Revue dominicaine, 1 décembre 1955, Décembre
[" /f-i3/.?5X '2 REVUE DOAiNiCVlNE J5«,ccav.W.* 1 5S \\ L'ORDRE SOCIAL Les Editions du Lévrier sont heureuses de présenter le nouveau volume du R.Père Michel Doran, O.P., prédicateur et professeur de morale sociale à la faculté de Commerce de l\u2019Université Laval.Les problèmes sociaux sont toujours actuels et retiendront longtemps l\u2019attention des chercheurs.L\u2019auteur a voulu concentrer son effort sur la synthèse de philosophie sociale qu\u2019on peut tirer des œuvres de S.Thomas.Il rappelle les principes de droit naturel qui assurent la protection des personnes, des familles et des sociétés secondaires appelées à composer la société civile.Les hommes s\u2019unissent en société en vue de parvenir au plus parfait développement de leur être et d\u2019assurer la protection de leurs droits.L\u2019ordre social résulte de leur commune tendance vers le bien commun, sous la direction d\u2019une autorité compétente et l\u2019orieiftation de la loi.Le travail de synthèse est remarquable.Il situe la vie sociale dans un contexte moral, et il donne l\u2019éclairage suffisant pour mieux comprendre les relations de l\u2019individu et de l\u2019Etat.Certains développements concernant les droits des personnes, la situation de la famille dans la société et le bien commun nous semblent particulièrement réussis.Tel qu\u2019il se présente, ce livre est appelé à aider les lecteurs désireux de méditer sur la vie sociale et d\u2019aborder les problèmes actuels à la lumière d\u2019une saine philosophie.Il a reçu l\u2019approbation d\u2019éminents professeurs de l\u2019Angelicura.Ouvrage sérieux qui demeure cependant accessible au plus grand nombre.PRIX : $2.50 ETUDES ET RECHERCHES Cahiers de Théologie et de Philosophie Cahier IX Un nouveau cahier des Etudes et Recherches vient de paraître aux Editions du Lévrier.Ce IXe cahier ne le cède en rien aux précédents.Les six articles qu\u2019il contient traitent tous de sujets qui ne peuvent manquer d\u2019intéresser les lecteurs et sont d\u2019une haute tenue scientifique.Le Commentarium in loi d\u2019Allert le Grand et la disputatio (R, P.Antonin Jutras, pp.9-20) nous montre l\u2019originalité du commentaire du maître de saint Thomas sur le livre de Job et la place importante qu\u2019il occupe dans l\u2019histoire de l\u2019exégèse médiévale.Protestantisme et catholicisme.Nature de l\u2019antithèse (pp.21-36) est une contribution de toute première qualité à la question de l\u2019oecuménisme par un spécialiste de la théologie protestante contemporaine le R.P.Jérôme Hamer.Dans l\u2019Homme image de Dieu selon saint Thomas (pp.37-96), le R.P.M.-J.de Beaurecueil présente la suite d\u2019une longue étude de la pensée de saint Thomas sur un thème essentiel de l\u2019anthropologie chrétienne.Le travail du R.P.Louis Lachance sur les Données permanentes du Droit (pp.97-148), situe dans le temps les développements philosophiques dont le droit fut l\u2019objet depuis l\u2019Antiquité.Une note du R.P.Joseph-M.Parent sur la Signification du credere in Deum chez saint Thomas (pp.149-154) nous fait voir, en des réflexions pénétrantes, l\u2019originalité de l\u2019expression thomiste d\u2019une formule augus-tinienne et les conséquences qu\u2019elle entraîne dans le traité de la foi.Enfin, la communication du R.P.Adrien-M.Brunet sur Théodore de Mopsueste et le Cantique des Cantiques (pp.155-170) touche à un point important de l\u2019histoire de l\u2019exégèse.Elle saura sans doute aider à nuancer l\u2019opinion qu\u2019on se fait de la tradition exégétique de ce livre biblique chez les catholiques.Cette revue du contenu du IXe cahier des Etudes et Recherches laisse facilement entrevoir la richesse qu\u2019il contient, et nous ne pouvons qu\u2019en recommander la lecture à tous ceux qu\u2019intéressent les sciences théologiques et philosophiques.PRIX : $3.50 En vente à LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 4170.BOULEVARD DÉCARIE - TÉL.WAlnut 0369* - MONTRÉAL-28 II WVHHVHHWWVWHUMHHWWWVHHVWiMHHVHWVHWWMHWHHWWMHWHHHMWHHWHVWWV Economie et Humanisme Il s\u2019agit d\u2019une maison d\u2019édition, d\u2019une collection de livres et tout à la fois d\u2019une équipe d\u2019hommes d\u2019action sociale.En effet, des religieux et des laïcs se sont groupés dans un même souci d\u2019apporter des solutions concrètes à divers problèmes sociaux et dans le but d\u2019en alerter l\u2019opinion publique.Les livres qu\u2019ils publient sont le reflet de leurs activités et de leurs expériences.Ils y rappellent en formules claires et simples les principes de vraie vie chrétienne.Parmi eux mentionnons le T.R.Père Lebret, un ancien officier de marine, devenu religieux et apôtre des milieux de marine marchande, pêcheurs et matelots.Il a publié toute une série de livres d\u2019information sociale et de spiritualité chrétienne, destinés à tous ceux, jeunes et moins jeunes, qui acceptent des responsabilités dans la reconstruction du monde.Les divers titres des livres du Père Lebret expriment clairement le but poursuivi par l\u2019auteur : la formation de chrétiens et de chefs.Rien d\u2019artificiel ni d\u2019apprêté dans ces pages, mais de la vérité nue, qui donne du courage, une vérité à la fois pratique, philosophique et théologique, de telle sorte qu\u2019on est situé en pleine spiritualité et en pleine action sociale.Sans quitter jamais le concret, se trouver associé à la lutte pour la justice, au sauvetage de l\u2019humanité en détresse, à la rédemption universelle, à la contemplation du plan de Dieu, telle est la spiritualité qui se dégage de ces livres.En somme des livres utiles que l\u2019on est content de lire et de relire.Voici quelques titres : Montée humaine.$1.75 Principes pour l\u2019action.1.25 Action, marche vers Dieu.1.75 Rajeunir l\u2019examen de conscience.1.50 Civilisation.1.75 Appels au Seigneur.2.40 Découverte du bien commun.1.50 Guide du militant.2.00 Propriété et communautés.2.00 En vente à LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 4170, boulevard Décarie \u2014 Montréal-28, P.Q.III AWVVWWWWVWV^WWVWVWWWWVWVVWVW' Tél.2-1239 EUGÈNE BARRY, président O.PICARD & FILS, INCORPORÉE Plomberie, Chauffage.Électricité 7.RUE SIMARD\tQUÉBEC.P.Q.CHARLAND ET BERNARD Ltée Soudure au gaz et à l\u2019électricité de tous les métaux Réparation et nettoyage de radiateurs d\u2019automobile Fabrication de réservoirs 251, 2a AVENUE - TéL 4-2772\t- QUÉBEC, P.Q.La Buanderie Lévis Ltée 670.DE MONTMARTRE.QUÉBEC Tél.7-2505 EMPLOTEZ NOTRE PHOOÉDZ D R A X À L\u2019ÉPREUVE DE L\u2019EAU ET DES TACHES HOMMAGES DE M.J.O\u2019BRIEN Spécialités pour Bâtisses et Constructions Représentant de Truscon Steel Co.of Canada Ltd.Spécialistes en charpente de bâtisse Truscon Laboratories Canada Ltd., Canadian Cork Co.Ltd., K.V.Gardner Ltd.Tél.5992\t13, BUE D'AIGUILLON QUÉBEC, P.Q.COLLET FRÈRES LIMITÉE INGÉNIEURS, CONSTRUCTEURS ET ENTREPRENEURS LA BANQUE CANADIENNE NATIONALE est à vos ordres pour toutes vos opérations de banque et de placement ACTIF, PLUS DE $500 000 000 555 BUREAUX AU CANADA TÉL.3-9472 PHOTO - LITHOGRAPHIE INC.Création et impressions lithographiques en une ou plusieurs couleurs 30, avenue Conway\tQuébec, P.Q.J.A.& M.CÔTÉ LIMITÉE Les plus anciens manufacturiers de chaussures au pays SAINT-HYACINTHE, P.Q.SUCCURSALE À OTTAWA SUITE 103 \u2014 18, RIDEAU Tél.2-9872 QUÉBEC : 89.rue Fleurie Tél.5-7881 SPÉCIALITÉS : OUVRAGES D\u2019ÉGLISES, COUVENTS, ÉCOLES, ÉDIFICES PUBLICS Tél.DOllard 5512 933, RUE ST-ROCH MONTRÉAL LIIÏ1ITEE Québec\tMONTRÉAL\tOttawa Compliments de DAMIEN BOILEAU Ltée, Entrepreneurs 705, Beaumont\tMontréal, P.Q.\tTél.CRescent 4183 LE BOUQUINISTE ENRG.28, rue des Jardins Québec, 4 \u2014 Tél.3-6760 0 Catalogue périodique de livres d\u2019occasion $ Recherche d\u2019ouvrages épuisés 0 Plan spécial de vente aux bibliothèques IV BONNES ADRESSES À CONSULTER Accessoires, appareils Photographiques : CAMERAS, ClNÉ-CAMERAS, PROJECTEURS.LANTERNES À Vues Fixes, Etc.:\t, mtl \u201e An Royaume de la Camera Inc., 3, St-Jean, Tel.3-4327, Québec Accessoires Électriques :\t^ .\t« Bizier & Caron Ltée, 43 à.St-Joeeph, Tél.4-1081, Quebec, P.Q.Northern Electric, Saint-Malo, Tél.7-3423.Quebec, P.Q.Roland Electrique Enrg., 3190, 1ère avenue, Tél.3-0«95, Quebec Actions et Obligations : Gendron, J.T.Inc., 71, rue St-Pierre, Tél.4-2461, Québec, P.Q.Agences Commerciales Diverses =\t, .\t\u201e _ Bouffard, Mme S., 123-A, Fraser, Tél.1156 .Levis, P.Q.Agents d\u2019affaires : Robert Prudent, 390, 20e rue, Limoilou, Tél.2-4027.Quebec Agents Manufacturiers \u2014 Importateurs t Lortie, J.R., 88, boul.Orléans, Tél.2-7736 .Giffard, P.Q.ARCHITECTES :\t\u201e\t., Larue J.-Albert, 6711, Duroeher, Tél.CR.2734 ._ .Montreal Marchand, Jos., 87, des Laurentides, Tél.3-0260, Quebec, P.Q.Arpenteurs-Géomètres et Ingénieurs Forestiers : Bourget, Albert, 860, Des Braves, Tél.2-3848, Québec, P.Q.Boucher, Germain, 72, Ste-Ursule, Tél.6-6166, Quebec, P.Q.Articles de Sports : Le Palais dea Sports, 67, Côte d\u2019Abraham, Tél.3-2341 Québec 419, 3e avenue, Limoilou, Québec, P.Q.Articles Religieux, Jouets.Librairie, Etc.: Kirouac, Marcel, 479, 6e rue, Tél.2-6383 -Québec, P.Q.ARTICLES DE SPORTS & ACCESSOIRES D\u2019AUTOMOBILES « Gravel, Ludger & Fils Ltée, 7905, boul.St-Laurent, Tél.VE.2681, Montréal Ascenseurs :\t\u201e\t\u201e .La Cie F.-X.Drolet, 206, Du Pont, Tél.4-5257, Quebec, P.Q.Assurances Générales : Chalifour, Jean, 299, boul.Charest, Tél.3-9052, Québec, P.Q.Assurance : National Life Assurance Co.î Arsenault, Bona, Gérant, 80, St-Pierre, Tél.2-6785 .Québec Assurance : La Solidarité, Cie D\u2019Assurance-Vie : Siège Social, 71, St-Pierre, suite 607, Tél.5-4917, Québec, P.Q.AUTOBUS : Autobus Lemelin, 101 ouest, Arago, Tél.5-7146, Québec, P.Q.Autobus Ste-Claire, Ste-Justine, St-Narciss« Ltée, 77, boul.Charest, Tél.5-8282, Québec, P.Q.Autobus Gare Saint-Roch, 95, St-Roch, Information : Tél.2-7911, Québec, P.Q.AUTOBUS À LORETTE, AÉRODROME, CHAMPIGNY, LAC St-Joseph, STE-CATHERINE : Drolet, A., Ltée, 605, boul.Charest, Tél.2-8494, Québec, P.Q.Autobus Fournier Limitée : Québec au Camp Val-CARTIER, STE-FOY, LAC ST-CHARLES, ST-RAYMOND : Terminus, 601, boul.Charest, Tél.6182-34, St-Augustin 2-5946 Automobiles \u2014 Vente a Service : Beaulieu, L.P.& Fils, 2650, 1ère avenue, Tél.MA.3-3457, Qué.Giguère Automobile Ltée, 249 est, St-Vallier, Tél.8230, Québec Jarry & Frère Cie Ltée, G.R.Jarry, prés., A.G.Jarry, vice-prés., 7275, St-Laurent, Tél.CR.3141 Montcalm Auto Inc., 901, 1ère av\u201e Tél.2-5676 .Québec, P.Q Automobiles (soüdtoï, débossage, peinture, Etc.) s Ferland, Ludger, 661, 1ère avenue, Tél.4-2920, Québec, P.Q.AVOCATS : Bhérer, Wilbrod, 79, rue d\u2019Auteuil, Tél.2-1281, Québec, P.Q.Boutin, J.Pierre, 80, St-Pierre, Tél.2-7004 .Québec, P.Q.Charbonneau, Charbonneau & Charlebois, HA 1196-1197, 21 ouest, St-Jacques, Montréal, P.Q.Gagné, H.& Chalifour, Paul, 42, rue Sainte-Anne, Tél.3-4468, Québec.P.Q.Miquelon, Paul, 773, boul.Des Chutes, Tél.5-7195, Beauport Honorable Yves Prévost, Ministère des Affaires Municipales, 509, Royale, Tél.MO.3-5314, Beauport, P.Q.Bureau : Tél.2-5608, Québec, P.Q.St-Jacques, Henri, 18, Rideau, Tél.2-5055 .Ottawa, Ont.Banque s Banque Canadienne Nationale, Place d*Armes .Montréal ^ rj,|'p]p T Tl fi \u2022 Limoilou Batterie» Ltée, 249, 2e rue, TéL 5-8228, Québec, P.Q.Bijouterie \u2022.Marcoux, René, 466, de la Couronne, Tél.4-8722, Québec, P.Q.Blocs de Béton, Tailleurs de Pierre : Côté, Valère, Inc., 326, Dorchester, Tél.4-4491, Québec, P.Q.Boucher, Viande de choix : Bégin, W.E., 436, St-Jean, Tél.4-5271 .Québec, P.Q.Boulangers (gâteaux et pâtisseries) : Boulangerie Nationale, boulevard Saint-Sacrement, C.P.62, Québec, P.Q.Gosselin J.B.Inc., 3, rue St-Emile, Tél.855 .Lévis, P.Q.Hethrington, Inc., 358-366, St-Jean, Tél.2-2081, Québec, P.Q.Mercier, Alfred Enrg., 213-215, St-Joseph, Bureau : Tél.TE.7-5313, Lauzon, P.Q.Marquis, Jos.Enrg., 4,138, boul.Sainte-Anne, Tél.MO.3-3418, Ville Montmorency, P.Q.Brûleurs à l\u2019Huile : Desroches, Eug & Fils, 569 ouest, Saint-Vallier, Tél.3-8014, Québec, P.Q.Café, Thé.Confitures : J.A.Désy Ltée, 1469, Delorimier, Tél.FR.2147 .Montréal CHARBON (Anthracite et Bitumineux) : The Canadian Import Co.Ltd., 83, Dalhousie, Tél.2-1221, Québec P.Q.Charbon et Huile à Chauffage : Madden & Fils Ltée, 319, boul.Charest, Tél.4-3578, Québec Chauffage et Plomberie i Couture, Odilon Enrg., 27, Lavigueur, Tél.5-8073, Québec, P.Q.Germain & Frère Ltée, 237, St-Antoine, Tél.76, Trois-Rivières Chauffage et Plomberie (entrepreneur) : Morency, Alphonse, 110, de la Ronde, Tél.3-4590, Québec, P.Q.«Langlais & Frère Inc.», 253, St-Paul, Tél.2-8224, Québec, P.Q.\u201cCHAUFFAGE ET VENTILATION I,IMITÉE\" Chauffage, Réfrigération Ventilation, Électricité : Bouchard, J.-A.-Y.Inc.97, Côte d\u2019Abraham, Tél.4-2421, Québec Chaussurfs\u2022 Leclerc, Georges, 19, St-Joseph, Tél.2-6087.Québec, P.Q.Rousseau, M.J.E., 211_213 est, St-Joseph .Québec, P.Q.Chirurgien.Dentiste = Trottier, Dr Jean, 37, St-Eustache, Tél.3-6675 .Québec.P.Q.Cierges, Chandelles, Bougies : F.Baillargeon Ltée, 51 ouest, Notre-Dame, PL.9467, Montréal Cire à Plancher Liquide et en pâte : Le» Produit» Sylvia Enrg., 187, des Commissaires, Tél.6768, Québec, P.Q.Compliments : Compliments d\u2019un ami : C.et G.Québec, P.Q.Compliments d\u2019un ami : J.E.S.Complimenta d\u2019un ami : J.B.R.et Cie Inc.Compliments d\u2019un ami : P.Québec, P.Q.Compliments de J.M.Québec, P.Q.Compliments d\u2019un ami : J.G.C.Compliments d\u2019un ami : J.G.Don d\u2019un ami : L.T.Succession J.P.Laberge.Un ami de la Revue.Un ami de la Revue : A.D.& Fils Ltée.Comptable Agréé : Turgeon, Paul, 852, St-Vallier, Tél.4-7426 .Québec, P.Q.Comptable Public : Bédard, J.P., 71, rue Saint-Pierre, Tél.2-1412, Québec, P.Q.Juneau, M.Gaston, 1320, 1ère avenue, Tél.5-5601, Limoilou, Qué.Courtiers : Lagueux & Desrochers Ltée, 106, Côte de la Montagne, Tél.2-8271, Québec, P.Q.Courtiers D\u2019Obligations : Boulet, J.Conrad Ltée, 71, rue Saint-Pierre, Tél.2-5618, Québec Dubé, Oscar & Cie Inc., 105, Côte de la Montagne, Tél.2-4061, Québec, P.Q.La Corporation de Prêt» de Québec, 132, St-Pierre C.P.68, Tél.2-4765, Québec, P.Q.V BONNES ADRESSES À CONSULTER Courtiers en Immeubles a Assurances : Leroux, O., 526, 3e avenue, Tél.4-3836 .Québec, P.Q.Décorateur-Ensemblier: Dussault, Roger Limitée, 190 ouest, Grande-Allée, Tél.4-3521, Québec, P.Q.Députés : Angers, Dr Antonio, Alma, P.Q.Bedard, Jean-Jacques, Tél.5-8191 .Charlesbourg, P.Q.Bernatchez, René, Saint-Flavien, Comté de Lotbinière, P.Q.Boudreau, Francis, 42, Sainte-Catherine, Saint-Sauveur, Tél.3-2778, Québec, P.Q.Bourque J.S., 626, rue Bourque, Sherbrooke, P.Q.Coumoyer, Gérard, Avocat, Sorel, P.Q.Fleury, E., M.A.L.(Cultivateur), St-Léonard d\u2019Aston, P.Q.Fox, C.J.W., Foster, Co.Brome, P.Q.Gagnon, Clovis, notaire, Sayabec, Comté Matapédia, P.Q.Gérin, Denis, Coaticook, P.Q.Hamel, René, M.A.L., 569, 5e rue, Tél.2924, Shawinigan, P.Q.Johnson, Daniel, Saint-Pie de Bagot, P.Q.Lemieux, Dr Gérard, Weedon, Comté Wolfe, P.Q.Lévesque, J.R., MAL., prop.(Epicerie Moderne Enrg.), Ste-Anne des Monts, Co.Gaspé-Nord, P.Q.L\u2019honorable T.Labbé, M.A.L.(Epicier en gros), 644, Notre-Dame, Tél.89, Thetford-Mines, P.Q.Marquis, Antonin, 325, 18e rue, Limoilou, Tél 2-2091, Québec Poirier, Docteur Alphés, M.A.L., St-Damien, Bellechasse, P.Q.Pouliot, l\u2019hon.Camille E-, Ministre de la Chasse et des Pêcheries, 53^, rue D\u2019Auteuil, Tél.3-6270, Québec, P.Q.Rivard, L\u2019Hon.Antoine, Solliciteur Général, Tél.4-8411.Local : 863, Hôtel du Gouvernement, Québec, P.Q.Savard, Jules, 1234, William, Tél.2-8246 .Sillery, P.Q.Directeurs de Funérailles : Bouchard Raoul, 320, 6e rue, Limoilou, Tél.4-1113, Québec, P.Q.Cloutier, Chas.Enrg., 174, d\u2019Aiguillon, Tél.6-6210 .Québec Cloutier & Fil», Arthur, 252, rue d\u2019Aiguillon, Tél.2-4088,, Qué.Germain Lépine Ltée, 283, rue St-Vallier, Tél.2-6466, Québec Gilbert et Turgeon Ltée, 9, Commerciale, Tél.7-4767, Lévis, P.Q.ÉCOLES : Bart School, 109, Côte d\u2019Abraham, Tél.2-5889 - 7-6412, Québec Institut Denys, 322, St-Jean, Tél.2-5147 .« .Québec, P.Q.O\u2019Sullivan Business College of Quebec, 31, St-Eustache, Québec, P.Q.ÉDITIONS : Editions du Lévrier, 5375, Av.N.-D.de Grâce, WA.0369, Mtl.Entrepreneurs-Constructeurs : Mobec Ltée, 466, St-Vallier, Tél.2-1297 .Québec, P.Q.Entrepreneurs-Ét.ectriciens : Latulippe, J.-P., 124, Bayard, Tél.2-7644 __ Québec, P.Q.Poulin & Fils Enrg., 5, rue Thomas Chapais, Tél.MU.3-2072, Québec, P.Q.Sylvain Lucien, 486, Ste-Agnès, Tél.2-2987 .Québec, P.Q.Entrepreneurs-Couvreurs : La Rue, D.Limitée, 272, rue du Roi, Tél.3-7500 .Québec Entrepreneurs Généraux : Bédard, Albert, 375, Dorchester, Tél.2-3623 .Québec, P.Q.Dubé et Dubé, 14, Place d\u2019Aiguillon, Tél.3-8322, Québec, P.Q.Lamontagne, F.-X., 417, boulevard Charest, Tél.3-0590, Québec Les Entreprises Bergerville Ltée, 111, Côte de la Montagne, Tél.2-5268, Québec, P.Q.Mathieu & Sylvain, 44, Sainte-Ursule, Tél.2-2240, Québec, P.Q.Parent & Gosselin Enrg., 270, des Oblats, Tél.3-5875, Québec Entrepreneur \u2014 Joints de Gtproc \u2014 Tirage de Joints i Tremblay, Paul-Arthur, 1086, De Fondville, Tél.MO.3-6574, Québec, P.Q.Entrepreneurs de Menuiserie Générale : Bégin, Alphonse, 275, 13e rue, Limoilou, Tél.4-3980 _ Québec Ferronneries d\u2019Art : Les Frères Lebrun, 3065, boul.Royal .- Trois-Rivières, P.Q.Marchand, Adélard, 68, St-Vallier, Tél.2-2370 .Quebec.P.Q.Ferronnerie en Gros : Demers, J.L.Ltée, 57, Commerciale, Zone 5-1070 \u2014 Québec, 5-5177, Lévis, P.Fourrures\u2022 Bernard, Léo, 234 ouest, St-Vallier, Tél.3-1329 .Québec, P.Q.Q.Fourrures, Haute Qualité, Réparation, Voûte : M.J.O.Nadeau, 160, Côte d\u2019Abraham, Tél.2-6429, Quebec Turcotte, N.-Geo., 709 est, boul.Charest, Tél.4-1459, Québec Garages \u2014 Réparations Générales : Garage Paradis Enrg., 78, d'Aiguillon, Tél.2-8777 Québec Tanguay, H., 64, 1ère Avenue .-.Gros Pin, P.Q.Garage \u2014 Réparations Générales de Carrosseries D\u2019Automobiles : Beaulieu & Filion Enrg., 207, Ste-Hélène, Tél.2-2256, Québec Garagistes :\t\u201e \u201e\t_\t_ Fradette, Amédée, 45, Franklin, Tél.\t3-2828 .Québec,\tP\t.Q.Garage Cloutier, 93, boul.Langelier,\tTél.9034 .Quebec,\tP.\tQ.Grain, Foin :\t.\t\u201e\u201e\t_\t_ Corriveau, M.A., 1742, chemin St-Louis .Sillery,\tP.\tQ.Grains, Moulées.Provisions : Larochelle & Fils Inc.65, St-Roch, Tél.6-7494 .Quebec, P.Q.Hôtels : Château Champlain, 401, St-Paul, Tél.2-2061 .Québec, P.Q.Hôtel Louis XIV Ltée, 3, Place Royale, Tél.6-6177, Québec, P Q.Hôtel Montcalm et Restaurant, 161, St-Jean, Tél.2-1287, Québec Hôtel St-Roch, 230, St-Joseph, Tél.2-3921 .Québec.P.Q.Importateurs et Fabricants D\u2019Objets de piété : Génin, Trudeau et Cie., 38 ouest, N.-Dame, LA.2261, Montréal Imprimeurs : Médéric Parent, 50*.St-François, Tél.3-1252 .Québec, P.Q.Bégin, Maurice, 9, Chabot, .Lévis, P.Q.Ingénieurs-Conseils : Demers, Georges 111, des Braves, Tél.3-6736, .Québec P.Q.Ingénieurs-Constructeurs : Komo Construction Ltée, 1600, St-Vallier, Tél.2-6839, Québec Institutrice :\t\u201e _ Sturton, Mlle Ethel, 93, Crémazie, Tél.5-9571 .Quebec, P.Q.Laboratoire Farley \u2014 Hull, P.Q.: Fabricant des « Antalgines » contre les maux de tête.Lait.Crème.Beurre, œufs et fromage : La Ferme St-Laurent Ltée, 6720, Garnier, Tél.CR.2188-89.Montréal Laiterie Artic Ltée, 155, du Sacré-Cœur, Tél.5-7101, Québec Laiterie Borden, 2701, Chemin St-Louis, Tél.7-2551, Québec Laiterie Frontenac, 142, de l'Eglise, Tél.5-7175, Québec, P.Q.La Laiterie Laval Enrg., 875, 4e avenue, Limoilou, Tél.4-3551, Québec, P.Q.La Librairie Dominicaine :\t, 5375, avenue Notre-Dame de Grâce, Tél.WA.0369 .Montreal 96, avenue Empress, Tél.2-7363 \u2014 .-.- Ottawa, Ont.Liqueurs Douces : Coulombe, Alex, Ltée, Embouteilleur autorisé de « Pepsi-Cola », 27, Av.Bigaouette, Tél.5-8485, Québec, P.Q.Magasins à Rayon :\t\u201e ^\t, Dupuis Frères Ltée, Tél.PL.5151 .Montreal Magasin St-Louis Enrg., 26, rue St-Louis.Tél.2-4791, Québec Mozart Ltée, 210-212, St-Joseph, Tél.2-6484 .Québec.P.Q.Entrepreneurs \u2014 Plombiers \u2014 Electriciens : Turcotte & Létoumeau Inc., 270, rue du Roi, Tél.2-5647-8-9, Québec, P.Q.Épiciers : Blouin, Paul, 160, avenue Murray .Québec, P.Q.Épiceries en Gros i Lamarche, J.H.Enrg., 5345, Ferrier, Tél.CR.2155, Montréal Letellier, J.-B.-E.Inc., 112, Dalhousie, Tél.2-3931 .Québec Rioux & Pettigrew, 48, St-Paul, Tél.2-1212 .Québec, P.Q.MAGISTRAT :\t\u201e \u201e Simard, Juge Gérard, Palais de Justice.Tél.4-9290, Quebec Manufacturier de Biscuits : Les Biscuits Dion Inc., 700, 2e rue, Tél.4-4191, Québec, P.Q.Manufacture de Chaussures : Samson, J.E.Inc., 281 est, St-Vallier, Tél.5-8765, Québec Manufacturiers de Portes et Châssis.Bois : Pilon Ltée, 71, boul.du Sacré-Cœur, Tél.PR.7-4348, Hull, P.Q.VI BONNES ADRESSES À CONSULTER Marbre, Terrazzo, Tuile & Ciment : La Ci* de Marbre & Tuile de Québec Ltée, 327, Dorchester.Tél.2-6900, Québec, P.Q.Produits de Salon de Beauté : Lemieux Beauty Products, 16, rue de l'Eglise, Tél.3-6320, Qué.M.A.Lemieux, résidence, Tél.2-3073, Québec, P.Q.Marchand de Bois de Construction : Louis Canac-Marquis Ltée, 25, Marie de l\u2019Incarnation, Tél.MU.3-3628, Quebec Marchand de Fer, Etc.:\t\u201e \u201e Compagnie Chinic, 55, St-Pierre.Tél.2-8293 .Québec.P.Q.Marchand de Fruits :\t\u201e \u201e Vézina, Adélard & FUs Enrg., 71, St-André.Tél.2-6258, Quebec Provisions en Gros : Turgeon, Joseph, 189, Commerciale .Lévis, P.Q Provisions Générales pour Bateaux s Quebec Ship Riggers & Sail Makers Reg\u2019d., 17, Sault-au-Matelot, Tél.3-6717, Québec.P.Q.Professeur de Musique (Guitare, mandohke, violon): Gagnon, T.W., 208, N.-D.des Anges, Tél.2-3700, Québec, P.Q Marchand de Meubles : Cantin, J.-W., 74 ouest, St-Joseph.Tél.8007.Québec .P.Q.Marchand de Sablei La Compagnie de Sable Ltée,, 20, Tél.3e avenue, 4-2232-2-6722, Québec.P.Q.Marchand de Tapis :\t\u201e Rochette, Emilien, 352 est, Saint-Vallier, Tél.2-5233, Québec Matelas s Matelas Frontenac, 223, Boisseau, Tél.5-5347, Québec, P.Q.Maternité Privée : Ouellette, Mme J.T\u201e 10 d'Artigny, Tél.2-1966, Québec, P.Q.Médecins : Auger, Dr Antonio, 159, St-Joseph, Alma, Lac St-Jean, P.Q.Castonguay, Dr E.-J., 4231 est, Ste-Catherine, CH.0660, Mtl.Gratton, Dr Albert, 781, du Couvent, Tél.WE.6476, Montréal Membres Artificiels : Duckett, J, A., 3651, Park Ave.Tél.HArbour 0630, Montréal Mercerie pour Hommes : Julien, Albert, 556, 3e avenue, Limoilou, Tél.4-9474, Québec Négociant en Gros D\u2019Appareils Électriques : Vandry Inc., 470, des Capucins, Tél.2-5656 .Québec, P.Q.Négociant en Gros (épiceries, farine, grain) : Bégin, Noël Inc., 94, Commerciale, Tél.Lévis, 176, Québec, 6-9686 Négociants en Gros : (BISCUITS, CHOCOLATS, TABAC, CIGARETTES) Vermette, M.F., 671, rue St-Bernard, Tél.5-7270, Québec, P.Q.Nettoyeurs et Teinturiers : Ferland, P.Inc., 157, Du Pont, Tél.4-3631 .Québec, P.Q.Notaires : Baillargeon & Baillargeon, 38, des Jardins, Tél.2-1390, Québec Bélanger, Raymond, 32, de la Couronne, Tél.3-5352, Québec Demers & Demers, 16 est, rue Saint-Joseph, Tél.5-7785, Québec Labrèche et Labrèche, 10 ouest, St-Jacques, MA.3373, Montréal Pouliot, Couillard & Jobin, 230, avenue des Oblats Tél.5-4817, Québec.P.Q.Opticiens D\u2019Ordonnances : Derouin, O.L., 37, Metcalfe, Tél.2-4976 .Ottawa, Ont.Optométristes et Opticiens : Beaulieu, Rémy, 94, de la Couronne, Tél.4-2413, Québec, P.Q.Pâtisserie \u2014 Pain : Jo«.Vaillancourt Inc., 356-358, St-Joseph, Tél.2-2085, Québec Peinture \u2014 Tapisserie : Gauthier Ltée, 292, rue Saint-Joseph, Tél.4-4626, Québec, P.Q.Pharmaciens : Pharmacie P.-H.Soucy, 85, Cartier, Tél.2-1235, Québec, P.Q.Pharmaciens f.n Gros : Ontario Medical Supply, 113, Clarence, Tél.2-5309, Ottawa, Ont, Gérant : J.-André Gaulin, Dist.pour Casgrain & Charbonneau Photographie : Saint-Pierre, Paul, 310, De La Salle, Tél.3-9147, Québec, P.Q.Placage Industriel Chrôme : Garand & Thibault Enrg., 15, D\u2019Argenson .Québec, P.Q.Plombier : Chiquette, R.et Fils Inc., 428, de la Reine, Tél.4-3782, Québec Pneus : Michaud Tire Service Ltée 207, de la Couronne, Tél 3-3901, Québec, P.Q.Quincaillerie Générale : Cantin & Fils Ltée, 555, St-Vallier, Tél.5-7123, Québec, P.Q.Grégoire, J.-R., 3605 est, Ontario, Tél.FA.1167-68.Montréal Quincaillerie en Gros et Détail : Lemieux, Jos.-E.Enrg.Québec, P.Q Quincaillerie et Ferronnerie i Terreau Racine Ltée, 196-220, St-Paul, Tél.2-2711 .Québec Radio Technicien \u2014 Haut-Parleur : Gagnon, Jean-Paul, 960, 1ère avenue, Tél.2-1735, Québec, P.Q.Réfrigérateurs : Brindamour, W., 415, 1ère rue, Tél.3-2449 .Québec, P.Q.Restaurants : Arsenault, Arthur, 1402, de la Canardière, Tél.4-8855, Québec Restaurant Bastogne Enrg., 350, boul.Ste-Anne, Beauport, P.Q.Beaver Ltée et Hôtel Castor, 66, St-Jean, Tél.2-0170, Québec Boulevard Restaurant, 3830, Décarie, Tél.DE.0097 .Montréal Child\u2019s Good Food, 2i, St-Joseph, Tél.2-0189 .Québec, P.Q.Chez Marino Enrg., 34, Dauphine, Tél.3-0675 .Québec, P.Q.George\u2019s Grill Reg\u2019d., 28-82, St-Louis, Tél.4-1230, Québec, P.Q.Kerhulu, 22, de la Fabrique, Tél.2-6401 .Québec, P.Q.Laurentien, Place Youville.Tél.2-3635 .Québec, P.Q.Restaurant Café Buade, 31, Buade .Québec, P.Q.Nick\u2019s Chicken Barbecue, 22, Côte du Palais, Tél.4-0508, Québec The Old Homestead Hotel, 16-20, Ste-Anne.Tél.4-1849, Québec Taxis : Taxis Maguire Enrg., 1463, Maguire, Tél.3-1474, Sillery, Qué.Teinturerie : Teinturerie Française, 1480, De la Canardière, Tél.4-4681, Qué.TERRA-COTTA : Montreal Terra-Cotta Ltd., 1010 ouest, Ste-Catherine, MA.6912, Montréal Valises et Bois de Construction : Ruel, Edouard, Ltée, 416, St-Joseph, Tél.7-6114, Lauzon, P.Q.Viande Gros et Détail : Lafleur AJp.Ltée, 350, 5ième rue, Tél.4-3524, Québec, P.Q.Viandes et Provisions en Gros : Sylvain, Edmond, 70, Dorchester, C.P.1905, Tél.2-2085, Qué.Vinaigre : La Cie de Vinaigre Lion Ltée, 115, Renaud, Tél.3-0405, Québec Vitres et Peinture : Franklin Glas* & Paint Co., Centre industriel no 5, Saint-Malo, Tél.2-4982.Québec, P.Q.L\u2019EXPÉRIENCE N\u2019A PAS DE PRIX Bien que nous soyons des spécialistes en chauffage-plomberie pour hôpitaux, églises, maisons d\u2019enseignement, bâtiments industriels, nous ne négligeons pas pour tout cela les particuliers.Construisez - vous ?Avez-vous des réparations à faire exécuter chez vous ?Nous mettons à la portée de toutes les bourses l\u2019expérience de nos techniciens et de nos ouvriers spécialisés.Nous apportons la même conscience professionnelle aux travaux de grande comme de moindre importance.Tél.marquette 4107 360 EST, RUE RACHEL\tMONTRÉAL CHAUFFAGE-PLOMBERIE QQO OOO OOO OOO Pionniers du véritable chauffage par rayonnement au Canada VII Sommaire Décembre 1955 J.-P.Audet, O.P.; Encore ces vieux récits Notre lecture des récits évangéliques de l\u2019enfance et le sens que nous donnons au mystère de^ Noël sont liés, concrètement, à la représentation que nous nous faisons de la personne de Jésus.Quelle est-elle Que vaut-elle \u201c?V.Harvey, O.P.: Noël au fil du temps Origine et développement de Noël au cours des siècles.Notre Noël est-il en l\u2019état où il ne soit plus opportun de regarder vers les exemples, et les expériences, du passé A.Poirier, O.P.: Noël chanté Quarante chants de Noël analysés du point de vue de l\u2019image qu\u2019ils nous proposent du mystère de Noël.Suggestions pour notre Noël chanté.S.Dansereau-Dorais et L.Dorais : Le visage de Noël parmi nous Le Noël de l\u2019homme moyen, ou du chrétien moyen, sous le filet publicitaire.Suggestions pratiques pour le Noël au foyer.A.de Fallandre : Noël aux enfants Une expérience de Noël préparé dans l\u2019esprit de la liturgie, faite sur un groupe d\u2019enfants.Conditions de l\u2019initiation de l\u2019enfance au mystère de la naissance de Jésus.Le sens des faits B.Lacroix, O.P.: « In memoriam : Th.-A.Audet, O.P.».La Direction : « Les jours de Fête, tu ne magasineras pas ».A.Lamarche, O.P.: « Le miracle canadien-français d\u2019après Réalités ».Nina Greenwood : « La Biennale de l\u2019Information à Evian ».Michel Gavrel : « Marcel Marceau ».L esprit des livres Michel Doran.O.P.: «L\u2019Ordre social» (F.-M.Drouin).Edouard Montpetit : « Souvenirs III » (A.L.).Ch.G.Panneton : «Le Ciel ou l\u2019Enfer» (A.L.).Gabrielle Roy : «Rue Deschambault » (Guy Robert).Michel Mourre : «Lamennais ou 1 hérésie des temps modernes» (G.R.).Table des matières de juillet à décembre 1955. REVUE DOMINICAINE Directeur : R.P.ANTONIN LAMARCHE, O.P.Maison Montmorency, Courville (Québec), P.Q.Vol.LXI\tTome II\tDécembre 1955 Noëls intimes Qui LEMPORTERA : LA PUBLICITE OU LE FOLKLORE ?Noël s est acquis une sorte Je privilège dans notre conscience chrétienne.Au milieu de l abaissement de notre liturgie domestique, il demeure la seule « fête » véritablement articulée à la vie familiale, de l enfance à la vieillesse.C est sans doute un honneur, encore qu on puisse regretter que le dimanche, dont les liens originels à la vie domestique furent encore plus étroits, ait dû être dans le même temps ressenti chez un grand nombre comme une simple « obligation » d aller à V« église ».La situation de Pâques, à cet égard, n\u2019est peut-être pas beaucoup meilleure.Mais c est un fait : il y a des Noëls intimes.Il est vrai que le privilège ne va pas sans risques plutôt sérieux.D\u2019énormes pressions s\u2019exercent sur les Noëls du foyer par cela même qu\u2019ils ont noué une multitude de liens dans les sentiments plus ou moins mêlés qui conduisent notre vie de chaque jour.Le sous-titre distingue deux de ces pressions : celles de la publicité et du folklore.Que les folkloristes soient sans inquiétude ! Nous ne pensons ici au folklore que pour autant que, selon une loi d évolution bien connue, il recueille les éléments dégradés que lui transmet inconsciem- 257 Revue Dominicaine ment une religion, les intègre à ses formes, à ses thèmes et à ses cycles, les pénètre d une charge émotive nouvelle (et d\u2019une tout autre qualité), où ce qui était foi, culte et religion authentiques va se fondre dans la légende, les contes, la chanson, les usages collectifs, les traits de mœurs, etc.A considérer le visage de Noël parmi nous, et en premier lieu son visage urbain, il nous a paru opportun d attirer l\u2019attention sur une dégradation qui ferait, à peu près fatalement, tomber notre Noël intime dans le folklore.Celui-ci est un bien de la nation, ou du groupe ethnique, et d ailleurs précieux ; sa valeur doit être jugée, dans son ordre propre, en fonction de la cité et de la culture.Le mystère liturgique, auquel appartient la célébration de la naissance de Jésus, est au contraire un bien inaliénable du royaume de Dieu.Comme le folklore, la publicité est non seulement un fait mais une force active, dont l\u2019effet sur les Noëls intimes, en particulier, ne saurait être abandonné à son propre poids.La publicité commerciale considère les moments liturgiques comme des « saisons » de vente.Elle constitue, par rapport à eux, une sorte d\u2019excroissance parasitaire, dont la voracité tend à absorber, chez ceux qu elle touche, cela même dont elle est le parasite.(Saint-Valentin, Saint-Patrick : quelle révélation psychologique dans le seul choix de ces deux saints l).Or, il n y a pas de publicité sans suggestions et sans images émotives.Et c est ici que les choses risquent de se gâter pour la conscience chrétienne.Car, pour être efficaces, les suggestions et les images doivent répondre au dénominateur commun de la clientèle.Si cette clientèle est très disparate, à tous égards, comme il arrive dans les grandes agglomérations urbaines, on voit ce qui se produit.L évocation liturgique sous-jacente aux suggestions et aux images publicitaires rejette spontanément, comme un poids mort, ses caractères chrétiens les plus distinctifs.Ce qui reste alors n a plus de nom que dans le folklore.Bref, la question que nous nous sommes posée est celle-ci : Est-ce la liturgie de Noël qui, par sa force et sa plénitude propres, se répand saine- 258 Revue Dominicaine ment en formes et en manifestations diverses jusque dans le foyer ?ou bien, le mystère liturgique étant faible, n\u2019est-ce pas, du moins en partie, le folklore qui, lui, favorisé par la publicité, et du reste suffisamment vigoureux par lui-même, reproduit, à l occasion de Noël, les manifestations et les formes de réjouissances qui répondent aux énergies émotives propres qu\u2019il met en jeu ?Est-il besoin d ajouter que la réponse ici donnée à cette question ne prétend pas être exhaustive ?On ne peut tout dire en quelques pages sur un sujet qui demanderait un volume.Dans les limites où nous nous sommes tenus, il restait néanmoins place pour quelque lucidité.S il nous est arrivé plus d une fois de juger la situation actuelle, nos critiques elles-mêmes, dans les prolongements de notre pensée tout au moins, avaient une portée positive.Ce numéro spécial est ainsi offert à tous ceux, clercs et laïcs, qu\u2019un juste souci de la qualité de notre vie chrétienne avertit qu il n\u2019est pas encore temps de sommeiller. Encore ces vieux récits Nous avons beaucoup de scrupules, sauf apparemment, ceux de la précision.Rien ne semble, en tout cas, plus volontiers lâché, abandonné au poids de I habitude, que I expression de notre conscience chrétienne.Il n est que d observer, à cet égard, la sorte d équilibre que présente I ensemble de nos gestes et attitudes rituels.Songe-t-on qu ils nous composent un certain visage, à nos propres yeux comme aux yeux de « ceux du dehors », dont le comble de la naïveté serait de croire qu\u2019il est indifférent ?Notre attitude individuelle et collective la plus spontanée paraît être I agenouillement.Combien ont réfléchi au témoignage qu\u2019une telle attitude rendait à leur conscience ?Le phénomène porte un indice de la qualité de notre religion.* * * Mais soyons discrets.Je n ai d ailleurs apporté cette observation que pour le bénéfice tout occasionnel de mon propos.Car, dès qu on y regarde d\u2019un peu près, on ne peut manquer d\u2019être frappé par la corrélation des symptômes.L\u2019expression parlée de notre conscience est encore plus lâchée que son expression plastique.Mais le mal est du même ordre.Si nous sommes sensibles, et souvent jusqu\u2019à l\u2019excès, à une certaine rectitude « morale », lourdement inclinée du côté des valeurs de la tempérance (boire, sexualité surtout), nous nous montrons, en revanche, habituellement fort peu soucieux de notre rectitude théologale, dans la foi, et plus encore peut-être, dans I espérance, cette part la plus mal administrée de notre héritage baptismal.A celui qui voudrait se rendre compte par lui-même, je recommanderais une observation attentive et soutenue de notre emploi courant des noms sous lesquels nous parlons de Dieu (où, le nom de Père ?), de Jésus (qui discernera jamais ses titres essentiels parmi la vague nomenclature où la plupart d entre nous ne semblent aller puiser que pour varier le style ?), et de I Esprit (au vrai, en parlons-nous beaucoup en dehors 260 Encore ces vieux récits des occasions où nous sommes commandés de 1 extérieur ?).Un fait, en particulier, paraît extrêmement significatif.C est que le nom de Jésus, employé seul, se maintienne avec peine dans 1 usage spontané de notre langue religieuse.Le phénomène est obscur, tout chargé de réticences issues du subconscient, et par suite, très difficile à analyser.Mais, quoi qu il en soit pour le moment des nuances, on voit comment il se produit, lorsqu on fait attention à un détail à première vue sans portée.Autant, en effet, I emploi du nom de Jésus, sans détermination ni qualification («Jésus-Christ»), est relativement instable et rare dans la langue religieuse des adultes, autant ceux-ci, au contraire, le prodiguent sans embarras dans I initiation enfantine.Croit-on qu\u2019un tel renversement soit dû au hasard ?Si 1 on ne craignait de paraître simplifier outre mesure un phénomène de conscience en réalité très complexe, on fixerait la courbe d évolution actuelle de notre langue théologale dans cette formule : le « Petit Jésus » pour les enfants et le « Bon Dieu » pour les « grandes personnes » (synonymes d adultes ?).Je ne sais si quelqu\u2019un a déjà réfléchi à la qualité de la maturité chrétienne qui pouvait généralement s instaurer entre les deux extrémités de cette courbe, et ce qui paraît grave, en partie tout au moins aux dépens de son premier terme.II serait facile de montrer que le phénomène dépasse de beaucoup les simples curiosités linguistiques.II s agit, en réalité, d un immense et très sérieux fait de conscience, dont les particularités linguistiques qui viennent d\u2019être signalées, ne sont précisément qu un reflet.Ceux qui se sont penchés sur I histoire du christianisme peuvent en apercevoir les véritables dimensions, dans les perspectives d un passé maintenant lointain.N inquiétons cependant personne.Comme tout le monde, nous n aimons pas trop que n importe quel prospecteur de conscience vienne un jour pratiquer, sans pitié, les plus rudes sondages dans les replis de nos cœurs.II ne faudrait pourtant pas non plus que nous nous fassions trop d illusions, et que nous nous mettions à rechercher bêtement la tranquillité pour elle-même.Le risque le plus cruel, à la longue, et le plus 261 Revue Dominicaine décevant, est le risque en pantoufles.Aussi tien la sollicitude pastorale est-elle autre ctose que l\u2019intérêt, déjà très digne, du psyctologue pour son ckamp de reckercke.Moins détacké, et plus actif, son amour, il me semkle, n\u2019a que de très kumkles regards et d infinies pitiés pour le mal dont nous souffrons.* * * Dois-je m excuser d un aussi long détour pour arriver à ces récits fort connus que sont, dans nos évangiles, la naissance de Jésus et les quelques événements qui 1 ont entourée, tellement discrets, avec si peu de prétention à secouer 1 éternelle torpeur des kommes ?C est évidemment que j\u2019ai vu un lien entre notre usage du nom de Jésus, comme témoin d une certaine qualité de conscience tkéologale ckrétienne, notre lecture courante du cycle de I enfance de Jésus dans les évangiles et, d une manière générale, notre interprétation du mystère de Noël.Comme on pouvait s\u2019y attendre, il y a, en effet, corrélation entre ces trois lignes de manifestation spontanée de notre conscience profonde, et une corrélation si étroite qu il m a paru difficile d évoquer ici de nouveau les vieux récits de Mattkieu et de Luc en feignant d ignorer le reste.Concrètement, notre lecture des récits évangéliques de la naissance et la signification que nous donnons à Noël sont inséparakles, en nous, de la représentation que nous nous faisons de la personne de Jésus.Or, à en juger par l\u2019usage de notre langue tkéologale courante, il faut kien reconnaître que cette représentation, non seulement demeure très vague mais tend comme à se dissoudre, avec 1 âge, dans cette sorte de réceptacle de la divinité que les « grandes personnes » appellent le « Bon Dieu ».D une manière assez paradoxale, il arrive ainsi que ce sont les enfants, à qui 1 on donne I initiation religieuse et à qui, en particulier, on se plaît à présenter le mystère de Noël, qui kénéficient du contact le plus pur et le plus direct avec la personne de Jésus.Mais, justement, ce contact est à la mesure de leur âge et Jésus est, en réalité, pour eux, le « Petit Jés us ».II est clair qu un enfant ne peut en rester là.Ce qui se produira alors, dans 262 Encore ces vieux récits son évolution, dépendra de beaucoup de facteurs, trop nombreux et trop complexes pour que je puisse songer même à les mentionner ici.Un fait, cependant, me semble certain, assez simple d ailleurs pour qu il me soit permis de le suggérer brièvement.II y a danger, en effet, que I expérience religieuse de I enfance, passant dans la conscience à son premier éveil sous le signe du « Petit Jésus », suive la voie d autres expériences enfantines et, sans qu on s en rende compte, soit « réduite » par diverses expériences de la maturité, parfois d ordre religieux mais le plus souvent d un autre ordre, qui la font peu à peu apparaître, non seulement comme enfantine mais comme puérile, jusqu à ce que bientôt peut-être, dans I incertitude de la conscience, elle n\u2019ose même plus se produire en surface.Comme, d autre part, rien ne se perd, c\u2019est le subconscient qui la recueille.De là, semble-t-il, bien des réticences d âge mûr sur le nom de Jésus, y compris de « curieuses » particularités de notre langue théologale familière ; bien des silences aussi et bien des substitutions, en apparence banals, pour ne rien dire, bêlas 1 des causes lointaines de francs échecs d une « première éducation religieuse très soignée ».* * * Une lecture des récits évangéliques de l enfance et une interprétation du mystère de Noël qui oscillent toutes deux entre « Le Petit Jésus est venu au monde à Bethléem dans une étable » et « Le Bon Dieu s est fait homme pour nous arracher à l\u2019esclavage de Satan », ou autres formules du même type : est-ce tout à fait ce qu\u2019il faut à notre espérance et à notre foi, pour qu elles parviennent, avant qu il ne soit trop tard, à cette intelligence d elles-mêmes sans quoi c est toute la conscience religieuse qui peu à peu se dégrade dans la convention et I habitude, et au delà, dans tous les abus du sacré, la superstition et la magie ?Mettons que I essentiel demeure sauf.Nos tranquillités distraites, et souvent pharisaïques, sont-elles justifiées pour autant ?N avons-nous plus rien à demander, non plus, à ceux qui furent les premiers et les plus purs témoins de F évangile ?265 Revue Dominicaine On ne remarque pas assez, en général, que les récits de Matthieu et de Luc sont apparus, dans la tradition évangélique, en sens inverse de I ordre suivant lequel nous les lisons dans les textes et que 1 initiation religieuse de notre enfance nous a rendu si familier.L\u2019évangile fut d abord, en effet, un « message » porté, de la part de Dieu, à la connaissance publique, beaucoup plus qu une « histoire » qu on se serait racontée les uns aux autres entre disciples et amis, comme pour perpétuer, dans ce cercle restreint, I enseignement et le souvenir d un maître disparu.C est à ce caractère primitif de « message », du reste, que I évan-gile a été redevable, à 1 origine, cl une bonne partie de sa puissance de ckoc et de pénétration.11 est douteux qu une « histoire », si merveilleuse qu elle puisse nous paraître à distance, eût jamais réussi à se frayer une voie aussi dramatique et bouleversante parmi les hommes.Quoi qu il en soit, I évangile fut, dès la première heure, et de mieux en mieux dans la suite, compris de fait comme un message.Ce message, réduit à I essentiel, proclamait un événement, invitait à 1 accueillir dans I espérance et la foi, comme la suprême révélation de la bienveillance de Dieu à 1 égard des hommes et le dernier accomplissement d un dessein, dont la manifestation la plus ancienne avait été cette faveur même dans laquelle la création tout entière baigne depuis le commencement : «Dieu vit tout ce qu\u2019il avait fait : c était très bon » (Genèse, 1, 31 ).Lorsque la circonstance 1 exigeait, cela d ailleurs pouvait se dire en quelques phrases comme celles-ci, que j emprunte au premier discours de Pierre à Jérusalem : « Israélites, écoutez ces paroles.Jésus de Nazareth, cet homme que Dieu a accrédité auprès de vous par les miracles, prodiges et signes qu\u2019il a opérés par lui au milieu de vous, ainsi que vous le savez vous-mêmes, cet homme qui avait été livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l\u2019avez pris et fait mourir en le clouant à la croix par la main des païens, mais Dieu I a ressuscité., nous en sommes témoins.Et maintenant, exalté par la puissance de Dieu (allusion au retour de Jésus auprès de son Père), il a reçu du Père 264 Encore ces vieux récits IEsprit-Saint, objet de la promesse, et il l a répandu.C est là ce que vous voyez et entendez.Que toute la maison d Israël le sache donc avec certitude : Dieu I a fait Seigneur et Christ (Messie), ce Jésus que vous, vous avez crucifié.Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus (le) Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint-Esprit.Car c est pour vous qu\u2019est la promesse (du don de I Esprit), ainsi que pour vos descendants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera » (Actes, 2, 22-39).Dans la perspective où nous sommes placés, le trait le plus remarquable de ce discours, véritable substance du message évangélique, ce sont assurément les limites dans lesquelles il s est spontanément enfermé.Pierre ne prend pas son point de départ de Bethléem, et donc de la naissance de Jésus, mais de Nazareth, c est-à-dire, du moment où Jésus, quittant son village, est allé trouver Jean pour être baptisé par lui dans le Jourdain.De là, à travers une rapide allusion aux « signes » sur lesquels Jésus a appuyé sa parole, la pensée se porte tout droit vers les événements de la fin : mort (pour la rémission des péchés), mais surtout résurrection, exaltation de Jésus auprès de Dieu (le Père, toujours), et don de 1 Esprit à tous ceux qui croient, en accomplissement de la promesse, en achèvement de tous les signes antérieurs de bienveillance, et comme en anticipation d une vie nouvelle auprès de Dieu, à 1 exemple de Jésus lui-même \\ Or, ces limites ne sont pas accidentelles au discours de Pierre : elles font partie de 1 intelligence la plus profonde que les premiers témoins ont eue de 1 événement évangélique.Elles touchent, en effet, aux « temps » et aux « moments » suivant lesquels ils avaient vu s accomplir 1.L\u2019évangile est «vie», en ce sens, et non «mort».C\u2019est une «bonne nouvelle» : le croirait-on *?\u2014 O vous qui vous interrogez sur la vie, croyez à la « bonne nouvelle », « car la vie s\u2019est manifestée \u2014 nous l\u2019avons vue, nous en rendons témoignage \u2014 et nous vous annonçons cette vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous est apparue.Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l\u2019annonçons, afin que vous soyez en communion avec nous.Quant à nous, la communion (de notre pensée et de notre espérance) est avec le Père et avec le Fils, Jésus (le) Christ.Tout ceci, nous vous l\u2019écrivons pour que votre joie soit complète» (1 Jean, 1, 2-4). Revue Dominicaine le dessein de Dieu.Aussi Lien n\u2019est-on pas étonné de constater, après cela, qu elles coïncident exactement avec les limites des évangiles écrits : la propkétie de Jean et le Laptême de Jésus, d\u2019un côté, la mort et la résurrection, de l\u2019autre, avec, en perspective prochaine, I annonce du retour auprès du Père et du don de l\u2019Esprit.Le fait est clair pour le deuxième et le quatrième évangiles, Marc et Jean.Les deux autres, Matthieu et Luc, n\u2019offrent qu\u2019une exception apparente.Car I analyse interne n est pas embarrassée de montrer, et tous les théologiens compétents admettent, que les récits de l\u2019enfance qui, dans Matthieu et Luc, précèdent I inauguration de l\u2019évangile, n\u2019ont pas fait partie du « message » évangélique primitif.Ils constituent justement une « histoire », ajoutée par deux des évangélistes comme en avant-propos à I évangile proprement dit, et conçue ainsi beaucoup moins pour I « annonce » publique que pour la \u2014> la plus froide et la plus sombre.,\u2014- (C\u2019est le moment de faire passer deux vers se terminant par indigence et innocence).Vous vous cachez en vain, beauté suprême, Jésus enfant divin.Nous savons : vous êtes le puissant roi des cieux, descendu dans ces lieux, I auteur de la nature, Dieu fait Enfant, qui nous rend la vie.Satan s enfuit, I enfer est dompté, le Noël chanté monde aussi est vaincu (le monde et Satan, s entend, car le monde, lui, est racheté.: vous saisissez ?).C est simple : I œuvre du Messie est terminée, il lui aura suffi de naître.Pour nous, plus d\u2019alarmes, faisons sécker nos larmes (la rime toujours), la vie aura pour nous bien des ckarmes (fatalement).Que j aime ce divin enfant, qui me prêcke, par son kumilité ! Je l\u2019aime, je l\u2019aime, c\u2019est l\u2019amour même.Qu\u2019il soit notre partage.Ckantons Noël ».* * * Le deuxième groupe de Noëls que nous avons analysé, apporte quelques idées nouvelles, mais en général se meut encore dans le cadre des tableaux évoqués par Luc N La langue, sans être originale, est cependant meilleure.II semble que I on veuille s\u2019élever vers une conception plus adulte du mystère.Moins de ces exclamations sentimentales sur la beauté ou le sourire de 1 Enfant, moins d apitoiement sur son dénûment.Le flou des idées commandées par la rime n\u2019est plus aussi constant.Nous sommes loin encore clu texte exempt de reproches, mais cela repose des cantiques du premier groupe.Du point de vue mélodique aussi, il y a progrès : style plus dépouillé, étranger à toute emphase.Le bon goût français reprend ses droits.Les traces de romance ou d\u2019air d opéra ont disparu.Les bergers accourent toujours, les anges sont là aussi.Il y a beaucoup de musique et de chant.On chante les louanges de lEternel.L Enfant est couché dans son étable, couvert de langes., comme il se 13.Quelques éditeurs français (Musique et Liturgie, le Chalet, le Seuil, l\u2019Union des Œuvres) se sont entendus pour publier sur fiches séparées les cantiques qu\u2019ils avaient fait paraître déjà, pour la plupart, en recueils.Un système de cotation indique la catégorie des divers chants (ainsi tous les chants de Noël sont classés sous la lettre F).Nous donnons ici le renvoi à ces fiches.Nous donnons aussi l\u2019origine de la pièce ou le nom du compositeur, quand ils sont connus : Tout le ciel reluit (Noël d\u2019Auvergne), F 24 ; Voici dans notre nuit (Noël limousin), F 34 ; C est minuit ! profond mystère (Bach), F 12 ; 0 doux Jésus, Sauveur du monde (Bach), F 16 ; Peuple fidèle (adaptation de YAdeste fideles), F 5 ; Qu avez-vous vu, bergers ?(Cl.Rozier ) F 1 ; En cette nuit, F 10 ; Un petit enfant nous est né (A.Hue), F 14 ; Vite, levez-vous, doux pastoureaux (M.Aubanel), F 19 ; D'où vient qu'en cette nuitée (1553), F 7 ; Silence, ciel ! F 27 ; Couché dans une crèche (L.-R.Brice) F 6 ; Dieu très bon, Dieu Sauveur (Dom Déprez), F 28.Nous ajoutons ici, pour être plus complet, trois Noëls qui ont trait au voyage des mages : ils n\u2019entrent pas dans le cadre de notre analyse : Allons, suivons les mages, F 29 ; Rois d'Orient, marchez sans crainte (Saboly), F 31 ; Tes Rois lointains de l'Orient, F 45.285 Revue Dominicaine doit.11 est né pour le salut du monde.On pressent une grande paix.La Vierge est là, mais elle est plus que simple spectatrice, cette fois : elle est mère du Verbe.On se prosterne, comme à l ordinaire.Mais plus grande insistance sur la divinité de IEnfant, sur k œuvre de IEsprit-Saint.On parle même de celui qu\u2019Isaïe a prédit.On parle du Fils de Dieu, du Verbe lumière, splendeur du Père, du Dieu Sauveur, revêtu de notre humanité.Peut-être s\u2019élève-t-on du coup vers une conception trop abstraite du mystère, et sans doute peut-on échapper autrement au vocabulaire doucereux, mais l\u2019on peut chanter ces textes sans se sentir diminué, ni voir sa piété ravalée au rang d\u2019un vague sentimentalisme.\u2014 Mais voyons si le cantique de Noël ne nous permettra pas de pénétrer plus avant dans le mystère.* * * Notre troisième groupe inclut des textes beaucoup plus neufs quant aux idées et quant à leur expression14.Non pas que le cadre de la nuit de Bethléem ait totalement disparu >\u2014> cela n\u2019est d ailleurs guère souhaitable.Il y a, ici et là, des anges et des bergers.Mais la ligne de pensée, cette fois, est plus nette, la langue correcte et de plus en plus dépouillée.Le folklore n a laissé que de faibles traces.Le thème de la lumière, le plus constant en tous ces chants, n est certes pas nouveau, mais la lumière ici est celle qui éclaire les desseins du Père, qui « ouvre les yeux aux hommes » (F 47) l0, celle apportée par le Sauveur, image du Père, celle qui va attirer tous les peuples vers la Jérusalem nouvelle, celle, enfin, qui fait éclater la joie, parce qu elle est « promesse.de la moisson du Père » (F 58).La paix est à nouveau 14.Qu avez-vous vu, bergers, là-bas (Cl.Arrieu), F 48 ; Noël pour tous (mélodie un peu mélancolique, cependant), F 32 ; Nuit incomparable (le texte du refrain est faible), F 37 ; Aujourd\u2019hui le Christ est né, F 4 ; Aujourd\u2019hui le roi des deux (sur la mélodie anglaise : The First Nowell, texte assez fidèle à Luc) F 2 ; Chantons tous au Seigneur (adaptation, par Claude Rozier, d\u2019une mélodie grégorienne ; texte inspiré du psaume 97), F 3 ; Lève-toi, Jérusalem (mélodie, de l\u2019abbé Julien, qui demande à être chantée sans trop d\u2019emphase ; texte d\u2019une belle inspiration biblique), F 39 ; Aujourd'hui dans notre monde (adaptation, par C.Geoffray, de l\u2019hymne Jesu Redemptor), F 47 ; 0 divin enfançon (beau texte, malgré le titre assez ridicule et qui revient à toutes les strophes), F 38.Nous ajoutons aussi un chant pour l\u2019Epiphanie : Tous les peuples viendront, F 30.IL Nous donnons, dans ce paragraphe, le renvoi aux fiches déjà mentionnées. Noël chanté soulignée, non plus, cette fois, une paix vague mais bien cette paix de Dieu, promise « à tous ceux qui ont foi dans le Christ» (F 4).Puis, voici évoqué h avenir, « les Terres d espérances » (F 38) où nous serons guidés, le retour du Seigneur : « Vivez dans 1 attente, Jésus reviendra » (F 37).L\u2019 amour de Dieu est rappelé, non pas cet amour fade dont parlait le cantique traditionnel et qui nous invitait à « offrir notre cœur », mais bien celui que révèle le Verbe « parlant du Père aux hommes » (F 47), cet amour qui change nos cœurs et qui est « plus fort que nos misères » (F 47).Viennent, enfin, quelques thèmes vraiment nouveaux, d inspiration biblique, qu on aimerait voir plus souvent développer : le Christ est « premier-né d un grand nombre de frères » (F 4) ; il vient « dans son Royaume, chef de la création, unir en Lui les hommes » (F 38) ; « venez à la Source, que Dieu fait jaillir, buvez à la Source » (F 37) ; «le Seigneur fait resplendir son visage parmi nous» (F 5).On aimerait aussi retrouver plus souvent des expressions lourdes de sens comme « jour de Dieu » (F 37), « monde nouveau » (F 2), « Berger d un peupe immense » (F 38).La perfection n est pas encore atteinte.Ces thèmes, sortis de leur contexte et énumérés à la suite, peuvent impressionner, mais ils côtoient bien des faiblesses de pensée et de style.Cependant, nous sommes en présence de textes qui, dans 1 ensemble, ont de la consistance et de la suite ; de textes, ennemis de toute recherche comme de toute fadeur.Ceux qui les chanteront, traduiront sainement le mystère de Noël.Malheureusement, ces chants sont encore peu connus en notre pays.Comme ils remplaceraient bien les pieux airs qui, jusqu ici, ont exprimé pour nous 1 esprit de la fête 1 .Notre joie de Noël ny gagnerait-elle pas en qualité, devenant plus vraie ?* * * Mais les idées nouvelles de ce troisième groupe de cantiques cadrent-elles bien avec notre conception tranquille et toute champêtre du 16.Les fiches mentionnées plus haut, de prix très modique, sont en vente à la Librairie Saint-Dominique, 222, rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris Ville.Au Canada, on peut se les procurer à la Librairie Dominicaine, 96, avenue Empress, Ottawa, ou chez les Chanoines Réguliers de L\u2019Immaculée-Conception, Brigham (Comté de Brome), P.Q.287 Revue Dominicaine mystère de Noël.Ne retrouvons-nous pas plutôt dans les deux autres groupes les thèmes qui nous sont familiers ?Car il faut admettre qu\u2019elle est pauvre aussi, et dépourvue de perspective, notre conception de la naissance du Sauveur.Et il n est pas certain qu elle ait beaucoup évolué depuis que, sur les bancs d école, on nous apprit nos premiers Noëls.Nous enseignons aux enfants le sens de la fête, faisant effort, semble-t-il, pour adapter nos explications à leurs jeunes esprits.Peut-être, en effet, s opère-t-il une certaine transposition du vocabulaire, mais nous nous vidons presque d un coup, tant notre cbamp de vision est restreint.Nous sommes trop habitués à considérer les fêtes comme bien distinctes.C est pourtant le même Seigneur que nous célébrerons à Pâques et tous les dimanches de 1 année.Le lien entre les mystères nous échappe.Mais comment saisir ce lien si Noël demeure toujours la fête religieuse des enfants ?Sans doute est-ce, pour tout le monde, la fête de la joie, la fête des échanges de cadeaux, la fête des rencontres, mais il semble bien que le sens religieux de Noël ne s adresse pas à nos esprits mûris ?Ce sens que les crèches de nos églises résument bien, semble-t-il.Mais qu est-ce que la célébration de Noël apportera à notre foi d adulte, à notre espérance de chrétien en marche ?Oh 1 nous serions bien naïf de chercher dans des chants, que bon nombre n écoutent ou ne chantent plus, I unique explication de notre saisie si limitée du mystère.C est tout un ensemble qu\u2019il faudrait évoquer et qui a formé nos esprits.Mais il semble, tout de même, que le cantique traditionnel, dans sa pieuse pauvreté, traduise étrangement bien notre conception de Noël, celle des gravures et tableaux que publient nos journaux, celle des montages décoratifs des grands magasins (quand ils se risquent à aborder un thème religieux), celle de nos messes de minuit, voire celle de trop de nos sermons de Noël (pauvreté, humilité, détachement, et j en passe), celle, enfin, que révèlent notre manière de parler et les imperceptibles détails de nos vies.II y a quand même de l\u2019espoir.Le cantique de Noël se renouvelle.II est sans doute trop tôt pour dire de quoi sera fait celui que chante- 288 Noël chanté ront les générations qui nous suivront, mais qu il nous soit permis d exprimer en quel sens nous aimerions le voir évoluer.Les attaches avec les récits de l\u2019enfance de Luc devraient-elles être définitivement coupées ?Nous ne le croyons pas.Celles-ci gardent toujours leur intérêt et assureront un caractère concret à 1 expression du mystère.Mais concrète aussi était 1 espérance qui soutenait I ancien Israël, concrète la fidélité de Dieu et sa bienveillance pour son peuple, concrets les signes précurseurs de la venue du Messie, et la lignée de David menant au Christ et le langage des prophètes ranimant la foi du peuple élu.Quand donc le cantique aura-t-il recours au langage d un Isaïe ou d un Jérémie pour dire la faveur de Dieu pour nous.Quand montrera-t-il que I espérance ancienne a même été dépassée par la venue du Fils, image parfaite du Père ?A ce Fils il faudra restituer ses titres de Seigneur et de Christ : ne plus les plaquer là pour les besoins du nombre ou de la rime, mais bien parce qu ils expriment, dans le développement de la pensée, une vue profonde de la réalité du mystère.Et ce royaume que IOint du Seigneur vient fonder, n\u2019y faudra-t-il pas insister davantage ?Grain de sénevé au départ, mais appelé à devenir un grand arbre.Le cantique pourrait montrer alors que le mystère de Noël fait plus que s adresser à notre contemplation : qu il invite à I engagement, qu il est presque une provocation ; car nous sommes I assemblée en marche, opérant avec le Sauveur son propre salut.Puis, ne faudra-t-il pas insister pour ce faire que c est par la foi en celui qui naît que nous passons de la mort à la vie ?Ensuite, oui, souligner que le descendant de David, fils de Marie, naît sans éclat, mais aussi que les signes donnés aux pauvres et aux humbles (les bergers), aux âmes dans 1 attente (les mages) présagent sa grandeur et sa gloire.Jean dira : «Voici 1 agneau de Dieu».II vient, en effet, offrir le sacrifice parfait d action de grâce et incite I homme à le perpétuer à travers les siècles.Et la lumière de Bethléem annonce déjà celle de la Transfiguration et celle de Pâques, elle annonce le retour glorieux.Enfin, l\u2019Egl ise qu anime I Esprit-Saint, pourrait être invitée à regarder vers la crèche ; non pour s'y complaire étroitement, mais pour rendre grâce et mieux pénétrer les desseins du Père, celui qui donne son Fils, Lumière de Lumière.289 Revue Dominicaine En attendant que ce rêve devienne réalité \u2014 si jamais il le devient nous avons, pour chanter le mytère de Noël, les plus belles prières jamais écrites, les psaumes.Nous y célébrerons, dans un contexte prophétique et sur un ton viril, la joie de l\u2019avènement messianique.Les admirables mélodies du P.Gelineau, déjà bien connues, grâce aux disques parus au Stud io SM et aux deux recueils publiés par les Editions du Cerf de Paris, ont cette simplicité et cette sobriété de style dont nous avons tellement soif.Quel soulagement de pouvoir exprimer sa foi et son espérance dans une forme aussi dépouillée et pourtant aussi émouvante ! Quelle sera, cette année, la qualité de notre Noël chanté ?Ottawa\tAlbert Poirier 290 Le visage de Noël parmi nous La voix de Bing Crosby a repris sa sérénade principale.Ouvrez la radio et préparez-vous à entendre I\u2019m Dreaming of a White Christmas à tous les quarts d heure, soit quatre fois à 1 heure, trente-deux fois durant les heures ouvrables.Ne manquez pas cette expérience pour que nous puissions tous deux (et des milliers d autres auditeurs) avoir I image d\u2019un Noël « tout blanc ».Qui oserait manquer la « parade du Père Noël » ?Qui n a pas entendu ces discussions d enfants se demandant quel « père Noël est le vrai » ?Joignez à ces manifestations les cadeaux enrubannés et le va-et-vient précipité d une existence par ailleurs paisible, mais remplie d activités parce que c est le «temps des fêtes ».Est-ce là le seul visage de Noël parmi nous ?Devant ces faits, nous voulons proposer un arrêt, que nous avons fait et qui nous a menés à une analyse un peu plus large que cette simple addition d expériences personnelles.Nous produisons cet article pour ce qu il est : 1 essai d un jeune ménage qui participe à la vie moderne, mais qui veut s efforcer d intégrer le « message de Noël ».Notre réflexion nous a conduits à développer deux thèmes.Le premier s intéresse à une prise de conscience de la publicité « du temps des fêtes » et à ses effets.Le second veut développer quelques suggestions sur l orga-nisation du foyer dans la perspective d\u2019un Noël intime.* * * Bing Crosby est un bon chrétien et le gros monsieur qui personnifie le père Noël doit être un brave homme lui aussi (I on prétend que l\u2019un des grands magasins de Montréal engage un policier à sa retraite pour cette importante fonction).Ce n est pas à ce niveau qu il faut penser la situation.Posons le problème de « la » publicité et de ses répercussions dans 1 imagerie mentale de 1 homme moyen, de « l\u2019homme à l\u2019état chimiquement pur », comme dirait Folliet.291 Revue Dominicaine Nous sommes portés à nous poser le problème de la façon suivante.Personne ne peut être tenu responsable de la publicité, et tout le monde en porte la responsabilité, cbacun pour sa part.La lecture des romans d\u2019anticipation où l\u2019homme est retenu dans les mailles du filet publicitaire, où le conditionnement est la règle, cette lecture provoque le sourire.Pourtant, le phénomène est analogue chez nous et ne permet pas une insouciance comparable à celle du lecteur de roman.Prenons les évocations de Noël comme exemple.Le mystère de Noël a été respecté par les siècles passés, malgré le peu de lumière possédée de l\u2019extérieur sur l\u2019événement.La foi au mystère se manifestant de façon de plus en plus collective, les évocations de Noël ont dépassé le cadre ecclésial et familial.En brûlant les étapes de cette évolution (qui est le but d un autre article), nous pouvons penser le fait dans une forme de pensée qui se voudrait rationnelle, expérimentale, phénoménologique.Pouvait-il y avoir encore manifestation et témoignage de foi au mystère ?L explication de I atome ne dépasse-t-elle pas celle des réjouissances de Noël ?Puisque ces réjouissances existent cependant, pourquoi ne pas en profiter et en créer même l occasion par une fête populaire et commerciale qui remplace complètement le témoignage au mystère ?Les origines mythiques de Santa Claus sont mises au niveau de la collectivité par des chansons populaires (chansonnettes américaines), parades et décorations que I homme moyen ne peut manquer de saisir avec toute son émotivité.De façon plus particulière, arrêtons-nous sur les thèmes de Santa Claus is coming to town.Le bonhomme est présenté comme un abîme de bonté et de justice.You\u2019d better be good, parce que le père Santa Claus approche.Cette chansonnette n est peut-être pas connue de tous, mais c\u2019est un air qui fut fort populaire auprès de tout un niveau social harcelé par la radio.Ce mythe du justicier qui passe, de même que celui du Noël « tout blanc » (blanc me rappelle le vide), ont créé autour des évocations de Noël une sécurité que I approche 292 Le visage de Noël parmi nous d\u2019un mystère ne laisse pas toujours.Qu est-ce que Noël, à ce niveau, sinon l\u2019image facile à saisir d\u2019un gros homme habillé de rouge, présenté sur un arrière-plan de neige immaculée.Même si I une des beautés de notre pays consiste dans cette couche de neige, il y a là un mythe plus subtil que le premier mais non moins réel.II y a, dans la publicité, constante relation entre la neige et Noël.Les annonces d une compagnie de liqueur douce couvrent le globe de Santa Claus buvant ce breuvage dans une pause qui rafraîchit, sur un fond de scène tout blanc.Ce thème publicitaire dépasse même de beaucoup les régions géographiques où la neige est présente.Ce n\u2019est là que le premier aspect de cet entourage mythique de Noël, celui de l\u2019information.La « bonne nouvelle » consiste dans 1 arrivée de Santa Claus et dans le fait qu\u2019il n\u2019est pas une pré-figure (on le voit demeurer à son poste jusqu à I Epiphanie).Il est 1 événement attendu dans le cadre annoncé.Le second aspect de la publicité dépasse le premier et concerne les éléments en cause dans cette information.On peut parler d\u2019une façon générale, de l\u2019affectivité canalisée par la publicité et de façon plus spécifique, du cercle publiciste-publicité-public (les mots eux-mêmes suggèrent le cercle).La population dune grande ville est à la fois hétérogène, « massive », en un certain sens indéterminée, informe, amorphe et trop souvent inerte.Le publiciste vise à rejoindre la plus grande partie de ce public au moyen d une publicité accessible à I homme moyen.Ce dernier, de son côté, exige la facilité ; car son attention (si I on croit qu\u2019il en est encore capable) est déjà réclamée par des préoccupations créées par d autres publicités (sportives en général).Les calculs statistiques auxquels on s est livré pour caractériser I essence de cet homme moyen, le présentent comme moyennement intelligent, moyennement avantagé physiquement, de statut socio-économique moyen, vivant dans une ville moyenne, père de la famille moyenne, d un équilibre psychique moyen.Une personne aplanie, lisse, nulle.Un rien.En définitive, il n a pas le droit d être lui-même et de faire mentir la statistique 295 Revue Dominicaine en I un quelconque de ces domaines.La publicité le sait bien et comprend ces besoins de nature.Elle lui fait confiance à tous fes plans, sauf à celui de I intelligence.Pour fournir une pâture intellectuelle, une moulée synthétique devrait-on dire, à la portée de cette variété de I homo sapiens, il ne reste plus que des images simples, frappantes, accessibles à tout moment, et qui s\u2019inscrivent par la répétition plus que par I effort de compréhension.On doit donc lui fournir une imagerie mentale avec laquelle 1 homme moyen peut tout faire, un vide suggestif qui sera à la mesure de son esprit.L\u2019on a bien réussi en déplaçant le mystère de Noël vers Santa Claus et White Christmas.Noël devient une « saison » commerciale.Le mystère est devenu une réalité temporelle durant laquelle dominent certaines légendes, contes, une certaine ambiance.1 out le travail des moyens massifs de communication mène à une seule fin : la disparition du mystère de Noël pour faire place à une histoire de Noël à la portée de « 1 homme à 1 état chimiquement pur ».Le titre de ce numéro fait ici appel à un terme générique : le folklore de Noël.Nous croyons que 1 homme des masses retiendra certaines images où la foi, le culte au Dieu vivant, seront parodiés dans cette liturgie commerciale où préside la personnification parfois grotesque de Santa Claus.Le temps des fêtes risque de devenir un centre de polarisation où les éléments affectifs conscients et inconscients sont d\u2019une autre qualité que ceux proposés par le mystère chrétien.De plus, 1 usure de I attente de Noël (I on commence à parler de Noël à la mi-octobre \u2014 II ne reste que 60 jours pour magasiner chez X avant Noël) risque de faire perdre tout le sens de cette préparation à la fête que I Eglise de Dieu propose.L on prend pour acquis que I on attend Noël dans la perspective du mystère que la fête recèle.Les manifestations nombreuses qui se greffent sur I attente de Noël, proposent sans cesse des images nouvelles et de plus en plus éloignées du sens de ce qu elles préfigurent.Il en résulte, après un laps de temps, un certain 294 Le visage de Noël parmi nous conditionnement à I attente qui devient un fait divers de la journée, auquel I on s attend que la radio, le journal, la télévision, les affiches, les vitrines de magasin fassent écko.Pourquoi les courses dans les magasins, les cadeaux, le sapin décoré ?L komme moyen ne le sait plus.Le culte est en fonction d une liturgie commerciale, les images sont celles de la publicité, I on est en plein « folklore ».Remarquons en passant que toutes les grandes époques de la liturgie ckrétienne contiennent ces éléments parasitaires.Pâques est symbolisé pour I komme moyen par un lapin (Bugs Bunny), un ckapeau neuf pour ces dames, et la fête est passée.La publicité entendue dans son sens le plus large nous semble la cause de ce glissement vers des images détachées du mystère.Que les parents, noyés dans le flot de la publicité n arrivent pas à surnager pour proposer à I enfant d autres images de Noël que celles-là mêmes qui leur sont présentées ; que pour 1 enfant Noël soit la visite à Santa Claus, le choix de ses cadeaux, que dans la maison toutes les préoccupations se centrent sur la décoration du sapin, sur les réceptions inévitables de la parenté, tout cela est une image bien sombre du Noël de chez nous.Est-ce la seule image possible parmi nous ?Nous ne croyons pas que cette description réaliste mais à tendance pessimiste, soit la seule qui existe et encore moins la seule possible.II reste à penser des symboles extérieurs de Noël qui soient en continuité avec le mystère chrétien.Notre réflexion nous a conduits à diverses suggestions que nous voudrions maintenant proposer.* * * Nous introduisons ici un second thème à notre recherche, puisque nous parlerons maintenant du Noël au foyer.Nous voulons proposer des suggestions pratiques visant à redonner son sens à la fête de Noël.Si nous associons le mot « foyer » à celui de Noël, ce n\u2019est pas par hasard mais bien parce que, selon nous, la fête de Noël étant une fête 295 Revue Dominicaine intime (si on la compare à celle de I\u2019Epiphanie), c\u2019est à l\u2019intérieur de la famille qu elle trouvera le cadre normal de ses réjouissances.Il y aurait ici toute une étude à introduire sur le sens du mot famille, qui de nos jours est devenu une étiquette pratique que l\u2019on colle à tous les êtres qui portent le même nom.De même, le terme « foyer » est souvent vidé de son contenu pour nos oreilles modernes.Mais puisque là n\u2019est pas le but que nous poursuivons, nous essaierons simplement de voir comment cette communauté chrétienne qu\u2019est la famille, devenant résidence de Dieu à Noël, va manifester sa joie, puisque, comme le dit S.Luc dans son évangile, il y a en cette nuit « une grande joie pour tout le peuple » (Luc, 2, 1-14).Avec 1 avènement de Noël, tout est renouvelé.Une lumière nouvelle éclaire les biens de la terre pour leur rendre cet éclat jusqu\u2019ici insoupçonné à nos yeux de pécheurs.En effet, au commencement des temps, la Parole de Dieu s était exprimée à travers les œuvres de la Création.Cependant à cause de cette « vieille servitude qui nous tient sous le joug du péché » et dont nous demandons délivrance dans l\u2019oraison de la messe du jour, nous ne pouvions percevoir ce Dieu de bonté présent dans toutes ces choses matérielles qui nous entourent.Mais voilà qu en cette nuit de lumière, des échanges sacrés ont lieu entre la terre et le ciel, et que tout maintenant nous redit l\u2019amour du Père.« La mer, la terre et les étoiles et tout ce qui vit sous le ciel, saluent Noël d\u2019un chant joyeux qui nous donne un Sauveur » disons-nous dans I hymne de Noël.Ce chant joyeux que nous adressons à Dieu ne sera pas uniquement celui de notre participation au saint sacrifice, à la messe de minuit, mais parce que notre joie d avoir un Rédempteur est grande et que nous jouissons de tous ces biens de la création, c est à travers ces biens matériels que nous louerons la Trinité.En ce temps de Noël en particulier, tous les éléments naturels (bois, feuillage, paille, lin, etc.) doivent chanter avec nous la gloire de Dieu.Voici comment nous entrevoyons cette participation.296 Le visage de Noël parmi nous Parce que le foyer est un lieu où I on vil intensément, cette vie imprégnera tous les objets inanimés qui s\u2019y trouvent.Notre « trop plein» de joie causé par la naissance de Jésus transformera ces objets inertes en symboles.Ainsi la porte d entrée de notre foyer pourra revêtir un cachet spécial en se parant d une couronne de sapin vert encadrant un paysage d biver.Ou encore, pour décorer la salle à dîner, on utilisera des branches de sapin naturel pour fabriquer un arbre de Noël miniature qui deviendra centre de table.II ne nous en coûtera que quelques sous et un brin d imagination pour trouver d autres décorations originales criant à tous qu un événement extraordinaire se produit pour nous en cette grande nuit.Dans cette parure des fêtes, II faudrait porter une attention spéciale à la nature.II ne s agit pas, bien entendu, de rejeter en bloc les éléments synthétiques et manufacturés, mais plutôt de tenter un effort sérieux pour rapprocher de nos yeux les charmes de ces éléments naturels que I on oublie souvent d admirer.Pour finir par le commencement et le centre de cette décoration, nous dirons un mot des crèches.Un renouvellement de notre conception de Noël nous amènera peut-être à un désir de renouveler le plus vieux de ses symboles, la crèche.Pour les yeux qui veulent de l\u2019inédit, le savon, le bois et quelques instruments de base serviront à la confection de crèches originales.Pour les autres qui n ont jamais eu de crèche dans leur foyer et qui n ont pas le sou en poche, pourquoi ne pas utiliser une statue de la Vierge et de I enfant que I on dépose sur quelques branches de sapin (c est mieux que rien !) ?Enfin, pour ceux qui ont toujours déposé une crèche au pied de I arbre de Noël, peut-être faudrait-il simplement qu ils repensent un peu au sens authentique de ce symbole, afin de ne pas monter la crèche à I Immaculée-Conception ! A propos du réveillon de Noël.C est peut-être parce que cette coutume est vieille comme le monde qu elle demande le plus à être repensée.Au XXe siècle, où les valeurs de fraternité et de liberté sont sur toutes les 297 Revue Dominicaine levres, nous connaissons des réveillons pen fraternels et esclaves de la réclame commerciale.Et pourtant, quelle ckance merveilleuse nous avons de re-connaître cfiacun comme son frère en ce banquet fraternel.L\u2019occasion s offre à la mère et aux jeunes filles d offrir à leurs invités en gage d amitié, des victuailles fabriquées à la maison et selon le goût de cbacune des personnes présentes.C est là un apport personnel qui saura être apprécié.Que dire de la beauté qui doit présider à cette table de festin ?En cette nuit où la Beauté a fait son apparition, il nous faudrait porter une attention particulière pour que les plats spéciaux servis au réveillon soient particulièrement bien présentés.L originalité est tout à fait de mise pour ce repas fraternel de Noël.Que dire des cadeaux de Noël ?Voilà le mal de tête pour le porte-monnaie des époux.Et pourtant, que doivent-ils être ces cadeaux ?Des présents luxueux offerts pour se faire plaisir et dans le but de « relancer » le cadeau majestueux offert par une vieille tante ricbe au dernier Noël ou, au contraire, des symboles d amitiés, c est-à-dire, des choses qui rappellent à nos amis que nous les aimons ?lis ne sont pas des fins en soi mais des moyens, la fin étant le bonheur de la personne à qui on offre le présent.Alors, pour ne pas être illogiques avec nous-mêmes, nous offrirons des cadeaux qui seront vrais, qui tiendront compte à la fois de nous et de ceux qui en sont les destinataires.En un mot, respectons à la fois notre condition financière et nos goûts, tout en respectant surtout les goûts et les besoins de nos amis à qui nous voulons prouver notre amitié, laquelle se veut toute simple et toute gratuite en cette Nuit d amour.Montréal Suzanne Dansereau-Dorais Léo Dorais Noël aux enfants « Aujourd\u2019hui vous saurez que le Seigneur va venir.».Paraîtrons-nous pessimistes à l\u2019excès, si nous nous risquons à craindre que bien peu d entre nous envisagent la fête de Noël sous cet angle messianique et rédempteur ?Si beaucoup d\u2019enfants, au mot de Noël, n évoquent en premier lieu que jouets, arbres et bonbons, n est-ce pas à cause de ce que leurs parents, eux, n associent à ce terme, que réunions de famille, préparations matérielles, joyeuses certes, mais hâtives et fatigantes ?11 va sans dire que la messe de minuit fait partie du programme.Mais cette expression, à elle seule, n\u2019est-elle pas trop évocatrice de la perte de substance subie par les actes alors posés ?Si bien que notre participation au mystère de Noël, au lieu d être tout ensemble 1 origine et le terme, la source et F épanouissement de cet événement sensationnel, n est plus qu\u2019un épisode, au même titre que la messe du dimanche.On ne saurait y manquer, sans crainte d encourir les peines éternelles, et notre inconsciente soif de paix confortable, nous fait adopter ce rite, de la même manière que nous nous conformons à ceux de la vie ordinaire, avec autant de passivité que de routine.A notre époque, où il n\u2019est que de regarder autour de nous pour constater à quel point nous sommes devenus esclaves de la publicité sous toutes ses formes, il est bien clair que loin d ouvrir, sur les événements et les choses, un regard de baptisé, lucide et intelligent, nous nous laissons prendre aux faux reflets des miroirs commerciaux.La vue que nous avons du monde qui nous entoure, est tout à la fois voilée et faussée, de sorte que nos contacts avec le monde sensible font s endormir notre vie d homme dans une léthargie qui risque de devenir mortelle pour des voyageurs en marche vers la vision du Père.« Frères, c est 1 heure désormais de nous arracher au sommeil ; le salut est maintenant plus près de nous qu au temps où nous avons cru» (Rom., 13, 11).C est Paul qui nous parle ainsi avec sa vigueur accoutumée, et I Eglise, par sa bouche, nous adresse ces paroles alors que s ouvre la période Revue Dominicaine préparatoire à Noël, c est-à-dire I Avent.Puissions-nous répondre assez efficacement à cet appel de sorte que le mystère de Noël soit vécu, en famille, dans sa force et sa plénitude.* * * On ne peut s étonner que, Noël étant compris comme un anniversaire de la naissance de Jésus, cette fête ait été associée, du point de vue social, dans son contenu comme dans ses manifestations, à une réjouissance principalement enfantine et par conséquent familiale.II y aurait à ce sujet, d ailleurs, bien des considérations à faire, et non des plus réjouissantes, sur le glissement progressif du caractère religieux de cet événement vers des expressions de plus en plus étrangères à son contenu essentiel et premier.Là encore I influence d une publicité de goût douteux, plus avide de gestes bruyants et mercantiles que de suggestions authentiques, donnerait lieu à des considérations que nous laisserons délibérément de côté, pour ne nous attacher qu à 1 approche positive du mystère de Dieu fait homme et sauveur.II ne saurait être question, pour les parents et les éducateurs qui doivent initier les enfants à la signification de Noël, de vouloir développer, si concrètement que ce soit, un thème théologique savant et élaboré.S il est un domaine où I adulte doit s efforcer mieux qu en tout autre de se mettre à la portée de I enfant, c est bien celui de I enseignement religieux.Remarquons ici combien doit être mûr et intégré, celui qui prend en main la formation religieuse d êtres aussi malléables et sensibles que les enfants.Les récentes découvertes de la psychologie devraient éclairer suffisamment nos lanternes de pédagogues, afin que soient évités les faux pas si préjudiciables aux résultats d un tel enseignement.Nous savons, par exemple, qu\u2019un enfant ne comprend et ne retient ce qu on lui dit qu à la faveur d une identification heureuse à la personne de celui qui I instruit.II faudra donc que cette dernière se mette parfaitement à sa portée.Ajoutons que, dans la question qui nous occupe, notre Noël aux enfants tâche se trouve sensiblement simplifiée du fait qu il s agit de parler d un enfant à un autre enfant.Chacun sait combien il est facile de faire saisir les notions de « petit Jésus » à ceux-là mêmes dont I intelligence est encore peu développée.L\u2019enfant ira spontanément vers ce semblable, et le cadre qui entoure cette découverte, loin de distraire son attention, ne fera que l aider à saisir les circonstances de ces récits merveilleux.Nous nous souvenons d\u2019un groupe d\u2019enfants (2e, 3e et 4e années d\u2019une école à méthodes actives), qui avaient préparé Noël de la manière suivante : Trois d entre eux, pris parmi ceux que les écueils de la lecture n effarouchaient pas trop, devaient lire, à tour de rôle, le récit de la naissance de Jésus, emprunté aux textes de saint Matthieu et de saint Luc.Les autres devaient confectionner des marionnettes, destinées à représenter les personnages à incarner : la Sainte Vierge, saint Joseph, les bergers, les anges, etc.Au fur et à mesure que se déroulait le récit, les marionnettes s\u2019animaient suivant le sens du récit.Inutile de dire que la période de I\u2019Avent n\u2019avait pas été trop longue pour mettre au point ce drame liturgique, admirablement bien interprété.II était réellement touchant de constater l\u2019excellente expression des lecteurs et la non moins bonne exécution des personnages sacrés.II nous semble impossible d oublier jamais I intonation de la voix lorsqu il s agissait de dire que la sainte famille ne trouvait pas de place dans I hôtellerie.Et nous nous sentons encore toute pénétrée de révérence et d\u2019amour au souvenir de la Sainte Vierge croisant doucement les mains sur son cœur au moment où I évangile nous dit : « Quant à Marie, elle recueillait tous ces souvenirs et les méditait dans son cœur ».Nous sommes profondément convaincue qu une telle réussite n avait pu être réalisée que dans la mesure où ces enfants avaient été adéquatement préparés, intérieurement et extérieurement, à la signification profonde de la venue parmi nous de IEnfant-Dieu.Pourquoi les parents, alors que la famille est réunie, ne s appliqueraient-ils pas à initier leurs petits à ce mystère merveilleux de joie, de lumière et d amour ?Pour- 301 Revue Dominicaine quoi ne pourraient-ils pas y mettre toute la délicatesse, la finesse et la pénétration bien aisées à saisir à partir du texte de saint Luc ?II semble que chacun, loin de se sentir frustré d une séance de télévision, éprouverait une réelle satisfaction, bien propre à nourrir son esprit et son cœur.Une atmosphère authentiquement religieuse et vraiment empreinte de christianisme pourrait alors régner dans la maison.Les enfants sont beaucoup plus accessibles qu\u2019on ne saurait le croire aux mystères de notre vie chrétienne dans ce qu ils ont d enrichissant et de comblant pour notre vie d enfants de Dieu.Mais il est également vrai qu\u2019une telle tentative ne saurait être une pleine réussite que dans la mesure où les parents eux-mêmes s\u2019appliquent avec intelligence et continuité à creuser, pour leur part, cette vie théologale et liturgique, en I intégrant et en la vivant en profondeur.* * * Si la présentation du mystère de Noël aux enfants doit être faite d une manière simple, concrète et claire, il est bien évident que, prise du point de vue de l\u2019adulte, elle représente, non le point de départ, mais I aboutissement, la stylisation, pour ainsi dire, de considérations personnelles très fouillées.C est dans la mesure où nous aurons sincèrement et intelligemment tenté de cerner le mystère que nous pourrons en saisir la portée et en traduire convenablement la signification.A cet effet, il ne saurait y avoir de meilleur moyen qu un contact continuel et profond avec la liturgie.Les textes offerts à notre piété sont tout ensemble lumière de foi, substance d espérance et expression de charité.S il est une fête où se manifeste dans toute sa splendeur le mystère de 1 incarnation, c est bien la fête de Noël.La messe de I aurore comprend des textes admirables en ce sens.Qu ils soient d Isaïe, de David ou de saint Paul, tous nous font saisir la réalité de la venue du Dieu fait homme.C est le Père qui envoie son Fils sur la terre, dans un élan d amour irrésistible.C est la lumière luisant sur ceux qui sont assis dans les ténèbres, et la miséricorde divine se répandant sur nous.C\u2019est toute 502 Noël aux enfants la création, confirmée dans sa beauté et dans sa force.II nous semble assister au récit d une seconde Genèse, venue confirmer la première : « La lumière va resplendir aujourd bui sur nous ».Dieu est désormais I un de nous, si proche et tellement nôtre que dans la mesure où notre être adhère à cette vérité et s en nourrit, notre rédemption est assurée.C\u2019est le thème que développe YEpitre aux Hébreux, à la messe du jour, tandis que David nous assure prophétiquement de I universalité du salut : « Les extrémités de la terre ont vu le salut procuré par notre Dieu» (Ps., 97, 3).A la messe de minuit, le mystère de la filiation divine est admirablement exposé avec le sens trinitaire qu il implique : « Le Seigneur m a dit : Tu es mon fils ; moi, aujourd hui, je t\u2019ai engendré» (Ps., 2, 7).A la messe de l\u2019aurore, le mystère de I incarnation s éclaire pour aboutir aux splendeurs de la rédemption à la messe du jour.Si tous ces textes admirables ne pourront jamais être épuisés par quelque commentaire que ce soit, il n\u2019en demeure pas moins que leur méditation humble et attentive peut nous apporter cette substantielle nourriture dont nous avons tant besoin pour ne pas tomber dans une indifférence anémiante et vite mortelle.* * * C est dans la mesure où nous serons liturgiquement et théologiquement préparés à recevoir la bonne nouvelle de Noël, que nous recevrons avec succès le message évangélique.Car cet enfant qui est né, il est notre frère « premier-né », notre Messie, notre Dieu.II est remarquable que l\u2019Eglise ait choisi comme évangile de la messe du jour, le début de I évangile selon saint Jean.Nous avons là, tout ensemble, la manifestation de Dieu fait homme, dans son sens messianique, en même temps que I évocation parallèle de Jésus venant chez nous faire sa demeure : « Mais à tous ceux qui l\u2019ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu» (Jean, 1, 12).Nous rejoignons, tout à la fois, et I évangile de saint Luc dans le détail pénible du « car il n y avait pas de place pour eux dans l\u2019hôtellerie » (Luc, 2, 7), et la 303 Revue Dominicaine teneur d universalité du dernier évangile, celui-là même de I Epiphanie.Tout ceci est relié à I universalité du message aussi bien qu à sa gratuité.C est ce qu il nous sera donné de saisir en pleine lumière en « la Manifestation » du Seigneur, ou Epiphanie.Dieu par amour pour nous s est fait enfant, et nous devons I accepter selon qu il l a voulu.A ceux qu un tel événement pourrait dérouter quant à F économie des mystères divins, on pourrait peut-être rappeler ce que Jésus dit un jour à sainte Angèle de Foligno : « Qui ne me connaît pas petit, ne me connaîtra pas grand ».Et pour que soit embrassé dans toute son ampleur le message du Dieu Sauveur, il suffirait de prêter I oreille à Isaïe : « Un enfant nous a été enfanté, un fils nous a été donné, il a reçu I empire sur les épaules, on lui donne ce nom : Conseiller-merveilleux, Dieu-héroïque, Père-éternel, Prince-de-Ia-Paix ».Montréal\tAgnès de Fallandre 304 »e sens des faits In memoriam : Th.-André Audet, O.P.1 L Université de Montréal et son Institut d Etudes Médiévales viennent de perdre un universitaire de premier ordre.Doué au possible, grand ami des arts et des lettres, ce savant, ce théologien érudit était capable des travaux les plus acharnés et, du point de vue de I ensei-gnement supérieur, il n hésitait devant rien, devant personne pour affirmer le respect d une institution, la défense d un principe, le niveau d un programme.II était d ailleurs 1 homme des principes.« On ne doit jamais sacrifier un principe », répétait-il souvent.II savait bien que les hommes passent, les faits aussi ; un principe demeure.Celui qui cède devant un principe est bien prêt surtout en matière d\u2019enseignement à réduire la qualité même de cet enseignement.Aussi partait-il fréquemment en guerre contre tout abaissement de la profession, contre toute incohérence ou ignorance.Devant les exigences de la vérité et de son devoir d état il était sans compromission.D une nature au fond timide il reprenait tout son courage, regagnait tout son élan lorsqu il s agissait de mettre en valeur une exigence professionnelle : par exemple, définition d\u2019un programme d\u2019étude, liberté académique, salaire ou honoraire d un professeur, acquisition de livres, choix d une thèse, admission aux examens, etc.L enseignement universitaire perd en lui un propagandiste et un défenseur des plus dévoués.II connaissait les exigences et les lois de la recherche scientifique ; il avait foi dans le laboratoire, dans I\u2019exüé-rience vécue, dans le texte que I on découvre soi-même, comme à tout ce qui est source du savoir.En revanche dans le même domaine de la recherche il méprisait avec audace les succès faciles et les parvenus de la science.Lui-meme avait pris son rôle de chercheur au sérieux, au tragique même.Ceux qui I ont connu de près savent tout ce que le mot « sérieux » veut dire ici.II fallait le voir préparer une leçon, se torturer PT trouver le mot juste (il écrivait tous ses cours), courir dix fois à la bibliothèque vérifier une référence, se morfondre pour ajuster une 1.En présence d\u2019une foule recueillie et émue dans l\u2019église Notre-Dame de Grâce, Son minence le Cardinal Paul-Emile Léger a chanté, lundi 14 novembre, le service du Directeur de 1 Institut deludes medievales de l\u2019Université de Montréal.Dans ce grand deuil, la Revue Dominicaine s unit a tous les parents et amis du cher disparu et, à leur intention, elle reproduit ce juste témoignage d estime et de sincérité, sous la plume d\u2019un confrère et ami du défunt, le Pere Lacroix (N.D.L.R.), 505 Revue Dominicaine conclusion.II prit même un jour le train de Toronto pour aller comp-pléter une bibliographie.Et quand il donnait son cours, c était la même tension, la même densité dans I expression et le geste.Tout, même le ton de sa voix, témoignait de la gravité de ses options.II va sans dire que tant de conscience professionnelle ne pouvait que provoquer h attention.Après une année d étude à Washington il fut promu à la Direction de I Institut d Etudes Médiévales et devint professeur titulaire à I Université.En 1953 il donnait à Carrefour, Congrès annuel des Intellectuels catholiques du Canada, un texte capital sur Culture et Théologie ; I an dernier, il était à Paris comme délégué canadien au Congrès mondial des études augustiniennes ; il y présenta une communication et fit des interventions qui furent notées avec éloge dans les Actes du Congrès.Sage au sens où I entend la scolastique, sapiens, il pouvait voir large, loin, et savait prévoir.Mais il était aussi I homme au raffinement.Cultivé, artiste à ses heures, il aimait tout : poésie, théâtre, musique.Stravinsky et Valéry trouvaient en lui un défenseur acharné.II aimait la vie, tout ce qui est beau, bon et vrai, tout ce qui fait penser et agir.Son goût musical était des plus sûrs et il le prouvera quand il deviendra l\u2019un des responsables de la célèbre émission radiophonique Le Sel de la Terre.Avec lui I on pouvait discuter de tout et même sur les suiets locaux obtenir des jugements de valeur vivifiants.Que de discussions et d échanges sur la culture terminés simplement parce qu il ne sera plus là pour les provoquer et les soutenir ! L équipe des médiévistes de la rue Rockland ne sait trop ici comment exprimer son deuil.Ecrivain sélect, il savait préparer un article (v.g.dans Notre Temps), écrire une lettre, rédiger un mémoire.Aussi collabora-t-il à plusieurs revues d Europe et d Amérique (v.g.Traditio, Rencontre, etc.) Gilson le félicitera décrire une langue impeccable.Marrou admire la précision de sa langue scientifique.Une grande sensibilité ne cessait de harceler cette intelligence vive et alerte.Son style s\u2019en ressentait parfois : alors sa phrase devenait ambiguë.II devenait difficile à lire, difficile à comprendre, à cause de sa pensée toujours en alerte, jamais trahie, jamais satisfaite non plus.II hésitait à conclure.Mais dès qu il laissait aller un texte, on était certain qu il y avait passé des heures, des journées, des nuits.Alors, tout ému encore, il venait à nous, nous lisait tout à haute voix, puis déjà rassuré : Qu est-ce que vous en pensez ? Le sens des faits A d\u2019autres de parler du prêtre, du théologien, du conseiller spirituel.II donna récemment sur le prêtre un texte qui sera bientôt publié.Enfin, quel ami I Violemment attaché à sa famille, à ses parents, à ses confrères de Terrebonne et de Sainte-Marie, à tel prêtre, à tel évêque, à telle équipe de jeunes ménages, à tel confrère, il se montrait d\u2019une fidélité intangible.II choisissait ses amis.Le geste posé, tous ses amis devenaient du coup des gens parfaits.Au fond, il était entier en tout.C est le souci de la perfection incarné dans celui de la profession, c\u2019est son amour de I université et les exigences de sa vocation intellectuelle qui I ont conduit ces derniers temps à I Hôtel-Dieu de Montréal.D autres donnent leur vie à la science, à la poésie, à I art pour ne mentionner que les motifs les plus nobles.Lui, donna la sienne à I enseignement universitaire conçu comme une vocation privilégiée qui exigeait tout de son homme.S il s est orienté vers cette formule, c est qu il en a vu à la fois la nécessité et la grandeur : ce qui est déjà de quoi formuler notre espérance.Un milieu qui produit de tels hommes est mûr pour de plus hautes réalités encore.Le Père Th.-André Audet professait à I Université de Montréal depuis 1947 ; il était directeur de I Institut d\u2019Etudes Médiévales depuis trois ans, et depuis deux ans conseiller culturel au Conseil de Recherche des Humanités.II est mort le jeudi 10 novembre, âgé de 42 ans et 2 mois.Benoît Lacroix, O.P.Les jours de Fête, tu ne « magasineras » pas Opposée aux lois de I Eglise catholique, du moins dans la province de Québec ailleurs certaines de ces fêtes n\u2019apparaissent pas obligatoires en vertu d\u2019entente ou de concordat ^ la sentence que vient de rendre, le 19 octobre, après quatre ans d\u2019attente, la Cour suprême, réjouira les uns, attristera les autres.Puisque cette sentence est irrévocable, il faut I accepter et s y soumettre.On sait I histoire.La loi provinciale de 1949 qui autorisait les municipalités à imposer la fermeture des magasins aux jours de Fête d\u2019obligation, à I exception des pharmacies, restaurants, etc.vient d\u2019être déclarée inconstitutionnelle.Au nom de cette loi, la ville de Montréal avait ordonné la fermeture de tous les magasins de la Métropole aux six jours de Fête d obligation qui apparaissent au calendrier ecclésiastique de la 507 Revue Dominicaine province de Québec.Dès sa mise en application, cette loi fut effectivement violée, depuis le 8 décembre 1951, par les grands magasins de la ville : Birlcs & Sons, T.Eaton, Holt Renfrew, H.Morgan, James A.Ogilvy s, R.Simpson, etc.qui ont bravé I interdiction et contesté devant les tribunaux la légalité de cette ordonnance.Depuis cette date, près de 4 000 causes étaient pendantes devant la Cour municipale.Les neuf juges de la Cour Suprême viennent d affirmer que I autorité municipale est un pouvoir de règlementation alors que la loi contestée contient une prohibition.Or, dit-on, toute prohibition est du domaine pénal et il appartient au Fédéral seul de légiférer dans ce domaine.D autre part, le Juge Fauteux signale que 1 Acte de Québec qui consacre la liberté du culte catholique, ne refuse pas ce droit aux non-catholiques et ne confère pas le pouvoir législatif de contraindre les non-catholiques à accepter les obligations religieuses des catholiques.En somme, la loi provinciale et conséquemment municipale, pour avoir prohibé et non réglementé une situation de fait, est déclarée inconstitutionnelle.Elle comporte même une atteinte à la liberté de culte garantie par I Acte de Québec.C est ici que se trouve le point grave.Pour une ville comme Montréal, à majorité catholique, la loi municipale avait de grands avantages d ordre général, mais telle autre localité où les non-catholiques sont en majorité, sinon quantitative du moins qualitative, aurait pu se prévaloir de cette même loi pour imposer ses fêtes aux catholiques.D où conflit analogue à celui qui vient de se produire ï II est toujours délicat pour une autorité civile de s ingérer implicitement dans le domaine ecclésiastique même pour des fins purement sociales, civiles.Cette cause perdue aurait eu plus de chances d\u2019aboutir si elle avait porté sur d autres « considérants ».Quoi qu il en soit, I Eglise continuera d exhorter tous ses fidèles à s abstenir de toutes œuvres serviles aux jours de Fête d obligation, compte tenu des situations et des dispenses, et d\u2019y vivre comme ils font le dimanche.II serait sage, juste, que nos catholiques n\u2019envahissent plus les magasins, plus par curiosité qu\u2019utilité, je le sais, durant ces quelques jours de I année consacrés à commémorer d une façon spéciale quelques grands événements de notre religion.Exception faite des employés qui subissent une situation de fait, il faut redire à nos catholiques libres : Les jours de Fête, tu ne « magasineras » pas.La Direction Le sens des faits « Le miracle canadien-français » d'après Réalités La somptueuse revue Réalités, septembre 1955, page 45, consacre à la Province de Québec un long article plus ironique qu historique, plus léger que sérieux, plus pauvre qu érudit, sous la plume de M.Camille Anbert.Cette ironie hautaine, en plus de m amuser, m intrigue.Trop de vérités exilées de leurs contextes ! Là surtout est le quiproquo.A I\tégard d\u2019un peuple qui lutte et résiste depuis 1760 pour rester français et catholique, c\u2019est-à-dire fidèle à ses origines, on s attendait à plus de sympathie et de considération de la part d une revue française de France.II\test juste de déplorer le ton général de cet article et d y souligner certaines ignorances.Grammaticalement, M.Anbert.le miracle canadien-français s écrit avec un trait d union et vous I avez omis.II aurait fallu écrire Jonquière et non Jonquère, Un homme et son péché et non le péché d un homme, Plouffe et non Plouf, québécois et non québéquois.Que vient faire ce quois ici ?Vous dites, « ce peuple peu intellectuel s est donné une Académie de 24 membres pour servir la langue et une Société du Bon Parler français, qui se réunit tous les quinze jours, publie un bulletin des fautes à éviter.» II aurait fallu ajouter pour être complet : l\u2019Académie Française, la vôtre, a déjà décerné la médaille Richelieu à la Presse, Montréal, en hommage à sa prose, la nôtre.Le doux baiser de la France I Si je t embrasse c est pour te mordre.Très gentil, n\u2019est-ce pas?« D ailleurs au Canada français, il y a deux souverains : une reine charmante qu on voit surtout sur les billets d une piastre » \u2014 que nombre des vôtres recherchent et adorent plus que nous, « et un roi beaucoup plus actif et puissant, le clergé », \u2014 qui de droit, de par sa fonction sacerdotale, règne sur les âmes et se donne à tout et à tous quand il croit rendre service.Son prestige sur le peuple, il le gagne et le maintient chaque jour par son dévouement, prolongeant ainsi celui de I Flistoire.Deux pouvoirs, le spirituel et le temporel chevauchent depuis deux siècles, s entendent sans se confondre, malgré des heurts inévitables.Allez donc préciser les limites et les ramifications éventuelles de chacun ?« Et le clergé omnipotent, omniprésent, omnifaisant ».Ces hyperboles sont trop généreuses pour être vraies, surtout être généralisées.Que quelques prêtres détiennent cette puissance, cette omnipotence, la chose est possible mais exceptionnelle.Et il y aurait une distinction à faire entre le prêtre des villes et celui des campagnes.Celui-ci est plus écouté parce qu il connaît mieux ses fidèles que celui-là.509 Revue Dominicaine Vous parlez, M.Aubert, du presbytère de Kénogami que je n\u2019ai point vu.II est unique, me dit-on.II y en a sûrement quelques autres qui sauraient vous étonner.Et un nombre infiniment plus grand, la très grande majorité, dans les villes et les campagnes, qui sont loin de répondre aux exigences du confort et de l'hygiène.Et vous insinuez en termes non équivoques que le clergé est ricbe.D\u2019abord, sachez que dans la Province de Québec, les beaux presbytères que vous admirez, les belles églises généralement laides que vous voyez, n appartiennent pas au clergé, ni aux curés, ni aux vicaires qui n y résident que pour des années plus ou moins nombreuses, au gré de leur évêque, mais sont la propriété d une corporation civile dénommée Fabrique.L, évêque veut-il abolir une paroisse, il retire le curé, mais tous les biens meubles et immeubles, terrain, église, presbytère, ameublement, restent propriété de la Fabrique qui en dispose comme bon lui semble.Je fus témoin intéressé, il y a deux ans, à la vente d une église de Montréal avec toutes ses dépendances à I Archevêque du lieu par la Fabrique.Le prix en a été fixé d après une estimation minutieuse basée sur la valeur réelle.A Montréal, le diocèse le plus important que je cite comme exemple (cf.Synode 1954) un curé reçoit 175 dollars par mois, un vicaire, $60.00.Ce dernier ne devient habituellement curé qu après 20 ou 25 ans de vicariat, quand il n en meurt pas.Avec ce maigre salaire de 720.00 dollars par an, vu les dépenses éventuelles : visites au médecin, au dentiste, séjours à I hôpital, vêtements divers, voyages nécessaires, livres et revues, les charités qui le sollicitent à cœur d année, même de France, il n est pas étonnant qu un prêtre puisse prendre parfois plus de dix ans pour payer ses quatre années de séminaire faites à crédit.« Leurs beaux chapeaux Eden, leurs beaux pardessus longs sur leurs soutanes », légitimés par les rigueurs de I hiver \u2014 même nos sauvages portent des fourrures que vos belles envient \u2014 il les portent pendant 10 ou 20 ans.Vous parlez, M.Anbert, des voyages des prêtres, « 12% du trafic », dites-vous, sur les ailes d .Air-France.Dans presque tous les cas, ces déplacements sont un don des fidèles à l\u2019occasion d\u2019un anniversaire quelconque et souvent des voyages commandés.De même pour I automobile , ainsi que vous le dites.L heure de la retraite venue, exception faite de ceux qui ont reçu un héritage de famille, nos prêtres, nos anciens curés, finissent leurs jours dans de modestes résidences, es- 1.L automobile, ici, est d\u2019usage courant.La grande majorité des cultivateurs et la plupart des ouvriers ont leur voiture.510 Le sens des faits comptant l\u2019aide de parents et d\u2019amis.Plus souvent on les trouve dans des maisons de repos où le nécessaire, sans luxe, leur est procuré.Le tort de votre article, M.Anbert, est de conclure trop vite du particulier au général, Le badaud *\u2014> il y en a partout, les vôtres sont d essence supérieure \u2014 s extasie devant les quêtes fructueuses de la Madeleine, Paris, et conclut : les « curés » sont ricbes.Et vous, devant un presbytère, un feutre Eden, vous concluez.Telle servante vit dans un cbâteau, donc elle est ricbe.Moi-même depuis quelques semaines, je vis dans un vieux cbâteau, et croyez-Ie, je suis plus pauvre que jamais.Pour terminer, je transcris la lettre que je viens de recevoir d un Français de qualité, parisien authentique, établi à Montréal depuis 1950.« Je déteste cette ironie hautaine.L auteur y étale d énormes vérités que tout le monde connaît, mais il ne parle que de ce qui lui est tombé sous les yeux, qui, pour être vrai, n en est pas moins incomplet.Est-ce tout à fait véridique de ne présenter un personnage qu à travers sa seule timidité ?II y a tout un climat psychologique, tout un monde de nuances, de compensations qu\u2019il n a pas présentées.II a souligné des évidences mais il y en a bien d autres aussi importantes et qui viennent compléter les premières.II reproche à I enseignement philosophique scolaire de ne jurer que par saint Thomas.Est-il plus intelligent de se faire bourrer de philosophie gidienne et sartrienne, quand on a 1 7 ans, comme je 1 ai été moi-même pour ma deuxième partie de bach ?D un côté comme de I autre, I excès est à bannir.Si ce même sujet avait été donné à un Pierre-Henri Simon, par exemple, le résultat aurait été autrement intéressant.Après son séjour ici, il y a deux ans, et ses cours à 1 Université qu il remplissait à craquer, il a analysé, avec quel succès, le fait canadien, dans les journaux : Le Monde et Le Figaro.Il n a hésité devant aucune vérité mais chacune était replacée dans son contexte.On n avait plus qu\u2019à s\u2019incliner ».Antonin Lamarche, O.P.La Biennale de l\u2019Information à Evian Venus de tous les coins du monde, les professionnels et les amis de la presse se réunissent à Evian tous les deux ans, pour prendre part aux assises de la Biennale Internationale de l Information.II ne s agit guère ici de conciles patronaux, syndicaux ou même strictement professionnels.Les débats largement ouverts au public sont organisés autour de questions importantes mais générales que tout homme cultivé se 511 Revue Dominicaine pose au sujet des problèmes et de l\u2019influence de la presse, comprise comme un phénomème social aux éléments les plus divers, mais convergent vers un service public et technique indispensable à tout groupement humain intelligent et libre.L été dernier, plus de quatre cents journalistes, écrivains, directeurs de journaux, avocats, professeurs, industriels publicistes, fonctionnaires et diplomates vinrent à Evian, sur les bords enchanteurs du Lac de Genève, pour assister à une savoureuse confrontation de la Presse et du Public.Car ce fut là, en effet, le thème général des quatre séances plénières de la Biennale, ainsi que de I étincelant discours d ouverture prononcé par M.André Siegfried au Théâtre du Casino d Evian, sur « Le Rôle de 1 Information dans le Monde Moderne ».Par la suite, nous entendîmes M.Maurice Herzog, chef de 1 expédition française à l Anna-purna, nous dire «Ce qu un alpiniste et un explorateur attendent de l Information » ; le professeur Forbes, de HJniversité d Amsterdam, discuter « Ce qu un savant attend de I Information » ; le professeur Pasteur Vallery-Radot nous confier « Ce qu\u2019un médecin attend de I lnfor-mation : le professeur Artom, de I Université de Florence, se prononcer sur «Ce que I entreprise attend de I Information » ; et M.Fernand Terrou, du Ministère de I Information, nous révéler «Ce due la Fonction Publique attend de 1 Information ».La voix du public sympathique et averti s étant fait entendre, on se tourna vers les professionnels pour leur faire dévoiler leurs secrets.M.Daniel Ryel andt, directeur de I Agence Belga, nous dit « Comment une Agence de Presse voit I Information » ; M.Raymond Manevy, secrétaire-général de France-Soir, nous fait voir « Comment un journaliste voit I Information ».Auparavant, nous assistâmes à un débat sur les Relations Publiques organisé par une équipe de spécialistes, et à un lumineux rapport de M.Louis Armand, président de I Union Internationale des chemins de fer, sur « L Information et les grands desseins d une équipe ».A la suite des discussions pratiques de la Biennale d Evian, les organisateurs de cette magnifique manifestation proclamèrent deux prix : celui de I Information de Presse, décerné à I Agence France-Presse, et celui de I Information Radiophonique, attribué à la Radiotélévision Française.Une série de réceptions et cle fêtes, en particulier une visite mémorable et romantique au château de Coppet, résidence de Mme de Staël pleine de souvenirs, donnèrent au Congrès d Evian cet apport de contacts personnels et cette joie de vivre indispensable à toute réunion internationale.Le centre moteur de la Biennale d Evian est M.Georges Le sens des faits Riond, commissaire de 1 Union Française et directeur des Journaux Associés, qui groupe autour de lui un comité compétent et enthousiaste.Aussi les professionnels et les amis de la presse lui doivent-ils toute leur reconnaissance pour cet effort biennal, toujours aussi compréhensif que brillant, qui nous permet de mieux connaître et appuyer la Presse, cette grande institution qui cimente de manière originale l\u2019immense famille humaine-\tNina Greenwood Marcel Marceau Dans le cadre désuet du Monument National de la rue Saint-Laurent à Montréal, construit en 1894, la troupe de Marceau a présenté, comme I année passée au théâtre du Nouveau Monde, son répertoire du 20 octobre au 5 novembre et, à Québec, au théâtre Capitol les 7 et 8 novembre 1955.Ses prochains spectacles seront donnés en Orient (Japon) et dès son retour, il entreprendra de tourner un film.Ce petit Strasbourgeois né en 1925 est un trouvère international au XXe siècle.II parcourt le monde avec la connaissance du français, de I anglais et de I allemand.Les gestes toujours amples de Marceau constitue sa principale langue : le mime.Ainsi ce langage devient universel.Son corps est sa langue et avec lui, il analyse tout individu, un marcheur, un funambule, une statue, un voleur etc.et mieux encore I adolescence, la maturité, la vieillesse sans oublier la mort.Si pour un acteur, le geste précède la parole, « il précède la parole comme I éclair la foudre ».Pour Marceau, il est tellement précis au il communiaue toute parole par I expression même.Marceau fait peu de mouvements avec ses membres, mais ceux qu il fait sont cl une grande précision.Les gestes brefs de sa tête sont toujours très amusants.Marceau garde l\u2019émotion et le comique, mais n atteint jamais le ridicule.C est ce qui lui fait dire : « le mime est I art de I identification de I être avec les éléments fluid es et solides qui nous entourent ».Disons que Marceau a acquis dans son art des qualités dont quelques-unes sont : la sobriété, l\u2019harmonie et la vérité.La sobriété lui donne I autorité et la distinction.L\u2019autorité se fait sentir chez lui, sur I assemblée qui le regarde pendant deux heures dans le plus profond silence que des éclatements de rire ou des applaudissements répétés viennent rompre.L\u2019harmonie de Marceau vient de la souplesse de son corps et de la largeur de celui-ci.Marceau exprime une vérité et donne I essence de l\u2019histoire vivante qu\u2019il nous raconte.Et par là, il transmet des sentiments profonds, naturels et humains.Le mime est un art dont la maîtrise est extrêmement difficile mais que Marceau, comme les grands artistes, rend d\u2019accès facile pour le 515 Revue Dominicaine public.La pratique du mime libère des complexes.et Marceau est un témoin.II recrute ses élèves parmi le milieu ouvrier ou pauvre dans différents pays.Ce qui prouve la grande vitalité de renouvellement de son talent d artiste.Les partenaires de Marceau : Pierre Verry et Alec Sand ro se distinguent dans un jeu exquis de pantomimes.Dans le magicien, ils sont malicieux et rusés.Dans les joueurs d échecs, ils sont tricbeurs et astucieux.Dans les frères siamois, ils sont finalement séparés.Dans la présentation des pancartes, ils sont suspendus, accrocbés, et pancartisés.Quant avec Bip, I imagination tient au génie.Un bruit seulement, le bourdonnement dans Bip et le bourdon, et un air de valse dans Bip au bal, nous fait pénétrer davantage la réalité.Des témoignages du monde entier apprécient Marceau.Allemagne : « On pourrait passer à côté de cet bomme de génie sans le voir, tellement que son art est immense ».(Berliner Morgenpost).Angleterre : « On se demanderait s il n est pas supérieur à Charlie CbapI in ».(Tbe Edinburg Scotsman).Argentine : « LU mime de génie ».(La Nacion).Canada : « Le spectacle de deux heures paraît court ». L» Revue n'est pas responsable des écrits des collaborateurs étrangers à l\u2019Ordre de Saint-Dominique 520 ¦'là&m m "]
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