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Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Rosaire
  • Successeur :
  • Maintenant
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Revue dominicaine, 1935-12, Collections de BAnQ.

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[" R-362 JjBecembre 1935 Refute Paraît chaque mois à 80 pages Directeur R.P.M.-A.Lamarche Conseil de Rédaction RR.PP.Ceslas Forest Benoît Mailloux Raymond Voykr Th.-M.Lamarche Albert Saint-Pierre Abonnements Canada :\t$2.00 Etranger :\t$2.25 Avec le « Rosaire » : 25 sous en plus par an Le numéro:\t25 sous La Revue ne sera pas responsable des écrits de collaborateurs étrangers à l\u2019Ordre de S.Dominique.EN JANVIER 1936 L\u2019AMERICANISME ET NOTRE VIE RELIGIEUSE par le R.P.Raymond-M.Voyer, O.P.LA SOCIETE D\u2019ETUDE ET DE CONFERENCES par Madame Annette LaSalle-Leduc 5375, Av.N.-D.de Grâce, Montréal (Canada) l-'bn yf 6 CIGA RETTES SWEET CAPORAL 'La forme la plus pure souslaquellele tabac peut être fumé\".J^ancet Réclame de la Division de Québec Imperial Tobacco Company of Canada, Limited LES CADEAUX UTILES Dans le choix d\u2019un cadeau de Noël ou du Jour de l\u2019An, on se laisse guider par la situation, les besoins, les désirs de ceux à qui l\u2019on veut apporter de la joie.Si les vôtres ne possèdent pas sur votre vie, une protection suffisante, n\u2019est-ce pas un superbe et précieux présent que de leur apporter la sécurité complète ?Prolongez-leur votre aide par-delà votre vie.La suggestion de la sollicitude, de l\u2019affection, de la responsabilité ou de la reconnaissance : C\u2019EST UNE POLICE DANS La Société des Artisans Canadiens- Français FONDEE EN 1876 Société mutuelle astreinte aux mêmes obligations légales de sécurité que les compagnies commerciales Vie, Accident, Maladie, Invalidité, Rentes viagères.La plus forte institution canadienne-française d\u2019assurance sur la vie, en Amérique.Assure les hommes, les femmes et les enfants, depuis $100.00 jusqu\u2019à $10,000.00, d\u2019après les systèmes les plus modernes et les plus avantageux.Tous les bénéfices réalisés, au lieu d\u2019être distribués à des actionnaires, vont directement aux assurés eux-mêmes.Assurance en vigueur: Bénéfices payés: Fonds accumulés: $50,000,000.00\t$21,500,000.00\t$14,500,000.00 SIÈGE SOCIAL : MONTRÉAL Décembre 1935 SOMMAIRE R.P.Thomas-M.Lamarche, O.P.Pour un centenaire de Lacordaire T.R.P.M.-Ceslas Forest, O.P.La Question juive au Canada.\u2014 II.Mlle Hélène Grenier L\u2019Espagne à seconde vue LE SENS DES FA.ITS.\u2014 A propos d\u2019hérésie, par le R.P.Thomas-M.Landry, O.P.\u2014 A nos présents et futurs abonnés, par le R.P.M.-A.Lamarche, O.P.L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014 Fandrich : L\u2019Ecole Primaire Supérieure (H.-M.H.) Ingold: Général et Trappiste (E.L.) Bouffier : Anna-Maria Taigi (H.-M.H.) Ghéon : Le mystère du rot S.Louis (A.-M.M.) Mme Lamontagne-Beauregard : Dans la brousse (A.S.-P.) Massoulié : Méditations de S.Thomas (R.-M.C.) Fan-fani : Catéchisme sur l'état religieux (R.-M.C.) Gue-nette: Essai sur l\u2019éducation (M.-C.F.) Constantin-Weyer: Le flâneur sous la tente (M.L.) M.Pagot: Par la joie ! \u2014 Notes de pédagogie moderne (J.B.) De Montigny : Les boules de neige (A.S.-P.) Robert Rumilly: Marie Barbier, mystique canadienne.Autres publications.Accusés de réception.Table des Matières. POUR UN CENTENAIRE DE LACORDAIRE On a célébré cette année le centième anniversaire du premier sermon de Lacordaire à Notre-Dame.C\u2019est une invite à rappeler l\u2019attachante et extraordinaire physionomie de cet homme qui sut concilier dans sa vie, apparemment du moins, des inconciliables, ayant tour à tour étonné son siècle comme prêtre, moine, prédicateur, député, académicien, éducateur, restaurateur d'Ordre ; par dessus tout, vénéré dans son pays presqu\u2019à l\u2019égal d\u2019un saint.Le point saillant, la caractéristique de cette grande figure du XIXe siècle, c\u2019est cette note apostolique, au sens large d\u2019action religieuse, qui met pour ainsi dire de l\u2019âme et de l\u2019unité dans tous ses faits et gestes, et nous découvre le secret de sa prodigieuse influence.Le Père Janvier, l\u2019un de ses successeurs à Notre-Dame, n\u2019hésite pas à affirmer que « le Père Lacordaire fut manifestement un envoyé de Dieu ».Et cette parole, à suivre le cours des événements de sa vie, ne parait ni trop audacieuse ni vraiment trop fraternelle.Il n\u2019y a pas à douter que la Providence se servit de son génie et de ses vertus, pour toucher son siècle, tirer les âmes de 322 Revue Dominicaine leur indifférence, et rendre au culte traditionnel la place et l\u2019autorité qui lui étaient dues.A coup sûr la grâce, sans laquelle tout ministère demeure infructueux, fut la cause première de ses surnaturels succès.Mais Lacordaire apparaît aussi comme l\u2019instrument choisi et approprié à un siècle assoiffé de vérité, et qui aimait l\u2019entendre de quelqu\u2019un qui auparavant l\u2019eût vécue, de toute la force et la vitalité de son pœur.On a peu d\u2019idée de la puissance de persuasion de cette parole que Sainte-Beuve a définie «Véloquence même», de l\u2019emprise de cet homme comparable aux saint Bernard, aux Pierre l\u2019Ermite, et qui sut comme eux faire de son verbe enflammé, le moyen par excellence pour atteindre l\u2019âme des foules et les convertir au bien.Quand Lacordaire monta en 1835 dans la chaire de Notre-Dame, l\u2019antique cathédrale « se remplit d\u2019une multitude qu\u2019elle n\u2019avait pas encore vue ».La jeunesse de la Saint-Vincent de Paul, la jeunesse libérale et absolutiste, les amis et les ennemis, et cette foule curieuse à l\u2019affût de toute nouveauté soudainement moussèe par la mode, s\u2019étaient rendus dans la célèbre enceinte.Et remarquons bien, c\u2019était quelques années à peine après que Louis Veuillot eût formulé cette sombre déclaration : « Dans la ville que j\u2019habitais, il y avait sans doute d\u2019honnêtes gens, il n\u2019y avait pas un homme à ma connaissance, pas un, ni fonctionnaire, ni magistrat, ni vieux, ni jeune qui Pour un centenaire de Lacordaire 323 remplît ses devoirs religieux.» Tous les journaux du temps parlent de «concours prodigieux», T «affluence inouïe».Toutes les classes trouvaient leurs représentants à Notre-Dame : députés, militaires, magistrats, savants, artistes, hommes de lettres.Quel succès déjà, après le souffle de révolte, d\u2019impiété et d\u2019indifférence qui venait de passer sur la France et l\u2019Europe.«Je montai en chaire, dit Lacordaire, non sans émotion, mais avec fermeté, l\u2019œil fixé sur l\u2019archevêque (c\u2019était Mgr de Quélen) qui était pour moi après Dieu, mais avant le public, le premier personnage de cette scène.Il m\u2019écoutait, la tête un peu baissée, dans un état d\u2019immobilité absolue, comme un homme qui n\u2019était pas simplement spectateur, ni même juge, mais qui courait des risques personnels dans cette solennelle aventure.Quand j\u2019eus pris pied dans mon sujet et mon auditoire, que ma poitrine se fût dilatée sous la nécessité de saisir une si vaste assemblée d'hommes, et que l\u2019inspiration eût fait place au calme d\u2019un début, il m\u2019échappa un de ces cris, dont l\u2019accent, lorsqu\u2019il est sincère et vrai, ne manque jamais d'émouvoir ».Ce cri, lancé sous le coup de l'émotion profonde et du feu de l\u2019improvisation était, paraît-il : « Assemblée, assemblée, que me demandez-vous ?que voulez-vous de moi ?La vérité ?Vous ne l\u2019avez donc pas en vous ?Vous la cherchez donc, vous voulez la recevoir ; vous êtes venus ici pour être enseignés ».L\u2019archevê- ¦ 324 Revue Dominicaine que tressaillit visiblement, dit le Père Lacordai-re.La bataille était gagnée dans son esprit, elle l\u2019était aussi dans l\u2019cuiditoire.Il ne faudrait pas croire que cette éloquence du Père Lacordaire se traduisait comme en une simple joute oratoire d\u2019un dilettante de la parole.Sa religion n\u2019était pas pour lui qu\u2019une occasion de faire valoir ses beaux dons surélevés jusqu\u2019au génie dont la nature l\u2019avait si généreusement doué.Non, Lacordaire était un homme aux croyances éminemment actives et pratiques.Il avait la soif des âmes, et toute l\u2019ardeur d\u2019un néophyte profondément atteint comme saint Paul de la folie de la croix.Et c\u2019est cette sincérité dans la conviction qui lui valut non seulement ses triomphes jamais surpassés depuis dans la chaire chrétienne, mais toute cette moisson d\u2019âmes qui devaient à sa suite exercer une si visible influence sur le catholicisme des Français.Comment énumérer les éclatantes ou obscures conversions dues à sa parole ardente et persuasive.« A son contact et à sa voix, les préjugés tombaient d\u2019eux-mêmes, les erreurs se dissipaient et les volontés se trouvaient soudainement ébranlées » ; le catholicisme regagnait de sa faveur populaire, retrouvait même son ancien prestige dans la vie nationale.On connaît cette boutade : « Le Père Lacordaire faisait monter sur les confessionnaux ; le Père Ravignan y faisait entrer ».Ce n\u2019est là évidemment qu\u2019une con- Pour un centenaire de Lacordaire 325 cession au plaisir facile d\u2019un bon feu de mots.C\u2019est Mgr Donnet archevêque de Bordeaux qui écrivait en 1862, après le passage de Lacordaire : « Les effets produits par cette parole ont été immenses et durables.L\u2019esprit public est changé depuis cette époque.Nous sommes encore la ville élégante et quelquefois trop légère, mais les églises sont plus fréquentées que dans plusieurs grandes villes qui ont une meilleure réputation ».A Metz, il opéra cette conversion devenue célèbre du Général de Marguerite.« Et encore, dit Foisset, elle ne fut point isolée ; j\u2019ai sous les yeux la preuve que le commandant de l\u2019école d\u2019application, un colonel et un chef d\u2019escadrons d\u2019artillerie, et bon nombre d\u2019autres firent acte de foi à la suite de cette station.A Nancy, c\u2019est Alphonse Thierry de Saint-Baussant, artiste doué d\u2019une intelligence vive et d\u2019une aménité charmante qui revint à Dieu, réconforté, pour lui demeurer dans la suite scrupuleusement fidèle.Un jeune avocat, Alexandre de Metz-Noblat suivit son exemple, sentant selon ses propres mots, à la parole du grand prédicateur « ses résistances et les objections fondre dans son âme comme la neige sous un chaud rayon de soleil ».Plus tard, c\u2019est le sculpteur Bonnassieu, Mme la comtesse de Colmar, Pierre Olivain, Félix Pittard, entrés dans la Compagnie de Jésus, Piel, Besson, Requédat, pour ne nommer que les plus connus ou les plus illustres. 326 Revue Dominicaine Pourtant, cette gloire de qualité si rare, et de moins en moins contestée, le grand homme ne devait pas en jouir à son gré.Il fallut entrer en lice pour les intérêts supérieurs de l\u2019Eglise et de la France.Et là encore, son action devait avoir de lointaines conséquences.Si aujourd\u2019hui, parmi tant d\u2019autres, la plume ardente d\u2019un Etienne Gilson doit batailler pour une liberté religieuse plus parfaite sur le sol français, quel est l\u2019Ordre religieux qui ne doit pas au Père Lacordaire cette tolérance reconnue en terre française au prix de son génie et de la persévérance de ses efforts.C\u2019est lui qui s\u2019écriait avec une mâle assurance : « la liberté ne se donne pas elle se prend ».Aussi fut-il exceptionnellement heureux dans cette cause qu\u2019il gagna en faveur de tous les instituts en plaidant celle des Frères Prêcheurs.Le gouvernement avait, en 1828, poussé la haine du catholicisme jusqu\u2019à interdire l\u2019enseignement aux Pères Jésuites sous le fallacieux prétexte qu\u2019ils voulaient accaparer toute l\u2019influence politique et religieuse.Lacordaire réclamait dans son Mè moire qui est un chef-d\u2019œuvre de tact et de bon sens la simple autorisation pour un chrétien « de suivre les aspirations de sa foi, de vivre pauvrement avec quelques amis touchés des mêmes désirs que lui ».A force d\u2019audace et de courage il contourna tous les obstacles et triompha de toutes les difficultés.Et, dit le Père Janvier, « il réussit même à Pour un centenaire de Lacordaire 327 faire acclamer la robe blanche aux trois centres de notre vie, religieuse, politique, intellectuelle : Notre-Dame, la Chambre des Députés et l\u2019Académie Française ».Je tenterais bien en vain d\u2019énumérer ici en ces courtes pages toutes les œuvres apostoliques du grand prédicateur.Ai-je seulement réussi à indiquer les traits essentiels.Je me demande pourtant, avant de terminer, quelle vie peut être comparable à la sienne en travaux aussi divers et aussi féconds.Qui donc au XIXe siècle a su autant que lui faire passer dans sa parole et dans sa vie autant de cette âme du Christ qui pour un chrétien est en définitive le seul véritable foyer de toute action religieuse.On peut en tirer une dernière preuve, un dernier exemple de cette page sublime, à mon sens la plus belle qui soit sortie de sa bouche et de son cœur : « Seigneur Jésus, depuis dix ans que je parle de votre Eglise devant cet auditoire, c\u2019est au fond toujours de vous que j\u2019ai parlé ; mais enfin aujourd\u2019hui, plus directement, j\u2019arrive à vous-même, à cette divine figure qui est chaque jour l\u2019objet de ma contemplation, à vos pieds sacrés que j\u2019ai baisés tant de fois, à vos mains aimables qui m\u2019ont si souvent béni, à votre chef couronné de gloire et d\u2019épines, à cette vie dont j\u2019ai respiré le parfum dès ma naissance, que mon adolescence a méconnue, que ma jeunesse a reconquise, que mon âge mûr adore et annonce à toute créature.O Père, ô Maître, ô 328 Revue Dominicaine Ami, ô Jésus, secondez-moi plus que jamais, puis-qu\u2019étant plus proche de vous, il convient qu\u2019on s\u2019en aperçoive, et que je tire de ma bouche, des paroles qui se sentent de cet admirable voisinage ».A l\u2019innocente question : Quel sermon de La-cor daire voudriez-vous avoir entendu?ma foi, j\u2019opterais pour celui-là, digne aussi d\u2019une célébration centenaire, \u2014 mais c\u2019est le cas de dire : ils sont trop ! Thomas-M.Lamarche, O.P. La Question juive chez nous Deuxième article Les juifs et l\u2019Université Le Moyen Age qui mettait les juifs au ban de la société les écartait des fonctions publiques et leur interdisait les professions libérales.L\u2019émancipation civile des juifs a fait tomber la plupart de ces barrières.Seules, quelques législations de l\u2019Europe Orientale contiennent encore des restrictions de ce genre.Le nombre des étudiants juifs admis à l\u2019université est fixé d\u2019avance et ne peut être dépassé.Chez nous, aucune entrave n\u2019est mise au droit qu\u2019ils ont, comme tous les autres citoyens, de s\u2019instruire.Aucune loi ne leur interdit l\u2019entrée des universités, ni l\u2019exercice de telle ou telle profession.Par contre, nos universités étant des institutions libres, elles pourraient à la rigueur fermer leurs portes aux juifs.A l\u2019Université de Montréal \u2014 c\u2019est d\u2019elle seule qu\u2019il sera question dans cet article \u2014 on s\u2019est refusé jusqu\u2019ici à le faire.On a prétendu que cette université était envahie par les juifs.Il n\u2019en est rien.Sur 2 500 étudiants environ qui fréquentent ses facultés et éco- 330 Revue Dominicaine les, \u2014 il faudrait même dire 4 500, si nous comptions à la façon des universités anglaises, en incluant les élèves des quatre dernières années du cours classique, \u2014 le nombre des juifs a varié, en ces derniers temps, de 50 à 75.On les retrouve surtout à l\u2019Ecole de Pharmacie et à la Faculté de Droit : à l\u2019Ecole de Pharmacie, parce que c\u2019est la seule qui existe à Montréal ; à la Faculté de Droit, parce que les futurs avocats juifs veulent apprendre notre langue et étudier chez nous le droit civil qui est français d\u2019origine et d\u2019esprit.L\u2019Université impose aux étudiants juifs le maximum de ses exigences, soit pour les qualifications intellectuelles, soit pour les frais de scolarité.Elle les astreint à la même discipline que les autres.Ils ne sont admis à aucune fonction, à aucun office dans l\u2019enseignement ou dans la vie sociale des étudiants.Par ailleurs, personne jusqu\u2019ici n\u2019a jamais mis en doute leur réserve, leur esprit de travail et leur soumission aux règlements de l\u2019Université.Tout ce qu\u2019ils demandent, c\u2019est une science qu\u2019on n\u2019a jamais encore refusée à personne.Dans certains milieux, on n\u2019a cessé de reprocher vivement à l\u2019Université de Montréal son attitude vis-à-vis des juifs.Les passions qu\u2019on a soulevées à ce propos ont failli amener des bagarres entre étudiants.Elles ont conduit, en tout cas, à cette chose extrêmement regrettable : la grève des internes de l\u2019hôpital Notre-Dame.En nous La Question juive chez nous 331 plaçant au point de vue patriotique, nous n\u2019hésitons pas à affirmer que cette campagne est malheureuse.L\u2019Université de Montréal traverse une crise financière qui met en jeu son existence elle-même.Elle aura besoin, pour survivre, du concours de tous.Ce n\u2019est certes pas le moment de soulever contre elle l\u2019opinion publique.On admettra sans peine que ceux à qui on a confié les destinées de l\u2019Université sont plus en mesure que qui que ce soit de donner à un problème comme celui-là la solution qui convient.Us ont, autant que n\u2019importe qui, le souci sincère de sauvegarder nos intérêts nationaux et religieux.Si certaines personnes ou certains corps responsables jugent à propos d\u2019attirer l\u2019attention des autorités universitaires sur tel ou tel point, qu'ils le fassent directement et privément.Le grand public est trop souvent incapable de juger sainement et sans passion de problèmes aussi complexes.En tout cas, lorsque l\u2019autorité constituée a pris une décision, les critiques ne peuvent plus qu\u2019inutilement nuire à une œuvre que nous devrions tous avoir à cœur de défendre et de sauver.L\u2019admission des juifs à l\u2019Université a été longuement et soigneusement étudiée par qui de droit.Le statu quo n\u2019en a pas moins été mainte-tenu.Si un jour l\u2019autorité compétente décide de modifier son attitude, nous acceptons d\u2019avance sa décision.Tout ce que nous voulons aujour- 332 Revue Dominicaine d\u2019hui, c\u2019est exposer quelques-unes des raisons qui légitiment la position prise par l\u2019Université.Il va de soi que nous parlons en notre nom propre.On dit que l\u2019Université de Montréal est une université catholique, et on en conclut qu\u2019elle devrait être réservée aux catholiques.La conclusion ne s\u2019impose nullement.Une université catholique, c\u2019est une université où l\u2019enseignement est catholique.Cet enseignement exige des professeurs catholiques ; il n\u2019exige pas nécessairement que tous les élèves soient catholiques.Le Concile plénier du Canada, tenu à Québec en 1909, demande de détourner les étudiants catholiques des universités protestantes ou neutres ; il ne demande pas de détourner les protestants ou les juifs de nos universités catholiques.Au point de vue religieux, la fréquentation des universités protestantes ou neutres par nos étudiants comporte des dangers.Il semble au contraire qu\u2019il faudrait plutôt nous réjouir de voir les protestants et les juifs rechercher un enseignement catholique.On nous permettra ici un souvenir personnel.Nous sommes chargé du cours de morale sociale à l\u2019Ecole des Sciences sociales, économiques et politiques.Or, deux années consécutives, des élèves protestants inscrits à l\u2019Ecole sont venus nous exprimer leur surprise d\u2019abord, leur admiration ensuite, en face de la doctrine proposée par l\u2019Eglise.Aucun témoignage ne nous a davantage réjoui. La Question juive chez nous 333 Un seul motif religieux pourrait faire écarter les juifs de l\u2019Université : ce serait le danger que cette fréquentation ferait courir à nos étudiants.Or ce danger est nul.Les juifs n\u2019ont guère donné jusqu\u2019ici que des exemples de travail et de bonne tenue.Ceux qui ont charge de la discipline universitaire n\u2019hésitent pas à en témoigner.En se plaçant, non plus au point de vue religieux, mais au point de vue national, on ajoute : l\u2019Université de Montréal a été créée par les nôtres et pour les nôtres ; les juifs n\u2019y sont donc pas à leur place.Ici encore, il y a des réserves à faire.L\u2019Université de Montréal a reçu, en ces dernières années, près d\u2019un million de la ville de Montréal et cinq millions de la Législature de Québec.Cet argent est de l\u2019argent canadien-français, mais c\u2019est aussi de l\u2019argent anglais et de l\u2019argent juif.Il y a plus.L\u2019Université devra fermer ses portes à brève échéance à moins que la ville et le gouvernement ne lui accordent des octrois annuels capables de couvrir, en partie au moins, son déficit actuel.Des sacrifices seront demandés à tous, aux juifs comme aux autres.Serait-il habile, serait-il même juste de les écarter d\u2019une université qu\u2019ils seront appelés à secourir ?Dans une province où il n\u2019y a pas d\u2019université d\u2019état, peut-on légitimement les forcer à concourir à l\u2019enseignement supérieur et leur en refuser l\u2019accès ?Sans doute, si le nombre des étudiants que nous pouvons admettre à l\u2019Université était limité, 334 Revue Dominicaine si nous devions en écarter un certain nombre, il serait injuste de ne pas accorder la préférence aux nôtres.Mais ce n\u2019est pas le cas.Dans la plupart des facultés, nous aurions avantage à ce que les inscriptions fussent plus nombreuses puisque la plus grande partie de nos revenus nous vient des droits de scolarité.On objecte enfin que les professions libérales sont encombrées.C\u2019est la raison que l\u2019on a fait valoir jusqu\u2019ici pour écarter les femmes de la pratique du droit.Nous pensons, au contraire, qu\u2019il n\u2019y a pas ici une question de race ou de sexe, mais une question de compétence.Si l\u2019on veut restreindre l\u2019exercice de telle ou telle profession, qu\u2019on élève les barrières, toutes les barrières qui en ferment l\u2019entrée, celles du baccalauréat et celles des diplômes universitaires.Mais qu\u2019on ne fasse pas intervenir des considérants tout-à-fait étrangers au légitime exercice de ces professions.Tout comme, les juifs peuvent fort bien désirer être soignés et défendus en justice par les leurs.C\u2019est même leur droit.Ne les forcez pas à fonder une université juive, car c\u2019est alors que la province sera inondée de professionnels juifs.Il y aurait un moyen d\u2019ailleurs de limiter le nombre de ces professionnels aux besoins de la population juive ; ce serait que les Canadiens français, dans ce domaine comme dans les autres, encouragent exclusivement les leurs.Du reste, ce problème ne regarde pas direc- La Question juive chez nous 335 tement l\u2019Université.Il relève avant tout des chambres professionnelles.C\u2019est à celles-ci qu\u2019il incombe de protéger leurs professions respectives.Tant qu'elles laisseront les portes ouvertes à tous, nous ne sommes pas responsables de l\u2019encombrement qui peut en résulter.Il suffit que nous exigions des juifs les qualifications qu\u2019elles ont elles-mêmes fixées.L\u2019Université se montre tellement sévère à cet égard que, sur 133 étudiants juifs qui se sont présentés en 1933 pour être inscrits à la Faculté de médecine, trois seulement ont été acceptés.Voilà quelques-uns des motifs sur lesquels les autorités universitaires se sont appuyées pour laisser la porte ouverte aux étudiants juifs.Il va de soi \u2014 nous le répétons \u2014 qu\u2019elles sont prêtes à accepter toute direction contraire qui pourrait leur être donnée un jour.Les juifs et la loi du dimanche Le Canada étant un pays chrétien, ses lois comme ses institutions doivent en porter l\u2019empreinte.Il convient donc, non seulement qu\u2019elles s\u2019inspirent des préceptes divins, mais encore qu\u2019elles leur accordent, en certains cas, la sanction civile.C\u2019est le but que se proposent en particulier celles qui ont trait à l\u2019observance du dimanche.De 1867 à 1902, \u2014 j\u2019emprunte ces données au mémoire soumis récemment à la Cour d\u2019appel 336 Revue Dominicaine par Me Antonio Perrault, \u2014 il semblait admis que le pouvoir de réglementer l\u2019observance du dimanche relevait des provinces.Cette interprétation fut modifiée, en 1903, par le Conseil privé.Celui-ci décida que toute loi prohibitive concernant le dimanche était du droit pénal et relevait par conséquent du parlement fédéral.Seules les réglementations locales et de police continuent de ressortir aux différentes législatures.Le jugement du Conseil privé rendait inconstitutionnelles la plupart des lois édictées par les provinces.Le parlement fédéral résolut donc de les remplacer par une loi générale.Le bill soigneusement élaboré fut présenté, le 12 mars 1906, par le ministre de la Justice sir Charles Fitzpatrick.Il souleva de longs débats qui trouvèrent un écho à travers tout le pays.Nous n\u2019en retiendrons que ce qui a rapport à la question que nous étudions.Lors de la discussion aux Communes, les juifs représentés par M.Goldstein et les adventistes du septième jour représentés par M.Folinsbee demandèrent qu\u2019on insérât dans la loi un certain nombre d\u2019exceptions à leur endroit.Cette demande fut rejetée, mais le parlement décida de laisser aux provinces le droit d\u2019accorder, chacune en particulier, ce qu\u2019il avait refusé pour le pays tout entier.Voici, par exemple l\u2019article 4 de la loi : « Sauf les dispositions de la présente loi et les dispositions des lois provinciales actuellement en vi- La Question juive chez nous 337 gueur ou qui le peuvent devenir, personne ne peut, le dimanche, vendre, offrir en vente ou acheter des marchandises, des effets, des biens meubles ou immeubles, exercer ou continuer d\u2019exercer une besogne de son état ordinaire ou quelque besogne accessoire de cet état ou pour quelque gain, exécuter, au cours de cette journée, une besogne ou un ouvrage, ou employer à son exécution une autre personne ».Cette loi adoptée le 13 juillet 1906 ne devait entrer en vigueur que le premier mars 1907.Dans l\u2019intervalle, la Législature de Québec s\u2019empressa de passer une loi pour garantir aux juifs les privilèges qu\u2019ils n\u2019avaient pu obtenir du parlement fédéral.Cette loi, présentée le 22 février 1907, fut votée le 27 et sanctionnée le 28.Voici le texte de l\u2019article 7 qui a soulevé depuis tant de discussions.« Nonobstant toutes dispositions à ce contraires contenues dans la présente section, quiconque observe consciencieusement et habituellement le septième jour de la semaine comme jour du sabbat et s\u2019abstient réellement du travail ce jour-là n\u2019est pas sujet à être poursuivi pour avoir fait du travail le premier jour de la semaine, si ce travail ne dérange pas d\u2019autres personnes dans l\u2019observance du premier jour de la semaine à titre de jour saint, et si l\u2019endroit où se fait ce travail n\u2019est pas ouvert au commerce ce jour-là ».Comme il fallait s\u2019y attendre, cette loi a donné lieu à toutes sortes d\u2019abus sur lesquels nous 338 Revue Dominicaine reviendrons plus loin.L\u2019année dernière, la Ligue du Dimanche demanda au gouvernement le rappel du privilège juif.Le Premier Ministre répondit en mettant en doute le droit du Parlement à abroger l\u2019article 7.Quelques jours plus tard, en effet, MM.L.-E.Beaulieu et Charles Lanctôt tentaient de démontrer, dans le Soleil qu\u2019une pareille abrogation serait ultra vires.D\u2019autres jurisconsultes éminents : MM.Antonio Perrault, Léo Pel-land et Anatole Vanier ont soutenu le contraire.Devant cette divergence d\u2019opinions, le Procureur Général décida de référer la question aux cours de justice.Si le débat est porté de la Cour d\u2019appel à la Cour suprême, et de celle-ci devant le Conseil privé, le gouvernement aura toujours eu l\u2019avantage de gagner du temps.Nous n\u2019avons pas autorité pour discuter ce point de droit quelque peu étranger d\u2019ailleurs à la question qui nous occupe.11 appartiendra aux cours de justice de décider à qui, du Parlement fédéral ou du Parlement provincial, revient le droit d\u2019abroger le privilège juif.Quant à nous, nous nous bornerons à chercher ce qu\u2019il faut en penser.Nous admettons volontiers que l\u2019article 7 a été rédigé avec un grand soin.Les restrictions dont on a entouré le privilège juif tendent à réduire au minimum les inconvénients qu\u2019on en pouvait redouter.Ce qu\u2019on ne semble pas avoir prévu toutefois, c\u2019est que ces restrictions resteraient La Question juive chez nous 339 illusoires, et qu\u2019il serait difficile, pour ne pas dire impossible, d\u2019en exiger le respect.Les pires abus devaient fatalement s\u2019introduire par la porte qu\u2019on avait eu l\u2019imprudence d\u2019entre-bâiller.Comment s\u2019assurer, par exemple, que celui qui travaille le dimanche « observe consciencieusement et habituellement » le jour du sabbat et « s\u2019abstient réellement du travail ce jour-là » ?N\u2019est-ce pas une invite à tous les juifs, pratiquants ou non, à violer le dimanche ?En fait, une enquête récente de la Ligue du Dimanche a prouvé que « presque tous les ateliers juifs étaient en pleine opération le samedi ».Ce qui ne les empêche pas évidemment de continuer leur travail le dimanche.La loi qui autorise les juifs à travailler le dimanche, leur interdit de faire du commerce et d\u2019ouvrir leurs magasins.La Ligue du Dimanche a aussi fait enquête sur ce point, et en voici le résultat : « Nous avons mené dernièrement une petite enquête à Montréal, dans le centre de la ville,, entre les rues Craig, Bleury, Laurier et Saint-Denis.Combien avons-nous trouvé de magasins juifs ouverts le dimanche ?Cent dix-huit.Quelques-uns, vendeurs de fruits et de légumes, auraient pu peut-être soutenir qu\u2019ils étaient en règle avec un récent jugement, mais les nombreux épiciers, les bouchers et les tailleurs, les marchands de nouveautés et de fourrures, les quincailliers, etc ?» Ces abus s\u2019étalent si effrontément 340 Revue Dominicaine qu\u2019on a fini par croire qu\u2019ils faisaient partie du privilège accordé aux juifs.Et un jeune journaliste a pu écrire qu\u2019on avait bien fait de leur permettre « de tenir boutique ouverte le dimanche ».Il en serait de même de l\u2019interdiction qui est faite aux patrons juifs de forcer leurs ouvriers chrétiens à travailler le dimanche.Elle n\u2019aurait cessé d\u2019être violée.Il est tellement facile, en ces temps de chômage, de trouver des ouvriers complaisants.En résumé, il y avait dans la loi un privilège soumis à beaucoup de restrictions.Les juifs ont accepté le privilège, mais se sont moqués des restrictions.C\u2019était inévitable.Rien n\u2019est plus aisé que de tourner une loi comme celle-là, d\u2019en masquer les violations.Du reste, l\u2019industrie et le commerce juifs sont trop considérables pour qu\u2019un contrôle efficace puisse être exercé.L\u2019expérience est faite et elle est concluante.A la longue, le mal ne pourra que s\u2019aggraver.Le seul moyen de redonner au dimanche son caractère de jour saint, c\u2019est d\u2019abroger l\u2019article sept de la loi.N\u2019est-il pas étrange d\u2019ailleurs que notre province ait été la seule à accorder aux juifs un privilège que le Parlement fédéral leur avait refusé?Largeur d\u2019esprit ou excès de complaisance ?Nous laissons à chacun le soin de répondre.En tout cas, il en est de cette question comme de celle des écoles juives : tout ce que les juifs ont réussi à obtenir était plus ou moins au détriment La Question juive chez nous 341 des intérêts religieux de cette province.Rien ne concourt, en effet, à donner à un pays une physionomie chrétienne comme l\u2019observance du dimanche.C\u2019est, pour un peuple, la façon par excellence d\u2019affirmer ouvertement sa foi.Sans tomber dans les exagérations du puritanisme, nos ancêtres ont toujours professé un profond respect pour le Jour du Seigneur.Cela fait partie de notre patrimoine national et religieux, et nous ne devrions permettre à personne d\u2019y toucher.Nous n\u2019ignorons pas que les juifs qui observent scrupuleusement le jour du sabbat, \u2014 et il en reste encore, \u2014 se trouvent dans une situation défavorable vis-à-vis de leurs concitoyens d\u2019autre origine.Ils le savaient en venant s\u2019établir ici.Ils l\u2019ont accepté d\u2019avance, comme les mormons ont accepté de renoncer à la polygamie.Un pays chrétien, ce n\u2019est pas seulement un pays habité par des chrétiens, c\u2019est avant tout un pays dont les lois, comme les institutions, sont chrétiennes.Nous serions inexcusables de sacrifier quoi que ce soit de cela pour plaire à des gens qui sont venus ici de leur plein gré et que nous n\u2019avons nul intérêt à attirer ou à garder chez nous.C\u2019est à eux à se soumettre aux lois du pays et non aux lois du pays à s\u2019incliner devant leurs exigences.Bien plus, cet excès de complaisance à l\u2019égard de la minorité juive n\u2019est pas sans dangers pour l\u2019avenir.Et c\u2019est elle qui en ressentira le contre-coup.« Pas besoin d\u2019être prophète, lisait- 342 Revue Dominicaine on dans Y Action nationale du mois de février 1934, pour prédire que l\u2019antisémitisme, le véritable, sera inévitable chez nous comme ailleurs, à moins que deux choses ne se produisent : à savoir que les juifs eux-mêmes, déjà jugés trop encombrants, se remettent à leur rang et à leur place, que ceux des nôtres, immédiatement intéressés à les ménager, cessent de faire des juifs une caste privilégiée ».Le boycottage des juifs Le boycottage est, de toutes les formes de l\u2019antisémitisme, celle qui est la plus douloureusement sentie par les juifs.Elle les atteint dans cette poursuite de la fortune qui est, pour le grand nombre d\u2019entre eux, le but unique et l\u2019unique raison de vivre.C\u2019est aussi celle où les rivalités d\u2019intérêts peuvent le plus facilement se glisser sous les beaux mots de patriotisme et de solidarité.Le jugement à porter sur ces appels au boycottage des juifs semble, à première vue, des plus faciles.Il n\u2019y a pas deux morales : l\u2019une qui régit nos rapports avec les juifs et l\u2019autre qui régit nos rapports avec le reste de l\u2019humanité.Il n\u2019y en a qu\u2019une, et ses prescriptions sont claires : il n\u2019est jamais permis de faire du tort aux autres par des moyens injustes.La justice ou l\u2019injustice des moyens, c\u2019est, on le devine, le point sur lequel se concentre la discussion ; c\u2019est la route qu\u2019elle prend pour passer La Question juive chez nous 343 de l\u2019abstrait au concret, du terrain des principes à celui des faits.Nous devons l\u2019y suivre, sans nous dissimuler le danger que comporte pareille démarche.Le premier argument que l\u2019on apporte pour justifier cet appel au boycottage des juifs, c\u2019est leur malhonnêteté.On dit : nous n\u2019en voulons pas aux juifs.Ce que nous dénonçons, c\u2019est un ensemble de méthodes frauduleuses grâce auxquelles les juifs réussissent à édifier leur fortune et à écraser leurs concurrents.En détournant les nôtres d\u2019acheter chez les juifs, nous ne poursuivons qu\u2019un but : les protéger contre ces gens sans scrupule.Usure, faux poids, incendies criminels, recel d\u2019objets volés, marchandises frelatées, réclames malhonnêtes, fraude des douanes, violation de la loi du salaire minimum : voilà quelques-uns des moyens par lesquels les juifs arrivent à la fortune.Ils n\u2019observent les lois qu\u2019en autant qu\u2019ils ne peuvent y échapper.Ils admettent de fausses manœuvres dans le commerce, ils ne reconnaissent aucune entrave morale.Leur honnêteté elle-même est une tactique.Un portrait aussi peu nuancé a bien des chances de n\u2019être autre chose qu\u2019une caricature.Des généralisations de cette sorte ont quelque chose d\u2019odieux.Elles appartiennent au pamphlet bien plus qu\u2019à l\u2019histoire.En englobant toute une race, elles nuisent injustement à tous les indivi- 344 Revue Dominicaine dus honnêtes qui ne sont pas responsables après tout des escroqueries des autres.Les méthodes frauduleuses énumérées plus haut ne sont pas spécifiquement juives : elles sont humaines.S\u2019il est des juifs qui les emploient, il en est d\u2019autres qui les ignorent.En tout cas, elles ne suffisent pas à elles seules à rendre compte de la réussite du commerçant juif.« On observe généralement, écrit le P.Bonsirven, que le succès du juif, marchand ou ouvrier, tient en partie à son acharnement au labeur, à son endurance, sa sobriété et son économie ; il est dû grandement aussi aux aptitudes commerciales supérieures de l\u2019israélite et à son entente des conditions économiques modernes, qui sont au reste pour une bonne part sa création ».Il n\u2019en est pas moins vrai que les juifs ont eu de tout temps et dans tous les pays une réputation déplorable et même unique.C\u2019est celle qu\u2019ils se sont faite chez nous, et il faudrait tout de même être un peu naïf pour soutenir qu\u2019elle est injustifiée.Il est très peu de gens qui n\u2019aient sur ce sujet quelqu\u2019aventure personnelle désagréable à raconter.Certes, les juifs n\u2019ont pas le monopole des procédés malhonnêtes, ces procédés ne sont pas communs chez eux, mais c\u2019est tout de même le seul peuple à qui à tort ou à raison, on les attribue en propre.L\u2019attitude des compagnies d\u2019assurance à leur endroit est, à ce point de vue, des plus significatives.Tous ne sont pas des incen- La Question juive chez nous 345 diaires, et pourtant aucun d\u2019entre eux ne peut être assuré contre l\u2019incendie.Mesure d\u2019exception qui atteint l\u2019innocent autant que le coupable, mais que les juifs, comme groupe, ont eux-mêmes provoquée.Un homme en vue disait récemment : qu\u2019on force les juifs à respecter les lois, toutes les lois, et ils s\u2019en iront.Nous ne le pensons pas, mais il n\u2019y a pas moins dans cette boutade une indication précieuse.Surveillance plus étroite de la police, application rigoureuse de la peine pour chaque violation de la loi, autant de moyens qui devraient être employés pour faire disparaître la concurrence déloyale que trop de juifs font aux industriels et aux commerçants honnêtes.Mais ceci est évidemment le rôle de l\u2019autorité.C\u2019est à elle qu\u2019il appartient de faire respecter la justice.Quant aux particuliers, il ne leur est certes pas interdit de dénoncer la malhonnêteté de certaines méthodes de commerce, de mettre les nôtres en garde contre les pièges qui peuvent leur être tendus, de signaler, de façon générale, les risques possibles de l\u2019achat chez les juifs et du commerce avec eux.Mais ils ne peuvent guère aller plus loin sans risquer de blesser la justice.Accoler l\u2019étiquette de voleur à celle de juif \u2014 nous parlons évidemment au figuré \u2014 sur une liste de boutiques pour en éloigner la clientèle, nous paraît un procédé que nulle morale ne peut justifier. 346 Revue Dominicaine Outre ce boycottage direct, il en est un autre indirect.Il s\u2019identifie avec cette campagne dite de « l\u2019achat chez nous ».A Montréal, \u2014 et il faudrait en dire autant d\u2019un certain nombre d\u2019autres villes, \u2014 nous sommes la très grande majorité.Comment se fait-il que le commerce anglais ou juif prospère, alors que trop souvent le nôtre périclite ?Avec un peu plus d\u2019esprit de solidarité ne serait-ce pas le contraire ?Pourquoi porter notre argent à nos concitoyens anglais beaucoup plus riches que nous ?Pourquoi surtout le porter à ces sans-patrie que sont les juifs ?Gardons notre argent, puisque c\u2019est lui qui est appelé à soutenir nos œuvres nationales.Gardons notre argent, pour pouvoir enfin occuper dans notre propre province la place qui nous revient.Tout cela est fort juste, et nous le faisons-nôtre.N\u2019oublions pas toutefois qu\u2019il s\u2019agit ici d\u2019une question d\u2019affaires où il entre très peu de sentiment, même patriotique.Non seulement le commerçant canadien-français ne doit pas tenter d\u2019exploiter à son profit l\u2019esprit de solidarité des siens ; il ne doit pas même le faire entrer pour une trop grande part dans ses chances de réussite.Que quelques-uns des nôtres achètent chez les anglais par snobisme, chez les juifs par une incurable habitude de se faire prendre au piège : je le veux bien.Mais il y a tout de même autre chose.Et c\u2019est cette autre chose que le commerçant de chez nous doit rechercher pour l\u2019offrir à La Question juive chez nous 347 sa clientèle.Pour qu\u2019un mouvement comme celui-là prenne une certaine ampleur et donne des résultats appréciables, il faudra, encore une fois, qu\u2019il soit basé sur autre chose que le sentiment.Du reste, une telle campagne doit être faite avec tact et discrétion si nous voulons en éviter le contre-coup.On en avait récemment organisé une semblable au milieu d\u2019un groupement français d\u2019une province voisine.Le résultat le plus clair fut que les anglais congédièrent tout leurs employés français et boycottèrent à leur tour les nôtres.C\u2019est par centaines, rien qu\u2019à Montréal, que les anglais et les juifs emploient les canadiens-français.La finance et le commerce en gros sont, pour la majeure partie, entre leurs mains.Autant de raisons pour nous d\u2019être prudents.Nous ne disons pas : il n\u2019y a rien à faire ; nous disons simplement : « Il y a la manière >.Conclusion Il ne nous a pas été possible d\u2019étudier, dans les pages qui précèdent, tous les aspects du problème juif au Canada.Nous croyons cependant avoir abordé les principaux, ceux qui, à l\u2019heure actuelle, attirent l\u2019attention des gens qui réfléchissent.Nous l\u2019avons fait sans préjugés ni parti pris, de même que chaque collaborateur à « l\u2019étude d\u2019ensemble » offerte cette année par la Revue.Ce que nous avons dit ne plaira pas à tous.Ce n\u2019était pas possible, et ce n\u2019était pas notre but.Il 348 Revue Dominicaine nous suffit d\u2019espérer que ces pages en aideront quelques-uns à se guider à travers les complexités de ce problème.La question juive ne se pose pas partout de la même façon.Les jugements qu\u2019elle inspire ne gardent donc pas nécessairement leur justesse en passant d\u2019un milieu à un autre.Il est des pays, comme la France, où les juifs, en grande partie, ont fini par s\u2019assimiler.L\u2019antisémitisme a perdu son caractère de protection, pour revêtir de plus en plus celui de passion.Il est d\u2019autres pays, au contraire, où ils continuent de former un groupe à part, en marge des autres.Aux privilèges que l\u2019égalité civile leur accorde, ils joignent la cohésion de groupe qui leur permet d\u2019occuper dans ces pays une place disproportionnée à leur nombre et au concours qu\u2019ils apportent au bien commun.C\u2019est alors que la question juive se pose, et qu\u2019elle ne peut pas ne pas se poser.On dit parfois : cessons de nous occuper des juifs et ils s\u2019assimileront.Est-ce que la réciproque n\u2019est pas tout aussi vraie ?Qu\u2019ils cessent de former une nation dans une nation ; qu\u2019ils fassent oublier la réputation peu enviable qu\u2019ils se sont faite dans le commerce ; qu\u2019ils renoncent à former chez nous une caste privilégiée, et cela aux dépens de nos intérêts nationaux ou religieux ; en un mot, qu\u2019ils cessent d\u2019être encombrants : et il est probable qu\u2019il n\u2019y aura plus de question juive. La Question juive chez nous 349 Nous réprouvons sans la moindre hésitation tout appel à la haine ou aux passions populaires.Mais, comme nous n\u2019avons pas perdu la tête au milieu de certaines crises aigües de nationalisme, nous ne sommes pas forcé, par compensation, de verser aujourd\u2019hui dans l\u2019internationalisme béat et de prétendre que le pauvre mouton de la Saint-Jean Baptiste devrait se laisser manger sans protester par le loup.M.-Ceslas Forest, O.P. L'Espagne à seconde vue On se fait aisément une idée littéraire de l'Espagne, à tout le moins une idée trop livresque pour qu\u2019elle ne soit pas d\u2019une vérité approximative.Un beau Premier de l\u2019An, le Père Noël, soufflé par un oncle ou un parrain qui croit avoir rempli toutes ses obligations en offrant à son protégé un livre instructif, dépose dans le bas que, tremblantes d\u2019expectative, nos mains d\u2019enfants a-vaient suspendu à la cheminée, une magnifique édition revue et corrigée, du «Don Quichotte de la Manche ».L\u2019Espagne devient pour nos fraîches imaginations un pays peuplé de fantasques chevaliers un peu fous, où la raison simpliste de San-cho n\u2019arrive pas à rétablir l\u2019équilibre .Notre deuxième rencontre avec ce pays se produit lorsque le professeur chargé de nous présenter les classiques nous met en contact avec le Cid.Grâce à l\u2019impression que tout contribue à établir chez l\u2019enfant, que ce qu\u2019il apprend à l\u2019école est nécessairement un devoir, c\u2019est-à-dire quelque chose d\u2019austère et d\u2019ennuyeux, nous ânonnons les célèbres stances, nous nous attendrissons à froid sur Chimène et n\u2019arrivons pas à nous em- L\u2019Espagne à seconde vue 351 baller pour la noblesse de Rodrigue qui demeure à jamais le monsieur à qui on demande s\u2019il a du cœur .Puis vient le tour « du ver de terre amoureux d\u2019une étoile », celui du « lion superbe et généreux » : le Père Hugo teinte de romantisme l\u2019âme espagnole qui se pare de gestes héroïques même dans le domaine de l\u2019irréel .Pour un enfant américain, l\u2019Espagne, c\u2019est le pays d\u2019où partit Colomb pour sa magnifique découverte.Ferdinand et Isabelle prennent figure de protecteurs aux larges vues .Le jeune catholique y reconnaît la patrie de saint Ignace, de sainte Thérèse et de saint Jean de la Croix .Le hasard des lectures plus ou moins clandestines nous met en présence de Carmen, à moins que, dans un souci d\u2019éducation musicale, on nous conduise, un soir de nos seize ans, entendre l\u2019œuvre de Bizet.Si l\u2019opéra n\u2019enflamme pas nos imaginations parce que la Carmen est trop volumineuse ou le José trop vieux, il fixe néanmoins dans notre oreille le rythme de « l\u2019Amour est enfant de Bohème » et dans notre esprit l\u2019impression que les Espagnols sont des sérénadeurs à couteaux tirés .Les artistes se rapprochent d\u2019une Espagne plus véridique en fréquentant les reproductions de Velasquez, de Goya, et, Barrés aidant, du Greco. 352 Revue Dominicaine Don Quichotte, le Cid Campéador, Ruy Bias, Carmen, peut-être aussi le fringant Don Juan, n\u2019est-il pas vrai que voilà avec quoi la plupart d\u2019entre nous formons notre Espagne ?Une Espagne théâtrale, exagérée, mais si héroïquement passionnée, si âprement ascétique, si diversement mystique, si sombrement dramatique, que nous trouvons là de quoi nourrir notre rêve .Puis, un jour, on part cinglant vers ce beau rêve, et on constate que l\u2019Espagne c\u2019est tout cela et c\u2019est beaucoup d\u2019autres choses .Située à la pointe extrême de l\u2019Europe, la Péninsule Ibérique est en quelque sorte le contrefort sur lequel s\u2019est écrasée l\u2019invasion sarra-zine.Je dis contrefort à dessein, car ce pays montagneux, sec, pierreux, en « pierre ponce », comme dit Gautier, est vraiment une muraille.Dans cette âpre contrée les Maures sont restés sept cents ans, y faisant fleurir la dentelle de leur architecture.Les Espagnols qui n\u2019ont eu de cesse qu\u2019ils n\u2019aient vu leur pays débarrassé de ces envahisseurs, leur doivent, en plus d\u2019un héritage artistique considérable, une partie de leur âme.Ce tempérament ibérien, à la fois si violent et si contenu, a été formé d\u2019éléments divers qui se sont manifestés dans l\u2019art qui en est issu, mauresque, castillan surtout, avec de fortes influences italiennes et flamandes, au hasard des guerres et des conquêtes. L\u2019Espagne à seconde vue 353 Nous irons à la rencontre de cette âme, de ses manifestations artistiques, sur une route qui nous mènera de Gibraltar à Grenade, à Séville, à l\u2019Escorial, pour terminer notre court voyage au musée du Prado.Les Arabes nous attendent par un crépuscule de mai, à Gibraltar où nous débarquons.Gibraltar, c\u2019est « Djebel-el-Tarik », montagne de Tarik, du nom du premier prince sarrazin qui commença là ses conquêtes.Ce souvenir est d\u2019ailleurs assez vague : Gibraltar est une forteresse anglaise et les Anglais l\u2019ont vraiment conquise.Cependant on entend l\u2019espagnol dans les rues et le soir est si doux que nous ne pouvons oublier que, au fond de cette baie calme qu\u2019éclaire une pleine lune, c\u2019est Algésiras dont on voit les feux.c\u2019est l\u2019Andalousie .Le lendemain nous mettons dix heures de chemin de fer pour nous rendre à Grenade, soit une distance d\u2019environ deux cents milles.Les trains andalous participent à la nonchalance et à la condescendance du pays.Ils veulent bien nous mener, mais à leur fantaisie et sans hâte.Ils sont d\u2019ailleurs très gentils et s\u2019arrangent pour passer dans des lieux qui intéresseront ou divertiront leurs passagers.« Quien no vio Granada, no vio nada », qui n\u2019a pas vu Grenade n\u2019a rien vu, dit un proverbe espagnol.C\u2019est un peu forcé, quoique cette ville soit l\u2019écrin somptueux au milieu duquel s\u2019étale ce 354 Revue Dominicaine rutilant joyau, l\u2019Alhambra.Alhambra vient du mot arabe « al-hamra » qui signifie « la rouge ».Ce nom est absolument justifié.L\u2019Alhambra est rouge, de ce rouge ocré qui, dans la lumière éblouissante, sous le bleu du ciel, prend des reflets orangés très intenses.De l\u2019extérieur il paraît une redoutable forteresse imprenable ; à l\u2019intérieur c\u2019est un lieu de délices où tout est aménagé pour le plaisir des sens par des êtres extrêmement raffinés.Nous remarquons que la décoration artistique est tout à l\u2019intérieur.Ce souci de garder pour soi les choses qui font le plaisir de la vue et de la vie, a poussé les artistes à un égoïsme bien justifié dont les Espagnols ont perpétué les manifestations dans leur art propre.Ils vivent chez eux une existence charmante au milieu de ravissants jardins, ou, comme à Séville dans des patios frais et colorés.La façade de leurs maisons est sévère, inhospitalière.Pour visiter certaines parties de l\u2019Alhambra, il faut être accompagné d\u2019un guide officiel.Le se-nor Flores qui nous accompagne est très lettré, souple et subtil.Sa sympathie est tout entière pour les rois Maures.Il n\u2019a aucun respect pour les améliorations apportées par Charles-Quint au monument conquis pas ses grands-parents Ferdinand et Isabelle.Nous trouvons comme lui que le palais de ce prince n\u2019a rien ajouté à la merveille arabe.Son style renaissance d\u2019une lourdeur allemande est ici tout-à-fait déplacé.Il faut admet- L\u2019Espagne à seconde vue 355 tre que l\u2019immense patio circulaire qui en forme le centre ne manque pas de grandeur.Il dessine sur le ciel une circonférence qu\u2019il est agréable de peupler de rêves, au milieu des nuages, du ciel bleu ou des étoiles, suivant les caprices du temps et de l\u2019heure.Le Senor Flores nous communique son enthousiasme pour le charmant « rey chico », petit roi, Boabdil.Nous partageons l\u2019angoisse et la peine profonde qu\u2019éprouva le malheureux petit, quand il dut rendre les armes aux Rois Catholiques, le 2 janvier 1492.Il y a dans les environs de Grenade, sur la route de Séville, une colline d\u2019où l\u2019on aperçoit encore l\u2019Alhambra.Les Espagnols appellent cette montagne : « pleur du Maure ».La légende veut que là, en descendant vers Séville, le « rey chico » se soit retourné vers sa belle capitale perdue, et ait pleuré.Sa mère alors lui aurait dit: «Pleure maintenant comme une femme ce royaume que tu n\u2019as pas su défendre comme un homme ».Notre vieux Senor ne veut pas admettre toute cette légende.Il croit sans peine à Boabdil pleurant sa défaite.Il est même porté à un mouvement de sympathie, le seul, envers Charles-Quint qui, en visitant l\u2019Alhambra pour la première fois, se serait écrié : « Combien malheureux est l\u2019homme qui a perdu cette merveille ! » Il n\u2019admet pas que la mère de Boabdil ait eu la cruauté de dire une pareille chose à son fils à un 356 Revue Dominicaine pareil moment.Comme quoi, faute de mieux, le sentiment peut guider la critique ! Nous suivons le conseil de notre cicerone et montons, vers six heures, à la tour de la Vela.Le soleil qui se couche très voilé répand une lumière rousse sur le paysage.Au loin la sierra Nevada, couronnée de neige, souligne de rose l\u2019horizon.La cloche qui est là, tout près, doucement tinte le couvre-feu.On nous dit que les jeunes filles de Grenade, pour trouver un mari, doivent, le jour de leurs dix-huit ans, venir sonner cette cloche en faisant une prière .On nous dit surtout que cette cloche sonne vingt-quatre heures durant, le 2 janvier, anniversaire du terrible 2 janvier où Boabdil dut abandonner Grenade, pour commémorer la définitive défaite des Maures par les Espagnols dirigés par les Rois catholiques.Cela se passait en 1492 .Quelle année, pour les Espagnols, qui commençait par la retraite des hé-fëtiques et qui devait voir la découverte des Amériques par Colomb : la patrie espagnole débarrassée de l\u2019étranger et s\u2019enrichissant au delà de tous les rêves, de l\u2019or des nouvelles terres découvertes ! .Il nous semble voir dans les vapeurs qui montent de la plaine, les extraordinaires acteurs du drame qui s\u2019y est joué.Quelle répercussion formidable sur toute notre civilisation ces événements ont-ils eue ?.Nous ne pouvons nous empêcher de déplorer la loi arabe qui défend la reproduction de la figure humaine.Nous aimerions L\u2019Espagne â seconde vue 357 un portrait de Boabdil afin de fixer notre imagination sur des traits précis.Nous traversons les jardins, parmi les fleurs, au bruit caressant de l\u2019eau qui coule dans les fontaines innombrables.Nous nous arrachons à ce palais enchanté, conquis à jamais par les souvenirs émouvants d\u2019une civilisation qui a laissé des traces profondes dans l\u2019âme espagnole, qui a donné à ce pays âpre et dur ce qu\u2019il a de charme et de douceur, peut-être tout ce qu\u2019il a de romanesque .Séville .la blanche Séville nous appelle .et la grande ombre qui l\u2019habite, Don Juan.« Quien no vio Sevilla, no vio maravilla », qui n\u2019a pas vu Séville n\u2019a pas vu de merveille, disent les sévillans très fiers, et non sans motifs, de leur cité.Dès le matin nous allons à la recherche de sa diverse et émouvante beauté.Hâtivement nous dirigeons nos pas vers la Cathédrale.Nous entrons d\u2019abord dans le Patio de los Naranjos, (des orangers) et nous nous asseyons sur le bord de la grande vasque wisigothe qui est au centre.Les orangers en fleurs versent leur parfum dans l\u2019air transparent.Le patio repose, paisible sous la protection de la Giraldia.A cette heure matinale il n\u2019y a personne qu\u2019une vieille mendiante.De temps à autre le silence est troublé par le pas discret de quelque femme qui sort de la messe, une mantille sur la tête, un gros missel à la main.Deux mai- 358 Revue Dominicaine grès chats noirs se chauffent au soleil sur la dalle qui sert de seuil à une habitation creusée dans la muraille.Ce calme invite déjà au recueillement.Nous entrons dans l\u2019église et sommes tout de suite frappés par ses proportions grandioses.Une poussière d\u2019or flotte dans l\u2019air, éclairée par les vitraux.De l\u2019entrée principale, le vaste vaisseau de style gothique flamboyant, dont le chœur est renaissance, produit un effet sidérant.Dieu y règne dans sa toute-puissance, c\u2019est un Dieu lointain et terrifiant.Nous montons au sommet de la Giralda, ce minaret qui sert de campanille à la Cathédrale.En regardant Séville de cette hauteur le dédale des rues est très apparent et dessine des arabesques de style non équivoque.La blancheur de 1a.cité irradie.On découvre aussi le charme intime de ses patios, petites cours intérieures ornées de plantes, dallées de tuiles fraîches constamment arrosées dans la saison chaude, où les dames de la société sévillane vivent à l\u2019écart, loin des yeux indiscrets.En descendant de la tour nous prenons une voiture de place dont le cocher est coiffé d\u2019un très large sombrero.Nous nous faisons conduire au quartier de Triana, quartier des Gitans, où la vie est très animée, quoique sordide.Des enfants jouent clans la boue.Quelques-uns esquissent des pas de danse.Dans une cour, une « corrida » improvisée attire notre attention.Un torrero de huit ans s\u2019essaie au sport national et attire une foule L\u2019Espagne à seconde vue 359 de spectateurs du même âge.Le taureau est représenté par un gosse muni de deux bâtons qui lui servent de cornes.Les petits applaudissent les bons tours, sifflent les mauvais, avec le sérieux que doivent y apporter les connaisseurs (aficionados), aux grandes corridas.Notre voiture nous dépose à l\u2019Hospidal de la Caritad, fondé par Miguel de Manara, le prototype de Don Juan, paraît-il.Pouvons-nous passer à Séville sans nous recueillir un instant sur la tombe du plus vertigineux héros amoureux ?.Nous demandons à voir la chapelle.La petite religieuse qui nous conduit est bien jolie dans sa coiffe semblable à celle des Sœurs de Saint-Vincent de Paul, à Paris.Elle nous montre de très beaux tableaux de Murillo, dont une « Multiplication des pains » nous retient longuement.Où avons-nous donc rencontré ces visages sombres, ces yeux ardents, ces attitudes fières et nonchalantes à la fois ?.Mais, dans les rues de Séville, tout simplement.L\u2019artiste a fait poser ses compatriotes pour peindre les témoins du miracle ; il s\u2019est servi de croquis faits au hasard de ses promenades dans sa ville natale.Pour la petite sœur si jolie, la visite est terminée, dès qu\u2019elle nous a fait voir les Murillos ; mais nous c\u2019est autre chose que nous cherchons .Nous demandons à notre charmant guide : « Où est la tombe de Don Juan ?» La religieuse rougit, déclare qu\u2019elle ne sait pas .Nous insistons : 360 Revue Dominicaine « C\u2019est bien ici que repose Don Miguel de Mana-ra ?» Le visage de la nonnette s\u2019éclaire, et, pour être bien sûre qu\u2019elle comprend : « Neustro Venerable Fundador ?notre vénérable fondateur ?» C\u2019est avec peine que nous réprimons un fou rire, tant c\u2019est imprévu d\u2019entendre ainsi nommer celui qui comptait ses conquêtes, en Espagne seulement, dans les « mille et trois » .Telle est la légende et telle est l\u2019histoire.On a créé un mythe : Don Juan .Miguel de Manara qui aurait servi de modèle, ce qui n\u2019est pas prouvé, se vénère ici comme le fondateur d\u2019un ordre de charité très humble et très bienfaisant.Il ne repose pas dans la crypte où on nous fait voir un tombeau éclairé par un lampion qui brûle sans cesse, mais à gauche du maître-autel, sous les yeux d\u2019une belle sé-villane que Murillo a transformée en Madone.Quand nous sortons de l\u2019Hospidal de la Ca-ritad, le soleil se couche derrière les montagnes de l\u2019autre côté du Guadalquivir.La ville est déjà dans l\u2019ombre.Seule la Giralda, visible de partout, est encore illuminée des derniers rayons du jour.C\u2019est l\u2019heure du muezzin, pensons-nous en la regardant, et nous croyons voir le vieil Arabe lever les bras au ciel, au quatre coins de la haute tour, invitant les fidèles à la prière.Dans les minarets, frères de celui-ci, qui se trouvent au Maroc, à Marakesh et à Rabat, c\u2019est bien cela qui se produit .Nous sommes en Espagne catholique, c\u2019est donc l\u2019Angelus qui sonne au haut de la tour mau- L\u2019Espagne à seconde vue 361 resque.Nous nous inclinons devant la Vierge chrétienne.Nous quittons Séville où nous avons retrouvé l\u2019élément mauresque de l\u2019âme espagnole.Mais nous y avons fait connaissance aussi, et grâce à Don Juan, ce qui est assez inattendu, avec l\u2019austérité de l\u2019esprit castillan.Poursuivons cet esprit en Castille même, et dans sa manifestation la plus impressionnante, à l\u2019Escorial.Il pleut quand nous arrivons devant le monastère San Lorenzo dont la forme est celle d\u2019un gril, évocation du genre de martyre subi par le saint Patron.Sur le toit, un nid de cigognes que la mère cigogne garde jalousement, se profile sur le ciel.Cela ferait très « estampe japonaise », si la sévérité de la façade du monastère-palais ne nous rappelait que nous sommes loin du pays des mousmées fragiles et bien devant la concrétisation de l\u2019ascétisme brûlant des Espagnols.Nous pénétrons dans la cour par l\u2019entrée principale et nous nous trouvons en face de l\u2019église que précèdent quelques degrés et un péristyle à colonnade.Des sons d\u2019orgue parviennent jusqu\u2019à nous.On entend la psalmodie des moines qui disent l\u2019office.Le monument construit par Juan de Herrera, sur les indications du roi Philippe II, est entièrement en pierre de la Guadarrama d\u2019un gris bleuâtre.Quand nous entrons dans l\u2019immense nef, les moines disparaissent déjà par une petite porte dans un bas-côté, suivis par la robe rouge rutilant d\u2019un 362 Revue Dominicaine chanoine.L\u2019église a une ornementation très sobre, les proportions en sont harmonieuses et le marbre y est utilisé avec beaucoup de bonheur.Nous nous attardons à la Bibliothèque pour examiner quelques-uns des trésors qu\u2019elle contient.Nous sommes étonnés de voir que les livres anciens y sont placés à l\u2019envers, c\u2019est-à-dire qu\u2019au lieu d\u2019avoir le dos tourné vers nous, c\u2019est ce qu\u2019on appelle la gouttière en langage technique, le côté opposé qui nous apparaît.La tranche est dorée et le titre y est inscrit en noir.Au milieu de la magnifique salle sont installées des vitrines où les moines Augustins, les conservateurs de l\u2019Es-corial, exposent les pièces les plus intéressantes de leur collection.Nous examinons des fables écrites en caractères arabes, si décoratifs, qui nous rappellent notre chère Grenade et l\u2019ornementation de l\u2019Alhambra.Les livres d\u2019Heures de la reine Isabelle, ceux de Charles-Quint, un livre d\u2019aphorismes de Maimonide dont on célèbre, cette année à Cordoue le huit centième anniversaire, le « Codex Aureus », manuscrit fait en or et superbement enluminé.Nous nous arrêtons longuement, avec émotion, devant une vitrine contenant un modeste encrier, une plume et un simple cahier aux feuillets couverts d\u2019une ferme écriture.Voilà l\u2019encrier dans lequel la géniale Thérèse d\u2019Avila trempait sa plume pour livrer au monde, qui s\u2019en étonne encore, le récit sincère de ce qu\u2019elle nomme sa conversion .Voilà la plume qui lui a servi L\u2019Espagne à seconde vue 363 à refondre la règle du Carmel à laquelle ses filles conforment encore leur vie.Voilà le pauvre manuscrit, papier et format ordinaires, qui conserve la haute écriture de la Sainte, écriture aux pleins suffisamment appuyés pour révéler la passion qui l\u2019a toujours animée .Instruments fort simples pour donner au monde une œuvre qui devait naître.Nous ne pouvons nous empêcher de songer, devant la pauvreté de ces objets, au milieu d\u2019apparat et à toutes les fantaisies soi-disant indispensables à certains écrivains, pour produire des œuvres éphémères, inutiles.L\u2019œuvre maîtresse jaillit ici de ce petit encrier, sur ce mauvais papier, et porte des fruits pour l\u2019éternité .Les appartements de Philippe II sont le sanctuaire de l\u2019ascétisme espagnol.Imposantes, rigides, installées à l\u2019image de celui qui les a habitées, telles nous apparaissent ces pièces aux murs blanchis, aux fenêtres étriquées laissant parcimonieusement pénétrer une avare lumière.Les quelques objets réunis là, propriété du morose souverain, sont ceux que nous eussions choisis pour lui.C\u2019est là qu\u2019il apprit la défaite de son « invincible Armada ».S\u2019il faisait, comme aujourd\u2019hui, dans cette chambre, un jour triste et un froid humide, admirons la fortitude avec laquelle il supporta la ruine de toutes ses espérances .C\u2019est à cette fenêtre que devait l\u2019apercevoir la petite Infante de Victor Hugo ; sans se douter du drame de cette existence voisine de la sienne, elle 364 Revue Dominicaine se promenait, sous les yeux d\u2019une duègne sévère, dans ce petit jardin dominant le panorama de gloire, en effeuillant des roses au bord de ce bassin .Voici le lit à lourde courte pointe où le roi est mort douloureusement après avoir fait le voyage de Madrid dans cette chaise à porteurs, voyage qui dura sept jours : trop souffrant il ne supportait que de courtes étapes.Saluons l\u2019ombre de ce grand roi dont la morne figure a marqué si profondément l\u2019histoire de son pays.C\u2019est à Madrid, au musée du Prado, qu\u2019il convient que noys nous recueillions, pour retrouver dans les œuvres qui en sont le reflet, les caractéristiques de cette âme espagnole si complexe.Elle nous était apparue exubérante, passionnée, tumultueuse, idéaliste ; nous savons qu\u2019elle est austère, ardente, mystique, dépouillée; nous devinons qu\u2019elle sait aussi voir les choses comme elles sont et que ses rêves n\u2019obscurcissent pas la réalité.Telle l\u2019ont vue ses peintres, et telle nous la retrouvons dans les tableaux des trois plus représentatifs d\u2019entre eux.Sa spiritualité dépouillée, la fiévreuse ardeur qu\u2019elle apporte à se dégager de la matière, le mysticisme quasi angélique avec lequel elle entre dans la contemplation du divin, nous sont admirablement communiqués par l\u2019œuvre de Domi-nico Theotocopuli dit El Greco.Les recherches de ce miraculeux génie aboutissent, par la déformation inhumaine des corps, à l\u2019expression même L\u2019Espagne à seconde vue 365 du subconscient.La passion tumultueuse du tempérament espagnol, son idéalisme fougueux, son exubérance picaresque, trouvent leur interprétation sagace, presque cruelle, dans les tableaux, les cartons à tapisseries, les croquis à la sanguine de Francisco Goya y Lucientes.L\u2019émotion qui nous étreint en regardant l\u2019œuvre de ce peintre ressemble en rien à cette sorte de crise de mysticisme qu\u2019inspire l\u2019œuvre du Greco.Goya voit les êtres d\u2019un œil réaliste et les transpose en leur ajoutant l\u2019âpreté de sa propre passion.Pour retrouver la norme, il faut contempler Velasquez.Eugenio d\u2019Ors a dit de lui : « Il est comme une vitre sur le monde .Il est ce qu\u2019il est, tranquille, impassible, irresponsable.Ses créations affranchies de toute préoccupation d\u2019envol et de poids, comme lui, sont ce qu\u2019elles sont ».Ce n\u2019est pas une lapalissade de dire du tempérament, de la mentalité, de l\u2019âme espagnole : elle est ce qu\u2019elle est.Puisant dans la fantaisie sa couleur, chaleur et vie dans son ascétisme, cette âme demeure parfaitement accordée à la diversité des paysages où elle s\u2019épanouit, aux guerres et révolutions qu\u2019elle a dû traverser.Comme la peinture du plus grand de tous ses peintres, elle est ce qu\u2019elle est, semblable à nulle autre.C\u2019est, je crois, ce qui la rend si attachante et nous met au cœur, quand une fois on l\u2019a rencontrée, une nostalgie inguérissable.Elle nous attire par 366 Revue Dominicaine ce qu\u2019elle a d\u2019authentiquement essentiel.Hélène Grenier Le Sens des Faits A propos d\u2019hérésie Les réflexions qui suivent ne veulent en aucune façon 'provoquer d\u2019intempestives polémiques sur des questions religieuses.Tout au plus entendent-elles répondre à certaines difficultés que d\u2019aucuns ont soulevées et qu\u2019ils éprouvent encore au sujet de la gravité particulière des différents péchés d\u2019infidélité.Affaire de théologie sans doute, mais qui engage, dans la vie, l\u2019attitude du croyant, qu\u2019il soit homme d\u2019Eglise ou non.Certes, la comparaison reste toujours dangereuse lorsqu\u2019il s\u2019agit de mesurer une faute.On risque de heurter les idées reçues ou de s\u2019aliéner la sympathie de gens qui ont pris des positions absolues devant les problèmes de l\u2019heure, sans le moindre souci des nuances bien souvent, ni des procédés.Mais cette méthode comparative reste le meilleur moyen que nous ayons de discerner la véritable hiérarchie des valeurs, comme seule encore, elle nous permet d\u2019estimer la gravité relative des vices et des péchés.Qu\u2019un homme d\u2019étude, un spécialiste en la Le sens des Faits 367 matière, s\u2019avise donc, un beau jour, de dire que l\u2019hérésie protestante se présente à nous comme une infidélité plus grave que celle des juifs, et partant, mérite une plus entière réprobation, cela ne peut pas dès l\u2019abord ne pas causer une vive surprise.On croit à une légèreté de plume ou de parole, et si l\u2019affirmation se reproduit, on n\u2019est pas loin de crier à l\u2019exagération sinon à l\u2019erreur.Encore ce manque de patriotisme clairvoyant et de saine phobie juive, proclament les autres ! Comme si pareille conclusion n\u2019était pas pleinement justifiable en bonne théologie .Le mot infidélité désigne ordinairement, dans les œuvres de S.Thomas, le péché qui s\u2019oppose directement à la vertu théologale de foi.Ce n\u2019est pas à vrai dire la simple ignorance des vérités révélées, ni même l\u2019erreur involontaire à leur endroit ; tout au plus avons-nous affaire alors à de l\u2019inconscience, fruit de péchés antérieurs, surtout du péché originel.C\u2019est le cas, aujourd\u2019hui, d\u2019un grand nombre de païens, de juifs et de protestants.Mais quand nous nous trouvons en présence d\u2019un homme à qui la révélation a été dûment proposée, et qui, pour une raison ou pour une autre et la plupart du temps sans raison valable, refuse de l\u2019accepter par la foi, alors seulement sommes-nous devant un véritable infidèle.Il ne suffit donc pas que l\u2019intelligence de l\u2019incroyant ne saisisse pas la vérité qu\u2019on lui présente, il faut a- 368 Revue Dominicaine vant tout, comme dans l\u2019acte de foi lui-même, que la volonté intervienne, elle qui, en toutes ces questions, a droit de veto par suite de l\u2019inévidence foncière de l\u2019objet révélé.C\u2019est lorsque cette volonté se refuse aux avances divines, les repousse ou les contrarie, que se consomme le péché d\u2019infidélité.Il est bon de se rappeler ces données essentielles, il est particulièrement important de remarquer l\u2019influence souveraine de la volonté dans l\u2019œuvre de foi ou d\u2019incrédulité, si l\u2019on veut bien saisir les appréciations qui vont suivre.Distinguons de suite le cas des païens de celui des juifs et des protestants.Ils se trouvent hors des perspectives de toute révélation, avec leurs divinités multiples, leurs croyances superstitieuses, contraires au plus grand nombre des vérités chrétiennes et des plus importantes.Se trompant au point de départ sur l\u2019unicité de Dieu, perdus dans ce labyrinthe d\u2019erreurs et de fables que dénonçait S.Paul, ils semblent bien les plus éloignés de nous.Les Juifs seraient donc beaucoup plus près ; les protestants, comme tous les autres hérétiques, encore davantage.Les premiers n\u2019admettent-ils pas la révélation de l\u2019Ancien Testament ?N\u2019ont-ils pas été à travers les âges et dans tous les pays où la Providence les a conduits, les vigilants gardiens des croyances monothéistes et du culte authentique ?S\u2019ils ne reconnaissent pas le Christ Le sens des Faits 369 pour leur Messie, ne devons-nous pas admettre toutefois qu\u2019ils sont les victimes d\u2019erreurs infiniment moins sérieuses que celles des païens ou des gentils ?Que dire enfin des protestants, nos frères dans le Christ?Frères dissidents, il est vrai.Mais, semble-t-il, ils adorent, en esprit et en vérité, le même Dieu, reconnaissent le même Messie et croient dans le même salut.Ne sont-ils pas, pour ces raisons, tout désignés à l\u2019action apostolique de l\u2019Eglise, comme étant les plus faciles à convertir ?Des écarts et des divergences d\u2019importance assez secondaire, croit-on, ne sauraient durer longtemps, surtout lorsque dans le monde entier se fait sentir un besoin de plus en plus pressant d\u2019unité profonde et perdurable .Oui, admettons, c\u2019est un point de vue.Toutefois n\u2019oublions pas que le péché d\u2019infidélité n\u2019est pas fait uniquement ni principalement d\u2019une somme d\u2019erreurs ni d\u2019une dose plus ou moins forte d\u2019ignorance.La volonté qu\u2019on y met, voilà ce qui compte davantage ; plus le refus de cette volonté est opiniâtre, plus le péché de l\u2019incrédule devient grave.Ici, comme dans toute question d\u2019inconduite, notre désaveu, notre désapprobation doit se mesurer aux mauvaises dispositions dont le coupable fait preuve au moment d\u2019agir.Rien d\u2019étonnant, dès lors, que l\u2019infidélité judaïque nous apparaisse péché plus grave que celle des gentils.Il faut se rappeler les scènes de 370 Revue Dominicaine l\u2019Evangile où Notre Seigneur se trouve en lutte aux contradictions les plus sordidement malveillantes des pharisiens et des princes des prêtres, puis tenter une comparaison avec l\u2019attitude que S.Paul reproche aux païens devant la révélation chrétienne, pour se convaincre de qui la méchanceté est plus noire, et de qui par conséquent le péché d\u2019infidélité est plus répréhensible.Quant aux protestants, la vie de leurs premiers maîtres Henri VIII, Calvin et Luther nous semble assez fertile en preuves d\u2019évidente mauvaise foi pour qu\u2019il ne soit pas nécessaire d\u2019insister.Nous savons fort bien, par ailleurs, qu\u2019il ne s\u2019agissait plus au XVIième siècle d\u2019accepter ou de refuser le Christ comme Messie.Le judaïsme, au début de notre ère, avait été placé dans cette alternative : il refusa.Au temps dit de la Réforme, ce Christ, il fallait l\u2019accepter entièrement ou en partie, le prendre tel que les Saints Livres divinement conservés et expliqués le présentaient, ou le repenser, le refaire autrement, choisir au gré de ses idées ou de ses fantaisies personnelles parmi les paroles et les enseignements révélés: le protestantisme se fit un Christ de son choix.L\u2019hérésie nouvelle, semblable de ce point de vue à toutes ses sœurs, se doubla d\u2019une faute plus grave que l\u2019infidélité judaïque parce qu\u2019elle ne pouvait pas être plus volontaire et moins légitime.Les explications que nous venons de don- Le sens des Faits 371 ner s\u2019inspirent des enseignements de S.Thomas, au point d\u2019en être parfois l\u2019exacte reproduction.Que chez certains les Juifs provoquent plus de craintes que les protestants, qu\u2019on trouve en eux les propagandistes les plus convaincus et les plus acharnés d\u2019un libéralisme exagéré et d\u2019une tolérance sans limites, cela est une autre histoire et reste étranger à notre dessein.Autres points de vue, autres visions.Nous n\u2019avons donc aucune raison de changer les idées émises ailleurs sur le même sujet.Rappelons, à la fin de ces notes que les conclusions théologiques demeurent, sous le regard de la foi, une affaire de convictions intellectuelles très profondes, beaucoup plus que le résultat d\u2019une sentimentalité trop vague ou trop précisée.Pour s\u2019y connaître, il faut avoir étudié.Ne s\u2019improvise pas théologien qui veut.C\u2019est le temps de redire sans aigreur : « Su-tor, ne supra crepidam » ! Thomas-M.Landry, O.P.Ottawa, 8 novembre 1935 A nos présents et futurs abonnés Décembre.mois des abonnements nouveaux, des réabonnements, et des .désabonnements ! Les premiers amènent une excitation joyeu- 372 Revue Dominicaine se ; les seconds provoquent un soupir apaisé ; les derniers nous collent les bras aux jambes.Quand un fidèle lui « faisait ça », apostasier de ses « Cahiers », Charles Péguy entrait en crise et, prenant sa meilleure plume, écrivait au long et au large à ce client, pour s\u2019enquérir des motifs, savoir en quoi son organe avait pu déplaire, etc.La Revue Dominicaine n\u2019est pas susceptible ni farouche sourcilleuse à pareil point.D\u2019abord, pour entreprendre la délicate enquête, il nous faudrait, vu le nombre inquiétant des fugitifs de la dernière heure, un secrétaire que nous n\u2019avons pas.Quelques-uns, du reste, pourraient présenter des raisons valables ; tel ce vieux prêtre devenu aveugle qui nous fait transmettre ses adieux après trente ans.Certes, il faut n\u2019être pas aveugle pour rester avec nous ; il faut voir de loin au contraire: que les presbytes du moins nous gardent leur fidélité durant cette crise universelle des journaux et périodiques.Oui, que nos lecteurs regardent aux lointaines conséquences de leur acte, avant de nous signifier leur désistement.(Nous prisons fort, cependant, le procédé loyal qui consiste à prévenir dans ce cas l\u2019administration, au lieu d\u2019escompter l\u2019envoi gratuit d\u2019un certain nombre de numéros).Qu\u2019on se demande, en songeant à nos humbles tarifs et aux sommes versées pour des plaisirs d\u2019une soirée ou d\u2019un jour, s\u2019il n\u2019est plus possible d\u2019entretenir ici une revue religieuse doctrinale, Le sens des Faits 373 apte à faire pendant à plusieurs revues de France et à faire échec à tant de publications anodines, étrangères ou locales, vides de pensée et d\u2019art, de science et d\u2019éloquence, vides de tout, excepté parfois d\u2019une pierre précieuse arrachée au collier d\u2019une autre Q).L\u2019« Etude d\u2019ensemble » que nous offrirons en 1936 exposera, dans une de ses tranches, le péril grandissant de notre culture au contact du magasine américain.Ce dernier, avouons-le, présente des spécimens enviables par le choix et surtout la présentation artistique des matières.Mais nous voulons l\u2019an prochain, sans modifier d\u2019un iota notre programme, faire un pas en avant, donner à notre Revue un aspect physique de nature à contenter le plus sourcilleux des lecteurs, le plus exigeant des annonceurs.Que deviendront alors les motifs d\u2019abstention ?M.-A.Lamarche, O.P.t1) Il nous paraît légitime et parfois nécessaire qu\u2019une Œuvre importante ait son bulletin particulier.Ce bulletin paraît à des conditions d\u2019autant plus faciles que, la plupart du temps, la cotisation des membres couvre le prix d\u2019abonnement.Cette concession faite, nous ne pouvons que souscrire aux lignes suivantes du R.P.Alexandre Dugré dans le Messager Canadien de septembre.« Depuis quelques mois, un pullulement de revuettes et de petites feuilles indique un malaise plutôt qu\u2019un sursaut.Ces cris indisciplinés ne valent pas une grande voix, une clameur entendue de tout un peuple.On soulève plus de poussière que de montagnes.Au strict point de vue religieux, l\u2019on souhaiterait la disparition des trois quarts de L\u2019Esprit des Livres René Fandrich.\u2014 « L\u2019Ecole Primaire Supérieure ».\u2014 Editions Albert Lévesque, Montréal 1934.L\u2019enseignement primaire supérieur est le prolongement de l\u2019enseignement primaire, et tient du secondaire autant que du technique.Il est annexé à l\u2019enseignement du deuxième degré, lequel comprendrait, l\u2019enseignement secondaire, l\u2019enseignement technique, l\u2019enseignement primaire supérieur.Les premières écoles primaires supérieures furent érigées en France et en Suisse, il y a plus d\u2019un siècle, et leur succès va toujours grandissant.Notre province de Québec possède ses écoles primaires supérieures, depuis quelques années, et les résultats obtenus dépassent ceux des autres pays.De 1928 à 1934, le nombre des élèves est passé de huit cent trente, à deux mille cinq cent trente-neuf.Presque tout cependant est encore à faire et à organiser.L\u2019auteur veut nous faire profiter de l\u2019expérience fournie par les écoles primaires supérieures à l\u2019étranger et soumet quelques plans concernant l\u2019organisation des institutions similaires de notre province.H.-M.H.nos petites revues (une cinquantaine!), si elle permettait la concentration des abonnés sur quelques bonnes et solides revues catholiques, comparables aux publications de France et présentables aux étrangers qui veulent suivre la vie de l\u2019âme canadienne.Vraiment, le succès de la presse catholique chez nous réclame un peu d\u2019émondage, pour que l\u2019arbre soit plus fort ». L\u2019esprit des Livres 375 Dom A.M.P.Ingold.\u2014 « Général et Trappiste ».\u2014 Le Père Marie-Joseph, Baron de Geramb.\u2014 Librairie P.Téqui, 82, rue Bonaparte, Paris VI, 1935.Biographie édifiante d\u2019un trappiste par un de ses frères en religion, portrait dessiné avec amour.Histoire documentée d\u2019une vie fort mouvementée ressemblant à celle du Vénérable abbé de Rancé.Détail assez intéressant donné par l\u2019auteur lui-même dans sa préface : une de ses meilleures sources d\u2019information lui a été fournie par un Canadien, le Père Irénée (Azarie Ménard) trappiste mort en 1879.De grands défauts de caractère que plusieurs années de vie religieuse intense ne peuvent faire disparaître complètement, n\u2019empêchent pas de parvenir à un degré remarquable de sainteté.La vie du Père de Geramb nous en fournit la preuve.Le Père Marie-Joseph, Baron de Geramb vécut de 1772 à 1848.Nature très riche mais d\u2019un tempérament irascible et d\u2019une « légèreté frôlant l\u2019étourderie », un de ces enfants terribles qui devenus grands, font des conquêtes.Dans le monde, le baron de Geramb devint chambellan à la cour d\u2019Autriche et général.\u2014 Sous l\u2019habit des Trappistes, il mourut abbé et procureur général de son Ordre à Rome.La pensée de la mort lui devint habituelle ; sa plume et son pinceau rivalisaient pour la mettre sans cesse sous les yeux de tous.Le célèbre « Cadran de la Mort » sous sa forme habituelle, lui est attribué.« Un jour viendra mon tour et l\u2019on dira de moi ce que l\u2019on dit des autres morts ».Ce beau livre ouvre sur la vie religieuse des perspectives auxquelles les gens du monde ne sont guère habitués.La grâce prend parfois des avenues qui déroutent, mais toujours avec les mêmes résultats de transformation. 376 Revue Dominicaine Il conduira donc le lecteur à une meilleure intelligence de l\u2019action divine.Etienne Laporte, O.P.Le P.Gabriel Bouffier, S.J.\u2014 « La Vénérable Servante de Dieu, Anna-Maria Taigi.\u2014 Pierre Téqui, Librairie-Editeur, Paris, 1936.Anna-Maria Taigi naquit à Florence, vers 1669, d\u2019une famille noble que le malheur avait visitée.Elle fut élevée dans la pauvreté, et reçut une éducation chrétienne qui lui permit de mener une vie où la vertu perça toujours.En tout et partout en effet, elle fut soumise à Dieu, et totalement abandonnée à son vouloir.De son côté, Dieu daigna regarder la bassesse de sa servante, et lui accorder de grandes grâces.La lecture de l\u2019ouvrage donne une double leçon d\u2019humilité et de confiance.Dieu se sert d\u2019une femme du peuple pour diriger et éclairer des hommes publics et des papes.C\u2019est aussi en vivant courageusement dans la pauvreté et toutes sortes de mortifications qu\u2019Anna Maria s\u2019est attiré les faveurs de Dieu.Ce volume est à conseiller aux mères chrétiennes.Il montre qu\u2019on peut se sanctifier et faire beaucoup pour le ciel, à la tête d\u2019une famille et d\u2019un foyer.Il montre aussi, que quelque modeste que soit notre sort ici-bas, si la grâce de Dieu est avec nous, nous pouvons, en toute vérité, opérer des merveilles.\tH.-M.H.Henri Ghéon \u2014 «Le mystère du roi saint Louis» \u2014 Dans la collection « Les Cahiers du Théâtre chrétien », no 27.André Blot, Paris, 1935, 222 p.in-8°.Ecrit pour la Sainte Chapelle et représenté en ce lieu L\u2019esprit des Livres 377 sous la direction de l\u2019auteur, ce drame a été salué comme une réussite par des esprits aussi différents que Lucien Descaves et Léon Daudet.L\u2019auteur y évoque cinq temps de l\u2019histoire de saint Louis : son enfance, son mariage, sa croisade, sa justice et enfin son édifiante mort.La figure de Louis IX, qui gouverne un vaste royaume avec la prudence chrétienne et sous l\u2019égide de la Croix, se présente comme une leçon opportune en un temps où les pouvoirs publics, cantonnés dans un plan naturel, biaisent trop facilement avec leur mandat.A la suite de « La Vie Profonde de saint François d\u2019Assise », de « Bernadette devant Marie » et du « Triomphe de saint Thomas d\u2019Aquin», pièces du même auteur, « Le Mystère du roi saint Louis » apportera à M.Ghéon tout le succès de ces précédentes oeuvres.A.-M.M.Blanche Lamontagne-Beauregard.\u2014 « Dans la Brousse ».Poèmes.Edition du Devoir, Montréal, 1935.Qu\u2019un bon nombre de citadins lettrés n\u2019entendent presque rien à l\u2019ensemble des vers de Mme Blanche Lamontagne-Beauregard, cela va de soi puisque de parti-pris celle-ci a voulu être et est demeurée «la poétesse des habitants».Or en ville, on sait ce que cela signifie : la maison sans peinture, l\u2019essaim agaçant des mouches, l\u2019heure et le sentier des vaches, l\u2019étable et son fumet, etc.; quels thèmes poétiques et qui prêtent si facilement « à la manière de » Panneton et Francœur.Il y a là toutefois un souffle qui émeut fortement les natifs de la ferme égarés dans les lettres et parmi ces derniers, la poétesse a depuis longtemps déjà conquis son public.Pour comprendre la naïveté de son art un peu fruste, 378 Revue Dominicaine il faut avoir continuellement présente à l\u2019esprit la rusticité des thèmes que cet art épouse sans cesse et qu\u2019il ne parvient pas toujours à plier aux exigences d\u2019une technique rigoureuse.Quant à faire grâce à l\u2019auteur de toute négligence, ce serait un excès de bienveillance.Mme Blanche Lamontagne-Beauregard se sent beaucoup plus à l\u2019aise parmi les saisons et leurs paysages que parmi les gens et leurs états d\u2019âme.« Dans la Brousse » contient six strophes intitulées « Lumière d\u2019Automne » qui paraissent cueillies sur les derniers rosiers de nos jardins d\u2019octobre : « Les coteaux sont déserts.Tout annonce le terme Des charmes de l\u2019été.La bise est en courroux.Partout courent des bruits de porte qu\u2019on referme, Et des grincements de verrous ».« La blanche source pleure et le marais frissonne.En gestes éperdus, les arbres sont penchés.L\u2019air est plein des clartés brumeuses de l\u2019automne, Et des senteurs de foins séchés ».« Ainsi qu\u2019une étincelle à la vie incertaine Dans l\u2019âtre qui s\u2019éteint brille soudainement, Ainsi nous reverrons la colline lointaine Comme en un éblouissement ».Mais lorsque l\u2019auteur aborde certaines scènes ou certains aspects de la vie domestique de nos gens, vraiment l\u2019effort ne semble plus à la hauteur de la difficulté du sujet.Ce n\u2019est pas de la prose et le rythme s\u2019insinue trop laborieusement pour nous convaincre que ce soit des vers.Tout le chapitre intitulé « L\u2019humble vie » souffre en maints endroits de cette misère.En vingt-quatre poèmes L\u2019esprit des Livres 379 d\u2019arrangements divers, l\u2019auteur nous décrit l\u2019établissement d\u2019un nouveau foyer campagnard depuis les premières a-mours jusqu\u2019à la mort de l\u2019épouse devenue grand\u2019mère.C\u2019est une gageure que d\u2019atteindre à l\u2019inexprimable en alignant des alexandrins sur un pareil thème.L\u2019art ici épouse trop étroitement la nature.Louise détaille à son ami François les occupations de ses journées : «.Puis, je range La vaisselle en l\u2019armoire, et les seaux en leur coin.Je place tout en ordre et balaie avec soin.Souvent, quand je reviens ici, la route est sombre.Tout s\u2019efface, et les champs disparaissent dans l\u2019ombre.Je crois voir remuer les branches du buisson ; Alors, la peur me prend, je cours, j\u2019ai le frisson ! J\u2019arrive.Dans mes bras j\u2019endors mon petit frère.Aux autres, je fais faire ensuite leur prière.Et le reste du temps je l\u2019emploie à filer.Ma mère, près de moi, vient s\u2019asseoir pour parler.Et c\u2019est tout.Nous aurons encor bien des tempêtes, Hélas! oui, je le crains.Et puis, voici les fêtes.On sent que par endroits l\u2019auteur a « touché».Mais il suffit, pour discerner les faiblesses du morceau, de le comparer à « La servante » de Francis Jammes ou à « Prière du serviteur » de Robert de Montesquiou.« Dans la Brousse » contient environ quatre-vingts poèmes d\u2019inspiration plutôt brève, mais dont l\u2019ensemble réalise un fort volume tout imprégné d\u2019une pure atmosphère laurentienne.L\u2019amour sincère et ardent de la Patrie qui se devine ou s\u2019affirme dans chacune des pièces fait de ce recueil, sans rien lui enlever de son charme poétique, un bon livre d\u2019éducation nationale.A.Saint-Pierre, O.P. 380 Revue Dominicaine Massoulié, O.P.\u2014 « Méditations de Saint Thomas sur les trois vies purgative, illuminative et unitive ».Lethielleux Editeur.10, rue Cassette, Paris (VI) 25 frs.A la suite du rapport sur la spiritualité du clergé canadien présenté aux premières Journées Thomistes d\u2019Ottawa, il fut proposé qu\u2019on oriente les prêtres et les fidèles vers des ouvrages de piété à base doctrinale thomiste.Les Méditations de Massoulié servent à souhait cette orientation, car leur qualité théologique, leur présentation dans le cadre, coutumier chez les spirituels, des trois vies, purgative, illuminative, unitive, leur inspiration profonde et continue dans les écrits de Saint Thomas, en font un ouvrage de grande valeur doctrinale thomiste.Si saint Thomas a toujours été reconnu dans l\u2019Eglise pour le maître le plus éclairé de la Théologie, on le reconnaît moins pour un maître de la vie spirituelle.Et pourtant celui qui lit ses œuvres avec un peu d\u2019application s\u2019aperçoit vite que ses ardeurs sont égales à ses lumières, et que la théologie mystique y est exposée avec non moins de maîtrise que la théologie dogmatique et morale.Il serait aisé en effet, de tirer de ses œuvres des méditations sur tous les mystères de la Religion, sur toutes les vérités les plus importantes de la Foi.Mais saint Thomas théologien mystique est à découvrir, et on n\u2019y arrive pas sans initiation.Précisément le P.Massoulié nous sert de guide en l\u2019occurrence.Ses Méditations de S.Thomas nous habituent à reconnaître l\u2019aspect mystique dans les œuvres théologiques du saint Docteur.Ce qui donne une toute nouvelle valeur à cette réédition, c\u2019est l\u2019étude historico-doctrinale que le R.P.Florand y a ajouté en guise d\u2019introduction.On aime à connaître l\u2019auteur qu\u2019on lit.Sa vie explique ses écrits.Et quand un personnage a l\u2019importance de Massoulié, puisqu\u2019il a joué L\u2019esprit des Livres 381 un rôle décisif dans le conflit du quiétisme français, on ne trouve pas longues ces 106 pages d\u2019introduction, d\u2019une agréable lecture, d\u2019une érudition exacte, d\u2019une finesse psychologique pénétrante.Raymond-M.Charland, O.P.Louis Fanfani, O.P.\u2014 « Catéchisme sur L\u2019Etat Religieux ».In-8, 210 p.1934.5 frs.Mariet-ti Editeur, rue Legnano, 23, Turin.C\u2019est étonnant comme ce petit volume contient de renseignement précis et abondants sur l\u2019Etat Religieux selon le Droit Canonique.Pour atteindre le but proposé, à savoir guider le plus brièvement et le plus clairement possible les novices de tous les Ordres Religieux dans la connaissance des lois fondamentales de l\u2019Eglise sur la vie religieuse, il fallait connaître à fond le traité canonique de l\u2019Etat Religieux.Le R.P.Fanfani était tout désigné à cette fin, ses travaux juridiques lui ayant acquis la réputation d\u2019un spécialiste du Droit des Religieux.L\u2019ouvrage que nous apprécions est certes à propos.« Il est nécessaire, et on l\u2019oublie trop facilement, fait opportunément remarquer le Révérendissime P.Gillet dans la préface, que les jeunes religieux de tous les Ordres soient éclairés non seulement sur les devoirs qu\u2019ils doivent remplir, mais encore sur les lois auxquelles ils ont à obéir».Ce petit Catéchisme sur l\u2019Etat Religieux sera donc un aide véritable pour les novices qui s\u2019exercent à la vie religieuse et se préparent à l\u2019examen que d\u2019habitude on leur fait passer, dans tous les Ordres Religieux, avant de les admettre à la profession.Espérons que cette traduction française de l\u2019original italien se répande abondamment et que d\u2019autres traductions soient entreprises avec le même succès.Raymond-M.Charland, O.P. 382 Revue Dominicaine René Guenette.\u2014 « Essais sur l\u2019éducation ».\u2014 Préface de M.Olivier Maurault, p.s.s.\u2014 Librairie Beauchemin, Montréal.La Revue Dominicaine est bien en retard pour signaler à ses lecteurs le livre de M.Guenette paru en avril dernier.Si en retard même que celui-ci aurait eu raison de croire à de l\u2019oubli ou de l\u2019indifférence.Il n\u2019en est rien pourtant.Le seul coupable est l\u2019auteur de ces lignes, et c\u2019est le cas ou jamais de répéter : « Seigneur, délivrez-moi de mes amis .» Les pages sur lesquelles nous attirons l\u2019attention a-vaient déjà paru dans L'Ecole canadienne dont M.Guenette est, depuis quelques années, directeur.Il y a ajouté, en tête du volume, un chapitre inédit, où il expose, à larges traits, ses idées sur l\u2019éducation.M.Guenette cite quelque part un mot de M.Lucien Romier qui pourrait servir d\u2019épigraphe à son volume : « Des hommes intelligents, il y en a plein les rues, ce qui manque ce sont les caractères ».Pour M.Guenette, en effet, l\u2019instituteur doit être avant tout un éducateur.Il ne doit pas viser seulement à meubler des intelligences ; il doit tendre surtout à former des volontés.C\u2019est l\u2019idée directrice du volume ; c\u2019est d\u2019elle qu\u2019il tire son unité.Cette éducation doit être d\u2019abord une éducation chrétienne.« Elle s\u2019impose partout et toujours, mais au premier chef dans notre pays et à notre époque.Dans notre pays, né à l\u2019histoire d\u2019une pensée chrétienne et développé surtout dans notre chère province de Québec sur un plan chrétien qu\u2019aucune influence étrangère n\u2019a le droit de modifier, que nous ne permettrons en tout cas à aucune influence de chez nous ou d\u2019ailleurs de changer » (p.38).« Une éducation chrétienne, non pas une éducation de dormants, suivant la forte expression de Léon Bloy, mais une éducation vivante, virile, aérée, adaptée, joyeuse.» (p.39). L\u2019esprit des Livres 383 Elle doit être en plus nationale.M.Guenette reconnaît qu\u2019il y a nationalisme et nationalisme.Il en est de féconds, mais il en est de dangereux.Le sentiment national, c\u2019est « la conscience répandue dans tous les citoyens d\u2019un même pays.qu\u2019ils forment véritablement une même famille ., qu\u2019ils doivent vivre ensemble, ou du moins s\u2019aimer, se fréquenter, s\u2019entr\u2019aider, participer aux entreprises, aux travaux, à la prospérité, au bonheur de la famille, partager aussi ses peines, ses épreuves, ses malheurs » (p.41).Cette éducation doit être enfin une éducation française.« Représentants authentiques de la civilisation française en Amérique, nous nous devons de garder la langue de France et de la parler le plus correctement possible, puis de faire resplendir dans toutes nos œuvres les qualités de son génie propre, le respect de la mesure, suivant la juste expression de Georges Duhamel, le respect de la mesure au milieu des débauches de toutes sortes qu\u2019a inventées et répandues l\u2019américanisme, la recherche de l\u2019équilibre, le sens de la logique, le goût de la clarté, la passion du droit, la soif de l\u2019apostolat, le culte du spirituel » (p.45).M.Guenette est tout entier dans ces quelques lignes que nous venons de citer.On a là le but de sa vie et aussi le secret de ses succès comme éducateur.Pour se justifier d\u2019avoir écrit ce livre, il fait appel, dans un Epilogue plein de modestie, à ses quinze années d\u2019enseignement.M.Guenette pourrait avoir enseigné quinze ans et plus et n\u2019avoir à peu près rien de personnel et d\u2019original à nous dire.S\u2019il a le droit de parler, c\u2019est que, pour lui, l\u2019enseignement a toujours été autre chose qu\u2019un gagne-pain.Il y a vu, et il continue d\u2019y voir une mission.L\u2019impression qui se dégage, en effet, de ces pages, c\u2019est que M.Guenette estime son métier et qu\u2019il l\u2019aime.Il sait garder ce respect de la mesure qu\u2019il recommande à ses élèves, mais on sent quand même sous ces phrases qui ne cherchent ni l\u2019éclat, ni l\u2019effet, une ardeur contenue, un en- 384 Revue Dominicaine thousiasme qui ne peut avoir d\u2019autre source que l\u2019amour : l\u2019amour de cette tâche, la plus belle de toutes, former des âmes d\u2019enfants.Et c\u2019est parce que M.Guenette aime ce métier auquel il a donné sa vie, c\u2019est parce qu\u2019il a réfléchi sur ce qu\u2019il est et ce qu\u2019il devrait être, que nous l\u2019écoutons avec attention, avec respect et avec fruit quand il en parle.M.-C.F.\\ M.Constantin-Weyer « Le flâneur sous la tente».In-8, 1935, Librairie Stock, Paris.Depuis quelque temps déjà, nous constatons, allant toujours en s\u2019accentuant un effort des jeunes et des vieux restés jeunes, pour s\u2019évader de la civilisation raffinée qu\u2019est la nôtre, pour sortir et s\u2019arracher à la vie fade et artificielle des dancings, du cinéma, des cocktail-parties, etc.Il y a comme une levée des jeunes qui partent à la découverte de choses neuves et saines.Les Scouts, les Jeunes naturalistes et bien d\u2019autres font partie de cette jeunesse du plein air.Aujourd\u2019hui celui qui voyage un peu à travers la province, de juin à septembre, voit poindre tout à coup dans les anfractuosités de la montagne ou sur les bords d\u2019un lac le cône blanc des tentes scoutes.Toute une littérature est née de ces nouvelles aspirations.Signalons puisque le cas se présente, pour la France, « Les livres de nature » publiés sous la direction de Delamain, collection dont fait partie le livre de M.Constantin-Weyer.« Le Flâneur sous la tente », voilà en un certain sens, un titre trompeur.Ici, je crois, flânerie égale activité saine et normale, contemplation ! Tout au début de son volume, l\u2019auteur fait une profession de foi que plusieurs d\u2019entre nous signeraient : «Que sommes-nous, nous autres campeurs Des hommes tout court ! De vrais hommes, ceux du plein air.L\u2019automobile, si nous nous en servons, n\u2019est plus pour nous que ce qu\u2019elle L\u2019esprit des Livres 385 devrait être, une servante.Une humble servante.Nous abandonnons volontiers la route pour suivre le torrent.Au champ cultivé nous préférons la clairière ou l\u2019arête des rochers.Et la civilisation, dont nous sommes si fiers, et pourquoi *?Grand Dieu, la civilisation est tellement superficielle que nous en oublions bien vite ce qu\u2019on est convenu d\u2019appeler ses bienfaits.Il n\u2019est pas mauvais de vivre comme le faisaient nos lointains ancêtres.Le grand air est-encore le meilleur moyen d\u2019éliminer les toxines amassées dans la Cité .Sans paradoxe, nous devenons plus intelligents.Je veux dire que nous prenions mieux connaissance de nous-mêmes.Comment pourrions-nous nous trouver dans le tumulte des villes *?.» Ce livre n\u2019est pas un traité du camping.Mais à travers de merveilleuses et fraîches descriptions de la forêt et de la montagne française, Constantin-Weyer donne de bonnes petites recettes, des conseils très pratiques sur l\u2019art de camper.Sans doute, je ne conseillerais pas à un clan de Routiers de suivre à la lettre la manière de Constantin-Weyer, car il y a certainement une grande différence entre le camping dont il nous parle et la vie de plein air que le scoutisme fait pratiquer à ses adeptes.Lui-même d\u2019ailleurs, au chapitre « Les Auberges de jeunesse » fait certaines remarques judicieuses touchant la vie vagabonde que peuvent se permettre les jeunes.Quoi qu\u2019il en soit, les grandes idées motrices et saines de cette vie par monts et par vaux, Constantin-Weyer nous les rappelle ou pour quelques-uns nous les fait connaître tout simplement : la valeur morale et formatrice du risque de cette vie de campeur, la simplicité et « les moyens pauvres » qu\u2019elle emploie, l\u2019esprit d\u2019observation et les qualités de l\u2019esprit contemplatif qu\u2019elle développe.Evidemment, le camping dont Constantin-Weyer parle au chapitre «Week-end» ne doit pas être prôné, car il serait dangereux au point de vue moral. 386 Revue Dominicaine Le délicieux passage sur le chemineau, l\u2019homme vraiment libre, m\u2019ont rappelé les pages si fortes de Louis Veuil-lot au sujet du Bienheureux B.Labre, le vagabond que la société française ridiculisa si souvent, devenu aujourd\u2019hui un personnage de gloire et de surhumaine beauté.Bref, et c\u2019est la conclusion qui se dégage du volume, et c\u2019est aussi celle que plusieurs ne veulent pas comprendre sur\tles\tdeux continents, il\ty a deux\tsortes de campisme : la belle\tvie moralisatrice à\ttravers les\tbeautés de la nature et au contact de Dieu ; et puis, le commun et vulgaire week-end des jeunes et des vieux débraillés dont parle Jean-Charles Harvy dans les Cahiers noirs.Père Marc Labonté, O.P.M.Pagot.\u2014 « Par la joie ! ».\u2014 Notes de pédagogie moderne.A l\u2019Œuvre des études gréco-latines, 30 cahiers.7, rue Vital, Pa-ris-XVI.Prix 130\tfr.La\tmultiplication des\trelations\tinternationales pose avec une acuité grandissante le problème d\u2019une langue universelle : est-elle à créer ou la possédons-nous déjà dans le latin ?Diverses revues (Recrutement sacerdotal, oct.1933 ; Rev.Apologétique, fév.1934 ; Ami du clergé, 31 mai 1934) s\u2019en sont récemment inquiétées, et il ne semble pas que l\u2019accord soit près de se réaliser.C\u2019est ce qui nous justifie d\u2019examiner ici quelques-uns des efforts consacrés à rendre plus agréable, rapide et féconde l\u2019étude des langues qui figurent aux programmes scolaires.Le premier que nous relevons n\u2019est pas le moins original.Il s\u2019intitule « Le latin par la joie, le grec par la joie ; sept langues : grec, espagnol, italien, français, allemand, anglais enseignées en même temps ».La première impression, devant l\u2019avalanche multicolore de ces fasci- L\u2019esprit des Livres 387 cules est, il faut bien l\u2019avouer, l\u2019ahurissement.L\u2019A.s\u2019écarte résolument des sentiers battus, mais c\u2019est là précisément ce qui pique notre curiosité : il a eu le courage d\u2019écrire 847 pages, n\u2019aurons-nous pas celui d\u2019en lire au moins quelques-unes *?Peut-être y découvrirons-nous son secret.A son dessein, bien moderne, de faire vite et bien répondra une technique appropriée : s\u2019adresser à l\u2019intelligence, et par l\u2019intelligence à la mémoire ; car pour s\u2019intéresser, il faut comprendre, et l\u2019on ne retient bien que ce qui a frappé.Or, il est constant que les enfants sont en éveil dès qu\u2019il s\u2019agit de chars ou d\u2019avions, en apprendre le mécanisme leur est une joie.Mais, le langage, lui aussi, a son mécanisme ; pourquoi ne le leur expliquerait-on pas *?La méthode a ceci de particulier qu\u2019elle prétend mener de front l\u2019étude de plusieurs langues de commune origine.La parenté des principaux idiomes européens saute aux yeux de quiconque examine un peu attentivement certains mots : jardin, par exemple, qui se dit en grec kortos, se retrouvera dans le latin hortus, l\u2019espagnol jardin, l\u2019italien giardino, l\u2019allemand garten, l\u2019anglais garden.Expliquer les lois qui ont présidé à leur différenciation, c\u2019est du même coup en donner la clé, en justifier la syntaxe et le vocabulaire.C\u2019est aussi introduire dans leur exposé un enchaînement et une cohérence qui permettent de caractériser leurs diverses tendances ; les unes s\u2019orienteront franchement vers la simplification et la clarté par la conquête de l\u2019invariabilité du mot, les autres garderont jalousement le système des cas qui caractérise le grec et le latin.M.P.attache une grande importance aux phénomènes de tension et de détente qui régissent le langage : le parler évolue vite dans les villes, lieux de tension sociale, lentement dans les campagnes, plus conservatrices.Cependant, et il semble que c\u2019est là le point faible de son exposé, cette loi lui paraît d\u2019application universelle et capable de 388 Revue Dominicaine soutenir une grande synthèse philosophique.Celle-ci apparaît fragile, et ses conclusions extrêmes irrecevables : « des grains d\u2019électricité assemblés en atomes ont été, à un certain moment de l\u2019évolution du globe terrestre, dans des conditions telles qu\u2019ils ont pu former des cellules vivantes.Ces conditions ont été passagères, voilà pourquoi ces cellules ont acquis le pouvoir de se reproduire elles-mêmes » (p.789).Et l\u2019A.ne s\u2019arrête pas en si beau chemin.Malgré son souci patent de garder une neutralité de bon ton, il émet, sans peut-être s\u2019en rendre bien compte, sur la religion et le christianisme, des théories inacceptables.M.P.destine des cahiers aux jeunes de quinze ans.Il ne nous en voudra pas, après ce qui vient d\u2019être dit, d\u2019élever sensiblement cette limite d\u2019âge.L\u2019inconvénient n\u2019est pas d\u2019ailleurs aussi grand que l\u2019on pourrait penser : expérience faite, M.P.prévoit que l\u2019assimilation de ses cours ne demande guère plus d\u2019une année.Des notions de phonétique que prodigue l\u2019A., une nous a frappé : on enseigne couramment que, en grec, oo se contracte en ou, sans en donner d\u2019explication.Cela n\u2019est pourtant compréhensible que si l\u2019on se reporte à la prononciation ancienne : o long fermé, que l\u2019on écrivait ou (p.15).L\u2019intelligence est satisfaite et la mémoire soulagée d\u2019autant.Ce que M.P.expose avec une bonhomie prolixe, M.Fleury le dira avec une concision toute scientifique : c\u2019est que son Précis de Phonétique grecque (in-8°, 56 p., de Gigord, Paris) est destiné surtout aux étudiants et aux professeurs désireux de s\u2019orienter vite et clair.Il insiste sur la constance des lois qui président à la transformation des sons et fait entrevoir que le grec, loin d\u2019être à ses débuts une langue uniforme, évolua lentement vers l\u2019amalgame dialectal que représentera la koinê.La question du vocabulaire retient M.Pagot ; les listes de mots, même lorsqu\u2019on a soin de les établir par étymologies communes comme l\u2019a fait Bailly, sont fastidieuses L\u2019esprit des Livres 389 à apprendre parce qu\u2019on ne sait où les greffer pour les retenir.La difficulté disparaît si l\u2019on montre le lien qui les unit entre eux sous la juridiction de leur pnnceps analo-gans.Mais ce que M.P.ébauche, M.Fontoynont la réalise de façon très personnelle.Son Vocabulaire grec (in-8°, XVI-200 p., Picard, Paris, 1933) rattache quelque 1400 mots d\u2019usage courant aux chefs de file dont le sens premier éclaire la connexion.Mieux ; pour animer cette matière, il l\u2019enchâsse dans des textes vivants ; ils sont huit.« Les deux premiers valent à eux seuls plus que tous les autres.Leur richesse est à peine croyable: masse et qualité des mots usuels, étude des prépositions et conjonctions, remarques essentielles, tout est là.Leur présence est le principal mérite de ce vocabulaire » (p.XII).Voilà un livre qui vraiment nous a plu.Son esprit, avouons-le, y était pour quelque chose.Le culte du beau, de la mesure, de l\u2019équilibre, le ne quid nimis antique trouve en M.F.un disciple fervent et averti.Clairvoyant aussi, il a saisi les déficiences de la civilisation antique ; elles se trahissent jusque dans le vocabulaire.Témoin son commentaire du mot sun-gignosco : pardonner, « c\u2019est d\u2019abord savoir, entrer dans les raisons d\u2019autrui pour l\u2019excuser : le grec païen ne sait guère pardonner là où il ne voit pas d\u2019excuse »\t(p.23).Par ailleurs, l\u2019ouvrage dénote chez son auteur une sérieuse connaissance de l\u2019Ecriture Sainte, de la liturgie, des Pères de l\u2019Eglise, voire de S.Thomas, ce qui nous incline à voir en son auteur un prqtre, peut-être même un religieux, bien qu\u2019il voile modestement ses titres et qualités.M.Pagot veut rénover l\u2019enseignement des langues, et le titre qu\u2019il choisit indique assez dans quel esprit.Est-il suivi ?Nous avons maintenant « l\u2019hébreu par la joie » (par M.Ventura, in-4° 48 p.10 fr.Lipschutz, Paris 1933).Mais l\u2019emprunt ne va pas au delà du titre et nous nous trouvons en présence d\u2019un spécimen d\u2019abécédaire pour 390 Revue Dominicaine petits israélites, avec les artifices usités dans ce genre de publications : dessins (assez grossiers), typographie épaisse, etc.Malgré cette incompréhension partielle, les idées de M.Pagot ont fait leur chemin, les approbations officielles sont venues, en récompensant l\u2019Auteur, reconnaître la valeur de ses principes pédagogiques.Et les vocations tardives apprécieront, nous en sommes persuadé, ce concours inattendu qui rendra plus aisée leur marche vers le sacerdoce./.Boutry, O.S.B.Louvigny de Montigny.\u2014 « Les Boules de Neige ».\u2014 Comédie en trois actes précédée d\u2019un lever de rideau : « Je vous aime ».Librairie Déom frères, Montréal, 1935.Que l\u2019auteur ait éprouvé le besoin de faire accepter cette œuvre de jeunesse au moyen d\u2019une préface de vingt-quatre pages recouvertes de caractères microscopiques, cela laisse clairement douter de sa propre confiance en ses vieux cartons.Mais M.de Montigny est tout de même moins naïf que les personnages qu\u2019il mettait en scène, il y a déjà plus d\u2019un quart de siècle.Sa préface nous livre d\u2019aussi opportunes que judicieuses réflexions.C\u2019est la rareté de nos écrivains dramatiques, la pauvreté du théâtre canadien, rayon vide dans nos bibliothèques littéraires, c\u2019est l\u2019ingratitude persistante du métier littéraire en Nouvelle France.La musique américaine radiophonique ou autre nous inonde à si peu de frais ; nos artistes professionnels ou amateurs interprètent sans souci des droits d\u2019auteur tout ce qu\u2019ils peuvent s\u2019assimiler du théâtre français moderne : d\u2019où manque absolu de protection pour un écrivain de chez nous qui voudrait vivre de sa plume exclusivement mise au service de l\u2019art.Il aurait peut-être fallu ajouter qu\u2019au point de vue artistique nous L\u2019esprit des Livres 391 sommes étonnamment empressés de donner nos sous à des créations étrangères qui bien souvent ne valent pas nos puissances et endorment notre paresse.Combien de ces manifestations étrangères de tous genres ont rempli nos théâtres en ces dix dernières années, vidé les bourses de nos gens et condamné les snobs à s\u2019écrier sur la foi des journaux « Que c\u2019était donc joli ».De si unanimes faveurs ne pourraient-elles pas être décernées, combien plus sincèrement puisqu\u2019en meilleure connaissance de cause, à des écrivains de chez nous.Pour un plaisir artistique moins vif peut-être, il résulterait, sans parler du point de vue économique, une possibilité de carrière pour nos divers talents artistiques en même temps que nos scènes et nos orchestres pourraient concourir elle aussi à côté de l\u2019histoire et du roman à créer « la mystique de la patrie ».Revenons aux pièces de M.de Montigny.L\u2019auteur a consacré la seconde partie de sa préface à réfuter toutes les observations qu\u2019il a fort bien prévu lui devoir être adressées.Plus rien à dire, tout le terrain est évacué.Ce n\u2019est pas une hirondelle qui fait le printemps, note de Montigny ; d\u2019aucuns ajouteront malicieusement que non, surtout lorsque les ailes pendantes de cette première hirondelle trahissent les trente années qu\u2019elle a passées au nid.Le lever de rideau intitulé : « Je vous aime », comporte « une broderie de raison sur un thème d\u2019amour ».Maude, vingt ans et Grandefoye, trente ans, se rencontrent sur une plage estivale baignée dans le crépuscule de juillet.C\u2019est un flirt académique antérieur aux bâtons de vermillon.Le jeune homme et la jeune fille voudraient se manifester leur amour sans avoir à redire la formule banale : je vous aime.Assaut de dialectique charmante jusqu\u2019à ce que les pétales d\u2019une marguerite docile fournissent 392 Revue Dominicaine la formule éternellement jeune.« Les Boules de Neige » illustrent les méfaits des mauvaises langues dans nos villages de la campagne et dans une certaine classe de la société montréalaise aux environs de 1900.Aline Harbois est fiancée au Docteur Beaugy.Les époux Barabé chez qui elle fait un mois de villégiature à Varennes l\u2019accusent sur de faux indices de tromper son fiancé.La jalousie de Nini Saulmiers sème habilement la nouvelle qui parvient aux oreilles du malheureux docteur.Celui-ci en fait une maladie et les fiançailles sont rempues.Des amis s\u2019entremettent pour convaincre Beaugy de la fausseté des rapports qui lui sont parvenus.La dernière scène ébauche un projet de réconciliation, mais Aline désormais fixée sur le caractère du Docteur pardonne sans conviction.Le premier acte se déroule à Varennes en juillet chez les Barabé, le deuxième à Montréal en octobre chez le Docteur Beaugy, le troisième à Montréal aussi, en décembre, chez les parents d\u2019Aline Harbois.Dans sa préface, M.de Montigny souhaite que la critique lui reconnaisse « le mérite d\u2019avoir épargné à ses auditeurs les lieux communs qui farcissent tant de compositions théâtrales, écarté résolument domestiques, appareils téléphoniques ou radiophoniques, jeux de coulisse et autres ficelles servant trop commodément à nouer l\u2019intrigue, à filer les scènes et surtout à escamoter les transitions .» Plus loin, l\u2019auteur ajoute que « le lecteur n\u2019a pas à se demander si l\u2019ouvrage qui lui tombe entre les mains provient d\u2019un jeune auteur ou d\u2019un vieux, s\u2019il a coûté dix jours, oü dix mois, ou dix ans de travail, etc., » tout cela pour laisser entendre qu\u2019il faut juger « Les Boules de Neige » comme une œuvre de jeunesse à laquelle la maturité et l\u2019expérience eussent apporté de nombreux correctifs.Le théâtre de M.de Monitgny est un « document historique intéressant », ajoutez : un précieux encouragement pour les jeunes.Pour en dire davantage, puisque le théâtre s\u2019écrit en L\u2019esprit des Livres 393 vue de la scène, il faudrait connaître quel a été le succès des premières .A.Saint-Pierre, O.P.Robert Rumilly.\u2014 « Marie Barbier, mystique canadienne ».\u2014 Librairie d\u2019Action française, Montréal, 1935.M.Robert Rumilly, continuant la série des études historiques qui nous ont valu un « Laurier » et un « Papineau », s\u2019est maintenant attaché à faire revivre la période des origines de Montréal.Période plus que toute autre féconde en héros et en saints.La figure de Marie Barbier, disciple de Marguerite Bourgeoys, l\u2019a séduit et il la met en lumière dans l\u2019ouvrage qu\u2019il intitule « Marie Barbier, mystique canadienne », paru récemment aux Editions Albert Lévesque.Cette publication vient d\u2019autant plus à son heure que du 10 au 12 août, la Congrégation Notre-Dame a fêté à la Ste-Famille de l\u2019île d\u2019Orléans, le 250e anniversaire de la fondation de sa mission, la plus ancienne de ses maisons en dehors de Montréal, et que l\u2019héroïne de cette fête était Marie Barbier, fondatrice de la mission.Marie Barbier qui succéda à Marguerite Bourgeoys comme supérieure de la Congrégation, est comme la réplique canadienne de cette admirable Française.Elle fut une grande mystique, la première grande mystique canadienne, dont la vie de travail, de luttes, de fondations est très belle.Sans doute attirera-t-on quelque jour l\u2019attention de Rome sur les vertus de cette Canadienne.Faut-il avouer, à notre honte, que nous ne connaissons presque pas, ou même pas du tout cette Marie Barbier que les Dames de la Congrégation vénèrent avec infiniment de raison.Des fêtes comme celle-là contribuent à combler cette lacune.Et aussi le volume de M.Rumilly 394 Revue Dominicaine qui, outre une évocation très vivante de Montréal naissant, et de la vie de Marguerite Bourgeoys, esquissée à g!rands traits, nous donne sur sa disciple un travail personnel, dans la manière ailée et concise qui a assuré à l\u2019auteur l\u2019audience du public canadien.Signalons de plus que ce doit être la première fois au Canada qu\u2019une vie de «sainte» est traitée non à l\u2019eau de rose, mais au contraire de façon humaine.On trouve « Marie Barbier, mystique canadienne », aux Editions Albert Lévesque, 1735, rue St-Denis, Montréal, au prix de $0.75 l\u2019unité.Prix spécial à la quantité et pour les membres de la Société des Mécènes.Cet ouvrage vient s\u2019ajouter à la série des « Figures Canadiennes », des Editions Albert Lévesque, où sont parus : « La grande aventure de Lemoyne d\u2019Iberville », par Pierre Daviault, « La vie humoristique d\u2019Hector Berthe-lot», par H.L.Tassé, etc.Marguerite Perroy.\u2014 « Pages féminines et sociales ».Un volume in-8° couronne.\u2014 Prix franco, Etranger : 12 fr.Aubanel Ainé, Editeur, 15, Place des Etudes, Avignon.Entre le communisme et le christianisme, un jour ou l\u2019autre, la lutte sera à mort ; nous sommes sous l\u2019ombre de cet unique péril.A cette ombre mortelle, certaines âmes croyantes, pratiquantes, communiantes, s\u2019obstinent à sommeiller.Rien ne trouble leur confortable somnolence et cependant les pronostics deviennent de plus en plus graves.Afin d\u2019arriver à son but, le communisme devra détruire la religion et la famille.Pour éviter cela, il faut non seulement le combattre, mais aussi reconstruire la Cité dans et par les principes du Catholicisme.La doctrine catholique, celles des Evangiles, des En-cyliques, doit être monnayée, propagée, diffusée à tra- L\u2019esprit des Livres 395 vers l\u2019élite et les masses.C\u2019est dans ce but que ces pages ont été réunies afin de briser l\u2019indifférence opiniâtre de beaucoup d\u2019âmes.Comme tout ce qui vient de Marguerite Perroy, cette œuvre est fort intéressante, fond et forme, et à cause de son importance on ne peut que lui souhaiter une très large diffusion.Accusés de réception 1° Almanach du Propagateur des Trois « Ave Maria».Il se présente bien, sous sa riche couverture imprimée en couleurs.On lira avec un vif intérêt son texte varié, abondamment illustré par la main d\u2019un artiste qui a fait ses preuves.Prix de vente: 1 fr.60 \u2014 16 fr.la douz.(Etr.: 2 fr.\u2014 20 fr.la douz.), aux Bureaux du Propagateur, Blois (Loir-et-Ch.).2° Almanach du « Petit Propagateur ».\u2014 Une illustration variée, abondante, ajoute encore à l\u2019intérêt du texte.Signalons les mots pour rire, les dessins humoristiques, de délicieuses photos d\u2019enfants .Prix de vente: 1 fr.35 \u2014 13 fr.50 la douz.(Etranger: 1 fr.75 \u2014 17 fr.50 la douz.), aux Bureaux du Propagateur, Blois (Loir-et-Ch.).Par la Croix, par Jeanne Moret.Roman, 236 p.Collection «Je sème».Série «Elite».P.Téqui, libraire-éditeur, 82, rue Bonaparte, Paris-VI.Bagne rouge, souvenirs d\u2019une prisonnière au pays des Soviets.55 p.Collection d\u2019Etudes russes « Istina ».Les Editions du Cerf, Juvisy (Seine et Oise).Quand la tête est droite, par René Duverne.Collection « Vérité ».52 p.P.Téqui, libraire-éditeur. 396 Revue Dominicaine Cocktail, comédie en 3 actes, par Mme Yvette O.Mercier-Gouin.A la Librairie d\u2019Action Française, Montréal.Il y a là une bonne étude de caractère agrémentée de situations originales et de fines ripostes, et aussi, tel passage où, du point de vue moral, l\u2019action est risquée.Le catéchisme en mots très simples, par F.Isambert.108 p.Editions Spes, 17, rue Soufflot, Paris-V.Franco, 4 f.40.La sécheresse dans l'ouest, par l\u2019abbé Rodrigue Lussier, 121 p.Prix franco, 40 cts.Chez l\u2019auteur, Lisieux, Sask.Marie Barbier, mystique canadienne, par Robert Rumilly.145 p.Editions Albert Lévesque, Montréal 1935. Table des Matières (iSecond semestre) JUILLET-AOUT R.P.M.-A.Lamarche, O.P., Le cœur de saint Dominique.1 R.P.Wilfrid Sénécal, C.S.V., U enseignement de la Philosophie dans nos collèges classiques.\t6 M.H.Boudrault, P.S.S., Venseignement de la Théologie thomiste au Canada.\t19 R.P.Albert Saint-Pierre, O.P., « Sous le Signe des Muses ».\t34 LE SENS DES FAITS.\u2014 Premières Journées Thomistes: Lettre de Mgr L.-A.Pâquet.\u2014 Un thomisme vivant, par S.E.Mgr Guillaume Forbes.\u2014 Les splendeurs de l\u2019Eglise au Moyen-Age, par le R.P.Thomas-M.Lamarche, 0.P.\t42 L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014 Janvier: L'âme dominicaine, T.III (R.D.) Mlle Maurice-Denis et Robert Boulet: Roméo (R.D.) Lelong: La messe vivante (R.D.) Denis: La vraie Histoire de Sainte Julienne de Liège (R.D.) Hugueny, Théry, Corin: Sermons de Tauler, (A.B.) Tesnières: Somme de la Prédication Eucharistique (A.-M.R.) Accusés de réception.\t71 SEPTEMBRE R.P.M.-A.Lamarche, O.P., Le clergé et les marcheurs de la faim.\t81 Abbé R.Limoges, U enseignement de la Théologie thomiste 398 Revue Dominicaine au Canada.\u2014 La Morale.\t87 Abbé Philippe Perrier, Spiritualité du clergé canadien.96 R.P.Benoît Mailloux, O.P., S.Thomas et les Juifs., 123 LE SENS DES FAITS.\u2014 L\u2019éducation religieuse, par le R.P.Martial Bergeron, O.P.\t152 L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014 De Lama: S.Augustini doc-trina de gratia et prædestinatione (P.-M.T.) Amiot: Lumière et paix de l'Evangile, (A.-M.B.).\t158 OCTOBRE R.P.Gabriel-M.Lussier, O.P., Les vrais dociles.161 R.P.Antonin Lamarche, O.P., L'« Oxford Group Movement» du Dr Buckman.\t170 Dom Jean Boutry, O.S.B., Chronique de Littérature spirituelle.\u2014 L'Afrique chrétienne.\t185 LE SENS DES FAITS.\u2014 La Fédération des Scouts catholiques de la Province de Québec, par le R.P.Marc Labonté, O.P.Remontons aux causes, par le R.P.M.-A.Lamarche, O.P.\u2014 Fleur de sainteté, par le R.P.H.Couture, O.P.\t195 L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014 Gerster a ZeiT.Jesus in ore Prophetarum, (A.-M.B.) Merkelbach : De variis pec-catis in confessione medendis (R.-M.B.) S.Albert le Grand : Le Paradis de l\u2019âme (A.-M.E.) Gerster a Zeil: Jus Religiosorum.De integritate confessionis.(R.-M.C.) Benedetti : Or do judicialis processus ca-nonici (R.-M.C.) Latour: Premiers principes d'une théorie générale des émotions, (R.-M.V.) Dieux : Sur les routes du bonheur (M.-A.L.) Brien: Tous les es- Table des Matières 399 poirs nous raillent (M.-A.L.) Tessier: Trois-Rivières, (L.-M.L.) Roy: Nos problèmes d\u2019enseignement (A.S.-P.) Choquette : Le Fabuliste La Fontaine à Montréal (J.-M.G.) Charbonneau : L\u2019Ecole Littéraire de Montréal (A.S.-P.).\t218 NOVEMBRE R.P.Albert Saint-Pierre, O.P., Chacun son métier.\t241 T.R.P.M.-Ceslas Forest, O.P., La Question juive au Canada.\u2014 I.\t246 R.P.Edmond Gaudron, O.F.M., Méthode et pensée.\u2014 Importance de l\u2019information historique.\t278 LE SENS DES FAITS.\u2014 Les Journées eucharistiques de Montréal: Notations brèves, par le R.P.Robert Fortin, S.S.S.\u2014 A Jérusalem: Le 80e anniversaire du P.Lagrange, par\tIgimo Giordani.\t297 L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014 Desmarais: S.Albert le Grand, docteur de la médiation mariale (A.L.) Chesterton : 5.Thomas d\u2019Aquin (M.-A.L.) Richer: Nos chefs à Ottawa (M.-A.L.) Mlle Bourgeois: La Belle au Bois Dormant (M.-A.L.).\t311 DECEMBRE R.P.Thomas-M.Lamarche, O.P., Pour un centenaire de Lacordaire.\t320 R.P.M.-Ceslas Forest, O.P., La Question juive au Canada.\u2014 II.\t329 Mlle Hélène Grenier,\tL\u2019Espagne\tà\tseconde vue.\t350 LE SENS DES FAITS.\u2014 A propos d\u2019hérésie, par le R. 400 Revue Dominicaine P.Thomas-M.Landry, O.P.\u2014 A nos présents et futurs abonnés, par le R.P.M.-A.Lamarche, O.P.3Ô6 L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014 Fandrich: U Ecole Primaire Supérieure (H.-M.H.) Ingold : Général et Trappiste (E.L.) Bouffier : Anna-Maria Taigi {H.-M.H.) Ghéon : Le mystère du roi S.Louis (A.-M.M.) Mme Lamontagne-Beauregard : Dans la brousse (A.S.-P.) Massoulié : Méditations de S.Thomas (R.-M.C.) Fan-fani : Catéchisme sur l'état religieux (R.-M.C.) Gue-nette : Essai sur l'éducation (M.-C.F.) Constantin-Weyer: Le flâneur sous la tente (M.L.) M.Pagot: Par la joie ! Notes de pédagogie moderne (J.B.) De Montigny: Les boules de neiges (A.S.-P.) Autres publications.Accusés de réception.\u2014 Table des Matières\t374 Les articles du T.R.P.Forest sur la Question juive au Canada seront incessamment mis en brochure.On peut dès ci présent envoyer les commandes aux conditions suivantes: 10 sous l'unité, $1.la douzaine, $8.le cent.(Port en plus). 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