Revue dominicaine, 1 octobre 1941, Octobre
[" REVUE DOMiNiC\\iNE rrW*l' ' \u2022: \u2022 v;.y.rlv >1 mi 'sWv / > rn W/.>yy y i\u2019i'i', ft \u2022 .; ¦ M ECOLE TECHNIQUE DE QUEBEC 185, Boulevard Langelier-Téléphone 2-6864 Les cours sont organisés COMME\tBOURSES AUX ÉLÈVES MÉRITANTS r COURS RÉGULIERS :\tS\t%\t2* COURS ABRÉGÉS D'AUTOMOBILE: ® TECHNIQUE, 4 ANNÉES D'ÉTUDES\t\u2014 IO MOIS D'ÉTUDES- ® DES MÉTIERS, 3 ANNÉES D\u2019ÉTUDES\t3 # COURS DE SOIRS Diplôme Officiel .comprenant de nombreux cours libres PROSPECTUS sur DEMANDE Tél.8216 j.S.Ru\tDiplôme General Motors IGlliljiri CARR1 Réparations d Automobiles' et de Rembourage Carrosserie endommagée et dé bossage de tous genres.2,Christophe Colomb\t3SSIER ** l\tSpécialité:\u2014 Peinturage Duco Du ponts Vitrage des Chars Mécanique.Québec,RQ.ENTREPRENEURS Tuile, Terrozzo, Marbre, Ardoise, Pierre Artificielle, Pavages, Trottoirs, etc.J.I6N.BILODEAU PUÉ».ETOÉRAMT TEL.2-11-4-3 Ô2,RUE RICHELIEU, QUEBEC.\u2014\u2014-J LA B ELLE \u2014 \u2022 \u2022 \u2022 SERVICE JOUR ET NUIT 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(Basse-ville) Québec Drive Yourself : Jobidon, Robert, 250, St-Paul, Tél.2-5317 .Québec Eau de Javelle: L\u2019Eau Merveilleuse Enrg., 39-7e rue (Limoilou) 4-2661, Québec Entrepreneurs Généraux : Lamontagne, F.-X., 411, Boulevard Charest, Tél.3-0590, Québec Ouellet, Ludger, 87, St-Cyrille, Tél.2-1710 .Québec Romo Construction Ltée, 812%, St-Valier, Tél.9616 .Québec Entrepreneurs-Menuisiers : Maranda, Delphe, 812%, St-Valier, Tél.2-3808 .Québec Épiciers-Bouchers : Gougeon, J.B., 175, Rochester, Tél.8-0030-8-0031, Ottawa, Ont.ÉPICERIES EN Gros : D\u2019Aoust, P.Ltée, 11, York .Ottawa, Ont.Lamarche, J.-H., 6749, St-Laurent, Tél.CR.2155 .Montréal Laporte, Hudon, Hébert, 640 ouest, St-Paul, MA.3761, Montréal Letellier, J.-B.-E.Enrg., 112, Dalhousie, Tél.2-3931 .Québec Estampes en Caoutchouc : A.Derome et Cie Enrg., 25 est, N.-Dame, LA.2392, Montréal Farine et Moulées diverses : Avard, Tancrède, 36, Henderson, Tél.2-4028 et 2-4029, Québec Robin Hood Flour Mills Ltd., 1, St-André, Tél.2-1255, Québec Fourrures : Alain, P.A.Ltée, 203, St-Joseph et 79, de l\u2019Eglise, 5106, Qué.Desjardins.Chas, et Cie, 1170, St-Denis, Tél.HA.8191, Mtl.Laliberté, J.-B.Ltée, 145, St-Joseph, Tél.6191 .Québec Robitaille, Jos., Enrg., 108, Richelieu, Tél.2-3288 .Québec Sanfaçon, Honoré, 110, rue de la Couronne, Tél.7419, Québec Turcotte, N.-Geo., 162, Côte d\u2019Abraham, Tél.4-1459 .Québec Habits et Merceries : Cusson et Cusson, Place du Marché, rue Cascades, St-Hyacinthe Hôpital Privé \u2014 Maternité : Hôpital Sainte-Marguerite, 1435, Amherst, FR.7623, Montréal Importateurs et Fabricants D\u2019Objets de Piété : Génin, Trudeau et Cie, 38 ouest, N.-Dame, LA.2261, Montréal Imprimerie-Reliure (Impressions de tous genres) : Presses Sociales Ltée, 194, Latourelle, Tél.5913 .Québec Imprimerie Economique Enrg., 473, St-Vallier, Tél.3-3408, Qué.I\\ B onnes adresses v a consulter Industrie Laitière (Machines, ustensiles, App.frig.) : Trudel, B.et Cie, 304, Carré Youville, Tél.MA.8067, Montréal 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Mtl.Manufacturiers de Portes et Châssis, Bois : Pilon, Jos.Ltée, 79, Boul.du Sacré-Cœur, Tél.3-1116, Hull, P.Q.Marchands de Bois : Grier, G.A.& Sons Ltd., 2120 o., Notre-Dame, WI.6118, Mtl.Marchands de Chaussures : Desrosiers, J.-D., 141-143, Cascades, Tél.401 .St-Hyacinthe Marchands de Farine \u201cRegal\u201d : St-Lawrence Flour Mills Co., Ltd., 2110 ouest, Notre-Dame, Tél.WI.7191, Montréal Marchands de Gros et Détail : Cotton, R., 39, boul.Charest, Tél.6310 .Québec Marchands de Poisson : \u201cLapointe Fish Market\u201d, Marché \u201cByward\u201d, Tél.3-9309, Ottawa Marchands de Thés et Cafés : Désy, J.-A., 1459, Delorimier, Tél.FR.2147 .Montréal Simard, J.A.et Cie, 1 est, St-Paul, Tél.LA.1950 .Montréal Marchands Tailleurs : Mathieu.Lucien Enrg., 2251, Frontenac, FR.1803, Montréal Matelas, Sommiers, Etc.: Matelas Frontenac Enrg., 15, Boisseau, Tél.5347 .Québec Matériaux de Construction : Les Industries G.-I.Lachance Inc., 263, St-Paul, 2-6403, Québec Médecins : Castonguay, Dr E.-J., 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TETE.de DENT 5, d'ORE ILLE S 7 GRIPPE .RHUMATISME .VU Sommaire Octobre 1941 A.Papillon,, O.I\\ :\tRosaire Pour être un vrai chrétien en soi-même et vis-à-vis des autres, faut-il donner la prééminence aux formules de prière, à l\u2019étude de sa religion ou aux « bonnes actions » organisées en série \u2018l A cette question, fort agitée dans tel ou tel mouvement canadien-français de rénovation spirituelle, notre Rosaire fournit une réponse saintement intelligente et sainement totalitaire.Kené Listel h ueber S.E.Mgr Pierre Chébli Les souvenirs d\u2019un diplomate de carrière sont nombreux, souvent pittoresques, toujours intéressants.Pour la joie intellectuelle et spirituelle de nos lecteurs, M.le Ministre de France a bien voulu extraire de vieux papiers personnels plusieurs notes émouvantes sur un grand prélat oriental.Ceslas Forest, O.P.:\tLa défection des intellectuels Combien malingres, combien arriérés apparaissent la plupart de nos intellectuels à qui les examine au point de vue religieux.Un maître en théologie, bien au fait de la situation, porte ici un diagnostic sévère mais juste et propose des remèdes efficaces.J.-V.Ducattillon, O.P.:\tLa Providence et nous « Il y avait peut-être, dans la France de cette époque (l\u2019époque de Jeanne d\u2019Arc), de faux mystiques qui priaient, mais ne faisaient rien que de prôner la soumission à l\u2019ennemi tout-puissant.ou la collaboration avec lui, ce qui revient au même.Que peut-on faire d autre disaient-ils.Ce n\u2019est pas eux qui ont sauvé la France ; ce n\u2019est pas à eux que Dieu a octroyé le miracle ; ce n\u2019est pas eux, non plus, qui sont saints ».Gaston Lavoisier :\tLes scouts de Fair « Je ne décolle jamais sans chanter le Magnificat et je suis persuadé que la disponibilité qu\u2019exige le sport de l\u2019air, les disciplines, le courage et la foi qu\u2019il suppose, les splendeurs qu\u2019il permet d\u2019admirer sont autant d\u2019éléments qui mettent les hommes dans un magnifique état d\u2019abandon à la Providence et d\u2019amour du Créateur ».Roger Duhamel :\tFigures de Péguy Au premier contact, Péguy déconcerte par les asjects variés de sa physionomie morale, par ses « figures ».Un examen moins superficiel révèle bientôt l\u2019unité profonde d\u2019une pensée et d\u2019une vie infiniment sympathiques.Directives pratiques : A.Saint-Pierre, O.P.: Notes de théologie pastorale : La mobilisation et les bonnes mœurs.Le Sens des Faits : Criticus : Projections : Un Dieu à l\u2019affût.\u2014 On dansera.L'Esprit des Livres : Jacques Maritain : « Le Crépuscule de la Civilisation » ( Gérard Paré, 0.P.).Roger Secrétain : « Péguy, soldat de la liberté » (A.Papillon, 0.P.).C.-F.Ludovic, E.C.: « Bio-Bibliographie de Mgr Camille Roy, P.A., V.G., Recteur de l\u2019Université Laval » (A.Papillon, 0.P.).R.P.Stanislas Larochelle, O.M.I.et Docteur Télesphore Fink : « Précis de Morale Médicale » (J.-M.Parent, 0.P.).François Hertel : « Axe et Parallaxes » (Gabriel-M.Lussier, 0.P.).Revue mensuelle publiée à St-Hyacinthe, P.Q.ABONNEMENTS : CANADA : S3.00 : ÉTRANGER : S3.25 : AVEC LE ROSAIRE : 25 SOUS EN PLUS ; RÉDACTION LE NUMÉRO : SO.30 : ABONNEMENT DE SOUTIEN : S10.00 (COLLÈGE DOMINICAIN\t_\t( I/ŒUVRE DE PRESSE DOMINICAINE (95, AV.EMPRESS.OTTAWA ADMI^\tA 1 IO\u2018 ( 53 75.AV.N.-D.DE GRÂCE, MONTRÉAL La Revue ne sera pas responsable des écrits de collaborateurs étrangers à l\u2019Ordre de saint Dominique.VIII Revue Dominicaine Directeur :\tSecrétaire de rédaction : MARCEL-M.DESMARAIS, O.P.\tANTONIN PAPILLON, O.P.Volume XLVII\tTome II\tOctobre 1941 ROSAIRE De VIncarnation à la Rédemption, de la Rédemption à la gloire.Dans ce cycle d\u2019un Dieu fait Homme pour réaliser notre élévation à la vie divine, on fixe quinze points de repère, on distingue quinze événements principaux.Autour de chacun fleurit une dizaine d\u2019Ave, précédée du Pater et close par un Gloria.Nous avons alors une roseraie, un champ de roses, un ROSAIRE.Détachées momentanément de l\u2019ensemble et transportées à part, cinq de ces dizaines constituent un chapelet de roses, c'est-à-dire une mince mais précieuse couronne dont chacun de nous pourrait encercler sa tête, dont il doit surtout orner son âme.Pour offrir, en tout cas, cette couronne odoriférante à la Très Sainte Vierge Marie, tige de la rose éternelle.Ainsi chante harmonieusement l\u2019Eglise dans son Office de Notre-Dame : «La Vierge, Mère de Dieu, est le rosier ; sa fleur, c\u2019est son Fils ».Notre Rosaire \u2014 ou sa tierce partie, ce chapelet qui s'adapte avec plus de commodité à la coupe du vêtement laïque d\u2019aujourd\u2019hui \u2014 doit devenir le compagnon vivif iant et stimulateur de chaque chrétien.De chaque chrétien de nom et de fait.Ce qui veut dire : de chacune de nos âmes entées sur le rosier divin.Pour cela, notre chapelet nous sera désormais, s\u2019il ne l\u2019est déjà, une guir- 113 Revue Dominicaine lande de prières vocales enchâssée dans la contemplation des mystères de notre salut comme des gemmes dans de l\u2019or fin.Supplication orale conjuguée à notre contemplation intime.Et pourquoi ?Pour nous enrichir, en chaque journée de notre existence ici-bas, d'une floraison d'actes conformes èt notre destinée divine.Nous lisons bien : oraison extérieure encadrant et favorisant la considération intime, profonde.L\u2019une et l\u2019autre pour nous rappeler et nous faire saisir mieux notre élévation â la vie de Dieu.Solennité du Rosaire, Fête du Rosaire, Mois du Rosaire, le périple de cet octobre mil neuf cent quarante et un qui approche, doit donc \u2014 ou jamais \u2014 marquer pour les amis de la Revue Dominicaine l'occasion de percer la sonore énonciation de ces mots et de pénétrer jusqu\u2019à l\u2019âme de ces expressions ressassées par notre langage catholique trop souvent inattentif.Cependant, que mes lecteurs ne craignent point.Je n\u2019entends pas rééditer ici les couplets traditionnels et pompeux sur « les roses blanches, les roses pourpres, les roses d\u2019or».Je ne voudrais même pas entreprendre le commentaire des beaux textes de l\u2019Office et de la Messe du Saint-Rosaire.Textes pourtant si évocateurs au moment où sonne le glas de la saison d\u2019été et de ses fêtes.« Ecoutez-moi, vous qui êtes des plants divins : portez des fleurs comme les roses plantées au bord du fleuve de la grâce ».« Epanouissez en fleurs, répandez-vous en parfums, verdoyez en floraison de grâce».Dans notre pays ou la vie liturgique s'avère tellement négligée en pratique, si généralement creuse, ce serait temps perdu ou simple motif à appoggiatures littéraires sur des thèmes édif iants.Je ne désire pas davantage m'exercer à raffiner sur la place et sur le rôle du mystère dans notre existence : qu\u2019il y a un mystère de toute chose, et en particulier de toute action humaine.Non.Pour aujourd\u2019hui, je veux me contenter de notations beau- 114 ROSAIRE coup plus brèves, beaucoup plus simples aussi, mais que plusieurs estimeront sans doute avec moi être de pressante opportunité pour notre milieu catholique canadien-français.* * * Notre chapelet nous fait prononcer les formules de prière les plus divines, les plus belles, les plus efficaces qui soient.Ce n\u2019est pas très nouveau comme « proposition », mais ça pourra l\u2019être beaucoup comme réalisation concrète et quotidienne.C\u2019est le Pater, la prière même que Notre-Seigneur Jésus-Christ nous a prescrit de répéter après et avec Lui.Jésus ne nous a pas invités à la redire, Il nous en a donné l\u2019orclre précis.Car cette prière nous découvre le caractère de Dieu qui se résume dans sa paternité.Si nous sommes intelligents et loyaux, chaque Pater prononcé par nous supposera donc, au meilleur de notre être : une foi vive dans l\u2019existence de Dieu, un pratique hommage à sa puissance et à sa miséricorde paternelle, un recours confiant et stimulant à sa providence.Le bon Dieu nous délivre du mal pour nous accorder d\u2019intensif ier en nous son amour par la charité de tout ordre et de toute forme que nous saurons manifester aux autres hommes.Car nous précisons : NOTRE Père pour nous rappeler de combattre \u2014 chaque jour, et avec vigueur \u2014 le « cainisme » si répandu en pratique dans notre appartenance nominale au Corps Mystique du Fils de Dieu.C\u2019est l\u2019Ave Maria, le sourire du Très-TIaut à chacune de nos fîmes par là régénérées.Notre Je vous salue Marie contient la charte de notre affranchissement, comme il constitue l\u2019appui de notre espérance.C\u2019est, enfin, le Gloria Patri qui réalise la première formule, en même temps qu\u2019il épanouit et mûrit la seconde en apportant 115 Revue Dominicaine à la Trinité le couronnement de notre participation à sa vie intime.Ces prières du chapelet, comment les présentons-nous à Dieu f Dans la Revue Dominicaine de mars, page 156, Frater stigmatisait « le rite expéditif et monotone (de la récitation du rosaire) encore en usage dans trop d\u2019endroits ».C\u2019est vrai, malheureusement.Chez nous, on enf ile beaucoup d\u2019Ave, on bredouille un nombre remarquable de chapelets, mais on y apporte bien peu de son âme.Première décision de ce mois d\u2019octobre 191/1 : prononcer plus intelligemment les prières de notre chapelet pour que nos etmes soient portées chaque fois à creuser les divines réalités qu\u2019elles énoncent.Ce qui éliminera par le fait même la vétuste et fallacieuse objection dite de la monotonie : «je dis mal mon rosaire parce que c\u2019est toujours la même chose ; toujours des Notre Père et des Je vous salue Marie répétés bout ci bout, interminablement ! » Faut-il nous souvenir que, dans nos amitiés, nous nous redisons sans cesse ci nous-mêmes « la même chose ».Nous nous y complaisons, et notre amitié s\u2019y sent fortifiée en se rajeunissant dans un élan toujours neuf.Il importe ici de vivre davantage la parole connue du P.Lacordaire : « Quand une fois vous avez cru pouvoir dire à quelqu\u2019un ces mots très simples : Je vous aime, vous n\u2019aurez plus qu\u2019une ressource, c\u2019est de les lui répéter à jamais ; car l\u2019amour n\u2019a qu\u2019un mot et, en le disant toujours, il ne le répète jamais ».* * * Sur ces trois prières de notre chapelet se distribuent et se tressent les Mystères du Rosaire.Il ne suffit pas d\u2019offrir des Pater et des Ave énoncés de façon intelligente.Il faut en bâtir un cadre à notre considération intérieure des réalités fondamentales de notre destinée divine.116 Rosaire Pendant les années d'instruction religieuse à l\u2019école primaire, on oblige les élèves à énumérer le catalogue complet des quinze mystères.Mais, pour la très grande majorité des jeunes, il s'agit là de retenir une longue série de grands mots incompréhensibles.Cette routine et cette obscurité sont si bien ancrées chez nous que nos enfants devenus adultes s\u2019empressent d'omettre l'énoncé des mystères et s\u2019estiment heureux de ne plus s\u2019embarrasser dans cette terminologie abstraite.Il arrive même que des prêtres du ministère paroissial croient opportun de ne point faire mention des mystères avant chaque dizaine du chapelet récité à l\u2019église ; af in, disent-ils, de « se mettre à la portée des gens » ! Comme il n\u2019y a plus de raison de s\u2019arrêter, on en viendra à accomplir les exercices du Mois du Rosaire sans énoncer aucun mystère.Ou \u2014 comme le cas s\u2019est présenté dans notre province \u2014 à soutenir que le gain de l\u2019indulgence plénière accordée par Pie XI pour la récitation du Rosaire devant Jésus au tabernacle n\u2019exige pas la moindre mention des mystères.Le premier et le plus grave inconvénient de cette inintelligence est évidemment de ne plus posséder ni réaliser le Rosaire.Celui-ci est, au contraire, une repasse aimante de tout ce que nous avons à croire et à vivre pour atteindre notre dynamisme chrétien sur cette terre en vue de l\u2019éternité.C'était le mot même du Père Monsabré : « J\u2019ai repassé ma théologie », disait-il plus volontiers cle ses trois chapelets quotidiens que de sa longue série de conférences dogmatiques.Theologia mentis et cordis, celle qui accorde l\u2019étude de la vérité révélée et la réflexion poursuivie sur nos dogmes de foi avec notre effort journalier pour en obtenir une vie divine toujours plus et toujours mieux vécue, c\u2019est-à-dire aimante et agissante.L\u2019harmonisation vitale de ces deux éléments essentiels, notre Rosaire bien compris et bien «pratiqué» nous 117 Revue Dominicaine en fournira la plus heureuse solution.En lui viennent se fondre, se eompénétrer cette étude de notre foi catholique et sa réalisation dans une loyauté aimante que nos collai) orateur s ont voulu étudier dans plusieurs articles de ces derniers mois et jusque dans le présent fascicule.Deuxième décision de ce mois du Rosaire mil neuf cent quarante et un : grâce aux quinze mystères, repasser, comme de phare en phare, les vérités essentielles et VIVANTES de notre religion.* * * Le tout pour que nous sachions mieux apercevoir les seules choses solides, éternelles.Pour que le germe du parfait s'épanouisse chez nous en fleurs et en fruits d\u2019action.Pour que notre catholicisme soit moins bavard et moins tape-l\u2019œil, afin de devenir une vie.Pour que nous arrivions à être des chrétiens clairvoyants et entreprenants dans le sens d\u2019un agir se trouvant à sourdre de notre cœur affermi et divinisé.Ce qui mettra un terme èi ces alternances où tout se neutralise, sans progrès de la connaissance amoureuse de Dieu, sans attente hardie de son vrai Règne.Car notre Rosaire nous offre assez de moyens de parvenir à être des fils de Dieu, et d\u2019en conserver la vigueur inusée.A.Papillon, O.P.118 Un grand prélat oriental MONSEIGNEUR PIERRE CHÉBLI Archevêque Maronite de Beyrouth (1872-1917) Feuilleter de vieux papiers chargés de souvenirs est une façon de passer chez soi un pluvieux après-midi de dimanche.C\u2019est ce qui m\u2019a amené, ces jours-ci, à exhumer, parmi d\u2019autres reliques, un petit paquet de lettres recouvert d\u2019un avis mortuaire : « Souvenez-vous dans vos prières de Monseigneur Pierre Chébli, Archevêque de Beyrouth, mort en exil à Adana, le 20 mars 1917 ».Et au verso : « J\u2019ai aimé la justice et haï l\u2019iniquité ; c\u2019est pourquoi je meurs en exil » (Grégoire VII).« Aimé de Dieu et des hommes, sa mémoire est une bénédiction.A son sujet, le pays est en deuil, le Liban dans la tristesse » (Eccl.NLV, I ; Is, XXXIII, 9).Tout un passé infiniment cher m\u2019est apparu avec une précision que près d\u2019un tiers de siècle n\u2019a nullement altérée.J\u2019ai revu la Syrie, sa magie de couleurs, sa séduction faite de nonchalance et de violence tour à tour.Et surtout, j\u2019ai revécu avec une émotion renouvelée les étapes d\u2019une amitié délicate dont je reste fier.Comment un jeune Français arrivant pour la première fois servir son pays en Orient eût-il pu ne pas vouer aussitôt à Mgr Chébli une admiration profonde ?Placé à 35 ans à la tête du plus important diocèse maronite, celui de Beyrouth, capitale du Liban, l\u2019Archevêque exerçait sur ses ouailles, souvent turbulentes, un prestige ou entrait autant de charme que d\u2019autorité.Un Prélat oriental n'est pas seulement un chef spirituel, il est également un défenseur ayant charge des intérêts temporels de sa commu- 119 Revue Dominicaine nauté dans un pays où les rivalités religieuses s\u2019avivent de passions nationales.Les Maronites de Beyrouth savaient que, quand il le fallait, leur Archevêque tenait tête au Gouverneur turc, arrêtait les abus de pouvoir de l\u2019administration ottomane, empêchait les empiétements des autres communautés religieuses et combattait les ambitions des Druses.Aussi paraissait-il désigné pour devenir un jour le chef suprême, le Patriarche, de sa communauté.Les circonstances dans lesquelles je le vis pour la première fois étaient bien faites pour frapper l\u2019imagination.C\u2019était à la messe consulaire de Pâques, en avril 1908.On appelle de ce nom en Orient les messes célébrées aux principales fêtes religieuses, au cours desquelles des honneurs spéciaux sont rendus aux représentants de la France.En grand uniforme, suivis de leur personnel, escortés de janissaires aux vestes soutachées de broderies d\u2019or, avec un long sabre recourbé pendant à la ceinture, ils sont reçus solennellement au seuil de l\u2019église par le clergé.Mitre en tête, crosse en main, Mgr Chébli apparaissait dans le nuage d\u2019encens dont le rite oriental est prodigue.Psalmodiés sur un ton nasillard, les chants syriaques étaient parfois assourdis par le brouhaha de la foule qui se bousculait aux portes.Ce jour-là, tous voulaient approcher les délégués de la France pour fêter leur protectrice traditionnelle.De temps à autre, avec ce mélange de pompe et de sans gêne, caractéristique des cérémonies orientales, l\u2019enthousiasme des assistants se manifestait par des coups de revolver qui claquaient d\u2019une façon très inattendue à des oreilles non averties ; mais la cérémonie n\u2019en déroulait pas moins liturgiquement son faste.A travers une bousculade contenue par la police musulmane, il avait ensuite fallu traverser la rue conduisant à l\u2019archevêché tout proche.120 Un grand prélat oriental Là> au fond d\u2019une énorme et haute salle, inondée de soleil avec ses baies en arcades largement ouvertes sur le bleu intense de la mer, Mgr Chébli, au milieu de son clergé, nous attendait.Quelques fauteuils en satin cramoisi marquaient le centre d\u2019une longue rangée de sièges où les dignitaires maronites prenaient place.La salle s'emplissait de notables.Mais la notion de « notable » est chose éminemment personnelle et discutable.Beaucoup prétendaient à ce titre qui n\u2019y avaient pas droit au gré du personnel chargé de filtrer l\u2019afflux des invités.D\u2019un geste, l\u2019Archevêque calma les excès de zèle pour prendre la parole en arabe.Même sans qu\u2019on en comprît le sens, ce discours faisait impression par son ton mesuré et énergique \u2014 nullement déclamatoire, comme on imagine volontiers l\u2019éloquence orientale.Peu de gestes, de simples hochements de tête ponctuaient certaines phrases d\u2019un signe énergique.Arrêtant les applaudissements, Mgr Chébli pousuivit en français, et le même homme qui venait de prononcer des mots étrangers, durs et rauques, s\u2019exprimait maintenant dans le français le plus pur, le plus fluide, non seulement avec une parfaite aisance et sans l\u2019ombre d\u2019accent, mais avec un sens subtil des nuances.Quand il eut terminé, en protestant de sa reconnaissance et de son dévouement envers la puissance protectrice et en répétant sa foi en elle, une tumultueuse ovation s\u2019éleva dans la salle, à laquelle, dans un écho, répondirent les cris de la foule massée dehors sous les fenêtres.Et connue il n\u2019est pas de fête sans boire, des plateaux circulaient chargés, au milieu de sucreries, de grands verres de différents sirops aux couleurs vives \u2014 rubis, topaze, émeraude.L\u2019air était radieux et léger, le soleil déjà chaud mais pas encore accablant ; sa lumière dorée égayait toutes choses, tandis que le bleu du ciel rivalisait avec celui de la mer.A l\u2019autre extré- 121 Revue Dominicaine mité de la Méditerranée, je Ar03Tais ma patrie acclamée par une foule aussi bigarrée qu\u2019enthousiaste.La joie de la nature s\u2019associait à celle des hommes.La vie était belle et la France était grande.* * * Petit et râblé, l\u2019Archevêque avait une tête ronde et un visage plein.Bien que jeune encore, le fort grisonnement de ses tempes se prolongeait des deux côtés de la barbe encadrant sa figure comme un collier.Ce qui frappait en lui, outre son teint sensiblement plus clair que celui de ses compatriotes, c\u2019était son regard.Ses yeux noirs n\u2019avaient pas l\u2019éclat brillant et souvent dur des yeux d\u2019Orientaux, mais une expression douce et grave.Sa tendance à incliner légèrement la tête l\u2019obligeait à lever les yeux, ce qui augmentait encore le sérieux de ce regard qui plongeait droit dans le vôtre en cillant rarement.Pins tard, j\u2019ai appris que ce visage, au premier abord un peu sévère, s\u2019éclairait dans l\u2019intimité d\u2019un sourire bienveillant et que ce regard était le reflet de la bonté.Sa vive intelligence et sa vocation religieuse l\u2019avaient fait désigner pour poursuivre ses études à Rome, mais c\u2019est à Paris, au grand Séminaire de Saint-Sulpice qu\u2019il les avait terminées.Avant tout, il était resté un « sulpicien » et la France l\u2019avait marqué de son empreinte.Sans doute était-il orientaliste, aussi savant en arabe qu\u2019en syriaque et en turc ; sans doute parlait-il couramment l\u2019italien, mais c\u2019est le français qui était sa langue naturelle au point qu\u2019on imaginait mal qu\u2019il pût en connaître une autre.Convaincu que la France était à la fois un foyer de civilisation et un pays désintéressé, il lui avait voué un touchant attachement.Il souhaitait de la voir jouer dans sa petite patrie un rôle plus actif encore pour la guider sur la voie de l\u2019indépen- 122 Un crand prélat oriental dance en la libérant de la souveraineté ottomane supportée avec impatience.Aussi s\u2019efforçait-il de répandre autour de lui la culture dont lui-même était imbu.Non content de contrôler la marche du « Collège de la Sagesse » placé sous sa juridiction, il intervenait personnellement dans l\u2019établissement des programmes, notamment pour y faire une large place à renseignement du français.De même, il s\u2019intéressait aux élèves afin de former une élite qui, sous l\u2019influence de l\u2019esprit et des méthodes de l\u2019Occident, dirigerait vers l\u2019émancipation les destinées du pays.C\u2019est sur ce terrain que se nouèrent nos relations.Sorti de l\u2019université depuis peu d\u2019années en somme, j'étais encore très au courant des questions pratiques touchant l\u2019enseignement.Désireux de faire entendre par ses élèves, de la bouche d\u2019un jeune Français, les conseils qu'il voulait leur donner, il m\u2019invita à présider la distribution de prix de son collège.Peu à peu la glace se rompit.Il s\u2019ingénia à me faire oublier notre différence d\u2019âge \u2014 une dizaine d\u2019années, ce qui me paraissait alors énorme \u2014 et, plus encore, la distance qui sépare un archevêque d\u2019un apprenti diplomate.L\u2019amitié qu\u2019il voulait bien me témoigner me fut précieuse.Aussi complaisant qu\u2019érudit, il me renseignait sur cet Orient, tout nouveau pour moi, mais dont le passé lui était familier.En même temps, juge clairvoyant et impartial des événements et des hommes du jour, il était un guide averti dans le dédale d\u2019intrigues où j\u2019avais parfois à chercher mon chemin.L\u2019été, pendant le long et pénible été syrien, Mgr Chéblî s\u2019installait dans le village d\u2019Ain-Saadé perché sur la crête du Liban qui surplombe Beyrouth.Comme la plupart de celles du pays, sa maison était un gros cube de pierre percé de larges Revue Dominicaine fenêtres que décorait la vigne.Elle s\u2019ouvrait sur une terrasse d\u2019où l\u2019on découvrait, à vol d\u2019oiseau, la côte et la mer.Au cours de la dernière année de mon séjour, il m\u2019invitait souvent à venir passer auprès de lui la fin de la semaine.La montée était raide pour grimper jusqu\u2019à Ain-Saadé ! Les malheureux chevaux peinaient pour hisser la voiture sur une route aux brusques lacets.A mi-chemin, arrêt obligatoire sous un plantureux caroubier qui abritait un petit café.Armé d\u2019une sorte de grand couteau de bois, le cocher râclait l\u2019écume des chevaux en sueur et, pendant qu\u2019ils soufflaient, il se donnait à lui-même du courage en avalant un bon verre d\u2019eau teintée d\u2019opale par un peu d\u2019arak.Peu à peu, Beyrouth diminuait en paraissant s\u2019enfoncer dans un puits ; le rivage se découpait de plus en plus nettement comme sur un plan en relief, tandis que la mer brillait d\u2019un éclat métallique.La chaleur faisait rapidement trêve, l\u2019air devenait plus sec et l\u2019on percevait bientôt l\u2019odeur des sapins.Après deux heures et demie d\u2019escalade, on arrivait, à 700 mètres, devant la petite maison aussi simple et accueillante que l\u2019Archevêque.Celui-ci m\u2019entraînait aussitôt sur la terrasse.La côte apparaissait à travers le tremblement d\u2019une buée chaude.Cette seule vue et les sensations qu\u2019elle réveillait n\u2019en faisaient que davantage apprécier la fraîcheur de la montagne.Le promontoire sur lequel Beyrouth est construite avançait en large coin enfoncé dans la mer sans que, de si haut, on pût distinguer la niasse des maisons.La nuit, au contraire, l\u2019emplacement était marqué par une infinité de petites lumières scintillantes comme une pluie d\u2019étoiles tombée à terre.Scandée par le chant des cigales, notre conversation abordait les sujets les plus divers.Nous parlions du Liban, de son avenir, de la politique française, qui inspirait quelques soucis à l\u2019Archè- 12-1 Un grand prélat oriental vêque.Il s\u2019intéressait aux recherches historiques que j\u2019avais entreprises sur les anciennes relations entre la France et le Patriarcat maronite.L\u2019histoire nous conduisit à la littérature que Mgr Chébli connaissait à fond.Les pouces jiassés dans sa large ceinture violette, la tête dégagée du petit capuchon noir porté par le clergé maronite, il allait et venait, discourant avec verve \u2014 jusqu\u2019au moment où il m\u2019accompagnait vers ma chambre, sorte de cellule aux murs blanchis à la chaux, aux fenêtres garnies de rideaux blancs.Pendant ces trop courtes haltes à Ain-Saadé, j\u2019oubliais non seulement l\u2019étuve qu\u2019était Beyrouth, mais toute préoccupation et tout souci.Aujourd\u2019hui encore, elles m\u2019apparaissent comme un reposant bain d\u2019amitié et de fraîcheur.Pendant plus de trois ans il en fut ainsi.Mon retour en France, vers la fin de 1911, n\u2019interrompit nullement cette intimité.Elle se poursuivit grâce à une active correspondance.* * * De sa belle écriture penchée, large et régulière, l\u2019Archevêque de Beyrouth me tenait, malgré mon éloignement, au courant de la vie en Svrie.«y Au mot que je lui avais adressé sur la route du retour, dès l\u2019escale de Port Saïd, il répondait aussitôt : « A Paris, vous parlerez de nos affaires, grandes et petites ; il faut qu\u2019on nous appuie énergiquement ».Et il insistait sur une des questions qui lui tenait le plus à cœur : « Ne manquez pas de demander le rétablissement de huit bourses pour l\u2019entretien de séminaristes maronites en France.C\u2019est par là que nous pourrons former des directeurs de collège et des prêtres à même d\u2019occuper les postes importants et la cause française ne fera qu\u2019en bénéficier, comme vous pourrez l\u2019attester.I] faut que ce sujet aboutisse » h Revue Dominicaine Quelques jours plus tard, le gouvernement français avant, comme il le faisait de temps à autre, montré ses couleurs dans les eaux syriennes pour rassurer les populations chrétiennes, toujours nerveuses et inquiètes, il m\u2019écrivait : « C\u2019est d\u2019Ain-Saadé, et de fort bon matin, que je vous envoie ce mot.Je tiens à vous dire, afin que vous l\u2019exprimiez au Ministère, l\u2019excellente impression qu\u2019a faite l\u2019arrivée d\u2019un bateau de guerre français.D\u2019un autre côté, elle a modéré l\u2019élan belliqueux des Musulmans et calmé leur surexcitation aveugle ; de l\u2019autre, tout le monde, grands et petits, a profondément ressenti la bienveillante sollicitude de la France.Ce sentiment est universel, soyez-en sûr.Je le constate de tout côté.Mais, avec l\u2019oppression dont nous souffrons, on ne peut pas toujours traduire au dehors la vive et profonde reconnaissance que l\u2019on a au cœur » \\ Un de ses rêves était de voir les liens unissant sa communauté à la France matérialisés par l\u2019octroi aux Maronites cl\u2019une chapelle dans laquelle ils célébreraient leur rite à Paris.Je m\u2019efforçais de seconder ses vues.« Je vous remercie de ce que vous faites, m\u2019assurait-il, nous avons besoin d\u2019un centre pour nous réunir et nous entr\u2019aider.Les jeunes étudiants qui se rendront a Paris trouveront là un foyer très précieux » 1 2 3.Et un peu plus tard : «Je 11e voudrais aller à Paris que lorsque je pourrai y prier en syriaque pour la France et mes amis de France » ;.Devançant les événements, il eût voulu nous voir, dès cette époque, assumer le rôle qui sera par la suite dévolu à la France par la Société des Nations quand, en 1922, elle lui attribua le Mandat sur la Syrie.« Un contrôle conservant aux autorités indigènes la charge et l\u2019honneur du gouvernement, mais assurant 1.\t10 octobre 1911.2.\t4\tjanvier 1912.3.\t4\tavril 1913.126 Un grand prélat oriental par une action discrète et ferme, la justice et la sécurité aux populations serait l\u2019idéal pour tout le monde : il aidera à la prospérité du pays et servira les intérêts et l\u2019influence de la Puissance qui en sera investie » \\ Telle était sa conviction et il pressait la France de hâter son action : « Tous ici accepteront le fait accompli et celui qui osera faire le premier pas ne rencontrera aucune opposition de la part des populations syriennes » 1 2.En effet, la situation s\u2019aggravait en Orient, comme ailleurs.« Le gâchis en Turquie devient effroyable » notait-il le 4 janvier 1913.De nouveau, les chrétiens se sentaient menacés et, de nouveau, les bateaux de guerre français venaient leur apporter le réconfort de leur présence.« L\u2019arrivée de l\u2019escadre a produit un grand et salutaire effet, écrivait Mgr Chébli (23 décembre 1913).Nous avons été fiers de vous et de votre marine, aussi fiers et heureux que vous l\u2019auriez été vous-même ».Contrairement à tous les précédents, le Patriarche maronite descendait de sa résidence libanaise pour rendre la visite de l\u2019Amiral.C\u2019était également un fatigant effort physique pour ce vieillard miné par la maladie.En posant la main sur la rambarde du bateau, il perdit sa bague qui, glissant de son doigt amaigri, tomba dans la mer \u2014 fâcheux incident pour des esprits superstitieux.Nos marins eurent à cœur de dissiper cette impression, comme me le faisait savoir mon aimable correspondant : « L\u2019Amiral Lacaze vient d\u2019écrire à Mgr le Patriarche pour lui annoncer que les officiers de son escadre lui offraient un anneau à la place de celui qu\u2019il a perdu.Ce geste si délicat, si français, nous a tous profondément émus » 3.Hélas ! si touchant qu\u2019il fût, en effet, ce geste était impuissant à arrêter le cours de plus en plus trouble des événements.1.\t4 avril 1913.2.\t24 décembre 1912.3.\t20 avril 1914.127 Revue Dominicaine Avec sa lucidité coutumière, Mgr Cliébli, cependant assez mal placé pour suivre les affaires d\u2019Europe, s\u2019en rendait parfaitement compte.Dès le 23 décembre 1913, il faisait allusion à « ces vagues appréhensions qui sont dans l\u2019air et que tout le monde sent plus ou moins ».En m\u2019envoyant ses vœux pour 1914, il ajoutait : « Je laisse à Dieu d\u2019exaucer nos souhaits et de ne pas permettre que la politique donne à nos espérances le cruel démenti de malheurs inéluctables ».Telles étaient les réflexions qu\u2019il voulait bien me confier quand il pouvait « verrouiller sa porte au risque de déplaire à plus d\u2019un quémandeur » et « arrêter la cohue des visites ».De son amitié, il m\u2019assurait sans cesse en termes émouvants.C\u2019est ainsi, qu\u2019évoquant le souvenir de notre première rencontre, il m\u2019écrivait, le 4 avril 1943 : « Mon cher ami, au lendemain de Pâques, au milieu de l\u2019affluence accoutumée autour du représentant de la France, ma pensée est allée à vous très naturellement.Quand on donne une parcelle de son cœur et de ses sympathies, on laisse après soi un parfum de souvenir très tenace.Peu après, m\u2019arrivaient vos aimables souhaits de fête ; ils m\u2019ont fait plaisir par ce qu\u2019ils ravivaient en me prouvant encore des sentiments d\u2019amitié qui n\u2019ont plus besoin de preuves.J\u2019ai prié un prêtre de Jaffa de vous faire expédier une caisse d\u2019oranges, à seule fin d\u2019augmenter votre nostalgie de l\u2019Orient ».Tl formait le projet de venir sans trop tarder à Paris.« Au mois de juillet, il y aura un Congrès Eucharistique à Lourdes, m\u2019écrivait-il.J\u2019irai probablement aussi quelques jours à Rome et je pousserai jusqu\u2019à vous vers la fin de juillet.Je serai si heureux de vous revoir.Ce voyage me reposera des tracas continuels que j\u2019ai ici et qui m\u2019épuisent très rapidement».128 Un grand prélat oriental 'fc 'K H' Nous ne devions plus jamais nous rencontrer.La tension qui, dès le début de juillet 1914, faisait présager une guerre inévitable l\u2019amena à renoncer à son projet de voyage en Europe.Bientôt, la Turquie entrait dans le conflit aux côtés des ennemis de la France.Pour la Syrie, ce fut un temps d\u2019horreur.A bon droit suspecte de tiédeur envers le régime ottoman, la population libanaise fut traquée, persécutée, rançonnée, affamée.Les amis de la France, en particulier, devinrent des martyrs.Deux frères d\u2019une des plus illustres familles du Liban, les cheiks Khazen, dont les ancêtres avaient été Consuls de France sous Louis XIV, furent pendus.Aux yeux des Turcs, Mgr Chébli eut mérité de l\u2019être.Mais leur rage hésita devant son caractère sacerdotal qui lui fit échapper à ce sort.S\u2019ils respectèrent sa vie, ils lui ravirent du moins la liberté en le déportant loin de son cher Liban, en pleine Asie Mineure, à Adana.Là, atteint au plus profond de son être, affaibli par les privations, déprimé par l\u2019absence de nouvelles, il mourut d\u2019épuisement dans une prison, en mars 1917, gardant intacts sa foi en Dieu et son espoir en la France.Près d\u2019un an auparavant, le 7 mai 1916, avait été officiellement inaugurée à Paris, rue d\u2019Ulm, la chapelle que le gouvernement français mettait à la disposition du culte maronite.Celui qui avait si impatiemment attendu le jour d\u2019v prier en syriaque pour ses amis n\u2019avait jamais su que son vœu était exaucé.René Ristelhueber Ministre de France au Canada 129 ) défection des intellectuels Il est un fait de nature à troubler les âmes simples.C\u2019est que l\u2019irréligion s\u2019introduit d\u2019ordinaire dans les pays catholiques par la tête.Les intellectuels sont les premiers à nous donner le douloureux spectacle de leur défection.Ce qui s\u2019est passé ailleurs se reproduira-t-il ici ?Bien des indices nous le font croire.Nous écrivions, il y a quelques années déjà : « Si le rideau des attitudes conventionnelles, des mots qu\u2019on 11e croit qu\u2019à demi tombait d\u2019un coup, si les âmes apparaissaient à nu, nous aurions peut-être bien des surprises.Peu de convictions arrêtées sans doute.Il n\u2019en est guère, ni ici ni ailleurs, qui aient abordé autrement que de loin le problème de notre destinée, le plus formidable qu\u2019un homme puisse se poser.Mais un doute commode qui endort le remords et atténue l\u2019illogisme de certaines existences.On vit comme s\u2019il n\u2019y avait rien, quitte à mourir comme s\u2019il y avait quelque chose ».M.Paul Dumas, clans un article récent paru ici même, écri-vait de son côté : « Dans nos milieux instruits, cette foi superficielle s\u2019effrite avec une remarquable facilité.L\u2019on continue d\u2019aller à la messe par diplomatie, par prudence, mais intérieurement l\u2019on ne croit plus ».S\u2019il en est ainsi, il n'est peut-être pas sans intérêt de rechercher ce que vaut cet argument apologétique à rebours.Dans son volume « D\u2019une critique catholique », M.J.Calvet écrivait : « La science théologique est immense, complexe, abstraite, subtile ; elle est certainement la plus vaste de toutes les disciplines connues, celle qui a provoqué la littérature la plus variée et les discussions les plus acharnées et les plus subtiles ».Si nous ajoutons que la théologie 11e touche qu\u2019à l\u2019un des nom- 130 La défection des intellectuels breux aspects du problème religieux, nous comprendrons tout ce qu\u2019il y a de témérité à rejeter par une simple fin de non-recevoir les affirmations convergentes de vingt siècles de science catholique.Ce n\u2019est pas parce que le problème religieux est, à l\u2019inverse des autres, un problème personnel, qu\u2019on ait le droit de le trancher sans examen.Devant certaines attitudes d\u2019esprit aussi prétentieuses que téméraires, on ne peut s\u2019empêcher de songer à ces collégiens frottés d'un peu de physique et de philosophie et discourant avec une présomption qui n\u2019a d\u2019égale que leur candeur sur les théories d\u2019Einstein ou celles de Bergson.Aussi Renan n\u2019avait-il tort qu\u2019à demi quand il affirmait qu\u2019il y a bien peu de gens qui aient le droit de ne pas croire en Dieu.Un simple exemple mettra en lumière ce que cette affirmation plus ou moins équivoque renferme pourtant de vérité.Laissant à dessein de côté les vérités qui relèvent de la foi, nous remprunterons à celles qui relèvent de la raison.Le problème de la survivance de l\u2019âme est le premier qui se pose à un esprit réfléchi.C\u2019est celui dont l\u2019enjeu est le plus considérable et dont la solution importe le plus pour la conduite de la vie.D\u2019ailleurs, celui-là étant résolu par la négative, tous les autres perdent plus ou moins de leur intérêt.Il marque donc d\u2019ordinaire la première étape du cloute.Est-ce un problème à la portée de tous ?Nous allons voir qu\u2019il en est loin.Notons toutefois au préalable que le cas de celui qui accepte cette vérité est bien différent du cas de celui qui la rejette et la nie.On peut raisonnablement adhérer à l'immortalité de l\u2019âme sans entrer dans toutes les discussions que lions allons indiquer.D\u2019abord, pour le croyant, c\u2019est, en plus d\u2019une vérité naturelle, un article de foi et il peut appuyer sa confiance sur la parole de Dieu et sur le magistère de l\u2019Eglise avec tout ce que 131 Revue Dominicaine cela représente.Il peut en outre s\u2019en tenir à des preuves morales qui, si elles n\u2019ont pas toute la rigueur des preuves philosophiques, n\u2019en sont pas moins suffisantes pour engendrer la conviction.C\u2019est ainsi que beaucoup ont été amenés à croire à un au-delà de la vie uniquement à cause des aspirations naturelles de leur âme.D\u2019autres y sont arrivés en constatant que certains problèmes, comme celui de la souffrance, de la récompense due à la vertu et du châtiment dû au pécheur, restaient sans solution si tout finissait ici-bas.Toutes ces preuves réunies en faisceau suffisent à justifier une adhésion.Il n\u2019en sera plus de même si vous niez et si, en niant, vous risquez votre salut éternel.L\u2019enjeu est trop considérable pour que vous vous contentiez d\u2019impressions ; il vous faudra des certitudes.Or, la seule preuve qui exclut tout doute, toute chance d\u2019errer est une preuve philosophique.Combien sont capables de l\u2019établir ?Combien surtout sont capables de déblayer le terrain qui permettra de l\u2019édifier solidement ?Qu\u2019un médecin n\u2019ait jamais rencontré l\u2019âme au bout de son bistouri, il n\u2019y a pas là de quoi nous surprendre.Personne n\u2019a jamais prétendu que c\u2019était ainsi qu\u2019on arrivait à elle.Qu\u2019un autre ait constaté que la moindre lésion au cerveau suffisait à obnubiler l\u2019intelligence, il n\u2019y a là non plus rien d\u2019étonnant.La dépendance de l\u2019âme vis-à-vis du corps, pour sa vie intellectuelle, est une vérité élémentaire de notre philosophie.C\u2019est par l\u2019analyse de l\u2019acte de l\u2019intelligence qu\u2019on peut établir d\u2019une façon proprement philosophique et, partant, de la seule façon irréfragable, la spiritualité et, par voie de conséquence, l\u2019immortalité de l\u2019âme.Cette preuve est-elle de nature à engendrer l\u2019évidence ?Oui, si nous partons d\u2019une philosophie réaliste, du genre de celle d\u2019Aristote et de saint Thomas.Non, si nous partons d\u2019une philo- La défection des intellectuels sopliie nominaliste, positiviste, pragmatiste ou subjectiviste.Pour établir une preuve qui défie tout doute, il faudrait donc commencer par faire un choix parmi toutes les philosophies qui ont cours dans les milieux intellectuels.Combien, parmi nos prétendus incrédules, soupçonnent même l\u2019existence d\u2019un tel problème ?Ils peuvent donc juger de haut ces vérités qui les dépassent d\u2019une coudée, ils peuvent en parler à tort et à travers, seuls les incompétents pourront en être quelque peu impressionnés.Et ceci s\u2019applique aux savants comme aux autres dans ce siècle de spécialisation à outrance.Parce que vous êtes un grand physicien, un grand chimiste, un grand chirurgien, cela ne vous donne aucune compétence dans le domaine philosophique ou religieux.Je supposerai même, étant données la brièveté de la vie et la complexité de ces sciences, que vous n\u2019avez pu acquérir la maîtrise de l\u2019une d\u2019entre elles sans y consacrer à peu près tout votre temps.Tous êtes donc resté plus ou moins vis-à-vis des autres disciplines ce qu\u2019on appelle un profane.Que vaut alors votre témoignage ?Edison mourant prétendait ne pas croire à l\u2019immortalité de l\u2019âme.Bien des badauds ont dû être impressionnés par cette affirmation que les journaux américains ont montée en épingle.Et pourtant, qu\u2019était Edison ?Un très grand savant qui avait consacré sa vie à la physique et particulièrement à l\u2019électricité.Est-ce que le problème de l\u2019âme et de sa survie est un problème d\u2019éclairage ?Alors, de quel droit transporter dans le domaine philosophique l\u2019autorité qu\u2019il s\u2019était acquise dans le domaine de la physique ?Quand un incrédule venait au saint curé d\u2019Ars pour lui exposer ses doutes et lui demander son secours, celui-ci lui disait 133 Revue Dominicaine simplement : « Mon ami, commencez par vous agenouiller ici et confessez-vous ».Et il avait raison.Le doute de nos intellectuels est bien plus un acte de volonté qu\u2019un acte de raison.Par les voyages d\u2019étude, par les relations sociales, par la lecture surtout, ils sont entrés en contact avec une pensée libre de toute attache religieuse.Ce fut un premier ébranlement.Et puis, un jour, pour une raison ou une autre, ils ont dû déserter le confessionnal et la sainte table.La volonté a fléchi et, en fléchissant, a fini par entraîner la raison.Jean-Jacques Rousseau écrivait : « Tenez votre âme en état de désirer toujours qu\u2019il y ait un Dieu et vous n\u2019en douterez jamais ».La première fois que nous sommes tombé sur cette affirmation \u2014 il y a de cela bien longtemps \u2014 nous avouons franchement que son allure tranchante, absolue nous a quelque peu étonné.Elle nous surprend beaucoup moins aujourd\u2019hui.L\u2019expérience nous a appris que, chez la plupart de ceux qui doutent, le mal est dans le cœur, bien plus que dans l\u2019esprit.Nous n\u2019en voulons d\u2019autre preuve que l\u2019inanité des raisons sur lesquelles des esprits, par ailleurs très exigeants, appuient leur doute.Jules Lemaître, d\u2019esprit pourtant si fin, voulant, dans une étude sur Louis Veuillot, légitimer son incrédulité donnait comme motif qu\u2019il y avait, dans renseignement de l\u2019Eglise, des choses vraiment trop fortes.Et il apportait l\u2019exemple suivant.L\u2019Eglise enseigne qu\u2019au ciel nous serons tous parfaitement heureux, et pourtant elle affirme par ailleurs que nous le serons tous inégalement.Cela lui paraissait inouï.Un enfant qui a appris un peu de catéchisme aurait pu lui répondre qu\u2019un dé à coudre et un réservoir peuvent être tous les deux remplis et pourtant 11e pas contenir la même quantité d\u2019eau.Il en est de même de 134 La défection des intellectuels nos âmes que le bonheur clu ciel remplira entièrement, mais dans la proportion où l\u2019amour de Dieu ici-bas les aura creusées.Ce rôle de la volonté dans l\u2019acte de foi ne doit pas nous étonner.Saint Thomas enseigne, dans sa Somme, que « croire est un acte de l\u2019intelligence, en tant qu\u2019elle est mue par la volonté » (2a 2ae, q.IV, a.2).Lorsqu\u2019il s\u2019agit de choses que nous 11e pouvons ni voir, ni comprendre, comme les mystères de la foi, la volonté doit intervenir pour obtenir de l\u2019intelligence une adhésion que l\u2019évidence 11e peut assurer elle-même.Et, comme la volonté est mue par le bien, elle inclinera la raison dans le sens de ses intérêts immédiats.« Quand les hommes, écrit François Mauriac, s\u2019écartent du bien, ils imaginent toujours quelque conception générale du monde qui les excuse.La chair exige de l\u2019esprit cette preuve que le renoncement à sa joie 11\u2019est exigé de personne », et l\u2019esprit cherche et finit par trouver cette preuve.Seulement ces preuves, fournies sur commande, ne résistent pas à l\u2019examen.Aussi s\u2019évanouissent-elles, comme neige au soleil, à la première maladie grave.U11 jour, une jeune fille se présenta à un prêtre pour lui demander de l\u2019aider à étudier à fond le problème religieux afin de pouvoir convertir une personne chère tombée dans l\u2019incrédulité.Le prêtre lui fit remarquer que l\u2019étude qu\u2019elle voulait entreprendre était sans proportion avec la préparation qu\u2019elle avait et le temps dont elle pouvait disposer.Il lui conseilla de prier.Il croit encore aujourd\u2019hui que c\u2019était là l\u2019avis le plus sage qu\u2019il pouvait lui donner.La foi \u2014 et c\u2019est par là que nous voulons terminer \u2014 est, en effet, une grâce, c\u2019est-à-dire un don surnaturel et gratuit de Dieu.Dieu 11e la reprend jamais sans raison et lorsqu\u2019on l\u2019a perdue il faut préparer son cœur à la recevoir de nouveau de sa miséricorde.N\u2019entrons donc qu\u2019à bon es- 135 Revue Dominicaine cient, avec les incrédules, dans des discussions qui s\u2019avéreront la plupart dn temps stériles ; prions pour eux.L\u2019aveugle de l\u2019Evangile criait à Jésus : «Seigneur, que je voie !» Disons, de notre côté : « Seigneur, qu'ils voient ! » Qu\u2019ils retrouvent, avec la foi, la douceur de Votre présence et la splendeur de Votre lumière sur leur vie.L\u2019un de ceux à qui tout cela manquait, Anatole France, n\u2019écrivait-il pas : « Quand on a repoussé les dogmes de la théologie morale, il 11e reste plus aucun moyen de savoir pourquoi 011 est sur ce monde et ce qu\u2019on y est venu faire.Il faut vraiment 11e penser à rien pour ne pas ressentir cruellement la tragique absurdité de vivre ».M.-Ceslas Forest, O.P. La Providence et nous Il en va de la Providence comme de la plupart des vérités religieuses fondamentales.D\u2019ordinaire, les hommes, qu\u2019ils soient croyants ou incrédules, ne les considèrent que d\u2019une façon extrêmement sommaire et même simpliste.Il est courant, par exemple, qu\u2019on envisage surtout la Providence comme une sorte de « Deus ex machina » intervenant dans le monde, de ci de là, arbitrairement, artificiellement, exceptionnellement, une sorte de hasard surnaturel, imprévu, imprévisible, insolite et tout à fait gratuit qui viendrait, du dehors, modifier la marche habituelle des choses de la vie, un peu comme les fées bienfaisantes ou les génies protecteurs des contes d\u2019enfants.Notez bien qu\u2019il y a dans cette manière d\u2019entendre la Providence une part de vérité et une intuition juste.Il est certain que la Providence, c\u2019est-à-dire Dieu, agit toujours d\u2019une manière pleinement gratuite, libre, souverainement indépendante.Son bon vouloir providentiel n\u2019est lié que par lui-même.C\u2019est cette indépendance que l\u2019Ecriture a voulu évoquer lorsqu\u2019elle nous a représenté Dieu créant le monde d\u2019un mot : Ipse dixit et facta saut.Il lui suffit d\u2019une parole (c\u2019est si facile et si vite dit une parole) et tout ce que cette parole signifie est réalisé.Ailleurs encore, pour exprimer la même idée, l\u2019Ecriture nous décrit la Sagesse, c\u2019est-à-dire Dieu, jouant et folâtrant parmi les éléments du monde.Ludens in or~be terrarum.Il est certain aussi que le déroulement du plan providentiel n\u2019est presque jamais ce que la sagesse humaine, même la plus avertie, a pu prévoir.L\u2019avenir est toujours un mystère.Les voies de Dieu ne sont pas les nôtres.L\u2019homme propose et Dieu dispose.137 Revue Dominicaine Il est certain encore qu'il arrive à la Providence d\u2019intervenir dans le monde d\u2019une façon tout à fait exceptionnelle, en dehors des lois ordinaires des choses et sans tenir compte de l\u2019action des créatures.C\u2019est le cas des miracles.Ils sont une intervention de Dieu dont les simples lois normales, ordinaires, naturelles des choses 11e peuvent absolument pas rendre compte.Il n\u2019est pas rare que dans l\u2019histoire des peuples et dans l\u2019histoire des vies Dieu intervienne de la sorte.Cela fut dans le passé, cela est aujourd\u2019hui encore, cela sera toujours.Et bien qu\u2019il faille se garder d\u2019en discerner à tort, là où il n\u2019y en a pas \u2014 car le merveilleux n\u2019est pas nécessairement miracle \u2014 ces interventions divines sont même plus fréquentes qu\u2019on 11e pense.Il va sans dire que ces entreprises exceptionnelles de Dieu, sont, à un titre tout particulier, providentielles.Elles 11e sont pas, cependant, tant s\u2019en faut, les seules, ni même les principales.La Providence agit encore d\u2019une autre manière, moins superficiellement éclatante sans doute, moins visible, moins remarquée, mais non moins merveilleusement efficace.C\u2019est même là sa manière habituelle et normale de conduire infailliblement la marche du monde vers un but de toute éternité fixé.Tandis que les interventions miraculeuses de Dieu s\u2019accomplissent en marge, voire même à l\u2019encontre de l'ordre normal du monde et en faisant fi de quelque façon de l\u2019action des créatures ; ici, au contraire, la Providence agit d\u2019une façon pleinement et rigoureusement conforme aux lois naturelles et habituelles des choses.Bien plus, elle agit dans et par l\u2019activité ordinaire des créatures, de sorte que c\u2019est ainsi l\u2019action des créatures elle-même qui est providentielle.Il est normal et habituel, par exemple, qu\u2019une condensation de nuages, dans des circonstances déterminées, produise la pluie, 138 La Providence et nous et à un jour donné, dans une région de l\u2019atmosphère, une condensation de cette sorte s\u2019étant produite, il pleut.Il pleure dans mon cœurj comme il pleut sur la ville.quoi de plus naturel ! Or, c\u2019est cela même qui est aussi providentiel.Les païens déjà en avaient eu le pressentiment lorsqu\u2019ils disaient que Jupiter tonne.Et c\u2019est ce dont l\u2019Evangile, avec une précision de langage beaucoup plus exacte, nous avertit, lorsqu'il nous assure par la bouche de Xotre-Seigneur que le Père qui est aux cieux fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes, comme il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons.Pour s\u2019en étonner, il faudrait n\u2019avoir jamais réfléchi à ce fait que tout ce qui existe en dehors de Dieu est créature, et par conséquent, n\u2019est rien, 11e possède rien, 11e fait rien que par le Créateur.Qu\u2019une créature, en effet, puisse être quoi que ce soit, avoir quoi que ce soit, faire quoi que ce soit, indépendamment du Créateur, elle cesserait par le fait même d\u2019être une créature.elle cesserait d\u2019exister.Elle 11\u2019est rien, elle n\u2019a rien, elle ne fait rien qu\u2019en et par Dieu.Oh ! elle est « elle-même », certes, distincte de Dieu, dans la réalité de son être, et ce qu\u2019elle a est bien à elle, et son action est bien la sienne.Mais elle 11e serait pas « elle-même », elle n\u2019aurait pas ce qu\u2019elle a, elle 11e ferait pas ce qu\u2019elle fait, si Dieu, Cause première, 11e lui donnait d\u2019être ce qu\u2019elle est, d\u2019avoir ce qu\u2019elle a, de faire ce qu\u2019elle fait.In ipso enim vivimus, movemur et sumus.C\u2019est en Lui, dit l\u2019Ecriture, que nous avons la vie, le mouvement, l\u2019être.On le voit, l'action de Dieu n'est plus alors comme artificielle et extérieure aux choses, mais organique, intime, congénitale.Alors, tout ce qui est, tout ce qui se fait dans le monde est providentiel.Tout.Sans exception.Dans l\u2019ordre physique et dans l'ordre moral ; dans l'ordre individuel et dans l'ordre social.Le mouvement des sphères et le mouvement des âmes.L\u2019évolution 139 Revue Dominicaine des peuples mais aussi jusqu\u2019aux moindres incidents des vies, car pas un cheveu ne tombe de notre tête sans la permission du Pcre qui est dans les deux.Tout, jusqu\u2019au hasard, ces rencontres fortuites qui tiennent une telle place et si décisive dans la vie.Le hasard n\u2019est tel que par rapport aux créatures, nullement par rapport à Dieu.Le hasard est un moyen divin de gouverner le monde.« Si le nez de Cléopâtre avait été plus grand, la face de l\u2019univers en eût été changée ».Mais, providentiellement, le nez de Cléopâtre n\u2019a pas été plus grand.Tout.Et jusqu\u2019au mal lui-même.Car, lui aussi, bien que Dieu ne le veuille pas, 11e puisse pas le vouloir, le mal n\u2019est possible que parce qu\u2019au moins Dieu le permet et il entre dans le plan, il trouve sa place dans le dessein providentiel.Sans le péché, le mal par excellence, nous n\u2019aurions pas eu le Christ et quoi de plus providentiel que la survenue du Christ au milieu du déroulement de l\u2019histoire ?Felix culpa, heureuse faute qui nous a valu un tel Sauveur.On comprendra aussi que l\u2019action providentielle ainsi accordée aux lois normales des choses varie selon que varient ces lois elles-mêmes.Sur le plan physique, c\u2019est le déterminisme qui est la loi des choses.C\u2019est donc alors par mode de déterminisme que s\u2019exerce l\u2019action providentielle.Le déterminisme de la nature : le rythme infrangible des saisons, c\u2019est la Providence qui le règle et le conduit.C\u2019est son amour, chante Dante, qui met en branle le mouvement imperturbable des astres.L\u2019amor che muove il sole e Valtre stellc.L\u2019amour qui meut le soleil et toutes les étoiles.Sur le plan spirituel, c\u2019est, dans une mesure, la liberté qui fait loi.C\u2019est aussi dès lors, par le moyen de la liberté laissée à 140 La Providence et nous son plein jeu que la Providence intervient.Comment s'en étonner ?La liberté aussi n\u2019est-elle pas créée ?Elle n\u2019existe donc que par Dieu, n\u2019agit que par Dieu.Loin d\u2019abolir la liberté, l\u2019intervention divine la suscite et la fonde.C\u2019est en les faisant agir librement que la Providence mène les hommes aussi efficacement et infailliblement que lorsque par les lois d\u2019un déterminisme irrésistible, elle règle la rotation des astres et l\u2019attraction universelle de la matière.Bref, c\u2019est de quelque manière, en se conformant et en se soumettant aux lois du monde créé que la Providence gouverne ce monde.Et c\u2019est bien un gouvernement que cette soumission, car ces lois du monde créé n'existent et 11e jouent que parce qu\u2019elles sont réglées et mues par la Providence elle-même.Cette soumission de Dieu aux choses 11\u2019est que la maîtrise qu\u2019il exerce sur elles.Ce fait que la Providence intervient habituellement dans et par le jeu normal des choses a pour nous une immense portée pratique.On raconte qu\u2019en Russie, au début de la révolution soviétique, les communistes, pour démontrer expérimentalement l\u2019inanité de la Providence, faisaient parfois devant les paysans l\u2019expérience suivante.Ils ensemençaient, en blasphémant, le champ d\u2019un sans-Dieu convaincu et laissaient en friche celui d\u2019un paysan demeuré croyant.Ils disaient alors au croyant : « Prie ton Dieu et si vraiment, comme tu le penses, sa Providence existe, il 11e permettra pas que l\u2019incroyant soit dans l\u2019abondance et toi dans la disette ».Et le blé ne poussait pas dans le champ du croyant, tandis que l\u2019incrédule récoltait une moisson magnifique.Ce n\u2019est, on le voit, qu\u2019une fausse idée de la Providence que les Soviets étaient ainsi en train de détruire et il se peut qu\u2019à ce titre ils aient servi la religion en rendant désormais impossibles Ml Revue Dominicaine certaines idées déformées et simplistes.Cette altération de la foi dans la Providence est une assez habituelle tentation des croyants.Certains d\u2019entre eux s\u2019imagineraient volontiers avoir d\u2019autant plus de foi que, priant davantage pour obtenir un résultat, ils négligeraient les moyens normaux de le produire.Gardons-nous de confondre l\u2019illuminisme et la foi.Ce qui 11e veut pas dire, certes, que la prière n\u2019ait pas un rôle et son efficacité providentielle propre.Elle est nécessaire, d\u2019abord, sur le plan surnaturel et religieux où elle correspond rigoureusement à la respiration pour la vie organique.Prier, c\u2019est respirer spirituellement.De même qu\u2019il n\u2019y a pas de vie organique sans respiration, ainsi pas de vie spirituelle sans prière.Mais aussi sur le plan naturel, la prière est nécessaire.Elle y joue providentiellement son rôle irremplaçable.Cela est même, dans une mesure, expérimentalement visible ; c\u2019est le mérite d\u2019un savant comme le docteur Carrel de l\u2019avoir rigoureusement constaté.Elle devient ainsi parfois une nécessité comme de semer et de récolter, et il peut arriver que de ne pas prier pour la moisson, revienne à 11e pas semer.Mais prier sans semer 11e remplit pas non plus les greniers de froment.Vous voulez de belles moissons, l\u2019ordre providentiel veut que vous semiez du bon grain, en temps voulu, de la manière voulue, dans un champ bien préparé.Vous voulez la santé, l\u2019ordre providentiel veut que vous vous ménagiez une hygiène convenable.Vous voulez la science, faites des lieu-vaines pour réussir aux examens sans doute, mais l\u2019ordre providentiel exige d\u2019abord que vous étudiiez.Vous voulez que votre pays envahi triomphe de ses oppresseurs ; l\u2019ordre providentiel veut que vous tiriez l\u2019épée.Attendre qu\u2019un envahisseur quitte un pays par je ne sais quelle opération surnaturelle, sans rien entre- 142 La Providence et nous prendre militairement pour qu'il déguerpisse, en se disant que Dieu y pourvoira et fera un miracle, ce n\u2019est pas de la foi, c\u2019est tenter Dieu.Sainte Jeanne d\u2019Arc, parce que c\u2019était une sainte, n\u2019était pas de cette sorte.Elle comptait sur la prière et elle priait, certes \u2014 puissions-nous prier et avoir foi dans la prière autant et aussi bien qu\u2019elle \u2014 niais elle savait, dans la santé paysanne et lorraine, dans la santé française et catholique de sa foi, qu'il faut pour que Messire Dieu octroyé la victoire que les hommes d\u2019armes combattent.Alors elle leva son étendard et elle prit une épée.« Sus, sus, sus », criait-elle en entraînant les hommes à l\u2019assaut.C\u2019est ainsi que se produisit le miracle.Il est tout entier d\u2019elle et tout entier de Dieu.Il y avait peut-être, dans la France de cette époque, de faux mystiques qui priaient, mais 11e faisaient rien que de prôner la soumission à l\u2019ennemi tout-puissant.ou la collaboration avec lui, ce qui revient au même.« Que peut-on faire d\u2019autre ?» disaient-ils.Ce n\u2019est pas eux qui ont sauvé la France ; ce n\u2019est pas à eux que Dieu a octroyé le miracle ; ce n\u2019est pas eux, non plus, qui sont saints.Dieu qui nous a créés sans nous, ne nous sauve pas sans nous.Aide-toi et le ciel t\u2019aidera.« Fais-le et ça se fera » disaient, avant la guerre, nos jocistes de France, et ils priaient aussi.Il faut prier et faire.Ainsi le veut l\u2019ordre providentiel et telle est la soumission que Dieu nous demande.C'est alors seulement qu\u2019on peut compter sur le secours d\u2019En-Haut et regarder l\u2019avenir en face.Mais alors le secours d\u2019En-Haut est assuré et l\u2019avenir est superbe.J.-Y.Ducattillon, O.F.143 Les scouts de 1 air Le Scoutisme se propose de former des hommes sains et énergiques, disciplinés et généreux.Il les habitue à la vie de plein air, aux grands jeux hardis, aux aventures lointaines et passionnantes, aux disciplines d\u2019équipe, aux gestes précis et souples, aux entreprises exigeantes et rudes, aux tâches difficiles et périlleuses, au service généreux allant jusqu\u2019au don total d\u2019eux-mêmes.Or, l\u2019aviation, c\u2019est tout cela.Tous ceux qui vivent sur les terrains, aux essais, sur la ligne, dans les formations, vivent chaque jour une aventure aussi exigeante et aussi pleine d\u2019émotions que la plus belle de nos Routes.La vie de l\u2019air est une vie de plein jeu total et le métier d\u2019aviateur est un des plus beaux métiers d\u2019homme que je connaisse.Lorsque je vois, le matin, mes compagnons, casqués, bottés, bardés de cuir grimper sur leurs machines magnifiques et partir en plein ciel, je suis persuadé qu\u2019ils sentent comme moi, comme nous sentons tous, nous routiers, l\u2019immense appel de la vie, l\u2019attrait puissant d\u2019un sport difficile.Le corps et l\u2019esprit se donnent tout entiers à cette inconcevable émotion de la vitesse et de l\u2019air solide.L\u2019aventure est splendide par beau temps, périlleuse dans la pluie et l\u2019orage et la machine est telle aujourd\u2019hui qu\u2019elle exige de l\u2019homme l\u2019emploi de toutes ses ressources de santé, de force, de volonté, d\u2019endurance, de courage et aussi de foi, car l\u2019intensité de l\u2019action n\u2019enlève pas à l\u2019homme qui s\u2019y livre le sentiment de sa fragilité et de son impuissance devant l\u2019accident.Il croit à sa possibilité de voler, mais il craint toujours la catastrophe : une vis qui saute, un tuyau qui crève, une commande qui casse et la prodigieuse aventure se termine en tragédie.Or, ce sport si puissamment humain et si pur, n\u2019est-il pas 144 Les scouts de Laie fait pour nous, Routiers ?Ses différents visages 11e sont-ils pas identiques à ceux de notre Route, et 11e sentons-nous pas, inclus dans notre promesse, rengagement de prendre tout ce qui exige de la vaillance et impose des sacrifices.Tout ce qui est audacieux, large et beau, ne doit-il pas être notre tentation et notre fief ?Il y a déjà plusieurs années que je suis dans le métier et dans le jeu total.Eh bien ! je sens chaque jour davantage combien l\u2019aviation est faite pour nous et comme elle peut satisfaire pleinement un véritable routier.Mais aussi, je découvre combien elle a besoin de nous.Les affinités sont réciproques.L\u2019esprit sportif, désintéressé que nous représentons est attendu de toutes parts.Les portes s\u2019ouvrent aux jeunes hommes francs et à leurs belles équipes.C\u2019est donc l\u2019heure pour les scouts de s\u2019intéresser aux choses de l\u2019air.C\u2019est l\u2019heure où l\u2019aviation les accueillera le plus favorablement.Ils n\u2019ont pas le droit de laisser échapper cette occasion, et ils doivent toujours être en tête des beaux départs.C\u2019est un des devoirs de la Route de préparer l\u2019accès au métier, d\u2019organiser les professions dans lesquelles ses jeunes se fixent et vont passer les trois quarts de leur vie.Le métier, comme la famille d\u2019ailleurs, devient pour les scouts plus âgés une des principales préoccupations.Après la formation générale, la culture solide et typique que le clan leur a donnée, ils cherchent les conseils nécessaires à l\u2019harmonie de leur foyer et les consignes capables de les rendre toujours plus compétents dans leur métier.Disciplines de travail et continuité, accrochage sérieux sur les grandes tâches d\u2019hommes, et dynamisme soutenu pour mener à bien les besognes les plus exigeantes, esprit d\u2019équipe et volonté de collaborer loyalement avec tous les humains qui les touchent, 145 Revue Dominicaine entr\u2019aide fraternelle entre eux, allant jusqu'aux solidarités les pins étroites, sens du service social capable de promouvoir les plus heureux aménagements de la profession, intelligence aiguë du métier, de ses origines, de ses caractères, de ses mœurs, éclairant un esprit d\u2019invention capable de lui donner le style le plus humain et le plus chrétien.Voilà ce que le Scoutisme devra donner dans quelques années à chaque corps de métier et particulièrement à l\u2019Aviation.Or, pour cela, il faut commencer, dans des limites précises, le rassemblement de ceux qui sont du même métier.Il faut se dénombrer, retrouver tous les frères scouts et routiers, actifs ou non, mais déjà engagés dans la profession ; trouver dans chaque région, dans chaque ville même, les hommes capables de faire chefs de file et de grouper autour d\u2019eux tous les compagnons s\u2019intéressant aux mêmes tâches et entre lesquels les affinités de routiers se renforceront des affinités du travail ; se charger avec ces compagnons de l\u2019orientation et de l\u2019initiation professionnelle des jeunes, de leur placement ; préparer les relations d\u2019avenir.Travail magnifique en vérité, où toutes les prémices et les symboles de jeunesse trouvent leur application.Voie royale par laquelle le Scoutisme débouche sur la grand\u2019place où se jouent les jeux d\u2019hommes et où s\u2019offrent aux ardeurs enthousiastes les activités les plus constructives.Issue difficile aussi, mais unique, je crois, qui obligera le scout à prendre sérieusement la besogne de chaque jour, à s\u2019aligner avec les autres hommes et à prouver que la vie de plein air et la loi scoute valent bien les autres ambiances et les autres lois et sont, autant qu'elles, capables de soutenir dans les durs efforts qu\u2019exige la splendeur.Apprendre sérieusement son métier, le pratiquer avec conscience, l\u2019organiser pour qu\u2019il soit humain et beau, établir entre 146 Les scouts de l\u2019air tous ceux qui le pratiquent les relations les plus courtoises et les plus cordiales, avoir dans sa profession la meilleure efficience afin de mieux servir, voilà ce que se proposent dans l\u2019aviation les Scouts de l\u2019Air.Les plus beaux espoirs nous sont permis.Nous devons croire à la possibilité de donner par le Scoutisme un sens véritable aux plus belles créations mécaniques actuelles et leur conférer une valeur d\u2019hommage.La montagne, la mer, les plantes, le ciel, sont de magnifiques témoins muets auxquels l\u2019homme croyant vient donner une voix.L\u2019avion aussi doit avoir son sens dans une création rachetée.L\u2019homme est l\u2019esclave de son œuvre, nous dit le docteur Carrel.Mais il s\u2019en faut de peu que cette œuvre, toute confuse et décevante, devienne intelligible et atteigne comme toutes les autres créatures à la valeur d\u2019un hommage splendide.* * * Je 11e décolle jamais sans chanter le Magnificat et je suis persuadé que la disponibilité qu\u2019exige le sport de l\u2019air, les disciplines, le courage et la foi qu'il suppose, les splendeurs qu\u2019il permet d\u2019admirer sont autant d\u2019éléments qui mettent les hommes dans un magnifique état d\u2019abandon à la Providence et d\u2019amour du Créateur.Toute cette discipline donne aux routiers la confiance des Fils pour lesquels la vie et la mort comptent moins que l\u2019amour du Père qu\u2019ils veulent invinciblement servir et remercier.Vous voyez, Frères Routiers, quelle magnifique Route nous pouvons vivre, quelle Route terrible aussi ! Depuis que je suis pilote j\u2019ai déjà relevé plus de vingt compagnons brisés ; je sais donc bien avec quelle humilité et prudence nous devons nous engager sur cette voie.Mais je suis avec vous de toutes mes forces.Gaston Lavoisier 147 Figures de Péguy Il y a plusieurs Péguy.Rien (l\u2019étonnant que chacun s\u2019en réclame, que chaque clan veuille l\u2019annexer.Cet homme extraordinaire, à la fois intimement mêlé à la vie contemporaine et planant très haut au-dessus de son siècle, ne se réduit pas à une catégorie, il déborde les cadres, il les brise an besoin, pour respecter, dans la plénitude de sa liberté, une fidélité profonde envers soi-même.Il ne s\u2019assimile pas, il 11e compose pas, il 11e se prête pas : il se donne, avec une ardeur passionnée, certes, mais aussi avec d\u2019imprévisibles possibilités de reprises.Péguy a reçu la vocation de la solitude ; solitude douloureuse qui le mènera certains jours à la frontière du désespoir et de l\u2019abandon, solitude allègre quand il s\u2019enfonce, de son pas régulier d\u2019infatigable marcheur, sur les routes qui mènent au moyen âge et à Chartres.Péguy croit.L\u2019objet de sa foi changera, les déceptions et les souffrances l\u2019v aideront, mais Péguy croit.De toute la robustesse de son ascendance paysanne.Il ignore le dilettantisme, le jeu des images et des idées, l\u2019incertitude des esthètes et des penseurs décadents.J\u2019ai toujours tout pris au sérieux, confessera-t-il dans l\u2019Arpent.Fils du faubourg Bourgogne, Dans l\u2019antique Orléans sévère et sérieuse, Dans le recourbement de notre blonde Loire, il a gravi d\u2019un pas ferme les degrés de la culture, il n\u2019a pas musardé en route.Pour lui, la connaissance n\u2019est pas un vain divertissement, mais une raison de vivre et d\u2019agir.Ses enthousiasmes intellectuels ne sont pas nuancés, mais sont tenaces : Sophocle, Joinville, Corneille, Hugo, Bergson.Il reconnaîtra, 148 Figures de Péguy un temps, le magistère de Renan et de Taine, il subira, à la fin de sa vie, l\u2019emprise de Verlaine et de Claudel, mais c\u2019est aux découvertes enchantées de sa jeunesse studieuse qu'il devra l\u2019ébranlement durable, le signe dont il demeurera marqué.Son fils Marcel écrira avec raison : « Moins qu\u2019aucun auteur, moins qu\u2019aucun homme même que je connaisse, mon père peut être exprimé par une formule unique.Il n\u2019a pas apporté un seul témoignage, mais plutôt un faisceau de témoignages.» Retenons-en quelques-uns.Péguy avait l\u2019âme d\u2019un justicier.Dans l\u2019Evangile, j\u2019aime à penser qu\u2019il goûtait de façon particulière le geste offensé du Christ chassant les vendeurs du temple.Il rêva de reprendre la tradition dans la cité.Sans posséder les dons ou les déviations de caractère qui font le politicien, il voulut agir sur la matière humaine, la pétrir à l\u2019image de ses ambitions illimitées.C\u2019était à l\u2019inégalité, à la misère, à la souffrance injustes, à la tricherie des états temporels, à l\u2019impuissance de la multitude à émerger de son gouffre, à la médiocrité spirituelle de la bourgeoisie prudente et fermée, c\u2019était à tout cela que s\u2019en prenait Péguy.L\u2019injustice l\u2019atteignait directement, dans sa chair même.L\u2019affaire Dreyfus détermina ses positions.On a peine à s\u2019imaginer, à une quarantaine d\u2019années d\u2019intervalle, la secousse que provoqua dans les consciences françaises la révélation de ce scandale judiciaire.L\u2019individu en cause n\u2019a qu\u2019une valeur de symbole.En lui, c\u2019est la justice qui est atteinte, c\u2019est aussi la race-témoin pour laquelle Péguy éprouvera toujours une vive sympathie et même une exaltation mystique.Le droit est violé, 149 \u2022s Revue Dominicaine les assises du juste sont ébranlées.Il faut une réparation adéquate, dussent l'armée en souffrir dans son prestige et la nation dans son honneur.Péguy est prêt à renverser le monde pourvu que triomphe la reconnaissance éclatante de la justice.Il est là tout entier, dans son fanatisme admirable et passionné.Il ignore les demi-mesures, les tergiversations, les atermoiements, les compromis équivoques et subtils où les deux parties se concèdent quelques avantages discutables après avoir profané la noblesse de leur cause.Il va droit à l\u2019essentiel, ce paladin des âges de foi, il s\u2019installe au cœur de la question, il 11e tolère aucun fléchissement ni biaisement.Dans le monde moderne, Péguy est également un reproche et un défi.Devant lui s\u2019ouvre la voie du socialisme.Péguy s\u2019y engage.Il ne croit pas beaucoup aux dogmes arbitraires et figés des sorbonnards de la révolution sociale.Il 11e sera jamais un fonctionnaire zélé de l\u2019anarchie.Sa Cité harmonieuse, il la conçoit sur un autre plan que 11e l\u2019entrevoient Jules Guesde ou Jaurès.Le plus récent biographe de Péguy, Roger Secrétain, explique que son socialisme « n\u2019est pas une chaleur de comité électoral, après les discours et le punch.C\u2019est la connaissance intuitive, l\u2019espérance mystique de la souffrance ».Il veut corriger le mal de notre société, il souhaite s'enfoncer dans la forêt des torts à redresser pour en faire un jardin où luira la lumière enivrante de l\u2019équilibre et de la paix reconquise.Les canons marxistes 11e l\u2019embarrassent guère ; au demeurant, les connaît-il ?Il lutte avec acharnement contre Vinnombrable neutralité des tiècles.Au fond, se fait-il illusion ?Je soupçonne fort ce bonhomme solidement dressé sur ses jambes d\u2019ouvrier manuel qui a passé par les écoles, de ne pas oublier les servitudes du réel et d\u2019entrevoir clairement les inévitables limites qu\u2019il pose aux désirs humains.150 Figures de Péguy Assoiffé d\u2019un ordre qui soit justice et fidélité aux traditions du labeur, Péguy se fut mal accommodé d\u2019un monde où ses ambitions se fussent pleinement accomplies.La lutte était son climat naturel ; sans elle, il se fût senti démuni, diminué, il eut perdu une raison de vivre.Non pas qu\u2019il manquât de sincérité ou d\u2019esprit de suite, mais il était impuissant à défendre une doctrine dont il n\u2019éprouvât pas constamment, au plus profond de son être, l\u2019aiguillon mystique, la flamme généreuse.J\u2019ai pensé à tous les affamés qui ne mangent pas, fait-il dire à sa Jeanne d\u2019Arc.Je leur ai donné mon pain : la belle avance ! Ils auront faim ce soir ; ils auront faim demain.Méconnaît-il les ressources infinies de la charité ?Je ne le pense pas.Je crois au contraire qu\u2019il s\u2019attaque à l\u2019état social qui exige sans cesse l\u2019offrande de la charité, qui la suppose comme un corollaire essentiel.Il voudrait détruire cette liaison de notre société avec la misère, briser ce pacte immoral.Une cité n\u2019est pas fondée tant qu\u2019elle admet une misère individuelle, quand même l\u2019individu intéressé y consentirait.Il ne peut admettre qu'il y aura toujours des pauvres parmi nous.Quand des gens « pratiques » comme Lucien Herr, Léon Plum, Mario Roques, Hubert Bourgin, l\u2019écartent du parti comme un obstacle gênant, Péguy se sent libéré.Rue de la Sorbonne, il 11e sera plus l'interprète d\u2019un groupement politique, mais la voix de sa génération.* * * Les docteurs et les professeurs discuteront longtemps pour savoir si Péguy était ou non catholique.Qu\u2019il n\u2019ait jamais pratiqué, qu'il se soit toujours abstenu d'une observance paroissiale, qu'il ait toujours été violemment anticlérical, aucun doute possible.Ses œuvres et les témoignages de ses contemporains nous 151 Revue Dominicaine éclairent là-dessus.De là à déclarer hautement qu\u2019il ne retrouva jamais la foi acquise au catéchisme de Saint-Aignan, il y a un abîme.Voudrais-je le soutenir, que d\u2019innombrables textes fulgurants me reviendraient en mémoire, que j\u2019entendrais les prières confiantes qu\u2019adressait à la Vierge ce grand enfant insoumis.Catholique, il l\u2019est jusqu\u2019aux fibres les plus intimes de son être, il s\u2019est même, en un siècle oublieux, créé un climat catholique, le seul où il puisse s\u2019épanouir.Après de multiples avatars, après des déchirements d\u2019ordre familial et métaphysique qui ont été la proie des commentateurs, Péguy a éprouvé, comme une présence jamais abolie, qu\u2019il conservait toujours Une fidélité plus forte que la mort.Sa confidence bouleversante à son ami Lotte : Je ne t\u2019ai pas tout dit.j\u2019ai retrouvé la foi.Je suis catholique ; l\u2019évocation de son passé militant : Dans notre socialisme, il y avait infiniment plus de christianisme que dans toute la Madeleine ensemble avec Saint-Pierre de Ghaillot et Saint-Philippe du Roule et Saint-Honoré d\u2019Eylau ; son pèlerinage à Chartres, à la Vierge de Beauce, à cette misérable femme, une pauvre Juive de Judée en qui s\u2019est incarné le Fils de Dieu, tous ces élans et ces attendrissements et ces joies et ces chagrins, tout révèle le catholicisme de Péguy.Il vécut, même pendant les années où il se croyait, où on le croyait le plus éloigné de la foi, au centre même de la révélation.Sa pratique religieuse ne regarde que sa conscience ; c\u2019est un secret qu\u2019il n\u2019appartient à personne de violer.Sans doute lui aura-t-il été beaucoup pardonné Pour avoir tant aimé la terre périssable, cette patrie charnelle qui sortait tous les jours, sous ses yeux extasiés, des mains du Créateur.152 Figures de Péguy A l\u2019aube de notre siècle, Péguy a été un héraut de Dieu.Il a jeté le ferment et la pâte a commencé déjà de lever.S\u2019il ne s\u2019est pas astreint à une règle, il a enseigné la richesse de la liberté, la plénitude de l\u2019affranchissement.Nos consciences timorées de bourgeois confortables, il les a secouées rudement, il a suscité dans cette garce de société moderne l\u2019inquiétude.Il 11e s\u2019est pas habitué à un conformisme de tout repos, il a voulu vivre, dans une époque aux horizons bornés par le rationalisme, comme un chevalier des âges de foi et de générosité.S\u2019il a méconnu l\u2019habileté ou la souplesse ou l\u2019élégance, il a atteint la grandeur.Convenait-il qu\u2019il pût vieillir sagement, confit dans l\u2019indulgence souriante et désabusée des gérontes ?Péguy est mort jeune, debout, dans une juste guerre, selon son vœu.Dès les pages de Notre Patrie, il ne faisait aucun doute que son internationalisme n\u2019avait pas effacé son attachement à la patrie, surtout à la patrie blessée.Lui qui, sous la conduite de Joinville, accompagnait saint Louis chez les infidèles, il partit, l\u2019arme au poing et l\u2019âme légère, vers son devoir et son destin.Il avait déjà entrevu ce trépas, il en était envieux.C\u2019est dans Eve qu\u2019il célébrait la gloire des morts héroïques : Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles, Couchés dessus le sol à la face de Dieu.Heureux ceux qui sont morts sur un dernier haut lieu, Parmi tout l'appareil des grandes funérailles.Comme le bon ouvrier qui, son règne achevé, se couche pour ne plus se relever, Péguy avait livré son message.Il ponctuait de sa vie même la dernière phrase de son œuvre.Roger Duhamel 30 juillet 101,1 153 Directives pratiques Notes de théologie pastorale La mobilisation et les bonnes mœurs.Les principaux membres et dirigeants de l\u2019« Association de l\u2019aide à l\u2019enfance» (Children\u2019s aid Association) pour la ville d\u2019Ottawa ont tenu, au cours du mois de mai, une conférence dans le but de promouvoir les intérêts de la société et d\u2019intensifier ses œuvres de bienfaisance.Les résolutions se sont étendues jusqu\u2019aux moyens de protéger la jeune fille contre les nouveaux dangers qui la menacent du fait de l\u2019entraînement militaire des jeunes gens.On s\u2019est entendu à l\u2019unanimité pour engager la police municipale à ne pas tolérer, dans les endroits publics de la ville, les jeunes flâneurs des deux sexes après une heure déterminée dans la veillée.Au sujet du danger que la mobilisation fait courir aux bonnes mœurs, on a exprimé bien des demi-vérités dont l\u2019ensemble aurait pour résultat de confirmer auprès du public le préjugé que les camps militaires sont par eux-mêmes des écoles d\u2019immoralité et un danger pour les mœurs publiques.Je me demande ce que devient alors l\u2019opinion de plusieurs évêques et plusieurs saints personnages qui ont osé comparer le rôle du soldat à celui du prêtre.Si les camps militaires sont en eux-mêmes des écoles d\u2019immoralité, il faudrait donc supprimer le moyen normal qne possède un pays pour protéger et défendre sa liberté.Assez de ce préjugé.Le degré de moralité des camps militaires tient au degré de moralité de l\u2019ensemble de la société et ne fait que le découvrir à l\u2019attention.Disons d\u2019une façon générale que si les parents gardaient leurs filles comme les pasteurs et les missionnaires le leur demandent du haut de la chaire, les mœurs de nos militaires pourraient se tenir à un meilleur niveau.Admettons toutefois comme une circonstance inévitable que les camps constituent un péril particulier et faisons la part des 154 Directives pratiques responsabilités.Le dévergondage tient principalement à trois causes quasi étrangères à l\u2019entraînement militaire : a) la misère de certains foyers ; b) l\u2019ignorance des jeunes filles ; c) la négligence des parents.a)\tLa misère des foyers.\u2014 La pauvreté extrême est mauvaise conseillère et fait souvent accueil au vice pour soulager sa misère.La jeune fille qui ne travaille pas et dont les parents sont trop pauvres pour lui permettre un standard de vie convenable, envie le sort et les avantages de compagnes plus fortunées.Elle 11e se résigne pas facilement à porter des vêtements démodés et à se priver de toute distraction.Et l\u2019avenir, loin de la rassurer, ne fait qu\u2019augmenter ses craintes et stimuler ses désirs.Elle 11e peut considérer d\u2019un œil indifférent une source facile de revenus.Elle sait qu\u2019il y a là, avec un semblant d\u2019amour auquel elle n\u2019est pas du tout indifférente, un moyen de sortir de son obscurité et de faire briller, elle aussi, des avantages que peut rehausser une toilette convenable.Il ne s\u2019agit pas précisément pour elle de prostitution ; elle se défendrait d\u2019accepter ce métier.Elle veut simplement exercer son droit aux mêmes avantages que ses compagnes.Et quand il s\u2019agit d\u2019une mère de famille dans la misère, les barrières sont encore plus fragiles.Il y a parfois des enfants à loger, à vêtir et à nourrir.Faudra-t-il les voir souffrir ?Et que fait la société ?Si je mérite d\u2019être condamnée, se dit la mère, quelle condamnation doivent porter la société et la richesse égoïste qui possède les moyens de dissimuler ses débordements ?N\u2019accusons pas tout de suite les camps militaires ; le soldat est peut-être de soi plus libre de conduite, mais sans la misère de certains foyers, bien des occasions lui seraient enlevées.b)\tL-ignorance des jeunes filles.\u2014 Il y a en deuxième lieu l\u2019ignorance injustifiable d\u2019un grand nombre de jeunes filles.Le public remarque que les jeunes filles « qui tournent autour des camps militaires», pour me servir de l\u2019expression commune, ou s\u2019attroupent dans les parcs sont pour la plupart, en deçà de la 155 Revue Dominicaine vingtième année.A cet âge, tontes les surprises sont possibles, sans un avertissement grave et sérieux des parents.Beaucoup de ces adolescentes sont entraînées au mal sans trop s\u2019en rendre compte.L\u2019amère surprise et l\u2019inconsolable peine que leur causent leurs chutes en sont la preuve.Qu\u2019une pudeur mal placée n\u2019empêche pas la mère d\u2019instruire sa petite fille des nombreux dangers qu\u2019elle court même à son insu.Que l\u2019enfant sache bien qu\u2019elle ne peut prévoir à quel moment elle perdra la tête et que le seul moyen de prévenir toute misère est de ne se lier à aucun inconnu, ou encore, comme l\u2019enseigne tout bonnement la morale chrétienne, d\u2019éviter de se trouver seule à seul avec le soldat qui lui fait la cour.c) La négligence des parents.\u2014 Nos militaires sont des hommes honnêtes au sens où l\u2019entendait Joseph de Maistre, c\u2019est-à-dire : « quelque chose d\u2019affreux ».A tort ou à raison, toutes les autres classes de la société leur font cette réputation.Mais alors, d\u2019où vient qu\u2019on laisse tant de petites filles les poursuivre et parfois les accompagner d\u2019un camp à l\u2019autre ?Est-ce aux officiers à surveiller les militaires en congé ou aux parents à surveiller leurs enfants ?Je pose simplement la question pour faire voir à quel illogisme on aboutit en insistant sans cesse sur des demi-vérités.Au lieu de condamner le service militaire qui n\u2019est condamné ni par l\u2019Ecriture, ni par l\u2019Eglise, ni par la nature et qui, de ce fait, 11e peut être de soi une école d\u2019immoralité, qu\u2019on s\u2019applique donc à garder ses filles à la maison, ce qui est un devoir de droit naturel pour tous les parents à quelque confession religieuse qu\u2019ils appartiennent.Le degré de moralité des camps militaires tient au degré de moralité de l\u2019ensemble de la société.Dans une société saine, le soldat 11e sera pas si à craindre.Que tous les éléments de la société s\u2019appliquent à tonifier leur milieu respectif et la moralité de nos soldats se maintiendra à un niveau tout à fait convenable.A.Saint-Pierre, O.P.156 Le Sens des Faits Projections.Un Dieu a\tLa vie fiévreuse d\u2019aujourd\u2019hui, avec le renfort de la l\u2019affût\tmode, détermine l\u2019exode à la campagne, aux bois, aux plages maritimes.Telle paroisse de ville s\u2019en trouve, durant la saison chaude, à demi dépeuplée.Du point de vue sanitaire, c\u2019est un mouvement qui s\u2019impose et dont le résultat devient palpable, en particulier chez l\u2019enfance et la jeunesse étudiante.Notre Mère l\u2019Eglise, qui s\u2019adapte à la marche des armées en campagne et pourvoie de façon scientifique aux besoins spirituels des combattants, s\u2019intéresse à plus forte raison au service religieux des villégiatures.Ce ministère du dehors prend à ses yeux une réelle importance, et davantage depuis la restauration de l\u2019Action catholique.De même que les régiments scouts et les colonies de vacances ont leurs aumôniers, une desserte estivale est généralement accordée aux villégiaturistes qui 11e trouvent pas d\u2019accès facile aux temples réguliers.C\u2019est ainsi que le 17 août, en la solennité de l\u2019Assomption, je prenais part à une messe en plein air, célébrée dans un rustique décor, devant une chapelle en construction surplombant le plus beau lac de la région.Chaque personne libre était présente.De même le soir, à la parade nautique organisée selon la coutume en l\u2019honneur de la Vierge.Vrai spectacle vénitien sons les étoiles.Au signal convenu, à la cadence des rames, s\u2019avance une flottille de chaloupes avec mâts et arcs illuminés, et dont les occupants, porteurs de flambeaux multicolores, chantent des ave et des cantiques.Au fond de la dernière embarcation une statue de la Vierge apparaît, légèrement penchée en arrière.Des touffes d\u2019hydrangers lui forment comme un lit de parade.Et l'escadre pacifique, longeant les îles, semble monter à l\u2019assaut des chalets « à capuchons et paupières rouges ».Comment croire à la guerre en présence d\u2019un spectacle aussi reposant ! Du moins l'hommage de tant de cœnrs unis s\u2019élève-t-il en manière de protestation contre les crimes fratricides de l\u2019humanité.157 Revue Dominicaine Quand l\u2019Eglise se fait ainsi toute à tous, c\u2019est pour répondre aux avances d\u2019un Dieu qui pourchasse les âmes sans leur laisser aucune échappatoire.« Si à l\u2019aube je déploie nies ailes pour m\u2019enfuir vers les mers lointaines, ta main conductrice ne me lâchera pas» (Ps.CXXXVIII).J\u2019aurai beau multiplier la distance et poser mille écrans, comment fuir ta pensée et me dérober à ta face, qui ïbo a spiritu tuo, et qui a facite tua fugiam ?Il s\u2019agit pour les amants de la belle nature, pour les amateurs de chasse et de pêche, de reconnaître cette Présence divine au fond des solitudes en s\u2019imposant les prévoyances et les austérités requises pour aller à sa rencontre.Les grands canaux de la grâce, la Parole et le Sacrement leur sont partout offerts, â eux d\u2019en profiter.Quant aux prêtres et religieux chargés de ce ministère du plein air, loin des asiles où s\u2019abritent en temps normal leur piété et leur vertu, quel effort de surnaturelle adaptation s\u2019impose à leur activité.Pourvoir aux exigences du culte, préparer sermons et discours, puis manier la pelle et la hache, ouvrir des routes, dresser des tentes, veiller aux approvisionnements, et surveiller â toute heure le groupe à eux confié, autant de besognes disparates qui exigent une vigueur physique et une force d\u2019âme peu communes.Xe sont-ils pas exposés aussi â confondre l\u2019accidentel et le permanent, en concédant, même en théorie, la priorité à des œuvres saisonnières sur les institutions, les activités et les usages formant la base de l\u2019apostolat chrétien ?Par ailleurs, s\u2019ils prétendent d\u2019un vouloir sincère mener leurs équipes vers Dieu, ce ne sont pas les occasions qui leur manquent, ni la grâce qui fera défaut.Une Providence spéciale les accompagne.Ce « Dieu à l\u2019affût » dont parle Mauriac, ne se lasse pas de tendre à une jeunesse dispersée, et parfois en déroute, les pièges de sou amour.On dansera Rien à dire au sujet des péripéties de la guerre.Les prophètes jouent de malheur depuis plusieurs années.Mais quelles que soient les calamités de la saison prochaine : hécatombes sur terre, sur mer ou dans les airs, dispersions, persécutions, famine, je puis garantir une chose : â Montréal et ailleurs, on dansera.Ce n\u2019est pas à cause de ces contingences devenues banales que tel corps professionnel, tel club masculin, telle association féminine, renoncera à une coutume déjà ancienne ; que 158 Lb Sens des Faits telle maman refusera de produire sa débutante devant le grand public ; que telle jeune fille se privera de l\u2019ivresse de voir sa photo dans le journal, comme principale organisatrice du prochain bal des disciples de Thémis, d\u2019Esculape ou simplement de Terpsichore.On dansera.La menace plane sans cesse des levées de volontaires, des rationnements, des souscriptions et des taxes : c\u2019est égal, on dansera, on banquettera, on boira à table et dans les chambres d\u2019hôtel, ce dernier attrait l\u2019emportant même sur le plaisir de la danse.Après tout, le motif de charité figure parfois à l\u2019annonce.Comme si le soulagement du pauvre était en liaison nécessaire avec d\u2019aussi louches moyens.Comme si les parties de cartes et les concerts n\u2019y pouvaient subvenir de façon combien plus morale.La guerre n\u2019ayant supprimé jusqu\u2019à date aucun désordre, on dansera sur ce volcan.On dansera comme on dansait sur le « Titanic ».Criticus 10 septembre 1941 159 dvres Jacques Maritain \u2014 «Le Crépuscule de la Civilisation».1 vol.in-16 de 96 pages.Montréal, Editions de l\u2019Arbre, 1941.M.Maritain publie, sous ce sombre titre, une conférence qu\u2019il a prononcée à Paris, en février 1939, sur la crise de la civilisation moderne.La guerre n\u2019était donc pas encore commencée lorsque ces pages furent écrites.Telles quelles cependant, elles sont parmi les plus profondes et les plus salutaires que l\u2019on puisse lire sur ce sujet.Elles participent à la pérennité des visions philosophiques et sont peut-être les plus belles que Maritain ait écrites.En philosophe que des explications superficielles ne sauraient satisfaire, M.Maritain recherche la cause profonde des troubles que subit actuellement la civilisation.Il la trouve dans la vision anthropocentrique du monde, qui, depuis l\u2019avènement des temps modernes, a dominé de plus en plus l\u2019humanité.« Au lieu d\u2019une nature humaine ouverte et d\u2019une raison humaine ouverte, qui sont la nature et la raison réelles, on a prétendu poser dans l\u2019existence une nature et une raison isolées en soi et fermées sur soi.» Le péché capital de l\u2019homme moderne a été de se prendre pour un absolu, alors qu'en réalité, il n\u2019est qu\u2019un relatif.Autrement dit, l\u2019homme est créature, et, au surplus, créature blessée.Telle est la réalité.Or, pour trouver son équilibre, une société, comme tout être, doit accepter le réel et s\u2019y adapter.L\u2019idéalisme est au fond de toutes les ruines et de toutes les calamités.Malheureusement, notre époque a été dominée par un idéalisme, spéculatif et pratique, qui n\u2019a pas voulu reconnaître la contingence de l\u2019homme ni accepter qu\u2019il eût besoin d\u2019être racheté.Contre cet idéalisme, la réalité devait fatalement prendre sa revanche.En fait, « l\u2019homme n\u2019a le choix qu\u2019entre deux chemins : le chemin du calvaire ou la route de la boucherie ».Et comme, avec une diabolique persévérance, il n\u2019a cessé, en ces derniers siècles, de renoncer à la première, c\u2019est dans la seconde qu\u2019il se trouve engagé.Les gouvernements totalitaires, fruits naturels, directs ou indirects, de cet humanisme illusoire conduisent la marche.Nous sommes menacés de retomber dans la barbarie.Notre civilisation est à son crépuscule.Le crépuscule, c\u2019est le moment du jour qui précède immédiatement la nuit.Faudra-t-il donc que la civilisation traverse une nouvelle nuit, comparable à celle qui suivit l\u2019écroulement du monde antique, et qu\u2019entrevoyait saint Augustin mourant ?Oui, si l\u2019humanité impénitente persévère dans sa fausse vision du monde.Non, si les peuples qui ont gardé leur liberté ont assez d\u2019intelligence et de courage pour accepter l\u2019humanisme de l\u2019Incarnation \u2014 le seul vrai \u2014 et pour l\u2019introduire dans leur vie, individuelle, sociale, politique.Le salut ne peut se trouver que dans l\u2019avènement d\u2019une vision du monde théocentrique qui saura reconnaître, à tous 160 L\u2019Esprit des Livres les étages de la société, les droits inaliénables de Dieu et de la personne humaine.Tout homme qui réfléchit devra, s\u2019il est sincère, reconnaître l\u2019exactitude de ces pensées et prendre la résolution de faire entrer dans sa vie les réformes qu\u2019elles imposent.On fera peut-être des réserves sur cette démocratie chrétienne, en laquelle M.Maritain voit, pour notre temps, le régime politique idéal.Mais si, ne se laissant pas arrêter par ce mot passablement compromis, on comprend bien ce qu\u2019il entend par là, il sera difficile de ne pas être de son avis.Quant à cet humanisme systématiquement fermé à tout ce qui n\u2019est pas réductible à la raison, il est trop évident qu\u2019il a dominé le monde, durant les deux derniers siècles.Il l\u2019a dominé dans la vie pratique : en politique, en sociologie, en économie, nous avons vécu et vivons encore sur un divorce ruineux entre les choses du monde et les choses de Dieu.Il l\u2019a dominé dans l\u2019ordre de la pensée : la « philosophie des lumières », le positivisme de Comte, le rationalisme de Renan, etc.voilà ce qui a dirigé le monde de l\u2019esprit, en ces derniers siècles.Vers 1880, écrit Claudel, « tout ce qui avait un nom dans l\u2019art, dans la science et dans la littérature, était irréligieux.Tous les (soi-disant) grands hommes de ce siècle finissant s\u2019étaient distingués par leur hostilité à l\u2019Eglise ».C\u2019était l\u2019époque où l\u2019on se donnait pour mission « d\u2019éteindre dans le ciel des étoiles qui ne se rallumeraient pas ».Insensés ! Nous avons nié le mystère.Or voici que maintenant, il est en nous ; il est dans cette humanité en délire, bête déchaînée que nous ne pouvons plus contrôler.« Si tu connaissais, toi aussi, du moins en ce jour qui t\u2019est donné, ce qui ferait ta paix ».La paix ! tous, nous l\u2019appelons à grands cris.Non pas une paix quelconque, mais la véritable paix, celle qui se définit : la tranquillité dans l\u2019ordre et la justice.C\u2019est pour l\u2019obtenir que nous sommes actuellement engagés dans une lutte surhumaine qui doit revêtir à nos yeux, si nous avons encore de l\u2019intelligence et du cœur, un caractère en quelque sorte sacré.Mais, nous n\u2019aurons vraiment remporté la victoire que lorsque nous nous serons agenouillés pour reconnaître notre contingence et accepté notre rédemption.Gérard Paré, O.P.Roger Secrétain \u2014 « Péguy, soldat de la liberté ».1 vol.in-12 de 368 pages.Montréal, Éditions Bernard Valiquette, 1941.Originaire d\u2019Orléans, M.Roger Secrétain reçut, en entrant dans la classe de Troisième au lycée de sa ville natale, la place occupée jadis par l\u2019élève Charles Péguy.Cette circonstance détermina, chez l\u2019adolescent, une vive et sympathique curiosité à l\u2019égard de l\u2019existence et de l\u2019œuvre de l\u2019écrivain tombé au champ d\u2019honneur peu d\u2019années auparavant.Avec le progrès de l\u2019âge et de sa formation intellectuelle, Tardent et déjà combatif partisan de Péguy sut rassembler tout un trésor de fiches, sans compter une ample moisson de témoignages oraux.Il fut reçu aussi, et plus d\u2019une fois, par la mère du poète, décédée à Orléans même, au mois de janvier 1933.Aujourd\u2019hui, M.Secrétain essaie d\u2019entasser en plus ou moins bon 161 Revue Dominicaine ordre, dans un épais volume et dans un volume épais, sa vaste documentation insuffisamment digérée.Il tente de faire flamber son enthousiasme à travers tout cet amas.On lui fera sans doute plus d\u2019une remarque.Pour aujourd\u2019hui, je tiens à relever deux points seulement, a) La méthodologie n\u2019affleure pas dans la composition du présent ouvrage.Il nous faut nous abandonner les yeux fermés à la supposée compétence scientifique de l\u2019auteur dans sa supposée connaissance exhaustive de Péguy, homme et œuvre.En temps et lieu, en chaque temps et en chaque lieu, M.Secrétain devrait indiquer la référence précise, minutieuse, détaillée, b) Jusqu\u2019à la page 343 inclusivement, je me contenterais de sourire sans appuyer sur l\u2019un peu trop d\u2019ingéniosité dans plusieurs hypothèses de l\u2019auteur sur le caractère de son héros.Mais le dernier chapitre, intitulé : L\u2019hérétique, appelle de beaucoup plus graves et importantes réserves au point de vue critique.Ces vingt pages finales (344-364) tendent à fixer de façon nette l\u2019attitude de Charles Péguy vis-à-vis du catholicisme.La réponse se trouve d\u2019ores et déjà contenue dans le titre.Péguy serait un hérétique.A l\u2019appui de ce titre-conclusion, M.Secrétain cite les invectives bien connues contre les richards et les capitalistes, jouisseurs ou paresseux ou les deux à la fois, lesquels, avec les bourgeois cyniques, formaient, au temps de Péguy, l\u2019élément sinon principal, du moins le plus en vue des ouailles du catholicisme au sein du peuple français.Il résume ensuite les doléances de son héros contre certains membres du clergé d\u2019alors.« Les » prêtres flattent les bourgeois pour en obtenir de l\u2019argent, et ils s\u2019efforcent de façon plus ou moins camouflée à maintenir les privilèges de cette caste sociale.Reproche plus grave encore : « les » prêtres accordent peu ou prou d\u2019importance à la prière filiale montant du fond de l\u2019âme vers Dieu, à l\u2019effort d\u2019union intime et profonde avec le Créateur.Ils mettent tout l\u2019accent sur la réception des sacrements, ces panacées dont ils sont les dispensateurs exclusifs et les maîtres absolus.L\u2019enfer, dans son principe comme dans sa modalité, est inadmissible.Enfin le costume des prêtres est sombre et « affreux ».(Que Péguy n\u2019a-t-il eu l\u2019occasion de fréquenter les Frères Prêcheurs ! ) Je m\u2019arrête, car M.Secrétain nous a conduits ainsi jusqu\u2019aux plus menus des obices minores que le grand écrivain a pu rencontrer et signaler une fois en passant.Il ne faut pas tout de même faire à Péguy la honte de le rapprocher du primaire Béranger resté célèbre par sa sotte hantise de l\u2019homme noir.Si Charles Péguy fut réellement empêché par de telles raisons d\u2019adhérer au catholicisme total et, à cause d\u2019elles, se forgea un christianisme de sa confection, un historien, bien informé des divers points formant litige, pourrait à tout le moins se poser cette question : Comme il arrive à beaucoup d\u2019hommes sur beaucoup de problèmes, Péguy n\u2019a-t-il pu être pipé par des apparences, lesquelles, d\u2019ailleurs, s\u2019avéraient de taille ?En toute chose et pour tout individu, il faut laisser le temps au temps.Ici, l\u2019homme était intelligent, bien que farouchement indépendant.Il avait de fortes chances de parvenir à repérer tôt ou tard la réalité du catholicisme sous les gangues diverses, insidieuses et tenaces, qui l\u2019avaient masqué à une inspection trop externe.Ce jugement trop par l\u2019extérieur avait lui-même 1G2 L\u2019EsrRiT des Livres provoqué une de ces virulentes indignations à la Péguy qui contribuait encore à obnubiler pour lui l\u2019essence authentique du catholicisme.M.Secrétain force volontiers la main à son héros pour mettre au compte de la religion catholique comme telle les déficiences ou les hypocrisies de certains de ses adhérents.Pour l\u2019instruction des incroyants, des neutres qui pourraient ouvrir son bouquin, et par simple souci d\u2019objectivité scientifique, l\u2019auteur aurait dû signaler et développer entre autres, les points suivants.L\u2019étiquette, l\u2019appellation de catholique, même consignée sur les registres paroissiaux, ne constitue point à cet individu un agir, une vie catholique.De même, l\u2019accomplissement du précepte pascal est un acte exigé par la nécessaire discipline de l\u2019Eglise pour que ses inscrits affirment un minimum de pratique contrôlable.Un tel acte ne fournit aucun indice certain ni sur l\u2019état de grâce présent ni sur l\u2019intimité divine éternelle du type qui l\u2019a posé.Les courbettes de certains prêtres aux capitalistes et aux jouisseurs généreux pour le clergé, leur indulgence et toutes leurs petites combinaisons pour ménager ces sortes d\u2019individus, n\u2019ont jamais engagé l\u2019Eglise comme telle: bien au contraire.Quant à la vraie doctrine de l\u2019enfer, Péguy ne paraît pas en avoir saisi le point fondamental.A de telles indications, la loyauté et la justice n\u2019auraient pu que gagner.Dans cet ultime chapitre, l\u2019auteur prouve abondamment qu\u2019il n\u2019a point daigné pénétrer la doctrine du catholicisme.Plus que dans la laïcité de la Troisième République, M.Secrétain n\u2019aurait-il pas grandi dans une ambiance protestante ?On le penserait à plusieurs indices.Par exemple, cette assertion, pages 315-316, que Péguy était un chrétien selon saint Francois d\u2019Assise, et non « par les dogmatiques arguments de la philosophie scolastique ».Ou encore ce poncif, digne de quelque feuille de chou anticléricale : « Il (Péguy) était trop révolutionnaire pour ne pas combattre l\u2019Eglise comme un bastion de conservatisme et d\u2019hypocrisie» (page 354).Et à la page suivante : « Il y a en lui un Luther ».Page 356 : « Une même tendance libertaire et personnaliste met Jeanne d\u2019Arc et Péguy aux frontières du protestantisme ».Si Charles Péguy n\u2019était pas tombé à quarante ans, les diverses encycliques du Pape Pie XI comme le renouveau mystique actuel lui auraient prouvé et l\u2019enseignement et l\u2019agir authentiques de l\u2019Eglise.Celle-ci s\u2019applique à dominer les ferments de dissolution, suites inévitables de Yhom-merie.Ferments qui assaillent, empoisonnent et décomposent beaucoup plus tragiquement les autres confessions chrétiennes séparées.Plus récemment, M.René Schwob n\u2019a-t-il pas connu une part du tourment de Péguy ?Après un long et douloureux périple, il a pourtant trouvé la paix sur ce point, comme il a tenu à le déclarer dans Rome ou la mort.Autant de faits dont M.Secrétain aurait pu tenir diligent registre.Pages 311-314, l\u2019auteur ne se montre pas tendre pour M.Jacques Maritain, «le bouillant Maritain » (p.313).Aux pages 314-315, il semble contester la bonne foi de Madame Jeanne Garnier-Maritain.Enfin, l\u2019auteur aurait dû nuancer son hypothèse que Péguy eût souffert de savoir qu\u2019après sa mort, les siens se rapprocheraient de l\u2019Eglise (p.354).A défaut d\u2019un index analytique et d\u2019une liste alphabétique des nombreux noms propres, ce gros volume pourrait du moins contenir une simple 163 Revue Dominicaine table des matières.Autre déficience : les fautes d\u2019impression fourmillent.Au risque d\u2019en devenir fastidieux, mais pour empêcher la répétition d\u2019une aussi catastrophique négligence, je voudrais dresser ici la seule liste des plus importantes ou des plus détestables parmi ces coquilles : p.11, ligne quatorze ; p.21, ligne onze ; p.44, ligne vingt-huit ; p.51, ligne dix-neuf ; p.73, lignes quinze et seize ; p.133, ligne vingt-huit ; p.143, ligne sept ; p.192, ligne huit, où la date : 1875 apparaît de par trop vacillante ; p.205, ligne dix-neuf ; p.216, ligne cinq ; p.311, ligne vingt-six ; p.321, ligne vingt-sept ; p.329, ligne vingt-quatre ; p.340, ligne vingt-trois ; p.344, deuxième et dixième lignes ; p.346, après la septième ligne, il y a une inversion.Même page, ligne vingt-trois, il faut lire : aîné.P.352, dernier paragraphe, il faut rétablir : puisque son.Page 360, à la fin du premier alinéa, lire : n est-ce pas tromper Dieu ?Je fais grâce du reste, mais non sans signaler que son absence d\u2019information documentaire fait écrire à l\u2019auteur : « le futur évêque Batiffol » (p.82) et « l\u2019évêque Battifol » (p.356).Double bévue.Le prélat en question ne reçut jamais la dignité épiscopale, et il traça toujours son patronyme selon cette uniforme et exclusive graphie : Batiffol.Dans l\u2019exemplaire que j\u2019ai reçu, les pages 155 et 158 sont maculées de taches de couleur isabelle.La page 296 est ornée de zébrures noirâtres.Ce livre sent l\u2019huile (au sens obvie de l\u2019expression).Il ne constitue une réussite à aucun point de vue.A.Papillon, O.P.C.F.Ludovic, E.C.\u2014 « Bio-Bibliographie de Mgr Camille Roy, P.A., A\".G., Recteur de PUniversité Laval ».1 vol, grand in-8 de 184 pages.Québec, Procure des Frères des Ecoles Chrétiennes, 1941.De Montréal, au mois d\u2019octobre 1939, Sœur Marie-Raymond nous envoyait la Bio-Biographie du R.P.Georges Simard, O.M./., le très distingué professeur de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Le mois de mai 1941 a vu s\u2019épanouir la Bio-Bibliographie de Monseigneur le Recteur de Laval, par les soins diligents du Frère Ludovic.Gerbes d\u2019automne ou floraisons printanières, ces élégantes et surtout utiles contributions font honneur à l\u2019Ecole des Bibliothécaires de l\u2019Université de Montréal.Sans compter l\u2019exemple de désintéressement offert par cette institution qui pense d\u2019abord à favoriser l\u2019étude des œuvres de telle ou telle sommité des autres maisons d\u2019enseignement supérieur au Canada ! Le cher Frère Ludovic, lauréat de Montréal, a donc consacré les prémices de son érudition à un grand Québécois.Et pour ce faire avec le plus bel apport de clarté et d\u2019élégance, il divise son travail en six parties : biographie de Mgr Camille Roy, né en 1870 (pp.13-22) ; bibliographie (pp.23-80) ; sources à consulter sur cet auteur (pp.81-123) ; index alphabétique des titres des ouvrages de Mgr Roy (pp.125-151) ; index des sources à consulter recensées plus haut (pp.153-165) ; index des écrivains 164 L\u2019Esprit des Livres dont une ou plusieurs œuvres ont été appréciées par Mgr Roy durant sa longue carrière de critique littéraire (pp.167-180).L\u2019ensemble est disposé avec beaucoup d\u2019exactitude et de probité consciencieuse.De même, la toilette d\u2019ordre technique est exécutée avec soin.Le tout témoigne d\u2019un effort de recherches et de mise au point dont les seuls praticiens soupçonneront l\u2019importance.Voici un bel instrument de travail par lequel, désormais, le cher Frère Ludovic rend plus facile la consultation des ouvrages et articles de l\u2019éminent Recteur de l\u2019Université Laval.Et ils sont nombreux ces livres et, plus encore, ces articles, depuis les jours lointains où l\u2019abbé Camille Roy se voilait du juvénile pseudonyme de Benjamin des Anges.Que ce répertoire soit le bienvenu.Il offrira à beaucoup de lecteurs, jeunes et moins jeunes, la clef de l\u2019œuvre écrite réalisée, au cours de quarante années, par le vigilant « tuteur de nos lettres canadiennes-françaises ».Page 16, lire : Gaffre, au lieu de Gaufre.Page 18, le titre : A l\u2019ombre des érables aurait dû être tout entier imprimé en italiques.Page 50, numéro dix-sept, le nom anglais : Frederick ne devrait pas porter deux accents aigus.Page 68, il aurait fallu orthographier : arôme.Page 108, seizième ligne : Mgr, au lieu de Mrg.Page 167, le mot : Recencés contient un deuxième c tout à fait mal venu ; cependant que, page 168, le nom : Bruchési postulait un accent sur la syllabe médiale.A.Papillon, O.P.R.P.Stanislas Larochelle, O.M.I.et Docteur Télesphore Ftnk \u2014 «Précis de Morale Médicale».1 vol.in-16 de 314 pages.Troisième édition.Montréal, Librairie Beauclieniin, 1940.Ce Précis, dû à la collaboration d\u2019un prêtre et d\u2019un médecin selon les exigences des problèmes traités, a connu immédiatement tout le succès qu\u2019il mérite.Il apporte, en effet, une réponse ferme et nette aux questions d\u2019ordre moral que médecins et infirmières ne peuvent manquer de se poser dans l\u2019exercice de leur profession.La répartition des matières et la disposition du texte leur permettent d\u2019aller droit au but et les dispensent de recourir aux savants ouvrages qu\u2019ils n\u2019auraient ni le goût ni le temps de consulter.Après avoir pris connaissance de ce petit livre, ils voudront y revenir souvent et l\u2019étudier de près pour le plus grand bien de leur conscience.Ils y trouveront tout l\u2019essentiel ; mis en appétit, ils réclameront peut-être, pour les éditions à venir, de plus amples développements sur certains points.Ainsi, la question des honoraires n\u2019est-elle pas trop brièvement traitée ?La page 284 mentionne la dichotomie ; on pourrait, en s\u2019inspirant du livre de l\u2019abbé Valton, expliquer davantage cette pratique et indiquer dans quelles conditions elle serait acceptable, bien qu\u2019elle demeure ordinairement contraire à la justice.La profession médicale a toujours retenu spécialement l\u2019attention des moralistes.Ne serait-il pas urgent de constituer en d\u2019autres domaines une morale professionnelle adaptée à notre temps ?J.-M.Parent, O.P.165 Re vue Dominicaine François Hertel \u2014 « Axe et Parallaxes ».1 vol.de 172 pages.Montréal, Les Editions Variétés, 1941.Il n\u2019est pas superflu de réfléchir pour comprendre ou, plus modestement, pour croire comprendre le titre du dernier ouvrage de François Hertel.Cette mystérieuse convocation de vocables astronomiques ne livre pas tout de suite son secret et ce n\u2019est pas, à mes yeux, un si grand tort.D\u2019un art poétique aux poèmes qui en découlent, de l\u2019axe aux parallaxes, le chemin ne sera jamais évident, et l\u2019écrivain qui exige pour être compris la mobilisation de toutes nos facultés de connaissance n\u2019est pas, après tout, un si grand pécheur.Je ne reproche pas à Hertel la relative obscurité du titre choisi par lui, mais je l\u2019aurais souhaité un peu moins savant, un peu moins abstrait et surtout un peu moins tape-à-l\u2019œil.Quoi qu\u2019il en soit, celui qui achève la lecture d'Axe et Parallaxes a bien des chances d\u2019en sortir abasourdi, comme d\u2019un forum bruyant.En y mettant un sens aussi peu péjoratif que possible, j\u2019ajouterai que ce livre n\u2019est rien de moins qu\u2019une foire étourdissante où le pire voisine avec le meilleur.Cela met en cause non pas le talent de l\u2019auteur qui est incontestable, mais seulement son sens critique, mais seulement la valeur de ses facultés discriminatives.On se demande avec tristesse pourquoi un écrivain aussi doué d\u2019autre part, n\u2019a pas procédé à un vigoureux triage de ce bric-à-brac littéraire.Claudel a eu beau dire, et avec raison, que « le désordre fait le délice de l\u2019imagination », il ne faut pas croire pour autant que toute élucubration devient poétique par le fait même de son désordre, de son extravagance.Le poème, pour exister, a besoin d\u2019une autre âme, et cette âme, c\u2019est la poésie ou le rythme.La poésie est au fond de toute âme humaine où elle dort trop souvent, comme au cœur de la forêt la Belle au Bois dormant.Ce qu\u2019il faudrait pour l\u2019éveiller, c\u2019est un esprit purifié de tous les soucis étrangers à l\u2019art, de tous les soucis parasitaires.Ce qu\u2019il faudrait, outre le talent, c\u2019est un grand amour désintéressé.« Tout ne va pas bien dans le ménage d\u2019Animus et d\u2019Anima ».Animus, qui est vaniteux, couvre soudain la voix lointaine d\u2019Anima, et se lance dans un étalage indiscret des trésors de sa mémoire.Il ne veut rien laisser dans l\u2019ombre du vaste arsenal de ses connaissances, et naïf au fond malgré ses longues études, il s\u2019imagine qu\u2019il fera d\u2019une pierre deux coups en prouvant à la fois par des vers pédantesques sa double qualité de poète et de savant.Et voici, pour sa peine, une théorie de vers empoisonnés d\u2019érudition.Je sens en moi l\u2019Iscariote poilu, Le noir Esaü et toute la Synagogue Et la Gentilité festoyeuse et rébarbative au joug.Cariatides au long péplos ionique, Nous somme en parallaxe dans l\u2019azur mallarméen, Connaissez-vous Laurent Gailhade *?N on.Ce fut un autre poète \u2014 veuillez me croire \u2014 que Samain.166 L'Esprit des Livres Point Sirius, la mirabelle australe, absente sous le ciel du Cancer, (etc.).Et comme Sept-Epées, nous pourrions un jour.Sois, ni la Brossette, ni la Gournay ! Qu\u2019on avait perdu jusqu\u2019au quatro-cento Et que Jules II a forcé Michel-Ange à retrouver ! Et ainsi trop souvent.Animus toutefois n\u2019a pas que ce procédé pour tirer à lui l\u2019attention et se donner de l\u2019importance.Il accable l\u2019interlocuteur de grands mots abstraits qui n\u2019évoquent rien et bloquent l\u2019intelligence.Parallaxes se confondant de deux pensées en une seule conjonctivité, par les prolongements latitudinaires.La cherchant et la trouvant, et l\u2019ajustant d\u2019un œil qui l\u2019épousent toute et rejoint la trajectoire rectiligne de mon regard.Comment nos mains souillées par l\u2019espace pèseraient-elles la triple incommucabilité substantielle de l\u2019Un ?» Enfin pour singer la délicieuse fantaisie d\u2019Anima dont il ne saisit pas le sens profond, Animus essaie, comme au hasard, toutes sortes d\u2019idées et d\u2019expressions qui portent à faux et font mal à entendre : Mais qui additionne en plus ces machines qu\u2019on ne comprend guère Enfin \u2014 c\u2019est le comble \u2014 vous et moi nous faisons rime.Claudel, Moi, je me suis rebaptisé Hertel.Je disais donc \u2014 Dieu ! ce que je bavarde ! *\u2014 que vous comme moi, et moi comme vous, étant bavards, Et pas très clairs dans nos pensées, parce que nous en avons beaucoup et qu\u2019elles s\u2019entre-choquent, Nous ressemblons un peu.Message restreint et qui pèse en la balance comme un jeune veau.J\u2019imiterai Dieu.Je l\u2019aurai observé, En cachette, pendant des heures, sournois.J\u2019aurai compris comment il s\u2019y prend pour créer, pour tirer un germe De l\u2019Aridité.Dieu me regardera.Il passera sa main dans sa barbe éternelle.Place à la prière primitive et placentaire ! » Axe et Parallaxes est, ai-je dit, une foire étourdissante où le pire voisine avec le meilleur.Dans le ménage d\u2019Animus et d\u2019Anima, il y a parfois des ti èves bénies et fécondes.Nous goûtons alors la joie de beaux vers, qui sont pleins et ductiles, parce qu\u2019Anima les souffle ou tacitement les approuve de ses grands yeux profonds comme une nuit étoilée.167 Revue Dominicaine M on Dieu qui ne coulez point comme nous d\u2019heure en heure, Qui durez sans changer, toujours jeune et toujours mûr.Et je suis en vous, et vous êtes en moi ; et Nous sommes un, et pourtant non confondus.Je glisse à travers vous dans la limite de mon temps.Et vous êtes à travers moi ; et ma succession ne crée pas en vous de points de repère.Ce blanc pétale où s\u2019amenuise sur le lin blanc Le Dieu présent au cœur des mondes, Pain qui fond en la bouche étonnée.J\u2019ai entr\u2019ouvert l\u2019âme du pain.J\u2019ai fendu l\u2019écorce Dieu m\u2019est apparu.Au fond de toutes choses, quand on gratte un peu, c\u2019est Dieu que l\u2019on découvre.Dieu l\u2019immense, dans l\u2019accident fet dans ma substance, Dieu Paraclet dans mon âme, Dieu le Christ dans les profondeurs de l\u2019Hostie.Vierge de notre âge, seule pureté sur le fond dévasté Où grimacent les chimères, Vierge des temps futurs, Vierge du Japon et Madone de Chine, Vierge des Indes, Vierge de partout, ô catholique Heine du monde enfin possédé.Sur le dos m\u2019en allant, Les flots m\u2019ont pris, les flots me tiennent C\u2019est l\u2019heure du bain nocturne.Tous les baigneurs du monde entier, mais pour moi, ceux-là seuls de cet hémisphère- Je pourrais citer encore, mais c\u2019est assez, c\u2019est peut-être déjà trop, pour montrer que dans le dernier ouvrage de François Hertel, à côté du moins bon, il y a aussi le meilleur.Par ce qu\u2019on vient de lire, on pourra aussi constater avec moi qu\u2019il n\u2019est pas facile de citer longtemps sans se heurter à une verrue, à une brisure du courant.Pas un poème de cet ouvrage qui soit au long poétique.Le charme trop vite est rompu par les intrusions sacrilèges d\u2019Animus.Il arrive à presque tout gâter, et là où la poésie aurait pu habiter, il n\u2019y a que le vide et le chaos, il n\u2019y a que l\u2019échec tragique d\u2019un esprit dupe de lui-même.Gabriel-M.Lussier, O.P.12 septembre, 1941 168 Initiatives et Personnalités Canadiennes La Maison Dupuis Frères M.Lucien Romier a écrit qu\u2019un peuple accomplit dans l\u2019ordre suivant ses diverses conquêtes, conquête des libertés religieuses tout d\u2019abord, conquête des libertés politiques, enfin conquête de la puissance économique.On pourrait ajouter que la conquête économique s\u2019accomplit quand un peuple trouve dans ses rangs des hommes doués d\u2019une personnalité puissante, du génie des affaires, capables d\u2019attirer vers eux les capitaux autant que le commerce.La famille Dupuis qui a fondé et maintenu la Maison Dupuis Frères a trouvé, dans sa lignée, plusieurs de ces personnalités imposantes quî ont pour ainsi dire formé l\u2019âme de cette grande institution qui fait aujourd\u2019hui honneur aux Canadiens français.M.Nazaire Dupuis, le fondateur, qui ouvrit en 1868, un petit magasin de nouveautés rue Sainte-Catherine, près Montcalm, possédait peu de capital, comme d\u2019ailleurs la plupart des fondateurs de nos grandes maisons, mais il était doué d\u2019un sens inné des affaires, d\u2019une indomptable énergie, d\u2019une force de caractère qui sut en imposer à ses contemporains.Ses trois frères, J.-Nazaire Dupuis en tête, surent maintenir la tradition de famille et, dès 1897, la Maison Dupuis Frères devenait l\u2019une des plus importantes de Montréal.Depuis 1911, grâce aux magnifiques initiatives de M.Armand Dupuis, le président actuel, et de M.A.-J.Dugal, vice-président et gérant général, le commerce de la Maison Dupuis a pris un nouvel essor.En 1924, M.Albert Dupuis acquérait des intérêts majoritaires et il sut par la suite doter cette institution d\u2019une situation financière particulièrement avantageuse qui lui permit d\u2019envisager avec sérénité les crises inévitables.Quant à M.Dugal, l\u2019honorable Fernand Rinfret, secrétaire d\u2019Etat, en a tracé, lors du 70e anniversaire de la Maison, un portrait qui ne saurait paraître trop élogieux à ceux qui le connaissent.Il l\u2019appelle «le grand homme auquel on ne peut ne pas songer quand on parle de la Maison Dupuis Frères ».« Il est l\u2019homme d\u2019une seule pensée, et quels que soient les événements importants qui se déroulent dans le monde, guerre en Orient, soulèvement en Afrique ou troubles quelconques en Amérique du Sud, pour lui tout cela se résume en une seule préoccupation : quelle sera l\u2019influence de ces événements-là sur les affaires et sur l\u2019avenir de la Maison Dupuis Frères ?» Tels sont, pour n\u2019en citer que quelques-uns, les hommes à la vaste culture en matière financière, économique, commerciale à qui les Canadiens français doivent cette magnifique institution, qui compte un personnel de 1 200 employés canadiens-français, qui publie chaque année au delà d\u2019un million de catalogues rédigés en bon français, qui contribue largement au soutien de nos institutions nationales de bienfaisance, qui s\u2019intéresse même au progrès de la littérature et des arts en distribuant chaque année des quantités de médailles d\u2019or à notre jeunesse étudiante.Sans doute, la Maison Dupuis s\u2019intéresse d\u2019abord à ses intérêts immédiats, et qui pourrait l\u2019en blâmer ?.mais si, selon le principe d\u2019Adam Smith, « elle est conduite par une espèce de main invisible qui la fait en même temps contribuer à l\u2019intérêt général », à l\u2019influence et au bon renom de notre race, est-ce que cette institution n\u2019est pas en quelque sorte notre propre affaire ?Que l\u2019on songe seulement au vide qu\u2019occasionnerait dans notre vie économique la disparition de cette vaste entreprise ?Comprenons-le et agissons en conséquence en collaborant, efficacement, par nos achats, au maintien et au développement « du plus grand magasin canadien français d\u2019Amérique ».1.Sous cette rubrique, paraîtront chaque mois des articles sur nos meilleures entreprises industrielles et commerciales. /Ude SpMütu&l XL A'uàacje.sdeA ^fanxtedp-maLcutte^ jet jdeï Analaded, par un religieux dominicain Petit livre à recommander aux gardes-malades et aux malades.Il a sa place parmi les livres que l\u2019on doit retrouver dans tout foyer chrétien.PRIX : broché, $0.25 (plus taxe) ; relié, $0.50 (plus taxe) Remise spéciale par quantité en vente à LA LIBRAIRIE DOMINICAINE = : ¦\t.\u2014\t.-.'\t\u20147 VIENT DE PA RAITRE Jdei, Patenté, et l'Cntant R.P.Louis-M.Régis, O.P.: Abbé Irénée Lussier, : .Doctor Peter Sandiford : .R.P.Noël-M, Mailloux, O.P.: Doctor Charles M.Diserens : .Docteur Jean-Charles Miller : .Doctor Florance S.Dunlop : .TABLE DES MATIERES La Philosophie des relations familiales.L\u2019Education des parents.Parents and Heredity.Les Parents et la formation de la conscience morale.Parental Acceptance and Rejection and their influence on the Child\u2019s Behavior.La Famille et l\u2019Ecole dans l\u2019Education de la personnalité.The Identification, Description and Development of the Intellectually Gifted.Volume G1/^ x O1/^ de 208 pages Prix $1.50 \u2014 Franco $1.65 EN VENTE A LA 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