Revue dominicaine, 1 janvier 1943, Janvier
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J.-B.Ltée, 145, St-Joseph, Tél.6191 .Quebec Sanfacon, Honoré, 110, rue de la Couronne, Tel.7419, Quebec Turcotte, N.-Geo\u201e 162, Côte d\u2019Abraham, Tél.4-1459 .Quebec Grains : Falardeau, Robert et Cie, 363 est, St-Paul, MA.9889, Montréal Habits et Merceries : Cusson et Cusson, Place du Marché, rue Cascades, St-Hyacinthe Importateurs et Fabricants D\u2019Objets de Piété : Génin, Trudeau et Cie, 38 ouest, N.-Dame, LA.2261, Montréal Industrie Laitière (Machines, ustensiles, app.frig.) : Trudel, B.et Cie, 304, Carré Youville, Tél.MA.8067, Montréal JOURNEAUX: Le Droit .Ottawa, Ont.Laboratoire Farley -\u2014- Hull, P.Q.Fabricant des \u201cAntalgines\u201d contre les Maux de Tête.Lait, Crème, Beurre, Œufs et Fromage : \u201cClark Dairy Ltd.634.Av.Bronson, Tél.5-1811, Ottawa, Ont.Coopérative Lait et Crème, 4101 est, N.-Dame, AM.2171, Mtl.La Ferme St-Laurent Ltée, 6768, Garnier, CR.2188-9, Montréal Laiterie de Québec Ltée, 75, av.du Sacré-Cœur, Tél.7101, Québec Libraires : Granger Frères 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laisser perdre le message silencieux que les étoiles diffusent dans la joie î C\u2019est une erreur mortelle de séparer action et contemplation ».Abbé Félix-A.Savard :\tLe canot « Nous avons jeté le bagage et ma petite maison de toile dans le canot.Je pousse la terre de mon pied et nous partons, ohé î au fil, vers en-bas ».Roger Duhamel :\tL'année littéraire « S\u2019il est faux et injuste d\u2019affirmer que la littérature canadienne d\u2019expression française n\u2019existe pas et que les personnes cultivées perdent leur temps à s\u2019y intéresser, il est néanmoins nécessaire de chercher l\u2019origine de ce préjugé funeste.Je le trouve pour une bonne part dans la proportion trop élevée des médiocrités qui encombrent les comptoirs des librairies ».Jean-Charles Falardeau :\tHommes de lumière « C\u2019est de ce vieil homme, qui titubait en moi dès l\u2019aube et qui m\u2019exaspère au midi, qu\u2019il m\u2019est demandé, en tant que chrétien, de me dépouiller, de l\u2019extraire de moi, de me dépouiller de ses yeux qui sont ténèbres.Chrétien, je suis témoin du Christ et de la lumière ».Marcelle Barthe :\t« La voiæ sans visage » « Et ainsi se termine, Mesdames, Messieurs, une émission silencieuse diffusée directement des pages de la Revue Dominicaine.Ici, Radio-Canada ».Félix Leclerc :\tLa légende des pigeons « Maintenant, Fale-bleue, ma fille, pars si tu veux, va dans les pigeonniers modernes où les mœurs sont plus libres.Mais je le sais, moi, tu le regretteras.Parce que là-bas, c\u2019est la décadence ; ici, c\u2019est le durable.Là-bas, c\u2019est l\u2019esclavage ; ici, c\u2019est la liberté ».Directives pratiques Raymond-M.Char land, O.P.: Consultation canonique : Peut-on recevoir des honoraires de messes de non-catholiques ?Le Sens des Faits Hyacinthe-M.Robillard, O.P.: Pour une attitude catholique en face du cinéma moderne : la nécessité de le connaître.1/ Esprit des Livres Raïssa Maritain : «Saint Thomas Aquinas, the Angel of the Schools» (Regis McNeely ).Chanoine Charles Thellier de Poncheville : «Tout l\u2019Evangile dans toute la vie» (A.Papillon, 0.P.).R.P.Georges Simard, O.M.I.: «Les Etats chrétiens et l\u2019Eglise» (Albert Lacroix).Jean Bruchési : «De Ville-Marie à Montréal» (A.Papillon, 0.P.).Pierre Brodin : «Les écrivains français de l\u2019entre-deux-guerres» (Albert Lacroix).Adrienne Maillet : «Trop tard» (A.Saint-Pierre,.0.P.).Comtesse de Ségur : « François le Bossu » (A.Papillon, 0.P.).Henri Troyat : «Le jugement de Dieu» (André Diotte).Yvon Bériault : «Les problèmes politiques du Nord canadien» (A.Papillon, O.P.).Stefan Zweig : «Le Brésil, terre d\u2019avenir» (Albert Lacroix).Emil Ludwig «Staline.Essai biographique» (Albert Lacroix).Hermann Rauschning : « Trompés par Hitler ! » (Albert Lacroix).Revue mensuelle publiée à St-Hyacinthe, P.Q.ABONNEMENTS : CANADA : 83.OO : ÉTRANGER : 83.25 ; AVEC LE ROSAIRE : 25 SOUS EN PLUS ; LE NUMÉRO : $0.30 ; ABONNEMENT DE SOUTIEN : $10.00 RÉDACTION ET ADMINISTRATION : 5375.AV.NOTRE-DAME DE GRÂCE.MONTRÉAL La Revue ne sera pas responsable des écrits de collaborateurs étrangers à l\u2019Ordre de Saint-Dominique.VIII Revue Dominicaine Directeur :\tSecrétaire de rédaction : MARCEL-M.DESMARAIS, O.P.\tANTONIN PAPILLON, O.P.Volume XLIX\tTome I\tJanvier 1943 La leçon des Liages Y a-t-il, dans les narrations inspirées, rien de plus étonnant, de plus invraisemblable même que l'équipée des Mages venus d\u2019Orient en Palestine pour adorer le roi naissant d\u2019un petit peuple asservi ?Le roi des Juifs ?Voyons avec quelle candeur, ils annoncent aux badauds de Jérusalem le but de leur voyage : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?demandent-ils.Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l\u2019adorer».A cause sans doute des proportions imposantes de l\u2019équipage, à cause de l\u2019aspect des personnages qui posent la question, tout Jérusalem entre en émoi.Hérode lui-même se trouble devant la perspective d\u2019un compétiteur inattendu.Mais il revient vite au calme.Le caractère idiotement religieux qu\u2019affecte à ses yeux la quête de ces marcheurs-à-l\u2019étoile, le rassure grandement.Gomme il reste à donner une réponse quelconque pour congédier avec décence cette caravane import une, il convoque le Sanhédrin et lui défère la question du lieu de cette naissance présumée.Ce n\u2019est pas son habitude de consulter le Sanhédrin et, s\u2019il le fait, c\u2019est qu\u2019il attache èi la réponse assez peu d\u2019importance.L\u2019aventure ridicule de ces pèlerins aux cerveaux brûlés d\u2019étude et de prière n\u2019a rien que d\u2019amusant pour le vieux politique madré, et c\u2019est avec une ironie paterne, qu\u2019après s\u2019être informé, par politesse, de la date exacte oil l\u2019étoile leur était apparue, il leur dit ceci qui est charmant : « Allez, informez-vous exactement de l\u2019Enfant, et lorsque vous l\u2019aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que moi 1 Eeyue Dominicaine aussi faille Vadorer ».Comme le remarque le Père Lagrange, on ne voit pas beaucoup le vieux renard sanguinaire dans cette posture d\u2019adoration.Il compte bien que ces grands benêts d\u2019Orientaux en seront quittes pour leur déplacement, mais si par hasard, ils trouvaient là quelque chose pouvant les laisser sous l\u2019impression d\u2019une royauté future, il serait facile de trancher cette espérance à la racine, par un bon coup d\u2019épée.Hérode qui se croit le plus f in, sera bientôt déjoué.Ce Roi des rois qu\u2019ils cherchent avec tant de naïveté, tant de hardiesse persévérante, les Mages auront le bonheur de le trouver, et, l\u2019adorant, de lui offrir les présents qu\u2019ils apportent avec eux.L\u2019orgueil astucieux sera vaincu, non par la méf iance et la ruse, mais par la docilité naïve aux messages célestes.L\u2019intelligence qui comprend le langage des étoiles accueille aussi celui des songes, et le Dieu caché se sert de cette lucarne ouverte sur le Ciel pour communiquer subrepticement avec ceux qui regardent et attendent.Expectans, expectavi.Voici pourquoi les Mages se sont engagés sur une route que le vieux renard n\u2019avait pas prévue.Lorsqu\u2019ayant pris congé d\u2019IIérode, les pèlerins de Bethléem reprennent opiniâtrement la route, sommes-nous assez saisis par la pureté et la grandeur de l\u2019espérance qui les conduit ?Quand tout le peuple autour de nous ne regarde que la terre et n\u2019écoute que les bruits de la cité humaine, épier les étoiles en écoutant la musique intérieure des nuits, c\u2019est déjà une noble originalité ; mais un jour, dans la risée imbécile des esprits veilles, partir sur la seule foi d\u2019une étoile nouvelle, vers l\u2019inconnu, à la recherche de la Vie qui nous appelle, voilà qui est encore plus hardi et plus beau ; puis enfin lorsqu\u2019arrivé presque au terme de son voyage, on constate que la naissance, censément prophétisée de ce fameux roi, n\u2019est pas même connue dans la capitale de son pays à quel- 7, La leçon des Mages ques milles de l\u2019endroit désigné, continuer sa route vers une ville obscure qu\u2019on nous indique en souriant, n\u2019est-ce pas que cela est grand par-dessus tout f Que vont trouver les Mages en ce village de Jucla ?Un vieux château habité par des princes qui cachent là la honte de leur infortune ?Non pas un château, pas même une maison, mais une étable.Et quelle étable f Une grotte, un abri fruste que les bergers ont aménagés à même le roc pour s\u2019y réfugier avec leurs agneaux les jours de tempêtes : une sorte de taudis ou la bonne odeur de la paille fraîche couvre à peine les senteurs que le bétail y a laissées.Bans cette étable, qui est là ?Une reine déguisée fuyant en secret les coups du destin f Non, pas une reine, mais une simple femme du peuple, l\u2019épouse pauvrement vêtue du charpentier Joseph : elle veille en silence sur un enfant qui ne porte ni couronne, ni auréole.Et pourtant, ainsi que nous le dit saint Matthieu, « ils entrèrent dans le logis, trouvèrent l\u2019enfant avec Marie, sa mère, puis, s\u2019étant prosternés, l\u2019adorèrent ».Cette reconnaissance, cette adoration, dans un tel décor est une chose émouvante, un acte sublime de la part de ces riches pèlerins.Serait-ce ici plus beau qu\u2019à la reprise de la route après Jérusalem f Peut-être.Mais il y a de nouveau, et un certain tournant du chemin, cette « étoile qu\u2019ils avaient vue en Orient ».Curieuse comète à la vérité, elle « allait devant eux, jusqu\u2019èt ce que, venant au-dessus du lieu oii se trouvait l\u2019Enfant, elle s\u2019arrêta ».Peu importe d\u2019ailleurs que ce feu nouveau dans le ciel au-dessus d\u2019eux, soit une étoile ou une torche promenée par un ange, il leur suffit de savoir qu\u2019il a une signification certaine, et cette certitude retrouvée les inonde de joie.« A la vue de l\u2019étoile, ils se réjouirent d\u2019une grande joie ».Une joie incandescente comme le chalumeau d\u2019acétylène qui brûle tout obstacle et toute IIevue Dominicaine apparence ! C'est pourquoi, dans la simplicité de leur âme, ces riches que la richesse n'étouffe pas, ces savants que la science n\u2019abêtit pas, ces sages que la sagesse n\u2019empêche pas d\u2019oser et de partir, ont le privilège insigne de succéder aux bergers autour de ce grossier berceau, une mangeoire, où repose, réchauffé par des bêtes, le Fils de Dieu, le Sauveur du monde.La leçon que les Mages nous lègue par delct les siècles est double : veiller et marcher, contempler et agir.Avoir sur le Ciel, fenêtre ouverte et ne pas laisser perdre le message silencieux que les étoiles nous diffusent dans la joie ! C\u2019est une erreur mortelle de séparer action et contemplation.Comme l\u2019enfant a besoin de la mère, et la mère, de l\u2019enfant, elles ont besoin l\u2019une de l\u2019autre.Mais l\u2019enfant plus que la mère, et l\u2019action plus que la contemplation.Malheur donc à ceux qui ferment leurs oreilles et leurs narines au Souffle Sanctificateur ! D\u2019après la grande Thérèse, celui qui ne fait pas oraison, Satan n\u2019a pas besoin de le pousser en enfer, il s\u2019y précipite de lui-même.Quand je songe aux Mages d\u2019Orient pour adorer le Fils nouveau-né de la Vierge, je vois défiler devant mes yeux cette phalange de mystiques indous que Tagore m'apprit à connaître, pendant que sur la multitude affairée des chrétiens matérialistes, Pharisiens et Sadducéens de ce temps, viennent s\u2019inscrire en lettres de feu quelques-unes de ces paroles qui ne passent pas.« C\u2019est pourquoi je vous le dis que beaucoup viendront de l\u2019Orient et de l'Occident et auront place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des deux, tandis que les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures : c\u2019est.Ici qu\u2019il y aura des pleurs et des grincements de dents ».Gabriel-M.Lussier, O.P.Ottawa, en la fête de l\u2019Immaculée-Conception, 191/2 4 Le Canot Ce matin, j\u2019ai dit à Ménard : « Embarque ! Nous descendrons les Eaux-Mortes et sauterons les rapides, moins celui de la Queue-de-Cheval ».Nous avons jeté le bagage et ma petite maison de toile dans le canot.Je pousse la terre de mon pied et nous partons, ohé ! au fil, vers en-bas.Eau du désert et de la solitude, chemin d\u2019autrefois, de la découverte et de l\u2019aventure, que vous avez de charmes ! Fraîcheur déjà et calme d\u2019un flot lent qui ne trouble ni le temps ni les bords ! Le cours de l\u2019âme suit cette eau sage et propice au songe.Mon canot, dans mes reins, prolonge sa vertèbre.Qu\u2019il m\u2019est docile et tendre ! Je le sens frémir à chaque aviron que je plonge.Ainsi, sans bruit, sans heurt, je pénètre au désert.Tout semble au bois dormir et sur l\u2019eau.Une rame pieuse glisse, se lève, écoute choir une gouttelette.Rien ne se peut comparer à la douceur de ce mouvement qui tient du vol, du passage d\u2019un vent de soir d\u2019été et qui souffle à ma chair qu\u2019elle a des ailes.Je vais deci delà, buvant à la merveille.Une fine proue à l\u2019intelligence pareille, sans rien briser, sépare, unit.Le moindre élan suffit à des prodiges.Je vois, là-bas, deux grèves s\u2019entr\u2019ou-vrir, deux autres se fermer comme des lèvres.Un seul geste dénoue la chose à la chose enlacée.Un pur lointain lentement se révèle ; j\u2019y vois une eau plus belle encore.Un autre tableau s\u2019ouvre où le doux festin se renouvelle. Revue Dominicaine Parfois, au creux d\u2019un frais silence tissu de vert et d\u2019or, je me coule et regarde.Est-il, au bord, ombre si close que ne descelle une pointe aussi fine ?Ma proue délie ; l\u2019âme compose, de feuilles et de troncs confondus, un grand arbre vêtu d\u2019un feuillage éternel.Je rentre au verger dont j\u2019avais souvenir.Par cette allée sinueuse et courante, je vais, sous les rameaux de la clarté, cueillir les fruits qui tombent.Parfois, j\u2019entends comme une rumeur sur l\u2019eau courir de paroles et de chansons.Du plus profond des ondes et des bois, les souvenirs de la race sonore surgissent.J\u2019ai appris que, bien des fois, dans le passé, les miens, ceux qu\u2019on appela les Voyageurs et qui furent des conquérants, ont descendu ces rivières du nord.Ils ramaient en chantant.A mon tour, ohé ! je rame et je chante et rythme ma chanson.Elle suit ce geste que j\u2019arrondis, s\u2019appuie sur l\u2019arc de mes bras dans l\u2019air, plonge, émerge et, comme mon aviron, de notes ruisselle.Je remplis toute la rivière de ma voix.En instruments qui vibrent et qui sonnent j\u2019aurai changé ces bords.Je tire des sons de flûte de ces trous d\u2019ombre muette, et de ces rayons au sol tendus, je me fais une sorte de harpe qui m\u2019accompagne.Ohé ! je rame et je chante ! Que la pluie tombe ou le soleil, â toute averse je m\u2019ouvre.Pour moi, goutte ou ra}7on, tout a le goût de la merveille par le chant qui le change.Ohé ! je rame et je chante ! Délices de l\u2019air froid et pur qui baigne ma chair ! Source sœur, invisible cours ! Comme un caillou d\u2019or dans le flot du soleil et de l\u2019eau, ma poitrine est neuve et claire ! Le Canot * * * Mais, déjà, je suis sur le penchant d\u2019une eau plus rapide.Je vois qu\u2019elle se dénoue et que le long corps souple se change.J\u2019assiste à l\u2019émersion des forces et des passions de l\u2019eau ; et telle que la vit un jour le vieux peintre chinois Yen Houei, la matière subjuguée se délivre ; elle engendre un monstre cabré qui dévore la pierre et sa propre substance.Je me raidis.Pare à droite, pare à gauche.Je jouis d\u2019être entré volontaire dans le jeu de ce combat.Je savoure, au milieu de ces griffes et de ces gueules, la fragilité de mon destin lié, pour l\u2019instant, au sort d\u2019une pure manœuvre.Le danger vaincu, je me redresse et rentre autonome et neuf dans la récompense de l\u2019eau tranquille.F.-Ant.Savard, ptre t L\u2019année littéraire Se livrer à line revue complète d\u2019une année littéraire comporte toujours des risques : risque d\u2019oublier des noms et des œuvres, risque aussi de devenir vite fastidieux par une énumération qui évoque trop fidèlement le catalogue.Aussi ne tenterai-je pas ici de signaler avec une exactitude minutieuse tous les volumes parus au cours des douze derniers mois.J\u2019essaierai plutôt, en quelques pages, de jeter un coup d\u2019œil d\u2019ensemble sur les livres qui s\u2019entassent chaque semaine sur ma table de travail, liv res canadiens, livres français publiés à New-York ou à Montréal, réimpressions d\u2019ouvrages qui avaient obtenu avant la guerre une enviable notoriété.Le trait le plus marquant de cette production abondante, pour le Canada français, c\u2019est son hétérogénéité.Il est très difficile, pour 11e pas dire impossible, de dégager une ligne générale, de tenter un procès de tendances.Ecartons d\u2019abord à cet égard les livres français, qui peuvent être d\u2019un précieux apport pour notre culture, mais qui 11e sont en aucune façon significatifs des aspirations de la littérature canadienne.Quant aux œuvres indigènes, il est remarquable de constater le peu d\u2019influence qu\u2019elles exercent les unes sur les autres.Chaque écrivain canadien travaille seul, se crée à lui-même un univers particulier.Il n\u2019existe à peu près pas de milieu favorable à l\u2019émulation intellectuelle.Les associations ou les groupes ou les écoles littéraires font défaut.Il est donc très rare que l\u2019on puisse déceler une filiation authentique, suivre un filon.Chaque livre canadien paraît le fruit d\u2019une génération spontanée, ce qui ne l\u2019empêche pas parfois d\u2019être un fruit sec ! 8 I/année littéraire Autre trait à signaler, et qui n\u2019est pas très neuf, la création n\u2019est pas notre fort.Si nous publions régulièrement des études sociales, économiques, surtout nationales, voire politiques, nous nous révélons d\u2019une pauvreté lamentable dans le roman, la poésie, le théâtre, bref dans les genres littéraires qui exigent une personnalité solidement accusée, des ressources originales et variées.Nous trouvons plus facile, et nous 11e nous trompons pas, de nous élever au rôle de mentors, de fournir sans cesse des orientations ! Pourtant, le pays est beaucoup mieux servi par un grand livre que par cent bouquins débordants de directives et de conseils édifiants.Non pas que l\u2019essai 11e soit pas un genre singulièrement fécond et excitant pour l\u2019esprit.Mais neuf fois sur dix, au pays de Québec, nous pratiquons l\u2019essai, non pas comme un moyen de découvrir la vérité, mais au contraire comme un procédé commode pour démontrer une vérité déjà acceptée et reçue.Ces études ne fournissent donc aucun enrichissement, elles 11e font que satisfaire la vanité de petits maîtres prétentieux et souvent à demi ignares.Car nous sommes nombreux chez nous à demeurer trop primaires pour consentir à.douter.Nous sommes incroyablement catégoriques et le scepticisme de Montaigne 11e nous a jamais effleurés.Sans vouloir pécher par excès de sévérité et poser au censeur rigoureux, je ne puis m\u2019empêcher de remarquer combien nos auteurs, en général, manquent de sens critique.Ils publient des ouvrages souvent hâtivement bâclés, à la sollicitation d\u2019un éditeur, et s\u2019imaginent ensuite qu\u2019ils ont écrit un chef-d\u2019œuvre.Il faut voir comment ils battent froid au critique consciencieux et sincère qui a dû souligner leurs faiblesses.Ce travail de critique qui leur déplaît d\u2019autant plus qu\u2019ils y sont davantage vulnérables, ils devraient être les premiers à l\u2019opérer sur les produits 9 Revue Dominicaine de leur cerveau qu\u2019ils confient présomptueusement et parfois prématurément au marché des livres.Ce travail de réflexion sauverait beaucoup de réputations et épargnerait une lecture pénible aux braves gens qui se font le devoir de les lire.S\u2019il est faux et injuste d\u2019affirmer que la littérature canadienne d\u2019expression française n\u2019existe pas et que les personnes cultivées perdent leur temps à s\u2019y intéresser, il est néanmoins nécessaire de chercher l\u2019origine de ce préjugé funeste.Je le trouve pour une bonne part dans la proportion trop élevée des médiocrités qui encombrent les comptoirs des librairies.Ecrire un livre est devenu un snobisme, l\u2019accomplissement d\u2019un beau rêve de jeunesse.Encore faut-il voir à ce que ce livre soit construit, se tienne par lui-même, possède une valeur certaine.Tant qu\u2019une pléiade de pseudo-écrivains publieront tout ce qui leur passe par la tête, je crains fort que les meilleures œuvres canadiennes continuent d\u2019être noyées sous cette avalanche d\u2019imprimés.* * * De cette avalanche accrue en ces dernières années par la situation de la France, je mettrai d\u2019abord à part les livres français originaux publiés aux Etats-Unis et au Canada et même à Paris et ensuite photographiés ici.Qu\u2019on ne recherche pas dans ces notes, je le répète, aucun ordre logique.Il s\u2019agit, non pas d\u2019une étude systématique, mais d\u2019une exploration rapide.Claude Eylan, écrivain français qui n\u2019avait jamais accédé à la notoriété, a publié à Montréal, deux romans, Jardin 26 et Combat avec l\u2019inconnue dont aucun ne mérite de retenir l\u2019attention, même si le premier présente quelques pages d\u2019un intérêt soutenu.On en peut écrire autant des romans policiers parus 10 I/année littéraire en série de Robert Goffin, qui enseigne à New-York la philosophie du jazz ; cela le dépeint très bien.Un roman de Paule d\u2019On-cin, Plympton House, apporte un élément neuf et étudie avec franchise un cas à la fois pathologique et psychologique ; n\u2019était la faiblesse des cinquantes dernières pages, ce serait là un récit de belle allure.Une jeune Française qui habite le Canada depuis plusieurs mois, Geneviève de la Tour Fondue, a commencé sa carrière littéraire par un roman bien conçu et écrit proprement, Retour à la Vigie, qui traite de la jeunesse française des écoles, victime de la guerre et essayant de rallier toutes ses énergies pour les grandes tâches qu\u2019exige la patrie blessée.L\u2019octogénaire Maurice Maeterlinck, qui incarne l\u2019élément féerique dans la littérature contemporaine, non sans une certaine pointe de préciosité, écrit des considérations sur l\u2019au-delà, Dieu, la vie éternelle, sous la titre de L\u2019autre monde ou le Cadran stellaire.Cette négation sereine des réalités spirituelles n\u2019est même pas ingénieuse.A côté de réflexions qui révèlent le méditatif profond, combien de notes d\u2019un simplisme triste à constater chez un esprit aussi élevé que Maeterlinck.André Maurois n\u2019a pas chômé cette année.Nous avons pu lire de lui des Etudes littéraires sur Yaléry, Bergson, Péguy, Claudel, etc., qui forment une excellente introduction à la contemplation des maîtres intellectuels de notre génération.-Te rapproche aussitôt de cet ouvrage celui de Pierre Brodin sur Les Ecrivains français de Ventre-deux-guerres qui contient une mine d\u2019informations précieuses sur les écrivains que nous aimons.Maurois a aussi publié Cinq visages de l\u2019amour où il étudie l\u2019amour dans les romans de Mme de la Fayette, de Rousseau, de Stendhal, de Flaubert et de Proust, s\u2019appliquant à dégager de ces œuvres représentatives une conception de l\u2019amour propre à 11 Revue Dominicaine chaque époque.Ce sont clone à la fois des études littéraires et des études de mœurs.Enfin, Maurois nous a donné l\u2019histoire de sa vie et plusieurs clefs de son œuvre dans ses deux volumes de Mémoires, Les années d\u2019apprentissage et les années de travail, où il y a des pages d\u2019émotion humaine et de plénitude artistique auxquelles nous aurons toujours joie à nous reporter.De son côté Raïssa Maritain a, elle aussi, éprouvé le besoin de se pencher sur son passé, ce qui nous vaut le premier volume des Grandes Amitiés, récit a la fois serein et grave, traversé d\u2019une admirable lumière intérieure.Nous y apprenons aussi les préoccupations et les premières tentatives intellectuelles de son mari.C\u2019est un livre qui a beaucoup de prix et que je place très haut.Mme Maritain a aussi fait paraître La conscience morale et l\u2019état de nature, tandis que Jacques Maritain précisait les données de son Humanisme intégral dans un petit volume très opportun, Jjes droits de l\u2019homme et la loi naturelle.Roger Vercel, à qui nous devons des livres si denses, nous offre dans La clandestine trois magnifiques nouvelles inspirées de la mer et de la vie rude des marins de la côte bretonne.Dans Le jugement de Dieu, Henri Troyat reconstitue avec vigueur un moyen âge haut en relief, où un réalisme parfois grossier le dispute à une féerie très dépouillée.Colette nous rappelle dans Julie de Carneilhan qu\u2019elle n\u2019a nullement perdu ce st}de matériel, fait d\u2019une pâte riche et adapté à une espèce de naturisme sensuel.Daniel-Rops demeure ce psychologue et ce moraliste sévère que nous avons apprécié depuis quelques années : L\u2019Ombre de la douleur peint en touches sombres des conflits d\u2019âmes.Dans un genre beaucoup plus léger, les deux livres de Michel Georges-Michel, Peintres et sculpteurs que j'ai connu et Gens de théâtre racontent une foule d\u2019anecdotes sur des auteurs drama- 12 L\u2019année littéraire tiques, des artistes célèbres ou qui ont bénéficié d\u2019une gloire viagère.Louis Verneuil a consacré un gros volume à Sarah Bernhardt, tandis que Maurice-Edgar Coindreau, sous le titre de La farce est jouée, raconte avec minutie l\u2019histoire du théâtre français au cours du premier quart de notre siècle.Sur le même rayon, il faut ranger les Réflexions d\u2019un Comédien, de Louis Jouvet, et la plaquette de Jean Cusson sur Un réformateur du théâtre : Léon Chancerel.Léon Daudet, qui est décédé au cours de l\u2019année, nous a donné auparavant son dernier volume, Quand vivait mon père, où foisonnent les souvenirs littéraires de toute une époque.Le livre de Daniel Halévv sur Péguy et les Cahiers de la quinzaine restera, parce qu\u2019il est un document précieux fourni par un témoin qui a bien connu Péguy et qui en écrit avec une sympathie intelligente.Le séjour aux Etats-Unis de Jules Romains nous vaut Salsette découvre l\u2019Amérique, étude avisée et amusante sur quelques traits de la civilisation américaine.* * * De tous les livres d\u2019actualité inspirés de la guerre, je place au premier rang, à côté du Printemps tragique, de René Benjamin, le Pilote de guerre, de Sàint-Exupérv.Récit dépouillé, d\u2019un accent émouvant, qui se termine par une méditation d\u2019une quarantaine de pages où l\u2019auteur recherche des étais à sa pensée et à son patriotisme, où il s\u2019élève à des cimes voisines de la spiritualité la plus pure.Saint-Exupéry a exprimé le meilleur de son temps, les aspirations les plus hautes de ses contemporains.D\u2019une production prolifique, je retiens notamment Baraque 3, Chambre 12, où Marcel Haedricli raconte la vie des prisonniers dans les camps allemands ; Dernière Edition, de Pierre Lazareff, qui montre les dessous des intrigues politiques en France, vus 13 / Revue Dominicaine par un journaliste aux premières loges ; L\u2019Extrême-Orient et nous, d\u2019Auguste Viatte, qui établit les grandes lignes du conflit asiatique ; La France que j\u2019aime, témoignage fervent d\u2019une Américaine, Helen Mackay, éprise de la France ; La guerre sans mystère, de Richard Lewinson, histoire de la campagne de France aussi objective que possible ; Les guerres modernes et la pensée catholique, considérations de Luigi Sturzo sur les rapports du catholicisme et des conflits militaires ; Horloge de Paris, Heure de Berlin, de Thomas Kernan, l\u2019ouvrage le plus sérieux et le plus pondéré sur la situation de la France depuis la défaite ; une copieuse Lettre aux Anglais, où Georges Bernanos se montre de nouveau partial et écrivain de race ; un Message à de jeunes Anglaises, d\u2019André David, trop « littéraire » pour être vraiment émouvant ; des Lettres aux Américains, du professeur Gustave Cohen, sympathiques et inoffensives ; un bon, quoiqu\u2019un peu cursif, Staline, d\u2019Emile Ludwig ; une magnifique introduction à la connaissance du Brésil, terre d\u2019avenir, du malheureux Stefan Zweig ; deux traductions d\u2019ouvrages solides, Pas d\u2019affaires avec Hitler, de Douglas Miller, et Trompés par Hitler, d\u2019Hermann Rauschning, etc., etc.Je détache de cette série le livre dense, à plusieurs égards remarquable, de Guglielmo Ferrero, Pouvoir, qui ramasse en une vaste synthèse une pensée à la fois philosophique et historique singulièrement pénétrante.II y a des clefs qui permettent de comprendre les principales tendances du monde contemporain.Nous y apprenons les principes constitutifs de la légitimité des pouvoirs et les conditions sous-jacentes à l\u2019équilibre politique * * * A la suite de la rupture pour un temps indéterminé des relations normales entre la France et le Canada, plusieurs édi- L\u2019année littéraire teurs ont pris l\u2019initiative de réimprimer ici des ouvrages français.Peut-être ont-ils cherché d\u2019une façon trop évidente leur intérêt commercial, en remettant en circulation des livres d\u2019une popularité certaine, même s\u2019ils ne possédaient pas nécessairement, en raison de leur vogue, une valeur authentique.Ce n\u2019est là qu\u2019une remarque sur laquelle j\u2019aurais garde d\u2019appuyer, car dans l\u2019ensemble, nos éditeurs ont fait preuve d\u2019un discernement et d\u2019un goût assez sûrs.Pour ma part, je me réjouis particulièrement de la réédition au Canada de l\u2019admirable Chronique des Pasquier, cette épopée de la vie familiale française où Georges Duhamel peint toute une époque, avec cette puissance d\u2019émotion mêlée de pudeur qui est la marque distinctive de ses œuvres.Voilà des volumes qu\u2019on reprend toujours avec la joie profonde que procure le contact d\u2019une âme sensible à tout ce qui est humain.Quel plaisir aussi de relire Le grand Meaulnes, ce roman à la fois réaliste et fantaisiste où s\u2019exprime le meilleur de l\u2019inquiétude amoureuse d\u2019un garçon de vingt ans ; le Magnificat, de René Bazin, son meilleur roman peut-être, écrit à soixante-quinze ans ; Thérèse Desqueyroux, le type de femme le plus poussé et le plus tragique de toute l'œuvre mauriacienne ; Pensées y Prières, Souvenirs, La France, ces petits volumes où l'on retrouve les pages les plus connues de Péguy, en attendant qu\u2019un audacieux se risque à publier ses œuvres complètes ; Le voyage du centurion, où Ernest Psichari, sous le prête-nom de Maxence, nous fait suivre son itinéraire spirituel ; La vie intellectuelle, du R.P.Sertillanges, somme indispensable à tout travailleur de l\u2019esprit ; les volumes de la collection bainvillienne, y compris L\u2019Histoire de France, Napoléon, Les conséquences politiques de la paix, qui nous font comprendre les principales étapes 15 Revue Dominicaine de révolution française et européenne par le clair génie de Jacques Rainville.A cette liste précieuse, on a cru devoir ajouter certains volumes qui peuvent trouver preneur, mais dont l\u2019on distingue mal l\u2019apport intellectuel ou simplement littéraire.Il en est encore beaucoup où les éditeurs pourront opérer un choix judicieux.La cessation des arrivages réguliers de France aura au moins cet avantage de nous permettre de relire et d\u2019approfondir des ouvrages sur lesquels nous avions souvent peu insisté lors de leur publication.Pourvu que l\u2019interruption des relations franco-canadiennes ne se prolonge pas indûment, le mal n\u2019aura pas été irréparable.* * Les livres canadiens.Année pauvre, ne craignons pas de l\u2019avouer.L\u2019activité actuelle sur le marché des livres ne doit pas nous donner le change.Nos écrivains ont peu écrit et ce qu\u2019ils ont publié n\u2019offre rien de particulièrement remarquable, a deux ou trois exceptions près.Sans hésitation, je mets en tête de liste le roman de Léo-Paul Desrosiers, Sources, récit qui correspond à une conception spéciale du roman, récit qui n'en est pas moins, pour le Canada français, une œuvre forte, d'une belle architecture, qui révèle une compréhension profonde du type humain canadien-français.J\u2019ai eu fréquemment l\u2019occasion d\u2019écrire tout le bien que je pense de l\u2019œuvre de Desrosiers et je ne redoute pas de me répéter.Cet écrivain probe connaît son métier, il ne craint pas de s\u2019imposer un travail consciencieux avant de publier des ouvrages qui resteront.16 L\u2019année littéraire Rayon poésie, je place très haut Les songes en équilibre d\u2019Anne Hébert, chansons légères, impressions fugitives, reflets d\u2019une âme cristalline.La forme est dégagée de toute convention, les mots retrouvent leur fraîcheur première, leur exquise gratuité.Anne Hébert est un beau poète, dans la filiation de Saint-Denys Garneau, et c\u2019est à mon sens le plus bel éloge que je puisse lui adresser.II y a aussi le sympathique Roger Brien qui a publié coup sur coup Ville-Marie, véritable épopée cosmique, Les yeux sur nos temps, dialogue du Christ et de ses créatures, Prière de Marie-des-Neiges, mince plaquette d\u2019une belle limpidité, Sourires d\u2019enfants et Chant d\u2019amour, où des vers magnifiques se perdent dans une accumulation verbale excessive.Heureusement doué, Brien abuse de ses dons et se convainc facilement, en toute sincérité, de la qualité de sa production trop abondante.Edmond Turcotte a publié au cours de l\u2019année de judicieuses Réflexions sur l\u2019avenir des Canadiens français, où le polémiste ardent, parfois injuste et intransigeant, s\u2019est exprimé avec une belle sérénité et une justesse de vues remarquable.Il a saisi exactement la valeur et les possibilités de notre groupe ethnique et il a parlé avec un accent entraînant des devoirs que nous impose en terre américaine le maintien de la culture française.Le troisième centenaire de Montréal nous a valu quelques ouvrages solides : Ville-Marie, de Léon Marchai ; Be Ville-Marie à Montréal, de Jean Bruchési ; Ville, 6 ma ville, publié en collaboration par la Société des Ecrivains canadiens ; le septième Cahier des Dix, entièrement consacré à notre ville ; une Histoire de Montréal, de Camille Bertrand ; une étude très approfondie de la R.S.Mondoux sur l\u2019Hôtel-Dieu et une biographie, sans doute définitive, de Marguerite Bourgeovs, par dom Jamet.Sur 17 Revue Dominicaine Marguerite Bourgeoys, je signale également Le jeu de la Voya-gère, de Rina Lasnier, dont la valeur poétique dépasse de beaucoup le mérite dramatique.Avec sa ténacité au travail qui est un exemple à suivre, Robert Rumilly a continué la publication de sa monumentale Histoire de la Province de Québec, qui nous conduit jusqu\u2019à l\u2019époque de Marchand, aux premières années du siècle.Cet ouvrage, source de documentation précieuse, demeurera irremplaçable jusqu\u2019au jour où il sera loisible à quelques chercheurs de refaire cette histoire en la récrivant dans une langue plus ferme, en y élaguant l\u2019accessoire pour 11e retenir que l\u2019essentiel, en la recomposant selon un plan plus satisfaisant pour l'esprit.Rumilly n\u2019en est pas moins un défricheur louable.L\u2019Ecole des Hautes Etudes Commerciales a fait paraître le premier volume de ce qui deviendra une bibliothèque économique de grand prix.Cet ouvrage est consacré à Notre Milieu et expose les données générales que les études ultérieures préciseront.Une bonne thèse de doctorat d\u2019Yvon Bériault sur les différents Problèmes politiques du Nord canadien.Après de nombreuses années de critique dans toutes les publications du Canada français, Berthelot Brunet a rédigé, sous une forme qui lui est propre, des propos apologétiques.Chacun sa vie est loin d\u2019être une œuvre indifférente, même si la phrase sautillante et la syntaxe fantaisiste finissent par agacer le lecteur.Adolphe Nantel a écrit dans La terre du huitième un récit haut en couleur, qui se lit avec plaisir.De son côté, Germaine Guèvre-mont a peint de brefs tableaux où se mêlent l\u2019humour et la connaissance intime de la vie paysanne.En pleine terre offre des pages savoureuses.* * * 18 L\u2019année littéraire Notre excursion touclie à son terme.Elle n\u2019est pas complète, je la crois néanmoins fidèle.Elle permettra, je l\u2019espère, d\u2019apprécier à son juste mérite l\u2019année littéraire écoulée.S\u2019il s\u2019est publié au Canada de nombreux livres étrangers, par contre nos écrivains n\u2019ont pas fait preuve d\u2019une fécondité exceptionnelle.Leurs œuvres cependant, si elles ne portent pas la marque du génie, cette longue patience, n\u2019en sont pas moins le signe d\u2019une activité qui justifie tous les espoirs.Il n\u2019est plus permis de douter qu\u2019il existe une littérature canadienne.Elle est encore dans l\u2019enfance ; tant de facteurs, qui ne sont pas tous d\u2019ordre intellectuel, retardent son épanouissement.Courageusement, obstinément, il reste toutefois des écrivains qui n\u2019ont pas perdu la foi, qui travaillent sans relâche, au milieu de préoccupations multiples, à nous doter d\u2019ouvrages où s\u2019exprimera le meilleur de notre génie français, allié à notre caractère profondément canadien.Si l\u2019on regarde le chemin parcouru depuis dix ou quinze ans.il n\u2019est pas permis d\u2019être pessimiste.J\u2019estime par contre que ce serait rendre un mauvais service à nos lettres que de brûler trop généreusement de l\u2019encens devant tous les produits de nos écrivains.En se montrant à leur égard justes, sévères, compréhensifs, nous les aiderons à poursuivre leur mission.Eoger Duhamel 19 Hommes de lumière Auparavant ç\u2019avaient été les siècles d\u2019attente et d\u2019avent ; c\u2019avait été le désir de Dieu de s\u2019offrir et le désir des hommes de Dieu.Les hommes tâtonnaient dans les ténèbres, enlisés, claudiquants, nostalgiques.Quelques regards avaient entrevu des lueurs, quelques voix avaient balbutié.Les hommes s\u2019étalent faits ténèbres.Un jour tout à coup ils avaient eu l\u2019assurance que la lumière était prochaine.Une lueur, « un homme, envoyé de Dieu ; son nom était Jean.Il venait en témoignage pour rendre témoignage à la lumière ; non qu\u2019il fût la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière » \\ Grâce à la miséricorde de Dieu, une lumière allait nous descendre des hauteurs, nous visiter, nous éclairer, assis dans les ténèbres et l\u2019ombre de la mort1 2.Et depuis cette nuit-là, où les ténèbres ont été déchirées, nous 11e sommes plus aveugles.Ou, du moins, nous n\u2019avons plus le droit d\u2019ignorer où est la lumière ni de refuser de la chercher, de l\u2019identifier, de nous en revêtir.A la vérité, ce ne fut tout d\u2019abord, pour les sens, qu\u2019un faible luminaire dans le ciel, cette étoile semblable à des millions d\u2019autres étoiles.Un scintillement parmi d\u2019autres scintillements, mais dont trois bonshommes, des sages, eurent aussitôt l\u2019intelligence profonde.Ils se laissèrent guider par ce monogramme stellaire d\u2019un roi dont ils attendaient la venue ; ils le suivirent avec confiance, ils le perdirent sans découragement, ils le retrouvèrent avec exultation et, avec lui, le sentier définitif qui menait à ce réduit dans la campagne de Bethléem où reposait un nouveau-né.1.\tJoan., I, 6-8.2.\tLuc, I, 78, 79.20 Hommes de lumière Là eut lieu la manifestation, la réalisation du désir, la révélation de la lumière.Déjà, avant eux, quelques bonshommes, plus humbles encore, des bergers, s\u2019étaient vus, durant la nuit, environnés d\u2019un rayonnement lumineux d\u2019où la voix de l\u2019ange avait évangélisé la naissance du Sauveur, la descente de Dieu parmi les hommes, l\u2019arrivée de Dieu parmi nous selon la promesse.« Mon Père, voici que j\u2019arrive.» C\u2019était la manifestation et le premier offertoire ! Noël, fête de la Lumière, parce que ce fut le commencement de ce qui était préfiguré par le Baptiste ; parce que ce fut le commencement de Dieu parmi les hommes, et qu\u2019« en Lui est la vie, et la vie est la lumière des hommes, et la lumière luit dans les ténèbres » 1 Le Yerbe de Dieu qui était Vie et Vérité venait se manifester et se dire, aux hommes de bonne volonté, comme leur Voie unique.Manifestations de la Lumière ! Toute la vie du Sauveur et son enseignement, depuis les noces de Cana, sur toutes les routes de Judée et de Galilée, durant les trois grandes années de prédication.Mais cette présence et cette doctrine étonnaient trop les hommes ; stupébant in doctrina ejus 2, les hommes gourmés ou poltrons, les hommes au cœur aveugle ou rétif.Les yeux et les esprits voulaient rester voilés, voilés de ténèbres.« Il vint chez Lui et les siens ne L\u2019ont pas reçu » 3.La lumière a lui dans les ténèbres et les ténèbres ne l\u2019ont point reçue4.La lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière parce que leurs œuvres étaient mauvaises.« Quiconque fait le mal, hait la lumière, de peur que ses œuvres ne î.2.3.4.Joan., I, 4, 5.Luc, IV, 32.Joan., I, II.Id., I, 5.21 Revue Dominicaine soient blâmées » \\ Le Christ pourtant donnait aux hommes les paroles du Père, il venait en ce monde afin que ceux qui ne voyaient pas, vissent1 2.Son Père l\u2019avait envoyé afin que le monde fût sauvé par lui, afin que quiconque croyant en lui eût la vie éternelle 3.C\u2019est de cela, essentiellement, qu\u2019il s\u2019agissait pour les hommes : écouter la parole de Dieu4, abdiquer les œuvres charnelles, renaître de l\u2019eau et de l\u2019Esprit5 6, croire au Fils de Dieu et au don de Dieu G.Adhérer au Christ et retrouver la lumière, car « celui qui accomplit la vérité, vient à la lumière, de sorte que ses œuvres soient manifestées, parce qu\u2019elles sont faites en Dieu » 7.C\u2019est ainsi qu\u2019aux disciples qui ont voulu le suivre durant sa vie mortelle, à tous ceux qui ont cru en lui, « à ceux qui l\u2019ont reçu, le Christ a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » 8.Enfant de Dieu.Tout chrétien, le catholique canadien de 1942 comme le néophyte de Corinthe au temps de Paul, est un autre Christ.Baptisé et croyant, je dois renier ce pacte originel et implicite de mon âme avec les ténèbres et me réclamer du Christ comme de mon principe et de mon exemplaire.C\u2019est-à-dire qu\u2019il y a une connivence anarchique de mon esprit avec l\u2019erreur, une sorte d\u2019ordination de ma chair vers la prévarication qui me viennent du vieil Adam.D\u2019Adam, l\u2019homme ancien.Et cet homme ancien, comme je l\u2019ai retrouvé en moi, à tous les carrefours, dans des glissades, sur des pistes légères ou tragiques, dès l\u2019aube du premier matin comme à tous les midis successifs d\u2019un pèlerinage chaotique.Midis fascinants et sans lumière.C\u2019est de ce vieil 1.\tJoan., Ill, 19, 20.2.\tId., IX, 39.3.\tId., Ill, 17, 18.4.\tId., V, 24.5.\tId., Ill, 5.6.\tId., IV, 30.7.\tId., Ill, 21.8.\tId., I, 12.99 Hommes de lumière homme, qui titubait eu moi dès l\u2019aube et qui m\u2019exaspère au midi, qu\u2019il m\u2019est demandé, en tant que chrétien, de me dépouiller ; de l\u2019extraire de moi ; de me dépouiller de ses yeux qui sont ténèbres \\ Chrétien, je suis témoin du Christ et de la lumière ; « oui, manifestement, vous êtes une lettre du Christ, commente saint Paul, une lettre écrite.non avec de l\u2019encre, mais par l\u2019Esprit du Dieu vivant ; non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur Aros cœurs » 1 2.Soit.Or, le témoin dit ce qu\u2019il sait d\u2019un fait ou d\u2019un personnage et, au besoin, représente celui-ci ; il le signifie, en quelque sorte.Privilège écrasant du chrétien ! Il me faudra, dégagé du vieil autre en moi, tâcher à représenter le nouveau, celui dont je suis le témoin.Plus encore, clame saint Paul, « revêtez-vous du Christ.revêtez les armes de lumière.»3.Que le Christ soit pour nous comme un manteau dont nous sommes recouverts ; une armure que nous avons endossée ; une armure de lumière, faite à notre mesure et qui à la fois nous magnifie.Revêtus de cet homme nouveau, il nous faut marcher comme en plein jour ; marcher comme des enfants de lumière puisque nous sommes lumière dans le Seigneur 4.Le message de Noël ravit ainsi notre esprit en réitérant le mystère de la Lumière parmi les hommes.Si, à la contemplation de ce qui tout d\u2019abord 11e fut qu\u2019un point brillant dans la nuit de Judée, nous pénétrons le sens de l\u2019Incarnation, cet œil de chair en nous se dilatera à la mesure de cet autre œil qu\u2019il nous est demandé d\u2019avoir, « l\u2019œil simple et lucide », c\u2019est-à-dire, l\u2019œil pur et pénétrant parce qu\u2019éclairé dans son principe et dans son objet.L\u2019œil des enfants de lumière.Jean-Charles Falardeau 1.\tRom., XII, 12 ; Eph., IV, 22, 23.2.\tII Cor., III, 3.3.\tRom., XII, 14 ; Eph., IV, 24 ; Gal., III, 28.4.\tEph., V, 8 ; VI, 11.23 \"La voix sans visage « La voix sans visage.» c\u2019est la radio.C\u2019est cette voix qui pénètre chez vous à toute heure du jour et de la nuit.C\u2019est l\u2019amie fidèle qui est toujours là.Dans les bons, les mauvais jours, vous la retrouvez.Elle visite les malades, console les affligés, réjouit les pessimistes, amuse les enfants, énerve les puristes.On pourrait écrire les litanies de la radio ! Etes-vous seul ?Elle vous tient compagnie.Voulez-vous écouter des sketches, des nouvelles de guerre, des conseils de beauté, des discours, du chant, de la musique de chambre ou des symphonies, elle se plie à tous vos goûts.C\u2019est l\u2019amie qui essaie de vous plaire.Et une amie infiniment discrète.Vous ne devez même pas vous lever pour lui ouvrir la porte.Tournez simplement un bouton et la voilà, à votre service.Elle a toujours quelque chose à vous raconter.Vous n\u2019avez même pas à faire les frais de conversation.Elle vous ennuie ?Vous lui coupez la parole d\u2019un geste.Elle vous amuse ?Vous regrettez qu\u2019elle vous quitte ?Elle vous revient le lendemain et toujours à la même heure.Ah ! ce qu\u2019elle est ponctuelle ! Et il n\u2019y a aucune gêne à y avoir avec cette amie \u2014 mangez-lui au nez, ravaudez vos bas, interrompez-la, dites-lui des injures.Elle n\u2019est pas susceptible \u2014 elle ne s\u2019en aperçoit même pas, elle n\u2019a ni yeux, ni oreilles \u2014 c\u2019est la voix sans visage.* * * Me permettez-vous de vous raconter le passé de votre amie ?Oh ! pas tout son passé.Ne craignez rien.Je ne remonterai ni à 24 « La voix sans visage » Branly, ni à Marconi.Je me contenterai de vous tracer une biographie abrégée de Radio-Canada.La Commission Canadienne de la Radiodiffusion naissait en la veille de Noël 1932.Son premier sourire fut un relai de la Messe de minuit diffusé directement de l\u2019église de la Madeleine à Paris.C\u2019est ce que l\u2019on peut dire être né sous une bonne étoile.A l\u2019heure normale de l\u2019est, c\u2019était sept heures du soir.Cette audition fut suivie d\u2019un programme de musique chorale avec accompagnement d\u2019orgue sous la direction d\u2019Arthur Laurendeau.Pour faire suite, le même soir, de onze heures à minuit, un programme d\u2019orchestre dirigé par J.-J.Gagnier, avec les artistes du Trio Lyrique.A cette époque la Commission Canadienne de la Radiodiffusion possédait seulement les postes qui lui avaient été cédés par le Canadien National : CNRA à Moncton, CNRO à Ottawa, CNRV à Vancouver.CNRM, poste de Montréal, fut officiellement inauguré le 19 novembre 1933.A ce moment les programmes étaient diffusés de 5 heures de l\u2019après-midi à onze heures trente du soir, sur un réseau national.Vous rappelez-vous quelques-uns des principaux programmes ?Nous avons encore dans l\u2019oreille « Une heure près de vous » avec le Trio Lyrique, la belle voix de contralto d\u2019Anna Malenfant qui chantait le thème « Je voudrais vivre une heure près de toi ».« Ici Paris » avec André Durieux et Lucienne Delval.Les opérettes, le dimanche soir.Des versions abrégées de « Passionnément », « Le Barbier de Séville », « Les amoureux de Catherine », « Les deux Hussards », etc.D\u2019habitude, les jeunes filles changent de nom vers la vingtaine, lorsqu\u2019elles se marient.La Commission Canadienne de la Radiodiffusion a été plus précoce.Le 12 novembre 1936, âgée de Revue Dominicaine quatre ans seulement, elle devenait la Société Radio-Canada.La Société est administrée 1) par un bureau de 9 gouverneurs comptables au gouvernement fédéral selon la loi, et par le ministre des Transports ; 2 ) par un directeur général ( actuellement M.F.-S.Thomson), et un directeur général adjoint (M.Augustin Frigon).L\u2019administration, la responsabilité des programmes et des relations extérieures et la tâche d\u2019appliquer la législation incombent au directeur général tandis que le directeur général adjoint administre le service technique, l\u2019exploitation commerciale, la régie interne et le réseau français.Le personnel de la Société comprend à l\u2019heure actuelle 702 employés qui travaillent au bon fonctionnement de nos cinq réseaux à travers le Canada : les Maritimes, Québec, Ontario, les Prairies et la Colombie canadienne.Le mot réseau, à lui seul, comporte tout ce qu\u2019il y a de plus technique.Ce mot représente pour moi une console avec des yeux verts, rouges et jaunes, des fils et des fiches, des boutons mystérieux et un langage que je ne comprends pas.Je vous ferai grâce des détails techniques pour la bonne raison que je ne m\u2019y entends pas du tout.Je vous dirai tout simplement que l\u2019émetteur du * poste CBF \u2014 maison-mère du réseau français \u2014 est à Contrecœur, sur la rive sud du Saint-Laurent, à quelque 30 milles de Montréal.Tous les quarts d\u2019heure les annonceurs vous cassent les oreilles avec CBF et sur ondes courtes CBF Y et W Montréal.Lorsque l\u2019on entend ondes courtes on est porté à croire que ces émissions sont diffusées outre-mer.Il n\u2019en est rien pour l\u2019instant.CBFW est destiné particulièrement à l\u2019Abitibi et au nord ontarien.Par contre, CBFY est destiné aux Prairies.20 « La voix sans visage » Le poste CBM de Montréal est exclusivement anglais.La plupart de ses émissions sont diffusées de Toronto et sont destinées aux auditeurs de langue anglaise de la Province de Québec.* * * Avez-vous visité nos studios qui sont dans l\u2019immeuble King\u2019s Hall, rue Sainte-Catherine ?.Oui, dites-vous, et quel labyrinthe! En effet, j\u2019avoue que c\u2019est un labyrinthe pour les non-initiés.Tl faut dire que nous n\u2019occupons cet immeuble que temporairement.En 1939, tous les plans étaient prêts pour la construction d\u2019un édifice moderne et magnifique.La guerre est arrivée et les projets ont dû être abandonnés jusqu\u2019après le conflit.Avec philosophie, nous fermons les yeux sur bien des irrégularités, attendant le jour où nous serons « chez nous ».En 1936, nous ne possédions que trois studios.Nous en avons maintenant 9 : le studio A 1 qui est celui du poste anglais CP»M.C\u2019est du studio B 2 que sont diffusés les chefs-d\u2019œuvre du piano le vendredi soir, le sketch Notre Canada, le Théâtre classique.Le C 3, plus spacieux, sert aux programmes d\u2019orchestre.Le D 4 aux récitals.Le E 5 est notre plus joli studio : il est réservé aux interviews et aux conférences.Yoici maintenant le vieux F, comme nous l\u2019appelons.Il se passe bien des choses dans celui-là : le Radio-journal, les Chansons que vous aimez, et celles que vous n\u2019aimez pas, Carte blanche, les cours de Radio-Collège, La chronique sportive de Roland Beaudry, etc., etc.Toutes les auditions de musique enregistrées se font dans le F.C\u2019est l\u2019annonceur de faction qui annonce et tourne les disques préparés à la discothèque.Dans le G* 7 vous retrouverez le matin, votre Vie de famille, tous les midis Jovette l\u2019inimitable, 27 Revue Dominicaine avec Jacques Des Baillets, clans Quelles nouvelles ?Dans le même studio, à 7 heures le soir, se rencontrent Séraphin et la pauvre Donalda.Du studio H 8, vous sont envoyés les échos des Joyeux Trou-l)adours, tous les matins à 11 heures 30.Le lundi soir à 8 heures, c\u2019est le très intéressant S.Y.P.Enfin dans le studio K 9 c\u2019est la Jeunesse dorée, Le petit-fils du vieux maître d\u2019école, La Vie commence demain.* * * Toutes les émissions radiophoniques se préparent avec la collaboration d\u2019artistes, d\u2019un réalisateur, d\u2019un annonceur, d\u2019un bruiteur (ou d\u2019un ingénieur du son, si vous voulez une expression plus savante).Je laisse de côté la partie technique.Qu\u2019est-ce qu\u2019un réalisateur ?Un réalisateur est un homme qui a un chronomètre en mains et des idées en tête.C\u2019est au réalisateur ou metteur en ondes qu\u2019échoit toute la responsabilité d\u2019une émission.Le choix et rengagement des artistes, l\u2019interprétation, le minutage, la perfection de la mise en ondes, la responsabilité de changer, de censurer, de couper, d\u2019allonger un texte selon le besoin.On pose souvent la question : Comment s\u2019y prend-on pour écrire des sketches radiophoniques ?Eh ! bien, je vais vous le dire.Si vous écrivez pour les revues et les journaux, il vous faudra quelque peut changer votre style, parce que le style radiophonique est différent.C\u2019est un style plus rapide au cours duquel les scènes doivent être pleines d\u2019action.Il faut que les caractères soient nettement définis, bien campés, faisant contraste 28 « La voix sans visage » les uns avec les autres.Il faut un dialogue court.Le texte une fois rédigé, autant que possible selon ces lois, vous l\u2019envoyez à Radio-Canada.Il est soumis au Comité de lecture de la Société, composé de cinq membres.Ce comité juge le texte, le refuse, l\u2019accepte ou demande à l\u2019auteur de le retoucher.Si le sketch est à point, il est confié à un réalisateur dramatique qui l\u2019étudie, fait une distribution provisoire et convoque une répétition.Le sketch a été copié en autant de copies qu\u2019il y a de rôles.Les interprètes ont le texte en main, quelques minutes avant la première lecture.Si deux des artistes ont des voix trop semblables, l\u2019un devra se sacrifier.Si le timbre d\u2019une autre voix n\u2019incarne pas le personnage, il faut également changer l\u2019interprète.Comme les couleurs, il faut que les voix se marient.Il faut que les carac-tèrent soient bien évidents, car rappelez-vous qu\u2019il n\u2019y a ni le costume, ni le maquillage, ni le physique, rien de ce qui aide l\u2019auteur en scène.Après la lecture ordinaire, vient celle au micro.Les interprètes essaient alors de «se mettre le texte en bouche», comme nous disons en termes de métier.On fait alors le gros travail.On répète, on recommence, on martèle les mots, on crée les effets.Pour une émission d\u2019envergure avec orchestre par exemple, on a déjà répété jusqu\u2019à douze heures une émission de trente minutes.Puis vient la mise en ondes.Le réalisateur va se placer dans la cabine avec l\u2019opérateur.Il analyse l\u2019effet de la pièce au micro.Avez-vous déjà vu un réalisateur en répétition ?Guy Mauffette, par exemple ! Il a enlevé son veston \u2014 sa chevelure l\u2019aveugle \u2014 mais ça n\u2019a aucune importance, ce sont les oreilles qu\u2019il faut dégager.Si les interprètes 11e rendent pas l\u2019idée du réalisateur, si les coupures musicales 11e sont pas à point, si les nuances ne transpercent pas \u2014 il se passe un autre drame dans la cabine 29 Kevue Dominicaine de l\u2019opérateur \u2014 lequel malheureusement ne sera pas diffusé.Une heure plus tard, c\u2019est la générale \u2014 puis dans une autre heure, le spectacle vous est présenté.Même travail pour les émissions d\u2019orchestre.Le chef d\u2019orchestre se démène à son pupitre, les musiciens se soumettent à des tortures raffinées, recommencent vingt fois la même mesure.L\u2019opérateur approche, éloigne, ou change les micros, et avec le réalisateur parle longuement de « balance ».Et maintenant passons à l\u2019annonceur.L\u2019annonceur, le cauchemar de certains auditeurs et souvent son propre cauchemar î Avez-vous déjà eu le trac devant le micro ?Il n\u2019y a rien de plus effroyable : la gorge se dessèche, les lèvres se paralysent, le cœur bat à vous fendre la poitrine, les mains sont moites à dissoudre l'encre de votre copie.Il semble que la voix refuse de sortir.Vous devez y aller quand même.Pas une minute à perdre, que dis-je, pas une seconde, et vous débitez votre boniment, avec un œil sur le texte, l'autre sur l\u2019aiguille rouge de l\u2019horloge, avec laquelle vous êtes toujours à courser.Vous ne vous entendez pas, vous bafouillez et tout ce temps, vous vous représentez les auditeurs de la Province maugréant contre vous.François Bertrand, un de nos annonceurs, actuellement en Angleterre, en service de guerre, a dit au début de sa carrière en 1938, au cours d\u2019une interview, qu\u2019après cinq ans dans ce métier, il serait probablement un speaker passable.Tous se sont écriés qu\u2019il exagérait.Il disait pourtant l\u2019exacte vérité.Car il est certain que pour être un bon annonceur général, il faut des années de métier.Il n\u2019est pas facile de passer de l\u2019annonce d\u2019un programme musical à celle d\u2019un sketch, du sketch à une interview, de l\u2019interview à une narration improvisée.Tous ne sont pas nés maîtres de cérémonie, tous i\\e peuvent annoncer avec la \\ 30 « La voix sans visage » même compréhension.On ne dit pas les bulletins de nouvelles sur le même ton que les titres des morceaux dans Ici Von chante.On ne présente pas de la même manière L'Heure Dominicale et Le Théâtre de la peur.L\u2019annonce commerciale est aussi autre chose.Vous êtes ennuyé d\u2019entendre parler de savon ?Le speaker Test souvent plus que vous.Malgré tout, il lui faut paraître convaincu, même si ses convictions successives s\u2019opposent.Il lui faut par exemple affirmer sans broncher que la mousse dont il parle en ce moment est cent fois plus crémeuse que celle proclamée insurpassable quinze minutes auparavant.Toujours il doit paraître enthousiasmé, au comble de l\u2019emballement.Je ne vous ai exposé rapidement que le côté interprétation.Il y a aussi la partie technique.Le minutage, par exemple.Quelle obsession ! Je vous en donne un exemple.Supposons qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un récital.Tous annoncez la première pièce, tout va bien.A la deuxième, l\u2019artiste perd trente secondes.Le réalisateur, qui se trouve dans la cabine de l\u2019ingénieur et que vous voyez à travers une vitre, fronce les sourcils.Après la troisième pièce, il prévoit que nous finirions en retard, s'il n\u2019intervenait pas.Alors il décide de supprimer un morceau.Il fait signe à l\u2019annonceur (c\u2019est dans des occasions de ce genre que nous apprenons la langue des sourds-muets, la lecture des lèvres) : « Coupez Lulli « et vite ! » Oui, mais si l\u2019on coupe Lulli, il faut changer la phraséologie de l\u2019annonce puisque le texte expliquait le contraste entre Lulli et Ravel.Vous avez peut-être deux secondes pour improviser une annonce nouvelle.L'artiste qui voulait jouer Lulli vous regarde avec désespoir, le réalisateur avec satisfaction, puisque pour une fois, vous avez compris ce qu\u2019il voulait dire, et l\u2019honneur est sauf, puisque le « eue » se donne à la seconde exacte.Mais il arrive parfois que l\u2019annonceur ne comprend 31 Revue Dominicaine pas \u2014 et vous devinez le reste.La rigueur de la ponctualité à la radio a quelque chose d\u2019affolant.Il y a parfois aussi des tragédies qui se passent dans le plus profond silence.Le silence.S\u2019il doit être observé ! Tout le inonde sait cela.Je ne puis résister au plaisir de raconter ici une aventure cocasse, arrivée il y a quelque temps.C\u2019est une histoire de silence, jusqu\u2019à la mort ! C\u2019était au temps des célébrations du Troisième centenaire de Montréal.Ce soir-là, on devait diffuser une émission de grand style.La distribution était partagée dans deux studios, le H 8 et le K 9, qui ont une chambre de contrôle commune séparée par des vitres.Dans le II 8 il y avait tous les musiciens, dans le K 9 les artistes dramatiques.Il était convenu que, du contrôle, le réalisateur ferait des signaux tantôt au chef d\u2019orchestre, tantôt aux interprètes.Il ne pouvait donc être dérangé sous peine de catastrophe.Un public nombreux, venu assister à l\u2019émission, débordait de la mezzanine.Les spectateurs, un peu avant le programme, circulaient dans les escaliers et les couloirs environnants.La harpiste avait laissé sa boîte à harpe à l\u2019extérieur du studio.Vous savez, une de ces immenses boîtes à hauteur d\u2019homme.11 faut dire que ces précieux écrins se ferment à clé.Un jeune homme, qui était venu pour entendre l\u2019émission, inquisiteur sans doute par nature, poussa sa curiosité jusqu\u2019à vouloir examiner la structure intérieure de la boîte.Il y entre donc, vérifie la solidité des crochets.A ce moment deux petits bonhommes malicieux donnent un coup sur la porte qui se ferment à clé, automatiquement.Ils se sauvent en se disant sans doute : advienne que pourra ! Le malheureux séquestré, à cause de sa nature timide, probablement, n\u2019ose pas crier au secours.Discret et respectueux des règlements, il n\u2019ose même pas gémir, se plaindre, soupirer.Toute- « La voix sans visage » fois le pauvre dans sa prison, s'il ne fait pas les cent pas, en fait au moins deux, ce qui cause un léger vacillement à la boîte.Quelques personnes, qui étaient encore là, croient remarquer cette étrange chose, mais 11e s\u2019en inquiètent pas.C\u2019est une illusion sans doute.Deux minutes plus tard, même mouvement de la boîte, et deux fois de suite maintenant.Les gens s\u2019émeuvent et se croient dans un endroit hanté.LTn brave s\u2019approche, sonde la boîte de deux petits coups.Il reçoit une réponse : deux petits coups.C\u2019est trop, pour les femmes surtout.« Le diable est là », dit l\u2019une.« Il faut prévenir » dit l'autre.On alerte la téléphoniste.A son tour elle avertit le concierge qui descend aussitôt dans le couloir hanté et constate, avec la foule qui s\u2019était accumulée, un vacillement constant de la boîte.Mystère.On convoque le surveillant des studios.Il arrive et impose silence à la foule énervée.Il tente vainement de trouver une clé pour ouvrir le fameux coffre.et laisser sortir le fantôme.« Il faudrait demander la clé à la harpiste », conclut-il, après d\u2019inutiles tentatives.Mais vous savez qu\u2019il est strictement interdit d\u2019entrer dans un studio pendant une émission.La harpiste à ce moment glissait ses doigts sur les cordes de son instrument avec un air angélique (avez-vous remarqué que les harpistes .ont toujours l\u2019air angélique et que les joueurs de contre-basse sont toujours petits ?) Alors le concierge entre dans la chambre de contrôle et essaie d\u2019expliquer au réalisateur qu\u2019il se passe des choses extraordinaires, qu\u2019il lui faut la clé de la boîte à harpe, qu\u2019il y a des revenants, etc., etc.Le metteur en ondes plus qu\u2019affolé par les complications de son programme, refuse d\u2019entendre le concierge.Alors, la seule solution est d\u2019appeler le mari de la harpiste.On lui téléphone de venir aussitôt, qu'il se passe quelque chose 33 Kevue Dominicaine d\u2019extraordinaire dans la caisse de sa femme.Sans trop comprendre de quoi il s\u2019agit, le mari dit qu\u2019il saute dans un taxi, et dans moins d\u2019un quart d\u2019heure sera rendu.A ce moment tout le monde groupé devant la boîte, fait à voix basse des suppositions.« Si ce n\u2019est pas un revenant, dit l\u2019un, c\u2019est une bête quelconque et, lorsqu\u2019elle sortira, elle sera enragée.Il serait donc mieux d\u2019aller chercher des armes ».A défaut d\u2019armes, le concierge apporte un seau d\u2019eau et deux balais.Arrive le mari qui 11e comprend rien à l\u2019affaire, et avoue ne pas avoir de clé.« Il faudra attendre la fin du programme » conclut-il.Pendant dix minutes encore, on voit la boîte aller d\u2019un côté, puis de l\u2019autre.On entend des petits bruits sourds, indéfinis.Enfin ! sur la dernière syllabe de Ici Radio-Canada, M.Adkins entre dans le studio, demande la clé à sa femme.Les artistes le suivent et, devant un auditoire nombreux, 011 procède à la libération du fantôme, du monstre ou de la bête enragée.Attention ! L\u2019un s\u2019apprête à lancer l\u2019eau, l\u2019autre à donner un coup de balai.La clé tourne dans la serrure, la porte s\u2019ouvre avec un grincement, Apparaît un grand jeune homme pâle, les yeux égarés, le col défait.Le libéré regarde vaguement l\u2019assistance et, conscient du trouble qu\u2019il vient de causer, dit : «Y a-t-il quelque chose à payer ?» Tous, absolument interdits, le regardent s\u2019en aller, puis se perdre dans la foule, en réajustant sa cravate.Voici ce que peut inspirer, comme perfection de silence, la proximité d\u2019un studio ! ïjc\tïjj\tîjc Le personnel compte treize annonceurs, quatre de langue anglaise et neuf de langue française.Vous les connaissez tous : 34 « La voix sans visage » Koger Baulu, le chef annonceur, Marcel Paré, Miville Couture, Georges Lambin, Jacques Côté, Marcel Sylvain, Jean-Maurice Bailly, Douglas Monk, Monty Tiklen, Guy Vaughan et Clarence Grant.Nous sommes maintenant deux speakerines à Montréal.Vous avez sans doute entendu Michelle de Brabant à CBF.Deux à Montréal, mais quatre au Canada : Madeleine Charlebois annonce d\u2019Ottawa, et Midge Ellis de Toronto.Quand l\u2019annonceur a la voix vraiment fatiguée, il lui arrive de faire des lapsus.Je n\u2019ai pas à vous l\u2019apprendre.Tenez, l\u2019autre jour, au lieu d\u2019annoncer un concert d\u2019orgue, j\u2019ai dit pompeusement : « Vous entendrez maintenant un concert d\u2019ogre ! ».et ce n\u2019était pas de la musique sauvage ! Etiez-vous à l\u2019écoute lorsqu\u2019un de nos camarades, en lisant le Radio-Journal, devait dire : «En Turquie, Galinescw qui avait, etc.» a dit : « En Turr/it, Galineski quu.» puis se reprit pour dire : «En Turquie Galinesci que.» Le malheureux finit, de désespoir, par fermer un moment le micro et changer la tournure de la phrase.Un autre petit incident de nos débuts.Nous avions reçu un conférencier, un Monseigneur qui avait parlé de l\u2019immortalité de l\u2019âme.Son texte était court.Il n\u2019avait pas rempli les 14 minutes 40 secondes.L\u2019annonceur avait remercié l\u2019orateur en termes choisis et respectueux, comme il convient.Mais il restait encore deux minutes à combler.L\u2019annonceur ne savait plus que dire ou que faire.Il tourne un regard angoissé vers l\u2019opérateur qui conseille, par gestes, de faire jouer un disque.Il s\u2019en trouve un, là, sous la main, qui bientôt tourne sous l\u2019aiguille et l\u2019on entend : « Pop goes the weasles ».Aujourd\u2019hui, avec l\u2019expérience, 35 Revue Dominicaine nous prévenons les coups.Nous choisissons à l\u2019avance une musique qui convient au texte.L\u2019annonceur est encore plus malheureux que l\u2019auditeur quand il fait une gaffe.Pour ma part, j\u2019ai des réactions formidables que je classifie en trois degrés : 1- \u2014 Les gaffes impardonnables me plongent dans une noire dépression.J'ai un désir ardent de m\u2019amender.Je voudrais être envoyée en mission pour assassiner Hitler.Après être allée à Berlin et avoir réussi, bien entendu, je pourrais de nouveau, me semble-t-il, faire face à mon public.2.\t\u2014 Les gaffes dont je ne suis qu\u2019à demi responsable.Pour celles-là, c\u2019est encore un fait d\u2019arme, un acte d\u2019héroïsme qui me rachèterait aux yeux des auditeurs.3.\t\u2014 Les accrocs moindres déclenchent un désir aigu de me retirer dans les Pays-d\u2019en-haut, et de vivre entre des carottes et des choux ! La prochaine fois que vous m\u2019entendrez bafouiller, vous connaîtrez mon état d\u2019âme.Toutefois, on revient assez vite de Berlin ou des Pays-d\u2019en-haut.Et toutes les misères du métier sont bien compensées.L\u2019ambiance de la radio a son charme.Tout est nouveau, tout est à faire, tout est jeune.Il y a de l\u2019avenir.Nous avons vu les débuts d\u2019une œuvre qui grandit et se développe rapidement.Tous, nous sommes intéressés à notre travail et nous formons, à Radio-Canada, une grande famille qui s\u2019aime, qui est unie.C\u2019est toujours avec regret que nous voyons nos confrères nous quitter, même si c\u2019est pour de plus hauts postes.C\u2019est ainsi que nous avons perdu M.Jean-Marie Beaudet qui est maintenant directeur musical à Toronto, et M.Gérard Arthur qui a été appelé à Ottawa en qualité d\u2019agent de liaison entre la société et 36 « La voix sans visage » le gouvernement.Toutefois, c\u2019est parmi nos camarades qu\u2019on a choisi leurs remplaçants.La nomination de M.Orner Renaud comme directeur régional a été accueillie de tous avec enthousiasme.Avec ce dernier, M.Arthur Dupont, M.Léopold Houlé, directeur de la publicité et des relations extérieures et M.Augustin Frigon, directeur général adjoint, qui a toute notre estime, nous travaillons avec plaisir et satisfaction.Et pourquoi avons-nous ces sentiments ?Parce que nous sentons que nos chefs nous font confiance.Permettez-moi d\u2019ajouter ici un autre nom, celui du major Gladstone Murray, maintenant directeur de la radiodiffusion, qui a une si merveilleuse compréhension d\u2019autrui, qui n\u2019éteint aucune idée nouvelle, qui encourage les projets nouveaux.A Radio-Canada, on croit en la jeunesse et on lui donne une chance ! Et ainsi se termine, Mesdames, Messieurs, une émission silencieuse diffusée directement des pages de la Revue Dominicaine.Ici Radio-Canada.Marcelle Barthe p 37 La légende des pigeons La journée est finie.Sur une corniche de temple, à deux pas d\u2019un clocher, deux vieux pigeons font la toilette du soir, et s\u2019apprêtent à se coucher.Elle, la maman-pigeon, blanche comme la colombe avec des jjoints bleus sur le dos, peigne ses ailes dans un rayon de couchant, et roucoule faiblement, comme si elle avait une tristesse à raconter.Lui, un ouvrier, brun comme une croûte de pain, s\u2019étire, bâille ¦en regardant la ville en bas, qui s\u2019allume pour la nuit.Bans la crête du temple, à l\u2019abri des vents froids, les deux pigeons se pressent l\u2019un contre l\u2019autre, et se parlent doucement, en attendant le sommeil.Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pip io : Pigeonne : Dors ma vieille.La nuit descend.Je n\u2019ai pas sommeil.Ferme tes yeux.Dors.Tout à l\u2019heure.Qu\u2019est-ce que tu as ?Tu le sais.Fale-bleue n\u2019est pas rentrée.Dors quand même.Elle va venir.Toi non plus tu n\u2019as pas sommeil ! On s\u2019inquiète pour rien.C\u2019est demain que tu lui parles ?Va falloir.Puisque ça te rend malade.Oui.Ça m\u2019inquiète.Je ne veux pas me faire à l\u2019idée que c\u2019est une méchante enfant.Avant qu\u2019elle le devienne.Ça va si vite.C\u2019est le troisième soir qu\u2019elle rentre à la dernière lueur.Je sais.C\u2019est grave.Je n\u2019ai pas le courage de l\u2019instruire.Toi, elle t\u2019écoutera mieux.N.D.L.R.\u2014 Ce sketch a été présenté à Radio-Canada, le 22 novembre 1942, au programme régulier de l'Heure dominicale.o O 8 La légende des pigeons Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Je vais lui parler demain.Pauvre petite.Tu penses qu\u2019elle va là ?Elle me l\u2019a dit.Hôtel public.Pigeonnier moderne.Je me demande pourquoi ils ont bâti ça.Ils sont après faire le déshonneur de nos filles, puis notre malheur.Le monde est trop savant aujourd\u2019hui ; on a perdu la simplicité.Les mœurs sont après se faire enterrer correct.Nous voilà rendus dans un temps où les honnêtes sont gênés d\u2019être honnêtes.Je suis sûre qu\u2019elle n\u2019est pas coupable.Non.Fale-bleue n\u2019est pas une tête folle ; mais elle est ignorante, c\u2019est dangereux.Elle est belle aussi.Tu as raison.C\u2019est grave : belle et ignorante.On va y voir demain.Je voulais t\u2019en parler un jour ou l\u2019autre, mais tu es toujours parti à l\u2019ouvrage.Une chance qu\u2019il nous reste l\u2019ouvrage pour nous dégourdir ; en travaillant on crache son poison ; c\u2019est beau l\u2019ouvrage.Dis-moi ce que tu as à me dire.Le soir comme ça, c\u2019est le meilleur temps.Ne me cache rien, ma femme ; je t\u2019écoute.Aujourd\u2019hui, je l\u2019ai questionnée un peu, pour connaître le fond de son cœur.Elle m\u2019a confié qu\u2019elle avait des amis du côté de la gare, des pigeons voyageurs, très gentils, qui lui font des compliments.Normal.Qui font la roue autour d\u2019elle, qui l\u2019invitent, qui l\u2019attirent.Oui.Ça passe encore.Qui veulent l\u2019inscrire dans un concours de beauté.Pourquoi ?39 Revue Dominicaine Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pour l\u2019exhiber.Le prix, c'est un bracelet aux pattes, réception à l\u2019hôtel.Là, c\u2019est moins bien.Les pigeons n\u2019appartiennent pas aux cages, mais à l\u2019espace.Je ne suis pas allée plus loin clans mon enquête, mais j\u2019ai tout compris.Ça commence toujours comme ça, par des compliments.La flatterie suit de proche, puis le piège finit l\u2019histoire.Il faudrait la guider.Lui dire notre beauté à nous autres, pas leur laideur à eux autres.Pauvre Fale-bleue ! Demain, je vais la surveiller.Elle est franche par exemple, et ça lui fait échapper des phrases ; elle m\u2019a parlé d\u2019un nommé Plumeau.Qu\u2019est-ce qu\u2019il est, lui ?L\u2019ami d\u2019un des maîtres du pigeonnier.Un moineau.Qu\u2019est-ce qu\u2019un moineau vient faire là-dedans ?C\u2019est lui le médium qui organise les rencontres.Ouais ! Un moineau.Un de ces timides à petit crâne qui se fait croire que le mal est bien, quand ça paye.Elle a dîné chez lui.Où ?Aux cuisines de l\u2019hôtel de ville dans la cour.Il demeure là, lui.Sous la gargouille du premier étage.Beau moineau ! On va arrêter ça demain.Elle le trouve tellement aimable.Quand un moineau veut, il est capable.Je sais ce qui arrive à Fale-bleue.C\u2019est l\u2019âge.Je pense que le temps est venu de l\u2019instruire.Je lui conterai la légende des pigeons.Oui, le temps est venu.J\u2019ai hâte que tu lui parles.40 La légende des pigeons Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Pigeonne : Pipio : Ce n\u2019est pas de sa faute.On va la mettre en garde.Clmt ! Quoi ?Elle arrive.Elle vient de se poser sur la corniche.Tu es sûre que c\u2019est elle ?Oui.J\u2019ai reconnu sa fale.On ne l\u2019entend pas.Je te dis que c\u2019est elle.Pour atterrir avec autant d\u2019habileté, elle n\u2019a pas la conscience tranquille.Dors ma femme.sois pas inquiète.Elle est rentrée.A demain.Bonsoir, Pipio.Je sais que tu vas arranger ça.La ville est allumée.Les hommes s\u2019amusent.Dormons.Fale-bleue se réveilla très tard le lendemain.Les yeux demi-ouverts, elle resta longtemps immobile dans son coin de corniche, à réfléchir.Le soleil la baignait.Distraitement, elle observait les jeunesses clu clocher, qui se roulaient dans l\u2019air froid, devant l\u2019église.F on père Pipio, était parti au travail depuis V aurore.Sa mère, perchée sur les barreaux de la galerie de pierres, la guettait.Soudain, Fale-bleue se lève, tire l\u2019aile, se secoue, se retourne et.Pigeonne : Tu n\u2019as pas envie de nous laisser, Fale-bleue ?Fale-bleue : .Je ne déjeunerai pas ce matin, maman.La jeune fille a baissé les yeux.La mère est triste, et s\u2019en va en tapant du bec sur sa poitrine.Fale-bleue s\u2019avance discrètement au bord cle sa terrasse, décolle, plonge, plane gracieusement, fait un détour furtif par derrière un toit, zigzague, et s\u2019évade dans la direction des pigeonniers.Libre, elle court, glisse, descend vers son rendez-vous, à grands coups d\u2019ailes, et se pose sur un vieil escalier de sauvetage, oïl l\u2019attend, avec le petit dos rond, 41 Revue Dominicaine l\u2019œil jaune, les mains dans les poches, un ébouriffé et gavroche moineau de ville.Ils se saluent.Plumeau : Fale-bleue Plumeau : Fale-bleue Plumeau : Fale-bleue Plumeau : Fale-bleue Plumeau : Fale-bleue Plumeau : Fale-bleue Plumeau : Fale-bleue Plumeau : Fale-bleue Plumeau : Fale-bleue Plumeau : Fale-bleue Plumeau : Fale-bleue Bien dormi, colombe ?Bonjour, Plumeau.Le jour est beau, mais il est froid.Ça va ?J\u2019ai mal dormi.Fatiguée ?Oui.Tu réfléchissais trop, petite.Oui.Alors c'est quoi ?Tu as décidé ?C'est non.Dommage.Et tes raisons ?J\u2019ai peur.De quoi ?De la nouvelle vie où ton maître veut me lancer.Ce n\u2019est pas si malin pourtant.L\u2019effort que tu as à donner est celui-ci : 11e retourne plus chez vous.Veux-tu mon conseil ?Moi, j\u2019ai vu le monde.Je sais la combine.Profite de ce qui passe.Fous-toi de ton passé.Tes parents nuisent à ton avenir.Ils ont fini leur tour.Fais ta vie, Fale-bleue, comme ils ont fait la leur.Laisse tes clochers.Viens avec mon maître commencer une vie brillante et douce, la grande vie avec le loyer moderne, les attentions dues à ta beauté, l\u2019amour, l\u2019aisance.Le siècle veut te fêter.Et je refuse.Je suis bête.C\u2019est dommage, que je t\u2019affirme ! Je sais tous les avantages, mais.Ensuite ?Le oui ne vient pas.Je ne le sens pas dans le fond de mon cœur.A cause de quoi ?C\u2019est l\u2019église qui me tient.42 La légende des pigeons Plumeau : Fale-Neue : Plumeau : Fale-Neue : Plumeau : Fale-Neue Plumeau : L\u2019église ?Je suis née aux cloches, tu comprends.L\u2019après-midi où je suis venue au monde, les cloches chantaient à ébranler la corniche, paraît-il.Maman m\u2019a raconté qu\u2019on baptisait un enfant en bas, en même temps que, moi, je commençais à boire la vie avec mon bec.Sentimentale ! Ne raconte jamais ça à mon maître.Tu lui ferais pitié.\u2022 Tu es sûr que la vie qu\u2019il me promet vaut celle des clochers ?Je la garantis.Tu voyageras.Si tu sors la première du concours de beauté, les pigeonniers de tous les pays vont te recevoir.Il te sera défendu de travailler et de penser.Tout te sera permis.Tu seras la reine-colombe.Et tu oublieras vite le gris de ta corniche.Les plus beaux oiseaux du monde viendront te faire la cour.Tu habiteras une maison blanche, à plusieurs étages.On viendra te féliciter, t\u2019admirer, te peindre même, et déposer des provisions à tes pieds, parce que tu seras la plus belle.; C\u2019est éblouissant ! Puisque je te le dis.Je sais la vie.Crois-moi.Les clochers, c\u2019est bien, je ne dis rien contre, mais c\u2019est passé, c\u2019est vieux, ça ne suit pas, c\u2019est hier et c\u2019est triste.Il ne faut pas y penser.Je ne veux pas te faire de peine, à propos de ton papa ; je sais que tu l\u2019aimes.Mais avoue qu\u2019il cadrerait mal sur la galerie du pigeonnier moderne.L\u2019air piteux et pieux, le bec écorché, le bout des plumes mangé par le travail, les griffes usées, le pauvre homme, il est de l\u2019ancien monde.Il t\u2019est offert à toi de ne jamais vieillir, petite, et de te promener mollement de plaisir en plaisir sans que jamais tu aies à réfléchir.C\u2019est réfléchir qui fait vieillir ; regarde tes parents, sé- 43 Revue Dominicaine Fale-bleue .Plumeau : Fale-bleue .Plumeau : Fale-bleue .Plumeau : Pipio : Fale-Neue .Plumeau : Pipio : Fale-Neue .Pipio : Plumeau : Pipio : Plumeau : Pipio : vères et ridés.Viens cliez les modernes ; tu es admise, tn n\u2019as rien à faire que d\u2019être belle.C\u2019est éblouissant.C\u2019est oui ?Je suis distraite.C\u2019est oui ?Presque.C\u2019est bien ! (de loin) Fale-bleue.\u2022 (bas) Papa.Qui ?Je suis le vieil écorclié et mangé par le travail, et j\u2019habite les cloches.Ne partez pas, monsieur.Je suis Pipio, le père de Fale-bleue.Reste, toi aussi, Fale-bleue.Présente-moi.Plumeau.Excusez si j\u2019arrive comme ça dans votre escalier.L\u2019escalier est public, monsieur.Tant mieux.Je ne veux pas vous intimider une seconde.Je peux savoir qui vous êtes, monsieur ?Secrétaire et confident de mon maître, propriétaire du « Pigeonnier moderne ».Puis moi, ouvrier, monsieur Plumeau.Mais non, ne tremblez pas.Ça me fait plaisir de vous connaître.Vous pensez que je vais vous battre ?Non ! Je vous écoutais parler ; franchement c\u2019est éblouissant, mais c\u2019est un petit peu triste, à cause du manque de fond.Je crois plus aux prises d\u2019idées qu\u2019aux prises de bec.Parlons, discutons en amis.Si vous êtes le meilleur, je vous donne la patte.Plus que ça, je vous laisse Fale-bleue.Mais si je gagne, vous nachalerez plus ma fille.C\u2019est-y honnête ?.Qu\u2019est-ce qu\u2019il va?Qu\u2019est-ce que c\u2019est ?.Le modernisme ?Mais monsieur, je suis pour ça à deux ailes.Certain, je suis 44 La légende des pigeons prêt à déménager avec vous autres, à ne plus travailler, à crier votre méthode sur les toits, à vous amener tous mes amis, si votre méthode est meilleure que la mienne.Je ne suis pas un entêté dans les vieilles coutumes comme vous pensez, un enraciné dans la tradition, un fanatique des clochers.Mais si je suis ce que je suis, c\u2019est parce que je n\u2019ai pas rencontré mieux ailleurs.Expliquez-moi votre science nouvelle.Si elle est meilleure, je l\u2019accepte sans hésiter.Je n\u2019attendrai même pas d\u2019être convaincu, j\u2019attendrai juste d\u2019être touché.Tous ne parlez pas?.Ecoutez, je ne vous fais pas peur, toujours.Voilà ma question : avez-vous dans votre invention quelque chose qui s\u2019occupe de l\u2019âme, parce que je crois à ça, qui s\u2019occupe du cœur, parce que j\u2019ai des sentiments, qui s\u2019occupe de la tête, parce que j\u2019ai des idées ?Il ne faut pas que votre théorie soit toute en tapisserie ; ça s\u2019use si vite.Si vous me prouvez que dans votre institution, on parle d\u2019amour, d\u2019amitié, de charité, sans rire.Si on vénère les vieux, si on respecte les femmes, si on se tourmente pour la vérité, si on s\u2019inquiète de la beauté, si les dimanches sont gais, les mœurs propres, si on aime le travail, la famille, monsieur Plumeau, j\u2019emJjarque, je vais avec vous autres.Mais à la condition de retrouver chez vous tout ce que je viens d\u2019énumérer, parce que dans les clochers, on a tout ça.Pouvez-vous me garantir qu\u2019on fête l\u2019honnêteté, que la matière passe en dernier, que l\u2019argent c\u2019est un outil, pas un but, que la mort n\u2019est pas morte ?.Vous avez bien la voix faible ?.As-tu entendu quelque chose, Fale-bleue ?.Monsieur est gêné ?.C\u2019est pas un ouvrier qui vous gêne, vous, un secrétaire ?45 Pevue Dominicaine Fale-bleue .Pïpio : J\u2019habite l\u2019église du côté est, dans le flanc de la montagne.Venez me visiter.On se parlera.Je veux être instruit du siècle.Je suis prêt à fouiller avec vous, le bon qu\u2019il y a.Je vous prends par surprise, c\u2019est pas correct.J\u2019étais caché tantôt, derrière le verre d\u2019un fil de téléphone.Vous dédaigniez les coutumes, vous vous moquiez de la vertu, vous vouliez qu\u2019on déserte les chantiers, le pire souhait à faire à un peuple.Non, monsieur !.Pourquoi camoufler vos sentiments, vous piler sur l\u2019âme ?.Comme tous les oiseaux au monde, vous avez un cœur, cachez-le pas.Faut vivre avec.On est bâti pour vivre avec.Les pigeons d\u2019aujourd\u2019hui sont de la même structure que ceux d\u2019il y a 19 siècles.Pourquoi leur faire croire qu\u2019ils sont immortels ?Depuis 19 siècles qu\u2019ils habitent les clochers, ils ne se plaignent pas.Pourquoi essayer de nous convaincre qu\u2019on est malheureux ?On a trouvé la formule d\u2019être content.A travers la misère, c\u2019est beau vivre.Pourquoi pas nous laisser tranquilles dans notre simplicité.Enervez-nous pas avec des promesses de jouissance.On a la joie, pourquoi nous imposer la folie ?Il est irritant, votre système.Des siècles de pigeons ont été heureux dans les clochers.Pourquoi que ça ne marchera plus, rendu à nous autres ?.Il y a la légende des pigeons que je voudrais vous conter, monsieur Plumeau.Le temps passe.Je vous retiens.Vous 11e parlez pas.Franchement, je suis gêné.Je vais partir.Mais ne laissons pas ça là.Venez me voir.Instruisez-moi, je suis prêt.Je m\u2019en vais.Viens si tu veux, Fale-bleue.Je 11e veux pas déranger ton rendez-vous.Tu es libre.\u2022 Je vous suis, papa.Tu n\u2019es pas obligée ! 40 La légende des pigeons F ale-bleue Pipio : Plumeau : Pipio : Plumeau : Allons-nous-en.Dites à votre maître qu\u2019il manque un clocher à son pigeonnier moderne, monsieur Plumeau.Ne dis rien de blessant, Fale-bleue.Monsieur Plumeau est peut-être plus calé qu'on pense.Voici ma patte ! Vous avez gagné ! On peut en reparler chez nous, Plumeau.Je ne sais pas.Pour l\u2019instant, j\u2019ai la plume qui me colle dans le dos.Je vais courir dans le grand vent.Et, au soir de ce jour-là, le père Pipio, devant sa femme et sa fille, se promenait orgueilleusement, sur sa corniche de pierre, en branlant la tête et en faisant de beaux gestes d\u2019ouvrier avec ses ailes couleur de croûte de pain.Il disait la légende, qui depuis 19 siècles descendait de père en fils, de la bouche du plus vieux et l\u2019oreille du plus jeune.Pipio :\tToujours que le Maître entre dans le temple, fâché, la prunelle noire, une barre dans le front, le poing bien fermé par-dessus un fouet.Il fait le tour des comptoirs.Vlan, il frappe un boeuf, vlan, un usurier, vlan un trafiquant de bétail.Vlan, les cloisons tombent, les rouleaux d\u2019argent revoient sur les dalles.Les marchands aux doigts croches prennent le bord.Vlan, par-dessus les stalles.Ça se poussait vers la sortie, en sacrant.Le Maître était fâché.Sa toge houlait comme une mer en tempête.Vlan, il culbutait par terre les tables chargées de viande, de marchandise.Dehors ! Il avait crié ça.Vous souillez la prière ! Les hommes roulaient dehors comme des grains de sable que le vent souffle.47 Revue Dominicaine Il avait raison d\u2019être fâché, Lui.Un temple, on ne revire pas ça en écurie, quand même il y a de l\u2019argent à faire.Le temple s\u2019est vidé, ç\u2019a pas pris de temps.Le Maître va voir au fond de l\u2019église.Il sautait par-dessus les boîtes, les pilées de peaux de chèvre, enjambait les cables.Il voulait s\u2019assurer que personne ne se cachait.Qu\u2019est-ce qu\u2019il aperçoit dans un coin, parmi les débris de la fuite ?Une colombe blanche, tout effarouchée, le bec ouvert, les ailes basses, qui ne pouvait pas s\u2019en aller, parce qu\u2019elle était attachée par la patte.Elle était bien innocente ; ce n\u2019était pas de sa faute si elle participait aux crimes des hommes.Elle n\u2019était pas faite pour être palpée, salie, touchée par des doigts d\u2019hommes.Elle était faite pour l\u2019air.L\u2019Homme s\u2019approche, la regarde, pense à tout ça dans un coup d\u2019œil, met son fouet sous son bras, la détache, la prend dans ses mains, puis marche vers la sortie.Rendu à la porte dehors, il la lance en l\u2019air, droit en l\u2019air, comme on lance un bâton.La colombe se met à voler, en frôlant la muraille comme une flèche.Toute timide, elle se pose sur la corniche en l\u2019air, pour remercier Celui qui l\u2019avait délivrée.Elle s\u2019arrête, se penche.L\u2019Homme lui faisait signe, avec son doigt, de rester là.Elle n\u2019a pas désobéi.Voilà la légende.Elle a bâti son nid, là sur la corniche, a eu sa couvée.La première couvée a vu le jour, un dimanche que les foules chantaient.Voilà la faveur que le Maître a accordée à nos ancêtres : des principes, de la musique d\u2019église, du grand air, la paix, au-dessus des statues, que personne ne peut voir de proche.On peut jusqu\u2019à prendre nos bains dans les La légende des pigeons gargouilles d\u2019église.C\u2019est ça ! Quoi qu\u2019il arrive, ou ne s\u2019inquiète pas, parce que Celui qui nous a placés là veille.On obéit ; c\u2019est pour ça qu\u2019on passe à travers les siècles.Parce que rien qu\u2019avec notre crâne en terre séchée pour nous conduire, il y a longtemps que notre race aurait disparu de la terre.Le jour où les pigeons (ou les colombes, c\u2019est pareil), laisseront les clochers, ils sont perdus.Ma légende est finie.Maintenant, Fale-bleue, ma fille, pars si tu veux, va dans les pigeonniers modernes où les mœurs sont plus libres.Mais je le sais, moi, tu le regretteras.Parce que là-bas, c\u2019est la décadence ; ici, c\u2019est le durable.Là-bas, c\u2019est l\u2019esclavage ; ici, c\u2019est la liberté.Ne complique pas ta vie, Fale-bleue.Marie un gars de par ici ou d\u2019un autre clocher.Laisse dire, laisse rire.Sois simple.Fais l\u2019originale en restant bonne.La vulgarité, c\u2019est trop commun.Les envieux ne seront pas capables de te suivre.Aime ta corniche, c\u2019est la meilleure place au monde.Pense aux millions de pigeonnes, aussi belles que toi, qui sont passées ici, qui étaient heureuses, parce qu\u2019elles obéissaient à la volonté de Celui qui fait les oiseaux, les temples, les hommes, les ruines, aussi facilement que nous autres, on plane dans l\u2019air.^{C\t2jc Puis y il s\u2019arrêta.Les ténèbres tombaient.C\u2019était l\u2019heure du sommeil, chez les oiseaux.Rue par rue, les lumières de la ville s\u2019allumaient en bas.Pipio dit à sa fille : 49 Kevue Dominicaine Pipio :\tVa te coucher, Fale-bleue.Fale-l)leue : Bonsoir, papa.Et elle embrassa son père, parce qu\u2019elle se sentait toute neuve et imbibée de joie.Puis l\u2019ouvrier dit à sa femme : Pipio :\tLa ville est allumée.Les masques se posent.Le rideau se lève.Dormons, ma vieille.Les hommes s\u2019ennuient.Félix Leclerc 50 Directives pratiques Consultation canoniq ue Peut-on recevoir des honoraires de messes de non-catholiques ?Un lecteur de la « Revue Dominicaine » nous écrit : « A l'occasion d\u2019un deuil récent, un ami de la famille \u2014 il n\u2019est pas catholique \u2014 nous a offert un bouquet spirituel de messes pour le repos de l\u2019âme du cher disparu.Nous avons accepté sans hésitation ce témoignage de sympathie ; mais après réflexion, il nous a semblé que les prêtres ne peuvent recevoir des honoraires de messes provenant de non-catholiques.Notre sentiment est-il juste ?» Assurément la question ne manque pas d\u2019intérêt, étant donné que le cas peut se présenter pour les familles qui ont des parents ou des amis non-catholiques.Dans le but de donner une réponse plus satisfaisante, nous nous permettons d\u2019ajouter une autre question à celle de notre correspondant.Ces deux questions ont entre elles un lien de dépendance, et leurs réponses s\u2019éclairent l\u2019une l\u2019autre.a)\tLe prêtre peut-il accepter de non-catholiques des honoraires de messes à dire pour des catholiques f b)\tLe prêtre peut-il dire la messe aux intentions de non-catholiques ?La première question porte proprement sur les honoraires de messes ; elle ne tient pas compte de l\u2019intention exprimée, au sujet de laquelle d\u2019ailleurs il n\u2019v a pas de difficulté, puisque la messe est appliquée à un catholique.Ce qui pourrait militer en faveur d\u2019une réponse négative, à savoir que le prêtre ne peut receAmir d\u2019honoraires de messes de 51 Revue Dominicaine la part cle non-catholiques, c\u2019est la signification qu\u2019on donne aux honoraires de messes.Si l\u2019on considère comme offrant d\u2019une façon spéciale le sacrifice de la messe ceux qui en fournissent la matière, représentée aujourd\u2019hui par l\u2019honoraire, il faut bien admettre que notre question pose un cas de participation active et extérieure au culte liturgique.Or les non-catholiques ne peuvent pas collaborer activement aux cérémonies du culte liturgique.Tout au plus peuvent-ils y assister à titre de témoins et n\u2019avoir qu\u2019un rôle passif.Par contre si l\u2019on considère les honoraires de messes comme des taxes imposées par l\u2019Eglise à ceux qui désirent avoir la messe appliquée à leurs intentions *, il ne semble pas qu\u2019il y ait difficulté à ce que le prêtre en reçoive de la part de non-catholiques.Seulement la chose doit être autorisée par l\u2019autorité religieuse compétente.De fait, les congrégations romaines ont été interrogées à plusieurs reprises sur le sujet, et des réponses fournies par la Congrégation de la Propagande, le 11 mars 1848 et le Saint-Office, le 12 juillet 1865, il ressort clairement que l\u2019autorisation est accordée.La deuxième question porte sur l\u2019application de la messe à des non-catholiques, que l\u2019intention soit demandée par des catholiques ou non.Ici encore la réponse est affirmative : le prêtre peut leur appliquer validement la messe, puisqu\u2019ils sont capables de participer à ses fruits.Seuls, en effet, sont incapables des fruits de la messe les bienheureux dans le ciel, les enfants qui morts sans baptême vont aux limbes, et les damnés en enfer.Leur sort est irrévocablement fixé.Tous les autres hommes, vivants ou morts, peuvent retirer un bénéfice spirituel de la messe.Il reste cependant à tenir compte des prescriptions de l\u2019Eglise en cette matière, si l\u2019on veut agir licitement.Au canon 1241, le code de Droit canonique défend de chanter la messe des funérailles, même la messe anniversaire, et de cé- 1.Nous avons exposé cette explication dans la «Revue Dominicaine» d\u2019avril 1942, pp.240-244.52 Directives pratiques lébrer les autres offices publics des défunts à l\u2019intention de ceux à qui la sépulture ecclésiastique a été légitimement refusée.Or la liste de ces derniers est dressée au canon précédent, et elle comprend les non-catlioliques.On ne saurait donc chanter un service solennel à leur intention, ou une messe annoncée en chaire.La chose n\u2019est pas plus permise en faveur des princes ou autres personnages officiels non-catholiques.Une réponse du pape Grégoire XVI adressée à l\u2019abbé de Scheyern, en Bavière» en date du 9 juillet 1842, est significative à cet égard.Cet abbé avait accepté une fondation qui l\u2019obligeait à célébrer une messe le jour anniversaire de la mort de la reine protestante.Il croyait rester dans l\u2019esprit de l\u2019Eglise en restreignant l\u2019intention de la messe aux membres catholiques de la famille royale.Grégoire XVI condamna cette interprétation et demanda que l\u2019obligation de célébrer les funérailles de la reine protestante disparaisse de la fondation, comme contraire à la législation de l\u2019Eglise.A la mort du roi d\u2019Angleterre, George Y, le Cardinal -Archevêque de Québec est resté fidèle à l\u2019esprit de cette législation.Dans son mandement de janvier 1936, il prescrivit des prières publiques dans toutes les églises de son diocèse et détermina nettement l\u2019intention de la messe solennelle à chanter dans la Basilique.En post-scriptum, on lit, en effet : « Le jour même où auront lieu les funérailles du roi à Londres, une messe solennelle sera chantée dans la Basilique de Québec pour demander à Dieu de répandre sur la famille royale et sur l\u2019Empire britannique les consolations et les bénédictions du Ciel » \\ Ce qui est donc défendu dans la discipline ecclésiastique, c\u2019est l\u2019application publique de la messe pour ceux qui sont morts en dehors de l\u2019Eglise.L\u2019application secrète et privée l\u2019est-elle aussi ?La question a été posée au Saint-Office pour le cas des hérétiques morts sans pénitence, et il fut répondu, le 7 avril 1875, 1.Cf.Le Semaine religieuse de Québec, 1935-36, p.322.53 Revue Dominicaine que la chose n\u2019est pas permise, même si l\u2019application n\u2019est connue que du prêtre et cle celui qui offre l\u2019honoraire.Comme la réponse du Saint-Office n\u2019atteint que ceux qui sont morts avec des signes évidents d\u2019opposition à l\u2019Eglise, et que par ailleurs le code de Droit canon au canon cité précédemment ne défend que l\u2019application publique de la messe, la question reste ouverte de savoir si la messe peut être appliquée privé-ment et secrètement pour les non-catholiques morts dans la bonne foi.Le célèbre canoniste américain Woywod, O.F.M., donne une réponse négative.« Though we know that many Protestants are such merely because they happened to he horn of Protestant parents (not from any spirit of opposition to the Catholic Church), still the fact remains that they are in the ennemy camp just alike the alien ennemy during the tear.The Catholic Church cannot recognize them as members of the Church without sacrifice of principle.Wherefore it is unreasonable to request a priest to say mass for a deceased, non-catholic, whether a, private person or an official of a state or a nation.The mass is essentially an official religious act of the Church-, and, thus can never be a merely private act of the priest » \\ Sans discuter le mérite de cette opinion et les raisons qui la motivent, nous ferons remarquer que d\u2019autres théologiens et canonistes, par exemple Merkelbach, O.P., Prummer» O.P., Ver-meersch, S.J., concèdent le droit de dire la messe en faveur de non-catholiques morts dans la bonne foi.Nous abondons dans ce sens, d\u2019autant plus qu\u2019en ce qui concerne la messe pour les vivants, on ne fait pas de difficulté de l\u2019appliquer privément et secrètement à l\u2019intention de non-catholiques.La chose est même permise au canon 2262 en faveur des excommuniés, à condition qu\u2019on évite le scandale, et s\u2019il s\u2019agit d\u2019un excommunié vitandus, que la messe soit offerte pour sa con- 1.Cf.Woywod, O.F.M.: A practical commentary on the code of canon law, vol.I, p.382.54 Directives pratiques version.A fortiori, semble-t-il, la messe peut-elle être offerte pour les non-catholiques de bonne foi.Ils peuvent profiter du fruit impétratoire de la messe et en obtenir des biens spirituels, et même les biens temporels qu\u2019on peut honnêtement désirer.Les seules conditions imposées alors sont l\u2019absence de scandale et d\u2019erreur, la pureté d\u2019intention de la part du donateur de l\u2019offrande, la liberté laissée au célébrant de s\u2019en tenir aux cérémonies de la messe.Raymond Charland, O.P. Pour une attitude catholique en face du cinéma moderne : la nécessité de le connaître.L\u2019avènement et révolution rapide du cinéma moderne ne sont pas de ces phénomènes, de ces mauvaises phases du progrès humain en face desquels on peut se contenter de hausser les épaules en disant : cela passera.Il serait plus vrai de dire : beaucoup d\u2019autres nouveautés passeront, mais celle-là, non pas.Le cinéma n\u2019en est qu\u2019à son premier âge et déjà il supplante, absorbe, assimile un nombre toujours plus grands d\u2019arts autrefois indépendants, qui désormais vivront par lui ou disparaîtront.On peut se demander ainsi, à titre de conjecture, ce qui en sera par exemple du théâtre \u2014 traditionnel \u2014 dans cinquante ans, quand le sketch radiophonique, la télévision et l\u2019écran s\u2019en seront dépouillé les restes.L\u2019affirmation récente d\u2019un critique américain est lourde de sous-entendu sur ce point : The more I go to the theater, the more I like to go to the movies.11 y a plus.Si jusqu\u2019à ce jour l\u2019art cinématographique s\u2019est contenté de plagier, d\u2019exploiter les richesses accumulées par des arts connexes, il tend de plus en plus à devenir créateur, proprement original.Bientôt, catalogués d\u2019après un jargon qu\u2019il nous est impossible de fixer à l\u2019avance, il aura ses romanciers, ses critiques, ses historiens, ses feuilletonistes, etc., qui tous penseront, composeront, s\u2019exprimeront par couleurs, sons et mouvements, au lieu de le faire par mots et par phrases.Dans le même ordre d\u2019idées, il n\u2019est que normal de se représenter le jour où chaque bibliothèque se verra flanquée d\u2019une vaste cinéma-thèque (le mot ici encore reste à inventer) sur les rayons de laquelle s\u2019entasseront de longues rangées de films, tout comme aujourd\u2019hui s\u2019y entassent les rangées de livres ; le jour où s\u2019enfermer dans une chambre obscure en compagnie de précieuses pellicules s\u2019imposera comme une nécessité au travailleur intellectuel, professionnel ou dilettante.De cet état de choses et des possibilités qu\u2019elles laissent entrevoir, il importe que nous tous, catholiques, soyons sérieusement Le Sens des Faits avertis.Jusqu\u2019à présent, il semblerait parfois qu\u2019un seul aspect du cinéma ait retenu la plus grande part de notre attention : à savoir, son statut de moralité.Une telle attitude, une telle réaction, si elle était le cas, se révélerait forcément superficielle, primaire.La moralité ou l\u2019immoralité ne sont que les accidents de l\u2019art, comme elles ne sont que les accidents de l\u2019homme.Se refuser à l\u2019étude de l\u2019homme, en prétextant l\u2019affirmation connue de saint Thomas « que la plupart des hommes sont immoraux », serait prendre la contre-partie de la position du Maître et se mettre en biais avec le sens commun.C\u2019est précisément parce qu\u2019il y a des hommes immoraux, que l\u2019étude de l\u2019homme s\u2019impose, comme une indispensable ressource pour une remise au point.Reconnaissons donc qu\u2019il y a dans le cinéma, comme dans toute œuvre humaine, un élément intellectuel et un élément moral.Toutefois l\u2019appréhension de l\u2019un et l\u2019autre aspect ne se fait pas de la même façon.Pour acquérir une profonde connaissance du bien et du mal moral, pour en juger sainement, il n\u2019est nullement nécessaire d\u2019approcher concrètement les deux extrêmes.Bien plutôt, c\u2019est seulement en approchant du Bien absolu que l\u2019homme apprend à connaître la terrible réalité du mal.Mais à l\u2019opposé, on ne peut saisir un courant de pensées, le comprendre, le dominer sans s\u2019être confronté concrètement avec lui, sans en avoir surveillé par le détail les origines, les évolutions, le progrès.Dès lors, une attitude d\u2019abstention, une rupture consommée d\u2019avec le cinéma considéré comme école d\u2019idées \u2014 aspect le plus important, avons-nous noté \u2014 se révèlent du premier coup inadaptées, illogiques.Et cela non pas seulement dans les régions éthérées de la spéculation philosophique, mais bien dans la plus rudimentaire réalité de la vie.On admet sans hésiter que le directeur spirituel de jeunes intellectuels catholiques ne peut ignorer aujourd\u2019hui l\u2019orientation de pensée causée en ces esprits, par suite de l\u2019influence d\u2019un Mauriac, d\u2019un Péguy, d\u2019un Bernanos.De même, dirons-nous, le laïc chef de file, le directeur spirituel d\u2019une communauté chrétienne urbaine ne peuvent ignorer la tournure de pensée précise suggérée par le cinéma contemporain.Autrement, comment enrayer à leur source les influences nocives, rectifier sur le champ les déviations commencées ?Comment ne lias craindre qu\u2019un abîme d\u2019incompréhension \u2014 conséquence d\u2019une telle rupture \u2014 Revue Dominicaine ne se creuse entre dirigeants et dirigés, entre ceux qui possèdent le remède et ceux dont la plaie est ignorée ?Cette influence du cinéma, il n\u2019est pas besoin d\u2019insister, est ce qu\u2019il y a de plus indéniable, de plus impitoyable.Un psychologue faisait il y a quelques années la satirique remarque qu\u2019il y a en tout jeune Américain un Clark Gable, consciemment ou inconsciemment imité, et en toute jeune Américaine, une Greta Garbo.Pour excessif que soit le trait, il recèle une part de vérité.Et cette part prendra sa pleine importance le jour où le cinéma, comme nous l\u2019avons annoncé, connaîtra ses propres penseurs, ses propres philosophes, ses anarchistes, ses pamphlétaires, ses anticléricaux.Ce doit donc être la préoccupation constante de l\u2019apôtre et de l\u2019apologète catholique que de se tenir aux aguets, de se montrer averti, et de ne se pas contenter de survues rapides et accidentelles.En ce domaine comme en tout autre, le recours aux sources et la garantie de principes solides restent la clé à toutes les grandes difficultés, l\u2019unique et décisif principe de solution.Par ailleurs, la généralité même, l\u2019ampleur de l\u2019influence décrite nécessitent que ce recours aux sources et cette acquisition des principes soient le fait du plus grand nombre, et non seulement d\u2019une faible minorité.Assurément un tel devoir de présence 11e peut être non plus le fait de tous.Il s\u2019impose cependant à tous ceux que leur condition même prépare à son accomplissement.On pourrait redouter un moment le danger de contamination qui semble inhérent à un pareil ministère.Mais l\u2019Eglise n\u2019a jamais reculé devant la nécessité qui la contraint à lutter avec le mal, corps à corps.Une vocation singulière, une condition mystérieuse de nature lient sur tous les champs le mal au bien, la grâce au péché, le catholique au siècle présent.Soit prêtre au confessionnal, soi! laïc en son milieu, le croyant ne peut jouer son rôle de « sel de la terre » sans entrer de quelque manière en contact avec la chair mortelle qu\u2019il veut préserver.Hyacinthe-Marie Robillaru, O.P.Washington, D.C.58 L Esprit des Livres Raïssa Maritain \u2014 « Saint Thomas Aquinas, the Angel of the Schools ».Translated by J.Kernan.1 vol.in-8 de 128 pages.Toronto, Longmans, Green and Co., 1942.Expliquer aux enfants, et plus spécialement à ceux du Canada comme des Etats-Unis élevés dans une ambiance de cinéma et de sport, le rôle joué par le Doctor communis au treizième siècle et depuis, cela pouvait passer pour une remarquable gageure.J\u2019en ai tenté l\u2019essai auprès de mon jeune frère.Il a bien cillé un peu sur The Truth (page 56) et autres items à saveur de par trop métaphysique.Mais l\u2019ensemble l\u2019a intéressé et conquis.C\u2019est le cas ou jamais de parler de tour de force.C\u2019est le cas, aussi, de redire à l\u2019auteur les respectueuses félicitations que lui valut l\u2019édition originale.Les Canadiens de langue anglaise pourront tous maintenant constater combien Mme Raïssa Maritain sait faire ressortir les vertus caractéristiques de saint Thomas et conter finement une foule d\u2019anecdotes qui les mettent en lumière dans l\u2019esprit et dans le cœur des tout jeunes comme de leurs aînés.La traduction de Mrs.Kernan est d\u2019une harmonieuse simplicité.Régi s McNeely Chanoine Charles Thellier de Poncheyille \u2014 « Tout l\u2019Evangile dans toute la vie ».1 yol.in-12 de 216 pages.Montréal, Editions Fides, 1942.En Agente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-OttaAYa.Jésus a posé comme signe distinctif de notre appartenance à Lui : notre amour envers le prochain.Comment se fait-il que cette base de la vraie vie chrétienne se révèle si effritée dans notre existence quotidienne à nous catholiques pourtant appelés « pratiquants » ?Ces pages de M, Thellier de Poncheville, bien connu chez nous, essaient de répondre à cette question.Les chapitres en sont mal agencés et peu reliés entre eux.Mais on les trouvera vivants, suggestifs, pleins de doctrine et d\u2019expérience sacerdotale.Livre de bon conseil s\u2019il en fut.A.Papillon, O.P.R.P.Georges Simard, O.M.I.\u2014 « Les Etats chrétiens et l\u2019Eglise ».1 yoL in-12 de 224 pages.Montréal, Editions Fides ; OttaAva, Editions de l\u2019Université, 1942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-OttaAYa.Seize causeries prononcées à Radio-Canada en 1941 et 1942.Ceux qui les ont entendues alors et les heureux lecteurs de trois d\u2019entre elles 59 Revue Dominicaine publiées depuis dans la Revue de l\u2019Université d\u2019Ottawa (fascicule de juillet-septembre 1942, pages 255-278) ne seront pas les derniers à vouloir les étudier en profondeur.Marchant à la suite du docte professeur, ils s\u2019en viendront solennellement des « empires d\u2019autrefois » jusqu\u2019à « l\u2019Eglise au vingtième siècle », en passant par la France, la Russie, l\u2019Allemagne, l\u2019Angleterre, les Etats-Unis, le Canada avec un arrêt prolongé et intéressant à Ottawa.Les disciples, et ils sont nombreux, du R.P.Georges Simard retrouveront dans ce livre plusieurs des cadences chères au maître vénéré de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Celui-ci ne craint pas de se répéter pour enfoncer, en modifiant la forme, les idées dont il est plein.Albert Lacroix Jean Bruchési \u2014 « De Ville-Marie à Montréal ».1 vol.in-12 de 160 pages.Westmount-Montréal, Editions de l\u2019Arbre, 1942.Léon Marchal \u2014 «Les origines de Montréal.Ville-Marie, 1642-1665».1 vol.in-8 de 216 pages.Montréal, Editions Bean-cliemin, 1942.Ces deux ouvrages sont en vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.1.\tJean Bruchési n\u2019entend point répéter l\u2019enchaînement des faits qui ont conduit la fondation de 1642 à son état actuel.Il recherche plutôt l\u2019aspect social, la réalité humaine de Montréal pendant les trois siècles de son existence.C\u2019est le tableau le plus précis et le plus complet que nous possédions jusqu\u2019ici sur la métropole tricentenaire du Canada.Vérité, émotion, entrain, couleur, toutes les qualités s\u2019y rencontrent qui font dans un récit l\u2019exactitude et l\u2019agrément.2.\tM.Léon Marchal s\u2019attache exclusivement à la période des origines.Son livre se clôt sur le spectacle de la mort de Maisonneuve, à Paris, le 9 septembre 1676.Mais l\u2019histoire même de l\u2019entreprise s\u2019était arrêtée au départ du fondateur.Fidèle aux documents et habile ouvrier, M.Marchal a su, tout en construisant un ouvrage solide, éviter la pédanterie documentaire.Il excelle dans la relation attentive comme dans l\u2019interprétation sagace des grands et des menus événements survenus pendant les treize années initiales de Ville-Marie.Le récit est alerte, vivant, bien conduit, ému.A.Papillon, O.P.Pierre Brodin \u2014 « Les écrivains français de l\u2019entre-denx-guer-res ».1 vol.in-8 de 392 pages.Montréal, Editions Bernard Valiquette, 1942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Treize écrivains sont étudiés dans ce gros volume où le travail est plutôt fait de seconde main.Pour chacun, M.Brodin remonte jusqu\u2019aux L\u2019Esprit des Livres tout premiers débuts de sa carrière littéraire.Il accumule des observations souvent ingénieuses sur l\u2019attitude de tel ou tel écrivain devant le monde extérieur, sur sa conception de la vie et de l\u2019amour, sur son goût pour une psychologie minutieuse, etc.L\u2019anthologie de M.Pierre Brodin ne possède pas les qualités d\u2019introspection ni de présentation que nous offre tel autre florilège, par exemple celui de M.Louis Ghaigne.Mais le compilateur donne, des auteurs étudiés, une image qui paraît généralement exacte.On lui voudrait des conclusions plus nettes, plus synthétiques, et surtout la mention avec l\u2019appréciation des vérités et des erreurs philosophiques ou morales chez les treize écrivains recensés.Albert Lacroix Adrienne Maillet \u2014 « Trop Tard ».1 vol.in-12 de 206 pages.Montréal, 1942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Ce récit contient des situations toutes proches de la vérité sans qu\u2019on puisse trop discerner la fantaisie du réel.C\u2019est presqu\u2019un roman à thèse.Mais comme on pouvait s\u2019y attendre d\u2019après la tonalité coutumière de ses sentiments et son impuissance à exprimer le mal \u2014 autant celui de la peine que celui de la faute \u2014 l\u2019auteur n\u2019a pas voulu laisser le lecteur sous l\u2019impression d\u2019une sanction, qui pour si tragique qu\u2019elle ait pu paraître, eût constitué une salutaire mise en garde.Sans doute, le dénouement tel que présenté satisfait peut-être mieux le lecteur dilettante, mais il ne corrige rien.Une jeune fille refuse le mariage parce qu\u2019elle craint les angoisses de la maternité.Est-ce de la fantaisie ?Lorsque, dans la suite, elle consentirait à épouser le jeune homme qu\u2019elle aime encore, elle ne peut plus espérer lui donner d\u2019enfants.Dans ces conditions, sa conscience proteste contre une alliance qui décevrait son mari et le rendrait malheureux, une fois éteints les premiers feux de la jeunesse.Elle fait taire ses sentiments et rompt une seconde fois ses fiançailles pour aller prendre le voile dans une communauté de Sœurs de la Charité.N\u2019eût-il pas mieux valu clore le récit sur le châtiment et les regrets de la faute initiale, que sur la grâce insigne d\u2019une vocation religieuse ?Dans l\u2019ordre des causes naturelles, il est peu probable qu\u2019une jeune fille qui refuse le mariage parce qu\u2019elle craint la maternité ait ensuite le courage de se dévouer, toute sa vie durant, aux enfants des autres.Ces réserves toutefois laissent intact le pathétique des situations et n\u2019altèrent pas le charme général du récit ingénieux et bien conduit.D\u2019après le tirage de ses premiers livres, l\u2019auteur jouit d\u2019une impressionnante publicité.Puissent ces succès auxquels nous applaudissons volontiers, nous promettre quel-qu\u2019ouvrage qui émerge de la moyenne convenable.A.Saint-Pierre, O.P.61 Revue Dominicaine Comtesse de Ségur \u2014 « François le Bossu ».1 vol.in-16 de 184 pages.Montréal, Editions Variétés, 1942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Le distingué directeur des Editions Variétés a sans doute trouvé la R évité Dominicaine trop sérieuse personne pour déguster la douzaine de volumes de la comtesse de Ségur qu\u2019il vient de réimprimer au Canada.Fidèle aux conseils de l\u2019auteur de la Bibliothèque rose, je ne couve pas la moindre rancune î C\u2019est même très volontiers que je transmets à nos lecteurs la nouvelle de la parution chez nous des œuvres de noble et immortelle dame Sophie Rostopchine.Sur chacune des couvertures le crayon millionnaire de M.Jacques Gagnier a jeté un pittoresque dessin.Et je leur annonce enfin que la collection entière se trouve en vente à La Librairie Dominicaine, à Montréal et à Ottawa.Madame de Ségur est restée inégalée dans l\u2019art de construire un « livre pour enfants ».Chaque fois, elle nous présente un thème simple, accessible, aisé à développer.Cette qualité fondamentale, elle sait encore l\u2019appliquer à une remarquable variété de milieux, de types et de faits.Toujours avec une rare justesse d\u2019observation.Espérons que les petits Canadiens vont dégourdir suffisamment l\u2019admirable puissance d\u2019évocation et d\u2019émotion que possède tout enfant pour se sentir là dans leur vraie vie enfantine et y jouer eux-mêmes un rôle capital.Car dans les histoires de l\u2019« idéale grand\u2019mère », les gens et les événements ont exactement l\u2019importance que les enfants ont coutume de leur attribuer.Et c\u2019est à l\u2019enfant lui-même \u2014 s\u2019il a l\u2019esprit tant soit peu éveillé \u2014 à tirer tout un drame des notes brèves jetées sur le papier par l\u2019experte narratrice.Souhaitons qu\u2019au milieu des automobiles, des avions et des radios, nos enfants sachent repérer ces agréables petits livres et les bien accueillir.A.Papillon, O, P.Henri Troyat \u2014 «Le jugement de Dieu».1 vol.in-12 de 248 pages.Montréal, Editions Variétés, 1942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Ce volume contient trois contes : « Le jugement de Dieu », récit médiéval ; « Le Puy Saint-Clair », fin du seizième siècle ; « Le voyage de Jacques Mazeyrat », début du siècle suivant.Le premier, qui donne son titre à ce livre, est aussi le meilleur.En traits sobres et puissants il nous présente une suite où la précision historique est sans doute peu ou prou respectée, mais où les tableaux comme les études d\u2019états d\u2019âme s\u2019avèrent d\u2019un intérêt saisissant.Les deux récits qui suivent manifestent aussi, bien qu\u2019à un degré moindre, les dons remarquables de Troyat.Sujets, cadres, manière de les traiter, nous voici trois fois loin de « L\u2019Araigne » ! A propos de ce roman, un critique parisien souhaitait à l\u2019auteur d\u2019abandonner les cas excessifs comme celui de Gérard Fonsèque 62 L\u2019Esprit des Livres pour s\u2019intéresser à un personnage comme Lequesne, l\u2019antagoniste de Yaraigne.Ce n\u2019est pas encore fait, mais la présente trilogie laisse prévoir que ce souhait pourrait bien un jour se réaliser.André Diotte Yvon Bériault \u2014 « Les problèmes politiques du Nord canadien ».1 vol.in-12 de 208 pages.Montréal, Editions Bernard Valiquette, et Ottawa, Editions de l\u2019Université, 1942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Cette thèse, qui a mérité à son auteur le doctorat en sciences économiques, témoigne de l\u2019apport de choix que M.Bériault sait et saura donner aux problèmes confiés à ses soins dans l\u2019administration fédérale.A ce travail solide et révélateur, la préface de M.Maurice Olivier vient apporter une caution hautement enviable.De qui relèvent les terres polaires dites canadiennes, c\u2019est-à-dire situées au nord de notre pays, au delà du 66° ?Le gouvernement comme les citoyens du Canada tiennent qu\u2019elles sont leurs.Mais sur quelles bases cette opinion peut-elle tabler ?Deux théories sont en présence : celle du secteur, et celle de Y occupation.L\u2019auteur, après un ample et impartial exposé, dit sa préférence pour cette dernière, tout en approuvant politiquement la formule du secteur.Telle est sa matière du livre premier (pp.25-123).Le second étudie les titres que le Groenland pourrait présenter à la possession de ces terres septentrionales (pp.125-188).Voici un ensemble vraiment intéressant.Outre les qualités de fond, de documentation, de dextérité critique, je dois louer chez M.Bériault l\u2019art de la présentation ordonnée, lumineuse et attrayante.Ce n\u2019était pas chose facile dans un travail technique de droit positif et de droit public canadien sur un thème aussi peu étudié jusqu\u2019ici.\t._\t\u201e M\tA.Papillon, O.P.Stefan Zweig \u2014 « Le Brésil, terre d\u2019avenir ».Traduit de l\u2019allemand par Jean Longeville.1 vol.in-12 de 384 pages.New-York, Editions de la Maison Française, 1942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.On retrouvera ici, encore favorisé par le sujet, ce qui fut l\u2019une des meilleures caractéristiques du talent de Zweig : le prestigieux coup de pinceau qui évoque les paysages et donne la sensation de l\u2019atmosphère et des horizons.Mais l\u2019auteur sait aussi s\u2019intéresser aux manifestations de la vie, et ses résumés d\u2019histoire ou de géographie humaines sont très instructifs.Peu de monographies de pays d\u2019Amérique ou même d\u2019Europe sont nourries d\u2019autant de faits et de renseignements de tous ordres.Aucune, à date, n\u2019est écrite dans ce style si plaisant par le mouvement qui l\u2019anime et dont l\u2019allure franche et joyeuse n\u2019aurait certes pas laissé prévoir la démission de Stefan Zweig devant la vie, surtout la vie au Brésil.\t.r Albert Lacroix 63 Revue Dominicaine Emil Ludwig \u2014 « Staline.Essai biographique ».Traduit de l\u2019allemand par Georges Strem.1 vol.in-12 de 168 pages.New-York, Editions de la Maison Française, 1942.En vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Cet « essai » habilement conduit, à la manière ordinaire de Ludwig, ne manque pas d\u2019attrait.L\u2019auteur s\u2019y montre beaucoup plus bref que dans ses biographies précédentes.Il se contente de tracer un rapide portrait du dictateur de l\u2019U.R.S.S.pour s\u2019attacher ensuite à faire comprendre les idées maîtresses de son action politique.Les pages sur Staline et Lénine, Staline et Trotsky sont parmi les plus saisissantes.Enfin, l\u2019auteur aurait pu renforcer encore ses réserves sur l\u2019idéologie et sur la pratique staliniennes.Gomme d\u2019habitude, le style de Ludwig est d\u2019un relief et d\u2019une couleur qui s\u2019incrustent dans la mémoire.Albert Lacroix Hermann Rauschning \u2014 « Trompés par Hitler ! ».1 vol.in-12 de 258 pages.Montréal, Editions Variétés, 1942.Douglas Miller \u2014 « Pas d\u2019affaires avec Hitler ! » in-12 de 226 pages.Montréal, Editions Variétés, 1942.Ces deux volumes sont en vente à : La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.1.\tL\u2019auteur de Hitler m\u2019a dit nous raconte de nouveau ce qu\u2019il a vu, entendu, recueilli en Allemagne au moment où se préparait et se consommait la révolution hitlérienne.C\u2019est un exposé pertinent des diverses forces politiques et sociales, psychologiques et idéologiques dont la conjonction constitua et fit triompher le nazisme.Mais pas plus cette fois que dans son livre précédent, Rauschning n\u2019a cure de nous déclarer clairement et à fond ce qu\u2019il pense du rêve teuton de dominer l\u2019univers.Et son style, encore plus laborieux que dans l\u2019ouvrage antérieur, vient déparer des pages qu\u2019un peu plus de simplicité aurait pu rendre autrement intéressantes.2.\tLe volume de M.Douglas Miller contient bon nombre de notations curieuses, significatives, rassemblées par un témoin qui me paraît perspicace, soucieux d\u2019exactitude et d\u2019objectivité.Ce livre, documenté sans lourdeur, populaire et précis à la fois, pourra être répandu avantageusement dans divers milieux de notre pays, surtout ceux où l\u2019on colporte niaisement que « les Nazis ne sont pas pires que les Anglais ».Albert Lacroix 64 un Comité interdiocésain nommé par l\u2019Episcopat moud imûtent ^le^pcctueudement à ètie aux èoouted tous les dimanches soirs de 6 h.à 6.30 tous les samedis soirs de 7 h.45 à 8 h.peur entendue led programmed de L\u2019HEURE DOMINICALE entièrement rencuoelée àaud la direction du R.P.Marcel-Marie Desmarais, O.P.IX SPÉCIALITÉ : Pains et Gâteaux de fantaisie BOULANGERIE C.LANGEVIN 1003, AVENUE EGAN \u2014 TÉL.: YOrk 6863 VERDUN Essayez-les, vous aurez entière satisfaction Tél.CRescent 4137 MAISON JOSEPH CORBEIL M AG AS 6500, rue Saint-Hubert Achète bien qui achète chez Au service du public /liée SpÀ/utuel à l uïaÿe del ÿabdel -maladel et del malade! 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Un récit bien conduit, des reflexions pertinentes sont toujours d\u2019actualité.Pour nous en convaincre, lisons : L\u2019Annonce faite à Marie, par Paul Claudel (réédition) $1.00 Souvenirs, par Charles Péguy (réédition) .60 Le chant de Bernadette, par Franz Werfel\t2.50 La part du diable, par Denis de Rougemont .1.25 L\u2019Angleterre et l\u2019Empire britannique, par Jacques Bainville .1.25 Initiation à l\u2019art dramatique, par Jean Béraud\t1.25 Le désert de Bièvres, par Georges Duhamel\t1.25 Suzanne et les jeunes hommes, par Georges Duhamel 1.25 L\u2019Epreuve, par le Père Robert Piuze, O.P.40 Marguerite Bourgeoys, par Dom Jamet (2 tomes) .5.00 Ces ouvrages et nombre d\u2019autres sont en vente à LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 95.Avenue EMPRESS 5375, Av.N.-D.DE GRACE MONTRÉAL OTTAWA XIII VIENT DE PARAITRE les Dominicains OU fîetesPrèchcurs le Père E.-A.Langlais, O.P.Les Prêcheurs ci travers le monde et au Canada.Cette étude sur l\u2019âme et Taction dominicaine est aussi, en quelque sorte, une histoire de l\u2019Eglise, que depuis plus de sept cents ans, les f ils de saint Dominique ont servie sans interruption et par toute la terre.L\u2019auteur montre l\u2019œuvre de saint Dominique et des Prêcheurs, ses fils, aux jeunes gens qui cherchent la vérité en même temps que leur voie propre.Volume de 256 pages PRIX : $1.00 En vente à LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 5375, Av.N.-D.DE GRACE MONTRÉAL 95, Avenue EMPRESS OTTAWA : i/ IMP.À L\u2019ŒUVRE DE PRESSE DOMINICAINE, NOTRE-DAME DE GRÂCE, MONTRÉAL "]
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