre auteur de la Fréquente communion.Saint Jean-Baptiste qui se nourrit de sauterelles paraît plus mortifié que l\u2019autre saint Jean qui mange comme tout le monde; saint Jérôme, avec son caillou et ¦ses gronderies, paraît plus héroïque que saint Augustin.\u201d Il est plus facile de s\u2019éloigner des sacrements, comme le voulait Arnauld, que de s\u2019en rendre digne.On ne peut évidemment pas, dans une étude comme celle-ci passer en revue tous les polémistes qui ont bataillé contre le jansénisme.Il vaut mieux suivre ceux qui, placés assez haut et assez loin des combattants, ont saisi la vraie nature du conflit.Ce conflit nous est présenté d'une manière saisissante et relativement sereine dans quelques beaux livres, aujourd'hui totalement oubliés, et que M.Brémond dit avoir rencontrés par pur hasard.Le plus ancien de ces livres : Les Miséricordes de Dieu en la conduite de l\u2019homme, publié en 1615 138 REVUE DOMINICAINE par le capucin Yves de Paris, est une réponse directe à la Fréquente communion d\u2019Arnauld.Paraissent ensuite, en 1649, Les justes espérances de notre salut opposées au désespoir du siècle, par le capucin Jacques d\u2019Autun.C'est enfin, peu d\u2019années après, en 1655, Le chrétien du temps par Je P.François Bonal, de l\u2019observance de saint François.De ce dernier, M.Brémond ignore tout, excepté l\u2019écrivain, qui est \u201ctrès original et très curieusement moderne.Il faut être du métier, pour s\u2019apercevoir que chacune des élévations du P.Bonal sur les origines du christianisme et l\u2019économie du salut, tend à renverser ce qu\u2019il appelle la théologie inhumaine.\u201d Bonal affecte même une sorte de neutralité entre J es fidèles et les adversaires du grand Ar- o nauld.\u201cFous devons présumer, dit-il, que l\u2019intention des uns et des autres est très pure, et il se peut faire qu\u2019un même objet considéré de différents biais, aura plusieurs jours et portera de différentes images aux yeux des regardants.Il n\u2019est pas impossible d\u2019envisager la pénitence de divers côtés.Les premiers, pour défendre l\u2019Arbre de vie, l\u2019environnent d\u2019épines ou, pour empêcher l\u2019entrée du paradis, y mettent un ange portier avec une épée de flamme; les seconds ouvrent le temple au publieain, admettent Zachée à leur table, reçoivent au cénacle Simon Pierre, la nuit même de son reniement.\u201d Ce dernier trait nous indique assez que ses préférences ne vont pas aux jansénistes, malgré qu\u2019il leur concède la sincérité.Qui pourrait la leur nier ?Les idéologues sont tous sincères ou le deviennent.Jansénius a cru que ses inventions répondaient à la vérité.Mais cette vérité d\u2019ordre abstrait, il n'a pu la transposer et la vérifier dans l\u2019ordre des réalités vivantes.Il pense à vide, si l\u2019on peut dire.A la vaine science de ces intellectuels, Bonal oppose la docte ignorance du \u201cpeuple fidèle\u201d.Il met d\u2019une part la vérité solide et reposante: faiblesse de l\u2019homme, besoin de la grâce, grandeur de Dieu ; d\u2019autre part, les énormes in-folio de Y Augustinus.\u201cInterrogeons les simples, dit Bonal, c\u2019est-à-dire, ceux en qui la foi est toute pure.y en a-t-il aucun qui par le seul instinct de son baptême et par la simple analogie de sa foi.ne soit prêt à soutenir jusqu'au martyre que Dieu veut sauver tous les hommes.\u201d L\u2019HUMANISME DEVOT 139 D'ailleurs, Saint-Cyran et ses disciples cessent d'etre jansénistes, dès qu\u2019ils parlent humainement, ou, comme le dit Bonal, \u201cdès qu\u2019ils vont étudier la théologie de la grâce dans le pur texte de l\u2019Evangile.\u201d \u201cPartout où l\u2019homme mortel met la main, il paraît toujours quelque marque de son néant et quelque impression d\u2019humanité.\u201d Jansénius n'est pas exempt de cette loi.Bonal est relativement très modéré pour un controv'er-siste de son époque.Ce n\u2019est qu\u2019en passant qu'il souligne le défaut mignon des solitaires de Port-Royal.\u201cLe blâme de l'Eglise présente, dit-il, peut être équivoque et dangereux particulièrement dans la bouche de ceux qui se piqueront, comme le pharisien, de n\u2019être pas faits comme les autres hommes et qui, dès qu'ils ont perdu de vue les clochers de la ville, dès qu'ils ont passé trois jours aux champs dans ht retraite, dès qu\u2019ils ont fait quatre repas d'herbe et de légumes, s\u2019érigent en pénitents parfaits, en saints anachorètes, en suprêmes législateurs et sont tentés de dire chacun à Dieu comme le prophète Elie: je suis demeuré seul en Israël.\u201d Il a parfois de vives intuitions qui nous aident à réaliser la psychologie des jansénistes.C\u2019est ainsi qu\u2019il reproche à ces \u201cdocteurs extrêmes\u201d ce qu\u2019il appelle, d'un très beau mot, \u201cl'ambition de leur pensée.\u201d \u201cA leur gré, dit-il, \u201cil n\u2019y a rien de vertueux, s\u2019il n\u2019est héroïque ; rien de chrétien s\u2019il n\u2019est, miraculeux; rien de tolérable, s\u2019il n\u2019est inimitable.Tout ce qui se peut mieux faire est pour eux très mal fait; la médiocrité à leur goût est un vice; ce qui n est pas excès est un manquement.Chacune de leurs paroles est une hyperbole; chaque maxime est un paradoxe; toutes leurs propositions sont hardies; toutes leurs idées sont extrêmes ; toutes leurs promesses sont immenses ; ce sont les géants des sectes.\u201d C\u2019est le manque de mesure qui distingue ces puritains.Ils se sont fait une \u201creligion de roman\u201d qui défie le dogme chrétien et l\u2019expérience humaine.Ils se passionnent sincèrement pour les mythes que leur imagination a créés.Leur conception du péché originel est un mythe.Un mythe aussi le contraste qu\u2019ils imaginent entre la sainteté de 1 Eglise primitive et la décadence du christianisme moderne.Ecoutons encore Bonal : \u201cCe serait lourdement errer 140 REVUE DOMINICAINE que d\u2019aller croire que la grosse masse des premiers chrétiens fut toute pure.On péchait en toutes manières du temps des martyrs et des apôtres.L\u2019art de faire des crimes n\u2019est pas une invention si moderne qu'on le penserait bien.C\u2019est songer les yeux ouverts que de penser qu\u2019il y ait jamais eu un peuple entier de vrais austères, une Eglise toute faite de grands mortifiés.Le gros du christianisme a été de tout temps composé d\u2019infirmes et d\u2019imparfaits.L\u2019esprit du christianisme ne s\u2019occupe pas toujours à faire des prophètes, des martyrs, des anachorètes; il s\u2019applique à faire de bons pères, de bons enfants, de bons maîtres et de bons valets.\u201d Sur le fond même de la doctrine et sur ce roman cruel que les jansénistes ont édifié sur la théologie de la grâce, Bonal ne parait ni moins sensé ni moins éloquent.Il y a plaisir à suivre les réactions spontanées, les répulsions invincibles de ce noble esprit, en face de ce qu\u2019il appelle tout uniment, d\u2019un mot qui est pour lui décisif, \u201cla théologie inhumaine \u201d Mais ce que nous devons retenir surtout dans ces longues controverses de l\u2019humanisme dévot contre l\u2019esprit janséniste, ce sont les manifestations positives, les certitudes passionnées de l\u2019esprit contraire.Qu\u2019il s\u2019agisse du salut des infidèles, du sort des enfants sans baptême, de l'administration des sacrements, de la définition même du christianisme et de la grâce, nos humanistes s\u2019expliquent avec une décision, une générosité et une sûreté de doctrine que l\u2019Eglise n\u2019a pu s\u2019empêcher de bénir.Ils ne sont jamais plus humains que lorsqu ils glorifient la grâce, ils feraient moins crédit à notre nature, s\u2019ils ne la voyaient pas divinisée, dès le lendemain de la chute, par les mérites du Rédempteur.Si pour eux \u201cthéologie inhumaine\" est synonyme de théologie inexacte, c\u2019est que Dieu a créé 1 homme à son image et l\u2019a racheté en se faisant homme.Bien loin de répugner à la grâce, tout ce qui est noblement et profondément humain s'accorde merveilleusement avec elle.La preuve nous la trouvons dans le P.Lves de Paris, capucin, \u201cl\u2019archétype de l\u2019humanisme dévot, le beau génie de son siècle, le porte-plume de son temps et l\u2019honneur de son Ordre, par sa vie également dévote et savante.\u201d Fran- L\u2019HUMANISME DEVOT 141 çois de Sales et Bonal exceptés, le P.Yves l\u2019emporte de beaucoup sur tous les écrivains que nous avons étudiés, mais il est bien de leur famille.Suprême représentant de l\u2019humanisme dévot, il achève l\u2019histoire que nous avons entreprise et lui donne son plein sens.Comment se fait-il que le P.Yves soit totalement inconnu aujourd\u2019hui ?Il semble que dès avant sa mort l\u2019oubli ait commencé à se faire autour de lui, un oubli que, depuis lors, deux siècles ont solidement consacré.Ceux de sa génération l\u2019ont aimé et l\u2019ont placé très haut.Mais il a vécu trop longtemps, et quand il a disparu, âgé de quatre-vingts ans, les beaux jours de l\u2019humanisme dévot étaient passés.Tout de même, qui aurait pensé que la Eenaissance vaincue et proscrite, trouverait un dernier asile dans le coeur et dans l\u2019esprit d\u2019un capucin, d\u2019un vrai capucin ! Les analistes de son ordre disent que le P.Yves était de très bonne et de très riche maison, et qu\u2019il fut admis chez les capucins en 1620, à l\u2019âge de trente ans.Tout fait croire qu après quelques années d'enseignement ou de missions, on lui aura permis de se consacrer uniquement à la prière et à 1 étude.Ses quarante dernières années se comptent par ses livres.Il a trop écrit et surtout trop longtemps.Aucun de ses livres ne peut être rangé parmi les chefs-d\u2019oeuvre de premier plan.Contempler est l\u2019exercice habituel du bon Père.Il cherche 1 éternel dans l'éphémère, la cause dans l\u2019effet, l\u2019effet dans la cause et tout cela d'une façon à la fois spirituelle et sensible.Cet exercice ne lui donne que du plaisir.\u201cL\u2019homme qui est la fin du monde matériel et l\u2019image plus expresse de 1 Archétype, se doit donner la jouissance de la vie, avec des tranquillités et des douceurs qui surpassent incomparablement celles de la nature.Il en a de grands sujets, car la sagesse conduit sa contemplation par l\u2019ordre des causes jusqu\u2019à la première, où il puise les plus solides et les plus innocentes voluptés: en leur source; elle lui fait un spectacle continuel de toutes les merveilles de la nature.\u201d A chaque pas c\u2019est une nouvelle surprise, une joie nouvelle.\"( e spectacle magnifique de la nature le met dans une douce suspension de pensées qui laissent le monde et qui soupirent pour quelque chose d\u2019infini.\u201d Comment voir, 142 REVUE DOMINICAINE par exemple, un parterre brillant de fleurs, \u201csans que le coeur ne se dilate par une secrète joie, sans que l\u2019âme ne soit en fête et qu\u2019elle ne fasse cesser toutes les autres occupations pour se donner plus entièremnnt aux magnificences d\u2019un spectacle si solennel'\u2019 ?Les infiniment petits ne l\u2019arrêtent pas moins, il admire les abeilles, les fourmis, les limaçons.Regardez \u201cces cornes mobiles qui tâtonnent, qui s\u2019avancent et se retirent .C\u2019est un plaisir de voir comment ils prennent une juste proportion des lieux qu'ils abordent avec ce compas sensible.\u201d Malheureusement nous n\u2019avons pas le loisir de mesurer notre pas à celui de ce contemplateur, \u201cquand il se promène en plein air\u201d, marchant \u201centre les créatures avec la confiance d'un souverain qui a les affections de son peuple pour garde.\u201d Comme écrivain, on a déjià pu s\u2019en rendre compte, le P.Yves est loin d\u2019être médiocre.Au lieu d\u2019être en retard sur son siècle, il le devance plutôt.Ses rythmes sont très sûrs, très harmonieux et beaucoup de ses phrases se laissent scander comme des strophes.Son mérite descriptif n\u2019est pas moindre.Il réalise toujours, il dramatise souvent les détails d\u2019une scène qui l\u2019occupe.\u201cLe mort se lève aussitôt \u2014écrit-il de Lazare\u2014couvert de son suaire et embarrassé des autres équipages de sa sépulture.On voit sensiblement la métamorphose de sa personne, les membres qui se ramollissent, qui se dénouent ; le teint, la couleur, les forces et le mouvement qui lui reviennent ; la pâleur qui se dissipe comme une petite nue devant le soleil.\u201d Veut-il montrer que \u201cles astres nous donnent quelques présages de l\u2019avenir\u201d il dira \u201cqu\u2019une partie des arrêts de la Providence, devant qu\u2019il s\u2019exécutent sur les choses matérielles, nous paraissent affichés sur ces superbes portiques.\u201d Mais nous venons de vous découvrir ce que nous aurions bien voulu cacher.Comment expliquer l\u2019aberration de tant de génies, qui ont tenu pour vénérable une science qui nous paraît aujourd'hui folie?Hélas! oui, le P.Yve3 était mage lui aussi.Il était persuadé que \u201cles choses inférieures relèvent de l\u2019influence des astres.\u201d S\u2019il en est ainsi, pourquoi ne pas essayer de tirer l\u2019horoscope des races futures, d\u2019écrire, à la lumière des étoiles, l\u2019histoire conjecturale des catastrophes mondiales qui doivent épouvan- l\u2019humanisme dévot 143 ter ou réjouir nos petits-neveux.Cette belle et folle aventure a tenté notre capucin.Dans son Fatum universi, il fixe les dates mémorables des évènements futurs.Mais voici le côté bouffon de l\u2019affaire.L\u2019Angleterre, que le bon Père n'avait pas ménagée dans le cours de ses prédictions, s\u2019émut, et exigea, par voie diplomatique, un châtiment exemplaire pour l\u2019auteur anonyme, ou du moins pour son livre.Le parlement de Bretagne ne crut pouvoir mieux faire que de confier au P.Yves lui-même, l\u2019examen théologique de l\u2019ouvrage incriminé.Celui-ci conclut grave-veonent à la parfaite innocence du Fatum universi.L\u2019affaire, semble-t-il, n\u2019alla pas plus loin.Jusqu\u2019à quel point le P.Yves prenait-il au sérieux ses rêveries astrologiques ?A ceux-là de répondre qui ne se sont jamais fait \u201ctirer aux cartes\u201d.En ces matières, on croit et on ne croit pas.\u201cMous sommes des enfants, écrit le P.Yves dans sa préface du Fatum, tourmentés par tant de misères spirituelles, la sainte Eglise notre mère, se relâche parfois de sa majesté et nous permet des jeux innocents, ludicra quaedam, comme est celui de consulter les étoiles.\u201d Cela nous rassure un peu sur l\u2019orthodoxie du bon capucin.L'examen de sa doctrine nous prouve qu\u2019il est non seulement un sage, mais un sage chrétien et même mystique.D\u2019abord, il est d'un optimisme à toute épreuve.Le meilleur des mondes est celui que nous habitons et celui que nous sommes est infiniment plus beau encore.Il n\u2019y a point de mal dans toute l\u2019étendue de la nature.Yotre ingratitude étourdie se persuade que \u201cle corps est plutôt un sujet de douleur que de volupté\"; alors qu'en vérité \u201cle plaisir y est èans relâche \", la douleur éphémère et intermittente.Borné dans ses désirs, infini dans ses voeux, disent les poètes, exagérateurs-nés de 1 humaine misère.Mais non, chacun de nos désirs peut être exaucé.La nature ne nous donnerait pas les inclinations si de chacune d\u2019elles, l\u2019effet n\u2019était \u201cpossible, même aisé.\u2019 Yos inclinations, hautes ou chétives, 1 univers entier et la grâce toujours présente nous aident à les satisfaire.Même pécheur, 1 homme tend vers Dieu \u201cd\u2019un amour qui n a point de bornes et qui ne veut pas finir.\u201d Dieu, prototype de notre nature, \u201cdoit donc avoir plus d\u2019amour 144 REVUE DOMINICAINE pour les hommes que les hommes, qui sont ses créatures, pour lui.\u201d L\u2019amour nécessairement aura le dernier mot.En attendant, la sottise, la méchanceté et la bassesse s\u2019en donnent à coeur joie.Tout de même \u201cle coeur aime l\u2019être universel naturellement\u201d; \u201cc\u2019est le coeur qui sent Dieu et non la raison.Voilà ce que c\u2019est que la foi, Dieu sensible au coeur, non à la raison.\u201d Cette bienheureuse doctrine, le P.Yves l\u2019a soutenue, développée, \u201corchestrée\u201d magnifiquement.\u201cEn tous les autres sujets d\u2019importance, nous cherchons devant que de nous résoudre; la consultation précède l\u2019éclaircissement de l\u2019esprit, l\u2019amour se mesure à la connaissance.Mais pour ce qui est de Dieu, nous ne raisonnons qu\u2019après que nous avons connu et.l\u2019amour nous livre aussitôt en sa puissance que son sentiment a éclairé notre coeur.\u201d Mais ce coeur à qui Dieu se rend sensible, cet instinct qui nous tourne naturellement vers Dieu, ne sont ni le coeur de chair, ni l\u2019instinct au sens propre du mot: ils sont lumière intellectuelle, ce qu\u2019il y a de plus spirituel et de plus pur dans l\u2019esprit de l\u2019homme.\u201cIl faut ici que nous considérions l\u2019homme, comme le milieu du monde, en sorte que son âme ait un triple étage de puissances: les unes supérieures, auxquelles Dieu se communique; les autres, moyennes, par lesquelles elle a connaissance de sa nature; les autres, plus basses, destinées aux opérations végétantes et sensitives du corps.Je crois que Dieu imprime le sentiment de l\u2019immortalité en cette suprême partie de notre âme.par une lumière rapportante à celle qu\u2019il nous donne de son existence.\u201d Entre cette division de nos facultés et celle que proposent les théologiens mystiques, tout le monde aura remarqué d'étroites ressemblances.\u201cArrêtez vos courses, âmes extravagantes, brisez sur vos pas, rentrez dans vous-mêmes, montez jusqu\u2019à la dernière pointe de votre intellect, vous toucherez cette suprême unité par la vôtre et vous comprendrez quelque chose de l\u2019infini qui vous comprend.\u201d Ou encore: \u201c'C\u2019est après lui que nos coeurs soupirent par des élans prompts et inconcevables, parce qu\u2019ils s\u2019élèvent à l\u2019infini, et la pointe délicate de notre âme approche cet indivisible par un concept qui surpasse la raison et par un amour qui prévient la recherche de la connaissance.\u201d NOS FILLES DE SION 145 Nous pouvons l\u2019affirmer avec assurance, la contemplation du P.Yves touche aux limites du véritable extase.Il serait presque téméraire de dire qu'elle ne les a jamais franchies.Nous l\u2019avons déjà dit, l'humanisme dévot, s'il veut être logique, doit aller jusqu\u2019à la sainteté même, et si Dieu le veut, jusqu'à l'union mystique.Certes, Port-Royal est plus commode, qui ne demande au directeur que de tréftnbler lui-même et de faire trembler les autres.L'optimisme chrétien est une doctrine d'héroïsme ; le pessimisme est une doctrine de lâcheté.Voilà pourquoi les maîtres de la peur l'emportent sans peine sur les maîtres de l\u2019amour.Pour ces raisons et d'autres encore, il est donc tout naturel que le noble mouvement que M.Brémond vient de nous raconter n'ait duré qu\u2019un demi-siècle.Non pas qu\u2019il ait été vaincu tout entier et que rien ne soit resté d\u2019une propagande si active et si concentrée.L\u2019autorité de saint François de Sales demeure et elle ne passera pas.Mais on ne reverra peut-être plus, aussi universellement répandues, cette jeune ardeur au bien, cette confiance filiale en l\u2019amour divin, cette liberté, cette joie de vivre la vie chrétienne, cette vertu si peu morose qui faisaient l\u2019attrait de l\u2019humanisme dévot.Abbé Joseph Laferriere,, Séminaire de Saint-Hyacinthe.4 avril 1920.NOS FILLES DE SION Le fléau des modes immodestes et immorales est en train de corrompre nos moeurs canadiennes.Déjà les toilettes féminines, hardies et provocantes, répandues dans tous les centres, connues dans tous les villages grâce aux réclames des journaux et des magasins, ont englouti d'innombrables réputations et fait sombrer non moins d\u2019âmes vertueuses ; que dire des idées et des goûts malsains qu\u2019elles ont jetés dans les esprits de nos jeunes gens?Reçues par l\u2019usage, tolérées par les parents, quelquefois encouragées par les mères de famille les plus honnêtes, elles ont eu toute liberté de s installer partout.Aussi les femmes sont devenues 146 REVUE DOMINICAINE d\u2019une audace incroyable dans leur accoutrement, \u201cvêtue» comme on ne se déshabille jamais\u201d, dirait Louis Veuillot.Le courant n\u2019est pas endigué ; au contraire il devient torrent et menace de ravager nos plus saines populations.En septembre dernier, des journaux américains annonçaient cyniquement des modes plus voluptueuses encore: \u201cLe nu, telle sera la mode prédominante, cet hiver 1 2 mot d\u2019ordre lancé pa» un tailleur de ETew-York et entendu.Par un travers intellectuel et moral honteux, les femmes les plus intelligentes et \u2014 disons-le en rougissant \u2014 les plus influentes de la société se chargèrent d\u2019éxécuter cet aphorisme.C\u2019est d'elles ou de leurs soeurs que parlait Lidhtenberger : \u201cOn dirait que toutes ces femmes bien pomponnées n'ont jamais lu un livre, ni conçu une idée: ce sont des poupées merveilleuses et baroques qui sont faites pour tourner sans cesse jusqu'à ce que le ressort casse.Et pourquoi ont-elles toutes les cheveux trop noirs ou trop blonds, les lèvres trop rouges, la peau trop blanche et la taille trop fine?Le corset est si serré qu'il ne laisse plus de place pour le ?\t9 coeur.w Le mal n\u2019est pas d\u2019hier.Déjà, S.Jérôme avait dénoncé vigoureusement les femmes qui mettent leur industrie à ouvrir savamment leurs tuniques, à attirer les jeunes gens par le bruit de leurs chaussures brunes qui frappent le pavé.Il avait dépeint les ceintures martyrisantes pour la poitrine, les cheveux qui s'étalent sur le front et les oreilles et les mantelets qui laissent les épaules nues.toutes sortes \u201cd\u2019indices d\u2019une virginité mourante.\u201d 3 Les victimes de S.Jérôme semblent lui dire en minaudant et non sans malice: \u201cD\u2019où nous connaissez-vous ?Comment vous qui êtes si loin pouvez-vous jeter les regards sur nous ?\u201d\t\u2014\u201cDe sont les larmes de ton frère et par mo- ments ses sanglots qui m\u2019ont raconté tout cela.\u201d 1\tSem.relig.de Québec, 18 déc.1919, p.242.2\tCité par la Document.Cathol.14 février 1920.p.245.3\tNous citons le passage de S.Jérôme: \u201cSi de industria dissu-ta sit tunica, ut aliquis intus appareat, operiatque quod foedum est et aperiat quod formosum.Caliga quoque ambulantis nigella ac nitens stridore ad se juvenes vocat.Papillae fasciolis comprimun-tur, et crispanti cingulo angustius pectus arctatur.Capilli vel in.frontem vel in aures defluunt.Palliolum interdum cadit, ut candides nudet humeros.Sti Hieronymi : opera, vol-I, Epist.CXVII, fol.958. NOS FILLES DE SION 147 Les sanglots des âmes scandalisées et perdues par ces provocations au sensualisme, voilà Tunique cause qui ordonne aux sauveurs des âmes 'd'élever la voix et d'implorer les esclaves des modes de prendre garde.Les pleurs désespérés des mères sur la légèreté de leurs filles, les protestations des maris contre la conduite de leurs épouses, les découragements des jeunes gens incapable de lutter contre leurs passions charnelles devant ces occasions constantes de péchés, disent avec éloquence les maux des modes immodestes.Mal immoral, cause impie, remède chrétien, voilà trois points à ébaucher pour résister au fléau des modes modernes.Le mal est immoral L'immoralité des modes n'est pas seulement celle qui crie l'indécence par toutes les ouvertures des robes incomplètes, trop courtes, aux semblants de manches, au décolletage plus ou moins outré, aux tissus légers et transparents comme une gaze; mais celle qui laisse fuir la modestie et la pudeur chrétienne par le soin exagéré des toilettes, du corps et de la tenue.Entre les excès et la simplicité, il y a des degrés nombreux, tous dangereux, qui conduisent infailliblement à la chute du sens moral.Toute toilette oui A écarte ou peut écarter, dans les cas ordinaires de la vie, des lois saines de la morale individuelle ou sociale est digne de hlâme.Les jeunes filles croient fort naïvement que leurs toilettes sont convenables, parce qu\u2019elles ne sont pas franchement honteuses et que par conséquent les défenses des chefs spirituels ne les atteignent pas.Que savent-elles de l\u2019occasion qu'elles donnent au mal ?Qui leur garantit qu\u2019elle ne sont pas cause de scandales ?Le scandale n\u2019est-il pas une parole ou une action moins droites qui peuvent être une occasion de ruine spirituelle?La fillette de 8 ou 10 ans, aux jambes et aux bras nus, à la robe légère et cou ne peut produire dans l\u2019âme de son compagnon de jeux cette ruine et scandaliser.La jeune fille à peine décolletée, aux allures à peine mondaines peut produire les mêmes effets dans le coeur du jeune homme simple et peu protégé par l\u2019expérience.Qui dira jamais combien sont futiles les prétextes qui engendrent le mal dans une âme?En général les mo- 148 REVUE DOMINICAINE des actuelles et courantes dans tous les milieux, celles qu\u2019encouragent les filles des magasins, des bureaux, des soirées domestiques, des manufactures portent atteinte à la pudeur chrétienne, font sourdre dans les bas-fonds de la nature humaine les instincts naturellement pervers que chacun possède en réserve, développent le goût immodéré du luxe, engendrent le dégoût du travail humble de la maison et peuplent l\u2019esprit de ceux qui les regardent de scènes et de tableaux, les dernières limites de la pensée coupable et du désir criminel.Les modes dangereuses sont-elles exclusivement ces robes de bal, follement ornées de pierres et de rubans, aussi provocantes par leurs échancrures hardies que ridicules par leur confection?Pas du tout.Celles-là sont mauvaises et pernicieuses et ont toujours inspiré le mépris et le dégoût aux honnêtes gens.Seraient-ce ces tenues d\u2019intérieur où une plus grande liberté est permise afin de vaquer aux travaux du ménage avec plus de facilité et de propreté?Sans être toujours exemptes d\u2019immodestie, celles-là sont moins dangereuses: aux mères chrétiennes de juger.S\u2019agit-il de ces robes de réception intime, plus pimpantes, plus fraîches, plus simples ?De celles que l\u2019on porte dans les bureaux,, magasins ?Sans aucun doute.C\u2019est là que la modestie est de rigueur.Là et sur la rue.Ce sont ces robes incomplètement fermées, serrées à étouffer, qui laissent une partie notable des bras, nue, ces vêtements \u201cfragiles comme des toiles d\u2019araignées\u201d, aux formes insolites et hardies, aux entraves marquées qui moulent le corps : ce sont elles que vous trouvez partout chez les couturiers et que l'on porte partout, avec la prétention d\u2019être honnête.Faut-il donc bannir toute élégance et tout bon goût?Mon; la femme doit plaire.C\u2019est sa force, c\u2019est son devoir.Mariée, elle doit plaire à son mari, fille, elle doit plaire au jeune homme, en vue du mariage.Les ornements extérieurs sont un moyen de plaire : qu\u2019ils soient riches ou pauvres, de soie ou de coton, ils seront charmants, si la femme le veut, même en ne froissant pas la vertu.L\u2019expérience prouve d\u2019ailleurs que la fille modeste est plus estimée, quoique moins courue, que la fille légère qui emprunte ses charmes aux créations des modes : la première garantit la can- NOS FILLES DE SION 149 deur de son âme, l\u2019autre met un point interrogatif sur sa vie morale ?D'autres précisions sont-elles requises pour éclairer les esprits et vaincre les préjugés?Consultons les auteurs sacrés et, dans leur langage sévère que justifient la sainteté de leur vie et l\u2019Esprit-Saint qui les inspire, nous toucherons mieux le caractère immoral des modes légères.Le prophète Isaïe, quelques vingt siècles avant Jésus-Christ, nous trace une peinture vivante des vêtements des filles de Jérusalem.4 II ne découvre rien d'absolument grave dans leur conduite, il n'y voit aucune immoralité flagrante; et cependant il met à jour la faute des filles de son temps, qui a sa racine dans le coeur et les sens, signe d'orgueil et de luxure, puis il prédit le châtiment terrible qui frappera ces filles mondaines.Les modes n\u2019étaient pas plus voluptueuses en ce temps-là, au XXe siècle av.J.-C.qu au XXe siècle après J.-C.Dieu cependant punit les moeurs de eês juives.Un jour un conquérant puissant vint balayer leur patrie, frapper à mort leurs maris et leurs enfants, tuer les fiancées et les jeunes gens, et précipiter les femmes de Sion dans le déshonneur et l'esclavage.Puni-tion meritee par les modes juives: le luxe des femmes est en abomination devant Dieu et tôt ou tard le châtiment s\u2019avance implacable.Heureuses celles qui sont frappées ici-bas; elles pourront peut-être réparer et expier.L immoralité des modes légères est encore mise en lumière par S.Jean Ohrysostôme, qui, à l\u2019occasion d\u2019un commentaire du Livre des Psaumes, compare la femme modeste 4 A oici le passage : Parce que les filles de Sion se sont enorgueillies, qu\u2019elles ont marché la tête haute, faisant des signes des yeux et mesurant leurs pas, traînant leurs tuniques en même temps qu elles frappaient du pied en cadence, le Seigneur fera disparaître la gloire de leurs vêtements, leurs parures, leurs tresses de cheveux et leurs rubans de tête, leurs croissants, leurs colliers, les ornements de leur visage, leurs bracelets, leurs anneaux, leurs réseaux.leurs bagues et leurs bracelets du bras droit, leurs pendants d\u2019oreilles, leurs robes de^ pourpre, leurs manteaux, leurs crêpes et leurs tissus de lin.leurs étoffes parsemées d\u2019or et de pierres précieuses.Et au lieu d\u2019un agréable parfum, il n\u2019y aura que la puanteur, et au lieu de ceintures, des cordes, et au lieu de cheveux frisés, elles seront chauves, et au lieu d\u2019une riche tunique, elles auront un cilice.et elles ne trouveront pas d\u2019hommes pour les marier.\u2014Isaie, III\u201416 ss. 150 REVUE DOMINICAINE et travaillante, dévouée, représentée par Sara, l\u2019épouse d\u2019Abraham, aux femmes de son temps.\u201cOù en sont-elles, les femmes d\u2019aujourd'hui ?'Comparons-les à Sara : consentent-elles à recevoir de pareils ordres, (pétrir de la farine pour recevoir des hôtes) là faire de tels ouvrages ?Montrez-moi la main d\u2019une femme avide de parures.Réponds-moi un peu, de combien de pauvres portes-tu les dépouilles dans tes mains ?étends la main, montre-là, de 'quoi est-elle revêtue?.de rapines.Ce que j\u2019en dis, c\u2019est pour que les femmes ne demandent pas de pareilles richesses ; c\u2019est pour que les maris ne supportent pas de pareilles demandes de leurs femmes.\u201d 5 6 Et Tertu'llien, dans son admirable traité: \u201cDes ornements des femmes\u201d, nous dit expressément qu\u2019\u201cil ne convient pas à des prêtresses de la pudicité (aux chrétiennes), de paraître en public parées comme des impudiques.Thamar ne parut à Judas une femime publique qu\u2019à cause de ses ornements.Quelqu'une dira peut-être: Qu\u2019ai-je besoin de l\u2019approbation des hommes, Dieu voit mes intentions?-\u2014Mais l\u2019Ecriture vous ordonne de faire vos actions à la vue des hommes ; c\u2019est afin que vous serviez d'exemple aux méchants; il ne suffit pas à une chrétienne d\u2019être chaste, il faut qu\u2019elle paraisse telle.\u201d G Ce n\u2019est pas aux payennes que Tertullien adresse son traité, c\u2019est aux chrétiennes; ce n\u2019est pas davantage contre des excès qu\u2019il s\u2019insurge, mais contre le fard et les teintures pour les cheveux, contre les faux cheveux et les robes immodestes, les souliers ridicules et les démarches affectées.Elle serait pauvre l\u2019objection que ces temps-là sont loin!! Aujourd\u2019hui les moeurs sont-elles plus épurées?.Que pense Benoît XV de ces moeurs épurées?de ces modes?\u201cQuel grave et urgent devoir de condamner les exagérations de la mode! Xées de la corruption de ceux qui les lancent, ces toilettes inconvenantes sont, hélas ! un des ferments les plus puissants de la corruption générale des moeurs.\u201d Et Benoît XV ajoute: \u201cXous savons d\u2019une part, que certaines toilettes admises aujourd\u2019hui chez les femmes sont une funeste provocation au mal; et d\u2019autre part, Xous sommes 5\tTraduction de Jeannin.Commeut.du Ps.XI/VTII\u201417, T.II, pp.319 ss.6\t\u201cDes ornements des femmes\u201d, ch.XII-XIII. NOS FILLES DE SION 151 rempli d\u2019étonnement et de stupeur en voyant que celles qui versent le poison semblent en méconnaître les funestes effets.\u201d 7 La cause du mal est impie Les modes sont une exploitation monstrueuse de la naïveté et de la simplicité des jeunes filles et des femmes.Ce n'est pas tel ou tel tailleur en vogue qui invente et ^répand les toilettes scabreuses.Oh ! non ! c'est une idée puissante et antireligieuse, dénoncée l\u2019an dernier par L\u2019Action française de Paris, c'est une idée franc-maçonnique.Perdre les vertus chrétiennes dans les âmes, corrompre les femmes et par elles entraîner les hommes à la ruine spirituelle et au vice et par la frapper le Christ et sa morale, voilà l\u2019idée génératrice des modes.Servi pleinement par la légèreté des femmes, l'objectif de ces ennemis de l\u2019Eglise triomphe.8 Sont-ils habiles, les ennemis de l\u2019Eglise, de recruter leurs moyens de détruire la foi, parmi les fidèles! Sont-ils perspicaces, d\u2019employer la femme, la force morale la plus éprouvée de la société, à pervertir les moeurs et semer le mal ! Sont-elles ignorantes, les femmes, d'adopter aveuglément les modes et de les répandre sans soupçonner 1 étendue du scandale qu\u2019elles vont jeter dans leur milieu! \u201cL ignorance peut seule expliquer la déplorable extension prise de nos jours par une mode si contraire à la modestie, le plus bel ornement de la femme chrétienne.9 La vraie cause, celle qui dure en permanence, c\u2019est l\u2019action néfaste de Satan.Sceptique tant que l'on voudra, il faut 1 admettre et admettre son influence.Et cette influence est efficace sur la sensualité des hommes.Dans une scène racontée par un moraliste italien, nous assistons là une comparution curieuse.Satan interroge ses sujets et leur reproche de il avoir plus d\u2019âmes depuis un certain temps, il se plaint que le nombre des décès diminue; que les hommes \u2018 Discours prononcé, le 21 octobre 1919.dans la salle du Consistoire, devant les déléguées de L\u2019Union Catholique des Femmes d\u2019Italie.cf.Documentation catliol.15 nov.1919.p.630.cf.Sein.Iîelig.de Montréal, 1 déc.1919.p.341.8\t1 oir aussi : \"Tâches idéales\u201d, par Mgr Tissicr, évêque de Châlons, p.240.9\tBenoît XV, loc.cit. 152 REVUE DOMINICAINE progressent en longévité.Soudain l\u2019un des auditeurs s\u2019écrie que bientôt l'enfer ne sera plus méconnu et que les cimetières seront plus nombreux, grâce aux inventions de la mode qu\u2019il vient de suggérer sur la terre.L\u2019immortalité refleu-riia, le vice régnera et les vies s\u2019atrophieront par l\u2019abus de cette arme.Les filles se déformeront, deviendront inaptes à maintenir une race virile et le tombeau des mères abritera celui des enfants.Benoît XV signalait une autre cause tout à l\u2019heure: la corruption morale de ceux qui lancent les modes.Les corrompus aiment la corruption; elle est leur aliment et leur vie ; ils s\u2019efforcent de l\u2019étendre afin de se complaire davantage dans le vice.Et ce sont nos braves jeunes filles, victimes inconscientes, qui secondent ces promoteurs de l\u2019immoralité .Ah ! si elles voyaient clair ! Les REMEDES SONT CHRETIENS Aux mères de se rappeler leur devoir individuel et social.\u201cMères chrétiennes, il faut que vous sachiez bien que la vertu devient très difficile dans les âmes des jeunes filles qui passent leur enfance et leur jeunesse, vêtues de ces toilettes immodestes qui manquent d\u2019étoffe et éveillent au passage toutes les curiosités et tous les mauvais instincts des jeunes gens et des hommes.\u201d 10 Quelle responsabilité pour une mère d'accepter aussi légèrement la perte de la vertu et peut-être de l\u2019honneur de ses enfants.Qu\u2019elles écoutent donc la voix de leurs pasteurs et de nos évêques, qui s\u2019efforcent de ramener les filles et les femmes aux pratiques de la vie chrétienne et de la modestie.Qu\u2019elles sachent faire prévaloir leurs volontés au dedans comme au dehors.11 Les Pères du premier Concile Plénier demandent aux pasteurs d\u2019\u201camener les fidèles confiés là leur garde aux règles de la pudeur; spécialement dans les pieuses confraternités, qu'ils voient à ce que les vêtements des femmes et des jeu- 10\tMgr Tissier: \u201cTâches idéales\u201d, p.24.11\tDernièrement, dans un grand magasin de Québec, un client protestait contre le décolletage des filles-commis, et menaçait de porter ses commandes dans un magasin plus chrétien.Quelques jours plus tard, le gérant, homme intelligent, ordonnait à ses employées de porter des robes fermées. NOS FILLES DE SION 153 nés filles ne soient pas trop désordonnés.\u201d 12 Fascination que cette mode! On la préfère à la foi et au salut! Faut-il un autre moyen pour secouer l\u2019apathie des mères et des jeunes filles pour les rappeler à leurs devoirs?Il y a la Ligue des femmes contre les modes immorales.Déjà en Espagne, en Italie, en Belgique, en France même, des femmes se sont groupées en confréries et se sont engagées à respecter dans leur tenue la modestie chrétienne.En Belgique 70000 femmes ont donné leur nom.Dernièrement,, cette association envoyait aux couturiers l\u2019ordonnance de leur fournir des modes convenables.X\u2019est-ce pas là un apostolat social admirable?Qui ne connaît la fameuse Union catholique des Femmes d'Italie qui, sous la distinguée présidence de Madame la marquise Madeleine Patrizi, recevait en octobre dernier la solennelle approbation de Benoît XV en même temps que des éloges sur la mission individuelle et sociale de leur Union ! Une Ligue semblable fut fondée en mars dernier, à Ottawa, sous la haute protection de S.G.Mgr Gauthier, archevêque d'Ottawa, qui réalisait ainsi une idée chère à son coeur, grâce au concours du T.R.P.Raymond-Marie Rouleau, Provincial des Dominicains.La \u201cLigue de Xotre-Dame du Rosaire contre les modes immodestes\u201d compte dans la seule paroisse Xotre-Dame d\u2019Ottawa 804 membres.C\u2019est ce mouvement de salut qu\u2019il importe de faire vivre et prospérer: le programme est admirable; il est emprunté aux Ligues déjà fondées et approuvé par l\u2019archevêque d'Ottawa.Le voici : Notre Saint Père le Pape Benoît XV' disait aux membres de l\u2019Union féminine catholique, le 21 octobre 1919 : lo \u201cNous savons d\u2019une part que certaines façons de se vêtir, entrées aujourd\u2019hui en usage parmi les femmes, sont dommageables au bien de la Société, parce qu\u2019elles provoquent au mal ; d\u2019autre part, c\u2019est pour nous un sujet d\u2019étonnement et de stupeur de voir que l\u2019on propage le venin, et l\u2019on semble en ignorer l\u2019action malfaisante.2o Les femmes doivent manifester leur vertu dans leur façon de se vêtir.Elles donneront le bon exemple non seulement à 12 .conentur pastures emendare, tidelesque suae curae con-creditos ad modestiae régulas redueere ; speciatim in piis mulierum ac puellarum confraternitatibus videant ne nimus ac intemperatus Act.et Decret, .sit vestium ornatus Concil.Plen.p.339. 154 REVUE DOMINICAINE l\u2019intérieur de leur maison, mais aussi dans les rues et les places publiques.3o Nous voudrions que les femmes établissent entre elles une Ligue pour combattre les modes indécentes, pour ce qui les concerne d\u2019abord et de plus, chez toutes les personnes et toutes les familles que leur influence peut atteindre.\u201d 4o Selon le désir du Saint-Père, la Ligue de Notre-Dame du Rosaire a pour but de grouper les jeunes filles et les femmes chrétiennes qui veulent lutter par l\u2019exemple et la propagande contre les modes immodestes.5o Les Ligueuses s\u2019engagent à présenter dans leur toilette un modèle d\u2019élégance et de modestie chrétienne.Elles suivent cette règle partout: dans la famille et dans la rue, dans les ateliers, les usines, les magasins et les bureaux, dans les salons, les réunions, dîners, etc.mais surtout à l\u2019église, parce que partout et toujours elles se rappellent qu\u2019elles doivent respect à Dieu qui habite en elles par sa grâce, et respect au prochain qu\u2019elles ont mission d\u2019édifier et de charmer, et non de troubler et de scandaliser.60 Les Ligueuses se rappellent que la tradition constante de l\u2019Eglise exige que les femmes et les jeunes filles chrétiennes soient vêtues de robes suffisamment longues montantes et complètement fermées.7o Les mères chrétiennes habilleront leurs fillettes de jupes descendant au-dessous des genoux, et leur feront porter, de préférence des bas longs.So Les Ligueuses s\u2019efforceront d\u2019exercer autour d\u2019elles une influence heureuse particulièrement dans les oeuvres féminines catholiques, écoles, patronages, foyers, congrégations, choeurs de chanteuses, dames de charité, syndicats, mutualités, fédérations et ligues patriotiques.9o Les Ligueuses sont invitées à porter ostensiblement une petite croix, \u2014 or, argent, métal, \u2014 en souvenir de Jésus Crucifié.lOo Les Ligueuses récitent chaque matin, en s\u2019habillant, l\u2019invocation suivante: Notre-Dame du Saint-Rosaire, revêtez-nous de la modestie de Jésus-Christ.llo II n\u2019y a pas de cotisation exigée.Mais la Ligue recevra .avec reconnaissance les offrandes volontaires qui lui permettront de couvrir ses frais : correspondances, imprimés, etc.12o La Direction de la Ligue est confiée à un aumônier nommé par le Curé ou par l\u2019Ordinaire.Remède, sans aucun doiite, efficace parce qu\u2019il est l\u2019expression même de la volonté de l\u2019Eglise.fr.A.Bissonnette, O, P, St-Hyacinthe, le 9 avril 1920. LA SOCIÉTÉ D\u2019ÉTUDES RELIGIEUSES \u2022Sous ce 110m, vient de se fonder à Bruxelles, 5, rue Leys, une oeuvre d'enseignement religieux et social, dont M.le marquis Imperiali, sénateur, est le président, avec lea BR.PP.PP.Prignon et Quévit, O.P.comme secrétaires de rédaction.La Société, qui compte parmi ses collaborateurs l'élite intellectuelle \u2014 tant laïque que religieuse \u2014 de l\u2019Europe, 1 publie deux brochures par mois offrant aux penseurs de toute opinion, l\u2019exposé, substantiel et clair, de la doctrine chrétienne sur les questions importantes et actuelles.On peut s'abonner à l'adresse indiquée, au prix de 9 francs.Déjà les brochures sont en dépôt dans les principales librairies de Paris, Londres, Jérusalem, Rome, Dublin, Fribourg, Oxford, Louvain, Lyon, Toulouse, Washington.et nous sommes heureux d\u2019annoncer aux lecteurs de cette Revue ainsi qu'aux ecclésiastiques, professionnels, hommes d\u2019oeuvres, membres des cercles d'études, bref, à tous ceux qui veulent étudier le programme social catholique, que dès le mois de mai, ces brochures seront en vente à Montréal, à la maison Granger Frères.Qu\u2019une telle oeuvre d enseignement soit opportune, le R.P.Rutten, bien connu au Canada, nous en donne la raison, dans la brochure Les N écessités Sociales de l\u2019heure présente.\u201cAvons-nous, se demande le révérend Père, des solutions adéquates à tous les problèmes que les aspirations nouvelles de la démocratie ont fait surgir pendant la guerre et au lendemain de l\u2019armistice?.Si les catholiques sociaux des principaux pays industriels tardaient trop 'à trouver les solutions nécessaires, nous serions acculés demain aux solutions radicales qu on doit subir chaque fois qu on a laissé passer l\u2019occasion de faire prévaloir une solution modérée.La mise au point de notre programme social est donc la première de nos préoccupations.\u201d \u201cMais ce programme social catholique, une courte formule le renfer- 1 Nous publierons prochainement la liste complète *t -\tMONTREAL, Qué.DISliBAIS & ROBlTâlLLK, LIMITES IMPORTA^ BURS BT FABRICANTS I-»\u2019ORNEMENTS D\u2019KOLISK Statues, et articles religieux, vins de Messe, Huile 8 jours \u201cNice\u201d, Cierges, etc.31 et 33 Notre-Dame Ouest, MONTRE A Li Tel.Bell 6707-6708\tAppel du soir : Westmôunt 5292 I.L.LAFLEUR, Limitée IMPORTATEUR DE Ferronneries, Métaux, Ciments, Chaux, Sable, Huiles, Vitres, Bois, Charbon, Olace, etc.Seul représentant pour la Province de Québec Engins à Gasoline \u201c Ferro \u201d, Bateaux en acier \" Mullin \u201d 362-366 Notre-Dame Ouest -\t-\t43-47 Dupré.r X * ANNONCÉS DE LA REVUE DOMINICAINE BLOC &J±Tj2sÆC>TI,JLTj \" HARNAIS, SELLES, COUVERTES A CHEVAUX, VALISES, MALLES, SACS DE VOYAGE.L^nSÆOZTSTT^QlsriE LIMITEE RUE NOTRE-DAME OUEST MONTREAL.THÉS CAFÉS CACAO NOS EPICES Nos Gelées et nos Essences Sont Hygiéniques et pleines de saveur J.A.SÏMÂRD & CIE.5-7 rue St-Paul Est, Montréal MONTREAL ET NEW-YORK TEL.MAIN 103 L.Chaput, Fils & Cie, Limitée.NÉGOCIANTS EN VINS.IMPORTATEURS DE THÉS, CAFÉS.ÉPICES, ETC.Nous avons un assortiment considérable de VIN DE MESSE Tarragone et Sicile.Nous faisons aussi une spécialité des HUTILES D'OLIVES Françaises et Italiennes, garanties strictement pures.Demandez nos prix .us vous intéresseront.roURNISSEÎÜR DES PRINCIPALES\tTéléphone j 743 RESTITUTIONS RELIGIEUSES\tLaSalle t 1903 .1,1,.ADELARD F1L10N PHARMACIEN et Importateur en gros de Produits Chimiques et Pharmaceutiques Coin des rues Fullum et Ontario MONTREAL, IP.Q, XI ANNONCES DE LA REVUE DOMINICAINE ASGRAIN & | HÀRBONNEAU PHARMACIENS EN GROS INSTRUMENTS DE CHIRURGIE 30, RUE ST-PAUL EST MONTREAL TEL.MAIN 7767 Librairie Notre-Dame MESDEMOISELLES MIGNAULT, props.) 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