Revue dominicaine, 1 mars 1940, Mars
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JULES LACOfTIBE EnRG.FOURRURES Confection, Réparations, Transformations,Entreposaqe T?UUIIbanh8955\tr 'pnui-r «nnriL mPITRE FOURREUR membre de l\u2019Association des iïlaîtres-Fourreurs Canadiens 3705 ouest, nOTRE-DflmE \u2014\u2014_____________ANGLE BOURSET ST-HENRl MONTREAL.,'U J.HLAHARCHE V RELIEUR 'IBOOK BINDER 1, MONTREAL QUEBEC TëLLflncaster 9016 / hELIEUf^etF\\ÉDLEUF^ *L spécialité: 415 ouest, St-Jacques Montréal LIVPiE5 de BIBLIBTHÈQUE5 .albert MSCAU6HAN/ Confiez le placement de vos assurances* i M^aueHAMS DROUT llAttUfr EDIFICE MASSON,Sa/fc 1,2 e/6 TEL.LA.8580 HORACE- DROLET ^¦55o, rue Lafontaine JÉL.CL.1492 ICES ST-JACQUES préparation n,ixHexame ns pour ,94*\tà la pratique sswaaggegte imoiil i^iifîiipîiuq 5TÉnDEPiRPHE OFFICIEL IUEIDBRE del\u2019RSSGCIRTIDfl des STÉflDOPiRPHES PDLVDLDTTESdePRftIS COURS JOUR et SOIR\tpRix fTIODÉRÉS 743 6,rue ST-DENIS fTlOnTRÉAL Til.DO.6926 -PHUL-E fnoRC L- s^':s Privés de SS2ftie Wlinque, -2^SEdeBnURLEnf|5 PRODUITS PHARMACEUTIQUE^ PRODUITS DE TOILETTE PRODUITS CULINAIRES THÉS, CAFÉS, ÉPICES.Lo Dora to ire s UNE COURTOISE RÉCEPTION À NOTRE VENDEUR SERA UN GAGE DE _____\t________ _\tVOTRE APPRÉCIATION.Li IV1 ITl _ MONTRÉAL Tel, Ploteou 3457-8 FRANCE-CANADA I05.rue Saint- Paul ouest.11 ORPILP.quebec,p.q.\tpoissons.fruits.léqumes, ___________beurres, Fromacje,oeu|s FISH E FRUIT Propriétaires de l\u2019entrepôt\t________ FRIGORIFIQUE DOMINION spéciplité nuxcommunnuTESreligieuses AL FEED HAMEL HOFSLOGER\t1 spécialité- reparotioit de BIJOUTIER\t1 montres,Horloqes.Bîjoux,etc.Tel.2.-75 39\t401,rue St-Jean\tQUÉBEC,P.Q.FARinES à GÂTEAUX^ \u2014.PRÉPARÉES\u2014 x GATEAUX au CHOCOLAT GÂTEAUX aux ÉPICES GÂTEAUX BLRnCS FRRinESà BEIGIIES^ iiüiC lthMCTE8& imPDPiTRTEüRE.mRnUFRCTURIERB & DI5TPilBUTEUR5 de Gélatines, Condi ments, Huiles essentielles et essences culinaires ^\t.de la plus haute qualité 65 AouesLVlTRÉ______manTRÉBL_______Tel.HR.5?97 POUDRE mEPlinGUE GÉLATinES- ____ESSERCES VAniLLE, CITROn, ORAnGE, ÉRABLE, EHCOllFlRGEZ notreirpÜSTRIE CPnRDlEnnE-FRRIlÇRlSE CRTHOLlOUE JS Gt& LpniEL&FRÊRE.prop.LIMITEE -FRULI npftCll* ^ .Qu'l® T5I UJ||bc,nw^^pllN PRODUITS RECOmmRnDES COnFITURES marques: Renaud et Fruital Beurres sucres varie* Beurre d'arachide Gelée b dessert Poudre b liqueurs Sirop de table, etc m » fnpnüFpcjuniERs de cotifitufies eidaut^ produits pUfnEnTRiREs Tel.FRontenac 3197\tmon^ÉRL\t1337 est,rue OnTRRIO Assurez-Vous du maximum de qualité toujours éqale-pour un prix raisonnable Qualité et saveur valent mieux que prix trompeur.\" VI Mars 1940 M.Guv Boulizon Le dessin scolaire et les enfants M.Léopold Kicher La liberté et l\u2019unité dans le Commonwealth M.Guy de Larigaudie Le chant du vieux pays - HI Le Sens des Faits Le R.P.Ckarland au Collège de Lévis, par Mgr Elias Roy, P.D.\u2014 Où l\u2019on fond nos cloches, par M.François-J.Brassard \u2014 Kierkegaard et Gilson, par Siger \u2014 Projections : In ser-viendo consumor \u2014 Les temps sont changés ?par Criticus.L Esprit des Livres Simard : Les universités catholiques (A.P.) Ducattillon : Quand le Monde oublie Dieu (B.-M.B.) Rambaud : Douce Vierge Marie (H.C.) Dion-Lévesque : Vita \u2014 Racisme et Catholicisme (T.-M.L.) Favier : L\u2019armure du soldat de Dieu (J.-M.G.) Willan : A Manual of Ear-Training and Sight-Singing (M.-R.B.) Roy : L\u2019organisation catéchétique (V.D.) Chabot : Vitrail VII ¦fllcalifjiant Tlafutel ¦flnoclin VICHY CELESTINS la Plus Renommée des Sources Alcalines Naturelles IËMlIfÙ *Tottement tecommandée pat la *Tacuité contre LE RHUMATISME, L\u2019ARTHRITISME, LA DYSPEPSIE ET LES AFFECTIONS VESICALES, HEPATIQUES ET RENALES.Spécifiez VICHY-CELESTINS L\u2019embouteillage sur place est contrôlé par l'état français FR.3186* LAITCRIC 1PERFE CT ION] \u2022^.^DAIRY 2565, CHAMBLY MONTREAL * ABONNEZ UN AMI * Tél.\tCOLLES DE TOUTES SOBTES J\t5 5 6 5 FItzroy\tEn poudre, en flocons, flexible, en pâte, liquide j\tChemin de la \t\u2022\tj\tJ Côte St-Paul 8 5 8 5\tMEREDITH, SIMMONS & Co.Ld.1\ti\tMontréal CHANDELLES CIRE D\u2019ABEI Tél.WAlnut 3050 Montréal M-K IMMACULATA 100% CIRE Une industrie canadienne se recommande à messieurs les Curés et aux Institutions religieuses.« L\u2019honneur et l\u2019intégrité du manufacturier font une précieuse réputation à ses produits ».M-K MAIORI 34% Cire d\u2019Abeilles LA CHANDELLERIE VI-LUX LIMITEE 501, rue SAINT-JOSEPH \u2014 LACHINE, P.Q.Chandelles, Cierges, Bougies, Lampions, Etc., de première qualité .j M_K MAXIMUS 67(^o CIRE D*ABEILLES\t'wS\t\t\t \t\t\tgg) \t\tM-K RITUEL 60% CIRE D\u2019ABEILLES\t \t\t\t 1\tM-K CERITA 51% CIRE D\u2019ABEILLES JJL\t\t\t PRESIDENT M.E.C.VIDRICAIRE VICE-PRESIDENT M.LUCIEN HAMEL SECRÉTAIRE M.GERALD FAUTEUX, C.R.VIII Le d essm scolaire laire et 1 es en fants Dans son principe, l\u2019évolution qu\u2019a subie l\u2019enseignement du dessin 1 est d\u2019accord avec les méthodes d\u2019éducation fondées sur le concret et sur l\u2019action : learning by doing ; les nouvelles méthodes employées sont généralement conformes à cette tendance de la pédagogie qui veut mettre les enfants en contact avec le réel \u2014 et par suite avec le complexe.Les exemples de cette évolution parallèle abondent : c\u2019est ainsi qu\u2019en littérature, on fournit à l\u2019élève des textes divers et choisis d\u2019où se dégagent les influences subies, les qualités de style, la mentalité de l\u2019écrivain étudié (au lieu de lui donner préalablement tous ces éléments en tableaux synoptiques).En gymnastique, la méthode Hébert ou méthode des mouvements naturels a succédé à la célèbre et artificielle gymnastique suédoise.En géographie, l\u2019étude des conditions humaines, sociales, économiques l\u2019emporte sur la vieille méthode des « villes arrosées ».Il en est de même dans le domaine des arts graphiques.Tar un contact immédiat avec les lignes, les couleurs qui l\u2019entourent, on apprendra au débutant à se faire une vision personnelle de l\u2019univers dans lequel il vit.Au cours des trente dernières années, l\u2019enseignement du dessin en France a vu se réaliser de profondes et heureuses réformes 2.L\u2019ancienne méthode, fidèle aux règles et aux modèles de l\u2019atelier de David, datait de 1880 et les directives générales en avaient été élaborées par Jules Ferry : c\u2019était alors, l\u2019âge 1.\tOn n\u2019envisage ici le dessin que sous sa forme scolaire ; les méthodes employées dans les écoles des beaux-arts ou dans les écoles techniques sont en dehors de cette étude car elles visent surtout à faire des spécialistes.2.\tCf.Encyclopédie française De Monzie : XVI, I.113 Kevue Dominicaine cl\u2019or de ce qu'on appelait la « méthode géométrique »1 : elle reposait sur le principe général que tout ce qui existe dans la nature peut être ramené à une forme géométrique ; cette assertion, parfaitement juste dans le cas des arts industriels et techniques, devenait insuffisante dès que l\u2019on envisageait les diverses formes du dessin d'après nature.Il faut bien voir, en effet, que ce que la nature nous offre est toujours complexe ; ce que l'enfant cherche à reproduire, c\u2019est le « réel » toujours divers.Essayer de décomposer en lignes, en courbes, en angles ces motifs colorés aux ombres palpitantes que sont les fleurs, les fruits, les nuages, c\u2019est partir de l\u2019abstraction, c\u2019est enlever tout attrait initial à renseignement du dessin, c\u2019est méconnaître cette joie de peindre et de dessiner que l\u2019on rencontre si souvent chez l'enfant ; vouloir à toute force inscrire un arbre, une silhouette dans une figure géométrique, c\u2019est enlever à la nature toute grâce, toute souplesse, toute variété ; identifier le coloris des ciels aux teintes d\u2019un lavis, c\u2019est méconnaître le rôle des complémentaires, c\u2019est interdire à l\u2019enfant cette touche mystérieuse à quoi l'on devine « l\u2019âme du peintre » ; agir ainsi, c\u2019est vider de son contenu spontané, intime, vibrant, toute une matière puissamment riche en valeur pédagogique et en notations psychologiques.Avec cette méthode, un résultat au moins, était certain : celui de dégoûter profondément l\u2019enfant et de le décevoir grandement ; la « classe de dessin » synonyme pour lui de lumière, de couleur et de joie, devenait promptement une classe d\u2019ennui, de grisaille, parfois même de « chahut ».Toutefois, et l\u2019on s\u2019en doute, cette méthode n\u2019était pas sans présenter quelques avantages : à la longue, l\u2019enfant acquérait une grande habitude dans l'usage des instruments (règle, 1.Voir Ch.Charrier : Pédagogie vécue.Nathan.114 Le dessin scolaire et l\u2019enfant équerre, compas) ce qui lui permettait de présenter en fin d\u2019année des « réussites » remarquables par leur exactitude, leur propreté, leur fini.et leur impersonnalité.Et lorsqu\u2019aux cimaises des expositions scolaires, quelques pochades aux couleurs franches et naïves venaient à s\u2019égarer dans le parterre des dessins en séries, réglementaires et bien léchées, les inspecteurs passaient rapidement car ils 11e retrouvaient pas dans ces fantaisies joyeuses et enfantines, l\u2019esprit de Jules Ferry et des « tristes années quatre-vingt ».A la suite de congrès, de campagnes de presse, de démarches de chefs d\u2019industrie et surtout sous l'influence du feu d\u2019artifice impressionniste, l\u2019on se rendit compte que l\u2019on faisait fausse route ; la méthode géométrique qui avait été la panacée devient « ce pelé, ce galeux, d\u2019où venait tout le mal.» Ce fut à cette époque que le philosophe Ravaisson présenta une nouvelle méthode de dessin ; « les lignes qui sont dans la nature, écrivait-il, sont pleines de sinuosités et d\u2019irrégularités ».« .les figures des êtres vivants ne peuvent se calculer, ni se construire rationnellement comme celles qui ressortissent à la géométrie.Si l\u2019on recherche ce que furent les premières ébauches de l\u2019art grec, 011 verra que ce ne furent point des figures froidement régulières comme celles auxquelles est bornée la géométrie, mais des imitations de choses vivantes avec les formes souples, mouvantes qui leur sont propres ».Hélas ! Ravaisson était un philosophe et l\u2019on cherchait un danseur.ou du moins un technicien.Sa méthode fut écartée mais il semble bien cependant qu\u2019elle ait inspiré les nouveaux programmes officiels qui parurent en France en 1907 b 1.Cf.Revue pédagogique, 15 janvier 1909.115 Revue Dominicaine On s\u2019est rendu compte, à cette époque, que le dessin, à l\u2019école, avait moins pour but de former des artistes et des spécialistes (ce qui est le domaine des écoles d\u2019art) que de contribuer au développement de l\u2019intelligence et de la personnalité par l\u2019éducation de la vue et du goût esthétique.Pour arriver à cette formation profonde et personnelle, un grand principe doit tout dominer : le respect de la liberté chez l\u2019enfant : liberté de la vision, de l\u2019imagination, de la composition, de la valeur des couleurs.Liberté contrôlée évidemment, discrètement dirigée, et dont les résultats sont commentés et critiqués non à travers la mentalité d\u2019une grande personne mais d\u2019après le point de vue de l\u2019enfant.L\u2019expérience de chaque jour montre que le bambin éprouve un grand plaisir à dessiner.Spontanément, en crayonnant, il représente des personnes, des fleurs, des animaux.Certes, le sens des proportions lui échappe et dans ce que les sages appellent, avec mépris, des « barbouillages », il ne se soucie pas de la reproduction exacte des formes et des attitudes, il semble qu\u2019il existe en lui une image visuelle des objets qu\u2019il représente et que, instantanément, il corrige mentalement les imperfections de ses essais : il est, en effet, exceptionnel qu\u2019un enfant retouche ses ébauches.Le dessin pourtant ne suffit pas à l\u2019enfant : il naît coloriste.Le coloriage accroît son plaisir et bien souvent le dessin plus ou moins esquissé par lui n\u2019est fait qu\u2019en vue cl\u2019un vigoureux maniement des crayons de couleur et en particulier de ses nuances favorites : rouge, bleu, jaune.L\u2019école maternelle et les classes préparatoires sont le domaine royal des crayonnages libres.Dans les classes de dessin de ces sections enfantines, les petits donnent libre cours à leur fantaisie ; au début, ce ne sont que de simples gribouillages : les 116 Le dessin scolaire et l^enfant traits dessinés relèvent plus du jeu que de l\u2019art ; c\u2019est à un besoin de mouvement, de détente, que répond l\u2019emploi du crayon ; l\u2019entant ne sait pas ce qu\u2019il dessine, bien souvent, il n\u2019identifie qu\u2019après coup les silhouettes tracées et sur l\u2019inspiration du moment, un triangle deviendra successivement « table, dieu, ou cuvette.» comme dit LaFontaine.Puis, très rapidement, ses dessins spontanés, sous l\u2019œil attentif et compréhensif de la « jardinière » se tournent vers la représentation de l\u2019être humain 1 ; les difficultés à vaincre importent peu à l\u2019enfant ; il commence audacieusement par les silhouettes les plus difficiles à rendre ; on a d\u2019ailleurs fait remarquer spirituellement que dans ses essais, il renverse l\u2019ordre de la création en commençant par l\u2019homme au lieu de finir par lui.Pour comble d\u2019audace.ou de naïveté, notre jeune dessinateur veut représenter des figures Ames de face ; un ovale, deux points, deux traits, voilà un visage de « bonhomme ».Du jour où il s\u2019attaque au corps humain, vu de profil, une grande évolution s\u2019est faite dans son psychisme.Remarquons d\u2019ailleurs, puisque les statistiques des écoles Montessori le permettent, que ces dessins spontanés se rapportent en grande majorité à la vie sociale et non pas à la nature ; ce ne sera que vers douze ou treize ans que ce sentiment esthétique se révélera dans la personnalité.Le professeur doit se montrer attentif à ces formes spontanées du dessin enfantin ; s\u2019il a le goût de la psychologie infantile \u2014 et sans faire pour cela de la psychanalyse \u2014 il observera, enregistrera, interprétera ces essais par lesquels nos petits élèves se racontent à eux-mêmes les histoires qu\u2019ils connaissent 1.Cf.Le dessin, collection Montessori.117 Revue Dominicaine et retracent pour les autres des scènes qu\u2019ils ont vues.Il arrive 1 qu\u2019on puisse déceler dans ces produits du subconscient, les premiers traits de leur caractère : tendance à la malice, disposition à la liaine contre telle personne, vocation future ; c\u2019est un langage graphique, mystérieux et sûr, analogue à celui des primitifs.L\u2019enfant grandit et évolue ; il peut dès lors s\u2019intéresser avec profit à ce que les programmes appellent des « arrangements décoratifs ».L\u2019emploi de feuilles aux teintes et aux formes les plus diverses, de graines, de bâtonnets, de fleurs, de coquillages, de galets, présente un gros intérêt pour la formation de l'esprit à l'ordre, à la symétrie, à la décoration, aux arabesques.La possibilité d\u2019innombrables arrangements de ces matériaux permet au professeur de précieux et multiples commentaires.Lorsque l\u2019une de ces compositions, réalisée par l\u2019enfant à l\u2019aide de ces éléments naturels, a quelque valeur, on lui demande de la reproduire et c\u2019est ainsi que l\u2019on passe insensiblement au dessin d\u2019après nature : c\u2019est là, la transition entre l\u2019imagination et la réalité.Il est à craindre, à ce stade, que la leçon de dessin, jusque-là vivante et spontanée, ne perde son allure de « jeu » et ne devienne « une classe » 2.En effet, la représentation d\u2019un objet ne peut s\u2019accommoder de fantaisie ou d\u2019à peu près comme une composition décorative : il y faut avant tout, exactitude et précision ; et c\u2019est là, que nous retrouvons les avantages de ce bon vieux 1.\tCf.Pédagogie expérimentale, collection Montessori.2.\tEn Allemagne, où la méthode géométrique a été fort en honneur, Leibrock dit en 1901 : « On fait pendant des années moisir les enfants sur des carrés, des angles droits, des étoiles à huit pointes, tant et si bien qu\u2019ils perdent le sens de la nature, que l\u2019on tue en eux la joie qu\u2019ils pourraient éprouver à voir l\u2019œuvre de leurs mains, et, de cet enseignement, il ne lui reste rien qu\u2019une horreur invincible de l\u2019ennui qu\u2019il leur a causé ».Revue pédagogique, 15 août 1902.118 Le dessin scolaire et l\u2019enfant dessin géométrique qu'il 11e faut pas dédaigner complètement car s\u2019il est bien faible au point de vue de la formation générale, il reste bien utile au point de vue didactique.Cependant le dessin d\u2019après nature est de beaucoup le plus important sous son aspect technique sinon sous son aspect psjœliologique ; il présente l'avantage d\u2019accroître l\u2019ensemble des souvenirs visuels de l'enfant ; il fixe des formes, des attitudes de l\u2019esprit, il enrichit son imagination des matériaux dont il disposera plus tard dans ses dessins libres qui n\u2019en seront que plus nourris et mieux observés.La tâche du maître devient particulièrement délicate s\u2019il 11e se contente pas d\u2019être un pédagogue, mais un « éveilleur ».Pour cela, il prendra garde à ce que le travail de l\u2019élève reste personnel1 : celui-ci dessinera l\u2019objet comme il le voit (respect de la vision) et non pas d\u2019après un dessin intermédiaire fait au tableau (ne pas imiter une imitation) ; il composera son travail d\u2019après ses images intérieures et non selon les directives d\u2019une grande personne (respect du sentiment).Ce que nous désirons donc, c\u2019est donner le plus de vie possible au dessin \u2014 ou plutôt lui rendre cette vie qu\u2019il exige par sa nature de « profonde manifestation humaine » 2, vie qu\u2019il a perdue en s\u2019étiolant et en se desséchant.Sous peine de rester une simple abstraction, une routine dont les résultats en série satisfont, hélas ! trop de parents, de maîtres et d\u2019élèves, il doit retrouver sa force créatrice et sa valeur illimitée.C\u2019est qu\u2019en effet, en dehors de son intérêt technique, le dessin présente, avant tout, un caractère éducatif : il contribue à la formation de l\u2019œil et de la main ; il développe la mémoire des formes, l\u2019esprit d\u2019observation, l\u2019imagination, l\u2019amour de la nature, le sentiment esthétique.1.\tCf.Charrier : Pédagogie.2.\tCharrier : Psychologie expérimentale.119 Kevue Dominicaine Une leçon faite dans une classe entraînée peut constituer une magnifique et vivante collaboration entre les diverses disciplines de l\u2019esprit.C\u2019est ainsi qu\u2019après être resté longtemps en marge de l\u2019enseignement, le dessin se révèle comme un auxiliaire précis de la littérature, de l\u2019histoire, de la géographie, des sciences ; il est selon les programmes ministériels « moins étudié pour lui-même que pour les fins générales de l\u2019éducation » \\ Parallèlement, l\u2019histoire de l\u2019art entre dans l\u2019enseignement secondaire français.Elle n\u2019est plus un rapide complément de l\u2019histoire politique et des institutions : elle « possède un relief et une personnalité propres » 1 2 ; elle écarte les séries documentaires et les nomenclatures au profit de l'analyse des grandes œuvres.Ainsi se développe un « système vivant et cohérent » où l\u2019art, envisagé tantôt comme facteur historique des civilisations, tantôt comme discipline de l\u2019esprit par l\u2019éducation de la vue, est partie fondamentale de la pédagogie.Guy Boulizon 1.\tProgrammes officiels, 1907.2.\tEncyclopédie française : articles d\u2019Henri Focillon et de l\u2019inspecteur Gastinel. La liberté et 1 unité dans le Commonwealtb En 1931 les hommes d\u2019Etat britanniques ont construit une nouvelle façade à l\u2019ancien édifice impérial et ils ont appelé l\u2019immeuble : Commonwealth.Ils ont dit que la Communauté des nations britanniques était chose bien différente de l\u2019Empire.Sous la pression des événements on s\u2019est bien aperçu toutefois Lie le mot Commonwealth avait un autre sens que celui de communauté, le sens latin : res publiea, et le sens anglais : un (fraud Etat.Sans qu\u2019on s\u2019en doutât, un double courant s\u2019était établi entre la métropole et les Dominions : un courant d\u2019autonomie constitutionnelle qui éloignait les Dominions de la Grande-Bretagne et leur faisait prendre, en diverses circonstances, atti tude de nations libres ; un courant économique qui imposait des liens, en protégeant et favorisant des intérêts généraux et particuliers, et qui refaisait, sous le courant supérieur de l\u2019évolution constitutionnelle, l\u2019ancienne unité impériale.L\u2019étude de ce double courant est nécessaire pour bien comprendre les tendances de la politique anglaise et celles de la politique canadienne h Dans l\u2019Empire la force centrifuge s\u2019exercait à plein dans le domaine constitutionnel.La force centripète neutralisait la première et assurait l\u2019accord des intérêts économiques.Le duel, commencé dès la conférence impériale de 1923, s\u2019est poursuivi sans relâche.Jusqu\u2019en 1939 on ignorait laquelle des deux forces en présence devait l\u2019emporter.Car si l\u2019on admettait que l\u2019évolution constitutionnelle devait aboutir à un dénouement normal, d\u2019autre part on se rendait parfaitement compte de la puissance de l\u2019argument intérêt.L\u2019équilibre des 1.Ces pages sont extraites d\u2019un ouvrage en préparation : Le Canada et le bloc anglo- saxon.121 Bevue Dominicaine ùeux forces contraires était peut-être possible pour un temps, Mais finalement Tune ou l\u2019autre devait s\u2019imposer de décisive façon.Comme les ouvrages ne manquent pas sur l\u2019évolution constitutionnelle du Canada vers une autonomie de plus en plus complète, nous nous proposons d\u2019étudier dans les pages qui vont suivre, la naissance et le développement de l\u2019impérialisme * 1 économique dans le Commonwealth.Non pas que nous sousestimions nos victoires en droit constitutionnel.Nous sommes d'avis cependant que l\u2019on a beaucoup trop insisté jusqu\u2019ici sur un seul aspect de la question, alors que pour avoir une idée juste de nos relations avec la Grande-Bretagne, il faut tenir compte des liens qui nous unissent à elle ainsi qu\u2019aux autres nations de l\u2019Empire.Nos relations économiques avec la Grande-Bretagne fournissent même la clef de bien des situations politiques qui, autrement, nous paraissent inexplicables.On rapporte qu\u2019en 1927, étant à Berlin en tournée de conférences, M.Wickham Steed se vit ainsi interpellé par un de ses auditeurs : « L\u2019Empire britannique ?Mais il n\u2019existe plus ! Vous venez d\u2019en dénouer les liens ».Erreur de savant allemand, qu\u2019aurait pu commettre un juriste français.C'était peu de temps après la conférence impériale qui, du 19 octobre au 23 novembre 1926, avait tenu 16 réunions plénières et 146 séances de commissions.On j avait jeté les fondations du nouveau Commonwealth des nations britanniques et adopté les vœux qui devaient, quelques années plus tard, être incorporés dans les Statuts de Westminster.Loin d\u2019une rupture ou d'une dislocation de l\u2019Empire, 1.Comme le mot impérialisme reviendra souvent au cours de cette étude nous voulons une fois pour toutes, et dès le début, le libérer de son sens péjoratif.L\u2019impérialisme, qu\u2019on l envisage comme doctrine ou comme phénomène, est sujet d\u2019étude.Nous le traitons ici non comme doctrine mais comme phénomène.122 La liberté et l\u2019unité dans le Commonwealth comme le supposait l\u2019auditeur de M.Steed, il s\u2019agissait d\u2019une nouvelle formule d\u2019unité impériale, formule plus subtile que l\u2019ancienne, mais lien non moins fort, bien que le Statut de Westminster pouvait servir au dominion qui le désirait, d\u2019instrument juridique pour obtenir une plus grande mesure d\u2019indépendance, ainsi que l\u2019Irlande l\u2019a démontré quelques années plus tard.Devant la complexité du fait britannique, il n\u2019est pas sage de dogmatiser.On a pu craindre un instant pour l\u2019unité de l\u2019Empire en voyant les Dominions se comporter en nations autonomes.C\u2019était méconnaître le caractère du peuple anglais qui s\u2019accommode fort bien de la liberté dans l\u2019unité, comme le dit justement un spécialiste des questions anglaises, M.Jacques Bar doux.« La pensée humaine, écrit-il, dans son effort instinctif pour simplifier et coordonner la vie, qui n\u2019est que contradiction et complexité, tendrait naturellement soit à resserrer la liberté pour renforcer l\u2019unité, soit à détendre l\u2019unité pour élargir la liberté* L\u2019Angleterre vient, au contraire, d\u2019établir que cette antinomie est purement verbale.La liberté est la condition de l\u2019unité.L\u2019unité est la sanction de la liberté » \\ Il ne faut pas abuser de l\u2019antithèse.Mais M.Bardoux rend un juste hommage à la souplesse du génie politique anglais qui ne cesse d\u2019opposer les faits aux systèmes.« L\u2019exemple anglais, dit-il, a rappelé les conditions essentielles du succès politique : écarter les systèmes qui rétrécissent et élaguent ; respecter les faits qui sont lumière et mouvement ; accepter les contradictions qui masquent et compliquent ; avoir foi dans la vie qui cicatrise et nivelle »2.La liberté dans l\u2019unité et l\u2019unité dans la liberté, exacte définition des relations entre les diverses nations Jacques Bardoux : L\u2019Ile et l\u2019Europe, p.113.Idem, p.113.123 Revue Dominicaine du Commonwealth britannique, entre le Canada et la Grande-Bretagne.D\u2019ailleurs, la quantité actuelle d\u2019autonomie des Dominions est un continuel sujet d\u2019étude.M.René Maunier, membre de l\u2019Académie des sciences coloniales et professeur à l\u2019Université de Paris, en parle avec infiniment de prudence, en un langage tout de nuances et de demi-tons.Il dit, entre autres choses, que la séparation ou l\u2019émancipation « est l\u2019état de droit qui est à son début dans l\u2019Empire britannique : séparation, mais non point sécession ; conservation d\u2019un lien au moins moral entre la colonie et la métropole, puisque, s\u2019il arrivait que ce lien fût coupé, les Dominions ou les Nations deviendraient des Etats indépendants.En parlant donc d\u2019une séparation, ou mieux d\u2019une quasi-séparation, j\u2019entends une séparation qui demeure imparfaite, qui n\u2019est pas tout à fait rautonomie, au sens hellénique du mot, et qui n\u2019empêche que certaines lois soient suggérées aux colonies par le pouvoir central.Telle est la condition de l\u2019Australie, du Canada, de l\u2019Afrique du Sud qui sont, non des Etats absolument indépendants, mais de pseudo-Etats ou de quasi-Etats ; des Etats bien plus que mi-souverains ; des Etats libérés mais non pas isolés.Ainsi que les colonies grecques devinrent, dans un temps, quasi-indépendantes de leurs métropoles, à qui ne les rattachait plus que le culte et que le tribut ; ainsi, dans notre temps, les Nations de l\u2019Empire sont quasi-indépendantes.C\u2019est principalement le loyalisme envers le Roi, et donc un lien moral et religieux, qui fait l\u2019Empire.C\u2019est la séparation, non la domination ; une séparation qui n\u2019exclut pas la libre association » \\ 1.René Maunier : Sociologie coloniale, Les Editions Donat-Montchrestien, Paris, 1932, p.49.' .124 La liberté et l^unité dans le Commonwealth Bien que ces explications et circonlocutions satisfassent peu l\u2019esprit sur l\u2019état de droit des Dominions et qu'on puisse leur préférer des opinions plus tranchées, elles serrent la réalité de près.Pour se faire une juste idée des relations des pays au sein de l\u2019Empire, elles sont préférables, en tout cas, aux études unilatérales de droit constitutionnel qui insistent beaucoup trop sur la notion de liberté et pas suffisamment sur celle d\u2019unité.Elles isolent la question de droit de la question de fait et elles tendent à propager l\u2019erreur de la rupture du lien impérial.Si J a liberté des Dominions, celle du Canada par exemple, est indéniable quand elle s\u2019applique aux problèmes qui n\u2019affectent pas les autres pays de l\u2019Empire, l\u2019unité du Commonwealth n\u2019est pas moins certaine, évidente, sanctionnée par des lois et des traités, soutenue par un puissant sentiment racique, illustrée chaque jour par une commune attitude de presque toutes les nations de l\u2019Empire sur les grandes questions de paix et de guerre b Se laisserait-on, par hasard, prendre au piège des mots ?Parce qu\u2019on a appelé le troisième empire britannique le Commonwealth des nations britanniques, s\u2019imagine-t-on qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une formule toute neuve comportant un sens inédit ?On traduit d\u2019ordinaire Commonwealth par Communauté.Le sens anglais du mot échappe à presque tous les auteurs modernes.Edmund Burke a donné au mot la seule signification que lui attribuaient 1.Ce que nous en disons ici n\u2019infirme en rien la doctrine autonomiste et le programme d\u2019action nationale canadienne que nous avons exposés dans Le Statut de Westminster, publié par Le Document, édition de 1938.Plus que jamais nous restons d\u2019opinion que le Statut de Westminster confère aux Dominions un statut égal à celui de la Grande-Bretagne et leur accorde l\u2019autonomie la plus complète.Le but de la présente étude est différent de celui de l\u2019analyse que nous avons faite de notre évolution constitutionnelle jusque dans ses conséquences extrêmes mais logiques.Nous nous proposons ici de montrer comment, sur le terrain économique, on a neutralisé l\u2019effet du Statut de Westminster.125 Revue Dominicaine les hommes d\u2019Etat de Londres.Il écrivait en 1796, un an avant sa mort : «Un Commonwealth est un grand Etat, dont les peuples ont pour loi commune une loi générale, mais avec une certaine diversité des coutumes provinciales et des usages locaux conservés ».En quoi cette définition diffère-t-elle de la notion que l\u2019on a communément d\u2019un empire ?Cela suffit à éclairer les évolutions récentes, les faits actuels et même les problèmes de l\u2019avenir.L\u2019unité de l\u2019Empire est faite de l\u2019accord des volontés.Lien d\u2019une fragilité manifeste mais en même temps d\u2019une singulière puissance.Il n\u2019est pas de plus solide chaîne que l\u2019acceptation volontaire d'obligations communes.Dans notre cas, comme dans ceux de l\u2019Australie, de la Xouvelle-Zélande et de l\u2019Afrique du Sud, elle n\u2019est volontaire que parce qu\u2019elle est déterminée par des intérêts.Pour tous, c\u2019est l\u2019intérêt de la race, de la culture, de la langue, des institutions politiques.Ce à quoi s\u2019ajoutent, pour l\u2019Australie et la Xouvelle-Zélande, le facteur sécurité militaire, et, pour le Canada, le facteur intérêt commercial.La vie nationale canadienne dépend, en une large mesure, de l\u2019expansion agricole et industrielle, et des marchés extérieurs, par conséquent des marchés britanniques.Grave problème entre tous.L\u2019Angleterre a été amenée en 1931 et 1932 à abandonner le free-trade qui avait fait sa fortune pendant plus d\u2019un siècle pour lui préférer un régime protectionniste au service de la production agricole et industrielle de ses Dominions ; d\u2019autre part, poussé par le nationalisme économique de certains grands pays importateurs, y compris les Etats-Unis, et affamé par la crise de 1930, le Canada a fait les premières avances, ouvert la voie à l\u2019impérialisme économique et contraint la Grande-Bretagne à accepter le principe d\u2019un bloc économique impérial.126 La liberté et l\u2019unité dans le Commonwealth Malgré les conflits d'intérêt entre les Dominions et la métropole, la conférence impériale d\u2019Ottawa en 1932 a donné lieu à douze accords de commerce, aux mérites discutables.Aux séances de l\u2019Institut international de coopération intellectuelle de 1933, le professeur Coatman expliquait la situation comme il sait : « L\u2019avenir était sombre à cette époque et, étant donné l\u2019ampleur du chômage ici (en Angleterre) et au Canada, il était naturel que l\u2019esprit des gens fût dominé par ce programme à court terme d\u2019accords commerciaux et autres ».Interprétés d\u2019un point de vue individualiste par chaque pays, les accords n\u2019étaient pas sans reproche.Le professeur Balley, de l\u2019Université de Londres, était d\u2019avis qu\u2019il n\u2019y avait rien dans Vhistoire du Commonwealth britannique qui fût plus de nature à dissoudre l\u2019union des divers associés que les accords d\u2019Ottawa.La même idée était reprise par le professeur Jacob Viner, de Chicago, qui disait : « Je suis convaincu qu\u2019un impérialisme donnant donnant n\u2019assure pas de promesses d\u2019avenir à l\u2019Empire britannique.Si les Britanniques s\u2019appliquent systématiquement à retirer des bénéfices mutuels de leur Empire ils constateront qu\u2019ils sont de trop bons marchandeurs pour rester bons amis ».Ce sont là des opinions respectables.Mais après le Statut de Westminster, il ne restait plus aux hommes d\u2019Etat que de tenter de refaire l\u2019unité de l\u2019Empire sur le terrain économique, quels que fussent les dangers de l\u2019entreprise.Us ne pouvaient espérer réussir pleinement du premier coup.Ils 11e s\u2019y attendaient pas.L\u2019union complète des nations britanniques en une étroite et constante collaboration restera toujours affaire de compromis et d\u2019adaptation.De ce qui précède, une conclusion s\u2019impose : c\u2019est que, à tout considérer et à tout peser, M.R.-B.Bennett a fidèlement Revue Dominicaine exposé la situation lorsqu\u2019il a dit : « Les peuples de l\u2019Empire, conscients des avantages qui résulteront nécessairement d\u2019une association économique plus étroite, ont réussi, à force de désintéressement, de patience et de bonne volonté, qui permettaient de tenir compte du point de vue de l\u2019autre, à inaugurer une politique douanière impériale qui apportera à chacun un avantage réel et permanent ».M.Bennett a fait plusieurs autres déclarations dans le même sens, tendant toutes à démontrer que les nations de l\u2019Empire, ayant enfin pris conscience de leur solidarité, avaient jeté les bases d\u2019une nouvelle association économique.C\u2019était d\u2019ailleurs l\u2019opinion de ceux qui 11e partageaient pas l'enthousiasme de M.Bennett et de ses collègues et qui voyaient un danger pour leur propre liberté.On se souvient, par exemple, de l\u2019attitude distante et froide de la délégation de l\u2019Etat libre d\u2019Irlande.Le vice-président de l\u2019Etat libre, M.Sean-T.O\u2019Kelly, a refusé de passer un traité de commerce avec l\u2019Angleterre.Tous les autres Dominions étaient désireux de s\u2019assurer des avantages certains sur le marché anglais ; pour cela ils n\u2019hésitaient pas à se lier d\u2019une façon plus ou moins compromettante.La délégation de l\u2019Etat libre d\u2019Irlande plaçait la liberté absolue de son pays au-dessus des avantages économiques que pouvait lui procurer un traité de commerce.Elle a signé des ententes avec les Dominions ; mais elle n\u2019a pas voulu d\u2019un accord avec l\u2019Angleterre.Ce qu\u2019il y a de plus surprenant, c\u2019est que l\u2019Etat libre d\u2019Irlande, après avoir souffert pendant quelque temps de la guerre économique que lui a faite la Grande-Bretagne, a maintenu sa place sur le marché anglais, pour plusieurs de ses produits.L\u2019Etat libre d\u2019Irlande n\u2019était pas le seul Dominion à regarder d\u2019un œil suspect ce qui se passait à Ottawa.Il y avait aussi l\u2019Afrique du Sud qui n\u2019aimait pas du tout l\u2019empressement avec 128 La liberté et h\u2019unité dans le Commonwealth lequel d\u2019autres Dominions faisaient bon marché d\u2019une partie de leur liberté.Le Canada, l\u2019Australie et la Nouvelle-Zélande ayant accordé aux exportateurs anglais le droit de réclamer devant leurs commissions du tarif la chance d\u2019une concurrence raisonnable, l\u2019Afrique du Sud a refusé d\u2019accorder ce même privilège.Elle y a vu une menace, lointaine peut-être mais certaine tout de même, à son autonomie constitutionnelle.Le ministre plénipotentiaire de l\u2019Afrique du Sud à Washington, M.E.-H.Louw, s\u2019expliquait là-dessus, le 29 novembre 1932, dans un discours à Montréal : « L\u2019actuel gouvernement de l\u2019Afrique du Sud a toujours été fortement opposé à l\u2019unité économique de l\u2019Empire.Il s\u2019est toujours refusé d\u2019être partie à un accord qui limiterait sa liberté d\u2019action dans ses relations avec les autres pays du monde.Une telle limitation serait en effet non seulement dommageable au point de vue économique mais elle mettrait en danger et restreindrait l'indépendance politique qui résulte du Statut de Westminster ».Les tarifs protecteurs impériaux adoptés à Ottawa réclamaient une union plus étroite des pays britanniques dans les divers domaines de l\u2019activité humaine.On n\u2019a qu\u2019à parcourir, par exemple, les comptes rendus des conférences impériales depuis une douzaine d\u2019années, pour voir qu\u2019en même temps que l\u2019on s\u2019efforçait d\u2019améliorer les relations commerciales entre les nations du Commonwealth, on 11e négligeait pas pour autant les autres formes de collaboration : immigration, défense, échange de moyens de culture, etc.Dès qu\u2019011 a convenu d\u2019une politique tarifaire impériale, pour employer l\u2019expression de M.Bennett, les autres modes de coopération allaient de soi.C\u2019était un curieux retour aux idées de Joseph Chamberlain, qui avait tout prévu.Pour lui l\u2019union politique était de beaucoup 129 Revue Dominicaine la plus importante et la plus urgente.Mais pour y arriver, il fallait tout d\u2019abord s\u2019entendre sur une forme quelconque d\u2019union commerciale, ainsi que le disait M.Achille Yiallate dans les cours qu\u2019il donnait en 1921 à VInstitute of Politics de Williams-town, Massachusetts, en parlant de l\u2019impérialisme économique britannique : « Une union commerciale, sous une forme ou soùs une autre, doit précéder ou accompagner des relations plus étroites, l\u2019histoire ne montre-t-elle pas que, sans elle, aucune coopération permanente n\u2019est possible ?» Remarquons bien les mots de la fin : aucune coopération permanente n\u2019est possible.La permanence de la coopération, mise en péril par la liberté politique acquise par les Dominions, devait donc se refaire sur le terrain économique.M.Yiallate allait plus loin.Il exposait dans le détail les intérêts que la métropole avait à s\u2019associer économiquement les Dominions autonomes et les colonies.« Accroître la richesse des colonies, disait-il, c\u2019est préparer pour les industriels anglais des débouchés importants.Peut-on supposer que les colonies assurées d\u2019une large prospérité matérielle, unies à la métropole par des liens économiques étroits, continueront à refuser de participer aux charges de l\u2019Empire, de même qu\u2019elles participeront à ses privilèges ?Leur patriotisme leur fera assurément un devoir de prendre leur part des lourdes charges financières que supporte la métropole, pour assurer leur sécurité et la liberté de leur commerce.Où trouver ailleurs que dans les colonies autonomes, qui peuvent donner asile à une population agricole considérable, les hommes nécessaires à la défense de l'Empire, indispensables pour tenir tête aux grands empires rivaux en formation, et que la métropole ne trouve plus chez elle, ni en quantité, ni de qualité suff isante f » 130 La liberté et l\u2019unité dans le Commonwealth Cette thèse a souvent été défendue par des hommes politiques d'Ottawa.Au cours des dernières années, on a entendu des députés, voire même des ministres, soutenir qu\u2019il était ridicule pour le Canada de refuser d\u2019accepter une part des charges découlant de la défense impériale alors que le Dominion retirait des avantages considérables du traité anglo-canadien.Il ne s\u2019agit plus seulement de poser en défenseurs de la culture anglaise, des traditions britanniques, des libertés parlementaires et de la démocratie, il s\u2019agit de défendre nos industries, notre commerce d\u2019exportation, l\u2019emploi des ouvriers, les salaires des pères de famille en même temps que les dividendes des actionnaires.Cela parle une langue que tout le monde comprend, du capitaliste à l\u2019humble ouvrier.Sans doute jamais le Canada ne sera compromis au point de dépendre entièrement du marché anglais.Mais il suffira que de grandes entreprises fassent de bonnes affaires avec l\u2019Angleterre pour que l\u2019argument soit présenté et soutenu avec grande ténacité par la presse et les hommes politiques.Quand on songe par ailleurs à l\u2019influence qu\u2019exercent les nations riches sur les nations pauvres, aux infiltrations économiques des Etats-Unis et de l\u2019Angleterre en Amérique Centrale et en Amérique du Sud, à la vassalité que la colonisation du dollar et de la livre sterling a entraînée pour une vingtaine de pays neufs ou faibles, il n\u2019y a pas lieu de se demander ce qu\u2019un accord de commerce rigide et inviolable peut signifier pour un pays comme le nôtre, uni déjà à l\u2019Angleterre par des liens de sentiment et par les placements énormes de capitaux anglais.En 1932, trop peu ont pesé les conséquences inévitables que les ententes devaient avoir sur l\u2019avenir du Canada.131 Revue Dominicaine M.William-H.Moore les en avait pourtant avertis en termes clairs, lorsqu\u2019il terminait ainsi son discours du 20 octobre 1932 aux Communes : « Il peut sembler que nous nous occupons d\u2019articles de commerce, tels les bicyclettes, les gants, le beurre, les œufs, etc., mais en réalité nous sommes à un tournant de l'histoire.Je ne puis me défendre de croire que nous entrons dans une nouvelle phase du développement de l\u2019Empire.Nous avons d\u2019abord connu la phase des entraves ; le commerce avait à surmonter toutes sortes d\u2019obstacles, mais les hommes finirent par se fatiguer et se libérèrent des entraves.C\u2019est alors que l\u2019Empire britannique perdit les colonies américaines, mais trouva sa propre voie.« Pendant une centaine d\u2019années nous avons eu de l\u2019Empire une nouvelle conception fondée entièrement sur la liberté des pays qui le composent.Ce fut une période merveilleuse : la population des Iles britanniques augmenta de 17 à 50 millions d\u2019habitants.Notre pays, sons différents régimes, réussit à établir ce qui, jusqu\u2019à la période de marasme actuelle, était reconnu pour être le mode d\u2019existence le plus amélioré qu\u2019il y eût dans le monde entier.Nous aurions surmonté nos difficultés si nous avions bien voulu nous montrer patients et raisonnables les uns envers les autres.Mais voici que nous entrons, ce me semble, dans une troisième phase de l\u2019Empire ou le commerce sera encore restreint et où, par une ironie du sort, on nous demande de forger nos propres chaînes ».Ç\u2019avait été la conclusion d\u2019un discours remarquable de pondération et de profondeur de pensée.Mais à la séance du soir \u2014 ce souvenir est encore vivant dans notre mémoire \u2014 le premier orateur, M.W.-D.Cowan, conservateur de Long-Lake, avait commencé en ces termes : « Si l\u2019Empire britannique ne La liberté et l\u2019unité dans le Commonwealth peut pas nous sortir ou ne nous sort pas du marasme dans lequel le monde s\u2019agite depuis plusieurs années, qui donc le fera ?La seule façon possible d\u2019atteindre un résultat, c\u2019est que les différentes nations du Commonwealth s\u2019unissent et, une fois unies, s'assemblent à un endroit donné pour résoudre nos problèmes.» M.Cowan n\u2019était pas le seul à n\u2019avoir pas compris M.Moore.Léopold Richer 133 Le chant du vieux pays (fin) Jeux et Souvenirs Il est plus aisé de façonner une belle vie lorsqu\u2019on peut l\u2019appuyer sur le socle vigoureux des souvenirs d\u2019enfance et plus facile de concrétiser dans le réel des rêves d\u2019avenir lorsqu\u2019ils ont pris naissance dans un décor robuste et calme.La ville ne donne pas cet appui.L\u2019existence y est trop superficielle, trépidante, tissée tout entière de main d\u2019homme.La campagne au contraire possède le silence, l\u2019étendue, la cadence paisible des saisons.Elle est faite de main de Dieu.A cause de cela, elle peut marquer durablement une âme d\u2019enfant.Certaines demeures sont véritablement des creusets où s\u2019élaborent de beaux et féconds souvenirs.Souvenirs de jeux magnifiques : de chariots fabriqués avec une caisse et quatre couvercles de pots de graisse en guise de roues et dévalant les chemins creux ; de canoës faits d\u2019une boîte à cierges ou de vieux bidons et cinglant sur les ruisseaux ; de cabanes de rondins construites dans les bois ou au sommet des sapinettes, de flottilles d\u2019écorces ou de coquilles de noix lancées sur les étangs ; d\u2019arc et de flèches, de lance-pierres ou de catapultes, de petite guerre organisée avec les petits paysans ou les enfants des domestiques.Souvenirs de pêche à la grenouille ou aux têtards ; de pies ou de faucons apprivoisés.Souvenirs de dégringolades du haut des meules de paille ou de foin ; de vaches pacifiques prises au lasso par des admirateurs de Buffalo Bill ; de découvertes merveilleuses dans le capharnaiim des greniers ; de poursuites et de jeux de détec- 134 Le chant du vieux pays tives, à la lampe électrique, dans les corridors interminables ; de vastes explorations où nous devions, à intervalles réguliers, sonner de la trompe pour prévenir la maison que nous n\u2019étions pas perdus ; de bains pris, à l\u2019insu de nos parents, dans les fontaines et les mares ; de rendez-vous de pirates donnés par message chiffré à minuit au fond du grenier et que le passage d\u2019un rat ou d\u2019une chouette semait de terreur panique ; de ce jour où, à la suite de quelque gronderie, nous mîmes à sac le garde-manger pour entasser des provisions sur le porte-bagage des bicyclettes et partir à tout jamais : première expédition qui prit fin sans gloire deux kilomètres plus loin, lorsque la girouette ne fut plus en vue.Souvenir d\u2019une maman merveilleuse qui permettait ou inventait les jeux les plus aventureux et comprend si courageusement aujourd\u2019hui ma vie devenue elle-même une aventure.Souvenirs de cet hiver de 1917 où il y eut tant de verglas sur les routes qu\u2019il fut impossible d\u2019atteler les chevaux et que tous les invités venus pour la fête de Noël durent rester huit jours à la maison en attendant le dégel.Jamais les Gérauds ne virent pareils glissades, traîneaux, patinages sur les mares, boules de neige et jeux de trappeurs.Souvenirs du Chapdeuil, à vingt kilomètres de la, où nous allions en break ou à bicyclette et dont les images se confondent avec celles des Gérauds ; de son étang minuscule dont je faisais îe tour à grand renfort d\u2019acrobaties dans l'entrelacs des racines et des branches tombantes, où je faillis m\u2019enliser en marchant sur la vase par relais successifs de planches ; de la girouette que nous avions, à coups de carabine, transformée en écumoire.Souvenirs d\u2019autres demeures seigneuriales celles-là et marquant notre mémoire d'images médiévales.Francs, où nous écou- Revue Dominicaine tions la merveilleuse histoire de ce grand-oncle qui échappa à la fureur des républicains grâce au sang-froid de sa femme.Lorsque les bleus pénétrèrent dans le château pour le fouiller, elle cacha son mari sous le tapis mis en tas au milieu de la pièce et, assise sur une chaise basse, raccommoda tranquillement une déchirure : « Vous pouvez chercher partout », dit-elle aux hommes qui enfoncèrent portes et placards mais ne trouvèrent rien.Aujourd'hui encore, on garde précieusement à Francs, dans une vitrine, l\u2019étui à aiguille qui rappelle cet épisode.Teinteillac, où j\u2019appris à monter à cheval, où, juché sur une bête de chasse à courre et filant à travers bois, je sautais, bien malgré moi.une voie de chemin de fer.Marouatte, couronné de créneaux, flanqué de tours, au donjon dominant toute la vallée, Marouatte château de légende où, mi-ravis, mi-tremblants, nous recherchions souterrains et oubliettes, où, en équilibre au-dessus des machicoulis, à soixante pieds de haut, nous jouions aux chevaliers.Jeux de Roi qui furent, tout le temps de la guerre et aux vacances les jeux de mon enfance.Jeux formateurs, car affûter des merles, fabriquer des moulins à vent dans des coques de noix ou des roues à aube dans les ruisseaux, tailler des arbalètes ou galoper dans les bois sont des jeux immuables dans le temps et dans l\u2019espace.Ils furent ceux de Virgile enfant et amusent encore les petits indigènes d\u2019Océanie, d\u2019Asie ou d\u2019Afrique.L\u2019homme, quelle que soit la forme que prennent ses besoins, devra toujours se chauffer, se loger, se nourrir, se défendre.C\u2019est parce qu\u2019ils sont solidaires de ces instincts essentiels que les jeux de la campagne exercent une action sur l\u2019enfant.Les jours où il devra construire une cabane, allumer un feu ou se mettre à l\u2019affût marqueront ses souvenirs et seront pour lui 136 Le chant du vieux pays générateurs de force et d\u2019équilibre.Le Scoutisme Fa bien compris qui a mis l\u2019aventure et le camp à portée des garçons.A la ville, jeux et jouets ne peuvent avoir cette influence.Ils sont basés sur l\u2019artificiel, non sur de l\u2019essentiel.Ils laissent rarement des souvenirs vivaces.Avoir eu une enfance étayée et prise dans le cadre d\u2019une vieille demeure est un don précieux et rare aujourd\u2019hui.Il n\u2019est aucun orgueil à en tirer, mais simplement un sens plus clair de sa propre responsabilité et une raison nouvelle de faire de sa vie un acte sain et sans bavures.Les quatre saisons L'homme était fait pour respirer au rythme à quatre temps de la terre.Les grandes vagues successives de la nature : le printemps, l\u2019été, l\u2019automne et l\u2019hiver, sont sources d\u2019équilibre, de bien-être, de plénitude physique.Leur action est douce, à peine perceptible.Aux lagons des Iles du Sud ou dans certaines jungles, on se sent en quelque sorte animalisé par une emprise trop forte du sol, de l\u2019eau, du soleil.En nos pays de mesure, cette influence n\u2019est plus qu\u2019un accompagnement discret, en sourdine, mais nécessaire pourtant à la parfaite harmonie de la vie.Les villes, sans nuances ni transitions, 11e connaissent plus que l\u2019hiver et l'été.L\u2019homme, essoufflé, y respire à deux temps.Il y a une telle diversité, une telle ampleur en cette coulée des quatre saisons aux berges de l\u2019année.Au printemps, les premiers parfums de fleurs percent sous l\u2019odeur de bois sec de l\u2019hiver.Des effluves de terre grasse et de sève suintante montent.Un renouveau de vie fait éclater les bourgeons, éveille dans les halliers la chanson des amours et fait battre le sang aux veines des jeunes hommes.Brûlé, sentant 137 Revue Dominicaine la paille coupée et la poussière sèclie, l\u2019été, écrasé de chaleur s\u2019achemine vers l\u2019apaisement mordoré île l\u2019automne.Le sommeil de l\u2019hiver s\u2019étend en grisaille et blancheur de neige.Les bruissements du printemps parmi les verts tendres des feuilles nouvelles, l\u2019atmosphère musicale de l'été crissant et bourdonnant d\u2019insectes, s\u2019amenuisent jusqu\u2019aux silences de l\u2019hiver où, le soir, les notes de l\u2019Angelus semblent portées sur un air translucide, cassant comme du verre filé.D\u2019un bout à l'autre de l\u2019année, toute une gamme de parfums, de couleurs, de bruits et de silences environne l\u2019homme, le pénètre, le fait participer à tous les grands courants de la vie végétale et animale.Il semble que ces notions soient perdues aujourd\u2019hui.Le progrès matériel est parti sur une voie fausse en obligeant les hommes à s\u2019enfermer dans les villes.La facilité des moyens de communication aurait dû repousser les habitations en dehors des cités, réservant à ces dernières bureaux et magasins.La foule ne peut plus connaître la respiration à quatre temps de l\u2019année, la cadence apaisante des saisons.Aux vacances seulement, à la mer ou à la campagne montagne, elle goûte désespérément un air qui devrait être son lot quotidien.A cause de cela, la plus humble maison perdue dans la campagne, recèle plus de richesses qu\u2019un appartement somptueux au cœur d\u2019une capitale.L\u2019homme se trouve dans la première sur une nef en haute mer.Il admire la beauté des nuits, les levers et les couchers de soleil.Il possède le silence et s\u2019intégre aux fluctuations de l'immensité qui l\u2019entoure.Dans le second, il n\u2019est plus qu\u2019une pauvre épave ballotée en rond dans un bassin public.Cuisine Dans toute vieille demeure périgourdine, la cuisine est la pièce principale. Le chant du vieux pays Vaste, aux antipodes certes des cuisines minuscules, chirurgicales et laquées de P Amérique, elle est meublée d\u2019une immense table et d\u2019une ou deux autres plus petites, d\u2019un ou deux bahuts, d\u2019une grande armoire montant jusqu'aux solives du plafond, parfois d\u2019un lit où couche quelque enfant des domestiques, d\u2019une pendule à balancier de cuivre, d\u2019une dizaine de chaises, d\u2019un ou deux fauteuils de paille et quelques menus autres meubles.Bûches et fagots sont entassés dans la caisse à bois.D\u2019un côté de la cheminée, un feu de braises ou de sarments brûle sous les tourtières, sous les pots pendus à la crémaillère, sous les casseroles posées sur leur trépied.De l\u2019autre, le tournebroche étire tout un jeu de poulies et de cordes jusqu\u2019à la grosse pierre qui sert de contrepoids.Deux seaux placés sur l\u2019évier avec la « cassette » pour puiser l\u2019eau.Quelques casseroles de terre chauffent sur le « potager » à cinq ou six trous qui permet de faire la cuisine au charbon.Au vaisselier étincelle la batterie de cuivre orgueil de la cuisinière.Dans une soupente les pots de fonte noirs et ventrus dont un, gigantesque, que l\u2019on prête à l\u2019entour pour la soupe des battaisons, voisinent avec les fers à gauffres, poêles, moules à gâteaux, grils et ustensiles de toutes sortes.Aux poutres du plafond sont plantés des alignements de clous auxquels on suspend les jambons et, à la saison des foies, les oies grasses accrochées, plumées, par le cou.Dans la buanderie attenante se trouve le cuvier de terre cuite pris dans la maçonnerie avec le poêle de fonte, le four à pain, le four à pâtisseries, le pétrin, les pelles de bois pour enfourner ou sortir le pain.Comme tout bon périgourdin, j\u2019ai passé dans la cuisine le plus clair de mon enfance.139 Kevue Dominicaine Il y avait tant de joie dans ces vastes salles aux multiples placards, aux recoins mystérieux où cessait la contrainte de la salle à manger et du salon ! Il y avait les fonds de casseroles à « racler », les pots de confitures, les restes de tartes ou de massepains et, à quatre heures, les « frottes », gros croûtons de pain frottés d\u2019ail et d\u2019huile et saupoudrés de sel, goûters odorants et sains qui furent ceux d\u2019Henri IV en son manoir gascon.Il y avait le remue-ménage magnifique de la cuisine lorsque, bavardant et cancanant, les femmes venues pour plumer les oies s\u2019exclamaient ou se désespéraient sur la plus ou moins grande taille des foies, tandis que nous réclamions la trachée des victimes pour en faire des sifflets.Il y avait surtout les domestiques qui nous faisaient amuser et nous gâtaient, ces domestiques d\u2019autrefois, familiers et respectueux, qui naissaient et mouraient dans la même maison et dont on gardait au service de la famille les enfants et les petits-enfants.Le jardinier savait si bien fabriquer des arcs et des flèches, des pièges ou des canons de sureau ! La vieille Eugénie, morte au Chapdeuil, guérissait si bien les maux de tête en renversant un verre plein d\u2019eau sur la paume de la main ! Antique souvenance des pratiques de sorcellerie du Périgord : si des bulles d\u2019air montaient au fond du verre, le mal s\u2019en allait, échappé avec les bulles.Un art renommé se créait dans ces demeures périgourdines.Combien de plats délicieux inventa la science de nos grand\u2019mères qui ne dédaignaient point de paraître à la cuisine et se faisaient un honneur de composer elles-mêmes de succulentes recettes : confits d\u2019oie, pâtés de foie gras, cèpes, « flaugnardes » dorées, « miques » et « cruchades » de farine de maïs, truffes cuites sous la cendre, truffes au champagne, « merveilles » dont les formes 140 Le chant du vieux pays bizarres se tourmentaient clans l'huile bouillante.Des chefs-d'œuvre composaient ces invraisemblables menus où huit ou dix plats de viande défilaient à la suite les uns des autres sans compter, bien entendu, les potages, salades, œufs, truffes, légumes ou desserts.Une gamme de vins savamment orchestrés accompagnait ces agapes et, dans la salle à manger dallée de pierre, devant la haute cheminée assombrie par les boiseries des placards insondables creusés dans l\u2019épaisseur des murs, le repas, dans la stricte observance de ses règles de courtoisie et d\u2019abondance, devenait un rite.Accoutumés aux grillades et aux légumes verts, nous ne supporterions plus aujourd\u2019hui cette somptuosité de jadis.Fils dégénéré d'un père qui sait reconnaître au goût et au fumet le millésime d\u2019un cru et possède à fond l\u2019art impondérable de servir, à chaque moment et avec chaque plat, le vin exact qui convient, je distingue le Bordeaux du Bourgogne à la forme de la bou teille ! Il me reste le respect.Ce respect que ne connaissait pas un vieux serviteur célèbre dans la famille.Il portait un jour, à la fin du dîner, une bouteille infiniment vénérable et précieuse sous sa couche de poussière et de toiles d\u2019araignée.\u2014 Tu ne l\u2019as pas secouée au moins ?lui dit mon grand-père.\u2014 Noun pas, Moussur, ma chei a mem, répondit-il, en patois.Non pas, Monsieur, je suis à même.1 Et à bras raccourcis, il secoua la bouteille ! 1.Dans le sens de : Je suis « après », comme dirait chez nous la servante de table, si nos vins prenaient le même âge et nous les mêmes précautions (N.D.L.R.).141 Kevue Dominicaine Le grenier Le grenier des Gérauds, remplacé depuis deux ans par des chambres à coucher, n\u2019existe plus aujourd\u2019hui, mais demeure inoubliable, en nos souvenirs d\u2019enfance.Formant une salle longue d'une vingtaine de mètres et large d'une dizaine, il couvrait presque entièrement le corps de bâtiment central.Douze générations avaient successivement entassé là tout ce qui paraissait une source d\u2019embarras.Il y avait peu de place libre.Mais quel royaume merveilleux de mystère et de rêve poulies explorations, jeux et découvertes ! Au coin de la ferraille où s\u2019enchevêtraient, sous une commune épaisseur de rouille, cercles de barriques, essieux de charrettes, patins à glace ou à roulettes, couteaux sans manches, trousseaux de clefs aux destinations inconnues, grilles de fourneaux, carcasses de parapluie ou de voitures d\u2019enfants, ressorts de sommiers, fil de fer, chaînes de tout calibre, pincettes, chenets, poulies, instruments de toute sorte brisés ou déformés, on trouvait infailliblement tout ce qui était nécessaire pour équiper un chariot, consolider une cabane ou gréer une embarcation.Des malles de peaux de sanglier cloutées de cuivre et poils à l\u2019extérieur, des selles, des harnais, des bâts, des fusils à pierre, des pistolets d\u2019arçons, fournissaient décors et matériel pour les grands jeux d\u2019attaque de la Diligence.Bahuts, bluttoirs, coffres, pétrins et armoires servaient à se dissimuler ou à se mettre à l\u2019affût.Cachettes héroïques où les rats, la nuit, dansaient des sarabandes, où les chouettes parfois trouvaient asile, où les vers crissaient en forant leurs dédales dans les bois et les papiers.142 Le chant du vieux pays Au grenier du Cliapdeuil, un cercueil pendait, fixé par quatre cordes, à une poutre.Commandé sur mesure par un grand-oncle précautionneux qui se méfiait de sa haute taille et voulait que tout fût prêt à l\u2019heure de sa mort, il constituait un abri macabre, mais sûr.Les tiroirs où nos grands-pères, naguère, rangeaient soigneusement ficelés, tous les restes de chiffons, étaient avec de vieux draps, des rideaux et des couvertures en loques, une mine inépuisable pour les déguisements ou l\u2019ornementation des tentes de Bédouins ou de Sioux.Notre mère nous laissait une grande liberté dans ces fouilles.Comment 11e l\u2019eût -elle pas fait, elle qui, aux greniers de Rocgauthier utilisait, pour se déguiser, d\u2019authentiques gilets Louis XV.La charpente, complexe et majestueuse comme une carène de vaisseau, offrait un champ d\u2019acrobaties que Tarzan lui-même n\u2019eût pas dédaigné.Nous allions d\u2019un bout à l\u2019autre de la salle par la Amie des airs, sans toucher terre, montant jusqu\u2019au sommet du faîte, sautant de chevrons en chevrons, et rampant à plat ventre jusqu\u2019aux extrémités des plus grosses poutres, malgré les toiles d\u2019araignée épaisses et gluantes, qui s\u2019agrippaient à nous comme des mains.Nous quittions parfois le grenier par cette voie et, passant par les lucarnes, nous prenions les toitures pour carrière de 110s exploits.Nous passions d\u2019un toit à l\u2019autre et installions même, pour prendre des bains de soleil clandestins, des chaises-longues en équilibre sur les tuiles.Notre père sut, beaucoup plus tard seulement, pourquoi il y avait tant de gouttières aux plafonds et notre mère pourquoi il fallait, les jours de pluie, installer tant de cuvettes et de bassins pour en atténuer les dommages.Il n\u2019y a plus guère de greniers de ce style aujourd\u2019hui.Les générations nouvelles les ont pillés de tous les objets de valeur 113 Kevue Dominicaine qu\u2019ils contenaient.Les vieux livres découverts ont pris place maintenant dans les bibliothèques et les vieux meubles réparés ornent les pièces.Des esprits organisés et précis ne comprendront plus désormais cet orgueilleux désordre et cette noncha- lance poussiéreuse des greniers.Les choses seront rangées dans (tes cartons étiquetés et inspectés à intervalles réguliers.Et il n'y aura même plus de toiles d\u2019araignée.Keconnaissance Témoin de siècles de robustesse, parcelle de paix vigoureuse et dure qui, loin de tous les bruits du monde berça mon enfance et vit éclore tous mes rêves, terre solide où, dans les longues promenades solitaires qui deviennent peu à peu des colloques avec Dieu, une vie menée en apparence bride abattue peut fixer en elle-même les limites volontaires de sa propre aventure, cadres d'honneur et de haute tenue où s\u2019était créée une forme paisible du bonheur, les Gérauds m\u2019ont marqué d\u2019une empreinte ineffaçable.Je leur garde une reconnaissance profonde en même temps qu\u2019à tous ceux qui, de générations en générations les ont faits ce qu\u2019ils sont.Il m\u2019est arrivé, aux heures où tout va mal, où tout s\u2019écroule autour de soi, où Dieu lui-même semble s\u2019éloigner, aux heures troubles où l\u2019on erre sans but par les rues de la grand'ville, il m\u2019est arrivé de partir sans raison, de fuir vers les Gérauds, simplement pour retrouver ces vieux murs aimés, pour sentir un appui, quelque chose de solide, de stable, toutes ces images qui mettent une clarté sur le passé.Et ce refuge m\u2019a toujours été favorable.Pour avoir constaté parfois combien l\u2019absence de ces souvenirs était une lacune chez des hommes par ailleurs de très 141 Le chant du vieux pays haute valeur, j\u2019ai réalisé l\u2019inestimable prix d\u2019une maison familiale avec ses grandes salles, son parc, ses bois, ses ruisseaux, ses paysans et ce rythme même de la nature qui vient battre ses murs au ressac éternel des choses.L\u2019électricité, le téléphone, la T.S.F., le chauffage central prennent aujourd\u2019hui les Gérauds dans un tramail auquel on n\u2019échappe pas.Les autos et la facilité des communications ont rompu leur isolement.Ils furent un foyer séculaire de silence, de calme et de robustesse.Ils ne sont plus qu\u2019une escale.Il faisait pourtant bon vivre dans ces vieilles demeures.Mais ce temps est achevé.Il était basé sur la stabilité des fortunes terriennes, sur les traditions familiales et ce passé n\u2019est plus qu\u2019une chose brisée, mais dont il ne faudra pas, pour la valeur même de l\u2019avenir, perdre la souvenance.Il y a beaucoup de choses que j\u2019ai tues dans ces pages, beaucoup d\u2019impondérables que je n\u2019ai pas su saisir, beaucoup d\u2019anecdotes que je n\u2019ai pas rappelées.Cela est mieux ainsi.Faite pour raconter des histoires, des voyages ou des aventures aux garçons, ma plume n\u2019était pas assez puissante pour traduire tout ce qu\u2019il y avait à dire.Ces pages ne sont qu\u2019un très humble témoignage.Et je n\u2019ai pas voulu que ce chant du vieux pays fût autre chose qu\u2019une chanson.Guy de Larigaudie 145 Le Sens des Faits Le R.P.Paul-Victor Charland au Collège de Lévis Cet excellent religieux, que la mort vient de ravir à l\u2019Eglise, avait fourni une longue carrière dans l\u2019Ordre des Frères Prêcheurs : cinquante-trois ans de vie dominicaine dans la province de Québec et aux Etats-Unis.C\u2019est là certes un nombre impressionnant et on serait bien tenté de croire que c\u2019est toute la vie qui a suivi les années de formation.Et cependant à ces années si pleines de travaux de tout genre, il faut encore ajouter les neuf années si laborieuses que le regretté défunt dépensa au service de sa première Alma Mater, le Collège de Lévis, alors qu\u2019il s\u2019appelait l\u2019abbé Victor Charland.C\u2019est cette période de sa vie que nous voudrions mettre en lumière pour payer la dette de reconnaissance du Collège de Lévis \\ Sans doute nous n\u2019avons pas eu l\u2019avantage d\u2019être l\u2019élève du R.P.Charland, mais nous l\u2019avons vu à l\u2019œuvre pendant quatre ans et nous avons interrogé les quelques rares survivants de ses anciens élèves.Ce petit article est fait de nos souvenirs personnels et du témoignage de ceux qui ont suivi les leçons du premier professeur de Rhétorique du Collège de Lévis.* * * Victor Charland n\u2019avait pas encore dix ans quand il commença ses études au Collège de Lévis en décembre 1867.Il y fit ses Eléments latins en 1870-1871, après quoi il entra en Quatrième au Séminaire de Québec, le Collège de Lévis n\u2019ayant pas encore de cours classique complet.Il appartenait à cette classe remarquable dont Joseph-Edmond Roy a décrit les étapes dans un volume fort intéressant.Revenu au Collège de Lévis après sa Philosophie en 1877, l\u2019abbé Charland fut aussitôt lancé dans l\u2019enseignement, suivant 1.Nous sommes d\u2019autant plus heureux d\u2019accueillir ce témoignage de gratitude que la Revue elle-même considère le P.Charland comme son fondateur.C\u2019est lui qui en 1895 lançait à St-Hyacinthe le «Rosaire», devenu plus tard la «Revue Dominicaine» (N.D.L.R.).146 Le Sens des Faits une coutume que Rome a si justement abrogée.Le cours classique était alors en pleine voie d\u2019organisation, sous l\u2019habile direction de l\u2019abbé Lionel Lindsay.Chaque année une classe nouvelle s\u2019ajoutait aux précédentes et c\u2019est ainsi que le cours fut complet en 1882.Lès la deuxième année, l\u2019abbé Charland fut chargé de la classe de Belles-Lettres, mais en même temps il préparait quelques élèves au baccalauréat et dès lors il devint le titulaire de la Rhétorique, fonction qu\u2019il garda jusqu\u2019à son départ en 1886.* * * Professeur de Rhétorique à vingt ans : c\u2019est un fait que les nécessités du temps peuvent expliquer.La tâche du jeune professeur était bien lourde.Les matières scolaires n\u2019étaient pas connue aujourd\u2019hui attribuées à des professeurs distincts.L\u2019abbé Charland devait enseigner tout à la fois la littérature, le latin, le grec et l\u2019histoire.Les manuels étaient rares aussi bien que les traductions des auteurs grecs et latins.La bibliothèque pédagogique des professeurs était encore à créer.Les instruments de travail n\u2019étaient donc pas abondants.Ces conditions si peu avantageuses ne découragèrent pas M.Charland.Il avait pour lui l\u2019ardeur de sa jeunesse, le feu sacré, l\u2019amour de l\u2019enseignement et le désir de faire progresser les élèves confiés à sa sollicitude.Choisir avec soin les textes à traduire, les scruter à fond pour en saisir les difficultés et les beautés littéraires, en préparer la traduction juxtalinéaire : telle fut sa tâche quotidienne.Ce contact assidu avec les auteurs grecs et latins préparait le professeur à faire une classe vivante, intéressante.La correction minutieuse des devoirs en classe, l\u2019explication méthodique des textes lui paraissaient le meilleur moyen de faire avancer les élèves.Ceux-ci avaient d\u2019ailleurs pleine liberté de poser à leur maître les questions ou objections qui leur venaient à l\u2019esprit.La solution ne se faisait pas attendre.Brève, claire, précise, elle satisfaisait tout le monde, car la compétence du professeur n\u2019était pas mise en cause.Les meilleures relations existaient entre le maître et les élèves et l\u2019un d\u2019eux a pu écrire : « Il nous traitait comme des amis, plutôt que comme ses élèves, car il n\u2019était pas beaucoup plus âgé que nous, et nos rapports étaient tout à fait fraternels ».147 Revue Dominicaine Mais c\u2019est dans renseignement de la littérature qu\u2019éclatait la supériorité de M.Charland.Avide de lecture, le professeur de Rhétorique entretenait un commerce assidu avec les grands maîtres, notant avec soin et transcrivant au besoin les passages les plus remarquables.Ainsi s\u2019accumulaient les matériaux d\u2019où allait sortir en 1884 son ouvrage « Questions littéraires ».Ses élèves en eurent les primeurs et s\u2019en montrèrent enthousiastes.Dans ses cours, M.Charland recommandait la lecture des modèles.Il avait ses auteurs favoris, entre autres, Lacordaire, Montalembert, Mgr Dupanloup, l\u2019abbé Maury et surtout Louis Yeuillot.Les élèves apprenaient par cœur des passages des grands orateurs et les déclamaient en classe.Ils prirent ainsi le goût des belles et bonnes choses.Le succès répondit aux efforts du professeur.Le Collège de Lévis, affilié à l\u2019Université Laval en 1879, présentait cette même année ses premiers candidats au baccalauréat de Rhétorique.La meilleure copie en composition française valut à son auteur le prix du Prince de Galles et c\u2019est un des élèves de M.Charland qui eut cet honneur, M.Alphonse Bernier aujourd\u2019hui l\u2019honorable juge Bernier, de la Cour d\u2019Appel.A un labeur déjà si écrasant, le professeur de Rhétorique joignit encore la préfecture des études pendant que le titulaire de cette charge, l\u2019abbé Lionel Lindsay, était allé étudier la philosophie à Rome (1884-1885).Les douze classes des deux cours classique et commercial étant alors sous la direction d\u2019un unique préfet, on devine le surcroît de travail qui s\u2019imposait pour s\u2019occuper de vingt professeurs et de trois cents élèves.Mais c\u2019est ordinairement aux hommes les plus occupés que l\u2019on demande les efforts les plus héroïques.M.Charland avait une âme d\u2019artiste naturellement portée vers le beau et ce culte qu\u2019il professait pour le beau, il voulut le propager autour de lui.Voilà pourquoi nous le voyons fonder en 1880 la Société Palestrina, chorale à voix égales destinée à rechercher et à exprimer le beau par les harmonies vocales.Après des journées bien remplies, ce travailleur acharné sacrifiait encore chaque semaine quelques-unes des récréations du soir pour préparer des pièces de musique vocale.La Société Palestrina figurait avec éclat dans toutes nos solennités religieuses et nos séances récréatives.Elle a contribué et elle contribue encore à former le goût musical de nos élèves.148 Le Sens des Faits Enfin pour être complet, il faut bien mentionner la collaboration de M.Charland aux Annales de la Bonne Sainte Anne, alors la propriété du Collège de Lévis.Ce travail exigeait de patientes recherches, de minutieuses analyses et des études approfondies.C\u2019est alors sans doute que M.Charland recueillit les matériaux qui lui permirent de publier plus tard sur la grande thaumaturge tant d\u2019écrits et d\u2019opuscules et surtout son monumental ouvrage « Les trois légendes de Madame Saincte Anne ».* * * Telle fut l\u2019œuvre de M.Charland au Collège de Lévis, œuvre considérable qui ne contribua pas peu à asseoir sur des bases solides notre cours classique.Cette activité débordante d\u2019un jeune professeur, outre son utilité immédiate, nous prêche encore à tous le bon emploi du temps, la fidélité à la tâche quotidienne, le dévouement à la cause si importante de l\u2019éducation.Le Collège de Lévis conservera précieusement la mémoire de son premier professeur de Rhétorique, l\u2019abbé Victor Charland.Elias Roy, prêtre Où l\u2019on fond nos cloches Pour longtemps se sont fixés sur les bords du Saint-Laurent, les choses aussi bien que les hommes du Nord-Ouest français.Nos flèches élancées qui, dans renchevêtrement des toits villageois, signalent la maison de Dieu, comptent parmi ces chères importations ; nos familières et glorieuses sonneries aussi.Rares sont les carillons diatoniques, au registre un tant soit peu étendu.Domiciliées à deux, trois ou quatre dans leurs beffrois, nos cloches élèvent pourtant des voix plus enveloppantes, à travers des espaces plus larges, que sous bien d\u2019autres cieux peut-être.Car, n\u2019est-ce pas aux confins seulement de la vaste paroisse canadienne, que doivent s\u2019en aller mourir leurs tintinnabulantes ondes ?Certaines vacances passées à escalader nos campaniles \u2014 chacun a son sport \u2014 m\u2019ont initié un peu à la genèse et à la vie de nos cloches.Elles sont toutes importées.Nous achetions d\u2019abord indifféremment en Angleterre, en France ou aux Etats-Unis.Mais, 149 Kevtje Dominicaine depuis une cinquantaine d\u2019années, nous centralisons nos commandes en France.Et ainsi, résonne cliez nous l\u2019airain sorti des fonderies Mears & Stainbank de Londres ; McShane de Baltimore, ou Meneely de Troy, Amédée Bollée du Mans, et surtout Paccard d\u2019Annecy-le-Yieux, et Havard ou successeurs de Ville-dieu.Au reste, l\u2019on n\u2019étudie pas longtemps un objet d\u2019art, sans en désirer suivre de près la fabrication.Et, le jour où l\u2019heureux itinéraire d\u2019une inoubliable randonnée me fit voyager entre le Mont Saint-Michel et Cherbourg, je ne pus résister à la tentation de prendre à son croisement de Foligno, le rapide Granville-Paris qui, après dix ou quinze minutes, vous laisse à Villedieu-les-Poèles.Discrètement grappés dans l\u2019amphithéâtre d\u2019un vallon généreux, déjà nous apparaissent les villas et les boutiques, les foyers et les sanctuaires de l\u2019industrieuse cité, où les Templiers des temps reculés vinrent introduire le travail du cuivre.Nous sommes attendus par M.André Peeters, le digne successeur des Havard et des Cornille.M.Peeters est jeune et actif.A la tête, par ailleurs, d\u2019une fonderie d\u2019objets divers en cuivre, il trouve le temps d\u2019adhérer aux mouvements sociaux et catholiques.Cela n\u2019est pas pour diminuer l\u2019anxiété qui est déjà nôtre, de le voir dans l\u2019enceinte même de l'historique fonderie de cloches.Quelques minutes de marche, et, dans un décor à la fois paisible et affairé, nous y voilà.L\u2019atelier n\u2019est pas grand ; l\u2019outillage y est des plus simples ; et pourtant, 11e touchons-nous pas ici à l\u2019un des sommets indiscutés de cette technique ?C\u2019est qu\u2019à Villedieu, on ne produit pas en série, on exécute un travail d\u2019art.M.Peeters nous avait ménagé une visite, aussi attachante que révélatrice, de son atelier.Aussi, n\u2019en pouvions-nous garder qu\u2019un souvenir très vif, à la lumière duquel nous verrons un peu aujourd\u2019hui ce qu\u2019est le moulage dit au trousseau.Une phrase peut nous le résumer : un moule est préparé à l\u2019empreinte d\u2019une fausse cloche, laquelle, par sa destruction, crée l\u2019espace dans lequel se précipitera l\u2019alliage pour former la vraie cloche.On commence par élever près du four un petit feu de brique, immédiatement au-dessus duquel on pétrit le noyau ou moule intérieur.A un axe traversant verticalement le noyau en son centre, est fixé le gabarit qui, nouveau dans chaque cas, correspond cependant à des échelles constantes pour chaque fondeur.150 Le Sens des Faits Préalablement découpé au profil intérieur de la cloche, le gabarit, en tournant une première fois, garantit les contours mêmes de cet intérieur.Pour passer au moule de l\u2019extérieur, on réalise autour du noyau, une fausse cloche, dont les contours seront limités par une nouvelle rotation du gabarit, découpé cette fois à la silhouette extérieure de la future cloche.Ici intervient le travail de lettrage et de figuration, qu\u2019assure l\u2019adhérence à la fausse cloche de motifs de cire tout prêts.Et c\u2019est le tour de la chape, que l\u2019on pilonne épaisse et résistante, en prévision de la haute pression de bronze fondu qu\u2019elle aura à contenir.Cela se termine par le moulage des anses.Il va de soi que l\u2019on a ménagé au sommet de la chape, un passage pour le métal en fusion.Disons que la potée servant à pétrir ce triple moule, est un ferment au crottin de cheval, dans lequel entrent de la terre, du sable et de la poussière de brique, et que l\u2019on a armé contre tout fendillement avec de la bourre de poil de bœuf.Les portions du mélange que l\u2019on destine aux enduits de surface, sont tamisées.Et puis, pour prévenir l\u2019adhérence des divers moules entre eux, on en badigeonne les surfaces avec une solution de cendre et de lait.Enfin tout le temps que durent les opérations un feu lent couve sous le noyau qui sèche sans fendillement la potée au fur et à mesure de son application : le feu est toutefois éteint pour la pose des couches superficielles dont la régularité a tout à gagner d\u2019un séchage à froid ainsi que pour l\u2019application des motifs de cire.A présent que sont terminés les moules il convient de laisser libre la place à la future cloche ; on détruit donc tout simplement la fausse cloche à la faveur de l\u2019enlèvement momentané de la chape.Et tout est prêt pour le coulage.En ce moment, un alliage de 78 parties de cuivre contre 22 d\u2019étain est contenu à l\u2019état liquide dans le four chauffé au bois.Il a atteint la pression requise.Un vigoureux coup de baguette lui ouvre le conduit aux moules et il comble maintenant l\u2019espace compris entre le noyau et la chape.L\u2019instant a été dramatique.Et si subite a été la solidification que les deux métaux constituants n\u2019ont pu se refroidir en couches superposées.La cloche est fondue mais elle n\u2019est pas encore faite, car il reste à y suspendre le battant.A moins de demandes expresses, le fondeur normand s'en tient au battant lancé de jadis, dont il 151 Revue Dominicaine préfère à tout les attaques chaudes et fières.Plus lourd, d\u2019une course moins longue, et partant d\u2019allure plus grave, le battant rétrolancé produirait un son plus mélancolique, en même temps qu\u2019il permettrait l\u2019introduction dans un même beffroi, de cloches plus grosses ou plus nombreuses.Et voilà close toute cette série d\u2019opérations que l\u2019on s\u2019obstine à taxer de mystère.Leur conduite 11e relève pourtant d\u2019aucun secret, ainsi qu\u2019on vient de le voir.Il y a ici plus qu\u2019un secret, il y a un ensemble d\u2019appoints à réaliser.Et ces appoints, seul peut s\u2019en porter garant le fondeur authentique.C\u2019est en quoi le moulage au trousseau peut différer, par exemple, du moulage au sable.* * * Le train file maintenant.Et pendant qu\u2019à vive allure s\u2019éloigne Yilledieu-les-Poèles, nous sentons que Villedieu-les-Cloches \u2014 pour user d\u2019un terme fictif \u2014 ne disparaît pas aussi facilement.Car, en leurs pérégrinations intercontinentales, les cloches de Normandie réussissent à se faire universellement et quotidiennement entendre.Au Canada français, ainsi que nous le disions il y a un instant, elles ne manquent pas.En le notant avec le plus grand plaisir, nous ne pouvons toutefois oublier que jadis nous eûmes, nous aussi, 110s maîtres fondeurs.C\u2019était en un temps où l\u2019insuffisance des moyens de transport favorisait la décentralisation en matière de production lourde ; en un beau temps, où la conquête 11e s\u2019était pas attaquée au meilleur de nos énergies.En effet, entre les années 1664 et 1757, Jean Amonnet, Pierre La Tour et Etienne Simonneau coulent tant à Beauport qu\u2019à Québec, des cloches que l\u2019on hisse dans les campaniles de Québec ou de Boucherville, de Bonsecours de Montréal, de Saint-François ou de Saint-Nicolas.Mais les artisans de France n\u2019ont pas survécu.Et, s\u2019il est arrivé en ces dernières années, que des essais aient été tentés chez nous, toujours avec le métal tout prêt de cloches fêlés ou incendiées, loin de leurs fondeurs de fortune fut la prétention de faire œuvre d\u2019art.Pour assurer l\u2019effloraison nouvelle de cette technique, peut-être faudra-t-il qu\u2019un fondeur de Normandie, rééditant des jours de notre régime français, vienne établir une 152 i Le Sens des Faits succursale au Québec.Eu plus d\u2019un marché suffisant, il trouverait ici la matière première à conditions normales.François-J.Brassard Kierkegaard et Gilson « La femme inspire l\u2019homme aussi longtemps qu\u2019il ne la possède pas ».(Kierkegaard, Le Banquet).Avez-vous entendu M.Etienne Gilson, dans sa dernière conférence à l\u2019Alliance française d\u2019Ottawa, développer le thème inattendu de la femme-idole ou de la femme-super stition-du-poète'l Il est certain que malgré la force des raisons apportées et l\u2019évidence des affirmations de Baudelaire et de Pétrarque, plusieurs ont conclu à une ingénieuse construction d\u2019historien aux abois en face de personnages et de situations qui s\u2019affirment comme historiques tout en conservant un halo légendaire.Voici ce que j\u2019ai ouï dire : « M.Gilson nous a exposé une ingénieuse hypothèse qui semble rendre raison à la fois des affirmations et de la conduite du poète ainsi que de leur incompréhension par des esprits profanes ; mais cet essai d\u2019explication à base d\u2019une psychologie qui caractériserait l\u2019âme du poète fait plus d\u2019honneur à l\u2019ingéniosité du penseur qui l\u2019a découverte qu\u2019à la réalité historique qu\u2019elle est chargée d\u2019éclairer ».Cette réaction d\u2019incrédulité est sans doute provoquée par la nouveauté de l\u2019hypothèse et son opposition à tous les clichés historiques jusqu\u2019ici utilisés dans l\u2019explication des œuvres poétiques.Peut-être, perdrait-elle de son intensité, si l\u2019idée exploitée par M.Gilson pouvait se retrouver ailleurs que chez un historien, et dans un contexte où il n\u2019est nullement question de problème à résoudre ou de théorie à établir.Or, un philosophe danois du siècle dernier nous offre précisément un cas de ce genre, et un cas d\u2019autant plus probant qu\u2019il embrasse non seulement la psychologie du poète mais celle de tous ceux qu\u2019on pourrait appeler surhommes, c\u2019est-à-dire, les poètes, les génies, les héros et les saints.Dans son Banquet, Kierkegaard développe, en effet, cette idée que la femme est inspiratrice des œuvres de génie, en posant comme condition indispensable qu\u2019elle ne devienne jamais la possession charnelle de celui qu\u2019elle inspire, mais demeure une 153 Kevue Dominicaine sorte d\u2019idéalité.Voici quelques-uns des textes les plus caractéristiques : « L\u2019homme doit à la femme ce qu'il fait de beau, d\u2019insigne, d\u2019éclatant, car elle lui donne l'enthousiasme» (Traduction Tisseau, p.109).« Il est donc bien vrai : c\u2019est grâce à la femme que l\u2019idéalité apparaît dans la vie.Beaucoup sont devenus génie, héros, poète, ou saint, chacun grâce à une jeune fille ; mais l\u2019homme n\u2019est pas devenu génie par celle qu\u2019il a obtenue.; il n\u2019est pas devenu héros par celle qu\u2019il a épousée.; il n\u2019est pas devenu poète par la compagne de sa vie, car par elle, il n\u2019a produit que des enfants ; il n\u2019est pas devenu saint par celle qui lui a été accordée, car il n\u2019en a pris aucune.comme chacun des autres est devenu génie, héros, poète par celle qu\u2019il n\u2019a pas obtenue» (ibidem, p.109-110).Non seulement Kierkegaard affirme que la femme-non-possédée est la seule source d\u2019inspiration, mais il établit la philosophie de ce fait.Il en explique d\u2019abord le mode particulier : « Si la femme éveille en l\u2019homme l\u2019idéalité et par là, la conscience de l\u2019immortalité, elle le fait toujours négativement.L\u2019homme véritablement devenu génie, héros, poète ou saint, grâce à une femme, a du coup conquis l\u2019immortalité.Si la faculté de susciter cette idéalité était positivement dans la femme, c'est l\u2019épouse et l\u2019épouse seule qui éveillerait en l\u2019homme la conscience de l\u2019immortalité.La vie montre exactement le contraire» (ibidem, p.113).« Si l\u2019idéalité de la femme était en soi un facteur d\u2019enthousiasme, l\u2019inspiratrice serait celle à qui l\u2019homme est lié pour la vie.Mais la réalité parle un tout autre langage.Je veux dire que la femme éveille l\u2019homme à l\u2019idéalité et l\u2019y rend créateur par son rapport négatif vis-à-vis de lui.Ainsi comprise la femme est réellement inspiratrice.A-t-on jamais entendu dire qu\u2019une femme ait fait de son mari un poète ?» (ibidem, p.110).Une fois affirmée la modalité sous laquelle la femme est inspiratrice, Kierkegaard donne la raison qui fonde cette affirmation, et si je prenais à mon compte, ou même ne faisais que répéter ici la philosophie qui fonde cette théorie de notre philosophe danois, je me ferais sûrement arracher les yeux par les lectrices de cette note !.Il n\u2019est pas nécessaire, d\u2019ailleurs, de pousser plus loin l\u2019ana-lyse de ce texte ; de ce qui précède, un fait surgit, celui de la coïncidence des deux thèmes développés, à un siècle de distance, par deux penseurs aussi différents qu\u2019on peut les souhaiter ; leur point de départ n\u2019a aucune analogie, et cependant la con- Le Sens des Faits elusion à laquelle ils aboutissent est identique.Cette rencontre inattendue de deux pensées si dissemblables doit nous convaincre que cette fois encore, M.Gilson est dans le vrai, et que la thèse de la femme-idole, niais non compagne du poète, peut conserver toute son historicité sans rien perdre de sa valeur inspiratrice.SlGER Projections In serviendo je me consume au service de mes frères dans le consumor sacerdoce et de l\u2019immense famille que m\u2019a confiée le Père commun de Home.Devise digne de l\u2019apôtre S.Paul et ([lie Mgr Charles-Antonelli Lamarche, évêque défunt de Chicoutimi, a su réaliser sa vie durant, et davantage au cours de ses onze années d\u2019épiscopat.Service portant en soi une part de récompense, puisque l\u2019évêque traita sans cesse avec des populations croyantes et un clergé plein de zèle et d\u2019entrain.Service onéreux parfois dans cet âpre pays de Maria Chapdelaine où il dut s\u2019acclimater.Ce fut moins la souplesse de son caractère, secondée d\u2019une perçante compréhension des hommes et des choses, que la simplicité de sa foi, qui l\u2019aida à se faire tout à tous, en rompant toutes amarres, excepté sans doute la pensée du cœur, avec son passé montréalais.En contact immédiat avec ses ouailles, il savait leur faire plaisir ; appelé au dehors en diverses circonstances, il savait leur faire honneur.Car il fut toujours un porte-parole magnifique et entraînant.Plus ou moins à l\u2019aise dans le grand sermon doctrinal, il se retrouvait tout entier, avec ses richesses d\u2019imagination et de cœur, dans l\u2019allocution, le mot d\u2019ordre, lancé de préférence aux jeunes, et, quand il y avait lieu, le pousse-café oratoire.Je l\u2019ai entendu \u2014 souvenirs dont messieurs les reporters n\u2019ont pu s\u2019emparer \u2014 livrer par cœur, à Villa-Maria, un discours tissé d\u2019un bout à l\u2019autre de citations de Botrel, en présence du barde flatté qui n\u2019en revenait pas ; puis, curé à Saint-Jean, à l\u2019occasion de son 25e anniversaire de prêtrise, répondre à une douzaine de compliments et d\u2019adresses en adoptant chaque fois le thème et le ton diversifiés que réclamait l\u2019auditoire.Ce qui ne variait pas, c\u2019était la portée surnaturelle des moindres réflexions et l\u2019allure toute française d\u2019une parole sachant exposer 155 Revue Dominicaine pertinemment la doctrine catholique, l\u2019orner du symbole et la marquer du trait, comme pour ajouter à sa douceur pénétrante et à sa force éternelle.Dons précieux, dons innés, cultivés par la méditation journalière et disposant le futur Pontife à son rôle de Docteur dans les combats de la vérité.Jamais, du reste, porté vers une nouvelle sphère d\u2019action, les soucis matériels, unis au gouvernement des âmes, ne parviendront à supprimer tout contact'avec ses auteurs préférés : la Bible, servant de trame et de lubrifiant à ses mandements épiscopaux, puis les Pères de l\u2019Eglise, les grands historiens et les grands critiques.In serviendo consumor.Quand on considère de près ce terrible mandat dont l\u2019exécution provoque des conflits que l\u2019histoire enregistre, sans compter des douleurs plus intimes que nul document ne révèle, on ne parvient plus à se défendre d\u2019un sentiment de déférente sympathie à l\u2019égard du mandataire.Vient-il à disparaître, on se demande avec une certaine angoisse où l\u2019Eglise trouvera une taille d\u2019homme apte à ceindre la pesante armure, un cœur d\u2019homme prêt à soutenir l\u2019inévitable combat.Mais l\u2019Eglise tient en réserve un dépôt de sainteté qui est l\u2019une de ses notes distinctives.Le sacerdoce fournit l\u2019occasion et confère la grâce des vertus les plus hautes.Dans ses rangs l\u2019Esprit souffle où il veut.Il saura bien diriger de façon sûre le choix de l\u2019Evêque des évêques.Aussi bien les pronostics au-devant des successions épiscopales se font-ils plus rares ou du moins plus discrets que naguère en pareilles circonstances.On se repose avec plus d\u2019abandon sur la sagesse romaine, sans ignorer que cette sagesse s\u2019accompagne souvent des surprises de la diplomatie, ou, si l\u2019on veut, de la diplomatie des surprises.C\u2019est pourquoi, au matin des funérailles du saint Evêque de Chicoutimi, les cloches de sa cathédrale jetèrent aux vents du fleuve et du grand lac un carillon de douleur et d\u2019espérance.Les temps sont A la première Semaine sociale de St-Hyacinthe, changés ?tenue en 1928, un conférencier du soir proposait comme remède partiel à la désertion des campagnes une attention plus efficace accordée aux divertissements et aux sports.Il citait à l\u2019appui un article de la Revue Dominicaine, octobre 1925, et l\u2019exemple de l\u2019ancien curé de Saint-Eustache, Mgr J.-H.Cousineau, qui modifiait l\u2019heure des vêpres pour attirer une plus 156 Le Sens des Faits forte assistance au base-bail et.aux vêpres.L\u2019orateur obtint une assez mauvaise presse, malgré les encouragements du Président des Semaines sociales.Réfutation c\u2019est-à-dire3 dans un grand journal où l\u2019écrivain, un missionnaire agricole, lui rétorquait que des primes aux colons seraient plus efficaces (on s\u2019en doutait) que l\u2019encouragement au patinage et au base-bail.Eclio de cette réfutation en pleine Chambre, sur les lèvres d\u2019un ministre qui n\u2019y mit pas toute sa salive, car il en a besoin (chose vue) pour tourner les feuillets de ses conférences.Et voilà ce qu\u2019il en coûte parfois d\u2019énoncer des vérités utiles ou nécessaires avant que des milliers de gens les aient clamées tous ensemble, comme en un chœur parlé.Mais les temps sont changés, semble-t-il.Voici qu\u2019au dernier numéro de VAction nationale, dans une étude intitulée « Loisirs à la campagne », M.Jean-Robert Bonnier, un expert, reprend la thèse par ses quatre dimensions ; renchérit sur tout ce qui fut dit ou tenté auparavant ; établit la nécessité du sport outillé, puis exercé en équipes tant par les jeunes que par les plus de trente ans ; et réclame non seulement patinoires et glissoires, terrains de base-bail, de crosse et de tennis, jeux de boulingrin ou de croquet, mais tout un immeuble avec salles pour douches, culture physique, sports individuels ou collectifs, y compris ceux auxquels la femme peut se joindre sans se diminuer moralement.J\u2019en passe.Il n\u2019y a donc pas de censure à VAction nationale ?Si, mais on dut constater, lecture faite, que ce jeune homme, avant d\u2019écrire, avait tourné sa plume sept fois dans l\u2019encrier.Il observe d\u2019abord que l\u2019ennui sévit à la campagne, malgré les dénégations du poète attardé et du conférencier payé.Un ennyii qui s\u2019incruste, une torpeur qui s\u2019étale, en particulier le dimanche et durant les mois d\u2019hiver.Ce phénomène inconnu jadis, parce que la vie agricole et forestière, âpre en ses exigences, était déjà une manière de sport, sinon une aventure, s\u2019accentue de jour en jour, grâce au travail mécanique qui n\u2019écrase plus son homme, et grâce aux communications avec la ville, que facilitent la villégiature, l\u2019auto, les bonnes routes et surtout la radio.Les oreilles bourdonnantes de chroniques sportives, de sketches, de chansons, d\u2019airs de danse, la jeunesse imagine le double charme qui s\u2019offre à qui peut voir et entendre du même coup.Elle a d\u2019ailleurs sa petite expérience du stade et des théâtres, cinémas et restaurants.Rien de tout cela ne lui est Revue Dominicaine offert en miniature dans son village natal.« Dans ces conditions, on vient vite à ne plus avoir en tête qu\u2019une idée fixe : fuir en vitesse vers des cieux moins pénitentiaires ».Simples randonnées d\u2019abord, déjà fertiles en dangers de toute sorte, puis, à la première ouverture, engagement à l\u2019aveuglette et départ.Voilà des faits dont se plaignent de nombreux chefs de famille et ce n\u2019est pas avec exclamations indignées, sentences et doléances qu\u2019on y remédiera.M.Bonnier propose comme remèdes l\u2019embellissement de^ la demeure familiale, des communs et des alentours, puis le jeu physique organisé, sans préjudice des cercles d\u2019étude et des soirées récréatives.Remèdes partiels, sans doute, mais qu\u2019on doit appliquer comme si chacun était l\u2019unique remède, en conformité avec la directive de Foch enseignant à regarder toute bataille comme une « attaque décisive ».Pareilles attaques ont eu lieu, et c\u2019est sur elles que je m\u2019appuie davantage pour croire que les temps sont changés.Du fond d\u2019un « presbytère en fleurs » entouré de gazons nets et d\u2019une haie sans reproche, de braves, d\u2019excellents curés ont voulu donner l\u2019exemple aux terriens qui se piquent d\u2019émulation.Ils ont voulu également prendre la tête du mouvement sportif, laissant au vicaire, quand faire se pouvait, maints détails d\u2019exécution.Secondés par l\u2019autorité marguillière ou municipale, ils ont aménagé des terrains vacants, ou à demi cultivés, pour les joutes en toute saison.Une surveillance discrète, renforcée le soir d\u2019un éclairage indiscret, permet aux personnes des deux sexes de s\u2019y réunir en costume décent et commode à la fois.Tant mieux si des idylles s\u2019ébauchent et tournent à une « finale » plus convoitée que les autres.Marie-toi à ta porte avec quelqu\u2019un de ta sorte, dit le proverbe.Le fameux « Père Beaudoin », curé de Walker ville (aujourd\u2019hui Ford City), ayant multiplié dans sa paroisse les occasions de rencontre entre les jeunes, expliquait par cette mesure l\u2019extrême rareté des mariages mixtes.En tout cas, s\u2019il vous arrive de passer dans ces centres ruraux, interrogez ceux et celles qui furent d\u2019abord hostiles à l\u2019initiative du pasteur, et qui, intérieurement, levaient les bras au ciel en écoutant les annonces.Ils vous diront que les tendances de la jeunesse ont subitement tourné pour le mieux.On sait maintenant où vont les boys ; en quelle compagnie ; à quelle heure ils reviendront.Ils vont s\u2019amuser au village proche, à moins qu\u2019ils ne restent à 158 Le Sens des Faits la maison, en étudiant gravement leur rôle pour la prochaine soirée dramatique.J\u2019ai oublié de vous dire que le curé avait aussi aménagé et sectionné la salle paroissiale.Pas assez pour satisfaire aux ambitions de M.Bonnier, mais de manière à favoriser les auditions publiques, la gymnastique et les sports individuels.Et dans la plupart des cas, ça n\u2019a rien coûté au profane Conseil ni à la sainte Fabrique.Ce sont les jeunes qui se sont cotisés, en sacrifiant cet argent de poche qu\u2019ils dépensaient autrefois dans les restaurants de ville, à la poursuite d\u2019un triple idéal, «projeté» ici même : coca-cola, cigarettes, fillettes.C\u2019est égal.si le conférencier de St-PIyacinthe et le collaborateur de la Bevue lisent ces lignes, ou mieux l\u2019étude qu\u2019elles résument de façon assez gauche, ils s\u2019applaudiront d\u2019avoir à tour de rôle attaché le grelot.Criticus En collaboration : \u201cNOTRE AMÉRICANISATION\u201d, Prix : $0.75 a Recueil toujours d\u2019actualité, puisque les Cours publics de M.Edouard Montpetit à l\u2019Ecole des Hautes Etudes Commerciales portent cette année sur le danger de V Américanisme.En vente à LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 150 livres R.P.G.Simard, O.M.I.\u2014 « Les universités catholiques.Leurs gloires passées, leurs tâches présentes ».1 Vol.in-12 de 122 pages.Ottawa, Editions de PUniversité, et Montréal, Editions Beauchemin, 1939.C\u2019est vraiment un homme heureux que le R.P.Georges Simard, des Oblats de Marie Immaculée.Une religieuse de Montréal vient de dresser sa bio-bibliographie complète jusqu\u2019au volume que j\u2019analyse aujourd\u2019hui.Et le distingué professeur marche allègrement vers la célébration de ses cinquante ans d\u2019enseignement universitaire.Que peut-on bien dire sur les universités catholiques qui n\u2019ait été dit et redit ?Le R.P.Simard ne dit rien de nouveau, et sa langue même, toujours académique et solennelle, n\u2019est pas nouvelle.Le livre pourtant est suggestif.La nature et l\u2019évolution des universités catholiques dans le monde sont décrites avec beaucoup de talent.Leurs gloires passées et leurs tâches présentes sont rappelées avec une conviction qui sait trouver plus d\u2019une formule heureuse.Les deux parties du volume se décomposent elles-mêmes chaque fois en un dyptique : dans l\u2019univers en général, et à Ottawa en particulier.On comprendra que ce dernier panneau soit ouvré avec une affectueuse minutie par le vieux maître qui incarne près d\u2019un demi-siècle de vie et de progrès de l\u2019institution universitaire de la capitale du Canada.Le R.P.Simard semble appuyer beaucoup sur l\u2019indifférence des catholiques canadiens français à l\u2019égard de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Il faut, je crois, distinguer.Au temps de ce que l\u2019auteur appelle lui-même « la dynastie irlandaise », une attitude de réserve s\u2019imposait aux nôtres.Depuis le retour à l\u2019esprit du fondateur, il y a lieu de signaler deux périodes.D\u2019abord, l\u2019institution ottavienne sembla confinée dans un enseignement exclusivement secondaire, en dehors des Facultés ecclésiastiques.Dès que plusieurs professeurs \u2014 et au premier rang, le R.P.Simard \u2014 eurent décidé de faire entrer, en fait comme en titre, leur institution dans le domaine de l\u2019enseignement supérieur, l\u2019intérêt s\u2019éveilla chez les nôtres.Evidemment, ce ne fut pas et ce n\u2019est pas encore un éveil plénier, agissant, constructeur.Mais cette apathie est une déficience qui se rencontre aussi à Montréal et à Québec.Et, s\u2019il fallait absolument comparer, je crois qu\u2019Ottawa enregistrerait plus de sympathie compréhensive.Le mérite en revient aux efforts tenaces du R.P.Georges Simard et de ses collègues de l\u2019illustre Congrégation des Oblats.A.Papillon, O.P.R.P.Ducattillon, O.P.\u2014 « Quand le Monde oublie Dieu ».Librairie Bloud et Gay, Paris, 1939.Le Père Ducattillon est déjà connu chez nous.Ceux qui ont eu le bonheur de l\u2019entendre il y a quelques années, à Montréal ou ailleurs, aiment se le rap- L\u2019Esprit des Livres peler.Ils ont accueilli avec joie la nouvelle qu\u2019on allait de nouveau le retrouver cette année, à Notre-Dame de Montréal.Ceux-là donc qui connaissent le R.P.Ducattillon, pour l\u2019avoir lu ou entendu, parcourront avec beaucoup d\u2019intérêt les quelques conférences (cinq exactement) qu\u2019il prononça, il y a un an, à Radio-Paris.On les a groupées et publiées sous le titre de « Quand le Monde oublie Dieu ».Ici, comme dans tous ses autres écrits, le R.P.se révèle connaisseur averti de son temps.« Quand le Monde oublie Dieu » est une analyse très profonde de la vie d\u2019aujourd\u2019hui.On n\u2019a pas voulu du vrai Dieu.Eh bien ! on en a fabriqué d\u2019autres.L\u2019homme ne peut se passer de Dieu, s\u2019il refuse celui de la Genèse, celui de Nazareth, c\u2019est pour le remplacer dans de multiples cas par l\u2019argent.On veut ignorer son âme, on idolâtre alors son corps.Qu\u2019on se rappelle les grands congrès de Nuremberg.On a remplacé le principe chrétien de l\u2019universelle charité par le principe païen de l\u2019égoïsme collectif.C\u2019est avec une vue très aiguë des grandes réalités morales que le R.Père traite de ce problème fondamental : Quand Dieu est dans notre vie, ou quand Dieu n\u2019y est pas.Le Père Ducattillon touche de trop près le grand mouvement de renaissance religieuse en France pour qu\u2019il soit besoin d\u2019insister sur la valeur de ces causeries que Bloud et Gay nous présente en un petit bouquin de près de 80 pages.Ses connaissances théologiques très profondes, en même temps que sa fine psychologie l\u2019ont placé au premier rang.« Quand le Monde oublie Dieu » fera du bien chez nous, car, hélas, il n\u2019y a pas qu\u2019en France que le « Monde oublie Dieu ».B.-M.B.K.P.R a mbaud, O.P.\u2014 « Douce Vierge Marie » \u2014 Trente et line lectures doctrinales, psychologiques et pratiques.Librairie Catholique Emmanuel Vitte.Lyon et Paris.Les Dominicains français, ces derniers temps, par le livre, la parole et la radio, ont copieusement contribué à l\u2019apostolat marial.Les écrivains surtout.Les catalogues de librairies en témoignent.D\u2019un simple regard on y relève les noms des plus fervents apôtres de la Sainte Vierge : Bernadot, Sertillanges, Bernard, Boulanger, Maréchal, Lelong, sans mentionner quantité de revues du Rosaire, infatigables propagandistes de cette reine des dévotions envers Marie.La Librairie catholique Emmanuel Vitte nous annonce un récent ouvrage du R.Père Rambaud, O.P.: « Douce Vierge Marie ».C\u2019est un écrivain qui fait bonne figure à côté de ceux que nous venons de citer.Déjà favorablement connu, et même populaire chez le grand public pieux, par ses publications de théologie et d\u2019hagiographie, le Père Rambaud nous présente aujourd\u2019hui, dans « Douce Vierge Marie », comme il le déclare lui-même en introduction, « dépouillée de complications trop abstruses, la théologie concernant la Sainte Vierge».Deux cent trente-cinq pages in-16 jésus, justifient cette proposition 161 Revue Dominicaine de l\u2019auteur.Elles commentent trente-et-une des invocations des Litanies de Lorette.Le style est clair sans recherche de vanité, pieux sans mièvrerie, pratique et simple à la manière de l\u2019Evangile, que chacun peut lire et comprendre.On dit parfois, et trop souvent peut-être, à propos de publications religieuses : « Encore une, encore un ouvrage sur la Sainte Vierge.Mais ils foisonnent ! » Objection puérile qui marque un manque d\u2019esprit de foi, une certaine impiété, dans le sens latin du mot.Alors, pourrait-on répondre, peste des verdures qui reviennent aux arbres tous les printemps.Peste des cerveaux qui pensent et produisent.Peste des activités généreuses qui s\u2019épanouissent, peste de la foi qui s\u2019affirme et de l\u2019amour filial qui parle de l\u2019abondance de son cœur.Ne vaudrait-il pas mieux se taire, mettre les scellés sur toutes les imprimeries, brûler librairies et bibliothèques ?Le Père Rambaud ne le pense pas, et, de ce fait, voisine en bonne compagnie : celle de saint Bernard qui, depuis huit siècles, prêche que « de Marie, nul et jamais ne saura trop parler, chanter, écrire », celle de saint Anselme aussi qui soutient : « Contre vous, ô Marie, pèchent, non seulement ceux qui vous blasphèment, mais ceux-là aussi qui ne parlent pas de Vous ».Au surplus, si de pareils témoignages ne suffisaient pas, les chaleureuses approbations de deux Eminences suffiraient à confirmer l\u2019auteur dans sa foi à l\u2019apostolat du publiciste.Peu d\u2019auteurs ont le bonheur de paraître sous le haut patronage de deux Cardinaux.Le Père Rambaud est un de ces rares privilégiés.Le Cardinal Gerlier, Archevêque de Lyon, lui écrit : « Je veux vous dire toute ma gratitude et le charme bienfaisant que j\u2019ai trouvé dans des pages attachantes dont j\u2019ai fait ma lecture quotidienne.Comme il est doux de vous suivre dans cet hymne d\u2019amour filial à l\u2019immaculée, étayé partout de solide doctrine, et que des réflexions pénétrantes sur les problèmes de la vie courante adaptent si heureusement aux besoins des âmes d\u2019aujourd\u2019hui.Vous venez d\u2019ajouter une œuvre féconde à celles dont nous vous sommes déjà reconnaissants, et un beau monument à tous ceux qui chantent la gloire de notre Mère ».Notre Eminentissime Cardinal de Québec semble encore renchérir sur les éloges du Primat des Gaules : « C\u2019est avec une grande édification et sous le coup d\u2019un charme surnaturel que j\u2019ai lu « Douce Vierge Marie ».La ligne doctrinale en est très ferme et la plume qui écrit laisse tomber de la simplicité, de l\u2019harmonie, de la chaleur d\u2019amour.Votre ouvrage est parmi les très beaux que compte la littérature mariale ».Nos lecteurs ont donc tout profit à lire, méditer et répandre un livre qui a mérité d\u2019aussi flatteuses recommandations de Princes de l\u2019Eglise.Ces augustes personnages n\u2019ont pas l\u2019habitude de prodiguer de banals éloges.H.Couture, O.P.Rosaire Dion-Lévesque \u2014 « Vita » \u2014 Poèmes.Editions Bernard Valiquette, Montréal.Prix : $1.00.M.Rosaire Dion-Lévesque, l\u2019auteur de « Vita » est véritablement un poète né, qui sait toujours garder le rythme qui est l\u2019essence même de la poésie.Qu\u2019il écrive selon la forme traditionnelle du vers, ou qu\u2019il emprunte 162 L\u2019Esprit des Livres aux écrivains les plus révolutionnaires, leurs méthodes et leurs licences, son lyrisme est d\u2019une qualité rare, si l\u2019on considère l\u2019immense majorité des poètes canadiens qui, plus soucieux des exigences serviles de la prosodie que de celles de la Muse, oublient que le vers doit avant tout, être poétique \u2014 ce qui n\u2019est pas aussi commun qu\u2019on le pense.Ce poète a su véritablement traduire les espoirs, les angoisses de l\u2019homme moderne dans un style que, seul, le lecteur d\u2019aujourd\u2019hui est en mesure d\u2019apprécier.Sans doute il a des envolées pour traduire les thèmes éternels, mais il sait aussi baisser la voix, et murmurer à l\u2019oreille des confidences d\u2019un ton véritablement humain.On pourra peut-être s\u2019étonner de ne pas trouver dans ses pages, l\u2019éternel cliché du clocher de village, mais le silence que l\u2019auteur garde sur les thèmes patriotiques, ne peut que prédisposer en sa faveur ceux qui croient que la fonction du poète est de chanter et non pas de prêcher.11 convient, en outre, de signaler la richesse de son verbe et l\u2019originalité de ses images.Racisme et Catholicisme, par Pierre Charles, S.J., Joseph Fol-liet, Pierre Lorson, S.J., Dr Ernest Van Campenhout.166 pages.Casterman, Paris-Tournai, 1939.Ce volume réunit quatre études, parues d\u2019abord dans la Nouvelle Revue Théologique, numéro de février 1939.Dans la première, le R.P.Pierre Charles montre les antécédents de l\u2019idéologie raciste depuis le curieux partage d\u2019Aristote entre les hommes naturellement libres et les autres aussi naturellement esclaves jusqu\u2019aux plus récentes trouvailles allemandes et italiennes en passant par les inepties ridicules du comte de Gobineau.Le R.P.Pierre Lorson nous fait voir ensuite comment, sous l\u2019influence de Rosenberg et surtout sous l\u2019emprise d\u2019Hitler, le racisme a pris consistance en Allemagne depuis quinze ans et s\u2019est même incarné dans une forme politique.Désormais le racisme sert de mystique et d\u2019appui spirituel à la vie de toute une nation.Restait à porter un jugement de valeur sur cette doctrine et sur ces faits.Après une longue étude sur le problème des races au point de vue anthropologique, M.le docteur Ernest Van Campenhout, professeur d\u2019anatomie et d\u2019embryologie à l\u2019Université de Louvain, se voit dans l\u2019obligation de conclure : « Entre les diverses races humaines, il n\u2019existe que des différences de détails constitués par des caractères héréditaires, mais qui se retrouvent dans des races très éloignées les unes des autres, aucune race n\u2019est pure, il n\u2019existe aucun critère permettant d\u2019attribuer à une race une supériorité absolue par rapport à une autre race».De son côté, M.Joseph Folliet (pages 117-118), mettant la race devant les exigences de la raison humaine et de la foi chrétienne prouve que les postulats racistes restent en flagrante contradiction avec les données les plus certaines de la biologie et de l\u2019histoire, que les prolongements moraux, sociaux et politiques d\u2019une semblable doctrine deviennent radicalement inacceptables pour l\u2019homme qui croit encore au bon sens et à l\u2019Evangile.163 Revue Dominicaine Aussi bien, ne faut-il pas s\u2019étonner du refus intransigeant que l\u2019Eglise n\u2019a cessé d\u2019opposer officiellement depuis 1938 à ce qu\u2019elle considère comme une hérésie et une erreur.A la fin du livre, on signale les principaux documents ecclésiastiques concernant le racisme édictés depuis la lettre encyclique de Pie XI : « Mit Bren-nender Sorge » jusqu\u2019à la liste des propositions réprouvées par la S.Congrégation des Séminaires et Universités en date du 13 avril 1938.Excellente introduction, en somme, à des études plus avancées sur le racisme contemporain tel qu\u2019il se développe en Allemagne et, dans une certaine mesure, en Italie.Le prêtre catholique surtout y trouvera son bénéfice, car il lui revient toujours en définitive de savoir la vérité pour la transmettre telle quelle au peuple fidèle.« Les progrès de l\u2019erreur raciste même chez nous lui imposent un impérieux devoir de préservation et d\u2019enseignement» (p.1).Thomas-M.Landry, O.P.Emile Favier, Docteur en Théologie \u2014 « L\u2019armure du soldat de Dieu » \u2014 Editions Alsatia, Paris, 240 pages.En vente à la Librairie Dominicaine, Montréal-OttaAva \u2014 Prix : $0.55 « .Je me demande ce qu\u2019il serait advenu du catholicisme, s\u2019il n\u2019y avait pas eu saint Paul ».Cette réflexion d\u2019un incroyant m\u2019a laissée songeuse.En effet, saint Paul tient une place éminente dans la religion du Christ, si éminente qu\u2019il est difficile d\u2019imaginer une Eglise d\u2019où son influence serait bannie.Après tout, que nous importe ?.Saint Paul était dans le plan providentiel de l\u2019expansion de la doctrine de Jésus.Nous avons eu saint Paul, nous le gardons et nous nous appuyons sur lui comme sur un roc immuable, invincible.C\u2019est ce qu\u2019a fait M.l\u2019abbé Emile Favier quand il a écrit : L\u2019armure du soldat de Dieu.A cause de cela son livre se recommande à tous.A cause de cela, mais pas uniquement de cela, car c\u2019est un de ces ouvrages qui nous paraît complet, si plein de substance que n\u2019importe quel lecteur peut s\u2019y nourrir abondamment ; d\u2019une si aimable tournure que n\u2019importe quel lecteur trouvera dans chaque chapitre un nouvel intérêt.Il a été écrit spécialement pour les militants de l\u2019Action Catholique.Ceux-ci, en effet, plus encore que les chrétiens ordinaires ont besoin de revêtir l\u2019armure du soldat de Dieu.En quoi consiste-t-elle ?.Pour la défensive, un bouclier, une cuirasse, un casque.Un glaive, des sandales légères, pour l\u2019offensive.Trois cnapitres sur la Foi, bouclier du soldat de Dieu, ouvrent le volume et en forment la partie apologétique.Du bouclier, nous passons à la cuirasse, la cuirasse de la Justice.Non pas cette justice amoindrie, étriquée qui consiste à se tenir bien en règle avec son prochain en matière d\u2019argent, mais la grande, la magnanime Justice, la Justice cardinale qui met chacun à sa place, devant Dieu, devant lui-même, devant autrui.Pour avoir une idée de l\u2019am- 164 L\u2019Esprit des Livres pleur que prend ici l\u2019exposé de cette vertu, il n\u2019y a qu\u2019à jeter un coup d\u2019œil sur les sous-titres des trois grandes divisions de ce chapitre.Le Dogme et la Morale, la foi nous éclairant sur nos devoirs : nous voilà prêts à nous couvrir du casque du Salut.Ici encore, trois points : salut par soi-même, salut par les autres, salut par Dieu.C\u2019est dans cette troisième partie que l\u2019auteur glisse des conseils pratiques, suggère les moyens à prendre pour sauvegarder et augmenter le trésor de nos mérites, assurer la victoire constante et le salut final.Ainsi équipé, le soldat de Dieu peut entrer en lice ; ayant chaussé les sandales légères de l\u2019élan et de la flamme, il saisit le Glaive de l\u2019Esprit qui n\u2019est rien autre chose que l\u2019Action Catholique, s\u2019introduit en chantant dans le camp ennemi, prêt à combattre le pacifique combat de l\u2019Eglise et du Christ ! Cette doctrine de saint Paul trouve dans l\u2019abbé Favier un commentateur judicieux.Aucune fanfreluche dans cet ouvrage ; de la moelle, rien que de la moelle, présentée de façon si agréable que le lecteur l\u2019absorbe en conservant un goût de revenez-y.A notre tour, nous disons avec la plus sincère conviction : Un tel livre doit être lu et relu.Jeanne-Marie Gay Gladys Willan \u2014 « A Manual of Ear-Training and Sight-Singing ».1 vol.in-16 de 48 pages.Oakville, Ontario, Canada, et 14, Berners Street, London, W.I., The Frederick Harris Co., 1939.$0.60.Personne n\u2019ignore que le chant se compose de deux co-principes : Paroles et Musique, produits simultanément l\u2019un et l\u2019autre par le même organe : la voix humaine, et qui doivent concourir à sa perfection, tant dans leur être absolu que dans leur conjugaison.De là ressort manifestement la nécessité fondamentale d\u2019une double technique du chant : celle des mots dans leur prononciation et leur accentuation (phonétique et diction) et celle de la musique dans son élément statique : justesse et force du son, et dans son élément dynamique : éloignement temporel entre plusieurs sons successifs.A cette seconde technique, dont aucun musicien, et par suite aucun chanteur, ne saurait se passer sous peine « d\u2019indécence » artistique, on a donné le nom de solfège.Celui qui l\u2019enseigne se voit donc dans l\u2019obligation d\u2019inculquer à ses élèves certaines connaissances indispensables concernant l\u2019écriture musicale, dans son rapport avec les sons et le rythme : c\u2019est la partie théorique de son enseignement, à laquelle correspond, pour la partie pratique, une série d\u2019exercices ayant pour fonction d\u2019en déterminer l\u2019application.C\u2019est, présupposée une connaissance suffisante des principes (je ne connais rien de mieux sur ce sujet que la Théorie de la Musique de A.Danhauser), en appuyant précisément sur cet aspect pratique du solfège que se présente l\u2019excellente brochure : « A Manual of Ear-Training and Sight-Singing ».Le titre anglais est par lui-même très suggestif : on y soupçonne déjà le principe qui déterminera l\u2019orientation de ces 42 pages de texte.La meilleure traduction française qu\u2019on en pourrait donner serait sans doute la parole de Robert 165 Revue Dominicaine Schumann citée dans la Préface par M.H.Willan : « Nous devons apprendre à entendre avec nos yeux et à lire avec nos oreilles ».Ce paradoxe est la norme qui a servi tout au cours de ces pages à justifier l\u2019ordre dans la présentation.Et ce principe était incontestablement le bon puisque l\u2019écriture musicale n\u2019est qu\u2019une transposition des sons en lignes, c\u2019est-à-dire qu\u2019elle est pour l\u2019œil le signe graphique de ce que les sons doivent être pour l\u2019oreille.D\u2019où, la rapidité avec laquelle la vision de sons écrits se transmuera dans la production de sons chantés, dépendra de la facilité avec laquelle l\u2019étudiant solfiera à première vue une page musicale.L\u2019objectif de ce dernier est donc d\u2019avoir présent à l\u2019esprit toutes ses connaissances spéculatives au moment même où il les met en pratique.Ces connaissances se résument, comme il a été indiqué, aux principes du son et du rythme.Un son fondamental donné suivi de ses quatorze premières harmoniques aboutit à la constitution de notre gamme diatonique majeure.Sur sa nature sont ainsi fondées celles des autres gammes et des accords.Une fois en possession de ce double élément, il est facile à l\u2019élève de passer à l\u2019étude des différents rythmes : binaires et ternaires, simples et composés.Ceux-ci considérés séparément et distinctement, il ne lui reste plus ensuite qu\u2019à les considérer dans l\u2019entité propre à leur conjonction, dans la mélodie : de là l\u2019étude des principaux intervalles.A ce stage de son travail pratique, l\u2019élève peut commencer à se départir de son fatras scolaire pour laisser place à des exercices gradués.C\u2019est donc dans le plan de la rigoureuse adaptation au réel qui caractérise nos frères de langue anglaise, que l\u2019A.poursuit son enseignement.Son livre comporte les douze parties suivantes : 1° Gammes majeures et mineures ; 2° Accords parfaits majeurs et mineurs ; 3° Accords de 7ième dominante ; 4° Accords de 7ième diminuée ; 5° Chiffres indicateurs des mesures ; 6° Exercices pratiques sur les différents rythmes (monotones); 7° Intervalles majeurs et mineurs (ainsi que justes) ; 8° Intervalles augmentés et diminués ; 9° Exercices sur les intervalles ; 10° Test pour la Classe Junior ; 11° Test pour la Classe Intermédiaire ; 12° Test pour la Classe Senior.Les quatre premières parties se rapportent donc au son, les cinquième et sixième, à l\u2019étude du rythme, les trois suivantes, à celle du son et du rythme réunis dans la mélodie, enfin les trois dernières sont trois séries d\u2019exercices gradués.Grâce aux soins de l\u2019éditeur, The Frederick Harris Co., ce fond aussi intéressant a été revêtu d\u2019une présentation matérielle très bien : papier d\u2019excellente qualité, format presque idéal, impression suffisamment aérée.A part les onze errata indiqués sur une petite feuille séparée et dus aux mauvaises conditions de publication amenées par l\u2019actuelle période de guerre, j\u2019en ai repéré trois autres : neuvième page, huitième portée, 1ère mesure : omission du signe de l\u2019arpège ; quarante-quatrième page, neuvième portée, Sème mesure : une demi-pause à enlever à la partie supérieure ; quarante-cinquième page, neuvième portée, 3ème mesure : omission d\u2019un soupir à la 2ème partie.En somme, un livre où l\u2019on a réuni les éléments du solfège dans une suite enchaînée et progressive.L\u2019A.a su y pallier les difficultés de tout enseignement en demeurant complet, logique et clair, sans pour cela se rendre infidèle aux exigences de sa matière et des élèves que son livre enseignera.A ce titre, nous lui devons nos plus sincères félicitations et nous souhaitons à son 166 L\u2019Esprit des Livres livre une grande diffusion : les professeurs y trouveront un ferme pied-à-terre pour leur explication, et les élèves, un instrument indispensable de progrès et le germe fécond de leurs succès.M.-R.Brière, O.P.Abbé C.-E.Roy, T>.Tli.\u2014 « L\u2019organisation Catéchétiqne », volume de 476 pages.Prix : 27 frs.Editions Casterman, 66, rue Bonaparte, Paris-YI.Il n\u2019est pas une convention de professeurs, où l\u2019on ne réclame une mise au point dans les programmes et les manuels scolaires.Les expériences nouvelles en pédagogie, tout comme les recherches passionnées des savants marquent un progrès réel et continuel dans l\u2019enseignement.Tout ceci est la réponse à ces plaintes bien fondées de la part des maîtres et des élèves.A-t-on fait une part suffisante à une meilleure adaptation de l\u2019enseignement du catéchisme ?De magnifiques efforts sont tentés.Philosophes et théologiens ont apporté leurs suggestions.Il manquait les lumières d\u2019un canoniste groupant les directives des Papes et de l\u2019Eglise.C\u2019est pourquoi M.l\u2019abbé C.-E.Roy, après nous avoir proposé « Méhode pédagogique de l\u2019enseignement du catéchisme », veut bien nous donner le point de vue du canoniste dans son récent volume : « L\u2019organisation catéchétique ».A l\u2019école d\u2019un tel maître nous sommes bien rassurés.Docteur en théologie et en philosophie, licencié en droit canonique, l\u2019auteur est un maître en pédagogie.Ses voyages en Europe n\u2019étaient pas ceux d\u2019un amateur, mais bien d\u2019un chercheur passionné.Il vit que partout le même problème de l\u2019enseignement religieux nécessitait une mise au point.Il fit enquête là-bas, comme ici, sur les déficiences et les efforts tentés, compilant les expériences heureuses, quitte à en faire bénéficier les jeunes maîtres de chez nous.Nous ne saurions trop l\u2019en féliciter.Ce travail ardu reste un modèle pour tous.Il offre en plus un aspect nouveau et une richesse de renseignements qui font autorité.C\u2019est une thèse de doctorat.Que cela n\u2019effraye pas trop ; puisque la tenue littéraire et scientifique compensent pour tout ce que l\u2019on redoute d\u2019une thèse.Nous attendions un index alphabétique détaillé des matières.Comme cela faciliterait la tâche du lecteur en quête d\u2019une information rapide.Ce volume sera sûrement un guide pour ceux qui auront la tâche de travailler à l\u2019adaptation du catéchisme dans nos écoles primaires.Il sera une source de consultation que tous ceux qui, en quête d\u2019un travail sérieux sur cette matière, n\u2019auront le droit d\u2019ignorer.Vincent Daviau, O.P.Cécile Chabot \u2014 « Vitrail ».Prix $1.00, aux Editions Bernard Yaliquette, 1564, rue St-Denis, Montréal, à FA.C.F., 1206 est, rue Craig, à Montréal, et dans les meilleures librairies.La noble et vigoureuse personnalité de Cécile Chabot, l'auteur d\u2019un îécent recueil de poèmes intitulé «Vitrail» (nouvelle édition populaire), 167 Revue Dominicaine éveille chez les amants de la poésie des résonances à la fois émues et viriles.Ses vers révèlent une pureté simple et un souci peu commun des règles de la poésie, sans toutefois sacrifier la beauté de l\u2019image.Son verbe atteint un mouvement d\u2019ensemble qui ne laisse aucun doute sur son don poétique.Elle chante, avec une souplesse charmante et un sentiment très délicat, des choses du cœur autant que de la nature.Mais si habile qu\u2019elle soit aux jeux des rythmes et de la prosodie, Mlle Chabot ne limite pas là son activité : elle a tenu à illustrer elle-même ses premiers poèmes d\u2019une façon vraiment remarquable, comme on pourra en juger, ce qui achève de nous révéler en elle la vigueur et la noblesse de sa personnalité.Pour cette poétesse, l\u2019amour c\u2019est la chanson de la nature, c\u2019est tout ce qui entoure la vie, c\u2019est la vie elle-même.Chacune de ses poésies est un hymne vibrant au sol, aux arbres, à la mer, aux lacs même, qu\u2019elle anime pour nous les faire admirer.168 Reynald BOULT\tPrix : $0.35\t\tMaurice LEBEL\tPrix : $0.75 Profils Scouts\t\tSUGGESTIONS PRATIQUES \u2022\t\tsur notre enseignement « Vous avez habilement entremêlé les\t\t\u2022 profils philosophiques, techniques et poétiques de façon à nous révéler les traits essentiels du visage ».\t\t« Ce modeste ouvrage s\u2019adresse aux jeunes professeurs de nos collèges et de nos séminaires, aussi à ceux qui s\u2019intéressent aux A.Saint-Pierre, 0.P.\t\tproblèmes de l\u2019enseignement ».\t\t R.P.Louis Lachance, 0.P.\t\tEn collaboration\tPrix : $0.50 (2 vol.) Prix : $2.50\t\t L\u2019HUMANISME POLITIQUE DE SAINT THOMAS (INDIVIDU-ETAT)\t\tA \t\tFRERES PRECHEURS en Terre Canadienne \u2022 « Voici deux beaux volumes, souples, aérés, frais et rafraîchissants ; point de morgue scolastique, mais de la méditation sereine, où une pointe de ferveur, ou d\u2019humour, ou de malice, fait passer l\u2019analyse métaphysique ».M.-D.Chenu, 0.P.Recteur du Sauechoir\t\t\u2022 « .Canalisée en quelque sorte par le génie thomiste, enrichie de tout l\u2019acquis de son glorieux parcours historique, la vie dominicaine se maintient, depuis sept siècles, en une inviolable unité et selon la ligne de son adaptation originelle.» \t\t0.P.EN VENTE À LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 5375.Av.N.-D.de GRÂCE\t95.Avenue EMPRESS MONTRÉAL\tOTTAWA IX Bonnes adresses à consulter ACADÉMIES: - SPÉCIALITÉ: (Conversation anglaise) Bart Business College, 221, St-Jean, Tél.2-5889 .Québec Accessoires d\u2019automobiles: Joron, Philippe, 3665, St-Christophe, Tél.FR.2484, Montréal ARCHITECTES: Desmeules, Gabriel.226, St-Jean, Tél.4-3864 .Québec Larue, J.-Albert, 5711, Durocher, Tél.CR.2734 .Montréal Arpenteurs-Géomètres et Ingénieurs Forestiers: Bélanger et Bourget, 86, Côte de la Mont., Tél.2-5180, Québec Gastonguay et Giroux, 71, St-Pierre, Tél.2-3400 .Québec Arroseurs Automatiques: \u201cAutomatic\u201d Sprinkler Co., of Canada, Ltd., 6998, Jeanne Mance, Tél.DO.3546-7, Montréal Articles de Sport : Choquette, M.Jos., 1439, Hôtel de Ville, LA.2743, Montréal Ascenseurs: La Cie F.-X.Drolet, 206, Du Pont, Tél.4-4641 .Québec Assurances: La Sauvegarde, Cie d\u2019assurance sur la vie .Montréal Assurances Générales: Brissette, Edouard, 4003, Hochelaga, Tél.CH.6116, Montréal Automobiles et Accessoires: Réparations: Morisset et Frère, 337, Prince-Edouard, Tél.7158 .Québec AVOCATS: Beauregard et Beaudry, 507, Place d\u2019Armes, HA.4139, Montréal Boisvert et Roy, 80, St-Pierre, Tél.2-3420 .Québec Boyer, Aug., 4 est, Notre-Dame, Tél.MA.7031 .Montréal Champeau, Armand, 2206, Plessis, Tél.AMherst 1458, Montréal Desjardins, Wilfrid, 80, St-Pierre, Tél.2-2549 .Québec Duguay, René, 276 ouest, St-Jacques, Tél.HA.5111, Montréal Laurencelle, U.-G., 60 o., St-Jacques, Tél.BE.2219, Montréal Vien, Faribault et Trudeau, 132 o., St-Jacques, BE.1088, Mtl.BANQUES: La Banque Provinciale du Canada, 221 ouest, St-Jacques, Tél.HA.7151, Montréal Bois et Matériaux de Construction: Dupuis, J.-P.Ltée, 1084, Av.de l\u2019Eglise, Tél.YO.0928, Verdun BRIQUETERIES: Brique Lotbinière Enrg., 305, Dorchester, Tél.3-1560, Québec BUANDERIES: Buanderie St-Paul, 2020, Roberval, Tél.WE.6791 .Montréal Calices, Ciboires: Atelier Beaugrand, Gilles, 846, de l\u2019Epée, DO.2950, Montréal CHARBON: Syndicat National du Combustible, Inc.P.Gingras, Prés.Gér., 67, Buade, Tél.7111, Québec Cinéma et Théâtre: Picard, A., 1103, Bleury, Tél.LA.0928 .Montréal Cloches, Chemins de Croix, Calvaires: Cogné, Dominique, 46 ouest, Notre-Dame, LA.5635, Montréal CLÔTURES: Frost Steel & Wire Co.Ltd., 1105' o., N.-Dame, WI.1149, Mtl.COMPLIMENTS: Un ami de la Revue.Constructeurs Généraux: Lamontagne, F.-X., 411, boul.Charest, Tél.3-0590 .Québec Construction de Pavage: Cie de Construction et de Pavage de la Rive Sud Ltée, 1822, Des Carrières, Tél.CA.6988, Montréal Cours Anglais, sténographie bilingue et dactyloghapie, Sturton School, 93, Crémazie, Tél.9571 .Québec Courtiers en Epiceries: Brault, Anastase, 1891, Roberval, WE.4237 .Montréal Directeurs de Funérailles: Cloutier, Charles, 174, D\u2019Aiguillon, Tél.6210 .Québec Drive Yourself & Distrib.des Camions \u201cFederal\u201d : Jobidon, P.-H., 65, 1ère avenue, Limoilou, 4-2200 .Québec Drive Yourself: Jobidon, Robert, 250, St-Paul, Tél.2-5317 .Québec Eau de Javelle: Cie Lavo Ltée, 4413, Marquette, Tél.AM.1942 .Montréal Entrepreneurs Généraux: Maranda, D., 812%, St-Valier, Tél.9616 .Québec East et Masson, 17%-19, Cartier, Tél.6761 .Québec Ouellet, Ludger, 87, St-Cyrille, Tél.2-1710 .Québec Epiceries en Gros: Lamarche, J.-H., 6749, St-Laurent, Tél.CR.2155 .Montréal Laporte, Hudon, Hébert, Ltée, 640 o., St-Paul, MA.3761, Mtl.Letellier, J.-B.-E.Enrg., 112, Dalhousie, Tél.2-3931 .Québec Estampes en Caoutchouc: A.Derome et Cie Enrg., 25 est, N.-Dame, LA.2392, Montréal Farine et Moulées diverses: Avard, Tancrède, 36, Henderson, Tél.2-4028 et 2-4029, Québec FERBLANTIERS: Delisle, Désiré, 24, Bédard, Tél.8426 .Québec FER ORNEMENTAL: Moore et Frère, 1590, Plessis, Tél.CH.3963 .Montréal FOURRURES: Alain, P.A.Ltée, 203, St-Joseph et 79, de L\u2019Eglise, 5106, Qué.Desjardins, Chas, et Cie, 1170, St-Denis, Tél.HA.8191, Mtl.Laliberté, J.-B.Ltée, 145, St-Joseph, Tél.6191 .Québec Robitaille, Jos., Enrg., 108, Richelieu, Tél.2-3288 .Québec Grains, Bois, Charbon, Huile à Chauffage: Hubert, C.J., 100, St-Antoine, Tél.27 .St-Hyacinthe Habits et Merceries: Cusson et Cusson, Place du Marché, rue Cascades, St-Hyacinthe Importateurs et Fabricants D'Objets de Piété: Génin, Trudeau et Cie, 38 ouest, N.-Dame, LA.2261, Montréal IMPORTATEURS: (Lames de iîasoiiis, Crème à Barbe, Etc.) Phillip\u2019s Sales Reg\u2019d, 72 ouest, Craig, Tél.LA.7419, Montréal INDUSTRIE Laitière (Machines, Ustensiles, App.Frig.): Trudel, B.et Cie, 304, Carré.Youville, Tél.MA.8067, Montréal JOURNAUX: L\u2019Action Catholique .Québec Lait, Crème, Beurre, Œufs et Fromage: Crémerie Bélanger Enrg., 19, St-Pierre, Tél.2-2555 .Québec La Ferme St-Laurent Ltée, 6768, Garnier, CR.2188-9, Montréal Laiterie de Québec Ltée, 75, av.du Sacré-Cœur, Tél.7101, Québec LEVURES: Lallemand, Fred et Cie, 1620, Préfontaine, FR.3194, Montréal Libraires: Granger Frères Ltée, 56 ouest, N.-Dame, LA.2171 Kirouac, J.-A., 3 et 4%, St-Jean, Tel.2-3242 .Montréal Oculistes Lemoyne, Dr M., 379 est, Sherbrooke, Tél.LA.6407, Montréal Optométristes et Opticiens: Montreal .Québec J.Grégoire Belanger (ass.F.-X.Bordeleau), 534 est, Beaubien, Tél.CR.8730, Montréal Ledoux, Arthur, 180, Cascades, Tél.10 .St-Hyacinthe PHARMACIENS: Brunet, W.et Cie, 139, St-Joseph, Tél.8141 Pharmacie Boulevard (J.-E.Maynard, prop.) 3857, Boul.Décarie, Tél.WA.8117, Montréal Pharmacie Aimé Roussin, 2823, Masson, CH.2103 .Montréal Pharmacie P.-H.Soucy, 85, Cartier, Tél.2-1235 Quebec Quebec Quebec Quebec Québee Montreal .Québec .Québec Montréal .Québec St-Hyacinthe Liqueurs Douces: Robillard, C.Ltée, 925, Robillard, Tél.LA.4141 Magasins à Rayon: Bouchard, L., 750-760, St-Vallier, Tél.2-5638 .Dubuc, T.D., 214-218, St-Jean, Tél.2-3961 .Dupuis Frères Ltée.Tél.PL.5151 .Paquet et Cie Ltée, 157, St-Joseph, Tél.8131 .Marchands de Chaussures: Desrosiers, J.-D., 141-143, Cascades, Tél.401 .Marchands de Farine \u201cRegal\u201d: St-Lawrence Flour Mills Co., Ltd., 2110 ouest, Notre-Dame, Tél.WI.7191, Montréal Marchands de Glace: Normandeau, A., 2114, Old Orchard, Tél.DE.6526 .Montréal Marchands de Thés et Cafés: Désy, J.-A., 1459, Delorimier, Tél.FR.2147 .Montréal Simard, J.A.et Cie, 1 est, St-Paul, Tél.LA.1950 .Montréal Marchands Tailleurs: Meunier, Ernest, 994 est,\tRachel, Tél.FR.9343\t.Montréal Mathieu, Lucien Enrg.,\t2251, Frontenac, FR.\t1803, Montréal Matelas, Sommiers, Etc.: Matelas Frontenac Enrg.,\t15, Boisseau, Tél.5347 .Québec Rousseau, Louis, 486, 3e\tavenue, Tél.4-1480 .Québec Matériaux de Construction : Les Industries G.I.Lachance Inc., 263, St-Paul, 2-6403, Québec Matériaux de Plomberie et de Chauffage: Robertson, Thomas & Cie Ltée, 262 o., Craig, HA.5171, Mtl.MÉDECINS: Baril, Dr Henri, 3192 est, Ste-Catherine, Tél.AM.6658, Mtl.Bélisle, Dr Romuald, 1595, St-Denis, Tél.HA.3798 .Montréal Castonguay, Dr E.-J., 4231 est, Ste-Catherine, CH.0560, Mtl.Gratton.Dr Albert, 781, du Couvent, Tél.WE.5476, Montréal Lacourcière, Dr Henri, 270, St-Cyrille .Québec Lafortune, Dr P.-E.(Fils), 2017, St-Germain, FR.8701, Mtl.Pouliot, Dr Antoine, 68, Ste-Ursule, Tél.2-4455 .Québec Samson, Dr J.-Ed., 2150 o., Sherbrooke, WI.8967 .MontréaJ Membres Artificiels: J.-A.Duckett, 2014, Bleury, Tél.HArbour 0630 .Montréal MEUBLES: Corbeil, Paul, 434, Crémazie, coin Berri, DU.5737-38, Montréal MONUMENTS: Delwaide et Goffin, 1365, St-Vallier, Tél.3-4390 .Québec MUSIQUE: Professeur et Marchand (guitare, mandoline) Gagnon, T.W., 74, St-Joseph, Tél.2-3700 .Québec Nettoyeurs de Fourrures, Emmagasinage: Lafleur, J.-V., 562, Guizot, Tél.DU.5177 .Montréal Négociants de Papier et ses Produits: MacGregor Paper & Bag Co.Inc., 451, St-Sulpice, Tél.LA.2274-2275, Montréal NOTAIRES: Labrecque, Albert, 10 ouest, St-Jacques, MA.3373, Montréal Valade, Henri, 6508, 1ère Avenue (Rosemont), CR.0950, Mtl.PHOTOGRAPHES: Edwards, W.B., 225, St-Jean, Tél.2-7595 .Pierre et Sable: Verreault, Elz., Ltée, 194, du Pont, Tél.4-1221 .Planchers Sableurs: Dufour, E., 82, Côte Ste-Geneviève, Tél.2-4360 .Plombiers-Couvreurs: Jetté, J.W.Ltée, 360 est, Rachel, Tél.MA.4184 Produits Alimentaires (Manufacturiers): Old City Mfg.Co.Ltd., 4 Mgr Gauvreau, Tél.2-5273 .Québec Produits Pharmaceutiques: Sylvain Ltée, 406 est, Notre-Dame, Tél.HA.5374 .Montréal Quincailleries en Gros: Lemieux, Jos.-E.Enrg.Québec Prud\u2019homme, A.et Fils Ltée, 338 est, Craig, Tél.HA.7141, Mtl.Quincailleries Générales: Gravel Ludger et Fils, 3447, Av.du Parc, Tél.HA.5211, Mtl.Grégoire, J.-R., 3605 est, Ontario, Tél.FA.1167-8 .Montréal Proulx, H.-A., 5135 ouest, Notre-Dame, WE.1464 .Montréal Villeneuve, A.Enrg., 101-103, Du Pont, Tél.2-7293 .Québec .Québec Réparation de Meubles de tous genres: Larochelle, J.-E., 119%, Richelieu, Tél.2-1498 .Restaurants: Chez Marino, 142%, St-Jean, Tél.2-0058 .Cassulo, Louis, 132, St-Jean, Tél.4-4644 .TAXIS: Taxis Jaunes Ltée, 83, Laehevrotière, Tél.2-2001 ., Québec Québec Québec Terra Cotta: Montreal Terra Cotta, 1010 o., Ste-Catherine, MA.1816.Mtl TÔLE À COUVERTURE: Tôle gaufrée de Québec Enrg., 87, St-Roch, Tél.4-0895, Québee TRANSPORTS: St-Hyacinthe Transport, 34, Piété, Tél.356-122 .St-Hyacinthe VALEURS DE PLACEMENT: Dubé, Leblond et Cie Inc., 105, Côte de la M., 2-4061, Québec Laflamme, J.-E.Ltée, 15, Sault-au-Matelot, 2-1264-5, Québec Société Générale de Finance, Inc., 57 ouest, St-Jacques, Tél.HA.5168, Montréal Valises \u2014 Sacs de Voyage: Fournier, J.-E.Ltée, 17 ouest, Notre-Dame, HA.2236, Montrée VOYAGES: Canada-Voyage, 840, rue Cherrier, Tél.FR.1182 .Montréal Voyages Hone, 660 ouest, Ste-Catherine, HA.3283, Montréal XI DEVOIR fekr-feataPELLm FAIS Cf OHE DOIS\tfiédadeor en chef : Orner HEftOUX TROIS 50U5 H NUftiÉRO RBonriEmEnTs par la poste EDITIOn QUOTlDIEnnü CANADA.>6.00 (Sauf Montréal et banlle**) E.Unis etEmpireBritannique 8.00 UNION POSTALE.10.00 PLateau 1469 \u2022\t1 LEDUC ELECTRICAL LIMITED\t1007, rue Côté Soir :\tJ MACHINERIE \u2014 FILAGE INDUSTRIEL \u2014 MOTEURS !\t! 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