Revue dominicaine, 1 septembre 1952, Septembre
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Paradis Enrg., 78, D\u2019Aiguillon, Tél.2-8777 .Québec Tanguay, H., 64, 1ère Avenue .Gros Pin, P.Q.Garage \u2014 Réparations Générales de Carrosseries D\u2019Automobiles : Beaulieu & FUion Enrg., 207, Ste-Hélène, Tél.2-2256, Québec Garagistes :\t^ \u201e\t_ _ Fradette, Amédée, 45, Franklin, Tél.3-2828 .Quebec, P.Q.Garage Cloutier, 93, boul.Langelier, Tél.9034 .Québec, P.Q.Grains, Moulées.Provisions =\t^\t^ LarocheUe & Fils Inc-, 65, St-Roch, Tél.5-7494 .Quebec, P.Q.Hôtels : Château Champlain, 401, St.Paul, Tél.2-2061 .Québec, P.Q.Hôtel Louis XIV Ltée, 3, Place Royale, Tél.2-0228 .Québec Hôtel Montcalm, Inc., 161, St-Jean, Tél.2-1287, Québec, P.Q.Importateurs et Fabricants D\u2019Objets de Piété : Génin, Trudeau et Cie, 38 ouest, N.-Dame, LA.2261, Montréal Imprimeur :\tT\t\u201e Bégin, J.Maurice, 9, Chabot, Tél.683 .Levis, P.Q.Médéric Parent, 50$, St-François, Tél.3-1252, .Québec, P.Q.Ingénieurs-Conseils : Demers, Georges, 71, St-Pierre, Tél.3-6736 .Québec, P.Q.Langlais, Zachée, 105, Côte de la Montagne, Tél.3-6661, Québec Ingénieurs Constructeurs : Komo Construction Ltée, 1500, St-Vallier, Tél.2-6839, Québec Institutrice : Sturton, Mlle Ethel, 93, Crémazie, Tél.5-9571 .Québec, P.Q.Laboratoire Farley \u2014 Hull, P .Q.s Fabricant des « Antalgines » contre les maux de tête.T, a it.Crème, Beurre, Œufs et Fromage : La Ferme Saint-Laurent Ltée, 6720, Garnier, Tél.CR.2188-89, Montréal Laiterie Arctic Ltée, 75, du Sacré-Cœur, Tél.5-7101 .Québec La Librairie Dominicaine : 5375, avenue Notre-Dame de Grâce, Tél.WA.0369 .Montréal 95, avenue Empress, Tél.2-7363 .Ottawa, Ont.Librairie (en gros seulement) : Librairie J.A.Parent, 472, St-Vallier, Tél.5630, Québec, P.Q.Libraires \u2022 Granger Frères Ltée, 56 ouest, N.-Dame, LA.2171 .Montréal MACHINERIES D\u2019IMPRIMERIE (Reparation, Soudure, Etc.) : Le Matériel d\u2019imprimerie Ltée (Demandez M.Langlais), 970, de Bullion, Tél.PL.9011, Montréal Magasins à Rayon : Bouchard, L., 750-760, St-Vallier, Tél.2-5638 .Québec, P.Q.Dupuis Frères Ltée, Tél.PL.5151 .Montréal Magasin St-Loois Enrg., 26 rue St-Louis, Tél.2-4791, Québec Moncion, Thomas, Suce.J.Pharand, 85-91, Champlain, Tél.2-5316, Hull, P.Q.Mozart Ltée, 310-312, Saint-Joseph, Tél.2-6484, Québec, P.Q.Manufacturier de Biscuits : Les Biscuits Dion Inc., 700, 2e rue, Tél.4-4191, Québec, P.Q.Manufacture de Chaussures : Samson, J.E-, Inc., 469, St-Vallier, Tél.5-8765, Québec, P.Q.Manufacturier de Monuments : Gingras, Roch, Enrg., 2139, Chemin Ste-Foy, Tél.7-3147, Qué.Manufacturiers de Portes et Chassis.Bois : Pilon, Jos.Ltée, 79, boul.du Sacré-Cœur, Tél.3-1116, Hull, P.Q.Manufacturiers de Tuyaux en Ciment : Tuyaux Vibrés Inc., 370, Dorchester, Tél.6325, Québec, P.Q.Marbre, Terrazzo, Tuile & Ciment : La Cie de Marbre & Tuile de Québec Ltée.327, Dorchester, Tél.2-6900, Québec, P.Q.Marchand de Fer, Etc.: Compagnie Chinic, 55, St-Pierre, Tél.2-8293 .Québec, P.Q.Marchand de Fruits : Vézina, Adélard & Fils Enrg., 71, St-André, Tél.2-5258, Québec Marchands de Meubles : Cantin, J.-W., 446, St-Joseph, Tél.8007 .Québec, P.Q.Marchands de Sable et Pierre Concassée : Robert & Dufour Enrg., 390, 20e rue Limoilou, Tél.2-4027, Qué.VI BONNES ADRESSES A CONSULTER Marchands-Tailleurs s Lefebvre, Ph., 63, Buade, Tél.3-1433 .Québec, P.Q.Maternité Privée : Ouellette, Mme J.T., 10, d\u2019Artigny, Tél.2-1966, Québec, P.Q.Médecins s Castonguay, Dr E.-J., 4231 est, Ste-Catherine, CH.0560, Mtl.Gratton, Dr Albert, 781, du Couvent, Tél.WE.5476, Montréal Pouliot, Dr Antoine, 69, Ste-Ursule, Tél.2-4455, Québec, P.Q.Membres Artificiels : Duckett, J.A., 3651, Park Ave, Tél.HArbour 0630, Montréal Merceries pour Hommes : Julien, Albert, 656, 3e avenue, Limoilou, Tél.4-9474, Québec Négociant en Gros D\u2019Appareils Électriques : Vandry Inc., 470, des Capucins, Tél.2-5656 .Québec, P.Q.Négociant en Gros (épiceries, famne, grains) : Bégin, Noël Inc., 94, Commerciale, Tél.Lévis, 175, Québec, 5-9686 Négociants en Gros \u2014 Jobbers : Bourget & Léveillé, 59, Commerciale, Tél.Zone 5-216 .Lévis Nettoyeur, Buanderie « Pfeiffer, P., 4, McMahon, Tél.2-2021 .Québec, P.Q.Notaires : Baillargeon & Baillargeon, 38, des Jardins, Tél.2-1390, Québec Labrèche et Labrèche, 10 ouest, St-Jacques, MA.3373, Montréal Nouveautés, Merceries, Tapis, Prélarts : Alepin, J.et Frère Ltée, 4295 ouest, Notre-Dame, Tél.WE.1108 ; 4719, Wellington, Tél.YO.1144, Montréal Opération Forestière \u2014 Bois \u2014 Pulpe s Lagueux, E.& Fils Ltée, 35, Côte du Palais, Tél.5-9739, Qué.Opticiens D\u2019Ordonnances : Derouin, O.L., 37, Metcalfe, Tél.2-4976 .Ottawa, Ont.Optométristes et Opticiens j Beaulieu, Remy, 94, de la Couronne, Tél.2-3592, Québec, P.Q.Papier Asphalt \u2014 Matériaux de Construction : Bishop Asphalt Papers Ltd., 201, du Pont, Tél.2-3581-2-6193, Québec, P.Q.PÂTISSERIE - PAIN : Jos.Vaillancourt Inc., 356-358, St-Joseph, Tél.2-2085, Québec Vachon, J.A.& Fils Ltée, .Ste-Marie de Beauce, P.Q.Pharmaciens : Pharmacie P.-H.Soucy, 85, Cartier, Tél.2-1235, Québec, P.Q.Pharmacie Canadienne, 1661 ouest, N.-Dame, Tél.WI.1771, Mtl.Pharmacie Roy Enrg., 121, Royale, Tél.2-3736, Giffard, P.Q.Pharmaciens en Gros : Ontario Medical Supply, 139, Queen, Tél.2-5309, Ottawa, Ont.Gérant : J.-André Gaulin, Dist.pour Casgrain & Charbonneau Placage-IndtrSTRiEL- Chrome : Garand & Thibault Enrg., 7, d\u2019Argenson .Québec, P.Q.Plombiers : Asselin, J.A., 37, Hermine .Québec, P.Q.Bédard, Roger, 25-27, Côte dAbraham, Tél.4-3263, Québec, P.Q.Chiquette, Rosario, 23, Lavigueur, Tél.4-3782, Québec.P.Q.Pneus : Michaud Tire Service Ltée, 207, de la Couronne, Tél.3-3901, Québec, P.Q.Produits de Salon de Beauté : Lemieux Beauty Products, 16, rue de l\u2019Eglise, Tél.3-6320, Qué.M.A.Lemieux, résidence, Tél.2-3073, Québec, P.Q.Provisions en Gros : Turgeon, Jos., 189, Commerciale .Lévis, P.Q.Provisions Générales pour Bateaux » Quebec Ship Riggers & Sail Makers Reg\u2019d., 17, Sault-au-Matelot, Tél.3-6717, Québec, P.Q.Provisions, Poisson, Fruits, Etc.: Dominion Fish & Fruits Ltd., 45, St-Paul, Tél.2-7036, Québec PROFESSEUR DE Musique (Guitare, Mandoline, Violon) : Gagnon, T.W., 208, N.-D.des Anges, Tél.2-3700, Québec, P.Q.Quincaillerie Générale : Cantin & Fils Ltée, 555, St-Vallier, Tél.5-7123, Québec, P.Q.Gravel, Ludger & Fils Ltée, 7905, boul.St-Laurent, Tél.VE.2581, Montréal Grégoire, J.-R., 3605 est, Ontario, Tél.FA.1167-8 .Montréal Quincaillerie en Gros et Détail : Lemieux, Jos.-E Enrg.Québec, P.Q.O\u2019Neil & Richard Ltée, 134, du Pont, Tél.2-1594, Québec, P.Q.Quincaillerie et Ferronnerie : Terreau Racine Ltée, 196-220, St-Paul, Tél.2-2711 .Québec Radio Technicien \u2014 Haut-Parleurs : Gagnon, Jean-Paul, 960, 1ère avenue, Tél.2-1735, Québec, P.Q.Réfrigérateurs s Brindamour, W., 415, 1ère avenue, Tél.3-2449, Québec, P.Q.Rembourrage et Fabrication de Meubles : St-Hilaire, Alfred, 382, St-Vallier, Tél.3-4446 .Québec, P.Q.Restaurants s Boulevard Restaurant, 3830, Décarie, Tél.DE.0097 .Montréal Service Aérien : Les Ailes du Nord Ltée, Tél.30s.3-7-47, Sept-Iles, .P.Q.Tél.7-4362 .Québec, P.Q.Soudure, Débossage, Peinture.Etc.: Beaulieu, L.P., 15, boul.Roosevelt-Churchill, Tél.4-4924, Qué.Soupe : Habitant Soup, 8455, St-Dominique, Tél.DU.1115, Montréal-14 Sous-Vêtements pour Hommes : Vatel Enrg., 611, 16e rue, Limoilou, Tél.3-7721, Québec, P.Q.Stores Vénitiens : Méthot, Raoul, 213, 5e rue, Tél.2-6174 .Québec.P.Q.Syndic Licencié : LaRochelle, Victor, 111, Côte de la Montagne, Tél.3-7258, Qué.Tannerie : Tannerie Daigle Ltée, 7, Lee, Tél.5-7523 .Québec, P.Q.Taxis : Taxis Maguire Enrg., 1463, Maguire, Tél.3-1474, Sillery, Qué.Terra-Cotta : Montreal Terra-Cotta Ltd., 1010 ouest, Ste-Catherine, MA.6912, Montréal Transports s La Traverse de Lévis Ltée, 71, St-Pierre, Tél.4-8938, Québec Transport R.Dumas Enrg., 250, Ste-Hélène, Tél.3-3824, Qué.Valeurs de Placement : Dubé, Oscar & Cie Inc., 105, Côte de la Montagne, Tél.2-4061, Québec, P.Q.Valises et Bois de Construction : Ruel, Edouard Ltée, 416, St-Joseph, Tél.286W, Lauzon, P.Q.Viandes en Gros : Marché de Québec Enrg., 342, 1ère rue, Tél.2-2016, Québec, P.Q.VINAIGRE : La Cie de Vinaigre Lion Ltée, 74, Renaud, Tél.3-0406, Québec Vitres et Peinture : Franklin Glass & Paint Co., 305, St-François, Tél.2-4982, Qué.VII Sommaire Septembre 19 52 Alain Verval : Existentialiste >\u2014 Surhomme Deux idéologies modernes qu\u2019un poète sonde et réduit à néant.Gérald Fortin : La notion de Dieu chez les chrétiens, les hindous, les musulmans Y a-t-il opposition ou accord sur l\u2019idée de Dieu chez ces importantes peuplades qui ne partagent pas notre Foi ?Aimée Leduc : La réponse d\u2019un artiste Elle est là, gravée dans la pierre des premières stations du Chemin de croix de l\u2019Oratoire du Mont-Royal.Bernard Mailhiot, O.P.: La psychologie des minorités Etude de fond sur les tendances, les faiblesses, les forces qui caractérisent ces groupements ethniques qu\u2019on trouve dans presque tous les pays.Jean Blain : Péguy en regard de sa « Jeanne d Arc » D\u2019où viennent ces diverses métamorphoses que subit une sainte sous la plume de l\u2019écrivain *?Louis-Marcel Raymond : Souvenir d\u2019André Gide Cet article composé avant la condamnation des œuvres de Gide apparaît comme une justification de la prudence de l\u2019Eglise.Le sens des faits Jacques Racette : «Le jardin» (poème).Viator : « Sorel ».B.Lacroix, O.P.: « Rosaire Dion-Lévesque, poète des Jouets ».H.Lelong, O.P.: « Fécondité du désert ».Jean Keim : «Une exposition Léon Bloy ».La Rédaction : « Evénements et informations ».L esprit des livres Jean Bousquet, O.P.: «Le diable apparaît à Saint-Tristan» (E.G.).En collaboration : «Mélanges en mémoire de G.Panneton» (M.L.).A.Meyer : « Notre bonne souffrance ».En collaboration : «La Communion solennelle \u2014 Noël» (A.L.).St.Prosper of Aquitaine : «The Call of all Nations» (B.L.).A.Vincent : « Le Livre des Juges \u2014 Le Livre de Ruth ».A.George : « Michée \u2014 Sophronie \u2014 Nahum ».E.Osty : « Amos \u2014 Osée» (A.L.).Sainte Gertrude : « Révélations ».C.-J.Gignoux : «L\u2019industrie française» (A.L.).Jean d\u2019Avignon : «Sous le voile des sacrements».René Girard : «Œuvres et disques de Beethoven» (E.G.).Gertrude Mathieu : «Messages aux malades» (E.G.).Dom Schmitt : «La prière de l\u2019Eglise pour les malades» (E.G.).Jean Cayrol : «Les mille et une nuits du chrétien» (E.G.). REVUE DOMINICAINE Directeur : R.P.ANTONIN LAMARCHE, O.P.3500, Av.Laval, Montréal-18, P.Q.Vol.LVIII\tTome II\tSeptembre 1952 Existentialiste La loi du devenir définit sa présence Sans savoir où il va, où il fut, où il est Il forme sa personne en étant ce qu il fait, Et l acté du moment engendre sa substance.La liberté ?Il l a, il la sent, il en use.Point de règles à suivre ou de norme à tenter, Pour être libre en fait, il suffit cl exister ; Il se punit tout seul parfois s\u2019il en abuse.Et encor, se punir ce n\u2019est qu\u2019une expérience : Car le bien et le mal, le plaisir, la douleur Ne sont que des moyens pour faire son bonheur.Chacun peut se créer un arbre de la science; Mais il n a rien en main, car tout passe en étant : L existence consiste à vivre le néant.65 Surhomme Insensible au réel, il cherche l illusion L apparence du beau, des sentiments sincères.Il méprise la norme et ses savants critères Qui rendent la personne objet d admiration.Il ne croit cju en ce monde, où le bien et le mal S entrelacent sans cesse en une folle étreinte.Comme son choix est libre, il agit sans contrainte C est lui et non Satan qui doit mener le b al.La force est sa raison, nulle loi ne le tient : Faisant tout à loisir, il décide à sa guise ; La règle est son instinct que la passion aiguise.Plus fort que les puissants, il n a crainte de rien Il se rit du destin, puisqu il le crée en somme, Et se croyant divin, il domine en surhomme.Alain Verval La notion de Dieu chez les chrétiens, les hindous, les musulmans La façon d envisager Dieu et ses relations avec l\u2019homme est un des points essentiels, sinon le principal de toute religion.C est, en effet, de ces notions que découlent à la fois culte et morale.C\u2019est pourquoi, à une époque où I effort missionnaire doit s intensifier pour compenser la marche du communisme, il peut être intéressant et utile de rechercher ces notions primordiales dans I islamisme et les religions d Asie, afin de mieux comprendre la tâche des envoyés du Christ.Le problème étant très vaste et en même temps très confus, if nous semble important de préciser d abord le plus nettement possible, la notion catholique de Dieu.Il nous sera ensuite plus facile d établir les liens et les oppositions des religions hindoues et musulmane avec la nôtre.Nous nous permettrons aussi de suggérer des solutions aux problèmes d évangélisation que posent ces religions, tout en ne nous illusionnant pas sur la valeur de ces solutions.* * * Avant d entrer en plein dans la notion catholique de Dieu, il faut remarquer que notre religion nous oblige d accepter pratiquement les contraires.Cette obligation de tenir compte sans cesse de réalités qui semblent contradictoires, les marxistes croient l\u2019avoir inventée.Saint-Exupéry d ailleurs, y revient constamment dans Citadelle : « A cause d une fausse algèbre, nous dit-il, ces imbéciles ont cru qu il existait des contraires.Alors que le réseau de relations dans la vie est tel que, si tu anéantis I un de tes deux contraires, tu meurs ».Cette obligation, elle existe dans le catholicisme à tous les pas que I on veut poser : obligation par exemple de concilier prédestination et liberté, communauté et personne, charité et ascétisme, transcendance et immanence de 1 Eglise, action et contemplation, liberté et obéissance.Et comme le souligne Saint-Exupéry, prendre position pour l une de ces propositions sans tenir Revue Dominicaine compte de son pendant, nous met tout de suite dans I erreur, quelque bon que soit notre motif.C est dans ce même dilemme que nous sommes lorsqu il s agit de la notion de Dieu.Pour nous Dieu est à la fois transcendant et immanent.Transcendance d\u2019un Dieu personnel, complet en Lui-même ; immanence d un Dieu créateur et rédempteur.Pour cette étude de Dieu, nous nous servirons surtout de la Bible et des Pères.Excusez donc les nombreuses citations.Mais nous croyons que c\u2019est là le moyen le plus sûr.Ouvrant donc nos livres saints, nous trouvons d abord le Dieu transcendant, le Très-Haut.Dieu, c est celui qui est, comme il se définit lui-même.C\u2019est lui qui dit à Moïse : « Tu ne pourras voir ma Pace, car 1 bomme ne peut me voir et vivre ».De son côté, saint Augustin disait : « Dieu n\u2019est rien de ce que tu imagines, rien de ce que tu crois comprendre ».Et il ajoute : « Si tu comprends, ce n\u2019est pas cela ».Tout ce qu on peut comprendre, c est qu il est et que devant Lui, ni I bomme ni aucune créature n\u2019est rien.Dieu c est le Saint, c est le souverain.« C est moi Dieu et il n y en a point d autre ».Tout le monde sait les tribulations du peuple juif dont un des premiers buts était de montrer cette souveraineté de Dieu.Il suffit pour le prouver d ouvrir n\u2019importe lequel des Prophètes.« Ainsi parle Yaweb.Et ils sauront que je suis Yaweb ».Partout on trouve 1 affirmation d une souveraineté qui n\u2019admet aucun partage.Mais cette suprématie de Dieu, à qui on doit obéir et qu\u2019on doit craindre, n est pas le propre de 1 Ancien Testament, comme on est parfois porté à le croire.On la retrouve aussi dans le Nouveau Testament, et les Pères.« Personne ne connaît le Père, si ce n est le Fils.Ne vous appelez pas Rabbi, car vous n avez qu\u2019un seul Maître ».Tous les Mystiques affirment le néant des créatures devant Dieu (voir saint Jean de la Croix, saint Bernard, saint Augustin).Et voici ce que le concile du Vatican affirme : « La sainte Eglise catholique, apostolique, romaine, croit et professe qu il y a un seul Dieu, vrai et vivant.tout puissant, 68 La notion de Dieu chez les chrétiens, les hindous.éternel, immense, incompréhensible, infini en intelligence, en volonté et en perfection, qui étant une substance spirituelle unique par nature, absolument simple et immuable doit être déclaré distinct du monde en réalité et par son essence, bienheureux en lui-même et par lui-même et élevé au-dessus de tout ce qui est et peut se concevoir en dehors de lui ».La transcendance de Dieu nous écrase et les deux seules réactions de I homme devant elle sont 1 adoration et I humilité.Le dictionnaire des religions définit I adoration en le fait de confesser notre complète dépendance par rapport à celui qui Est Seul.C\u2019est I anéantissement de 1 homme devant Dieu.Mais tandis que I adoration peut rester simplement intellectuelle, I humilité saisit toute la vie et la pénètre complètement de cette dépendance de Dieu.L humilité c est 1 adoration logique avec elle-même.Et aucune vie spirituelle le moindrement solide ne peut se passer de cette humilité.Dieu I immanent nous est plus familier.C est le même Dieu transcendant, complet en lui-même, qui par pur amour a voulu d abord nous faire exister et nous conserver, puis nous racheter et nous révéler l infini de son Amour.C est ce qui faisait dire à saint Jean que Dieu est Amour, et c est ce qui ravissait saint Bernard et le laissait encore plus anéanti que la transcendance même : «O miséricorde vraiment gratuite, amour parfaitement désintéressé, bonté tout à fait surprenante, douceur inconcevable, mansuétude invincible, commerce indigne et tout à fait disproportionné où le Fils de Dieu est livré pour son serviteur ».Ce Dieu de 1 amour c est en même temps notre Père, notre frère, notre consolateur, notre amant, I époux de notre âme.Amour aussi pour tous, pécheurs et bons, sans distinction.Amour pour les Juifs : « Quand Israël était un jeune garçon je I aimais, et en Egypte je I appelais mon fils » (Osée, II, 1 ).Amour aussi pour les gentils : « Et moi je ne m\u2019affligerais pas au sujet de Ninive la grande ville dans laquelle il y a plus de 120 000 hommes qui ne distinguent pas leur droite de leur gauche » (Jonas).Et dans le Nouveau Testament c est partout qu on retrouve 69 Revue Dominicaine cet amour qui s adresse à tous.Il nous a aimés le premier et tout ce que nous pouvons faire, c est d essayer de 1 aimer le plus possible.C est le commandement de Dieu : amour de Dieu pour lui seul sans rien attendre en retour.Et comme aimer veut dire devenir semblable, 1 amour de Dieu implique nécessairement amour des hommes, parce que Lui, Il a aimé les bommes.En résumé, on peut dire, notre Dieu c est le Dieu transcendant, immuable, qui par amour s est fait Dieu immanent, présent au monde.Ces deux notions ne peuvent se séparer ; transcendance qui permet I immanence et qui chez nous produit adoration et surtout humilité ; immanence qui suppose transcendance sous peine de tomber dans le panthéisme, et qui chez nous, demande la charité.* * * Au sujet des Indes, nous parlerons d abord de I hindouisme primitif antérieur au Bouddhisme, puis du Bouddhisme lui-même.Pour T hindouisme, il faudra voir la religion du peuple, et celle des chantres, auteurs des livres sacrés, et des familles de moines qu ils groupèrent autour d eux.Chez le peuple, la question n est pas compliquée du tout : la notion d un Dieu unique n existe pas.Chez eux, on ne trouve que le polythéisme.Le peuple hindou étant très près de la nature, les divinités qu\u2019il vénère sont toutes des divinisations de la nature.Elles se divisent en trois groupes: les divinités célestes dont les plus vénérées sont 1 aurore, le soleil, la lumière, 1 aube et la voûte céleste ; les divinités atmosphériques dont le gros manitou est le dieu India, maître de la foudre et des tempêtes ; viennent ensuite la pluie, le vent, etc.; les divinités terrestres : Agni le feu et Soma, une sorte d alcool (C est là un problème pour les futurs Lacordaire hindous).Parmi ces divinités, il n y en a même pas une qui ait une prépondérance marquée, comme Zeus ou Jupiter chez les Grecs et les Romains.Chacune à leur tour ces divinités deviennent le président de I assemblée divine.Cela dépend de 1 inspiration du moment et des individus.70 La notion de Dieu chez les ceirétiens, les hindous.De plus, ces divinités ne sont pas adorées mais conjurées par les sacrifices et la magie.II y a plus de mille hymnes sacrées, qui ne sont que des recettes.C est la loi du « donnant, donnant ».Je te donne un sacrifice, donne-moi telle faveur.C est pourquoi cette religion arrive souvent au fétichisme.Le problème des poètes sacrés et des moines est beaucoup plus complexe.Ce qui caractérise leur recherche de Dieu, c est I aspect philosophique de Dieu qui se détache ainsi de la religion officielle et pour ainsi dire se laïcise, et aussi I obligation de rester plus ou moins dans I ancien canal des croyances anciennes (cette obligation venant du fait que les poètes avaient à diriger la pensée religieuse pour vivre).Cette contradiction eut pour effet d empêcher une recherche vraiment poussée.Les premiers à sortir du polythéisme affirmèrent I existence d un Etre unique et seul sachant comment s étaient formés le monde et les dieux et peut-être aussi 1 ayant fait.Le résultat fut des tours de magie plus formidables pour conjurer ce Dieu terrible.Mais cette affirmation fut de courte durée : et laissant de côté le Dieu créateur entrevu, on passa plutôt à un Dieu émanateur, qui n a d existence que dans 1 univers qu il a tiré de lui.C était le panthéisme.Tout d abord, on chercha ce D ieu en dehors de I homme, un Dieu totalement immanent et pourtant transcendant.On avait alors un Dieu pan-tïiéistique et pourtant différent du monde et de 1 homme.Mais bientôt sous I effet grandissant de I introspection, ce fut au dedans de I homme qu on chercha Dieu.La première affirmation est que 1 univers est contenu physiquement et psychiquement dans I homme.Oter le « moi conscient » de I univers, c est détruire 1 univers.Et petit à petit, I homme prend la place des dieux et de Dieu.Découvrir Dieu en nous, c est devenir nous-mêmes Dieu.Ainsi, chacun devient Dieu avec un grand D.I outefois, cette conception n est pas individualiste ou refermée sur 1 individu, car 1 individu se considère comme étant lui-même le d out, I univers.Dieu ou I Etre, le moi et I univers sont une seule et même chose qu on désigne sous le nom d Atman.71 Revue Dominicaine Le bouddhisme ne devait rien apporter de nouveau au sujet de Dieu.On continue à chercher le divin en soi-même, dans le moi, qui subsiste par lui-même, qui n a ni commencement ni fin, qui est éternel devenir.Mais cette recherche de Dieu est plutôt le fait de ceux qui veulent bien le faire.Car dans le bouddhisme lui-même, jamais il n est question de Dieu ou des dieux.L homme s\u2019attache simplement à supprimer la souffrance par lui-même, par ses propres forces, avec le résultat que plusieurs moines bouddhistes actuels en arrivent à la négation même du moi.Le Bouddhisme semble s achever en la négation de tout, et de I homme, et de 1 univers, et de Dieu.Voici un témoignage tiré d\u2019une nouvelle, écrite par un Jésuite missionnaire en Orient : « Or plus j étudiais la doctrine de Bouddha, plus je voyais clairement que Bouddha n\u2019enseigna jamais 1 idée d\u2019un Etre Suprême.Sa doctrine est de I athéisme pur.Sa philosophie est un pessimisme avancé ».« Tout passe, tout est misère, tout est néant, récitais-je sans cesse, mon chapelet bouddhiste à la main.La vie ne vaut pas la peine d être vécue, elle doit être méprisée.Je voulais bien mépriser la vie, mais pour une plus haute.Mais qui me la fournirait ?Bouddha ne I indiquait pas ».Le bouddhisme libère donc 1 homme en le projetant dans le néant.Quelle est la situation actuelle aux Indes ?Voici selon nous.Les castes inférieures sont encore dans le polythéisme ou hindouisme.Voici les chiffres que nous avons pu recueillir : 207 millions d Hindouistes et 12 millions adonnés au fétichisme.Pour les convertir, il faut leur montrer un Dieu unique et plein d amour, contredisant ainsi des traditions plus que millénaires.Chez les castes supérieures et les moines tous les systèmes que nous avons mentionnés existent encore, car rien n est supprimé aux Indes ; et il est probable qu il en existe encore bien d autres.Chez ceux qui sont venus en contact avec notre méthode de pensée, le courant semble être pour un dieu panthéistique et pourtant transcendant.Tel est Tagore qui dit : « Nous concevons Dieu d une manière 72 La notion de Dieu chez les chrétiens, les hindous.différente des chrétiens.Dieu pour nous est en même temps immanent et transcendant ».A première vue, l\u2019affirmation de Fagore semble fa même que celle des chrétiens, quoi qu\u2019il en dise, car nous avons vu que pour nous aussi Dieu est à la fois immanent et transcendant.Nous croyons cependant que pour lui immanent veut dire panthéistique.Et de plus les Hindous voient d'abord l\u2019immanence de Dieu qui n\u2019est pas conséquence de I amour divin comme nous, mais qui est obligation chez Dieu.S ils admettent la transcendance, c\u2019est jamais rien affirmer de 1 essence de cette transcendance et en considérant la question comme plus ou moins nécessaire.Chez les « vrai de vrai », chez ceux qui sont totalement imprégnés de la méthode de pensée hindoue, Dieu c\u2019est le moi égalant I univers ou ce n\u2019est rien du tout.Pour tous ces intellectuels hindous, il ne saurait y avoir de méthode universelle pour les amener au Christ.Je crois que ce sera un travail d individu à individu, d autant plus facile que les apôtres seront eux-mêmes hindous.* * * Né à une époque où chaque tribu avait son dieu propre, Mahomet se contenta d\u2019abord de ce polythéisme.Mais, ses rencontres avec les ascètes du désert très nombreux à son époque, le détournèrent bientôt des 560 idoles de la hasba.Ces ascètes, en effet, consacraient leur vie à la recherche d un seul Dieu, maître de I univers, et c est sous leur influence qu il décida de rétablir I antique Dieu des Arabes : Allah le grand.Cet Allah était le Dieu d\u2019Abraham que les Arabes considèrent comme leur père commun.C\u2019est ce qui explique que Mahomet puisa largement dans la Bible pour construire sa religion nouvelle.D ailleurs lui-même affirme que I islamisme est 1 achèvement du judaïsme et du christianisme.Posé en opposition aux idoles de la kasba, le Dieu musulman est avant tout un Dieu transcendant : il n\u2019est même qu\u2019uniquement transcendant.Dieu est un, éternellement pur, il n a pas été engendré, ni procréé ; c\u2019est I insaisissable, I inconnaissable, 1 indescriptible.Dieu et I homme 73 Revue Dominicaine sont séparés par un abîme infranchissable et il ne faut pas laisser les hommes essayer d atteindre Dieu.Les attributs de Dieu sont au nombre de 99 et tous témoignent sa transcendance.Il est puissance, volonté, majesté, durée, science, justice, il est un, suprême, souverain, créateur, transcendant, sage, omniscient et voyant tout, auteur de la vie et de la mort, maître universel.Ce Dieu unique demande I adoration et la foi ; et la prière musulmane est à la fois credo et adoration.A chaque instant le musulman affirme sa dépendance de Dieu et nous avons vu que c est là adorer.Mais ce Dieu transcendant, n étant pas contrebalancé (si on peut dire) par un Dieu d amour, au lieu d interpoler I adoration en I humilité, la complète par le fatalisme.Pour Mahomet, Dieu est un despote oriental qui distribue arbitrairement châtiments et récompenses ; il conduit ou égare qui il veut.Et ainsi la prédestination est aussi fortement énoncée que I inaccessibilité divine.Le fidèle n a rien à espérer, il doit se résoudre à son destin écrit au livre d Allah quelques millions d années avant la création.Le musulman restera donc dans 1 éternité le serviteur, l\u2019esclave plutôt, de la transcendance divine.C est d ailleurs la comparaison entre 1 amour chez Dieu et chez Allah qui nous fait le mieux saisir les différences entre le christianisme et 1 islam.Chez Dieu, les actes découlent de I Amour ; c est par 1 Amour, avec I Amour, en I Amour que Dieu agit.Chez Allah, au contraire, l amour est conséquent de 1 infinie compréhension de ses actes.Allah étant capable de tous les actes est donc aussi capable d amour.L amour d Allah est une prérogative de sa toute-puissance.D un autre côté, Dieu aime toutes les créatures sans exception, d un amour total qui meut tout son être ; en anglais on dirait : God loves Man.L amour d Allah est tout autre : c est un amour de préférence et de surface.En anglais on dirait : Allah likes man.Et encore Allah n aime pas tous les justes car rien ne le force à aimer les justes.De plus, c est 1 amour de Dieu qui force pour ainsi dire I homme à 1 aimer.Devant tous les mystères d amour de Dieu on ne peut que 74 La notion de Dieu chez les chrétiens, les hindous.I aimer et ainsi, c est Dieu qui fait les premiers pas.Pour obtenir I amour d Allah, il faut au contraire I aimer en premier.C est I amour de l\u2019homme qui déterminera le degré d amour d Allah.D ailleurs pour 1 homme, le principal moyen d aimer Allah, c est de croire en lui et d appartenir fidèlement à I islamisme.Il reste tout de même certains attributs d Allah dont je n ai pas encore parlé et qui pourraient faire croire à un certain paternalisme.Ces attributs sont la clémence et la miséricorde qu on retrouve à chaque page du Co ran.En effet, toutes les sourates commencent par ce vers : « Au nom d Allah clément et miséricordieux ».Mais justement il semble qu on a là simplement une formule rituelle et consacrée et qui est le plus souvent démentie par la suite du texte.C est un peu comme nos discours qui commencent par ces mots : « Au nom de la démocratie ».D ailleurs, la pitié et la compassion d Allah sont sous le même régime que son amour, elles ne sont que les prérogatives de sa toute-puissance.Et plusieurs croient que le mot qu on traduit par clémence, devrait plutôt se traduire par calme, difficulté de se mettre en colère, et même indifférence.Et si 1 on implore la miséricorde d Allah, jamais on ne demande son aide, encore moins des grâces particulières comme nous le faisons si souvent.Quel est le message que nous avons à apporter à I islam ?Il me semble déjà indiqué par tout ce que nous venons de voir.C est l\u2019amour qu il faut ajouter à Allah pour qu il puisse s identifier à Dieu.Amour qui explique la création, et en particulier celle d un homme libre ; amour surtout qui permet I Incarnation qui sans lui répugne totalement à la transcendance.Gérald Fortin, E.S.S.75 La réponse d un artiste (Louis Parent, sculpteur) A thing of beauty is a joy for ever En 1942, la direction de 1 Oratoire Saint-Josepli du Mont-Royal confiait à Louis Parent, jeune sculpteur canadien de trente trois ans, I exécution des personnages d\u2019un chemin de croix qui dépassera autant par ses dimensions que par I originalité de son site tout ce qui s est vu à date dans ce domaine.Fait à noter, c\u2019est une des premières et trop rares occasions où I on confie à un artiste canadien-français une œuvre d une telle envergure : il s\u2019agit en effet des plans, du modelage, du ciselage et de la sculpture d une quarantaine de statues dont chacune mesurera en moyenne neuf pieds de hauteur.Des statues qui ont pour but de faire prier les foules qui passeront là par milliers.Louis Parent est J homme à mesurer les exigences et les risques d un tel projet.En acceptant de sculpter le chemin de croix de I Oratoire, il accepte que son art soit religieux.Essentiellement religieux.Sans déguisement, sans compromis avec le profane.Le chemin de croix du Mont-Royal est à 1 avance dédié au peuple qui viendra méditer sur un thème religieux, celui de la Passion du Christ, et qui demandera, avec raison, à se recueillir devant des images qui lui diront sans biais la sainteté du motif.Perspective redoutable pour un artiste, car elle engage non seulement son talent mais toute sa vie intérieure.Toute sa foi.Projet auquel, malgré les risques et les difficultés, nous croyons que Louis Parent a répondu d une façon magnifique.Grâce à la générosité du personnel cïe I Oratoire, Louis Parent a pu travailler dans des conditions matérielles idéales.A la manière des sculpteurs du moyen âge, il a vécu sur les lieux mêmes de sa création.Les Pères de la Congrégation de Sainte-Croix lui ont aménagé un atelier dans un site splendide.Une fenêtre large et vaste dans un pan de mur, qu elle découpe presque en entier, lui montre chaque jour, chaque minute même, le lieu où seront ses statues.L atelier est à sa disposition pour le temps que durera le travail.On imagine la joie et la sécurité de I artiste 76 La réponse d\u2019un artiste placé dans de telles conditions de création.Pendant des mois et des mois, Louis Parent, nourri de solitude et de beauté, méditera des idées de pierre et les incarnera les unes après les autres.Dans cet atelier magnifiquement aménagé sur le flanc de la montagne, I artiste doit triompher de servitudes inévitables.Sa réponse s inscrit dans un contexte dont il faut tenir compte si l\u2019on veut apprécier I œuvre à sa juste valeur.II faut savoir que Louis Parent est I bomme pour comprendre et mettre à profit les privilèges qui lui sont accordés.Qu il est aussi I artiste qui se sert des difficultés comme d\u2019un tremplin pour réaliser une œuvre plus belle.Une visite au studio nous permet de voir le sculpteur à F œuvre.Tantôt il modèle un personnage dans la glaise, tantôt il le cisèle sur plâtre.Tout est calme.L\u2019artiste travaille dans le recueillement.On serait porté à croire qu\u2019il jouit de la liberté la plus absolue.II faut lever le voile.Une œuvre semblable ne se fait pas sans difficultés.La contrainte est ici-bas condition de I art.Le fait que ce cbemin de croix doive être placé sur la pente lente et quelque peu étroite d\u2019une des collines qui avoisinent la basilique et qu il doive être la chose des pèlerins conduit Louis Parent à faire face à deux genres de difficultés : les unes, techniques, les autres, disons le mot, diplomatiques.Un artiste doit vaincre non seulement la dureté du matériau qu\u2019il informe mais aussi la dureté des esprits.Celle des habitudes, du conformisme, de l\u2019étroitesse.Sur le plan technique, l\u2019artiste doit tout d\u2019abord penser au climat de son pays : au froid, à l\u2019humidité, à la glace, à la pluie, à la neige, au vent, à la chaleur, à tout ce qui taquinera une pierre sans cesse exposée au jeu capricieux des saisons.De plus, il faut songer à la masse des statues ; chaque station pèse de dix à quinze tonnes.Et comme il y a toujours la possibilité du vandalisme, il faut prévenir les indélicatesses.Le sculpteur répond à ces exigences très accidentelles mais nécessitantes en créant des personnages aux gestes recueillis et serrés sur eux-mêmes.En élargissant les proportions des mains et des pieds qui sont les membres les plus exposés à la détérioration.!^i certaines statues colonnes de la 77 Revue Dominicaine cathédrale de Chartres avaient le volume que Parent a donné à la Vierge de la douzième station par la simple disposition de son voile, elles ne seraient probablement pas aussi mutilées aujourd hui.Pour chaque statue Louis Parent prévoit les coups majeurs qui gâtent tout.Sur le plan diplomatique, c est plus délicat.Le chemin de croix du Mont-Royal est I a chose du peuple.II faut donc tenir compte des gens et de ceux qui les représentent.Le public a des goûts.On les connaît.Ces goûts deviennent trop souvent des droits, des caprices auxquels il ne convient pas de céder.Pourtant un artiste ne doit pas s isoler de ceux qu il sert.C est pourquoi un comité composé de Mgr Olivier Maurault.Maurice Gagnon, J.-M.Gauvreau et de quelques Pères de la Con grégation de Sainte-Croix est chargé de porter un jugement artistique et liturgique sur chaque statue.Cinq ou six fois par année, il vient étudier I œuvre du sculpteur.Son jugement est enthousiaste \\ Dès 1942, ce jury composé de membres compétents suivait I évolution de I œuvre avec beaucoup d intérêt et de sympathie.Depuis trois ans, on ne I a pas invité à compléter son travail de critique pourtant si intelligente et si pertinente.Le sculpteur doit maintenant faire face à des administrateurs qui ne semblent pas toujours à la hauteur de la situation, et il est parfois forcé de céder devant leurs exigences.II doit donner une figure moins austère au Christ condamné à mort.II se voit dans 1 obligation de lui lier les mains.II lui faut placer la croix de façon très réaliste par rapport au Christ qui tombe sous le poids de son fardeau, etc.Le sens du symbole qui n échappe pas au peuple sain n est pas toujours admis par ceux qui le représentent.A regret, Louis Parent consent à ces modifications.Ce qui importe, c est que I essentiel soit sauvegardé.Au moins, le Christ n a pas de couronne d épines.II n est pas entouré d une foule de Romains.Pilate ne I accompagne pas.Chaque station conserve un caractère de sobriété qui est nécessaire à sa beauté.Dans I ensemble, la réponse de I artiste est comprise et respectée.Malgré toutes les difficultés, Louis Parent a trouvé moyen, sans trahir les règles traditionnelles de 1 art, d offrir une œuvre d une richesse 78 La réponse d\u2019un artiste intérieure indiscutable.II a réussi à traduire dans la pierre la noblesse de son inspiration.Tout cela met en relief une forte personnalité, une grande sensibilité et, par-dessus tout, une véritable honnêteté, dont Mestrovic, lors de son passage à I Oratoire, a rendu témoignage au sculpteur.Le chemin de croix du Mont-Royal est une œuvre de pensée.Louis Parent a sur le travail artistique et sur l\u2019art religieux des idées arrêtées, originales et créatrices.Chaque station, pour faire prier, doit avoir un pouvoir de suggestion.A l\u2019avance, le sculpteur la conçoit selon les exigences du matériau et la dispose en conformité avec la richesse des lieux.Louis Parent médite pendant des années la Passion du Christ.II se pénètre du Chemin de croix de Paul Claudel.II vit avec I Eglise.Son œuvre n est autre que I expression de sa foi et de son amour.Elle se traduit par des lignes dépouillées, des figures réfléchies, des attitudes sobres et dignes qui rappellent les saints et les prophètes du portail sud de Notre-Dame de Chartres.En alphabet de pierre, 1 artiste veut expliquer les faits : par des images simples et riches en contenu interne.Silence, recueillement, soumission, abandon, souffrance, tous ces thèmes du premier chemin de croix, celui du Christ lui-même, doivent être rappelés à I œil.Puis par 1 œil à 1 esprit.A quoi bon plaire au public vaniteux et superficiel, au visiteur de passage, au touriste qui veut tout regarder et qui ne voit rien ?Ce qui importe, c est la foule recueillie à qui il faut montrer le geste, I attitude qui résume tout, à qui il faut en outre laisser la joie de découvrir, chaque fois, un peu plus, le mystère du Christ souffrant.D es foules et des foules viendront en ces lieux.1 el était le vœu du Frère André qui a dit qu il se ferait là plus de conversions qu à I intérieur de I Oratoire.L artiste Parent a tenu compte de ces foules, à un point tel qu il les utilise dans la conception de son chemin de croix.Car il ne s y trouve aucun personnage secondaire : ni soldats, ni troupes, ni pleureuses.Le Christ y est presque toujours seul.A la première station, II est debout, sur la pi ace publique, face au peuple qui va le condamner, au peuple Revue Dominicaine qui suivra la voie montante, entourera la croix et Le conduira jusqu au Calvaire.Ainsi, le pèlerin pourra accompagner Celui qui, sans trace visible d abattement, accomplit l\u2019œuvre de Rédemption avec un abandon et un amour infini.Sur le parcours cle la voie douloureuse, il sera ému à cause de certaines physionomies et de certaines attitudes qui font 1 originalité de 1 art de Parent.II reconnaîtra ces personnages aux visages de cbez nous, à leur physique, à leur taille osseuse, à leur attitude modeste, à leurs gestes réservés, à leur figure tantôt apaisée, tantôt rude.Le Christ condamné à mort a tout le physique d\u2019un ouvrier charpentier comme il nous apparaît quand il reprend les tramways, le soir, après une journée de travail.La Vierge de la douzième station est debout ; c est une mère canadienne telle que T artiste l a surprise, mains à la taille, figure résignée, et intérieurement suppliante, quand on vint lui annoncer la mort de son fils.On nous montre habituellement une Marie-Madeleine, tout en gestes et sans autre expression que celle de ses larmes.Celle de Louis Parent, audacieuse comme son amour, est accroupie aux pieds du maître ; on ne lui voit même pas le visage qu elle a tourné vers la croix, en le posant humblement sur ses genoux.On pense à certaines fresques décoratives du plafond de la Chapelle Sixtine.Il y aurait à noter aussi les chutes progressives, hiérarchisées : depuis la première, où le Christ accepte la croix qui est sous lui, jusqu à la troisième et dernière où c est finalement la croix qui F emporte, lui écrase le dos et le jette à terre.Des idées émouvantes sont signifiées.Pour qu un sculpteur puisse ainsi, sans briser l\u2019essentiel d une tradition, sans extravagance, s\u2019exprimer avec tant de modestie et d audace à la fois, il faut qu\u2019il soit artiste.Lui-même espère que la prière du peuple recueilli devienne un jour la récompense et le témoignage dus à ses efforts.La beauté d une œuvre exige certaines conditions de la part du matériau.L\u2019artiste préparera des modèles différents pour la pierre, le bronze, l\u2019aluminium, etc.La dignité du matériau joue un grand rôle dans la réalisation d\u2019une création artistique.On ne voit jamais, dans un musée, des chefs-d œuvre sculptés ou coulés dans de 80 La réponse d\u2019un artiste 1 artificiel.Pendant quatre années, il était entendu que le chemin de croix de I Oratoire serait coulé dans le bronze.Quand on se rendit compte que les statues de Louis Parent seraient avantageusement sculptées dans la pierre, on opta pour ce matériau.On fit un projet magnifique.L artiste, qui devait modeler ses maquettes dans la glaise et les ciseler dans le plâtre, aurait ensuite I avantage de les tailler lui-même dans la pierre.A I encontre de beaucoup d autres sculpteurs tels Rodin, Mestrovic, etc.Louis Parent aurait la joie de finir lui-même son œuvre.A mesure que les maquettes seront terminées, un metteur au point et un praticien prépareront la pierre que le sculpteur taillera.De son atelier, 1 artiste pourra voir le chemin de choix s ériger progressivement dans la montagne, et, profitant des expériences acquises, continuer son travail de créateur.Le matériau premier choisi est la pierre d Indiana : pierre de chaux, de couleur chamois, aux tons chatoyants, qui compose avec l oxygène de I air pour donner un très beau poli.C est un matériau dispendieux.Et 1 on imagine facilement que son transport pose un véritable problème.Le groupe de personnages de la douzième station exige un bloc de pierre de quatre-vingt tonnes.Mais on peut voir dans le studio de l\u2019artiste une photographie qui indique comment, en Italie, on a réussi à transporter un bloc de marbre de quelques cent cinquante tonnes.Pour le moment, ces plans magnifiques ont été quelque peu modifiés.Les maquettes s entassant les unes après les autres dans 1 entrepôt, quand la dernière eut rejoint ses aînées, on fit venir un praticien italien, M.Barbierri, qui fut chargé de reproduire les modèles de plâtre.Fait assez étrange, assez rare dans I histoire de la sculpture : le travail est exécuté sans que I artiste soit sur place et, à son insu, l\u2019administration se permet de modifier certains détails.La première station qui s achève au début de 1 été 1952 n est pas identique à son modèle de plâtre.Le Christ condamné à mort, si profondément abandonné et souffrant dans la maquette de Louis Parent, prend une attitude plus souriante dans la pierre.Les traits du Christ ont perdu un peu la simplicité et la virilité que 1 artiste leur avait données.Tous ceux qui ont vu la SI Revue Dominicaine maquette de plâtre et la statue de ciment peuvent constater ce fait, non sans regret.De plus, on semble avoir concédé trop vite à certaines difficultés.A la pierre, on a substitué un ciment que les chimistes considèrent comme très résistant.L œuvre de Louis Parent contient pourtant trop de beauté pour qu on lui refuse ainsi le matériau pour lequel elle a été conçue.Quand on a su résister au plâtre de baint-SuIpice, on peut bien résister au ciment, si prometteur soit-il.D ailleurs, les deux premières stations seraient déjà crevassées.Aussi la troisième sera, dit -on, taillée dans la pierre d Indiana.L artiste se réjouit de voir son œuvre la plus chère revenir dans le sens de ses prévisions.D autre part, la sculpture canadienne connaîtrait, par ce fait, un triomphe qu il vaut la peine de souligner.Nous souhaitons de tout cœur que le retour à la pierre naturelle soit définitif, et qu il coïncide aussi avec un retour de 1 artiste à son atelier.Qu on lui remette en main le ciseau avec lequel il pourra poser sur son œuvre une signature authentique.Est-ce trop demander ?Nous croyons sincèrement que non.Et bien d autres qui, comme nous, se sont intéressés au Chemin de croix de Louis Parent depuis ses débuts, pensent de même.Il y aurait encore à préciser le lieu où se trouveront les statues du chemin de croix.Cadre excellent : un terrain d une superficie de plus de cent soixante-quinze mille pieds carrés sur le flanc du Mont-Royal, juste à gauche de la Basilique.On aperçoit, au loin, toute la partie nord de Montréal ; plus près, le cimetière de la Côte-des-Neiges et I Université de Montréal avec sa tour et son petit dôme byzantin.Sans vouloir pousser I indiscrétion jusqu à comparer Montréal à Jérusalem et le Mont-Royal au Calvaire, on peut tout de même voir une parenté dans la topographie des lieux.Louis Parent a voulu que ses personnages cadrent bien avec un site aussi providentiel.C est ce qui explique le volume des statues.Les personnages du chemin de croix mesurent neuf pieds de hauteur, le Christ de la résurrection, douze pieds, et les anges qui annoncent le Christ glorieux, dix-huit pieds.En studio, ces dimensions semblent une 82 La réponse d\u2019un artiste disproportion.Dans la montagne, elles donnent une tout autre impression.Contrairement à la plupart des amateurs qui ont porté un jugement à ce sujet, Mestrovic, autorité incontestée en la matière, a, un jour, demandé à Parent si ses personnages étaient Lien d\u2019une stature assez imposante pour répondre aux exigences du paysage.Autour de ce terrain, on a construit un vaste mur de pierre.On a voulu considérer ce rempart comme la réplique d\u2019une des merveilles du monde, les jardins suspendus de Babylone.Cette construction ne nous semble pas aussi heureuse qu on a voulu le croire.D\u2019abord parce qu elle limite terriblement I horizon.Parce que le dynamitage qu elle a nécessité a fait mourir la plupart des arbres centenaires qui embellissent cette partie de la montagne.Parce que tout le système d égout qu\u2019on a construit à grand frais est totalement inutile sur une pente naturelle.Enfin, ce mur, fait d un granit rouge, rompt I unité qui aurait pu exister avec la basilique et donner, au moins, une belle tenue d ensemble.Ce n est pas tout de sculpter un chemin de croix.II faut lui créer un milieu immédiat.On a confié à un architecte paysagiste canadien, M.Todd, la décoration florale de la montagne et de chaque station.Des fleurs ont été choisies et groupées pour épouser les sentiments des personnages et aider le peuple à comprendre, penser et prier.Cette architecture florale, préméditée, soutenue le soir par un éclairage spécial, mettra en relief différentes façons de suggérer les scènes.Ainsi, la première station est entourée d arbustes au feuillage rabougri, symbole de la foule en effervescence et des passions populaires en face du Christ qui attend son sort.Retenons de tout cela I effort qu on a déployé pour faire de ce lieu de marche et de pèlerinage où se logeront un jour chacune des sculptures de Louis Parent, un milieu de contemplation et de prières.On pourrait presque parler d un chemin de croix à quinze stations.Après la quatorzième qui est entourée de tons violets comme pour laisser I âme à sa tristesse, on retrouve des roses en bordure d\u2019une sorte d escalier triomphal sur les paliers duquel se tiennent deux anges qui encadrent avec leurs flûtes le tombeau de la résurrection.Ces anges sont 83 Revue Dominicaine peut-être les créations les plus audacieuses de Louis Parent.Ils sont suggérés par des lignes simples, uniques, prolongées qui montrent qu il s agit d êtres qui n ont qu un corps d emprunt.Le mouvement de ces lignes rappelle à quel univers les anges appartiennent.En kaut de I escalier, un immense sarcopkage romain dont le couvercle est soulevé.C est derrière ce tomkeau que se tiendra triompkalement le Christ de la Résurrection.A droite de 1 escalier, il y a ce que I on a convenu d appeler, pour demeurer dans la note du symkolisme qui domine les lieux et les ckoses, la fontaine de la Résurrection.C est un endroit où le pèlerin, fatigué de la route, retrouve, avec le repos, une leçon de vie spirituelle.Le Ckrist, les sacrements et les vertus sont représentés par des images, des signes et des symkoles.Louis Parent a préparé les modèles de I agneau, des cerfs et des poissons qui orneront le kassin.C est I allégorisme qui soutient la présence de tout cet ensemkle qui fait un peu « nouveau ricke ».Cette « fontaine de la résurrection » ajoute à la conception traditionnelle du ckemin de croix une note toute nouvelle, grâce à laquelle se trouve intégrées avec le rappel de Pâques, la joie et l'espérance essentielles à toute vie ckrétienne autkentique.* * * Beaucoup de sokriété, une keauté très pure, une émotion profonde ; voilà qui résume, à notre avis, tout l\u2019art de Parent.C\u2019est un de nos meilleurs artistes.Expliquons ce fait par sa nature ricke, son talent, son konnêteté professionnelle, son désir de simplicité, son isolement volontaire de tout ce qui est mode passagère et préjugé du moment.Et par-dessus tout, au fait qu\u2019il a toujours voulu sa tecknique au service d\u2019une pensée créatrice.Les connaisseurs se demanderont qui a inspiré Louis Parent ?Quelles influences a-t-il reçues ?Où a-t-il étudié ?L\u2019artiste n\u2019a pas fréquenté les grands maîtres européens.C\u2019est un solitaire, une sorte d autodidacte.II a voulu jusqu à date et à cause de la nature même de 1 œuvre qu\u2019on lui a confiée, demeurer avec son peuple sans s\u2019expatrier 84 La réponse d\u2019un artiste ni géographiquement, ni psychologiquement.La formation professionnelle qu il a reçue hors des cadres normaux, if est allé fa chercher au pays des risques et des nouveautés, aux Etats-Unis.Puis il est revenu au Canada, chargé de pensée et de projets intérieurs.Il y a quelques années, les Pères de Sainte-Croix lui ont donné I avantage de visiter I Europe.Quelques mois lui ont permis d admirer les chefs-d œuvre séculaires de sculpture, de peinture et d architecture.Voyons-Ie comme technicien : la taille directe ne 1 intéresse pas.II la trouve excellente en soi.Il sait comment depuis le passage de Charlier au Canada, on a fait de ce procédé un absolu.II admet tout ce qu il peut y avoir de consolant et de pouvoir immédiat dans la taille directe.Et il s y adonnerait volontiers dans un gros cailloux qu il pourrait informer avec une liberté absolue, dans une création spontanée.Dans une œuvre comme le chemin de croix, il aime se réserver pour des créations supplémentaires et des intuitions de dernière heure.C est pourquoi, il préfère humblement, progressivement, modeler dans la glaise, puis de la glaise passer au plâtre, et perfectionner le détail jusqu à la finale de pierre.* * * II n existe aujourd hui pour le public, qui veut connaître le chemin de croix dont on lui parle si souvent, que quelques reproductions photographiques, incomplètes, dispersées.On souhaite que nos gens disposent un jour d un livret, sorte d album illustré, avec texte explicateur, où ils retrouveront toutes les images de chacun des modèles de Louis Parent.En attendant nous renvoyons notre lecteur à la bibliographie que nous avons codifiée à son intention : il pourra à la lecture de ces différents articles se faire une idée.Enfin, on espère que devant tant de beauté promise il se trouve en Amérique quelques généreux mécènes qui se chargent du coût de I une ou de I autre des statues de M.Parent, ou même d une station entière.Quel placement pour le chrétien qui a saisi le sens de sa richesse I Des milliers de gens viendront et reviendront prier devant ces images de pierre.Le chemin de croix de I Oratoire du Mont-Royal redira à des 85 Revue Dominicaine générations et à des générations de Canadiens et à des amis venus de tous les coins du monde ce qu\u2019ont pu accomplir, un jour, le talent, la ferveur religieuse, 1 émotion esthétique et Ihonnêteté d un artiste quand ils ont été mis ensemble au service du culte.Quant à ceux qui la première fois ont posé à Louis Parent la question de 1 art chrétien et lui ont offert la faveur d y répondre par une œuvre d envergure, ils méritent qu\u2019on les associe définitivement à 1 histoire de la sculpture au Canada.La réponse qu ils en ont reçue les rend déjà, à bon droit, célèbres.Aimée Leduc 1.BIBLIOGRAPHIE Boulanger, Roland : Louis Parent dans Arts et Pensée, mars 1951, pp.38-44.Brassard, E.-M.: Le Christ en croix dans L\u2019Oratoire, septembre 1945.Brassard, E.-M.: Le mur de soutènement du chemin de croix, dans U Oratoire, septembre 1950.Brassard, E.-M.: Le portement de la croix, dans L'Oratoire, octobre 1947.Brassard, E.-M.: Marie-Madeleine au pied de la croix, dans L\u2019Oratoire, février 1945.Brassard, E.-M.: Une pièce magistrale du sculpteur Louis Parent, dans U Oratoire, mars 1946.Charbonneau, B.: Chez un artiste, dans Studium, vol.II, n.3, automne 46, pp.177-182, Daigneault, Richard : Gigantic Religious Work of Art Planned on Mount Royal Flanks, dans la Gazette de Montréal.Déziel, Julien : Les personnages se succèdent à un rythme constant, dans L'Oratoire, mars 1947, p.92.Fréchet, A.: Deux constructions monumentales d'architecture moderne et une œuvre de sculpture religieuse au Canada, dans Mobilier et Décoration, mai 1948, pp.38-41.Gauvreau, J.-M.: Pour un renouveau de l\u2019art sacré au Canada, conférence donnée au congrès de Toronto, mai 1946.C\u2019est encore la revue mensuelle L\u2019Oratoire qui offre le plus beau choix de photos et de textes explicateurs.Nous recommandons plus spécialement la lecture des articles du R.Père E.-M.Brassard, C.S.C.2.Le 3 août 1943, Maurice Gagnon écrivait au R.Père E.-M.Brassard, C.S.C., à qui revient l\u2019honneur d\u2019avoir confié à Louis Parent le chemin de croix de l\u2019Oratoire : « Le choix de M.Louis Parent est excellent aussi.Je l\u2019appuie de tout cœur.J\u2019ai vu son Christ à Gethsémani qui est une belle chose et qui prouve que lorsqu\u2019on veut faire confiance à l\u2019un des nôtres, l\u2019on n\u2019est jamais déçu ».A une conférence donnée au congrès de Toronto en mai 1946, J.-M.Gauvreau disait : « J\u2019ai eu l\u2019avantage de visiter les grands pèlerinages internationaux de Lourdes et Lisieux ou plus près de nous, de Sainte-Anne-de-Baupré et du Cap-de-la-Madeleine.Je ne crains pas d\u2019affirmer que l\u2019œuvre de Louis Parent ne leur ressemble en rien.C\u2019est le plus bel hommage que je puisse rendre à l\u2019artiste».Voici un extrait du jugement porté par le jury en 1946 : « L\u2019authenticité spirituelle de ces œuvres tient au fait qu\u2019elles répondent à une beauté profonde.Car le caractère religieux ne se greffe jamais à une œuvre médiocre ou mauvaise.Il ressort au contraire de la qualité d\u2019une œuvre qui en est le support indispensable.Quand on examine longuement ces figures l'une après l\u2019autre, il s\u2019en dégage une émotion de belle résonance, faite de rayonnement et d\u2019amour, d\u2019humilité et de sagesse, de pondération et de charme solide.Parent a su animer la matière, lui donner une âme.» 86 La psychologie des minorités L objectif de cet article est d apporter quelques correctifs et compléments aux théories de Kurt Levvin sur la structure et la dynamique des groupes minoritaires.En bonne logique nous commencerons par situer sa psychologie sociale, tâchant ainsi de reconstituer aussi adéquatement que possible le contexte mental dans lequel sa pensée sur ce problème s est élaborée.Kurt Lewin, quand il mourait en 1946, laissait une œuvre considérable.La psychologie lui devait d avoir renouvelé les perspectives et 1 orientation de la recherche en de multiples secteurs de la vie psychique.On peut affirmer que toute son œuvre a reçu une inspiration unique : elle a été influencée profondément par les postulats de la gestalt Psycho logïe.A leur lumière, il a tenté d abord de nous rendre plus intelligibles les dynamismes en jeu dans le développement de la personnalité normale.C est alors que trouvant le vocabulaire psychologique courant impuissant à traduire et transcrire les réalités dynamiques qu il observait, il conçut I idée de mettre à point une psychologie offrant des catégories plus adéquates.C est de ce désir et de cet effort qu est née la « psychologie topologique ».Lewin devait être amené tôt ou tard à aborder le problème, fondamental en psychologie sociale, de la formation des groupes.La formation de 1 individu en effet lui était apparue comme inintelligible en dehors de « 1 espace vital » à 1 intérieur duquel elle se réalise : la personnalité n en constituant à ses yeux qu une région fonctionnellement indissociable, se différenciant graduellement selon la plus ou moins grande fluidité et élasticité des barrières psycho-sociales qui I isolent ou la tiennent en contact avec son milieu.L espace vital, aux yeux de Lewin, est le donné psychique le plus élémentaire, une gestalt absolument irréductible : chaque espace vital se présentant avec des dimensions psychiques absolument uniques, tant par leurs structures que par leur dynamique propre.87 Revue Dominicaine Dans la formation des groupes, 1 accent est mis sur les dimensions proprement sociales.Et par là Lewin n\u2019entend pas opposer psychique à social, comme constamment les sociologues de I Ecole française ont été tentés de le faire, mais uniquement social à individuel : constituant le social à ses yeux toute région de l'espace vital qui par un ou plusieurs de ses points est accessible aux échanges et communications intra ou intergroupes.Par contre, 1 individuel en son schéma de référence est cette partie de nous-mêmes qui échappe aux contacts avec autrui, i.e.ce qui en nous est incommunicable et inviolable, hors d atteinte même des sondages les mieux opérés.La formation des groupes apparaît donc à Lewin comme coïncidant avec la psychogénèse d un espace vital donné : le degré de différenciation et d intégration des diverses régions devant varier selon le nombre et la qualité des échanges qui ont pris place et ont influencé son évolution.Comme postulat à ses hypothèses, Lewin considère chaque minorité comme un espace vital absolument irréductible, aux dimensions avant tout sociales.Pour lui, pareille gestalt offre un phénomène d ordre psychique sui generis, aux lois dynamiques différentes de celles qui règlent I évolution du psychisme individuel.Plus précisément les minorités sont des entités possédant, selon Lewin, un « psychisme collectif ou social » : elles le sont dans leur origine, dans leur structure, dans leur devenir.C est, pense-t-il, pour avoir cédé à un réductionisme un peu simpliste qu on en est venu à assigner à ce phénomène des causes et des composantes proprement individuelles.Découlent de ce postulat les trois hypothèses ou essais d interprétation suivants : 1ère hypothèse : les minorités sont un phénomène d origine exclusivement sociale.Au dire de Lewin, I existence et la survie des minorités ne tiennent en dernière analyse qu au bon plaisir de la majorité.Ce n est pas en 88 La psychologie des minorités réaction à certains comportements individuels, mais pour des raisons tout à fait extrinsèques, même aux comportements des groupes minoritaires comme tels, que les majorités érigent, fortifient, multiplient ou abattent les barrières psycbo-sociales autour des minorités.Lewin observe que c est toujours en périodes de tension ou de frustration prolongée, en un mot en périodes critiques, que les majorités exercent des représailles contre les minorités.Celles-ci leur servant alors de « boucs émissaires », elles adoptent contre elles un type extrapunitif d aggression pour liquider momentanément I anxiété collective que leur insécurité présente fait naître.2e hypothèse : Les minorités, dans leur être même, se présentent, selon Lewin, comme des entités aux composantes exclusivement sociales.Si 1 on considère les minorités comme constituant un espace vital donné, elles se révèlent comme possédant des régions multiples aux strates plus ou moins solidifiées ou fluides selon que les membres adhèrent ou non à tout ce qui les distingue comme groupes : institutions, coutumes, traditions.D un point de vue plus dynamique, Lewin considère les minorités comme réalisant un équilibre plus ou moins stable entre des champs de force multiples : les uns à tendance centripète, que constituent les influences d intégration et de cohésion qui s\u2019exercent sur les membres du groupe ; les autres à tendance centrifuge, que forment les influences dissolvantes.Quant au facteur constitutif, i.e.ce qui aux yeux de Lewin est absolument requis et essentiel pour qu il y ait minorité, c est qu il existe interdépendance du sort des membres qui la composent.Quand ce sort est accepté, on a affaire à une minorité bien intégrée, unie dans sa lutte pour sa survivance ou son émancipation ; quand ce sort est subi ou rejeté, les membres d une minorité sont alors enclins à recourir à tous les compromis, à se soumettre à toutes les servilités qui leur paraissent faciliter leur assimilation à la majorité.Si maintenant on considère les minorités comme la résultante du jeu de ces divers facteurs, telles que constituées elles apparaissent selon les 89 Revue Dominicaine cas soit comme des entités sociales très unifiées, d une unité vraiment organique et homogène : en ce cas les strates centrales englobent la majorité des membres ; soit encore comme des entités sociales jouissant d une unité purement accidentelle, d une unité de surface où il s agit plus d un aggrégat d individus que d un groupe réel.Dans ce dernier cas c\u2019est le jeu de facteurs purement extrinsèques qui les isole en groupe et les soumet aux mêmes restrictions, aux mêmes privations, aux mêmes Irustrations.Le seul lien qui le plus souvent les unit, c est qu ils entretiennent en ces cas le même désir et le même espoir de passer un jour à la majorité.1 oute leur activité est alors comme polarisée, selon Lewin, par des valences purement négatives.5e hypothèse : Le devenir des minorités est conditionné par des facteurs proprement sociaux.D\u2019 après Lewin, 1 évolution d un groupe minoritaire varie selon que prédomine 1 une ou F autre des trois attitudes collectives suivantes en réaction aux pressions de la majorité.Il y a d abord, selon Lewin, des minorités qui optent pour leur survivance : elles tendent vers I émancipation du joug arbitraire de la majorité.Quant aux moyens ou à la stratégie la plus apte à assurer cette émancipation, on trouve diversité d attitudes.Lewin observe que certains croient que 1 effort collectif des minorités ne sera efficace et n atteindra son but que si leurs membres font tout pour se rendre acceptables à la majorité ; en d autres mots, que si dans leurs contacts et leurs relations avec la majorité, ils prennent soin d insister constamment sur ce qui les unit plutôt que sur ce qui les distingue et les sépare de la majorité.D autres au contraire croient qu il n y aura émancipation véritable que si les minorités réclament avec insistance d être acceptées par la majorité telles qu elles sont.Selon ces derniers, il n\u2019y aura égalité de droits et possibilité de participation proportionnelle aux responsabilités communes que si les membres de la majorité reconnaissent aux groupes minoritaires leur identité propre, les acceptent avec leurs traits culturels distinctifs, et leur accordent toute liberté de vivre leur propre vie de groupe.90 La psychologie des minorités Finalement il y a les minorités qui perdent totalement foi en leur destin et renoncent à leur survivance.Ce sont celles qui sont prêtes à tout ce qui fiâtera et favorisera leur assimilation à la majorité.Au plan des conduites collectives ou .des comportements de groupe, les membres de ces minorités dont nous venons de parler sont typiquement adolescents dans leurs réactions sociales au traitement que leur inflige la majorité.Comme la plupart des adolescents, ils sont des êtres marginaux, leur comportement trouvant sa motivation la plus profonde dans une identification à base de crainte avec la majorité.Quant aux minorités qui refusent 1 assimilation, leur comportement social, selon Lewin, trouve son inspiration dans une foi entière à leur propre destin.Optant pour la lutte et non pour une stratégie de complaisance et de compromis, ces groupes, à la grande admiration de Lewin, sont les seuls vraiment à manifester un comportement social adulte et réaliste.~ II _ Si nous essayons de définir topologiquement les minorités à partir des trois hypothèses qu a formulées Lewin, il faut conclure qu elles se révèlent comme un ensemble de régions constituant un espace vital offrant peu de secteurs accessibles aux échanges sociaux pour les individus qui acceptent leur sort de discriminés.Tentons d évaluer les mérites propres de cette théorie et d en signaler les insuffisances.Disons tout d abord que Lewin pense le problème des minorités dans une perspective trop exclusivement juive.Il y introduit toute une dramatique qui vient nuire à sa perception des proportions réelles du problème.Ce qu il n avoue pas, ce qu il néglige de reconnaître et d admettre c est que les juifs comme groupe présentent un cas unique.En effet, les juifs, comme peuple, ont eu à expérimenter de se savoir rejetés par Jahvé après s être considérés pendant des siècles comme les élus de Dieu, son peuple préféré.Cette expérience unique dans l\u2019histoire a pris les proportions d un trauma collectif : elle ne paraît pas avoir 91 Revue Dominicaine jamais été assimilée.Elle s est comme cristallisée chez la plupart d entre eux.C est ce qui expliquerait certaines composantes nettement pathologiques (délire de grandeur, délire de persécution) de leur comportement de groupe aux périodes critiques de leur histoire.Les juifs pour cette raison sont un peuple essentiellement collé au passé : leur émancipation, partout où elle est contestée par une majorité quelle qu elle soit, n a qu un objectif, retrouver cet état, revivre cette condition de peuple élu, de peuple intermédiaire entre Jahvé et le reste des gentils.La majorité dans cette perspective apparaît donc facilement comme persécutrice, tyrannique, en grande partie responsable de leur insuccès à réaliser leurs rêves et ambitions théocratiques.En conséquence, et cela en parfaite logique avec leur propre dramatique, toute assimilation à la majorité prend un caractère de reniement non seulement à la race, mais à la religion juive (race et religion dans leur cas étant indissociables).Ainsi comme envoûtés par un déterminisme historique, ils semblent incapables de renoncer à vouloir former à tout prix un peuple au sein des peuples où ils émigrent, à vouloir en être comme la superstructure.Kurt Lewin, juif lui-même, semble donc avoir eu grande peine à se dégager de certains postulats implicites à la culture hébraïque et, en partie pour cela, est excusable d avoir approché et pensé le problème des minorités exclusivement en termes d émancipation et de survie, et non, ce qui aurait été beaucoup plus adéquat, en termes d\u2019autonomie, de dépassement, de coopération.Au fond une intelligence juive se refusera toujours à concevoir comme logique et souhaitable que son peuple identifie son destin, encore moins le subordonne au destin de la nation où il est hébergé.Voyons maintenant quels compléments on pourrait apporter à cette théorie.Lewin nous a révélé, et c est peut-être la partie la plus valide de ses hypothèses, que ce qui compromet le plus 1 émancipation des minorités, c est le comportement typiquement adolescent de beaucoup de membres des minorités.Là où il devient très vague et ne nous offre rien 92 La psychologie des minorités d élaboré ni de consistant c est sur le comportement de groupe que les minorités devraient adopter, une fois leur émancipation acquise.Or si c est le propre d un adulte de ne pas renoncer à son identité, de s accepter tel qu\u2019il est et de réclamer d\u2019être accepté tel qu\u2019il est, d ainsi acquérir un degré minimum d indépendance et d\u2019autonomie psychique, il est caractéristique aussi de l\u2019individu qui a atteint sa pleine maturité (et cela vaut pour les groupes) d\u2019accepter les autres tels qu\u2019ils sont avec tout ce qui les fait autres, d être capables avec eux d\u2019échanges, de coopération, de participation, d\u2019engagement à fond à des tâches qui le dépassent, de subordonner son propre destin au service de biens qui le transcendent.Poussons plus loin I analogie que Lewin nous a proposée.L\u2019adolescent est dominé encore par son narcissisme, seul l\u2019adulte est capable vraiment d altruisme.L\u2019adolescent n\u2019a pas appris encore à s\u2019accepter tel qu il est ; il se grandit, il singe, il craint sans cesse de n\u2019être pas pris au sérieux, d être pris pour un enfant.Il est vite enclin à se déclarer incompris et persécuté par le monde des adultes.11 ne rêve que de réformer le monde au heu d en explorer et exploiter toutes les possibilités.L\u2019adulte, au contraire, est celui qui sans se prendre absolument au sérieux cherche dans chaque situation qu il est amené à vivre à donner toute sa mesure.Un individu psychiquement a dulte est celui qui a atteint une grande disponibilité à I événement : cela le rendant capable de compétition et d échanges avec autrui, quels que soient les échecs et les déceptions qu\u2019il y rencontre.II y trouve occasion, non de blâmer les autres, mais de se dépasser.Un groupe minoritaire, qui a atteint son autonomie au sein d\u2019autres groupes, qui coexistent avec lui et qui ensemble forment une communauté qui les intègre tous, devrait en bonne psychologie abandonner, une fois cette phase de son développement atteinte, toute attitude collective de défense et adopter une attitude de participation aussi entière, aussi totale que possible aux tâches communes, aux responsabilités communes et s identifier, avec tous les risques que cela implique, au destin historique 95 Revue Dominicaine de cette communauté.Peu à peu les zones de conflits, de tensions et de silence diminueraient entre ces divers groupes tandis que les zones d échanges, d entente ou simplement d accommodation se multiplieraient entre eux.Le plus tragique pour un individu, ce qui stérilise ie plus une vie humaine, c est le refus de vieillir, le refus de mûrir.Infailliblement ce qui prend place alors c est un processus de régression, et c est 1 infantilisme qui s installe dans une vie.Cela vaut pour les groupes.Ils doivent savoir s engager à fond dans le présent, accepter, sans renier leur identité, toutes les tâches historiques, qui les forcent à se dépasser, se libérer de toute fixation à un passé révolu, vivre en pleine lucidité et fidélité au présent.Bernard Mailhiot, O.P.94 Péguy en regard de sa « Jeanne d Arc » Le sujet d une œuvre, personne, chose, décor ou trame, n est qu un prétexte chez un artiste véritable.C est une occasion qu il saisit de se projeter hors de lui-même, de s arrêter dans des cadres qui fixent I instant (sans toutefois abolir la vie) et de s y contempler.Pour chacune de ses productions, I artiste rejoue le drame de Narcisse.Et il n y a pas lieu de s en étonner puisque c est son rôle.La première finalité, profonde et souvent inconsciente d une œuvre d art n est pas la beauté, non plus qu une communication, qu « un point de rencontre entre deux âmes ».C est le déd oublement de soi-même effectué de façon telle que I image obtenue, répondant dans une synthèse vivante point pour point à I original, échappe au temps et se confine dans le plan de la durée.Par suite r\u2014 je devrais dire dans la même action la contemplation et la possession deviennent (ou semblent) possibles.Bien que d ordre contingent, le sujet n infirme en rien le caractère de nécessité de I œuvre.Car celui-ci se tient du côté de I artiste et s affirme non dans le sujet mais dans son rapport avec le créateur.En d autres termes, il s affirme dans le mythe qui est essentiellement une relation.Relation de I univers subjectif et expérimental du poète au monde des réalités objectives.Tentative de projection et d adaptation du mot à ces mêmes réalités.Mais la tentative aboutit toujours à une demi-réussite.Le dédoublement au fond est impossible.L artiste ne sort que difficilement de lui-même.Et devant son œuvre, sa dernière impression, comme Narcisse, est d étreindre un spectre.Prétexte donc pour Péguy que le personnage de Jeanne d Arc.Prétexte que le « Mystère de sa charité ».Au vrai, ce n est pas la vierge de Domrémy qui est en cause.C est une création mythique de Péguy dans laquelle il veut s objectiver.Ou encore, c est I image narcissienne de Péguy.La vérité, ce n est pas Jeanne d Arc qui la porte, mais plutôt cet 95 Revue Dominicaine être que constitue la relation existant entre elle et 1 auteur.La vérité, on la trouve dans la tentative de libération de Péguy.Mais quelle est-elle cette vérité ?L image de 1 artiste qu est son œuvre réfléchit autre chose qu un corps et qu une âme.Autre chose qu\u2019une pensée, qu une aspiration, qu\u2019un idéal.Elle réfléchit la synthèse profonde et mystérieuse de 1 homme nature (lequel est déjà une synthèse) et de I homme actuel, c est-à-dire chargé de son expérience.Or, ici est la vérité.L\u2019homme total et vrai, c\u2019est 1 homme cheminant, existant.Et F existence ou le chemin mène toujours à un perfectionnement de soi au moins subjectif.Ce que nous appelons I expérience pose sans cesse un problème de sainteté.Et 1 œuvre d art s offre à I établir.Evidemment, au cours des siècles, ce problème fut toujours plus ou moins conscient pour l\u2019artiste.Mais n\u2019est-ce pas justement la plus grande caractéristique de la littérature de notre époque et de 1 art moderne en général de le poser avec la conscience la plus aiguë, la plus obstinée, la plus fiévreuse ?Et qui dira que les poètes de notre temps ne sont pas de tous les plus réfléchis et les plus lucides ?Et Péguy en est.La sainteté dont les premières assises se posent sur le plan de 1 existence (plusieurs artistes en sont restés là) présente chez Péguy une construction aux éléments multiples, mais qui reste définie et non loin d\u2019être achevée.J\u2019entends qu elle dépasse le plan métaphysique et rejoint l\u2019ordre complexe de la mystique.Pour tout dire, Péguy chemine dans la voie chrétienne, mais un peu au mépris des flèches.Ces flèches, elles indiquent la route normale, quotidienne qui mène à une sainteté assurée mais nécessairement obscure quand elle ne s intègre pas au plus profond de l\u2019être humain.Dans de tels cas, qui sont les plus fréquents, Dieu assume la plus grande part de la sanctification de I homme ; et celui-ci en poursuit le processus inconsciemment et comme en surface.L\u2019Eglise a mission d\u2019ailleurs d indiquer soigneusement les étapes de ce processus et de conduire ses fidèles par la main.II en résulte pour ceux-ci un sentiment de sécurité, lis marchent sur de Péguy en regard de sa « Jeanne d Arc » I absolu sans nulle inquiétude.Le Christianisme s adapte merveilleusement à I homme moyen qui n a pas précisément pour tâche de se regarder vivre non plus que de contempler le monde où il évolue.C\u2019est pourquoi sa religion lui voile ce que la vie comporte de terrifiant, d incompréhensible, de profondément mystérieux et ne ] en conduit pas moins pour cela à sa béatitude.On aura reconnu ici la destinée de Hauviette, « bonne chrétienne comme tout le monde », et qui « fait ses deux prières comme on fait ses trois repas ».Pour Péguy, la vraie sainteté, c est autre chose.Comme nous l avons dit, ii ne descend pas du plan où se situe la mystique chrétienne.II touche aux mêmes réalités : espérance, charité, etc.Mais il entend n aliéner ni sa clairvoyance, ni sa liberté, celle -ci étant le gage de la profondeur d une sanctification.On touche peut-être ici la raison de I apathie qu il a montrée envers I Eglise.Un saint est un homme qui se fait lui-même.Non pas que Péguy néglige la part de la Grâce.Mais ce qu elle implique de richesses, il veut se I intégrer consciemment.C est en somme lui qui en règle I absorption.Par ailleurs, cette sainteté n\u2019a pas son terme dans une sorte de désincarnation ascétique.Péguy montre peu de goût pour les contemplatifs.Ses saints préférés sont chair, esprit et action.C est que pour lui, la sainteté se situe à la jonction du corps et de I âme.Elle se résout dans I homme total.Une conséquence est qu elle est éminemment personnelle et faite de réalités senties et transformées au plus intime de l être.L\u2019exemple n\u2019y est pour rien.Un saint est un homme qui n\u2019a imité personne, et qu\u2019on ne doit pas imiter.Son autonomie le rend d\u2019ailleurs impénétrable.On retrouve ici Jeanne d Arc ou, ce qui est plus exact, la Jeanne d Arc de Péguy.On la retrouve dans son étrangeté, son mystère et sa solitude.A treize ans et demi, déjà mûrie et subjuguée par une vie intérieure profonde, elle s est enfermée en elle-même.Et c\u2019est de ce fait qu elle s oppose.D\u2019 abord à Hauviette, puis à madame Gervaise qui est une Hauviette devenue théologienne.Elle ne peut se résoudre à accepter la doctrine pourtant orthodoxe et évangélique de la première : il y a un 97 Revue Dominicaine temps pour le travail et un temps pour la prière et « il faut prendre le temps comme il vient ».D ailleurs, il y a aussi « I amusement des petites filles, I innocence des petites filles.» « L innocence des enfants est la plus grande gloire de Dieu.Tout ce que 1 on fait dans la journée est agréable à Dieu, pourvu naturellement que ça soit comme il faut ».Décidément, Jeanne ne peut s en convaincre.Est-elle donc seule à sentir la grande misère qui règne au pays de France ?Est-elle seule à comprendre qu il faille faire quelque cfiose ?Bien sûr qu elle est seule répondrait Péguy.La même opposition se poursuit dans le dialogue avec madame Gervaise.Mais la discussion prend un ton plus sévère, acrimonieux parfois.Madame Gervaise, c est la résignation au malheur, et 1 assurance qu en fin de compte tout cela ne peut pas mal tourner.G est le repos irritant dans la vérité acquise une fois pour toutes.Doctrine évangélique, Péguy le veut bien, mais dont les applications se traduisent trop aisément à son gré.Alors que madame Gervaise s abîme, s anéantit dans ses croyances -\u2014 ce qui I assure cl une bienheureuse sécurité >\u2014 Jeanne les domine.Elle sent bien qu elle a un rôle à jouer, qu elle doit fournir un apport qui ne peut être exiger de personne autre.Elle a conscience d être une petite réalité autonome, et partant, nécessaire et s\u2019affirme avec une confiance en soi qui ne peut qu\u2019offusquer son interlocutrice.« Je sais que je ne I aurais pas abandonné », dit-elle en parlant de Jésus.Et elle s entête dans son propos.Madame Gervaise n y voit que suffisance et sert à I orgueilleuse I argument d\u2019autorité.Mais cette logique n\u2019a pas de prise sur Jeanne.Les apôtres qui renièrent le Seigneur furent de grands saints, mais elle n a pas affaire avec eux.Elle -même n eût pas renié et le proclame avec la plus naïve sincérité.C\u2019est qu elle est Jeanne et pas une autre.« 11 a fallu des saints et des saintes de toute sorte, dit-elle.Et aujourd hui, il en faudrait.II en faudrait peut-être encore d\u2019une sorte de plus ».Jeanne est le prétexte de Péguy.Ses caractères propres T opposant à Hauviette et à madame Gervaise \u2014 qui sont beaucoup plus des sym- 98 Péguy en regard de sa « Jeanne d\u2019Arc » boles que des personnes ^ sont ceux de Péguy lui-même.L\u2019individualiste dans la sainteté, la solitude, I apport personnel, la nécessité de l\u2019engagement, voilà autant de notes qui ont marqué la vie du poète.On comprend dès lors, mis à part le problème familial, la résistance qu il montra, même après qu il eut retrouvé la foi, à accepter le Catholicisme dans son intégrité.C est qu il ne pouvait encore en assumer, en vivre tous les éléments et, je dirais, les éléments qui ont une priorité non de nature mais de temps dans I existence d un catholique ordinaire.C est qu il avait entrepris de marcher de lui-même dans la voie de la sainteté.II nous semble peut-être qu il y marcha un peu au hasard.Mais la vérité est autre.L itinéraire que suivit Péguy, bien que non prédéterminé, ne laisse pas d être défini.Nous pouvons en parcourir la première étape à travers le Mystère de la Charité.Cette première étape, elle débute par une vision pénétrante du désordre qui règne dans le monde et dans Ihomme.Les vœux que formule le Pater n ont jamais été réalisés, ni ses demandes accédées.Le mal a installé sa domination comme en permanence.Et le mal, c est, outre le péché, la famine, la misère et la guerre.C\u2019est aussi I incompréhension et la solitude, fatales pourrait-on dire, mais non moins douloureuses pour cela.Cette vision aiguë s accompagne d un déchirement intérieur.Ainsi prend-elle toute sa signification.Le mal a sa répercussion au plus intime de Jeanne comme de Péguy.Le mal, il est en eux, source d\u2019expérience.Jeanne assume la douleur et la désolation.Elle vit la misère des deux enfants à qui elle donne son pain.Et ce mal enfin la terrasse, dont elle ne peut que se sentir complice.Il en résulte une sorte d\u2019abattement, de tristesse infinie.C est la désespérance.Ces enfants qu elle a soulagés, « ils auront faim ce soir, ils auront faim demain ».Et, même s il était possible qu elle continuât à leur donner à manger, que pourrait-elle faire pour les milliers d autres qui n ont pas de pain.« II y aura toujours des pauvres parmi vous ».Et le mal sera toujours dans le monde.C est ici que I homme touche son impuissance et le fond du désespoir.Péguy a, pour ainsi dire, 99 Revue Dominicaine fait table rase.Il ne lui reste plus comme point de départ que le désolant axiome de ce que I on a appelé la tentation suprême.D où I on peut voir que la mystique de Péguy, quoique confinée dans la même spbère, s oppose dans son processus à la mystique chrétienne.Le désespoir est ordinairement la dernière et la plus effroyable embûche à la sainteté.Vaincu, il en est comme la consécration.Qu on se rappelle Sous le Soleil de Satan.Or, de cette dernière nuit, Péguy fait sa première.Cette confirmation ultime lui sert de prémisse.Mais il n\u2019en reste pas là.De la désespérance va naître la charité.Mais une charité elle-même désespérante, exhaustive et impossible parce que lâche.La charité aveugle d un coup de tête, d un suicide.Jeanne s\u2019offre en sacrifice, pourvu que celui-ci soit et ait valeur de rachat total.O s il faut, pour sauver de la flamme éternelle Les corps des morts damnés s affolant de souffrances, Abandonner mon corps à la flamme éternelle, Mon Dieu, donnez mon corps à la flamme éternelle ; C est à la fois un désespérant et naïf blasphème.La charité ne va pas jusqu à sa propre damnation.Nous touchons ici le mystère de I être et de son égoïsme radical, inviolable et consacré.On ne se perd pas pour sauver un autre.Le salut de sa propre personne, c est le premier fondement de la charité bien ordonnée.Mais J eanne se reprend plus loin : Et s il faut pour sauver de l Absence éternelle Les âmes des damnés s\u2019affolant de F Absence Laisser longtemps mon âme à la souffrance humaine Qu elle reste vivante en la souffrance humaine.Ce n est plus un blasphème, mais c est déjà une insuffisance.Etant le Eils de Dieu, Jésus connaissait tout, Et le Sauveur savait que ce Judas qu il aime, Il ne le sauvait pas se donnant tout entier.100 Péguy en regard de sa « Jeanne d\u2019Arc » La solution ne se trouve donc pas dans 1 holocauste total, ni éternel, ni même temporel.D\u2019ailleurs, cet holocauste n\u2019offre-t-il pas le subterfuge de I égoïsme infiniment subtil du bien-être en lutte contre ce que nous avons appelé I égoïsme de 1 être ?Faire disparaître le mal en s\u2019anéantissant soi-même, n est-ce pas d abord extirper son prolongement en nous ?N est-ce pas surtout extirper le mal qui habite en nous ?A ce compte, on comprendrait que la consolation vaille parfois le sacrifice.Mais le mal, non plus que le bien, ne doit jamais finir.Quoi qu\u2019on fasse, on ne peut plus rien pour Judas.« Alors, madame Gervaise, qui faut-il sauver ?Comment faut-il sauver ?» Il faut sauver qui on peut et comme on peut.Et pour le reste, se résigner.II faut donner son pain à deux petits bergers et consentir à souffrir parce que I on ne peut apaiser la faim de tous les hommes.II faut vaincre à Orléans et admettre que I on échoue devant Paris.La sainteté fortement personnelle, chère à Péguy, suppose un engagement irremplaçable.Mais cet engagement est limité dans sa portée.La souffrance qui en résulte compense peut-être pour ce qu\u2019il ne saurait atteindre.Ici finit Jeanne.Mais il est facile de prévoir ce qui est au delà du poème.La résignation débouche tout naturellement sur l\u2019espérance.Ce qui échappe à I apport personnel nécessairement restreint donne, par la voie de la souffrance, matière sur laquelle pourra s\u2019exercer la « Seconde Vertu ».Ce n est donc plus dans une charité se voulant exhaustive que I on doit s abîmer, mais bien dans l\u2019espérance.D\u2019elle seule vient la consolation.Car si le don de soi s avère impuissant parce qu\u2019il est d\u2019un présent limité, I espérance est infinie parce qu elle est du futur et qu elle a, en quelque sorte, valeur d idéal.Elle se façonne au gré de l homme.Et dans cette toute-puissance, celui-ci trouve le repos.En somme, Jeanne, après de longs détours, ne fera que revenir à Elauviette.Mais entre elles, il y a la différence d une profonde et merveilleuse initiation intime \u2014 je devrais dire auto-initiation qui a permis à Jeanne de transposer sur le plan de sa propre vie chacune des étapes 101 Revue Dominicaine par où elle est passée.Ainsi enrichie, Jeanne accède à lespérance.Aussi Lien, le Mystère de sa Charité nous conduit au seuil du Porche.Voil à où en est Péguy au moment où Jeanne disparaît.Cependant nous ne tenons ici que des dominantes dans sa propre vie.Et, ce qui est plus grave, nous les tenons dans un enchaînement successif illusoire.11 est bien faux \u2014 et c est pourtant notre seule ressource .\u2014¦ de prétendre que Péguy ait cheminé du désespoir à l espérance.On n atteint pas le salut à si bon compte et, surtout, d une façon aussi rationnelle.La vérité, c\u2019est sans doute que 1 un et 1 autre 1 ont dominé ensemble et à chaque instant.La marche de 1 homme vers la sainteté ne fut pas une progression soumise au rythme d un temps linéaire.Elle s\u2019est faite dans le déchirement de cette incessante et incompréhensible contradiction qui dépasse les mots.Et cette synthèse que tout, hormis la vie, tente de disloquer et donc de détruire, ne pouvait que chercher dans l\u2019œuvre d art son expression, sinon adéquate, du moins la plus appropriée.Et pourtant, aux yeux de Péguy lui-même, Jeanne n est rien de plus qu une image, qu une ombre, qu un reflet.Aussi, avec le porche, tentera-t-il à nouveau I expérience de Narcisse.Jean Blain 102 Souvenir d André Gide D! avoir passé plusieurs heures dans cet « Hommage » de la Nouvelle Revue Française, pour un jour ressuscitée, mes sentiments pour André Gide prennent une autre teinte.Et non pas à lire les hommages officiels ou étrangers >\u2014> concert où je m étonne pourtant 1 de ne pas entendre la voix du Canada, où il comptait un grand nombre d amis.Mais certains détails des familiers sur la honté, la tendresse de 1 écrivain, font reviser quelques idées, tout en me cramponnant dans d autres, situation sur laquelle je voudrais ici m expliquer.Je n ai jamais rencontré Gide, mais je le connais très bien, ayant lu (et souvent relu) non seulement tout ce qu il a publié, mais presque tout ce qu on a écrit sur lui.Le côté « souvenirs » sera donc ici nul, bien que les anecdotes ne manquent pas.Errant dans la campagne du Havre (octobre 1945) parmi les ruines et les gravats, un écriteau indiquant la direction de Cuverville et de Honfleur me fit longtemps rêver et presque entrevoir, à travers certains passages de La Porte Etroite qui me revenaient en mémoire, la célèbre maison entre les arbres, dans cette Normandie qui par certains côtés penchés de son paysage vaste et bosselé est si canadienne d aspect.Errant à Paris, mes pas, bien sûr, me conduisaient souvent rue Vaneau, rue du Vieux-Col ombier, rue Sébastien-Bottin et ces noms, embellis à I avance à mes yeux d un singulier prestige, donnaient corps à des souvenirs de lecture.Les Français ne se rendent pas toujours compte de ce que représente Paris pour un jeune étranger.Les rebuffades, les sautes d humeur 1 atteignent plus durement.Sensibilité et réceptibilité tendues à I extrême, il est plus vulnérable.Mais ces lieux s animaient encore davantage à travers les longues conversations que j avais eues autrefois avec Ghéon et, plus tard, avec 1.Je m\u2019étonne aussi (et peut-être à tort) de lire sous la plume de Jean Schlumberger : «Il était trop botaniste pour ne pas savoir que toute plante a sa saison.», me demandant si un nom (métier ou fonction) peut souffrir la graduation.Il était trop évêque pour., il était trop menuisier pour.105 Revue Dominicaine Léger* avec Maurois.Je connaissais donc également Gide par ce qu\u2019on est convenu d appeler la tradition orale.J hésitai toutefois à lui faire signe.Je le vis pourtant, souple comme une once, sauter sur la scène du Vieux-Colombier pour aller embrasser Antonin Artbaud, à I issue d\u2019une conférence assez hallucinante.Dans la salle passait par moments un vent de cabanons.Gide portait un chapeau étonnant, vieux, pointu, vert, rabattu en cloche.Le chapeau de J.H.Fabre et de Nostradamus.Me trouvant de nouveau à Paris, en décembre 1949, je m enhardis à lui demander un rendez-vous.Mais je tombais mal.II se relevait difficilement d une de ces alertes qui allaient I emporter un peu plus d un an plus tard.Je reçus une réponse signée Yvonne Davet, mais d un style tellement gidien qu on sentait ou la dictée \u2014 ou le mimétisme.« Certes, votre double qualité d ami de X., et de Canadien serait pour André Gide une raison de faire une exception en votre faveur.si cela était possible ; mais la consigne du docteur est formelle : André Gide est en ce moment si fatigué que le plus complet repos lui est prescrit, et toute conversation lui étant une fatigue, il doit fermer sa porte même aux visites les plus courtes et les plus agréables.Veuillez croire à ses regrets.» Les biologistes reconnaissent chez les plantes une cellule terminale de laquelle toujours sortent de nouvelles cellules, entretenant ainsi un constant devenir, alors que chez I animal tout est prévu, et pour ainsi dire terminé, clos dès I embryon.Ainsi Gide a gardé intacte sa disponibilité.Sans doute avait-il fait sien le « Guéri, je ne veux point l être ! » du Second Faust et se croyait-il plus libre de n avoir point choisi.On a parlé d instabilité, alors qu il s agissait d inquiétude, de retraits alors qu\u2019il aurait fallu y voir du scrupule, d abandon alors qu il se livrait à une revision.Au premier abord, tout en refus, mais examinant une question de tous les côtés, prenant le parti du Diable, non par défi, mais par goût du dialogue, jouant à l\u2019athée mais défendant la pureté des Evangiles.Telle est Fétoffe de chacun de ses livres, quelle que soit la forme : tous les 104 Souvenir d\u2019André Gide genres lui réussissaient : dialogue, allégorie, récit de voyage, il s\u2019y installait et y brillait.II n y a pas lieu d analyser ici ses œuvres, ni de suivre les méandres de sa pensée dans chacune d elles.Notons que son style était d une pureté exemplaire, sa langue dépouillée des parasites, allégée des adjectifs, encore qu il abusait des adverbes et aimait parfois faire vieillot par une tournure ou le choix d un mot.II reste un maître-ouvrier de la langue française.C est une véritable cure de sobriété que de le lire.Jeune, j admirai comme tout le monde les Nourritures, mais mon choix était fait : de toutes les portes j avais ouvert celle qui donne sur la campagne.Et puis j\u2019aimai Paludes, I émouvant Si le grain ne meurt, les Faux-Monnayeurs, d un métier si parfait et si retors qu\u2019on y sent la collaboration même du Diable.Mais je revenais toujours à Prétextes, à Nouveaux Prétextes et plus tard à tout le côté critique du Journal.Car c est là que Gide est grand, là qu il se montre tel qu il est, non le créateur qu il aurait voulu être et dont on entend toujours l essouffle-ment, en lisant ses romans ou ses écrits, mais essentiellement un commentateur de bon goût, chantant haut et juste dans I arbre généalogique français.Et c est là aussi qu on peut suivre les cheminements, les replis de sa pensée, les affirmations puis les retours en arrière, les craintes, les aveux aussitôt suivis de bravades, le sens de la tradition et la peur de ne pas suffisamment prêté attention au nouveau.Sans compter les emprunts aux morts et aux vivants : lectures et rencontres.Le meilleur de soi donné aux amis.L attention à autrui.Ce Journal demeure grand par sa continuité, sa fidélité de vieux serviteur de I esprit et des lettres \u2014 qui fait penser à (et qui fait parfois aussi regretter) Montaigne.Le reste est oripeaux, danse devant I Arche, don spontané pour une reprise plus rapide.Me plaît entre tous le côté à la fois goethéen et protéen de son œuvre, sa grande curiosité humaine, son goût pour les sciences naturelles.Ce fut là sa grandeur et sa faiblesse.Sa grandeur, car il doit à sa curiosité des bêtes et des plantes quelques-unes de ses pages les mieux venues : je 105 Revue Dominicaine pense à Dindiki, à la lettre à Marcel Drouin sur les hérissons, à tout le côté botanique de Si le grain ne meurt.Et aussi sa faiblesse : il échafauda Corydon sur une zoologie bien élémentaire, des observations isolées sur des animaux d ailleurs domestiqués devenant des conclusions d ordre moral.Au reste, très naïf et rappelant étrangement ces anciens voyageurs naturalistes de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle qui écrivent sur des phénomènes qui les dépassent et croient épuiser le sujet.Ainsi des plantes poilues qui ne poussent que dans les régions arctiques, des melons à côtes créés pour être mangés en famille I Songeons au grave Linné dissertant gravement en latin sur 1 anatomie intime des Lapones, alors qu il n y a là matière qu à des histoires de collégiens qui ont lu Le Tiers livre et veulent se payer un quart d heure de rigolade.Mais il y a lieu de se demander si Gide n a pas dépassé sans s en apercevoir I imprécise frontière sincérité-exhibitionnisme.Gide a cru qu\u2019il devait s expliquer alors qu on ne lui demandait rien.Après s être raconté, il a voulu défendre, puis prosélyter, et finalement rassembler sous une même bannière.On était prêt à lui pardonner, mais par la porte qu\u2019on lui ouvrit, tout un peuple fardé entra, qui n avait plus I excuse du talent.Malgré ses bravades, Gide fut captif de ce qu il avait écrit et quand le vieillard (par quelle aberration de I esprit) se cramponnait à l idée que son ouvrage le plus important était Corydon, non seulement il abdiquait son esprit critique, mais il se dégradait.Que quelques-uns aient puisé dans son œuvre une faim de vérité et de certitude, qu ils aient appris à son contact à se mieux connaître et partant à se mieux employer, il n\u2019en est aucun doute.Au milieu de nous flambait ce buisson ardent.Il appartenait au petit nombre de s y éclairer, mais au plus grand de s y brûler.Louis-Marcel Raymond N.B.\u2014 Cet article composé avant la condamnation officielle des œuvres de Gide apparaît comme une justification de la prudence de l\u2019Eglise (N.D.L.R.).106 Le sens des faits Le jardin Jardin, puissant orgueil que n oublie pas juillet, Ma sœur la corolle odore une chère ivresse, Une rançon superbe où va choir la mollesse, De l été au soleil refaire un vert parquet.Qu on m a dit de couleurs que j\u2019en ai qui me laissent Quand j\u2019effeuille un doigt d aube à mi jour au bosquet ; L été par pans d azur acclamé du muguet Suffoque en moi soupire et gonfle de tristesse.Jetée de la clarté que je n ai pas saisie, Le jardin ne m a pas visité ce midi Et moi qui le connais dans toutes ses allées.Je brûle un feu d automne et l espoir de le voir, Quand les buveurs de nuit auront dit au revoir Au vieux vin des greniers et aux clefs emmurées.Jacques Racette Sorel La cité de Sorel mousse fort adroitement sa popularité.Dans un dépliant publicitaire Lien rédigé et abondamment illustré, on y apprend que « Sorel *\u2014 une collectivité de vingt mille de population r\u2014 est le centre industriel le plus important de la rive sud du fleuve Saint-Laurent, à I est de Montréal.Au confluent du Richelieu et du Saint-Laurent, c\u2019est la route de navigation reliant les marchés lointains du monde ainsi que les réseaux de pénétration vers I intérieur du pays ».Les armoiries de la ville éveillent la curiosité du profane dont les connaissances héraldiques sont plus que rudimentaires.A dextre, un vapeur primitif et une ruche en pleine activité ; à sénestre, la tour d un fort surmontée d\u2019un drapeau qui ressemble fort au drapeau britannique, et des appareils de laboratoire.Sous 1 écu, un bouquet où je reconnais la rose et le chardon ; aussi des feuilles d érable ?La légende porte « Arma condiderunt Labor et intelli-gentia sustinent », qu on traduirait peut-être par « Bâtie par les armes, se nourrit de travail et d\u2019esprit ».107 Revue Dominicaine « Bâtie par les armes ».L histoire de Sorel remonte, en effet, anx premiers temps de la colonie.Dès 1609 et 1610, Champlain se rend à I île Saint-Ignace où ses alliés les Montagnais vendent des fourrures.Les Iroquois, ennemis à la fois des Blancs et des Montagnais, font une attaque-éclair sur I île mais ils sont repoussés rapidement à leur courte honte.Cet endroit stratégique, le gouverneur, M.de Montmagny, en reconnut I importance et y fit construire, en 1642, un modeste fort qui renfermait la maison de la garnison et une chapelle.Ce fort prit le nom de Richelieu, en I honneur du grand Cardinal.Soumis aux attaques incessantes de I ennemi, le fort est abandonné par sa population et rasé par les Iroquois en 1647.C est Pierre de Saurel, envoyé par le Roi de France au Canada, qui rebâtit le fort en 1665.II se fit construire un manoir et y attira quelques défricheurs.La situation du fort qui, à la mort de M.de Saurel en 1682, était florissante, se gâcha par la suite : en 1713, Madame de Saurel dut vendre la seigneurie à Claude de Rame-say, alors gouverneur de Montréal.La place continua de se développer jusqu aux tristes jours de la victoire anglaise.Le fort de Sorel tomba en pleine gloire en 1763.On s accommoda comme I on put du nouveau régime.L allégeance britannique nous valut la guerre américaine.Le fort de Sorel subit les fluctuations des armes jusqu\u2019en 1777.Achetée en 1781 par Haldimand, la seigneurie de Sorel voit se construire une imposante « Maison des Gouverneurs » qu on visite encore aujourd hui.Un de ces petits faits de 1 histoire qui vaut la peine d être retenu : lors de son passage au Canada en 1787, le prince William-Henry, le futur roi Guillaume IV d Angleterre, décréta que Sorel porterait le nom de « William-Henry ».Dès 1845, la ville de Sorel reprenait fièrement son nom.Une ch apelle avait été construite dans le premier fort.Mais I érection canonique de la nouvelle chapelle dans le fort rebâti ne se fit qu\u2019en 1670.En 1721, naquit la paroisse Saint-Pierre de Sorel.C est alors que changea I orthographe du nom Saurel, ou fut -ce erreur de transcription d un clerc ?« Se nourrit de travail et d esprit ».Et la ville grandit en sagesse et en taille.Dans le coude du Richelieu qui s élance vers New-York et face au grand fleuve qui remonte vers Montréal ou descend vers la mer et I Europe, Sorel et Saint-Joseph, la ville-sœur, se tendent aujourd hui la main à travers leurs deux ponts.Parlerait-on du Grand Sorel sans mortifier la légitime fierté des habitants de Saint-Joseph ?108 Le sens des faits C était Lien pourtant toute la population de ce Grand Sorel qui se réunissait le 14 juin dernier aux Marines Industries pour le lancement de deux nouvelles unités de la Marine Royale Canadienne, un brise-glace et un Lalayeur de mines, et aux Sorel Industries pour la présentation à la marine et à I armée du Canada et des Etats-Unis du canon double de\tAux quelques six mille ouvriers qui travaillent à ces deux usines des frères Simard, les plus hautes personnalités ont adressé, à cette occasion, les éloges les plus flatteurs : I honnêteté de l ouvrage Lien fait, la dextérité manuelle, le sens de la débrouillardise et le vif esprit d adaptation à des techniques nouvelles et compliquées expliquent, par exemple, le succès de ces travailleurs sorelois qui, après une courte période d entraînement sous la direction d ingénieurs et de spécialistes, ont fabriqué ce fameux canon de 5\"50 cjui, d après un reporter radiophonique, se composerait de vingt-huit mille pièces coulées en cent vingt-cinq métaux différents.Le travailleur sorelois a gardé ces caractéristiques de l\u2019homme de chez nous : du cœur à l\u2019ouvrage, Failure bon enfant, Finclination à la blague qui fait éclater un grand rire sain, un esprit malicieux qui ne laisse pas facilement « tasser au pied du mur », un goût peut-être trop accusé de la détente bruyante.Toutes ces qualités qui bouillonnent en lui, le Sorelois s en sert habilement comme d\u2019instruments précis et précieux pour construire sa ville.Repassons le pont et revenons donc à Sorel, I authentique Sorel.Flânons quelques minutes dans le port.Dominant la fourmilière des quais se dresse la masse grise et blanche de l\u2019élévateur à grains, d\u2019une capacité de trois millions de boisseaux.Un de mes amis, artiste sévère et sensible, dirait que cet élévateur à grains, dans la pureté fonctionnelle de ses volumes et de ses lignes, est le seul monument architectural de Sorel.J ai vu une tour de transbordement électrique soulever une puissante locomotive Diesel de quatre-vingt-dix tonnes et, sur le pont d\u2019un bateau, la déposer aussi délicatement qu\u2019on rangerait une porcelaine dans une armoire.Pendant que la locomotive se balançait entre ciel et terre, accrochée à d énormes câbles d acier, au-dessous s\u2019affairaient les dockers, obéissant à 1 œil aux gestes brefs d un contremaître.La Canada Steamship Lines exploite un service quotidien de passagers et de marchandises entre Montréal, Québec et le Saguenay avec escale à Sorel.On y trouve aussi un service exceptionnel de livraison et de transbordement de grain par cargo.De nombreuses barges font la navette entre Albany et New-York via la rivière Richelieu, le lac Champlain et le réseau de navigation 109 Revue Dominicaine de I Etat de New-York.La saison de navigation s étend d avril à la mi-décembre.A I intérieur de la ville, le transport est assuré par une compagnie d autobus de Sorel.La Compagnie de 1 ransport Provincial opère un service fréquent entre Montréal et Sorel.D\u2019autres rouliers raccordent la ville aux régions avoisinantes.N insistons pas trop sur l\u2019excellent service assuré par les Chemins de Per Nationaux.La paroisse Saint-Pierre a donné naissance à trois nouvelles paroisses.Pour alimenter la vie paroissiale, soulignons que le mouvement des retraites fermées a pris une ampleur considérable à Sorel.Près de cinq cents hommes vont se retremper durant deux ou trois jours, chaque année, à la Maison Saint-Vincent-Lerrier de Saint-Hyacinthe, dirigée par les Pères Dominicains.Ces retraitants se recrutent, non seulement dans la classe ouvrière, mais aussi chez les professionnels, les hommes d\u2019affaires et les industriels.1 ous ne se convertissent pas en enfant de chœur mais la grâce travaille mieux au fond de ces cœurs qui ont été pétris par la parole de Dieu et la réflexion personnelle.Huit grandes écoles distribuent 1 enseignement à la jeunesse sore-loise.Un externat classique a ouvert ses portes.Le poste émetteur de radio CJSO dessert la région.On publie trois hebdomadaires : L\u2019Echo de Sorel, Le Progrès du Richelieu, Le Sorelois.Le commerce se développe vigoureusement.Promenez-vous le long des principales artères un vendredi soir ou un samedi par exemple, et vous verrez que Sorel est bien le principal centre commercial de toute cette riche région agricole qui s\u2019étend le long du Richelieu.D\u2019ailleurs la plupart des hommes d affaires sont jeunes et audacieux et ils ne reculent devant aucun moyen orthodoxe pour asseoir solidement leurs établ isse-ments.Une dernière preuve des progrès de Sorel, c\u2019est, je dirais, son expansion territoriale.Dans Sorel-Sud surtout, des nouveaux quartiers sont sortis de terre et une quarantaine de maisons sont encore en construction.On descend des Lrançais qui ont, plus que personne au monde, le sens de la propriété ; alors on veut légitimement bâtir sa maison à soi qui abritera son bonheur, ses ambitions et même ses rêves.Le long des rives paisibles du Richelieu, face au Saint-Laurent affairé et important, Sorel étend son domaine.« Pour plus amples détail s, écrivez au greffier de la cité de Sorel », lit-on sur le dépliant publicitaire dont je vous parlais en tête de ces notes.Viator 110 Le sens des faits Rosaire Dion-Lévesque, poète des Jouets 1 Il publie des livres de poèmes depuis vingt-cinq ans.Après le Chapelet des Jours qui en 1929 I introduisit dans le monde des lettres, ce furent en 1930 Oasis et Petite Suite Marine, Vita en 1959, Solitudes en I 949.Jouets a paru cette année.Pour nous qui le connaissons de loin et qui savons par voie de tradition orale que Rosaire Dion-Lévesque habite Nashua (U.S.A.), nous sommes porté à nous demander comment il s\u2019y prend le poète, qui vit tout de même dans un milieu différent de celui dont il traduit la culture, pour servir les Muses avec tant de talent et d\u2019assiduité.Car s\u2019il en est un qui n a pas trahi, c est bien lui.Témoin courageux et solitaire, qui ne flanche pas, Rosaire Dion-Lévesque démontre à qui veut le lire que dans sa main la « petite flamme » française, dont Péguy pourrait dire à bon droit qu elle est aux Etats-Unis, plus que jamais « tremblante à tous les vents, anxieuse au moindre souffle », sait profiter de la moindre brise pour s élancer de nouveau vers en haul.* * * Le dernier paru, Jouets, est un petit livre de soixante-douze pages, qui contient en tout une cinquantaine de poèmes, assez courts, disposés dans un cadre typographique idéal qui les met, chacun, bien en relief.Le mot jouet ne doit pas être entendu ici au sens symbolique.Comme chez de Saint-Denys-Garneau par exemple, où le poète se compare à un enfant en train de jouer avec des cubes de bois qui sont les mots (v.Poésies complètes.Regards et Jeux dans l espace.Montréal, Fides, 1949, p.53).Rosaire Dion-Lévesque écrit jouet dans son sens le plus littéral : il s agit bel et bien de cuillère de bois, de bateau, de blocs, de toupie, d épée, de cerf-volant, etc.La poésie de Rosaire Dion-Lévesque est essentiellement objective, c est-à-dire qu elle s entoure, contrairement à la poésie introspective contemporaine, de narration et de description.Jouets nous rappelle la façon simple d A Child s Garden of Verses de R.L.Stevenson.Le papa est devenu un poète qui analyse et raconte les jeux de son fils.L enfant, lui, reste comme toujours le poète qui s ignore.Oui.quand on a cinq ans le ruisseau est un fleuve le sentier est sans fin.I excursion en chaloupe une croisière une visite au bois une expédition.Cf.Jouets.Poèmes d\u2019inspiration enfantine.Chantecler, 1952.72 pages.111 Revue Dominicaine Mais on est tout surpris, quand on en a quarante, de voir comment il peut être réel pour le petit qui le vit le monde des jeux dans lequel il se meut.Rosaire Dion-Lévesque va prouver tout cela, de deux façons à la fois.Tantôt « grande personne » (poète conscient) il retrouve chez son his r image de ses propres facultés créatrices ; tantôt « enfant avec 1 enfant » il adapte jusque dans les mots les rites et les façons de voir, de parler, d imaginer de son fils.Cela le conduit à des vers simples, sans artifice, aimables et imprévisibles comme les jeux de Jean.II arrive, en certains cas, que 1 authenticité de I inspiration souffre que le père, victime d une admiration et d une amitié dont on ne voudrait qu avoir à le louer, prête trop à 1 imagination créatrice de l\u2019enfant, qui n\u2019évolue pas nécessairement dans la ligne de la logique d une imagination d adulte.Mais jamais, même dans les pièces où l\u2019enfant seul est mis en cause, I on ne peut soupçonner le poète des jouets de trahir son sujet, d abuser des images, de contourner ses thèmes.Au contraire, on y trouve à chaque page lumière, joie et amitié : comment désirer plus ?Kaléidoscope, Lucioles, le Bon Dieu, sont, de ce point de vue, à relire souvent.* * * Jouets, petit livre que 1 on pourrait tout aussi bien appeler, dans son édition distinguée de Chantecler, livre-fouet possède charme et couleur.Nous le recommandons aux parents.Qu ils le lisent à leurs enfants.Ils en profiteront peut-être aussi eux-mêmes.Comprendre le monde des « petits », c est se préparer à comprendre celui des grands, ses complications en moins.Remarque finale : pas grave î Je Iis au bas de la page 69 de fouets le mot « fin » que I on a pris la peine d écrire en capitales ; toute la page suivante (p.70) me réaffirme, pourtant, qu ici se termine.quand j apprends, de nouveau, (page 72) que c est ici finalement.la FIN.Pour un aussi petit livre, n\u2019est-ce pas finir souvent que finir trois fois ?.Benoît-M.Lacroix, O.P.Fécondité du désert1 Un jeune savant canadien, M.Pierre Gadbois, qui a passé six mois l\u2019année dernière, dans la région glacée la plus septentrionale du pays, à la Terre d Ellesmere, bien au delà de la région habitée par les Esquimaux, me montrait l\u2019autre jour des photographies en couleur qu\u2019il avait rapportées de là-bas, de saxifrages qui avaient eu le courage de sourire sous 1.Souvenirs Sahariens.Causerie donnée à Radio-Canada.112 Le sens des faits le printemps polaire.Et nous admirions ensemble cette fleur qui s était épanouie, pour personne, à 10° du Pole, et à laquelle nous n aurions pas pris garde si elle s était trouvée dans nos jardins ou sur le bord de la route.Quelque temps auparavant, j avais entendu le Père Roger Buliard, missionnaire de I Ile Victoria, avouer qu en descendant vers les régions plus clémentes, lorsqu il eut retrouvé le premier arbre, il I aurait bien embrassé.Je n ai pas été dans les régions arctiques, mais j ai éprouvé, du côté de 1 Antarctique, des émotions toutes pareilles.Les premiers arbres de la Terre de Feu, torturés par le vent, je les ai aussi salués comme de vieux amis enfin retrouvés.Et c est le même émoi que j ai ressenti en retrouvant, après le désert, cette chose incroyable : un arbre.Jamais je n oublierai I émotion que j éprouvai, un jour qu après un accident ayant été ramené en avion je voyais défil er, comme dans un rêve, ce dur Sahara où j avais tant peiné, à I aller, un an plus tôt.Et tout à coup nous débouchions sur la plaine de la Mitidja où pas un pouce de terrain n est perdu, où les cultures sont ordonnées.Je ne savais plus que ça existait.Quelle fête du cœur ! Nous sommes comme des enfants trop riches.La profusion de nos jouets nous empêche d en profiter.Il n y a rien de tel que le Sahara pour vous faire jouir d un pommier ou d un cerisier.Le désert n admet que les vivants du règne animal ou du règne végétal qui ont des besoins modestes et qui savent se contenter de peu.II n en a pas toujours été de la sorte.Les dessins rupestres de I oued Mertoutok montrent que les habitants connaissaient de gros mangeurs >\u2014< éléphants, buffles, girafes ^ dont la présence et I estomac supposaient un pays assez différent du Sahara actuel.De nombreux silex, taillés en pointes de flèche, trouvés en plein Tanezrouft parlent de chasse.Des localisations indigènes gardent le souvenir de régions boisées : au Edi-kelt un endroit s appelle toujours R aba, la forêt.Et I on y trouve des troncs d arbres fossilisés qui, pour n être point des sequoias, sont tout de même importants.Aujourd hui, c est une manière de dicton, chez les méharistes, qu au Sahara il y a du « bois » partout.Il est vrai que ce « bois » est d\u2019une espèce particulière.D abord, il n y en a pas partout -\u2014- mais seulement dans ce qu on appelle, par euphémisme, des « pâturages » >\u2014\u2022 et puis ce n est pas tout à fait du bois, mais de la racine.115 Revue Dominicaine Dans les endroits où le sous-sol a gardé un soupçon d humidité pousse une espèce d herhe ligneuse, aux feuilles recroquevillées sur elles-mêmes, qui plonge dans la terre d énormes racines, absolument disproportionnées avec la.superstructure qui est livrée au soleil.C est le drinn.Chaque touffe s attribue un espace considérable.Il faut parfois faire bien des pas avant d atteindre la touffe voisine.Quand ça va vraiment très bien, c est ce qu on appelle le « pâturage ».Les bêtes mangent ces tiges sèches, sur lesquelles il y a pourtant, à 1 aurore, et pour fort peu de temps, une condensation de rosée très forte.Les hommes déterrent ces racines, et voilà de quoi faire bouillir le thé vert du Touat.Durant les périodes de plus grande sécheresse, tout ce qui vit cherche le pâturage qui n est pas encore carbonisé, et c est pourquoi il faut tellement circuler quand on tient à vivre sur ce pays.Si la faim chasse le loup du bois, la soif de 1 eau poursuit les vivants à travers le désert.Mais vienne une pluie, et la graine qui attendait là depuis des années ^ 5, 5 ou 10 ans -\u2014¦ tout à coup germe, prend racine, croît, donne sa fleur, mûrit son fruit : tout le cycle est achevé en moins de 15 jours.La grande sécheresse peut revenir, il y a là, sur le sol aride, une poussière qui attend, comme savent attendre les êtres du désert, et qui prendra vie à la première sollicitation.Je me souviens d avoir vu, au sud de Beni-Abbés, un léger frottis vert tendre, comme un duvet impalpable, qui frissonnait au vent du soir.Les Arabes appellent cela, le printemps : cl r bia.Et les Mzabites disent que c est le « plumage de la terre ».Cependant, à de longues distances, le désert est ponctué d une tache de végétation, étroite mais intense : 1 oasis.On dirait que toute la verdure qui a été chassée d immenses étendues s est rassemblée là.C est la revanche de la terre quand elle est arrosée.Je ne puis pas exagérer 1 émotion, le sentiment de délivrance que I on éprouve lorsqu après avoir marché indéfiniment dans un paysage d astre mort, on trouve tout à coup cette profusion : des légumes (des fèves, des choux, des tomates), des arbres fruitiers : des pêchers, des figuiers, des amandiers, des cédratiers et de ces abricotiers qui donnent des bulles de miel et de lumière qu on appelle des mech-mech.Et, dominant tout cela, comme un troisième étage de verdure, roi, glorieux : le palmier.11 faudrait raconter 1 histoire de cel arbre providentiel, qui est extraordinaire, énumérer les services qu il rend.II y a 250 espèces de palmiers, mais si 1 on dressait la liste des occasions où il sait se rendre utile, je puis assurer qu elle serait longue.114 Le sens des faits Le palmier est un étranger que les Lommes ont introduit au Sahara, vers le VI e ou le Vile siècle.Mais il s y est acclimaté merveilleusement.Alors qu\u2019il ne fructifie pas sur la côte algérienne ni sur les Hauts Plateaux, d\u2019un seul coup, après les gorges d El Kantara -\u2014 la bouche, la porte du désert, Fourn es Sah ara disent les nomades \u2014 le palmier porte des dattes.II a trouvé les conditions idéales dans lesquelles il se développe : le pied dans I eau, la tête dans le feu.Les 1 50 000 palmiers de Biskra donnent les dattes les meilleures du monde, les deglat nour, les doigts de lumière.L arrière-garde est représentée par les palmiers d In Salah dont les fruits sont destinés à la consommation du pays sous une forme qui déconcerterait les amateurs du dehors : les dattes sont pilées dans des guerbas où ell es fermentent et forment un bloc compact, le sfouf.Plus loin, il n y a plus que quelques misérables bouquets de palmiers qui n ont pas de quoi nous retenir.Mais de Fi gui g au 1 idikelt, il y a une étroite bande de 300 pieds de large sur 575 milles de long, formée d oasis, sur une ligne presque ininterrompue : c est la « rue des palmiers ».On n imagine pas la vie sans cette pulpe sucrée qui est le pain des nomades.Je ne puis songer à entrer ici dans le détail de la culture et la fécondation du palmier.II est remarquable que sans I intervention de I homme cet arbre ne fructifierait pas et donc, bientôt ( on dit qu il vit deux siècles, mais qui le sait ?et d ailleurs deux siècles, au Sah ara, c est bientôt) il n y aurait plus de palmiers, et ce serait un grand malheur.Notre frère le palmier (ce n\u2019est pas saint hrançois d Assise qui parle, mais le poète arabe) est ami de 1 homme : Sois-nous propice, ô frère d Adam, Tu nous donnes la datte dont nous ne comptons plus espèces ; Tu nous donnes ton tronc pour soutenir nos maisons ; Tes palmes assemblées sont pour nous des lits moelleux, Tes poils font des cordes plus so lides que celles faites avec des poils de chameaux, Ton cœur est comme un pain qui rassasie, fon sang est comme un lait qui rassasie au printemps.Bien entendu, le palmier a ses ennemis et le plus redoutable est I engeance des sauterelles.115 Revue Dominicaine Est-ce qu il y a vraiment des nuages de sauterelles, des masses compactes qui vont jusqu à obscurcir le ciel et qui passent pendant des heures et des jours ?C est la vérité et j\u2019ai rencontré moi-même de ces régiments de sauterelles, longues comme le doigt, innombrables au point que l ombre de cette masse se projetait sur la terre.Je dois reconnaître que cela ne se passait pas au Sahara, mais de 1 autre côté du Soudan, au nord de la Côte d Ivoire, où la végétation de la brousse limitait d ailleurs les dégâts, car il y a beaucoup de feuilles inutiles à manger là-bas.Il n en va plus de même dans les régions désertiques >\u2014< sur le Haut Nil où j ai vu aussi des nuages de sauterelles, >\u2014< ou dans le pauvre Sahara.Quand un nuage de sauterelles s abat sur une oasis, c est la disette.Si je n ai pas assisté à I opération j en ai vu les conséquences.A Laghouat des palmiers étaient devenus des poteaux téléphoniques.En une nuit, tout est dévoré : les plantes hachées, les palmes cisaillées.Bien des arbres sont perdus, d autres malades et stériles pendant plusieurs années.Le moyen le plus efficace de la lutte «anti-acridienne » est de canaliser les criquets aptères c\u2019est-à-dire les larves de sauterelles, avant qu elles aient leurs ailes vers des fosses, et de les brûler dans la chaux.On se demande comment ces insectes arrivent à parcourir ces distances fantastiques ; en fait, ce ne sont pas les mêmes qui vont du Soudan jusqu\u2019à Alger un laps de temps très long s était écoulé sans qu on voit les sauterelles sur la côte (de 1900 à 1907 il n'y en avait pas eu).En 1907 elles sont arrivées.La baie d\u2019Alger en était couverte.Les vignes aussi, hélas I Et puis, il y a eu une éclipse.En 1944, je les ai vîtes à nouveau dans le vignoble, comme un fléau.Elles pondent avant de mourir et de jeunes sauterelles les remplacent.De telle sorte qu\u2019il y a toujours des troupes fraîches.Il faut les exterminer avant qu elles aient pris leur envol.ETne mission anti-acridienne, dans la région de Tombouctou, a évalué à près de 300 000 pieds cubes le volume des criquets aptères qu\u2019elle a détruits en une seule campagne.Toutefois, à quelque chose malheur est bon.Les nomades se délectent des djerads (sauterelles) comme saint Jean-Baptiste.Cela se mange cuit dans la cendre ; à l\u2019huile ; en friture, ou ébouillanté.On en fait des conserves.Les Touaregs les font griller, les pilent et les mettent dans des sacs de peaux.On prend un peu d\u2019eau, on fait une boulette, et il paraît que c\u2019est très bon.Des préjugés \u2014 et probablement parce que j avais autre chose \u2014 m\u2019ont empêché de goûter de ce plat »\u2014< ainsi que des termites en Afrique Noire, ou des chenilles processionnaires, que I on 116 Le sens des faits cueille à la descente de I arbre.Quelle inconséquence : on se régale de crevettes et 1 on se prive de sauterelles î Mais un dessert de sauterelles ne saurait tout de même pas faire oublier les méfaits de ces voraces bestioles qui massacrent les palmiers.Ln proverbe arabe affirme que « tuer une brebis c est tuer une abeille ; mais tuer un palmier, c est tuer soixante-dix prophètes ».Nous laisserons le dernier mot au Prophète lui-même, qui était un homme du désert : « Je te le jure, par celui qui a mon âme entre ses mains, il y a des palmiers au paradis ».H.Le long, O.P.Une exposition Léon Bloy Trop souvent les expositions consacrées à un écrivain sont ennuyeuses et froides : documents sans vie pour musée placés côte à côte, archives numérotées mortes, qui ne peuvent intéresser que les érudits.Le libraire parisien Jean Loize, qui depuis dix ans s est consacré avec succès à ce genre de présentations, sait éviter tous les écueils pour ranimer le passé.Avec un goût parfait, mais aussi avec amour, il nous offre aujourd hui une exposition Léon Bloy.II a été aidé dans sa tâche par Joseph BoIIery, qui, touché un jour par la grâce du grand écrivain, lui a consacré son existence : il le connaît mieux que Léon Bloy ne se connaissait lui-même ; il a composé une remarquable biographie en trois volumes, dont deux ont déjà paru, et durant des années il a publié les « Cahiers Léon Bloy », où il a rassemblé d inestimables témoignages, lettres et études, se rapportant à son idole.Dans les deux salles de la librairie Jean Loize, les vitrines sont pleines : photographies, lettres, livres, manuscrits, objets familiers ; aucun n est inutile ; chacun possède sa valeur et apporte sa contribution à la connaissance de celui qui si longtemps demeura méconnu.Les origines de Léon Bloy sont figurées par sa ville natale, ses parents et toute sa famille.Ensuite commence sa vie mouvementée ; en quatrième, Léon Bloy quitte I école ; il se forme lui-même à travers les veillées studieuses ; les livres qu il possédait sont là, annotés ; près d\u2019un Tacite édité par Plandin, une édition populaire des poésies de Victor Hugo que Bloy fit relier sous le titre « Poésies ennuyeuses » ï Une carte de Paris nous montre les trente-trois demeures de I écri-vain, illustrées par des photographies.«Ah î j en aurai fait des déménagements ! » La dernière maison, à Bourg-la Reine, où il mourut en 1917, avait abrité Péguy avant son départ pour la guerre. Revue Dominicaine Les objets familiers ont été pieusement recueillis : la statue de Notre-Dame de la Salette, qui se trouvait en permanence sur son bureau, le jeu d échecs favori et jusqu au dessin du chien, dont lui fit don Léau-taud.Dans les lettres exposées : I homme apparaît sans apprêt ; dans celle à sa filleule, en 1917, il écrit : « II me faut travailler, malgré tout.Je ne dois pas oublier que je suis condamné aux galères du sublime à perpétuité ».A Rouault, qui I invitait à son mariage, il répond qu il ne veut pas aller à la messe de mariage, « ces cérémonies mondaines où personne ne prie » ; le farouche chrétien priera seul pour son ami.Il établit la « liste de ceux à qui je suis redevable d un peu de repos durant cette affreuse campagne de 1870 » et aussi la « liste de ceux qui mont lâché depuis quelques années » ; il ajoute en bas de la page « à suivre ».Plus inattendue une déclaration de Léon Bloy à la gloire du vin Mariani, qui réunissait à I époque dans de magnifiques albums pour sa publicité les témoignages des personnalités en vue : « Certes je suis le dernier homme dont on puisse espérer la complicité pour une réclame ; je suis forcé pourtant de reconnaître que le vin Mariani n est pas une blague, que ma femme en a été vraiment secourue et réconfortée ».L écrivain possédait les dons d un copiste du moyen âge.Ses calligraphies en gothique, enluminées, sont de véritables chefs-d œuvre, comme ces quatre vers de Paul Verlaine sur un exemplaire de Sagesse : « J étais, je suis né pour plaire aux nobles âmes, Pour les consoler un peu d un monde impur, Cimier d or chanteur et tunique de flammes, Moi le Chevalier qui saigne sur azur ».De sa remarquable et nette écriture, Léon Boy copie les textes religieux, que ce soit le « Cantique des Cantiques » ou la prière qu il composa pour demander la confusion de deux femmes qui s étaient mal conduites lors de la mort de son fils.Cette grâce lui fut d ailleurs accordée et de cruelles maladies s\u2019abattirent sur celles dont il demandait le châtiment.Dans une vitrine, des manuscrits.L auteur faisait d abord un premier jet sur des feuilles volantes.Ensuite, de la même écriture extraordinairement fine, il remplissait des cahiers ; sous cette forme il pouvait, en une page, saisir une grande partie de I œuvre à laquelle il travaillait, 118 Le sens des faits car La femme pauvre par exemple ne remplissait que quarante et un feuillets.11 corrigeait ; il raturait ; des renvois avec des crayons de toutes couleurs montrent la conscience et le travail acharné de celui qui était considéré à tort comme un exalté sans contrôle.Enfin il recopiait le texte définitif d une belle écriture large et bien équilibrée ; ces manuscrits définitifs étaient en général vendus à des marchands d autographes ; ce qui permettait à I écrivain de sortir un moment de la misère matérielle dans laquelle il s est débattu toute sa vie.« 1 out est inutile, sauf la souffrance », écrivait-il.A travers cette remarquable exposition la figure de Léon Bloy apparaît en pleine lumière, sous un éclairage peut-être différent de celui classique du pamphlétaire et du fanatique.Une photo de Huvsmans sous un Christ demeura toujours au mur de son bureau, bien après qu il eût rompu violemment avec son ami.Sous un aspect bourru et dur l\u2019homme demeurait sentimental et tendre.« Quand je serai mort, on me lira davantage », déclarait 1 écrivain à son éditeur.II avait raison.Il était en avance sur son temps.Peu à peu son audience s est accrue.Ses haines, Paul Bourget, François Coppée, Jean Richepin, qui avaient conquis la gloire, sombrent lentement dans 1 oubli, tandis que Léon Bloy, avec tous ses défauts, s affirme aujourd hui plus vivant que jamais.II a toujours lutté ; il a toujours refusé de faire des concessions à son époque ; c est pour cela que fa postérité accueille celui qui déclarait : « 11 faut que toute vérité soit dite, même à des pierres ».Jean A.Keim Evénements et informations Son Excellence Mgr Paul Bernier \u2014 Il vient d'être nommé archevêque titulaire de Laodicée et nonce apostolique de Cosla-Rica et Panama.Illustre fils d'une belle famille de Québec, ancien élève du Séminaire, il reçut l'onction sacerdotale le 17 juin 1928.A part ses trois années à Rome (1932-35) où il conquit brillamment ses doctorats en théologie et en droit canon, il fut attaché à l'archevêché de Québec jusqu'à 1944 alors qu'il devient secrétaire français de la Conférence catholique canadienne, à Ottawa.En 1947 il retourna à Rome, cette fois au secrétariat d'Etat du Vatican.En 1948, il fut nommé chargé d'affaires à la nonciature apostolique de Panama.C'est là que Rome est venue lui conférer cette importante charge de nonce apostolique par laquelle il fera briller le nom de l'Eglise et du Canada.Félicitations et meilleurs vœux à Son Excellence qui jadis honora la revue de sa précieuse collaboration.Le nouvel évêque de Prince-Alberl \u2014 C'est le curé de la.cathédrale de Sainl-Boniface, M.l'abbé Léo Blais que Rome vient de désigner pour occuper le siège épiscopal de Prince-Albert, Sask., devenu vacant par la démission, pour cause de santé, de Son Excellence Mgr Réginald Duprat, 0.P.Le nouvel évêque est né à Jolielte, y a fait ses éludes classiques et obtint son doctorat en théologie au Séminaire de Montréal.Il fut ordonné prêtre le 14 mai 1930.Pour avoir vécu dans l'Ouest depuis son ordination, il connaît bien ce milieu et les tâches qui l'attendent.« Ad multos et faustissimos annos ».Nous souhaitons meilleure santé à Son Excellence Mgr Duprat et nous pouvons l'assurer que ses frères en saint Dominique seront fiers et heureux de le voir revenir parmi eux.Sa présence y sera bénédiction, réconfort, encouragement.119 Revue Dominicaine Son Excellence Mgr Louis Lévesque \u2014 Vicaire général de l'archidiocèse de Rimouski, licencié en philosophie, docteur en théologie, licencié en Sciences bibliques, diplômé en pédagogie religieuse, ancien directeur du Grand Séminaire, etc.c'est donc une autre compétence que Rome vient de choisir pour occuper le siège épiscopal de Hearst, Ontario.« Ad multos et faustissimos annos ».Son Excellence Mgr Louis-Philippe Lussier, C.SS.R.\u2014 Fils d'un industriel de Québec, versé en théologie, philosophie, littérature, psychologie, orientation professionelle, pariait bilingue pour avoir vécu quatre ans chez les Rédemptoristes de langue anglaise, ce religieux est sûrement bien préparé pour faire face aux situations multiples qui l'attendent dans le diocèse de Saint-Paul, Alberta, ou il succède à Son Excellence Mgr Maurice Baudoux, nommé archevêque de Saint-Boniface.« Ad multos et faustissimos annos ».Le nouveau diocèse de Forl-William \u2014 Il comprend toutes les paroisses et dessertes du diocèse de Sainte-Marie, Ontario, qui sont situées à l'ouest du 86e parallèle et celles qui sont dans la province de l'Ontario mais qui appartiennent au diocèse de Saint-Boniface.La population est de 32 000 catholiques, 50 prêtres et 150 religieux et religieuses.Son Excellence Mgr Edward-Quinton Jennings, premier auxiliaire de l'archidiocèse de Vancouver, en devient l'évêque-fondateur.« Ad multos et faustissimos annos ».Le T.R.Père G.-H.Lévesque, 0.P.\u2014 Le 6 juin dernier, il recevait, conjointement avec le T.H.L.-M.Frost, premier ministre d'Ontario, et le T.H.C.-D.Howe, ministre fédéral, un doctorat « honoris causa » de l'Université de Toronto.Sydney Smith, président de l'Université, présenta le Père Lévesque en ces termes : « The Reverend Georges-Henri Lévesque, Dean of the Faculty of Social Sciences in Laval University, priest and professor, thinker and doer, idealist and realist, is endowed with a singular constellation of talents.Educated in Canada and in France, we see in him the flowering of the classical culture of Quebec, and the epitome of the Horatian principle, « Doclrina vim promovel insitam ».By virtue of his training he is at home in the academic « ivory lower » or the ecclesiastical cloister ; yet for him, knowledge and wisdom are gifts to be used and shared for the benefit of Church and State.He has striven courageously to relate the findings of social science, tested in the crucible of Christian profession, to the welfare of all the people.His devotion is not to the shadowy « economic man » of the nineteenth century economists, or to the equally abstract twentieth-century successor, the « statistical man » he seeks to serve the man who is a neighbour, a husband, a father, a producer, a consumer, a worker, and a citizen.We honour him as a happy warrior for true Christian democracy, in his University, in his Province, and in his nation ».Euslache Letellier de Sami-Jusl \u2014 En lui, une figure très connue (chaque semaine La Patrie nous apportait sa photo) et distinguée du monde journalistique vient de disparaître.D'une plume toujours digne et propre, il avait le don, dans sa chronique hebdomadaire, de dégager le principal du transitoire à travers les menus incidents de l'actualité.Jamais banal, il possédait l'art de faire réfléchir ses lecteurs.Dieu lui a, sans doute, déjà dit tout le bien qu'il avait fait.Nos sympathies à ses collègues de La Pairie.Au secours des enlanis de Maillardville \u2014 Au nom de la Foi et de la langue française, quatre religieuses Ursulines de Rimouski et quatre de la Congrégation du Bon Pasteur de Québec, commenceront, dès septembre, à prodiguer leur dévouement, leur savoir et l'enseignement religieux aux enfants délaissés de Maillardville, en Colombie Canadienne.Beau geste qui honore grandement ces deux Communautés et leur donne droit à notre admiration et à notre soutien.Le Collège militaire de Saint-Jean \u2014 Réclamé par la presse du Québec et divers groupements politiques et sociaux, il doit servir à la formation d'officiers canadiens-français, faisant ainsi disparaître cette prétendue infériorité qui empêchait les nôtres d'accéder aux postes supérieurs dans nos forces armées.Nul doute qu'il accueillera également les futurs officiers anglais qui désirent apprendre notre langue.Pour justifier sa fondation, ce collège devra solidement s'organiser dès le début, sur un pied égal sinon supérieur à celui de Kingston.Autrement l'infériorité qu'on veut faire disparaître persistera.Puisse-t-il jouer dans notre province et dans tout le pays un rôle équivalent à celui de l'Ecole militaire Saint-Cyr d'où sont sortis les plus illustres généraux de France ! Le nouveau baccalauréat latin-sciences \u2014 Un premier pas, tout à 1 honneur des autorités de 1 Université de Montréal, vient d'être fait pour la coordination de notre enseignement du primaire au secondaire.D'autres devront suivre.Le grec cesse d'être obligatoire et un baccalauréat latin-sciences favorisera d'abord la montée des jeunes du primaire supérieur vers l'Université et, ensuite, tout laisse croire que l'étudiant au classique traditionnel pourra opter pour le nouveau programme.Ce premier pas ne se fera pas sans tâtonnements, mais l'expérience aidant, il se consolidera dans un contexte normal.Et d'autres réajustements s'imposeront.L'avenir dira si cette tentative fut heureuse.120 Le sens des faits La grève chez Dupais Frères \u2014 Elle s'esl lerminée, le 28 juillet, par la signature d'une convention collective d'un an dont demain nous dira tout le succès.La leçon qui se dégage de cette greve : trois mois d'angoisses pour neuf cents grévistes, atteinte au prestige d'un des plus populaires commerces canadiens-français, nous oblige à souhaiter que dorénavant l'impossible soit fait pour que semblables événements ne se répètent plus.Nous souhaitons également à la Maison Dupuis Frères et à ses employés d'oublier ce pénible incident et de regarder l'avenir avec confiance.Un important mol d'ordre de la Conférence internationale du Travail, Genève \u2014 « Il est indispensable de préserver, dans chaque pays, la liberté et l'indépendance du mouvement syndical, afin de meiire ce dernier en mesure de remplir sa fonction économique et sociale, indépendamment des changements politiques qui peuvent survenir ».Avis aux intéressés ! M.Roger Duhamel \u2014 Il laisse la direciion de « Montréal-Matin » pour assumer la fonction de rédacteur en chef adjoint au journal « La Patrie ».Moins esclave de la littérature de commande ou de parti, il aura là l'occasion de donner sa pleine mesure, dans une liberté de pensée qui servira mieux l'auteur et ses lecteurs.Félicitations et succès ! Le Phare \u2014 Ce magazine des Franco-Américains, suspendu depuis quelque temps, vient de recevoir une injection qui lui assure la durée.M.Henri Crépeau, de Montréal, en accepte la présidence avec ferveur.« Nous voulons que « Le Phare » ait ses 100 000 abonnés d'ici deux ans et il les aura.Nous voulons qu'il devienne le porte-parole de tout mouvement de résistance dans nos luttes et il le sera ».Paroles énergiques et prometteuses Le Ralliement \u2014 Ce Bulletin de l'Association des Educateurs catholiques de Montréal, ainsi que son nom l'indique, tente de rallier sous sa bannière tous les professeurs de la Métropole.Quoique ayant un aumônier, il manque encore à cette Association la majorité syndicale pour s'imposer et protéger ses intérêts professionnels.Malgré bien des efforts méritoires, la maison reste divisée.Arts et pensée \u2014 Juillet-août de cette revue nous apporte la profession d'humilité de l'artiste qui s'intitule « Victoire » ; une analyse de l'œuvre de René Richard enrobée dans Tom Thompson ; une étude originale et forte de René Bergeron sur le scandale de la nouveauté.On y parle aussi de l'art à Granby, à Sainte-Adèle, au Lac Bouchette, et de l'éducation artistique au collège, etc.Excellent exemplaire entièrement consacré à la vie des arts au Canada français.Scrinium \u2014 C'est le nom du bulletin bibliographique du Mouvement international des Intellectuels Catholiques de Pax Romana.Il s'agit d'une bibliographie sélective dont le but est de faciliter la connaissance des manifestations les plus importantes de la pensée contemporaine dans toutes les disciplines fondamentales.Le bulletin est, d'après les matières, divisé en sections.Chaque section contient des comptes rendus d'ouvrages récents qui impliquent une prise de position religieuse, morale ou philosophique.C'est déjà en signaler touie l'importance.L'agence de ce bulletin a été confiée à M.Benoît Baril, 4234, rue de la Roche, Moniréal-34.C'est là qu'il faut s'adresser pour obtenir renseignements et spécimens.121 L esprit des livres R.P.Jean Bousquet, O.P., Lecteur en l héologie \u2014 « Le diable apparaît à Saint-Tristan».Les Editions du Lévrier, Montréal, 1952.19.5 cm.192 pages.Ce n\u2019est pas sans un sursaut d\u2019étonnement que je vis le curé de Saint-Tristan partir à la recherche des infusoires par un matin de février où il faisait un froid à pierre fendre.« Il vieillit, ce brave curé ! », me suis-je dit en moi-même.Je poursuivis quand même la lecture du journal de ce curé de chez nous et je m\u2019aperçus bientôt que le curé de Saint-Tristan n\u2019a rien perdu de son originalité.« Autour du microscope », « Un bolide à Saint-Tristan », « Petite leçon d\u2019astronomie » sont les pages du journal qui reflètent le mieux la merveilleuse intelligence de ce prêtre qui ne laisse jamais échapper une occasion de célébrer devant ses paroissiens la toute-puissance de Dieu, toute-puissance qui se manifeste partout dans la création.Mais, les pages les plus émouvantes du livre s\u2019intitulent « Le mauvais larron » et « Seigneur, défiez-vous de moi » ; le curé nous révèle ici sa belle âme qui, malgré les écarts de Caliban, est une âme de saint.Le journal de notre curé nous prouve encore que ce prêtre est un théologien distingué, un directeur d\u2019âme prudent, un éducateur qui sait dire toute la vérité sur les sujets les plus délicats ! Cet ouvrage du R.P.Bousquet est une autre belle réussite littéraire.Elie Goulet En collaboration \u2014 « Mélanges ofierts en mémoire de Georges Panneton ».Edités par J.P.Vinay.Avant-propos de F.Vézina.Notes, Glossaire et Index.Institut de I raduction, Inc., Secrétariat : 410 avenue Wi seman, Outremont-8, Université de Montréal, 1952.179 pages.Cinq articles rédigés par différents membres de l\u2019Institut de Traductions et offerts en mémoire d\u2019un homme qui avait mis tout son talent et tout son cœur au service d\u2019une cause d\u2019autant plus importante que nous vivons dans un pays officiellement bilingue.Chaque collaborateur de ces Mélanges vient dire à sa façon et selon les techniques de son propre métier ce qu\u2019il pense de l\u2019art délicat par excellence de la transposition des mots et des idées.J\u2019imagine que ces textes, enrichis de notes qui parfois les dominent en importance, vont rendre service à tous ceux qui s\u2019intéressent à la cause si chère à G.Panneton.On trouvera aux pages 153-171 un glossaire qui constitue peut-être la partie la plus originale de ces mélanges, du moins celle qui est susceptible de rendre le plus service au lecteur canadien.Henri Ladurantaye 122 L ESPRIT DES LIVRES A.Meyer « Notre bonne souffrance ».Souvenir d un aumônier d hôpital.Traduit par I abbé L.Brevet.Les Lditions Salvator, Mulhouse, Casterman, Paris, 20 cm.212 pages.Florilège d\u2019anecdotes et de faits authentiques, particulièrement dédié aux membres souffrants du Christ.Récits variés: il y a tant de façons de souffrir !.Souvenirs toujours opportuns : des exemples vécus, contemporains, actuels, ne sont-ils pas plus réconfortants et plus persuasifs que les plus hautes spéculations philosophiques et les plus éloquents discours ?.Message de foi, d\u2019espérance, d\u2019amour.Un livre de chevet pour les vieillards et les infirmes, les pauvres, les orphelins et les abandonnés, pour tous les déshérités de la vie, pour tous les humbles privilégiés de la douleur, pour tous les membres souffrants du corps mystique du Christ, auxquels il rappelle la grandeur et la consolante efficacité de leur mission, de leur apostolat.En collaboration « La Communion solennelle » \u2014 « Noël ».Albums liturgiques.Les Editions Fêtes et Saisons, 29, boul.Latour-Maubourg, Paris-Vif.On y trouve dans un texte simple et conquérant, dans une illustration vivante et engageante, le climat, la doctrine, le cérémonial de cette grande journée qu\u2019est la Communion solennelle.« Noël » nous conduit devant la cheminée, au cœur de la nuit, nous présente nos aïeux les Mages.Que la terre bondisse de joie ! Des signes dans le ciel et sur la terre, etc.En faut-il davantage pour se prosterner devant l\u2019homo factus est ?St.Prosper of Aquitaine «The Call of all Nations ».Translated and annotated by P.de Letter, S.L, Ph.D., S.T.D.(Ancient Christian Writers, No.14).The Newman Press, Westminster, Maryland, 1932.233 pages.Ceux qui se préoccupent des relations entre liberté humaine et grâce divine, ceux qui veulent apprendre par une voix presque augustinienne ce qu\u2019il est requis de croire en une telle question, ce qui est juste de se demander et permis d\u2019imaginer, liront avec profit cette traduction anglaise, qu\u2019acccompagnent 696 notes et références.Prosper d\u2019Aquitaine est du Ve siècle.Son traité a été pendant longtemps attribué à saint Augustin.Coïncidence, qui s\u2019accomode bien d\u2019un ouvrage sur la vocation des Gentils (De vocatione omnium gentium) : le P.de Letter est professeur de théologie dogmatique aux Indes, au St.Mary\u2019s College, à Kurseong.Benoit Lacroix, O.P.123 Revue Dominicaine A.Vincent \u2014 « Le Livre des Juges \u2014> « Amos -\u2014 Osée ».162 pages.Les Editions du Cerf, Paris, 1952.La Sainte Bible traduite en français sous la direction de l\u2019Ecole Biblique de Jérusalem nous présente ces trois volumes qui ne le cèdent en rien aux précédents.On y retrouve toujours la précieuse, l\u2019incomparable introduction, une belle et solide traduction avec notes explicatives au bas des pages pour les passages difficilement intelligibles.Nous ne regrettons rien des éloges déjà faits de cette traduction et présentation.Au contraire ! A.L.Sainte Gertrude \u2014 « Révélations ».Maison Marne, 1 ours.2 vol.550 et 396 pages.19 cm.Ces Révélations tirées des éditions latines des moines de Solesmes et traduites par les moniales de Notre-Dame de Wisques, seront sûrement bien accueillies des âmes pieuses.Après des ouvrages appréciés sur la Vie des Saints, les fidèles liront avec profit les Révélations de sainte Gertrude, sainte du haut moyen âge, dont les écrits, en plus de leur valeur historique, restent d\u2019une très grande actualité.La lecture agréable et facile, étant donné un tel sujet, permet de revenir aux sources du christianisme et de comprendre la continuité de la doctrine chrétienne à travers les erreurs de la Réforme et du Jansénisme.Le culte de l\u2019auteur pour le Cœur Divin, manifesté de nombreux siècles avant celui qui fut marqué par la solennelle consécration au Sacré-Cœur, a valu à sainte Gertrude le titre, donné par Notre-Seigneur lui-même, de « Héraut de l\u2019Amour Divin ».Les âmes pieuses trouveront une réponse à leurs préoccupations actuelles sur les Sacrements et le problème de la Grâce, que sainte Gertrude leur donne à la lumière des Ecritures.Cette œuvre sera pour les communautés religieuses une lecture de choix et pour tous les chrétiens une initiation « aux secrets de l\u2019Amour incompréhensible qui a produit le mystère de l\u2019Incarnation ».C.-J.Gignoux ,\u2014 « L Industrie française ».Vocation de la France.Les Editions Boivin et Cie, 5, rue Palatine, Paris.22 cm.190 pages.Présenté dans une typographie très soignée, agrémenté de 19 héliogravures qui illustrent les principales étapes de l\u2019évolution industrielle française, ce livre fait honneur à Yindnstrie tout court.On regrette cependant de ne pas y trouver le célèbre barrage de Génissiat sur le Rhône.Au chapitre I, on trouve les premiers âges, le régime corporatif, l\u2019avé-nement du mercantilisme.Les Gaulois vaniteux et belliqueux avaient 124 L ESPRIT DES LIVRES besoin d\u2019étoffes de qualité et d\u2019armes solides et ornées.La première vocation industrielle de la France fut donc en conséquence textile et métallurgique.Au chapitre II, Le Colbertisme.Après les guerres qui avaient désorganisé l\u2019industrie, Colbert en poussa la réglementation jusqu\u2019à la tyrannie dans le but de mettre le royaume en état de se suffire à lui-même, sans recourir à l\u2019étranger.Au chapitre III, Financiers et philosophes, le libéralisme économique apparaît.Au chapitre IV, Deux révolutions, on voit la fin du régime corporatif avec la Révolution de 1789 et la grande illusion de 1848 qui permit au socialisme de triompher.Dans les chapitres qui suivent, c\u2019est l\u2019économie moderne qui s\u2019ébauche et s\u2019affirme en des pages palpitantes d\u2019intérêt.Et les conflits de la politique et de l\u2019économique persistent jusqu\u2019à aujourd\u2019hui.Un livre passionnant qui éclaire l\u2019avenir industriel de la France et du monde par les leçons du passé.A.L.Jean d Avignon >\u2014> « Sous le voile des sacrements ».Collection La prédication nouvelle.Les Editions Salvator, Mulhouse et Maison Caster-man, Paris-Tournai.18 cm.248 pages.Cette série d\u2019instructions sur les sacrements n\u2019a pas la prétention d\u2019épuiser le sujet.Désireux d\u2019instruire et d\u2019intéresser les chrétiens d\u2019aujourd\u2019hui l\u2019auteur s\u2019est appliqué à leur montrer que les sacrements sont toujours d\u2019actualité et qu\u2019ils répondent aux besoins éternels du cœur humain.Parlant à des auditeurs dont il connaît la mentalité, il a donné à ses causeries un tour moderne, aussi simple et aussi clair qu\u2019il lui a été possible, pour mettre la théologie à la portée de tous.Loin de cacher par de faciles artifices littéraires la charpente de ses sermons, il l\u2019a, au contraire, affichée dans l\u2019espoir que le lecteur suivrait mieux ainsi ses démonstrations.Selon la méthode de Mgr Tihamer Toth, il a multiplié les anecdotes et les traits, en évitant ceux qu\u2019on trouve d\u2019ordinaire dans les recueils de ce genre et dont l\u2019authenticité n\u2019est pas toujours garantie.Sous le voile des sacrements, en lisant ce volume, on verra l\u2019action du Dieu sanctificateur dans les âmes de ses enfants.René Girard \u2014 « Œuvres et Disques de Beethoven ».Les Editions Fides, Montréal, 1952.21 cm.226 pages.Œuvres et Disques de Beethoven est un beau et grand livre qui met en lumière le caractère humain de la musique du Maître ! Avant de nous ouvrir les portes du temple de la Musique et nous faire entendre les œuvres de Beethoven, René Girard nous introduit dans un portique magnifique où il a peint à fresque le côté humain de la musique du Maître de Bonn.« Beethoven nous offre donc, nous explique l\u2019auteur, une œuvre puissamment organisée, dont les pièces sont aussi grandement différenciées que les membres d\u2019un corps vivant, et agencées, comme ces Revue Dominicaine mêmes membres, par une vie unique qui les produit et se les assujettit, et qui garantit l\u2019unité organique du tout.Par cela même, cette œuvre a des proportions humaines : si elle ne comporte pas ces longues séries de réussites formelles, sans doute heureuses, parfaites même, qu\u2019offrent les génies de la facilité, Bach, Mozart, Haydn, Schubert, elle possède, avec une rigueur aussi grande d\u2019écriture, un visage plus humain, marqué par les passions et les épreuves qui sont le lot commun sur terre, et aussi \u2014 c\u2019est ce qui l\u2019ennoblit surtout \u2014 tendu vers la victoire morale, éclairé par les rayons de la joie trouvée dans le renoncement et la maîtrise de soi-même ».L\u2019auteur passe ensuite à l\u2019analyse de l\u2019œuvre de Beethoven : symphonies, œuvres chorales, lieder, quatuors, concertos.Il sait nous faire saisir par des comparaisons judicieuses, des qualificatifs choisis, la grandeur et l\u2019originalité de l\u2019œuvre du Maître.Cet ouvrage nous fait mieux connaître et plus aimer la musique de Beethoven ! Elie Goulet Gertrude Mathieu « Messages aux Malades ».Les Editions du Lévrier, Montréal, 1952.19.5 cm.96 pages.Ces messages aux malades plairont par la sincérité et la sagesse qui en émanent.Si Mlle Mathieu connaît si bien l\u2019art de parler aux malades, c\u2019est qu\u2019elle a l\u2019expérience de la maladie : « Mon lit blanc, écrit l\u2019auteur, placé près d\u2019une fenêtre, me permet d\u2019admirer la belle nature.La température est idéale, de légers nuages blancs suivent leur course dans le beau firmament bleu.Ce ne sont pas cependant leurs formes gracieuses qui attirent mon attention.Ma vue se pose sur le vert feuillage d\u2019un bel arbre.Le soleil reluit sur chaque feuille.J\u2019observe, je réfléchis.Cet arbre est là, toujours à la même place et, pourtant, il chante la gloire de Dieu.Moi aussi, immobile dans mon lit blanc, je chante la gloire du bon Dieu puisque j\u2019accomplis la Volonté divine ».Gertrude Mathieu nous enseigne qu\u2019il est doux de vivre à l\u2019ombre de la souffrance, à l\u2019ombre de la Croix : pour goûter cette douceur, il faut s\u2019en remettre complètement à la Volonté de Dieu et vivre pleinement et saintement chaque instant de sa vie de malade.Chaque message de ce livre se termine par une courte prière où éclate la foi de l\u2019auteur.Elie Goulet D om Schmitt, Moine de Solesmes \u2014 « La prière cle 1 Eglise pour les malades ».Letkielleux, Paris, 1951.19 cm.160 pages.Ce beau livre devrait se trouver dans tous les foyers.Les malades éprouveront une grande consolation à découvrir la richesse liturgique des prières qui leur sont destinées.Et lorsque le départ pour la maison du Père survient, le petit livre que voici contient des admirables prières de l\u2019Eglise pour les mourants.126 L\u2019esprit des livres Rien de plus émouvant que le texte de ces prières.Voici par exemple YEpitre de saint Jacques lue à la Messe pour les malades : « Mes bien-aimés, quelqu\u2019un parmi vous est-il triste ?qu\u2019il prie.Est-il joyeux ?qu\u2019il chante des psaumes.Quelqu\u2019un parmi vous est-il malade ?qu\u2019il appelle les prêtres de l\u2019Eglise et que ceux-ci prient sur lui, en l\u2019oignant d\u2019huile au nom du Seigneur.Et la prière de la foi sauvera le malade et le Seigneur le soulagera, et s\u2019il a commis des péchés ils lui seront pardonnés.Confessez-vous donc de vos fautes et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris ».Que dire des touchantes prières des agonisants ! Quelle force, quelle conviction émane des Psaumes de la Pénitence ! Toutes ces prières sont tirées du Rituel et du Missel.Les prières de la visite aux malades et de l\u2019administration des derniers sacrements sont reproduites en latin et en français : le livre peut ainsi servir aux prêtres dans leur ministère.Ce livre est destiné non seulement aux malades, mais encore aux prêtres, aux religieuses hospitalières, aux infirmiers et aux infirmières.Elie Goulet Jean Cayrol »\u2014 « Les mille et une nuits du Oirétien ».Collection Notre Monde.Lditions 1 équi, Paris, 1952.18.5 cm.128 pages.Face au Christ sur la Croix, Jean Cayrol se penche sur son âme.Ce chrétien de ce milieu du XXe siècle médite sur la guerre et la paix, la souffrance et la joie, la misère et la richesse.Ces réflexions d\u2019une rare densité nous déroutent un peu par leur accent personnel, mais nous retiennent par la sincérité inquiète qui s\u2019y reflète.Jean Cayrol écrit une langue forte, originale, chargée de sens et pleine de doctrine.Comme un vin vieux, il faut la déguster lentement pour en découvrir toute la richesse ! Elie Goulet 127 Tel.2567\tService de 24 heures NETTOYAGE MODERNE ENRG.A.GOULET ei M.BASTIEN, prop.Nelioyage à sec \u2014 Pressage 64-A, RUE AUGUSTA\tSOREL, P.Q.\tMANUFACTURIERS DE MIROIRS\tTél.4750 VITRERIE P.& J.DUCHESNE ENRG.Plate-Glass de tous genres \u2014 Vitres d\u2019automobiles \u2014 Vitres de construction \u2014 Réparations de vieux miroirs \u2014- Dessus de bureaux en Plate-Glass \u2014 Miroirs de couleurs \u2014 Vitrines de magasin \u2014 Incrustations sur vitres et miroirs 169, Route Marie-Viciorin\tSaint-Joseph-de-Sorel TéL 3582 Compliments de JOHN ZAKAIB MARCHAND 43-45, RUE DU ROI\tSOREL, P.Q.\tTél.2851 AVEC LES COMPLIMENTS de MA STE RC R A FT UNIFORM CO.REG\u2019D.162, PROVOST\tSOREL, P.Q.Tél.3868 ABATTOIR RÉGIONAL DU RICHELIEU LIMITÉE 286, RUE DU COLLÈGE\tSOREL, P.Q.\tTél.5544\tBoîte Postale 159 L.J.TREMPE Bonbons \u2014 Biscuits et Cigarettes EN GROS SEULEMENT 113, CHARLOTTE\tSOREL, P.Q.Tél.660\tTél.Public : 2723 NOUVEL HÔTEL SAINT-CHARLES 0.W.ROCK.PROP.Bière \u2014 Repas \u2014 Chambres 211-213, RUE DU ROI\tSOREL, P.Q.\tTél.2426 Dr J.A.MANÈGRE CHIRURGIEN-DENTISTE 24, BEATRICE\tSAINT-JOSEPH-DE-SOREL i Compliments de\tPrêts d'argent.Administration, Assurances ROBERT VÉRONNEAU, LL.L.NOTAIRE Commissaire de la Cour Supérieure Greffes : Ls.Véronneau.N.P.et A.E.Gladu, N.P.SOREL, P.0.et YAMASKA, P.0.\tSOREL STEEL FOUNDRIES Ltée SOREL, P.Q.HENRI MARTIN, 233, chemin St-Ours Charles-Edouard MILLETTE, 44-A, rue Victoria, Tél.5090 MARTIN & MILLETTE ENRG.Entrepreneurs Electriciens 233.CHEMIN SAINT-OURS\tSOREL.P.Q.\tTél.2473 LUCIEN COURNOYER EMBOUTEILLEUR DES LIQUEURS DOUCES Seven-Up \u2014 Orange Crush \u2014 Kik 34, GORDON\tSAINT-JOSEPH-DE-SOREL HÔTEL-DIEU DE SOREL LES RELIGIEUSES HOSPITALIÈRES DE SAINT-JOSEPH 400, KÔTEL-BIEU\tSOREL, P.0.\tTé!, 5314 JEAN PAUL PROVENCHER PEINTRE 83, LIMOGES\tSOREL, P.Q.Tél.2834 J.-M.PAUL-HUS MANUFACTURIER D'EAUX GAZEUSES S3, RUE DE RAMESAY\tSOREL, P.0.\tCAISSE POPULAIRE DE ST-JOSEPH H.DESALLIERS, GÉRANT Actif : $550 000 \u2014 Prêl sur hypothèque 40, RUE MONTCALM\tSAINT-JOSEPH-BE-S0EEL Service de livraison jour et soir\t« Helena Rubinstein » PHARMACIE RICHELIEU DRUG C.A.ROUSSEAU, B.PH., prop.Spécialité : Prescriptions 32, RUE AUGUSTA\tSOREL, P.Q.\tPour votre appointement, signalez 688 Mme P.Latour, prop.SALON LAURA Permanentes de tous genres -\u2014- Mises en plis Coupe et Teinture de cheveux - 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