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Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Rosaire
  • Successeur :
  • Maintenant
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Revue dominicaine, 1950-11, Collections de BAnQ.

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[" DEL,GRIMIER REVUE DOMINICAINE BONNES ADRESSES A CONSULTER Accessoires, Appareils Photographiques : Cameras, Ciné-Cameras, Projecteurs, Lanternes à Vues Fixes, Etc.« Au Royaume de la Camera Inc., 3, St-Jean, Tél.3-4327, Québec Accessoires Électriques i\t^ _ Bizier & Caron Ltée, 43i, St-Joseph, Tél.4-1081, Quebec P* Q* Roland Electrique Enrg., 3190, 1ère avenue, Tél.3-0895, Québec Agences Commerciales Diverses « Bouffard, Mme S., 19, Foisy, Tél.1166 .Lévi», P.Q Agents Manufacturiers \u2014 Importateurs : Lortie, J.R., 88, boul.Orléans.Tél.2-7735 .Giffard, P.Q.Agent Willard Batteries : Guay, Gérard, M.A.L., 101-103, Côte d\u2019Abraham, Tél.2-3707, Québec, P.Q.Aluminium « Martel, Richard, 696, 1ère av., Tél.3-9403, Limoilou, .Quebec ARCHITECTES i Bouchard & Rinfret, 400, boul.Charest, Tél.4-0734, Québec, P.Q.Chabot, Germain, 226, St-Jean, Tél.2-6511 .Québec, P.Q.Desmeules, Gabriel, 226, St-Jean, Tél.4-3864 .Québec, P.Q.Larue, J.-Albert, 6711, Durocher, Tél.CR.2734 .Montréal Architectes Lemieux, 760, Square Victoria, LA .2870, Mtd.Ludger Lemieux \u2014 A.A.Q.P.\u2014 M.R.A.I.C.Paul M.Lemieux \u2014 B.A.\u2014 M.R.A.I.C.\u2014 A.A.P.Q.\u2014 D.P.L.G.F.Arpenteur : Bélanger, Henri, 85, Monk, apt.2, Tél.2-3848, Québec, P.Q.Arpenteurs-Géomètres et Ingénieurs Forestiers : Boucher, Germain, 72, Ste-Ursule, Tél.5-6156, Québec Bourget, Albert, 40 Des Braves, Tél.2-3848 .Québec Articles Religieux, Jouets, Libraire, Etc.: Kirouac, Marcel, 479, 6e rue, Tél.2-5383 .Québec, P.Q.ARTICLES DE SPORTS : Le Palais des Sports, 67, Côte d'Abraham, Tél.3-2341, Québec Ascenseurs \u2022 La Cie F.-X.Drolet, 206, Du Pont, Tél.4-4641 .Québec, P.Q.Assurances Généralesi Bernardin Frères, Edifice Aldred, Ch.305, 505, Place d\u2019Armes, Tél.HA.6258, Montréal Assurance : National Life Assurance Co.i Arsenault, Bona, Gérant, 80, St-Pierre, Tél.2-6785 .Québec Assurance i La Solidarité, Cie D\u2019Assurance-Vie : Siège Social, 71, St-Pierre, Suite 607, Tél.5-8116, Québec, P.Q.Autobus î Autobus Lemelin, 147, Arago, Tél.5-7146 .Québec, P.Q.Autobus à Lorette, Aérodrome, Champignv, Lac St-Joseph, Ste-Catherine : Drolet, A., Ltée, 505, boul.Charest, Tél.2-8494, Québec, P.Q.autobus Fournier Ltée i Québec au Camp Val-CARTIER, STE-FOY, LAC ST-CHARLES, ST-RAYMOND .Terminus, 501, boul.Charest, Tél.6182-34, St-Augustin, 2-5946 Automobiles (Soudure, débossige, peinture, etc.) : Boutet & Fils, 131, Caron, Tél.3-3370 .Québec, P.Q Ferland, Ludger, 661, 1ère av., Tél.4-2920 .Québec, P.Q.Automobiles \u2014 Vente a Service s Giguère Automobile Ltée, 501, St-Vallier, Tél.8230 .Québec Montcalm Auto Inc., 901, 1ère av., Tél.2-5676 .Québec, P.Q.Avocats : Bélanger, P.E., 937, Père Albanel, apt 5, Tél.4-8772, Québec Boutin, J.Pierre, 80, St-Pierre, Tél.2-7004 .Québec.P Q.Dumontier, Albert, 105, Côte de la Montagne, Tél.2-1502, Qué.St-Jacques.Henri, 18.Rideau, Tél.2-5055 .Ottawa, Ont Banquei Banque Canadienne Nationale, Place d\u2019Armes .Montréal Bicycles\u2022 Gendron & Frère, 19%, Prévost, Tél.3-1223 .Québec, P.Q.Bijouterie en Gros \u2014 Spécialité : bagues de fiançait,i.es : Marcoux, René, 37, de la Couronne, Tél.4-8722, Québec, P.Q.Biscuits et Gâteaux : Cie de Biscuits Stuart Ltée, Alf.Allard, prés., CR.2167, Mtl.Blocs de Béton, Tailleurs de Pierre i Côté, Valère, Inc., 325, Dorchester, Tél.4-4491, Québec, P.Q.Bois de Pulpe et Bois de Sciage : Coulombe, J.A.& Cie Ltée, 126, St-Pierre, Tél.2-1533, Québec Bois et Matériaux de Construction i Grier, G.A.& Sons Ltd., 2120 ouest, N.-Dame, WI.6118, Mtl.Bois de Construction,Manufacturiers de Plaschïhi b h Bois Franc, Portes et Châssis i Dupuis, J.-P.Ltée, 1084, Av.de l\u2019Eglise, Tél.YO.0928, Verdun Bonbons en Gros : Bonbons Yolande Enrg., Mme J.-B.Cloutier, propr., 67, Dalhousie, Tél.4-1167 .Québec, P.Q.Boulangers (gâteaux et pâtisseries) i Boulangerie Nationale, 540, 1ère av., Tél.2-5244, Québec, P.Q.Hethrington, T., Ltée, 358-364, St-Jean .Québec, P.Q.Brûleurs à lTIuile : Beaudet, J.-L., 400, Charest, Tél.3-0950 .Québec, P.Q.Desroches, Eug.& Fils, 1039, St-Vallier, Tél.3-8014 .Québec.Buanderies : Buanderie St-Paul, 2020, Roberval.Tél.WE.6791 .Montréal Drolet, J.A., 12, St-Sacrement, Tél.7-1513 .Québec, P.Q.Café, Thé, Confitures î J.A.Désy Ltée, 1469, Delorimier, Tél.FR.2147 .Montréal Chapeaux : Guimont, Mlle Imelda, 121, St-Jean, Tél.2-1903, Québec, P.Q.Charbon: Quebec Coal Co.Ltd., 411, boul.Charest, Tél.2-8472, Québec CHARBON (Anthracite et Bitumineux) i The Canadian Import Co.Ltd., 83, Dalhousie, Tél.2-1221, Qué.Charbon et Huile à Chauffage j Madden & Fils Ltée, 244, boul.Charest, Tél.4-3578 .Québe* Charcuterie : Charcuterie Hygienic Enrg., 437, St-François, Tél.3-7438, Qué.Chauffage et Plomberie : Germain & Frères Ltée, 237, St-Antoine, Tél.76, Trois-Rivières Couture, Odilon Enrg., 27, Lavigueur, Tél.6-8073, Québec, P.Q.Chauffage et Plomberie (entrepreneur) s Jetté, J.-W.Limitée, 360 est.Rachel.Tél.MA.4184, Montréal Morency, Alphonse, 110, de la Ronde, Tél.3-4590, Québec, P.Q.Chauffage & Ventilation Ltée : Langlais & Frère Inc., 253, St-Paul, Tél.2-8224, Québec, P.Q.Chauffage, Réfrigération.Ventilation, Ét.ectricité : Bouchard, J.-A.-Y.Inc., 97, Côte d\u2019Abraham, Tél.4-2421, Québec Chaussures : Leclerc, Georges, 41%, St-Joseph, Tél.4-2380 .Québec Létourneau, Emile, 96, de la Couronne, Tél.3-7403, Québec, P.Q.Rousseau, J.E., 317-a, St-Joseph, Tél.3-0100 .Québec, P.Q.Roy & Roy, 10-B, St-Joseph .Lauzon, P.Q.Chirurgien-Dentiste : Trottier, Dr Jean, 37, St-Eustache, Tél.3-6675, .Québec Cierges.Chandelles, Bougies i F.Baillargeon Ltée, 51 ouest, Notre-Dame, PL.9467, Montréal Cire à Plancher Riquide et en Pâte .- Les Produits Sylvia Enrg.187, des Commissaires, Tél.6768, Québec, P.Q.Ill BONNES ADRESSES A CONSULTER Compliments : Compliments d\u2019un ami : C.et G.Québec, P.Q.Compliments d\u2019un ami : J.E.S.Compliments d\u2019un ami : J.B.R.et Cie Inc.Compliments d'un ami : P.Québec, P.Q Compliments de J.M.\u2022.Québec, P.Q.Compliments d\u2019un ami : O.S.-P.Don d\u2019un ami : L.T.J.P.Laberge Enrg.L\u2019Honorable Sénateur Cyrille Vaillancourt .Lévis, P.Q.Un ami de la Revue.Un ami de la Revue : A.D.& Fils Ltée.Comptable Agréé : Turgeon, Paul, 862, St-Vallier, Tél.4-7426 .Québec, P.Q.Confection et Réparation de Chapeaux pour Dames i Le Papillon d\u2019Or (Mlle J.d\u2019Arc Emond), 109, St-Jean, Tél.2-4314, Québec, P.Q.Confection pour Dames : Gil Houde Enrg., 84, D\u2019Artigny, Tél.3-8714 .Québec, P.Q.Confiserie : Boutin, L.P., 1686, 8e avenue, Tél.4-0851 .Québec, P.Q.C\u2019ONTRACTEURS : (Construction de Chemins et D\u2019Édifices Publics) : Les Entreprises Lechasseur Ltée .Mont-Joli, P.Q.Sévigny- Antonio, 31, Des Remparts, Tél.3-2701, Québec, P.Q.CONTRACTEURS - ÉLECTRICITÉ - CHAUFFAGE - CONSTRUCTIONS, DÉMOLITION.MATÉRIAUX À VENDRE t Tétrault Frères, 1200, Av.de l\u2019Eglise, Tél.TR.6611-6612, Montréal CONTRACTEUR : Réparations générales, Ciment, Stucco : Marcogliese, Pat., 1885' est, Jean-Talon, Tél.DO.3488, Mtl Courtiers : Lagueux & Desrochers Ltée, Casier Postal 218, 105, Côte de la Montagne, Tél.2-8271, Québec, P.Q.Courtier en Épiceries : Brault, Anastase, 1891, Roberval, Tél.WE.4237, Montréal ÉDITIONS i Editions du Lévrier, 6376, Av.N.-D.de Grâce, WA.67\u2014> légale ou de fait >\u2014> du droit d\u2019association ou du droit de négociation collective.Le syndicalisme entend maintenant faire accepter la participation ouvrière dans le cadre de l\u2019entreprise.Il est intéressant de souligner qu en Amérique comme en Europe la participation ouvrière a d abord été reconnue sur le plan gouvernemental.Le développement des organismes chargés de I application des lois ouvrières et de sécurité sociale a donné lieu à une collaboration tripartite sur le plan gouvernemental.En effet, la gestion de certains organismes sociaux >\u2014> notamment en matière d assurance-chômage et de réparation des accidents du travail \u2014\u2022 repose sur la collaboration de I Etat et des représentants des organisations patronales et ouvrières les plus représentatives.II est arrivé dans certains pays que I Etat a reconnu le principe de la participation ouvrière sur le plan gouvernemental avant qu\u2019il soit appliqué sur le plan de I entreprise et sur le plan de Iindustrie.De la même manière, il apparaît que la participation dans le cadre de I industrie a précédé celle qui s amorce à I heure actuelle dans le cadre de l\u2019entreprise.Ainsi les commissions d apprentissage de la Province de Québec qui se 212 En marge de la participation ouvrière sont développées grâce à la prévoyante action de I Hon.Antonio Barrette, constituent un magnifique exemple de participation ouvrière sur le plan de l\u2019industrie.Quant à la participation ouvrière dans le cadre de I entreprise, elle est à l\u2019ordre du jour et des expériences pratiques sont en cours en Europe.Il en est de même aux Etats-Unis et au Canada où les comités mixtes de production, institués durant la guerre, continuent de se développer.S\u2019il est trop tôt pour porter un jugement de valeur sur les résultats concrets des expériences en cours, expériences très différentes selon les pays, il est opportun par contre d examiner les conditions dans lesquelles ces expériences ont été engagées, car cet examen peut utilement nous éclairer sur l\u2019évolution probable de ces tentatives qui constituent un fait social que l\u2019Etat, les employeurs et les travailleurs ne peuvent ignorer plus longtemps.Modalités de la participation ouvrière Définir les buts de la participation ouvrière n est pas une tâcbe facile.Les expériences en cours démontrent que ces buts varient selon les conceptions politiques de ceux qui y participent.Ainsi, il va de soi que les buts de la participation ouvrière pour un syndicalisme marxiste sont différents de ceux préconisés par un syndicalisme qui, tout en réclamant des réformes radicales, ne met pas en cause la propriété privée des moyens de production et 1 entreprise privée.Quittons pour le moment le domaine des principes pour analyser de quelle façon se développe pratiquement la participation ouvrière sur le plan de I entreprise, nous contentant provisoirement d admettre que la participation ouvrière tend à intégrer I ouvrier à son entreprise, qu elle vise à I associer plus étroitement à la direction de 1 entreprise, bref qu elle a pour but d assigner à l élément « travail » la place qui lui revient au sein de I entreprise.La participation ouvrière dans le cadre de I entreprise s est tout d abord développée sous la forme des délégations du personnel.Aussi bien en Amérique qu en Europe, I institution des délégations du personnel remonte à la première grande guerre.II suffit d étudier soit la 213 Revue Dominicaine législation, soit les conventions collectives pour constater qne I institution des délégations du personnel (shop stewards) appartient à I histoire.En général, les délégués du personnel sont les représentants des travailleurs d\u2019une entreprise au sein du comité des griefs, lequel a la responsabilité de surveiller l\u2019application des clauses des conventions collectives.Après la dernière guerre (1945) I institution des délégations du personnel a revêtu un caractère obligatoire dans plusieurs pays d Europe.Que I institution des délégations du personnel résulte de la législation ou des conventions collectives, il n\u2019y a pas lieu de s\u2019y attarder, car elle existe et se développe dans tous les pays, aussi bien les pays à structure capitaliste qu\u2019à structure communiste, et que les problèmes qu elle pose se retrouvent à l\u2019égard des comités d\u2019entreprise ou des comités mixtes de production.Les expériences canadienne et américaine Aux délégués du personnel se superposent maintenant les comités d entreprise et les comités mixtes de production.Aux Etats-Unis et au Canada, la participation ouvrière dans le cadre de I entreprise a revêtu généralement la forme de comités mixtes de production.Ces comités, pour la plupart, sont composés de représentants patronaux et ouvriers.Leur établissement n\u2019est pas obligatoire, car il résulte d une libre décision du cbef de I entreprise et du syndicat.En règle générale, ces comités ne peuvent être assimilés à des tentatives de cogestion aussi bien des œuvres sociales que de la direction économique et technique de I entreprise.II en va différemment en Europe.Les comités d\u2019entreprise en Europe Nous avons en vue ici I Europe occidentale.II existe bien une participation ouvrière très développée sur le plan de I entreprise dans les pays de I Est, mais il faut souligner que la nature du syndicalisme dans les pays de démocratie populaire est très différente de celle du syndicalisme d inspiration non-communiste.En effet, les syndicats en Europe orientale ne sont pas libres au sens où on l\u2019entend dans les démocraties d inspira- 214 En marge de la participation ouvrière tion libérale.Les syndicats sont tous groupés dans une organisation centrale qui est dotée d\u2019une structure unitaire.Ils n ont pas tant pour mission immédiate la défense des intérêts professionnels de leurs membres que la réalisation des programmes de socialisation de I Etat.Les syndicats deviennent alors des agents d exécution de I administration publique qui les utilisent pour atteindre ses fins.II n\u2019en est pas ainsi en Europe occidentale où les syndicats ont conservé un caractère professionnel, à I exception toutefois des syndicats communistes qui sont à la remorque des divers partis politiques communistes.Dans un grand nombre de pays européens la participation ouvrière dans le cadre de l\u2019entreprise a été rendue obligatoire par l\u2019intervention du législateur, notamment en France, en Belgique et en Hollande.Des comités d\u2019entreprise sont constitués obligatoirement dans toute entreprise qui groupe un nombre déterminé de travailleurs (environ 50).Les membres de ces comités sont élus par le personnel d après des listes établies à l\u2019avance par les syndicats.En effet, dans la plupart des pays qui ont légiféré en la matière, les syndicats ont obtenu la reconnaissance de ce privilège qui leur permet d\u2019exercer indirectement un contrôle efficace sur la composition même des comités d entreprise.Cette pratique est suivie afin de prévenir un désaccord possible entre le syndicat et le comité d entreprise, notamment le contrôle de ce dernier par des éléments hostiles au syndicat.Les pouvoirs des comités d\u2019entreprise II est déjà possible d indiquer les tendances générales des comités d entreprise en Europe occidentale.En matière sociale, les comités exercent réellement un rôle de gestion, un pouvoir d exécution dans le cadre établi par la loi, alors qu en matière économique et technique, ils n ont qu\u2019un rôle consultatif.Sans doute, l\u2019employeur est tenu par la loi de prendre connaissance des propositions du comité en matière économique et technique, d\u2019exposer les raisons pour lesquelles il n a pas jugé à propos de donner suite à telle ou telle des propositions qui ont été faites.Dans 215 Revue Dominicaine le cas des sociétés anonymes, les comptes de I entreprise sont scrutés par un représentant du comité.D\u2019une manière générale, l\u2019employeur est tenu de communiquer au comité d entreprise les renseignements que celui-ci estime nécessaires à I exécution de son mandat, etc.En définitive, il reste que les comités n ont quand même qu un rôle consultatif en matière technique et économique.Sauf pour les œuvres sociales, les comités d entreprise, tels qu ils existent en France et en Belgique par exemple, ne peuvent donc être assimilés à des organismes de cogestion.Ils permettent tout simplement une participation limitée et de caractère consultatif des travailleurs dans le cadre des entreprises, tout au moins en ce qui concerne les aspects techniques et économiques des entreprises.L\u2019utilisation des comités à des fins non-professionnelles Nous estimons que c est une erreur de rendre obligatoire par la loi la participation ouvrière sur le plan de 1 entreprise et que toute tentative dans ce domaine doit résulter d un accord volontaire de I employeur et du syndicat, comme c est le cas présentement aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Canada.Ce qui se passe en France dans des centaines d entreprises devrait faire réfléchir les partisans de I intervention législative.On sait que les syndicats communistes représentent encore une force très dynamique et que leurs effectifs restent relativement stables.Or dans les entreprises où les communistes sont majoritaires, la législation sur les comités d entreprise leur a permis non pas de développer 1 esprit de collaboration entre la direction des entreprises et les travailleurs, mais bien de créer et d entretenir un foyer de mécontentement, de saboter la marche de 1 entreprise sous prétexte que le patron encaisse des profits scandaleux ou que son entreprise contribue à la production d engins de guerre.Le comité d entreprise qui devrait normalement améliorer les relations entre la direction et les travailleurs, qui devrait permettre aux salariés d apporter une contribution effective au progrès de I entreprise, constitue en fait un petit soviet dont la tâche première est de ruiner la réputation morale des personnes chargées de la direction de I entreprise.216 En marge de la participation ouvrière Des comités d entreprise où dominent des éléments hostiles aux principes fondamentaux du système économique actuel ne concourent nullement à développer la participation ouvrière, mais tendent plutôt à créer des conditions susceptibles de démontrer que de tels comités ne sont que des supercheries et qu ils ne peuvent apporter aucune contribution positive à I avancement de la classe ouvrière.La participation ouvrière sur le plan de l\u2019entreprise est nécessaire et utile.Les réalisations des comités mixtes de production sont là pour le démontrer.Qu il y ait lieu de développer cette participation ouvrière, de I appliquer à la gestion d œuvres sociales, de l\u2019étendre au domaine économique et technique de 1 entreprise sous forme de consultation, les employeurs progressistes sont d\u2019accord avec les syndicats pour le reconnaître.Toutefois 1 application de la participation ouvrière dans le cadre de I entreprise doit relever des négociations collectives et non être imposée aux employeurs par l\u2019Etat.Les Suédois qui sont très avancés dans le domaine des relations industrielles l\u2019ont compris.En Suède ce n\u2019est pas le législateur qui a imposé les comités d entreprise mais bien les deux grandes confédérations patronale et ouvrière qui ont décidé librement et d un commun accord certaines modalités de participation ouvrière dans le cadre de I entreprise.Agir autrement, c est compromettre le succès même du principe de la participation ouvrière.En effet, le degré d\u2019éducation, le sens de la discipline, I esprit d initiative et les connaissances techniques des travailleurs varient d une entreprise à I autre.Décréter par la loi que toute entreprise comptant par exemple cinquante ouvriers devra être doté d un comité d entreprise ou même d un simple comité mixte de production relèverait de la démagogie politique et non du véritable désir de faire progresser la promotion ouvrière.On verrait alors surgir une multitude d organismes-champignons obligatoires qui ne reposeraient sur aucune base solide et qui pourraient tout au plus devenir des moyens de sabotage aux mains de minorités qui non seulement ruineraient l\u2019idée de la participation ouvrière mais ralentiraient en même temps l\u2019expansion normale du syndicalisme ouvrier.217 Revue Dominicaine C\u2019est par l\u2019éducation et par la compréhension des travailleurs et des employeurs que la participation ouvrière sur le plan de l\u2019entreprise peut devenir une réalité féconde.Et c\u2019est par le mécanisme des négociations collectives et non par I ntervention du législateur que doivent s\u2019implanter graduellement les diverses modalités de la participation ouvrière.Vouloir suivre une autre voie compromettrait des expériences qui sont possibles dès maintenant dans certaines entreprises où la direction et les syndicats ont une longue pratique des relations industrielles.Un mauvais départ, ne serait-ce que sur le terrain de la propagande, non seulement retarderait les réalisations pratiques mais aurait pour conséquence de fournir des arguments aux adversaires déloyaux du syndicalisme.Et cela ne doit pas arriver.P.Corsier 218 «Louise Genest»' Depuis que quelques romans de chez nous ont réussi à ne pas passer totalement inaperçus à I étranger, il s\u2019est développé dans une partie de notre monde littéraire un complexe de parvenus qui est un des phénomènes tragiques de notre littérature naissante.Beaucoup de nos écrivains et lecteurs semblent croire que, depuis I octroi de certains prix et médailles étrangers à des romans qui ont des qualités, notre littérature existe sur la carte littéraire du monde.Cet optimisme quelque peu béat repose sur une complaisance dépourvue d esprit critique qui trahit notre paresse intellectuelle et notre crainte de 1 examen de conscience.Cette absence d autocritique chez nos écrivains, entretenue trop longtemps par la bienveillance d une critique un peu trop encline à exagérer la valeur d\u2019œuvres qui enfin dépassaient I insignifiance d une production aussi pauvre de pensée que d écriture, et désireuse de ne pas décourager des écrivains qui manifestaient de réelles possibilités, est une des faiblesses fondamentales de notre culture.Ce complexe de parvenus, trop fréquent chez les écrivains de la jeune génération et dont certains aînés ne sont pas exempts, est un des dangers qui menacent à sa source même I avenir immédiat de nos lettres.Aussi la tâche du critique devient-elle de plus en plus difficile en même temps que plus intéressante ; il lui faut tenir compte du contexte humain et des données historiques qui ont jusqu ici empêché notre pensée de dépasser les idées reçues et de s\u2019élever à la liberté de la connaissance et cela doit naturellement le porter à la bienveillance ; mais il doit également tenir compte de I échelle des valeurs que des siècles ont établie -\u2014¦ et ici il ne peut échapper à la sévérité la plus rigoureuse.Toute grande œuvré authentique est, en effet, expression de I homme et doit avoir un sens pour tout lecteur possible.Pour y atteindre, une œuvre doit -\u2014\u2019 quels que soient son lieu et son temps ,\u2014¦ exprimer de 1 homme des vérités qui transcendent les particularismes nationaux sans 1.Ce roman a reçu le grand prix du Cercle du Livre de France, le 13 septembre dernier (N.D.L.R.).219 Revue Dominicaine les supprimer, Jes problèmes qui se posent à toute conscience qui réfléchit sur sa condition propre.II n est en somme point de grande œuvre qui ne sonde les reins et les cœurs, mais >\u2014< il faut bien le reconnaître >\u2014> nos écrivains n ont que rarement dépassé le comportement tout extérieur de I homme.II y a plus de ceintures fléchées que de crises de conscience dans nos romans, plus de descriptions champêtres que de luttes avec l\u2019Ange dans notre poésie.L ensemble de notre littérature, même en n y incluant que les œuvres les meilleures, est un terrible témoignage sur la pauvreté de notre culture, sur la fragilité de notre vie intellectuelle.De très rares œuvres ,\u2014¦ et elles ne sont pas les plus connues \u2014< il est d ailleurs un être totalement ignoble et elle trouverait auprès du métis une joie sans mélange si elle n\u2019avait pas de passé.Lorsque Thomas la serre contre lui, tout son passé est aboli et elle trouve dans I instant une joie qui la comble entièrement ; lorsqu\u2019il la quitte pour la chasse, elle se retrouve face à elle -même et la solitude nous la montre divisée entre son amour charnel et ses devoirs envers son fils.Thomas, qui réincarne le mythe du bon sauvage, ne donne pas la paix totale à cette pauvre âme qui a été marquée par la civilisation dont son village a l\u2019appareil extérieur.En s\u2019enfuyant avec Thomas, Louise Genest se sépare de son milieu, elle ne le dépasse pas.La vision de l\u2019auteur reste du même ordre que celle de nos romanciers déjà connus.Louise Genest n est pas moins un bon roman que la plupart de nos meilleurs ; on n y trouve pas plus de mots impropres, de constructions gauches ni de manques de goût que dans nos récits les mieux écrits ; la psychologie des personnages y est aussi juste que peu profonde, et I affa-bulation en est tout aussi vraisemblable.Aussi est-il à prévoir qu\u2019il sera aussi chaleureusement accueilli qu\u2019eux.Ce roman de la forêt n\u2019est pas le premier qui ait été écrit chez nous, et il est certes un des deux ou trois meilleurs qui soient de cette veine.Son originalité repose surtout sur la situation irrégulière de son personnage principal, ce qui est une presque nouveauté au pays de Québec.Certains y verront un acte d\u2019audace.Mais le sujet est traité avec toute la prudence qu exige la morale conventionnelle même si, aux dernières pages, ayant perdu son fils et au moment de disparaître à son tour, Louise Genest est hantée par l\u2019idée que Françoise, qui s est mariée le matin même, connaîtra à son tour les désirs et les déceptions qui ont été les siens parce qu\u2019elle « n\u2019a pas eu le courage de ses sens » et « sera hantée de désirs que les conventions ne lui permettent pas d assouvir ».Telles sont ses pensées au moment où elle cherche son fils perdu dans la forêt et où elle se perd elle-même.C\u2019est la forêt qui a le dernier mot : elle a vaincu Louise Genest après avoir vaincu son fils Pierre, et c est elle qui fut toujours la maîtresse de Thomas.223 Revue Dominicaine Le romancier en chante les sortilèges et les embûcfies, elle est le personnage central de Louise Genest comme le grand fleuve était celui des Opiniâtres.Cela a permis à Fauteur de nous la décrire en toute saison et, à certains moments, de la faire vivre.Nous attendons encore le grand romancier qui évoquera dans toutes ses dimensions cette forêt dense et variée qu\u2019est Ffiomme.Guy Sylvestre 224 Le drame de Tamitié André Giae-Ch aries Du Bos L\u2019an dernier, nous étudiions, ici même, les dramatiques péripéties de deux amitiés notables : celle de Romain Rolland et de Louis Gillet, celle de Paul Claudel et d\u2019André Gide.La première avait cédé sous le poids d un désaccord d\u2019ordre national ; la seconde avait sombré dans une bourrasque d ordre moral et religieux.C\u2019est un conflit analogue qui disloquera ou, du moins, détendra l\u2019intimité André Gide-Cbarles Du Bos.Le premier n\u2019a plus à être présenté à personne.Encore qu elle sombre aujourd bui dans la réclame la plus indécente, sa gloire reste acquise.Quitte à l\u2019encombrer, Gide reste nous le verrons, au premier plan des vedettes internationales.Pour être moins tapageuse, la personne de Du Bos est de qualité plus pure.Se propagera-t-elle jusqu au grand public ?On peut en douter, car son œuvre est d\u2019accès difficile.Œuvre de haute critique littéraire, artistique, musicale, morale, religieuse ; faite de connaissances multiples, de rapprochements subtils ou profonds, de correspondances invérifiables, de résonances indéfinies, mais perceptibles aux seuls initiés ; dédaigneuse des résumés, des analyses, des citations claires, nécessaires aux ignorants ; plus dédaigneuse encore des traductions, acceptant qu\u2019on ne sache pas le latin, mais ne soupçonnant pas qu\u2019on puisse ne pas lire dans le texte Nietzsche, Shakespeare ou Dante ; multipliant les parenthèses, enchevêtrant les incidentes ; quittant la grand route à tous les carrefours et n\u2019y revenant qu après de longues errances ; distinguant, raffinant, subtilisant, épiloguant à 1 infini, nous projetant des cimes aux profondeurs, nous perdant dans une série de labyrinthes tournant eux-mêmes comme un « manège » vertigineux ; son œuvre reste celle d\u2019un grand moraliste.II faut la déguster à petite dose ; méditer longuement sur quelques lignes, quitte à laisser de côté des pages de Magma, comme il dit à propos de 225 Revue Dominicaine Gide.A cet exercice, on s enrichira, on se purifiera, on s\u2019élèvera, non sans quelque courbature peut-être ; mais le profit en vaut la peine.Les snobs même y trouveront leur compte.Car Du Bos » Charlie pour ses amis >\u2014 a déjà ses dévots et il peut être élégant d appartenir à une chapelle.Mais soyons sérieux.L ironie ne sied guère au seuil d une étude qui est celle d un vrai drame sentimental, moral et religieux \\ Les Du Bos et André Gide se rencontrèrent pour la première fois cbez le peintre Jacques-Emile Blanche 1 2 et sa femme, à un déjeuner où figuraient M.et Mme Maurice Barrés et le peintre de « marines » Cottet.Entre Gide et Du Bos la sympathie fut immédiate.Elle se transforma aussitôt en admiration réciproque, en intimité confiante, en dévouement effectif.Déjà, juste un an après leur première rencontre, Du Bos écrit à Gide : « Nous nous sommes lu, 1 autre soir, ma femme et moi, le Retour de l Enfant Prodigue.Je ne sais ce qui 1 emportait en nous de l\u2019admiration pour la forme si parfaite et si pure ou de I émotion pour la profondeur et l\u2019urgence de ce qui y est enclos.Nulle part on ne sent mieux cette impossibilité de choisir pour exclure et pour mutiler qui me rend si précieuse et si concluante votre œuvre entière.Après La Porte étroite, je ne sais rien qui pénètre plus avant en moi que la page liminaire de I Enfant Prodigue » 3.Six ans plus tard (5 mai 1918) I accord intellectuel est intact, semble-t-il.Charlie évoque « tant de joies » que Gide lui a « prodiguées » et, dit-il, « 1 ample circuit de I entretien où nous touchions déjà à mille choses que nous devions approfondir par la suite ».Bien plus, il parle, non sans désinvolture, de sujets que, plus tard, il n abordera que sur le mode grave et presque tragique : « Je vous imagine à Cuverville au centre de vos 1.\tAvec 6 volumes d\u2019essais critiques intitulés : Approximations, l\u2019œuvre de C.Du Bos comprend 1 vol.sur Goethe, 1 vol.sur Buron et le Besoin de la Fatalité, 1 vol.sur François Mauriac et le Problème du Romancier Catholique, une très belle étude : Grandeur et Misère de Benjamin Constant, Le Dialogue avec André Gide, Le Journal (4 vol.parus 1921-1928), enfin : Lettres de Charles Du Bos et Réponses d'André Gide (1911-1935).Le tout chez Corréa.Ici, nous utiliserons les Lettres, le Dialogue et le t.IV du Journal.2.\tA qui, entre autres portraits célèbres, on doit celui de Maurice Barrés et celui de Marcel Proust.On voit le milieu et de quelle fermentation intellectuelle ! 3.\tEn 1912, Du Bos n\u2019est encore qu\u2019une âme de bonne volonté, il n\u2019appartient pas au corps de l\u2019Eglise.226 Le drame de l\u2019amitié André Gide-Charles Du Bos œuvres posthumes ; je veux penser que vous y poursuivez vos entretiens avec le Diable et que, peut-être, vous m en communiquerez quelques miettes, le thème entre vos mains me touche à un point si profond î ».Non content de s\u2019extasier sur la musique des Nourritures Terrestres ou telle cadence, comme on disait alors de La Porte Etroite, il consacre à La Symphonie Pastorale un article dont, en lui exprimant « sa reconnaissance, sa gratitude », Gide n hésite pas à écrire : «Je ne me consolerais pas qu\u2019une si belle étude reste ignorée du public français.» Il accepte même les réserves que son ami a cru devoir formuler sur « I étrécissement de la dernière partie du livre ».Il les juge prodigieusement pertinentes.Nous serions presque tentés de sourire d une gentillesse qui tourne aux gentillesses, de telle clausule aussi où les mots tendres ressemblent à des chatteries.(Il y a chez Gide des approches, des retraits aussi, tout félins ; il y a chez Du Bos des frôlements, des ronrons d angora).Mais voici le ton grave de 1 intimité virile : « Sincèrement -\u2014' et je le sens sans cesse davantage ;\u2014- vous êtes devenu pour moi cet ami unique auquel il est naturel d ouvrir toutes les profondeurs que 1 on dissimule aux autres, qui toujours comprend, toujours devine, et anticipe » (5-11-1922).Un soir de découragement même, n avait-il pas cru devoir recourir à l anglais pour exprimer sa confiance en 1 ami unique : and then I am very low-spirited, though not in a cowardly way, and more and more you are the only friend with whom it is possible to communicate on anything that is really deep down (17-6-1922).II y a mieux encore, dans cette lettre du 5 novembre 1922, citée plus haut.C.Du Bos vient de subir une pénible déception d ordre matériel, et qui ne facilite pas son œuvre.Près de lui, au contraire, Gide jouit largement d une très belle fortune.Voyez comme il I en félicite : « Cher, il n\u2019est personne de qui le confort me paraisse mieux justifié que le vôtre ; vous avez su lui faire rendre tous les stimulants, tous les rebondissements aussi qu en peut tirer un grand esprit ; et peut-être, (qui sait ?) 227 Revue Dominicaine ce confort même a-t-il sa part dans cette aversion pour le confort spirituel que votre œuvre a su nous inspirer, aversion pour ma part à laquelle je ne saurais plus échapper et que je considère comme un authentique, un évangélique progrès que je vous dois ».Même, et lorsque pour la première fois un désaccord surgit entre eux (quant à la publication de Corydon), Charlie s\u2019autorise de leur réciproque franchise et de leur indépendance respective pour proclamer le caractère singulier de leur amitié.Partant d un texte de Meister Eric-hardt il écrit : « Sur cette Vollkommenheit, sur la valeur finale de cette perfection, d une perfection quelle qu elle soit, si nos voies souvent divergent, nous sommes en accord plus intime encore, n est-il pas vrai ?et j\u2019ajouterai que, pour ma part, je vois dans cet accord-là la source de l\u2019affection si spéciale que je vous porte et qui n\u2019est semblable à nulle autre de mes affections » (9-12-1925).II n\u2019est pas pour autant rassuré et pour s\u2019excuser de son homélie, il trouve ces ingénieuses formules : « Une des railleries favorites de Zézette (Mme Du Bos) est de me dire que j\u2019ai manqué ma vocation et qu\u2019il y avait en moi l\u2019étoffe d\u2019un prédicateur » ; et certes cette lettre fortifie singulièrement son diagnostic.Dites-moi bien vite que votre affection résiste même à un sermon et de toutes façons ne manquez pas d\u2019être exact au rendez-vous du premier janvier et d y apporter des pages qui me mettent avec éclat dans mon tort.Ex imo.Charlie.D\u2019ailleurs, ne s\u2019en tenant pas aux protestations verbales, Charlie se met véritablement au service d André.Dès 1921, il consacre à La Symphonie Pastorale une étude dont I intéressé le remercie avec un lyrisme débordant.En 1925, devant un public de choix, il prononce cinq conférences sur les premières œuvres de son ami : Les Cahiers d André Walter, Si le Grain Ne Meurt., La Porte Etroite, Les Nourritures Terrestres, L Immoraliste.La même année, une conférence à Milan « suscita Le drame de l\u2019amitié André Gide-Charles Du Bos dit-il, toute l\u2019admiration et aussi toute I émotion que j espérais.Bref, Milan vous apprécie, vous aime et je m en réjouis ».Et certes il ne donne pas dans le panégyrique pur et simple.Mais, en dépit des restrictions nécessaires, il exalte le grand artiste qu est André Gide et, si le moraliste ne laisse pas, çà et là, de I inquiéter, il s ingénie à expliquer, à atténuer ses erreurs ; il les croit, du moins les espère-t-il, passagères, et jamais à l\u2019enfant prodigue il ne cesse de tendre une main fraternelle.Cet inquiétant frère aîné n a-t-il pas, dans J\\umquid et tu., écrit des méditations religieuses incomparables ?D\u2019ailleurs, au service d\u2019André, Du Bos ne dépensa pas seulement son talent de conférencier ou d\u2019écrivain.II s\u2019entremet dans les querelles qui opposent, par exemple, Gide à Paul Desjardins, le sourcilleux et fantasque organisateur des fameuses « Décades » de Pontigny ; il intervient auprès d\u2019Henri Massis, qu\u2019il n\u2019aime guère, semble-t-il, et qui vient d exécuter brutalement Fauteur de I Immoraliste ; auprès de Jacques Maritain dont il devient d\u2019ailleurs l\u2019admirateur et l\u2019ami fervent ; auprès de Gabriel Marcel qui, converti lui aussi, avait, lui aussi, un peu malmené I bomme de la N.R.F.4.Cette dernière démarche était d autant plus méritoire qu elle se place (avril 1929) à un moment critique de I amitié André Gide-C.Du Bos.En 1927 encore, Gide écrivait à son inlassable commentateur : « Le souffle exquis de votre amitié cbasse les nuages de mon ciel, et grâce à vous je vois reparaître un peu d azur.Oui, j ai lu votre lettre d abord, puis votre étude, avec I émotion la plus vive.Je suis heureux que mon petit livre vous ait donné I occasion d écrire quelques-unes des pages les plus justes, les plus subtiles, les plus émues que j aie lues de vous.Je ne puis souhaiter qu\u2019on parle jamais de Numquid et tu.ni mieux, ni même autrement.Merci ».4.On sait le rôle considérable joué, avant 1914, puis entre les deux guerres, par la Nouvelle Revue Française qui groupait autour d\u2019André Gide, Jean Schlumberger, Roger Martin du Gard, P.Drieu la Rochelle, H.Ghéon avant sa conversion, Jacques Rivière, Jean Paulhan, bien d\u2019autres encore.229 Revue Dominicaine Mais quelques mois plus tard (novembre 1927) une « inquiétude » a percé sous la plume de Gide, relative à un ouvrage que Cbarlie va publier , celui-ci renouvelle sa promesse d en communiquer le manuscrit intégral à son ami et ajoute : « II va de soi que, selon la règle qui a toujours eu cours entre nous, j accueillerai avec gratitude vos remarques et m efforcerai, dans la mesure du possible d\u2019y faire droit », De Fait, Gide dut recevoir au printemps suivant la copie dactylographiée de I étude critique Le Labyrinthe à claire-voie et de la Lettre-Envoi qui I explique et la justifie (ces deux textes figurent, après les Cinq Entretiens, I étude sur La Symphonie Pastorale et I article sur IVum-quid et Tu dans l\u2019ouvrage intitulé Le Dialogue avec André Gide).Pour avoir, depuis des années, souvent et longuement dialogué avec Charlie, Gide aurait dû pressentir quels problèmes aborderait son interlocuteur, sa façon de les discuter et, parfois au moins, de les résoudre.Mais, en ces sortes de débats, le passage de la parole à 1 écrit, de la conversation privée au « discours » public, ménage toujours des surprises.Celle d André Gide fut plus que pénible et, tout de suite, il envisagea le pire, I irréparable : « A dire vrai, ce qui cause mon silence, c est le grand embarras où je me trouve de savoir sur quel ton nous pouvons désormais nous parler.Certains accents (combien inattendus I), de votre ironie ont fait se recroqueviller craintivement mon amitié au plus profond de mon cœur ; elle y est encore vivante, mais n\u2019ose plus s\u2019épanouir.Cette ironie que je n ai pas méritée met un terme, je le crains, à notre beau dialogue et m invite à regretter douloureusement le Charlie d\u2019avant la conversion.Ne croyez pas que je sois d humeur à protester contre rien de ce que vous avez écrit dans ces pages accusatrices ; mais si vous aviez eu quelque regard pour certaines détresses, jamais vous n auriez trouvé le cœur de parler ainsi.Et ce qui me peine, c est que vous n ayez su voir dans les pages de moi que vous condamnez si supérieurement qu\u2019une défense personnelle, alors que si j eûsse été seul à souffrir et à me débattre, jamais je n eûsse même songé à les écrire.Personnellement, j ai 250 Le drame de l\u2019amitié André Gide-Charles Du Bos peu souffert et me suis peu débattu, vous le savez, et que je me suis jamais posé en martyr.Mais je suis un privilégié et j ai I borreur des privilèges.» (14-6-1928).Ici, Gide se trompe de croire, cbez Cbarlie, à une espèce d impassibilité judiciaire, et comme professionnelle.Si, de fait, celui-ci s est appliqué à une objectivité quasi scientifique (cf.Journal, 12 sept.1928, p.195) il ne l\u2019a pas fait sans débats, sans angoisse, et sans remords.A la même date, en effet (ibid., p.191 ), il écrit : « .le problème Gide avait fini par me plonger dans une dépression si misérable et si désespérée que, non seulement je ne pouvais plus penser à rien d\u2019autre, mais que je ne pouvais plus, au sens propre du terme, penser au problème autrement que sous la catégorie la plus morne et de la plus inefficace douleur ».Empressons-nous d\u2019ajouter que, dès le 17 juin, c\u2019est-à-dire trois jours exactement après sa protestation première, Gide écrivait à son censeur : « J\u2019ai vécu, depuis notre dernière entrevue, dans un état de grande tristesse, pensant à vous sans cesse et ne me consolant pas de vous avoir parlé d\u2019une manière qui, sans doute peut vous déplaire (mais pas autant certainement qu elle me déplaisait aussitôt à moi-même) et m en voulant d\u2019avoir cédé au besoin de me justifier, alors que je m étais promis de ne regimber sur aucun point de votre attaque.Et que celle-ci me soit inexprimablement douloureuse, c\u2019est à quoi je peux mesurer la force de mon affection pour vous.L on ne se défend bien que contre un ennemi ; contre un ami la crainte de le blesser à son tour vous empêcbe ; il n est donc que de se laisser meurtrir ».Et après avoir combattu cbez Cbarlie I intention qu avait eue celui-ci de ne pas publier son livre, il ajoutait : « Ce qui m est douloureux, c est votre hostilité, ce n\u2019est pas que vous la laissiez connaître ».Ainsi, de doctrinal qu il devait être et rester, le débat devenait-il personnel.Et consciemment ou non, chacun des deux interlocuteurs cherche à manifester sa supériorité morale et publie la déception généreuse que lui cause I infériorité inattendue de son contradicteur.Gide le fait avec une modestie qui, feinte ou sincère, est à la fois élégante et 251 Revue Dominicaine cruelle : « Je n en puis ressentir aucune (hostilité) contre vous ; mais seulement un très gros chagrin ; car vous avez d\u2019excellentes raisons de me honnir et je n en puis trouver aucune de ne plus être, Votre ami, André Gide ».Quatre jours après, si Du Bos écrit une lettre courtoise mais sans rapport direct avec celle de Gide, son Journal nous livre I impression que lui a laissée leur toute récente entrevue.Tout en s\u2019efforçant de dominer le débat et d y demeurer serein comme sur les hauteurs de Sirius, il nous présente le Gide le plus déplaisant, sinon le plus odieux que l\u2019on puisse imaginer : «.voyageur traqué me repoussant à cet instant-là et repoussant expressément en ma personne (ainsi qu\u2019il me l a dit) tous ceux qui I aiment et qu il aime, avec, mais en serpentin cette fois, en annelé, ces mouvements (si nombreux pour moi dans mon expérience de lui) de violence animale, bestiale presque dont dans le vertical cette fois, le judiciaire, le côté comme d un grand inquisiteur protestant défenseur de la pédérastie, notre entretien de jeudi soir m\u2019avait donné l\u2019équivalent il semblait, vraiment, le pauvre, si je puis dire, acculé à force de ne I être point ».De r homme du monde courtois, parfois presque trop caressant qu était Charlie, que eût attendu pareille invective ?Un peu plus loin (6-8-1928) et dans la lettre même où il enregistre douloureusement les observations parfois sévères de Jacques Maritain, il conteste la bonne foi de Gide sur cette question délicate des corrections, atténuations ou suppressions à opérer dans Le Labyrinthe à Claire-Voie.Et tandis que Gide affecte de n attacher d importance qu aux pages sur I uranisme et la notion de martyre, Du Bos le soupçonne fort de n être « pas moins vulnérable » sur les autres plans et il ajoute : « Pour moi qui le connais bien, la preuve la plus certaine en est qu\u2019à aucun moment il ne m\u2019a formulé le moindre mot d\u2019éloge sur un passage quel qu\u2019il fût du Labyrinthe à claire-voie, et c est bien là une preuve qui ne saurait tromper.252 Le drame de l\u2019amitié André Gide-Charles Du Bos Car s\u2019il ne se sentait à tel point atteint, sa conscience littéraire n\u2019aurait pu partout refuser l\u2019approbation ».Evidemment, mais le bon Cbarlie, lui-même, n a-t-il pas en la circonstance, été un peu piqué de ne recevoir pas de son justiciable, consentant il est vrai, quelques remerciements pour les mérites que voulait bien lui reconnaître son censeur ?Au vrai, Du Bos se défend de céder ici à un « amour-propre d auteur froissé » et de poser autre chose qu un problème psychologique dont il ne tient pas encore la solution.Mais, lui-même, est-il donc si naïf qu il croie à un problème là où il n y a qu évidente banalité ?Le 3 août, à déjeuner, Gide lui a dit : « Votre subtilité qui est infaillible dans f éloge vous joue au contraire des tours quand vous l\u2019appliquez à la critique.» Et devant cette « naïveté désarmante », Du Bos ajoute innocemment : « Faut-il voir là cette cécité que 1 on dit commune à tous quand il s agit de nos défauts ?» Comme si un Racine lui-même n était pas plus sensible aux critiques insanes d un Boursault qu aux éloges les plus chaleureux de Boileau ! Et parce que Gide avait parfois aspiré ou semblé aspirer au martyre, Charlie n exigeait-il pas trop de lui quand il lui demandait d\u2019accueillir avec sérénité ce que lui-même appelle une « interminable mise en accusation » ?Personnellement, et les rôles renversés, il eût, croit-il « su tenir le coup ».Il le « croit sincèrement ».« Mais, ajoute-t-il, ce que je sais, c\u2019est que la pire souffrance intellectuelle que m a valu toute cette histoire, c est que Gide n ait pas eu en lui de quoi tenir le coup » (12-9-1928) 5.On conçoit que de pareilles rencontres, suivies de semblables querelles, n\u2019aient pas favorisé la reprise des relations épistolaires de jadis.Cependant, informé « de la tristesse et du désarroi » où son silence plongeait Du Bos, Gide lui écrit (28-9-1928) pour lui exprimer à nouveau ce qui fut son chagrin, son inquiétude, ce qui reste son embarras, malgré la démarche indirecte de Charlie : «Je pleure notre intimité d hier et ne puis, hélas ! partager votre espoir qu elle puisse se prolonger.Nous n avons jamais su parler l\u2019un avec I autre que des choses essen- S.Journal, t.IV, p.197.233 Revue Dominicaine tielles, les seules qui nous importent, mais sur lesquelles précisément je crains bien que nous ne soyons appelés à différer de plus en plus.Le souvenir de notre commerce reste pour moi des plus exquis.II est certain que ceci aussi me rendait votre livre très pénible : qu\u2019il pût prêter à croire que nous étions « brouillés ».C est pourquoi j accepte avec tant de joie cette dédicace de votre Byron, dont madame Tbéo me parle, qui coupe court aux médisances et dont je vous remercie de tout cœur ».«Je vous aime bien, cker Cbarlie, et crois vous connaître plus profondément que vous ne savez ; mais c\u2019est aussi notre amitié d\u2019hier que j aime et que je voudrais bien ne pas abîmer.11 y a dans mon silence d aujourd bui du respect, et de la prudence.Oui, je voudrais protéger nos souvenirs, et protéger également ma propre pensée que devant vous, par peur de vous offenser ou cbagriner, je serais amené à contrefaire ».Quelque sentiment qu on puisse par ailleurs éprouver pour André Gide, œuvre et personne, on ne saurait méconnaître la sincérité de son cbagrin, ni la dignité de son attitude.On ne saurait davantage rester impassible à la discrète mélancolie de ce qui suit : « Vous avez près de vous quelqu\u2019un ° qui peut-être s\u2019explique bien mal mon retrait et dont 1 affection m était également très précieuse.Que cela est donc douloureux I Adieu, cber ami, cbers amis, André Gide ».Deux jours après, un scrupule délicat dictait à Gide un P.S.qui limite la portée du mot adieu et va provoquer une affectueuse, une noble réponse de Cbarlie.Sur les explications qu il apporte de sa conduite, nous reviendrons un peu plus loin.Ici, nous n insisterons que sur deux points, d abord sur la sincérité d une douleur au moins égale à celle qu\u2019il a pu causer à son ami : « Permettez-moi de vous assurer en toute sincérité que depuis fin mai (il parle ainsi le 2 octobre).il ne s est pas écoulé un seul jour où je n aie été à la lettre, déchiré par la triple souffrance à laquelle 6.Mme C.Du Bos.234 Le drame de l\u2019amitié André Gide-Charles Du Bos je viens de faire allusion ».Et, à propos du ton qui fut parfois le sien, dans son livre, il ajoute : « De cela, je ne puis plus que vous en demander pardon, en vous demandant aussi de ne plus douter que je vous ai aimé, que je vous aime, que je ne cesserai jamais de vous aimer ».Donc, chez 1 un et cfiez I autre égale fidélité de cœur, égal souci de « protéger des souvenirs » précieux entre tous.Mais sur les moyens de protection, Du Bos ne partage pas I avis de son correspondant.Celui-ci croit à la nécessité de « la prudence », peut-être même du silence sur certains sujets.Charlie tient pour la persistance entre eux d une sincérité absolue.« Vous ne m offenserez jamais en vous montrant à moi, à chaque moment, exactement tel que vous êtes, et pas davantage, sur le plan rien qu humain ».En effet, c est sur le seul plan humain qu\u2019il entend désormais se maintenir avec ses amis, singulièrement avec Gide.Sa pensée, sa vie personnelle pourront bien se développer sur un plan supérieur : il ne cherchera pas à y entraîner son interlocuteur, encore moins sollicitera-t-il jamais une réponse à I appel que Gide a cru percevoir dans la Lettre-Envoi et dont il s autorise, semble-t-il, pour éliminer de leur dialogue « les choses essentielles, les seules qui leur importent ».II est donc prêt à « repousser I entretien » mais laisse à son ami le soin d en fixer la date éventuelle.Quelques jours plus tard, Zézette (M me C.Du Bos) adressera à Gide une lettre exquise où, sans désavouer son Charl ie, elle tâche de panser les blessures infligées par lui.Du Bos et Gide, le même jour, rivaliseront publiquement de confraternelle courtoisie ; Charlie dédie son Byron à André Gide qui lui dédie son Montaigne.Et Du Bos continuera à s entremettre en faveur de Gide auprès du difficultueux Desjardins, du divisionnaire H.Massis, du néophyte Gabriel Marcel ; à propos de Un esprit non prévenu, il prodigue à I art gidien les mêmes éloges que naguère ; mais après une lettre datée du 22 octobre 1929, nous n en trouvons plus qu une du 12 avril 1935.Que signifie ce hiatus ?Coupure des relations ou, chez Mme Du Bos, refus de publier des lettres pénibles ?Celle qu elle adressera à Gide quinze ans plus tard (30-1- 255 Revue Dominicaine 1950) laisse entrevoir que le drame de 1928 avait eu de douloureux prolongements.Mais à l\u2019époque même, les protagonistes ne se livraient plus tout entiers l\u2019un à l\u2019autre.Au vrai F avaient-ils jamais fait ?Nous avons vu plus haut en quels termes le Journal de Ckarlie parlait de Gide.Celui-ci ne ménageait pas davantage son ami ; et ici même 7 il a exigé I insertion d\u2019une page inédite de son propre Journal où il ridiculise les protestations de repentir et les larmes, les sanglots même, de son ami.Ckez des écrivains de cette qualité, cette attitude double ne laisse pas d\u2019être déplaisante.Du Bos ne laissait pas de s en rendre compte et de se le reprocker.Au plus fort de sa mésentente avec Gide, il se confesse ainsi dans son Journal (6 nov.1928, t.IV, p.218) : « Hier soir, lorsqu à minuit et demie je me couckai après le départ des Ramon Fernandez .j\u2019étais en proie à un profond mécontentement de moi-même dû au fait que dans la conversation (des plus brillantes, des plus remarquables même).nous avions été amenés à passer en revue la situation actuelle de nos amis (et même de certains auxquels je suis fort attaché) avec cette liberté radicale qui n implique ni ckez Ramon, ni ckez moi, jugement à proprement parler dans le sens rigoureux du terme, mais où l\u2019écart n\u2019en est pas moins énorme et à mes yeux de plus en plus choquant, entre ce que nous disons en leur absence et ce que nous leur dirions à eux-mêmes.» !^ur les motifs et donc sur les excuses psychologiques de cette attitude, nous reviendrons bientôt avec la Lettre-Envoi.Mais voici ce qu il importe d inscrire aussitôt à sa décharge.Au regret de I honnête homme s ajoute immédiatement le repentir chrétien.Le lendemain matin, messe, communion à Notre-Dame (de Versailles), puis dans le train pour Paris, lecture des Dialogues de Maritain, évident retour sur soi-même, enfin ces réflexions : « Dans les moments.d interrogation sur soi-même, par où j entends ici sur notre validité à parler au nom de ce qui nous dépasse, à intervenir dans la vie et dans le destin d autrui, la lecture d un écrit de Jacques est la seule lecture contemporaine qui, tout ensemble, stabilise et 7.Lettres de C.Du Bos à André Gide, p.196. Le drame de l\u2019amitié André Gide-Charles Du Bos filtre.Jacques n\u2019écrit rien dont on ne sente que cela ne lui soit dicté par une entière pureté d\u2019intention (dans l\u2019acception religieuse du terme) ».Et remarquant « à quel point cette pureté d intention elle-même réagit sur l\u2019expression, il ajoute : « la translucidité (de l\u2019une et de l\u2019autre) ne relève pas de l\u2019art ; mais, si je puis dire, de ce surnaturel qui est (reprenons ici un de ses termes préférés) l\u2019habitus de Jacques ».Emouvantes en elles-mêmes, ces lignes nous garantissent la sincérité de Du Bos et nous pouvons accueillir maintenant les explications qui accompagnent I envoi du Labyrinthe à claire-voie.La première excuse de I ami devenu critique « au point d assumer position d\u2019adversaire » ?Mais cette parole même de I intéressé : « J encourage tout contre moi-même » ; ou, plus simplement, l\u2019appel répété de Gide à I entière sincérité de ses amis.Du Bos I a pris au mot et comme dans un assaut d escrime, il a tâcké de multiplier les « touckes ».D\u2019ailleurs, il n\u2019a pas attendu 1928 pour lancer sa pointe.Dès 1912 et 1914, il avait formulé plus d\u2019une réserve sur Les Caves du Vatican ; il les avait reprises en 1922 (Deuxième Entretien), comme il avait repris, en 1923, celles qu\u2019avaient provoquées Lien auparavant l\u2019édition complète de Corydon et la dernière partie de Si le Grain ne Meurt.II n\u2019y a donc pas eu ckez lui ckangement d opinion, mais uniquement ckangement de ton.Ce ckangement, faut-il l\u2019expliquer par sa conversion (avril 1927) ?En aucune manière : il a pu y avoir ici coïncidence, il n y a pas eu causalité.Au contraire, de Numquid et Tu.?il a parlé « en faisant abstraction de sa situation personnelle ».Ce désintéressement supérieur lui était difficile quand Gide se faisait officiellement le défenseur, le propagandiste de la pédérastie.Mais, incroyant, Ckarlie eût exprimé la même réprobation, même si elle eût été moins péremptoire.Que si cette réprobation a paru éclater un peu violemment, c est qu\u2019il l avait trop longtemps comprimée.Ce refoulement a provoqué, peut-être, une explosion.237 Revue Dominicaine C est aussi que I écrivain se sent nécessairement plus libre que le conférencier mondain ; c\u2019est encore que, à vouloir rester objectif, le critique a été la première victime d\u2019une méthode que sa rigoureuse application peut rendre inhumaine.« Vous êtes le premier vivant que j\u2019aie traité comme un mort » declare-t-il Iui-meme.Et, sans doute, il a pour excuse la publication de pages que Gide aurait dû vouloir posthumes (Si Le Grciin ne J^leurt, 2e partie ; Journal, passim).« Je n en reste pas moins mécontent de moi, avoue-t-il, affligé, sur le plan qui est le nôtre, sur le plan de I intimité, sur celui du dialogue ».Sur ce sujet délicat, il revient longuement dans son Journal, alors que des observations sévères de Jacques Maritain étaient venues confirmer son sentiment personnel (.«texte terrible à force de vérité».«projectile à retardement»).Et, tout en regrettant que Gide n ait pas senti que I objectivité même de son juge lui conférait, à lui Gide, une importance considérable, il analyse son propre cas avec une implacable lucidité.Observateur, adoptant la curiosité passionnée et transcendante du savant, il ne voit plus son sujet que comme un objet ; oubliant toute humanité, il « le traite comme on pourrait traiter une chose, et non un être qui continue de réagir et donc de palpiter » ( Journal, t.IV, p.19l).(à suivre) Gaillard de Champris 238 Le sens des faits Sommes-nous un peuple ?Dédié à M.Paul-A.Beaulieu consul du Canada à Boston La plaque de bronze qui orne la façade de l\u2019église Saint-Josepb de Burlington proclame la survivance d un groupe ethnique distinct aux Etats-Unis, dont la langue maternelle est le français.Ce groupe français, au cours de son centenaire, a vécu sa vie sans trop se préoccuper de philosopher sur la nature même de la réalité ethnographique qu il allait constituer.II lui suffisait d avoir des raisons de rester lui-même de se perpétuer et de prospérer sur le sol américain, pour assurer sa marche en avant.Avec les années, il ancrait davantage dans le courant de la vie américaine, développait des traits distinctifs et un attachement profond pour son pays d adoption.II aime la race française dont il est fils, mais en s acclimatant aux Etats-Unis, il faisait épanouir au sein de cette race des caractères qui ne se trouvent ni au Canada ni en France.Quelle est la nature de ce groupe ethnique distinct aux Etats-Unis ?Au lendemain d\u2019un centenaire, il faut repenser I histoire vécue et chercher quelques précisions sur la nature du groupement que nous formons.A plusieurs reprises je me suis servi du mot peuple pour caractériser notre race française aux Etats-Unis, et cette appellation n a pas été sans susciter quelques doutes dans certains esprits.J\u2019entreprends de justifier mon opinion, soucieux cependant de me soumettre entièrement à la vérité, si I on apporte des évidences en sens contraire.L Etat.Une chose est incontestable : c est que les hommes civilisés sont groupés en sociétés organisées.Ces sociétés sont constituées par un ensemble de population, vivant sur un territoire géographiquement déterminé et obéissant à une autorité commune portant le nom de gouvernement.C\u2019est I Etat, et pour nous I Etat américain.Le national.*-> Quand il s\u2019agit de définir la nation ou le national, qui se donne ou accepte librement une forme de gouvernement commun, nos notions sont moins précises.La race, ou communauté du sang n est pas toujours au principe de la nation.La nation, dans la langue juridique est inséparable de I Etat ; puisque I Etat est I organisation constitutionnelle de la nation, l\u2019adaptation du mécanisme administratif et politique à I ensemble des citoyens formant une nation.259 Revue Dominicaine La nation c est la patrie, avec son sentiment d nne fraternité profonde et son amour identique du sol.C\u2019est la nation qui prenant conscience de son unité décide d adopter un régime politique en harmonie avec sa mentalité, son tempérament, ses mœurs, ses coutumes et ses intérêts vitaux sur un sol commun.Ce régime politique doit correspondre à ses dons naturels, autrement la nation le renversera pour en choisir un autre, plus conforme à ses aspirations foncières.L\u2019 histoire est remplie de ces phénomènes étranges où le naturel chassé revient au galop.Le national tend toujours à la formation de I Etat et peut être évoqué comme principe directeur général de sa création.Le peuple, i\u2014- Les Américains de race française qui vivent dans les limites de la République ne forment pas une nation.Ils sont frères : identité de culture, de mœurs, de souvenirs historiques, de foi et de sang.Cependant ce point de vue ethnologique, cette richesse de leur héritage culturel français, ce vouloir vivre collectif n\u2019est pas souverain.Ce fond de culture commun aux Canadiens français et aux Franco-Américains a été modifié.Un genre de vie différent, des comportements nouveaux dus au sol, ont engendré dans cette minorité américaine un destin historique particulier.Ce groupe ethnique distinct partage les aspirations nationales de tous les autres groupes qui comme lui conspirent à Ienrichissement d un même hien commun américain.II forme donc au sein de la communauté américaine une multitude organisée unifiée par une même langue et une même religion t\u2014> sans autre vocation que celle de concourir à la grandeur nationale de leur patrie >\u2014> par I apport de leur foi et de leur héritage culturel.C est ce que j appelle un peuple de race française au sein d\u2019une nation qu il révère, qu\u2019il aime et dans laquelle il veut jouer un rôle prépondérant pour mieux servir l\u2019Etat, préposé au hien de tous.Ce peuple est fier d\u2019être américain.II n\u2019est pas souverain et n\u2019aspire pas à la souveraineté.II n a pas comme les nationaux la tendance à se donner un gouvernement.II est une des parties composantes de la nation dont il épouse les aspirations.Prenant conscience de son unité comme groupe distinct, des richesses exceptionnelles de son patrimoine et de ses institutions, il considère ce hien particulier comme un apport précieux ou en justice sociale, il fait converger vers le bien commun de la république.Je persiste à croire que les Franco-Américains sont un peuple.F.-M.Drouin, O.P.Curé de St-Pierre et St-Paul, Lewiston, Maine 240 Le sens des faits La peinture religieuse dans l\u2019œuvre de Chagall Le peintre Chagall est I un de ceux chez qui l\u2019évolution de ce que I on a appelé le surréalisme a progressivement conduit à une redécouverte spontanée des valeurs artistiques du surnaturel et, de là, à un art authentiquement religieux à la fois par ses sujets *-> il suffit de constater le nombre de Christs en Croix dont Chagall a été l\u2019auteur ces dernières années et par I inspiration et la technique proprement picturales qui visent à restituer une atmosphère propice à la méditation et à la contemplation des grandes vérités.II faut aussi donner sans doute toute son importance au développement de I influence biblique sur un artiste qui est l\u2019héritier de la plus authentique tradition judaïque, influence qui a agi sur lui bien avant qu il se soit déterminé à traiter des sujets religieux et qui a donné dès le début à son art ce caractère « prophétique » qui fait son originalité.Un autre aspect général de la peinture religieuse dans l\u2019œuvre de Chagall est qu elle ne correspond pas à une rupture mais au contraire à un aboutissement : les caractères fondamentaux et définitifs de son art apparaissent, en effet, avec une vigueur accrue par le dépouillement, dans les œuvres religieuses qu il exécute avec une remarquable volonté d approfondissement depuis environ 1939, année ou il peignit un Martyr qui certainement fait époque dans I histoire de 1 art contemporain.Originellement la formation artistique de Chagall remonte aux environs de 1910 où, venu à Paris, il s engage à fond dans la réaction contre le réalisme et le naturalisme.C est à cette époque qu il mérite la qualification que donna à ses œuvres le poète Guillaume Apollinaire un jour que I artiste lui montrait quelques toiles : « Surnaturel I » Dans I exclamation prespicace d Apollinaire, il y avait comme une prévision de ce que devait être plus tard au terme de son évolution, I œuvre de Chagall, certainement I une des plus « surnaturelles » qu on puisse voir aujourd hui.Dès sa jeunesse Chagall était déjà un mystique et ce mysticisme qui s exerçait alors sur des thèmes abstraits ou imaginatifs, ou même sur des thèmes empruntés à la nature transposée, est resté la marque de l\u2019artiste et comme le ressort profond qui I a progressivement acheminé, en vertu d\u2019une irrésistible nécessité intérieure, vers la peinture proprement religieuse.On trouvera un récit émouvant et plein de vie de la première partie de sa carrière dans un ouvrage qu il a publié en 1931 chez I éditeur français Stock et intitulé Ma vie.La peinture religieuse de Chagall se nourrit d ailleurs de nombreux emprunts à la nature ; son surréalisme n est pas une négation mais une 241 Revue Dominicaine sublimation de la nature ; c\u2019est ainsi qu\u2019il aime les animaux, les fleurs, les astres.A cet égard la spiritualité qui profondément anime son art >\u2014> et c était déjà sensible même dans ses œuvres de jeunesse >\u2014< est une spiritualité franciscaine que soutient un amour de prédilection pour les choses et les êtres humbles et modestes.Ainsi s explique, par exemple, que chez Chagall la figure du Christ crucifié conserve une humanité bouleversante à force de pauvreté et d humilité ; et il aime à entourer le Christ en croix de quelques figures qui symbolisent auprès de l\u2019Homme-Dieu Rédempteur, I humanité originaire dans ses aspects à la fois les plus humbles et les plus émouvants.Mais tous ces éléments sont transposés et sublimés non seulement par I illumination mystique des regards et des figures mais encore par la composition qui cherche à exprimer les alternances de la joie et de la souffrance, de la vie et de la mort, les alternances humaines fondamentales qui justifient et nourrissent l inspiration religieuse.Aussi Chagall cherche-t-il à rencontrer par son art les grandes constantes de I inspiration religieuse et c est pourquoi il ne cesse de recourir à la Bible même lorsqu apparemment son œuvre ne porte aucune trace visible d inspiration biblique.II faut cependant se souvenir qu\u2019une des parties les plus significatives et les plus révélatrices de son œuvre d artiste religieux est la série des eaux fortes au nombre d environ une centaine, qu il a publiées pour illustrer I Ancien Testament.La technique même de la gravure joue ici son rôle renonçant par une sorte d humilité symbolique aux avantages de la couleur >\u2014> qu il sait ailleurs si admirablement utiliser 1 artiste s\u2019efforce de renfermer dans les mystères du noir et du blanc toute la destinée surnaturelle du peuple juif telle qu elle est retracée à travers 1 Ancien Testament.Ces illustrations bibliques qui aident à comprendre les sources de I art religieux chez Chagall, comptent aussi parmi les œuvres les plus remarquables, à la fois techniquement et spirituellement, de la gravure contemporaine.Chagall peignit un Christ pour la première fois en 1938 ; h œuvre est aujourd hui célèbre et après elle Chagall devait peindre encore une dizaine de Christs en Croix qui redisent chacun à travers la variété des expressions le même message ; message pénétré d\u2019humilité franciscaine, comme nous avons dit, mais soulevé aussi d exaltation prophétique, et il est bien vrai que rarement la peinture religieuse n est arrivée à réaliser aussi exactement la synthèse des Prophètes d Israël et du Sermon sur la Montagne.A cet égard I œuvre de Chagall est unique dans I art contemporain.Nous ne citerons ici que les principales de ces œuvres qui jalonnent un itinéraire spirituel extrêmement émouvant et qui en même temps illustrent I épanouissement d un art depuis longtemps voué, à travers la 9.49. Le sens des faits technique surréaliste, à I expression pathétique et sincère du surnaturel : il faut souligner I importance dans 1 art religieux contemporain d œuvres non seulement comme le Christ de 1938 mais encore le « Martyr » de 1939 que nous avons déjà mentionné, I émouvante «Obsession» de 1943 où un Christ crucifié est le centre dune vaste apocalypse symbolique, la « Crucifixion en Jaune » de cette même année 1943 et enfin la « Chute de 1 Ange » où le peintre a précisément voulu réaliser la représentation symbolique de la synthèse qui lui est chère de F Ancien et du Nouveau Testament.Tout récemment encore Chagall a peint une œuvre extraordinaire, un autoportrait représentant le peintre en présence du Christ.Enfin Chagall est I un des artistes qui ont collaboré à la grande entreprise de la décoration de 1 église d Assy où il a été chargé de peindre le baptistère, et où il traite des sujets -\u2014¦ qu\u2019il a lui-même choisis /\u2014¦ comme « Moïse faisant jaillir I eau du rocher », « L Echelle de Jacob », « La fiancée du Cantique des Cantiques », etc.Ainsi voici un artiste qui dès sa jeunesse a été à I avant-garde du mouvement de I art moderne et qui trouve aujourd hui dans une peinture authentiquement religieuse le moyen d\u2019expression le mieux adapté à sa personnalité exceptionnelle.Et par rapport aux œuvres qui les ont précédés les tableaux religieux de ces dernières années donnent en effet I impression d une plénitude, d une évidence, qui témoignent de la raison profonde pour laquelle Chagall en est venu aujourd hui à ne plus faire que de la peinture religieuse ; c est en vertu de la nécessité intérieure d un art « surnaturaliste » qui l\u2019a conduit avec une remarquable régularité au point où il en est aujourd hui, apportant ainsi un témoignage de plus en faveur de la vocation religieuse de I art moderne.Henri Lemaître Le XlVème centenaire de Saint Colomban (540-615) Des fêtes internationales, très brillantes, ont eu lieu en Franche-Comté, à Luxeuil, du 20 au 25 juillet.On pourrait penser qu elles n\u2019intéressaient que les officiels, qui s y trouvaient nombreux, les érudits penchés sur le plus lointain passé, et la foule locale qui s\u2019amuse de tout ce qui est coloré et qui bouge.En réalité, cette fête éveillait des échos profonds dans l ame française et dans tout l\u2019Occident français et dans tout 1 Occident européen.II s agissait de célébrer le XlVe centenaire de la naissance de saint Colomban, qui fut 1 apôtre de la Gaule mérovingienne, de la Rhénanie, 245 Revue Dominicaine de la Suisse et de I Italie.Les fêtes devaient avoir lieu à leur date vraie, et tout était prêt pour les célébrer en 1940.La guerre, en donnant un démenti cruel au rêve colombanien de paix chrétienne, empêcha toute festivité.On a pensé que cinq ans de paix apparente avaient pansé les plaies de la guerre et qu un rassemblement de fête était possible.Les plus hautes personnalités civiles et religieuses en ont encouragé l\u2019organisation, dont le Président de la République a accepté le patronage.A la solennité, le gouvernement était représenté par M.Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères, et par le ministre de l\u2019air, député, maire de Luxeuil, entourés de nombreux parlementaires.Le Nonce Apostolique, les archevêques de Besançon et de Paris, dix évêques, cinq abbé mitrés, présidaient à la cérémonie religieuse.L Irlande était à la place d honneur avec le chef de son gouvernement, Costello, avec M.de Valera, chef de 1 opposition, avec I archevêque de Dublin.Des ambassadeurs ou des délégués représentaient la Suisse, le Luxembourg, la Belgique, l\u2019Autriche, I Italie, l\u2019Angleterre, les Etats-Unis.La foule dense et fervente, devant ce déploiement d officiels comprenait vaguement qu une grande chose se passait là, I affirmation d une solidarité occidentale fondée sur la communauté d origine spirituelle.Car on peut dire, en un sens, que 1 Occident européen est l\u2019œuvre de Colomban.On 1 a dit avec éloquence du haut de la chaire, à la réception de l\u2019hôtel de ville, à 1 inauguratiop de I admirable statue du sculpteur Grarge, au banquet.On 1 a mis en pleine lumière dans le Congrès d études historiques qui a précédé la solennité.Les organisateurs l avaient placée sous la direction d Abel Fèvre, de I Institut, et de Gabriel Le Bras, de la Faculté de Droit.Des communications du plus haut intérêt y furent présentées et discutées.Quelques traits de lumière y furent projetés sur la situation de la France mérovingienne et de l\u2019Europe du Vie siècle.Avec le christianisme, une civilisation gallo-romaine s était établie, qui ne manquait pas d éclat.Mais elle restait superficielle, étant venue d ailleurs et n\u2019ayant pas encore poussé des racines profondes dans le pays.Aussi fut-elle ébranlée par I invasion des barbares.On a pu penser qu elle s était imposée au vainqueur.En réalité, elle composa avec lui, instinctivement ; il en résulta une sorte de compromis, où le dogme chrétien, la morale religieuse, I esprit humaniste perdaient leur identité.Le vainqueur restait ce qu il était en prenant I habit du vaincu.Dans tout le pays d empire romain, on revenait à la barbarie, dont la force était alimentée par I afflux constant de peuples nouveaux, arrivant de 1 Est.244 Le sens des faits Une décadence irrémédiable menaçait le monde chrétien.Né pour conquérir, le barbare s avérait incapable d organiser.La terre était abandonnée ; la forêt reprenait son empire et se peuplait de bêtes féroces ; éloigné du travail régulier 1 bomme redevenait pillard ; I insécurité engendrait la famine.Le salut vint de 1 Irlande.La foi chrétienne s y était conservée pure dans les monastères où I austérité de la règle était soutenue par une ferveur demeurée jeune.De là partirent pour une invasion spirituelle, Colomban et ses compagnons, qui vinrent se fixer dans les forêts de la Burgondie et fondèrent en 580 1 abbaye de Luxeuil.C\u2019est un étonnant personnage que ce Colomban.II a des vues de génie, des intuitions fulgurantes.II est savant en un temps d ignorance.Mais sa grandeur est dans sa volonté.Elle est tendue, dure et inflexible.La discipline qu\u2019il impose à ses moines est rude, sinon brutale, comme celle qu\u2019il s\u2019impose à lui-même.II s agit de dompter une nature humaine encore engagée dans la barbarie et de prévenir le retour des instincts sauvages.Dans ce travail, tout compromis est une erreur et il faut dépasser le but pour l\u2019atteindre.C est ainsi qu il traite avec les évêques, les grands et les rois, avec I altière Brunehaut, avec le lâche Thierry.Le souverain irrité I exile.Il devient apôtre itinérant, et fidèle aux mêmes méthodes, il évangélise le nord de la Gaule, les pays rhénans, la Suisse, I Italie, où il meurt, en 615, à Bobbio.De l\u2019abbaye de Luxeuil qui reste sous son influence, partent des apôtres, absolus comme lui, qui fondent des abbayes à travers la Gaule.Autour du monastère, les maisons s\u2019assemblent en village ; les forêts sont défrichées ; les bêtes reculent ; la terre renaît ; avec la sécurité, la prospérité revient.C est la civilisation chrétienne de I Occident.La voilà à sa source.Cette fois, elle est assez profonde pour résister à I assaut de nouveaux barbares et de I Islam.L\u2019élan donné est tel, que le jour où les institutions publiques se trouveront à la hauteur des consciences chrétiennes, étant soumises aux mêmes lois, la France et I Europe occidentale connaîtront la splendeur du Xle et du Xlle siècles.Certes, Colomban n avait pas été le seul architecte de I Occident ; saint Benoît et Charlemagne avaient eu leur part dans sa construction, mais Colomban fut le grand défricheur de la terre et des âmes.Le congrès de Luxeuil a mis en évidence ce rôle éminent.Les savants, si méticuleux dans les recherches et si réservés dans les conclusions, éprouvent quelque embarras devant les merveilles de légende dont s enveloppe I histoire de Colomban.A lui et à ses moines la nature obéit ; les bêtes féroces, apaisées, se mettent à leur service.Ils 245 Revue Dominicaine évoluent dans un monde spécial où le miracle prend la place de ce que nous appelons la loi.Evidemment la piété des témoins éblouis a brodé libéralement ; mais elle a brodé sur un canevas consistant.Les faits merveilleux de Colomban, comme ceux de François d\u2019Assise, sont attestés par des témoins dignes de foi.fl y a des hommes qui ont le don de commander aux bêtes et aux choses ; on le sent aujourd hui plus qu\u2019hier ; les barrières qui séparent le scientifique du mystique, le visible de Foc-culte, ont été par places ébréchées.Le Saint, qui a retrouvé les forces primitives, est capable de réaliser 1 Evangile où de précises promesses de thaumaturge sont faites aux vrais disciples du Christ.C est avec juste raison que Marguerite-Marie Dubois, l\u2019active organisatrice des fêtes, a gardé sa place au merveilleux dans son beau livre sur saint Colomban et dans son mystère sur le même saint qui a été représenté à Luxeuil avec un grand succès.II n y a pas de basard.A I heure où I Europe occidentale se cbercbe, s efforce de reconstituer son identité, et pour sauver sa civilisation prend conscience de sa solidarité, il est émouvant qu elle se retrouve à Luxeuil, à une des source les plus authentiques de sa vie spirituelle.Mgr J.Calvet Recteur émérite de l\u2019Institut catholique de Paris INFORMATION Libération de l\u2019homme ,\u2014 C est Son Excellence M.Jean Désy, ambassadeur à Rome, qui a lancé ce cri, en recevant un doctorat en Droit de I Université d Ottawa.« Nous ne voulons pas, dit-il, de l\u2019instruction à la carte, de 1 éducation en comprimés, de cet enseignement strictement spécialisé qui n a eu pour résultat que de mettre en circulation des pseudosavants, des ignorants encyclopédiques, des primaires affublés de diplômes, de licences, de doctorats, qui ne seront jamais que des gamins costumés en pédants, des esprits voués à la puérilité perpétuelle, fl est plus que jamais urgent de rechercher le juste équilibre des humanités et des sciences, de former par la culture générale le caractère et le jugement, de mettre les nôtres en mesure de comprendre et de remplir leur mission dans une société qui doit, pour demeurer humaine, réapprendre à vivre le principe chrétien.Le conflit, plus dramatique qu\u2019il ne I a jamais été, entre I autorité et la liberté, ne peut se résoudre par l\u2019aménagement des systèmes politiques ou des institutions.II est au centre de I homme.Pour en sortir victorieux, I homme doit fixer, plus haut que lui, sa fin et son destin.246 Le sens des faits II doit resaisir son âme prête à lui échapper.Devant la menace que font peser sur nous ceux qui se sont faits les cfiampions d une doctrine dissolvante, il est nécessaire que nous ayons des raisons positives de combattre.A I unanimité toute extérieure des Etats totalitaires, les nations libres doivent opposer I unanimité morale.II s agit pour elles de renouer avec le christianisme.Seul un humanisme intégral qui considère I homme dans l\u2019intégration de son être naturel et surnaturel, peut contribuer effectivement à sa libération ».Voilà des paroles fortes qu il fait bon d entendre de la bouche du plus illustre de nos ambassadeurs.Les déracinés Sous ce titre, « La Vie Intellectuelle », août-septembre 1950, expose la situation religieuse des étudiants étrangers aux Etats-Unis, à l aide d\u2019un article publié par le P.Gustavo Amigo, S.J., dans la Revista Javariana de Bogota, mars 1950.Cette étude a voulu répondre à cette question : Que devient la foi des étudiants latino-américains qui vivent aux Etats-Unis ?Selon les statistiques publiées par Y International Institute of New York, il y avait aux U.S.A.au début de I année scolaire 1948, 17 505 étudiants étrangers, parmi lesquels 5 873 jeunes gens venus d Amérique centrale et de I Amérique du Sud.En 1950, ces chiffres ont considérablement augmenté.Selon I Osservatore Romano du 9 juin, il y avait cette année, dans les universités et collèges américains, 26 435 étrangers, ce qui représente un accroissement d environ 9 000 en deux ans.Si l\u2019on suppose que le nombre des étudiants latino-américains a augmenté dans la même proportion, on doit avoir, en 1950, un total de plus de 8 000.En mettant les choses au mieux, on constate que 65 à 70% cessent toute pratique cultuelle dès leur arrivée aux U.S.A.Une petite minorité continue à communier à Pâques, une proportion de 1 à 10% fréquente les Newman-Clubs (fondés pour grouper les étudiants catholiques de toutes nationalités).Dans la seule Université de Elarvard, Mass., 65% des étudiants latino-américains ont passé au protestantisme.A l\u2019Université de Ann Arbor, Mich., 90% du corps professoral venu de l\u2019Amérique centrale et d\u2019Amérique du Sud s\u2019est séparé du catholicisme pour embrasser diverses confessions.A la Temple University de Philadelphie, six étudiants sur trente-cinq assistent aux offices protestants, un seul catholique fréquente le Newman-Club.Au Bureau of Standards of Washington, un étudiant catholique affiche courageusement sa foi, cinq autres sont devenus complètement athées, le reste a sombré dans I indifférence religieuse, après s\u2019être mis dans des situations familiales irrégulières.Et le Père Amigo en déduit que « nos étudiants ne sont catholiques que parce qu\u2019ils sont nés dans des pays catholiques ».247 Revue Dominicaine Le prix Nobel de la paix ^ M.Ralph Buncke, de nationalité américaine et de race noire, vient de se voir attribuer ce grand prix ($31 000).Gradué de Harvard University, ex-professeur à I Université noire de Waskington, membre de Off ice of Strategie Service, Buncke participa aux premières conférences des Nations Unies, fut attacké au Secrétariat de l\u2019O, N.U., mais c est surtout par les succès qu\u2019il obtint dans son rôle de médiateur en Palestine où il succéda au comte Bernadotte qu il s est imposé à I admiration et au respect du monde.C est en reconnaissance de ces services rendus à la cause de la paix en Moyen-Orient que le Parlement de Norvège lui décerna son grand prix Nobel 1950.L Eglise et la Cité Le 20 septembre les autorités civiles de Montréal ont fait une réception officielle à leur nouvel Arckevêque.Son Honneur le Maire Houde qui sait toujours faire les ckoses avec tact ne fut pas inférieur à sa tâche.Le discours de Son Excellence Mgr Léger, en plus d être une belle page de doctrine chrétienne, demeurera une brillante illustration des bons rapports qui existent entre I Eglise et fa Cité.II est bon d entendre répéter que « les plus authentiques constructeurs de la société terrestre, ce sont les saints.Car il n y a rien de véritablement solide sans morale et la sainteté est précisément la valeur morale à son sommet.Qui niera I influence sociale des géants de la sainteté dont le souvenir, longtemps après leur mort, suscite des actes sublimes de vertu ?Le saint demeure encore le meilleur citoyen et le bon citoyen a facilement ce qu il faut pour faire un saint ».Cette réception officielle et presque royale mérite sûrement d être inscrite sur les plus belles pages des annales de notre Ville.Un triomphe à la Reine du Rosaire ,\u2014 En ce jour du 1er octobre, au Cap-de-Ia-Madel eine, 13 archevêques et évêques, près de 30 000 personnes proclament solennellement leur piété et foi en Marie.Un si beau commencement inaugure bien la croisade du chapelet en famille et laisse espérer de beaux lendemains.La Conférence de Québec \u2014 Le 18 septemb re, les premiers ministres des 10 provinces du Canada reprenaient à Québec l\u2019étude de notre Constitution.Conscients du rôle historique qui leur était dévolu et aussi des dangers et difficultés que comportent le rapatriement et le remaniement d un Document, ils ont eu la noblesse de s élever au-dessus des divergences politiques ou des ambitions personnelles.Vrais législateurs sont ceux dont la raison (ordinatio rationis) élaborent un ordre en vue du bien commun.Puissent-ils continuer dans cette voie I 248 Le sens des faits Le lauréat de la Province de Québec ,\u2014 Notre distingué collaborateur, M.Robert Elie, vient d obtenir le grand prix du Gouvernement pour un roman encore inédit : La fin des songes.Dans Notre 7 emps, 7 octobre Mme Julia Richer dit de cet écrivain : « Des influences, il en a subi comme chacun de nous.II nous parle de Mauriac qu\u2019il a tellement fréquenté jadis, puis des écrivains russes à qui il revient toujours, Dosto-ievshi mais surtout Tchehhov.La musique a été dans sa jeunesse le complément de sa culture littéraire.EJIe lui a donné I amour du rythme, le don de I ouïe, ce qui fait, à notre avis, qu un écrivain entend ce qu if écrit ».Le Frère Clément Lockquell a reçu le deuxième prix pour Les élus que vous êtes, et André Giroux, le troisième, pour Au delà des visages.Félicitations et vœux à ces visages élus.Semaine sociale de Nicolet \u2014 Des conférenciers réputés et venus des mifieux les plus divers y ont traité, sous tous leurs aspects, nos problèmes familiaux.Evêques, professeurs, pédagogues, journalistes y ont plaidé librement la cause de fa famille comme telle et jusque dans ses prolongements et ramifications à travers la société.Le volume qui sortira sous peu et contiendra ces études sera une belle somme de tous les problèmes de la famille canadienne.Il sera bon d y revenir souvent.Cinquante ans de journalisme \u2014 Un grand nombre de journaliste et d amis se sont réunis à 1 Hôtel Windsor, le 30 octobre, pour fêter les cinquante ans de carrière journalistique de M.Oswald Mayrand, rédacteur en chef à La Patrie.Grâce au scu Ipteur M.Alonzo Cinq-Mars, le jubilaire reçut sa figure dans le bronze, gage d immortalité terrestre et de reconnaissance.Le Revue Dominicaine se joint à Son Excellence Mgr 1 Archevêque de Montréal et aux autres conférenciers pour offrir à M.Mayrand ses félicitations et ses vœux.Education et vocation,\u2014 G est encore I Université d Ottawa par son « Service d orientation dans la vie » qui vient au secours des prêtres, maîtres, éducateurs et élèves pour aider les uns et les autres conjointement à tracer les grandes avenues de I avenir.Préparé par le R.P.André Guay, à 1 aide des notes manuscrites du regretté Cardinal Villeneuve, ce cours fournit la base théologique et psychologique de la vocation, en 10 leçons : 1 ) Voir clair, 2) La vraie vie, 5) Donner la vie, 4) Un état spécial m attend, 5) Comment découvrir sa vocation divine, 6) Le sublime état du sacerdoce, 7) La vie religieuse, 8) Le céli bat dans le monde, 9) Le saint état du mariage, 10) Orientation professionnelle et suggestions.249 Revue Dominicaine Educateurs et élèves des dernières années du cours classique se feront un devoir de puiser abondamment dans ces solides directives que leur offre le Centre Catholique de l\u2019Université d Ottawa.Deux semaines du Livre ^ Dans le domaine littéraire canadien, novembre sera d\u2019une grande importance.En effet, du 11 au 19 novembre, il y aura la « Semaine du Livre de la Jeunesse canadienne » sous les auspices de I Association canadienne des Bibliothèques et du 25 novembre au 2 décembre, ce sera au tour de la « Semaine du Livre » proprement dite, sous les auspices de la Société des Editeurs canadiens du livre français.A I occasion de cette deuxième « Semaine du Livre », le projet d élargir les cadres de la Société des Editeurs aura fait probablement un pas de plus et les libraires seront appelés à faire partie de la Société dont les cadres seront élargis en conséquence.A.L.250 L esprit des livres Jacques de Bivort de la Saudée »\u2014* « Essai sur Dieu, I homme et I univers ».Les Editions Casterman, 1 ournai-Paris, 1950.22 cm.508 p.En 1937 paraissait, sous la direction et avec une introduction d\u2019Yvan Kologrivov, un Essai d\u2019une Somme catholique contre les sans-Dieu, dont deux éditions françaises furent rapidement écoulées.Les années de guerre ne permirent pas de rééditer ce livre, malgré les demandes qui affluaient de tous côtés.Le besoin d\u2019ouvrages de ce genre se faisait en effet sentir et se fait encore sentir d\u2019autant plus que les masses influencées par le milieu, travaillées par les idées et notamment par le ferment marxiste, ne peuvent être atteintes efficacement que par une action sur les idées.Voici que, sous le titre Essai sur Dieu, l\u2019Homme et l\u2019Univers, une édition nouvelle voit le jour.Nous espérons qu\u2019elle répondra au besoin si souvent exprimé.Quelques chapitres ont été ajoutés, d\u2019autres supprimés et ceux qui figuraient déjà dans les deux premières éditions de l'Essai d\u2019une Somme catholique contre les sans-Dieu ont été mis au point.Ce livre n\u2019est pas seulement une réponse aux marxistes-léninistes, il expose d\u2019une manière constructive la position du catholicisme sur les grands problèmes que les matérialistes contemporains tranchent d\u2019une manière opposée à la nôtre.Le marxisme est en effet toute une philosophie de la vie et l\u2019accord doctrinal n\u2019est possible dans aucun domaine entre cette philosophie et celle du catholicisme.Loin de revenir sur cette position, les dirigeants intellectuels de la Russie soviétique d\u2019aujourd\u2019hui sont convaincus qu\u2019un irréductible antagonisme subsiste entre le communisme et la religion, considérée par eux comme une «partie intégrante» du capitalisme.Sur ce point de doctrine, comme sur presque tous les autres, ils restent fidèles aux grands théoriciens du communisme soviétique : « Religion et communisme sont incompatibles aussi bien en théorie qu\u2019en pratique », lisons-nous dans YABC du communisme.Malgré les condamnations de l\u2019Eglise, des naïfs croient encore à l\u2019évolution du communisme dans sa position doctrinale à l\u2019égard du catholicisme et à la possibilité d\u2019entrer dans le parti communiste, de contribuer à la diffusion de sa doctrine, sans cesser d\u2019être bon catholique.Une nouvelle intervention de Rome devenait donc nécessaire.Aussi le 2 juillet 1949 paraissait dans les Acta Apostolicce Sedis un décret de la Suprême Congrégation du Saint-Office, qui explicite d\u2019une manière claire et nette les dispositions de l\u2019Eglise à l\u2019égard des communistes et de quiconque collabore avec eux.Ce décret n\u2019a nullement été porté dans un but politique, mais seulement pour expliciter la doctrine catholique et donner ainsi plus de lumière au clergé et aux fidèles.Il affirme de plus en plus la position de l\u2019Eglise et rend plus opportun encore ce volume intitulé Essai sur Dieu, l\u2019Homme et l\u2019Univers.Aussi espérons-nous qu\u2019il contribuera à éclairer les hommes de bonne volonté.(Extrait de l\u2019Introduction) 251 Revue Dominicaine Les Equipiers Je Saint-MicLel r-> « Partîmes ».FiJes, Montréal, 1950.20 cm.Aller à la conquête de l\u2019amitié, à la découverte des âmes de leurs frères disséminés sur tout le territoire canadien, tel est le but des Equipiers de Saint-Michel.Les voilà donc sur la grande route.Avec une exubérance juvénile ils parcourent la province, s\u2019enhardissent et traversent en territoire ontarien, poussent même leurs pas jusqu\u2019à la Nouvelle-Angleterre.Leur devise : « Edifier en eux et autour d\u2019eux ».Leur modèle : le divin Voyageur de Palestine, leurs bagages : du courage, de l\u2019enthousiasme et des chansons.Ces garçons que vous voyez déambuler sur les grands chemins ne sont pas des aventuriers, de simples touristes mais des routiers chrétiens pour qui la nature est le reflet de la Majesté divine, la vie d\u2019équipe, une occasion de pratiquer la charité envers ceux rencontrés sur la route.C\u2019est tout cela que les Equipiers de Saint-Michel ont voulu nous entretenir dans Partîmes.Ils le font avec tout l\u2019enthousiasme de leur jeunesse, essayant de convaincre le lecteur du bonheur insoupçonnable que procure la route.Mais ces jeunes routiers sont aussi philosophes et nous le font sentir un peu trop.Dans Partîmes il y a certainement de beaux chapitres, tels que Unisson d\u2019âmes et Message où se rencontrent des pensées nobles et profondes, certains récits de voyage qui ne manquent pas d\u2019intérêt.Mais ce qui d\u2019une manière générale laisse à désirer, c\u2019est le récit vivant, coloré et pittoresque d\u2019expériences de tous les jours, de petits incidents de route, de situations critiques dans lesquelles les routiers ont pu se trouver.Ce serait beaucoup plus captivant et intéressant que des considérations plutôt générales sur ce qu\u2019est la route.Les Equipiers de Saint-Michel sont jeunes et ils ont tout l\u2019avenir devant eux.Ils pourront donc se reprendre pour faire mieux.Lorraine Guérin Malherbe .\u2014¦ « Commentaire sur Desportes ».>\u2014 Avec préface et notes Ju chanoine Arthur Sideleau, doyen de la Faculté des Lettres de I Université de Montréal (Collection Humanitas, publiée sous la direction de la Faculté des Lettres, Université de Montréal).Les Editions Chantecler Ltée, 8125, boul.St Laurent, Montréal, 1950.271 pages.Pourquoi avoir repris un tel texte ?Parce qu\u2019on y trouve plus que dans ses œuvres poétiques les théories littéraires de Malherbe.Surtout, l\u2019exemplaire du Commentaire sur Desportes est unique, «corrigé d\u2019une terrible manière » (Balzac) et il n\u2019a pas été réédité d\u2019une façon convenable depuis bientôt trois siècles et demi.Pour rendre justice à Malherbe et à un Desportes souvent malmené par les critiques, M.le Doyen de la Faculté des Lettres de l\u2019Université de Montréal publie ce premier volume d\u2019une série de quatre.On trouve ici le texte complet de Diane.Il a fallu beaucoup 252 L\u2019esprit des livres de soin pour préparer cette édition, une volonté tenace de servir la cause des Lettres françaises même au prix de rarissimes loisirs, enfin, une honnêteté intellectuelle qui est tout à l\u2019honneur de M.le Chanoine Sideleau.Celui-ci fait un travail original.Avec cela, précis, net et critique.On ne trouvera pas ce Commentaire dans la condition où il est présentement édité et imprimé, dans aucune autre édition.Il faudra lire d\u2019abord le court avant-propos de M.le Chanoine Sideleau si on veut profiter du reste et mesurer à son exacte limite la tâche délicate de son auteur.Benoît Lacroix St.Augustine .\u2014¦ « Tke Greatness of tke Soul.Tke Teacker » (Ancient Ckristian Writers, No.2).Translated and annotated ky Josepk M.CoIIeran, C.SS.R., Pk.D.Tke Newman Press, Westminster, Maryland, 1950.255 pages.$3.00.Où sont traduits et annotés deux opuscules bien connus des premières années (388 et 389) de la production littéraire de l\u2019évêque d\u2019Hippone.Dans le De quantitate animce il est question de la grandeur et de la dignité de l\u2019âme, fruits de son immortalité.Le De magistro contient de judicieuses remarques sur le rôle du langage, sur l\u2019enseignement de l\u2019histoire sainte et sur la fonction du Verbe illuminateur des âmes.Le traducteur américain de ces deux dialogues, professeur de philosophie au Mount St.Alphonsus Seminary d\u2019Esopus, New York, était particulièrement préparé pour réussir la traduction du De magistro.Car à Rome en 1945 il avait écrit une thèse sur cet ouvrage (cf.p.221).Sa traduction du De quantitate animce ne cède en rien, pourtant, à l\u2019autre et contribue à faire du neuvième livre de la série Ancient Christian Writers une réussite digne des précédentes.Un oubli dans la bibliographie, que l\u2019on hésite à pardonner, puisqu\u2019il s\u2019agit ici de deux textes de saint Augustin où il importe, pour bien les lire, de connaître l\u2019évolution culturelle de leur auteur : le livre de M.H.I.Marrou : Saint Augustin et la fin de la culture antique.Aucune mention, ni de l\u2019édition de 1938, ni celle (avec retractatio) de 1949.Benoît Lacroix G.Hunermann >\u2014< « Le Mendiant de Grenade ».Les Editions Salvator, Mulkouse, 1950.20 cm.556 pages.Enfant volé, petit pâtre, palfrenier, soldat dans les armées de Charles Quint, vaquero, aide-maçon, domestique, libraire ambulant, fondateur d\u2019un hôpital, héros de la charité, tel fut saint Jean de Dieu.Cette vie mouvementée et pittoresque qui nous fait suivre saint Jean de Dieu à travers l\u2019Espagne, en Afrique et en Autriche, qui nous fait assister au siège de Fontarabie et de Vienne, est présentée sous des couleurs et dans un style animé qui captive le lecteur et le retient jusqu\u2019à la dernière page du livre.Cette vie merveilleuse d\u2019un saint qui a été l\u2019homme de Dieu par excel- 253 Revue Dominicaine lence met sous les yeux de notre siècle égoïste et sensualiste le spectacle d\u2019une vie d\u2019abnégation, de mansuétude, de patience et de charité.Ce livre a l\u2019avantage d\u2019offrir à ses lecteurs, quel que soit leur âge, quelle que soit leur formation intellectuelle ou spirituelle, un récit aussi palpitant qu\u2019un roman, tout en restant sur le terrain de la vérité et de la réalité.C ommuniqué Mgr Paul Simon « L\u2019h umain dans I Eglise du Christ ».Les Editions Salvator, Mulhouse, 1950.20 cm.270 pages.Le présent ouvrage nest pas directement un ouvrage d\u2019apologétique contre les ennemis extérieurs de l\u2019Eglise.Il s\u2019adresse aux fidèles pour leur donner confiance dans leur Eglise, malgré les ombres qui ont passé sur elle au cours de l\u2019histoire.L\u2019auteur sait exposer comment l\u2019Eglise du Christ est indépendante de la dignité et du succès de ses membres et comment, en dépit des faiblesses et des incapacités manifestées parfois par ses représentants, même dans les sommets de la hiérarchie, la lumière de la grâce rayonne sur les chrétiens et concourt à la victoire de la Cité de Dieu qui est la victoire de la foi.Prédicateurs et conférenciers y trouveront de précieuses indications et des plans solidement construits pour réfuter positivement les critiques adressées à l\u2019Eglise dans les temps modernes et développer le rôle de messagère du salut que l\u2019Eglise a reçu du Christ.Un chapitre spécial sur les risques professionnels du clergé apportera lumière et réconfort aux futurs prêtres et au clergé du ministère paroissial.En un mot, livre profondément pensé et d\u2019une lecture attachante et profitable.St.Athanasius >\u2014> « The Life of Saint Antony ».Newly translated and annotated by Robert T.Meyer, Ph.D.155 pages (No 10, de la même série).Lorsque les historiens de l\u2019an 2000 \u2014 il s\u2019en trouvera encore pour récapituler et réfuter ceux de l\u2019an 1950! \u2014 reprendront l\u2019histoire de la littérature chrétienne, ils éprouveront la joyeuse surprise de constater que la vie de saint Antoine, père du monachisme, écrite au IVe siècle par Àthanase, évêque d\u2019Alexandrie, aura été entre 1900 et 1950 l\u2019objet d\u2019au moins cinq traductions, dont deux américaines (en 1924 et en 1950), une allemande (1917), une française (1943) et une canadienne (1947).La traduction de R.\tMeyer, professeur de philologie comparée à l\u2019Université de Washington, a été soigneusement préparée et vérifiée sur le texte grec (cf.notes: pp.100-136).Nous souhaitons à ce travail savant la diffusion qu\u2019il mérite.Une addition à faire à la bibliographie de la page 15: Vie et Enseignement de S.\tAntoine, traduction d\u2019Arnauld d\u2019Andilly, annotée par Pierre Tremblay, O.P., parue aux Editions du Lévrier en 1946, 160 pages, avec notes et préface, et encore en vente au prix complaisant de $1.00 l\u2019exemplaire.Benoît Lacroix 254 L\u2019esprit des livres Armour Landry ^ « Images de Rome ».Les Editions Ckantecler Ltée, 8125, boulevard St-Laurent, Montréal, 1950.126 pages.$1.00.Préface de Mgr Olivier Maurault.Plus de 50 illustrations.Litko-grapkié par Thérien Frères Limitée, Montréal.M.Armour Landry, photographe-pèlerin, fait partie du groupe de canadiens qui se sont rendus à Rome pour assister à la consécration épiscopale de Son Exe.Mgr Paul-Emile Léger.Il offre ici son récit de voyage doublé d\u2019un album d\u2019images bien choisies, souvent originales et heureusement lithographiées.Tout rend cet opuscule attrayant.Les récits sont simples, vivants, personnels.La disposition des images est artistique.Dans un cadre antique on y revoit avec plaisir des scènes et des visages canadiens.Le tout est aussi un hommage filial à Son Exc.Mgr l\u2019Archevêque de Montréal, à la papauté et à Rome, cette ville «prédestinée» qui depuis des milliers d\u2019années attire les cœurs et les âmes.Un livre à répandre chez les jeunes, dans nos collèges et nos universités.Il fait aimer tout en reposant.On s\u2019y instruit sans ennui.Avec cela, d\u2019un prix accueillant.B.L.Raoul Auclair i\u2014 « Le Livre des Cycles ».Editions des Portes de France, Paris.509 pages.« Il suffit d\u2019avoir pénétré dans ces milieux familiers du mystère et lu, non pas même au hasard, mais les meilleurs de leurs livres, pour se convaincre qu\u2019il règne là, dans l\u2019occultisme, un irrémédiable désordre.C\u2019est une sorte de nuit grandiose parcourue d\u2019éclairs qui vous dévoilent, dans leur fulgurance, quelque aspect fantastique du titanesque univers ».Cette citation empruntée au Livre des Cycles de Raoul Auclair, dit fort bien à la fois ce qu\u2019il est et ce qu\u2019il n\u2019est pas.Ce qu\u2019il est ?Un merveilleux traité de symbolique des Nombres, une exégèse hardie et simple à la fois, des textes de Daniel (Le Songe de Nabuchodonosor) et en général de toute prophétie relative au Devenir du monde, une synthèse des sciences analytiques modernes, notamment de l\u2019astronomie, une métaphysique grandiose couronnant enfin la Relativité et la rendant pensable.Ce qu\u2019il n\u2019est pas ?L\u2019étalage d\u2019une science hasardeuse et fantaisiste, puisée sans discernement à toutes les sources, dévoilant les mystères dans la confusion avec une suffisance souvent puérile et blasphématoire, comme on les rencontre chez les occultistes officiels si je puis dire.Ici, au contraire, c\u2019est avec une humilité vraie encore que hardie, une lucidité merveilleuse, que l\u2019auteur nous décrit l\u2019ordre des mondes, les âges de l\u2019humanité, la succession des empires, par un renouvellement des anticipations et des synthèses d\u2019un Augustin, d\u2019un Bossuet ou d\u2019un Maistre.Tous ceux qu\u2019inquiète le pouvoir désormais illimité des savants, et qui s\u2019angoissent des cataclysmes prochains, tous ceux qui seraient prêts de douter d\u2019une Providence à la fois juste et miséricordieuse, la Miséricorde survenant à point nommé pour détourner le cours des désastres inscrits 255 Revue Dominicaine dans une Justice immanente aux libertés humaines, trouveront en ce livre un réconfort et une lumière.Il vient à son heure, au seuil des « épouvan-tements et des trépas collectifs », « au crépuscule de la civilisation occidentale qu\u2019il faut bien nous résoudre à voir mourir, à cette « veille de la nuit » qui précédera le grand renouvellement et l\u2019aurore du « Règne ».Certains s\u2019étonneront de l\u2019insistance avec laquelle Auclair, se référant sans cesse aux textes bibliques, nous décrit ce règne à la fois comme visible, réel, terrestre, et comme une préfigure du Règne en la Jérusalem céleste.Il est certain que son argumentation à de quoi convaincre et de quoi résoudre bien des ambiguïtés.Il nous situe à notre vraie place dans l\u2019évolution humaine, reflétée librement et exactement dans l\u2019harmonie des sphères, sur notre planète dont le destin est écrit dans le ciel, pour qui sait lire.Quelle musique que cette prose noble et ardente ! Par moments, en dépit de quelque raideur et répétition, l\u2019on serait tenté de la comparer à celle des Pascal, des Bossuet, des Maistre ; même vénération de la présence de Dieu dans le cosmos, même sentiment de notre faiblesse et de notre grandeur, même foi en Celui qui est l\u2019alpha et l\u2019oméga et qui, dans une exceptionnelle rencontre astronomique, est venue constituer la première cellule du Nouvel Adam.Certaines positions théologiques demanderaient à être discutées, à tout le moins précisées.Le problème de la liberté, entre autres, symboliquement résolu par rapport au mouvement des astres, ne l\u2019est pas quand à son processus ontologique.Quoi qu\u2019il en soit, ce livre nous paraît être dans la grande tradition exégétique et métaphysique et offrir des vues infiniment plus amples et lumineuses que certains Bilans de l\u2019Histoire.Il est d\u2019ailleurs suivi du Crépuscule des Nations, autre ouvrage d\u2019Auclair dont nous aurons l\u2019occasion de parler.R.-S.Catta 256 LES RECENSIONS DU MOIS.Essai sur Dieu, l\u2019homme et l\u2019univers, par Jacques Bivort de la Saudée .$3.50 Partîmes, par Les E quipiers de Saint-Michel .1.50 Commentaire sur Desportes, par Malherbe (Préface et notes du Chan.A.Sideleau) .2.75 L\u2019humain dans l\u2019Eglise du Christ, par Mgr Paul Simon .1.25 Images de Rome, par Armour Landry .1.00 kWHHWMWHW VVWVWWWVWWWWWWVVWVWWWWWVVVWVWWWVVVW>> Vient de paraître : L'ETRE ET SES PROPRIÉTÉS par le T.R.PÈRE LOUIS LACHANCE, O.P.Maître en S.Théologie Professeur à l Université de Montréal SOMMAIRE Première partie : L\u2019Etre L\u2019objectivité de l\u2019être \u2014 Le « Primum Cognitum » \u2014 L\u2019Etre du sens commun \u2014 L\u2019« Etonnement » \u2014 Regard rétrospectif sur l\u2019être \u2014 Réflexion critique sur l\u2019être abstrait \u2014 La sagesse \u2014 Premiers déploiements de l\u2019être \u2014 Les principes intrinsèques de l\u2019être \u2014 L\u2019ens commune.Deuxième partie : Les propriétés de l\u2019Etre Caractéristiques des propriétés de l\u2019être \u2014 « Unum» \u2022 bien \u2014 « Splendor veri » \u2014 Epilogue.Le vrai \u2014 Le PRIX : $2.50 En vente à LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 5375.AV.N.-D.DE GRACE \u2014 TEL.WAlnut 6765 MONTREAL-2 8 IX QUELQUES OUVRAGES DE PHILOSOPHIE Précis de philosophie (1950) 1 800 pages, par F.Thonnard.Relié.Net $6.75 Essai sur Dieu, l\u2019homme et l\u2019univers.En collaboration .3.50 Etienne Gilson, philosophe de la Chrétienté.En collaboration .2.25 Le Thomisme, par Etienne Gilson.4.00 L\u2019esprit de la philosophie médiévale, par Etienne Gilson .4.00 La philosophie au moyen âge, par Etienne Gilson .4.00 Jacques Maritain.Analyse de toutes ses œuvres.En collaboration 3.00 Eléments de philosophie, par Jacques Maritain (2 vol.) .4.50 Les degrés du savoir, par Jacques Maritain.5.00 L\u2019évolution de la psychologie d\u2019Aristote, par Fr.Nuyens .5.00 Mélanges Joseph Maréchal (2 vol.) 1950 .12.00 Traité élémentaire de philosophie, par P.Foulquié (3 vol.) .6.50 Vocabulaire de philosophie, par R.J olivet .1.00 Exigences philosophiques du christianisme, par Maurice Blondel .\t3.00 Critique des sciences et de la cosmologie, par F.Renoirte .2.75 Précis d\u2019histoire de la philosophie, par F.Thonnard.Net 2.75 Les vingt-quatre thèses thomistes, par E.Hugon, O.P.1.35 Les grandes thèses de la philosophie thomiste, par A.-D.Sertillanges .75 La personne humaine en danger, par P.Coulet, S.J.1.25 La perception de la causalité, par A.Michotte .6.00 L\u2019idée de création, par A.-D.Sertillanges, O.P.1.75 Introduction à la philosophie, par L.de Raeymaeker .2.50 Le jugement d\u2019existence chez Aristote, par S.Mansion .7.00 La méthode en métaphysique, par N.Balthasar .4.75 Introduction à la Physique Aristotélicienne, par A.Mansion .6.00 Mon moi dans l\u2019être, par N.J.J.Balthasar.5.00 L\u2019Etre et ses propriétés, />«r Louis Lachance, O.P.,.2.50 Epistémologie Thomiste, par Van Riet.Nouvelle édition\t7.50 L\u2019unité de la connaissance, par A.de Coninck, avec supplément .2.75 Position et approches concrètes du mystère ontologique, par G.Marcel 1.25 La relativité de notre connaissance, par Ls de Raeymaeker .2.75 L\u2019Intellectualisme de S.Thomas, par P.Rousselot.1.50 Dieu, par le R.Père Garrigou-Lagrange.Tome I.Nouvelle éd.1950 2.50 Sociologie de la connaissance, par J.Maquet .6.00 Philosophie de l\u2019être, par Ls de Raeymaeker .6.00 Epistémologie, par F.Van Steenberghen .2.75 La philosophie de Martin Heigegger, par A.De Waelhens .5.00 Le problème du mal, par A.-D.Sertillanges, O.P.2.75 La philosophie au moyen âge, par E.Bréhier .4.00 La personne et le bien commun, par Jacques Maritain .1.00 Philosophie des lois, par A.-D.Sertillanges, O.P.50 Philosophie de la religion, par P.Ortegat, S.J.(2 vol.) .8.50 L\u2019enseignement de la métaphysique, par J.Pirlot .2.00 Ontologie, par F.Van Steenberghen .2.50 Directives pour la confection d\u2019une monographie scientifique .1.00 Liberté et valeur, par J.Delasalle.2.00 Aux sources de la pensée de Marx.Hegel Fuerbach, par F.Grégoire 3.50 Intuition et religion, par P.Ortegat, S.J.3.75 Les grandes lignes de la philosophie morale, par Jacques Leclercq .5.50 Lettre encyclique Humani Generis, de S.S.Pie XII (12 août 1950).15 En vente à LA LIBRAIRIE DOMINICAINE \u2014 TÉL.WALNUT 6765 \u2014 MONTRÉAL-28 5375.AV.N.-D.DE GRÂCE :ri\u2018j PHILOSOPHIE DU LANGAGE T.R.Père L.LACHANCE, O.P.Un remarquable essai sur le problème des origines de la parole humaine, de sa nature et de ses fonctions.Cette étude essaie de découvrir, par le recours aux lumières de la philosophie, les profondeurs auxquelles la parole s\u2019amorce, de décrire les formes qu\u2019elle assume, de déterminer quelles en sont la nature et la finalité, de marquer quels sont les rapports qu\u2019elle soutient avec la pensée abstraite, enfin, de préciser quels sont ses droits de cité.Voici quelques titres de chapitres: Vues diverses sur les origines du langage, Les vraies causes du langage, Genèse psychologique du langage conceptuel.Nature physique du langage, Le bilinguisme, etc.216 pages -\u2014¦ 23 cm.$1.50 fV'VVt WWVWVWVWWVVtW WWWWWWVWWVVWVWVWVWVWVWl VWWVWWWIVM Couronné par l Institut de France La théorie des premiers principes selon MAINE DE BIRAN R.P.Arcade-M.MONETTE, O.P.v i ¦{ T' *' '
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