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Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Rosaire
  • Successeur :
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Revue dominicaine, 1921-11, Collections de BAnQ.

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[" IIAiiO NUMÉRIQUE Première(s) page(s) manquante(s) ou non numérisiée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 Bibliothèque et Archives nationales Québec EJ ES ES ES sa hi L\u2019ŒUVRE SOCIALE DE S.CHARLES BORROMÉE nÿ, aoif si fils ie!-a tt ira» îes ' ît j* ië s S s isk ! fs àî .e PC ?Retracer 'Foeuvre sociale de S.Oharles Borromée, ce n\u2019est pas exhumer un mort, c\u2019est converser avec un vivant ou du moins le faire poser devant l\u2019objectif.1ST\u2019est-il pas vrai que saint Charles vit encore dans les séminaires et les paroisses, et chez tout le peuple sacerdotal issu des séminaires et des paroisses?ÜST\u2019est-il pas vrai, confrères du sacerdoce, que cet homme parle par nos lèvres, agit par nos mains, et répand son coeur par l\u2019immense charité qui, chez lui surabondante, nous a été départie du moins dans une-certaine mesure?De Milan son action rayonne sur toute l\u2019Eglise; du XVIe siècle elle se prolonge jusqu\u2019à nos jours.Il est pour beaucoup, dans l\u2019ordre de l\u2019action, ce qu est S.Thomas d\u2019Aquin dans l\u2019ordre de la pensée.Par antithèse, il est celui qu\u2019on oppose le plus facilement, le plus victorieusement à Martin Luther.Il a vécu peut-être lapins troublée de l\u2019Eglise, si l'on excepte la deuxième moitié du XVe siècle.Il a connu d\u2019expérience, dans toute leur âpreté et durant presque tout son règne, les conflits de juridiction entre le pouvoir civil et l\u2019autorité religieuse.Il s\u2019est penché au bord des fosses et à l\u2019entrée du lazaret durant la peste milanaise.Il a pris une part prépondérante à l\u2019achèvement du Concile de Trente et à l\u2019application des Décrets.Il a su réformer en moins de dix ans les clergés séculier et régulier, les moniales et tout le peuple de son diocèse.Il a fondé des écoles, des collèges, des monastères, restauré des lieux de culte, en si grand nombre qu\u2019on ne peut faire cent pas dans la ville de Milan sans être à même d\u2019évoquer son souvenir et son action.Il est le patron de la bonne presse, pour avoir le premier utilisé l'Imprimerie au lendemain de sa découverte, comme il pourrait être ie patron des écoles du soir pour-ouvriers, le patron des Visiteurs apostoliques, le patron des Secrétaires d\u2019Etat, le patron des Académies romaines, le patron des réformes musicales, le patron de toute réforme religieuse, intellectuelle ou morale dans l\u2019Eglise.Il est le Revuk Dominicaine, Novembre 1921. 322 LA REVUE DOMINICAINE réformateur par excellence, tandis que Luther n\u2019est que le prus grossier, le plus brutal, le plus puissant des révolutions narres de tous les temps.Mais telle est l\u2019infirmité du langage des hommes, ou la force de séduction et de propa- ask gande du mal, ou F effrayante stabilité du mensonge his-j 1 torique que jusqu\u2019à la ruine \u2019finale du protestantisme, on jfï parlera de la soi-disant Réforme du moine-apostat, et l\u2019on ¦écrira le mot avec un grand R, en réservant la minuscule à l\u2019oeuvre géante de S.Charles Borromée.Quittons ces comparaisons et ces vues d\u2019ensemble pour en venir là quelques détails et à certaines divisions.I/oeu-vre sociale de S.Charles Borromée: grâce à la position: qu\u2019il occupe et aux circonstances dans lesquelles il agit, on peut dire que toutes les entreprises du saint Cardinal eurent : une portée sociale; et l'on n\u2019éprouve aucune gêne à le proposer comme modèle a tous les bons avocats de la cause sociale.Je suis bien aise, cependant, que l\u2019on tende de nos jours à distinguer de plus en plus le domaine économique du domaine social proprement dit.En effet, à part l\u2019aumône, qu\u2019il pratiqua au degré héroïque, avec d\u2019importantes ressources, je ne vois guère dans la vie de S.Charles d\u2019entreprise personnelle, de mesure ou d\u2019ordonnance visant directement au progrès matériel des populations.J\u2019exposerai les autres à grands traits, avec des omissions forcées, ¦en indiquant au fur et à mesure les points de repère indispensables pour situer les actes et retenir les conclusions.Carrière précoce de S.Charles \u2014 Qualités et VERTUS DOMINANTES Il naquit au château d\u2019Arona, dans le petite ville du meme nom, sur la rive occidentale du Lac Majeur, le 2 octobre 1538.Sa famille, très riche, était d\u2019ancienne et haute lignée tant du côté paternel que du côté maternel: les Borromée avaient contracté des alliances avec les Brandebourg et les Visconti: la mère était une Médicis.A douze ans, le voilà titulaire d\u2019une abbaye bénédictine dont les revenus s\u2019élèvent à treize mille livres.Il fait ses humanités à Milan qu'il quitte à quatorze ans pour faire sou droit à Ravie.Ces études, plus solides que brillandes, fu- l'œuvre SOCIALE DE S.CHARLES BORROMEE 323 ¦ft rent souvent interrompues par des événements de famille-et notamment par la mort de son père.Mais le jeune abbé ne perdait pas son temps, et, sans renoncer aux distractions honnêtes, se faisait déjà remarquer par sa réserve et sa piété.Il n\u2019avait pas encore vingt et un ans accomplis lorsqu\u2019il soutint sa thèse de doctorat.Paul IV étant mort, l\u2019oncle maternel de Charles, Jean-Ange de Médicis fut élu pape le 25 décembre 1590, après un conclave de trois mois et dans des circonstance critiques dont la plus redoutable était la suspension du Concile de Trente.Charles apprit cette nouvelle \u201cavec une satisfaction calme\u201d et persuada à son frère Frédéric de la fêter en s\u2019approchant des sacrements.Mais il fallait bien s\u2019attendre à quelque accès de népotisme de la part d\u2019un Médicis élevé à la première charge de l\u2019Eglise.Dix jours après l\u2019élection, Charles reçoit une estafette au nom de Sa Béatitude, comme on disait dans le temps, et part pour Rome, applaudi, cajolé, banqueté tout le long de la route.Jamais il ne s\u2019était découvert autant de parents et d\u2019amis, écrit-il à la signora Camilla, sa belle-mère.\u201cOn s\u2019empresse auprès de moi comme si j\u2019étais un corps saint\u201d.Sans perdre absolument la tête, ni se livrer à aucun excès,, il avoue tout de même que ses résolutions, qu\u2019il avait mises dans un sac au départ de Milan, sont tombées dans le Pô au moment de la traversée.A Rome, la faveur augmente et les promotions se succèdent de semaine en semaine.En -arrivant, le Pape lui donne trois abbayes, le crée protonotaire apostolique, et lui confie ni plus ni moins l\u2019administration générale des Etats Pontificaux.A la fin du mois de janvier 1560, il est fait cardinal à l\u2019âge de vingt-deux ans.A peine a-t-il ordonné ses affaires et son train de vie à Rome, et ceux de sa famille à Milan et Arona, conformément à sa nouvelle dignité, que son oncle le désigne à l\u2019archevêché de Milan avec résidence à Rome.Il lui confie tour à tour, à rapides échéances, les légations de Bologne, des Romagnes, et de la Marche D\u2019Ancône, le protectorat du Portugal, de la Basse Allemagne, et des Cantons Catholiques de Suisse.Il sera protecteur également des Ordres de\" St-François, du Carmel et des Humiliés, des Chanoines réguliers de Ste Croix de Coïmbre, des Chevaliers de Malte et de la Croix rec 324 LA revue dominicaine du Christ.A noter que cette dignité de protecteur d\u2019ordre, devenue à peu près une sinécure, comportait !à l\u2019origine beaucoup de sollicitudes et d\u2019ennuis.Naturellement on cria, au népotisme.C\u2019était en effet du népotisme, je ne dirai pas de bon aloi, mais tolérable dans les circonstances, c\u2019est-à-dire par comparaison avec tant d\u2019abus antérieurs ou postérieurs à ceux-ci, et pratiquement exempt de scandale, à cause des garanties et mérites offerts par le privilégié.\u201cNous espérons, écrit le Pape, que, sorti 'à peine de votre vingt-et-unième année, vous pourrez en plusieurs manières être utile (à l\u2019Eglise, à cause des grandes vertus dont le Très-Haut, dans sa générosité, vous a orné\u201d.Ce voeu mystique du 'Saint Père s\u2019est réalisé.L\u2019historien du Concile de Trente, Pallavieini commente ainsi les événements : \u201cOn ne peut s\u2019empêcher d\u2019admirer dans cette conduite de Pie IV le secret dessein de la Providence divine, qui voulait faire tourner au plus grand bien de l\u2019Eglise ce que la chair et le sang conseillaient au Pontife de faire.\u201d La meilleure preuve que la chair et le sang avaient influé sur ces promotions, c\u2019est que deux ans ans plus tard, quand le cardinal, bouleversé par la mort subite de son frère le comte Frédéric, voulut recevoir la prêtrise et rompre ainsi avec une vie un peu large et des habitudes trop séculières, il eut à lutter contre l'obstination du vieil oncle, au point de recevoir l\u2019ordination en cachette.* * * Quelles qualités donc, là defaut de génie, et quelles vertus maîtresses, en attendant la sainteté, excusèrent en .partie du moins, chez un tendre jeune homme, ce oumu d\u2019honneurs et ces précoces ascensions?Grand ami de l\u2019étude, comme il va le démontrer toute sa vie, Charles n\u2019est pas à proprement parler un spéculatif, et son talent semble plutôt empêché de ce côté-là.La mémoire est ingrate.Il a du mal là retenir ses sermons, plus encore à les débiter.De là sa fondation des Nuits Vaticanes, académie de jeunes nobles, où l\u2019on s\u2019entraînait à la bonne diction et au beau langage, en attendant qu\u2019elle devînt un Institut de sciences sacrées.Le titulaire de tant et de si hautes charges, est avant tout un esprit pratique, mais des plus élevés; un homme d'action, mais des plus excellents; l\u2019œuvre SOCIALE DE S.CHARLES BORROMEE 325 Si \"î kl vf i H 2 t .¦ ni ï; * «¦ rp U- t \u2022 *' 5 i : ï > j ;* un.administrateur, mais dant toute la force du terme.Gela suppose des dons extraordinaires de prévoyance, de jugement, de mesure et de tact, qualités dont il fit montre dès sa première jeunesse.Possesseur à douze ans d'une abbaye qu\u2019il devait réformer à seize, il voulut administrer son revenu en personne, et le comte son père n\u2019y mit point d\u2019obstacle.Ce dernier, du reste, pendant ses fréquentes absences là Milan, Lui abandonnait Volontiers le soin de sa maison.A la mort du père, son frère aîné se désistera en sa faveur de ses fonctions d'intendant pour toute la famille.\u201cDans les diverses administrations que lui confie le iSaint-Père, il apparaît surtout, nous dit son biographe, (1 ) comme un esprit positif.On le devine aux instructions qu\u2019il donne à ses délégués et auxiliaires, et dont la Clarté et la précision ne laissent rien à désirer.Il est à tout et ;à tous et ne paraît surchargé de rien ni encombré de personne.Huile impatience Ou précipitation.Il règle chaque chose en temps voulu et avec le temps voulu, sans parole inutile, en toute sérénité d\u2019âme et d\u2019esprit.Il explique ce qu\u2019il désire et la façon dont il veut être servi jusque dans les plus humbles détails.\u201d Il possédait au plus haut degré le goût et le sens de la collaboration, très habile à la provoquer, à la faciliter de toutes manières.Et certes il le fallait : songez qu\u2019il dut pendant cinq ans gouverner son diocèse là distance; à distance y préparer son premier concile provincial; à distance y effectuer en grande partie ses réformes, y instituer ses écoles et ses séminaires.Il se faisait représenter par des visiteurs et par une trentaine de Jésuites.Ceux-ci à leur tour formaient de futurs aides.Quelques années après son entrée dans Milan, (septembre 1565) iS.Charles se verra entouré d\u2019un clergé réputé le plus instruit de l\u2019Italie et de l\u2019Eglise entière.Il y avait dans la demeure épiscopale devenue, disait-on, une pépinière d\u2019évêques et de cardinaux, une centaine de prêtres, qu\u2019il occupait si activement aux divers besoins du diocèse qu\u2019ils n\u2019avaient aucun moment de loisir.Et l\u2019on ne sait ce qu\u2019il faut admirer davantage, ou de l\u2019humilité profonde qui engageait ce saint évêque à s\u2019entourer de tant de lumières et de conseils, v (1) Chanoine Sylvain. 326 LA REVUE DOMINICAINE isti ou de 1 admirable sagesse avec laquelle il dirigeait ses on vriers évangiliques, utilisant leurs talents et leur activité propres, mais aussi les animant tous du même esprit.0 fut donc la grande supériorité de S.Charles dans le gou vernement de son Eglise, de savoir faire exécuter par d\u2019au très, ou plutôt, de faire lui-même par d\u2019autres ce qu\u2019il n\u2019au rait pu accomplir seul, et d\u2019imiter à sa manière la sages se de Dieu qui multiplie les coopérateurs à ses oeuvres natu relies ou surnaturelles.Telles sont les qualités maîtres ses, d\u2019ordre naturel, que le cardinal-archevêque de Milai pourra mettre au service de son oeuvre de réforme, désor mais l\u2019unique tendance et la suprême ambition de sa vie M.A.Lamarche, O.P La fin prochainement.> ANOMALIE Depuis quelques années, il y a une poussée progressive qui jette nos vieillards, nos malades et nos infirmes ver# les hospices de charité.Fondés dans le but de parer aux nécessités de la vie, en fournissant une retraite assurée et pieuse à ceux que le courant des choses a désemparés, ceux-ci ont dévié de leur route, malgré eux, et sont devenus des dépôts où enfants et parents, fatigués ou ennuyés, casent pour le reste de leurs jours ceux des leurs qui ne peuvent plus les suivre dans leur marche turbulente.Il y a abus grave.On nous dit que dans un seul de ces hospices, considérable du reste, les demandes d\u2019entrée se chiffrent à dix par jour.Ce qui fait au minimum trois mile par année.i Multipliez ce nombre par celui des autres établissements du même genre, en tenant compte de leur importance, et vous conclurez sans peine qu\u2019il est impossible que tant de personnes se trouvent dans la nécessité de quitter leur famille.Et si, poursuivant notre enquête, nous étudions les circonstances de vie de ces retraités, nous constatons une majorité possédant des parents capables de s\u2019occuper d\u2019eux.La minorité seule a vraiment besoin de refuge.Et n\u2019allez pas croire que tous les parents paient une pension intégrale à ceux dont ils se débarrassent.Oh ! non.Le petit nom- 3 S ff ¦A A ' 11 ANOMALIE 327 ;¦ i ( .bre seulement agit ainsi.Un nombre plus grand paie quelque chose et Je reste demeure à la merci de la charité publique, c'est-à-dire aux crochets des soeurs, parce que n\u2019étaient l\u2019ingéniosité et le dévouement acharné, je pourrais dire, de ces femmes de Dieu, il n\u2019y aurait pas nourriture et espace suffisants pour ces réfugiés.Est-ce là chose raisonnable?Les soeurs ne nous doivent rien, c\u2019est nous qui leur devons.Et parce que nous ne nous occupons pas suffisamment de la difficulté et de la grandeur de leur oeuvre, parce que nous nous habituons à l\u2019héroïsme de leur vie qu\u2019elles savent parer toujours de sourires, nous nous croyons en droit de réclamer même ouvertement, lorsque nous subissons un refus.Acceptons de vivre quelques jours de leur vie, de remplir ces heures des sacrifices qu\u2019elles font, de leur réveil matinal jusqu\u2019à leur coucher, veillons les malades, subissons les haleines malodorantes, les rebuffades, écoutons autour de nous monter le sussurrement des plaintes et des rancoeurs, et, ce temps écoulé, nous oublierons leur fragilité humaine et- nous demeurerons convaincus qu\u2019elles méritent trois fois le salaire d\u2019employé laïque qui garde son coeur et donne ses sendees restreints par contrat.Ce n\u2019est donc pas contre elles que nous traçons ces lignes, ce n\u2019est pas contre l\u2019étroitesse de leurs salles et le nombre forcément limité de leurs dortoirs, mais contre ceux, qui, dans leur hâte fébrile de jouir de la vie, encombrent ces salles et ces dortoirs de leurs vieillards ou de leurs infirmes.1ST on seulement ainsi, on congestionne les hospices, on ferme les portes à de véritables malheureux, mais on sacrifie à une mentalité détestable et on concourt à lui donner plus d\u2019extension.Il est certainement pénible que les soeurs souffrent de cet état de choses, que des impotents soient refusés, mais il est encore plus triste de voir lésé le grand principe de la solidarité de la famille et- du véritable amour chrétien.:Oar, nous n\u2019avons pas à nous le dissimuler, c'est parce que l\u2019amour familial diminue, que ces choses s\u2019établissent.Oh!.je sais que l\u2019on va objecter les multiples difficultés de vivre avec un malade ou un infirme à la maison.On dira qu\u2019un vieillard est parfois discordant avec la vie qui monte autour de lui, que les expansions naturelles sont sou- 328 LA REVUE DOMINICAINE vent gênées par sa présence, qu'il y a une foule de petite-pi ai sirs légitimes qui disparaissent (à cause de lui.Mais je sais aussi que, lorsque nous étions jeunes, ces vieillards, ¦alors dans la force de l'âge, donnaient leur temps pour nous fournir le nécessaire, qu'ils dépensaient leurs forces pour augmenter les nôtres, qu\u2019ils se privaient, eux aussi, de plaisirs1 permis et de dépenses agréables pour que notre vie fût chaude et embellie d\u2019affection.Je sais- que nos fièvres les ont fait trembler et que, penchés sur nos couches, ils ¦ont compté les heures, non pas de leurs fatigues, mais de-nos souffrances.Je sais que de la sorte nous avons conquis notre place sous le soleil, pendant que leurs épaules se-voûtaient, que leurs cheveux blanchissaient et que leurs mains vaillantes se mettaient à trembler.Et voilà qu\u2019heureux de leurs labeurs, de leur réussite à nous avoir faits forts et débordants de vie, ils s\u2019avancent pour s\u2019asseoir à notre foyer repeuplé.Trop tard: la jeune femme regarde ! avenir en oubliant le passé; le jeune mari sent la responsabilité des enfants qui viendront et se sent gêné sou» ce fardeau qu\u2019il ne prévoyait pas.L\u2019égoïsme de la vie s'empare de tous les deux et le vieillard, qui a semé à pleines mains, doit partir pour l\u2019hospice.L\u2019égoïsme à basé de jouissance, voilà, en effet, le ver rongeur qui tue la reconnaissance et l\u2019amour.Car, ce que nos parents ont fait, lorsqu\u2019il n\u2019y avait pas d hospices, nous pouvons à notre four, le faire pour eux.Et c\u2019est, hélas!.trop souvent, une fausseté hypocrite que ce besoin de placer nos vieillards dans les refuges quand nous avons demeure et nourriture.Je sais qu\u2019il y a des cas: exceptionnels, et l\u2019hospice a été fondé pour ces cas exceptionnels.Mais dans le commun des faits, cette \u201cobligation forcée\u201d qu\u2019on publie à son de trompe, avec accompagnement de larmes, n\u2019existe pas.vij : 11® fte\u2019e est i!ors ,Le vieillard prend une place, un peu de nourriture, quelques habits, mais quand il y a de l\u2019amour et de la recon- naissance, quand le coeur est à la hauteur de la besogne à ¦accomplir, on serre les rangs, on met un couvert de plus et on montre aux jeunes figures qui boivent la vie comment le respect des vieillards est une bénédiction.On appuie ' ¦ainsi la sagesse et le dévouement de l\u2019éducation par des exemples vivants, et on grave pour toujours dans les intelligences attentives qu\u2019un père et une mère ont droit au repos *CE ANOMALIE 329 chez leurs enfants.Rien n\u2019est vénérable, rien n\u2019est attendrissant comme une tête blanche au sommet de la table de famille.Rien n\u2019est fort aussi comme ce courant de vie qui descend des limites de la vieillesse sur la première floraison de l\u2019enfance.Et si les parents savaient ce qu\u2019ils amassent contre eux en exilant leur père et mère, s\u2019ils savaient les germes dangereux qu\u2019ils plantent et nourrissent dans le coeur de leurs fils, s\u2019ils pouvaient se rendre un compte anticipé des larmes qu'ils verseront, lorsque l\u2019âge viendra pour eux, ils hésiteraient avant d\u2019aller de gaieté de coeur retenir des places aux hospices pour les vieux.De plus, quel tort ne font-il pas à la société en agissant ainsi.Au lieu de laisser à toutes les cellules sociales l\u2019obligation de remplir la besogne pour laquelle elles existent, une tendance moderne veut tout faire retomber sur le groupe.'On croit alors qu\u2019il y a décongestion dans la masse, parce que l\u2019individu se libère.C\u2019est une erreur.L\u2019homme est social, mais la société n\u2019existe pas avant lui et c\u2019est en autant qu\u2019il donne sa force que la société est forte.Et plus le particulier se récusera, plus le groupe sera faible et tyrannique.Ces deux mots semblent se heurter : en réalité, ils s\u2019expliquent et se complètent.Le pouvoir faible doit s\u2019appuyer sur quelque chose pour demeurer.L\u2019individu dégagé des devoirs ne lui portera pas secours : il est trop occupé ià se tailler une bonne place.L\u2019autorité alors se rejette sur les lois et encercle ià grands coup de décrets ses subordonnés aveugles.C\u2019est la main-mise brutale de d\u2019état.C\u2019est le désordre, par suite le malheur, la misère morale, la férocité de la bête humaine déchaînée, l\u2019égoïsme à fond qui s\u2019étend comme une tache d\u2019huile sur toutes les contingences de la vie.Ce branle-bas vers les asiles est un des mille indices de cette mentalité fausse.Le refuge, c\u2019est de groupe qui -devient responsable des membres de nos familles.Et c\u2019est si vrai qu'on éclate en reproches quand les murs ne sont pas assez vastes pour recevoir ceux que nous leur amenons.La folie est-elle assez évidente?Ne laissons pas nos enfants prendre contact avec ce breuvage mortel.Plaçons-! es dans l\u2019ordre.Üonvain-quonsdes que leur bonheur se trouve dans l\u2019obligation acceptée et remplie.Nous travaillerons de la sorte au pro- LA REVUE DOMINICAINE 330 grès véritable, nous diminuerons les difficultés réelles de la vie et nous tarirons des sources de larmes et d\u2019amère solitude.De liants motifs nous pressent.Je ne parle pas seulement de la charité chrétienne qui se fait pourtant bien catégorique à ce sujet, mais de la naturelle conséquence des idées posées.Un dévouement mérite-iH une récompense?Da semence mérite-t-elle la moisson?Otez la récompense et au seul point de vue humain vous sapez les dévouements futurs.Otez la moisson et la semence pourrira en terre et ce sera le désastre complet.Ce que nous demandons, c\u2019est :que les familles, à moins de difficultés très grandes, à moins de sacrifices trop pénibles, gardent sous leurs toits leurs vieillards et leurs infirmés'.Le reconnaissance, l\u2019amour filial, la conscience d\u2019un devoir de famille et de société s assemblent pour protester contre l\u2019agissement contraire.Il y aura des renoncements à subir, il faudra de la patience et^ un surcroît de labeur, il y aura moins de plaisirs, mais il y aura plus de bonheur, plus de force, plus d\u2019avenir.Il y aura des jaillissements de grandeur morale, .des formations de caractères et une intensité de vie commune qui détruira cette misérable existence d\u2019égoïstes que nous sommes en train de nous bâtir.Qu on ne craigne pas pour le sort des hospices.Les cas désespérés, productions morbides parfois de l\u2019incoherence moderne, seront assez fréquents et les dortoirs abriteront à satiété les déjetés de la vie.Et au dehors, on comprendra davantage le geste de la soeur-quêteuse, parce qu\u2019on vivra un peu la même vie.i|«i lis Armand Beauregard, ptre Montréal, le 4 octobre 1921.i i UNE PAGE D\u2019HISTOIRE RELIGIEUSE L\u2019ETABLISSEMENT DE L\u2019ORDRE DE S.DOMINIQUE AU CANADA Le \u201cDevoir septembre : a publié l\u2019article \"suivant clans son édition du 21 * Il date de 1873, mais il faut remonter pas mal loin en arriê-pour retrouver la genèse de cette idée, car c\u2019est au pied de la chaire du Père Lacordaire qu\u2019elle germa.Il n\u2019en fut pas l\u2019inspirateur immédiat, mais son éloquence et ce charme magnétique qui se dégageait de sa personne avaient séduit un jeune prêtre canadien de passage à Paris, en 1842 : c\u2019était l\u2019abbé Raymond, professeur au séminaire de Saint-Hyacinthe.Facilement enthou siaste, il n\u2019avait alors que trente ans, intelligent et instruit, la voix de l\u2019orateur l\u2019avait charmé.Comme tant d\u2019autres, il était allé entendre celui qui venait de prononcer le discours sur la \u201cVocation de la nation française\u201d, et qui jetait dans la stupeur les esprits de ce temps-là, avec cette robe de moine, disparue depuis cinquante ans, et qu\u2019il portait avec une audacieuse liberté.L\u2019abbé Raymond avait vu le Père Lacordaire, qui l\u2019avait accueilli comme lui seul savait accueillir les jeunes gens, et il lui avait ouvert son coeur.S\u2019offrit-il à lui comme Rêquédat, Peiî, Hernslieim.Besson?Nous ne le savons pas, mais à partir de ce jour, il voua au prédicateur de Notre-Dame un culte d\u2019admiration, qui ne se démentit jamais, et qu\u2019il reporta sur ses fils.Il revint au Canada, revêtu de l\u2019habit de tertiaire, et nous savons avec quelle ferveur il en pratiqua les observances.Très communicatif, l\u2019abbé Raymond parlait souvent de ses grands amis de France, Lacordaire et Montalembert.Plus d\u2019une fois il manifesta son désir de voir les fils de saint Dominique en terre canadienne, mais ce ne fut qu\u2019en 1852, à partir de l\u2019érection du diocèse de Saint-Hyacinthe, que l\u2019idée commença de faire son chemin.Mgr Prince, le premier titulaire, se promit d\u2019en faire son oeuvre, car il avait besoin d\u2019hommes pour \u201cl\u2019aider dans la entreprenait\u201d.Il se mit en relation avec le Rrae supérieur général de l\u2019Ordre, et même avec le Père Il leur exposa avec chaleur combien était grand son posséder, près de lui.ces moines' dont on lui di\u2019sait tant Malheureusement on ne paraissait pas pressé là-bas de manière évasive aux ouvertures si Alors il multipliait ses lettres et amis qui partaient pour l\u2019Europe, à Paris ; il se plaignait directement au Père Jandel quand il apprenait qu\u2019une fondation nouvelle se faisait à Londres, à Saint-Petersbourg, à Lyon, à Bordeaux et que l\u2019on oubliait Saint-Hyacinthe.De son côté le P.Lacordaire lui écrivait, pour le consoler, une lettre que l\u2019on possède encore, et, dans laquelle il se plaint à son tour, qu\u2019on \u201clui prend le plus pur sang de France pour fonder à Vienne, à Constantinople, à Mus- tache qu\u2019il Père Jandel.Lacordaire.désir de de bien, l\u2019écouter.On pressantes du ses instances, de plaider sa répondait d\u2019une vénérable prélat, il chargeait ses cause à Rome et 332 LA REVUE DOMINICAINE soul et qu\u2019il ne lui reste plus rien pour cette terre canadienne encore si française.\u201d Le vieil évêque mourra avant de voir les dominicains établis dans son diocèse.Son héritage tomba entre les mains de Mgr Joseph Larocque, lui-même fervent tertiaire, et comme Mgr Raymond, grand ami de l\u2019Ordre.Il , reprit les démarches de son prédécesseur, mais sans plus de succès.Ce ne sera que sous Mgr Charles Larocque que les dominicains viendront enfin à Saint-Hyacinthe.Dans l\u2019intervalle, le F.Choearne, l\u2019un des fils les plus illustres du P.Lacordaire, était venu au Canada.De 1S66 à 1870, il avait résidé aux Etats-Unis, prêchant à New-York et à la Nouvelle-Orléans, et donnant aussi des leçons de théologie aux novices de la province américaine.Ce n\u2019était pas un homme ordinaire.Il avait une parole grave, mais chaude et sympathique, il était ardent à la manière de la génération qui avait grandi dams PU le sillage du P.Lacordaire.Il avait écrit \"La Vie intime et re- i;é \"flsai ligieuse\u201d, de celui qui en avait fait son fils de prédilection et qui lui avait confié toutes ses pensées.Il en gardait un prestige extraordinaire.Il lui était resté quelque chose de cette grande personnalité.Nous le connûmes plus tard et de fait, quand il passait, ou s\u2019arrêtait devant nous, qu\u2019il nous parlait ou nous souriait, nous croyions voir le grand Restaurateur lui-même: c\u2019était plus qu\u2019un .souvenir, plus qu\u2019une image, c\u2019était ses traits, son regard, sa démarche.En 1868, il avait célébré la fête de saint Dominique à Saint-Hyacinthe.De sa chambre, il apercevait les clochers de l\u2019église de la paroisse de Saint-Dominique et de Saint-Pie V, qui formaient, avec la ville elle-même, une couronne à Notre-Dame-du-Rosaire.Il y avait rencontré l\u2019abbé Raymond avec lequel il avait causé de leurs amis communs.\u201cIl s\u2019y était trouvé comme en famille.\u201d Cette fois il avait quitté le Canada \u201c le coeur plein d\u2019amour pour ce cher pays qui l\u2019intéressait, à cause du contraste qu\u2019il remarquait entre la démocratie triomphante des Etats-Unis et la terre canadienne, tout imprégnée de féodalité et d\u2019ancien régime.\u201d En 1871, il était élu Provincial de France.Deux ans plus tard, avec la permission du P.Jandel et l\u2019autorisation du Chapitre Provincial, qui se tint à Flavigny cette annêe-là, il pouvait offrir à l\u2019évêque de Saint-Hyacinthe les services de trois religieux.'Au printemps de la même année il était revenu au Canada.Il avait admiré une fois de plus \"la merveilleuse préparation de cette terre bénie pour une oeuvre dominicaine\u201d.Il y avait recueilli pieusement les dernières paroles de Mgr Prince mourant : \u201cLes dominicains viendront à Saint-Hyacinthe, le diocèse en a besoin.'S\u2019il le faut, j\u2019offre ma vie pour cette oeuvre.\u201d Et ces paroles nous remettent en mémoire le souvenir ému que le P.Lacordaire a déposé 'sur la tombe de l\u2019évêque d\u2019Osma, Diégo d\u2019Azévédo, l\u2019ami de S.Dominique: \u201cIl entrevit l\u2019aurore du jour où les fils du saint Patriarche fouleraient le sol de sa ville épiscopale, mais il mourut sans avoir rien consommé.Il prépara les voies, mais il était réservé à d\u2019autres d\u2019atteindre le but : la postérité de saint Dominique lui garde un souvenir aussi grand que l\u2019était son humilité, et je me sépare de lui avec la piété d\u2019un fils qui vient de fermer les yeux à son père.\u201d (Vie de S.Dom.ch.IV.) Ce fut le 5 octobre 1873, que les dominicains parurent pour la première fois dans l\u2019église de Notre-Dame-du-Rosaire, à Saint-Hyacinthe.Délicate attention de la part de ceux qui les y appelèrent, et qui toucha profondément les nouveaux venus; car le L Si' a:- : i V.sis: t s ji si ¥ Ifs 11 tf UNE PAGE D HISTOIRE RELIGIEUSE 333 choix du premier dimanche de ce mois consacré à la Reine du Rosaire par le pape dominicain, S.Pie Y, rappelait la victoire de Lê-pante sur les Musulmans.Us étaient trois : le P.Bourgeois, supérieur, et depuis, provincial de France ; le P.Mothon que nous retrouverons tout à l\u2019heure, et le P.Bernard qui.ne séjourna que peu de temps au pays.Ba cérémonie d\u2019installation fut présidée par l\u2019évêque lui-même, et Mgr Raymond, devenu prélat romain et qui désormais sera de toutes les fêtes dominicaines, prêcha.Il put rappeler à son aise les' souvenirs personnels d\u2019un passé déjà loin, et il se-réjouit de la présence si longtemps désirée des fils du P.Lacor-daire.L\u2019accueil fut des plus bienveillants et des plus sympathiques.Après la grand\u2019messe, les paroissiens présentèrent leurs hommages aux dominicains.M.de La Bruère, dans une adresse qui nous touche encore aujourd\u2019hui, dit entre autres choses: \u201cNous, paroissiens de Notre-Dame, nous sommes particulièrement heureux -de voir que cette paroisse a été choisie pour être le théâtre de vos premiers exploits apostoliques au Canada.Nous nous, félicitons de cette faveur spéciale, et soyez persuadés, Révérends Pères, que-nous venons, avec effusion de coeur, vous présenter nos sentiments d\u2019estime et de vénération pour l\u2019Ordre dont vous êtes les représentants.\u201cVous allez retrouver ici des noms qui vous sont chers.Dans le 'Séminaire de cette ville, vous constaterez que nos enfants s\u2019abreuvent aux sources si pures de la doctrine philosophique dp saint Thomas d\u2019Aquin.\u201d Un Triduum d\u2019actions de grâces et d\u2019adoration s\u2019ouvrit le même jour.Un élan remarquable amena toute la population au pied de la chaire des frères-prêcheurs.Les chroniques du temps-nous assurent qu\u2019il n\u2019y eut jamais concours de peuple plus nombreux et plus assidu au confessionnal et â la sainte Table.Ce dut être une grande consolation pour ces hommes qui retrouvaient ici, intactes, la foi et les pratiques religieuses qui déclinaient si rapidement chez eux.Mais nous laissons pour un instant la plume au P.Mothon qui écrivait vingt ans plus tard : \u201cLes enfants de saint Dominique furent reçus avec enthousiasme.Pendant les premiers jours, les fournisseurs se refusèrent .à être payés par les nouveaux venus.Durant plusieurs mois, boulangers et bouchers voulurent fournir gratis les vivres au couvent ; les dames de la ville apportèrent ornements et garnitures d\u2019autel pour l\u2019oratoire des Pères.Les communautés et le clergé séculier rivalisèrent d\u2019empressement avec les laïques : chacun voulait contribuer à l\u2019ameublement de la nouvelle communauté.\u201d (Anal.Ord.Praed.1898, p.354).Le clergé de la Province montra sa bienveillance en confiant aux Pères de nombreuses prédications.Les évêques demandaient des retraites pastorales, les curés des missions, le séminaires et les pensionnats des retraites d\u2019étudiants.Les communautés voulaient voir et entendre les dominicains.Bref, il en résulta une vie a-postolique très intense, dont nous avons recueilli le souvenir sur les lèvres mêmes de ceux qui vécurent ces années de labeur et de mérite.Mais une autre joie les attendait.Les Pères allaient bientôt prendre un contact plus immédiat avec notre peuple et se mettre à même de mieux apprécier l\u2019âme canadienne qui.commençait à s\u2019ouvrir à la haute culture intellectuelle.L\u2019année 1874 ramenait 334 LA REVUE DOMINICAINE le centenaire de la mort (le saint Thomas d\u2019Aquin.L\u2019Eglise et l\u2019Ordre de Saint-Dominique entendaient célébrer avec solennité cet illustre anniversaire.Des instructions étaient venues de Rome dans ce sens, et le Canada allait faire une fête, unique en son genre.A la suite^ d\u2019une entente des plus cordiales, il fut convenu qu\u2019elle serait célébrée, partie à Saint-Hyacinthe, partie à Québec.Le 4 mars, le séminaire de la première ville débutait par une grande séance musicale et littéraire, dans laquelle la vie et les oeuvres du grand Docteur étaient étudiées sous tous les aspects.Mgr Raymond rendit hommage à la science et la sainteté de saint Thomas dans un travail fort élaboré.Le Père Zigliara ne ménagea pas les éloges à ce travail, dont il voulut prendre connaissance.Les jours suivants la fête se continua chez les Pères dominicains, et leur église reçut alors les membres les plus distingués du clergé canadien.Tour à tour les évêques de Saint-Hyacinthe, de Montréal, des Trois-Rivières célébrèrent des messes pontificales: Mgr Laflèche, l\u2019abbé Bégin, depuis cardinal-archevêque de Québec.et délégué de l\u2019Université Laval, prononcèrent les principaux sermons.L\u2019abbé Hamel, recteur de la même Univercité, des représentants des jésuites, des messieurs de Saint-Sulpice nous honorèrent de leur présence.Le tour de Québec allait venir le 10.Ce jour-là une foule considérable se pressait dans la Basilique pour assister à une messe solennelle chantée par Mgr Taschereau.Le P.Bourgeois prêcha sur \u201csaint Thomas d\u2019Aquin et les nécessités religieuses du temps présent\u201d.Le soir dans la grande salle des Promotions de l\u2019Université, devant le Lieutenant-Gouverneur et une foule compacte, la poésie, la musique et l\u2019éloquence célébrèrent à l\u2019envi le grand Docteur.L\u2019abbé Louis Paquet, chargé de la partie littéraire, parla de \u201cl\u2019Accord de la Foi et de la Raison\u201d, à la lumière de la doctrine du Docteur Angélique.L\u2019abbé Paquet était à cette époque l\u2019orateur le plus châtié et le plus éloquent de l\u2019Eglise canadienne.Ces fêtes parurent inoubliables aux yeux des contemporains; ils en parlent dans des termes qui laissent deviner l\u2019impression profonde qu\u2019ils en reçurent.Les Pères, de leur côté, se gardèrent bien d\u2019oublier, car c\u2019était pour eux la preuve vivante d\u2019une amitié largement offerte, et la garantie du pacte qui venait d\u2019être scellé entre notre Eglise et la vieille famille religieuse qui s\u2019implantait au Canada.Naturellement, la faveur et la confiance croissant, l\u2019ouvrage abondait de plus en plus.Le P.Mothon prêcha souvent à Québec, au cours de ces années, notamment en 1874.En 1877, à la suite d\u2019une prédication fort goûtée, l\u2019Institut Canadien l\u2019invita à faire une conférence sur la Louisiane.L\u2019Université dut encore une fois ouvrir ses portes pour permettre à l\u2019assistance, qui se pressait dans une salle trop petite, de venir entendre parler de nos frères de la Nouvelle-Orléans.Le P.Mothon a laissé au Canada, au cours de ces années si actives et si fécondes, le meilleur des souvenirs.Il a été incontestablement l\u2019un des orateurs les plus puissants que nous ayons entendus dans le vieux sanctuaire de Québec.Il possédait les dons qui font l\u2019orateur : la voix, le pectus, la science.Plus d\u2019un s\u2019est demandé pourquoi cet homme s\u2019était engagé si à fond, un peu plus tard dans une tâche ingrate pour laquelle il n\u2019était pas fait, tandis qu\u2019il était de taille à occuper les plus belles chaires de France, peut-être même la première de toutes. UNE PAGE D\u2019HISTOIFvE RELIGIEUSE 335 Les dominicains avaient pris pied sur les rives du Saint-Laurent.Us y -apportaient leur Mbit qu\u2019ils tenaient de saint Dominique : ils y venaient avec leurs habitudes intellectuelles, et aussi avec cette lourde armure des observances monastiques qui dataient du XlIIe siècle.N\u2019étaient-elles pas surannées, ces observances, ces psalmodies nocturnes?Notre climat n\u2019était-il pas une barrière que ne devaient pas franchir ces importations d\u2019un monde si différent du nôtre?Qu\u2019allaient devenir les santés avec ces innovations?Trente ans plus tôt, le P.Lacordaire avait entendu les mêmes objections et il avait passé outre.Depuis quarante-huit ans elles sont en honneur dans nos couvents, et nous sommes encore à entendre la première protestation de la part de ceux qui les ont acceptées et pratiquées depuis un demi-siècle.On avait laissé entendre au P.Chocarne que la présence des dominicains, dans un pays français comme le nôtre, pourrait bien attirer des vocations.On ne s\u2019était pas trompé.A peine installés à Saint-Hyacinthe, deux jeunes gens se présentaient: i\u2019un était un finissant du séminaire de la même ville, l\u2019autre un séminariste de Québec, professeur de belles-lettres.Ce dernier a raconté lui-même sa vocation dans une page pleine de charme que nous nous plaisons à citer : \u201cIl y a vingt-cinq ans, le Provincial des dominicains de la Province de France, au terme d\u2019une course apostolique, vint passer quelques heures à Québec.Son nom était connu déjà dans notre pays autant que dans le sien : il était désormais inséparable delui du Restaurateur de l\u2019Ordre des Frères-Prêcheurs, dont il a raconté la vie et célébré les vertus.On lui présenta un jeune séminariste, à qui Dieu inspirait, depuis des années, un attrait inexplicable pour cette vie dominicaine qu\u2019il ne connaissait pas.Quelques minutes d\u2019entretien suffirent au religieux expérimenté pour constater que Dieu commençait déjà à travailler le sol canadien, et qu\u2019il serait bientôt prêt à recevoir la semence dominicaine que nos évêques demandaient avec instance, depuis vingt-cinq ans; au jeune homme, pour entrevoir la prochaine réalisation d\u2019une espérance qui jusque-là avait semblé un rêve trop beau pour se réaliser.\u201d (Le Rosaire, 1898.) Cet hommage était un acte de justice envers le P.Chocarne, ! comme le dit le P.Gonthier : \u201cC\u2019est l\u2019hommage d\u2019une piété filiale, que ; lui doivent tous les fils que la Province de France a engendrés à la vie dominicaine sur cette terre du Canada\u201d.Elles ne furent pas nombreuses tout d\u2019abord ces vocations : tout au plus une quinzaine, au cours des dix premières années.Que l\u2019on songe à l\u2019exil qu'il fallait braver, à l\u2019incertain qui attend le postulant, et surtout aux épreuves du noviciat si souvent fatales! La plupart des aspirants de ce temps-là ont persévéré cependant, mais le plus grand nombre ont déjà rendu compte à Dieu des talents qu\u2019ils en avaient reçus.Aucun n\u2019eut à regretter de s\u2019être donné à Dieu dans l\u2019Ordre de Saint-Dominique.Mais avant de partir pour la France, où l\u2019on allait forcément faire son noviciat, il fallait bien frapper à la porte du monastère de Saint-Hyacinthe, pour s\u2019enquérir de la vie dominicaine que l\u2019on ne connaissait que par les livres.On n\u2019y allait pas sans appréhension, car il y aivit là pour nous recevoir un excellent vieillard, sans doute, le vénérable P.Mathieu, mais avouons que de prime abord, il n\u2019avait pas l\u2019air très accueillant; puis il y avait ces hom- 336 LA REVUE DOMINICAINE mes vêtus de blanc que nous ne connaissions pas, il y avait aussi ces regards qui nous scrutaient jusque dans les profondeurs de l\u2019âme ; mais la glace ne tardait pas 'à se foudre, l\u2019affabilité reprenait vite le dessus.Ils nous parlaient de l\u2019Ordre, de la France, des missions, du Père Lacordaire qu\u2019ils confondaient presque avec saint Dominique.On s\u2019en retournait heureux, pour faire ses préparatifs de voyage, et l\u2019on partait, sans trop de chagrin, avec la perspective de ne pas revoir les siens avant cinq ou six ans.Ce n\u2019était pas tout à fait l\u2019exil, même pas du tout, car c\u2019était le pays de nos ancêtres.-Dans le monastère, nous allions trouver une famille qui nous attendait les bras ouverts.On y retrouverait des frères par le sang et la langue.Là-bas on était curieux de savoir si le sang français avait conservé sa vigueur au sein des forêts de l\u2019Amérique.Certains ne tardèrent pas à constater, à leurs dépens, et ils ne s\u2019y frottèrent plus, que la pointe de l\u2019esprit n\u2019avait rien perdu de sa finesse.Ces Français retrouvaient sur nos lèvres la bonne vieille langue qu\u2019ils parlaient comme la parlent les gens de notre classe instruite, quand ils se donnent la peine de la parler correctement.Ces hommes intelligents et pleins de coeur nous accueillaient à leur foyer comme des frères ; ils nous invitaient à partager leurs prières, leurs études et leur formation religieuse ; nous dûmes nous asseoir à la même table, prier dans le même sanctuaire, réciter les mêmes offices, recevoir le même enseignement et avoir notre part des mêmes corrections.Et c\u2019était là que se formaient les héritiers du P.Chocarne, du P.Monsabrê, du P.Lacordaire et de tant d'autres, qui portaient alors le fardeau, parfois si lourd et quelquefois si glorieux, de la vie dominicaine.Nous avons rencontré là des hommes d\u2019une science incomparable que le monde ignorait, et qui nous paraissaient venir d\u2019un autre âge.Comme ils aimaient leur famille religieuse, comme ils vénéraient tous la mémoire du Restaurateur de l\u2019Ordre ! Ils nous en entretenaient avec la piété la plus filiale, et ils aimaient à agrémenter leurs leçons de paroles ou de traits inconnus du public, malgré les révélations du P.Chocarne.Affiliés ià la Province de France, nous dûmes prendre notre part de ses infortunes.C\u2019est pourquoi nous dûmes suivre les noviciats dans leurs pérégrinations successives.On se souvient des expulsions des religieux français en 1880.Avouons que nous ne j les regrettons pas, ces pérégrinations, tout en ayant sympathisé de tout coeur avec nos frères exilés, car elles nous valurent l\u2019avantage de voir et d\u2019habiter, les uns l\u2019Espagne, les autres le Tyrol, et un grand nombre la Corse, qui en somme n\u2019est qu\u2019uh prolongement de l\u2019Italie.C\u2019étaient les pays latins, avec une pointe en Allemagne.La plupart connurent Amiens et Abbeville, beaucoup Flavigny, dans la Côte d\u2019Or, où le souvenir du P.Lacordaire se lisait sur tous les murs, dans le jardin, jusque dans le cimetière, où reposent les corps de Réquédat, Piel et Hernsheim, entre autres; Belmonte au puissant château qui regarde, menaçant, vers la Murcie et les plaines de la Manche, comme si les Maures étaient encore là, le château aux tours massives où les jours de grande fête nous arborions les couleurs françaises et espagnoles, que la musique militaire saluait de ses accents alertes et enlevants; Corbara et la Corse sauvage et pittoresque, aux âpres senteurs du maquis, suspendu aux flancs des montagnes ;, Yolders, dans le Tyrol autrichien, avec ses populations pleines de foi, de piété et de poésie, 11; t 'S ii àti A s- la A ta Q; v.;.: aies UNE PAGE D\u2019HISTOIRE RELIGIEUSE 337 qui se conservent si bien dans ces vallées profondes.Ges noms ne disent pas grand\u2019chose au lecteur canadien, mais pour nous, c\u2019était du nouveau, c\u2019était de la matière à observation, et de la plus riche, c\u2019était surtout la solitude et le recueillement où se formait notre âme dominicaine.Parmi les disparus de ce temps-là, nommons le P.Gonthier, le seul qui se soit fait un nom dans les lettres canadiennes.Il fut certainement l\u2019une de nos plus belles intelligences ; il a fait honneur à son Ordre, qui le tenait en haute estime.Peu d\u2019hommes ont su manier dans notre pays une plume aussi française et aussi diserte.Ajoutons qu\u2019il l\u2019avait formée à la rude école de Louis Veuillot.Un autre, le P.Fortier, mort jeune, fut le premier maître canadien des novices.Il le fut juste assez pour que nous regrettons encore son départ prématuré.Poète lauréat de l\u2019Uni-versité Laval et de l\u2019Institut Canadien, il n\u2019a laissé que trop peu de choses.Un troisième, le P.Routier, le seul que la mort nous ait ravi en Europe, repose toujour au pied des grandes Alpes, dans le petit cimetière des Servîtes de Yolders.Quand les novices français quittèrent le Tyrol, les bonnes gens du pays promirent de veiller et de prier sur sa tombe.Prix du Prince de Galles à Québec, et doué d\u2019une belle intelligence, d\u2019un grand coeur et d\u2019un .riche caractère, il avait un avenir plein des meilleures promesses.* * * Maintenant qu\u2019il commence à se faire tard pour nous, quoniam advesperascit, nous éprouvons la nostalgie de ces grands et pieux souvenirs, qui ont nourri notre enfance religieuse, et qui nous ont soutenus dans les travaux et les luttes de la vie ; cependant nous sommes consolés par le spectacle de nos jeunes frères qui reprennent la série interrompue des pèlerinages vers ces sanctuaires, dans lesquels il y a tant à prendre pour orienter, discipliner et fortifier les esprits qui seront appelés, un peu plus tard, à jouer les premiers rôles dans un pays jeune comme le nôtre.Car là-bas se trouvent les sources de la science profonde, les fermes disciplines et les directions éclairées, dont Rome surtout possède le secret là-bas se trouve le dépôt des traditions séculaires de notre vieille civilisation chrétienne et catholique.Fr.Thomas COUET, O.P. DANS L\u2019ORDRE \u2014 A i/eTRANGER \u2014Le T.K.P.Leea, soc lus du Maître-Général, nommé Consul teur de la S.Congrégation des Rites.a été \u2014Le Souverain Pontife a envoyé au T.R.P.Jarrett, provincial des Dominicains d\u2019Angleterre, une lettre de félicitations à l\u2019occasion de l'inauguration d'un Couvent d\u2019E-tudes à Oxford, l\u2019ancien couvent, fondé le 15 août 1221, avant été détruit au temps de la réforme.\u2014Le Cardinal Boggiani, archevêque de Gênes, a quitte tout récemment sa ville archiépiscopale et devient Cardinal de curie.Avant de partir il a adressé à son diocèse une fi ère pastorale dans laquelle il explique les motifs de son départ.L\u2019année dernière, juste à pareille époque, le cardinal publia une lettre dans laquelle il désavoua nettement l\u2019action des Populaires.Dès lors la situation du Cardinal Boggiani à Gènes était devenue intolérable.C\u2019est la raison pour laquelle il a donné sa démission qui a été accepté par le Pape.\u2014Le Rme Père IGénéral a fondé à Fribourg la Maison Saint-Hyacinthe, destinée aux étudiants dominicains qui, des diverses Provinces de l\u2019Ordre, viennent suivre les cours de 'l\u2019Université.\u2014A la Semaine sociale de Toulouse, le R.P.Gillet, O.P., professeur de Théologie au Couvent des Etudes du Saule-hoir, près de Kain, a donné une conférence sur la Responsabilité en matière de placement des capitaux.\u201cAvec le précision du théologien, la flamme de l\u2019apôtre, dit la Semaine catholique de Toulouse, le savant professeur, dont la voix pleine et sonore remplissait sans effort la vaste salle\u2014 salle qui avant la Révolution fut le réfectoire de d\u2019ancien couvent de son Ordre\u2014démontra que, pour être conforme à la justice sociale, le placement des capitaux devait tenir compte non seulement de l\u2019intérêt privé, mais encore du bien commun.Il indiqua ensuite dans quel sens devra désormais s\u2019orienter !\u2019éducation sociale des jeunes générations. DANS L\u2019ORDRE 339 Le IL P.Rutten, O.P., Directeur des Oeuvres Sociales de Belgique, obtint son habituel succès èn montrant ce qu\u2019on peut demander aux Syndicats de faire pour favoriser la justice dans les relations économiques.\u2014Le Maréchal Pétain a été élu président honoraire des anciens élèves d\u2019Arcueil.\u2014Le T, R.P.Bérée, O.P., de la mission dominicaine de Mossoul, a été nommé archevêque de Bagdad.\u2014Le B.P.Groileau a donné le sermon à la bénédiction, le 4 septembre, d\u2019un monument aux morts de la Guerre, à Les Pineaux-Saint-Ouen.\u2014La \u201cRevue des Jeunes\u201d, 3, rue de Luynes, Paris, vient de réditer l\u2019ouvrage du R.P.Sertillanges, O.P., intitulé La vie intellectuelle.\u2014Le Moniteur belge du 25 mars a publié le rapport du jury chargé par le gouvernement de juger le concours des sciences philosophiques pour la période 1908-1917.Le prix décennal de philosophie, déjà obtenu en 1900 par S.E.le Gard.Mercier, vient d\u2019être attribué à son disciple, M.Maurice de Wulf, de l\u2019Université de Louvain, 'actuellement chargé d\u2019un cours de philosophie thomiste à l\u2019Université Harvard, l\u2019Oxford des Etats-Unis.\u2014Le chapitre provincial de la Province de Californie eut lieu à San Francisco le 8 septembre et celui de la Province St-Joseph, à Washington en octobre.\u2014Fous recommandons aux prières de nos amis le T.R.P.Constant Adam décédé en France au commencement d\u2019octobre.dans la province \u2014Les funérailles du R.P.Barthélémy Hébert ont eu lieu à ET.-D.du Rosaire de Saint-Hyacinthe le 28 août, jour anniversaire de sa profession religieuse.La dépouille mortelle arriva le matin même, conduite par le T.R: P.Archambault, supérieur de la maison de Lewiston, (Maine).Celui qui écrit ces lignes\u2014un chevronné de l\u2019observance au Couvent de Saint-Hyacinthe,\u2014se rendait à la gare pour la sixième fois depuis quatorze ans, en vue d\u2019y remplir le même funèbre devoir, et sans compter les décès dont il fut témoin dans son propre monastère.C\u2019est toujours la même sensation, amère et décevante, d\u2019apercevoir 340 LA REVUE DOMINICAINE g au loin la locomotive, violent symbole de vie et de puis sance, charriant les restes inanimés de ceux qu\u2019elle portai; ¦naguère, pleins de zèle et d\u2019enthousiasme, aux buts de leur missions apostoliques.L\u2019office funèbre fut présidé par le T.R.P.Dion prieur d'Ottawa, assisté des RR.PP.Marion et Hamel Remplissaient les fonctions de porteurs : les RR.PP.Ba eon, Farlÿ, Doyon, Lamarche, Ouimet et D\u2019Aigle.Après le chant du Libera, on se rendit en processioi au cimetière où furent exécutés suivant île rite de l'Ordre les derniers répons et les dernières' psalmodies.Puis oi ferma la bière du défunt, après que le célébrant eut rame né sur son visage le capuchon noir.Et les porteurs 1 descendirent lentement dans la fosse.In pace, in idif sum, dormiam et requiescam.\u2014Le T.R.P.Dion, prieur d\u2019Ottawa, fut l\u2019orateur sa cré de circonstance là Lewiston, Maine, là l\u2019occasion di Congrès de l\u2019Union, Saint-Jean-Baptiste d\u2019Amérique, et j Rockland, Ont., conjointement avec le R.P.T ague, lors d1 la bénédiction de la nouvelle église.\u2014Sa Grandeur Mgr Charles-Hugh Gauthier, Arche vêque d\u2019Ottawa, a publié l\u2019encyclique de Benoît XV Fausto appetente die, en la faisant précéder d\u2019une paste rale où nous relevons avec une gratitude respectueuse ! passage suivant: \u201cFous sommes heureux que notre voix e notre piété puissent être auprès de vous tous l'écho de ce! les de Hotre-Saint Père le Pape; d\u2019autant plus que non possédons dans notre ville épiscopale un couvent de Frères Prêcheurs dont l\u2019action apostolique fait la consolation d notre coeur d\u2019évêque et l\u2019édification de nos diocésains.Leu vie, leur parole et leurs écrits sont comme une prédicatioi permanente qui s\u2019adresse à toutes les catégories de fidèles\u201d \u2014La retraite de rentrée, au Séminaire des Trois-Ri vières, a été prêchée par le T.R.P.Béliveau.\u2014La paroisse portugaise St-Dominique de Swansea Mass., a célébré le dimanche 2 octobre le 10e anniversair de sa.fondation.Le curé-fondateur est le R.P.Percot O.P,, du Couvent de Fall-River, qui parle avec facilité If langue de ses ouailles, son père ayant été succès,sivemen Consul de France à Madrid et Là Lisbonne, ce qui fournit ai futur religieux l\u2019occasion de faire ses études dans cette der 3 ;; dp F \u2022 a ] .sk h J 1 a; Bit 1 i h : i it \\i I \u2019If, ï I if DANS LORDRE 341 nière ville.A la paroisse St-Dominique est attachée la mission de Forth 'Swansea.L\u2019une et l\u2019autre sont des plus florissantes.\u2014Le 25 septembre, on f aisait à iSte-Anne de La I I-River comme une nouvelle dédicace de l\u2019église récemment décorée.Les hôtes d\u2019honneur étaient 'Sa Grandeur Mgr Daniel Feehan, évêque de Fall-River, et le T.R.P.Dion, prieur d\u2019Ottawa, ancien curé de S te-An 11e.Il y eut messe pontificale, allocution par Sa Grandeur, et le soir, réunion publique à laquelle le T.R.P.Dion porta la parole.La partie profane consista dans une soirée musicale, confiée à des artistes montréalais, et qui eut lieu le jeudi 29 septembre, là la Salle Ste-Anne.\u2014Le T.R.P.Henri Theriault, de la Maison vicariale de R.-D.de Grâce, a été élu, le 6 octobre, prieur du Cbu-vent de St-Hyaeinthe, et son élection a été confirmée par le T.R.P.Provincial.-\u2014Les RR.FF.Benoît Mailloux, Gilles Roy, André Dumas ont prononcé leurs voeux solennels là Ottawa le 4 août, et le R.F.Ai col as Ferron, le 15.\u2014Le R.F.Isnard Labbé a fait profession temporaire à 'Saint-Hyacinthe le 9 octobre.-\u2014Le personnel enseignant de notre 'Collège 'St-Jean-Baptiste d\u2019Ottawa est ainsi composé pour l\u2019année 1921-1922 : T.R.P.Albert-Marie Marion, Bachelier en S.Théologie: Régent du Collège, Professeur de Théologie morale, et Lecteur du Cas de Conscience.T.R.P.OefLas-Marie Forest, Bachelier en S.Théologie: Bachelier du Collège, Professeur de Théologie dogmatique et d\u2019Histoire des Dogmes; Professeur d\u2019Histoire de la Philosophie à la faculté de Philosophie de l\u2019Université de Montréal.R.P.Augustin Leduc, S.Th.L.: Pro-Maître des E-tudiants, Professeur de Droit Canonique, d\u2019Histoire de l\u2019Eglise et d\u2019Hébreu.R.P.Gabriel Ferras, :S.Th.L.: Professeur d\u2019Ecri-ture 'Sainte et d\u2019introduction à l\u2019Ecriture iSainte.R.P.Gonzalve Proulx, S.Th.L.: Professeur d\u2019Apologétique et d\u2019Eloquence sacrée. 342 LA KEVUR DOMINICAINE R.P.Jean-Dominique Manger, 'S.Tin L.: Professeur de Philosophie et d\u2019Histoire de la Philosophie.\u2014La prédication d\u2019un triduum aux Pères du Couvent de FT.-D.de Grace, Montréal, à l\u2019occasion du Vile centenaire de la mort de saint Dominique, précéda la célébration de la fête du Rosaire.Le jour même, tSa Grandeur, Mgr Forbes, évêque de Juliette, nous honora de sa présence, et célébra une messe pontificale, durant laquelle il ordonna un jeune prêtie pour le diocèse de Marquette, Mich.Le T.R.P.Jean-Joseph, Provincial des Franciscains, prédicateur de la circonstance, nous parla avec onction de l\u2019apôtre que fut saint Dominique, dont la doctrine et la sagesse brillèrent d\u2019un si grand éclat et qui, à sa mort, léguait 'à son Ordre et à l\u2019Eglise le précieux héritage du Rosaire.A J office du soir le 'Salut qui suivit la procession du Rosaire, fut chanté avec un brio et une piété qui ravirent tous les assistants.\u2014M.A.I>.\u2014Préparée avec le plus grand soin, la Fête du Rosaire, à iSt-Jean-Baptiste d\u2019Ottawa, a magnifiquement réussi grâce au concours généreux et empressé des amis de l\u2019Ordre de St-Dominique.Un témoignage préliminaire qui nous fut très sensible, fut la toute gracieuse Lettre pastorale de Mgr Gauthier, Archevêque d\u2019Ottawa, où Sa Grandeur se plut à convier tous ses diocésains à unir leurs prières afin de rendre un éclatant honneur au patriarche fondateur de notre ordre.Puis c\u2019est Son Excellence le Délégué Apostolique, Mgr Pietro di Maria qui s\u2019excuse délicatement de ne pouvoir prendre part activement à ces fêtes, mais qui nous assure qu\u2019il sera avec nous de tout coeur.C\u2019est encore Sa Grandeur Mgr Brunet, Evêque de Mont-Laurier, qui, dans une visite privée, nous apporte l\u2019assurance de ses regrets de ne pouvoir être libre le dimanche du Rosaire.A ces éminents prélats de l\u2019Eglise nous ne pouvons dire qu\u2019un cordial merci du touchant intérêt qu\u2019ils voulu- '.dans Mordre 343 Tent nous manifester; puisse notre Bienheureux Père les bénir et répandre ses faveurs sur leurs oeuvres apostoliques.L\u2019égî ise était décorée avec art.Les banderoles et les drapeaux aux couleurs pontificales tapissaient la voûte et les murailles, les autels étaient garnis des mêmes couleurs; on admirait surtout à l\u2019autel de Marie le rosaire symbolique dont chacun des grains était une rose, et dont l\u2019ensemble symbolisait les mystères joyeux, douloureux et glorieux, grâce aux cent cinquante roses blanches, rouges er jaunes.'Celles qui voulurent bien donner leur temps et leur goût, quelques Dames de la paroisse et les Révérendes Soeurs Grises de la Croix, ont droit à de vifs remerciements et à de sincères félicitations.Pendant ces préparatifs extérieurs, les religieux du couvent suivent les exercices d'un triduum préparatoire à la fête.Il fut prêché par les RR.PP.Rouleau, Marion et Côté.Dès les premières messes du jour du Rosaire les communions commencèrent et se prolongèrent jusqu\u2019à la grand messe.Le Père-curé avait demandé aux paroissiens d\u2019offrir en signe de bonne amitié leur communion, P°ur.chacun des religieux de notre province ; les fidèles se rendirent à cette invitation: qu\u2019ils soient remerciés, et rétribués par Celui qui récompense tous les dévouements.La messe de 9 heures fut dite par Sa grandeur Mgr Hallé, évêque de Hearst.Combien la présence de ce pionnier, .courageux et zélé, nous fut agréable, et avec quelle joie h fut reçu parmi nous! M.l\u2019abbé Clément Gagnon, de l\u2019évêché d\u2019Ottawa, agissait comme prêtre-assistant. l\u2019orgue, Mlle Dora Villeneuve tenait l\u2019orgue et le choeur des enfants de Marie fit entendre les chants les mieux appropriés.Cependant la messe pontificale de 11 -heures fut le véritable ^centre de toute la fête.iSt Grandeur Mgr La-tuhppe, évêque d\u2019Haileybury, pontifiait, assisté par Mgr Routhier et MM.les chanoines Bouillon et Beauchamp.Au Choeur assistaient Vosseigneurs les Evêqiues Couturier et Hallé, Mgr.Pascal Lombard, O.M.C., Préfet apostolique, Mgr SGrivetti, de la Délégation apostolique, M.labbé Lebeau; Mgr Allard, curé de Ste-Martine ; les RR. 344 LA REVUE DOMINICAINE % PP.Villeneuve, O.M.L, Oui Ilot, O.iSiS.R., Le Texier, O.M., Marcotte, Docteur de 'l\u2019Université d'Ottawa, Piscen-tini, (Sup.des PP.du St-Esprit, Justin, des PP.Capucins, Mathieu, o.f.m., Ehéaume, directeur, du Grand Séminaire, etc., etc.La chorale de iSt-Jean-Baptiste interpréta avec beaucoup de talent et de succès la messe d\u2019Ebner, avec accompagnement d\u2019orchestre.A l\u2019Evangile, le Très Révérend Père Rouleau, Provincial des Dominicains, monta en chaire et prononça le discours suivant : Les fils de St-Dominique auraient pu célébrer dans l\u2019intimité de leur cloître le septième bienheureux fondateur, mais cet hommage discret de leur piété filiale eut-il répondu aux intentions de la Sainte Eglise, si hautement exprimées par Sa Sainteté Benoît XV, eut-il été suffisant pour honorer celui qui reçut selon le mot étonnant de Ste Catherine de Sienne, \u201cla Fonction du Verbe\u201d.Ils ne l\u2019ont pas cru, car l'influence de S.Dominique déborde le cadre d\u2019une époque et d\u2019une famille religieuse.Elle s\u2019étend à toute l\u2019Eglise.C\u2019est ce qui a été compris et c\u2019est ce qui explique votre auguste présence, au milieu de nous, Messeigneurs, et la pieuse affluence qui remplit cette enceinte.Que Dieu soit donc à jamais béni pour les grâces accordées à son fidèle serviteur.Que la Bse Vierge Marie soit bénie pour lui avoir confié la bienfaisante dévotion du S.Rosaire.Notre respectueuse gratitude monte d\u2019abord vers le Vénérable Archevêque d\u2019Ottawa pour le public hommage de sa piété envers S.Dominique.Retenu loin de sa ville épiscopale, de loin il bénit cette assemblée et nous envoie son très digne représentant dont la persévérante sympathie depuis notre arrivée dans ce diocèse jusqu\u2019à ce moment fait notre honneur et notre consolation.Je la présente ensuite au courageux apôtre de toutes les saintes causes, à Mgr l\u2019Evêque d\u2019Haileybury, qui offre l\u2019Hostie Eucharistique, avec toute la majesté des rites pontificaux, puis au jeune et vaillant Evêque dont le zèle assure à l\u2019Eglise un vaste et nouveau domaine dans la région septentrionale de notre pays.Je m\u2019incline avec un spécial respect devant le fils de S.François, missionnaire de la lointaine Abyssinie, qui nous apporte aujourd\u2019hui le témoignage de la traditionnelle affection qui unit nos êclié; et Dieu lui demande plus que la vie chrétienne ordinaire, il veut la vie dépouillée de toutes les attaches terrestres.Combien alors le salut est difficile pour l\u2019homme,' pour nous.Il est même impossible à l\u2019homme; mais ce qui est impossible à l\u2019homme est facile à Dieu.Cette communication de Dieu avec l\u2019homme dans toutes les actions de sa vie deviendra le grand principe du salut.Les apôtres, les premiers, appliquent ce principe.Après P Ascension ils s\u2019en vont loin de leur patrie, dans tous les pays les plus éloignés, chereant la vie divine et Dieu en dehors des choses de la terre.' Exilés de leur famille et de leur pays.\u2022 ils s\u2019élèvent plus haut que les affections passagères et voient Dieu.Leur vie devient éminemment supérieure à toute vie ordinaire.L\u2019exemple des apôtres est suivi admirablement par les \u2019fîmes éprises du même idéal.Nous voyons un S.Antoine et un S.Benoît fonder des maisons où l\u2019on ne verra que cette recherche de la perfection et qui, par leur exemple, entraînent une foule de disciples vers cette vie spéciale, basée sur la pratique des conseils évangéliques.Le XlIIème reste fidèle à cette aspiration vers la perfection.A cette époque nous apparaît un jeune homme dont l\u2019esprit est beau, dont la vie est pure, qui se retire du monde dès son adolescence, qui devenu prêtre, quitte son cloître et -ses frères, et s\u2019en va en voyage chez les peuples qui ne parlent pas sa langue, qui n\u2019ont pas ses moeurs, qui ne connaissent pars les doctrines qu\u2019il a approfondies depuis des années.Il travaille efficacement par son exemple et par ses enseignements, et bientôt des disciples se groupent à ses côtés et la famille dominicaine est fondée.La vie dominicaine est donc l\u2019expression d\u2019une volonté de Dieu, comme toute vie religieuse d\u2019ailleurs, surtout comme la vie franciscaine.S.Francois est suscité pour démontrer d\u2019une façon gigantesque ce qu\u2019est la pauvreté.S.Dominique apparaît pour criir de toutes -ses forces, par sa voix et par celle de ses disciples, la vérité.\t> Il prêche que la liberté de l\u2019homme, de la race, du monde est un don de Dieu.Il veut prêcher la liberté.Il ne donne pas de règle, sinon les conseils de Ntre-igeigneur.Aussitôt qu\u2019il a 12 disciples, il ouvre les portes du cloître, et au grand étonnement des fidèles et sous l\u2019effroi du clergé, il les lance dans le monde en leur disant d\u2019aller prêcher.S.Dominique reste impassible; il ouvre le livre de l\u2019Evangile, il le médite, et se contente de répondre : vous, vous oubliez la sagesse de Dieu et sa Providence; vous parlez de sagesse humaine, moi je parle de sagesse divine.Le seul principe de Dominique, c\u2019est l\u2019amour de Dieu.Ma règle! Aimez, aimez! continuez d\u2019aimer! Que votre coeur soit assez grand non pas pour contenir l\u2019amour de la famille, non pas poulie restreindre à l\u2019amour de la race, mais pour étendre à l\u2019univers entiers.L .Aimez ! /Coupez les obstacles qui nuisent à l\u2019amour de Dieu, grâce au secours des conseils, de la vie religieuse et vous aurez la vraie liberté, vous donnerez au monde la vraie liberté.L\u2019habit dominicain que nous portons, c\u2019est l\u2019habit de la liberté.Il y a 700 ans que l\u2019ordre dominicain est fondé : il ya 700 aus qu\u2019il dit à tous qu\u2019il est le signe, le grand signe de la liberté, la seule vraie, parce qu\u2019elle est assujettie à Dieu à l\u2019amour de Dieu.Quelle est donc la vie qui vaut la peine?La santé corporelle ne sert de rien si elle ne peut résister à la maladie et aux épreuves. DANS L\u2019ORDRE 347 La santé de l'ordre dominicain a été attaquée par les hérésies, par les ennemis de Dieu et de l\u2019Eglise, mais elle s\u2019est maintenue saine et vigoureuse tout le Moyen-Age, toujours depuis 7 siècles.Ce qui arriva au XIII siècle arrive aujourd\u2019hui.Les conditions sont les mêmes.Les remèdes doivent être les mêmes : humour de Dieu garantie de la vraie liberté.L\u2019homme a conquis les mers et les deux par des navires et des aéroplanes, mais la seule conquête vraiment grande, c\u2019est la conquête de Dieu par la perfection indivituelle.Maintenant il y a une force qui commence à se faire sentir partout.Cette force exige que l\u2019homme ne reste pas seul : toi tu ne resteras pas seul ! Les luttes sont grandes : c\u2019est la vie de race contre races, c\u2019est la race blanche qui, éclairée de la lumière de Dieu, lutte contre la race noire plongée dans l\u2019erreur.Et ces luttes nous donnent une leçon non pas de s\u2019arrêter, mais de faire de nombreuses luttes dans la grande lutte du monde, de chercher comme l\u2019aveugle de l\u2019Evangile la lumière : Seigneur, que je voie ! Le secret de trouver cette lumière, c\u2019est de chercher Dieu par les conseils évangéliques.Ne cherchez pas de résoudre ce problème vous-même, mais à genoux et cherchez Dieu par les moyens qu\u2019il nous donne lui-même, par le Rosaire, dont nous célébrons la grande fête S.Dominique nous le donne comme efficace, après l\u2019avoir trouvé, employé et répandu.Les difficultés de vie augmentent la force de Dieu nous aidera à conquérir ces difficultés.Ce que S.Dominique a fait pour le monde, faisons-le nous aussi.Que les peuples se confient à Dieu ! Que les peuples se modèlent sur les saints et la victoire nous restera pour l\u2019éternité.Ainsi soit-il.Gracieusement autorisée par Son Honneur le maire d\u2019Ottawa, une procession publique s\u2019est déroulée 'à 4 hrs dans les rues suivantes: Primrose Bronson, Somerset et Empress.Ce fut au milieu de deux haies vivantes que circula la procession.On peut évaluer à plus de trois mille, les personnes qui escortèrent la statue de la Vierge du Rosaire.Les Scolastiques O.M.I.et O.SS.RR,, les élèves du Grand Séminaire, précédaient les prêtres et les prélats.Les Cadets de l\u2019Académie Lasalle, si magnifiquement organisés par lee Frères des Ecoles chrétiennes, la splendide Garde Champlain et les fiers Zouaves pontificaux de la paroisse donnaient une allure martiale à la longue file des fidèles.Les différents Choeurs de chant fournissaient une note de piété par leurs chants en l\u2019honneur de Marie.Mgr Couturier, assisté des RR, PP.Villeneuve, O.M.I.et Justin, O.M.C.et revêtu des ornements épiscopaux, rehaussait l\u2019éclat de cette démonstration unique dans l\u2019histoire de la paroisse et même de la ville. 348 LA REVUE DOMINICAINE De Lavis de tous', cette fête fut uu véritable succès.Dieu soit loue! Nul doute qu\u2019elle a laisser un souvenir durable dans l\u2019esprit des assistants et qu\u2019elle attire les bénédictions de la Vierge du Rosaire et de iS.Dominique sur eux.\u2014A.B.RECENSIONS RR.RP.BERTHIER ET VADLER, O.P.\u2014 \u201cUn peintre dominicain\u201d \u2014 L\u2019oeuvre artistique du P.Besson.Beau volume grand in-40 jésus comprenant 130 reproductions, la plupart en couleur, oeuvre de M.André Marty.En vente aux Bureaux de l\u2019Année dominicaine, 34, rue du Bac, Paris, Franco : 50 fr.\u201cDans l\u2019art français, écrit M.André Pêratê, il faut aller jusqu\u2019au XIXe siècle pour rencontrer des images de saint Dominique qui soient dignes de mention.Mais ce ne sont plus des images isolées.^ c\u2019est toute une histoire du saint qui est composée, avrec quel zèle et quelle ferveur ! par ce doux artiste dominicain, le P.Besson, dont les PP.Berthier et Vallée, dans un magnfique volume, nous ont récemment raconté la vie et l\u2019oeuvre.Les fresques dont ce cher fils de Lacordaire a décoré, à Rome, la Salle capitulaire du couvent de Saint-Sixte, mériteraient d\u2019être célébrées à l\u2019égal des meilleures peintures de Flandrin : une âme tendre et charmante y palpite, au milieu de quelques imperfections d\u2019un métier parfois un peu rapide et sommaire ; mais si l\u2019on sent une certaine insuffisance de style dans les grandes compositions, pourtant si émouvantes, qui deprésentent les Résurrections, le Rosaire, la Rencontre de saint François et l'Apparition des Apôtres, on peut dire que les médaillons en camaïeu avec les petites scènes où se résume toute la vie du saint, sont pénétrés du plus pur esprit de 1\u2019Angelico; parmi les pieux élèves de M.Ingres, nul n\u2019a atteint ce sommet de candeur.\u201d L\u2019éloge sera complet si, à l\u2019appréciation du fameux critique d\u2019art, nous ajoutons ce témoignage qu\u2019apporte aux éditeurs M.G.Rohaut de Fleury: \u201cIl y a dans vos albums des pages admirables, je ne sais quoi d\u2019antique christianitê qui m\u2019a ravi.Le P.Besson, avant d\u2019être peintre, était poète, et profondément pieux, Les grandes pensées illuminent ses oeuvres.\u201d On nous, demande souvent ce que l\u2019on peut offrir, comme cadeau de fête ou de nouvel an, aux membres du Clergé et des Communautés religieuses : En cette année du 7e centenaire de S.Dominique, l\u2019oeuvre artistique de l\u2019un de ses plus dignes fils serait un souvenir peu banal.A noter que l\u2019ouvrage contient non seulement la vie de S.Dominique, mais des scènes de la vie de Notre-Seigneur, de la Ste Vierge et de plusieurs saints, ainsi que des varia et paysages, RECENSIONS 349 \u2022\u201cIl y a, dit encore M.Rohant de Fleury, des aquerelles telles que sainte Rose de Lima, sainte Catherine de Sienne, VAnnonciation, qui atteignent ce que j\u2019ai vu de plus beau, de plus pieux, de plus poétique.\u201d ADOLPHE BETTE \u2014 \u201cLettres à un indifférent\u20195 \u2014 Baris, Bloud et Oay, 1921 In-16, 259 pp.Prix: 7 francs.\u201cOn retrouve ici les qualités ordinaires de l\u2019auteur : un zèle ardent pour ramener à Dieu les égarés, une langue directe, dure, pittoresque, \u2014 encore qu\u2019un goût sévère puisse, y blâmer une préférence, trop accentuée, pour les métaphores à la Huysmans ou â la Léon Bloy, empruntées à tous les stades de la digestion.Mais ce qui fait la valeur du volume, c\u2019est qu\u2019il est un recueil d\u2019expériences religieuses; il nous met en contact, non pas avec des \u201cnotions,\u201d comme eût dit Newman, mais avec des réalités et des faits.\u201d \u201cOn s\u2019étonnera de voir M.Henry Bordeaux, (p.189sqq.) traité aussi sévèrement.Quelles que soient ses limites et ses lacunes, son oeuvre demeure respectable et bienfaisante.Ces créations vivantes et héroïques que sont une Mme Guilbert (La peur de vivre) ou Mme Derize (Les yeux qui s\u2019ouvrent) défendent toute comparaison injurieuse avec le faux art de Georges Ohnet.\u201d (Les Etudes, 5-20 septembre 1921).ABBE J.-A.-D.SABOULIE \u2014 \u201cLes Parents, l\u2019Eglise et l\u2019Etat dans leurs rapports avec l\u2019Ecole\u201d.Ecole Sociale populaire, 1075, rue Rachel, Montréal, Prix 15 sous.Etude lumineuse, pondérée et solide, écrit à l\u2019auteur Mgr Béliveau.Elle tient la file avec honneur parmi les nombreuses publications de l\u2019E.S.P., et nous aurons l\u2019occasion d\u2019y revenir.On nous annonce que l\u2019Ecole va entrer dans une nouvelle période d\u2019activité et de progrès.A1BBE E.B AI LL ABLE \u2014 \u201cAbrégé d\u2019Histoire sainte\u201d \u2014En vente chez l\u2019auteur, !à Verchères, P.Q.et chez les bons libraires, au prix de 40 sous.M.l\u2019abbé Fréd.A.Baillargê, curé de Verchères, vient de publier un nouvel ouvrage intitulé \u201cAbrégé\u201d d\u2019Histoire Sainte en rapport avec le nouveau programme à l\u2019usage des élèves du cours élémentaire, intermédiaire, élèves de 3e et de 4e année\u201d.Le liste des travaux de M.l\u2019abbé Baillargê sur l\u2019histoire sainte est déjà longue.Il a fait des manuels pour toutes les classes de notre cours primaire; il en a fait pour les élèves, il en a fait pour les maîtres aussi.Le présent ouvrage n\u2019est pas une réédition.L\u2019auteur au lieu de suivre la méthode catéchistique suivie précêdem-inent a adopté la méthode du \u201crécit suivi\u201d, en rélêguant le questionnaire à la fin de chaque chapitre, afin de faire travailler l\u2019élève davantage.De belles et nombreuses gravures reproduisant en partie les oeuvres des grands maîtres agrémentent le texte et sont propres à former le goût.Une heureuse variété de caractères typographiques met bien en vedette le sujet principal de chaque réponse et contribue à la graver plus facilement dans la mé- (!) \u201cRevue des Jeunes\u201d, 25 août 1921: saint Dominique dans Varia 350 LA REVUE DOMINICAINE moire de l\u2019élève.Ce livre étant approuvé, par l\u2019autorité ecclésiastique, peut être introduit dans n\u2019importe quelle école de la province.R.P.LOUIS PERROY \u2014 \u201cVers Pamour de Dieu\u201d \u2014 Cantiques du voyage, 1 vol.in-16, Paris, 10, rue Oas-I sette, chez Lethielleux, 6 francs.I Ii Ce nouveau livre du R.P.L.Perroy sera certainement accueilli avec la même sympathie empressée qui a toujours entouré les précédents.C\u2019est non seulement une oeuvre profondément intéressante par : le sujet, mais grâce au style si attrayant et à la psychologie si fine de l\u2019auteur, c\u2019est dans son ensemble une oeuvre très belle et très bonne.Rappelant les grands mystiques, par exemple l\u2019auteur de \u201cLa Nuit obscure\u201d et ses cantiques elle développe la marche de l\u2019âme et ses progrès et des termes qui sont d\u2019une vérité et d\u2019une pénétration remarquables.On peut dire que c\u2019est le livre mystique des âmes appelées â l\u2019union divine dans les voies ordinaires et ouvertes à tous.C\u2019est ce qui fait son originalité, c\u2019est aussi, nous le croyons, ce qui fera son succès.R, P.S E R 'P I LL A NU ES, OP.\u2014 \u201cLa vie intellectuelle\u201d, Revue des Jeunes, 34, rue de Luynes, Paris, 2è édition.C\u2019est un très beau livre et c\u2019est le livre d\u2019un philosophe, d\u2019un psychologue très averti, d\u2019un écrivain éloquent, aux phrases à la fois nettes et d\u2019une harmonieuse ampleur, aux images neuves et aux formules expressives.Mais, ce qui importe surtout à son auteur, c\u2019est un livre fécond et un précieux enseignement.Les jeunes gens qui se destinent au travail intellectuel et aussi leurs aînés auront le plus grand profit à méditer ces pages où ils trouveront une claire indication de leurs devoirs, de leur rôle dans la société actuelle, des obstacles à éviter, de leur hygiène morale; ils y trouveront même les conseils les plus précis et les plus utiles sur la faqon de travailler.Ainsi les vieux préceptes donnés par saint Thomas s\u2019adaptent merveilleusement, grâce à un écrivain qui n\u2019ignore rien de son temps, aux circonstances présentes.Et c\u2019est une nourriture singulièrement riche et précieuse.{Le Correspondant) RECENSIONS 351 ABBE J.SAINT-DENIS \u2014 \u201cConfrérie du Saint-Rosaire\u201d\u2014Ses Indulgences.Plaquette, 8 pages, en vente chez l\u2019auteur, à Chambly-Bassin, au prix de 5 sous l\u2019unité et de 25 sous le cent.Le distingué rubriciste du diocèse de Montréal s\u2019est acquis une telle réputation dans les choses du culte que nos curés voudront encourager la réédition d\u2019un opuscule qui a déjà rendu au clergé et aux fidèles d\u2019appréciables services.B.P.HUGUENY, O.P.\u2014\u201cPsaumes et Cantiques du Petit Office de la Sainte-Vierge.\u201d Traduction, commentaire, méditation.Nouvelle édition ( 4e mille ).In-12, 442 pages, avec gravure frontispice.Prix: 6 francs.CastVrman, Tournai, Paris.Ce magnifique volume est le fruit d\u2019un travail complexé et consciencieux ; il témoigne d\u2019une grande science tliêologique et herméneutique au service d\u2019un ascète et d\u2019un poète.L\u2019ancien professeur de dogme de l\u2019Ecole Biblique de Jérusalem se retrouve tout entier dans ces pages, aussi alertes de style que fécondes en enseignements de tout genre.Il fera connaître et apprécier le Petit Office de la Sainte Vierge qui est pour les personnes du monde le fondement du Privilège Sabbatin de N.-D.du Mont-Carmel.Il aidera puissamment les prêtres à qui il offre une excellente traduction de trente-neuf psaumes et de cinq cantiques du Bréviaire.Il aidera les uns et les autres par sa méthode toute pratique de méditation sur les psaumes.CH AN.GrONON.\u2014 \u201cLes Abimes du Sacré-Coeur\u201d\u2014In-8 couronne, 3 fr.; franco 3.60.P.Lethielleux, éditeur, 10, rue Cassette, Paris (6e).Sainte Marguerite-Marie est un maître remarquable: instruite par le Sacré-Coeur lui-même, douée des lumières spéciales que possèdent les Saints, documentée par une expérience attentive, sa science spirituelle a d\u2019incomparables richesses.Ce livre a voulu opportunément les exploiter.L\u2019auteur était d\u2019ailleurs qualifié pour l\u2019écriture ayant longtemps vécu à Paray, ayant étudié pendant près de trente ans pour la préciser, la doctrine de la Sainte, il pouvait la comprendre et la faire comprendre.Marguerite-Marie analyse tous les états d'âmes; à l\u2019abime de leurs misères elle oppose l\u2019abîme des richesses du Divin Coeur.Les pages qui commentent son enseignement sont surtout encourageantes et consolantes ; un coeur un peu déprimé y puisera un principe tonifiant.Elles sont aussi illuminantes ; tout esprit désireux d\u2019ascétisme précis et de sain mysticisme y trouvera une réponse à ses interrogations.Paraissant dans le rayonnement de la canonisation : Les Abîmes du Sacré-Coeur seront à leur place entre les mains de toutes les personnes dévotes au Sacré-Coeur et à sa confidente. 352 LA REVUE DOMINICAINE CHAOST.iS.FEiBVRE.\u2014 Nos devoirs envers la Sainte-Eucharistie\u201d,.Elégant volume in-321 de 400 pp.3 fr.75; franco, 4.10.P.Letliielleux, éditeur, 10, rue-Classette, Paris, (6e).Une nouvelle édition de cet ouvrage vient de paraître (sixième édition 70,000e mille), elle est revêtue des approbations de NN.SS.les Evêques de Saint-Claude, de Nevers et de Mgr l\u2019Archevêque de Besançon.D\u2019après les affimations du R.P.Vincent de Paul Bailey, fondateur de la Croix de Paris, l\u2019ouvraige : \u201cNos devoirs envers U Sainte Eucharistie\u201d est un classique qui restera.Le pieux auteur, pour le composer, s\u2019est surtout inspiré des paroles de Notre-Seigneur à Sainte Marguerite-Marie: \u201cJ\u2019ai une soif ardente d\u2019être aimé des hommes au Saint Sacrement et je ne trouve presque personne qui veuille me désaltérer en usant envers moi dq quelque retour.\u201d Ce livre, écrit dans un style clair, précis, à la portée de toutes les intelligences, prend le chrétien à son entrée à l\u2019église et lui explique tous les devoirs qu\u2019il a à remplir à l\u2019égard de l\u2019Hôte divin de nos tabernacles.Le vénérable auteur n\u2019oublie pas de démontrer à ses lecteurs l\u2019importance de la communion précoce pour les enfants, de la communion fréquente et quotidienne et de la communion des infirmes et des malades.Cet ouvrage se recommande d\u2019abord aux prêtres qui ont la charge de catéchiser les enfants, ainsi qu\u2019aux dames catéchistes qui y puiseront des enseignements pratiques pour former l\u2019enfance à une dévotion éclairée envers la Sainte Eucharistie.Il est spécialement recommandé aux mères chrétiennes, et sera pour elles un manuel de piété eucharistique, enfin signalons-le aux parents chrétiens comme le meilleur souvenir qu\u2019ils puissent offrir à leurs enfants à l\u2019aoccasion de leur première communion,.En terminant nous ferons observer que cet ouvrage a été traduit en anglais, en espagnol et en allemand, \u201cpreuve évidente, disait le R.P.Tissot, qu\u2019il a plu à la foule dont le Bon Maître a pitié parce qu\u2019elle ne se nourrit pas assez du pain sacré\u201d.Superiorum perrnissu De licentia Ordinarn "]
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