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Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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    Prédécesseur :
  • Rosaire
  • Successeur :
  • Maintenant
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Revue dominicaine, 1948-01, Collections de BAnQ.

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[" PER R-2&2 CON DOMINICAINE fl ENTREPRENEURS Tuile, Térrozzo, Mcirbre,Ardoise, Pierre Artificielle, Pavages, Trottoirs, etc - J.IGN.BILODEAU- PRÉS.ET GÉRANT TEL.2-11-43\t32,RUE RICHELIEU, QUÉBEC.-J.LABELLE- Tél.ô2lô j.S.Ru\tDiplômé General Motors l6Ücl]if) CARR< Réparotions dAutomobiley et de Rembourage Carrosserie endommagée et dé boss âge de tous genres.2,Christophe Colomb\t3SSIER ^ Spécialité:\u2014 Peinturage Duco Dupont\" Vitrage des Chars Mécanique.,\tQuébec, RQ.HOMMAGES DE\tTÉL.4-2473 M.J.O\u2019BRIEN Spécialités pour Bâtisses et Constructions\tLA CIE HUBERT MOISAN Représentant de Truscon Steel Co.of Canada Ltd.\tASSURANCE FUNÉRAIRE DE QUÉBEC Spécialistes en charpente de bâtisse Truscon Laboratories Canada Ltd., Canadian Cork Co.Ltd., K.V.Gardner Ltd.\tSERVICE D\u2019AMBULANCE Tél.5992\t13, rue d\u2019Aiguillon\tQuébec, P.Q.\t297.rue St-Joseph\tQuébec, P.Q.ARMAND MATHIEU (TÉL.3-3776) EDMOND SYLVAIN (TÉL.9898) IllflTHIEU a syivnin errrnePRcneuRS 44, Ste-Ursule.Québec.P.Q.Tél.2-224 FAVORITE SMALLWARES, LTD.P.-M.LACOMBE, Président Bibelots, nouveautés, articles de toilette et de beauté.PRODUITS ALIMENTAIRES 101, Av.des Oblats, \u2014 Tél.7B84 \u2014 Québec, P.Q.« 1 2 2656\tSERVICE SERVICE JOUR ET NUIT\tD\u2019AMBULANCE Adélard & Gustave Lépine INCORPORÉ DIRECTEURS DE FUNÉRAILLES SALONS MORTUAIRES MODERNES e 42.CHEMIN SAINTE-FOY VIS-À-VIS DES ÉRABLES\tQUEBEC CHARLAND ET BERNARD Ltée Soudure au gaz et à l\u2019électricité de tous les métaux Réparation et nettoyage de radiateurs d\u2019automobile Fabrication de réservoirs Angle 1ère Avenue et éème Rue \u2014 Tél.4-2772 \u2014 Québec\tO.PICARD & FILS INOOBPORÉB PLOMBERIE\t CHAUFFA GE ÉLECTRICITÉ 78.St-Augustin Tél.2-1239 Québec.P.Q.Tél.: 6325 MANUFACTURIERS DE TUYAUX EN CIMENT TUYAUX VIBRÉS ENRG.370, Dorchester\tQuébec, P.Q.\tHOTEL SAINT-LOUIS rue St-Louis Québec, P.Q.Tél.2-2771 TÉL.: 4-2733\t\tEQUIPEMENT MODERNE ING.\t\tPaul Racine Prés.Fuger St St-Hilaire DISTRIBUTEURS\t\tSPECIALITE DE GARAGE \u2014 SPECIALITE ELECTRIQUE Bureau 3-0483\t79, boni.Charest, Québec, P.Q- \t\u2014\t'J \t\t D\u2019INSTRUMENTS AUDITIFS DE PRÉCISION AUDIOMÈTRE \t STÉTHOSCOPES ÉLECTRIQUES\t\tLOUIS AUBÉ \u2022 \u2022 \u2022 \u2022\t\tNÉGOCIANT EN GROS 22.CARRÉ D\u2019AIGUILLON \u2014 QUÉBEC.P.Q.\t\tSpécialité : Chapelets crystal de roche véritable.37, de la Couronne, \u2014 Tél.: 3-5579 \u2014 Québec, P.Q.(CENTRE MÉDICO-DENTAIRE)\t\t II BONNES ADRESSES A CONSULTER Agents Manufacturiers \u2014 Importateurs : Godley Products Enrg., 801, St-Honoré, Tél.2-3103 .Québec Lortie, J.R., 88, boul.Orléans, Tél.2-7735 .Giffard, P.Q.Agence de Voyage : Touristaide Inc., 24, Ste-Anne, Tél.5-5706 .Québec, P.Q.ACCESSOIRES ÉLECTRIQUES : Bizier & Caron Ltée, 54, St-Joseph, Tél.4-1081 .Québec, P.Q.Roux Electric Enrg:., 20, Maguire, Tél.2-3434, Sillery, Québec Roland Electrique Enrg., 3190, 1ère avenue, Tél.3-0895, Québec Sillery Electrique Enrg., 1360, Maguire, Tél.5-8790, Sillery, Qué.ALUMINIUMS, COUTELLERIES, VERRERIES : Aux Merveilles Enrg., 53, du Pont, Tél.2-6388, Québec, P.Q.Aluminium, Grandes et Petites Marmites épaisses : Aluminium « Arvida » Enrg., 251, St-J'oseph, Tél.6024 Québec, P.Q.Appareils de Chauffage « Volcano Ltée, 88, Côte d\u2019Abraham, Tél.3-2572 .Québec, P.Q.ARCHITECTES t Bouchard & Rinfret, 181, St-Jean, Tél.4-0734 .Québec, P.Q.Chabot Germain, 226, St-Jean, Tél.2-6511 .Québec, P.Q.Côté, Philippe, 219, St-Jean Tél.2-5177 .Québec, P.Q.Desmeules, Gabriel, 226, St-Jean, Tél.4-3864 \u2014 Québec, P.Q.Drouin, J.-C., 104, St-Jean, Tél.2-8618 .Québec, P.Q.Larue, J.-Albert, 5711, Durocher, Tél.CR.2734 .Montréal Architectes Lemieux, 7 60, Square Victoria, LA.287 0.Mti.Ludger Lemieux \u2014 A.A.P.Q.\u2014- M.R.A.I.C.Paul M.Lemieux \u2014 B.A.\u2014 M.R.A.I.C.\u2014 A.A.P.Q.\u2014 D.P.L.G.F.Arpenteurs-Géomètres et Ingénieurs Forestiers -.Bélanger et Bourget, 86, Côte de la Mont., Tél.2-5180, Québec Boucher, Germain, 25, St-Louis, Tél.4-1841 .Québec, P.Q.Blanchet, Jos., 25, St-Louis, Tél.4-1841 .Québec, P.Q.Gastonguay, Jules-P., 71.St-Pierre, Tél.2-3400 .Québec, P.Q.Articles en Cuir « Fancy Leather Goods, Enrg, 14, St-Roch, Tél.3-5774, Québec, P.Q.Articles faits à la main \u2014 Cadeaux divers : Coopérative d\u2019Arts Domestiques du Québec, 58, St-Jean, Tél.9597, Québec, P.Q.Articles Religieux, Jouets, Libraire Etc.: Kirouac, Marcel, 111, 5e rue, Tél.2-5383 .Québec, P.Q.Les Cadres L\u2019Eclair Enrg., 153, 8e rue, Tél.4-1293, Québec, P .Q.Articles de Sports : Delisle Sports Enrg., 42, Côte du Palais, Tél.3-5513, Québec, P.Q.Le Palais des Sports, 67, Côte d\u2019Abraham, Tél.3-2341, Québec Sports Enrg., 213, St-J'ean, Tél.2-6657 .Québec, P.Q.artisanat et Cadeaux : Artisanat Belge-Québecois Enrg., 32%, St-Louis, Tél.4-1503, Québec, P.Q.Art Plastique Enrg.\u2014 Ouvrages de tout genre : Art Plastique Enrg., 166, Des Commissaires, Tél.3-2990 .Québec, P.Q.Ascenseurs : La Cie F.-X.Drolet, 206, Du Pont, Tél.4-4641 .Québec, P.Q.Assurances Générales : Bernardin Frères, Edifice Aldred, Ch.305, 505, Places d\u2019Armes, Tél.HA.6258, Montréal Assurance s National Life Assurance Co.: Arsenault, Bona, Gérant, 80, St-Pierre, Tél.2-5785.Québec, Assurance : La Solidarité, Cie D\u2019Assurance-Vie : Siège social, 126, St-Pierre, Tél.4-4034 .Québec, P.Q.Assurances \u2014 Autres que Vie : Côté, G.J.Ernest, 229, St-Joseph, Tél.5-9614 .Québec, P.Q.Autobus à Lorette, Aérodrome, Champigny, Lac St-Joseph, Ste-Catherine : Drolet, A., Ltée, 155, boul.Charest, Tél.2-8494 .Québec, P.Q.Autobus Ste-Claire & Ste-Justine Enrg, : Autobus Ste-Claire & Ste-Justine, Enrg, 77, Charest, Tél.8282, Québec, P.Q.Autobus Fournier Ltée : Québec au Camp Val- CARTIER, STE-FOYE, LAC ST-CHARLES.ST-RAYMOND: Terminus, 601, boul.Charest Tél.6182-34, St-Augustin, 2-5946 Automobiles & Accessoires en Gros : Cantin Sales Agencies Ltd., 67, St-Paul, Tél.3-6297.Québec Gaumont Automobile Enrg., 204, de la Reine, Tél.2-6663, Qué.AUTOMOBILES (Soudure, rébossage.Peinture.Etc.) j Boutet & Fils, 131, Caron, Tél.3-3370 .Québec, P.Q.Ferland, Ludger, 661, 1ère av., Tél.4-2920, .Québec, P.Q.AUTOMOBILES (Hudson et Camions Reo) : Racine, J.R.Inc., 27, Arago, Tél.2-2019 .Québec, P.Q.AUTOMOBILES & CAMIONS STUDEBAKER i Motors Ltée, 183, Fleurie, Tél.6185 .Québec, P.Q.Automobiles \u2014 Vente & Service : Carrier, R.A., 475, 1ère avenue, Tél.4-1533 .Québec, P.Q.Giguère Automobile Ltée, 501, St-Vallier, Tél.8230, .Québec, Montcalm Auto Inc., 901, 1ère av., Tél.2-5676, Québec, P.Q.Automobile \u2014 Garage : Côté Automobile Enrg., 106, 3e av., Tél.2-6290 .Québec, P.Q.Avocats : Champeau, Armand, 5585, Canterbury, Tél.AT.9717, Outremont St-Jacques, Henri, 18, Rideau Tél.2-5055 .Ottawa Ont.Banquesi La Banque Provinciale du Canada 221 ouest, St-Jacques.Tél.HA.7161, Montréal Bicyclettes et Accessoires : Gendron et Frères Enrg., 19%,Prévost Tél.3-1223, Québec, P.Q.Voyer Lauréat 190, Bagot, Tél.5-5754 .Québec, P.Q.Bijouteries : Les Spécialités de Québec, 351, boul.Charest, Tél.3-1543, Qué.Biscuits et Gâteaux : Cie de Biscuits Stuart Ltée, Alf.Allard, prés., CR.2167, Mtl.Blocs de Béton, Tailleurs de Pierre : Côté, Valère, Inc., 325, Dorchester, Tél.4-4491, Québec, P.Q.Bois et Matériaux de Construction : Grier, G.A.& Sons Ltd., 2120 ouest, N.-Dame, WI.6118, Mtl.Bois de Construction, Manufacturiers de Planchers en Bois Franc, Portes et CnÂssis : Dupuis J.-P.Ltée, 1084, Av.de l\u2019Eglise, Tél.YO.0928, Verdun Bonbons en Gros : Bonbons Yolande Enrg., Mme J.-B.Cloutier, propr., 57, Dalhousie, Tél.4-1167 .Québec, P.Q.Bouchers.Épiciers, Quebec Marine Grocers : Massé, Philippe, 93, Sault-au-Matelot, Tél.2-8505, Québec, P.Q.Boucher \u2014 Viandes de Choix : Marché Goulet Enrg., 475, St-J'ean, Tél.4-4681, Québec, P.Q.Boulangers (gâteaux et patisseries) \u2022.Boulangerie Nationale, 540, 1ère av., Tél.2-5244, Québec, P.Q.Hethrington, T., Ltée, 358-364, St-Jean .Québec, P.Q.Briques de verre \u2014 Miroirs \u2014 Vitres, Etc.: Hobbs Glass Ltée, 90, Côte de la Montagne, Tél.2-1538, Québec Brique, Terra-Cotta, Tuyaux, Chaux, Bloc de béton s Giroux & Fils Enrg., 305, Dorchester, Tél.3-1560, Québec, P.Q.Brûleurs à lTIuile : Beaudet, J.-L.400, Charest, Tél.3-0950 .Québec, P.Q.Desroches, Eug.& Fils, 1039, St-Vallier, Tél.3-8014 .Québec Buanderies : Buanderie St-Paul, 2020, Roberval, Tél.WE.6791 .Montréal Buanderie « Impériale », 6, Des Bains, Tél.2-1856, Québec, P.Q.Cadeauxi Asselin, J., 49, Hermine, Tél.3-6532 .Québec, P.Q.Duquet Gift Shop Reg\u2019d., 157, Cartier, Tél.2-3647 .Québec Korker Shop 65, Fabrique, Tél.7385 .Québec, P.Q.La Petite Marquise, 146, St-Jean, Tél.4-0883 .Québec, P.Q.Le Rouet Ltée, 92, St-Pierre, Tél.5-5108 .Québec, P.Q.Cadeaux \u2014 Appareils \u2014 Accessoires Électriques: Marquette Electrique Inc., 28%, Chemin Ste-Foy, Tél.3-2114, Québec, P.Q.Café, Thé, Confitures : J.A.Désy Ltée, 1459, Delorimier, Tél.FR.2147 .Montréal Carrosses, Tricyqles, Brûleurs à l\u2019Huile : Verret, J.A., 90, Boisseau, Tél.4-6073 .Québec, P.Q.CARROSSERIES D'Auto (Débossage, Rembourrage.Etc.: Normandeau, A.et Fils, 01152, Charlevoix, WI.5562, Montréal Iïl BONNES ADRESSES A CONSULTER V Chapeaux \u2014 Corseterie \u2014 Cadeaux pour bébés x Guimont & Boucher, Mlles, 121, St-Jean, Tél.2-1903, Québec, P.Q.Chapeaux \u2014 Sacoches : Giroux, Lucienne, 257, St-Joseph, Tél.3-2844, Québec, P.Q.CHARBON (Anthracite et Bitumineux) : The Canadian Import Co.Ltd., 83, Dalhousie, Tél.2-1221, Québec Charbon et Huile à Chauffage : Madden & Fils Ltée, 244, boul.Charest, Tél.4-3578, Québec Québec Coal Co.Ltd, 411, Charest, Tél-.2-8472, Québec, P.Q.Charcuterie : Charcuterie Hygienic Enr., 437, St-François, Tél.3-7438, Québec Chauffage et Plomberie : Germain & Frères Ltée 237, St-Antoine, Tél.76, Trois-Rivières Chiquette, Rosario, 23, Lavigueur, Tél.4-3782, Québec, P.Q.Couture, Odilon Enrg., 34, Latourelle, Tél.8073, Québec, P.Q.Chauffage et Plomberie (entrepreneur) : Jetté, J.-W.Limitée, 360 est, Rachel, Tél.MA.4184, Montréal Chauffage, Réfrigération, Ventilation, Electricité i Bouchard, J.-A.-Y.Inc., 97, Côte d\u2019Abraham, Tél.4-2421, Québec, P.Q.Chaussures : Létourneau, Emile, 96, de la Couronne, Tél.3-7403, Québec, P.Q.Rochette, J.-A.Enrg., 19, St-J'oseph, Tél.2-5087, Québec, P.Q.Rousseau.J.-E., 317a, St-Joseph, Tél.3-0100, Québec, P.Q.Chirurgien-Dentiste : Trottier, Dr Jean, 37, St-Eustache, Tél.3-6675, Québec, P.Q.Racine, Dr André, 47a, St-Jean, Tél.3-2498 .Québec, P.Q.Chocolats (fins \u2014 minuscules) Livraison : Denyse, 4927 ouest, Sherbrooke, Tél.EL., 4877 .Montréal Cire à Plancher Liquide et en Pâte : Cire Succès Ltée, 518, St-Vallier, Tél.6731 .Québec, P.Q.Les Produits Sylvia Enrg., 187, des Commissaires, Tél.6768, Québec, P.Q.Coffre.Forts Portes Voûtes Clefs et serrures, réparation.Burque, Ant.93, de la Reine, Tél.2-2878 .Québec, P.Q.Commerçants de Chiffon pour Garage : Frenette, Lauréat & Fils, 248, Boisseau, Tél.3-0164 .Québec Compliments ! Compliments d\u2019un ami\t:\tC.\tet G.Québec,\tP.\tQ.Compliments d\u2019un ami\t:\tC.\tL.Québec,\tP.\tQ.Compliments d\u2019un ami : C.N.E.Compliments d\u2019un ami : J.E.S.Compliments d\u2019un ami : J.B.R.et Cie Inc.Compliments d\u2019un ami\t:\tP.Québec,\tP.\tQ.Compliments de J.M.Québec,\tP.\tQ.Compliments de M.Carrier.J.P.Laberge Enrg.Un ami de la Revue.Un ami de la Revue : A.D.& Fils Ltée.Compliments d\u2019un ami : M.B.Québec, P.Q.Compliments de : Paysannerie du Québec Enrg., Québec, P.Q.Comptable Agréé : Bolduc, Jean-Paul, 51, St-Jean, Tél.2-1664 .Québec, P.Q.Turgeon, Paul, 852, St-Vallier, Tél.4-7426 .Québec, P.Q.Comptable Public Enregistré : Pelletier, Gérard, 79, boul.Charest, Tél.3-8171 .Québec, P.Q.Confection et Réparation de Chapeaux pour Dames: Le Papillon d\u2019Or (Mlle J.d\u2019Arc Emond), 109, St-Jean, Tél.2-4314, Québec, P.Q.Confection Pour Dames, Robes, Manteaux, Bas, Etc.: Chabot, Mme L., 376, St-Jean, Tél.3-6055 .Québec, P.Q.Confection & Merceries \u2014 Pour Hommes & Garçons : Caddie Ltée, 25%, Chemin Ste-Foy, Tél.3-7863, Québec, P.Q.Confection \u2014 Spécialités pour enfants : Patry, Aline Enrg., 53, de la Couronne, Tél.4-1968, Québec, P.Q.Confection pour Dames : Houde, Mme A., 84, D\u2019Artigny, Tél.3-8714 .Québec, P.Q.Confiserie \u201cPetit\u201d \u2014 Bonbons.Sundae, Etc.: Petit, Gérard, 55, D\u2019Assise, Tél.4-0851 .Québec, P.Q.Confection pour Dames \u2014 Salon Français : Fortin, Jean Inc., 77, de l\u2019Eglise, Tél.5-5106 .Québec, P.Q.CONTRACTEURS EN AMIANTE : Bouchard & Robitaille Enrg., 34, Père Grenier, Tél.5-8798, Qué.CONTRACTEURS \u2014 ÉLECTRICITÉ \u2014 CHAUFFAGE \u2014 Constructions, Démolition, Matériaux à Vendre : Tétrault Frères, 1200, Av.de l\u2019Eglise, Tél.WI.8152, Verdun Constructions de tous Genres - Vente de Terrains : Le Syndicat de Contruction Moderne Ltée, 1751, Sheppard, Tél.2-4166, Québec, P.Q.Constructions Générales .- Succession Delphe Maranda, 814, St-Vallier, Tél.2-3808 .Québec, P.Q.Corsets Spencer, Brassières, Lingeries Martel, Cécile, 185, St-Jean, Tél.2-4908 .Québec, P, Q.Corsets, Brassières, Lingerie : Salon Elégant, 353%, rue St-Jean, Tél.3-0543, Québec, P.Q.Coton à Tisser, Coton à Broder, Rouets, Etc.: L\u2019Art Paysan du \u201cVieux Québec\u2019\u2019, 31, McMahon, Tél.2-1475, Québec, P.Q.Cours Anglais, Sténographie Bilingue & Dactylographie s Sturton School, 93, Crémazie, Tél.9571 .Québec, P.Q.Cours Privés d\u2019Anglais (jour et soir) : Ecole Labrosse, 72, de l\u2019Eglise, Tél.4-6304 .Québec, P.Q.Courtiers D'Obligations : Frs Letarte, Prés., L.-A.Pednault, Vice-Prés.La Corporation de Prêts de Québec, 132, St-Pierre, Tél.2-4765, Québec, P.Q.Courtiers en Épiceries : Brault, Anastase, 1891, Roberval, Tél.WE.4237 .Montréal Courtier en Immeules & Assurances : Leroux, O., 525, 3e avenue, Tél.4-3836 .Québec, P.Q.Couvreurs > Falardeau, Eugène Ltée, 141, Dorchester, Tél.9677, Québec, P.Q.Crème Glacée : Crémerie Mont Blanc Enrg., 149, Renaud, Tél.2-6841, Québec Dactylos-Calculateurs-Miméographes : Martineau, N.& Fils, 1019, Bleury, Tél.BE.2318 .Montréal Directeurs du Funérailles : Bouchard, J.& Fils, 54, 5e rue, Tél.4-1113 .Québec, P.Q.Dubois, Wilfrid Inc., 2, Durocher, Tél.5-5298 .Québec, P.Q.Wilfrid Laberge Inc., 185, des Oblats, Tél.5-9811, Québec, P.Q.D isplays & Accessoires, Objets en Bois, Nouveautés : Juneau, Maurice, 406%, St-Jean, Tél.4-3940, Québec, P.Q.Doreurs-Argenteurs-Orfèvres : Beaugrand, Gilles, 846, de l\u2019Epée, Tél.DO.2950 .Montréal Galvanoplastie Canadienne Enrg, 521%, St-Jean, Tél.3-4883, Québec, P.Q.Drive Yourself : Jobidon, Robert, 250, St-Paul, Tél.2-5317 .Québec, P.Q.Jobidon Drive Yourself, 575, 1ère av., Tél.4-2200, Québec, P.Q.Eau de Javelle : Frenière, J.-A., 31, Bagot, Tél.3-0346 .Québec, P.Q.ÉDITIONS s Editions du Lévrier, 6376, Av.N.-D.de Grâce, WA.6765, Mtl.ÉLECTRICIENS LAVEUSES ETC : Simard Electrique Enrg., 317r, ?e rue, Tél.3-7701, Québec, P.Q.ÉLECTRICIEN \u2014 RÉPARATIONS DE MOTEURS : Gravel Electrique,\t, 27, le avenue (Limoilou) Tél.3-7371, Québec, P.Q.ÉLECTRICIENS RÉPARATIONS & INSTALLATIONS : Frontenac Electrique Enrg., 149, 18e rue, Tél.3-5393, Québec Enseignes Lumineuses au Neon \u2014 Réparations : Modern Neon Regd., 1220, St-Vallier, Tél.4-1191, Québec, P.Q.Entrepreneurs : Bilodeau Ltée, 82, Richelieu, Tél.2-1143 .Québec, P.Q.Entrepreneurs Électriciens : Asselin Electrique, 317B, de la Canardière, Tél.3-2002 Québec,\tP.\tQ.Latulippe, J.-P., 124, Bayard, Tél.2-7644 .Québec,\tP.\tQ.Roussel, Arthur, 177, Cadillac, Tél.3-5274 .Québec,\tP.\tQ.Sylvain, Lucien, 92, Ste-Agnès, Tél.2-2987 .Québec,\tP.\tQ.Entrepreneurs-Couvreurs : La Rue, D.Ltée, 111, Côte de la Montagne, Tél.3-7600, Québec IV BONNES ADRESSES À CONSULTER Entrepreneurs en fer et bronze ornemental : Bureau, Antonio, 240, boul.des Capucins, Tél.6334, Québec, P.Q.Entrepreneurs Généraux : Bédard, Albert, 138, St-Patrick, Tél.2-3623 .Québec, P.Q.Boivin, Marcel, 82, boul.de l\u2019Espinay, Tél.3-5813, Québec, P.Q.Cadorette, J.-E.-L., 7, Sillery Cove, Tél.3-3987 .Sillery, P.Q.Cauchon, Magloire Ltée, 311, de la Salle, Tél.6179 Québec, P.Q Côté, Emile Enrg, 207, St-Cyrille, Tél.6642, Québec, P.Q.Demers, Lorenzo, 85, de L\u2019Espinay, Tél.2-6714, Québec, P.Q.Dubé & Dubé, 14, Place d\u2019Aiguillon, Tél.3-8322, Québec, P.Q.Laberge, Eudore, 37, 6e avenue, Tél.3-7137 .Québec, P.Q.Lamontagne, F.-X., 411, Boulevard Charest, Tél.3-0590, Québec Les Entreprises Bergerville Ltée, 111, Côte de la Montagne, Tél.2-5268, Québec, P.Q.Parent & Gosselin Enrg., 329, St-Vallier, Tél.3-5875, Québec Entrepreneurs-Menuisiers : Blouin & Blouin Enrg., 120, Châteauguay, Tél.5-8687, Québec Entrepreneurs de Menuiserie Générale : Godbout & Pouliot, Enrg., 67, de la Normandie, Tél.8277, Québec, P.Q.Bégin, Alphonse.276, 13e rue, Limoilou, Tél.4-3980, Québec, P.Q.Laberge, Roland, 62, Lamontagne, Tél.9221 .Québec, P.Q.Entrepreneurs-Peintres s Boisvert, Charles & Fils, 1701, Ch.St-Louis, Tél.6-8679, Qué.Masse, J.-A., 280%, St-Vallier, Tél.3-3244 .Québec, P.Q.Matte, J.-B.Henri, 849, St-Vallier, Tél.2-3164 .Québec, P.Q.Thibault, Paul, 526, St-François, Tél.2-8433, Québec, P.Q.Entrepreneur - Spécialité, Tirage de Joints, Pierre, Brique: Cloutier, Roméo, 101, Châteauguay, Tél.3-5583 .Québec, P.Q.ÉPICIERS j Blouin, Paul, 110, Bourlamaque, Tél.2-3964, Québec, P.Q.Pakenham Enrg., 975, 3e avenue, Tél.2-5681 .Québec, P.Q.Pelletier, Alphonse, 340, St-Vallier, Tél.2-0033 \u2014 Québec, P.Q.Épicerie-Boucherie : Magasin St-Michel Enrg., 1290, Maxfield, Tél.3-7368, Sillery Épicier Boucher (gros et détail) s Faucher, Georges, 1, Notre-Dame, Tél.2-1472 .Québec, P.Q.Épiceries en Gros : Lamarche, J.-H., 6749, St-Laurent, Tél.CR.2165 .Montréal Letellier, J.-B.-E.Enrg., 112, Dalhousie, Tél.2-3931, Québec Quebec Stores Reg\u2019d., 143, Dalhousie, Tél.4-3501, Québec, P.Q.Rioux & Pettigrew, 48, St-Paul, Tél.2-1212 .Québec, P.Q.Estampes en Caoutchouc : A.Derome et Cie Enrg., 25 est, N.-Dkme, LA.2392, Montréal Fer Ornemental \u2014 soudure électrique &oxtgène : St-Hilaire, Rosaire, 1727, Chemin St-Louis, Tél.3-2672, Québec Ferronnerie D\u2019Art : Les Frères Lebrun, 466, Niverville .Trois-Rivières Marchand, Adélard, 68, St-Valier, Tél.2-2370 .Québec, P.Q.Fleuristes t Gardenia Enrg., 135, St-Jean, Tél.4-2128 .Québec, P.Q.Fourniture de Plomberie & Chauffage : Saillant & Frère, 26, Berthelot, Tél.4-3665 .Québec, P.Q.Fourrures et Chapeaux (gros et détail) : Chez Charlebois, 708 ouest, Notre-Dame, Tél.MA.5029, Mtl.Fourrurest Alain, P.A.Ltée, 203, St-Joseph et 79, de l\u2019Eglise, 5106, Qué.Bernard, Léo, 810, St-Vallier, Tél.3-1329 .Québec, P.Q.Desjardins, Chas, et Cie, 1170, St-Denis, Tél.HA.8191, Mtl.Guay, Médard, 441, St-Joseph, Tél.2-7456 .Québec, P.Q.Sanfaçon, Honoré, 110, rue de la Couronne, Tél.7419, Québec Turcotte, N.-Geo., 162, Côte d\u2019Abraham, Tél.4-1459, Québec Fourrures, Haute Qualité, Réparation, Voûte : Centre de Fourrure de Québec Ltée., \u201e\t144, boul.Charest, Tél.3-8904, Québec, P.Q.Nadeau, J.-O., 160, Côte d\u2019Abraham, Tél.2-6429, Québec, P.Q.Fruits et Légumes : Quebec Fruit & Fish Ltd., .\t116, Dalhousie, Tél.2-3888, Québec, P.Q.Vezina, Adélard & Fils Enrg., 71, St-André, Tél.2-5258, Québec, P.Q.Garage \u2014 Débossage, soudure, Carrosserie : Garage L\u2019Heureux, 50, St-Patrick, Tél.8-7247, Québec, P.Q.Garage \u2014 Réparations Générales : Beaulieu & Filion Enrg., 207, Ste-Hélène, Tél.2-2256, Québec Garage Rosaire Blouin, 158, Franklin, Tél.3-8422, Québec, P.Q.Garage Notre-Dame, 27, Notre-Dame, Tél.2-0201, Québec, P.Q Garage Paradis Enrg., R.Fortin, prop., 78, D\u2019Aiguillon, Tél.2-8777, Québec, P.Q.Turnbull Automobile Enrg., 18, Turnbull, Tél.4-1244, Québec Garagistes : Gagnon & Fradet, 45, Franklin, Tél.3-2828 .Québec,\tP.\tQ.Garage Cloutier, 93, boul.Langelier, Tél.9034 .Québec, P.Q.Grain, Foin, Ferronnerie, Peinture, Etc.: Corriveau, A., 1742, Chemin St-Louis, Tél.4-3933, Québec, P.Q.Grains, Moulées, Provisions : Avard, Tancrède, Ltée, 36, Anderson, Tél.2-4028, Québec, P.Q.Frenette & Fils Enrg., 176, St-Pierre, Tél.2-8070, Québec, P.Q.Larochelle & Fils, Inc.65, St-Roch, Tél.7494 .Québec, P.Q.Habits et Merceries î Cusson et Cusson, Place du Marché, rue Cascades, St-Hyacinthe Horlogers-Bijoutiers : Couture, R.Enrg., 250, St-Joseph, 3e étage, Appt 19, Tél.4-3954, Québec, P.Q.Routier, A.-C.80, Côte de la Montagne, Tél.2-2467, Québec, P.Q.Hôpital \u2014 Maternité Privée : Ouellette, Mme J.T., 10, Artigny, Tél.2-1966 .Québec, P.Q.Hôtels : Château Champlain, 401, St-Paul, Tél.2-2061 .Québec, P.Q.Hôtel\tMontcalm, Inc., 161, St-Jean, Tél.\t2-1287,\tQuébec,\tP.\tQ.Hôtel\tSt-Malo,\t1094-1100, St-Vallier, Tél.\t4-0031,\tQuébec,\tP.\tQ.Hôtel\tSt-Roch,\t230, St-Joseph, Tél.2-3921 .Québec,\tP.\tQ.Hôtel\tVictoria,\t56, St-Jean, Tél.2-4081 .Québec,\tP.\tQ.Immeubles i Thibodeau, L.P.R., 323, boul.Charest.Tél.3-5322 .Québec Importateurs et Fabricants D\u2019Objets de Piété : Génin, Trudeau et Cie, 38 ouest, N.-Dame, LA.2261, Montréal Importateurs D\u2019Articles de Fumeurs et de Pèche en Général : Thomassin, Jos., 179, boul.Charest, Tél.4-4441, Québec, P.Q.Imprimerie : Demers, Wilfrid, 63, St-Ignace, Tél.2-3233, Québec, P.Q.Jacques-Cartier, Enrg., 286, St-Joseph, apt 5-6, Tél.3-4520, Québec, P.Q.Imprimerie Vincent Ltée, 371, St-J'ean, Tél.2-1351, Québec, P.Q.Larose, P.Enrg., 331, St-Joseph, Tél.3-0337 .Québec, P.Q.Imprimeur \u2014 Cartes de Noël & du Nouvel An : Gingras, Conrad, 147, Ste-Hélène, Tél.4-4465 .Québec, P.Q.Imprimeurs (Médéric parent et onil paré, prop.) : Imprimerie Bégin Enrg., 50%, St-François, Tél.3-1252, Québec Industrie Laitière contre les maux de Tête.Lait, Crème, Beurre, Œufs et Fromage : La Ferme St-Laurent Ltée, 6768, Garnier, CR.2188-9, Montréal La Laiterie Frontenac Ltée.142, de l\u2019Eglise, Tél.7175, Québec, P.Q.Laiterie Artic Ltée, 75, du Sacré-Cœur, Tél.5-7101, Québec, Laiterie Laval Enrg., 237, 4e avenue, Tél.4-3551, Québec, P.Q.Murphy Dairy, 80, Maufils, Tél.4-1675 .Québec, P.Q.La Librairie Dominicaine : 5375, avenue Notre-Dame de Grâce, Tél.WA.6765 .Montréal 96, avenue Empress, Tél.2-7363 .Ottawa, Ont.V BONNES ADRESSES A CONSULTER Librairie (en gros seulement) : Librairie J.A.Parent, 472, St-Vallier, Tél.6630, Québec, P.Q.Libraires : Granger Frères Ltée, 66 ouest, N.-Dame, LA.2171 .Montréal Lingerie pour Dames : Cybèle Enrg., 249, St-Jean, Tél.3-8042 .Québec, P.Q.Lingerie, Fourrures, Articles de Travail : Gilbert, M., 88, St-Vallier, Tél.2-1216 .Québec, P.Q.Literie \u2014 Pour Communautés Religieuses : Hamelin Frères Enrg., 5%, Place Royale, Tél.3-6905, Québec Liqueurs Douces s Fortier, Eizéar Ltée, 115, St-Dominique, Tél.2-3891.Québec Machineries de Buanderie, Etc.: Langlais et Frère Enrg., 162, de la Couronne, Tél.2-8224, Qué.MACHINERIES D'IMPRIMERIE (Reparation, Soudure, Etc.) : Le Matériel d\u2019imprimerie Ltée (Demandez M.Langlais), 970, de Bullion, Tél.PL.9011, Montréal Machinerie Moderne : Machinerie Moderne Ltée, 120, 4e rue ouest, Tél.4-4309, Québec Machinistes & Outilleurs \u2014 Soudure Électrique: Huot, Stanislas Enrg., 74, Ste-Hélène, Tél.9852, Québec, P.Q.Magasins à Rayon : Bouchard, L., 760-760, St-Vallier, Tél.2-5638 .Québec, P.Q.Dubuc, T.D., 214-218, St-Jean, Tél.2-3961 .Québec, P.Q.Dupuis Frères Ltée, Tél.PL.6161 .Montréal Moncion, Thomas, Suce.J.Pharand, 86-91, Champlain, Tél.2-6316, Hull, P.Q.Simard, Hubert Enrg., 399, 3e Rue, Tél.4-1710, Québec, P.Q.Syndicat de Québec Ltée, 215, St-Joseph, Tél.4-3561 .Québec Manufacturiers de Biscuits : Gignac, T.Ltée, 126, 2e rue, Tél.4-4191 .Québec, P.Q.Manufacturier de Cabinets de Radio : Roy, P.-E., 23, St-Sacrement, Tél.3-7845 .Québec, P.Q.M ANUFACTUEIERS D'OrNEMENTS EN Fer ET EN BrONZE : Alain, A.& Cie, 264, St-Paul, Tél.2-4144 .Québec, P.Q.Manufacturiers de Fournitures Funéraires : Girard et Godin Ltée, T.-Riv et 34 o., St-Paul, LA.9214, Mtl.Manufacturiers de Pipes en Bruyère : Paradis & Paradis Enrg., 23, St-Bernard, Tél.2-6272, Québec Manufacturiers de Portes et Châssis, Bois : Pilon, Jos.Ltée, 79, Boul.du Sacré-Cœur, Tél.3-1116, Hull, P.Q Manufactures de Vinaigre : La Manufacture de Vinaigre « Ætna », 39, Sault-au-Matelot, Tél.2-6207, Québec, P.Q.The Lion Vinegar Co.Ltd., 74, Renaud, Tél.4-1435, Québec, P.Q.Manufacturiers de Skis : Dominion Ski Ltd, 42, Sherbrooke, Tél.2-6668, Québec, P.Q.Marbre, Terrazzo, Tuile & Ciment : La Cie de Marbre & Tuile de Québec Ltée, 327, Dorchester, Tél.2-6900, Québec, P.Q.Marchands de Bois : Giguère, Albert, 109, Lavigueur, Tél.4-1260, Québec, P.Q.Marchands de Fourrures : Emond, Chs-N.Enrg., 85, des Commissaires, Tél.6741, Québec, P.Q.Zicat Lauréat, Enrg., 28, chemin Sainte-Foy, Tél.9627, Québec Marchands de Meubles : Au Meuble Moderne Enrg., 188, St-Jean, Tél.2-5616, Québec Cantin, J.-W., 446, St-Joseph, Tél.8007 .Québec, P.Q.Marchand de musique : Valin, J.-E., 238, St-Jean, Tél.2-8365 .Québec, P.Q.Marchand de Tabac \u2014 Gros et Détail : Gagnon, Henri, 58, Côte du Palais, Tél.2-4285 .Québec, P.Q.Marchands-Tailleurs : Lefebvre, Ph., 63, Buade, Tél.3-1433 .Québec, P.Q.Mathieu, Lucien Enrg., 2251, Frontenac, FR.1803 .Montréal Marchandises Sèches : Couture & Lamontagne Enrg., 745, St-Vallier, Tél.3-4221, Qué.Marchandises D\u2019Occasions - poêles, fournaises, meubi.es: Huot & Aubin, 148, Du Pont, Tél.2-0043 .Québec, P.Q.Matelas, Sommiers, Etc.: Matelas Frontenac Enrg., 15, Boisseau, Tél.5347, Québec, P.Q.Matériaux de Plomberie & Chauffage en Gros : Martin, X.Ltée, 190 St-Paul, Tél.2-6415 .Québec, P.Q.Matériaux de Construction : Les Industries G.-I.Lachance Inc., 263, St-Paul, 2-6403, Québec Médecins : Castonguay, Dr E.-J., 4231 est, Ste-Catherine, CH.0560, Mtl.Gratton, Dr Albert, 781, du Couvent, Tél.WE.5476 .Montréal Pilon, Dr Henri, 251, boul.St-Joseph, Tél.2-0563, Hull, P.Q.Pouliot, Dr Antoine, 69, Ste-Ursule, Tél.2-4455' .Québec, P.Q.Membres Artificiels : Duckett, J.-A.2014, Bleury, Tél.HArbour 0630 .Montréal Mobiliers Scolaires : Roberge & Frères Enrg., 132, St-Pierre, Tél.2-1258.Québec, P.Q.Nettoyeurs, Buanderie : Pfeiffer, P., 4, McMahon, Tél.2-2021 .Québec, P.Q.Notaires : Labrèche et Labrèche, 101 ouest, St-Jacques, MA.3373, Montréal Nouveautés, Merceries, Tapis, Prélarts : Alepin, J.et Frère Ltée, 4295 ouest, Notre-Dame, Tél.WE.1108 ; 4719, Wellington, Tél.YO.1144, Montréal Nouveautés \u2014 vêtements pour dames et messieurs : Magasin St-Antoine, 143, des Franciscains, Tél.5-5614, Québec Opticiens D\u2019Ordonnances : Derouin, O.L., 37, Metcalfe, Tél.2-4976 .Ottawa, Ont.Dugal, Geo.A., 1307, 4e avenue, Tél.3-7161 .Québec, P.Q.Lamontagne, Etienne, 1065, St-Prosper, Tél.2178, Trois-Rivières Opticiens \u2014 Ordonnances médicales St-Jean et Lesage, 400 est, Sherbrooke, Tél.HA.8306, Montréal Optométristes et Opticiens : Beaulieu Remy, 94, de la Couronne, Tél.2-3592, Québec, P.Q.McClure, J.A., 57, St-J'ean, Tél.2-2516 .Québec, P.Q.Mignault, J.-Ed.& R.Beauséjour, 52, St-Jean, Tél.2-1803, Québec, P.Q.Opticiens Manufacturiers : Gagnon, J.-E.& Cie, 463, St-Jean, Tél.4-1805, Québec, P.Q.Ornements D\u2019Église \u2014 Orfèvreries Religieuses : La Procure Ecclésiastique Enrg., 76, boul.Charest, Tél.4-2670, Québec, P.Q.Orthodentiste : Bernier, Dr Louis, 140, St-Jean, Tél.2-2112 .Québec, P.Q.Ouvrage artistique de tout genre peint à lhuile : Drolet, Mme J.B., 8, Franklin, Tél.4-1029 .Québec, P.Q.Papeterie : La Papeterie de Québec Ltée, 314, 1ère rue, Tél.4-1435, Québec, P.Q.Papier Asphalt : Matériaux de Construction : Bishop Asphalt Papers, Ltd.162, St-Paul, Tél.2-3681, Québec, P.Q.Papier Tenture : Morency, Charles, 1-H, Ste-Thérèse, Tél.4-0597 .Québec, P.Q.Pâtisseries : Pâtisserie Frontenac, 300, St-Jean, Tél.2-5721 .Québec, P.Q.Vaillancourt, Jos.Inc., 356-358, St-Joseph, Tél.2-2085, Québec PÉDICURE : Ouellet, Albert, M.S.S.Ch., 528, St-Jean, Tél.3-6058, Québec, P.Q.Peintre \u2014 Décorateur : Atelier de Peinture Enrg., 461, lie Rue, Tél.8779, Québec, P.Q.Peinture Manufacturiers : Peinture Nationale Ltée, 120, Carillon, Tél.2-6657, Québec, P.Q.Pharmaciens : Frenette, Arthur, 1501, de la Canardière, Tél.3-6009, Québec, P.Q.Guertin, Paul, 1400, 4e avenue, Tél.3-7567 .Québec, P.Q.VI BONNES ADRESSES À CONSULTER ' Pharmacie André Lachance, 144, Cartier, Tel.4-4882, Québec Pharmacie Aimé Roussin, 2823, Masson, CH.2103 .Montréal Pharmacie P.-H.Soucy, 85, Cartier, Tél.2-1235, Québec, P.Q.Pharmacie Canadienne, 1661 ouest, N.-Dame, Tél.WI.1771, Mtl.Pharmacie Roy Enrg., 121, Royale, Tél.2-3736, Giffard, P.Q.Pharmaciens en Gros : Gérant : Gaulin J'.André, Casgrain & Charbonneau Ltée Ontario Medical Supply, 139, Queen, Tél.2-5309, Ottawa, Ont.Photographie Commerciale : Photo Moderne Enrg., Edifice Le Soleil, Tél.2-4504 .Québec Photographie \u2014 Accessoires et appareils Cameras \u2014 Etc.: Au Royaume de la Camera Inc., 3, St-Jean, Tél.3-4327, Québec, P.Q.Photogravure Commerciale : La Photogravure Commerciale Enrg., 156, Châteauguay, Tél.3-2078, Québec, P.Q.Pianos, Radios, et Accessoires Electriques : Lavigueur & Hutchison Ltée, 81-85, St-Jean, Tél.2-2123, Québec, P.Q.Pianos \u2014 Réparation, accord et vente : Alain, J.-L., 142, Côte d\u2019Abraham, Tél.4-0230, Québec, P.Q.Placage Industriel, Chrome-Nickel-Or-Argent ! Garand & Thibault Enrg., 7, D\u2019Argenson, Tél.5-9232, Québec Planchers -\u2014 Posage et Polissage : Dufour, E.82, Côte Ste-Geneviève, Tél.2-4360, Québec, P.Q.Plastiques \u2014 Articles Généraux : Plastic Products Inc., 216%, Richelieu, Tél.3-5762, Québec, P.Q.Plâtriers-Mouleurs-Ornemental : Montreuil, Marcel, 211, Ste-Hélène, Tél.2-1191, Québec, P.Q.Plombiers : Morin, L.-P.31, Sault-aux-Matelots, Tél.4-3617, Québec, P.Q.Turcotte & Létourneau, 217, de la Salle, Tél.9198, Québec Plomberie \u2014 Air-Ci.imatisé : Mobec Ltée, 466, St-Vallier, Tél.2-1297 .Québec, P.Q.Plombiers-Couvreurs-Électriciens : Asselin, J.-A., 37, Hermine, Tél.9670 .Québec, P.Q.Dorion, Jules Ltée, 11, rue Ramsay, Tél.4-2916, Québec, P.Q.Martel, Edgar, 404, St-François, Tél.3-0964 .Québec, P.Q.Morin, J.-B.& Cie Ltée.14, Champlain, Tél.2-5548, Québec, P.Q.Plomberie, Électricité, Chauffage : Rouillard, J.-E.Enrg., 465, St-Jean, Tél.7941, Québec, P.Q.Pneus : Michaud Tire Service Ltée.207, de la Couronne, Tél.3-3901, Québec, P.Q.Poissons : Pêcheurs Unis de Québec, 102, St-Roch, Tél.2-7001, Québec, P.Q.Provisions, Poisson, Fruits, IStc.: Dominion Fish & Fruit Ltd., Tél.2-7036 .Québec, P.Q.Professeur de Musique (guitare, mandoline, violon) : Gagnon, T.W., 208, N.-D.des Anges, Tél.2-3700, Québec, P.Q.Quincailleries Générales : Cantin & Fils Ltée, 655, St-Vallier, Tél.5-7123, Québec, P.Q.Giroux & Frère Enrg., 370, St-Jean, Tél.2-8337, Québec, P.Q.Gravel, Ludger et Fils, 3447, Av.du Parc, Tél.HA.5211, Mtl.Grégoire, J.-R., 3605 est, Ontario, Tél.FA.1167-8 .Montréal Queen Mary Hard.Ltd., 5323, Queen Mary Rod., *EL.1129, Mtl.Rhéaume, Paul, 111, Royale, Tél.3-6484 .Giffard, P.Q.Quincaillerie en Gros et Détail : Lemieux, Jos.-E.Enrg.Québec, P.Q.Lajeunesse, Gaud.Enrg.721, St-Vallier, Tél.2-6473, Québec, P.Q.O\u2019Neil & Richard Ltée.134, du Pont, Tél.2-1594, Québec, P.Q.Radio \u2014 Réparations \u2014 Ouvrage garanti : Boudreau Radio Service, 28, Côte Ste-Geneviève, Tél.7391, Québec, P.Q.Radio Technicien \u2014 Haut-Parleurs : Gagnon, Jean-Paul, 960, 1ère avenue, Tél.2-1735, Québec, P.Q.Radio \u2014 Ventes & Services : Bédard, P.E., 182, des Oblats, Tél.4-4404 .Québec, P.Q.Réfrigération \u2014 Air Climatisé : Brousseau, Albert, 3, des Bains, Tél.3-2503 .Québec, P.Q.Réfrigérateurs : Brindamour, W., 57, Ste-Marguerite, Tél.3-2449, Québec, P.Q.Rembourage de Meubles de tous genres : Bilodeau & Giroux Enrg., 454, Arago, Tél.5-5416, Québec, P.Q.Michaud, Jos., 92, d\u2019Aiguillon, Tél.2-8497 .Québec, P.Q.Réparation de Meubles, Portes & Chassis : Ledoux, Arthur, 13%, Ste-Hélène, Tél.3-5404 .Québec, P.Q.Réparations \u2014 Refilage de Moteurs Électriques : Industrial Generator & Equipment Co., 156%, du Roi, Tél.4-2324, Québec, P.Q.Restaurants s Boulevard Restaurant, 3830, Décarie, Tél.DE.0097, Montréal Chez Marino Enrg., 34, Dauphine, Tél.3-0675 .Québec, P.Q.Ressorts \u2014 Pour Autos & Camions : Blondeau, Alphonse, 500, 1ère avenue, Tél.4-1209, Québec, P.Q.Robes juniores \u2014 Modèles français : Jobin, M.-A.350, St-Jean, Tél.4-3817 .Québec, P.Q.Salon de Beauté : Roy, Mme France, 157, boul.Charest, Tél.4-0568, Québec, P.Q.Salon Mario, 27%, Morin Tél.3-0593 .Québec, P.Q.Savon : La Savonnerie Bourbeau Enrg., 845, Dorchester, Tél.4-2960, Québec, P.Q.Savoy Beauty Products Ltd.: Savoy Beauty Products Ltd., Ch.103-105, 72, de l\u2019Eglise, Tél.3-6320, Québec, P.Q.Soudure, Débossage, Peinture, Etc.: Beaulieu, L.P., 15, boul.Roosevelt-Churchill, Tél.4-4924, Qué.Sous-Vêtements pour Hommes, Dames et Enfants : Vatel Enrg., 15%, Jacques-Cartier, Tél.3-7721, Québec, P.Q.Station de Service Shell : Station de Service Shell, 1284, Chemin St-Louis, Tél.3-2769, Sillery, Québec, P.Q.Stores Vénitiens : Méthot, Raoul, 213, 5e rue, Tél.2-6174 .Québec, P.Q.Syndic licencié s LaRochelle, Victor, 111, Côte de la Montagne, Tél.3-7258, Québec, P.Q.Tannerie : Tannerie Daigle Ltée, 3, Lee, Tél.5-7523 .Québec, P.Q.Taxis : Taxis Maguire Enrg., 1463, Maguire, Tél.3-1474, Sillery, Qué.Taxis (demandez toujours) : Taxis Red Diamond de Luxe, Tél.8123 *.Québec, P.Q.Terra Cotta : Montreal Terra Cotta, 1010 o., Ste-Catherine, MA.1816, Mtl.Terrazzo Mosaïque & Tuile : Génois, A.Ltée, 25, Hamilton, Tél.3-0335 .Québec, P.Q.Terrazzo Mosaïque & Tuile Ltée, 25, St-Sacrement, Tél.3-1071, Québec, P.Q.Théâtre : Théâtre Cartier Cie Ltée., 91, Cartier, Tél.9340, Québec, P.Q.Transports : St-Hyacinthe Transport, 84, Piété, Tél.J56-122 .St-Hyacinthe Transport R.Dumas Enrg., 250, Ste-Hélène, Tél.3-3824, Québec, P.Q.Tuyaux D\u2019Acier : Coulombe, J.-A.& Co., Ltée, 126, St-Pierre, Tél.2-1538, Québec, P.Q.Ustensiles de Cuisine \u2014 A luminium : Waterless Kitchen Equipment Reg\u2019d., 286, St-Joseph, Tél.5355, Québec, P.P.Valeurs de Placement > Dubé, Oscar & Cie Inc.105, Côte de la Montagne, Tél.2-4061, Québec, P.Q.Société Générale de Finance, Inc., 57 ouest, St-Jacques, Tél.HA.5168, Montréal Vitrerie : Vitrerie Citadel Inc., 186 St-Paul, Tél.4-6736 .Québec, P.Q.Viandes en Gros : Marché de Québec Enrg., 342, 1ère rue, Tél.2-2016, Québec P.Q.VII Influence du Christ dans l\u2019Eglise d\u2019après Saint Thomas par J.-D.BROSSEAU.O.P.« Ce livre développe un triple thème.Il s\u2019agit de ce qu\u2019on pourrait appeler la Métaphysique de la grâce du Christ ; puis de ce qu\u2019on pourrait appeler sa Physique ; enfin de ce qu\u2019on pourrait appeler sa Sociologie.Trois appellations trop humaines pour cadrer exactement avec les vérités surnaturelles qu\u2019il s\u2019agit de décrire, mais qui gardent leur valeur de symboles, ou pour mieux dire d\u2019analogies.C\u2019est assez pour marquer l\u2019intérêt du travail ».A.-D.Sertillanges, O.P., Membre de l\u2019Institut.PRIX: $0.75 UN MYSTÈRE D\u2019AMOUR ET DE SOUFFRANCE par le R.Père A.-G.ALBERT, O.P.Prof esseur de Philosophie\t' à l Université Pavai et au Séminaire de Québec « La satisfaction pour le péché de l\u2019homme est un profond mystère d\u2019amour et de souffrance.Fuir la douleur serait déjà ne plus vouloir aimer ».Prix : $1.50 \u2014MW\u2014\u2014\u2014\u2014B\u2014L #vvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvwwwwv I\tLA LIBRAIRIE DOMINICAINE a\t95.AVENUE EMPRESS W 5375.AV.N.-D.DE GRÂCE i\tOTTAWA\tI\tMONTRÉAL.i\t( TÉL.2-7363)\tJkk.\t(WALNUT 6765) REVUE DOMINICAINE 1948 Cinquante quatrième année Directeur : R.P.Antonin Lamarche, O.P.3500, Av.Laval Montréal - 18 Auctoritatum permissu Le Revue ne sera pas responsable des écrits de collaborateurs étrangers à l\u2019Ordre de saint Dominique.ABONNEMENTS Canada : $3.00 ; Etranger : $3.25 ; avec le Rosaire : 25 sous en plus.Le numéro : 30 sous.Abonnement de soutien : $10.00.Publiée à Saint-Hyacinthe, P.Q.L\u2019Œuvre de Presse Dominicaine 5375, Av.Notre-Dame de Grâce Montréal - 28 Sommaire JANVIER 1948 André Giroux :\tBonne et Heureuse Année A tous les hommes : bons ou mauvais, riches ou pauvres, libres ou captifs, ce souhait.Bruno Lafleur :\t« Le Survenant » et « Marie-Didace » D\u2019une année à l\u2019autre, notre littérature produit des œuvres de marque.Le dernier roman en deux volumes de Mme Germaine Guèvremont, après « Bonheur d\u2019occasion », en est la preuve.Il mérite cette étude sérieuse et nuancée que nous offrons à nos lecteurs.Aurèle Daoust :\tUn chef ! Un entraîneur J Un martyr I Scout et jociste, mort à 24 ans, Marcel Callo incarne cette jeunesse française qui resta grande en face de la vie, des horreurs du camp de concentration et de la mort.Jean-Léon Reid, O.P.: D un existentialisme spiritualiste Le procès des existentialistes.Coupables d\u2019avoir trahi l\u2019intelligence et la scolastique, seuls devant la vie, les uns périront dans un désespoir dont ils sont les artisans, les autres seront délivrés par l\u2019espérance et la foi.Francis Jeanson :\tMystère ou problème ?Le refuge dans le recueillement, dans la contemplation du mystère peut-il apporter la paix à l\u2019homme % Mystère ou problème qu\u2019a posé Gabriel Marcel.André Patry : Le Canada dans les Capitales du Commonwealth Où l\u2019on voit que nos hauts commissaires dans l\u2019Empire sont parfois dans des situations diplomatiques très pénibles.Le sens faits Antonin Lamarche, O.P.: « Autour du prix Femina ».Le Directeur : « La Revue Dominicaine ».Benoît Lacroix, O.P.: « Gilson inaugure les Conférences Albert-le-Grand ».J.-D.Brosseau, O.P.: « Ouverture des cours à l\u2019Institut Catholique de Lyon ».René Sudre : « Un nouveau livre de M.Louis de Broglie ».Aurèle Daoust : « Aux Editions du Lévrier ».L\u2019esprit des livres Michel de Ladurantaye : «Sainte Thérèse de Lisieux et l\u2019histoire de son âme» (Gilles Dolbec).En collaboration : «Six ans après» (Ant.Lamarche, 0.P.).En collaboration : « La L.O.C.Canadienne » (Com.).René Girard, S.J.: «Les neuf symphonies de Beethoven» (A.Lamarche, 0.P.).François Mauriac : «Trois grands hommes devant Dieu» (Annette Décarie).Dom Charles Poulet : «Histoire du Christianisme» (Thomas Charland, 0.P.).E.A.Siderman : «With Father Vincent at Marble Arch» (A.-AI.Richer, 0.P.).René Martineau ; «Autour de J.K.Huysmans » (A.Saint-Pierre, 0.P.). REVUE DOMINICAINE Directeur : R.P.ANTONIN LAMARCHE, O.P.3500, Av.Laval, Montréal-18, P.Q.Volume LIV\tTome I\tJanvier 1948 Bonne et Heureuse Année ! A tous ceux qui n ont rien dans les bras que des battements tristes et gratuits, dont les yeux brillent de toutes les larmes retenues, dont le front résonne de coups atroces et silencieux, dont les paroles ne traduisent plus les pensées, parce que ces pensées sont douloureuses.A tous ceux dont les actes ne sont plus des symboles, dont les attitudes sont pétries de courage, qui redressent le dos pour cacher leur peine, qui marchent seuls pour marcher droit, mais qui marchent.A tous les humains brisés, à tous ceux qui ne font pas ce qu\u2019ils aiment et à tous ceux qui aiment ce qu\u2019ils ne disent pas, à tous ceux que vous frôlez, le sachant bien, et à tous ceux qui vous frôlent, ne le sachant pas, 5 Revue Dominicaine à tous ceux qui portent en eux, blessure vraie, un immense néant fait de tous les arrachements.A ceux dont c est la dernière, et qui s\u2019en doutent, et à ceux dont c est la dernière, et qui ne s\u2019en doutent pas, à ceux qui n ont pas la force d y penser et à ceux qui n\u2019ont pas la faiblesse de l avouer, à ceux qui n\u2019osent pas vous regarder parce que leur regard, peut-être, les trahirait et qu ils veulent garder pour eux seuls, leur terrible secret.A certains heureux aussi que j oubliais.à ceux qui portent leur tête, leur cœur et leur âme aussi légèrement qu\u2019un poids d hélium, à ceux que le plaisir égare et dont le sang charrie tout l idéal, car pour eux suffit l apparence charnelle de la vie.Bonne et heureuse année, enfin, à ceux qui possèdent le détachement de l esprit et à ceux qui soignent les corps ou les âmes, à ceux dont le cœur bat généreusement et à ceux qui, luttant pour la justice, veulent établir le règne de la paix ; à ceux qui comprennent et pardonnent et à ceux qui sont purs dans leurs pensées et leurs amours ; bonne et heureuse année à vous tous qui donnez un sens divin à l humanité.André Giroux «Le Survenant» et « M arie-Didace» «D\u2019une année à Vautre, notre littérature produit des œuvres de marque.Le dernier roman en deux volumes de Aime Germaine Guèvremont en est la preuve.Il mérite cette analyse sérieuse et nuancée que nous offrons à nos lecteurs ».Le Survenant ! II arrive un soir à la ferme de Didace Beauchemin, au Chenal du Moine.Personne ne sait d où il vient, où il va, ce qu il est.On l\u2019accueille parce que c\u2019est un étranger, un passant, un voyageur, et que dans la maison, on ne refuse pas 1 hospitalité.Le lendemain, au lieu de repartir, il travaille avec les hommes.II est grand, fort et adroit.II offre ses services comme engagé, moyennant sa nourriture et un peu de tahac.Le père Didace, qui est veuf depuis un an, s ennuie entre son fils et sa hru : ce gaillard lui sera un aide précieux et aussi un compagnon agréable pour ses randonnées dans le hois et sur I eau.Mais voici que la présence de cet inconnu crée une sorte de remous au Chenal du Moine.Dans la maison des Beauchemin, c\u2019est très vite la jalousie du fils contre cet étranger qui accapare une trop large part de sa place ; et c est aussi I hostilité de la hru qui se méfie de ce fend-Ie-vent pour lequel elle ne peut quand même se défendre d\u2019une secrète admiration.Le Survenant éveille aussi bientôt la curiosité des voisins, des gens du canton, qui sont attirés par ce qu\u2019ils pressentent de mystère et de liberté dans la vie de ce dieu des routes.II ne laisse personne indifférent : les uns le dénigrent, les autres le défendent.Les jeunes filles se trémoussent autour de lui ; il ne fait cas d\u2019aucune, à l\u2019exception d\u2019une boiteuse, Angélina Desmarais.Parce qu\u2019il a pour elle un regard de sympathie, sinon simplement de pitié, elle s\u2019éprend de lui, d\u2019un amour profond, secret, douloureux.Pendant que se nouent ces intrigues dont il se soucie d ailleurs fort peu, il entraîne le père Didace Beauchemin à Sorel, où il lui présente une veuve, une « Acayenne », et le vieux décide de se remarier.C\u2019est la consternation du fils et de la hru : une étrangère dans la maison ! Ils tiennent déjà le Survenant responsable de leurs malheurs, et ils lui vouent une haine 5 Revue Dominicaine farouche.Mais un kon matin, ils trouvent son lit vide : il est reparti durant la nuit, sans prévenir personne, pour retourner d\u2019où il vient, c est-à-dire ailleurs, nulle part.La route l\u2019a repris.« Quand il a fini d\u2019une place, il secoue le monde d\u2019une pickenote, comme la poussière sur son kras ».II est parti ; personne n entendra plus parler de lui ; mais il sera depuis longtemps disparu à l'horizon que les vagues qu\u2019il a soulevées viendront encore Lattre le rivage, Lalloter et même faire ckavirer une légère emkarcation.Bien involontairement, avec l\u2019insouciante désinvolture d un coup de vent, il a attiré le malkeur sur une famille jusque là keureuse, et il a fait, dans le cœur d\u2019une pauvre infirme, une blessure inguérissable.Telle est, réduite à ses lignes essentielles, la très belle fable qu a trouvée madame Germaine Guèvremont.Autour de cette histoire pourtant bien simple, elle a construit un bon roman de mœurs régionalistes : le Survenant, dont elle vient de nous donner la suite sous le titre de Marie-Didace.La présente étude porte sur ces deux romans qui d ailleurs, en réalité, n en forment qu un.En effet, les personnages demeurent les mêmes d un livre à I autre, et c\u2019est le même tkème qui est repris, quoique plus concrétisé cette fois, dans le second : la destruction d une famille et d un bonkeur paisible par le passage, la « survenue », d un étranger.Alors que le Survenant était J incarnation d\u2019un mytke, I Acayenne est un personnage, personnage plus réel, plus ckarnel, moins symbolique, dont le Survenant devient comme une sorte de préfiguration poétique.Le premier volume finissait avec le départ de I étranger et les projets de remariage du bonhomme Beauckemin avec I étrangère.Marie Didace s ouvre justement avec l\u2019arrivée de I Acayenne, arrivée un peu surprenante et, dans ce cas, contrairement à celle du Survenant, inutilement mystérieuse : un bon matin, sans qu ils n aient entendu le moindre bruit durant la nuit, Amable et sa femme la trouvent installée à table.Et comme le Survenant un an auparavant, elle boit dans la tasse en porcelaine de Pkonsine.La nouvelle madame Beauckemin s installe en reine et maîtresse dans ce foyer qui n est pas le sien, détrônant de façon arro- « Le Survenant » et « Marie-Didace » gante la bru qui avait pris depuis un an la place de la mère.Po ur n avoir pas à multiplier les incidents et les chicanes, hauteur décrit tout de suite, en raccourci, la vie qui commence.« Une lutte sourde pour la maîtrise de tout, dans la maison, s établit entre les deux femmes.Outre I accaparement de la tasse, à chaque repas, par la première sur les lieux, elles tissaient leurs journées, comme à plaisir, de rivalités autour de bagatelles.Si I une plaçait la queue du poêlon à gaucbe, l\u2019autre s\u2019arrangeait de façon à la tourner à droite.Tout en était ainsi.L\u2019Acayenne, plus expérimentée, s en faisait un jeu, mais Pbonsine, naturellement sans détour, recourait à des ruses déprimantes et elle usait ses forces à accomplir avant I autre les tâches que celle-ci préférait.Toujours côte à côte, mais jamais cœur à cœur, elles ne s entraidaient en rien ».L Acayenne provoque au Chenal du Moine la même curiosité, les mêmes sentiments contradictoires, que le Survenant.Elle vient de loin elle aussi ; elle a voyagé, elle a navigué, et il émane de toute sa personne, de ses manières comme de ses paroles, des bouffées d\u2019air d\u2019un monde inconnu.Les voisines finissent cependant par l\u2019accepter, parce qu elle est devenue une Beauchemin.« Mais aucun de ses gestes ne leur échappait.Elles pesaient toutes ses paroles ».Peu à peu cependant, les premières surprises passées, tout redevint apparemment normal.Ici encore je tiens à citer I auteur, pour souligner un aspect très intéressant de sa manière : sans changer de mode ni de style, elle interrompt ainsi de temps à autre le récit cursif pour insérer dans la trame de l\u2019intrigue quelques notations brèves, bien choisies, qui forment dans la structure de I action les éléments de permanence et de durée.« Après, la vie recommença inchangée en apparence au Chenal du Moine.Mais I Acayenne avait perdu son importance aux yeux de tous, sauf de Phonsine et d Amable qui entretenaient pour elle la même aversion.La paroisse ayant repris la première place dans l\u2019esprit des hommes, les voisines, leur jalousie étanchée, eurent vite ramené I\u2019A-cayenne au même plan qu\u2019elles.« Même le père Did ace ne portait plus à sa femme une attention 7 Revue Dominicaine aussi grande, ni aussi affectueuse, depuis qu elle lui avait fait honte, en parlant de son Varieur (son premier mari) devant les autres.Quand il la voyait distraite, à regarder dans le vide, ou Lien à écouter le cri d une sirène de bateau, il devenait bourru.Quiens, se disait-il, la v\u2019Ià encore repartie avec son Cayen ».Le drame va maintenant se jouer à Iintérieur de la famille, entre les deux couples, les deux ménages.Amable et sa femme ne sont pas de taille à se mesurer au père Didace et à sa grosse Acayenne.D une enfance malheureuse et pauvre, Alphonsine a gardé une faiblesse physique et morale qui la condamne d avance à tous les échecs.Quant à Amable, c\u2019est un homme sans caractère, sans volonté, paresseux et aussi, il faut bien l\u2019admettre, un peu fainéant.Une scène le peint bien.Lors de l\u2019arrivée de I\u2019Acayenne, il croit que c est le Survenant qui est revenu : « Il prit crânement le bras de sa femme et s élança.Mais au moment de franchir le seuil de la porte, il dit à Phonsine, en se dérobant derrière elle : passe ».Ce sont donc ces deux êtres timorés et faibles qui se liguent contre I étrangère d\u2019abord, puis, lorsqu il prend le parti de sa femme, contre le père Didace lui-même.La guerre éclate pour de bon un jour que Phonsine, enceinte (son mari est encore seul à le savoir), est obligée d\u2019aller voir le médecin.L Acayenne insinue quelque chose au sujet du Survenant et de la jeune femme.Amable, qui se sent plus fort, plus fier, maintenant qu\u2019il va être père, s emporte.II crie à I étrangère de ne pas salir Phonsine : « Vous allez la respecter ou ben vous allez prendre la porte, je vous le promets ».Mais Amable oublie qu\u2019il n\u2019est pas le maître dans la maison.Son père le lui rappelle brutalement.Les deux hommes en viennent aux insultes, puis aux menaces.Par bravade, le fils lance un défi : il va partir, il va quitter la maison paternelle, la ferme des Beauchemin, pour aller travailler ailleurs.La scène est d\u2019une grande violence.Madame Guèvremont a écrit là des pages très fortes, d\u2019une densité qu on trouve rarement dans les romans canadiens.8 « Le Survenant » et « Marie-Didace » Amable a peur de partir.II aimerait mieux rester Lien au cLaud dans la maison: que d\u2019aller gagner sa vie au deLors.r- « Je voulais leur faire une bonne peur, c\u2019est tout.» Mais sa femme insiste ; elle le pousse, parce qu elle ne veut pas voir son mari humilié par une étrangère : « Non, dit PLonsine, décidée.A présent que tu leur as dit que tu partais, pars.Autrement il y aura plus de vie possible pour nous deux dans la maison.Puis, tu verras, ton père sera le premier à te faire demander ».Le débat est pathétique.L homme tente de se raccrocher à l\u2019enfant qui va naître.II a même la lâcheté de reprendre à son compte les insinuations odieuses de IA-cayenne, en demandant à sa femme si elle n\u2019a pas quelque raison secrète pour I inciter à partir.Enfin, il se décide.La description de son départ est touchante : « Amable s était redressé.Brusquement, comme s il s arrachait, il se mit à marcher à longues enjambées.II courait presque, en déambulant le talus pour prendre la route tracée sur la glace.Cachée derrière les rideaux, Phonsine vit ses épaules voûtées et son bras libre qu il balançait mollement.Puis, plus rien.Elle attendit au cas où il rebrousserait chemin.Mais non.Alors, elle courut à la porte, cherchant à voir au loin.Le soir tombait rapidement.Même les buissons disparaissaient.Elle alluma la lampe et, pour mieux distinguer au dehors les traces d Amable, la haussa au-dessus de sa tête.Près de la maison, deux trous seulement demeuraient visibles dans la neige, deux trous, comme deux orbites vides, que la nuit violaçait ».Alors, c est I ennui, I angoisse, qui commence pour Phonsine.Elle attend Amable comme Angél ina, I infirme, attend son Survenant : « J aurais jamais cru, Angélina, que c était dur de même d attendre quelqu\u2019un.« II y a pire.C est de p us attendre quelqu un.quand t\u2019as connu ce que c était.de I attendre ».Le père Did ace, surtout depuis qu\u2019il sait qu\u2019il va être grand-père, regrette le départ d Amable, mais il est trop orgueilleux pour l\u2019avouer.9 Revue Dominicaine Parce que sa bru, qu il avait toujours dédaignée, va donner naissance à un Beaucbemin qu elle va perpétuer la race, elle prend à ses yeux une valeur nouvelle, presque sacrée.Il défend à son Acayenne de lui causer de la peine.Un jour, il se décide même à faire ce qu il avait refusé jusque là : ses « papiers ».Après avoir inscrit quelques piastres pour des messes et avoir assuré l\u2019entretien de l\u2019Acayenne tant qu elle s ap-pell era Beaucbemin, il donne tout à son fils.Cette entrevue du bonhomme avec le notaire est très pittoresque.Alpbonsine, qui était allée avec son beau-père à Sorel dans I espoir toujours de retrouver Amable, revient découragée, gelée, plus lasse que jamais.Dans la nuit, elle donne naissance à un enfant : au lieu d\u2019un garçon, c\u2019est une petite fille cbétive, née avant terme, « un cœur bleu », dit le médecin.Pendant que la jeune femme, déjà affaiblie par ses fatigues, minée par son chagrin, reste entre la vie et la mort, le curé vient prévenir le père Didace que son fils Amable, qui travaillait comme débardeur à Montréal, a été victime d un accident, et qu il se meurt dans un hôpital.Tout ce passage, qu on peut difficilement résumer, est digne d\u2019une anthologie.Sans se départir de son admirable simplicité de style, madame Guèvremont élève son récit au plan de la tragédie : un tragique muet, étouffé, angoissant.Blessé dans sa chair par la mort de son fils, rongé de remords, le père Didace reconnaît tout à coup les traits des Beaucbemin, ses traits à lui, dans la figure de cette petite enfant, qui souffle à peine, orpheline avant que de naître, et il est pris pour elle d\u2019un grand amour.Le vieux s avance vers le lit de sa bru mourante : ' « Aujourd\u2019hui, ma fille, tu vas faire baptiser.Mais j y serai pas.Plus tard, tu sauras pourquoi.Prends pas d inquiétude pour ça.Dans notre famille, tu le sais, le plus vieux s est toujours appelé Didace.Pour ben faire, c te petite-là, faudrait 1 appeler comme moi, comme Amable-Didace, comme tous les autres Didace.Sa voix mourut : r\u2014 « Appelle-la Didace.T entends, Phonsine ?« Phonsine essaya de répéter le nom après lui, comme pour prêter serment : Did ace.Marie-Didace ! Mais elle n y parvint pas ».10 « Le Survenant » et « Marie-Didace » C\u2019est la réconciliation du sang Beauchemin dans la mort et dans la vie.Mais Pkonsine ne se relèvera jamais de cette maladie et des coups trop durs du sort : sa pauvre tête ckavirera pendant qu elle restera seule avec son enfant, comme Angélina l\u2019infirme est restée avec son amour malkeureux, son éternel ckagrin.Le roman aurait dû finir ici, avec un bref épilogue projeté dans I avenir : la mort du père Didace quelques années plus tard, celle de I Acayenne, et enfin une vision de Marie-Didace devenue une fillette pleine de vie.Je ne prétends pas que madame Guèvremont aurait dû supprimer toute la dernière partie de son livre, qui contient de très belles pages, surtout le dénouement.Elle pouvait tout conserver, mais en procédant de façon différente.C était affaire de composition.Lors de la publication du premier volume, elle annonçait justement comme suite : VAcayenne.Ce titre convenait mieux que celui de Marie-Didace.Le Survenant.I Acayenne.cela restait dans la même régistre.Certes, le titre n\u2019a pas une très grande importance, mais ce qui est plus grave, c\u2019est que 1 auteur ait, apparemment du moins, changé de plan en cours de route, peut-être même à la dernière minute.Tel que construit, son roman manque d\u2019unité.En effet, à peine née, Marie-Did ace devient le personnage principal.Il était trop tard pour déplacer ainsi le centre de l\u2019intérêt.Le lecteur est dérouté ; il ne suit plus.D ailleurs, cette pauvre petite, on ne la voit pas, on ne réussit pas à s attacker vraiment à elle.Elle vieillit si vite : de sept ans en I espace de quelques minutes.A la page 193, on lit : « Marie-Didace, un souffle de vie, sans même la force de pleurer.Elle a un mois ».A la page suivante, elle est rendue à un an et demi, et à la page 197, I auteur écrit, ou plutôt s écrie : « Six ans faits I » Ce ne sont pas les lignes de points de suspension ni les étoiles distribuées un peu partout entre les paragraphes qui peuvent créer I illusion de la durée.Madame Guèvremont a peut-être voulu composer son roman de façon à lui donner une tournure morale, du moins optimiste : créer I espoir que la ferme, que la famille Beauckemin se relèverait un jour.Effort louable certes, mais bien hasardeux et au surplus à peu près inutile.Le lecteur reste 11 Revue Dominicaine sceptique : est-ce cette enfant de sept ans qui pourra réparer les ruines accumulées par le passage du Survenant et de I Acayenne ?Ce défaut de technique comporte une autre conséquence assez fâcheuse.En reportant le dénouement à sept années plus tard, I auteur a affaibli son personnage d Angélina.Que sept ans après le départ de son Survenant, la boiteuse soit encore inconsolable, malheureuse comme au premier jour, cela devient presque une toquade de vieille fille, et nous la trouvons moins sympathique, moins émouvante.A I exception de Marie-Didace, tous les personnages de madame Guèvremont sont réels, humains, bien campés.Le plus important, à cause du rôle qu il joue dans toute I histoire, est le père Didace Beauchemin.C est un beau type de Canadien, non pas un paysan conventionnel, mais un homme en chair et en os, fier, jaloux de son autorité, prêt à la chicane mais rapide au pardon, gros mangeur, bon vivant, qui aime bien prendre un petit coup et ne dédaigne pas les « créatures ».Quand il vient pour mourir, il se confesse humblement, non pas à n\u2019importe quel prêtre, mais à son curé, sans détours ni cérémonies, et dans son parler de tous les jours: \u2014\u2022 « A part ça, quand j étais jeune, je buvais comme un trou.« L abbé Lebrun eut beau lui demander de baisser le voix, Did ace n en continua pas moins à se confesser tout haut : « Didace Beauchemin n avait rien à cacher.Sa fin ressemblerait à sa vie : il partirait, face aux quatre vents, par le chemin du roi.- » .Je manquais rarement un coup.Et quand j étais chaud, je cherchais rien qu à me battre.Je me battais, un vrai yâble î Et j étais un homme un peu rare.J ai donné des rondes, c est vrai, mais j en ai mangé des rôdeuses.Je sacrais comme un démon.A tout bout de champ.Pour rien.J allais voir les femmes des autres.J m en cachais pas.Mais je me confessais tous les premiers vendredis.Aujourd hui, je prends rarement un coup.Je sacre presque p us et je couraille jamais.Seulement, je vas pas souvent à confesse.(.) Quant au reste, monsieur le curé, j ai toujours fait pour bien faire, au meilleur de ma connaissance ».Nous I aimons mieux ainsi, le père Didace, carré, naturel, tout d une 12 « Le Survenant » et « Marie-Didace » pièce, que dans les moments où il pose au gardien de la terre et du nom.Lorsque Fauteur veut en faire un Kéros, il devient empesé, guindé, tout gauche ; la littérature ne lui va pas.Une figure Lien attachante, dans ce roman, c est celle de Marie-Amanda, la fille du père Didace.C est une vraie Beauchemin, elle, contrairement à son frère Amahle.Mariée, elle habite à 1 Ile de Grâce.Mais elle vient souvent au Chenal du Moine.Quand elle arrive avec ses enfants, c\u2019est la joie dans la maison, et réellement, le lecteur partage cette joie.Voici comment Fauteur la décrit : « Marie-Amanda ne sait pas seulement assaisonner le manger, bien tenir une maison et élever une famille.Marie-Amanda est semblable à un phare.Semblable à un phare, haute, lumineuse et fidèle, toute blanche de clarté, elle se dresse au milieu de la nuit et de la tempête des êtres pour indiquer à chacun la bonne route.En entrant, elle ne se lamente point : mon enfant est malade, la récolte nous inquiète, j appréhende 1 hiver.Mais au seuil même de la porte, elle interroge, anxieuse : vous avez besoin de moi ?» Femme de bon sens et de jugement, elle comprend, excuse et console tout le monde.C\u2019est presque toujours avec ses yeux et son cœur que nous jugeons les autres personnages.Quand son père se remarie, elle a de la peine de voir une étrangère prendre la place de sa mère au foyer, mais elle sait que la vie est ainsi faite, qu on ne peut éternellement penser aux morts.Elle n\u2019est pas impliquée dans l\u2019intrigue.A vrai dire, elle ne joue aucun rôle, sinon celui de la confidente des tragédies classiques, auprès de Phonsine d\u2019aboid, et surtout d\u2019Angélina, qui lui confie ses peines et ses remords.Dans Marie-Didace particulièrement, Fauteur l\u2019utilise de façon lort habile : le Survenant étant parti, il eut été difficile, sans les confidences qu elle fait à Marie-Amanda, de maintenir I infirme au premier plan de la scène.Mais, au sujet des personnages, la grande difficulté, pour madame Guèvremont, consistait à faire du Survenant un homme réel, bien en vie, ordinaire, et en même temps une sorte de héros capable d\u2019envoûter tout le monde et de créer, par son seul passage, un sillon de malheur.Evi- 13 Revue Dominicaine demment, pour en arriver à ce résultat, elle a dû lui attribuer de bien nombreuses qualités.Ce garçon fort, bien pris, de belle apparence, au caractère toujours égal, qui sait causer, fabriquer un canot ou une cbaise, jouer de l'harmonium et chanter, est aussi entraîné à la boxe, et il laisse même entendre qu il connaît des procédés pour augmenter la ponte des poules.Une autre difficulté était, après son départ, de le maintenir vivant, et pour ainsi dire présent, au Chenal du Moine.L\u2019auteur a réussi, en multipliant les rappels, les souvenirs, et en faisant revenir sans cesse le nom du Survenant sur les lèvres et dans 1 esprit de ses autres personnages.II est dommage cependant qu elle n ait pas respecté jusqu au bout le secret de cet inconnu, qu elle ne lui ait pas gardé son mystère, en ignorant ou du moins en nous laissant ignorer d où il venait et ce qu\u2019il était advenu de lui.A la fin du premier volume surtout, son intervention est regrettable.Cette histoire d\u2019héritier recherché par sa famille détonne dans un récit par ailleurs aussi simple : le Survenant perd de sa valeur de poésie et de symbole, pour devenir un pantin de roman-feuilleton.On dirait que le père Didace Beauchemin lui-même, répondant au secret désir du lecteur, ne veut pas admettre que I aventure soit aussi banale (Que n\u2019ait-il réussi à convaincre aussi l\u2019auteur 1).« Je n\u2019en démords pas, dit-il au curé, le Survenant est le garçon de quelque gros habitant ; il doit venir de sur une terre, il en sait trop long là-dessus ».II faut bien admettre aussi qu à la fin du deuxième volume, Angélina apprend de façon assez invraisemblable la mort de son Survenant.Heureusement, cette gaucherie du deus ex machina n\u2019enlève rien à la très grande beauté des dernières pages.Ici, il faudrait tout citer : la visite de l\u2019infirme au presbytère où elle va recommander une messe pour celui qu elle a tant aimé, son écroulement « sur un banc de côté, dans l\u2019église, près de la huitième station du chemin de la croix », sa solitude dans la détresse, puis sa suprême consolation dans la soumission à la volonté divine.« Enfin, pensa-t- elle, il a trouvé son chemin, il est rendu.Un grand soupir lui échappa.Et elle pensa encore : il sait maintenant comment je I ai aimé.Aussitôt elle se chagrina d avoir pensé à lui au passé.14 « Le Survenant » et « Marie-Didace » Et elle se sentit veuve.Un sentiment de fierté lui fit redresser la tête.Désormais, au lieu de l'humiliation de la vieille fille déjetée, elle porterait en sa personne la dignité d\u2019une veuve ».Et « après un signe de croix, la tête haute, elle sortit de l\u2019église », pour aller transplanter ses rosiers, « l\u2019après-midi même, avant les grandes gelées de l\u2019automne.» Cette fin émouvante m en rappelle une autre, non à cause d une similitude quelconque, car il n\u2019y a ici aucune imitation, pas même trace de réminiscence littéraire, mais simplement parce que certains accents éveillent en moi un souvenir très personnel.J ai éprouvé, en voyant disparaître Angélina Desmarais, la même émotion que j éprouvais un jour, en refermant le Baiser au Lépreux, lorsque François Mauriac fixe le destin de Noémie : « Dès cette minute-là, écrit-il, elle connut que sa fidélité au mort serait son humble histoire et qu il ne lui appartenait plus de s\u2019y soustraire.Ainsi courut Noémie à travers les brandes, jusqu à ce qu épuisée, les souliers lourds de sable, elle dut enserrer un chêne rabougri sous sa bure de feuilles mortes mais toujours frémissantes d un souffle de feu, un chêne noir qui ressemblait à Jean Péloueyre ».Lorsqu ils en arrivent au dénouement, bien des romanciers ne savent comment disposer des personnages qu ils n ont pas fait mourir.Souvent, ils les abandonnent à leur sort, sans pitié pour le lecteur qui voudrait savoir ce que deviendront ces êtres qu il a connus, qu il a vus souffrir et aimer, avec qui il a vécu durant des heures et même des jours.C\u2019est ce qui fait dire à M.Stanislas Fumet : « Le roman qui nous laisse sur notre laim est malhonnête » \\ On rendra ce témoignage à I auteur du Survenant et de Marie-Didace qu elle ne laisse pas ses lecteurs en suspens.Lorsque nous arrivons à la dernière ligne, le père Didace est mort, I Acayenne est morte, Alpbonsine s\u2019enfonce dans l\u2019irréalité de sa folie et Angélina 1 infirme s enferme pour le reste de sa vie dans la maison de son père, avec son chagrin de vieille fille et sa fierté de veuve.Les autres personnages du roman, qui ne sont que de simples comparses ou des utilités, continueront leur petit bonhomme de chemin : nous ne pen- 1.Problèmes du roman, p.275.15 Revue Dominicaine sons plus à eux.Reste Marie-Didace.Elle est jeune, et I auteur aussi.Cette longue analyse, qui m a permis au moins de citer abondamment madame Germaine Guèvremont et de donner une idée de son s tyle, n\u2019était pas inutile, il me semble, pour faire voir que I auteur avait un très beau sujet.On n\u2019insistera jamais assez sur l importance du sujet dans le roman, et surtout quand il s agit du roman canadien-français.Ce genre n\u2019a obtenu les faveurs du public, cbez nous, que le jour où des écrivains authentiques, poètes par surcroît, surtout M.Félix-Antoine Savard, ont réussi à intégrer leurs tableaux de mœurs, leurs descriptions de la vie paysanne, dans un récit soutenu, captivant.C est ce qui explique que Menaud, maître-draveur, 30 Arpents et même Un homme et son péché, aient remporté des succès inconnus jusque là.Depuis, M.Roger Lemelin et madame Gabrielle Roy ont repris, mais pour peindre des milieux ouvriers, cette formule qui est celle du roman français traditionnel : leurs mérites sont différents, car en passant de la campagne à la ville, le roman perd nécessairement en poésie ce qu\u2019il gagne en réalisme.Il faut, dans un roman, des descriptions, des tableaux, des caractères, des épisodes, de la poésie même, il faut ceci et il faut cela, et beaucoup d autres choses, mais il faut avant tout un sujet, que ce soit une histoire ou une intrigue, et un sujet i\u2014> pour reprendre la tournure de F abbé Henri Bremond >\u2014< « étroitement uni d\u2019ailleurs à ceci et à cela ».Sur ce dernier point encore, l\u2019auteur a parfaitement réussi.Le Survenant pouvait frapper à des milliers de portes de la province de Québec, recevoir partout le même accueil et créer les mêmes bouleversements.Madame Guèvremont l\u2019a amené dans un milieu et un cadre quelle connaît parfaitement bien, de cette connaissance qui est le résultat non pas d\u2019une observation superficielle, d\u2019une documentation de seconde main, mais d\u2019un contact intime et prolongé avec des êtres et des lieux que 1 on aime.Et ainsi, au lieu d écrire un roman paysan qui aurait pu se dérouler n importe où, sans attaches avec la réalité, régionaliste si l\u2019on veut, mais d\u2019un régionalisme qui eut été banal, conventionnel, elle a produit, grâce à ce parfait accord avec ses personnages, à cette sympathie qu elle a pour eux, une œuvre profondé- 16 « Le Survenant » et « Marie-Didace » ment humaine.D\u2019ailleurs, chaque fois qu elle a voulu s éloigner de cette réalité, pour reprendre les tableaux traditionnels et combien pâlis de la littérature dite du terroir, elle a échoué.Les pages consacrées à la messe du dimanche, au réveillon de Noël, aux ripailles des noces, sans être des hors-d œuvre, encombrent inutilement le récit.Ce sont, je veux bien le croire, des transitions, mais un bref rappel, une simple notation, pouvaient suffire, dans la plupart des cas, à créer le lien de continuité.Je préfère un chapitre qui commence par ces mots : « Le lendemain de Noël.» à celui qui nous impose d abord une description plus ou moins stéréotypée de la messe de minuit.Ce n est pas pour rien qu il y a des blancs entre les chapitres.Si, en tournant la page, le lecteur peut supposer ce que tel personnage a fait depuis sa dernière apparition sur la scène, à plus forte raison peut-il imaginer que la température a changé, qu\u2019on est passé d une saison à une autre, que les fêtes ont eu lieu, etc.Que voulez-vous ?C est le sort du roman paysan, au Canada, que d\u2019être écrasé par Maria Chapclelaine et comme handicapé par les imitations maladroites qui ont été faites depuis vingt-cinq ans de cet impérissable chef-d œuvre.Heureusement, 1 auteur du Survenant et de Marie-Didace possède un don d atmosphère très personnel qui lui évite de reprendre les grands thèmes de Louis Hémon.La nature, la terre et les saisons ne jouent qu\u2019un rôle bien secondaire dans son roman.Elle a compris que la vraie vie des paysans ne se passe pas au dehors, dans les champs ou dans le bois, mais dans la maison, dans la cuisine même, qui est pour eux la pièce principale : c\u2019est presque toujours là, entre le poêle et la table, que se produisent les heurts, que se tiennent les discussions et que, comme ici, des êtres condamnés à vivre ensemble, se font souffrir du seul fait de leur présence.Son intuition féminine autant peut-être que son instinct d artiste lui a permis de saisir et de rendre cette atmosphère épaisse de 1 existence quotidienne, monotone, terre-à-terre, que même ces gens, au milieu de bruits et d odeurs qui, à force de demeurer toujours les mêmes, finissent par engourdir les esprits.Le style de madame Guèvremont 17 Revue Dominicaine s\u2019adapte d ailleurs bien à ce genre de peinture.Moderne, correct, travaillé même mais sans éclats et pauvre d images dans les analyses psychologiques et les temps faibles de la narration, il devient archaïque, terrien, primitif, dès que 1 auteur fait agir ou parler ses personnages.Je cite au hasard : « Le dimanche matin, malgré qu elle se levât un heure plus tôt, c\u2019était toujours un aria pour Alphonsine, depuis qu elle était maîtresse de maison, de s apprêter à partir pour la grand messe».La tournure de cette phrase est grammaticale, c est même ce qu\u2019on peut appeler de 1 écriture littéraire, surtout avec ce malgré qu elle se levât, mais k emploi des mots aria et apprêter, qui sont français bien que d usage peu courant, donne à ce passage une saveur toute paysanne.Et il en est ainsi, j oserais dire, de tout le livre.Ce problème de la langue, qui se pose pour chaque romancier canadien-français, madame Guèvremont l a résolu d une manière habile et heureuse.Tout d abord, elle s est rendu compte, avec les folkloristes de la nouvelle école, qu\u2019il n\u2019y a pas qu\u2019un parler paysan uniforme pour toute la province, mais une diversité de parlers dont chacun possède sa saveur propre.Cependant, on peut se demander si, dans l\u2019utilisation des mots populaires, d\u2019usage localisé ou général, il n\u2019est pas préférable de ne retenir que les plus pittoresques, les plus poétiques, ceux qui présentent une réelle beauté, comme I a fait M.Félix-Antoine Savard.C\u2019est une question de dosage, de choix et de mesure.Pour ma part, je supprimerais sans pitié les anglicismes, les mauvais ou faux canadianismes, et surtout les mots anglais, tels que bed pour lit et light pour lumière.Quant à la prononciation ou à l\u2019accent, c\u2019est-à-dire la transcription par écrit du parler populaire, je trouve que l\u2019auteur, bien qu elle soit en cela beaucoup plus sobre que Ringuet, emploie encore trop d abréviations.On n a pas idée comme nombre de lecteurs, par ailleurs bien disposés, sont rebutés par ces p then, ces fch\u2019sais pas, ces p us.II suffit de conserver quelques tournures spéciales pour donner 1 impression de I authenticité.Encore plus peut-être que dans le choix des mots, expressions et tournures, madame Guèvremont excelle dans la psychologie du peuple.18 « Le Survenant » et « Marie-Didace » Nos romanciers auront beau émailler leurs textes et leurs dialogues de perles linguistiques, s\u2019ils ne saisissent pas l ame profonde de leurs personnages, celle qui s\u2019exprime par le langage beaucoup plus que par les gestes, souvent mécaniques, ils ne travailleront qu à enrichir les glossaires du bon ou du mauvais parler.Un exemple suffira pour m\u2019expliquer.Lorsqu Angélina Desmarais confie son chagrin à Marie-Amanda, voici comment elle s\u2019exprime : « Venant, c\u2019est le mien, cria-t-elle soudainement, dans un sursaut de révolte.Et il est parti.Je le reverrai plus.Dire que je me serais arraché le cœur pour lui.Un chignon de pain sur le coin de la table, je m en serais contentée, pourvu que lui fût proche.Je demandais rien pourtant.Rien que de le voir lever la vue sur moi, de temps à autre, même sans le faire exprès ».Tout y est : la tournure du parler populaire, la construction gauche des phrases, même le rythme d\u2019une respiration oppressée.C est simple, humain, et I on sent, à un accent qui se retrouve jusque dans l\u2019écriture, que celle qui s exprime ainsi est une petite paysanne qui a de la peine.Un autre aspect de la psychologie du monde paysan qui n\u2019a pas échappé à madame Guèvremont, c\u2019est ce qu'on appelle le gros bon sens populaire.Ici encore, contentons-nous d\u2019un exemple.Un jour que Phon-sine attribue au Survenant tous les malheurs de sa vie, Marie-Amanda lui explique : « Ah ! Phonsine, s\u2019il fallait commencer à chercher la raison de chaque chose, on finirait jamais.Pourquoi qu\u2019une feuille verte tombe de 1 arbre tandis qu\u2019une autre à côté continue à grandir ?» Cette philosophie populaire s\u2019exprime parfois par de véritables axiomes, d\u2019usage courant, ou qui naissent spontanément au hasard des besoins.Lorsque I Acayenne prétend que Phonsine aurait dû prévenir la famille qu\u2019elle était enceinte, elle dit ceci : « Faute de parler, on meurt sans confession ».Bruno Lafleur 19 Un chef ! Un entraîneur ! Un martyr ! « Scout et jociste, mort à 24 ans, Marcel Callo incarne cette jeunesse française qui resta grande en face des horreurs du camp de concentration et de la mort ».Le 19 mars 1945, au camp de Mauthausen (Allemagne), mourait dans le plus affreux dénuement, victime du nazisme et martyr de sa foi, un jeune jociste français, Marcel Callo, dont l\u2019intrépide et inlassable apostolat avait attiré la méfiance, l\u2019aversion, la fiaine des officiers de la Gestapo.Qu\u2019avait-il fait pour encourir la disgrâce de la police hitlérienne ?Pendant son service du Travail Obligatoire en Allemagne, par son action catholique et religieuse auprès de ses camarades français, il « s était rendu nuisible au régime nazi et au salut du peuple allemand » ; c est ce qu indique son mandat d internement, provenant de la Gestapo de Berlin.Pour l\u2019édification et l\u2019encouragement de tous les fervents de l\u2019Action catholique nous évoquons aujourd hui le souvenir de Marcel Callo, en nous inspirant de I excellente biographie du Père J.-B.Jégo, eudiste \\ * * * * C est à Rennes (Bretagne), le 6 décembre 1921, que naquit Marcel.Son enfance devait s\u2019écouler sans aucun fait extraordinaire, aussi calme et joyeuse que celle de tous les autres enfants, lorsque les bêtises des « grandes personnes » ne transforment pas les villes, les villages, les fermes en champs de bataille.Tout au plus certains traits laissèrent-ils percer ses qualités et ses défauts pour faire voir « la force de volonté précoce de ce petit homme, bien campé déjà en face des luttes de la vie ».Comprenant que « la vie d\u2019un homme dépend de son enfance, comme la moisson du grain que 1 on sème » et que « ce n est pas seulement en donnant le jour à leurs enfants, que les mères deviennent véritablement leurs mères, mais en les élevant », la mère de Marcel s\u2019appliquera à développer dans I esprit et le cœur de ses enfants, par l\u2019exemple 1.J.B.Jégo, c.j.m., Marcel Callo (1921-1945), apôtre et martyr.20 Un chef ï Un entraîneur I Un martyr I d abord, par les conseils ensuite, les vertus chrétiennes de charité, de force, de piété, de travail, de patience, indispensables à toute vie familiale bien comprise et si utiles pour le comportement de chaque individu.Le chef-d œuvre de la femme, c est bien I éducation de ses enfants.« On a dit, quand il s agit des crimes de I homme : cherchez la femme ; il est plus vrai de dire, quand il s\u2019agit de ses vertus : cherchez la mère ».Marcel Callo ne connut peut-être pas tel quel ce beau témoignage d Etienne Lamy, mais son attitude toute de tendresse et d affection pour sa mère devait être sa façon d exprimer sa profonde reconnaissance pour tout ce qu\u2019il avait reçu.Et les parents de Marcel considéreront sa piété filiale comme « leur fierté », leur meilleure récompense et leur plus grande consolation.A I âge de 13 ans on le trouve membre de la troupe scoute Jacques Cartier (5e Rennes).Malgré la brièveté de son séjour chez les Scouts, Marcel Callo n en fut pas moins considéré par ses chefs comme I un des meilleurs sujets de la 5e Rennes.Pourquoi quitta-t-il ?Sans doute parce que déjà apprenti-typographe il sentit « l appel de la J.O.C.pour un apostolat plus direct dans son milieu de travail ».Ce sera donc à la J.O.C.qu il se consacrera désormais et c est pour avoir été l\u2019un de ses plus ardents militants qu\u2019il sera plus tard condamné à la mort lente et affreuse du camp de concentration.* * * On imagine facilement quelle dût être la situation du jeune apprenti au milieu de ses compagnons de travail plus âgés et d une valeur morale plus que douteuse.Par sa persistance à répondre un « Non I » catégorique aux nombreuses invitations que I on devine, « il s attira bien des moqueries injurieuses et bien des brimades ».Un jour, un jeune luron lui lança : « Quand tu auras vingt ans, tu seras bien comme les autres ».Ce qui lui attira cette fière réponse : « A vingt ans, je serai ce que je suis !.» Ajoutons qu\u2019il avait pris l\u2019habitude de réciter à la Vierge Marie, la prière suivante que sa mère lui avait apprise : « Ma Souveraine 21 Revue Dominicaine et ma Mère, souvenez-vous que je vous appartiens ; défendez-moi comme votre bien et votre propriété ».A cette époque Marcel fréquentait assidûment les cercles d études de la Section Saint-Aubin (J.O.C.) et il ne manqua pas d\u2019en tirer grand profit.« II y apprit que d autres jeunes de son âge avaient connu les mêmes difficultés et les avaient surmontées par une attitude ferme et courageuse ».II les surmonterait donc lui aussi I Ce qui, semble-t-ii, contribua fortement à I encourager fut de s apercevoir que son influence sur ses camarades de la Section grandissait proportionnellement avec la correction et la dignité de sa tenue.Non pas qu\u2019il adoptât une attitude froide et hautaine, bien au contraire.« Ordinairement gai et souriant, toujours aimable, serviable à I extrême, très patient en dépit de sa très grande vivacité, par son courage et sa vertu, Marcel gagna le respect de tous après avoir été 1 objet de bien des vexations ».A mesure qu il découvrait le mal et la laideur du pécbé, Marcel appréciait davantage la sublime beauté de la vertu et le bonheur d avoir reçu une bonne éducation chrétienne.En même temps, montait en lui un immense désir d apostolat, mais il s aperçut bientôt que « c est une illusion de croire que, parce qu on veut le bien et qu on est sûr d\u2019être clans la vérité, on doit toujours être compris, approuvé, suivi ».Une forte proportion de ses camarades de la Section n approuvaient pas I ardeur de son zèle : tous n avaient pas bénéficié d\u2019une solide formation religieuse et morale, et plusieurs manquaient d idéal et se seraient facilement contentés de vivre dans la plus complète médiocrité.Mais Marcel Callo n était pas de ceux qui reculent dès qu\u2019un obstacle sérieux se présente : il avait du chef la sûreté de jugement et la force de volonté, et les quelques difficultés qu il eut à surmonter et à vaincre au sein même de sa Section finirent par tourner à son avantage.Le couronnement de son action viendra le jour où, reconnaissant son incontestable valeur, ses camarades I éliront président de la Section Saint-Aubin.II se révélera alors « excellent militant et dirigeant modèle ».Apôtre du Christ il le sera pleinement, se fixant comme but de donner aux autres 09 Un chef ! Un entraîneur î Un martyr I la vie divine dont il vivait d une façon si intense.« II voulut vivre du Christ, toute sa vie, pour que le Christ vive en lui et pour cela, il résolut d'avoir un cœur d enfant pour Dieu, un cœur de juge pour lui-même et un cœur de frère pour son prochain par la pratique de la charité ».II ne recule devant aucun sacrifice quand le bien de sa Section est en cause ; il mettait en pratique cette maxime de La Bruyère : « Le plaisir le plus délicat est celui de faire celui d autrui ».Les cercles d études, les sports, les excursions, les concours, la propagande, la conquête, rien ne lui était étranger : il était vraiment I âme du groupe.Pendant tout ce temps Marcel Callo priait « pour que le Christ mît sur son chemin une jeune fille conforme à son idéal du mariage ».II fut exaucé vers la fin de l\u2019année 1941 et ce fut pour lui une très grande joie le jour où il communia avec celle que, déjà, il considérait comme sa future épouse.« S\u2019il est vrai que la noblesse d un homme se mesure au respect qu\u2019il a de la femme, Marcel Callo fut certes un noble cœur.(.) Le respect qu\u2019il a pour sa fiancée, Marguerite, n a d égal que son affection et sa tendresse pour elle, pour sa maman et pour le Christ ».II se faisait un point d honneur de vivre cette phrase : « Dans le cœur d un homme, il n\u2019y a de place que pour deux femmes : sa mère et la mère de ses enfants ».Souvent il pensait au chic foyer chrétien que tous deux ils bâtiraient : « Je n\u2019ai qu\u2019un seul désir, c est celui de voir notre rêve se réaliser le plus tôt possible.Quelle chic existence nous mènerons tous les deux, je veux dire tous les trois, puisque le Christ sera toujours avec nous ».* * * Mais ce beau rêve ne devait pas se réaliser.Marcel Callo allait expérimenter combien le Christ est exigeant pour ceux qu II accepte comme ses apôtres.La guerre (on est en 1943) atteindra son coin de Bretagne pour démolir son atelier et être la cause de la mort de sa sœur Madeleine, âgée de vingt ans, ensevelie sous les déçombres d un édifice bombardé.Mais ce n\u2019était que le commencement.Marguerite et Marcel avaient décidé que leurs fiançailles officielles auraient lieu le jour même 23 Revue Dominicaine où Jean, le frère de celui-ci, serait ordonné prêtre.Or, quinze jours avant I ordination de son frère, Marcel reçoit le « diktat » de la Kommandantur lui intimant I ordre de se rendre immédiatement en Allemagne où il est réquisitionné pour le Travail Obligatoire.II pensa un moment à faire comme certains de ses compagnons et « prendre le maquis », mais la crainte de représailles pour sa famille et son frère séminariste, et surtout sa responsabilité de Président de Section ^ il se devait d\u2019être fort dans ! épreuve \u2014 lui firent accepter cette douloureuse séparation.Le 19 mars Î94j il quittait sa famille, sa cbère fiancée, ses jocistes, à destination de I Allemagne.Ce qu éprouva alors Marcel Callo, chacun peut facilement se le représenter.Il partit donc, mais avec la ferme intention de poursuivre auprès des travailleurs français déportés, son travail d apôtre.La veille, n avait-il pas confié à une tante qui 1 avait aidé dans ses préparatifs : « Oui, tante, je ferai mon possible pour leur faire du bien, car tu sais, ce n est pas comme travailleur que je vais là-bas : je pars comme missionnaire Après un voyage « inhumain » il atteint la petite ville de Zella-Mehlis (Thuringe) où il séjournera quatorze mois.Pendant cette période il écrira plus de 180 lettres ou cartes, lesquelles donneraient facilement matière à un fort volume de 500 pages.Comme Travailleur Obligatoire, Marcel Callo fera de son mieux pour ralentir la production en multipliant les pannes de machines, en faussant certains instruments de précision et en gâtant bon nombre d objets manufacturés.« Autant de moins pour les Boches ! » semblait-il se dire.Naturellement la vie ne fut guère agréable dans ce milieu, rempli ci ouvriers souvent vulgaires et grossiers, et de femmes aux mœurs plutôt déplorables.Marcel souffrit cruellement de cette pénible existence, mais le « moral » se maintint au « beau fixe ».II se décida alors à semer la joie autour de lui et à conquérir son milieu de travail : il sera véritablement un « missionnaire ».Sa première démarche est d assurer une messe pour le dimanche suivant.Vient ensuite une campagne adroitement menée pour amener ses camarades 24 Un chef I Un entraîneur I Un martyr î français à s\u2019acquitter de leur devoir pascal.Petit à petit son influence grandit, ce qu if explique de la façon suivante : « Je me suis rendu compte qu en oubliant sa propre peine et en pensant à la misère des autres, on est plus heureux et le découragement disparaît ».Quiconque veut semer la joie doit « relever les coins.» Peu après son arrivée il faisait déjà équipe avec toutes les âmes de bonne volonté qui se présentaient : « Séminaristes, Scouts, J.E.C., J.M.C.; Français, Belges, Tchèques.peu importe la cocarde ou I écusson, pourvu qu on veuille toujours le bien ».Son action s exerçait à peu près dans tous les domaines : selon les exigences du moment ii sera mécanicien, théologien, acteur, sportsman, directeur de chorale, et même prédicateur.Comme autrefois à sa Section de Saint-Aubin, il était vraiment I âme de son groupe.On comptait sur lui pour 1 organisation des loisirs, pour le « noyautage » des catholiques de toutes nationalités, pour la chasse au cafard, etc., etc.Une telle action, catholique et française, ne devait pas manquer de paraître suspecte aux agents de la Gestapo.Plusieurs fois Marcel Callo et ses compagnons avaient déjoué les pièges de la police hitlérienne, mais celle-ci resserrait chaque jour son réseau pour s efforcer de traquer ces jocistes >\u2014> qu on assimilait aux « curés » \u2014 et qui devenaient de plus en plus embêtants pour les dirigeants nazis de Zella-Mehlis.Ce qui devait arriver, arriva.Le 19 avril de 1 année suivante (1944), «à la consternation et à la stupéfaction de tous, Marcel Callo, qui a gagné tous les cœurs par la charité et le dévouement du sien, va être jeté en prison par la Gestapo, malgré les démarches de protestation de ses amis ».* * * C est « pour avoir fait de la propagande anti-nazie et parce que ses idées et ses pratiques françaises et chrétiennes étaient nuisibles au régime hitlérien » que Marcel Callo fut arrêté.A chaque interrogatoire \u2014 et ils furent nombreux il témoigna de son action catholique et déclara la savoir interdite en Allemagne.Plusieurs « suspects » le rejoignirent par 25 Revue Dominicaine la suite et tous prirent le chemin qui les conduirait à la prison de la ville de Gotha.Pendant cinq mois ils partagèrent le même sort.« Cinq mois d angoisse dans la perspective d un éventuel camp de concentration, cinq mois de formation intérieure plus intense et de rayonnement par leurs vertus, cinq mois d espérance, en raison de la justice de leur cause : ils n avaient agi que pour Dieu, pour le bien de leurs frères déportés, dans ! obéissance aux plus hautes autorités ecclésiastiques et sous leur bénédiction ».La vie de prison n a certes rien de bien agréable, mais Marcel Callo et ses compagnons s ingénièrent à améliorer le plus possible leur situation matérielle et à rayonner leur foi sur les autres prisonniers.L'équipe fonctionne à merveille et chacun « travaille à sa propre perfection ».Marcel profite tellement de tout ce qui passe qu il peut écrire un jour à ses parents : « C est une grande joie que d être prisonnier pour accumuler des grâces sur la jeunesse de France et du monde.II faut des Saints, de grands Saints pour solutionner le conflit mondial actuel ; pourquoi pas nous ?» Après une longue attente de plus d\u2019un mois et demi, nos jocistes ont enfin I immense joie de communier, à F insu des gardes bien entendu : grâce au concours d\u2019un Tharcisius volontaire (Henri Choteau) qui avait pris sur lui de faire parvenir aux prisonniers les hosties consacrées que lui avait remises un séminariste jésuite, et qu\u2019il avait dû cacher sur lui pendant quinze jours ^ dans une boîte d\u2019aiguilles à phonographe r-> avant que ne se présentât une occasion favorable.Cette communion si émouvante fut probablement la dernière de Marcel Callo.Quelques mois plus tard un ordre de la Gestapo de Berlin condamnait Marcel et ses amis au camp de concentration : de douze qu\u2019ils étaient au départ, quatre seulement reviendront, « quatre squelettes vivants, décharnés par les privations, sculptés par la souffrance physique et morale ».Du camp de Flossenburg où il fut d abord conduit, Marcel passa ensuite au camp de Mauthausen, « que les Allemands appelaient eux- 26 Un chef ! Un entraîneur ! Un martyr ! mêmes le Mont de la Mort ».Nos lecteurs auront sans doute eu I occasion de lire ailleurs le récit de quelques-unes des atrocités des camps de concentration nazis, ces endroits où régnait en maîtresse une cruauté haineuse, « où 1 on tuait avec volupté, pour le plaisir de tuer ».11 nous répugne de décrire ici ces horreurs de Mauthausen, dont Marcel Callo ne fut pas exempt.Contentons-nous de signaler la répugnante promiscuité des détenus (on couchait jusqu à six ou sept par lit) ; les douches glaciales qui duraient souvent des heures ; les expositions des détenus tout nus des jours entiers en plein soleil ou des heures entières dans la neige ; les injections de pétrole pour tuer plus vite ; les massacres individuels à coups de matraques ou de crosses de revolver ; les chambres à gaz ; les fours crématoires, où l\u2019on ne passait pas que les morts, etc., etc.A I infirmerie (sic) de Mauthausen il mourait de 500 à 1 500 malades par jour ; la nourriture y était naturellement de très mauvaise qualité et si peu abondante que « pour augmenter la ration de chacun il fallait s ingénier à mettre au nombre des vivants, les cadavres qui ne mangeaient plus : on les mettait debout, en les appuyant quelque part, pour les faire passer pour des vivants ».« II faut des efforts d imagination pour essayer de se représenter pareil milieu, qui eût été un véritable enfer, si la grâce de Dieu n y avait paru sensible et presque palpable dans les sentiments sublimes de milliers de mourants ».Cet ignoble régime, scientifiquement réglé de façon qu\u2019un homme normal en mourût en 5 ou 6 mois, ne devait guère mettre de temps à transformer Marcel Callo en un squelette vivant, « ramené par sa maigreur à 1 apparence et au poids d un enfant ».Comme nombre d autres il dut se demander souvent de quelle façon on I achèverait : piqûre empoisonnée ?coups de matraque ?coups de crosse de revolver ?chambre à gaz ?four crématoire ?On n\u2019eut besoin de recourir à aucun de ces moyens : F épuisement de son pauvre corps était tel qu il « s éteignit doucement, comme une lampe qui n a plus d huile, deux ans exactement Revue Dominicaine après son départ pour l\u2019Allemagne, le 19 mars 1945 ».II n\u2019avait pas encore 24 ans I * * * Le 12 juin 1945, en la Basilique de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, Son Excellence Mgr Roques (aujourd hui cardinal) prononçait I éloge funèbre de celui que les Jocistes considèrent comme un héros et comme un Saint.Nous citons les passages suivants du vibrant hommage de Son Excellence : « II était chrétien, Français, et par-dessus tout apôtre.Se croyant en qualité de chrétien et de Français, chargé de remplir une mission providentielle, il ne renia jamais ses convictions, ni sa foi, malgré les épreuves, les douleurs, les tristesses.II exerça son ministère apostolique près de ses camarades avec une confiance illimitée sans craindre rien, ni personne ; et voici qu un four, il fut, comme autrefois les apôtres, traqué, persécuté, outragé, et finalement transféré d\u2019un camp dans un autre pour lui faire expier de façon satanique le bien qu il faisait autour de lui.( .) Il est mort de faim, de froid, de souffrances, de mauvais traitements ; bref, il a eu à coup sûr, la mort d un martyr, et il appartient sans aucun doute à cette phalange d êtres humains, massacrés par un régime qui avait pris à tâche de déchristianiser le monde.II appartient à la phalange de ces êtres humains et de ces chrétiens dont le Pape Pie XII disait : Que tous ces martyrs, toutes ces victimes, il fallait les assimiler aux martyrs de la primitive Eglise ».Un Chef I un Entraîneur I un Martyr I tel fut véritablement Marcel Callo, le Jociste de Rennes.Puisse un tel exemple stimuler tous les militants d Action catholique et les convaincre qu ils marchent dans un sentier que d\u2019autres ont arrosé de leurs pleurs et de leur sang, qu\u2019ils se doivent de continuer la lutte pour qu approche enfin le jour où la Royauté du Christ sera reconnue partout de par le monde.Aurèle Daoust 28 D'un existentialisme spiritualiste « Le procès des existentialistes.Coupables d\u2019avoir trahi l'intelligence et la scolastique, seuls devant la vie, les uns périront dans un désespoir dont ils sont les artisans, les autres seront délivrés par l\u2019espérance et la foi ».L\u2019histoire de la philosophie est en quelque sorte le registre des efforts accomplis par 1 homme pour essayer de se comprendre lui-même et de se donner du monde une explication à sa mesure.Chaque époque lui permet une certaine intelligence de soi, dont le degré dépend également de la compréhension qu il peut avoir de tous les êtres.Dans le plan des relations temporelles, la valeur suprême ne peut être que la personne de 1 homme ; d autre part, toute philosophie est en dernier ressort une anthropologie, elle débouche sur une morale, préoccupation transcendante de 1 homme vis-à-vis de son être propre et de sa destinée.« C est toujours de nous-même qu il s agit et de la manière dont nous sommes engagé dans le monde » \\ Comment I esprit humain a-t-il pu en venir à être l esprit moderne, c est-à-dire à accepter ce mode de pensée caractéristique de notre temps, c est là une question trop près de nous pour que nous soyons en mesure d en fournir la réponse.11 y a cette constatation irrécusable d une réflexion philosophique s élaborant sur des points de vue nouveaux et qui intéressent 1 homme au plus haut degré, parce que se trouvent en jeu le sens et les raisons de sa présence dans le monde.Sans doute 1 intérêt des doctrines nouvelles a passé souvent celui de leur vérité.Mais la convergence des mouvements en réaction contre les purs « essentialistes », les abstractionistes, les positivistes, trouve son point culminant (ou son abîme) dans l\u2019existentialisme.Pour que le souci, le néant, la crainte, les sentiments d\u2019angoisse et de déréliction, la « nausée » devant une existence close, deviennent des thèmes privilégiés, des bases, des départs, des centres de réflexion philosophique, il aura fallu 1.Lavelle, L., La Dialectique de VEternel Présent : De l'Acte, Paris, éd.Montaigne (Aubier), 1937, p.12.29 Revue Dominicaine des événements et des évolutions graves dans I\u2019kistoire de la pensée.Certes, I imperfection radicale non seulement de I komme mais de I ku-manité elle-même réduit à des limites d\u2019incomplétitude toutes les constructions matérielles et spirituelles, comme toute œuvre créée ; il reste cependant que la pkilosopkie, où le primat est à l'objectivité, si elle ( kercke à s adéquatiser au réel dans la désignation de ses principes ultimes, s est formulée en des systèmes intellectualistes qui ont oublié souvent le monde concret d où ils avaient leur départ et qui est la condition de leur existence même.On ne s étonnera pas qu à leur défaut, des doctrines luttant au milieu de situations où la paix est toujours à espérer dans les plus vastes angoisses, aient pris le pas sur une certaine pkilosopkie que sa généralité rend étrangère au réalisme des drames de la vie individuelle.Ainsi a ckangé la manière cl examiner l'existence et on a amené dans le ckamp de la spéculation des données et des notions qui paraissaient indignes d un traitement pkilosopkique.L époque actuelle a permis la systématisation de ces points de vue nouveaux, principalement avec I existentialisme.II est difficile de parler d une doctrine unique, unifiée komogénéique-ment, pour cette raison précise qu on y a comme premier soin de nier la valeur des concepts répondant dans la pensée à des essences absolues et d avances déterminées, de même qu on y rejette toute vérité qui se présente objectivement comme « allant de soi ».Le moins qu il soit possible d affirmer, c est qu il y a un « esprit » existentialiste.I out ce qui tend à une prise de conscience plus aiguë de 1 être que nous sommes, de la vie qui est la nôtre, tout ce qui se présente comme une doctrine indiquant à I komme la manière dont il doit, avec les soucis inkérents à toute existence, considérer la réalité, peut prendre place sous ce vocable mal défini de I existentialisme.1 out ce qui mène au concret et permet de se donner une connaissance non plus morcelée mais globale de la réalité, on a lieu de le qualifier de ce nom.Lorsqu on parle de cette pkilosopkie, c est en premier aux doctrines de Heid egger et de Jaspers, ou aux succédanés condimentaux de J.P.30 D\u2019un existentialisme spiritualiste Sartre, que l\u2019on se réfère.On aurait tort cependant d identifier le mouvement avec les œuvres de ces auteurs, dont l\u2019aboutissement normal était un nihilisme et un athéisme résolus ; il a produit ailleurs de meilleurs fruits.Quelles qu\u2019aient pu être les influences de la philosophie allemande et les parentés avec la pensée de Jaspers et Heidegger, il s est constitué en.France une philosophie existentialiste tout à fait indépendante ; nous pouvons peut-être en excepter le sartrisme, qui se réduit, souvent jusque dans les formules, à Heidegger.La rencontre des réactions contre les insuffisances du positivisme, la fidélité à la tradition de pensée, mêlée au heurt des événements qui ont ébranlé les esprits de ce pays, suffiraient à expliquer les tendances de la philosophie française de notre temps vers un existentialisme.Non que tout existentialisme français soit d\u2019allure positive, les doctrines de J.P.Sartre, A.Camus, G.Bataille sont les plus dissolvantes qu\u2019on puisse désirer 2.La raison profonde en est le rejet initial de Dieu, par où l\u2019univers des personnes et des choses devient absurde.Mais l\u2019existentialisme, en France, est de préférence positif et constructeur.Ce qui le distingue dès l\u2019abord, c\u2019est qu\u2019il met l\u2019accent sur les aspects positifs de l\u2019existence, auxquels sont subordonnés les aspects 2.La célébrité subite de J.P.Sartre dans le monde philosophique s\u2019explique malaisément ; seule une aberration collective et, il faut l\u2019espérer, éphémère, en rend compte.Le destin d\u2019une philosophie sérieuse ne s\u2019édifie pas en un jour et la meilleure marchandise est rarement celle que la propagande impose au public.On ne lui reconnaîtra pas une grande originalité, puisque sa pensée se moule sur celle de LIeidegger, avec l\u2019addition d\u2019outrances et de cliquetis qui la font confiner à l\u2019enfantillage.Qu\u2019on n\u2019attende pas en lui un témoin de Dieu, de l\u2019être et de l\u2019espérance, comme tout lecteur s\u2019en rendra compte s\u2019il a le courage de parcourir ce roman dégoûtant^ qu\u2019est La Nausée.Il n\u2019excelle vraiment pas par la clarté, car tous les critiques s\u2019entendent à voir dans ce gros livre : L\u2019Etre et le Néant un chef-d\u2019œuvre d\u2019obscurité et d\u2019abstrusion.Il n\u2019est d\u2019ailleurs guère fidèle à lui-même : les thèses centrales de ce dernier œuvre reçoivent de formelles contradictions dans l\u2019opuscule L\u2019Existentialisme est un humanisme.Enfin, s\u2019il ne manque pas d\u2019aisance quand il décrit le sensible et l\u2019ordure (l\u2019« obscène », le « visqueux », le « caramélique », le « coagulé », le « crémeux », le « pâteux », le «gommeux», etc.), la moralité, l\u2019esprit en sont si bien absents que, selon nous, il laisse loin en arrière les pires pages de Zola et Stendhal ; un drame récent, la Putain Respectueuse, se tient au delà du putride (par où il devient au moins inoffensif, s\u2019il n\u2019en acquiert aucune qualité).Il faut regretter que tant de critiques doivent perdre leur temps à remuer cette production faisandée ; mais surtout on comprend mal que certains catholiques s\u2019en fassent parfois les apologètes.Si Albert Camus n\u2019est guère plus optimiste que Sartre, il a du moins le mérite de la sincérité dans la violence, et la révolte, comme l\u2019illustrent Le Mythe de Sisyphe, et L\u2019Etranger.Maigre mérite, certes, qui toutefois dispense de la répulsion qu\u2019on éprouve à lire Sartre.\u2014 On peut en dire autant de Georges Bataille.51 Revue Dominicaine négatifs.On n\u2019y méconnaît pas, certes, les côtés inévitablement sombres cfe h existence ; mais s ils sont remarqués, loin de les pousser au noir, on leur découvre plutôt un sens et une vertu.Et si la doctrine est remplie d\u2019espérance, si elle invite 1 bomme à voir dans toutes les situations de sa vie des appels au meilleur, c est que Dieu y est constamment présent, et qu\u2019on sait la création être une œuvre d\u2019amour.On ne niera point que se manifeste là la force de la spiritualité chrétienne qui, par sa vivacité contre toutes les attaques, apparaît jusqu en les manifestations de la pensée, convertit dans un appel au mystère supérieur ce qui semblait attirer au néant.S\u2019il ne lui revient pas immédiatement de relever la signification de l\u2019existence puisque sa fonction n est pas primordialement philosophique, du moins invite-t-elle à puiser dans la tradition et trouver par la pensée actuelle des signes positifs, la confiance pour surmonter l\u2019échec, sinon pour éclairer toutes les énigmes de la vie.Au lieu d affecter une sorte de matérialisme hypocondriaque qui prétende exprimer la réalité des choses et traduire le vrai fond de 1 humanité, comme la phénoménologie allemande en a donné l\u2019exemple, I existentialisme spiritualiste, tel qu en France plusieurs penseurs le préconisent, accueille les valeurs de la foi et de 1 espérance pour animer les recherches des plus hauts mystères.Qu il s agisse de I intériorité de Pierre Rousselot, de la philosophie de 1 engagement de Gabriel Marcel, de la valeur décelée par 1 obstacle selon René LeSenne, de la métaphysique Iavellienne de 1 « acte », toutes ces tendances participent d'un même esprit, dans les traces du spiritualisme français.Ainsi I existentialisme spiritualiste recueille des nuances très variées.Certains de ses représentants manifestent des tendances plus rapprochées de I existentia-lisme allemand, et fixent généralement leur centre d expression aux Recherches Philosophiques °.A l'opposé, la Phil osophie de I Esprit réunit des penseurs restés plus fidèles à la tradition française, sur les traces de Malebranche, Maine de Biran, Lacheïier, Bergson et Leroy 3 4.Nous par- 3.\tCette collection se publie chez Boivin et Cie, Paris.4.\tLe groupe de la Philosophie de l\u2019Esprit publie assez généralement aux Presses Universitaires de France, ainsi que chez Aubier, à Paris.32 D UN EXISTENTIALISME SPIRITUALISTE Ions de cet existentialisme quand nous affirmons que c\u2019est en France que ce mouvement philosophique a produit ses meilleurs fruits.Déjà avec Gabriel Marcel, mais surtout avec Louis Lavelle, I existentialisme initial est dépassé et transcendé.Pour M.Gabriel Marcel, un « mystère » au delà de tous les « problèmes » englobe les difficultés de notre vie humaine ; un « moi obturateur » fait échec aux grandes aspirations de l\u2019âme vers la lumière, qu\u2019il voile ou couvre de ses incapacités et de ses folles prétentions.Mais parce que M.Marcel partage intensément la foi des chrétiens, Dieu est à son regard le mystère par excellence et le plus troublant.Contrairement à la religion de Karl Barth, « volonté tendue dans 1 obéissance », les plus hauts sentiments sont ici en œuvre dans une fidélité dont l\u2019amour et la grâce sont la source.Au delà de I\u2019« objectivité » qui sépare, M.Marcel cherche le contact de i « existence » qui réunit.Soucieux avant tout du salut de la personne, il préconise une dialectique vive et libératrice dont la disponibilité, rengagement et la fidélité sont les principaux ressorts.Et comme la disponibilité humaine ne sait pas de bornes, elle est infailliblement haussée jusqu à Dieu, à qui elle s en remet sans réserve, dans l espérance, I amour et la paix.Cette paix qui ne sera plus troublée, on la voit encore mieux se dessiner et pénétrer notre existence actuelle quand nous passons à I ontologie de Louis Lavelle.Le centre d une métaphysique Iavellienne repose sur F expérience privilégiée de l acté qui nous fait être ; elle s édifie en décrivant cette expérience constitutive et en mettant à jour ses plus profondes implications.L existence est du coup illuminée par la présence universelle et personnelle de Dieu, présence si fortement exprimée par M.Lavelle qu il a pu maintes fois être regardé comme un spinoziste ou comme un quiétiste.Mais nous verrons qu il échappe effectivement au spinozisme, ou du moins s\u2019en défend constamment5, parce qu il Considère cet Etre, source où nous puisons notre être propre, comme éternellement en acte, mais toujours librement en acte, et que l\u2019amour est au cœur de la participation des êtres finis à 1 être infini ; le soupçon de quié- 5.Lavelle, L., La Présence totale, Paris, éd.Montaigne (Aubier), 1934, pp.14-16. Revue Dominicaine tisme est aussi écarté du fait que M.Lavelle ne cesse d affirmer résolument la pureté essentielle de toutes les « expériences » de l\u2019Acte auquel nous pouvons participer.On aura saisi ce qui sépare une telle philosophie des doctrines désespérées, entretenant le culte de l\u2019angoisse et ne scrutant de l\u2019existence liumaine, de la réalité, que la coucke superficielle de ses sentiments, dont elles voudraient faire la structure même de la vie et de l\u2019être.Et nous aimons reproduire ici les lignes écrites à propos de la pkilosopkie de M.Lavelle par R.LeSenne b : « Quand la pure lumière est difficile à découvrir, nous n\u2019avons pas à étaler les efforts et les peines que nous devons traverser pour arriver à l\u2019apercevoir, car ils n\u2019expriment que nos impuissances et nos laideurs ; sans doute même ne les connaîtrions-nous pas si nous savions nous porter au devant de la joie, avec une parfaite simplicité et une confiance sincère.II ne faut donc pas montrer le mal, mais le bien ; ne pas ckercker les stimulants de qualité suspecte, mais accueillir tous les événements comme les expressions d\u2019une bonté qui nous invite à les comprendre.Voilà le tkème fondamental ; les harmoniques en sont épars dans toute l\u2019œuvre philosophique et morale de l\u2019auteur, une des plus vaste de notre temps ; c\u2019est un hommage rendu à la perfection, d autant plus précieux que notre époque méconnaît le plus souvent la source et le prix incomparable de la sagesse ».On ne peut s empêcher d admirer la noblesse de l\u2019inspiration à la source de la philosophie Iavellienne.L existence s y traduit sous forme d un idéal dont le terme est Dieu lui-même trouvé dans l\u2019Absolu, principe et fin des individus et des mondes.« Chercher l\u2019absolu en soi et non hors de soi, dans l\u2019expérience la plus intime, la plus profonde et la plus personnelle, mais un absolu dont nous ne faisons que participer, qui du moins fonde notre existence même dans une communication toujours nouvelle avec tous les êtres par I intermédiaire de toutes les choses ; relever la dignité d une psychologie qu une certaine science et une certaine 6.Introduction à la Philosophie, Paris, Presses Universitaires de France (Alcan), 1939, pp.233-234.34 D\u2019un existentialisme spiritualiste métaphysique nous ont également appris à mépriser ; ne point rejeter l\u2019intelligence comme on est tenté de le faire, quand son rôle est de nous révéler les maux dont nous souffrons, mais non pas de les produire ; ne se confier à l\u2019émotion que quand elle est purifiée dans la lumière de la pensée ; telles sont les exigences de la pensée française auxquelles nous voulons demeurer fidèles.Ce n est point en évitant le contact avec 1 absolu, mais en essayant de le retrouver dans chacune des démarches de notre vie, que nous donnerons à celle-ci sa véritable signification qui doit nous rendre capable de mesurer son poids et d accepter de la porter » 7.Dans toutes les œuvres de M.Lavelle, on sent partout le mouvement d une pensée ascendante.Philosopher, c est avant tout se chercher soi-même, et trouver en soi ce qu il y a d absolu et de divin ; philosopher, c est se conquérir en s adaptant de mieux en mieux à 1 idéal humain.L ensemble des ouvrages de M.Lavelle constitue une sorte d itinéraire d orientation décidément spiritualiste et morale, où se trouvent en lumière la valeur des consciences humaines, la nécessité du Moi divin, principe, type et aliment infini de chaque moi individuel.On peut dégager de cette philosophie une preuve efficace de la présence de Dieu, bien qu elle y demeure toujours implicite, et que M.Lavelle n ait pas cherché à lui donner un spécial relief.L imperfection native de notre pensée, I inachevé où la réduit I incapacité de trouver la pleine lumière si ce n est dans la lumière participée de la pensée absolue ; I insuffisance des ratifications étiques de notre esprit par lesquelles chaque individu se fait, en quelque sorte, se conserve dans Iêtre et s enrichit ; toutes ces finitudes dévoilent une dépendance nécessaire, déjà dans le devenir, mais aussi dans 1 être, d une personnalité créatrice absolument parfaite, Dieu.Jean-Léon Reid, O.P.7.Lavelle, L., Leçon inaugurale faite au Collège de France le 2 décembre 1941, Paris, L\u2019artisan du livre, 1942, p.48.35 Mystère ou problème?«Le refuge dans le recueillement, dans la contemplation du mystère peut-il apporter la paix à l\u2019homme ?Mystère ou problème qu\u2019a posé Gabriel Marcel ».M.Gabriel Marcel exposait récemment, dans le premier numéro de la revue d\u2019inspiration catholique\", Le Cheval de Troie, des vues fort intéressantes sur les rapports entre la technique et le péché.Pour ceux qui connaissent 1 œuvre de ce philosophe, ces vues n ont évidemment rien de très nouveau : mais nous avons été frappé par une sorte de détente et d assouplissement dans I expression, qui font d\u2019elles une invitation à penser /\u2014 dans la mesure même où elles ne semblent pas vouloir imposer une pensée.Cependant, l\u2019auteur du Journal Métaphysique propose à I homme un refuge dans le « recueillement ».C est le sens et la valeur de ce recueillement que nous voudrions ici examiner.Gabriel Marcel nous montre d abord comment l\u2019homme peut en arriver à se rendre prisonnier de ses techniques : c est qu\u2019en effet une technique ne se rencontre pas, ne se trouve pas toute faite, comme un objet dont on se demande aussitôt à quoi il peut servir ; une technique s invente, aussi devient-elle « par elle-même une fin ; .et on conçoit très bien que 1 esprit qui s absorbe dans ce travail tende du même coup à se distraire de la fin réelle à laquelle en principe cette technique doit être subordonnée ».On le voit pour la désintégration de 1 atome, mais on le voit bien mieux encore, sans doute, pour la technique politique ,\u2014- technique suprême, que 1 homme manie imprudemment, sans plus se soucier d aucun but véritablement humain.Et c est ainsi, d ailleurs, que le matérialisme n a guère de signification tant qu il demeure sur le plan d une « vérité » d ordre théorique ».La matérialisme ne devient tout à fait effectif, il ne prend ses véritables dimensions que là où il devient une attitude cohérente en face des hommes » disons : une technique politique.Peu importe alors les conceptions dont on se réclame : ce qui compte, c\u2019est la façon pratique dont on choisit de traiter les hommes, c est la vision d eux- 36 Mystère ou problème ?mêmes à laquelle on les forme dans la ligne d une telle attitude.En effet, le propre de la condition humaine, c est « qu elle n est pas assimilable à une structure tout objective et préexistante, qu il n y aurait qu à découvrir.La condition humaine, quels que soient les fondements sur lesquels elle repose, apparaît comme dépendant en quelque manière dans ce qu elle est, de la façon même dont elle se comprend ».C est dire que l\u2019homme se renonce s\u2019il s aborde lui-même comme on aborde un problème de technique.Le sujet qui pose les problèmes ne le peut « qu à la condition de se maintenir lui-même dans une atmosphère non problématique ».Qu est-il alors pour lui-même ?II est mystère ¦' « Par opposition au monde du problématique, qui.est tout entier devant moi, le mystère est quelque chose où je me trouve engagé.tout entier ».Ailleurs, Gabriel Marcel montrait fort bien comment, chez Bergson, par exemple, le mal ne revêt jamais un caractère tragique ; c\u2019est qu\u2019il s\u2019y trouve « problématisé », mis au compte de « ratés » de l\u2019évolution \u2014> et que ceux-ci sont assimilés aux ratés d un moteur, et non point à quelque risque d\u2019irréparable échec pour des hommes concrets.« Le mal se révèle au contraire à moi comme un mystère, lorsque j\u2019ai reconnu que je ne peux pas me traiter comme extérieur à lui, comme ayant simplement à le constater du dehors ou à le repérer, mais que j y suis au contraire impliqué.» Mais n est-ce point là mettre l\u2019accent sur la responsabilité humaine ?Or il n est pas sûr que l\u2019homme parvienne à l\u2019assumer, et il n\u2019est pas sûr que le recueillement, dans lequel on le convie à chercher refuge.1 aide beaucoup à repousser l\u2019invasion de la technique ^ si, par ailleurs, on le présente à lui-même comme constitué, au cœur de son être, par un « mystère irréductible et inviolable ».La question est alors de savoir comment on peut valablement se défendre « de retomber dans les erreurs dans lesquelles versa I agnosticisme du XIXe siècle « ; comment on peut, selon I expression d Emmanuel Mounier dans son Traité du caractère, « mettre le mystère en pleine lumière en l\u2019humanisant sans le diminuer » ; comment, enfin, cette « présence » et cette « espérance » qui s\u2019en dégageraient alors pourraient avoir la moindre efficacité.Et nous retombons Revue Dominicaine ici sur le débat qui sans cloute caractérise le plus profondément la crise actuelle de la pensée ; celui qui oppose les philosophies de I espoir, de la foi immediate en des valeurs inscrites au cœur même de 1 Komme (personnalisme, existentialisme chrétien), et les philosophies dites du désespoir ' ' mais qui ne partent de I échec et de la solitude que pour mieux valoriser I effort humain vers une réussite et une communion, pour lesquelles aucune garantie ne se propose par avance dans Ietre (existentialisme de Sartre).II s agit de savoir si ces dernières philosophies ne constitueraient pas la seule issue au dilemme que posent les premières entre l'explication, puis le maniement de I humain sur le plan de la technique, et la reconnaissance pure et simple du mystère ; c est-à-dire si l'homme ne peut se comprendre authentiquement qu au prix de renoncer à se saisir.Plus précisément encore, est-ce en proposant à I homme de retrouver I amour dans des situations où il serait préfiguré, quoique de façon ambiguë et voilée, ou bien est-ce en lui demandant d inventer I amour à partir de sa propre ambiguïté \u2014 source de toute valeur, mais seulement dans la mesure où il I assume comme telle >\u2014 qu on lui restituera le mieux I énergie dans laquelle risquent de sombrer ses dernières chances de salut ?Gabriel Marcel pense que I homme doit communier avec le mystère qui I habite, et lui refuse le droit de se considérer comme un problème.Mais n est-ce pas lui refuser la possibilité de toute action orientée ?Et cette interdiction ne viendrait-elle pas du fait que Gabriel Marcel, quand il écrit « problème » pense « solution » >\u2014 et solution métaphysique ?Ce qu il redoute, croyons-nous, c est qu à nouveau quelque technique philosophique ne vienne supprimer le problème humain en en proposant, apres tant d autres, une solution « a priori ».Mais enfin il y a bien un problème humain : il se pose à chacun de nous, à tout moment, sous les formes les plus diverses.Et chacun de nous est bien contraint d\u2019en tenter à tout moment la solution du fait même qu il existe et qu\u2019il lui faut adopter quelque attitude en fonction des situations qui sont les siennes.Bien sûr, il reste évident que cette solution elle-même est, à son tour, et doit être 58 Mystère ou problème ?remise en question et que seule la mort peut mettre fin à cette tension de l\u2019être, à cette préoccupation morale par où il peut s humaniser.Au fond, Gabriel Marcel lui-même nous propose bien une attitude, celle du recueillement : il y voit 1 unique « refuge », et la seule possibilité de communion dans 1 amour et 1 humilité.Et 1 on sait que, pour lui, le sujet humain doit tendre à refuser cette tension dont nous parlions, pour réclamer, selon 1 expression de M.Le Senne, « I imperturbabilité d une paix éternelle ».Le mystère est lumière, et le sujet doit s effacer, renoncer à jouer le rôle trop terrestre du « moi obturateur » au profit de son aspiration vers la lumière.Dans ces conditions, on peut se demander si I attitude proposée n\u2019est point elle-même une technique, et si elle ne prétend pas, précisément, résoudre une fois pour toutes le problème humain.La « détente », I\u2019« abandon », le « consentement » qui sont ici préconisés, nous craignons qu\u2019ils ne soient à leur tour considérés comme des fins et que ne soit commise vis-à-vis d\u2019eux l\u2019erreur même dont Gabriel Marcel se plaint, à propos des techniques.Et, d\u2019un point de vue plus pratique, nous craignons surtout que de telles recommandations s\u2019appliquent mal à 1 homme actuel, situé dans un monde où il lui faut sans cesse exiger de lui-même quelque réponse active, quelque risque au dehors, quelque extériorisation de son attitude sur le plan de cette existence terrestre.Ce problème de I action vaut sans doute qu\u2019on apprenne à le poser.Y a-t-il une si grande différence entre le « péché » de le résoudre mal et celui de le subtiliser en un mystère, pour une indéfinie méditation ?Francis Jeanson 39 Le Canada dans les Capitales du Commonwealth « Où Von voit que nos hauts commissaires dans l\u2019Empire sont parfois dans des situations diplomatiques très pénibles ».An cours d\u2019une visite qu\u2019ils firent à Londres en 1879, Sir John-A.Macdonald, Sir Cfiarl es Tupper et Sir L.Tilley abordèrent avec le Gouvernement britannique la question d une représentation canadienne plus satisfaisante en Angleterre.II s agissait, dans I esprit des délégués du Canada, de nommer à Londres un représentant canadien qui aurait la mission de veiller sur les intérêts du Dominion dans les Iles britanniques.De plus, cet agent du Gouvernement canadien serait chargé d\u2019assister le plénipotentiaire britannique négociant avec une puissance étrangère une entente commerciale au nom du Canada.Pour Macdonald et ses assistants, le Canada avait cessé d être une simple colonie de la Couronne et possédait, depuis 1867, un certain degré de souveraineté qui lui donnait le droit d avoir à Londres un représentant jouissant de certains privilèges politiques.Le « Colonial Office » admit en principe la nécessité pour le Dominion d être représenté à Londres d une manière plus satisfaisante.mais ne voulut point que le délégué canadien en Grande-Bretagne portât le titre de « Ministre résident », comme l\u2019avait suggéré Sir John-A.Macdonald.Ce titre comportait, en effet, le caractère diplomatique qui, au dire Gouvernement britannique, était incompatible avec la position juridique du Canada sur le plan international.Le « Colonial Office » aussi bien que le Gouverneur Général n\u2019étaient nullement disposés à abandonner certains de leurs droits en matière de relations entre le Canada et I Angleterre.Aussi proposa-t-on le titre de « Commissaire canadien » pour le représentant du Canada à Londres.Mais cette appellation déplut au Gouvernement canadien qui proposa alors le titre de « Haut commissaire », lequel fut immédiatement adopté pour désigner le représentant du Canada à Londres.40 Le Canada dans les Capitales du Commonwealth Le premier Kant commissaire canadien à Londres fut Sir Alexander T.Gait qui fut nommé en 1880.Ce dernier, en arrivant en Angleterre, s efforça de donner au poste qu il occupait tout le prestige nécessaire, afin de bien montrer aux diplomates étrangers qu il était plus que le simple agent d une colonie.En dépit toutefois de ses efforts, il se Keurta constamment à I opposition du « Colonial Office » et à 1 incompréhension de son propre Gouvernement.Les autorités britanniques lui refusaient une foule de privilèges politiques, sous le prétexte qu il n avait rien du caractère diplomatique, tandis que les autorités canadiennes lui donnaient un salaire nettement insuffisant vis-à-vis les dépenses sociales qu\u2019entraînait sa position officielle aux yeux des représentants étrangers accrédités à Londres.Le successeur de Sir Alexander Gait fut Sir Charles Tupper qui continua le travail de son prédécesseur en faveur de la reconnaissance du poste de Londres comme mission diplomatique.Sir Charles Tupper remporta un vif succès.Il prit contact avec la plus haute société de Londres et il fut invité dans les milieux diplomatiques.De plus, sur le plan politique, il négocia plusieurs ententes avec le Gouvernement britannique et il put même converser personnellement avec le Ministre des Affaires Etrangères.Enfin, il fut considéré comme le doyen des représentants des colonies britanniques à Londres.Lorsqu\u2019il se retira en 1896, le poste de haut commissaire à Londres avait acquis un prestige considérable dont le nouveau titulaire.Lord Strathcona, sut tirer habilement profit.La longue carrière de Lord Strathcona fut fertile en événements de toutes sortes qui contribuèrent à augmenter le rayonnement politique du haut commissariat canadien à Londres.Signalons d abord qu il fut reconnu par le Gouvernement canadien que le poste de haut commissaire à Londres possédait un caractère quasi diplomatique, en raison des relations particulières qui existaient entre le Canada et la Grande-Bretagne.Sir Wilfrid Laurier déclara à ce sujet à la Conférence Impériale de Londres, en 1911 : «They (the High Commissioners) are not only embassadors, their position in one respect is far larger ; but in technical 41 Revue Dominicaine sense, with regard to the Imperial Government, they are in the position of ambassadors, they are in the position of confidential agents » 1.Par conséquent, en dépit de leur titre et de leur rang officiel, il était clairement admis que les hauts commissaires étaient de véritables agents diplomatiques.Cette déclaration de Sir Wilfrid Laurier, faite en pleine conférence impériale, devant les délégués de la Grande-Bretagne et ceux des Dominions, eut des résultats concrets.Elle prépara directement la voie à la Déclaration de 1926.D\u2019autre part, à la suite de la Conférence de 1911, il fut décidé que le Secrétaire d Etat aux Colonies rencontrerait régulièrement les hauts commissaires au moins une fois par mois.L année suivante, c\u2019est-à-dire, en 1912, tous les Dominions avaient leur haut commissaire à Londres.Bref, à la veille même de la Grande Guerre, le poste de haut commissaire était devenu aux yeux des Dominions, sinon aux yeux de l\u2019Angleterre elle-même, un poste diplomatique au sens Iaçge de ce mot.Tout en restant évidemment distinct des missions diplomatiques étrangères, comme lavait souligné Laurier en 1911, le haut commissariat de Londres remplissait des fonctions nettement diplomatiques vis-à-vis le Gouvernement britannique.La participation active du Canada à la Grande Guerre et aux conférences internationales qui en découlèrent, permit au Dominion d\u2019acquérir petit à petit sa pleine souveraineté.A la Conférence de Londres, en 1926, il fut reconnu que le Gouverneur-Général ne serait plus dorénavant que le représentant personnel du roi, et non celui du Gouvernement britannique.Sanctionnée par le Statut de Westminster, en 1931, cette décision du Gouvernement d Angleterre eut pour effet de mettre fin à la tutelle qu exerçait le Gouverneur-Général sur la politique canadienne.Dès lors, le haut commissaire canadien à Londres devint l\u2019unique moyen de communication entre Londres et Ottawa, et de ce fait, il fit nettement figure d\u2019agent diplomatique aux yeux du Gouvernement bri- 1.Procès-verbaux de la Onférence de Londres, 1911, vol.54, pages 75 et s.42 Le Canada dans les Capitales du Commonwealth tannique.Aussi, l\u2019Angleterre prit-elle la décision d envoyer à Ottawa son propre représentant qui prit également le nom de kaut commissaire.Par conséquent, les kauts commissaires furent considérés à ce moment comme les agents diplomatiques éckangés entre les états souverains du Commonwealtk kritannique.Dans les années qui suivirent, les kauts commissaires virent leur importance augmenter encore davantage et au-jourd\u2019kui, le poste de Londres, même s il n est pas diplomatique au sens strict de ce mot, est considéré comme le plus important poste politique canadien à l\u2019étranger.Dix ans après l\u2019envoi d\u2019un kaut commissaire de Grande-Bretagne à Ottawa, soit en 1938, l\u2019Union Sud-Africaine nommait un agent au Canada avec le titre de « Représentant accrédité de 1 Union de 1 Afrique du Sud ».Cette désignation avait été intentionnellement employée dans le kut de kien montrer aux pays étrangers que le Canada et 1 Afrique du Sud étaient des états souverains.En dépit, toutefois, de 1 initiative sud-africaine, le Canada n\u2019osa nommer à Prétoria un agent portant le titre de « Représentant accrédité » et se contenta d\u2019envoyer en Afrique du Sud un kaut commissaire jouissant des mêmes attrikutions que le représentant canadien à Londres.Depuis 1945.l\u2019Union Sud-Africaine est également représentée à Ottawa par un kaut commissaire.En 1959, la guerre éclata et le Canada se vit dans l\u2019okîigation de resserrer ses liens avec les pays du Commonwealtk kritannique.Il décida alors d éckanger des kauts commissaires avec ckacun des Dominions de la Couronne.Conséquemment, des représentants canadiens furent nommés en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Irlande.Cette dernière ckercka vainement à se faire représenter à Ottawa par un ministre plénipotentiaire.Le Gouvernement du Canada se contenta de rappeler à I Irlande qu en sa qualité de memkre du Commonwealtk kritannique, elle devait adopter le même système de représentation diplomatique que les autres Dominions.D autre part, en raison des circonstances créées par la guerre, un kaut commissaire du Canada fut nommé à Terreneuve, kien que cette 43 Revue Dominicaine dernière n ait eu aucun des caractères de la souveraineté.Ce haut commissaire a préséance sur tous les représentants consulaires étrangers.Enfin, à la suite de I élévation des Indes et du Pakistan au rang d états souverains, le Canada nomma un haut commissaire à Delhi et fit connaître son intention de se faire également représenter auprès du Gouvernement de Lahore.Avec I envoi prochain d un haut commissaire canadien au Pakistan, le Canada aura donc une mission diplomatique dans chacune des capitales du Commonwealth britannique.# * * Reste, enfin, à déterminer la nature exacte d un haut commissariat, au point de vue juridique.Le 6 août 1940, le Premier Ministre Mackenzie King déclarait en Chambre des Communes : « Pour ce qui est de la fonction de haut commissaire au Royaume-Uni, ce n est pas un ambassadeur ou un ministre au sens qu on attache à la désignation de ministres qui représentent la Couronne à I étranger.C est un représentant du Gouvernement du Canada, lequel possède plus d un moyen d obtenir des renseignements et de communiquer avec les divers ministères du Gouvernement britannique ».Cette déclaration de M.King donne les caractéristiques essentielles d un haut commissaire.Ce dernier n\u2019est ni un ambassadeur, ni un ministre plénipotentiaire, et cela, pour deux raisons principales.D ab ord, parce que les états du Commonwealth britannique ont le même souverain et que le principe de la divisibilité de la Couronne n est pas encore admis par tous les Dominions, et ensuite, parce que les hauts commissaires sont simplement accrédités auprès du Gouvernement britannique et non auprès du Roi d Angleterre, lis sont les représentants d un Gouvernement auprès d un autre Gouvernement, tandis que les ambassadeurs sont les représentants d un Chef d Etat auprès d\u2019un autre Chef d\u2019Etat.Voilà la di fférence essentielle, au point de vue juridique, entre un ambassadeur et un haut commissaire.De plus, contrairement aux envoyés diplomatiques qui ne prennent contact qu\u2019avec le Foreign Office, les hauts commissaires peuvent communiquer directement avec 44 Le Canada dans les Capitales du Commonwealth chacun des ministères du Gouvernement britannique.En somme, les privilèges politiques des hauts commissaires sont plus étendus que ceux des représentants diplomatiques des pays étrangers.En pratique, les hauts commissaires sont de véritables agents diplomatiques.Ils jouissent de presque toutes les immunités accordées aux diplomates étrangers.A Londres comme dans les capitales des pays du Commonwealth, ils font partie « de facto » du corps diplomatique et ils sont reconnus par tous les états étrangers comme les agents politiques cl une puissance souveraine.Letir chancellerie est constituée sur le même plan qu une ambassade ou une légation, avec un personnel formé de conseillers, de secrétaires et d attachés de toutes sortes.Les hauts commissaires sont souvent appelés à conclure des ententes au nom de leur Gouvernement, même avec des puissances étrangères, et à représenter leur pays dans les conférences internationales.De plus, ils sont en contact direct avec le Ministre des Affaires Extérieures du Gouvernement auprès duquel ils sont envoyés, sauf à Londres où ils relèvent d un ministère spécial, autrefois appelé le Ministère des Dominions, et aujourd\u2019hui connu sous le nom de Ministère des Affaires du Commonwealth, bien qu en ces dernières années, des fonctionnaires du Foreign Office aient pris I habitude d\u2019assister régulièrement aux conférences du Ministre des Dominions.A 1 heure présente, des pourparlers sont en cours entre la Grande-Bretagne et les Dominions pour régler définitivement la position juridique des hauts commissaires.Certains Dominions voudraient que les hauts commissaires fussent placés au rang de ministre plénipotentiaire et qu ils fissent strictement partie du corps diplomatique.Cette réclamation paraît entièrement légitime.Même si en pratique I on ne veut pas admettre le principe de la divisibilité de la Couronne, une solution acceptable semble s imposer d elle-même.Que les hauts commissaires aient simplement le lang personnel d\u2019ambassadeur ou de ministre plénipotentiaire, tout en continuant à porter le titre de « haut commissaire ».Grâce à ce rang personnel, ils pourront occuper dans l\u2019ordre protocolaire une situation 45 Revue Dominicaine cligne de leurs fonctions, tout en continuant à être les représentants d\u2019un Gouvernement auprès d\u2019un autre Gouvernement.II faut d\u2019ailleurs souligner que le Canada a reconnu le caractère nettement diplomatique de la fonction de fiaut commissaire, puisque son représentant à Londres, M.Norman Robertson, était autrefois Sous-Secrétaire d\u2019Etat aux Affaires extérieures, ce qui implique le rang personnel d\u2019ambassadeur, tandis que son représentant à Dublin, M.W.F.A.Turgeon, était anciennement ambassadeur en Belgique.Par conséquent, le Gouvernement canadien ne considère pas comme une déchéance le fait d\u2019être nommé haut commissaire après avoir occupé un poste d\u2019ambassadeur ou de ministre plénipotentiaire.Au point de vue protocolaire, les hauts commissaires se trouvent dans une situation nettement désavantageuse.Ainsi, à Ottawa, le haut commissaire d\u2019Irlande, l\u2019bon.John-J.Hearne, qui fut nommé en 1959 et qui est présentement le plus ancien des représentants étrangers dans la Capitale canadienne, devrait normalement avoir préséance sur les ministres plénipotentiaires et passer immédiatement après les ambassadeurs.Mais il n en est pas ainsi.Tous les membres du corps diplomatique, y compris les chargés d affaires ad interim, et tous les hauts commissaires ont préséance sur le haut commissaire d\u2019Irlande, parce que ce dernier n\u2019est pas officiellement considéré comme membre du corps diplomatique et qu\u2019il représente le dernier, en date, des états du Commonwealth à avoir acquis son autonomie.Jusqu ici, en effet, les hauts commissaires ont été classés d après le nombre d\u2019années qui s\u2019est écoulé depuis l\u2019accession du pays qu\u2019ils représentent à l\u2019état de gouvernement responsable.Ainsi, d\u2019après I ordre protocolaire suivi présentement à Ottawa, les hauts commissaires obéissent à la hiérarchie suivante : d\u2019abord le représentant du Royaume-Uni, puis, dans I ordre, ceux de I Australie, de la Nouvelle-Zélande, de 1 Union Sud-Africaine et de l\u2019Irlande.II est possible toutefois qu\u2019avec 1 arrivée du haut commissaire des Indes et du haut commissaire du Pakistan, cette situation connaisse quelques changements.II est, en effet, difficile d imaginer que les représentants des deux nouveaux Dominions se 46 Le Canada dans les Capitales du Commonwealth contentent des dernières places dans la hiérarchie diplomatique établie à Ottawa.Bref, même si les hauts commissaires jouissent maintenant de prérogatives proprement diplomatiques, il faut reconnaître que leur position est encore susceptible de certaines améliorations.Le système de représentation en usage dans les pays du Commonwealth se trouve, il est vrai, en pleine époque de transition, et c\u2019est ce qui nous fait espérer qu avant longtemps les hauts commissaires se verront attribuer officiellement un rang entièrement conforme à I importance de leur mission.Le Statut de Westminster a proclamé la souveraineté des Dominions et il n est que normal que ces derniers agissent entre eux comme des états indépendants.André Patry 47 Le sens des faits Autour du prix FEMINA Mme Gabrielle Roy vient de le recevoir.Tout le Canada, particulièrement le Canada français, s en réjouit et à bon droit.Sur ce sujet, on a écrit bien des choses et entre autres, cette vieille rengaine : qu\u2019il appartenait toujours à des étrangers de consacrer le talent des nôtres.Sans doute, le Canada français ne lui a pas décerné un prix Femina ^ et pour cause >\u2014< mais la Société Royale l a accueillie sous sa Coupole.Bien plus, au lendemain de la publication de Bonheur d\u2019occasion la Revue Dominicaine, sous la plume de Bruno Lafleur, en offrait à ses lecteurs une étude élaborée et combien judicieuse.Le mot chef-d œuvre n\u2019était pas prononcé, mais celui « d\u2019événement littéraire de grande importance » était justifié.Marc Samson, dans cette revue-ci, février 1947, se plaignait de l\u2019indifférence du public envers les écrivains canadiens.Maints lecteurs pourraient également se plaindre de l\u2019indifférence des écrivains qu ils s efforcent d\u2019encourager.Dans le cas présent, ni l\u2019auteur, ni I éditeur n ont donné signe de vie.J\u2019excuse Fauteur que je n\u2019ai pu mettre au courant, faute d\u2019adresse, mais quant à l\u2019éditeur, facile lui était de reconnaître ce témoignage non équivoque d\u2019admiration totale sans être béate.Sur ce point, nos écrivains, un certain nombre du moins, ont beaucoup à apprendre.Rares sont ceux qui adressent un merci à la revue qui se charge ^ sur demande ^ de présenter leur œuvre au public.Marc Samson regrettait que nos revues s\u2019attardent plus et trop aux livres français, étrangers.C\u2019est peut-être vrai, mais la gratitude existe plus outre-mer et également la politesse.J\u2019ai eu sous les yeux une lettre du Père Sertillanges, à propos des Fins humaines, qui contenait plus qu\u2019un merci ; un Victor Serge pour son volume Les derniers temps remerciait la revue de ses conseils et promettait de s\u2019amender, etc.Le moins qu\u2019on puisse demander à l\u2019écrivain, c\u2019est de se conformer à la règle d\u2019or de 1 Evangile : Traiter les autres comme on veut être traité.Ant.Lamarche, O.P.La Revue Dominicaine La seule au Canada dont le prix d\u2019abonnement n\u2019a pas varié depuis 1 5 ans, alors que ses émules ont été obligées, à cause du haut coût de la vie, de l\u2019augmenter.Pareille situation de stabilité comporte des sacri- 48 Le sens des faits fices que nos lecteurs ont compris puisque son tirage n a fait que s accroître i\u2014' et ce qui est un bon signe ' les abonnés de la première Leure nous sont toujours restés fidèles.De plus, le lecteur constatera, en regardant les sommaires des dernières années, que la grande majorité des collaborateurs sont des écrivains canadiens-français.Nous nous faisons un devoir de leur donner la préséance sans pourtant refuser les envois des bons écrivains ue France.Notre système de propagande est encore inexistant.Très rares sont les Montréalais qui ont rencontré des solliciteurs d abonnements à notre revue.Malgré tout, elle a fait son chemin, s imposant à 1 admiration des gens sérieux et redevable de son existence, pour une part, à ses annonceurs que nous ne remercierons jamais trop.Revue de culture à base religieuse avec reflets sur la vie, les lettres et les arts, elle offre à ses lecteurs : 1 ) une partie doctrinale où sont exposés des problèmes d actualité générale dans la lumière de la théologie ou de la philosophie.Cette fin seule la destine à l\u2019élite et l\u2019exclut du suffrage populaire.2) Une rubrique : Le sens des faits, où les principaux événements de notre vie sociale ou intellectuelle sont analysés, encouragés, éclairés parfois d un rappel à Tordre.5) L esprit des livres accorde la primauté à la production littéraire canadienne sans négliger cependant les valeurs étrangères.Nos appréciations auraient-elles besoin d une rectification ou d une réserve ?D\u2019 une brève recension ou présentation, le lecteur peut déduire facilement la valeur littéraire ou morale de l\u2019œuvre.Que vaut-elle ?Quelques témoignages récents vous le diront.D\u2019abord, Le Canada, sous sa rubrique : Dans le courrier, salue chaque mois, en termes élogieux, le clernier-paru et fait ressortir l\u2019importance de certains articles.Le 14 octobre, \\ Action Catholique écrivait : «La R.D.offre encore à ses lecteurs tout un choix d\u2019articles de valeur.Comme question de fait, leur intérêt est tel qu\u2019il faudrait faire de tous une mention spéciale ».Lectures, octobre 1947, p.127, écrit : « La R.D.nous arrive régulièrement dans sa tenue soignée et sympathique, imposante mais sans hauteur.Une des publications fort appréciables de chez nous.Le numéro juillet-août m\u2019a retenu et captivé.J y ai trouvé en effet des articles de première valeur que je regretterais beaucoup de n\u2019avoir pas lus».D\u2019une lettre datée d\u2019Ûffenbourg en Bade, 26 septembre 1947 et reçue ces jours-ci, j\u2019extrais cette ligne : « Votre revue m\u2019a été signalée comme une des plus intéressantes du Canada.» Et cette autre de Paris, (6 octobre 1947 : «Je dois votre adresse à l\u2019aimable obligeance de la librairie (.) à qui j avais demandé de bien vouloir me communiquer 1 adresse du meilleur périodique publié au Canada ».49 Revue Dominicaine De par sa nature même, la R.D.devrait atteindre tous les gens cultivés, tous les milieux éducationnels parce qu elle vise l\u2019élite laïque qu elle veut éclairer.Et c\u2019est justement pour cette raison que le monde ecclésiastique devrait s y intéresser davantage.Par la qualité de ses collaborateurs canadiens, par sa manière de juger de haut tous les problèmes, la R.D.est canadienne et universelle ainsi qu\u2019il convient à une revue de ce genre.Le Directeur Gilson inaugure les Conférences Albert-le-Grand Célébrer chaque année la fête de son patron, saint Albert, présenter à cette occasion la conférence d\u2019un maître réputé de la pensée médiévale, offrir immédiatement au public, dans une nouvelle série d études dites Conf érences Albert-le-Grand, le texte imprimé de la causerie \\ tels étaient en septembre 1947, les projets de l\u2019Institut d\u2019Etudes médiévales de I Université de Montréal.Or ceux qui ont entendu le 14 novembre dernier la conférence publique de M.Etienne Gilson à 1 amphi théâtre de I Université de Montréal et ceux qui ont déjà pu se procurer et relire le texte de cette conférence, savent déjà à quoi s en tenir sur le compte-rendu que nous voulons faire ici, pour les lecteurs de la Revue Dominicaine.Le choix même du conférencier et le contenu de son exposé prouvent la grande confiance qu on a faite au public montréalais en 1 invitant à entendre un sujet aussi sérieux d un maître aussi savant.Le problème posé par M.Gil son, ce soir-là, ne pouvait pas être plus fondamental : celui de l\u2019être et du devenir.« En quoi I être diffère-t-il du devenir ?» Et plus précisément, en songeant à 1 Incarnation : comment 1 Etre pur (Dieu) peut-Il ainsi, comme Homme-Dieu, s engager dans le devenir ?Le problème n est pas nouveau et la difficulté qu il pose ne vient pas de Dieu mais de nous.La solution, elle viendra peut-être de Dieu seul, Lui qui nous rachète du temps en nous libérant du devenir.Comment M.Gilson va-t-il le démontrer ?Disons immédiatement que tout 1 enjeu se fait autour d une exégèse augustinienne de deux versets de 1 Exo de (cf.III, 13-15) : Moy se dit à Dieu : « Voici, j irai vers les enfants d Israël, et je leur dirai : Le Dieu de vos pères m envoie vers vous.S\u2019ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je ?Et Dieu dit à Moyse : « Je suis celui qui suis ».Et il ajouta : « C est ainsi que tu ré- 1: Etienne Gilson, «Philosophie et Incarnation selon saint Augustin» (Conférence Albert le Grand, 1947).Institut d\u2019Etudes médiévales, Université de Montréal, 1947, 55 pp.En vente au prix de $1.00, à l\u2019Institut d\u2019Etudes médiévales, 831, Av.Rockland, Montréal-8.50 Le SENS DES FAITS pondras aux enfants d\u2019Israël : Yahweh, le Dieu de vos pères, le Dieu d Abraham, le Dieu d Isaac et le Dieu de Jacob, m envoie vers vous* C est là mon nom pour I éternité ; c est là mon souvenir de génération en génération ».Ces versets sont chers à M.Gilson, et ceux qui ont lu l\u2019Esprit de la philosophie médiévale, Paris, Vrin, 2e édition, 1944, ch.2, pp.50ss., en connaissent les raisons.En novembre dernier, M.Gilson reprenait I explication des textes en question, faisait tourner son exposé autour de la critique des deux attributs de Dieu telle que dirigée par saint Augustin, surtout dans les Confessions.La pensée de l\u2019évêque d Hippone venait appuyer et orienter la discussion et finalement permettait de résoudre le problème que pose à l\u2019homme la dualité d\u2019attributs : Dieu « qui est » et le Dieu d\u2019Abraham, d\u2019Isaac et de Jacob : ou le Dieu « qui est avec nous ».Tout comme la notion de création peut expliquer comment I être a produit le devenir, ainsi la notion d\u2019incarnation fait comprendre pourquoi le devenir a été produit par l\u2019être : c\u2019était pour en taire de I etre.Et c est depuis ce temps-là que le devenir est « candidat à I être ».La philosophie laissée à elle seule ne pouvait pas arriver à en dire autant.Les Grecs n\u2019y ont pas réussi et les existentialistes modernes n ont meme pas bien posé le problème de I existence.En cherchant dans les noms que saint Augustin donne à Dieu et dans la manière dont il interprète les noms que Dieu se donne, M.Gilson a trouvé une fois de plus I expression et le principe de solution du problème de l\u2019être et du devenir.Comme d habitude et dans un langage nuancé et profond, l\u2019éminent médiéviste a conduit son auditoire par tous les stages de la recherche pour lui montrer finalement que la philosophie doit conduire à l\u2019Incarnation, sinon elle obligerait celui qui lui fait confiance à rebrousser chemin sans espérance.Le désespoir ne serait donc pas la seule solution de nos problèmes.Au contraire, « Dieu seul a sauvé Augustin de ce désespoir, parce que le Dieu chrétien est à la fois Celui qui est, Celui qui crée et Celui qui sauve.La philosophie n est pas sans connaître celui qui est et même celui qui crée, mais celui qui sauve reste pour elle un mystère dont le secret lui échappe.Pourtant, ce mystère seul rend le monde intelligible.Une cause de 1 histoire, qui transcende l\u2019histoire, et qui ait voulu pourtant s y engager pour faire de l\u2019éternité avec du temps, comment la philosophie 1 atteindrait-elle ?Mais peut-être la philosophie seule n\u2019explique-t-elle pas toutes choses.II n y a qu un Dieu, le même qui s\u2019est attribué deux noms, I un et l\u2019autre pour l\u2019éternité, l\u2019Etre qui est le Dieu des philosophes et des savants, et Jésus-Christ, Dieu avec nous, qui est le JJieu d Abraham, d Isaac et de Jacob » (explicit, p.55).51 Revue Dominicaine Le texte imprimé de la Conférence Albert-le-Grand, 1947, est sorti des presses de l\u2019Ecole Industrielle des Sourds-Muets de Montréal.II est clair, net.La typographie est excellente et la présentation générale reste digne de n importe laquelle édition du genre faite à l\u2019étranger.Soyons-en fiers.On comprend après cela la joie immédiate de M.Gilson qui, feuilletant pour la première fois Philosophie et Incarnation, quelques minutes avant sa conférence, remarque fièrement : « Mon premier livre canadien I ».Benoît Lacroix, O.P.L\u2019ouverture des Cours à l\u2019Institut Catholique de Lyon L ouverture des Cours à l\u2019Institut Cathol ique de Lyon avait lieu cette année 1 après-midi du douze novembre.Dès quatorze heures, les personnages les plus distingués de la grande ville de Province font leur entrée dans la salle académique.A chacun, Mgr le Recteur assigne aimablement son siège, Le parterre est bientôt rempli.Là-haut, coiffés du traditionnel béret, les Etudiants de toutes les Facultés occupent les vastes galeries.Et de ces galeries, nous parviennent sans interruption des chants de tous genres, y compris le « Il était un p tit navire.» N\u2019était la distance, on se croirait à une réunion des Carabins de chez nous ! Gravement, portant toge et hermine, MM.les Professeurs prennent leurs sièges.La séance va s\u2019ouvrir.Voici Son Eminence le Cardinal Gerlier, accompagné des Evêques Protecteurs de l\u2019Université.L\u2019assemblée se lève, applaudit.Tandis que les Prélats montent à l\u2019estrade, un chant rapide, saccadé, étonnamment bruyant, est lancé des galeries.Son Eminence connaît bien les jeunes.Il sait les manier avec souplesse.II sourit avec bienveillance à leur accueil enthousiaste cependant qu\u2019il tâche d un geste paternel de ramener à de plus justes proportions leur exubérance vraiment tapageuse.Le calme finalement revient.Prière d\u2019ouverture.La parole est donnée à Mgr le Recteur qui expose à larges traits le programme des activités universitaires pour I année qui débute.Son Eminence le Cardinal se lève.II va maintenant parler.Il est longuement applaudi, comme il convient.On aime toujours entendre cet orateur puissant, ce type achevé de l\u2019éloquence française de la chaire.Depuis longtemps déjà, l\u2019avocat plaide la cause de Dieu.L\u2019impression qu\u2019il fait sur l\u2019auditoire est profonde, durable.Les Canadiens gardent pieusement le souvenir de ce grand Evêque qui les a récemment visités, 52 Le sens des faits lors du Congrès Marial d Ottawa.Sa pensée se développe avec ampleur au milieu d incidentes qui l\u2019appuient.Ses phrases toujours longues sonl largement rythmées comme les vagues de la mer.Son Eminence arrive de Rome.Le Saint-Père 1 a reçu avec une extrême bienveillance.Tous les problèmes de I heure présente, le Pape les connaît, les étudie, les scrute dans un esprit de large compréhension.TI désire la paix pour 1 Eglise, pour I humanité entière.II veut que I intellectuel catholique s\u2019engage à fond et travaille plus que jamais en union étroite avec le Saint-Siège.Deux excès à éviter : I intégrisme d\u2019une part, le modernisme de I autre.Le Cardinal fait ensuite allusion à son voyage au Canada en juin dernier.II dit 1 admiration qu il éprouve pour ce jeune et grand pays qu il a revu avec joie.II exprime le vœu qu\u2019entre Universités françaises et canadiennes il y ait de fréquents échanges de professeurs et d\u2019étudiants.Puis, brusquement, le Cardinal regarde sa montre.D\u2019un mot, il conclut.La séance est levée.Pourquoi cette péroraison-éclair, se demande I auditoire qui dissimule à peine son étonnement ?II doit y avoir à cela une raison sérieuse, implacable.Cette raison on la devine à moitié, sans I exprimer.Oui, en effet, il y avait à cela une raison sérieuse, implacable, une raison qui présentement en France détermine à elle seule la durée de toutes les réunions.Un instant plus tôt, on venait de remettre au Card inal un message qui contenait ces mots fatidiques : « 16 heures, coupure d électricité ».J.-D.Brosseau, O.P.Un nouveau livre de M.Louis de Broglie A l\u2019exemple des savants britanniques, M.Louis de Broglie ne dédaigne pas d écrire des livres de vulgarisation.II prouve ainsi la fausseté d\u2019un préjugé que partageaient, que partagent encore nombre d\u2019hommes de science depuis près d un siècle que Renan I a créé, dans des conditions à vrai dire bien différentes de celles de notre époque.Vulgariser n\u2019est point abaisser.C\u2019est présenter les choses dans une perspective différente, en masquant le formalisme logique et mathématique qui est d un si grand secours au physicien ; c est prendre des raccourcis et répudier le langage technique ; c\u2019est enfin et surtout mettre en lumière les idées souvent très simples qui sont à la base d\u2019une théorie et qu on peut exprimer dans le langage de tout le monde.De ce que ces idées sont jugées simples après coup, il ne faut pas croire qu elles ont été trouvées facilement, et M.Louis de Broglie nous Revue Dominicaine en _ donne lui-même un magnifique exemple en évoquant dans ce nouvel ouvrages des « souvenirs personnels sur les débuts de la mécanique ondulatoire ».II y raconte avec une charmante modestie combien il a tâtonné et peiné pour accorder physiquement les deux images du corpuscule et de Fonde qui sont à la base de la nouvelle science.Encore lui a-t-il fallu s\u2019aider des travaux parallèles de Heisenberg, cle Bohr, de Schrôdinger, comme ils s\u2019étaient aidés eux-mêmes de la première synthèse qu il avait proposée dans sa thèse de doctorat de 1924.Point n est besoin de mathématiques pour comprendre 1 imbrication de toutes ces idées harmonieusement concourantes.AP rès Matière et Lumière, Continu et Discontinu en physique moderne, Ondes, Corpuscules, Mécanique ondulatoire, ce nouveau livre parachève le système de connaissances que tout homme instruit ne peut plus ignorer s\u2019il veut être digne d un siècle si profondément révolutionnaire.Son titre Physique et Microphysique nous apprend dès I abord une vérité qu\u2019on ne soupçonnait pas au siècle précédent, à savoir que les phénomènes naturels ne sont pas régis par les mêmes lois à notre échelle humaine et à I échelle microscopique, surtout celle des molécules et des atomes qui commence par exemple au milliardième de millimètre.Dans ce domaine qu on pourrait appeler 1 infiniment petit physique, où il ne saurait être question de figures visibles mais de représentations théoriques, le déterminisme étroit n\u2019a plus de sens.Les êtres qui constituent la matière comme les électrons et les protons ou les neutrons n ont plus de mouvements prévisibles.Sans être entièrement libres, ils conservent des degrés de liberté, si bien que la notion de causalité, qui est si précise et si impérieuse à notre échelle, s atténue et s estompe.II y a une « causalité forte » et une « causalité faible » selon les expressions de M.de Broglie et c est là un apport considérable de la science positive à la philosophie.Les vues anciennes des Lachelier et des Boutroux se justifient : il semble qu on voie « se desserrer les écrous de la nécessité » dans les lois naturelles.Les phénomènes de Ja vie et à plus forte raison ceux de 1 esprit trouvent une explication plus conciliable avec ce sentiment invincible de libre arbitre que nous portons en nous.Le nouvel ouvrage, outre qu\u2019il résume les acquisitions de la mycro-phvsique à cette date, contient nombre d articles qui traitent de ses applications ou de ses conséquences, et même qui relèvent de la physique classique.Nous citerons l\u2019étude des états de surface, la notion de grandeur, I optique corpusculaire, la confrontation des idées de Bergson sur le temps et le mouvement, le hasard et la contingence selon la doctrine 54 Le sens des faits clés quanta.la valeur morale de la science.Puis des études historiques, notamment sur Ampère et Fresnel, des essais sur I avenir de la physique, la radio-électricité et ses applications, la liaison entre science pure et technique ; enfin des réflexions sur 1 ère atomique et « la grande aventure » contemporaine.Deux progrès extraordinaires ont frappé M.Louis de Broglie : la désintégration de I atomne et la possibilité de modifier la transmission des caractères héréditaires.En ce qui concerne le premier, il déplore naturellement que 1 homme ait tourné vers la destruction 1 emploi des forces atomiques.Ce revers de la médaille scientifique, il 1 annonce aussi dans le domaine biologique.« Si plus tard, dit-il, nous pouvons agir sur la transmission de la Vie, nous pourrons peut-être produire d admirables surhommes, mais il faudrait toute I imagination d un Wélis pour décrire le mal qu\u2019il nous serait aussi possible de faire ».La génétique n a pas encore atteint une puissance inquiétante.De plus, elle s exerce dans un domaine individuel où la science ne pourrait pénétrer que par la persuasion, à moins d imaginer une effroyable tyrannie qui transformerait les êtres humains en animaux de laboratoires.On ne conçoit guère son action que sous la forme « eugénique » de 1 amélioration de la race, et encore les obstacles à vaincre seraient-ils très nombreux dans des populations qui sont encore rebelles aux prescriptions les plus élémentaires de l\u2019hygiène.Mais il n\u2019en est pas de même dans les sciences de la matière où les moindres résultats de la science sont immédiatement capables d\u2019être exploités par les collectivités soit pour le bien, soit pour le mal.On l\u2019a vu tout le long de I histoire.Les premiers à profiter d une invention ou d une découverte sont les militaires avec la complicité de nationalismes exclusifs auxquels tout ce qui est proprement humain reste étranger.M.Louis de Broglie rappelle le mot de Bergson : «Le corps de I homme agrandi exigerait un supplément d\u2019âme.L\u2019état actuel du monde, après une guerre pourtant si cruelle, ne permet pas d\u2019espérer que nous allons jouir bientôt de ce supplément d\u2019âme qui élèverait notre sensibilité et non plus seulement notre intelligence à la notion de I humain et nous ferait enfin mériter ce nom d Homo sapiens qui nous a été prématurément accordé par les anthropologistes.« On aperçoit la grandeur presque tragique du problème moral qui va se poser » dit M.de Broglie.Malheureusement, si tous les esprits éclairés l\u2019aperçoivent, si le monde entier est torturé par la peur d un nouveau conflit, personne ne fait rien pour I arrêter.Il semble que ce soit une lourde Fatalité à la manière antique qui conduise 1 humanité à son suicide.Les savants eux-mêmes 55 Revue Dominicaine précipitent la marche du destin, fiers de se mettre au service de leurs gouvernements pour déplorer ensuite I usage qu on a fait de leurs découvertes.Ce n est certes pas la peine que la médecine cherche à guérir nos maux et à prolonger la durée de la vie, si la mécanique, la physique et la chimie réunies inventent en même temps les moyens de détruire à peu près d un seul coup la « moisissure humaine », comme I appelait Renan, et par-dessus le marché, la planète qu elle infestait.Laissant aux prochaines Rencontres internationales le soin de discuter à fond ce problème des rapports de la science et de la morale, I illustre savant s est borné à exprimer I espoir que « nous serons assez raisonnables ».Rien n est moins sûr.En tout cas, nous oserons prétendre que la science n a aucune valeur morale, sauf quand elle s accompagne de désintéressement.Elle n est que la satisfaction d\u2019un instinct foncier, I instinct de curiosité, et I histoire religieuse, comme la mythologie sont d accord pour nous avertir que la curiosité est rarement bien récompensée.René Sudre Aux Editions du Lévrier Depuis quelques années les Editions du Lévrier ont présenté aux bibliophiles de chez nous un nombre imposant d ouvrages intéressants, et une courte revue des publications de fa saison 1946-1947 prouve d\u2019une éloquente façon que I CEuvre de Presse Dominicaine entend servir de mieux en mieux les lettres canadiennes, tant par la valeur des œuvres présentées que par leur diversité.Comme plusieurs autres sociétés du même genre, les Editions du Lévrier n échappèrent pas à la présente crise de I édition canadienne, mais les quelques difficultés occasionnées par cette situation eurent I effet d un stimulant, comme en témoigne d\u2019ailleurs la liste des ouvrages publiés au cours de la saison dernière.ï \u2014 Théologie Philosophie II convient de souligner tout d\u2019abord la parution récente de deux volumes que voudront posséder, lire et étudier tous ceux qui s\u2019intéressent à la théologie.Le premier, Un Mystère d\u2019Amour et de Souffrance, du Père A.-G.Albert.O.P., D.Th., est consacré à l\u2019étude du problème de la satisfaction, faisant mieux comprendre l\u2019infinie charité du Christ pour le pécheur.L originalité de cette étude consiste, non pas à présenter une doctrine nouvelle -\u2014¦ puisqu elle s inspire de saint Thomas /\u2014 mais à 56 Le sens des faits rassembler en un tout compréhensif les parties éparses d une doctrine traditionnelle.Le second, Influence du Christ dans l Eglise, du Père J.-D.Bros-seau, O.P., veut nous faire mieux comprendre la sublime doctrine que Sa Sainteté le Pape Pie XII vient de nous proposer dans son Lncyclique NLystici Corporis.Le Cbrist est véritablement le Chef, la Tête de 1 Eglise, et ces pages remarquables expliquent de quelle façon la grâce du Cbrist nous est transmise par les sacrements et les ministres, de quelle manière le Cbrist exerce sa régence dans IEglise en matière d enseignement et de gouvernement.Dans le but de faire bénéficier les lecteurs des recbercbes et des études qui se font cbez nous dans le domaine théologique, les Editions du Lévrier publient, à intervalles irréguliers, des Cahiers de Théologie.Nous avons le plaisir d annoncer que le troisième cahier de cette série est actuellement sous presse et qu\u2019il sera en vente dans quelques jours.En collaboration avec la Librairie Téqui, de Paris, les Editions du Lévrier ont publié, il y a quelques mois, une réédition de I important ouvrage du Père Hugon, O.P.: Les 24 thèses thomistes.On sait que ces thèses, en plus d exprimer exactement les principes et les grands points de la doctrine de saint Thomas, constituent, selon le mot de Benoît XV, la doctrine préférée de I Egl ise en philosophie.Pour assurer la diffusion de la pensée catholique en face des multiples problèmes qui se posent aujourd hui dans les divers domaines des sciences religieuses, de la littérature, de la philosophie, de la biologie et des arts, les Editions du Lévrier (en collaboration avec déqui) offrent aux prêtres, aux religieux, aux laïcs cultivés, une très intéressante revue, La Pensée Catholique, qui leur permettra, soit de compléter leur formation religieuse, sociale, littéraire et artistique, soit de trouver un guide sûr pour apprécier avec justesse les nombreux courants de la pensée moderne.II \u2014 Vie chrétienne \u2014 Spiritualité \u2014 Culte de Marie Fidèles à leur consigne de ne pas tenir « la lumière sous le boisseau », les Editions du Lévrier ont offert à leurs lecteurs plusieurs ouvrages de choix destinés à mieux faire connaître et à mieux faire aimer la vie chrétienne.Il convenait d abord de rendre un digne hommage à la Vierge Marie.Un premier volume, La Très Sainte Vierge, de Paul 1 Ermite, nous présente un exposé à la fois ardent et lumineux des grandeurs de la Vierge Revue Dominicaine Marie et de i incomparable beauté de ce culte plus durable que le temps, plus vaste que le monde, et aussi impérissable que I Eglise elle -même.Avec le magnifique talent qu\u2019on lui connaît, Mme Rutb Lafleur-Hétu se chargea d apporter la contribution de la poésie : Le conte de la roseraie, composé de courtes méditations sans prétention sur les Mystères du Rosaire, est un bymne marial de toute beauté ; la présentation impeccable du volume met en relief les poèmes encadrés à la manière des missels enluminés par les imagiers du moyen âge.L\u2019hommage du missionnaire ne devait pas tarder, lui non plus : il y a quelques jours on offrait aux fervents de la Vierge un captivant ouvrage du Père René Picber, O.P.: Celle qui ne trompe pas.A la lecture de ce volume écrit par un inlassable apôtre, on ne peut qu\u2019admettre avec l\u2019auteur que la Vierge est véritablement « celle qui ne trompe pas ».* * * L un des meilleurs moyens d\u2019encourager les chrétiens à suivre de plus en plus étroitement la voie du Christ est sans aucun doute de leur présenter des exemples, des modèles sur lesquels ils pourront se guider au cours de leur longue marche vers la perfection.Les Editions du Lévrier l\u2019ont compris, qui présentèrent aux lecteurs un savant théologien, un moine du désert, une jeune fille de modeste famille, et son père, un homme qui s\u2019est sanctifié en sanctifiant les siens.Le savant théologien, ce fut saint Thomas d\u2019Aquin, dont le Père Jean Bousquet, O.P., nous présente une biographie admirable de concision et de clarté.Vie de saint Thomas d\u2019Aquin nous montre que le renoncement de l\u2019ascète, l\u2019abnégation du saint ne le cédèrent en rien à l\u2019extraordinaire puissance de l\u2019intellectuel : le plus grand philosophe et le plus grand théologien de tous les temps fut aussi grand par sa sainteté que par son génie.Le moine au désert, ce fut saint Antoine, celui que de temps immémorial on a considéré comme le père de la vie monastique.Cette biographie, Saint Antoine, écrite par saint Athanase, traduite par Arnauld d Andilly et annotée par le Père Pierre Tremblay, O.P., s adresse à tous les chrétiens qui veulent puiser aux sources de la plus authentique spiritualité.Nos lecteurs auront deviné que la jeune fille dont il s agit n\u2019est nulle autre que sainte Thérèse de I\u2019Enfant-Jésus, dont on a célébré tout dernièrement le cinquantenaire de la mort.Michel de Ladurantaye a voulu contribué à cette célébration en présentant Sainte Thérèse de Lisieux et Le sens des faits l\u2019Histoire de son Ame, un très intéressant ouvrage qui dégage les principaux faits ainsi que les grands traits de la « petite voie » que cette âme de choix a bien voulu nous faire connaître par son autobiographie.Monsieur Martin, le père de cette grande sainte, le Père M.-Vincent Masson, O.P.le cite en exemple à tous les papas.Un saint chez les Papas présente à tous les pères de famille l\u2019exemple de la vie d\u2019un homme qui a vécu la même vie que la leur et qui, en vivant tout simplement sa vie chrétienne de chaque jour, s est sanctifié et a sanctifié les siens.Aux jeunes gens qui se préparent au mariage, les Editions du Lévrier ont également offert en collaboration avec la librairie Téqui -\u2014 une réédition du populaire volume de M.I abbé Charles Grimaud, Futurs époux.Ce livre est tout indiqué pour les jeunes gens -\u2014¦ et leurs éducateurs \u2014 qui comprennent I urgente nécessité d apporter une préparation adéquate et soignée à la réception du sacrement de mariage.Aux plus petits.Madame Odette Vincent-Fumet présenta un très bel album, Sept Cadeaux Précieux, illustrant les trésors inestimables que produit la Confirmation dans I âme du baptisé.Comme le dit (dans la préface) M.I abbé Ernest Lemieux, Supérieur du Grand Séminaire de Québec, cet album « aidera grand nombre de petits, et plusieurs grands, à mieux comprendre la grâce reçue dans ce Sacrement et en perpétuera utilement le souvenir ».III ^ Littérature Histoire ^ Biographie \u2014 Théâtre Au cours de la dernière saison les Editions du Lévrier ont poursuivi leur politique d encourager les auteurs de chez nous.L esprit d observation de Charles Maurel, sa verve, ses pointes d humour nous ont valu Légendes Légères, un livre de contes alertes où figurent I enfant, la jeune fille, le jeune ménage de chez nous, des vieillards au cœur jeune, le tout rempli de la bonne odeur du pays.A la demande générale on vient de rééditer le beau livre d Ernest Pallascio-Morin, Je vous ai tant aimée.Comme on sait, ce volume est présenté sous forme de lettres adressées à Sylvie, celle qui fut tant aimée : c est un poème admirablement bien écrit, célébrant la grandeur et la noblesse de l\u2019amour humain.Un autre journaliste bien connu, Paul de Martigny.publiait récemment Les Mémoires d un Garnement, un volume dans lequel il évoque quelques souvenirs d enfance.C est un livre charmant, tout désigné pour ceux et celles qui veulent consacrer quelques heures à une lecture agréable et reposante.On se rappellera sans doute que quelque temps 59 Revue Dominicaine auparavant Paul de Martigny avait présenté I Envers de la Guerre (2 volumes), un ouvrage fort intéressant sur plusieurs aspects souvent méconnus de la dernière guerre.Les fervents du théâtre apprendront avec plaisir que les Editions du Lévrier auront terminé dans quelques semaines une réimpression de I excellente biographie d Eve Lavallière, due à la plume d\u2019Omer Englebert.Egalement dans le domaine du théâtre, signalons les pièces suivantes de Victor Vefceman, Deux amours et Les Sans-Dieu, deux pièces fort populaires auprès des sociétés dramatiques paroissiales et des cercles Lacordaire.Quant aux jeunes amis des livres, ils ne furent pas oubliés.Mettant à leur disposition son remarquable talent artistique et sa connaissance profonde de la psychologie enfantine.Madame Odette Vincent-Fumet leur dédia quatre délicieuses petites brochures illustrées : Anniversaire, T ms deux amis de Rosette, Les jumeaux, La lotion de maman.IV \u2014 Revue \u2014 Radio Parallèlement au service général d\u2019éditions, les Editions du Lévrier assurent également la publication d une revue mensuelle de première valeur : la Revue Dominicaine.Depuis plus de cinquante ans ses articles de fond, ses commentaires sur I actualité et ses recensions de volumes contribuent à améliorer et à rayonner la culture religieuse, sociale, littéraire et artistique de I élite intellectuelle canadienne-française.« Les Editions du Lévrier sur les ondes !.» Nous terminerons ce compte-rendu des ouvrages parus aux Editions du Lévrier au cours de 1046-194/ en rappelant aux lecteurs que cette société commandite un programme spécial intitulé « Au service du livre ».Ce programme est entendu chaque samedi après-midi, de 4 heures 20 à 4 heures 30, sur les ondes du poste CKVL (Verd un).A chaque programme on présente un livre-vedette canadien et un concours intéressant est organisé à l\u2019intention des auditeurs.Ainsi.les Editions du Lévrier ne négligent rien pour assurer le progrès et la diffusion des lettres canadiennes.Les éloquents témoignages reçus au cours des derniers mois nous permettent d espérer pour 1947-1048 une saison encore plus fructueuse.Le Lévrier va toujours de l\u2019avant ! Aurèle Daoust 60 L esprit des livres Michel de Ladurantaye « Sainte Thérèse de Lisieux et l\u2019histoire de son âme ».Les Editions du Lévrier, Montréal-Ottawa, 1947.19 cm.152 p.A l\u2019instar de l\u2019héroïne dont il exalte les vertus, le véritable auteur se cache.sous un pseudonyme.Aurait-il fait un mauvais coup ?Ou bien est-ce un moyen d\u2019entrer dans la voie d\u2019enfance spirituelle ?Laissons-lui son secret et ouvrons son livre.Dédié « à tous ceux et à toutes celles qui cherchent une solution toute ordinaire aux aspirations multiples de leur âme», présenté comme une exploration de Histoire d\u2019une âme, terminé par une notice biographique : sources, actes officiels, études \u2014 indices d\u2019un auteur rompu aux disciplines de l\u2019histoire \u2014 ce volume nous livre la théologie de la petite sainte.Les extraits les plus significatifs sont précédés et suivis de commentaires à la portée de tous.On y voit que tout concourt : le monde, la nature, les joies et les épreuves, les menus détails de l\u2019existence, les grâces du moment, à une ascension continuelle vers Dieu.Il apparaît que c\u2019est surtout par la surnaturalisation de ces mille riens qui remplissent toute vie et peuvent l\u2019enrichir que Thérèse s\u2019impose en modèle à toutes les vies illustres ou obscures ou apparemment inutiles.Donc à nous tous du XXe siècle ! Après avoir parcouru ce livre, il ne nous reste qu\u2019à vivre comme Thérèse et à dire merci à l\u2019auteur dont la piété thérésienne engendra une œuvre de paix et d\u2019harmonie au milieu d\u2019un monde bouleversé.Gilles Dolbec En collaboration « Six ans après ».Les Editions Unitas, Montréal, 1947.19 cm.207 p.Présenté par le très dévoué Directeur de l\u2019Action catholique : Mgr A.Valois, préfacé par Me Eugène Simard, président et Mme Francine Willie-Major, présidente, ce volume nous livre le bilan de six années d\u2019Action catholique.Il convenait de mettre sous les yeux du public les réalisations des premiers apôtres laïques de nos mouvements d\u2019avant-garde.De belles pages de doctrine et de technique sur la spécialisation de ces mouvements ; de solides études sur la coordination de l\u2019action paroissiale et de l\u2019action diocésaine nous révèlent le travail gigantesque de six années, et si les succès sont déjà imposants pour des commencements, les espérances d\u2019une armée^ si bien organisée sont incommensurables.Voilà un livre qui fera connaître l\u2019actualité catholique du plus populeux diocèse du Canada.Le lecteur extra-diocésain sera sans doute séduit par de tels gains et voudra partir en avant avec Montréal.Ant.Lamarche, O.P.61 Revue Dominicaine En Collaboration « La L.O.C.Canadienne ».Les Editions Fides, Montréal, 1947.19 cm.278 p.La Ligue Ouvrière Catholique, ou L.O.C., mouvement spécialisé d\u2019Action catholique, voit le problème ouvrier tel que le voit l\u2019Eglise.Pour rayonner les idées des documents pontificaux et poursuivre son travail de conquête, elle emploie la méthode particulière à la spécialisation : voir, juger, agir.Le présent ouvrage renferme toutes ces notes.La première partie ne saurait mieux décrire la situation de la famille ouvrière.Ce que la L.O.C.apporte comme enquête, c\u2019est du vécu, du concret, du pratique, de la vie de tous les jours : cet exposé, qui se lit avec grand intérêt, ne peut qu\u2019aider les pères et mères de familles à mieux voir et comprendre le problème de la famille ouvrière.La deuxième partie pénètre au fond du problème.La mystique touche l\u2019âme de la famille ouvrière.Ce point est la pierre angulaire de la cellule familiale et de toute la société ; et c\u2019est ce point qui est malheureusement le plus ignoré de nos jours.On ne peut régler le problème familial si on ne respecte pas les biens du mariage véritable.Com.René Girard, S.J.« Les neuf symphonies de Beethoven ».Les Editions Fides, Montréal, 1947.21 cm.174 p.De tous les arts, la musique est celui que le Canadien cultive avec tant de succès qu\u2019il est en train de s\u2019y faire un nom.L\u2019intérêt qu\u2019il porte à toutes les manifestations musicales : vocales ou instrumentales, est tout à son honneur.Mais de là à affirmer qu\u2019il comprend tout, il y a une marge.Les neuf symphonies de Beethoven, particulièrement la sixième et la neuvième, sont assez connues, quant au rythme, du grand public.Mais combien peuvent en saisir le thème, les variations, les amplifications, les dédoublements ?Le livre du Père Girard nous jette dans la contexture musicale des neuf symphonies et c\u2019est tout un enchantement de suivre Beethoven sur disques et ce livre à la main.On lit, on écoute, on comprend, on suit l\u2019inspiration à travers les dédales de sentiments complexes pour expirer en extase sur le seuil de l\u2019éternité, au son du Dies irce, avec la Neuvième.L\u2019auteur adresse son livre aux jeunes, mais je puis l\u2019assurer que ceux qui ne sont plus jeunes sauront s\u2019y délecter.Les dessins de Mme Andrée de Groot, éminemment symboliques, en disent autant que le texte.Si couleurs il y avait, on aurait déjà le son dans l\u2019œil.Ant.Lamarche, O.P.François Mauriac «Trois grands hommes devant Dieu».Les Editions Variétés, Montréal, 1947.18 cm.108 p.Un grand petit livre \u2014 a peine plus de cent pages \u2014 dans lequel ces trois immortels genies, Molière, J.-J.Rousseau, Gustave Flaubert, re- 62 L\u2019esprit des livres çoivent un traitement de haute analyse, sous des aspects profonds et inédits où le clinique et le psychologique s\u2019entrecroisent sans cesse pour en éclairer merveilleusement toute leur personnalité.Grâce au talent de Mauriac \u2014 jamais plus admirable que lorsqu\u2019il s\u2019agit de sonder les reins et les cœurs \u2014 nous avons là, dans Trois grands hommes devant Dieu, une situation mieux définie et plus humaine de ces génies en regard du spirituel, en même temps qu\u2019un très précieux document psychanalytique sur ces grands ar-listes en fonction de leur œuvre.\tA\tDécarie Dom Charles Poulet, O.S.B.ËClRLITË : (Ï1RLRDIL/CMIQUL/ CflnCEh.TUBEftCULQ/E, fl/mmE.PiHumfm/mE LA BANQUE CANADIENNE NATIONALE est à vos ordres pour toutes vos opérations de banque et de placement.\u2022 Actif, environ $350,000,000 525 bureaux au Canada Succursale à St-Hyacinthe E.O.DESJARDINS, gérant Xlï VIENT DE PARAÎTRE : SAINTE THÉRÈSE DE LISIEUX ET L\u2019HISTOIRE DE SON ÂME PAR MICHEL DE LADURANTAYE Ouvrage d actualité commémorant le cinquantenaire de la mort de la « sainte des temps modernes ».PRIX: $1.00 VIENT DE PARAÎTRE : LES MÉMOIRES D'UN GARNEMENT PAUL DE MARTIGNY \u2022 ¦ \u2022 Le livre dépasse le niveau habituel des mémoires par sa valeur littéraire et sa puissance d\u2019évocation.\u2022 ¦ \u2022 PRIX : $1.25 WWWMHHMVHUVMWMHHiHiWVVWMMiWVHW en vente à : LA LIBRAIRIE DOMINICAINE | rrK\u201e,r\t5375.A V.N.-D .D E G R ÂC E\t* 95.AVENUE EMPRESS OTTAWA ( WAlnut 6765) MONTREAL (TÉL.2-7363) 'WWWVWWWVWWWWVVWWWWWWVWWVVVVVWVVWVVWWVWWVV^V NOUVEAUTES JANVIER 1948 Celle qui ne trompe pas, par René Picher, O.P.$1.00 Pour mieux gouverner, par F.-X.Ronsin, S.J.\t4.50 L\u2019éducation à la croisée des chemins, par Jacques Maritain .2.00 Paradoxes, par Henri de Lubac, S.J.1.25 Catholicisme, par Henri de Lubac, S.J.3.50 Médecine et éducation.Tome I Principes, par le Groupe Lyonnais 1.75 Médecine et éducation.Tome II Problèmes médico-psychologiques 2.00 Iroquoisie, par Léo-Paul Desrosiers.Tome I .2.50 Les étapes de la simplicité, par F.Florand, O.P.\t2.00 Jehanne fille dé Dieu, par M.de Langle de Cary\t1.00 Marie des Gosses, par G.Leclos et P.Dumaine.Comédie en 3 actes (filles) .90 Souffrance école de vie, par Suzanne Fouché\t1.25 Très simple explication du catéchisme, par le Chan.Bourceret.380 p.2.50 Le Mariage, par l\u2019abbé A.Martin.Edition revue et augmentée 1946 3.00 Liturgia.Encyclopédie.1 142 pages.Edition 1947.Cartonnée\t8 00 La philosophie au Moyen âge, par Etienne Gilson .8.00 Novum testamentum græce et latine, par A.Merk, S.J.Relié.850 p.7.50 La clef de la doctrine eucharistique, par Dom Vonier\t2.00 Vocations, par R.P.Loret, C.SS.R.\t1.50 Méditations pratiques, par R.P.Vercruysse.2 vol.reliés tr.rouge 4.75 Philosophie et incarnation selon saint Augustin, par Etienne Gilson.Relié .1.00 Scriptum super sententiis, par S.Thomas d\u2019Aquin.Tome 4.1 144 pages Prix net 9.00 Manuel d\u2019action missionnaire, par J.E.Champagne, O.M.1.Relié .\t5.00 Messes pour militants d\u2019Action catholique, par l\u2019abbé R.Baron\t.60 Jésus notre chef, par M.M assart.1.25 L\u2019esprit de Dom Marmion, par Dom I.Van Houtryve .75 Atlas historique de l\u2019Ancien Testament, par R.P.Tellier\t1.25 Atlas historique du Nouveau Testament, par R.P.Tellier\t.50 Chez les Apollons de Bronze, par J.Sachot, O.M.1.2 50 La Sainte Messe, notes sur sa liturgie, par Dom E.Vandeur\t2,00 Renoncement chrétien, par l\u2019abbé Fernand Paradis, P.S.S.1.25 L\u2019ami de Dieu et des hommes, par Dorn I.Van Houtryve .3.50 Les Fioretti de S.François.Intr.et traduction de O.Englebert\t8.00 Le miroir de la foi, par Guillaume de\tS.Thierry .3.50 Guillaume de S.Thierry.Méditations\tet prières .3 00 Le mystère de Dieu, par Ch.V.Héris,\tO.P.2.00 Le Canada et l\u2019organisation int.du travail, par J.P.Després .2 50 Bse Marie-Thérèse de Soubiran La Louvrière, par M.Th.Delmas 1.85 Un appel à l\u2019amour.Sœur Joséfa Ménendez.Grande édition\t2.75 Le livre au service du Christ, par A.de Parvillez, S./.45 - * O «\t- En vente à : LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 95.AVENUE EMPRESS \\\t5375.AV.N.-D.DE GRÂCE OTTAWA\tj\tMONTRÉAL (TÉL.2-7363)\t)\t(WALNUT 6765) I rois ou vrages du Rév.Père M.-M.Desmarais WWVWWUMVWWWWWWWV L'AMOUR ET LES CHRETIENS .et voilà quelques réponses à la question : « L\u2019AMOUR EST-IL UN PÉCHÉ ?» PRIX : $1.00 DANS 300 ANS L auteur propose une « cure d espérance » à ceux que Je présent menace ou écrase, en leur faisant contempler l éternelle félicité promise à ceux qui sauront vivre le catholicisme dans toute son exigeante vérité.PRIX : $1.00 CATHOLIQUES D'AUJOURD'HÜI Les catholiques d au jour d hui trouveront dans ce volume des solutions concrètes à leurs problèmes et à leurs préoccupations de tous les jours.PRIX : $1.00 En vente à LA LIBRAIRIE DOMINICAINE ********* 99.AVENUE EMPRESS OTTAWA (TÉL.2-7363) 5375.AV.N.-D.DE GRÂCE MONTRÉAL ( WALNUT 6765) *********************************** V****************************************V>> XV ******** Revue mensuelle publiée à St-Hyacinthe, P.Q.9 « Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa » ABONNEMENTS : CANADA : $3.00 i ÉTRANGER : $3.25 : AVEC LE ROSAIRE : 25 SOUS EN PLUS : LE NUMÉRO: $0.30 ; ABONNEMENT DE SOUTIEN: $10.00 DIRECTION: 3500, AV.LAVAL, MONTRÉAL .18 ADMINISTRATION : 5375.AV.NOTRE-DAME DE GRÂCE, MONTRÉAL - 28 La Revue ne sera pas responsable des écrits de collaborateurs étrangers à l\u2019Ordre de Saint-Dominique IMPRIMÉ À L\u2019ŒUVRE DE PRESSE DOMINICAINE.NOTRE-DAME DE GRÂCE, MONTRÉAL - 28 r i "]
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