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Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Rosaire
  • Successeur :
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Revue dominicaine, 1942-10, Collections de BAnQ.

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[" Pt P P- 7 fr P /7 Ç ^ÎXoUSKt o£ REVUE DOAVÎNÎGMNE v h 90S9M \t ECOLE TECHNIQUE DE QUEBEC 185y Boulevard LanqeIier-Téléphone 2-6864 Les cours sont organisés comme suit: 1° COURS RÉGULIERS : ® TECHNIQUE, 4ANNÉES D\u2019ÉTUDES ® DES MÉTIERS, 3 ANNÉES D\u2019ÉTUDES Diplôme Officiel PROSPECTUS sur DEMANDE BOURSES AUX ÉLEVES MÉRITANTS 2* COURS ABRÉGÉS D'AUTOMOBILE: \u2014 IO MOIS D'ÉTUDES- 3 ° COURS DE SOIRS .COMPRENANT DE NOMBREUX COURS LIBRES ENTREPRENEURS Tuile, Terrctzzo, Marbre,Ardoise, Pierre Artificielle, Pavages, Trottoirs, etc.J.IGN.BILODEAU PRÉS.ETOÉRANT TÉL.2-11-4-3 Q2,RUE RICHELIEU, QUEBEC.-J L A Q ELLE \u2014 Tél.ô2lô j.S.Ru\tDiplômé General Motors isliüfigj CARR< Réparations d'Automobi/eS' et de Rembourage Carrosserie endommagée et dé boss age de tous genres.2,Christophe Colomb\t3SSIER ^ Spécialité:\u2014 Peinturage Duco Dupont' Vitrage des Chars Mécanique.Québec,RQ.Tel.6210\t\t\u2022 \u2022 \u2022 AMBULANCE SERVICE JOUR ET NUIT\tCHARLES CLOUTIER Enrg.\tJOS.-S.ROBERGE, 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Automatiques : \u201cAutomatic\u201d Sprinkler Co., of Canada, Ltd., 6998, Jeanne Mance, Tél.DO.3546-7, Montréal ARTICLES DE SPORT : Le Palais des Sports, 67, Côte d\u2019Abraham, Tél.3-2341, Québec Articles religieux : Lefebvre, Gérard Enrg., 3774, St-Denis, Tél.LA.8016, Montréal Ascenseurs : La Cie F.-X.Drolet, 206, Du Pont, Tél.4-4641 .Québec Assurances Générales : Tougas, Aimé, 500 Place d\u2019Armes, Tél.BElair 2041, Montréal Assurances et Immeuble : Côté, H.J.E.et Cie Enrg., 120, Clarence, Tél.4-0670, Ottawa Avocats : Boisvert et Corriveau, 80, St-Pierre, Tél.2-3420 .Québec Boyer, Auguste, 159 ouest, Craig, Tél.MA.7031, Montréal Champeau, Armand, 5585, Canterbury, Tél.AT.9717, Outremont Duguay, René, 276 ouest, St-Jacques, Tél.HA.5111, Montréal St-Jacques, Henri, 18, Rideau, Tél.2-5055 .Ottawa, Ont.Banques : La Banque Provinciale du Canada, 221 ouest, St-Jacques, Tél.HA.7151, Montréal Biscuits et Gâteaux : Cie de Biscuits Stuart Ltée, Alf.Allard, prés., CR.2167, Mtl.Bois et Matériaux de Construction : Dupuis, J.-P.Ltée 1084, Av.de l\u2019Eglise, Tél.YO.0928.Verdun Grier, G.A.& Sons Ltd., 2120 o., Notre-Dame, WI.6118, Mtl.Boulangers (gâteaux et pâtisseries) : Hethrington, T., Ltée, 358-364, St-Jean .Québec Buanderies : Buanderie St-Paul, 2020, Roberval, Tél.WE.6791 .Montréal Carrosseries d'Autos (débossage, rembourrage, etc.) : Normandeau, A, et Fils, 01152, Charlevoix, WI.5562, Montréal CHARBON (Anthracite et Bitumineux) : Madden et Fils Ltée, 3, boul.Charest, Tél.4-3578 '.Québec Chauffage et Plomberie (entrepreneur) : Jetté, J.-W.Limitée, 360 est, Rachel, Tél.MA.4184, Montréal CHAPEAUX POUR DAMES : Chez Charlebois, 708 ouest, Notre-Dame, MA.5029, Montréal Chaussures : Talbot, Alphonse, 7, 29 et 45, St-Joseph .Québec Cheminées.Ingénieurs-Constructeurs : Pelletier, Arthur & Cie, 167, Saint-Sauveur, Tél.8040, Québec IV Chirurgiens-Dentistes (rayons \u201cX\u201d) : Grégoire, Dr Roland, 5352 o., Sherbrooke, DE.6286, Montréal Chocolats (fins \u2014- minuscules) Livraison : Denyse, 4909 ouest, Sherbrooke, Tél.EL.4877 .Montréal Clavigraphes - Rubans - Réparations - Papier Carbone : N.Martineau et Fils, 1019, Bleury, Tél.BE.2318 .Montréal Clôtures : Frost Steel & Wire Co.Ltd., 1105 o., N.-Dame, WI.1149, Mtl.Collège Commercial : Sprott Commercial College Inc., Empress Theatre Bldg., Tél.ELwood 1733, Montréal Collège Versailles : Fortin Business Colleges, 840, Cherrier, Tél.AM.6440.Montréal Compliments : Compliments d\u2019un ami : C.N.E.Un ami de la Revue.J.P.Laberge Enrg.W.A.Baker, Palais de Justice .Montréal Constructions, Démolition.Matériaux à vendre = Tétrault Frères, 1200, av.de l\u2019Eglise, Tél.WI.8152, Verdun Cours Angt.ais, sténographie bilingue et dactybographte: Sturton School, 93, Crémazie, Tél.9671 .Québec Cours Préparatoire au Collège Stanislas : Girard, Mlle Marie, Dir., 118, boul.St-Joseph, CR.1791, Mtl.Courtiers en Épiceries : Brault, Anastase, 1891, Roberval, Tél.WE.4237 .Montréal Couvreurs .- Falardeau, Eugène Ltée, 141, Dorchester, Tél.9677 .Québec Directeurs de Funérailles : Cloutier, Charles, 174, D\u2019Aiguillon, Tél.6210 .Québec Lecavalier, J.Enrg., 562, St-Ferdinand, Tél.WE.1884, Montréal DOREURS-ARGENTEURS-ORFÈVRES : Beaugrand, Gilles, 846, de l\u2019Epée, Tél.DO.2950 .Montréal Belleville, J.Arsène Ltée, 47, Sous-le-Fort (Basse-ville) Québec Drive Yourself : Jobidon, Robert, 250, St-Paul, Tél.2-5317 .Québec Eaux Gazeuses .- Claire Fontaine Ltée, 88, Côte d\u2019Abraham, Tél.2-8171, Québec Eau de Javelle : L\u2019Eau Merveilleuse Enrg., 39-7e rue (Limoilou) 4-2661, Québec Entrepreneurs Généraux : Lamontagne, F.-X., 411, Boulevard Charest, Tél.3-0590, Québec Ouellet, Ludger, 87, St-Cyrille, Tél.2-1710 .Québec Entrepreneurs-Menuisiers : Maranda, Delphe, 812Y2, St-Valier, Tél.2-3808 .Québec Épiciers-Bouchers : Gougeon, J.B., 175, Rochester, TéL 8-0030-8-0031, Ottawa, Ont.Épiceries en Gros : D\u2019Aoust, P.Ltée.11, York .Ottawa, Ont.Lamarche, J.-H., 6749.St-Laurent, Tél.CR.2155 .Montréal Laporte Hudon, Hébert Ltée, 640 ouest, St-Paul, MA.3761, Mtl.Letellier, J.-B.-E.Enrg., 112, Dalhousie, Tél.2-3931 .Québec Estampes en Caoutchouc : A.Derome et Cie Enrg., 25 est, N.-Dame, LA.2392, Montréal B onnes adresses a consulter Farine, Engrais, Grain, Foin, Bois, Charbon : Gervais, Paul et Frère, 6298, lienri-Julien, CA.1167, Montréal Ferronnerie D\u2019Art : Les Frères Lebrun.466, Niverville .Trois-Rivières Fourrures : Alain, P.A.Ltée, 203, St-Joseph et 79, de l\u2019Eglise, 5106, Qué.Desjardins Chas, et Cie, 1170, St-Denis, Tél.HA.8191, Mtl.Laliberté, J.-B.Ltée, 145, St-Joseph, Tél.6191 .Québec Sanfaçon, Honoré, 110, rue de la Couronne, Tél.7419, Québec Turcotte, N.-Geo., 162, Côte d\u2019Abraham, Tél.4-1459 .Québec Grains : Falardeau, Robert et Cie, 363 est, St-Paul, MA.9889, Montréal Habits et Merceries : Cusson et Cusson, Place du Marché, rue Cascades, St-Hyacinthe Importateurs et Fabricants D\u2019Objets de Piété : Génin, Trudeau et Cie.38 ouest, N.-Dame, LA.2261, Montréal Industrie Laitière (Machiner.Ustknsit.es.App.Frio.) : Trudel, B.et Cie, 304, Carré Youville, Tél.MA.8067, Montréal JOURNEAUX: Le Droit .Ottawa, Ont.Laboratoire Farley \u2014 Hull, P.Q.Fabricant des \u201cAntalgines\u201d contre les Maux de Tête.Lait, Crème, Beurre, Œufs et Fromage : \u201cClark Dairy Lid.634.Av.Bronson, Tél.5-1811.Ottawa, Ont.Coopérative Lait et Crème, 4101 est, N.-Dame, AM.2171, Mtl.La Ferme St-Laurent Ltée, 6768, Garnier, CR.2188-9, Montréal Laiterie de Québec Ltée, 75, av.du Sacré-Cœur, Tél.7101, Québec Libraires : Granger Frères Ltée, 56 ouest, N.-Dame, LA.2171 .Montréal Machines pour Imprimeries (ventes et échanges) : Lefebvre Frères Ltée, 970, de Bullion, Tél.PL.9011, Montréal Magasins à Rayon : Bouchard,\tL.,\t750-760, St-Vallier, Tél.2-6638 .Québec Dubuc, T.\tD., 214-218, St-Jean, Tél.\t2-3961 .Québec Dupuis Frères\tLtée, Tél.PL.5151 .Montréal Paquet et\tCie\tLtée, 157, St-Joseph,\tTél.8131 .Québec Pharand, J., 85, Champlain, Tél.2-5315 .Hull, P.Q.Syndicat de Québec Ltée, 215, St-Joseph, Tél.4-3561, Québec Manufacturiers de Fournitures Funéraires : Girard et Godin Ltée, T.-Riv.et 34 o., St-Paul, LA.9214, Mtl.Manufacturiers de Portes et Châssis, Bois : Pilon, Jos.Ltée, 79, Boul.du Sacré-Cœur, Tél.3-1116, Hull, P.Q.Marchands de Chaussures : Desrosiers, J.-D., 141-143, Cascades, Tél.401 .St-Hyacinthe Marchands de Thés et Cafés : Désy, J.-A., 1469, Delorimier, Tél.FR.2147 .Montréal Marchands Tailleurs : Mathieu.Lucien Enrg., 2251, Frontenac, FR.1803, Montréal Matelas, Sommiers, Etc.: Matelas Frontenac Enrg., 16, Boisseau, Tél.6347 .Québec Matériaux de Construction : Les Industries G.-I.Lachance Inc., 263, St-Paul, 2-6403, Québec Médecins : Castonguay, Dr E.-J., 4231 est, Ste-Catherine, CH.0560, Mtl.Gratton, Dr Albert, 781, du Couvent, Tél.WE.5476, Montréal Pilon, Dr Henri 251, boul.St-Joseph, Tél.2-0563, Hull, P.Q.Pouliot, Dr Antoine, 68, Ste-Ursule, Tél.2-4455 .Québec Membres Artificiels : Duckett, J.-A., 2014, Bleury, Tél.HArbour 0630 .Montréal Nettoyeurs et Teinturiers : Breton, J.-H., 2461, des Carrières, Tél.CR.4168 .Montréal Teinturerie Dorchester Enrg., 116, Dorchester, Tél.4-2484, Québec Notaires : Labrèche, Albert, 10 ouest, St-Jacques, Tél.MA.3373, Montréal McKay, R.E., 4948, av.Verdun, Tél.YO.5322 .Verdun Nouveautés, Merceries, Tapis, Prélarts : Alepin, J.et Frère Ltée, 4295 ouest, Notre-Dame, Tél.WE.1108 ; 4719, Wellington, Tél.YO.1144, Montréal Opticiens D\u2019Ordonnances : Derouin, O.L., 37, Metcalfe, Tél.2-4976 .Ottawa, Ont.Lamontagne, Etienne, 1065, St-Prosper, Tél.2178, Trois-Rivières Optométristes et Opticiens : Ledoux, Arthur, 180, Cascades, Tél.10 .St-Hyacinthe Pharmaciens : Pharmacie Boulevard (J.-E.Maynard, prop.), 3857, Boul.Décarie, Tél.WA.8117, Montréal Pharmacie Canadienne, lo61 ouest, Notre-Dame, WI.1171, Mtl.Pharmacie Aimé Roussin, 2823, Masson, CH.2103 .Montréal Pharmacie P.-H.Soucy, 85, Cartier, Tél.2-1235 .Québec Pharmaciens en Gros : Durocher, G.E., 139, Queen, Tél.2-5309 .Ottawa, Ont.Photographes : Edwards, W.B., 259, St-Jean, Tél.2-7595 .Québec Plombiers-Couvreurs-Électriciens : Asselin, J.-A., 37, Hermine, Tél.9670 .Québec Dorion, Jules, 11, rue Ramsay, Tél.4-2916 .Québec Produits Alimentaires (Manufacturiers) : Old City Mfg.Co.Ltd., 4, Mgr Gauvreau, Tél.2-5273, Québec Produits Pharmaceutiques : Sylvain Ltée, 406 est, Notre-Dame, Tél.HA.5374 .Montréal Provisions, Poisson, Fruits, Etc.: Dominion Fish & Fruit Lld-, Tél.2-7036 .Québec Quincailleries en Gros : Lemieux, Jos.-E.Enrg.Québec Prud\u2019homme, A.et Fils Ltée, 338 est, Craig, Tél.HA.7141, Mtl.Quincailleries Générales : Gravel, Ludger et Fils, 3447, Av.du Parc, Tél.HA.5211, Mtl.Grégoire, J.-R., 3605 est, Ontario, Tél.FA.1167-8 .Montréal RESTAT\u2019RANTS : Le Roi du Chien Chaud Enrg., 1478 est, Sainte-Catherine, Tél.AM.6969, Montréal Terra Cotta : Montreal Terra Cotta, 1010 o., Ste-Catherine, MA.1816, Mtl.Transports : St-Hyacinthe Transport, 34, Piété, Tél.356-122 .St-Hyacinthe Valeurs de Placement : Société Générale de Finance, Inc., 57 ouest, St-Jacques, Tél.HA.5168, Montréal y 'coven' THK IAPTH Avec les compliments de The Sherwin-Williams Co.of Canada, Limited COVED THE EARTH 2875, rue CENTRE\tMONTRÉAL\tWllbank 7121 LMIITEE Tel.: EL wood 1232 442l,ave Oxford al\u2019OfUl/RE dePftftfE DOPIIQlCpmE SUCCURSALE À OTTAWA SUITE 406-18.RIDEAU TÉL.:\t2-9872 Québec: 104 St-Jean suite io Tel.7881 \u2022 SPÉCIALITÉS : OUVRAGES D\u2019ÉGLISES.COUVENTS.ÉCOLES.ÉDIFICES PUBLICS.\u2022 TÉL.DOllard 5512 9 61A, RUE ST-ROCH.MONTRÉAL Il économieest Une Vertu cardinale dont la pratique facilite celle de jolies les ali très, pout condüireaü sUccè$,parfois rnêrrieaU bonheur EPfifjGDEZetOUZQEZun COûIPTEà mm i WW r.RAVEUWS 7 A, Photo qravure Nationale limt.v 202 OUIST.NUI ONTARIO -\t01 AllURV \u2022 MCNINtAl V TÉL.FRontenac 3186* LAITCPIE PERFECTION! 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sortiront de leur attiédissement lorsque, au prône de la messe de ce dimanche, leur curé annoncera : aujourd\u2019hui, solennité de saint Michel, Archange ?Et pourtant, plus que jamais, ce nom devrait agir sur nos âmes et sur nos vies ».René Ristelliueber :\tLa France en Syrie « Au cours des siècles, l\u2019action de la France s\u2019était amplifiée et transformée.Par un enchaînement naturel, la défense de la religion l\u2019avait amenée à se faire le protecteur des faibles et à chercher à répandre la civilisation.C\u2019est qu\u2019elle avait accompli en Syrie une œuvre morale et matérielle qui est un des plus beaux exemples de pénétration pacifique ».Th.-André Audet, O.P.:\tLa cité permanente « La guerre et ses bouleversements nous aura délogés d\u2019un monde où la sécurité de la jouissance invitait à nous établir à demeure.Notre caravane, égarée dans une impasse séculaire, reprendra son voyage.Demain, souhaitons-le, cette expérience de sang ne sera pas oubliée et ceux qui reconstruiront notre monde, comme une grande avenue de paix et de justice, le laisseront déboucher sur l\u2019Autre Monde ».Rex Desmarchais :\tDeux catégories d\u2019écrivains « On m\u2019a demandé récemment : Estimez-vous que l\u2019écrivain de carrière, d'une façon générale, produit des ouvrages supérieurs à ceux de l\u2019écrivain amateur ou vice-versa ?Cette question soulève un problème qu\u2019on ne saurait résoudre définitivement en quelques pages.Aussi me bornerai-je à formuler certaines considérations en marge du problème.Sans prétendre le régler, elles le poseront peut-être dans un favorable éclairage ».Marcel-M.Desmarais, O.P.: Des prédicateurs qui retournent à l\u2019école « Aujourd\u2019hui, à cause du cinéma parlant et de la radio, nos gens entendent à cœur de jour des experts diseurs.Comment espérer que dans l\u2019église ils ne fassent pas la comparaison entre l\u2019orateur sacré et les techniciens profanes de l\u2019art oratoire qu\u2019ils entendent si fréquemment » Directives pratiques A.Saint-Pierre, O.P.: Notes de théologie pastorale : Notion familière de l\u2019oraison.Le Sens des Faits V.-M.Masson, O.P.: Les deux Frères.Guy Sylvestre : « Devant la crise mondiale ».Criticus : Otez-moi cet écran.L\u2019Esprit des Livres R.P.Dominique-Aug.Turcotte, O.P.: «Méditations sur l\u2019Idéal Dominicain» (A.Papillon, 0.P.).R.P.Thomas-M.Charland, O.P.: « Histoire de Saint-François-du-Lac » (A.Papillon, 0.P.).R.P.Albert Brossard, S.J.: « Joies et Tristesses de la Maison » (Albert Lacroix).RR.PP.A.Poulin et J.Laramée, S.J.: «Une Ecole de Formation» (A.Papillon, 0.P.).R.P.Charles Frédéric, S.J.: « Toi, l\u2019homme nouveau » (André Diotte).R.P- Pacifique Emond, O.F.M.: «Deux Chemins de Croix» (A.Papillon, 0.P.).R.P.Gustave Lamarche, C.S.V.: «Notre-Dame des Neiges» (Albert Lacroix).Semaines Sociales du Canada.XVIIIe Semaine : Québec, 1941 (Albert Lacroix).R.P.Georges-Henri Lévesque, O.P.: «Catholique es-tu social ?» (Albert Lacroix).Taeeuz Posnansky : «L\u2019assurance sociale et l\u2019assurance commerciale» (Albert Lacroix).Edouard Montpetit : « La Conquête Economique.Ille.Perspectives » (André Diotte).Eseras Minville et collaborateurs : « Notre milieu » (Albert Lacroix).Joseph William Nagge : « Psychology of the Child » (Noël Mailloux, 0.P.).W endell W.Cruze : « Educational Psychology » (Noël Mailloux, 0.P.).Antonio Barbeau : «Sous les platanes de Cos» (Albert Lacroix).Dollard Dansereau, avocat : « Manuel de Droit » (A.Papillon, 0.P.).Abbé Arthur Maheux : «French Canada and Britain » (Albert Lacroix).Régine Hubert-Robert : « L\u2019Histoire Merveilleuse de la Louisiane Française » (Albert Lacroix).Pierre Daviault : «Les carnets d\u2019un liseur.Artistes, Aventuriers, Grands Hommes» (A.Papillon, 0.P.).Henri Peyre: «Le Classicisme français» (Albert Lacroix).Robert Roquebrune : «Contes du soir et de la nuit» (André Diotte).Jules Larivière : «Les contes de la nature» (André Diotte).Damase Potvin : « Un ancien-contait.» (André Diotte).Albert Lanctôt: «Les joies certaines» (Albert Lacroix).Juliana Rousseau : «Vers l\u2019Idéal» (Albert Lacroix).Adolphe Nantel : «La Terre du Huitième» (Albert Lacroix).Gustave Cohen : «Lettre aux Américains» (Albert Lacroix).Georges Bernanos : «Lettre aux Anglais» (Albert Lacroix).André David : «Message à de Jeunes Anglaises» (Albert Lacroix).Revue mensuelle publiée à St-Hyacinthe, P.Q.ABONNEMENTS : canada :\t#3.00 ; étranger : 83.as ; avec le rosaire : 25 sous en plus ; LE NUMÉRO : 80.3 0 s ABONNEMENT DE SOUTIEN : 810.00 RÉDACTION ET ADMINISTRATION : 5375, AV.NOTRE-DAME DE GRÂCE, MONTRÉAL La Revue ne sera pas responsable des écrits de collaborateurs étrangers à l\u2019Ordre de Saint-Dominique.VIII Revue Dominicaine Directeur :\tSecrétaire de rédaction : MARCEL-M.DESMARAIS, O.P.\tANTONIN PAPILLON, O.P.Volume XLVIII\tTome II\tOctobre 1942 Saint Michel, Archange Le calendrier a ramené son nom, Vavant-dernier jour de septembre.Jadis, ce jour était une fête chômée.Aujourd\u2019hui, c\u2019est une commune journée ouvrable.Aussi, pour la sauver, cette fête de saint Michel, pour l\u2019assurer malgré tout, l\u2019Eglise lui a-t-elle adjoint, le deuxieme dimanche d\u2019octobre, une « solennité », une célébration publique et solennelle au jour même du repos général des chrétiens.Il s\u2019agira donc pour nous tous de savoir répondre à ce vouloir maternel.Au fait, combien de catholiques sortiront de leur attiédissement lorsque, au prône de la messe de ce dimanche, leur curé annoncera : « aujourd\u2019hui, solennité de saint Michel, Archange » ?Et pourtant, plus que jamais, ce nom devrait agir sur nos âmes et sur nos vies.Que personne ne dise qu\u2019un obstacle, presque un effroi, le retient : « entre chacun de nous et un Esprit pur, le prince de la milice du ciel, quel contact est possible ?» Pourtant, si saint Michel n\u2019a point de corps, il peut appliquer où il veut la vertu de sa libre essence, se manifester, agir dans nos existences, sans interrompre son éternel Qui est comme Dieu.Il nous voit, il nous 129 « Revue Dominicaine aime, il combat pour nous et avec nous.Il n\u2019interrompt pas, ai-je écrit, son cri de bataille et de gloire.Bien au contraire, c\u2019est pour l\u2019infuser dans nos volontés et nous faire le réaliser dans nos vies qu\u2019il s\u2019occupe de nous, qu\u2019il s\u2019incline vers notre prière.Qui est comme Dieu ?Si c\u2019est notre programme non seulement en théorie mais surtout dans la trame de chacune de nos journées nous devons donc, vous et moi, cesser d\u2019offrir l\u2019image d\u2019un catholicisme incertain.Il faut centrer notre penser et notre agir sur Dieu, puisque c\u2019est Lui, l\u2019idéal, le bien suprême.Quand même dix mille catholiques depuis toujours, bien-pensants et chevronnés de présidences d\u2019associations religieuses, souriraient et nous inviteraient et plus de calme, à plus de calcul d\u2019homme d\u2019affaires, nous devons secouer notre aveulissement, nous devons briser le partage qui empoisonne nos existences.Par religiosité \u2014 à moins que ce ne soit simplement par accoutumance \u2014 beaucoup d\u2019entre nous assistent à la messe, fréquentent les sacrements, récitent quelques formules pieuses, accomplissent certains gestes.Mais le bon Dieu n\u2019est point dans leur vie le Dieu fort, le Dieu puissant.Eux ne Le laissent pas atteindre les racines de leur cœur.Ils ne Lui permettent pas d\u2019agir dans leur existence quotidienne comme un levain; de soulever leur âme et de transformer leur vie totale : pensées, paroles, actions, travail, repos, amusements.Pour eux, Qui est comme Dieu ?Hélas ! beaucoup de choses.* * * Je voudrais signaler combien cette prédominance de Dieu dans la direction de notre agir partout et toujours nous fera, nous, catholiques canadiens, ramener au seul vrai bercail plus de nos frères séparés que nous n\u2019en avons gagnés jusqu\u2019ici.Dans 130 Saint Michel, Archange les questions où la compétence et l\u2019expérience ne peuvent s\u2019improviser, la collaboration sur le terrain du travail et des rapports quotidiens est une occasion d\u2019avances et prévenances à l\u2019égard de ces hommes dont la voix divine a proclamé : « Ce sont mes brebris, il faut que je les amène au bercail ».Or, l\u2019on sait la constatation que font nombre de protestants loyaux, généreux qui se trouvent à frayer chaque jour avec nous : « Ah ! ces catholiques romains, il y a moins de divin dans leur âme et dans leur vie que chez nous ».Faisons cesser ce scandale.Nous dissiperons les préjugés de nos frères dissidents le jour où nous leur livrerons intégralement et la doctrine et la pratique de notre catholicisme.Le jour où nous mettrons \u2014 en fait plus qu\u2019en théorie \u2014 Dieu ci la première place de toute notre journée.* * * La liturgie salue saint Michel comme l\u2019artisan de la victoire de Dieu, operarius victoriæ Dei.Faisons triompher Dieu en nous pour assurer sa victoire autour de nous.La solennité du dimanche, onze octobre, sera donc l\u2019occasion des plus beaux départs de victoire divine, plus encore celle des examens de conscience sauveurs, et des plus difficiles remises en marche.A.Papillon, O.P.131 La France en Syrie (à tire-d\u2019aile des Croisades à la Société des Nations) « Il est lin coin du monde où le monde entier a passe*.Tous les peuples y ont laissé des traces et des débris ; on y a parlé toutes les langues ; on y a adoré tous les dieux », a écrit le Syrien Khairallah en parlant de sa patrie.Cette bande de territoire située entre le renflement montagneux de l\u2019Anatolie et les plaines de la vallée du Ml est un lieu de passage par excellence.S\u2019articulant au nord et à Test à l\u2019Asie, au sud à l\u2019Afrique, baignée par la Méditerranée, cette mer intérieure de l\u2019Europe, elle jouit d\u2019une position privilégiée ; c\u2019est un carrefour entre trois continents.Les peuples qui l\u2019ont tour à tour habitée ou conquise se sont plus à commémorer leur souvenir sur les parois granitiques qui encaissent la vallée d\u2019un petit fleuve situé non loin de Beyrouth, le Nahr El Ivelb (fleuve du chien).On y voit, côte à côte, des inscriptions assyriennes, égyptiennes, romaines, arabes, turques et deux françaises.Il eût pu y en avoir trois.Mais les premiers Français venus dans la région ont négligé d\u2019y marquer leur trace de cette façon.Ils ont signalé autrement leur passage.Dans de nombreuses régions de Syrie, notamment dans les montagnes du Liban, se dressent, en effet, des ruines imposantes \u2014 églises ou châteaux forts \u2014 parfois très bien conservées encore ; ce sont les restes des constructions édifiées par les Croisés français.Au printemps de 1099, après avoir été quelque temps arrêtée par le siège d\u2019Antioche, l\u2019armée de Godefroy de Bouillon atteignit les premiers contreforts du Liban.Le vieux chroniqueur Guillaume de Tyr raconte qu\u2019à leur surprise, ses compagnons 132 La France en Syrie virent arriver à eux « une manière de gents moult hardies et preuz ès armes et maint granz secours avoient fet à nos cres-tiens ».C\u2019étaient les Maronites, un petit peuple de la région qui, converti depuis longtemps au catholicisme et préservé des hérésies monophysites par son patron, saint Maron, venaient se joindre aux rangs des Croisés pour délivrer avec eux le tombeau du Christ.Jérusalem, une fois conquise, les Croisés s\u2019installèrent en Palestine et en Syrie, où ils fondèrent les Etats latins d\u2019Orient.Le Liban, entre autres, se trouvait réparti entre le Comté de Tripoli, échu à Raymond, Comte de Toulouse, et les Seigneuries de Baruth (Beyrouth), attribuées à Foulques de Guignes, et de Sagette (Saïda), fief d\u2019Eustache Grenier.Et c\u2019est ainsi qu\u2019au début du XlIIe siècle s\u2019installèrent en Svrie les Puv Laurent, *y\t*/ les Larminat, les Roncherolles et tant d\u2019autres vieilles familles françaises.Souvent même des appellations de localités données par les Croisés se sont perpétuées jusqu\u2019à nos jours, à peine déformées par la prononciation arabe : ainsi Belment pour Beaumont, Bozit pour Beau-Site, El Mouniteirah pour le Moinestre.Grands architectes, les Croisés francs couvrirent de leurs constructions les territoires conquis.Au nord du Comté de Tripoli, se dressait la forteresse de Margat, placée en avant-garde sur une hauteur surplombant la plaine.Châteaux forts et église de Tortose et surtout le fameux Krach des Chevaliers, à Kalaat-El-Hossun, veillant comme une formidable sentinelle sur l\u2019entrée de la vallée de l\u2019Oronte.Avec leurs fossés, leurs tourelles, leurs échauguettes, leurs machicoulis, ces châteaux forts comptent parmi les exemples les plus complets et les plus intéressants de l\u2019architecture française au moyen âge.C\u2019est en Syrie qu\u2019il faut aller les chercher.jHpHH 133 Revue Dominicaine Croisés et Chrétiens indigènes vécurent ainsi près de deux siècles côte à côte.De cette longue existence en commun est née une sorte de fusion de deux civilisations qui ne s\u2019étaient encore rencontrées que pour se combattre.D\u2019où cette curieuse civilisation franco-syrienne qui eut son heure d\u2019éclat et de prospérité.Peu à peu, les Croisés, qui épousaient parfois des femmes du pays, finirent par adopter certains usages des Orientaux, tandis que ceux-ci de leur côté furent influencés par les manières de penser et d\u2019agir importées d\u2019Europe.Mais Jérusalem devait retomber entre les mains des « Infidèles ».En 1187, le Sultan Saladin réussit à reprendre la Ville Sainte.Ce fut le commencement du déclin des Etats latins.Cependant les Croisés résistèrent plus longtemps en deux points : dans l\u2019île de Chypre, grâce à la mer, au Liban, grâce à la montagne.La légende veut qu\u2019en 1250, lorsque saint Louis, à la suite de sa captivité en Egypte, approcha de Saint-Jean d\u2019Acre, de nombreux chrétiens du Liban vinrent lui offrir leurs services, comme l\u2019avaient fait leurs ancêtres un siècle et demi auparavant pour Godefroy de Bouillon.Le roi de France aurait même adressé au Patriarche des Maronites une lettre dont l\u2019authenticité peut inspirer quelque cloute, ou du moins la forme sous laquelle on a l\u2019habitude de la citer : « Nous sommes persuadés, aurait-il écrit, que cette nation que nous trouvons établie sous le nom de Saint-Maron est une partie de la nation française.En conséquence, il est juste que vous et tous les Maronites jouissiez de la protection dont les Français jouissent auprès de nous ».L\u2019échec de la tentative de saint Louis allait hâter la chute des colonies françaises en Syrie.Le cercle se resserrait petit à petit autour des montagnes libanaises, solidement fortifiées, où 134 La France en Syrie les Croisés s\u2019acharnaient à résister aux attaques des Sarrazins.Le Krack des Chevaliers tomba devant de furieux assauts en 1270, puis Margat, Tripoli, Sagette suivirent, et enfin Baruth, dernier bastion, céda à son tour en 1291.Après deux siècles, la domination des Croisés au Liban ne fut plus qu\u2019un glorieux souvenir.Mais ce souvenir n\u2019était pas près de s\u2019effacer.Matériellement, il restait perpétué par les imposantes ruines des forteresses que l\u2019on admire encore aujourd\u2019hui, de même qu\u2019il demeurait profondément gravé dans le cœur reconnaissant des populations chrétiennes.D\u2019après les légendes sjœiennes, pendant longtemps les chrétiens indigènes attendirent le retour de leurs libérateurs.Du haut des montagnes, ils guettaient la mer espérant que les navires étrangers aperçus au loin ramenaient vers eux des guerriers francs.Leur espoir fut déçu.Et quand après trois siècles des Français revinrent dans ces régions, ce n\u2019étaient plus des guerriers, mais des missionnaires.Telle avait été l\u2019une des conséquences de l\u2019alliance inattendue entre le roi très chrétien François 1er et le chef des Infidèles, Soliman le Magnifique, rapprochée par un commun désir d\u2019abattre la maison d\u2019Autriche.Les premières « Capitulations » signées dès 1535, mais précisées et élargies en 1603 par Henri IV, accordaient aux sujets du roi de France, non seulement la liberté de navigation et de commerce, mais aussi le droit de pratiquer sans empêchement leur religion.Ce sont là les textes qui devaient former la base de protectorat de la France sur les Chrétiens d\u2019Orient.Peu à peu, ils furent interprétés dans un sens extensif et l\u2019usage fut admis qu\u2019à la France, et à elle seule, était dévolu un droit de protection sur tous les missionnaires catholiques 135 Revue Dominicaine du Levant, quelle que fut leur nationalité.Ce privilège devait peu à peu être étendu à la protection des chrétiens indigènes eux-mêmes.C\u2019est ce qui permit aux missionnaires, jusque-là établis aux seuls alentours des lieux saints, d\u2019arriver en Syrie.Dès 1625, Franciscains, Capucins, Jésuites, Carmes fondent des maisons et des institutions à Baruth, Seide, Tripoli et Damas.Si tous étaient protégés de la France, la majorité étaient Français.Souvent ils étaient les médecins des corps aussi bien que des âmes, tel le P.de Saint-Sylvestre, Carme, qui parcourait les montagnes en portant sur son dos les objets nécessaires à la célébration du culte et aussi quelques remèdes afin de tenter de consoler et de guérir à la fois.Ces missionnaires furent suivis par des commerçants dont les capitulations autorisaient également l\u2019installation dans ces parages.Rivalisant avec les Génois et les Vénitiens, les Marseillais s\u2019établirent à leur tour dans les « Echelles du Levant », à Constantinople, Smyrne, Tripoli, Baruth, Sagette.Bientôt la « Bannière de France » règne en maîtresse dans les eaux du Levant et à Marseille échut en quelque sorte le monopole du commerce de l\u2019Orient.Les négociants français y achetaient surtout de la soie sous toutes ses formes \u2014 cocons, filés, tissus ¦\u2014 qui constituait la principale richesse de la région, mais aussi des laines, des raisins secs, des huiles et en échange ils vendaient des draps, du papier et différents objets manufacturés.Pour les protéger, la France établit des consuls dans les ports ou le commerce était le plus actif.Missionnaires et marchands reprenaient ainsi, les uns dans le spirituel, les autres dans le temporel, l\u2019œuvre des Croisés, si bien qu\u2019au début du XVIIe siècle, s\u2019appuyant sur cette double 136 La France en Syrie base, Pinfluence de la France en Orient était considérable.C\u2019est an point que tout étranger quel qu\u2019il fut, était appelé un « franc » \u2014 « frangi » \u2014 dénomination qui devait subsister jusqu\u2019en ces dernières années.Kapports des consuls et relations des missionnaires signalaient également rattachement que continuaient à professer pour la France les Chrétiens du Liban, les Maronites, et le besoin qu\u2019ils éprouvaient d\u2019une assistance de sa part pour préserver leur foi au milieu des vexations dont ils étaient l'objet.C\u2019est ce qui amena Louis XIV à leur faire délivrer, le 28 avril 1649, des « lettres de protection » leur accordant une « spéciale sauvegarde » et enjoignant à son ambassadeur et à ses consuls au Levant de les « favoriser de leurs soins, office et protection ».C\u2019était une faveur d\u2019un prix particulier qui plaçait les Maronites au premier rang des protégés de la France.Louis XIV fit davantage encore en leur faveur.En 1662, sur la recommandation des missionnaires, par des lettres patentes en bonne et due forme, il confiait les fonctions du consul de France à Baruth, au chef d\u2019une grande famille maronite, Abou Xaufel El Khazen.A la mort de celui-ci, son fils lui succéda, puis son petit-fils et son arrière-petit-fils, si bien que pendant un siècle, de 1662 à 1758, au cours de quatre générations, c\u2019est la famille libanaise des Khazen qui a défendu les intérêts de la France à Baruth.Elle avait le droit d\u2019arborer le drapeau français sur sa demeure et de faire figurer les fleurs de lis dans ses armes.Il n\u2019est pas de plus éclatant témoignage de la confiance que les rois de France accordèrent aux chrétiens de Syrie.Les descendants de cette famille, qui comptèrent toujours parmi les plus fermes soutiens de l\u2019influence française, surent se montrer dignes de leurs ancêtres.Pendant la dernière guerre, 137 Revue Dominicaine deux d\u2019entre eux ont payé de leur vie leur attachement aux traditions de leurs aïeux.Accusés de trahison par les Turcs, ils furent pendus en 1916.Leur mort en martyrs est l\u2019héroïque aboutissement d\u2019un long passé de dévouement à la cause française et clôt d\u2019une façon tragique l\u2019histoire des Khazen, les premiers consuls de France à Baruth.L\u2019influence française ayant pour origine le protectorat des catholiques, c\u2019est naturellement sur le terrain religieux, dans les relations entre les représentants de la France et les chefs des communautés indigènes \u2014 le Patriarche maronite en particulier \u2014 que celle-ci se faisait le plus nettement sentir.Molesté par les autorités turques, le Patriarche faisait appel à la protection des consuls de France établis dans les villes voisines, ou de l\u2019ambassadeur à Constantinople, ou même parfois, dans sa détresse, au roi lui-même.C\u2019est ainsi qu\u2019en 1700 un de ses envoyés remettait à Versailles un mémoire où il était demandé, entre autres, l\u2019octroi d\u2019une bannière de France « afin de montrer à nos ennemis que nous sommes sous sa protection ».La mort de Louis XIV fut profondément ressentie au Liban.« Ma langue et ma plume, écrivait au Régent le Patriarche, sont impuissantes à décrire la douleur et l\u2019inquiétude de tous les catholiques d\u2019Orient » Il n\u2019y eut cependant rien de changé.Tout comme sous le règne précédent, la France continua d\u2019assurer la sauvegarde des chrétiens du Levant, de ceux de Syrie en particulier.Le 12 août 1737, Louis XV renouvelait les « Lettres de protection » accordées par son bisaïeul près d\u2019un siècle auparavant, en enjoignant à ses représentants de « favoriser de tous leurs soins et offices 138 La France en Syrie le Patriarche maronite et ceux de sa nation.afin qu\u2019ils puissent exercer librement leur culte ».Pour faire entendre plus facilement ses demandes et plaider la cause de ses ouailles sans avoir besoin d\u2019envoyer de temps à autre un délégué à Versailles, le Patriarche décida même, en 1771, d\u2019avoir à la cour du roi de France un représentant permanent.De son côté, Louis XVI revint à l\u2019ancienne tradition, interrompue depuis une vingtaine d\u2019années, en nommant de nouveau un Maronite au poste de consul de France à Baruth.L\u2019exercice du protectorat catholique en Orient et son corol laire, le développement de l\u2019influence française en Syrie, avaient ainsi atteint leur plein épanouissement quand la tourmente révolutionnaire qui secoua la France dans son tréfonds vint lui faire rompre quelque temps ses plus anciennes et ses plus chères traditions.Elles répondaient cependant tellement à son sentiment et à ses intérêts que, dès la tourmente passée, quand la France se retrouva tant soit peu elle-même, elle s\u2019empressa de les reprendre.Aussi voit-on le Comité du Salut public recommander au premier ambassadeur de la République à Constantinople de revendiquer tous les privilèges inhérents à l\u2019ancienne protection de la France sur les Chrétiens d\u2019Orient.Allant plus loin, et faisant preuve d\u2019une très juste connaissance de la psychologie de l\u2019Islam, le Directoire déclarait dans ses instructions : « Le zèle que atous apporterez à protéger la religion ne peut vous mériter que de la considération, même auprès des Musulmans ».Peu après, lorsque l\u2019Egypte, une fois conquise, Bonaparte s\u2019avança vers la Syrie, il eût voulu se ménager le concours des populations chrétiennes.Mais elles étaient quelque peu hésitantes devant ce jeune général issu d\u2019une révolution qui avait 139 Revue Dominicaine déclaré la guerre à la religion.Aussi l\u2019envoyé du Patriarche du Liban lui dit-il : « C\u2019est pour nos frères les Français que nous sommes venus, et non pour vous qui persécutez l\u2019Eglise catholique ».A quoi Bonaparte aurait répondu : « Moi aussi, je suis catholique romain et vous verrez que par moi l\u2019Eglise s\u2019étendra au loin ! » Un moment rompue, la chaîne des traditions françaises en Syrie est désormais solidement et définitivement renouée.La France y étend son influence en protégeant, au nom de l\u2019humanité, les minorités opprimées et en développant son commerce.Les malheureuses populations chrétiennes du Liban ne cessaient d\u2019être persécutées ; mais aux Turcs, s\u2019étaient substitués de nouveaux ennemis, leurs voisins, les Druses, population pratiquant une religion assez mystérieuse et dont l'antagonisme devenait de plus en plus violent.En 1842, à la suite de quelques incidents sanglants, la France tenta sans succès d\u2019intéresser l\u2019Europe au sort des Chrétiens.Mais en 1860, de véritables massacres ayant ensanglanté le Liban, Napoléon III, ne voulant pas se laisser arrêter par les lenteurs des négociations entre puissances européennes, courut au secours des opprimés.Un corps expéditionnaire fut rapidement constitué et expédié sous la direction du général de Beaufort, qui apparut aux populations de Syrie comme un nouveau Godefroy de Bouillon.Après le rétablissement de l\u2019ordre, au prix de la vie de quelques centaines de soldats français, le Liban fut doté d\u2019un statut spécial pour éviter le retour de pareils événements.Il était érigé en province autonome, administrée par un gouverneur ottoman, mais qui devait être chrétien et agréé par les Puissances garantes du nouveau statut : France, Angleterre, Russie.Toutes trois avaient un droit de regard sur l\u2019administration du 140 La France en Syrie Liban par le canal de leurs représentants à Baruth mais en fait, la situation prépondérante de la France n\u2019était pas contestée.La guerre de 1914 fut pour la Syrie une cruelle catastrophe.Province de l\u2019Empire ottoman, elle fut contrainte de prendre les armes contre les Alliés.Ceux-ci, de leur côté, durent la considérer comme un territoire ennemi et en faire le blocus.Saignée à blanc, affamée et, plus encore, traitée en suspecte par les Turcs, elle connut des jours tragiques.Les amis de la France étaient persécutés : Mgr Chébli, archevêque de Beyrouth, déporté au loin, mourût en prison, les frères Khazen étaient pendus, pour ne citer que des exemples.Mais dès 1917, l\u2019armée britannique, après avoir repoussé les attaques turques sur le Canal de Suez, commençait à menacer les confins de la Palestine.Pour que la France ne fût pas absente d\u2019une campagne entreprise dans des régions où elle avait toujours joué un rôle glorieux, un détachement de ses soldats fut invité à se joindre à ceux de la Grande-Bretagne.C\u2019est de concert qu\u2019en été 1918, ils prirent Jérusalem, envahirent la Syrie et occupèrent Beyrouth et le Liban.La victoire devant, peu après, libérer l\u2019armée française qui jusque-là s\u2019acharnait à défendre héroïquement son sol national, les troupes britanniques se retirèrent l\u2019année suivante pour faire place à celle de leurs Alliés.Enfin, le 24 juillet 1922, le Conseil de la Société des Nations attribuait au gouvernement français le mandat sur la Syrie.* * Cette décision était un hommage rendu aux longs et méritoires efforts de la France dans ce pays.Il eût été profondément injuste qu'ils fûssent restés stériles.Car elle y occupait une 141 Revue Dominicaine place dont elle pouvait être légitimement fière et qui constituait le fruit de sa fidélité à une généreuse tradition.Au cours des siècles, l\u2019action de la France s\u2019était amplifiée et transformée.Par un enchaînement naturel, la défense de la religion l\u2019avait amenée à se faire le protecteur des faibles et à chercher à répandre la civilisation.C\u2019est ainsi qu\u2019elle avait accompli en Syrie une œuvre morale et matérielle qui est un des plus beaux exemples de pénétration pacifique.Son prestige était fondé autant sur sa propre activité que sur la sympathie qu\u2019elle avait su s\u2019attirer de la part des habitants.En cela, la France a, en grande partie, bénéficié de l\u2019œuvre des missionnaires.Là, comme ailleurs, ils lui ont rendu un immense service.Ce sont les véritables créateurs de ce que l\u2019on a pu appeler « la France du Levant » créée par leur effort patient et leur dévouement.Religieux et religieuses animés d\u2019une foi communicative et d\u2019un entier esprit de sacrifice, ont été, en même temps, sur le plan humanitaire, de grands philanthropes, sur le plan national, de grands patriotes.Aussi tous les régimes qui se sont succédé en France, de François 1er à la Troisième République, se sont fait un point d\u2019honneur de les soutenir et de les encourager.A eux est due cette magnifique floraison d\u2019hôpitaux, de dispensaires, de maternités, d\u2019orphelinats, d\u2019asiles de vieillards qui couvrent la Syrie, depuis Beyrouth jusqu\u2019à Damas et Alep.Pour leur fournir un personnel médical, les Pères Jésuites ont fondé à Beyrouth en 1885 une Faculté de Médecine et de Pharmacie dont les élèves se sont répandus au loin, jusqu\u2019en Perse et au Soudan.Et toute cette admirable œuvre hospitalière est sortie de la modeste hotte que le Père de Saint-Laurent portait sur son dos en 1630.142 La France en Syrie Dans le domaine de renseignement, leur activité n\u2019a pas été moindre que dans celui de la charité.Une vingtaine de congrégations s\u2019y sont consacrés, qu\u2019il serait fastidieux de prétendre énumérer : Lazaristes, Capucins, Frères des Ecoles Chrétiennes pour les garçons, Sœurs de Saint-Vincent de Paul, Sœurs de Saint-Joseph, Dames de Sion pour les filles en sont les principales.Le tout couronné par l\u2019Université Saint-Joseph, dirigée par les Pères Jésuites, à laquelle sont annexés la Faculté de Médecine, un Séminaire oriental et une riche bibliothèque.Les laïques ayant, vers 1910, suivi cet exemple, on compte également à Beyrouth un Collège de la Mission laïque, une Faculté de Droit et une Ecole d\u2019ingénieurs, toutes deux créées sous le patronage de l\u2019Université de Lyon.Le résultat de cet extraordinaire effort, c\u2019est qu\u2019en 1914, avant l\u2019institution du mandat français, 40 000 élèves fréquentaient les écoles françaises de Syrie, ou subventionnées par la France, dont 25 000 celles du seul Liban.C\u2019est que le français est partout parlé comme la seconde langue du pays, dans la société comme dans les affaires.L\u2019élite syrienne se considère comme un prolongement de la France intellectuelle.Il y a des poètes et des romanciers de langue française en Syrie, comme il y en a en Roumanie, en Grèce ou en Egypte.C\u2019est là le patrimoine moral de la France.Pour être impondérable, il n\u2019en est pas moins considérable.Mais ses intérêts dans cette région ne relèvent pas seulement de l\u2019ordre sentimental ; ils sont également matériels.Et ceux-là ne le cèdent en rien en importance aux premiers.Dès 1860, une compagnie française a construit la première route (112 kilomètres) de Beyrouth à Damas.Par la suite, les autres le furent également par les soins d\u2019ingénieurs français et 143 Revue Dominicaine la Syrie possède aujourd\u2019hui un réseau routier excellent et rela-tivement très développé.Française également la « Régie générale des chemins de fer » qui a construit et exploité les voies ferrées de Beyrouth à Damas, de Homs à Tripoli, et jusqu\u2019à Alep.De même pour le port de Beyrouth, la compagnie du Gaz, celle des Eaux et de l\u2019Electricité.Les grands établissements financiers, Banque Ottomane, Banque de Salonique, sont en grande partie alimentés par des capitaux français.La principale industrie du pays, celle de la soie, est entre les mains des Lyonnais.Le commerce dépend de Marseille, d\u2019où la Compagnie des Messageries Maritimes envoyait ses bateaux se rejoindre à Beyrouth au moyen de deux lignes passant l\u2019une par le nord, l\u2019autre par le sud de la Méditerranée.L\u2019attribution à la France du mandat sur la Syrie n\u2019a donc pas été le résultat d\u2019une décision prise au cours de laborieuses négociations.Elle a été l\u2019aboutissement logique d\u2019un long et glorieux passé, la simple reconnaissance d\u2019une situation privilégiée.Les ruines des châteaux forts des Croisés, les vieux parchemins signés des rois de France pieusement conservés au Liban, les tombes des soldats de Napoléon III, les Missions catholiques avec leurs hôpitaux et leurs écoles, les chemins de fer, les filatures enfin, voilà les titres que la France aurait pu invoquer, si jamais elle avait besoin de plaider sa cause.Pendant huit siècles, elle avait protégé les Syriens, cherché à améliorer leur niveau intellectuel et matériel.C\u2019est à elle que devait revenir un jour le soin de les guider dans la voie de l\u2019indépendance.René Ristelhueber La cité permanente Le front de notre guerre est multiple.Il y a d\u2019abord le front intérieur.Même les images de la propagande parviennent à nous suggérer parfois avec assez d\u2019intelligence la solidarité étroite, à la fois réelle et mystique, qui nous attache au front de combat.Aussi bien, toutes nos énergies sont-elles mobilisées à produire l\u2019arme diverse de notre victoire.Un désir impérieux de vaincre, une foi insurmontable en la vérité humaine de notre guerre contre la barbarie \u2014 celle que l\u2019ennemi voudrait nous imposer, celle aussi que nous avions édifiée contre nous-mêmes \u2014 dépassent désormais les politiques les plus farouchement partisanes.Il faut être convaincu que cette guerre n\u2019est pas politique : il y va de la société et de l\u2019humanité.Elle doit délivrer toutes les générosités de l\u2019homme pour sauver l\u2019humain dans un monde féroce.Il y a le front de ceux qui meurent.Ceux-là, il faut les saluer avec respect.Ces jeunes qui se sont sacrifiés témoignent à leur façon avec le Christ que le plus grand amour se doit d\u2019aller jusqu\u2019à la mort.Leur héroïsme confère un surcroît d\u2019absolu à la cause où nous sommes engagés totalement.Sans absolu, il n\u2019y a pas de foi fervente.Et puis, on a toujours besoin de l\u2019héroïsme des autres : nos lâchetés à nous, après tout, ne prouveront rien contre l\u2019homme ; la grandeur des autres nous interdit de mesurer l\u2019humain aux dimensions de nos âmes médiocres.Les morts intrépides préservent un monde encore supportable à ceux qui ne font rien et n\u2019ont pas le courage de se mépriser, ceux qui critiquent dans la sécurité d\u2019un salon, ceux qui font le procès de la démo- 145 Revue Dominicaine cratie pour se venger d\u2019une civilisation menacée de crouler, et souvent par leur faute.Il y a aussi le front de ceux qui ne meurent pas.C\u2019est à eux que je pense.Songe-t-on parfois que tous ces morts anonymes dont la presse et la radio dressent la statistique affreuse étaient des êtres aimés ?J\u2019imagine cet écran de la télévision quand, pour chaque bilan des tués, surgirait l\u2019image obsédante de tant de foyers dans tous les continents où une femme dévore son mouchoir devant des enfants éperdus.Les morts, les cales coulées, les engins détruits composent le barème fluctuant de notre fortune à la guerre.Mais les morts et les disparus manquent d\u2019abord à l\u2019appel de ceux qui les aiment.Le soldat, le marin, l\u2019aviateur tués sont morts pour la patrie.Ils sont morts aussi et plus atrocement pour la mère, l\u2019épouse, les enfants, la fiancée.Les hécatombes quotidiennes dévastent des âmes et il y a une détresse innombrable dans le monde.Chaque disparu choit dans l\u2019existence de ceux qui l\u2019aiment comme la pierre qui ébranle l\u2019eau immobile et déroule des ondes infinies.Le réseau des deuils et des désespérances est plus vaste que la multitude des morts.Y a-t-il rien de plus angoissant que la hantise de ce front invisible de la douleur, l\u2019armée muette et résignée de ceux qui restent à l\u2019appel de leurs morts ?Et l\u2019espérance des morts est morte avec eux.Peut-être promis à un destin magnifique, ils ont mis quand même en jeu les virtualités généreuses de leur jeunesse.Ils ont perdu la partie et ils sont éliminés du camp terrestre.Ah ! oui, nous sommes assurés des efficaces et invisibles réversibilités qui lient leur mort au bienfait futur de notre victoire.Et, je le sais bien, dans les perspectives surnaturelles de la foi nos souvenirs peuvent se mouvoir et n\u2019étreignent pas de vains fantômes : nos fidélités 146 La cité permanente muettes continuent des dialogues mystérieux, un commerce invisible d\u2019amitié avec leurs âmes chéries.Mais toute la contingence merveilleuse de ce que nos morts auraient pu faire, de ce qu\u2019ils ne feront jamais, toutes leurs vies possibles qui auraient pu surgir de nos bonheurs, de nos détresses, de nos bontés, c\u2019est tout cela qui est mort et qui n\u2019a jamais vécu.Nous ne savons pas à combien de morts nous survivons.La Valse triste de Sibelius est une parabole macabre et son réalisme sonore présage à peine la frénésie de notre désespoir quand nous prendrons conscience que nous aussi nous valsions avec la mort.La civilisation qui a enfanté l\u2019homme moderne ne l\u2019a guère familiarisé avec l\u2019imposture de la mort, cette intruse qu\u2019on n\u2019avait pas invitée ; et elle est venue tout à coup démasquer tous les bonheurs postiches qui l\u2019enchantaient.Tout conspirait à faire croire à l\u2019homme moderne que sa cité était permanente.On a fait de lui un homme de désirs, de désirs aveugles et effrénés.Il y a longtemps que la morale sociale a remisé le mythe platonicien, comme une voiture démodée : le cœur et l\u2019appétit attelés au char de l\u2019existence humaine et dont l\u2019esprit tenait les rênes.La royauté de la raison humaine sur les impulsions du désir, intronisée par Aristote dans la philosophie grecque, avait eu pourtant son sacre chrétien au glorieux moyen âge.Cette alliance du génie grec et du spiritualisme chrétien a enfanté un ordre de culture et suscité la tradition des humanismes les plus purs qui ont honoré l\u2019histoire de l\u2019humanité.Mais notre âge d\u2019émancipation a renié cet héritage de tempérance et de sagesse.Incontrôlés, plus vite incontrôlables, insurgés contre toute domination intérieure et objective, les désirs ont déchaîné la meute des besoins et les besoins ont imposé à la terre de les satisfaire.Toujours plus de luxe, encore plus de production, plus de pros- 147 Revue Dominicaine périté et plus de conquêtes, parce que le citoyen peut jouir insatiablement, parce que l'Etat peut être toujours plus grand et que les points cardinaux débordent encore son hégémonie.Cette guerre-ci et l\u2019autre \u2014 la Grande \u2014 ne sont que deux moments d'une même banqueroute de l\u2019esprit.L'esprit humain a failli à sa norme grandiose de régir la création et il ne se meut plus sur le chaos turbulent des désirs.J\u2019ai peur, j\u2019ai effroyablement peur de songer à toutes les puissances de révolte et de furie désespérée qui se peuvent déchaîner dans le coeur d\u2019un homme quand il réalise la duperie de son existence tragique.Dominé par une guerre A^engeresse et la plus meurtrière, croyez-vous qu\u2019il puisse ainsi placidement confronter la mort qu\u2019il s\u2019est obstiné à méconnaître, à haïr ?Emporté dans la tourmente d\u2019un monde voué avec évidence à la destruction, que ne pourrait inventer l\u2019homme affamé de délices contre l\u2019homme acharné à saccager son paradis terrestre ?L\u2019heure n\u2019est plus aux illusions et nous sommes les témoins d\u2019un renversement copernicien où chavirent enfin toutes ces mystiques monstrueuses orientées vers la terre par je 11e sais quel géocen-trisme spirituel, plus amer encore qu\u2019aberrant.Nous qui sommes chrétiens, nous sommes équipés pour le sauvetage de ce monde en débâcle, et c\u2019est le moment de libérer ATers lui la mystique de notre espérance théologale, comme la colombe hors de l\u2019arche.Avec plus d\u2019instance que les autres, sont convoquées à cette mission rédemptrice les âmes douloureuses dont je parlais à l\u2019instant, amputées par la guerre de leurs affections les plus vives.La terre, dépeuplée de ceux qu\u2019ils aimaient, leur sera moins délectable, et moins que les autres ils auront de peine à s\u2019en détacher.Du reste, cette apocalypse de notre vingtième siècle n\u2019est pas pour nous un scandale.Nous 148 ILVilO NUMÉRIQUE Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 Bibliothèque et Archives nationales Québec ES ES ES ES tournent à 1 école Des prédicateurs qui re Pas de tout jeunes, pas des novices.Plutôt de vieux routiers, des hommes d\u2019expérience.Pour le constater, il suffit de jeter les yeux sur la classe : les têtes chauves ou grisonnantes y sont nombreuses.Tous ces grands écoliers sont sages.Ils suivent avec un intérêt soutenu, malgré la chaleur réputée de Washington en juillet, les cours de vacances donnés par des experts en prédication.Tous désirent perfectionner leur technique et rendre ainsi leur apostolat plus efficace.C\u2019est pour cela qu\u2019au nombre d\u2019une soixantaine ils ont sacrifié leurs loisirs et se sont inscrits au « Preachers\u2019 Institute » de l\u2019Université Catholique de Washington.Orateur sacré de grande réputation, le Père Ignatius Smith, O.P., a fondé et dirige depuis onze ans cet Institut qui s\u2019honore d\u2019avoir formé plusieurs éminents prédicateurs américains, Mgr Fulton G.Sheen entre autres.Les succès déjà obtenus s\u2019expliquent par la compétence des professeurs et surtout par leur juste conception de ce que doit être la prédication.Pas de charlatanisme chez eux.Nulle trace de cette prétention folle qui espère former des prêcheurs en se contentant de leur enseigner des trucs, neufs ou stéréotypés, des recettes mécaniques.C\u2019est l\u2019esprit apostolique qui importe avant tout.Les pasteurs d'âmes doivent être eux-mêmes convaincus à fond des vérités évangéliques s\u2019ils veulent convaincre leurs auditeurs.Il leur faut vivre eux-mêmes selon l\u2019idéal chrétien pour espérer voir leurs auditeurs en vivre à leur tour.Toutefois, cet élément fondamental, pour essentiel qu\u2019il soit, ne suffit pas.Le seul fait d\u2019entretenir en soi des convictions 159 Revue Dominicaine solides ne garantit pas le succès dans la difficile tâche de convaincre, de plaire, d\u2019instruire.A moins, évidemment, de posséder comme le saint curé d\u2019Ars une sainteté personnelle tellement manifeste qu\u2019il suffise de monter en chaire pour émouvoir et convertir même ceux qui sont trop loin pour entendre.Le commun des prédicateurs a besoin de Yart de la parole sacrée pour prêcher avec fruits.Ceux qui enseignent cet art à Washington insistent beaucoup sur la facture du sermon.Celui-ci ne doit ressembler en rien à un entonnoir où l\u2019on jetterait en vrac mille pieuses réflexions.Le bon sermon est celui où tous les développements, toutes les phrases et même tous les mots tendent à un but unique : « One aim ».Il arrive parfois que les fidèles sortent de l\u2019église enchantés et s\u2019en vont répétant : « Quel beau sermon », sans pour cela être le moins du monde transformés.Demandez-leur de vous répéter un peu ce qui a été dit, ils seront bien embarrassés.Ils auront peut-être entendu une pseudo belle pièce d\u2019éloquence, mais n\u2019ayant pas été convaincus, ils retourneront ù leurs péchés favoris.Si, au contraire, en regagnant leurs foyers, ils ruminent le texte et décident de changer certaines habitudes dans leur vie, le sermon a été un succès.L\u2019orateur n\u2019a pas seulement instruit et plu, il a persuadé.Il n\u2019a pas seulement ravi l\u2019esprit, les yeux et les oreilles, il a touché les volontés et les cœurs.Comme dans le cas précédent les auditeurs seraient peut-être bien incapables de retrouver le fil de l\u2019argumentation.Mais la différence demeure grande : elle réside en ceci que les fidèles ont pris de bonnes résolutions.160 Des prédicateurs qui retournent à l\u2019école « Oui ! c\u2019est vrai, se dira l\u2019un, il faut que je communie plus souvent.Ce soir j\u2019irai à confesse.je ne m\u2019en apercevais guère, mais j\u2019étais en train de périr d\u2019anémie ».Et un autre : « Non ! je ne puis pas continuer cette vie double.A n\u2019importe quel moment Dieu peut m\u2019appeler à paraître devant Lui.Quel ne serait pas mon embarras ! Quels regrets éternels !.je ne me rendrai pas à tel rendez-vous ce soir.et ce sera le commencement de la fin de cette pitoyable aventure.» * * * Même s\u2019il jaillit de convictions profondes, même s\u2019il s\u2019oriente tout entier vers un seul but pratique, le sermon perd presque toute son efficacité, s\u2019il n\u2019est pas bien donné.D\u2019où l\u2019importance de tous les moyens d\u2019expressions : attitudes, ton, volume et port de voix, gestes.A la radio, un annonceur, un narrateur ou un conférencier dépourvu de certaines qualités perd automatiquement son auditoire.A l\u2019église, l\u2019auditoire reste, bon gré, mal gré.Mais souvent il n\u2019y a plus là que des corps.Les âmes sont parties.Sans fracas, sans même avoir à tourner un bouton quelconque, elles se sont évadées.Une fois absentes, elles vagabondent à travers de fugitives rêveries.Ou encore elles retournent à leurs préoccupations habituelles : transactions commerciales, budget familial ou recettes de cuisine.L\u2019orateur n\u2019a plus devant lui que des coques de chrysalides ; les papillons se sont envolés.Comment capter l\u2019attention et la garder ?Comment maintenir fixé sur une vérité austère, pendant quinze à vingt minutes, l\u2019esprit mobile de ces gens habitués à n\u2019envisager à cœur de jour que des questions concrètes ?Problème ardu.Des prêtres, même travailleurs et bien intentionnés, arrivent difficilement à le résoudre seuls.Ils s\u2019aper- 161 Revue Dominicaine çoivent bien que l\u2019auditoire leur échappe au bout de quelques minutes, mais ils ne savent pas pourquoi.Ceux qui suivent le cours de Washington ne tardent pas à connaître leurs principales déficiences.On les leur signale avec une franchise qui paraîtrait impertinente, si elle n\u2019était inspirée par une charité toute sacerdotale.A diverses reprises pendant les six semaines, devant ses confrères et les Pères professeurs, l\u2019étudiant prononce un sermon de cinq ou de dix minutes.Sur une feuille spéciale chaque auditeur note ses impressions.Rien de compliqué.A mesure que le sermon se déroule, chacun n\u2019a qu\u2019à placer de petites croix devant les défauts inscrits en miméographie sur la feuille : « Trop fort.\u2014 Trop faible.\u2014 Laisse tomber la fin des phrases, \u2014 Se tient mal.\u2014 Mauvais gestes.\u2014 Parle de la gorge.\u2014 Parle du nez.\u2014 Pas de vie.\u2014 Ton trop élevé.\u2014 Monotonie.\u2014 Emphase déplacée.\u2014 etc., etc., » L\u2019après-midi même, on remet au prédicateur son portrait oratoire non retouché.Le pauvre homme qui s\u2019est esquinté à composer un sermon, puis à l\u2019apprendre par cœur et à le donner devant l\u2019un des auditoires les plus exigeants qu\u2019on puisse rencontrer, apprendra peut-être que 40 ou 50 petites croix se sont alignées, à propos de son essai, devant : flat, dead.Nul doute que le malheureux passerait par une crise de découragement, si les professeurs n\u2019étaient là pour lui indiquer comment se débarrasser des principaux défauts qui ont causé l\u2019échec.L\u2019aspirant-grand-prédicateur passe par cinq studios différents.Il y rencontre l\u2019un après l\u2019autre les professeurs.Ceux-ci l'ont écouté le matin.Chacun l\u2019a observé d\u2019un point de vue particulier et lui donne des conseils appropriés.« Reprenez donc votre deuxième point en essayant de faire attention à ceci.Non ! pas 162 Des prédicateurs qui retournent à l\u2019école comme cela.Essayez plutôt tel procédé.Vous n\u2019y êtes pas encore ! Faites comme je vous dis.Bon ! voilà qui est mieux.Continuez ainsi.» Après tous ces exercices, l\u2019étudiant est invité à redonner devant un micro le même sermon que le matin, mais en essayant de tenir compte de toutes les remarques qui lui ont été faites.Une machine perfectionnée enregistre sur disque le nouveau débit.Tout de suite après, le disque est joué et l\u2019orateur s\u2019entend lui-même.Non pas tel qu\u2019il peut s\u2019écouter habituellement alors qu\u2019avec les sons extérieurs de sa voix il entend aussi les résonances produites dans son propre appareil vocal, mais bien tel qu\u2019il est entendu par les auditeurs.Projection tout objective où l\u2019intéressé peut se juger comme s\u2019il jugeait un autre et déceler ses points faibles aussi bien que ses qualités.Dès le deuxième sermon, les professeurs se montrent plus exigeants.Il n\u2019est pas rare que le directeur arrête l\u2019orateur en pleine envolée et lui dise prosaïquement : « Plus bas !.Prenez plus bas tout en augmentant le volume.Je vais sortir de la salle et je veux pouvoir vous entendre, sur ce nouveau ton-là, du parterre où je vais ».Le candidat ne peut réussir le tour de force de se faire entendre au loin sur un ton normal s\u2019il ne sait pas respirer.Advenant un échec, le directeur rentrant dans la salle conseillera de répéter souvent les exercices de respiration diaphragmatique déjà exécutés en classe.Quand, d\u2019aventure, l\u2019étudiant prend un ton ampoulé et se lance dans de ronflantes périodes, il se voit brusquement interrompu.Au moment, par exemple, où il s\u2019écrie avec emphase : « Un jour que Notre-Seigneur prêchait sur les bords du lac de Tibériade.», il entendra le Père Smith interroger : « Où ?» Aussi- 163 Revue Dominicaine tôt il redira, mais sur un ton naturel cette fois : « .sur les bords du lac de Tibériade.» Le Père Smith reprendra : « Gardez cette manière-là.Variez les intonations comme vous le faites quand vous parlez à un ami.Chaque auditeur doit avoir l\u2019impression que vous causer avec lui, non que vous parlotez devant lui ».^ ^ ^ Un ton agréable, des gestes naturels, une attitude digne, de l'émotion, des idées qui s\u2019enchaînent et tendent à déclencher une résolution pratique chez l\u2019auditeur, tout cela réuni \u2014 les professeurs ne cessent avec raison de le rappeler \u2014 ne fait pas l\u2019orateur sacré.Pour emporter l\u2019adhésion concrète de l\u2019auditeur tout cela doit être l\u2019épanouissement d\u2019une conviction personnelle inébranlable, d\u2019une vie d\u2019intimité avec le Christ Jésus.Un des professeurs disait un jour : « Pensez à la perfection technique qui caractérise le jeu de certains acteurs de vaudeville.A chaque représentation ils disposent d\u2019un temps déterminé, par exemple 7 minutes, pour présenter leurs tours de passe-passe, d\u2019acrobatie ou leur sélection de chants populaires.Ils savent bien qu\u2019il ne leur est pas permis de perdre une seule seconde de ces courtes minutes.Dès l\u2019entrée en scène, il leur faut capter l\u2019attention et, durant tout le programme, maintenir l\u2019intérêt.Si l\u2019auditoire demeure insensible, le gérant qui observe dans les coulisses ou à l\u2019arrière du théâtre les réactions de la foule, saura congédier la semaine suivante le chanteur ou l\u2019acteur ennuyant.Celui-ci, par crainte d\u2019une pareille sanction, soumet ses muscles ou ses cordes vocales à de longs et pénibles exercices.Aurions-nous une moindre conscience professionnelle ?Ferions-nous fi des sanctions spirituelles qui nous menacent ?Nous n\u2019avons que dix ou quinze pauvres minutes pour donner à nos gens la lumière 164 Des prédicateurs qui retournent à l\u2019école qui les éclairera pour une semaine.Quelle responsabilité, si, faute de préparation, de travail assidu, nous perdions ce précieux temps en radotages, employant dix phrases quand une suffirait, et redescendant de chaire sans savoir nous-mêmes d\u2019une façon précise ce que nous avons voulu dire.Dieu nous a confié un message à transmettre aux âmes.Travaillons jusqu\u2019à l\u2019épuisement s\u2019il le faut pour que ce message divin parvienne à ses destinataires.Impendam et superimpendar ».* * * Nos séminaires et nos scolasticats ont donc raison d\u2019accorder, comme on le fait aux Etats-Unis, une importance croissante aux cours d\u2019éloquence sacrée.Aujourd\u2019hui plus qu\u2019autrefois l\u2019apôtre est tenu de bien parler, car aujourd\u2019hui plus qu\u2019autrefois le prêtre soutient une sérieuse concurrence.Il y a une quarantaine d\u2019années la chaire n\u2019avait comme rivale \u2014 et encore seulement de temps à autre \u2014 que la tribune parlementaire et les « hustings ».Aujourd\u2019hui, à cause du cinéma parlant et de la radio, nos gens entendent à cœur de jour des experts diseurs.Comment espérer que dans l\u2019église ils ne fassent pas la comparaison entre l\u2019orateur sacré et les techniciens profanes de l\u2019art oratoire qu\u2019ils entendent si fréquemment.Le prêtre d\u2019aujourd\u2019hui encore plus que celui d\u2019hier se doit donc de développer tous les talents de parole que le bon Dieu lui a donnés afin de porter jusqu\u2019aux âmes le pain de vérité dont elles ont absolument besoin pour vivre.Marcel-Marie Desmarais, O.P.165 Directives pratiques Notes de théologie pastorale Notion familière de Voraison1 Cette notion est-elle inaccessible à l\u2019enfance ?.Sons la plume des théologiens, la notion d\u2019oraison s\u2019exprime généralement par la terminologie de l\u2019école ; elle s\u2019accompagne chez plusieurs des particularités qu\u2019elle peut revêtir, selon les états d\u2019âme et les différents progrès dans la perfection.En elle-même, elle est beaucoup plus simple.Pour nous servir d\u2019un langage facilement intelligible aux enfants normalement développés, nous pouvons leur faire comprendre que prier, c\u2019est parler à Dieu.Tout de suite, se présente à leur esprit la pensée d\u2019une conversation avec l\u2019une ou l\u2019autre des personnes qui les entourent au foyer : questions et réponses, échange de réflexions et de sentiments, exposés de besoins.Ne serait-il pas possible dès lors de leur faire comprendre que s\u2019ils doivent prononcer des paroles à haute voix pour être entendus de ceux qui les entourent, c\u2019est parce que ceux-ci ne peuvent lire dans leurs âmes, leurs pensées, leurs sentiments et leurs besoins?Mais Dieu qui pénètre tout sans qu\u2019il soit besoin de lui exprimer par des signes sensibles, gestes ou paroles, nos réflexions, nos sentiments et nos besoins, peut lire et lit de fait jusqu\u2019au plus profond de nos âmes.Rien ne demeure caché en sa présence selon les admirables expressions du Psaume CXXXIX : Seigneur tu me sondes et tu me connais, tu sais quand je suis assis ou levé, tu découvres ma pensée de loin, Tu m\u2019observes quand je suis en marche ou couché, et toutes mes voies te sont familières.1.Voir l\u2019article du même auteur : «Une cause de l\u2019indifférence religieuse chez les jeunes gens », paru en juin, pp.337-643. Directives pratiques La parole n\u2019est pas encore sur ma langue, que déjà, Seigneur, tu la connais entièrement.En avant et en arrière tu m\u2019entoures et tu mets ta main sur moi : Science trop merveilleuse pour moi, elle est trop élevée pour que j\u2019y puisse atteindre.Où aller loin de ton esprit, où fuir loin de ta face ?Si je prends les ailes de l\u2019aurore, et que j\u2019aille habiter aux confins de la mer, là encore ta main me conduira, et ta droite me saisira.Et je dis : Au moins les ténèbres me couvriront, et la nuit sera la seule lumière qui m\u2019entoure ! Les ténèbres n\u2019ont pas pour toi d\u2019obscurités ; pour toi, la nuit brille comme le jour, et les ténèbres comme la lumière.Le fait cle pouvoir parler à Dieu et de nous entretenir avec lui sans qu\u2019il soit besoin de recourir aux paroles constitue tout le fondement de l\u2019oraison, depuis les degrés les plus inférieurs jusqu\u2019aux plus élevés, depuis la condition du petit enfant à qui on demande simplement de penser au bon Dieu, jusqu\u2019à celle du grand mystique parvenu à la contemplation de simple regard.L\u2019on pourrait résumer ces explications par la définition classique de l\u2019oraison que l\u2019enfant retiendrait de mémoire quitte à pénétrer ensuite, peu à peu, le sens des mots, en eux-mêmes et en regard du contexte, à mesure que progresserait le développement de toutes ses facultés.L\u2019oraison, « c\u2019est une application de notre esprit sur un sujet de piété, afin d\u2019exciter dans la volonté de saintes affections et de fermes résolutions et d\u2019arriver par là à nous faire avancer dans la vie spirituelle ».On reconnaîtra de quel profit pourrait devenir cet enseignement pour toute la vie.Elle habituerait l\u2019homme à réfléchir, sinon chaque jour, du moins plus souvent qu\u2019au temps de l\u2019épreuve, de la retraite et des concours, sur les intérêts supérieurs de son âme.Aux jeunes gens plus instruits, elle ouvrirait le cénacle de la vie intérieure et leur en donnerait l\u2019intelligence du vocabulaire.Elle redonnerait à l\u2019activité proprement humaine de la réflexion son objet véritable et son importance.Elle rétablirait la logique de la vie et des croyances, la hiérarchie et la coordination des valeurs.167 Revue Dominicaine Reste la question de la méthode.La méthode est extérieure à l\u2019oraison : elle ne lui est pas essentielle.L\u2019homme de la rue, qui, chaque matin, en se rendant à son travail, arrête à l\u2019église saluer la présence réelle de Dieu dans le très Saint-Sacrement, lui rendre des actions de grâce, lui exposer ses besoins, implorer son assistance, 11e connaît rien des méthodes, et personne n\u2019osera contester la spontanéité et la sincérité de son oraison.Les méthodes sont des règles qu'une longue expérience aidée de la sagesse du raisonnement a démontrées comme efficaces pour fixer l\u2019attention, libérer l\u2019esprit des distractions et assurer à l'oraison les meilleurs résultats.Leur diversité serait comparable à celle des habits religieux cachant tous le même désir de travailler à sa sanctification personnelle, à la gloire de Dieu et au salut des âmes dans l\u2019état de perfection.Je reproduis de mémoire, une méthode simple et facile que je tiens de vieux auteurs.Elle peut être utile à un grand nombre d\u2019âmes, en particulier, aux jeunes gens de toute culture, étant donnée sa simplicité.Elle comprend trois parties correspondant aux procédés logiques que doit suivre l\u2019esprit humain en présence de Dieu : 1) la préparation ; 2) la considération ; 3) la conclusion.Chacune de ces trois parties se subdivise elle-même en trois autres, faciles à retenir, parce que logiquement liées l\u2019une à l\u2019autre et d\u2019une très grande fécondité.La préparation comporte : 1) le sentiment de la présence de Dieu ; 2) un profond sentiment d\u2019humilité ; 3) l\u2019invocation.La considération peut se subdiviser : 1) en discours ou raisonnement sur le sujet que nous nous sommes proposés de méditer ; 2) en affections qui attirent notre cœur vers l\u2019objet médité s\u2019il est nécessaire, ou l\u2019en éloigne si cet objet est préjudiciable à notre perfection ; 3) en résolutions qui consistent dans un ferme propos de pratiquer le bien que nous avons connu et goûté ou de fuir le mal que nous avons détesté.168 Directives pratiques La conclusion comprend : 1) la demande, afin de mettre en pratique nos résolutions et d\u2019obtenir les grâces nécessaires à notre salut et à celui du prochain selon que nous y sommes tenus par les lois de la charité ; 2) l\u2019action de grâce, pour remercier Dieu qui nous a inspiré de bonnes pensées, de saintes affections et de fortes résolutions et permis de traiter familièrement avec lui pendant l\u2019oraison ; 3) l\u2019offrande par laquelle nous offrons à Dieu notre vie, nos pensées, nos affections et nos actions pour sa gloire en union avec les mérites de Jésus-Christ, de la Très Sainte Vierge et des saints h Un seul exemple fera voir la fécondité de chacun des éléments de cette méthode.Considérons le sentiment de la présence de Dieu.Dieu est présent dans toutes les créatures qu\u2019il ne cesse de soutenir dans l\u2019existence par sa puissance, car ce n\u2019est pas un acte moindre de la puissance de Dieu de soutenir tous les êtres dans l\u2019existence, que celui de la leur donner au moment de leur création.Dieu est présent d\u2019une façon spéciale dans les créatures raisonnables par la lumière de leur intelligence qui est une image de l\u2019intelligence divine, alors que les autres créatures n\u2019en sont que des vestiges et des traces.Dieu est présent d\u2019une autre façon dans l\u2019âme chrétienne en état de grâce ; présence spéciale qui rend participant de la vie intime de la Trinité et c\u2019est trop souvent la dernière présence à laquelle nous songions.Dieu est présent à l\u2019autel, dans le très Saint-Sacrement de l\u2019Eucharistie en vertu des paroles prononcées par le prêtre sur la substance du pain et qui opèrent ce qu\u2019elles signifient ; présence spéciale encore, puisqu\u2019elle inclut la présence physique réelle du corps du Christ.1.Les éléments de cette méthode sont empruntés à un ouvrage du Rmme Père Nicolas Ridolfi, Maître Général des Frères-Prêcheurs ; cet ouvrage a été composé à Rome en 1642, pour les novices de cet Ordre.169 Revue Dominicaine Dieu est présent dans le ciel, environné de sa gloire et de la foule de ses anges et de ses saints.Cette présence inclut elle aussi celle du corps sacré du Sauveur.Voilà tout ce que peut suggérer à la réflexion d\u2019un esprit recueilli, la seule pensée de la présence de Dieu.Pour prévenir l\u2019absence de réflexion, trop souvent cause de la froideur et de l\u2019indifférence des jeunes gens en matière religieuse, initions-les dès l\u2019enfance à la pratique de l\u2019oraison.Ils en contracteront l\u2019babitude comme ils ont contracté celle de la prière du matin et du soir ; ils en reconnaîtront la nécessité comme ils reconnaissent celle de croire en Dieu.Que leur servirait, en effet, la conviction de l\u2019existence d\u2019un Dieu auquel ils n\u2019auraient jamais le temps ou ne se donneraient jamais la peine de penser ?Mais avec la connaissance et l\u2019habitude de l\u2019oraison, nous aurons assuré chez le plus grand nombre, en même temps qu\u2019une meilleure intelligence de la vie chrétienne, le poids d\u2019un minimum de réflexion qui les engagera à conformer en toutes circonstances leurs manières d\u2019agir à leurs manières de croire.A.Saint-Pierre, O.P.170 Le Sens des Faits Les deux Frères Ils étaient deux Frères qui partirent un jour, la même année.Ensemble ils avaient travaillé étroitement, l\u2019un étant alors évêque et l\u2019autre étant son vicaire général.Ils sont restés encore plus fraternellement unis, lorsque le vicaire général devint l\u2019archevêque métropolitain de son ancien évêque.Ensemble ils avaient élaboré et approfondi des projets de restauration catholique et française dans le Nouveau-Brunswick.Tous les deux vécurent assez longtemps pour voir de leur vivant leurs œuvres bellement se développer et prendre la solidité des œuvres voulues et bénies par la Providence.Tous les deux, issus du même peuple, avaient souffert profondément des misères de leurs compatriotes.Devenus tous les deux frères dans l\u2019épiscopat, Monseigneur Melanson, premier archevêque de Moncton et Monseigneur Chiasson, premier évêque de Bathurst, resteront les Pères de l\u2019Acadie nouvelle.La Sainte Ecriture nous dit qu\u2019un frère aidé par son frère est comme une ville forte.Le succès prodigieux et rapide de leurs œuvres diverses s\u2019explique par cette collaboration fraternelle et constante.Collaboration basée sur la connaissance parfaite de leur milieu et de leur peuple, sur la compréhension de besoins du moment et de l\u2019avenir, et renouvelée constamment par des convictions apostoliques.Comme les évêques du moyen âge, ils ont marché à la tête de leur peuple.Et parce qu\u2019ils avaient compris qu\u2019ils étaient les pères de leur peuple, ils étaient aussi leurs chefs.Dans la même année, en 1941, Moncton et Bathurst pleuraient le départ de ces deux chefs qui intelligemment ont donné une poussée vigoureuse à l\u2019Eglise catholique sur le territoire des Provinces Maritimes.Aujourd\u2019hui, à la même date, deux nouveaux évêques issus tous les deux de la famille acadienne, ajoutent à leur fraternité raciale, la fraternité dans l\u2019épiscopat.Tous les deux portent des noms bien acadiens : Bobichaud et LeBlanc.Tous les deux ont vécu dans l\u2019intimité de leurs prédécesseurs, sous le même toit et partageant les mêmes travaux.De sorte que l\u2019on peut dire que ce sont deux jeunes frères qui succèdent à deux frères aînés.Et 171 Revue Dominicaine c\u2019est pourquoi aussi il est permis d\u2019espérer beaucoup de ces deux nominations épiscopales.Ce qui rend les œuvres qui ont bien commencé stationnaires après quelques années de belle partance, c\u2019est le manque de continuité.Une certaine continuité est nécessaire au développement et à la durée des œuvres dont l\u2019établissement a été jugé important.La formule des « hommes nouveaux » ne doit pas nécessairement dire interruption avec le passé.Une œuvre qui dure, un peuple qui progresse, c\u2019est une œuvre qui n\u2019est pas toujours à recommencer, c\u2019est un peuple qui n\u2019a pas tous les jours à changer son orientation.Et c\u2019est ce que Rome a compris.En nommant à l\u2019archidiocèse de Moncton et au diocèse de Bathurst, deux enfants de l\u2019Acadie nouvelle, qui ont été initiés aux vastes projets d\u2019expansion catholique et française de cette partie du pays par leurs prédécesseurs immédiats, Rome assure la continuité clans l\u2019œuvre commencée.Quoique relativement jeunes, Mgr Norbert Robichaud n\u2019a que 37 ans, Mgr Camille LeBlanc, 44 ans, on peut dire qu\u2019ils sont prêts à bien remplir leurs nouvelles fonctions.Car si la charge est nouvelle, le milieu où ils l\u2019exerceront n\u2019est pas nouveau pour eux.Tous les deux sont nés au cœur même de l\u2019Acadie nouvelle, dans deux anciennes paroisses bien françaises et bien chrétiennes, Mgr Robichaud à St-Charles du comté de Kent, et Mgr LeBlanc à St-ïïenri du Barachois, comté de Westmoreland.Tous les deux ont vécu, grandi, et fait du ministère au milieu même de ce peuple qui est composé de familles aux noms des plus répandus en Acadie : LeBlanc et Robichaud.Ils sont donc unis intimement à leurs ouailles.Et cette union intime leur facilite déjà le travail.Les misères du passé, comme les aspirations du présent ont souvent fait l\u2019objet de leurs conversations au foyer du presbytère, comme dans les réunions du clergé acadien.De plus l\u2019un et l\u2019autre ont occupé un poste qui leur a permis d\u2019enrichir leurs observations personnelles sur l\u2019avenir des œuvres catholiques dans ces deux diocèses.Mgr Norbert Robichaud était depuis longtemps le secrétaire de l\u2019évêque de Bathurst, et Mgr Camille LeBlanc avait été appelé à la cathédrale de l\u2019Assomption dès l\u2019intronisation du premier archevêque de Moncton.Tous les deux ont donc ainsi vécu dans un contact constant et immédiat avec leurs deux prédécesseurs.Us connaissent parfaitement les désirs, les aspirations, les projets de leurs frères 172 Le Sens des Faits aînés dans l\u2019épiscopat acadien.Mieux encore, ils ont collaboré aux mêmes entreprises, ils ont réfléchi ensemble sur les mêmes plans d\u2019action.Et c\u2019est pourquoi je dis que ce sont deux évêques prêts à assumer leurs nouvelles fonctions.Pour toutes ces raisons, le clergé et le peuple acadiens peuvent regarder l\u2019avenir avec une confiance plus grande que jamais.Non seulement la survivance de leurs œuvres, de leurs belles traditions est assurée, mais avec l\u2019arrivée de ces deux évêques riches de leur jeunesse, riches de leur connaissance de l\u2019histoire acadienne, riches de leur expérience administrative acquise auprès de leurs deux prédécesseurs immédiats, l\u2019Eglise de l\u2019Acadie promet les plus magnifiques développements.Les œuvres créées tant dans l\u2019ordre religieux que dans l\u2019ordre social sont assurées de leur maintien et même de leur progrès.On peut s\u2019attendre aussi à ce que le grave problème de l\u2019éducation entre avant longtemps dans une phase nouvelle où les Acadiens jouiront des avantages scolaires qui leur sont dus, à titre de premiers habitants de ce pays.Forts de leur soumission respectueuse à la décision du Saint-Siège, forts de leur confiance en Notre-Dame de l\u2019Assomption, leur Patronne, forts de l\u2019appui d\u2019un clergé qui les connaît bien et les estime, les deux nouveaux Pontifes de l\u2019Acadie peuvent gravir avec confiance et avec joie les degrés de leur trône épiscopal respectif.Ils seront aidés, ils seront soutenus, ils seront appréciés.Forts enfin de leur collaboration fraternelle, ils connaîtront ces bienfaits de la coopération dans l\u2019exécution des mêmes projets à l\u2019égard de la prospérité sociale et religieuse de leur peuple.C\u2019est le cas de répéter le texte des Proverbes, mais selon la traduction de la Vulgate : « Le frère aidé par son frère est comme une ville forte et leurs décisions sont comme les verroux des cités» (Ch.XVIII, v.19).Et le 3 août 1942 quand la radio a annoncé ces deux nominations, j\u2019ai compris l\u2019universelle joie qui s\u2019est manifestée dans tous les villages acadiens comme dans les grands centres.J\u2019ai compris surtout pourquoi le Vicaire capitulaire de l\u2019archidiocèse de Moncton annonçant officiellement l\u2019heureuse nouvelle au clergé et aux fidèles, a mis l\u2019accent sur la reconnaissance.Avec tout le peuple acadien, rendons grâces à Dieu, à Notre-Dame de l\u2019Assomption et aussi à Rome pour la sagesse de ces deux nominations épiscopales.Sackville, N.-B.Marie-Vincent Masson, O.P.173 Revue Dominicaine « Devant la crise mondiale » Quarante-trois catholiques européens séjournant en Amérique ont signé récemment un manifeste intitulé Devant la crise mondiale 1, qui expose les raisons de leur attitude commune devant la guerre actuelle et la présente crise de la civilisation.Transcendant tout esprit de parti et faisant abstraction de leurs opinions personnelles sur des points plus particuliers, ils ont voulu formuler « en commun quelques principes fondamentaux » sans lesquels aucune civilisation ne saurait être dite chrétienne.Les signataires appartiennent à des nationalités différentes et ils doivent leur célébrité à des activités aussi diverses.Mais leur catholicisme authentique leur assure une attitude unique devant certaines positions fondamentales.Ce document a une valeur deux fois grande à cause de la gravité de l\u2019heure et à cause des signatures qui en garantissent le poids.Aussi mérite-t-il notre méditation.Parmi les signatures de ce document démocratique on relève d\u2019éminentes personnalités politiques, des prêtres et des religieux célèbres, des représentants des lettres et des arts illustres, des professeurs distingués, des savants enfin et des philosophes d\u2019une renommée universelle.Parmi les plus connus, on trouve deux anciens premiers ministres de Belgique, le baron Georges Theu-nis et Paul Van Zeeland ; le président des Basques José Antonio de Aguirre ; le député français Henri de Kérillis et l\u2019ancien ministre autrichien Guido Zernatto ; Don Luigi Sturzo, fondateur du Parti populaire italien ; les RR.PP.J.-T.Delos, O.P., J.-V.Ducattillon, O.P.et M.-A.Couturier, O.P.; Mgr P.-J.de Strycker, Sigrid Undset, Raïssa Maritain, Hélène Iswolsky, Alfred Noyes, André David, Oscar Halecki, Hugh S.Taylor, Auguste Viatte, Jacques Maritain, Dietrich von Hildebrand, Waldemar Gurian, Yves Simon et Beaudoin Schwarz.Les noms parlent d\u2019eux-mêmes.Le manifeste des catholiques européens comprend deux parties : la première explique comment le totalitarisme est une menace pour la civilisation, tandis que la seconde énonce les principes directeurs des institutions futures.C\u2019est donc un document directeur à partir de l\u2019expérience historique du présent.1.Devant la crise mondiale, manifeste de catholiques européens séjournant en Amérique, (43 signatures), New-York, Editions de la Maison Française, 1942.174 Le Sens des Faits Il serait cependant à souhaiter que les catholiques se réunissent pour définir les grandes lignes d\u2019un programme de reconstruction d\u2019après-guerre plus concret ; à ce point de vue pratique, certains groupes démocratiques non catholiques nous laissent loin derrière eux.Il ne me semble tout de même pas impossible de descendre dans des considérations plus particulières que n\u2019en apporte ce document sans pour autant tomber dans la partisa-nerie.Fondamental, ce manifeste pourrait être complété par des vues plus particulières et moins abstraites du temporel historique : malgré l\u2019universalité et la supra-temporalité de son message, le Christ est né à un moment donné de l\u2019histoire des peuples et dans des conditions précises.Avec la vertu de prudence, les catholiques d\u2019aujourd\u2019hui pourraient sans doute agir eux aussi dans le temps selon des vues nettes et concordantes.Il est des efforts gigantesques à faire en ce sens.Mais qui a dit que nos tâches étaient faciles ?Niant toute transcendance de la personne humaine, soit par rapport à la matière, soit par rapport à la nature, soit par rapport à la société, le totalitarisme apparaît aux signataires du manifeste comme « la menace la plus grave qui se soit jamais dressée contre une civilisation d\u2019hommes libres », parce qu\u2019il est absolument incompatible avec l\u2019Evangile qui « nous a manifesté la dignité inaliénable de chaque âme humaine » et qu\u2019il élève contre le christianisme « une négation radicale de l\u2019unité du genre humain et de la fraternité de tous les hommes ».Ce totalitarisme engendre une crise universelle dont la guerre actuelle représente le paroxysme, manifestant sur le plan international une rupture plus profonde : « la rupture de l\u2019accord des peuples sur les principes de la civilisation ».L\u2019enjeu de la guerre actuelle est donc la démocratie, c\u2019est-à-dire la vie politique et sociale d\u2019une communauté d\u2019hommes libres \u2014 non pas telle ou telle forme politique particulière \u2014 c\u2019est-à-dire certains principes politiques « qui ne doivent en aucun cas être mis en cause ; tels ceux qui affirment la nécessité pour la société d\u2019être fondée sur des relations de justice ; tels ceux qui affirment les droits de la personne humaine.la liberté.l\u2019égalité.l\u2019amitié ou fraternité civique.» Il est vrai que des intérêts capitalistes, ploutocratiques se défendent actuellement sous le couvert de la guerre ; mais « cette adjonction de fait \u2014 accidentelle à l\u2019égard de l\u2019enjeu réel » \u2014 n\u2019enchaîne ni notre 175 Revue Dominicaine jugement, ni notre action, ni notre volonté de réformes sociales clans le sens de la pureté libératrice, tandis que le totalitarisme implique rétablissement d\u2019un ordre terrestre radicalement antichrétien, est fondé sur une conception de l\u2019existence et une attitude spirituelle incompatibles avec la foi et la vie chrétiennes, et c\u2019est pourquoi il n\u2019est pas d\u2019illusion plus pernicieuse que d\u2019imaginer qu\u2019on puisse christianiser le totalitarisme.« L\u2019enjeu réel du conflit actuel est la possibilité même de vivre en homme, l\u2019existence même ou la destruction des bases élémentaires du droit naturel et de la vie civilisée, le maintien ou la destruction des principes essentiels du christianisme dans la vie des peuples, et la possibilité même de tendre à une civilisation chrétienne ».Au sujet de la guerre germano-russe, les signataires du manifeste signalent que les Alliés ne font que se conformer aux règles du droit des gens lorsqu\u2019ils assistent dans le combat le peuple russe qui « défend ses foyers ».Mais ils ajoutent qu\u2019il importe « d\u2019être bien décidé à se garder contre le communisme : ce qui pose sans doute des problèmes difficiles ».Ils ajoutent encore que \u2014 fait historique capital \u2014 le peuple russe est en train de rentrer dans la communauté occidentale, en passant au canip des démocraties.Les signataires ont oublié de condamner l\u2019attitude profondément anti-chrétienne de ceux qui se réjouissent de voir Russes et Allemands s\u2019entretuer pour ce qu\u2019ils appellent notre avantage.C\u2019est là un sentiment indigne d\u2019un frère du Christ.S\u2019il n\u2019est pas possible d\u2019avoir dès maintenant une idée précise des institutions à venir à cause du grand nombre de contingences qui joueront alors, il est tout de même possible d\u2019affirmer que l\u2019ordre nouveau devra reposer sur les droits et les libertés de la personne humaine et sur les nécessités de l\u2019organisation de ces libertés à tous les degrés de la vie sociale, en vue du bien commun.Il faudra éviter l\u2019individualisme et le libéralisme anarchiques d\u2019une part et les nationalismes exagérés d\u2019autre part, et reconnaître l\u2019égalité de tous devant le droit et la primauté de la morale dans la vie politique, économique et sociale et aussi dans la vie internationale.S\u2019il est nécessaire d\u2019instaurer une autorité politique particulièrement vigoureuse à cause de la désorganisation actuelle de l\u2019Europe, il faudra également que les groupes humains s\u2019organisent librement dans l\u2019Etat qui aura Le Sens des Faits la tâche difficile de les coordonner, mais non pas de les diriger car il faut maintenir la distinction entre Tordre politique et Tordre économique.Il faut affirmer avec force la liberté de conscience et réprouver toute mesure de discrimination contre quelque groupe religieux ou racial que ce soit.Car les chrétiens ne doivent pas avoir soin « seulement d\u2019eux-mêmes et de leurs intérêts, mais du bien de tous leurs frères et des destinées de la justice et du droit ».Comme les personnes, les peuples doivent être à la fois libres et interdépendants, qu\u2019ils soient grands ou petits, puissants ou faibles.Cette interdépendance doit se manifester sur le plan culturel, sur le plan économique, dans Tordre du progrès social, dans Tordre international enfin, car les Etats doivent renoncer au principe d\u2019une souveraineté absolue.Les signataires du manifeste sont d\u2019ailleurs convaincus que le rôle des classes ouvrières et paysannes, « à condition qu\u2019elles prennent conscience de leurs responsabilités, et se tournent décidément vers un idéal de liberté, sera capital dans la reconstruction politique et sociale ».Il apparaît donc que Tordre nouveau véritable naîtra davantage d\u2019un esprit que d\u2019une lettre et que, quelles que soient les formes politiques concrètes apportées par l\u2019histoire, c\u2019est dans la tendance universelle au respect du droit et de la liberté que se trouve le salut.Sur le rôle probable des chrétiens dans l\u2019œuvre historique de la reconstruction d\u2019après-guerre, on trouvera des remarques pertinentes dans la préface de Thomas Ivernan à Horloge de Paris, Heure de Berlin.De toute manière, la crise actuelle est universelle et la voix des catholiques européens doit s\u2019accorder à celle des Américains pour retrouver l\u2019harmonie perdue.Guy Sylvestre Projection Otez-moi cet écran Remarque d\u2019un humaniste : Il ne pouvait rien apercevoir, parce qu\u2019il s\u2019était mis devant soi ! Rien de plus vrai en tout domaine.L\u2019égocentrique perd absolument le sens de la perspective.L\u2019échelle des valeurs lui échappe.L\u2019œuvre à réaliser, le personnage à servir, pour lui n\u2019existent plus ; ou s\u2019ils existent, il ne les sert pas, il s\u2019en sert.Hélas ! si Ton remonte jusqu\u2019à Dieu, le fait brutal persiste : avec une sorte de raffinement inconscient, il sait à l'occasion se servir de Dieu.En sorte que l\u2019accès à la vie intérieure, à plus forte raison tout geste ascensionnel demeure interdit.« Si nous sommes habituellement 177 Revue Dominicaine préoccupés de nous-mêmes, et nous nous recherchons nous-mêmes clans notre travail, dans l\u2019étude et l\u2019activité extérieure, comment goûterons-nous les sublimes harmonies des mystères de la Sainte Trinité et de l\u2019Eucharistie ?» (P.Garrigou-Lagrange).La pratique contraire, l\u2019oubli de soi devant une œuvre, devant le prochain ou devant Dieu, offre une garantie unique de persévérance et de progrès.Le moi est toujours orgueilleux ou sensuel.Quand disparaît peu à peu la « croûte des sensations » (S.Augustin) ou l\u2019enflure de l\u2019orgueil, l\u2019âme se retrouve, travaille à nu, pour ainsi dire, et librement se déploie.Ou mieux, Dieu a désormais le champ libre pour opérer en elle et par elle.Le grand obstacle, le moi-moi-moi n\u2019est plus là : il a fondu par degrés, tel un bruit qui s\u2019éloigne et s\u2019étire jusqu\u2019au silence.Et le même phénomène s\u2019accuse dans l\u2019ordre humain.La moindre manifestation d\u2019obligeance, de politesse ou de respect, réclame une dose proportionnelle de renoncement.Pour qui sait réfléchir en face d\u2019une œuvre d\u2019art, et j\u2019entends une œuvre à cachet propre, à signature péremptoire, le secret de la perfection se ramène à la même cause : effacement de l\u2019artiste devant une Beauté qui le dépasse en dépassant le sujet lui-même et les formes et les couleurs et les sons.Parlons-nous d\u2019enseignement, je puis affirmer au maître, en la modifiant ainsi, la double sentence de S.Augustin concernant le supérieur de communauté : Le professeur ne s\u2019estimera pas heureux parce qu'il a le droit d\u2019enseigner, mais parce que la charité lui fait un devoir de servir ses élèves.Vous l\u2019honorez en public, mais qu\u2019en secret la crainte de IHeu le tienne prosterné à vos pieds.Je vois très bien le pédagogue, en haut relief sur sa tribune, fidèle au décorum, attentif à son langage, prenant soin de son prestige intellectuel et moral.Je reconnais que le magister dixit garde sa raison d\u2019être durant les premiers mois, alors que l\u2019enfant marche uniquement par la foi humaine.Mais ce qui importe davantage, cette période étant passée, c\u2019est que l\u2019élève découvre ou croie découvrir lui-même la vérité.L\u2019art d\u2019enseigner ne consiste pas dans la transmission directe du savoir et des connaissances.Il consiste à orienter d\u2019abord, puis à provoquer, stimuler, fomenter l\u2019esprit de l\u2019élève en présence des matériaux de l\u2019intelligence.Ce renoncement personnel du maître porte en soi sa récompense.Assister en y contribuant pour une part, à l\u2019éclosion d\u2019un 178 Le Sens des Faits esprit, comme il assisterait, si la chose était possible, à la germination des plantes.Découvrir le don, à la faveur d\u2019une rencontre fortuite et peut-être à la seule manière dont l\u2019élève envisage et pose une question.Savoir s\u2019effacer devant une copie d\u2019où jaillit l\u2019étincelle comme d\u2019une couche de cendres, à travers bévues, quiproquos, erreurs de toute sorte.Quelle aubaine pour un professeur ! Les défauts se corrigent, mais rien ne remplace le don, qu\u2019il aille dans un sens ou dans l\u2019autre, vers la mécanique ou la pensée, vers l\u2019observation positive ou la fiction.Oportet illucl crescere.Il est urgent de l\u2019accroître de façon discrète et désintéressée.Quant à l\u2019ingérence prétentieuse du maître, ôtez-moi cet écran.Il suffit qu\u2019en retour de cette sorte d\u2019abdication personnelle, il puisse dans l\u2019avenir revendiquer une plus large part aux succès de ses anciens.Parlons-nous d\u2019apostolat, laïque ou sacerdotal, nous sommes des envoyés, ce qui suppose le retrait du moi devant Celui qui députe et même devant ceux vers qui nous sommes députés.Jean-Baptiste, malgré son verbe âpre et rugueux, tient le langage de la charité et de la justice.Puis, quand il aperçoit le Messie parmi la foule, il descend de son monticule et se prosterne aux pieds de Celui dont il s\u2019est proclamé indigne de dénouer la sandale.Pourtant la personnalité intacte, souveraine, de Baptiste, ne laisse aucun doute.C\u2019est qu\u2019en morale religieuse ou mystique, le moi à supprimer, et même ce qu\u2019on nomme la « volonté propre », n\u2019est pas la volonté, mais cette gangue impure qui l\u2019empêche de produire son acte : habitudes, instincts, passions mauvaises, grands et petits défauts.A l\u2019âme supérieure qui entreprend de s\u2019en libérer, il faut plus d\u2019énergie qu\u2019à un dictateur à son apogée pour asservir son entourage.L\u2019épreuve terminée, si jamais elle se termine, elle a devant soi un chemin net, favorable au libre déploiement de ses efforts.L\u2019exemple des saints : François, Dominique, Ignace, est là pour le prouver ; celui des génies dévoyés : Luther, Rousseau, Lamennais, fournit le contre-épreuve.Inutile de chercher ailleurs les grandes lignes d\u2019une politique d\u2019apostolat, même si l\u2019on y fait jouer des ressorts humains.Le véritable apôtre doit s\u2019effacer devant le but à atteindre, calmer ses impatiences et surveiller les occasions, les passes par où le Seigneur Dieu pourra pénétrer.Qu\u2019il considère plutôt sa personne comme un obstacle, son propre agir comme un empiétement.Mieux vaut provoquer une décision, susciter une démarche, 179 Revue Dominicaine qu\u2019imposer une sentence.Je connais tel confesseur qui, au lieu cle renvoyer son pénitent mal disposé, l\u2019amène, à force d\u2019inflexible logique et de persuasive douceur, soit à quitter l\u2019occasion prochaine où il se trouve, soit à solliciter lui-même un refus d\u2019absolution.En chaire, les maîtres ne tarissent pas sur la nécessité pour l\u2019orateur chrétien de s\u2019oublier devant l\u2019auditoire comme devant la vérité.Autrement, le simple fait de monter les degrés en vue d\u2019admonester ses semblables, devient une chose atrocement absurde et comme un soufflet qu\u2019on s\u2019administre à soi-même.Parlons-nous enfin de vie intérieure, l\u2019abnégation totale ou l\u2019état de disponibilité s\u2019impose davantage, puisque nous entrons davantage dans le domaine du gratuit.Un orgueilleux, un sensuel exerçant l\u2019apostolat pourra parfois servir d\u2019instrument aux pénétrations divines.Si une secrète complaisance, voire une sorte de sensualité mystique envahit son âme dans ses rapports avec Dieu, il se heurte au silence des voix intérieures, et c\u2019est alors la stagnation, le recul, suivis peut-être du total effondrement.Les circonstances m\u2019ayant forcé d\u2019interrompre d\u2019utiles commerces, j\u2019ai cependant repris contact avec Maurice Zundel, ce Sertillanges séculier.Yoilà encore un écrivain qui donne du cœur contre le monde et contre soi.Dans son « Evangile intérieur », si noble d\u2019inspiration, si raffiné de facture, il exhorte sans cesse au dégagement de soi.Il enseigne que la vraie vie consiste à garder son être tendu vers Dieu et le prochain dans une relation constante de dépendance et de service.Habitué au coup d\u2019aile, il offre en exemple l\u2019auguste Trinité.« Connaître est dans le Père l\u2019éternelle génération du Fils, et dans le Fils l\u2019éternelle expression du Père.Aimer est dans le Père et le Fils la Avivante respiration de l\u2019Esprit, et dans l\u2019Esprit l\u2019inspiration infinie vers le Père et le Fils dont II procède indivisiblement ».Mais tandis que chez nous l\u2019altruisme est un acte qui se transforme en habitude, en Dieu au contraire les Personnes sont relation au lieu d\u2019être en relation.« Chez elles ce qui constitue le moi n\u2019est qu\u2019élan vers autrui ».Imaginez, dit-il à la suite du poète, « un oiseau qui ne serait que vol ! » Pourquoi ne pas nous modeler sur Dieu ?Si l\u2019exemple trinitaire est avant tout adorable, l\u2019Evangile du Christ le déclare imitable, faisant de cette imitation la loi de l\u2019évangile intérieur.Criticus 180 L Esprit des Livres K.P.Dominique-Aug.Turcotte^ O.P.\u2014 « Méditations sur l\u2019Idéal Dominicain ».1 vol.in-12 de 288 pages.Montréal, 5375, avenue Notre-Dame de Grâce, 1942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Ce beau volume du R.P.Turcotte n\u2019est pas un travail d\u2019histoire dominicaine pour les érudits, ni un livre de poésie pour les amateurs de littérature dévote, ni même un manuel de dévotion pour les âmes pieuses affiliées à YOrdo Prcedicatorum.Ce livre, l\u2019auteur l\u2019a d\u2019abord prêché pour satisfaire un besoin de son âme de dominicain.On pense à ce qu\u2019on aime et on en parle.Il s\u2019est trouvé que cette voix ardente rendait admirablement le son de l\u2019âme de saint Dominique.Ses premiers auditeurs \u2014 et les plus exigeants \u2014 les jeunes religieux du Studium Generale d\u2019Ottawa, en furent conquis d\u2019emblée.Les premiers, aussi, ils réclamèrent la parution en volume de ces substantielles conférences afin de revenir souvent s\u2019y confronter à l\u2019idéal choisi.On ne sera donc pas surpris de trouver d\u2019un bout à l\u2019autre de ce volume un accent d\u2019une fluidité exquise.C\u2019est un ami qui vous parle de ce qu\u2019il sait bien, puisqu\u2019il l\u2019aime beaucoup et le vit.Le ton de l\u2019exposé et la vibration paisible de l\u2019émotion font à leur tour vivre la parole écrite du R.P.Turcotte entre les mains du lecteur.Je ne crois pas que nous possédions à date sur l\u2019âme dominicaine un exposé à la fois plus clair, plus averti et plus émouvant.Une telle aisance est rare, parce qu\u2019elle suppose une maîtrise absolue.Cette dernière condition explique seule la valeur de vie qui caractérise l\u2019œuvre du P.Turcotte.Mais le message dominicain n\u2019a rien d\u2019ésotérique.C\u2019est pourquoi des supérieurs et supérieures d\u2019autres familles religieuses, ayant ouvert ce livre, l\u2019ont parcouru jusqu\u2019au bout pour en recommencer la lecture et la répandre autour d\u2019eux.Tant il est vrai que ces méditations emplissent leurs lecteurs de confiance et de lumière ! A.Papillon, O.P.R.P.Thomas-M.Charland, O.P.\u2014 « Histoire de Saint-François-du-Lac ».1 vol.grand in-8 de 368 pages.Ottawa, Collège Dominicain, 1942.En Agente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Dans ce bel ouvrage, remarquablement bâti et ordonné, l\u2019érudition la plus exacte ne fait pas tort à l\u2019intérêt.Le passé d\u2019une des plus vieilles paroisses du Canada s\u2019y trouve retracé avec un grand souci de la recherche historique sérieuse et exhaustive, dans un style aisé, par le Président de la section française de la Société d\u2019Histoire de l\u2019Eglise du Canada pour Revue Dominicaine le terme 1941-1942.C\u2019est un exemple qui sera suivi, espérons-le, par les futurs présidents et par beaucoup d\u2019autres travailleurs.Nous voici loin des monographies paroissiales contenant seulement d\u2019étiques catalogues de marguilliers ou de commissaires d\u2019écoles.Plus loin encore de celles qui sont construites à force de tirades boursouflées.Nous avons ici du vrai et solide travail d\u2019histoire.Le R.P.Charland s\u2019est acquitté de sa tâche filiale avec une abondance, une précision et une sûreté d\u2019information qu\u2019on ne saurait trop louer.\t\u201e A.Papillon, O.P.R, P.Albert Brossard, S.J.\u2014 « Joies et Tristesses de la Maison ».1 vol.in-.12 de 112 pages.Westmount-Montréal, Les Editions de l\u2019Arbre, 1942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Aimer la famille, la préserver, lui procurer son rayonnement total : c\u2019est l\u2019œuvre humaine et chrétienne par excellence.Pour ne s\u2019être pas assez occupé de ce devoir, combien d\u2019édifices familiaux notre Canada français ne voient-ils pas se lézarder, surtout depuis une vingtaine d\u2019années ! Le R.P.Brossard entend travailler à la restauration de la « Maison » qui a fait notre peuple solide en le conservant chrétien.L\u2019apport de l\u2019orateur du Gesù se révèle de qualité.A lire ses cinq conférences, les perspectives s\u2019ouvrent pour ceux qui veulent donner leurs forces à une tâche fondée sur les seules vraies valeurs.Albert Lacroix, RR.PP.A.Poulin et J.Laramée, S.J.\u2014 « Une Ecole de Formation ».1 vol.in-12 de 222 pages.Montréal, Secrétariat de la Croisade Eucharistique, 1941.Lin groupe qui s\u2019accroît éprouve le besoin de codifier les principes de sa vie et de mettre en commun les résultats acquis et les méthodes éprouvées.C\u2019est ce que les RR.PP.Poulin et Laramée avaient accompli pour la Croisade Eucharistique avec ce manuel lancé en 1937, et dont la Revue Dominicaine (tome XLIV, vol.premier, pp.340-341) sous la signature du R.P.A.-M.Richer, a publié un excellent compte-rendu.Voici une nouvelle édition « revue et augmentée » mais surtout réclamée par tous ceux qui ont à s\u2019occuper de la formation chrétienne des petits Canadiens français.Ceux-là et beaucoup d\u2019autres seront heureux de posséder ces pages animées et échauffées par une belle ardeur apostolique, éclairées par des exemples et des images.Les deux auteurs ne pensent pas tant à fixer, à déterminer un règlement qu\u2019à fournir un guide intérieur, une source de convictions.Et cela manifeste le caractère intime, personnel, vivant qu\u2019ils veulent infuser à l\u2019agir de chacun de leurs croisés.On ne saurait mieux préparer nos petits enfants à devenir \u2014 au moment indiqué par l\u2019Ordinaire de leur diocèse \u2014 de solides « jeunes d\u2019Action Catholique ».A.Papillon, O.P.182 L\u2019Esprit des Livres R.P.Charles Frédéric, S.J.\u2014 « Toi, l\u2019homme nouveau ».1 vol.in-12 de 182 pages.Montréal, Imprimerie du Messager, 1941.Voici pour les jeunes une synthèse de leur formation chrétienne.En lisant ce petit livre, ils se sentiront en contact avec une âme de prêtre qui connaît leurs difficultés et veut surtout les lancer dans l\u2019amitié divine agissante.L\u2019auteur envisage le but d\u2019une vie humaine et catholique.Puis il passe au détail : « ta patrie, ta langue, ton esprit d\u2019observation, ta bonne humeur ».Suit un épilogue sur « jeunesse quelconque, jeunesse excellente, il nous faut des élites ».Ces cent quatre-vingts pages répètent en plus mou ce que des maîtres ont écrit durablement.Mais elles présentent tout de même un plan de vie.A chacun de s\u2019adapter les directives qu\u2019elles proposent.André Diotte R.P.Pacifique Emond, O.F.M.\u2014 « Deux Chemins de Croix.I.La Croix nous purifie.II.La Croix nous enseigne ».1 vol.in-32 de 72 pages.Montréal, Editions Beauchemin, 1942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Voici une émouvante plaquette.Le R.P.Emond n\u2019a pas cherché à « faire peuple », et pourtant sa doctrine, à la fois sobre et abondante, demeure familière, directe, accessible à tous sans exception.On trouvera dans les deux séries de considérations de ce livret le ton de la vraie simplicité franciscaine.Aux âmes flétries par le péché comme à celles travaillant à intensifier leur amitié divine, l\u2019auteur sait appliquer et commenter les textes lucides et poignants de l\u2019Evangile.Il a visé mieux que des formules : un accent qui sauve en même temps la grandeur du mystère de notre rédemption et la nécessité de le rendre accessible à la méditation des moins méditatifs.A.Papillon, O.P.R.P.Gustave Lamarche, C.V.V.\u2014 « Notre-Dame des Neiges.Féerie épique en deux journées et treize tableaux en vers modernes, avec cinéma, musique et danse ».1 vol.grand in-8 de XII-236 pages.Montréal, Editions Bernard Valiquette, 4942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Gomment ne pas louer chez le R.P.G.Lamarche le courage qui s\u2019avère dans le livre, pardon, dans le monument que constitue, forme, fond et exécution, son nouvel ouvrage ?Au vrai, le souffle épique soulève beaucoup de ces pages ardentes qui voudraient « résumer l\u2019épopée spirituelle canadienne (la plus grande de l\u2019histoire) ».Et ce souffle communique à l\u2019œuvre entière une graduelle propulsion.483 Revue Dominicaine Parfois \u2014 entre autres exemples, voir pages 84 et 85 \u2014 l\u2019emportement verbal semble faire courir grand risque au poète.Albert Lacroix Semaines Sociales du Canada.XVIIIe Semaine : Québec, 1941 \u2014 « Action Catholique et Action Sociale ».1 vol.grand in-8 de 268 pages.Montréal, Ecole Sociale Populaire, 1941.Le titre général de cette dix-huitième Semaine Sociale du Canada laisse déjà soupçonner l\u2019importance des leçons qui y furent dispensées.Celles -ci ont été lues en public par leurs auteurs, avec un succès considérable.Nous souhaitons maintenant que leur texte imprimé soit étudié en particulier, solitairement et silencieusement, par un grand nombre de lecteurs appartenant à nos élites intellectuelles et sociales.Toutes les conférences de ce volume sont fondées sur une remarquable érudition et sur l\u2019observation attentive du catholicisme social au Canada.Entre toutes, celles du R.P.Adrien Malo, du R.P.Georges-Henri Lévesque et de M.l\u2019abbé Alphonse Roux font réfléchir et aident à sortir des considérations superficielles et banales.Les nombreux points traités au cours de la Semaine reçoivent une spéciale illumination de l\u2019allocution de Son Eminence le Cardinal Villeneuve, allocution claire, solide, précise et instructive dans sa dense brièveté.Albert Lacroix R.P.Georges-Henri Lévesque, O.P.\u2014 « Catholique, es-tu social ?» 1 brochure in-16 de 40 pages.Québec, Editions du Cap Diamant, 1942.Tadeuz Posnanski \u2014 « L\u2019assurance sociale et l\u2019assurance commerciale » 1 brochure in-16 de 36 pages.Québec, Editions du Cap Diamant, 1942.1.\tAction catholique et éducation sociale, Action catholique et action sociale, telles sont les deux conférences, prononcées en 1935 et en 1938, que le R.P.Lévesque a bien fait de réunir pour les rééditer dans cette alerte brochure.Ce sont des pages informées, pleines de notions utiles et de rappels opportuns pour les catholiques canadiens-français.Il convient de remercier le Directeur de l\u2019Ecole des Sciences Sociales de Québec de nous avoir donné, pour notre instruction pratique, deux exposés de cette qualité.2.\tTrente pages d\u2019un vrai maître en la matière.C\u2019est ce qui fait que nulle part le souci des termes du métier n\u2019est sacrifié aux exigences de la clarté.Les données du problème de l\u2019assurance sont filtrées ici par une pensée lucide et donc rendues très accessibles.Nous avons là deux des «Cahiers de l\u2019Ecole des Sciences Sociales, Politiques et Economiques de Laval ».L\u2019abonnement à dix cahiers coûte 184 L\u2019EsrRiT des Livres un dollar.Nos lecteurs voudront bien s\u2019adresser à La Librairie Dominicaine : 5375, avenue Notre-Dame de Grâce, Montréal ; ou 95, avenue Empress, Ottawa.Albert Lacroix Edouard Montpetit \u2014 « La Conquête Economique.III.Perspectives ».1 vol.in-12 de 296 pages.Montréal, Editions Bernard Valiquette, 1942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Dans ce troisième volume, M.Montpetit résume l\u2019ensemble de sa doctrine sociale en colligeant les principaux articles qu\u2019il a écrits sur la question.Il a été bien inspiré d\u2019y joindre quelques chapitres excellents tirés de ses ouvrages aujourd\u2019hui épuisés.Pénétration, lucidité, aisance, vigueur, nous retrouvons en ces trois cents pages les dons caractéristiques de l\u2019éminent maître de l\u2019Université de Montréal.Remercions-le de s\u2019appliquer ainsi à fixer l\u2019orientation sociale du Canada français et à en dresser les vraies « perspectives ».André Diotte Esdras Minville et collaborateurs \u2014 « Notre milieu.Aperçu général sur la Province de Québec ».1 vol.grand in-8 de 448 pages.Montréal, Editions Fides, 1942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Nul n\u2019avait plus de titre que M.Esdras Minville à organiser cette petite encyclopédie qui nous manquait jusqu\u2019ici.Et il semble bien que personne ne pouvait traiter de « notre milieu » mieux que lui et les collaborateurs qu\u2019il a réunis.Gomme il convenait, c\u2019est M.Edouard Montpetit qui définit la notion générale de milieu.Puis sont étudiés le milieu physique, le milieu économique, le milieu politico-social de la Province de Québec.Avec quel amour précis, quelle érudition sûre ces divers aspects sont présentés et décrits, je n\u2019ai pas besoin de le dire longuement ici.Les lecteurs de la Revue Dominicaine ont déjà vu à se procurer ce compendium indispensable.Ils reviendront souvent à ses tableaux attachants, évocateurs.Albert Lacroix Joseph William Nagge \u2014 « Psychology of the Child ».The Ronald Press Company, New-York, 1942.Un volume de XVI-530 pages.Pour des parents qui se préoccupent de bien élever leurs enfants, la connaissance précise de l\u2019histoire et du rythme du développement s\u2019avère absolument indispensable.Sans elle, des anomalies ou des arrêts signifi- 185 Revue Dominicaine catifs passeront facilement inaperçus alors qu\u2019il est encore possible d\u2019y remédier, et l\u2019on risquera de compromettre la formation de l\u2019enfant par des interventions intempestives.On sait, en effet, que le moment d\u2019élection pour exercer un dynamisme naturel est celui où la maturation assure sa mise au point définitive : toute anticipation et tout retard importants entraînant fréquemment des conséquences fâcheuses.Dans son ouvrage, où il vise surtout à intéresser et à être utile, J.W.Nagge s\u2019est efforcé de réunir toutes les observations récentes concernant : 1)\tl\u2019apparition des premières réactions sensorielles des nouveaux-nés ; 2)\tle développement moteur de l\u2019enfant : posture, usage des mains, marche, etc.; 3) le développement perceptuel ; 4) l\u2019éveil de l\u2019intelligence ; 5) la croissance physique ; 6) la capacité d\u2019apprendre ; 7) l\u2019acquisition du langage ; 8) l\u2019organisation de la personnalité ; 9) le jeu ; 10) les problèmes que posent certaines anomalies, comme la cécité, la surdité, les tics, les troubles de comportement, etc.; 11) l\u2019hygiène mentale et physique.Enfin, en appendice, on trouvera des tables indiquant la taille et le poids normaux aux divers âges de la période de croissance.De toute évidence, ce nouveau traité s\u2019adresse au praticien plutôt qu\u2019au psychologue qui cherche à découvrir les lois profondes du développement de l\u2019intelligence et du caractère.Il fournirait une abondante matière à discussion pour les réunions d\u2019étude d\u2019un groupe de parents.D\u2019autre part, il contient un matériel de faits que le psychoclinicien n\u2019a pas le droit d\u2019ignorer, et pouvant constituer pour tous ceux \u2014 infirmières ou médecins \u2014 qui s\u2019adonnent à l\u2019étude de la pédiatrie le plus utile complément d\u2019information.\tNoël MaiUouXf Q p Wendell W.Cruze \u2014 « Educational Psychology ».The Ronald Press Company, New York, 1942.Un volume de XVI-572 pages.Malgré des divergences profondes entre notre philosophie de l\u2019éducation et celle qui prévaut outre-frontière, nous suivons avec un intérêt croissant les efforts tentés là-bas pour rendre plus efficace le rôle de l\u2019école dans la formation de l\u2019intelligence et du caractère de l\u2019enfant.Le nombre grandit sans cesse des professeurs de l\u2019enseignement secondaire et de l\u2019enseignement primaire, qui pressentent l\u2019enrichissement que leur apporterait un contact sérieux avec cette littérature étrangère à laquelle ils demandent seulement qu\u2019on les initie par des voies accessibles.A eux tous, comme aux étudiants de nos écoles normales, la lecture du nouveau traité de W.W.Cruze paraîtra particulièrement attrayante et utile.L\u2019auteur, dont l\u2019information est tout à fait au point, fait preuve d\u2019un sens critique très sûr et s\u2019oriente avec aisance dans les questions controversées.De plus, il s\u2019exprime avec clarté et précision et sait fixer l\u2019attention sur les faits importants.Dans une partie liminaire, le champ de la psychologie éducationnelle est délimité en regard des autres ramifications de la science psychologique, ses objectifs sont définis et ses méthodes sont décrites.Dans la seconde 186 L\u2019Esprit des Livres partie, on trouvera un exposé des principaux faits relatifs à l\u2019influence du facteur héréditaire sur le développement, une explication de ce dernier et une étude expérimentale de ses différents aspects : moteur, intellectuel, social.Dans la troisième partie, cinq chapitres sont consacrés au processus de l\u2019apprentissage.Les théories avancées par diverses écoles, les facteurs organiques et psychologiques qui conditionnent l\u2019efficacité de notre étude, le phénomène du transfert et les instruments de mesure : tout cela est envisagé sous un angle pratique bien propre à susciter un vif besoin d\u2019adapter notre enseignement au pouvoir d\u2019assimilation de l\u2019enfant.Quant à la quatrième partie, c\u2019est le caractère qui en fait l\u2019objet.Après des considérations générales sur la nature de la personnalité et les méthodes qui permettent d\u2019en apprécier les réactions, le problème des mésadaptations est abordé en rapport avec l\u2019hygiène mentale, puis c\u2019est le cas des enfants exceptionnels (surdoués, arriérés, physiquement handicappés, etc.) qui est examiné, ainsi que le rôle de la discipline et de la direction.Enfin, une dernière partie offre un aperçu des grands courants de la psychologie moderne et des répercussions qu\u2019ils ont provoquées dans le domaine de l\u2019éducation.Les grandes lignes d\u2019une évolution destinée à se poursuivre sont aussi ébauchées avec beaucoup de vraisemblance.Au début d\u2019une nouvelle année scolaire, nous croyons que la lecture d\u2019un ouvrage comme celui que nous venons d\u2019analyser rapidement serait au plus haut point suggestive et stimulante.Sans endosser tous les points de vue de l\u2019auteur, on puisera dans ces pages bien des ressources nouvelles, qui font l\u2019homme de métier, pleinement conscient de ses moyens et habile à les exploiter.Noël Mailloux, O.P.Antonio Barbeau \u2014 « Sous les platanes de Cos ».1 vol.in-12 de 192 pages.Montréal, Editions Bernard Valiqnette, 1942.Six études, et remarquables.Grâce à des analyses copieuses et pénétrantes, à des raccourcis vigoureux, à des rapprochements éclairants, le Docteur Barbeau dégage avec beaucoup de finesse et d\u2019intérêt la personnalité du médecin ubique terrarum, puis trace l\u2019évolution de la médecine au Canada français.Les mêmes jugements sûrs se retrouvent dans les autres chapitres où l\u2019auteur traite de la stérilisation des inaptes, de la neurologie moderne, de la criminologie de l\u2019enfance et, enfin, de la folie.Albert Lacroix Dollard Dansereau, avocat \u2014 « Manuel de Droit ».1 vol.in-8 relié toile de 202 pages.Montréal, Editions Beauclieinin, 1942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Destiné aux élèves des classes supérieures de nos écoles (et sans doute pour cette raison muni de nombreux problèmes) comme au grand public, 187 Revue Dominicaine ce manuel à la fois précis et sommaire répond excellemment à son objet.Il débute par un abrégé des notions primordiales : le droit, les sources du droit, le droit international, national et pénal.Puis l\u2019auteur entame le détail de l\u2019abondante matière à traiter : obligations, contrats, vente et louage, mandat, prêt et cautionnement, assurance, responsabilité civile, preuve, billets, chèques et lettres de change, voies d\u2019exécution, questions matrimoniales et familiales, successions, sociétés et corporations, législation ouvrière, administration de la justice, enfin résumé de la constitution canadienne au triple point de vue fédéral, provincial, municipal.Clair, bien divisé, le manuel de Me Dansereau réunit toutes les qualités qu\u2019on attend d\u2019un texte de consultation rapide.Ce répertoire destiné aux profanes a banni les expressions trop techniques, les considérations abstraites.Tout œil un peu exercé reconnaîtra l\u2019étude que s\u2019est imposée l\u2019auteur avant de présenter la science acquise avec la simplicité que permet la compétence parfaite.Il résulte de ce double effort fourni par l\u2019auteur une facilité et même un plaisir de consultation pour le public.Je souhaite que beaucoup de lecteurs de la Revue Dominicaine en fassent l\u2019expérience.Ils trouveront là une somme rare en moins de deux cents pages, de données exactes judicieusement choisies et présentées avec une clarté remarquable.L\u2019ouvrage est précédé d\u2019une préface de M.Edouard Montpetit qui en consacre la valeur d\u2019instrument d\u2019information sûre et rapide.Il y a lieu de retenir désormais le nom de Me Dollard Dansereau.A.Papillon, O.P.Abbé Arthur Maheux \u2014 « French Canada and Britain ».1 vol.in-16 de 122 pages.Toronto, The Ryerson Press, 1942.Que ce titre ne fasse point penser à un ouvrage nouveau : nous avons ici le tome premier de « Ton histoire est une épopée » élégamment traduit en anglais par le Dr Richard M.Saunders, professeur à l\u2019Université de Toronto.Rendons hommage à l\u2019excellence de la traduction et à la belle tenue du volume.Le problème de fond a été examiné et jugé dans la R evue D ominicaine, fascicule de décembre 1941, pages 280-281, par un des historiens canadiens les mieux renseignés sur la période en question, le R.P.Thomas-M.Charland, professeur à l\u2019Université de Montréal.Albert Lacroix Régine Hubert-Robert \u2014 « L\u2019Histoire Merveilleuse de la Louisiane Française ».1 vol.in-8 de 376 pages.New-York, Editions de la Maison Française, 1942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Comme le titre le fait deviner, cette histoire, écrite d\u2019enthousiasme, a été conçue par l\u2019auteur sur le plan d\u2019une épopée.Les hommes du métier critiqueront dans cet ouvrage le caractère trop systématique du récit et une constance excessive dans l\u2019admiration.Mais quel intérêt j\u2019ai trouvé à 188 L\u2019Esprit des Livres la lecture de cette « chronique des dix-septième et dix-huitième siècles et de la cession aux Etats-Unis » ! Les lecteurs de la Revue Dominicaine goûteront sans doute comme moi la fermeté de ses lignes ; elle en rend la lecture fort aisée.Et puis nous y sommes toujours si près de la France et de la Nouvelle-France ! Ajoutons que Madame Hubert-Robert, très informée des choses louisianaises, laisse bien voir par sa bibliographie (pp.365-369) comme par les allusions de son texte, qu\u2019elle est au courant des dernières recherches et des derniers travaux.Albert Lacroix Pierre Daviault \u2014 « Les carnets d\u2019un liseur.Artistes, Aventuriers, Grands Hommes ».1 vol.in-12 de 240 pages.Montréal, Editions Bernard Valiquette, 1942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Emile Faguet sur ses vieux jours faisait des livres comme d\u2019autres parlent.Un texte intéressant \u2014 ou à tout le moins piquant \u2014 de n\u2019importe quel écrivain, il n\u2019en fallait pas davantage.Les volumes naissaient à peu près sans qu il y songeât.Encore jeune et promis à des travaux de plus d\u2019envergure, M.Pierre Daviault a pris aujourd\u2019hui le même chemin.Il lit beaucoup, et des livres variés.En voici le commentaire courant.La simple lecture, mais une lecture attentive, sagace, ingénieuse, a fourni, sans plus d\u2019efforts, les matériaux de ces deux cents pages.Mais combien M.Daviault a su tirer parti de cette matière complexe ! Du commencement à la fin, les phrases courtes et les images bien choisies donnent une impression de sobriété dans la richesse de la collection.Le dernier numéro de cette collection : « Les mutins de la Bounty et de l\u2019île Pitcairn » (pp.227-237) est basé sur l\u2019ouvrage de Charles Vidil : « Histoire des mutins de la Bounty et de l\u2019île Pitcairn (1789-1930) ».Je me permettrai de signaler à M.Daviault un récit documentaire plus complet et plus récemment édité.C\u2019est le livre de deux écrivains américains qui se classent parmi les grands conteurs de la mer, Charles Nordhoff et J.Norman Hall : « Les mutins de la Bounty .Récit historique ».Traduit de 1 anglais et préfacé par Guillaume Capela.Paris, Editions de la Nouvelle Revue critique, 1935 (1 vol.in-8 de 320 pages).A.Papillon, O.P.Henri Peyre \u2014 « Le Classicisme français ».1 vol.in-8 de 288 pages.New-York, Editions de la Maison Française, 1942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.En 1933, M.Peyre, aujourd\u2019hui professeur à Yale, faisait paraître à Paris un livre intitulé : « Qu\u2019est-ce que le classicisme ?Essai de mise au point ».Ce curieux, original et convaincant ouvrage fut vite épuisé.L\u2019auteur le reprend aujourd\u2019hui en lui octroyant d\u2019amples développements, sans omettre de tenir compte des meilleures études sur le sujet parues depuis neuf ans.189 Revue Dominicaine Professeurs et élèves d\u2019Humanités trouveront grand profit à se procurer et à creuser ce beau livre.Au classicisme que l\u2019on nous montre trop souvent comme froid, uniquement cérébral, trop étranger à la complexité du réel, M.Peyre restitue la plénitude des formes vivantes.Albert Lacroix Robert de Roquebrune \u2014 « Contes du soir et de la nuit ».1 vol.in-12 de 160 pages.Montréal, Editions Bernard Valiquette, 1942.Jules Larivière \u2014 « Les contes de la nature ».1 vol.in-12 de 200 pages.Montréal, Editions Bernard Valiquette, 1942.Damase Botvin \u2014 «Un ancien contait.» 1 vol.in-12 de 176 pages.Montréal, Editions Bernard Valiquette, 1942.1.\tHuit contes, remarquables par leur saveur originale.Bonhomie, malice, émotion discrète, observation psychologique, réalisme et fantaisie, cette alternance et souvent ce mélange enchanteront les lecteurs, jeunes ou moins jeunes.2.\tVoici des croquis et des silhouettes du plus authentique terroir québécois.Beaucoup d\u2019agrément, de vivacité.Le style est un peu chargé.Mais quelle force persuasive et éducatrice au service de la conservation de notre belle nature laurentienne et des hôtes de ses forêts comme de ses cours d\u2019eau ! 3.\tRien n\u2019est difficile comme de peindre les paysans.Je ne dirai pas que M.Damase Potvin est notre Ladislas Reymont.Mais son dernier recueil de quatre récits d'habitants est à signaler.Sans renoncer aux ombres, le pinceau de M.Potvin travaille surtout les lumières.Félicitons-le de ses contes d\u2019une observation très juste que relève un tour narratif des plus agréables.\tAndré Diotte Albert Lanctôt \u2014 « Les joies certaines ».1 vol.in-12 de 204 pages.Montréal, Editions du Devoir, 1942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Juliana Rousseau \u2014 « Vers PIdéal ».1 vol.in-8 de 144 pages.Montréal, Editions Bernard Valiquette, 1942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.I.Nature, Foyer, Souvenirs, Traditions, autant de Joies Certaines que Madame Albert Lanctôt a chantées en vers libres.Ce mode poétique est d\u2019un maniement difficile, plus difficile qu\u2019on ne le pense généralement au Canada français.A part quelque très grand poète, les meilleurs s\u2019y sont rarement exercés avec un plein succès.C\u2019est que Madame A.Lanctôt \u2014 qui ne prétend sans doute pas à prendre rang 190 L\u2019Esprit des Livres parmi les pœtce majores \u2014 nous présente aujourd\u2019hui des pièces de teneur fort inégale.Mais son œuvre est sincère, d\u2019une sincérité trop rare chez nos poètes canadiens encore si livresques.Et pour la pensée comme pour son expression, plus d\u2019une joie certaine peut être louée en toute certitude.2.Des banalités solennelles, des lieux communs, des sentences que des générations d\u2019écoliers et d\u2019écolières ont serinées.Ici et là, des pastiches qui tournent parfois à la parodie inconsciente, tel cet Esto vir de la page 41 : « Etre homme.c\u2019est être viril ».Dans l\u2019une ou l\u2019autre page de ce volume à la présentation élégante, la beauté de quelques vers soutenus fait regretter que tant d\u2019autres le soient moins ou ne le soient pas du tout.Albert Lacroix Adolphe Nantel \u2014 « La Terre du Huitième ».1 vol.in-12 de 192 pages.Westmount-Montréal, Les Editions de l\u2019Arbre, 1942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Nous sommes au cœur des Laurentides, près du royaume d\u2019une grande entreprise de flottage du bois.Là vivent et travaillent les époux Latourelle.Lui, pour se créer plus vite un établissement agricole en « faisant » de la terre, devient, l\u2019hiver, entrepreneur en coupe d\u2019arbres.Elle, mère de sept enfants encore petits, est aidée dans sa tâche par sa sœur Régine qui vient d\u2019avoir dix-neuf ans.C\u2019est dans ce milieu rustique et sain qu\u2019arrive un jour Jean Berlouin, jeune employé de Montréal.Jean sort de la prison de Bordeaux.Il éprouve un rude besoin de retrouver un but à sa vie et à son activité.Il va l\u2019obtenir au centuple par l\u2019éveil, la poursuite et le couronnement de son beau roman d\u2019amour avec Régine.Mais cette intrigue très simple ainsi que la psychologie de tous les personnages, principaux ou secondaires, ne pèchent certes point par excès d\u2019analyse.Ce qui compte dans ce volume, c\u2019est la description de ce coin des Laurentides, les tableaux d\u2019une existence fruste et courageuse.La manière de vivre et les coutumes, par exemple les préparatifs et la célébration du mariage, y sont rendus dans leur plus authentique pittoresque.Le style est fleuri d\u2019images plus que de façons de parler campagnardes.C\u2019est un point à signaler et à louer.Et si ce style suppure trop souvent un peu de joliesse, il faut reconnaître que certaines de ses trouvailles prouvent un réel talent.On l\u2019a noté avec raison : ce dernier livre de M.Nantel est à rapprocher de Un homme et son péché, de Menaud et de Trente arpents.Mais il importe d\u2019ajouter : plus que dans les trois ouvrages précités, le thème descriptif paysan y est tout.Comme étude d\u2019âmes, on y trouve trop peu, beaucoup moins encore que chez Grignon ou Ringuet.D\u2019ailleurs (comme j\u2019ai eu l\u2019occasion de le déclarer dans la Revue Dominicaine de février dernier, page 128), sous l\u2019aspect: prédominance de l\u2019analyse psychologique, Ils posséderont la terre de M.Robert Charbônneau constitue à date le seul essai sérieux et réussi.Bien qu\u2019on ne rencontre aucun passage scabreux dans le dernier livre de M.Nantel, la description de l\u2019amour « extérieur » des deux personnages Revue Dominicaine principaux y est poussée avec une acuité trop soutenue pour que ce roman convienne indifféremment à tout lecteur.Albert Lacroix Gustave Cohen \u2014 « Lettre aux Américaius ».1 vol.in-12 de 128 pages.Westmount-Montréal, Les Editions de l\u2019Arbre, 1942.Georges Bernanos \u2014 « Lettre aux Anglais ».1 vol.in-8 de 308 pages.Westmount-Montréal, Les Editions de l\u2019Arbre, 1942.André David \u2014 «Message à de Jeunes Anglaises ».1 vol.in-12 de 192 pages.Westmount-Montréal, Les Editions de l\u2019Arbre, 1942.Les trois volumes en vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.1.\tAvant et après l\u2019armistice de juin 1940, M.Cohen a cueilli de très curieux instantanés, vrais tableaux vivants qui illustrent la mentalité du peuple français comme celle de ses dirigeants de Paris 1939 ou de Vichy 1940-1941.Tous ces contrastes sont saisis et notés avec une subtile acuité.A suivre M.Cohen reporter d\u2019occasion, professeur de carrière, jamais on ne s\u2019ennuie, toujours on apprend.On peut regretter que l\u2019auteur s\u2019attarde tant à appuyer sur les divisions intestines de la France.2.\tM.Bernanos a bien fait de nous avertir dans son livre qu\u2019il n\u2019a rien d\u2019un pamphlétaire, car autrement on aurait pu trouver qu\u2019il commence à abuser de l\u2019invective.Dans ce dernier ouvrage, aux habitués des précédents pamphlets : la bourgeoisie française, Maurras et son école, les RR.PP.Jésuites, les « gansters mitrés », la diplomatie vaticane, et les autres, l\u2019auteur tient à ajouter « certains journalistes catholiques du Canada auxquels la croisade espagnole a fait perdre le peu de jugement qui leur avait été départi par la Providence » (p.95).Mais au milieu de toutes ces remarques acerbes, il y a de fort beaux passages, tel celui-ci : « Nous attendons de l\u2019Eglise ce que Dieu lui-même en attend : qu\u2019elle forme des hommes vraiment libres, une espèce d\u2019hommes libres particulièrement efficaces, parce que la liberté n\u2019est pas seulement pour eux un droit, mais une charge, un devoir, dont ils rendront compte à Dieu» (p.300).A parcourir ce réquisitoire faisant suite à quelques autres de même acabit, j\u2019en viens à me demander si l\u2019impétuosité de M.Bernanos ne traduirait pas, dans sa rigueur et parmi plusieurs choses vraies, un certain esprit de système où le dénigrement devient un parti pris qui pourrait s\u2019exercer à l\u2019encontre de n\u2019importe quelle autre personne constituée en autorité ou de n\u2019importe quelle autre institution.3.\tUne agréable missive, empreinte d\u2019un peu trop de joliesse, où M.André David réussit cependant à dire son admiration du peuple anglais tout entier pour la décision de continuer la guerre après juin 1940 et pour l\u2019impassible héroïsme que montre toujours la Grande-Bretagne.Albert Lacroix 192 EN COLLABORATION Jle (ladaiAe Âe Ma/Ue - > ï( ' > fil Un nouveau Manuel de la Confrérie du Rosaire, préparé en collaboration, à l\u2019usage des directeurs de Confrérie, zélatrices et dévots de la Sainte Vierge.Volume illustré, 300 pages\tPRIX : $0.65 en vente à 5375.LA LIBRAIRIE DOMINICAINE Av.N.-D.de GRÂCE\t95, Avenue EMPRESS MONTRÉAL\tOTTAWA___ IX ^693^1445973 Tél.CRescent 4137\t#\t-.\u2014 MAISON JOSEPH CORBEIL MAGASIN A RAYONS ¦\t\u2014-y\t.\u2022\t6500, rue Saint-Hubert \u2022 SPÉCIALITÉ : Pains et Gâteaux de fantaisie \u2022\t( \u2022 BOULANGERIE C.LAN G EVIN S Essayez-les, vous aurez entière 1003 AVENUE EGAN \u2014 TÉL.: YOrk 6863\t(\tsatisfaction VERDUN\t1\t# \t Achète bien qui achète chez Au service du public depuis 1868 - X Tel.HArbour 7251 Ouvert jour et nuit LA PLUS GRANDE PHARMACIE DE DÉTAIL AU MONDE SERVICE RAPIDE NE FERME JAMAIS 916 est, rue Sainte-Catherine PHARMACIE MONTREAL PHARMACY CHARLES DUQUETTE.PHARMACIEN-PROPRIÉTAIRE PRESCRIPTIONS, PREPARATIONS FRANÇAISES, ARTICLES DE TOILETTES, DROGUES Montréal Peinture de haute qualité Tel.ATlantic 1988 MANUFACTURIERS 5540, Côte des Neige*\tMontréal Manufacturiers 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