Revue dominicaine, 1 décembre 1933, Décembre
[" XXXIXc année Le numéro : 20 sous Décembre 1933 REVUE DOMINICAINE R.P.Arthur-G.Albert, O.P.L\u2019Eucharistie, source de notre vie divine.R.P.Th.-M.Charland, O.P.Noël et l\u2019Epiphanie.R.P.Louis Lachance, O.P.La philosophie chrétienne.R.P.Julien Peghaire, C.S.Sp.Philosophie chrétienne ou Philosophes chrétiens?R.P.Ray.-M.Charland, O.P.Consultation canonique.LE SENS DES FAITS.\u2014 Un congrès d\u2019Action catholique, par le R.P.\u2022Laurin.\u2014 Le congrès de l\u2019ACFAS, par H.Bastien.\u2014 Dans l\u2019Ordre : Une conférence du Rme P.Gillet à Vienne.\u2014 Nouvelles diverses.\u2014\u2022 Avis important, par Fra Domenico.L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014 Boudou : Actes des Apôtres (H.D.) Vloberg: La Vierge et l'Enfant dans l\u2019art français (J.de V.) Archambault: Pour un catholicisme conquérant (T.-M.L.) Dassonville: Les grandes heures de la famille (J.-M.L.) Mlle Grisé : Médailles de cire (A.S.P.) Table des matières.REDACTION ET ADMINISTRATION 5375, Avenue N.-D.de Grâce, Montréal.I Re vue Do minicaine Publiée mensuellement Directeur: R.P.M.-A.Lamarche, O.P.Conseil de Rédaction: RR.PP.Ceslas Forest, Benoît Mailloux, Raymond Voyer, Thomas-Marie Lamarche, Albert Saint-Pierre, O.P.ABONNEMENTS (payables d\u2019avance).Au Canada: $2.00 \u2014 A l\u2019étranger: $2.25 Avec le Rosaire: 25 sous en plus par an.La Revue Dominicaine publie des articles touchant les Ecritures, la théologie, l\u2019apologétique ou le droit canon, et même des études de philosophie, d\u2019art, de littérature, de sociologie ou d\u2019histoire, pourvu que la religion ou la morale y soit concernée.La Revue Dominicaine n\u2019a pas de spécialité proprement dite dans le domaine religieux, mais elle accorde une attention particulière aux questions d\u2019apologétique et aux problèmes de société, envisagés surtout au point de vue canadien.La Revue Dominicaine publie des recensions et diverses chroniques, en s\u2019attachant moins au récit des faits et à l\u2019analyse des ouvrages qu\u2019à leur signification d\u2019ensemble.La Revue Dominicaine ne sera pas responsable des écrits des collaborateurs étrangers à l\u2019Ordre de Saint-Dominique.Prière d'adresser les communications littéraires: manuscrits, volumes, etc., au R.P.M.-A, Lamarche, O.P., 5375, Avenue Notre-Dame de Grâce, Montréal; et les communications administratives: abonnements, annonces, etc., à l'Oeuvre de Presse Dominicaine (même adresse.) .¦¦ ANNONCES REVUE DOMINICAINE L.P.MORIN & FILS Enrg.ENTREPRENEURS-MENUISIERS MANUFACTURIERS DE PORTES, CHASSIS, JALOUSIES, MOULURES, DECOUPAGES, ETC,, ETC.Spécialité : Bancs d\u2019Eglises, de Sacristies et d\u2019Ecoles Tout ouvrage fait promptement.Satisfaction garantie.Coin des rues St-Joseph et St-Antoine -\t-\t- St-Hyacinthe, P.Q.LA CORDONNERIE J.A.LEMAY REPARATIONS GENERALES PRIX RAISONNABLES \u2014 SATISFACTION GARANTIE 212, RUE CASCADES\t\u2014\tSAINT-HYACINTHE Tel.525 E A.GENDRON 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faillibles, et qu\u2019une mesure de prévoyance basée sur des certitudes mathématiques doit de toute manière retenir votre attention, quelle que soit votre situation actuelle?Que l\u2019éducation de vos enfants, l\u2019avenir que vous entrevoyez pour eux, ainsi que pour votre femme et tous les vôtres, reposent, à l\u2019heure actuelle, uniquement sur cette base si fragile qu\u2019est votre propre existence?Si Arou s Pavez prévu, qu\u2019attendez-vous donc pour vous assurer dans LA SOCIETE DES ARTISANS CANADIENS-FRANCAIS La plus forte Société française en Amérique Qui vous libérera de tous soucis, sans charge excessive?La Société des Artisans Canadiens- Français Société mutuelle astreinte aux mêmees obligations légales de sécurité que les Compagnies commerciales.VIE, ACCIDENT, MALADIE, INVALIDITE, RENTES VIAGERES.Tous les bénéfices réalisés, au lieu d\u2019être distribués à des actionnaires, vont directement aux assurés eux mêmes.850 succursales et bureaux de perception au Canada et aux 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surnaturelle.Or, dans le domaine de la grâce, comme dans l\u2019ordre de la nature, Dieu nous a gratifiés de tous les moyens nécessaires pour parvenir au but sublime qu\u2019il nous a Lui-même assigné.Car la vie spirituelle surnaturelle, qu\u2019il veut nous voir vivre et qui consiste principalement dans l\u2019accomplissement exact de la loi d\u2019amour, est impossible sans le secours de sa grâce.Il était donc nécessaire que Dieu nous assurât cet aide divin, en instituant les sacrements, qui sont des instruments sacrés conformes à notre nature et par lesquels nous est communiquée la grâce de Jésus-Christ.Certes, Dieu aurait pu établir d\u2019autres moyens effica- (x) Revue Appol.1er mai 1924, T.38, p.130. 650 LA REVUE DOMINICAINE ces de sanctification, nous transmettre autrement sa grâce, ou encore, la conditionner au seul exercice des vertus.Mais étant donnée la déchéance de l\u2019homme par le péché et les conséquences infiniment malheureuses qu\u2019elle occasionna, Dieu, dans sa miséricordieuse bonté, décida de réparer cet oubli et de racheter au prix de son sang, sa créature privilégiée (2).C\u2019est donc aux fins de subvenir à l\u2019homme ruiné dans sa vie spirituelle et de perpétuer les surnaturels effets de la Rédemption, dans les âmes, jusqu\u2019à la consommation des siècles, que le divin Sauveur donna à son Eglise des signes sensibles capables de produire en nous sa divine grâce, principe indispensable de notre vie surnaturelle.Or, la Sainte Eucharistie est le centre, la fin des sept sacrements de l\u2019Eglise Catholique, qui sont des « reliques vivantes » de l\u2019Incarnation.Tous les autres sacrements sont ordonnés à l\u2019Eucharistie comme à la perfection et à la consommation de notre vie surnaturelle terrestre.Engendrée par le saint baptême, développée et affermie par la confirmation, cette vie est en effet conservée et perfectionnée par le sacrement du Corps et du Sang de notre Sauveur, institué par le Christ Lui-même, pour la nutrition spirituelle des fidèles.Selon l\u2019ordre de dignité, l\u2019Eucharistie tient le premier rang par le nombre et la grandeur des mystères qu\u2019elle renferme.Elle est la plus excellente source de vie divine, tant en raison de son contenu qu\u2019en raison de sa signification.* * * Certains prétendent que la Sainte Eucharistie, loin de causer une grâce spéciale dans l\u2019âme du communiant, n\u2019y fait qu\u2019exciter la foi.Fruit des doctrines et de la mentalité protestantes, cette théorie ne peut être admise par des (2) Ilia Q.65, art.1er et Q.73, art.1. L\u2019EUCHARISTIE, SOURCE DE.651 catholiques.Car c\u2019est une vérité de foi définie que l\u2019Eucharistie produit réellement la grâce sanctifiante en celui qui la reçoit avec les dispositions requises (3).Sans doute, elle ne remet pas directement les péchés mortels, surtout sans pénitence, mais elle verse dans l\u2019âme du baptisé un baume réconfortant qui efface les fautes vénielles et les peines dues au péché, tout en y causant un regain de vie divine, gage des triomphes futurs.Les passages des Livres Saints abondent où il est question de la grâce sanctifiante, participation réelle de la nature même de Dieu, source de la divine charité et vraie semence de gloire en nous.« Quiconque boit de cette eau aura encore soif, dit Jésus à la Samaritaine; mais celui qui boira l\u2019eau que je lui donnerai, n\u2019aura plus jamais soif; au contraire l\u2019eau que je lui donnerai, deviendra en lui une source d\u2019eau jaillissant jusqu\u2019à la vie éternelle» (4).Et la grâce, c\u2019est la vie, c\u2019est la vie surnaturelle que nous communiquent les sacrements de la Loi Nouvelle.« Et le pain que je donnerai, disait un jour Notre Seigneur à ses disciples, c\u2019est ma chair pour le salut du monde » (5).Or point de salut ni de vie spirituelle divine sans la grâce sanctifiante.Par conséquent, le sacrement du Corps et du Sang de Jésus-Christ nous confère certainement cette grâce, afin que nous ayons la vie et que nous l\u2019ayons toujours en abondance.Celui qui mange dignement de ce pain aura donc la vie en lui; il vivra éternellement.* * * Quatre principes font de la Sainte Eucharistie la plus excellente source de vie surnaturelle: le Christ qu\u2019elle con- (3)\tConc.de Trente.Sess.VII, Can.5-8 et Sess.XIII, Can.5.(4)\tS.Jean, IV-13, 14; traduction de Crampon (1923).(D S.Jean, VI-51. 652 LA REVUE DOMINICAINE tient réellement, la Passion du Sauveur qu\u2019elle représente et renouvelle mystérieusement, le mode sous lequel elle nous est donnée et qui est un symbole fécond, enfin la signification des Saintes Espèces.Or ces quatre éléments requièrent que l\u2019Eucharistie produise toujours un accroissement de vie divine dans les âmes bien disposées qui la reçoivent (6).Notre Seigneur Jésus-Christ réellement contenu dans cet auguste sacrement n\u2019est-il pas, par sa divinité et son humanité, l\u2019auteur même de la grâce?De même qu\u2019en venant visiblement dans le monde, Il lui a apporté la vie divine, suivant cette parole de Saint Jean: « La grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ »; ainsi donc, en venant d\u2019une manière sacramentelle dans nos âmes, notre divin Sauveur y opère la vie de la grâce, selon la promesse formelle qu\u2019il nous en a faite: « Celui qui me mange vivra aussi par Moi » (7).Et cette abondante source de vie surnaturelle a reçu sa fécondité de la Croix.De sorte que ce qu\u2019il nous est permis d\u2019affirmer du Christ substantiellement contenu dans la Sainte Eucharistie, nous devons également le dire de sa Passion, cause efficiente de la vie divine en nous.Or la sainte Messe, qui est la célébration de l\u2019Eucharistie, représente et renouvelle mystiquement sur nos autels la Passion du Christ.Et c\u2019est par son immolation que Jésus-Christ nous a mérité le pardon de nos fautes et l\u2019abondance de la vie de la grâce.Ne convenait-il pas que les fruits de sanctification et de salut que sa divine Passion a opérés dans le monde, la Sainte Eucharistie les reproduisît dans toutes les âmes des fidèles jusqu\u2019à la consommation des siècles?D\u2019autre part la Sainte Eucharistie nous est donnée («) S.Th.Ilia.Q.79, art.I.C) S.Jean, 1-17 et VI-58. L\u2019EUCHARISTIE, SOURCE DE.653 sous forme de nourriture spirituelle.Elle est le divin banquet de l\u2019âme, l\u2019aliment ineffable qui lui permet de vivre sa vie surnaturelle, tout comme la nourriture matérielle nous permet de vivre notre vie corporelle.De même que la nourriture soutient, augmente, répare notre vie divine et cause une certaine délectation en ce qui concerne la vie de notre corps; ainsi la Sainte Eucharistie soutient, augmente, répare notre vie divine et cause dans notre âme une joie spirituelle analogue à la joie causée dans le corps par un bon repas.C\u2019est donc en toute vérité et avec une grande justesse que Jésus disait à ses Apôtres: «Ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage » (8).C\u2019est enfin la volonté de Dieu que cette divine nourriture et ce divin breuvage soient pour nous le symbole efficace de l\u2019union qui doit exister, par l\u2019amour et la concorde, entre la tête et les membres de la Sainte Eglise.Cette u-nion est impossible sans la charité chrétienne dont la grâce sanctifiante est la source surabondante: car, c\u2019est la divine justice de l\u2019amour qui nous unit à Dieu et qui nous relie au Christ, tête de l\u2019Eglise; c\u2019est de cette amitié incomparable de bienveillance réciproque entre l\u2019homme et Dieu que découle nécessairement le lien de vie surnaturelle unissant entre eux tous les membres vivants de l\u2019assemblée des fidèles.Or cette grâce d\u2019union commune, extension de l\u2019union divine dont les Saintes Espèces symbolisent l\u2019indicible mystère, est l\u2019effet pur et simple de l\u2019Eucharistie que saint Augustin appelle sacrement d\u2019amour, symbole d\u2019unité, lien de charité.Si d\u2019une part la grâce de l\u2019Eucharistie est proprement une grâce de nutrition spirituelle; d\u2019autre part, étant essentiellement ordonnée à la perfection de la charité, elle (8) S.Jean, VI, 55. 654 LA REVUE DOMINICAINE est en même temps une grâce d\u2019union à Dieu dans l\u2019amour comme le signifie la nature même des Saintes Espèces.C\u2019est pour nous rappeler ce mystère de l\u2019union divine, que, suivant l\u2019explication des Pères de l\u2019Eglise, Notre Seigneur nous a donné son Corps et son Sang sous des symboles, où nous apercevons la multiplicité réduite à l\u2019unité.Le pain se fabrique en effet de plusieurs grains de froment que l\u2019on broie et que l\u2019on pétrit ensemble; tandis que le vin s\u2019extrait d\u2019une multitude de grappes de raisin.Or rien de plus propre à exprimer les surnaturels effets que la Sainte Eucharistie produit en nous chaque fois que nous la recevons dignement.Elle entretient et conserve la vie surnaturelle de notre âme; elle porte la joie dans notre volonté; elle nous unit au corps mystique de Jésus-Christ qui est L\u2019Eglise et nous rend ainsi participants de tous les mérites que le divin Sauveur et les saints ont acquis depuis le commencement du monde.La Sainte Eucharistie nous unit donc, dès ici-bas, à la société des prédestinés et des saints, où la paix est entière, l\u2019unité parfaite.De même que le pain se compose de plusieurs grains et le vin de plusieurs raisins; ainsi l\u2019Eglise, Corps mystique du Christ, se compose de plusieurs membres.Or, nous sommes ces membres, et, à ce titre, nous appartenons tout ensemble à Jésus-Christ et à chacun de nos frères dans la foi.Par conséquent, il faut que nous vivions comme les membres d\u2019un même corps, j\u2019entends, dans la paix et la concorde, dans l\u2019humilité, l\u2019harmonie, la douceur et la charité; puisque, selon l\u2019expression même de Saint Paul, nous sommes tous qu\u2019un seul corps, nous tous qui participons à un même pain (9).* * * La véritable source de notre vie surnaturelle, la voilà: (9) I Cor.X, 17. L\u2019EUCHARISTIE, SOURCE DE.6 55 c\u2019est l\u2019Eucharistie.Combien de grâce de lumière et de vie ont en effet jailli, pour les âmes fidèles, de la divine Hostie! Que de destinées glorieuses ont reçu l\u2019impulsion définitive de nos Saints Tabernacles! C\u2019est l\u2019Eucharistie qui a fait les saints à qui fut confié comme à des calices intangibles le germe de la fécondité du catholicisme; c\u2019est par elle que nos cœurs seront enflammés d\u2019amour et que nous serons amenés à embrasser une vie toute d\u2019innocence et de pureté.Car si une vraie faim spirituelle nous agenouille humblement à la table eucharistique, si nous nous approchons avec une confiance virile du Dieu des forts, bien que n\u2019éprouvant point toujours, comme dit Baumann, ce que nous avons cru autrefois un indice de haute ferveur, le frissonnement d\u2019une émotion pieuse, d\u2019un indicible désir; nous aurons cependant la consolante certitude que Dieu Lui-Même vit en notre poitrine et que notre âme est emportée au-delà des apparences sensibles, puis divinement fondue comme une cire au milieu d\u2019un brasier.Nous deviendrons alors, au moins pour quelques instants, selon le mot incomparable de l\u2019Imitation, tout entier de feu, totus ignitus.Notre prière s\u2019enflammera de cet amour immense qui trouve toujours des accents précis, efficaces et touchants pour nos défunts, pour nos frères sans foi, pour les âmes abandonnées et perdues.Nous éprouverons une joie surhumaine que nous désirerons secouer comme un flambleau sur l\u2019Univers, nous étonnant que toutes les âmes ne partagent pas avec la nôtre, cet avant-goût du ciel, le banquet délicieux de l\u2019Amour! A.-G.Albert, O.P.Ottawa, novembre 1933. Noël et l'Epiphanie Noël est tout particulièrement cher à l\u2019Ordre de saint François et l\u2019Epiphanie à celui de saint Dominique.Cette prédilection tient à une affinité profonde entre l\u2019objet de ces fêtes et le caractère des deux grandes familles religieuses.Il était tout naturel que la religion du petit pauvre d\u2019Assise fît sienne la fête de la naissance du Sauveur: nulle part la pauvreté n\u2019est plus ostensible que dans les circonstances qui entourent cette naissance.Et, d\u2019autre part, la fête de la manifestation du Verbe de vérité était toute désignée au choix de l\u2019Ordre qui a pour devise Veritas et pour mission de défendre et de propager la vérité révélée.(x) Rien d\u2019arbitraire donc dans ce choix.Rien d\u2019après coup non plus: il est remarquable que les deux Ordres ont manifesté dès leurs origines leur attrait pour ces fêtes.S\u2019ils ne sont pour rien dans leur introduction dans la liturgie, ils ont toutefois contribué à leur développement dramatique au Moyen-Age.C\u2019est cette part que nous voudrions faire connaître, après avoir retracé l\u2019origine et le développement liturgique des deux fêtes.(2) O) Petite Année Dominicaine, 6 janvier.(2) Nous n\u2019apportons absolument rien qui puisse ressembler à une contribution personnelle à l\u2019histoire de ces fêtes.Nous n\u2019avons d\u2019autre intention que celle de vulgariser les résultats des travaux parus sur la question, au bénéfice de ceux de nos lecteurs qui ne sont pas à même de l\u2019étudier dans les livres.Nous avons puisé largement dans Amédée Gastoué : Noël (coll.Science et religion, n.405), Paris, Bloud 1908, surtout dans E.Vacandard: Etudes de critique et d'histoire religieuse, 3ième série, 3-56, Paris, Gabalda, 1912, et nous avons tenu compte de la récente étude de Dom Bernard Botte, O.S.B.: Les origines de la Noël et de l\u2019Epiphanie, (coll.Textes et études liturgiques, I) Louvain 1932. NOEL ET L\u2019EPIPHANIE 657 Origine A-t-on toujours fêté Noël?Et la date du 25 décembre à laquelle nous célébrons cette fête est-elle l\u2019anniversaire réel de la naissance du Sauveur?La réponse négative que nous donnons à ces deux questions ne manquera pas de surprendre; c\u2019est pourtant la seule qu\u2019autorise l\u2019étude des documents historiques.La fête de Noël fut instituée à Rome entre les années 243 et 336.Elle ne figure pas dans le De Pascha computus qui date de 243.D\u2019autre part la Depositio martyrum, un calendrier ecclésiastique composé en 354, porte: VIII Kal.Janu natus Christus in Be-thleem Judeæ; et par ailleurs la table des anniversaires des martyrs faite en 336 par le même auteur place le commencement de l\u2019année liturgique entre le 8 et le 27 décembre, très vraisemblablement le 25, le Natale Domini.Cette apparition tardive n\u2019a rien qui doive étonner, si on se rappelle comment s\u2019est formée le calendrier liturgique.La liturgie primitive est toute concentrée autour de la mort et de la résurrection du Sauveur.C\u2019est en souvenir de sa mort que les apôtres et leurs successeurs continuèrent dans le sacrifice eucharistique l\u2019oblation du calvaire; c\u2019est en souvenir de sa résurrection qu\u2019ils ont substitué le dimanche au sabbat et la solennité de Pâques à la pâque juive.Pâques et la Pentecôte, qui étaient des fêtes hébraïques, ont pris un caractère chrétien, et Pâques est devenu le premier point cardinal de l\u2019année liturgique.C\u2019est donc la victoire de Jésus sur la mort que les premiers chrétiens ont entendu honorer avant tout.Et les disciples du Sauveur eurent part à la gloire de leur maître.On ne se contenta pas d\u2019enregistrer la date de la mort des martyrs; on célébra de bonne heure l\u2019anniversaire de leur trépas par le sacrifice eucharistique offert sur leur tombeau: ce fut leur mort et non leur naissance qui devint leur Natale.Seuls les martyrs prirent place à côté du Sauveur, sur 658 LA REVUE DOMINICAINE le calendrier de l\u2019Eglise pendant les premiers siècles.Ce fut plus tard \u2014 pas avant le IVe siècle \u2014 que les simples confesseurs et même la très sainte Vierge Marie furent honorés par des observances festales.Ces remarques aideront à comprendre pourquoi l\u2019Eglise n\u2019a pas solennisé à l\u2019origine l\u2019anniversaire de la nativité de Jésus.D\u2019ailleurs on avait oublié, si jamais on l\u2019avait sue, la date du jour où le Sauveur vint au monde.Nous en avons la preuve irrécusable.Aux environs de l\u2019an 200 Clément d\u2019Alexandrie raillait agréablement ceux qui poussaient la curiosité jusqu\u2019à rechercher non seulement l\u2019année mais encore le jour de la naissance du Christ.Quelques uns opinaient pour le 20 mai, d\u2019autres pour le 19 ou 20 avril, d\u2019autres encore pour le 19 novembre.Le De Pascha computus indiquait le 28 mars et les Constitutions apostoliques le 25 novembre.Tout cela prouve qu\u2019il ne se célébrait pas, en ces temps, de fête de Noël; autrement les opinions contraires touchant la date réelle se seraient heurtées avec violence, et l\u2019écho des discussions qui auraient eu lieu à ce sujet nous serait parvenu, comme il advint de la controverse pour la fixation de la fête de Pâques.Comment donc l\u2019église romaine, qui n\u2019avait pas plus que les autres églises de tradition sur le jour de la naissance du Christ, est-elle arrivée à choisir le 25 décembre pour en célébrer l\u2019anniversaire?Mgr Duchesne (3), estime qu\u2019on est arrivé à la date de la naissance du Christ en partant de celle que l\u2019on croyait être celle de sa mort.Cette dernière date ne peut être déterminée historiquement; les données fournies par les Evangiles et par la tradition ne suffisent pas à établir une solution certaine.De bonne heure, cependant, on s\u2019évertua à résoudre le problème.des calculs privés aboutissaient au 21 mars, au 13 ou au 19 avril.Une solution plus généralement admise, c\u2019est celle du 25 (3) Origines du culte chrétien, 3ième éd.1903, p.261-263. NOEL ET L\u2019EPIPHANIE 659 mars.Il ne faut pas croire pourtant que cette tradition ait un fondement historique.La Passion n\u2019a certainement pas eu lieu un 25 mars.Ce jour a dû être choisi arbitrairement ou plutôt suggéré par sa coïncidence avec l\u2019équinoxe (officiel) de printemps.La mort du Christ se trouvait ainsi tomber le jour même où, suivant une idée universellement répandue, le monde avait été créé.Une fois cette date obtenue et obtenue en partant de considérations astro-nomico-symboliques, il est assez naturel que l\u2019on s\u2019en soit servi pour aboutir à une autre coïncidence.Le Christ n\u2019a pu passer en terre qu\u2019un nombre entier d\u2019années; les fractions sont des imperfections qui ne cadrent pas avec le symbolisme des nombres; on est toujours porté à les éliminer le plus possible.Dès lors, l\u2019Incarnation a dû avoir lieu le 25 mars, comme la Passion; et l\u2019Incarnation étant comptée à partir du premier instant de la grossesse de Marie, la naissance doit avoir eu lieu le 25 décembre ».Suivant cette hypothèse, c\u2019est le 25 mars qui aurait commandé le 25 décembre.L\u2019abbé Vacandard trouve plus naturel de penser qu\u2019au contraire c\u2019est le 25 décembre qui a commandé le 25 mars.Et le choix de cette date se justifie suffisamment par des raisons symbolico-astronomiques.Les prophètes avaient désigné le Messie futur sous le nom de «soleil de justice» (4).Ce titre symbolique et d\u2019autres du même genre reviennent fréquemment dans la littérature chrétienne primitive.Dès lors, en l\u2019absence de document qui fixât la naissance du Christ, pourquoi n\u2019aurait-on pas songé tout simplement à la faire coïncider avec la renaissance annuelle du soleil matériel, c\u2019est-à-dire avec le 25 décembre, jour auquel tombait le solstice d\u2019hiver dans le calendrier romain de ce temps.D\u2019autant plus que ce jour-là était celui du Natalis Invicti, fête païenne en l\u2019honneur du soleil, symbolisé par Mithra.On peut être porté («) Malachie, IV, 2. 660 LA REVUE DOMINICAINE à croire que l\u2019Eglise romaine choisit le 25 décembre pour faire concurrence au mithriacisme, et pour éviter des regrets aux nouveaux convertis qu\u2019elle en détournait.Sans affirmer que l\u2019idée de supplanter Mithra par le Christ dans l\u2019esprit du peuple ait déterminé, à elle seule, le choix que l\u2019autorité ecclésiastique fit de ce jour, il est très vraisemblable qu\u2019elle y a contribué.C\u2019était une habitude de l\u2019Eglise romaine de détourner les fidèles de la célébration des fêtes païennes en y substituant des fêtes chrétiennes.La raison mystique et symbolique que nous avons donnée plus haut suffit sans doute.Mais les chrétiens furent trop heureux d\u2019opposer au culte du Sol Invictus celui qu\u2019ils adoraient sous le nom de « soleil véritable », de « soleil de justice ».C\u2019est aussi l\u2019explication de Dom Botte, O.S.B.De Rome, la fête de Noël s\u2019étendit insensiblement à toute la catholicité.Mais elle ne pénétra pas partout avec la même facilité.En Orient, par exemple, elle rencontra une fête rivale, celle de l\u2019Epiphanie ou Théophanie (manifestation ou apparition divine).A quelle époque remontait cette dernière?Au témoignage de Clément d\u2019Alexandrie, les sectateurs de Basilide célébraient, les uns le 10 janvier, les autres le 6, le jour du baptême du Seigneur par une solennité précédée d\u2019une vigile ou veille passée à entendre des lectures.La fête se serait assez vite imposée à certaines églises orientales.Au IVe siècle, elle était répandue à peu près dans tout l\u2019Orient, et même en Espagne et en Gaule.On commémorait spécialement la vision de saint Jean-Baptiste au moment où il versait l\u2019eau sur Jésus.Ce fut en effet la première révélation de la divinité de Jésus, vis-à-vis du seul précurseur, et elle fut bientôt suivie du premier miracle du Christ aux noces de Cana.Autour de cette fête vint s\u2019ajouter le souvenir des autres mystères qui s\u2019y pouvaient rattacher, des autres premières manifestations de la personnalité du Rédempteur, comme l\u2019adoration des NOEL ET L\u2019EPIPHANIE 661 Mages et celle des bergers; par là, on fut amené à célébrer aussi la nativité du Christ, dont la grandeur l\u2019emporta bientôt sur celle des autres sujets de la fête.Pour quel motif les Orientaux avaient-ils choisi la date du 6 janvier?Mgr Duchesne reprend l\u2019explication qu\u2019il avait donnée pour la date de la fête de Noël et l\u2019applique à l\u2019Epiphanie.« Sozomène, dit-il, (5) mentionne une secte de montanistes qui célébraient la Pâque le 6 avril au lieu du 25 mars, en vertu de cette considération que le monde ayant été créé à l\u2019équinoxe, c\u2019est-à-dire, selon eux,, le 24 mars, la première pleine lune du premier mois avait eu lieu quatorze jours plus tard, le 6 avril.Or, entre le 6 avril et le 6 janvier, il y a juste neuf mois, comme entre le 25 mars et le 25 décembre.La date grecque de la Nativité, le 6 janvier, se trouve ainsi en rapport avec un comput pascal fondé sur des considérations symboliques et astronomiques tout à fait semblables avec celui d\u2019où l\u2019on parait avoir déduit la date 25 décembre ».Cette argumentation, réplique l\u2019abbé Vacandard, suppose que les Grecs entendaient commémorer dès l\u2019origine, par la fête du 6 janvier, la naissance du Sauveur.Or l\u2019Epiphanie existait à la date du 6 janvier, avant qu\u2019il fut question d\u2019y attacher le souvenir de la Nativité.Ce n\u2019est que par une sorte d\u2019agglomération de souvenirs que l\u2019anniversaire de la naissance du Christ fut célébré ce même jour.Ce n\u2019est donc pas la date de la création ou de la pâque qui suggéra celle du 6 janvier.Si les Grecs ont fini par fixer à ce jour la nativité, il y a lieu d\u2019en chercher ailleurs la raison, et il nous semble que cette raison, les Evangiles l\u2019insinuent.Saint Luc (III, 23) nous dit que Jésus, lorsqu\u2019il reçut le baptême, « commençait environ sa trentième année ».Les Orientaux ont calculé en chiffres ronds.Comme ils commémoraient le baptême du Sauveur le 6 janvier, (5) 1.c.264. 662 LA REVUE DOMINICAINE ils adoptèrent la même date pour commémorer sa naissance.La coïncidence était pour ainsi dire toute indiquée.Dom Botte ne partage pas ces vues simplistes.Selon lui, l\u2019Epiphanie orientale a été primitivement fête de la Nativité.Elle s\u2019est opposée, comme la Noël en occident, à une fête païenne, celle de la naissance d\u2019un dieu identifié avec le soleil.Elle était fixée au 6 janvier, en rapport avec une ancienne date du solstice d\u2019hiver.On a joint, dans certaines contrées, le souvenir du baptême de Jésus à celui de sa naissance.Et lorsqu\u2019on accepta la fête de Noël, l\u2019Epiphanie devint exclusivement fête du baptême.Malgré les fougueuses observations que fit saint Jérôme, dans un sermon à Bethléem vers 410, l\u2019église de Jérusalem continua de célébrer la Nativité du Sauveur, le 6 janvier.Il ne fallut rien moins qu\u2019un édit formel de l\u2019empereur Justin II (fin du Vie s.) pour l\u2019amener à se rattacher à l\u2019usage général.Les églises d\u2019Arménie et de Mésopotamie ne consentiront qu\u2019au XlVe siècle à adopter la fête propre de Noël.A mesure que la fête romaine de Noël se répandait dans les églises qui ne l\u2019avaient pas, l\u2019Epiphanie, par un heureux échange, venait à être célébrée à Rome, mais la prépondérance y était accordée au souvenir de l\u2019adoration des Mages.La proximité du 6 janvier et du 25 décembre amena bien vite l\u2019habitude de solenniser la période intermédiaire.Saint Etienne, le premier qui suivit Jésus dans la passion, devait être le premier fêté après son maître.Les saint Innocents ne pouvaient être fêtés qu\u2019aux jours consacrés à l\u2019enfance du Sauveur.Puis ce furent les apôtres parents de Notre-Seigneur, comme saint Jean.Mais surtout on associa la sainte Mère du Christ à la solennité nouvelle, en instituant une fête en son honneur, au temps même qu\u2019on commémorait sa maternité et son enfantement.(6) (6) La fête du 1er janvier fut primitivement une fête de Marie. NOEL ET L\u2019EPIPHANIE 663 La fixation de Noël au 25 décembre servit aussi à déterminer la date d\u2019un certain nombre d\u2019autres fêtes: 2 février la Purification (célébrée primitivement le 14 février sous le titre de Rencontre de l\u2019Enfant-Jésus et de saint Si-méon), 25 mars l\u2019Annonciation, 24 juin la Nativité de saint Jean-Baptiste.L\u2019église romaine fit donc de Noël le point de départ de l\u2019année ecclésiastique.Lorsque, au Ve siècle et au Vie, se constitua la période dite de l\u2019Avent, qui est comme une vigile de quatre semaines avant la fête, l\u2019Avent fut entraîné dans le cycle de Noël, et le début de l\u2019année ecclésiastique fut ainsi peu à peu anticipé.Développement liturgique A peine instituée, la fête de Noël prit le premier rang parmi les solennités liturgiques.Rome lui donna un éclat égal, sinon supérieur, à celui de Pâques et de la Pentecôte.Ces grandes fêtes avaient le privilège d\u2019être marquées par deux messes, célébrées, l\u2019une à Saint-Jean de Latran pendant la nuit, l\u2019autre à Sainte-Marie-Majeure ou à Saint-Pierre à l\u2019heure de tierce.La première de ces messes était comme le dernier acte de la liturgie baptismale, l\u2019autre était immédiatement en rapport avec la fête du jour.Il n\u2019y avait pas de raison de rattacher à la Nativité une nouvelle cérémonie baptismale qui fournit l\u2019occasion de célébrer une messe nocturne, mais le désir de solenniser le moment précis où l\u2019enfant Jésus était venu au monde était un motif suffisant pour qu\u2019on instituât une réunion destinée à commémorer cette heure mystérieuse.Mgr Duchesne incline à croire que ce fut pour imiter l\u2019Eglise de Jérusalem qui célébrait la messe du jour (de l\u2019Epiphanie) après une station nocturne (avec messe?on ne sait pas) à Bethléem.Ce qui est sûr, c\u2019est qu\u2019aux environs de l\u2019an 500 la messe de minuit était entrée dans l\u2019usage romain et se célébrait à Sainte-Marie-Majeure.C\u2019est là que saint Grégoire le Grand, 664 LA REVUE DOMINICAINE à la fin du Vie siècle, prononça l\u2019homélie dont nous lisons encore le début au 3ième nocturne de l\u2019office de Noël.La messe de minuit terminée, le pape se rendait pro-cessionnellement à l\u2019église Sainte-Anastasie, pour célébrer Laudes et la première messe matutinale, celle de l\u2019aurore.Le culte de sainte Anastasie s\u2019était répandu de Constantinople, où ses reliques avaient été transférées, jusqu\u2019à Rome, où il gagna tant de crédit que son nom prit place, vers 500 ou tout au moins dans le cours du Vie siècle, parmi les saints commémorés au Canon de la messe.Rome avait déjà une église ou paroisse du même nom, titulus Anastasiœ.Ce fut là naturellement que s\u2019intalla de préférence le culte de la martyre de Sirmiun, et le titillas Anastasiœ devint le titulus Sanctœ Anastasiœ.Comme cette église était la plus centrale de l\u2019ancienne Rome et la principale basilique du Palatin où résidait le gouvernement, le Natale de sainte A-nastasie ne pouvait manquer d\u2019être célébré solennellement.Or son martyre tombait à la date du 25 décembre.Pour donner satisfaction au sentiment public les papes consentirent donc à affecter une partie du jour de Noël au souvenir de la sainte orientale.A l\u2019heure habituelle enfin, la troisième et dernière messe était célébrée à Saint-Pierre.Le souvenir de sainte Anastasie devait finir par se perdre.La messe qui lui était consacrée se transforma en messe de la Nativité, avec simple mémoire de la sainte, tout comme de nos jours.Une fois ce changement accompli, les liturgistes et les théologiens trouvèrent aisément une raison mystique à l\u2019établissement des trois messes (7).La fête de Noël allait devenir au cours des âges infiniment chère au peuple: hymnes gracieuses, proses ou sé- (7) Par exemple saint Thomas d\u2019Aquin, Somme théologique, p.III, q.83, a.2, ad 2um. NOEL ET L\u2019EPHIPHANIE 665 quences touchantes enrichirent la liturgie de ce jour.L\u2019église romaine donna l\u2019exemple en insérant, dès l\u2019origine, dans la messe de minuit, le Gloria in excelsis Deo.L\u2019hymne angélique resta longtemps caractéristique de cette messe.Ce fut le pape Symmaque (498-514) qui l\u2019autorisa pour les dimanches et les fêtes des martyrs, et encore en faveur des évêques seulement.Parmi les proses, celle de Lœtabundus (8) a peut-être été la plus populaire au Moyen-Age.Elle mérite bien le succès dont elle a joui: les allégories les plus nobles, les plus belles images empruntées à la sainte Ecriture, chantent le Christ enfant; et, à la fin, on y adjure les juifs de reconnaître celui auquel ont cru les païens eux-mêmes.Elle a malheureusement été un peu partout oubliée ou remplacée par des proses modernes, pâles et irrégulières imitations de la belle poésie médiévale.Elle se chante encore toutefois à la messe du rite dominicain.Développement dramatique Certaines églises ne manquèrent pas de dramatiser le souvenir évangélique de l\u2019adoration des bergers, par une représentation destinée à frapper l\u2019imagination populaire.On commença par introduire des tropes, compositions plus ou moins longues qui interpolaient un texte chanté ou qui se plaçaient entre deux parties d\u2019une fonction liturgique.L\u2019un des premiers et des plus célèbres fut YHodie cantan-dus est de Tuotilo de Saint-Gall (IXe siècle), sorte de prélude à l\u2019introït de la messe du jour, auquel il ajoute une glose.Ces pièces rappelaient les dialogues du chœur de la tragédie antique, qui commente l\u2019action plus qu\u2019il n\u2019y participe.Il n\u2019y avait qu\u2019un pas à faire pour transformer les chanteurs passifs en personnages actifs; ce fut l\u2019affaire des deux ou trois siècles suivants.Dans la cathédrale de Rouen, au XlIIe siècle, après le (8) Du Xle siècle, faussement attribuée à saint Bernard. 666 LA REVUE DOMINICAINE chant du Te Deum, au lieu de la messe, on commençait VOffice des Pasteurs.Cinq chanoines de haut rang ou leurs vicaires bénéficiers remplissaient le rôle des bergers.Pénétrant dans le chœur par la grande entrée, ils s\u2019avançaient vers l\u2019abside, revêtus d\u2019aubes et d\u2019amicts.Un enfant « à la ressemblance de l\u2019ange de la Nativité » leur chantait d\u2019en haut le verset: « Ne craignez point, voici que je vous annonce une bonne nouvelle », etc.(Luc, II, 10).Tout à coup sept autres enfants, figurant les anges, entonnaient à haute voix dans les galeries: « Gloria in excelsis Deo, et in terra pax hominibus bonæ voluntatis ».A ces mots les pasteurs reprenaient leur marche vers la crèche préparée derrière l\u2019autel, chantant chacun une strophe de l\u2019hymne Pax in terris nunciatur, paraphrase des réflexions que saint Luc met dans la bouche des bergers.Aux abords de la crèche, ils rencontraient deux chanoines de premier rang en dalmatiques qui figuraient les sages-femmes, appelées suivant les Evangiles apocryphes, par saint Joseph auprès de la sainte Vierge: « Que cherchez-vous dans la crèche, pasteurs, dites?» chantaient les sages-femmes.Les bergers répondaient: « Le Sauveur, le Christ Seigneur enfant, enveloppé de langes, selon la parole angélique ».Les sages-femmes reprenaient, en écartant le rideau: « Le voici avec Marie sa mère, dont Isaïe le prophète a dit autrefois: Voilà qu\u2019une Vierge concevra et enfantera un fils »; allez-donc et dites qu\u2019il est né ».Alors les bergers inclinaient leurs fronts, adoraient l\u2019enfant, et saluaient la mère par l\u2019hymne Salve virgo singularis.Puis ils retournaient au chœur en chantant: «Alleluia, alleluia, nous savons vraiment que le Christ est né sur terre; chantez-le tous avec les prophètes disant: « Un enfant nous est né »; et la messe commençait.Les Mystères de la Nativité ne se concevaient pas sans la représentation de la crèche.C\u2019est autour de la crèche que se concentra la dévotion populaire.Déjà, depuis de NOEL ET L\u2019EPHIPHANIE 667 très longs siècles, on avait l\u2019habitude dans les églises de Rome, et particulièrement à Sainte-Marie-Majeure où le pape célébrait les vigiles de Noël, d\u2019exposer au temps de cette fête une crèche richement ouvrée de bois doré ou argenté, et même d\u2019argent très pur, à l\u2019imitation sans doute de celle dont la piété du IVe siècle avait orné l\u2019étable de Bethléem, et près d\u2019elle l\u2019image de la Vierge tenant l\u2019enfant Jésus.Cette représentation était l\u2019objet d\u2019un très grand culte, à Sainte-Marie-Majeure surtout, où l\u2019on honorait dans une chapelle dite de la Crèche, des reliques de la grotte de Bethléem, probablement des fragments de la pierre ou de l\u2019argile qui formait, au dire de saint Jérome, la crèche originale, et actuellement placée dans l\u2019autel (9).Rien n\u2019était plus propre à entretenir et à réchauffer la piété du peuple que de représenter ainsi la scène qui s\u2019accomplit dans la grotte de Bethléem.Au début du XlIIe siècle, en 1224, saint François d\u2019Assise donna un très grand éclat à cette coutume.« Peu de temps avant sa mort, trois ans environ, il voulut célébrer à Greccio la fête de Noël avec le plus de solennité possible, afin d\u2019exciter davantage la dévotion.Toujours prudent, il en demanda l\u2019autorisation au Souverain Pontife, afin qu\u2019on ne taxât pas de légèreté son entreprise.Puis il fit préparer une crèche, ordonnant qu\u2019on amenât un bœuf et un âne.Les frères sont convoqués, la foule afflue, la forêt retentit de cris joyeux, et cette nuit sainte revêt une splendeur inouïe.Mille feux l\u2019éclairent, et un concert d\u2019hymnes harmonieux en fait la plus belle des nuits.L\u2019homme de Dieu se tient devant la crèche, pénétré de la piété la plus pure, et les larmes aux yeux.L\u2019allégres- (9) Une confusion s\u2019est peu à peu produite au cours des âges.Le culte rendu aux reliques authentiques est passé à l\u2019antique crèche de bois doré qu\u2019on exposait jadis au moment de Noël, et on vénère actuellement des débris d\u2019une de ces très anciennes crèches de bois, qui n\u2019est guère antérieure au IXe siècle, comme provenant du berceau de Jésus.Voir Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie, au mot crèche. 668 LA REVUE DOMINICAINE se la plus vive inonde son cœur.Une messe solennelle est chantée à la crèche, saint François fait diacre et chante l\u2019évangile.Puis, au peuple qui l\u2019entoure, il prêche sur la naissance du Roi des pauvres, à qui la tendresse de son a-mour ne peut décerner d\u2019autre nom que celui de « petit Enfant de Bethléem ».(10) Les Frères Mineurs répandirent à l\u2019envi cette innovation de leur saint fondateur, et bientôt toutes les églises voulurent avoir, au moment de Noël, une représentation de l\u2019étable de Bethléem: la grotte avec sa crèche et ses personnages, y compris l\u2019âne et le bœuf.(1X) Aujourd\u2019hui encore, c\u2019est généralement dans les églises des Frères-Mineurs que l\u2019on admire les plus belles crèches.Aucun étudiant à Rome ne manque d\u2019aller voir celle de l\u2019Ara Cœli, devant laquelle, durant toute l\u2019octave de Noël, petits garçons et petites filles viennent réciter leurs gentils compliments au célèbre Bambino.(12) L\u2019adoration des Mages devait fournir elle aussi la matière d\u2019un drame.Dès le Xle siècle au plus tard, la cathédrale de Rouen avait l\u2019« Office de l\u2019Etoile », que l\u2019on appela (10) Saint Bonaventure : Légende de saint François d*Assise, chap.X.O1) La présence de l\u2019âne et du bœuf dans letable de Bethléem n\u2019est pas attestée par les évangiles.La tradition à ce sujet n\u2019apparaît qu\u2019au Ille siècle dans les homélies d\u2019Origène sur saint Luc.Elle tire son origine de la fausse interprétation de deux textes prophétiques.Isaïe (I, 3) avait dit: «Le bœuf connaît son possesseur et l\u2019âne la crèche de son maître, mais Israël n\u2019a point de connaissance, mon peuple n\u2019a point d\u2019intelligence ».C\u2019était assez pour que l\u2019imagination des symbolistes plaçât un bœuf et un âne près de la crèche du Sauveur.D\u2019autre part, Habacuc (III, 2, version des Septante) avait écrit: «Tu te manifesteras au milieu de deux animaux ».Ces deux animaux ne pouvaient être que l\u2019âne et le bœuf dont parle Isaïe.Voir Dictionnaire d\u2019archéologie chrétienne et de liturgie, aux mots Ane et Bœuf.(12) cf.P.C.Forest, O.P.: Noël à l\u2019Ara Cœli, Revue Dominicaine, 1927, pp.368-372. NOEL ET L\u2019EPHIPHANIE 669 plus tard l\u2019« Office des Trois Rois » (13).Il se déroulait le jour de l\u2019Epiphanie, après Tierce.Trois chanoines du premier rang, vêtus en rois, partaient de trois points différents et s\u2019avançaient vers l\u2019autel, suivis de leurs serviteurs (chanoines du second rang) vêtus de tuniques et d\u2019amicts et chargés des présents de leurs maîtres.Le roi qui venait de l\u2019Orient, montrant l\u2019étoile de son bâton, chantait à haute voix: « Voici une étoile qui brille d\u2019un merveilleux éclat!» Le second roi, partant de la droite de l\u2019autel, ajoutait: « Elle montre que le Roi des rois est né ».Et le troisième, venant de la gauche: « C\u2019est Celui que les prophètes avaient annoncé comme devant venir ».Réunis alors devant l\u2019autel, les Mages se donnaient l\u2019accolade et chantaient ensemble: «Allons donc et cher-chons-le; offrons-lui des présents, de l\u2019or, de l\u2019encens et de la myrrhe ».La procession se mettait en marche et le chanoine chantre entonnait le Répons Magi veniunt, etc.Pendant que ce chant s\u2019exécutait, on allumait une couronne suspendue devant l\u2019autel de la Croix sous forme d\u2019étoile.La procession s\u2019arrêtait dans la nef, et les Mages montrant (13) L\u2019cpisode raconté par saint Matthieu, et que rappelle naturellement l\u2019évangile de l\u2019Epiphanie, a suggéré pour l\u2019épître le choix du passage d\u2019Isaïe (LX, 1-6) qui fait à la visite des Mages une majestueuse introduction :\t« .les nations marchent vers ta lumière, et les rois vers la clarté de ton lever.» Mais à son tour le texte d\u2019Isaïe a réagi, dans l\u2019imagination artistique et populaire, sur l\u2019interprétation du récit de saint Matthieu : les simples Mages de l\u2019Evangile sont devenus des rois, et la fête de l\u2019Epiphanie en est venue à s\u2019appeler la fête des Rois.L\u2019Evangile n\u2019indique pas leur nombre.La tradition, fixée seulement au Ve siècle, veut qu\u2019ils aient été trois.Il est assez vraisemblable de croire qu\u2019on se régla, pour adopter ce chiffre, sur le nombre de présents mentionnés par l\u2019Evangile: l\u2019or, l\u2019encens et la myrrhe.Les noms même sont indiqués par Bède le Vénérable (f 630) ; ils s\u2019appellent Gaspar, Melchior, Balthasar.En 1164, leurs reliques furent transportées de Milan à Cologne.On les honora comme martyrs, bien qu\u2019on ne s\u2019explique pas par qui ils auraient pu être suppliciés.L\u2019antiquité chrétienne ignorait tout de leur vie.Ce n\u2019est qu\u2019au Xlle siècle qu\u2019ils sortirent de l\u2019obscurité.Voir Diet, d'arck.chrét.et de lit., au mot Mages. 670 LA REVUE DOMINICAINE l\u2019étoile s\u2019avançaient vers une image de la Vierge déposée sur l\u2019autel de la Croix et chantaient: « Voici l\u2019étoile que nous avons déjà vue en Orient, elle nous précède de nouveau toute lucide; cette étoile montre qu\u2019il est né Celui dont Balaam avait chanté: « Une étoile sortira de Jacob et il se lèvera d\u2019Israël un homme qui brisera tous les chefs des nations; la terre entière sera sous sa puissance ».Deux chanoines prêtres qui se tenaient, vêtus de dal-matiques, de chaque côté de l\u2019autel, entonnaient à mi-voix: « Que sont ceux-ci qui, sous la conduite de l\u2019étoile, viennent à nous et nous racontent des choses inouïes?» A quoi les Mages répondaient: « Nous sommes les rois de Thar-sis, d\u2019Arabie et de Saba, et nous apportons des présents au Seigneur Christ Roi qui vient de naître et que nous venons adorer sous la conduite de l\u2019étoile ».Tirant alors le rideau qui masquait l\u2019autel, les deux chanoines en dalmatiques répondaient: « Voici l\u2019enfant que vous cherchez; empressez-vous de l\u2019adorer, car il est le Rédempteur du monde ».Les Mages se prosternaient alors jusqu\u2019à terre et saluaient ensemble l\u2019Enfant-Dieu en disant: « Salut, prince des siècles! » Le premier recevait des mains de son serviteur l\u2019or, qu\u2019il offrait aussitôt en disant: « Recevez, ô Roi, cet or, » et le second de même: « Prenez cet encens, vous qui êtes vraiment Dieu, » enfin le troisième: « Recevez la myrrhe, signe de la sépulture ».Les Mages s\u2019attardant dans la prière où ils semblaient abîmés, un enfant de chœur en aube faisant fonction d\u2019ange les tirait de leur méditation: « Toutes les prophéties sont accomplies, allez maintenant; retournez par un autre chemin pour ne pas devenir les délateurs d\u2019un si grand Roi ».Et la procession rentrait en chantant le Répons Tria surit munera, etc.Puis venait la messe, pendant laquelle les trois dirigeaient le chœur et chantaient avec trope le Kyrie, le Gloria, le Sanctus et Y Agnus. NOEL ET L\u2019EPHIPHANIE 671 On a vu les Frères-Mineurs se faire les propagateurs des crèches de Noël.Les Frères-Prêcheurs ne restèrent pas en arrière.A Milan, par exemple, ils organisèrent pour le jour de l\u2019Epiphanie, la pompe des rois Mages.Le cortège partait de leur église de Sainte-Marie-des-Grâces.Le chroniqueur Galvano Fiamma, O.P.nous en a laissé la description suivante.(14)\t« Les rois, couronne en tête, chevau- chaient entourés de gardes et magnifiquement vêtus, devant une suite immense de bêtes et d\u2019esclaves.Et il y avait une étoile d\u2019or qui glissait en l\u2019air devant eux et leur montrait la route.Ils arrivèrent ainsi au porche de Saint-Laurent, où se tenait Hérode avec ses scribes et ses sages.Les étrangers demandèrent où devait naître le roi des Juifs.Les scribes remuèrent un tas de livres, et répondirent: «A Bethléem, à cinq milles d\u2019ici ».Alors les Rois se remirent en marche avec leurs couronnes d\u2019or et leurs pyxides d\u2019or qui contenaient de l\u2019or, de l\u2019encens et de la myrrhe, leur étoile toujours devant, et derrière leur escorte de bêtes et de serviteurs; en tête faisaient rage les trompettes et les cors, puis venaient des singes, des babouins et toute une ménagerie bizarre qui excitait les cris de la foule.Le cortège parvint dans cet ordre à l\u2019église Saint-Eustorge.Là, à côté de l\u2019autel, on avait fait la crèche avec l\u2019âne et le bœuf; et dans la crèche était le petit Jésus, dans les bras de sa mère.Après quoi, leurs présents offerts, les Mages firent semblant de s\u2019endormir; et un ange avec de vraies ailes descendit du plafond et leur dit de ne pas repasser par Saint-Laurent mais de prendre la rue de la Porte Romaine ».Ceci se passait en 1336.La fête plut, au point qu\u2019on décida de la rendre annuelle.Il ressort de cet exposé que les deux fêtes de Noël et de l\u2019Epiphanie ne remontent guère au delà du IVe siècle, (14) La chronique a été éditée par Muratori : Rerum Italicarum Scrip tor es, XII, 997-1050. 672 LA REVUE DOMINICAINE qu\u2019elles ont été instituées, l\u2019une à Rome, l\u2019autre en Orient, pour supplanter des fêtes païennes en l\u2019honneur du dieu soleil.Noël prit de suite un éclat sans pareil et devint le point de départ de l\u2019année liturgique.Les deux Ordres de saint François et de saint Dominique se firent les propagateurs des représentations populaires des scènes de l\u2019étable de Bethléem et de l\u2019adoration des Mages.A voir les petits enfants de chœur parader si gracieusement autour des crèches de nos églises, qui se douterait qu\u2019ils ont pour ancêtres de vénérables chanoines du Moyen-Age?Thomas-M.Charland, O.P.Ottawa, novembre 1933. La philosophie chrétienne A la séance du 8 octobre dernier, la Société Thomiste de l\u2019Université d\u2019Ottawa a discuté la question si actuelle de la philosophie chrétienne.Nous pensons faire plaisir à nos lecteurs en publiant, d\u2019accord avec les autorités de la Société, deux notes caractérisant les tendances qui marquèrent la discussion autour du Rapport très impartial et très objectif du R.P.Julien Peghaire, C.S.Sp.Y\ta-t-il une philosophie chrétienne?Est-elle définissable?A quelle discipline appartient-il d\u2019en déterminer les apports?Est-elle contenue sous le concept général de philosophie comme l\u2019espèce sous le genre; ou encore aurions-nous affaire à une notion analogique?Nous tenterons dans cette note de définir les positions qui peuvent être tenues à ce sujet.Y\ta-t-il une philosophie chrétienne?Pourquoi pas?N\u2019y a-t-il pas une philosophie grecque, une philosophie gréco-romaine, une philosophie allemande, une philosophie anglaise, une philosophie moderne?Et alors pourquoi n\u2019y aurait-il pas une philosophie chrétienne?Est-ce que les penseurs chrétiens auraient été les seuls à traiter le problème philosophique sans y laisser l\u2019empreinte de leur personnalité?Est-ce que l\u2019excès de lumière et de vertu opérante dont ils ont disposé les aurait empêchés de posséder une vue plus large et plus pénétrante des choses?Il est inutile d\u2019insister: plus la personnalité est forte, plus son activité est transformante.Et il semble qu\u2019après les travaux récents de M.Etienne Gilson, il est acquis qu\u2019il y a une phi- 674 LA REVUE DOMINICAINE losophie chrétienne.C\u2019est d\u2019ailleurs, ainsi qu\u2019on le verra par les précisions apportées, ce que personne n\u2019a jamais songé à contester.Est-il possible de définir cette forme de philosophie?C\u2019est ici que les opinions varient et parfois s\u2019opposent radicalement.Et pour faire bref, nous croyons que les oppositions tiennent à un malentendu, à la confusion de deux disciplines, ayant chacune un objet et des méthodes propres.Est-il possible de donner de la philosophie une définition doctrinale, qui tienne compte de son caractère tantôt païen et tantôt chrétien?Nous affirmons que non.Une définition stricte ne relève que les notes essentielles d\u2019un concept, n\u2019exprime que les éléments qui entrent en ligne de compte dans la composition d\u2019une nature.Elle doit être nécessaire, universelle, et partant abstraite.Elle n\u2019a pas cure des circonstances de temps, de lieu et de personne.Elle n\u2019a pas davantage à tenir compte de l\u2019état des choses.« Le blanc parfait n\u2019est pas, du point de vue de l\u2019essence, plus blanc que le blanc imparfait.» (1) Et nous voyons, par ces données, qu\u2019il appartient au philosophe et à la discipline qu\u2019il pratique de donner une définition stricte des choses.En appliquant ces données à la philosophie, nous constatons qu\u2019il est erroné de croire qu\u2019on puisse faire entrer dans sa définition des prédicats tels que païen, chrétien, allemand, etc.La philosophie est philosophie et rien de plus.Et nous entendons par là qu\u2019elle est une explication rationnelle de l\u2019univers; peu importe les qualités d\u2019esprit qu\u2019y apporte celui qui la cultive, peu importe qu\u2019elle soit à l\u2019état parfait ou imparfait.Elle est philosophie ou elle ne l\u2019est pas: du fait que dans les essences il n\u2019y a pas de plus et de moins, il n\u2019y a pas d\u2019entre-deux.Dès qu\u2019il y a spécu- U) Remarque très congrue de notre confrère le R.P.Régis. LA PHILOSOPHIE CHRETIENNE 675 lation rationnelle sur les données que l\u2019expérience tire de l\u2019observation du monde sensible, il y a pensée philosophique.Par contre, dès qu\u2019il y a intrusion de la foi, illumination, « éclairage » projeté d\u2019En haut, nous avons affaire à de la sagesse chrétienne, à la théologie.Il est impossible qu\u2019une vérité demeure dans le plan philosophique, si elle est investie des lumières de la foi.Automatiquement, il y a évidence d\u2019un ordre supérieur (évidence de la conséquence), automatiquement elle devient solidaire d\u2019un enchaînement de vérités qui ne sont plus du domaine de la raison: étant tirée à elles, elle se résorbe en elles.Il n\u2019y a plus lieu de distinguer entre objet formel quod et objet formel quo, puisqu\u2019il n\u2019y a entre ces deux objets qu\u2019une distinction virtuelle; puisqu\u2019il ne peut se faire que l\u2019évidence devenant d\u2019une nature supérieure, le degré de certitude demeure le même; puisqu\u2019enfin on doit admettre que le lien unissant les données mises en présence dans une conclusion revêt une plus grande nécessité du fait qu\u2019il est rattaché en définitive à l\u2019infaillibilité de connaissance divine.Tout au plus, peut-on admettre au rang des vérités philosophiques, le révélé per accidens; et encore faut-il ne pas oublier que ce n\u2019est pas en vain qu\u2019on le qualifie de per accidens.Et donc nous concluons que la philosophie se définit par son objet, qui n\u2019est ni païen, ni chrétien, mais naturel.Par bonheur, à côté des disciplines philosophiques, il y a d\u2019autres disciplines, d\u2019autres instruments de connaissance.Il y a entre autres l\u2019histoire de la philosophie.Sans nous mettre en œuvre de définir l\u2019histoire de la philosophie, et de décrire les méthodes dont elle se sert pour explorer son objet, rappelons qu\u2019il lui appartient de retracer la mentalité d\u2019une époque, son atmosphère spirituelle, de dire dans quelles circonstances s\u2019est développée sa pensée, de découvrir les postulats, c\u2019est-à-dire les principes communs, présupposés et admis par cette pensée, de préciser les influences sous l\u2019empire desquelles elle s\u2019est élevée à 676 LA REVUE DOMINICAINE plus ou moins de perfection, de découvrir enfin les causes de piétinement sur place, de recul, et d\u2019écarts.Et alors, il est question de génération, de genèse, de racines humaines et subjectives d\u2019une pensée intemporelle et objective.Et alors on considère directement le sujet, le philosophe indivi-dué, les influences, provenant soi d\u2019en bas, soit d\u2019En haut, qui agissent, qui pèsent littéralement sur lui, \u2014 et qui par ricochet modifient sa pensée, son mode de se représenter les choses.En se plaçant au point de vue historique, définir la philosophie chrétienne c\u2019est faire l\u2019inventaire des approfondissements, des élargissements et des transpositions que la pensée philosophique a subis sous l\u2019action de la pensée chrétienne.Par un effet d\u2019osmose spirituelle, la raison s\u2019est trouvée fortifiée dans ses ressources les plus intimes; et en outre, par la comparaison de deux objets continus, quoique distincts, et devant par conséquent s\u2019agencer en tous points, elle a été amenée à scruter des problèmes qu\u2019elle n\u2019eût jamais abordés sans cette confrontation nécessaire.La référence de l\u2019ordre naturel à l\u2019ordre surnaturel a forcé le philosophe chrétien à prendre ses mesures avec plus de minutie afin de rejoindre parfaitement les pièces de l\u2019ordre supérieur.La foi a commandé des positions, mais ces positions elles-mêmes, pour demeurer philosophiques, ont dû être révisées par la raison et justifiées à ses yeux.De sorte que la philosophie chrétienne, comme toute philosophie, se définit l\u2019ensemble des vérités établies par la raison humaine.Ce qui correspond à la définition stricte de la philosophie.Et à ce point de vue, le mot chrétien est superflu.Par contre, du point de vue historique, \u2014 l\u2019histoire devant consigner les influences de fait qui ont contribué à l\u2019élaboration ou à la genèse d\u2019un concept, \u2014 le mot chrétien marque le milieu, au sens fort du mot, auquel la philosophie est redevable de sa perfection, comme le vocable grec exprime le milieu dans lequel elle a pris naissance. LA PHILOSOPHIE CHRETIENNE 677 Après ces précisions, il devient sans nécessité de préciser que les mots, grecque, chrétienne, etc., ne marquent pas des espèces de philosophie, mais des milieux, des étapes, des états de la spéculation philosophique.Louis Lachance, O.P.Ottawa, octobre 1933. Philosophie chrétienne ou philosophes chrétiens?Dans le débat sur la philosophie chrétienne, c\u2019est la position de MM.Gilson et Maritain qui me semble tenir compte le plus complètement des exigences de la raison et de Thistoire.Je crois même que tôt ou tard, c\u2019est à elle que se rallieront les thomistes qui à l\u2019heure actuelle s\u2019en écartent.Il y a d\u2019ailleurs entre eux et nous, et pour concrétiser, entre le R.P.Lachance et moi, un accord réel sur les points fondamentaux suivants: 10 \u2014 Historiquement parlant, il y a, non pas seulement une philosophie chrétienne qui serait celle de saint Thomas, mais des philosophies chrétiennes, celles de saint Augustin, de saint Bonaventure, etc.2° \u2014 Si l\u2019on parle des essences abstraites, la note « chrétienne » n\u2019entre pas dans la définition essentielle, universelle et partant abstraite de la philosophie.Elle est, si l\u2019on y tient, accidentelle et donc le complexe « philosophie chrétienne » est un unum per accidens; la philosophie n\u2019est donc pas un genre dont la philosophie chrétienne et la non-chrétienne seraient les espèces.D\u2019accord sur ces points qui, je le répète, sont fondamentaux, où donc va se trouver la divergence entre nous?Sur la position du problème elle-même.Le problème ne porte pas, à mes yeux, sur les relations entre l\u2019essence abstraite de la philosophie et la notion abs- PHILOSOPHIE CHRETIENNE OU.\t679 traite du christianisme, comme on semble le croire, car le monde philosophique ne se serait pas ému comme il l\u2019a fait: mathematica et universalia non movent, disaient les Anciens Scolastiques; il s\u2019agit au contraire, selon la formule de Bréhier de chercher « quelle est la vocation intellectuelle du christianisme, quelle est sa part positive dans le développement de la pensée philosophique ».Le problème est tout autre! Et il est angoissant! C\u2019est un collaborateur de la Nouvelle Revue des Jeunes, Gabriel Marcel, qui en faisait la remarque, en 1932: S\u2019il n\u2019y a pas de philosophie chrétienne « pour la religion elle-même les conséquences les plus graves, peut-être les plus ruineuses » en découleront.Il faudra en effet admettre ou que « le christianisme n\u2019a pu être pensé », donc « laisser entendre qu\u2019il n\u2019est pas pensable », donc encore « que la foi chrétienne.ne peut en aucune façon s\u2019organiser avec l\u2019ensemble de l\u2019expérience humaine, en tant que celle-ci s\u2019élabore et s\u2019élucide elle-même » et la conclusion dernière et pratique sera l\u2019abandon de cette foi; ou que « le christianisme s\u2019est borné à présenter sous une forme symbolique et métaphorique un ensemble de vérités morales ou même métaphysiques que la pensée humaine aurait pu parfaitement saisir par ses propres moyens ».Dans les deux cas, c\u2019est l\u2019arrêt de mort du christianisme.La raison profonde de la passion soulevée par ce débat aussi bien chez les catholiques que chez les rationalistes, elle est là toute entière, dans ce dilemme.Qu\u2019on ne dise pas, comme on me l\u2019a déjà dit, que la réponse négative de Bréhier ne compte pas! Hélas! elle compte, non par la valeur historique de ses arguments, celle-ci est nulle, mais par sa valeur de symbole, car c\u2019est celle de milliers de penseurs étrangers à notre religion et qui dirigent l\u2019esprit moderne.C\u2019est probablement pour l\u2019avoir rencontrée souvent dans le monde où ils vivent que des laïcs, comme E.Gilson, J.Maritain et G.Marcel ont senti la gravité du pro- 680 LA REVUE DOMINICAINE blême avec une acuité que jamais nous ne pourrons expérimenter, nous, prêtres, séparés que nous sommes d\u2019un certain monde par notre habit, nos cellules, notre enseignement, bref notre vie toute entière.J\u2019entends bien la réponse que l\u2019on me fait: mais nous le concédons, il y a une philosophie chrétienne; n\u2019y a-t-il pas une philosophie grecque, anglaise, kantienne ou berg-sonienne?Je réponds que présenter ainsi les choses, c\u2019est minimiser le problème au point de le rendre inexistant.Si l\u2019adjonction de l\u2019épithète chrétienne n\u2019avait pas d\u2019autres conséquences, pour la philosophie, que celles entraînées par les épithètes que je viens de rappeler, jamais il n\u2019y aurait eu de discussion sur la philosophie chrétienne.Toutes ces é-pithètes expriment des influences qui ne sortent pas du domaine de la raison et donc de celui de la philosophie; avec la note chrétienne, on passe à celui de la « surraison », du surnaturel; tandis qu\u2019avec les premières ne surgissait qu\u2019un tout petit problème purement historique, avec la seconde, c\u2019est d\u2019abord un immense problème historique qui surgit, lequel à son tour soulève le problème doctrinal dont parlait tout à l\u2019heure G.Marcel.On peut accoler au mot « cercle » les épithètes doré, enflammé, immense, etc., sans exciter de disputes, mais si l\u2019on s\u2019avise de parler de cercle carré, tout le monde se récrie.C\u2019est pour une raison analogue que je ne puis admettre la formule commune à certains Thomistes et aux rationalistes: « il n\u2019y a pas plus de philosophie chrétienne que de mathématiques chrétiennes ou de biologie chrétienne ».Ils veulent dire, ces Thomistes, je le sais, que la révélation n\u2019entre pas plus dans la définition abstraite de la philosophie que dans celle des mathématiques ou de la biologie.Cela concédé, il reste que la révélation peut avoir sur la philosophie une influence qu\u2019elle n\u2019aura jamais sur les sciences.Avec ou sans révélation, l\u2019homme comprendra avec une même facilité que le carré de l\u2019hypoténuse est égal à la PHILOSOPHIE CHRETIENNE OU.681 somme de carrés des deux autres côtés, pourra constater les réactions chimiques ou découvrir le rôle de l\u2019appendice.Sans la révélation au contraire, la philosophie ne connaîtra pas aussi facilement, non pas en droit mais en fait, l\u2019origine du monde, la nature de l\u2019homme et surtout celle de Dieu.Et ceci m\u2019amène au fond de la question.On dit qu\u2019il y a théologie dès qu\u2019il y a intrusion de la foi, illumination, éclairage projeté d\u2019en-haut.Je crois que la « conséquence » n\u2019est pas rigoureuse.D\u2019abord pourquoi ne pourrait-on pas connaître par un acte de foi telle vérité, l\u2019existence de Dieu, par exemple; puis faisant abstraction de l\u2019origine de cette connaissance, l\u2019étudier selon l\u2019esprit, les principes et les méthodes philosophiques?la redécouvrir plus facilement, avec une marche plus assurée, par des arguments de raison?N\u2019est-ce pas cela qu\u2019a fait saint Thomas quand il exposait et perfectionnait, grâce à son christianisme, les arguments aristotéliciens de l\u2019existence de Dieu?et faudrait-il s\u2019imaginer qu\u2019il disait, non pas Credo in Deum, creatorem cœli et terrœ, mais Scio Deum esse, creatorem cœli et terrœ.Distinguons par conséquent l\u2019assentiment à une vérité donné par un acte purement surnaturel de foi et l\u2019assentiment à cette même vérité découverte ensuite par un travail purement naturel de notre raison.Qu\u2019il y ait alors identité d\u2019objet formel quod, soit; mais dans l\u2019acte de foi, cet objet est vu sous la lumière divine, dans l\u2019acte de science sous la lumière humaine.Les rationes formales sub quibus sont donc essentiellement distinctes; or c\u2019est cette distinction-là \u2014 et elle seule \u2014 qui est condition nécessaire, mais suffisante de la spécification de nos diverses connaissances.Dans ce cas, insistera-t-on, vous changez la définition de la philosophie qui n\u2019est plus l\u2019ensemble des vérités établies par la raison humaine laissée à ses seules forces.Non, je ne la change pas, je demande qu\u2019on la précise. 682 LA REVUE DOMINICAINE Il y a en effet quatre « états » de notre nature, donc de notre raison: 1° état de nature pure qui de facto n\u2019a jamais existé; 2° état de justice originelle qui fut celui de nos premiers parents, avant la chute; 3° état de nature, maintenue dans un ordre surnaturel, mais déchue: c\u2019est celui de tous les philosophes qui ne connaissent pas la Rédemption et n\u2019ont pas pu ou voulu user du « sacramentum naturœ », état caractérisé par la perte des dons surnaturels et par les blessures « in naturalibus » parmi lesquelles il y a le « vul-nus ignorantiœ » : 4° état enfin de nature déchue mais réparée, caractérisé par la guérison relative de ces blessures « in naturalibus »; grâce sanctifiante, vertu de foi, dons intellectuels du Saint Esprit sont dans cet état autant de divins médicaments rétablissant les forces natives de notre raison.La raison dont il s\u2019agit dans la définition de la philosophie, le R.P.Lachance la place dans l\u2019état de nature pure, c\u2019est son droit.La controverse actuelle cependant porte sur ce point précis: dans l\u2019état de nature déchue mais réparée, les forces naturelles de la raison humaine ne sont-elles pas en meilleure posture pour atteindre leur objet propre dans sa totalité que dans l\u2019état de nature déchue non réparée?Posée en ces termes, la question exige de tout catholique une réponse affirmative.Dès lors il est clair que profitant des grâces surnaturelles qui la fortifient, de la révélation qui élargit son champ visuel, la raison peut et doit faire des découvertes et des progrès strictement philosophiques qui lui auraient été impossibles, non pas de jure mais de facto, dans l\u2019état de nature déchue et non rachetée.On m\u2019a fait cette objection: « Ce n\u2019est plus la philosophie que vous considérez alors, c\u2019est le philosophe ».C\u2019est juste, mais parce que je découvre des philosophes chrétiens, et chrétiens en tant que philosophes, je conclus à l\u2019existence de philosophies chrétiennes, c\u2019est-à-dire, à des systèmes rationnels essayant, sous l\u2019influence positive de la révélation apportée par Notre Seigneur, une explication ration- PHILOSOPHIE CHRETIENNE OU.683 nelle de notre univers.Arrivé là, pourquoi ne pourrais-je pas généraliser et obtenir le concept abstrait, donc universel, donc nécessaire de ce complexe: philosophie chrétienne?Pourquoi ne pourrais-je pas de ce concept chercher les notes essentielles, me demander si par rapport à ses «inférieurs»: augustinisme, thomisme, blondélisme et même selon quelques uns, bergsonisme, il est univoque (donc un genre) ou analogue.En vérité non seulement je ne vois pas ce qui pourrait me l\u2019interdire, mais j\u2019aperçois très nettement ce qui m\u2019y invite.Telle est la manière dont, à mes yeux, doit se poser le problème actuel de la philosophie chrétienne; c\u2019est, autant que je puis m\u2019en rendre compte, celle de MM.Gilson et Ma-ritain, celle dont le Bulletin Thomiste écrivait par la plume du P.Simonin, O.P.« qu\u2019elle mérite de terminer pacifiquement le débat» (1931, p.357).L\u2019accent est mis sur l\u2019aspect concret et historique du problème.Le R.P.La-chance, à la suite des PP.Mandonnet et Forest, le met sur l\u2019aspect abstrait.La divergence valait d\u2019être signalée; elle est d\u2019ailleurs loin d\u2019être irréductible.Julien Peghaire, C.S.Sp.Collège St-Alexandre de la Gatineau. Consultation canonique Facultés de bénir et d\u2019indulgencier d\u2019après le nouveau décret de la S.Pènitencerie Apostolique Le 1er avril 1933, les « Acta Apostolicæ Sedis » publiaient un important décret de la Sacrée Pènitencerie A-postolique qui se réserve à l\u2019avenir le droit d\u2019accorder certains pouvoirs de bénir et d\u2019indulgencier.A propos de ce décret, on a posé plusieurs questions; des doutes ont été exprimés.Que reste-t-il, demande-t-on, des facultés de bénir et d\u2019indulgencier?Que faire maintenant quand, à tout instant, on présente des objets de piété à bénir?Comment désormais obtiendra-t-on ces pouvoirs, si même il est possible d\u2019en jouir?C\u2019est à ces questions que nous désirons répondre, en faisant l\u2019analyse du récent décret.Il a deux parties bien distinctes: la première révoque et abroge un certain nombre de pouvoirs octroyés aux associations pieuses; la deuxième limite la concession des privilèges propres à certains Ordres et Congrégations religieuses.Voyons d\u2019abord la révocation des pouvoirs octroyés aux pieuses associations de fidèles.Une première remarque s\u2019impose.Le Rituel Romain, à la suite du Code de Droit Canonique (c.1147), établit en principe que tout prêtre a le pouvoir de bénir, sauf dans le cas où la bénédiction est réservée au Souverain Pontife, aux Evêques, ou à d\u2019autres, comme par exemple aux Ordres CONSULTATION CANONIQUE 685 et Congrégations religieuses.De plus, si un prêtre donne sans la permission nécessaire une bénédiction réservée, cette bénédiction est illicite, mais demeure valide, à moins que la bénédiction ne soit réservée expressément par le Siège A-postolique sous peine d\u2019invalidité.Ajoutons que les bénédictions, constitutives ou invocatives, sont invalides, si on n\u2019emploie pas la formule prescrite par l\u2019Eglise (c.1148).Quant à la faculté d\u2019accorder des indulgences ou d\u2019indul-gencier des objets de piété, seuls en ont le pouvoir ordinaire ceux que mentionne expressément le Code: le Souverain Pontife, les Cardinaux, les Métropolitains, les Evêques, les Vicaires et Préfets Apostoliques.Les autres prêtres, quels qu\u2019ils soient: Vicaires Généraux, Vicaires Capitulaires, Généraux d\u2019Ordres, Provinciaux, Curés, Confesseurs, etc., ne peuvent sans un pouvoir spécial accorder des indulgences ou indulgencier des objets de piété.Est-il besoin d\u2019ajouter que les Nonces, Internonces et Délégués Apostoliques ont en fait d\u2019indulgence des pouvoirs délégués assez étendus.Cette première remarque faite, examinons quelles facultés vise le décret de la Sacrée Pénitencerie.En voici la liste complète, exhaustive, à laquelle il ne faut rien ajouter ni retrancher, même si certains pouvoirs ont quelque ressemblance avec les facultés expressément mentionnées dans le décret: a)\tFaculté de bénir les objets de dévotion et de leur conférer les indulgences apostoliques ou celles dites de Sainte Brigitte.b)\tFaculté de bénir les chapelets et de les doter d\u2019indulgences, chacun suivant sa nature.c)\tFaculté de bénir les crucifix en vue de gagner les indulgences attachées au pieux exercice du Chemin de la Croix au profit de ceux qui ne peuvent légitimement le pratiquer.d)\tFaculté de bénir les crucifix en vue de gagner 686 LA REVUE DOMINICAINE l\u2019indulgence plénière à l\u2019article de la mort.e)\tFaculté d\u2019accorder la bénédiction papale à la fin des sermons.f)\tFaculté d\u2019accorder l\u2019induit dit de l\u2019autel privilégié.Comme on peut facilement le constater par l\u2019index de l\u2019Appendice du Rituel Romain, ces facultés sont réservées, et par conséquent tout prêtre n\u2019en jouit pas.Mais alors comment peut-on obtenir ces facultés?De trois façons.Premièrement « ipso jure »; c\u2019est à dire que le Droit Canonique lui-même accorde ces pouvoirs à certaines catégories de personnes.Ainsi en vertu du canon 239, les Cardinaux ont la faculté de bénir partout, par un signe de croix, en accordant les indulgences que le Saint-Siège accorde habituellement, les rosâtres et divers chapelets, les crucifix, les médailles, les statues, etc.Le même privilège est accordé aux Evêques par le canon 349, pourvu qu\u2019ils observent les rites prescrits par l\u2019Eglise, tandis que le canon 294 l\u2019étend aux Vicaires et Préfets Apostoliques.Il est certain que ces facultés obtenues « ipso jure » ne sont aucunement révoquées par le présent décret où il n\u2019en est pas du tout question.Deuxièmement, par induit personnel du Souverain Ponitfe ou de la Sacrée Pénitencerie.On obtient cet induit sans difficulté, surtout avec lettre de recommandation de son propre Ordinaire.Il est également certain que les induits personnels déjà obtenus gardent toute leur valeur, n\u2019étant pas atteints dans le document que nous analysons.Il reste la troisième façon, qui, on le devine déjà, se trouve directement visée dans la révocation de la Sacrée Pénitencerie, et qui consiste à obtenir les pouvoirs énumérés plus haut par l\u2019intermédiaire d\u2019une association pieuse. CONSULTATION CANONIQUE 687 Nous savons en effet qu\u2019il existe de nos jours un grand nombre d\u2019associations pieuses ayant, par faveur du Saint Siège, le droit de conférer à leurs membres les pouvoirs et facultés dont il s\u2019agit présentement.Au Canada, l\u2019Union missionnaire du Clergé, la pieuse Union S.Joseph, l\u2019association des Prêtres Adorateurs sont bien connues.Aussi, pour avoir ces privilèges, beaucoup de prêtres s\u2019inscrivent dans les registres de ces associations.Mais précisément à cause de la multiplication surprenante de ces concessions et à cause aussi d\u2019une certaine émulation des associations à implorer des faveurs, il en est résulté une déordination dans l\u2019obtention et l\u2019usage de ces pouvoirs: ce qui ne va pas sans inconvénient.C\u2019est pourquoi, comme dit le décret, « poursuivant son « dessein de réformer les indulgences sacrées en conformité « avec les dispositions du même genre déjà publiées ces der-« niers temps, la Sacrée Pénitencerie Apostolique, en vue de « mieux coordonner les pouvoirs d\u2019attacher les indulgences « à certaines œuvres pies ou à des objets de dévotions, « ainsi que certains induits analogues, que sollicitent souvent « les prêtres privés, a statué et décidé ce qui suit, en vertu « d\u2019un ordre formel de Notre Très Saint Père: Tous les « pouvoirs généraux et spéciaux, octroyés en n\u2019importe quel « lieu, et à n\u2019importe quelle époque, de quelque façon et à « quelque titre que ce soit, aux pieuses associations de fidè-« les de tout nom et de toute nature, fussent-elles unique-« ment composées de prêtres, d\u2019accorder aux prêtres privés « les pouvoirs et induits suivants: (voir la liste donnée plus « haut) sont révoqués, abrogés et complètement supprimés, « de sorte qu\u2019à partir du jour de la publication du décret lui-« même (1er avril 1933), ils perdent toute vigueur et toute «efficacité» (x).U) Traduction de la Documentation Catholique du 6 mai 1933 col.1134. 688 LA REVUE DOMINICAINE Toutes les associations pieuses sont donc directement visées, et les facultés expressément mentionnées dans ce décret leur sont enlevées, mais seulement celles là; les autres privilèges demeurent intacts.Dès lors, depuis le 1er avril 1933, il n\u2019est plus possible à un prêtre d\u2019obtenir, par l\u2019intermédiaire de ces associations, les pouvoirs dont il est question dans le décret.Cependant le décret va-t-il jusqu\u2019à révoquer les pouvoirs dont jouissent les prêtres qui se sont inscrits avant le 1er avril dans quelqu\u2019une de ces associations?Nous ne le croyons pas et pour la raison suivante.Les lois, ayant pour but de diriger des actes, disposent pour l\u2019avenir et non pour le passé, à moins qu\u2019elles ne le disent expressément.En d\u2019autres termes, elles n\u2019ont pas d\u2019effet rétroactif.Or, selon la teneur du décret, c\u2019est la concession des pouvoirs à de nouveaux bénéficiaires qui est interdite et non pas l\u2019usage des faveurs précédemment accordées.Le décret vise directement les associations pieuses ayant le privilège d\u2019accorder ces pouvoirs à leurs membres et ceux-ci ne se trouvent qu\u2019indirectement atteints, en ce sens qu\u2019à l\u2019avenir, ils ne pourront plus obtenir ces facultés par l\u2019intermédiaires des associations pieuses.Dire autrement serait dépasser les limites de la révocation voulue par la Sacrée Pénitencerie.Et donc, les prêtres qui ont obtenu ces faveurs avant le 1er avril 1933, continueront à en jouir tant qu\u2019ils rempliront les conditions prescrites avant le nouveau régime.Mais un doute peut surgir.Les membres inscrits dans ces associations, avant le 1er avril 1933, et qui, à ce moment là, n\u2019avaient pas la juridiction pénitentielle, peuvent-ils jouir des facultés, quand par la suite, c\u2019est à dire après le 1er avril, ils viennent à être approuvés pour les confessions?Il ne semble pas, car lorsque la pieuse association dans laquelle ils se sont inscrits pouvait leur accorder ces pouvoirs, eux-mêmes étaient inaptes à les recevoir, ne remplissant pas les conditions requises.D\u2019un autre côté, CONSULTATION CANONIQUE 689 quand ils remplissent les conditions requises pour obtenir les pouvoirs, l\u2019association se trouve dépourvue du privilège de les concéder.Il reste maintenant à expliquer brièvement la deuxième partie du Décret qui limite la concession de privilèges propres à certains Ordres et Congrégations religieuses.Disons immédiatement qu\u2019il ne s\u2019agit pas ici de tous les privilèges propres aux religieux, mais seulement des trois privilèges explicitement contenus dans le Décret et qui sont: a)\tLe privilège de bénir les chapelets et de les doter d\u2019indulgences.b)\tLe privilège de doter les crucifix des indulgences du chemin de la Croix, à gagner en certaines circonstances sans qu\u2019il soit nécessaire de parcourir les stations elles-mêmes.c)\tLe privilège d\u2019ériger les stations du Chemin de la Croix.Ces deux derniers privilèges sont l\u2019apanage des Frères Mineurs, qui de tout temps ont propagé la dévotion à Jésus Crucifié.Quant aux chapelets, leurs formes offrent une grande variété, et chacune constitue comme un bien de famille pour les différents Ordres religieux.Le plus célèbre et le plus répandu est sans conteste le Rosaire que la S.Vierge elle-même a donné aux Frères Prêcheurs dans la personne de son fondateur S.Dominique.Il y a aussi le Chapelet de Sainte Brigitte, propre à l\u2019Ordre du Très Saint-Sauveur, le Chapelet des sept douleurs appartenant aux Servites de Marie, etc.Alors en quoi consiste la limitation de ces privilèges?Avant le décret les Supérieurs respectifs pouvaient con- 690 LA REVUE DOMINICAINE céder à leurs sujets et aux prêtres étrangers à leur Ordre, les pouvoirs de bénir et d\u2019indulgencier leur propres objets de piété.Après le décret ces privilèges demeurent intacts.Les Ordres religieux n\u2019en sont pas dépossédés, comme le sont les associations pieuses, mais les Supérieurs ne peuvent plus dorénavant en gratifier les prêtres qui ne font pas partie de leur Ordre.Ce n\u2019est pas strictement une révocation de privilège, c\u2019est plutôt une limitation faite en faveur de chaque famille religieuse bénéficiaire.Cependant il convient d\u2019ajouter que la limitation de ces privilèges, tout comme la révocation affectant les associations pieuses, ne regarde pas les faveurs déjà accordées.Elle interdit seulement aux Supérieurs de concéder à l\u2019avenir ces privilèges à d\u2019autres qu\u2019aux leurs.Et donc les prêtres étrangers à un Ordre religieux, qui, avant le 1er avril, ont obtenu des Supérieurs respectifs les pouvoirs de bénir des chapelets, des crucifix avec indulgences du Chemin de la Croix, et d\u2019ériger des stations de Chemin de la Croix, continuent à en jouir.Un dernier point à éludider en terminant.Les Supérieurs religieux peuvent-ils, après la publication de ce décret, accorder aux prêtres membres de leur Tiers-Ordre les pouvoirs de bénir et d\u2019indulgencier qui leurs sont propres?La solution dépend de la réponse à la question suivante, à savoir si les tertiaires peuvent être considérés comme membres d\u2019un Ordre religieux?Il semble bien qu\u2019ils peuvent l\u2019être et que par conséquent les Supérieurs ont la faculté d\u2019accorder leurs privilèges aux tertiaires tout autant qu\u2019aux membres du grand Ordre.Il est vrai que le Tiers-Ordre n\u2019est pas, au sens canonique du mot, un Ordre religieux; ses membres ne sont pas des religieux.Ce sont des séculiers qui, dans le siècle, sous la direction d\u2019un Ordre et selon l\u2019esprit de cet Ordre, s\u2019efforcent de tendre à la per- CONSULTATION CANONIQUE 691 fection chrétienne d\u2019une manière conforme à la vie séculière, selon les règles approuvées par le Siège Apostolique (c.702).Mais il reste toutefois que les tertiaires sont membres de leur Ordre, sinon par la profession religieuse au sens strict, du moins par une profession religieuse au sens large.Or le texte du décret permet précisément la concession des privilèges aux membres des dits Ordres, sans préciser s\u2019il s\u2019agit de membres au sens strict ou au sens large.On peut donc soutenir que les tertiaires peuvent jouir des privilèges propres à leur Ordre, d\u2019autant plus que le canon 68 prescrit dans un cas douteux une interprétation large des faveurs, d\u2019accord en ce point avec l\u2019axiome juridique « favores convenit ampliare ».(x) On aura compris, nous l\u2019espérons, l\u2019étendue, la force de la révocation et de la limitation des privilèges d\u2019accorder aux simples prêtres les pouvoirs de bénir et d\u2019indul-gencier certains objets de piété.Aujourd\u2019hui, un simple prêtre ne peut plus obtenir ces facultés par l\u2019intermédiaire d\u2019une association pieuse, ni d\u2019un Ordre ou Congrégation religieuse.Le seul moyen de les avoir est, comme le prescrit le décret de s\u2019adresser « directement et sans intermédiaire à « la Sacrée Pénitencerie, en produisant chaque fois des « lettres spéciales de recommandation concernant la faveur « demandée, émanées de leur propre Ordinaire ».Assurément ce décret répond au besoin de réorganisation qui se fait sentir dans la concession des pouvoirs de Q) Une déclaration subséquente de l\u2019autorité légitime pourra résoudre la difficulté.Il va sans dire que nous acceptons d\u2019avance la solution. 692 LA REVUE DOMINICAINE bénir et d\u2019indulgencier.Une bonne discipline ne nuira en rien au gain et à l\u2019appréciation des indulgences.P.Raymond-M.Charland, O.P.Ottawa, novembre 1933.Le sens des faits Un Congrès d\u2019Action Catholique à Québec L\u2019idée d\u2019action catholique, si fortement encouragée par nos Seigneurs les Evêques, fait son chemin.Dans le grand public vient d\u2019être lancée, en un volume élégant et de bonne tenue, une doctrine d\u2019apostolat: « Les laïcs dans l\u2019Eglise », par le T.R.P.Lamarche, O.P.Les chefs de l\u2019action catholique auront désormais un guide précieux pour les orienter en même temps qu\u2019une synthèse théologique vivante pour affermir leurs convictions de meneurs et nourrir leur enthousiasme d\u2019apôtres.Dans le même temps, Son Eminence le Cardinal Villeneuve, O.M.L, par la voix du directeur général de l\u2019action catholique diocésaine: M.le Chanoine Chamberland, annonçait un grand ralliement des forces catholiques.L\u2019élite diocésaine fut conviée à venir à Québec discuter de la formation des comités paroissiaux.Appel entendu même de l\u2019étranger par les représentants de divers groupes d\u2019action catholique.« Au commencement était le Verbe.En Lui était la vie ».Cette vie du Verbe chaleur dans l\u2019âme et stimulant à l\u2019action, les congressistes l\u2019ont sentie vibrante et vigoureuse renaître dans leur âme pendant le congrès.Ils l\u2019ont sentie d\u2019une façon toute spéciale en écoutant le matin le ser- LE SENS DES FAITS 693 mon de Mgr Lebon, le soir les conclusions de la journée fournies par Son Eminence.Mgr Lebon, avec clarté et vigueur pénétrantes avait démontré aux congressistes que connaître l\u2019action catholique, c\u2019est un devoir individuel, familial et social.Son Eminence le Cardinal Villeneuve, après un mot délicat de remercîment aux juges qui « parlent comme des curés » et aux dames qui « enseignent S.Paul », expose pendant quelques instants le fondement surnaturel éloigné de l\u2019action catholique et son objet.Ce fondement surnaturel, c\u2019est le caractère sacramentel « qui frappe le chrétien à l\u2019effigie de Jésus-Christ ».Par le baptême, le chrétien est marqué pour toujours à l\u2019image du Christ; il devient citoyen du Royaume des cieux, « Civis Sanctorum », « simple brebis dans le bercail ».La Confirmation l\u2019incorpore à la milice sainte; désormais il portera en son âme le signe de soldat du Christ « non seulement pour combattre des ennemis personnels, mais aussi les ennemis de la cité: l\u2019Eglise ».En terminant, l\u2019ardent prélat lance trois mots d\u2019ordre: un mot d\u2019ordre général: la création des comités paroissiaux; un autre pour les hommes: faire disparaître les foyers d\u2019immoralité et d\u2019intempérance, diffuser la bonne presse; enfin un troisième pour les femmes: rechristianiser la famille.A ce congrès, les laïcs donnèrent aussi leur part.L\u2019honorable juge Ferdinand Roy, en un langage d\u2019une distinction impeccable et d\u2019une ironie mordante, secoue les apathies et déclare que « ce qui manque surtout aux hommes pour faire de l\u2019action catholique, c\u2019est d\u2019être vraiment des hommes ».Mademoiselle Georgiana Lefaivre \u2014 sans doute mise en verve par les saillies de l\u2019honorable juge \u2014 saura captiver son auditoire dès les premiers mots et le maintenir en l\u2019état d\u2019effervescence où l\u2019avait porté le distingué conférencier.Cet appel fait aux dames et aux demoiselles emporte du coup le morceau: le lendemain, la salle des promotions de l\u2019université sera trop petite pour contenir le flot d\u2019audi- 694 LA REVUE DOMINICAINE trices.Entre parenthèses, disons que le congrès de la Ligue Catholique Féminine a remporté le plus grand succès.Malheureusement nous ne pouvons pas en donner un compte rendu dans cette brève chronique.Les séances du matin et de l\u2019après-midi sont totalement consacrées à une discussion amicale sur les comités paroissiaux d\u2019action catholique.Dès les premiers mots du directeur général M.le Chanoine Chamberland, il devient manifeste que le souci principal des organisateurs est moins de faire des théories que de toujours tabler sur le vécu et le concret.De plus, l\u2019on veut à tout prix rester dans la note: action catholique.Il s\u2019agit de discuter action catholique et non action sociale.Cette dernière s\u2019exerce très légitimement et très utilement sur le terrain des institutions.L\u2019action catholique a directement pour objet les progrès de la foi et la réforme des mœurs par I\u2019organisation chrétienne DU MILIEU.L\u2019organisation chrétienne du milieu, la formation des comités paroissiaux, c\u2019est bien là le thème général de toute cette journée d\u2019études.Sujet concret s\u2019il en est un, mais aussi sujet complexe et délicat comme la vie elle-même qu\u2019il tente d\u2019organiser chrétiennement et apostoliquement.Voilà pourquoi on essaie avant tout de réaliser.De généralités abstraites, de cours savamment articulés on ne veut pas qu\u2019il en soit question au congrès de l\u2019action catholique.Faut-il en faire un grief aux organisateurs de cette journée?Nous ne le croyons pas; il y a plutôt lieu de les en féliciter.Certains prétendront peut-être que pour éviter un défaut on est tombé dans le vice contraire; en substituant à la leçon claire et didactique le procédé facile de la discussion en famille.De plus, ils eussent préféré qu\u2019en dix minutes ou un quart d\u2019heure on fixât d\u2019abord le point à élucider, délimitant le certain et le défini de l\u2019imprécis et du libre à discussion.Us eussent voulu aussi, paraît-il, que LE SENS DES FAITS 695 la discussion se limitât à quelques objets vus et étudiés auparavant par trois ou quatre compétences laïques ou ecclésiastiques.Sans doute, dans ces critiques y a-t-il une part de vrai.Mais on semble oublier qu\u2019on n\u2019en était qu\u2019à une première expérience.En conséquence, il était plus facile de juger et de conseiller après coup que de prévoir, plusieurs semaines à l\u2019avance, les réactions d\u2019un auditoire inconnu ou de mettre un frein aux propos trop tumultueux de gens intelligents.Avant, c\u2019est de la stratégie organisée sur des hypothèses; après, c\u2019est la vérification concrète des positions prises; avant, on se perd en conjectures, après, on table sur des faits.Telle que conduite et menée, la discussion a été féconde et les chefs ont raison d\u2019être contents de leurs troupes.Il y a eu de la vie, de l\u2019entrain et de l\u2019intérêt.Surtout, il faisait plaisir voir cette élite laïque non seulement se réveiller à la vue du bien à faire mais aussi se ruer à l\u2019assaut des premiers postes.Nos chefs sont pris par l\u2019idée de l\u2019apostolat laïque, de la conquête de leur milieu; de cela il faut être enthousiaste.Ils ont de plus un esprit de collaboration qui promet.Nous sommes encore loin de l\u2019esprit de solidarité qui se trouve, par exemple, dans les mouvements de jeunesse et les organisations sociales belges, mais nous y tendons.Il y a la promesse.On a prouvé, semble-t-il, que les prétendues querelles de clocher, que les instincts cannibales des canadiens et leur manie de couper la tête à quiconque veut sortir du rang pour diriger l\u2019offensive ne sont peut-être que des exagérations intéressées, sinon des légendes exploitées contre nous.D\u2019avoir ainsi d\u2019un seul coup fait mentir tant de gens pessimistes quand il s\u2019agit de nos intérêts les plus chers, il faut grandement en féliciter et les chefs et les troupiers de l\u2019action catholique de Québec.Leur victoire n\u2019est peut-être 696 LA REVUE DOMINICAINE pas complète mais il y a victoire, ce qui doit encourager à travailler sans relâche et plus en profondeur encore si c\u2019est possible.L\u2019unité dans la profondeur comme dans l\u2019élévation est un élément essentiel pour les catholiques, comme disait Sa Sainteté le Pape Pie XI aux pèlerins de la jeunesse catholique belge.D.-M.Laurin, O.P.Le congrès de l\u2019ACF AS L\u2019Association canadienne-française pour l\u2019avancement des sciences a tenu son premier congrès, à Montréal, au début de novembre.Ce fut un succès qui dépassa les plus optimistes espérances.Le nombre des sociétés affiliées qui y participèrent activement, la variété et la nouveauté des travaux qui y furent présentés, la collaboration officielle de nos deux universités, l\u2019affluence des auditeurs à ses cours et conférences, tout contribua à faire de ces assises scientifiques une manifestation unique dans l\u2019histoire du Canada français.Les journaux ont fait à cet événement une publicité de bon aloi.Les comptes rendus ont tenu le public au courant.Aussi, notre intention n\u2019est-elle pas tant de résumer les travaux de ce récent congrès que d\u2019en dégager le sens véritable et la signification profonde.Il existe aux Etats-Unis et en Angleterre des associations analogues à celle qui vient de se manifester au public canadien-français.Leur but est de promouvoir les sciences, de faciliter le travail par équipe, de préparer aux chercheurs une ambiance propice en tenant le public au fait des activités de ses savants.La création de l\u2019ACFAS fut donc une bonne action.Il s\u2019est fondé chez nous tant d\u2019organis- LE SENS DES FAITS 697 mes que l\u2019on a pu en certains milieux hermétiques se demander ce que produirait la nouvelle association.Venue à son heure, étayée par les aspirations d\u2019une génération, guidée par la clairvoyance d\u2019universitaires, désireux d\u2019action, l\u2019ACFAS a fait ses preuves.Il est maintenant établi que chercheurs et savants forment un milieu assez dense, assez homogène, assez varié pour permettre les plus magnifiques réalisations au service de la science et pour assurer le rayonnement de notre enseignement universitaire.Contrairement à d\u2019autres œuvres nécessaires, mais trop exclusivement tournées vers le passé, Y Association canadienne-française pour l\u2019avancement des sciences est orientée vers le présent et vers l\u2019avenir.Besogne urgente, si l\u2019on songe que notre groupe ethnique doit s\u2019affirmer dans le domaine scientifique et s\u2019acheminer dans les multiples avenues de la recherche.« Nous négligeons les sciences », ce truisme doit perdre sa valeur de circulation, comme une monnaie sans effigie.Le congrès de l\u2019ACFAS ouvre une ère nouvelle.Il a opéré une liaison entre les chercheurs, avides de progrès.Quiconque a parcouru la liste des rapports soumis, qu\u2019il s\u2019agisse de biologie, de philosophie ou de pédagogie, se rend compte de la portée nationale des recherches scientifiques.Au fait, il s\u2019agit toujours de la connaissance sérieuse et utile de notre milieu.Habitants d\u2019un pays d\u2019une richesse extrême, les canadiens-français n\u2019ont plus le droit de laisser à d\u2019autres le soin de nous révéler son opulente complexité.Le visage aimé de la patrie, l\u2019histoire nous invite à le chérir, mais l\u2019amour est bien vide et inopérant qui ne s\u2019appuie pas sur une connaissance approfondie.L\u2019action économique comme l\u2019action patriotique a d\u2019ailleurs besoin d\u2019arguments positifs; à l\u2019une et à l\u2019autre, le prestige scientifique peut insuffler une vitalité bienfaisante.Toute recherche peut aider la piété patriotique, en premier lieu la science; il suffit que, désintéressée, elle stimule l\u2019utilisation au profit de la communauté, et que, adaptée à notre habitat, 698 LA REVUE DOMINICAINE elle provoque le renouvellement de nos méthodes.Ces services, promis par le congrès, seront maintenant l\u2019œuvre des diverses sociétés, fédérées dans l\u2019ACFAS.C\u2019est dans leurs laboratoires que les chercheurs doivent préparer les nouveaux triomphes.Les assises de novembre ont montré que l\u2019union est possible entre savants et que ceux-ci savent coopérer au succès commun d\u2019une association et au prestige national de nos universités françaises.Il en est de même des sociétés affiliées à l\u2019ACFAS.Toutes ont participé au congrès, dans la mesure de leurs attributions et de leur objet propre, avec l\u2019intention de démontrer que le concept de la science peut et doit inclure les sciences morales et les sciences naturelles.Toutes les disciplines s\u2019unirent en gerbe; la botanique y mit ses humbles fleurettes, la chimie, l\u2019éclat de ses cristaux, l\u2019histoire, ses fiers lauriers, la philosophie,.son arbre de Porphyre.La Société de philosophie, de fondation récente, a contribué au congrès par une séance.Cinq travaux y furent lus, sur le critère rationnel des sensations anormales, sur la logique classique et la logique mathématique, sur le néoréalisme américain, sur l\u2019estimative, sur la théorie de la matière au XIIle siècle.Tels sujets manifestent une intention bien nette d\u2019aborder les problèmes qui passionnent savants et philosophes.Le travail sur la logique classique comparée à la logique moderne donna lieu à un échange d\u2019opinions intéressantes.Il eût pu provoquer d\u2019aimables discussions, comme il arrive aux journées thomistes d\u2019Europe où scolastiques et phénoménologues ont de profitables conversations.Le temps alloué à la section philosophie ne l\u2019a guère permis mais l\u2019expérience de cette séance invite à la récidive.Comme les autres sociétés, la société de philosophie va se remettre au travail.Sa première manifestation publique a montré qu\u2019elle possède les éléments requis à de plus amples déploiements. LE SENS DES FAITS 699 Les participants au congrès sont résolus à poursuivre leur travail.Les projets s\u2019ébauchent, dont le plus considérable sera la réunion de Québec l\u2019an prochain.Quant aux philosophes, les plus beaux rêves s\u2019esquissent déjà dans leur âme.Pourquoi la Société de philosophie n\u2019aurait-elle pas ses journées thomistes et même sa semaine thomiste?Hermas Bastien.Dans l\u2019Ordre Le 17 octobre, à Vienne la Leo-Gesellschaft (Société scientifique catholique, sous la protection de saint Léon) avait convoqué ses membres et ses amis pour leur offrir l\u2019occasion d\u2019entendre le célèbre orateur français, le Rme Père M.-Stanislas Gillet, Maître général des Frères Prêcheurs.Bien des membres de la haute aristocratie autrichienne ainsi que du clergé assistèrent à cette conférence vraiment intéressante et actuelle.Le sujet était « La méthode philosophique de saint Thomas et l\u2019expérience ».Le T.R.P.Gillet, distinguait bien entre la question de méthode et celle de doctrine.Sans pénétrer dans les détails de la méthode scientifique de saint Thomas \u2014 question, du reste, trop théorique pour un quotidien, \u2014 il faut au moins dire que l\u2019Aquinat avait failli être traité de moderniste par quelques-uns de ses contemporains, parce que surtout le grand Docteur de l\u2019Eglise s\u2019appuyait principalement sur la philosophie d\u2019Aristote.Mais ce choix du Stagirite par l\u2019Aquinat fut un choix bien motivé.C\u2019était, dit l\u2019éloquent savant de l\u2019Ordre des Frères Prêcheurs, en réaction contre un platonisme plus ou moins adapté à la théologie et surtout contre la tendance à supprimer toute distinction formelle entre le domaine de la philosophie et celui de la théologie, c\u2019est-à-dire entre l\u2019ordre des vérités 700 LA REVUE DOMINICAINE rationnelles et celui des vérités révélées, que saint Thomas s\u2019était rallié à la doctrine d\u2019Aristote.Mais dans ce ralliement, l\u2019Aquinat fut moins séduit par l\u2019autorité contestée que par la valeur incontestable de la méthode expérimentale du grand maître de la Grèce ancienne.On le montrerait ai-sèment en signalant, dans la philosophie, les points de doctrine où saint Thomas s\u2019est franchement séparé du Stagirite parce qu\u2019il le trouvait infidèle à sa propre méthode, et s\u2019est par contre rallié à Platon toutes les fois que les intuitions de ce puissant génie lui parurent cadrer davantage avec les données de la raison ou de nature à enrichir le domaine de la foi.En cela, concluait le Rme P.Gillet, c\u2019est-à-dire dans sa fidélité constante à une méthode rationnelle basée sur l\u2019expérience, consiste la véritable originalité de saint Thomas en philosophie, originalité plus rare qu\u2019on ne le pense généralement et qui consiste moins à inventer la vérité qu\u2019à la découvrir; à construire de toutes pièces un système, dans l\u2019abstrait, qu\u2019à lui trouver des bases solides et stables dans la réalité vivante et concrète.\t(La Croix) \u2014 Le T.R.P.Forest vient d\u2019être élu président de l\u2019Association canadienne-française pour l\u2019avancement des sciences.(ACFAS).\u2014 Les RR.PP.Voyer et Martineau ont donné au récent congrès de l\u2019ACFAS des communications sur « le rôle de l\u2019estimative dans la mémoire » et sur « la théorie de la matière au XlIIe siècle ».\u2014 Nous prions les abonnés dont la souscription est échue en décembre, de la renouveler au plus tôt, vu qu\u2019une surprise les attend avec la livraison de janvier.Nous les prions également de transmettre à une personne susceptible de s\u2019abonner la feuille d\u2019annonce ci-incluse.\u2014 Le R.P.Antonin Lamarche a inauguré le 6 novembre, dans la salle St-Dominique, à Québec, une série de conférences apologétiques pour les Noëlistes et leurs invitées. LE SENS DES FAITS 701 \u2014 M.Etienne Gilson a donné à Ottawa, sous les auspices de notre Institut d\u2019Etudes médiévales, trois conférences répondant au titre: « La fonction sociale de la théologie au Moyen-Age ».Fra Domenico.L\u2019esprit des Adrien Boudou, S.J.\u2014 « Actes des Apôtres », traduits et commentés.« Verbum salutis ».Paris, Beauches-ne, 1933.\u2014 1 vol.in 32, 592 p., 24 Fr.Quiconque voudra prendre sur le fait, toucher du doigt en quelque sorte la réalisation des prophéties de Jérémie, d\u2019Ezéchiel_ et de Joël, relatives à l\u2019effusion de l\u2019Esprit nouveau, signe et fruit de la Rédemption messianique, qu\u2019il lise et qu\u2019il médite les Actes des Apôtres.Il y verra décrits, sous l\u2019influence de l\u2019Esprit-Saint, et la naissance, et les progrès, et les premières souffrances de l\u2019Eglise fondée par Jésus.Monté aux cieux, son divin Chef lui demeure étroitement uni et ne cesse de la régir, de l\u2019éclairer, de la soutenir, par cet Esprit venu de lui.comme il l\u2019avait promis, et qu\u2019il lui assure jusqu\u2019à l\u2019achèvement de l\u2019œuvre du salut.Cette action intime et souveraine de l\u2019Esprit-Saint, Esprit de Jésus, remplit l\u2019ouvrage de S.Luc et lui donne un cachet unique : c\u2019est vraiment le livre des manifestations de l\u2019Esprit divin dans la nouvelle alliance.Récit vivant et coloré, composé par S.Luc à Rome, avant 70, et qui s\u2019étend jusqu\u2019aux deux ans de séjour à Rome de Saint Paul, c\u2019est-à-dire jusqu\u2019à la quatrième année de Néron ; d\u2019une historicité aussi qu\u2019il n\u2019est plus permis aujourd\u2019hui de révoquer en doute.Une Introduction, bien menée, nous éclaire sur ces points, comme sur plusieurs autres, en particulier sur l\u2019auteur et la question du texte (la préférence est reconnue au « texte oriental » et au Vaticanus).Puis vient un Commentaire du texte, traduit sur le grec et réparti en péricopes d\u2019après les quatre grandes sections de l\u2019ouvrage, après 702 LA REVUE DOMINICAINE le Prologue: 1) L\u2019Eglise à Jérusalem (ÎU-VIIU); 2) L\u2019essor de l\u2019Eglise hors de Jérusalem (VIII4 - XII) ; 3) Les trois voyages missionnaires de Saint Paul (XIII - XXI) ; 4) Le témoignage de Saint Paul prisonnier (XXII - XXVIII).On aimerait à souligner tant de passages \u2014 remarques, notes, développements \u2014 d\u2019une érudition très informée, d\u2019une exégèse pénétrante et fine, sûre à la fois et doctrinale, servie par une langue pittoresque et délicate: ainsi l\u2019histoire de Saint Etienne, la comparution et la harangue de Paul à l\u2019aréopage d\u2019Athènes, son arrestation à Jérusalem, le voyage de Rome et ses péripéties.La présentation est soignée : beau papier fin, impression nette et très lisible, des tables complètes et une excellente carte, mettent en valeur ce bon travail qui contribuera certainement à faire davantage connaître et étudier le livre des Actes des Apôtres.Dom Hippolyte Delerive M.Vloberg.« La Vierge et l\u2019Enfant dans l\u2019art français ».2 vol.16 x 23.\u2014 117-170 p.\u2014 198 illustrations.Coll.Art et Paysages, Arthaud-Grenoble, 1933.« Un livre d art pour le grand public », dit la bande-réclame qui entoure ces deux volumes.On fait sauter la bande et l\u2019on voit une belle aquarelle reproduisant la Vierge en majesté du fameux vitrail de Chartres, puis, sur l\u2019autre couverture, un fragment de vitrail du XVe siècle de la cathédrale de Tours: la Vierge et l\u2019Enfant.Choix et couleurs, tout est plein de promesses.D\u2019une main prompte on ouvre les volumes: nulle déception.Près de deux cents oeuvres admirables de la sculpture et de la peinture françaises ont été reproduites d\u2019une façon vraiment digne d\u2019elles, digne aussi d\u2019un tel sujet.Une préface du P.Doncœur les annonce, brillante et vive.Un texte les explique et justifie leur groupement.Mais c\u2019est trop peu dire : l\u2019œuvre de M.Vloberg a un grand mérite, celui de dégager nettement de ces tableaux et de ces pierres, tous les aspects artistiques de l\u2019idée centrale de la théologie mariale, celle de la maternité divine.En effet, toutes les nuances de ce beau mystère ont été successivement offertes a l\u2019attention priante de nos pères.Chaque époque s\u2019est essayée à interpréter l\u2019une d\u2019elle, tantôt avec plus d\u2019émotion, tantôt avec plus de fantaisie, tantôt avec plus de grandeur.Pour la Nativité, par exemple, \u2014 et il semble que les prédilections de l\u2019Auteur aillent de ce côté, \u2014 les XlVe et XVe siècles nous ont laisse des crèches d\u2019une conception simple, joyeuse et ingénue, bien française.On conviendra pourtant que si les sentiments de la Vierge L\u2019ESPRIT DES LIVRES 703 y paraissent exprimés avec intensité, le sens doctrinal est plus juste et plus profond dans les Nativités du Moyen-Age.Pour faire apparaître toute la différence, comparons la scène bien connue de l\u2019ancien jubé de Chartres, où la Mère de Dieu contemple son Enfant posé sur un autel, et la crèche dite du Cardinal Rolin, par le peintre des Bourbons, au XVe siècle.A juste titre et finement, les Nativités du XVIIe siècle sont qualifiées de « spectaculaires » et celles du XVIIIe de « bucoliques ».Le mystère y est escorté d\u2019un tumulte d\u2019accessoires qui ne le gênent pas moins que l\u2019éclat des palais où la Renaissance avait prétendu le cacher.Au XIXe siècle finissant, après les indiscrètes fantaisies romantiques, un faux orientalisme égare les artistes.L\u2019auteur n\u2019a pas grand\u2019peine à montrer que l\u2019« Arrivée à Bethléhem » d\u2019un L.O.Merson, malgré tous ses mérites et ses prétentions à la couleur locale, traduit bien faiblement la vérité.Aujourd\u2019hui, par contre, nous assistons à un « renouveau du sentiment médiéval » c\u2019est-à-dire à une intelligence plus profonde du mystère.La liturgie refait notre éducation ; elle nous apprend à ne plus déguiser la pureté essentielle de la doctrine par la vanité des fantaisies accidentelles.La liberté de l\u2019inspiration reste sauve : plus de sobriété, plus de respect des réalités surnaturelles ne peut lui nuire; au contraire, cela lui donne force, noblesse et beauté simples.Et c\u2019est pourquoi nous aimons le rythme grave des œuvres de H.Charlier, la souplesse et l\u2019ingénuité des ivoires d\u2019un P.Py.Parmi les Modernes le choix est difficile.M.Vloberg y a mis une discrétion qui confine à la timidité ; quelques omissions pourront surprendre.Il est vrai que parmi les chefs-d\u2019œuvre du Moyen-Age, quelques uns sont absents qu\u2019on s\u2019attendait à voir.Mais ne lui cherchons pas une mauvaise querelle : il a réalisé un ensemble admirable où la plupart de nos belles madones sont à leur place.La « Vierge nourricière », « la Vierge-Mère en Majesté divine et royale », « les Tendresses de la Vierge », ses larmes, son sourire, ses figures symboliques, on conçoit la richesse de pareils chapitres, alors surtout que l\u2019exemple parfait côtoie l\u2019explication, la rend plus vivante et s\u2019éclaire par elle.Les réflexions pénétrantes abondent, les qualifications heureuses, les jugements nets.Et, encore une fois, combien de belles images: N.D.de Rosay, N.D.du Marthuret, la Vierge de St-Galmier, la Vierge Stolykof, la Vierge du cloître de Paris, sculptée sous les yeux de Saint Lo-uis.Et tant d\u2019autres ! Oui, c\u2019est un très beau livre.J.de Vathaire, O.S.B.R.P.Papin Archambault, S.J.\u2014 « Pour un catholicisme conquérant ».\u2014 Ecole Sociale Populaire, Montréal, 1933. 704 LA REVUE DOMINICAINE Sous un titre suggestif, audacieux pour les esprits entachés d\u2019un libéralisme faux et noctif, claironnant pour ceux qui vibrent en souffle d\u2019une foi ardente et vive, le R.P.Archambault publie un recueil d\u2019allocutions et discours, prononcés en diverses circonstances, au cours d\u2019une carrière apostolique déjà longue et féconde.Du « journal catholique » il passe au « syndicalisme confessionnel » ; après un travail « sur la formation d\u2019une élite » qu\u2019il livrait jadis à la bénédiction solennelle de la Villa Manrèze de Québec, il nous met en garde « contre le protestantisme envahissant » dans un panégyrique de S.Pierre Canisius, qu\u2019il eut l\u2019occasion de donner à Montréal.« Vers un équippement social » mérite une attention particulière.Pour notre part, nous ne connaissons pas d\u2019histoire plus précise en même temps que succincte, sur l\u2019origine et la formation de nos « Semaines Sociales du Canada ».Ces pages sont à coup sûr les plus entraînantes et les plus vigoureuses du livre.Viennent ensuite des sermons ou conférences sur des sujets d\u2019un caractère plus spécifiquement religieux :\t« Le recrutement sacerdotal, notre dévotion mariale, le précepte du dimanche » dont le R.P.s\u2019est constitué de tout temps l\u2019énergique défenseur.Le livre se ferme sur une causerie donnée à l\u2019Heure provinciale, intitulée :\t« Sur les pas de nos martyrs canadiens », et un discours qui veut promouvoir les intérêts d\u2019une « œuvre nationale » : la colonisation.On connaît la manière vivante et concrète du R.P.Archambault.Chaque ligne de ses écrits révèle l\u2019apôtre soucieux de la réforme immédiate, de l\u2019action directe.Les pages de ce petit volume fouettent et soulèvent.Elles sont bienfaisantes comme l\u2019aiguillon qui s\u2019enfonce dans une paresse invétérée.Mais nous souhaitons vivement que le jour vienne, où l\u2019éminent sociologue, moins débordé par l\u2019action nécessaire et constante, ayant plus de loisirs et de repos, nous livre, dans le calme, les fruits de son apostolat social intense, et nous donne, dans une synthèse large et vigoureuse, l\u2019idée maîtresse capable d\u2019orienter et d\u2019unifier toutes les forces de l\u2019action sociale catholique au Canada Français.Alors, le R.P.A., théoricien autant qu\u2019homme d\u2019action, aura comblé les désirs inconscients ou secrets de toute une génération de jeunes apôtres qui professent à son égard la plus sincère admiration.Thomas-M.Landry, O.P. L\u2019ESPRIT DES LIVRES 705 R.P.Joseph Dassonville, S.J.\u2014 « Les grandes heures de la famille; 2e série, Les heures graves » \u2014 Collection de spiritualité familiale.\u2014 Editions Mariage et Famille, I Place St-Sulpice, Paris (Vie).Il faut se réjouir de l\u2019apostolat par le microphone : la science sera toujours une digne servante de la religion.A.Paris, 1 an dernier, le Père Dassonville entretenait son auditoire invisible sur les heures graves de la vie familiale : I.Heure généreuse de l\u2019effort constant qui aboutira à la réalisation d\u2019un foyer, « œuvre plus belle que n est la conquête d\u2019un empire » ; \u2014 IL Heure féconde de l\u2019épreuve, car « les croix sont inévitables aux personnes mariées » (Cor.VII, 29) ; III Heure poignante des deuils, quand « le petit berceau s est vidé dans un petit cercueil » ; \u2014 Heure apaisée du calme du soir qui s écoule « dans l\u2019intimité et la prière » ; \u2014 V.Heure mystérieuse des berceaux où les parents se penchent sur le nouveau-né, interrogeant sa destinée.Dans un dernier sermon, le Père Dassonville nous montre Jacques d Arc et Isabelle Romée, il y a cinq siècles, penchés eux aussi « sur le berceau de Jeanne d\u2019Arc ».L\u2019auteur, face au « micro » a peint ces tableaux de vie familiale en s\u2019adaptant au nouveau genre d\u2019éloquence qu\u2019a créé la radio où, plus encore que dans la chaire, il est difficile de rester en contact avec un auditoire invisible et apparemment insensible.Les textes d\u2019Ecriture et de liturgie y sont entremêlés de vers et de « pensées ».L\u2019auteur interroge son auditoire, s\u2019excuse auprès de lui.A deux reprises, il imagine un dialogue pour insuffler la vie à son discours.Parfois, sur le plâtre nu du studio, ses auditeurs ont dû voir se dessiner une chaire de cathédrale où prêchait un apôtre aux accents de grande éloquence.Ecoutez: «Avoir été unis toute une existence, et s\u2019être aimés, avoir été un père, une mère, et s\u2019évanouir comme une ombre! Pouvons-nous croire à une telle faillite de l\u2019amour^ Je n\u2019y crois pas quant à moi, parce que mon cœur de fils et de frère proteste de toutes ses forces.Je n\u2019y veux pas croire, et, Dieu soit loué, je n\u2019y peux pas croire, parce que ma foi, notre foi catholique, mes Frères, m\u2019interdit cette désespérance ».(page 43) Jeunes gens qui rêvez de fonder un foyer; vous, leurs aînés qui venez de vous y asseoir; et les autres, plus vieux, afin de vous ressaisir s\u2019il y a lieu, ces causeries radiofusées et imprimées sont pour vous.Lisez-les, et en refermant le volume vous entendez encore tinter à vos oreilles ces paroles du prélude :\t« Une famille unie est une si grande chose qu\u2019elle donne presque un avant-goût du Ciel ».J.-M.Lafrance, 0.P. 706 LA REVUE DOMINICAINE Jeanne Grisé.\u2014 « Médailles de Cire ».\u2014 Poèmes; préface de Alfred DesRochers.\u2014 Granger Frères, Montréal, 1933.(1.00) M.Alfred DesRochers qui a préfacé « Médailles de Cire », annonce une « poésie honnête de facture » opposée à un « relâchement incompatible avec nos traditions nationales et notre catholicisme ».Qu\u2019est-ce à dire1?Faut-il croire notre foi et nos traditions nationales aussi intimement liées à la facture des vers1?Si la tradition est le plus ferme appui des diverses formes de la beauté, le catholicisme est assez puissant pour en prendre de nouvelles à son service, même celles du vers libre, s\u2019il en comporte.Le préfacier admet dans « Médailles de Cire », une foule de péchés véniels contre la versification classique ».La vénialité provient certes de l\u2019inadvertance ou tout au moins du demi-consentement, car la matière grave s\u2019observe en plus d\u2019un endroit; n\u2019ai-je pas relevé trente-deux rimes épithètes donnant lieu forcément à plusieurs chevilles, sans tenir compte des vers qui n\u2019ont rien de la frappe d\u2019une médaille: « A travers les chemins poussiéreux de la vie » « Quand la fleur de nos soins par d'autres est cueillie ».(page 25) Pour le reste, j\u2019abonde dans le sens de la préface de M.DesRochers; c\u2019est dire que je ne mésestime pas le recueil de Mlle Jeanne Grisé.A priori, une poétesse née en 1902 et qui nous offre sous forme de « Médailles », cinquante-sept aspects divers d\u2019une vie intérieure d\u2019essence fine, gracieuse et délicate, ne peut manquer de nous émouvoir.Si le rêve apparaît quelquefois un peu factice, un peu trop rêvé pour ainsi dire, rappelons-nous que les « Médailles » sont de cire.Tout le mérite et toutes les lacunes de cette poésie sont en quelque sorte synthétisés dans les deux premiers quatrains d\u2019une pièce intitulée : «Soir Triste «.\t(Page 113) Il fait sombre en ma vie, et mon cœur solitaire, Où la douleur s'éveille au choc du souvenir, A connu cette aurore en fête qu'un mystère Plus grand que le soleil ouvre sur l'avenir.La voix de Vespérance en mon âme sereine Chantait le lent et doux prélude de l'amour, Et berçait sur son aile auguste et souveraine Les rêves, la candeur et le bleu des beaux jours.Je ne discute pas le thème, tous les vrais poètes ont eu le cœur à chanter leurs soirs tristes ; mais la première strophe contient un vers / L\u2019ESPRIT DES LIVRES 707 qui ne se lit pas en musique : « A connu cette aurore en fête qu\u2019un mystère ».Rigoureusement le repos doit se faire après « aurore », mais dans ce cas, pour conserver le rythme, il faut sacrifier le sens avec l\u2019hémistiche suivant : .en fête qu\u2019un mystère.La seconde strophe, par contre renferme un beau et bon vers, d\u2019un son et d\u2019un sens également pleins, harmonieux aussi: « Et berçait sur son aile auguste et souveraine » Tout comme dans le premier la césure doit séparer un substantif de son qualificatif, « aurore.en fête », « aile.auguste ».Mais d\u2019où vient qu\u2019ici le repos n\u2019altère ni le sens ni le rythme, alors que dans le premier vers, il faut choisir l\u2019un ou l\u2019autre1?Tout le secret réside dans le choix des assonances et le choix des assonances exige la richesse du vocabulaire et de l\u2019expression poétiques.Chez l\u2019auteur de « Médailles de cire », ce n\u2019est pas le jugement qui est défectueux, pas une seule pièce ne fait injure au bon sens, ce n\u2019est pas non plus, je crois, un sens convenable de l\u2019harmonie et de la cadence, certains sonnets se lisent avec assez d\u2019agrément pour l\u2019oreille ; c\u2019est plutôt l\u2019expression musicale adaptée à la délicatesse du sentiment poétique.Le vers ne doit pas comporter seulement un certain nombre de mots répartis en huit, dix ou douze pieds, mais bien, ce qui est peut-être plus essentiel, un arpège, un repos et une dominante.L\u2019exigence de l\u2019oreille ne doit jamais rien concéder à la pauvreté du vocabulaire.Le mot ou l\u2019alliance de mots dont dépend la parfaite harmonie d\u2019un vers ou d\u2019une strophe doit être cherché avec autant de soin et attendu avec autant de patience que la rime ; faute de cette recherche, la strophe suivante est gâtée par l\u2019affreux rejet du dernier vers: Quand tu seras partie, ô ma verte jeunesse, Pour ce lointain pays cC où l\u2019on ne revient pas, Je prêterai l\u2019oreille à d\u2019autres bruits de pas, Et sur mes yeux, je sentirai d\u2019autres caresses.(page 69) Au bon nombre de jeunes lectrices qui écouteront chanter leur propre rêve dans celui de Jeanne Grisé, rappelons simplement que l\u2019auteur ne nous a pos encore livré ses meilleurs vers ; « Médailles de Cire » n\u2019est qu\u2019un prélude.A.Saint-Pierre, O.P. fable des matières Janvier R- P* P.-M.Gaudrault, O.P.L\u2019influence des études médiévales sur les progrès de la Philosophie et de la Théologie.\u2022\u2014 I.Rev.Gerald B.Phelan .The teaching of Philosophy in non- Catholic Universities in Canada.Hermas Bastien.Sous le signe de l\u2019Or.Le Sens des Faits.\u2014 Regards sur le Moyen-Age, par S.E.M.Arsène-Henry.\u2014 Dans l\u2019Ordre : Inauguration du nouvel édifice de l\u2019Angelicum.\u2014 Elections.\u2014 Nouvel Evêque missionnaire.\u2014 Nominations.\u2014 Prédications.\u2014 Souhaits, par Fra Domenico.L\u2019Esprit des Livres.\u2014 Hello : Pour la direction des Oeuvres de Jeunesse (M.-D.C.) Beaudoin: Heures saintes et Amendes honorables (M.-A.L.) De Lestres: Au Cap Blomidon (A.S.P.) Couture: Notre Vie, notre Douceur, notre Espérance (F.L.) Bruchési: Aux Marches de l\u2019Europe (H.B.) Bernard: Dolorès (M.-A.L.) Lagrange : M.Loisy et le Modernisme (A.P.) Février R.P.P.-M.Gaudrault, O.P.L\u2019influence des études médiévales sur les progrès de la Philosophie et de la Théologie.\u2014 II.R.P.L.Lachance, O.P.L\u2019Internationalisme actuel.R.P.T.-M.Charland, O.P.«.Prœdicator gratiosus».R.P.Aug.Leduc, O.P.Bulletin de Droit canonique.R.P.A.Saint-Pierre, O.P.Un premier livre de M.Hains.Le Sens des Faits.\u2014 Rédemption des Jeunes par les Jeunes, par le R.P.Labonté.\u2014 Dans l\u2019Ordre: Un festival religieux à Bruxelles, par le R.P.Libert.\u2014 Nouvelles diverses, par Fra Domenico.L\u2019Esprit des Livres.\u2014 Lapierre: La Musique au Sanctuaire (G.M.) Dargaud : Au Cœur de Jésus Agonisant (A.-M.G.) Lelong: Chemin de la Croix de Marcel Wolf ers (A.N.) Lusseau et Collomb : Manuel d'études bibliques (A.S.-P.) Villanova: Purgatorium (M.-M.B.) Fr.Gilles: Les Croisés Pacifiques (E.-M.G.) L\u2019Action nationale (M.-A.L.) TABLE DES MATIERES 709 Mars R.P.Arthur-G.Albert, O.P.Pourquoi «Docteur Angélique».R.P.Julien Peghaire, C.S.Sp.Vintellection du singulier matériel chez les anges et chez les hommes.Dom.J.de Vathaire, O.S.B.Le Carême dans la Liturgie.R.P.T.-M.Charland, O.P.Un curieux recueil de Thomas de Galles.Le Sens des Faits.\u2014 Associations de capitaux, par le R.P.Lamarche.\u2014 La Légion de Marie.\u2014 Silhouette d\u2019orateur: Le Père Plessis, par le R.P.Couture.\u2014 Dans l\u2019Ordre: S.E.le cardinal Früwrith.\u2014 Festival religieux à St-Hyacinthe.\u2014 Nouvelles diverses.\u2014 Avis important, par Fra Domenico.L\u2019Esprit des Livres.\u2014 Bastien : La défense de l\u2019Intelligence (E.G.) Pâques: Etudes et appréciations (G.-H.L.) Garreau: S.Albert le Grand (A.L.) De Pully: Le problème de la foi et Vélite cultivée (A.L.) De Jaer: Pour une plus belle vie (A.L.) Mlle Savigny-Vesco: La princesse Louise-Adélaïde (J.D.) Johnson: The secular activities of the German Episcopate (A.A.) Lelong: A travers le mal (H.C.) Lallier: Le Spectre menaçant (A.S.P.) Une âme d'élite (M.-A.L.) Avril Abbé Emile Yelle, P.S.S.Le désir naturel de connaître Dieu.R.P.Aug.Leduc, O.P.Bulletin de Droit canonique.\u2014 Biblio- graphie.R.P.Thomas Charland, O.P.Philosophie de l'Amitié.Le Sens des Faits.\u2014 Autour d\u2019une lettre, par le R.P.Saint-Pierre.\u2014 Une Société de Philosophie à Montréal.\u2014 Dans l\u2019Ordre: Les Confrères-Artistes.\u2014 Hommage à S.E.le card.Villeneuve, par le R.P.Lamarche.\u2014 La fête et le congé de S.Thomas.\u2014 Nouvelles diverses, par Fra Domenico.L\u2019Esprit des Livres.\u2014 Dermine : L'éducation de la personnalité (E.-M.G.) Neyen: La force d'âme (A.-M.C.) Mollien : La liturgie des Saints (T.-M.C.) Caron : La nomination des évêques de Québec sous le régime anglais (T.-M.C.) Schwertner: St Albert the Great (A.-M.R.) Choquette: Poésies nouvelles (T.-M.L.) Serent: De la valeur éducative des Vêpres (T.C.) 710 REVUE DOMINICAINE Mai R.P.Thomas Charland, O.P.Ni Bossuet, ni Fénelon, mais S.Tho- mas.M.Hermas Bastien.La philosophie de l esprit.M.Henri Prat.La place des industries dans l'échelle des valeurs humaines.R.P.A.Saint-Pierre, O.P.« La poésie canadienne-française ».Le Sens des Faits.\u2014 Un jubilé sacerdotal: Mgr Pâquet, par le T.R.P.Forest.\u2014 L\u2019écolier russe, par le R.P.Labonté.\u2014 Dans l\u2019Ordre: Ordination.\u2014 Prédications.\u2014 Conférences.\u2014 Départ du T.R.P.Provincial, par Fra Domenico.L\u2019Esprit des Livres.\u2014 Bélisle : Initiation pratique à la Bourse (G.-H.L.) Lemaître : Sacerdoce, perfection et vœux (R.-M.V.) De Mauny : Les heures glorieuses du Pavillon des Missions (L.D.F.) Villier : Dictionnaire de spiritualité (H.G.) Bastien: Témoignages (M.A.L.) Allaire: Un curé canadien (H.C.) Mgr Hiral : Elévations franciscaines.\u2014 S.Thomas: Vers la perfection.Juin Dom J.de Vathaire, O.S.B.Pour connaître les Pères.Chan.A.Garnier.Jeunes filles modernes.pourquoi pas?\u2014 I.R.P.A.Saint-Pierre, O.P.Le coq et le prédicateur d'après les Anciens.Le Sens des Faits.\u2014 Lettre encyclique aux Tertiaires séculiers, par le Rme P.Gillet.\u2014 Réflexions sur Dante, par S.E.Mgr Cas-sulo.\u2014 Dans l\u2019Ordre: Nouveau Consulteur diocésain.\u2014 Nouveau Prieur.\u2014 Prédications.\u2014 Conférences.\u2014 Départ pour le Japon.\u2014 Retraites fermées, par Fra Domenico.L\u2019Esprit des Livres.\u2014 Poulet: Histoire du Christianisme (T.-M.C.) Saint-Amant: Un coin des Cantons de l'Est (T.-M.C.) Mlle Psi-chari : Ernest Psichari, mon Frère (L.D.F.) William: Das Leben Jesus (L.D.F.) Guerrin : La mort du Christ (L.S.F.) Janvier: L'âme dominicaine (H.C.) Autres publications.Juillet-Août Mgr J.Bearzotti.L\u2019inspiration religieuse de la Divine Comédie.Chan.A.Garnier.Jeunes filles modernes.pourquoi pas?\u2014 II.R.P.Antonin Lamarche, O.P .Au sortir des Etudes. TABLE DES MATIERES 711 Le Sens des Faits.\u2014 Le centenaire du Mouvement d\u2019Oxford, 14 juillet 1833-1933, par le R.P.Saintonge, S.J.Dans 1 Ordre : Le Frère Benjamin.\u2014 Retours d\u2019Europe.\u2014 Prédications.\u2014 Nomination.\u2014 Nouvelles diverses, par Fra Domenico.L\u2019Esprit des Livres.\u2014 Gingras : Du Soleil sut l Etang noir (A.S.P.) Lapierre : Pourquoi la Musique?(F.A.) Chauvin: Jeunesse et Liberté (M.L.) Septembre R.\tP.\tM.-A.\tLamarche,\tO.\tP.\tA la recherche du rythme perdu.R.\tP.\tBenoît\tMailloux,\tO.\tP.\tDroit et Morale.\u2014 I.R.\tP.\tLouis\tLachance,\tO.\tP.\t« Problèmes philosophiques ».Le\tSens des\tFaits.\u2014\tPèlerinage artistique en Suisse, par le R.P.Drouin.\u2014 Pour «notre progrès intellectuel», par le R.P.La-chance.\u2014 Nouvelle étape, par le R.P.Mailloux.\u2014 Dans l\u2019Ordre: Division de la Province St-Joseph.\u2014 Graduations.\u2014 Départs.\u2014 Nouveau Conseil de la Revue.\u2014 A.S.E.Mgr Emile Yelle.\u2014 Nouvelles diverses, par Fra Domenico.L\u2019Esprit des Livres.\u2014 Daveluy: U Orphelinat Catholique (M.-G.P.) Daviault: Questions de langage (P.D.) LeGal : Apprenons à ponctuer (P.D.) Renaudin : Assumptio B.M.Virginis (A.-G.A.) Anthologie des Poètes canadiens (A.S.P.) Marion: Sur les pas de nos littérateurs (H.B.) Bondroit: Pour Vembellisement de notre vie.\u2014 Crépeau : Un Apôtre dominicain aux Etats-Unis.\u2014 Engle-bert: Les Apparitions de Beauraing.\u2014 Follet: Quelques sommets de la pensée indienne (H.G.) Octobre R.P.Benoît Mailloux, O.P.Droit et Morale.\u2014 II.R.P.Joseph-M.Parent, O.P.Liturgie et Dogme.R.P.Louis Lachance, O.P.La vie du Droit.R.P.M.-A.Lamarche, O.P.Egrappages.Le Sens des Faits.\u2014 Deux événements sociaux, par le R.P.Lévesque.\u2014 Au sujet d\u2019un film religieux, par le R.P.Saint-Pierre.\u2014 Dans l\u2019Ordre: Décès du T.R.P.Proulx.\u2014 Départ de quatre missionnaires.\u2014 Exposition missionnaire.\u2014 Prédications, par Fra Domenico.L\u2019Esprit des Livres.\u2014 Lachance : Le concept de Droit selon Aristote et S.Thomas (A.P.) Diekamp : Théologiœ Dogmaticæ Manuale (P.-M.G.) Lamarche: Les laïcs dans l'Eglise (A.B.) Boucher: Je me souviens (A.S.P.) Draime : La Rencontre (H.C.) Douville : La vie aventureuse d\u2019Arthur Buies (H.C.) Thône : L'Appel suprême du Sauveur (R.H.) Saint-André : La technocratie par la démocratie industrielle (J.P.C.) Autres publications. 712 REVUE DOMINICAINE Novembre Abbé Pascal Potvin.Vieille dette.R.P.D.-M.Clark, O.P.Un saint-savant du XlIIe siècle.Dom J.Boutry, O.S.B.Bulletin de littérature spirituelle antique.Jean Desgranges.Léonard de Vinci.Le Sens des Faits.\u2014 Un soir à Laval, par le R.P.A.Lamarche.\u2014 L\u2019Académie St-Thomas d\u2019Aquin : 4ème Session, par le R.P.Gau-drault.\u2014 Dans l\u2019Ordre: Un apôtre de la vérité, par les RR.PP.Larose et Bissonnette.L\u2019Esprit des Livres.\u2014 Cappello : Tractatus canonico-moralis de Sacra-mentis (R.C.) Rumilly : La Vérendrye, Découvreur Canadien (T.C.) Lippert: L'Eglise du Christ (T.C.) Potvin: Pour l'amour du grec (A.S.P.) De Fels: Vauban (B.D.) Thamiry: Les vertus théologales (B.V.) Catesson : Entretiens évangéliques (L.M.T.) Duplessy: Cours de religion (V.D.) Honoré: Elle.et Toi, jeune homme.\u2014 Ménard : Catéchisme de la vie religieuse.\u2014 Autres publications.Décembre R.P.A.-Gusman Albert, O.P.L'Eucharistie, source de notre vie divine.R.P.Th.-M.Charland, O.P.Noël et L Epiphanie.R.P.Louis Lachance, O.P.La philosophie chrétienne.R.P.Julien Peghaire, C.S.Sp.Philosophie chrétienne ou Philosophes chrétiens?R.P.Ray.-M.Charland, O.P.Consultation canonique.Le Sens des Faits.\u2014 Un congrès d\u2019Action catholique, par le R.P.Laurin.\u2014 Le congrès de l\u2019ACFAS, par M.H.Bastien.\u2014 Nouvelles diverses.\u2014 Avis important, par Fra Domenico.L\u2019Esprit des Livres.\u2014 Boudou : Actes des Apôtres (H.D.) Vloberg: La Vierge et l\u2019Enfant dans l'art français (J.de V.) Archambault: Pour un catholicisme conquérant (T.-M.L.) Mlle Grisé: Médailles de cire (A.S.P.) Table des matières.Encouragez nos annonceurs durant les Fêtes Renouvelez votre abonnement Faites-nous des étrennes par la propagande ANNONCES REVUE DOMINICAINE EN GUISE DE CADEAU Offrez en guise de cadeau, aux adultes et aux enfants, une ou plusieurs de nos petites banques à domicile revêtant la forme d'un livre.BONNE ET HEUREUSE ANNEE A TOUS ! 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Bourse est destiné à l\u2019entretien à perpétuité d\u2019un missionnaire dominicain canadien qui se dévoue à l\u2019évangélisation de l\u2019empire japonais.En la fondant en devient Missionnaire à Perpétuité Un Bienfaiteur peut être seul fondateur en versant la somme entière.Plusieurs bienfaiteurs peuvent, en s\u2019associant, contribuer par leur offrande à cette fondation.Tout Bienfaiteur peut aussi au besoin se réserver une rente viagère sur la somme versée, pourvu qu\u2019elle soit d\u2019au moins $100.00.La Bourse pourra porter le nom de son Fondateur ou tout autre nom à son choix: Bourse de Saint-Dominique, Bourse de Sainte-Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, ou encore Bourse, etc.\u201cNous voudrions voir la générosité des catholiques s'intéresser particulièrement aux oeuvres dont le but est de venir en aide aux Missions\" (Benoit XV).Les fondateurs de cette hours'* devront s\u2019adresser à L\u2019OEUVRE DES MISSIONS COUVENT DES DOMINICAINS 5375, avenue Notre-Dame de Grâce, Montréal.soit pour en connaître les avantages, soit pour l\u2019envoi des souscriptions.THES EPICES CAFES GELEES CACAO ESSENCES Nos 37 années d\u2019expérience sont une garantie pour vous.J.A.SIMARD & CIE 5 7 est, rue Saint-Paul \u2014\t\u2014 MONTREAL MONTREAL et NEW-YORK Tél: MAin 0103 ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS i ANNONCES REVUE DOMINICAINE \\ La Revue Dominicaine Canada .$2.00 par année Etranger .$2.25\t\u2014 Avec le Rosaire, 25 sous en plu* Prix de l'unité : 20 sous Le Rosaire Bulletin mensuel publié par les Dominicains CANADA \u2014Distribué par zélatrices .25 sous par année Envoyé par la poste .35\tsous\t\u2014¦ ETRANGER \u2014 Par zélatrices .40\tsous\t\u2014 Envoyé par la poste .50\tsous\t\u2014 Prix de l\u2019unité .10\tsous Toute personne ayant recruté 10 abonnements nouveaux à la \u201cRevue Dominicaine\u201d, recevra le onzième gratis.Deux messes sont dites chaque semaine aux intentions des Zélateurs.des abonnés, de la \u2018Revue Dominicaine\u201d et du Rosaire.Nous donnons de jolies PRIMES aux Religieux, aux Prêtres, aux laïques Zélateurs qui nous envoient des abonnés, à l\u2019une ou l\u2019autre Revue.Toute personne qui nous enverra pour $40.00 d\u2019abonnements, aura droit à une affiliation perpétuelle, pour elle-même, ou pour une personne qu\u2019elle nous indiquera, à l\u2019Oeuvre du Noviciat des Dominicains du Canada.PHARMACIE SAINT-HYACINTHE PLACE DU MARCHE 165 RUE CASCADES Drogues et médecines de première qualité.\u2014 Spécialité: LES PRESCRIPTIONS.\u2014 Articles de toilette.\u2014 Bonbons, Parfums, etc.\u2014 Seul endroit où l\u2019on peut se procurer les fameux remèdes \u201cREXALL\u201d.Nos articles de caoutchouc sont reconnus supérieurs.\u2014 AGENCES: Articles de photographie, le Kodak EASTMAN.J.-H.-E.BRODEUR, propriétaire ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS Téléphone Bureau: 120\tRésidence: 418 J.O.DUPRAS NEGOCIANT EN GRAINS, FARINES et GRAINES de SEMENCE Dépositaire des célèbres farines à pâtisserie FIVE ROSES et JUBILE 29, rue 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demain.Mettez de l\u2019argent de côté régulièrement.Ouvrez un compte d\u2019épargne à la Banque Canadienne Nationale Actif, plus de 132,000,000.Succursale à Saint-Hyacinthe E.-O.DESJARDINS, gérant.VIENT DE PARAITRE Le Petit Jacques par le R.P.Emilien Letourneau, O.M.I.Volume de 160 pages, illustré, orné de quatre hors-textes.\u2014 L\u2019Œuvre de Presse Dominicaine, 5375 Av.N.-D.de Grâce, Montréal.Vie édifiante d\u2019un enfant qui dès le bas âge inspiré d\u2019une ardent amour missionnaire marcha sur les traces de la Petite Thérèse de l\u2019Enfant Jésus et mourut pieusement à Bélœil le 16 mai 1927.En vente au prix de 25 sous l\u2019exemplaire, $2.60 la douzaine, $18.00 le cent, port en plus, à l\u2019Œuvre de Presse Dominicaine, 5375, Av.N.-D.de Grâce, Montréal, ou à l\u2019Apostolat des Oblats de Marie Immaculée, Chambly-Bas-sin, P.Q.Imp.L\u2019Oeuvre de Presse Dominicaine."]
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