Revue dominicaine, 1 décembre 1930, Décembre
[" Année Le numéro : 20 sous Décembre 1930 CON REVUE DOMINICAIN ^VVEDIC#' R.P.M.-D.Chenu, O.P., L\u2019âme de saint Augustin.R.P.M.-C.Forest, O.P., Augustinisme et Thomisme.R.P.F.-M.Drouin, O.P., Définitions de l\u2019Histoire de l\u2019Eglise.R.P.M.-A.Lamarche, O.P., \u201cJusqu\u2019à Bethléem\u201d.LE SENS DES FAITS.\u2014Adresse au Rme P.Gillet, par Thon.Rodolphe Leiiieux.\u2014 Le IVe centenaire du Tableau miraculeux de St-Dominique à Soriano, par D.Bartonb.\u2014 Dans l'Ordre : A la Société d\u2019Etudes Religieuses \u2014 Status personalis du Collège d\u2019Ottawa.\u2014 Nouvelles diverses, par Fra Domenico.L'ESPRIT DES LITRES.\u2014Gonthier : Œuvres oratoires.\u2014T.I.(M.-A.L.) Lenormand : Couletir du temps \u2014¦ Autour de la maison (M.-A.L.) Lumbreras : Etudes philosophiques (A.-M.R.) Langlais : Les Frères Prêcheurs au Japon (A.-M.R.) Besnard : Retraite aux enfants \u2014 Groulx : La naissance d'une race \u2014 Simard : S.Augustin apôlre de la Paix (B.M.) L'Almanach de la Langue française \u2014 Table des matières, année 1930.ADMINISTRATION SAINT - HYACINTHE REDACTION MONTREAL (N.-D.de Grâ**) Publiée mensuellement Directeur : R.P.M.-A.LAMARCHE, O.P.REVUE DOMINICAINE ABONNEMENTS (payables d\u2019avance) Au Canada: $2.00 \u2014 A l\u2019étranger: $2.25 Avec le \u201cRosaire pour tous\u201d, 25 sous en plus par an La Revue Dominicaine publie des articles de vulgarisation touchant les Ecritures, la théologie, l\u2019apologétique ou le droit canon, et même des études de philosophie, de littérature, de sociologie ou d\u2019histoire, pourvu que la religion ou la morale y soit concernée.La Revue Dominicaine n\u2019a pas de spécialité proprement dite dans le domaine religieux, mais elle accorde une attention particulière aux questions d\u2019apologétique et aux problèmes de société, envisagés surtout au point de vue canadien.La Revue Dominicaine publie des recensions et diverses cia ioniques, en s\u2019attachant moins au récit des faits et à l\u2019analyse des ouvrages qu\u2019à leur signification d\u2019en semble.La Revue Dominicaine ne sera pas responsable des écrits des collaborateurs étrangers à l\u2019Ordre de Saint-Dominique.Prière d\u2019adresser les communications littéraires : manuscrits, volumes, etc., au R.P.M.-A.Lamarche, 5375, Avenue Notre-Dame de Grâce, Montréal; et les communications administratives : abonnements, annonces, etc., au R.P.Jean Bacon, Saint-Hyacinthe.Applications du freudisme, par le Dr Antonio Barbeau.L\u2019éducation en plein air, par le R.P.R.-M.Voyer, O.P.Nous publierons en janvier : I! ANNONCES REVUE DOMINICAINE TéL Bureau: 463 Résidence: 681-W H.LETOURNEAU ENTREPRENEUR PLOMBIER-FERBLANTIER Posage d\u2019appareils de Chauffage & l\u2019eau ehaude, & la vapeur et réparations générales 265 RUE CASCADES,\tST-HYACINTHE, P.Q.LA CORDONNERIE J.A.LEMAY Réparations générales PRIX RAISONNABLES \u2014 SATISFACTION GARANTIE 212 RUE CASCADES,\tST-HYACINTHE, P.Q.Tél.525 E.A.GENDRON PEINTRE-DEC OR A\u201cirUR Peintures, Huiles, Vernis \u2014 Tapisseries, Electricité, Vitre» 244 RUE CASCADES,\tST-HYACINTHE, P.Q.Téléphone 500 LOUIS BOURGEOIS, Limité.FERRONNERIE EN GROS ET DETAIL 104-110 St-Antoine \u2014 67-61 St-Simon,\tSt-Hyacinthe, P.Q.F.Daoust, gérant Téléphone 59-TV LA COMPAGNIE D\u2019EAU Propriétaire du célèbre PHILUDOR 148 RUE CONCORDE,\tST-HYACINTHE, P.Q.OSCAR POTHIER OPTICIEN \u2014 BIJOUTIER Montres Rolex, Waltham Elgin \u2014 Bagues fiançailles, joncs mariage Lunettes de toutes sortes et bien ajustées M.O.DAVID & CIE Enrg.MARCHANDS-TAILLEURS 86 St-Simon.ST-HYACINTHE Habita faits «ar commandes à court avis.Foanra ji, Ckapeaux at Casqaettaa y S .'¦< - 3338 2\tANNONCES REVUE DOMINICAINE Téléphone Bell 403.\tEtablie en 1916 Bureau Principal et fabriqua 4C-48-50 rue Laframboise.S\u2019IL VOUS PLAIT ADRESSEZ TOUTE CORRESPONDANCE A LA COMPAGNIE La Compagnie d\u2019Orgues Canadiennes, Ltée Orgueil d\u2019Eglise Tubulaires et Electriques.Orgues de Salon (Une spécialité) .Souffleries Hydrauliques et Electriques des plus Modernes.ST-HYACINTHE, P.Q.Téléphone Bell 310\tCarrosse No 2 JOSEPH BERTRAND COCHEE Entrepreneur de Pompes funèbres No 30 rue Laframboise, ST-HYACINTHE Scories de Louage, Carosses simples et doubles, paur Mariages, Baptêmes, ete Automobile, EXPRESS Pharmacie L.P.GAUCHER GROS et DETAIL 223 rue Cascades,\tSaint-Hyacinthe Téléphone 86 Têl.Bureau 95 HECTOR CHARTIER Commerçant de BOIS et CHARBON BS8 RUE GIROUARD, ST-HYACINTHE, P.Q. 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ANNONCES REVUE DOMINICAINE 5 L\u2019une se Meurt.L\u2019autre Naît SOUS peu 1930 ne sera plus.une nouvelle année commencera.Quel montant avez-vous économisé durant l\u2019année écoulée ?Que vous proposez-vous sous le rapport Epargne en 1931 ?Pour vos cadeaux, utilisez le mandat de banque, négociable sans frais partout en Canada.Evitez les pertes d\u2019argent toujours possibles en voyageant, les risques du vol ; servez-vous de chèques de voyageurs.LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA Siège Social : Montréal.Toi.L An caster 1917 Nous nous ferons un plaisir de fournir des estimés pour vos travaux d\u2019impression.Notre motto: Promptitude et satisfaction.0DJ.MENARD 987 St-Lanrent, Montréal 6\tANNONCES REVUE DOMINICAINE r\u2014 ¦\tJ fci wi\" .r.* n\u2014, a, y .~n~, ¦ J.D.DESROSIERS MARCHAND DE Chaussures, Claques, Valises, Etc.Téléphone Bell 401\t143 RUE CASCADES, ST-HYACINTHE DESMARAIS & ROBITAILLE Limitée Marcliands d\u2019ornements d\u2019église et d\u2019articles religieux 70 ouest, rue Notre-Dame, MONTREAL 121 rue Rideau, OTTAWA 145 rue Church, TORONTO Notre maison d\u2019Ottawa peut expédier des vins pour fins sacramentelles dans toutes les parties de la puissance du Canada.ULRIC BOILEAU LIMITÉE ENTREPRENEURS GENERAUX 4869 rue Garnier,\tMONTREAL Tél.27\tRés.891 C.J.HUBERT GRAINS ET FARINES 100 RUE ST-ANTOENE St-Hyacinthe ANNONCES REVUE DOMINICAINE 7 PHARMACIE ST-HYACINTHE -PLACE Dü MARCHE- 165 BUE CASCADES Drogues et médecines de première qualité.\u2014 Spécialité \u2022 UDB PRESCRIPTIONS.\u2014 Articles de toilette.\u2014 Bonbons, Parfuma, etc.\u2014 Seul endroit où l\u2019on peut se procurer les fameux remèdes \u201cREXALL\u201d.\u2014 Nos articles de caoutchouc sont reconnus supérieurs.AGENCES : Articles de photographie, le Kodak EASTMAN.J.-H.-E.BRODEUR, Propriétaire.Dentiers, Ponts, Obturations de tous genres RAYONS X Ouvrage de première classe seulement Dr J.-A.Ernest Daigle, B.C.D.CHIRURGIEN-DENTISTE Membre de l\u2019Unité Sanitaire des Comtés de St-Hyacinthe et Rouville Spécialité: Chirurgie Buccale, Extraction Dentiers le même jour sur engagement Prix raisonnables\tSatisfaction garantie Ouvert de 9 h.A.M.à 9 h.P.M.119 Bourdages\tST-HYACINTHE, P.Q.\tTel.357 CHAPEAUX ROMAINS Feutre, Soie, Peluche, Cachemire, Paille Catalogue envoyé gratuitemeai sur demande mmmmm 1170, rue Saint-Denis, MONTREAL THES CAFES CACAO EPICES GELEES ESSENCES Nos 37 années d\u2019expérience sont une garantie pour vous.J.A.SIMARD & OIE.6-7 rue St-Paul Est, Montréal MONTREAL et NEW-YORK Tél.Main 0103 8 ANNONCES REVUE DOMINICAINE %* %*\t»;* **?*4.\t*j* »*?%* ***%^ %* F %* **\u2022 %* %* *1* %* FF *1* %* *1* *1* F %* F F V* %* *1* *1* F %* %* F F F V ?4» ?4» 4* ?*& f \u2022F ?F ?F \u2022F ?F F ?4» ?4» (conomiL UNE VIE NOUVELLE Une vie de Sécurité et de Progrès est assurée aux Canadiens-français 4* Qui reconnaisisient lia nécessité de il\u2019épargne; V !£ Qui donnent leur coopération à leurs institutions, dignes de T ?v ?t* ?F ?F F ?F ?F ?4* ?V 4* F leur confiance; I ?F £ Qui retiennent chez eux et au bénéfice de leurs propres oeuvres leurs capitaux.UN MOYEN SIMPLE, FACILE DE PRATIQUER L'ECONOMIE PROFITABLE ET NATIONALE C\u2019est une police dans La Société des Artisans Canadiens-Français Assurance mutuelle, Vie, Accident, Maladie, Invalidité.La plus forte Société française d\u2019Amérique.Assure les hommes, les femmes et les enfants, depuis $100.00 jusqu\u2019à $10.000.00, d\u2019après les systèmes les plus modernes.v 4» F 4» 4* 4» F ?F ?F 4* ?F f F ?* ?4* 4* ?f 4* f F 4* I F ?4* ?I Assurance en vigueur: $53,000,000.00 Bénéfices payés: $16,000,000.00 Fonds accumulés: $12,000,000.00 SIEGE SOCIAL : MONTREAL Accueil, Renseignements et Publicité: 924, rue Saint-Denis Becrétariat, A dminist ration et Bureau médical: 930, rue Saint-Denis ?F F F 4* 4* 4» 4» 4* 1 ?F ?4* ?t* F ,j.$m$m§.§»*ffFFF4*4*FF44FFFFF4\u2018FF4*FF4*F44FFFFFFFFF4mFFFFFFF LAME DE SAINT AUGUSTIN Dans notre faiblesse, nous sommes portés à remarquer surtout, dans les grands hommes, Vextension de leur génie et la multiplicité de leurs ressources.Nous mesurons leur grandeur à l\u2019effet de puissance que produit en nous leur œuvre, et nous admirons l\u2019aisance avec laquelle ils ont soulevé, retourné, forgé, organisé, une masse énorme d\u2019idées, ou d\u2019hommes, ou de faits.Les grandeurs les plus spirituelles de l\u2019humanité n\u2019échappent pas à cette appréciation quantitative, et notre admiration devient ainsi parfois un obstacle à la véritable intelligence de leurs œuvres, et comme une gêne dans la fréquentation pourtant si désirable de leur esprit.Il n\u2019est peut-être pas d\u2019âme humaine en face de laquelle il faille autant se dépouiller de ce fâcheux travers qu\u2019en face de l\u2019âme de saint Augustin.S\u2019il fut jamais grandeur spirituelle où la très simple unité demeure le vrai trésor au delà des multiples œuvres extérieures, c\u2019est bien l\u2019âme d\u2019Augustin, où la destinée la plus mouvementée se développe cependant selon une parfaite rectitude, où les aspirations tumultueuses du cœur le plus passionné qui fût sont, jusqu\u2019en leurs excès, dominées par un très pur appétit du vrai bonheur, où les multiples et véhémentes activités extérieures restent soumises en définitive à la sérénité du contemplatif.Que notre révérence, un peu effarouchée par les nombreux in-folios qui renferment les écrits d\u2019Augustin, ne nous dissimule pas le secret de cette âme: son unité et sa simplicité.Secret admirable, et par où Augustin 646 REVUE DOMINICAINE reste accessible aux simples, que la subtilité, ou l\u2019ampleur, ou les passions d\u2019un tel génie déconcerteraient.1° Unité de l\u2019esprit.Unité dans le vrai; l\u2019erreur est non seulement mensonge, mais elle est aussi division de l\u2019esprit; ses voies sont multiples et contradictoires, où l\u2019homme égaré se dispeî'se, in regione dissimilitudinis, tandis que le chemin de la vérité est droit, unique et unifiant.Or Augustin aime la vérité; il a la passion de la vérité; il a la passion de la vérité, et toute son âme y passe.Car la vérité exige tout; on ne calcule pas avec elle; ses souplesses, ses discrétions, ses contours, ne sont en réalité qu\u2019en nous, en nos yeux, pour lesquels elle s\u2019accommode avec délicatesse et patience.Mais elle est intransigeante.Elle est toute pure.Et la pureté de l\u2019esprit, c\u2019est la simplicité, c\u2019est l\u2019unité.L\u2019esprit d\u2019Augustin était sans détour.Sans aucun pli.Sans doute il fut faible d\u2019abord; la lumière était presque haïssable \u2014 le mot est de lui \u2014 à ses yeux malades, la lumière qui pourtant est si délectable aux yeux purs ! Et oculis ægris odiosa lux, quæ puris est amabilis.Mais, s\u2019il ne pouvait fixer son regard, il avait déjà du moins l\u2019appétit, l\u2019amour du vrai: Amantem memoriam secum ferebat; et cet appétit le purifiait, l\u2019unifiait om fond, alors même que la surface de son âme était empâtée d\u2019erreurs.2° Unité du vouloir, \u2014 dans le désir de la béatitude.Car, pour Augustin, la vérité est au service du bonheur, et elle n\u2019est recherchée que parce qu\u2019elle est béatifiante.C\u2019est l\u2019amour, c\u2019est la sagesse d\u2019amour, qui étreint le Bien suprême.Quelle étreinte ! C\u2019est une communion.Mais on ne s\u2019unit pas, surtout ainsi, et surtout au Dieu béatifiant, si l\u2019on n\u2019est pas un en soi-même.Dieu hait le cœur multiple.C\u2019est-à-dire: l\u2019amour est L\u2019ÂME DE SAINT AUGUSTIN 647 d\u2019un exclusivisme farouche, et ne supporte ni réserve, ni repli, ni partage; l\u2019amour de Dieu (et l\u2019amour de la béatitude, car, pour Augustin, c\u2019est tout un) obéit à cette loi commune de l\u2019amour.Il lui faut un cœur simple.Augustin vécut là aussi in regione dissimilitudinis.Et pourtant, dans cette dispersion, dans cette poursuite insensée du bonheur à travers les jouissances sensibles, l\u2019inquiétude unifiait son cœur, \u2014 en espérance.Irre-quietum est cor nostrum.L\u2019inquiétude est multiplicité et division, mais une division si profonde, si intime, en la chair même de notre cœur, que ce semble bien être le triomphe de l\u2019amour avant l\u2019amour, et donc le plus sûr apprentissage de l\u2019unité.3° Unité enfin, plus profonde, ou mieux effet profond et décisif de cette double unité de l\u2019esprit et du cœur: l\u2019unité du contemplatif.La vie \u201cactive\u201d est travail, combat, effort; elle est encombrée de soucis; les bonnes œuvres mêmes qu\u2019elle réalise ne sont pas sans nous engager dans les misères et les complexités de la vie terrestre.Bien plus la discipline de nos tendances et de nos passions, de nos imaginations, de nos émotions, nous impose une certaine dispersion intérieure, un redressement laborieux, qui par son effort accapare notre esprit et témoigne qu\u2019il n\u2019est point apte encore au regard très simple de la contemplation.C\u2019est pourtant là que serait la perfection, celle à laquelle nous invite Augustin par sa doctrine et par son exemple.La contemplation, dans une âme maîtresse d\u2019elle-même, est un acte éminemment simple, où toutes les puissances semblent venir se fondre dans la perception vive et savoureuse du bien aimé.Car vrai et bien ici ne font qu\u2019un et la beauté même n\u2019est que la splendeur de cette union.De même intelligence et volonté, regard et amour, 648 REVUE DOMINICAINE ne font qu'un, et est enfin vaincu ce dualisme, si douloureux pour nous, d'une intelligence qui voit et d'une volonté qui ne se résout pas encore à aimer.La contemplation, [c\u2019est un amour qui regarde.Augustin, grand contemplatif, trouve la perfection dans cette suprême unification.Car unité, c'est perfection.C'en est le signe, et c\u2019en est l'effet.Secret de cette beauté spirituelle qui est, dans l'âme humaine, le reflet de la mystérieuse unité du Dieu en trois personnes.Augustin s'enivre à scruter l'unité de ce mens où la Trinité a imprimé son image trine et une.On peut concevoir autrement qu'Augustin la psychologie de cette unification mentale, ou mieux, la technique qui l\u2019expliquera à notre raison analytique.Mais on ne trouvera pas, sinon peut-être en S.Thomas d'Aquin, âme plus unifiée que tcelle d'Augustin, qui, dans cette unité, a retrouvé la simplicité et la pureté de l'enfant.Les vrais grands hommes ne sont que de tout petits enfants devant Dieu.¥ M.-D.Chenu, O.P. Augustinisme et Thomisme (Conférence donnée le 12 novembre à Québec pour Vinauguration de VAcadémie canadienne_ St-Thomas d\u2019Aquin.) Le monde chrétien commémore cette année le quinzième centenaire de la mort de saint Augustin.Aucun Père de l\u2019Eglise n\u2019a exercé sur l\u2019Occident une influence comparable à la sienne.Au moyen âge en particulier, il a été le maître incontesté.Sa pensée imprègne à la fois la spéculation et la prière; elle se trouve à l\u2019origine de tous les grands mouvements intellectuels de l\u2019époque.Avec le Xllle siècle, une autre philosophie, celle de saint Thomas, va prendre, dans l\u2019Ecole, la place que l\u2019augustinisme y occupait.Celui-ci ne sera pas oublié pourtant.Tout le long de l\u2019histoire on le verra inspirer des courants nouveaux.Les études innombrables parues cette année montrent qu\u2019après quinze siècles il continue d\u2019exercer encore son emprise sur les âmes.Suivant en cela les traces de l\u2019Académie romaine St-Thomas, notre Académie naissante a voulu associer, dans un même hommage, les deux grands docteurs de l\u2019Occident chrétien : saint Augustin et saint Thomas.\u201cOn ne peut étudier saint Augustin, lorsqu\u2019on a quelque connaissance de la philosophie thomiste, sans être poursuivi, écrivait naguère M.Gilson, par la constante tentation de comparer les deux systèmes.On les sent ressemblants comme des frères, mais, comme des frères aussi, on sent qu\u2019ils ne sont pas identiques.\u2019\u2019! Non seulement, en effet, 1.\u2014La vie intellectuelle, juillet 1930, p.46. 650 REVUE DOMINICAINE étant apparus à huit siècles d\u2019intervalle, ils vont différer par les préoccupations, les influences subies et les expériences personnelles, mais on retrouvera en eux d\u2019autres divergences plus profondes qui, s\u2019enracinant au plus intime de leur âme, imprégneront toute leur pensée.Saint Augustin et saint Thomas appartiennent à ces deux grands courants spirituels qui, issus l\u2019un de Platon et l\u2019autre d\u2019Aristote, traverseront les siècles sans se mêler jamais complètement.L\u2019histoire doctrinale du XHIe siècle n\u2019est pas autre chose que la lutte entre ces deux esprits, et, si l\u2019on va au fond de bien des controverses religieuses contemporaines, on sera étonné d\u2019y trouver l\u2019éternel antagonisme entre le platonisme et l\u2019aristotélisme.Mettre en parallèle saint Augustin et saint Thomas, c\u2019est donc poser l'un des problèmes fondamentaux de la pensée chrétienne, l\u2019un des plus discutés aussi, même à l\u2019heure présente.Les uns, occupés surtout à mettre en relief ce qui sépare les deux doctrines, cherchent à couvrir du nom de saint Augustin une opposition secrète à des directions qui n\u2019agréent pas.Les autres, au contraire, s\u2019efforcent d\u2019établir entre l\u2019augustinisme et le thomisme une sorte de concordisme philosophique qui n\u2019est pas lui non plus sans dangers.Ou bien, en effet, on fausse les systèmes pour les rapprocher, ou bien on cherche, pour les deux, un terrain vague d\u2019entente où leurs caractéristiques propres s\u2019estompent et s\u2019atténuent.Il ne s\u2019agit, d\u2019après nous, ni de combattre un système par l\u2019autre, ni de tenter des conciliations impossibles, mais bien d\u2019indiquer la place de chacun dans l\u2019histoire et dans la vie de l\u2019Eglise.Nous essaierons de montrer que le thomisme marque, non seulement dans l\u2019ensemble de sa synthèse, mais dans l\u2019élaboration des concepts mêmes AUGUSTINISME ET THOMISME 651 de philosophie et de théologie, un progrès définitif qu'il faut bien nous garder de sacrifier.Quant à saint Augustin, il suffit à sa gloire de représenter l\u2019un des moments de la pensée catholique en marche, et d\u2019offrir à certaines âmes, pour aller à Dieu, un itinéraire que l\u2019Eglise n\u2019a jamais songé à fermer.* * # Saint Augustin, nous l\u2019avons dit, domine la première partie du moyen âge.C\u2019est dans les limites qu\u2019il avait tracées que se développa la spéculation chrétienne.Ces limites étaient celles de la révélation et de la foi.On devait finir, et on finit en fait par identifier cette philosophie religieuse et mystique avec la philosophie tout court.Pendant ce temps, une autre philosophie, celle d\u2019Aristote, s\u2019acheminait providentiellement, et à travers toutes sortes de vicissitudes, vers ce grand centre de vie intellectuelle qu\u2019était alors l\u2019Université de Paris.Sur son passage, elle avait fécondé la pensée syrienne, juive et arabe, et c\u2019est grâce à cette dernière qu\u2019à la fin du Xlle siècle, elle allait rencontrer la pensée chrétienne pour la féconder à son tour.Je n\u2019ai pas à rappeler ici les hésitations de l\u2019Eglise en face de l\u2019aristotélisme naissant, ni à en débattre les motifs.Ce que vous savez, c\u2019est que saint Thomas, suivant en cela la voie tracée un peu timidement par le Bx Albert-le-Grand, reconnut la supériorité de la philosophie nouvelle, l\u2019expurgea des erreurs qu\u2019elle traînait avec elle, et lui donna définitivement droit de cité dans l\u2019Eglise.Seulement, cette option de saint Thomas pour Aristote allait le forcer à opérer, aussi bien en théologie qu\u2019en 652 REVUE DOMINICAINE philosophie, d\u2019innombrables redressements, et c\u2019est alors que, pour la première fois, se posa le problème de l\u2019augustinisme et du thomisme.Nul n\u2019a traduit avec plus d\u2019émotion les alarmes éveillées alors par ces nouveautés que le futur archevêque de Cantorbéry, le franciscain Jean Peckham.Dans une lettre à l\u2019évêque de Lincoln du 1er juin 1285, il écrivait: \u2018\u2018Vous savez que nous ne réprouvons aucunement les études philosophiques pour autant qu\u2019elles servent aux dogmes théologiques; mais nous réprouvons ces nouveautés profanes qui, contre la vérité philosophique et au détriment des Pères, se sont introduites, il y a environ .vingt ans, dans les profondeurs de la théologie, entraînant le rejet et le mépris manifeste des Pères.\u201d Plus loin, il précise ses accusations contre \u201ccette doctrine nouvelle.qui consacre ses forces à détruire ou à ébranler tout ce qu\u2019enseigne saint Augustin sur les règles éternelles et la lumière immuable, les puissances de l\u2019âme, les raisons séminales innées dans la matière et sur d\u2019innombrables autres questions, propageant ainsi la dispute à travers le monde entier.\u201d 2 Ce que Jean Peckham réprouve, et ce qu\u2019avaient cherché à atteindre les condamnations d\u2019Etienne Tempier et de Robert Kilwardby, c\u2019est donc avant tout l\u2019abandon des thèses traditionnelles de l\u2019augustinisme médiéval.De ces thèses, aucune n\u2019a survécu, au moins sous sa forme primitive, aux discussions soulevées alors.A distance, en s\u2019étonne qu\u2019un Jean Peckham ait voulu solidariser avec elles la philosophie chrétienne, et on se félicite qu\u2019il n\u2019ait pas réussi.A la lumière des principes aristotéliciens, saint 2.\u2014Cf.E.Gilson : Etudes de philosophie médiévale, p.121. AUGUSTINISME ET THOMISME 653 Thomas en avait vu la faiblesse.Au moment où il commença à enseigner, deux grandes voies s'ouvraient à la spéculation philosophique: celle d\u2019Aristote et celle de Platon.La première sans doute avait mené à l\u2019aver-roisme.Mais saint Thomas se rendit bien compte que cette erreur n\u2019était nullement impliquée dans les principes mêmes de la doctrine.De fait, elle en fut éliminée, et l\u2019histoire n\u2019en fera plus mention.Par contre, la voie suivie par les néo-platoniciens n\u2019était pas elle-même sans dangers puisqu\u2019elle avait conduit Avicenne à nier aux créatures toute opération propre et à faire refluer la causalité en Dieu.Par sa doctrine de l\u2019illumination, par celle des raisons séminales, la philosophie traditionnelle s\u2019apparentait à l\u2019erreur d\u2019Avicenne.Parenté si peu chimérique que, chaque fois que cette erreur réapparaîtra \u2014 chez un Malebranche, par exemple \u2014 c\u2019est à l\u2019intérieur de l\u2019augustinisme qu\u2019elle se développera.Ayant à opter entre les deux voies ouvertes devant lui, saint Thomas vit que sa foi aussi bien que sa raison le poussait vers celle d\u2019Aristote.Il y entra donc hardiment et l\u2019Eglise l\u2019y suivit.Toutefois, saint Thomas ne voulut pas plus s\u2019asservir à Aristote qu\u2019il ne s\u2019était asservi à saint Augustin.Plus les études historiques sur la pensée aristotélicienne se font pénétrantes, plus on reste stupéfait des transformations qu\u2019elle a subies au contact de la pensée chrétienne.Tout ce qu\u2019il y avait d\u2019éternel, en particulier, dans l\u2019augustinisme est venu s\u2019y incorporer et y occuper la place que toute vérité trouvera toujours à l\u2019intérieur de la synthèse thomiste.\u201cAlbert le Grand et saint Thomas, écrit le P.Portalié, loin de se poser en adversaires de saint Augustin, comme on le leur reprochait, se mettaient à son école et, tout en modifiant certaines théories, 654 REVUE DOMINICAINE introduisaient et absorbaient dans leur système toute la théologie du docteur d\u2019Hippone.Ainsi il n\u2019y eut plus d\u2019école strictement augustinienne, parce que toutes les écoles l\u2019étaient; toutes éliminèrent certains points spéciaux, et gardèrent pour le maître une même vénération.Ce qui disparaît, c\u2019est uniquement l\u2019augustinisme sous un aspect trop étroit et trop limité que lui donnaient des questions particulières alors agitées ; c\u2019est l\u2019augustinisme trop platonicien; mais le grand augustinisme, avec ses idées sur Dieu, sur les idées divines, sur la Trinité, sur la Rédemption, sans parler de la grâce, conserve toujours son empire sur les esprits\u201d.3 Les accusations d\u2019un Jean Peckham ont donc besoin, pour être comprises, d\u2019être replacées dans leur milieu historique.S\u2019en servir, comme on le fait parfois, pour jeter du discrédit sur l\u2019orientation aristotélicienne, c\u2019est oublier que sept siècles d\u2019histoire en ont montré la vanité.Avec saint Augustin, la pensée chrétienne avait franchi une première étape, elle en a franchi une seconde avec saint Thomas.Chacune des nouveautés combattues par l\u2019augustinisme traditionnel marquait un progrès qu\u2019en-core aujourd\u2019hui l\u2019Eglise regarde comme définitif.¥ ¥ ¥ Ce serait toutefois rapetisser la lutte entre l\u2019augustinisme et le thomisme que de la réduire à une chicane autour de quelques thèses, si fondamentales soient-elles.Ce serait surtout nous mettre dans l\u2019impossibilité d\u2019expliquer la continuation de cette lutte, à une époque comme la nôtre où rien ne reste plus guère des théories qui en faisaient l\u2019enjeu.Ce qu\u2019il y a au fond de cette lutte c\u2019est, ¦Dictionnaire de théologie, vol.I, col.2514. AUGUSTINISME ET THOMISME 655 nous l\u2019avons dit, l\u2019éternel antagonisme de deux esprits.Cet antagonisme qui avait opposé, en Grèce, l\u2019Académie de Platon et le Lycée d\u2019Aristote, au moyen âge, l\u2019augustinisme et le thomisme, continue d\u2019opposer entre eux les penseurs chrétiens en quête de la voie la meilleure pour aller à la vérité et, en définitive, à Dieu.Pour un esprit averti, rien n\u2019est plus facile à saisir qu\u2019une tendance, mais rien par contre n\u2019est plus difficile à préciser.Ainsi, pour marquer nettement ce par quoi l\u2019esprit de saint Thomas diffère de celui de saint Augustin, il nous faudrait indiquer quelle fut leur attitude respective vis-à-vis de tous les grands problèmes que soulève la philosophie.Il est évident qu\u2019il ne saurait en être question, ici, ce soir.Peut-être cependant réussirons-nous à mettre en lumière l\u2019originalité propre de chacune de leurs pensées, en montrant l\u2019idée qu\u2019ils se sont faite de la philosophie elle-même.Question capitale, puisqu\u2019elle n\u2019est autre au fond que celle des rapports entre la raison et la foi, entre la nature et la grâce.Pour comprendre l\u2019idée que saint Augustin s\u2019est faite de la philosophie, il n\u2019est pas inutile de se rappeler par quelles voies douloureuses il est arrivé lui-même à Dieu.Le livre inoubliable des \u201cConfessions\u201d est autant l\u2019histoire de sa pensée que celle de sa vie.C\u2019est à la lumière de ses inquiétudes intellectuelles, de ses doutes et de ses erreurs, que cette pensée s\u2019est précisée et s\u2019est fixée.Si, dans la recherche du vrai, il fait si large la part de Dieu, c\u2019est qu\u2019il a connu le premier la vanité de son effort personnel.Dans l\u2019itinéraire qu\u2019il trace aux âmes, il va faire entrer toutes ses défiances, le souvenir et la leçon de tous ses égarements.\u201cLe premier pas sur la voie qui conduit la pensée vers Dieu est l\u2019acceptation de la révélation par la foi.\u201d 656 REVUE DOMINICAINE C\u2019est par ces mots qui s\u2019ouvre 1\u2019 \u201cIntroduction à l\u2019étude de saint Augustin\u201d de M.Gilson, le plus beau livre peut-être publié sur le maître, à l\u2019occasion de son quinzième centenaire.Une philosophie qui met son point de départ dans la foi, qui enferme toute démarche ultérieure de l\u2019esprit à l\u2019intérieur de la révélation, voilà qui suffit du coup à nous dérouter.Rien n\u2019est moins thomiste, et pourtant rien n\u2019est plus augustinien.Non pas certes que saint Augustin nous refuse le pouvoir de déblayer, en quelque sorte, le chemin qui mène à la croyance, en établissant un certain nombre de vérités telles que l\u2019existence de Dieu et le fait de la révélation.N\u2019est-il pas un de ceux qui ont marqué le plus nettement le caractère raisonnable de notre adhésion à la parole de Dieu.Mais cet usage de la raison, antérieur à la foi, ne peut s\u2019appeler philosophie qu\u2019à titre secondaire.La vraie philosophie, ou plutôt ce que saint Augustin désigne sous ce nom, c\u2019est une connaissance qui part de la foi pour en explorer rationnellement le contenu.De même, il serait inexact d\u2019affirmer que saint Aügustin ait jamais mis en doute la valeur de la raison s\u2019exerçant, en dehors de la foi, dans certains domaines particuliers.Seulement, on chercherait en vain chez lui une étude de la nature à la seule lumière de la raison.Cette conception d\u2019une philosophie séparée, qui est celle de saint Thomas, lui est tout-à-fait étrangère, comme elle le sera à un saint Anselme et à un saint Bonaventure.Il n\u2019y a donc pas lieu de distinguer chez lui ce qui appartient à la philosophie et ce qui appartient à la théologie, ce qui est réservé à la raison et ce qui relève aussi de la foi; \u201cl\u2019augustinisme, écrit M.Gilson, a commencé d\u2019exister, comme doctrine distincte, le jour où son AUGUSTINISME ET THOMISME 657 fondateur a découvert que toute la philosophie était déjà contenue dans les Ecritures.\u201d 4 Avant de discuter cette conception de la philosophie, rappelons celle de saint Thomas avec laquelle il faudra bien tantôt la confronter.D\u2019après lui, il y a trois connaissances distinctes et hiérarchisée! : La connaissance philosophique, la connaissance théologique et la sagesse du contemplatif.La philosophie étudie l\u2019être réel à la lumière des principes naturels ; la théologie étudie l\u2019être divin à la lumière de la révélation virtuelle; quant à la sagesse du contemplatif elle est une connaissance essentiellement surnaturelle, supposant la grâce et la charité.De la première à la dernière, l\u2019ascension de l\u2019âme chrétienne est normale; elle n\u2019est pas continue.Entre la première et la seconde, il y a la foi; entre la dernière et les deux autres, il y a la charité.En nous en tenant à ces cadres rigides, peut-on parler de philosophie augustinienne ?Personne n\u2019y songe.L\u2019augustinisme n\u2019ayant jamais voulu être autre 4.\u2014Vol.cité, p.41.\u2014 Dans les \u201cArchives de philosophie,\u201d t.VII, Cahier II, p.203, le P.Romayer, S.J., rendant compte du volume de M.Gilson, écrit : \u201cM.Gilson paraît croire, qu\u2019aux yeux de saint Augustin, l\u2019itinéraire de l\u2019âme à Dieu ne peut commencer que par la foi.S\u2019il en était ainsi, le plus grand des Pères de l\u2019Eglise aurait logiquement compromis, en l\u2019atteignant à même ses racines, cette foi salutaire.En effet, ne pas considérer comme une étape métaphysiquement première et nécessaire, dans l\u2019itinéraire de l\u2019âme à Dieu, l\u2019établissement rationnel des vérités qui sont à la base de la foi, c\u2019est, du moins en droit, anéantir tout cet itinéraire.\u201d Une page plus haut, le P.Romayer nous apprend que M.Gilson n\u2019a pas ignoré cet aspect du problème et qu\u2019il a relevé, dans la doctrine augustinienne, un usage de la raison antérieur, préparatoire et concomitant à la foi ! Tout cela parce que M.Gilson appelle propédeutique, cet établissement des motifs de crédibilité, au lieu de l\u2019appeler philosophie, mot qu\u2019il réserve à cette connaissance qui part de la foi.Du moment qu\u2019il admet la chose, nous ne voyons pas que le changement de terme puisse avoir des conséquences si désastreuses.Il resterait à savoir ensuite si le mot propédeutique n\u2019est pas mieux choisi que le mot philosophie. 658 REVUE DOMINICAINE chose qu\u2019une exploration rationnelle du contenu de la foi, a perdu tout droit à s\u2019appeler une philosophie au sens thomiste du mot.Mais est-ce tout de même une véritable philosophie ?Nous ne le pensons pas.Ici nous sommes arrivé au cœur même du problème.Que l\u2019on puisse dégager de l\u2019œuvre de saint Augustin un ensemble de conclusions rationnelles; que ces conclusions, inspirées par un même esprit, puissent, après coup, être organisées en système, cela n\u2019est pas douteux, puisque cela s\u2019est fait.Mais, en isolant ainsi de la foi, une doctrine qui vivait d\u2019elle et pour elle, en constituant, en quelque sorte, à la raison un domaine à part, on pousse la pensée augustinienne dans une voie qui n\u2019est pas la sienne, et on fait une philosophie de ce qui n\u2019était qu\u2019une théologie.Parlant des études sur saint Augustin, le P.Mandonnet écrivait très justement: \u201cIl est impossible de les traiter en se mettant au seul point de vue rationnel, parce que les preuves et les préoccupations qui déterminent le choix de la doctrine philosophique contiennent, explicitement ou virtuellement, un ou plusieurs éléments de foi\u201d 5 \u201cOn se trompe du tout au tout, réplique M.Gilson, lorsqu\u2019on imagine qu\u2019Augustin fonde la vérité de ses conclusions philosophiques sur ce qu\u2019elles seraient déduites de la Révélation; en fait, ni chez lui, ni chez aucun augustinien nous n\u2019avons rencontré une seule idée dont la vérité philosophique fût démontrée par voie d\u2019appel à la foi.En bonne doctrine augustinienne, la foi montre, elle ne démontre pas.Autre chose donc est partir d\u2019une donnée révélée, comme fait le théologien, pour en définir ou en déduire rationnellement le contenu, 5.\u2014Bulletin thomiste, 1926, (53). AUGUSTINISME ET THOMISME 659 autre chose partir de cette même donnée révélée, comme fait l\u2019augustinien lorsqu\u2019il philosophe, pour voir si et dans quelle mesure son contenu coïncide avec celui de la raison.\u201d 6 Tout ce que l\u2019on peut dire de la distinction de M.Gilson, c\u2019est qu\u2019elle suppose à la théologie une rigidité qu\u2019elle se plaît précisément à refuser à la philosophie.Dans son \u201cS.Bonaventure\u201d, M.Gilson montre qu\u2019il existe chez le grand maître franciscain, une distinction formelle entre la philosophie et la théologie.Seulement, il ajoute : \u201caprès l\u2019avoir posée comme réelle, saint Bonaventure la nie comme illégitime.\u201d 7 Comment supposer alors que saint Bonaventure \u2014 et il faut en dire autant de saint Augustin \u2014 ait tenu compte dans la pratique de cette distinction qu\u2019il considérait comme illégitime?Comment ne pas voir qu\u2019en tirant de ce mélange philosophico-théologique, une philosophie proprement dite, on se plaît à ignorer cette défiance vis-à-vis de la raison qui l\u2019avait inspiré, et on isole ce qui légitimement pour son auteur ne devait jamais être séparé ?En résumé, une raison qui volontairement enferme toute sa démarche à l\u2019intérieur de la foi, qui, par crainte d\u2019errer n\u2019ose s\u2019aventurer en dehors de sa lumière, n\u2019arrivera jamais à constituer une philosophie chrétienne, en supposant même qu\u2019on mette l\u2019accent sur ce dernier mot \u201cchrétienne\u201d.Et ceci nous amène à discuter l\u2019idée qu\u2019on se fait, en certains milieux, d\u2019une philosophie chrétienne.Dans un article où il cherche à reconcilier tout le monde \u2014 ce qui a toujours été le moyen infaillible de tout embrouiller \u2014 le P.Romayer, s.j., oppose au concept de philosophie chrétienne, \u201cun système païen quelconque de métaphy- 6.\t\u2014Vol.cité, p.301.7.\t\u2014La Philosophie de S.Bonaventure, p.463. 660 REVUE DOMINICAINE sique\u201d.8 Nous cherchons encore l\u2019idée qui a pu inspirer cette formule.Veut-il dire qu\u2019il y a une philosophie pour ceux qui sont chrétiens et une autre pour ceux qui ne le sont pas, que croyants et incroyants doivent renoncer à se rencontrer sur le terrain philosophique ?Ce serait, à notre avis, remettre inopportunément en question le problème résolu au XlIIe siècle et perdre le meilleur bénéfice de l\u2019initiative thomiste.Qu\u2019il s\u2019agisse de science ou qu\u2019il s\u2019agisse de philosophie nous n\u2019avons pas intérêt à nous isoler.J\u2019irai plus loin : nous n\u2019en avons pas le droit.Il n\u2019y a pas une biologie pour ceux qui croient et une autre pour ceux qui ne croient pas; il y a seulement des croyants et des incroyants qui font de la biologie, et valent, en tant que biologistes, ce que valent leurs théories elles-mêmes.Il pourra arriver sans doute que telle science particulière vienne en contact avec les données révélées, non pas sur le terrain solide des faits, mais sur le sable mouvant des hypothèses.Le savant catholique n\u2019aura pas le droit d\u2019ignorer alors ce que lui enseigne sa foi.Il en acceptera la divine infaillibilité, non comme une entrave, mais comme un guide et une lumière.Il en est de même, toutes proportions gardées, de la philosophie.En condamnant les fidéistes et les traditionalistes, l\u2019Eglise a réaffirmé le pouvoir de la raison humaine et délimité le domaine qui lui est propre.Ce domaine est commun à ceux qui croient et à ceux qui ne croient pas.Il reste toutefois que la philosophie \u2014 je ne dis pas seulement pour être chrétienne, mais pour être vraie \u2014 doit reconnaître l\u2019autorité supérieure de Dieu, rester ouverte au surnaturel et rejoindre, dans ses con- 8.\u2014Archives de philosophie, vol.VII, p.213. AUGUSTINISME ET THOMISME 661 elusions, toutes les données de la Révélation.En droit \u2014 nous reviendrons sur le fait tantôt \u2014 cela ne dépasse pas les forces de la raison humaine et, comme cela suffit pour faire d\u2019une philosophie, une philosophie chrétienne, une philosophie chrétienne n\u2019est donc rien autre chose qu\u2019une philosophie vraie.Et ceci est plus grave qu\u2019on ne semble le croire.Aussi longtemps que la foi fut générale, il n\u2019importait guère d\u2019en délimiter nettement le domaine.Cela importe davantage de nos jours.Lorsque nous cherchons à établir ces grandes vérités morales ou métaphysiques qui sont à la base de la foi, il faut qu\u2019on soit convaincu que nous parlons au nom de la raison, plutôt qu\u2019au nom d\u2019une croyance que tous ne partagent pas.Le renouveau scolastique que nous appelons de tous nos vœux ne pourra se produire, ne pourra en tout cas atteindre une certaine profondeur, qu\u2019à condition que la philosophie chrétienne puisse se présenter comme l\u2019œuvre de la raison seule.C\u2019est pour cela que l\u2019apparition de saint Thomas à l\u2019aube des temps modernes nous a toujours semblé providentielle.\u201cIl va de soi, écrit M.Gilson, que l\u2019augustinisme ne mérite pas le nom de philosophie si l\u2019on entend par là un système d\u2019idées dont les prémisses seraient posées par la raison seule, c\u2019est-à-dire précisément, la conception même de la philosophie que son œuvre a pour objet d\u2019éliminer.Pour comprendre en quel sens l\u2019augustinisme est une philosophie c\u2019est donc l\u2019opposition de la raison et de la foi comme des systèmes de connaissance autonomes qu\u2019il faudrait dépasser.\u201d 9 Il s\u2019agit précisément de savoir s\u2019il nous est permis d\u2019abord, s\u2019il est opportun ensuite de dépasser cette 9.\u2014Vol.cité, p.41. 662 REVUE DOMINICAINE opposition.Il s\u2019agit de savoir si le thomisme en précisant mieux que l\u2019augustinisme les concepts de foi, de théologie et de philosophie, a marqué un progrès ou un recul de la pensée chrétienne.Il s\u2019agit enfin de savoir si nous devons renoncer à ces précisions plutôt que de renoncer à parler de philosophie augustinienne et bonaventurienne.L\u2019histoire religieuse des derniers temps ne semble guère nous y inviter.Si Pie X, pour étouffer le modernisme, a réintroduit de force la philosophie thomiste, dans les séminaires et les universités, c\u2019est uniquement parce que cette philosophie, distinguant mieux entre ce qui est de la nature et ce qui est de la grâce, entre ce qui est de la raison et ce qui est de la foi, semblait plus éloignée qu\u2019aucune autre de l\u2019agnosticisme et de l\u2019immanentisme qu\u2019il s\u2019agissait de combattre.Le modernisme n\u2019est pas encore assez loin pour que nous oubliions et la leçon qui s\u2019en dégage, et les conclusions que le pape en a tirées.A la fin de sa magistrale \u201cIntroduction à l\u2019étude de saint Augustin\u201d, M.Gilson propose une définition de la philosophie chrétienne que le P.Romayer trouve extrêmement heureuse.\u201cCe qui caractérise la méthode augustinienne comme telle, écrit-il, c\u2019est le refus d\u2019aveugler systématiquement la raison en fermant les yeux à ce que la foi montre, d\u2019où l\u2019idéal corrélatif d\u2019une philosophie chrétienne qui soit philosophie en tant que chrétienne, parce que tout en laissant à chaque connaissance son ordre propre, le philosophe chrétien considère la révélation comme une source de lumière pour sa foi.\u201d 10 Malgré l\u2019estime profonde que nous professons pour M.Gilson, il nous est impossible d\u2019accepter la formule qu\u2019il nous propose.Que le philosophe chrétien ne doive 10.\u2014Page 301. AUGUSTINISME ET THOMISME 663 pas aveugler systématiquement sa raison, en fermant les yeux à ce que lui montre la foi, nul n\u2019a jamais songé à le contester.Que la scolastique ait retiré jadis et continue de retirer aujourd\u2019hui d\u2019immenses bénéfices de la révélation, cela non plus n\u2019est pas douteux.Il faudrait, pour le nier, ignorer ces échanges mystérieux qui se font, souvent même à son insu, dans l\u2019âme illuminée par la foi.Mais tout cela c\u2019est le fait, fait important sans doute et qu\u2019on ne mettra jamais trop en lumière, mais fait quand même, contingent et extrinsèque, qui ne saurait servir de base à une définition.Ce dont il s\u2019agit, entre M.Gilson et nous, c\u2019est de savoir si une philosophie ne devient chrétienne, ne cesse d\u2019être \u2014 selon la formule du P.Romayer \u2014 un système païen quelconque de métaphysique, qu\u2019à condition de prendre Dieu pour Maire, et sa parole comme point de départ de ses spéculations.Ainsi délimitée la question ne nous paraît plus douteuse.Pour refuser à une philosophie tout caractère chrétien, du seul fait qu\u2019elle est séparée, il faut supposer, ou bien une confusion entre l\u2019ordre théologique et l\u2019ordre philosohique, ou bien une défiance exagérée à l\u2019égard de la raison.Une telle défiance et une telle confusion se retrouvent, à des degrés divers, dans l\u2019augustinisme, mais ce n\u2019est certes pas ce qu\u2019il faut en retenir.En condamnant fidéistes et traditionalistes, l\u2019Eglise, nous l\u2019avons dit et nous le répétons, a délimité le domaine propre de la philosophie et revendiqué, pour la raison, le pouvoir d\u2019arriver au vrai dans ce dmoaine.Comme il s\u2019agit ici de la raison humaine, en général, cela vaut, à la fois, pour ceux qui croient et pour ceux qui ne croient pas.Sans doute les premiers trouveront dans leur foi une aide et un guide, mais ce sont là choses extrinsèques 664 LA REVUE DOMINICAINE qui ne suffisent pas à faire de la philosophie chrétienne une philosophie spécifiquement distincte.\u201cUne philosophie pure, écrit le P.Chenu, ne devient pas une philosophie chrétienne en enfermant sa démarche rationnelle dans un schème théologique; une philosophie pure se trouve être chrétienne lorsque, pour développer son propre contenu en toute liberté et pour manifester intégralement la rigueur de ses exigences rationnelles, elle constate et elle affirme n\u2019avoir pas à rejeter toute capacité, toute puissance du surnaturel.\u201d n Cela est nécessaire, mais cela suffit.* v * Je m\u2019aperçois que cette étude qui primitivement devait être un hommage à saint Augustin, est devenue, au contact des controverses actuelles, une critique de sa pensée.Je ne crois pas qu\u2019il faille m\u2019en excuser.Ce n\u2019est pas amoindrir un homme que de le situer dans l\u2019histoire.Elaborée à une époque où les concepts de philosophie et de théologie n\u2019avaient pas revêtu la précision qu\u2019ils ont aujoud\u2019hui, sa doctrine en porte l\u2019empreinte.Le but qu\u2019il poursuit d\u2019ailleurs, et qui est de mener l\u2019âme à Dieu, ne l\u2019inclinait guère à faire le partage entre ce qui, dans cette œuvre, est de la grâce et ce qui est de la nature.Ajoutez à cela l\u2019expérience douloureuse de sa vie.Mieux qu\u2019aucun autre, il avait pu se rendre compte des hésitations d\u2019une intelligence que la foi n\u2019illumine pas, des faiblesses d\u2019une volonté que Dieu abandonne à elle-même.La nature qu\u2019on retrouvera chez lui ne sera donc pas la nature abstraite, aux virtualités restées intactes, 11.\u2014Bulletin thomiste, 1928, p.244. AUGUSTINISME ET THOMISME 665 mais la nature concrète dont on constate, en chacun de nous, les blessures laissées ouvertes par le péché.Sa doctrine aura donc un caractère d\u2019inachèvement qu\u2019il est bien inutile de nier.Mais c\u2019est peut-être pour cela qu\u2019elle reste si attachante et qu\u2019elle continue, après quinze siècles à trouver un écho dans nos pauvres âmes humaines.Il est telles de ses pages \u2014 c\u2019est le moment de le redire \u2014 sur lesqulles il tombera toujours des larmes.Les inquiétudes auxquelles il a trouvé une réponse, les aspirations auxquelles il a prêté une voix, les misères auxquelles il a apporté un remède sont autant de choses qui ne meurent pas.J\u2019irai plus loin.Toute la vie chrétienne, vie doctrinale et vie mystique, est imprégnée de sa pensée.C\u2019est l\u2019augustinisme éternel qui se retrouve dans toutes les écoles, l\u2019augustinisme qui en s\u2019identifiant avec le christianisme tout court, est devenu anonyme.\u201cAprès tant de siècles écoulés, disait M.Gilson, le philosophe chrétien qui pense et qui prie, qu\u2019il le veuille ou non, pense par l\u2019intelligence et prie par le cœur de saint Augustin et de saint Thomas d\u2019Aquin.\u201d 12 De saint Augustin, nous venons de le voir, mais aussi, et ce sera notre dernier mot, de saint Thomas.Et d\u2019abord, on prie par le coeur de saint Thomas.Nous ne serions pas prêt, pour notre part, à admettre, comme on l\u2019a dit si souvent, que le thomisme constitue une atmosphère spirituelle moins favorable que d\u2019autres à l\u2019éclosion de la piété.Ceux qui parlent de froideur et de sécheresse \u2014 pour ne rien dire de ceux qui ne reculent pas devant le mot paganisme \u2014 montrent qu\u2019ils ne connaissent que très superficiellement la doctrine du r - ¦ ¦ \u2014 .- \u2014 ¦ 12.\u2014La vie intellectuelle, juillet 1930, p.61. 666 REVUE DOMINICAINE maître, qu\u2019ils se sont arrêtés à l\u2019écorce un peu rugueuse, sans pouvoir ou vouloir aller plus loin.Nous ne parlons pas de tout ce que la mystique chrétienne a gagné en précision, en sérieux, en profondeur au contact du thomisme; mais nous ne pouvons nous empêcher de songer à ces âmes innombrables qui, à toutes les époques, ont marché allègrement dans cette voie que d\u2019aucuns accusent d\u2019être étroite, parce qu\u2019on y apprend mieux que dans aucune autre à se défier des caprices de la sensibilité.Si on peut prier par le cœur de saint Thomas, c\u2019est par son intelligence qu\u2019il faut penser.Mgr Paquet, dans le magnifique discours-programme que nous venons d\u2019entendre, en a donné de multiples raisons.Une seule suffirait: la volonté de l\u2019Eglise.Les âmes n\u2019ayant toutes ni les mêmes besoins, ni les mêmes exigences, l\u2019Eglise laisse à chacune la liberté de choisir son itinéraire pour aller à Dieu.Mais quand il s\u2019agit d\u2019enseignement, c\u2019est autre chose.Ce n\u2019est pas en notre nom à nous, mais en son nom à elle que nous enseignons.Il n\u2019est pas question de préférences personnelles, mais de soumission et d\u2019obéissance.La doctrine thomiste nous étant imposée par la législation de l\u2019Eglise, c\u2019est franchement, loyalement que nous devons en pénétrer tout notre enseignement.En terminant, permettez-moi d\u2019unir, dans un même hommage de gratitude, de vénération et d\u2019amour, les deux grands docteurs de l\u2019Occident chrétien, et de les prier de faire descendre, sur les travaux de notre Académie naissante, les bénédictions du ciel.M.-C.Forest, O.P.12 novembre 1930.* Définitions de l\u2019Histoire de l\u2019Eglise Rien de plus naturel à l\u2019homme, semble-t-il, que la logique.Aristote en présuppose une forte dose à quiconque veut étudier son \u201corganon\u201d.Et pourtant en réalité, que d\u2019incohérences dans une vie humaine; que de conclusions débordent les prémisses ! C\u2019est bien ce que l\u2019on a constaté dans le domaine des sciences historiques.S\u2019agit-il de définir l\u2019histoire en général, tous circonscrivent son objet dans la perspective des faits passés humains.S\u2019agit-il d\u2019appliquer cette conception de l\u2019histoire à un objet particulier, par exemple à l\u2019Eglise du Christ, alors des atermoiements, des contradictions.l\u2019Eglise dit-on, n\u2019est pas une institution purement humaine, l\u2019Eglise est d\u2019origine divine.On oublie que l\u2019histoire traite des faits passés humains, reconnus aux vestiges que ce passé humain a laissés de lui.On oublie qu\u2019une foule de faits passés échappent à l\u2019histoire, ou bien parce qu\u2019ils ne sont pas humains, ou bien parce qu\u2019aucun témoignage sensible ou intellectuel ne saurait en faire soupçonner l\u2019existence.L\u2019historicité n\u2019est qu\u2019un procédé particulier de connaissance.Si donc, l\u2019on veut logiquement insérer dans le cadre des sciences historiques l\u2019étude du passé de l\u2019Eglise, il faut concevoir comme une connaissance scientifique du passé humain de cette société visible fondée par Jésus-Christ, tel que ce passé humain nous est connu aux traces qu\u2019il a laissées.Cette connaissance, il va sans dire, n\u2019épuise pas toute la réalité de l\u2019Eglise.Elle n\u2019en perçoit, n\u2019en assi- 668 REVUE DOMINICAINE mile que la portion constatable et constatée, par les documents qui en révèlent l\u2019existence à l\u2019intelligence ou aux sens de l\u2019homme.L\u2019historien catholique croit que cette société est une continuation du Christ ; que la même sève surnaturelle circule dans tous les membres; que cette société est le corps mystique du Christ; que sa mission enfin est la sanctification de ses sujets, dans le temps, et leur glorification comme leur béatification dans l\u2019éternité.L\u2019historien catholique connaît toutes ces choses, il y adhère encore plus fermement qu\u2019à la vérité naturelle des premiers principes.Mais, notons que cette certitude ressortit, non à sa fonction d\u2019historien, mais à sa prérogative de catholique, qui vit de la foi, sous l\u2019animation de la charité que diffuse en lui l\u2019Esprit d\u2019amour.Ce qui intéresse l\u2019historien dans l\u2019histoire de l\u2019Eglise, ce n\u2019est pas que cette Eglise soit \u201cl\u2019Epouse\u201d de Jésus-Christ, ce n\u2019est qu\u2019Elle soit un tout \u201créel-mystique\u201d, et comme tel, dépassant, de la distance incommensurable d\u2019un ordre, les forces et les exigences de toute nature créée et créable.Ce qui intéresse l\u2019historien comme tel, c\u2019est que l\u2019Eglise soit un tout moral, une société visible, merveilleuse et transcendante par son fondateur, sa naissance, sa vie, sa doctrine, son évolution, ses luttes, ses difficultés et ses triomphes; c\u2019est en outre que cette société soit l\u2019œuvre authentique de Jésus, que sa vie soit une énigme passionnante, un effet supérieur aux causes apparentes qui l\u2019ont engendré, l\u2019unique survivante de l\u2019affreuse tempête des siècles où sombrèrent inévitablement toutes les institutions-sœurs.Donc l\u2019enchaînement, dans l\u2019espace et dans le temps, de la trame vivante d\u2019un tel passé humain, perçu à la DÉFINITIONS DE L\u2019HISTOIRE DE L\u2019ÉGLISE 669 lumière naturelle des documents, voilà l\u2019objet propre de i\u2019histoire de l\u2019Eglise.Si la \u201csurnaturalité\u201d vivante de l\u2019Eglise échappe à l\u2019histoirien, ce n\u2019est pas que cette divine réalité soit inconnaissable.Au contraire, elle est connue en fait, avec certitude, mais par une lumière supérieure à celle de l\u2019histoire.C\u2019est la foi qui découvre ces régions du surnaturel.La théologie en développe le contenu, pour servir d\u2019aliment à l\u2019âme surnaturalisée.Les dons du Saint-Esprit : science, intelligence et sagesse nous en font savourer les profondeurs et nous baignent de leurs lumières.L\u2019apologétique enfin met en œuvre, sous la direction positive et intrinsèque de cette foi divine, toutes les ressources des sciences philosophiques, pour en établir le bien-fondé.Ce sont là certes, des connaissances bien réelles, et fort supérieures à nos pauvres connaissances humaines.Mais \u201cne brouillons les ordres.\u201d Si la vie intime surnaturelle de l\u2019Eglise est connaissable par ses procédés propres, les tissus organiques de sa structure mystique, les effluves qu\u2019irradie en elle l\u2019Esprit d\u2019Amour, tout ce mystère de joie, tous ces germes d\u2019éternité, voilà toutefois autant de fractions du réel qui manquent d\u2019historicité proprement dite.Encore une fois, la \u201cnon-historicité\u201d d\u2019un fait n\u2019entraîne pas sa \u201cnon-existence\u201d.L\u2019historicité réside dans la connaissance que donne un document humain.1 Est-ce à dire que l\u2019historien catholique puisse se passer de toute direction ?Nullement.M.Seignobos se refuse à admettre tel ou tel fait en vertu de ses principes philosophiques ou réputés tels.C\u2019est là croyons-nous un procédé inacceptable, un préjugé inconcevable, de la part 1.\u2014Langlois- Seignobos.Introd.aux études hist., p.44, en note. 670 REVUE DOMINICAINE d\u2019un historien.Le catholique n\u2019est-il pas plus ouvert tout en acceptant les directions négatives et extrinsèques de la foi.L\u2019expérience a su lui en faire apprécier les bienfaits.Mais à l\u2019encontre de l\u2019auteur cité, l\u2019historien catholique n\u2019introduit pas la foi à l\u2019intérieur même de la méthode historique, pour lui assujettir les ressorts les plus intimes des procédés rationnels.Ce serait antiscientifique, et cette attitude ferait de nous un objet de dérision pour les infidèles, en nous attirant du coup, l\u2019anathème du Docteur commun de l\u2019Eglise.2 II y a sans doute une théologie historique, comme il existe une théologie dogmatique et morale.Mais cette théologie est un sanctuaire ouvert aux seuls initiés, et, pour le moins, suspect aux âmes que l\u2019erreur ou des préjugés tenaces, retiennent encore captives.Aussi, nous ne pouvons, comme catholique, souscrire à cette assertion d\u2019un professeur d\u2019université d\u2019Amérique : \u201cIt is fair, just and equitable to halt on the threshold of the temple of history every pilgrim who comes without supernatural vision to view the beauties and the uglinesses of the Palace Beautiful.\u201d3 Ne faut-il pas au contraire, prendre cet incroyant par la main et le conduire à travers les avenues discrètes ou les routes poudreuses de la science historique rationnelle, pour l\u2019amener au fait merveilleux, unique et transcendant de l\u2019Eglise ?C\u2019est là que l\u2019attend l\u2019apologète pour l\u2019aider à donner le \u201ccoup-d\u2019aile du croyant\u201d, en lui démontrant que cette transcendance de l\u2019Eglise n\u2019a de raison suffisante que dans sa divinité.Mais l\u2019apologète est solidaire de l\u2019historien.Il table sur les données de l\u2019histoire.Ne faut-il pas établir le fait avant d\u2019en donner la valeur ou 2.\u2014Sum.Theol., la Pars., Qu.XXXII, art.1.3\u2014Guilday \u2014 Introd.to Church history. DÉFINITIONS DE L\u2019HISTOIRE DE L\u2019ÉGLISE 671 la qualité ?\u201cNon crederet nisi videret,\u201d4 nous dit S.Thomas.Il faut voir avant de croire.Cette vision de crédibilité est du ressort de l\u2019apologète, il est vrai, mais elle suppose et requiert les conclusions de l\u2019histoire.Qu\u2019on relise cette page d\u2019Albert Sorel, au sujet de Taine : \u201cl\u2019expérience et l\u2019\u201chistoire\u201d l\u2019avaient conduit envers le christianisme, de l\u2019intelligence à la sympathie et au respect.\u201d 5 Si cette démarche n\u2019a pas suffi, (la foi étant gratuite et naturelle), elle était du moins nécessaire.On s\u2019est scandalisé, dans certains milieux, de la critique historique, et l\u2019on a tenté de soustraire l\u2019histoire de l\u2019Eglise à ses procédés.\u201cPour mon compte, écrit Mgr Lacroix, 6 \u201cje suis arrivé à la conclusion qu\u2019il est préférable de ne réclamer pour l\u2019histoire de l\u2019Eglise, aucun privilège.et qu\u2019il est beaucoup plus sage et plus habile de lui appliquer le droit commun.\u201d Nous donnons donc, de l\u2019histoire de l\u2019Eglise, la définition suivante : l\u2019histoire de l\u2019Eglise est une discipline rationnelle qui traite du passé humain de cette société visible et hiérarchique qu\u2019a fondée Jésus-Christ, telle qu\u2019elle nous apparaît dans son sillage à travers les siècles, et dans les empreintes dont elle a signé les lieux de sa genèse et de son évolution.F.-M.Drouin, O.P.4.\t\u2014lia, Ilæ, art.IV, ad.2.5.\t\u2014A.Sorel, Nouv.Esa.d\u2019Hist.et Critique, p.141.6.\t\u2014Lacroix, Rôle de la critique dans l\u2019Hist. \u201cJusqu\u2019à Bethléem\u201d On dit que les pèlerins de Bethléem, après avoir contemplé la petite ville \u2014 religieusement parlant, il faudrait dire la grande ville \u2014 sous la lumière de midi, tiennent encore à s\u2019y attarder la nuit.Pour eux comme pour nous, Bethléem, c\u2019est la nuit ; c\u2019est minuit ; \u201cc\u2019est le silence \u201cdes horizons ; c\u2019est la nature apaisée et tranquille ; c\u2019est \u201cla belle colline qui monte, sous la vibration douce des \u201cétoiles, pour aller prendre au ciel son Bien-Aimé.\u201d (R.P.Sertillanges, O.P., Jésus, p.41).Soit désir de graduer leur émotion, soit pur sentiment d\u2019humilité, ils commencent par errer lentement aux environs du sanctuaire et de la grotte.\u201cEt quand, l\u2019âme oppressée déjà par l\u2019inexprimable poésie des choses, le voyageur n\u2019a qu\u2019à tourner un peu la tête pour pouvoir dire: C'est là, imaginez alors le délicieux tourment dont il s\u2019exalte et s\u2019enivre.\u201d (ibid.) Mais se rend-il vraiment \u201cjusqu\u2019à Bethléem\u201d, à l\u2019exemple des bergers de Beit-Sahour anxieux de connaître de près la merveille annoncée par les anges: Tran-seamus usque Bethleem et videamus hoc verhum ! Non, s\u2019il se borne à rechercher de façon trop exclusive les émotions qui sont la fleur et non le fruit d\u2019un voyage aux Lieux Saints.Et tout proche de nous, dans nos grandes villes, se rendent-ils vraiment jusqu\u2019à Bethléem, ces catholiques pour qui Noël consiste dans l\u2019exacte et fiévreuse préparation matérielle : ventes et achats, cadeaux et messages, messe de minuit artistique (parfois omise) suivie de ces \u201cpèlerinages du ventre\u201d dont s\u2019apeurait un prédicateur humoriste ?Non, puisque Bethléem signifie maison du pain et qu\u2019ils refusent cette nuit-là la bouchée eucha- \u201cjusqu\u2019à bethléem\u201d 673 ristique; non, puisque Noël comme l\u2019Epiphanie, c\u2019est la grande manifestation du Christ et qu\u2019ils refusent d\u2019en profiter pour mieux connaître ce Christ vaguement adoré.Il n\u2019est pas nécessaire d\u2019être croyant pour s\u2019intéresser à la personne du Christ.Il suffit d\u2019avoir une âme légèrement dressée au-dessus du vulgaire, apte à saisir le reflet d\u2019une grande figure ou la portée d\u2019un grand fait.Or Jésus-Christ est le grand nom de l\u2019Histoire qu\u2019il a scindée en deux Parties.Nous disons : avant Jésus-Christ, après Jésus-Christ, et nous ne pouvons dater une lettre sans rappeler son avènement.Privilège d\u2019exception que ni César, ni Charlemagne ni Bonaparte n\u2019ont su obtenir de la postérité.Ces illustres ont creusé un sillon dans l\u2019Histoire, mais non pas un fossé, encore moins un abîme.La Révolution elle-même, qui prétendit la scinder à son tour en instaurant une nouvelle façon de supputer les ans et de désigner ies mois, en fut quitte pour son rêve orgueilleux, mystique et sa confusion de Babel.En revanche, et jusqu\u2019à ce que cette seconde ère ait croulé dans l\u2019éternité, la postérité la plus lointaine dira: avant Jésus-Christ, après Jésus-Christ! Langage conforme d\u2019ailleurs aux seules apparences, puisqu\u2019en réalité Jésus vivait avant de naître : il vivait dans la Promesse ; il vivait dans les soupirs d\u2019attente d\u2019un peuple demeuré croyant.De sorte que, à la lettre, il remplit tous les temps.En saine rigueur théologique on devrait, pour compter les années, inscrire simplement: en Jésus-Christ, selon la puissante évocation de l\u2019Apôtre : Le Christ hier, le Christ aujourd\u2019hui, le Christ dans les siècles.Il n\u2019est pas requis davantage d\u2019être croyant pour s\u2019intéresser à l\u2019Œuvre de Jésus-Christ.Son œuvre, prolongement de sa personne, est encore là debout, vivante, permanente, inéluctable.Est-il possible à un homme sé- 674 REVUE DOMINICAINE rieux d\u2019apercevoir l\u2019Eglise ou simplement de l\u2019entendre nommer sans s\u2019enquérir aussitôt de son fondateur?Déjà quand une société s\u2019apprête à célébrer son centenaire, on ouvre les yeux, on interroge et d\u2019avance on incline vers le respect.Puis l\u2019on étudie le personnage qui présida à ses origines et lui insuffla la vie.Or non seulement les centenaires (d\u2019œuvres ou de personnes) se multiplient dans l\u2019Eglise, mais l\u2019Eglise même est entrée, depuis au-delà d\u2019un siècle, dans son deuxième millénaire.Dites: cela vaut la peine d\u2019ouvrir les yeux ?de scruter le phénomène ?de s\u2019enquérir du mystérieux homme qui fit sourdre un jour ce torrent vital?et d\u2019imiter à rebours l\u2019attitude du roi Hérod écoutant le récit des mages ?Bien qu\u2019étranger et comme tel, méfiant, ce chef n\u2019apercevait rien qui dût exciter son intérêt ni motiver ses alarmes.On ne l\u2019avait pas mis en présence d\u2019un personnage historique et d\u2019une œuvre millénaire.En supposant vraie la nouvelle qu\u2019un enfant venant de naître quelque part en Judée et que cet enfant était le roi des juifs, comment l\u2019hériter d\u2019un trône absoli, au sein d\u2019une race conquise pouvait-il causer tant de frayeur au vieux tyran déjà parvenu à la fin de son règne ?C\u2019est que le roi homicide, aux mains encore rouges du sang des Machabées, possédait au plus haut degré la prudence charnelle, le flair démoniaque des \u201cenfants du siècle.\u201d Voyez-le mobiliser la science, consulter les autorités, dépêcher ses informateurs vers la ville mentionnée, avec mission d\u2019enquêter et de faire rapport, comme on dirait aujourd\u2019hui.Mais revenons à notre époque.L\u2019enfant de Bethléem devenu ce qu\u2019il est : le grand nom de l\u2019Histoire, et son Oeuvre devenue ce qu\u2019elle est : le grand fait de l\u2019Histoire, voilà une menace sérieuse pour l\u2019incrédule endormi dans \u201cjusqu'à bethléem\" 675 la paix des modérés ou dans \u201cla sotte indifférence des sectaires professionnels.\" (François Le Grix).Voilà de quoi stimuler la recherche, mobiliser la critique et commander au besoin la prière dans l'humilité et le sacrifice.Aussi, malgré une déférente pitié envers l'incrédule intellectuel, je ne puis oublier que mis en présence du Christ et de son Eglise, il se trouve lié par le devoir d\u2019une impartiale recherche.Au point où en sont les travaux de maîtres et la science critique, il n\u2019a aucune excuse de s\u2019y dérober.Et s\u2019il vient à mourir dans cette attitude abstentionniste, ce ne sont pas les fleurs voiturées sur sa tombe ni les discours et articles à lui consacrés, qui régleront la question.Mais voici une autre conclusion plus attendue.Si l\u2019incrédule doit chercher à mieux connaître le Christ, à plus forte raison le chrétien, son fidèle, son disciple qui lui doit la vie de la grâce et jusqu\u2019à son nom.Ce dernier surtout devra se hâter vers Bethléem, soit que, pécheur, \u201cil repose sur sa lie\" (Jérémie), soit qu\u2019il appartienne à la catégorie des fervents.Dans un cas comme dans l\u2019autre, la rencontre avec Dieu sera chose aisée.Déjà, du simple point de vie naturel, le Verbe nous envahit, nous possède, le Verbe créateur par qui Vêtre tient et par qui tout subsiste, per quem omnia constant.(S.Paul).Il est en nous, nous sommes en lui, sans que nous paraissions réaliser sa présence.Tels étions-nous avant la découverte des ondes hertziennes, environnés de courants subtils, plongés sans le savoir dans une mer d\u2019harmonie.M.-A.Lamarche, O.P. Le sens des faits Adresse au Révérend Père Gillet, O.P.1 Révérendissime Père, Je me sens bien indigne de la tâche que Von m\u2019a confiée.Vous présenter à cet auditoire ! Mais il y a longtemps que votre nom et votre prestige ont franchi V Atlantique.Tous les fils de Saint Dominique sont nôtres et s\u2019ils sont Français, ne le sont-ils pas doublement ?De loin, nous avons suivi votre carrière de professeur, de prédicateur, d\u2019auteur.Votre élection récente au poste éminent que vous occupez à Rome, à deux pas du Collège Canadien, fut le couronnement logique d\u2019une vie consacrée au service de Dieu.Votre ascension, vous la devez à vos activités intellectuelles dans l\u2019enseignement théologique, vous inspirant toujours du maître des maîtres, saint Thomas.Vous avez brûlé les étapes, si j\u2019ose dire.Quelle dévorante action est la vôtre ! De 1905 à 1914, vous donnez des cours à Louvain et vous publiez une série d\u2019ouvrages populaires où vous avez mis toute votre science et tout votre cœur.C\u2019est non seulement vers l\u2019élite, c\u2019est vers la masse que vous vous tournez.Vous avez compris que pour la régénération de la société moderne, il fallait communier avec le peuple, lui parler, l\u2019instruire, afin de le familiariser avec les an- 1.\u2014Lue à la salle S't-Jean-Baptiste d\u2019Ottawa, le 7 novembre, à l\u2019occasion d\u2019une conférence du Rme Père sur \u201cLe rôle de la civilisation latine dans les rapports internationaux.\u201d LE SENS DES FAITS 677 ciennes croyances qu\u2019un siècle de sanglantes révolutions avait sinon effacées du moins sérieusement atteintes.Dans la Revue des Jeunes, vous vous adressez à la jeunesse française que j\u2019ai vue si souvent envahir les églises de Paris, et dont la piété est émouvante; cette jeunesse a retrouvé, grâce au [dévouement du clergé français, l\u2019idéal perdu au contact de la libre pensée; c\u2019est elle qui sera de nouveau le rempart de l\u2019Eglise de France.Professeur de philosophie morale à l\u2019Institut catholique de Paris, vous n\u2019oubliez pas le rôle immense que la femme est appelée à jouer dans la famille et la société, et vous fondez des cercles d\u2019études pour les jeunes filles.Les Semaines Sociales reçoivent de vous un précieux encouragement et chaque année, vous trouvent à l\u2019avant-garde de ce mouvement nouveau et pratique qui ressemble à de grandes assises où religieux et fidèles tentent de restaurer dans un monde tourmenté, la paix sociale, sous le signe du Christ.Mais votre activité déborde les cadres universitaires et l\u2019on vous réclame un peu partout, car la parole et la parole d\u2019un Dominicain surtout, est une puissance dans le monde.Les grandes cathédrales de France, les églises de Paris, Saint-Louis-des-Français de Rome, écoutent vos enseignements et l\u2019on salue en vous l\u2019un des maîtres de la chaire chrétienne.Vous semez hardiment les vérités éternelles, et votre Ordre fier de cet apostolat, vous invite à moissonner les honneurs.Tour à tour maître en sacrée théologie, Provincial de France, voici qu\u2019à Rome en septembre 1929, vous êtes élu Maître Général de l\u2019ordre des Dominicains.Oublierai-je le geste du patriote français ?Au 678 REVUE DOMINICAINE cours de la grande guerre, comme tant d\u2019autres religieux, vous avez servi loyalement la patrie, dans les rangs de l\u2019armée, soit comme aumônier, soit cofmme brancardier.Le gouvernement de la République s\u2019est honoré en épinglant la croix de la Légion d\u2019Honneur sur votre robe blanche.Le savant et modeste religieux m\u2019en voudra de dérouler ainsi sous les regards de cet auditoire, les étapes de sa belle et féconde carrière, mois ne convient-il pas de rappeler à la génération actuelle, trop souvent emportée par les jouissances, que la vie des cloîtres répare par la prière, le recueillement et l\u2019étude, la carence des indifférents et l\u2019assaut des incroyants.Et puis, tout ce qui honore votre Ordre nous réjouit particulièrement, car nous sommes, nous de la Capitale, fiers de vos religieux.Fondateurs et pasteurs d\u2019une des belles paroisses d\u2019Ottawa, ils ont transformé le quartier où s\u2019exerce leur ministère.La science rayonne de ce couvent qu\u2019illustrait hier encore, la haute autorité morale du Cardinal Roideau, chef aimé de l\u2019Eglise du Canada.Une jeunesse d\u2019élite dévouée à Dieu et à la patrie, s\u2019y abreuve aux sources pures de la science, sous la direction paternelle de professeur avertis.Et voici qu\u2019avec un Gilso?i et un Père Chenu, nous assistons comme à une irruption de lumière définitive et ineffable.Non seulement une beauté nouvelle se découvre à nous, mais derrière elle, à travers elle plutôt, toutes les œuvres, tous les monuments épars sur le sol de la vieille Europe, qui jusqu\u2019alors nous avaient semblé un sédiment de hasard déposé par la nuit médiévale, exigent brusquement d\u2019être compris à leur tour.Ce moyen-âge tant décrié parce qu\u2019incompris, impose son énigme à la société contemporaine. LE SENS DES FAITS 679 Grâce à la science de vos professeurs, il cesse d\u2019être isolé pour s\u2019unir à nos yeux en un prodigieux ensemble, résumé de la pensée du monde chrétien, fruit d\u2019une période humaine entre toutes la phcs riche et la plus méconnue.Merci aux Dominicains de nous révéler par ces études sur le moyen-âge, l\u2019unité et la grandeur de cette époque, de nous faire pénétrer dans cet édifice unique, synthèse de toutes les connaissances d\u2019un temps, dont nous ne pouvions contempler ici ou là que des morceaux inachevés, où tout proclame la sérénité dans la certitude possédée.Quel service immense vous nous rendez en nous aidant ainsi à découvrir de quelle source part la lumière.Votre Ordre accomplit davantage, car d\u2019ici même, partent chaque année pour les lointaines missions, des apôtres qui allègrement, vont continuer aux extrémités de la terre, l\u2019âpre et immortel sillon des grands ancêtres français, de ceiix qui empourprèrent de leur sang le sol canadien, au début de la colonie.A ces saints missionnaires, le Canada français doit d\u2019être resté catholique; c\u2019est à leur zèle ardent qu\u2019il doit sa civilisation et sa haute culture.Il fut une époque où, des régions polaires jusqu\u2019au Golfe du Mexique, il n\u2019y avait qu\u2019un évêque, celui de Québec.Et c\u2019est une vérité historique que d\u2019affirmer que les nombreux diocèses qui ont surgi depuis un siècle sur le continent nord-américain, remontent par leurs origines au vieux Québec.Encare aujourd\u2019hui, ce sont nos séminaires et nos communautés religieuses qui alimentent largement ces diocèses.Ce n\u2019est pas par vaine jactance que je rappelle ces choses.Il est bon de les dire, car dans la fuite vertigi- 680 LA REVUE DOMINICAINE neuse du temps, l\u2019oubli des services rendus risquerait de laisser courir la prescription contre des titres et des droits sacrés.Vivant en contact intime avec un Episcopat sage et éclairé, qui a sauvé notre existence nationale, nous aimons à nous réclamer de la France si souvent incomprise, où pourtant nos ancêtres pensaient qu\u2019il n\u2019y avait rien de plus urgent que d\u2019élever sur la terre une image du ciel.Comment ne pas être fiers d\u2019une patrie qui a vu surgir de son sol, Amiens, la cathédrale messianique, Chartres, pensée du moyen-âge rendue visible, Notre-Dame de Paris, église de la Vierge, Bourges, église des Saints, Laon, église des Savants, et entre toutes, Reims, église de la France ?Et comment ne pas aimer une langue faite de clarté, qui contient dans ses mots, les joies, les peines, les labeurs, les espoirs, les prières, les passions de toute une race : \u201cCes milliers d\u2019astres radieux, \u201cCes mots à l\u2019immortelle flamme \u201cOù revivent, nous créant l\u2019âme, \u201cLes âmes de nos aïeux.\u201d Voilà, Révérendissime Père, ce que je voulais dire en vous souhaitant la plus cordiale bienvenue.Votre visite nous honore beaucoup, car vous représentez à nos yeux la France toujours prête à étonner ses détracteurs par la soudaine aisance des élans vers les cimes, comme par la spontanéité des retours ingénus à la froide raison, admirable nation prompte aux entraînements mais solide dans la lutte, fidèle malgré ses variations de surface, dont le clergé, le paysan et le soldat font revivre les LE SENS DES FAITS 681 traits éternels, où dominent toujours la noblesse, l\u2019héroïsme et la grandeur.Rodolphe Lemieux, Sénateur Le IVe centenaire du tableau miraculeux de Saint-Dominique à Soriano, en Calabre Soriano a l\u2019honneur de posséder un tableau miraculeux de saint Dominique qui est devenu l\u2019objet d\u2019un culte fervent et universel et auquel reste attachée depuis quatre siècles la puissance thaumaturgique du glorieux Patriarche.Dans les chroniques du couvent et du sanctuaire de Saint-Dominique à Soriano, rédigées par Lembo, l\u2019événement de la translation du ciel à Soriano dudit tableau par l\u2019entremise de la Mère de Dieu, est rapporté dans les termes suivants : \u201cEn l\u2019année 1530, dans le couvent de Saint-Dominique à Soriano, élevé vingt ans auparavant à la suite d\u2019une inspiration venue directement du Saint lui-même, habitaient cinq religieux, savoir : le Père Dominique Gagliano, Supérieur, le Père Etienne Natale de Soriano, le Père Thomas de Gerocarne, un tertiaire, le Fr.Noël Sorbilli da Pungadi, et un con-vers, Fr.Laurent da Grotteria.Ce dernier qui remplissait l\u2019office de sacristain fut favorisé dans la nuit du 15 septembre de l\u2019année susdite du spectacle suivant.Alors qu\u2019il se trouvait dans l\u2019église, occupé à prier, il vit tout-à-coup trois dames d\u2019un aspect majestueux et d\u2019une merveilleuse beauté; les habits dont elles étaient vêtues étaient de la plus grande magnificence.La plus belle des trois dames sortit alors des plis de son manteau une toile enveloppée qu\u2019elle remit au Frère en disant : \u201cPrenez ce tableau; portez-le à votre Supérieur, et placez-le sur 682 REVUE DOMINICAINE l\u2019autel\u201d.Le pieux religieux exécuta promptement cet ordre sans s\u2019arrêter pour demander aux célestes visiteuses qui elles étaient.Lorsque le Père Supérieur eut, en présence des autres religieux, écarté le linge qui enveloppait l\u2019objet, il trouva un merveilleux tableau de saint Dominique, celui-là même que l\u2019on vénère encore aujourd\u2019hui à Soriano.A ce spectacle tous s\u2019empressèrent de se rendre à l\u2019église pour y voir les célestes messagères, mais elles avaient disparu.Et pourtant, qui pouvaient-elles être ?se demandaient les religieux frappés d\u2019étonnement et de stupeur, car les portes de l\u2019église étaient closes et trois heures devaient encore s\u2019écouler avant le lever du jour.La nuit suivante sainte Catherine d\u2019Alexandrie apparut en songe à l\u2019un des religieux et après s\u2019être fait connaître à lui, lui révéla que les deux autres dames qui l\u2019avaient accompagnée dans leur visite à l\u2019église étaient, l\u2019une, la Mère de Dieu, et l\u2019autre, sainte Marie-Madeleine.De même qu\u2019il avait été possible à la Toute-Puissance divine d\u2019opérer en l\u2019an 1270, par le ministère des Anges, la translation d\u2019Asie en Europe, puis de la Dalmatie à Lorette, de la Sainte-Maison de Nazareth dans laquelle était née la bienheureuse Vierge Marie et s\u2019était incarné le Verbe Eternel, ainsi il avait été également possible à la Toute-Puissance divine d\u2019effectuer par un autre prodige céleste la translation du ciel en terre de l\u2019image de Saint-Dominique à Soriano.Le récit rapporté ci-dessus a été vérifié par le juge Greco Francesco, comme il conste par les actes du notaire Jean-André Raffaele lesquels furent souscrits par les témoins suivants : Don Dominique Raffaele, Alphonse Curiole, Scipion Stalli et Pharaon Francesco.L\u2019origine LE SENS DES FAITS 683 surnaturelle du tableau a été de même confirmée par les faits suivants.Les prodiges de la foi \u2014 Augustes hommages Et, en effet, peu d\u2019années après la célèbre apparition, un temple fut construit en l\u2019honneur de cette image mais il fut détruit par les tremblements de terre de 1659 et de 1680; réédifié, il fut détruit de fond en comble par le tremblement de terre de 1783.C\u2019était un grand monument de style baroque et des plus somptueux en raison de la richesse de ses marbres, de la magnificence de ses lignes et de son ornementation intérieure qui consistait en une telle profusion d\u2019or et de pierres précieuses que Charles Botta n\u2019hésita pas à le ranger parmi les merveilles de l\u2019Italie méridionale.Ce temple était contigu au couvent historique de Soriano, vrai foyer de lumière spirituelle, centre de culture et de vie religieuse et pourvu, en plus de sa bibliothèque, d\u2019une pharmacie, d\u2019une papeterie et d\u2019une typographie.Les vastes proportions de cet édifice ressortent encore de l\u2019état des décombres qui subsistent, tels, on dirait, les membres épars d\u2019un colossal géant gisant sur le sol.Les galeries souterraines de ce singulier édifice font songer aux Catacombes de Rome où pendant trois siècles se développa la vie de l\u2019Eglise.Le merveilleux tableau apporté du ciel par la Mère de Dieu ayant été déposé sur l\u2019autel, attira chaque année des centaines de milliers de pèlerins.Parmi eux il s\u2019est trouvé maints personnages de haut rang tels que prélats, abbés, évêques, princes et cardinaux.De ces derniers, deux devinrent Papes plus tard sous les noms d\u2019Alexandre VII et de Benoît XIII, respectivement.Devant ce même 684 REVUE DOMINICAINE tableau miraculeux tous les Maîtres-Généraux de l\u2019Ordre de Saint-Dominique \u2014 parmi lesquels il convient de nommer tout particulièrement les deux ex-Maîtres-Généraux encore vivants, l\u2019Eminentissime cardinal Frühwirth et le Révérendissime Père Garcia Paredes, \u2014 sont venus, depuis quatre siècles, s\u2019agenouiller et prier.Autour de ce tableau les prodiges se sont succédé et à tel point que la terre de Soriano ainsi favorisée du Ciel par l\u2019intercession de saint Dominique, mérita à bon droit d\u2019être appelée une seconde piscine probatique, et à partir de l\u2019année 1609, par ordre du Maître-Général, le Rme Père Galamini, maître du Sacré-Palais et plus tard cardinal du titre de Sainte-Marie de l\u2019Aracœli, deux notaires furent désignés pour consigner et vérifier ces prodiges.Une première liste, celle de Frangipani, fut publiée à Venise en 1630 et une seconde à Messine en 1635.Par la suite Lembo publia la Chronologie des miracles de Soriano; et enfin, le Père Doja et le Belge Choquet rédigèrent des écrits sur le même sujet.En témoignage des grâces reçues à Soriano on conserve encore aujourd\u2019hui, dans le nouveau sanctuaire, des ornements sacrés d\u2019une valeur inestimable, dons de Maisons actuellement régnantes, et des vases d\u2019autel d\u2019un fini artistique des plus admirables, lesquels, avec les tableaux de Caravaggio et les belles statues de marbre échappées au désastre, constituent le patrimoine artistique et religieux très enviable du couvent de Soriano, en Calabre.L\u2019authenticité historique des prodiges opérés à Soriano s\u2019appuie encore de l\u2019autorité des Bollandistes dont la réserve et la discrétion sont justement reconnues.Au tome premier, consacré au mois d\u2019août, numéro 120, il est dit textuellement : \u201cDieu s\u2019est plu à opérer, par LE SENS DES FAITS 685 l\u2019intercession de saint Dominique, et par le moyen de son image à Soriano, d\u2019innombrables et étonnants miracles, de sorte que l\u2019on peut dire que si le corps de saint Dominique repose à Bologne sa puissance thaumaturgique revit à Soriano.\u201d La vénérable image possède son monument durable à Naples, dans le temple majestueux que la plus grande ville de l\u2019Italie a élevé à Saint-Dominique de Soriano.De même à Megozza (Argentine) il se trouve un couvent dédié au saint Patriarche sous le même vocable.\u2014 Ce culte envers la sainte image trouve encore sa consécration dans l\u2019office et la messe de la fête contenus au bréviaire et au missel dominicains, respectivement.En vertu de cette concession liturgique tout l\u2019Ordre des Frères-Prêcheurs commémore chaque année ce glorieux événement partout où il se trouve un couvent ou même un religieux de l\u2019Ordre tenu à la récitation de l\u2019office divin.Les motifs surnaturels de /\u2019apparition Ce ne fut pas sans un dessein très profond de Dieu que l\u2019apparition de cette image miraculeuse ait eu lieu en la première moitié du XVIe siècle, période historique a\u2019exceptionnelle importance pour l\u2019Eglise en raison de l\u2019avènement du protestantisme d\u2019abord, puis du schisme anglican.Cette apparition ainsi que la tenue du Concile de Trente et la pléiade de grands saints qui fleurirent à cette époque, portèrent un coup mortel aux doctrines perverses que le protestantisme soutint contre le culte des saints et de leurs images.Le motif de l\u2019apparition du tableau de Saint-Dominique fut donc celui de répandre sur la société de cette époque un flot puissant de surnaturel et de remettre ainsi en honneur le culte des saints et de leurs images. 686 REVUE DOMINICAINE Bien éloignée assurément de son état primitif se trouve être actuellement la vénérable image du fait d\u2019avoir été entraînée dans la ruine du couvent lors du tremblement de terre de 1783 et d\u2019être demeurée ensevelie sous les décombres depuis le 7 février jusqu\u2019au 27 mars de la même année.Néanmoins, elle conserve encore les caractéristiques mystérieuses qui témoignent de son origine surnaturelle et qui consistent dans une certaine luminosité qui s\u2019en dégage et qui attire et suggère l\u2019idée de quelque chose de plus que ce que l\u2019art naturel et la beauté purement matérielle sauraient inspirer, savoir : ce je ne sais quoi de charmant et d\u2019inexprimable à la fois qui est l\u2019indice de la touche divine.Vue d\u2019une certaine distance il est impossible au spectateur de distinguer si l\u2019image du Saint est peinte sur toile ou sculptée sur bois.La figure de \u201cl\u2019Apôtre que le Christ a choisi dans son jardin pour l\u2019aider\u201d est représentée sur la toile de Soriano toute rayonnante de zèle et dans la fraîcheur de la jeunesse à laquelle l\u2019habit religieux ajoute un charme de plus.L\u2019aspect de la personne du Saint, en effet, est des plus ravissants en même temps que des plus vénérables : le visage est rayonnant, le nez légèrement arqué, les cheveux châtains, les yeux brillants, les pieds revêtus d\u2019une étoffe de couleur noire, la main droite tenant un livre, la main gauche un lis, symboles expressifs de sa lumineuse doctrine et de sa virginale pudeur.Des très nombreux écrivains qui ont célébré la gloire de la sainte image nous ne signalerons, pour être brefs, que les suivants : del Fiore, Frangipane, Lembo, Campi-telli, Taceone, Gallucci, tous calabrais; Choquet, d\u2019origine belge; les Pères Jean Doja et Emmanuel Lussiaa, de race française. LE SENS DES FAITS 687 La lumière d'un centenaire Quatre siècles se sont écoulés depuis que l\u2019univers catholique célèbre les louanges de saint Dominique à Soriano et néanmoins les années n\u2019ont fait que rendre plus resplendissantes les gloires de ce lieu particulièrement favorisé du Ciel.Les grandeurs de Soriano, en effet, sont plus assurées de la durée que ne le sont ses murs colossaux et immensément plus élevées que ne l\u2019est la coupole de son temple antique parce qu\u2019elles sont surnaturelles et divines.De même que l\u2019apparition de l\u2019image de Soriano, la tenue du Concile de Trente et la vie des grands saints de cette époque ont porté un coup mortel aux doctrines perverses du protestantisme naissant, puisse la célébration du quatrième centenaire de cette glorieuse image contribuer encore aujourd\u2019hui à faire descendre une abondante rosée de vie surnaturelle sur l\u2019immense pays de Russie où la Ligue des sans-Dieu s\u2019est donné pour tâche insensée d\u2019étouffer toute idée de surnaturel dans les esprits en même temps qu\u2019elle a déchaîné une campagne de grande envergure contre le culte des saints et leurs images.En cette année jubilaire qui commence avec le 15 du mois de septembre et qui remplit d\u2019une sainte joie l\u2019âme de nos populations, il est tout naturel que cette fête revête un caractère d\u2019exceptionnelle importance en raison de l\u2019apparition quatre fois séculaire du miraculeux tableau et de l\u2019assurance qu\u2019ont donnée de participer à ces fêtes de nombreuses personnalités ecclésiastiques et civiles de la région toute entière.L\u2019épilogue à cette célébration qui s\u2019annonce déjà grandiose, ce seront les précieux avantages spirituels qui 688 REVUE DOMINICAINE en découleront et qui, en marquant de leur douce et salutaire impression l\u2019âme des Calabrais, laisseront dans le ciel de notre patrie un merveilleux accroissement de lumière spirituelle, symbole de temps meilleurs.La perspective d\u2019un semblable bienfait ne saurait manquer de faire accourir un très grand nombre de fidèles à cette fête incomparable des âmes, fête vraiment profitable, car elle ne consistera pas à s\u2019attarder au simple souvenir d\u2019un événement historique mais à recueillir, à son occasion, pour soi et pour autrui, un abondante moisson de biens surnaturels.(Signé) Dominique Bartone, Archiprêtre, Soriano, Calabre.Traduit de YOsservatore Romano par A.-M.RICHER, O.P.Dans l\u2019Ordre \u2014 La Société d\u2019Etudes religieuses a repris ses activités.Cette année encore, c\u2019est M.Etienne Gilson, professeur à la Sorbonne et Directeur d\u2019Etudes à l\u2019école pratique des hautes études religieuses, qui en a inauguré les cours, par trois conférences sur saint Augustin, les 20, 21 et 22 octobre.Les directeurs et chargés de cours des différents cercles ont déterminé la matière qui sera expliquée cette année aux membres des cercles d\u2019études.Au cercle Tabaret le R.P.Caron étudiera l\u2019Encyclique sur l\u2019Education.Les R.P.Limpens et Lajoie, des Pères de Marie d\u2019Eastview, expliqueront devant leurs auditeurs les principales objections contre la religion.Aux cercles saint Thomas d\u2019Aquin et sainte Thérèse, le Père Voyer parlera de la psychologie de la croyance, LE SENS DES FAITS 689 tandis que le Père Turgeon exposera le dynamisme de l\u2019Eglise au cercle Albert le Grand.\u2014 L\u2019ouverture des cours au Collège des Dominicains d\u2019Ottawa a eu lieu le 14 septembre.Le nombre des étudiants est de 69: 42 théologiens, 27 philosophes.L\u2019rganisation du corps professoral se répartit comme suit: Théologie dogmatique : le R.P.M.-Raphaël Turgeon, Théologie positive : le R.P.Pie-M.Gaudrault, Théologie morale: le R.P.B.Mailloux, Théologie mystique et Droit canonique: le R.P.L.-M.Sylvain, Exégèse de l\u2019A.T.: le R.P.B.-M.Sibler, Philosophie: le R.P.R.-M.Voyer, Apologétique: le R.P.M.-R.Gauthier, Introduction à l\u2019E.S.et Eloquence sacrée: le R.P.G.Massé, Histoire de l\u2019Eglise et Liturgie: le R.P.F.-M.Drouin, Langues vivantes : Anglais : R.P.L.Lafontaine ; Allemand: R.P.B.Sibler.Etudes médiévales.Directeur: le R.P.M.-D.Chenu, 1° Cours généraux d\u2019introduction: I.\tHistoire de l\u2019Eglise: Antiquité et Moyen-Age: 3 h.par semaine.Professeur: R.P.F.-M.Drouin.II.\tHistoire de la philosophie médiévale.(1 h.par semaine.) Les écoles au XHIe siècle.L\u2019entrée d\u2019Aristote.Les Arabes.La crise aver-roiste.Les genres littéraires.Professeur: R.P.M.-D.Chenu.III.\tHistoire des dogmes et de la Théologie.(1 h. 690 REVUE DOMINICAINE par semaine.) Introduction: Les dogmes ont une histoire.Un exemple: Le dogme et la théologie du péché originel, de S.Augustin à S.Thomas.Professeur : R.P.M.-D.Chenu.2° Cours spéciaux (réservés aux professeurs de notre collège et de l\u2019extérieur).2 heures par semaine: mardi et jeudi à 4 h.30.Professeur: R.P.M.-D.Chenu.I.\tHistoire des doctrines spirituelles.(10 cours, jeudi à 4.30.) La connaissance religieuse selon S.Thomas: la lumière de foi, la psychologie de la contemplation, la science théologique.b) La mystique franciscaine: S.Bo-naventure et lTtinerarium mentis ad Deum.c) Les mystiques rhénans du XlVe siècle: Eekart et Tauler.d) La \u201cdevotio moderna\u201d et la genèse des exercices de S.Ignace.II.\tLes procédés et les techniques de la philosophie médiévale.(8 cours.Mardi à 4.30) Cours d\u2019ouverture : La place du Moyen-Age dans l\u2019histoire de la civilisation.La dialectique.L\u2019autorité.Les formes littéraires.Le vocabulaire.La structure des concepts.III.\tL\u2019Université de Paris au XHIe siècle.(5 cours.Jeudi à 4.30 p.m.En janvier.) Origine et constitution.Les Maîtres et les Etudiants.Les programmes et les facultés.L\u2019enseignement et ses méthodes.IV.\tLa méthode de la théologie au XHIe siècle.(5 cours.Mardi à 4.30.En décembre) De la Bible à la théologie.Les autorités.La grammaire et la théologie.La dialectique et la théologie. 691 LE SENS DES FAITS V.Définition do l\u2019âme chez Albert le Grand.(Deux cours les 21 et 22 octobre à 3 h.p.m.) Professeur: M.E.Gilson.\u2014 Le R.P.Mauger, aumônier de l\u2019Hôpital de Ste-Marie de Lewiston a prononcé le discours de bienvenue à 3a visite de Son Excellence M.Paul Claudel, ambassadeur de France.\u2014Nous remettons à plus tard, faute d\u2019espace, les rapports des Conférences Gilson à Ottawa, de l\u2019inauguration de l\u2019Académie St-Thomas à Québec, et les impressions de la visite au Canada du Rme Père Gillet, Maître Général.\u2014 Les abonnés dont l\u2019abonnement expire en décembre voudront bien nous faire le plaisir de se mettre en règle avec l\u2019Administration.Fra Domenico -*- L\u2019esprit des livres R.P.Dominique-C.Gonthier, O.P.\u2014 \u201cŒuvres oratoires\u201d.T.I.Brochure de 456 p.La Cie de Publication de Lévis, 1930.Ce fort premier volume comprend une partie de 'la.production oratoire du P.Gonthier : Discoxirs de circonstance \u2014 Panégyriques \u2014 Sermons pour les Fêtes, et justifie l\u2019heureuse attente d\u2019une édition posthume complète de ses œuvres.L\u2019entreprise est due à un modeste dont le nom se cache sous le reflet mince des trois étoiles ternies par l\u2019usage.Inspiré dans son labeur par un sentiment de profonde vénération envers ce grand religieux, pionnier de l\u2019Ordre de St-Dominique au Canada, il déclare avoir reçu de quelques membres du même Ordre, une 692 REVUE DOMINICAINE aide efficace dans la recherche et la coordination des matériaux et dans l\u2019ingrat travail de la mise au jour.Que tous soient remerciés et encouragés par le public bénéficiaire de leur zèle.Par ailleurs, la démarche s\u2019imposait, au point que je trouve presque humiliant d\u2019avoir à en exposer ici le motif.Le nom du Père Gonthier devrait être, de longue date, universellement connu au pays, sinon à l\u2019étranger.Ce qui pourra surprendre, en effet, dans ses écrits, tous marqués à la frappe d\u2019un Maître, c\u2019est que quelques-uns remontent aux environs de 1880.Donc il y avait au Canada français, il y a cinquante ans, un écrivain-né, je dirai même un virtuose de la pensée et du style, \u2014 pourvu qu\u2019on n\u2019aille pas s\u2019imaginer qu\u2019il accordât une excessive importance à la forme, ni surtout qu\u2019il se mit dans l'état littéraire avant d'écrire.Dès lors pourquoi tant s\u2019enorgueillir de certaines réussites contemporaines, dues en partie à un ensemble de facilités que n\u2019avait pas ce vétéran ?Autre question non moins agaçante : Pourquoi un si grand nombre de lettrés ignorent-ils encore cette intelligence d\u2019élite, ce maître prosateur, disciple de Lacordaire, admirateur de Veuillot, eouventes fois leur égal, et de qui pas une page ne comporte la médiocrité ?Comme on avait omis son nom dans un récent manuel d histoire littéraire, publié par une Communauté enseignante, j\u2019en fis la remarque à la principale rédactrice qui plaida gentiment ignorance et répara l\u2019oubli dans une seconde édition.Avouons cependant que s\u2019il y eut presque en tout lieu conspiration du silence, le premier conspirateur fut l\u2019écrivain en personne.Il était bien ce moine décrit devant l\u2019Institut Canadien d'Ottawa : \u201cl\u2019homme de la prière et du travail et de l\u2019abnégation évangélique, ayant rompu tout commerce avec le siècle\u201d.Le sort de ses écrits l\u2019intéressait si peu, qu\u2019un sermon à peine débité passait aux mains de jeunes apprentis qui en faisaient un consciencieux usage, \u2014 en un sens du moins.D\u2019autre part, zélé patriote, mêlé par goût ou d\u2019office aux grandes questions politico-religieuses, il ne sut pas toujours retenir l\u2019âpreté de sa verve ni les traits d\u2019une polémique acerbe.Mais le style chez lui n\u2019était pas tout l\u2019homme; il masquait au contraire, excepté dans la correspondance, une portion très riche de son être : son cœur pétri de bienfaisance, fertile en inventions pour plaire, en trouvailles pour excuser; et cette sensibilité presque féminine qui, lors même qu\u2019elle n\u2019apparaissait pas dans sa prose, lui permettait de signer chacune de ses actions, \u2014 ce qui n\u2019est pas le privilège du grand nombre.Autant d\u2019aspects contradictoires, inquiétants même, tenant la foule hors de son emprise et l\u2019armée des publicistes dans l\u2019attitude du garde-à-vous.\t! j l\u2019esprit des livres 693 La qualité et la provenance des hommages suppléait au nombre.L\u2019autorité religieuse eut toujours en singulière estime la personne et le talent du Père Gonthier; des laïcs distingués buvaient, à la lettre, ses pages doctrinales, d\u2019une écriture vivante, élastique et ferme, nerveuse et colorée.Au lendemain de sa mort, survenue le 16 juin 1917, VAction Catholique publiait deux articles où, sous la justesse des formules, se trahissait une vieille amitié.La Nouvelle-France rappelait, sur un ton de gratitude émue, que ce penseur émérite lui avait prodigué, durant seize années, \u201cles trésors de son érudition, l\u2019ardeur de son patriotisme, son expérience de psychologue clairvoyant, et les ressources variées de sa plume, une des mieux taillées, sans contredit, de la littérature canadienne\u201d.Elle se proposait en outre de publier bientôt une étude critique de son œuvre littéraire.L\u2019étude annoncée parut dans la livraison d\u2019octobre sous la signature de M.l\u2019abbé Camille Roy.Un peu surveillé dans la louange, l\u2019auteur de ce remarquable travail vise et atteint à l\u2019impartialité critique; il reprend en synthèse et d\u2019une touche heureuse les erreurs et préjugés du libéralisme doctrinal, combattu avec tant de vigueur par le \u201cmoine polémiste\u201d; il pénètre les idées du personnage, son rôle et ses tendances, avec leurs moyens d\u2019expression, aussi avant que le permet un contact accidentel, en vue d\u2019un travail commandé.Mais les amis chauds ou tièdes du défunt s\u2019étonnent présentement que Mgr Roy, après avoir déclaré que \u201cl\u2019historien de la littérature canadienne ne pourra pas ignorer ni le nom ni l\u2019oeuvre d\u2019un tel écrivain\u201d, ait omis l\u2019un et l\u2019autre dans la récente édition, pourtant \u201cmise à jour\u201d, de son Histoire cle la littérature canadienne.Pur oubli, sans doute, que l\u2019éminent critique tiendra à réparer plus tard, à l\u2019exemple des Sœurs de Ste Anne.Le T.R.P.Langlais, provincial, dans la notice funèbre consacrée au Père Gonthier, devait en quelques pages retracer sa vie religieuse et son apostolat intellectuel.Mais sur chaque point la dominante est rendue.On y retrouve le prédicateur \u201cmanquant des qualités physiques de l\u2019orateur puissant des grandes chaires, mais toujours apprécié des auditoires cultivés, et, dans l\u2019intimité plus favorable d\u2019une chapelle ou d\u2019une salle de communauté, atteignant aisément à la vraie éloquence\u201d, et \u201cl\u2019écrivain de race qu\u2019on aimait à lire, parce qu\u2019il savait écrire et qu\u2019il avait des idées.Il avait la patience ou le bon sens d\u2019attendre la pensée avant de rédiger, et alors, elle coulait de source, claire et limpide, sous une plume bien aiguisée, courageuse et vive, qui courait sans rature ni 694 REVUE DOMINICAINE retouche, traçant une écriture nerveuse, fine et serrée.\u201d (Revue Dominicaine, juillet 1917).Puisse ce compte-rendu paraître assez insuffisant pour forcer le lecteur à recourir au plus tôt aux textes mêmes du prestigieux écrivain.M.-A.Lamarche, O.P.Michelle Lenormand \u2014 \u201cCouleur du temps\u201d.Brochure de 142 p.Editions du \u201cDevoir\u201d, Montréal, 1919.\u2014 \u201cAutour de la maison\u201d.Brochure de 172 p.Nouvelle édition.Illustrations d\u2019Annette Senécal de Belle-feuille.Editions du \u201cDevoir\u201d, Montréal, 1930.Les comptes-rendus de ce dernier ouvrage s\u2019étant succédé en nombre imposant, surtout depuis sa réédition, il m\u2019a semblé d\u2019un métier plus facile et d\u2019un plus haut intérêt de le mettre en parallèle, sinon en contraste avec son frère aîné.Ce rapprochement, à dix ans d\u2019intervalle, suggère des réflexions pratiques, en même temps qu\u2019il nous aide à mieux saisir le talent d\u2019abord incertain, inégal de l\u2019auteur, puis l\u2019assiette qu\u2019il vient de prendre.Michelle Lenormand paraît avoir échappé, en partie du moins, au danger trop réel qui guette notre jeunesse, pour peu qu\u2019elle aime à écrire et se décide à publier.Le danger, c\u2019est alors d\u2019apprendre son métier en faisant des exercices sous l\u2019oeil du public et à son détriment.Spectacle anormal et toujours fâcheux : l\u2019auteur parfois vient au monde plusieurs années avant l\u2019écrivain.On a beau invoquer d\u2019innombrables précédents, chez nous comme à l\u2019étranger, je soutiens qu\u2019on a tort d\u2019aborder l\u2019écriture publique, sans avoir au préalable acquis une technique d\u2019ensemble et une sérieuse connaissance de la langue, avec des habitudes de pensée et de style qui permettent de franchir le gué.Au jeune auteur muni de toutes ces ressources ou qualités, il reste encore assez de marge pour les progrès à venir et les successives \u201cmanières\u201d.Si madame, alors mademoiselle Michelle Lenormand n\u2019offrit pas au début ces graves déficiences, rançon volontaire, assez humiliante de la plupart des commençants, c\u2019est qu\u2019elle avait demandé, obtenu et suivi des directives éclairées.Et celles-ci guidant sa main tout en lui laissant tenir la plume, rien donc n\u2019empêcha le libre essor des aptitudes proprement féminines et des autres tendances naturelles.Tendance à l\u2019observation nette et détaillée.Vous en trouverez L'ESPRIT DES LIVRES 695 un précoce exemple dans les pièces: Les raquetteurs \u2014 Attitudes de quêteux \u2014 Le vent \u2014 Le phare \u2014 Les quais.Tendance au Btyle rapide dans le simple récit (Saint Antoine); effort vers un genre plus délié: phrase en lacets, avec tours et détours, dans les parties où prime l\u2019analyse du sentiment {Uéternelle mésentente \u2014 Mauvais silences).Recherche d\u2019un vocabulaire exact, varié, pittoresque, auquel on parvient difficilement, faute de lecture.Pour tout résumer, un ensemble de qualités sérieuses qui eût empêché le moins galant des censeurs de dire à cette jeune fille : Pourquoi écrivez-vous ?En dépit de ces promesses, et parce qu\u2019il s\u2019agit surtout de promesses, le volume porte la couleur du temps où il fut composé Trop de confidences personnelles, quelques-unes dénuées d\u2019intérêt.Un don d\u2019observation juste, comme je viens de dire, mais se limitant aux choses connues, sans véritable coup de sonde à l\u2019intérieur des êtres, alors qu\u2019il englobe suffisamment le paysage ou le cadre familier.Plus d\u2019ingéniosité délicate que de réelle puissance.Enfin, pour ce qui a rapport à l\u2019exécution, si l\u2019écrivain est déjà né, si, plein de spontanéité et de verve, il entraîne le plus souvent un lecteur non préjugé, convenons qu\u2019en plus d\u2019une page, le tour est trop uniforme et l\u2019expression fait défaut.Certaines pièces, peut-être, furent bâclées à l\u2019appel du prote, \u201cpendant l\u2019épidémie\u201d.Je me permets de signaler une méprise, la seule du genre, mais se rattachant à un principe.Quand l\u2019auteur écrit ou transcrit sans italiques ni guillemets: clôture de broche, il confond un canadianisme avec un barbarisme pur et simple, inventé sans doute par un jardinier peu au courant du vrai terme : clôture en fil de fer.Rien ne nous autorise à le légitimer, à l\u2019introduire dans la grande famille des mots français.Autrement, il faudrait ouvrir la porte aux trouvailles sans nombre des enfants qui, par des biais merveilleux, des diminutifs, des calembours, finissent toujours par se tirer d\u2019affaire.Je fais exception pour ces œuvres exclusivement du terroir, où il devient fastidieux d\u2019apposer des signes aux vocables inconnus qu\u2019un lecteur s\u2019attend à rencontrer en foule : v.g.La Brière, Le dernier Viking, En guettant les ours.Il est vrai que le Docteur Grignon, dans ses captivants mémoires, se sert des deux méthodes à la fois.* * * Dix ans ! La femme-écrivain a grandi, du moins comme telle, et l\u2019auteur a raison de réapparaître.La chronique régulièrement portée au journal a presque achevé l\u2019expérience littéraire, tandis 696 REVUE DOMINICAINE que la vie complétait l\u2019expérience tout court.Saluons \u201cAutour de la maison.\u201d Disant adieu, en page finale, à la petite rivière en demi-cercle qui contournait l\u2019enclos de sa demeure, madame Lenormand déclare qu\u2019elle préfère aujourd\u2019hui \u201cles fleuves, les eaux qui portent des navires et les navires qui vont loin\u201d.Ses préférences dans le domaine littéraire ont suivi la même courbe, le même prolongement.Et la voici qui aborde, avec ses souvenirs du jeune âge, la peinture des caractères.Art difficile, surtout quand il s\u2019agit de l\u2019enfance, plus encore si l\u2019on veut suivre dans leur évolution de petits êtres apparentés.Disons tout de suite au \u201ccher confrère\u201d demeuré sceptique, qu\u2019il fera bien de commencer cette lecture par le morceau cité: Dernier regard.Le sien, mouillé peut-être, retournera aussitôt à la première page ! Là, il fera connaissance avec Pierre, Toto, Michelle et Marie.Les petites filles se montrent déjà sensibles et coquettes, les petits garçons, débrouillards, financiers et gourmands.Mais tous, comme bien l\u2019on pense, ont la furie du jeu.La description minutieuse de ces ébats enfantins exigeait un certain courage : l\u2019on sent qu\u2019il n\u2019en fallut guère à l\u2019auteur pour faire de ces épisodes, la partie la plus considérable et la mieux réussie du volume.Ces souvenirs lointains, dissociés chez un grand nombre ou noyés dans la région subconsciente, ont trouvé dans sa mémoire un réceptacle sûr, dans toute son âme une source de réaction qui leur donne couleur et vie.Rien n\u2019arrive que de ténu, de banal et de périodique dans ce milieu qualifié de ville et demeuré fort peu citadin.Mais comme tout devient sensationnel pour cet âge, il a suffi à la narratrice de mêler l\u2019existence de ses quatre petits héros à la liturgie paroissiale, à des événements comme l\u2019abattage d\u2019un arbre ou la rentrée des \u201cbouquets\u201d pour introduire dans son récit la note du varié sans nuire à celle du vraisemblable.Et comme ces turbulents personnages sont conduits jusqu\u2019à l\u2019heure grave des séparations temporaires que suivra la dispersion, je ne crois pas non plus forcer aucune note en jugeant ce petit livre un délicieux roman, bâti sans le savoir par l\u2019héroïne principale.On m\u2019interroge sans doute pour savoir exactement ce que l'expérience du métier, le commerce de la vie ont apporté à la romancière; quels dons particuliers ont fructifié chez elle.Est-ce la faculté observatrice devenue plus audacieuse ou plus affinée ?un vocabulaire enrichi ?un phrasé \u2014 car il convient ici d\u2019emprunter quelque chose à la musique \u2014 plus ferme et plus élastique L\u2019ESPRIT des livres 697 à la fois ?Oui, c\u2019est bien tout cela, et au point que maint contempteur des chroniques féminines pourrait venir y puiser des leçons de français.Mais c\u2019est par-dessus tout un rythme d\u2019ensemble, un courant d\u2019allégresse, une sorte d\u2019allant irrésistible où l\u2019on perçoit, sous une application au travail pour le moins suffisante, une vocation confirmée d\u2019écrivain.On dit que madame Michelle Lenormand élabore à cette heure un roman.A ce roman prévu et concerté, je souhaite un succès égal à celui qui couronna Autour de la maison.Est-il besoin cependant de le faire remarquer au consciencieux auteur : une œuvre quelque peu étendue, à répercussion profonde, et destinée à survivre, suppose un contact déjà ancien avec les grandes littératures et nécessite des loisirs qu\u2019il faut à tout prix s\u2019accorder.M.-A.Lamarche, O.P.Etudes philosophiques.\u2014 \u201cLe doute méthodique de Descartes.\u2014 Fr.Thomas Campanella et le doute méthodique de la Renaissance.\u2014 Le Thomisme, philosophie catholique officielle\u201d, par le R.P.Lumbreras, O.P., Docteur en Philosophie et ès-Lettres.Un magnifique volume in-8°, de 116 pages.Couverture en deux couleurs.Prix: 3.50 pesetas.Valencia, (Espagne), Apartado 145, 1930.La Bibliothèque des Thomistes espagnols dont les diverses productions ont été accueillies avec tant de faveur par le public espagnol et étranger vient de s\u2019enrichir d\u2019une nouvelle Série de manuels formant le complément d\u2019un volume plus considérable à paraître et pour la composition duquel seront publiés périodiquement des travaux d\u2019une importance doctrinale et d\u2019un vrai mérite.Une exposition brève, claire des œuvres philosophiques de l\u2019illustre écrivain Campanella, est due au R.P.Lumbreras, O.P.Dans cet ouvrage il analyse d\u2019une manière vigoureuse et magistrale le problème du scepticisme dans ses deux phases les plus célèbres, à savoir, d\u2019après la pensée de Descartes et d\u2019après celle du philosophe de la Renaissance.Une exposition brève, claire et élégante des XXIV thèses formant les bases doctrinales du thomisme officiel complète le volume.Ouvrage d\u2019une très grande importance que doivent lire tous ceux qui s\u2019intéressent aux questions de critique et de l\u2019histoire 698 REVUE DOMINICAINE des idées humaines ainsi que ceux qui désirent connaître les doctrines fondamentales de la philosophie thomiste, proclamées officiellement par l\u2019Eglise.La modicité du prix eu égard à l\u2019élégance de l\u2019édition rend tout-à-fait accessible ce très intéressant ouvrage.(Traduit de l\u2019espagnol.\u2014 L\u2019ouvrage susdit est aussi publié en espagnol) A.-M.R.Le T.R.P.E.-A.Langlais, O.P.\u2014 \u201cNos Missions \u2014 Les Frères-Prêcheurs du Canada au Japon\u201d.Monographie de 80 pages.Couvent des Dominicains, 5375 Avenue Notre-Dame-de-Grâce, Montréal, 1930.A la suite d\u2019un voyage qu\u2019il a fait au Japon durant la première partie de la présente année, le T.R.P.E.-A.Langlais, Provincial des Pères Dominicains du Canada, a publié une monographie fort intéressante contenant le compte-rendu de ses visites aux missionnaires dominicains canadiens du Japon, des réceptions dont il a été l\u2019objet de la part des catholiques japonais et des autorités civiles et le texte des sermons, discours et conférences qu\u2019il a été appelé à faire en diverses circonstances.On y trouve également les discours de bienvenue qui ont été prononcés en son honneur soit par nos missionnaires, soit par de hautes personnalités civiles japonaises.En publiant cette monographie le T.R.P.Provincial a rendu un réel service non seulement à ses frères en religion en leur faisant mieux connaître le théâtre sur lequel ils sont appelés à exercer leur zèle apostolique comme missionnaires, mais encore à tous ceux \u2014 et ils se font de plus en plus nombreux \u2014 qui sont désireux de se renseigner sur le Japon en général et tout particulièrement sur l\u2019attitude de son peuple à l\u2019endroit de la religion catholique.Tous pourront, en effet, constater à la lecture de ces pages que si les Japonais, généralement, ne se sentent pas pressés d\u2019embrasser le Yasokyô (le catholicisme) ils savent néanmoins en reconnaître loyalement les mérites comme élément de discipline morale, d\u2019ordre et de progrès social.En preuve de cette excellente disposition d\u2019esprit à l\u2019égard du catholicisme les Japonais n\u2019hésitent pas à témoigner une sympathique attention au ministre de l\u2019Evangile qui vient leur parler de cette religion; et si, outre une haute culture intellectuelle, l\u2019envoyé de Dieu est revêtu d\u2019une éminente L\u2019ESPRIT DES LIVRES 699 dignité qui accroît d\u2019autant son prestige, il en imposera nécessairement à ces esprits intelligents, avides de savoir et sincères \u201camis du respect\u201d.Mérite d\u2019être tout particulièrement signalée la très belle conférence que le T.R.P.Langlais a faite le 1er juin à l\u2019hôtel-de-ville de Koriyama (ville de 50 000 âmes), sous les auspices des autorités civiles et devant un nombreux auditoire.Cette conférence d\u2019un caractère apologétique est en même temps un résumé de l\u2019enseignement chrétien et à ce titre elle n\u2019a pas dû manquer de créer une profonde impression sur tous les auditeurs avides d\u2019entendre la parole autorisée du distingué conférencier.Nul doute que cet exposé clair et substantiel de la vérité catholique n\u2019ait déjà produit d\u2019heureux résultats et ne continue à exercer pour longtemps encore une salutaire influence, car, le texte en devait être reproduit en japonais sous forme de tract et répandu à profusion à travers l\u2019Empire du Soleil Levant.Si toutefois cette idée ne s\u2019était pas encore réalisée ce serait, croyons-nous, chose vraiment regrettable.L\u2019un des nombreux mérites de la monographie \u201cLes Frères-Prêcheurs du Canada au Japon\u201d c\u2019est sa rédaction littéraire.Ses qualités de style : clarté, précision et pureté d\u2019expression ne contribuent pas peu à en rendre la lecture agréable.Diverses illustrations d\u2019un choix bien inspiré augmentent en plus l\u2019intérêt du lecteur.Pour tout résumer, nous dirons que la brochure du T.R.P.Langlais constitue à tous égards une précieuse contribution à la littérature missionnaire de notre pays.A.-M.Richer, O.P.Chan.Jean Besnard \u2014 \u201cHuit instructions pour une Retraite aux enfants\u201d.Un volume in-8 couronne de 76 pages.Broché 4 fr.Affranchissement : France, 0.60; étranger, 1.25.Avignon, 7 place Saint-Pierre, Maison Aubanel Frères.Enfin voici un auteur qui connaît véritablement les enfants et qui, excellent théologien, sait leur expliquer avec précision les grandes vérités de la foi tout en retenant leur attention si mobile et en frappant leurs jeunes imaginations.Trop de plumitifs médiocres se flattent de travailler pour ce petit monde intéressant, parce qu\u2019ils parlent une langue faussement naïve et qu\u2019ils développent à perte de vue des historiettes sans portée.Totale ignorance de la psychologie enfantine. 700 REVUE DOMINICAINE M.le Chanoine Besnard a sa méthode à lui, méthode qui lui a donné les meilleurs résultats dans la paroisse de Saint-Sulpice à Paris pendant une vingtaine d\u2019années.Il commence chacune de ses instructions par une parabole, un apologue, une histoire d\u2019où il tire le plan de son discours.Puis pour en développer les idées principales il se sert d\u2019anecdotes, qui les rendent plus claires et plus intéressantes.Il parle ainsi aux enfants de l\u2019âme, du démon tentateur, de Notre-Seigneur notre adorable Modèle, de la Confession, de la Communion, des bonnes résolutions, de la Sainte Vierge.L\u2019auteur se borne dans cet ouvrage à donner des plans très détaillés, \u201cafin de laisser au prédicateur, dit-il, la marge de développements personnels\u201d.L\u2019abbé Lionel Groulx \u2014 \u201cNotre épopée nationale\u201d.M.Albert Lévesque, éditeur, se dit avec raison enchanté de pouvoir présenter aux nombreux lecteurs des œuvres historiques de M.l\u2019abbé Lionel Groulx, la seconde édition, retouchée et corrigée, de \u201cLa Naissance d'une Race\u201d, véritable épopée nationale.Il s\u2019agit d\u2019une vigoureuse synthèse où l\u2019éminent historien suit l\u2019évolution de la race canadienne-française depuis l'arrivée des premiers colons jusqu\u2019à 1760.Il étudie tour à tour le milieu canadien, à cette époque, les labeurs de l\u2019établissement de nos ancêtres pour humaniser la sauvagerie du sol et de ses habitants, les éléments physiques et moraux qui imprimèrent à la race nouvelle une personnalité distincte.Ces pages enseignent la fierté et l\u2019espoir, et constituent véritablement la plus belle épopée qu\u2019ait inspirée notre histoire nationale.L\u2019on se rappelle que cet ouvrage, indispensable aux éducateurs et à la jeunesse étudiante surtout, était épuisé depuis bientôt dix ans, le premier tirage s\u2019étant écoulé en quelques mois.L\u2019auteur en retardait toujours la réimpression avec l\u2019espoir de vérifier certains documents et compléter sa documentation.Ce travail de retouche vient de se terminer et M.Lévesque offre aujourd\u2019hui une seconde édition dans une série spécialement destinée aux \u201cOeuvres de l\u2019abbé Lionel Groulx\u201d.La présentation de l\u2019ouvrage, probablement dans sa forme définitive, méritait des soins dignes de l\u2019écrivain et de ses œuvres.M.Lévesque s\u2019est efforcé de rester fidèle à ses promesses d\u2019accorder à ses éditions de choix un cachet de distinction et de bon goût.\u201cLa Naissance d\u2019une Race\u201d est publié format in-octavo, 288 pages, sur papier coquille teinté.Le volume se vend $1.50 l\u2019unité L\u2019ESPRIT des livres 701 franco, chez l\u2019éditeur, la Librairie d'Action canadienne-française et clans toutes librairies bien assorties.Des remises sont accordées aux institutions enseignantes et aux commissions scolaires qui en désirent des quantités pour l\u2019enseignement ou livres de prix.i R.P.G.Simard, O.M.I.\u2014 Saint Augustin, Apôtre de la Paix.Université d\u2019Ottawa.(Brochure de 25 pages).Ces quelques pages illustrent une fois de plus la vérité du mot antique : \u201cHistoria, magistra vitæ\u201d.La modernité de la doctrine augustinienne, maintes fois relevée cette année, s\u2019affirme sur un nouveau terrain, celui des relations de l\u2019Eglise et de l\u2019Etat.L\u2019auteur formule d\u2019abord en propositions précises, d\u2019après les livres Ve et XIXe de la Cité de Dieu, les conditions de paix de l'Eglise : de l\u2019Etat non-catholique, elle réclame la liberté, de l\u2019Etat catholique, l\u2019assistance, et de son côté accorde sa collaboration franche et loyale.Mais, pas plus que l\u2019intrépide pasteur d\u2019Hippone, le R.P.ne pose ces principles en architecte amoureux de la ligne pure.La noble pensée d\u2019Augustin, si riche de charité catholique, ne pourrait-elle pas, au prix d\u2019une facile transposition, aider à la solution de nos propres problèmes politico-religieux auxquels les événements récents donnent un regain d\u2019actualité ?Le R.P.s\u2019y essaie courageusement, sans détours, en un style d'une robuste simplicité, qui n\u2019exclut pas certaines hésitations et réticences bien légitimes, quand il s\u2019agit d\u2019appliquer concrètement à notre statut civil et religieux des concepts élaborés au IVe siècle.C\u2019est pourquoi nous goûtons particulièrement l\u2019évocation finale, où le grand docteur de l\u2019Occident, tout en insistant à bon droit sur la nécessité d\u2019une intelligence mutuelle plus complète et d\u2019un plus large esprit catholique, nous conseille \u201cune étude comparative des droits de l\u2019Eglise et de notre législation publique, un traité de politique chrétienne canadienne\u201d.Puissent en effet quelques-uns des nôtres orienter de ce côté leurs efforts, en profitant des travaux entrepris dans ce sens, depuis la guerre, par d\u2019excellents thomistes du Vieux Monde.Car \u2014 et le R.P.n\u2019en disconvient pas \u2014 il s\u2019agit ici pas non seulement de faits juridiques, mais de morale sociale, de philosophie chrétienne du droit public, indispensable pour déterminer en toute sécurité et justifier rationnellement nos revendications aux yeux de ceux qui n\u2019ont pas nos croyances.Si cet opuscule pouvait accélérer chez nous ce mouvement vers la paix dans l\u2019ordre chrétien, où tendent tous les actes du Pontife régnant, il aurait réalisé pleinement l\u2019évidente intention apostolique de son auteur.\u2014 B.M. 702 REVUE DOMINICAINE Vient de paraître : U Almanach de la Langue française, par Albert Lévesque.Grâce à l\u2019initiative de M.Albert Lévesque, éditeur, l\u2019élite cana-dienne-française a désormais un almanach qui semble convenir à ses goûts et à ses besoins.Il réunit certes des qualités qui captivent l\u2019attention.Vigueur de synthèse, originalité de conception et d\u2019expression, clarté de division, substance documentaire, variété et utilité des renseignements, choix des illustrations, toilette typographique, rien n\u2019est laissé au hasard, tout révèle le souci de l\u2019ordre, de la personnalité, de la distinction.L\u2019almanach est d\u2019abord entièrement rédigé par M.Lévesque lui-même et les illustrations, au nombre de soixante, fournies par un seul artiste, M.Arthur Lemay, \u201cOffrir à l\u2019élite de chaque classe sociale, un document qui résume et réflète leurs idées et leurs gestes, leurs soucis et leurs espérances, leurs luttes, leurs défaites et leurs conquêtes, voilà le dessein que j\u2019ai poursuivi\u201d.Pour atteindre son but, l\u2019auteur fournit un résumé substantiel de toutes les activités dominantes de l\u2019année religieuse, sociale, nationale, politique, économique, scientifique, artistique, littéraire et scolaire au Canada français.Une série d\u2019articles répond à la question: \u201cSi j\u2019étais apôtre?sociologue?patriote?premier ministre?économiste ?savant ?artiste ?littérateur ?et éducateur ?Dans chaque section, M.Lévesque esquisse la silhouette de deux compatriotes dont les faits ou gestes de l\u2019année méritant d\u2019être soulignés et l\u2019artiste Lemay accompagne chaque figure d\u2019un croquis stylisé selon le procédé moderne.Enfin, on trouve, à la fin du volume, outre le \u201ccoin de l\u2019éditeur\u201d, un fameux Bottin national d\u2019une quarantaine de pages et un Bottin d'annonceurs, agrémenté d\u2019un Concours d'annonces, très alléchant.Bref, YAlmanach de la langue -française 1931, marque un réel progrès sur l\u2019édition antérieure, constitue le vade-mecum indispensable de toute notre élite, membres du clergé, professeurs d\u2019Univer-sité, éducateurs, éducatrices, professionnels, hommes d\u2019affaires, hommes politiques, jeunesse étudiante, etc.Ce volume, format 5 x 7%, 256 pages, 60 illustrations, couverture en couleurs, ne se vend que 25 sous l\u2019unité, $12.40 la douzaine, $17.50 le cent chez l\u2019éditeur et dans toutes librairies.Un tirage limité d\u2019une édition de luxe à $1.00 l\u2019unité est en vente chez l\u2019éditeur seulement. Table des Matières ANNEE 1930 JANVIER R.P.M.-A.Lamarche, O.P., La vie est brève.R.P.A.-L.Barthélemy, O.P., L'éducation.\u2014 Les bases d'une péda.dogie thomiste.\u2014I.R.P.M.-C.Forest, O.P., La culture physique, le sport et Véducation.R.P.A.-M.Biron, O.P., Trois conférences Gilson.LE SENS DES FAITS.\u2014Ces remèdes à étiquette religieuse : Notre vraie position, par le R.P.Lamarche.\u2014 Dans l\u2019Ordre : Le nouveau Provincial de Paris.\u2014 Le nouveau Prieur d\u2019Ottawa.\u2014 Avis aux abonnés, par Fra Domenico.L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014O'Laverty : The Sacred Wounds of Jesus (A.-M.R.) \u2014 Jasmin : La poutre dans l'œil (M.-A.L.) \u2014 Barrault : La sainte France contemporaine (T.C.) \u2014 Marnas : Miriam.\u2014 Sërtillanges : Le Baptême et la Confirmation.FEVRIER R.P.Ambroise Barthélemy, O.P., L'éducation.\u2014 Les bases d'une pédagogie thomiste\u2014II.R.P.Lorenzo Gauthier, C.S.V.L\u2019esprit missionnaire.R.P.Albert-M.Richer, O.P., La cause du Bx Albert le Grand.LE SENS DES FAITS.\u2014Notre pratique religieuse, par le T.R.P.Forest.\u2014 Pétitions pour la cause d\u2019Albert le Grand.\u2014 Nouveau Cercle de Noëlistes, par le R.P.Masson.\u2014 Dans l\u2019Ordre : Quelques revues.\u2014 Nouvelles diverses, par Fra Domenico.L'ESPRIT DES LIVRES.\u2014Henri d\u2019Arles : Horizons (M.-A.L.) \u2014 Mlle Gaudet : Derrière la scène (M.-A.L.) \u2014 D\u2019Agnel et D\u2019Espinay : Le scrupule.\u2014 Millot : Mois de Marie.\u2014 Archambault : Retraites fermées.\u2014 Gerest : Sous l'égide de la Vierge fidèle.\u2014 Ch.de St-Laurent : Comment acquérir la maîtrise de soi-même.\u2014 P.Bastide : Après la retraite. 704 REVUE DOMINICAINE MARS Mgr Wilfrid Lebon, P.û, L'Académie canadienne Saint-Thomas d\u2019Aquin.R.P.Raymond-M.Voyer, O.P., Les Docteurs.Abbé Armand Perrier, La charte de l\u2019éducation chrétienne.Mgr L.-A.Pâquet, P.A., Notre vie canadienne.Séraphin Marion, LE SENS DES FAITS.\u2014Réponse à M.Pierre Daviault, par le R.\tP.Lamarche.\u2014 Nos Voyageurs Cathodiques et les remèdes \u201censoutanés\u201d.\u2014 Le Conseil de l\u2019Académie St-Thomas.\u2014 Etudes Médiévales à Ottawa.\u2014 Le Rme P.Général et la Société d\u2019Etudes religieuses.\u2014 Prédications de Carême.\u2014 Nouvelles diverses, par Fra Domenico.L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014Vosté : Studia Joannea (A.P.) \u2014 DesRochers:\tA\tVombre de\tl'Orford (J.-M.M.)\t\u2014\tManuel\tdu Foyer canadien\t(T.C.) \u2014\tTJn lis entre les épines\t(T.C.)\t\u2014 La Cité.\u2014 Semaine Sociale de Chicoutimi.AVRIL * R.P.A.-M.Mignault, O.P., Une apologie de la vie religieuse\u2014I.Mtre Léo Pelland, Nos évêques et le divorce.R.P.Gonz.Proulx, O.P., Pourquoi des missionnaires au Japon\u2014I.Séraphin Marion, Poésie canadienne d autrefois.LE SENS DES FAITS.\u2014S.G.Mgr Joseph Guy, par le R.P.Lamarche.\u2014 Une lettre de l\u2019A.C.J.C.\u2014 Le prédicateur de Notre-Dame, par l\u2019abbé E.-J.Aucvlair.\u2014 Dans l\u2019Ordre : Au souvenir du\tP.\tBerthier.\u2014 Le Père Papillon.\t\u2014\tNos Sœurs à l\u2019honneur.\t\u2014\tAssassinat\td\u2019un Frère convers.\t\u2014\tLa Fête\tde S.\tThomas, par Fra Domenico.L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014Libert : L'Esprit du Christ en nous (L.B.) \u2014 A.Saint-Amant : L\u2019art d'être heureuse (A.-M.R.) \u2014 Granger : Neuvaine à sainte Anne (M.-A.L.) \u2014\u2022 Tissier : La doctrine de nos Fêtes.\u2014 S.Alphonse : Les Gloires de Marie.\u2014 Bourchany : Entretiens sur -Zo Vie religieuse. TABLE DES MATIÈRES 705 MAI Dr Antonio Barbeau, Ph.D., La gencse de la pensée freudienne\u2014I.R.P.Ceslas Forest, O.P., Que faut-il penser de Veugénique ?\u2014I.R.P.Albert Mignault, O.P., Une apologie de la vie religieuse\u2014II.R.P.Gonz.Proulx, O.P., Pourquoi des missionnaires au Japon.\u2014IL LE SENS DES FAITS.\u2014Réplique de M.Pierre Daviault.\u2014 Réponse du R.P.Lamarche.L\u2019ESPRIT DES' LIVRES.\u2014S.Benoît : Régula Monasteriorum (H.G.) \u2014 Pourrat : La Spiritualité chrétienne (H.G.) \u2014 P.Desjardins : En Alaska (H.C.) \u2014 Laboise : Dévotions liturgiques des imroisses.\u2014 Ehrhard : Le Sens de la Vie.\u2014 Les retraites fermées.\u2014 Nos orphelinats.\u2014 E.Maire : Histoire des instituts religieux et missionnaires.JUIN R.P.M.-A.Lamarche, O.P., Ebauches critiques.R.P.Ceslas Forest, O.P., Que faut-il penser de l'eugénique ?\u2014II, R.P.Lorenzo Gauthier, C.S.V.,, Il y a enfants.et enfants.Dr Antonio Barbeau, Ph.D., La gencse de la pensée freudienne\u2014II.LE SENS DES FAITS.\u2014L\u2019Ontario aura des cours de divorce, par le T.R.P.Forest.\u2014 Une visite aux Archives Nationales, par T.-M.C.\u2014 Dans l\u2019Ordre : L\u2019activité oratoire du Rme P.Gillet.\u2014 L\u2019Institut de Ste-Sabine.\u2014 Retraites fermées pour collégiens.\u2014 Ordinations sacerdotales.\u2014 Premiers membres de l\u2019Académie St-Thomas d\u2019Aquin.\u2014 Autres nouvelles, par Fra Domenico.L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014M.-R.Turcot : Nicolette Auclair (M.-A.L.) \u2014 Une religieuse de la Providence : Une âme de prêtre \u2014 L'Abbé Duchaîne (H.C.) \u2014 Abbé Maurault: Marges d'histoire.III.\u2014 Concours de roman, prix Lévesque.JUILLET-AOUT R.P.M.-Ceslas Forest, O.P., Les femmes et la politique.Chan.Gonzague Ryckmans, Autour des Conversations de Malines.R.P.Raymond-M.Voyer, O.P., Les bons garçons.R.P.Adélard Dugi\u2019é, S.J., Nos saints Martyrs canadiens.R.P.André-M.Quevit, O.P., L'Ordre des Frères-Prêcheurs et la Fête du T.S.Sacrement. 706 REVUE DOMINICAINE REVUE DOMINICAINE 20 LE SENS DES FAITS.\u2014Cours et conférences à Ottawa : MM.Deprez et Wilbois, le R.P.Bellouard, par XXX.\u2014 Un peintre étranger parmi nous, par Annette LaSalle.\u2014 Dans l\u2019Ordre : Nouvelles diverses, par Fra Domenico.L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014J.-P.Archambault : Esquisses sociales (A.-M.R.) \u2014 P.Barret: Manuel d\u2019Adoration du T.8.Sacrement.¦\u2014 P.Galy : L'Ami des Pécheurs.SEPTEMBRE R.P.M.-A.Lamarche, O.P., Monseigneur Villeneuve, O.M.l.R.P.Gonzalve Proulx, O.P., La jeunesse étudiante au Japon.Séraphin Marion, Henri d\u2019Arles et l\u2019impr es sionisme canadien-pançais.Jeanne Andé, La Normandie.LE SENS DES FAITS.\u2014Les périls de la radiophonie non-catholique, par le R.P.Lamarche.\u2014 L\u2019Institut Historique de Sainte-Sabine, par le R.P.Papillon.\u2014 L\u2019étudiant de Harvard, par le R.P.Voyer.\u2014 La \u201cPieuse Union\u201d en l\u2019honneur du Saint-Esprit, par le R.P.Frédéric.\u2014 Dans l\u2019Ordre : Le Rme P.Gillet, par Georges Goyau.\u2014 Départs, vestitions, professions, nouvelles diverses, par Fra Domenico.L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014Launay : Les Bx Martyrs des Missions-Etrangères (A.-M.R.) \u2014 Lallier : Angéline Guillou (P.-E.F.) \u2014 Miller : Ste Thérèse de l'Enfant-Jcsus (H.C.) \u2014 Rutten : Manuel d'études et d\u2019action sociale (F.D.).OCTOBRE Abbé Alphonse Pelletier, L'acte libre et ses obstacles.R.P.Thomas Couët, O.P., L'auteur des \u201cDouze collines\u201d \u2014 Monsieur Emile Beaumann.R.P.Paul-V.Charland, O.P., Artistes dominicaines\u2014I.R.P.M.-A.Lamarche, O.P., La place du Canada dans le mouvement missionnaire\u2014I.LE SENS DES FAITS.\u2014Le pire des panneaux-réclame, par le R.P.Lamarche.\u2014 Le Rosaire et ses deux Indulgences \u201ctoties TABLE DES MATIÈRES 707 quoties\u201d, par le R.P.Boisverd.\u2014 Dans l\u2019Ordre : Le Rme P.Gillet à Lourdes et à Bordeaux.\u2014 Le R.P.Chenu à Montréal et Ottawa.\u2014 Prédications.\u2014 Nouvelles diverses, par Fra Domenico.L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014Trochu : Le Bx Théophane Vénard (L.A.) \u2014 Jolivet : La notion de substance (H.G.) \u2014 Le Bulletin des Missions (A.-M.R.) \u2014 Germain : Dansera-t-on chez moi ?(M.-A.L.) \u2014 Morin : Papiers de Musique (A.L.) \u2014 Proulx : Le cœur est le maître (M.-R.T.) \u2014 Pour nos enfants.\u2014 Hoornaert : A propos de l\u2019Evangile.NOVEMBRE R.P.Paul Charland, O.P., Artistes dominicaines\u2014II.R.P.M.-A.Lamarche, O.P., La place du Canada dans le mouvement missionnaire\u2014II.R.P.Raymond-M.Voyer, O.P., Les trahisons du subconscient.Séraphin Marion, Alfred Desrochers, réaliste et poète.LE SENS DES FAITS.\u2014Comment on les renseigne, par le R.P.Lamarche.\u2014 Dans l\u2019Ordre : Nos missions.\u2014 Le Jubilé d\u2019or du T.R.P.Janvier.\u2014 Le Rme P.Gillet à Providence et à Woonsocket.\u2014 Nouvelles diverses, par Fra Domenico.L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014Garrigou-Lagrange : L'amour de Dieu et la Croix de Jésus (C.L.) \u2014 Schembi : De sacramentis (Ht G.) \u2014 De Tonquédec : Les principes de la philosophie thomiste (H.G.) \u2014 Motte : Petit Catéchisme en Images.¦\u2014 LeChevalier : Saint-Laurent de Grandin (H.C.) \u2014 La dévotion au Sacré-Cœur dans l\u2019Ordre de St-Dominique (A.-M.B.) \u2014 Lamarche : Ebauches critiques (L.-A.P.) DECEMBRE R.P.M.-D.Chenu, O.P., L\u2019âme de saint Augustin.R.P.M.-C.Forest, O.P., Augustinisme et Thomisme.R.P.M.-A.Lamarche, O.P., \u201cJusqu\u2019à Bethléem\u201d.R.P.F.-M.Drouin, O.P., Définitions de l'Histoire de l\u2019Eglise.LE SENS DES FAITS.\u2014Adresse au Rme P.Gillet, par l\u2019hon.Rodolphe Lemieux.\u2014 Le IVe centenaire du tableau miracu- 708 REVUE DOMINICAINE leux de St-Dominique, à Soriano, par D.B^rtone.\u2014 Dans l\u2019Ordre : La Société d\u2019Etudes religieuses.\u2014 Le status per-sonalis du Collège d\u2019Ottawa.\u2014 Nouvelles diverses, par Fra Domenico.L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014Gonthier : Œuvres oratoires \u2014 T.I.(M.-A.L.) Lenormand: Couleur du temps \u2014 Autour de la maison (M.-A.L.) Lumbreras: Etudes philosophiques (A.-M.R.) Langlais : Les Frères-Prêcheurs au Japon (A.-M.R.) Besnard : Retraite aux enfants \u2014 Groulx : La naissance d'une race \u2014 Simard : S.Augustin, apôtre de la Paix (B.M.) L\u2019Almanach de la langue française.\u2014 Table des matières, année 1930.* Encouragez nos annonceurs \u2014 Faites mention de la Revue ANNONCES REVUE DOMINICAINE 9 UN GUIDE INDISPENSABLE \u201cSUR LES ROUTES DE QUEBEC\u201d Ce merveilleux auxiliaire du tourisme forme un volume de 874 pages.11 contient une description générale de la province; une description détaillée de chacune des grandes routes, chaque description formant un chapitre ; une carte générale des routes de la province ; 76 cartes de sections de routes ; 33 cartes indiquant l\u2019entrée et la sortie des principales villes ; des renseignements généraux sur les règlements de la circulation, sur les douanes, sur la chasse, la pêche, etc., et il est complété par 325 reproductions photographiques des principaux endroits de la province.Ce guide est indispensable à ceux qui désirent se renseigner sur les endroits qu'ils visitent, ou avoir à la main, lorsqu\u2019ils sont revenus de leur voyage, un livre qui leur rappellera des souvenirs et qui leur fera revivre pour ainsi dire les jours agréables passés sur les routes de Québec.Le guide \u201cSUR LES ROUTES DE QUEBEC\u201d est en vente au ministère de la voirie, à Québec, ou à sa succursale de Montréal, 96 rue St-Jacques Est, ainsi que dans les principales librairies.PKIX : $2.00 Franc de port si on l\u2019achète du département.LISEZ \u201cLA SURVIVANCE\u201d L'organe officiel de l'Association Canadienne-française de l'Alberta.Cet hebdomadaire canadien-français est le plus éloigné de la province-mère.Si vous voulez être renseigné sur l\u2019oeuvre de survivance nationale et religieuse à laquelle s\u2019emploient les Franco-albertains, abonnez-vous à leur porte-parole.RODOLPHE LAPLANTE, directeur Prix de l\u2019abonnement: $2.00 par année LA SURVIVANCE, 9664, avenue Jasper, Edmonton, Alta.Téi.WAlnut 1651 ^Qosebud S/i Fleurs coupées et en pots Bouquets de noces 5462, ouest, rue Sherbrooke Tributs mortuaires Notre-Dame de Grâce ANNONCES REVUE DOMINICAINE ihmiiï ANNONCES REVUE DOMINICAINE 11 t 12 ANNONCES REVUE DOMINICAINE BOURSE pour l\u2019entretien à perpétuité d\u2019un missionnaire dominicain au Japon ($10,000) Le revenu annuel de la Bourse est destiné à l\u2019entretien à perpétuité d\u2019un missionnaire dominicain canadien qui se dévoue à l\u2019évangélisation de l\u2019empire japonais.En la fondant on devient MISSIONNAIRE A PERPETUITE Un Bienfaiteur peut être seul fondateur en versant la somme entière.Plusieurs bienfaiteurs peuvent, en s\u2019associant, contribuer par leur offrande à cette fondation.Tout Bienfaiteur peut aussi au besoin se réserver une rente viagère sur la somme versée, pourvu qu\u2019elle soit d\u2019au moins $100.00.La Bourse pourra porter le nom de son Fondateur ou tout autre nom à son choix: Bourse de Saint-Dominique, Bourse de Sainte-Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, ou encore Bourse X, etc.\u201cNous voudrions voir la générosité des catholiques s\u2019intéresser particulièrement aux œuvres dont le but est de venir en aide aux Missions.\u2019\u2019 (Benoît XV).Les fondateurs de cette bourse devront s\u2019adresser à L\u2019OEUVRE DES MISSIONS Couvent des Dominicains 5375, avenue Notre-Dame de Grâce Montréal soit pour en connaître les avantages, soit pour l\u2019envoi des souscriptions. 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