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Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Rosaire
  • Successeur :
  • Maintenant
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Revue dominicaine, 1935-06, Collections de BAnQ.

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[" R-382 31 um 1935 ^Rcfrae ipuntmirame Paraît chaque mois à 80 pages Directeur R.P.M.-A.Lamarche Conseil de Rédaction RR.PP.Ceslas Forest Benoît Mailloux Raymond Voyer Th.-M.Lamarche Albert Saint-Pierre Abonnements Canada :\t$2.00 Etranger :\t$2.25 Avec le « Rosaire » : 25 sous en plus par an Le numéro:\t25 sous La Revue ne sera pas responsable des écrits de collaborateurs étrangers à l\u2019Ordre de S.Dominique.EN JUILLET-AOUT L\u2019EGLISE ET LES DOCTRINES JUIVES par le R.P.François-M.Drouin, O.P.Professeur de Théologie dogmatique 5375, Av.N.-D.de Grâce, Montréal (Canada) hum UNE VIE NOUVELLE: Une vie de sécurité et de progrès est assurée aux Canadiens-français Qui reconnaissent la nécessité de l\u2019épargne ; Qui donnent leur coopération à LEURS institutions, dignes de leur confiance ; Qui retiennent CHEZ EUX et au bénéfice de LEURS propres œuvres LEURS capitaux.Un moyen simple, facile, de pratiquer l\u2019économie profitable et nationale, et de se libérer de tous soucis, sans charge excessive, c\u2019est une police dans La Société des Artisans Canadiens-Français \u2014 FONDÉE EN 1876 \u2014 Société mutuelle astreinte aux mêmes obligations légales de sécurité que les Compagnies commerciales.VIE, ACCIDENT, MALADIE INVALIDITÉ, RENTES VIAGERES La plus forte société française d\u2019Amérique.Assure les hommes, les femmes et les enfants, depuis $100.00 jusqu\u2019?$10,000.00, d\u2019après les systèmes les plus modernes et les plus avantageux.Tous les bénéfices réalisés, au lieu d\u2019être distribués à des actionnaires, vont directement aux assurés eux-mêmes.Assurance en vigueur:\tBénéfices payés:\tFonds accumulés: $50,000,000.00\t$21,500,000.00\t$14,500,000.00 Dividendes payés aux sociétaires durant l\u2019année 1934: $89,476.70 850 succursales et bureaux de perception au Canada et aux Etats-Unis.Accueil, Renseignements et Publicité:\tSec.Adm.et Bureau médical: 924, rue Saint-Denis 930, rue Saint-Denis Siège social: Montréal Juin 1935 SOMMAIRE M.Jacques Maritain A propos de la Question juive M.Léonce Desgagné Art et Sincérité \u2014 Pour une architecture religieuse vivante R.P.Antonin Pelletier, O.P.L\u2019Eucharistie, remède au Communisme LE SENS DES FAITS.\u2014 Premières Journées Thomistes: Programme, Lettre de S.E.Mgr le Délégué Apostolique \u2014 Un autre Congrès, par le R.P.M.-A.Lamarche, O.P.\u2014 Le mouvement missionnaire canadien, par le R.P.J.-M.Lafrance, O.P.\u2014 L\u2019esprit des Croisades, par le R.P.Th.-M.Lamarche, O.P.?L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014 Paulot: Le message doctrinal de Ste-Thérèse de l'Enfant-Jésus (S.-M.V.) Gar-deil : Le Saint-Esprit dans la vie chrétienne (R.-M.B.) Riondel : Fax vobis : Aux âmes inquiètes (R.H.) Laureys : La technique de l'exportation (G.P.) Parizeau : L'Assurance contre l'incendie au Canada (M.-A.L.) Bugnet : La forêt (A.S.-P.) Monsabré : La Vierge Marie {H.C.) Lemaître : A l'Evangile tout d'abord.Accusés de réception.Table des matières, 1er semestre. A propos de la Question Juive (1) Les pages qui suivent, et qui n\u2019ont d\u2019autre prétention que d\u2019apporter quelques précisions dans un sujet des plus complexes, sont le texte d\u2019une communication faite à la « Semaine des Ecrivains Catholiques ».Nous leur laissons leur forme originelle, un article complet sur la question entraînerait à de trop longs développements.La question juive présente deux aspects : un aspect politique et social, et un aspect spirituel ou théologique.L \u2014 Au premier point de vue, la dispersion de la nation juive parmi les peuples chrétiens pose un problème particulièrement délicat.Sans doute bien des Juifs, ils l\u2019ont montré au prix de leur sang pendant la guerre, sont vraiment assimilés à la patrie de leur choix ; la masse du peuple juif reste néanmoins séparée, réservée, en vertu même de ce décret providentiel qui fait de lui, tout le (x) M.Jacques Maritain se trouve empêché, par la maladie de sa mère et sa propre indisposition, de nous envoyer sa contribution à notre étude d\u2019ensemble sur la Question juive.Pour ne pas fruster nos lecteurs, nous reproduisons cet article de la Vie Spirituelle qui contient en substance la pensée du distingué philosophe sur le sujet. 402 Revue Dominicaine long de l'histoire, le témoin du Golgotha.Il faut ajouter qu\u2019un peuple essentiellement messianique comme le peuple juif, dès l\u2019instant qu\u2019il refuse le vrai Messie (x), jouera fatalement dans le monde un rôle de subversion, je ne dis pas en raison d'un plan préconçu, je dis en raison d\u2019une nécessité métaphysique, qui fait de l\u2019Espérance messianique, et de la passion de la Justice absolue, lorsqu\u2019elles descendent du plan surnaturel dans le plan naturel, et qu\u2019elles sont appliquées à faux, le plus actif ferment de révolution.C\u2019est pourquoi, comme Darmsteter et Bernard Lazare le notaient très franchement, on trouve des juifs, des menées juives, de l\u2019esprit juif, à l\u2019origine de la plupart des grands mouvements révolutionnaires de l\u2019époque moderne (2).Je n\u2019insiste C1) Il est impossible à qui ne se place pas au point de vue de la Vérité révélée de comprendre et de juger d\u2019une manière tout à fait juste l\u2019histoire des Juifs et leur rôle dans le monde.Un chrétien seul est en état de dégager la vraie signification de l\u2019histoire d\u2019Israël, après comme avant le Christ.Les études, d\u2019ailleurs fort intéressantes, et remarquablement objectives, poursuivies par un écrivain comme M.G eorges Batault, dont le positivisme ne laisse pas de blesser parfois gravement la foi chrétienne, restent en cela très déficientes.(2) Cf.Bernard Lazare, Y Antisémitisme ; Darmsteter, les Prophètes d'Israël.M.Muret (L\u2019esprit juif) écrivait, de son côté : « C\u2019est un ardent entrepreneur de démolitions que le penseur juif contemporain.On chercherait vainement un principe stable, une idée traditionnelle, sur laquelle il n\u2019ait pas exercé sa volonté de destruction.La déchristianisation du monde, à cela se réduit, en définitive, la fonction des Israélites contemporains.Voilà du moins, s\u2019ils n\u2019y travaillent pas seuls, l\u2019œuvre à laquelle ils collaborent ». A Propos de la Question Juive 403 pas sur le rôle énorme joué par les financiers juifs et par les sionistes dans l\u2019évolution politique du monde pendant la guerre et dans l\u2019élaboration de ce qu\u2019on appelle la paix.De là, la nécessité évidente d\u2019une lutte de salut public contre les sociétés secrètes judéo-maçonniques et contre la finance cosmopolite, de là même la nécessité d\u2019un certain nombre de mesures générales de préservation, qui étaient, à vrai dire, plus aisées à déterminer au temps où la civilisation était officiellement chrétienne (on peut consulter à ce sujet l\u2019opuscule de Mgr Deploige sur « Saint-Thomas et la question juive » et une étude de M.de la Tour du Pin (Q sur la même question), mais dont il ne paraît pas impossible de trouver l\u2019équivalent, aujourd\u2019hui surtout que le sionisme, en créant un Etat juif en Palestine, semble devoir mettre les Juifs dans l\u2019obligation d\u2019opter, les uns pour la nationalité française, anglaise, italienne, etc.\u2014 et ceux-ci devront refuser tout lien avec le corps politique juif, \u2014 les autres pour la nationalité palestinienne, qu\u2019ils aillent résider en Palestine ou qu\u2019ils demeurent dans les autres pays à titre d\u2019étrangers.J\u2019attire seulement l\u2019attention sur les deux points suivants : (]) La question juive et la révolution sociale, dang le recueil intitulé Vers un ordre social chrétien. 404 Revue Dominicaine 1° Les mesures dont je parle sont, par nature, des mesures d\u2019autorité gouvernementale, et si de fait, pour les obtenir, il est nécessaire de recourir à l\u2019opinion publique, nous avons le devoir, nous autres écrivains catholiques, d\u2019éclairer celle-ci et de lui apprendre à raisonner de ces choses sans haine, en gardant la discipline intellectuelle qui convient.Les passions populaires et les pogroms n\u2019ont jamais résolu aucune question, bien au contraire.2° II ne faudrait pas que la question juive serve de dérivatif au mécontentement et aux déceptions de l\u2019heure présente, de telle manière que « le Juif »apparaisse dans une sorte de mythologie simpliste comme l\u2019unique cause des maux dont nous souffrons.Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019idées, d\u2019hommes ou d\u2019institutions, il y a d\u2019autres coupables, et en particulier il nous serait vraiment trop facile de battre notre coulpe sur la poitrine d\u2019Israël, en oubliant que les fautes et les infidélités des chrétiens tiennent le premier rang parmi les causes du désordre universel.IL \u2014 J\u2019arrive maintenant au second aspect de la question juive, à l\u2019aspect spirituel ou théologique, qui concerne la vocation du peuple juif, et que je me permets de souligner, parce qu\u2019il est trop oublié.Si antisémite qu\u2019il puisse être à d\u2019autres points de vue, un écrivain catholique, cela me A Propos de la Question Juive 405 paraît évident, doit à sa foi de se garder de toute haine et de tout mépris à l\u2019égard de la race juive et de la religion d\u2019Israël considérées en elles-mêmes.L\u2019Eglise prie par les psaumes de David, elle est l\u2019héritière fidèle de l\u2019Ancien Testament et de ses Saints.Si dégénérés que soient les Juifs charnels, la race des prophètes, de la Vierge et des apôtres, la race de Jésus est le tronc sur lequel nous sommes entés.Rappelons-nous le chapitre Xle de l\u2019épître aux Romains : « Si leur rejet a été la réconciliation du monde, que sera leur réintégration, sinon une résurrection d\u2019entre les morts ?Si quelques-unes des branches ont été retranchées, et si toi, qui n\u2019étais qu\u2019un olivier sauvage, tu as été enté à leur place et rendu participant de la racine et de la sève de l\u2019olivier, ne te glorifie pas à l\u2019encontre des branches.Si tu as été coupé sur un olivier sauvage et enté, contrairement à ta nature, sur l\u2019olivier franc, à plus forte raison les branches naturelles seront-elles entées (un jour) sur leur propre olivier» (1).O) Cf S.Augustin - Adversus Judaeos, ch.X : «Que les Juifs écoutent volontiers ces divers témoignages, ou qu\u2019ils en ressentent de l\u2019indignation, nous devons, très chers frères, les leur rappeler en leur montrant que nous les aimons.Ne nous élevons point avec orgueil contre les branches séparées du tronc ; souvenons-nous plutôt de la racine sur laquelle nous avons été greffés ; rappelons-nous par la grâce de qui, et avec quelle miséricordieuse bonté, et sur quelle racine, nous avons été entés : ne nous élevons pas, mais tenons-nous dans l\u2019humilité.Ne les insul- 406 Revue Dominicaine Plus la question juive devient politiquement aiguë, puis il est nécessaire que la manière dont nous traitons de cette question soit proportionnée au drame divin qu\u2019elle évoque ; il est incompréhensible que des écrivains catholiques parlent sur le même ton que Voltaire de la race juive et de l\u2019Ancien Testament, d\u2019Abraham et de Moïse.Au surplus, deux faits importants, que je voudrais vous signaler pour terminer, s\u2019imposent ici à notre considération.1.Le premier, c\u2019est le nombre, relativement grand et en tout cas vraiment impressionnant, des Juifs qui depuis quelque temps se convertissent au catholicisme (je parle de conversions sincères, non de certaines conversions collectives en Pologne et en Hongrie).Jamais la conscience religieuse des Juifs n\u2019avait encore paru si fortement ébranlée (x).tons pas présomptueusement, mais tressaillons d\u2019une joie mêlée de crainte, et disons-leur : « Venez et marchons dans la lumière du Seigneur, parce que son Nom est grand parmi les nations».Cf.également S.Jérome, in Osee, 111, 3 ; in Abacuc, 111, 17 ; in Malach., IV, 5, 6 ; Estius, ad dist.47 libri IV Sent.; Bossuet, Disc, sur l\u2019Hist.univ., Ile partie, ch.21.0) Dans son livre de l\u2019Harmonie entre l\u2019Eglise et la Synagogue, publié en 1844, Drach remarquait déjà un « mouvement, bien extraordinaire dans la nation juive », de conversion au catholicisme, « signe certain, disait-il, des derniers temps du monde ».Parmi les convertis d\u2019Israël les plus connus, citons, outre les frères Ratisbonne et les A Propos de la Question Juive 407 2.Le second fait, c\u2019est l\u2019extraordinaire élan de prière qui se produit dans l\u2019Eglise, pour Israël, et dont ces conversions sont précisément le fruit.On connaît l\u2019histoire des deux frères Ratisbonne, convertis, Théodore en 1827, Alphonse, miraculeusement en 1842, après une apparition de la Sainte Vierge.Cette apparition et cette conversion sont relatées dans la seconde leçon des Matines de ia fête de la Médaille miraculeuse (27 nov.).Théodore Ratisbonne fonda en 1847 la Congrégation de N.D.de Sion, dont l\u2019objet propre est la conversion des Juifs.Cette Congrégation a pris depuis lors des accroissements considérables.Le 25 janvier 1905, était fondée à Paris, sous la direction des PP.de Sion, une association de prières pour la conversion des Juifs, érigée en archicon-frérie par Pie X en 1909 : les adhérents, qui dès 1907 étaient au nombre de 26 000 sont aujourd\u2019hui innombrables.S.Em.le Cardinal Dubois est inscrit dans cette Archiconfrérie.Voici maintenant un fait moins connu et très significatif.Vers la fin de 1869, au Concile du Vatican, les deux abbés Lémann, israélites convertis frères Lémann, la fille du célèbre rabbin et philosophe allemand Mendelsohn (Dorothée Schlegel, femme de Frédéric, qu\u2019elle ramena à l\u2019Eglise catholique), Drach lui-même, le P.Hermann, l\u2019abbé Goschler, le vénérable Liberman, fondateur de la Congrégation des Pères du Saint-Esprit. 408 Revue Dominicaine eux aussi, firent, comme l\u2019écrivait en 1912 en tête de leur livre (x) le Cardinal Couillié, « une tentative audacieuse en apparence, mais infiniment touchante et noble : provoquer un témoignage solennel de sympathie de la sainte Eglise de Jésus-Christ en faveur des restes d\u2019Israël, et réclamer partout des prières, pour leur retour à la vérité intégrale ».Tendrement encouragés par Pie IX, ils rédigèrent un Postulatum pro Hebraeis qui, présenté aux Pères du Concile, recueillit 510 signatures épiscopales.« Tous les Pères du Concile, ajoute Mgr Elie Blanc, auraient signé sans exception, si les deux frères, obéissant à un sentiment délicat de déférence, n\u2019avaient voulu céder l\u2019honneur du plus grand nombre de signatures au Postulatum pro Infallibilitate, qui avait réuni 533 signatures.Seule l\u2019interruption du Concile par la guerre empêcha ce postulatum de venir en discussion, et d\u2019être sanctionné par une allocution du Pape.Enfin l\u2019idée, lancée à Londres en 1918, de neuvaines de Messes à célébrer pour la conversion d\u2019Israël, a prospéré de façon singulière.En France seulement, 510 messes ont été célébrées en 1920, plus de 1 000 ont déjà été inscrites O) La Cause des restes d\u2019Israël introduite au Concile œcuménique du Vatican, Lyon et Paris, 1912 ; précédé d'une lettre du cardinal Couillié et d\u2019une lettre de Mgr Elie Blanc. A Propos de la Question Juive 409 pour 1921.Le 27 février 1920, cette initiative recevait l\u2019approbation de Sa Sainteté Benoît XV.Le Saint-Père promit d\u2019offrir lui-même cette année 1921, au cours de la neuvaine préparatoire à la fête du Sacré-Cœur, le sacrifice de la Messe pour la conversion des Juifs.Le Cardinal Maurin, archevêque de Lyon, Dom Gariador, primat des Bénédictins, plusieurs évêques, un grand nombre de communautés religieuses ont participé à la neuvaine de 1920, et participeront à celle de 1921.C\u2019est ainsi que l\u2019Eglise, pressée par sa charité, et malgré cette sorte d\u2019horreur qu\u2019elle garde pour la perfidie de la Synagogue, et qui l\u2019empêche de plier le genoux lorsqu\u2019elle prie pour les Juifs le Vendredi Saint, c\u2019est ainsi que l\u2019Eglise continue et répète parmi nous la grande clameur: Pater dimitte illis de Jésus crucifié (x).Il me C1) De tout temps les chrétiens ont prié pour les Juifs.« Nous prions pour vous », disait saint Justin.Au rapport d\u2019Eusèbe (de martymbus Palestinee, VIII), saint Paul de Gaza, avant son martyre, obtint du bourreau un instant de délai, et pria pour tous les fidèles et les infidèles, et expressément pour la conversion des Juifs.Saint Léon le Grand, dans plusieurs de ses sermons, invite les fidèles à prier pour le peuple juif, et à travailler à sa conversion.La prière de l\u2019office du Vendredi Saint est ancienne, saint Grégoire de Tours y fait allusion, Amolon la mentionne expressément (contre Judœos, IV, LIX).Ce dernier texte, comme le note M.F.Vernet, à qui nous empruntons ces indications (Diet.D\u2019Apologétique, article Juifs), ex- 410 Revue Dominicaine semble qu\u2019il y a là une indication dont les écrivains catholiques ne peuvent pas ne pas tenir compte.Autant ils doivent dénoncer et combattre les Juifs dépravés qui mènent, avec des chrétiens apostats, la Révolution antichrétienne, autant ils doivent se garder de fermer la porte du royaume des cieux devant les âmes de bonne volonté, devant les vrais Israélites dont parle Notre-Sei-gneur, in quibus dolus non est.La charité pour les uns ne doit pas faire tort à la justice due aux autres, ni inversement.Il y a là un cas éminent où nous sommes tenus, ce qui n\u2019est pas toujours facile, d\u2019unir dans l\u2019intégrité de la vie chrétienne deux vertus contraires en apparence : d\u2019unir à la juste défense des intérêts de la cité l\u2019amour surnaturel pour tous les hommes, même pour les ennemis de la cité, amour surnaturel sans lequel nous ne méritons pas notre nom de chrétiens, et qui est le domaine propre, je ne dis pas de l\u2019internationalisme catholique, je dis de la catholicité supranationale.Jacques Maritain prime bien l\u2019esprit de l\u2019Eglise dans sa conduite envers les Juifs : ut in nullo eortum vitœ et saluti, aut quieti vel dïvitiis, invidentes, imo eorum veram salutem, pro qua Ecclesia solemmter orare consuevit, veraciter inquirentes, servemus erga eos ecclésiasticam sinceritatem ac disciplinam, et commissos nobis fidelium populus nullo eorum contagiis et sacrilegiis involi patiamur, Art et Sincérité Pour une architecture religieuse VIVANTE (x) Nous sommes un peuple traditionnaliste, personne n\u2019ira là contre.C\u2019est un des aspects les plus marqués de notre caractère ethnique, la plus précieuse partie peut-être de notre héritage catholique et français.Ce tenace traditionnalisme a opposé un rempart à toutes les persécutions, à toutes les influences délétères.Mais on répare une fortification, on la perfectionne, on l\u2019adapte aux armes nouvelles.Nous avons abandonné la nôtre.Sans entretien, elle se lézarde et s\u2019écroule.Elle nous protégeait.Voici qu\u2019elle menace de nous écraser .Non que notre instinct traditionnaliste se soit éteint, au contraire, mais il a dégénéré.La corruption d\u2019une si excellente qualité\u2014 « corruptio optimi pessima » \u2014 a donné la plus dangereuse des tendances : le formalisme.Nous n\u2019avons pas à étudier dans le domaine religieux ou social les causes et les méfaits de O) Voir livraison d\u2019avril : Pour une architecture religieuse logique. 412 Revue Dominicaine cette dégradation.Il n\u2019y a qu\u2019à regarder notre art pour en juger.L\u2019art de bâtir en particulier, enregistre avec une précision impitoyable les moindres variations de l\u2019âme d\u2019un peuple.Or, il pousse aujourd\u2019hui l\u2019incompréhension jusqu\u2019à placer dans une imitation servile des formes du passé 'le dernier mot de la tradition.Il perd de vue l\u2019esprit qui a créé ces formes.Il lâche la proie pour l\u2019ombre.On confond le traditionnalisme avec le formalisme comme, dans une sphère plus haute, le sentiment religieux avec la Foi.Et pourtant, la vraie, la saine tradition, celle qui préserve et vivifie à la fois, celle de l\u2019Eglise de Dieu, est une tradition intellectuelle.Elle garde intacts les principes essentiels.Appliqués selon des modes différents dans des pays et à des époques différentes, ils demeurent immuables et universels sous leurs diverses manifestations.De quelle espèce de tradition se réclament nos églises en roman italien, en gothique français ou en Louis XVI ?Pas de la chrétienne, en tout cas, ni même de la païenne.Elles sont nées du désarroi de la pensée contemporaine.Les claires disciplines scolastiques ont disparu sous l\u2019amas confus des philosophies idéaliste, positiviste, que sais-je.Le désordre est né du désordre.Que l\u2019illogisme dans la conception nous conduisît à l\u2019illogisme dans l\u2019exécution, c\u2019était fatal.Les formes importées de par delà les siècles et Art et Sincérité 413 les océans ne s\u2019adaptaient ni à nos matériaux, ni à notre climat, ni à nos conditions de travail.Par exemple, la construction d\u2019une voûte d\u2019arête ou d\u2019une croisée d\u2019ogives eût exigé une main-d\u2019œuvre perfectionnée, une pierre appropriée, et une fortune, toutes choses que nous n\u2019avions pas.Et les sculptures ! les vitraux ! et les clochers ! On a bien simplifié et étriqué tout cela.Mais ça n\u2019a pas suffi, il a fallu truquer.La tôle, le plâtre, le camouflage sont entrés en jeu, au grand dam de la raison et de la vie.Depuis un siècle cette inepte caricature de la tradition s\u2019est étalée aux yeux des fidèles.Elle règne encore.On l\u2019admire .Telle église toute récente est conçue dans un faux petit gothique anglais, qui sent à une lieue l\u2019influence américaine.Ce seul défaut suffirait à en faire une œuvre mort-née, mais ce n\u2019est pas tout.L\u2019intérieur n\u2019est pas encore terminé.La structure en béton reste nue \u2014 ce qui est simple, logique, et peut fournir matière à une excellente composition.Dom Bellot l\u2019a fait et d\u2019autres aussi.Mais on veut du gothique, du style prétendu traditionnel.Alors, voici qu\u2019on va peut-être suspendre aux poutres de faux arcs, en imitation de pierre comme les murs sans doute.De faux chevrons de bois iront se coller sur la dalle recouvrant les bas-côtés.Et, enfin, de magnifiques fermes, probablement en faux chêne, seront accrochées au toit de béton, pour avoir l\u2019air de le porter ! 414 Revue Dominicaine Nos pères appelleraient cela de la folie et du gaspillage.Ils avaient du gros bon sens, et mettre la charrue avant les bœufs leur paraissait le comble de la sottise.Nous, plus éclairés, nous appelons cela faire du style.Voilà où nous conduit fatalement le culte des formes pour elles-mêmes.Une architecture de mensonge et de mort, étouffée par les formules, rigide comme une momie sous ses bandelettes.L\u2019art véritable pourtant est essentiellement fabricateur et créateur.Il prend des aspects sans cesse renouvelés, il invente des formes.Mais cette force créatrice est une manifestation d\u2019intelligence.A quoi a-t-on réduit le rôle de celle-ci ?Le beau est « une fulguration d\u2019intelligence sur une matière intelligemment disposée » (Jacques Maritain).Il s\u2019ensuit que l\u2019architecture, ayant pour objet le beau, doit prendre dans la raison sa source et sa règle.La forme architecturale doit se déduire strictement de la nature des matériaux, et des données du programme.Jusqu\u2019à la Renaissance, pas une seule architecture au monde n\u2019avait osé se soustraire à cette domination de la logique.Domination impérieuse et inflexible sur l\u2019art de bâtir plus encore que sur les autres parce qu\u2019il s\u2019appuie sur la matière brutale.Maquillez ou torturez le bois, la pierre, le béton, ils ne vous le pardonneront pas.Les matériaux ont des rancunes tenaces.Tôt ou tard, ils déchi- Art et Sincérité 415 rent leur masque ou brisent leurs chaînes ; ils s'écaillent ou s\u2019écroulent.Qu\u2019est devenu le placage de marbre des monuments romains ?Seule reste debout leur structure, ce qui fut vrai et puissant.En attendant leur jour, les matériaux torturés se vengent en imprimant aux édifices cette inertie cadavéreuse qui défigure notre art religieux depuis un siècle.Plus une architecture se soumet à la discipline de l\u2019esprit, plus elle en reçoit de richesse et de vigueur créatrice.Les architectes romans et gothiques s\u2019y sont soumis aveuglément, plus que tous les autres.Aussi quelle exubérance de vérité, quel bouillonnement de vie ! Leurs œuvres semblent des corps organisés, presque en mouvement, souples, nerveux, traversés de forces comme des muscles, qui s\u2019arc-boutent et s\u2019appuient sur les piliers, les contreforts, les arcs, comme sur des membres vivants.Et quelle élévation dans l\u2019expression de la pensée religieuse, et quelle fécondité dans l\u2019invention ! Et c\u2019est cet art-là que l\u2019on dissèque pour en coller les lambeaux à tort et à travers sur une carcasse d\u2019acier ou de béton étrangère à leur esprit et à leur destination.Et cela suffit pour qu\u2019on se dise traditionnaliste et artiste créateur ! Quoi ?Vous reconstituez des êtres sans âme, ni sang ni muscles et vous appelez ça une création ! Allons donc ! Vous n\u2019êtes qu'un empailleur ! 416 Revue Dominicaine Nous disions tout à l\u2019heure que les formes architecturales devaient se déduire du programme et des matériaux.Qui est-ce qui peut trouver à ces inéluctables formes romanes ou gothiques une convenance quelconque avec notre pays, notre temps et la construction moderne ?Autrefois, elles se trouvaient fondées en raison.Mais, si vous voulez juger l\u2019application qu\u2019on en fait aujourd\u2019hui, allez aux sources ; vous trouverez le sentimentalisme, je dis le sentimentalisme parce que c\u2019est une dégénérescence du sentiment.C\u2019est le sentiment qui divague faute de contrôle.Seul, le sentimentalisme vous fera préférer le gothique français, ou le gothique anglais, ou le roman ou le byzantin, ou le Louis XVI.Pourquoi pas l\u2019arabe ou le chinois, puisqu\u2019on y est ?Et de fait, on a été jusque-là ! Je passe tous les jours devant une espèce de minaret musulman qui est un clocher catholique.Evidemment, c\u2019est plus facile de se laisser conduire par son sentiment que de le brider pour le diriger.Il faut un effort d\u2019intelligence pour déduire des formes harmonieuses, et pour en constituer un ensemble bien proportionné, et nécessairement nouveau.Pourquoi se fatiguer quand les livres nous offrent une ample provision de formes toutes faites ?Vous voyez qu\u2019on a renversé les valeurs.Le sentiment, aidé par la paresse, a détrôné l\u2019intelligence et l\u2019a enchaînée.11 règne en maître, sans frein ni règles.Et comme Art et Sincérité 417 l\u2019intelligence est seule créatrice de beauté et de vie, il n\u2019est pas étonnant que notre architecture soit morte.Et elle prétend s\u2019inspirer du passé ; mais les Grecs n\u2019ont pas copié les Egyptiens ; ils avaient autre chose à dire.Si les Romains ont appelé des artistes grecs pour plaquer de l\u2019ionique ou du corinthien sur les puissantes structures qu\u2019ils édifiaient, ça été la grande faiblesse de leur art.Les Byzantins passaient leur vie au milieu de monuments romains.Pourquoi ne les ont-ils pas imités ?Ils ont compris, avec la logique du génie grec, que le monde était changé.Les formes qui avaient glorifié Jupiter et Vénus se montraient impuissantes à exprimer le triomphe et la splendeur du Christ Pantocrator, du Christ-Roi.A un ordre nouveau, un art nouveau.Ils l\u2019ont créé en mettant aux pieds du Très-Haut toutes les richesses et toute la science de l\u2019Orient et de l\u2019Occident.Ils ont exprimé avec maîtrise la majesté du règne divin.Après quinze siècles, leur œuvre déborde encore de vie, à la grande gloire du génie chrétien.Le Moyen-Age connaissait les œuvres de l\u2019antiquité.Est-ce qu\u2019au XHIe siècle le roi d\u2019Aragon n\u2019envoyait pas un détachement d\u2019hommes d\u2019armes en Grèce pour protéger le Parthénon?Il eût pu tout aussi bien envoyer des archéologues en prendre des relevés, et le reconstituer devant son palais, comme ont fait les américains 418 Revue Dominicaine de nos jours.Il ne l\u2019a pas voulu, ou plutôt il n\u2019y a pas même pensé.Il aimait l\u2019art du passé plus que nous \u2014 son acte le prouve \u2014 mais avec toute son époque, il le respectait et le comprenait mieux.Les gouvernants d\u2019aujourd\u2019hui en auraient à apprendre sur ce point du petit potentat des « âges d\u2019obscurantisme ».Aussi les maîtres d\u2019œuvres se sont-ils montrés vraiment créateurs et inspirés.Ils ont chanté le règne spirituel de Dieu avec des accents divins.Voilà la tradition.Chaque époque a dit dans sa langue ce qu\u2019elle avait à dire, à tel point que les maîtres d\u2019œuvres gothiques restauraient en gothique un édifice roman.Sommes-nous donc si indigents que de n\u2019avoir pas une seule idée à exprimer dans une langue architectonique qui nous soit propre, une langue vivante.« Les plus grands prôneurs de l\u2019art de nos pères, dit Charlier, seraient bien embarrassés si monsieur le curé prononçait son sermon dans la langue de Joinville sous prétexte de nous référer à un âge de foi ! » Sans doute, notre époque ne se prête guère à l\u2019expression de la Beauté du règne temporel ou spirituel du Christ.Mais n\u2019eussions-nous à chanter que notre attachement à la foi, malgré les humiliations et les amertumes dont l\u2019abreuve le monde moderne, que cela peut donner lieu à un art original et vivant.Il faut chercher et travailler.Evidemment, notre faux petit gothique ou roman Art et Sincérité 419 en plâtre et tôle est bien trop inerte pour exprimer quoi que ce soit.Il nous faut une architecture moderne.Le style moderne ! Nom qui ne laisse personne indifférent.Les uns exaspérés par les marchés couverts qu\u2019on leur donne comme des églises ou les « caisses à suicide » qu\u2019on leur proposait pour maisons, en les décorant de l\u2019aimable titre de «machine à habiter», se montrent tout prêts à vous tourner le dos pour aller consulter un architecte « traditionnaliste ».Les autres versent dans l\u2019excès contraire et s\u2019extasient sur les plus ineptes empilages de cubes, et les plus incohérents assemblages de triangles.Tous ont le tort de ne s\u2019attacher qu\u2019à la forme, sans comprendre l\u2019esprit.Quand nous préconisons le moderne, nous ne prétendons pas lier notre architecture à tel ou tel système de formes plus ou moins inédites.Copier l\u2019architecture américaine d\u2019aujourd\u2019hui par exemple, c\u2019est faire preuve d\u2019une absolue incompréhension des lois qui peuvent revivifier notre art, et choisir un autre genre de mort.C\u2019est de plus, prendre un bien mauvais modèle.Non qu\u2019elle soit privée de toute beauté, mais elle s\u2019oppose nettement, de toutes ses forces, à notre caractère et se montre réfractaire à toute adaptation chez nous.Ce ne serait vraiment pas la peine de changer de modèle.Autant continuer à copier le roman ou même le turc ! Non, l\u2019art moderne, c\u2019est 420 Revue Dominicaine tout simplement l\u2019art de notre temps.C\u2019est celui qui a libéré sa forme du moule du passé.Sa caractéristique universelle, c\u2019est de remettre l\u2019intelligence à sa vraie place, la première.Voilà ce que nous devons retenir de lui.Traité par des matérialistes, il est matérialiste, c\u2019est clair.Mais qu\u2019est-ce qui empêche les chrétiens de le christianiser.C\u2019est la méthode de l\u2019Eglise au cours des siècles.Elle s\u2019est emparé de tout : art, philosophie, science, lois ; elle a tout élevé et tout animé de son souffle.L\u2019architecture religieuse se donne comme son image.Doit-elle donc la représenter comme une vieille et respectable relique du passé complètement inadaptée à notre temps ?L\u2019Eglise est de tous les temps.Elle vit de la vie la plus intense et l\u2019art qui la représente doit vivre comme elle.Sainte-Sophie était ultra-moderne, à son époque, et N.-D.de Paris ! Ce moderne-là est de partout et de toujours.Souple et plastique, il s\u2019adapte à tous les programmes, se plie à toutes les formes, selon les matériaux, les climats et les mœurs.D\u2019une construction raisonnée, essayons donc de déduire des formes logiques et bien expressives de notre pays, et de notre époque.Et surtout n\u2019allons pas croire que les premiers essais seront des chefs-d\u2019œuvre.On peut demander aux architectes du talent, du travail, des idées justes, mais on ne peut exiger du génie.Il ne s\u2019agit pas Art et Sincérité 421 d\u2019une éclosion subite de merveilles, mais des premiers pas d\u2019une architecture humaine et chrétienne, c\u2019est-à-dire à l\u2019image de l\u2019homme et du chrétien : simple, humble et sincère, mais surtout vivante, capable de créer des formes belles, de se propager, de se prolonger en se perfectionnant jusqu\u2019au jour, lointain peut-être, où le génie la marquera.Léonce Desgagné, architecte Québec. L'Eucharistie, remède au Communisme Il n\u2019y a pas longtemps, un de nos évêques du Québec devisait avec quelques-uns de ses prêtres sur le plus efficace antidote au Communisme.Les plus philosophes d\u2019entre eux opinaient qu\u2019il fallait essayer d\u2019en saper la base en s\u2019attaquant à ses causes intimes.D\u2019autres préconisaient des manifestations anticommunistes quelconques, peut-être aussi valables.Un brave et saint curé n\u2019avait pas encore dit son mot.Sur l\u2019invitation de l\u2019Ordinaire, il se leva.« Si vous pouvez réussir à attacher nos bonnes gens au tabernacle, déclara-t-il, je réponds du reste.Or c\u2019est possible.Elles ont faim de l\u2019Eucharistie ».A ce sage curé, comme le Christ un jour à Céphas, l\u2019Evêque aurait pu rendre ce témoignage : « Tu es heureux, car ce n\u2019est ni la chair ni le sang qui te l\u2019ont révélé, mais mon Père qui est dans les cieux ».Oui ! Cette affirmation est trop gorgée de surnaturelle conviction pour ne pas être l\u2019écho d\u2019une inspiration d\u2019En-Haut.En tout cas, elle est profondément vraie.Car il n\u2019est pas nécessaire d\u2019analyser minu- L\u2019Eucharistie, remède au Communisme 423 tieusement le système communiste pour surprendre son antinomie radicale avec la foi chrétienne.11 suffit de le regarder du dehors.Que voyez-vous en Russie, son centre d\u2019organisation ?Vous voyez décrocher les crucifix, vider les tabernacles, fermer les églises, abattre les clochers, traquer les prêtres et proscrire les religieux.Tout cela, pour tâcher d\u2019éteindre la foi au Chist, pour déraciner ensuite toute croyance en Dieu.C\u2019est un fait qui incite à penser qu\u2019à Proudhon, l\u2019enfant terrible de la franc-maçonnerie, Moscou a emprunté son motto : « Moi, je dis : le premier devoir de l\u2019homme intelligent est de chasser incessamment l\u2019idée de Dieu de son esprit et de sa conscience.Esprit menteur, Dieu imbécile, ton règne est fini ; cherche parmi les bêtes d\u2019autres victimes.Te voilà détrôné et brisé ! .Viens, Satan, viens, calomnie des prêtres et des rois, viens, que je t\u2019embrasse, que je te serre sur ma poitrine.Il y a longtemps que tu me connais et que je te connais aussi.Tes œuvres, ô le béni de mon cœur ! ne sont pas toujours ni belles ni bonnes, mais elles seules donnent un sens à l\u2019univers et l\u2019empêchent d\u2019être absurde .Dieu, c\u2019est l\u2019hypocrisie et le mensonge ; Dieu, c\u2019est la tyrannie et la misère ; Dieu, c\u2019est le mal ! Toi seul, ô Satan, ennoblis le travail et mets le sceau à la vertu ».De cette secte diabolique le Communisme est 424 Revue Dominicaine le digne compère.C\u2019est leur compagnonnage impie que Léon XIII a flétri à l\u2019avance en démasquant les batteries maçonniques : « Ils ne s\u2019en cachent plus, ils lèvent audacieusement le bras contre Dieu, ils trament ouvertement et publiquement la ruine de l\u2019Eglise, ils veulent à toute force enlever au monde Jésus-Christ et ses bienfaits ».Aussi, en parfaite communion d\u2019idées et de sentiments avec le grand Pape, Mauriac constate-t-il que « là où triomphe le prince de ce monde, en Russie, l\u2019unique obstacle qu\u2019il s\u2019agit de défaire, c\u2019est le Christ.Il demeure la dernière pierre qui heurte au pied l\u2019homme triomphant, maître de la matière et des âmes, et de toutes les forces de la vie ; il reste cette pierre d\u2019achoppement, cette pierre de l\u2019angle ».Si donc à l\u2019instauration du royaume des ténèbres le Christ est reconnu comme pierre d\u2019achoppement, eh ! bien, fortifions encore l\u2019obstacle en ancrant plus avant dans l\u2019âme des fidèles la fidélité au Christ ! C\u2019est l\u2019œuvre merveilleuse de l\u2019Eucharistie.En effet.Le Communisme recrute ses adeptes surtout chez les malheureuses gens, non seulement déshéritées de la fortune, mais encore aigries par la misère, mécontentes de leur condition et envieuses de la situation des riches.C\u2019est en faisant miroiter à leurs yeux l\u2019espoir de leur délivrance par l\u2019avènement d\u2019une fraternité égalitai- L\u2019Eucharistie, remède au Communisme 425 re qu\u2019il parvient à leur passer le collet au cou.Pour prévenir les âmes contre ce faux brillant, il importe de leur montrer l\u2019inanité des biens terrestres en comparaison de la valeur d\u2019éternité des biens spirituels, de manière à les y faire adhérer par conviction.L\u2019Eucharistie viendra leur en donner le désir en les faisant goûter au divin.Une fois qu\u2019elles auront communié aux délectations mystiques, elles voudront boire à la source, le Christ.En possédant ainsi le Christ au plus intime d\u2019elles-mêmes, elles contribueront par le fait même à opposer à la déchristianisation communiste, l\u2019établissement du règne spirituel du Christ.Pour remplacer le crucifix décroché, l\u2019Eucharistie incrustera dans les âmes l\u2019image de la Passion.Pour suppléer au tabernacle désert, Elle cisèlera des ciboires vivants.A la place d\u2019une église fermée, Elle s\u2019édifiera des « cathédrales de chair où reposera la Chair du Seigneur ».Rien à craindre, si le Christ jalonne le parcours de nos vies.Gardons-le avec nous, au creux de nos tabernacles.Il nous gardera à son tour.Lui, Il ne nous laisse jamais le premier.C\u2019est nous qui le chassons, en nous dérobant lâchement.Il disparaît avec la faim que nous en avons.Seulement, la perte de l\u2019appétit du divin n\u2019arrive pas tout d\u2019un coup.C\u2019est clair.L\u2019aveu de Proudhon à Satan le sous-entend bien : « Il y a longtemps que tu me connais et que je te con- 426 Revue Dominicaine nais aussi ».Elle provient d\u2019ordinaire soit d\u2019une maladie organique ou d\u2019une langueur générale, comme c\u2019est le cas pour le corps.A cette anémie de l\u2019esprit, et à la fièvre de l\u2019âme qui rend insipide tout le surnaturel, l\u2019Eucharistie, autre manne céleste, apporte de par ses propriétés nutritives un tonique efficace.Elle est l\u2019alimentation connaturelle de l\u2019âme.« Nous te mangeons et nous te buvons, Seigneur, s\u2019écriait saint Ephrem, non pour te consommer mais pour vivre par toi ».Le Sauveur avait depuis longtemps déjà promis : « Celui qui me mangera, vivra par moi ».Aliment mystique, l\u2019Eucharistie procure à la vie surnaturelle tout l\u2019effet que l\u2019autre nourriture procure à la vie du corps.Elle la sustente, la développe, la répare et la délecte.C\u2019est par ces quatre propriétés qu\u2019elle est un antidote.La vigueur de la santé ne défie-t-elle pas tout malaise qui n\u2019origine point de l\u2019imprudence ?Cela est vrai sur le plan surnaturel comme dans l\u2019ordre physique.Mais vigueur de santé signifie que la vie se conserve ; de plus, qu\u2019elle se développe, se fortifie lorsqu\u2019elle faiblit.Tout cela pour l\u2019esprit veut dire bonheur.On le voit bien d\u2019ailleurs par son épanouissement.Et bonheur, par ricochet, veut dire jouissance consciente d\u2019un bien possédé.Alors, pas une âme occupée à déguster la Chair et le Sang du Christ, seule nour- L\u2019Eucharistie, remède au Communisme 427 riture capable de la rassasier, n\u2019aura l\u2019envie ni l\u2019idée de lâcher la proie pour l\u2019ombre.Cette joie spirituelle, l\u2019Eucharistie la donne à l\u2019âme fervente, comme un copieux repas délecte et réjouit tout le corps.Dans l\u2019ordre des effets sacramentels c\u2019est le dernier, il est vrai, puisqu\u2019il est comme le dérivé des trois autres.Mais il est aussi le signe des trois autres.D\u2019une âme épanouie on peut dire à première vue que son moral est bon.Aussi longtemps qu\u2019elle gardera cette gaieté, pas de crainte pour elle.Son visage rayonnant reflète son bonheur.En revanche, si vous apercevez une âme exsangue, aux traits tirés et débile, aucun doute sur son anémie.L\u2019alimentation est peut-être trop pauvre.Et loin de réussir à la développer, elle n\u2019arrive même pas à réparer les déperditions de forces de la journée.Ou bien, il y a là une lésion organique qui gaspille le meilleur de son sang ?Auscultez diligemment.Vous finirez par mettre le doigt sur l\u2019abcès.Passion et concupiscence, gangrène qui émiette les forces spirituelles en engendrant le péché.« Toutes les âmes ne meurent pas du péché, mais toutes sont plus ou moins atteintes, toutes sont victimes de continuelles déperditions de forces ».Comme la fatigue du jour affaiblit le corps en brûlant quantité de cellules vitales, ainsi le péché est l\u2019infirmité de l\u2019âme qui détériore et dissipe sa vie.« Elle s\u2019écoulerait tout 428 Revue Dominicaine entière en ces déperditions, et notre faiblesse a-boutirait fatalement à une mortelle catastrophe si elle n\u2019était prévenue par de miséricordieuses restaurations ».Le démon du Communisme est trop fin pour s\u2019acharner à une âme robuste.Il flaire plutôt des proies faciles à dépister.Celles qui somnolent paresseusement au soleil, intérieurement minées par la folle dissipation de leur énergie.S\u2019il ne dépend plus d\u2019elles de résister ou de s\u2019échapper, c\u2019est qu\u2019elles ont consenti à se fixer à la portée du maraudeur.Danger imminent pour ces âmes de se voir emporter au fond de sa tanière avant qu\u2019elles aient eu le temps et la force de s\u2019agripper à quelque main tendue .Par bonheur, le Christ eucharistique passe à temps pour qu\u2019elles puissent saisir la frange de son manteau.Elles ne le laissent aller que lorsqu\u2019elles sentent une vertu secrète les pénétrer et les vivifier.L\u2019Eucharistie est le tonique divin qui répare chaque matin les fatigues de la veille, parce que notre misère nous ramène chaque matin aux pieds du Christ pour lui confesser avec Mauriac : « Comme un enfant fait du sou que lui donne son père, je dépense le jour même ce que je tiens de Vous, et de nouveau je regarde vos mains.Si Vous tardez un seul instant, la tête aussitôt tournée, je respire dans le vent l\u2019odeur de cette vase où Vous m\u2019avez cherché ». L\u2019Eucharistie, remède au Communisme 429 C\u2019est encore Mauriac qui parle, mais à nous, cette fois : « Ce n\u2019est pas quand tout semble perdu qu\u2019il faut s\u2019éloigner de l\u2019hostie.C\u2019est quand tout semble perdu qu\u2019il faut, si l\u2019état de grâce est maintenu ou recouvré, s\u2019en nourrir, ayant devant les yeux les promesses réitérées du Seigneur.\u2014 Car le Mystère du Jeudi Saint rend forts ceux qui étaient faibles, audacieux les lâches, libres les esclaves, nobles les êtres vils, purs les souillés » .Si vous doutez du thomisme de cette mystique, écoutez psalmodier le chantre de l\u2019Eucharistie : « O salutaris Hostia, Quœ cœli pandis ostium ! Bella premunt hostilia, Da robur, fer auxilium ».D\u2019après saint Thomas, certes, l\u2019Eucharistie fait plus que restaurer les forces de l\u2019âme affaiblie par le péché véniel.Elle apaise en même temps la concupiscence et jugule les passions.Comme l\u2019alimentation corporelle remplace ce qui se perd journellement par la chaleur naturelle, ainsi la nourriture eucharistique répare ce qui se perd dans nos fautes légères du feu de la charité.La tiédeur qu\u2019implique le péché véniel est incompatible avec la ferveur de la charité.Mais c\u2019est le propre de la ferveur de la cha- 430 Revue Dominicaine rité de s\u2019opposer directement au péché véniel, et par suite de l\u2019enlever du seul fait de sa présence.Un même sujet ne contient jamais deux contraires, disent les philosophies.Axiome aussi valable dans le domaine moral que dans l\u2019ordre métaphysique ! En augmentant ainsi la charité, en fortifiant la vie intérieure, la grâce sacramentelle amortit du même coup le foyer du péché.Dès lors, elle ne laisse ainsi que peu de prise à la morsure du venin communiste.Réconfortée de la sorte, l\u2019âme se trouve en mesure de résister quelque temps du moins aux assauts du dénom.Seulement, pour en triompher victorieusement, il lui faudra allier l\u2019endurance à la force.Toute victoire demande au militant une résistante vigueur.Au front, pendant la guerre, les coûteuses victoires s\u2019enlevaient par les plus indomptables.Dans la vie de l\u2019âme comme dans celle du corps, l\u2019endurance est l\u2019auréole de l\u2019âge adulte.Qualité d\u2019un organisme parfaitement développé.Dans la croissance spirituelle cependant, l\u2019âge se compte par le nombre de victoires.Chaque conquête est un pas dans la perfection.Parce qu\u2019elle est un entraînement graduel à la vertu.Dans le corps-à-corps avec la tentation le terrain reste toujours au plus résistant.Aussi vous verrez rarement les suppôts de Moscou perdre leur temps et leur patience à la poursuite d\u2019âmes L\u2019Eucharistie, remède au Communisme 431 aguerries.Ils pourraient, eux, rester sur le champ.C\u2019est arrivé déjà ; tout récemment même : je ne dirai pas où.Mais demandez à ceux de Montréal s\u2019ils ne comptent pas quelque transfuge .D\u2019ailleurs, « qui rôderait autour de ceux que Vous avez mis à part ?Ils sont marqués d\u2019un signe.Le monde ne Vous les dispute plus ».Ce sont ceux qui portent au front la lettre Tau.L\u2019Ecriture en parle.Image de la Croix salvatrice, burinée toujours plus avant chaque matin, à la communion, par l\u2019ardeur de l\u2019atnour.Son éclat met en fuite les démons.Il est parmi nous d\u2019autres croix, pectorales celles-là, dont le rayonnement déroute les Communistes eux-mêmes.Débusqués mais non exterminés, ils voudraient se venger de la vigilance des pasteurs, en lavant leur humiliation dans le sang de jeunes agneaux.Voilà pour eux les proies les plus tentantes et les plus faciles.Leur adolescence les désarme au combat.En voie de croissance spirituelle, leur complexion n\u2019a pas encore atteint la résistance de la maturité.A celles-là il faut la richesse et l\u2019abondance d\u2019alimentation qui suffise amplement à réparer leurs forces, de façon à permettre le développement normal de l\u2019organisme jusqu\u2019à stature parfaite, si l\u2019on veut que la lutte ne soit pas perdue d\u2019avance, mais au moins d\u2019égal à égal.A celles-là la communion fréquente ! Comme nourriture spirituelle, l\u2019Eucharistie viendra augmenter 432 Revue Dominicaine en elles la grâce et la vie qu\u2019à ce qu\u2019elles soient parfaites dans tout leur être par leur union à Dieu.Aux forces corporelles la nature définit des limites infranchissables.Le cours de la vie mystique, lui, est sans barrage.Il se perd en Dieu.En intensifiant la charité dans l\u2019âme, l\u2019Eucharistie mêle deux vies.« Vous ne me changerez en vous même, comme la nourriture de votre chair, vous serez changé en Moi », dit le Christ à saint Augustin.Ainsi transformée dans le Christ, l\u2019âme participe à la plénitude de sa vie et à son union avec Dieu.Viennent les orages des passions et l\u2019écueil des tentations « elle croit n\u2019être pas seule à la barre.La ténacité qu\u2019elle y déploie est pénétré d\u2019une force venue d\u2019ailleurs.Et même si elle se sent seule, Quelqu\u2019un est endormi à la poupe, qu\u2019un seul cri éveillera ».Se tenir près du Christ et l\u2019éveiller aux premiers grondements de la tempête.N\u2019est-ce pas, pour le chrétien comme pour les apôtres sur le lac de Génésareth, le plus sûr moyen d\u2019échapper au naufrage ?« Navis tua, cor tuum, dit saint Augustin.Jesus in navi, fides in corde.Si meministi fidei, non fluctuât cor tuum.Si oblitus es fidem tuam, dormit Christus.Excitatus, excitavit fidem.Id egit ut esset ibi tranquillitas magna, observa naufragium ». L\u2019Eucharistie, remède au Communisme 433 Se tenir près du Christ, c\u2019est-à-dire le garder avec soi, vivre en sa compagnie, et même, reposer sur sa poitrine.Tout chrétien vit avec le Christ, en union avec lui.Bien plus, il vit de la même vie.Engendré à la vie divine par la grâce baptismale, il participe à la nature intime de Dieu.Du même coup il est modelé à l\u2019image du Christ et communie à sa vie.C\u2019est le même courant vital qui descend de la tête dans l\u2019un des membres du Christ plénier.L\u2019Eucharistie, elle, vient parfaire l\u2019union et la ressemblance.En nourrissant l\u2019âme de la Chair et du Sang de Jésus, Elle sustente sa vie de la vie même du Christ.Elle la repaît de Dieu, dit Ter-tullien.Elle la transforme, ajoute saint Justin.Bien avant eux le Sauveur avait déclaré : « Qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en Moi et Moi en lui ».Cette union si parfaite déjà est le symbole et la cause de l\u2019union spirituelle que commence la la grâce et que consommera la gloire.Union d\u2019amour dont la fidélité repousse les sollicitations du démon, et dont la fermeté défie la dissolution du péché.Par bonheur, beaucoup de nos prêtres et religieux, unis aux laïcs, réagissent du même possible en tenant des semaines et des journées anticommunistes.Il reste quelque chose d\u2019autre : faire mieux connaître Jésus et son beau sacrement 434 Revue Dominicaine d\u2019Eucharistie ! C\u2019est en travaillant à étendre le règne eucharistique de Jésus que le clergé canadien réussira à triompher du communisme.Antonin Pelletier, O.P.Le Sens des Faits Premières journées Thomistes A l\u2019occasion du 25e anniversaire de l\u2019érection du Couvent d\u2019Etudes d\u2019Ottawa en Sludium Generale, le Collège a résolu d\u2019inaugurer des Journées Thomistes qui auront lieu du 6 au 9 juin inclusivement.Le but de ces réunions est de permettre à des équipes de travailleurs intellectuels de se serrer les coudes, et de manifester l\u2019état actuel de l\u2019enseignement thomiste au Canada, tout en suggérant les meilleures façons de le promouvoir en le vivifiant.Des rapports élaborés, suivis de discussion, seront soumis à cette fin.En même temps des conférences feront connaître la pensée de S.Thomas sur des points d\u2019actualité.Le programme que nous publions, dénonce tout l\u2019intérêt et la portée pratique de ce congrès, tandis que le bienveillant message de S.Ex.le Délégué Apostolique souligne l\u2019importance de l\u2019anniversaire qui en aura fourni le prétexte et Le sens des Faits 435 l\u2019occasion.Ces Journées Thomistes sont placées sous le distingué patronage de S.Ex.Mgr Guillaume Forbes, archevêque d\u2019Ottawa.Le président d\u2019honneur du Congrès sera Mgr L.\t-A.Pâquet, président de l\u2019Académie canadienne St-Thomas d\u2019Aquin.Les vice-présidents seront : le T.R.P.D.Poulet, O.M.I., président de la Société Thomiste de l\u2019Université d\u2019Ottawa ; M.l\u2019abbé M.Roy, président de la Société Thomiste de l\u2019Université Laval ; M.l\u2019abbé J.Dufour, président de la Société Thomiste du Séminaire de Chicoutimi; M.\tle professeur C.de Koninck, président de la Société de Philosophie de l\u2019Université Laval ; M.le professeur A.Barbeau, président de la Société de Philosophie de l\u2019Université de Montréal.PROGRAMME Jeudi le 6 juin, 3 h.p.m.Discours d\u2019ouverture : Monseigneur L.-A.Pâquet, P.A., Président de l\u2019Académie Canadienne Saint-Thomas d\u2019Aquin.Pour l\u2019histoire du Thomisme au Canada: M.l\u2019abbé M.Roy, Professeur à l\u2019Université Laval.L\u2019enseignement de la philosophie au Canada (Rapport) : R.P.W.Sénécal, C.S.V., Professeur au Séminaire de Joliette.Directeur de la discussion: T.R.P.M.-C.Forest, O.P., Maître en Théologie, Doyen de 436 Revue Dominicaine la Faculté de Philosophie à l\u2019Université de Montréal.8.30 h.p.m.Saint Thomas et la guerre: M.L.\tPelland, Avocat, Directeur de la Revue du Droit.Présidence d\u2019honneur: Son Excellence Monseigneur Félix Couturier, O.P.Evêque d\u2019A-lexandria.Vendredi le 7 juin, 3 h.p.m.La présence de Dieu dans l\u2019âme: R.P.R.Matte, O.M.I., Professeur à l\u2019Université d\u2019Ottawa.L\u2019enseignement de la théologie thomiste au Canada: Le Dogme {Rapport) : M.l\u2019abbé H.Boudrault, P.S.S., Vice-Supérieur, Professeur au Grand Séminaire de Montréal.Directeur de la discussion: 7'.R.Père P.-AV Gaudrault, O.P., Prieur des Dominicains, Professeur de Théologie dogmatique.8.30 h.p.m.Saint Thomas et la « spéculation » : M.l\u2019abbé J.-B.Desrosiers, P.S.S., Professeur au Grand Séminaire de Montréal.Présidence d\u2019honneur: Monsieur Léopold Richer, Rédacteur Politique au Droit.Samedi le 8 juin, 3 h.p.m.L\u2019Education et la Morale de saint Thomas: R.P.J.Devy, S.M.M.\t, Professeur au Scolasticat Saint-Jean, East- Le sens des Faits 437 view.L\u2019enseignement de la théologie thomiste au Canada : La Morale (Rapport) : M.l\u2019abbé R.Limoges, Directeur et professeur au Grand Séminaire d\u2019Ottawa.Directeur de la discussion : Très Révérend Père André Bibaud, O.P.Provincial des Dominicains.8.30 h.p.m.Saint Thomas et le nationalisme : M.C.-E.Gobeil, Avocat, Bibliothécaire à la Cour Suprême.Présidence d\u2019honneur: Révérend Père J.Papin Archambault, S.J.Directeur de l\u2019Ecole Sociale Populaire de Montréal.Dimanche le 9 juin, 3 h.p.m.La Spiritualité thomiste: M.l\u2019abbé A.Roux, Professeur au Séminaire de Nicolet.La Spiritualité du clergé canadien (Rapport) : M.l\u2019abbé P.Perrier, Professeur au Scolasticat Saint-Charles, Joliette.Directeur de la discussion: Très Révérend Père M.-A.Lamarche, O.P.Prédicateur Général, Professeur à l\u2019Université de Montréal.8.30 h.p.m.Saint Thomas et les Juifs: R.P.B.Mailloux, O.P., Régent des Etudes au Collège Dominicain.Présidence d\u2019honneur, Conclusion : Un thomisme vivant : Son Excellence Monseigneur G.Forbes, Archevêque d\u2019Ottawa.i 438 Revue Dominicaine Lettre de S.Ex.Mgr le Délégué Apostolique Delegatio Apostolica Ditionis canadensis et Terrænovæ Ottawa, (Canada) 15 avril, 1935 520 Driveway Au Révérend Père B.Mailloux, O.P.Régent des Etudes, Ottawa Mon Révérend et cher Père, Vous m\u2019annoncez la célébration du vingt-cinquième anniversaire de la fondation du Collège des Etudes des Pères Dominicains à Ottawa, Capitale de la Puissance du Canada.Permettez que je vous remercie et, avec vous, tous vos chers élèves.Durant le cours assez long de vingt-cinq années vous avez certainement recueilli beaucoup et de précieux résultats dans le champ des connaissances religieuses.Qui connaît, comme moi, les efforts que vous avez déployés et l\u2019esprit avec lequel vous avez vaqué à l\u2019étude, ne peut que s\u2019en réjouir et en être reconnaissant.Pendant, en effet, que vous prépariez avec méthode et assurance la nouvelle génération des religieux, lesquels, à l\u2019exemple de votre saint Patriarche saint Dominique, ont déjà porté et portent encore présente- Le sens des Faits 439 ment à nos populations du Canada et même en d\u2019autres régions la flamme sacrée de la vérité et de l\u2019amour de Dieu, vous vous êtes mis en contact avec les personnes studieuses, avides de connaître les sains principes dont la véritable science s\u2019inspire tout en y trouvant un fondement solide.Les Etudes Médiévales et la Société des Etudes Religieuses sont le fruit de votre zèle et de votre apostolat, et sont destinées, j\u2019en ai la sincère conviction, à projeter une grande lumière dans les intelligences et les cœurs.Le centre de cette lumière, vous l\u2019avez trouvé dans la doctrine enseignée par l\u2019Ange de l\u2019Ecole, saint Thomas d\u2019Aquin.A cette merveilleuse figure de saint et de docteur, dans laquelle on ne sait si on doit admirer plus la science ou la sainteté de vie, si intimement unies parce que plus que toute autre elle s\u2019est rapprochée de la Science et de la Sainteté, doivent s\u2019inspirer tous ceux qui, dans un temps comme le nôtre, si rempli d\u2019erreurs, sentent le besoin d\u2019une direction vraie et sûre pour régler leurs actions, même sur le terrain pratique de la vie.Il serait donc préférable, au lieu d\u2019étudier et de méditer des livres qui souvent n\u2019ont de la science qu\u2019une idée vague sinon erronée, de se porter à l\u2019étude et à la méditation des doctrines du Docteur Angélique, lequel, tout en écrivant pour diffuser la science divine parmi ses chers élèves, 440 Revue Dominicaine fixant le regard sur l\u2019éternelle Vérité, a répandu tant de lumière sur les problèmes intellectuels de son temps et sur ceux des âges à venir.Or faire connaître la science enseignée par saint Thomas d\u2019Aquin, la répandre non seulement dans les écoles parmi les ecclésiastiques, mais aussi parmi tous ceux qui désirent connaître la vérité et y conformer leurs actions, est une œuvre sage, digne d\u2019être hautement encouragée et stimulée.Pendant, mon cher Père, que je vous exprime ainsi qu\u2019à vos religieux, mon vif regret de ne pouvoir me trouver présent à vos fêtes, je prie afin que ma parole puisse trouver, auprès de tous, un bienveillant accueil pour une saine reflores-cence de vie intellectuelle dans vos chères populations du Canada.en N.S., Andréa Cassulo, Archev.de Leontopoli, Dél.Ap.Un autre Congrès Je puis non seulement souhaiter mais prédire un succès immédiat, plus des fruits durables, au Congrès de la Société canadienne d\u2019Histoire de l\u2019Eglise qui va s\u2019ouvrir dans quelques jours dans la ville de Montréal.Cette société, fondée le 3 juin 1933, témoigna dès le début d\u2019une singulière vitalité.J\u2019ai sous les yeux le rapport de Le sens des Faits 441 la première réunion générale tenue l\u2019an passé à Ottawa (x).Dans l\u2019ensemble comme dans le détail il offre une tenue scientifique et des données intéressantes.Y aurait-il à craindre, cette fois encore, le tir de barrage ou l\u2019abstention systématique de certains groupes, opposés en principe à toute organisation qui comprend une nationalité différente de la nôtre, même catholique ?Disons donc, pour rassurer les amis du vrai et du bien, étrangers à tout fanatisme, que le système de rotation adopté par la jeune société, dans ses élections annuelles, garantit à nos proches compatriotes leur part d\u2019influence et d\u2019honneurs.Parmi ces fruits du Congrès comme de l\u2019association même, le plus attendu, le plus indispensable sera de mettre en lumière la « sainteté » de l\u2019Eglise qui est sa « note » vraiment caractéris- (x) On y trouve, outre le discours de Son Excellence Mgr le Délégué Apostolique, les communications suivantes : Dante, the Poet of the Liturgy, par Miss Mary Manley : L\u2019une des sources de l\u2019apostolat canadien-fran-çais par M.le chan.E.Chartier ; Father John McKenna, Loyalist Chaplain, par le Rev.Ed.Kelly ; La mission de John Carroll au Canada en 1776 et l\u2019interdit du P.Floquet, par le P.Th.-M.Charland, O.P.; The Hon.James Baby, first catholic member of the Executive Council of Upper Canada.\u2014 A Forgotten Loyalist, par le R.P.Alfred, F.S.C.; La liberté des cultes au Canada, par M.Jean-François Pouliot ; Contemporary Recovery Policies against the Historical Buckground of Catholic Economic and Social Theory, par M.John J.Connolly.\u2014 A la fin du rapport, se trouvent les statuts de la société. 442 Revue Dominicaine tique.On a beau dire et avec raison que cette sainteté consiste avant tout dans l\u2019élévation de ses dogmes, la pureté de sa morale et la surnaturelle efficience de ses moyens d\u2019action, c\u2019est dans l\u2019ordre des faits qu\u2019on en juge, que la conviction s\u2019établit et se propage.A l\u2019histoire appartient le dernier mot.Aussi bien, l\u2019Eglise ne craint pas le témoignage historique avec toutes les révélations qu\u2019il comporte.Léon XIII croyait faire œuvre d\u2019apologiste en ouvrant aux chercheurs les archives du Vatican.Quand tout sera mis à découvert, dûment établi et copieusement diffusé : sagesse et incartades, héroïsme et bassesses, martyre et trahisons, esprit de conquête et puissances d\u2019inertie, il n\u2019y aura plus qu\u2019à souscrire à cette formule lapidaire de Donozo Cortès où il résume les bienfaits du catholicisme : Il a donné aux âmes élevées l\u2019héroïsme, aux âmes ordinaires, la vertu, au commun du peuple, le bon sens (x).Entendez ici par bon sens, sinon la vertu, ni l\u2019état de grâce constant, du moins le sentiment de certaines réalités sociales avec la volonté de s\u2019y soumettre.L\u2019Eglise du Canada à son tour n\u2019a rien à craindre, partant rien à cacher.La nouvelle équipe de travailleurs peut appliquer à l\u2019histoire re- (x) Cité par l\u2019abbé Henri Moillot : L\u2019Eglise de Jésus, p.107.Aux Editions du Cerf, Juvisy, 1935. Le sens des Faits 443 ligieuse locale toutes les lois et exigences de la critique, sans le postulat préconçu qu\u2019un catholicisme né de la France du XVIIe siècle ne pouvait déroger ni déchoir.Sous le régime d\u2019union pure et simple, entre l\u2019Eglise et l\u2019Etat, puis sous le régime d\u2019union imparfaite obtenu après la conquête, elle est demeurée fidèle à sa haute mission : civiliser les peuples et leur procurer le salut par la grâce.Qu\u2019on signale en toute liberté les empiètements réciproques déjà connus, \u2014 qu\u2019on en découvre d\u2019autres s\u2019il y a lieu ; et les abus d\u2019autorité chez les clercs ; et les vexations de tout genre de la part des gouvernants civils : le progrès général a dû en souffrir, mais « l\u2019unique nécessaire » a triomphé .Du reste, ce triomphe revient pour une très large part aux laïcs.Qui donc en serait parmi nous à cette conception ignare et enfantine que l\u2019Eglise, c\u2019est la hiérarchie, et la hiérarchie, un bureau d\u2019administration.L\u2019histoire de l\u2019Eglise au Canada, c\u2019est en résumé l\u2019histoire des Canadiens français.Voilà pourquoi chaque auditeur du Congrès devra apporter à ces séances le même esprit que les rapporteurs eux-mêmes, s\u2019unir à eux dans la contemplation sereine d\u2019un passé qui déjà s\u2019éloigne et dont, à distance, on saisit mieux les grandes lignes.Surtout qu\u2019on veuille bien laisser à la porte cette autre idée enfantine, mais dangereuse que l\u2019Eglise n\u2019est pas le Christ, et qu\u2019on ILVilO NUMÉRIQUE Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 Bibliothèque et Archives nationales Québec ES ES ES ES 446 Revue Dominicaine l\u2019organisation du mouvement a été fourni par l\u2019Université d\u2019Ottawa.Les révérends Pères Oblats, ces « grandes âmes missionnaires », non contents d\u2019avoir institué au sein de leur université une chaire de missionologie, \u2014 la première au Canada, \u2014 organisaient, en octobre dernier, une Semaine d\u2019Etudes Missionnaires, sous l\u2019initiative et la direction du révérend Père Léo Des-chatelets, titulaire de cette chaire.Une assistance nombreuse qui nécessita dès la deuxième séance un changement de local, un choix approprié d\u2019études et de rapports, souvent présentés par des « retours » du front missionnaire assurèrent à la semaine un succès qu\u2019une récente publication de tous les travaux ne peut que faire grandir et durer.Le grand succès de ce congrès est d\u2019ordre plus élevé, à savoir d\u2019ordre scientifique et idéologique.Cela a peut-être échappé aux semainiers distraits et superficiels, mais ressort de la lecture attentive des travaux.La missionologie est devenue une branche du savoir ecclésiastique, prenant place à côté de ses compagnes les théologies ascétique, pastorale, scripturaire et autres sous la dépendance et la subordination de la Théologie.Evidemment, il n\u2019est pas question de donner de la missionologie une définition scientifique, que du reste, certaines parties de la théologie déjà vieilles d\u2019un siècle ne possèdent pas encore, ni Le sens des Faits 447 même de lui assigner un domaine circonscrit par des bornes précises et immuables.Mais il est certain qu\u2019elle est déjà entrée en possession de données demeurées jusqu\u2019à nos jours virtuelles ou imprécises, comme celle du fondement dogmatique de l\u2019apostolat missionnaire.Ne trouve-t-il pas sa raison d\u2019être dans la nécessité de l\u2019extension du corps mystique du Christ à travers le temps et l\u2019espace, et partant n\u2019entraîne-t-il pas un devoir impérieux pour l\u2019Eglise.Il appartient en effet à celle-ci de choisir des « envoyés » qui auront pour office de prêcher ses dogmes aux païens, d\u2019illuminer leurs âmes de l\u2019étincelle de la foi et de laver leur front de la goutte baptismale, les incorporant ainsi au Christ et faisant du païen l\u2019un de ses membres vivants.Au cours de l\u2019ouvrage ci-haut mentionné, il est rappelé que les missions comportent des devoirs spéciaux, d\u2019abord pour le missionnaire qui s\u2019expatrie, ensuite pour le prêtre qui demeure au pays, depuis le curé de la cathédrale jusqu\u2019au vicaire de campagne, et enfin pour le simple fidèle : devoirs de vocation, de justice, de charité.Cela a été établi par des semainiers de haute dignité, tels Son Eminence le Cardinal Villeneuve et Son Excellence Monseigneur Forbes.Dans l\u2019exercice de ses devoirs, le missionnaire doit s\u2019en tenir à une certaine technique dont l\u2019observation aura l\u2019effet d\u2019amplifier son aposto- 448 Revue Dominicaine lat, comme la pastorale fait croître l\u2019efficacité du ministère du prêtre de chez nous.La missionologie possède donc en propre, pourrait-on dire, son dogme, sa morale, sa pastorale, même sa théologie scripturaire, patristique et ascétique.Une nouvelle venue qui présente de telles lettres de créances a droit d\u2019être admise dans le cercle de la science théologique et d\u2019y vivre.Souhaitons que d\u2019autres Semaines de Missionologie, à l\u2019étranger et chez nous, et que d\u2019autres chaires de missionologie dans nos grandes universités catholiques, continuent d\u2019étudier le problème des missions, car « c\u2019est de la région des idées que descendent les grandes directives de l\u2019action » (Pie XI).Et quelle action peut être plus convenable à des catholiques que leur concours effectif à la réalisation de la note de catholicité de leur Eglise.La missionologie prend vraiment les perspectives d\u2019un programme d\u2019action catholique.J.-M.Lafrance, O.P.L\u2019esprit des Croisades (x) Mesdames et Messieurs, La chevaleresque aventure des croisades dont j\u2019ai à vous parler est peut-être l\u2019un des faits his- (x) Discours prononcé à l\u2019Heure catholique de la Radio, poste CKAC, le 14 avril 1935. Le sens des Faits 449 toriques sur lequel ont été portés les jugements les plus curieux, les plus contradictoires.Les uns y voient une superbe épopée mystique, d\u2019autres, selon une formule familière à la science contemporaine, la résultante d\u2019un phénomène de foi collective .Pour plusieurs, l\u2019aspect miraculeux, quasi divin les frappe davantage ; il reste cependant un certain nombre de chroniqueurs qui trouvant comme un malin plaisir à découvrir les dessous de cette histoire, les petites intrigues, les ambitions mal déguisées, et, à côté d\u2019élans spontanés et généreux, les retours par trop intéressés et mesquins de ces gens compliqués de croyance et de crédulité, de ruse presque naïve au milieu d\u2019envols chevaleresques qu\u2019étaient particuliè^ ment les Francs du Moyen-âge.Le plus étonnant, c\u2019est qu\u2019il y a un peu de tout cela dans cette magnifique équipée pour la conquête du tombeau du Christ.Il y a de la foi, beaucoup de foi, du courage, de l\u2019héroïsme même.Il y a des ambitions de conquêtes, des ruses ou des tricheries diplomatiques, des faiblesses voire des trahisons.On y découvre partout la double empreinte des œuvres d\u2019inspiration divine accomplies par des hommes.Le danger c\u2019est que l\u2019histoire soit adaptée au tour d\u2019esprit de l\u2019historien, qu\u2019elle porte la marque de ses sympathies, des préjugés qu\u2019il cultive, des idées qu\u2019il défend ; on comprend qu\u2019un Voltaire ne jugera pas les croisades comme un 450 Revue Dominicaine Joseph De Maistre.Le danger c\u2019est de substituer à l\u2019âme des faits l\u2019esprit ou le cœur de l\u2019historien.Et, chose curieuse en matière historique autant que philosophique, on retracera dans les questions controversées autant d\u2019opinions défendues qu\u2019il se trouve pratiquement d\u2019opinions possibles.Mesdames et Messieurs, je ne veux pas fermer délibérément les yeux sur cet aspect des croisades où l\u2019on voit aux prises des hommes avec leurs ambitions d\u2019hommes, leurs intérêts, leurs rivalités car je sais bien que les croisades ont été conduites par des hommes.Mais je ne céderai pas non plus aux plaisirs faciles de rechercher à travers le labyrinthe des faits le jeu compliqué du va-et-vient des passions et des intrigues.Ce qui m\u2019intéresse avant tout c\u2019est de découvrir au-dessus de l\u2019histoire, l\u2019âme même de cette passionnante histoire, son idée de premier plan, son esprit incarné dans ses chefs, ses prédicateurs et ces masses de peuples qui sous leur inspiration se mirent en branle vers l\u2019Orient.Je n\u2019hésite pas à affirmer en toute liberté d\u2019esprit après une lecture attentive et soucieuse des documents historiques que la pensée première des croisades fut une pensée de foi renforcée par ce sentiment si fort au Moyen-âge de la solidarité dans la foi.Depuis longtemps déjà, bien avant Urbain II Le sens des Faits 451 le premier initiateur des Croisades, l\u2019opinion était fortement travaillée en Occident par une espèce de sentiment de pitié pour les Chrétiens d\u2019Orient.Personne n\u2019ignorait que depuis que les Lieux Saints étaient tombés sous la domination des Turcs, après le protectorat de Charlemagne, des rois de France et des empereurs de Constantinople, les Chrétiens d\u2019Orient étaient soumis à de continuelles vexations que narraient couramment les pèlerins de Terre-Sainte : églises dévastées, chrétiens ruinés, chassés de leur demeure, odieusement emprisonnés, torturés et même mis à mort.D\u2019autre part, à cette époque de foi vivante et combative, le sentiment religieux des peuples poussé même jusqu\u2019au mysticisme pouvait-il tolérer que cette terre sacrée qui avait vu les faits et gestes du Christ, qui avait été arrosée de son sang et où se trouvait encore son tombeau, témoin de sa glorieuse Résurrection, demeurât aux mains des infidèles.Le Pape Urbain II n\u2019inventa donc pas l\u2019idée de la croisade.Il proclama ce qui était près d\u2019arriver.Il fit jaillir l\u2019étincelle qui couvait sous les cendres.Il devina les désirs secrets et provoqua d\u2019un seul coup l\u2019irrésistible élan des cœurs et des volontés.Je n\u2019en veux de preuve que le formidable succès de ces prédicateurs dont les noms nous sont parvenus nimbés d\u2019une gloire quasi fantas- 452 Revue Dominicaine tique : Pierre l\u2019Ermite, saint Bernard, Foulque de Neuilly, succès inexplicable sans cette connivance tacite des aspirations trop longtemps contenues des peuples.Car, c\u2019est la foule qui crée l\u2019orateur et quand le peuple a besoin d\u2019entendre une vérité, d\u2019être sécoué et emporté par un verbe puissant, il est rare qu\u2019il ne trouve pas quelque homme de génie pour proclamer cette vérité et l\u2019élever pour ainsi dire au-dessus de lui-même.C\u2019est un fait, et même avoué des historiens les plus hostiles, que l\u2019Europe fut littéralement prise d\u2019assaut dès l\u2019origine des croisades par la parole enflammée de ses prédicateurs.Rien ne put résister au courant magnétique qui s\u2019établit : gentilshommes, princes, rois, les moins audacieux et les plus hésitants comme Conrad d\u2019Allemagne, tous furent emportés par le vœu unanime des peuples au cri de : Dieu le veut, Dieu le veut.Mesdames et Messieurs, je lis dans un article paru récemment annonçant une nouvelle « Histoire des Croisades » ! « L\u2019image d\u2019Epinal avant la lettre qui nous montre l\u2019éloquent Pierre l\u2019Ermite prêchant la croisade et déterminant par une parole enflammée l\u2019immense foule des croyants à se précipiter sur la route de Jérusalem pour aller retirer le tombeau du Christ des mains infidèles, c\u2019est assurément de la poésie.Mais, si belle qu\u2019elle soit, cette poésie pour qui aime comprendre a le tort de substituer le fait du miracle à l\u2019ex- Le sens des Faits 453 plication réelle des causes et à la connaissance des raisons ».Pierre l\u2019Ermite n\u2019aurait été, d\u2019après René Grousset, que « l\u2019instrument d\u2019une décision longuement réfléchie et politiquement prise à Rome par le pape Urbain II en vue d\u2019élargir outre-mer, le pouvoir et peut-être même les possessions du Saint-Siège », etc.En somme les croisades n\u2019auraient été, d\u2019après cet auteur, qu\u2019une aventure politique, la sauvegarde des Lieux Saints, un prétexte, le miracle et les miracles des croisades, de la pure poésie .Mesdames et Messieurs, je vous avoue que c\u2019est très fort comme nouveauté et original comme conclusion.Il importe de temps à autre, paraît-il, de donner aux problèmes historiques un tour plus neuf.Nous avons été vraiment par trop naïfs de nous attacher à cette vieille légende d\u2019une croisade de foi et à cette poésie simpliste des miracles.Voilà quelqu\u2019un d\u2019intelligent, qui aime comprendre, qui va nous découvrir le fond de l\u2019affaire, qui en a pénétré les arcanes, qui en a surpris les personnages en leurs comportements, en leurs vœux secrets, en leur machiavélisme enfin, qui va nous fournir l\u2019explication réelle des causes, et va substituer à son tour la science à la poésie.J\u2019ai grand\u2019peur en tout cela qu\u2019à vouloir trop prouver on ne prouve rien du tout.J\u2019ai grand\u2019peur qu\u2019à vouloir reléguer au second plan ce fait in- 454 Revue Dominicaine ! i déniable d\u2019un élan spontané de la foi des peuples occidentaux pour la conquête des Lieux Saints, l\u2019histoire des croisades ne devienne plus qu\u2019une série de faits, une belle légende de chevalerie sans cause ni but.L\u2019histoire qui ne veut expliquer les événements que par l\u2019étude de leurs causes prochaines n\u2019est plus de l\u2019histoire.L\u2019histoire qui ignore sciemment les réalités spirituelles évidentes, aboutit à un matérialisme identique à celui du savant qui n\u2019accorde confiance qu\u2019à ce qu\u2019il tient au bout de son scalpel.Enlevons pour un moment la puissance de l\u2019idée religieuse qui a présidé à l\u2019origine et au développement de cette magnifique croisade, que reste-t-il ?Une simple entreprise politique d\u2019expansion territoriale ?Croyez-vous qu\u2019un tel motif eût été suffisant à mettre en marche ces armées innombrables composées des éléments ethniques les plus disparates, à coaliser tant de peuples de langues et de mentalités si diverses ?Croyez-vous qu\u2019en une croisade de ce genre la diplomatie la plus raffinée et la plus experte n\u2019eut pas sombré dès l\u2019origine au premier choc des intérêts divergents, des vieilles rancunes politiques dans le désaccord ?Quelle idée, quelle force autre que la foi, quelle perspective autre que les Lieux Saints pouvait pour ainsi dire jeter dans les bras de l\u2019Eglise en les réconciliant, ces trois grandes nations ennemies d\u2019hier et rivales de toujours, l\u2019Angleterre, la France et Le sens des Faits 455 l\u2019Allemagne.Sans doute, Mesdames et Messieurs, l\u2019histoire a bien le droit de chercher à découvrir les motifs secondaires qui vinrent se greffer à l\u2019idée inspiratrice de ces croisades de foi.Personne ne croit que parmi ces quelques centaines de mille hommes qui composèrent ces armées d\u2019expédition, tous furent animés des motifs les plus purs et que tous persévérèrent dans leurs dispositions initiales.A côté de l\u2019esprit de foi, des mobiles moins nobles animèrent évidemment beaucoup de croisés : marchands séduits par la perspective de nouveaux débouchés à leur commerce, chevaliers attirés vers l\u2019Orient par l\u2019espoir des pillages et des batailles .Il y eut le mirage de Constantinople qui hantait déjà l\u2019imagination des Occidentaux, l\u2019esprit d\u2019aventure et de conquête d\u2019un grand nombre de princes et de barons et tous ceux qui, après avoir cru d\u2019abord « n\u2019écouter que l\u2019appel de la croix, commencèrent à entendre une fois enrôlés l\u2019appel de l\u2019Orient aux mille voix fabuleuses et mystérieuses » .Que sais-je encore, toutes ces petites raisons intéressées qui se mêlent quotidiennement à nos actions les meilleures et dont se sert parfois la Providence pour arriver à ses fins, elle qui selon la pensée de saint Augustin .sait tourner le cours des événements en tirant du mal un plus grand bien.Mais l\u2019âme des croisades n\u2019était assurément 456 Revue Dominicaine pas là.C\u2019est dans l\u2019esprit du siècle qui les produisit qu\u2019il faut la rechercher, dans l\u2019esprit de l\u2019Eglise qui les inspira, dans le cœur de ses chefs, papes, rois, princes, chevaliers ou prédicateurs, les Urbain II, les Pierre l\u2019Ermite, les saint Louis, les saint Bernard et dans cette immense foule anonyme qui brisa les résistances pour tout entraîner au courant de sa volonté implacable.C\u2019est donc là, comme dans l\u2019histoire de chacune des croisades que nous découvrirons l\u2019esprit qui les anima toutes.Nous devons la première à l\u2019initiative du pape Urbain II.On le représente comme un homme doux et aimable qui séduisait au premier abord ceux qui l\u2019approchaient.Moins fortement trempé que son prédécesseur Grégoire VII, il se montra néanmoins d\u2019une grande fermeté tempérée de douceur devant les ambitions immodérées de Henri IV d\u2019Allemagne et les pratiques immorales du roi de France.C\u2019est ainsi qu\u2019au Moyen-âge l\u2019Eglise usait de sa puissance pour conserver les rois dignes de leurs peuples en donnant aux peuples confiance dans ses rois.Le Souverain Pontife choisit pour le représenter à la croisade son légat Adhémar de Mon-tuel.Tous les historiens, même les moins suspects de partialité à l\u2019égard de l\u2019Eglise reconnaissent qu\u2019il fut l\u2019âme de la croisade et que nul plus que lui ne contribua à apaiser les conflits, à maintenir Le sens des Faits 457 la concorde, à donner confiance à tous.« L\u2019exemple de sa piété dit Mourret et en particulier de sa dévotion envers la sainte Vierge dont il faisait porter la bannière devant lui, rayonnait autour de sa personne ».Auprès du peuple le prédicateur Pierre l\u2019Ermite exerça le plus extraordinaire ascendant.Il connaissait bien les Turcs pour avoir été lui-même victime de leurs cruautés.« Maigre, la figure émaciée et encadrée d\u2019une longue barbe grise, portant sur sa tunique de laine, un froc de moine », il parcourt la France et la gagne si bien que, dit Guilbert de Nogent, l\u2019âne même qu\u2019il montait avait part à la vénération dont on entourait son maître.Telles sont les trois grandes figures qui représentaient l\u2019Eglise à la première croisade.L\u2019armée régulière fut assez heureuse de trouver, elle aussi un grand chef militaire dans la personne de Godefroy de Bouillon.C\u2019était un robuste chevalier à la large poitrine et à l\u2019attitude mâle, mais dont « la bonté transparaissait dans la douceur de ses yeux bleus, dans les traits fins de sa figure blonde, dans l\u2019harmonie gracieuse de sa voix ».Bien qu\u2019ayant hérité de son père d\u2019une nature belliqueuse, l\u2019ardente piété qu\u2019il tenait de sa mère éveilla son courage, voire son héroïsme à l\u2019occasion des croisades et il résolut, après avoir vendu ses biens patrimoniaux, de ne pas laisser 458 Revue Dominicaine une aussi sainte cause qu\u2019il n\u2019ait baisé les traces du Christ et pleuré sur son tombeau.Et nous verrons comment jusqu\u2019au bout, il sut tenir parole.Et le peuple .l\u2019âme de cet immense peuple des croisés, Mesdames et Messieurs fût-elle moins noble que le cœur de ses chefs ?« Rien de plus désintéressé, dit le Marquis de Vogué, que ces croisés de la première heure, ce paysan de France qui se levait à la voix de Pierre l\u2019Ermite ; le petit gentilhomme de Provence ou de Picardie, qui vendait son modeste domaine pour prendre la croix ne songeait guère à se tailler un fief dans les terres inconnues de l\u2019Orient ; il obéissait aux impulsions de sa générosité et de sa foi ; la seule terre qu\u2019il ait conquise est celle où reposent ses restes, oubliés et délaissés au bord de la longue route qu\u2019il a jalonnée de ses os blanchis, de la Loire au Jourdain.Et, dit Guilbert de Nogent, « à tous les châteaux, à toutes les villes qu\u2019ils a-percevaient sur le chemin, ces pauvres croisés tendant leurs mains demandaient si ce n\u2019était pas encore là cette Jérusalem vers laquelle on se dirigeait ».Mesdames et Messieurs, il m\u2019est impossible en ces courts instants de vous raconter tous les exploits des croisés en Terre Sainte dans cette première croisade.Vous en connaissez maintenant les personnages de premier plan.Voyez les Le sens des Faits 459 plutôt se diriger au milieu de tous les dangers, par centaines de mille la plupart à pied apportant leur bagage sur des charettes traînées par des boeufs en route vers le terme ultime de leur pèlerinage, le Tombeau du Christ.A tout instant ils sont retardés par les incidents les plus fâcheux.En Hongrie, ce sont les gens de la contrée qui les dépouillent de leurs armes, de leurs provisions pour leur faire subir d\u2019odieux traitements.Plus loin des Bulgares leur enlèvent leurs chariots, leurs équipages et font un massacre de sept mille pèlerins.Vont-ils se venger.Ils répriment leur premier mouvement et réflexion faite, dit Guillaume de Tyr ils se dirent : « C\u2019est pour le Christ que nous avons pris les armes, laissons le Christ venger lui-même l\u2019offense faite à ses serviteurs » \u2014 Mais à Constantinople ils sont moins édifiants.Toute une troupe d\u2019aventuriers impatients de combattre, commencent de se livrer au pillage de la ville.L\u2019Empereur Alexis leur fait traverser le Bosphore et là, pour leur châtiment, une grande partie de l\u2019armée des paysans est massacrée par les Turcs ou périt de faim et de soif.L\u2019armée régulière, composée de princes, de barons, de nobles fut en réalité plus heureuse.Après avoir été plusieurs fois trompés par l\u2019empereur de Constantinople, les croisés rejetèrent son alliance et d\u2019eux-mêmes coup sur coup s\u2019emparèrent de Dorylée et d\u2019Atioche.C\u2019était la der- 460 Revue Dominicaine nière étape et quelques mois après cette victoire ils se trouvèrent enfin devant Jérusalem.Leur joie fut indescriptible.Un seul cri s\u2019échappa de toutes les poitrines : « Jérusalem, Jérusalem ».Tous ces guerriers tombaient à genoux, pleuraient, baisaient la terre foulée par les pas du Fils de Dieu.Un mois plus tard, Jérusalem tombait aux mains des chrétiens.Mesdames et Messieurs, c\u2019est à dessein que je me suis attaché dans cette première causerie à vous faire connaître l\u2019esprit des croisades plutôt que de vous en tracer un récit détaillé.Car, re-marquez-le bien, l\u2019histoire a comme la littérature et la philosophie, sa poésie et son éloquence et c\u2019est par cet esprit de cette âme encore plus que par des faits isolés, des événements ou des dates, qu\u2019il importe de la juger et d\u2019en tirer une leçon de sagesse.Or, je me demande en terminant quel est l\u2019historien qui, voulant sincèrement s\u2019inspirer des documents authentiques les plus irrécusables pour en user avec impartialité, ne conclurait pas avec nous par ce simple souci naturel à tout honnête homme de faire connaître la vérité que les croisades, bien qu\u2019entachées par des personnages de second plan de faiblesses et de défaillances, furent dans leur ensemble dirigées par des hommes droits et sincères, par des Pontifes au désintéressement et à l\u2019intégrité hors de tout soupçon, par des orateurs au verbe puissant, parce que Le sens des Faits 461 trempé de convictions et d\u2019esprit de foi, par des princes et des rois conscients de leur responsabilités morale ou providentielle.et que là s\u2019écrivit peut-être l\u2019un des plus beaux faits d\u2019armes de l\u2019esprit chrétien, la plus chevaleresque épopée du Moyen-âge, l\u2019une des pages les plus glorieuses de l\u2019histoire de l\u2019Eglise.Thomas-M.Lamarche, O.P.L'Esprit des Livres Mgr Paulot.\u2014 « Le message doctrinal de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus à la lumière de saint Paul ».Les Editions du Cerf.Juvisy (Seine-et-Oise).1934.La doctrine de la Sainte de Lisieux compte déjà plus d\u2019un commentateur.Ne lui aurait-on pas fait dire plus de choses que n\u2019en contiennent les intentions discrètes de la petite Carmélite *?Il n\u2019en est rien : Un théologien de mérite apporte dans le « Message doctrinal », ce qu\u2019il faut pour dissiper toutes les préventions.Cette toujours consolante doctrine du Corps mystique y est mise en relief non plus dans son austérité scolastique, mais par son côté émouvant et tendre, celui de « l\u2019adoption filiale ».Le Pater, dont un psychologue a fait « le principe de la grande nostalgie chrétienne », se révèle ici plutôt comme le « centre » d\u2019une mystique suave et forte à la fois.« Nul 462 Revue Dominicaine ne vient à moi si mon Père qui m\u2019a envoyé ne l\u2019attire », tel est « le point d\u2019horizon d\u2019où naîtront toutes les perspectives .» Le volume de Mgr Paulot saura admirablement tirer des écrits de Thérèse une illustration de cette parole déjà exploitée par saint Paul.Un parallèle entre le véhément Apôtre et la petite fleur semblerait hardi, si un trait commun ne leur favorisait une intime fusion.Tous deux confirment le témoignage de Benoît XV : «que l\u2019enfance spirituelle exclu en fait le sentiment de superbe et suppose un confiant recours à la Providence ».Mais enfance ne dit pas faiblesse : « Je veux t'aimer comme un petit enfant » ; «Je veux lutter comme un vaillant guerrier».Ajoutons : Humilité, confiance et sens filial ; Dieu au dehors ; Esprit-Saint au dedans ; Amour possesseur ; simplicité unificatrice.Enfin, la paisible contemplative est mise en regard du monde dans son va-et-vient.Voilà ! A vrai dire, l\u2019ordre logique de cet exposé est impeccable ; n\u2019empêche qu\u2019en serutant la table des matières, le lecteur souhaiterait un plan classique plus rigoureux.Puis, en passant : l\u2019expression « chérubin candide » est légèrement surfaite, même à l\u2019adresse des plus charmants bébés.Quant à « l\u2019esprit filial à l\u2019état d\u2019instinct » de la page 40, il semble identifier filiation naturelle et filiation adoptive qui nous rend déiformes.Mais n\u2019insistons pas.Le haut enseignement théologique de ce « Message » entendra sûrement l\u2019écho lui répondre de près et de loin, dans les âmes qui vibrent à l\u2019unisson de la petite Thérèse et de son sympathique interprète.S.-M.Viau, O.P.A.Gardeil, O.P.\u2014 « Le Saint-Esprit dans la vie chrétienne ».Les éditions du Cerf.Le R.Père H.-D.Gardeil, dominicain du Saulchoir, L\u2019esprit des Livres 463 vient de publier une retraite prêchée par son oncle, le père Ambroise Gardeil, O.P., l\u2019auteur de La structure de Pâme et Vexpérience mystique.En 1923, ce frère prêcheur entretient ses sœurs en S.Dominique d\u2019une doctrine sur laquelle il a beaucoup médité, écrit et prêché : les sept dons du Saint-Esprit et les béatitudes.Selon son habitude, il laisse en exposant cette doctrine parler avec abondance son cœur d\u2019apôtre sans demeurer esclave de son manuscrit.Mais une de ses auditrices recueille le texte de cette retraite ; le P.A.Gardeil le revoit soigneusement et c\u2019est cet exposé complet sur la doctrine des dons du Saint-Esprit et des béatitudes qui nous est offert dans ce livre intitulé avec raison : Le Saint-Espnt dans la vie chrétienne, car selon l\u2019enseignement traditionnel contenu dans le Catéchisme du concile de Trente (Première partie, ch.9) « ces dons du Saint-Esprit sont pour nous comme une source divine où nous puisons les préceptes de la vie chrétienne ».Mais hélas comme cette source divine de la vie chrétienne est peu connue î Sans doute pour l\u2019avoir appris à l\u2019école en étudiant le catéchisme, nous savons qu\u2019il y a sept dons du Saint-Esprit ; mais prenons-nous assez conscience que ces dons placent notre vie chrétienne d\u2019une façon permanente et habituelle sous la direction immédiate de l\u2019Esprit-Saint et viennent en aide à nos vertus chrétiennes incapables par elles-mêmes de nous conduire au salut éternel ! Sans doute nous connaissons un peu l\u2019effet de ces dons, mais soupçonnons-nous qu\u2019avant d\u2019être confirmés nous possédons déjà en notre âme les sept dons du Saint-Esprit avec la grâce sanctifiante et les vertus chrétiennes ! Si à de bons catholiques qui se rappellent leur catéchisme nous disions : « le sacrement de Baptême a déposé dans votre âme les sept dons du Saint-Esprit et la Confirmation est venue les augmenter », quelle surprise ils éprouveraient peut-être ! Revue Dominicaine Et pourquoi des catholiques vivent-ils sous l\u2019impression que les dons du Saint-Esprit nous sont donnés par la Confirmation et non par le Baptême ?C\u2019est que certains catéchismes l\u2019enseignent.Si leurs auteurs avaient été formés dans des manuels de théologie morale parfaitement thomistes où le côté positif de la vie chrétienne \u2014 la grâce des vertus et des dons \u2014 est plus étudié que son aspect privatif \u2014 le péché \u2014 ils auraient suivi la doctrine commune ; l\u2019infusion des sept dons du Saint-Esprit aurait été placée dans le chapitre des effets du Baptême, tandis que leur augmentation aurait été mentionnée parmi les effets de la Confirmation et des autres sacrements qui augmentent la grâce des vertus et des dons.D\u2019ailleurs le catéchisme de la Vénérable Mère Marie de l\u2019Incarnation est très juste sur ce point de doctrine.Et en lisant « Le Saint-Esprit dans la vie chrétienne » par le père A.Gardeil, il nous fait plaisir de constater que ce théologien thomiste insiste sur ce fait que les dons du Saint-Esprit nous sont donnés par le sacrement de Baptême avec la grâce sanctifiante et les vertus chrétiennes.Ce livre du P.A.Gardeil n\u2019est pas un exposé spéculatif des dons du Saint-Esprit et des béatitudes qui leur correspondent.\u2014 Ceux qui veulent lire sur la matière des volumes de ce genre feront bien d\u2019approfondir la doctrine de saint Thomas d\u2019Aquin, le célèbre commentaire qu\u2019en a fait son disciple Jean de Saint-Thomas et l\u2019article du P.A.Gardeil dans le dictionnaire de théologie catholique, IV, col.1728-1781.C\u2019est avant tout un exposé pratique et très simple de cette doctrine sous forme de conférences spirituelles.A toutes les âmes soucieuses de connaître et d\u2019utiliser pour leur perfection cette source divine de vie chrétienne que l\u2019on appelle les dons du Saint-Esprit, je conseille fortement la lecture de ce petit livre de 182 pages.Comme L\u2019esprit des Livres 465 œuvre de vulgarisation, c\u2019est le traité le plus court, le plus complet et le plus concret que je connaisse sur la matière.Ce volume enfin met à la portée de tous : prêtres, religieux laïques la doctrine catholique sur les dons du Saint-Esprit et les béatitudes.Puisse-t-il se répandre rapidement dans le clergé, les communautés religieuses et le monde chrétien ! A tous il fournira pour nourrir leur vie d\u2019oraison non pas une doctrine à l\u2019eau de rose, mais une doctrine riche et solide ; à tous il fera connaître cette source de vie chrétienne que le Baptême a déposée en eux ; à tous il offrira une aide pour être plus dociles au grand Directeur spirituel de leur âme : le Saint-Esprit.R.-M.Bédard, 0.P.H.Riondel, S.J.\u2014 « Pax vobis » \u2014 Aux âmes inquiètes ».Deuxième édition, P.Lethielleux, Libraire-Editeur, 10 rue Cassette, Paris.« Pax vobis ».C\u2019est ainsi que Jésus, le maître incomparable, saluait ses disciples et ses amis, lorsqu\u2019il s\u2019approchait d\u2019eux ; c\u2019est par cette délicieuse parole qui console et rassure que le R.P.Riondel, S.J.aborde les âmes inquiètes et tourmentées par les tentations et les scrupules.Il se propose de les aider à conquérir cette paix qui, au milieu des plus cruelles épreuves, donnera la sérénité à leur esprit, la tranquillité à leur âme, la joie à leur cœur ; cette paix qui est non seulement le plus grand bien que nous puissions recevoir en ce monde, mais encore un gage et un a-vant-goût de la félicité qui nous est réservée dans l\u2019autre.Pourquoi d\u2019ailleurs redouter cette conquête % La paix de l\u2019âme est-elle un don réservé, dont Dieu est avare et qu\u2019il n\u2019accorde qu\u2019à quelques privilégiés \u2018i Est-elle incompatible avec la lutte, avec un tempérament porté à l\u2019inquiétude et à l\u2019abattement ?II n\u2019en est rien et ceux-là ne torn- 466 Revue Dominicaine beront pas dans cette erreur qui liront et méditeront le beau livre du P.Riondel.Pour les aveugles, il sera la lumière ; pour ceux qui chancellent, la fermeté ; pour les abattus, le relèvement ; pour les malades, le remède ; pour tous un guide sûr d\u2019acquérir et de conserver la paix.Rosaire Hamel, O.P.Henry Laureys.\u2014 « La Technique de l\u2019exportation ».\u2014 Editions Albert Lévesque.Montréal, 1935.$1.25.Le commerce d\u2019exportation a toujours apporté la richesse à ceux qui s\u2019y sont livrés avec audace et méthode.L\u2019histoire est remplie de faits qui le démontrent.Ainsi, au moyen âge, la puissance des cités italiennes repose toute entière sur la fortune des marchands qui approvisionnent le monde méditerranéen.Elle croule dès que le Portugal et les Pays-Bas trouvent le moyen de s\u2019affranchir du monopole séculaire.Plus tard, l\u2019Angleterre bâtit sa prépondérance sur le trafic maritime et, pendant près d\u2019un siècle, elle est le fournisseur et le banquier du monde.Dans notre pays même, le commerce extérieur a joué un rôle important.Au début, nous avons exporté des fourrures, puis du bois, puis du blé.A ces trois stades correspondirent des étapes différentes de notre évolution économique.Pendant la guerre de 1914, nous avons tiré d\u2019énormes ressources de nos échanges avec l\u2019Europe, qui importait sans arrêt tout ce que sa population ne pouvait plus produire : matières premières, munitions, produits ouvrés.La paix conclue, des concurrents mieux outillés, mieux formés nous ont évincés et nous n\u2019avons guère conservé que des débouchés de plus en plus restreints pour nos matières premières. L\u2019esprit des Livres 467 Depuis longtemps, M.Laureys fait valoir les désavantages de notre effort trop spécialisé.En 1927, par exemple, dans son volume sur « La Conquête des marchés extérieurs », il s\u2019élevait contre le manque d\u2019initiative de nos exportateurs et il prévoyait la situation difficile qu\u2019ont déclanchée la crise de 1929, les contingentements et les prohibitions d\u2019importation, fruit d\u2019un nationalisme économique hypertrophié.Sous le titre « L\u2019effort à faire », il écrivait ceci : « La nécessité, et j\u2019ajouterais même l\u2019urgence, pour nous, de développer le commerce d\u2019exportation de nos produits fabriqués est suffisamment démontrée par ce qui précède.« Toutefois, pour réaliser ce légitime désir, il nous faudra conquérir de haute lutte les débouchés dont nous avons besoin à l\u2019extérieur.Or, cela présente bien des difficultés.Concurrents, sur les marchés du monde, de pays rompus depuis longtemps au commerce d\u2019exportation comme l\u2019Angleterre, la France, l\u2019Allemagne, ou de pays, tels que les Etats-Unis, nouveaux venus dons ce domaine mais qui ont su très vite s\u2019initier aux méthodes des précédents et, souvent même, les perfectionner, notre tâche n\u2019est certes pas aisée ! Avec de la compétence, de l\u2019initiative, de la ténacité, du travail consciencieux et méthodique, il est toutefois possible d\u2019en venir à bout.En une quinzaine d\u2019années, les Américains, bien servis par les circonstances, il est vrai, ont plus que doublé leur commerce d\u2019exportation de produits fabriqués.Us nous donnent un exemple salutaire, sachons en profiter ! » Huit ans plus tard, M.Laureys revient sur le sujet en l\u2019approfondissant avec un nouveau livre consacré à la technique de l\u2019exportation.Cette fois, il ne se contente pas de dire ce qu\u2019il faudrait faire, il explique comment procéder.Il y consacre un volume de 345 pages, rempli de .Revue Dominicaine renseignements très complets sur les organismes d\u2019exportation, les conditions de vente, le financement des opérations, le crédit, la publicité, les méthodes de transport, l\u2019assurance.Ce qui frappe, dès qu\u2019on ouvre le livre, c\u2019est la précision des détails, la clarté de l\u2019exposition et la sûreté de la documentation, qui permettent de suivre la marche des opérations.Cet ouvrage est une excellente contribution aux travaux économiques sur notre pays.Il servira aux élèves de l\u2019Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal, à qui il était originellement destiné ; mais il sera également très utile aux praticiens et à ceux qui comprennent difficilement le mécanisme du commerce extérieur parce que les aspects les plus élémentaires comme les plus complexes du sujet leur échappent.Nous en recommandons la lecture, persuadé qu\u2019on y trouvera des solutions aux problèmes que soulève une des branches les plus instables, mais les plus fructueuses des échanges commerciaux.Gérard Parizeau Gérard Parizeau.\u2014 « L\u2019Assurance contre l\u2019incendie au Canada ».\u2014 Evolution pratique \u2014 Vocabulaire.1 Vol.250 pages.Editions Albert Lévesque, série Documents économiques, Montréal, 1935.Prix : $1.00.Monsieur Gérard Parizeau est un jeune professeur de l\u2019Ecole des Hautes Etudes Commerciales, assidu à sa tâche, méthodique, creusant son cours et clarifiant sa matière sans souci apparent de révolutionner la planète.Seulement comme c\u2019est un esprit délié, s\u2019exprimant avec une naturelle élégance, et qu\u2019on le rencontre aux principales manifestations de l\u2019art et de la pensée, on n\u2019éprouve aucune surprise à le voir irradier sa science dans un volume montrable.(J\u2019em- L\u2019esprit des Livres 469 ploie ce terme aux intentions des critiques qui n\u2019attendent rien de plus et à peine cela des écrivains du terroir).Il s\u2019agit alors, comme nous y invite la feuille d\u2019annonce, de montrer ce volume au personnel des bureaux d\u2019assurance, aux agents solliciteurs, aux avocats, aux notaires, aux hommes d\u2019affaires et aux simples lecteurs curieux de choses économiques.Je laisse aux techniciens le soin d\u2019en apprécier le détail.Mais il y a dans le choix même du sujet, dans la façon de le circonscrire et de le présenter, un exemple, un précepte vécu à l\u2019usage de tous nos économistes.Ce qui s\u2019impose à l\u2019heure actuelle, dans le domaine économique, ce n\u2019est pas l\u2019histoire générale des événements ni un exposé complet des systèmes employés ici où là, mais la mise en lumière de théories applicables ou déjà appliquées en ce pays.Le reste équivaut à une perte de temps irritante, plus ou moins dangereuse.Nos principaux économistes l\u2019ont compris, c\u2019est pourquoi le livre de M.Parizeau s\u2019insère avec bonheur dans une lignée due à la plume de MM.Montpetit, Laureys, Bélisle, etc.Nous voici donc cette fois en possession d\u2019un véritable manuel de l\u2019Assurance contre l\u2019Incendie au Canada.Tout superflu est élagué .Le système, ici, c\u2019est l\u2019exposé et l\u2019application du code régissant cette matière ; l'histoire, c\u2019est l\u2019évolution pratique qu\u2019il a subie depuis 1835, les Chambres jusque-là n\u2019ayant pas jugé à propos d\u2019intervenir dans la formation des sociétés mutuelles.L\u2019enquête nous mène du puits familial aux premiers essais de coalition contre les incendies.Une gravure hors-texte reproduit l\u2019en-tête d\u2019une des premières polices (No 191) de « L\u2019Assurance Mutuelle contre le feu du Comté de Montréal ».Désormais la voie de l\u2019intervention est tracée.La loi du 19 mai 1860 en sanctionne le principe « qui sera repris et étendu en 1868, quand la centralisation administrative 470 Revue Dominicaine aura donné au Parlement de la nouvelle fédération le goût et le pouvoir d\u2019intervenir dans tous les domaines dont relève le bien général » (p.38).M.Parizeau suit pas à pas le progrès de la législation, ce qui donne à son livre une portée juridique et sociale du plus vif intérêt.En même temps la statistique, qu\u2019il manie ad sobrietatem, lui permet de décrire l\u2019expansion de l\u2019assurance contre l\u2019incendie depuis 1868 et de souligner « la formidable importance de ce commerce et la place qu\u2019il occupe dans la vie économique de notre pays » (p.73).L\u2019auteur consacre la partie de son ouvrage à la fixation du vocabulaire français dans une matière où l\u2019anglais couvre les textes imprimés, où l\u2019anglicisme plus qu\u2019ail-leurs fleurit la conversation.Sa propre langue, filtrée avec soin, sert d\u2019exemple aux assureurs et aux assurés.Enfin l\u2019unique appendice reproduit les textes de loi relatifs à l\u2019assurance contre l\u2019incendie dans notre Province.De sorte que nous avons là sélectionnés, groupés et agencés, tous les éléments qui forment le bon manuel.Et cela peut-être sans intention formelle de l\u2019auteur ! Ce qui serait une des raisons de son succès.M.-A.Lamarche, 0.P.Georges Bugnet.\u2014 « La Forêt ».\u2014 Roman.Les Editions du Totem, Montréal, 1935.Prix, $0.75.La terre conquise ou désertée semble avoir procuré jusqu\u2019ici à la littérature canadienne française sa source la plus féconde et la plus authentique d\u2019inspiration romanesque.Celà tient aux sympathies intimes qui ne cessent d\u2019unir chez nous la culture normale de l\u2019homme à la culture du sillon.Peuple de laboureurs à l\u2019esprit latin \u2014 je tiens à cette formule \u2014 nous ne produisons convenablement dans le domaine de l\u2019esprit que dans la mesure où nos œuvres L\u2019esprit des Livres 471 exploitent ce riche courant de tradition.On l\u2019a écrit au sujet de « La Rivière à Mars » et le nouveau roman de M.Georges Bugnet, l\u2019étrange et méditatif auteur de « Siraf », confirme cette opinion.Imaginez un jeune intellectuel de France, jusque là reporter pour un grand journal de Paris, pénétrant hardiment dans la forêt de l\u2019Ouest canadien avec l\u2019intention d\u2019y faire rapidement fortune.Il n\u2019est marié que depuis quelques semaines et sa jeune femme ignore tout des pénibles conditions du défricheur.Grâce à l\u2019aide généreuse et avertie de charitables voisins canadiens le couple s\u2019installe tant bien que mal.Rien de plus prenant que le contraste établi dès les premières pages entre la juvénile ardeur de ces colons improvisés et les brutales exigences de la besogne en perspective.« Faire de la terre », le père Chapdelaine en parlait avec une flamme dans les yeux et la mère, les deux poings sur les hanches, approuvait toujours les idées de son homme.Ils étaient de race ceux-là.Mais ici pendant que Roger Bourgouin s\u2019attaque courageusement aux arbres de la forêt, Louise éprouve un insurmontable ennui.Elle accomplit ses devoirs d\u2019épouse, mais son cœur n\u2019y est pas, il n\u2019y sera jamais.La forêt qui réclame tous les efforts de Roger durcit ses mains et altère la délicatesse de ses sentiments.Louise en souffre ; elle a épousé le jeune homme, mais refuse d\u2019épouser maintenant le rêve auquel il s\u2019est donné tout entier.Roger devient hésitant ; quand la femme n\u2019y est pas le courage de l\u2019homme s\u2019effrite.Lequel l\u2019emportera, le rêve du défricheur ou l\u2019amour de la jeune femme ?Une première maternité apporte quelque diversion en partageant les sentiments de Louise.Les eaux cependant continuent de cheminer sous terre jusqu\u2019à ce que de malheureuses circonstances dont la plus tragique est la noyade de l\u2019enfant obligent le jeune ménage à bout de courage et 472 Revue Dominicaine d\u2019argent à chercher ailleurs de meilleures conditions d\u2019existence.\t, Les moindres phases de ce récit sont retracées avec une délicatesse de touche qui révèle l\u2019écrivain en pleine possession de ses moyens : nul indice de tâtonnement, point de remplissage descriptif ou spéculatif, nulle enjambée déconcertante à travers le temps ou l\u2019espace, aucun figurant ; mais de véritables personnages vivants et évoluant dans une belle unité de lieu et de temps victimes de circonstances qui échappent totalement aux fantaisies arbitraires de l\u2019imagination.Il me faudrait par exemple trois fois trente lignes pour écrire ce que je pense de la famille Roy les voisins canadiens de Roger Bourgouin.De nobles cœur que M.Georges Bugnet fait s\u2019exprimer en vieux ou en mauvais Français mais dont l\u2019obscur dévouement à une besogne aussi rude que peu rémunératrice se retrouve à l\u2019origine de toutes les familles saines, fortes et joyeuses.D\u2019ailleurs l\u2019auteur n\u2019a pas dissimulé une visible sympathie facilement partagée pour ces rudes colons dont la simplicité, la philosophie et jusqu\u2019au langage semble l\u2019avoir intéressé.Je crois même qu\u2019il a mis sur les lèvres de madame Roy quelques unes de ses idées les plus chères.« Moi, de prendre une terre et de se battre avec elle pour voir qui c\u2019est qui aura le dessus et de voir comment ça va virer, j\u2019ai toujours trouvé qu\u2019il n\u2019y a rien de plus excitant que ça .Pour faire de l\u2019argent, c\u2019est corrèque, on peut pas dire qu\u2019on a fait de l\u2019argent.Mais on vit tout de même, pareil.Et puis, nous autres, on avait des enfants, des bons enfants.On n\u2019a pas pu leur donner bien de l\u2019argent, mais, pour une chose, ils n\u2019ont jamais souffert de la faim.Ils sont tous forts et bien travaillants.C\u2019est la terre qui a fait ça pour eux.C\u2019est fort, la terre, quand on est toujours à travailler avec elle.Vous me direz ce que vous voudrez, mais il y en a pas mal L\u2019esprit des Livres 473 chez les voyageurs, et en masse dans les villes, que, le travail, c\u2019est point surtout ça qu\u2019ils cherchent.» (Pag.117).Ailleurs madame Roy émet sur l\u2019éducation des garçons certaines théories qui descendent en droite ligne de « Siraf » : \u2014 « Ah ! pour ça, comme de raison, sur une terre vous pouvez pas en faire des avocats.Mais, je vous le demande, c\u2019est-y nécessaire ?La vie d\u2019habitant, ma chère dame, moi je trouve rien au-dessus de ça.On n\u2019y fait pas gros d\u2019argent, certain.Mais ceux qui font gros d\u2019argent et qui ont de l\u2019instruction en masse, je vois point qu\u2019ils en deviennent bien plus meilleurs.Un garçon, quand il comprend bien ses prières, quand il est honnête, c\u2019est ça qui compte.D\u2019être bon, voyez-vous, c\u2019est encore mieux que d\u2019être savant.» (Pag.212).Quant au reste, je me demande lequel est le plus limpide et le plus enchanteur, du sommet bleu d\u2019une colline réfléchie par l\u2019onde pure d\u2019un lac ou de la manière d\u2019écrire de M.Georges Bugnet.A.Saint-Pierre, 0.P.R.P.Monsabré, O.P.\u2014 « La Vierge Marie » \u2014 Principaux extraits de ses œuvres, recueillis par le Chanoine J.Chapeau.Lethielleux, Paris, 1935.Le chanoine Chapeau, de Blois, concitoyen de Monsabré, lui a voué un culte qui ne se contente pas d\u2019admirer.Son zèle depuis plusieurs années, se plaît à extraire les richesses accumulées dans les quarante-trois volumes déjà publiés et à les offrir aux lecteurs qui n\u2019ont ni le temps ni l\u2019argent de se procurer les œuvres complètes.Ce fut un succès en ce qui concerne « Le Mariage » et « La vie future ».Il a donc le droit de compter sur la même bienveillance populaire pour la monographie qu\u2019il nous présente et qui est uniquement consacrée à « La Vierge Marie ».Il nous semble inutile, et presque injurieux à la mé- 474 Revue Dominicaine moire du célèbre prédicateur de Notre-Dame, d\u2019ajouter qu\u2019à côté des meilleurs traités de mariologie, ce nouvel ouvrage aura sa place de choix.Un simple regard sur la double table des matières, révèle « une véritable somme de théologie mariale qui, pour savante, solide et orthodoxe qu\u2019elle soit, n\u2019a pas, pour autant, l\u2019allure et la sécheresse d\u2019un traité didactique » O).Ah î qu\u2019il nous est agréable de le proclamer, le Père Monsabré était plus qu\u2019un orateur de haute envergure, et plus qu\u2019un théologien qui facilement s\u2019apparente aux plus orthodoxes de son temps, \u2014 les Frep-pel et les Cardinal Pie, le Père Monsabré était le plus pieux, le plus fervent, le plus filial des dévots de la Sainte Vierge.Toute sa vie en fut une de prière, et de prière intense à Marie.Aussi bien saisissait-il « toutes les occasions de louer, de faire connaître et aimer celle qu\u2019il appelle dans ses Conférences « le Paradis de l'Incarnation, le Chef-d\u2019œuvre de la Rédemption » (2).Qu\u2019on veuille bien le remarquer, malgré ses journées surchargées par l\u2019épuisant labeur d\u2019études, de recherches, de composition, le Père Monsabré, non seulement ne se croyait exempté de son bréviaire, soit au choeur avec ses Frères soit en particulier, mais il s\u2019était fait un devoir, \u2014 et d\u2019aucuns assuraient que c\u2019était par vœu, \u2014 de réciter chaque jour les quinze mystères du Rosaire et le Petit Office de la Sainte Vierge.« Chaque samedi, quand il était à Paris, il faisait le pèlerinage de N.-D.des Victoires, y célébrait la messe votive de la Vierge, puis récitait un Rosaire entier, pendant qu\u2019un cierge brûlait à l\u2019autel privilégié.Quand il était au Hâvre (il habita surtout ce couvent), il faisait une fois par semaine, dans les mêmes conditions, un pèlerinage à Sainte-Adresse, au sanctuaire de N.-D.des Flots ».é1) Avant-propos, p.6.(2) Ibid, p.7. L\u2019esprit des Livres 475 Prêtres, religieux et simples fidèles trouveront dans « La Vierge Marie » une agréable et forte nourriture à la piété et dévotion envers la Mère des pauvres pécheurs.H.Couture, 0.P.Abbé V.Lemaître.\u2014 « A l\u2019Evangile tout d\u2019abord ».\u2014 Beau volume in-8° carré de XVI-300 pages, illustré de hors-texte.\u2014 P.Le-thielleux, 10, rue Cassette, Paris, 1935.Prix franco : 16 fr.25.« Votre ouvrage \u2014 écrit le censeur chargé de son examen \u2014 s\u2019adresse au grand public, à la moyenne, ecclésiastique et laïque, qui le lira avec fruit et agréablement; l\u2019abondance des citations, des traits anecdotiques, des autorités et des faits .ne laissera pas que de faire impression ».Monsieur Lepin, l\u2019éminent professeur d\u2019Ecriture Sainte au Grand Séminaire de Lyon, écrit de son côté : « Beaucoup de traits instructifs, d\u2019anecdotes édifiantes, de conseils judicieux, d\u2019exhortations vibrantes, où l\u2019on sent passer la flamme d\u2019une âme toute apostolique.Votre ouvrage me paraît de nature à intéresser et à faire beaucoup de bien ».L\u2019Archevêque de Reims remercie en ces termes l\u2019auteur: « Le titre de votre ouvrage est à lui seul un programme, qui doit être médité et qu\u2019il faut suivre .Les développements me paraissent répondre de tout point au programme et converger vers cette idée centrale que le salut est dans le retour à l\u2019Evangile .».Le R.P.Aug.Brault, Procureur des Pères du Saint-Esprit, déclare à son tour : « J\u2019ai lu avec avidité presque toutes les pages de votre livre.A cela rien d\u2019étonnant ; il y a de la vie ; plus en- 476 Revue Dominicaine core, il y a de la flamme.Et le tout est assez concret pour se faire lire de tous ; se faire retenir de la plupart ; ce qui est un beau résultat, je vous prie de le croire.Au reste, le simple Sommaire de l\u2019ouvrage invite à sa lecture : L\u2019Evangile, source de lumière et de vérité \u2014 source de bonté et de vertu \u2014 source de dévouement et de sacrifice \u2014 expression du beau et générateur d\u2019idéal \u2014 L\u2019EVANGILE dans l\u2019Histoire \u2014 Vers l\u2019Evangile : nécessité, réalisation, méthode.Accusés de réception Les effets du Baptême \u2014 Le don de Dieu à ses enfants, par F.Cuttaz.270 p.Les Editions du Cerf.Tables des matières : Introduction \u2014 Ch.I.Incorporation au Christ.\u2014 Ch.IL Incorporation à l\u2019Eglise et participation à ses biens.\u2014 Ch.III.Rémission des péchés.\u2014 Ch.IV.Infusion de la grâce sanctifiante.\u2014 Ch.V.Sublime idéal des baptisés.\u2014 Ch.VI.Grâce sacramentelle du Baptême.\u2014 Epilogue : Obligation de recevoir le Baptême et de le faire administrer aux enfants quamprimum.La dévotion au Baptême.L'Eglise de Jésus, par l\u2019abbé Henri Moillot.Préface du R.P.Et.Hugueny, O.P.150 p.Les Editions du Cerf. Table des Matières {Premier semestre) JANVIER La\tDirection, Vers la liberté\t1 R.\tP.Raymond-M.Voyer,\tO.P., Sensibilité catholique et intelligence catholique\t5 Dr Antonio Barbeau, La méthode Ogino-Knaus \u2014 Du point de vue médical\t24 RR.PP.Lamarche et Saint-Pierre, O.P., Chronique de Littérature \u2014 Henri d'Arles \u2014 « La Rivière à Mars» 33 LE SENS DES FAITS.\u2014 Notre étude d\u2019ensemble sur la Question juive, par le R.P.M.A.Lamarche, O.P.\u2014 L\u2019Œuvre de Notre-Dame de Sion, par le R.P.R.Gar-ngou-Lagrange, O.P.\u2014 Congrès international de Droit, par le R.P.Aug.Leduc, O.P.L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014 Loiano : Institutions theo-logiez moralis {R.-M.C.) Maritain : Sept leçons sur l'être et les premiers principes {T.-M.L.) Pinault: Discernement et culture des vocations {R.-M.C.) Baussan : De Montmartre aux Saintes-de-la-mer {M.-A.L.) Bohler : Sœur Marie-Agnès {F.-M.C.) Accusés de réception.FÉVRIER R.\tP.Benoît Mailloux,\tO.\tP.,\tJournées\tthomistes\t81 R.P.Albert Saint-Pierre, O.P., Les Juifs et les premiers chrétiens\t85 R.P.Thomas-M.Charland, O.P., Le salut des riches \u2014 Notes d\u2019exégèse\t98 Mlle Lucile Godin,\tPierre\tMcleod\t\u2014\t1850-1901\t108 LE SENS DES FAITS.\u2014 Autour d\u2019une controverse religieuse, par Jean-Robert Bonnier.\u2014 Une pierre mystique.\u2014 Echos du mois, par le R.P.Lamarche, O.P. 478 Revue Dominicaine L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014 Garrigou-Lagrange : Le sens du mystère (H.G.) Souilhé : La philosophie chrétienne (H.G.) Just : Le Père des Prêcheurs (A.M.) Barbeau : Au cœur de Québec (B.G.) Gibbons : La foi de nos pères (R.-M.D.) Une vie dans le Christ {H.C.) Dan tin : Poètes de V Amérique française (T.-M.L.) Riondel : La Mère Jacoulet (R.-M.D.) Poètes de la famille au XXe siècle (R.L.) Grammaire latine de St-Sulpice.Mlle Routier : Les tentations (T.-M.L.) Bugnet : Siraf (A.S.-P.) Accusés de réception.MARS R.P.M.-Ceslas Forest, O.P., Avant le grand silence 161 R.P.Raymond-M.Martineau, O.P., Les Juifs et la Chrétienté\t167 Dom Jean Boutry, O.S.B., Chronique de Littérature Spirituelle\t136 R.P.M.-A.Lamarche, O.P., Notre accent canadien 211 LE SENS DES FAITS.\u2014 Sur une formule de M.Antonio Perrault, par le R.P.Lamarche, 0.P.\u2014 Echos du mois : le T.R.P.Forest à la Société de Philosophie, par M.Hermas Bastien.L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014 Festugière : Socrate (A.G.) Brouillette : La chasse des animaux à fourrure au Canada (F.-V.C.) Véron : Madame Després (A.S.-P.) Rumilly : Chefs de file (B.G.) Jéglot : La jeune fille à l'école des Saints (J.D.) Le Vasseur : Recueil de sermons et d\u2019allocutions en français et en anglais (C.M.P.) Accusés de réception.AVRIL R.P.Thomas-M.Landry, O.P., Jeunesse et Religion 241 R.P.Benoît Mailloux, O.P., Les Juifs et les temps modernes\t245 Table des matières 479 R.P.Joseph-Marie Parent, O.P., La vivante liturgie 265 R.P.Raymond-M.Charland, O.P., Un guide méconnu 277 M.Léonce Desgagné, Art et Sincérité \u2014 Pour une architecture religieuse logique\t284 LE SENS DES FAITS.\u2014 Une humaine doctrine de l\u2019hom-me, par le R.P.Raymond-M.Voyer, 0.P.\u2014 Pour le 25e anniversaire du « Devoir », par le R.P.Louis Lachance, 0.P.L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014 Paquet : Etudes et Appréciations (L.L.) Nepven : Retraite spirituelle (L.-G.B.) Tournier : Plages lointaines de VAraguaya (E.L.) Werrie : La Légende d'Albert 1er, roi des Belges (P.-M.T.) Koenig : La Vierge de Lourdes (G.-R.M.) Clark : Voyageurs, Robes Noires et Coureurs de Bois (T.-M.C.) Mellet : L'Itinéraire et l\u2019Idéal monastiques de S.Augustin (R.D.) Eymieu : L\u2019art de vouloir (R.D.) Mlle Clément : En marge de la vie (A.S.-P.) Camirand : Pages bibliques.P.Vincent : L'Evangile dans la vie scoute (M.-A.L.) Benoît : La vie inspirée de Jeanne Mance (A.S.-P.) Accusés de réception.MAI R.\tP.Marc Labonté, O.P., Un livre-réponse\t321 R.\tP.Yves-M.Faribault, O.P., Le Sionisme\t327 R.\tP.Raymond Charland, O.P., La mise à l'Index\t346 R.\tP.Guillaume Lavallée, O.F.M., Le rosaire\tde\tnos joies\t357 LE SENS DES FAITS.\u2014 Les tentatives pour l\u2019Union des Eglises, par le R.P.Antonin Lamarche, 0.P.\u2014 Pour nos Philosophes et nos Théologiens, par le R.P.Mailloux, 0.P.\u2014 Un centenaire : Cajétan (1534-1934), par le R.P.Brunet, O.P.L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014 Simon-Prado : Prcelectiones biblicœ (A.-M.B.) Genevois : Mariologie de S.Albert- 480 Revue Dominicaine le Grand (M.-M.D.) Regout : La doctrine de la guerre juste (L.L.) Verykios : La prescription en Droit international (L.L.) Le Gaudier : De perfectione vitœ spintualis (R.-M.B.) Mlle Filion : Yolande, la fiancée (J.D.) Fauteux : Le duel au Canada (B.G.) Mlle Lefranc : Visages de Montréal (B.G.) Accusés de réception.JUIN M.Jacques Maritain, A propos de la Question Juive 401 M.Léonce Desgagné, Art et Sincérité \u2014 Pour une architecture religieuse vivante M.Jacques Maritain, A propos de la Question Juive 401 R.P.Antonin Pelletier, O.P., U Eucharistie, remède au Communisme\t424 LE SENS DES FAITS.\u2014 Premières Journées Thomistes : Programme, Lettre de S.E.Mgr le Délégué Apostolique \u2014 Un autre Congrès, par le R.P.M.-A.Lamarche, O.P.\u2014 Le mouvement missionnaire canadien, par le R.P.J.-M.Lafrance, O.P.\u2014 L\u2019esprit des Croisades, par le R.P.Th.-M.Lamarche, O.P.L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014 Paulot : Le message doctrinal de Ste-Thérèse de l'Enfant-Jésus (S.-M.V.) Gar-deil : Le Saint-Esprit dans la vie chrétienne (R.-M.B.) Riondel : Fax vobis (R.H.) Laureys : La technique de l\u2019exportation (G.P.) Parizeau : L'Assurance contre l'incendie au Canada (M.-A.L.) Bugnet : La forêt (A.S.-P.) Monsabré : La Vierge Marie (H.C.) Lemaître : A l'Evangile tout d\u2019abord \u2014 Accusés de réception.Table des matières, 1er semestre. UN CONSEIL AUX VOYAGEURS Ne soyez pas inquiets de votre argent si vous partez en voyage.Achetez des chèques de voyageurs ou une lettre de crédit circulaire.Que votre prochain voyage soit dégagé de tout ennui.Il n\u2019existe aucune nécessité d\u2019apporter avec vous des sommes d\u2019argent considérables.Convertissez tout simplement tout l\u2019argent dont vous disposez, en chèques de voyageurs de différentes coupures ou achetez avant votre départ une lettre de crédit.Le coût de cette opération est minime .vous serez en sûreté et vous aurez toujours en disponibilité l\u2019argent dont vous avez besoin.CONSULTEZ A CE SUJET LE GERANT DE NOTRE SUCCURSALE LA PLUS RAPPROCHEE.La Banque Provinciale du Canada M.S.J.B.Rolland\tChs.A.Roy Président\tGérant Général.& HÂRBONNEAU k\"\"1 ¦1\tLimitée PHARMACIENS EN GROS Fabricants Chimistes \u2014 Instruments de Chirurgie.\u2014 Instruments pour Dentiste.30 est, rue Saint-Paul, -\t-\tMontréal Demandez notre Catalogue.Tél.FItzroy 5222* Daigle & Paul Limitée Marchands en gros et en détail BOIS DE SCIAGE Lattes, Bardeaux, Moulures, Jalousies et Portes de tous genres 1962 AV.GALT,\tMONTREAL \u201cEt à l\u2019heure de notre mort.\u201d! 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Magasin: 401\tTELEPHONE BELL\tRésidence: 439J J.D.DESROSIERS MARCHAND DE CHAUSSURES pour toute la famille.Motto: Service \u2014 Courtoisie et Qualité.143, rue Cascades, - Saint-Hyacinthe Je peux vous fournir tout ce qui peut vous être nécessaire en chaussures et en bas.AUSSI AGENCE DE RADIOS.Desmarais & Robifaille Limitée Ornements d\u2019église et Articles religieux 70 ouest, rue Notre-Dame, Montréal 121, rue Rideau, Ottawa, -\t- 95, rue Church, Toronto Nos maisons d\u2019Ottawa et de Toronto peuvent expédier des vins pour fins sacramentelles dans toutes les parties du Canada.Téll Résidence 244-w.(Le soir) Résidence 24-4-j.\tBureau: 88 Maison établie en 1879 A.BLONDIN Limitée \u201cINSUL-BOARD\u201d \u2014 BOIS DE CONSTRUCTION FOURNISSEURS EN GROS Plomberie, Chauffage et Matériel de Construction, Peinture et Vernis 115, rue Cascades, - Saint-Hyacinthe Dentiers incassables \u201cResovin et autres\u201d.Ponts, Obturations de tous genres RAYONS X Ouvrage de première qualité seulement Dr J.-A.-ERNEST DAIGLE, B.C.D.CH IR URGIEN-D EN T 1ST E Membre du Dispensaire Antituberculeux des Comtés de St-Hyacinthe et Rouville Spécialité : Chirurgie Buccale, Extractions sans Douleurs, Procédés nouveaux d\u2019Anesthésie.Prix raisonnables\t79 Ste-Anne Satisfaction Garantie\tST-HYACINTHE, P.Q.Ouvert de 9 A.M.à 9 P.M.\tTéléphone 80 Tous voudront lire VIENT DE PARAITRE Miettes de Bonheur agréable, utile à tous, dans la joie ; dans la peine ; Notre voyage de la vie.Travail ou délassement.Sports .Cartes .par HENRI JOLIET LE CADEAU QUE CHACUN CHERCHE Extrait de la table des matières Santé amis, mari, femme, fille, fils, filleul, protégé, bienfaiteur, Pourquoi noyer le moteur .Le médecin de famille.Programme d\u2019alimentation .Le coup d\u2019appétit .Amour A quoi bon aimer .\tL\u2019amour se perd .L\u2019amour ne serait-il qu\u2019une exploitation ?.L\u2019amour se reprend .Ce qu\u2019est l\u2019amour .\tUne bonne servante .Comment l\u2019amour éclaire, réchauffe.L\u2019amour de l\u2019enfant .Entre épouses, mères et poupées .\tLes sacrifices du véritable amour , Du fiancé chic au mari rustaud.\tUne recette pour guérir.Gagner sa vie .Réduire nos besoins .Lecture \u2014 Journaux .Travail Les revues .Tous les siècles à la recherche du bonheur.L\u2019homme complet.La santé avec l\u2019argent .Les affaires avant le plaisir .Conserver de l\u2019argent .Les réserves nécessaires .Argent Des risques raisonnables .Sans argent, la vie demeure bonne .Peu d\u2019argent vaut parfois mieux que beau- [coup Art Religion On trouve dans ce livre cette fraîcheur optimiste d\u2019un beau matin de printemps.Ces miettes de bonheur, Henri Joliet les recueille toutes comme des parcelles d\u2019or qui tomberaient du ciel pour en former un objet précieux qu\u2019il nous offre à tous en présent, pourvu que nous tendions la main pour le recevoir.(Extraits de la Préface Père Thomas-M.LAMARCHE, Dominicain).EN VENTE AUX EDITIONS EXCELSIOR 5375, Av.Notre-Dame de Grâce Montréal.au prix de $1.00 chacun frais de port compris. < Tel.AMherst 2185'-2186 Ls Dusseault MARCHAND DE PROVISIONS 605 BOULEVARD PIE IX\tMONTREAL, Maisonneuve En Vente à L\u2019ŒUVRE DE PRESSE DOMINICAINE 5375, Av.N.-D.de Grâce, Montréal (Tél.: DExter 7402) « Notre Vie, Notre Douceur, Notre Espérance » (3e édition des Bontés de Marie) par le R.Père Hyacinthe Couture, O.P.Prix: $0.75.«Les Laïcs dans l\u2019Eglise » par le T.R.P.M.-A.Lamarche, O.P., professeur à l\u2019Université de Montréal.Prix: $0.50.« Et à l\u2019heure de notre mort » (Vie et mort édifiantes de cinq jeunes Pères Dominicains).Prix : $0.40.«Le Petit Jacques» par le R.P.Emilien Létourneau, O.M.I.Prix : $0.25.Par la poste $0.30.« Où vont nos vies ?» par le R.P.Louis Lachance, O.P.du Collège Dominicain d\u2019Ottawa.Prix : $0.90.« Miettes de Bonheur » par Henri Joliet.Prix : $1.00. 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