Revue dominicaine, 1 mars 1950, Mars
[" REVUE DOMÎNiCVINE BONNES ADRESSES À CONSULTER Accessoires, Appareils Photographiques : CAMERAS, ClNÉ-CAMERAS, PROJECTEURS, LANTERNES À Tues Fixes, Etc.i Au Royaume de la Camera Inc., 3, St-Jean, Tél.3-4327, Québec Accessoires Électriques : Bizier & Caron Ltée, 43i, St-Joseph, Tél.4-1081, Québec P.Q-Roland Electrique Enrg., 3190, 1ère avenue, Tél.3-0896, Québec Agences Commerciales Diverses i Bouffard, Mme S., 19, Foisy, Tél.1166 .Lévi», P.Q Agents Manufacturiers \u2014 Importateurs s Lortie, J.R., 88, boul.Orléans, Tél.2-7736 .Giffard, P.Q.Aluminium i Martel, Richard, 696, 1ère av., Tél.3-9403, Limoilou.Québec Appareils Électriques « Marquette Electrique Inc., 28%, Ch.Ste-Foy, Tél.3-2114, Québec Appareils de Chauffage : Volcano Ltée, 96, Côte d\u2019Abraham, Tél.8-2672, Québec, P.Q.Architectes t Bouchard & Rinfret, 400, boul.Charest, Tél.4-0734, Québec, P.Q.Desmeules, Gabriel, 226, St-Jean, Tél.4-3864 .Québec, P.Q.Larue, J.-Albert, 6711, Durocher, Tél.CR.2734 .Montréal Architectes Lemieux, 760, Square Victoria, LA .2870, Mtl.Ludger Lemieux \u2014 A.A.Q.P.\u2014 M.R.A.I.C.Paul M.Lemieux \u2014 B.A.\u2014M.R.A.I.C.\u2014 A.A.P.Q.\u2014D.P.L.G.F.Arpenteurs-Géomètres et Ingénieurs Forestiers : Boucher, Germain, 26, St-Louis, Tél.4-1841 .Québec, P.Q.Blanchet, Jos., 97, Laurentide, Tél.3-1330 .Québec, P.Q.Articles Religieux, Jouets, Libraire, Etc.i Kirouac, Marcel, 479, 6e rue, Tél.2-6383 .Québec, P.Q.Articles de Sports : Le Palais des Sports, 67, Côte d\u2019Abraham, Tél.3-2341, Québec Ascenseurs î La Cie F.-X.Drolet, 206, Du Pont, Tél.4-4641 .Québec, P.Q.Assurances Générales s Bernardin Frères, Edifice Aldred, Ch.305, 505, Place d\u2019Armes, Tél.HA.6258, Montréal Boutin, P.A., 80, St-Pierre, Tél.2-3884 .Québec, P.Q.Assurance : National Life Assurance Co.Arsenault, Bona, Gérant, 80, St-Pierre, Tél.2-6785 .Québec Assurance t La Solidarité, Cie D\u2019Assurance-Vie : Siège Social, 126, St-Pierre, Tél.4-4034 .Québec, P.Q.Autobus : Autobus Lemelin, 170, Commerciale, Tél.Zone 6-327, Lévis, P.Q.AUTOBUS À LORETTE, AÉRODROME, CHAMPIGNY, LAC St-Joseph, S te-Catherine : Drolet, A., Ltée, 606, boul.Charest, Tél.2-8494, Québec, P.Q.Autobus Fournier Ltée î Québec au Camp Val-cartier, Ste-Foy, Lac St-Charles.St-Raymond .Terminus, 601, boul.Charest, Tél.6182-34, St-Augustin, 2-5946 AUTOMOBILES (Soudure, Débossage, Peinture, Etc.) : Boutet & Fils, 131, Caron, Tél.3-3370 .Québec,\tP.\tQ.Ferland, Ludger, 661, 1ère av., Tél.4-2920 .Québec,\tP.\tQ.Automobiles \u2014 Vente a Service : Giguère Automobile Ltée, 601, St-Vallier, Tél.8230 .Québec Montcalm Auto Inc., 901, 1ère av., Tél.2-5676 .Québec, P.Q.Avocats : Bélanger, P.E., 937, Père Albanel, apt 6, Tél.4-8772,\tQuébec Boutin, J.Pierre, 80, St-Pierre, Tél.2-7004 .Québec,\tP.\tQ.Champeau, Armand, 5585, Canterbury, Tél.AT.9717, Outremont Dumontier, Albert, 105, Côte de la Montagne, Tél.2-1502, Qué.St-Jacques, Henri, 18, Rideau, Tél.2-6055 .Ottawa, Ont.Biscuits et Gâteaux : Cie de Biscuits Stuart Ltée, Alf.Allard, prés., CR.2167, Mtl.Blocs de Béton, Tailleurs de Pierre i Côté, Valère, Inc., 325, Dorchester, Tél.4-4491, Québec, P.Q.Bois de Pulpe et Bois de Sciage : Coulombe, J.A.& Cie Ltée, 126, St-Pierre, Tél.2-1533, Québec Bois et Matériaux de Construction i Grier, G.A.& Sons Ltd., 2120 ouest, N.-Dame, WI.6118, Mtl.Bois de Construction,Manufacturiers de Plancher» en Bois Franc, Portes et Châssis i Dupuis, J.-P.Ltée, 1084, Av.de l\u2019Eglise, Tél.YO.0928, Verdun Bonbons en Gros s Bonbons Yolande Enrg., Mme J.-B.Cloutier, propr., 67, Dalhousie, Tél.4-1167 .Québec, P.Q.Boulangers (gâteaux et pâtisseries) i Boulangerie Nationale, 540, 1ère av., Tél.2-5244, Québec, P.Q.Hethrington, T-, Ltée, 868-364, St-Jean .Québec, P.Q.Brique, Terra-Cotta, Tuyaux, Chaux, Bloc de Béton : Giroux & Fils Enrg-, 311, Dorchester, Tél.8-1660, Québec, P.Q.Brûleurs à l\u2019Huile s Beaudet, J.-L., 400, Charest, Tél.8-0950 .Québec, P.Q.Desroches, Eug.& Fils, 1039, St-Vallier, Tél.3-8014 .Québec.Buanderies : Buanderie St-Paul, 2020, Roberval.Tél.WE.6791 .Montréal Drolet, J.A., 12, St-Sacrement, Tél.7-1613 .Québec, P.Q.Café, Thé, Confitures t J.A.Désy Ltée, 1459, Delorimier, Tél.FR.2147 .Montréal Carrosseries D'Auto (débossage, rembourrage, Etc.) : Normandeau, A.et Fils, 01152, Charlevoix, WL 6662, Montréal Chapeaux « Guimont, Mlle Imelda, 121, St-Jean, Tél.2-1908, Québec, P.Q.Charbon : Quebec Coal Co.Ltd., 411, boul.Charest, Tél.2-8472, Québec CHARBON (Anthracite et Bitumineux) i The Canadian Import Co.Ltd., 83, Dalhousie, Tél.2-1221, Qué.Charbon et Huile à Chauffage i Madden & Fils Ltée, 244, boul.Charest, Tél.4-3578 .Québec Charcuterie : Charcuterie Hygienic Enrg., 437, St-François, Tél.3-7438, Qué.Chauffage et Plomberie : Germain & Frères Ltée, 237, St-Antoine, Tél.76, Trois-Rivières Chiquette, Rosario, 28, Lavigueur, Tél.4-3782, Québec, P.Q.Couture, Odilon Enrg.27, Lavigueur, Tél.5-8073, Québec, P.Q.Chauffage et Plomberie (entrepreneur) s Jette, J.-W.Limitée, 860 est, Rachel, Tél.MA.4184, Montréal Chauffage, Réfrigération.Ventilation, Électricité : Bouchard, J.-A.-Y.Inc., 97, Côte d\u2019Abraham, Tél.4-2421, Québec Chaussures s Létourneau, Emile.96, de la Couronne, Tél.3-7403, Québec, P.Q.Rousseau, J.E., 317-a, St-Joseph, Tél.8-0100 .Québec, P.Q.Roy & Roy, 10-B, St-Joseph .Lauzon, P.Q.Chirurgien-Dentiste : Trottier, Dr Jean, 37, St-Eustache, Tél.3-6675 .Québec, P.Q.Chocolats (fins \u2014 minuscules) Livraison s Denyse, 4927 ouest, Sherbrooke, Tél.EL.4877 .Montréal Cierges, Chandelles, Bougies : F.Baillargeon Ltée, 61 ouest, Notre-Dame, PL.9467, Montréal Cire à Plancher Liquide et en Pâte : Les Produits Sylvia Enrg.187, des Commissaires, Tél.6768, Québec, P.Q.Compliments : Compliments d\u2019un ami : C.et G.Québec, P.Q.Compliments d\u2019un ami : J.E.S. BONNES ADRESSES A CONSULTER Compliments d\u2019un «mi : J.B.R.et Cie Inc.Complimente d\u2019un ami : P.Québec, P.Q.Complimente de J.M.Québec, P.Q.J.P.Laberge Enrg.Complimente d\u2019un ami : O.S.-P.Don d\u2019un particulier.L\u2019Honorable Sénateur Cyrille Vaillancourt .Lévis, P.Q.Mlle Y.Langlois .Lauzon, P.Q.Un ami de la Revue.Un ami de la Revue : A.D.& Fils Ltée.Doreurs-Argenteurs-Orfèvres I Beaugrand.Gilles, 846, de l\u2019Epée, Tél.DO.2060 .Montréal Galvanoplastie Canadienne, Côte Samson des Glacis, Tél.3-4883, Québec, P.Q.ÉDITIONS « Editions du Lévrier, 6376, Av.N.-D.de Grâce, WA.6766, Mtl.ÉLECTRICIENS - LAVEUSES, ETC.« Simard Electrique Enrg., 317r, 8e rue, Tél.3-7701, Québec, P.Q.ÉLECTRICIEN - RÉPARATIONS DE MOTEURS i Gravel Electrique, 611, 1ère avenue, Tél.8-7371, Québec.P.Q.COMPTABLE AGRÉÉ ! Turgeon, Paul, 862, St-Vallier, Tél.4-7426 .Québec, P.Q.Confection et Répabation de Chapeaux pods Dames i Le Papillon d\u2019Or (Mlle J.d\u2019Arc Emond), 109, St-Jean, Tél.2-4314, Québec, P.Q.Confiserie i Boutin, L.P., 1686, 8e avenue, Tél.4-0851 .Québec, P.Q.CONTRACTEURS i (Construction de Chemins et D\u2019Édifices Publics) : Les Entreprises Lechasseur Ltée .Mont-Joli, P.Q.Sévigny, Antonio, 31, Des Remparts, Tél.3-2701, Québec, P.Q.CONTRACTEURS - ÉLECTRICITÉ - CHAUFFAGE - Constructions, Démolition, Matériaux à Tendre « Tétrault Frères, 1200, Av.de l\u2019Eglise, Tél.TR.6611-6612, Montréal Courtiers i Lagueux & Desrochers Ltée, Casier Postal 218, 106, Côte de la Montagne, Tél.2-8271, Québec, P.Q.Courtier en Immeuble : Thibodeau, L.P.R., 823, boul.Charest, Téls.2-8116 \u2014 4-2316, Québec, P.Q.Courtiers D'Obligations i La Corporation de Prêts de Québec, 132, St-Pierre, C.P.68, Tél.2-4765, Québec, P.Q.Courtiers en Épiceries i Brault, Anastase, 1891, Roberval, Tél.WE.4237 .Montréal Courtier en Immeubles a- Assurances i Leroux, O., 626, 8e avenue, Tél.4-3836 .Québec, P.Q.Couvreurs : Falardeau, Eugène Ltée, 141, Dorchester, Tél.5-9677 .Québec Crème Glacéei Crémerie Mont Blanc Enrg., 149, Renaud, Tél.2-6841 .Québec Dactylos, Calculateurs, Miméographes s Martineau, N.& Fils, 1019, Bleury, Tél.BE.2318, Montréal.Députés « Fleury, E., M.A.L.(Cultivateur) .St-Léonard d\u2019Aston, P.Q.L\u2019honorable T.Labbé, M.A.L.(Epicier en Gros).644, Notre-Dame, Tél.89, Thetford-Mines, P.Q.Lévesque, J.R., M.A.L., prop.(Epicerie Moderne Enrg.) Ste-Anne des Monts, Comté de Gaspé-Nord, P.Q.Matte, Jos., M.A.L., 124, de l\u2019Eglise, Tél.3-0701, Québec, P.Q.Bernard, Robert, 12, Marier, Drummondville, P.Q.Bernatchez, René, agronome, St-Flavien, Co.Lotbinière, P.Q.Blanchard, J.-L., notaire, Ste-Thérèse, Co.Terrebonne, P.Q.Cossette, Philippe, notaire, Causapscal, Co.Matapédia, P.Q.Desjardins, Gérard, C.P.260, Maniwaki, P.Q.Fox, C.J.W., Foster, Co.Brome, P.Q.Gérin, Denis, Coaticook, P.Q.Johnston, Raymond, Otter Lake, Co.Pontiac, P.Q.Lizotte, Fernand, Docteur, St-Jean Port-Joli, Co.L\u2019Islet, P.Q.Ouellette, Pierre, 108, La Salle, Baie Comeau, P.Q .Rémy, J.G., Assurances, Huntingdon, P.Q.Directeurs de Funérailles: Bouchard, J.& Fils, 820, 6e rue, Limoilou, Tél.4-1113, Québec Thibault, J.P.Enrg., 9, Commerciale, Tél.131 .Lévis, P.Q.Cloutier, Charles Enrg., 174, D\u2019Aiguillon, Tél.6-6210, Québec I Enseignes Lumineuses au Néon \u2014 Réparations i Modern Neon Reg\u2019d., 1220, St-Vallier, Tél.4-1191, Québec, P.Q.Entrepreneurs : Bilodeau Ltée, 82, Richelieu, Tél.2-1148 .Québec, P.Q.Entrepreneurs Électriciens i Asselin Electrique, 317B, de la Canardière, Tél.8-2002, Québec, P.Q.Latulippe, J.-P., 124, Bayard, Tél.2-7644 .Québec, P.Q.Sylvain, Lucien, 92, Ste-Agnès, Tél.2-2987 .Québec, P.Q.Entrepreneurs-Couvreurs i La Rue, D.Ltée, 5, Centre Industriel, St-Malo, Tél.8-7600, Qué.Bureau, Antonio, 240, boul.des Capucins, Tél.6884, Québec Entrepreneurs Généraux i Bédard, Albert, 138, St-Patrick, Tél.2-3623 .Québec, P.Q.Dubé & Dubé, 14, Place d\u2019Aiguillon, Tél.8-8322, Québec, P.Q.Lamontagne, F.-X., 411, Boulevard Charest, Tél.8-0590, Québec Les Entreprises Bergerville Ltée, 111, Côte de la Montagne, Tél.2-5268, Québec, P.Q.Parent & Gosselin Enrg., 270, des Oblats, Tél.8-5876, Québec Entrepreneurs-Menuisiers .Blouin & Blouin Enrg., 120, Châteauguay, Tél.6-8687, Québec Entrepreneurs de Menuiserie Générale i Bégin, Alphonse, 276, 18e rue, Limoilou, Tél.4-8980, Québec Entrepreneurs-Peintres i Boisvert, Charles & Fils, 1701, Ch.St-Louis, Tél.7-2884, Québec Entrepreneurs de Pompes Funèbres i Bureau, J.C., 2, Durocher, Tél.6-6298 .Québec, P.Q.ÉPICIERS : Blouin, Paul, 110, Bourlamaque, Tél.2-3964 .Québec, P.Q.Pakenham Enrg., 976, 8e avenue, Tél.2-5681 .Québec, P.Q.Pelletier, Alphonse, 840, St-Vallier, Tél.2-0088 .Québec, P.Q.ÉPICERIES EN Gros : Lamarche, J.-H., 6749, St-Laurent, Tél.CR.2165 .Montréal Letellier, J.-B.-E.Enrg., 112, Dalhousie, Tél.2-8931 .Québec Rioux & Pettigrew, 48, St-Paul, Tél.2-1212 .Québec, P.Q.Épicerie-Boucherie i Magasin St-Louis Enrg., 26, St-Louis .Québec, P.Q.Estampes en Caoutchouc « A.Derome et Cie Enrg., 25 est, N.-Dame, LA.2892, Montréal Ferronnerie d-Art « Les Frères Lebrun, 466, Niverville .Trois-Rivières, P.Q.Marchand, Adélard, 68, St-Vallier, Tél.2-2870 .Québec, P.Q.Ferronnerie en Gros : Demers, J.L.Ltée, 67, Commerciale, Zone 5-1070 \u2014 Québec.6-5177, Lévis, P.Q.Fleuristes : Gardenia Enrg., 135, St-Jean, Tél.4-2128 .Québec, P.Q.Fonderie : Quebec Brass & Iron Foundry, 63, Commerciale, Tél.Zone 5-259, Lévis.P.Q.Fourrures s Alain, P.A.Ltée, 203, St-Joseph et 79, de l\u2019Eglise, 5106, Qué.Bernard, Léo, 810, St-Vallier, Tél.8-1329 .Québec, P.Q.Desjardins Chas, et cie, 1170, St-Denis, Tél.BE.8711, Montréal Jobin, Arthur, 96, St-Joseph, Tél.5-9016 .Québec, P.Q.Fourrures, Haute Qualité, Réparation, Voûte i Nadeau, J.-O., 160, Côte d\u2019Abraham.Tél.2-6429, Québec, P.Q.Sanfaçon, Honoré, 264, St-Joseph, Tél.6-7419 .Québec, P.Q.Turcotte, N.-Geo., 201, boul.Charest, Tél.4-1459, Québec, P.Q.IV BONNES ADRESSES À CONSULTER Fruits et Légumes « Quebec Fruit & Fish Ltd.,\t\u201e 116, Dalhousie, Tél.2-3833, Québec, P.Q.Garage \u2014 Réparations Générales « Beaulieu & Filion Enrg., 207, Ste-Hélène, Tél.2-2256, Québec Tél.2-8777, Québec, P.Q.Garage Paradis Enrg., 78, D\u2019Aiguillon, Tél.2-8777, Québec P.Q.Garagistes « Fradette, Amédée, 45, Franklin, Tél.3-2828 .Québec, P.Q.Garage Cloutier, 93, boul.Lansrelier, Tél.9034 .Québec, P.Q.Tanguay, H., 64, 1ère avenue, Tél.2-6788 .Gros Pins, P.Q.Grains, Foin, Ferronnerie, Peinture, Etc.s Corriveau, A., 1742, Chemin St-Louis, Tél.4-3933, Québec, P.Q.Grains, Moulées, Provisions » Avard, Tancrède, Ltée, 36, Anderson, Tél.2-4028, Québec, P.Q.Larochelle & Fils, Inc., 65, St-Roch, Tél.5-7494 .Québec, P.Q.Hobbs Glass Ltd.(Vitres et Peinture) : Hobbs Glass Ltd., 90, Côte de la Montagne, Tél.2-1638, Québec Hôtels « Château Champlain, 401, St-Paul, Tél.2-2061 .Québec, P.Q.Hôtel Kennebec, 115, Commerciale, Tél.12 .Lévis, P.Q.Hôtel Louis XIV Ltée, 3, Place Royale, Tél.2-0228 .Québec Hôtel Montcalm, Inc., 161, St-Jean, Tél.2-1287, Québec, P.Q.Importateurs et Fabricants d-Objets de Piété i Génin, Trudeau et Cie, 88 ouest, N.-Dame, LA.2261, Montréal Imprimeurs Médéric Parent, 50i, St-François, Tél.8-1252, Québec, P.Q.Industrie Laitière (Machines, Ustensiles, app.Fiuq.) : Trudel, B.et Cie, 304, Carré Youville, Tél.MA.8067, Montréal Ingénieurs Constructeurs « Cauchon, Magloire Ltée, 311, de la Salle, Tél.5-6179, Québec Komo Construction Ltée, 1600, St-Vallier, Tél.2-6839, Québec, P.Q.Ingénieurs-Conseils t Demers, Georges, 71, St-Pierre, Tl.3-6736 .Québec, P.Q.Halle, Jules, 189, St-Jean, Tél.2-1178 .Québec, P.Q.Langlais, Zachée, 105, Côte de la Montagne, Tél.3-6661, Québec, P.Q.Institutrice > Sturton, Mlle Ethel, 93, Crémazie, Tél.5-9571 .Québec, P.Q.Instruments de Musique : Brodrigue, Wilfrid, 37, Ch.Ste-Foy, Tél.6-6888, Québec, P.Q.Isolation \u2014 Laine Minérale : Bouchard & Robitaille Enrg., 149, d\u2019Argenson, Tél.6-8798, Qué.Jardinier Fleuriste s Bardou, A.F., Chemin St-Louis, Tél.4-1855 .Québec, P.Q.Laboratoire Farley \u2014 Hull, P.Q.t Fabricant des « Antalgines» contre les maux de Tête.Lait, Crème, Beurre, Œufs et Fromage t La Ferme St-Laurent Ltée, 6720, Garnier, CR.2188-9, Montréal La Laiterie Frontenac Ltée, 142, de l\u2019Eglise, Tél.7175, Québec, P.Q.Laiterie Arctic Ltée, 75, du Sacré-Cœur, Tél.5-7101 .Québec Laiterie Laval Enrg., 875, 4e avenue, Tél.4-3561, Québec, P.Q.La Librairie Dominicaine î 5376, avenue Notre-Dame de Grâce, Tél.WA.6765 .Montréal 95, avenue Empress, Tél.2-7363 .Ottawa, Ont.Librairie .(Corr., t.II, p.11, 1er janvier 1907) « J ai I intention de lire, si je peux me le procurer, l Arbre de Paul Claudel, que j ai feuilleté et qui m attire singulièrement » \\ Cette note apparaît soudaine, un peu perdue dans ce climat littéraire où évoluaient Rivière et Alain-Fournier.Un homme vivant entrait dans le cercle étroit des deux amis pour y ckanter la joie et I exubérance qu appelaient leurs cœurs attentifs, mais rongés par le doute.Les idées et les valeurs qui faisaient vibrer l ame de Rivière, étaient magnifiées et amplifiées par le message d un homme lointain, appelé Claudel.Il lui fallait le recevoir pour le vider de sa fausse certitude ou pour partager sa nourriture spirituelle.Cependant, près de deux années s écoulèrent avant que Rivière se décidât à aborder le tête-à-tête, qu il entrevoyait brutal.Durant cette période d attente, il avait connu et médité les textes de Claudel et sa décision d entrer en correspondance avec le poète chrétien était le résultat d\u2019un acte bien déterminé et non pas une simple fantaisie.Rivière, avec sa conscience habituelle, avait soupesé le risque, et ayant évalué la solidité comme la fragilité de ses positions, il acceptait de le courir.La correspondance échangée entre Rivière et Claudel durant les années 1907 à 1914, représente un document spirituel unique parce qu elle oppose deux âmes également assoiffées de plénitude, mais dont I une couve précieusement son inquiétude tandis que 1 autre possède imperturbablement la vérité.Nous savons par une lettre à Alain-Fournier 1.Correspondance, t.I, page 106, 5 novembre 1905.136 Jacques Rivière et Paul Claudel avec quelle appréhension Rivière jeta à la poste sa première missive, adressée à un inconnu qui représentait à titre officiel la France en Chine, tremblant que la réponse tant souhaitée ne se changeât en une désillusion funeste.J ai fait cela un soir, rapidement, sans vouloir réfléchir, sans prendre de papier à lettre.J ai écrit à Claudel.Je lui ai dit ceci : « Mon frère, ô vous en qui je me suis confié, c est la réponse, la certitude, la réponse que je veux.Je réclame de vous un geste à moi, une indication qui me fasse sentir Dieu présent.J ai le droit de l\u2019exiger de vous, qui m avez pris toute mon âme, pour qu\u2019au moins elle soit entre vos mains satisfaite ».Ceci à peu près.Je lui ai envoyé cela tout de suite, sans vouloir relire plus d une fois.Malgré toutes ces précautions pour être sincère, j\u2019ai le remords de m être un peu fardé.Je ne suis pas si prêt, si docile, si attendant que j ai semblé le dire.Au contraire ce que je demande en secret, c est de pouvoir me révolter >\u2014\u2022 et comme toi >\u2014 d\u2019être insolent, de lui dire : « C est vous que j aime, et vos histoires ne m\u2019intéressent pas », ou de pleurer comme L.L.et de lui crier : « Vous êtes méchant, vous me faites mal.Allez-vous-en ».Mais ce que je veux, ce que je veux, ce que je veux, c est une parole de Lui à moi.Je n aurai la réponse que vers le 15 avril au plus tôt.Je ne sais si mon cœur ne se brisera pas quand j ouvrirai l enveloppe >\u2014> de terreur (Cor., t.II, pp.27, 28, 30, janvier 1907).Cette communication à peine expédiée, Jacques Rivière, dans un accès de sincérité, veut corriger la première rédaction, qu\u2019il juge trop livresque, et reposer le problème, craignant de créer une fausse impression chez Claudel ; sans attendre la réponse, il rédige un nouveau message dans des termes moins réticents.Les deux premières lettres adressées coup sur coup situent le débat sur un terrain qui dépasse les disputes littéraires et artistiques.Le débat engage des valeurs d un ordre beaucoup plus élevé, dont la solution influera lourdement sur les attitudes intérieures.Cette deuxième missive 137 Revue Dominicaine écrite après un court intervalle, trahit une souffrance intense, un déchirement tragique.Certains mots pourraient être interprétés comme une dérobade, si, à cette même époque, Rivière n avait confié à Alain-Fournier l\u2019espoir qu\u2019il place dans cette nouvelle amitié.Déchiré par des aspirations contradictoires, il désire ardemment devenir chrétien, mais son intelligence lui apparaît incapable d assimiler I enseignement de 1 Eglise.Chez un écrivain qu il admire comme un frère et qu il respecte comme un maître, il découvre la certitude et la paix tant appelées, mais il refuse, par une sincérité mal comprise, de se soumettre à la même discipline, de crainte de nier certaines aspirations qu il devine en lui ; il souffre d une absence de réalité, et n entre pas « en communauté avec Celui qui est ».A la subtilité de I intellectuel, Claudel, avec amour, oppose une doctrine de vie qui, loin d étouffer sa ferveur, I amplifie singulièrement en 1 orientant dans un sens unique.Cette conception totale du monde résout les doutes et les hésitations de la raison, puisqu elle conduit à la vérité intégrale et à la possession de 1 éternel.Claudel initie lentement son correspondant à cette étreinte enivrante de la vie, tant elle est large d acceptation et exaltante dans ses exigences et ses dépassements.Soumission à la Vérité, c\u2019est-à-dire à 1 Etre, accroissement de tous les désirs, développement des diverses possibilités qui sont captives en 1 homme par suite de la faute originelle, réalisation de la personnalité par la libération des contraintes du péché et par la confiance en I intelligence, parce que le chrétien collabore avec la grâce, telle est la doctrine que le Christ offre à ceux qui veulent venir à sa suite.Par l\u2019action de la vie surnaturelle, I unité de cet ensemble de forces endiguées comme des eaux tumultueuses, s opère dans une communion intime avec le Créateur.Le risque de tout abandonner au Maître et de redevenir semblable à de petits enfants, voilà ce que Claudel révèle à celui qui est venu chercher la certitude auprès de lui.A l\u2019orgueil de I esprit, il oppose la soumission à la révélation.L\u2019échange de lettres traîne en longueur ; après sept ans, y a-t-il des progrès sensibles dans cette quête du vrai ?Très facilement on est enclin 138 Jacques Rivière et Paul Claudel à ne retenir que le côté d apparence négatif des arguments qu oppose Rivière à Claudel.Le climat psychologique qui domine au cours de cette correspondance est très différent de celui des lettres à Fournier, car Rivière s adresse ici à un aîné et il pressent que I enjeu ne pourra être emporté que par une franchise complète.Les mots peuvent exprimer une attitude défensive, mais cette attitude est dictée beaucoup plus par la timidité que par la méfiance.Avec Fournier, il traite d égal à égal et quelquefois son orgueil I emportant sur sa raison, surtout quand s impose I abandon d une erreur ckère, il se contente de nier les propositions de son ami, sans daigner les discuter.Auprès de Claudel, toute réticence cède vite, toute trickerie est bannie.C est un être tout d une pièce qui poursuit son adversaire jusque dans ses derniers retranckements.Si Rivière évolue avec aisance au milieu des sopkismes, Claudel n a pas de temps à perdre et il respecte trop la logique pour s arrêter à ces jeux futiles et destructeurs.Dans une tentative d évaluation de 1 influence de Claudel sur la pensée religieuse de Rivière, il y a de graves écueils à éviter.En effet la façon de s exprimer de Rivière lui est facilement préjudiciable, favorisant des interprétations erronées et une exagération de ce qu\u2019on est convenu d appeler le dilettantisme de Rivière.D ailleurs, il arrive que ceux qui professent la foi religieuse de Claudel utilisent cet échange de lettres à leurs fins, déformant 1 intention des correspondants en opposant par exem pie R ivière à Claudel, dans le but de montrer que la foi concourt à la valeur de 1 œuvre de Claudel.Je suis persuadé qu il faut ckercker dans une voie plus profonde : nous sommes en face de deux types d esprit fondamentalement différent.Claudel est un missionnaire, à la reckercke des âmes ; il est impatient de partager son trésor.N a-t-il pas fait siennes ces paroles de Rimbaud déclarant : « Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille de I komme » \\ Dans son esprit il n existe aucun doute quant à la véracité 1.Rimbaud, Une saison en enfer. Revue Dominicaine de sa croyance, quant au Lien-fondé de son adhésion au catholicisme, et cette conviction est exacerbée par la ferveur du néophyte.Rivière, au contraire, est aux prises avec le doute.Tout empêtré de littérature, il a depuis peu abandonné la pratique religieuse.Son esprit est avide de toutes les conquêtes et il craint de s amputer par 1 abandon de I une d\u2019elles.Certes, il y a une teinte de dilettantisme dans son attitude intellectuelle, mais combien elfe est compensée par la qualité de sa sincérité.C est, je crois, cet absolu dans la sincérité qui pousse Rivière à ne pas accepter sans vérification la doctrine que lui propose Claudel.II lui serait facile de désarmer, ne fût-ce que par complaisance pour le poète qu il admire tant, mais son inquiétude serait-elle pour autant apaisée, son âme y trouverait-elle sa nourriture ?Cette différence de mentalité fut cause de bien des incompréhensions.Une lecture aussi objective que possible > très difficile à réaliser d ailleurs, tant Claudel est éblouissant ,\u2014¦ nous amène à constater que Claudel est quelque peu rude et déconcertant.A I inquiétude de Rivière, il oppose une fin de non-recevoir.Ce n est pas que Claudel n ait pas lui aussi connu le déchirement tragique des luttes spirituelles ; il lui avait fallu deux longues années de recherche après 1 illumination de la nuit de Noël pour conquérir la vérité, mais parce que maintenant il la possède, il connaît 1 inanité des objections de Rivière, il s\u2019impatiente et veut couper court pour arriver à des résultats.Peut-être à tort croit-il pouvoir assimiler la crise de conscience de Rivière à la sienne.Arrêtons-nous à quelques objections de Rivière et voyons la solution que propose Claudel.A un certain stage de cette conversation écrite, Rivière s\u2019étonne de l\u2019inhumanité du christianisme.Et Claudel lui propose : la prière avec son appareil rebutant : le chapelet, les images pieuses, la confession, autant d aspects de la religion qui apparaissent à la jeune ardeur de Rivière comme autant de recettes stériles.Une telle réponse à une objection d un ordre tout intellectuel, évidemment ne pouvait calmer le doute, car elle présuppose un esprit déjà préparé à 1 humilité.D\u2019ailleurs, cette même erreur de tactique, nous la retrouvons dans 140 Jacques Rivière et Paul Claudel un cas plus célèbre encore : dans sa lettre à Maritain, Cocteau, tourmenté par le problème religieux, raconte le fait suivant : « Confesse-toi et communie », m\u2019avait conseillé Max Jacob.« Quoi ?lui écrivai-je à Saint-Benoît, tu me conseilles Ihostie comme un cachet d aspirine », et il m\u2019avait répondu : « L hostie doit être prise comme un cachet d aspirine » (Lettre à Jacques Maritain, page 25).Nous touchons là I insondable, car il s agit du mystère des âmes.Combien est déconcertante I incompréhension du croyant, surtout du converti, à l\u2019égard de I incroyant, dont Rivière allait analyser l\u2019état plus tard avec profondeur dans A la trace de Dieu.C est avant tout un état psychologique incontrôlable.D ailleurs, Claudel n est pas dupe et, dans son ardeur, il souffre de son incapacité à ramener à Dieu cette âme qui a fait appel à lui.II doit garder conscience qu il s agit bien d une lutte, mais I enjeu dépasse les forces humaines.Lorsque I on referme ce livre, une impression temporaire d impuissance nous cause un malaise : Rivière ne se détache-t-il pas de Claudel pour retourner à ses jeux stériles ?En effet, les lettres se font de plus en plus rares, mais c est parce que le poète chrétien a rempli son rôle : remettre Rivière sur la piste, et non par manque d\u2019intérêt.Rivière doit alors poursuivre seul sa recherche spirituelle, au delà de la personnalité de Claudel, car la doctrine chrétienne dépasse les arguments souvent gauches inventés par les hommes.Il demeure cependant que Claudel fut un instrument décisif dans I évolution spirituelle de Rivière ; intervenant dans I existence de ce dernier à une période tournante, il imprégna, par sa charité et par sa fermeté, une marque ineffaçable dans son âme.Si les préoccupations banales et les soucis matériels de la vie quotidienne ont voilé chez Rivière, pendant quelque temps, I angoisse de sa jeunesse et laissé croire que le feu intérieur était éteint, les semences de vérité ont cependant continué un travail secret qui suscitera un livre magnifique, A la Trace de Dieu, témoignage éloquent de la fidélité de Rivière à I enseignement reçu.Parce 141 Revue Dominicaine que cette force agissante n était pas Claudel, mais en Claudel, inspiré en quelque sorte par 1 Esprit divin ; parce que Claudel, ayant rempli son rôle de guide, sut s effacer pour laisser la grâce poursuivre son œuvre, ces mots de Rivière se transformèrent en une réalité durable : Mais Claudel est venu, et après quelque temps la compréhension de Claudel, soudain, s\u2019est élaborée en moi.Je me sens maintenant possesseur d une force bien authentique (Correspondance, t.I, p.199, 19 mars 1904).La fin de Rivière fut toute illuminée par la doctrine que lui avait révélée le grand poète chrétien.Paul Beaulieu Boston, février 1950. Le drame de la pensée Dans son admirable étude sur Lenine, Marc Vicbniac nous rappelle de façon trenscendante que la pensée de I Lomme est le ressort suprême de sa vie.Certes nous n avons qu à bien considérer nos propres réactions pour n\u2019avoir plus de doute là-dessus, mais avec Vicb niac pencbé sur I existence de ce chef révolutionnaire qui n a pas été sans dérouter plus d\u2019un des psychologues de son époque, nous avons un autre exemple, et combien éloquent î.des facteurs qui entrent en jeu pour soutenir une idée maîtresse.Non pas comme lors d une guerre ouverte où les droits sont ou paraissent légitimes de part et d autre ; mais comme dans une lutte sans merci où I égoïsme bumain s avère triomphant ! Si bien que cette idée maîtresse représente ici le drame de la pensée lequel se dissimule en permanence sous la coucbe mobile des actes humains, et dont I œil inquisiteur finit tôt ou tard par surprendre le manège.J\u2019allais préciser en ce qui concerne I homme doué d intelligence, mais j ai songé tout à coup aux êtres stupides, en apparence, et qui n en savent pas moins mener la comédie avec une habileté d autant plus dangereuse qu elle est insoupçonnée.En effet, depuis 1 enfant encore mal orienté jusqu\u2019au vieillard mûri par I expérience ; depuis 1 idiot qui tourne en rond au fond de lui-même jusqu au génie continuellement en rapport avec le monde spirituel, chacun a sa part au drame de la pensée.Aussi imagine-t-on ce qu\u2019il pouvait y avoir de tumulte dans un cerveau comme celui de Lenine et jusqu à quel point il devait y avoir conflit entre ses décisions intimes et ses diverses attitudes.Vichniac nous le décrit tendu vers la révolution, rêvant de déchaîner sur le monde une bourrasque d où devaient jaillir, comme on le sait, 1 anarchie absolue et la désolation.C est effrayant, n\u2019est-ce-pas, de penser que pour obéir à cette volonté, des peuples entiers ont été envahis par une soif effrénée de liberté, par un désir de domination et de jouissance qu aucun pouvoir humain ne saurait combler î Vichniac 143 Revue Dominicaine nous apprend de plus, que lorsqu un fait inattendu paraissait enfin réaliser les ambitions de celui que I on a surnommé le père de la révolution celui-ci semblait se réveiller d\u2019un songe, et donnait nettement I impression de vouloir retarder indéfiniment I heure de la victoire ! Lui qui avait caressé publiquement les utopies les plus risquées lors des meetings où il exposait sa doctrine de nivellement social et alors qu il était acclamé comme un dieu apportant la délivrance, déclarait lorsqu\u2019on lui apprenait telle ou telle avance sur ses ennemis, « qu\u2019on allait trop vite que ça n était pas tout à fait ça.etc.» On eût dit vraiment, du moins selon la version de Vicbniac, un enfant occupé à jouer clandestinement avec une arme explosive et qui demeurerait confondu si on devait tout à coup lui permettre d\u2019en user à sa guise.Une telle insouciance devant des faits si lourds de responsabilité, nous apparaît pour le moins cynique car si 1 opinion de Vicbniac reste discutable elle n en contient pas moins un fond de vérité.Voici que Lenine se jette dans la politique à 1 âge où 1 adolescent dresse normalement des plans d avenir, et s attarde volontiers à des rêves troublants ; il dédaigne de semer sur ses pas les fleurs dont il pourrait saluer un jour la moisson, et cela parce qu il a vu son frère aîné mis à mort pour avoir conspiré contre le tsar Alexandre III.C\u2019est ainsi qu\u2019il se jure intérieurement de venger son frère.Puis réprimant peut-être des instincts d une rare élévation, tant les extrêmes se touchent au cœur du génie.il choisit, inspiré qu il est par ses haineux projets, de poursuivre un but destructeur, ôtant de sa vie tout ce qui ne cadre pas avec une lutte impitoyable contre 1 autorité alors au pouvoir.Fort de cette décision, il n\u2019entreprend rien moins que de renouveler la face intérieure et extérieure de la Russie 1 II agite les esprits qu il séduit d autre part par son génie, tenant I auditoire sous le charme par le prestige venu des hommes laconiques dont chaque parole est vibrante comme le bronze des clochers, et le rare sourire, une fascination.144 Le drame de la pensée Conscient de son emprise sur les différentes classes de la société il est allé jusqu à rejeter les valeurs morales comme des joyaux sans prix, heureux de les voir saccagées, piétinées par une foule éperdue.Toujours pour obéir à l\u2019instinct sauvage qui se développait en lui, il s\u2019est employé farouchement sous des dehors tranquilles à déranger Tordre universel, prétextant qu il en sortirait le bien commun.Des milliers d\u2019hommes ont été tués pour aider à la réalisation de cet idéal nébuleux ; des villes entières se sont effondrées sous l\u2019attaque ennemie.Le sang a coulé comme un débordement de fleuve sur un sol qui devait être îent à refleurir.et la Russie troublée dans ses entrailles comme une mère outragée n a plus semblé vouloir donner naissance qu à la mélancolie ! Pendant qu avait lieu un tel bouleversement et que les sombres desseins de Lenine prenaient corps Lenine lui-même avec un flegme inégalé, vivait presque confortablement en exil.dans la paix d une maison d honnêtes moujiks, aux confins de la Russie où se déroulent en blancs réseaux, les steppes silencieuses.Détaché des choses sentimentales, ravi avant tout de lutter pour l\u2019idée où il assouvissait sa rancune., imprégné de son amour fraternel, lequel était d autant plus vivace qu il demeurait comme nimbé d\u2019irréel ; ramassé enfin dans sa propre pensée à la fois cruelle et douloureuse, Lenine devait mourir sans avoir consenti à briser la coque dont il s\u2019était entouré pour mieux conduire la partie engagée.De là, relativement bien entendu, la comédie de chaque existence.Comédie aux répercussions sans nombre ; aux procédés maintes fois déconcertants.En effet, partout où va la pensée, instrument de Dieu elle est 1 instigatrice par excellence.Elle peut s abandonner parfois aux courants qui passent ; elle subit évidemment les transformations apportées par le temps ; elle se développe suivant le rythme individuel ; selon les influences qui se présentent ;\u2014¦ toujours en proportion des moyens mis à sa portée ; elle se contracte, s élance et chante, prie ou blasphème selon I heure, mais seule, la mort peut en avoir raison.145 Revue Dominicaine Qu importent la naissance, la fortune, le rôle à tenir sur cette terre, I homme porte en lui ce que 1 on pourrait appeler 1 axe dont dépendra la réussite ou la faillite de sa vie ; axe auquel s\u2019ajoutent les diverses tranches nommées conscience, intuition, inspiration, etc.Quelle soit quelquefois nonchalante ou encore reléguée au second plan lorsque le plaisir physique prend le dessus, par exemple, qu elle soit lucide et dominatrice elle garde despotiquement 1 homme sous son empire.Balzac, Proust et Dostoïewsky entre autres ont su décrire magnifiquement cette domination, de même que les terribles conséquences qui en découlent.Les moindres replis de 1 âme ont été explorés par ces maîtres du style et de la pensée, dont certains portraits ont une telle acuité qu ils nous jettent dans le ravissement comme une symphonie de Beethoven ou un tableau de Rembrandt.Et à regarder simplement autour de soi, dans le milieu familier où nous vivons, nous n avons jamais fini de surprendre la ruse des individus en général, mais surtout de ceux-là qui pour quelque raison s emploient à dépister le regard d autrui ; nous n avons jamais fini, dis-je.d apercevoir les conspirations destinées à atteindre quelque but plus ou moins avouable, et surtout les moyens utilisés afin d\u2019apparaître aux autres, meilleur qu on ne 1 est en réalité.Voyez 1 arène politique.Les plus alléchantes promesses jaillissent périodiquement en pluie de fleurs sur les électeurs rassemblés, et fidèlement dupes I Alors que 1 orateur clame de toutes ses forces que 1 avenir sera, grâce à lui, des plus fructueux, qu\u2019il s\u2019engage à s\u2019occuper de la cause publique comme un père s occupe de 1 intérêt de ses enfants, etc.il n envisage bien souvent que la réalisation de ses ambitions personnelles I Voyez la tribune intellectuelle.Des auteurs à succès y apportent de façon régulière des œuvres fabriquées et non senties ; les faux pédagogues y ont une place d honneur, de même que les poètes fantastiques visant à l originalité.Combien de fois ne nous y heurtons-nous pas à une 146 Le drame de la pensée pensée indigente, profondément banale, ou encore à des systèmes d éducation absolument erronés ! Voyez par ailleurs la société.où s\u2019entretiennent des intrigues à faire pâlir les imaginations les plus bardies.Sous les dehors de I amabilité et de la politesse laquelle ne sait pas toujours échapper à I obséquiosité.on se darde en plein cœur ayant découvert le point sensible, le tournant caché ; et des scandales s\u2019y préparent sous le couvert du faste jusqu\u2019à ce qu\u2019ils éclatent au grand jour à moins qu ils ne soient étouffés à prix d or I Voyez aussi certaines familles donnant le spectacle d une parfaite entente, cependant que des trahisons s\u2019y effectuent, ou, que pour des raisons d\u2019argent, on en viendra un jour à se sauter au visage pour se séparer ensuite irrévocablement.Au contraire, vous pourrez voir I homme inspiré par,un véritable amour pour son pays, de même que par des sentiments d une réelle humanité, se heurter à une résistance obstinée ^ en temps de guerre par exemple .\u2014¦ et devenir I objet de suspicion, comme s il s agissait d un traître.Ses actes incompris, à cause d une retenue dictée par les événements, le feront juger ainsi et qui sait.peut-être condamner à la peine de mort î L avantage aura été accordé aux autres, tranchant dans le vif, ne craignant point de prendre des décisions hâtives, et visant aux résultats immédiats sans considération pour le vrai sens du problème.Trop tard seulement on finira par découvrir la vérité, de même que les héros, comme il est arrivé souvent au cours de I histoire.Vous verrez aussi I artiste ou I écrivain détenteurs d\u2019un message spirituel, doués de ce don de I expression qui serre de près la réalité tout en lui donnant des ailes.détachés en outre, de toute ambition pécuniaire et par le fait même, bien incapables de forcer la main aux éditeurs, relégués dans I ombre I C est à peine si quelquefois on leur accorde une attention émerveillée.Apôtres sincères de la pensée, ils se débattent courageusement devant I adversité ; et même s\u2019ils ne sont point sans regret, ils ne voudraient Revue Dominicaine pas sortir du chemin où ils sont engagés.Mieux que le hruit de la faveur populaire et toujours problématique, le silence leur apporte en vague à peine murmurante.I appui ne relevant pas des choses temporelles, de même que la satisfaction du devoir accompli.Même en ce vingtième siècle où pour éveiller I intérêt tout doit revêtir une puissance atomique pour trouver grâce aux yeux des hommes, les vrais ouvriers de la pensée ne puisent de réconfort qu\u2019au fond d\u2019eux-mêmes, comme les justes dans la voix persuasive de leur conscience.Vous verrez de plus des individus que le destin a placés au milieu du luxe juger de la vanité de ce qui les entoure, des contentements qui leur sont offerts, et orienter leur vie vers une œuvre d une vaste portée sociale, ou encore renoncer à tout pour se consacrer à un idéal mystique.Voyez cet autre animé d un amour sans bornes pour les siens jamais aussi heureux que lorsqu il obéit aux commandements paternels ; s employant à combler de générosité : mère, frère et sœur.et voilà qu en chaque occasion on lui oppose I indifférence quand ce n est point la plus lâche ingratitude ï C\u2019est alors qu il se retranchera en lui-même ; à moins que la révolte lui dicte un jour un meurtre qu\u2019il devra payer de sa propre vie î Personne ne saurait dire I étendue ou I intensité de la pensée humaine, ni expliquer les motifs qui sont à la source de telle ou telle attitude.Au moment où il semble le plus absorbé par la tâche quotidienne, tout homme depuis le mendiant du coin de la rue jusqu au prince dont les désirs se réalisent comme par enchantement, a, dans son for intérieur, un combat à livrer.Si bien que nul d entre nous n a la possibilité de dire tant qu il aura un souffle de vie jusqu où il peut descendre ou s élever sous l\u2019influence d\u2019une passion bonne ou mauvaise.L homme se découvre alors des ressources étonnantes ; il devient tour à tour chef et serviteur ; placé à la ligne de feu ou à I arrière, sondant ses blessures ou calculant ses victoires ! Et pourtant qui pourrait mieux s en douter en voyant certains visages ?.148 Le drame de la pensée Les plus subtils observateurs y perdent leur latin ; c est à peine s ils peuvent baser leurs déductions sur un regard ou un geste échappant tout à coup au contrôle de F individu.Seuls les faits accomplis les introduisent parfois et sans ménagement devant la réalité.Les actions les plus lourdes de conséquences sont rarement bruyantes et il nous est aussi impossible d en mesurer à vue 1 importance, que de surprendre la valeur des documents que se transmettent en cbambre, les diplomates, ou à la cour, les avocats.C est à faire frémir si 1 on s arrête à étudier les faits divers des journaux.Meurtres longuement prémédités soit par un simple vendeur de journaux, par exemple ; soit par un de ces paysans venus de la campagne et qui au cours d\u2019un séjour dans la grande ville exécutent sans plus un crime de la plus stupéfiante habileté.Sous un autre angle on ne saura jamais tout le bien accompli de par le monde.La vertu s exerce par le dedans et nous n en surprenons les prodiges que par le plus discret rayonnement.C\u2019est ainsi qu\u2019on serait absolument sidéré si 1 on pouvait découvrir chez certains êtres frustes en apparence, une délicatesse morale extraordinaire, ou chez des individus pour qui le sort a été inclément et qui ont fini par rouler dans les bas-fonds de la misère.Aussi que dire des paroles de 1 enfant dont la perspicacité, bêlas ! met à nu 1 inconséquence ou 1 amoralité des parents lesquels croient trop souvent avoir liquidé leur tâche en ayant appelé à la vie un être de plus.Alors que le don de vie lui-même ne se communique qu\u2019au jour le jour.11 en résulte autant d impressions ineffaçables gravées dans les jeunes cerveaux, et capables dans bien des cas d influencer leur destinée.Car en somme il n y a que 1 innocence qui soit digne de juger ! * * * Le drame de la pensée a donc plusieurs antennes, et par un fait assez exceptionnel groupe autant d acteurs que de spectateurs ! II peut donc donner lieu à des développements sans fin ; s\u2019appuyant sur la noblesse des sentiments comme sur la lâcheté de caractère.Là où les \\49 Revue Dominicaine individus travaillent en commun, par exemple, existe souvent un favoritisme des plus révoltants.II n\u2019y a pas d\u2019autre explication à cet entêtement avec lequel tel chef d usine abuse parfois de certain ouvrier au profit de ceux qu on appelle les préférés.confiant aux premiers les postes les plus périlleux ou encore, les besognes les plus harassantes.Et cela presque toujours sous couleur de rigidité de principes ou d un incorruptible amour de la discipline ï Ne voit -on pas en de fréquentes occasions des êtres sur qui les autorités s acharnent et que I on ne craint pas d humilier en public comme pour affirmer son propre ascendant ?Alors qu en d\u2019autres cas ces mêmes autorités n ont pas le courage de revendiquer leurs droits les plus élémentaires.Lâcheté de patron que I ouvrier n est pas sans découvrir, même s il doit s incliner devant les ordres reçus.Rien n échappe aux individus que I on juge inférieurs qui observent d autant mieux leurs chefs qu ils n ont qu à obéir ! Car n\u2019oublions pas qu\u2019en toutes circonstances c est I être qui cède à quelque passion et qui, par le fait même, perd son sang-froid qui livre davantage le fond de sa pensée.Plus d une révolution d ordre moral ou social a été déchaînée par les têtes dirigeantes ayant trahi de quelque manière leur incapacité à dominer la situation.La pauvreté de cœur comme la médiocrité du jugement finissent par se laisser surprendre et le prestige de I autorité s en trouve anéanti.Les maîtres du monde littéraire, artistique ou politique ne savent mater I opinion et régner sur les esprits qu à condition d avoir cet équilibre fortifiant qui en impose comme I aurore.L homme est pour I homme un spectacle constant î II faut se le rappeler sans cesse.Le malheur, c est qu on ne tient pas assez compte des réactions d autrui.Plus on a de responsabilités moins on a le droit de s égarer.La maîtrise dans le commandement est tout.Et c est en travaillant à modeler son caractère que 1 on parvient à exercer sur ceux qui dépendent de nous, un pouvoir qui tient du sortilège.Tout individu mérite d être respecté et même en lui donnant une impression de liberté qui soit un élan.on se doit de ne jamais dépasser 150 Le drame de la pensée les frontières qui créent précisément I attrait entre les fiommes ; et I autorité surtout a mission de garder ses distances.Mais pour cela il faut d abord cette vertu primordiale qu\u2019est la justice.Non pas jouer la comédie de I équité pour satisfaire une inclination quelconque mais être prêt à marcher sur son cœur pour apporter aux déshérités le plus de douceur possible.L\u2019enfance et la jeunesse se trouvent très souvent les victimes de ceux qui devraient savoir s oublier eux-mêmes afin de mieux aider I inexpérience en face des découvertes de la vie.La sève bondissante qui est dans les facultés mêmes de I adolescent rend la lutte de ce dernier souvent difficile à soutenir ; la curiosité qui se développe dans son esprit s impose à lui parfois jusqu\u2019au malaise.1 out n est point que blancheur derrière les fronts satinés I Et la pureté est de toutes les vertus, la première qui soit au cœur de I homme, menacée.Chez I être en plein épanouissement physique, les audaces de I\timagination sont illimitées.C est pour cela qu il importe alors que naît le drame de la pensée.d entraîner 1 esprit à une loyauté à toute épreuve.II\test si précieux en tout temps d avoir une âme ouverte car s il est bien de se confesser ainsi que la religion I exige, il est bon, en outre, de savoir s agenouiller aux pieds d un être d élection afin de lui demander secours.Comme nous le disions plus haut, les visions du début sont décisives ; il est malheureux que plusieurs ne se rappellent cette époque de la jeunesse que comme I apprentissage du mensonge.II n\u2019y a pas d\u2019âme coupable qui ne puisse se sentir régénérée à I instant où elle monte jusqu\u2019à I aveu.Puis à côté de cette formation virile, vient tout de suite, le culte de la sérénité.C est le calme qui sauve ; I énervement effarouche même le bien.Un religieux disait un jour à une pénitente en proie à I obsession et au scrupule : « Habituez-vous à voir les choses telles qu elles sont, sans trouble.De cette manière, vous guérirez vite, vous verrez I » Certes il faut parfois des années avant de réussir à posséder cette paix qui contribue si largement au bonheur.Aussi pour ne pas perdre de temps et risquer d y atteindre quand I âge aura fait de nous des êtres Revue Dominicaine non disponibles, on se doit de cultiver au plus tôt ce germe sacré.II faut l\u2019application de tous les instants tout comme l\u2019œuvre d\u2019art exige de I artisan un grand souci du détail ; il faut tout comme les âmes tenues aujourd kui comme bienheureuses, ayant accompli un destin héroïque, multiplier les victoires.C est à ce compte-là seulement que le bien se propage en dehors et en dépit de la comédie où les valeurs morales sont en jeu, et les actes humains en continuelle contradiction.Quoi que I on fasse la sainteté a des secrets dont I univers tressaille.* * * Ce serait peu encore de vivre selon la vérité s il n y avait point I opposition venue du dehors, et les complications apportées par les événements ; autant d embûches qui menacent I harmonie entre I action et la pensée humaines.Obéir à ce que Dieu attend de nous ; réprimer les passions qui à de certains moments secouent I homme comme I ouragan le fragile lilas ; refouler, parce qu\u2019ils sont pour l\u2019âme, des pièges redoutables, combien de désirs par contre profondément humains ; subordonner ses souffrances physiques et morales à une foi sans défaillances ; supporter I incompréhension de I entourage, ses attaques, de même que les calomnies toujours à I affût.donner malgré tout un exemple qui soit entraînant comme un chant de combat ; savoir mourir enfin selon les principes puisés sur les genoux maternels comme si de la naissance à la mort il n y avait eu que l\u2019espace d un soupir.c est cela vivre le drame de la pensée I La plupart du temps lorsque ce drame se déroule à la gloire de sublimes acteurs.c\u2019est à peine si I on peut le deviner.On n y verra peut-être que des existences désordonnées, créant même le scandale ; ou peut-être des vies apparemment insipides.Je me rappelle à ce propos une femme d\u2019aubergiste dont les activités se bornaient à la besogne routinière.Pour elle, il n\u2019y avait pas d autre horizon que la cuisine et le bar où venaient se confesser sous le coup d une légère ivresse, les paysans des alentours.Pas d\u2019autre joie que celle puisée dans les plus humbles plaisirs 152 Le drame de la pensée \"\" qu elle semblait toujours dérober au destin.sans autres ambitions que celles qui se rattacbaient à ses petits-enfants nés dans la pauvreté, et malgré cela, calme, solide, souriante comme les belles statues de nos églises, et croyante à la manière évangélique I C est à peine si la lutte entre sa pensée ardente et ses actions se trahissait parfois par le tremblement de la voix.ou encore par des larmes qui s arrêtaient au bord des paupières, ne dépassant point I intime.Ou encore, parfois, par un regard fixé un instant sur les montagnes illuminées par le soleil.Ses rêves avaient tous sombré dans un destin ingrat.Les forces du bien et du mal se confrontent ainsi, de même que les alternances de détresse et de félicité.Et ce qui peut garder I bomme dans I humilité la plus complète, c\u2019est que des années d\u2019un mérite incalculable peuvent à tout instant s écrouler dans un seul geste d irréparable faiblesse, ou sous le choc d\u2019une fatale impulsion.Pourtant à voir circuler les individus dans les rues de la ville ou dans la paisible atmosphère des champs I on pourrait croire presque toujours que 1 existence n est pas si compliquée.C est que ce que I on peut apercevoir chez I homme n est rien en comparaison de ce qui nous reste inconnu ; il y a là de quoi frémir comme en songeant aux abîmes de la mer lorsque nous n en regardons que la surface argentée ! ( à suivre ) Gabrielle Raizenne 1 Josefa et 1 Amour Quel est pour le Fils de Dieu le geste le plus grand ?Marcker sur les eaux ?Se transfigurer sur une kaute montagne, en faisant pâlir la lumière du soleil ?Triompker de la Mort ?Tout cela ne serait qu un jeu pour sa puissance infinie ! Non I II semble avoir renoncé à tout cela depuis fort longtemps I Les eaux du lac ne le porte plus î Le Tkakor ne resplendit plus de sa gloire I La pierre de son tombeau gît à terre et comme un presse-papier historique, elle empêcke les pages écrites de voler au vent î Mais les hommes sont, hélas ! oublieux et leur cœur bien fragile.Alors, le Fils de Dieu n a plus le choix ! Il doit reprendre le chemin de Nazareth, de üethsémani, de Jérusalem et refaire la même route.Ce nouveau pèlerinage le rend songeur ï II voit que ces endroits sont à la fois peuplés et déserts î Les traces de ses pas deviennent une attraction touristique.Mais où sont les cœurs ?Où sont les amis ?Où sont même les bourreaux de jadis ?Sous le soleil qui plombe, en plein midi, la place est vide I II n\u2019y a plus rien à voir.Et s\u2019il parlait encore, quelqu\u2019un viendrait-il écouter ?* * * Mais Jésus connaît les chemins de la vie comme celui des cœurs.II sait bien où II ira frapper I Va-t-II errer longtemps à la recherche d un peu d amour ?Pierre n est plus là pour jurer à la face du ciel et de la terre que sa fidélité sera infrangible I Jean n est plus là pour l\u2019assurer d\u2019un sentiment d affection que les terreurs de la vie n\u2019ont jamais ébranlé.Paul n est plus là pour être aveuglé sur la route de Damas I Marguerite-Marie n est plus là pour recueillir ses chaleureuses confidences.Que va-t-II faire ?1.Un appel à l\u2019amour.Le message du Cœur de Jésus au monde et sa messagère, Sœur Josefa Menéndez, religieuse coadjutrice de la Société du Sacré-Cœur de Jésus (1890-1923).En vente à La Librairie Dominicaine, et dans toutes les bonnes librairies.154 Josefa et l\u2019Amour II ne fera pas appel à sa puissance cette fois I II fera appel à son Amour I Et cet amour lui fera choisir une enfant de I Espagne, une humble enfant, à qui II demandera de partager quotidiennement son existence I Le miracle n est pas dans le choix qu II a fait I II est plutôt dans le geste incroyable, geste qu\u2019un Dieu seul peut faire I Un Dieu qui en est réduit à solliciter de l\u2019amour comme un mendiant quête aux portes.Rien de plus magnifique et plus triste tout ensemble I Le Fils de Dieu délaissant la gloire dont II remplit le ciel, dont II enivre les Justes de la Cité, une gloire devant laquelle les anges eux-mêmes sont médusés, pour venir frapper à la porte d un tout petit cœur de femme, afin d y solliciter un peu d\u2019amour, de tendresse, d\u2019affection I II ne recule pas devant cette extraordinaire perspective puisqu\u2019il la désire, puisqu II la croit nécessaire.II aime tellement l\u2019amour qu II ira le prendre au fond d un seul cœur, car II sait qu en se livrant tout entier à ce cœur, il lui sera possible d en conquérir plusieurs autres.Si fantastique que cela paraisse, si romanesque, si fantaisiste dirions-nous, II ira jusqu au bout de cette aventure, car il ne sera pas dit qu II ait négligé quoi que ce soit pour se faire connaître sous son vrai jour.* * * Mais que serait un cœur amoureux s\u2019il n\u2019était pas la victime de I amour ?Jésus le sait bien, Lui qui fut la première Victime d expiation et de rédemption I Le monde s est dressé contre sa Loi d amour III va dresser son Amour contre la loi du monde ï Comme il lui est impossible, aujourd hui, de se livrer à Pilate, à Hérode, à Caïphe, poings et mains liés, II va se livrer à Josefa Menéndez, une petite religieuse coadjutrice de la Société du Sacré-Cœur de Jésus, non sans I avoir préparée à son sublime holocauste.Partout, dans sa petite cellule, dans son humble atelier, dans la chapelle de son couvent, dans les corridors, au réfectoire, partout, II la poursuivra de son inlassable amour, II la suppliera comme une amante 155 Revue Dominicaine de ne pas Le laisser seul, II I invitera à partager son ennui, sa détresse, ses humiliations, ses agoisses mêmes devant la perte des âmes.II assiégera son esprit et son cœur pendant des années, préparant la voie à une existence incroyable, existence qu elle acceptera dans un frisson d humilité et de crainte.Lorsqu II lui demandera si elle veut aimer, cela voudra dire aussi : Veux-tu souffrir ?Et Josefa dira oui, même si la grandeur de sa mission I écrase, même si elle croit ne jamais pouvoir la réaliser, même si elle sent en elle la déficience inhérente à sa pauvre nature humaine.Mais I Amour a voulu cela I Le monde devra connaître Josefa Menéndez et son message d Amour.* * * Que de fois on entend cette parole : Je r ai invité I S\u2019il ne veut pas venir, qu il s arrange I Je me passerai bien de lui I II est tout de même inouï pour le Fils de Dieu qu II ne soit pas capable de se payer le luxe d une telle réponse.Mais non I II craindrait plutôt de la proférer I Si elle allait se réaliser I Non ! II revient à la charge, II insiste, II gémit même I II a peur d être obligé bien malgré Lui i\u2014> de se passer de nous pendant I éternité.II ne le veut pas I II ne veut pas que nous rendions inutile, soit par ignorance ou par entêtement, le sacrifice immense qu II a fait de sa vie I Alors, II a décidé de se plaindre I Mais à qui va-t-II se plaindre ?Marguerite-Marie a reçu son message, mais les années ont passé I Elle a transmis le message, mais les tempêtes se sont élevées.Elle nous a laissé I héritage du premier vendredi du mois, mais le monde a aussi créé ses premières, ses chansons, ses sollicitations diverses, ses guerres, son matérialisme, et tout et tout I Le tapage des grandes machines infernales et le ramage des oiseaux de malheur ont déferlé sur le monde I L\u2019oubli de la plus grande aventure d\u2019amour que le monde ait connue, voilà le sort qu\u2019on réservait à Celui qui l\u2019avait vécue I 156 Josefa et l\u2019Amour Mais Jésus veillait sur un petit coin Je la terre J Espagne, là où vivait la petite Josefa Menéndez.Elle avait ouvert ses yeux à la vie le 4 février 1890, dans la ville de Madrid.Elle avait été baptisée le 9 de ce même mois, dans I église de San Lorenzo.Avec elle, la prédilection divine descendit sur la famille.Après la mort de Francisco, la petite Josefa devint 1 aînée de la demeure chrétienne des Menéndez.Trois sœurs, Mercédès, Carmen et Angela vinrent compléter le cercle de famille.Le second petit frère, Leonardito, mourait à quelques mois.La merveilleuse histoire de Josefa est racontée brièvement dans le premier chapitre du livre Un appel à l\u2019Amour, une sorte d autobiographie, écrite par obéissance, dans lequel le message qu elle a reçu nous est livré de main à main.Et ce livre a la promesse divine qu il sera répandu et connu.La première grande étape de la vie très courte de Josefa (elle est morte à trente-trois ans, en 1923), commençe en 1901, alors qu elle se prépare à sa première communion.Elle est âgée de onze ans ! Elle a le désir d être tout à ce Jésus dont on lui a parlé.Elle le veut pour elle toute seule et elle croit au partage de sa vie avec Lui.Et elle entendit une voix, une voix qu elle n oubliera jamais : \u2014 Oui, ma fille, Je veux que tu sois toute mienne ï II ne s agit pas là, semble-t-il, d une sollicitation ! Le ton paraît plutôt impératif î C est que Josefa devait être marquée par cette voix comme Pierre l avait été par le regard du Christ, dans la cour du prince des prêtres.Le plus grand geste d un Dieu ce n\u2019est pas d épater la populace, c est plutôt de se pencher sur sa plus humble créature, l\u2019absorber en sa force et son amour, et d un instrument de mort faire un instrument de vie.Mais pour cela -\u2014 même à Dieu ,\u2014 il faut une collaboration consentie ! Josefa devait consentir à devenir la victime de F Amour î * * * De 1890, I année de sa naissance, à 1907, on peut dire que ce fut I éveil de son âme.De 1907 à 1920, ce fut l attente, à travers des sollicitations qui se précisaient davantage, des douleurs et des souffrances 157 Revue Dominicaine qui élevaient solidement la charpente de son âme, et des joies spirituelles qui étaient pour ainsi dire les vitamines essentielles à la conservation de sa vie physique et mystique.Mais si le Christ avait trouvé cette fleur d\u2019amour en Espagne, c\u2019était pour la transplanter en France.^ Je veux que tu sois toute mienne I Le Fiat de Josefa fut tellement entier, tellement spontané, que Jésus se complut à opérer en son âme un miracle continuel, celui de faire d\u2019elle une des plus grandes mystiques de tous les temps connus, sans que cela fût visible à quiconque autour d elle, sauf à quelques supérieures et son directeur de conscience.Elle vécut dans I intimité mystique du Christ presque quotidiennement, durant trois ans, sans jamais se départir de son travail ordinaire et de sa vie en commun avec les religieuses de la Société du Sacré-Cœur, aux Vieux-Feuillants, à Poitiers.C est là, dans les murs de ce couvent, que Jésus allait cacher Josefa et allait se révéler à elle dans le secret d un amour extraordinaire, inouï, fantastique, non pas tellement dans les manifestations extérieures racontées avec simplicité par Josefa (pour ohéir à la demande expresse de ses supérieures), mais dans la teneur des révélations du Message quelle a reçu des lèvres mêmes de Jésus.Ce message, contenu tout entier dans Un appel à VAmour (Le message du Cœur de Jésus au monde et sa messagère Josefa Menéndez), est en quelque sorte un livre qui aurait été écrit contre le désespoir ! C est 1 impression que I on retient après sa lecture.On y découvre que tous les crimes du monde entier seraient à 1 instant consumés, si on les jetait d un seul coup dans ce Cœur ardent, foyer inextinguible de 1 Amour.* * * Jésus va rompre, pendant trois ans (1920 à 1925), toute tradition si 1 on peut s\u2019exprimer ainsi.11 fera plus pour Josefa que pour toute autre mystique des temps passés.11 conversera avec elle dans une intimité presque incroyable.11 lui dictera Lui-même ce qu elle doit écrire du 158 Josefa et l\u2019Amour message qu II vent donner an monde.II se manifestera à elle sous les dekors d\u2019un mendiant qui cherche sa pitance.Et cette pitance, c\u2019est un peu d amour.II lui fera partager le poids de sa Croix et lui fera voir ce que coûte une seule âme.Josefa sera en butte aux adversités de toutes sortes dont les moindres touchent déjà à I extraordinaire.Le prince des Ténèbres aura le pouvoir de s\u2019attaquer à elle physiquement, de la torturer, d é-branler sa plus chère conviction : celle d être religieuse du Sacré-Cœur.Mais Josefa ne sera pas seule I Elle ne sera pas abandonnée au plus fort de la tempête.Le Vierge Marie, la fondatrice de I Ordre, sainte Madel eine-Sophie, et I apôtre saint Jean, viendront tour à tour la soutenir et I encourager à continuer I Œuvre d Amour qu elle a acceptée.Elle donnera une touchante description de saint Jean I Evangéliste, après I apparition qu elle eut le 27 décembre 1922.Elle écrit : « II est venue pendant mon adoration.II était d\u2019une majestueuse beauté, le bras droit étendu, la main gauche posée sur sa poitrine.D\u2019une taille élancée, il est un peu plus grand et plus fort que Notre-Seigneur, et ses traits sont plus durs, plus accentués.Ses yeux sont noirs, son visage pâle et sa chevelure d un châtain sombre.II est enveloppé d\u2019un rayonnement très pur et lorsqu il parle, c est si lentement et sur un ton si grave que ses paroles pénètrent au fond de l\u2019âme.Sa voix est à la fois douce et forte avec quelque chose de céleste ».* * * II lui arrivera quelquefois de décrire Notre-Seigneur tel que ses yeux I ont vu ou encore de donner, avec des détails émouvants, la description de la Vierge Marie, au cours des apparitions dont elle fut favorisée.Elle le fait toujours par obéissance à ses supérieures (à ses Mères, comme elle les appelait toujours), et toujours en rappelant son indignité et en s accusant de faiblesses inconcevables et de négligences répétées dans I exercice de sa vie religieuse.Elle s en accuse même à Notre-Seigneur au cours de ses nombreuses visites, mais toujours II l\u2019encourage 159 Revue Dominicaine et la relève et lui dit son inlassable amour pour les âmes.II lui dit même un jour : i\u2014> Misère ï Rien ! Voilà ton nom ! Petite, c est être encore quelque chose, et toi, Josefa, tu n es rien ï » * * * Cette intimité devait durer trois ans.Elle devait peu à peu consumer la petite messagère du Cœur de Jésus.Mais n avait-elle pas tout accepté au départ ?Pendant la Semaine Sainte de l\u2019année 1923, Josefa fut littéralement crucifiée avec le Christ, vivant dans son corps la plus grande partie des douleurs de la Passion I Son courage ne s\u2019est jamais démenti ! Elle avait compris ce que coûte les âmes et elle était prête à tout pour en sauver le plus possible.Elle savait ce qui I attendait, car II lui avait dit un jour : >\u2014> Tu souffriras et, abîmée dans la souffrance, tu mourras.Contre toutes prévisions, elle fit ses derniers vœux sur son lit de mort et rendit son âme à Dieu, le samedi, 29 décembre 1923.* * * Le message du Cœur de Jésus au monde, tel que nous I a livré la petite Sœur Josefa Menéndez, de la Société du Sacré-Cœur, connaît une diffusion extraordinaire dans le monde.II se lit facilement et se fraye un chemin jusqu au fond de I âme.Certes, on y trouvera des répétitions mais elles ont là leur place, car elles représentent le journal de Josefa, celui qu elle a minutieusement écrit, à la demande de ses supérieures, en plus du message lui-même qu elle a pris sous la dictée même de Jésus.C\u2019est à genoux qu elle prenait la dictée, dans la petite cellule qu \u2019elle occupait aux Feuillants.Au soir du 6 août 1922, II lui dit : ' Je ferai connaître aux âmes à quel point mon Cœur les aime et leur pardonne et comment leurs chutes mêmes Me servent de complaisance.oui, écris-Ie.Me servent de complaisance.Je vois le fond des âmes, leur désir de Me plaire, de Me consoler, de Me glorifier.et I acte d humilité qu elles sont obligées de faire en se voyant si faibles est préci- 160 Josefa et l\u2019Amour sèment ce qui console et glorifie mon Cœur.Peu importe leur petitesse ; Je supplée à ce qui leur manque.Je ferai connaître comment mon Cœur se sert de leur faiblesse même pour donner la vie à beaucoup d\u2019âmes qui I ont perdue.Je ferai connaître que la mesure de mon Amour et de ma Miséricorde envers les âmes tombées n a pas de limites.Je désire pardonner.Je Me repose en pardonnant.Je suis toujours là, attendant avec amour que les âmes viennent à Moi.Qu elles viennent ! Qu \u2019elles ne se découragent pas ! Qu elles ne craignent pas ! Qu\u2019elles se jettent dans mes bras.Je suis leur Père ! Après un long moment (Josefa est toujours agenouillée devant Lui), Jésus reprend dans le message qu\u2019il lui dicte le 29 août 1922 : r\u2014 Je connais le fond des âmes, leurs passions, leur attrait pour le monde et pour ses plaisirs.Je sais de toute éternité combien d âmes rempliront mon Cœur d amertume et que, pour un grand nombre, mes Souffrances et mon Sang seront inutiles !.Mais comme je les aimais, ainsi Je les aime.Ce n est pas le pécbé qui blesse le plus mon Cœur.Ce qui le déchire, c est que les âmes ne viennent pas se réfugier en Moi après I avoir commis ï * * * Cet appel sera entendu jusqu aux confins de la terre, car Josefa en a reçu la promesse formelle.II doit être entendu I II le sera ! Il apporte au cœur un peu de joie, malgré le poids du jour, malgré le poids de la vie et du pécbé.II éclate aux parois de I âme.II envahit toute I existence et peut nous rendre fous d espérance.Ce message d\u2019A-mour et de salut, ô petite messagère, imprimez-Ie jusqu\u2019au fond de notre cœur et que rien ne puisse jamais l\u2019en effacer.E.Pallascio-Morin Un h omme re gard e ses f reres « Les Elus que vous êtes » vient de paraître aux Editions Variétés.Voilà un livre qui devait être écrit, car jusqu ici, nous n\u2019avions rien de tel dans la littérature canadienne.Dès les premiers cliapitres, on est porté à se réjouir que Fauteur d une telle œuvre soit surgi des rangs des plus brillants représentants de la classe des religieux enseignants.Dans les mains d\u2019un autre, le thème n aurait pas présenté la même saveur, et cette œuvre n\u2019aurait pas produit le même son de vérité humaine.Admettons qu\u2019il fallait à 1 auteur risquer de scandaliser les âmes timorées, en même temps que de réjouir jusqu à certain point des esprits forts, toujours enclins à faire pendre un auteur en le citant sans le contexte.Le roman tourne autour de la vie d un jeune religieux jouant un rôle de premier plan dans un collège de grande ville où il passe la majeure partie de sa carrière, après y avoir étudié.Deux choses frapperont le lecteur : le fond de scène, soit la vie de communauté, avec une série de caractères assez hétéroclites ; et d autre part, le héros, le frère Bernard, âgé de 25 ans, au début du roman.La description occasionnelle de la vie de communauté et des scènes de la vie collégienne mettent en relief les remarquables facultés d observation et d analyse de 1 auteur.De tout cela il a créé des pages d une rare finesse.Le caractère principal est un jeune homme d élite, à la sensibilité un peu trop vive, au moins au début de sa vie religieuse, de ces sensibilités que la vie tout court n a pas encore protégées de la cuirasse nécessaire à toute existence hors des tours d ivoire.Un cerveau brillant, mais pas encore réaliste.Un homme avec de I idéal à en revendre, mais qui n\u2019a pas encore appris à composer avec la vie courante telle qu elle est.Un être qui a imaginé des confrères tels qu ils devraient être, et qui doit apprendre son métier d homme : vivre avec des humains, travailler en équipe, sans tenir mordicus à la perfection chez ses semblables.162 Un homme regarde ses frères Le frère Bernard est de ceux qui étudient avec acharnement pour décrocher des parchemins, histoire de viser toujours à devenir plus complètement ce qu il veut être.II n est pas un saint, il se reconnaît des défauts, dont un fond d orgueil que l\u2019on pourrait Lien prendre pour une trop grande volonté de bien faire, et une défense naturelle de sa sensibilité trop facilement écorchée par les hommes et par I expérience.Une série d\u2019agacements, de déceptions, d\u2019épreuves, se cristallisent en une crise qui représente un sommet de I œuvre.Puis I impasse se dénoue, sans trop de heurts, et la vie continue, chargés de travaux.Cette carrière d éducateur nous fait assister à une lutte captivante entre « les anciens et les modernes ».Cette « querelle » est chose accidentelle à I œuvre et ne fait que servir de cadre à une tranche de vie vibrante de sensibilité et de chaleur humaine.Comme nous y reviendrons plus tard, notons en résumé que cette carrière prometteuse est trop tôt brisée par I épuisement.Le frère Bernard avait tout de même déjà donné la mesure de sa taille.On sait que le héros serait allé loin, une fois casé pour de bon dans son assiette de religieux qui a pour mission d enseigner la vérité.C est au total un être éminemment sympathique que ce frère Bernard, un fougueux sentimental chez qui, toutefois, la lucidité prend le plus souvent le dessus ; un religieux à la fois « humble et révolté » ; toujours empressé de rendre service, mais bourré d intolérance en face de I étroitesse et de la bêtise humaine, où qu elles puissent se nicher.Un être intelligent, normal, en somme, et bien équilibré, après la période d adaptation.Ce frère Bernard pourrait bien, tel qu il est, créé de toutes pièces, devenir un type qui reste classique dans notre littérature.Pas un instant, I auteur n a eu la faiblesse de faire de son œuvre une défense ou illustration de I état religieux auquel il appartient.Pourtant, Dieu sait si ceux que les plaisants ont appelés jadis les « Igno-rantins » ont encaissé leur part de quolibets et de calomnies I Quel état 163 Revue Dominicaine n a subi ses râclées, à travers les siècles : religieuses, jésuites, curés, les œuvres.Les défenses, comme telles, n ont d ordinaire que peu d effet, et elles ennuient le public.Mieux vaut laisser s éteindre la critique et parler les œuvres.D autre part, ce livre ne relève pas du roman à clef, du portrait, encore moins de la caricature.Tout au contraire de la propagande, face à I épreuve, face à la tentation de jeter la soutane aux orties, le frère Bernard ne se gêne pas pour dire leur fait aux frères enseignants.Ajoutez à cela des blagues délicieuses sur le compte de la communauté hypothétique qui feront se tordre de plaisir ceux qui n aiment pas les frères.Mais ceux-là feraient bien de lire jusqu\u2019au bout.Ce que 1 auteur entend dire de bien sur la vie et la mission des religieux enseignants, c\u2019est ce que le frère Bernard a dû se répéter à lui-même, (ou entendre de la bouche d un sage de la communauté, un vétéran de la vie spirituelle) aux simples fins de se convaincre que la mission était assez grande, et la moisson assez abondante pour mobiliser, pour utiliser toutes ses énergies et ne pas, par ailleurs, entraver ses élans vers les sphères élevées de l\u2019intelligence et de la vie morale.Tout cela n a rien à voir à la propagande pour consommation collégienne ou les invitations assez maladroites à embrasser tel ou tel état religieux.Même si ce roman bien bâti était utilisé, à 1 insu de hauteur, aux fins de recrutement, il aurait au moins I avantage original de laisser voir de façon fort honnête l\u2019avers et le revers de la médaille, mais ne manquerait pas de persuasion auprès de ceux qui ont la vocation.Quiconque lit ce roman sent très bien que les frères enseignants auxquels l\u2019auteur a consacré son livre ne cherchent pas de défense, même voilée.L\u2019auteur a fait œuvre artistique, œuvre de vérité, et cela suffit.Par ailleurs, le fait que ce roman ait été écrit prouve déjà amplement que les frères ne redoutent pas la blague populaire et les demi-vérités qu\u2019on peut répéter sur leur compte.Ce livre laisse I impression nette 164 Un homme regarde ses frères qu\u2019ils sont assez forts pour endurer des choses désagréables.Et puis, c\u2019est devenu une lapalissade que d affirmer que quiconque ne sait se moquer de lui-même est un sot ; que quiconque se prend sans cesse au sérieux est un butor ; et que celui qui ne doute jamais de lui-même n atteindra jamais à l\u2019esprit de finesse.* * * La lutte pour la stabilité de la vie religieuse constitue le point central de È œuvre.Avec cette nature un peu brouillonne cbez le béros, le lecteur pouvait s\u2019attendre, à certain moment, que le frère Bernard dise adieu à ses amis, et quitte le couvent en claquant les portes.Au plus fort de l\u2019orage, désabusé de ce que certains de ses confrères n\u2019eussent pas atteint le niveau de culture qu il jugeait bonnête ; dégoûté surtout que son supérieur I eût retardé à prononcer ses vœux perpétuels, le frère Bernard voulut faire le geste décisif et rentrer dans le monde.Vivre dans une atmosphère qui lui semblait plus respirable, coudoyer des intelligences mieux ornées, parler un même langage, et.aller quelque part dans la vie, tel était ce qui, un instant, exerça une certaine fascination sur I âme du jeune frère.Tous les jeunes gens qui traversent une crise d orientation ne suc-combent-ils pas presque fatalement aux excès intempérants de I imagination ?Cell e-ci tend des pièges, un jour ou I autre ; elle embellit abusivement, elle auréole et enjolive une vie vers laquelle le jeune fiomme se croit appelé.Incorrigible intellectuel, le frère Bernard aspirait à des sphères où les choses de I esprit devaient avoir tout leur prix et porter en elles leur récompense.L homme qui n avait pas encore eu le temps de mûrir pouvait, là encore, donner dans I intempérance.C était pécher par optimisme que d imaginer telle tour d ivoire où tous les camarades seraient des esprits d\u2019élite.Comme ils songent à la navigation, tous les jeunes gens ont aussi rêvé au foyer constitué autour d une femme qu\u2019ils prévoient angélique, Revue Dominicaine et animé de mioches qn ils idéalisent à plaisir.Les adolescents et les moins jeunes bâtissent en rêve une maison coquette, à I orée de la forêt ou flanquée en plein quartier chic ,\u2014- la nuance n a guère d importance.Mais pour sa part, le frère Bernard ne semble pas s\u2019être arrêté à ces distractions, et rien chez lui n a de la sorte déterminé la tentation.Ce fut une crise de I esprit et non une tentation de la chair.Ce livre, qui promène le lecteur à travers toutes les péripéties de la vie de communauté, et qui pourrait peut-être porter le sous-titre de « Grandeurs et misères de la vie communautaire », n hésite pas à peindre les jours les plus gris.Parfois, on dirait qu il y prend plaisir.Par contre, le roman abonde en situations hilarantes, en passages d un comique impayable, telle I allégorie « navigante » (comme dirait le César de Pagnol) du discours de circonstance d\u2019un directeur féru de lieux communs.Ce roman bien construit, assez bien balancé et écrit dans une langue assez alerte, souvent pittoresque, contient certaines faiblesses dont se rendront compte surtout les lecteurs profanes.Des scènes comme le pique-nique des confrères, sont plus faibles que I ensemble du livre.L œuvre aurait pu s en passer, excepté que ce chapitre complète par ailleurs assez bien le tableau de la vie commune, dans la joie comme dans les épreuves et les jours sombres.Notons que certaines blagues, qui peuvent avoir leur sens dans le cadre où elles sont faites, peuvent, aux oreilles du lecteur étranger au milieu, manquer de saveur ou sonner vide de tout humour.L auteur, heureusement, est loin d avoir multiplié ce genre d humour pour consommation « domestique ».Pour ses saillies mordantes, pour ses descriptions de caractères, ses boutades enjouées, ce livre vaut abondamment la peine d être lu, même si I on ne tient pas compte de I essentiel de 1 œuvre, la lutte pour la vocation, la vie consacrée librement au service de Dieu et de 1 enseignement.La crise passée, chez le jeune homme, la vie se poursuit féconde, pleine d un élan nouveau.La moisson devait être abondante et elle I a été, puisque le frère Bernard réussit, avec la collaboration d esprits alertes, à opérer au collège des réformes sensationnelles. v'-.v\t'if;;.- ¦¦¦ w/&*\t¦¦ : ¦ ¦; :¦¦¦¦:\u2022.-am w mm Un HOMME REGARDE SES FRERES Et puis, lui qui voulait brûler les étapes, « arriver au terme avant le départ », est, bien jeune encore, mis au pas par la Faculté.II devait être nommé directeur : on lui prescrit le repos complet, parce que le cœur est fatigué.II faut dire adieu au béros alors qu il vient d être réduit à la vie ralentie d une infirmerie : cardiaque avancé, méditant les paroles de sainte Thérèse d Avila : « Vivre toute sa vie, aimer tout son amour, mourir toute sa mort ».Pour le lecteur, la vie brûlante du frère Bernard se termine sur cette réflexion qu il médite en lui-même : « Je pourrai, enfin, à loisir, comprendre comment ç a été une faveur insigne de travailler, de prier, de combattre, de souffrir, dans la perfection cachée du même cercle, à vos côtés, Placides et Charles, en face de vous, Symphoriens et Abels, vous que j ai crus mes adversaires, quand vous étiez seulement situés à l\u2019autre bout de la même ligne droite, vous que j aurais pu apercevoir à travers la lumière et la chaleur du même foyer ; avec vous tous, mes frères, les élus que vous êtes.» Gérard Morin 167 Réfl exions sur la poésie La poésie est I art de suggérer des idées ou des sensations au moyen de sons articulés.La poésie est essentiellement un art et n est qu accessoirement une science.* * * L\u2019art, dans son acception la plus noble, est 1 application de 1 intelligence à la fabrication du beau.La science, en tant qu\u2019activité, est l application de I intelligence à la recbercbe méthodique du vrai.L\u2019art et la science sont souvent complémentaires : dans ce cas, I un est la fin dont l\u2019autre est le moyen.*\t*\t* La précision de 1 objet poursuivi dans la science entraîne généralement la précision des moyens employés à le réaliser, tandis que 1 inverse se produit dans I art où la rigueur génésiaque doit laisser à 1 œuvre fabriquée un certain degré d imprécision conforme aux exigences de sa fin qui est de suggérer, et non de définir ou de démontrer.¦¥\t*\t* La prose définit : la poésie\tsuggère, c est-à-dire fait naître 1 illusion.*\t*\t* La science poétique est purement instrumentale : elle ne porte que sur les moyens ; elle est organique.Une trop grande recbercbe dans la forme peut être funeste au poème lui-même, comme le prouve en maints endroits I œuvre poétique de Paul Valéry.La science des mots offre à la poésie certains procédés architectoniques qui en facilitent la puissance d évocation ; mais, si éminente soit cette fonction, elle n\u2019en demeure pas moins strictement instrumentale et soumise, quant à son exercice, à la nature de 1 idée ou de I impression que le poète veut susciter.168 Réflexions sur la poésie Un poème est d abord conçu dans 1 intelligence qui en crée le thème et en définit les mouvements, qui en ordonne les éléments et en étudie les effets.La genèse poétique se tient tout entière du côté de I esprit, et c\u2019est F idée exprimée par M.Aragon quand il écrit, dans la préface des Yeux dElsa, que « Ihistoire dune poésie est celle de sa technique», c\u2019est-à-dire de son acheminement vers une forme définitive, ce qui ne peut être que le travail de I intelligence éclairée par I intuition esthétique.*\t*\t* L\u2019émotion est le moteur de I intelligence.L émotion imprime ; I intelligence réprime, puis exprime.*\t*\t* L émotion poétique n est jamais entièrement communicable, parce qu elle reste, en définitive, le fruit d une expérience singulière ; et les mots auxquels le poète confie les moments les plus riches de sa vie intérieure sont eux-mêmes limités, quant à leur puissance de transmission, par I intensité des vibrations qu ils sont appelés à traduire.*\t*\t* A côté des impressions plus ou moins profondes que le poète parvient à susciter au moyen d un ensemble de mots aux effets variables, il est des sentiments ou des idées qui, en raison de leur force ou de leur excellence, possèdent en entier I être qui les fabrique, cependant qu\u2019ils suppriment chez ce dernier tout pouvoir d émission.*\t*\t* Tout poème dépend, quant à sa\tfaculté d évocation, du degré d in- viscération dans la subjectivité créatrice du sentiment qui lui donne naissance, et de la valeur proprement instrumentale des moyens techniques dont dispose l\u2019auteur.Tout poème, mêmement, est assujetti à I objet qu il veut signifier.169 Revue Dominicaine Un poème est à la fois l\u2019effet d\u2019 une puissance et le témoignage d une impuissance.II est I effet d une puissance en ce qu\u2019il procède d une volonté,\tet\til\test\tle\ttémoignage d une\timpuissance en ce qu il ne traduit qu imparfaitement\tI instant\tqui meut\tcette volonté.* *\t* La poésie mystique, fruit d une expérience ineffable, ne peut être qu ésotérique, qu elle soit allégorie ou arcane.La poésie mystique se rit de la mystique poétique.* *\t* Parce qu ils sont matériels, les mots ont une valeur d expression nettement limitée, et 1 usage quotidien qu il en est fait rend la tâcbe du poète plus ardue que celle de tout autre artiste.*\t*\t* La poésie étant l\u2019art des sons articulés, il s\u2019ensuit que sa musicalité sera celle de ces sons.Il existe une musique du vers et, aussi, une musique du verbe.Cell e-ci conditionne fortement celle-là.La poésie est musique et autre chose.*\t*\t* Le vers donne au poème une forme certaine, mais il ne le crée pas.II est manifeste, cependant, qu\u2019une forme certaine est plus parfaite qu une certaine forme.*\t*\t* Le poète est, par excellence,\tcelui\tqui fait et, comme tel, il imite Celui qui fait.Le métier de poète tire sa noblesse de son mode et de son terme.II est, tout entier, œuvre de I esprit et il est, de surcroît, cause de moments privilégiés où l\u2019âme se divertit supérieurement.André Patry 170 De Suisse nous vient la lumière Et cette fois c\u2019est la psychologie qui en bénéficie.De Suisse, en effet, nous arrive la quatrième édition du dernier livre de Jean Piajet intitulé : La Psychologie de llntelligence.Paru la première fois en 1947, il contient une série de conférences données au Collège de France en 1942 durant I occupation allemande en présence de Pierre Janet.Depuis sa publication nul ne conteste plus à son auteur la réputation qu il s était acquise avant la guerre d être le plus grand psychologue vivant.La Psychologie de l Intelligence se présente comme une synthèse de tous les travaux antérieurs de Piajet.C est depuis plus de vingt ans qu il poursuivait des recherches sur ce sujet et, périodiquement, il avait, en une dizaine de volumes, communiqué en analyses très détaillées, et qui ont révélé son génie d observation, ce que graduellement il avait été amené à considérer comme les différentes phases de la genèse de l\u2019intelligence chez les enfants.Deux de ces études avaient été très remarquées lorsqu\u2019 elles parurent : I une portant sur La Causalité Physique chez l\u2019Enfant, publiée en 1927 ; I autre sur Le Jugement Moral chez l\u2019Enfant, publiée en 1950.Ce sont les deux seuls volumes de Piajet qui aient été traduits en anglais.Comme pour Freud il y a dix ans auquel il est permis de le comparer tant pour I envergure de son génie que pour son rare sens clinique -\u2014 il ne connaît actuellement en Amérique et en Angleterre que très peu de disciples.En certains milieux il est même tenu pour suspect du fait de ses positions génétiques.Sans doute que d\u2019ici quelques années les psychologues américains le découvriront et lui voueront cet engouement qu ils accordent actuellement à Freud et à ses disciples, même à ceux qui ont le plus sottement prétendu prolonger 1 œuvre du Maître.La Psychologie de llntelligence est comme toute synthèse véritable un dépassement et une intégration de toutes les formulations antérieures que seul un génie en pleine maturité peut atteindre et rendre en termes définitifs.Piajet a réussi en deux cents pages à peine à nous livrer I intuition maîtresse de sa vie sur la nature de I intelligence, enrichie des vingt 171 Revue Dominicaine ans d observations et de recherches qu\u2019il a consacrées à ce problème.Il s\u2019est exprimé dans une langue sobre et d une grande limpidité, qui nous repose du clinquant et de cette recherche de I effet, qui caractérisent tant d œuvres qui nous arrivent de France.Sa conception de I intelligence est une des trop rares théories en psychologie, depuis que cell e-ci s est proclamée science adulte, qui repose sur un nombre suffisant et cohérent de faits pour compter survivre quelques générations.Un sort que de nos jours bien peu de théories scientifiques connaissent î En fait la théorie de Piajet sur la nature de 1 intelligence est la plus satisfaisante que la psychologie puisse nous offrir dans le moment.Et cependant elle est pourtant en opposition radicale avec la plupart de celles qui prévalaient avant lui.Avant Piajet, par fidélité à des postulats philosophiques, on tenait pour une conception soit fixiste soit évolutionniste de 1 intelligence.Pour les psychologues adhérant au « fixisme », I intelligence était conçue soit comme une adéquation innée à des formes ou des essences éternelles, thèse que Bertrand Russell, un des théoriciens de cette école, avait empruntée au platonisme en la modernisant ; soit comme déterminée par des structures internes, s explicitant graduellement, au cours du développement, grâce à une réflexion de la pensée sur elle-même.Ce courant aprioriste a inspiré une bonne partie des travaux de la Denkpsychologie allemande.Au point que chez Buhler, Selz et bien d autres 1 intelligence a fini par devenir comme un miroir de la logique, cell e-ci s imposant du dedans sans explication causale possible.Enfin on peut être fixiste en concevant la connaissance intellectuelle à la manière d une gelstalt, i.e.d\u2019une forme d\u2019ensemble qui englobe dans un circuit total sujet et objets, sans activité de celui-ci, ni existence isolée de ceux-là.Telles étaient les vues tenues par Koehler et Wertheimer, et que beaucoup de psychologues américains ont popularisées avec plus ou moins d intelligence.Mais nombre de psychologues, sous 1 influence de Darwin, ont adopté une conception évolutionniste de I intelligence.Certains, de plus en plus rares, tiennent que 1 intelligence est une structure résultant exclu- 172 De Suisse nous vient la lumière sivement de I action venant du monde extérieur.Aux Etats-Unis, Spearman en ce sens réduit les opérations de I intelligence à « I appréhension de I expérience » et à « I éducation des relations et des corrélats », i.e.à une lecture plus ou moins complexe des rapports donnés dans le réel.Ces rapports, selon lui, ne sont pas construits, mais découverts par simple accommodation à la réalité extérieure.Claparède, un psychologue suisse lui aussi, conçoit la genèse de l\u2019intelligence comme résultant de ses essais et de ses erreurs.Il a élaboré à ce sujet ce qu il a appelé la « théorie du tâtonnement ».Pour lui I adaptation de I intelligence consiste en essais ou hypothèses, dus à I activité du sujet et à leur sélection effectuée après coup sous la pression de I expé-rience (réussites ou échecs).L\u2019accent est mis ici sur l\u2019activité du sujet.La théorie du tâtonnement, inspirée elle aussi par l évolutionnisme, correspond, peut-on dire, sur le plan des adaptations individuelles au « muta-tionisme » sur le plan des variations héréditaires.Piajet se rattache lui aussi, de son propre aveu, à ce groupe.Sa théorie de 1 intelligence est une théorie génétique.II a emprunté aux théories évolutionnistes ce qu elles offraient de plus sain et de plus définitif.C est pourquoi en contraste avec le « Iamarlrisme » qui explique les variations adaptives par la pression du milieu, et du « mutationisme » qui les conçoit comme l'aboutissant de mutations endogènes avec sélection après coup, Piajet se rallie à ce qu\u2019il appelle « l\u2019intersectionisme », qui explique les variations adaptives par une interaction progressive des facteurs internes et externes.La connaissance lui apparaît en conséquence comme le produit indissociable entre I expérience et la déduction.Piajet appelle sa théorie de I intelligence une « théorie opératoire ».Selon ce point de vue, les opérations intellectuelles constituent des actions réelles sous le double aspect d une production propre au sujet et d une expérience possible sur la réalité.D où la définition suivante qu il propose de I intelligence : « I intelligence est un état d équilibre vers lequel tendent toutes les adaptations successives d ordre sensori-moteur et cognitif, ainsi 173 Revue Dominicaine que tous les échanges assimilateurs et accommodateurs entre I organisme et le milieu ».Mais ce que Piajet a été le premier à signaler, et cela à lui seul suffirait à lui valoir une place unique en psychologie, ce sont les conditions requises pour que I intelligence atteigne sa pleine maturité.En effet il a été le premier à observer que I intelligence des enfants est dominée par un égocentrisme qui les rend incapables d aucune objectivité.C est à condition de se décentrer que la pensée de I enfant franchira les différents stades de la pensée symbolique et préconceptuelie, jusqu au point où elle sera capable d activité réflective achevée.Mais tant que domine I assimilation égocentrique du réel à 1 activité propre, I enfant s absorbera dans son monde de symboles et pensera selon un prélogisme qui lui est propre.En effet ce qui caractérise les schèmes sensori-moteurs aussi bien que les symboles préconceptuels, c est qu ils sont toujours centrés sur un état particulier de I objet et d un point de vue particulier du sujet.La pensée au contraire, lorsqu elle parvient à sa perfection et acquiert la souplesse voulue, ne s attache plus alors aux états particuliers de 1 objet ni ne procède plus d un point de vue particulier du sujet, mais se sent capable d une réversibilité totale qui lui permet, à ce point, de pénétrer et d assimiler le réel en toute objectivité.Il est regrettable que Piajet et ses travaux sur le développement de 1 intelligence chez les enfants soient pratiquement inconnus de nos pédagogues et de nos éducateurs.Certains lui font grief, imagine-t-on rien de plus puéril, d être en charge de 1 Institut Jean-Jacques Rousseau à Genève.Pauvre Jean-Jacques !.II aurait peine à croire que seule la mention de son nom puisse, encore en 1950, déclencher en certains milieux pareils mécanismes de défense ! Au fond il est bien évident que Jean-Jacques ne sert ici que de prétexte pour refuser toute lumière venant de la psychologie qui nous obligerait à renouveler nos méthodes d\u2019éducation.II y a à ce sujet de mobilisées chez beaucoup des résistances émotives qu il sera bien difficile de vaincre parce que le plus souvent elles leur sont inconscientes.174 De Suisse nous vient la lumière Mais il est non moins surprenant de constater que la psychopatho-Iogie et la psychothérapie n\u2019aient pas encore songé à s intégrer et à exploiter une aussi féconde tkéorie de I intelligence.Car c est en vain que I on ckercke dans les œuvres des cliniciens contemporains, même ckez les plus fameux d\u2019entre eux, Freud, Jung, Adler ou Janet, des précisions satisfaisantes sur les détériorations que subissent les processus intellectuels par suite des maladies mentales.Ils deviennent vagues lorsqu il abordent ce sujet, et très décevants lorsqu on songe aux lumières qu ils nous offrent sur les forces en jeu dans la psyckogenèse des névroses.Pour cette raison les psyckotkérapeutes de toute école trouveraient en Piajet I explication à beaucoup de symptômes de leurs patients.Ils comprendraient mieux la structure de certaines formations psyckopatkiques, comment, par exemple, les délusions, les pkobies ou les obsessions auxquelles se cramponnent leurs malades sous la pression de I anxiété qui menace leur unité psychique, manifestent clairement des reliquats de pensée infantile.Surtout quand le moment viendra d aider leurs patients à se dégager de toutes les fixations inhérentes aux traumatismes infantiles qui sont à I origine de leur comportement pathologique, Piajet sera d un grand secours aux cliniciens.Ils apprendront de lui à quel point la maturité intellectuelle conditionne autant que résulte de la maturité émotive, et en conséquence pourquoi et comment ils doivent réapprendre à leurs patients pour les guérir à vivre et à penser selon le « principe de réalité ».Bernard Mailhiot, O.P.175 re sens des faits Lettre du Vatican SECRETARIA DI STATO DI SUA SANTITA N.221177.Du Vatican, le 4 février 1950 Le Révérend Père Antonin Lamarche, Directeur de la « Revue Dominicaine ».Montréal.Mon Révérend Père, Le Saint-Père a agréé avec bienveillance l hommage que vous Lui faites du numéro spécial de la « Revue Dominicaine », consacré à l Année Sainte, et 11 me charge de vous en remercier.C\u2019est en effet par des travaux analogues aux vôtres que les catholiques du Canada, dont la plupart ne pourront personnellement bénéficier des indulgences du pèlerinage, comprendront mieux à quel effort de sanctification et de réflexion les invite le Saint-Père au cours de cette Année Jubilaire.Aussi Sa Sainteté vous accorde-t-Elle volontiers, ainsi qu à vos collaborateurs, en gage des plus abondantes grâces divines sur vos labeurs, le réconfort de la Bénédiction Apostolique.Veuillez agréer, mon Révérend Père, l\u2019assurance de mes sentiments bien dévoués en N.S.J.B.Montini Subst.Les quarante ans du Devoir Le Devoir célèbre, cette année, son quarantième anniversaire.A cette occasion, des journalistes de tous les milieux, de tous les partis, de tous les courants d opinions, reprenant fièrement conscience de leur solidarité professionnelle, ont adressé au Devoir des félicitations que bien peu de journaux, cbez nous, sauraient se mériter.La Revue Dominicaine est heureuse de mêler sa voix à ce tribut d hommage.176 Le sens des faits On dit que Le Devoir est le journal des gens qui pensent.En effet, il ne s\u2019est jamais présenté comme un journal à sensation, même si certaines de ses nouvelles ou quelques-uns de ses éditoriaux ont été sensationnels.Ses collaborateurs, groupés en équipe, nous ont enseigné une doctrine : la doctrine de la fierté, de I indépendance, du goût de vivre dans le respect du droit d autrui et dans les limites fixées par la justice, la charité et la vérité.La doctrine du Devoir ne s est pas construite dans les nuages, au haut d une tour d ivoire.Le soin qu apporte Le Devoir à ne jamais échapper aucun incident, aucun événement, si peu chargés soient-ils de potentiel historique, la peine qu il prend à décortiquer le plus humble fait quotidien pour en faire sortir la menace d un danger ou la promesse d un progrès, tout cela fait que Le Devoir peut penser juste parce qu il sait voir clair.Tout comme le coq gaulois enfonce ses ergots dans le sol pour chanter le lever du soleil, Le Devoir a tiré sa doctrine des réalités charnelles de I histoire, de la petite histoire sans laquelle jamais ne s\u2019écrit la grande histoire.On dit aussi que Le Devoir est toujours « contre », qu il est une entreprise de démolition générale.C\u2019est regarder les choses par le mauvais bout de la longue-vue.On a souvent reproché aux Canadiens français de savourer les vérités à l\u2019eau de rose, de se laisser bercer béatement au chant facile du « tout va très bien, madame la marquise », de s\u2019abandonner à un conformisme intellectuel qui dispense d\u2019observer, de juger et d agir.A certaines heures critiques de notre histoire, remercions le Ciel que Le Devoir ait eu le courage de crier ou de piquer de la fourche.D ailleurs Le Devoir a-t-il jamais tenté de détruire sans proposer en même temps des plans de reconstruction ?Ceux-là ne voudront peut-être jamais le reconnaître qui empruntent le journal pour le lire à la dérobée, de crainte de voir leur nom sur la liste des abonnés.Concédons que parfois Le Devoir « est allé trop loin », selon la sage formule.Dans le feu du match, n arrive-t-il pas au meilleur boxeur de porter un coup bas ?Moins coupable est 1 erreur de ceux qui se trompent en faisant quelque chose que les péchés d omission de ces perpétuels satisfaits « assis à I ombre de leur propre insignifiance » (Claudel).Que Le Devoir ait tenu le coup durant quarante ans, que durant quarante ans il ait porté le poids du jour.et de la nuit, ce n est pas là mince mérite.Sous I intrépide direction de M.Gérard Filion, qu\u2019il aille de I avant ! S il y a encore des mouches qui sont convaincues qu elles font avancer le coche, heureux sommes-nous qu\u2019il y ait encore des chevaux, aux muscles durs, qui tirent et qui tirent toujours.Gérard-A.Saint-Denis, O.P.177 Revue Dominicaine Olivier Messiaen N importe quel amateur de musique sérieux est attiré par un festival de musique comme celui de 1 anglewood, dans l\u2019état du Massachussets.Comparable à ceux de Salzbourg et d Edimbourg, celui de Tanglewood n en comporte pas moins d événements musicaux de toutes sortes : concerts symphoniques, opéra, musique de chambre, etc.et ceci, dans un cadre naturel unique.J y étais attiré par tout cela, bien entendu.Quelque chose cependant possédait un pouvoir d attraction spécial sur moi.Je savais que le compositeur français Olivier Messiaen, sur qui j avais lu des articles aussi étranges qu intéressants, serait présent pour toute la durée du festival et aussi, que certaines de ses œuvres seraient jouées.Ma première rencontre avec Olivier Messiaen ne fut pas loin d être un échec.Question de circonstances peut-être, car je le vis pour la première fois à I intermission d un concert où Leonard Bernstein venait de diriger de façon magistrale le troublant Sacre du Printemps.Je me présente à I homme qui, visiblement, semble vivre dans une autre planète.Ne sachant quoi dire, je lui demande comment il a aimé la première partie du concert.II murmure une réponse : « Ah I cette musique », dit-il avec tristesse, « ça vous arrache les entrailles ».Je revis Messiaen plusieurs fois par la suite.Jamais il ne m a paru vivre dans le monde réel.On le surprend toujours les yeux levés vers le ciel.II nous donne toujours I impression d écouter une musique que nous n entendons pas.J ai entendu un peu de cette musique quand, pour la première fois, j\u2019ai écouté une œuvre de Messiaen : Les Trois Petites Liturgies de la Divine Présence.Olivier Messiaen est né à Avignon, le 10 décembre 1908.Sa mère est la poétesse mystique Cécile Sauvage, qui, à la naissance d Olivier écrivit L\u2019Ame en bourgeon.Très jeune, Olivier est attiré par la musique, la foi catholique, le théâtre ; comme il I avouera lui-même plus tard.Sa jeunesse fut entourée de poésie et de musique.II entra au Conservatoire de Paris où il étudia I orgue avec Marcel Dupré et la composition avec Maurice Emmanuel et Paul Duhas.En 1931, il fut nommé organiste à I église de la Trinité à Paris, un poste qu il occupe encore, car Messiaen est un grand organiste et le roi des instruments exerce sur lui une fascination dont il ne peut se départir.Ses premières œuvres seront d ailleurs pour cet intrument.Très jeune Messiaen fut nommé professeur au Conservatoire de Musique et, en 1941, il était nommé professeur au Conservatoire de Paris.178 Le sens des faits Au cours de son séjour à 1 anglewood, il donna plusieurs cours de composition.J eus le privilège d assister à quelques-uns de ces cours et, bien que profane en la matière, jamais je n oublierai Olivier Messiaen, nerveux, assis au piano, analysant la complexe partition du Sacre.En 1936, le groupe « La Jeune France » est fondé par Messiaen et quelques-uns de ses confrères : Daniel-Lesur, Yves Baudrier et André Jolivet.Les quatre jeunes compositeurs se donnent pour but de créer et de promouvoir une musique jeune, libre, étrangère au mouvement révolutionnaire comme à I académisme.Au cours de la guerre, Messiaen fut fait prisonnier et c est pendant sa captivité en Silésie qu il écrivit une de ses œuvres les plus importantes, le Quatuor pour la Fin du Temps, qui fut joué pour la première fois au Stalag VIII A, en janvier 1941.En buit mouvements, F œuvre est inspirée d un passage de 1 Apocalypse : «Je vis un ange plein de force, descendant du ciel, revêtu d une nuée, ayant un arc-en-ciel sur la tête.Son visage était comme le soleil, ses pieds comme des colonnes de feu.II posa son pied droit sur la mer, son pied gaucbe sur la terre, et, se tenant debout sur la mer et sur la terre, il leva la main vers le Ciel et jura par Celui qui vit dans les siècles des siècles, disant : Il n y aura plus de Temps ; mais au jour de la trompette du septième ange, le mystère de Dieu se consommera ».Le Quatuor pour la Fin du Temps est écrit pour piano, violon, violoncelle et clarinette ; une combinaison très peu employée mais qui fut exigée par les circonstances.En effet, la première exécution de Fouvrage fut donnée par Messiaen lui-même au piano, avec le concours de trois compagnons du camp de prisonniers, dont Etienne Pasquier, le violoncelliste du Trio Pasquier.Un commentaire de Fauteur affirme que le Quatuor a directement été inspiré par le passage de l\u2019Apocalypse cité plus Kaut.Son langage musical est immatériel, spirituel, catholique.Le titre de chacun des mouvements nous rapproche de la volonté du compositeur : Liturgie de cristal, Vocalise pour I ange qui annonce la fin du Temps, Abîme des oiseaux, Intermède, Louange à l\u2019éternité de Jésus, Dance de la fureur pour les sept trompettes, Fouillis d arc-en-ciel pour I ange qui annonce la fin du Temps, Louange à I immortalité de Jésus.La musique de Messiaen s inspire presque toujours de sujets religieux.« J ai essayé d être un musicien chrétien et de chanter ma foi, sans y arriver jamais », écrit-il.Messiaen, en réalité, est un romantique spirituel, si 1 on peut dire, malgré qu il utilise un langage musical tout à fait personnel et très moderne.II semble le continuateur du mysticisme Revue Dominicaine musical d un César Franck ou encore d un Anton Bruckner, tous deux organistes comme Messiaen lui-même.La coïncidence ne manque pas d être curieuse.En 1938, dans un programme de la Société Internationale de Musique Contemporaine, Olivier Messiaen a donné clairement le nom de ceux qui I ont influencé.La liste ne manque pas d intérêt : Ma mère, la poétesse Cécile Sauvage ; ma femme, Claire Delbos, également compositeur ; Shakespeare, Claudel, Reverdy, Eluard, Hello et Dom Marmion.II ajoute « Dois-je nommer la Sainte Ecriture qui contient la seule vérité ?» II avoue également avoir été influencé par la musique russe, Pelléas et Mélisande de Debussy, le chant grégorien, les rythmes indous (dont il avait fait une étude très poussée), les montagnes du Dauphiné et, finalement, les vitraux, les arc-en-ciel et le chant des oiseaux.Olivier Messiaen a écrit ses plus grandes œuvres à partir de l\u2019année 1955.Ce furent d abord deux suites pour orgue, La Nativité du Sei-neur, puis les Corps Glorieux.Dans ses œuvres pour la voix, comme les Poèmes pour Mi et les Chants de la Terre et du Ciel, il écrit lui-même les paroles.En avril 1945, une œuvre capitale de Messiaen fut jouée à Paris.C\u2019était les Trois Petites Liturgies de la Présence Divine.Cette œuvre est écrite pour orchestre à cordes, chœur de voix de femmes, piano, ondes Martenot, célesta, vibraphone et instruments de percussion.Les textes sont du compositeur lui-même d\u2019après les Evangiles, saint Paul, l\u2019Imitation, etc.L\u2019auteur obtint un succès partagé, peut-être à cause de la grande originalité de I œuvre qui fourmille en sonorités nouvelles.A Tanglewood, Messiaen avait apporté les disques de son œuvre, enregistrée sous la direction de Roger Désormière et j\u2019eus le grand privilège de l\u2019entendre, précédée des commentaires et indications de l\u2019auteur.Les Trois Liturgies furent jouées pour la première fois en Amérique, à New-York, en novembre dernier, sous la direction de Stokowski.Dans l\u2019œuvre de Messiaen, il faut accorder une place spéciale aux Vingt Regards sur l\u2019Enfant-Jésus pour piano.Ce sont des morceaux tantôt délicats et tantôt puissants qui renouvellent en quelque sorte la technique pianistique.Son œuvre la plus récente est toutefois une gigantesque symphonie en dix mouvements, intitulée Turangalila, un mot hindou que I auteur affectionne tout particulièrement.L\u2019ouvrage fut joué pour la première fois à Boston en décembre dernier sans remporter un succès populaire, 180 Le sens des faits mais fort Iouangée par de grands musiciens présents, dont Serge Kous-sevitshy, l\u2019ami très cfier de Messiaen, Olivier Messiaen est presque tout à fait inconnu au Canada.Quelques pianistes de passage ont fait entendre quelques-uns des Regards.Mais la partie importante de son œuvre est encore totalement inconnue chez nous.La valeur de sa musique est incontestable cependant.A 42 ans, Messiaen a pris place au rang des grands compositeurs.Qui sait ce que nous réserve I avenir ?On a demandé à Messiaen ce qu était pour lui 1 inspiration.II a répondu ceci : « L inspiration est comme la mort : elle nous attend partout.Dans une chaîne de montagnes, dans un vitrail, dans un livre de médecine, d astronomie, de microphysique.Les uns la cherchent en priant Dieu.Le musicien trouve de tous côtés la musique.Tous les objets, pour un amant, ont la couleur du même visage.Et que de vibrations cachées, de symphonies mystérieuses, dans un nuage, dans une étoile, dans un œil d enfant ! Je crois à I inspiration musicale.Non pas qu elle soit la brusque invasion d un délire pythique.C est plutôt un travail lent, insensible, qui se fait malgré nous.Cela nous hante, nous possède, comme une idée fixe, comme I Amour.L inspiration est comme I Amour.Elle se moque de nous parfois.On part avec I intention d écrire une musique de scène, on revient avec des pièces de piano.On pense écrire des mélodies, il en sort un poème symphonique, un acte d opéra.Mais pourquoi approfondir la lumière et ses tristes secrets ?La seule chose que je peux affirmer, c\u2019est que je ne puis rien écrire que je ne I aie vécu ».Gilles Potvin Un véritable traité de Coopération Le mouvement coopératif a atteint de telles dimensions qu\u2019il faut plus que de la bonne volonté pour en saisir toute I influence, pour en mesurer toute la portée.Pour le progrès même du mouvement, ceux qui s y intéressent doivent posséder des connaissances aussi précises et aussi complètes que possible sur son état actuel à tous les points de vue.C\u2019est afin de faciliter I acquisition de ces connaissances que le Service extérieur d éducation sociale de 1 Université Laval offre au public depuis 1945 un cours par correspondance sur la coopération.La variété des aspects que ce cours envisage (doctrine, éducation, propagande, législation, organisation, histoire.), la compétence de ceux qui 181 Revue Dominicaine I ont rédigé, la diversité des étudiants de tout âge et de toute condition qui le consultent, lui donnent un caractère vraiment exceptionnel.Pour sa rédaction, le Service extérieur d éducation sociale s\u2019est en effet adressé à des spécialistes, théoriciens et practiciens de la coopération, tels que les officiers du Conseil supérieur de la coopération, de la Coopérative Fédérée de Québec, de la Fédération des Caisses populaires, de l\u2019Alliance des coopératives de consommation, etc.C est là .une garantie de la pureté de la doctrine qu il contient en même temps que son adaptation aux exigences de notre milieu.Les étudiants qui, à date, se sont inscrits au cours, se répartissent dans toutes les classes de la société.Les plus récents diplômes distribués sont allés à des fonctionnaires, à des étudiants, à des barbiers, à des agronomes, à des ouvriers, à des professionnels, à des cultivateurs et à des bûcherons.Voyons ce que les étudiants eux-mêmes pensent de ce cours : «Je les ai trouvés bien faits et fort intéressants à suivre.II est certain que leur substance est un bel exposé de 1 histoire et de la doctrine coopérative.J ai surtout apprécié la façon claire dont on a traité les passages les plus confus des diverses lois se rapportant aux coopératives et aux syndicats.», déclare un étudiant d Oha.Un autre étudiant de Dorchester abonde dans le même sens : « Ce fut une agréable surprise.Les leçons sont très bien agencées et explicites, ce qui en facilite d autant leur étude ».Un troisième de Montréal affirme : « Ces cours m ont permis d\u2019apprécier encore mieux combien la coopération dans tous les domaines aiderait à notre groupe canadien à donner sa valeur comme peuple ».Leur excellent contenu à valu aux cours sur la coopération du Service extérieur de se recruter des lecteurs dans plusieurs pays dont les Etats-Unis, le Mexique, le Brésil, la Suisse, le Chili, 1 Espagne, I Italie, la Palestine.M.Maurice Colombain, chef clu service de la coopération au Bureau International du Travail à Genève, répondait à M.Zdravho Mitovski, ministre de la Politique sociale de Bulgarie, à la recherche de traités en français suffisamment compréhensifs pour embrasser les différentes formes du mouvement et tenir compte des développements récents de la doctrine et accessibles à des étudiants : « Je ne connais rien qui réponde mieux à cette définition et qui soit cle meilleure qualité que le cours par correspondance préparé par le Service extérieur d éducation sociale de la Faculté des Sciences sociales de Québec.».Voilà autant de témoignages qui se portent garants de la haute valeur de ce cours sur la coopération.Gilles Bélanger, O.P. Le sens des faits Le monde des histoires Raconte.Et la voix, I irremplaçable voix, disait inlassablement la belle histoire.Pendant que I enchantement bientôt construisait son féerique royaume, des flammes glorieuses coloraient à jamais mes premières années.Ainsi, peu à peu, tous les contes de maman m étaient légués et quelque chose de son enfance inconnue, peut-être la part la plus magnifique, passait mystérieusement dans la mienne.Et puis, un jour, j apprenais que dans les livres sont enfermées les merveilleuses histoires.Que là-dedans les grands viennent puiser avec une ferveur toujours renouvelée.Ah! pouvoir pénétrer à mon tour dans ce monde des histoires, pouvoir 1 ouvrir cette porte et y entrer.Et un matin, incroyablement, il m était donné 1 immense joie de me pencher moi-même, de déchiffrer à mon tour ces prestigieux signes alignés côte à côte et qui m\u2019intriguaient depuis si longtemps.Est-il vraiment possible que ces lignes noires aient une signification, soient chargées de tant de densité, et que là-dedans la belle histoire puisse être retrouvée ?Et j ai pénétré dans le royaume.A chaque pas, c\u2019était une découverte, une lumière, un agrandissement de ce monde.Avec la fantastique impression comme si des soleils m illuminaient, comme si, soudain, devant tant de couleurs, tant de parfums, tant de musique, il ne serait plus possible de vivre.Pendant qu à 1 intérieur se recomposait 1 émerveillement, ce même émerveillement qui m habitait quand la voix aimée me racontait la belle histoire.Monde vaste, très vaste, mais si petit à côté de toutes les contrées inexploitées.Le plus beau des mondes parce que celui du monde des livres de mon enfance.Là jonglent Cendrdlon, Peau d Ane et la Fdle du Roi.En compagnie de 1 Echelle Magique et des Bottes de Sept Lieues, du Prince Michel et de la Sorcière.Là demeurent Sans Famille, Mr.Pickwick et iVino.Là veillent tous ces frissonnements, ces angoisses, ces transports de mon enfance.Contes, légendes, ô vous tous les livres, tout le monde des histoires, qui font découvrir plus réels, plus prestigieusement beaux, les ciels immenses de la vie, toute sa beauté, sa joie mêlée d une si indéniable nostalgie.Ah ! quel philtre y avait-il donc là-dedans pour qu à jamais, de par je ne sais quelle magnétique opération, 1 emprise de mon être ait eu lieu à jamais.Dès le départ, les amarres étaient coupées, et la Grande Aventure 185 Revue Dominicaine commençait.Plus de retour en arrière, aucune escale, mais les longs voyages dans les solitudes des océans sans frontière.J étais ailleurs.Je vivais dans mon univers.Tel un récepteur, j enregistrais magiquement chaque vibration, et dans le silence des eaux infinies, je me penchais si près, si près, pour mieux écouter la vie mystérieuse et belle, ok I comme belle elle se manifestait, et qui montait du dedans de moi-même et des livres, et désirait ardemment rejoindre le Bonheur.Monde des histoires.C était des silhouettes qui allaient, venaient, s entrecroisaient en un rythme que je perçois encore si clairement.Rythme dont la seule évocation suffit à recomposer les charmeuses intrigues.Rythme obsédant comme un paysage de lune et mélancolique comme une époque éteinte.Qui me redira encore toutes ces histoires, qui m évoquera cette voix bruissante comme les forêts, fraîche comme des cristaux, douce comme mes songes d enfant ?Des univers se recréaient.Qui me menaient dans les siècles et les siècles, sous tous les ciels, et me découvraient des mondes inconnus et merveilleux : le spleen inlassable, tel un leitmotiv, des steppes sans limites, la brûlure encore présente des déserts, les bois, les montagnes et les mers, et toute la neige des contrées nordiques et I enchantement des pays de lumière ?Le petit prince, la bergère et les classiques moutons.Et le pré, et le ruisseau et les chansons.Avec évidemment le méchant Monsieur, 1 horrible mégère et la bonne fée.Je pense à la coquille qui enfermait un petit bateau hollandais qui voguait, voguait toujours triomphalement sur la mer couleur d opale.Et ce petit garçon et cette petite fille qui dansaient follement dans les prairies vertes comme le printemps.Il y avait aussi les jardins où I on se perdait, et les fontaines qui coulaient avec un rire de perle, et les arbres qui multipliaient les ombres, et tout ce qui existait par delà le château, par delà les images, plus loin que le bateau., tout ce qui existait par delà 1 inconnu, et qui pouvait s\u2019entrevoir si bien dans mes yeux où le Songe déjà avait tissé son subtil climat.Monde des histoires de mon enfance.Les personnages de chimères reviennent en rangs serrés, se nomment, se pressent hors du castel des souvenirs, vêtus de brocart, de dentelle et de velours, et plus immortelle-ment encore si possible, ils me racontent une éternelle histoire.Marie-Antoinette Baboyant 184 L esprit des livres Edgar Morin »\u2014 « Puce ».Les Editions du Quartier Latin, 34 rue Saint-Jean, Québec.Distributeur : les Editions Beaucbemin, Montréal 1949.19 cm.228 pages.Puce est le surnom d\u2019un gamin de Québec, plus est, de la basse-ville.Mauvais écolier, il redouble ses classes sans jamais obtenir un rang honorable, fait rager le frère Pamplune qui, en vérité, ne mérite pas autre chose, gagne, un jour, à la distribution des prix, un bel autel sculpté pour son assiduité au service des messes.Ce que les parents interprètent comme un succès scolaire et lui organisent un grand banquet.La veille, le jeu est vite découvert, Puce n\u2019a pas sa promotion et le père, victime de sa naïveté, aurait sans doute assassiné son fils si l\u2019aimante sœur Laure n\u2019était intervenue.Vendeur de bananes, appel au sacerdoce monté par le vicaire, Puce caresse un tout autre rêve : devenir fonctionnaire.Grâce au député Fédor et autres personnages influents, il devient page à la Chambre, rencontre le regard fascinant d\u2019une inconnue au restaurant du coin, répond à l\u2019appel des armes et, victime d\u2019un accident à Montréal, la belle inconnue se porte à son secours et se dévoile.Il l\u2019épouse avant le départ de son régiment et, au retour, s\u2019il revient, il sera fonctionnaire.Voilà le fond de l\u2019histoire sur laquelle l\u2019auteur a édifié une forte satire contre le fonctionnarisme à Québec.Le tableau est sans doute exagéré ainsi qu\u2019il convient à un écrit de ce genre mais il donne une idée assez juste des mœurs politiques et des « grâces » qu\u2019il faut savoir mériter pour devenir fonctionnaire.J\u2019ai lu ce volume avec un intérêt croissant, sans une seconde d\u2019ennui, le sourire aux lèvres et parfois des éclats de rire.Du vu et de l\u2019entendu filmé et phonographié dans ce modeste coin qui va du quartier Saint-Roch à la Grande Allée en passant par la rue Saint-Augustin.Comme distraction ça vaut le meilleur des romans policiers.Et comme intérêt, ça ressemble à Poil de carotte.B.Mainguy Marie René-Bazin ,\u2014¦ « Quelques-unes de mes sœurs ».Editions Spes, Paris, 1949.19 cm.237 pages.En vente à 27 rue Queen, Granby, P.Q.Auxiliatrices des Ames du Purgatoire.Une spécialité de l\u2019au-delà ?C\u2019est bien ce que semble indiquer ce vocable.Et leur sombre costume (on dirait qu\u2019elles portent le deuil des saintes Ames) n\u2019est pas pour corriger cette impression.En toute réalité d\u2019ailleurs, leur existence est centrée sur le Purgatoire.Leur ascèse, avec ce qu\u2019elle comporte de prières, de travaux, de sacrifices journaliers, vise avant tout le soulagement et la libération de 185 Revue Dominicaine l\u2019Eglise souffrante.Mais loin d\u2019oublier pour cela l\u2019Eglise militante, c\u2019est en s\u2019occupant des vivants qu\u2019elles veulent secourir les morts.Aucune œuvre de miséricorde spirituelle ou corporelle n\u2019est à l\u2019épreuve de leur zèle.Ni de leur compétence : car des noviciats les plus lointains, l\u2019usage prescrit d\u2019envoyer les professes à la maison-mère de Paris pour y recevoir une formation technique appropriée.De même il ne faut pas conclure de ces dehors austères à une carence de joie.Une d\u2019entre elles a exprimé ce vœu qui pourrait être la devise de la Société : « Prier, souffrir, agir et toujours sourire pour les Ames du Purgatoire ».Etablies récemment à Granby, leur premier poste au Canada, ces distinguées religieuses peuvent offrir, comme lettres d\u2019introduction et de références, deux magnifiques volumes, où le style donne vie et charme au document, et qui contiennent l\u2019un la biographie de la fondatrice : Eugénie Smet ou Mère Marie de la Providence, l\u2019autre des notices consacrées au souvenir d\u2019une dizaine de sœurs, dont chacune incarnait l\u2019esprit du groupe communautaire en même temps qu\u2019un aspect particulier de son apostolat.Ces deux ouvrages ont pour auteur une des filles de René Bazin, elle-même Auxiliatrice du Purgatoire.Disons tout de suite qu\u2019on y retrouve la touche paternelle, l\u2019écriture nette et ferme de Magnificat et de Dona-tienne, c\u2019est-à-dire du meilleur Bazin.Le volume intitulé : « Celle qui vécut son nom \u2014 Mère Marie de la Providence » ne se lit pas en un jour.Il ne s\u2019accommoderait guère d\u2019un compte rendu malingre et forcément injuste.« Quelques-unes de mes Sœurs », beaucoup moins compact, ne présente qu\u2019une vue à vol d\u2019oiseau de cette admirable institut.Précisément cette attitude découvre au lecteur pressé les reliefs et particularités du terrain.Au reste le choix des personnes me semble tout à fait représentatif.Mère Saint-Paul Miki est un premier fruit de la Mission de Chine, tandis que Mère Saint-Ignatius est d\u2019origine anglaise et religieusement issue comme sa famille, du Mouvement d\u2019Oxford.Son père était un intime du cardinal Newman.Mère Saint-Ghislain a été portraiturée en plein ministère américain.Sa mission faisant partie d\u2019une paroisse nègre à New-York, elle décrit dans une lettre à sa famille la messe des Noirs dans leur chapelle.« Une messe où tout est couleur d\u2019ébène : assistants, chanteurs, quêteurs et acolythes ».D\u2019autres, vouées à des fonctions moins excitantes, sont rangées sous la rubrique : « Celles qui aident à la moisson ».La plupart étaient de simples coadju-trices.Des piliers de maison-mère, combien solides et résistants.Dans leur solitude parisienne de la rue Barouillère, ces humbles soutiennent également de leurs prières et sacrifices les établissements les plus éloignés.Leur charité se montre parfois sans pitié pour les bénéficiaires.En revenant d\u2019un pèlerinage à Montmartre, Sœur Saint-Jude rencontre sa Supérieure qui lui demande : \u2014 Eh bien, ma Sœur, avez-vous prié pour moi ?\u2014 Oh ! pour ça oui, ma Mère.J\u2019ai crié au Sacré-Cœur : Immolez-la, Seigneur, immolez-la ! 186 L\u2019esprit des livres Le choix de l\u2019auteur s\u2019avère heureux aussi du fait que chacune de ses élues semble refléter un trait spécial de la Fondatrice, en même temps qu\u2019elle manifeste dans toute sa vie intérieure la spiritualité de l\u2019ensemble, spiritualité vraiment ignatienne à base d\u2019abandon total à la divine Providence.Heureuse et déjà sanctifiée la communauté qui jeune encore peut brandir un tel palmarès ! M.-A.Lamarche, O.P.Louis-Philippe Robidoux « Le Guide dans I Année liturgique ».I Cycle de Noël, 560 pages.II Cycle Pascal, 400 pages.III Cycle Pascal, 2e partie, 408 pages.IV Le 7 emps après la Pentecôte, 508 pages.V Le Temps après la Pentecôte, 2e partie, 480 pages.Les Editions Salvator, Mulhouse, 1949.20 cm.Ce Guéranger du XXe siècle qu\u2019est Dom Pius Parsch veut toujours mieux faire comprendre et goûter les offices de l\u2019Eglise et en pénétrer la vie de chaque jour.L\u2019imposante somme liturgique qu\u2019il vient de rééditer (4e édition) se développe suivant une formule à la fois théologique et vivante.Les fidèles y trouveront tout ce qu\u2019il faut pour nourrir leur vie liturgique et les prédicateurs de solides inspirations pour leurs sermons selon les variations périodiques de l\u2019Eglise.Sœur Sainte-Madeleine-des-Anges, C.N.D.« Sœur Sainte-Théophanie, C.N.D.».Montréal, 1949.20.5 cm.128 pages.A la magnifique phalange d\u2019éducatrices qui, à la suite de Marguerite Bourgeoys, se sont consacrées à l\u2019éducation des jeunes Canadiennes françaises, s\u2019ajoute Sœur Sainte-Théophanie.Douée d\u2019une intelligence qui se rencontre rarement, Mlle Graziella Gauthier gagna, en 1913, le prix du Prince de Galles, avec plusieurs points en avance sur son plus proche concurrent.A 19 ans, Mlle Gauthier, devenue Sœur Sainte-Théophanie, apportait à l\u2019époux divin, avec sa jeunesse, une âme déjà mûrie par la souffrance.Ce 6 juin 1895, en prononçant ses vœux, elle formula cette demande : « Mon Dieu ! donnez-moi de travailler cinquante ans pour la communauté ».Elle fut exaucée puisqu\u2019elle entrait à la maison du Père, le 7 juillet 1948, après cinquante-trois ans de vie religieuse.Celle dont l\u2019Université de Montréal reconnaissait les mérites, en 1944, en lui décernant un Doctorat d\u2019Université fut une éducatrice de haut rang.Elle enseigna tour à tour à Sainte-Thérèse, à Bellevue, à Victoria-ville et à Villa-Maria.Gagnante du prix du Prince de Galles, Sœur Sainte- L\u2019esprit des livres Théophanie obtient ensuite sa licence ès-lettres, et, en 1927, devient bachelière en pédagogie.Assistante-supérieure à Villa-Maria, de 1911 à 1913.De 1913 à 1926, à l\u2019école d\u2019enseignement secondaire pour les jeunes filles, et, de 1926 à 1932, au Collège Marguerite Bourgeoys, elle enseigna les mathématiques, la philosophie, la littérature, les langues anciennes et l\u2019italien.En 1937, Mère Sainte-Théophanie devient maîtresse générale des études de la Congrégation et directrice du Collège Marguerite-Bourgeoys aussi bien que de l\u2019Institut Pédagogique.Cette éducatrice savait où puiser cette science qu\u2019elle distribuait si libéralement : chaque matin, elle lisait une page de l\u2019Evangile en latin ou d\u2019un classique grec afin d\u2019entretenir sa connaissance des langues.Puis, elle connaissait parfaitement l\u2019œuvre de Jacques Maritain, de Bergson et de Gilson.Nous félicitons Mère Sainte-Madeleine-des-Anges d\u2019avoir si bien évoqué cette belle vie qui fut une montée vers la perfection et la lumière.Elie Goulet Abbé G.Michonneau « Revolution in a City Parish ».Blacldriars, Oxford, England, 1949.22 cm.190 pages.The abbé Michonneau found himself in the suburbs of Paris with a working class population largely indifferent or openly antagonistic to the Church.He decided to treat the parish as embracing not merely his good churchgoers, but all these people.It was to be a missionary parish and his aim to make all those within his territory into a true Christian community.Father Chéry, O.P.persuaded the author to tell him how he set about the task, and this book is the result of their conversations.Archbishop Cushing of Boston adds his recommendation of the English translation to Cardinal Suhard\u2019s long introduction.P.Ferdinand Coiteux, O.F.M.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.