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Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Rosaire
  • Successeur :
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Revue dominicaine, 1933-11, Collections de BAnQ.

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[" XXXIXe année Le numéro : 20 sous Novembre 1933 PER z-y&z CON REVUE DOMINICAINE yVEDlçS^ Abbé Pascal Potvin .Vieille dette.R.P.D.M.Clark, O.P.Un saint-savant du XlIIe siècle.Dom J.Boutry, O.S.B.Bulletin de littérature spirituelle antique.Jean Desgranges .Léonard de Vinci.LE SENS DES FAITS.\u2014 Un soir à Laval, par le R.P.Lamarche.\u2014 L\u2019Académie St-Thomas d\u2019Aquin : 4ème Session, par le R.P.Gaudrault.\u2014 Dans l\u2019Ordre: Un apôtre de la vérité, par les RR.PP.Larose et Bissonnette.L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014 Cappello: Tractatus canonico-moralis de Sa-cramentis (R.C.) Rumilly: La Vérendrye, Découvreur Canadien (T.C.) Lippert: L'Eglise du Christ (T.C.) Potvin: Pour l\u2019amour du grec (A.S.P.) De Fels: Vauban (B.D.) Thamiry: Les vertus théologales (B.V.) Catesson: Entretiens évangéliques (L.-M.T.) Duplessy: Cours de religion (V.D.) Honoré: Elle.et Toi, jeune homme \u2014 Ménard : Catéchisme de la vie religieuse \u2014 Autres publications.REDACTION ET ADMINISTRATION 5375, Avenue N.-D.de Grâce, Montréal. Re vue Do minicaine Publiée mensuellement Directeur: R.P.M.-A.Lamarche, O.P.Conseil de Rédaction: RR.PP.Ceslas Forest, Benoît Mailloux, Raymond Voyer, Thomas-Marie Lamarche, Albert Saint-Pierre, O.P.ABONNEMENTS (payables d\u2019avance).Au Canada: $2.00 \u2014 A l\u2019étranger: $2.25 Avec le Rosaire: 25 sous en plus par an.La Revue Dominicaine publie des articles touchant les Ecritures, la théologie, l\u2019apologétique ou le droit canon, et même des études de philosophie, d\u2019art, de littérature, de sociologie ou d\u2019histoire, pourvu que la religion ou la morale y soit concernée.La Revue Dominicaine n\u2019a pas de spécialité proprement dite dans le domaine religieux, mais elle accorde une attention particulière aux questions d\u2019apologétique et aux problèmes de société, envisagés surtout au point de vue canadien.La Revue Dominicaine publie des recensions et diverses chroniques, en s\u2019attachant moins au récit des faits et à l\u2019analyse des ouvrages qu\u2019à leur signification d\u2019ensemble.La Revue Dominicaine ne sera pas responsable des écrits des collaborateurs étrangers à l\u2019Ordre de Saint-Dominique.Prière d'adresser les communications littéraires : manuscrits, volumes, etc., au R.P.Mr A.Lamarche, O.P., 5375, Avenue Notre-Dame de Grâce, Montréal; et les communications administratives: abonnements, annonces, etc., à l'Oeuvre de Presse Dominicaine (même adresse.) ANNONCES REVUE DOMINICAINE 1 L.P.MORIN & FILS Enrg.ENTREPRENEURS-MENUISIERS MANUFACTURIERS DE PORTES, CHASSIS, JALOUSIES.MOULURES, DECOUPAGES, ETC.ETC.Spécialité : Bancs d\u2019Eglises, de Sacristies et d\u2019Ecoles Tout ouvrage fait promptement.Satisfaction garanti*.Coin des rue* St-Joseph et St-Antoine -\t-\t- St-Hyacinthe, P.Q.LA CORDONNERIE J.A.LEMAY REPARATIONS GENERALES PRIX RAISONNABLES \u2014 SATISFACTION GARANTIE 212, RUE CASCADES\t\u2014\tSAINT-HYACINTHE Tél.525 E A.GENDRON PEINTRE \u2014 DECORATEUR Peinture», Huiles, Vernis \u2014 Tapisseries, Electricité, Vitres 244, RUE CASCADES,\t\u2014\tSAINT-HYACINTHE Téléphone 500 LOUIS BOURGEOIS Limitée FERRONNERIE EN GROS ET DETAIL 104-110, St-Antoine \u2014 67-61, St-Simon, \u2014 Saint-Hyacinthe F.DAOUST, gérant\tTéléphone 59-w LA COMPAGNIE D\u2019EAU MINERALE Propriétaire du célèbre PHILUDOR 148, RUE CONCORDE \u2014\tSAINT-HY ACINTHF Téléphone: CRescent 2734.M.J-ALBERT LARUE ARCHITECTE A.A.P.Q.5711 RUE DUROCHER\tMONTREAL ENCOURAGE Z NOS ANNONCEURS ANNONCES REVUE DOMINICAINE P*08\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014WW ¦¦¦¦¦¦¦«¦¦¦¦¦¦IB J BMBPMWB»iMPWMB\u2014CTP\u2014C\u2014 «gnnrir»^oyra»ro7«r.pTi-.Jw nm Lisez *La Survivnce® L\u2019organe officiel de l\u2019Association canadienne-française de VAlberta Cet hebdomadaire canadien-français est le plus éloigné de la province-mère.Si vous voulez être renseigne sur l\u2019oeuvre de survivance nationale et religieuse à laquelle s'emploient les Frxnco-Albertain», abonnez-vous à leur porte-parole.Prix de l\u2019abonnement : $2.00 par année LA SURVIVANCE, 9664, avenue Jasper, Edmonton, Alla.Téléphone Bell 310\tCarrosse No 2 JOSEPH BERTRAND COCHER Entrepreneur de Pompes funèbres 30, RUE LAFRAMBOISE, \u2014 SAINT-HYACINTHE Ecuries de louage, carrosses simples et doubles pour mariages, baptêmes.Automobile.EXPRESS Pharmacie L, P.GAUCHER Bachelier en Pharmacie GROS et DETAIL 223, RUE CASCADES, \u2014 SAINT-HYACINTHE Téléphone 86 Tel.Bureau: 95 ERNEST J.CHARTIER Commerçant de BOIS et CHARBON 123, RUE GIROUARD \u2014 SAINT-HYACINTHE ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS ANNONCES REVUE DOMINICAINE O ¦asaa UN MOYEN D\u2019AIDER NOS MISSIONS S\u2019ABONNER OU ABONNER UN AMI A LE ROSAIRE REVUE MENSUELLE Prix:\tCanada.par la poste _____________________ .35 par zélatrice .25 Etats-Unis,' par la poste .50 par zélatrice .40 ET VOUS AIDEREZ NOS MISSIONS EN LES FAISANT CONNAITRE ET AIMER Fcl.Résidence 244-w.(Le soir) Résidence 244-J.\tBureau: 88 Maison établie en 1879 A.BLONDIN Limitée \u201cINSUL-BOARD\u201d \u2014 BOIS DE CONSTRUCTION FOURNISSEURS EN GROS Plomberie, Chauffage et Matériel de Construction, Peinture et Vernis 115, rue Cascades, \u2014\t\u2014\tSaint-Hyacinthe Tél.Bell 271 LAFRANCE & SYLVESTRE Négociants et Importateurs d\u2019Epiceries en gros 120, rue Saint-Antoine,\t\u2014\tSaint-Hyacinthe HENRI RAYMOND & CIE ASSURANCE-FEU Représentant les meilleures compagnies non tarifées Tél.259\t\u2014 Saint-Hyacinthe, Qué.ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS ANNONCES REVUE DOMINICAINE ?AYEZ-VOUS PREVU Que le Destin (même sans fatalité extraordinaire) peut, en vous enlevant soudain à l'affection des vôtres, les priver de leur soutien moral et matériel, compromettre leur avenir ou même les plonger dans le dénuement complet T Qu\u2019un capital supplémentaire \u2014 ou peut-être même le seul qui vous restera\u2014 à toucher inéluctablement à l\u2019époque choisie, à l\u2019heure de la retraite ou au début de votre vieillesse, est une agréable perspective ?Que les entreprises humaines dans lesquelles vous êtes intéressé sont faillibles, et qu\u2019une mesure de prévoyance basée sur des certitudes mathématiques doit de toute manière retenir votre attention, quelle que soit votre situation actuelle?Que l\u2019éducation de vos enfants, l\u2019avenir que vous entrevoyez pour eux, ainsi que pour votre femme et tous les vôtres, reposent, à l\u2019heure actuelle, uniquement sur cette base si fragile qu\u2019est votre propre existence ?Si vous l\u2019avez prévu, qu\u2019attendez-vous donc pour vous assurer dans LA SOCIETE DES ARTISANS CANADIENS-FRANCAIS La plus forte Société française en Amérique Qui vous libérera de tous soucis, sans charge excessive?La Société des Artisans Canadiens-Français Société mutuelle astreinte aux mêmees obligations légales de sécurité que les Compagnies commerciales.VIE, ACCIDENT.MALADIE, INVALIDITE, RENTES VIAGERES.Tous les bénéfices réalisés, au lieu d\u2019être distribués à des actionnaires, vont directement aux assurés eux mêmes.850 succursales et bureaux de perception au Canada et aux Etats-Unis.Siège social: MONTREAL.Réserve accumulée: plus de $13,500,000.00 Bénéfices payés, depuis la fondation $18,500,000.00.Dividendes payés aux sociétaires durant Tannée 1932 : $89,164.36 ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS Vieille dette.Le christianisme vient; il trouve des aspirations, il trouve une langue.Il se sert de l'une, il satisfait les autres.(R.P.Allô, Le scandale de Jésus, 269) Déjà, il y a très longtemps, le vieux Caton s\u2019insurgeait contre l\u2019influence grecque dans la vie et l\u2019éducation romaines.Et à soixante-dix ans, il dut se mettre à apprendre le grec.Dès cette époque, en effet (ô naïveté), c\u2019était une obligation d\u2019homme intelligent de ne pas ignorer cette littérature et cette civilisation qui comptaient pour beaucoup dans l\u2019histoire de l\u2019humanité.Ce motif, sans doute, peut bien n\u2019avoir pas même force obligatoire chez nous qui sommes trop « civilisés » pour mettre un peu de désintéressement dans notre formation intellectuelle.Mais nous avons une autre raison de savoir quelque chose du grec.(Je parle moins de la langue grecque que du fait grec).Nous aurons beau faire, nous ne pourrons oublier que nous avons, envers le grec, une dette imprescriptible en tant que chrétiens.Je voudrais souligner ce point de vue: sans être une cause essentielle du christianisme, comme le veulent les historiens rationalistes, malgré même l\u2019opposition radicale entre les deux, l\u2019influence grecque fut une des causes secondes les plus efficaces dont Dieu voulut se servir pour la diffusion de la foi nouvelle.Rappelons simplement ce qu\u2019a fait la civilisation grecque pour préparer l\u2019esprit chrétien et la langue chrétienne. 586 LA REVUE DOMINICAINE I.\u2014 ESPRIT GREC ET ESPRIT CHRÉTIEN Le christianisme, s\u2019il a été un prodige inouï dans son apparition et sa diffusion, n\u2019a pas éclaté comme une bombe.Dieu a voulu le préparer, et de longue main.Pour opérei ce miracle de rénovation complète dans le monde antique, il s\u2019est servi de ce que ce dernier présentait encore de bon.Ceci n\u2019enlève rien à la puissance qu\u2019il fallait pour cela.Le christianisme n\u2019est pas l\u2019héritier direct et total du paganisme grec.Cette simplification absurbe du fait chrétien n\u2019est plus de mode, même chez les incrédules.(x) 11 reste tout de même que Dieu a préparé les esprits à recevoir la nouvelle religion.Et cette préparation est le fait surtout de la civilisation grecque.L\u2019esprit chrétien et l\u2019esprit grec ont trop de points de contact pour que nous oublions l\u2019un en profitant de l\u2019autre.D\u2019abord, l\u2019esprit grec c\u2019était l\u2019esprit humain préparé à recevoir les idées nouvelles.La religion du Christ devait être une pénétration, une transformation de l\u2019intelligence par la foi ou des vérités très abstraites.Dieu n\u2019a jamais voulu, pas plus pour cette époque que pour notre temps, que la foi chrétienne fût la foi du charbonnier.Dans l\u2019intention divine, les vérités apportées au monde par le Christ devaient être acceptées par la raison, après discussion des motifs extérieurs de croire.Et pour cela, Dieu a permis que la dialectique grecque, la subtilité d\u2019esprit se répandît presque partout où devait pénétrer le christianisme.Il chargea les armées d\u2019Alexandre, puis la littérature alexandrine, d\u2019aller porter ces habitudes de penser dans tout le bassin de la Méditerranée.Car il y eut hellénisation intellectuelle comme hellénisation économique et politique.La « métaphysique naturel- O Cf.Père Pinard de la Boulaye, Carême de 1932, Ile Conférence ; E.B.Allô, Le scandale de Jésus, 1927 (Grasset), chap.I; A.J.Festugière, L\u2019idéal religieux des grecs et l\u2019Evangile, passim. VIEILLE DETTE.587 le », l\u2019habitude d\u2019aller aux idées par-delà les faits matériels, fut une marchandise d\u2019exportation très demandée.Les modes de discuter, de chercher la vérité avec passion, de « spéculer » sans perdre contact avec la réalité, voilà ce que demandait la foi nouvelle et voilà ce que la Grèce avait donné aux peuples hellénisés.Sans doute, cet idéalisme menait alors à des erreurs, à de monstrueuses erreurs.Dans cette recherche de la vérité, la philosophie alexandrine et la religion hellénistique firent fausse route; mais il y avait là un appel inconscient vers l\u2019Evangile, un « de profundis » pathétique du fond de l\u2019erreur, un désir de réponse aux interrogations religieuses posées par l\u2019esprit humain hellénisé.Le Christ apporterait une réponse que ces esprits n\u2019attendaient pas et voudraient difficilement accepter, parce que trop lâches devant la réforme intérieure nécessaire.Du moins étaient-ils préparés à se dégager des solutions religieuses trop matérielles.Encore une fois, Dieu n\u2019avait pas besoin de l\u2019idéalisme grec pour fonder le christianisme, mais il a voulu s\u2019en servir comme d\u2019un instrument très puissant pour la diffusion de la foi nouvelle.L\u2019esprit grec avait influencé le monde antique en un autre sens encore.Il l\u2019avait humanisé, c\u2019est-à-dire, il l\u2019avait pénétré de cosmopolitisme intellectuel.Désormais se répand dans tout le bassin de la Méditerranée, le désir de briser les cadres des égoïsmes nationaux.C\u2019était parmi les philosophes une sorte d\u2019« internationale » de l\u2019esprit.Le sage faisait profession d\u2019être citoyen de l\u2019univers.N\u2019était-ce pas une préparation à l\u2019idée de catholicité?Supposons le christianisme apparaissant cinq siècles plus tôt.N\u2019aurait-il pas fallu un miracle « plus violent » pour faire pénétrer dans le monde païen l\u2019idée si nouvelle de la fraternité universelle?Le mot de saint Paul: « Il n\u2019y a plus ni Grec, ni Barbare etc., » aurait fait alors un immense scandale.Dieu n\u2019en cause pas pour le seul plaisir d\u2019étonner le monde.11 588 LA REVUE DOMINICAINE a pris l\u2019humanisme et en a fait le catholicisme.Enfin, la civilisation grecque avait créé chez tous les peuples civilisés une atmosphère intellectuelle favorable à des idées nouvelles et plus élevées.Par les arts, par la littérature et surtout par la philosophie, le peuple était de plus en plus convié à la vie de l\u2019esprit.Il était admis dans le temple des idées.Ou plutôt, la philosophie, si aristocratique jusque-là, se popularisait.Tous les humains avaient maintenant le droit de penser, de discuter.On allait ainsi à l\u2019abîme.Mais si la voie était fausse, on avait du moins pris l\u2019habitude de chercher la vérité, même dans les classes les plus méprisées.Le Christ leur montrerait le vrai but et la voie droite.Lui enseignerait comment on appelle le peuple à la vérité.Son « misereor super turbam » serait tout divin et ne devrait rien aux philosophes.Mais il donnerait une réponse aux esprits des pauvres et des humbles déjà invités au temple du vrai, sans y avoir trouvé ce qu\u2019ils y cherchaient.Même les mystères païens, même les monstrueuses erreurs des religions hermétiques pouvaient servir entre les mains de Dieu, par les désirs plus élevés qu\u2019ils ont fait naître dans l\u2019âme humaine.Tout le divin de la Rédemption revenait à la grâce toute-puissante de Dieu, mais la préparation humaine devait beaucoup à l\u2019esprit grec.Idéalisme, humanisme, atmosphère intellectuelle, c\u2019est peu comme matière au prodige inouï de la christianisation du monde entier.Pourtant Dieu n\u2019a pas dédaigné de s\u2019en servir, et nous ne pouvons renier cette dette à la civilisation grecque.Les apôtres nous en donnèrent l\u2019exemple.Saint Paul offre un modèle de l\u2019attitude du chrétien primitif en face de l\u2019hellénisme.Le grec représentait le paganisme, c\u2019était entendu.Mais le ferment puissant de l\u2019Evangile purifierait cette masse avant de la soulever.On n\u2019aurait pas du moins à commencer par l\u2019élever aux choses spirituelles: l\u2019esprit humain VIEILLE DETTE.589 soupçonnait qu\u2019elles existaient.Voilà ce que saint Paul savait par sa propre éducation, qui fut hellénique comme pour la plupart des jeunes fils de familles aisées (x).Saint Paul savait aussi que la philosophie grecque enseignait des doctrines lamentablement erronées.Mais elle avait des méthodes, des modes de spéculation dont il se fit une arme puissante pour la combattre.Et nous connaîtrons moins Saul de Tarse si nous ne connaissons pas l\u2019histoire de l\u2019esprit grec.Modes d\u2019expression d\u2019idées abstraites, tendance et facilité à les populariser sans les abaisser, saint Paul doit bien un peu cela à sa formation grecque.Il s\u2019en servit merveilleusement, avec la grâce de Dieu, pour prêcher l\u2019Evangile.Voici un autre exemple: saint Jean.Il n\u2019étudia pas la philosophie grecque, c\u2019est prouvé.Toutefois, après cinquante ans et plus dans un des centres de l\u2019hellénisme, il ne pouvait pas ne pas connaître la pensée grecque.En fait, écrivant son évangile pour des Grecs habitués aux abstractions, il leur livra le christianisme dans son dogme le plus haut et le plus abstrait, i.e., l\u2019Incarnation du Fils de Dieu.Le génie grec l\u2019aida à donner au christianisme la spéculation théologique.Et dans la suite, quand les disputes théologiques commencèrent, les Pères apostoliques durent beaucoup au grec d\u2019être préparés à la lutte.Tous ces Pères du 2e et du 3e siècle, apologistes ou théologiens, furent formés dans les écoles grecques.Les méthodes de dialectique de l\u2019hellénisme furent ainsi mises au service de la Vérité.Elles a-vaient fait faillite dans la défense des erreurs; elles s\u2019ennobliraient en défendant le christianisme.Il suffirait ici de relire la biographie de tous les champions de l\u2019orthodoxie: Po-lycarpe, Ignace d\u2019Ephèse, Théophile, etc., pour montrer la P) Cf.Alio, op.cit.chap.IX, p.228. 590 LA REVUE DOMINICAINE grande utilité d\u2019une formation grecque à cette époque.A l\u2019ignorer, c\u2019est un chapitre important de l\u2019histoire de l\u2019Eglise que nous nous fermons volontairement.Ceci ne vaut pas seulement pour les Eglises orientales.En Occident, le christianisme s\u2019est intégré ce qu\u2019il y avait de bon dans le génie romain.Mais rappelons-nous les deux éléments qui le composaient: d\u2019une part, l\u2019élément original, le sens pratique, la tendance utilitaire, parfois grossièrement matérielle; et d\u2019autre part, l\u2019élément idéaliste, dû à l\u2019influence profonde et indiscutable de la civilisation grecque.Or, justement, pour pénétrer l\u2019esprit romain et le transformer, le christianisme s\u2019est servi de l\u2019élément idéaliste.Là encore, l\u2019esprit chrétien doit beaucoup à l\u2019influence, au moins indirecte du grec.Puis, quand arriva le plein développement du christianisme, ce fut l\u2019effloraison des grands docteurs de l\u2019Eglise.Athanase, Cyrille, Basile, les deux Grégoire, Chrysostome sont encore les grands témoins de la Tradition auxquels il faut recourir.Ils continuent à défendre l\u2019orthodoxie, de nos jours, contre les erreurs modernes, comme ils firent contre les hérésies d\u2019autrefois.Trouvera-t-on hommes plus pénétrés du génie grec que ceux-là?Pendant ces cinq ou six premiers siècles, pour être chrétien, on n\u2019était jamais mieux préparé que lorsqu\u2019on était grec.« Etre grec, disait-on, c\u2019est savoir converser avec les hommes.A ce titre, plusieurs grands saints de cette époque donnent une heureuse idée de ce que devenait l\u2019idéal chrétien.On peut citer, en particulier, les Cappadociens et saint Chrisostome.Ces quatre saints sont fort dignes d\u2019être étudiés par ceux qui veulent connaître le christianisme antique.Le discours de saint Basile aux jeunes gens sur l\u2019utilité de la littérature grecque profane, est à cet égard, très significatif.» O) Un autre fait est clair: les grands centres chrétiens O) Ch.Christus, manuel d\u2019histoire des religions, p.1073 ss. VIEILLE DETTE.591 d\u2019alors furent les grands centres de l\u2019hellénisme; Anthioche, Alexandrie, Constantinople.Les traits extérieurs du christianisme sont ceux de l\u2019hellénisme.La catholicité connaît un double idéal, celui de l\u2019homme cultivé qui joint à la formation classique grecque, la piété chrétienne.L\u2019idéal chrétien est en somme l\u2019hellénisme christianisé.(2) Et même les Pères de l\u2019église d\u2019Occident doivent quelque chose à l\u2019influence grecque.Irénée, Jérôme, Ambroise se sont pénétrés de la littérature grecque, païenne ou chrétienne, comme d\u2019un moyen très utile pour propager la Vérité.Nous pourrions continuer cette démonstration et faire voir l\u2019influence occulte du grec se prolongeant pendant nos dix-neuf siècles de christianisme, d\u2019abord par l\u2019intermédiaire de l\u2019influence latine, puis par le recours constant aux œuvres grecques pour la défense de nos dogmes.Comme chrétiens, nous ne saurions nier nos ascendences grecques, directes ou indirectes.N\u2019est-ce pas assez pour nous intéresser un peu, sinon à la langue grecque elle-même, du moins à cette civilisation qui contribua plus que toute autre à préparer la pénétration du christianisme dans l\u2019âme humaine et son expansion dans le temps et dans l\u2019espace?L\u2019idéal grec différait totalement de l\u2019idéal chrétien, c\u2019est entendu.Mais les Grecs avaient montré au monde à se chercher un idéal.Ils étaient incapables de trouver le seul idéal vraiment digne de l\u2019homme; c\u2019était œuvre exclusive de Dieu de les élever jusque-là.Il reste quand même que l\u2019esprit grec avait préparé l\u2019esprit chrétien.C\u2019est tout ce que ces lignes veulent souligner.LANGUE GRECQUE ET LANGUE CHRÉTIENNE Mais ce n\u2019est pas tout.Nous devons plus que cette 592 LA REVUE DOMINICAINE préparation à l\u2019esprit chrétien.La langue chrétienne, même moderne, doit beaucoup à la langue grecque.Il devait y avoir une langue chrétienne, c\u2019est de toute évidence.L\u2019expression des choses spirituelles?A la période hellénistique, Dieu pouvait la créer de toutes pièces, ou même donner à tous ses apôtres ce don des langues qui les eût mis à même de communiquer avec tous les peuples.En fait, la Providence a voulu simplement transformer une langue déjà exis-tente et en faire la langue chrétienne: le grec fut choisi.Humainement parlant, le grec était le plus préparé à ce rôle.N\u2019était-il pas déjà un instrument complet pour l\u2019expression des choses spirituelles?A la période hellénistique surtout depuis les conquêtes d\u2019Alexandre, la langue grecque s\u2019était assimilé les qualités des autres idiomes méditerranéens.Elle servait désormais d\u2019intermédiaire entre la plupart des peuples.Elle était devenue une grande force de propagande pour les idées.Les philosophes d\u2019Athènes ou de Rome, d\u2019Alexandrie ou de Constantinople lui faisaient depuis longtemps, exprimer et populariser leurs spéculations.Nous pouvons, par ailleurs, imaginer les difficultés d\u2019une prédication chrétienne avec les autres langues encore terre-à-terre ou trop concrètes.Avec la langue grecque le monde antique avait appris à remuer des idées sans perdre contact avec la réalité.C\u2019était, en somme, le mode chrétien d\u2019exprimer la vie: dire les choses d\u2019ici-bas sans oublier les choses de l\u2019au-delà.Aussi la langue grecque fut-elle dès les premières années la langue de l\u2019évangélisation chrétienne.Trois des Evangiles, presque toutes les épîtres de saint Paul, tous les traités catéchistiques ou exégétiques, les commentaires des Ecritures, les lettres aux Eglises, les œuvres d\u2019apologie, sont écrits en grec, pendant les deux premiers siècles.A Rome même, en Italie, en Gaule, le grec reste la langue de la prédication, de la liturgie, jusqu\u2019à Constantin. VIEILLE DETTE.593 Ceci s\u2019explique en très grande partie par la facilité relative d\u2019adapter le vocabulaire grec à l\u2019expression des idées chrétiennes.Les mots nécessaires existaient.Il suffisait de les dire et de les entendre en chrétien.Par exemple, pour expliquer la Trinité, on se servait du vocabulaire de Platon, en lui donnant le sens dévoilé par la révélation.Pour l\u2019enseignement de l\u2019Eucharistie, on utilisait les notions aristotéliciennes de matière et de forme, de substance et d\u2019accident.Cette pénétration du vocabulaire grec dans la langue chrétienne est plus étendue qu\u2019on ne le pense.En fait, les mots principaux de notre langue chrétienne, sont presque toujours d\u2019origine grecque.L\u2019Eglise, c\u2019est l\u2019ecclesia, l\u2019assemblée grecque.L\u2019apôtre, c\u2019est l\u2019apostolos, l\u2019envoyé de Dieu.L\u2019évêque, c\u2019est l\u2019épiscope, le surveillant, la sentinelle de la foi.Le Christos, c\u2019est l\u2019Oint, le Consacré.Le Verbe, c\u2019est le Logos grec, la Parole, le produit é-ternel et coessentiel de l\u2019Intelligence divine.Tous autant de mots remplis désormais de sens chrétien.On n\u2019a eu la peine que de grandir, d\u2019élever, de christianiser ce qu\u2019ils signifiaient déjà.Il faudrait aussi faire une étude de la langue latine chrétienne (qui diffère beaucoup du latin classique) et montrer qu\u2019on l\u2019a christianisée surtout en y introduisant un très grand nombre de mots ou d\u2019expressions grecs, parfois simplement transcrits.En résumé, toute notre traduction latine des écritures, le vieille version de la vulgate, n\u2019est bien intelligible que si l\u2019on sait le grec, ou du moins si l\u2019on a quelque chose de l\u2019esprit grec.De même, on pourrait souligner les mots essentiels de la théologie catholique et leur 594 LA REVUE DOMINICAINE trouver une origine aussi grecque que latine.Rappelons seulement que saint Thomas d\u2019Aquin (le modèle de tous les théologiens) n\u2019a pas christianisé les seules idées d\u2019Aristote, mais lui a emprunté les principaux termes de la philosophie catholique.Mais ceci tournerait à une classe de philologie.* * * J\u2019ai voulu dans ces quelques pages simplement suggérer une raison chrétienne de connaître un peu le grec, ou au moins de n\u2019en pas vouloir à ceux qui désirent encore l\u2019étudier.Faut-il ajouter autre chose?Voici.Cherchez les raisons de ceux qui font la lutte aux études gréco-latines, surtout depuis un siècle.Les uns ont voulu nous fermer les sources où puiser des preuves historiques à l\u2019appui de notre foi.Us sont rares, mais ils existent.Les autres ont vu, avec raison dans les études classiques gréco-latines l\u2019humanisme chrétien.Ils se sont pris d\u2019une rage de primaires contre cette culture qui a contribué à former des générations de chrétiens.Si donc nous cédons à leurs arguments utilitaires contre nos études telles qu\u2019elles sont organisées, nous faisons le jeu des antichrétiens.Ceci n\u2019est pas une fantaisie.Mgr Freppel avait déjà fait cette remarque.(1) Plus particulièrement, la formation chrétienne a été grecque pour une bonne partie pendant 1900 ans; c\u2019est un fait que nous ne rayerons pas d\u2019un trait de plume.Héritiers directs de ces 19 siècles de christianisme, pourrions-nous du jour au lendemain remplacer l\u2019influence hellénique par une autre qu\u2019il faudrait christianiser à son tour?Ce serait, semble-t-il, une imprudence, en même temps qu\u2019une ingratitude, de rejeter une influence comme celle du grec, qui a ses preuves 19 fois séculaires.Pascal Potvin, ptre.Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière.Octobre, 1933 (x) Jean Guiraud, Vie de Mgr Freppel, p.101. Un saint-savant du Xllle siècle Les saints, comme les hommes illustres, ont leur renommée.Les saints, cependant, ont ceci de particulier que, quoiqu\u2019ils appartiennent, par leur naissance, au pays où ils ont vu le jour et au siècle pendant lequel ils ont vécu, ils sont, de par leur rayonnement moral et intellectuel, de tous les pays et de tous les siècles.Ils participent, pour ainsi dire, à l\u2019universalité de l\u2019Eglise catholique qui les place sur les autels et qui nous les donne comme patrons à imiter.Trop souvent notre imagination se borne à nous les représenter dans la gloire, tout auréolés de clarté céleste et de lumineuse beauté.Nos yeux s\u2019arrêtent à contempler seulement ce nimbe de lumière qui les entoure, sans que cette lumière parvienne jusqu\u2019à nos cœurs pour les réchauffer et les diriger dans le sillage lumineux que leur vie, toute humaine, a tracé sur terre.Et pourtant, combien leur physionomie est attrayante et toujours évocatrice d\u2019idéal et de beauté! Sa Sainteté Pie XI, le 16 décembre 1931, par un acte extraordinaire de sa suprême autorité apostolique, a élevé le Bienheureux Albert le Grand au rang des Saints et des Docteurs de l\u2019Eglise universelle et l\u2019a déclaré, en même temps, Patron de la Paix et des Savants.Par cet acte solennel et très rare dans l\u2019histoire de la canonisation des saints, S.S.Pie XI imposait à notre admiration une nouvelle physionomie de saint, aux contours harmonieux et aux traits révélateurs de grandeur et de noblesse.Pour le simple profane qui, d\u2019habitude, fréquente une toute autre société, c\u2019est toujours une révélation que de pé- 596 LA REVUE DOMINICAINE nétrer dans l\u2019intime de la vie des saints qui furent, comme nous, humains et terrestres.* * * C\u2019est à Lauingen, intéressante cité de la Souabe bavaroise, dans le diocèse d\u2019Augsbourg, que naquit, vers 1206, notre saint.Ses parents, des nobles, habitaient le château de Bollstodet.Tout jeune, il quitta sa patrie pour se fixer à Padoue, afin d\u2019y étudier les belles-lettres, la médecine et les sciences naturelles.Là, il apprit à connaître et à aimer 1 Ordre naissant des Frères Prêcheurs.Ce bel adolescent, à la figure si expressive, d\u2019une taille petite, mais d\u2019une grâce extrême, avide de connaissances, sensible aux nobles charmes de la vie, sentit, un jour, la touche discrète de la grâce divine.Gagné par l\u2019éloquence prenante de ce «charmeur d\u2019hommes» qu\u2019était le Bx Jourdain de Saxe, 2e Maître-Général de l\u2019Ordre dominicain, il lui donna son nom et prit l\u2019habit des « blancs chevaliers de la Vierge », qui se dévouaient à la conquête des âmes, par la lumière des sciences mises au service de la foi.Plongé dans une atmosphère de mâle austérité, l\u2019âme du jeune adolescent s\u2019épanouit en beauté dans l\u2019étude des sciences divines et humaines.C est là, dans le silence de sa cellule monastique que le jeune frère Albert découvrit les secrets de la théologie, cette science de Dieu; c\u2019est là aussi qu\u2019il a pénétré les pensées des auteurs profanes, pour y trouver ce qu\u2019ils ont pu porter d\u2019éternel et de vrai.Tour à tour professeur à Fribourg, à Hildesheim, à Ratisbonne, à Paris, nous le rencontrons, toujours méditant, toujours étudiant, toujours priant.Mais, un jour, on l\u2019arracha à sa chaire d\u2019enseignement pour le mettre à la tête de la Province dominicaine d\u2019Allemagne.Son culte pour l\u2019observance régulière, son amour de la perfection, sa prudence dans les affaires l\u2019avaient conduit à ce haut poste.Là ne s\u2019arrêta pas son activité extérieure.II fut chargé par les Souverains Pontifes de délicates missions diplomatiques et religieuses.En Livonie, en Prusse, en Bo- UN SAINT-SAVANT DU XlIIe SIECLE 597 hême comme à Anagni, toujours et partout, sa doctrine et sa sainteté, sa prudence et son adresse dans les questions politiques et ecclésiastiques l\u2019ont fait remarquer comme un homme supérieur, enrichi des plus nobles vertus.Elu évêque de Ratisbonne, il n\u2019en garda pas moins, au cœur, un grand amour pour la pauvreté, qu\u2019il pratiquait avec zèle, sachant si bien qu\u2019elle est le meilleur moyen de restaurer la discipline religieuse et de réformer les mœurs.Après a-voir accompli d\u2019autres missions, il revint prendre place parmi ses frères, les Prêcheurs, dans le couvent de Cologne, voulant se préparer, dans la paix du cloître, au grand jour où il franchirait, plein de mérites, le seuil des demeures é-ternelles.Il mourut en 1280, âgé de 74 ans.Tels sont les principaux traits de la vie de celui que S.S.Pie XI élevait l\u2019an dernier au rang des Saints et des Docteurs.* * * Par le même acte qui faisait d\u2019Albert le Grand un saint et un Docteur, S.S.Pie XI le déclarait Patron de la Paix et des Savants.Et pourquoi cela?C\u2019est que ce double patronage répond à un besoin tout particulier de notre temps.Jamais nous n\u2019avons vécu dans un atmosphère aussi troublé, et à une époque où, par contre, la science ne compte plus ses conquêtes.Ce n\u2019est pas faire une constatation nouvelle que de dire: notre époque est ardemment éprise de paix.Toutes les nations la souhaitent vivement.La voix des peuples, c\u2019est la voix des individus, qui sentent au plus profond de leur être cet attrait irrésistible vers ce bien du cœur.La moindre évocation de ce bien éveille en nos âmes ce je ne sais quoi d\u2019inexprimable, une émotion profonde, un sentiment intime qu\u2019il nous manque quelque chose.Et alors, nous cherchons un peu partout à acquérir ce bien inestimable.Les collectivités sont comme les individus, elles cher- *98 LA REVUE DOMINICAINE chent, elles aussi, les meilleures voies, les meilleurs moyens pour l\u2019obtenir.Mais hélas! comme elles ont grand\u2019peine à s\u2019entendre sur ce choix.Et pourquoi cela?C\u2019est qu\u2019elles négligent les seuls fondements d\u2019une véritable paix: la justice et la charité.Ces deux mots, et surtout ce qu\u2019ils contiennent de valeurs directives et de forces morales, n\u2019ont plus d\u2019emprise sur l\u2019esprit des dirigeants.On aime mieux se fier aux faux principes de certaines fausses doctrines, on aime mieux échafauder de nouvelles utopies, que de revenir aux sains principes de l\u2019Evangile, qui ne sont, en somme, que l\u2019harmonisation de ces deux mots: Justice, charité; oui, on aime mieux se fier à ces utopies que de revenir aux enseignements que nous donne la vie des saints, tel qu\u2019un Saint Albert le Grand.Saint Albert ne fut pas étranger aux conflits politiques et économiques qui existaient de son temps.Au contraire, il fut maintes fois appelé à régler ces différends.Il collabora avec autant d\u2019énergie que de succès à ramener la paix entre les Etats et les Princes, entre les collectivités et les individus.Si nous nous demandons pourquoi on avait recours à ce moine, qui partageait sa vie entre des études accomplies dans le silence de sa cellule monastique et le chœur, où la psalmodie le replongeait dans la contemplation des principes éternels, c\u2019est « qu\u2019il possédait à un haut degré, comme le dit S.S.Pie XI, le don de la conciliation grâce à l\u2019autorité que lui valait sa renommée doctrinale » -\u2014 sa science de la justice \u2014 « et sa réputation de sainteté » \u2014 son amour de la charité.Tourner les yeux vers Saint Albert le Grand, arbitre des conflits, apôtre de la paix, telle est l\u2019invite que nous fait la voix autorisée du Souverain Pontife en nous donnant Saint Albert comme Patron de la Paix.* * * Saint Albert le Grand est aussi Patron des Savants. UN SAINT-SAVANT DU XHIe SIECLE 599 « La science elle-même, nous dit S.S.Pie XI, est la meilleure des voies qui conduisent à une paix stable, quand elle se soumet aussi bien à la droite raison qu\u2019à la foi surnaturelle.Et cette sujétion paraît absolument nécessaire à la noblesse, à la solidité, à la vérité de la science».La science est destinée à nous conduire à la paix, si nous n\u2019oublions pas cette nécessaire sujétion à la droite raison et à la foi surnaturelle.Sans cette sujétion, c\u2019est au matérialisme qu\u2019elle nous conduit, et non à cette « tranqui-lité de l\u2019ordre » qu\u2019est la paix, fondée sur la justice et la charité.Un peu de science éblouit.Cet éblouissement, beaucoup de contemporains en ont été les victimes.Ils ont considéré la science comme une fée dont la baguette magique ramènerait une sorte d\u2019âge d\u2019or et accomplirait des prodiges.Vraiment elle a réalisé des merveilles, elle a amélioré nos conditions extérieures de vie.C\u2019est beaucoup, mais est-ce suffisant pour s\u2019arroger le pouvoir dominatif sur nous qui sommes composés d\u2019un corps et d\u2019une âme?Au seuil de notre âme libre, son pouvoir expire.Il est un produit qu\u2019elle n\u2019a jamais pu fabriquer: le bonheur.C\u2019est pourquoi l\u2019homme qui espère de la science sans Dieu la délivrance de ses inquiétudes, le baume à ses douleurs, la distraction de son inexorable ennui, demeurera toujours l\u2019être faible, souffrant, qui frémit au moindre souffle, et « comme une harpe éolienne, rend des sons tristes dans la nuit ».Il croira dans une mort sans espérance et sans lendemain.C\u2019est « cette science, abandonnant Dieu, « le maître de toute science », confiante dans ses seules forces, qui entraîne la ruine des mœurs et d\u2019innombrables maux sur le terrain économique; de là viennent, chez presque tous les peuples, en même temps que la corruption, des souffrances aigües ».Si aujourd\u2019hui, S.S.Pie XI nous propose Saint Albert le Grand comme Patron des Savants, c\u2019est qu\u2019il a vu la nécessité de donner aux savants un patron à imiter, un archétype sur lequel modeler leurs activités et leurs recherches. 600 LA REVUE DOMINICAINE Saint Albert n\u2019a ignoré aucune science.Il a porté la lumière de son génie sur les sciences les plus diverses.Il a disserté, et avec combien de clarté, sur l\u2019astronomie, la cosmographie, la métérologie, la climatologie, la physique, la mécanique, la chimie, la minéralogie, la zoologie et la botanique.Ajoutons à cette énumération d\u2019autres travaux sur l\u2019architecture, la navigation, le tissage et l\u2019agriculture.Mais dans tout cela, il a su faire une coordination.Il n\u2019a pas méconnu la hiérarchie des valeurs, comme trop de nos observateurs modernes, et c\u2019est pourquoi, « dans une progression admirable, il passe des créatures inanimées aux animées, des animées aux spirituelles, des spirituelles à Dieu ».Sa vie toute en Dieu et son activité scientifique sont un démenti formel aux préjugés, propagés encore de nos jours par les athées, que « la discipline chrétienne et la recherche de la perfection chrétienne énervent ou brisent le génie personnel, la vigueur de la volonté, l\u2019activité politique, la noblesse de l\u2019esprit humain ».Faux préjugé, n\u2019est-ce pas?La discipline chrétienne n\u2019a jamais é-nervé le génie; tout au contraire, elle lui donne du nerf, elle le développe, elle l\u2019ennoblit.La grâce ne détruit pas la nature, mais la perfectionne.Nous en avons un exemple frappant en Saint Albert.En lui, se sont fondues, en une splendide union, les lumières des sciences humaines et les clartés des sciences divines.Elles se sont unies pour le nimber d\u2019un halo resplendissant qui fait de lui l\u2019astre le plus radieux dans la constellation des saints-savants.* * * Apôtre de la Paix, Patron des Savants, ce double titre sied à merveille à la personnalité si riche de Saint Albert le Grand \u2014 ce saint-savant du XIIle siècle.Amant passionné de la justice et de la charité, il les a fait régner dans tous les milieux où son influence s\u2019est exercée.Il fut vraiment un apôtre de la paix. UN SAINT-SAVANT DU XlIIe SIECLE\t601 Amant non moins passionné de la vérité sous toutes ses formes, il s\u2019est plu à montrer, par sa vie, l\u2019harmonie qui peut exister entre les sciences positives et la philosophie, et toutes deux avec la foi surnaturelle.Il est vraiment le patron des savants.Pacificateur et savant, tels sont les deux mots que nous devons retenir et qui doivent nous inciter à pénétrer encore plus avant dans l\u2019intimité de cette vie, faite de paix et de lumière, et dont nous pouvons résumer tous les enseignements par cette formule brève, mais compréhensive: le dévouement à l\u2019Eglise et aux âmes par la science et par la paix.Père Dominique-M.Clark, O.P.Québec, novembre 1933. Bulletin de littérature spirituelle antique.L\u2019âge des Pères « Faire connaître les Pères », si c'est une tâche profitable, c\u2019est aussi une œuvre complexe.Le sujet a des proportions très vastes, il nous reporte loin et, croirait-on, presque dans un autre monde.La manière de l'aborder, on nous l\u2019a dite ici naguère; mais il importe de savoir où cela pourra nous mener.C\u2019est pour avoir les indispensables précisions que réclame toute enquête, que l\u2019on examinera donc en commençant, des ouvrages d\u2019intérêt généra!.Une fois présentés ces « manuels », chacun y puisera le supplément d\u2019information qu\u2019il souhaite et qu un simple bulletin doit s\u2019interdire.Préoccupés ainsi de découvrir et de délimiter la matière, nous n\u2019aurons pas le loisir d\u2019insister dès ce début sur la doctrine spirituelle proprement dite.Cet examen doctrinal sera fait ensuite, à propos de Saint Augustin par exemple, qu\u2019une assez abondante littérature a fait mieux connaître à l\u2019occasion de son centenaire, et de certains autres maîtres spirituels anciens.L\u2019étude du passé chrétien dans les monuments de sa vie spirituelle, outre un profit de mieux en mieux constaté, procure aussi un vrai plaisir.Les Pères de l\u2019Eglise, ceux du IVe siècle au premier chef, ceux de l\u2019âge d\u2019or, sont des écri- BULLETIN DE LITTERATURE 603 vains de race.Différents des classiques, sans doute, mais bien dignes de les continuer: « tandis que la littérature païenne sombre dans la pédanterie, note G.Bardy, et devient vide et ennuyeuse, eux seuls (les écrivains chrétiens) s\u2019imposent à l\u2019attention, parce que seuls ils ont quelque chose à dire ».(1) Visible déjà dans le monde grec, cette supériorité l\u2019est plus encore si nous nous retournons du côté de Rome.Au premier siècle, le grec était langue officielle et, de fait, liturgique, en Occident.Le latin ne tarda pas, néanmoins à évincer ce concurrent mis un temps au pinacle, pour des raisons politiques, sociales et davantage au fond psychologiques.« Peut-être les hérétiques furent-ils les premiers à se rendre compte de l\u2019influence qu\u2019ils pourraient avoir s\u2019ils s\u2019adressaient dans sa propre langue à l\u2019élément indigène ».La réaction, en tout cas fut nette et l\u2019Eglise eut aussi, ses versions latines de la Bible et des premiers écrits chrétiens.On vit alors le génie de la race se révéler et, répondant à des préoccupations avant tout pratiques, « mettre en un saisissant relief le sérieux de la vie et promulguer la règle des mœurs » (p.8).De cette note spéciale qu\u2019on trouve dans les premiers écrivains chrétiens il nous importe de prendre conscience car « des Pères de l\u2019Eglise.nous sommes les héritiers intellectuels et moraux: nous avons été pétris par les idées qu\u2019ils ont d\u2019abord exprimées, pénétrés par les sentiments dont ils se sont fait les prédicateurs » (p.12).S\u2019ils s\u2019attachent à la forme littéraire, c\u2019est qu\u2019ils ne négligent aucun moyen d\u2019apostolat, et surtout pas le plus attrayant de tous.Afin de « conquérir à l\u2019Eglise les esprits lettrés, ils se mettaient à l\u2019école de Cicéron et essayaient d\u2019en imiter le style » (p.16).Plusieurs d\u2019entre eux n\u2019étaient-ils P) G.Bardy: Littérature latine chrétienne, dans la Bibliothèque catholique des sciences religieuses, \u2014 Bloud et Gay, \u2014 Paris, 1928 \u2014 230 p.De G.Bardy, encore dans la même collection: l'Eglise à la fin du 1er siècle, \u2014 171 p., 1932. 604 LA REVUE DOMINICAINE pas des chrétiens convertis, ou du moins, élèves des maîtres les plus célèbres de l\u2019éloquence de leur temps?Tertullien, S.Cyprien, Arnobe, S.Augustin.On comprend qu\u2019il fût tentant de faire voir dans leurs œuvres le profit de telles leçons et, sous des apparences détachées, le souci réel d\u2019une forme pure.M.Bardy, fin lettré, a délibérément consacré tout son livre à cette recherche.De ce fait, il réalise au pied de la lettre, les promesses d\u2019un titre qu\u2019on eut pu croire moins fidèlement, mais plus largement interprété: il nous retrace «La littérature chrétienne latine, des origines à Saint Grégoire le Grand et à Saint Isidore de Séville! C\u2019est nous mettre en contact avec les Pères, mais par l\u2019extérieur.A vrai dire, comme le fait spirituellement remarquer le docte historien « cela ne nous conduit pas très loin ».\u2014 M.Bardy lui-même, désireux de nous guider plus avant, en a saisi l\u2019occasion sans attendre.La même collection, en effet, nous livre de lui un autre petit ouvrage qui éveille la curiosité: l\u2019Eglise à la fin du 1er siècle (2).Il fallait toute la perspicacité et l\u2019habile talent que l\u2019on y trouve, pour brosser, avec des éléments d\u2019une relative pauvreté, un tableau vécu de la chrétienté des origines.Les écrits de cette courte période succinctement présentés \u2014 car le but de vulgarisation de la B.C.S.R.interdit les détails trop techniques, sont utilisés pour une série de reconstitutions: la vie chrétienne, la hiérarchie \u2014 les Judéo-chrétiens, les hérétiques \u2014 le christianisme et l\u2019empire romain \u2014 l\u2019expansion chrétienne.Comme on le voit, rien ne manque au tableau de ce qui peut contribuer à en faire valoir tous les aspects.On aimera voir M.B.souligner que « le christianisme qui, dès ses origines, a été la religion de l\u2019autorité.mani- (2) Signalons quelques négligences typographiques: p.153: Communauté autrichienne, pour Antiochienne \u2014 p.158; Plus le Jeune, pour Pline le Jeune. BULLETIN DE LITTERATURE 605 fesfe très clairement son attachement aux traditions et son respect pour la hiérarchie.Dans son sein on ne prêche pas ce qu\u2019on veut,.et la préoccupation de la pureté de la doctrine est manifeste dans tous les documents » (p.93).L\u2019attachement à la tradition, voilà, selon l\u2019A., l\u2019idée directrice de cette période: ce qui nous aide à comprendre que l\u2019Ecriture Sainte, pour les Pères Apostoliques, « ne joue encore qu\u2019un rôle accessoire ».Ils la citent, cependant, mais assez librement, car « c\u2019est de la tradition qu\u2019ils dépendent; et tous, ils auraient pu faire leur la parole de Papias: » Je ne pensais pas que les choses qu\u2019on peut tirer des livres me fussent aussi utiles que celles qui viennent de la parole vivante et demeurante » (p.169).Ceci est d\u2019autant plus à remarquer que les époques suivantes seront au contraire caractérisées par un emploi de plus en plus fréquent (3) et textuel de l\u2019Ecriture Sainte.L\u2019A.nous signale aussi les écueils que dut éviter le christianisme naissant: le Docétisme entre autres.« N\u2019était-ce pas relever le Christ que de prétendre qu\u2019il n\u2019avait rien eu de l\u2019homme et de ses infirmités, sinon les apparences?» (p.129).Mais le Docétisme ne fut pas la seule hérésie dont l\u2019Eglise eut à se défendre.Elles pullulèrent, surtout dans les premiers siècles, et cette effervescence, qui menaça tour à tour les points vitaux du dogme chrétien, lui suscita une nuée de défenseurs.Avec talent, dévouement et habileté, ceux-ci précisèrent peu à peu l\u2019explication du donné révélé et sauvèrent l\u2019orthodoxie.Au R.P.Cayré est revenu l\u2019honneur de nous retracer, dans les deux volumes de son Précis de Patrologie (4), cette __________ (3)\tSaint Basile, par exemple, déclarera que « personne n\u2019a le droit de penser ou de dire même ce qu\u2019il croit bon, s\u2019il ne peut en outre le confirmer par un texte de l\u2019Ecriture ».(Humbertclaude, La doctrine ascétique de S.Basile de Césarée.Beauchesne, Paris, p.210).(4)\tR.P.F.Cayre : Précis de Patrologie et d'Histoire de la Théologie, 2 vol.de 740 et 923 pages \u2014 Paris, Desclée (soc.S.Jean l\u2019E-vang.) 1930-1931. 606 LA REVUE DOMINICAINE lutte pathétique.Ses pages témoignent d\u2019un sens catholique très profond; c\u2019est ce qui, dès le premier abord, lui attache le lecteur: il sent en lui un guide à qui il peut faire confiance.Théologien en pleine maîtrise de sa pensée, l\u2019A., s\u2019il ne cache pas ses préférences pour Saint Thomas, \u2014 il ne lui consacrera pas moins de cent-dix pages, \u2014 expose néanmoins avec une équitable largeur de vue les différentes tendances qui, prolongées par les Ecoles, ont présidé à l\u2019élaboration de la théologie.Volontiers même il venge certains écrivains de griefs et de défiances qu\u2019il estime injustifiés.La préface nous apprend pour qui il écrit: étudiants en théologie des Séminaires et des Universités, prêtres du ministère, voir les laïques cultivés; d\u2019où un plan et une manière assez neufs et, par suite, une œuvre vraiment originale.On convient généralement de clore la période pa-tristique à S.Isidore de Séville (f 636) en Occident, et par S.Jean Damascène (f 749) chez les Orientaux, (encore le R.P.est-il enclin à ne l\u2019arrêter qu\u2019à S.Théodore Studite, (f 826).Le public visé pouvait souhaiter qu\u2019il fît plus et poussât jusqu\u2019à la Renaissance (5), consacrant du même coup la grosse moitié de son deuxième volume à la théologie médiévale.De l\u2019avoir fait, il le faut grandement remercier, car il n\u2019existe pas, à notre connaissance, d\u2019ouvrage similaire facilement accessible.Cela lui permettait aussi de faire large part à l\u2019exposé de la doctrine spirituelle des auteurs étudiés, et cette innovation donne à son travail un attrait de plus.On retrouve avec plaisir, dans ces quelque seize cents pages, \u2014 petite encyclopédie qui groupe des éléments d\u2019histoire et de littérature patristiques, d\u2019histoire des dogmes, de théologie positive, d\u2019histoire et de principes de spiritualité, (5) L\u2019A.nous promet même, dans la réimpression du t.I, de conduire jusqu\u2019aux temps modernes son Ile volume qui doit être prochainement réédité. BULLETIN DE LITTERATURE 607 \u2014 les qualités maîtresses d\u2019un manuel: solidité de l\u2019organisation, clarté de l\u2019exposé, et ici, de plus, abondance de l\u2019érudition, servies par une typographie dont la souplesse met en valeur la cohésion et la marche des idées (r>).En abordant l\u2019étude des grandes controverses, l\u2019A.prend soin d\u2019exposer nettement l\u2019enjeu de la partie et la portée des termes techniques théologiques qui servent d\u2019armes aux combattants, (plût à Dieu qu\u2019ils se fussent toujours contentés de celles-là, au Brigandage d\u2019Ephèse, par exemple!).Avant chaque période, un chapitre préliminaire est consacré à un exposé d\u2019ensemble où se meut à l\u2019aise l\u2019esprit synthétique et bien français de l\u2019A.qui y glisse, à l\u2019occasion, des vues personnelles, souvent très suggestives (7).La « manière » du R.P.Cayré répond, ce nous semble, « à la conception que les Pères eux-mêmes se feraient d\u2019une Patroiogie, eux pour qui les sciences théologiques s\u2019achevaient dans la grande science de l\u2019union à Dieu ».Dans cet esprit, l\u2019ouvrage, lu avec plaisir, appelle une lecture nouvelle, car il mérite d\u2019être intimement pénétré.Il va jusqu\u2019à la moelle de la doctrine patristique.Autre était le but poursuivi par Mgr Bardenhewer en composant sa monumentale Histoire de l\u2019ancienne littérature ecclésiastique (8), commencée il y a trente ans, et dont le dernier volume, paru l\u2019an dernier, nous offre un bel exem- (6)\tNe pourrait-on cependant mettre en vedette dans les titres courants les dates extrêmes des auteurs étudiés : petite modification, mais qui, croyons-nous, rendrait service à ceux qui ne sont pas encore familiarisés avec la chronologie des Pères.(7)\tVoyez, par exemple, t.II, p.659, la relation qu\u2019il établit entre la décadence intellectuelle et théologique du XlVe siècle, et le développement de « certaine forme de spiritualité ».(8)\tO.Bardenhewer: Gesckickte der Altkirchlichen Literatur; in 8°, Herder, Fribourg en Brisgau \u2014 t.II, XIV \u2014 729 p., 1914, 12m60.\u2014 t.Ill, X \u2014 697 p., 1923, 4m.\u2014 t.IV, X \u2014 673 p., 1924, 4m50.\u2014 t.V, XI \u2014 423 p., 1932, 9m. 608 LA REVUE DOMINICAINE pie de persévérance et de probité scientifique: il vise à mettre à la disposition des travailleurs un ouvrage exhaustif.Qui l\u2019aura sous la main ne manquera d\u2019aucune des indications utiles.Mgr B.était en pleine possession de son sujet avant d\u2019entreprendre ce vaste travail: c\u2019est ce qui lui a permis d\u2019éviter les tâtonnements et d\u2019envisager dès le début une œuvre définitive et d\u2019envergure.Pour bien la faire connaître, il faudrait la feuilleter page par page; chacune d\u2019elles accumule les richesses, et l\u2019on sait que rien n\u2019échappe à un tel chercheur.Voici du moins le cadre qu\u2019il s\u2019est tracé, net et souple à la fois.Les critères de classement varient avec les époques à l\u2019intérieur de la division traditionnelle: Orient, Occident.Le t.II embrasse la période qui va de la fin du Ile siècle au commencement du IVe: époque des origines de la science ecclésiastique.Pour traiter de l\u2019Orient, la distinction par Ecoles s\u2019est avérée commode et la moins artificielle; c\u2019est pourquoi, après un chapitre d\u2019ensemble, trois autres sont respectivement consacrés à Alexandrie, \u2014 à la Syrie et la Palestine, \u2014 à l\u2019Asie mineure.L\u2019Occident, par contre, est partagé comme suit: Afrique du Nord, \u2014 Rome, \u2014-, écrivains étrangers à ces deux pays.Ce t.II s\u2019achève sur l\u2019étude des Actes des martyrs et de la littérature Judéo-chrétienne.Avec les t.III et IV nous abordons l\u2019âge d\u2019or de la littérature patristique.La liberté enfin accordée à l\u2019Eglise favorise la culture des sciences ecclésiastiques; les grandes luttes, trinitaires d\u2019abord, christologiques plus tard, aiguisent les esprits et les stylets.C\u2019est l\u2019époque où nous rencontrons les noms familiers des Athanase, Basile, Grégoire de Nazianze, Grégoire de Nysse, Cyrille de Jérusalem, Jean Chrysostome; où les Hilaire, Ambroise, Jérôme, Augustin surtout, suscitent en Occident un renouveau de la pensée théologique.Le critère géographique est adopté cette fois encore. BULLETIN DE LITTERATURE 609 Dans le t.III le cadre reste à peu près le même pour l\u2019Orient, tandis que l\u2019Occident nous est présenté sous les trois rubriques suivantes: Espagne et Gaules, \u2014 Italie et Afrique du Nord, \u2014 Illyrie.Le quatrième volume, après une vue générale sur la littérature grecque du Ve siècle, adapte les divisions précédentes à la distinction par patriarcats qui devient de plus en plus nette: entre les trois grands sièges, Constantinople, Antioche, Alexandrie, les relations, souvent tendues, \u2014 que ce soit par chauvinisme local ou du fait des divergences dans le vocabulaire théologique, \u2014 nous expliquent bien des réactions doctrinales.La partie consacrée aux Pères latins est toute entière dominée par Saint Augustin.Enfin les t.III et IV se partagent la littérature syriaque, abandonnant au t.V ce qui concerne les écrivains arméniens.Pour ce dernier volume, le plan a été modifié, et l\u2019A.se rallie, en ce qui concerne l\u2019Orient, à un principe de répartition d\u2019ordre systématique, plus conforme au caractère de cette dernière période; s\u2019inspirant de la nature des œuvres principales, il les répartit en six sections: littérature dogmatique et polémique, \u2014 morale et ascétique, \u2014 biblique et exégétique, \u2014 histoire ecclésiastique et hagiographie, \u2014 éloquence sacrée, \u2014 poésie ecclésiastique; mais il maintient, pour l\u2019Occident un groupement géographique qui, plus que jamais, trouve dans les faits sa justification, car la fécondité littéraire de cette époque a été fortement influencée, et quant à l\u2019abondance et quant à la nature de ses productions, par la situation politique des divers pays: Italie, Afrique, Gaule, Espagne.On soupçonne, malgré la rapidité de ce coup d\u2019œil sur quelque 2 300 pages très chargées, les services qu\u2019a rendus cette Histoire de l\u2019ancienne littérature chrétienne, ceux qu\u2019elle sera, longtemps encore, appelée à rendre, et qui en font le livre de chevet de quiconque veut approfondir l\u2019étu- 610 LA REVUE DOMINICAINE de des sept premiers siècles chrétiens (°).L\u2019œuvre, dans son ensemble, n\u2019a pas vieilli; si sa bibliographie a subi le sort commun et nécessiterait, pour les anciens volumes, une petite mise à jour, ce serait un jeu pour Mgr B., on le conçoit, que de combler cette lacune en appendice à une réédition, du t.I, que nous souhaitons prochaine.En attendant que la chose soit possible, les travailleurs auront avantage à se reporter à la bibliographie que le Dr Altaner vient de refondre pour la onzième édition de l\u2019excellente Patrologie de Rauschen (10).Ce manuel est, lui aussi, œuvre de longue expérience.La faveur avec laquelle il fut accueilli, en 1903, nécessita des rééditions qui, allant de pair avec les améliorations et les remaniements que suggéraient des recherches de plus en plus approfondies, ont fait du manuel de 232 pages un volume doublé.Ce succès est à lui seul la plus éloquente des recommandations.D\u2019allure scientifique, ce manuel met à notre portée les fruits de trente années d\u2019étude.On y remarquera notamment quelques modifications importantes en ce (9)\tOn remarquera le souci de Mgr B.de nous renseigner fort méthodiquement sur les procédés d\u2019information dont disposaient les Pères.Que n\u2019est-il imité davantage! Il ne nous est pas indifférent, même pour mieux pénétrer leur pensée, d\u2019apprendre que Saint Jérôme, helléniste et hébraïsant consommé, était en admiration devant le «pen-taglotte» Saint Epiphane (il connaissait à fond le grec, l\u2019hébreu, le syriaque, le copte et, assez bien, le latin) ; ou que, si Saint Augustin n\u2019était qu\u2019un helléniste médiocre, Saint Athanase était très capable d\u2019écrire couramment le copte; que Rufin, Saint Jérôme, Cassiodore et d\u2019autres aient traduit en latin de nombreux écrits et conservé ainsi à la postérité des œuvres qui, aujourd\u2019hui perdues en leur texte original, l\u2019eussent été, sans eux, complètement et irrémédiablement.Tout cela ne leur crée-t-il pas un titre spécial à notre gratitude1?Un tableau synoptique serait le bienvenu qui précisât, pour chaque auteur: les langues qu\u2019il entendait, et la version des Saintes Ecritures qu\u2019il utilise; \u2014 pour chaque œuvre: si, quand, par qui, en quelles langues elle a été traduite.Ce serait fort précieux pour qui voudrait étudier les échanges intellectuels entre pays de langue différente, ou se former une idée de l\u2019originalité d\u2019un écrivain.(10)\tRauschen-Altaner : Patrologie, in 8° de XX-442 p.Herder, Fribourg en Brisgau, 1913.10m. BULLETIN DE LITTERATURE 611 qui concerne le Symbole des Apôtres, la Constitution Apostolique Egyptienne, les Actes de Pierre et de Thomas, les homélies pseudo-clémentines.Il faut cependant reconnaître en tous ces manuels une réelle déficience: ils ne comportent pas de cartes pour la position géographique des divers lieux dont ils nous parlent; la connaissance en est pourtant souvent indispensable à la parfaite intelligence de l\u2019histoire et l\u2019exacte interprétation de nombreux textes.Cette lacune que déploraient ceux qui s\u2019intéressent à l\u2019Antiquité chrétienne la voici comblée, et de façon magistrale, par l\u2019Atlas orbis christiani antiqui du Dr Pieper (xl), travail aussi personnel que complet, si l\u2019on se fie à l\u2019imposant étalage des livres que l\u2019attentif labeur du géographe a patiemment dépouillés (12); 18 cartes, d\u2019échelle variable (on peut regretter que l\u2019A.omette toute précision) nous font parcourir les portions du globe touchées par la prédication de l\u2019Evangile pendant les premiers siècles; certaines de ces cartes se réfèrent même au Vile s., et plusieurs sont complétées par des cartes accessoires ou des plans qui en détaillent certaines parties.En voici l\u2019énumération significative: Palestine au temps de Notre-Seigneur; missions apostoliques; l\u2019« orbis christianus » à la fin du 1er siècle, au commencement du Me, vers l\u2019an 300; Palestine et Arabie; Phénicie, Syrie, Chypre et Mésopotamie; Asie Mineure et Arménie; Egypte; Grèce et Iles de la mer Egée; Italie; Afrique; Espagne; Gaule et Germanie, Réthie, Nori-que, péninsule balkanique; Grande-Bretagne et Irlande; Perse; carte pour l\u2019histoire de l\u2019Arianisme.(u) K.Pieper: Atlas orbis christiani antiqui \u2014 31 x 26 cm.entoilé, 62 pages d\u2019introduction, 18 planches.L.Schwann, Düsseldorf, R M 38.Notons en passant une toute petite erreur de transcription, carte III: 1 amphylia.(12) Il semble cependant ignorer la « Vie de Saint Euthyme le Grand » Gabalda, 1909, en appendice de laquelle le P.Genier, O.P., donne une bonne carte des anciens établissements monastiques palestiniens. 612 LA REVUE DOMINICAINE Une longue introduction, rédigée en six langues, nous donne la clef des sigles employés, et nous fait connaître l\u2019admirable probité scientifique du Dr Pieper qui avoue la minutie du travail et se résigne à omettre les indications que ses diligentes recherches ne lui permettent pas de situer avec une suffisante précision.Les cartes sont claires, bien que parfois un peu chargées; un jeu de traits de couleur (13) nous permet de déterminer au premier coup d\u2019œil la date à laquelle entre dans l\u2019histoire le lieu mis en vedette; des sigles spéciaux nous avertissent s\u2019il s\u2019agit d\u2019un évêché, d\u2019un patriarcat, d\u2019un monastère, etc.Mais, pourquoi n\u2019y pas faire figurer le tracé des principales voies de communication?(14) Enfin, chaque carte est prolongée par une page blanche, destinée aux « Notanda », innovation dont une disposition plus commode nous permettrait de tirer tout le parti escompté.La bonne volonté ne suffit pas toujours et les étudiants en théologie n\u2019ont souvent ni le loisir ni la possibilité de recourir aux éditions des Pères.Il leur faut aller au plus pressé.C\u2019est à leur intention surtout que le R.P.Rouet de Journel a publié son Enchiridion Patristicum (15).Le recours à la tradition pour établir les thèses théologiques, aujourd\u2019hui passé dans l\u2019usage, a suggéré au R.P.de réunir les témoignages les plus suggestifs et les plus classiques: ce procédé permet aux professeurs et aux élèves une consultation rapide et, le cas échéant, de se contenter d\u2019une (13)\tNous serions heureux d\u2019en retrouver l\u2019interprétation sur un carton mobile.(14)\tIl ne nous déplairait pas non plus d\u2019y trouver reportés les itinéraires maritimes les plus classiques.La « Vie de Porphyre », par Marc le Diacre, fournit à ce sujet des précisions intéressantes.(Texte établi, traduit et commenté par H.Grégoire et A.Kugener in 12 \u2014 C.XII, 156 p.\u2014 Belles-Lettres \u2014 Paris 1930).(15)\tRouet de Journel, S.J., Enchiridion Patristicum, in 8° de XXVII-803 p.Herder.Fribourg en Brisgau, 6m60. BULLETIN DE LITTERATURE 613 simple référence à la côte qui accompagne le texte (16).Des passages en grec (17), on donne, en bas de page, une bonne traduction latine; en appendice un index théologique remédie à la dispersion qu\u2019entraîne l\u2019ordre chronologique selon lequel sont rangés les textes; un deuxième est consacré aux citations d\u2019Ecriture Sainte; le dernier classe par ordre alphabétique écrivains, œuvres et matières.(16)\tLe R.P.Galtier, dans L'Eglise et la rémission des péchés aux premiers siècles (Beauchesne, 1932), p.XI, signale les dangers qu\u2019entraînerait un emploi trop matériel et exclusif de cette méthode.(17)\tSignalons pourtant que le R.P.d\u2019Ales (De Sanciissima Eu-charistia, Beauchesne, 1929, p.47) préfère citer Saint Irénée (Adversus Hæreses, IV, 18, 5 \u2014 Enchiridion, n° 234) d\u2019après le texte établi par Struckmann.Dom J.Boutry, O.S.B.Abbaye de Wisques. Léonard de Vinci La petite ville Italienne de Vinci, sur la rive droite de l\u2019Arno, entre Florence et Pise, vit en 1452 la naissance de Léonard.Celui-ci était le produit des amours de Ser Piero, notaire de la Seigneurie de Florence, et d\u2019une paysanne nommée Catarina.Cette naissance mit d\u2019ailleurs fin à leurs relations, on ne sait trop pourquoi, et Ser Piero se maria en conservant son fils naturel.Léonard de Vinci fut donc privé continuellement de l\u2019influence maternelle, ne s\u2019en montra pas chagriné, et n\u2019eut à subir aucun mauvais traitement de la part de sa belle-mère.Lorsqu\u2019il eut l\u2019âge suffisant, son père le fit étudier.Rapidement l\u2019enfant manifesta un goût remarquable pour les mathématiques, sans toutefois négliger la musique, le chant, tout en ayant une préférence pour le dessin et le modelage.Vers 1470, Andréa Verrochio, ami de la famille, intéressé par le jeune homme, le prit avec lui, lui donna des conseils, l\u2019encouragea dans la peinture: ainsi, à 20 ans.Léonard de Vinci fut inscrit sur le livre des peintres.Ses débuts à Florence stupéfièrent ses rivaux, étonnèrent les maîtres du moment et furent un peu teintés de soirées dissipées, brillantes.Mais le plaisir ne le retint pas longtemps car, pour créer, il éprouva l\u2019impérieux besoin d\u2019observer ce qui l\u2019entourait, les mouvements d\u2019humeur de LEONARD DE VINCI 615 la foule, les manifestations étonnantes de l\u2019instinct des animaux.Il rêva de perfection, multiplia ses essais, se découragea un peu.Dans la tête, il avait un grand nombre d\u2019idées nouvelles que certains considéraient révolutionnaires, et il comprit à l\u2019attitude de son entourage, qu\u2019il ne serait pas suffisamment aidé à Florence pour réaliser les machines merveilleuses dont il était inventeur.Après des mois de réflexion, de doute, d\u2019angoisse, d\u2019espérance, il partit pour Milan avec, dans ses bras, une de ses œuvres: un luth en forme de fer à cheval.Son premier succès dans cette ville eut lieu devant le Duc en surpassant tous les autres musiciens réunis et dépités de constater l\u2019effritement de leur réputation de talent inimitable.Plus tard, lorsque Ludovic le More devint Duc de Milan, Léonard de Vinci s\u2019empressa d\u2019écrire une lettre à ce chef ambitieux, lui proposa ses services pour l\u2019organisation de l\u2019attaque et de la défense en temps de guerre.Il était capable, disait-il, de construire des ponts légers, faciles à transporter, aidant les déplacements de troupes et d\u2019édifier des ponts lourds pour subir l\u2019assaut ou le feu.Il promettait également les moyens de détruire ceux de l\u2019ennemi.En cas de siège d\u2019une forteresse, il avait un système pour chasser l\u2019eau des fosses et construire des échelles plus pratiques, plus efficaces dans leur emploi.Il pouvait aussi saper des fondations non en pierre.En plus il était l\u2019innovateur de chars blindés pour l\u2019artillerie, de canons lançant des matières inflammables, d\u2019un procédé très au point pour l\u2019incombustibilité des édifices.Il terminait en affirmant que la paix ne le laisserait pas inactif, il construirait alors monuments et conduites d\u2019eau, sculpterait en marbre, en bronze, en terre cuite.Ludovic le More, très orgueilleux, voulant surpasser la Cour des Médicis, s\u2019intéressa aux propositions faites, s\u2019attacha l\u2019homme aux idées nouvelles et.lui confia l\u2019organisation des fêtes. 616 LA REVUE DOMINICAINE Désappointé, Léonard de Vinci accepta, s\u2019acquitta de ses fonctions avec un remarquable brio et devint célèbre, connu des Seigneurs turbulents.Très heureusement, son protecteur lui commanda, pour Maximilien, un tableau représentant la Nativité du Christ et le Vinci continua d\u2019enrichir ses talents de peintre.Pendant 10 ans, dit-on, il travailla, dans le réfectoire du Couvent des Dominicains de Sainte Marie des Grâces, à la « Cène ».Il mit dans cette peinture toute son attention, son génie, ne ménagea pas sa peine et trouva encore le temps nécessaire pour l\u2019exécution d\u2019une colossale statue équestre de François Sforza dont il nous reste seulement quelques dessins.Sa satisfaction résidait dans beaucoup de travaux.Son courage ne lui faisait pas défaut et, en 2 ans, de 1497 à 1499, il peignit Ludovic et son fils aîné, la Duchesse Béa-trix et son second fils.Il se reposait de peindre par la recherche, l\u2019écriture, la production, les dessins d\u2019églises, les plans, l\u2019étude de la force des eaux, l\u2019entreprise d\u2019un système de canaux destinés à régulariser le cours des fleuves.Son protecteur eut des occupations bien différentes.Le 31 mars 1495, Ludovic le More entra dans la ligue conclue entre le Pape Alexandre VI, Maximilien I, Ferdinand V d\u2019Espagne et divers états Italiens pour résister aux ambitions françaises.Il fit tant et si bien qu\u2019abandonné et trahi, il fut arrêté plusieurs années après, emmené à Lyon et mourut à Loches.Vinci, qu\u2019il le voulût ou non, dut quitter Milan.En passant à Mantoue il dessina, au charbon, la Duchesse Isabelle, sœur de Béatrix, puis s\u2019arrêta peu de temps à Venise, retourna en 1501 à Florence.Il avait 49 ans.A ce moment la Duchesse Isabelle résolut de se l\u2019attacher mais lui hésita longtemps et refusa pour devenir ingénieur militaire de César Borgia qui lui proposait d\u2019inspecter ses forteresses.Il semblait que le peintre allait pouvoir faire place à LEONARD DE VINCI 617 l\u2019inventeur, au savant.En 1503, Jules II devint Pape.Cet homme avait le sentiment du grand et voulait faire de l\u2019Italie un pays libre et uni.César Borgia n\u2019avait pas les mêmes buts que le Pape, aussi, tombant malade, il ne put veiller à ses intérêts et se vit arrêter par Jules II.Léonard reprit le chemin de Florence où Michel-Ange le chargea de peindre une scène de la guerre contre Pise.Il traita la bataille d\u2019Anghiari sans pouvoir la terminer, mais y mit une vérité saisissante, un relief jusqu\u2019alors inconnu.En 1505, il termina le portrait de Monna Lisa, femme de Francesco del Giocondo, qu\u2019il nomma « la Joconde ».Le succès de cette œuvre fut considérable aussitôt, mit le nom de Léonard en vedette, fit qu\u2019en 1506 le Gouverneur français de Milan, Charles d\u2019Amboise, le demanda.Le peintre obtint du Gouvernement Florentin la permission de s\u2019y rendre et en profita pour rester sous la protection du Roi de France.Des ennuis de famille vinrent alors, durant plusieurs années, troubler ses idées artistiques et géniales.Son père et son oncle étaient morts en lui laissant une part dans l\u2019héritage et ses frères attaquaient la validité du testament; à tel point que Charles d\u2019Amboise, Hippolyte d\u2019Este, Louis XII intervinrent en sa faveur.Lorsque ses affaires s\u2019arrangèrent, celles de son protecteur se gâtèrent: les Français étaient chassés d\u2019Italie après l\u2019échec de Novare.Ses tribulations continuèrent mais, à 60 ans, il n\u2019eut pas la même confiance en lui, les mêmes espérances, d\u2019autant plus qu\u2019à la Cour du nouveau Pape, Léon X, ou il s\u2019était rélugié, il fut continuellement en butte aux tracasseries de Michel-Ange, de Raphaël et des courtisans lui reprochant l\u2019amitié du Roi de France.Politique.Les français reprirent le Duché de Milan.Léonard de Vinci quitta Rome sans retard, rencontra François I à Pavie, organisa des fêtes en l\u2019honneur du roi français et obtint la revanche des humiliations subies. 618 LA REVUE DOMINICAINE A partir de 1516 il vécut en France, au château de Cloux, où il reçut 700 écus de pension.Sans tarder, la vieillesse commença ses ravages sur lui, ralentit son activité, paralysa sa main, diminua ses forces.Il lutta, mais il avait trop travaillé, trop souffert.II s\u2019affaiblit rapidement et mourut le 2 mai 1519, à 67 ans.* * * Léonard de Vinci aima le terrible, le bizarre, alla, dit-on, voir pendre des criminels pour étudier le jeu des physionomies.Il ne cessait chaque jour de consigner ses idées, faire les plans des machines imaginées.Pour ne pas être inquiété, par prudence, il écrivit ses manuscrits d\u2019une écriture secrète, de droite à gauche.Souvent on lui reprocha d\u2019avoir été autre chose qu\u2019un peintre car il consacra plus d\u2019heures à la science qu\u2019à son art.Léonard fut grand à plusieurs titres; grand savant, grand artiste, grand peintre.Il observa les phénomènes de la nature, étudia la mécanique générale, les lois de l\u2019équilibre, le mouvement des fluides, analysa le vol des oiseaux.Ses manuscrits ont des dessins d\u2019écluses, de canons, de ponts, de machines à laminer, raboter, filer, de parachutes et d\u2019appareils d\u2019aviation.Dans le Traité de la Peinture, il fait l\u2019apologie de son art, le parallèle entre la peinture, la poésie, la musique, la sculpture.Conseils et recettes pullulent sur la perspective, le dessin, le modèle, les proportions, l\u2019anatomie, le mouvement, l\u2019expression, le clair-obscur, le paysage, la couleur, la draperie.De nombreuses œuvres du Vinci sont perdues.Le temps a endommagé « la Cène » déjà gâtée par l\u2019humidité quelques années après son exécution.Le Musée du Louvre possède les meilleures toiles: la Vierge aux Rochers, la Vierge de Sainte-Anne, la Joconde, Bacchus. LEONARD DE VINCI 619 Fait troublant: les différents protecteurs du Vinci eurent une fin tragique.Ludovic le More mourut captif, César Borgia fut tué dans un combat, François I disparut prématurément à cause de ses libertinages s\u2019il faut en croire la légende de la Belle Ferronnière.Malgré tout, Léonard de Vinci reste le précurseur fameux des savants de notre époque moderne et fut dans son temps l\u2019homme éminent, sans égal pour comprendre, agir et bien faire.Jean Desgranges.Montréal, octobre 1933. Le sens des faits Un soir à Laval Pendant trois ans, toujours le troisième lundi d\u2019octobre, selon la coutume, il me fut donner de voir, dans la Collégiale St-Pierre de Louvain, plus de deux cents professeurs en toge, entourés d\u2019un millier d\u2019étudiants, prier le Dieu de lumière de bénir la nouvelle année scolaire, pendant que Mgr le Recteur pontifiait à l\u2019autel avec toute la pompe liturgique des grands jours.C\u2019était la messe du St-Esprit.Les vacances étaient finies, il fallait reprendre le joug.La cérémonie religieuse terminée, la procession s\u2019organisait, et le corps professoral défilait gravement à travers les vieilles rues d\u2019une vieille cité qui porte encore des cicatrices de la grande guerre sous les splendeurs d\u2019une merveilleuse résurrection.Pour l\u2019étudiant, ce cortège hiérarchisé selon la dignité des sciences proclamait bien haut l\u2019ordre qui doit exister dans toutes choses pour en assurer la beauté dans l\u2019unité.Parvenus au vaste amphithéâtre Adrien VI, les professeurs prenaient place sur l\u2019avant-scène, suivis des nombreux auditeurs qui s\u2019emparaient fièvreusement du reste de la salle.Sans trop tarder, commençait le traditionnel « Discours d\u2019Ouverture ».D\u2019une voix franche, d\u2019un accent convaincu, S.E.Mgr Ladeuze s\u2019adressait d\u2019abord à ses chers étudiants.Nous l\u2019avons entendu leur parler magistralement d\u2019« Action catholique », de « Culture générale », et du « Rôle de la mémoire dans les études ».Que de grosses vérités!.Il touchait du doigt le mal de chacun.Puis venait un bref rapport de l\u2019année écoulée: deuils et épreuves, succès rempor- LE SENS DES FAITS 621 tés et grades conférés.enfin les améliorations ou les changements pour l\u2019année qui commence.Conclusion sacrée: Je déclare ouverte l\u2019année académique 19.Aujourd\u2019hui, il m\u2019est permis d\u2019assister à pareille cérémonie dans mon pays.Déjà l\u2019Université Laval a ouvert ses portes depuis bientôt trois semaines, et me voici installé dans la splendide salle des Promotions, pour « L\u2019Ouverture officielle de l\u2019Année académique 1933-34 ».Tout est lumière, même les clairs regards des collégiens cadets qui observent du haut des galeries l\u2019envahissement du parterre.Bientôt les notoires s\u2019avancent: S.Em.le Cardinal Ville-neuve, S.E.Monsieur Carroll, Lieutenant-Gouverneur de la Province de Québec, puis tout le corps professoral en toge défilent sous nos yeux pour occuper les premiers sièges, tandis que Mgr le Recteur et les doyens de chaque faculté prendront place sur le théâtre aux côtés de S.E.le Cardinal.La fanfare du Séminaire nous jette avec brio ses harmonies avant que les lèvres des sages s\u2019ouvrent pour proclamer des vérités parfois un peu dures à dire.M.l\u2019abbé Cyrille Gagnon, au nom de Mgr Pâquet, doyen de la faculté de Théologie, M.le Magistrat en chef, Ferdinand Roy, doyen de la faculté de Droit, M.Arthur Rousseau, doyen de la faculté de Médecine, M.l\u2019abbé Guillaume Déchesne, au nom de Mgr Pelletier, doyen de la faculté des Arts, nous parlent tour à tour des résultats des derniers examens, du travail des élèves, des changements apportés aux programmes, etc.mais surtout.réclament un travail acharné et plus soutenu de la part de l\u2019étudiant.Ces discours sévères, mais justes, que des journaux ont publiés à peu près en entier, resteront de sérieux documents pour l\u2019histoire de notre enseignement Supérieur.En écoutant certaines considérations malheureusement trop vraies sur l\u2019encombrement des carrières libérales et sur l\u2019abaissement de leur valeur morale, sur le trop grand nombre d\u2019inscrits à telle faculté.je pensais à ces pauvres as- 622 LA REVUE DOMINICAINE pirants en droit, en médecine.Combien ont délibéré et cherché conseils pendant toutes leurs vacances, peut-être, avant de donner « l\u2019imperium » qui décidera de leur vie.Hélas, doivent-ils désarmer puisque l\u2019avenir est si noir?Non, ces signes menaçants sont plutôt une invite au travail, à l\u2019armement en vue d\u2019un pouvoir à conquérir, mais surtout à rehausser en lui redonnant son plein prestige avec l\u2019honnêteté perdue.A^gr le Recteur, toujours éloquent, dans une langue finement stylée, nous retrace les différentes phases de l\u2019Université depuis sa fondation: le souci de progresser sans cesse, en s\u2019adaptant graduellement au besoin des temps, apparaît comme un signe manifeste de la féconde vitalité du premier foyer d\u2019enseignement Supérieur de notre pays.Puis s\u2019adressant à ses chers étudiants qui lui sauront gré d\u2019avoir fait vibrer à leurs oreilles, à l\u2019encontre des orateurs précédants, des paroles plus réconfortantes sous l\u2019appel à une vie plus laborieuse et plus studieuse d\u2019où naîtra une joie plus profonde, l\u2019orateur monte dans le rêve des jeunes pour y saisir les éléments qui contribueront à l\u2019affermissement de notre société si ébranlée par la crise.« Chers étudiants, gardez votre beau rêve! Il ne tient qu\u2019à vous, à vos labeurs et à vos vertus d\u2019aujourd\u2019hui, qu\u2019un rêve si beau devienne demain une noble et bienfaisante réalité ».S.E.Mgr Ross redit toute sa confiance en l\u2019Université pour donner aux hommes cette trempe profonde qui les rendra invulnérables dans les luttes auxquelles la société les convie.Pareille séance, tant par l\u2019éclatant succès qui l\u2019a couronnée que par les divers orateurs qui y ont prêté leur concours, déborde certainement les cadres coutumiers d\u2019une simple fête d\u2019Ouverture.Louvain sous ce rapport est dépassé! Ce n\u2019est pas seulement le personnel enseignant et enseigné, mais tout le pays qui se trouve représenté par le LE SENS DES FAITS 623 Lieutenant-Gouverneur de la Province, et 1 \u2019Eglise même, par son Cardinal et ses évêques: NN.SS.Brunault, Ross et Lamarche.Ces distingués prélats attendent de l\u2019Université une action plus efficace par une formation professionnelle plus poussée, un rôle plus grand dans le grand drame de notre survivance française et catholique au Canada.P.Antonin Lamarche, O.P.Québec, 28 septembre 1933.L\u2019Académie de S.Thomas \u2014 4'eme session.L\u2019Académie canadienne de S.Thomas a tenu sa quatrième session les 4 et 5 octobre dernier.Ce fut une fête de la pensée.L\u2019admirable Président de l\u2019Académie, Mgr Pâquet, et ses précieux collaborateurs de Québec n\u2019ont rien épargné pour que l\u2019organisation en fut aussi parfaite que possible.L\u2019on sait ce que cela veut dire quand on parle de Québec, « for the people of Quebec know how to do these things as they ought to be done ».Le cadre de Laval s\u2019y prête merveilleusement.De plus, une heureuse coïncidence avait réuni à Québec l\u2019Episcopat du pays tout entier.Le Cardinal Primat, dix-sept Archevêques et Evêques ont rehaussé de leur pourpre, de leur haute dignité et de leur fortes personnalités, cet hommage de l\u2019élite intellectuelle au Docteur commun.Une peinture de S.Thomas dominait la scène.La verdure des palmiers qui entouraient l\u2019Ange de l\u2019école nous transportait, par la pensée, au berceau du S.Docteur: Naples et ses environs.Les prélats et les membres de l\u2019Académie eurent le plaisir de se voir entourés du Québec intellectuel, toujours fidèle au rendez-vous, dans cette salle des Promotions, de décoration un peu criarde qui souligne trop une trop abondante architecture.Mais c\u2019est bien le seul manque de discrétion qu\u2019il y ait là. 624 LA REVUE DOMINICAINE Dès la séance d\u2019ouverture, Mgr le Président, dans un travail de la plus haute portée doctrinale et pratique, nous a assurés que cette quatrième session ne serait inférieure en rien aux trois précédentes.En un coup d\u2019œil d\u2019une singulière profondeur, Mgr Paquet nous a fait voir, en beauté, ce que l\u2019avenir canadien peut et doit attendre du mouvement thomiste.On aura lu avec admiration ce travail du penseur, dont nous reproduisons la conclusion: « Si jamais, Messieurs, il fut nécessaire, pour le Canada, de dresser contre les entreprises et les assauts répétés du mal, tous les ressorts et toute la métaphysique du bien, c\u2019est sûrement en ces jours où le monde entier se tourmente dans une angoissante fermentation d\u2019idées, et où, en nos propres provinces, de larges fissures s\u2019ouvrent aux théories les plus osées, aux prétentions les plus captieuses et les plus subversives.« Dans le travail de préservation religieuse et sociale qui s\u2019impose, nul effort ne peut être de trop.L\u2019Académie dont nous sommes les modestes ouvriers vient, semble-t-il, à son heure pour prêter son concours à l\u2019œuvre, si méritante, de nos maisons d\u2019enseignement supérieur, et nous aider à réaliser le rêve de paix, de fidélité à Dieu, de sécurité doctrinale, de juste initiative, d\u2019ascension intellectuelle, morale et nationale, de tout bon patriote canadien ».C\u2019est la première fois que j\u2019ai vu Mgr Paquet s\u2019asseoir pour lire un travail.Après cinquante ans d\u2019un labeur formidable, d\u2019énergies dépensées sans compter, il est bien permis à celui qui entrevoit « les approches de la vieillesse », de songer à ménager des forces si précieuses.Et puis, nous étions heureux de voir notre Président, notre Maître, assis dans sa chaire de professeur.C\u2019est une magistrale leçon qu\u2019il nous a donnée.Avec M.le chanoine Robert nous avons fait un rapide voyage de Québec à Ottawa, Montréal et Chicoutimi.Nous y avons constaté un mouvement thomiste fort impressionnant LE SENS DES FAITS 625 et plein de promesses.Chacun des travaux mériterait d\u2019être, ici, analysé.L\u2019espace nous manque pour le faire.Il y avait au programme l\u2019apologétique, la philosophie, la théologie.Tous les travaux ont été remarquables et remarqués.Le début du travail du T.R.P.Dugré, Provincial de la Compagnie de Jésus, m\u2019a particulièrement intéressé.Les Jésuites sont, pour ainsi dire, nés de la controverse et pour la controverse.Le T.R.P.Dugré a fait, en commençant sa conférence, la profession de foi thomiste de la Compagnie.Il l\u2019a trouvée dans un auteur allemand, René Fulop-Miller.L\u2019auteur a bien pu, là aussi, se tromper, il a écrit tant d\u2019autres erreurs sur la Compagnie.J\u2019ai cru, pour ma part, que le T.R.P.Dugré voulait, avec finesse et non sans une pointe de malice, laisser entendre que, vraiment, les philosophes et les théologiens de la Compagnie ont rendu un immense service au thomisme, non en ce que la règle de S.Ignace impose S.Thomas, mais parce que leur manière de l\u2019interpréter et de l\u2019enseigner a stimulé le vrai thomisme, que ces « controverses » d\u2019écoles ont fourni un riche apport à l\u2019intelligence et à l\u2019exposition de la « Genuina doctrina Sti Thomæ ».Et, malgré moi, je pensais aux vingt-quatre thèses thomistes et au Père Mattiussi! Le T.R.P.Dugré ne m\u2019en voudra pas, j\u2019en suis certain, de cette remarque amicale et tout aussi bienveillante que sa confession, « ad majorem Divi Thomæ gloriam ».Le travail de M.l\u2019abbé Sabourin fut des plus instructifs, et nous avons bien vu l\u2019Eglise de Rome en face de cet Orient subtil, insaisissable, quasi incapable de discipline.Les Révérends Pères Fafard, C.S.V., et Blanchin, O.M.L, ont parlé de philosophie très métaphysiquement.Deux travaux entièrement fouillés et solides, qui eussent été encore mieux goûtés par un petit nombre d\u2019auditeurs spé- 626 LA REVUE DOMINICAINE cialistes.M.Perrier, « M.le Curé Perrier », que nous vénérons et que nous aimons, avait un travail d\u2019extrême importance sur la Responsabilité, qui serait à répandre à profusion, dans notre monde à conscience oblitérée! Voici la conclusion de ce travail: « Impossible d\u2019établir le fondement de la responsabilité et de la sanction, sans supposer l\u2019existence d\u2019un Dieu bon, juste et sage, maître de tous nos actes, principe de tous nos droits.Si Dieu n\u2019existait pas, en effet, il n\u2019y aurait aucune règle supérieure à la volonté humaine: elle serait à elle-même sa loi, et par conséquent tous ses actes seraient légitimes.Il n\u2019y a pas de morale, pas de responsabilité, pas de sanction, s\u2019il n\u2019y a pas de Dieu ».La première séance fut sous la présidence d\u2019honneur de son Eminence le Cardinal Villeneuve; la deuxième sous celle du T.R.P.Marchand, O.M.I., recteur de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Son Excellence Mgr Brunault présida la troisième.Il eut la bienveillance de clôturer cette séance par un magnifique discours, où les paroles aimables pour l\u2019Académie, la force de la pensée et l\u2019élégance de la phrase se disputaient la première place.La quatrième session de l\u2019Académie aura donc été un succès, elle aussi.Nous en sommes revenus heureux, et confiants dans l\u2019avenir.Nous nous disions qu\u2019en effet, dans la pratique de la vie, Dieu doit être à la base de la pensée humaine, à la base aussi de la concience humaine.C\u2019est à nous de l\u2019y installer et de l\u2019y maintenir.Lourde tâche, tâche d\u2019apôtre! P.-M.Gaudrault, O.P.Membre de l\u2019Académie Saint-Thomas Dans l'Ordre: Un apôtre de la vérité Le Père Proulx fut, dans toute la force du mot, un apôtre de la vérité. LE SENS DES FAITS 627 On abuse parfois de ce mot d\u2019apôtre.Ainsi, qu\u2019un homme, qu\u2019un prêtre, qu\u2019un religieux même, doué de grandes qualités intellectuelles, s\u2019adonne aux pures spéculations, qu\u2019il emploie toutes les subtilités de son esprit à trouver de nouvelles distinctions, à disserter sur ce que Dieu de puissance absolue, aurait pu faire ou ne pas faire, qu\u2019un tel homme, qui n\u2019est, après tout, qu\u2019un dilettante de spéculations, meure, on n\u2019hésitera pas à rendre le verdict: apôtre ou martyr de la vérité! Nous n\u2019ignorons pas que la vocation missionnaire à elle seule ne crée pas la sainteté.Il ne suffit pas, hélas, d\u2019avoir entendu le « pariez hérauts de la bonne Nouvelle », de s\u2019être fait baiser les pieds par ses frères, d\u2019avoir traversé le Pacifique, pour se trouver tout sanctifié sur les côtes de la Chine ou les plages du Japon.L\u2019apôtre se trouve aussi bien dans une cellule monastique, dans un modeste cabinet d\u2019études, dans un presbytère ignoré: i! est en premier lieu une pensée et un cœur tendus vers Dieu.L\u2019apôtre n\u2019est pas celui qui rêve grand: c\u2019est celui qui sait vivre une austère réalité.Les grands rêveurs tournent tout au plus poètes; l\u2019amour du Christ, la passion des âmes, l\u2019intelligence de la croix forment des cœurs apostoliques.Le Père Proulx eut à un haut degré cet amour du Christ, cette passion des âmes à sauver, cette intelligence de la croix.L\u2019amour du Christ et des âmes n\u2019est au fond qu\u2019un seul amour, qu\u2019une seule charité.Qui a un peu contemplé le Christ l\u2019aime tout entier, non seulement dans les repos de Béthanie, les courses ensoleillées sur un lac dont, probablement, l\u2019âme de Jésus comprenait seule toute la poésie, mais encore dans les marches infructueuses, les accablantes dérélictions, l'incompréhension, chez ses disciples des mystères les plus divins.On aime mal le Christ si on veut faire abstraction de sa mission de Sauveur, si on ne veut boire à l\u2019amertume de son calice, si on ne veut donner jusqu\u2019à son dernier souffle pour propager sa doctrine. 628 LA REVUE DOMINICAINE Le T.R.Père Proulx eut d\u2019abord l\u2019ambition de connaître le Christ pour le donner dans toute sa lumière: de là l\u2019ardeur de ses études.S\u2019il avait été animé de sentiments purement humains, la chaire d\u2019apologétique au collège dominicain d\u2019Ottawa eût sans doute comblé ses ambitions: les titres les plus enviés dans l\u2019Ordre, l\u2019estime profonde de ses élèves, une renommée toujours grandissante semblaient le digne couronnement de sa science et de ses vertus.La Providence, par des voies de mystère et de douleur, l\u2019orienta vers nos missions, ouvrier de la première heure.Là, il devait continuer l\u2019ascension de son calvaire.Un bref séjour au Tonkin lui valut la malaria; l\u2019excès de ses veilles et son gigantesque labeur intellectuel avaient miné ses forces.Quel extraordinaire bûcheur que ce Père Proulx! Quel solide défenseur de la religion, quel apologète! Bien habile qui eût brisé les mailles de son raisonnement! Il ne voulait pas tant des spécialistes que des hommes aux idées générales, aux vues nettes, aux larges synthèses.Il fallait voir comment lui-même maîtrisait un sujet.Il n\u2019était point homme à faire de la science théologique un simple rassasiement de nos facultés les plus élevées: il savait que la théologie doit passer à l\u2019action, qu\u2019il ne suffit pas d\u2019être savant quand l\u2019humanité souffre et se meurt à nos côtés.Aussi toutes les questions de politique internationale, tous les mouvements philosophiques contemporains l\u2019absorbaient souverainement.Comme il s\u2019était consacré à l\u2019apostolat au Japon, il avait à cœur d\u2019orienter vers une solide philosophie les étudiants japonais en train de dissiper dans l\u2019éparpillement ou de dangereuses nouveautés le vif-argent d\u2019un esprit inquiet: de là une première publication japonaise du Père, « Etude sur le marxisme ».Le Père avait une bien noble idée de la philosophie.Dans sa petite chambre japonaise de Tsunogoro-cho, sur son bureau de travail où j\u2019écris ces lignes, il avait lui-même fixé une pensée de saint Augustin: « Le vrai philosophe est LE SENS DES FAITS 629 celui qui aime Dieu! » Voilà sa philosophie rattachée à l\u2019apostolat.Dans une simple introduction au catéchisme, il avait pu, quelques mois avant sa mort, faire une vigoureuse synthèse apologétique.Habitué à maîtriser les autres sciences, il souffrait beaucoup de ne point maîtriser la langue japonaise.Peut-être là son humilité exagérait-elle, lui faisant considérer comme un échec ce qui pouvait n\u2019être encore qu\u2019un demi-succès.Une paroissienne très instruite me disait tantôt: « Malgré ses prétentions contraires, le Père parlait suffisamment le japonais.Aux larmes de ses paroissiens, j\u2019ai pu juger combien il s\u2019était gagné les cœurs ».Le dévouement du Père aux âmes qu\u2019on lui avait confiées était absolu.Il ne se contentait pas de sa chrétienté de Tsunogoro-cho, mais multipliait ses randonnées dans les montagnes et les villages voisins.Rarement il revenait sans avoir fait un baptême, régularisé un mariage, ramené un non-pratiquant: ainsi le bon Pasteur nous est-il dépeint à la recherche de la brebis égarée.Le Christ appesantissait de plus en plus sur les épaules du Père le sombre poids de sa croix.Un sommeil pénible, un mal de reins presque continuel, un épuisement physique complet devaient amener une grande dépression morale: un sentiment d\u2019impuissance, d\u2019échec devant une tâche trop lourde, un amer pessimisme envahissaient son âme.Seules sa robuste foi, sa confiance et son obéissance d\u2019enfant à son directeur spirituel le sauvèrent de cette crise.De cette purification douloureuse il sortit enfin, joyeux, enthousiaste, aimant à répéter que son âme sortait d\u2019un tunnel.Revenu un peu mieux, on lui proposa le retour au Canada: il pourrait y refaire ses forces, reprendre son enseignement théologique.Le bon Dieu lui inspira l\u2019héroïsme de refuser tout adoucissement à son sort: « Je voudrais, 630 LA REVUE DOMINICAINE dit-il, donner au Japon le reste de mes forces et de mon activité ».A un faible renouveau de vie correspondit un redoublement d\u2019apostolat.Le Père nous prêche la retraite sacerdotale qu\u2019il devait aussi donner au diocèse de Fukuoka.Il continue ce qu\u2019il considérait l\u2019œuvre de sa vie, une apologétique où il devait réfuter le bouddhisme, établir aux yeux des païens la rationabilité de l\u2019acte de foi et la beauté de l\u2019Eglise.Déjà les cadres de cette étude étaient tracés, le livre était tout édifié dans son cerveau mais, hélas, n\u2019en devait point sortir.Benoît-M.Larose, O.P.Le Père Proulx s\u2019était rendu à Kôriyama, le dimanche 6 août pour prêcher la retraite annuelle de nos Sœurs de l\u2019immaculée Conception.Tout semblait bien aller quand samedi le 12 le Père se sentant indisposé écrivit un billet à la Révérende Sœur Supérieure pour s\u2019excuser de ne pas pouvoir faire son instruction ce jour-là.De violents vomissements suivirent, mais sans laisser prévoir la terrible maladie dont ils n\u2019étaient que les symptômes.Le cœur semblait faiblir et le Père s\u2019en plaignit aux Sœurs qui lui administrèrent un stimulant.Le dimanche matin, le Père se lève, descend faire sa toilette, puis remonte à sa chambre.A Monseigneur Dumas qui lui demande comment il va, il répondit: « Je me sens bien ce matin ».Quelques minutes après il s\u2019affaissait sur le plancher, incapable de dire un seul mot.Jusqu\u2019à sa mort le Père ne devait plus parler.Le seul signe de connaissance qu\u2019il donnât était de sourire aux Pères qui venaient le visiter.La paralysie envahissant tout le côté droit, il ne pouvait remuer ni la main ni le pied droits; à peine venait-il à bout d\u2019avaler du liquide par le côté gauche de la bouche.On le vit souvent faire glisser rapidement entre ses doigts son chapelet en s\u2019arrêtant un peu sur les Pater. LE SENS DES FAITS 631 Appelé par un télégramme de Mgr Dumas j\u2019arrivai dans l\u2019après-midi du même jour.Le Père me reconnut, me tint longuement la main et me sourit.Deux Sœurs de l\u2019immaculée Conception se tenaient déjà au chevet du Père et ne devaient pratiquement plus le quitter.Je me fais un devoir de rendre hommage au dévouement de ces bonnes religieuses de Kôriyama.Elles furent pour le malade et pour les Pères qui le gardèrent un précieux encouragement et une sécurité grâce à leur compétence et à leur inlassable charité.La pénible nouvelle se répandit vite dans tous les postes et toutes les communautés du diocèse.Chrétiens, Religieuses et Pères se mirent en prières.Car tous avaient l\u2019impression que le cas était grave.Pourtant ceux qui gardaient le Père ne renonçaient pas à tout espoir de guérison au moins incomplète.Le vendredi soir, le Père Lemieux arrivait de Hakodaté pour nous aider.Le samedi 19, quand je quittai le Père pour rentrer à Sendaï avec Mgr qui allait à Ogawara, le cher malade semblait un peu mieux et je comptais bien constater de nouveaux progrès à mon retour le lendemain après-midi.Hélas! il ne devait pas en être ainsi! Je trouvai le Père plus affaibli; les yeux étaient plus ternes et la bouche plus fiévreuse.Il toussait et semblait souffrir de la tête, car il y portait souvent la main gauche.Le lundi après-midi, la fièvre se mit à monter et le pouls à s\u2019agiter: le malade faiblissait visiblement.Nous crûmes prudent d\u2019appeler le médecin.C\u2019est alors que je vous envoyai le premier câblogramme.En même temps j\u2019envoyai une dépêche au R.P.Totsuka, prêtre médecin de Tokyo et ami du Père Proulx, le priant de venir le plus tôt possible.Le Père Totsuka arriva le mardi matin à quatre heures et avant même de dire sa Messe, procéda à un diagnostique fort intelligent de son ami malade.Contrairement à son collègue de Kôriyama, il n\u2019essaya pas de nous cacher que le cas était très grave et nous conseilla d\u2019administrer le Père.Mais Mgr Dumas avait déjà pris cette pré- 632 LA REVUE DOMINICAINE caution le dimanche soir précédent.Quand on annonça la visite du Père Totsuka, le malade eut un sourire presque imperceptible.Comme la fin semblait approcher on fit venir les Pères les plus proches: Les Rév.Pères Larose et Egli, de Sendaï, et le Rév.Père Dionne, de Fukushima.Ces trois Pères arrivaient l\u2019après-midi.A six heures le Révérend Père entrait en agonie, une agonie très douce.Les six religieuses de l\u2019immaculée Conception se joignirent aux cinq Pères présents pour réciter les prières des agonisants.Qu\u2019on se représente la scène; elle est d\u2019une émouvante beauté.Un religieux fidèle à ses vœux et à sa règle, un missionnaire tombé sur le champ de son apostolat, dans l\u2019exercice du plus sacré des ministères, se disposant à échanger sa vie d\u2019exil pour la vie de l\u2019éternelle Patrie.Aussi point d\u2019amertume dans nos larmes, point de déchirements dans la séparation.Au contraire la bienheureuse espérance de voir notre cher frère, à la foi invincible et à la charité communicative entrer dans la joie de son Seigneur.Après avoir dit le Rosaire 5 fois, 10 fois peut-être, nous chantâmes les Litanies et le Salve Regina.A la fin de ce dernier chant auquel la voix virginale des Sœurs prêtait une note angélique, notre bon Père, le vaillant et gai compagnon de notre apostolat, expirait et quittait cette terre du Japon sur laquelle il avait tant souffert et tant prié et qu\u2019il aurait pu quitter s\u2019il avait été moins sublime dans son sacrifice.11 était huit heures précises du soir.C\u2019est l\u2019heure où dans beaucoup de couvents de l\u2019Ordre, les religieux avant de se reposer chantent les Complies et le Salve Regina.Quelques minutes auparavant le R.P.Egli plaça devant les regards presque éteints du moribond le Crucifix et à la grande émotion de tous, les yeux s\u2019ouvrirent très grands, prirent une expression illuminée et restèrent attachés jusqu\u2019après le dernier soupir sur l\u2019image sacrée du Sauveur.Pour nous qui avons assisté à cette mort consolante, nous reprendrons avec joie le fardeau de chaque jour, si nous devons connaître la douceur et LE SENS DES FAITS 633 la paix d\u2019un pareil soir.Aidé par le R.P.Lemieux j\u2019eus l\u2019honneur et la consolation d\u2019ensevelir le Père.Pendant ce temps le R.P.Laporte expédiait les dépêches.Les Pères commencèrent à arriver depuis 4 heures du matin avec le P.Reid jusqu\u2019à 10 heures du soir.Un premier service fut chanté à Kôriyama le jeudi matin à 9 heures et demie.Dès 9 heures, le R.P.Reid fit la levée du corps.Et à 9 heures et demie le R.P.Bissonnette chanta le service assisté des RR.PP.Reid et Laporte.Immédiatement après le service on se rendit à la gare pour transporter les restes à Sendaï.Le long de la route, des chrétiens de Shiroishi et de Ogawara, postes desservis par le Père, se rendirent nombreux à la gare pour déposer des fleurs sur le cercueil et rendre un dernier hommage à leur regretté missionnaire.A Sendaï, environ 150 chrétiens attendaient sur le quai de la gare.On se forma en procession pour suivre le corbillard jusqu\u2019à l\u2019église.Le R.P.Pouget, des Missions Etrangères de Paris, présida à la levée du corps dans l\u2019Eglise de Moto-tera-koji.Le soir à 7 heures les chrétiens des trois postes de Sendaï se réunirent de nouveau à l\u2019église pour prier.Toute la nuit à tour de rôle les Pères se relevèrent allant réciter l\u2019office des morts auprès du défunt.Le vendredi matin à 9 heures Mgr Dumas, administrateur apostolique chanta le service, assisté des RR.PP.Derouin et Tarte.Assistaient au chœur tous les Pères dominicains, le Frère Barthélémy, nos 4 prêtres japonais, le R.P.Deffren-nes, ancien curé de Moto-tera-koji et représentant de l\u2019Ar-chidiocèse de Tokyo et 2 Frères des Ecoles Chrétiennes de Hakodaté, le Fr.Laurent, Directeur et le Fr.Liguori.Un bon groupe de Sœurs représentaient nos 4 communautés: 6 Sœurs de Kôriyama, 6 Dominicaines de Tsunogoro cho, Sendaï, 3 Sœurs de St.Paul de Chartres et 2 Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame de Fukushima.Un des prêtres japonais, le R.P.Doi parla avec émotion des vertus du 634 LA REVUE DOMINICAINE Père, de ses grandes qualités intellectuelles, et de son grand zèle apostolique, inspirateur d\u2019un ministère fécond et couronné par une mort si visiblement agréable à Dieu et consolante pour tous.Immédiatement après les funérailles, 6 Pères portèrent la dépouille jusqu\u2019au corbillard et l\u2019on se mit en route pour le cimetière des chrétiens de Sendaï, où les Dominicains possèdent un terrain.Un long défilé d\u2019une trentaine d\u2019autos suivaient.Là dans ce cimetière désormais reposera le doyen d\u2019âge de ce groupe de missionnaires que la Province a bien voulu envoyer au Japon.Le lendemain sur la demande des chrétiens de Tsuno-goro-cho, on chanta un troisième service dans l\u2019église même du Père.Le Père Reid officia, assisté des Révérends Pères Larose et Egîi.Parmi les nombreuses marques de sympathie, signalons celle de Mgr Chambon, l\u2019Archevêque de Tokyo, de Mgr Hayasaka Evêque de Nagasaki et de la Légation Canadienne de Tokyo au nom du Gouvernement Canadien.Les chrétiens ont offert plusieurs messes, les communautés religieuses de riches bouquets spirituels.De sorte que les prières n\u2019auront pas manqué à celui que tous tenaient en très haute estime et en très grande vénération.Pierre Bissonnette, O.P. L\u2019esprit des livres F.Cappello, S.J.\u2014 « Tractatus canonico-moralis de Sa-cramentis ».Vol.III.De Matrimonio.Editio ter-tia.(Taurini, Marietti 1933) 1 vol.in-8, XXVIII-1081.Pretium, Lib.1t.35.Les traités canoniques du Sacrement de Mariage ne manquent pas.Ils sont nombreux, et quelques-uns sont de toute première valeur, parmi lesquels il nous fait plaisir de mentionner celui du Cardinal Gasparri, dont l\u2019édition nouvelle de 1932 selon l\u2019esprit du Code de Droit Canonique a été judicieusement appréciée dans la Revue Dominicaine d\u2019Avril dernier.Aujourd\u2019hui c\u2019est le R.P.Cappello qui nous offre une troisième édition de son traité canonico-moral du Mariage.Le succès rapide que les deux premières éditions ont remporté est une excellente preuve de sa valeur.Aussi parmi les ouvrages sur ce Sacrement qui tiennent le milieu entre les manuels et les études poussées à fond, il est permis de le placer au nombre des meilleurs.L\u2019auteur, très versé dans les sciences juridiques, est manifestement au courant de la littérature du sujet qu\u2019il traite.Il recueille, insère et expose dans ce volume tout ce qui regarde le Sacrement de Mariage au point de vue canonique et moral.Il touche même quelques points de théologie pastorale et de liturgie, quand il en juge le moment opportun.Bien plus, pour ne rien négliger de ce qui a trait au Mariage, il expose la procédure judiciaire dans les causes matrimoniales que le Code renvoie au Livre IV, « De Processibus ».Pour terminer, il donne un bref exposé du Droit matrimonial de l\u2019Eglise orientale, et dans un deuxième appendice il explique le droit matrimonial italien en vigueur depuis le Concordat passé\" entre le S.Siège et le royaume d\u2019Italie.Voilà ce qu\u2019on trouve dans ce volume de 1081 pages, qui sera, nous l\u2019espérons, d\u2019une grande utilité à ceux qui s\u2019intéressent à la doctrine canonique et morale du Sacrement de Mariage.On a déjà fait à l\u2019occasion des deux premières éditions de ce volume quelques remarques sur la méthode d\u2019exposition du R.P.Cappello.Les opinions des théologiens et canonistes, tant anciens que modernes, 636 LA REVUE DOMINICAINE sont citées sans réticence; les instructions, déclarations, et réponses des Congrégations Romaines sont fidèlement rapportées.De tout cela l\u2019auteur tire ses idées à lui, les précise, les développe.Il prend franchement position dans les questions discutées, résout souvent heureusement les points controversés.D\u2019autres fois cependant sa bienveillance pour ses lecteurs va un peu loin.Il désire naturellement et sans doute légitimement les rallier à ses opinions, mais ses expressions deviennent trop fortes, et tendent à nous dispenser de rechercher ailleurs si l\u2019opinion contraire à la sienne n\u2019aurait pas autant de vraisemblance.Par exemple dans la question si âprement discutée du concept d\u2019impuissance, le R.P.(p.419) après une brève mention des diverses opinions sur le sujet, nous dit que les arguments sur lesquels s\u2019appuient ses adversaires sont très faibles.Bien plus, à y regarder de près, ils ne prouvent rien.J\u2019avoue pour ma part avoir eu une toute autre impression quand j\u2019ai étudié le problème dans « Medicina Pastoralis » d\u2019Antonel-li, qui est visé ici.D\u2019autres fois encore, après avoir exposé deux ou trois opinions avec leurs arguments, le R.P.se borne à faire des remarques générales, pour finir aussitôt par une conclusion pratique.C\u2019est utile, mais ce n\u2019est pas toujours suffisant.Ces remarques faites sur la méthode du R.P.Cappello, il n\u2019en reste pas moins que son traité du Mariage fournit une doctrine excellente dans son ensemble, et donne une orientation générale pour toutes les questions.L\u2019auteur dans sa préface nous promet une histoire du Droit matrimonial.Puisse-t-il remplir bientôt sa promesse.Nous lui ferons bon accueil.P.Raymond Charland, 0.P.Can.Marius Pistocchi: «De suspensione ex informata conscientia ».(Taurini, Marietti, 1932).\t1 vol.in-8, VIII, 128 pp.Pretium Lib.It.5.L\u2019auteur nous donne dans cet opuscule un commentaire soigné des canons qui déterminent le mode de procéder quand il s\u2019agit d\u2019infliger la suspense « ex informata conscientia ».M.le Chanoine Pistocchi suit scrupuleusement l\u2019ordre des canons lui-même, sans ajouter aucune autre division.La méthode est assurément bonne puisqu\u2019elle est recommandée par la S.C.des Séminaires et des Universités, mais l\u2019ouvrage y gagnerait en clarté si la disposition matérielle nous permettait de trouver plus facilement ce qu\u2019on y cherche.J\u2019aurais aimé également que l\u2019auteur fit une justification apologétique plus ferme de cette institution canonique si discutée par les ennemis de l\u2019Eglise, et dont L\u2019ESPRIT DES LIVRES 637 l\u2019application demande tant de tact pour ne pas paraître odieuse.Sans doute il n\u2019a pas manqué d\u2019en parler, mais ce n\u2019est, comme il le dit lui-même, qu\u2019en passant.Au reste, au point de vue exclusivement canonique, le but de l\u2019auteur est atteint, à savoir être utile aux curies diocésaines et aux étudiants en Droit Canonique dans 1 usage et 1 étude de cette institution.P.Raymond Charland, 0.P.Robert Rumilly.\u2014 «La Vérendrye, Découvreur Canadien».\u2014 vol.in 12.\t135 pp.Coll.«Figures Canadiennes», aux éditions Albert Lévesque.L\u2019éditeur Albert Lévesque travaille à implanter chez nous le genre biographies romancées, si florissant en France depuis quelques années.Patriote intelligent autant que zélé, il entend procurer à ses concitoyens de langue française le bienfaisant contact des grandes figures de leur histoire nationale.Et comme il sait que le goût du grand public ne trouve pas son compte dans les austères productions des purs historiens, il prône ce genre plus léger et plus séduisant, où la psychologie de l\u2019écrivain s\u2019exerce à tracer des portraits et à décrire des états d\u2019âme plutôt qu\u2019à échafauder des conjectures sur les faits, et où les charmes du style font oublier la sécheresse de l\u2019érudition.Les érudits regretteront sans doute que la faveur aille à ces productions faciles, et qui ne rendent pas toujours hommage aux travaux antérieurs dont elles sont tributaires, mais que ne mettent-ils un peu plus d\u2019âme dans les leurs ! La présente biographie répond assez parfaitement à cet idéal.L\u2019aventureuse carrière du découvreur des Rocheuses, qui tient de si près du roman, se prêtait à souhait à une pareille exploitation.Pierre Gaultier de Varennes de la Verendrye, amoureux d\u2019Anne Dandonneau du Sable, est en quête d\u2019exploits qui lui permettraient de relever sa situation matérielle.Nommé commandant des postes du Lac Nipigon, il rêve de découvrir la fameuse mer de l\u2019Ouest qui conduit au Cathay et à la Chine.La gloire mettra douze ans à venir, mais après combien de recommencements, et au prix de quelles souffrances! Il se dégage du récit de cette grande épopée une leçon de courage et d\u2019endurance dont les canadiens d\u2019aujourd\u2019hui peuvent faire leur profit.Robert Rumilly est un français qui séjourne à Montréal pour fin de professorat.Son admiration pour le Canada Français nous a déjà valu deux beaux ouvrages: Ste Anne de Beaupré et Sir Wilfrid Laurier, canadien, dont le dernier a été accueilli à l\u2019étranger avec une singulière faveur.Il connaît tous les secrets de littérature française moderne.Il excelle tout particulièrement à enchâsser de jolis mots 638 LA REVUE DOMINICAINE dans des phrases toutes modernes, trop modernes peut-être par les caprices de leur ponctuation.Oeuvre hautement patriotique et de belle tenue littéraire, ce petit livre est enfin un hommage à la cité des Trois-Rivières, \u2014 petite patrie de La Verendrye, \u2014 qui s\u2019apprête à célébrer le troisième centenaire de sa fondation.Tkomas-M.Charland, 0.P.P.Lippert, S.J.\u2014 « L\u2019Eglise du Christ », ouvrage traduit de l\u2019allemand par Régis Jolivet, vol.in 12, 298 pp.Lyon, Paris, E.Vitte, 1933.Voici un bien beau livre sur l\u2019Eglise.Ce n\u2019est pas un traité apologétique, directement du moins; ni un traité purement dogmatique.Il n\u2019est pas toujours nécessaire, pour faire accepter la vérité, de réfuter toutes les objections soulevées contre elle.Il suffit souvent de l\u2019exposer sous son vrai jour et dans toute sa séduisante beauté: bien des préjugés tombent d\u2019eux-mêmes.Mais encore faut-il que cet exposé soit adapté à l\u2019état des esprits qu\u2019on veut éclairer, et fait dans une langue qu\u2019ils peuvent comprendre.Tel est celui que fait le P.Lippert du problème de l\u2019Eglise.Il s\u2019adresse évidemment à des universitaires allemands, travaillés par le besoin religieux et férus d\u2019histoire.Aussi la note psychologique et la note historique y sont-elles fortement accentuées.Sans prétendre éclaircir le mystère de l\u2019Eglise, il en fournit une explication humaine capable d\u2019aplanir les voies aux esprits les plus exigeants.Outre l\u2019essentiel des grandes thèses de l\u2019ecclésiologie, on y rencontrera des aperçus synthétiques sur l\u2019histoire de l\u2019Eglise dont la justesse ne pourra manquer de frapper les experts en la matière.C\u2019est mieux qu\u2019un livre fait, c\u2019est un livre pensé.Il me serait difficile d\u2019en évaluer les richesses.Je le comparerais volontiers à L'esprit de la liturgie de Romano Guardini et au Vrai visage du Catholicisme de Karl Adam (eux aussi traduits de l\u2019allemand), auxquels il s\u2019apparente par la profondeur et l\u2019originalité des vues.Je souhaite qu\u2019une traduction anglaise vienne étendre le bénéfice de sa lecture à un autre groupe si important de non catholiques.Les catholiques eux-mêmes s\u2019expliqueront, en le lisant, le prestige de plus en plus grandissant de l\u2019Eglise et apprécieront mieux le bonheur et la sécurité d\u2019y appartenir.¦r^ Thomas-M.Charland, 0.P.Abbé Pascal Potvin.\u2014 « Pour l\u2019Amour du Grec », \u2014 Editions Albert Lévesque, Montréal, 1933, (prix: $1.00). L\u2019ESPRIT DES LIVRES 639 « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage! Ou comme celui-là qui conquit la toison, Et puis est retourné plein d'usage et raison Vivre entre ses parents le reste de son âge! » Ce sont ces vers de Joachim Du Bellay qui me sont revenus tout naturellement à l\u2019esprit en fermant le récent ouvrage du docte et spirituel abbé Potvin.Mais j\u2019ignorais jusqu\u2019ici que mon ancien professeur de silence et d\u2019exactitude, devenu « fervent humaniste », n\u2019avait pas su résister aussi bien aux bercements des mers antiques sur l\u2019IphL genia, qu\u2019à ceux de l\u2019Atlantique sur l\u2019Empress of Australia.Quant à sa croisière en Grèce, « Pour l\u2019Amour du Grec » \u2014- ou celui des lettres canadiennes et de nos humanités traditionnelles \u2014 nous avons soupçonné qu\u2019il devait la méditer, lorsque nous le vîmes à R.ome au printemps de 1930, promener un air recueilli dans les chauds salons du Collège Canadien.Et je me rappelle qu\u2019un ami de l\u2019auteur lui donnait ce conseil en lui faisant ses adieux au parloir du Collège Angélique : « Si vous ne voulez pas que vos élèves prennent en dégoût les beautés littéraires que vous leur offrez chaque jour dans les classiques latins et grecs, commencez par les leur faire aimer, autrement, ils en viendront à exclure pour toujours de leur bibliothèque, Virgile et Homère considérés comme inabordables ».Combien de bacheliers des lettres n\u2019ont goûté la douceur du « Tity-re, tu patulæ recubans.» que longtemps après leur sortie du collège, c\u2019est-à-dire, lorsqu\u2019ils sont parvenus à oublier l\u2019ambiance trop aride du fastidieux « mot à mot » dont deux ou trois exercices suffisent à gâter les plus grands chefs-d\u2019œuvre mis entre les mains des écoliers.Combien d\u2019autres, se privant ainsi des tout premiers éléments nécessaires à la formation du goût littéraire et artistique, ne retournent jamais à leurs classiques, pour en avoir été littéralement écœurés pendant leur cours par une méthode défectueuse de traduction et d\u2019explication.D\u2019autres chez qui le feu sacré a résisté aux multiples influences capables de l\u2019étouffer vingt fois reprennent leurs classiques à une époque où il faudrait ajouter encore aux quatre meilleures années de l\u2019adolescence, une ou deux autres années de préparation.Le temps fait défaut alors et ce qui se présente à la mémoire d\u2019un grand nombre en évoquant une églogue de Virgile ou un chant d\u2019Homère, ce ne sont pas les abeilles de l\u2019Hymette distillant un miel divin, ni les taureaux aux larges fronts qui foulent sur le sol uni d\u2019une aire les épis d\u2019orge blanche, mais bien l\u2019atmosphère enfiévrée d\u2019une salle d\u2019étude, avec la perspective d\u2019une heure de retenue si la page de version règlementaire n\u2019obtient pas les deux tiers des points alloués.La première partie du livre de l\u2019abbé Potvin, « Avant la Croisière», 640 LA REVUE DOMINICAINE vise à prévenir cette lacune.Il y a là une défense discrète et raison-née de nos humanités traditionnelles bien comprises: «A l\u2019occasion (de l\u2019explication d\u2019un texte) on pourra comparer les tendances religieuses de deux auteurs, de deux époques ou même de deux cités.Digression en apparence, mais il est de fait que le plus intéressant pour l\u2019élève, c\u2019est « ce qui n\u2019est pas dans le livre ».L\u2019histoire des religions dans « Christus » donne de beaux résumés dont le schéma se mettra facilement au tableau noir et prêtera à un utile développement sur le sujet.Quand ce ne serait que pour habituer l\u2019élève à laisser le dictionnaire et le mot à mot et à élargir ses horizons! Il lui en restera sinon des notions bien précises, du moins le soupçon que ces questions existent: habitude d\u2019esprit précieuse pour l\u2019avenir», (page 24).Et comme conclusion de cette première partie :\t« Le commentaire historique est une étude intéressante en elle-même comme tout ce qui livre un secret et la vie.Il donnera à l\u2019élève l\u2019habitude de voir plus haut et plus loin qu\u2019un mot, plus haut et plus loin qu\u2019une idée, il aiguisera son sens critique en même temps que son horizon intellectuel s\u2019élargira.Sans cela, le poignet aura pris de la vigueur à manier les gros dictionnaires, l\u2019esprit aura fonctionné pour un travail ingrat et gardera sûrement un entraînement précieux de cette gymnastique intellectuelle sur les textes.Ce n\u2019est pas assez; faisons en sorte que vos élèves gardent au moins le soupçon qu\u2019il y a de belles choses à goûter.S\u2019ils avaient le désir de revenir à leurs classiques grecs.plus tard, ce serait un triomphe.Est-ce vraiment trop exiger de l\u2019explication grecque bien faite?(page 50).L\u2019on aimerait toutefois qu\u2019à ces cinquante premières pages où l\u2019on sent bien que l\u2019auteur a voulu toucher à toutes les questions qui intègrent son sujet, il en eût ajouté cinquante autres destinées à éclairer de façon plus complète et plus précise certains aspects particuliers.Reste par exemple la question du danger qui résulte pour les jeunes d\u2019une fréquentation trop assidue des auteurs païens.Cette question que plusieurs peut-être considèrent comme périmée depuis les ardentes polémiques quelle a provoquées en France et en Italie, il y a un demi-siècle, restera toujours pendante, tant qu\u2019il y aura parmi les plus imaginatifs et les plus sensibles, des écoliers beaucoup plus enclins à rêver aux nymphes qui peuplèrent la grotte de Calypso qu\u2019à la vanité et à l\u2019ostentation des dieux de l\u2019Olympe.La méthode apologétique négative et indirecte dont l\u2019auteur nous fait très bien voir d\u2019ailleurs l\u2019opportunité et l\u2019urgence dans l\u2019explication des textes païens, reste cependant moins efficace que la méthode positive et directe.C\u2019est pourquoi les instituteurs des collèges chrétiens ont voulu opposer aux poisons subtils des auteurs païens ou même simplement profanes, l\u2019antidote des auteurs positivement chrétiens, c\u2019est-à-dire qui offrent par le sens même de leurs écrits, sans l\u2019aide d\u2019aucun commentaire, l\u2019exposition d\u2019une vérité dog- L\u2019ESPRIT DES LIVRES 641 matique ou morale.Et pour arriver à ce résultat, l\u2019on a introduit dans le cours de lettres une explication des Pères Grecs.L\u2019on ne peut s\u2019empêcher de regretter que « Pour l\u2019Amour du Grec », ne fasse aucune allusion à ces piliers de l\u2019Eglise qui furent en même temps d\u2019excellents humanistes.D\u2019autres reprocheront à l\u2019auteur de n\u2019avoir pas suffisamment mis en lumière l\u2019aspect strictement philosophique de la civilisation grecque.Les réflexions et commentaires se limitent à l\u2019architecture, à la sculpture, au théâtre et à l\u2019éloquence.Platon n\u2019est mentionné que quelques fois et bien incidemment; Aristote n\u2019est nommé qu\u2019une seule fois.Et pourtant, une fois le cours terminé, ces noms-là reviendront plus fréquemment pour la majorité des élèves, que ceux de Périclès, d\u2019Eschine et de Sophocle.Mais enfin l\u2019auteur n\u2019était pas tenu de faire passer dans son livre tout ce que ses nombreux lecteurs et amis désireraient y trouver.Déjà ce n\u2019est pas un moindre mérite d\u2019avoir pu faire revivre dans nos mémoires quelques joies de ce cours de lettres que l\u2019on fait mine de ne jamais regretter, de mépriser parfois, même en le revivant en sourdine.« Pour l\u2019Amour du Grec » est d\u2019une lecture facile et entraînante.Une érudition qui garde le sourire y sema des traits de spirituelle bonhomie.Dans le récit de « La Croisière en Grèce », l\u2019auteur fait preuve d\u2019une connaissance parfaite des nombreuses virtualités de la langue française; nouveau témoignage en faveur de l\u2019étude du Grec pour former au maniement du Français.« Il m\u2019a fallu reprendre place dans notre autobus de ce matin: Asclépios me joue ce vilain tour.Des 15 que nous sommes, sur les banquettes placées face à face, je suis le seul à ne pas dormir et encore.seulement pour qu\u2019il y en ait un à venir le dire.Effet conjugué du vin et du soleil de Grèce! A Colonis \u2014 le joli nom pour un joli hameau \u2014 une petite église dans un repli de terrain.Ses murs sont de toute matière, morceaux de marbres, pierre grise et tuf rouge, tout cela noyé dans le mortier.De près, c\u2019est un mélange bizarre; de loin, on ne retient que le reflet de ses marbres et du clocheton massif qui domine les deux nefs en croix.Aux beaux jours d\u2019Epidaure, un autel y rappelait déjà une légende Asclepienne.» (page 147).Le reste est à l\u2019avenant.L\u2019on pourra se procurer « Pour l\u2019Amour du Grec » aux Editions Albert Lévesque.Le livre fait partie de la collection « Les Jugements », et est enrichi d une bienveillante préface de S.E.Mgr Cour-chesne qui recommande avec l\u2019autorité que lui donne sa carrière et son expérience « un livre propre à intéresser non seulement nos professeurs, mais encore tous ceux qui aiment à se renseigner sur ce que pensent et ce que s\u2019imposent nos maîtres de l\u2019enseignement secondaire ».Albert Saint-Pierre, 0.P. 612 LA REVUE DOMINICAINE Marthe de Fels \u2014 « Vauban » \u2014 (Librairie Gallimard, Paris).Le livre nous est parvenu récemment, hommage de l\u2019auteur.Il respire un âcre et vivifiant parfum du terroir, et recèle tout le charme de « la route de France ».Madame Marthe de Fels est un écrivain original, à qui.une merveilleuse souplesse de pensées et une richesse inattendue d\u2019expressions permettent de styler des personnages ondoyants et divers.Avec un art discret, et une souriante mais profonde psychologie, elle trace des portraits réalistes, très élégants.Sa pointe est fine et vibrante.Pour peindre un Claude Monet, le génial peintre de l\u2019atmosphère, Marthe de Fels avait adopté la «manière» moderne: touches délicates, coloris dégradé, luminosité d\u2019impressionniste, acuité d\u2019observation, le tout teinté du plus pur classicisme.En traits fermes, vigoureux, sans sécheresse, dans un style toujours parfait avec quelque chose d\u2019un peu archaïque, cette fois.Madame Marthe de Fels reconstruit ici, peut-être trop sommairement, la forte et pittoresque physionomie du grand Bâtisseur de la France: Vauban.L\u2019auteur y met tout son cœur de femme et de Française, ainsi la note sincère d\u2019émotion et de sentiment, tempère le « fond » érudition et histoire, sur lequel se découpe l\u2019étrange figure « du bonhomme Vauban, préservé par son rude revêtement d\u2019homme du Morvan, par l\u2019intégrité même de sa nature paysanne, qui fut à lui seul un monde et comme un fief d\u2019un seul tenant, un de ces êtres inexplicables sinon par eux-mêmes ; et, dont la Bruyère disait qu\u2019ils composent seuls toute une race ».On sent que la Comtesse Marthe de Fels, type parfait de la grande Française moderne, a admirablement compris l\u2019âme héroïque de ce rude Français du Grand siècle.« Et passante anonyme sur la terre de France, écrit-elle, j\u2019ai mis mon pied de femme dans la solide empreinte de votre pas de Celte qui sut chausser pour nous la sandale romaine.La France était alors la même.Dans la lumière sainte de midi, la terre illustre et patiente alliait ses vivants à ses morts.La France aux blés, la France aux vignes, la France aux bois était la même, où le manant taillable et corvéable voyait passer l\u2019homme au grand cœur, le Bâtisseur en proie à son souci.L\u2019épervier tirait son ombre sur la plaine, ou « le Meunier, son fils et l\u2019âne » cheminaient.L\u2019abeille aux champs faisait son miel.Et vous, Le Prestre de Vauban, vous faisiez de la France, comme un autre des fables.Dormez en paix, Vauban, car votre parole a pris en nous ».La parole claire et cursive de Marthe de Fels prend aussi en nous. L\u2019ESPRIT DES LIVRES 643 Et nous aimons l\u2019entendre vibrer dans ces livres: hier, Claude Monet, Rameau, aujourd\u2019hui, Vauban, demain Vatel, garçon pâtissier, et Poussin, premier peintre du Roi.Berthe Delisle.Chan.Edouard Thamiry.\u2014 « Les vertus théologales ».\u2014 Leur culture par la prière et la vie liturgiques.In 8° couronne, 250 p.Aubanel Aîné, 15, Place des Etudes, Avignon, 1933.Prix à l\u2019étranger: 15 fr.Ce nouveau volume du chanoine Thamiry recevra sans doute un bon accueil de tous ceux qui s\u2019intéressent au mouvement liturgique.Au cours de ces 250 pages l\u2019auteur s\u2019efforce de mettre en relief les ressources de la liturgie pour développer en nous les vertus théologales et les avantages de la mieux connaître afin d\u2019en imprégner toute notre vie chrétienne.« Par la prière et la vie liturgique l\u2019Eglise propose une méthode d\u2019ascétisme qui conduit à la perfection chrétienne, elle nous y mène sans cesse par la culture simultanée de toutes les vertus, principalement des vertus théologales.Cependant à diverses époques elle met l\u2019accent, sur l\u2019une ou l\u2019autre, vers laquelle elle dirige avec une préoccupation visible notre attention, afin de nous la faire mieux connaître, mieux aimer, mieux pratiquer ».Ainsi pendant l\u2019Avent l\u2019Eglise s\u2019applique à fortifier en nous la vertu d\u2019espérance ; puis avec Noël s\u2019ouvre le cycle de la Foi; les principaux mystères sont présentés à notre méditation, toute la vie du Sauveur se déroule sous nos yeux; et pour répondre efficacement au désir de l\u2019âme rachetée, l\u2019Eglise inaugure le cycle de la charité, cette vertu qui doit animer sans cesse nos efforts chrétiens et donner à nos actes leur valeur surnaturelle.L\u2019année liturgique débute dans l\u2019espérance pour se terminer par le triomphe de la charité.L\u2019auteur a choisi un style sobre et clair où la psychologie fournit à l\u2019ascétisme une base rationnelle pour nous convaincre de l\u2019utilité de la liturgie, de sa bienfaisante efficacité en vue d\u2019assurer aux vertus théologales un complet épanouissement.C\u2019est une lecture à la fois intéressante et salutaire.B.V.Abbé Catesson, p.s.s.\u2014 « Entretiens Evangéliques ».\u2014 pp.X-178.\u2014 Lethielleux, Paris, 1932.Après quarante ans de ministère paroissial, l\u2019abbé Catesson dédie aux paroissiens de Saint-Sulpice et présente au public une première série d\u2019entretiens, inspirés par la vie et la prédication du Christ.L\u2019ou- 644 LA REVUE DOMINICAINE vrage, dont l\u2019auteur a voulu exclure toute « prétention scientifique et exégétique », se divise en trois parties: 1) Quelques unes des sentences de Jésus-Christ; 2) Quelques unes des paraboles de Jésus-Christ; 3) Quelques uns des miracles de Jésus-Christ.Le choix des sentences du divin Maître, est très propre à rappeler aux fidèles leurs principales obligations religieuses, et à les exciter à une vie plus vertueuse.De même, l\u2019explication des principales paraboles utilisées par le Christ dans la prédication, leur en fait mieux comprendre le sens et la portée, et les enseignements d\u2019ordre moral qui en découlent.\u2014 L\u2019examen de quelques uns des miracles de Jésus, en même temps qu\u2019il leur révèle l\u2019extrême bonté et l\u2019infinie miséricorde du Sauveur, rappelle les leçons qui s\u2019en dégagent.L\u2019abbé Catesson a voulu tirer de ces sentences, paraboles, et miracles de Jésus des enseignements destinés à faciliter aux chrétiens la pratique de la vertu, et à adoucir les rigueurs de la lutte de cette vie.La façon toute simple de raconter les faits et de les expliquer lui permet d\u2019atteindre toutes les âmes désireuses de mieux servir le Christ.Et l\u2019auteur continue ainsi dans son livre un apostolat que nous désirons voir s\u2019épanouir en fruits d\u2019amour et de zèle dans l\u2019âme de ses lecteurs.Ls-M.L.Chan.E.Duplessy \u2014 « Cours de Religion » \u2014 IIle Série \u2014- Les Sacrements à recevoir \u2014 Pierre Téqui, 82, rue Bonaparte, Paris Vie.Ce troisième volume ferme la série des cent cinquante-six instructions, en forme de petits prônes.Déjà, l'auteur nous avait montré la nécessité de vivre surnaturellement.Ici, il nous offre les moyens de réaliser cette vie en chacun de nous la grâce et les sacrements.Les principales questions relatives à chacun des sept Sacrements sont traitées.Que le lecteur ne cherche pas dans ces pages l\u2019originalité ou la minutie scientifique.Ce n\u2019est pas le but de l\u2019auteur.Il s\u2019agit de petits prônes, donc d\u2019une doctrine simple, claire et concise.Le souci apostolique est bien marqué : chaque vérité est lumineuse et facile à retenir.C\u2019est un cœur à cœur entre le pasteur et ses ouailles.La forme catéchistique avec son air enfantin est bannie de même que les déconcertantes démonstrations théologiques.Le Droit Canonique exprime le vœu d\u2019une prédication régulière et doctrinale.Là où l\u2019Ordinaire en fait une ordonnance spéciale, il n\u2019y a pas à échapper.Alors, l\u2019embarras fréquent du pasteur, aux prises L\u2019ESPRIT DES LIVRES 645 avec un ministère débordant, sera diminué d\u2019autant s il a en main une série autorisée et bien faite : telle la série de Monsieur le Chanoine Du-plessy « Cours de Religion » en forme de petits prônes.V.Daviau, 0.P.R.P.Meynard, O.P.\u2014 « Catéchisme de la vie chrétienne Intérieure et religieuse » \u2014 Nouvelle édition, publiée par les soins du T.R.P.Lehu, O.P.P.Lethielleux, éditeur, 10, rue Cassette, Paris (Vie).Au titre de ce volume \u2014 titre qui promet déjà beaucoup \u2014, l'auteur ajoute un sous-titre non moins significatif: Courtes réponses doctrinales et pratiques.Nous avons, dans ces pages, le résumé de deux traités précieux précédemment publiés par le R.P.Meynard: «Traité de la vie intérieure : petite somme de théologie ascétique et mystique, d\u2019après l\u2019esprit et les principes de saint Thomas d\u2019Aquin.\u2014 Réponses canoniques et pratiques sur le gouvernement et les principaux devoirs des religieuses à vœux simples».Ce plan comprend ainsi un grand nombre de questions touchant la vie chrétienne et intérieure, et, en général, tout ce qui concerne la vie religieuse.De là, deux parties: 1° Notions préliminaires sur la vie chrétienne \u2014 sur la vie intérieure, \u2014 sur la vie religieuse; \u2014 2° Vocation et noviciat, \u2014 obstacles, \u2014 profession et principales obligations qu\u2019elle impose, \u2014 moyens d\u2019acquérir et d\u2019alimenter la perfection religieuse, \u2014 vertus et dons du Saint-Esprit.On le voit, ce livre est d\u2019une utilité générale : il rendra service à tout lecteur soucieux de mieux comprendre la vie chrétienne et intérieure, aux novices, aux religieuses ; ajoutons indispensable à ceux qui sont appelés à diriger les Communautés \u2014 Supérieurs ou Supérieures, confesseurs, directeurs.Ces derniers trouveront là des sujets à développer dans leurs Instructions ou Conférences.Catéchisme-.Titre bien modeste, mais qu\u2019il faut entendre en ce sens que les riches enseignements que nous donne le R.P.Meynard sont présentés sous la forme de réponses très courtes, mais substantielles aux questions posées elles-mêmes en termes précis.R.P.L.Honoré, S.J.\u2014 « Elle.et toi, jeune homme!» \u2014 Un volume in-12, 232 pages sur beau papier Prix: 10 francs, aux éditions Casterman, 66, rue Bonaparte, Paris (Vie). 646 LA REVUE DOMINICAINE Voici un excellent ouvrage que nous ne saurions trop recommander aux jeunes gens et que nous signalons tout particulièrement à l\u2019attention des parents, des directeurs spirituels, des éducateurs et de tous ceux, prêtres et laïcs, qu\u2019un contact permanent avec la jeunesse masculine, \u2014 soit dans les groupements de jeunesse catholique, les patronages, cercles d\u2019études, cercles militaires, etc.\u2014 amène tôt ou tard à éclairer cette jeunesse et à la renseigner sur l\u2019importante question de l\u2019éducation de la pureté.De nos jours, par le fait d\u2019une éducation beaucoup plus libre qu\u2019autrefois, ce problème a pris une acuité particulière.Les jeunes gens ne se tiennent plus pour satisfaits par de simples conseils, fussent-ils les plus judicieux: ils veulent comprendre pour quelles raisons il leur faut agir de telle ou telle façon ; ils exigent la justification de la ligne de conduite qu\u2019on leur enjoint de suivre.C\u2019est pourquoi, en face de cette mentalité nouvelle, un livre nouveau s\u2019imposait.Le voici: il est clair, substantiel, moderne et s\u2019écarte résolument des chemins battus en pareille matière.Son titre est une synthèse : le livre est tout entier basé, en effet, sur la différence des psychologies masculine et féminine et l\u2019attirance qui en résulte.Il aborde de front la « question » que tout jeune homme, entre quinze < t dix-huit ans, s\u2019est posée à soi-même, et la résout de façon pleinement satisfaisante.Elle.et toi, jeune homme! est le premier paru d\u2019une série d\u2019ouvrages du même genre que nous annonçent les éditeurs et qui seront destinés spécialement à la jeune fille, aux époux et fiancés, aux parents et aux instituteurs, aux prêtres.Albert Goossens, S.J.\u2014 « PRIE » \u2014 Quelques conseils \u2014 Paraphrase du Pater, de l\u2019Ave, du Gloria.Mystères du Rosaire.\u2014Une brochure in-16 de 60 pages.\u2014 Prix: fr.1-25.\u2014 Société S.Jean l\u2019Evangéliste, Des-clée & Cie, Tournai (Belgique).La prière nous est nécessaire.Elle est un devoir de justice envers Dieu et elle contient, en germe, la guérison de tous nos maux.Bien faite, elle nous apporte aussi la solide consolation que donne toujours le contact intime avec la Divinité.Mais la prière est un art.Le grand Maître en est sans doute le Saint-Esprit qui, au plus profond de notre cœur, « prie pour nous par des gémissements ineffables ».Cependant l\u2019âme y garde aussi, dor-dinaire, son rôle actif.Pour le bien remplir, une certaine technique est singulièrement utile.L\u2019auteur de cette brochure s\u2019efforce de l\u2019inculquer. L\u2019ESPRIT DES LIVRES 647 II s\u2019adresse directement à la jeunesse.Mais l\u2019âge mûr pourra tirer heureux parti des conseils qu\u2019il donne et des prières qu il paraphrase.Il a fait sienne la maxime de Saint Grégoire : « Présenter les choses de telle sorte, qu\u2019elles soient claires pour les plus ignorants et cependant ne laissent pas d\u2019être profitables à ceux qui connaissent ».R.P.Gérard Goulet, S.J.\u2014 « L\u2019Héroïque Aventure de saint René Goupil et de saint Jean de la Lande, de la Compagnie de Jésus.Septembre ramène la fête de nos saint Martyrs canadiens.L occasion est bonne de stimuler leur culte, de faire mieux connaître leur vie héroïque, de rappeler leurs vertus.Il en est deux, dans ce groupe de huit, dont l\u2019existence a été plus effacée, car ils n\u2019étaient prêtres ni l\u2019un ni l\u2019autre: René Goupil et Jean de la Lande.Que d\u2019héroïsme cependant, que de sainteté dans leur vie ! Quel exemple entraînant pour tous ceux qui, sans être revêtus du caractère sacerdotal, veulent vraiment servir Notre-Seigneur.Cet exemple, le P.Goulet nous le met sous les yeux.En des pages brèves mais pleines, dans un style alerte et imagé qui plaira aux jeunes à qui il s\u2019adresse, l\u2019auteur retrace les principales étapes de la carrière des deux saints martyrs et nous l\u2019offre comme modèle.Cette brochure élèvera et stimulera les âmes.Il faut la répandre dans tous les milieux.Elle se vend 10 sous l\u2019exemplaire, à L\u2019Action Paroissiale, 4260, rue de Bordeaux, Montréal.R.P.L.Honoré, S.J.\u2014 « Lui.et Toi, Jeune Fille! » \u2014 Un volume in-12 de 272 pages, sur beau papier.\u2014 Prix: 10 francs \u2014 aux Editions Casterman, 66, rue Bonaparte, Paris (6e).A temps nouveaux, mœurs nouvelles ! C\u2019est une constation de fait que rien ne changera; il suffit de regarder autour de soi pour se convaincre que cet axiome a conservé toute sa valeur.Aucune famille, aucun milieu n\u2019est à l\u2019abri des répercussions qu\u2019entraînent ces mœurs nouvelles et, en matière d\u2019éducation, il y a un monde entre la vie que menaient nos mamans, à leur seizième année, et celle qui s\u2019offre à nos jeunes filles d\u2019aujourd\u2019hui.C\u2019est pour celles-ci, pour les adapter à ces mœurs nouvelles et les aider à en prévenir les dangers que le R.P.Honoré S.J.a écrit cet excellent ouvrage, qui fait suite d\u2019ailleurs au livre du jeune homme, publié chez les mêmes éditeurs, sous le titre de « ELLE.ET TOI JEUNE HOMME ! » 648 LA REVUE DOMINICAINE La formation solide, éclairée, complète qui leur est devenue nécessaire, ce livre la leur donnera.C\u2019est sa principale qualité : il place la jeune fille moderne en face de tous les dangers qui menacent son intégrité physique et morale et, par un enseignement précis, basé sur la différence des psychologies masculine et féminine \u2014 ce qui constitue en fait la grande nouveauté de cet ouvrage et lui donne le pas sur toutes les autres publications de cette nature \u2014 justifie l\u2019attitude qu\u2019il lui convient de prendre.Et ceci explique la synthèse du titre: LUI, ET TOI, JEUNE FILLE! Ce livre sera lu avec très grand profit, non seulement par toutes les jeunes filles, mais aussi par les parents, les directeurs spirituels, les dirigeants d\u2019œuvres féminines, les institutrices etc.A.C.Accusés de réception 1° Almanach du propagateur des trois « Ave Maria » pour 1934, illustré.2° Almanach du petit propagateur des trois «Ave Maria».Bureau du Propagateur, à Blois (L.-et-Ch).Sa Majesté la Presse, par le R.P.G.Hoornaert, S.J.31 p.La Cie Générale d\u2019imprimerie 97, rue de Molenbeek, Bruxelles.1933 Encouragez nos annonceurs. ANNONCES REVUE DOMINICAINE RAISONS DE PAYER PAR CHEQUES Il y a plusieurs raisons incitant à payer par chèques : 1°.La méthode qui consiste à payer par chèque fournit un vérificateur constant.Vous n\u2019avez pas besoin d\u2019apporter de grosses sommes avec vous et de craindre les voleurs.2°.En payant par chèques, vous avez un reçu légal pour chaque paiement effectué.3°.Si vous payez par chèques, vous avez habituellement un frein à vos dépenses, frein que vous n\u2019auriez pas si vous gardiez de l\u2019argent liquide en poche.Grâce à votre livre de banque, vous savez constamment ce que vous avez dépensé et combien vous avez en disponibilité.La Banque Provinciale du Canada GERANT Edm.Leblanc SUCCURSALE St-Hyacinthe, Que.[ÀSGRAIN a [harbonneau .1 1 .1\t11\t\u2014 T.îmîtOÛ - Limitée PHARMACIENS EN GROS.Fabricants Chimistes \u2014 Instruments de Chirurgie.\u2014 Instruments pour Dentiste.30 est, rue Saint-Paul, MONTREAL.Demandez notre Catalogue.Dominion inion Blank Book LIMITED SAINT-JEAN.Qué.Manufacturiers de livres à feuilles mobiles, Livres de Comptabilités reliés.ENVELOPPES Notre catalogue vous sera envoyé sur demande.ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS 6 ANNONCES REVUE DOMINICAINE Magasin: 401\tTELEPHONE BELL\tRésidence: 439J .J.D.DESROSIERS MARCHAND DE CHAUSSURES pour toute la famille.Motto : Service \u2014 Courtoisie et Qualité.143, rue Cascades,\tST-HYAC1NTHE Je peux vous fournir tout ce qui peut vous être nécessaire en chaussures et en bas.AUSSI AGENCE DE RADIOS.Desmarais & RobitaiÜe Limitée Ornements d\u2019église et Articles religieux 70 ouest, rue Notre-Dame, Montréal 121, Rideau, Ottawa\t95, Chruch, Toronto Nos maisons d\u2019Ottawa et de Toronto peuvent expédier des vins pour fins sacramentelles dans toutes les parties de la puissance du Canada.Téléphonez ou écrivez à L\u2019ECOLE COMMERCIALE PRATIQUE COTE rue SAINT-DENIS\t120a rue NOTRE-DAME SAINT-HYACINTEIE\tou à TROIS-RIVIERES Tel: 654\tTel: 925 pour avoir tous les renseignements concernant notre COURS COMMERCIAL bilingue \u2014 rapide \u2014 pratique.DONAT COTE, Directeur.Dentiers, Ponts, Obturations\tOuvrage de première classe de tous genres.\tRAYONS \u201cX\u201d\tseulement Dr J.-A.ERNEST DAIGLE, B.C.D.CHIRURGIEN-DENTISTE Membre du Dispensaire Antituberculeux des comtés de Saint-Hyacinthe et Rouville.Spécialité : Chirurgie Buccale, Extraction Dentiers le même jour sur engagement.Prix raisonnables\tSatisfaction garantie Ouvert de 9 h.a.m.à 9 h.p.m.79, rue Saint-Anne, \u2014\t\u2014 Saint-Hyacinthe Téléphone 80 ENCOURAGE.Z NOS ANNONCEURS ANNONCES REVUE DOMINICAINE BOURSE pour l'entretien à perpétuité d\u2019un missionnaire dominicain au Japon ($10,000) Le revenu annuel de la Bourse est destiné à l\u2019entretien à perpétuité d\u2019un missionnaire dominicain canadien qui se dévoue à l\u2019évangélisation de l\u2019empire japonais.En la fondant en devient Missionnaire à Perpétuité l'n Bienfaiteur peut être seul fondateur en versant la somme entière.Plusieurs bienfaiteurs peuvent, en s\u2019associant, contribuer par leur offrande à cette fondation.Tout Bienfaiteur peut aussi au besoin se réserver une rente viagère sur la somme versée, pourvu qu\u2019elle soit d\u2019au moins $100.00.La Bourse pourra porter le nom de son Fondateur ou tout autre nom à son choix: Bourse de Saint-Dominique, Bourse de Sainte-Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, ou encore Bourse, etc.\u201cNous voudrions voir La générosité des catholiques s'intéresser par-ticuliérement aux oeuvres dont le but est de venir en aide aux Missions\u201d (Benoit XV).Les fondateurs de cette bourse devront s\u2019adresser à L\u2019OEUVRE DES MISSIONS COUVENT DES DOMINICAINS 5375, avenue Notre-Dame de Grâce, Montréal.soit pour en connaître les avantages, soit pour l\u2019envoi des souscriptions.THES\tCAFES\tCACAO EPICES\tGELEES\tESSENCES Nos 37 années d\u2019expérience sont une garantie pour vous.J.A.SIMARD & CIE 5\t7 est, rue Saint-Paul \u2014\t\u2014 MONTREAL MONTREAL et NEW-YORK Tel: MAin 0103 S ! 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