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Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Rosaire
  • Successeur :
  • Maintenant
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Revue dominicaine, 1934-11, Collections de BAnQ.

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[" Jfafomlire 1934 peinte Llnmimcame Paraît chaque mois à 80 pages Directeur R.P.M.-A.Lamarche Conseil de Rédaction RR.PP.Ceslas Forest Benoît Mailloux Raymond Voyer Th.-M.Lamarche Albert Saint-Pierre Abonnements Canada :\t$2.00 Etranger :\t$2.25 Avec le « Rosaire » : 25 sous en plus par an Le numéro:\t25 sous La Revue ne sera pas responsable des écrits de collaborateurs étrangers à l\u2019Ordre de S.Dominique.EN DECEMBRE REFLEXIONS SUR L'ENQUETE par R.P.M.-A.Lamarche, O.P.Directeur de la Revue Dominicaine 5375, Av.N.-D.de Grâce, Montréal (Canada) AVEZ-VOUS PREVU Que le Destin (même sans fatalité extraordinaire) peut, en vous enlevant soudain à l\u2018affection des vôtres, les priver de leur soutien moral et matériel, compromettre leur avenir ou même les plonger dans le dénuement complet?Qu\u2019un capital supplémentaire \u2014 ou peut-être même le seul qui vous rætera\u2014 à toucher inéluctablement à l\u2019époque choisie, à l\u2019heure de la retraite ou au début de votre vieillesse, est une agréable perspective ?Que les entreprises humaines dans lesquelles vous êtes intéressé sont faillibles, et qu\u2019une mesure de prévoyance basée sur des certitudes mathématiques doit de toute manière retenir votre attention, quelle que soit votre situation actuelle?Que l\u2019éducation de vos enfants, l\u2019avenir que vous entrevoyez pour eux, ainsi que pour votre femme et tous les vôtres, reposent, à l'heure actuelle, uniquement sur cette base si fragile qu\u2019est votre propre existence?Si vous l\u2019avez prévu, qu\u2019attendez-vous donc pour vous assurer dans LA SOCIETE DES ARTISANS CANADIENS-FRANCAIS La plus forte Société française en Amérique Qui vous libérera de tous soucis, sans charge excessive?La Société des Artisans Canadiens-Français Société mutuelle astreinte aux mêmes obligations légales de sécurité que les Compagnies commerciales.VIE, ACCIDENT, MALADIE.INVALIDITE, RENTES VIAGERES.Tous les bénéfices réalisés, au lieu d\u2019être distribuée à des actionnairee, vont directement aux assurés eux mêmes.850 succursales et bureaux de perception au Canada et aux Etata-Unis.Siège social: MONTREAL.Réserve accumulée: plus de $14,500,000.00.Bénéfices payés, depuis la fondation $20,000,000.00.Dividendes payés aux sociétaires durant l\u2019année 1933: $90,739.13. Novembre 1934 SOMMAIRE R.P.Antonin Lamarche, O.P.Que vaut la foi de notre peuple ?Armand Turpin La Question scolaire en Ontario R.P.M.-A.Lamarche, O.P.Durkheim et la morale \u2014 I.LE SENS DES FAITS La Société Canadienne d\u2019Histoire de l\u2019Eglise Catholique, par R.P.Thomas-M.Ckarland, 0.P.\u2014 Le congrès de l\u2019ACFAS À Québec, par R.P.Raymond-M.Voyer, 0.P.L\u2019ESPRIT DES LIVRES Desrosiers: Notre Jacques Cartier (B.G.) Côté-.Visions du Labrador (B.G.) Auclair: Saint Jérôme de Ter-rebonne (T.-M.C.) P.de M.: L\u2019Œuvre véridique de Louis Riel (T.-M.C.) Lanctôt : Le Canada d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui (T.-M.C.) Potvin: Le Chevalier des Mers (A.S.-P.) Lavergne: La Vie cracieuse de Catherine Tekakvvitha (M.-C.F.) Accusés de réception. Que vaut la foi de notre peuple?Le Fr.Marie-Victorin se trouvant empêché de fournir sa réponse à notre enquête, nous a-vous demandé au Père Lamarche, professeur d\u2019apologétique à Québec, un article sur les caractères de la foi populaire au Canada.Nos abonnés jugeront sans doute que cette étude vient à son heure et à sa place en complément d\u2019information.Nous entendons, ici, par peuple ces gens qui, ayant reçu l\u2019enseignement du catéchisme et quitté l\u2019école vers l\u2019âge de 12 ou 14 ans.abandonnent l\u2019étude de la religion pour s\u2019occuper d\u2019autre chose, mais progressent normalement dans la foi selon la mesure de leur intelligence et de leur piété, sans comprendre le don divin qu\u2019ils ont reçu.C\u2019est le cas de la grande majorité de nos familles canadiennes, de nos ouvriers, de nos bûcherons, de nos cultivateurs.Même, plusieurs pensent que bon nombre de nos professionnels n\u2019en savent pas beaucoup plus long sur ce point que les modestes habitants des rives du St-Lau-rent ou des chantiers de l\u2019Abitibi. 242 Revue Dominicaine En somme, on retrouve encore dans ces milieux la foi du charbonnier ; avec peut-être moins de sérénité confiante et douce dans l\u2019assentiment.Vous connaissez l\u2019anecdote.Un jour, un savant professeur de théologie rencontre un charbonnier.Voulant s\u2019amuser de sa simplicité et en faire un sujet d\u2019expérience, il l\u2019interroge sur ce qu\u2019il croyait.Le charbonnier lui récite les principaux articles du Credo confiés à sa mémoire et souvent entendus à l\u2019église.Et comme le théologien insiste pour savoir ce qu\u2019il croit en outre, il se contente de répondre : je crois ce que l\u2019Eglise croit.Mais que croit l\u2019Eglise sur telle matière ?Ne pouvant rien préciser, quand on le pousse au pied du mur, il répond toujours : je crois ce que l\u2019Eglise croit, et l\u2019Eglise croit ce que je crois.Excellent moyen d\u2019éluder les questions de son interlocuteur et manière polie de lui dire : laissez-moi en paix.Interrogez nos habitants, nos hommes de bureau, voire nos professionnels, presque tous vous feront des réponses semblables à celle du charbonnier.Sans doute, la foi de notre peuple est encore très vivante et se manifeste par les œuvres.Ce qui a sauvé le Catholicisme au Canada, ce n\u2019est pas tant l\u2019instruction religieuse que la foi et la pratique religieuses inculquées dans le cœur des enfants par nos bonnes mères.Cela est sublime, hautement préférable à l\u2019érudition Que vaut la foi de notre peuple ?243 religieuse sans la pratique.Mais suffit-il de rester stationnaire sur le terrain religieux quand tout progresse autour de soi ?Tenir pour vrai ce que Dieu a révélé, à cause de son autorité infaillible, c\u2019est l\u2019acte de foi par excellence ; savoir que Jésus-Christ a fait des miracles pour prouver que son enseignement venait de son Père, c\u2019est à la rigueur suffisant : ne faudrait-il pas connaître davantage le contenu de cet enseignement, la nature, la portée de ces miracles, puisque l\u2019apôtre S.Pierre nous avertit de « toujours nous tenir prêts à donner raison de ce que nous croyons ».Nous ferons porter nos observations sur trois points : Ce qu\u2019est la foi populaire, d\u2019après l\u2019histoire et la doctrine.\u2014 La puissance de cette foi.\u2014 La faiblesse de cette foi.Cette histoire commence avec les temps évangéliques.Nous trouvons pour premiers adorateurs de l\u2019Enfant de la Crèche, les mages et les bergers : c\u2019est-à-dire les savants et les simples.Les mages sont les savants de ce temps ; ils étaient aussi cultivés qu\u2019il était possible de l\u2019être à cette époque.Les bergers sont les plus simples des hommes.Ils ont l\u2019habitude de se taire ou de parler sans blesser le silence.Très sensibles aux images de la naissance et de la mort : ceux de Beit-Saour répondent, sans tarder, à l\u2019inconcevable message d\u2019en haut : Transeamus usque Bethleem et videamus hoc verbum. 244 Revue Dominicaine, Les premiers disciples du Sauveur sont aussi des hommes comme les bergers : de pauvres pêcheurs de Galilée ; mais on y trouve aussi des savants : Nicodème et Paul, ce dernier sorti récemment d\u2019une université grecque, tout pénétré de traditions aristocratiques, et nourri de la poésie d\u2019Athènes.Encore aujourd\u2019hui, les catholiques fervents appartiennent à ces deux classes de la société.Parmi les esprits cultivés, beaucoup demeurent fidèles à l\u2019Eglise ou reviennent à elle.Qu\u2019il suffise de nommer la phalange des derniers convertis, ces esprits pénétrants et élevés : Claudel, Psichari, Maritain, Retté, Ruville, Papini.Un savant qui n\u2019eut pas besoin de conversion, Pasteur, disait : « Plus je m\u2019enfonce dans les mystères de la nature, plus ma foi devient simple.Déjà elle ressemble à la foi du paysan breton.Et j\u2019ai mille raisons de croire que si je puis y descendre plus profondément encore, elle deviendra semblable à celle de la femme de ce paysan ».Magnifique réponse aux savants orgueilleux qui considèrent le Catholicisme comme une borne intellectuelle.Elle ne prouve pas que la religion catholique soit vraie ; mais en face d\u2019un témoignage comme celui de Pasteur, nul ne peut, sans commettre une sottise, ridiculiser ceux qui sentent le besoin d\u2019y rester ou d\u2019y revenir.Or, il résulte de cette affirmation que la foi éclairée du savant se ramène à la foi du peuple et Que vaut la foi de notre peuple ?245 la confirme.Le simple voit qu\u2019il faut croire, le savant analyse les raisons de sa croyance.D\u2019ailleurs, Jésus n\u2019a-t-il pas loué dans son Evangile les simples et les petits.« Je te rends gloire, Seigneur du ciel et de la terre, d\u2019avoir caché ces choses aux sages et aux savants, et de les avoir révélées aux petits ».Jésus n\u2019entend pas approuver chez ces petits une foi aveugle et déraisonnable.Au contraire, ce qu\u2019il exalte dans un élan d\u2019admiration, c\u2019est la clairvoyance et la pénétration des simples en face de la révélation.Et, c\u2019est un fait d\u2019observation courante, qu\u2019en matière religieuse, notamment dans la perception des raisons de croire, des esprits médiocres, mais d\u2019une grande rectitude peuvent se montrer beaucoup plus perspicaces que tels esprits cultivés, mais remplis de préjugés.L\u2019enfant ou l\u2019honnête paysan que l\u2019orgueil et les passions n\u2019ont pas encore déprimé est ravi devant un récit de l\u2019Evangile, et sans exprimer aucune raison, il voit qu\u2019il faut croire.Jésus-Christ a fait des miracles pour prouver sa mission divine ; mais il n\u2019en a pas moins loué ceux qui croient sans avoir vu ; non pas sans avoir vu qu\u2019il fallait croire, mais sans avoir besoin de preuves aussi frappantes pour les sens que les miracles.Les simples ont leur apologétique, quelle est-elle ?Constatons d\u2019abord que notre peuple ne 246 Revue Dominicaine peut appuyer sa foi sur la science historique.L\u2019Histoire est une suite de récits souvent très embrouillés.Pour y comprendre les événements qu\u2019elle raconte, il faut une formation solide, un apprentissage long et méthodique, une discipline intellectuelle que les érudits compliquent de jour en jour.Au contraire, les événements que l\u2019on présente à des primaires sont dépourvus de tout appareil scientifique, ce sont des récits acceptés sur l\u2019affirmation du professeur.Si la croyance de notre peuple n\u2019avait d\u2019autres motifs que l\u2019Histoire, toute leur apologétique se ramènerait à ceci : je crois telle vérité parce que le prêtre l\u2019a dit, tout comme l\u2019enfant croit que Jacques Cartier a dé-couvèrt le Canada en 1534, parce que la maîtresse l\u2019a dit.Sans méconnaître l\u2019autorité du prêtre qui commente l\u2019Evangile avec compétence et en explique le sens, le peuple a d\u2019autres raisons de croire, et il s\u2019en rend compte au moins de façon confuse.L\u2019Evangile se prêche aujourd\u2019hui comme au temps des apôtres, le même enseignement est donné à tous ; on y trouve la parole de Dieu et le fait miraculeux, démontrant qu\u2019en fait il s\u2019agit d\u2019un témoignage divin, donc croyable.D\u2019où vient la force prodigieuse de la foi ?Il importe, ici, de distinguer deux phases qui peuvent influencer la pratique religieuse, il y a d\u2019abord, selon Max Scheller, la vie de famille où la Que vaut la foi de notre peuple ?247 religion est liée à la parenté par le sang : c\u2019est la religion des ancêtres ; puis il y a la vie religieuse supra-familiale où la société est organisée de manière à protéger la religion.Voyons d\u2019abord ce qui concerne la foi familiale.Le chrétien croit et pratique ce qu\u2019ont cru et pratiqué ses pères.Sa foi est vraiment comme celle des israélites d\u2019autrefois : celle d\u2019Abra-ham, d\u2019Isaac et de Jacob.Elle est héritage sacré, elle vient des ancêtres, elle vaut déjà à ce titre.La vie des ancêtres qu\u2019on a connus, et celle des chrétiens d\u2019aujourd\u2019hui révèlent que le christianisme est principe d\u2019une morale supérieure.Puis les vertus domestiques, la piété chrétienne, les prières en famille, les récits de l\u2019Evangile, la fidélité aux devoirs d\u2019état, toutes ces pratiques suffisent à révéler à l\u2019intelligence, devenue elle-même plus pénétrante par l\u2019influence de la grâce, la présence et l\u2019action de Dieu.Quand le paysan s\u2019inquiète des sillons tracés, de la moisson espérée, il fait prier ses enfants, il implore avec eux la bénédiction divine.Bien souvent la figure du Christ se dressera devant lui ; si une pluie bienfaisante vient féconder ses champs, il saura le rapporter à la divine Providence.Il croira entendre au milieu de la brise et des vents la voix de son Sauveur.Le travail devient alors une prière, et c\u2019est bien cela la vie du véritable chrétien.Cette religion vécue qui est action et œuvres, 248 Revue Dominicaine le peuple la juge nécessaire, elle répond à ses aspirations, favorise la vertu, le soutient dans ses labeurs, et cela lui suffit pour en saisir le caractère surnaturel.En effet, dit Jésus, celui qui fait la volonté de mon Père connaîtra si ma doctrine est de Dieu.Cette parole ne signifie pas seulement les obstacles qui s\u2019opposent à la foi, il faut la prendre en son sens propre : celui qui fait la volonté de Dieu réalise une condition nécessaire pour croître dans la foi et pour être sauvé.D\u2019autre part, une seconde influence que je dirai sociale pour l\u2019opposer à l\u2019influence familiale, agit sur nos catholiques.C\u2019est l\u2019influence de l\u2019Eglise enseignante.Le chrétien s\u2019éveille au milieu d\u2019un groupe qui est l\u2019Eglise.Voyons, par exemple, les ouvriers de nos villes ou les cultivateurs de nos campagnes.Ces gens reçoivent par la prédication, par les offices liturgiques, par les conversations, une certaine instruction qui s\u2019accroît avec l\u2019âge et la réflexion.Le rayonnement surnaturel de l\u2019Eglise pourra les convaincre sans revêtir l\u2019appareil des démonstrations apologétiques.Etant peu lettrés, ils n\u2019analysent pas.Pour eux la prodigieuse activité de l\u2019Eglise catholique est inconcevable sans l\u2019intervention spéciale de Dieu, et dès lors, ils voient qu\u2019il faut croire.S\u2019ils n\u2019énoncent pas leurs raisons de croire, ils les possèdent à leur façon.Ils savent de même que Pierre et Paul sont hommes, mais qu\u2019ils sont aussi Que vaut la foi de notre peuple ?249 deux individus distincts sans pouvoir s\u2019expliquer rigoureusement la provenance de ces différences individuelles.Constamment ils voient l\u2019action bienfaisante de l\u2019Eglise, ils entendent parler des miracles de Lourdes et d\u2019ailleurs, des faveurs obtenues par la prière, des conversions qui se produisent.Ils connaissent des saints et des personnages de haute vertu : Thérèse de l\u2019Enfant Jésus, les Martyrs canadiens, Jeanne Mance, Marie de l\u2019Incarnation, Gérard Raymond, Jacques Bernard.Si l\u2019Eglise n\u2019était d\u2019origine divine, elle n\u2019aurait pas son école de saints, ses martyrs n\u2019existeraient pas, puisque personne ne donne sa vie pour une chimère, ses missionnaires n\u2019existeraient pas, puisque leur vie faite de sacrifices aboutirait au vide.Les promesses de vie éternelle qui illuminent toute leur existence viennent de Dieu et non de l\u2019homme, puisqu\u2019elles le dépassent.Le plus modeste ouvrier, même s\u2019il est un grand pécheur, comprend cet argument vital, et c\u2019est assez pour légitimer sa foi religieuse.Les gens incultes ont encore un raisonnement rapide pour justifier leurs croyances.C\u2019est que le Christianisme donne une réponse à tout, et ils savent qu\u2019en dehors de lui il n\u2019y a pas d\u2019explication du monde.Alors ils doivent choisir entre Dieu ou rien.Même sans avoir fréquenté longuement l\u2019école, notre peuple sait par les conver- 250\tRevue Dominicaine
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